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EN MOUVEMENT Nº1 JANVIER>AVRIL 2016

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@SJNATIONAL

© Adeline Praud

Solidarité et lutte contre les exclusions : réflexion et actions au cœur de nos projets

COOK4CLIMATE

LE TUTO EN IMAGES

MESURER L’IMPACT DES CHANTIERS ?

Un dîner pas comme les autres P. 11

La terrasse en bois de palettes P. 9

Oui, avec Changing Perspectives P. 12

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TOUS CONTRIBUTEURS 4

Tu veux écrire, photographier ou dessiner, pour informer, rendre compte, témoigner ou encore partager ce qui se passe dans ta délégation ou au sein du mouvement, de ses

LE DOSSIER THÉMATIQUE

SOLIDARITÉ ET LUTTE CONTRE LES EXCLUSIONS : RÉFLEXION ET ACTIONS AU CŒUR DE NOS PROJETS

• Six volontaires en route pour un projet unique • Grand succès pour les rencontres éduc pop ! • La commission SLE, kesako ?

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ROPOSER P S U O N R U O P S CONTACTE-NNOOUUS SOUMETTRE TES IDÉES DES SUJETS,

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L’ÉCHO DU TERRAIN • Citrus se forme à la coopération • L’égalité dans la mobilité • S’engager, aussi en cuisinant ! • Une terrasse en bois de palettes SJ À L’INTERNATIONAL • Un dîner pas comme les autres • Mesurer l’impact du volontariat : comment et pourquoi ?

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FOCUS SUR • Retour sur la réunion bilan chantiers 2015 • Ici, on communique sans violence ESPACE DÉTENTE • La BD : qui est folle ? • La recette du beetroot chocolate cake ILS/ELLES FONT LE MOUVEMENT • Le regard vers l’autre

Directrice de publication Matina Deligianni Coordinatrice de publication Adeline Praud Comité de rédaction Mélanie Bonaventure, Élodie Caille, Agathe Décarsin, Julia Martin, Charlotte Rochard. Graphiste  Javier Larios Contributeurs et contributrices pour ce numéro :  Mélanie Bonaventure, Aitor Salmeron Caballero, Élodie Caille, Agathe Décarsin, Laura Durgoni, Hana Raskova, Marc Duteriez, Mathilde Houssaye, Yves Lalanne, Adeline Praud, Guillaume Smagghe, Nussara Khakhao. Crédits photos : Cendrine Béguigné, Sébastien Gros, Javier Larios, Adeline Praud, Sori Moon, Tatevik Harutyunyan, Nussara Khakhao. ONT CONTRIBUÉ À CE NUMÉRO DES BÉNÉVOLES, VOLONTAIRES, SALARIÉ.E.S, ÉLU.E.S DU NATIONAL ET DES RÉGIONS. MERCI À CHACUN.E

CONTACTS/INFOS :

redaction@solidaritesjeunesses.org 2


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n mars sera mis en ligne le tout nouveau site internet de Solidarités Jeunesses. Ce projet s’inscrit dans une démarche globale qui vise à se doter de nouveaux outils et supports de communication. Plus clair et plus en phase avec les nouveaux usages du web, il sera aussi responsive, c’est à dire consultable aisément sur les mobiles et tablettes. Objectifs attendus : une hausse des inscriptions sur nos chantiers et une meilleure lisibilité de nos projets !

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e « vivre ensemble »* que SJ défend et réinterroge, est avant tout le « faire ensemble ». C’est la nécessité et la volonté qu’aucun individu ne soit exclu de sa capacité de citoyen, de sa capacité de faire. C’est une nécessité car une société juste, égale et viable ne peut se construire sans la participation de toutes et de tous. Nous ne pouvons envisager d’avancer sans associer les exclu.e.s à la construction de notre société, de nos projets, de notre vision. Ensemble nous nous donnons les moyens de nous émanciper individuellement en construisant un projet commun. C’est le sens de nos projets de solidarité et de lutte contre les exclusions. Nous ne cherchons pas avant tout à accompagner des personnes vers leur émancipation, mais plutôt que leur émancipation nous porte et nous accompagne dans la construction de notre idéal. Une société construite sans la participation de toutes et de tous n’est pas viable et ne peut se développer pacifiquement. Une vie sans participation à la construction de la société est vide de sens. L’éducation populaire cherche avant tout à responsabiliser les individus en leur donnant la capacité d’agir. Aujourd’hui ce sont malheureusement encore les idéologies de la déresponsabilisation qui restent dominantes, celles qui désignent un groupe étranger comme responsable du malheur commun. Nous choisissons la responsabilité de toutes et de tous et nous choisissons de nous donner les moyens de cette responsabilité. L’un de ces moyens est le partage et l’échange d’informations et d’idées. C’est dans cet esprit que le comité de rédaction a construit cette gazette pour qu’elle devienne moyen d’expression, source d’informations, d’inspiration et de réflexion. Comme pour l’ensemble de nos projets, nous espérons aussi que chacune et chacun pourra s’approprier cette gazette, y puiser ce qu’elle et il recherche et pourquoi pas, participer à sa rédaction.

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es 27 et 28 janvier prochain, le Créneau accueillera les Rencontres autour de l’accompagnement social. Animées par Benjamin Larvoire et Mélanie Bonaventure (respectivement salarié.e.s des délégations PACA et Franche-Comté), ces rencontres s’inscrivent dans le programme des formations que développe le mouvement à l’intention de ses membres. Et quand les besoins en formation émergent du terrain, c’est encore mieux ! Ces rencontres répondent en l’occurrence à une demande formulée par les chargé.e.s d’accueil lors de leur dernière rencontre en septembre 2015.

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u 1er au 7 février se tiendra à Laguépie la formation européenne « Be the change : a training about conflict resolution for intercultural dialogue ». Cette formation sera animée par une équipe de trois formatrices : Laëtitia Barbry, Maria Durillo Diaz de l’association espagnole Proyecto Kieu et Agathe Décarsin. Elle regroupera des participant.e.s venant de 6 pays européens : Espagne, Italie, Grèce, Estonie, République Tchèque et France.

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ave the date ! L’assemblée générale annuelle de Solidarités Jeunesses se tiendra au Hameau de Vaunières (PACA) les 7 et 8 mai prochain. Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, retenez que le jeudi qui précède ce temps fort, est aussi férié (5 mai = ascension). Pour celles et ceux qui voudraient donc profiter de cette AG pour lier l’utile à l’agréable et arriver en amont, voire en famille, c’est possible ! Pensez cependant à prendre contact avec Julia au secrétariat national qui coordonnera vos arrivées et fera le lien avec Vaunières qu’il y ait de la place pour tout le monde !

Bonne lecture et bravo aux rédactrices et rédacteurs de ce premier numéro ! par Marc Duteriez, président de Solidarités Jeunesses *« Nous réaffirmons que «le Vivre ensemble » se construit à la croisée des identités individuelles et collectives, et que nous pensons nécessaire de redonner du sens à la notion de collectif et du faire avec ». Extrait de la déclaration de principe de l’AG 2015 de Solidarités Jeunesses.

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Le groupe Katimavik dans une des trompes du Faï.

SIX VOLONTAIRES EN ROUTE POUR UN PROJET UNIQUE par Guillaume Smagghe et Aitor Salmeron Caballero, volontaires à Vaunières Le projet Katimavik est lancé : six jeunes venant de Seine-SaintDenis se sont engag.é.e.s dans un volontariat itinérant au sein de trois délégations du mouvement Solidarités Jeunesses. Vaunières, Beaumotte et le Créneau auront le plaisir de les accueillir pendant les six premiers mois de ce projet atypique. La dernière étape du parcours, ce sera l’Écosse. Itinérance, dépassement de soi et découverte font partie des principaux objectifs de ce projet.

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olidarités Jeunesses a pu constater suite à des années de travail que les opportunités d’accès à des dispositifs de volontariat ne sont pas égales pour tous les jeunes. Il est d’autant plus difficile d’y arriver pour ceux qui vivent dans des quartiers présentant moins d’opportunités sociales, économiques et éducatives. Ce sont particulièrement ces jeunes, souvent en situation de risque d’exclusion, qui pourraient le plus tirer profit d’une expérience de volontariat. Pour cette raison, SJ a créé le projet Katimavik, un projet à caractère expérimental qui a pour but de favoriser leur accès aux programmes de volontariat et de mobilité en France ainsi qu’à l’étranger.

font partie des objectifs du projet. À cela s’ajoute la mise en place d’un blog (http://katimavik93.e-monsite. com) grâce auquel, en plus de pouvoir poursuivre leurs expériences, ils/elles pourront se former dans la création de supports multimédias. Ainsi, six jeunes adultes de 18 à 25 ans, résidant en Seine-Saint-Denis, ont commencé en novembre ce projet original de volontariat. Sa particularité est due à son itinérance. En effet, les six premiers mois, ils/elles vont rester dans trois délégations de SJ en France en tant que volontaires en Service Civique. Lors du septième et dernier mois, ils/elles seront en Service Volontaire Européen, et voyageront en Écosse afin de réaliser un volontariat international.

Pour suivre le projet, rendez-vous sur le blog : katimavik93.e-monsite.com

Développer son autonomie, découvrir le volontariat, expérimenter la vie collective et l’interaction avec les autres ainsi que la construction de son propre parcours socio-professionnel

© Toutes les photographies ont été réalisées par Cendrine Béguigné, salariée en parcours au Faï

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« M’éloigner de la ville, respirer, connaître d’autres personnes, d’autres cultures et travailler ensemble » telles sont les motivations de Diaoué, 20 ans, qui l’ont amené à participer au projet, motivations partagées par les autres volontaires. La première étape de cette aventure a eu lieu principalement à Vaunières. À celle-ci s’est ajouté un séjour au Faï, deux lieux faisant partie de l’association Villages des Jeunes, délégation de SJ en région PACA. Le groupe, qui est composé de deux filles et de quatre garçons, a partagé les mois de novembre et décembre avec les autres volontaires et les salarié.e.s de la délégation, loin des commodités de la vie citadine auxquelles ils étaient habitués. Jérémy, 24 ans témoigne : « au début le plus difficile était l’absence de réseau et le régime alimentaire très riche en végétaux. On nous avait prévenu que ce serait ainsi là-bas, mais ça n’a pas été si facile de s’adapter ». Dans les deux villages ils ont eu l’opportunité de travailler au jardin, de faire de la maçonnerie, de la coupe de bois, d’isoler la serre et participer à d’autres tâches liées à la vie en collectivité comme la cuisine et l’entretien des lieux. Ils ont également pu rencontrer les habitants de la vallée et aussi un groupe de réfugiés, accueilli depuis peu sur une commune voisine. C’est en proposant des activités sportives, en se rendant à des soirées musicales et en participant à divers évènements locaux qu’ils/elles ont pu créer des liens.

Nous avons appris à nous connaître et petit à petit nous sommes devenus une famille. Depuis leur départ le village nous semble un peu vide ». Les deux mois suivants auront lieu dans la délégation de SJ en Franche Comté, au centre de Beaumotte et, avant de partir en terre écossaise, durant les mois d’avril et mai, ils seront au Créneau dans l’Allier, délégation située en Auvergne. Les participant.e.s au projet espèrent « continuer de rencontrer de merveilleuses personnes dynamiques dans les prochaines étapes de leur volontariat, ainsi qu’apprendre et découvrir encore et toujours ».

06 06 03 jeunes

mois

Selon Joanna, volontaire germanopolonaise de Vaunières : « Ils ont apporté beaucoup de vie au village.

dernière étape en Écosse

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© Adeline Praud

GRAND SUCCÈS POUR LES RENCONTRES ÉDUC POP ! par Mélanie Bonaventure, responsable de l’accompagnement socio-éducatif au Centre de Beaumotte

participant.e.s. En tant que salariée militante mais aussi en tant qu’élue, j’y ai trouvé de la force et de l’énergie, j’ai pu y prendre du recul. Ce qui a pu être exprimé m’a touché. Je me souviens de mots tels que « valeurs retrouvées », « réconciliation avec le mouvement », « parcours alimenté en force et convictions », etc. Et bien-sûr, ces moments sont facilitateurs de rencontres. Notre mouvement rayonnant à l’échelle nationale, les occasions de rencontrer les « collègues » des autres délégations sont précieuses. L’organisation de rencontres thématiques et de formations est un atout pour notre mouvement et un enjeu que Solidarités Jeunesses se doit de relever.

On a souvent la tête dans le guidon, et bien que notre quotidien soit sans cesse rythmé par nos valeurs, on a parfois besoin de prendre du recul et de trouver des espaces de rencontres où l’on puisse réaffirmer ce que l’on fait et surtout pourquoi on le fait. C’est ce que je suis allée chercher aux Rencontres Éduc Pop, qui étaient accueillies par le hameau de Vaunières les 5 et 6 décembre derniers.

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l est vraiment important, voire essentiel, de ne pas oublier ce qui nous porte chaque jour, ce qui nous fait avancer, et surtout d’avoir des temps pour continuer à donner du sens à notre engagement. Ces ateliers initialement pensés comme « formation éducation populaire » sont nés de la volonté de s’approprier collectivement notre histoire (celle de l’éducation populaire). Ces deux jours d’échanges nous ont permis de réinterroger nos actions de solidarité et de lutte contre les exclusions (SLE) à partir de notre démarche d’éduc pop. Ce temps fort s’adressait à tout.e.s les acteurs.rices du mouvement Solidarités Jeunesses.

Je ne peux que féliciter Agathe, Julien et Benjamin dans leur rôle de facilitateur.rice et pour le travail de préparation mené en amont. Le choix des méthodes participatives et les espaces d’échanges et d’écoute en petits groupes ont été pour moi importants, enrichissants et agréables. Je n’oublie pas l’équipe de Vaunières qui a pris soin de nous accueillir dans une ambiance chaleureuse et pour tous ces moments de partage formels et informels si précieux. À quand les prochaines rencontres éduc pop ?

© Adeline Praud

Les objectifs étaient entre autres de se rencontrer et de se donner de la force collectivement dans nos engagements, de pouvoir échanger des savoirs et des outils, et de croiser les regards et pratiques de chacun.e.s. Ces objectifs ont été plus qu’atteints, et cela en se questionnant sur ce qu’était une action SLE, en réaffirmant l’identité de SJ face à ces actions, en se rappelant l’utopie de SJ et ce qu’il nous semble important de transformer sur le terrain. La diversité et la richesse du groupe ont renforcé l’intensité des échanges, cela a surtout donné de la valeur à nos pratiques d’éduc pop dans nos actions SLE. À titre personnel, ces rencontres m’ont très fortement marquée ; la diversité des acteurs. rices en présence y a été pour quelque chose (salarié.e.s, bénévoles, élu.e.s, volontaires) ! Le temps d’un week-end qui incitait naturellement au croisement des regards, ma « vision politique » a été mise à nu par les rencontres et les témoignages des

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LA COMMISSION SLE, KÉSAKO ?

par Agathe Décarsin, chargée de mission actions d’éducation populaire et d’engagement au secrétariat national

© Adeline Praud

Depuis 2002 il existe au sein du mouvement une commission SLE, ses membres se retrouvent tous les ans pour aborder les questions liées aux actions de Solidarité et lutte contre les exclusions. Rencontre avec Hasnia Mortet, chargée de l’accompagnement des personnes en insertion au Centre de Beaumotte et membre de la commission depuis janvier 2014. - Quel est le rôle et le fonctionnement de la commission SLE ? Cette commission se pose comme objectif d’aborder les problématiques liées à la thématique SLE pour en renforcer la dimension politique. C’est un espace de réflexion et d’échanges de pratiques autour des actions SLE qui a pour rôle de suivre et de mettre en œuvre les actions définies dans le plan d’action voté à l’AG. Nous sommes force de propositions et diffusons des documents de communication et de synthèse afin de partager nos réflexions à l’ensemble du mouvement. - Qui la compose ? Nous sommes 11 membres dans cette commission : Sandrine et Benjamin de Vaunières, Mamadou de VirVolt, Maurine des Bateleurs, Thibaut du REV, Constance du Créneau, Nico pour Citrus, Anne-Clotilde et Mélanie du CN, moi-même pour Beaumotte, et Eric pour le Secrétariat National. C’est lui qui a pour mission de coordonner les rencontres de la commission et de les animer. - En quoi ta participation à cette commission enrichit-elle ton travail au quotidien ? Je n’ai participé qu’à deux commissions donc c’est un peu compliqué pour moi de répondre à cette question. Néanmoins comme je travaille au contact d’un public en exclusion, cela m’offre un espace pour prendre du recul et intégrer davantage la dimension politique dans mon travail. - La dernière commission s’est réunie il y a quelques semaines, quelles sont les pistes de travail, les orientations qu’elle a posées pour 2016 ? Nous nous sommes posé plusieurs orientations de travail. Tout d’abord parvenir à travailler davantage en amont avec les éducateur.rice.s ou animateur.rice.s des groupes accueillis en délégation, peut-être via la mise en place de visites préalables. Par ailleurs nous souhaitons proposer d’allonger d’une demijournée le regroupement des volontaires afin d’y intégrer un échange sur l’accueil social. Nous avons également affirmé notre volonté d’amener davantage les personnes en parcours (salarié.e.s en parcours et stagiaires) vers les formations du mouvement. Finalement nous avons amorcé une discussion autour de la mise en place d’une rencontre nationale des salariés et/ou stagiaires en parcours.

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CITRUS SE FORME À LA COOPÉRATION

par Yves Lalanne, président de Citrus

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’autre jour, à CITRUS, nous avons été conviés à subir, bénéficier d’une formation. Il y avait là tout le gratin de l’assotciation ; élu.e.s, salarié.e.s et même Yohanna notre nouvelle recrue qui venait tout juste d’embaucher ! Le thème était : « Coopération et animation de temps collectifs ». Cette formation de 2 jours et demi nous était proposée par l’organisme « L’escargot migrateur » qui fédère des animateurs, formateurs, artistes, agitateurs, penseurs, tous animés par un désir de transformation sociale. Tanguy et Lucile nos deux formateurs, ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour nous apprendre les stratégies de coopération et nous proposer divers outils et postures pour expérimenter ces concepts au travers de jeux ou d’ateliers collectifs.

Alors, il a été question d’inter-connaissance mutuelle, d’entraînement mental (méthode de raisonnement élaborée dans les années 1940 par les résistants), de théâtre de l’opprimé, de groupes d’interview mutuelles, que sais-je encore... Ah oui, de Cobra de verre, de Kintao ou encore des 4 démons qui nous empêchent d’avancer bref, c’était sacrément balèze ! Je dois avouer que je n’ai pas tout compris mais ce qui est sûr c’est qu’on s’est bien amusés tous ensemble et qu’à la fin, tout le monde était ravi. Pour moi, c’est l’essentiel et même si j’ai chopé un peu mal au crâne ( je n’ai pas l’habitude de réfléchir autant) je fus très heureux d’avoir pu partager ce moment privilégié avec les Citrusiens. On a su prendre ce temps. Pour une fois qu’à CITRUS on n’est pas « pressé » !


© Javier Larios

Omar et Juliette se sont retrouvés en France

L’ÉGALITÉ DANS LA MOBILITÉ

par Élodie Caille, chargée de mission échanges internationaux au secrétariat national Solidarités Jeunesses s’est dotée du Fonds International de Solidarité (FIS) pour que le volontariat soit accessible à toutes et tous et que les frais de voyage ne soient plus un frein à la mobilité. Le FIS existe depuis des années et a subi des modifications au fil des saisons. Chaque année, nous essayons d’optimiser son utilisation.

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ous avons constaté que nous envoyons des centaines de volontaires en Asie, Afrique et Amérique latine alors que nous ne recevons que très peu de volontaires de ces régions du monde. Dans le but d’augmenter la réciprocité des échanges, SJ a décidé de demander une participation de 10 euros à chaque volontaire souhaitant s’inscrire sur un projet afin de créer un fonds qui permet d’inviter, à travers nos partenaires internationaux, des personnes de ces régions sur nos chantiers et de prendre en charge tout ou partie de leurs frais de voyage.

administratives pour les faire venir étaient lourdes, nous avons été récompensés par leur sourire et leur motivation pendant les chantiers ! La plus grosse peur de Maali était « de ne pas être intégrée et acceptée par ces cultures si différentes de la [s]ienne. Finalement, [elle a] été acceptée rapidement et même audelà de [s]es attentes. C’était très important pour [elle] de découvrir la culture française en participant à la vie quotidienne d’un village français. » Omar, quant à lui, a pu retrouver son amie française Juliette, rencontrée sur un chantier de Bethléem quelques années plus tôt. Ils ont vécu cette expérience ensemble sans faire l’impasse sur la rencontre avec le groupe de volontaires internationaux. Omar souhaite animer de nouveaux chantiers en Palestine et appliquer ce qu’il a appris pendant ce chantier en France.

« La commission

Le FIS sert aussi à développer ou à Nous avons également accueilli Johary, volontaire International renforcer les partenariats avec nos malgache qui a rejoint deux chantiers en Auvergne partenaires internationaux. Ainsi, en 2014, et Poitou-Charentes. Il résume son expérience fixe chaque nous avons construit un partenariat avec comme « une rencontre, unité dans la diversité, année des une association malgache en accueillant une amitié solidaire ». priorités à deux responsables de l’association sur une formation d’animation de chantiers, dans De plus, Komla du Togo qui a animé un chantier respecter » une délégation et au Secrétariat National. en Aquitaine et Nussara, première volontaire Première étape d’un partenariat qui a long-terme thaïlandaise ont bénéficié de ce fonds. amené la création d’un chantier à Madagascar un an plus Les opportunités sont donc variées. tard. Un partenariat avec l’association sénégalaise Terranga a quant à lui permis l’accueil de deux volontaires africains Quand une personne est aidée par le FIS, elle n’est pas la sur un chantier en Auvergne. seule bénéficiaire puisque tous les volontaires profitent de sa présence et l’interaction au sein du groupe est plus riche. La commission International fixe chaque année des priorités Ces moments de rencontre que nous créons contribuent à respecter. C’est ainsi qu’en 2015, nous avons décidé à coup sûr à la construction de la paix et à une meilleure de renforcer notre coopération avec les pays du Moyen- connaissance de l’autre. Continuons à faire du FIS un outil Orient dans la logique de notre participation au projet du d’égalité dans la lignée des objectifs de mixité et de vivre CCSVI visant à développer les liens entre les associations ensemble, primordiaux pour SJ. européennes et du Moyen-Orient. Nous avons accueilli trois volontaires palestiniens de Hébron. Même si les démarches 8


S’ENGAGER, AUSSI EN CUISINANT ! par Laura Durgoni, chargée d’accueil à Villages des Jeunes Le 7 et 8 novembre 2015 a eu lieu à Vaunières - Association Villages des Jeunes - une formation autour de la cuisine collective écologique. Retour sur un temps fort à vous réveiller les papilles.

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l’initiative de Fanny (ancienne chargée d’accueil à Vaunières), cette formation répond à son désir de sensibiliser l’ensemble du mouvement aux questions de l’alimentation, du bien-manger, son envie de questionner collectivement nos pratiques. Agathe (salariée du secrétariat national) et moi-même (chargée d’accueil de Vaunières), avons facilité avec Fanny cette formation. Nos objectifs étaient d’échanger sur nos valeurs, envies, pratiques, de les mettre en cohérence au sein du mouvement et de promouvoir des modes de consommation alternatifs et solidaires. L’idée était aussi de partager des moments conviviaux de cuisine à travers des repas créatifs et savoureux, de se questionner pour une « cuisine écologique, politique et engagée ».

« L’idée était aussi de partager des moments conviviaux de cuisine à travers des repas créatifs et savoureux » Douze personnes ont répondu à l’appel : salarié.e.s, bénévoles et volontaires de Solidarités Jeunesses. L’ambiance était chaleureuse et la météo ensoleillée. Cela nous a permis de profiter de temps de travail en extérieur très appréciés par l’ensemble du groupe. Trois groupes se sont formés pour imaginer et préparer les trois repas de la formation. Chaque groupe avait une contrainte : menu vegan, menu à réchauffer rapidement, etc. Une table remplie de victuailles bio, locales et végétariennes trônait au milieu de la salle à manger. Les groupes se sont familiarisés avec les

ingrédients, les livres de recettes, ont parlementé pour décider collectivement des menus à réaliser. Un joyeux marché en somme ! L’après-midi nous avons découvert le jeu de la ficelle, un outil pédagogique pour comprendre le système alimentaire mondial : d’où viennent les aliments ? Qu’est ce que cela implique pour l’environnement, les humains ? Qui tire «  les ficelles » et s’en « met pleins les poches »… Bref un beau jeu de sensibilisation qui a remué, questionné, énervé, attristé, choqué, etc. Suite à cela nous avons partagé ce que nous comprenons de ce système puis ramené le débat à notre niveau c’est-à-dire à Solidarités Jeunesses. Nous avons échangé sur nos difficultés à mettre en place une cuisine écologique engagée. Quels sont nos freins ? Quoi mettre en œuvre à titre individuel et collectif ? Quelles pistes d’actions ? Le samedi soir, une soirée conviviale ouverte à la vallée a eu lieu. Au menu : repas vegan  ! Sacré défi puisque beaucoup de personnes ont des a priori sur cette cuisine et pourtant… la mayonnaise vegan a remporté un franc succès, ainsi que les divers houmous, galettes, dahl et gâteaux. La soirée a été animée par un duo chant et accordéon (Léon et Marie, deux bénévoles de Villages des Jeunes) et s’est achevée par un bal folk improvisé sous les lampions jusqu’à tard dans la nuit !

LA RECETTE DE L’INCROYABLE MAYONNAISE VEGAN 1/3 de lait de soja (ex : 250 mL) 2/3 de huile de tournesol (ex : 500 mL) Moutarde Sel, poivre Vinaigre de cidre et/ou jus de citron Sucre Ail Mettre tous les ingrédients dans un saladier haut (sauf l’huile). Mixer tous les ingrédients avec un robot batteur (ou à la main pour les plus courageux) en incorporant petit à petit l’huile. Battez jusqu’à obtenir une mayonnaise onctueuse. On peut ajouter des épices et aussi : Des fines herbes Des cornichons hachés Des pois chiches hachés

Le dimanche, nous nous sommes attelé à définir collectivement des axes de travail concrets (organisation, lien avec les producteurs locaux, budget, etc), à élaborer ensemble une réflexion sur comment concilier les publics accueillis (coutumiers de la culture fastfood, kebab) et nos choix alimentaires. Enfin, nous avons partagé nos trucs et astuces pour une cuisine écolo peu onéreuse. Alors à quand un CN ou mieux, une AG sur la thématique de l’alimentation et d’une cuisine ENGAGÉE ? © Sébastien Gros

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UNE TERRASSE EN BOIS DE PALETTES par Mathilde Houssaye, encadrante technique au REV

Construire une terrasse en palette avec le REV • • • • • • • • • • •

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2 Creusez votre terrain à la taille de votre future terrasse.

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4 grandes planches Des palettes désossées 8 coin d’angle en fer Des tasseaux de 3x3 cm Du papier à poncer Une scie Des vis De la lasure Une visseuse Une pelle Une brouette

Faîtes un rectangle avec les 4 grandes planches et fixez les à l’aide d’équerres en coin pour créer la structure.

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Faites attention à toujours avoir une pente supérieure à 2° pour le ruisselement de l’eau

Enterrez la structure afin de solidifier l’ensemble.

Posez la structure sur le sol et quadrillez la à l’aide des tasseaux.

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6 Fixez les planches issues des palettes sur chaque tasseau pour faire le parquet.

Poncez et lazurez le plancher. Votre terrasse est prête !

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© Sori Moon Chantier à Esprels (Beaumotte)

UN DÎNER PAS COMME LES AUTRES

par Élodie Caille, chargée de mission échanges internationaux au secrétariat national Un dîner aux chandelles qui rapproche les volontaires ? Telle était la promesse de la campagne Cook 4 Climate cet été !

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a thématique du développement durable est très importante dans les délégations de Solidarités Jeunesses. Que ce soit à travers la consommation de fruits et légumes de saison, l’achat de nourriture à des producteurs locaux, ou la sensibilisation au tri des déchets, les volontaires ont à cœur de contribuer à la protection de l’environnement.

Les photos et recettes des dîners aux chandelles organisés aux quatre coins du monde se trouvent dans un livre de cuisine mis en page par le groupe de travail de l’Alliance sur le développement durable. Il pourra ainsi servir à d’autres volontaires pour les futurs chantiers. On peut y retrouver des recettes de plusieurs pays comme un dessert à la patate douce, un curry de légumes, une batzina (sorte de tarte à la citrouille grèque), un gözleme (pain traditionnel turc) etc. Rendez-vous l’été prochain pour une nouvelle action en faveur de la protection de l’environnement !

© Tatevik Harutyunyan

Cette année, en préparation de la COP21 et en parallèle des actions que les volontaires mettent en œuvre au quotidien, Solidarités Jeunesses a participé à la campagne « Cook 4 Climate » de notre réseau Européen Alliance. Celuici souhaite montrer que les volontaires internationaux participent à la lutte contre le changement climatique. Trois chantiers ont rejoint la campagne : Le fort de la Butte Pinson (Vir’Volt), Esprels (Beaumotte) et le chantier ouvert de Vaunières. Les volontaires, aidé.e.s de leurs animateur.rice.s, ont organisé un dîner aux chandelles. Toute la préparation de ces repas a été pensée dans une optique de développement durable : achats auprès de producteurs locaux, utilisation de produits issus de l’agriculture biologique, tri des déchets, compost, etc. Pour Tatevik, animatrice du chantier de la Butte Pinson et volontaire long-terme de Vir’Volt la saison dernière, «  bien manger rend la vie bien plus joyeuse  ! » Elle a vu l’organisation de ce dîner comme une opportunité à saisir : « C’était très amusant. Je pense que tout le groupe a compris l’objectif de ce dîner  : être plus près de la nature, manger plus sainement… Pendant le dîner, nous avons eu une vraie conversation sur la protection de l’environnement. Les bougies ont rendu l’atmosphère plus mystérieuse et calme ce qui nous a donné l’opportunité de parler de tout ce qui nous tenait à cœur sur le chantier. Ce moment nous a rappelé les repas de famille de fin d’année. Nous nous sentions comme une grande famille ». 11

Le fort de la Butte Pinson (Vir’Volt)


MESURER L’IMPACT DU VOLONTARIAT : COMMENT ET POURQUOI ? par Adeline Praud, membre du conseil national

© Adeline Praud

Fin octobre, des partenaires internationaux de SJ se sont réunis en Crète à l’occasion d’un séminaire organisé dans le cadre du projet “Changing Perspectives”.

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© Adeline Praud

oordonné par le secrétariat national de Solidarités Jeunesses, ce projet mobilise des partenaires d’Europe et d’Asie. Il vise à produire des données sur l’impact du volontariat international, sur les communautés locales qui accueillent des chantiers internationaux d’une part, et sur les volontaires d’autre part. Deux recherches sont parallèlement menées : une enquête quantitative, à laquelle ont répondu 500 volontaires, une enquête qualitative pour laquelle ont été interviewées 74 personnes mobilisées localement sur l’accueil de chantiers (14 associations, 26 chantiers, dont 7 chantiers et 25 entretiens pour SJ). Lors de ce temps de travail crétois, les premiers résultats ont été partagés. Différents ateliers, proposés par une équipe de 5 facilitateurs, ont permis aux participant.e.s, de s’emparer collectivement des données (données quantitatives et entretiens), d’amorcer des analyses. Les résultats de ces travaux de recherche permettront aux acteurs du service volontaire international d’améliorer leurs pratiques. Plus encore, ces données, qui risquent à fortiori de corroborer les hypothèses de départ, s’imposent comme des données précieuses à mobiliser, du local au national, dans toutes actions de développement, de recherches de partenariat ou de financements par exemple. Enfin, elles pourront soutenir les futures démarches de plaidoyer auprès des gouvernements et instances européennes. Au cours de ce séminaire, les participant.e.s ont réfléchi aux usages possibles de ces données et à leur dissémination. Comment les utiliser pour améliorer nos pratiques ? Comment les mobiliser pour valoriser nos actions et nos projets, ou encore soutenir la reconnaissance du statut de volontaire par exemple. En mai 2016 se tiendra à Paris la conférence finale du projet. D’ici là, les acteurs mobilisés doivent finaliser les enquêtes et mettre en forme les résultats.

© Adeline Praud

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FOCUS SUR RETOUR SUR LA RÉUNION BILAN CHANTIERS 2015 par Élodie Caille, chargée de mission échanges internationaux au secrétariat national Avant de commencer une nouvelle saison, arrêtonsnous sur les conclusions à tirer de l’année 2015.

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a réunion bilan-chantiers, organisée chaque année en fin de saison au Secrétariat National, sert à établir un bilan chiffré et qualitatif de la saison en présentant les statistiques permettant de comparer l’évolution dans les échanges. Les discussions portent aussi sur les difficultés rencontrées pendant la saison passée et les problématiques du terrain à faire remonter au niveau national puis international grâce à nos réseaux pour trouver des solutions communes. Enfin, la réunion permet de préparer la saison à venir et de penser à des projets qui pourront être développés dans le long terme.

Elle rassemble les personnes du mouvement impliquées dans l’action chantiers : les salarié.e.s du Secrétariat National qui travaillent au sein du secteur chantiers, les coordinateur. rice.s en régions et les délégué.e.s en régions.

La réunion bilan de la saison chantiers 2015 s’est déroulée les 29 et 30 octobre derniers. Elle a réuni 15 personnes, certaines habituées et d’autres novices permettant d’apporter un regard nouveau mais aussi de glâner des conseils auprès des salarié.e.s ayant déjà vécu plusieurs saisons de chantiers. Soulignons plus particulièrement la présence de Christian Le Martelot, directeur de l’association partenaire Neige & Merveilles, association partenaire de SJ depuis 3 ans. Il nous a confié repartir de cette réunion avec de nouvelles idées puisqu’il souhaite notamment organiser des chantiers familles et des chantiers seniors, pour renforcer la mixité intergénérationnelle sur les chantiers. La saison 2015 a été globalement satisfaisante même si certains problèmes, notamment de remplissage des chantiers, sont ressortis. La saison 2016 sera planifiée en conséquence, parions sur le fait qu’elle nous satisfera pleinement !

ICI ON COMMUNIQUE SANS VIOLENCE !

par Agathe Décarsin, chargée de mission actions d’éducation populaire et d’engagement au secrétariat national

C’est au château des Prureaux, au milieu de la paisible campagne auvergnate, que s’est tenue les 4 et 5 octobre derniers une formation autour de la communication non violente destinée aux acteurs et actrices du mouvement. Cette rencontre animée par Laetitia Barbry, élue du Conseil National, formatrice professionnelle et médiatrice de conflits, a regroupé douze participant.e.s issu.e.s de 4 délégations et du secrétariat national : bénévoles, volontaires et salarié.e.s.

L

a communication non violente est un processus qui permet de mieux appréhender des situations conflictuelles et d’être davantage à l’écoute des autres et de soi-même. Marshall Rosenberg, docteur en psychologie théorisa cette démarche il y a près de 40 ans. Selon lui « les jugements que nous portons sur les autres sont l’expression tragique de nos besoins non satisfaits ». Il convient donc d’être davantage à l’écoute de nos propres besoins, d’être en capacité de les exprimer et ensuite de formuler

une requête à notre interlocuteur pour parvenir à apaiser et pacifier les relations humaines. Pour Aurélie, fraîchement débarquée au Secrétariat National au poste de coordinatrice du secteur volontariats, ce moment a d’abord été l’occasion de rencontrer des membres d’autres délégations du mouvement et d’échanger avec eux. Mais elle ressort également mieux outillée afin de faire face à d’éventuels conflits qui pourraient survenir dans son travail au quotidien, que cela soit entre un.e volontaire et son organisation d’accueil ou bien même avec un partenaire. À maintenant 3 mois de cette formation elle parvient à mettre en œuvre efficacement le processus de la CNV  : «  quand une situation est tendue, que je perçois que mon interlocuteur ne parvient pas à exprimer son besoin, je lui propose de passer par les étapes de la CNV  : observation, expression du ressenti, puis du besoin et enfin formulation de la requête ». C’est aussi un outil efficace qu’elle affirme utiliser dans sa vie personnelle. Si la journée et demie de formation

a été un peu trop courte pour les participant.e.s, Laetitia Barbry animera une autre formation autour cette fois, de la gestion de conflits dans un contexte interculturel, ce sera à Laguépie du 2 au 6 février et en anglais !

© Sébastien Gros

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LA RECETTE DU BEETROOT CHOCOLATE CAKE par Nussara Khakhao et Hana Raskova, volontaires à Citrus

2.

50 g. of cocao

Melt the chocolate on the plate which covers the boiling water..

3 eggs

1.

Do not grate your fingers but the beetroot.

3. MIX

Mix all ingredients together and put directly to own for 50 minutes on 180°.

4. Voilà! Bon appétit! Yum J © Nussara Khakhao

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LA BD : QUI EST FOLLE ?

Š Louise Roesen Abildgaard et Evgeniia Shchelokova

par Roesen Abildgaard et Evgeniia Shchelokova , volontaires au REV

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LE REGARD VERS L’AUTRE par Adeline Praud, membre du conseil national

© Adeline Praud

Lorsqu’elle parle des personnes croisées en chemin, elle s’illumine : « Je ne suis pas grand chose sans les autres ». Elle explique comment ces rencontres avec des personnes tellement différentes de sa tribu habituelle l’ont nourrie. Sa première réunion au sein du Conseil National, elle s’en souvient bien. « Les délégués régionaux m’ont impressionnée. De par leur jeunesse, les responsabilités qu’ils assumaient, leur engagement... Moi, il m’a fallu des années  ». Dominique se définit par la négative. Et elle insiste « je ne suis ni brillante, ni courageuse ». Elle parle de toutes ces personnes qui lui donnent de la force, de son admiration sans borne pour les ils et les elles qui travaillent de leurs mains. Domi (comme certains de ses proches l’appellent) cultive le doute. Douter pour rester ouverte. Débattre pour s’enrichir. Être vivante.

Dominique Deniau est depuis 11 ans présidente des Villages des Jeunes (AVJ), la délégation PACA de Solidarités Jeunesses. Elle est aussi prof dans la vie. D’une éducation à l’autre, nationale d’un côté, populaire de l’autre, elle s’est construite une trajectoire faite de chemins de traverse et de rencontres buissonnières. Voici une esquisse de l’histoire d’une femme ordinaire qui a cherché à traverser des projets extraordinaires.

D

ominique est née en Lorraine. Elle est la cadette d’une fratrie de cinq enfants. La question éducative a toujours fait partie de sa vie. Et pour cause : c’est au sein d’une famille d’instits qu’elle a grandi. D’abord élève d’un collège de centre ville, elle s’oriente par choix en lycée

technique. D’une salle de classe à l’autre, elle remarque les inégalités à l’œuvre. Cette conscience sociale, peutêtre la doit-elle à son père résistant, emprisonné pour ses convictions. Au sortir de la guerre, il s’investit dans la construction d’un lieu d’apprentissage pour orphelins qui deviendra plus tard un grand lycée technique. « La maison c’était une salle des profs (…) et ce lycée, le 6ème enfant de la famille ». Devenir enseignante, c’était donc aller tout droit comme elle dit, car « le courage ça aurait été de faire autre chose ». Obtenir son diplôme n’a pas été simple. Elle échoue au CAPES. Un an plus tard, elle passe un concours pour enseigner en lycée professionnel. Elle y devient professeur de mathématiques. Si d’un point de vue éducatif, son berceau a été visité par les fées, c’est sur le terrain des projets collectifs qu’elle s’est construite et continue d’avancer. 16

Ses premières années d’enseignement ont été difficiles. Pourquoi ces « mêmes jeunes » qu’elle côtoyait sur le village de Vaunières durant l’été étaient-ils si durs dans une salle de cours ? Elle cherche. Et progressivement s’outille. Pour elle, l’éducation est moins une affaire de transmission, qu’une histoire d’interactions et de confiance. Dans tous les cas, l’objectif visé est l’émancipation. Depuis 15 ans, elle enseigne dans un établissement pour décrocheurs. Elle y explore des espaces alternatifs au sein desquels elle peut faire avec les jeunes. Les rencontrer autrement. Depuis près de 35 ans, Domi met en œuvre des projets et défend ses idées, ici ou là-bas, non sans « se prendre des claques ». Mais c’est bien son engagement en tant que bénévole qui lui a permis d’avancer dans sa vie professionnelle. Au fil du temps, elle est devenue la prof qu’elle voulait être. Elle se sent aujourd’hui « en parfaite cohérence », aussi bien au sein de l’Éducation Nationale que de SJ ; de part et d’autre, ses objectifs, valeurs et approches se confondent. Sa force, elle l’a notamment puisée au sein du Conseil National de SJ et continue de la nourrir aux côtés de l’équipe d’AVJ et de son Conseil d’Administration. Ils sont pour elle « des espaces de réflexion, d’émulation intellectuelle et politique ». La professeur de mathématiques prendra sa retraite l’année prochaine. Elle se réjouit à l’idée de profiter de ses proches, des montagnes et espère bien participer à la construction de nouveaux espaces de réflexion !

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En mouvement 01  

La gazette de Solidarités Jeunesses

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