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« Urgence Enfants d’Haïti » / p 6-9

Villages de joie mars 2010 / n° 212 / 2 €

LA REVUE DES DONATEURS

Pour que frères et sœurs partagent la même enfance

DOSSIER

Maltraitances à enfant : de graves conséquences sur la santé Négligences éducatives ou affectives, violences physiques ou psychologiques, abus sexuels, les maltraitances à enfant sont de natures et d’origines variées. Leurs conséquences sur la santé physique et psychologique, extrêmement dommageables, peuvent parfois même être irréversibles. État des lieux à l’occasion de la journée mondiale de la santé, le 7 avril prochain.

C

ombien d’enfants sont aujourd’hui victimes de maltraitances ? Selon les derniers chiffres connus de l’Observatoire départemental de l’action sociale

(Odas), 98 000 enfants ont fait l’objet d’un signalement en 2006, 19 000 d’entre eux pour maltraitance, les 79 000 autres étant considérés comme des enfants « en risque » (1). Les carences éducatives des parents sont à l’origine de 53 % de ces

signalements. « Globalement, le nombre de signalements a progressé de 18 % entre 1998 et 2006, soit plus fortement que le nombre de mineurs en France (+ 5 %), souligne Sandrine Dottori, chargée d’études sur la protection de l’enfance à l’Odas. Nous l’expliquons par la dégradation des situations socio-économiques des familles, la multiplication des sources de dangers intrafamiliaux et environnementaux, mais aussi par une sensibilité accrue des professionnels et du grand public qui alertent davantage les services sociaux et une amélioration constante du dispositif de repérage des enfants en danger. » Au total, l’Observatoire

lire p 2, 3 »


Le mot du président

DOSSIER

Ce numéro est le premier de cette année 2010. Une année nouvelle porte l’espoir d’une année meilleure. Or, dès le 12 janvier, la planète entière vibrait autour de l’actualité dramatique en Haïti. SOS Villages d’Enfants a très vite alerté l’opinion publique sur le sort des enfants isolés et mis en garde sur les risques de dérive. Fin janvier, l’association SOS Villages d’Enfants Haïti s’est vu confier aussitôt les 33 enfants réputés victimes d’enlèvement, accueillis au village d’enfants SOS de Santo, et s’est occupée de rechercher leur famille. C’est une reconnaissance importante par les autorités et les services sociaux haïtiens de la qualité du travail de SOS Villages d’Enfants implantée depuis 30 ans en Haïti. Les enfants sont en outre victimes parfois directement des agissements ou manquements des adultes à leur égard. À l’occasion de la journée mondiale de la santé du 7 avril prochain, Villages de joie a souhaité consacrer son dossier aux conséquences de ces négligences, violences, maltraitances physiques et psychologiques sur la santé des enfants. Nous croyons en notre mission, en la possibilité d’agir auprès des enfants pour leur apporter de meilleures conditions de vie. Certains d’entre vous ont d’ailleurs eu l’occasion de découvrir la réalité de notre action lors de rencontres en villages d’enfants SOS. Leurs témoignages, à lire dans notre rubrique En direct, sont précieux. Au nom des enfants, merci mille fois de votre accompagnement. P ierre PAS CAL

Villages de joie. Magazine édité par SOS Villages d’Enfants / 6, cité Monthiers - 75009 Paris / Tél : 01 55 07 25 25 / Président : Pierre Pascal / Viceprésidents : Jean-Pierre Rousselot et Michel Rémond / Directeur général et directeur de la publication : Gilles Paillard / Rédactrice en chef : Frédérique ClénetLécuyer / Impression sur papier recyclé : Groupe Maury imprimeur / Photos : Reinhard Winkler, Georg Willeit, Joris Lugtigheid, drfp/odilejacob, Robert Fleischanderl, www.alertnet.org, SOS Archives, François Pugnet/ Face to Face, Dominic Sansoni, SOS Villages d’Enfants, DR / Publication trimestrielle éditée par SOS Villages d’Enfants / Abonnement annuel : 8 €. Prix au numéro : 2 € / Commission paritaire : N° 0112 H 81095 – ISSN : 0243.6949 – Dépôt légal mars 2010 /// 2 / Villages de joie / MARS 2010 / N° 212 / www.sosve.org

• Les carences éducatives des parents sont à l’origine de 53 % des signalements d’enfants. •

national de l’enfance en danger (Oned) dénombrait pour la même année 2006 265 913 enfants de moins de 18 ans faisant l’objet d’au moins une mesure de prise en charge sur la France entière (2). Quatre grands types de maltraitances Les maltraitances ne sont pas toujours faciles à définir. Différentes études internationales tendent à les regrouper sous quatre grandes catégories, en référence à la nomenclature de l’OMS : les violences physiques, les abus sexuels, les négligences et les maltraitances psychologiques. Des catégories qui sont ensuite subdivisées plus ou moins finement selon le type d’études. Par exemple, l’Étude canadienne sur l’incidence des signalements de cas de violence et de négligence envers les enfants de 2003 (3), qui fait référence au plan international en termes de maltraitances, subdivise les négligences en huit sous-catégories : défaut de supervision menant à un préjudice physique (manque de surveillance ou de protec-

98 000 enfants

ont fait l’objet d’un signalement en 2006.

tion), défaut de supervision menant à des abus sexuels, attitude permissive à l’égard d’un comportement criminel, négligence physique du type alimentation inadéquate, vêtements inadaptés, conditions de vie dangereuses ou encore manque d’hygiène, négligence médicale, défaut de soins pour un traitement psychologique, abandon ou négligence éducative source d’un absentéisme chronique.

Ce qui est notable, c’est la part croissante des violences psychologiques : 18 % des enfants signalés en 2006 contre 9 % en 1998.

– SAND RINE D OTTORI, DE L’ODAS

Les violences psychologiques en nette progression Des définitions qui se recoupent parfois avec celle des violences psychologiques. « L’indifférence aux besoins émotionnels, aux besoins de santé se retrouvent également dans les différentes définitions de la maltraitance psychologique, souligne David Pioli, sociologue chargé d’études à l’Oned. S’ajoutent des éléments comme le rejet, l’humiliation, la menace, l’isolement, l’hostilité,


les exigences contradictoires ou encore les attentes disproportionnées au regard de l’âge et de la maturité de l’enfant. » « Ce qui est également notable, c’est la part croissante des violences psychologiques, poursuit Sandrine Dottori. 18 % des enfants signalés pour maltraitance étaient concernés en France en 2006 contre 9 % seulement en 1998. Et si l’on s’intéresse aux maltraitances de nature psychologique – négligences lourdes et violence psychologique –, c’est près d’un enfant signalé sur deux qui est concerné. »

Les maltraitances conduisent à des troubles du comportement, de la mémoire et de l’attachement.

– D AV I D P I O L I , D E L’ O N E D

Des conséquences multiples et parfois irréversibles sur la santé Les maltraitances quelle que soit leur nature ont des conséquences extrêmement graves et parfois même irréversibles sur la santé des enfants, en particulier en lien avec leur développement neurobiologique. « Selon des études récentes, les négligences et les violences psychologiques ou physiques génèrent des états de stress chroniques susceptibles d’entraîner des désordres hormonaux, et plus particulièrement une surproduction de cortisol, précise David Pioli. Cette surproduction provoque une atteinte de certains neurones et par là même, de certaines zones du cerveau, conduisant ainsi à des troubles du comportement, de la mémoire et de l’attachement. De même, l’absence de stimulation du fait de négligences ou de carences éducatives peut susciter chez les jeunes enfants un moindre développement du cortex frontal, compromettant certaines de leurs capacités, par exemple d’attention, de planification ou de résolution de problèmes. »

• En 2006, près de 266 000 enfants de moins de 18 ans ont fait l’objet d’au moins une mesure de prise en charge sur la France entière. •

Ces maltraitances ont également des effets sur la santé physique des enfants au quotidien. Parmi les effets directs figurent les accidents corporels dus aux négligences (brûlures, fractures, etc.) ou les traumatismes de tous ordres liés à la violence physique. Par ailleurs, souvent victimes de carences alimentaires, d’une alimentation non équilibrée ou d’une mauvaise hygiène de vie, les enfants présentent dans certains cas des retards de croissance avérés, mais aussi des problèmes bucco-dentaires importants avec de multiples caries, y compris sur les dents de lait, ou encore des troubles somatiques. « Les études relèvent aussi des incidences mentales et psychiatriques graves, dépressions et syndromes post-traumatiques en

particulier, constate David Pioli. S’ajoutent, dans le cas de violences psychologiques, une surreprésentation des taux de suicide ainsi que des maladies comme l’anorexie ou la boulimie. » D’où l’importance, face à cet état des lieux, d’un signalement et d’une prise en charge précoces des enfants afin que les conséquences des maltraitances dont ils ont été victimes n’hypothèquent pas inéluctablement leur santé et leur avenir.

(1) La lettre de l’Odas, novembre 2007 : Protection de l’enfance : une plus grande vulnérabilité des familles, une meilleure coordination des acteurs. (2) Oned, Quatrième rapport annuel au Parlement et au Gouvernement, décembre 2008. (3) Source : Agence de santé publique du Canada.

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Dossier

INTERVIEW

Un frère ou une sœur, c’est un peu comme un autre soi-même

Pédiatre reconnu, Aldo Naouri a exercé la médecine d’enfants pendant plus de 40 ans. Il a écrit de nombreux livres et articles et revient pour nous sur les dimensions psychologiques de la maltraitance et l’importance du lien dans la reconstruction de l’enfant.

Villages de joie : Quelles sont les principales conséquences des maltraitances physiques ou psychologiques sur la santé de l’enfant ? Aldo Naouri : Aujourd’hui, avec les progrès de la médecine, les conséquences sont beaucoup plus psychologiques que physiques. Quelle que soit sa nature, la maltraitance aboutit au même résultat : des enfants qui manqueront beaucoup d’assurance et seront malheureux, en quête perpétuelle d’une reconnaissance d’eux-mêmes. Ils vont être habités en permanence d’une peur considérable qui fera d’eux soit des individus timorés, timides, écrasés, sans esprit d’entreprise, soit des individus querelleurs, violents voire délinquants. Ils grandiront avec et en seront toujours affectés. Comment se reconstruisent les enfants victimes de maltraitances ? Quel peut être le rôle de la fratrie ? Le vecteur de la maltraitance, parfaitement perçu par l’enfant, est qu’il n’a pas de statut, et n’est 4 / Villages de joie / MARS 2010 / N° 212 / www.sosve.org

donc pas un objet d’amour. Pour se reconstruire, l’enfant doit trouver le moyen de se raccrocher à une personne dont il ressent l’amour. Il va alors progressivement se rassurer, laisser fondre la peur qui est en lui et reprendre le chemin d’un développement plus harmonieux. La fratrie joue là un rôle fondamental. Un frère ou une sœur, c’est un peu comme un autre soi-même. Il a un statut identique et, telle une locomotive, on peut y accrocher son wagon. Cela ne comble pas le déficit d’amour mais permet au moins d’espérer en l’existence de l’amour.

ou les mécanismes de la maltraitance mais viennent apporter, au travers de l’amour qui est diffusé, quelque chose qui dilue le résidu de la maltraitance. Un peu comme du sucre dans le café, cela en diminue nettement l’amertume. Il n’existe pas, je pense, de meilleure image. Comment accompagner au quotidien ces enfants dans leur démarche de reconstruction ? En étant attentif et en satisfaisant leurs besoins fondamentaux tout en ne cédant pas sur les limites qu’ils doivent connaître. Il est fondamental de les introduire à la règle et à la loi. Une des maltraitances les plus subtiles, les plus habituelles, et dont on ne s’aperçoit pas car elle se cache derrière un énorme dévouement, c’est en effet l’absence d’éducation. Cela donne des enfants sans aucune limite, qui se conduisent comme de véritables tyrans. Or, les enfants ont besoin de limites. Elles sont en effet comme des parapets sur un pont, elles ras-

Des réponses médicales peuvent-elles être un recours ? L’accompagnement de type psychologique ou relationnel est-il prépondérant ? Les réponses médicales peuvent assurer le bien-être et la bonne santé. Elles permettent simplement de maintenir l’enfant suffisamment bien pour qu’il puisse s’accrocher à un amour qui lui est donné, susceptible La fratrie joue un rôle fondamental. de le mettre sur de bons rails. L’ac- Elle donne des raisons d’espérer en c o m p a g n e m e n t l’existence de l’amour. psychanalytique est, lui, fondamental. Dans le lien au thérapeute, il y a surent l’enfant et lui permettent de une manière de revivre le traumatis- ne pas avoir toujours peur de tomme, de pouvoir lui donner un statut et ber dans le vide. C’est fondamende savoir qu’il est désormais derrière tal. Enfin, il faut être constamment soi. Le relationnel, les messages po- à l’affût de ce qui, en tant que résitifs délivrés par les éducateurs, par sidu de la maltraitance et du trauexemple, jouent un rôle du même matisme, peut encore amener les ordre mais selon d’autres modalités. enfants à des réflexes incontrôlaIls ne revisitent pas le traumatisme bles de retrait et de peur.


ENQUÊTE

Un accompagnement sur mesure Accueillir des enfants victimes de maltraitances nécessite un accompagnement individualisé, tant au plan physique que psychologique. Les équipes des villages d’enfants SOS sont extrêmement mobilisées sur ce sujet. Enquête au village d’enfants SOS de Marseille. u sein du village d’enfants SOS de Marseille, la prise en charge commence avant l’arrivée des enfants. « Lorsque nous recevons le dossier d’un enfant envoyé par l’Aide sociale à l’enfance, nous questionnons toujours l’histoire de l’enfant et les éventuelles maltraitances qu’il aurait subies, explique Valérie Thyrion, psychologue. Souvent, on perçoit à travers les lignes qu’il y a eu maltraitance. Les psychologues appellent alors les médecins ou les thérapeutes de l’institution où réside l’enfant afin de recueillir le maximum d’éléments sur son passé. Il nous faut pouvoir l’accompagner dès son arrivée au village, sur les plans somatiques, affectifs et psychologiques au sein de l’espace de parole mis en place dans le village d’enfants SOS ou dans d’autres lieux de parole et de soins externes. »

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Une prise en charge individualisée « L’une de nos premières missions est de déterminer les prises en charge et le suivi médical adaptés pour chaque enfant, souligne Bernard Roset, directeur du village. Les enfants victimes de négligences lourdes présentent fréquemment des problèmes de croissance et de poids dus aux carences et difficultés rencontrées, des problèmes dentaires en raison d’une alimentation mal équilibrée, trop sucrée, ou à un manque d’hygiène... Nous avons pu constater pour certains, après quelques mois de présence au village, une évolution physique souvent spectaculaire, grâce à un entourage affectif stable, une vie régulière et une alimentation équilibrée. » Pédiatre, dentiste, thérapeute, voire orthophoniste ou kinésithérapeute, les enfants bénéficient de tous les

• En créant un lien d’attachement avec l’enfant, la mère SOS est au cœur du processus de reconstruction de l’enfant. •

soins nécessaires à leur rétablissement. Les mères SOS, qui sont au cœur de ce processus, contribuent avec l’ensemble de l’équipe du village SOS à proposer une vue globale de l’enfant. En créant un lien d’attachement avec lui, elles facilitent l’acceptation des bilans et des suivis médicaux. « J’ai accueilli une petite fille qui, à 5 ans, pesait 10 kilos, mesurait 55 centimètres et chaussait du 22, raconte Maddy, mère SOS. Pour récupérer ce retard, il a fallu être extrêmement vigilant sur son mode de vie, sa santé, ou tout simplement sa manière de s’habiller et de se coiffer. Elle a récupéré en grande partie physiquement mais malheureusement, pas intellectuellement. Je m’occupe également d’une fratrie qui vivait repliée sur elle-même dans un appartement. Pour encourager la curiosité des enfants, nous partons à toutes les vacances. Au début, ils en étaient effrayés car toute nouveauté peut provoquer ou réactiver des peurs ou des angoisses. Ils n’avaient en

outre aucune limite éducative. Aujourd’hui, six ans après, ils commencent à prendre confiance et sont plus à l’aise. » Une équipe engagée au quotidien Les mères SOS sont accompagnées dans leur vie quotidienne par l’équipe éducative et les psychologues du village SOS. « Dès l’admission d’un enfant, nous expliquons la situation à la mère SOS et à l’aide familiale qui vont le prendre en charge, poursuit Valérie Thyrion. Pour un enfant victime d’agression sexuelle, par exemple, il est possible que l’approche de son corps par un adulte pose problème. Il est alors important de savoir comment aborder l’enfant, son corps, ses craintes. » Cette prise en charge individualisée est indispensable pour permettre aux enfants maltraités de vivre avec leurs souffrances et de se construire progressivement avec une image de soi satisfaisante, dans la sécurité affective.

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Spécial Haïti

« Urgence Enfants d’Haïti »

Une priorité : maintenir les enfants dans leur environnement 12 janvier 2010, en Haïti : la terre tremble avec une violence telle qu’elle entraîne le décès de plus de 200 000 personnes et la destruction d’une grande partie des infrastructures du pays, retardant l’arrivée des secours. Plus d’un million de personnes se retrouvent aujourd’hui sans abri. SOS Villages d’Enfants a lancé un appel fort afin d’alerter les autorités sur la situation extrêmement préoccupante des enfants isolés et les risques de dérives : adoptions non préparées, risques de mauvais traitements… L’association milite pour le maintien de l’enfant dans son environnement et sa culture. Elle œuvre, en effet, dans le monde depuis plus de 60 ans pour la prise en charge des enfants sans soutien parental et la prévention de l’abandon, en conformité avec les récentes résolutions de l’Onu de novembre 2009, qui privilégient le maintien de l’enfant dans son milieu familial. Cette prise de position claire a conduit les autorités haïtiennes à confier à SOS Villages d’Enfants les 33 enfants réputés victimes d’enlèvement, ainsi que de nombreux autres enfants isolés en risque. Cela témoigne de la qualité des relations et de la confiance qui existent entre les autorités haïtiennes et SOS Villages d’Enfants. En France, des donateurs, nombreux, ont également fait confiance à SOS Villages d’Enfants et apporté leur contribution à notre action « Urgence Enfants d’Haïti ». Qu’ils en soient remerciés. Plus de 350 enfants isolés sont déjà pris en charge et 14 000 personnes bénéficient d’une aide d’urgence. Mais au-delà de l’urgence, SOS Villages d’Enfants s’engage sur le long terme. En Haïti, son action est planifiée pour les 15 prochaines années. Votre soutien, chers donateurs, reste encore et toujours le gage de la réussite de notre action pour les années à venir.

Gilles PAILLARD, directeur général

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Une mobilisation internationale La Fédération internationale SOS Villages d’Enfants, soutenue par les contributions des associations nationales à travers le monde, s’est fixé comme premier objectif d’aider, sur une période de 2 ans, jusqu’à 40 000 personnes (les enfants et leurs familles).


SOS Villages d’Enfants : une présence dans le monde entier L’organisation SOS Villages d’Enfants est présente dans 132 pays. Elle compte plus de 2 000 programmes pour la protection de l’enfance, dont 500 villages d’enfants SOS. Apolitique, non confessionnelle, elle a un statut consultatif au Conseil économique et social des Nations unies.

S O S V I L L A G E S D ’ E N FA N T S E N H A Ï T I DEPUIS 30 ANS

• Une implantation locale

SOS Villages d’Enfants, présente en Haïti depuis plus de 30 ans, a très rapidement pu agir pour faire face à l’urgence, avec le secours des différentes associations SOS Villages d’Enfants proches de Haïti, de la République dominicaine, du Pérou… pour apporter les produits de première nécessité et rétablir les communications.

SOS Villages d’Enfants a forgé son expérience en 60 années d’existence, en particulier dans les situations d’urgence : catastrophes naturelles, troubles politiques, guerres… Les équipes, originaires du pays, connaissent la population et peuvent réagir très rapidement pour apporter une aide de première nécessité : eau, nourriture, vêtements, hébergement, soins pour les bébés et les enfants…

• Le village d’enfants SOS de Santo devient un lieu d’accueil d’urgence des enfants isolés

• Une expertise reconnue

Une action immédiate et efficace

Le village d’enfants SOS de Santo, situé à seulement 10 km de l’épicentre du séisme, a été épargné grâce à la qualité de ses bâtiments. Créé en 1984, à 15 km de la capitale Port-au-Prince, il compte 19 maisons familiales, une maison communautaire multi-fonctions, une infirmerie ainsi qu’une école SOS, primaire et secondaire. Après une évaluation conjointe de l’Unicef, des autorités et services sociaux haïtiens, le village est devenu un lieu d’accueil d’urgence pour 300 enfants isolés victimes du séisme. SOS Villages d’Enfants Haïti a par ailleurs lancé des recherches pour retrouver les parents de ces enfants. Ce n’est que si les efforts de réunification avec leur famille n’aboutissaient pas, dans un délai de 6 à 12 mois environ, que SOS Villages d’Enfants, en commun accord avec les autorités et les services de protection de l’enfance, cherchera des solutions permanentes de prise en charge des enfants, en village d’enfants SOS ou selon d’autres modalités. Afin de garantir la qualité de l’accueil qu’elle offre aux enfants qui lui sont confiés, SOS Villages d’Enfants procède au recrutement et à la formation des personnes qu’elle engage. Les 33 enfants réputés victimes d’enlèvement sont confiés à SOS Villages d’Enfants Haïti Le 30 janvier, les autorités haïtiennes confient temporairement les 33 enfants présumés victimes d’enlèvement à SOS Villages d’Enfants au sein de son village de Santo. Des recherches sont menées par ailleurs pour identifier de possibles liens familiaux et permettre, le cas échéant, le retour des enfants dans leur famille.

• Les centres communautaires sont un relais prioritaire pour les familles démunies En 2005, SOS Villages d’Enfants a mis en place des programmes de renforcement de la famille qui permettent aux enfants en risque d’abandon de rester dans leur environnement familial. L’association travaille localement avec les familles et les communautés afin de leur donner la capacité de prendre en charge et protéger leurs enfants, en coopération avec les autorités locales et d’autres relais de compétences. Ces relais sont au cœur du dispositif d’accompagnement des enfants et des familles que le séisme a privés de toutes ressources, y compris les plus vitales, telles que l’eau, la nourriture…

SOS Villages d’Enfants est reconnue pour son expertise dans la prise en charge des enfants privés de soutien familial, parfois soumis à de graves traumatismes lors de situations de crise. Un enfant exposé à des situations de grande violence est marqué et risque de l’être durablement s’il ne peut être accompagné de façon adaptée. SOS Villages d’Enfants propose à ces enfants des lieux et des moyens d’expression, au travers de la parole, du dessin, de jeux, de saynètes de théâtre, de l’écriture…, où leur émotion pourra trouver un exutoire, tout en préservant des temps de pause et une mise à distance nécessaires du traumatisme et de son impact émotionnel. SOS Villages d’Enfants dispose d’un réel savoir-faire pour aider les enfants à reprendre confiance en la vie et à développer leurs propres compétences.

Chiffres clés en Haïti SOS Villages d’Enfants est présente en Haïti depuis plus de 30 ans. Ses structures comptaient déjà avant le séisme : • 2 villages d’enfants SOS, à Santo et Cap-Haïtien • 2 établissements pour jeunes • 2 écoles SOS • 1 centre de formation professionnelle • 32 centres communautaires • 4 centres sociaux SOS

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Spécial Haïti

V I L L A G E D ’ E N FA N T S S O S D E S A N T O

Un refuge pour reprendre espoir Après le tremblement de terre, des centaines d’enfants se retrouvent isolés, leurs parents proches décédés ou disparus. C’est au village d’enfants SOS de Santo que nombre d’entre eux trouvent refuge. Ils nous livrent le récit poignant de ce qu’ils ont vécu. Témoignages. ses parents. « C’était terrible, les petits pleuraient et avaient faim. » Françoise n’a pas hésité longtemps. Elle a pris la petite fille dans ses bras et, suivie des deux petits garçons, a rejoint Santo. Mathilde était souvent submergée par la douleur, Tom se souvenait du séisme : « Tout tremblait et il y a eu un bruit terrible. Nous avions très peur et nous avons couru, couru ». Au village d’enfants SOS de Santo, les enfants se sentent en sécurité, ils mangent, peuvent dormir. Françoise est heureuse de les avoir secourus : « Ici, dans la maison familiale, nous nous serrons tout simplement un petit peu plus. »

• Une mère SOS accueille trois enfants isolés •

Françoise, mère SOS à Santo Quelques jours après le séisme, Françoise, mère SOS à Santo, avait réussi à rejoindre un autre quartier de la ville pour retrouver son fils aîné qui, par chance, n’était pas blessé. Sur le chemin du retour au village d’enfants SOS de Santo, elle remarque trois jeunes enfants sur le bord de la route au milieu des gravats : une petite fille allongée sur la route qui pleurait et deux petits garçons assis à ses

côtés. « Je suis mère SOS corps et âme depuis plus de 10 ans. Il était clair que ces enfants avaient besoin d’aide et que j’allais les prendre dans ma famille SOS », raconte Françoise, les larmes aux yeux. Des voisins lui ont expliqué ce qui était arrivé. Mathilde*, 3 ans, et Tom*, 7 ans, frère et sœur, ont perdu leur père, leur mère et leur frère dans la catastrophe. Paul*, âgé de 5 ans, ami de Mathilde et de Tom, avait lui aussi perdu

Yannick*, 12 ans : « Va faire tes devoirs dehors » Ce sont les derniers mots qu’il a entendus de la part de sa mère, handicapée. « La terre a tremblé et il y a eu un bruit incroyable », raconte Yannick. Derrière lui, la maison s’est écroulée sur sa mère qui n’a pu se sauver. Une tante a recueilli Yannick et l’a aidé pendant les terribles journées qui ont suivi. Ils dormaient dans la rue sans presque rien à manger. Depuis le 28 janvier dernier, Yannick vit au village d’enfants SOS de Santo. Il reste taciturne. La nuit, le souvenir du choc lui revient, des cauchemars l’oppressent. Yannick est pris en charge par les psychologues de SOS Villages d’Enfants.

C H R O Nfaits O Lmarquants... OGIE • JANVIER 2010 > SOS Villages d’Enfants lance un appel pour la protection des enfants isolés. > Les services sociaux haïtiens sont hébergés au village d’enfants SOS de Santo. > Le village d’enfants SOS de Santo est déclaré lieu d’accueil pour les enfants isolés. > Les 16 premiers enfants isolés sont accueillis au sein des familles SOS du village de Santo. > 33 enfants présumés victimes d’enlèvement sont confiés au village d’enfants SOS de Santo.

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• FÉVRIER 2010 > Angelina Jolie, en qualité d’ambassadrice du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, se rend au village d’enfants SOS de Santo : « En tant que “supporter” depuis plusieurs années de SOS Villages d’Enfants, je peux témoigner de l’engagement des équipes auprès des enfants et de la qualité de leur prise en charge. Je demande à tous de lui apporter votre soutien. »


Noëlle, Antoine et Anaïs* Antoine et Anaïs, jumeaux d’un an, et leur sœur Noëlle de 2 ans vivaient avec leur mère à Port-au-Prince, leur père étant décédé quelques mois auparavant. Seuls les trois enfants ont miraculeusement survécu au séisme. Ils ont été sauvés par leur grand-père, qui a creusé à mains nues et a réussi à les sortir des décombres. Noëlle a été légèrement blessée au bras. Le grand-père des enfants, âgé et totalement démuni, ne pouvait pas les prendre en charge. Aujourd’hui accueillis au village d’enfants SOS de Santo, ils sont très marqués par le drame qu’ils ont vécu et revivent souvent ces instants terribles. Jordan et Jordensten*, comme des frères jumeaux Lorsqu’ils sont arrivés au village d’enfants SOS de Santo, tous pensaient qu’ils étaient jumeaux… Jordan et Jordensten ont en réalité 6 et 7 ans. Ils ne se quittent jamais des yeux, se tiennent par la main, se réconfortent mutuellement. Au moment du séisme, les deux frères se trouvaient à Port-au-Prince avec leur famille. Leur père et leur sœur n’ont pas survécu. Leur mère a été gravement blessée mais a réussi à emmener ses petits garçons dans un endroit sûr. Ils ont passé les premiers jours dans un camp d’urgence. Puis leur mère a été prise en charge dans un hôpital temporaire. Son état est incertain. Les enfants ont du mal à parler de ce qui leur est arrivé. Ils préfèrent décrire leur vie au village d’enfants SOS de Santo. « La nourriture est très bonne et je peux jouer quand je veux », dit Jordan, en entraînant son frère vers les balançoires. (*) Par souci de confidentialité, les prénoms des enfants ont été changés.

« Urgence Enfants d’Haïti » Une fois encore, merci d’être à nos côtés ! Des milliers d’entre vous se sont déjà mobilisés pour soutenir notre programme Urgence Enfants d’Haïti. Les actions menées sur le terrain aujourd’hui ne sont possibles que grâce à vous tous : un premier versement de 200 000 euros a été effectué par SOS Villages d’Enfants France. Pour ceux qui le souhaitent, pour ceux qui le peuvent, tout nouveau geste de solidarité est l’assurance d’une aide efficace et concrète aux enfants victimes de ce cataclysme.

Près de 15 000 personnes déjà bénéficiaires (données chiffrées au 2 mars 2010)

• Accueil et protection : 357 enfants isolés sans soutien parental. • Aide d’urgence et abris : 14 300 enfants et leurs familles. • 5 000 litres d’eau purifiée fournis chaque jour. • Renforcement des équipes de professionnels : 12 aides familiales, 4 psychologues, 1 travailleur social, 1 architecte. • Contribution d’un groupe de volontaires venu d’Espagne : infirmières, nutritionniste, électricien, technicien en communications.

40 000 personnes bénéficiaires d’ici à 2 ans Une consultation des enfants et des jeunes sera organisée dans le cadre du programme d’évaluation des besoins mis en place par le gouvernement haïtien, avec le soutien des Nations unies, de la Banque mondiale et de la Commission européenne. Plus de 50 groupes seront constitués : six d’entre eux réuniront des enfants et des jeunes des villages d’enfants SOS d’Haïti. + sur www.sosve.org/Découvrir notre action/Programmes d’urgence

axes... L E P R O G R A M3 M E D ’A C T I O N S > Mise en place de cellules d’urgence auprès des familles les plus démunies pour distribuer des vêtements, des vivres et des kits d’urgence. > Accueil et protection des enfants • Ouverture de centres d’activité de jour pour prendre en charge les enfants et leur apporter un soutien psychologique. • Accueil des enfants isolés, jusqu’à la réunification de la famille ou la décision d’une prise en charge alternative à long terme. > Mise à disposition d’abris temporaires pour les familles. La phase de reconstruction démarrera dès que les autorités le permettront.

TRANSPARENCE ET EFFICACITÉ Les fonds collectés par les associations nationales SOS Villages d’Enfants à travers le monde sont centralisés par la Fédération internationale SOS Villages d’Enfants qui coordonne et contrôle les actions menées sur place à court, moyen et long terme. Ce mode de fonctionnement garantit l’affectation des dons, leur traçabilité et permet de diminuer les frais de gestion. /

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En direct

TÉMOIGNAGES

Les donateurs

• Le voyage solidaire de SOS Villages d’Enfants à Madagascar a été l’occasion d’échanges chaleureux entre les enfants et les parrains/marraines. •

à la rencontre

des enfants Au quotidien, préserver l’intimité des enfants est la première préoccupation de SOS Villages d’Enfants. Mais des événements particuliers en France et dans le monde sont l’occasion de convier les donateurs à découvrir la vie quotidienne d’un village d’enfants SOS et d’aller à la rencontre des enfants et des équipes. Villages de joie a souhaité leur donner la parole.

n novembre dernier, une vingtaine de parrains ont participé à une grande première : SOS Villages d’Enfants s’est vu proposer pour la première fois par la filiale spécialisée de Vacances Bleues, Voyager Autrement, un voyage solidaire à Madagascar. « Ce séjour a pu être organisé grâce au soutien actif des responsables et des équipes de l’association SOS Villages d’Enfants Madagascar, en lien avec Tany Mena Tours, partenaire local de l’agence. Les 20 premiers parrains et marraines à avoir répondu à notre proposition ont pu prendre part au voyage et visiter notamment les villages d’enfants SOS de Vontovorona et d’Antsirabe. Ce voyage s’est révélé un grand succès. Il s’inscrivait dans la philosophie du tourisme solidaire : associer la découverte touristique à l’ouverture au monde de la solidarité internationale. C’était une formidable expérience, avec un groupe de personnes dynamiques et généreuses », témoigne Sarah Poinsot, de SOS Villages d’Enfants France, accompagnatrice du voyage.

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Un vrai choc émotionnel.

Norbert L. (Gironde), parrain du village d’enfants SOS d’Antsirabe « Avec mon épouse, nous étions déjà allés à Madagascar, en simples touristes, il y a quinze ans. La perspective d’y retourner, cette fois, pour un voyage solidaire nous a tout de suite séduits. Cette formule permet de prendre conscience des réalités profondes de la vie locale, d’autant que nous avons eu deux guides malgaches passionnés. Lors de la visite du premier village d’enfants SOS, nous avons tous reçu un choc émotionnel. Nous 10 / Villages de joie / MARS 2010 / N° 212 / www.sosve.org

avons été accueillis par les enfants avec beaucoup de joie et de chaleur. Ensuite, nous avons pu constater les qualités de l’organisation locale. Les villages d’enfants SOS sont bien ancrés dans leur environnement. Les mères SOS et les aides familiales appelées « tantes » travaillent avec une certaine autonomie. Les enfants sont respectés. Tout a été construit avec beaucoup d’intelligence. Nous avons aussi beaucoup apprécié l’ambiance du groupe. Par contre, le retour a été difficile. Il nous a fallu un peu de temps pour digérer tout ce que nous avions vécu pendant ces dix jours très intenses. Nous en parlons autour de nous, pour inciter nos amis à devenir donateurs et parrains. »

Janine D. (Nord), marraine du village d’enfants SOS d’Antsirabe « J’avais déjà séjourné deux fois à Madagascar et la misère que j’y avais découverte m’a décidée à devenir marraine. Ces jeunes enfants sont tellement démunis ! Notre soutien permet de leur apporter un peu de bonheur. J’ai saisi l’occasion de ce voyage solidaire pour voir comment la situation avait évolué. Beaucoup de choses ont changé en cinq ans. Une école très rudimentaire, qui faisait plutôt office de garderie, est devenue une vraie école avec des tables et des bancs, avec une institutrice qui fait un travail formidable. Les enfants ont besoin de beaucoup d’amour pour bien grandir. Même très petit, un enfant qui n’est pas désiré le ressent. Dans les villages d’enfants SOS de Madagascar, les enfants abandonnés ne se sentent pas


différents des autres. Grâce aux mères SOS, qui prennent leur travail très à cœur, ils sont épanouis. Mais ils sont très pauvres et ont peur de l’avenir... » En France, la célébration de leur dixième anniversaire a permis aux villages d’enfants SOS de Châteaudun et de Digneles-Bains d’ouvrir leurs portes à quelques dizaines de donateurs, qui ont ainsi pu visiter des maisons familiales, échanger avec les mères SOS et les équipes, découvrir des animations et des expositions réalisées par les enfants… (cf. Villages de joie n° 211 de décembre 2009).

Nicole B. (Normandie), donatrice régulière, a visité le village d’enfants SOS de Châteaudun « La journée portes ouvertes à Châteaudun a été l’occasion idéale, pour mon mari et moi, de découvrir un village d’enfants SOS. Donatrice régulière depuis quatre ans, je connais l’association depuis bien longtemps. J’ai été directrice d’école maternelle et j’ai vu au cours de ma carrière tout un éventail de situations difficiles. Je sais combien la stabilité est nécessaire à l’épanouissement des enfants.

Cette journée a largement répondu à nos attentes. Nous avons été chaleureusement accueillis et la visite a conforté l’idée que nous nous faisions de l’organisation d’un village d’enfants SOS. Les enfants sont des enfants comme les autres, qui rient et sont manifestement équilibrés. »

Des enfants épanouis mais qui ont peur de l’avenir.

« Je suis marraine du village d’enfants SOS de Quito, en Équateur, depuis quinze ans. Il est difficile de faire le voyage jusque-là. J’étais donc très heureuse de pouvoir profiter de la journée portes ouvertes à Digne-les-Bains. Les responsables de l’association nous ont expliqué leurs principes de gestion. Je travaille moi-même dans une association qui accueille des gens de la rue, je sais combien garder son indépendance est précieux. Autre principe que je salue, celui de ne porter aucun jugement sur les parents biologiques des enfants. C’est capital pour leur équilibre. J’ai pu discuter avec une mère SOS et, ayant été moi-même mère de famille nombreuse, son approche des choses m’a tout de suite parlé. Les stands de jeu étaient aussi l’occasion de partager des activités avec les enfants. J’étais donc ravie. » Des rencontres attendues par les équipes de SOS Villages d’Enfants, qui apprécient l’intérêt et la motivation des donateurs et parrains venus à la rencontre de leur réalité quotidienne.

A C T U A L I T Éen bref... • Retrouvez l’appel d’Anny Duperey à la télévision et sur les écrans > Le spot de SOS Villages d’Enfants est diffusé sur TF1, les chaînes de France Télévision et, dans le cadre d’un partenariat avec Connaissance du Monde, lors de chaque conférence pendant un an. • Mali : les premiers enfants à Kita > Les maisons familiales, ouvertes en février et mars, accueillent 75 enfants : 20 enfants déjà pris en charge dans des maisons louées et 55 nouveaux enfants, en grande majorité orphelins. L’école SOS est fréquentée depuis octobre par 248 élèves, dont 113 filles,

Mme D. (Salon de Provence) lors des portes ouvertes du village d’enfants SOS de Digneles-Bains

issus de familles très défavorisées des environs. Le jardin d’enfants, ouvert en novembre, accueille 96 enfants de 3 à 5 ans. • Tunisie : ouverture du village d’enfants SOS d’Akouda > Les 42 premiers enfants, âgés de 6 mois à 2 ans, ont été accueillis en janvier dernier dans les 14 maisons familiales. Les admissions, qui font toutes l’objet d’une décision du juge de la famille, se poursuivront progressivement. À terme, 112 enfants vivront au village d’enfants SOS d’Akouda.

www.sosve.org/Actualités

• Persan > Le démarrage du chantier a été lancé en septembre 2009. La fin des constructions est prévue en avril 2011. Les premiers enfants devraient être accueillis dès l’automne 2010.

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Zoom

Mieux préparer les jeunes à l’autonomie L’entrée dans l’âge adulte est un cap difficile à franchir. SOS Villages d’Enfants prépare très en amont les jeunes qui lui sont confiés à cette transition et met l’accent sur l’accompagnement.

our les jeunes, devenir adulte et autonome aujourd’hui est plus long et difficile que par le passé. Les trois grandes transitions marquant le passage à l’autonomie, celle de l’école vers le travail, de la famille d’origine à la nouvelle famille, du logement familial au logement indépendant, sont devenues plus complexes. Et c’est encore plus délicat pour tous ceux qui ont grandi en dehors de leur famille. Car c’est généralement sur cette dernière que reposent le soutien et le financement des jeunes adultes. C’est la raison pour laquelle SOS Villages d’Enfants met l’accent sur la préparation des jeunes qui lui sont confiés. « Quels que soient leurs niveaux d’étude ou de maturité affective, une transition progressive vers l’autonomie est indispensable, explique Sylvie Delcroix, conseillère technique chez SOS Villages d’Enfants. Cela peut passer par la mise en place de relais éducatifs dans le village d’enfants SOS ou dans un contexte de vie semi-autonome comme par la création de structures spécifiques. » Ainsi, la Maison Claire Morandat (1), créée en 1986 dans le Nord – Pas-de-Calais, accueille 37 jeunes de 16 à 21 ans. Ils vivent, pour la plupart, dans un studio en ville et bénéficient d’un soutien éducatif et social.

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Une transition progressive vers l’autonomie est indispensable. – SY LV I E D E LC R O I X

Pour mieux comprendre l’insertion des jeunes après leur sortie du village d’enfants SOS, une étude sur le devenir des fratries du village d’enfants SOS de Marseille a été réalisée entre 2003 et 2006 par l’Inserm (2). Les résultats confortent largement le projet de SOS Villages d’Enfants : leur réseau familial et social est souvent riche et la plupart ont une activité professionnelle à temps plein, avec un niveau d’activité proche de la moyenne nationale. Si certains, ayant eu plus de mal à trouver ou garder des soutiens, vivent plus difficilement, la grande majorité sont des adultes autonomes qui assument leur parentalité. Plus de la moitié de ces jeunes a bénéficié d’une aide au moment de sa sortie du village, par l’association elle-même mais aussi par les collectivités locales, notamment le conseil général avec une allocation jeune majeur. Ces aides ont généralement permis l’achèvement d’un parcours scolaire ou l’obtention d’un diplôme. C’est aussi très souvent la mère SOS, et parfois sa propre famille, qui offre un soutien affectif, administratif ou une aide matérielle au jeune qui prend son autonomie. 12 / Villages de joie / MARS 2010 / N° 212 / www.sosve.org

De nouvelles initiatives en 2009 Mais SOS Villages d’Enfants a décidé d’aller plus loin. En janvier 2009, la Fédération internationale SOS Villages d’Enfants a lancé au niveau international le projet Leaving Care (3) pour l’insertion sociale des jeunes majeurs à l’issue d’un placement. Cette campagne implique des jeunes et des responsables de quinze pays d’Europe et d’Asie centrale. Outre la France, l’Allemagne et l’Autriche, la plupart des pays d’Europe de l’Est étaient représentés. Dans ces régions, la transition vers l’âge adulte est souvent très abrupte. L’enjeu est de renforcer la préparation des jeunes en les impliquant dans toute prise de décision mais aussi de faire évoluer la législation. Dans cet esprit, l’association française SOS Villages d’Enfants a participé à la conférence de Vilnius, organisée les 7 et 8 octobre derniers par les pays baltes et le Conseil de l’Europe. Des jeunes de quinze pays, âgés de 15 à 22 ans, ont échangé leurs idées avec des chercheurs, des représentants d’associations et de services sociaux pour améliorer l’efficacité de l’accompagnement des jeunes dans leur parcours vers l’autonomie. « Cette initiative a suscité un vif intérêt chez les jeunes participants, qui se sont


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montrés très pertinents. Ils identifient bien le problème de l’accès au logement, le besoin de conserver des référents, mais réclament aussi le droit à l’erreur et la possibilité de revenir en accueil si besoin », témoigne Sylvie Delcroix. Être acteur de son propre parcours Parallèlement, un groupe de travail interne et pluridisciplinaire s’est formé début 2009 au sein de SOS Villages d’Enfants France sur ce thème de l’accès à l’autonomie. L’un des axes prioritaires définis est de rendre chaque jeune acteur de son parcours vers l’autonomie, c’està-dire de le faire réfléchir et de l’associer à son propre accompagnement, mais aussi de mieux le préparer à sa future vie citoyenne. SOS Villages d’Enfants mise ainsi sur la participation et la prise de parole des jeunes avec la création d’espaces de dialogue et de consultation. Le projet est de prolonger, au niveau national, la démarche mise en place par les villages d’enfants SOS avec la création de conseils de la vie quotidienne ou de groupes d’expression des jeunes, où sont abordées toutes les questions relatives à la vie collective. Des espaces très appréciés des jeunes eux-mêmes et qui favorisent leur engagement et leur investissement. (1) La Maison Claire Morandat organise le 20 mai 2010 une journée portes ouvertes sur l’accès à l’autonomie : ses enjeux, besoins et difficultés. (2) Les résultats de cette étude sont publiés dans notre Cahier SOS n° 3 d’avril 2008. À consulter ou télécharger sur notre site, rubrique Publications. (3) Le terme anglais Leaving Care recouvre à la fois l’accompagnement de la sortie du placement et le suivi à l’issue du placement.

ENTRETIEN • Jennifer, 15 ans, vit au village d’enfants SOS de Marange (57). Elle a participé à la conférence de Vilnius. « Je suis heureuse d’avoir pu participer à cette conférence. Nous étions une vingtaine de jeunes, dont beaucoup venaient de petits pays d’Europe de l’Est. Pendant les quatre premiers jours, nous avons préparé la conférence en petits groupes, afin d’échanger nos impressions et nos idées sur les principaux sujets liés à l’autonomie : la sortie du village d’enfants SOS, le besoin de trouver un logement, le financement et l’accès à l’indépendance financière... Au cours de la conférence elle-même, j’ai pris la parole, en anglais, pour présenter l’une des idées que nous avions développées, le besoin d’une personne qui s’occuperait de notre insertion dans la société, dans la vie active, et nous aiderait à trouver un logement. Je pense que ce séminaire a été très utile. Des jeunes venant de différents pays, de tous horizons, ont été écoutés. Pour moi aussi, c’était une expérience très enrichissante. J’ai été frappée par la difficulté de la situation dans certains pays. Parfois, la vie y semble assez dure et les jeunes sortent des villages d’enfants SOS dès 16 ans. » •

Daxon

À chaque saison sa tenue solidaire • Cet été, soyez élégante avec Anny Duperey et le catalogue Daxon qui proposent un ensemble léger veste et pantalon. Pour chaque achat d’une de ces créations exclusives jusqu’au 30 septembre 2010, 2 euros seront reversés à SOS Villages d’Enfants. Pour découvrir ces modèles : www.daxon.fr •

Des réseaux fidèles à nos côtés AVIS-Immobilier • Les 170 agences du réseau d’agences immobilières AVIS-Immobilier ont choisi de renouveler leur soutien à SOS Villages d’Enfants. Comme depuis désormais 4 ans, elles vont reverser 5 € à notre association pour chaque compromis de vente réalisé en 2010. Depuis 2006, ce sont plus de 120 000 euros qui ont ainsi été collectés. Les fonds réunis en 2010 contribueront aux travaux de rénovation du village d’enfants SOS de Marly (Nord) qui accueille des fratries depuis 47 ans. www.avis-immobilier.fr •

Cuisinella • L’enseigne Cuisinella poursuit en 2010 son engagement solidaire aux côtés de SOS Villages d’Enfants : 166 points de vente en France vont reverser 15 € à notre association pour chaque achat d’une cuisine Star (modalités en magasin). Les fonds collectés contribueront à financer l’équipement en cuisines familiales du village d’enfants SOS de Persan. www.cuisinella.com •

Satas

Un engagement renouvelé • Le 12 février dernier, la société Satas – partenaire de SOS Villages d’Enfants depuis 2007 – a remis à notre association un chèque de plus de 39 000 € grâce à la mobilisation de sa force de vente en 2009 et a annoncé sa volonté de renouveler son engagement en faveur des enfants pour l’année 2010. Cette année, c’est le projet de rénovation du village d’enfants SOS de Marly qui bénéficiera des fonds collectés pour permettre aux 55 enfants actuellement accueillis de grandir dans le meilleur environnement possible. www.satas.fr • www.sosve.org/Nous soutenir/Partenariats

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Parcours

• Johnny Casselman et sa femme Alexandra. •

Séparé de ses frères et sœurs pendant plus d’un an, Johnny Casselman a retrouvé sa fratrie au village d’enfants SOS de Neuville Saint-Rémy. Il a pu alors tisser de véritables liens avec les siens, poursuivre ses études et construire sa vie d’homme. Récit.

« « Ma vie au village d’enfants SOS m’a permis de me construire » 14 / Villages de joie / MARS 2010 / N° 212 / www.sosve.org

Ce n’est pas parce que l’on est un enfant placé que l’on ne peut pas réussir sa vie. J’en suis la preuve incarnée ». À 28 ans, Johnny Casselman porte un regard positif sur son parcours. Il reste pourtant marqué par la séparation brutale, à l’âge de neuf ans, d’avec sa mère et ses six frères et sœurs. Au retour de l’école, il trouve en effet une voiture de police au bas de son immeuble parisien accompagnée de professionnels de la DDAS (aujourd’hui Aide sociale à l’enfance). « Nous n’avons pas pu dire au revoir à notre mère, s’émeut-il. En à peine une demiheure, nous nous sommes retrouvés éparpillés dans des foyers ou des familles d’accueil. Ce moment restera pour toujours gravé en moi. » Johnny rejoindra ensuite le village d’enfants SOS de Neuville-Saint-Rémy, près de Cambrai.


« Je sais que la vie que j’ai menée au village d’enfants SOS m’a permis de me construire, de poursuivre des études, toutes choses que je n’aurais probablement pas pu faire autrement », explique-t-il. « Apprendre à nous connaître vraiment » C’est au moment d’entrer en sixième que Johnny retrouvera quatre de ses frères et sœurs au village d’enfants SOS, les deux aînés, âgés de plus de 15 ans, ayant obtenu une exemption de placement. Plus d’un an après leur séparation. « Vivre avec mes frères et sœurs était pour moi quelque chose de fantastique, se souvient-il. On avance tous ensemble, il y a une complicité, une possibilité de réaliser des activités communes qui sont vraiment uniques. Cela nous a permis d’apprendre à nous connaître vraiment. Nous jouions ensemble dans le parc, nous nous entraidions, les plus grands aidant les plus jeunes à faire leurs devoirs. » Au sein du village SOS, il mène sa vie d’enfant puis d’adolescent sous la conduite affectueuse de sa mère SOS, Christine. « C’est vraiment ma seconde maman et je suis toujours en contact avec elle, sourit-il.

Lors de mon mariage avec Alexandra, en juillet dernier, j’ai été conduit vers l’autel par mes deux mamans, ma mère biologique et ma mère SOS.

Elle était très présente, toujours à l’écoute lorsque nous avions de petits soucis. Elle savait être là si ça n’allait pas et nous donner des conseils. D’ailleurs, lors de mon mariage avec Alexandra, en juillet dernier, j’ai été conduit vers l’autel par mes deux mamans, ma mère biologique, qui nous rendait visite tous les 15 jours au village, et ma mère SOS. Elles occupent toutes les deux une place importante dans ma vie. » Cheminer vers sa vie d’adulte Pour lui, l’autre figure marquante du village aura été son éducateur, Marc. « N’ayant jamais connu mon père, les seuls liens masculins que j’ai pu nouer étaient avec les éducateurs du village, souligne-t-il. Cela a joué un rôle important dans ma construction. En fin de troisième, par exemple, je ne savais pas comment m’orienter. Marc m’a fait remarquer que je passais mon temps à bricoler mes postes de radio ou ma chaîne

• Johnny Casselman et ses six frères et sœurs autour de leur mère biologique. •

Hi-Fi et m’a suggéré de me tourner vers l’électronique. Un jour, nous sommes partis ensemble en voiture voir ce qu’était réellement un BEP d’électronique. Et il a procédé de même pour le bac pro. » Johnny se souvient également d’une activité créée par son éducateur, « La parole des ados », qui permettait aux jeunes d’évoquer tous les sujets qui les préoccupaient : comment fonctionne une vie d’adulte ? Un appartement ? Qu’est-ce que la violence, la délinquance ?... Des moments qui l’ont marqué et ont participé à son cheminement vers la vie d’adulte. Vers l’autonomie Après cette adolescence où sa mère SOS et son éducateur ont su l’appuyer, l’aider à se projeter dans l’avenir, Johnny Casselman choisit de suivre l’enseignement du bac professionnel « Maintenance des réseaux bureautique et télématique » à Lens. Plutôt que de faire cinquante kilomètres par jour pour poursuivre ses études, il décide alors de signer un contrat « jeune majeur » avec le Conseil général et l’association Relais Jeunes Artois d’Arras. « C’était un pas de plus vers l’autonomie car l’on me proposait d’avoir un appartement tout en étant suivi par un éducateur », souligne-t-il. Une expérience réussie puisqu’il obtient son bac pro et choisit de s’installer à Paris où il trouve un emploi au sein de l’entreprise TFN Propreté, dans laquelle il travaille depuis six ans, occupant désormais un poste de responsable de service. « Finalement, tout cela a été extrêmement positif, conclut-il. Je garde un souvenir heureux de cette période et suis toujours en relation avec différentes personnes du village. Christine, par exemple, qui remplaçait ma mère SOS lors de ses périodes de repos, vient régulièrement à Paris. Nous en profitons pour dîner ensemble… »

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Dernière minute (au 2 mars 2010)

M. et Mme P. (Yvelines) parrainent le village d’enfants SOS d’El Jadida, au Maroc. Ils ont pu s’y rendre en 2009.

France : SOS Villages d’Enfants exprime sa solidarité aux victimes de la tempête

Témoignage.

La tempête Xynthia, d’une rare violence, s’est abattue sur l’Ouest de la France dans la nuit du 27 au 28 février. Au village d’enfants SOS de Châteaudun (Eure-et-Loir), elle a provoqué quelques dégâts matériels mais aucun accident grave. Le village d’enfants SOS de Sainte-Luce (Loire-Atlantique) n’a pas été touché. Nombreux sont les habitants de la région qui ont perdu des membres de leur famille ou des proches. Leurs conditions de vie ont pu être fragilisées, leur maison, leurs biens, parfois leurs moyens de subsistance ayant été endommagés ou détruits. SOS Villages d’Enfants adresse ses pensées les plus chaleureuses aux familles endeuillées et meurtries, en leur souhaitant de trouver dans la solidarité manifestée à leur égard le réconfort qui les aidera à surmonter cette épreuve.

« Quand nous arrivons, c’est une foule d’enfants qui arrivent de l’école, beaucoup se précipitent dans les bras du directeur qui les embrasse avec affection. Il nous accompagne et nous fait visiter les lieux. Il y a 12 “familles SOS” et 91 enfants aujourd’hui dans ce village. Les enfants ont été abandonnés ou retirés à leur famille, pour maltraitance par exemple. Les fratries sont regroupées. La mère SOS reçoit une formation et s’occupe de ces enfants comme d’une vraie famille. C’est le premier village “urbain” de SOS Villages d’Enfants Maroc. Ici, les enfants sont scolarisés dans la ville et participent à des activités avec les autres enfants. Ils fréquentent par exemple le stade de foot qui est en face. Ils sont bien intégrés et acceptés dans la ville. Une petite fille vient annoncer toute fière au directeur que demain, elle va faire une compétition de judo pour l’équipe nationale ! »

Chili : SOS Villages d’Enfants, présente depuis 45 ans, fait face à l’urgence Le séisme de magnitude 8,8 sur l’échelle de Richter qui a frappé le centre du Chili a fait plus de 700 morts et près de 2 millions de personnes sinistrées. SOS Villages d’Enfants est présente au Chili depuis 1965 : il existe 14 villages d’enfants SOS, 4 jardins d’enfants, 11 foyers de jeunes, 2 centres de formation professionnelle et 10 centres sociaux. Le village d’enfants SOS situé à Concepcion, ville proche de l’épicentre, n’a pas été affecté, de même que les autres villages d’enfants SOS du Chili. Certains ont cependant subi des dégâts matériels. Face aux risques de violences et de pillage, des mesures de sécurité ont été prises. SOS Villages d’Enfants a établi un plan d’urgence pour venir en aide aux enfants affectés par le séisme et leurs familles.

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Pour que frères et sœurs partagent la même enfance


Village de Joie 212