

![]()


La nouvelle technologie de lubrification HydraBalance™ pour plus de sécurité1 et de naturel2 lors du sondage.
Sur les sondes Infyna Chic™ et VaPro™*.

*Lancement en 2024 sur les sondes VaPro™ (40 cm et 20 cm) et VaPro™ F-style en emballage
1. Étude clinique Hollister,, CLR-00847, 2021
2. Données Hollister, TR-00643, 2023
Hollister, le logo Hollister ainsi que HydraBalance, Infyna Chic et VaPro sont des marques déposées de Hollister Incorporated. © 2025 Hollister Incorporated.



Le 16 février 2026, notre fondateur Guido A. Zäch s’est éteint paisiblement à l’âge de 90 ans, entouré de sa famille. Il a marqué comme nul autre la réalité quotidienne des personnes paraplégiques en Suisse, leur donnant une voix, des perspectives et une communauté.
Dès ses débuts en tant que jeune médecin, il a été en contact avec des personnes atteintes de lésions médullaires et a été horrifié par les conditions dans lesquelles elles vivaient. Il a rapidement identifié les lacunes du système de soins et a ensuite consacré toute son énergie à la réalisation de sa vision: garantir aux paralysé·e·s médullaires une rééducation complète et un accompagnement à vie afin de leur permettre de mener une existence autonome.
«Un réseau de prestations unique»
En 1975, Guido A. Zäch a créé la Fondation suisse pour paraplégiques et, cinq ans plus tard, avec les sept clubs en fauteuil roulant déjà existants, l’Association suisse des paraplégiques, organisation faîtière des personnes atteintes de lésions
médullaires. En 1990, il a ouvert le Centre suisse des paraplégiques, puis en 2005 la Recherche suisse pour paraplégiques. Un réseau de prestations absolument unique a ainsi été tissé.
Guido A. Zäch savait écouter les gens. Il s’agenouillait toujours devant les personnes en fauteuil roulant afin de les regarder droit dans les yeux. Proche des patient·e·s comme des collaborateurs et collaboratrices, il recherchait le dialogue personnel. Aujourd’hui, nous rendons hommage à l’œuvre de sa vie. Et nous savons que sans lui, nous ne serions pas là où nous en sommes actuellement.
Lorsque nous avons appris le décès de Guido A. Zäch, ce numéro de Paracontact était déjà à l’imprimerie. Nous dédierons un article à ce bâtisseur et reviendrons sur ses multiples réalisations dans la prochaine édition.
Cordialement,
Olga Manfredi Laurent Prince Présidente Directeur
Grâce à notre expertise dans le domaine de la gestion de la vessie et de l‘intestin, nous vous offrons un savoir-faire solide. Avec plus de 14‘000 produits, nous proposons la plus large gamme en Suisse pour l‘incontinence, les stomies et trachéotomies et le traitement des plaies.
Avez-vous des questions? Nous nous tenons à votre disposition du lundi au vendredi de 7 à 17h. publicare.ch
056 484 15 00 info@publicare.ch

NOUS VOUS ACCOMPAGNONS AVEC PASSION :
RÉHABILITATION
FAUTEUILS ROULANTS
COMPRESSION MÉDICALE
RETROUVEZ TOUS NOS SITES EN SUISSE ROMANDE SUR
Édition
Association suisse des paraplégiques
Kantonsstrasse 40, CH-6207 Nottwil
Tél. 041 939 54 00, e-mail spv@spv.ch www.spv.ch
Rédactrice en cheffe
Evelyn Schmid
Rédaction
Laurent Prince, Nadja Venetz, Felix Schärer, Michael Bütikofer, Daniela Vozza, Peter Läuppi, Peter Birrer, Tina Achermann
Traduction
Sonia Bretteville, Elvire De Tomi Coordination, graphisme, annonces Andrea Di Bilio-Waldispühl, Tina Achermann
Photos
ASP, FSP, Adobe Stock, Tobias Lackner, Thomas Walker, Manuela Gossweiler Photography, Roland Bigler, Gabi Thoenen, Catherine Debrunner, Swiss Paralympic/ Manuel Lopez, bindaphoto.ch, Milano Cortina 2026, Claude Mbuta, Gravel Ride, Sport d’élite de l’armée Suisse, Swiss Bike Park, SBB CFF FFS, Rubi Photography
Impression
Brunner Medien AG, www.bag.ch
Dernier délai de rédaction du prochain numéro:
Édition été 2026: close
Édition automne 2026: 12.5.2026
Tirage
8100 exemplaires en allemand 4250 exemplaires en français
Nous utilisons une écriture inclusive, mais devons parfois adopter la forme féminine ou masculine sans discrimination de genre, afin d’alléger le texte.
Les articles publiés sont protégés par le droit d’auteur. Toute reproduction nécessite l’accord explicite de la rédaction. L’opinion des auteurs externes ne reflète pas toujours celle de la rédaction. La rédaction n’est pas tenue de publier les articles non sollicités.


AVANCER
ACTUALITÉS 6
BENEVOL AWARDS
Six bénévoles à l’honneur 8
PROMOTION DU SPORT
Plus d’argent pour bouger plus 10
ÉCLAIRAGE
Développement de la FSCMA 11
EXTRAIT DE LA VIE
DEVENIR ADULTE
Foncer tête baissée 12
VOITURE
Transporter aisément un fauteuil roulant 15
CONSEILS JURIDIQUES
INDEMNITÉS JOURNALIÈRES
Évolution professionnelle et indemnité journalière 16
Quand l’intestin fait grève 18
CONSTRUIRE SANS OBSTACLES
LE CSO A 30 ANS
De vieux briscards infatigables 20 LE RÉSEAU D’INTÉRÊTS Des
ENTRÉE LIBRE
Assemblée des délégué·e·s
L’assemblée des délégué·e·s de l’ASP aura lieu le samedi 2 mai 2026 dans l’aula du Centre suisse des paraplégiques à Nottwil. En tant que membre actif de l’ASP, vous avez la possibilité d’y participer à titre d’invité·e sans droit de vote. Cela vous intéresse? Merci de vous annoncer avant le 29 avril à spv@spv.ch.
Le 3 décembre, Journée internationale des personnes handicapées, l’Université de Zurich a organisé pour la première fois un programme de sensibilisation au handicap. Cette journée d’action visait à réduire les appréhensions, à favoriser le dialogue et à renforcer la compréhension faces aux différentes réalités de la vie.

L’ASP y était aussi. Les deux intervenants, Rudolf Weiler et Stephan Freude, ont décrit leur quotidien en fauteuil roulant et expliqué les obstacles et les préjugés auxquels ils sont confrontés.

Celles et ceux qui sont soigné·e·s à domicile connaissent les défis liés à l’évaluation et au financement des prestations de soins. Le 28 mai 2026, nous en aborderons certains et apporterons des réponses pratiques.
De nombreux membres de l’ASP dépendent d’une aide et de soins réguliers chez eux. Malgré plusieurs décisions du Tribunal fédéral, la détermination des besoins en soins et leur prise en charge restent complexes. Lors du Forum juridique, nos avocat·e·s et des expert·e·s externes de Para-
Help, de la FSCMA et de Solicare parleront du remboursement de ces prestations. La rencontre aura lieu le 28 mai 2026 à 13 h 30 dans l’aula du Centre suisse des paraplégiques à Nottwil. Toutes les interventions seront traduites simultanément (allemand/ français). Les membres de l’ASP recevront une invitation par courriel. Nous nous réjouissons de vous y accueillir.
Inscription Inscrivez-vous ici:

La persévérance paie. L’ASP a obtenu une rémunération tarifaire plus élevée dans deux jugements qui font jurisprudence.
Les deux dossiers portaient sur la question de savoir si certaines tâches spécifiques relevaient des soins médicaux ou des soins de base. Sachant que les premiers sont mieux rémunérés, la distinction est essentielle.
Les points litigieux concernaient la prévention des escarres, le positionnement de la personne, l’enfilage et le retrait des bas de
contention, la pose de l’urinal, l’aide active et passive au mouvement, et le lever ou le coucher avec assistance. Les patient·e·s tétraplégiques ont souvent besoin des soins mentionnés ci-dessus.
Le Conseil juridique de l’ASP a toujours estimé qu’il s’agissait de soins médicaux. Tant le Tribunal fédéral que la Cour suprême des Grisons lui ont donné raison en confirmant ce point de vue dans leurs arrêts du 14 novembre 2025 et du 9 décembre 2025.
Pour la troisième fois déjà, le CFR Lausanne organise un week-end au bord du lac à Morges les 6/7 juin 2026.
En collaboration avec ses partenaires, le club en fauteuil roulant propose tout un éventail d’activités sur et dans l’eau. En kayak ou en SUP, vous glissez sur le lac Léman. Si vous préférez la pêche, il faut juste un zeste de patience pour appareiller le bateau ac-

Pierre
Gumy
Architecte
Depuis la mi-novembre, Pierre Gumy renforce l’équipe du département Construire sans obstacles. Bilingue, il se charge des conseils en construction en Suisse romande et alémanique. Auparavant, il était associé et membre de la direction d’un bureau d’architectes et travaillait à son compte dans le secteur de la conception de sites Web.
Polyvalent
Pour cet amoureux de la nature, la famille passe avant tout. Il aime la randonnée et la photographie, mais aussi les voitures anciennes et les planeurs télécommandés.
cessible et lancer la ligne. Avec un peu de chance, vous sortirez une perche ou une truite. Et grâce à l’accès sans obstacles au lac, vous pourrez vous baigner dans l’eau fraîche.
Le Club en fauteuil roulant Lausanne accueille volontiers les membres d’autres clubs en fauteuil roulant. Rendez-vous au port de plaisance de Morges. Inscription obligatoire: cfrlausanne.ch.
Damian Gianola (ancien PDG de l’Olympia Bob Run St. Moritz-Celerina) a organisé un gala de bienfaisance à La Punt GR en faveur de trois organisations qu’il connaissait personnellement.

Damian Gianola a découvert l’Association suisse des paraplégiques grâce au parabobsleigh. À la fin de la soirée et à la surprise générale, un particulier a généreusement arrondi la collecte du gala qui atteignait CHF 14 300.–. Nous les remercions de tout cœur.
SITE INTERNET
Bibliothèque du Conseil juridique
Dans la rubrique Conseils juridiques de notre site Web, une nouvelle bibliothèque met à votre disposition tous les articles que nos avocat·e·s ont publiés dans Paracontact ces dernières années.
Les articles sont classés par thème et peuvent être téléchargés au format PDF. Nous espérons ainsi vous offrir des sources fiables pratiques pour les questions juridiques.
Hier anmelden
Text Text
Les archives en ligne spv.ch (Conseils/ Conseils juridiques)
L’ÉCHO DES CLUBS
Socles régionaux de l’ASP, les 26 CFR permettent aux membres de se rencontrer, d’échanger en toute convivialité et de faire du sport partout en Suisse.
Les clubs ci-dessous fêtent leur jubilé en 2026:
Rollstuhlclub Aarau 40 ans
CFR Bienne 50 ans
Rollstuhlclub Zentralschweiz 60 ans
L’ASP souhaite un bon anniversaire aux trois clubs en fauteuil roulant et les remercie de leur engagement au cours de toutes ces années.

Ils et elles sont les piliers de l’ombre, sans lesquels ni les clubs en fauteuil roulant ni l’ASP ne pourraient offrir leurs prestations: quelque 2000 bénévoles, dont six ont été récompensé·e·s par un Benevol Award.
Evelyn Schmid
À l’occasion de la Journée mondiale du bénévolat du 5 décembre, l’Association suisse des paraplégiques a rendu hommage à des personnes qui se sont investies gracieusement en faveur des paralysé·e·s médullaires. Les prix ont été remis lors d’un gala auquel les membres de comité des 26 clubs en fauteuil roulant (CFR) avaient été conviés.
Le directeur de l’ASP, Laurent Prince et la présidente, Olga Manfredi, ont remis six distinctions à des bénévoles qui, dans les clubs en fauteuil roulant, s’engagent activement pour que la vie associative fonc-

Vidéo
Une belle soirée gratifiante et émouvante
tionne. Grâce à leur travail, des entraînements sont assurés, des manifestations culturelles sont organisées, les tâches des comités sont effectuées et les engins sportifs sont réparés. Toute personne ayant œuvré au sein d’un club pendant au moins 10 ans et ayant fourni plus de 100 heures de travail est susceptible d’être retenue pour cette distinction.
Loin d’être uniquement un signe de reconnaissance, les Benevol Awards mettent aussi en évidence que sans le bénévolat, de nombreuses associations n’existeraient pas en Suisse. Ils soulignent également que l’inclusion est une réalité dans les clubs en fauteuil roulant. Cinq des six lauréat·e·s vivent sans handicap. La jeune association Enviedanse a aussi démontré son engagement en faveur de l’inclusion à travers de
magnifiques chorégraphies. Des danseurs et danseuses avec et sans fauteuil roulant ont présenté un large répertoire allant de la danse folklorique à la pop funky.
Les Benevol Awards bénéficient du soutien de la société Hollister. La soirée 2025 a mis les personnes suivantes à l’honneur:
Susanne Blöchlinger
Rollstuhlclub Zürich
Depuis son accident en 1992, Susanne Blöchlinger est paralysée médullaire. C’est pendant sa rééducation à Nottwil qu’elle a découvert le Rollstuhlclub Zürich, auquel elle a rapidement adhéré. Aujourd’hui âgée de 56 ans, elle participe à divers entraînements sportifs, et se charge aussi elle-même d’animer des activités. Malgré ses obligations professionnelles et familiales, elle a un fils, Susanne Blöchlinger a consacré beaucoup de temps au comité. Longtemps responsable de la division «Culture et loisirs», elle a également occupé le poste de vice-présidente. Pour se détendre, Susanne Blöchlinger aime se promener en pleine nature avec son handbike ou son Swisstrac. Elle adore voyager et cuisiner.
René Bolliger
Rollstuhl-Tennis-Club Aargau
Depuis 1991, René Bolliger contribue à la promotion du tennis fauteuil en Suisse. C’est plutôt par hasard qu’il a découvert ce sport rapide et passionnant lors des CS Interclub. Dès l’année suivante, il a participé à l’organisation du premier Birrhard Open, un tournoi international de tennis fauteuil. En 1995, il assistait à la création du club de tennis en fauteuil roulant d’Argovie et, en tant que responsable sportif, il y dirige aujourd’hui jusqu’à quatre entraînements par semaine. Entraîneur national de tennis fauteuil de 2000 à 2008 et membre de la commission technique de l’ASP, il a accompagné des athlètes aux Jeux Paralympiques de Sydney et d’Athènes. Pendant ses loisirs, il reste actif et aime faire des randonnées en plaine comme en montagne. À 64 ans, il souhaite désormais lever le pied et, après 23 ans au sein du comité du club, il cède son poste de responsable sportif à son fils Patrik, mais continuera de s’occuper du cours hebdomadaire.
Johannes Labarile
Rollstuhlclub Oberwallis
Le bénévolat est une constante dans la vie de Johannes Labarile. À 23 ans déjà, il s’engageait auprès de Kleeblatt, le service de taxi pour les personnes à mobilité réduite. Devenu papa de quatre jeunes enfants, il a dû cesser d’assurer ces déplacements par manque de temps. Des années plus tard, en 2008, il a accompagné son fils à une initiation au tir à l’arc à Gampel. Il y a retrouvé l’ancien coordinateur du taxi pour personnes en situation de handicap, Robert Lehner, lui-même para-archer. Il a été surpris de voir que parmi les enfants, les adolescents et les adultes, certaines personnes en fauteuil roulant participaient aussi à l’entraînement. Il s’est lui-même pris de passion pour le tir à l’arc et, lorsque l’entraîneur de l’époque est parti en Allemagne en 2011, il a repris son poste. Il a aussitôt suivi les cours de formation nécessaires à Nottwil et s’est rapproché du Rollstuhlclub Oberwallis. Depuis lors, il organise avec joie et engagement, parfois avec l’aide de sa famille, de nombreux événements, journées sportives et excursions pour ce club.
Brigitte Ochsner
Rollstuhlclub Winterthur Schaffhausen
Non seulement la natation est un sport mer veilleux, mais l’eau procure une sensa-


tion d’apesanteur aux paralysé·e·s médullaires. Il y a 26 ans, le club en fauteuil roulant de Winterthour Schaffhouse recherchait de l’aide pour les séances hebdomadaires de natation. Samaritaine expérimentée, Brigitte Ochsner était la candidate idéale pour cette tâche. Très vite, elle a suivi le cours de base de l’ASP et est devenue une monitrice de natation qui s’investit énormément. Semaine après semaine, elle accompagne les membres avec beaucoup de patience et de passion pour les aider à se changer, à entrer et sortir de l’eau, à nager et, bien sûr, à se rhabiller. Elle a en outre instauré de nouvelles traditions au sein du CFR, comme le barbecue annuel en été. Depuis 12 ans, elle est également réviseure suppléante et intervient au pied levé et avec professionnalisme lorsqu’un des réviseurs est absent.
Paul Odermatt
Rollstuhlclub Zentralschweiz
Le nom de Paul Odermatt est presque automatiquement associé à Marcel Hug, l’athlète de haut niveau qu’il entraîne depuis son enfance. Mais il encadre aussi de nombreux jeunes talents de l’athlétisme depuis des décennies. On oublie souvent que cet homme de 73 ans siège depuis 1996 au comité du Rollstuhlclub Zentralschweiz. Depuis 1998, il en est le responsable sportif et a joué un rôle déterminant dans le


développement du plus grand et plus ancien club en fauteuil roulant de Suisse. Pendant son temps libre, Paul Odermatt profite des beaux jours pour rouler avec sa Jaguar Type E ou se rendre à des rassemblements de voitures de collection.
Luigino Trebucchi
Rollstuhlclub Züri Oberland
Dans les années 70, Gino Trebucchi était responsable, au sein de l’iwaz (Fondation pour l’habitat, le travail, la formation et la cohabitation inclusifs à Wetzikon), de la création de moyens auxiliaires sur mesure pour les personnes à mobilité réduite. Un collègue de travail l’a mis en contact avec le Rollstuhlclub Uster (désormais Züri Oberland). Ensemble, ils ont commencé à perfectionner les fauteuils roulants de basketball du club. Gino Trebucchi a consacré de nombreux week-ends à œuvrer lors des manifestations sportives ou à bricoler dans son atelier. Âgé 72 ans, il est à la retraite depuis sept ans, mais on le croise encore souvent à l’iwaz, dans l’atelier ou lors des tournois du RCZO.
Photos
En haut, de g. à d.: Susanne Blöchlinger, René Bolliger, Johannes Labarile; en bas, de g. à d.: Brigitte Ochsner, Paul Odermatt, Luigino Trebucchi


La Fondation suisse pour paraplégiques collecte actuellement des dons pour des projets sportifs. Cet argent permettra à l’ASP de renforcer de nombreuses offres de sport pour toutes et tous.
Nadja Venetz
La Fondation suisse pour paraplégiques (FSP) soutient les personnes paralysées médullaires tout au long de leur existence, y compris financièrement. Les fonds nécessaires proviennent des cotisations des membres, des dons et des legs. En outre, la FSP lève régulièrement des fonds pour des objectifs spécifiques. En ce moment, elle le fait pour le projet «Sport et mouvement», fruit du travail de Peter Läuppi, responsable du département Sport et loisirs en fauteuil roulant. L’argent ainsi reçu est versé à l’ASP qui a établi des mesures d’investissement de ces fonds sur quatre années au profit des projets dits «des excédents». «L’accent est clairement mis sur le sport de loisirs et la promotion de la santé», explique Peter Läuppi. «Cet argent nous aide à mettre notre stratégie en œuvre. Nous voulons faciliter l’accès à une activité physique régulière et adapter encore mieux l’offre aux besoins de nos membres.» L’étude menée par l’Université de Berne a fourni d’importants éléments sur les facteurs qui dissuadent les personnes en fauteuil roulant de pratiquer un sport (voir Paracontact 4/25).
Louer au lieu d’acheter
La promotion des sports émergents que sont le handbike tout terrain et le ski de fond sera intensifiée grâce à des tours guidés et un plus grand choix de destinations. Partant du constat que ces deux disciplines peuvent être pratiquées sans l’ASP et que l’achat des équipements est trop coûteux
pour de nombreuses personnes, l’ASP a prévu d’acheter des HTT et des luges de ski afin de les louer à des conditions avantageuses pour que celles et ceux qui ont envie de faire de l’exercice en pleine nature ne soient pas freiné·e·s par les coûts.
Un autre sport a le vent en poupe: la boccia. Souhaitant qu’elle puisse être jouée dans toute la Suisse, l’ASP envisage une collaboration avec les 26 clubs en fauteuil roulant. Discipline très attrayante, la paraboccia peut être pratiquée par des personnes fortement handicapées et nécessite peu d’infrastructures. On peut y jouer pour le plaisir ou viser une carrière internationale, car c’est une discipline paralympique. «En développant la pratique de la boccia, nous répondons au vieillissement de nos membres. Ce n’est pas un sport physique-
ment exigeant, mais il est tactique et stimule la coordination tout en favorisant les échanges sociaux», précise Peter Läuppi. La boccia fait également partie du projet «move on»-sports de cible, une adaptation du très prisé camp de sport et de loisirs qui sera exclusivement consacrée aux sports de précision: tir, tir à l’arc et boccia. La rencontre sportive s’adresse spécifiquement aux membres de l’ASP qui ne font pas encore d’exercice physique.
Dans toute la Suisse
À titre de projet pilote, l’ASP ouvre un bureau dans le nouveau centre sportif «CMFG Arena» à Sigirino-Monteceneri TI. L’idée est que le contact direct entre les membres et les responsables favorise les échanges et renforce l’offre sportive. D’autres bureaux pourraient ouvrir dans d’autres régions. De plus, un nouveau poste a été créé afin de mieux faire connaître la gamme d’activités sportives de l’ASP, notamment dans les cliniques de rééducation. Et grâce à un bus et à des fauteuils roulants faciles à transporter, l’ASP souhaite en outre sensibiliser le grand public au sport en fauteuil roulant et à l’égalité des chances.
Ces projets, ainsi que d’autres, sont prévus pour une durée de quatre ans. Soucieuse que ces offres perdurent après cette période, l’ASP s’emploie d’ores et déjà à garantir leur futur financement. Peter Läuppi conclut en soulignant: «Ces moyens supplémentaires de la FSP constituent pour nous une solide chance d’étayer notre offre sportive et il s’agit surtout d’un investissement dans la santé de nos membres.»
Un jeu sportif auquel tout le monde peut participer.

Depuis mi-2025, Stefan Keller représente l’ASP au comité de la FSCMA. Il souhaite que cette prestataire de services et conseillère indépendante pour les moyens auxiliaires continue à se professionnaliser.
Evelyn Schmid
Quelles sont les tâches principales de la FSCMA et quel est ton rôle?
La FSCMA est une organisation d’entraide pour le conseil en moyens auxiliaires, soutenue par diverses organisations de personnes han dicapées comme l’ASP. Elle compte près de 160 employé·e·s réparti·e·s sur huit sites et offre des conseils sur le logement, le lieu de travail, les fauteuils roulants, l’orthopédie, les moyens auxiliaires pour enfants, le contrôle de l’environnement, la communication assistée et l’aménagement de véhicules.

Quels sont les défis actuels?
Les plus grands enjeux concernent les ressources humaines. Comme toujours dans les processus de changement, le facteur humain est le plus important. Tout le reste n’est qu’accessoire. Les huit sites évoluent différemment. Certains se développent déjà dans la direction souhaitée, d’autres pas encore. Là où cela s’avère difficile, il y a soit un manque de personnel qualifié, soit un manque d’identification.
En même temps, je ne peux imaginer que l’AI puisse procéder elle-même à des évaluations et prendre des décisions sans un conseil indépendant. C’est-à-dire indépendant par rapport aux revendeurs spécialisés et fabricants.
Et quel est le rôle de l’ASP dans ce contexte?
Des représentant·e·s d’autres organisations de personnes handicapées s’engagent aussi à mes côtés dans le comité. Je trouve que la collaboration au sein du groupe stratégique, ainsi qu’avec la direction, est très ouverte.
Quelles préoccupations y abordes-tu en tant que représentant de l’ASP?
En bref: fournir les meilleurs moyens auxiliaires et services possibles aux personnes en situation de handicap. Pour cela, il faut repenser les processus. La FSCMA se trouve dans une situation similaire à celle de l’ASP il y a quelques années. Mon ambition est qu’elle évolue dans une direction aussi positive que l’ASP, qu’elle devienne plus dynamique, plus ouverte et qu’elle donne la priorité à ses client·e·s. Tout en sachant que le changement d’une culture organisationnelle prend du temps.
La FSCMA veut être une organisation indépendante qui conseille les personnes en situation de handicap. D’un autre côté, elle rédige des expertises pour l’AI et d’autres assurances sociales. Y a-t-il là un conflit d’intérêts?
Cette situation comporte à la fois des défis et des chances. Il s’agit de saisir les opportunités sans négliger les difficultés. En tant que mandante, l’AI se conforme aux dispositions légales et aux décisions du Tribunal fédéral, qui sont de plus en plus marquées par la politique. Malheureusement, la FSCMA n’y échappe pas. La marge de manœuvre est réduite et la pression de l’AI est forte. C’est pourquoi les possibilités dont dispose la FSCMA pour défendre les intérêts des personnes en situation de handicap sont modestes. Bien sûr, son personnel est constamment confronté à des conflits d’intérêts, ce qui crée un environnement de travail propice aux erreurs.
Il peut arriver que les juristes de l’ASP contestent des décisions de l’AI qui s’appuient sur les évaluations de la FSCMA. Mais il y a aussi des cas où les avocat·e·s déposent un recours, dans l’intérêt de la FSCMA, contre des décisions du Tribunal fédéral ou une pratique en vigueur depuis longtemps.
As-tu une vision ou un souhait quant à l’évolution future de la FSCMA?
Je souhaite, pour moi-même et pour la FSCMA, que celle-ci, à l’instar de l’ASP, évolue dans la bonne direction malgré les vents contraires qui soufflent actuellement. En tant que pilote, je sais qu’il est souvent plus gratifiant et plus efficace de louvoyer que de tenter de braver le vent de front.
Coach et consultant indépendant, Stefan Keller accompagne le changement. Il siège aussi au comité central de l’ASP depuis 2025.
Trouver un apprentissage, quitter le domicile familial, assumer des responsabilités: une période complexe pour Emiglio Pargätzi. Nadja Venetz

À l’été 2025, il est enfin en possession de son diplôme de mécanicien en cycles CFC. Le chemin pour y parvenir n’a pas été une sinécure. «J’ai failli abandonner et j’étais psychologiquement à bout», se souvient Emiglio Pargätzi. S’il est fier d’avoir réussi son examen, il est aussi soulagé que cette rude période soit derrière lui.
Aujourd’hui âgé de 22 ans, il a grandi à Lüen, un petit village des Grisons de 80 âmes près d’Arosa. Il a passé ses premières années d’école primaire au foyer de Coire. L’école de la vallée n’était pas équipée pour accueillir un enfant en fauteuil roulant. La mère d’Emiglio s’est donc battue pour qu’un ascenseur soit installé afin que son
fils puisse fréquenter la même école que les autres enfants du village à partir de la 3ème année. Ce n’est qu’en secondaire qu’il est retourné à Coire, en taxi. «J’étais un élève calme et discret», raconte-t-il.
Loin de chez soi À 17 ans, il déménage à Schenkon LU et devient l’un des premiers résidents de la para-coloc. «J’ai vu dans cette colocation une formidable opportunité de m’épanouir et de quitter le cocon familial. Jusqu’ici, je n’avais jamais rien choisi, à part la couleur de mon fauteuil roulant.» Grâce à la paracoloc, il rencontre Silvia Affentranger, travailleuse sociale à l’Association suisse des paraplégiques. Dans le cadre du conseil so-
cial, elle aborde avec les colocataires les sujets plutôt rébarbatifs de la vie d’adulte et les obligations administratives: assurances sociales et maladie, déclaration d’impôts, fourniture de moyens auxiliaires, etc.
Emiglio veut comprendre les rouages et les prestations des assurances sociales ainsi que leurs procédures et effectuer lui-même les démarches administratives. Cela ôtera un poids à sa mère. Pendant toutes ces années, c’est elle qui a veillé à ce que son fils touche les prestations auxquelles il a droit et qui a mis en place tout un système. Mais pour Emiglio, celui-ci n’est ni logique ni pratique. «Je n’ai pas besoin de 50 classeurs dans mon appartement. Je veux une vie sans

papier.» Il voit régulièrement sa conseillère Silvia Affentranger et, avec son aide, élabore son propre classement numérique sur son ordinateur portable. Sa maman a toutefois eu du mal à lui laisser la main. Mais Emiglio est indulgent: «Ma mère a fait d’énormes progrès.» Leurs relations se sont apaisées depuis longtemps.
Surtout pas un travail de bureau
Les résident·e·s de la para-coloc apprennent à vivre de manière autonome, tout en étant accompagné·e·s par ParaWork dans leur choix de carrière. C’est ce qu’on appelle l’année de perspective. Emiglio effectue un stage dans un bureau et se rend vite compte que les tâches l’ennuient. De toute façon, il refuse l’idée que le seul lieu de travail pour une personne en fauteuil roulant soit un bureau. Il préfère devenir mécanicien en cycles. Passionné de skate en fauteuil, il bricole souvent lui-même son engin WCMX, alors pourquoi ne pas apprendre le métier de A à Z? Il fait des stages dans plusieurs entreprises, mais rares sont celles qui sont prêtes à engager une personne en fauteuil roulant comme apprenti. On lui explique qu’il ne pourra pas tester les vélos qu’il aura réparés ou on lui sert d’autres excuses de ce genre. Emiglio envoie un nombre considérable de candidatures jusqu’à ce qu’il décroche une place. Avant de commencer son apprentissage, l’entreprise lui fait effectuer un stage de six mois afin de voir ce qu’il faudra adapter.
Avec le recul, Emiglio estime qu’il aurait dû tester d’autres métiers. En deuxième année d’apprentissage, il perd son enthousiasme
et a du mal à se motiver. «Je ne voyais pas l’intérêt d’apprendre telle ou telle chose, et mes résultats s’en ressentaient.» Il échange beaucoup avec sa coach de vie professionnelle de ParaWork. Au lieu d’abandonner, il décide de persévérer. Il a trop longtemps cherché cette place d’apprentissage et une année, ce n’est rien. «Ça va aller, il faut que ça aille», se dit-il. Mais cette période s’avère compliquée, d’autant qu’il n’a plus le temps de compenser avec son cher WCMX.
Emiglio s’essaye pour la première fois à cette discipline sportive il y a près de dix ans, quand il suit la rééducation des jeunes au Centre suisse des paraplégiques. Lors du Grand Prix d’athlétisme ParAthletics qui se déroule en parallèle, le pionnier allemand du WCMX, David Lebuser, fait la démonstration de son talent sur les rampes et les rails. Et Emiglio réalise ses premiers essais. À l’époque, il n’existe pas encore de structures pour le WCMX en Suisse. Ce n’est que lorsqu’il emménage à la para-coloc que Marco Bruni, chef Développement des athlètes à l’ASP, instaure cette discipline. La responsable de la para-coloc alors en poste les met en contact et Emiglio devient l’un des premiers athlètes WCMX du pays. Il aimait déjà faire du sport, mais ni le basket-ball ni l’athlétisme ne le passionnaient vraiment. Avec le WCMX, c’est différent. «Créativité, action, vitesse, agilité: ce sport réunit tout», s’enthousiasme le Grison, qui fait aujourd’hui partie du cadre national A.
Plus de confiance en soi
Et il y a autre chose qui lui plaît: il peut repousser les limites avec son fauteuil, mon-
«Aujourd’hui, je suis une toute autre personne.»
trer tout ce qui est possible. Il aimait déjà dévaler des escaliers ou un sentier de randonnée escarpé, sauter à toute vitesse par-dessus un trottoir. «En tant qu’athlète WCMX, je peux aussi être un modèle pour les personnes qui ont honte de leur fauteuil roulant. Avant, je me sentais mal dans ma peau et je restais cloîtré chez moi», explique Emiglio. Cette discipline a transformé l’adolescent timide. «Dès que j’ai mis un casque sur la tête, je suis devenu une vraie bête de scène. Ce sport m’a donné beaucoup de confiance en moi. Aujourd’hui, je suis une toute autre personne.»
La structure de sa formation ne laisse toutefois guère de place à ses ambitions sportives. Pendant les mois d’été, qui seraient idéaux pour le skatepark, l’atelier de réparation de vélos est en pleine effervescence. «Je ne pouvais plus m’entraîner comme je le souhaitais, je ne pouvais donc plus donner le meilleur de moi-même.» Ses performances sportives se détériorent aussi, ce qui frustre encore plus Emiglio. Il réussit de justesse ses examens à l’été 2025. S’il est heureux d’avoir obtenu son certificat fédéral de capacité, il ne se voit plus travailler comme mécanicien en cycles. Il est actuellement à la recherche d’un emploi avec le soutien de ParaWork. Son nouveau travail devra être compatible avec ses objectifs sportifs. Il suit parallèlement une formation de moniteur dans le sport-handicap, car il souhaite transmettre à d’autres la discipline sportive qui l’a métamorphosé.
Le bon équilibre
Son nouvel emploi devra être compatible avec ses ambitions sportives.

Roulez à 9 km/h avec notre nouveau modèle SWT-1S.
Trouver un distributeur: www.swisstrac.ch



Inscription: spv.ch


Le logo du fauteuil roulant dessiné par Rolland Bregy est différent des autres pictogrammes. Plus moderne et énergique, sa forme elliptique et la position inclinée de la personne en fauteuil roulant soulignent le caractère actif des personnes en mouvement.


Vous pouvez commander ces autocollants auprès de l’ASP. Toutes les informations concernant les modèles disponibles et les modalités d’achat figurent sur le site www.rolliwelt.ch.

Essayer maintenant !
Bien plus qu’un vélo – vis la liberté de mouvement
Le Mountain Handbike électrique OT FOXX K1 d’Orthotec emmène les personnes en fauteuil roulant dans la nature, même si les muscles abdominaux sont réduits. Alors, qu’attends tu, c’est parti pour une nouvelle aventure loin des sentiers battus.
orthotecsports.com
Il existe plusieurs façons de hisser et de ranger un fauteuil roulant ou des engins encore plus lourds dans une voiture. Beat Bösch, conseiller pair à l’ASP, mise sur un treuil.
Peter Birrer
Lorsqu’une personne en fauteuil roulant envisage d’acheter une voiture, elle a tout intérêt à préférer la fonctionnalité à l’esthétique. Pour Beat Bösch, tétraplégique et conseiller pair à l’ASP, «les souhaits et la réalité ne coïncident malheureusement pas toujours.»
Son expérience a montré qu’une question essentielle était souvent oubliée: «Comment vais-je mettre mon fauteuil roulant dans la voiture?» Sachant que la taille du véhicule est un facteur déterminant, il conseille de privilégier les breaks ou les monospaces. Les portes coulissantes automatiques montées en usine, qui s’ouvrent sur simple pression d’un bouton, constituent aussi un avantage considérable, car «tous les fauteuils roulants ne passent pas par une porte battante classique transformée.»
90 secondes au lieu de 6 minutes
Après son accident il y a près de 30 ans, les premières fois que Beat Bösch mettait son fauteuil dans sa voiture, l’opération lui prenait parfois six minutes. Il se transférait d’abord de son fauteuil roulant au volant, puis chargeait son fauteuil à l’aide d’un bras de levage commandé par câble. S’il montait et descendait cinq fois par jour de sa voiture, cela lui prenait au total environ une heure.
À 54 ans, il est beaucoup plus rapide aujourd’hui, puisqu’il peut faire ce chargement en moins de 90 secondes. Cela n’est pas dû à son âge, mais à un accessoire assez simple. Beat Bösch se transfère sur le siège conducteur, ouvre la porte battante et sort le treuil de levag. Il fixe le crochet au cadre et hisse le fauteuil roulant, qu’il guide à la main, derrière le siège conducteur. Bien sûr, avec l’habitude ses gestes sont devenus très précis.
Il est depuis longtemps un fervent défenseur du treuil qui convient aux fauteuils roulants à châssis rigides ou pliants. «Il est efficace et pratique à utiliser. Je n’ai jamais eu de problèmes avec lui», dit-il, ajoutant
qu’un autre point doit être pris en compte: «La tâche est plus facile lorsque le siège conducteur et le fauteuil roulant sont à peu près à la même hauteur.»
Le Ladeboy, une alternative au treuil Certains automobilistes paraplégiques renoncent parfois à installer un système de chargement et choisissent l’option manuelle. Cela leur offre un plus grand choix de véhicules, y compris des modèles à deux portes. Après le transfert au volant, il faut alors démonter les roues du fauteuil roulant et les ranger avec le cadre. «Les physiothérapeutes et les ergothérapeutes déconseillent toutefois cette méthode, car elle peut causer des problèmes d’épaule à long terme», explique Beat Bösch.
Le Ladeboy, un dispositif plus coûteux que le treuil, constitue une alternative. Ce bras robot charge et décharge seul le fauteuil roulant, qu’il soit manuel ou électrique (jusqu’à 50 kg). Pour les engins plus lourds, tels que les appareils de traction, le hayon élévateur est la solution idéale. Selon le modèle, il peut supporter une charge allant jusqu’à 200 kg. En règle générale, il est financé par l’assurance invalidité (AI).
Grâce aux différentes possibilités de chargement, le transport du fauteuil devient une routine non contraignante qui demande peu d’efforts. Beat Bösch nous le montre.
Beat Bösch utilise un treuil de levage. Selon les besoins et les avis, d’autres solutions peuvent être envisagées. Voir l’aperçu sur orthotec.ch sous moyens-auxiliaires/conduire.

Le présent article examine si et dans quelle mesure une évolution professionnelle qui aurait eu lieu sans atteinte à la santé peut être prise en compte dans le calcul des indemnités journalières.
Michael Bütikofer, avocat et notaire
Plusieurs articles ont déjà été publiés dans Paracontact sur le sujet: une évolution professionnelle qui aurait eu lieu sans atteinte à la santé peut-elle être prise en compte dans la fixation de la rente (voir par exemple Paracontact 2/2024). Comme nous l’avons démontré, les obstacles sont généralement élevés et les critères (du Tribunal fédéral) sont stricts pour qu’une carrière compromise puisse être prise en compte dans la fixation de la rente. Nous allons à présent examiner plus en détail si le fait d’avoir vu sa carrière compromise peut également avoir une incidence sur le droit à l’indemnité journalière.
L’indemnité journalière de l’assurance-accidents
Les personnes exerçant une activité lucrative sont généralement assurées à titre obligatoire contre les conséquences des accidents professionnels et non professionnels
Toute personne active qui subit un accident et se retrouve (partiellement) incapable de travailler perçoit une indemnité journalière de l’assurance-accidents (AA) à partir du 3ème jour suivant l’accident. Cette indemnité journalière est calculée sur la base du dernier salaire perçu avant l’accident (gain assuré). En cas d’incapacité totale de travail, l’indemnité journalière s’élève à 80% du gain assuré. En cas d’incapacité de travail partielle, elle est réduite en conséquence. Le montant maximal de l’indem-
nité journalière s’élève actuellement à CHF 406.–. Le droit à l’indemnité journalière prend fin lorsque l’assuré·e retrouve sa pleine capacité de travail, commence à percevoir une rente ou décède.
Il ressort clairement de ce qui précède qu’une assurance-accidents couvre la période comprise entre le 3ème jour suivant l’accident et le début du droit à la rente par le versement d’une indemnité journalière.
L’expérience montre qu’il peut s’écouler un certain temps (plusieurs mois ou années) avant que le droit à la rente puisse être déterminé et que le droit à l’indemnité journalière prenne fin.
L’indemnité journalière de l’assurance-invalidité
Un droit à l’indemnité journalière peut également être accordé par l’assurance-invalidité (AI). C’est notamment le cas lorsque

Le préjudice de carrière doit être présenté de manière crédible.
la personne assurée effectue un essai de travail ou participe à des mesures de réadaptation. Un droit à l’indemnité journalière peut également être octroyé dans le cadre d’une première formation professionnelle, d’une formation professionnelle supérieure ou d’études dans une haute école. Tout comme pour l’AA, le droit à l’indemnité journalière de l’AI peut s’étendre sur une période de plusieurs mois, voire plusieurs années. En principe, l’indemnité journalière de l’assurance-invalidité se base également sur le dernier revenu professionnel réalisé sans restriction de santé. Une autre base de calcul, que nous n’examinerons pas plus en détail ici, s’applique aux indemnités journalières dans le cadre d’une première formation professionnelle, d’une formation professionnelle supérieure ou d’études dans une haute école. Si une personne assurée perçoit une indemnité journalière de l’AA et participe à une mesure de réadaptation de l’AI donnant droit à une indemnité journalière, son indemnité journalière de l’assurance-invalidité correspond au moins à l’indemnité journalière perçue jusqu’alors de l’assuranceaccidents (garantie des droits acquis).
Possibilité d’ajuster l’indemnité journalière
La question qui se pose désormais est de savoir si l’indemnité journalière peut être ajustée, c’est-à-dire augmentée, si le salaire (valide) avait évolué sans atteinte à la santé. En d’autres termes, une augmentation de salaire qui aurait eu lieu sans atteinte à la santé peut-elle avoir une incidence sur le droit à l’indemnité journalière de l’assurance-accidents et/ou invalidité? Comme nous le verrons ci-après, la réponse est différente selon qu’il s’agit de l’assurance-accidents ou de l’assurance-invalidité.
Concernant l’assurance-accidents
Le droit à l’indemnité journalière auprès de l’AA est précisé dans l’ordonnance sur l’assurance-accidents (OLAA). Alors que l’art. 22 OLAA apporte des précisions sur le gain assuré, l’art. 23 OLAA contient des dispositions relatives au salaire déterminant «pour l’indemnité journalière dans des cas spéciaux». L’alinéa 7 de cette même disposition précise qu’au cas où le traitement médical a duré au moins trois mois
et où «le salaire de l’assuré aurait été augmenté d’au moins 10% au cours de cette période, le salaire déterminant doit être à nouveau fixé pour l’avenir».
Il est donc établi, en ce qui concerne l’AA, que l’indemnité journalière n’est plus calculée sur la base du dernier salaire perçu avant l’accident au cas où le traitement médical a duré au moins trois mois et où le salaire de l’assuré·e aurait été augmenté d’au moins 10% au cours de cette période si l’accident n’avait pas eu lieu. Si ces conditions sont remplies dans un cas particulier, l’OAA stipule que le salaire déterminant et donc l’indemnité journalière doivent être à nouveau fixés pour l’avenir.
Il reste donc à examiner ce qui est nécessaire dans la pratique pour pouvoir effectivement augmenter l’indemnité journalière sur la base de l’art. 23, al. 7, OLAA. Une augmentation du revenu qui aurait eu lieu sans l’accident relève toujours de la pure hypothèse. Pour cette raison et afin d’éviter tout abus, la modification considérable du salaire doit avoir été concrètement prévisible avant l’accident. Ni le simple souhait d’une prolongation de la durée du travail, ni les déclarations d’intention unilatérales de la personne assurée ne peuvent satisfaire à ces exigences. Au contraire, il doit avoir été établi avec une probabilité prépondérante avant l’accident qu’une augmentation de salaire allait avoir lieu. L’assurance-accidents applique donc à l’augmentation des indemnités journalières des critères aussi stricts qu’à l’augmentation des rentes suite à une évolution professionnelle en cas de bonne santé (cf. à ce sujet dans l’article de Paracontact 2/2024).
Concernant l’assurance-invalidité
L’assurance-invalidité prévoit également, à l’art. 21bis, al. 5, de l’ordonnance sur l’assurance-invalidité (OAI), une disposition qui permet, dans certaines circonstances, d’adapter l’indemnité journalière: si une personne assurée peut prouver que, pendant la période de réadaptation, elle aurait exercé une autre activité lucrative que celle qu’elle exerçait en dernier lieu sans restriction de santé si l’invalidité n’était pas survenue, l’indemnité journalière est calculée sur la base du gain qui aurait été réalisé
avec cette nouvelle activité. Ainsi, si, dans un cas particulier, une personne assurée avait changé d’emploi sans événement dommageable, elle peut demander à ce que son indemnité journalière AI soit calculée sur la base du revenu qu’elle aurait perçu après son changement d’emploi.
Cette disposition de l’ordonnance est intéressante notamment parce que, en ce qui concerne l’assurance-invalidité, un changement d’emploi qui aurait eu lieu sans événement dommageable et qui aurait été accompagné d’un revenu plus élevé doit simplement être prouvé de manière crédible. Contrairement à l’assurance-accidents, ce changement d’emploi ne doit donc pas avoir été établi avec une probabilité prépondérante. Concernant l’assurance-invalidité, le niveau de preuve requis pour un ajustement du droit à l’indemnité journalière est donc moins élevé et moins strict.
Conclusion
En résumé, on peut retenir que tant dans le domaine de l’assurance-accidents que dans celui de l’assurance-invalidité, une augmentation du droit à l’indemnité journalière est en principe possible en raison d’une évolution professionnelle qui aurait eu lieu sans atteinte à la santé. Les critères d’ajustement de l’indemnité journalière sont plus stricts pour l’assurance-accidents que pour l’assurance-invalidité. Dans la pratique, il convient d’examiner avec précision si et dans quelle mesure un changement professionnel significatif aurait eu lieu sans atteinte à la santé. Si, dans un cas particulier, certains éléments plaident en faveur d’un changement positif en matière de santé, il peut être intéressant d’attirer l’attention des assurances sociales sur ces circonstances et de demander une augmentation de l’indemnité journalière. Notre équipe du Conseil juridique de l’ASP se tient volontiers à votre disposition pour examiner s’il est possible d’augmenter votre indemnité journalière.
L’intestin des personnes atteintes de paralysie médullaire est souvent capricieux. Quel est l’impact de l’alimentation, de l’activité physique et du quotidien, et comment soulager ces troubles?
Julia Trunz et Claudio Perret, Recherche suisse pour paraplégiques
Beaucoup de paralysé·e·s médullaires connaissent ce problème: l’intestin ne fonctionne pas comme il le devrait. C’est dû au lien étroit qui existe entre l’intestin et le système nerveux. En temps normal, l’intestin est contrôlé par un subtil réseau de nerfs qui relient le cerveau, la moelle épinière et la paroi intestinale. Il coordonne les mouvements des muscles intestinaux et déclenche les réflexes nécessaires à la digestion et à la vidange.
L’intestin en état d’urgence Si la connexion entre le cerveau et l’intestin est interrompue par une lésion médullaire, il y a perte totale ou partielle du contrôle des mouvements intestinaux; on parle alors de dysfonctionnement intestinal neurogène. En conséquence, l’intestin se fait plus lent, les selles restent plus longtemps dans le corps et le signal de vidange intestinale s’affaiblit ou disparaît complètement. Il en résulte une multitude de symp-
tômes tels que la constipation, les ballonnements et l’incontinence fécale. En cas de paralysie plus haute, comme une tétraplégie, cela peut aussi entraîner des réflexes excessifs et provoquer des crampes désagréables, voire une dysréflexie autonome.
Des facteurs indirects peuvent également aggraver ces troubles: les personnes paralysées médullaires sont moins actives physiquement, boivent trop peu ou prennent des médicaments qui ralentissent le transit intestinal, comme les analgésiques ou les spasmolytiques.
Notre écosystème interne
Des milliards de micro-organismes vivent dans l’intestin humain: bactéries, champignons et virus. Ensemble, ils forment la flore intestinale ou le microbiome. Ce dernier aide à digérer les aliments, à produire des vitamines, à entraîner les cellules immunitaires et à maintenir la paroi intesti-

nale en bonne santé. Grâce à des substances messagères, des cellules immunitaires et des voies nerveuses savamment coordonnées, le microbiome est en contact direct avec le cerveau (l’axe intestin-cerveau) et agit comme une «usine chimique» pour l’humeur, la motivation et l’énergie.
Après une paralysie médullaire, ce système est souvent perturbé. Des études montrent que la composition de la flore intestinale subit des changements importants dans un tel cas: la diversité des bactéries diminue et le retard de digestion modifie le milieu intestinal. Certaines espèces bactériennes s’adaptent mieux que d’autres à ce nouvel environnement. Ce phénomène est comparable à la survie des plus adaptés selon la théorie de l’évolution de Darwin. Les «bonnes» bactéries, qui protègent la paroi intestinale, ont alors plus de mal à s’imposer. Parallèlement, les espèces qui favorisent les processus inflammatoires se développent. La nouvelle flore intestinale entraîne une modification de la consistance des selles. Les infections et les ballonnements se multiplient à cause d’une production accrue de gaz et le bienêtre peut s’en trouver affecté. Il en résulte un cercle vicieux de modifications bactériennes et de symptômes, ce qui souligne clairement l’importance du microbiome pour la santé intestinale.
La bonne nouvelle: le microbiome est modifiable. De petits ajustements dans l’alimentation, l’activité physique et l’organisation quotidienne contribuent à renforcer les bactéries bénéfiques et à stimuler la digestion.
Comment soulager les troubles?
L’intestin réagit de manière sensible à notre quotidien. Quand nous mangeons, nous nourrissons aussi notre microbiome. Les fibres sont l’aliment préféré des bactéries intestinales. Elles retiennent l’eau, ramollissent les selles et favorisent le transit intestinal. On les trouve dans l’avoine, les graines de lin, les légumineuses, les légumes, les céréales complètes et les baies. Si on a peu l’habitude d’en consommer, il faut toutefois y aller progressivement. Une augmentation brutale peut entraîner des ballonnements. Il est important d’observer son propre transit intestinal, car une consommation excessive de fibres peut entraîner une constipation chez les paralysé·e·s médullaires.
Les aliments prébiotiques, qui favorisent la croissance et l’activité des «bonnes» bactéries, renforcent également la flore intestinale, comme la chicorée ou les pommes de terre refroidies. Il existe aussi des aliments qui contiennent des bactéries vivantes, appelés aliments probiotiques, tels que le yaourt nature, le kéfir ou la choucroute. Ceux-ci aident en outre à stabiliser le microbiome avec des «bonnes» bactéries.
Par ailleurs, il est essentiel de s’hydrater suffisamment: boire un 1,5 litre à 2 litres par jour, si cela est médicalement autorisé, contribue à ramollir la consistance des selles. Une boisson chaude le matin est parfaite, car elle stimule le réflexe intestinal naturel. De petites activités physiques sont aussi bénéfiques pour le transit intestinal: entraîner ses bras, se promener en plein air, faire des exercices respiratoires et d’autres activités sportives stimule la circulation sanguine dans l’intestin et raccourcit ainsi le temps de digestion, ce qui a un effet positif sur le microbiome et les symptômes.
Le stress et le sommeil sont des facteurs souvent sous-estimés. Le stress chronique inhibe la digestion et modifie le microbiome. Les exercices de relaxation, les techniques de respiration ou les courtes pauses aident à stabiliser l’axe intestin-cerveau. Un sommeil réparateur de sept à neuf heures favorise la santé de la flore intestinale.

Recherche et avenir
Plus de légumes Les fibres aident le microbiome.
La science est en train de redécouvrir l’intestin. Les études qui examinent comment le microbiome se transforme après une lésion médullaire et quelles bactéries du microbiome sont associées à une meilleure santé intestinale sont passionnantes. Les premiers résultats montrent que les personnes ayant une plus grande diversité du microbiome ont souvent moins de troubles et vident plus rapidement leur intestin. Une étude menée à Nottwil auprès d’athlètes en fauteuil roulant a en outre établi que leur flore intestinale était nettement plus diversifiée que celle des personnes paralysées médullaires moins actives. Cela suggère qu’une activité physique régulière a un effet positif durable sur le microbiome. Une autre approche de recherche concerne les probiotiques, de «bonnes» bactéries prises de manière ciblée. À l’avenir, ces préparations pourraient aider à renforcer le microbiome et soulager les troubles intestinaux chez les paralysé·e·s médullaires. Les premières études pilotes menées auprès d’athlètes en fauteuil roulant à la Recherche suisse pour paraplégiques (RSP) montrent une bonne tolérance à ces préparations et une influence positive sur la fonction intestinale. La RSP apporte ainsi une contribution précieuse à l’un des thèmes les plus actuels de la médecine nutritionnelle moderne.
Conclusion: de petites choses très efficaces
Même si les problèmes intestinaux sont fréquents en cas de paralysie médullaire, il existe maintes possibilités d’agir soi-même. En faisant attention à son alimentation, à sa consommation d’eau, à son activité physique et à ses habitudes quotidiennes, on peut obtenir de bons résultats. Le microbiome est véritablement un précieux allié:
il réagit à chaque petit changement. Avec un peu de patience, en réfléchissant à ses propres habitudes et en échangeant avec des spécialistes, on peut améliorer son bien-être et sa qualité de vie grâce à de légers ajustements.
Une étude est actuellement menée par la Recherche suisse pour paraplégiques afin d’examiner les effets de la prise de prébiotiques et de probiotiques sur la santé intestinale des personnes paralysées médullaires. Nous recherchons des volontaires âgé·e·s de plus de 18 ans qui souffrent de troubles intestinaux importants (et dont la paralysie médullaire date d’au moins un an).
Une analyse nutritionnelle et une analyse du microbiome seront effectuées dans le cadre de cette étude.
Les résultats personnels seront bien sûr communiqués aux participant·e·s à la fin de l’étude, afin de leur fournir un aperçu de leur propre flore intestinale.
Si vous êtes intéressé·e et souhaitez obtenir plus d’informations sur l’étude, vous pouvez contacter sans engagement la coordinatrice de l’étude.
Contact: Julia Trunz julia.trunz@paraplegie.ch Tél. 041 939 66 74
Chacun d’eux a déjà fourni plus d’un millier de conseils en construction.
Felix Schärer, Dominik Widmer et Marcel Strasser nous parlent des plus originaux et de ce qui a changé au fil des ans.
Nadja Venetz

Comment se déroulait un conseil en construction il y a 30 ans?
Dominik Widmer (DW): En fait, de la même manière qu’aujourd’hui. Nous allions voir le plus tôt possible le domicile du patient ou de la patiente avec l’ergothérapeute.
Marcel Strasser (MS): Contrairement à aujourd’hui, nous prenions des photos avec un appareil analogique et en faisions le plus possible pour finir la pellicule et la faire développer rapidement.
Felix Schärer (FS): Et nous parcourions la Suisse avec des cartes papier.
Qu’est-ce qui a changé dans le secteur de la construction?
MS: Il est devenu plus difficile de trouver des ouvriers disponibles, surtout dans les zones urbaines.
FS: Avant, nous installions des baignoires en plomb dans les salles de bains. Les artisans ne savaient pas comment procéder. Aujourd’hui, une douche à l’italienne ne leur pose plus aucun problème.
Est-ce qu’on est plus attentifs aux obstacles?
FS: La loi sur l’égalité des personnes handicapées de 2004 a apporté des améliorations, notamment dans la construction de logements. Mais l’offre est encore loin de répondre à la demande.
MS: Les salles de bains, en particulier, sont déjà devenues plus accessibles. Les pièces sont plus spacieuses et les douches à l’italienne très tendance. Aujourd’hui, les piéton·ne·s apprécient aussi de ne plus avoir à enjamber un haut rebord de baignoire.
Qu’est-ce qui s’est simplifié par rapport à avant?
DW: Il existe aujourd’hui beaucoup plus de possibilités techniques d’automatisation. Les commandes s’effectuent directement via le smartphone. Avant, il fallait un appareil en plus, le groupe cible était restreint et il n’y avait que peu de fournisseurs. De nos jours, de plus en plus de propriétaires sans handicap équipent leur maison de gadgets techniques. Pour notre clientèle, toutefois, il ne s’agit pas de gadgets, mais de la base d’une vie autodéterminée.
Comment votre clientèle a-t-elle évolué?
MS: Il y a 25 ans, les personnes atteintes d’une paraplégie complète étaient majoritaires. Actuellement, les paraplégies incomplètes sont plus répandues.
Qu’est-ce que cela signifie pour vous?
MS: Dès que la personne peut quitter son lit d’hôpital, nous effectuons un diagnostic de son logement. À ce stade précoce, il est souvent difficile de prédire quelles capacités elle va recouvrer au cours de sa rééducation. Concrètement, nous devons donc prévoir plusieurs options. Le ou la patient·e sera peut-être en fauteuil roulant à vie, mais pourra peut-être aussi monter une marche à pied. Dès que nous passons commande auprès des ouvriers, nous décidons de la mise en œuvre. Les solutions sont aujourd’hui bien plus personnalisées qu’il y a 20 ans.



Projet marquant de Dominik Widmer
En 2012, j’ai eu l’occasion de planifier et de construire à Maracon VD une maison individuelle qui devait être isolée avec des bottes de paille. Les deux clientes nous ont directement contactés pour nous demander si nous pouvions réaliser ce projet avec elles, car l’une d’elles était paraplégique. Elles vivaient toutes les deux dans la même commune, en location, et voulaient réaliser le rêve de leur vie. Elles avaient acheté un terrain de 1200 m² et s’étaient déjà procuré les bottes de paille. Telle était la situation initiale. À part cela, aucun croquis ni plans, juste plein d’idées. Les deux maîtresses d’ouvrage ont mis tout leur cœur dans ce projet et c’était merveilleux de le réaliser avec elles, littéralement sur un terrain vierge.
Projet marquant de Marcel Strasser
La construction d’un ascenseur dans une maison en terrasse durant l’hiver 2009/ 2010 a été un projet original. Le bâtiment se composait de quatre unités d’habitation à deux étages, disposées en quinconce sur une pente raide. L’accès se faisait par le haut. La maison en question était la deuxième en partant du haut. Nous avons dû creuser une cage d’ascenseur en passant par la maison supérieure. Une grue a descendu dans la fosse une pelleteuse qui a ensuite disparu dans le sol. Tout le projet était hyper complexe. Comme les maisons étaient disposées en escalier les unes sur les autres, il a fallu construire un tunnel reliant l’ascenseur à la maison concernée. Les clients ont utilisé l’espace ainsi créé devant l’ascenseur pour installer un sauna.
Projet marquant de Felix Schärer Je me souviens de la construction d’une maison individuelle à Ruggell, au Liechtenstein. La vitesse à laquelle nous avons travaillé a été impressionnante. En juin 2003, nous avons fait le conseil en construction et en août, nous avons rencontré le maître d’ouvrage. En septembre, nous avons déposé la demande de permis de construire et fin février 2004, le client a pu emménager. Hélas décédé depuis, il était atteint d’une paralysie haute et nous avons dû installer moult systèmes automatisés à une époque où l’on ne pouvait pas encore contrôler toute la maison via le smartphone. Et ce, afin qu’il puisse se déplacer de manière aussi autonome que possible dans la maison. Je suis fier de ce que nous avons accompli en si peu de temps.
DW: La durée raccourcie des rééducations complique encore les choses. Désormais, il est quasiment impossible d’achever les travaux pour que la personne puisse rentrer directement chez elle à sa sortie de l’hôpital. Il faut souvent trouver des solutions transitoires dans des EMS.
À quel moment un conseil vous semble-t-il insatisfaisant?
FS: Parfois, il n’existe pas de solution et la charge de travail est trop importante. Expliquer alors à la personne concernée qu’il vaut mieux qu’elle cherche un nouveau logement n’est pas une tâche facile.
MS: Nous avons beaucoup d’expérience et savons ce qu’est une bonne solution ou non. Quand le ou la client·e s’entête dans
son mauvais choix, c’est énervant. Il est absurde d’équiper une maison de trois étages d’un siège sur escalier pour une personne en fauteuil roulant. Il faut alors qu’elle se transfère sur un fauteuil roulant à chaque étage. Mais nous donnons juste un avis. Ce sont les client·e·s et, bien sûr, les bailleurs de fonds qui ont le dernier mot.
Où manque-t-il encore une bonne solution?
FS: Il existe des ascenseurs dits «Homelift», qui sont certes compacts, mais malheureusement assez lents, avec une vitesse de 15 cm par seconde. Les ascenseurs classiques vont à plus d’un mètre par seconde, mais prennent bien plus de place. Un mix des deux serait idéal.
DW: Les espaces publics sont encore très lacunaires. Ce ne sont pas les solutions qui manquent, mais leur mise en œuvre.
En 2025, le Centre construire sans obstacles a fêté ses 30 ans. Aura-t-on encore besoin de vous dans 30 ans?
MS: Le patrimoine bâti ne change pas si vite. Un bâtiment a une durée de vie de 40, 50 ans, voire plus. Tant que des personnes vivront dans des constructions anciennes, on aura besoin de nous, y compris pour des adaptations individuelles.
FS: Il est impératif de changer les mentalités dans le secteur immobilier. Si l’accessibilité est prise en compte dès le départ, cela ne coûte pas plus cher. Les logements sans obstacles profitent à tout le monde.
LE RÉSEAU D’INTÉRÊTS
Des enfants avec et sans handicap qui s’ébattent ensemble sur une même place de jeux: l’idée est belle et, grâce au Réseau d’intérêts et à sa représentante Emmanuelle Domon Beuret, elle commence à prendre forme à Milvignes NE.
Elvire De Tomi
Aménager une structure de jeu inclusive était un objectif qui tenait beaucoup à cœur à Emmanuelle Domon Beuret. Représentante du Réseau d’intérêts construire sans obstacles de l’Association suisse des paraplégiques depuis début 2024 et conseillère générale à la commune de La Grande Béroche, cette quadragénaire est ellemême en fauteuil roulant. Maman de deux enfants, elle a jadis été cette petite fille privée de jeux en plein air en raison de son handicap. Or ces places de jeux sont des endroits cruciaux pour le développement, l’apprentissage moteur, la sociabilisation et la santé mentale de l’enfant. «Imaginez un monde où nos bambins n’auraient pas accès au jeu: c’est inacceptable!», constate Emmanuelle.
Pourtant, rares sont les parcs qui accueillent les enfants en fauteuil roulant, et lorsque l’on évoque le droit à l’accessibilité, on ne pense pas immédiatement aux espaces de jeux. Il était donc temps d’y réfléchir. C’est ce qu’a fait le canton de Neuchâtel qui est assez précurseur en termes d’inclusion. Depuis quelques années, un appel à projets est ouvert à tous afin d’améliorer l’inclusion sur un thème particulier.
Ces projets sont soumis à concours. Après examen, un certain nombre sont sélectionnés et reçoivent un montant qui peut aller jusqu’à CHF 20 000.–. «J’ai pensé que c’était là une belle opportunité d’obtenir des fonds pour améliorer quelque chose. C’est comme cela que m’est venue l’idée d’un projet un peu concret, autour de la construction évidemment», raconte Emmanuelle.
Un processus par étapes
La collaboratrice de l’ASP a donc lancé la proposition d’installer une structure de jeux accessible en fauteuil roulant, grâce aux fonds alloués par l’État de Neuchâtel.
«L’idée était d’offrir aux enfants une chance d’avoir accès aux choses de la vie comme tout le monde, aussi simples et aussi anecdotiques soient-elle, mais qui ont tout leur sens.» Elle a donc entrepris des démarches pour trouver des installations de jeux inclusives. Et, avant de déposer son dossier, elle a contacté les communes pour défendre son plan. Elle a ainsi rencontré des
conseillers à qui elle a présenté l’intérêt de cette structure en leur en démontrant la plus-value pour leur commune et les a convaincus de participer au projet. «La commune peut ainsi montrer qu’elle est ouverte, qu’elle veut inclure toute sa population, quelle qu’elle soit, quel que soit son âge, quelles que soient ses particularités et c’est un très beau message.» Emmanuelle a fait toutes les propositions à la ville qui s’est ensuite chargée de demander les autorisations, d’attribuer les mandats, de commander et d’installer le matériel, de veiller au respect des délais, etc.

Emmanuelle Domon Beuret écoute les explications.
Ouverture de la balançoire

Un suivi sur place
Le processus pour convaincre, réfléchir et répondre aux questions ensemble, choisir la structure et l’installer s’est faite de manière harmonieuse. Même s’il a fallu au passage tordre le cou à certains préjugés: «J’entends souvent dire qu’il y a très peu de personnes en situation de handicap, qu’elles ne sont pas présentes. Mais si elles sont absentes de l’espace public ou des événements culturels, c’est justement parce que cela ne leur est pas accessible à beaucoup de niveaux, que c’est contraignant par pleins d’aspects et c’est prioritairement au niveau de l’accessibilité des lieux et des espaces qu’il faut travailler pour que les personnes soient visibilisées et incluses de manière globale dans la société», insiste la représentante.
Une fois le projet lancé et approuvé, Emmanuelle a continué à s’investir pour en assurer le suivi en se rendant sur place et apporter d’éventuelles corrections. Sa condition en fauteuil roulant lui a permis de pointer immédiatement les problèmes du doigt. Ainsi, quand elle s’est rendue sur le chantier une fois l’ouvrage terminé, elle a remarqué qu’il manquait par terre quelques plaques rouges pour accéder à l’entrée de la balançoire. Il a donc fallu ajuster tout cela.
Finalement, la commune de Milvignes a pu inaugurer la première structure le 3 décembre dernier. Et le projet d’installation d’équipement de jeux va se poursuivre dans quelques années pour la commune de La Grande Béroche, qui a déjà donné son accord pour améliorer ses espaces ludiques.
Cette division de l’Association suisse des paraplégiques est liée au Centre construire sans obstacles de Muhen AG et collabore donc avec les architectes.
Le Réseau agit à l’échelle nationale et s’engage pour rendre l’infrastructure un peu plus accessible aux personnes en situation de handicap, changer progressivement le paysage et faire en sorte que notre monde devienne un peu plus inclusif.
Sa fonction vise à établir une meilleure communication entre les différentes parties et ce, afin de créer du lien avec des personnes influentes en politique, des autorités communales, des institutions et des responsables de construction, que ce soit dans l’espace public ou dans la construction de bâtiments pour les particuliers. Il est en outre chargé de réagir à des lois en consultation: il analyse ainsi les textes législatifs et donne des commentaires avant que le texte soit figé. Un autre aspect du travail consiste à sensibiliser,
Une goutte d’eau dans l’océan
Alors bien sûr, ce n’est finalement qu’une balançoire dont la valeur est plutôt symbolique. Une goutte d’eau dans l’océan, au regard de tout ce qu’il reste encore à faire!
D’autant que ces structures inclusives devraient être automatiques et ne pas faire l’objet de démarches et de demandes. Mais cela a le mérite de faire réfléchir. Et pour Emmanuelle, ce genre de projets contribue à améliorer l’inclusion dans la société et lance un message très positif. «Car les personnes en fauteuil sont des personnes à part entière qui ont des capacités comme tout le monde. C’est l’environnement non accessible qui rend la personne handicapée», explique-t-elle.
à combler les nombreuses méconnaissances et à remédier aux dysfonctionnements.
Vous avez des questions concernant un projet de construction ou un bâtiment existant? Vous n’êtes pas sûr·e que la nouvelle gare ou l’école de votre commune soit conçue pour être accessible aux personnes handicapées? Vous souhaitez intervenir dans un projet, mais vous ne savez pas comment? Alors contactez Emmanuelle Domon Beuret, représentante des intérêts construire sans obstacles. Que vous soyez politicien·ne, expert·e en construction, membre d’une association de personnes en fauteuil roulant ou simplement intéressé·e par la construction sans obstacles, nous chercherons ensemble des solutions.
Contact Emmanuelle Domon Beuret Coordinateur du Réseau d’intérêts construire sans obstacles Tél. 062 737 40 00 emmanuelle.domon@spv.ch
C’est aussi une bonne nouvelle pour nos membres, en particulier pour le club en fauteuil roulant de Neuchâtel. «Cela montre que l’ASP est impliquée, qu’elle se bat pour faire bouger les choses.»
En concrétisant son projet, elle entendait aussi créer des incitations implicites pour les autres communes car: «L’inclusion, c’est faire des petits pas. L’objectif, c’est de faire en sorte que les choses existent et de donner l’image du changement. Toute petite action, quelle qu’elle soit, plante une graine», conclut-elle.
Roland Bigler, tétraplégique, a enfin réalisé un vieux rêve: naviguer sur la Havel à bord d’une péniche. Et c’est lui qui tenait la barre.
Roland Bigler et Nadja Venetz
Des vacances en péniche – pour moi, c’est synonyme de liberté, d’aventure et de romantisme. Et cela figurait depuis longtemps en tête de liste de mes souhaits. Pour réaliser mon rêve, j’ai trouvé la solution idéale en Allemagne: un voyage au départ de Brandebourg-sur-la-Havel. Ohé du bateau!
Le Brandebourg est un Land de l’ancienne RDA qui entoure la capitale allemande, Berlin. Les mauvaises langues diront que c’est «en pleine cambrousse», car le Brandebourg est effectivement l’un des Länder les moins peuplés. Celles et ceux qui cherchent le calme sont donc à la bonne adresse. Mais c’est aussi le Land qui compte le plus de cours d’eau. Plus de 300 lacs et 30 000 km de voies navigables, dont la Havel, attendent
les passionné·e·s de sports nautiques et de nature. Il semblerait que je sois à l’endroit idéal pour larguer les amarres.
La proximité avec Berlin me facilite grandement le voyage: depuis Berne, l’ICE m’emmène dans la capitale allemande, sans changement. Une autre option est le train de nuit, qui dispose d’un compartiment pour une personne en fauteuil roulant et un·e accompagnant·e. Depuis Berlin, le train régional me conduit à Brandebourgsur-la-Havel, où mon périple se poursuivra sur l’eau.
Notre maison flottante
La péniche est un véritable miracle d’habitabilité: 12 m de long, 5 m de large, équipée
d’une cuisine, de deux chambres et d’un canapé-lit. La salle de bains est sans obstacles, avec une douche et des WC accessibles. Un siège de douche et des poignées sont même installés. Elle peut accueillir jusqu’à six personnes, mais c’est à deux que nous y prenons nos aises.
Je n’ai pas besoin de permis bateau pour piloter ma maison flottante. Sur place, je reçois une instruction approfondie qui m’habilite à naviguer de manière autonome. Et c’est ainsi que moi, tétraplégique, je me retrouve à la barre. Au début, les manœuvres que j’effectue donnent quelques sueurs froides à mon amie, mais avec un peu de pratique, je deviens un capitaine aguerri.
En avant toute! Roland Bigler est surpris de voir à quel point la péniche lui est accessible.
À PROPOS DE L’AUTEUR
Roland Bigler est conseiller en voyages chez notre partenaire Globetrotter. Il se fera un plaisir de vous aider à planifier votre propre aventure en péniche ou tout autre voyage de rêve.
Contact globetrotter.ch/rbigler


Une fois que l’on a parcouru la distance souhaitée, il faut se mettre en quête d’un endroit approprié pour faire escale. On peut jeter l’ancre presque partout le long des rives de la Havel. Pêcher, nager ou explorer les environs en canoë: tout est possible. Ici, on vit la nature au plus près. Le matériel de pêche, un canot ou un canoë peuvent être loués en option.
Ambiance du soir
Pour moi, il n’y a rien de plus agréable que de faire griller le poisson fraîchement pêché sur un feu le soir. Chaque bateau est équipé d’un brasero. Le bois nécessaire peut être acheté moyennant un petit supplément.
C’est vous qui décidez de votre trajet quotidien, au gré de vos envies et de votre humeur. Car, encore une fois, on peut jeter l’ancre presque partout. Personnellement, je conseille de chercher assez tôt un mouillage pour la nuit, car le crépuscule revêt un charme très particulier. Non seulement en raison de la lumière féérique, mais aussi parce que c’est au lever et au coucher du soleil que l’on peut observer la plupart des animaux. Vous apercevrez à coup sûr des hérons cendrés qui arpentent la rive parmi les roseaux. Et avec un peu de chance, vous verrez de magnifiques martins-pêcheurs bleus ou, pourquoi pas, un castor.
Outre la faune et la flore, beaucoup d’autres choses sont à voir. Les week-ends notamment, il y a de l’animation sur l’eau. Les citadin·e·s de Berlin et de Potsdam ne ré-
sistent pas à l’appel du grand air. Et c’est un régal pour les yeux d’observer le défilé des embarcations: cargos, yachts luxueux, constructions fantaisistes, bateaux de pêche, paddles, canoës, etc.
Par beau temps pluvieux
De la pluie en vacances? Personne n’en veut. Mais passer une journée pluvieuse sur une péniche a été pour moi l’un de plus beaux moments du voyage: avec un bon livre, assez de nourriture à bord et un verre de vin rouge au crépuscule, nous savourons l’ambiance depuis le salon bien chauffé. Cette journée de pluie est ainsi devenue une très jolie parenthèse.
Notre maison de vacances flottante est aménagée pour toutes les conditions météorologiques. La terrasse, où se trouve également le poste de pilotage, est couverte. Le capitaine à la barre est donc toujours protégé. Par une belle journée d’été, il est très agréable de se détendre dans le hamac. Et par mauvais temps – il faut s’y attendre dans le nord de l’Allemagne –, on peut fermer la terrasse pour la transformer en jardin d’hiver. La pluie et le vent restent ainsi à l’extérieur. Le salon spacieux est équipé d’un chauffage au gaz pour les jours particulièrement froids. Grâce aux grandes baies vitrées, on peut observer ce qui se passe dehors depuis le confort du salon.
Comme je ne veux pas compter sur le produit de ma pêche quotidienne, je retourne de temps en temps vers la civilisation. Le

long des rives, on trouve régulièrement de petits villages comme Pritzerbe, où l’on peut faire le plein de provisions. Ici, un petit air de RDA flotte encore dans les ruelles. Et celles et ceux qui, après tant de quiétude, ont envie de retrouver un peu d’agitation urbaine, peuvent faire un détour par Berlin ou Potsdam avant de rentrer.
J’ai déjà visité beaucoup d’endroits sur cette terre, mais les vacances en péniche dans le Brandebourg font partie des plus beaux voyages que j’ai faits jusqu’à présent. En tant que tétraplégique, j’ai moi-même été surpris de pouvoir piloter une péniche. Cette aventure m’a montré que la liberté ne connaît pas de limites et qu’il suffit parfois juste de lever l’ancre.
– Meilleure période: de mai à septembre (températures chaudes et longues journées)
– Durée: prévoir 4 à 7 jours pour explorer tranquillement la Havel
– Coûts: à partir d’environ 150 euros par jour pour le bateau, plus le carburant et la nourriture
– Accessibilité: de nombreux prestataires ont des bateaux adaptés aux fauteuils roulants
– Permis de bateau? Pas besoin! Après une instruction, vous recevrez une carte de plaisance.
– Espace de vie: environ 30 m² plus une terrasse d’environ 14 m²
– Salle de bains: 150 × 204 cm, porte coulissante de 80 cm de large, douche accessible avec siège et poignées

– Couchage: 2 chambres avec lits doubles, 1 canapé-lit
– Équipement: hamac, jardin d’hiver, brasero, réchaud à gaz, réfrigérateur (à gaz)
– Vitesse: 7–9 km/h (catamaran avec moteur hors-bord de 15–20 CV)
– En option: canot, canoës, vélos, matériel de pêche
HEITERE OPEN AIR
Des concerts uniques
Rejoignez-nous du 7 au 9 août 2026 au Heitere Open Air sur la montagne de Zofingen.
Profitez de trois jours de musique exceptionnelle et d’une ambiance détendue. Vous découvrirez les artistes qui s’y produiront dès le mois de mars sur heitere.ch.
Nous dormirons à l’hôtel Sempachersee. Le transport sans obstacles vers le site du festival sera assuré par un car de Gössi Carreisen AG.
MOINS DE 30 ANS
Nos vacances pour les moins de 30 ans auront lieu du 11 au 18 juin 2026 à Hyères-les-Palmiers, sur la Côte d’Azur.
Des plages de rêve ainsi qu’un bon mix de détente à la piscine et d’activités guidées vous attendent.

Nous nous rendrons sur l’île de Porquerolles et visiterons le village des tortues Tortupôle. Une équipe de soins ParaHelp accompagnera le voyage.

Évadez-vous du quotidien. Lors de notre semaine bien-être au lac de Sarnen, vous découvrirez comment vous sentir mieux grâce à quelques astuces.
Nous vous avons concocté un programme varié sur les thèmes de la nutrition, de l’activité physique, de la détente et de la santé mentale. Plusieurs spécialistes se tiendront à votre disposition pour répondre à vos questions, vous donner des conseils pratiques et vous inciter à changer vos habitudes.
Vous ferez également de nouvelles connaissances, car les échanges mutuels et les moments de convivialité ne seront pas en reste. Après tout, les contacts sociaux contribuent aussi au bien-être.
Celles et ceux qui le souhaitent pourront visiter le musée en plein air de Ballenberg. Immergez-vous dans la vie paysanne suisse Envie de passer une belle semaine instructive et reposante? Alors réservez votre place sans tarder.
OFFRE DE LOISIRS
Vous aimez danser? Rejoignez une communauté (groupe Whatsapp) où la danse devient un langage universel.
Restez informé·e ou partagez vos actualités dans ce groupe afin de faire danser le plus grand nombre de manière inclusive. Laissez vos mouvements vous guider, partagez votre passion et partez à l’aventure pour de belles rencontres dansantes.
Informations dansemble.ch/contact
ADAPTIVE GAMING
À vos manettes!
Plongez dans l’univers des jeux vidéo.
Passez nous voir le 18 avril 2026 à l’Erupt Lounge à Berne et testez différents jeux vidéo ainsi que des manettes qu’on peut utiliser même avec une fonction manuelle limitée.
Calendrier des manifestations
Vous trouverez ici toutes les informations sur les voyages et les activités de loisirs: spv.ch/manifestations
FORMATION
Un module de perfectionnement destiné aux moniteur·trice·s de parasport s’intéresse aux défis sanitaires liés à la vie en fauteuil roulant et dévoile un secret: l’activité physique est bénéfique!
Nadja Venetz
Depuis janvier, il y a eu beaucoup de nouveautés dans la formation des moniteur·trice·s (voir encadré). Le cours de base de deux jours en sport-handicap en constitue le fondement. Celles et ceux qui l’ont suivie peuvent se spécialiser grâce à des formations continues. Chaque année, quatre modules de perfectionnement d’une journée sont proposés, explicitement dédiés au sport en fauteuil roulant.
STRUCTURE DE LA FORMATION
Depuis le 1er janvier 2026, les formations dans le sport-handicap sont organisées sous l’égide de Sport + Handicap EDUCATION. Il s’agit d’un regroupement de l’Association suisse des paraplégiques, de PluSport Sport Handicap Suisse et de Procap. Ce partenariat crée une offre de formation tournée vers l’avenir, harmonisée à l’échelle nationale, clairement structurée et directement intégrée dans le système sportif national. Des cours sont proposés en polysport, en natation et en sports de neige. Des dispositions transitoires s’appliquent aux formations déjà commencées ou achevées chez Sport suisse en fauteuil roulant.
En savoir plus www.spv.ch (Sport/Formation)
Ceux-ci visent d’une part, à donner de nouvelles impulsions aux offres des clubs en fauteuil roulant (CFR) et d’autre part, à sensibiliser à des aspects qui touchent les personnes en fauteuil roulant.
Comment rester en bonne santé le plus longtemps possible et quelle est l’influence de l’activité physique? C’est à cette question que se consacrera le module de perfectionnement «En forme et en bonne santé en fauteuil roulant», qui se tiendra le 18 avril 2026 à Nottwil. Les participant·e·s apprendront quels sont les défis qu’implique une vie en fauteuil roulant pour la santé. «Les épaules sont un sujet important», explique Karin Suter-Erath qui dirige le module avec Brigitte Lichtenberger, physiothérapeute, et Damiano Zemp, responsable sportif du club en fauteuil roulant «Gruppo Paraplegici Ticino». «En fauteuil roulant, j’ai constamment besoin de mes épaules. À la fin de la journée, j’ai fait une vingtaine de transferts, lors desquels je soulève tout le poids de mon corps.» Le trio enseigne donc des exercices pour mobiliser et renforcer les épaules, tout en expliquant pourquoi il est crucial de muscler d’autres parties du corps. Les apprenant·e·s doivent comprendre les effets positifs du sport sur la santé.
Compenser la sédentarité
«En général, les personnes en fauteuil roulant bougent peu», explique Karin SuterErath. Le système cardiovasculaire n’est
pas assez sollicité. «Il existe plein de sports géniaux qu’on peut pratiquer en fauteuil roulant pour entraîner son endurance, comme l’aviron, le handbike ou le ski de fond. Nous voulons souligner cette diversité afin que les participant·e·s connaissent ces options et puissent les recommander.»
L’objectif principal est que les personnes qui suivent le perfectionnement intègrent ensuite ces connaissances dans la conception de leurs entraînements dans les CFR. «Nous voulons que les monitrices et moniteurs d’activités sportives comprennent pourquoi il est essentiel de bien s’échauffer. Et nous voulons qu’ils et elles encouragent les gens à faire les exercices chez eux afin de prévenir les problèmes d’épaule et d’améliorer leur santé grâce à l’activité physique», poursuit la responsable. Ce transfert de connaissances de l’équipe de formation vers les CFR, puis vers les membres, devrait permettre pour beaucoup de tenir la promesse du module: rester en forme et en bonne santé.

Liste des modules de perfectionnement en parasport:
14.2. Jeux sportifs en fauteuil roulant
18.4. En forme et en bonne santé en fauteuil roulant
19.9. Accompagner les personnes en fauteuil roulant de manière compétente et efficace
21.11. Jeux de raquette en fauteuil roulant
Informations et inscription www.sporthandicapeducation.ch (programme de cours)
Même la brousse africaine ne constitue pas un obstacle lorsque le courage, l’esprit d’équipe et l’improvisation sont réunis.
Gabi Thoenen, organisatrice
Deux années de préparation ont été nécessaires pour organiser le voyage d’un groupe de neuf personnes qui débute aux chutes Victoria. Quatre d’entre elles se déplacent en fauteuil roulant et sont accompagnées de leur partenaire. Une soignante fait aussi partie du groupe. Le safari a été planifié par NJOVU SAFARIS, mon agence spécialisée dans l’Afrique australe. Sur place, je travaille avec Endeavour Safaris, dont le directeur, Mike Hill, sait ce qu’il faut pour que tout se passe bien dans la brousse.
Dès l’aéroport, on comprend que ce voyage ne sera pas ennuyeux. Un fauteuil roulant électrique de 180 kg tourne joyeusement sur le tapis à bagages, mais personne ne sait comment faire descendre ce monstre de son perchoir. D’autres grands moments d’improvisation s’inviteront au voyage. En plus, il faut agir vite car, à peine arrivés à l’hôtel, une attraction nous attend déjà: une balade en bateau sur le Zambèze. Des escaliers, un parapet trop élevé et la pluie rendent l’arrivée assez sportive. Mais avec l’aide

de quatre employés de l’hôtel et en unissant nos forces, tout le monde parvient à monter à bord. Ces efforts sont récompensés par la présence d’hippopotames, de crocodiles, d’éléphants et de nombreux oiseaux.
Trempés jusqu’aux os Le lendemain, nous allons aux chutes Victoria. Les embruns y sont plus forts que n’importe quel tissu imperméable. Tout le groupe est mouillé, mais la température est clémente et l’ambiance excellente. Une participante se met tout à coup à danser –ou à se sécher – avec une troupe de danse locale et plus tard, en mangeant devant la cataracte, nous rions de nos aventures.
Nous continuons au Botswana, dans le parc national de Chobe. C’est là qu’intervient Mike, d’Endeavour Safaris, dont la devise «no problem» devient vite le mot d’ordre général. Des véhicules adaptés dotés d’une plate-forme élévatrice, une grande expérience et encore plus de sérénité permettent à toutes et tous de participer aux safaris.

Rencontres spectaculaires
À partir de Savute, la nature devient vraiment sauvage. Après des heures de trajet sur des pistes cahoteuses, un fabuleux spectacle commence: une meute de lions avec leurs petits près d’une carcasse de zèbre. Les fauves s’approchent même de notre véhicule. Plus tard, nous sommes émerveillé·e·s en voyant des léopards, des girafes, des guépards, des chacals et bien d’autres animaux encore.
En adoptant le safari mobile, le groupe quittait définitivement sa zone de confort. Plus de lodges, mais de simples tentes, plus de réseau téléphonique, plus de programme, mais une improvisation réellement quotidienne. À leur retour, deux participant·e·s avoueront avoir été très réticent·e·s au début. Mais la cohésion du groupe avait rapidement dissipé leurs doutes. On s’entraidait, riait ensemble – et parfois aussi de soi-même. Tout ne s’est pourtant pas passé sans incident. La boue profonde, les traversées de rivières et les blessures exigeaient des changements de programme. Il a même fallu installer la chaise WC dans la brousse.
Au bout de 16 jours, le groupe est revenu fatigué, poussiéreux et ravi. Deux personnes tétraplégiques et deux paraplégiques ont réussi ce safari à force de solidarité, d’humour et d’aptitude à voir les solutions plutôt que les problèmes. La brousse africaine n’est pas une promenade de santé, mais avec le bon état d’esprit, elle est aussi accessible aux personnes à mobilité réduite. Ce voyage en est la preuve. Et ce ne sera pas la dernière du genre.

VACANCES ORIGINALES
Elle parcourt le monde, passant des courses sur piste aux marathons. Mais c’est en Algarve qu’elle s’est reposée et s’est aventurée à dos de cheval pour trouver, selon l’adage, le bonheur sur terre. Voici les vacances de Catherine Debrunner.
Evelyn Schmid
L’amour de Catherine Debrunner pour les chevaux n’est pas nouveau. Comme beaucoup de petites filles, elle pratiquait l’équitation dans son enfance. Aujourd’hui, elle est parvenue au sommet de l’athlétisme mondial. Mais en vacances, elle veut avant tout se reposer.
Il lui est toutefois impossible de rester complètement inactive. Et un heureux hasard est venu modifier ses projets de voyage initiaux: «J’avais réservé mon vol pour le Portugal et un bel hôtel en bord de mer à Albufeira bien à l’avance. Au programme: dix jours de repos, de farniente et quelques heures dans le grand spa de mon hôtel. Puis j’en ai parlé à ma voisine.» Celle-ci avait travaillé il y a des années dans un centre équestre près d’Albufeira. Elle lui a décrit avec tant d’enthousiasme ce ranch, qui propose des cours d’équitation pour les personnes en fauteuil roulant, que Catherine les a appelés sur le champ. «Beverley, la propriétaire, m’a tout de suite plu et ses nombreuses questions sur ma forme physique,
Sécurité grâce aux accompagnant·e·s

ma mobilité et mon sens de l’équilibre m’ont convaincue qu’elle savait comment les paralysé·e·s médullaires pouvaient monter à cheval. J’ai donc réservé quelques heures avec elle.»
Se sentir bien de A à Z
Le 10 octobre, Catherine se rend au Pinetrees Riding Centre, où Beverley Gibbons lui un réserve un accueil chaleureux. Corina, la jument alezane qui est aussi utilisée pour les séances de thérapie, attend patiemment, pansée et sellée. Le terme «sellée» n’est pas tout à fait exact, car on monte avec une sangle de voltige qui offre une bonne prise pour pouvoir bien se tenir. Deux épaisses couvertures de selle protègent le dos de la jument et permettent aussi de bien transmettre les mouvements à la cavalière. Grâce à une rampe ingénieuse, Catherine peut se transférer seule du fauteuil roulant sur l’animal.
Elle commence par le manège. Beverley veut savoir ce que Catherine a retenu de ses cours d’équitation quand elle était enfant et voir si elle maîtrise son équilibre. Ce dernier est si bon qu’elles partent en balade dès la deuxième heure. La sécurité est ici une priorité, comme le confirme Catherine: «Beverley m’a guidée afin que je puisse faire le maximum de choses toute seule. J’ai effectué des changements de direction en déplaçant mon poids et presque sans l’aide des rênes. En plus de mon guide, une personne marchait à ma gauche et une autre à ma droite, prêtes à intervenir si nécessaire. Au trot, j’ai été assez secouée et j’étais contente que les étriers, qui étaient fixés à la sangle de voltige, me donnent un peu de maintien.»

Temps fort
Ce n’était pas la première fois – et ce ne sera pas la dernière – que Catherine monte à cheval durant ses vacances. Elle s’est déjà aventurée à dos de chameau et d’âne. Mais ce sont les chevaux qui la passionnent: «J’arrive à mieux garder mon équilibre, quel que soit le terrain que nous empruntons ou si nous descendons une colline. L’équitation a égayé mon voyage.» Elle a profité du reste du séjour pour faire le plein de soleil, admirer la mer et se détendre. Outre les sorties équestres, elle a beaucoup apprécié la péninsule ibérique et reviendra sûrement pour savourer l’air marin, la gastronomie, l’hospitalité des gens et surtout les températures clémentes.
CONSEIL
Envie de faire de l’équitation au Portugal? pinetrees.pt bevpinetrees@gmail.com
Sport, jeux et musique: le Kids Camp de Nottwil allie activité physique, moments de camaraderie et expérience musicale unique avec Jeanloup le clown, le capitaine Etienne et «l’Orchesterchaos».
Nicolas Hausammann
Quand les fauteuils roulants, les rires d’enfants et les regards curieux se mêlent au Centre suisse des paraplégiques (CSP) de Nottwil, c’est que le Kids Camp, événement très prisé des petits et des grands, bat à nouveau son plein. Pendant une semaine, le sport, les nouvelles amitiés et la découverte de ses propres possibilités sont à l’honneur. Le camp est dédié aux enfants en fauteuil roulant et à leur famille, et offre un programme de sport et de loisirs varié qui encourage, renforce et surtout donne de la joie.
Des ami·e·s pour la vie
Cette année encore, les participant·e·s pourront profiter de maintes activités sportives. S’essayer au sport en fauteuil roulant, prendre part aux compétitions ludiques ou faire les fous: au Kids Camp, l’accent n’est pas mis sur la performance, mais sur l’expérimentation et la participation. Encadrés par des moniteur·trice·s expérimenté·e·s, les enfants vivent des journées mouvementées, gagnent en confiance et découvrent la camaraderie. Pour beaucoup, c’est un

lieu où ils rencontrent d’autres bambins qui vivent des expériences similaires et où naissent de belles amitiés.
Programme de musculation: les zygomatiques
Cette année, un invité spécial va enchanter tout le monde: le clown Jeanloup sera de la partie. Avec sa grande affinité envers
S’INSCRIRE MAINTENANT
Les 6 et 7 juin 2026 CSP Nottwil www.spv.ch/KidsCamp



Accompagnés de tambours, de violons et de plancton, le capitaine Etienne et son matelot Jeanloup emmènent le public dans une croisière tumultueuse. Que va-t-il se passer? Moult péripéties!
Aula du CSP à Nottwil
les enfants, son sens de l’humour et du chaos, il fait rire le public, tout en lui offrant une expérience musicale unique. En collaboration avec la Kammerphilharmonie Graubünden, il transforme le concert «l’Orchesterchaos» en un joyeux désordre, où la musique classique est entremêlée de scènes burlesques, de surprises et de moments ludiques participatifs. Pour les familles du Kids Camp, ce concert fait partie intégrante de l’offre. La musique ne se vit pas en restant assis·es, mais de manière bruyante, surprenante et pleine d’imagination. Les instruments deviennent soudain des interlocuteurs, les sonorités des histoires, et le chaos apparent se transforme en une expérience commune qui restera gravée dans les mémoires.
Kurt Bucher, alias Jeanloup, participe à son troisième Kids Camp. «Je préfère travailler pour et avec les enfants. Ils ont tout pigé. Ils vivent pleinement l’instant présent et ont toujours les solutions les plus créa-

tives», explique le Lucernois très investi. Les petit·e·s participant·e·s ressentent aussi cette passion et se donnent à fond pendant le temps passé ensemble.
Bien sûr, les sports classiques ne sont pas en reste au Kids Camp. Chahuter dans la piscine, se balader à dos de cheval grâce à l’hippothérapie du Centre suisse des paraplégiques ou faire crisser les pneus sur le parquet de la salle de sport aux Olympiades: tout est bon pour faire vibrer chaque parcelle de son corps.
Plus qu’un camp de sport
Le Kids Camp de Nottwil est donc bien plus qu’un simple week-end sportif. C’est un lieu d’insouciance où les enfants en fauteuil roulant élargissent leurs horizons: curieux, actifs, créatifs et pleins d’énergie. Et c’est un événement qui rayonne aussi à l’extérieur, avec un concert qui donne envie de retomber en enfance, d’écouter et de s’émerveiller.
Le concert du samedi 6 juin 2026 sera un temps fort pour les visiteurs et visiteuses de toute la région. Les familles, les mélomanes et toutes celles et ceux qui ont envie de vivre une expérience musicale originale peuvent réserver leurs billets. Le concert convient aux petits et aux grands, et montre de manière ludique que la musique classique n’est pas forcément guindée. Jeanloup le clown réussit parfaitement à faire tomber les barrières – entre la scène et le public, la musique et l’humour, les attentes et les surprises.
Grâce au fidèle soutien de ses partenaires, la Fondation Acide Folique, Orthotec, SBH Suisse et Cosanum, l’équipe de l’Association suisse des paraplégiques a une fois de plus réussi à mettre sur pied un programme de grande qualité. Alors pourquoi attendre? Inscrivez dès maintenant votre famille au prochain Kids Camp ou réservez vos billets pour applaudir «l’Orchesterchaos».
COURS À SÖRENBERG
Noemi Studer adore les journées passées en uniski. L’objectif de cette jeune fille de 18 ans, née avec une paralysie cérébrale, est de pouvoir un jour se lancer toute seule sur les pistes.
Peter Birrer

L’excitation commence dès l’instant où elle s’inscrit au cours de ski. Fin 2025, Noemi Studer passera sa première journée d’uniski à Sörenberg, où elle profitera de quelques heures qui sont pour elle bien plus qu’un simple passe-temps sportif.
«Pour moi, le ski est synonyme de liberté», explique la jeune sportive originaire de Kriens LU. «C’est aussi un moyen de me détendre. Dans les moments de stress, il me suffit parfois de penser à la beauté des pistes pour que je me sente à nouveau bien.»
Des questions avant la journée de ski Alors que le 29 décembre 2025 à Sörenberg approche, elle ressent une légère appréhension. Le siège sera-t-il adapté? Que lui reste-t-il de ce qu’elle a appris les hivers
précédents? Combien de temps lui faudra-t-il pour retrouver son rythme? Et surtout: comment son corps réagira-t-il à l’effort?
Noemi est vite fixée. L’essai du siège est bouclé en quelques minutes et la coque idéale est trouvée. Richard Studer, collaborateur de l’ASP et co-coordinateur des cours d’uniski et de dualski à Sörenberg, s’occupe ce jour-là, en tant que moniteur de ski, de son homonyme, avec laquelle il n’a aucun lien de parenté.
Après seulement une ou deux descentes, Noemi est échauffée. Elle se sent alors tellement à l’aise qu’il est possible de retirer la corde de sécurité qui relie son engin à Richard. Cela renforce la confiance en soi
de la jeune fille: «Plus je peux skier de manière autonome, plus je sens à quel point cela me fait du bien.»
Son sport préféré
Noemi, qui suit un apprentissage commercial avec maturité professionnelle, a un rapport ambivalent à la neige. Elle a besoin d’un déambulateur pour marcher, ce qui la restreint parfois dans son quotidien quand les conditions hivernales sont difficiles, et elle n’aime pas la neige dans ces moments-là. En revanche, elle «kiffe» les pentes enneigées, surtout depuis qu’elle a commencé à skier il y a huit ans.
Le ski est devenu son sport préféré. Les journées de ski sont un rendez-vous immuable, quelle que soit la météo. Elle sou-



Ses sources d’inspiration sportives Elle reconnaît volontiers s’inspirer notamment de l’athlète paralympique Pascal Christen et de la para snowboardeuse Romy Tschopp. Et des athlètes issu·e·s d’autres disciplines font également partie de ses modèles, comme l’athlète en fauteuil roulant Marcel Hug, la joueuse de badminton Ilaria Olgiati ou la nageuse
Nora Meister. Elle voue en outre une grande admiration à Marco Odermatt et Wendy Holdener pour leurs talents de skieur·euse et leur force mentale.
agréable.» En plus, «on ne s’ennuie jamais. Noemi est très communicative et a toujours pleins de choses à raconter sur le téléski, que ce soit son dernier examen de français ou sa récente leçon d’équitation.»
haite améliorer ses aptitudes en uniski afin de pouvoir un jour se débrouiller sans aide extérieure et partir à la montagne avec ses camarades. «Je voudrais avoir le niveau pour pouvoir aussi skier en dehors des cours», dit-elle. Et la jeune sportive, qui fait preuve de la discipline et de la volonté nécessaires, y consacre beaucoup de temps.
Pour elle, le ski ne doit jamais être une contrainte mais un plaisir. En même temps, elle ambitionne de perfectionner sa technique et d’apprendre à négocier correctement les virages. Outre l’élégance, elle aspire à skier à bonne allure sans jamais perdre le contrôle. Et pour cela, une qualité lui est particulièrement utile: l’intrépidité. «Dès que j’ai peur, cela augmente le risque de chute.»
Sörenberg est le domaine de prédilection de Noemi. Ici, elle ne fait pas figure d’extra-terrestre, car beaucoup de personnes pratiquent aussi l’uniski; ici, elle dispose d’un matériel de grande qualité et parfaitement entretenu; et ici, elle trouve une équipe d’instructeurs à l’écoute de ses besoins. Richard lui donne régulièrement des conseils, l’encourage à négocier les virages de manière encore plus dynamique et se réjouit de ses progrès. «Elle maîtrise les pistes bleues et rouges basiques sans mon aide», dit-il.
Sa grande soif d’apprendre se reflète aussi dans l’étude des vidéos. Le moniteur de ski filme quelques descentes qu’ils analysent ensuite ensemble. Elle apprécie les remarques sur les détails et s’efforce d’y apporter des corrections dès la descente suivante. Cela peut concerner l’usage de deux béquilles-ski (Stabilos), la position assise ou l’utilisation des carres. «Je tiens à éliminer mes défauts», explique-t-elle avec un clin d’œil.
Un vrai moulin à paroles
«Noemi est une jeune fille sympa qui s’investit beaucoup pour devenir une meilleure skieuse», déclare Richard. «Travailler avec elle est extrêmement simple et
La jeune Alémanique enchaîne avec un deuxième jour sur la neige. Elle a rafraîchi ses connaissances et appris de nouvelles choses. Et son corps a suivi le mouvement. Elle a maîtrisé d’innombrables descentes qui lui ont demandé beaucoup d’énergie. «Mais j’ai eu la chance de ne pas avoir à lutter contre des problèmes musculaires comme j’ai déjà eu à le faire», dit-elle.
Les cours à l’ASP lui donnent envie d’en faire plus. Elle peut désormais partir en vacances au ski avec sa famille, son père Christoph assumant alors le rôle d’accompagnant. Il a d’ailleurs suivi un cours spécial pour cela. Elle souhaite parcourir le plus de kilomètres possible cet hiver et, comme elle le dit elle-même, «mettre les gaz». On dirait presque entendre une athlète. Envisage-t-elle un jour de participer à des compétitions? «Jusqu’ici, je n’y pensais pas», répond Noemi. «Mais disons que je n’exclus plus aussi catégoriquement cette possibilité.»
Un moniteur de ski confiant Richard serait bien sûr ravi que son équipe et lui puissent encourager ce jeune talent de Kriens. Mais il ne veut pas mettre la pression à Noemi: «Elle est encore jeune et c’est à elle de décider si elle veut se lancer dans la compétition ou non.» Pour lui, l’important est que Noemi continue à prendre du plaisir à skier et à développer ses aptitudes, par exemple en carving ou en utilisant seule le télésiège: «Grâce à sa ténacité, elle y parviendra à coup sûr. C’est en bonne voie.»
La Fédération mondiale de badminton a élu Ilaria Olgiati meilleure joueuse mondiale de parabadminton 2025.
Lors des CE à Istanbul, la badiste argovienne a remporté non seulement le titre en simple, mais aussi en double avec Cynthia Mathez, ainsi qu’en double mixte avec l’Italien Yuri Ferrigno.
Le «Player of the Year Award» est la plus haute distinction décernée dans le badminton. Le classement mondial est pris en compte dans la nomination: Ilaria Olgiati y occupe actuellement la 2e place en simple, la 1ère place en double et la 8e place en double mixte. Ilaria Olgiati est la deuxième Suissesse à recevoir cette récompense prestigieuse. La cérémonie de remise du prix a eu lieu le 15 décembre 2025 à Hangzhou, en Chine.

Swiss Paralympic a récompensé les 16 para-athlètes les plus performant·e·s de l’année.
Le tireur au pistolet Stefan Amacker a reçu l’Allianz Newcomer Award. À 26 ans, il a gagné sa toute première médaille (argent) lors d’une compétition pour le titre aux CE en Croatie.
Les athlètes ayant décroché une place sur le podium lors d’un CE ou d’un CM ont également été récompensé·e·s par un di-
plôme. 32 médailles ont ainsi été célébrées dans les disciplines suivantes: athlétisme, badminton, cyclisme, natation, ski alpin, snowboard et tir sportif.
L’étoile féminine de l’athlétisme Catherine Debrunner s’est notamment distinguée en gagnant cinq médailles d’or aux CM en Inde. L’équipe de badminton en fauteuil roulant a aussi remporté des succès historiques aux CE à Istanbul avec sept médailles, dont cinq d’or.
CURLING
HANDBIKE
Du 25 au 30 août 2026, nous sillonnerons la Suisse centrale.
Handbikeur·euse aux grandes ambitions ou cycliste du dimanche: tout le monde est le ou la bienvenu·e au Giro Suisse. Nous publierons toutes les étapes fin mars. Les inscriptions seront prises en compte dans leur ordre d’arrivée. Rejoignez-nous, que ce soit pour une étape ou pour les six.
Cet hiver, Curling Luzern a proposé pour la première fois des initiations et des cours pour débutant·e·s aux personnes en fauteuil roulant.
Esprit d’équipe, tactique et technique: voilà les ingrédients nécessaires pour pratique le curling. Ce parasport sur glace est idéal car on y joue dans un fauteuil roulant ordinaire et on pousse la pierre à l’aide d’un bâton. Mais où peut-on tester cette discipline paralympique pour voir si elle nous plaît?
Curling Luzern a organisé dès janvier des séances découverte du paracurling. Les participant·e·s ont pu faire leurs premières expériences sur la glace lors d’un cours d’essai gratuit. Les plus motivé·e·s ont appris les principaux mouvements et règles dans un cours pour débutant·e·s en quatre parties. L’ASP se réjouit que les clubs sportifs ouvrent leurs portes aux personnes en fauteuil roulant et leur proposent des activités.
Curling Luzern curling-luzern.ch
SSFR a embauché Fabrice Descloux comme entraîneur national de tennis de table (50%) et Bastian Wyss comme assistant de l’entraîneuse nationale de curling (20%). Deux entraîneurs nationaux, Christian Rosenberger (basket-ball féminin) et Nicola Damiano (basket-ball mas-
culin) ont aussi été engagés à 30% au 1er janvier 2026. Enfin, Sandra Graf a été recrutée comme responsable de la relève en handbike (40%). Ces emplois fixes ont été rendus possibles grâce aux fonds supplémentaires alloués au sport (voir page 10) et leur durée est déterminée à fin 2029.
PARATHLETICS 2026
Du 21 au 23 mai 2026, Catherine Debrunner et Marcel Hug affronteront la concurrence internationale à Nottwil. Avec respectivement cinq et trois victoires à leur actif, tous deux ont été les athlètes les plus performant·e·s de ce grand événement l’an passé.
Quelque 350 stars mondiales de l’athlétisme participeront au Grand Prix sur les rives du lac de Sempach. Outre les compétitions sur piste, des épreuves de lancer et
de saut sont prévues pour les athlètes en fauteuil roulant, les athlètes amputé·e·s ou les athlètes malvoyant·e·s, ce qui rendra le spectacle particulièrement passionnant. Il y aura aussi un service de restauration, un château gonflable et un parcours en fauteuil roulant. L’entrée est gratuite. Venez assister en direct à la pulvérisation des records sur la piste la plus rapide du monde.
En savoir plus parathletics.ch

La grande finale pour le trophée Patrick Baumann aura lieu le 11 avril 2026 à la Mobiliar Arena de Berne.
Lors de la grande fête organisée par Swiss Basketball, les équipes de basket en fauteuil joueront avant les équipes féminines et masculines. Les Rolling Rebels ont déjà éliminé les Pilatus Dragons en quart de finale et sont désormais favoris pour le titre.
Infos finale de la Coupe basketball.spv.ch

En mars, le parquet du CSP se transformera à nouveau en arène de l’EuroCup.
Les 13 et 14 mars 2026, les Pilatus Dragons affronteront les meilleures équipes internationales d’Angleterre, de France et d’Israël lors du tournoi IWBF EuroCup 2, pour se qualifier à l’une des deux phases finales – une rencontre sportive qui promet suspense, esprit d’équipe et matches de haut niveau.
Infos sur le tournoi pilatusdragons.ch
MILANO CORTINA 2026
Quelle chance! Après les Jeux d’été de Paris 2024 chez nos voisins français, les Jeux Paralympiques d’hiver de Milano Cortina 2026 se dérouleront dans le nord de l’Italie, du 6 au 15 mars.
Nicolas Hausammann

Les Jeux Paralympiques d’été et d’hiver sont deux événements bien distincts, et pas seulement à cause de la différence de température. Alors qu’en été, il y a énormément de compétitions avec diverses classes et catégories, le nombre de disciplines et de classes est plus restreint en hiver. Si, en été, de nombreuses compétitions peuvent souvent être regroupées dans un même lieu, l’hiver exige des sites décentralisés, une logistique plus complexe et davantage de moyens techniques. La neige, la glace, l’altitude et les conditions météo rendent l’organisation plus complexe, mais aussi unique en son genre.
Partenariat et concurrence
Le travail d’organisation à Milano Cortina est donc particulièrement lourd. Les transports, les infrastructures sans obstacles

dans les régions alpines et la coordination entre plusieurs sites requièrent une grande précision et une concertation pointue. Des synergies précieuses sous forme de partenariats avec d’autres pays peuvent s’avérer utiles. La Suisse entretient une étroite collaboration avec l’Allemagne et les PaysBas. Ainsi, les snowboardeur·euse·s néerlandais·es sont intégré·e·s à l’équipe helvétique. En contrepartie, la Suisse peut compter sur une accréditation supplémentaire et un soutien en montagne. Parfois, les conditions d’entraînement au sein d’une grande équipe de para-athlètes à l’étranger sont plus avantageuses que celles offertes par les pistes nationales. Les athlètes s’entraident et se soutiennent mutuellement jusqu’à la piste – la rivalité ne commence qu’au moment de la course.
Durabilité vs espaces sociaux
La séparation géographique entre les régions montagneuses pour les sports de neige et l’environnement urbain pour le curling, le para-hockey sur glace et les festivités pose un défi particulier. À Cortina d’Ampezzo, des conteneurs ont été installés en montagne en guise de logements. Bien qu’ils soient fonctionnels pour les athlètes, ils ne se prêtent guère aux moments de convivialité, aux postes de travail ou aux réunions d’équipe, contrairement au village paralympique de Milan. En outre,
la cérémonie d’ouverture des Jeux aura lieu à Vérone. En début d’année, l’équipe de direction a dû régler moult détails en plus des sélections. Où peut-on effectuer l’analyse vidéo des derniers entraînements?
Comment créer un espace pour l’équipe afin d’éviter l’isolement, et comment lui permettre de vivre une belle cérémonie d’ouverture sans avoir à faire le trajet jusqu’à Vérone? C’est là qu’entre en jeu la House of Switzerland.
Un petit peu de chez soi
La House of Switzerland apporte un petit peu d’helvétisme à Cortina. Point de ralliement international pour les rencontres, les projections publiques et la suissitude, elle rassemble les fans, les VIP et les athlètes. Elle devient un carrefour majeur pour le sport, la politique, l’économie et la communauté: pour la première fois, la délégation suisse s’y réunira pour la cérémonie d’ouverture. Cela permettra de rester concentré sur les courses à Cortina et d’éviter la fatigue du voyage et les temps d’attente lors de la cérémonie officielle à Vérone.
Milano Cortina 2026 en est la preuve: les JP d’hiver sont certes plus modestes que les Jeux d’été, mais ils sont aussi plus complexes et tout aussi fascinants.
EN DIRECT SUR SRF
Cérémonie d’ouverture à l’Arena di Verona: 6 mars 2026, à 20 h 00
Émission en studio avec les temps forts: tous les jours de 20 h10 à 21 h 00
Compétitions avec participation de la Suisse: Livestream SRF Sport App

UNE JOURNÉE AVEC ALEXANDRE TORNAY
Après des débuts à 17 ans, il est à présent arbitre international en basket fauteuil: avec curiosité, sens des responsabilités et passion du jeu, Alexandre Tornay fait le lien entre le basket pour piétons et le basket fauteuil.
Nicolas Hausammann
Ce Valaisan de 30 ans est actuellement le meilleur arbitre de basket-ball en fauteuil roulant de Suisse: il officie au niveau international lors des CE et de l’EuroCup, et a dirigé pour la première fois l’an passé le cours de présaison pour les arbitres de basket fauteuil. Une carrière fulgurante depuis ses débuts d’arbitre à l’âge de 17 ans, quand sa mère, elle-même arbitre, lui demande de siffler un match amical de basket-ball pour piétons. Il se dit alors: «Oui, ce serait cool.» Ce qui part d’une idée spontanée devient rapidement un parcours sérieux, jonché de défis et de surprises, et aboutit à un épanouissement personnel.
Lien avec le sport handicap
Le tournant a lieu lors d’un cours, lorsque Bertrand Galley, arbitre expérimenté et commissaire FIBA, fait la promotion du basket-ball en fauteuil roulant auprès des arbitres. Cela marque le jeune homme, dont la maman est atteinte de sclérose en plaques. Le lien avec le sport handicap, le basket fauteuil, se tisse doucement, mais durablement.
Pendant trois ans, Alexandre n’arbitre que quelques rencontres. Son premier grand test dans le basket fauteuil est un match de playoff entre les Rolling Rebels et les Pilatus Dragons: une partie très disputée, intense, arbitrée à trois. Pour la première fois, Alexandre ressent cette responsabilité particulière qu’implique l’arbitrage. Cela le met à l’épreuve et le fait grandir. Le chef arbitre Fabrizio Sani lui souffle l’idée de diriger régulièrement des matches de haut niveau à l’échelle internationale. Même s’il a tout d’abord le sentiment de ne pas en-

Un job à haute responsabilité Alexandre Tornay veille au grain.
core maîtriser parfaitement le basket-ball en fauteuil roulant, il franchit le pas et est récompensé. «Quand un joueur tombe ou parvient miraculeusement à tourner son fauteuil avant l’impact, on pense au début: ça doit être une faute! Mais à ce niveau, on est toujours surpris de voir à quel point les joueurs maîtrisent leur engin de sport», explique le Romand à propos de l’arbitrage d’un CE.
Une question d’angle de vue Il y a de nombreux parallèles entre le basket debout et le basket assis», poursuit-il. «Mon haut niveau d’arbitre chez Swiss Basketball est un avantage: la direction du match, la communication et la vitesse me sont familières.» Les bons arbitres ne restent pas spectateurs, ils bougent, se déplacent, cherchent des points de contact. Le contrôle de la table des officiels, du chronomètre et du déroulement est similaire. Mais dans le basket fauteuil, il n’y a presque pas de répit. La lutte pour la position dans le fauteuil continue même après un panier. Un collègue allemand lui a dit un jour: «Réveille-toi, c’est du basket fauteuil, tu dois

aussi vérifier après un panier s’il y a eu des contacts interdits entre les fauteuils roulants au recul.» Au plus haut niveau, l’intensité des matches est la même que dans le basket-ball pour piétons.
Motivation et développement
Dans la formation des arbitres, un point est très important pour lui: la clarté. Il n’a luimême compris que tardivement de nombreuses règles, souvent grâce à des tournois internationaux. Il tente donc, en tant qu’instructeur, de transmettre dès le début les règles avec des critères clairs. «Mon objectif est que les nouveaux arbitres intègrent rapidement les règles de base pour pouvoir ensuite développer leur compréhension du jeu et de ses subtilités», dit-il.
Pour Alexandre, le basket-ball en fauteuil est aussi synonyme d’estime et d’admiration. Les matches devraient avoir lieu encore plus souvent qu’à la finale de la Coupe avec Swiss Basketball, notamment pour les équipes nationales, avec lesquelles le public entretient un lien émotionnel particulier.
Manuela Schär est aujourd’hui plus sereine, plus reconnaissante et plus curieuse que jamais. Elle suit son instinct, entre plaisir de bouger et esprit de compétition.
Nicolas Hausammann
Face à Manuela Schär, on ressent ce mélange de clarté, de force tranquille et de légère agitation que seules les personnes véritablement motivées peuvent dégager. La multiple médaillée paralympique, détentrice du record du monde et figure de proue de l’athlétisme en fauteuil roulant a mis fin à sa carrière sur piste après Paris 2024. Aujourd’hui, elle ne donne pas du tout l’impression d’être retraitée. J’ai en face de moi une femme qui découvre de nouveaux horizons et part à leur assaut le cœur léger.
Adieux et nouveau départ
Faire ses adieux à la piste n’a pas été une décision facile pour elle. «Je redoutais beaucoup ma retraite partielle avant d’arrêter les courses sur piste. J’avais un peu l’impression de me trahir en abandonnant cette part si importante de ma vie. Mais au fond de moi, j’avais aussi la sensation que le moment était venu.» Les dernières courses sur piste à Paris ont été une sorte de réconciliation. «Ce qui restait, c’était un fort sentiment de gratitude après les ultimes épreuves aux JP avec les médailles. Car

après ma fracture à la jambe quelques années auparavant, je savais qu’on ne peut pas tout contrôler et que le succès ne va pas de soi, même avec une exellente préparation.»
Ce sentiment l’a également accompagnée aux ParAthletics 2025 à Nottwil. «J’étais tout à fait en paix avec ma décision de faire partie du public, derrière les barrières, et de simplement regarder, encourager et revoir d’anciennes concurrentes et connaissances.»

La passion du marathon Qu’est-ce qui a changé depuis? Beaucoup de choses, mais surtout l’essentiel. «Cela m’a ôté tout le stress lié à la planification de la saison», dit-elle en souriant. Avant, elle faisait la navette entre l’entraînement pour le marathon et celui pour la piste. «Inconsciemment, ce changement me stressait toujours un peu. J’avais l’impression de ‹ramer› à l’entraînement au marathon, car au printemps et en été, on mettait l’accent sur la piste.» Désormais, elle peut consacrer tout un long bloc estival à la série des marathons, un luxe qui semble lui faire du bien. L’âge joue également un rôle: «Cela devient dur de développer et de maintenir sa vitesse», dit-elle en riant à nouveau.
Mais en se concentrant sur les 42 km, d’autres choses ont changé. «J’apprécie le professionnalisme du milieu marathonien, les grands événements Majors dans le monde et, en même temps, le petit cercle presque familial des athlètes.» De plus, elle travaille avec un nouvel entraîneur: «Avec Beat Fäh, nous n’avons pas refait le monde, mais nous avons apporté quelques ajustements cohérents.» Et même si elle aborde aujourd’hui les courses différemment, son ambition reste palpable: «Je célèbre chaque podium que je décroche, mon objectif minimum étant d’être dans le top 5.»
Place aux belles expériences
En même temps, de nouveaux horizons se sont ouverts, par exemple pour le handbike tout-terrain (HTT) et le ski de fond. L’amour de Manuela pour les chiens l’a conduite vers des sports tout nouveaux, tels que le mantrailing – la recherche de personnes avec un chien – ou le bikejöring, où un VTT est tiré par des chiens de traîneau. Des expériences qui n’avaient jusqu’ici que peu ou pas de place. «Avant, je voulais faire tous mes entraînements en fauteuil de course. Aujourd’hui, j’aime faire des séances plus longues en HTT ou en traîneau de ski de fond. J’ai aussi plus de temps pour d’autres loisirs.» Et cette diversité lui procure beaucoup de plaisir.
Dans la société, Manuela constate aussi un changement de mentalités. «En fauteuil roulant, on peut participer de manière plus inclusive à des manifestations. Si cela
n’est pas mentionné à l’inscription, les organisateurs sont souvent très ouverts et trouvent une solution. Je trouve cela fantastique.» Cet esprit pionnier est contagieux et trouve un écho dans sa profession. Depuis 2024, elle travaille à la Fédération suisse de gymnastique (FSG) en CDD jusqu’à fin 2026. Collaboratrice chargée de l’inclusion, elle est coresponsable au sein de la fédération du développement d’idées et de concepts favorisant la participation. L’objectif est de créer des offres qui correspondent justement à ce qui la passionne: des expériences communes ouvertes à tous et toutes. Dans le cadre de son activité, elle a élaboré un concept visant à rendre les événements et les offres des clubs de la FSG plus inclusifs. «L’objectif est que l’inclusion soit ancrée dans toutes les instances et tous les domaines de manière à être systématiquement prise en compte», explique-t-elle.
Un conte paralympique?
Et il y a ce nouveau chapitre, qui semble presque accessoire, une corde de plus à l’arc de l’athlète originaire de Kriens, mais la lueur dans ses yeux en dit long: en ski de fond, l’esprit de compétition reprend le dessus. «On ne se refait pas. La bête de compétition sommeille en moi», dit-elle avec un large sourire. À l’origine, elle voulait juste participer à quelques compétitions pour le plaisir. Mais après le marathon au Japon, elle s’est envolée pour la Norvège – pour la classification. «Comme la technique n’est pas aussi décisive que chez les piétons, une bonne condition physique permet d’aller assez loin.» Pour l’heure, Manuela participera à la Coupe du monde à Finsterau (Allemagne). La direction que prendra sa carrière dans cette discipline reste encore incertaine.
Le sport comme expérience
Malgré ses participations aux marathons et la perspective de ses premières compétitions en ski de fond, Manuela se concentre sur un autre aspect du sport: l’expérience! «Même si l’envie de compétition refait régulièrement surface, c’est désormais l’expérience qui prime dans mes différentes activités physiques.» Sa carrière a été marquée par différentes phases: «Au début, c’était purement une question de talent.
Puis, à un moment donné, le talent n’a plus suffi et l’ambition a pris le relais. Tout passait après le sport.» Aujourd’hui, elle se regarde avec plus d’amour et de bienveillance. «Je suis devenue plus indulgente avec moi-même. C’est ‹juste› du sport.» Et puis, il y a ses chiens, avec son nouveau hobby, le mantrailing. «Comme j’ai vu à quel point mon nouveau chien est doué pour cela, je passe un examen avec lui. Et mon goût de la compétition réapparaît», dit-elle en riant.

Une passion devenue une compétition.
Au moment de prendre congé, Manuela se montre telle qu’on aimerait la voir dans quelques années: curieuse, active, les yeux brillants lorsqu’elle s’enthousiasme pour ses belles expériences. Celles-ci vont du bikejöring tiré par un chien de traîneau à ses randonnées sur gravier, en passant par les pistes de ski de fond loin au fin fond de l’Eigenthal ou, à la belle saison, les rues des métropoles du monde entier pour les marathons Majors. «Si vous refaites cette rubrique avec moi à l’avenir, j’espère que je prendrai toujours autant de plaisir à bouger et que je mènerai une vie active et en forme.» Et qui sait, peut-être aura-t-elle alors un joli conte paralympique à raconter.


«MOVE ON» TICINO
Tre giorni all’insegna dello sport, della cultura e della sensibilizzazione. L’edizione ticinese di «move on» si svolge quest’anno per la terza volta ed entusiasma con un programma ricco e variegato.
Davide Bogiani
Dal 12 al 14 giugno 2026 torna al Centro Sportivo di Tenero «move on» in Ticino, giunto alla sua terza edizione: un appuntamento ormai consolidato dedicato alla scoperta e alla pratica di discipline sportive accessibili a persone in carrozzella.
L’evento rappresenta un tassello importante nella promozione delle attività dell’Associazione svizzera dei paraplegici, e si fonda su una collaborazione sempre più stretta con il Gruppo Paraplegici Ticino (GPT). Un gruppo che negli ultimi mesi si è distinto per il suo approccio innovativo e propositivo, diventando un punto di riferimento anche oltre San Gottardo. Sarà proprio il GPT a dare un contributo concreto alle attività sportive, mettendo a disposizione monitrici e monitori già attivi nelle diverse discipline.
Sull’acqua e nell’acqua Il programma sportivo si presenta ricco e variegato, con una particolare attenzione all’accessibilità e all’adattamento delle attività. Elemento centrale dell’edizione 2026 sarà l’acqua, con discipline come kayak, nuoto e, con tutta probabilità, anche vela. Accanto alle attività acquatiche, spazio
anche agli sport da palestra e all’aperto: tennistavolo, target sprint, boccia, tiro con l’arco, scherma e handbike. La scelta delle discipline è stata pensata per coinvolgere persone con paraplegia ma anche con tetraplegia. Non tutte le attività saranno accessibili a tutti, ma grazie ad adattamenti mirati sarà comunque possibile partecipare a una parte significativa del programma.
Diversità culturale
Accanto allo sport, «move on» offrirà anche un percorso culturale legato al territorio. In programma visite guidate al Museo Ghisla Art, alla falconeria e altre iniziative che verranno svelate nel corso dei prossimi mesi. Novità molto attesa di questa edizione sarà inoltre un corso di mobilizzazione, pensato per chi desidera migliorare la propria tecnica in carrozzella nella vita quotidiana: dalla gestione di pavimentazioni irregolari al superamento di piccoli gradini, fino all’affrontare ostacoli di diversa entità in sicurezza e autonomia.
L’edizione ticinese di «move on» si conferma così un evento che va oltre la dimensione sportiva: un vero e proprio campo
di incontro, scambio e sensibilizzazione, dove condividere esperienze, punti di vista e momenti di convivialità. È anche in contesti come questi che il principio secondo cui «l’unione fa la forza» trova la sua massima espressione.
La partecipazione al campo è flessibile: non è necessario essere presenti per tutti e tre i giorni. È possibile prendere parte anche a singole mezze giornate o a giornate complete. Per chi desidera vivere appieno l’esperienza, sarà inoltre possibile pernottare presso il Centro Sportivo di Tenero, che per l’occasione adatterà la disposizione dei letti per garantire camere pienamente accessibili.
«move on» Ticino
Dal 12 al 14 giugno 2026
Centro Sportivo di Tenero Programma e iscrizioni spv.ch/degli-eventi
ER POUR SPORTIFS ET SPORTIVES D’ÉLITE
Trois athlètes (une femme et deux hommes) de Sport suisse en fauteuil roulant peuvent se dédier entièrement à leur sport grâce à l’armée suisse.
Nadja
Venetz
Le lundi 27 octobre 2025, 59 athlètes ont commencé leur formation à l’école de recrues pour sportifs et sportives d’élite à Macolin. 39 hommes et 20 femmes issu·e·s de 21 disciplines différentes peuvent s’entraîner pendant 18 semaines dans des conditions idéales. Parmi eux, trois athlètes de Sport suisse en fauteuil roulant: Wayra Huber (basket-ball), Stefan Amacker (tir sportif) et Giuliano Carnovali (tennis). À l’automne 2021, Fabian Recher (handbike) et Elena Kratter (athlétisme) ont été les deux premiers para-athlètes à intégrer l’école de recrues pour sportifs et sportives d’élite. Sport suisse en fauteuil roulant compte désormais 13 soldat·e·s du sport.
Avant de s’entraîner à plein temps, les athlètes suivent une formation militaire de base pendant les trois premières semaines de l’école de recrues. Ils et elles apprennent les règles de conduite et les grades militaires, et se familiarisent avec l’école de section et le Service sanitaire. Ces exercices renforcent la cohésion. «Il règne une super ambiance entre nous. Je n’ai rencontré que des gens ouverts», témoigne Wayra Huber qui a trouvé ces échanges très enrichissants.
Questions pièges
S’entraîner sans soucis d’argent Pour les athlètes, l’école de recrues est une formidable chance de progresser sur le plan sportif sans perte de salaire. «Je peux me concentrer pleinement sur le basket sans avoir à me soucier des aspects financiers. En temps normal, je me précipite du travail à l’entraînement. Ici, je peux m’entraîner dans des conditions parfaites et j’ai en plus le temps de récupérer, ce que je n’arrive jamais à faire dans ma vie quotidienne», raconte Wayra Huber, enthousiaste. Pendant ces 18 semaines, les trois athlètes mènent la vie d’un·e sportif·ve professionnel·le. «J’ai la possibilité de m’entraîner de manière intensive et de me focaliser sur certains aspects. C’est un immense privilège», reconnaît Stefan Amacker.
En plus de la formation militaire de base et des entraînements spécifiques à leur discipline, les recrues suivent pendant les huit premières semaines des modules qui abordent divers aspects d’une carrière sportive: Comment bien s’alimenter? Comment trouver des sponsors? Comment se vendre? Wayra Huber a particulièrement aimé la formation sur les médias. «Nous nous sommes entraîné·e·s devant la caméra à répondre à des questions politiques ou à réagir si les journalistes s’intéressent plus au fauteuil roulant qu’aux performances sportives. Ça m’a beaucoup apporté.»
Les dix semaines restantes sont entièrement dédiées à leur sport. Stefan Amacker s’entraîne avec Jannis Bader, recrue de la Fédération sportive suisse de tir (FST). «Nous avons le même programme, car
nous pratiquons le même sport. Je profite énormément des connaissances de la Fédération sportive de tir et des nouveaux conseils d’entraînement», explique-t-il. Les deux tireurs sont encadrés à tour de rôle par une entraîneuse de la FST et l’entraîneur de Sport suisse en fauteuil roulant.
Le jeune homme est persuadé que l’ER pour sportifs et sportives d’élite l’aide à améliorer son niveau de performance. Il veut continuer à travailler sur cette base après avoir terminé l’ER. Outre les 30 jours de service obligatoires, le soldat du sport dispose de 100 jours de service supplémentaires qu’il peut consacrer à l’entraînement et à la compétition en touchant sa solde complète. Son objectif: «Réduire la différence entre les performances à l’entraînement et en compétition.» Grâce à un entraînement intensif, mais aussi à de précieux conseils en gestion de carrière, il veut se qualifier pour les championnats du monde en septembre.


Gros plan
Après leur formation militaire de base, tous trois s’entraînent à plein temps.


Endroit parfait pour les fans de cyclisme en activité et en devenir, le Swiss Bike Park est ouvert à toutes et tous. Venez tester gratuitement des handbikes tout-terrain.
Fabio Brändle et Nadja Venetz
Le Swiss Bike Park Oberried, idéalement situé près de Berne en plein cœur de la nature, est, à bien des égards, unique en Suisse. Lieu de rencontre et de prévention attrayant pour toute la population, il fait office de projet phare et d’attraction touristique, et concilie les besoins du sport de haut niveau, du sport populaire et du sport
handicap. Le parc est délibérément conçu comme un site d’entraînement pouvant être utilisé par des sportifs et sportives aux aptitudes les plus diverses et accueillant les personnes avec et sans handicap. De nombreuses zones sont accessibles de plainpied, les chemins sont larges et bien visibles, et les circuits offrent assez d’espace
pour s’exercer à un rythme adapté. Cela permet aux personnes en fauteuil roulant et en handbike de s’entraîner en toute sécurité et de manière autonome.
Les parcours spacieux et les «stations d’entraînement» permettent d’acquérir progressivement de nouvelles compétences,
BON À SAVOIR
Swiss Bike Park
– La visite est gratuite.
– L’espace restauration et les salles de séminaire sont entièrement accessibles en fauteuil roulant.
– Des toilettes, vestiaires et douches sans obstacles sont disponibles.
– Nourriture simple pendant la journée dans le restaurant.
– Aires de pique-nique à l’extérieur.
– Stationnements pour handicapé·e·s tout près de l’entrée du parc.
– Accès, horaires d’ouverture et infolettre sur swissbikepark.ch
du virage à l’équilibre en passant par de petits défis techniques. Des lignes simples et plates sont disponibles pour les novices, tandis que les cyclistes confirmé·e·s peuvent affiner leur technique sur des sections plus exigeantes. C’est le rendez-vous privilégié des familles, des classes d’école et autres associations, car les zones sont accessibles librement et gratuitement. Sur 30 000 m², le Swiss Bike Park a tout ce qu’il faut pour rouler plus vite et en toute sécurité.
Vététistes aux grandes ambitions, handbikeur·euse·s débutant·e·s et cyclistes tranquilles, tout le monde se côtoie. Cela crée une atmosphère propice à l’entraide et à l’apprentissage mutuel. Le Swiss Bike Park n’est donc pas seulement un lieu dédié au sport, mais aussi un lieu de rencontre. Il en résulte une forme naturelle d’inclusion qui montre à quel point le cyclisme est un sport polyvalent et accessible.
Cours d’essai gratuits
Vous pouvez apporter votre propre engin de sport, mais des handbikes sont aussi disponibles sur place et peuvent être utilisés gratuitement. Un fauteuil roulant électrique tout-terrain vous attend également. Si vous souhaitez explorer la magnifique nature autour du Swiss Bike Park, parcourez les différents itinéraires bien testés autour d’Oberried à bord d’un handbike tout-terrain (HTT). Les coaches professionnel·le·s du Swiss Bike Park dispensent des cours d’essai gratuits de HTT pour les

personnes en fauteuil roulant. Un sport génial pour toutes celles et ceux qui aiment bouger en plein air, loin de la circulation. Si vous souhaitez participer à une initiation, veuillez vous inscrire à l’avance via info@swissbikepark.ch ou par téléphone au 031 848 22 12.
Tester des vélos
Un large choix d’engins à tester vous attend le week-end des 27 et 28 juin. Vous avez toujours voulu essayer un handbike tout-terrain ou un vélo équipé d’un dispositif de traction? En collaboration avec divers fabricants et commerçants, l’ASP organise le «Giro Suisse | Meet ’n’ Ride». Passez nous voir et venez tester différents engins. Nous vous montrerons comment ça marche et vous emmènerons faire un petit tour découverte. Pas besoin d’être un·e athlète de haut niveau! La plupart des vélos sont équipés d’un moteur à assistance électrique pour vous éviter de vous essouffler. Et qui sait? Peut-être aurez-vous ensuite envie de participer à une étape du Giro Suisse, qui aura lieu du 25 au 30 août 2026.
La fondation Swiss Bike Park s’engage en faveur d’une culture cycliste forte et inclusive en Suisse, afin de promouvoir le vélo sous toutes ses formes comme moyen de transport et de déplacement sain, sûr, durable et socialement fédérateur. Elle gère le Swiss Bike Park Oberried, développe des projets d’éducation et de mobilité, et met en réseau des partenaires issus du sport, du tourisme, de la recherche, de l’économie et de la société. Son objectif: permettre à un maximum de personnes d’accéder à la mobilité active, quels que soient leur âge, leurs aptitudes ou leur origine. La fondation s’engage pour plus d’installations de loisirs sans obstacles et de pistes cyclables inclusives.
JURA BIKE PARK
Événement
Giro Suisse | Meet ’n’ Ride 2026
Du 27 au 28 juin 2026
Swiss Bike Park Oberried spv.ch/manifestations
Inspiré du concept du Swiss Bike Park à Oberried, le Jura Bike Park devrait ouvrir ses portes à Porrentruy en 2026: jurabikepark.ch
Vous cherchez un appartement accessible? Procap a des tuyaux.
Le marché immobilier suisse est tendu. Obtenir un nouveau logement qui soit en plus accessible en fauteuil roulant ressemble à un parcours du combattant.
Sur le portail immobilier de Procap, vous pouvez publier vos demandes ou vos offres de location. Élargissez vos critères de recherche si rien ne correspond. Souvent, des appartements partiellement accessibles peuvent être adaptés. Des conseils figurent dans la fiche «Trucs et astuces pour trouver votre logement accessible aux fauteuils roulants».
Portail immobilier/Trucs procap.ch
(Offres/Logements)
BUS PUBLICS
Les deux premiers bus articulés de Suisse équipés de quatre places pour fauteuils roulants ont été mis en service fin novembre.
Ces véhicules de la société Rottal Auto AG circulent entre Sursee et Nottwil, un trajet sur lequel l’espace manquait souvent. L’Association suisse des paraplégiques espère que d’autres entreprises de transport s’en inspireront et rendront les transports en commun plus attractifs pour les personnes en fauteuil roulant.

Chaque année, du 25 novembre au 10 décembre, plus de 300 organisations en Suisse s’engagent contre la violence sexiste. En 2025, le thème central était le handicap.
Les femmes et les personnes queer en situation de handicap – en particulier celles qui ont besoin de soins, vivent en institution ou ont un handicap invisible – sont deux à quatre fois plus souvent victimes de violence. Elles subissent des agressions, des abus de pouvoir, des contrôles et de la né-
gligence, mais n’apparaissent pas dans les statistiques et bénéficient rarement d’une protection ou d’un soutien. Pour changer cela, il faudrait avoir davantage de données ciblées, une plus large sensibilisation et plus d’aides accessibles. La campagne «16 jours contre la violence de genre» a attiré l’attention sur ces abus à travers de nombreuses actions.
En savoir plus 16jours.ch/theme-central
Avec CFF Assist, les CFF élargissent leur offre de services aux personnes à mobilité réduite.

En 2025, dans le cadre du projet pilote CFF Assist, les CFF ont proposé une assistance étendue dans leurs gares, notamment pour les correspondances, les rampes ou l’accès aux trains à plancher surbaissé.
De janvier à octobre 2025, quelque 7000 prestations d’assistance supplémentaires ont été fournies avec succès, en particulier à des voyageur·euse·s à mobilité réduite ou malvoyant·e·s.
Le 1er janvier 2026, CFF Assist est devenu permanent et a été intégré à l’offre existante. CFF Assist s’adresse à toutes les personnes qui rencontrent des difficultés dans les gares CFF lors de leurs déplacements et comprend différents types d’aide. L’assistance doit être réservée au moins une heure à l’avance auprès de Contact Center Handicap.
CFF Assist sbb.ch (CFF Assist)

PARAFRIENDS-BAND
Le groupe ParaFriends-Band réunit 13 musiciennes et musiciens.
Certain·e·s jouent assi·e·s, d’autres chantent debout, mais toutes et tous savourent le plaisir de faire de la musique ensemble. Née il y a dix ans, cette formation se compose de salarié·e·s ou de gens proches du Groupe suisse pour paraplégiques. Le programme de leurs quatre à cinq concerts
annuels – dirigés par Rafael Jerjen – reprend des tubes de l’histoire du rock et de la pop: ABBA, Michael Jackson et bien d’autres encore.
Les répétitions ont lieu les mercredis soir à Nottwil. Les musicien·ne·s expérimenté·e·s qui maîtrisent leur instrument et aimeraient rejoindre le groupe peuvent contacter Peter Landis (peterlandis@bluewin.ch).
Une étude de l’OFAS souligne que la qualité des renseignements fournis par les cantons sur les prestations complémentaires (PC) n’est pas partout la même.
Les personnes ne pouvant pas couvrir leurs frais de subsistance minimaux avec leur rente AVS ou AI ont droit à des PC. Les cantons sont tenus de les informer sur les PC afin qu’elles connaissent tant leurs droits que les démarches administratives à effectuer. L’étude commandée par l’OFAS montre que les cantons donnent en principe des informations sur les PC et que les offres de soutien telles que les consultations personnelles sont utilisées quasiment dans tout le pays.
Elle met toutefois en évidence de grandes disparités cantonales et énonce plusieurs mesures d’amélioration concrètes: rédaction de la documentation dans un style plus simple, renforcement des partenariats avec les institutions concernées, mise en place de bureaux d’accueil dédiés et transmission proactive de l’information à la population. Il existe aussi un potentiel d’optimisation au niveau du soutien administratif aux bénéficiaires de prestations complémentaires, par exemple grâce à des listes de contrôle, à des demandes en ligne, à des offres et conseils plus personnalisés. Il est à souhaiter que les cantons prennent au sérieux ces propositions et les concrétisent sans tarder.
L’ÉCHO DES CLUBS
Les handbikeurs jurassiens sur Insta
Le groupe de cyclisme inclusif «Achilles» du CFR Jura publie désormais ses sorties sur Instagram.
Vous les y trouverez sur @Achilles_Jura. Les passionné·e·s de handbike jurassien·ne·s se réjouissent d’accueillir de nombreux followers et likes.
TOURISME
Hôtels sans obstacles
Le classement des «101 meilleurs hôtels» comptera à partir d’avril une nouvelle catégorie pour l’accessibilité.
Unique dans la région DACH (Allemagne, Autriche, Suisse), cette nouveauté est le fruit d’une collaboration avec Procap. Elle vise à mettre en avant les hôtels qui facilitent activement les voyages sans obstacles. L’évaluation tient compte d’aspects liés à la construction et aux services.
«L’accessibilité est un critère de qualité essentiel. Cette nouvelle catégorie récompense les hôtels qui pratiquent une véritable inclusion et élargissent ainsi les normes du secteur», explique Carsten K. Rath, l’initiateur du projet. Les hôtels qui figureront parmi les 101 meilleurs en 2026 seront annoncés le 19 avril.
Vers le classement die-101-besten.ch
Pendant vingt ans, Mirjam Brach a marqué la Recherche suisse pour paraplégiques (RSP) en tant que directrice. Avant de prendre sa retraite fin mars, elle revient sur les débuts, les découvertes – et le rôle de l’ASP.
Evelyn
Schmid et Peter Birrer
Mirjam, tu vas bientôt prendre ta retraite. Qu’est-ce que cela te fait?
C’est étrange, je dois l’avouer. Mais je me réjouis de ce qui m’attend. En même temps, je ne vais pas non plus disparaître de la surface de la terre. Si je peux apporter ma contribution ou répondre à certaines questions, je le ferai avec grand plaisir. Nous verrons bien ce que l’avenir me réserve.
Qu’est-ce qui ne te manquera définitivement pas?
J’en aurai fini une bonne fois pour toutes avec les délais. J’ai travaillé tant et si souvent avec des délais que ça suffit comme ça.
Tu as commencé à la RSP il y a vingt ans. Qu’y as-tu trouvé?
Le 1er octobre 2005, l’Institut Guido A. Zäch a été inauguré. Il était conçu comme un bâtiment multifonctionnel, mais à l’époque, il était loin d’être pleinement exploité. Nous avons commencé à mettre en place la recherche, à développer des thèmes de recherche, à recruter du personnel. La RSP a été fondée en 2000, mais elle n’avait pas encore la taille qu’elle a aujourd’hui. Elle comptait une dizaine de chercheur· euse·s. Guido A. Zäch, qui a créé la Fondation suisse pour paraplégiques (FSP), a toujours eu à cœur d’offrir une prise en charge globale aux personnes concernées, ce qui était visionnaire. En d’autres termes, il pensait aussi à leur vie après leur sortie de rééducation. C’est de ces réflexions de
Guido A. Zäch et de notre conception d’une perspective globale qu’est né l’axe de recherche à 360°, de la cellule à la société.
Qu’est-ce qui t’a amenée à Nottwil? Depuis 1999, je travaillais à la clinique de l’Université Ludwig-Maximilian à Munich avec le professeur Gerold Stucki à la chaire de médecine physique et de rééducation. J’étais responsable de la gestion de la clinique et de la recherche. Nous avons reçu un mandat de Guido A. Zäch pour un projet de recherche visant à développer une batterie de codes CIF spécifique pour les personnes paralysées médullaires. La CIF est l’un des grands systèmes de classification de l’OMS – la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé. Pour comprendre la perspective globale des personnes atteintes de paralysie médullaire, il faut évaluer leur capacité fonctionnelle. Autrement dit, quelles activités peuvent encore être réalisées, qu’en est-il de la participation, quels sont les facteurs environnementaux importants, que fait la société? Avec de nombreux experts internationaux, nous avons identifié les facteurs pertinents pour les personnes concernées. La CIF évalue la capacité fonctionnelle de manière structurée, ce qui nous permet, au sein du GSP, de définir ensemble les mesures qui garantissent des soins cliniques de premier ordre, tout en tenant compte de tous les autres aspects de la vie, comme les presta-
tions proposées par l’ASP en termes de participation ou d’intégration professionnelle et sociale.
Pourquoi la classification CIF était-elle si importante?
Parce qu’elle a créé un cadre pour la recherche et apporté des réponses à des questions importantes: outre les aspects cliniques, que devons-nous également prendre en compte? Pour Guido A. Zäch, il était clair que la recherche devait suivre une approche globale à l’avenir. Gerold Stucki, médecin de rééducation de renommée mondiale, était le choix idéal pour prendre la direction de la Recherche suisse pour paraplégiques. Et on m’a proposé de me charger de la gestion de la recherche.
Entretien avec Gerold Stucki

J’y ai vu une grande opportunité, j’ai accepté et je n’ai jamais regretté d’avoir déménagé en Suisse.
Savais-tu ce qui t’attendait?
J’en avais une idée, mais en réalité, j’avais carte blanche quand j’ai débuté. J’ai donc pu participer à la conception. Gerold Stucki a rédigé, en collaboration avec les dirigeants de l’époque au sein du GSP, une publication spécialisée fondamentale qui décrivait précisément ce qu’il fallait pour mettre en place une recherche destinée aux personnes atteintes de paralysie médullaire dans une perspective globale.
Quel en était le grand défi?
Avec la FSP et d’autres organisations telles que l’ASP ou le GSP, nous disposions d’une excellente base de départ et des choses formidables ont été réalisées. Nous manquions toutefois de données et de chiffres représentatifs et donc fiables. Personne ne savait combien il y avait de paralysé·e·s médullaires en Suisse. La question était donc: comment obtenir ces informations? Réponse: nous avons lancé une étude de cohorte, la Swiss Spinal Cord Injury Cohort Study (SwiSCI). Cette étude à long terme sur les personnes atteintes de lésions médullaires a été une étape importante. Nous avons directement interrogé les personnes concernées et avons passé au crible tous les dossiers médicaux des centres spécialisés dans la paraplégie en Suisse depuis 1967.
Combien y avait-il de paralysé·e·s médullaires à l’époque et combien y en a-t-il aujourd’hui? Il y a vingt ans, il n’existait aucun registre, et c’est toujours le cas aujourd’hui. Mais nous nous en approchons. Nous avons des contacts sûrs avec 4500 à 5000 personnes. Le nombre exact est plus élevé, sûrement entre 6000 et 8000. Mais avec SwiSCI, nous sommes bien positionnés et représentatifs.
Pourquoi est-il si important d’obtenir des données exactes?
Plus elles sont précises, mieux nous pouvons cerner les problèmes des personnes touchées. Nous pouvons déterminer ce qui contribue à l’augmentation de l’espé-

rance de vie. Enfin, cela permet à la FPS et à nous tous d’estimer le nombre de paralysé·e·s médullaires qui s’ajoutent chaque année et les prestations sollicitées. De plus, des données exactes nous permettent d’argumenter de manière plus ciblée et de montrer ce qui est nécessaire, sur le plan politique ou juridique, pour faire progresser l’inclusion. Le fait est qu’aujourd’hui, nous sommes très bons en rééducation clinique.
Mais?
Nous devons aussi examiner de nombreuses autres questions qui jouent un rôle dans le contexte social au sens d’une inclusion efficace. La fondation et les sociétés du groupe en sont responsables. Finalement, nous avons tous un objectif: garantir que les paralysé·e·s médullaires puissent vivre de la manière la plus autodéterminée possible et dans les meilleures conditions de santé. Et SwiSCI est le principal système de surveillance central. Il nous fournit des informations sur ce qui fonctionne bien, sur les lacunes en matière de soins ou sur les problèmes majeurs.
Quelles sont les principales découvertes des vingt dernières années?
Nous comprenons mieux les complications graves d’une paraplégie et savons mieux lutter contre les comorbidités. Et nous pouvons fournir aux personnes concernées des outils ciblés qui leur montrent à quoi faire attention dans leur vie quotidienne. La santé des épaules en est un exemple. Nous trai-
tons constamment des questions telles que: quelles informations pouvons-nous fournir aux médecins ou aux personnes concernées afin de réduire, voire, dans l’idéal, d’éviter les douleurs aux épaules? Comment montrer l’importance de rester actif sur le plan sportif et de s’alimenter correctement? Nous réalisons de plus en plus d’études que nous évaluons individuellement. Nous devons mettre en place un «système d’apprentissage pour la paralysie médullaire» qui s’appuie en permanence sur les derniers faits disponibles.
Comment parvenir à mettre en pratique les découvertes de la recherche?
C’est l’un des plus grands défis. La recherche peut fournir des données pour la rééducation et les soins. Nous avons par exemple démontré que les pneumonies surviennent très tôt dans la rééducation primaire, souvent dès l’unité de soins intensifs. Sur la base de cette découverte, il est important de commencer aussi très tôt l’entraînement des muscles respiratoires. Des ajustements sont en cours. Un autre exemple est l’outil de Job Matching que nous avons développé. Il fournit des informations qui permettent d’améliorer durablement l’intégration professionnelle. Le développement de la «Stratégie nationale pour les paralysé·e·s médullaires» est essentiel. En collaboration avec toutes les parties prenantes imaginables en Suisse, nous avons élaboré des objectifs et des mesures pour les principaux domaines d’action. Les paralysé·e·s médullaires ont été
directement impliqué·e·s dans l’élaboration de la stratégie. Cette dernière utilise les résultats de la recherche pour mettre en pratique les objectifs et les mesures.
Quelle est l’importance de l’ASP dans ce contexte?
L’ASP est l’institution la plus proche des personnes concernées lorsqu’elles ne sont pas prises en charge en clinique, plus proche qu’aucune autre organisation du Groupe suisse pour paraplégiques. Avec sa large gamme de services, elle joue indubitablement un rôle clé et est un multiplicateur idéal. Il est tout aussi important pour l’ASP de disposer de données afin de savoir ce qui fonctionne bien et ce qui devrait être amélioré. L’intégration sur le marché du travail en est un bon exemple. Avec environ 64%, la Suisse est le leader mondial absolu dans ce domaine. L’ASP y contribue aussi considérablement grâce à ses services de conseil fournis par des avocat·e·s, des pairs ou le personnel du travail social. Avec ParaWork au CSP, l’ASP est le premier point de contact. Lors des 15 dernières années, nous avons énormément progressé ensemble dans ce domaine.
Comment motiver les gens à participer? En leur montrant les avantages directs pour leur vie quotidienne, par exemple ou en leur expliquant que leur participation est un investissement pour le bien commun et pour l’avenir, et qu’ils et elles contribuent ainsi à améliorer la vie d’autres personnes. D’un autre côté, nous devons veiller à ne pas inonder ce panel de demandes d’études. Il faut trouver le bon équilibre. Ce qui aide aussi, c’est que nous ne nous limitons pas aux publications scientifiques élitistes quand nous communiquons les résultats de la recherche, mais que nous les transmettons aussi en langage simple au grand public, dans Paracontact par exemple.
réellement à la maison, pendant les loisirs ou au travail. Cela nous permet d’améliorer la sensibilisation et la formation.
Les données en temps réel changent-elles la recherche?
Tout à fait. Nous sommes aujourd’hui en mesure de collecter des volumes importants et complets de données, et investissons beaucoup dans leur analyse, parfois très spécifique, avec des scientifiques en données, des clinicien·ne·s et des personnes concernées. Dans ce domaine, nous avons apporté beaucoup de savoir-faire à la RSP.
Où en serons-nous en 2046?
Transmission des découvertes

Une recherche proche de la pratique est donc décisive pour toi?
Absolument. Si elle n’est pas proche de la pratique, la recherche n’a guère de sens. Si j’avais l’impression qu’elle ne trouve pas d’écho auprès des plus concerné·e·s, nous ferions fausse route. Mais le plus important est de trouver suffisamment de participant·e·s pour nos études.
La RSP compte actuellement 110 chercheur·euse·s ... ce qui est énorme et requiert une bonne organisation. L’épine dorsale comprend des professionnel·le·s expérimenté·e·s, trié·e·s sur le volet. Nous engageons par ailleurs de nombreux doctorant·e·s et jeunes chercheur·euse·s. Nous investissons beaucoup dans la relève. Mais là encore, je tiens à souligner que la mise en œuvre des découvertes de la recherche est très exigeante. Nous ne pouvons pas traiter trop de questions à la fois et devons établir des priorités ciblées. Cela nécessite de l’expérience, mais aussi de nouvelles compétences, par exemple pour la collecte de données en temps réel.
Quel rôle jouent donc ces données «en temps réel»?
Un rôle très important. Aujourd’hui, nous pouvons travailler davantage avec des «données en temps réel» et pas seulement avec des données issues de tests, par exemple dans le laboratoire de mouvement. La saisie de la situation quotidienne est essentielle et fonctionne aujourd’hui mieux et plus facilement grâce à la technologie disponible. Les capteurs installés sur les fauteuils roulants par exemple, reflètent très bien la réalité de leur utilisation. Si nous installons un tapis de mesure sous le coussin du siège, nous pouvons voir si la personne applique les recommandations pour la prévention des escarres ou s’il existe encore un potentiel d’amélioration. Nous savons ce qui se passe
La barre est déjà haute en Suisse. Je suis certaine que nous maintiendrons ce que nous avons créé et réalisé en faveur de l’inclusion et de l’intégration sociale. Au sein du GSP, nous sommes en train de combler les lacunes en matière de soins. Je pense néanmoins que nous pouvons nous inspirer d’autres pays qui sont aussi très bien placés en termes de soins de santé. Je pense notamment aux Pays-Bas ou à la Norvège. Nous entretenons des échanges très étroits avec des clinicien·ne·s et des scientifiques du monde entier, nous faisons des comparaisons et nous apprenons les uns des autres. Et il y a un sujet qui va probablement continuer à nous occuper intensément.
Vieillir avec une paralysie médullaire. Nos études montrent que de nouveaux enjeux émergent en termes de soins lorsque les gens perdent leur autonomie. Quelle est alors la situation? Où y a-t-il des concepts, bons et solides, pour un logement ou des soins adaptés aux personnes âgées? Où sont les EMS capables de prendre en charge ces besoins spécifiques? Et enfin, une question se pose: qui paie tout cela? Les défis ne vont pas manquer.
Tu vas bientôt endosser le rôle d’observatrice. Pourras-tu lâcher prise? J’y parviendrai. Mais je suis heureuse d’apporter ma contribution. Je resterai toujours très attachée à Nottwil et à l’ensemble du Groupe suisse pour paraplégiques.
Petit, fier et désireux d’entretenir des relations constructives avec son voisin fribourgeois, le CFR Gruyère relève avec ténacité les défis qui se présentent à lui.
Peter Birrer
Lorsque Konstantin Schmaeh parle de son rôle, on devine à quel point il aime l’exercer. Responsable des sports au CFR Gruyère, il y consacre bénévolement de nombreuses heures, mais considère qu’il reçoit néanmoins une rémunération – la gratitude. «Quand les gens me remercient après un événement réussi et rayonnent de satisfaction, c’est pour moi la plus gratifiante des récompenses», déclare ce tennisman paraplégique âgé de 58 ans.
de plus en plus dans leur coquille, assis devant leur ordinateur, et s’isolent», déclaret-il. «Les échanges entre les membres tout comme le soutien mutuel sont au cœur de la vie associative. C’est ainsi que naissent les amitiés.»

En 2022, il a repris à Gruyère, le poste qu’il avait occupé pendant une décennie au CFR Fribourg. Grâce à cette expérience, un problème ne l’a pas surpris: la Gruyère manque elle aussi de relève. C’est un défi qu’il empoigne avec patience et persévérance. «Nous menons un travail de persuasion constant, nous nous efforçons de proposer un programme aussi attrayant que possible et essayons de montrer qu’il est intéressant d’adhérer au club en fauteuil roulant», explique-t-il.
Le 9 mai sera l’occasion idéale pour faire de la promotion. Le CFR Gruyère participera en effet à la manifestation régionale Bull’Bouge, une journée portes ouvertes pour les associations.
Le curling, notre dada sportif Lorsqu’il s’entretient avec des membres potentiels, Konstantin Schmaeh insiste toujours sur un point: l’importance des interactions sociales. «Nous voulons éviter que les jeunes en fauteuil roulant ne rentrent
L’offre sportive se limite principalement au tennis et au curling. C’est surtout dans cette discipline que le CFR est bien positionné. Cela ne va pas de soi, car il n’y a pas de patinoire dans la région et l’équipe doit se rendre à Berne pour s’entraîner. Paradoxalement, la qualité ne souffre pas. Il est vrai que quatre membres du CFR Gruyère, Stéphanie Combremont, Pierre-Alain Tercier, Konstantin Schmaeh et Hans Burgener, jouent dans l’équipe nationale.
Exploiter les synergies avec Fribourg Loin d’être complexé par sa modeste taille, le CFR Gruyère est fier d’exister. Originaire de la rive allemande du lac de Constance, Konstantin Schmaeh a vite remarqué une particularité locale. «Nous aimons plaisanter en disant que nous sommes d’abord Gruyériens et ensuite Fribourgeois.» En réalité, les responsables entretiennent des relations collégiales avec le grand voisin cantonal, le CFR Fribourg. Les synergies doivent être exploitées là où cela s’avère judicieux, par exemple sur le plan sportif.
Philippe Martinet ne nie pas que, par le passé, il y ait eu des tensions entre les deux clubs. Mais le septuagénaire, qui a pris la présidence il y a quatre ans, souligne l’amélioration constante de la collaboration: «C’est dans l’intérêt des deux comités.»
Ce rapprochement aboutira-t-il un jour à une fusion? «Nous n’évoquons pas vraiment cette question, mais n’excluons rien catégoriquement pour l’avenir», répond Philippe Martinet. Konstantin Schmaeh partage cet avis. Toujours rester ouvert à la nouveauté – telle est sa devise. «Nous ne nous replions pas sur nous-mêmes. Si nous sommes convaincus que nos membres peuvent tirer profit de nouvelles voies, nous les empruntons.»
LE CLUB EN BREF
– 81 membres actifs et 117 membres passifs
– Fondé en 1984
– Tennis et curling cfrg.ch


À VOS CÔTÉS
«C’est monstre bien!»
Claudia Kobel est une avocate qui défend les personnes paralysées médullaires. Elle privilégie toujours une solution à l’amiable, mais sait aussi se montrer offensive.
Peter Birrer
Dans le fond, c’est quelqu’un qui aime l’harmonie dans la vie. Mais, si la situation l’exige, qui n’hésite pas à montrer les dents. Avocate à l’Institut de conseils juridiques (ICJ), Claudia Kobel se bat pour les droits des membres de l’ASP. Si la tentative d’accord à l’amiable échoue, la Seelandaise use de tous les moyens et peut aller jusqu’au Tribunal fédéral s’il le faut.
Le droit des assurances sociales et de la responsabilité civile fait partie de ses compétences clés. Cette trentenaire s’engage en faveur des personnes en situation d’urgence qui ont du mal à assurer leur subsistance et ne savent comment procéder. Claudia le dit elle-même: «Le droit des assurances n’est pas spécialement intelligible pour les profanes.»
«Sans vous, je n’y serais jamais arrivé» Prise en charge des coûts des moyens auxiliaires et des thérapies, lutte pour l’octroi
de rentes ou d’indemnités journalières plus élevées, ainsi que d’indemnités pour atteinte à l’intégrité et pour impotence: après analyse approfondie, elle ne lâche rien avant d’obtenir le maximum pour sa clientèle, qui lui exprime souvent sa reconnaissance: «Mme Kobel, sans vous, je n’y serais jamais arrivé.»
Elle a très tôt découvert les défis auxquels étaient confrontées les personnes atteintes de paralysie médullaire et leurs proches. Son grand-père tétraplégique vivait sous le même toit à Epsach, un village du Seeland bernois. À l’époque, rien ne laissait présager qu’elle deviendrait un jour avocate et qu’elle s’engagerait pour des personnes comme lui.
Au gymnase de Bienne, elle se spécialise en musique. Elle profite d’une journée portes ouvertes à l’Université de Berne pour choisir la filière d’études qui lui plaît. En fin de
journée, elle assiste à la séance d’information sur les sciences juridiques. Jusqu’alors, elle n’avait jamais envisagé le droit, mais les explications du doyen la fascinent. Se plonger dans des cas complexes et de nouveaux domaines juridiques, faire preuve de tact et utiliser les subtilités du langage comme un outil efficace: oui, c’est ça.
Elle organise le Forum juridique Claudia Kobel devient juriste, obtient son brevet d’avocate en 2021 et, le soir même où elle réussit son examen, tombe sur une offre d’emploi de l’Association suisse des paraplégiques, qu’elle connaît très bien. Elle postule avec succès et, depuis, s’occupe beaucoup de questions médicales: «La médecine et son lien avec le droit m’ont toujours intéressée.» Et d’ajouter: «C’est génial de faire partie d’un centre de compétences et de quelque chose de plus grand.» Elle est désormais l’adjointe du chef de l’ICJ, Michael Bütikofer, traite près d’une centaine de dossiers et organise le Forum juridique à Nottwil. Le 28 mai 2026, l’événement aura lieu pour la troisième fois et sera consacré au financement des soins.
Elle se ressource auprès de sa famille et de ses ami·e·s, en faisant du sport ou en allant à des concerts (elle aime autant l’opéra que les festivals de heavy metal). Et pour être sûre de ne jamais s’ennuyer, elle apprend l’italien. Sa vie riche et variée, autant sur le plan professionnel que privé, est un mix passionnant. Et comme on dit en suisse romand: «C’est monstre bien!»


QUELLE QUE SOIT VOTRE DESTINATION, LE Q50 R CARBON EST VOTRE COMPAGNON DE VOYAGE IDÉAL
Comme il ne pèse que 14,5 kg (sans batterie) et est fabriqué en carbone de haute qualité, il se plie en deux secondes et peut se ranger dans des espaces réduits –sans avoir besoin d’enlever la batterie.
En outre, il vous amène de A à B grâce aux performances avérées de QUICKIE (ou même de A à Z avec une autonomie de 24 km – grâce à la batterie supplémentaire).




www.SunriseMedical.ch


