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Sport Business mag - www.sportbusinessmag.fr - numéro un - semestriel - mai 2012 - prix de lancement :

2€50

L e m a g a z i n e 10 0  % s p o r t b u s i n e s s

#1

Le Mans Classic « made in USA »

Euro 2012

notre dossier complet

Tour de France la caravane fait son tour


publicité

Vous aussi, vous voulez laisser votre trace ? édito

Naissance d’une passion

Pour passer votre publicité sur cette page : 01 44 64 83 83 sbnews.amoseditions@gmail.com

U

n magazine est né. Il se nomme « Sport Business Mag » et le futur s’ouvre devant lui comme un chemin tracé sur la carte de la connaissance et de l’apprentissage. Pourtant au départ rien ne nous prédestinait à créer un magazine. Nous sommes étudiants, professeurs ou administratifs au sein d’une école de commerce spécialisée dans le sport business qui se nomme Amos. Bien sûr nous avions tous la même envie de parler de ce qui nous animait. Mais l’idée de départ n’était « que » pédagogique : apprendre aux étudiants à rédiger un simple communiqué de presse, compétence aujourd’hui indispensable à ces futurs chefs de projet dans l’organisation d’événements sportif. Bien vite nous nous sommes rendu compte que cette envie dépassait largement le cadre de nos salles de cours, que de ces ateliers d’écriture animés avec énergie et talent par Dominique Roudy, journaliste et photographe du sport, naissait une véritable passion pour la chose journalistique. Bien vite nous avons mesuré le potentiel créatif et la force de travail de ces 200 étudiants que nous soumettions quotidiennement à la question de l’information sportive. Le premier comité de rédaction issu des salles de cours eut lieu le 15 janvier 2012. Il est constitué d’une poignée d’étudiants volontaires. Ils s’appellent Julie, Jimmy, Nicolas, Adelaïde, Antoine, Julien ou Fabien. Ils ont 20 ans ou à peu près. Ils sont étudiants à Amos et apprentis chefs de rubriques. Autour d’eux, une équipe passionnée, Sylvestre Louis, directeur du développement d’Amos, Dominique Roudy bien sûr, notre chef de la rédaction et Stéphane Nahmani, directeur artistique et superman de l’infographie. Je n’oublie pas bien sûr le grand manitou, celui sans qui rien de tout cela n’existerait, Patrick Touati, notre directeur général bien aimé (il se reconnaîtra.) À l’heure où le monde craque et se fracasse sous les coups de boutoirs de la géopolitique, de la communication numérique, et des économies fléchissantes, le sport, ou plutôt l’idée du sport, sont eux aussi en pleine mutation. Les articles des journalistes de ce magazine en seront le juste reflet. Un miroir tendu vers l’économie sportive par des journalistes de 20 ans, passionnés et passionnants. Un magazine est né. C’est un trimestriel, numérique et interactif. Souhaitons-lui une longue et belle vie journalistique et qu’il devienne enfin ce que nous rêvions qu’il soit. Patrick Levaufre


Notre couverture : Haimar Zubeldia et le peloton lors du Tour de France 2011

sommaire

L e m a g a z i n e 1 0 0  % s p o r t b u s i n e s s

#1

Éditorial : par Patrick Touati . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2

Grands événements

Tour de France cycliste : la caravane fait son Tour . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4 Beach-Soccer, dans les coulisses d’une organisation d’événements . . . . . . . . . . . . . 7 Le Mans Classic : « made in USA » . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8

Économie & marketing

Qatar, nouveau mécène du sport . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10 Mathilde Marchand, sportive et businesswoman à 28 ans . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12

Sport professionnel

Arbitrer le haut-niveau passe par une préparation physique irréprochable . . . . .14

Sport amateur

La natation synchronysée, une discipline sous-estimée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16 La France à la sauce football américain . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .18

Sport espoir

Sports extrêmes, génération biberon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .20

Dossier Euro 2012

La Pologne, co-organisatrice de l’EURO 2012 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22 Les joueurs à suivre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23 France, l’ère Laurent Blanc . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .24 La menace du hooliganisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .26 Prostitution, l’autre business de l’Euro 2012 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27

Portrait

Iris Cambray en apesanteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28

Lifestyle

Un régime sportif . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .30

Sport Business Mag est une publication AMOS Éditions, 206 rue La Fayette, 75010 Paris Tél : 01 44 64 83 83. E-mail : etudes@amos-business-school.eu - Web : www. amos-business-school.eu. Directeur de la Publication : Patrick Touati. Directeur de la rédaction : Patrick Levaufre. Rédacteur en chef : Dominique Roudy. Comité de rédaction : Juliette Catrevaux, Julie champion, Adelaide Chenevotot, Antoine Fiorentino, Sonia Hanouti, Jimmy Toutain - redaction@sportbusinessmag.fr. Régie publicitaire : Julie Champion, Nicolas Macé - pub@sportbusinessmag.fr. Conception graphique & mise en page : Stéphane Nahmani, Paris-Bristol, http://www.paris-bristol.com. Crédits photos : Christian Gavelle, PSG, pp. 14 & 15 • Femen, p. 27 • Stéphane Nahmani pp. 21, 30 & 31 • Wikimedia Commons : Pierre Monnier, couverture • Zorro2212, couverture • Victor Zizu, p. 3 • Haggisnl, p. 4 • Archives Nationales des Pays-Bas, p. 4 • Josh Hallett, p. 6 • Daly3D Abd, p. 10 • Jay White, p. 21 • Para44, p. 21 • Piotr Zarobkiewicz p. 22 • Fcgb260 p. 24 • Robbie Mendelson p. 33 • Tous les logotypes appartiennent à leurs propriétaires respectifs.


événements 4

Tour de France cycliste

La caravane fait son Tour Le printemps bien installé, place maintenant à l’été et à la chaleur. Tout comme les vacances d’été, l’édition 2012 du Tour de France cycliste est très attendue. Adeptes du vélo, ou simple passionnés de sport, seuls ou en famille, tous veulent retrouver le peloton roulant à vive allure dans les rues de nos villes ou de nos villages.

D

u samedi 30 juin au dimanche tant que sponsors équipes et deux avec 22  juillet, cette 99e édition du L’agence événementielle Idéatif pour tour s’appuiera sur la ferveur de la caravane publicitaire. la caravane publicitaire afin d’animer les 20 étapes et les quelques 3 500 ki- Visibilité, prix : lomètres qui accueilleront pas loin de la hiérarchie des sponsors 15  millions de spectateurs, dans une L a caravane publicitaire est une opporatmosphère sportive et festive. Et c’est tunité originale pour activer un partebien grâce à cette caravane que le Tour nariat, cette dernière permet une acde France est si populaire. Il se dit que cessibilité et une proximité auprès du 39 % des spectateurs viennent arpen- public. Le Tour de France de cyclisme ter les bords de route pour la caravane. est le troisième événement sportif le Henri Desgrange l’avait bien compris plus regardé. Amaury Sport offre à lorsqu’il l’a instaurée en 1930. Au-de- ses partenaires une visibilité hors du là de l’aspect sportif, il existe tout un commun permettant aux marques enjeu économique pour les organi- d’impacter directement leur notoriété, sateurs. En effet, la création de la ca- notamment spontanée. ravane était un moyen de financer le « La caravane est une zone de prospectour. L’engouement autour de cette tion et de distribution d’échantillons dernière a permis de pérenniser le Tour […]  ayant une visibilité extrême, qui La caravane de France et de le développer. La po- n’existe nulle part ailleurs » nous précise existait déjà pularité du vélo, l’accessibilité du Tour, M. Cazes. Le Tour de France est aussi en 1958 ! la convivialité dégagée par les animations intéressent énormément les annonceurs qui ont un fort désir d’investir dans un des événements internationaux les plus médiatisés. Qui est l’organisateur de cette fameuse caravane publicitaire ? Quel est le prix pour y entrer ? Autant de questions auxquelles nous avons tenté de répondre, avec l’aide de Michel Cazes, cinq Tour de France avec la Caisse d’épargne en


événements

un lieu d’échange avec les spectateurs « il n’y a rien de mieux pour accroître sa afin d’avoir un intermédiaire qui a un rôle de guide pour la communication qui sont présent sur les routes afin de notoriété » insiste M. Cazes. auprès des Medias. Un appel d’offre récolter les différents « goodies » que pour la présence sur la caravane du tour les marques distribuent, et c’est le seul Qui organise et anime la et un dernier appel d’offre pour les gooévénement sportif au monde ou les caravane publicitaire ? spectateurs « retiennent les noms des Fort de son rôle d’organisateur du Tour dies du tour de France ». sponsors » jusqu’à « crier le nom des de France de cyclisme et de son rôle de Deux appels d’offres sont directemarques pour avoir ces fameux goo- négociateur des sponsors, on pourrait ment réalisés pour la caravane. « Les dies » nous témoigne M. Cazes. penser et croire qu’ASO s’occupe de l’or- agences événementielles et de comLes partenaires, après négociation ganisation de la caravane publicitaire. munication travaillent uniquement avec ASO, ont plus ou moins de pri- Que nenni ! ASO précise, lors des négo- pour des marques qui ont négocié leur vilèges, «  place dans la caravane, ciations des contrats, les places qu’occu- présence sur la caravane du Tour. » nombre de véhicules, visibilité sur le peront les marques dans la caravane. Les Plusieurs agences qui travaillent sur dernier kilomètre, fournisseur des mail- marques font des appels d’offres à des cette caravane, Idéactif, Newsport, lots de leader » notamment. agences pour l’animation. C’est ce que Maracoudja, ComSport par exemple. Une hiérarchie des sponsors est établie nous a précisé M. Cazes. Par exemple, Ces dernières, après avoir emporté avec plus ou moins de visibilité à des lorsqu’il occupait ce poste, il « faisait un l’appel d’offre, créent les véhicules disprix proportionnels. De ce fait, nous appel d’offre pour les relations presses tributeurs, les goodies et l’animation, avons les partenaires phares dans le « club partenaire » ayant le plus de privilèges en étant liés aux différents maillots de leader ; le maillot jaune pour LCL, Nous nous sommes rendus dans les rues de Paris, pour connaître l’opinion des Parile maillot du meilleur grimpeur avec siens sur le Tour de France cycliste. Trois points retiennent notre attention : le dopage, Carrefour, le maillot blanc pour Skoda. l’ambiance, et les résultats, notamment ceux du Français Thomas Voeckler, 4e en 2011. Seul le maillot vert n’est pas représenté, et il est lié avec PMU. Le droit d’apparGeorges, 74 ans, retraité : tenir à ce club coûte aux alentours des « Je regarde le Tour de France simplement pour le paysage. France 2 propose beaucoup 5  millions d’euros. À titre de comparaid’arrêts sur image, sur des lieux, monuments, qui me permettent de découvrir le pays. La son, le prix moyen d’un ticket d’entrée course en direct ne m’intéresse pas du tout, par contre, je m’informe juste des résultats d’un sponsor principal pour un maillot dans le journal sans pour autant retenir les noms des coureurs. » de football s’élève à 6 million d’euros. Viennent ensuite les partenaires offiNicolas, 20 ans, étudiant en logistique : ciels pour 1 million d’euros avec notam« Je regarde de temps en temps le Tour de France, je m’intéresse un peu plus à la carament PMU, Orange, le Coq sportif. Puis vane, aux paysages et aux résumés qui sont réalisés. Je trouve les retransmissions à la les fournisseurs officiels pour 500 000 €, télévision trop longues, c’est pour ça que je préfère me rendre sur les lieux de l’arrivée. les partenaires techniques et média et J’aime cette ambiance que l’on retrouve dans peu de sports, et la caravane me passionne enfin les partenaires institutionnels. de plus en plus. Je vous raconte ma vie, mais j’ai postulé l’année dernière pour participer Il est possible pour les marques de s’asà la caravane mais je n’ai pas été retenu. » socier à ce Tour d’une autre manière, « en étant sponsors équipe. » Ces derJeanne, 29 ans, chômeuse : niers ont également le droit de profiter « Je regarde le Tour de France depuis que je vis avec mon compagnon, c’est un grand de l’avantage majeur qui est « d’être passionné. J’ai apprécié découvrir ce sport et, aujourd’hui, je suis l’actualité tous les jours admis dans la caravane » et ainsi de et principalement pendant le Tour de France. J’aime particulièrement les étapes de monprofiter de sa visibilité auprès des « 12, tagne, mais je me pose des questions sur le dopage. Comment font-ils pour tenir trois 15 millions de spectateurs » que les semaines avec seulement trois jours de repos, en roulant plus de 150 km par jour ? » marques vont directement toucher. Une stratégie et une opportunité rares, Julien, 30 ans, professeur de guitare : dont les marques veulent profiter, car « Moi, le Tour de France, je ne m’y intéresse plus car le dopage est trop présent. L’esprit

Regards sur le Tour de France

sportif n’existe plus. Prenons l’exemple de Contador, on en a fait l’éloge pendant des semaines pour apprendre, il y a quelques mois, qu’il est dopé, soi-disant à son insu. Il aurait mangé de la viande contaminée. Ou encore Valverde, avec le scandale du dopage sanguin Puerto en 2006. »

Laura, 24 ans, étudiante en droit : « Pour moi, le Tour de France ce ne sont que des gens dopés qui tournent les pédales sur un vélo. » Marion Pruvost, Jérémy Benoit

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événements

et sont en charge de la logistique lors de l’événement, tout en respectant un cahier des charges et sécuritaire élaboré par l’Amaury Sport. En résumé, ASO a élaboré la caravane et est en charge de faire respecter les conditions prévues ; les annonceurs, partenaires du Tour font appel à des agences de communication et événementielles qui vont s’occuper de l’aspect créatif en réalisant des « chars » et véhicules ludiques et visibles pour animer les routes du Tour. Les annonceurs monnayent directement ces activations avec les agences. Un coût pouvant aller de 50 % au prix du ticket d’entrée du partenariat avec ASO, c’est-à-dire de 5  millions à 500 000 €.

Et revoilà le Coq Sportif comme partenaire officiel !

L’eau minérale officielle du Tour de France de cyclisme n’est pas membre des partenaires officiels, il fait partie des tops partenaire sans être associé à un maillot de leader. A contrario de PMU qui est sponsor du maillot vert du meilleur sprinter en payant le droit d’un partenaire officiel. Quel est donc l’intérêt de Vittel de payer le prix d’un top partenaire du Tour ? « Suite à des études, le responsable sponsoring de chez Vittel a préféré être partenaire podium des arrivées d’étape plutôt que d’avoir le maillot blanc (désormais SKODA). Plus de visibilité en étant partenaire podium qu’en étant maillot blanc. Cela est le

Pour la 99e édition du Tour de France, Le Coq Sportif revient sur les épaules des coureurs de la grande boucle. En effet, à partir de 2012 et après plus de 20 ans d’absence, le Maillot Jaune, le Maillot Vert, le Maillot à Pois et le Maillot Blanc seront désormais fournis par la marque tricolore. Ce nouveau partenariat met donc un terme à la collaboration entre l’équipementier américain Nike et ASO. Après quelques années difficiles et en retrait en termes de sponsoring sportif, le Coq Sportif revient sur le devant de la scène grâce notamment au partenariat avec la star montante du basket français, Joakim Noah. Le Tour de France va permettre à la marque de redorer son blason et pourquoi pas se rappeler au bon souvenir de l’épopée des verts de Saint-Étienne lors de la Ligue des Champions en 1976. Espérons que le Coq porte autant chance à Thomas Voeckler qu’à Yannick Noah en 1983, vainqueur de

fruit d’une Négociation avec ASO, » nous explique M. Cazes. En moyenne, les gens restent 7 h au bord des routes et ont du temps avant le passage de la caravane. Vittel a donc inventé un autre système, deux « véhicules amonts »  qui distribuent le journal de la caravane, « l’Eaufficiel ». Ce journal reprend les informations de la veille et est distribué entre 700 000 et 800 000 exemplaires durant le tour.

Roland Garros, ainsi qu’à Sébastien Loeb avec ses 8 titres de champion du monde de rallye WRC. À l’occasion de ses 130  ans et pour son retour sur le Tour, le nouvel équipementier officiel a décidé de faire appel à l’agence de conseil en communication Ideactif pour l’accompagner dans cette grande aventure. Ideactif aura pour mission dans un 1er temps de mettre en scène les retrouvailles du Coq Sportif avec le public du Tour de

Vittel, un « Top Partenaire »

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Quelques Chiffres Vittel et le Tour, c’est 12 voitures, une cinquantaine de personnes sur la caravane, 2 à 3 véhicules distributeurs de bouteilles d’eau (bouteilles de 50cl), 500 000 bouteilles distribuées sur la caravane, plus 500  000 données à l’organisateur, soit environ 1  million de bouteilles en plus des 800 000 journaux et autre goodies (maillots).

France, puis, la responsabilité de l’ensemble de la préparation, la logistique et la réalisation de ce projet.

L’originalité d’un fournisseur officiel avec Cochonou Depuis 1997, Cochonou, spécialiste de la tradition, du vrai et du bon saucisson est fournisseur officiel du Tour de France. Selon les sondages, la marque est la 2e caravane préférée des français. Rien de surprenant au vu de l’originalité et la créativité proposées par la marque à carreaux rouges et blancs. Les célèbres 2 CV Vichy sillonneront donc cette année encore, les routes de France, en créant sur leur passage un véritable engouement populaire.

Pourquoi un tel succès ? L a caravane Cochonou, présente dans le cœur du public depuis plus de 10 ans, est bichonnée par une équipe de passionnés, qui la rend très accessible. Elle remercie tous ses fans de leur fidélité en étant chaque année plus généreuse. Le rendez-vous est donc donné pour tous les passionnés, à partir du 30 juin, pour de nouvelles aventures en 2 CV, dans la bonne humeur et avec toujours plus de cadeaux.  Nicolas Mace, Benoit Jaunatre


Après deux heures

Dans les coulisses d’une

de train au départ

organisation d’événements

de Paris, nous voilà

événements

Beach-Soccer arrivés à Caen. Nous avons rendez-vous avec Vincent Eudier,

véritable animation des plages avec, un espace animation, gratuit, ouvert à tous et un village partenaire. »

responsable d’un La naissance d’un projet

« Comme tout événement, nous avons identifié un besoin et dans ce cas même, un manque. Les plages de important en Basse- notre région étaient peu animées l’été, et nous nous sommes alors concentrés Normandie : le Viking sur plusieurs dossiers. Après plusieurs réunions, nous avons voté pour une Beach Soccer Tour. tournée des plages sur la thématique du beach soccer. Ceci n’était que le ous arrivons dans les locaux début, il a fallu ensuite développer de d’une agence de communi- nombreux projets autour de ce thème, cation et de management des animations, développer des partede projets sportifs, Exaequo-com- nariats et planifier l’ensemble des acmunication. Avant d’évoquer l’évé- tions à mener. La première année nous nement, il souhaite nous éclaircir sur avons connu quelques difficultés logisla société pour laquelle il travaille. tiques mais à présent l’événement s’est « Exaequo-communication est né de consolidé et nous innovons constaml’initiative de deux hommes Grégory ment pour apporter des nouveautés. » Brussot et Martial Fesselier, qui avant de se lancer dans la création de leur La 4e édition de l’événement société en 2008 ont multiplié les ex- L a continuité d’un événement n’est périences professionnelles dans le possible que par une planification prémonde du sport. Ils ont ensuite décidé cise « Il existe 4 grandes phases à ce de créer la première agence sur ce sec- projet : une plus commerciale qui est teur dans la région. » Après un stage continue, qui commence dès la fin de qui s’est avéré fructueux, Vincent a la tournée précédente pour s’achever été embauché en Juin 2006 en tant à la fin de la tournée prochaine ; une que chef de projet. phase logistique de mai à fin juillet ; enfin une phase de communication qui commence au mois d’avril pour se La plus grande tournée des terminer au début de l’événement, puis plages en Basse-Normandie Après quelques mots sur la société une phase opérationnelle qui est défiExaequo-communication, nous évo- nie par l’événement en lui-même. (en quons l’événement pour lequel nous 2012 du 30 juin au 22 juillet). » sommes venus. «  Le Viking Beach C’est sur les dates de la tournée 2012, Soccer Tour est un événement de foot- que nous nous quittons, en leur souhaiball sur plage en Basse Normandie à tant bonne chance pour cette 4e  éditravers 9 villes. Nous organisons deux tion du Viking Beach Soccer Tour. tournois ; un tournoi jeune (12-15 ans) Pour plus d’informations : et un tournoi sénior (plus de 16 ans). www.vikingbeachsoccertour.com Bien plus qu’un simple tournoi de football, cette manifestation est une Bastien Richomme

événement sport loisir

N

7


événements

Classic

Le Mans

8

Infos pratiques Vendredi 6 juillet

09 h 00 Ouverture du circuit au public et accueil des compétiteurs de la course Little Big Bang 15 h 00 - 20 h 20 Essais chronométrés du jour 20 h 30 - 22 h 25 Tours de piste 22 h 30 - 02 h 25 Essais de nuit

Samedi 7 juillet

08 h 00 - 14 h 43 Parades 15 h 07 Départ du challenge Little Big Mans 16 h 00 Départ Manche 1

Dimanche 8 juillet

00 h 00 Départ Manche 2 08 h 25 Départ Manche 3 16 h 00 Arrivée de la première voiture

Pour plus d’informations, voir le site Internet de l’Automobile Club de l’Ouest : www.lemans.org


« Le Mans Classic » fera son show à l’américaine. Pour la sixième édition de cet événement, plus de 8 000 voitures d’époque parmi les plus prestigieuses au monde seront rassemblées sur le prestigieux circuit des 24 h du Mans.

C

et événement sera l’occasion de rassembler, le temps d’un week-end, concurrents, clubs, propriétaires privés, exposants et spectateurs. Une course qui permettra la rencontre entre professionnels de l’automobile, fins connaisseurs et amateurs de belles carrosseries. Cette année, le circuit nous fait de nouveau voyager dans le temps et nous conduira jusqu’aux plus belles pages de l’histoire des voitures américaines telles que Chevrolet, Ford, Corvette et autres marques qui ont écrit la légende.

Une compétition pour les grands… Bien que ce week-end soit placé sous le signe de la convivialité et du partage, les concurrents ne seront pas uniquement présents pour parader, mais bien pour faire rugir leurs bolides pour le plus grand bonheur des spectateurs.

Pendant 24  h, de jour comme de nuit, la compétition fera rage entre la soixantaine de teams regroupés en six plateaux (en fonction de l’année du modèle). Les voitures sont réparties selon leur année de production pour des raisons de sécurités et d’équité sportive. En effet, une voiture de 1923 n’aura aucune chance de l’emporter face à une voiture de 1979, du fait des progrès techniques.

…et les petits ! Rêve d’enfant pour beaucoup d’adultes, courir au Mans est devenu réalité pour les enfants de 7 à 12 ans grâce au Little Big Mans. Cette course permet aux enfants de se retrouver dans la peau de pilotes chevronnés aux volants de mini-reproduction de voitures de légende à l’échelle ½. Pour le grand plus grand plaisir de nos futurs pilotes et du public, cette course est devenue indispensable au succès du Mans Classic.

L’Amérique fait son show Le village, au cœur du circuit, sera « the place to be » lors de ce week-end ! Plus de 100 boutiques présenteront leurs œuvres, antiquités automobiles et autres pièces rares, le tout dans une ambiance festive à l’américaine. Des expositions qui mettront en scène des véhicules d’hier avec Le Mans Heritage Club, châssis ayant participé aux 24 h du Mans. Le futur de l’historique présentera l’espace Supercar qui accueillera 24 voitures de collection de demain. Les constructeurs profiteront

également du show pour présenter leurs nouveaux modèles.

Un peu de style, beaucoup de plaisir Le Mans Classic est la fête de l’automobile et chacun y joue son rôle pour le plaisir de tous. Carrosseries rutilantes, chromes étincelants, les belles anciennes se mettent sur leur 31 pour Le Mans Classic. Le circuit des 24  heures se pare pour l’occasion d’un décor qui rend hommage à ses cinquante années d’histoire célébrées par Le Mans Classic. Les voitures modernes ne sont pas admises dans l’enceinte du circuit pour préserver cette atmosphère spéciale qui se veut un peu hors du temps. De leur côté, les pilotes, que ce soit sur la piste ou dans les paddocks ; les membres des clubs ; les partenaires et leurs invités jouent aussi le jeu.

Une vente aux enchères intemporelle L’automobile ancienne est l’un des rares objets de passion qui rime avec raison. Ces objets du désir, lorsqu’ils sont revendus pour une raison ou pour une autre, ont très rarement perdu de leur valeur, et très souvent en ont pris… En 2012, pour la deuxième fois Artcurial s’associe au Mans Classic pour une vente aux enchères exceptionnelle qui présentera des voitures historiques de compétition représentatives de toutes les générations de voitures.  Aurélie Unternahrer, Grégoire Thorel

Tarifs billetterie Plein tarif Vendredi Dimanche Week-end Supplément Paddocks (places limitées) Supplément Tribunes (places limitées) Parking

Prévente, étudiants, CE 20 € 35 € 59 €

Vendredi Dimanche Week-end

15 € 32 € 49 € 30 €

40 € Public VIP

événements

Les 6, 7 et 8 juillet,

15 € 30 €

25 € Public

15 €

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économie & marketing 10

Intérieur du Khalifa International Stadium à Doha

Qat ar nouveau mécène du sport

Si la crise économique touche la majorité des pays occidentaux, elle ne parvient pas à ébranler la solidité des pétrodollars des pays du Moyen-Orient. L’apport de l’argent qataris dans le monde bouleverse l’équilibre établit et donne une place de choix à ces nouveaux acteurs.

É

Jusqu’où iront les Qataris ?

mirat du Moyen-Orient situé sur une petite péninsule, le Qatar est aujourd’hui sur le devant de la scène. Tout a commencé dans les années 1940 avec la découverte de puits de pétrole dans les sols Qataris. Depuis, ce pays a complètement transformé son économie et rayonne désormais sur le marché international en s’appuyant certes sur ses richesses en pétrole mais également sur ses réserves en gaz naturel. Dans les années 90, le Qatar, conscient de ses atouts, s’attaque au marché du sport pour communiquer à l’échelle planétaire. C’est en organisant les Jeux Asiatiques en décembre 2006, troisième événement sportif mondial après la Coupe du Monde de Football et les Jeux Olympiques, que le Qatar a

démontré sa capacité à organiser un événement d’envergure mondiale. Depuis, ceux-ci se succèdent et deviennent pérennes. Open de Doha de tennis, Open du Qatar ITTF de tennis de table, étape du Grand Prix de Moto, ou encore Tour du Qatar de cyclisme, le

Le 2  décembre 2010 à Zurich, Sepp Blater, président de la FIFA annonce que le Qatar se voit confier l’organisation de la Coupe du Monde 2022 de football. Il s’agit là d’une nouvelle retentissante dans le monde entier. Un pays de moins de deux millions d’habi-

Après une coupe du monde sur le continent Africain, des Jeux Olympiques en Amérique du Sud, il fallait s’attendre à ce qu’un pays du Monde Arabe accueille un tel événement. pays diversifie ses cibles pour toucher tous les continents. Récemment, plusieurs compétitions sont venues s’ajouter au calendrier annuel des événements. En 2015, le Qatar organisera le Championnat du Monde de handball masculin, puis en 2022, la Coupe du Monde de Football ; et qui sait, les Jeux Olympiques de 2020 ?

tants, vient de souffler, au nez et à la barbe des États-Unis, une compétition dont ils étaient les grands favoris. Pourtant, cela était prévisible. Pour Cheik Al-Thani, à la tête du Comité Olympique du Qatar, « cette victoire est le résultat d’une action menée depuis plus de quinze ans. Après une coupe du monde sur le continent Africain (Afrique du Sud 2010) et des Jeux


Cette mise en avant dans le sport mondial est-elle méritée ? Cheik Al-Thani, patron du sport dans le pays, n’est autre que le Prince héritier du trône Qatari. Installé depuis 2001 à la tête du Comité Olympique National, il est également propriétaire du Qatar Sport Investment, société créée sur ses fonds propres afin de financer les investissements en matière de sport au Qatar et à l’étranger avec notamment le rachat en juillet dernier du Paris Saint-Germain pour 50 millions d’euros. Sheikha Moza bint Nasser, mère de Tamim, joue elle aussi un rôle important dans le sport Qatari. Elle est la présidente de la Qatar Foundation, (laboratoire d’idées et du développement Qatari). La Qatar Fondation fut le premier sponsor de l’histoire du FC Barcelone avec un contrat record de 165 millions d’euros sur 5 ans. Le Qatar n’apparaît donc pas comme un « cheveu dans la soupe ». C’est bien la construction d’une stratégie sur plusieurs années qui se concrétise. On s’aperçoit que ce que n’ont pas les Qataris, ils se le payent. Ils font appel aux savoir-faire des techniciens internationaux, notamment en matière

de football pour se construire. Sur 14  équipes professionnelles de première division, 13 ont des entraîneurs internationaux. Il en est de même à l’Aspire, Académie des sportifs de haut niveau du Qatar, où aucun entraîneur n’est Qatari. Cheik Al-Thani conscient de cela commence à engager des formateurs pour ses entraîneurs.

Les dépenses du Qatar sontelles totalement démesurées ? Le Qatar n’est pas uniquement un pays où réside un Prince qui s’ennuie et qui dépense à tout va sans réfléchir à ses actions. Il s’agit également d’un pays de passionnés. Ce n’est pas par hasard si Al-Jazeera a acheté pour 61 millions d’euros les droits TV du Football en France. En effet, cette même chaîne diffuse du football 24 heures sur 24 au Qatar. Les plus grands championnats, dans tous les sports, sont diffusés par le groupe de télévision pour le plus grand plaisir des Qataris. Le Bouquet Sportif à la télévision est plus développé au Qatar qu’en France, un comble ! La stratégie du Qatar, c’est avant tout la modernité. L’innovation fait rêver les populations du monde entier et permet au Qatar de se démarquer des autres. Les maquettes des stades pour le mondial sont de pures merveilles, toutes plus belles les unes que les autres. Des stades qui permettront de lutter contre les problèmes de chaleur avec un système de climatisation

totalement inconnu à ce jour. De plus, l’ensemble des stades qui ne serviront pas à l’issue de la compétition, seront démontés et offerts aux pays défavorisés du continent Africain. La barre est fixée, il va désormais falloir faire preuve d’imagination pour les prochaines candidatures.

Quelles sont les nouvelles cibles du Qatar ? Le pays n’a à ce jour aucun champion de grande envergure. C’est pourquoi, il s’est doté depuis quelques années d’un laboratoire ultra moderne pour parvenir à cet objectif. Près de 200 élèves sont inscrits dans cette académie. Ici, pas de dortoirs, mais des chambres doubles dignes des plus beaux hôtels, des cours dispensés sur ordinateur avec le gratin des enseignants du pays, une cafétéria gavée de nutritionnistes avec vue sur l’ensemble des installations sportives et notamment ses 7 terrains de football à l’herbe aussi verte que Wembley. Mais ce n’est pas tout : deux piscines olympiques, une clinique, un hôtel 5 étoiles et un centre commercial. On aura vu pire comme conditions de travail ! Le Qatar fait rêver les gens. Mais jusqu’où iront-ils ? Seront-ils capables de tenir la longueur à ce rythme ? Rendez-vous dans quelques années. Eddy Obrenovic, Alexandre Simoes, Anthony Castany, Blandine Crue, Adrien Maiguy, Antoine Le Goff

Le Qatar au Paris Saint-Germain On n’aurait jamais imaginé une telle apparition. Et pourtant, le Qatar l’a fait. Entre l’hypothétique venue de l’ex-galactique David Beckham et la prise de commandement du milanais Carlo Ancelotti, la trêve hivernale nous dévoile un PSG transmuté. Le nouveau pari Qatari se révèlera-t-il payant ? Alors premier du championnat et champion d’automne sous les rênes de Kombouaré, le cheval

parisien largue ce dernier non sans fierté pour les investisseurs Qataris. C’est à Doha et non au Camp des Loges que le grand Ancelotti prend la tête d’un PSG alors leader du championnat pour 400 000 euros par mois. Sous cet air décontracté, c’est néanmoins un nouveau coup de cravache qu’inflige le PSG au championnat de Ligue 1 de football.

économie & marketing

Olympiques en Amérique du Sud (Rio 2016), il fallait s’attendre à ce qu’un pays du Monde Arabe accueille un tel événement. Et quoi de plus normal que le Qatar au vu de ce que le pays fait pour le sport ? »

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économie & marketing 12

Mathilde Marchand

sportive et businesswoman …à 28 ans Le kin-ball est encore un sport méconnu en France. Mathilde Marchand, véritable passionnée, a décidé de créer son entreprise pour le faire connaître. À presque 30 ans, elle partage donc son temps entre la peau d’une joueuse

A

lors âgée de 22 ans, Mathilde s’entraîne dans un centre de formation de basket située à Rennes. Une amie du centre, pratiquant déjà le kin-ball, lui a proposé de venir essayer. Depuis ce jour, ce sport ne l’a plus quitté. Sportive au statut amateur, Mathilde a été élue meilleure joueuse européenne en 2010, championne d’Europe en 2008 et vice-championne du monde en 2009 avec l’Équipe de France. Selon Mathilde, « le kin-ball est un sport en devenir. Les valeurs qu’il véhicule vont favoriser son développement ». Sur le plan personnel, elle espère être championne de France en juin prochain et championne d’Europe en octobre.

et celle d’une vraie Levons le voile sur le kin-ball femme d’affaires. À ce jour, même en étant chef d’entreprise, Mathilde ne touche pourtant que le RSA.

Le kin-ball a été inve nté par un professeur d’EPS québécois, Mario Demers en 1986. Il voulait créer un sport basé sur le fairplay et la coopération. Ce sport se joue avec un gros ballon d’1 m 22 pesant moins d’un kilo. Trois équipes de quatre joueurs jouent sur un terrain de 21 m sur 21 m. Ces dimensions étant les dimensions officielles, il est tout à fait possible cependant, de les adapter aux installations ainsi qu’à

l’âge des pratiquants lorsque l’on fait une initiation. En plus de sa richesse pédagogique, le kin-ball véhicule des valeurs essentielles : la cohésion et l’esprit d’équipe (chaque joueur de l’équipe doit être en contact avec le ballon au moment de la frappe), le faiplay (le sport est régi par une charte d’esprit sportif), le contrôle de soi (chaque joueur doit se contrôler sous peine de faire perdre des points à son équipe) et la mixité (en initiation car il y a une compétition masculine et une féminine). Ce sport reste une discipline encore très confidentielle en France avec près de 300 licenciés, presque tous situés dans l’Ouest. « Les moyens des clubs et de la jeune fédération sont très limités ». L’absence de sponsors, l’insuffisance des infrastructures et le scepticisme des collectivités ne favorisent pas le développement de ce sport ; il fallait donc trouver une solution afin d’aider à sa promotion.

Mathilde, la business woman Afin de pouwvoir répondre aux demandes d’initiation faites à son club d’Angers, elle eu l’idée de créer son entreprise. Accompagnée par un ami du club, ils furent longtemps


économie & marketing 13 bénévoles pour réaliser ces initiations. Aujourd’hui, ils se sont associés afin de créer Idéasport. Cette entreprise propose des séances de découverte aux sports émergents ainsi que des formations. Leurs clients sont des centres de loisirs, des maisons de quartiers, mairies, CE, etc. Les objectifs poursuivis sont la promotion du kin-ball principalement, ainsi que la contribution à son développement. Créée dans l’ouest de la France, Mathilde explique son choix : « Mon associé et moi habitions Angers au moment de la création. De plus, les clubs de kin-ball sont concentrés en

majorité dans l’Ouest avec les villes de Rennes, Angers, Nantes et St Brieuc. Nous avons commencé à développer notre entreprise dans le 49, puis le 44 depuis septembre dernier. Notre objectif est de nous développer d’abord dans la région Pays de la Loire, nous verrons par la suite. » Au quotidien, Mathilde réalise des tâches très polyvalentes telles que le phoning, démarchage, préparation des séances, initiations sur le terrain et du travail administratif. L’entreprise se développe bien et a de plus en plus de demandes. Les associés souhaitent

dans l’avenir, pouvoir proposer des cycles de kin-ball dans les écoles primaires. Son statut de joueuse de kin-ball ne lui rapporte aucun revenu et la situation de son entreprise depuis sa création, n’a pas encore permis à Mathilde de se verser un salaire. « J’ai touché l’aide à la création d’entreprise de 850 € par mois pendant 15 mois et aujourd’hui je ne touche que le RSA. »  Julie Champion

Faisons les comptes ! Dépenses mensuelles

Revenus mensuels

Location appartement : TV, Internet, téléphone, portable : Impôt sur le revenu : Assurance voiture : Mutuelle santé : Frais bancaires : Essence : Dépenses sportives : Licence : Sorties : Épargne :

250,00 € 30,00 € 37,50 € 44,00 € 23,00 € 7,00 € 250,00 € 7,00 € 4,50 € 100,00 € 45,00 €

RSA : Désépargne (ponction sur ses économies afin de subvenir à ses besoins)

Total dépenses :

798,00 € Total revenus

475,00 € 360,00 €

835,00 €


sport professionnel 14

entretien avec Bruno Ruffray, arbitre de football

Arbitrer le hautniveau passe par une préparation physique irréprochable Critiqué, envié, abusé, l’arbitrage occupe une place prépondérante dans toutes les compétitions sportives. Ce n’est toutefois pas le poste le plus facile à gérer dans le domaine sportif pour cause de désaccords avec les joueurs et les fédérations. Les idées reçues par les populations ayant un regard extérieur sontelles véridiques ? L’arbitrage est-il complètement faussé par les médias et les « altercations » que l’on peut-voir durant un match de football ?

A

fin d’essayer d’éclaircir cer- pour moi puisque les douze premiers taines zones d’ombres, un étaient pris en main pour aider à notre jeune retraité du corps arbitral progression par l’intermédiaire de français de Ligue 1 a accepté de ré- stages mensuels. Il y a comme dans pondre à certaines questions. Il a débu- toutes les formations une partie théoté sa carrière professionnelle en 1985 rique où j’ai terminé premier, ce qui en participant au championnat des m’a donné la volonté de monter à un jeunes arbitres. En effet, Bruno Ruffray plus haut niveau et de viser les grands a arbitré la Ligue 1 pendant dix ans et stades de football. la Ligue 2 pendant quatre ans. Voyons ce qu’il pense de toutes les zones ❛❛ Depuis votre première rencontre dans votre district d’ombres de cette profession non jusqu’au niveau international, moins fatigante que celle d’un athlète. le chemin doit être long et semé d’embuches ? ❛❛ Avant toute chose, comment vous êtes-vous destiné à l’arbitrage ? Chaque année, les arbitres postulent J’ai commencé à arbitrer des ren- pour arriver au niveau supérieur. Il y a contres de mon club à l’âge de 16 ans, un classement comme dans le chamc’était tout d’abord pour rendre ser- pionnat de France en fin de saison, vice à mon club comme grand nombre nous sommes notés par d’anciens d’arbitres car chaque club doit avoir arbitres qui s’occupent également un nombre spécifique d’arbitres afin de ceux qui veulent débuter. J’ai eu de pouvoir faire venir et par la même la chance d’être le plus jeune arbitre occasion muter des joueurs. Puis petit de Ligue 1 à 25 ans car comme je l’ai à petit, l’ambition prend le pas sur le déjà mentionné avant, finir dans les loisir, ce qui m’a poussé à participer douze premiers de France nous donne au championnat de France des jeunes la chance d’être suivi par le même ararbitres où j’ai terminé quatrième en bitre pendant un an. Commencer dans 1985, ce qui a été une grande chance un stade de petite envergure et passer

à un grand stade est une récompense extrêmement valorisante à cet âge. Pour cela il y a trois mots d’ordre : travail, rigueur et sérieux. Ce qui fait toute la différence entre les arbitres est la capacité a gérer la pression extérieure, presse, dirigeants… Notre carrière se joue à chaque match, nous devons réduire le nombre d’erreurs d’arbitrage au maximum pour pouvoir prétendre à une carrière internationale.


Photo Christian Gavelle / PSG - tous droits réservés

❛❛ Quelles relations entreteniez❛❛ Y a t-il une préparation physique francophonie au Canada. On peut tout vous avec les joueurs ? spécifique avant chaque de même noter des différences entre match ou événements ? Il y a très peu de rapports authentiques les façons d’arbitrer. Il y a énormément d’efforts à fournir entre joueurs et arbitres. Trop de per- Par exemple, le rugby est un sport où pour arriver au plus haut niveau. Mon sonnes veulent tirer profit de notre poste beaucoup de joueurs ont reçu une point faible était sans le moindre doute pour dans certains cas essayer d’avoir éducation liée au fair-play, ce qu’on ma condition physique que je compen- certaines informations ou de nous ache- ne trouve pas dans le football ; il y a sais par mon habileté à la détection ter ; ce qui n’a jamais été le cas pour moi. beaucoup moins de contestations. des fautes. Le rythme est de trois en- La contestation avec les joueurs existe Autres exemples, au handball et au traînements par semaine, mais quand toujours. S’ils trouvent la décision prise basket, les joueurs se respectent entre il s’agit d’un match très important la par l’arbitre illogique, quatre ou cinq eux et respectent aussi l’arbitre. L’arbipréparation est nettement différente. joueurs viennent autour de celui-ci. Je trage au football est très différent de Je dirai que maintenant, la grosse er- pense d’ailleurs que les règles devraient ceux-ci. reur de la préparation est de primer être les mêmes qu’au rugby, c’est-à-dire Il y a aussi une différence entre les la condition physique à l’arbitrage, on faire reculer les joueurs de quinze mètres pays. Par exemple, en Angleterre, l’arveut faire des arbitres des athlètes au dans ce cas. Aujourd’hui, tous les joueurs bitre laisse beaucoup plus jouer les acsont stigmatisés, le sport – notamment tions, le fair-play est souvent la prioridétriment de la façon d’arbitrer. le football – est devenu un phénomène té. L’arbitrage allemand est parallèle de société où l’argent a pris le pas sur la au français. Toutefois, comme on ❛❛ Comment se déroule la passion. Les dirigeants attendent beau- peut l’imaginer, en Italie ce n’est pas préparation physique coup de leurs joueurs ce qui entretient la vraiment la même chose. Les sifflets avant un grand match ? Pour un grand match ou une grosse pression de chacun pendant les matchs. sont omniprésents dans les matchs italiens car les joueurs simulent bien compétition, l’arbitre sélectionné est plus. le premier de France. La préparation ❛❛ Et en ce qui concerne la presse ? physique et mentale est accentuée, le Comme partout, moins on en dit mieux stage se déroule avec un préparateur c’est. La presse veut du sensationnel ❛❛ Comment gérez-vous un désaccord avec un joueur ? physique et un kinésithérapeute pour pour ses lecteurs et de ce fait beautravailler le changement de rythmes. coup de propos sont déformés pour Pour faciliter les choses, il faut parIl y a deux entraînements par semaine, entretenir ou créer le conflit entre les tir du principe qu’il faut toujours reconun mois avant l’événement. La diffé- uns et les autres. Cette déformation naître sa part de responsabilité quand rence notoire avec mon époque est que de la presse peut avoir de grave consé- une erreur est commise. Il faut essayer les arbitres ont nettement progressé en quences sur les carrières, la vie privé et de mettre en avant la passion comvitesse car ils couvrent tout le terrain. même la sécurité de chacun. J’ai déjà mune car un match est maintenant vu été menacé après un match. comme un événement, un spectacle, ❛❛ Les salaires ont-ils une prestation payée par les gens. beaucoup augmenté ? Durant les compétitions nationales, in❛❛ Aviez-vous des contacts avec ternationales, l’arbitrage occupe l’une d’autres corps arbitraux Aujourd’hui, les arbitres sont mieux des places les plus importantes.  français ou étrangers ? payés. En effet, depuis 2007 il y a un salaire fixe mensuel de 2 300 €, plus les J’ai effectivement rencontré d’autres Laure Targat vacations par rencontre. arbitres durant les jeux de la

sport professionnel

Championnat de France 1998, 4e journée PSG / Lorient : 1-2

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sport Amateur

La natation synchronisée

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une discipline sous-estimée La natation synchronisée fait partie de ces sports méconnus du grand public. Cette discipline est très exigeante physiquement et nécessite des heures d’entraînement dans l’eau, mais également au dehors. Éclairage sur un sport non reconnu à sa juste valeur.

D

epuis toujours, certains sports sont beaucoup plus médiatisés que d’autres, et ce, pour différentes raisons, la première étant une question culturelle. En effet, chaque pays possède une identité propre avec ses codes culturels. Cela passe par la musique, le cinéma, mais avant tout le sport. La France est indéniablement le pays du football, alors qu’aux États-Unis, ce sport est pratiqué en majeure partie par des femmes et donc beaucoup moins populaire. La deuxième raison pouvant expliquer le manque de visibilité de certains sports en France, pourrait être le manque de résultats aux différents championnats. Il est bien connu que les français aiment avoir leurs idoles. Prenons l’exemple de la natation : avant le phénomène Laure Manaudou aux JO d’Athènes en 2004, peu de français s’intéressaient à ce sport. Cette dernière est devenue en l’espace d’une semaine une véritable star, dont les marques comme Lancel, ont utilisé l’image pour promouvoir leur produit.

Malheureusement, le fait de voir briller des champions, n’est pas la garantie d’obtenir plus de notoriété pour une discipline. Ce fut le cas pour la natation synchronisée. L’exceptionnelle triple championne du monde (2003, 2005 et 2007) Virginie Dedieu n’a pas permis à la discipline d’exploser en France. La retraite de cette nageuse hors pair, après son dernier titre mondial, marqua la fin d’une époque pour les adeptes de cette discipline. En effet, il semble difficile de trouver désormais celle qui pourrait être la représentante charismatique de la natation synchronisée dans l’hexagone. De l’autre côté de la terre, en Chine, la natation synchronisée est un sport très respecté. Ceci peut s’expliquer par leur progression depuis quelques années. À noter que les nageuses chinoises confortent à chaque compétition officielle leur place sur le podium, à l’image des sœurs jumelles Jiang Wenwen et Jiang Tingting, arrivées deuxièmes aux championnats du monde de Shangai en 2011 en duo libre. La  progression chinoise n’est pas le seul changement. La natation synchronisée a connu


2011, en obtenant les sept médailles d’or de natation synchro, battant ainsi un nouveau record, puisque cela n’était encore jamais arrivé. Ces médailles, amplement méritées au vu des chefs-d’œuvre présentés, sont le fruit d’heures d’entraînement intensif dans l’eau mais aussi à l’extérieur.

Pour la petite histoire, 10 000 billets ont été vendus en trop aux JO de Londres concernant 4 épreuves de natation synchro ; ce qui prouve que le public porte un grand intérêt à ce sport La Russie, qui décroche tout depuis une dizaine d’années, a encore une fois ébloui le public lors des championnats du monde de Shangaï en

Les nageuses russes ont en effet une formation de danseuses classiques. Elles doivent également faire des exercices cardio-respiratoires, ce qui

leur permet de rester plus longtemps en apnée. Les russes sont connus pour leur rigueur, à l’image des ballets du Bolchoï, d’où la perfection de leurs programmes en natation synchro. Face à cette déferlante russe et d’autres concurrences de taille, les françaises ont peu d’espoir de médailles dans la discipline. Malgré une progression de leur part, leurs chances restent minces. Il n’en reste pas moins que ce sport fascine et émerveille, à en regarder la plupart des forums consacrés à cette discipline. 

sport Amateur

de nombreuses évolutions, comme d’autres disciplines. Premièrement, les États-Unis, le Canada et le Japon, pays maîtres de la discipline durant les années 1980, sont désormais relégués au second rang derrière la Russie, La Chine et l’Espagne. Deuxièmement, les figures sont de plus en plus impressionnantes.

Maeva Caruso

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Réglementation • duos techniques (avec figures imposées) : 2 minutes 20 secondes • duos libres : 3 minutes 30 • solos techniques : 2 minutes • solos libres : 3 minutes • équipes techniques (8 nageuses) : 2 minutes 50 secondes • équipes libres : 4 minutes • combiné libre (10 nageuses) : 4 minutes 30 secondes

Le jury note selon différents critères • des critères techniques (synchronisation, difficultés) • des critères artistiques (chorégraphie, originalité, interprétation)

Spécificités • interdiction de toucher le fond du bassin • interdiction de porter des bijoux et du vernis à ongle • obligation de cacher les tatouages • interdiction de porter un maillot de bain deux pièces Source : Règlement de la natation synchronisée 2009 – 2013


sport Amateur 18

La France à la sauce

football américan

Sport le plus regardé et pratiqué aux États-Unis, le football américain existe en France depuis maintenant plus de 25 ans, et profite de plus en plus de l’engouement autour des sports américains, à l’image du club phare français le Flash de La Courneuve.

M

algré une première entrée sur le territoire français pendant la deuxième guerre mondiale, c’est Laurent Plegelatte, professeur d’éducation physique, qui importe ce sport directement de Denver (Colorado) en 1980. Il décide de créer le comité national pour le développement du football américain, qui deviendra la Fédération Française de Football Américain, le 15 avril 1983, qui compte aujourd’hui environ 13 000 licenciés en France, répartis dans plus de 200 clubs. Cette entité s’est ensuite affiliée au CNOSF (Comité National Olympique et Sportif Français), et la discipline sera reconnue en 1993 comme un sport de haut niveau sous l’impulsion du président Jacques Accambray, ancien

athlète français spécialisé dans le lancer de marteau.

Bon à savoir Ce sport de gagne terrain se joue à 11 contre 11. Deux équipes comptant chacun un staff de plus de 70 personnes, composé des joueurs, remplaçants, coaches, kinés, préparateurs physiques, médecins et water boys1… Chaque équipe comprend au minimum une formation d’attaque, une formation de défense et une formation d’équipe spéciale, dédiée aux coups de pieds d’engagement et aux transformations. Une rencontre se décompose en 4 quart temps de 12 minutes chacun (temps décompté) avec une mi-temps de 20 minutes entre le deuxième et 1 Porteurs d’eau.

Aux USA

Zoom sur le Flash

• 4 divisions universitaires • 119 équipes universitaire en division 1 • 32 équipes professionnelles (ndlr : principalement dans la moitié Est du pays) • Plus de 100 millions de spectateurs pour le Super Bowl (finale professionnelle nationale) • Les trois derniers champions : New York Giants, Green Bay Packers, New Orleans Saints

• Créé en 1984 à La Courneuve • 9 titres de champions de France : 1997, 2000, 2003, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009 et 2011 • 3 finales Européennes : 1998, 2006 et 2009 • Rivalité avec les Argonautes d’Aix-en-Provence (ndlr : le trophée mis en jeu chaque année est le Ballard Bowl)

• Plus de 3 200 licenciés totaux • Plus de 500 licenciés joueurs • Projet High School : 5 jeunes envoyés en échange dans des lycées aux États-Unis pendant une année scolaire complète. Ils seront hébergés par des familles d’accueil bénévoles, pour avoir la possibilité de découvrir une nouvelle culture et de jouer au sein de l’équipe de football américain du lycée.


sport Amateur troisième quart temps. Trois temps morts par mi-temps (non-cumulables) sont autorisés pour chaque équipe. Un kick off2 est effectué à 15 yards du centre au début du premier et troisième quart temps et après chaque point marqué. L’équipe qui réceptionne la balle doit remonter le plus de terrain possible et faire avancer le ballon jusque dans la end zone3 adverse pour marquer un touchdown4 qui vaut 6 points. Pour ce faire, elle dispose d’un premier contrat de 4  downs5 pour parcourir 2 Coup de pied d’engagement. 3 Zone d’en-but. 4 Touché, sorte d’essai. 5 Tentatives.

10  yards6. Le contrat, qui est matérialisé par des panneaux et chaînes de marquages sur la touche, est renouvelé lorsque le ballon a franchi cette limite de 10 yards. Les contacts entre joueurs sont réglementés et tout manquement est sanctionné par une pénalité collective (perte de terrain pour l’équipe).

L’organisation en France Le championnat de France Élite7 regroupe huit équipes amateurs reparties en deux poules. La poule Nord est composée des villes de La Courneuve, 6 1 yard = 9,10 m. 7 Division 1.

Asnières, Amiens et Saint-Ouen l’Aumône et la poule Sud regroupe Grenoble, Nice, Thonon-les-Bains et Aix-en-Provence. Le coup d’envoi de la saison est généralement donné fin février et la finale nationale se joue fin juin, dans un stade choisi chaque année par la FFFA. Le club le plus titré en France est le Flash de La Courneuve, avec neuf titres remportés entre 1984 et 2011. Les autres championnats de France se décomposent en une section adultes, présente en Division 2 et 3, et une section Juniors, Cadets et Minimes. Vincent Bertet

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Espoir

sports extrêmes

sport

Loin des sports traditionnels, tel que le football et le tennis par exemple, cette jeunesse trouve un nouvel oasis dans ces nouvelles activités à sensations. Petit tour d’horizon sur ces sportifs en herbe qui monte en puissance…

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génération biberon

U

n sport extrême est un terme populaire désignant une activité particulièrement dangereuse pouvant exposer à des blessures graves en cas d’erreur dans son exercice. Ces sports peuvent se pratiquer sur mer, dans le ciel ou sur terre. Ils impliquent souvent vitesse, hauteur, engagement physique, ainsi qu’un matériel spécifique : parachutes, planches de surf, skis et vélos. Depuis les années 2000, la définition s’est considérablement assouplie et sont classés dans cette catégorie les sports qui offrent de fortes poussées d’adrénaline ou qui sont des variations de sports classiques initialement sans dangers mais orientées vers des pratiques plus dures, plus complexes et plus dangereuses : le wakeboard, le base jump, le wingflight.

À 20 ans… C’est un phénomène qui a toujours existé, tout sport confondu, mais qui se précise depuis plus d’une dizaine d’années maintenant : Ronaldo, ballon d’or à 21 ans, Sebastian Vettel, plus jeune champion du monde de Formule  1 à 23 ans ou encore l’athlète français Christophe Lemaître, 21 ans, et triple champion d’Europe (100 m, 200 m et relais 4x100 m). À l’ombre de ces sports traditionnels, plusieurs petits nouveaux pointent le bout de leur nez.

Rencontre avec trois « ados » qui mettent le sport extrême à leur pied. Ashley Fiolek, née en octobre 1990 aux États-Unis, est une pilote motocross, nouvelle égérie du team Red Bull. Outre son talent inné, cette jeune femme reste une exception dans son

environnement de par son handicap. En effet, elle est sourde de naissance, ce qui est insolite dans un monde tel que celui du motocross. Son palmarès parle pour elle, championne des ÉtatsUnis en 2008, double médaille d’or aux X-Games (compétition référence du sport extrême) en 2009 et 2010. L’univers du snowboard et du skate a son porte drapeau en la personne de Shaun White, jeune américain de 25 ans. Il est connu et reconnu pour avoir remporté de nombreuses compétitions dans ces sports, la liste est longue : 8  médailles aux Winter X-Games en 2006, médaillé d’or aux JO de Turin et Vancouver… Il a réveillé ces disciplines en y amenant un côté technique et artistique encore inégalé, en témoigne une figure qu’il est le seul à avoir réalisé, le « Double Mc Twist 1260° ». Pauline Ado, la french touch de notre sélection, est à tout juste 20 ans, l’étoile montante du surf francais. Ce petit bout de femme est licenciée au Bidassoa Surf Club de Hendaye, et se frotte aux vagues de la côte Atlantique depuis son plus jeune âge. Premier titre de championne du monde de sa catégorie en 2002, à seulement 12 ans. Ce ne fut que le début d’une longue série, toujours en cours, de titres et de victoires. Ces statistiques donnent le tournis. Double championne d’Europe junior (2005 et 2007), première non australienne à devenir championne du monde junior en 2009, alors qu’elle ne doit sa participation qu’au forfait d’une autre surfeuse.

Quand l’insouciance remplace la prudence La pratique des sports extrêmes est en constante augmentation depuis

plusieurs années. Mais pour les jeunes, mis à part cette impression de liberté, c’est l’amour du risque qui prédomine. En effet, sauter d’un avion à plus de 4 km du sol, braver le vent et le froid pour monter le Mont-Blanc, surfer des vagues de plus de 4 mètres, quoi de mieux pour sortir de la léthargie urbaine ? On remarque que ceux-ci, de par leur jeunesse, ont plus de disposition à dépasser leurs limites. Est-ce une forme d’insouciance ? Sûrement un peu, comme le résume l’incroyable histoire de Bethany Hamilton, jeune surfeuse née en 1990 et qui, à l’âge de 5 ans, monte sur sa première planche de surf. En pleine adolescence, alors qu’elle se dévouait entièrement à sa passion, un requin lui arracha le bras gauche. Sa foi et son envie vont la porter au delà de l’imaginable et c’est en 2009 qu’elle décrocha le titre de vice championne du monde junior. Ce destin hors norme inspira même le film soul surfer, sorti cette année. Avec l’âge, la routine s’installe, l’expérience fait le travail mais l’envie de se surpasser baisse inexorablement, la faute à un corps qui ne permet plus d’accomplir les mêmes prouesses. Il existe néanmoins quelques dinosaures encore avides de trophées. Et qui mieux que Kelly Slater, meilleur surfeur de tout les temps et 40 ans en février prochain, pour porter haut les couleurs de l’ancienne génération. L’année 2011, a été l’année de son 11e titre mondial. Les anciens n’ont pas prévu de se laisser faire… pour notre plus grand plaisir !  Frédéric Izaguirre et Nicolas Bonte


Espoir sport Wakeboarding sur le Smith Mountain Lake, Virginia, USA.

Saut de Base Jump depuis une des plus hautes falaises d’Europe : le Mont Brento en Italie. 900 mètres, environ 15 secondes de chute libre.

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Ascension diu col de la Grande Casse en surf rando.


Le Donbass Arena, stade polonais de Donetsk, pendant sa construction.

La Pologne co-organisatrice de l’EURO 2012

Cette 14e édition du Championnat d’Europe des Nations, organisés conjointement par la Pologne et l’Ukraine marque une nouvelle co-organisation de l’événement.

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ans la lignée des précédentes éditions, (Belgique – Pays-Bas 2000, et Suisse – Autriche 2008) cette solution permet de mutualiser les coûts et de partager les efforts. Ainsi, cela permet à tous les pays de pouvoir organiser une compétition majeure, en évitant d’exclure les « petits pays » d’une candidature, pour qui le poids économique et physique, serait trop lourd à supporter seul. C’est également un plus pour le football que de pouvoir être produit, au plus haut niveau, sur tous les territoires d’Europe et du monde.

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La Pologne, locomotive économique Intéressons-nous de plus près à la situation économique de la Pologne. Depuis son entrée dans l’Union Européenne, le 1er Mai 2004, la Pologne est devenue une des économies les plus dynamiques d’Europe. Avec une croissance économique moyenne de 5 % sur les 10 dernières années et malgré une année 2009 difficile, en raison de la crise économique, c’est le seul État européen à avoir connu une croissance économique positive cette année-là (1,7 %). Pays ouvert sur l’extérieur, avec plus de 80 % de son PIB réalisé grâce au commerce, elle dispose d’une situation géographique favorable à mi-chemin entre Paris et Moscou. L’Euro 2012 qui se profile du 8 Juin au 1er Juillet prochain, apparaît comme une aubaine pour le pays, qui souhaite profiter de cet événement pour prouver qu’elle est un membre tout à

Localisation des différents stades de l’Euro 2012.

fait légitime de l’Union Européenne, en montrant son aptitude à pérenniser et intensifier sa forte croissance apparue depuis plusieurs années. Les 24 Milliards d’euros investis, dont 50 % destinés à améliorer les infrastructures de transports, la construction de trois nouveaux stades (Varsovie, Gdansk et Wroclaw), l’extension de 8 aéroports et la construction de nombreuses infrastructures hôtelières ont permis au pays de créer plus de 100 000 nouveaux emplois, augmentant de ce fait la consommation et la demande nationale, ce qui va permettre de renforcer encore plus la croissance. Avec plus de 500 000 supporters attendus sur le sol polonais durant le mois de compétition, le pays espère réaliser un bénéfice touristique direct de 130  Millions d’euros. Par ailleurs, les retombées liées à l’organisation du tournoi, ne sont pas une fin en soi, car c’est sur le long terme que la Pologne espère le plus de retombées positives, notamment grâce aux investissements réalisés dans les infrastructures, qui vont bénéficier à toute la population. Sans oublier que le Championnat d’Europe des Nations est une véritable vitrine sur le monde, ce qui va permettre au pays d’augmenter son attractivité et donner un coup de fouet à son activité touristique dans les années à venir. Visiblement, tout le travail accompli par les polonais depuis l’attribution de l’Euro en 2007, est aujourd’hui récompensé puisque 13 nations sur 16 ont décidés d’établir leur camp de base en Pologne, alors même que la moitié de ces équipes devra disputer ses matchs en Ukraine.

Une terre de football En retrait depuis plusieurs années sur la scène européenne et mondiale, il ne faut pas oublier que l’équipe de football polonaise a brillé pendant les années 70 et au début des années 80. Médaillés de Bronze lors des Coupe du Monde 74 disputée en Allemagne de l’Ouest et 82 en Espagne, Biale Orly (l’Aigle Blanc, surnom de l’équipe nationale) a aussi remporté la médaille d’Or aux JO de 72 en RFA, et celle d’Argent en 76 à Montréal. Issue de cette génération surdouée, on trouve Grzegorz Lato (95 sélections, 42 buts) meilleur buteur de la Coupe du Monde 74 et aujourd’hui Président de la Fédération Polonaise de Football (PZPN), Robert Gadocha (62 séléctions, 16 buts) l’attaquant passé par le FC Nantes Atlantique entre 1975 et 1977 qui faisait partie de l’équipe type du mondial 74 ou bien Zbigniew Boniek (80 sélections, 24 buts) vif ailier gauche, qui forma avec Michel Platini un redoutable duo durant 3 saisons à la Juventus de Turin, pendant lesquels ils remportèrent notamment la Coupe des Champions (aujourd’hui Ligue des Champions) en 1985 lors de la Finale disputée au Heysel. Cet été Ludovic Obraniak (Bordeaux), Wojciech Szczesny (Arsenal), Robert Lewandowski (Borussia Dortmund) et consorts tenteront de redonner des couleurs au football polonais. En s’inspirant de leurs illustres aînés, dans des stades flambants neufs tout acquis à leur cause et dans un groupe à leur portée (Gr A : Russie, République Tchèque, Grèce) tout est possible… Kévin Denisot, Alexis Verité, Arnaud Monichon


Karim Benzema

Andriï Mykolaïovytch Chevtchenko

K arim Benzema est sans doute le joueur de l’équipe de France à surveiller. Il a pris de l’envergure et a réalisé une performance de classe internationale cette saison avec le Real Madrid en multipliant les buts et les passes décisives. Puissant, intelligent et efficace, le meilleur buteur en activité de la sélection tricolore (13 buts) aura à cœur de briller à cet euro afin de passer un autre pallier et ainsi devenir un des attaquants les plus talentueux au monde.

Andriï Mykolaïovytch Chevtchenko, l’ukrainien de 35 ans, vivra son dernier grand défi et jouera à domicile pour cet euro. Jouant actuellement dans son club formateur, le Dynamo Kiev, Andriï pourra compter sur le soutien démesuré de ses fans et de la nation ukrainienne toute entière. Après son ballon d’or glané en 2005 et son titre de meilleur buteur de la ligue des champions 2006, il se lance à la poursuite du titre honorifique de meilleur buteur de cet euro 2012.

Wojciech Szczesny ¸

Wojciech Szcz e¸sny, le jeune gardien de but polonais de 22 ans, jouera à domicile. Il est en progrès constant et se positionne désormais comme un joueur incontestable à Arsenal. Il devrait donner du fil à retordre aux attaquants européens qu’il rencontrera. Devant son public, le dernier rempart de l’équipe de Pologne voudra réaliser un bon Euro et se montrer au sommet de son art.

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les joueurs

à suivre

2012, l’année de la consécration pour Reus Marco Reus est incontestablement LA star en Bundesliga cette saison. Le natif de Dortmund, à l’instar de Mario Gotze ou Toni Kroos, incarne l’incroyable talent de cette nouvelle génération allemande. Et pour cause : à seulement 22 ans, Le natif de Dortmund est le maître à jouer et le dépositaire de l’animation offensive de l’équipe surprise cette saison en Allemagne : Le Borussia Mönchengladbach En effet le club Rhénan, pourtant habitué à défendre sa peau chaque saison, pour éviter la relégation, joue désormais dans la cour des grands, s’amusant même à faire trembler les deux cadors du championnat que sont le Borussia Dortmund et le Bayern de Munich. Cette réussite, le club au nom imprononçable la doit en (très) grande partie à son joyau Marco Reus, qui marque de son empreinte, le séduisant jeu offensif produit et montré en exemple cette saison partout en Europe. Auteur d’une vingtaine de buts dont quelques un encore gravés dans les mémoires, Reus marche actuellement sur l’eau. Et en ce début d’année 2012, tout s’accélère. Élu devant Mario Götze et Franck Ribery (excusez du peu),

meilleur joueur de l’année civile 2011, ce n’est donc sans surprise que de nombreuses formations prestigieuses s’intéressent à lui. Le Real Madrid ou encore Arsenal étaient prêts à sortir leur carnet de chèque et ont dragué publiquement le jeune international. Mais c’est finalement l’autre Borussia, Dortmund, qui décroche la signature de l’enfant prodige pour 18 millions d’euros (Contrat effectif pour la saison 2012-2013). Une histoire semblable à un conte de fée pour Reus qui rejoint ainsi son club formateur et surtout son club de cœur. Encore méconnu aux yeux du grand public, Marco Reus sera certainement l’attraction allemande de ce Championnat d’Europe 2012. Le meneur de jeu aura à cœur d’enfin briller sur la scène internationale et pourquoi pas offrir à la Mannschaft sa quatrième couronne continentale.

Marco Reus


France

l’ère Laurent Blanc

Le 20 Juin 2010, l’Équipe de France était la risée de la planète football. Bientôt 2 ans après le fiasco de Knysna, où les 23 mutins refusaient de s’entraîner en se cachant derrière les rideaux de leur bus 5 étoiles, beaucoup de choses ont changées mais le traumatisme reste encore dans toutes les mémoires.

E 24

xit le très controversé Raymond Domenech et place à Laurent Blanc, Champion du Monde 98 et Champion d’Europe en 2000 avec les bleus. Depuis son intronisation au poste de sélectionneur durant l’été 2010, « le président » présente un bilan plutôt flatteur, 20 matchs (12V, 6N, 2D). Ces deux seules défaites remontant même à bien longtemps, puisqu’elles sont intervenues lors de ses deux premiers matchs, en Norvège (1-2) alors qu’il avait effectué une large revue d’effectif (aucun mondialiste présent) et au Stade de France (0-1) lors du 1er match des éliminatoires de l’Euro, face à la Biélorussie, le 3 Septembre 2010. Avec une série en cours de 18 matchs sans défaites, dont des victoires importantes à Wembley face à l’Angleterre (2-1), au Stade de France devant le Brésil (1-0) et plus récemment en Allemagne (2-1), l’optimisme est de rigueur. Cependant, ne tombons pas dans l’euphorie et rappelons-nous que le dernier match gagné par l‘Équipe de France dans un grand tournoi date du 05 Juillet 2006 et une victoire (1-0) face au Portugal qui propulsait les bleus en Finale de la Coupe du Monde. La suite, tout le monde la connait.

Le chantier défensif Dès sa prise de commande, Laurent Blanc a dû s’atteler à plusieurs chantiers. S’il a conforté Hugo Lloris en tant que n° 1 devant Steve Mandanda, comme Raymond Domenech avant lui, « le président » a totalement révolutionné la défense tricolore. Gallas, Squillaci et Planus, les trois défenseurs centraux de métier présents en Afrique du Sud ne font pas partie de ses plans, il lui a donc fallu recomposer une défense

centrale. Pour ce faire, il a rappelé Philippe Mexès, banni par Raymond Domenech, l’ancien romain devenu milanais, est aujourd’hui l’homme fort et d’expérience de la défense des bleus. Pour l’épauler, le sélectionneur a offert ses premières titularisations a de nombreux joueurs, on pense notamment à Adil Rami, champion de France 2011 avec Lille, Mamadou Sakho le très jeune capitaine du PSG, ou encore Laurent Koscielny, le joueur d’Arsenal. Aujourd’hui, sauf pépin physique, la paire Rami-Mexès semble tenir la corde, et devrait être la charnière centrale type de l’Équipe de France. Sur les côtés, la hiérarchie semble plus fébrile. À droite, si Bacary Sagna (Arsenal) et Mathieu Debuchy (Lille OSC) semblent avoir un pied et demi en Ukraine, nul ne sait qui sera titulaire. En effet Bacary Sagna a longtemps été le choix n° 1 du sélectionneur, mais sa longue blessure entre octobre et février, combinée à l’excellent intérim réalisé par le Lillois, notamment pour le match en Allemagne, laisse planer une incertitude quant au choix du sélectionneur. À gauche, en revanche, si le poste semblait promis au Barcelonais Éric Abidal, sa récente greffe du foie subie en avril va sans aucun doute le priver d’Euro. Pour le remplacer, Laurent Blanc devrait faire confiance à Patrice Evra. Le capitaine déchu de 2010 se verrait alors accorder une dernière chance avec les bleus, à lui de la saisir. Pour le suppléer, la place devrait se jouer entre le joueur de Manchester City, Gael Clichy ou celui du FC  Valence, Jérémy Mathieu.

La guerre du milieu Pour son milieu de terrain, Laurent Blanc a deux options préférentielles. Dans les deux cas il utilise un triangle au milieu de terrain. Un plus offensif avec deux joueurs chargés de la récupération et un n° 10 à l’ancienne, et l’autre plus défensif avec un joueur devant la défense et deux plus haut qui sont chargés de la récupération mais aussi de l’animation offensive de l’équipe. Au niveau des joueurs, force est de constater que des joueurs comme Toulalan ou Gourcuff, véritables piliers de Domenech, ont radicalement disparu des dernières sélections de Blanc. Pour le poste de sentinelle, très chère au sélectionneur, juste devant la défense, un nom se dégage, celui d ’A l o u D ia r-


ra. Grand, costaud, fort dans les duels et joueur d’expérience, il devrait sans aucun doute figurer dans l’effectif, non pas comme un titulaire indiscutable mais plutôt en tant que joueur de soutien très utile pour conserver un résultat ou consolider une défense en souffrance. Ensuite pour les deux postes de récupérateur, animateur, deux noms se dégagent : Yohan Cabaye qui est en train de prendre une autre dimension depuis qu’il a traversé la Manche pour rejoindre Newcastle et Yann M’Vila, le rennais, véritable révélation depuis que Laurent Blanc a pris les commandes de l’Équipe de France. Pour le poste de n° 10, Samir Nasri, l’ancien marseillais, tient la corde mais ses performances moyennes en bleu et sa première saison difficile à Manchester City, l’ont quelques peu fragilisé. Faute de quoi Laurent Blanc devrait le titulariser, mais le joueur est prévenu, son sélectionneur attend beaucoup (plus) de lui. Les deux places restantes au milieu devraient se jouer entre Marvin Martin, le sochalien beaucoup moins en vue que la saison précédente où il avait fini meilleur passeur de L1, Maxime Gonalons, le Lyonnais, Blaise Matuidi, le Parisien ou Florent Malouda. Le joueur de Chelsea vit une saison difficile à Londres mais son expérience pourrait apporter énormément aux jeunes joueurs de l’équipe peu habitués à disputer de grandes compétitions. Seul Hic, celui d’Abou Diaby, le seul qui avait montré quelque chose en Afrique du Sud en 2010. Souffrant depuis plus d’un an de blessures récurrentes qui le handicappent énormément, sa place est remise en

question pour cet été, mais il ne fait aucun doute qu’un Diaby en bonne forme serait un homme de base de Blanc, comme il l’avait prouvé en Bosnie (victoire 1-2 des bleus) fin 2010.

(OM) ou un certain Hatem Ben Arfa, qui est en train de réaliser une fin de saison canon avec Newcastle, auteur de buts et d’actions remarquable.

Benzema, l’arme fatale

Invaincue depuis 18 rencontres, l’Équipe de France débarquera avec de vraies certitudes en Ukraine cet été, à condition de bien négocier ses trois matchs amicaux pré-Euro face à l’Islande, la Serbie et l’Estonie. Cependant, l’équipe devra se méfier et aborder la compétition de la meilleure des façons pour ne pas faire ressortir les vieux démons. Souvent convaincante face aux grosses écuries, l’équipe aurait la bonne idée de remporter son 1er match face à l’Angleterre, qu’elle a battue chez elle en 2011 et qui sera de plus privée de son attaquant vedette Wayne Rooney, suspendu pour les deux premiers matchs de l’Euro. Car ensuite viendront la Suède et l’Ukraine, pas effrayantes sur le papier, mais la France a souvent montré des difficultés face aux équipes réputées moins fortes, et des lacunes quand il s’agissait de faire le jeu face à des adversaires bien regroupés. Avec un deuxième match à disputer contre un des pays hôtes de ce Championnat d’Europe, l’Ukraine, chose qui n’est jamais facile, et un troisième qui pourrait être décisif face à la Suède de Zlatan Ibrahimovic, la chose ne s’annonce pas aisée. Si une qualification des bleus pour le 2e tour est attendue et ne paraît pas irréalisable, loin de là, les joueurs devront faire preuve d’abnégation et ne pas oublier qu’ils n’ont plus gagné dans un grand tournoi depuis 6 ans. Une fois ce 1er tour passé, tout deviendrait alors possible, puisque sur un match cette équipe a prouvé, depuis que Laurent Blanc est à sa tête, qu’elle pouvait battre n’importe qui. Jugée un cran en dessous de l’Espagne, de l’Allemagne ou des Pays-Bas, favoris désignés de la compétition, la France, au même titre que l’Italie, l’Angleterre ou le Portugal demeure tout de même un outsider plus que crédible à ce Championnat d’Europe des Nations 2012. À eux de le prouver sur le terrain désormais…

Après le vide laissé par la retraite internationale de Thierry Henry, meilleur buteur de l’histoire des bleus (51 Buts), et la suspension longue durée de Nicolas Anelka suite à son accrochage avec Raymond Domenech à la mi-temps du match contre le Mexique, il fallait trouver un buteur. Ce buteur fut Karim Benzema. Le joueur du Real Madrid, revenu en grâce aux yeux de José Mourinho à Madrid, enfile les buts tant en Équipe de France qu’avec le Réal. Véritable bourreau des surfaces depuis le début de la saison 20112012, il sera sans aucun doute le fer de lance de l’équipe pour cet Euro 2012. À ses côtés, Franck Ribery, le joueur du Bayern Munich qui réalise sa meilleure saison en terme de buts et de passes décisives, sera du voyage mais à lui de reproduire ses performances en club avec le maillot des bleus, chose qu’il n’a pas faite depuis bien longtemps (dernier but avec l’Équipe de France le 26 mai 2010, victoire 2-1 contre le Costa Rica). Pour le reste, Loïc Remy, meilleur buteur de l’OM cette année et qui a toujours été convaincant dès que Blanc a fait appel à lui, Jérémy Ménèz (PSG) véritable dynamiteur de défense et Olivier Giroud (Montpellier) meilleur buteur de L1 sont quasiment assurés d’être en Ukraine cet été. Resterait alors une place dans le secteur offensif. Place qui devrait se jouer entre Kévin Gameiro (PSG), Mathieu Valbuena

L’Euro de football 2012 en dates • 8 au 19 juin : Phase de poule  • 21 au 24 juin : Quart de finale • 27 au 28 juin : Demi-finale • 1er juillet : Finale – Stade Olympique à Kiev, Ukraine

Matchs de poules de l’Équipe de France (groupe D)

• 11 juin - 18h00 : France - Angleterre – Donbass Aréna à Donetsk (Ukraine) • 15 juin - 20h45 : Ukraine - France – Donbass Aréna à Donetsk (Ukraine) • 19 juin - 20h45 : Suède - France – Stade olympique à Kiev (Ukraine)

Les chances

Kévin Denisot, Alexis Verité, Arnaud Monichon

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la menace

du hooliganisme

À quelques semaines du coup d’envoi de la compétition, les hooligans polonais pourraient bien gâcher la fête du football annoncée cet été en Pologne. Si le gouvernement tente d’enrayer ce fléau, la tâche s’annonce bien difficile.

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n homme mort à Lodz dans une bagarre, le numéro deux des ultras du KS Cracovia assassiné dans un guet-apens, un policier poignardé en marge de la rencontre amicale entre la Lituanie et la Pologne… À quelques mois du coup d’envoi de l’Euro 2012, la Pologne fait couler plus d’encre autour de ses difficultés à enrayer le hooliganisme dans ses stades que de son rôle d’organisateur. Le moins que l’on puisse dire est que la tâche s’annonce particulièrement difficile car les hooligans les plus craints de nos jours se trouvent aux abords des stades des pays de l’Europe de l’Est. Patrick Mignon, sociologue du sport, a son explication à ce phénomène grandissant en Pologne. « Il y a eu une destruction des barrières de contrôle d’un point de vue social et idéologique au moment de la chute du communisme. Depuis, ces pays doivent faire face à des poussées antisémites et nationalistes d’une rare violence. » Face à ce fléau, les membres de l’UEFA s’alarment des dérives possibles pendant l’Euro 2012. « Nous sommes inquiets mais je sais que le

gouvernement polonais l’est également, confie Martin Keller, responsable à l’UEFA du suivi de l’Euro. Nous n’allons pas laisser une minorité gâcher le plaisir d’une majorité ». Pour faire face à ces craintes et tenter d’apporter des solutions, le gouvernement polonais a passé la vitesse supérieure.

Des mesures mises en place Pour tenter de freiner les ardeurs de ses cinq mille fauteurs de troubles, la Pologne a mis en place certaines mesures. En effet, les hooligans pourront être jugés directement dans les stades dès leur interpellation. Des salles seront aménagées spécialement pour gérer cette nouvelle activité dans les stades. Il est également question d’installer un système de surveillance électronique des supporters interdits de stade. Plus implicitement, il s’agit également de rassurer Michel Platini et ses confrères sur les qualités d’organisateurs des Polonais, dont le pays est tristement réputé pour ses scandales dans le monde du ballon rond. En effet, le football baigne dans la corruption, en témoigne les six cents

personnes trainées devant la justice, mais également les clubs rétrogradés suite à une série de matches truqués. Bref, après avoir mené cette vaste campagne de lutte contre la corruption, le gouvernement s’attaque maintenant à ses hooligans. Parallèlement, le gouvernement polonais prépare également un amendement pour autoriser la consommation de bière dans les stades pour l’Euro 2012, une pratique interdite à ce jour. Alcool et violence ne faisant pas bon ménage, espérons que les Polonais n’aient pas à regretter cette mesure.  Julie Decker

Foule de supporters.


Prostitution

l’autre business de l’Euro 2012

« Non à la prostitution à l’euro 2012 ! » Ce slogan engagé est celui de l’association féministe ukrainienne « Femen » qui lutte ardemment contre le tourisme sexuel et la prostitution en Europe de l’Est. Un fléau qui augmentera sensiblement durant le prochain Euro de football.

L

a quatorzième édition du Championnat d’Europe U.E.F.A. de football 2012 se déroulera en Pologne et en Ukraine. Le championnat aura lieu à partir du 8 juin, avec le match d’ouverture dans le tout nouveau « Stadion Narodowy » de Varsovie, et jusqu’à la finale du 1er juillet dans le Stade Olympique de Kiev. Le 2 décembre dernier c’est devant ce même stade fraîchement rénové que les militantes du mouvement FEMEN ont exhibé des pancartes « Euro 2012 sans prostitution » quelques heures avant le tirage au sort de la phase finale de la compétition. Femen a été créée en 2008 à Kiev par Sacha Chevtchenko, 21  ans, et Ania Goutsol, 26  ans. Elles dénoncent la vision mercantile de la femme dans leur pays, où le tourisme sexuel est légal. Elles se sont spécialisées dans des opérations commando où elles sont le plus souvent seins nus. Le coût de la vie en Ukraine est presque aussi élevé qu’en Europe de l’Ouest. Et pourtant, le salaire moyen n’y est que de 300 euros par mois. La pauvreté et

la législation particulièrement souple du pays en matière de visas expliquent en partie pourquoi ce pays est devenu la première destination d’Europe pour le tourisme sexuel.

Bien qu’elle soit illégale en Ukraine, la prostitution y est pourtant omniprésente,

27

notamment sur Internet. Des sites décrivent les prestations avec précision et expliquent que les prostituées ukrainiennes sont « ouvertes à toutes les formes de sexe ».

il s’agit pour eux d’éliminer les instruments qui rendent illégal l’exploitation du corps des femmes. À Pékin, en 1995, à la 4e Conférence Mondiale sur les Femmes, l’Allemagne et les Pays-Bas ont fait introduire dans la plateforme finale d’action une disPourquoi de telles régressions ? Pour l’industrie du sexe, le développe- tinction entre « prostitution libre » et ment de la prostitution représente un « prostitution forcée ». Cela revenait marché potentiel très profitable, au en réalité à justifier les mesures prises même titre que n’importe quel service. contre le trafic des femmes et non Pour déculpabiliser ceux qui en tirent contre la prostitution en tant que telle. profit, l’industrie du sexe cherche à ba- Faut-il encore rappeler que les femmes naliser cet esclavage sexuel moderne n’optent jamais librement pour la en faisant reconnaître la prostitution « profession » de prostituée, mais y comme une profession. Pour y parvenir, sont contraintes pour des raisons économiques et le plus souvent par la violence ? Depuis les JO d’Athènes en 2004 et la coupe du Monde en Allemagne en 2006 la croyance en l’existence d’un lien entre les grands rassemblements et l’augmentation de la traite des êtres humains a été beaucoup relayée par les médias.  Julian Marseille

Les membres du collectif Femen sont coutumières des actions plus ou moins dénudées.


r u e t n a s e en ap

I ri s y a r b Cam 28

Le ski nautique est un sport méconnu. Dans l’imaginaire collectif, sa pratique est réservée aux vacanciers argentés de la Côte d’Azur. La France est pourtant une des premières nations au niveau mondial et règne sur l’épreuve de figures. Iris Cambray en est une des meilleures représentantes et détient à seulement 19 ans un palmarès exceptionnel. Entretien.

❛❛ À quel âge avez-vous commencé le ski nautique ? Iris C ambray : À 3 ans. J’étais dans l’eau et mon père me tirait de la plage. Mon père en faisait, mon oncle aussi et mon grand-père. Mon oncle avait plusieurs clubs nautiques dans la région de Limoges. Ma mère m’a raconté que j’étais tout le temps sur le ponton à vouloir skier non-stop. J’étais déjà accro. J’ai pratiqué plusieurs sports : du patin de trois à treize ans, et du ski alpin. Le patin l’hiver et le ski nautique en été. Le patin m’a beaucoup aidé au niveau de la glisse et des sensations.

ou les canadiens sont meilleurs. En saut, par contre, il n’y a personne. Certaines filles sont très bonnes, mais elles ne sont que trois ou quatre.

❛❛ Comment se fait-il que le niveau soit meilleur en figures ? La formation est plus orientée vers cette épreuve ? Il y a un effet d’émulation ? Oui c’est ça. Comme les meilleurs sont en figures on suit ces personnes. C’est d’ailleurs ça qui me motive : la compétition. Enfin, c’est pour ça qu’on est sportif, je crois, c’est pareil dans tous les sports. La première mondiale est Française et j’ai tout le temps envie de la battre car je finis toujours derrière elle, mais elle me tire vers le haut, elle me motive à en vouloir toujours plus…

« La compétition offre la possibilité de voyager. »

l’année d’après. Je n’ai intégré l’Équipe de France qu’en 2011. Jusque-là les points que je gagnais n’étaient décomptés que pour moi ça signifiait que ❛❛ En France c’est un sport la France n’en profitait pas, ça leur en confidentiel. Qu’en est-il faisait même perdre. Lorsque je suis dans les autres pays ? devenue vice-championne du monde Il n’y a pas tant de monde que ça, même en 2010, j’étais en concurrence avec aux États-Unis ou en Biélorussie qui les autres filles de l’Équipe de France. est Championne du Monde. C’est un Grâce à mes bons résultats j’ai donc in- sport confidentiel. Au Championnat tégré l’Équipe de France de ski nautique du Monde, une vingtaine de pays sont lors du Championnat du Monde. J’ai représentés mais ça représente peu de échoué en finale, même si on a réussi personnes. Le Liban est au championà finir deuxième. C’est d’ailleurs grâce à nat du monde avec un seul skieur. ça que j’ai gardé mon statut Élite1. ❛❛ Avez-vous avez déjà ❛❛ Vous n’avez jamais saturé ? eu des félicitations de personnalités politiques ? Si, il y a une période… c’est obligé… « En figures, la France est J’avais reçu les félicitations de Rama Avant j’étais trois ans en sport études l’une des meilleurs nations. » de la troisième à la terminale et j’en Yade, à l’époque où elle était secrétaire faisais tous les jours, donc il y a un mod’État aux sports, grâce à mon titre de ment où je n’en pouvais plus. Mais je vice-championne du monde… Après, n’ai jamais vraiment arrêté. Je n’en fais ❛❛ Quel est le niveau en France ? personnellement, je suis très reconnue pas en ce moment, il fait trop froid. En figures, le niveau est très bon. dans ma ville3, je reçois des soutiens, C’est ma discipline favorite… En ce des aides financières de la Mairie. ❛❛ Vous avez très vite eu de bons moment, la meilleure mondiale est résultats en compétition. française2. Elle détient le record en ❛❛ Le ski nautique vous a-t-il Quand avez-vous intégré apporté plus qu’une simple figures. Je suis derrière elle. Les deux l’Équipe de France ? notoriété régionale ? premières mondiales sont françaises… L’an dernier. J’avais déjà fait des com- En figures, c’est vraiment le plus haut Le ski nautique m’a apporté beaucoup. pétitions internationales pour la niveau. Par contre, en slalom, nous ne- Grâce à lui je peux voyager partout France mais en individuel. J’ai fait sommes pas très forts, les américains dans le monde lorsqu’il y a des compémon premier championnat d’Europe à 1 Le plus haut niveau sportif en France. tions. J’ai pu visiter le Chili l’an dernier, 15 ans, puis le championnat du monde 2 Clémentine Ludine. 3 Limoges.


j’étais en Australie en avril, au mois de assurer leur avenir en dehors de leur somme. Ce sont des objectifs assez élemai prochain j’irai en Floride pour les sport, tandis que ceux qui pratiquent vés, par exemple, l’an dernier je devais US Masters. En fait, c’est peut être ça un sport en professionnels estiment faire podium aux Championnats du le meilleur côté des compétitions, la qu’ils pourront toujours en vivre. Mais Monde senior et moins de 21, d’Europe possibilité de voyager et de rencontrer je trouve que c’est bête car tu peux te et de France mais je ne les ai atteint d’autres gens, d’autres sportifs. J’ai blesser à tout moment et alors c’est qu’au trois quarts car j’ai chuté en finale pu participer à des émissions de télé. fini… Certains n’en prennent pas du Championnat du Monde senior. Grâce aux Étoiles du Sport, qui font conscience, c’est dommage… Même se rencontrer les 20 meilleurs sportifs si je pense que si le ski nautique avait français et leurs filleuls, j’ai rencontré été un sport professionnel j’aurais été « Mon rêve c’est d’aller aux JO. » des personnes que je n’aurais jamais beaucoup plus souvent absente. pu rencontrer si je n’avais pas été une sportive de haut niveau. Dans ces mo- ❛❛ On peut gagner sa vie en faisant du ski nautique ? ments-là, on a vraiment l’impression ❛❛ Quels sont vos objectifs ? d’appartenir à un monde à part. Quand on gagne une compétition En 2013, je vise le Championnat du comme les Masters Australiens, on Monde que je n’ai jamais réussi à ga❛❛ Est-ce difficile d’être sportive touche une prime, mais c’est l’excep- gner. Je suis quelqu’un de très perfecde haut niveau et de tion. Dans la plupart des compétitions tionniste. Si je ne fais pas les choses poursuivre des études ? on ne gagne qu’une médaille ou une bien je ne serai jamais contente. Et C’est vrai que quand tu as cours le ma- coupe. En plus, à chaque fois que je vais puis je vise le record du monde, qui est tin et l’après-midi tu pratiques le sport faire une compétition c’est moi qui doit de plus en plus dur à battre. à fond, tu rentres le soir t’es crevée… payer mes billets d’avion, car je n’ai pas Dans ma classe, ceux qui n’étaient pas de sponsor… Avant, j’avais un équipe- ❛❛ Le ski câble est en démonstration au JO de Londres cette année. en sport études avaient moins de mal… mentier mais je l’ai perdu car il recherÇa vous évoque quoi ? Après c’est à toi de te mettre au travail, chait quelqu’un qui faisait du slalom, Je sais que pour le bac je m’y suis mise alors que moi je fais des figures. Mais Déjà ce n’est pas la même discipline, à fond, je diminuais mes doses d’en- j’ai aussi l’aide de ma région. mais c’est vrai qu’aller aux JO c’est mon traînement. En seconde quand je parrêve. Je sais que si le ski câble devient tais faire des championnats je sentais ❛❛ Et l’État ? une discipline olympique je ferai du ski que je perdais mon niveau scolaire, ce C’est comme tous les sports, c’est le câble. Je ne garantis pas d’être forte car n’était pas facile. système d’objectifs. Tu as des objec- c’est quand même différent du ski nauC’est vrai qu’on avait des aménage- tifs fixés par la fédération chaque tique, mais je pense que je le ferai.  ments d’horaires, on n’avait cours année, que tu dois atteindre. Si tu ne que le matin et les profs étaient as- les atteins pas, tu n’auras pas toute la Propos recueillis par Jimmy Toutain sez conciliants, mais au final on avait quand même le programme à apprendre en même temps que les autres. Et puis, mon sport n’étant pas professionnel… Je voyais d’autres élèves qui étaient en sport étude dans des sports comme le tennis ou le football et qui s’en fichaient un peu plus… Je veux dire qu’ils n’avaient pas autant d’intérêt pour les cours que nous. Ceux qui pratiquent un sport en amateur ont conscience qu’ils devront un jour

Biographie express • Née le 01/04/1993 à Limoges • 3e au Championnat d’Europe OPEN en Figures en 2008 • Vainqueur des US Masters Juniors en Figures en 2009 et 2007 • Championne d’Europe Junior en Figures 2009 et 2008 • Championne du Monde Junior en Figures en 2009 • Vice-Championne du Monde OPEN Figures en 2009 • Vice-Championne de France Open Figures 2009 et 2011

• Vainqueur de la Coupe du Monde 2010 • Championne de France OPEN Figures en 2010 • Championne d’Europe -21 ans en Figures en 2010 • Championne du Monde -21 ans en Figures 2011 • Vice-Championne d’Europe OPEN en Figures en 2011 et 2010 • 24 titres aux Championnats de France Benjamine – Minime – Cadette - Junior et Espoirs

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Lifestyle

Un régime

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À l’heure où nos sportifs ne cessent de faire vibrer le public Français, nous sommes allés à la rencontre de nos champions pour en savoir plus sur les clés de leur réussite et notamment sur leur alimentation. Peuton parler de rigueur alimentaire ? Leurs victoires dépendent-elles de leur alimentation ? Quels sont leurs régimes nutritifs ?

I

sportif

l est vrai qu’en France, manger représente un réel plaisir. Pourtant, les sportifs doivent faire face à un certain nombre de contraintes alimentaires. En premier lieu, nous avons fait un focus sur le judo, discipline très dure en termes de régime nutritif. Amandine, 24 ans, pratiquante de judo de 16 à 22 ans à l’INSEP, nous raconte à quel point elle n’a pas hésité à subir, à mainte reprise, des régimes très contraignants. « Lors de la préparation d’une compétition, je devais réduire au max les quantités, surtout les lipides qui ne devaient pas dépasser 7 kilos en 10 jours. Tout était calculé jusqu’au grammage dans l’assiette. Il fallait essayer de perdre un peu plus pour pouvoir remanger la veille afin de reprendre des forces, tout en restant dans la catégorie de poids souhaitée par l’entraîneur. »

La soif dans le judo Nous avons essayé d’en savoir un peu plus sur ce type de régime, très dur, où la faim et le manque d’eau se font ressentir. Amandine nous détaille ses repas en nous expliquant comment elle devait s’alimenter de la phase de préparation jusqu’à la compétition. « Au début de la perte de poids, mon petit déjeuner se composait d’un verre de jus d’orange et d’une tranche de

pain. Le midi, je prenais uniquement un plat consistant comme des féculents mais en faible quantité accompagné de deux verres d’eau. Le soir, je mangeais des légumes en faible quantité et ne buvais qu’un verre d’eau. Puis à mi-parcours, je devais diminuer de moitié les quantités d’eau absorbées et ne manger qu’un fruit le soir. Deux jours avant la compétition, dès la fin du petit déjeuner, je n’avalais plus rien. J’avais le droit uniquement à des glaçons si le manque d’eau devenait trop dur et si des effets indésirables apparaissaient (tête qui tourne, plus de salive…) Enfin, pendant la compétition, je mangeais des sucres lents en premier et tout au long de la journée, des sucres rapides tels que des boissons énergisantes ». Cependant, après la compétition, Amandine nous confie qu’il n’y avait plus aucun contrôle alimentaire. La privation était d’ailleurs tellement difficile qu’il y avait « des craquages complets, à la limite de la boulimie ».

Des craquages complets, à la limite de la boulimie En judo, les régimes sont donc très pénibles et le but est d’être au poids lors de la compétition, peut-importe


Lifestyle le moyen. Effectivement ces athlètes sont pesés avant chaque compétition et, en équipe, le poids peut même faire partie de la stratégie pour gagner, d’où une telle pression pour parvenir à celui-ci. Amandine est aujourd’hui consciente que sans ces régimes, elle n’aurait jamais pu atteindre un tel niveau, mais la judoka regrette tout de même de ne pas avoir pu se faire plaisir de temps en temps.

L’équitation, un minimum de contrainte alimentaire Émilie, 24 ans, cavalière de haut niveau, n’aime pas particulièrement surveiller son alimentation. Pour elle, l’équitation est le sport idéal car il ne demande pas une rigueur excessive au niveau de la nourriture. « Le plus important est d’avoir une bonne hygiène de vie et, évidemment une activité sportive. Pour nous,

sportifs, notre alimentation doit nous permettre d’avoir toujours l’énergie nécessaire à l’effort que l’on fournit. L’équitation n’est pas un sport très exigent à ce niveau-là. On rencontre beaucoup de gabarits de cavaliers et cavalières différents. Puis selon la taille et le poids du cavalier, on adapte celle de sa monture. »

Une bonne hygiène de vie dans le football Dans le monde du foot, en aout 2011, l’attaquant de l’Olympique de Marseille, André-Pierre Gignac, a été contraint de suivre une cure d’amaigrissement dans la station thermale

de Merano, en Italie. Et ce n’est pas le premier. Rappelons que Zinedine Zidane ou encore Karim Benzema sont déjà passés par cette cure. Les écarts alimentaires, les prises de poids et l’hygiène de vie d’André-Pierre Gignac ne plaisaient pas du tout à son club, surtout à Didier Deschamps qui encourage ses joueurs à avoir une bonne hygiène de vie. Le journaliste de l’Équipe a d’ailleurs relevé les propos de l’entraîneur marseillais : « Il y a l’entraînement invisible : le repos, l’alimentation, l’hydratation. »  Laura Blanquet, Antoine Fiorentino, Aurélie Unternahrer

L’avis d’un spécialiste

Q

u’en pensent les médecins ? A ce sujet nous avons eu le témoignage du docteur Charles Aisenberg, médecin du sport rattaché à l’INSEP, qui conseille, pour un sportif, un apport équilibré de protéines, glucides et lipides ainsi qu’un apport d’eau suffisant. Par contre, il nous fait remarquer que le régime alimentaire diffère selon le sport et donc selon l’effort demandé au corps. Il porte d’ailleurs une attention particulière aux sports à catégorie de poids. « Un sportif peut se permettre des écarts alimentaires mais ils sont à

limiter pour tous les sports avec catégories de poids surtout en période de compétition. » Quand nous lui avons demandé ce qu’il pensait des effets récupérateurs de la bière, ainsi que des substituts de repas, le docteur a simplement répondu : « C’est un bon moyen d’éliminer car très diurétique mais c’est tout ce qu’elle apporte. Concernant les substituts de repas, ils ont peu d’intérêt car, à la différence des aliments naturels, ils n’apportent qu’un seul type d’énergie. De plus, La supplémentation peut-être le premier pas vers le dopage donc attention... »

Docteur Charles Aisenberg médecin du sport mésothérapeuthe Mésothérapeuthe de l’INSEP, médecin des équipes de France de squash, médecin de l’équipe de france de lutte libre, médecin de l’ESN Handball (Pro D2), médecine des Sports Subaquatique, médecin du sport consultant pour Jiwok.

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Billets d’humeur

Football

Les pleureuses du football français !

«d’hOMmes». Les Olympiens pourront-ils le faire ? Ils ont clairement les cartes en main et nous doivent une revanche. Dés qu’on attaque leur porte-monnaie, les footballeurs font tous Si tel n’était pas le cas, la saison prochaine, les dirigeants front ! En effet, l’une des mesures phares du programme du noumarseillais devraient investir massivement pour remplacer veau Président de la République, le socialiste François Hollande, une équipe sans âme. D’ailleurs, si eux-mêmes n’ont plus les quyi consiste à taxer les hauts revenus à hauteur de 75 %, a fait moyens de leurs ambitions, qu’ils passent le relais à des invesle buzz du côté de notre championnat tisseurs fortunés. La peur de ne plus recruter de grands joueurs et que notre Julien Dollet championnat s’affaiblisse sont les principaux arguments repris par les joueurs et dirigeants du football français. Mais à l’heure Business actuelle, que faut-il retenir du niveau de ce championnat ? Le spectacle est assez pauvre, peu de buts et peu de grands noms Agent de joueur, un métier en vogue sont déjà présents. Le métier d’agent sportif fait aujourd’hui rêver bon nombre de citoyens, Nous allons prochainement perdre une place au classement français comme étrangers. Le milieu du sport business en UEFA derrière le Portugal car notre pays ne concurrence plus les constante évolution nous laisse penser que la demande est tout autres championnats, et ce, depuis bien longtemps. Cela fera- aussi abondante. Mais en réalité, comme le prouvent les statist-il fuir les Qataris du PSG ? Sûrement pas ! L’argument fiscal ne tiques à l’examen national, il y a beaucoup de candidats mais très tient plus face à un pays où l’argent semble illimité... Ce n’est peu d’élus. Pour ceux qui auraient réussi les épreuves officielles, jamais simple de faire un sacrifice mais ont-ils conscience de il reste le plus dur à faire, établir des contacts avec les joueurs la situation où se trouve notre continent, l’Europe ? Ce nombri- professionnels. Encore une fois, sans réseau ni connaissance du lisme a de quoi écoeurer, à l’heure où le chômage et la pauvreté milieu dans lequel vous souhaitez évoluer il semble difficile de se nous tombent dessus. faire une place. Julien Walle

Où sont les hOMmes ?

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À l’heure où le club vit une période difficile, je ne vais pas tirer sur l’ambulance, mais une question fait surface : et si l’OM était en fait à sa place ? C’est peut-être ce constat-là qui me fait mal aujourd’hui et qui place joueurs et dirigeants sous les feux des critiques, méritées soit dit en passant, au vu des résultats actuels. Les dirigeants ont négligé de construire un banc de touche fort, préférant se séparer de remplaçants utiles comme Heinze. C’est pourtant l’une des clés quand on veut jouer le haut de tableau. Résultat, les limites de l’effectif olympien se sont faites sentir et expliquent en partie les deux trous d’air de cette saison. Mais il est évident que lorsque les titulaires sont en forme et épargnés par les blessures, tout devient plus facile. L’OM a ainsi réussi à combler son début raté grâce à un parcours de champion entre fin novembre et mi-février. Comment alors l’OM a-t-il pu retomber dans ses travers ?
Il y a, je pense, cette Ligue des Champions qui a pompé trop d’énergie mentale, il y a aussi ce manque de réussite (notamment les décisions arbitrales) qui ont plombé le cours de certains matchs comme à Brest ou Évian, et pour finir des remplaçants qui ne sont pas à la hauteur. Aujourd’hui, Marseille n’a plus trop de solutions pour sortir de son actuelle spirale négative. Car cet OM-là est limité, aussi bien sur la quantité que sur la qualité de son effectif, tout simplement. L’OM est en somme à sa place, car il ne peut être performant sur les quatre tableaux, et il était d’ailleurs illusoire de le penser. En effet, pendant que les autres équipes du championnat ne jouaient qu’une ou deux compétitions, l’OM s’est trompé d’objectifs cette saison. Mais cette saison peutelle être encore sauvée ? À l’inverse de Lyon qui s’est repris depuis son élimination honteuse à Nicosie, l’OM doit se servir du Bayern comme d’un déclic qui permettrait une victoire

Avant toute chose, revenons sur une statistique intéressante qui corrobore mes propos : ces trois dernières années en France, on compte une moyenne de 430 candidats pour seulement 25 reçus. Le taux de réussite s’élève donc aux alentours de 17,2 % depuis 2008. On dénombre depuis cette période 75 nouveaux agents licenciés. En France, contrairement à d’autres pays, l’examen est structuré en deux parties distinctes. La première, nommée « partie théorique », se compose essentiellement de matières sociale, fiscale, et d’un module juridique très dense. La seconde est la partie spécifique football, qui traite des règlements nationaux et internationaux et de toutes les législations qui s’appliquent aux pratiquants d’activités physiques et sportives. Il est important de noter que la partie théorique est organisée par le CNOSF et reste une épreuve commune à toutes les disciplines sportives. Quand à la partie spécifique, elle est organisée par la Fédération Française de Football et se déroule à L’INF Clairefontaine, dans les Yvelines. Au départ, le métier d’agent semblait être défini par le fait de mettre en relation un sportif et un club professionnel, autrement dit cette activité se résumait à une régulation de l’offre et de la demande. Aujourd’hui il en va tout autrement, l’agent qui joue un rôle de conseiller peut gérer aussi bien l’image et la communication de son client que son patrimoine et sa vie juridique. À titre d’exemple, le sportif professionnel peut très bien demander à son agent comment préparer sa retraite et lui demander quels domaines pourraient lui assurer des opportunités de retour sur investissements. Ce métier tend à se moderniser. Là encore, les chiffres parlent, puisqu’en regroupant un sport comme le football professionnel français et ses trois divisions, on recense 1918 joueurs professionnels en activité pour 300 agents licenciés FFF. Il est donc encourageant de se dire que cette activité semble être prise au sérieux par l’État, le CNOSF et les différentes fédérations qui investissent dans des programmes pointilleux. De plus, on observe une augmentation significative des préparations sur mesure distillées par plusieurs écoles de renom. Cédric Moussier


Le terme « fair-play » symbolise une certaine forme d’équité sportive entre les clubs. Car actuellement, les structures les plus riches s’endettent, surenchérissent pour s’attacher les services des plus grands joueurs, et gagnent ainsi des titres. Ce qui attire les meilleurs joueurs, pour des prix toujours plus hauts, et ainsi de suite… L’objectif affiché par l’Uefa est clair : assainir les comptes des clubs. Le déficit est évalué à 8,2 milliards pour l’ensemble des clubs européens. Plus de 6 clubs sur 10 accusaient un déficit opérationnel avant même les frais financiers, la vente et l’achat de joueurs. Plus particulièrement, l’endettement massif des plus grands clubs est perçu comme une source d’inquiétude et d’inégalité, les plus petits ne pouvant disposer des mêmes moyens. La dette de Manchester United, par exemple, s’élève à plus de 800 millions d’euros. Porté par Michel Platini, le projet de fair-play financier vise donc à « garantir la stabilité à long terme du football » en instaurant une discipline budgétaire et en rationalisant les finances des clubs. Avec le fair-play financier, tous les clubs devront donc équilibrer leurs comptes, et seront placés sous la surveillance de l’instance européenne. Comment sera évalué le fair-play financier ? Pour éviter que cette situation ne perdure, ou n’empire, l’UEFA imposera aux clubs une adéquation recettes-dépenses. Il n’est pas interdit, par exemple, de recruter un nouveau joueur mais il faut pour cela en avoir les moyens. Autrement dit, être capable de financer ses dépenses par l’argent issu des droits TV, de la billetterie, des produits dérivés, du sponsoring et des primes reversées par les organisateurs de compétition (et non pas en s’endettant, c’est-à-dire contracter des dettes, notamment auprès d’établissements financiers ou autres). La mesure sera mise en application de façon progressive et un écart sera toléré dans les limites fixées. La première période de surveillance concerne les saisons 2011-2012 et 2012-2013 et le déficit cumulé accepté est de 5  millions d’euros. Cette somme peut être relevée à 45  millions si les actionnaires acceptent de combler l’écart. La deuxième période aura lieu de 2014 à 2017 et l’écart toléré ne sera plus que de 30 millions d’euros. Pour les clubs ne respectant pas ces critères – par exemple un club présentant un déficit de 50 millions d’euros contracté entre 2011 et 2013 – les sanctions pourront aller de l’interdiction de recruter à l’exclusion des compétitions européennes. Les premières sanctions sont susceptibles de tomber en 2013, et l’interdiction de participer aux coupes européennes en 2014-2015. L’UEFA a précisé que le règlement sera appliqué de la même façon pour tous les clubs, y compris les plus grands. Un réel changement pour les clubs francais ? L’endettement continuel ne sera donc plus possible. Pas question, par exemple, d’acheter un joueur 50 M € et de lui offrir un salaire mirobolant si l’on n’est pas capable de générer des recettes équivalentes. Ces changements sont a priori assez favorables aux clubs français, dont les finances étaient déjà contrôlées par la DNCG et ne pouvaient donc pas se permettre de présenter des budgets trop déficitaires, contrairement aux clubs étrangers. « Ça va vers l’équité sportive », estime Didier Deschamps. Cependant, l’écart avec les plus grands clubs européens ne disparaîtra pas. Les fiscalités, les charges sont différentes selon les pays et les clubs ne génèrent pas les mêmes ressources. Manchester United et le Real Madrid continueront à dépenser bien plus que l’OM ou l’OL. Sur un an, le Real crée près de 440 millions d’euros de revenus, contre 146 à Lyon. Pas de quoi rivaliser donc, ni côté achats de joueurs, ni pour les salaires proposés. Tristan Lecocq

Billets d’humeur

Pourquoi un fair-play financier ?

Tennis

Bartoli, une chance de médaille gâchée

À l’approche des Jeux Olympiques d’été à Londres, tous les français commencent à réfléchir aux médailles qu’il sera possible de remporter. C’est alors qu’on peut se dire qu’il y en a au moins une que l’on a gâchée « bêtement ». Pour se qualifier d’office, les tenniswomans doivent respecter certaines règles : il faut avoir pris part à au moins deux rencontres de Fed Cup (dont une jouée l’année des JO) et être classée dans les 56 meilleures joueuses mondiales. Elles peuvent également recevoir une invitation de la part de la Fédération de leur pays mais pour cela une bonne relation est nécessaire, ce qui est loin d’être le cas pour Marion Bartoli. La joueuse originaire de Puy-en-Velay ne sera donc pas aux JO, puisque celle-ci refuse de participer aux rencontres de Fed Cup sans la présence de son père en tant que coach, car sa présence seule (proposée par la FFT) ne lui suffit pas. Malheureusement pour le tennis féminin français, Marion est la n° 1 française et la n° 7 mondiale alors que la n° 2 française (Pauline Parmentier) est seulement 60e mondiale. Dans la période actuelle où le tennis féminin ne parvient pas à trouver sa championne, Marion Bartoli avait donc de très bonnes chances à défendre aux Jeux Olympiques. Le plus frustrant est sans doute le traitement de ce problème par les médias. Ils ne parlent que de son refus de jouer en Fed Cup, certains estiment même que cela n’est pas une raison suffisante pour ne pas la laisser représenter la France aux JO. Ils restent à la surface du problème, car Marion ne respecte aucune condition nécessaire à sa participation, comme l’a déclaré Nathalie Dechy, tenniswoman française de 1994 à 2009 : « Marion ne se plie pas aux règles draconiennes de localisation demandées par les instances internationales ». Voir Marion Bartoli aux Jeux Olympiques de Londres semble donc totalement exclu. Espérons qu’elle s’aperçoive de ses erreurs avant 2016, année des prochains jeux d’été au Brésil, qui seront sûrement les derniers jeux pour lesquels son âge lui permettra de défendre les chances de la France. Julie Le Nours

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l’Agenda du sport Juin 2012 par Alexandre Capet et Anthony Martins

• 7 au 10 : VTT – Championnat d’Europe à Moscou – www.ffc.fr • 8 au 10 : Formule 1 – Grand prix du Canada – www.fia.com • 8 au 19 : Football – Championnat d’Europe des Nations en Ukraine et Pologne – www.euro-2012-football.fr • 9 : Rugby – Finale du TOP 14 – www.lnr.fr • 9 : Tennis – Finale Femmes Roland Garros – www.rolandgarros.com • 10 : Tennis – Finale Hommes Roland Garros – www.rolandgarros.com • 14 au 17 : Golf – US Open aux États Unis – www.usopen.com • 15 au 20 : Escrime – Championnat d’Europe – www.escrime-ffe.fr • 22 au 24 : Formule 1 – GP d’Europe – www.fia.com • 25 au 8 juillet : Tennis – Grand Chelem – Wimbledon – www.wimbledon.com • 27 au 1er juillet : Athlétisme – Championnat d’Europe – www.athle.org • 30 au 22 juillet : Cyclisme – Tour de France – www.letour.fr

Juillet 2012 • 6 au 8 : Formule 1 – GP de Grande Bretagne – www.fia.com • 6 au 8 : Course automobile – Le mans classic – www.lemansclassic.com • 18 au 21 : Aviron – Championnat du monde – www.avironfrance.asso.fr • 19 au 2 août : Plongeon – Championnats du Monde – www.ffnatation.fr • 20 au 22: Formule 1 – GP d’Allemagne – www.fia.com • 27 au 29 : Formule 1 – GP d’Hongrie – www.fia.com

Août 2012

34 • 3 au 5: Football – Reprise de la Ligue 1 – www.lfp.fr • 10 au 19 : Baseball – Coupe du Monde Femmes – www.baseball.ca • 17 au 18 : Rugby – Reprise du TOP 14 – www.lnr.fr • 18 au 9 septembre: Cyclisme – Tour d’Espagne – www.lavuelta.com • 21 au 29 : Football – Barrages qualifications Ligue des Champions –www.uefa.com • 25 au 30 : Équitation – Championnat d’Europe Dressage – www.ffe.com • 25 au 30 : Équitation – Championnat d’Europe Saut d’Obstacles – www.ffe.com • 26 au 9 septembre : Tennis – Grand Chelem – US Open – www.usopen.org • 29 au 9 septembre : V.T.T. – Championnat du Monde VTT et Trial – www.ffc.fr • 31 au 2 septembre : Formule 1 – GP de Belgique – www.fia.com p

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Amos Inside Gymnastique

Janice Estarque championne de France Le week end du 5-6 mai nous avons gagné les Championnats de France Challenge Step à Arques. Petit Historique de l’équipe : Déjà double championne de France en 2009 et 2010, nous perdons le titre l’an dernier pour descendre d’une marche et prendre la 2e place. Mais en mai nous confirmons que Fontenay n’est pas une équipe comme les autres et nous récupérons notre titre. Il s’agit d’un palmarès historique, car aucune équipe n’est restée aussi longtemps sur le podium.

Rugby

Quand le coq mange les kiwis… Le 6 octobre 2007, le temple du rugby Gallois (le Millenium Stadium de Cardiff) a été témoin d’une incroyable bataille opposant le XV de France mené par Raphael Ibanez à la terrible équipe des All Blacks de Richie McCaw. J’ai eu la joie d’assister à ce match sur grand écran, place de l’Hôtel de Ville où a eu lieu un incroyable regroupement populaire. La partie n’a pas commencé que le cadre épique est déjà présent : Les rugbymen français, sous les couleurs tricolores, défient l’intimidant Haka néo-zélandais. Ils s’avancent au niveau de la ligne médiane comme pour dire « On vous attend, même pas peur ! ». Le match est lancé. Il démarre sur les chapeaux de roue pour l’équipe néo-zélandaise : ils sont très agressifs en défense et sur les phases d’attaques, d’autant plus que les bleus ont du mal à rentrer dans le match et subissent une pression féroce. À l’image de Serge Betsen, taulier de l’équipe qui, après dix minutes de jeu se voit dans l’obligation de céder sa place suite à une charge de Rokocoko. Betsen sorti, la France souffre sur les phases de conquête et peine à conserver le ballon. Les Blacks ont la main mise sur le jeu et profitent de ce temps fort pour engranger les points : ils marquent deux pénalités et un essai transformé pour laisser le XV de France à 13 points, à cinq minutes de la mi-temps. La cabane est tombée sur le chien, mais il n’est pas encore mort. 39e minute, sur une belle cocotte des avants français, l’arbitre siffle une pénalité, Beauxis envoi le ballon entre les perches : ça passe ! La France peut rejoindre le vestiaire avec trois points dans son escarcelle. Première période : Avantage Blacks (13-3). À l’Hôtel de Ville, l’angoisse est palpable… Cependant, après un discours de Bernard Laporte, direct mais réaliste, les Français reviennent du vestiaire galvanisés, comme si les encouragements de toute une nation avaient enfin atteint les côtes Galloises. On sent les bleus de plus en plus incisifs, et, cinq minutes après le retour des deux équipes, une formidable inspiration de Beauxis permet de relancer complètement le match : Dans les vingt-deux mètres néo-zélandais,

Coup de rétro...

il passe au pied pour Jauzion qui est gêné par MacAllister : carton jaune et pénalité. Beauxis la passe. La France y croît, 13-6 et dix minutes de supériorité numérique : place de l’Hôtel de Ville, on assiste sans le savoir aux prémices d’un match historique. Les bleus poussent les Blacks dans leur camp, et, sur une formidable action collective, Dusautoir prend l’intervalle et parvient enfin à percer l’infranchissable rideau noir… C’est l’essai ! Explosion de joie du coté des supporters parisiens, 1313, La France recolle au score ! Malheureusement, après le retour de MacAllister, les Maoris pilonnent et So’Oialo marque en force, l’essai n’est pas transformé : 13-18, rien n’est encore perdu. L’entrée de Fréderic Michalak permet, sur une magnifique démonstration de French Flair, de marquer l’essai salvateur après une course de 80 mètres des trois quarts, 18-18 ! Elissalde au but, il n’a pas le droit à l’erreur, il prend son élan… Et ça passe ! Une onde de joie résonne place de l’hôtel de ville où des milliers de personnes passent l’éponge sur les erreurs passées, nos coqs mènent pour la première fois du match. Il reste 10 minutes à jouer, et les blacks sont bien décidés à gagner ce match, il n’y a que deux petits points d’écart et un drop mettrait fin à l’aventure des bleus dans « leur » coupe du monde. Allez les petits ! Soyez vaillants et courageux ! L’ambiance est insoutenable à Paris, les néo-zélandais agressent le camp français avec hardiesse et enchaînent les phases de jeu. Mais les français ont mis les barbelés, et, avec leur courage et leur dernier souffle, défendent leur ligne comme des acharnés. C’est la fin du temps réglementaire, et, sur une mêlée spontanée, Elissalde récupère le ballon, court vers son camp et passe la ligne de touche, C’EST FINI ! 20-18 ! La France est en demi ! Après un match insoutenable avec deux cents plaquages pour les bleus, où personne n’aurait cru au triomphe du XV tricolore. Ils ont prouvé ce soir que le French Flair n’avait rien à envier à la meilleure équipe du monde. Eh oui, la purée de kiwis, c’est possible ! Jimmy Krazem

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Sport Business Mag #1