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5€

MAGAZINE OFFICIEL

12 &

OCT. 2016

HIPPODROME DE CHANTILLY

prixarcdetriomphe.com E


cartier.com


Collection Haute Joaillerie Cartier Magicien


Sommaire P5

Message du Président de France Galop, Edouard de Rothschild

P7

Hamad Bin Abdulrahman Al Attiya, Vice-président du Qatar

Week-end du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe

Racing and Equestrian Club

Jeudi 29 septembre :

P8

Un final de classe mondiale pour clore l’ère de l’ancien Longchamp.

P12

Connaissez-vous les EpiqE Series ?

P19

INTERVIEW EXCLUSIVE : S.A. l’Aga Khan

P30

Freddy Head n’a pas oublié ses quatre victoires dans l’”Arc.”

Hippodrome de Saint-Cloud, Qatar French Arabian Breeder’s Challenge (Gr.1 PA)

P37

SOUS LE CHARME DE CHANTILLY : Alain de Royer Dupré

Samedi 1er octobre :

P46

Les voitures de rêve des jockeys

P52

En tentant la passe de trois, Harzand peut réaliser le rêve de Pat Smullen.

Hippodrome de Chantilly, 4 courses de Gr.2, 2 courses de Gr.1

P56

Jean-Claude Rouget : La Cressonnière, la cerise sur le gâteau 2016

P60

Pierre-Charles Boudot

P64

Roger Varian, Andrea Atzeni et Postponed

Dimanche 2 octobre :

P68

Found peut enfin trouver la célébrité et la gloire dans l’”Arc.”

P72

Makahiki et Christophe Lemaire visent une première pour le Japon.

P76

Des Prix de l’Arc de Triomphe mémorables

Hippodrome de Chantilly, 7 courses de Gr.1 16h 05 : Qatar Prix de l’Arc de Triomphe 16h 50 : Qatar Arabian World Cup

P80

Les pur sang arabes à l’honneur dans la Qatar Arabian World Cup.

Published by: Worldwide Sporting Publications Ltd. Editor-in-Chief/Publisher: Mike Gallemore mike@wspglobal.com Design Director: alex@wspglobal.com Tel: UK +44 1663 719926.

Hippodrome de Saint-Cloud Vente ARQANA de pur sang arabes

Vendredi 30 septembre :

Samedi 1er octobre : Hippodrome de Chantilly Vente de l’Arc ARQANA, pur sang anglais

Photography: APRH French Editor : Mayeul CAIRE www.jourdegalop.com Tel: + 33 6 6 999 72 38 Printer: Wincanton Print Company Ltd. Wincanton, Somerset, BA9 9RR

Advertising & Marketing : JD CREA. Juliette KORN. Tel: +33 6 30 08 29 29 magazinearcdetriomphe@gmail.com WSP specifies that post-press changes may occur to any information given in this publication and takes no responsibility for goods or services advertised.

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

2015 ARC REVIEW

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es dieux de la météo avaient été assez cléments, assurant une piste bonne à souple pour ce qui était devenu le dernier week-end de l’”Arc” à Longchamp avant les importants – et très attendus – travaux de reconstruction de l’hippodrome. Bien qu’étant riche de plusieurs Groupes 2 de grande qualité, la journée de samedi était inévitablement le hors-d’œuvre avant la fête de dimanche. Mais cela ne nous a pas empêchés d’assister à de grands moments de sport, dont les points culminants furent les performances de Vazirabad et de Candarliya dans leurs courses respectives, assurant un doublé de Groupes 2 à leur propriétaire Son Altesse l’Aga Khan, à leur entraîneur Alain de Royer Dupré et à leur jockey Christophe Soumillon. Depuis, Vazirabad a d’ailleurs fait mieux que confirmer, en ajoutant à son palmarès deux autres victoires au niveau Groupe 2 et surtout un succès au niveau Groupe 1, le plus élevé du monde. Le jour du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, comprenant notamment la 94e édition de la plus grande course du monde, mettait en vedette les meilleurs chevaux de la planète, tous réunis lors d’une seule et même journée, avec pas moins de sept courses de Groupe 1 au programme. Comme toujours, le Royaume-Uni et l’Irlande avaient envoyé quelques-uns de leurs meilleurs représentants et l’atmosphère était très spéciale à Longchamp, avec la merveilleuse Trêve tentant de devenir le premier cheval à gagner trois fois l’Arc, après ses deux premiers succès en 2013 et en 2014. Le premier Groupe 1 pour 2ans, le Total Prix Marcel Boussac, revint à l’Irlande et à l’entraîneur Aidan O’Brien grâce à une pouliche nommée Ballydoyle. Un nom bien choisi, puisqu’il s’agit du centre d’entraînement où travaille O’Brien ! Sa principale adversaire était Minding, elle aussi entraînée par le maître irlandais. Au printemps suivant, cette même Minding allait empêcher Ballydoyle de rencontrer à nouveau la gloire dans un Groupe 1… L’autre Groupe 1 pour 2ans, le Qatar Prix Jean-Luc Lagardère, fut remporté par Ultra, un gagnant éclos à point nommé pour l’écurie Godolphin, entraîné par André Fabre et monté par Mickaël Barzalona. Galileo Gold, qui allait devenir l’un des meilleurs milers de l’année 2016, devait se contenter de la troisième place. Les pouliches anglaises ont ensuite volé la vedette à leurs adversaires dans le Prix de l’Opéra Longines, où

nous assistâmes à une fin de course hyper excitante, la protégée d’Hugo Palmer Covert Love battant d’une tête Jazzi Top. Covert Love avait déjà gagné le Prix de Diane irlandais au printemps. Le Qatar Prix de l’Abbaye de Longchamp est lui aussi revenu, comme souvent, à un raider anglais, par l’entremise de Goldream, qui confirmait là sa victoire du mois de juin à Royal Ascot, déjà dans un Groupe 1. Dans la course réservée aux stayers, le Qatar Prix du Cadran, Mille et Mille causa une belle surprise. Le cours des choses reprit lorsqu’André Fabre signa un doublé de Groupe 1 en remportant le Qatar Prix de la Forêt avec son protégé Make Believe, monté par Olivier Peslier. A cette occasion, le cheval battit le record de la course, ce qui était la preuve que le gazon était parfait à quelques minutes du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. Nous y voilà ! Nous y voilà, à cette édition 2015 du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe qui, aussi loin que je m’en souvienne, n’avait jamais suscité autant d’attentes pour les raisons que j’ai déjà exposées. Mais à présent que la course est courue, le souvenir dominant n’est plus la tentative de triplé de Trêve mais la brillante victoire du champion anglais Golden Horn, à qui son entraîneur John Gosden fit gagner la même année l’”Arc,” le Derby d’Epsom, les Eclipse Stakes et les Irish Champion Stakes. La cote de popularité de Trêve étant ce qu’elle était, Golden Horn n’était logiquement pas le favori de la course. Son mauvais numéro à la corde – le 14 sur 17 – n’y était sans doute pas étranger non plus, car s’élancer tout à l’extérieur est un handicap. Mais son jockey Frankie Dettori a monté un modèle de course. Il a détendu Golden Horn dans la première partie de la course, le tenant loin de toute escarmouche, galopant seul – isolé à gauche du peloton. Cela pouvait sembler une tactique étrange… mais Dettori choisit son rythme et sa place à la perfection, se rabattant finalement tout près de la tête de course. Dans la ligne droite, Golden Horn se montra très volontaire et n’eut aucun mal à repousser les attaques, s’imposant très facilement avec deux longueurs d’avance. Il devançait le toujours jeune Flintshire, admirablement régulier au plus haut niveau ; le meilleur français de 3 ans, New Bay ; et la puissante Trêve, qui n’a pas eu le meilleur des parcours dans une course sans pitié, une course où chaque détail a compté, une course considérée comme l’une des éditions les plus relevées de toute l’histoire de l’Arc. Nous avions vécu la finale parfaite pour clore l’ère de «l’ancien» Longchamp. n

UN FINAL DE CLASSE MONDIALE POUR CLORE L’ÈRE DE «L’ANCIEN» LONGCHAMP

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PAR Rowland Seeds


Ballydoyle : Total Prix Marcel Boussac

Make Believe : Qatar Prix de la Foret

Covert Love : Prix de l’Opera Longines

Mille et Mille : Qatar Prix du Cadran Golden Horn : Qatar Prix de l’Arc de Triomphe

Ultra : Qatar Prix Jean-Luc Lagardère

Goldream : Qatar Prix de l”Abbaye de Longchamp

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ASSY Amer x Margouia

Winner of 9 races and placed twice from his 11 career starts. Multiple Group 1 winner, H.H. The Emir’s Sword (Gr.1 PA) in 2014 and H.H. The Emir’s Trophy (Gr.1 PA) in 2013. He is by the outstanding AMER, sire of 90 Group winners.

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

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he weather gods were kind enough to ensure good to soft/good ground for this final ‘Arc weekend’ before Longchamp began its much anticipated redevelopment. Saturday’s card, whilst still quality with plenty of Group 2 action, was inevitably the hors d’oeuvre before Sunday’s  feast and the main highlight was the performances of  Vazirabad and Candarliya winning their respective contests, ensuring a Gr 2  double on the day for the owner,  HH the Aga Khan, trainer Alain de RoyerDupre and jockey Christophe Soumillon. Certainly Vazirabad has advertised his talents since by adding a further two  Gr 2 victories and an all-important Group 1 win to his name . Qatar Prix de l’Arc de Triomphe day itself, featuring the 94th running of the Great Race, had the best equine talent that could possibly be brought together for a single day’s racing with  no less than seven Group 1 events. In particular, there was a very strong UK and Irish challenge, and, of course, the atmosphere at Longchamp was made extra special for racegoers with the wonderful  Treve  attempting  to make Arc history. Could she really win the race for the third time in a row? Sunday’s first 2 year old Group 1 trophy, the Total Prix Marcel Boussac went back to Ireland and  Aidan O’Brien’s  stables with a horse named, appropriately, Ballydoyle. Only having to face her brilliant stable companion, Minding, in subsequent races would prevent her from collecting more Gr 1 glory in the spring of 2016. The other 2 year old contest, the Qatar Prix Jean -Luc Lagardère, was won by Ultra, a welcome winner for Godolphin, trained by Andre Fabre and ridden by Mickael Barzalona. The future top-class miler, Galileo Gold,  could only manage third spot.

Frankie Dettori lève sa cravache pour saluer sa magnifique victoire du Qatar Prix de l’Arc de Triomphe 2015, avec Golden Horn. Frankie Dettori raises his whip to salute an emphatic victory in the 2015 Qatar Prix de l’Arc de Triomphe with Golden Horn.

The fillies from England stole the show in the Prix de l’Opera Longines and we witnessed a thrilling finish with the Hugo Palmer-trained Covert Love adding to her Irish Oaks success by holding off Jazzi Top by a head. The Qatar Prix de l’Abbaye de Longchamp also went to an English raider, care of Goldream, who backed up his Royal Ascot victory with another Gr1 sprint. In the stayers race, the Qatar Prix du Cadran , Mille Et Mille sprung something of a surprise but normal service was resumed when  Andre Fabre completed a top class double on the day, Olivier Peslier steering  home Make Believe in the Qatar Prix de la Foret, breaking the course record in the process. Further evidence that the going for the great race would be close to perfect . And so we came to the 94th running of the Qatar Prix de l’arc de Triomphe. The most eagerly anticipated running of the race I can ever recall. A race now remembered for the brilliance of the winner, the John Gosden-trained Golden Horn, winner of the Epsom Derby, the Eclipse Stakes and the Irish Champion Stakes. Yet such was the affection and respect for dual Arc winner Treve he didn’t even start favourite. Certainly being drawn wide, 14 of 17 runners, was  seen as a big negative. But Frankie Dettori rode a masterclass of a race. He eased Golden Horn away from any early skirmishes by keeping wide on the course in what first seemed a strange tactic at the time, yet he judged the pace and his position to perfection. He had a willing partner who had no trouble in repelling the challengers down the straight and won by an easylooking two lengths. His pursuers were the admirably consistent and evergreen Flintshire, the best French 3 year old colt New Bay and the mighty mare Treve, who was not quite good enough on the day in a race where even by ‘Arc ‘ standards the form looked world class. It was a fitting finale to end the era of  the ‘old’ Longchamp. n

WORLD CLASS FINALE TO THE ‘OLD’ LONGCHAMP ERA By Rowland Seeds

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

Connaissez-vous les EpiqE Series ?

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piqE, la nouvelle marque commune de la filière hippique, a été créée en 2016 par l’ensemble des acteurs de la filière (France Galop, LeTROT, la Fédération Nationale des Courses Hippiques, le PMU et Equidia) avec pour ambition de remettre les courses dans le cœur des Français et de renouveler en profondeur l’expérience des courses de chevaux tant du point de vue du parieur que du spectateur, initié ou néophyte. Les courses de chevaux ont donc désormais un nom et une identité, « EpiqE ». Dans le prolongement de la création de cette nouvelle identité, une nouvelle offre de spectacle plus lisible pour le grand public est mise en place avec le lancement du circuit des « EpiqE Series ». Les EpiqE Series, dont le rayonnement sera international, rassemblera les 14 plus grandes courses françaises de trot et de galop mondialement reconnues pour leur prestige. Ce seront d’abord les meilleurs galopeurs du monde qui se retrouveront au fil de 7 épreuves prestigieuses et tenteront de remporter, au bout de ces épreuves, le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, finale mondiale de leur discipline, le 2 octobre à Chantilly. Le coup d’envoi de ce nouveau spectacle a eu lieu le 5 juin 2016, sur l’hippodrome de Chantilly, pour le Prix du Jockey Club. À l’automne, les meilleurs trotteurs de la planète prendront le relais, à nouveau sur un circuit composé de 7 épreuves qui les mèneront au Graal de leur discipline, le Prix d’Amérique Opodo. La filière cheval est un secteur économique majeur en France financé essentiellement par les courses de chevaux, spectacle populaire unique réunissant chaque année plus de 2 millions de spectateurs et de passionnés sur les hippodromes. En 2015, 6,5 millions de Français ont parié près de 10 milliards d’euros sur environ 18.000 courses au galop et au trot organisées sur les 236 hippodromes du territoire, qui représentent près de la moitié du total des hippodromes en Europe (500). C’est une filière d’excellence qui a aujourd’hui décidé de se moderniser pour se renforcer et assurer un renouvellement de son offre et de son audience. Les désirs du grand public en matière de divertissement n’ont cessé d’évoluer ces dernières années, et la filière hippique a entrepris un profond travail de réflexion autour d’ambitions fortes pour donner au spectacle des courses de chevaux une plus forte visibilité et une attractivité renouvelée. Ainsi, pour élargir le public s’intéressant aux courses de chevaux et développer leur engagement, le réseau d’hippodromes sera modernisé pour offrir une expérience globale enrichie du pari et des courses en rapprochant les spectateurs des chevaux et des acteurs des courses. La réalisation TV des grands rendez-vous s’inspirera désormais des codes des événements sportifs internationaux les plus importants et proposera des formats innovants pour faire des courses un véritable spectacle sportif. L’offre de spectacle sera plus lisible et mieux rythmée. Enfin, l’expérience offerte aux spectateurs et téléspectateurs profitera pleinement d’innovations digitales mêlant contenus enrichis, second écran et interactivité. Le Groupe TF1 est le nouveau diffuseur des courses de chevaux, principalement au travers de LCI sur le canal 26 de la TNT. Quarante-cinq minutes d’émission en direct sont ainsi consacrées à la retransmission de chaque épreuve. TF1 retransmettra en direct le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe et le Prix d’Amérique Opodo. En parallèle, une série hebdomadaire de 52 épisodes d’une minute est diffusée le dimanche soir, à 19 h 50, sur TF1 depuis le 22 mai, et chacun peut retrouver l’ensemble des épisodes de la série sur le site MyTF1.fr, sur le site Epiqe.fr et sur les réseaux sociaux. À nouveaux moyens, nouvelles ambitions. Grâce à la mise en place de cette nouvelle stratégie volontariste de modernisation des courses de chevaux, la filière ambitionne d’ici 2020 de multiplier par deux les audiences TV et digitales des courses de chevaux, d’augmenter la fréquentation des hippodromes de 30 % et d’enregistrer une hausse des paris de 20 % sur la même période. n

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THE ROYAL CAVALRY OF OMAN

© Scoopdyga

Is pleased to share with you the success of :

SYLVINE AL MAURY (Munjiz x Savavit Al Maury)

Winner of the Doha Cup Prix Manganate (Gr1 PA) August 13, Deauville racecourse SYLVINE AL MAURY (bought privately by the French Bloodstock Agency for the Royal Cavalry of Oman)

Jean-Pierre DEROUBAIX : +33 (0)6 07 52 38 84 - bloodstock@orange.fr Anne-Sophie YOH : +33 (0)6 85 16 14 99 - as.yoh@fba.fr


WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

Do you know the EpiqE Series?

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piqE, the new promotional group for racing, was established in 2016 by a group of the main establishments involved in the sector (France Galop, LeTROT, the Fédération Nationale des Courses Hippiques, the PMU and Equidia) with the aim to increase public awareness in France, and enhance the experience of racing from the point of view of punters, spectators, and newcomers to racing. Horseracing now has one name, and one identity, ‘EpiqE’. Whilst this new creation is being formed, a more visible promotion for the general public has been set up with the launch of the ‘EpiqE Series’. The EpiqE Series, whose influence will be international, brings together 14 of the biggest trotting and flat races in France, already prestigious events on the world stage. Firstly, the greatest flat horses in the world will meet in seven races, concluding with the Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, the world’s grand finale of series, on October 2 at Chantilly. The series took off on June 5, 2016, at Chantilly racecourse, for the Prix du Jockey Club. In the

autumn, the elite horses from trotting pick up the relay, once again over a series of seven races, which lead to the Holy Grail of trotting, the Prix d’Amérique Opodo. The horseracing industry is a major economic sector in France, mainly self-funding, and is a popular sport, attracting more than two million spectators and enthusiasts to racecourses annually In 2015, 6.5 million people in France bet nearly 10 billion euros on approximately 18,000 flat and trotting races over 236 racecourses in France, which represents nearly half of all racecourses in Europe (500). It’s an industry of excellence, which today has decided to modernise to uphold and reaffirm its role and its audience. The general public’s attraction to entertainment has not stopped evolving in recent years, which is why the racing industry has set up an intense and ambitious focus group to raise the profile of horseracing and make the sport more inclusive. To increase interest in horseracing and engage the general public in the sport, racecourses will be modernised to provide an enhanced overall experience for betting, and bringing spectators closer to the horses and racing professionals.

TV coverage of major sporting occasions is now following the methods of the biggest international events with innovative improvements to make racing a truly sporting phenomenon. Racing programmes will be clearer and easier to follow. Finally, the spectators and television viewers will benefit from digital innovations to enhance their enjoyment, with rich content, second screens and interactive features. The TF1 Group is the new broadcaster of horseracing, mainly through LCI on channel 26 of TNT. A 45 minute live programme is devoted to the replay of each race. TF1 will broadcast live the Qatar Prix de l’Arc de Triomphe and the Prix d’Amérique Opodo. Also, a weekly series of 52 programmes of a minute will be broadcast on Sunday evenings at 19:50, on TF1, from May 22 and each episode can be found on MyTF1.fr, Epiqe.fr and on social networks. With new techniques and new ambitions this strategy is aimed at modernising the racing industry, doubling the television and digital audience of horseracing by 2020, increasing attendance at racecourses by 30% and betting turnover by 20% over the same period. n

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

Par Mike Gallemore

S.A. l’Aga Khan Interview exclusive

PREMIER ARC 1982 : Le jockey Yves Saint-Martin dans le cercle des vainqueurs à Longchamp, avec S.A. l’Aga Khan et l’entraîneur François Mathet, après la victoire d’Akiyda dans le Prix de l’Arc de Triomphe. FIRST ARC 1982: Jockey Yves Saint-Martin in the Longchamp winners’ enclosure with H.H. the Aga Khan and trainer François Mathet after Akiyda had won the Prix de l’Arc de Triomphe.

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

S.A. l’Aga Khan Q : Vous avez remporté l’”Arc” quatre fois. Harzand vous offrirait-il le cadeau d’anniversaire idéal pour vos 80 ans, en apportant un cinquième Arc à votre casaque ? R : Oui, comme tout propriétaire passé, présent ou futur, nous sommes toujours intéressés par les records. Etant donné mon intérêt pour l’avenir de Chantilly comme hippodrome mais aussi comme centre culturel, cela me ferait particulièrement plaisir de gagner l’”Arc” à Chantilly. J’espère que la tenue de la course à Chantilly sera un grand succès et qu’elle montrera aux visiteurs que la ville est l’un des plus endroits à visiter en France. Q : A Epsom et au Curragh, Harzand a montré qu’il possédait toutes les caractéristiques d’un grand champion en se montrant très déterminé à la lutte. Dermot Weld vous avait-il laissé entendre, plus tôt dans l’année, que Harzand pourrait être un cheval à part ? R : Dermot Weld a toujours tenu ce poulain en haute estime et quand Harzand a remporté sa première course cette année de 16 longueurs, le style de ce succès indiquait que le cheval sortait de l’ordinaire. Il a enchaîné avec une victoire de Groupe 3 dans les Ballysax Stakes, montrant qu’il avait effectué des progrès significatifs depuis sa première course de la saison. Il n’a pas cessé de progresser tout au long de l’année. Q : Le fait que Harzand soit un fils du gagnant d’”Arc” Sea The Stars, qui fait la monte dans votre haras irlandais de Gilltown Stud, doit vous procurer un immense plaisir ? R : Oui, cela m’apporte un grand plaisir dans la mesure où les succès de Harzand cette année ont légitimé le soutien que nous avons apporté à Sea The Stars dans mon haras de Gilltown. Q : Cette année, nous avons pu voir la troisième génération des produits de Sea the Stars en piste – avezvous été surpris que cette génération soit aussi bonne ? R : Cela a confirmé les espoirs que nous avons placés en Sea The Stars. C’était un cheval de course exceptionnel et il a été supporté dès son entrée au haras par une jumenterie extraordinaire. Il est également très bien né et a un physique superbe. En fait, ce qui aurait été le plus surprenant, cela aurait été qu’il ne rencontre pas de succès comme étalon. Q : Harzand est votre cinquième élève à réussir le doublé Derby d’Epsom-Derby d’Irlande. Quand vous l’avez vu franchir la ligne en tête, au Curragh, votre première pensée fut-elle qu’il pourrait imiter Sinndar et vous apporter un nouveau succès dans l’”Arc” ? R : J’évite de comparer les chevaux entre eux parce que je trouve ces comparaisons le plus souvent sans intérêt et vides de sens. Mais évidemment, quand j’ai vu ce qu’il était capable de faire dans les Derby d’Epsom et d’Irlande, j’ai pensé que le prochain grand objectif de Harzand pouvait être l’Arc. Q : Quand Akiyda vous a offert votre premier Arc en 1982, comment vous sentiez-vous de remporter cette grande course assez jeune ? R : J’étais très heureux de gagner l’”Arc” avec Akiyda. La pouliche possédait une forte aptitude au terrain souple et

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l’”Arc” qu’elle a gagné s’est précisément déroulé dans des conditions où elle pouvait donner le meilleur d’elle-même. Ensuite, Yves Saint-Martin a monté une course modèle, et il s’est imposé d’une tête, en devançant le talentueux stayer Ardross. Q : Nous avons compris que vous ne compariez pas les différentes générations entre elles, mais pouvez-vous nous dire ce qu’avaient de spéciaux les succès ultérieurs de Sinndar, de Dalakhani et l’invaincue Zarkava – et comment avez-vous vécu leurs trois victoires dans l’”Arc” ? R : Je considère l’”Arc” comme l’une des courses les plus prestigieuses du monde. Gagner l’”Arc” est donc une source d’enthousiasme et de confiance par rapport à la façon dont mes chevaux sont élevés, entraînés et montés. L’”Arc” a lieu le premier dimanche d’octobre ; il tend donc à être couru sur une piste assouplie par les pluies automnales. Sinndar, Dalakhani et Zarkava étaient tous des chevaux exceptionnels et ils ont été capables de donner le meilleur d’eux-mêmes sur la surface qui se présentait à eux le jour J : dans le cas de Sinndar, le terrain était bon, alors que pour Dalakhani et Zarkava, il était souple. Tous les trois ont également réussi à maintenir leur forme tout au long de leur carrière qui a été un témoignage de leur classe, étant donné qu’ils ont gagné au niveau Groupe 1 à 2ans, avant de remporter des courses classiques à 3ans. Q : Zarkava a été une gagnante de l’”Arc” remarquable, qui commence à s’affirmer comme une excellente poulinière – considérez-vous cela comme un bonus considérable? R : Ses premières années au haras nous ont causé une certaine inquiétude quant à l’avenir de sa carrière d’élevage, étant donné qu’elle a eu trois poulains avant que Zarak ne devienne son premier partant. Zarkava a été assez malchanceuse comme poulinière, en particulier lorsque l’un de ses fils, Zarkash (par Sea The Stars), est mort à l’entraînement à l’âge de 3ans. Cependant, les performances de Zarak nous ont redonné de la confiance quant à sa Christophe Soumillon conduit Zarkava à une victoire pleine d’autorité pour apporter un quatrième succès à S.A. l’Aga Khan dans l’”Arc” en 2008. Christophe Soumillon drives Zarkava to an emphatic victory to claim H.H. the Aga Khan’s fourth Arc, in 2008.


S.A. l’Aga Khan supervise ses chevaux pendant leur entraînement à Chantilly.

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Photo Copyright: Photographie de Jean Marquis

capacité à produire un cheval de très haut niveau. Pour le moment, elle n’a pas encore été en mesure de reproduire des exceptionnelles qualités qui étaient les siennes, mais souvent ce niveau de qualité peut sauter une ou plusieurs générations. Cependant, nous avons encore de grands espoirs de voir Zarak s’imposer au plus haut niveau. Q : Votre père et votre grand-père ont également connu de grands succès dans les courses – leur passion pour les courses vous a-t-elle encouragé à vous impliquer vousmême ? R : Non, parce que j’ai hérité des responsabilités institutionnelles de mon grand-père quand j’avais 20 ans, alors que mon père était encore en vie. C’est lui qui a dirigé nos activités d’élevage après la disparition de mon grand-père. Je ne m’imaginais donc pas, si tout avait continué normalement, devoir faire face à la décision de poursuivre ou non la tradition familiale dans les courses et l’élevage, parce que je ne m’attendais pas à ce que mon père perde la vie si tôt. Q : A quel point l’achat des effectifs de François Dupré et de Marcel Boussac à la fin des années 1970 a-t-il pesé sur votre opération d’élevage ?

H.H. the Aga Khan surveys his horses on the gallops at Chantilly.

R : Après ces deux achats, ma jumenterie a été multipliée par deux et j’avais aussi ajouté des familles qui avaient excellé dans les grandes courses européennes au cours des 50 années précédentes. Je pense que ces deux achats ont joué un grand rôle dans le succès continu que j’ai connu. Acheter ce nombre de poulinières m’a procuré la plus forte probabilité de succès pour les années qui allaient suivre. La question clé, dans l’élevage et en course, est la prévisibilité et, dans les cas à la fois de l’élevage Dupré et de l’élevage Boussac, j’en savais assez sur eux pour comprendre les causes du déclin de leurs performances. Cette connaissance a été encore renforcée par le fait que François Mathet entraînait pour Mme Dupré. Apporter les changements nécessaires à l’élevage et la gestion des opérations n’était qu’une question de temps et alors, comme je l’espérais, j’inverserais la tendance. Dans le cas de Marcel Boussac à la fin de sa vie, son entreprise industrielle était en récession et il n’avait plus la possibilité de soutenir son écurie. Il a donc envoyé toutes ses juments à ses propres étalons, qui n’étaient pas très bons, donc quand je l’ai acheté l’opération Boussac, j’ai arrêté d’utiliser ces étalons immédiatement.

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

Q : Sea The Stars pourrait être la locomotive dans votre parc d’étalons actuel, mais vous avez aussi connu un succès considérable, à la fois en course et au haras, avec Darshaan et son fils Dalakhani. Sont-ils vos deux chevaux préférés ? R : Darshaan et Dalakhani, grâce à leur pedigree et à leurs qualités de pur-sang, ont apporté de la force et de la diversité aux pedigrees des produits qu’ils ont engendrés. Ils ont donc contribué à l’amélioration de ma propre opération d’élevage. Q : Des experts de l’élevage ont suggéré que si nous étudiait en détail le pedigree de n’importe quel pur-sang, on y trouverait un lien avec une des familles de l’élevage Aga Khan. Cela doit vous rendre très fier ? R : Tout d’abord, cela m’inspire un profond respect vis à vis de mon grand-père et de mon père, qui ont dirigé cette activité au cours de leur vie. Ils ont jeté des bases si solides que j’ai été en mesure de construire sur ces fondations, tout en ajoutant de nouvelles lignées issues des élevages Dupré et Boussac que je considérais comme étant précieuses pour l’avenir de notre élevage. Nasrullah a été très influent comme étalon et il est présent dans les pedigrees de nombreux gagnants. Il a été élevé par mon grand-père. J’ai toujours cherché à avoir une bonne variété de courants de sang dans mon élevage, que ce soit à travers les étalons ou les femelles. Même si nous avons d’excellents étalons au haras, nous n’enverrons jamais plus de 50% à 60% de mes poulinières à nos propres étalons, afin de maintenir la variété. Q : A votre avis, qu’est-ce qui fait l’Arc est LA grande course ? Je pense que l’”Arc” est considéré par beaucoup comme la « compétition ultime », qui réunit chaque année les meilleurs mâles et femelles de 3ans et plus en Europe et au-delà.  Q : Sous un angle d’élevage, considérez-vous aussi l’Arc comme la course la plus importante et la plus influente dans le monde ? R : Non, car l’”Arc” se déroule souvent dans des conditions climatiques peu clémentes, en particulier lorsque le terrain est souple. Il a également lieu à une période de l’année où quelques-uns des meilleurs chevaux sont passés de forme ou bien ont été blessés.

S.A. l’ Aga Khan avec Akiyda sa gagnante du Prix de l’Arc de Triomphe de1982. H.H. the Aga Khan with his 1982 Prix de l’Arc de Triomphe winner Akiyda.

Par conséquent, l’”Arc” se déroule parfois quand quelques-uns des meilleurs poulains ou pouliches de l’année ne courent plus au meilleur de leur capacité, voire ont arrêté de courir. Q : Avant de courir l’”Arc” à Chantilly, les propriétaires, les entraîneurs et les jockeys doivent-ils intégrer des informations particulières – ont-ils besoin, par exemple, de changer leur tactique par rapport à celle qu’ils auraient employée à Longchamp? R : Les 2.400 mètres de Chantilly nécessitent probablement une plus grande tenue, une plus grande résistance à l’effort que celui de Longchamp. D’un autre côté, s’il doit beaucoup pleuvoir le jour de l’”Arc,”je pense que le terrain à Chantilly sera moins pénible que celui de Longchamp dans les mêmes conditions climatiques. Q : Vous avez contribué à sauver l’hippodrome de Chantilly de la fermeture, puis aux travaux de rénovation qui ont suivi. Que signifie, pour vous, le fait que l’”Arc” se tienne ici ? R : Je suis très heureux que Chantilly ait été choisi comme la meilleure alternative à Longchamp pour accueillir l’”Arc” 2016. La plupart des partants de l’”Arc” 2016 aura eu l’occasion de participer à des galops d’entraînement sur l’hippodrome de Chantilly, qui est différent de Longchamp. Ces parcours de reconnaissance leur auront permis de mieux appréhender la piste. J’espère aussi que l’organisation de l’”Arc” à Chantilly amènera un nouveau public international à découvrir la beauté de Chantilly. Q : Vous êtes également très impliqué dans les plans de réaménagement de l’hippodrome irlandais du Curragh. Pouvezvous nous parler de votre soutien aux courses irlandaises ? R : En tant que propriétaire et éleveur dont les activités sont essentiellement concentrées en Europe, il est important pour moi que les infrastructures hippiques européennes soient aussi bien, voire meilleures, que partout dans le monde. Le Curragh est reconnu par la plupart des professionnels des courses comme l’un des hippodromes les plus importants du monde et je suis très heureux que le gouvernement et les autorités hippiques irlandaises se soient investis dans l’amélioration des structures d’accueil de cet hippodrome de renom. n

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

H.H. the Aga Khan Exclusive Q&A Interview

Q: You have won the Arc four times. Would it be an ideal early 80th birthday present if Harzand were to make it five at Chantilly? A: Yes, like every owner past, present and future, we are always interested in records. Given my interest in the future of Chantilly as a racecourse but also as a cultural centre, it would give me particular pleasure in winning the Arc in Chantilly. I hope the race in Chantilly will be a great success and show the visiting public that the town is one of the loveliest places to visit in France. Q: Harzand showed all the hallmarks of a great champion with his battling determination both at Epsom and The Curragh. Did Dermot Weld give you the impression earlier this year that Harzand might be something special? A: Dermot Weld had always held this colt in high regard and when Harzand won his first race this year by 16 lengths, the manner of this success indicated the horse was something out of the ordinary. He followed this up with a Group 3 win in the Ballysax Stakes which showed he had improved significantly from his first run of the season. He has not stopped progressing all year. Q: The fact that Harzand is by Arc winner Sea The Stars, and standing at your own Gilltown Stud in Ireland, must give you enormous pleasure? A: Yes, it does give me great pleasure as Harzand’s successes this season have justified the support that we have shown Sea The Stars at my Gilltown Stud.

precisely in the ground where she performed best. Secondly, SaintMartin rode a copybook race and he won by a head in a challenging finish from the talented stayer Ardross. Q: While you never compare different generations, how special were the subsequent successes of Sinndar, Dalakhani and the unbeaten Zarkava – and how did you feel about your three Arc winners? A: I consider the Arc to be one of the most prestigious races in the world and therefore to win it is a source of enthusiasm, and confidence in the way in which my horses are bred, trained and ridden. The Arc is raced on the first Sunday of October and it therefore tends to be raced on ground softened by the Autumn rains. Sinndar, Dalakhani and Zarkava were all outstanding horses and they were able to perform on the ground they were presented with on the day, which in Sinndar’s case was good going, while for Dalakhani and Zarkava, the ground was soft. All three also managed to maintain their form throughout their careers, which was a testament to their class, given they had won Group One races as juveniles, before taking classic races in their three-year-old careers.

Q: We have been enjoying Sea The Stars’ third crop this season – has it surprised you how well he has done? A: This has confirmed our expectations for Sea The Stars. He was an exceptional racehorse and he has been supported by an outstanding portfolio of mares. He is also very well bred and he is a superb individual, so it would have been more surprising if he had not succeeded at stud.

Q: Zarkava was a remarkable Arc winner who has made an excellent start as a broodmare – do you regard that as a considerable bonus? A: Her first years at stud caused us some concern about the future of her breeding career, given she had three foals before Zarak became her first runner. Zarkava did encounter some bad luck as a broodmare especially as one of her sons, Zarkash (by Sea The Stars) died in training as a three-year-old. However, Zarak’s performances have brought back our confidence in her ability to breed a top class performer. For the moment, she has not been able to replicate her own outstanding ability but often that level of quality can jump one or several generations. Yet we do still have high hopes for Zarak’s potential to win at the highest level.

Q: Harzand is your fifth home-bred horse to land the EpsomCurragh Derby double. When you watched him cross the line in Ireland were your first thoughts that he might emulate Sinndar and go on to win the Arc for you? A: I avoid comparisons from one horse to another because I often find them void of purpose and logic. However, without doubt I thought of the Arc as the next major race in which Harzand should lay down his challenge, once I saw his achievements in the Epsom and Irish Derbys.

Q: Your father and grandfather also enjoyed great success in racing – did their interest in racing encourage you to get involved? A: No because I inherited my grandfather’s institutional responsibilities when I was 20 and my father was still alive. It was he who led our bloodstock activities after my grandfather died. I therefore did not see myself, in normal circumstances, being faced with the decision to continue the family’s racing and breeding tradition in the thoroughbred field, because I did not expect my father to lose his life so early.

Q: When Akiyda won you a first Arc in 1982 how did you feel to win the Great Race at a relatively early age? A: I was thrilled to win the Arc with Akiyda. She was a filly with a strong aptitude for soft ground and the Arc that she won was

Q: How influential for your breeding operation was the purchase of the stock of François Dupré and Marcel Boussac in the late 1970s? A: After the two purchases my broodmare band doubled in size and

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By Mike Gallemore

S.A. l’Aga Khan est interviewé en selle, à l’occasion de galops d’entraînement à Chantilly en 1961. H.H. the Aga Khan is interviewed while riding out on the gallops at Chantilly in 1961.

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THE AGA KHAN STUDS Success Breeds Success

95 years of

Defining Moments

W W W. A GA K H A N S T U D S . C O M


WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

C Photo Copyright: Mark Cranham. mark@cranhamphoto.com

S.M. la Reine Elizabeth remet à S.A. l’Aga Khan son trophée après la victoire de Shergar dans les King George VI et Queen Elizabeth Diamond Stakes à Ascot en 1981. H.M. Queen Elizabeth presents the trophy to H.H. the Aga Khan after Shergar’s win in the King George VI and Queen Elizabeth Diamond Stakes at Ascot in 1981.

also I had added families that had excelled in major European racing over the previous 50 years. I think those two purchases were massively important to my continued success. Purchasing that amount of stock gave me the highest probability of success in the years to come. The key issue in breeding and racing is predictability and, in the cases of both the Dupré and the Boussac operations I knew enough about them to understand the causes of their declining performance. That knowledge was further strengthened by the fact that François Mathet trained for Mrs. Dupré. It was only a question of time to put in the corrective measures in the breeding and management of the operations and hopefully I would reverse the negative trends. In the case of Marcel Boussac at the end of his life, when his entrepreneurial enterprise was in recession, he was unable to sustain his bloodstock operation. He therefore bred all his mares to his own mediocre, in-house stallions, so when I bought the Boussac operation I stopped using these stallions immediately. Q: Sea The Stars might be the kingpin of your current stallions, but you have also enjoyed considerable success, both on the racecourse and in the breeding sheds, with Darshaan and his son Dalakhani. Do you consider them two of your great favourites? A: Darshaan and Dalakhani, through their pedigrees and their quality as thoroughbreds brought strength and diversity to the pedigrees of the stock they engendered. They therefore contributed to the upgrading of the breeding standards of my operation. Q: Breeding experts have suggested that if we go through any thoroughbred’s pedigree we will find somewhere a link to the Aga Khan’s family operation. That must make you feel very proud? A: Firstly it makes me deeply respectful towards my grandfather and my father, who led this activity during their lifetimes. They laid such solid foundations that I have been able to build on them, as well as add some new bloodlines from the Dupré and Boussac operations, which I considered valuable to the future of the operation. Nasrullah has been hugely influential as a stallion and he is in the pedigrees of many successful horses. He was bred by my grandfather. I have always sought to have good diversity of bloodlines in my operation through both stallions and female stock. We may have excellent stallions at stud but we would never send more than 50 – 60% of my broodmare band to in-house stallions in order to maintain our diversity. Q: What do you think makes the Arc the Great Race that it is? A: I think the Arc is seen by many as the ultimate competition amongst the

Sea The Stars vole vers la victoire avec Mick Kinane dans l’”Arc” 2009. Sea The Stars cruises to victory with Mick Kinane in the 2009 Arc.

best colts and fillies of three years or more in Europe and further afield, in any given year. Q: In breeding terms do you regard the Arc as the most important and influential race in the world? A: No, it is often run in unwelcome climatic conditions, in particular on soft ground. It is also run at a period in the racing season where some of the best horses are over the top, or they have been injured. Therefore, sometimes the Arc is run when some of the top colts or fillies of the year do not perform to their best, or have stopped racing. Q: Will there be any special circumstances that need to be considered by owners, trainers and jockeys in running in the Arc at Chantilly – do they need, perhaps, to change their tactics from those that would have been employed at Longchamp? A: The mile and a half course at Chantilly probably requires greater depth in staying power than Longchamp. On the other hand, if it turns out to be a very rainy day, I think the ground at Chantilly is less demanding, than it is at Longchamp under the same climatic conditions. Q: You have been instrumental in saving the Chantilly racecourse from closure and subsequently renovating it. What does it mean to you for the Arc to be held here? A: I am very pleased that Chantilly was chosen as the best alternative to Longchamp to stage the 2016 Arc. Furthermore, many of the runners in the Arc at Chantilly will have had the opportunity to participate at the training gallops on the course, which is different from Longchamp and possibly makes the track better known for the participants. I also hope it will bring a new, international audience to discover the beauty of Chantilly. Q: You are also very much involved in the redevelopment plans of The Curragh. How do you feel about your support of Irish racing? A: As an owner and breeder whose activities are essentially concentrated in Europe, it’s important to me that the European infrastructure for racing should be as good, or better, than anywhere else in the world. The Curragh is recognised by most people in the bloodstock profession as one of the most important racecourses in the world and I am most happy that the Irish government and racing authorities are in the process of upgrading the facilities at this renowned racetrack. n

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VERY

BUSINESS

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

Caché dans la forêt, Chantilly est un secret qui se partage

Hidden in the forest, Chantilly is a secret to be shared

Commençons la visite par le Domaine de Chantilly. Un château, le

First the Domaine de Chantilly: A castle, the Condé Museum with the second biggest collection of ancient paintings, the Great Stables, numerous horse shows, polo, the Horse Museum, a wide variety of gardens... between art and culture, museums and performing arts, the Domaine de Chantilly is one the jewels of French heritage.

Musée Condé avec la 2e collection de peinture ancienne, des Grandes Ecuries, des spectacles équestres, un Musée du Cheval, une diversité de jardins … Entre art et culture, musées et spectacle vivant, le Domaine de Chantilly est l’un des fleurons du patrimoine français.

Continuons avec le Potager des Princes, véritable paradis pour

les familles. Ce parc remarquable conjugue l’art des jardins. La reconstitution des potagers à la mode XVIIIe siècle, donne un caractère inédit à ces lieux historiques.

Puis la surprise du « Pavillon de Manse  », l’ancienne machine hydraulique des princes qui rappelle les formidables aménagements d’André Le Nôtre. Dernier vestige de cette époque, le Pavillon offre la possibilité de découvrir les mystères de l’eau ! Terminons en beauté avec le Musée de la Dentelle. Artisanat

manuel aujourd’hui pratiquement disparu, les pièces de dentelle exposées sont une ode à la mode des XVIIIe et XIXe siècles.

A Chantilly les chevaux de courses croisent les attelages de compétition en forêt ; les chevaux de polo laissent place aux chevaux de selle pour des randonnées loisir  ; les compétitions de Jumping se déroulent face aux Grandes Ecuries qui abritent les chevaux de spectacle.

Continue with the ‘Potager des Princes,’ a true paradise for

families. This park combines remarkable examples of garden art. The reconstitution of the vegetable gardens as they were in the 18th century gives a unique character to these historic sites.

The surprising ‘Pavillon de Manse’ with its ancient hydraulic machine recalls the great amenities of André Le Nôtre. The last vestige of that era, the Pavilion, offers the opportunity to discover the mysteries of the water!

Finish with the beauty of the Lace Museum and the hand craftsmanship that has now disappeared; the lace pieces exposed are a tribute to the fashion of the 18th and 19th centuries. At Chantilly, the thoroughbred horses train and compete in the forest; polo ponies give way to saddle horses for leisure rides; showjumping competitions take place in front of the Great Stables housing the show horses.

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

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Par Geoff Lester

FREDDY HEAD n’a pas oublié ses quatre victoires dans l’“Arc”

V

OUS pouvez compter sur les doigts d’une main les jockeys qui ont connu autant de succès comme entraîneur que lorsqu’ils montaient en course. Une de ces exceptions, c’est Freddy Head, qui partage le record de quatre victoires dans l’”Arc” avec six autres jockeys de légende. Toujours fringant à 69 ans, Freddy aurait pu croire qu’il ne recroiserait jamais la route d’un miler aussi doué que Miesque, la championne qu’il montait dans les années 1980… Erreur ! Devenu entraîneur à Chantilly, il a eu sous sa responsabilité deux superstars : Goldikova dans les années 2000 et Solow dans la décennie actuelle. En 2016, il fête les 50 ans de sa première victoire dans l’”Arc”, avec Bon Mot, entraîné par son grand-père Willy. C’est aussi le 40e anniversaire de son succès dans le Prix de l’Arc de Triomphe 1976 avec Ivanjica, préparée par son père Alec. Ajoutez à cela San San (1972) et Three Troïkas (1979), laquelle était entraînée par sa sœur Criquette et appartenait à leur maman Ghislaine Head, et vous lisez un chapitre de l’incroyable, de l’extraordinaire, de l’unique destinée de la famille Head, qui a tant compté dans le turf français depuis plus de cinq décennies, à la fois dans les courses et dans l’élevage à travers leur haras du Quesnay, situé juste à côté de Deauville. Freddy n’a pas tardé à se faire un prénom : il avait seulement 19 ans quand il a remporté l’”Arc” avec Bon Mot. Le destin et la chance sont souvent synonymes : en octobre 1966, les principaux adversaires de Bon Mot avaient jeté l’éponge les uns après les autres. Nelcius, vainqueur du Prix du Jockey Club, avait quitté la liste des partants suite à une toux persistante, le favori des bookmakers Sea Hawk s’était blessé à un tendon juste avant la course, l’américain Jolly Jet s’était donné un coup au genou… et quarante-huit heures avant l’épreuve, l’entraîneur anglais de Newmarket Noël Murless avait stupéfié son client américain en lui annonçant que, finalement, la très estimée Hill Rise ne courrait pas l’”Arc” pour viser les Champion Stakes, à domicile ! Willy Head, qui avait été un des plus grands jockeys d’obstacle français 4

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CHRONOMETREUR OFFICIEL

2 octobre 2016

The Longines Master Collection


WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

avec plus de 500 victoires au compteur, avait toujours cru en Bon Mot, même le jour où il avait été battu par Nelcius dans le Prix du Jockey Club. Son petit-fils Freddy partageait sa confiance et c’est plein d’assurance qu’il lança son cheval dans un fantastique – et décisif – rush final. Pour les Head, ce fut une énième fête de famille après un succès sur la piste ! Dix ans plus tard, avec déjà une deuxième victoire en poche grâce à la pouliche d’Angel Penna San San, Freddy apprécia sans doute mieux encore son troisième succès dans l’Arc. C’était avec Ivanjica : de ce triomphe, Freddy a souvent dit qu’il avait un goût vraiment spécial, parce que la pouliche était entraînée par son « papa » Alec. Il nous a confié : « Ivanjica était une très bonne pouliche, et elle a remporté une très bonne édition de l’Arc. Auparavant, elle avait gagné la Poule d’Essai des Pouliches et le Prix Vermeille. Elle aurait dû aussi s’imposer dans le Prix de Diane et a vraiment été très malchanceuse que la course soit annulée suite à un mouvement de grève. Dans l’Arc, nous savions que ce serait difficile de gagner, face à des chevaux comme Youth, Exceller, Crow, Pawneese et Bruni… et nous n’avons pas été aidés par le tirage au sort des places à la corde, qui nous a placés tout à l’extérieur. Mon mauvais numéro m’a obligé à partir en queue de peloton, mais j’ai pris mon temps et je me suis rapproché progressivement à l’intérieur du paquet. Quand j’ai sollicité Ivanjica, elle a produit cette explosion fantastique d’accélération qui était sa marque de fabrique. Nous avons rattrapé Crow pas loin du poteau et ma pouliche s’est imposée de deux longueurs.

Freddy, Ghislaine, Alec et Criquette Head réunis au JockeyClub, à Paris, pour recevoir le Longines Award of Merit des mains de Juan Carlos Capelli, vice-président de Longines. Freddy Head, jockey, avec la lauréate du Prix de l’Arc de Triomphe de1979, Three Troikas, entraînée par sa soeur Criquette, sous les couleurs de Ghislaine Head. A l’arrière-plan, on aperçoit Alec Head. Presentations to the Head family, Freddy, Ghislaine, Alec and Criquette with Longines‘ Juan Carlos Capelli after Trêve’s second Arc success in 2014. Jockey Freddy Head with the 1979 Arc winner Three Troikas trained by sister Criquette, with father Alec in the background in the Longchamp paddock.

Revenir à Longchamp trois ans plus tard et gagner à nouveau l’Arc, pour ma sœur Criquette, a été un rêve devenu réalité. Et à présent, 37 ans après avoir monté mon quatrième gagnant de l’Arc, tout va bien dans ma carrière d’entraîneur. L’entraînement des chevaux est totalement différent du métier de jockey, mais l’émotion est la même lorsque vous entraînez un gagnant. Il m’a fallu un certain temps pour m’habituer à tous les différents aspects du métier d’entraîneur, mais cela a fini par fonctionner grâce à la super équipe qui travaille à l’écurie. Les souvenirs d’antan sont magiques, mais mon regard est toujours tourné vers l’avenir. Mon prochain objectif, bien sûr, c’est de remporter l’Arc en tant qu’entraîneur. »

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

FREDDY

HEAD Y

Remembers His Four Arcs

OU can count on one hand the jockeys who have gone on to become as successful at the training game as they were in the saddle. One exception is Freddy Head, who shares the record with six other legendary jockeys in having ridden the winner of the Qatar Prix de l’Arc de Triomphe four times. Freddy, who might have thought he’d never see another miler as good as Miesque, only to have two superstars from his Chantilly stable in the shape of Goldikova and Solow, remains a spritely 69-year-old. It is remarkable that it was 50 years ago that he won his first Arc on Bon Mot, trained by his grandfather Willie. It is also a memorable fact that it is the 40th anniversary of Freddy capturing Europe’s most valuable race on Ivanjica, trained by his father Alec.

Five Decades Include San San (1972) and Three Troikas (1979), trained by his sister Criquette and owned by Ghislaine Head, and we have another extraordinary chapter in the horseracing life of the Head family, who have done so much for French racing over the last five decades, both on the racecourse and via the breeding shed at Haras du Quesnay. Freddy was only 19 when winning on Bon Mot, but he was fast making a name for himself. When Prix du Jockey-Club winner Nelcius was withdrawn after a late bout of coughing, ante-post favourite Sea Hawk was pulled out with a bowed tendon, US raider Jolly Jet taken out with an injured knee and 48 hours before the race Newmarket trainer Noel Murless stunned his American owner when informing him that the much-fancied Hill Rise would be re-routed to the Champion Stakes on his home course, luck was also on his side. Willie Head, a successful jump jockey riding 500 winners,

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never lost faith in Bon Mot, who had finished runner-up to Nelcius at Chantilly. Freddy shared his confidence and produced a fantastic finishing kick to spark the first of many family celebrations for the Head family. Maybe 10 years later, having already clocked up a second win, courtesy of Angel Penna’s San San, Freddy appreciated the achievement more when winning the Great Race for the third time, on Ivanjica. Freddy stressed how much more special victory tasted with the filly being trained by “papa” Head. He said: “Ivanjica was a very good filly, and she won a very good Arc. She had won the Poule d’Essai des Pouliches (French 1,000 Guineas) and the Vermeille and was unlucky not to add the Diane, which had to be abandoned.

Trademark “We knew it would be tough as the field included the likes of Youth, Exceller, Crow, Pawneese and Bruni, and it did not help when we drew an outside stall. However, although I was in last place early on in the race, I took my time and we got a great run through on the inside. When I asked her to pick up she produced that fantastic burst of acceleration which was her trademark. We caught Crow close home and won going away by two lengths. “To go back to Longchamp three years later and win the Arc again, for Criquette, really was a dream come true. Now, 37 years after riding my fourth Arc winner, everything is going great on the training front.  “Training horses is totally different from riding them but you get just as big a thrill when you train a winner. It took me some time to get used to all the different aspects that need to be organised, but we have a super team and, while those memories from yesteryear are magical, we are always looking ahead. My next target, of course, is my first Arc winner as a trainer.” n


By Geoff Lester

“Training horses is totally different from riding them but you get just as big a thrill when you train a winner. It took me some time to get used to all the different aspects that need to be organised, but we have a super team and, while those memories from yesteryear are magical, we are always looking ahead. My next target, of course, is my first Arc winner as a trainer.” – FREDDY HEAD

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‘Some Friends Leave Footprints in Your Heart’ Linacre House Stud Partnership James and Lisa Kelly have developed a good reputation for sourcing fillies and mares over more than 20 years in the bloodstock business. Dams of many Gr.1 winners have been sourced as well as numerous fillies that went on to win stakes races in the U.S.A. Very profitable mare partnerships in operation see website for further details.

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

Par Charlotte Rimaud

Sous le charme de

CHANTILLY Alain de Royer Dupré

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE Comment perceviez-vous Chantilly lorsque vous n’y entraîniez pas encore ? Ce qui me frappait d’abord à Chantilly, c’était la longueur et la qualité des pistes d’entraînement, ainsi que le champ de courses qui est l’un de nos hippodromes sélectifs. C’est un tracé qui demande beaucoup plus d’efforts aux chevaux que celui de Longchamp ou de Saint-Cloud. Il y a d’abord une descente puis une montée. Il ressemble peut-être plus aux champs de courses anglais, qui sont beaucoup plus vallonnés que les nôtres de manière générale. Comment avez-vous réussi à venir vous installer à Chantilly ? C’est Son Altesse l’Aga Khan qui m’a demandé de venir. J’avais déjà entraîné pour le prince en province, lorsqu’il avait acheté l’écurie de Marcel Boussac. Il m’avait donc demandé de venir à Chantilly pour m’habituer à l’endroit et éventuellement prendre la suite de François Mathet. J’étais d’ailleurs un peu agacé car je n’arrivais pas à gagner de course à Chantilly… Je crois d’ailleurs que la première course que j’ai gagnée, c’est le Prix du Jockey Club, avec Darshaan ! Quelles sont les particularités du centre d’entraînement ? Je suis assez impressionné par la qualité des gazons et leur entretien. Le tout sur un sol

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plutôt sablonneux, ce qui fait que les pistes sont souvent très bonnes. Et à l’inverse, pour les pistes en sable, il y en a des naturelles et d’autres non. Avez-vous des pistes préférées pour l’entraînement des chevaux ? Je crois que chacun a ses habitudes. Quand j’ai repris l’écurie de François Mathet, j’ai donc suivi ses habitudes en restant sur la même piste, celle des Aigles. Mais il y a d’autres pistes qui sont vraiment très bonnes, pas loin de celle que j’utilise. On y va parfois quand on veut aller plus vite : ce sont des pistes en sable comme la Plaisanterie par exemple. L’hippodrome va accueillir le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe cette année, que pensezvous de ce choix ? Je trouve que c’est une belle opportunité. Nous nous sommes vraiment investis dans l’hippodrome qui est mondialement connu. Quant à la place pour accueillir tout le monde sur le champ de courses, France Galop doit l’avoir prise en compte. Dans tous les cas, ce sera une très belle journée. En dehors de l’hippodrome et du centre d’entraînement, que fait-on à Chantilly ? Pour ma part, je travaille à cheval le matin : monter dans un tel environnement est très agréable. Il faut reconnaître que la proximité


avec Paris offre un large choix : aller voir un spectacle ou même voyager assez facilement depuis l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Toutes ces choses sont plus accessibles que si l’on est éloigné de Paris. Y a-t-il des lieux que vous appréciez particulièrement à Chantilly ? Le coup d’œil que l’on a autour du château est un vrai plaisir. Même si l’on s’y habitue, cela reste vraiment beau et harmonieux. Qu’est-ce qui fait le charme de la ville de Chantilly ? En plus du château évidemment, ce sont les Grandes Écuries. Quand on a des propriétaires étrangers, on les emmène sur les pistes le matin et au château ensuite : ils sont ravis, c’est une chose qu’ils n’ont pas l’habitude de voir.

Quels sont vos loisirs en dehors des chevaux et des courses à Chantilly ? Quand j’ai du temps libre, c’est-à-dire assez peu, j’essaye de le consacrer à mes enfants et à quelques bons amis. C’est très important, dans les métiers comme les nôtres, d’avoir de fidèles amis sur lesquels on peut compter dans les moments où l’on doute, où l’on se sent moins bien. C’est un métier qui met de la pression, donc j’essaye d’être bien entouré. Avez-vous un restaurant à nous conseiller ? L’Auberge du Jeu de Paume a apporté des possibilités d’hébergement incroyables. Elle est très belle et très bien placée. C’est le type d’établissements qui manquaient à Chantilly. Auparavant, les propriétaires qui venaient voir leurs chevaux le matin à l’entraînement devaient se loger à Paris… Maintenant, ils sont sur place : c’est quand même plus facile, plus pratique et plus agréable. n

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Au cœur du Domaine de Chantilly L’Auberge du Jeu de Paume, Relais & Châteaux, jouit d’une situation unique. Au cœur du Domaine de Chantilly, il doit son nom au Jeu de Paume, qu’il jouxte, bâti au 18ème siècle par Louis-Joseph, Prince de Condé. À ses côtés, l’hôtel est parfaitement intégré à son environnement. L’une de ses deux principales façades, partiellement classée, surplombe le parc du château et la Fontaine de Beauvais. L’autre, se découvre depuis la frontière symbolique de la Porte de Saint Denis qui ouvre sur la ville. Le luxe de l’espace Élevée autour d’un grand patio, l’Auberge du Jeu de Paume préserve une dimension humaine sans transiger sur le confort de l’espace. Ses 67 chambres et 25 suites sont majoritairement tournées vers les jardins. Elles se distinguent par des superficies généreuses… 200 m2 pour la Suite Arc de Triomphe, qui domine Chantilly à la façon d’un appartement privé. Au privilège de ces dimensions, s’ajoute pour certaines suites celui d’ouvrir sur de larges terrasses en aplomb du parc. Simplement magique. Une table de référence La Table du Connétable propose une gastronomie française attachée à son héritage. Des bases classiques, des jus concentrés, et l’émotion de saveurs d’enfance du Chef Clément Leroy.

At the heart of the Domain of Chantilly The Auberge du Jeu de Paume, Relais and the Chateau of Chantilly, enjoy a unique status. At the heart of the Domain of Chantilly, it owes its name to the Jeu de Paume (Handball Game of Palms), adjoining the buildings, constucted in the 18th century by Louis-Joseph, Prince of Condé. Each side of the hotel is perfectly integrated with its surroundings. One of the two main facades, partially listed buildings, overlooks the castle’s park and the Fountain of Beauvais. The other façade, is a gateway which comes from the symbolic border of the Porte de Saint Denis, which was the opening to the city. The luxury of space Elevated around a large patio, the Auberge du Jeu de Paume presents a delightful dimension without compromising the considerable space available. Most of its 67 rooms and 25 suites face the garden. One of their outstanding features is their generous space: 200 m2 for the Arc de Triomphe Suite, for instance, which dominates Chantilly almost to the extent of a private apartment. Not only are certain suites imposing but they open onto large terraces facing the park. Simply magical. A reference table The Table du Connétable provides French gastronomy at its best, a renowned attached culinary legacy. Classic dishes plus concentrated juices with unforgettable flavours of his childhood, recalled by Chef Clément Leroy.


4 rue du ConnĂŠtable - 60500 Chantilly +33 (0)3 44 65 50 00 aubergedujeudepaumechantilly.fr info@aubergedujeudepaume.fr


WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

By Charlotte Rimaud

The Charm and Harmony of

CHANTILLY Alain de Royer Dupré

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

Q: How did you regard Chantilly before you started training there? A: What first struck me about Chantilly was the length and quality of the training runs and the racecourse, which is one of our most selective racetracks. This is a course that requires a lot more effort for horses than Longchamp or Saint-Cloud. First, there is a descent and then an ascent. It’s a racecourse more in keeping with English racetracks, which tend to be much more hilly than French tracks in general. Q: Why did you move your training operation to Chantilly? A: It was His Highness the Aga Khan, who asked me to come to train in Chantilly. I had been training for the Prince in the provinces, and when he bought Marcel Boussac’s racing stables, he asked me to come to Chantilly and get used to the place and eventually take over from François Mathet. I was also a bit annoyed because I just could not win a race at Chantilly. I believe that the first race I ever won here was the Prix du Jockey Club with Darshaan! Q. What are Chantilly’s benefits and facilities as a training centre? A: I have always been quite impressed with the quality of the turf and the overall maintenance. The gallops are on a rather sandy soil, making the tracks often very good. Conversely, the sand tracks can be both natural and non-natural. Do you have a favourite track for training horses? A: I think that every trainer has his own personal habits and preferences. When I took over the

racing stables from François Mathet, I followed his routine by working on the same gallops, the Aigles track. But there are other gallops that are also very good, not so far from the one I regularly use. We somtimes use them for fast work and there are the sandtracks, like for exemple the Plaisanterie, which we frequently use. Q. What do you think of Chantilly hosting the Qatar Prix de l’Arc de Triomphe this year? A: I think that this is a very good opportunity to showcase Chantilly Racecourse to a worldwide audience. We have made a considerable investment in the racecourse, a fact that is well known internationally. Whether there is sufficient room to accommodate everyone on the racetrack on Arc Day we will see. France Galop must have taken into account the difference in the numbers of spectators between Chantilly and Longchamp. In any case, I’m sure it will be a beautiful day. Q. Besides the racecourse and the training centre, what do you like about Chantilly? A: Personally, I work in the morning with the horses on the gallops. Riding out in such a beautiful environment is very nice. It’s a great pleasure to have a training centre in such a spectacular setting with the forest and the rolling countryside. We have to admit that the proximity to Paris also allows us to do so many things, like seeing a show or visiting a restaurant. It’s also a big help that Charles de Gaulle Airport is only a few miles away Q. Are there places that you particularly like in Chantilly ? A: Having a “look around” the castle is always a

real pleasure. Even though you may get used to it, having visited it so many times, it’s still a really beautiful and interesting experience. Chantilly itself is a charming place. Besides the castle and the town, of course, there are also so many big stables here. When we have foreign owners visiting us, we bring them to see the horses working on the gallops in the morning and then visit the castle. They are delighted to see something they do not usually see. Q. What are your hobbies when you are not racing and working with your horses? A: When I have any free time, which is not very often, I try to spend as much of it as I can with my children and a few good friends. It is very important in a business like ours to have family and loyal friends on whom you can count on in moments when you have doubts and when you may not feel so good. Training racehorses is a job that creates a lot of pressure so I try to keep myself well surrounded by my loyal supporters and my family and close friends. Q. Do you have a restaurant or hotel you can recommend? A: L’Auberge du Jeu de Paume brought an incredible place to stay and eat to Chantilly. The hotel is very beautiful and in a very good position. It is the type of establishment that we had been missing in Chantilly. Before the hotel was established in Chantilly our racehorse owners who came to see their horses training in the mornings had to stay in Paris. Now they can stay at the hotel and be right on the spot. It’s so much easier, more convenient and more enjoyable for all of us. n

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

L E S J O C K E YS AU VO L A N T

Les voitures de rêve des jockeys

Ferrari et Lamborghini sont les deux marques qui reviennent le plus souvent quand on demande aux jockeys le nom de leur voiture préférée. Frankie Dettori Voiture de rêve : Ma Ferrari 360 était un rêve, mais je n’ai jamais eu la chance de pouvoir enfoncer l’accélérateur à fond sur les autoroutes anglaises, et ce n’était pas précisément la voiture idéale pour une famille. Mais j’ai eu l’occasion de conduire une Ferrari sur circuit, en juillet, pendant le meeting de Glorious Goodwood. Ca m’a donné des frissons et beaucoup de plaisir.

Christophe Lemaire Voiture actuelle : Mercedes GLC. « C’est une voiture pratique pour la famille. » Voiture de rêve : Bentley Continental GT. « C’est une très belle voiture, sportive. »  Christophe Soumillon Voiture actuelle : Lexus Sport Voiture de rêve : Bugatti Veyron. « C’est une voiture avec de belles formes et sportive. » 


Par Christopher Galmiche

Olivier Peslier Voiture actuelle : Hyundai 40 Voiture de rêve : Aston Martin One-77 Commentaire : « J’ai toujours adoré les Aston Martin et celle-là est très belle. Seulement 77 exemplaires ont été produits. »

Maxime Guyon Voiture actuelle : Jaguar F-Type Voiture de rêve : Jaguar F-Type. « J’ai la chance d’avoir la voiture dont je rêvais ! »

Mickaël Barzalona Voiture actuelle : Range Rover Sport Voiture de rêve : Une Lamborghini « Pour la vitesse ! »

Pierre-Charles Boudot Voiture actuelle : Mercedes Classe A Voiture de rêve : Une Porsche. Mon père a toujours adoré les Porsche. Après, il y a d’autres voitures qui font encore plus rêver, mais elles sont inabordables.

Gérald Mossé Voiture actuelle : Audi Q7 Voiture de rêve : Rolls Royce Cabriolet Coupé. « C’est une voiture magnifique. »

Cristian Demuro Voiture actuelle : BMW X4 Voiture de rêve : Une Ferrari. « Je suis Italien… Et les Ferrari sont magnifiques ! » 

Pat Smullen Voiture actuelle : Mercedes 220. Voiture de rêve : 2016 Mercedes 220. J’ai juste besoin d’aller de A à B. Jamais je ne jèterai l’argent par les fenêtres pour me payer une supercar.


WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

J O C K E Y AT T H E W H E E L

Dream horse power

FAST LANE

Ferrari and Lamborghini are found in nearly all dream garages. Frankie Dettori Dream car: Ferrari. Dream car: My Ferrari 360 was my dream car but I never got chance to put my foot down on UK motorways and it’s not exacly the ideal family car. But I did get to drive a Ferrari around the circuit during Glorious Goodwood in July. That was a real thrill and a lot of fun.

Christophe Lemaire Current car: Mercedes GLC. This is a very practical family car. Dream car: Bentley Continental GT - a very nice sports car. Christophe Soumillon Current car: Lexus Sport Dream car: Bugatti Veyron. This is a car with beautiful shapes and it’s certainly sporty. 


By Christopher Galmiche

Gérald Mossé Current car: Audi Q7 Dream car: Rolls Royce Drophead Coupé. It’s a beautiful car magnificent.

Maxime Guyon Current car: Jaguar F-Type Dream car: Jaguar F-Type - I’m lucky to have the car I always dreamt about!

Mickaël Barzalona Current car: Range Rover Sport Dream car: a Lamborghini – just for the speed!

Pierre-Charles Boudot Current car: Mercedes Classe A Dream car: a Porsche. My father has always loved Porsches. Besides, there are other dreamier cars that are just unaffordable.

Olivier Peslier Current car: Hyundai 40 Dream car: Aston Martin One-77 I’ve always loved Aston Martins and this one is really beautiful. Only 77 cars were produced.

Cristian Demuro Current car: BMW X4 Dream car: A Ferrari. I’m italian and the Ferraris are so beautiful!

Pat Smullen Current car: Mercedes 220. Dream car: 2016 Mercedes 220. just need to get from A to B. I wouldn’t splash out silly money on a supercar.

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W W W. L E S B O R D E S .C O M


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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

Pat Smullen et Harzand gagnent le Derby d’Irlande.

En tentant la passe de trois, Harzand peut réaliser le rêve de Pat Smullen

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acré meilleur jockey irlandais à huit reprises (notamment en 2014 et en 2015), Pat Smullen n’avait que 12 ans le jour où il vit son compatriote Michaël Kinane gagner son premier “Arc” avec Carroll House. En ce premier dimanche d’octobre 1989, devant son poste de télévision, il se promit d’imiter son héros et de monter un jour un gagnant d’Arc.“ Désormais entré dans sa 40e année, Smullen, qui a gagné à la fois le Derby d’Epsom et le Derby d’Irlande en 2016 avec Harzand, le cheval de Son Altesse l’Aga Khan entraîné par le globe-trotteur de légende Dermot Weld, se dit que c’est l’année ou jamais pour accomplir son rêve d’enfant en remportant le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. « Nous avons essayé et échoué avec Vinnie Roe et avec Grey Swallow, et l’année dernière, je pensais que Free Eagle (finalement sixième) possédait une belle chance ; je reste persuadé qu’avec un meilleur parcours, il aurait pu finir deuxième ou troisième… », nous a confié Smullen. « J’adorais Free Eagle, mais il était en proie à des problèmes, alors qu’avec Harzand, tout est toujours

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simple, même quand le sort semble nous être défavorable, comme lors de son voyage chaotique vers le Derby d’Epsom, dont il est sorti indemne. Il a toutes les qualités pour gagner l’”Arc” à Chantilly. » Ajouter la course la plus riche d’Europe à leur CV est l’objectif d’une vie pour Dermot Weld, qui a entraîné plus de 4.000 gagnants sur quatre continents différents en 44 ans de carrière, et pour Smullen, qui a succédé à Michaël Kinane comme jockey titulaire de Weld en 1999, le jour où Kinane a quitté Weld pour rejoindre la puissante armada Coolmore entraînée par Aidan O’Brien. « Pendant toutes ces années, c’est resté un rêve d’enfance mais Harzand peut désormais me permettre de le transformer en réalité », a dit Smullen, qui est par ailleurs tout près de décrocher sa neuvième «Cravache d’Or» irlandaise (la Cravache d’Or récompense le jockey ayant remporté le plus de succès dans un pays au cours de la même année). Tout en reconnaissant que 2016 avait déjà dépassé tous ses espoirs les plus fous, Smullen a ajouté : « Gagner le Derby d’Epsom a été le plus grand jour de ma carrière, mais remporter le Derby

irlandais sur l’hippodrome du Curragh, à la maison, devant mon public, a été assez proche en termes d’émotions. Si nous y ajoutons l’”Arc,” ce sera un formidable triplé. » Pat Smullen ne tarit pas d’éloges pour Harzand, qui a perdu un fer à l’aéroport de Dublin, alors qu’il était en route vers Epsom, et a passé quatre heures le pied dans la glace avant la course : « Harzand a un courage fantastique et beaucoup d’endurance. Depuis le mois d’avril, il a aussi bien développé sa vitesse pure. La façon dont il a ré-accéléré lorsqu’Idaho et US Army Ranger l’ont attaqué à Epsom m’a vraiment impressionné. Cette double accélération est la marque absolue des meilleurs chevaux. » Smullen a été encore plus impressionné par la performance d’Harzand au Curragh. « Il y avait beaucoup de pression sur nous puisque nous tentions le doublé Derby d’Epsom-Derby d’Irlande. Idaho ne nous a pas laissés faire, mais Harzand a montré qu’il avait encore progressé physiquement après sa victoire à Epsom, et était plus que jamais déterminé à s’imposer.


Par Geoff Lester

Après un premier semestre chargé, il a bien profité de son break d’été. Au début de l’année, nous pensions qu’Harzand était plutôt un cheval de St. Leger, possédant plus de tenue que de vitesse, mais il nous a surpris plusieurs fois. En mai, personne ne l’imaginait remporter le Derby d’Epsom, mais il n’a fait que progresser à chaque galop d’entraînement important. Les chevaux peuvent changer rapidement et lui montrait beaucoup plus de vitesse le matin. De toute façon, quel que soit le cheval, vous ne gagnez pas deux Derbys d’affilée en étant lent !!! En ce qui concerne sa préparation en vue de Chantilly, tout se passe bien. Il n’y a pas de problème. Ce cheval est tellement facile. Après ce qu’il a dû affronter à Epsom, il peut gérer n’importe quelle situation. Ma principale préoccupation est le tirage au sort des places à la corde. Déjà, à Longchamp, vous n’avez pas trop envie de partir à l’extérieur, mais à Chantilly, c’est encore plus vital ! Si nous avons un bon numéro dans les boites et que le terrain est bon, Harzand sera très difficile à battre. » Père de trois enfants et marié à Frances Crowley, dont la sœur Anne-Marie est l’épouse d’Aidan O’Brien, Smullen est rarement pris en flagrant délit d’occuper une mauvaise place dans un parcours. Weld le considère comme « le pro des pros ». Smullen est prompt à lui retourner le compliment en disant : « Dermot est un entraîneur

de classe mondiale. En Irlande, il est difficile d’être tête de liste devant Aidan O’Brien et Coolmore, mais Dermot a su réunir autour de lui quelquesuns des plus grands propriétaires de la planète. Ces dernières années, avec la qualité de chevaux que nous avons eue à l’écurie, nous avons souvent donné chaud à Aidan ! Jamais je n’ai rencontré personne gérant mieux son personnel que Dermot. Il a une équipe fantastique. Chaque jour, il s’assure que tout fonctionne bien. Il ne laisse rien au hasard. Il porte une attention incroyable à tous les détails. Et ce qui le rend unique, c’est son instinct naturel d’entraîneur de chevaux de courses. J’ai une chance immense et le très grand honneur de monter pour Son Altesse l’Aga Khan, qui est d’un grand soutien. Il a une science encyclopédique de l’élevage et connaît par cœur tous ses chevaux. Il était si heureux du travail que nous avons accompli avec Harzand à Epsom et au Curragh… Je mesure parfaitement ce que l’”Arc” signifie pour Son Altesse, et si nous pouvions lui apporter une nouvelle victoire dans une de ses courses préférées, j’en serais absolument ravi - et je sais que c’est aussi le cas de Dermot. » Weld, pionnier à l’international, a

été le premier entraîneur européen à remporter la Melbourne Cup, avec Vintage Crop et Media Puzzle. Il peut aussi s’enorgueillir d’être devenu le premier entraîneur installé ailleurs qu’en Amérique du Nord à remporter une des manches de la Triple couronne américaine : c’était en 1990 Go And Go, lauréat des Belmont Stakes. Il ne lui reste finalement plus que l’”Arc” à gagner. Et avec le tandem Smullen-Harzand, il est peut-être enfin capable de boucler la boucle. n

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

Pat Smullen et Harzand s’imposent dans le Derby d’Epsom.

Harzand Treble is Smullen’s Dreammaker

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RISH Champion Pat Smullen was only 12 years old when he watched fellow Irishman Michael Kinane win his first Arc on Carroll House. That afternoon he promised to emulate his hero and ride an Arc winner. Now in his 40th year, Smullen, who has won both the Epsom Derby and then the Irish Derby for globetrotting legend Dermot Weld on HH the Aga Khan’s Harzand, believes he will never have a better chance of winning Europe’s most prestigious race on the first Sunday in October. “We tried and failed with Vinnie Roe and Grey Swallow, and 12 months ago I felt Free Eagle (sixth) had a great chance, and granted better luck in running he might have been placed,” said Smullen. “I loved Free Eagle but he was beset with problems, whereas Harzand is so uncomplicated and he 4came through that hairy morning of the Epsom Derby unscathed. He has all the right qualities to win the Arc at Chantilly.” To add Europe’s richest race to their CV has been a lifelong dream for both Dermot Weld, who has trained more than 4,000 winners on four different continents in his 44 years, and Smullen, who succeeded Kinane as Weld’s retained jockey when Kinane became No.1 to Aidan O’Brien’s powerful Coolmore stable in 1999. “It might have been a childhood dream all those years ago, but Harzand can make it come true,” declared Smullen, who is close to clinching a ninth Irish jockeys’ crown. Acknowledging that 2016 has already surpassed his wildest expectations, Smullen added: “Winning the Epsom Derby was the greatest day of my

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By Geoff Lester

racing life, but landing the Irish Derby for a second time at The Curragh in front of my home crowd runs it pretty close. To add the Arc would make it a tremendous treble.” Full of praise for Harzand, who pulled a shoe off at Dublin Airport en route to Epsom and spent four hours with his foot in ice, the likeable Smullen says: “Harzand has fantastic courage and stamina and since April he has developed even more speed. The way in which he accelerated again when Idaho and US Army Ranger challenged him at Epsom really impressed me. He went a neck up, and then dug deep to go clear. Being able to quicken for a second time is a sure sign of a very good horse.” Smullen was even more impressed by Harzand’s performance at The Curragh. “There was plenty of pressure on us to complete the double in the Irish Derby. Idaho took us all the way to the line but Harzand showed he had improved physically from Epsom and was totally determined to get the job done. “He had a tough first half of the season and has thrived on his midsummer break. At the start of the year we thought he might be more of a St Leger horse, but he has repeatedly surprised us. He wasn’t on the Epsom radar in May but he was improving fast on the gallops. Horses can change quickly and he was showing so much more speed in the mornings – you don’t win two Derbys by being slow. “He can be forgiven his performance in the Irish Champion Stakes having been struck into in the early stages of the race but as far as Chantilly goes, there’s no problem,” he said. “This horse is so straightforward. If he can cope with Epsom and the mishap at The Curragh he can handle anything. My main concern is the draw. You don’t want to be drawn wide at Longchamp, but it’s even more vital at Chantilly. If we get a low stall and ease in the ground he’ll be very hard to beat.” Father of three and married to Frances Crowley, whose sister (Anne-Marie) is the wife of Aidan O’Brien, Smullen is rarely seen in the wrong place in a race and is regarded by Weld as “the professionals professional.” Smullen is quick to return the compliment saying,

S.A. l’Aga Khan raccompagne Harzand dans le cercle des vainqueurs après sa victoire dans le Derby d’Epsom, et pose avec lui suite à son succès dans le Derby d’Irlande. H.H. the Aga Khan leads in Harzand into the winners’ enclosure after winning the Epsom Derby in June and the Irish Derby three weeks later at The Curragh.

“Dermot is a world-class trainer It’s tough taking on Coolmore in Ireland, but he has accumulated some of the biggest owners on the globe and the equine firepower that we have had these past few years has meant that he has given Aidan a run for his money. “I have never known anybody handle the management of their staff better than Dermot. He has a fantastic team and he ensures it runs smoothly and, leaves nothing to chance. His attention to detail is amazing. It’s his natural instinct to train racehorses which sets him apart. “I’m very fortunate to ride for HH the Aga Khan. It’s always a great honour. He’s been very supportive. He has huge knowledge of the breeding side and certainly knows his horses. He was so pleased when we managed to get the job done on Harzand at Epsom and The Curragh. I appreciate how much the Arc means to His Highness, and if we could give him another win in one of his favourite races I’d be absolutely delighted – and so would Dermot.” Weld, one of the great pioneers of international racing, was the first European trainer to win the Melbourne Cup, with Vintage Crop and Media Puzzle, and he is justifiably proud of Go And Go becoming the first horse from outside North America to win one of the legs of US Triple Crown when capturing the Belmont in 1990. Maybe, the one missing link for Weld is about to be filled, and in Smullen and Harzand he has the combination to do it. n

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

LA CRESSONNIÈRE, LA CERISE SUR LE GÂTEAU 2016 DE

JEANCLAUDE ROUGET Entraîneur depuis 1978, Jean-Claude Rouget a remporté le 6 avril 2016 sa 6.000e victoire. Jamais un professionnel français n’avait atteint un tel score. En plus de ce record symbolique, l’entraîneur palois réalise cette année sa meilleure saison et il peut la conclure en beauté avec une victoire de La Cressonnière dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe... Cristian Demuro debout sur ses étriers en passant le poteau d’arrivée de la Poule d’Essai des Pouliches, avec La Cressonnière. Jockey Cristian Demuro stands up in his stirrups as he passes the winning post on La Cressonnière to win the Poule d’Essai des Pouliches.

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Par Pierre Laperdrix Vous avez gagné au premier semestre trois classiques en France, puis cinq autres Gr1, dont les Coronation Stakes à Ascot (avec Qemah) et les Irish Champion Stakes à Leopardstown (avec Almanzor). Pensiez-vous en début d’année réaliser une aussi bonne saison ? J’avais senti depuis l’an dernier que les 3ans de 2016 étaient très bons. Mais tout dépend aussi de la concurrence. En France, beaucoup d’autres entraîneurs peuvent également avoir dans leurs boxes des 3ans très bons et, dans ce cas, j’aurais pu terminer deuxième ou troisième des épreuves que nous avons remportées. Je peux en entraîner dix bons et cela peut ne pas suffire. Je pensais en gagner une ou deux belles cette année. Mais pas autant. 2009 avait déjà été une année extraordinaire et nous avions cinq chevaux capables de gagner un Groupe. Cette année, nous en avions douze chez les 3ans. Il faut aussi que les chevaux ne connaissent pas d’ennuis de santé pour ne pas manquer leurs objectifs. Cela a été le cas pour tous, sauf Jadhaba. Par rapport aux autres années, qu’est ce qui a changé ? Longtemps, on m’a catalogué comme un entraîneur de préparatoires. On disait que mes chevaux étaient bien jusqu’en mai, puis

s’effondraient à partir des classiques. En fait, ils n’étaient pas assez bons, tout simplement. Ce qui a changé pour moi par rapport aux autres années, c’est la qualité des chevaux que j’entraîne. J’ai progressé avec l’expérience aussi et, maintenant, je n’hésite pas, quand je sais que j’ai un très bon cheval, à le rentrer plus tard dans la saison. Vous avez souvent dit que l’»Arc» n’était pas une obsession pour vous. Pourquoi ? En effet, l’»Arc» n’est pas une course qui m’obsède. Bien sûr, si je le gagne, je serai très heureux. Mais je préfère les classiques du printemps, le «Jockey Club», le «Diane», le Derby d’Epsom… Oui, je préfère le printemps à l’automne, et on a parfois vu dans l’»Arc» des chevaux s’imposer sans véritable logique. Cette année, vous présentez dans l’»Arc» La Cressonnière qui est toujours invaincue. Quelles sont ses qualités, vos craintes pour cette course ? C’est une pouliche facile, maniable, qui peut adopter toutes les tactiques. Elle est très généreuse et s’allonge bien quand on lui demande d’accélérer. Elle n’a jamais vu un cheval qui a été plus vite qu’elle et c’est toujours bon pour son moral. Le seul doute que l’on peut avoir avec elle, c’est sa capacité

à tenir 2.400m, car elle va découvrir cette distance dans l’»Arc». Mais dans le Prix de Diane, elle découvrait la distance de 2.100m en étant rallongée de 500m. Elle l’a fait, parce qu’elle est très bonne. Pour la première fois dans l’»Arc», elle va également affronter les vieux chevaux. Avec La Cressonnière, comme vous l’aviez fait avec Avenir Certain, vous sortez des sentiers battus en passant du Prix de la Nonette, fin août à Deauville, directement à l’»Arc». Pourquoi ce choix ? Souvent, quand ils courent à trois semaines d’intervalle, mes pensionnaires sont un peu justes. Il ne faut pas être prisonnier des schémas établis. Le «Vermeille» arrive trois semaines avant l’»Arc». C’est donc trop court et cela aurait voulu dire courir deux fois sur 2.400m à trois semaines d’écart : c’était trop risqué. Après le Prix de Diane, nous avons décidé que l’»Arc» serait l’objectif de La Cressonnière. Mes chevaux aiment bien Deauville, et n’ont pas de déplacement à endurer. C’est aussi pour cette raison que j’ai choisi la «Nonette». La Cressonnière a gagné facilement ce Gr2 et est restée à Deauville depuis. Elle arrivera sur l’»Arc» avec de la fraicheur. Ce ne sera que sa cinquième course de l’année. n

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

Jean-Claude Rouget et Cristian Demuro après la victoire de La Cressonnière dans la Poule d’Essai des Pouliches à Deauville en mai dernier. Jean-Claude Rouget with La Cressonnière and jockey Cristian Demuro after winning the Poule d’Essai des Pouliches at Deauville in May.

Jean-Claude Rouget has been a trainer since 1978. He won his 6,000th victory on the 6th of April earlier this year. No no other professional has ever trained so many winners before. In addition to reaching this remarkable milestone, the trainer from Pau is enjoying his best season, which he hopes to celebrate with the victory of La Cressonnière in the Qatar Prix de l’Arc de Triomphe.

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By Pierre Laperdrix

THE CHERRY ON THE CAKE Q: In the first part of this year you won three classics in France, then four other Group 1 races, including the Coronation Stakes at Royal Ascot. At the beginning of the year, did you ever imagine that you would go on to have such a successful season? A: In the early part of the season I felt that our three- year-olds for 2016 were very good. But everything depends on the competition. In France, many other trainers can also have very good three-yearolds in their stables and, in that particular case, I could have finished second or third in the races we won. I can train ten good horses to win on that basis. I thought I would win one or two very good races this year but I didn’t expect to win so many. In 2009 we had an amazing year with five horses winning Group races. This year we had twelve winners among our 3-year-olds. Q: It is essential that horses have no health issues which would cause them to miss their goals. Has this been the case for all your horses, with the exception of Jadhaba. Compared to other years, what has changed? A: For a long time, I had been classified as a prep trainer. They said that my horses were good until May and then they collapsed at the classics. In fact, they were just not good enough. What has changed for me compared to the other years, is the quality of the horses I’m training. I’ve also progressed through that experience and now, when I see a very good horse, I’m not hesitant about bringing him later in the season. Q: You’ve often said that the ‘Arc’ was not an obsession for you. Why? A: Indeed, I have said that I am not obsessed with winning the ‘Arc’. Of course, if I win, I would be very happy. But I prefer the spring classics, the ‘Jockey Club, the ‘Diane’, the ‘Epsom Derby.’ Yes, I prefer the spring to the autumn, and sometimes, we see in the ‘Arc’, some horses winning without any real justification.

Q: This year, you have La Cressonière in the ‘Arc’, and she is still unbeaten. What are her qualities, or your fears for the race? A: She’s an easy filly to handle and she’s handy. She can easily adapt to whatever tactics she’s asked to perform. She is also very receptive and responds well when she’s asked to accelerate. I don’t think I have ever seen a horse running faster than her, which is always good for the morale. The only doubt we have regarding her, is her ability to run the 2.400m ‘Arc’ distance. It will be a new challenge for her at Chantilly but she was able to cope with the 2.100m in the Prix de Diane, elongated by 500m. She managed to handle it because she is very good. Also, for the first time, by competing in the Arc’ she will be taking on older horses. Q: With La Cressonière, as you did with Avenir Certain, you go off the beaten track by going from the Prix de la Nonette at the end of August in Deauville directly to the ‘Arc’. Why do you choose to take that tactic? A: Quite often, when horses run three weeks apart, they can become a little bit stale. I believe that you should not be a prisoner of an established pattern. For instance, the ‘Vermeille’ takes place three weeks before the ‘Arc.’ That’s too short. Had we run her at the Arc Trials it would have meant running her twice over 2.400m just three weeks apart. For me, that’s too risky. After the Prix de Diane, we decided that the ‘Arc’ would be the objective for La Cressonière. My horses like Deauville and there is no long distance travelling to endure. This is also the reason that I chose to run in the ‘Nonette.’ La Cressonière won that Group 2 race easily so she has stayed in Deauville since then. So she will arrive at Chantilly for the ‘Arc’ as fresh as she can be. Remember, this will only be her fifth race of the year. n

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

Pierre Charles

Boudot Un jockey en or Pierre-Charles Boudot est en tête du classement des jockeys français en 2016. Une nouvelle Cravache d’Or lui tend les bras. Q : Etait-ce une évidence pour vous de devenir jockey, parce que vos parents étaient entraîneur et éleveur ? A: J’ai toujours voulu être jockey. Un autre métier ? Non. Tout petit, je ne pensais qu’à cela. Ca a débuté dès les courses de poneys : je voulais tout gagner ! (rires) Q : Et à présent, vous êtes en tête du classement de la Cravache d’Or… Pour accumuler tant de victoires, vous vous déplacez tout le temps : comment réussissez-vous à être partout à la fois ? Cela s’organise six jours avant les courses. Après les engagements [inscription de chevaux au départ d’une course], mon agent Hervé Naggar fait son premier pointage, puis, lors des premiers forfaits, il y voit plus clair et parle avec les entraîneurs. A ce moment-là, il étudie les horaires des courses pour vérifier s’il est possible de monter sur deux hippodromes le même jour. Si c’est le cas, nous utilisons les services d’avions-taxis.

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Q : On sait que les jockeys, surtout lorsqu’ils mesurent plus d’un mètre soixante-dix comme vous, doivent faire attention à leur poids. Quelle est votre journée-type, sur le plan alimentaire ? D’abord, je déjeune un peu le matin. Un café, un jus d’orange et je peux grignoter un petit quelque chose. A midi, je ne mange jamais. Je n’ai pas faim, car je pense aux courses. La faim arrive quand les courses sont terminées. Je vais donc dîner, de préférence pas trop tard. Je suis plutôt viande, mais il faut varier ! Mes repas du soir dépendent aussi de mes poids du lendemain. Si je monte à des poids plus élevés, je peux me faire plaisir, un peu... Q : Quelle est la victoire qui vous a le plus marqué au cours de votre carrière ? Ma plus belle victoire, c’est celle avec Esotérique dans le Prix Jacques Le Marois. Parce que c’est le championnat du monde des milers. Il y avait 10.000 personnes ce jour-là sur l’hippodrome de Deauville.


Par Mayeul Caire et Pierre Laperdrix

Associée à Pierre-Charles Boudot, Volta a remporté le Prix de Sandringham avec le plus grand écart jamais enregistré dans l’histoire de ce Groupe 2 : quatre longueurs d’avance sur la pouliche arrivée deuxième ! Pierre-Charles Boudot rides Volta to victory in the Prix de Sandringham by a recored winning margin.

Q : Et cette année, quelles sont les victoires qui vous ont marqué ? Si je devais en détacher trois, je dirais déjà celle avec Volta dans le Prix de Sandringham et aussi celle avec Vadamos dans le Prix du Muguet. Ce sont les deux chevaux qui m’ont montré le plus bel éclair de classe cette année. Le troisième, ce serait celui avec Sun des Rosaires, à Saint-Cloud... Q : Pourtant c’était dans un handicap avec un cheval en valeur 19,5 ! Oui mais cette victoire me tient à cœur. En fait, j’avais repéré ce cheval en province et j’avais dit à mon agent, Hervé Naggar, de se renseigner pour savoir si je pouvais le monter lors de ses prochaines sorties. Hervé a contacté l’entraîneur, Jacques Provost, qui dans un premier temps a laissé son jockey dessus, car il venait travailler le cheval le matin. Finalement, au bout d’un certain temps, j’ai pu enfin monter Sun Des Rosaires et j’ai gagné avec lui. J’étais vraiment heureux, car j’avais réussi à faire plaisir à quelqu’un qui est permis d’entraîner et travaille dur pour vivre sa passion. Cela faisait treize ans que Jacques Provost n’avait pas gagné une course à Paris !

Cette année, l’»Arc» se dispute à Chantilly. Que pensez-vous de ce tracé ? Le tracé de Chantilly est sélectif, ce qui est très bien, mais j’ai une crainte concernant le terrain. Il y aura deux jours de courses à la suite avec à chaque fois huit courses sur le gazon. Cela peut abîmer la piste. Espérons qu’il ne tombe pas trop d’eau en amont de ces réunions afin que les courses soient les plus régulières possibles, car il est difficile de décorder à Chantilly à cause du dernier tournant. Quel regard portez-vous sur les deux tentatives de Siljan’s Saga dans l’»Arc» ? Siljan’s Saga est une jument au grand cœur qui a toujours bien couru dans l’»Arc». Mais, malheureusement elle n’a jamais eu le terrain qu’elle aime pour cette course. C’était toujours trop rapide à chaque fois qu’elle l’a couru. Ce n’est pas de chance, car c’est souvent complètement détrempé à cette période de l’année. n

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE Avec Siljan’s Saga, sa jument de cœur, qui lui a offert quelques-uns des ses meilleurs souvenirs au plus haut niveau. Pierre –Charles Boudot shouts his delight as he drives Siljan’s Saga to victory in the Grand Prix de Deauville 2015.

Riding to

GreaterGlory Pierre-Charles Boudot, aged 23, shared the flat jockeys’ title last year with Christophe Soumillon on 179 winners, now he is France’s leading jockey for the 2016 season with the ‘cravache d’or’ trophy within his sights. 62

Q: Did your upbringing, with your parents being horse trainers and breeders, mean it was inevitable that you would become a jockey? A: From an early age I always wanted to be a jockey. I never considered doing any other job. As a kid, my only thoughts were to become a jockey. I started riding in pony races at a young age and it just sort of continued from there. Even when I was very young my passion was to win every race. Q: Now you are the leading jockey in France but you have had to travel to racecourses all over

the country to accumulate so many winners. How have you been able to handle so much travelling? You seem to be everywhere all at the same time. A: My agent, Hervé Naggar, organises my riding commitments six days in advance of the race meetings. He’s in constant contact with the trainers and once the horse is entered for a race he talks to them about riding possibilities. When Hervé can see where I need to be and when he puts together a schedule and makes the travelling arrangements. He studies it carefully and checks if there are any


By Mayeul Caire & Pierre Laperdrix

Ésotérique, qui appartient au président de France Galop Édouard de Rothschild (à gauche), reste la plus forte émotion de Pierre-Charles Boudot en course. Chairman of France Galop, Edouard de Rothschild leads Esoterique and Pierre-Charles Boudot into the paddock after winning the Prix Jacques le Marois 2015 at Deauville.

opportunities to ride at two racetracks on the same day. If it is the case, we use helicopters, planes or taxis to get me to each race on time. Q: When jockeys are over a certain height their weight can become a problem. How do you keep your weight under the limit and what is your normal daily diet? A: First, I eat my breakfast early in the morning – usually, a coffee, an orange juice, and nibble of a little something. I never eat at lunch. I’m not hungry because I’m always thinking about the races. The hunger comes after racing. So I have dinner, preferably not too late. I’m more of a meat person, but I know I need to vary my diet. My dinner depends on the weight I have to make for the next day’s races. If I’m riding at a heavier weight, then I can enjoy myself a little more. Q: Which race victories have given you the most pleasure so far in your career?

A: My most memorable victory so far has to be winning last year’s Prix Jacques Le Marois (Gp 1) on Esotérique, in the milers championship at Deauville in front of 10,000 racegoers. This season I would say that winning the Prix de Sandringham (Gp 2) at Chantilly with Volta and the Prix de Muguet (GP 2) on Vadamos at Saint-Cloud were my most pleasing victories so far this year. Also the victory of Sun Des Rosaires in the Prix de La Valee du Lot at Saint-Cloud in May was very dear to my heart. I first spotted the horse in Provence and I told my manager Hervé to find out whether I would be able to ride him in his next races. Hervé contacted the trainer, Jacques Provost, who initially said that he would keep his present jockey riding him, because he was working the horse in the mornings. Some time later I got to ride the horse and I managed to win with him for the first time. I was so happy because I was able to please someone who works very hard to train his horses. Horses are

Jacques Provost’s passion and he hadn’t trained a winner in Paris for 13 years! Q: What do you think of running the Qatar Prix de l’Arc de Triomphe at Chantilly. A: The Chantilly track is good, but I do have a slight reservation about whether the high number of runners on the track over the two days of the Arc Weekend could damage the turf. Let’s hope that it will not rain too much before the Arc Weekend and that the ground will provide some excellent racing and that the last bend doesn’t cause any problems. Q: What do you think of the chances of Siljan’s Saga in the Arc - she finished 12th behind Treve in 2014 and 8th behind Golden Horn last year? A: Silijan’s Saga is a filly with a big heart who ran well in her two attempts at the Arc. Unfortunately, on both occasions the pace was just too quick for her. At this time of year the ground is often soft for the Arc, which also doesn’t suit her. I’m just hoping we get some some decent ground. n

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

RogeretVarian Postp oned Et si le jour de gloire de Varian dans l’”Arc” était seulement «reporté» au 2 octobre 2016 ?

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ans le meilleur des cas, les chevaux de course sont des créatures fragiles, à la fois mentalement et physiquement. Mais, alors que la plupart des chevaux ont eu un problème quelque part, Postponed a toujours été sain et net. Postponed est invaincu en quatre courses depuis septembre dernier, lorsque son propriétaire le cheikh Mohammed Obaid Al Maktoum a retiré ses 40 chevaux de chez Luca Cumani pour les confier à son voisin d’écurie à Newmarket Roger Varian. Il présente le mélange parfait de la vitesse et de la tenue, avec en plus la capacité d’être tout aussi efficace sur une piste rapide qu’en terrain plus souple. « Idéalement, j’aimerais que le terrain soit cette année à Chantilly comme il était à Longchamp lors des deux dernières éditions de l’”Arc” : bon. Quand la course roule, il peut mettre à profit son accélération dévastatrice », dit Roger Varian. A 37 ans, il a parcouru un long chemin depuis son premier job à plein temps comme pizzaiolo, lors d’un séjour de jeunesse en Californie. « C’est son changement de rythme entre le poteau des 600 mètres et celui des 400 mètres qui m’a le plus impressionné dans les Juddmonte International Stakes. Il a un gros moteur et une vitesse de croisière élevée, et son changement de vitesse lui a permis de gagner. » Ses neuf victoires ont été glanées sur sept pistes différentes, y compris celle de Longchamp, ce qui prouve sa polyvalence. Calme et modeste, ce qui a valu le surnom de Mr Nice Guy [en français : Monsieur Bon Gars], Varian ne s’inquiète pas du transfert de l’Arc de Longchamp à Chantilly. Varian est parfaitement conscient du privilège qu’il a de veiller sur Postponed, lequel, en plus de York, a remporté deux autres Groupes 1 depuis qu’il a rejoint ses boxes : le Sheema Classic à Dubaï et la Coronation Cup à Epsom. Il décrit la star de son écurie comme « le professionnel ultime qui possède l’amplitude cardiaque la plus élevée que j’aie connue chez un cheval. Il est beau et il le sait. Il est habituellement calme, mais avant une course, on dirait qu’il a lu les journaux !

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Il est de plus en plus difficile à contenir et se transforme en lion dès que vous commencez à le seller. Il sait ce qui l’attend et il est impatient d’y aller. » Fort du plus haut rating mondial sur gazon, Postponed n’a pas pu défendre son titre dans les King George à Ascot en juillet, à cause d’une infection respiratoire contractée quelques jours avant la course. Varian et son équipe ont travaillé sans relâche pour qu’il soit au départ des Juddmonte International Stakes. « Quinze jours avant, je craignais que le temps ne soit plus fort que nous », se souvient Varian. Bien qu’il ait été conscient des attentes et de la pression autour de la course de la rentrée de Postponed à York, il n’est pas homme à se faire de la bile pour rien. Varian sait se montrer philosophe et cela se comprend. En effet, il y a six ans, son frère Chris a été tragiquement assassiné par un travailleur migrant ayant des antécédents de maladie mentale. Chris n’avait que 32 ans. Sa mort a tout remis en perspective pour Roger, très attaché aux valeurs familiales et père de deux enfants. « Quand je pense à ce qui est arrivé à Chris, tout le reste semble un peu futile. Donc si nous vivons une mauvaise journée aux courses, je sais me souvenir que je suis passé par des moments bien pires. Perdre mon frère Chris m’a donné l’inspiration pour poursuivre mon chemin. » Varian se réjouit de pouvoir continuer à entraîner Postponed à 6ans, depuis que son propriétaire le cheikh Obaid lui a confié vouloir entamer 2017 en défendant son titre dans le Sheema Classic à Dubaï en mars. « Dès le premier jour, mon propriétaire et moi avons eu une relation de travail facile. Il est mon premier supporter. Il m’a immédiatement précisé que ses chevaux allaient quitter Luca Cumani et que si je ne les prenais pas, ils iraient chez quelqu’un d’autre. Ce fut une merveilleuse opportunité pour toute mon équipe, même si cela a constitué une vraie perte pour Luca. Je suis d’ailleurs allé le voir avant que les chevaux n’arrivent chez moi, et il a été très sympa avec moi. » Né en Sardaigne, Andrea Atzeni, qui a su développer

d’excellentes relations à la fois avec Varian et avec Postponed, n’a aucun doute sur le fait que son cheval a toutes les qualités requises pour gagner l’”Arc”. Il a dit : « Postponed est une machine - un authentique cheval de course qui se déplace bien et sait accélérer. Vous pouvez le placer n’importe où dans le peloton : tout ce qu’il veut, c’est vous faire plaisir. » Il est rare qu’un jour ne se passe à Kremlin House Stables sans que Varian n’ait une pensée pour son mentor, le tout aussi populaire Michaël Jarvis, dont il


Par Geoff Lester

Andrea Atzeni défile avec Postponed devant les tribunes de York , après avoir remporté les Juddmonte International Stakes en août dernier. Jockey Andrea Atzeni parades Postponed in front of the York grandstand after winning the Juddmonte International Stakes in August.

a été l’assistant pendant 10 ans avant de prendre les rênes de l’écurie, à la mort de Jarvis en 2011. Roger aimerait imiter son maître Michaël, qui a décroché son plus prestigieux trophée quand Mick Kinane a mené Carroll House à la victoire dans l’Arc 1989. Varian dit : « L’Arc est l’une des plus grandes courses du monde et la gagner serait un rêve devenu réalité. Michaël avait fait une danse de la pluie pour Carroll House et les cieux s’étaient ouverts à temps ! [La pluie avait assoupli le terrain, au goût

du cheval de Michaël Jarvis] Il y a deux ans, nous avions les mêmes espoirs pour Kingston Hill mais ils ont vite été déçus [le terrain restant assez léger, en l’absence de pluies]. Cependant, malgré une piste bonne voire ferme, Kingston Hill a magnifiquement couru en s’élançant d’une stalle très à l’extérieur et a fini quatrième de l’édition 2014 de l’Arc. Ce jour-là, Andrea a monté une course quasiment identique à celle de Frankie Dettori lorsqu’il a gagné l’Arc 2015 avec Golden Horn… mais

malheureusement, pas avec le même résultat ! Je dois tellement de choses à Kingston Hill. Il n’était peut-être pas flashy, il n’a peut-être pas été aussi impressionnant que certains, mais il n’est jamais passé à côté : il a gagné le St. Leger, il a terminé deuxième du Derby et quatrième de l’”Arc.” Il aura toujours une place dans nos cœurs. » Les rêves de gloire de Roger Varian dans l’Arc ont peut-être, simplement, été reportés jusqu’au 2 octobre 2016… n

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

RogerandVarian Postp oned R

acehorses are fragile creatures at best, both mentally and physically. Yet, while most have a kink in them somewhere, Postponed ticks every box in the manual. Unbeaten in four races since owner Sheikh Mohammed Obaid Al-Maktoum moved the horse along with 39 others last September from Luca Cumani’s stable to his Newmarket neighbour Roger Varian, Postponed has the perfect blend of speed and stamina and the ability to be equally effective on fast or easy ground. “Ideally, I’d like the going at Chantilly to be the same as it was at Longchamp the last two years. When it rides fast he can use his terrific burst of acceleration,” says 37-year-old Varian, who has come a long way since his first full-time job as a teenager making pizza at a restaurant while on a placement in California. “It was that change of pace between the three and two furlong poles which was so impressive in the Juddmonte International. He has a big engine and a high cruising speed, and his gear-change won him the race,” he says. His nine victories have come on seven different tracks, including Longchamp, which proves his versatility, but Varian, quiet and unassuming, who has earned the nickname Mr Nice Guy, does not regard the switch of Europe’s richest race to Chantilly as a problem. Acknowledging how privileged he is to have Postponed, who, besides York, has won two other Group 1s since he joined him, the Sheema Classic in Dubai and the Coronation Cup at Epsom, Varian described his stable star as, “the ultimate professional who has the most level heartbeat of any horse I have known. “He’s good-looking and he knows it. He’s normally placid, but before a race it’s as if he’s read the newspapers. He becomes more of a handful and he’ll be like a lion when you try to get his tack on. He knows what’s coming up and he’s raring to go.” Postponed, the highest-rated turf horse in the world, was denied the chance to defend his King George VI

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and Queen Elizabeth crown at Ascot in July when he went down with a respiratory infection just days before the race. Varian and his team worked around the clock to get him right for the Juddmonte. “A fortnight before, I feared that time would beat us,” recalls Varian. Although he was concerned over the well-being of his charges on the run up to York, he’s not a man to worry unduly. Varian’s philosophy is understandable. Six years ago his brother Chris was tragically murdered by a migrant worker with a history of mental illness. Chris was only 32. His death puts everything into perspective for Roger, who is a fervent family man and a father of two. “When I think what happened to Chris everything else seems trivial, so if we have a bad day at the races I remind myself that I have been through a lot worse. Losing Chris gave me the inspiration to push on,” he says. Varian is already looking forward to training Postponed as a six-year-old, having been told by owner Sheikh Obaid that he wants to start 2017 by retaining his Sheema Classic title at Meydan Racecourse in Dubai in March. “From day one I’ve found the owner easy to work with and very supportive. He made it clear that his horses were leaving Luca Cumani and that if I didn’t take them, someone else would. It was a wonderful opportunity for us, although it was a loss for Luca. I went to see him before they arrived and he was very good about it.” Sardinian-born jockey, Andrea Atzeni, who has struck up such an excellent rapport with Varian and Postponed, has no doubt that Postponed has what it takes to win the Arc. He said: “He’s a machine – a proper racehorse who travels well and can quicken up. You can put him anywhere in a race, and all he wants to do is please you.” Rarely does a day go by at Kremlin House Stables when Varian does not think of his mentor, the equally popular Michael Jarvis, with whom he was assistant for 10 years before taking over the reins, following his death in 2011. Roger would love to emulate Michael, who

landed his most prestigious winner when Mick Kinane steered the mud-loving Carroll House to victory in the 1989 Arc. Varian says: “The Arc is one of the greatest races in the world, and winning it would be a dream come true. Michael did a rain dance for Carroll House and the heavens opened in time, but our hopes for something similar for Kingston Hill two years ago were soon dashed. “However, despite good to firm ground yet again, Kingston Hill ran a magnificent race from a wide draw


By Geoff Lester CI-DESSOUS : Andrea Atzeni et Postponed volent vers la victoire dans la Coronation Cup en juin à Epsom.

CI-CONTRE : L’entraîneur Roger Varian et le jockey Andrea Atzeni lèvent ensemble le trophée du St Leger, après la victoire de Kingston Hill en 2014. Trainer Roger Varian and jockey Andrea Atzeni hold the trophy after winning the 2014 St Leger Stakes with Kingston Hill. ABOVE : Andrea Atzeni and Postponed cruise to victory in the Coronation Cup at Epsom in June.

to finish fourth, and Andrea rode a similar race to Frankie Dettori’s win on Golden Horn in the Arc last year but, sadly, not with the same result. “I owe Kingston Hill so much. He wasn’t a flashy individual and never had the wow factor, but he did little wrong, winning the St Leger, finishing second in a Derby and fourth in an Arc, and he will always have a place in our hearts.” Perhaps Varian’s hopes of Arc glory are simply Postponed. n

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

FOUND PEUT ENFIN TROUVER LA CÉLÉBRITÉ ET LA GLOIRE’ DANS L’“ARC”

Found montre sa classe en gagnant le Breeders’ Cup Turf, battant au passage un certain Golden Horn, venant d’être élu meilleur cheval Européen de l’annee 2015 ! Found shows her class as she outruns 2015 ‘Arc’ winner and European Horse of the Year, Golden Horn, to win last year’s Breeders Cup Turf.

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Par Geoff Lester

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epuis sa victoire dans le Prix Marcel Boussac à Longchamp, le jour de l’”Arc” 2014, Found n’a remporté qu’un seul Groupe 1 : c’était en Amérique. Ce jour-là, elle est devenue la première pouliche de 3 ans à gagner le Breeders’ Cup Turf… battant au passage un certain Golden Horn, qui venait d’être élu Meilleur cheval européen de l’année 2015 ! Mais bien qu’elle ait plus souvent fini placée que gagnante au plus haut niveau (ce qui lui a valu le surnom d’éternelle demoiselle d’honneur, en référence à ses accessits… d’honneur), ce serait une erreur de négliger la candidature de Found dans l”’Arc,” car elle est hyper-régulière. De plus, Aidan O’Brien traverse une superbe période de forme depuis cet été. C’est formidable, de la part de Found, d’être montée sur le podium à cinq reprises cette saison, même si elle a dû, à chaque fois, se contenter d’une médaille d’argent. Depuis juillet, elle a notamment été très malchanceuse dans les «King George» à Royal Ascot, lorsqu’elle a attaqué Postponed, puis elle a subi la brillante pointe de vitesse finale d’Almanzor dans les Irish Champion Stakes, à Leopardstown. Déjà, au printemps 2015, Dame Fortune l’avait délaissée dans les courses classiques : Found avait terminé à la deuxième place dans les 1.000 Guinées anglaises, les Coronation Stakes et les Champion Stakes anglais et irlandais ! Cela dit, le fait qu’elle ait terminé, tant de fois, si cruellement près du

succès lui a tout de même permis d’amasser près de 2,5 millions de livres de gains. Aidan O’Brien pense que Found peut améliorer sa neuvième place de l’Arc millésime 2015, dans une course où – à la cote de 28/1 – elle a rencontré plus de problèmes de trafic que vous n’en trouverez à l’heure de pointe sur le périphérique ! L’entraîneur a confié : « Almanzor m’a fait l’impression d’être un excellent 3 ans lorsque je l’ai vu à Leopardstown. Ce n’est donc pas une honte de finir à la deuxième place, en étant devancé de trois quarts de longueur par un cheval comme lui. » « C’est certain, Found n’a pas eu de chance dans l”’Arc,” l’an dernier. Elle a tiré un mauvais numéro dans les boîtes de départ, donc elle a dû faire beaucoup d’efforts dans le tournant final, mais elle est entrée dans la ligne droite pleine de gaz… avant d’être arrêtée à deux reprises dans sa progression, à chaque fois qu’elle accélérait. Dès le début de l’année, nous nous sommes fixé deux objectifs avec Found : Chantilly (l”’Arc,” ) et Santa Anita (Breeders’ Cup). » « Nous n’avons pas été étonnés que notre gagnante des Irish Oaks, Seventh Heaven, batte Found dans les Yorkshire Oaks. Nous avions laissé un temps de repos à Found après Royal Ascot et elle n’était pas encore revenue à son top de forme. Sa récente tentative à Leopardstown lui a certainement permis de monter en condition. Found est donc exactement dans l’état de forme que nous voulions à la veille de l”’Arc.”  » Sur la foi de sa victoire face à Golden Horn à Keeneland, après que le 3 ans de John Gosden

a gagné le Derby d’Epsom et triomphé dans l”’Arc,” à Longchamp, Found est parfaitement capable de briller à Chantilly. Plus le terrain va sécher, plus ses chances seront grandes de prouver qu’elle est vraiment une pouliche de classe mondiale qui possède une accélération finale puissante, et qu’elle est en mesure de gagner l”’Arc.” O’Brien a ajouté : « Gagner le «Marcel Boussac» a propulsé Found en haut du classement des meilleures pouliches de 2 ans en Europe. Cela ne m’a pas surpris car, dans le «Marcel Boussac», elle avait battu Ervedya, qui a enchaîné l’année suivante des succès dans la Poule d’Essai des Pouliches, les Coronation Stakes et le Prix du Moulin de Longchamp. » « Elle a été une star pour notre équipe de Ballydoyle depuis trois saisons maintenant, et nous allons tous être tristes quand il sera temps pour elle d’entrer au haras. Mais que nous allions courir en Californie, ou pas, début novembre, ce serait une émotion énorme – et une récompense bien méritée – si elle pouvait gagner l’Arc au préalable, car c’est l’une des plus grandes courses du monde. » n

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

By Geoff Lester

Found gagne le Prix Marcel Boussac 2014. Found wins the 2014 Prix Marcel Boussac.

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ince winning the Prix Marcel Boussac at Longchamp on Arc Day in 2014 Found’s only Group 1 success was gained in America, where in becoming the first ever three-year-old filly to win the Breeders Cup Turf she took the scalp of Golden Horn, Europe’s Horse of the Year last season. However, such has been the incredible winning spree that Aidan O’Brien has enjoyed this summer that when seeking the winner of the Qatar Prix de l’Arc de Triomphe we would be foolish to ignore the ultra-consistent Found, who has earned the nickname of “the eternal bridesmaid.” Remarkably, Found has made it onto the podium on five occasions this season and each time she has had to settle for a silver medal. She was desperately unlucky at Royal Ascot having also come up against Postponed in the Coronation Cup at Epsom and then the lightning fast finishing Almanzor in the Irish Champion Stakes at Leopardstown. Lady Luck had also deserted her in her classic season last year when she was runner-up in the English 1,000 Guineas, the Coronation Stakes and both the English and Irish Champion Stakes. So, while Found has only twice struck gold when taking on the best in the business the fact that she has come so agonisingly close so many times means she has amassed almost £2.5m in prize money.

FOUND CAN FINALLY FIND FAME AND ARC GLORY Aidan O’Brien, confident that Found can improve on last year’s ninth place when starting at 28-1 she encountered more traffic problems than you’ll meet in the rush-hour on the peripherique, said: “Almanzor looked a very smart three-year-old at Leopardstown, so it was no disgrace to be beaten three parts of a length into second place. “She certainly didn’t get the rub of the green in last year’s Arc. She was dropped out from a wide draw, so still had plenty to do turning into the straight, but she came there full of running, only to be stopped in her tracks twice when making a run. We set our stall out at the start of the season with Chantilly and Santa Anita as Found’s two main targets. “We weren’t surprised when our Irish Oaks winner Seventh Heaven beat her in the Yorkshire Oaks as she had been given a break since Royal Ascot and was not fully tuned up. Leopardstown was definitely an improvement so Found is just where we want her to be going into the Arc.” Having beaten Golden

Horn by half a length at Keeneland, following the John Gosden-trained three-year-old’s Epsom Derby victory and subsequent sublime triumph in the Arc at Longchamp, Found is perfectly positioned to shine at Chantilly. The more the ground dries up the greater the opportunity she has to prove she really is a world-class filly who possesses a potent finishing kick, and capable of winning the Arc. O’Brien added: “Winning the Marcel Boussac put Found in the same bracket as the top-ranked juvenile fillies in Europe. It came as no surprise as she beat Ervedya that day, and she came back the following season and won the Poule d’Essai des Pouliches, the Coronation Stakes and the Prix Moulin. “She has been a star for the Ballydoyle team for three seasons now, and we’ll all be sad when it’s time for her to go the paddocks. But whether we go on to California or not, it would be a huge thrill – and thoroughly deserved – if she could win the Arc, which is one of the greatest races on the globe.” n

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

Makahiki, vainqueur du Japan Derby 2016. Makahiki, nearest rails in blue and yellow silks wins 2016 Japan Derby.

Makahiki et Christophe Lemaire visent une première pour le Japon Kaneko Makoto Né le 15 mars 1945, Kaneko Makoto est l’un des grands hommes d’affaires du Japon. Il est le président-directeur général de Zuken Inc., une entreprise spécialisée dans l’ingénierie électronique. Les couleurs de sa casaque sont d’ailleurs les couleurs du logo de l’entreprise : bleu, jaune et noir. Kaneko Makoto est l’un des plus grands propriétaires et éleveurs de chevaux de course au Japon, derrière la toute puissante famille Yoshida (Shadai et Northern Farm). Son représentant le plus connu a été le crack Deep Impact, gagnant de sept Grs1 : Triple couronne japonaise (2.000 Guinées, Derby, St Leger), Japan Cup, Tenno Sho-printemps, et les très importants Takarazuka Kinen et Arima Kinen. Deep Impact a

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été le premier partant de Kaneko Makoto dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, en 2006. Grand favori de l’épreuve, il avait conclu troisième après un mauvais parcours. Outre la défaite de son champion, Kaneko Makoto a dû garder un goût amer de cette expérience. Deep Impact a été disqualifié quelques semaines plus tard, suite à un contrôle positif, ayant connu des problèmes respiratoires avant la course. Il est depuis devenu l’étalon le plus influent au Japon. Avec Makahiki, Kaneko Makoto revient pour la première fois en France après cette mauvaise expérience. Les couleurs de Kaneko Makoto ont également brillé avec King Kamehameha, qui resta jusqu’en 2015 le codétenteur du record du Derby japonais avec Deep Impact. Il est aussi


Par Adeline GOMBAUD

devenu l’un des meilleurs étalons japonais. Citons aussi la championne Apapane, gagnante de la Triple couronne des pouliches en 2010.

Yasuo Tomomichi Âgé de quarante-trois ans, Yasuo Tomomichi est installé comme entraîneur depuis quinze ans à Ritto. Cette ville est en quelque sorte la capitale du cheval au Japon : on y trouve le centre d’entraînement appartenant à la Japan Racing Association et c’est à Ritto qu’est né le jockey Yutaka Take, légende des courses japonaises et véritable star dans son pays. Avant de s’installer comme entraîneur, Yasuo Tomomichi a été l’assistant de Kunihide Matsuda. Ce dernier a été l’un des topentraîneurs au Japon. Il a notamment eu sous sa responsabilité King Kamehameha, représentant de Kaneko Makoto tout comme Makahiki. Kunihide Matsuda fut aussi l’entraîneur de Daïwa Scarlet, une jument qui a remporté l’Arima Kinen, l’une des plus importantes courses du calendrier japonais. Elle avait aussi battu la championne Vodka dans les 1.000 Guinées, encore catégorisées comme Gr1 local à l’époque. Yasuo Tomomichi a remporté en tout six Grs1 au Japon, avec Verxina, Clarity Sky ou encore Admire Jupiter. Makahiki lui a offert un premier succès dans le Derby japonais, une des courses les plus populaires et prestigieuses au Japon. Ce sera aussi son premier partant en dehors de son pays et, peut-être, le meilleur cheval qu’il ait eu sous son entraînement.

Christophe Lemaire Né le 20 mai 1979, Christophe Lemaire est le plus français des jockeys japonais. Il a obtenu une licence permanente au Japon au début de l’année 2015 et s’est donc installé là-bas, intégrant d’emblée le top 5 des meilleurs jockeys japonais. Christophe Lemaire connaissait bien le pays pour y avoir passé ses hivers depuis 2002. Il est d’ailleurs le seul jockey à avoir battu, au Japon, le crack Deep Impact. C’était le 25 décembre 2005 dans l’Arima Kinen, en selle sur Heart’s Cry. Il a été le premier jockey de Son Altesse l’Aga Khan de 2010 à 2013 et premier jockey de Gérard AugustinNormand de 2011 à mi-2012. Christophe Lemaire n’a pas été formé à l’école des jockeys. Il a commencé à monter en course en tant que gentleman-rider, c’est-à-dire en amateur. Il obtient sa licence de jockey en 1999 et décroche sa première victoire de Gr1 en 2003, remportant le Prix Jean Prat puis le Grand Prix de Paris avec Vespone. En France, Christophe Lemaire a été victorieux à trois reprises dans le Prix de Diane, avec la championne Divine Proportions

Makahiki effectue un galop d’entraînement préparatoire à l’”Arc,” le mois dernier à Chantilly. Makahiki at work on the gallops at Chantilly last month in preparation for the ‘Arc.’

(en 2005), Stacelita (en 2009), ainsi que Sarafina (en 2010). Il compte aussi plusieurs victoires de Gr1 en Angleterre, notamment les 1.000 Guinées avec Natagora (en 2008) et les 2.000 Guinées avec Makfi (en 2010). Christophe Lemaire a aussi remporté la plus grande course australienne, le Melbourne Cup, en 2011, avec Dunaden. Le jockey a aussi remporté des Grs1 aux États-Unis, à Hongkong et à Dubaï. Il tentera de remporter le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe pour la première fois avec Makahiki.

Makahiki Onze chevaux japonais avaient été engagés dans le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe 2016. Seul Makahiki effectuera le déplacement, mais il n’est pas le premier venu. Il a été sacré meilleur 3ans japonais en enlevant, le 29 mai dernier, le Tokyo Yushun-Derby japonais. Avant cette course, il avait rencontré la première défaite de sa carrière en concluant deuxième du Satsuki Sho-2.000 Guinées. La course était remportée

par Dee Majesty, mais Makahiki y faisait une très forte impression. Il concluait en boulet de canon en pleine piste, tout en ayant trop de chemin à refaire sur le gagnant. Makahiki compte quatre victoires en cinq sorties au Japon, dont un Gr1, un Gr2 et une Listed dès sa deuxième course. Ce n’est pas un grand poulain mais il est harmonieux, ressemblant assez à son père, le champion Deep Impact. Dans un parcours, il est assez facile, doté d’une belle pointe de vitesse. Makahiki a été élevé par son propriétaire, Kaneko Makoto. Il lui a offert une troisième victoire dans le Derby japonais, après King Kamehameha en 2004 et Deep Impact en 2005. Kaneko Makoto a d’ailleurs comparé Makahiki à ses deux champions après sa victoire dans le Derby, déclarant que le poulain lui rappelait Deep Impact en piste, avec le calme de King Kamehameha dans l’avant et l’après course. Ce dimanche 2 octobre, Makahiki va relever son plus grand défi : offrir, pour la première fois de l’histoire, le Qatar Prix de l’Arc de Triomphe au Japon, et ainsi briser le sort. n

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

Christophe Lemaire et Makahiki remportent, le 11 septembre dernier, le Qatar Prix Niel, course préparatoire au Qatar Prix de l’Arc de Triomphe. Christophe Lemaire and Japan Arc hopeful Makahiki cruise past Midterm and Doha Dream to win the Prix Niel at Chantilly on Arc Trials Day last month.

K

aneko Makoto, owner of Japan’s Qatar Prix de l’Arc de Triomphe hopeful, Makahiki, has become one of the biggest businessmen in Japan as CEO of Zucen Inc, specialists in electronic engineering. His racing silks are the colours of his company logo – a striking blue, yellow and black. He is one of the biggest owners and breeders of racehorses in Japan, and the force behind the powerful Yoshida family’s Shadai and Northern Farm. His most successful racehorse, Deep Impact, won seven Group 1 races and finished a fighting third in the 2006 Prix de l’Arc de Triomphe. Deep Impact was Kaneko Makoto’s first runner in the Arc and started a clear favourite but was subsequently disqualified a few weeks later after a postive test, caused by a breathing problem he suffered before the race. Since then he has become the most influencial stallion in Japan. Now, one of his progeny, Makahiki, has been brought back to France by Makoto, hoping to make up for Deep Impact’s disqualification, and finally win a first Arc for Japan. Makoto’s colours have also been carried successfully by King Kamehameha, which won the 2015 Japan Derby, equalling Deep Impact’s record time. He also went on to become one

Makahiki and Lemaire aiming for Japan First of the best stallions in Japan. Makahiki’s trainer, Yaso Tomomichi, aged 43, is one of Japan’s most successful trainers in Ritto, the HQ of horseracing in Japan, home of the Japan Racing Association’s training centre and birthplace of Yutake Take, Japan’s most famous jockey. Tomomichi was assistant to Kunihide Matsuda, previously one of Japan’s leading trainers, who handled King Kamehameha, as well as Makahiki. Matsuda also trained Daïwa Scarlet, a filly who won the prestigious Arima Kinen. She also beat the champion Vodka in the 1.000 Guineas, then a Group1 race. Tomomichi has trained six Group 1 winners with Verxina, Clarity Sky and Admire Jupiter plus Makahiki, who became his first triumphe in the Japan Derby in May this year. Makahiki’s jockey in the Qatar Prix de l’Arc de Triomphe, Christophe-Patrice Lemaire has the strongest Japanese connection of all French jockeys. He obtained a permanent jockey’s licence in Japan at the beginning of last year and quickly joined the top five jockeys in the country.

Lemaire is a frequent visitor to Japan and had been spending his winters there since 2002. In a bid to break the sequence of near misses by Japanese horses in the Arc, it was decided that Makahiki should be ridden in the Arc by a French jockey who was familiar with riding in the Great Race. With his Japanese connections, Lemaire was the obvious choice. In a slowly run race at the Arc Trials at Chantilly three weeks ago Lemaire produced Makahiki at just the right moment to ease past Midterm and Doha Dream for a comfortable victory in the Group 2 Prix Niel. Makahiki has been working on the Chantilly gallops since early August. Back in Japan he had won four of his five races with the Japan Derby his first Group 1 success. The three-year-old shows a distinct resemblance to Deep Impact and if Makahiki can do what no other Japanese horse has been able to do and win the Arc, the cheers may be heard all the way to the Land of the Rising Sun. n

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WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

Suave Dancer a remporté l’”Arc’’ en 1991, monté par Cash Asmussen (au centre) pour les couleurs d’Henri Chalhoub (à droite) et sous l’entraînement de John Hammond (à l’arrière-plan, à droite). Cash Asmussen unsaddles Suave Dancer in the Longchamp paddock after winning the 1991 Arc as trainer John Hammond (second from the right) looks on.

Des Prix de l’Arc de Triomphe mémorables Mill Reef 1971

Suave Dancer 1991

Pour beaucoup, surtout côté britannique, Mill Reef est le plus grand gagnant de l’”Arc” (les Français lui préfèrent Sea Bird). La même année, il est vrai qu’il a remporté le Derby d’Epsom, les Eclipse Stakes et les King George avant son couronnement à Longchamp. Une des clés de son succès de l’”Arc” a tenu dans la préparation du voyage d’Angleterre en France… Son entraîneur Ian Balding savait qu’il existait, non loin de ses écuries, une piste d’aviation et que s’il pouvait l’utiliser, il réduirait considérablement le temps de transport de son cheval et par conséquent sa fatigue. Malheureusement, la piste en question faisait partie d’une base aérienne militaire américaine. Ian se souvient aujourd’hui encore de la façon dont il avait tenté d’amadouer les Américains : « Ils avaient du mal à comprendre les raisons pour lesquelles on devait voyager aussi loin «juste pour faire courir un cheval». Ils ont été surpris quand je leur ai expliqué que le cheval était assuré pour beaucoup plus d’argent que l’un de leurs avions. » Malgré ces arguments de bon sens, les négociations furent longues et la correspondance entre Ian Balding et les militaires américains pèse plus de 5 kilos ! Cela en valait la peine, puisque Mill Reef est entré dans l’histoire de l’”Arc “en signant une performance hors du commun.

Suave Dancer était si doué qu’on lui a construit une statue à Longchamp. En 1991, il avait déjà gagné le Prix du Jockey Club et les Irish Champion Stakes lorsqu’il se présenta au départ de l’”Arc.” On comprend pourquoi son succès ne fut pas une surprise. Ce qui est plus surprenant, c’est que cette victoire reste la seule de Cash Asmussen dans l’Arc. Pourtant, le célèbre jockey américain a été cinq fois Cravache d’Or en France entre 1985 et 1990… et a remporté plus de 3.000 courses partout dans le monde. En selle, Cash était un styliste suprême. Sa priorité absolue était de s’assurer que son cheval était bien équilibré, bien en ligne, avant de lui demander l’effort maximal. A cette lumière, Suave Dancer et Cash formaient un couple parfait et c’était un bonheur de les voir en action dans la ligne droite. Hasard amusant : Suave Dancer avait initialement été acheté dans une vente aux enchères publiques par le père de Cash (Keith) Asmussen.

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Par Rowland Seeds

Mill Reef Rail Link 2006

Youmzain 2007-2008-2009

Le plus facile, pour parler de l’édition 2006 du Prix de l’Arc de Triomphe, c’est de dire que Rail Link a apporté à l’entraîneur français André Fabre une septième victoire dans la plus grande course du monde – un record qui tient plus que jamais. Pourtant, tous ceux qui ont vécu l’Arc 2006 s’en souviendront toujours comme de ce dimanche où les Japonais ont investi Longchamp. Aucun cheval n’a porté les espoirs d’une nation, avec toute la pression que cela implique, comme Deep Impact l’a fait en cet après-midi d’octobre. Le champion avait attiré des milliers de supporters. Partout, ce n’était que foulards, drapeaux et bannières au nom du crack ou à l’effigie du Soleil levant. Les fans se pressaient autour du rond de présentation pour obtenir un cliché de leur héros. Au betting, sa cote était à peine croyable : 1,5/1 ! Tant de personnes l’avaient joué… Pas pour encaisser un gain de 50 centimes par euro joué ; non : pour pouvoir rapporter le ticket PMU au Japon, comme le souvenir, la preuve, de ce jour historique où le turf nippon allait enfin triompher dans sa course étrangère préférée. Hélas, tout cela fut vain, car Deep Impact conclut troisième seulement, battu de moins d’une longueur. Plus tard, on apprit qu’il avait souffert d’une maladie pendant sa préparation à la course. Il fut d’ailleurs disqualifié de sa troisième place lorsque l’on trouva dans son organisme d’infimes traces du médicament avec lequel on l’avait soigné. Sans se décourager, le défi japonais continue et il peut être relevé cette année par Makahiki, un jeune champion fils de… Deep Impact ! En effet, après avoir été un des meilleurs chevaux de course du monde, Deep Impact est devenu l’un des étalons les plus influents de la planète.

Certes, Youmzain n’est pas sur la liste des gagnants de l’”Arc” célèbres… mais il mérite vraiment une mention spéciale pour avoir plusieurs fois échoué d’un rien dans sa quête du Graal ! Entraîné par l’ancien footballeur international anglais Mick Channon, il a d’abord fini deuxième en 2007, battu d’une tête, sous la selle de Richard Hughes. Puis il a retenté sa chance en 2008, monté cette fois par Richard Hills… terminant une nouvelle fois deuxième, devancé par l’imbattable Zarkava, la championne de Son Altesse l’Aga Khan. Pas de chance ! Imperturbable, l’année suivante, il est encore au départ de l’Arc. A l’occasion, il est monté par Kieren Fallon… ce même Fallon qui montait Dylan Thomas lorsqu’il a privé Youmzain d’une victoire dans l’Arc en 2007 ! L’entourage de Youmzain y croit : « On ne va tout de même pas tomber sur un os chaque année ?! » Las : 2009 sacre le crack Sea the Stars, un des plus grands champions des dernières décennies. Youmzain finit donc, pour la troisième fois consécutive, à la deuxième place de l’Arc. Acheté 30.000 Guinées seulement, il aura gagné plus de 4 millions d’euros en course (3,4M£), mais n’aura jamais imité son père Sinndar, lauréat de l’Arc en 2000.

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Le pur sang existe parce que sa sélection repose, non pas sur l’avis d’experts, de techniciens ou de zoologistes, mais sur la lecture d’un journal quotidien : Jour de Galop.

Federico Tesio

www.jourdegalop.com


WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

By Rowland Seeds

Looking back on some of the Prix de l’Arc de Triomphe’s epic encounters Mill Reef 1971

Rail Link 2006

Youmzain 2007-2009:

Universally acclaimed as perhaps the greatest ever winner of the Arc, the magnificent Mill Reef had already won the Epsom Derby, the Eclipse Stakes and the King George VI and Queen Elizabeth Stakes that year before his crowning glory at Longchamp. Key to his success was the preparation for the race. Trainer Ian Balding devised a means of minimising any possible side effects of travelling from England to France. There was an airstrip close to the Balding stables that could cut travelling time considerably. Unfortunately, it formed part of a USA secured military airbase. Ian recalls his initial approach to the Americans. “They were puzzled as to why it was necessary to go to such lengths to transport ‘just a horse’ and were taken aback when I explained that the horse was insured for far more money than any of their aeroplanes were worth,” he said. Nevertheless, it took lengthy negotiations and the correspondence involved weighed over 10 lb. But it was worth the effort. Mill Reef travelled in style int the air and on the course and entered the  Arc  history books with a sensational performance.

Surely on this day the talking point must have been Andre Fabre’s seventh Arc winner, a record that still stands today. Yet anyone who witnessed the 2006 Arc will always remember it as the day the Japanese truly arrived at Longchamp. No horse has carried the burden and the hopes of a nation like Deep Impact did that afternoon. He started favourite at a scarcely-believable 1.5 on the PMU and enticed many thousands of Japanese racing fans to the course. Wearing scarves bearing his name, carrying Rising Sun flags and banners they crowded round the paddock to get a glimpse of their hero. The PMU tickets were never meant to be cashed but to be taken home as souvenirs of the day Japan finally won the Arc. Alas, it was a futile exercise as Deep Impact finished third, beaten less than a length. It transpired the horse had suffered an illness whilst preparing for the race and was subsequently disqualified after traces of the medication were found in his system. Undeterred, the Japanese challenge continues. It would be fitting if the goal is achieved through Makahiki, a prodigy of the super stallion and former top class racehorse Deep Impact .

Youmzain may not be not on the list of famous Arc winners but he truly deserves a distinct honourable mention for his numerous near misses at Arc glory. Having finished runner-up by a head in 2007 behind the Kieren Fallon-ridden and Aidan O’Brien-trained Dylan Thomas (pictured below), Youmzain, ridden by Richard Hughes and trained by ex-England footballer Mick Channon, took his chance again in 2008. This time, ridden by Richard Hills, he was unfortunate to find the Aga Khan’s  unbeaten – and unbeatable – filly Zarkava in his way. Second spot again for Youmzain. Undaunted, the following year he made another tilt at the Arc. Kieren Fallon, who denied Youmzain victory in 2007, was entrusted with the task of getting Youmzain first past the post Surely, they would not meet another horse too good for the third year running. Step forward Sea The Stars to spoil the party. Youmzain, who cost just 30,000 guineas and won over three million pounds in prize money, retired having been so close and yet so far from emulating his sire, Sinndar, in winning the Great Race .

Suave Dancer 1991 He was such a good horse they even made a statue of him at Longchamp Racecourse. I guess that winning the Arc so convincingly, having already won the Prix du Jockey Club and the Irish Champion Stakes, was not such a big surprise. More surprising, was that the 1991 Great Race was the only Arc to be won by his jockey, the illustrious American-born Cash (Brian) Asmussen, who was champion jockey in France five times between 1985 and 1990. The likeable Asmussen was universally renowned as a supreme stylist in the saddle and won more than 3,000 races worldwide. Cash’s first priority was to ensure that the horse was balanced and relaxed before asking for the maximum effort – and getting it. Suave Dancer suited Cash perfectly and their partnership was a joy to watch. Coincidentally, the horse was originally bought at the sales by the jockey’s father, Keith.

Youmzain 79


WEEK-END DU 95ÈME QATAR PRIX DE L’ARC DE TRIOMPHE

Par Adeline Gombaud et Adrien Cugnassee

Les pur sang arabes à l’honneur dans la Qatar Arabian World Cup Les pur-sang arabes seront également à l’honneur ce dimanche à Chantilly. Ils se mesureront dans la Qatar Arabian World Cup, considérée comme l’»Arc» des chevaux arabes. L’an dernier, c’est le champion Al Mourtajez qui s’était imposé… Il porte les couleurs qataries d’Al Shaqab Racing et est entraîné par Thomas Fourcy, un jeune entraîneur installé à Royan-La Palmyre. Al Mourtajez domine les chevaux de sa race sans partage depuis de longs mois. Cet été, il a déjà gagné les Qatar International Stakes à Goodwood, qui est la première étape de la Qatar Arabian Triple Crown (Triple Couronne des pursang arabes sponsorisée par le Qatar) : s’il gagne la seconde étape, la Qatar Arabian World Cup, et la troisième, l’Emir’s Sword, disputée à Doha en mars 2017, il empochera un bonus d’un million de dollars ! Les courses modernes doivent beaucoup à la culture du cheval arabe. Ce sont en effet les Arabes qui ont inventé l’étrier et appliqué le concept de généalogie à la sélection des chevaux. Avant de devenir des acteurs importants des courses en Europe, au début du siècle dernier,

certains membres de la dynastie des Aga Khan ont longtemps fait courir des chevaux arabes en Inde. Plus près de nous, certains des investisseurs les plus importants de la filière du pur-sang anglais en France ont commencé avec les chevaux arabes. C’est notamment le cas de la famille Al Thani. Plusieurs centaines de chevaux arabes – mâles et femelles – ont participé à la création du pursang anglais. Ils constituent la base du stud-book. Par la voie mâle, tous les pur-sang anglais sont issus en droite ligne de trois étalons fondateurs importés en Angleterre depuis le Moyen-Orient à la fin du XVIIe siècle. Ces étalons s’appelaient Byerley Turk, Darley Arabian et Godolphin Arabian. Ils ont été croisés à des juments anglaises, et désormais, le pedigree de chaque pur-sang anglais peut être remonté jusqu’à ces fondateurs. Julien Augé, H.H. cheikh Abdullah Bin Khalifa Al Thani et Le cheikh Mohammed Al Maktoum, l’un des H.H. cheikh Joaan Bin Hamad Al Thani lors de la victoire plus grands propriétaires actuels, a donné le nom d’Al Mourtajez dans la Qatar Arabian World Cup 2015. de Darley à son opération d’élevage, et celui de Godolphin à son écurie de course, pour rendre Julien Augé, H.H. Sheikh Abdullah Bin Khalifa Al Thani and H.H. Sheikh Joaan Bin Hamad Al Thani after the victory of hommage à ces étalons qui ont marqué les Al Mourtajez in the 2015 Qatar Arabian World Cup. courses. n

Purebred Arabians honoured in the Qatar Arabian World Cup The Purebred Arabians will also be on show this Sunday at Chantilly. They will line up in the Qatar Arabian World Cup, considered to be the equivalant of the ‘Arc’ for Arabian horses. Last year, the champion Al Mourtajez won. He carries the colours of the Qatari Al Shaqab Racing again and is trained by Thomas Fourcy, a young trainer from Royan-La Palmyre. Al Mourtajez has been overshadowing his fellow horses for several months now. This summer, he won the Qatar International Stakes at Goodwood, the first leg of the Qatar Arabian Triple Crown. If he wins the second leg, the Qatar Arabian World Cup, and the third, the Emir’s Sword run at Doha in March 2017, he will pocket a bonus of a million dollars! Modern racing owes a lot to the culture of the Arabian horse. It was the Arabs who invented the stirrup and applied the concept of genealogy in the selection of their horses. Before becoming some of the main players in European racing, at the beginning of the last century the dynasty of His Highness the Aga Khan has been running Arabian horses in India for a long time. Closer to us, some of the most influential investors in thoroughbred racing in France started with Arab horses. This is notably the case with Qatar’s Al Thani family. Several hundred Arab horses – male and female – helped create the English thoroughbred. They are the foundation of the stud-book. On the male line, all English thoroughbreds come from a

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direct line to three founding stallions imported to England from the Middle East at the end of the XVII century. These stallions are called the Byerley Turk, Darley Arabian and Godolphin Arabian. They were bred with English mares, and now the pedigree of each thoroughbred can be traced back to these foundation stallions. Sheikh Mohammed Al Maktoum, Ruler of Dubai, UAE, one of the biggest horseracing owners of modern times, gave the name Darley to his breeding operation, and Godolphin to his racing stable, to pay tribute to these stallions who created the breed. n


THE ROYAL CAVALRY OF OMAN

© Scoopdyga

Is pleased to share with you the success of :

ALSAKER

(Af Albahar x Jakkarta by Kesberoy)

Winner of the Qatar Derby des Pur-Sang Arabes de 4 ans (Gr1 PA) For 4 years old arabian racehorses, 10 furlongs June 19th 2016, Chantilly racecourse ALSAKER (bought privately by the French Bloodstock Agency for the Royal Cavalry of Oman) Jean-Pierre DEROUBAIX : +33 (0)6 07 52 38 84 - bloodstock@orange.fr Anne-Sophie YOH : +33 (0)6 85 16 14 99 - as.yoh@fba.fr


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