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Le Mag#4

www.sk8.net skateboard mag.


Andrew Michaan_ fs ollie ŠGuillaume PÊrimony


Le Mag#4

www.sk8.net skateboard mag.

FOSSJ.......................................................................... p4 Chet Childress............................................... p10 Malmö.......................................................................... p18 Cradle rocks...................................................... p24 Patrick Melcher. .......................................... p30 Photos.......................................................................... p36 Trauma........................................................................ p68 Davidéo...................................................................... p74 Sarcasmes........................................................... p82

Couverture : Max ©Maxime Taillez


FOSSJ

french old school skate ja


J

FOGES ? FROGES ? FROGS ? FOGSJ... Ah oui, FOSSJ ! Mais c'est quoi la French Old School Skate Jam ? C'est du skateboard roots et du home-made jam et comme toute confiture faite maison, c'est du trop bon !

am - crolles 2009 Txt by Yem - Photos : Fred "El Gato" Ferrand© / 2-fre©

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On y trouve des skatosaures, des singes, des cinglés, des dégénérés, des troqueurs, de la margelle, de la sueur, de la vert, du sang, de l'uréthane brulé, des vieux os déformés, des odeurs de BBQ, des vapeurs de fruits fermentés et plein de vieillards encore jeunes dans l’esprit. On oublie la mode, on s’en bat de la hype, c’est un retour aux racines. Pourtant souvent les zombies du FOSSJ sortent de la tombe à jeun de margelle et cruellement en manque de roundwall (mais les temps changent et bientôt le jeûne arrivera à sa fin). Ce qui ne manque pas c'est de l'amour. Et on ne parle pas ici du grenouillage skatebiz, mais bien de l'amour du skate. Il y a aucun infidèle à la FOSSJ... La formule est simple :

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Tout homme, femme ou animal qui a observé au moins 360 lunes*, toujours avec une planche à roulettes sous ses pieds, ne peut-être qu’un amoureux du skate. Aujourd'hui le skate est considéré "cool", mais la plus part de ces vétérans qu’on retrouve à la FOSSJ ont connu une sombre époque, un espèce de moyen-âge du skate, où faire du skate rimait avec se faire insulter (voir agresser) par ses contemporains. ... certains ancêtres (qui roulent encore !) ont même connu la préhistoire... ils sont "few and far between".


Aujourd'hui avec le bling-bling du skatebusiness et tous les super-parks qui ressortent comme des champignons, j'ai moi-même du mal à croire que le passé a vraiment existé... Mais il suffit de se poser deux secondes et de penser au passé : > à la copine qui nous mettait la pression pour arrêter ce jeu infantile qui l'embarrassait, > à la famille qui demandait sans cesse jusqu’à quel age ça allait continuer, > aux affrontements et bagarres avec ceux qui trouvait en un skater une cible isolé et donc en théorie facile...

> aux périodes "blessure de skate" où dans ta misère ton entourage cherchait à te convaincre d'arrêter… "Trop vieux", "du passé", "cassé", "inutile", "has-been", "démodé", "il faut avancer, changer !", "pour ton bien"… "Alors t'arrêtes ?", Tu jettes l’éponge ?. ... Tous les zombies du FOSSJ on vécu des histoires similaires. Et on est tous, chacun à notre manière, toujours sur une planche à roulettes... avec la banane... Tout simplement parce qu'on aime ça. Longue vie aux vieux-roots skate-jams qui savent "keep it real".

FOSSJ

french old school skate ja


J

PS : J'ai presque oublié - Il y a aussi une super compète à chaque FOSSJ. Des vieux professionnels nous désorganisent une espèce de "death-race" entre courbes et cônes… ça ne dure pas longtemps et bizarrement des fois c'est plus dur pour les jeunes rippers que pour les vieux déchirés.

am - crolles 2009 http://french.ossj.free.fr/ *360 lunes / 12 lunes par an = 30 ans

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Comment tu te présenterais pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de toi ? > Mon nom est Chet Childress, mais je préfère qu’on m’appelle Luda Crooks donc quelque part je ne suis pas si sérieux que ça. Je skate, dessine sur les murs de chiottes, bois, me balade en vélo en ville, prends des photos, écris des trucs et je vis une vie putain de folle. Comme tu ne vivras jamais... JAMAIS!

Que penses-tu du "battle at the berrics" ? > J’en pense rien du tout. Je pense que le skate c’est bien plus qu’une boîte avec des murs et des caméras. Pour moi le skate c’est un mode de vie basé sur l’aventure - traîner dehors à chercher des trucs cools à skater. Encore une question trop naze question originalité.... ?

Qui sont tes pôtes de session ? > Tous mes pôtes. La liste est plus grande que ce que tu penses.

Quel style avais-tu quand tu étais jeune... ? (rire) > FUCK THIS QUESTION. Voilà ma réponse. Imprime-la en gras et police 50.

Te rappelles tu comment tu t’es cassé ta dent ? > J’ai fait un hang-up sur un coping to replaque faciale. Pendant deux ans j’ai continué à vivre avec pour voir comment les gens réagiraient et s’ils me traiteraient en conséquence. Mon test personnel concernant l’apparence en société. J’ai gagné.

Che

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Childre

et ChetChildress Interview by Johan "Gzugzu" Terrail - Traduction Mrck - Photos : Chet Childress©

Concernant ta part dans la vidéo Black Label "God save the label" : Pourquoi tu ne l’as filmée que sur un seul spot (Burnside) ? Est-ce vraiment une histoire de budget qu’on ne t’as pas donné pour voyager ? > Je voulais filmer une part où je n’aurais à bouger nulle part en caisse ou en avion. Somme toute, une part dans mon coin. C’est fait. Love it or hate it. Chaque jour je rentrais chez moi en skate tranquille et me prenais une bière.

Y a t’il une ségrégation des roux aux USA ? (rire) > Quelle question naze. Comment fais-tu pour avoir le temps d’imaginer de telles conneries ? J’ai juste appris à ne jamais sortir avec une rousse parce que c’est comme combattre le feu par le feu.


Connais tu des skateurs français, des spots français, des Milfs françaises ? > Ouais tout ça, et si j’avais à choisir quelque chose ça serait du pinard français, du pain et de la moutarde qui pique. Et peut-être une chaudasse de milf aussi, avec des gros seins et de la thune qui s’occuperait de moi afin que je puisse vivre en France, boire du café et faire de l’art...

Est-ce que tu arrives à vivre du skate ? > Ca fait 12 ans que j’ai pas eu à bosser. Donc oui je me fais suffisamment de thunes pour manger, boire, payer mes factures, brancher des nénettes au restau et acheter de quoi laisser libre cours à mes inspirations artistiques.

Tu t’appelles Chet "Robe d’enfant", est-ce que tu portes des robes d’enfant ? > Est-ce que tu portes un collier de frites ??

Qu’est-ce que tu va faire après cette discussion ? > Blaguer sur le français qui m’a posé plein de questions folles, et éventuellement aller chier après une bonne clope et un peu de café.

Che

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Childre

et ChetChildress Quelque chose à rajouter ? > J’espère que tu n’es pas un geek qui passe chaque minute de sa vie devant un ordinateur. J’espère que tu skates et que tu comprends ce que je dis. Sinon j’en ai rien à branler. Moi on m’a mis sur cette planète pour skater, faire de l’art, écrire des poèmes, de manière à faire en sorte que les gens se mettent à penser hors des sentiers battus.... à une prochaine. .... signé Luda Crooks. > Une autre chose à savoir c’est que je respecte les français, votre culture, votre société, vos bâtiments, vos femmes et votre vin. Man on Wire ("Le Funambule") ça tue tout (http:fr.wikipedia.org/wiki/Le_Funambule)... Je ne voudrais qu’on me désigne comme "un américain" sous aucun prétexte. Mes mots sont plus forts que ce que tu penses.


How would you introduce yourself to those who might not have heard of you before ? > My name is chet childress,i prefer being called luda crooks so im not so freaking serious.i skate, draw on bathroom walls, drink, ride a bike around the city, take photos, write stuff and live a crazy fucking life, you’ll never get it. EVER...

What do you think of the battle at the berrics contest ? > I dont think about it. I think skateboarding is way bigger then a box with walls and cameras. I look at skateboarding a way of adventure. Seeking out cool shit to skate. Another unoriginal question...

Who are your favorite friends to skate with ? > Any of the homies. That list is bigger then you think.

Che

How would you dress back in your teenage years ? (If you have a photo it would be fun) > Fuck this question. Thats my answer. Print that in BOLD ass type.

Do you remember how you broke your tooth ?

> Hung up on coping and flew to my face. Went two years with it messed up to see how people would treat me. My own personal test with society and looks. I won.

Concerning your part in The “God save the Label“: Why you only filmed at “Burnisde”? Is it really a story of budget not given to travel ? > I wanted to film a video part where i didnt have to fly or drive anywhere. I wanted to film a part in my hood. Job done. Love it or hate it. Everyday ended with a brew and skating home.

There is a segregation of the red-haired persons in the United States ? > Dumb question. Where do you have time to think of this bullshit ? i learned never to date a red haired woman because it equals fire vs fire.

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Childre

et ChetChildress Interview by Johan "Gzugzu" Terrail - Photos : Chet Childress©

Original Version

Do you know french skater, french spot or french Milf ? > All of the above, i would choose a french wine, bread and spicy mustard... maybe a hot milf too with a big rack ad fundage to take care of me so i could live in france, drink coffee and make art...

Do you manage to earn a living from skateboarding, if yes how much ? if the answer is no, do you have a job besides your pro career ? > I havent had a job in more then 12 years.so yes i make enough money to eat, drink, pay my bills and take a lady out for some food and drinks and buy art supplies.

Do you like to wear Child dress ? ;) > Do you where a french fried neckless ??????


Che


Childre

et ChetChildress What are you going to make after this interview ? > Make a joke about you,the french guy that asked me a couple really fucking dumb questions or maybe a dump after a fine smoke and some coffee.

Anything else you would like to add ? > I hope your not a computer geek that spends his time and life in front of the computer all day. I hope you actually skate and get it. If not i could give a rats ass. I got to put on this planet to skate, make art, write poetry to make people think out of the box... peace out... luda crooks. Another thing you should know, is that respect the french, your culture, your society, your buildings, woman and wine. Man on a wire is the best shit out... my no means i would ever want to be called a american. My words are stronger then you think.


Benji_Galloway_frontside_feeble_over_the_stairs 18


Malmö Ultra Bowl !

Txt&photos : Fred "El Gato" Ferrand


Mattias_Nylen_fshandplant

J

Malm Cette année Quiksilver a décidé de laisser tomber le Bowlrider, c’est la crise il paraît... Vu le nombre de boloss en tish Quiksilver croisé cet été on ne doit pas avoir le même point de vue sur les fins de mois difficiles... mais bref... La bonne ville de Malmö n’étant pas du genre à construire un skatepark fantastique pour mieux le laisser tomber a décidé de suivre Jon Magnusson dans son projet de contest autour du seul pool en béton... Et quand je dis suivre, c’est du genre A FOND ! Tribunes énormes autour de la pool, live feed avec 3 caméras, énorme tente pour accueillir tout ce beau monde en cas de pluie, shops et bistros...

Le samedi matin ça ride déjà à fond la caisse quand j’arrive, le team Bacon au grand complet enchaîne les runs en s’encourageant, quelques suédois montrent les lignes et les allemands de chez Pavel arrivent en mode réveil difficile...

Entre deux averses le speaker Jan Postmus essaie de faire régner l’ordre pour que chaque skateur puisse avoir un peu d’entraînement avant son run, mais c’est difficile...

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Josh_"skreech"_Sandoval_crail Les qualifs se passent par groupe de 6 à l’ancienne avec des runs chacun son tour jusqu’à la chute... Dans une pool aussi serrée c’est plutôt une bonne idée pour éviter les accidents, seuls Alex Giraud et Stu Graham s’offriront des passages à deux avec croisements hyper chauds et sourires jusqu’aux oreilles... Deux catégories : Pros et Masters. La catégorie Master n’a pas été super passionnante, les niveaux très différents plus les coupures à cause de la pluie font qu’on s’est ennuyé pendant les qualifs, à part une bonne gamelle de Tommy Hagberg qui s’est quand même cassé le fémur ! Pour les finales le niveau est monté et Txus Dominguez a été aussi incroyable que dans son jardin d’Algorta en multipliant les tricks de malades - frontside grind sur un pied au dessus des marches -, des laybacks dans tous les sens... derrière lui Nicky Guerrero a été très propre, avec plus de hauteur mais moins d’originalité que Txus.

mö Tim_Johnson_stalefish


Guillaume_Mocquin_fsgrind

Malm Le résultat final : 1. Txus Dominguez (BAQ) 2. Nicky Guererro (DK) 3. Anders Tellen (DE) 4. Mattias Svenson (SE) 5. Jan Loften (SE) 6. Mark Munson (UK) 7. Gerd Rieger (DE) 8. Will Taylor (US)

Les pros ont tout déboîté, des tricks dans tous les sens, du speed, de la hauteur, une grosse claque... Le grand gagnant est Benji Galloway qui a un sac de tricks sans fin, des runs hyper longs mais qui est justement un peu trop une machine à contest à mon goût. Steve Reeves finit deuxième grâce à une parfaite utilisation de la pool, il refuse de

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tomber et avec son style à la TNT était un des favoris de la foule. Le troisième Stu Graham en revanche n’est pas là pour gagner des chèques... il a une puissance incroyable avec son physique de rugbyman mais reste super technique, ce gars là est un bonheur à voir... Johnny Turgesen faisait brailler les jeunes suédoises mais a été trop inconsistant pour mériter une meilleur place, beaucoup de style en tout cas. Rappelez vous du nom de ce jeune allemand Kevin Weske, pur produit du factory bowl de Dusseldorf, ce gosse va tout casser d’ici 3 ans, vous pouvez me citer. Il a effectué un premier run d’anthologie, super long super haut, super stylé, j’étais à côté de Benji Galloway et sa mâchoire se décrochait au fur et à mesure, il a malheureusement eu plus de mal sur ces runs suivants mais franchement, trop fort...


Deux noms, dans ceux qui n’ont pas été qualifiés, Guillaume Mocquin a été assez impressionnant, multipliant les stalefishs et les lipslides. Et Josh "Skreech" Sandoval, malgré sa grosse blessure à la cheville a été hallucinant. Il a des tricks de barjot et se jette comme si c’était son dernier jour… Résultat final : 1. Benji Galloway (USA) 2. Steve Reeves (USA) 3. Stu Graham (USA) 4. Johnny Turegesen(USA) 5. Kevin Wenske (GER) 6. Tim Johnson (USA)

Stu_Graham_bsmith


CRORCAKS Txt Octopus - Photos : Fred "El Gato" Ferrand©

À Bordeaux en juin il fait généralement tr mieux c’est d’aller à la plage la journée en fasse plus frais le soir…

Évidement evidement les maboules de l’association O décidé autrement, ils organisent cette anné ann en plein cagnard…

Donc donc rendez-vous aux bowls des quais pou

L’avantage du bowl est qu’il mélange bien les niveaux mais au aussi les skateurs. Ains à pervertir certains streeteurs... 24


E L D AS!

rès chaud, le attendant qu’il

Octopus en ont ée leur contest née

ur deux jours…

n plus les âges, si, nous arrivons


Le Cradle Rocks, c’est donc l’étape différente du Skate à l’Ouest parce-que c’est du bowl mais aussi parce-que les catégories sont partagées entre "moins et plus de 28 ans". On ne va parler ici des runs et classements bien que cela est important pour le Skate à l’Ouest. Non c’est plutôt l’ambiance générale qui nous plaît pendant ce "week-end bowl". Il existe un je-ne-sais-quoi de plus cool que les contests de street... et pourtant toutes les étapes du Skate à l’Ouest sont cool et vraiment pas prise de tête, on le sait on fait aussi des contests de street tranquilles... Mais déjà le fait de rouler en devant se partager 26

l’espace, plus qu’en street, cela oblige à regarder les autres, à s’encourager, se charrier, discuter sur la plateforme ou snaker avec classe. Ensuite le réel melting-pot du bowl fait le reste. On peut donc regarder peinard mais dégoûté les runs endiablés des meilleurs (énorme madonna en transfert, hurricane grind sur le cradle...), s’inquiéter des drops motivés de la relève des moins de 13 ans qui se jettent comme si c’était la dernière fois, apprécier le carving simple des plus anciens ou des "newcomers" de plus de 30 berges. Mais chose bizarre, dans absolument tous les cas les runs se terminent par le même tricks : un sourire ultrabright qui fend le visage et qui ne laisse apparaître que les moucherons collés aux dents. Cette année c’était encore mieux que les années précédentes parce qu’enfin nous avons inauguré l’organisation de concert sur le park. OCTOPUS a chargé Sick, Sober and Sorry (Bordeaux) & Never Late (Périgueux) de mettre le feu au bowl en soirée. Et ce qui devait arriver arriva, ça a mis la patate à tout le monde, la session a monté d’un niveau au rythme du son, des bières et de l’heure avancée. Bon à un moment donné on roule bourré, on s’éclate comme des vieilles serpillières et on essuie la binche crachée dans le bowl mais bon ça fait partie du truc... les plus jeunes étaient partis alors pourquoi se gêner.


Comme tous les ans le Cradle Rocks c’est aussi l’occasion de proposer autre chose du skate. Après 2 ans de slalom nous avons cette année fait une session de banks, à l’ancienne. C’est donc onefoot, airwalk, backside, double grab et 360 qui ont donnés un air de Venice Beach aux quais de Bordeaux. Pour ceux qui le pouvaient, on a eu 10-15 ans pendant quelques minutes, c’était chouette bien que le comité d’accueil chambrait à mort à la réception. Pas de board cassée mais 4 boards à l’eau, directe dans la Garonne : huées, applaudissements, désolation, tape sur l’épaule... les concepteurs des quais de Bordeaux vous remercient d’avoir joué avec les garde-fous qui sont 1 centimètre trop hauts pour arrêter les planches qui fusent vers l’inconnu. Tout le monde y passe un jour sur les quais. Peut-être que ce sera un des lecteurs l’an prochain, peut-être que se sera moi demain... Pour ce qui est du classement c’est Sean Abdou Salam qui l’emporte chez les moins de 13, Gauthier Laverne chez les moins de 28 et Loic Durand chez les plus "vieux"...

Remerciements : Octopus remercie tous les bénévoles sans qui tout cela n’est pas possible et dans la bonne humeur s’il vous plaît. Merci aussi à Transfert Skateshop et Artprint Europe pour le soutien local et l’implication dans l’asso. Merci aux assos du Skate à l’Ouest Tour qui font vivre les scènes locales et plus particulièrement All Boards Family qui est à l’origine de tout et qui apporte un soutien logistique énorme. Merci à l’UFOLEP, à la Mairie de Bordeaux, à la Région Aquitaine, au Conseil Général de la Gironde. Merci à tous les sponsors qui aident le Skate à l’Ouest Tour. (Artprint-Europe, Soma, Thrasher magazine, Sk8.net, Fallen, Eastpack, Trauma, Edyaoner, Jart, SkullCandy, Elm Company, Cartel, Hardcore Session, Le Goeland, Chaka Wheels, CLose Up, Woodies, Skatecrew, AllStarGum et X-Treme Video).

CRORCAKSD! L E


Sports des Villes est un bureau d’étude spécialisé

dans la conception de skateparks, mais également de "Spots" disséminés et intégrés dans le paysage urbain de nos villes. Son approche sociologique permet aux collectivités  de mieux appréhender ce type de projet.

Écoute des pratiquants • Intégration des contraintes Assistance à la Maîtrise d’œuvre • Étude d’implantation Intégration paysagère • Assistance à la Maîtrise d’ouvrage...

SPORTS DES VILLES Bureau d’Études spécialisé dans la conception d’espaces dédiés aux pratiques de glisse urbaine.

Tél.: 06 71 34 25 22 - 02 31 34 59 58 - julien.bouvier@sportsdesvilles.com

www.sportsdesvilles.com - sportsdesvilles.over-blog.com


Patrick

Melc 30


Chris Donez©

Pour ceux qui ne te connaissen

> Je dirais, "Enchantét pajes, cosmument te présenterais-tu ? chienne qui s’appelle Party, et is Patrick... j’ai une qui va vous mordre"

cher Interview by Johan "Gzugzu" Terrail - Traduction Mrck - Photos : Mikey Black© - Chris Donez©


Mikey Black©

"En ce moment il se passe plein de trucs excitants dans notre milieu, les méga rampes, les loops et tous les trucs de plus en plus gros à être faits ou construits, je kiffe."


Après toutes ces années est-ce que tu penses que les gens ont oublié ton itw dans Big Bro ? > Big Brother magazine est la meilleure chose qui soit jamais arrivée au skate, c’était comme une voix suprême pour nous rappeler constamment que ça n’était pas un sport à prendre au sérieux, juste un truc pour s’amuser. On en aurait bien besoin dans l’industrie en ce moment d’ailleurs. Dans ce numéro j’avais eu la cover et un interview de genre 25 pages, j’étais vraiment trop à bloc.

Depuis combien de temps skates-tu ? > Depuis l’investiture de Ronald Reagan.

Que penses-tu de l’évolution actuelle du skate ? > En ce moment il se passe plein de trucs excitants dans notre milieu, les méga rampes, les loops et tous les trucs de plus en plus gros à être faits ou construits, je kiffe. Et d’une manière générale il y a tant de choses encore à faire en street, tant de façons de s’y prendre. Je pense qu’Internet va jouer un rôle majeur dans l’évolution du skate à l’avenir, si ça n’est pas déjà en train de se faire puisqu’on est plus ou moins en train de gratter la surface avec des trucs genre les Berrics ou les chaînes YouTube.

"Battle at the berrics" ça t’inspire quoi ? > Le flat ça me saoûle vite donc ça ne m’intéresse pas vraiment, mais le reste de leur site est fantastique et exactement ce dont avait besoin le monde, j’adore.

Décris-nous ton set-up ? > Le plus rapide possible.

Quelle partie de ton set-up abimes-tu le plus ? > Le grip. D’où te vient cette passion pour la moustache ? > "Gangs of New York" La moustache ça marche bien pour "pécho" des MILF ? > J’en ai aucune idée, je suis marié maintenant et ma femme commence à en avoir ras-le-bol d’embrasser un balai.

Qui sont tes potes de session ? > Richie Jackson, Lizard King, and Gareth.

Quels sont tes 5 albums favoris ? > Willie Nelson - Always on my mind, The Clash London Calling, Public Enemy - It Takes A Nation of Millions To Hold us Back, Leonard Cohen - Songs from A Room, Minor Threat Out of Step.

Comment étais-tu habillé quand tu étais ado ? > En 1992 ; des jeans vraiment vraiment énormes et un t-shirt de groupe alternatif genre Nine Inch Nails ou Jane’s Addiction, et une paire de Duffs Kareem Campbell.

Peux-tu expliquer ce qui s’est passé avec Salman Agah quand il est devenu team manager chez Black Label ? > Je ne sais pas, j’avais déjà quitté la marque à l’époque où il est devenu team manager. Salman et moi sommes amis depuis de longues longues années, mais j’étais déjà parti depuis longtemps quand on lui a donné l’ordre de virer tout le monde.

As-tu quelque chose à rajouter ?

> Skateboarding is the best thing ever ! http://patrickmelcher.blogspot.com/


Melcher

Interview by Johan "Gzugzu" Terrail - Photos : Mikey Black© - Chris Donez©

English Version

Mikey Black©

Patrick


How would you introduce yourself to those who might not have heard of you before ?

> I’d say, "Nice to meet you, I’m Patrick... i have a dog named Party and she will bite you".

Now that years have past, do you have any thoughts on how your big brother interview panned out ? > Big Brother magazine was the best offering that skateboarding ever gave the world. It was as if there was a voice constantly telling us all that we need not take this sport so seriously and remember to have fun with it. The industry could use a reminder like that right now. I had the Cover and like a 25 pages interview in it , and I was never more stoked on life.

How long have you been skating for ? > Since Ronald Regan was in office.

What do you think of the current state of skateboarding and how can you relate to it ? > There are some really exciting things going on in our sport. The mega ramps and loops and bigger and gnarlier stuff to be built and done, I love it. And there are just still so many things to be done in street skating, so many different ways to take it. I think that the internet is going to play the major role in the evolution of the way we skate in the future. We are just scratching the surface with stuff like the berrics and youtube fame.

What do you think of the battle at the berrics contest ? > I am bored watching flatground skating, so that doesn’t really appeal to me, but the rest of their website is fantastic and exactly what the world needed. I love it.

What set-up do you ride ? > A fast one.

What part of your set-up (nose tail trucks wheels...) do you fuck up the quickest ? > Griptape.

So where did that moustache fetish originate from ? > "Gangs of New York". Does the mustache help when it comes to hooking up with MILFs ? > I Don’t Know, I’m married now, and my wife Is getting tired of making out with a push-broom.

Who are your favorite friends to skate with ? > Richie Jackson, Lizard King, and Gareth.

What’s your 5 favorites album ? > Willie nelson; Always on my mind, The Clash; London Calling, Public Enemy; It Takes A Nation of Millions To Hold us Back, Leonard Cohen; Songs from A Room, Minor Threat; Out of Step.

How would you dress back in your teenage years ? > 1992; size 40+jeans huge, huge and a T-shirt with some alternative band on it, Like nine inch nails or jane’s addiction, and a pair of Duffs Kareem Campbell Kicks.

Could you explain the salmon agah incident ? aka what happened over at black label when he became TeamManager ? > I dont know, I had already left the building by the time he got into a team manager position. Salman and I have been Friends for many many years, But i was long gone before he was ordered to fire the rest of the dudes.

Anything else you would like to add ? > Skateboarding is the best thing ever!

http://patrickmelcher.blogspot.com/

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Alex Beland_back tail - MontrÊal ŠBabas

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Gabriel De Lery_switch blunt to fakie - MontrÊal ŠBabas


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Maxence Cheval_fs ollie - Cracovie ŠMaxime Taillez


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David Bouthillier_grind - MontrÊal ŠBabas


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Jelle Maatman_50/50 - Deventer / Holland ŠFred "El Gato" Ferrand


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Kevin Staab_big fat ollie over the channel - Tony Hawk Show / Paris 09 Š2-fre


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Sandro Diaz - Tony Hawk Show / Paris 09 Š2-fre


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Joseph Biais / Natas Kaupas - Tony Hawk Show / Paris 09 Š2-fre


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Stéphane Zanette_Bs wallride ©S. Zanette / A. Darnal


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je nike le skate ŠGuillaume PÊrimony


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Justin Ducourneau_ollie over to backside nosegrind ŠGuillaume PÊrimony


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Joseph Biais_slapy backlip ŠBenoit Renaux


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Romain Fritsch_back smith ŠNicolas Schneider


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Nicolas Charrier_fakie tucknee ŠMaxime Verret


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François Andries_back smith - Beaugrenelle / Paris ©Benoît Renaux


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Maxence Cheval - Bruxelles ŠMaxime Taillez


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Henning Hßttepohl_frontside ollie ŠAlexandre Pires


"plutôt que regarder ça passivement, j’ai eu envie de faire mon propre truc"

TRAUMA

Interview by Johan "Gzugzu" Terrail - Photos : Trauma©

Nous voila avec Charly "le boss" de Trauma, une marque Française créée en 2001 par Charly himself qui n’est pas le businessman de l’année 2006 comme notre ami Jamie Thomas, et qui est justement quelqu’un de très respectable pour ce qu’il fait pour le skateboard !

"je suis donc parti au c 3 shapes et c’est parti


Qu’est-ce qui t’a donné l’envie de créer Trauma, et en quelle année ? > Trauma existe

Tu crois qu’on peut parler de prix concret ? > Non, je peux parler de ce que je connais, c’est a

depuis 2001, l’envie et l’idée c’était un peu avant, fin 90 on va dire. C’est parti du constat que le skate en général prenait une direction un peu commerciale, on sentait l’envie de plaire à un grand nombre, le truc devenait un peu consensuel et formaté à mon goût, je m’y reconnaissais de moins en moins, alors plutôt que regarder ça passivement, j’ai eu envie de faire mon propre truc.

dire si on fabriquait nos boards en chine, en prenant en compte le transport et les différents frais et taxes, cela nous coûterait 2 fois moins cher. Après pour les autres je sais pas bien, plus tu fais de la quantité plus tu tombes le prix.

Trauma est donc une marque 100 % Européene, où sont fabriquées les board exactement ? > En 2001 c’était assez compliqué de trouver un fabriquant de qualité qui veuille bosser avec des gens en france sans gros moyens, je suis donc parti au canada visiter une usine, choisi 3 shapes et c’est parti comme ça avec 300 planches, depuis on a eu d’autres contacts, les boards sont faites aux US en californie, sauf les séries "Meat" l’entrée de gamme qui sont faites en Espagne.

Tu fais donc presser les board aux US, mais pourquoi les marques américaines ne le font pas, quelle est la différence réelle de prix ? > La

Cela fait donc 8 ans que Trauma existe, d’ailleurs d’où vient ce nom ? > Le nom Trauma est un terme médical qui désigne un traumatisme de façon général, c’est utilisé en psychanalyse pour décrire un évènement émotionnel instance qui n’a pas pu être surmonté. Je trouvais que c’était suffisamment court et dense pour pouvoir véhiculer une imagerie intéressante et moins consensuelle que ce qui existait à l’époque.

Es-tu le seul propriétaire de Trauma, et arrives tu à en vivre ? > Oui je suis le gérant et j’ai deposé le nom, Brice Raysseguier, le graphiste a mis aussi de l’argent dans Trauma et est donc directement impliqué, quelques personnes proches ont cru aussi au projet et ont mis un peu d’argent pour démarrer.

faut faire une distinction je pense, certaines marques sont toujours faites aux US (Toy Machine, Anti-Hero, Real, Dgk...), après, tout ce qui est Dwindle et certains autres, effectivement c’est chinois. La raison est simple, c’est la base du commerce, tu fabriques au prix le plus bas, revente avec une meilleur marge, plus grand bénéfice. Dwindle a été revendu au début des années 2000 donc maintenant ça s’inscrit dans une logique économique classique.

canada visiter une usine, choisi comme ça avec 300 planches"


Mais il n’y a pas de banque, pas d’autres groupes industriels ou de fonds de pension Américain derrière… ça je pense que ça se voit en même temps… Pour ce qui est d’arriver à en vivre, je dois quand même bosser à côté, pour payer le loyer. Cela me permet aussi de ne rien devoir à personne, je n’ai pas de compromis à faire, si un truc me plait pas je le fais pas, on peut garder une éthique de cette façon et tout ce qu’on gagne repart dans Trauma, le team, les tours, les nouveaux produits.

Donc tu ne gagnes presque rien du tout avec Trauma ? > Moi personnellement, pas un centime. Mais c’est enrichissant d’une autre façon, j’apprends beaucoup, je rencontre des gens, je partage c’est épanouissant.

J’imagine que tout le mercato des marques de skate actuel te fait bien marrer, t’en penses quoi ? > Je ne me formalise pas trop, parce que je sais que trauma n’a pas vraiment de poids là dedans, on est spectateur comme tout le monde, la seule chose qu’on peut faire c’est se battre pour proposer une alternative. 70


"je n’ai pas de compromis à faire, si un truc me plaît pas je le fais pas" Après quand je vois Koston vendre sa crédibilité à nike… j’ai du mal et les autres, Ryan et compagnie pour moi c’est même plus vraiment du skate, je les vois comme de footballeurs, ça m’intéresse même pas.

As tu quelque chose à rajouter ? > Oui, je voudrais dire aux gens que chacun a un rôle à jouer dans cette évolution du skate et du biz en général, les marques proposent quelque chose avec du marketing pour créer un besoin ou une envie mais si ça se vend pas ils arrêtent, donc l’important c’est pas ce qu’on nous vend mais ce qu’on achète. http://www.traumaskateboards.com


Davi David «Davidéo» Salabert Interview par Babas

"Confession

Ça fait 15 ans que je connais le personnage. Malgrès son palmarès de découvertes tels que Vincent Bressol, Yan Garin, JJ Rousseau, TAO et bien d’autres encore. David est toujours rester intègre à lui même. Il filme toujours avec l’oeil pétillant du premier jour, et reste égale à lui même dans son style. Je suis certain que dans 15 ans il filmera avec toujours autant d’intensité et de passion. En espérant que les ptits jeunes en prennent de la graine en tout humilité.

Salut David, présentes-toi s’il te plait pour les gens qui ne te connaissent pas, et parles-nous de ton parcours dans le skateboard. > Salut vous tous, mon nom est SALABERT David aka Davidéo (surnom depuis un belle soirée à Bastille le 2 Août 1997). Je suis né le 26 Juin 1973 pour ceux qui veulent m’envoyer des cadeaux et j’ai 2 fois 18 ans. Je vis depuis début Janvier 2009 dans un petit village bien sympathique du Luxembourg. Une petite maison que j’ai rénovée pendant 3 ans avec mes petites mains. J’ai commencé le skate le 26 Juin 1980. Mes parents m’avaient offert une board et un vélo de course, j’ai pris la board direct. C’est le 7 Août 1990 que j’ai acheté la vraie board professionnelle de skate complète : 4 roues TOXIC *Acid Rain. 2 trucks Venture. 8 roulements SKF + 4 entretoises !!! 1 planche SANTA CRUZ : Jason Jessee. 2 cell Block III. 1 grip fly 80 cm, 1 sachet visserie DB. C’est là que j’ai attaqué l’apprentissage de tricks!! Et "l’explosage" de chevilles. Mes créations visuelles sont : 1993-96 : King Size This is not a U.S. Video. 1996-97 : F1RST No One Else. 1997 : TWO sur Paris. 1998 : FREE Liberty. 1999 : 4EVER. 2000-04 : FIVE minutes with…, 2005-06 : 6NEMA, 2007-08 : C’est ma K7.


idéo

ns Intimes"

Où et comment tu as commencé le skateboard  ? Et qu’est ce qui t’as fait aimer rapidement et aussi longtemps ? > Ce qui m’a donné l’envie d’apprendre les figures de skate, c’était lors d’une belle journée ensoleillée de Juin 1989 à Epinay sur seine,en banlieue parisienne. J’étais en train de me faire chier sur ma terrasse à jongler avec mon ballon de foot. Et je me demandais si je ne devais pas m’inscrire à un club car j’étais déjà un bon fan de l’équipe de France. Et puis j’ai entendu ce bruit de riders qui traversaient ma cité, ils sont passés les uns derrière les autres en montant le trottoir en ollie et là j’me suis dit: "il faut que je fasse cela !". J’ai ressorti de la cave ma board Carrefour de l’époque. J’ai essayé de comprendre comment ils avaient fait pour sauter sur le trottoir. Je suis allé rouler sur la passerelle juste en bas de chez moi. Et puis une semaine après, il y a 3 mecs qui sont venus sonner à ma porte; Au début j’me suis demandé ce qu’ils me voulaient. Ils m’ont invité à les rejoindre sur la terrasse de jonction des immeubles. Ils m’ont aidé à enlever cette merde de frein et m’ont expliqué le "OLLIE". Nous avons passé toute la journée à skater dans Epinay. L’un de mes plus beaux souvenirs. C’que j’aime dans le skate. T’es à la fois dans une équipe et tout seul. Et c’est un bon sport car pratiquable quasiment partout et à n’importe quelle heure. Complètement LIBRE !! Moi cela m’a permis de m’ouvrir aux autres alors que j’étais du genre renfermé sur moi-même. Il est évident qu’à mon âge je ne pourrais plus jamais me passer de ma planche même si demain je dois arrêter pendant 2 ans, je sais que la troisième année, je remonterai sur ma planche. C’est pour la vie !!

Ton frère t’a rapidement suivi dans ta passion à roulettes, est ce que ça a changé beaucoup de choses pour toi d’avoir un partenaire de skate à chaque session ? > Après 3-4 sessions avec Omar N’Zonzi, Éric et Jean-Max Touénon dans Epinay, mon frère nous a rejoint. On lui a trouvé une board je ne sais plus trop comment. Mon frère a été rapidement très très fort avec des boards bien pourries. Le seul souci, c’était lorsque nos pôtes ont arrêté de skater. Faute de moyen et de motivation. Du coup c’était un peu relou de skater entre frères et on se prenait la tête pour rien. Mais NON, on ne pouvait pas lâcher. Alors pour se motiver encore plus, j’ai décidé de trouver une caméra. C’est comme-ça que j’ai commencé la vidéo.


Toi et ta famille avaient longtemps habité dans une des banlieues pas mal chaude de paris, t’as des anecdotes à raconter là dessus ? > Quand on skatait à la place de la Mairie d’Epinay, les petites racailles s’entrainaient à nous faire chier en nous balançant des pierres et des boules de terre. Je repérais les têtes pour leur mettre un taquet même si c’était 15 jours après. Il y a aussi un jour où je suis allé rejoindre mon petit frère aux gaps des 4 Murs, là il était entouré par 3-4 racailles qui voulaient lui prendre sa board, j’ai du me battre contre le plus balaise pour le défendre, les autres se sont barrés en courant, ça devait être la première fois que quelqu’un leur rentrait dedans (quelques mois auparavant, je m’étais fait agresser dans ma cité et je n’avais pas réagit par peur, peut-être était-ce une sorte de vengeance pour moi !). Du coup mon frère a pris de la graine et quelques temps après, c’était en hiver je crois que c’était en 1993-94, il a frappé avec sa board sur un des merdeux qui devenaient un peu trop chiant.Je n’avais jamais vue quelqu’un d’autre à part moi saigné autant. Par contre après comme on était "Wanted", on allait skater sur Paris c’est d’ailleurs comme-ça que nous avons découvert le Dôme. Et puis, il y a aussi la fois où je t’ai invité chez moi après une putain de session sur Paris. Je pense que nous avons du attendre pendant presque 3 heures afin que le combat de pitbull s’arrête car ils étaient dans ma cage d’escalier. Là pas d’héroïsme inutile. J’ai comme l’impression qu’on est bien loin de tout ça.

A quel moment tu as découvert la vidéo, et pourquoi avoir pris cette voie plutôt qu’une autre ? > A force d’attendre les nouvelles vidéos de skate des ricains (car à l’époque il y en avait 3-4 qui sortaient par an seulement), cela nous donnait envie de se filmer aussi. Et comme mes profs de skate ont arrêté, il nous fallait trouver un moyen de nous motiver. La vidéo nous servait à imaginer d’autres tricks car on s’étonnait de voir que dans les vidéos ricaines il y avait toujours de nouveaux tricks. Et puis pour progresser c’était bon de voir comment on skatait. Je n’ai pas voulu faire de photos car le développement, à l’époque, était trop cher. Mais je sais que j’y viendrai tout doucement car j’adore l’image en général. Donc je me suis mis à la vidéo. Et je ne regrette pas cette investissement car je sais que quelque part je fais partie des rares à avoir écrit l’histoire du skate de cette belle époque.

Si je ne dis pas de bêtises, cela doit faire pas loin de 20 ans que tu filmes du skateboard en France, tu as du rencontrer pas mal de monde, et avoir des archives d’époques de fou ? Tu as gardé tous les footages ? Des noms et des tricks à nommer ? > Presque tout, malheureusement, je n’ai pas pu tout garder. Mais il est vrai que j’en ai un paquet et que je suis toujours en train de trier le tout depuis l’année dernière. Exemple : La Tone Ollie up to ollie late shove-it down curb Zoom côté Place de la Mairie Epinay sur Seine FR 13 Mai 1992 Davidéo. Et ce type de rush a une durée de 7 secondes max. Donc quand tu imagines que je dois trier aux environs de 35 à 45 heures de rush. ça laisse deviner la masse de travail qu’il me reste. Je n’ai pas tout gardé car en filmant la FREE Liberty j’ai effacé quelques cassettes 8 mm et Hi-8 mm du tournage de la TWO sur Paris. Donc malheureusement je n’ai pas tout mais j’ai quand même un bon stock : J’dois avoir près de 3 tera-octet de rushs à réorganiser + les 40 h de cassettes à dérusher. Et dire que je continue à filmer ça n’aide pas à baisser le tarif-horaire. J’veux dire que je passe un temps fou à faire tout ça mais quand c’est une passion… J’ai malheureusement pas pu tout filmer, j’ai loupé des putains de sessions non filmées mais qui me restent dans la tête avec Charbo, Martin (voir sa mini part dans la H-Street "Lick" de 1993) et ManX au Trocadéro. Ils m’avaient tellement motivé que je suis passé d’un ollie de 3 marches aux 10 marches du bas du Troca en 1 session. On a reskaté pendant 3-4 week-ends de suite, et puis plus rien, tout le monde a disparu, c’était les grandes vacances et on n’avait pas de téléphone portable encore moins internet à l’époque. Pour ce qui est des découvertes, j’ai toujours voulu mettre en avant ceux qui ne passaient pas dans les magazines, surtout mon petit frère que je considérais comme l’un des meilleurs skateurs de Paname. J’ai rapidement rencontré des mecs comme Vincent Bressol, Grégory Bachorek, Yann Garin, William Phan, Tao, etc. désolé pour ceux que j’oublie mais il y en a trop. Je les voyais skater et généralement, j’allais les voir avec ma caméra à la main en leur glissant cette petite phrase passe-partout "ça te dit qu’on filme un p’tit run". Pour ce qui est du trick bien chaud, j’ai encore dans la tête le fameux ollie de Mathieu Cuvelier sur les 16 marches de la Mairie de Créteil. Ou bien du tricks parfait de notre Ami Florian Garel sur les 7 marches de la Cat à Luxembourg, et pour ça il faut voir soit la Five minutes with… 74


Quelle est ta vision personnelle du skateboard ? Et pour toi comment les skateurs devraient voir les choses avec les filmeurs et les photographes ? > Le skateboard est véritablement un "art de vivre" et pas qu’un style de vie. L’art de s’intégrer dans la société avec ce sport qui nous apprend les bases de la vie. Tomber, se relever, prendre des coups, recommencer, réussir et partir. C’est quand-même un sport basé sur nos propres qualités et défauts ! Si tu en veux vraiment alors tu peux finir par être sponso et reconnu par tes pairs. Sinon tu peux toujours skater pour toi-même et pas devenir cette personne célèbre que tu admires dans les mags et vidéos. Mon frère et moi, nous skations plus pour le fun que pour toute autre chose. Les skateurs ne prennent pas tous conscience que la vidéo et la photo représentent un support de plus que leur propre qualité en contest. Le skateur a l’art de s’adapter au spot et le filmeur et (ou) le photographe sont là pour le sublimer. C’est un artiste sportif qui travaille avec un artiste visuel. Les 2 doivent se comprendre et avancer ensemble malheureusement, les photographes ou filmeurs sont souvent pris pour des tarés qui insistent un peu trop avec leur machine visuelle. Mais viens le jour où le skateur comprend qu’il faut qu’il appelle d’urgence le cameraman car il a trouvé un putain de spot et qu’il sait que demain, peut-être, ce spot aura disparu alors là vient l’osmose parfaite entre les 2. Ce que je faisais à Paris en 1998, c’est que je donnais RDV à une dizaine de skateurs à Bastille et ensuite on allait de spots en spots sans leur dire quoi que ce soit ! Du coup ils se sur-motivaient car ils étaient ensemble à skater des spots où ils ne seraient peut-être jamais venus. Ainsi, je tourne un max d’images et eux skatent à mort. Au final tout le monde est content. C’est ce qui s’appelle une bonne session.

Qu’est ce que tu vas faire avec tout ce stock de footages ? Des projets ?

> En fait, j’ai mes 4 premières vidéos sur support VHS. J’aimerais déjà pouvoir les remettre sur support DVD mais aussi tout garder en .AVI sur minimum 2 disques durs. Il y a quelques années quand j’ai acheté ma seconde carte d’acquisition vidéo, j’ai compris que j’allais pouvoir enfin sauvegarder mes vieilles VHS. Pendant que je restaurais la 4EVER, je continuais à regarder les vidéos ricaines et en matant une "On Vidéo", ça a fait tilt dans ma tête; putain mais c’est ça que j’veux faire ! Des vidéos sur mes vidéos. Retrouver mes pôtes, les interviewer, reparler de l’époque et se retaper une bonne session ensemble. Donc à mon taf, quand j’avais un peu de temps, je travaillais sur le modèle de la vidéo, le concept, les questions pour les interviews, les dates de créations de mes vidéos, etc. J’ai travaillé comme un journaliste, mais aussi comme un flic sur une enquête sauf que là il n’y a pas eu de meurtre. Et, bien-sûr, le titre : On "my" DAVIDEO -01- "King Size – This is not a U.S. Video". Le titre fait évidemment référence aux "On Video", d’ailleurs encore merci à eux car ce concept est magnifique, il y a des images que je veux montrer et des anecdotes que je veux partager. Donc le stock de footages va me servir en grande partie à tout ça : Remasterisation de mes 4 premières vidéos : King Size, F1RST, TWO sur Paris, FREE Liberty et la création des On "my" Davidéo sur toutes les vidéos que j’ai faites et que j’espère que je continuerai à faire.

Ca fait quasi 10 ans que tu as déménagé au Luxembourg ? Pourquoi avoir bougé là bas ? Et comment c’est par rapport à Paris ? Et la scène de skateboard et les spots ? > Sincèrement au départ, c’est juste pour venir y travailler 6 mois et repartir tranquille sur Paris. En fait je suis tombé dingue du pays. Les horaires en tant que vendeur dans un shop sont idéales et la vie méga cool et surtout bien mieux payer qu’en France. La Capitale ressemble à un grand village de la France donc c’est la fête. Les racailles du Luxembourg, c’est moi qui leur faisais peur. Donc imagine le délire. J’me suis vite fait une idée sur mon avenir. J’me disais, il y a un moment où il faut se stabiliser pour trouver la petite femme et élever des enfants. Donc ce pays m’a de suite attiré par ce côté tranquille. L’autre truc qui m’a fait halluciner ici, ceux sont les jeunes que j’ai rencontrés au cours de ces 6 mois. Ils parlaient tous minimum 3 langues assez aisément. Et là c’était comme une signature pour un CDI. J’me suis dit mes enfants auront cette capacité plus tard de voyager partout et avec cette facilité de communication. L’autre truc qui m’a fait halluciner quand je suis arrivé ici c’était le paquet de spots que j’ai pu skater. J’ai rencontré les locaux et avec ma grande gueule je les embarquais là où ils n’osaient pas trop aller skater. D’ailleurs j’ai voulu rapidement le partager avec mon team Parisien de l’époque qu’était Félipé, Tao et Poiral. J’peux t’assurer qu’ils ont adoré venir skater ici. En 10 ans, les spots ont poussé comme des plantes, un peu partout dans le pays, avec la crise cela va peut-être se calmer mais j’en doute.


Le seul truc que je peux reprocher à ce pays c’est que les skateurs d’ici sont trop souvent au spot à la mode et ne bougent pas assez, un peu comme ce que j’avais connu sur Paname. Si je donne des RDVs, ils sont rarement à l’heure et pas motivés comme ceux que j’ai connu à Paris. Cela m’a vite fait comprendre qu’il fallait que je filme d’autres Nationalités pour mes vidéos. Mais avec Internet, ils commencent enfin à bouger surtout avec l’Association qu’ont créée Dan et un de ses potes. Moi, comme d’hab, j’attends juste que l’on m’appelle et que le skateur soit ultra-motivé pour aller filmer et s’imaginer tourner une part (comme un certain Marco qui est un peu dingue mais tellement fort et motivé. Il fait partie des rares qui sortent du lot).

En compilant toutes ces années à filmer, as tu des skateurs dont tu as particulièrement aimé filmer ? Et pourquoi ? > Autant commencé avec Greg, c’est mon formateur. C’est lui qui m’a pété l’dos. J’ai appris à être patient puis exigeant avec lui. Du coup je le motivais avec ma caméra et mon langage du 93 et lui ils me pétaient des flippy tricks dans tous les sens. J’ai vraiment adoré filmer Tao et Félipé. J’ai beaucoup appris avec eux. Ils faisaient beaucoup de curbs et j’me suis bien amélioré pour mes prises fixes. Avec Rico, c’était plutôt le skate comme j’ai toujours aimé, on va de spots en spots et on y adapte nos tricks. Avec mon frère, c’était le grand bonheur quand il était motivé pour skater car je savais que l’on ferait un gros truc ensemble vu son énorme talent. Avec Alf c’était plus le délire et le partage de longues journées. D’ailleurs c’est bien le seul que j’arrive encore à motiver sur un spot à 9 h du mat. Même s’il scotche trop le Dôme. J’ai adoré filmer avec Bastien Marlin. Putain ce mec est un bonheur total pour un cameraman. Il te dit carrément je fais ce tricks là et hop c’est fait. On bouge ailleurs direct. Il t’emmène sur un autre spot où il a déjà un trick en tête et hop encore un rush en vidéo. Toi tu l’emmènes après sur un spot et il se remotive car il sait qu’au final il aura eu une bonne session. Evidemment j’en oublie et j’en suis désolé.

Tu es un skateur de plus de 30 ans, tu t’es marié et a eu 2 enfants, est ce que cela a changé ta manière de skater et/ou filmer ? > Carrément, maintenant, je fais beaucoup plus attention quand je skate car il y a une autre vie derrière celle du skate, mais en même temps je me donne plus quand je skate car j’en fais moins souvent !! Mais bon vu l’état du genou, je reste calme quand-même. Côté vidéo, j’essaie de faire passer le message à chaque fois aux riders en leur expliquant que je n’ai pas que cela à faire que d’attendre qu’ils rentrent leurs tricks, donc il est clair que des fois je reviens en ayant rien filmer et que j’aurai bien préféré rester avec ma femme et mes enfants. Mais l’Amour du skate est trop fort et même quand je suis déçu je finis toujours par revenir. Même si je préfère qu’ils m’appellent en étant sur-motivé et… déjà échauffé. Un petit message quand-même aux skateurs : N’oubliez pas de respecter votre niveau car t’as beau pété plus haut que ton cul en skate l’essentiel et de replaquer et pas de péter trop haut. C’est pour cela que j’en reste à mes vidéos persos et que je ne passe pas au pro car je connais mes limites. Ou bien il me faudrait une formation adéquate avec du matos qui suit. Putain il faut que je me réveille c’est l’heure de retourner au boulot là. Moi qui me voyais déjà engager dans une pure compagnie rien que pour filmer des "joueurs de skate".

Quelles sont tes influences dans ton travail en vidéo ? > Ben forcément le travail de mecs comme Stacy Peralta et de Mike Ternasky m’ont agréablement inspiré. Rien que le fait de regarder une bonne vidéo comme la "Ban This" ou bien de la "Bootleg this is not the new H-Street video", mes jambes tremblent en moins de 5 minutes et je ne peux me retenir d’aller skater. C’est ça que j’ai de suite adoré dans ces vidéos de skate. Ils te donnaient envie de prendre ta planche pour t’essayer aux nouveaux tricks. 76


Maintenant quand je regarde ces vidéos, je vois tout le travail de mise en scène, de prises de vue et de montage qui étaient bien avancés pour l’époque. C’est hallucinant. Dans leur travail, tu ressens tout l’Amour qu’ils avaient pour le skate et les skateurs. Mais aussi le fait qu’ils le faisaient en s’amusant. Vraiment, tout le monde prenait du plaisir. J’en ai des frissons. C’est ce que j’essaie de faire aussi.

Que penses-tu de l’arrivée de la HD dans la vidéo et la photo ? > Je pense comme toi et tu le sais bien. La vidéo se rapproche de la photo et vice versa. Mais on ne pourra, je pense, jamais retrouver cette ambiance si particulière que l’on retrouve sur une bobine Super 8 ou bien sur un Polaroïd. La Technologie avance et on aura bientôt sur les spots un photographe qui filmera en même temps et pas 2 passionnés qui se boufferont la meilleure place. Moi j’ai hâte d’essayer quand-même ces Hautes Technologies, mais bon d’une part c’est tellement cher et d’autre part même si cela m’arrive, je continuerai quand-même à filmer avec mes autres caméras. Je ne pense pas que je puisse lâcher ma Bauer contre une Panasonic HD dernier cri. Ce ne sera pas de toute manière pour tourner les mêmes images. Moi j’aime de plus en plus mélanger les qualités d’images, donc on verra au montage de la prochaine vidéo si c’est bénéfique ou non. Par contre pour ce qui est de la photo, c’est cool de pouvoir se faire la main sur du numérique pour ensuite attaquer avec de l‘argentique. Tu peux vite acquérir de bonnes bases pour faire ensuite un travail intéressant. Je n’ai qu’un truc à dire : Vive l’image.


Depuis le début, tu as souvent mélangé dans tes montages des images de films, ou bien même de superbes filles rencontrées sur les spots. Contrairement aux vidéos de skate en général plutôt "basic" et "sérieux" est ce pour te démarquer du reste ? Ou tout simplement un reflet de ta personnalité ? > J’aime les mélanges (cocktails) en général et les filles font partie de la vie de tous les jours. En tout cas de ma vie. Les meufs, je les aime autant que le skate et l’image. Et je ne pouvais pas les ignorer. Quand je skate, je regarde les spots et les petits culs qui passent. Quand je filme, aussi. Donc c’est carrément un reflet de ma personnalité. Pour les films c’est pareil. Ca va avec ma personne, il y a des films que je kiffe et c’est aussi une manière de dire aux autres, moi aussi je regardais "La Cité de la Peur" en boucle !!

Dit-nous ton matériel de travail : > 3 Sony VX-1000 dont 1 et demi capoute. 2 Fish-eye dont 1 beau Century 9 batteries. 7 Super 8 dont ma magnifique Bauer D1M. 1 Digital 8 Sony DCR-TRV255E. 1 Fish-eye Vivitar (mon tout premier d’ailleurs). 1 Pathé Cinéma 16 mm avec laquelle j’ai tourné mais je n’ai toujours pas développé mon film !!

BONUS Tes 5 vidéos préférées : Bootleg "This is not the new H-Street Video", Ban This, Questionable, Mouse, Ménikmati. Tes 5 filmeurs préférés : Stacy Peralta, Mike Ternasky, Fred Mortagne, Ty Evans, Socrates Leal. Tes 5 skateurs préférés : Mike Carroll, Guy Mariano, Eric Koston, Daewon Song, Steve Berra. Tes 5 films préférés : La Cité de la Peur, Les Bronzés (les 2 premiers), Star Wars (les 6), Le Père Noël est une ordure, Pousse-toi que j’m’y mette !!

Tes 5 villes préférées : Luxembourg, Paris, San Francisco, Arcachon, Barcelone.

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sarc Txt : Bouback Photos : Tony Hawk Show_2-fre©

Au début, je voulais écrire un truc bien sarcastique sur le monde merveilleux du skateboard, les crew, les out, les contest, le business, la jet skate, etc., etc.

Mais enfin bon, j’ai réfléchis (un peu) et je me suis dit qu’il y avait deux bonnes raisons pour que je ne me lance pas là dedans :

1. Ce sont des sujets que l’on brasse régulièrement et qui suscitent généralement beaucoup d’émotions 2. Je suis toujours resté à distance de ce monde merveilleux. (10 ans à skater en solo, dans 5 villes différentes, sans réels amis qui skatent et n’aimant pas être observé)

Du coup, je me suis demandé ce que j’allais bien pouvoir raconter à des passionnés qui ne vivent quasiment que pour ça (chose que je respecte énormément d’ailleurs), et surtout il ne fallait pas que je me contente de critiquer notre belle activité devant un public averti. L’idée m’est alors venu d’aborder quelques thèmes "communs" que l’on retrouve aussi bien dans le skate que dans beaucoup d’autres activités "sportives" plus classiques. Pour notre analyse, je me permets alors de prendre celle que tout le monde pourrit en premier (et que je connais relativement bien, au moins aussi bien que le skate, ça tombe plutôt bien), à savoir le foot ! Normalement, si l’analyse n’est pas trop mal faite, cela devrait aider chacun à prendre un peu de recul et à se montrer plus tolérant, autant envers nos amis footballeurs, qu’envers n’importe qui d’autre. Si cela n’ouvre pas les yeux de certains, c’est que je m’y suis mal pris, car comme disent les experts en communication, il n’y a pas de mauvais récepteurs, il n’y a que de mauvais émetteurs. Commençons donc par le premier thème, celui que chacun a au moins invoqué une fois dans sa vie pour justifier de l’intérêt qu’il porte à notre belle activité : la passion ! Je vais donc poser simplement la question  : qu’est ce qui peut nous pousser à croire que les gens qui jouent au foot ne sont pas autant passionnés par leur activité que nous ne le sommes nous-même par la notre ? Pourquoi considérons nous tous que le foot est un truc de beauf ? Est-ce parce qu’on le voit partout ? Parce que c’est le sport le plus répandu au travers des nombreux petits clubs ? 80


casmes Parce que les joueurs se la racontent lors des matchs entre copains, à vouloir dribbler tout le terrain sans lâcher le ballon ? Parce que les parents rêvent tous d’avoir un Zidane comme fiston ? Parce qu’on a été frustré étant petit de ne pas être aussi doué que les autres dans cette activité que tout le monde adule ?

Finalement, à travers toutes ces questions, on retrouve les nombreux autres thèmes sur lesquels on peut méditer, à savoir : les médias, la compétition, le narcissisme, les beaufs (ou plus simplement la relation aux autres, surtout quand ils ne pensent pas comme nous), les supporters, l’exposition au grand public et la récupération par des marques qui n’ont rien à voir avec la passion des "vrais" acteurs. Enchaînons donc tous ces thèmes. Les médias. Ils sont très présent dans le foot, bien sûr, mais pouvons nous critiquer cela, nous skater, alors que notre activité est essentiellement basée sur l’image ? La compétition. Elle ne fait que trop partie de notre activité, et il suffit de voir l’agenda des contests lorsque les beaux jours reviennent pour en avoir confirmation. Sans parler des out que chacun se lance lorsqu’il a besoin de se rassurer sur son niveau et prouver qu’il n’a pas complètement régressé après quelques jours sans skater (et je passe sur les phénomènes "Battle at the berrics" ou "èS Game of Skate"). Dans le foot les compétitions sont organisées à une échelle mondiale, avec des classements, une hiérarchie carrée, des institutions officielles etc. Mais au final, le mec qui tape dans un ballon le week-end le fait souvent autant parce qu’il aime ça, que parce qu’il aime gagner. Le narcissisme. Alors là, je m’autorise à dire que le skate bat tous les records, sans aucune comparaison avec le foot. Qui parmi vous n’a jamais demandé à être filmé ? Qui n’a jamais fait sa petite figure pour impressionner le quidam qui passe à côté de nous ? Vous pensez que le mec qui tripote le ballon et fait tous ses gri-gri est plus narcissique que nous qui jubilons en montrant à nos potes le kickflip 3 marches rentré ce mercredi aprèm sur le spot de la mairie ?

Les beaufs. Ah, qu’il est rassurant de se dire que les footeux sont des beaufs parce qu’ils pratiquent un sport répandu et accepté sur toute la planète, alors que nous, les "true guys of the underground ghetto", nous vivons dans l’ombre, poursuivis par la justice, la police, les chiens, les vigiles, les vieux, enfin bref, nous sommes rejetés par les beaufs qui constituent la société. Mais en réfléchissant un peu, les gars qui jouent au ballon devant des commerces, sur une place publique où il y a du passage, devant des bureaux dans lesquels des "beaufs" travaillent… vous pensez vraiment que ces gars là ne se font pas aussi virer parce qu’ils sont au mauvais endroit au mauvais moment (alors qu’ils ne font que s’amuser, et que c’est mieux de faire du sport que de se droguer) ? Ceci dit, pour vous le foot est un sport de beauf, peut être plus à cause des supporters que des pratiquants eux-mêmes ? Passons alors au thème suivant. 81


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Les supporters. On peut à mon avis dire, que le poseur est au skate ce que le "supporter de base" est au foot, c’est-à-dire un mec qui aimerait pratiquer cette belle activité (le skate ou le foot) mais qui pour une raison qui lui est propre, ne le fait pas. Peut-être même que ce poseur (ou se supporter) a un passé dans cette activité, peutêtre que pour une raison ou une autre, il n’a pu persévérer, ou peut-être qu’il n’ose pas se lancer car les gens qui constituent cette communautés (skate ou foot) sont peu avenants. Ou alors, le supporter est simplement un passionné, qui pratique (ou a pratiqué quand il le pouvait encore) l’activité en question, et qui aime regarder les autres qui ont la même passion que lui, durant des matchs, des contests, des sessions "off" ou que sais-je encore…

L’exposition au grand public et la récupération. Est-ce cela qui nous dérange tant avec le foot ? Est-ce le fait que l’on en voit partout et à toute les sauces ? Rassurez vous, le skate est tombé dans ce travers depuis bien longtemps, et ce sont même parfois des passionnés de la première heure qui l’y ont emmené. Les X-games ? Le Dew tour ? Red Bull mani mania ? Nike et les sneakers ? Adidas et le vintage ? Monster et ses skateparks ? Et plus récemment le Tony Hawk Show pour présenter les dernières collections Quicksilver ? Bien sûr, dans un sens, cela amène des "capitaux" dans notre beau petit monde, cela finance les lots des contest et les modules des skateparks, cela aide à faire survivre les shop qui ne vendent pas assez et qui sponsorisent des mecs qui glandent (oups pardon, qui "chill") toute la journée. Mais dans un autre sens, cela transforme le skate en une activité "sportive" comme une autre, en un marché dans lequel chacun doit trouver sa place s’il veut bouffer une part du bon et gros gâteau. Un peu comme le foot quoi… Le skate n’est plus un circuit fermé depuis très longtemps, et l’image de "rebelle" qui lui est associée est aujourd’hui le plus fort argument commercial que l’on peut mettre en avant auprès des jeunes générations (personnellement, je m’en fous royalement, chacun est libre de se faire avoir comme il veut et par qui il veut. C’est ça la démocratie !) Finalement, le monde du foot est peut-être moins hypocrite car au moins, on sait pourquoi on se retrouve dedans quand on est petit : parce que c’est la seule activité du village, parce que le terrain de foot est la seule infrastructure du coin, et parce que c’est relativement facile de trouver quelques gars qui savent courir et donner un coup de pied. Voilà, c’est un peu parti dans tous les sens, mais ça devrait vous permettre de regarder différemment les footeux, et si tout s’est bien passé, ça devrait vous permettre de nous regarder différemment également. Arrêtons de nous prendre au sérieux, évitons les arguments bidons et prétentieux du genre "passion", "mode de vie", "extrême", et regardons les énormes défauts qui nous écrasent avant de cracher sur les autres.

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Le Mag#4

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