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SHOOTING mag www.magshooting.com

N°20

Août 2011

Les Interviews Modèles Photographes 10 minutes avec... Kimdary Yin Le Portrait du mois Jean-Michel Blasco

Coup de Coeur

Emma Jeune talent Julie de Waroquier Juridique Droits et Devoirs du Photographe

L’univers de la photo, de part et d’autre de l’objectif...


Création de bijoux Univers apocalyptique, mythologie guerrière, érotisme fantastique, Steeve Grandjean aborde des nouveaux territoires. Scrimshaw, gravure, couteaux, incrustation, bijoux, accessoires de mode. Tout est affaire de passion, de précision et d’imagination bien trempée. Steeve est également un artisan d’art qui met son savoir-faire et son inventivité au service de ses clients.

www.steevegrandjean.com Modèle : Julie B Photographe : Olivier Merzoug Créateur Bijoux : Steeve Grandjean


Modèle : Julie B Photographe : Olivier Merzoug Créateur Bijoux : Steeve Grandjean


Dans ce numéro

Eva Lesalon Directrice & Rédactrice en Chef www.evalesalon.net Olivier Merzoug Directeur Artistique, Photographe & Rédacteur Rubrique Technique www.oliviermerzoug.com Florent Vassogne Rédacteur Carnet Photo & Correcteur www.efelo.book.fr Olivier Barré Rédacteur Rubrique Juridique http://bolivier4.free.fr Sophia Mézières Rédactrice Rubrique Astrologue Conseil http://sophiamezieres.over-blog.com

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SHOOTINGMAG Août 2011

SOMMAIRE N°20 - AOUT 2011 Edito Le mois dernier, je vous avais annoncé la découverte de plusieurs jeunes demoiselles à l'avenir très prometteur derrière l'objectif. Chose promise, chose due, avec ce nouveau numéro, je vous emmène à la rencontre de Kimbary, Julie et enfin Emma que nombreux d'entre vous connaissent en tant que modèle. Emma fait la couverture de ce numéro avec un de ses tout premiers clichés. C'est une surprise que je tenais à lui faire. Vous êtes également très nombreux à nous envoyer vos candidatures, nous essayons de répondre à chacun d'entre vous, soyez patients, votre tour viendra.

Coup de Coeur : Emma

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17 22

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53 59

Edito : Eva Lesalon, Rédactrice en Chef

Il ne me reste plus qu'à vous laisser tourner nos pages et à vous remercier pour votre fidélité.

Coup de Coeur : Emma

Eva Lesalon Directrice & Rédactrice en Chef

Edito / Mode : Olivier Merzoug

10 minutes avec : Kimdary Yin

Droits et devoirs du photographe Portrait du mois : Jean-Michel Blasco Rubrique d’Eva

Jeune Talent : Julie de Waroquier Reportage du Mois : Benoît Fourmi

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Toute reproduction des textes, photos, graphismes publiés dans ce magazine est interdite. Les documents transmis impliquent l'accord de l'auteur pour publication. Nous ne sommes pas tenus responsables du contenu des informations publiées dans ce numéro.


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COUP DE CŒUR Interview par Eva Lesalon Directrice & Rédactrice en Chef www.evalesalon. net

Emma

Photographe - www.emma-photo.book.fr Bonjour Emma. Avant toute chose, je suis plus que ravie de te retrouver ici. Pour nos amis qui n'ont pas suivi nos tous premiers numéros, je t'avais à l'époque publiée en tant que modèle car j'étais très admirative de ton travail. Aujourd'hui, je suis très fière de te publier en tant que photographe, d'autant plus que je suis impressionnée par tes débuts derrière l'objectif. Alors, que s’est-il passé dans ton parcours depuis la dernière fois ? Bonjour Eva, c’est moi qui te remercie pour l’intérêt porté à mon travail de l’autre côté de l’objectif,

c’est avec plaisir que je réponds à tes questions. Je ne pensais pas un jour être publiée dans Shooting pour mes images en tant que photographe ! Encore un grand merci ! Mon parcours de modèle se poursuit depuis la dernière fois, mais les séances ont lieu de manière plus ponctuelle puisque j’ai de plus en plus envie de consacrer mon temps libre à créer mes propres images. Petit à petit, j’ai eu envie d’autre chose, d’être plus créative, par peur peut-être de finir par « tourner en rond » en tant que modèle après toutes ces années de pose. Régulièrement, au cours de balades dans la

nature, je tombais au hasard de mes pas sur des lieux ou des lumières qui me donnaient vraiment envie de les utiliser par moi-même et pas seulement en tant que modèle. J’ai également, depuis deux ans, beaucoup posé pour des photographes femmes et j’avoue que cette sensibilité différente qu’elles apportent aux photos m’a donné envie de m’y coller moi aussi… La suite, tu la connais, je me suis prise au jeu à force d’encouragements et de contacts et maintenant, je n’ai pas envie de m’arrêter là : plus je découvre et plus j’aime ça !


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Emma

Photographe www.emma-photo.book.fr

Quel boitier et objectifs utilises-tu ? T'ont-ils été conseillés ? Tout est très simple côté matériel, je débute ! J’utilise un Canon 450D, et j’avais au départ le 18-55 mm de base, vendu avec, mais je n’étais pas très fan. Sur les conseils d’amis photographes, j’ai investi dans un 50mm f/1.8, que je trouve vraiment très sympa en rapport qualité-prix. Mes photos actuelles sont pour la plupart réalisées avec cet objectif. J’en suis très contente ! Il m’arrive aussi parfois de me faire prêter des objectifs par des photographes que je connais. De quelle façon apprends-tu à photographier ? Pour ce qui est de la technique, j’ai été bien conseillée par des amis photographes. Au début ça fait plutôt peur et ça paraît extrêmement compliqué ! Mais rien de tel qu’un peu de pratique pour découvrir tout cela. J’ai eu la chance de pouvoir aussi accompagner des photographes sur des shootings modèles et de pouvoir faire quelques images à cette occasion avec leurs conseils avisés. Pour ce qui est de la sensibilité et de l’œil, des cadrages, des idées… je ne sais pas vraiment quoi te répondre, je suppose qu’être modèle m’a beaucoup aidée de ce côté-là, c’est une bonne école je pense !

Quel style de photos aimes-tu faire ? Mon domaine de prédilection reste le portrait féminin, et les photos en extérieur. Je ne me suis pas encore risquée à faire beaucoup de photos en intérieur, mis à part quelques séances grossesses et naissances. J’aime les photos douces, les ambiances champêtres, romantiques… C’est aussi probablement pour cela que je n’ai pas encore collaboré avec des modèles masculins, j’ai du mal à les imaginer dans mes univers trop bucoliques, pas assez virils je pense. Cela ne collerait pas avec ma vision de la photo actuelle. Tes photos sont pour la plupart réalisées en extérieur ? Quel est l’avantage de ce choix ? Oui, j’aime l’extérieur, pour la variété des décors que cela me propose. Je vis à la campagne, je me promène beaucoup, et les lieux ne manquent pas autour de chez moi : étangs, champs de blé ou de tournesols, rivières, forêts … Tout cela m’inspire, ce côté romantique et nature dans lequel je me plais à imaginer les modèles. J’aime la lumière naturelle plus que tout, le studio ne m’attire pas … du moins pour le moment. Que ce soit un ciel légèrement couvert ou bien une lumière rasante du soir, pour moi la lumière naturelle est la plus belle des lumières. Bon, l’extérieur a aussi des inconvénients : la météo aléatoire, etc. Mais je trouve cela tellement plus magique que le studio ! Cela ouvre beaucoup plus de possibilités !


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Une fois la photo réalisée il y a un travail de retouche. Quel logiciel utilises-tu ? J’ai débuté avec Gimp par ce qu’il était gratuit et facile à obtenir, tout simplement. Depuis quelque temps j’ai Photoshop et puis surtout Lightroom, que je trouve vraiment formidable comme outil. Où puises-tu ton inspiration ? Dans mes balades en pleine nature, pendant lesquelles des images me viennent à l‘esprit et ne me lâchent plus ensuite, mais aussi dans mes balades virtuelles. Je suis une boulimique d’images, je passe beaucoup de temps à découvrir les galeries de photographes sur Internet. Les univers romantiques d’Alexandra Sophie, d’Amel Kerkeni par exemple, pour ne citer qu’elles, m’inspirent énormément.

D’après toi, quelles sont les qualités qui sont demandées pour être un bon photographe ? Un minimum de technique (hein quand même !) mais surtout beaucoup de sensibilité. Lorsqu’on pratique la photo de modèles, je dirais le respect, la capacité à écouter, à partager avec la personne. La photo, c’est avant tout un échange humain pour moi ! J’apprécie vraiment les belles rencontres, les échanges sympas, au-delà de la prise de vue en elle-même !

Comment sélectionnes-tu modèles ? Comme je pratique surtout le portrait, j’aime quand les visages me parlent, m’inspirent, que les regards ne sont pas vides, qu’une vraie émotion passe dedans. Le visage c’est pour moi primordial. Les yeux, c’est ce qui m’attire avant tout chez un modèle !

Quels sont tes envies, tes projets en matière de photographie ? Ils sont nombreux ! J’ai très envie de photos au bord et surtout dans l’eau. J’attends l’automne avec impatience pour réaliser des séances en forêt, avec les arbres qui changent de couleur. J’aimerais aussi me mettre à faire un peu de lingerie, toujours d’une façon très douce, par exemple des photos de détails, ou près d’une fenêtre pourquoi pas… En parlant de détails, j’ai d’ailleurs démarré une galerie sur ce thème, je compte bien continuer à la remplir peu à peu ! Et tout un tas d’autres choses que j’ai en tête … A suivre donc ! C'est avec beaucoup de bonheur que Shooting mag va te suivre Emma ! Un grand merci à toi pour cette interview, c’était avec plaisir !

Merci Eva Lesalon - Shooting Mag Crédits des 5 modèles : Rose, Delphine, Nathalie, Séverine, Alizée


CLASS MODELʼS AGENCY recrute sur Lille et Paris mannequins femmes et hommes pour défilés, shootings mais aussi des hôtesses et hôtes dʼaccueil pour salons congrès , séminaires , animations commerciales...Nous faire parvenir vos photos récentes , format JPG et dʼexcellentes qualités ! Nous sommes en partenariat sur Lille avec les photographes : EVA LESALON et MANUELE DA CANCARO de Lille que nous vous conseillons pour la qualité de leur travail ! http://www.evalesalon-photographies.book.fr contact@classmodelsagency.com


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10 MINUTES AVEC... Kimdary Yin Interview par

Eva Lesalon Directrice & Rédactrice en Chef www.evales alonphotographi es.book.fr

Kimdary Yin

Photographe - www.kimdaryyin.com Bonjour, pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours ? A 18 ans, j'étais destinée à entrer dans les plus grandes écoles de commerce. C'est au bout de ma première année de commerce que je me suis décidée de faire ce que je voulais depuis toujours finalement. Donc je me suis réorientée dans les Arts Appliqués généraux puis une spécialisation dans le Design de Mode et Textile. A 13 ans, j'avais commencé réellement la photographie avec mon argentique. A mes 18 ans, après la collaboration avec plusieurs photographes et ayant économisé, j'ai acheté mon premier réflex numérique. Aujourd'hui, à

21 ans, je me surprends à m'étonner de la vitesse où vont les choses… En l'espace de 2 ans, notamment depuis la présence du numérique, il arrive des commandes : les particuliers, des books pour des modèles postulant en agences, la pochette de disque du groupe Rock-Electro lyonnais-londonien PartyTime Band, un projet photo de mode pour des marques de vêtements… Puis Marie Anglade, plasticienne et directrice artistique, m’a découverte et m’a proposé de faire ma première exposition à Lyon, au Cintra. Enfin, des commandes en tant que photographe officielle de défilés de mode à Lyon, et une

commande pour la marque parisienne "WHO IS MOLLY ? " ainsi que pour une nouvelle marque de vêtements qui sortira en 2012. Etant d’origine vietnamienne, j’ai baigné dans les voyages : Asie (Vietnam, Malaisie, Singapour), Etats-Unis (Californie), Canada (Vancouver), et récemment Stockholm, Glasgow, Edinburgh. Aujourd'hui, je suis en ce moment à Seattle, toujours à la recherche de nouvelles rencontres enrichissantes et de découvertes culturelles. La bougeotte dans le sang, le voyage et la photographie seront toujours mes premiers et derniers amours.


SHOOTINGMAG Août 2011 Vous dites avoir été découverte. Quels conseils donneriez-vous à nos amis pour se démarquer des autres, être repérés ? Je pense que c'est un tout. J'ai été remarquée par ma gentillesse certainement, car j'aime avant tout aider les autres et il s'avère qu'un jour, la chance est tombée sur moi. Mais sérieusement parlant, je suis une personne sociable et le bouche à oreille s'est fait de lui-même.

De quelle façon avez-vous appris à photographier ? En m'amusant avec des appareils photos jetables dans mon enfance, en jouant avec les négatifs, puis réellement avec mon premier argentique à 13 ans avec lequel j'ai compris le système photographique ainsi que les systèmes d'obturation, etc. Mais c'est en cours que j'ai appris à développer. Enfin, c’est en posant pour différents photographes (tel que Christophe Capezzone qui Quel a été votre premier boîtier ? est un excellent photographe) et en collaborant Mon premier boîtier fut le Canon FT QL. Petit, mais je l'estimais beaucoup d'autant plus qu'il me avec d’autres, que j’ai compris le rapport modèlephotographe, l’image qu’on a de soi, qu’on peut suivait durant mes péripéties d'adolescente. renvoyer, les sentiments devant l’objectif, et j’ai Et pensez-vous qu'un matériel " bas de gamme finalement choisi mon parti pris. " peut-être handicapant pour un jeune Vous êtes spécialisée dans la photo de mode. professionnel ? Avez-vous déjà envisagé un autre domaine ? Matériel "bas de gamme" ou matériel haut de Non. Je suis vraiment attirée par le domaine de la gamme, je pense avant tout que ce n'est pas l'appareil photo qui fait la photo mais la personne mode pour sa richesse et son éclectisme. qui est derrière. Un appareil reste un accessoire tel le pinceau : c'est l'artiste qui peint la toile, pas D’après vous, quelles sont les qualités qui sont demandées pour être un bon photographe ? le pinceau. Certes, la qualité du pinceau contribuera techniquement mais pas tant que ça. D'après moi, un bon photographe est indubitablement sensible et possède une pensée Pour moi, l'intention et l'émotion qu'on donne à conceptuelle avant tout. ce qu'on fait comptent substantiellement.


SHOOTINGMAG Août 2011 Vos photos sont pour la plupart réalisées en extérieur ou en studio ? Quel est l’avantage de ce choix ? La plupart des clichés que je prends sont en extérieur. C'est instinctif car je voyage souvent et que les endroits où nous pouvons atterrir peuvent être autant intrigants que surprenants. Chaque paysage est unique à chaque minute de la journée. Vous dites ne faire que des séances en extérieur, comment est-ce perçu aux yeux des professionnels de la mode ? Est-ce que cela peut rendre moins crédible ? Faire des photos de mode en extérieur (hors studio) est pour moi l'occasion de découvrir des lieux exceptionnels. Autant des appartements insolites que des pièces et extérieurs déjantés. Mais c'est également mon moyen de me démarquer des autres. Les professionnels de la mode apprécient cela et considèrent ce choix comme un signe d'originalité quand le lieu est bien trouvé et exceptionnel. Ceci étant, j'ai aussi la capacité de m'adapter en fonction du contexte et des projets de chacun. C'est pourquoi je n'ai jamais perdu en crédibilité. Il est certain que pour la présentation de créations haute couture, j'opterai davantage pour le minimalisme en studio. Je pense avant tout qu'il ne faut pas être hermétique aux choses et que toute complémentarité est un bon enrichissement. large. Une fois la photo réalisée il y a un travail de retouche. Quel logiciel utilisez-vous ? Je ne retravaille pas toujours mes photos, ou bien je minimise la retouche, étant une partisante de l'argentique. Mais si j'ai des retouches couleur, c'est avec Photoshop. Où puisez-vous votre inspiration ? Je me nourris de rencontres, je rêve de décors et découvre les univers de chacun et les cultures des pays en voyant et en créant de nouvelles atmosphères. Je garde en tête l'idée de garder le moment qui sera le plus intense et incroyable, celui qui me fait rêver et voyager vers d'autres pays et dans les univers de chacun.

Comment sélectionnez-vous vos modèles ? Je les choisis pour leur caractère, leur charme, leur personnalité et leur expressivité. C’est son côté timide, l’étincelle dans son regard, la peur qu’elle ressent, l’envie, sa détermination, sa crainte, la joie, son excentricité, sa noblesse naturelle qui me font choisir cette personne. Photographier cette femme ronde qui m’inspire la beauté du 18ème siècle ou ce jeune homme charismatique qui sème le doute chez moi et me donne des frissons, m’enthousiasme davantage que ces filles anorexiques d‘1m85 dont les professionnels se réjouissent à soustraire les âmes en les considérant tels des cintres ou en les retouchant jusqu’à ne plus les reconnaitre... Seriez vous prête à travailler gratuitement pour des agences de mannequins en échange de publicité ? Bien sûr. J'ai souvent travaillé "en collaboration" car j'ai pu constater que mes collaborations m'ont énormément apporté mentalement et que ce sont les rencontres qui enrichissent la vie. Que pensez-vous de ces banques d'images qui vendent nos photographies à 0.14 cts pièce ? Je pense que c'est une façon de démocratiser l'Art de la photographie. D'un côté, cela déprécie le véritable métier de photographe. Néanmoins, bien trop souvent, les images sont volées à des artistes. Ces banques d'images à coûts minimes mèneraient en parallèle, au début du respect des droits d'auteur (malgré ce coût incroyablement petit). Lorsqu'un photographe est invité à exposer et présenter son travail, à faire acte de présence lors d'une telle manifestation, pensez qu'il est dans la logique des choses que ce dernier soit rémunéré ? Exposer naît d'un travail de rigueur qui a été mené. Autant dans la conception, les prises de vues, qu'au moment du développement. C'est également un coût matériel. Il s’avérerait logique qu'il soit rémunéré. Cependant, la photographie est une passion. Là se pose une question fondamentale : la passion se rémunère-t-elle ? Je ne pense pas. Mais je pense qu'elle se récompense. Par la reconnaissance par exemple. Ainsi, selon moi, l'invitation à exposer est par conséquent, une très belle récompense et un signe de reconnaissance en elle-même.

Merci, Eva Lesalon - Shooting Mag


MODE // EDITO

Modèle : Julie B Photographe : Olivier Merzoug Créateur Bijoux : Steeve Grandjean


Modèle : Julie B Photographe : Olivier Merzoug Créateur Bijoux : Steeve Grandjean


Modèle : Julie B Photographe : Olivier Merzoug Créateur Bijoux : Steeve Grandjean


Modèle : Julie B Photographe : Olivier Merzoug Créateur Bijoux : Steeve Grandjean


Modèle : Julie B Photographe : Olivier Merzoug Créateur Bijoux : Steeve Grandjean


Modèle : Julie B Photographe : Olivier Merzoug Créateur Bijoux : Steeve Grandjean


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JURIDIQUE Olivier Barré Rédacteur Rubrique Juridique http:// bolivier4.free .fr

Droits et Devoirs du Photographe L’été, moment de détente et de repos pour beaucoup de personnes. Pour cette rubrique, je ne vais pas faire de dossier très compliqué ou très important. Je vais juste faire un petit rappel des différents Droits et Devoirs que nous avons vus depuis presque une année. Et oui, le temps passe très vite et cela va faire un an que j’ai rejoint l’équipe de Shooting Mag. En tant que photographe, je crée de petites images. Ces petites images sont le fruit de ma personnalité, de ma vision, de mon cadrage, de la maitrise de mon appareil photo bref,

de mon savoir faire. Par conséquent, JE suis l’auteur de ces petites images. Elles ne sont pas libres de droits comme on peut le lire de plus en plus sur Internet. La loi française définie cela dans le CPI, le Code de la Propriété Intellectuelle. L’auteur d’une œuvre a un droit moral et un droit patrimonial sur son œuvre. Le droit moral est un droit inaliénable, incessible et insaisissable. Le droit patrimonial est le seul droit cessible des droits d’auteur. On l’appelle également le droit pécuniaire. Le droit patrimonial compte trois droits, le droit de

reproduction et le droit de représentation. Je vous encourage à lire ou à relire le numéro 11 de Shooting Magazine. Une fois que mon œuvre est réalisée, je dois la faire vivre et la diffuser mais veiller également à ce qu’elle ne soit pas volée. Avec le numéro 12 de Shooting Magazine, je vous liste une série de petits conseils pour vous aider à faire face à cela.


SHOOTINGMAG Août 2011 D’abord, signez toujours votre œuvre soit avec votre signature soit avec votre pseudo, voir le numéro 18. Ensuite, vous pouvez lier à votre œuvre une licence Creative Commons pour informer les visiteurs de votre site Internet. Ne diffusez pas votre photo en haute définition 2000 x 3000 en 300 dpi mais seulement en 800 x 600 en 72 dpi, cela est suffisant pour le Net. Intégrez également un Watermark ou filigrane. Dès que vous diffusez votre œuvre, devenez conservateur. Regroupez et conservez toutes les diffusions, parutions, catalogues etc. où apparaît votre travail. Concernant une œuvre précise, utiliser l’enveloppe SOLEAU ou le dépôt auprès d’un huissier pour protéger votre travail. Le travail en amont est important et vous permettra de solutionner de futurs problèmes le jour où vous devrez prouver la paternité de votre œuvre.

2° La publicité, par quelque moyen que ce soit, tendant à favoriser, en toute connaissance de cause, le travail dissimulé ; 3° Le fait de recourir sciemment, directement ou par personne interposée, aux services de celui qui exerce un travail dissimulé.

De plus, en tant que photographe amateur, vous recherchez un modèle et vous allez la rémunérer. J’ai juste une seule question à vous poser : votre modèle est-elle présente pour vous permettre de réaliser de beaux clichés et s’implique-t-elle dans votre démarche artistique ou est-elle présente pour les 100 à 300 € que vous allez lui donner et vous laisser avec votre démarche artistique ? Dans ce type de relation, qui est la gagnante, le perdant… ? Je pense qu’il y a moyen d’avoir une relation gagnante - gagnant quand tout le monde reste dans le domaine amateur donc sans Pour réaliser des photos, je peux travailler avec transaction financière. Le photographe veut des modèles, mais attention aux règles du jeu. La réaliser de superbes clichés, le modèle s’implique limite entre amateurs et travail au black est très dans la démarche artistique et les deux parties fine et le pas est très vite franchi. Je vous rappelle sont gagnantes. Je vous laisse découvrir ces que le jour où vous devez rémunérer un modèle, règles du jeu dans le numéro 14 de Shooting. vous devez faire une déclaration de travail auprès de l’URSAFF. Le « travail dissimulé » est un délit Pour compléter l’article sur les règles du jeu, une suivant le Code Pénal français. petite interview d’un photographe amateur pour Code du travail : Art. L. 8221-1. expliquer les bons principes de prises de contacts - Sont interdits : entre photographes et modèles : 1° Le travail totalement ou partiellement dissimulé, défini et exercé dans les conditions prévues aux Jérôme – Photographe Amateur articles L. 8221-3 et L. 8221-5 ; Site Internet : www.jerome-retru.com


Tout commence par une prise de contact. Qu’elle soit à l’initiative du modèle ou à la mienne. Lorsqu’il s’agit d’une démarche de ma part, je tente de décrire la raison de ma prise de contact et le pourquoi de ma future séance. Eventuellement, je donne déjà quelques pistes sur le futur travail que je souhaite accomplir avec mon contact. Ensuite si j’ai une réponse positive du modèle pour la séance, j’entre dans une seconde phase, que je résume par prises de contacts téléphoniques avec un rendez vous dans un café pour discuter avec le modèle et valider que nous sommes d’accord sur l’objet de la séance. Cela permet de voir si nous sommes en phase et sur la même longueur d’onde. Ne négligez pas ce rendez vous… en tant que modèle : c’est un premier moment pour juger et surtout votre première porte de sortie si le projet ne vous convient pas ou plus. Ensuite, a lieu la prise de rendez-vous effectuée avec le choix du thème éventuel. C’est important car ainsi tout le monde travaille dans le même sens et le modèle peut déjà réfléchir à ce qu’il va pouvoir proposer lors de cette future séance. Se souvenir que le studio est un théâtre de jeu pour le modèle et le photographe. Le modèle peut venir accompagné pour la séance à condition que l’accompagnant ne soit pas un frein dans la réalisation de la séance. Cela sécurise le modèle de savoir qu’il ou elle peut venir avec une connaissance. Si cette option n’est pas possible pour le photographe… Evitez d’aller à cette séance. Il s’agit ici d’une seconde porte de sortie. Bon tout va bien…. La séance a lieu dans les conditions prévues, le modèle et le photographe ne doivent donc faire que des images qui reçoivent l’accord plein et entier des deux acteurs. En aucun cas le photographe ne doit toucher son modèle. C’est une règle auquel je ne déroge JAMAIS. Si je dois positionner mon modèle pour qu’il soit dans la lumière, je le saisi par les poignets des deux mains ; ainsi, il n’y a pas d’ambiguïté possible. Après la fin de la séance, nous passons en revue rapidement les images pour avoir un accord de principe de mon modèle sur la séance et me permettre ensuite d’engager mon activité de retouche photo en post-traitement. Je fais signer, dès le début de la séance, un contrat à mon modèle afin que nous contractions ensemble sur la séance elle-même et sur le résultat ainsi que sur ce que le modèle et moi pouvons faire des images conservées en fin de séance. Avec ce contrat, nous définissons ensemble l’exploitation des images ensuite.


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Je fais signer, dès le début de la séance, un contrat à mon modèle afin que nous contractions ensemble sur la séance elle-même et sur le résultat ainsi que sur ce que le modèle et moi pouvons faire des images conservées en fin de séance. Avec ce contrat, nous définissons ensemble l’exploitation des images ensuite. Il est là pour ça (expo, tirages, internet, etc.) Ensuite, je fourni un CD à mon modèle regroupant une sélection des meilleures images. Je ne rémunère pas ou peu mes modèles plus par philosophie qu’autre chose. Je préfère baser mon activité de prises de vues sur un principe d’échange et de convivialité. Le modèle pose et je fais les images : nous sommes GAGNANT / GAGNANT. Conseils… Avant de se lancer dans une séance, le modèle doit demander à voir le travail du photographe (site, images persos) et essayer de voir ce qu’il a déjà fait. Il doit demander s’il peut être accompagné. Si c’est non, décliner l’invitation. Il doit connaitre l’adresse du shooting à l’avance et donner celle-ci à une tierce personne avec une heure de fin de séance pour que le modèle puisse valider que tout va bien en fin de séance, quitte à se faire appeler pour vérifier. Ne pas laisser le photographe emmener le modèle sur des thèmes qu’il ne veut pas aborder. Même si le modèle est très à l’aise, ne pas aller trop loin dans les sujets plus ambigus sans avoir un minimum de connaissance du photographe (ex : évitez de vous faire attacher dès la 1ère séance ; une fois attachée, vous êtes à sa merci. Sécurisez vos séances au départ). Le nu n’est pas une fin en soit. Si le photographe ne souhaite que ce type d’images, vérifiez qu’il ne s’agit pas d’un Faux-tographe un peu pervers qui veut se rincer l’œil. Sans être parano, une petite bombe lacrymogène dans votre sac de vêtements ou trousse de maquillage peut éventuellement vous sortir de « situations tendues ».

De plus, avec Internet de plus en plus de groupes se présentent en tant qu’ « Agences ». Le site du photographe www.koffi.fr est une source inépuisable d’information dans ce domaine. Il faut savoir que les agences de mannequins sont des employeurs, ceci implique une déclaration préalable à l’embauche, le versement d’une rémunération et la remise d’un bulletin de salaire, un contrat de travail, une attestation d’Assedic, une attestation de travail, etc. Cette partie administrative est réglementée par les articles L. 763-4 (Contrat de travail), R .763-1 (Mandat de représentation), R.763-1 (Contrat de mission) du code de travail. En aucun cas, une agence ne vous facturera des books, des composites ou des frais d’inscription. Il ne faut pas les confondre avec les « agences de casting » qui réalisent leurs bénéfices sur le dos des candidates. Une agence de mannequin doit obtenir une licence d’état délivrée par le préfet pour 3 ans qui l’autorise à faire du placement de personnel. Toute agence SANS cette licence n’est pas une agence de mannequin (Art L.763-3 du code de travail). Replongez-vous dans le numéro 17.

Pour terminer cet article, nous avons vu que nous pouvions réaliser des photos de rue sans autorisation et surtout que nous pouvions les utiliser. Vous avez le droit de photographier la maison d’un particulier à partir de la rue (domaine public) mais vous n’avez pas le droit de rentrer dans son jardin pour réaliser la même photo (respect de la vie privée d’autrui) mais également photographier des personnes qui se promènent dans la rue. Réaliser une photographie et la reproduire sans autorisation du propriétaire ou de la personne y figurant n’est pas répréhensible pénalement sauf en cas de violation ou d’effraction du domicile et de non respect de la dignité humaine. En revanche, le propriétaire ou la personne ayant subi un dommage, le responsable de l’exploitation de la photo pourra être civilement condamné à lui verser des dommages… Ceci est défini par l’arrêt de la Cour Restons positif, heureusement l’ensemble des de cassation du 7 mai 2004 : « Le propriétaire photographes ne sont pas des pervers et je gage d’une chose ne dispose pas d’un droit exclusif qu’en général toutes les conditions de base sur l’image de celle-ci… Il peut toutefois seront respectées. Les images seront donc s’opposer à l’utilisation de cette image par un belles. Lors de vos recherches d’un photographe, tiers lorsqu’elle lui cause un trouble moral ». Voir n’envoyez pas des dizaines de photos à votre le numéro 15 et numéro 17. Dans tout les cas, contact. Une ou deux images bien choisies soyez respectueux des personnes et des biens y suffisent. Si déjà les demandes sont pressantes… figurant et posez-vous la question si l’exploitation ce n’est pas très clair ; déclinez. En clair, dès que de la photo engendrera des conséquences pour quelque chose vous choque, que vous l’évoquez les personnes ou les propriétaires. et que la réponse ne vous va pas, stoppez votre engagement dans la poursuite du projet Concernant le couple photographe/droit juridique, photographique avec ce photographe. Essayez je vous encourage à lire le blog de Joëlle un autre contact… non, mieux…. ContactezVerbrugge dont j’ai réalisé une interview dans le moi ! numéro 12 de Shooting : http://droit-et-photographie.over-blog.com/ Dernière chose, Nous parlons ici d’activité ludique où le plaisir doit être le moteur des acteurs de cette activité tant coté photographe Bonnes vacances à toutes et à tous que du modèle. On parle ici d’échange au service Photographiquement Juridique. d’un art qu’est la photographie pour sublimer le Olivier Barré modèle par le jeu des lumières et le rôle que www.barre-olivier.com / www.bolivier4.book.fr celui-ci endosse sous la direction du photographe « metteur en scène ». Jerome Retru


CONCOURS SHOOTING MAG

Gagnant du mois Photographe : Matthieu Sonnet BOOK: http://matthieusonnet.com/

Modèle : Corvino Jade BOOK: http://www.jade-modele.book.fr EMAIL: zadette@hotmail.fr


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PORTRAIT DU MOIS

Jean-Michel Blasco Photographe - http://factorystudio.weebly.com Bonjour Jean-Michel. Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours ? Un parcours photographique simple, je ne me rappelle pas ne pas avoir tenu d’appareil photo. C’est une passion, un plaisir, et j’espère bien que cela le restera. Bien sûr, j’ai parfois envisagé d’en faire un métier mais si cela était tentant et réalisable il y a 20 ans, aujourd’hui, c’est devenu une mission très compliquée. J’ai connu bon nombre de pros et des balaises, si certains continuent à bien en vivre, et ils sont peu, ça sent de plus en plus le

fromage… La photo est une passion, et d’en vivre risquerait de m’en dégoûter. Quel a été votre premier boîtier ? Mon premier boîtier reflex était un Canon AE1, il y a 27 ans ! Ouille ! Avec, je me rappelle, un 50mm et un 28mm. J’avais aussi un télézoom mais je ne me rappelle plus lequel. Donc de l’argentique avec du fixe, ça fait vieux con, mais je trouve que c’est une bonne école. C’est amusant mais le week-end dernier, une jeune photographe me demandait des conseils. Elle avait un boîtier amateur et le 18-55 du kit,

je galérais un peu à lui faire comprendre certains points, et elle m’a sorti le T70 de Papa avec le 50mm f1.4 et depuis elle me dit s’éclater ! De quelle façon avezvous appris à photographier ? Mon Père. Il aimait bien la photo, c’est plutôt pratique ! Je fais un peu pareil avec mon fils, j’essaie au moins de pas le saouler !


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SHOOTINGMAG Août 2011

Jean-Michel Blasco Photographe

http:// factorystudio.weebly.com

Vous êtes spécialisé dans la photo humaniste . Avez-vous déjà envisager un autre domaine ? Spécialisé est un bien grand mot. Ce que j’aime photographier c’est la vie, les gens. Une émotion quelle qu’elle soit ! J’ai shooté pas mal de sport mais j’avoue que ça m’est passé. Et puis il faut du matos lourd et cher. Sinon, et je ne m’y attendais pas du tout, je suis sollicité pour « shooter » de la mode. C’est amusant, très technique et cela m’a donné l’occasion d’apprendre à utiliser l’éclairage de studio. C’est mon professeur brésilien qui s’y est collé et je la remercie chaudement pour sa patience car en vieillissant il faut plus de temps pour comprendre. Merci Andriete ! Vos photos sont pour la plupart réalisées en extérieur ou en studio ? Quel est l’avantage de ce choix ? Dehors, dans la vrai vie ! Il n’y a pas d’avantages, mais c’est plus simple pour faire de la photo de rue. Sinon, le studio est indispensable pour certaines prises de vues, c’est évident !

Une fois la photo réalisée il y a un travail de retouche. Quel logiciel utilisez vous ? Photoshop ! Et des derawtiseurs qui marchent avec les boîtiers dédiés. Mais je suis une quiche en retouche ! Heureusement, il y a de bons pros car je déteste stagner devant mon ordi et gâcher mes photos. Où puisez vous votre inspiration ? Je ne sais pas, c’est intuitif, c’est plus si je suis dans le mood ou pas. J’ai souvent un boîtier et un 50 avec moi, parfois je vois les choses et parfois non. Il m’est arrivé de préparer mon errance photo et de ne rien ramener, ou alors au hasard pan ! Je vois, j’appuie, ça sort bien. Pas de logique pour moi !


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D’après vous, quelles sont les qualités qui sont demandées pour être un bon photographe ? La patience, rien ne vient d’un coup et donc la persévérance. L’œil, lui, est plutôt un don je pense. Comment sélectionnez vous vos modèles ? En fait, je n’ai pas vraiment le choix ! On me dit « tu shootes elle ou lui pour ça ! ». Sinon, dans la vraie vie, c’est le hasard.

La photo d’art est un marché bien verrouillé, les galeries font la pluie et le beau temps. Sur internet, on voit fleurir des sites de vente, d’un côté c’est cool parce que le public vient de plus en plus vers la photo, que ce soit le gars qui investit ou le citoyen lambda qui veut décorer son salon. Mais d’un autre côté, il y a ce type de frénésie ou d’excès qui font que tout et n’importe quoi se fait. Avec le numérique, prendre et montrer une photo n’a jamais été aussi facile ! L’essentiel est d’y trouver son plaisir.

Seriez vous prêt a travailler gratuitement pour des agences de mannequins en échange de publicité ? Je ne sais pas… Il faut voir le mannequin. Pour Elite, Next, Marylin et les autres majors héhé probablement, mais sans pub, je ne suis pas pro ! Que pensez-vous de ces banques d'images qui vendent nos photographies à 0.14 cts pièce ? Rien, on est dans le consommable. L’époque veut toutes ces conneries. Tout le monde veut faire Avedon, Cartier-Bresson ou je ne sais qui parce que le type de la Fnac, lui, à assurer le top avec son 1000d !

Lorsqu'un photographe est invité à exposer et présenter son travail, à faire acte de présence lors d'une telle manifestation, pensez-vous qu'il soit dans la logique des choses que ce dernier soit rémunéré ? Aucune logique pour moi ! Si je veux monter une expo pour me faire plaisir, je sais qu’il y aura un coût. Une belle impression c’est cher, un bel encadrement ou un beau support aussi. Mais vu que c’est ma volonté, c’est mon problème. Par contre, si on me demande, ce n’est pas la même chose. Justement, dans le cadre de mon boulot, j’ai voulu organiser une expo avec la photographe reporter Sarah Caron sur le Pakistan. Forcément on a trouvé des financements et l’événement a eu lieu ! Et enfin, exposer pour vendre est encore différent. C’est un deal avec la galerie ou celui qui va essayer de vendre. Merci Eva Lesalon - Shooting Mag


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Photo : Eva Lesalon / Modèle : Justine


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RUBRIQUE D’ÉVA Eva Lesalon Directrice & Rédactrice en Chef

www.evales alon.net

Photo : Eva Lesalon / Modèle : Ophélie

Photographie : Un univers impitoyable ! Mercredi dernier a été pour moi une journée de dingue. J'avais deux prises de vue, la première en matinée, la seconde dans l'après midi. La pluie était également au rendez-vous et le train qui devait amener ma modèle de l'après midi est parti sans elle, le vilain ! Heureusement que les bus Lillois étaient là pour la secourir. Cette dernière est arrivée à bon port avec une heure de retard. Images prises en moins d'une heure, restait la post prod. Je devais livrer mes clichés avant minuit. Dix en tout. Vous saurez pourquoi plus tard, là n'est pas le sujet. Figurez-vous que pendant que je travaillais d'arrache pied, de mauvais esprits rodaient autour de moi. Non, je vous rassure, aucun

ouragan, aucun détraqué sexuel m'attendait au coin d'une rue sombre (ben quoi ? On ne sait jamais), il s'agissait tout bêtement de deux vilains piafs piaillant sur mon équipement professionnel. Nous n'allons pas chercher à savoir les motivations de nos deux oiseaux car vous, comme moi, avons d'autres chats à fouetter (n'allez pas imaginer je ne n'aime pas les bêtes hein), nous allons plutôt chercher à savoir s’ils ont eu raison étant donné que la taille d'un boitier a autant d'importance pour eux que la taille de leur zigounette. Qui d'autre que vous, amis photographes, qui nous suivez chaque mois pour débattre sur le sujet ?

Mon équipe a donc posé, la question suivante sur notre page fan : faut-il un matériel de luxe et plein de boitiers, accessoires et flashs pour être un photographe pro ou un photographe reconnu dans le milieu ? Et voici un extrait de vos réponses (et je ne triche pas, vous n'avez qu'à vérifier sur notre page) : - NON ! Le talent est dans l'œil du photographe, dans sa capacité à percevoir les choses... Le matériel, ce n'est qu'un plus. - - Non ! Et encore Non ! Le matériel ne remplacera JAMAIS l'œil du photographe !


SHOOTINGMAG Août 2011 - Comme je dis toujours à mes stagiaires : "si tu veux devenir photographe, pose ton matos de guerrier et prend un kodak jetable..." - Certains photographes américains sont devenus célèbres avec leurs Instamatic à deux francs six sous. D'autres, en vaselinant leurs objectifs... Le talent compte plus que tout je pense, et surtout, l'idée que l'on se fait de la photo.

- Le matériel premier de qualité : la tête, l'œil, le cœur et la lumière... Ensuite un appareil plus ou moins haut de gamme, d'après moi pas forcément nécessaire, fera le reste pour la qualité technique de l'image. - Oui, le Rollei, c'est cool, comme le pola, le sténopé, etc. Après, il n'y a pas d'outil universel qui permette de faire du portrait, du mariage, de l'architecture, de la macro, de la photo sousmarine, de la mode, du reportage... Le tout avec un boitier et un objo en lumière naturelle uniquement.

- Non car c'est l'œil qui doit compter avant tout. Oui, parce que sans matériel, certaines photos ne sont pas réalisables tout simplement. Maintenant, tout dépend de ce que l'on veut faire, des moyens - Vive réaction : il faut du matériel pour faire de la que l'on a... Mais être reconnu juste parce que photo... Faut-il le dernier reflex a x millions de l'on a du matos, c'est ridicule. pixels, 8 à 9 flash de studio, le dernier Mac etc. ? Il me semble qu'un bon matériel, sans qu'il soit du - Oui et non ! Oui, car suivant le type de dernier cri, est suffisant, ainsi qu'un sens du photographie, animalière, sportive, sous-marine, système D. Le reste est le regard, le savoir faire et etc. elles ne sont pas réalisables sans avoir du le message du photographe. matériel adapté. Non, car aucun matériel ne remplacera le talent et - Carrément d'accord, pas besoin d'avoir un l'œil d'un photographe, chacun ayant son propre super boitier pour faire de la belle photo. Moi, je style ou sa vision des choses. Je connais bon suis sur un D90 depuis plus de 2 ans et je fais nombre de photographes "re ou connus" qui mes shootings photo avec. Bon, après, j'ai du shootent avec des bridges, ou de petits boitiers flash de studio mais en tout cas je suis un qui ont 20 ou 30 ans et réalisent des photos à amoureux de la photo, ma plus belle histoire couper le souffle. d'amour en tout cas. Pour moi, le mot pro ne veut rien dire. Je me souviens d'un forum, il y a quelques années, où la moyenne d'âge était de 15 ans, - Pas besoin de matos pro. L'œil du photographe, Pom'phot je crois, je ne sais pas s'il existe encore, la situation font 90% du boulot. Tout photographe mais quand on voyait ce que ces gamins est voyeur, mais si on juge après un cliché moi je arrivaient à faire avec de simples compacts dis : la perversion est dans l'œil de celui qui parfois comme matériel, c'était à tombe sur le regarde. Le regard artistique et esthétique n'est c… ! Tout comme je connais des photographes se pas pervers ! disant "pro" avec un matos d'enfer, que j'aimerais bien avoir, et qui font des photos nulles à chier ! J'ai rencontré dernièrement un "photographe pro" Bon sur ce, moi je vous laisse parce que je ne spécialisé dans les mariages et Cie, à un moment vous l'ai pas dit, mais je suis en vacances dans le donné il me dit : sud. N'oublions pas, avant de nous quitter "J'ai essayé de faire certaines photos comme toi jusqu'au prochain numéro, de remercier nos deux et je n'y arrive pas avec mon appareil..." Je lui « confrères » sans qui ce sujet n'aurait pas été demande quoi comme photo, il m'explique, je abordé. prends son appareil, débraye l'autofocus et je fais deux photos, les lui montre et il me dit : Eva Lesalon. "A quoi ça sert ce bouton ?"... ! Photos©EvaLesalon


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JEUNE TALENT

Julie de Waroquier Photographe - http://juliedewaroquier.com rapidement devenu une vraie passion ! Quel à été votre premier boîtier ? Un an après avoir reçu mon compact, j'ai acheté un NikonD40. Je viens tout juste de le remplacer par un D7000.

Bonjour Julie, vous avez à peine 22 ans et déjà un beau parcours. Pouvez-vous nous raconter comment vous est venue cette passion pour la photographie ? C'est venu plutôt par hasard. On m'a offert un appareil compact pour mes 18 ans, et peu à peu, j'ai pris goût à travailler les images. J'ai entretenu cela, et c'est

De quelle façon avez-vous appris à photographier ? Je suis comme on dit autodidacte. J'ai beaucoup expérimenté avec mon appareil, et beaucoup lu sur des forums consacrés à la photographie afin de comprendre toute la technique. Vous avez un style qui vous est propre, vos œuvres racontent vos rêves, des mondes imaginaires. Avez-

vous déjà envisagé un autre style plus classique ? Oui et non. Mon style, au fond, je ne l'ai pas choisi. Je dis souvent que je n'ai pas fait exprès d'avoir ce style. C'est comme une écriture, elle est personnelle et pas totalement contrôlée. J'aurais donc du mal à changer radicalement d'orientation. Mais je travaille actuellement sur une série différente de mon travail habituel, afin d'explorer de nouvelles pistes ! Vos photos sont pour la plupart réalisées en extérieur ? Quel est l’avantage de ce choix ? J'aime beaucoup les lieux en extérieur car ils font davantage intemporels. Un champ de fleurs, un lac, ça n'a pas d'époque. J'aime beaucoup cet aspect.,


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Une fois la photo réalisée il y a un travail de retouche. Quel logiciel utilisez-vous ? Je travaille avec Gimp.

suis en fait toujours étonnée que l'on prenne mon travail au sérieux.

Dʼaprès vous, quelles sont les qualités qui sont demandées pour être un bon photographe ? Je pense qu'il faut avoir quelque chose à dire et à montrer. Il faut que la photo traduise une intention, même s'il s'agit simplement de montrer de la beauté. Cela dit, ce n'est que l'avis d'une petite photographe de 22 ans qui a encore énormément à apprendre. Je ne me considère pas du tout apte à juger si un photographe est bon ou pas ! Seriez-vous prête à travailler gratuitement en échange de publicité ? Vous avez également pas mal de Je l'ai déjà fait. Maintenant, je fais un peu parutions à votre actif ainsi que des le tri dans les propositions de projets ; si expos : salon de la Photo 2010, galerie le projet m'attire, je peux bien de l'office Culturel d'Arras la même évidemment m'impliquer dedans année, L'échappée Onirique à Lyon en gratuitement. janvier 2011 et bien d'autres encore. Comment expliquez-vous cette Quels conseils donneriez-vous à un réussite ? De quelle façon avez-vous jeune photographe qui souhaiterait été repérée ? réussir ? Je suis essentiellement contactée sur Difficile de répondre à cela ! Il faut internet, mes photos étant exposées un cultiver un style qui nous définit, je crois. peu partout. Je n'explique pas cette réussite, je suis profondément reconnaissante et remercie du fond du cœur ceux qui viennent me chercher et qui me proposent de si beaux projets. Je


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Que pensez-vous de ces banques d'images qui vendent nos photographies à 0.14 cts pièce ? Cela conduit bien sûr à réduire considérablement la valeur d'une image dans l'esprit des gens. Beaucoup de personnes en dehors du milieu photographique ne "respectent" pas l'image et le travail qu'il y a derrière, et s'étonnent qu'un photographe refuse de brader ses images à son tour. Lorsqu'un photographe est invité à exposer et présenter son travail, à faire acte de présence lors d'une telle manifestation, pensez-vous qu'il soit dans la logique des choses que ce dernier soit rémunéré ? Il faut voir au cas par cas j'imagine. Je n'ai jamais été rémunérée pour une expo, mais plusieurs fois les galeries m'ont accordé un budget pour les tirages et le déplacement, ce qui me convient parfaitement ! Des projets pour l'avenir ? Beaucoup ! Mais par superstition, je préfère ne rien dire tant que je n'ai rien à montrer...

Merci Julie et un grand bravo pour vos créations ! Eva Lesalon - Shooting Mag


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REPORTAGE DU MOIS

Benoît Fourmi Photographe

Je m'appelle Benoît Fourmi, né à Châteauroux, j'ai 20 ans. Gamin, j'étais passionné par l'appareil photo de mon grandpère que ma mère cachait au haut du vaisselier, ce qui attisait encore plus ma curiosité. C'était un Kodak Brownie C. A 13 ans, je participais au club Photo de mon collège. Cela me passionna et j’y découvris les premières techniques photographiques argentiques. On réalisait nous même les

développements et les tirages de nos meilleurs clichés. A partir de là, tout s'est enchaîné. A la fin de ma 3ème, déterminé à faire de la photographie de manière professionnelle, je suis rentre au Lycée L.P Molière d’Orthez, en section photographie. Une formation de 4 ans où j'ai affiné mon perfectionnisme de la lumière et développé mon style photographique. J'ai obtenu mon diplôme de photographie en juin 2010 avec les félicitations du jury, en ayant reçu la note maximal de 20/20 lors de mon épreuve Photographique pour le BAC. Quelques semaines après avoir reçu mon diplôme, je suis parti m'installer sur l'île de la Réunion, suivant ainsi mon père pour son travail. Une fois bien installé, j’ai commencé à découvrir l'île, ses montagnes gigantesques et verdoyantes,

ce volcan et ce " désert " qui l'entourent, sans oublier ses plages paradisiaques. Mes premières photographies sur l'île ne sont pas très intéressantes, ressemblant davantage à des photos de touriste. J’ai compris qu'il fallait que j'attende d'être plus habitué à ces paysages et à cette vie pour réaliser de beaux clichés.


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J’ai alors décidé de me perfectionner dans la photographie publicitaire. Je voulais en faire mon métier, en espérant travailler plus tard dans les plus grands studios Photos de Paris. Dans ma chambre, avec 2 flashs cobra et un peu d'ingéniosité, j'ai donc improvisé un studio photo, et réalisé des natures mortes avec tous les objets que je pouvais avoir chez moi : parfums, bouteilles, cosmétiques, montre, etc. J’ai peaufiné mon style, sobre, propre et décalé.

Arrivé à un point où je ne savais plus quoi prendre en photo, faute d'objets intéressants à photographier, je me suis dirigé naturellement vers le reportage et surtout la photographie humaniste. C’est un domaine qui m'a toujours intéressé, mais je me sentais trop timide pour en faire. Ce fut pourtant l’occasion de faire une série de photos sur les réunionnais. Je me suis lancé et réalisé mes premiers portraits dans la rue. Tout de suite, je voulais montrer l'île de la Réunion des années 70. Je ne voulais aucune référence au 20ème siècle dans mes clichés, m'inspirant ainsi des travaux que réalisait Henri Cartier Bresson, Walker Evans ou encore Izis. Je cherche l'instant à photographier, je ne sors plus sans mon 7D en main. J'essaye de montrer dans mes photos le quotidien de ces gens, sans entrer non plus dans leur vie privée. On les voit généralement près des bars ou à discuter sous un arrêt de bus. J'y montre des jeunes des " gangs a vélo " et puis il y a ces

"gueules", des réunionnais avec leurs chapeaux, et dont le visage en dit long sur leur vie. Je réalise aussi quelques paysages, avec mon œil d'habitant de l'île et non plus de touriste. Je réalise quelques clichés en noir et blanc, mais aussi en couleur. Je n’ai pas besoin de faire de grosses retouches sur Photoshop, les couleurs sont telles quelles, aussi clinquantes que surprenantes. On y découvre des contrastes surprenants entre la terre, l'air et la mer. L'île est naturellement une palette de couleurs à travers ses paysages mais aussi ses habitants d'origines multiples : africains, indous, européens, malgaches, chinois, etc. Tel sera mon prochain reportage humaniste.

Je termine cette présentation de mon parcours par la citation d'un grand poète français que j'admire : "C'est toujours à l'imparfait de l'objectif que tu conjugues le verbe photographier." Jacques Prévert, 1957 Retrouvez les travaux de Benoît sur son site : http://www.wix.com/bffourmi/bffourmi


Prochaine parution : Septembre 2011

www.magshooting.com


Shooting Mag n°20