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CULTURE

Volume 0 - Numéro bêta

CULTURE Rencontre entre deux générations de photographes

POLITIQUE Dossier sur les enjeux de la conférence de Copenhague

DESIGN Nico Stinghe photographie Denis Gagnon, Eli Bissonnette, Zilon et Eddy Maleterre

VOYAGE Rio de Janeiro, Moscou, Londres et Chennai Baronmag.com

POLITIQUE

DESIGN

VOYAGE


gravisskateboarding.com

landing in stores feb 1st

the new arto series


CONTENU 8

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CULTURE Brèves Une exposition sur la révolution automatiste de Montréal à Markham, une troupe de théâtre fête les 20 ans de la destruction du mur de Berlin avec des marionnettes géantes, un jeune cuisinier tatoué lance son premier livre de recettes et découvrez les nouveaux disques des groupes Exxassens, Rx Bandits et We Are Wolves  Musique Lorsque le death métal rend hommage au punk rock Nous allons à la rencontre d’Orion, bassiste du groupe death métal Behemoth. Discussion à propos de l’impact de reprendre des chansons de groupes méconnus.  Analog Africa Un peu d’histoire autour de cette maison de disques allemande spécialisée dans la musique rock africaine.  

10 Scott Dunbar: Blues de rue

Pas évident d’essayer de vivre de la musique. Par contre, la rue cache des talents. Rencontre avec l’un d’eux et son accordéon.

10 Rencontre avec Matthew Embree: RX

Bandits C’est dans le bus de tournée que nous avons rencontré Matthew après un spectacle. Le but était de parler d’autre chose que de musique. Résultats? Bouffe, voyage et bénévolat.

14 Jimmy Suzan: La BD dans les muscles

Nouveau bédéiste sur la scène québécoise, Jimmy décide de démarrer sa propre maison d’édition de BD. Survol de l’industrie de la BD québécoise et extrait du premier tome de sa trilogie: La dynastie du trivéole.

22 Duel de visu

Résultat d’une rencontre de différentes générations dans le domaine de la photographie professionnelle. L’un a vu l’ère du numérique faire sa place, tandis que l’autre est né dedans. François Brunelle et Maxyme G. Deslisle parlent de leurs expériences et de leurs démarches personnelles.

24 À s’en lécher les doigts

Le photographe américain Micheal Loyd Young lance un recueil de ses plus belles images sur le blues du Mississippi : Blues, Booze & BBQ.  Bouffe

27 La randonnée de la santé

David Côté, cofondateur du restaurant Crudessence qui se spécialise dans la nourriture crue, nous raconte sa randonnée du Mexique au Canada. Un exploit réalisé en tentant de se nourrir de ce que la nature avait à offrir.

Des festivals de plus de 50 groupes font beaucoup de bouches à nourrir. Heureusement, il y a des entreprises qui s’occupent de ça. C’est le cas de Tada Catering qui possède, entre autres, le mandat du Vans Warped Tour.

MARS 2010

Surveillez notre dossier sur l’énergie Pour collaborer à Baron: info@baronmag.com

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BARON bêta

Elle réalise la première couverture de Baron. Elle fait de la sérigraphie, mais aussi de la peinture. Pour se faire, elle a dû se créer un double qu’elle surnomme Sweet Grognasse. 

27 Bien nourrir les rockeurs!

Prochain numéro:

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Arts Visuels

12 Isabelle Guimond

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En couverture: Isabelle Guimond alias Sweet Grognasse

BARON bêta

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POLITIQUE

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Brèves Survol du livre de Jacques Parizeau, Le souverainisme hier, aujourd’hui et demain, du livre de Shlomo Sand Comment le peuple juif fut inventé, du magazine The Intelligence Life lancé par The Economist Group, ainsi que quelques élections à surveiller à l’international.

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30 Hugh Miles

Étant l’une des chaînes les plus regardées au monde, Al-Jazeera est le premier poste qui nous fait découvrir le monde arabe sans censure. Hugh Miles nous fait une visite guidée de cette chaîne financée par l’émir du Qatar et le travail sans relâche d’une poignée d’anciens journalistes de l’antenne arabe de la BBC depuis 1996.

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Druze israélien : Entre allégeance et rébellion La population druze est estimée  à 122 000 personnes, soit 1,7 % de la population israélienne. Confrontés à la modernisation de leur structure sociale et à l’allégeance à Israël, qui se considère avant tout comme un état juif, les Druzes ne cessent de chercher un improbable modèle de référence.  Indonésie: Comment monnayer sa forêt. Dans un dossier consacré  aux forêts et aux changements climatiques, Romain Pirard s’interroge sur la capacité d’un mécanisme de financement REDD (réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts) pour «  inverser une tendance forte de déforestation/dégradation dans un pays comme l’Indonésie ». 

44 Brèves

dossier COP15

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DESIGN La Gaspésie remet à la mode la bière en cruche, coup de coeur sur un emballage de nourriture pour animaux en Suède, un nouveau parfum pour les rockers, nouvelle collection de t-shirts pour les amateurs de Batman, des souliers de ninja avec du style et des groupes de musique qui aiment boire. 

Les défis du Groenland Le Groenland dans les relations internationales devient de plus en plus important avec la fonte des banquises, ouvrant à un potentiel de transport de marchandises grandiose, puis une réserve d’hydrocarbures qui correspond à 20% du total mondial.

45 Le réveil du maître

Maintenant que l’hiver est arrivé et que l’on doit se lever dans la noirceur, sortir du lit est de plus en plus une corvée. Voyez nos suggestions originales de réveille-matin.

4 degrés Carte illustrant les conséquences globales d’avoir omis de maintenir le changement climatique à moins de 2 degrés Celsius. Gracieuseté du gouvernement d’Angleterre.

46 Le piedestal des nerds:

la pandémie Pecha Kucha Lancé à Tokyo par une firme d’architectes, l’événement Pecha Kucha offre l’opportunité aux designers, architectes et créateurs de tous genres de présenter leurs projets et démarches dans un temps limité. En un peu plus de deux ans, presque toutes les villes du monde se sont appropriées le concept. Marc-André Plasse, un des organisateurs à Montréal nous en raconte un peu plus. 

L’Himalaya, le changement climatique et la géopolitique de l’Asie Les glaciers de l’Himalaya constituent la plus importante réserve d’eau douce du monde hors des pôles et alimentent les principaux fleuves asiatiques. L’exploitation de cette eau se fait sur fond de tensions géopolitiques et de menaces liées au changement climatique, aussi bien du côté indien que du côté chinois et tibétain.

49 Nico Stinghe & le syndrome de l’imposteur

Ce jeune photographe reconnu pour son univers a créé un certain débat sur ce que devraient avoir l’air des images professionnelles dans le domaine de la mode. Entretien avec ce photographe autodidacte sur ses origines et sa démarche.

Réfugiés environnementaux Selon une étude publiée par les Nations Unies, une dégradation de l’environnement pourrait obliger jusqu’à 50 millions de personnes de plusieurs régions du monde à devenir des réfugiés d’ici 2010.  

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VOYAGE

57 Rio de Janeiro - Brésil

Petite incursion à la favela Tavares de Bastos pour y découvrir une communauté qui se différencie de l’image générale des bidonvilles du Brésil. 

60 Moscou - Russie

Punks, policiers et nazis Anecdote de Thomas Barnett, chanteur du groupe engagé Strike Anywhere à propos de son premier spectacle en Russie.

61 Islington - Londre

Perçu comme étant le quartier central de Londres, découvrez nos choix de restaurants, boutiques, cafés, bars et bien plus à visiter lors de votre prochain (ou premier) passage outre-mer.

64 Chennaï - Inde

Où est mon bhramane? Suivez un brahmane dans sa demeure et découvrez la culture de ce pays forgé sur la spiritualité.

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50 Session de photos Baron

Pour lancer notre série d’entrevues Baron, quoi de mieux que d’utiliser les talents de Nico Stinghe et de lui laisser carte blanche pour nous créer une oeuvre avec les corps d’Eli Bissonnette, Denis Gagnon, Zilon et d’Eddie Maleterre.

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52 Des meubles compacts

Trouver une nouvelle façon de rapprocher les clients de leur produit était la perspective de base de Pedro Gomes lorsqu’il a développé le projet Compact. Des meubles à monter faits en carton.

52 Lorsque la solitude naît, vient le funktionide 50 46

l’équipe Éditeur Nelson Roberge info@baronmag.com Directeur des ventes Leonardo Calcagno pub@baronmag.com Couverture Isabelle Guimond isabellguimond@hotmail.com

Design graphique et illustrations Mikesavard.com Logo Baron Mélodie Vachon-Boucher

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BARON bêta

Blason Baron Emmanuelle Lambert Design web et programmation Pablo Boerr Journalistes Alhadji Bouba Nouhou, Amélie Bruneau-Longpré, Annie Bélanger, Damien Degeorges, Jonathan Duquette, Kaven Joyal, Katerina Kaldi, Leonardo Calcagno, Nelson Roberge, Petit Jean Olivier, Romain Pirard, Stéfane Campell, Uzi Blackman, Vanessa Moore.

Collaborateurs(trices) Catherine Labarre, Émilie Jouan, Mélodie VachonBoucher Correction Annie Bélanger, Isabelle René  Photos Etter Studio, IDF,  Jens Buurgaard Neilsen, Jonathan Duquette, Julia Luchessi, Kaven Joyal, Leonardo Calcagno, Nelson Roberge, Mc Kay Savage, Micheal Loyd Young, Nico Stinghe, Vanessa Moore.  

Représentant aux ventes Nelson Roberge Marketing extra caramel extracaramel.tv Quartier général 5351, ave du Parc Montréal (Québec) H2V 4G9 info@baronmag.com 

Baron Magazine est publié 4 fois l’an par Extra Caramel, 68 prince-arthur ouest #204, Montréal (Québec) h2x 1s6. Tout droits réservé. Tous droits réservés. Toute reproduction entière ou partielle sans permission écrite est strictement défendue. ISSN: 1920-8391 Dépot légal à la bibliothèque nationale du Québec et Archives Canada

C’est en faisant des recherches sur la nouvelle technologie du polymère électroactif (matériau utilisé pour la confection de muscles artificiels) que le designer allemand Stefan Ulrich se pose des questions sur la relation entre les produits et les humains dans le futur.

53 Tricot machine

Le tricot qui représentait à une certaine époque la femme de maison qui devait habiller la famille s’est écarté pendant plusieurs années pour revenir quelques générations plus tard de façon beaucoup plus éclatée. Découvrez trois femmes créatives plongées à l’intérieur de trois réalités différentes, mais sous une même passion.

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L'Afrique rock dans mon coeur

exposition

La Révolution Automatiste de Montréal 1941-1960

par Leonardo Calcagno

Marcel Barbeau dans son atelier de Sutton (Estrie)

Photo: Ninon Gauthier

Au McKay Art Centre à Markham du 23 octobre 2009 au 28 février 2010

Le McKay Art Centre, à Markham en Ontario, rend hommage aux artistes automatistes du Québec, tel que Jean-Paul Riopelle et Paul-Émile Borduas. 60 oeuvres sont présentement exposées, rendant hommage à la peinture, la photographie, les livres et plusieurs autres productions empruntées dans diverses institutions et collections privées au Canada. L'importance du mouvement multidisciplinaire et de l’oeuvre laissée derrière eux, intitulé Le Refus Global, est reconnue dans l'histoire et l'art du Canada, comme celle qui a marqué le plus le pays dans sa dimension sociale et révolutionnaire. Un livre sur l'exposition, publié par Douglas & McIntyre, est également disponible. |markham.ca|

Théâtre-art

LA RÉUNIFICATION ALLEMANDE À TRAVERS LES YEUX DE LA TROUPE « ROYAL DE LUXE »

LIVRE

LE CUISINIER REBELLE Après avoir vu son père se faire inviter à quelques reprises sur les plateaux d’émissions de télé culinaires, il n’est pas trop étonnant qu’Antoine Sicotte lance son premier livre de recettes. Le cuisinier rebelle ? Pourquoi donc ? Il concocte des repas en cachette ?

Fondé en 1979 par Jean Luc Courcoult, Royal de Luxe est une troupe de théâtre de marionnettes géantes. Rien de plus impressionnant que de les voir manoeuvrer ces jouets mesurant une quinzaine de mètres. La troupe a pris possession des rues de Berlin dernièrement pour offrir son spectacle pour les 20 ans de la destruction du mur. L’histoire qui racontait les retrouvailles d’une petite fille de l’Est et de son oncle de l’Ouest s’est terminée devant la porte de Brandebourg après avoir fait le tour des rues de la ville.

Même si on reste perplexe devant le titre et l’image du jeune cuisinier tatoué qui surplombe l’industrie culinaire de nos jours, le livre possède une esthétique graphique très rafraîchissante qui accompagne des recettes qui donnant l’eau à la bouche. Même s’il n’est pas chef de formation, Antoine partage ses découvertes gastronomiques pour toutes les occasions à travers des saveurs venant de partout dans le monde. Une belle démonstration qui donne une fois de plus l’envie de faire à manger. |lecuisinierrebelle.com|

bassiste du groupe Behemoth par Yannick Tremblay

C’est une rumeur, un pur préjugé ou peut-être même un fait, mais les fans de black métal sont reconnus pour leur manque d’ouverture à d’autres styles musicaux. Ce n’est plus pour longtemps, parce que selon Orion, bassiste du groupe black métal polonais Behemoth, le fait d’avoir repris des chansons de groupes punk rock aurait apporté des changements d’attitude chez leurs fans. Après avoir repris une chanson des Ramones sur leur premier album, une reprise en concert de Turbonegro, c’est maintenant au tour de Killing Joke de se faire rendre hommage.(nr) Comment réagissent les fans quand on sait que la scène death métal à une réputation d’être fermé d’esprit sur le plan musical ? Nous n’avons pas de problème avec ce fait. Nous 8

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savons qu’il y a du monde comme ça, nous ne le sommes pas. Nous avons repris une chanson de Turbonegro et nous continuons à la jouer la plupart du temps. La première fois que nous l’avons jouée, les gens étaient vraiment surpris et avaient l’air de ne rien comprendre de ce qui se passait. Plus on jouait la chanson, plus la foule commençait à chanter les paroles. Puis, on a commencé à entendre des spectateurs parler entre eux de Turbonegro et des autres pièces qu’on jouait, alors oui, je crois qu’on a réussi à les amener à s’ouvrir à quelque chose de différent. Il y a tellement de groupes à apprécier qui ne sont pas strictement death métal.

Photo: metalblade.com

Lorsque le death métal rend hommage au punk rock rencontre avec ORION:

+ sur baronmag.com

Il faut que je vous avoue quelque chose. Pendant les six premières années de ma vie, je croyais être un enfant noir. Je pensais être noir, car mon frère et moi, nous nous faisions garder toute la journée par une Angolaise avec ses enfants, cousins et amis. C’était à l’époque où nous vivions à Toronto à notre arrivée au Canada en tant que réfugiés politiques du Chili. Nous vivions dans un immeuble avec des familles africaines et brésiliennes. Nous étions les seuls blancs latinos. Tous les enfants se faisaient garder par elle pendant que les parents travaillaient. Les journées à courir et danser du Kizomba (genre de samba) et à manger du poisson Kakusso avec mes cousins africains et brésiliens font partie de mes plus beaux souvenirs d'enfance. Un autre souvenir que je garde en mémoire est celui de la musique soul, la samba, le bossa-nova, le funk et l'afrobeat qui régnaient dans la maison lorsque ses frères faisaient jouer sur la table tournante des vinyles de musique africaine avec des guitares électriques distortionnées, des choeurs de femmes chantant en harmonie avec une telle puissance vocale qu'on pouvait imaginer leur beauté, souriantes et dansantes au rythme des jams de batteries, mélangés avec des tam-tam créant ainsi une musique spectaculaire qui me faisait rêver d'animaux exotiques, des levers du soleil sur la savane et de dormir à la belle étoile. Après mon départ de cet univers africain vers le Québec, l'afrobeat est disparu, mais l'amour pour le funk-soul-bossa-nova est resté, même avec mon penchant pour Black Sabbath, le « hardcore » et le « stoner rock ».

basée à Frankfurt en Allemagne, nous fait faire un voyage dans le temps sur le continent africain où des groupes, comme l'Orchestre Poly-Rythmo au Bénin, enregistraient à l’époque plus de 50 albums et des centaines de 45 tours avec leur style hard-funk touchant autant le jazz, le soul, la rumba, l’afrobeat que le rock. Les trésors musicaux offerts en compilation par Analog Africa font preuve d’un travail musico-archéologique. Les pressages de 45 tours dépassaient rarement les 500 exemplaires, sans oublier que la distribution était inexistante et se faisait peu à l’extérieur des villes. Certaines pièces ont dû être enregistrées avec un microphone ou deux et des consoles usagées à 4 pistes. Un des facteurs importants est les guerres en Afrique qui ont détruit une bonne partie de cette riche histoire musicale. Voyageant dans des coins reculés de l'Afrique pour visiter des marchés aux puces poussiéreux et chauds, Samy passe des journées à fouiner à travers des milliers de vinyles entassés dans des boîtes dans le but de découvrir la perle rare et la mettre en compilation. Les albums, tel que Legends of Benin, Analog Africa No.3, African Scream Contest ou l'Orchestre Poly-Rythmo de Cotonou Volume One nous transportent dans une époque de liberté, d'une jeunesse pleine d'énergie ouverte au monde et d'espoir pour une nouvelle Afrique décolonisée et surtout, une musique si chaleureuse. Chaque album vient avec un livret en couleur de 40 pages avec les biographies des compositeurs et des notes détaillant l'histoire se cachant derrière chaque compilation. Merci Analog Africa. |analogafrica.blogspot.com| |myspace.com/analogafrica|

Après toutes ces années d'exil musical, Samy Ben Redjeb d'Analog Africa, une compagnie de disques

|behemoth.pl|

+ sur baronmag.com La Pologne catholique versus Behemoth Leurs différentes maisons de disque sur plusieurs territoires L’importance de l’image du groupe en concert.

Exxasens Beyond the Universe De retour dans notre univers des mortels, le Catalan Jordi Ruiz, multi-instrumentiste et unique membre du groupe Exxasens, nous revient avec un deuxième album post-rock où il tente de reproduire le langage des étoiles et de la voie galactique qui nous interpellent dans notre sommeil. Des milliers de sonorités s’enchaînent dans un paysage paisible décrivant l’exploration de l’univers par l’homme, comme dans la chanson «Sky in Red», qui parle du voyage de Yuri Gagarin et de son retour à la terre pour lequel il est perçu comme un héros en URSS. Jouée avec une précision mathématique, cette symphonie spatiale vous donnera le goût d’observer les étoiles.

We Are Wolves Invisible Violence Dare To Care Records Depuis la naissance de WAW à Montréal, j’ai pu voir ce groupe grandir à travers des soirées bien arrosées, des spectacles qui finissaient tard la nuit et des soirées à la « Castaneda ». Ce fut la découverte d’un univers musical parallèle ouvrant des perceptions dans un langage secret traduit par des cris d'amour et d'espoir, martelé par un puissant rythme des cavernes suivant le battement de notre cœur, englobé dans un électro salé-sucré pointé vers Dieu, une main tendue à Satan sermonnant une prière digitale. Invisible Violence continue dans la lignée mystique punk en ouvrant une autre porte à leur univers féerique solidifié par une tournée mondiale avec leur précédent album, Total Magique. L'art d'écrire de bonnes chansons ésotériques qui nous transportent sans faire « wanna be » est très difficile et WAW réussit à construire des pyramides sonores en groupant la masse à leur message étoilé de sonosexe à son état pur, puis à nous faire danser. |Suivez WAW sur leur blogue wearewolves.net| Teenage Death Star Longway To Nowhere ffwd & ffcuts records

Est-ce que vous avez entendu un groupe punk reprendre une chanson de Behemoth ? Nooon, mais aussitôt que vous en entendez une, faites-moi savoir !

critiques de disque

baron vous suggère de la musique africaine qui groove

Various Artists African Scream Contest

Various Artists Legends Of Benin

L’afrobeat psychédélique des années 70 à son meilleur. Des guitares groovy, des cris du coeur et une énergie où on peut goûter le rhum, le sexe, la magie et le rock résonnant dans chaque chanson. James Brown fut très influencé par le rythme de Gabo Brown & Orchestre Poly-Rythmo.

Les légendes du Bénin sont regroupées sur 14 chansons dans ce magnifique album offrant des pièces diversifiées. Allant du reggae au reggeaton, en passant par la congolaise et l’afrobeat funk avec des solos de guitare cosmiques sur des rythmes latins africains avec des voix chaudes pour les oreilles.

L’Indonésie n’est pas seulement l’univers des sourires, des fruits exotiques, d’îles paradisiaques et du akmi goreng (nouilles frites aux légumes) accompagné d’une bonne bière Bintang. Elle est aussi la maison de Teenage Death Star, un groupe punk-rock formé à Bandung avec une puissance dévastatrice amplifiée par l’alcool, la sueur, la foule, les odeurs de la nuit et l’adolescence insouciante, combinée par un rock’n’roll brutal avec des riffs de guitare croustillants et l’atmosphère sexuelle du punk des années 70. Si vous voulez écouter un album sans compromis et honnête à la Stooges, Teenage Death Star est votre ami. |myspace.com/teenagedeathstar| BARON bêta CULTURE

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Scott Dunbar l’école de la rue

Texte ET Photo par nelson roberge

Pour percer en tant que musicien, on se dit qu’on doit absolument faire un disque et tourner par ses propres moyens dans les bars avant d’enfin dénicher un contrat de disque. D’autres vont surtout miser sur la production d’un album pour se faire accepter dans certaines radios sans devoir se compliquer la vie à trop faire de spectacles. Et une minorité, complètement à l’extrême, fait de la musique dans la rue gratuitement pour tout le monde. Scott Dunbar fait partie de cette dernière catégorie. Armé de son accordéon, de sa valise, d’une plaque à biscuit et d’une chaîne, Scott est à lui seul un groupe entier reprenant à sa façon des chansons à succès ou partageant ses compositions.

Qu’est ce que tu aimes de jouer dans la rue ? Je fais des journées de quatre heures et j’amasse assez d’argent. Parfois plus que certains de mes amis qui ont un emploi qu’il n’aime pas. Je reçois des commentaires et beaucoup me disent que je mets du soleil dans leur journée. C’est vraiment touchant. D’où vient ton goût pour l’accordéon ? C’est l’accordéon de ma mère. Mon grand-père en jouait aussi, mais je ne l’ai pas connu. Il paraît que c’était un fou de la musique, qu’il y avait presque juste ça dans sa vie. Il était un peu con! Dans la rue, le son de l’accordéon est bien meilleur que la par nelson roberge

Rx Bandits est l’un de ces groupes sortis tout droit, il y a près de 15 ans, des effets du « revival » de la musique ska des années 90, aussi appelés la 3e vague de ska. Malgré le genre qu’ils avaient pu développer à ce moment-là, leur évolution a surtout pris une tangente défi--nitivement plus rock et progressive qui se fait très bien sentir dans leur tout nouvel album « Mandala ». J’ai pu m’entretenir avec Matthew lors de son passage à Montréal l’été dernier.

bénévolat et voyage avec matthew ambree Chanteur-guitariste de RX Bandits

Photo: solidpr.com

Qu’est-ce que tu fais dans la vie à part de la musique ?

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Je travaille avec mon père qui est le directeur du conseil pour l’organisation Los Angeles Mission. Je suis aussi bénévole dans une organisation qui se nomme Interval House. L’organisme aide les femmes et les enfants battus qui sont pris à l’intérieur d’une relation abusive. On les aide à se séparer de cette relation, on fait aussi beaucoup de consultation parce que la majorité des femmes impliquées dans ce genre de situation pensent que c’est de leur faute. À force de vieillir et de voyager dans le tiers monde et les pays en développement, tu découvres à quel point les femmes sont constamment en second dans toutes les classes sociales. Il y a beaucoup de cultures qui sont très sexistes. Toutes les classes oppriment les femmes dans différentes cultures, qu’elles soient pauvres ou riches.

guitare et ça fait tourner les têtes parce que c’est original. Tout le monde joue de la guitare. Le musicien joue encore et toujours à Montréal. Il retourne quelques fois dans sa ville natale pour voir sa famille. Sinon, il est très probable que vous l’entendrez devant le métro Mont-Royal et à quelques autres endroits dans ce secteur.

+ sur baronmag.com Entrevue intégrale avec Scott

Tu parles de voyage, tu le fais beaucoup avec le groupe, mais personnellement, qu’est-ce qui t’attire le plus dans un pays ? C’est peut-être parce que j’ai faim présentement, mais je te dirais que la cuisine en général est un critère important. J’aime la nourriture. Je préfère aussi les pays en développement parce qu’il n’y a pas de magasins et de restaurants. J’aime la nature, faire du pouce, camper sur la plage et surfer. Quelles sont tes villes préférées ? San Juan Del au Nicaragua : le peuple de ce pays est tellement beau et aussi pour les plages vierges. Ce sont les plus beaux couchers de soleil. J’ai vu beaucoup de couchers de soleil partout en Amérique centrale et les plus magnifiques sont certainement à cet endroit. La nourriture est excellente. Caracas au Venezuela : J’adore Caracas, mais c’est vraiment un endroit intense! Vraiment intense par rapport à toutes les autres villes que j’ai visitées. C’est très dangereux. Tu ne peux pas vraiment te promener à pied à moins que tu sois au centre-ville. Long Beach aux États-Unis : C’est ma ville préférée dans le monde. C’est ma ville natale! Il y a tellement de cultures différentes. Je marche à deux blocs de chez moi et j’ai accès à près d’une trentaine de plats différents. Et c’est intéressant parce ce n’est pas le « peuple blanc » qui essaie de faire de la cuisine d’ailleurs, mais des familles de différentes cultures qui ont créé leurs restaurants indépendants. Alors, tu peux parler avec eux de leur nationalité et de leur culture alimentaire.

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+ sur baronmag.com La discussion intégrale avec Matthew

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Photo: Julia Lucchesi

par nelson roberge

Première artiste à vêtir Baron, Isabelle Guimond, qui se cache aussi sous le masque de Sweet Grognasse, est ce modèle d’artiste qui touche à tout. C’est surtout grâce à son talent de sérigraphe – elle a conçu un tas d’affiches et de pochettes de disques - que la jeune artiste s’est forgé une réputation à travers les années. Même si c’est la popularité de ses oeuvres en sérigraphie qui la précède, son habileté au pinceau est tout aussi épatante et totalement différente. Tiraillée par deux styles distincts avec deux médiums qui le sont tout autant, Isabelle a décidé de tracer une démarcation l’aidant ainsi à se positionner différemment selon la clientèle. « J’ai décidé de signer Sweet Grognasse sur les sérigraphies qui sont plus inspirées du Pop art, tandis que mes toiles reflètent plus un univers hyper réaliste. » Entretien avec une schizophrène tout à fait lucide. Pourquoi as-tu décidé de faire une séparation entre tes deux styles ? J’ai étudié en arts visuels, puis un été, j’ai suivi un cours en illustration publicitaire au Collège Salette. J’y ai appris qu’il était possible de faire de l’illustration et d’en vivre. Tout a bien été! Je suis sorti de là et j’ai eu un contrat, mais je me suis rendu compte que je préférais choisir mes clients qui n’étaient pas nécessairement payants plutôt que d’avoir un client qui me demanderait de changer des éléments à plusieurs reprises. Je me suis dit que si je voulais devenir une illustratrice productive, il faudrait que j’y mette la même énergie que pour réussir en arts visuels. Et Sweet Grognasse est arrivée pour faire la séparation entre mes projets personnels en art et ceux en design. Je vois les deux milieux comme des vases communicants, mais ce n’est pas nécessairement vu comme ça dans le milieu de l’art.

plusieurs sources et de m’en servir pour construire des illustrations éclatées ! Mais je n’aime vraiment pas tout de la culture des années 50. La gentrification, le racisme, l’homophobie et la misogynie sont présents dans l’imagerie globale de ces années, ce que je trouve inacceptable, mais la « facture » et le design de ces années sont, selon moi, très efficaces une fois le message détourné ! Dernièrement, tu as eu un contrat pour la télé ? C’est grâce à mon ami Gabriel Poirier-Galarneau (le meilleur « motion designer » de Montréal !). Il m’a engagé pour faire les illustrations qui lui ont servi à réaliser le générique d’ouverture et des capsules animées pour une émission qui se nomme « Apéro à l’opéra ». C’était un super beau contrat! Gabriel et moi voulions travailler ensemble depuis longtemps et c’était vraiment une belle expérience ! D’ailleurs, je recommence l’expérience avec un nouveau projet qui va passer au Canal Évasion et qui se nomme « Transsibérien mon amour ». (Projet de Madelaine Arcand, Olivier Picard et Parceque film). |isabelleguimond.blogspot.com| |sweetgrognasse.blogspot.com|

+ sur baronmag.com Isabelle Guimond aime Sweet Grognasse

Qu’est-ce qui inspire Isabelle Guimond, la peintre? Le cinéma m’influence énormément, la littérature aussi. Pour certain de mes tableaux, je vais capturer des images de film auxquelles je juxtapose des photos de mes amis de façon hyper réaliste. C’est un peu comme si je mélangeais l’histoire du cinéma avec ma propre histoire. J’essaie de choisir des images du film qui ne sont pas reconnaissables. Je travaille à temps partiel à la cinémathèque et ça me nourrit énormément. Sweet Grognasse a l’air d’aimer beaucoup plus le look des années 50? Je te dirais qu’il y a pas mal d’époques qui m’intéressent. La nôtre aussi! Pas seulement le passé! Avec les années 50-70, ça se passe surtout dans les publicités. Il y a une espèce de naïveté face au monde de la consommation et au monde industriel qui me plaît beaucoup. Même si aujourd’hui nous percevons ces choses avec ironie. J’aime particulièrement pouvoir détourner cette « vérité publicitaire » proposée à l’époque. La sérigraphie me permet de pouvoir jouer avec des images de 12

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Pour la rédaction de cet article, je ne devais m’attarder que sur l’artiste en question. Mais je fus détourné par un tas de questions et redécouvrir une industrie me passionnait beaucoup. J’ai donc redirigé l’avenue principale du texte sur un constat de l’industrie de la BD en prenant notre ami Jimmy Suzan comme élément déclencheur.

Jimmy suzan

Des artistes d’ici à surveiller selon Martin Dubé

DE LA BD DANS LES MUSCLES par NELSON ROBERGE photos: Julia Lucchesi

domaine de la pub qui a permis à notre promoteur de réaliser son rêve aujourd’hui.

Je m’imagine un ring de lutte, dessiné en noir et blanc. Les estrades ne sont pas si remplies. Et dans un des coins, on retrouve Paul. Paul est très populaire. La quasi-totalité des spectateurs est là pour lui. C’est un petit monsieur, il est sympathique, il va à la pêche, il a même été jusqu’à Québec récemment. Puis, son adversaire arrive tranquillement de l’autre côté. Les lumières faiblissent, mais voilà que de la couleur se mêle au visuel. Il est presque trois fois la grandeur de Paul, il n’a pas l’air d’avoir envie d’être sympathique et son nom est Krugr l’indomptable. Je prends les paris ? Sur qui misez-vous ? C’est quand même de la BD, l’inimaginable peut se produire. Dans ce monde, Paul pourrait très bien foutre une raclée au colosse, mais dans la vraie vie, il est le personnage de bande dessinée créé par Michel Rabagliati. Tel un subtil autoportrait, il en est à son sixième album de cette série chez les Éditions de La Pastèque et connaît le plus gros succès dans son domaine au Québec. Quant à Krugr, il est créé par Jimmy Suzan, qui bizarrement possède aussi certaines similitudes à son personnage. Il vient de sortir son premier album, payé de sa poche.

J’étais quand même plutôt sceptique la première fois que j’ai entendu l’histoire de Jimmy Suzan. A-t-il idée de l’aventure dans laquelle il se lance? Connaît-il vraiment le marché de la BD au Québec? Pour vous mettre en contexte, malgré les quelques cas particuliers qui connaissent des succès éloquents dans la province (où Paul est roi), la BD québécoise est quand même assez « underground ». À cet effet, j’ai rencontré Gautier Langevin qui est président des organisations Frond Froid et Promo 9e art, deux organismes qui font la promotion de la bd au Québec. «Ici, nous sommes contents si on réussit à vendre 600 exemplaires », explique Gautier. « Tandis qu’en France, ils peuvent vendre 20 000 copies et ne pas être tout à fait satisfaits. C’est encore en plein développement, il nous manque des lecteurs. » Oui, effectivement, en comparaison à la France, nous avons quand même pas mal à rattraper.

« J’ai approché quelques éditeurs pour demander des conseils ou présenter mon projet. Je suis même allé jusqu’au festival de BD d’Angoulême en Belgique (le plus gros rassemblement en Europe). J’ai posé des questions aux éditeurs aussi. C’était très intéressant, mais personne ne pouvait vraiment m’aider et on m’a presque ri au visage à quelques reprises. […] J’ai donc décidé de me lancer à fond. J’ai lancé ma propre maison d’édition, Reign Emporium. » me confit Suzan. Plus que décidé, il met même fin à son job pour se consacrer entièrement à sa première édition : Nirvana interrompu, le premier tome de la trilogie La dynastie du trivéole. Ce ne sont pas tous les artistes qui peuvent se permettre le projet de Suzan. Ce sont surtout ces dix dernières années à avoir travaillé dans le

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Il est très dur de percer dans l’industrie d’ici. Les éditeurs sont peu diversifiés, ce qui amène certains artistes à exporter leur talent où l’industrie est plus profitable. Des exemples faciles sont Yannick Paquette et Jacques Lamontagne. Le premier dessine des X-men pour Marvel Comics, tandis que Lamontagne a dû se rendre en Europe pour dessiner la série Les Druides chez les Éditions Soleil. Mais au Québec, il n’y a aucun éditeur qui s’occupe vraiment de couvrir ces deux genres d’histoire. « Partout dans le monde, la BD de genre (sciencefiction, fantastique, western, policier) est beaucoup plus commerciale, mais au Québec on remarque un engouement pour la BD d’auteur et intimiste ou les romans graphique » souligne Gautier. J’ai vu quelques planches de l’album de Suzan et il est clair qu’il a le talent nécessaire pour percer grâce à ses coups de crayon à la « comics » américaine qui pourrait lui faire prendre le même chemin que

Yannick. Mais, l’artiste a décidé de publier par ses propres moyens le premier tome d’une trilogie fantastique, et ce, dans une finition digne des bandes dessinées à couverture cartonnée glacée que vous retrouverez sur les étagères de n’importe quelle librairie. Même Paul n’a pas ce genre de finition. Je ne veux pas nécessairement dire que les éditeurs convoitent à tout prix ce standard d’impression, mais plutôt que ce n’est sûrement pas la moins dispendieuse. Pour ajouter à tout ça, il imprime une série en français et une en anglais pour un total de 1500 copies. Il a du cran tout le tour de la tête! Notre bédéiste met toutes les chances de son côté en essayant de toucher les deux langues, ce qui lui a déjà permis d’avoir une vitrine du côté anglophone canadien que personne n’aurait pu se permettre en se concentrant seulement sur la province. Tous ceux qui connaissent le milieu de la BD et qui ont entendu parler de Jimmy le trouvent audacieux, mais tous ne sont pas prêts à affirmer que l’artiste réussira sa mission. « C’est très ambitieux de sa part. Je pense que c’était son intention aussi de présenter quelque chose de très pro. Sinon, par son style de dessin, il aurait très bien pu publier son histoire en comicbook. Mais là, avec ce qu’il a fait, on sort du look fanzine. C’est presque une carte d’affaires. Quand il va présenter ça à un libraire ou un éditeur, ça démontre à quel point il est sérieux dans sa démarche. » m’explique Martin Dubé, libraire chez Fichtre!, un magasin spécialisé dans le BD européenne et québécoise. Est-ce que l’arrivée de cette nouvelle maison d’édition va défricher une nouvelle avenue pour les talents d’ici et développer un autre marché de BD au Québec? Est-ce que Reign Emporium va réussir à créer cette vitrine pour la BD de genre québécoise et la positionner par rapport aux autres continents? Est-ce que je commence a trop mettre de responsabilités sur les épaules de Jimmy ? Il ne faut pas oublier qu’il a travaillé 10 ans dans le domaine de la pub. Je ne suis pas trop inquiet qu’il sache comment vendre son histoire… À suivre…

+ sur baronmag.com L’histoire de Jimmy Suzan La BD québécoise selon Martin Dubé La BD québécoise selon Gautier Langevin

Employé de la petite librairie Fichtre! (fichtre.qc.ca) qui a pour mission de faire connaître les artistes d’ici depuis plusieurs années, il nous présente trois artistes qui méritent une attention particulière.

Harvey Hervé Bouchard et Janice Nadeau Édition de la Pastèque « Graphiquement, c’est magnifique. C’est vraiment un beau travail d’illustration. Ce sont des souvenirs de jeunesse de l’auteur. C’est vraiment venu me chercher. L’histoire est un peu triste, mais ça m’a touché. » |lapastèque.com| Rapport annuel 2008 Luc Bossé Indépendant « C’est un bel exemple de fanzinat. C’est un graphiste qui a sacré sa job là pour devenir bédéiste. Rapport annuel 2008 est le fruit de ce qui a paru sur son blogue. Ce sont des petites histoires assez rigolotes en général où il se met en scène. » |bddecul.wordpress.com| Aplomb Vincent Giard Colosse « C’est un peu le best of de ce qui est paru sur son site internet dans la dernière année. Ça se veut assez expérimental. C’est un auteur qui a participé aux 24h de la bd d’Angoulême l’an dernier. Le recueil porte sur l’histoire qu’il a réalisé lors de l’évènement. » |aencre.org|

rencontre avec Gautier Langevin

Président des organismes Front Froid et Promo Neuvième Art.

Promo Neuvième Art a pour mission de participer au développement de la bande dessinée au Québec, plus particulièrement de la bande dessinée québécoise. L’organisme remet depuis 10 ans le prix Bédélys dans différentes catégories aux artistes d’ici. Quant à Frond Froid, il fait aussi la promotion de la relève en bande dessinée, soit en offrant des ateliers de sensibilisation à la BD dans les écoles ou en publiant une fois par année un recueil de cinq artistes intitulé Le Front. Qu’est-ce qui est publié dans Le Front ? Dès le départ, nous voulions faire la promotion d’un style de BD moins connu au Québec. En ce moment, c’est la BD de genre qui a besoin de support. Sur une vingtaine de scénarios qui nous est présentée, nous en considérons cinq. On a une attirance vers un graphisme bien travaillé et les récits surprenants. Pourquoi la BD d’auteur à plus de succès au Québec ? La série de Paul faite par Michel Rabagliati a beaucoup aidé ce milieu et a permis à son éditeur de faire plus de publications étant donné qu’il récoltait plus de sous avec ce projet. Tandis que pour la bande dessinée de genre, il n’y a pas de grand héros comme Paul qui est né jusqu’à maintenant. C’est peut-être dû à ça. |www.promo9a.org| |frontfroid.wordpress.com|

+ sur baronmag.com La BD au Québec selon Gauthier Les coups de coeur québécois de Gauthier

+ sur baronmag.com La BD au Québec selon Martin

La dynastie du Trivéole Synopsis Dans un monde où les humains ont basé leur culture sur celle des insectes, trois membres de la tribu des abeilles quittent la « ruche » pour retrouver un héros légendaire qui a disparu il y a 300 ans. Leur seul indice se situe dans un pendentif considéré comme la clé qui ramènera le seul homme connu pour avoir possédé la puissance de 1000 étoiles brillantes. un avant-goût aux pages suivantes

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INGÉNIEUX! PENDANT 300 ANS, PLONGÉ DANS LA GELÉE ROYALE, COMME UNE GROSSE SUCETTE. ET ON LE SORT COMMENT?

ATTENTION! N’Y TOUCHE PAS!!!

FUYEZ!!

COUREZ VITE!!

AH!!!

IJ

LE TRIVÉOLE… C’EST LA CLÉ! AIDEZ-MOI!

snap!

YUGI! TU L’AS RENDU FURIEUX! ACCROCHE-TOI!

TENEZMOI!

LE BOURDONNEMENT DANS MA POITRINE N’AVAIT RIEN DE PRÉMONITOIRE! JE M’ÉTAIS MÉPRISE SUR LA CAUSE DU TREMBLEMENT : DANS MON COU, LE TRIVÉOLE VIBRAIT! JE L’AVAIS PORTÉ SI LONGTEMPS… J’AVAIS OUBLIÉ SA VRAIE NATURE.

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UN BRUIT DE TONNERRE! PUIS… LE SILENCE. abattus au sol, TROIS FOUS AVAIENT UN INSTANT CRU QU’ILS POURRAIENT CHANGER LE SORT DU MONDE.

DES FOUS! BRISÉS, DÉSHYDRATÉS, DÉSESPÉRÉS.

IJ CELUI DONT L’HISTOIRE AVAIT FAIT FRÉMIR PLUS D’UN ENFANT, CE PUR HÉROS DE LÉGENDE EXISTAIT EN CHAIR ET EN OS! COMBIEN DE TEMPS NOUS A-T-IL FALLU POUR RÉALISER QU’IL SE TROUVAIT DERRIÈRE NOUS?

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TOUT A ARRIVE BEAUCOUP TROP VITE!

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marketing contenu solutions web

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extracaramel.tv

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Himagia Photo: Maxyme G. Delisle Entretien mené par Stéfane Campbell

François Brunelle: « Dans mon cas, il n’y a pas de changements majeurs qui ponctuent ma démarche. Je retourne quarante ans en arrière et je n’y vois aucune différence. Je suis la même personne, il n’y a qu’un nombre d’années qui se sont accumulées, mais je reste le même. Et curieusement, je cherche encore comment faire une bonne photo, une belle image et je n’en ai aucune idée. » Maxyme G. Delisle: « Pour ma part, j’essaie d’avoir une touche intime. C’est une des raisons pourquoi je fais plus du portrait, avec des personnages/sujets. Je crois sincèrement que la per-sonnalité du photographe transparaît dans le

rapport que l’on crée via l’objectif avec l’individu qui pose devant nous. Mon style doit nécessairement se définir par ma personne, ma façon d’interagir avec le monde. » FB: « C’est clair qu’on n’aborde pas une commande de la même façon qu’une création. Sur commande, on essaie de fabriquer une image. On se relaie, tout est un travail d’équipe. Alors qu’avec les projets personnels, il n’y a qu’un boss mais, si ça flop, il n’y a aussi qu’un seul responsable. » « Sur l’ensemble, j’ai fait peu de projets personnels jusqu’à l’an 2000 avec « Je ne suis pas un sosie ». Et c’est un projet qui est devenu immense – à un niveau planétaire et ç’a été une révélation en soi, d’avoir cette liberté. Je ne crois pas que ça l'aurait été possible de le réaliser avant. Je n'avais pas atteint la maturité pour le faire. J’étais trop occupé à courir à gauche et à droite. Et je crois que l’intérêt du projet repose en grande partie sur cettedite maturité. Il s’en dégage quelque chose de très organique que je n’aurais pas su bien rendre auparavant. » MGD: « En début de carrière, tu prends à peu près tout ce qui passe, mais il faut éventuellement

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apprendre à dire non aussi. Tu veux payer le studio, l’assistant et t’allouer un salaire décent… Mais à un certain moment, tu te tires aussi dans le pied à dire oui à tout et ne pas chercher à développer ta propre signature. Dans tout ce qui passe, il y a de la merde, il ne faut pas être dupe. » « Ce sont deux façons de faire qui se ressemble souvent. J’essaie toujours de ramener la proposition près de ce que je fais. […] Je commence tranquillement à mettre mon pied à terre et mes photos sont définitivement meilleures quand je le fais. À un certain moment, je ne suis pas juste exécutant, mais bien quelqu’un qui a une vision artistique et une esthétique qui lui est propre. Bien sûr, je suis encore très jeune donc j’apprends à mesurer au fil des expériences jusqu’où je peux aller… » FB: «  Alors que dans mon cas, j’ai la réputation de rendre une maquette à la perfection. Alors, on m’approche en sachant à l’avance que je peux faire exactement ce que l’on veut comme image. Et mon défi est de le rendre le plus fidèlement possible – et même si ça paraît carrément impossible au préalable. Le défi pour y arriver devient la zone où je m’amuse le plus dans le processus. »

FB: Moi qui a connu le film et le numérique et qui a touché à pratiquement toutes les étapes d’évolution du médium, j’ai voulu à une certaine époque tout faire à la main. Je me souviens d’une émulsion aux patates… Tout ça dans le but d’arriver le plus près de l’essence de l’image. Et puis j’ai réalisé que la combinaison d’une sorte de grain, de la sépia, et ceci ou cela qu’ils utilisaient à une certaine époque – et qui était très moderne alors ! – témoignait finalement… d’une époque. Et qu’elle soit aujourd’hui numérique ou non n’enlève ou n’ajoute rien en soi à l’image. Une belle image en restera toujours une. Et je ne m’ennuie pas du film du tout. C’est un paquet d’emmerdements sans bon sens. Et il y a moyen aujourd’hui de donner un rendu identique au film avec le numérique. MGD: Je suis peut-être un grand romantique, mais j’ai un attachement au film qui compte tout de même dans ma démarche. J’ai commencé en numérique parce que tout commence avec une première caméra numérique mais je shoot en film aujourd’hui. Bien sûr, je numérise et retouche par la suite, mais reste que quand je fais du film, je fais plus attention, ça coûte plus cher, et il y a le fait d’avoir une photo sur un support physique… Parce qu’en numérique, tu fais des clics sans te poser trop de questions, sans le souci du matériel : la marge essai-erreur est tellement plus grande qu’on perd peut-être un peu en terme de challenge. Quand je shoot du film, je dois tout placer. J’ai une limite de photos et tout doit entrer dans une sélection restreinte. En plus de choisir sur un nombre de photos beaucoup plus limité. Ce n’est peut-être pas la perfection qu’on peut atteindre avec le numérique mais ça reste le meilleur de ce moment-là.

Et d’apprendre à composer avec les défauts ou les imperfections peut être aussi très payant au final. FB: C’est vrai que lorsque j’opère en film, ma relation au travail est tout à fait autre. Et ce n’est pas tant parce que c’est du film mais bien parce que c’est plus de job… MGD: En pellicule, il y a toujours place à l’imprévu et ça peut donner de très belles surprises. Alors qu’en numérique, tu le shoot et tu le jettes automatique tant que tu n’arrives pas à ce que tu veux. FB: Et il faut ajouter que la quantité de polluants produite par le film est telle que ça me donnait des cauchemars la nuit. Les quantités de déchets étaient phénoménales, en plus des produits toxiques qu’il fallait manipuler. MGD: J’ai eu une professeure à l’Université qui a tout arrêté lorsqu’elle a eu des enfants. Elle ne pouvait endosser la quantité de pollution et a tout lâché. C’est un peu radical mais on a tous des prises de conscience. On en gaspille du stock au nom de la photo.

+ sur baronmag.com Duel de visu

Photo: Maxyme G. Delisle

François Brunelle pratique la photographie professionnelle depuis une quarantaine d’années. Maxyme G. Delisle, du haut de ses vingt-sept ans, a été catapulté dans le milieu il y a tout juste deux ans. Le premier se vautre dans la publicité depuis toujours, croyant fermement que de « créer une image photographique pour la publicité n’est pas du ressort de la technique, mais plutôt un véritable métier où l’esprit et la pensée dominent ». Delisle, de son côté, se fait plus ambigu, affirmant toutefois sans ambages, qu’il faut parfois faire beaucoup de merde pour un projet réellement intéressant. Du film au numérique, des décennies et combien d’images les séparent. Ils sont aujourd’hui réunis et discutent de différents enjeux bien contemporains de la photographie. Sous notre lentille, prise à témoin. En voici quelques fragments.

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PAR UZI BLACKMAN Les photos sont tirées du livre Blues, Booze, & BBQ. Photographies par Michael Young Loyd, publiées par PowerHouse Books

Mississippi est un fantasme pour tous ceux qui adorent rouler à travers la beauté du delta américain en découvrant les routes et les petits villages pittoresques où la musique blues vibre. Micheal Loyd Young nous transporte sur cette terre avec son livre de photographie BLUES, BOOZE, & BBQ, un projet de trois ans qui nous montre le quotidien de cette population. Les profits du livre iront au musée Delta Blues de Clarksdale au Mississippi. Comment le livre BLUES, BOOZE & BBQ est-il né ? Je voulais montrer qu’il existe de nombreux problèmes sociaux qui doivent être abordés dans la plupart des cultures, comme dans le delta. J’ai rencontré David Alan Harvey il y a trois ans dans un atelier de photographie. Il m’a suggéré de faire un livre. J’ai décidé d’en apprendre un peu plus sur le blues du Mississippi que l’on appelle « Blues Alley » . Après plusieurs voyages dans le delta, je me suis aperçu qu’il y avait plus qu’un simple projet de musique. Même si c’est une des régions les plus pauvres aux États-Unis, j’ai découvert qu’elle était riche en histoire et pleine de vie. La plupart des gens rencontrés vivent sous le seuil de la pauvreté. Cependant, ils aiment la vie! Ils m’ont accepté comme un vieil ami, invité à entrer dans leurs maisons, les églises, les pique-niques et les fêtes de Blues, Booze et BBQ à chaque fin de semaine. Plusieurs des musiciens photographiés avec lesquels je suis devenu ami ont disparu depuis. Il y a quelques jeunes musiciens qui poursuivent la tradition, mais pas assez. La culture que nous connaissons disparaît lentement. Pourquoi donnez-vous les profits du livre au Musée Delta Blues de Clarksdale ? J’ai rencontré Shelly Ritter, directrice du Musée Delta Blues lors d’un de mes premiers voyages dans 24

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le Delta. C’est elle qui m’a présenté à beaucoup de mes contacts pour ce livre. Le musée a une fondation qui apporte de l’aide aux musiciens de blues qui enseignent l’appréciation de la musique aux enfants défavorisés et perpétuent la tradition du blues. Le musée possède une des plus grandes collections de souvenirs du blues aux États-Unis. On y retrouve même le cabanon de John Lee Hooker. Après avoir terminé BBB, qu’est-ce qui a changé votre perception de l’univers du blues ? Où ailleurs dans le monde pouvez-vous rencontrer des personnages comme T-Model Ford, Mississippi Slim, Honeyboy, Cadillac John Nolden, Super Chikan, M. Tater, etc. ? Je m’ennuie d’être assis à écouter T-Model Ford jouer de la guitare en sirotant du Jack Daniel, tout en racontant des histoires sur ses six femmes ou la fois qu’on lui a tiré dessus ou lorsqu’il a été mis en prison.

Vous travaillez déjà sur un prochain livre qui portent sur la culture de la chasse et de la pêche… Il va s’appeler BEER, BAIT, & AMMO. J’arrive tout juste de Louisiane où j’y ai rencontré le plus grand chasseur d’alligators aux États-Unis. 38 000 alligators ont été piégés la saison dernière. La plupart des cuirs ont été expédiés vers la France. |michaelloydyoung.com| Le livre Blues, Booze, & BBQ est disponible sur PowerHouse Books.

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Votre plus beau souvenir ? Le dimanche matin était toujours très spécial. Au milieu d’un champ de coton, il y avait les chants et la prière. Puis, on m’invitait en tant que leur frère blanc à partager ce moment spirituel. J’ai pleuré deux fois dans le delta: quand je suis arrivé pour la première fois et le jour de ma dernière visite.

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baron cuisine

Bière et gastronomie Amateur de cuisine et de houblon (il en fait même pousser chez lui pour son plaisir personnel), Peter Mcauslan lance de façon officielle sa brasserie, conjointement avec Ellen Bounsall, en janvier 1989. Les années passent et McAuslan réalise une série de bièreS aux fruits, de la moutarde (un élément classique pour une brasserie) et même du fromage. Selon Peter, la gastronomie est très importante dans l’univers de la bière gourmet. « Nous organisons quelques gros soupers-bénéfice pour des organismes durant l’année. La bière est utilisée dans tous les plats et ce n’est pas seulement nos produits. J’aime la bière en général, j’utilise même la bière « Le cheval blanc » dans une soupe de courge que nous allons servir à notre prochain souper. », me raconte le président. Et vous? Vous avez la fine bouche? Voici deux recettes pour épater la galerie. Le plat principal est suggéré par Baron et le dessert par M. McAuslan. Ensemble, elles forment une excellente soirée de dégustation.

Ingrédients: 9 onces (270 ml) de chocolat mi-amer 6 cuillères à soupe (90 ml) de St-Ambroise Oatmeal Stout 2 cuillères à soupe (30 ml) de liqueur de fruits 4 œufs à température ambiante avant de les séparer 1 tasse (250 ml) de crème 35 % 1/2 c. à thé (2 ml) de vanille 1/4 de tasse (60 ml) de sucre

Plat principal Baron (2 portions)

1 c. à thé (1 ml) de crème de tartre

Saumon au fromage de chèvre et à la moutarde

Voilà une recette avec des saveurs que nous n’avons pas l’habitude de marier. Pourtant, elle regorge de saveur et ceux qui se désistent normalement devant les plats de poisson vont découvrir une tout autre façon de le cuisiner et de l’apprécier. Une recette simple qui demande peu d’ingrédients. Ingrédients: 2 morceaux moyens de saumon 150 grammes de fromage de chèvre à pâte molle 2-3 cuillères à soupe de moutarde à la bière St-Ambroise 1. Faire 5 à 6 incisions en échelle dans le saumon. 2. Garnir les entailles de fromage de chèvre. 3. Badigeonner les pièces de moutarde. 4. Mettre dans un four préchauffé à 350 °F (180 C°) sur des plaques antiadhésives pour environ 20 minutes. Servir avec des légumes sautés, une salade ou une courgette en julienne garnis d’huile et d’ail.

Dessert McAuslan (6-8 portions)

Stout Mousse au chocolat

Une autre combinaison de saveurs pour laquelle bien des gens ont de la difficulté à se faire une idée est la bière et le chocolat. La bière est tout simplement trop amère et le chocolat trop sucré. Mais la Porter et la Stout ont souvent des notes de chocolat dans le nez et le palais. Ma femme, Denise, a fait cette recette avec La Pacômois, une boisson à base de framboise fermentée de Saint-Pacôme, au Québec. Elle pourrait tout aussi facilement, et tout aussi savoureusement, être prise avec le Kirsch, une liqueur de cerise, du Grand Marnier, de l’Amaretto, du Kahlua, ou autres boissons distillées ou de fruits fermentés. Elle est basée sur une recette de l’auteur et du restaurateur Candy Schermerhorn.

1. Faire fondre le chocolat au bain-marie, en remuant, puis ajouter la Stout et la liqueur. Bien mélanger. Retirer du feu. 2. Ajouter un jaune à la fois pour le mélange de chocolat. Battre après chaque addition, puis mettre de côté. 3. Dans un autre bol, fouetter la crème, la vanille et le sucre jusqu'à la formation de pics fermes. Réfrigérer. 4. Dans un bol propre, battre les blancs d'oeufs et la crème de tartre jusqu'à consistance ferme. Plier les blancs battus avec la crème fouettée. Replier la moitié du mélange dans le chocolat et mélanger jusqu'à ce que le blanc ne soit plus apparent. Incorporer le reste et mélanger jusqu’à ce qu’il ne reste plus de blanc. Servir dans des verres à vin ou des plats avec des biscuits fins à la menthe.

Il ne suffit plus maintenant d’être végétarien; la tendance du « raw food » qui se dit d’une diète à base de produits non transformés, biologiques et comme son nom l’indique, sans cuisson. Ce mouvement de plus en plus répandu, provenant de Californie (mais pratiqué par les Amérindiens depuis la nuit des temps), a inspiré Mathieu Gallant et David Côté pour développer leur entreprise, Crudessence, un restaurant et service de traiteur. Tous deux ont beaucoup voyagé avant de décider de se lancer dans l’aventure de fonder une entreprise comme celle de Crudessence. Pendant que Mathieu pratiquait la méditation en Inde et découvrait le monde, David décidait de faire une randonnée. Son objectif: marcher du Mexique au Canada en se nourrissant de ce que la nature pouvait lui offrir. Même si les deux propriétaires auraient préféré

que je pousse l’emphase du texte sur les bénéfices de la cuisine crue, ce qui m’intéressait davantage était surtout la randonnée de David. David, parle-moi de cette randonnée. Quel était le projet initial ? L’idée était de faire une randonnée du Mexique au Canada, sans consommer ce que tous les randonneurs consomment habituellement, c’est-à-dire de la nourriture complètement dénaturée. Les médecins nous disent qu’il faut manger beaucoup de calories, donc on mange des « Snickers» et des barres « Mars », puis lorsqu’on arrive dans un village, on mange un gallon de crème glacée et des biscuits au chocolat, alors que c’est vide! Oui, on mange du sucre, ça nous donne de l’énergie pendant quelques heures, mais après, il reste quoi ? On n’a plus de nutriments, plus de minéraux. Donc, les gens perdent du poids, perdent du calcium. J’avais un céleri dans mon sac à dos. Le monde me trouvait fou. Pour un randonneur où tout le poids dans son dos est calculé, ça paraît un peu débile. Pourtant, le céleri m’amenait des nutriments et minéraux que je ne trouvais nulle part ailleurs.

Quels sont les endroits les plus durs pour se nourrir ? Nous avions commencé notre expédition dans le désert. Nous devions traîner 7 litres d’eau et nous avions besoin de faire 50 à 75 kilomètres par jour. C’était vraiment intense! Nous pouvions manger un peu de cactus, mais il n’y avait pas grand-chose qui poussait et je ne mangeais pas de lézard. Il y avait quand même des amis ou des commanditaires qui nous envoyaient de la nourriture. En se rendant dans certains bureaux de poste de villages ou des « ranger stations », il y avait des boîtes qui nous attendaient. Mais, nous sommes passés du désert jusque dans les hautes montagnes du Sierra où il y avait de la neige et en passant presque dans la Rain Forest en Californie. La question n’est pas « où est-ce que c’est le plus dur de se nourrir en forêt ? », mais plutôt « à quelle saison ? ». En hiver, ce n’est pas évident. C’est pour ça que nous l’avions fait l’été.  

+ sur baronmag.com La randonnée de David « Pourquoi la nourriture crue ? » selon Mathieu et David  Visitez la cuisine de Crudessence

TADA! CATERING Bien nourrir les rockeurs

Visionnez les capsules vidéo jaifaim.tv pour voir les résultats des recettes. par Leonardo Calcagno

gagnez

Une gracieuseté de la brasserie McAuslan.

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Par nelson roberge

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un panier-cadeaux en vous abonnant à baron avant le 1er janvier 2009 26

Une randonnée santé

Un des moments merveilleux pour un journaliste couvrant la tournée Vans Warped Tour (festival nord-américain de musique punk-hardcore et de sports extrêmes qui se déroule depuis 15 ans) sont les trois repas quotidiens servis par Tada! Catering, un traiteur spécialisé dans les tournées et festivals de musique, basé à Hollywood. Avec les montagnes de fruits servies avec un café frais au déjeuner et un chili végétarien au dîner, voilà une raison pour se lécher les doigts. « Je me rappelle de l’époque quand

les végétariens devaient manger de la soupe avec une base de bouillon de poulet » me dit en souriant Shelleylyn Brandler, co-fondatrice de Tada! Catering, rencontrée dans la salle à manger ambulante du Vans Warped Tour à Vancouver. Une tournée comme le Vans Warped Tour avec ses 46 dates, une centaine de bands, des commanditaires et une équipe permanente, fournit à des milliers d’amateurs de musique des prestations

endiablées. Nourrir toute cette troupe prend une cuisine mobile, une équipe expérimentée dotée d’une logistique impeccable, prête à toute éventualité. |tadacatering.com|

+ sur baronmag.com Entrevue avec la fondatrice Shelleylyn Brandler

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march 24–26

vancouver convention centre, canada

LIVRE

La souveraineté du Québec: hier, aujourd’hui et demain

film

z

Élections internationales à surveiller

de Jacques Parizeau Éditions Michel Brûlé

11TH BIENNIAL CONFERENCE & TRADE FAIR ON BUSINESS & THE ENVIRONMENT

Le nouvel ouvrage de l'ancien Premier ministre du Québec se veut un guide pour réaliser la souveraineté avec ses avantages qui découlent de la création d'un nouveau pays. Selon lui, l'idée du Québec comme pays est enracinée dans la collectivité québécoise, mais il faut rappeler le bienfait que cette liberté peut nous amener sur le plan culturel, économique, politique et social. Parizeau est convaincu qu’un autre référendum est nécessaire, car « en 1995, nous y sommes presque arrivés. 52 000 voix seulement sur 5 millions... » Que vous soyez souverainiste, fédéraliste, nationaliste, francophone, anglophone, allophone ou curieux, c’est un ouvrage à lire venant d'un des plus grands penseurs de la politique québécoise et canadienne.

40 ans sont passés depuis l’excellent film politique du cinéaste grec Costa Gravas qui raconte l’assassinat d’un chef pacifiste de gauche et la conspiration gouvernementale qui entoure cet acte. Z est un film sur le danger du fascisme et la fragilité de la démocratie, puis de l’importance de rester vigilant en se battant contre la corruption. Récompensé par le Prix du Jury à Cannes, l’Oscar du meilleur film étranger et celui du meilleur montage, Z reste pour beaucoup de critiques de cinéma à travers le monde un des films classiques à voir. Le lancement du coffret aux États-Unis pour souligner le quarantième anniversaire est disponible en ligne.

11,000 participants, 2,000 conference delegates, 450 exhibitors, 70 countries represented, 1 opportunity not to be missed

Powering a Low Carbon Economy

LIVRE

Energy prices are volatile; accessibility and security of fossil fuel supplies questionable; and conservation and efficiency are the new priorities. Change is inevitable, but what will the future hold? Join industry experts from around the world at GLOBE 2010 as they discuss how they are managing uncertainty and preparing for the shift to a global low carbon economy.

de Shlomo Sand Fayard

Session Topics:

Conference Themes

• CEO Dialogue: The Future of Energy • Renewables: Advancing the Profit Agenda • Venture Funding: A Different Approach for Cleantech • Bioenergy: Fueling the Development of a Low Carbon Economy • Energizing Our Cities • Smart Grid for Cities

• Corporate Sustainability Innovation • Climate Change + Carbon Management • The Future of Energy • Financing the Low Carbon Economy • The Urban Infrastructure Revolution

Sponsors and supporters:

Comment le peuple juif fut inventé

La question juive est toujours très délicate à aborder, d’autant plus lorsque nous sommes devant un ouvrage qui questionne l'identité nationale Israëlienne, mise de l’avant par le mouvement sioniste. Shlomo Sand, professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Tel-Aviv, remet en question dans un contexte historique, l'existence d'une pensée collective juive, basée sur la religion commune. Selon lui, la notion de Terre promise (Eretz Israel) a été une invention mise en place pour bâtir une légitimité territoriale et un point de retour à la diaspora juive. Un autre mythe consiste

en l'expulsion des populations juives de Palestine en l’an 70 et 132. L'expansion du judaïsme dans le bassin méditerranéen est alors remise en doute. Sand défend la thèse selon laquelle les juifs ashkenazes (juifs d'Europe Central de l'Est) seraient descendants des Khazars (peuple turc), ce qui constitue un sujet très controversé en Israël. Plusieurs exemples historiques ont également été mis de l’avant  par les nouveaux historiens israéliens (groupe d'historiens qui réexaminent l'histoire d'Israël), de même que des études géographiques remettent en question notre notion sur l'histoire du peuple juif. Le livre se veut un plaidoyer pour mettre en place une nouvelle notion d'Israël, où la référence religieuse pour la citoyenneté est mise au placard afin de construire un état pour les juifs et les non-juifs.

The Economist Group

Register by December 11, 2010

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BARON bêta

Ukraine     Présidentielle (Premier tour) 17 janvier 2010 La révolution orange de 2004 qui donna la victoire à Viktor Louchtchenko et le slogan Tak! Louchtchenko ( Oui! Louchtchenko) est une marque déposée par son fils Andriy qui sert à sa vie luxueuse grâce au profit des produits dérivés d’un mouvement populaire démocratique. Ceci résume la santé de la démocratie et l’extrême corruption qui règne en Ukraine. Les rapprochements avec l’UE sans provoquer la Russie et le conflit sur le gaz russo-ukrainien depuis 2005 ne cessent d’engendrer une guerre géopolitique entre l’UE et la Russie provoquant des hausses de prix et des crises régionales de coupures de gaz. Loulia Tymochenko, l’ancienne alliée de Louchtchenko, est la grande favorite dans les sondages pour gagner la présidence. 

Sri Lanka Présidentielle 26 janvier 2010

Intelligent Life

Le nouveau né du The Economist Group, Intelligent Life est un magazine trimestriel couvrant les arts, la mode, la nourriture, le vin, les voitures et les voyages. À première vue, une publication lifestyle offrant au publicitaire une autre façon de joindre le lectorat de The Economist,  mais d'une manière plus décontractée, pour leur faire comprendre les enjeux de la politico-économie. Cette fois-ci, The Economist donne des conseils philanthropiques pratiques aux gens aisés pour aider leurs semblables et la planète. Le philanthrocapitalisme est un secteur qui vaut plusieurs milliards de dollars; The

Les enjeux dont le mouvement socialiste du premier président d’origine amérindienne Evo Morales devra faire face lors des élections contre des partis de droite, financés par les compagnies privées étrangères, seront nombreux. Les différends régionaux avec le Brésil, concernant l’attribution du permis d’exploitation de l’importation de fer de manganèse, la nationalisation des hydrocarbures faisant doubler le prix du gaz, la redistribution des terres, les liens étroits socialistes avec Hugo Chavez et Fidel Castro et la guerre idéologique avec les États-Unis sur le droit de culture de la coca sont tous des points qui devront être débattus.  

magazine

SAVE $500

Bolivie (ou État plurinational de Bolivie) Présidentielle 6 décembre 2009

Bill and Melinda Gates Foundation possède un fonds de 26.1 milliards de dollars, avec un secteur en pleine expansion de firme-conseil afin d’aider à mieux gérer la générosité millionnaire. Imprimé dans un papier de haute qualité, ce nouveau magazine arbore d’abondantes photographies et illustrations qui accompagnent très bien l'écriture élégante. En vente en Amérique par abonnement seulement. À découvrir !

L’élimination du mouvement séparatiste armé des Tigres de libération de l’Îlam Tamoul en 2009, met fin à plus de 30 ans de guerre et laisse derrière plus de 70 000 morts. L’impact de cette guerre interne laisse aussi une division sociale et éthique, une économie dévastée, des violations des droits humains par l’armée sri-lankaise non jugée et une réconciliation très difficile pour une population fatiguée et pauvre. Le besoin d’une solution politique sera le premier dossier à régler pour que les Tamouls puissent joindre la société civile srilankaise. Un autre dossier important est l’influence grandissante et l’appétit politico-économique des puissances asiatiques, telles que l’Inde et la Chine, qui sont actuellement les donateurs les plus importants du pays. BARON bêta POLITIQUE

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des centaines d'histoires « censurées » de la société égyptienne. Par exemple, des histoires de violence conjugale, d'homosexualité, d’amours cachés, des frustrations quotidiennes et plusieurs autres histoires fascinantes qui donnent une autre facette de la femme égyptienne. Vous avez eu la chance de vivre en Égypte. Pouvez-vous nous parler de la lutte sociale et politique à laquelle les Égyptiens doivent faire face quotidiennement ?

Al Jazeera par Leonardo Calcagno

En 1999, en voyage en Andalousie (communauté autonome d'Espagne très influencée par la culture maure) pour un mariage dans la ville de Jaén, je me suis arrêté avec mes amis dans un restaurant pour acheter des provisions de Fantas, de jambon serrano, d'olives et du pain maison pour notre long voyage de 4 heures. En payant, j’ai remarqué au coin de la télé, située à côté de la caisse, le logo arabe d'Al Jazeera qui diffusait une émission sur le rôle des militaires algériens dans une série de massacres, en langue arabe. J'ai compris à ce moment, dans ce restaurant, que j'étais en face d'une révolution médiatique où le monde arabe avait une voix, une image et une mission éditoriale reflétant leur réalité.

Depuis sa naissance des cendres de BBC Arabica dans les débuts des années 90 et financée par le Quatar, Al Jazeera a été la première chaîne de télé à montrer les horreurs de la guerre d'une vision arabe. On a qu’à penser à la diffusion d'un enregistrement vidéo de Oussama Ben Laden lors de l'intervention américaine contre les talibans en Afghanistan où des correspondants montraient et faisaient des entrevues avec des Israeliens. Le livre Al Jazeera, la chaîne qui défie l'Occident d’Hugh Miles nous raconte l'histoire de cette chaîne qui a gagné la confiance du monde arabe avec une programmation honnête et sans compromis. 30

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par Alhadji Bouba Nouhou, collaborateur spécial

Enseignant-chercheur (Université de Bordeaux3), auteur de Israël et l’Afrique (Karthala 2003), Islam et politique au Nigeria (Karthala 2005) et France-Monde arabe (codir), (Presses Universitaires de Bordeaux, 2008)fr

La population druze est estimée à 122 000 personnes, soit 1,7 % de la population israélienne. Elle représente 8,3 % de la population arabe d’Israël. Son taux de croissance est de 1,8 %. Ce taux est inférieur à celui des musulmans (2,8 %) mais supérieur à celui des juifs (1,6 %) et des chrétiens (1,6 %) Confrontés à la modernisation de leur structure sociale et à l’allégeance à Israël, qui se considère avant tout comme un État juif, les druzes n’ont de cesse de chercher un improbable modèle de référence.

En français: Al Jazeera, la chaîne qui défie l'Occident et en anglais: Al Jazeera: How Arab TV News Challenged the World.

Est-ce que la perception d'Al Jazeera dans les médias occidentaux a changé depuis leur début en 1996 ? Elle est meilleure qu'en 1996, au début de la chaîne, mais il reste toujours ceux qui n'acceptent pas d'avoir une chaîne comme Al Jazeera dans l'univers de la télévision. Par exemple, les gouvernements antidémocratiques. En général, Al Jazeera a changé la façon de percevoir le monde arabe dans son intégrité en faisant une programmation de qualité où le peuple peut participer dans des émissions d’intérêts publics sans contrôle de l’état. Aussi, je pense qu'elle a aidé à créer un intérêt plus accru pour ce peuple très intéressant et méconnu par l’Occident. Et celle du monde arabe ? Pareil. Il y a ceux qui trouvent que la chaîne fait un travail remarquable en enrichissant leur vie démocratique dans un monde médiatique très oppressif. D'autres la voient comme un instrument d'Israël, des États-Unis ou des ennemis de l'Islam. Plusieurs dirigeants des pays arabes n'aiment pas trop se faire questionner ou avoir un média indépendant qu'ils ne peuvent pas contrôler. Est-ce qu'il y a des copies d'Al Jazeera qui lui font compétition ? La chaîne Al Arabiya de Dubai (Émirats arabes unis) est une des chaînes arabes que lui fait une compétition très féroce et directe. Elle est souvent critiquée pour être pro-américaine. Puis, il y a la BBC Arabic Television et Euronews qui commencent à faire leur place. C’est le deuxième essai pour BBC de diffuser en arabe. Votre nouveau livre, Playing Cards in Cairo, de quoi s’agit-il ? C’est un livre sur la société égyptienne, centré sur les femmes. En Égypte, j'ai rencontré ma femme et elle m’a initié au jeu de cartes tarneeb, un passetemps très populaire dans le pays. Invité dans les cercles des femmes pour jouer avec elles, j'ai écouté

Nouveau livre: Playing Cards in Cairo disponible en anglais

Qui sont les druzes ? La communauté druze palestinienne, malgré ses quatre députés à la Knesset, se sent toujours comme la «minorité» des minorités, dans un État qui exige désormais la reconnaissance de son caractère national juif. En acceptant les symboles de l’État d’Israël et en le servant militairement, les druzes ont acquis une position à part, et ce, au moment où le nouveau gouvernement israélien veut exiger des autres Palestiniens de prêter le serment d’allégeance avant toute obtention d’une carte nationale d’identité.

baron vous suggère des médias à découvrir au Canada Télé Abu Dhabi TV Une chaîne progressiste arabe qui est considérée comme l’un des cinq principaux canaux dans le monde arabe. The Israeli Network Une chaîne en hébreu qui propose, 24 heures par jour, le meilleur de la télévision israélienne pour les téléspectateurs d’Amérique du Nord. Iran TV Network ITN diffuse des émissions provenant du réseau TV Iran, en plus d’offrir un contenu canadien local. Journal Al Machreq et Al-Maghreb (QC - Arabe - Français) Sada al Mashrek (QC -Arabe - Français - Anglais) The Jewish Tribune (ON - Anglais) Canadian Jewish News (ON - Anglais) Phoenicia (QC - Arabe - Français - Anglais) The Jewish Post & News (Prairies - Anglais) The Jewish Tribune (CAN - Anglais) Radio Radio Shalom Montréal |radio-shalom.ca| En ligne Al Jazeera | aljazeera.net| Chaîne de télévision qatarie de langue arabe Haaraez |haaretz.com| Journal national israélien de centre-gauche Jerusalem Post |jpost.com/fr.jpost.com| Journal national israélien de droite Asharq Alawsat |aawsat.com| Quotidien arabe fondé à Londres et imprimé simultanément dans douze villes sur quatre continents

Mais qui sont les druzes ?

Illustration: mikesavard.com

Le monde arabe sans censure

Les femmes souffrent beaucoup socialement et le harcèlement sexuel quotidien qu'elles subissent par la discrimination et la violence est généralement considéré comme de leur faute. C’est une attaque à leur développement comme individu pour faire partie à part entière de la société. Le chômage grimpant et la disparité entre les classes sociales (plus d'un quart de la population vit avec 2$ par jour) sont deux facteurs qui poussent la jeunesse à se radicaliser dans les mouvements islamiques extrémistes. Le chaos est une inquiétude quotidienne pour le gouvernement. |hughmiles.com|

Druzes israéliens:

entre entre allégeance allégeance et rébellion et rébellion Druzes israéliens:

Dans l’islam, sans entrer dans les détails, on distingue deux courants principaux: le sunnisme et le chiisme. Le sunnisme se désolidarise des sectes et des croyances considérées comme schismatiques qui ne reposent ni sur le Coran ni sur la Sunna. Les druzes, surnommés aussi les muwahhidûn (les unitaires) ou encore les Banû Ma’ruf, doivent leur nom à Muhammad Ibn-Ismâ’il Al-Darâzi qui prétendait être l’incarnation de Dieu dans le sixième calife fatimide d’Egypte, Al-Hâkim b Amr-Allah (996-1021). Al-Hâkim est un personnage à la fois destructeur, mais aussi protecteur des hommes de lettres. Il disparut bizarrement lors d’une promenade. Pour certains mystiques, il est l’incarnation de l’intellect divin. Sa disparition va renforcer la croyance en son caractère mystique, croyance qui donnera naissance à la secte druze. Cependant, tout en revendiquant la filiation avec Al-Hâkim, les druzes ont leur propre école juridique et leurs lois sacrées rassemblées dans Rasâ’il al-hikmah (Epître de la sagesse). Seulement 111 épîtres sont connues et classées dans six volumes en langue arabe. Isolés, souvent méprisés par les autres communautés, les druzes observent une neutralité

bienveillante à l’égard de toute puissance dominante, conformément à la maxime d’Al-Häkim: «Suis toute nation plus forte que la tienne mais garde-moi dans ton cœur» qui n’est autre que la taquiyya chez les chiites. Dans un Moyen-Orient très convoité, Britanniques et Français cherchèrent à exploiter cette spécificité druze pour en faire la marque distinctive d’une « nation » sur laquelle ils pouvaient s’appuyer. Ainsi, durant les troubles confessionnels dans le Mont-Liban entre druzes et Maronites (1842 et 1860), les Anglais soutiennent discrètement les druzes contre les maronites alliés de la France. Les deux puissances savent que l’allégeance féodale et tribale l’a toujours emporté sur l’appartenance religieuse. En s’appuyant sur le système communautaire, Français et Anglais cherchent aussi à affaiblir Mohamed Ali, qui contrôlait à l’époque toute la Syrie. Les Français savent que les Anglais veulent profiter des événements du Liban pour créer en Syrie un protectorat juif. Les druzes seraient-ils alors une des pièces constitutives de la stratégie britannique afin de créer «un foyer national juif en Palestine » ? La Déclaration Balfour comme le protectorat britannique sur la Palestine ont été soutenus par le mouvement sioniste. Les articles de la SDN interdisant au mandataire de toucher aux aspects communautaires de l’ordre ottoman, les druzes de Palestine, essentiellement paysans comme la majorité des Arabes de Palestine, étaient perçus comme de potentiels alliés par les juifs anglais. Ces derniers n’avaient-ils pas, dès la fin de 1919, des responsabilités dans les emplois publics en Palestine? Et lorsque Londres assiste à la conférence de Versailles, le 18 janvier 1919, en puissance victorieuse (elle était présente au Caire, à Damas, à Alep, à Mossoul, à Bagdad, à Bassorah, à Jérusalem, à BARON bêta POLITIQUE

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Comment monnayer sa forêt? Indonésie

Constantinople), la délégation juive conduite par Chaïm Weizmann voulut que la Palestine soit sous mandat britannique, alors que Fayçal dans son plaidoyer du 6 février 1919, demanda de respecter les promesses faites à son père, le Chérif Hussein, c’est-à-dire l’obtention par les Arabes de l’indépendance totale.

La tentative britannique d’organiser les affaires druzes dans la Palestine mandataire se heurte aux luttes intestines entre les clans, et ce, au moment où l’immigration juive, organisée à partir de 1929 par l’Agence juive, continue. Dans une conception marxiste de rapports des classes, David Ben Gourion et Yitzhak Ben Zvi considéraient les fellahs palestiniens (druzes compris) comme assimilables à une vision socialiste sioniste, illusions balayées par les événements de 1929, prélude à l’inévitable conflit national-colonial. Les druzes palestiniens, tiraillés entre le nationalisme arabe et leur conscience ethno-nationale, vont d’abord afficher une certaine «neutralité» avant de sympathiser avec le mouvement sioniste qui voit en certains de leurs chefs des alliés potentiels. Et dans un conflit que Britanniques et Sionistes cherchent à réduire à sa plus simple expression – juifs contre musulmans  –, les druzes se verront proposer la reconnaissance de leur autonomie. En 1929, les dirigeants sionistes signent un accord avec certains clans druzes. Cependant, d’autres clans rejoignent la lutte armée ou le mouvement national arabe. Mais la majorité reste passive, une passivité qui sera exploitée par les leaders sionistes pour prendre langue avec certains villages : Isfiya, Daliat al-Carmel et Shfaram, et ce, au moment où les Britanniques accentuent leur répression contre la Palestine rurale afin de dissoudre les unités paramilitaires à l’origine des divers soulèvements, cette Palestine rurale que Ben Gourion considère comme « l’ennemi » qu’il faut contrôler, sachant que ni les volontaires arabes venus de l’extérieur de la Palestine, ni les paramilitaires de l’intérieur ne pouvaient menacer réellement la communauté juive. Durant les années 1937-1939, certains leaders sionistes apportent leur soutien financier aux druzes et leur proposent, en même temps, l’achat de leurs villages. Les dirigeants sionistes ont même proposé aux druzes de les transférer vers le Golan syrien où ils rejoindraient leurs coreligionnaires afin, disent-ils, de les sauver contre «la menace musulmane». Les druzes refusent de vendre leurs terres et d’émigrer vers le Golan mais acceptent de recevoir des armes pour repousser « les attaques arabo-musulmanes ». Cette stratégie de diviser pour mieux régner est calquée sur l’attitude des Britanniques à l’égard de cette communauté dans les années 1940. En effet, Londres avait alors négocié avec les chefs druzes pro-sionistes pour contrer la fraction druze proallemande. Sachant que le rapport entre druzes et musulmans n’était pas au beau fixe, les Britanniques voulaient empêcher les druzes de prendre part aux conflits opposants sionistes et nationalistes arabes, une stratégie que reprendront les dirigeants sionistes, puisque durant les deux premières phases de la guerre israélo-arabe de 1948 une partie de druzes coopèrera avec la Haganah de Ben Gourion. 32

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Photo: IDF

Du sionisme à l’État d’Israël: l’allégeance

En contrepartie, celle-ci épargnera les villages druzes: Ilan Pappe s’interroge ainsi: «Pourquoi dans certains cas les villageois ont été autorisés à la suite d’une décision d’un commandant local ? Pourquoi Jish a été laissé intact tandis qu’à Qaditta et à Meiroun, deux villages voisins, les habitants étaient expulsés par la force ? Pourquoi Rama a-t-il été épargné tandis que Safa, tout proche, était totalement démoli, ainsi que Suhmata, Malikiya et Kfar Bir’im » ? Selon l’auteur, Rama a été épargné grâce, en partie, à l’importance de sa communauté druze. Les Israéliens avaient tout intérêt à s’allier à des villages druzes de la Galilée. Israël leur promettait à la fois l’immunité et des armes en récompense de leur coopération. Autrement dit, les villages druzes devenaient de facto des avants postes israéliens. Par ailleurs, lorsque certains druzes du bataillon syrien font défection, après la défaite arabe, ils se réfugient dans les villages druzes de Palestine. Ce qui n’est pas fait pour déplaire aux Israéliens. Alliance avec Israël Ben Gourion a bien compris que «Mourir pour la patrie, ce devoir fonde l’État nation!». En tant que responsable de l’exécutif sioniste, il va élaborer les bases de l’armée de l’État juif. À la Haganah qu’il avait créée, s’ajoute l’Irgoun du nationaliste Zeev Jabotinsky. Dans les colonies juives, le militant se confond avec le militaire. Après la victoire des milices juives contre les Arabes à la veille de la proclamation de l’État d’Israël, Ben Gourion transforme la Haganah en Tsava Haganah Le Israel (ou Tshahal) l’institution centrale chargée de défendre l’Etat juif contre « les Arabes ». Les druzes sont arabes et de culture arabe. Ils se définissent comme arabes de nationalité et druzes de religion à l’instar de ce que peuvent affirmer aussi les Arabes musulmans ou chrétiens. Mais l’État hébreu va distinguer les druzes des «Palestiniens musulmans ou chrétiens», prétextant que « religieusement » et socialement » les druzes ne sont pas «arabes» parce qu’ils sont druzes. D’abord, Israël leur octroie une «autonomie communautaire» en matière religieuse et judiciaire. L’autonomie druze est ratifiée par la Knesset en 1963 , avant de devenir effective, après que le gouvernement israélien eut officiellement retiré les druzes de la liste des «minorités arabes» en leur créant une catégorie «nationale religieuse» distincte et une éducation spécifique,

éducation qui les prépare rarement à des études universitaires mais plutôt à acquérir une conscience identitaire d’eux-mêmes et à servir dans l’armée, gage de leur loyauté envers l’État. En 1948-49, on comptait 981 druzes scolarisés (881 garçons et 100 filles). Trente années plus tard, ils étaient 18 729 et aujourd’hui ils sont plus de 30 000 scolarisés et représentent 2,3 % de l’ensemble des élèves scolarisés en Israël, alors que, nous l’avons dit, ils ne représentent que 1,7 % de la population totale. Ensuite, ce taux élevé d’éducation sera mis à profit par les autorités israéliennes. Les druzes apprennent l’hébreu à l’école et deviennent parfaitement bilingues pour servir d’interprètes dans l’armée. Israël autorise aussi, dans les années 90, la création d’un système d’éducation spécifique pour les druzes. Le programme est orienté vers la spécificité culturelle druze et l’enseignement des normes «d’être israélien». C’est lors de leur mission dans l’armée, notamment au moment de l’occupation israélienne de la Cisjordanie et de Gaza, que les druzes seront confrontés à leur propre contradiction, dans le contexte de la dichotomie Juif-Arabe. C’est comme si, au regard de la loi israélienne les druzes devenaient des «non-arabes», statut renforcé par leur conscription dans l’armée qui les distingue des Arabes israéliens, musulmans ou chrétiens. À la différence de ces derniers, mususulmans ou chrétiens, en mal de citoyenneté puisqu’ils sont considérés comme palestiniens et donc comme une «cinquième colonne», les druzes acceptent la réalité israélienne conformément à la Taquiyya. Dans l’armée, nous l’avons dit, ils jouent aussi le rôle d’interprètes entre les Israéliens et les Palestiniens des territoires occupés. Publié dans le numéro N° 70 Eté 2009 dans le magazine Confluences1 Méditerranée |confluences-mediterranee.com| Confluences Méditerranée est une revue trimestrielle qui a été créée en 1991 par une équipe d’universitaires, de diplomates et de journalistes passionnés des questions politiques et culturelles concernant les pays du bassin méditerranéen. Elle est éditée à Paris par L’Harmattan et est soutenue par le Centre National du Livre (CNL) et l’Agence nationale pour la Cohésion Sociale et l’Egalité des chances (ACSE)

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+ sur baronmag.com Le bilinguisme: marque distinctive d’une nation ? Terre d’Israël ou terre druze ? Entre hommage et incompréhension

Photo: Hullie October

par Romain Pirard

Institut du développement durable et des relations internationales (www.iddri.org) du Courrier de la Planète n°88

en près d’un siècle, la surface de la forêt indonésienne a quasiment été divisée par deux. En cause notamment, une succession de politiques forestières dont les effets ont été désastreux: destruction des écosystèmes et génération de rentes économiques au profit des élites politiques. Depuis, le pays envoie des signaux contradictoires : s’il a accueilli à Bali la 13e Conférence des parties à la Convention climat fin 2007, se posant ainsi en fer de lance de la lutte contre la déforestation, il a dans le même temps reconduit l’autorisation de convertir les forêts naturelles pour approvisionner les usines à papier et développer des cultures de palmier à huile. Le mécanisme de financement REDD (réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts) est devenu le serpent de mer de toute discussion sur l’avenir des forêts tropicales. Bien qu’on en soit encore au stade de la négociation – nul ne sait aujourd’hui quelles seront la forme et les modalités du mécanisme, à supposer qu’il voie le jour – les acteurs concernés par la gestion et l’avenir des forêts tropicales se positionnent et utilisent cette dynamique pour développer des projets de conservation, engager des investissements spéculatifs sur les marchés liés au carbone,voire modifier leurs législations nationales afin d’optimiser les bénéfices attendus. Les forêts indonésiennes constituent un enjeu de premier plan, ne serait-ce que pour leurs réserves en biodiversité et en carbone. À ce titre,elles sont dans la même catégorie que les forêts du bassin amazonien et du bassin du Congo, du fait de l’abondance des espèces végétales et animales endémiques qu’elles abritent et de leur superficie : évaluée à 170 millions d’hectares il y a un siècle, elle se situe aujourd’hui entre 80 et 90 millions d’hectares. Cette dispari-

tion rapide de l’écosystème forestier, au rythme d’environ 2 millions d’hectares par an actuellement, est la conséquence logique de la succession des politiques forestières et agricoles depuis l’arrivée au pouvoir du général suharto en 1965. il y a eu en effet plusieurs phases depuis cette date: 1 une allocation de dizaines de millions d’hectares de concessions pour l’exploitation forestière industrielle ; 2 un développement volontariste des capacités de transformation domestique, en particulier de l’industrie du contreplaqué dans les années 1970, dont le pays est aujourd’hui le premier exportateur mondial (et de loin) ; 3 le soutien à un développement fulgurant de l’industrie papetière dans les années 1990, dont l’approvisionnement fut quasi exclusivement fondé sur la conversion des forêts naturelles dites « improductives » du fait de leur surexploitation passée ; 4 le développement des plantations, pour produire du bois de pâte (eucalyptus et acacia), du caoutchouc (hévéa) ou encore des huiles pour l’alimentation ou pour l’énergie (palmier à huile).

Ces phases successives ont eu pour dénominateur commun d’être destructives de l’écosystème forestier et de conduire à la génération de rentes captées par les élites politiques et économiques. La stratégie poursuivie ne répond donc pas aux critères de durabilité, puisque les dégradations environnementales sont substantielles et les impacts sociaux délétères, dans un contexte où l’absence de reconnaissance des droits de propriété conduit trop souvent à une prise en compte insuffisante des intérêts des populations présentes sur les lieux de l’expansion industrielle. Les groupes conduisant ces opérations sont généralement intégrés dans des conglomérats relativement peu nombreux à l’échelle d’un pays de plus de 200 millions d’habitants, bien connectés aux élites politiques et actifs dans de nombreux secteurs. Il est par exemple avéré que certains conglomérats ont été présents au cours des différentes phases décrites plus haut, avec des usines de contreplaqué, des plantations de bois de pâte, des usines de pâte à papier et des plantations de palmier à huile. Tel qu’il est discuté aujourd’hui, le mécanisme REDD n’est rien d’autre qu’un moyen BARON bêta POLITIQUE

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Par ailleurs, quelle que soit la base de ces calculs, il est important de relativiser leur utilité pour au moins trois raisons. Premièrement, leur utilisation dans les processus de décision menant à l’allocation des terres et des licences d’exploitation reste à démontrer puisque les profits des palmiers à huile sont d’ordre privé pour les industriels alors que les versements financiers liés à REDD ont de grandes chances d’être orientés vers l’état. Deuxièmement, la question n’est pas tant celle de l’équivalence des revenus pris dans leur intégralité, mais plutôt celle de leur répartition entre différents acteurs. En l’occurrence, tant la production d’huile de palme que l’utilisation des revenus liés à la réduction des émissions de Co2 peuvent conduire à financer le développement ou à enrichir des personnes bien connectées dans des proportions largement mystérieuses. Troisièmement, la distribution de ces revenus est contrastée dans le temps et relève d’une 34

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Photo: Jan-Pieter Nap

d’organiser le transfert de ressources financières des pays industrialisés vers le monde en développement afin d’inciter à réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à la déforestation/dégradation. La manière de poser la question de son impact est généralement de comparer, d’une part, les bénéfices générés par les activités conduisant à la déforestation et, d’autre part, les revenus correspondant à la vente de crédits carbone d’après les stocks présents dans l’écosystème. Ce type de calcul est cependant très aléatoire en Indonésie. Prenons deux exemples. Tout d'abord celui de la conversion des forêts naturelles pour établir des plantations à croissance rapide pour alimenter les usines de pâte à papier. Outre l’opacité extrême qui caractérise ce secteur (par exemple, le groupe asia Pulp & Paper a été mis en cessation de paiement en 2001 avec 13 milliards de dettes libellées en dollar, bien que de nombreux analystes aient affirmé que le groupe continuait à faire des profits substantiels), les coûts d’opportunité des plantations peuvent être appréhendés de diverses manières : plantation déplacée dans des zones dégradées à coût minimal, plantation substituée par des importations ou l’utilisation d’autres plantations domestiques à des coûts supérieurs, restructuration du secteur ou encore sous-utilisation des capacités de transformation existantes avec des coûts considérables. Un autre exemple intéressant est celui des plantations de palmier à huile. Elles occupent de grandes superficies, généralement au détriment des forêts naturelles, et sont amenées à croître dans le cadre du programme Bio Fuel New Deal, selon lequel les superficies pourraient passer de 5,6 millions d’hectares en i2005 à 13,7 millions en 2020. Elles ont été l’objet de calculs économiques qui donnent des résultats différents, entre autres selon les méthodes utilisées et les hypothèses sur le prix des crédits carbone. Globalement, nul aujourd’hui ne peut affirmer que les revenus tirés de la vente de crédits carbone sont en mesure de rivaliser avec les profits à l’hectare générés par ces plantations. Une récente étude sur le sujet donnait par exemple une fourchette allant du simple au triple pour les revenus des plantations et de un à dix pour les revenus issus du carbone. Ce qui n’est pas étonnant, car les stocks de carbone, la productivité des sols, le prix international de l’huile et le prix des divers types de crédits carbone sont susceptibles de pousser dans un sens ou dans l’autre.

dossier

« Il n’y a pas de plan B! Il faut un accord à la fin du sommet. »  

  

Voilà la conclusion d’une soirée de vin à Montréal avec des diplomates qui seront à Copenhague (Danemark) pour la Conférence sur le changement climatique du 7 au 18 décembre 2009. L’urgence d’une action planétaire pour sauver la planète d’une menace catastrophique irréversible est palpable dans toutes les conférences et colloques, depuis le Protocole de Kyoto. Des diplomates travaillent sans relâche pour ouvrir la voie à un accord. La population est aussi présente aux débats depuis quelques années avec la création d’une conscience sociale planétaire se traduisant dans les nombreuses manifestations mondiales, par l’utilisation de toutes les plateformes de communication pour informer la population, sans oublier les groupes de pression verts qui sont de plus en plus nombreux, ainsi que l’investissement vert par les gouvernements, le développement de la technologie écologique, le changement du discours politique au niveau régional/local et plusieurs autres actions directes qui laissent croire à une force mondiale capable de faire bouger les gouvernements.

Rencontre avec Dr. Jane Lubchenco incertitude (rappelons que REDD n’existe pas encore). L’Indonésie, qui a accueilli la 13ème Conférence des parties à la Convention climat à Bali fin 2007, s’est positionnée comme un acteur important du REDD. De nombreuses études avaient d’ailleurs été réalisées pour la circonstance, afin de lancer des activités et s’engager dans la voie du REDD. Pourtant, le pays envoie des signaux contradictoires puisque le gouvernement a dans le même temps reconduit l’autorisation de convertir les forêts naturelles pour approvisionner les usines papetières jusqu’en 2014 (préalablement jusqu’en 2009) et autorisé le développement des cultures de palmier à huile sur des forêts dans les tourbières. Par ailleurs, alors que les projets labellisés REDD émergent en grand nombre sous la pression d’investisseurs attirés par des perspectives de profits, le gouvernement indonésien a innové en rédigeant des textes de loi visant à encadrer toutes ces initiatives. L’objectif semble être de ne pas perdre la main sur ce business florissant et de se donner les moyens d’en capter une partie des bénéfices, tout en contrôlant légitimement la nature des activités mises en œuvre. Ainsi, cette analyse nous incite à conclure prudemment sur la capacité d’un mécanisme REDD pour inverser une tendance forte de déforestation/ dégradation dans un pays comme l’Indonésie. Outre les aspects financiers du problème, le fait est que les politiques affectant les forêts sont ancrées dans des pratiques anciennes correspondant à un mode de gouvernance et des relations public-

privé bien particuliers. Le passage à un mode de développement fondé sur une utilisation limitée des ressources forestières/foncières et une redistribution alternative de la rente – ce passage traduisant l’application effective de REDD en Indonésie – ne pourra certainement pas intervenir à court terme et ne dépendra pas exclusivement des possibles transferts financiers via le mécanisme.

Sous-secrétaire au commerce, chargé des océans et de l'atmosphère National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA)

Comment concilier l'économie aux États-Unis avec la protection de l'environnement ? Pendant trop longtemps, la croissance économique et la protection de l'environnement ont été considérées comme des intérêts concurrents. Dorénavant, plus que jamais, il est clair, que le dilemme ne se situe pas entre la sauvegarde de notre environnement ou celle de notre économie, mais il s’agit plutôt d’opter pour la prospérité tout en évitant le déclin de l’environnement. Il s’agit donc d’investir dans une économie d'énergie propre qui créera des millions de biens, comme par exemple, créer des emplois verts pour les travailleurs américains qui ne peuvent pas être sous-traités, ce qui constitue le moyen le plus sûr d'équilibrer nos intérêts mutuels de la prospérité économique et de la protection de l'environnement. De la même façon, le rétablissement de la prime des océans pourra assurer des emplois sûrs, une alimentation saine de fruits de mer et la possibilité de loisirs, ce qui fortifiera la résistance des communautés côtières. L'administration Obama adopte largement ces choix gagnants. La American Recovery and Reinvestment Act (ARRA) comporte plus de 80 milliards de dollars pour investir dans l’énergie propre. En avril, le Jour de la Terre, M. Obama a dévoilé un programme visant à développer des projets d'énergie renouvel-

L’obstacle qui empêche d’aider la planète est basé sur une problématique d’intérêts nationaux selon les moyens financiers et la volonté politique pour mettre en place un mécanisme de surveillance/contrôle. Des pays comme le Canada, l’Australie, l’Arabie Saudite, le lobby industriel et autres groupes de pression travaillent en contre-courant pour que le COP15 soit une conférence sans restriction internationale pour le développement de leurs industries nationales, un obstacle majeur pour résoudre la crise. Aussi, les pays en développement ne veulent pas payer pour la dégradation du climat commis par les pays riches depuis le début de la révolution industrielle et le pays plus influent au monde, les États-Unis, n’est pas prêt à s’engager au pourcentage nécessaire pour stabiliser la planète. Le théâtre diplomatique qui va se dérouler à Copenhague sera suivi par toute la planète et une conclusion hâtive est pour l’instant impossible. Suivez sur Baronmag.com le compte rendu journalier de cette conférence historique.

able sur les eaux continentales qui produisent de l'électricité à partir du vent, des vagues et des courants océaniques. Pour la première fois, une nation peut puiser dans l'océan, de vastes ressources durables pour générer de l'énergie propre dans un environnement sain. Le financement d’ARRA fournit également des emplois pour restaurer les voies navigables côtières et les habitats, ce qui appuie une fois de plus l'alignement des objectifs économiques et environnementaux. Quelles sont vos attentes de la COP15 ? NOAA, avec le reste de l’administration du président Obama, a bon espoir qu'un accord robuste peut être conclu à Copenhague. Pour être réussi, l'accord doit comporter un consensus significatif avec une vision commune sur l’adaptation, la technologie et le financement. Aucune de ces questions ne s’avère simple, mais toutes sont importantes. À bien des niveaux, la NOAA peut contribuer à tout accord qui aboutira de ces pourparlers. Nous sommes particulièrement bien placés pour appuyer les mesures d'adaptation aux États-Unis et à l'étranger. Dans le cadre de la délégation américaine au COP15, la NOAA contribue à l'effort global des États-Unis. La NOAA se réjouit de poursuivre son engagement actif dans le dialogue, mettant un accent particulier sur le climat, la connexion avec l’océan, la nécessité d'une bonne surveillance des gaz à effet de serre.

+ sur baronmag.com Quel est le travail de la NOAA ? Comment NOAA contribue-t-elle à l’économie de l’Amérique ?

BARON bêta POLITIQUE

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dossier

les défis du Groenland Entre COP15 et désirs d’indépendance Par Damien Degeorges

La conférence des Nations Unies sur le changement climatique, COP 15, qui se tiendra en décembre prochain à Copenhague, est l’occasion de redécouvrir le rôle de « vitrine » des changements environnementaux attachés au Groenland et les défis qui attendent ce territoire autonome en quête d’indépendance. Le tout dans une région, l’Arctique, aux forts enjeux géopolitiques. Face au développement économique nécessaire à une éventuelle indépendance, le Groenland a indiqué, par la voix de son chef de gouvernement, Kuupik Kleist, que le territoire serait amené à multiplier par 14 ses émissions en CO2, qui n’étaient en 2007 que de 650 000 tonnes. Un chiffre à mettre en rapport avec la densité du territoire : quatre fois la France. Le Danemark, hôte du COP15, n’a pu, par principe, que juger cette demande « irréaliste », dans un premier temps. Le dialogue, valeur chère aux pays nordiques, se poursuit entre Danois et Groenlandais. L’Arctique, entre enjeux environnementaux et développement économique Le défi du Groenland réside dans la réduction des émissions de CO2 et la protection d’un environnement fragile – la fonte de la calotte glaciaire provoquerait une élévation de sept mètres du niveau de la mer – et le développement de son économie en vue d’une éventuelle indépendance. Le seul projet d’usine d’aluminium Alcoa, prévue à l’horizon 2016, pourrait doubler les émissions du Groenland en CO2, ce qui – selon le mécanisme actuel – aurait un coût certain en terme de compensation et de fait pourrait fragiliser les désirs d’indépendance économique du Groenland. Après avoir durant des années évoqué les conséquences néfastes du changement climatique sur les populations de l’Arctique, les possibilités économiques liées à la fonte des glaces semblent prendre le pas sur les impératifs environnementaux. Ainsi, le vice-chef du gouvernement, Jens B. Frederiksen, s’est exprimé à la radio néerlandaise sur les aspects positifs du changement climatique au Groenland, arguant que la fonte de l’inlandsis laissera place à davantage de terres, ce qui permettrait une augmentation de l’activité, en particulier dans le secteur minier.

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BARON bêta POLITIQUE

Parmi les nombreuses personnalités étrangères à s’être rendues à Ilulissat (Groenland), dans le cadre de la diplomatie climatique menée par le Danemark dans la perspective du COP15, afin de sensibiliser aux réalités du changement climatique et à la nécessité d’un accord à Copenhague, figurent le sénateur américain John McCain, la présidente de la Chambre des Représentants des Etats-Unis, Nancy Pelosi, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, la chancelière fédérale allemande, Angela Merkel, et le président du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Etude du Climat (GIEC), Rajendra K. Pachauri. Le ministre d’Etat, Jean-Louis Borloo, s’est également rendu à Ilulissat. Dans le même ordre, le dialogue du Groenland, initié par le Danemark en collaboration avec le gouvernement groenlandais en 2005, a depuis permis aux acteurs clés des négociations internationales sur le climat de converser dans un cadre informel, tant au Groenland que dans d’autres pays (Afrique du Sud, Suède, Argentine, Etats-Unis). Le Groenland, en marche vers l’indépendance ? L’autonomie renforcée du Groenland au sein du Royaume de Danemark, entrée en vigueur le 21 juin dernier, est à la fois un élargissement de l’autonomie interne, instaurée en 1979, et la

dernière étape avant une éventuelle indépendance. Celle-ci reste cependant encore lointaine, tant sur le plan économique que sur le taux d’éducation de la population qu’un tel changement nécessite. Le nouveau statut reconnaît les Groenlandais en tant que peuple, donne aux autorités groenlandaises la liberté d’installer un comité chargé de rédiger une constitution et la possibilité d’organiser un référendum en vue d’une éventuelle indépendance – le Groenland restant libre de décider seul de son avenir –, confère la gestion des matières premières aux autorités groenlandaises et met en valeur l’aspect linguistique, le groenlandais étant devenu langue officielle. Les élections législatives du 2 juin dernier ont vu la large victoire du parti le plus à gauche sur l’échiquier politique, Inuit Ataqatigiit. Après trente années de pouvoir incarnées par la formation d’orientation social-démocrate Siumut, Kuupik Kleist, chef du gouvernement, incarne – selon certains – le nouveau visage du Groenland et une transition entre les deux statuts d’autonomie. Il a souhaité suivre personnellement les domaines des négociations internationales sur le climat et des affaires étrangères au sein du gouvernement. Contrairement à son prédécesseur, Kuupik Kleist s’inscrit dans une perspective d’indépendance construite. À l’heure où les enjeux de l’Arctique vont amener à reconsidérer une partie significative des relations internationales, le Groenland, un des acteurs clés de la problématique de l’Arctique, s’apprête avant tout, au vu des investissements nécessaires à son développement, à faire un choix stratégique entre Amérique et Europe. Dans ce contexte, étant donné l’immensité d’un territoire peuplé d’environ 57 000 habitants, un Groenland indépendant est-il viable ? L’éventuelle adhésion de l’Islande à l’Union européenne a relancé le débat européen au Groenland – certains évoquant le fait qu’une adhésion du Groenland permettrait à ce territoire d’acquérir plus rapidement son indépendance. Les projets d’investissements américains considérables – à titre d’exemple, le projet Alcoa estimé à 2,5 milliards de dollars équivaudrait à cinq fois la

Photo: Jens Buurgaard Neilsen

subvention annuelle de l’Etat danois au Groenland - amènent les Groenlandais à entrevoir une possible indépendance vis-à-vis du Danemark. Afin d’éviter une nouvelle dépendance, des personnalités politiques groenlandaises souhaitent encourager la diversification des investissements étrangers et entrevoient la possibilité d’une libre association entre le Danemark et le Groenland, alors deux pays indépendants partageant un même souverain. Un acteur stratégique bientôt incontournable L’éducation, défi prioritaire du Groenland s’il souhaite répondre aux attentes, en particulier dans le domaine énergétique, et asseoir un projet d’indépendance solide, est l’objet de partenariats avec les Etats-Unis et l’Union européenne. Cette dernière finance à hauteur de 25 millions d’euros par an le système éducatif groenlandais durant la période 2007-2013. Former les cadres du Groenland s’avère être un enjeu d’influence. Des changements environnementaux découlent l’accentuation des enjeux actuels dans l’Arctique. L’US Geological Survey évoquait en 2007 un potentiel de ressources en hydrocarbure non encore découvertes dans l’Arctique équivalant à 20% des réserves mondiales, plaçant le Groenland à un hypothétique dix-neuvième rang mondial en terme de réserve d’hydrocarbures. Le potentiel en hydrocarbure, rendu en théorie plus accessible par le changement climatique, influence l’environnement géopolitique de la région, où se côtoient trois ensembles géographiques (Amérique du Nord, Europe du Nord et Russie). Le Groenland est un carrefour des intérêts américains et européens dans la région. Le territoire abrite la base américaine de Thule, élément du bouclier antimissile américain (projet abandonné pour l'instant en Europe), et a accueilli la réunion introduisant le concept de « fenêtre arctique » de la dimension nordique de l’Union européenne en 2002, prémices d’une politique arctique européenne. De par son immensité et sa situation géostratégique, le Groenland mérite d’être considéré comme un des acteurs clés de l’Arctique.

Rencontre avec Thomas Meinert Larsen Climate Movement of Denmark (CMofD)

Pouvez-vous nous parler du travail du Climate Movement of Denmark (CMofD )? Le CMofD travaille sur différents aspects : L'Information: Nous participons aux débats publics dans les journaux et sur Internet pour informer la population des conséquences potentiellement catastrophiques des changements climatiques, et comment nous, en tant qu’individu et collectivité, pouvons faire quelque chose pour changer cette problématique. Nous créons des groupes locaux dans différentes villes au Danemark. Nous avons maintenant des groupes à Copenhague, Aarhus, Odense et bien d’autres villes. Nous sommes l'une des organisations qui est responsable du Klimaforum09, un sommet alternatif sur le climat au Bella Center. Les événements et actions publiques: Nous sommes impliqués dans diverses campagnes d'actions climatiques mondiales, tel que l'événement 350 qui a eu lieu le 24 octobre dernier, ainsi que la grande manifestation prévue en décembre 2009 pour la réunion COP15 à Copenhague Aide à l'appui pour des changements pratiques: Récemment, nous avons pris part à un projet qui donnait des outils et suggestions au public pour les aider à exécuter leurs tâches domestiques en respectant l’environnement.

Un réseau de décisions et de diffusion d'information: Grâce à l’utilisation de courriels hebdomadaires, nous envoyons à nos membres des informations détaillées sur les nouvelles climatiques et sur toutes les réunions pertinentes qui ont lieu au Danemark. Au Danemark, à quels problèmes environnementaux êtes-vous confronté ? Le gouvernement actuel investit toujours - beaucoup trop - d'argent dans les routes pour soutenir la circulation automobile, au lieu d'investir dans les transports publics, tels que les chemins de fer et les pistes cyclables. Le Danemark a une mauvaise gestion du recyclage des déchets. Nous croyons qu’une stratégie totalement différente doit être établie. Actuellement, la plupart des déchets sont simplement brûlés ou enterrés pour un entreposage à long terme. Le Danemark devrait transformer la production d'énergie actuelle (fondée essentiellement sur le charbon, le gaz et le pétrole) en sources renouvelables comme l'énergie du vent, l’énergie solaire et la technologie des ondes. Cette transformation exige un investissement public massif dans les infrastructures diverses, la recherche et l'innovation, particulièrement pour chercher des moyens d’ « emmagasiner » l'énergie (comme les moulins à vent qui ne fonctionnent que lorsque le vent souffle). |klimaforum09.dk|

+ sur baronmag.com

Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) les enjeux du Groenland www.legroenland.fr

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Incidence d’un réchauffement planétaire de 4 ˚C (7 ˚F) +16 ˚C +13 ˚C

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+12 ˚C

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+2 ˚C

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7 15 +3 ˚C +3 ˚C

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+4 ˚C

Le stress de la sécheresse qui agit négativement sur les plantes ou la propagation incontrôlée du feu consécutif aux grands changements climatiques, pourraient provoquer la destruction +2 ˚C de grandes zones de la forêt amazonienne. Cette éventualité dépend largement de la diminution des précipitations en Amazonie. Certains modèles climatiques tablent sur une augmentation des précipitations dans la région et d’autres, plus réalistes, anticipent l’assèchement dramatique de l’Amazone et par conséquent, une augmentation du risque de grandes sécheresses.

+2 ˚C

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La production de soja pourrait chuter dans toutes les régions de production, incluant Amérique du Nord et du Sud, Asie du Sud et de l’Est.

4

Jusqu’à 30% de baisse de production dans les rizières en Chine, en Inde, au Bangladesh et en Indonésie.

5

Ressources en eau touchées par une diminution du ruissellement pouvant atteindre jusqu’à 70% autour de la Méditerranée, en Afrique du Sud et dans de grandes zones d’Amérique du Sud.

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+8 ˚C

+7 ˚C

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7 Jusqu’à 40% de réduction de la production de maïs et de blé aux basses latitudes.

Le réchauffement planétaire moyen de 4ºC ne se manifestera pas uniformément dans la mesure où les océans se réchauffent moins rapidement que les terres ; les hautes latitudes, surtout l’Arctique, enregistreront des hausses de température plus marquées. La température des jours les plus chauds augmentera également et un grand nombre de régions à forte densité de population constatera une évolution plus importante des températures extrêmes. Cette évolution aura une incidence considérable sur la santé.

+1 ˚C

Le changement climatique nuit directement à la productivité des semences et à la production agroalimentaire. L’évolution des disparités régionales des ˚C schémas climatiques pourrait élargir les écarts de production+2 et de consommation entre les pays développés et en développement. Les évaluations actuelles se limitent à l’altération du climat moyen, mais les +3 ˚C phénomènes météorologiques extrêmes ou le recul des glaciers pourraient, +4aussi, ˚C aggraver l’accélération de la chute de productivité. eux Au-delà d’un échauffement moyen planétaire de 3°C et selon les prévisions, la production agricole devrait diminuer pour toutes espèces céréalières principales et pour toutes régions de production confondues. Pour certaines espèces, la production pourrait diminuer de plus de 20% dans les régions de faible latitude, régions les plus touchées. En conséquence, des dizaines de millions de citoyens (soit une augmentation d’environ 10 à 20%) pourraient souffrir de la famine. Cette hausse est surtout anticipée en Afrique subsaharienne et dans certaines régions d’Asie du Sud et d’Amérique Centrale, surtout pour ce qui concerne la malnutrition infantile. À l’horizon 2050, l’augmentation du nombre d’enfants dénutris pourrait atteindre 24 millions.

2

+3 ˚C

1

+2 ˚C +1 ˚C

Selon les prévisions, de grands risques d’incendie de forêt devraient menacer tous les continents peuplés. Sont désormais inclus dans la catégorie des régions à haut risque : de grandes zones des États-Unis, le Mexique, l’Amérique du Sud à l’est des Andes, l’Afrique du Sud et de l’Est, le Sahel, l’Australie de l’Est et du Sud et l’Europe méridionale.

+6 ˚C

+1 ˚C

1

La Forêt amazonienne

1

+5 ˚C

+6 ˚C

5

L’élévation du niveau de la mer associée à des ondes de tempête, pourrait sérieusement menacer les personnes et les biens aux Pays-Bas et dans le sud-est du Royaume-Uni. Le niveau de la mer pourrait monter de 80 cm d’ici la fin du siècle. À plus long terme, un réchauffement de 4 ºC augmenterait significativement les prévisions d’élévation du niveau de la mer. L’élévation du niveau de la mer sera vraisemblablement plus importante aux basses latitudes, touchant de manière démesurée les îles tropicales et régions de faible altitude, comme le Bangladesh. Pour la population de 2075, des élévations du niveau de la mer extrêmes découlant d’une élévation moyenne de 53 cm, provoqueraient des inondations pouvant toucher chaque année jusqu’à 150 millions de personnes en plus. Trois quarts d’entre elles vivent en Asie. Jusqu’à 56 millions d’habitants subiraient des inondations le long du littoral de l’Océan Indien, 25 millions le long du littoral d’Asie de l’Est et 33 millions sur la côte d’Asie du Sud-Est. L’Afrique, les îles de la Caraïbe, les îles de l’Océan Indien et les petites îles du Pacifique font également partie des régions vulnérables.

Un réchauffement moyen planétaire de 4 ºC se répercuterait significativement sur le débit des fleuves et la disponibilité de l’eau. +6 ˚C Compte tenu de la hausse de population à l’horizon 2080 et sans parler de changement climatique, un peu plus de trois milliards de personnes sur une population mondiale de 7,5 milliards pourraient vivre dans des régions à disponibilité d’eau par habitant limitée (soit moins de 1 000 m3 / personne / an). En réduisant le ruissellement fluvial, le changement climatique pourrait considérablement diminuer les ressources en eau d’environ un milliard de personnes (fourchette entre 0,4 et 2 milliards), augmentant substantiellement la pression exercée sur les mécanismes de gestion de l’approvisionnement en eau. De plus, les communautés consommatrices d’eau provenant de la fonte des glaciers devront faire face à la nouvelle menace consécutive à leur recul.

8

La moitié des glaciers de l’Himalaya aura sérieusement diminué d’ici à 2050, même en cas de réchauffement moyen de la planète inférieur à 4°C. La fonte des glaciers contribue à 70% de l’apport en eau estivale du Bassin de l’Indus. En Chine, 23% de la population vit dans les régions occidentales, où la fonte des glaciers constitue la principale source d’eau pendant la saison sèche.

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Disparition totale des glaciers de nombreuses régions d’Amérique du Sud. Au Pérou et plus précisément dans la Cordillera Blanca, jusqu’à 69% de diminution du ruissellement due à une diminution de 75% de la zone glaciaire. Les écosystèmes marins risquent d’être fondamentalement touchés par l’acidification des océans, qui aurait d’importantes retombées pour la pêche. Il en découlerait des pertes considérables de revenu et d’emploi. La disparition des habitats des récifs coralliens liée à l’acidification, pourrait sérieusement toucher de nombreuses espèces commerciales de poisson et avoir des conséquences désastreuses pour les communautés du littoral, dont la survie dépend de la pêche de subsistance d’espèces coralliennes.

+4 ˚C

L’élévation du niveau +5 ˚C de la mer est une conséquence fatale du réchauffement planétaire. Les zones côtières de faible altitude seront plus vulnérables aux inondations et aux pertes de terrain. Ces régions étant souvent très peuplées, dotées d’infrastructures importantes, de terres agricoles très rentables et biodiverses, des incidences significatives sont à prévoir. Au début du 21ème siècle et selon les estimations, 600 millions de personnes vivaient à moins de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer actuel. Les populations d’Asie du Sud et d’Asie de l’Est sont les plus nombreuses dans les deltas de faible altitude, mais les petites îles sont aussi vulnérables à l’élévation du niveau de la mer et aux ondes de tempête. Les inondations d’eau de mer se traduiraient par la perte de terrains, de récoltes et de réserves d’eau douce et menaceraient la stabilité et la sécurité dans ces régions. Certains habitants n’auront d’autre choix que de migrer.

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À raison de un tous les dix ans à l’heure actuelle, les événements de sécheresse interviendront deux fois plus fréquemment dans l’ensemble de l’Afrique du Sud, de l’Asie du Sud-Est et du Bassin méditerranéen.

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Quasi-disparition du permagel de surface en Sibérie septentrionale. Diminution du permagel au Canada et en Alaska. Infrastructure construite sur les bases du permagel menacée.

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Nous ne connaissons pas plus le degré de stabilité du miroir de glace de l’ouest Antarctique que nous ne savons avec certitude si un réchauffement de la planète de 4 ºC en provoquerait la détérioration irréversible. En revanche la fonte de ce miroir de glace provoquerait une hausse mondiale du niveau de la mer de 3,3 mètres.

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La détérioration irréversible du miroir de glace du Groenland est probable à 60%. Cette détérioration entraînerait, à très long terme, une élévation planétaire du niveau de la mer de sept mètres.

Ces effets ne tiennent pas compte de notre capacité d’adaptation. Pour en savoir plus sur la construction de la carte, rendez-vous à l’adresse suivante: http://www.metoffice.gov.uk/climatechange/guide/effects/

Les hausses de température auront une incidence sur la disponibilité de l’eau, la productivité agricole, le risque d’incendie, la fonte des miroirs de glace et le dégel du permagel. La perte de productivité dans des conditions plus chaudes ou les frais consécutif à la nécessité de refroidir en permanence les environnements de travail, auront aussi une incidence sur l’activité commerciale. La mortalité liée à la chaleur et d’autres incidences négatives sur la santé augmenteront sans doute considérablement, même après la période d’acclimatation, d’adaptation ou compte tenu d’une diminution du nombre de décès liés au froid. C’est ainsi qu’en 2003 par exemple, la vague de chaleur qui s’est abattue sur le continent européen aurait fait quelque 35 000 morts.

Cycle du carbone Au 20ème siècle, l’augmentation du taux de CO2 ne représentait que 40 à 50% du taux réel d’émissions, le reste étant absorbé par les écosystèmes et océans de la planète. Ce processus pourrait souffrir du changement climatique et l’incidence des émissions de carbone sur les concentrations atmosphériques pourrait être plus grave à l’avenir. Un réchauffement planétaire moyen de 4 ºC pourrait augmenter jusqu’à 70% le pourcentage d’émissions de CO2 restant dans l’atmosphère. Plus la mise en place des mécanismes de diminution du taux d’émissions est retardée, plus ils auront de mal à stabiliser le taux de CO2 dans l’atmosphère.

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Les cyclones tropicaux pourraient être à la fois plus intenses et plus dévastateurs. Surtout dans les zones côtières, la hausse de population mondiale et l’élévation du niveau de la mer se traduiraient par une augmentation des dégâts liés aux cyclones et aux ouragans, la multiplication des perturbations d’infrastructure et des pertes humaines consécutives aux ondes de tempête. Les inondations provoquées par les ondes de tempête constituent la première cause de décès consécutifs aux grands cyclones.

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La température des jours les plus chauds de l’année pourrait augmenter de 6°C dans les régions très peuplées de l’Est de la Chine.

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La température des jours les plus chauds de l’année pourrait augmenter de 10 à 12 ºC dans la partie Est de l’Amérique du Nord, touchant Toronto, Chicago, Ottawa, New York et Washington DC.

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En Europe, la température des jours les plus chauds de l’année pourrait augmenter de 8 ºC par rapport aux températures actuelles.

Les schémas pathologiques ont évolué. Les cas de diarrhées, de maladies à transmission vectorielle comme le paludisme et la Dengue, de malnutrition et les incidences sanitaires des événements météorologiques comme les inondations et la sécheresse, se multiplient à l’échelle mondiale.

+˚C

Évolution de la température par rapport au climat préindustriel

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+˚F Populations des villes 5 à 10 millions

10 à 20 millions

Source: UN Statistics Division Demographic Yearbook 2007 (Annuaire démographique)

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photo : Mc Kay Savage

dossier

L’Himalaya:

le changement climatique et la géopolitique de l’Asie par Petit Jean Olivier

Les glaciers de l’Himalaya constituent la plus importante réserve d’eau douce du monde hors des pôles et alimentent les principaux fleuves asiatiques. L’exploitation de cette eau se fait sur fond de tensions géopolitiques, aussi bien du côté indien que du côté chinois et tibétain, et de menaces liées au changement climatique. L’Himalaya, chaîne de montagnes la plus élevée de la planète, est aussi le troisième réservoir planétaire d’eau douce (sous forme de glace) après l’Arctique et l’Antarctique. Cette réserve alimente les principaux fleuves d’Asie : Indus, Gange, Brahmapoutre, Salouen, Sutlej, Mékong, Chang Jiang (Yangtsé), Fleuve jaune. À l’exception du Gange, ils prennent tous leur source sur le plateau tibétain, c’est-àdire sous contrôle chinois. Ensemble, ces fleuves contribuent à l’alimentation en eau douce de deux milliards de personnes. Or, tout comme l’Arctique et l’Antarctique, ce réservoir d’eau glacée subit de plein fouet les effets du changement climatique. On estime qu’au cours des 50 dernières années, 82 % des glaciers du plateau tibétain ont perdu en superficie, et que les deux tiers de ces glaciers pourraient avoir disparu en 2050 si la tendance actuelle se confirme. La fonte des glaciers himalayens entraîne et entraînerait des conséquences vertigineuses à plusieurs niveaux. Tout d’abord, à travers notamment la fonte du permafrost, elle aurait pour effet de libérer des quantités supplémentaires de gaz carbonique dans l’atmosphère. Ensuite, elle risque d’altérer la circulation atmosphérique dans la région, et notamment l’intensité de la mousson (même s’il n’est pas évident de savoir en quel sens). La force de la mousson, dont l’Inde dépend pour une grande partie de ses besoins en eau, est en effet commandée par la température de l’air et du sol au niveau de l’Himalaya. D’autre part, en de nombreux endroits, l’eau issue de la fonte est retenue par une accumulation de débris laissés par la fonte des 40

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glaciers. Cette eau forme ainsi d’immenses lacs dont les fragiles retenues menacent à tout instant de s’effondrer, provoquant des dégâts considérables en aval. Enfin et surtout, l’approvisionnement en eau pour la consommation humaine, l’agriculture et la production électrique directement menacé dans une région où l’eau est déjà un bien précieux. Même si, dans un premier temps, l’effet du recul des glaciers est d’augmenter le débit des fleuves, une grande partie de cette eau est perdue du fait de l’évaporation, qui s’accentue avec la hausse des températures, avant de pouvoir être utilisée. Du côté de l’Inde: les hauts et les bas de la coopération régionale Le Gange, qui dépend pour 45 % de son débit des glaces de l’Himalaya, assure avec ses tributaires l’approvisionnement en eau de 400 millions de personnes sur trois pays: Népal, Inde et Bangladesh. Cette situation d’interdépendance entre le Népal (pays d’amont), l’Inde et le Bangladesh (pays d’aval) semble de nature à justifier une coopération régionale susceptible de bénéficier à toutes les parties. Dès 1994, des ONG des trois pays avaient rendu public un rapport intitulé « Convertir l’eau en richesse: Coopération régionale pour l’aménagement des cours d’eau de l’Himalaya oriental », qui dénonçait le gâchis d’énergie et d’argent entraîné par la duplication des aménagements, ainsi que les dégâts environnementaux résultant de la non prise en compte des intérêts des pays voisins. De son côté, le gouvernement du Bangladesh (pays qui dépend d’une eau venant presque exclusivement d’en dehors de ses frontières) proposait depuis plusieurs années un programme de coopération régionale et de partage des eaux reposant sur l’édification de barrages et de retenues au Népal et au Bhoutan pour emmagasiner une eau qui serait ensuite utilisée en aval pendant la saison sèche (le Bangladesh étant un pays très plat, il n’a pas beaucoup de possibilités pour installer des retenues sur son territoire). Le changement climatique a remis ce type de projets à l’ordre du jour : la nécessité de réguler le débit du fleuve se fait plus pressante, de même que les besoins en énergie de l’Inde. Sur le papier, il est donc tentant de conclure que qu’il y a là matière à échange fructueux entre les différents pays concernés : l’Inde peut offrir son aide à ses voisins pour construire sur leur territoire

des barrages qui permettraient à la fois de réguler le cours des fleuves et de produire de l’électricité. Des projets de ce type existent en fait d’ores et déjà. Le barrage de Koshi fut ainsi construit en 1964 par les Indiens sur le territoire népalais suite à un accord entre les deux pays. De même, l’Inde a financé la construction de la centrale hydroélectrique de Tala, au Bhoutan, dans le but de se garantir une source d’énergie bon marché. Les possibilités de coopération vont d’ailleurs bien au-delà de la simple question du stockage de l’eau et de la production hydroélectrique. Elles incluent également les secteurs de la pêche et de la navigation, mais aussi la question du reboisement : l’Inde par exemple soutient financièrement le boisement du Népal dans le but de contenir la sédimentation en aval. Ces belles idées se heurtent toutefois à deux obstacles : l’un est d’ordre technique, l’autre est politique. Tout d’abord, la topographie du Népal n’est pas adaptée à la construction de grands barrages. Construire des barrages hydroélectriques à haute altitude, là où le dénivelé et donc le débit des rivières sont les plus forts, impliquerait de leur adjoindre des routes d’accès et des systèmes d’acheminement de l’électricité et de l’eau d’irrigation, le tout à un coût économique et environnemental significatif – sans parler des enjeux liés à la maintenance de ces systèmes. Mais les questions de gouvernance et de relations entre les administrations des trois États concernés semblent encore plus insurmontables. De sorte que la situation dénoncée en 1994 par les ONG risque de perdurer, voire d’empirer. Les quelques projets conçus en coopération qui existent constituent en effet l’exception, la règle étant plutôt les décisions unilatérales, notamment de la part de l’Inde. Celle-ci en effet développe ses propres projets sans toujours tenir compte de ses voisins, qu’il s’agisse du Pakistan, du Népal ou du Bangladesh. (Et ce alors même que l’Inde reproche à la Chine de développer des projets sur le Brahmapoutre sans se soucier des conséquences en aval.)

d’eau libérées par le barrage selon des principes d’« équité, d’honnêteté et de justice entre les parties ». Selon certains observateurs, c’est moins le barrage en lui-même que l’absence de coordination et de partage d’information entre les deux côtés de la frontière qui a entraîné la destruction d’activités agricoles et la migration des Bangladeshi concernés vers les grandes villes indiennes. Le gigantesque projet indien d’interconnexion des rivières du pays (River Linking Project) vient encore renforcer l’inquiétude du Bangladesh quant à la part d’eau que le grand voisin indien laissera encore, dans l’avenir, franchir ses frontières en direction de la mer: il s’agit ni plus ni moins que d’utiliser l’eau des rivières pérennes descendant de l’Himalaya comme le Gange ou le Brahmapoutre pour alimenter les rivières perpétuellement sèches et/ou surexploitées du Sud de l’Inde, comme le Krishna ou le Kaveri. Un autre projet de barrage indien en amont du Bangladesh, à Tipaimukh sur la rivière Barak, suscite aujourd’hui à nouveau la colère et l’inquiétude des Bangladeshis. L’effondrement d’une partie du barrage de Koshi en août 2008 et les inondations qui ont suivi illustrent bien l’alternance de chaud et de froid qui semble de règle dans la coopération entre les pays de la région en matière de ressources en eau. Ce barrage avait été construit pour assurer l’approvisionnement en eau d’irrigation des deux côtés de la frontière entre l’Inde et le Népal. Les autorités indiennes (de l’État du Bihar), qui gèrent le barrage, ont commencé par accuser le manque de coopération des Népalais d’être la cause de cette catastrophe. De leur côté, les Népalais montraient du doigt les nombreux réservoirs et barrages construits par l’Inde de son côté de la frontière entre les deux pays, qui auraient selon eux provoqué l’inondation des villages népalais. Les invectives ont finalement laissé place à la négociation, qui a permis de mettre les reproches réciproques sur la table, mais aussi de relancer des projets communs comme la construction d’une centrale hydroélectrique de 240MW à Naumure, ou celle de deux nouveaux méga-barrages (le Sapta Koshi et le Pancheswor), consacrés par la signature d’un traité en 1996, mais restés en plan du fait de la méfiance mutuelle entre les autorités des deux pays…

Rencontre avec Amber Church Directrice nationale, Coalition canadienne des jeunes pour le climat

Qu'est-ce que la Coalition canadienne des jeunes pour le climat (CCJC) ?

Une délégation CCMJ se rendra au COP15 en décembre. Quelle sera sa mission ?

La CCJC est une ONG pour la jeunesse environnementale du Canada. Nous sommes un front uni de jeunes à travers le Canada qui lutte contre le plus grand défi de notre génération, la crise climatique. En l'absence d'actions significatives des industries et du gouvernement, nous déstabiliserions le climat qui est une priorité pour laquelle tous les Canadiens doivent s'attaquer. Nous devons agir au niveau local, provincial, fédéral et international. Nous combinons nos forces pour organiser des actions, influencer le gouvernement et pour la mise en œuvre concrète de solutions. Travaillant dans les écoles et les communautés d'un océan à l'autre, notre organisation comprend des groupes aussi divers que la Sierra Youth Coalition allant jusqu’au Canadian Auto Workers Youth Network, l'Indigenous Environmental Network et TakingITGlobal. Notre plus grand projet pour le moment est le Power Shift Canada, le plus important rassemblement de jeunes dans l'histoire du Canada à prendre des mesures sur le changement climatique (www. powershitcanada.org). Une délégation de jeunes Canadiens sera aussi présente à COP15 en décembre. Nous travaillons également avec un grand nombre d'acteurs différents dans le milieu canadien et la communauté internationale du changement climatique. Nous faisons partie du Climat Action Network et du Protocole de Kyoto Plus au Canada et nous participons à la campagne mondiale pour l'action climatique Tck Tck Tck Campaign, Appel de la planète Campaign, 350.org, l’International Day of Climate Action et la nouvelle Conventioncadre des Nations Unies sur les changements climatiques de la jeunesse.

La délégation est composée d'un groupe diversifié de 35 jeunes de toutes les régions du Canada. Ils vont porter des messages de la jeunesse canadienne et travailleront sans relâche pour que notre gouvernement fédéral, responsable devant la population du Canada, prenne un rôle dans le processus de négociation. Ils le feront conjointement avec la Délégation canadienne des jeunes de l'équipe d'accueil qui va travailler au Canada pour sensibiliser le public aux progrès de la négociation et maintenir une pression élevée à nos dirigeants fédéraux pour parvenir à un fort accord international. Quelles sont vos attentes envers la COP15 ? COP15 est la plus importante réunion internationale sur le changement climatique de l'histoire. Nous avons besoin de voir un accord solide sortir de cet événement. L'optimiste en moi pense que nous allons le faire, mais la réalité est qu’il y a encore un énorme travail à faire pour franchir la ligne d'arrivée. Je peux vous garantir que la jeunesse sera devant la ligne de front et nous ferons tout en notre pouvoir pour nous assurer que nous obtiendrons l'accord dont nous avons si désespérément besoin. J'espère juste que le reste du monde et nos dirigeants choisiront de nous suivre. | notreclimat.ca | | powershiftcanada.org |

+ sur baronmag.com Développement d’un programme d’emplois vert

La gestion conjointe de l’Indus par l’Inde et le Pakistan connaît elle aussi des hauts et des bas, mais la situation n’est pas pire qu’en ce qui concerne le Gange et le Brahmapoutre - ce qui est peut-être remarquable au vu de ce que sont par ailleurs les relations indo-pakistanaises. Réseau d’information et de documentation sur le développement durable et la solidarité internationale.

+ sur baronmag.com Du côté de la Chine : la tentation de l’unilatéralisme

La construction par l’Inde du barrage du Farraka sur le Gange, qui a privé les paysans bangladeshi d’une partie de l’eau qu’ils recevaient durant la saison sèche, a ainsi longtemps constitué une pomme de discorde entre les deux pays, jusqu’à la signature en 1996 d’un accord fixant les quantités BARON bêta POLITIQUE

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dossier

Réfugiés environnementaux par Katerina Kaldi Les Jeunes Européens, section Athènes Photos: Julien Harneis Un cinquième de la population mondiale vit dans des zones côtières qui sont menacées par l’augmentation du niveau de la mer. Un milliard de personnes seront touchées par la fonte des glaces de l’Himalaya. La désertification guette les trois quarts des terres cultivées en Amérique du Nord…

Les spécialistes signalent que, d’ici 2080, 150 à 200 millions de personnes seront des réfugiés climatiques obligés de migrer. L’Afrique, l’Asie, et le Proche-Orient sont considérés comme des régions à risque. L’ironie du sort est que ce sont les pays en développement qui participent le moins aux émissions de gaz à effet de serre qui seront touchés en premier. Des conséquences environnementales à peine imaginables Des variations du niveau de la mer, des précipita-

tions et des cyclones plus forts, des sécheresses plus intenses : voilà les conséquences probables. Conséquences qui varieront selon les régions et qui attirent notre attention non seulement sur les régions côtières, densément peuplées et sèches, mais aussi sur les régions de l’Asie du Sud-est connues pour leur fort taux d’humidité et leurs moussons. Les chercheurs estiment que le niveau des eaux augmentera de 18 à 59 centilitres d’ici la fin du siècle, conséquence directe des émissions de gaz à effet de serre.

et la prolongation des périodes de sécheresse. Certaines régions pourraient voir leurs réserves d’eau potable réduites de 30 %, ce qui provoquerait une hausse des prix des matières premières ainsi que des problèmes d’ordre social. En Grèce, les régions du sud, les récoltes, les réserves d’eau potable et l’économie touristique seront touchées, puisque la sécheresse et la canicule seront plus intenses.

Une augmentation notable du niveau de la mer pourrait entraîner la migration de dizaines, voire de centaines de millions de personnes. Par exemple, une montée de 45 centilitres au Bangladesh conduirait à la disparition de 11 % de son territoire et au déplacement forcé de 5,5 millions de personnes. Plusieurs genres de risque sont ainsi liés à l’effet de serre.

Les réfugiés climatiques n’ont pas encore été reconnus comme réfugiés par le droit international et ils ne peuvent ainsi pas faire valoir leurs droits à l’asile et à une protection sociale.

Dans certaines régions du monde, on constate déjà une diminution des terres cultivables et des réserves naturelles, une augmentation des cours d’eau intermittents, un accroissement des inondations

Des répercussions sociales, financières et géopolitiques

Selon des études scientifiques récentes, bien que les régions côtières ne couvrent que 2 % de la surface de la Terre, elles contiennent 10 % de la population mondiale. Les îles des Caraïbes, l’Amérique centrale et les côtes est de la Chine et de l’Inde seront les premières à être touchées. De plus, dans plusieurs pays, les habitants de l’arrière-pays seront aussi confrontés à des

problèmes s’ils habitent près des vallées fluviales où le système d’irrigation est alimenté par la fonte des glaces et le dégel, car le ruissellement a lieu de plus en plus tôt, l’éloignant ainsi de l’été. Le réchauffement climatique pourrait causer une série de répercussions sociales, financières et géopolitiques et des changements géostratégiques : un cercle infernal de catastrophes, de migrations et de combats territoriaux qui menaceraient la stabilité politique de nombreux pays, particulièrement ceux qui connaissent déjà des troubles. C’est pourquoi notre attention doit se porter sur les régions en danger et que l’application de mesures idoines est une urgente nécessité. Certaines régions pourraient être sauvées grâce à la construction de structures protégeant la population des marées ou permettant de garder l’eau pour les besoins de l’agriculture. L’industrie ou le secteur tertiaire pourraient employer des personnes dans les autres régions. Malheureusement, cela ne pourra pas être appliqué dans toutes les régions et, malgré des efforts, la population sera forcée de partir. Certains pays qui connaissent déjà les effets du réchauffement climatique demandent la reconnaissance de ce phénomène comme cause de la migration à une échelle internationale. La Convention de Genève, adoptée par les Nations Unies en 1951, n’inclut pas les réfugiés environnementaux. Selon la Convention, un réfugié est une personne qui est persécutée à cause de son origine ethnique, sa religion, sa nationalité, sa classe sociale ou ses convictions politiques. Le premier qui a souligné l’existence des réfugiés environnementaux a été Essam El-Hinnawi alors qu’il travaillait à l’UNEP en 1985.

Cependant, jusqu’à aujourd’hui, leur statut n’a toujours pas été reconnu et ils ne peuvent donc pas faire valoir leurs droits à l’asile et à une protection sociale. La définition du droit à l’asile et à la protection humanitaire devrait inclure les changements historiques, politiques et environnementaux des dernières décennies. M. El-Hinnawi indique qu’une nouvelle catégorie de réfugiés devrait être adoptée par les Nations Unies, car l’aide d’urgence en cas de catastrophes naturelles ne constitue pas la solution. Selon les résultats de l’étude scientifique « Stern » sur les répercussions économiques du changement climatique, affronter le problème coûtera nettement moins cher que d’attendre les bras croisés . Une grande partie du problème peut être résolue grâce à la diminution des gaz à effet de serre. La complexité réside dans l’inertie innée existant dans l’atmosphère. Quelles que soient les mesures qui seront prises, le changement climatique perdurera encore puisque les émissions d’aujourd’hui contribuent au réchauffement de la planète pour les prochaines années. Pour toutes ces raisons, la prise en main du problème ne peut plus attendre. Publié dans Le Taurillon, magazine eurocitoyen, qui est une publication des Jeunes Européens - France. |taurillon.org|

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Courrier de la planète Revue sur le développement, l’environnement et les défis d'un monde solidaire. |courrierdelaplanete.org| La Revue Durable Revue de vulgarisation francophone sur l'écologie et le développement durable. |larevuedurable.com| The Environment Times Journal en ligne publié par le Programme des Nations Unies pour l'environnement et GRID-Arendal |grida.no| Times Newspaper, section environnement Section sur l'environnement du journal britannique Times orientée sur l'Europe et l'Angleterre. |timesonline.co.uk/tol/news/environment| Green Inc. du The New York Times Blogue qui explore comment l'environnement, le changement climatique et les ressources énergétiques limitées remodèlent les entreprises et la société. |greeninc.blogs.nytimes.com| Le Monde, section Planète Actualités portant sur l'environnement, du point de vue français. |lemonde.fr| Portail de l’environnement du Québec Portail québécois sur l’environnement et le développement durable produit par Communications Terre-à-Terre avec le support web de Grafkar. |portailenvironnement.ca| Programme des Nations Unies pour l'environnement Programme qui a pour but de coordonner des activités des Nations Unies dans le domaine de l'environnement, assister les pays dans la mise en œuvre de politiques environnementales et encourager le développement durable. |eea.europa.eu| Les Échos section Énergie/Environnement Section sur l'énergie et l’environnement du quotidien français d’informations économiques et financières. |lesechos.fr/info/energie/index.htm| Green Guide Guide vert du magazine National Geographic. |thegreenguide.com| Goodworkcanada.ca Emplois « vert » au Canada. |goodworkcanada.ca| Institut de l'énergie et de l'environnement de la Francophonie Le Système d’information mondial francophone pour le développement durable de l'Organisation internationale de la francophonie.|mediaterre.org| Environmentguardian.co.uk Nouvelles, analyses et commentaires environnementaux du journal Guardian. |environmentguardian.co.uk| Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a pour mission d’évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre les fondements scientifiques des risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. (source ONU) |ipcc.ch|

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Le réveil du maître par Annie Bélanger

À l’approche de l’hiver, les journées se font de plus en plus courtes et pour certains, le réveil matinal dans le froid et la noirceur devient difficile. Pas facile de décoller vos yeux et de trouver l’énergie pour sortir du lit? Êtes-vous un adepte du « snooze » ? Dring! Dring! Bip! Bip! Il est peut-être le temps de magasiner un cadran pour éviter les courses sous la douche, les rôties mangées en vitesse dans l’auto et les retards au boulot! Nous avons dégotté pour vous quelques réveille-matin, allant de concepts ingénieux et stylisés, à d’autres plus loufoques et tapageurs. 1

CRUCHE PETIT GASPÉSIEN Quand le goût de boire de la bière à coups de cruchons à la façon d’un pirate ou d’un viking vous rentre dans le corps, vous pouvez compter sur l'excellente et rafraîchissante bière Pit Caribou de la Gaspésie qui offre le cruchon de 1,9 litre avec une image de marque: le visage d'un pêcheur fumant la pipe et portant le typique « sa west », un chapeau goudronné. Si vous êtes proche de Percé, faites un tour à leur microbrasserie située au bord de la mer à l'Anse-à-Beaufils. Disponibles: La Blonde de l'Anse (blonde) et La Bonne Aventure Rousse. |pitcaribou.com|

Poisson oiseau, chien et chat Si la réincarnation existe, j’aimerais renaître sous la forme d’un chat suédois afin que mes croquettes soient disponibles dans un emballage impeccable, comme celui imaginé par la designer Sara Strand. Fish, Bird, Dog & Cat est une ligne d’aliments et de gâteries biologiques dotée d’un emballage avec un dessin sympathique de votre animal de compagnie et une petite fenêtre pour bien voir le produit. (lc) |www.sarastrand.se| |www.matildabostrom.se|

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Sueur mexicaine: une nouvelle eau de Cologne Pour promouvoir leur nouveau projet musical aux tonalités mexicaines, la bande du groupe The Bronx ne veut pas seulement prendre en otage votre sens auditif, mais aussi celui de l’odorat. Tout en écoutant le premier disque de Mariachi El Bronx, vous pourrez maintenant vous lancer au visage quelques gouttes du nouveau « Barrio Sweat », une eau de Cologne qui vient rendre hommage à la virilité d’Olde World Mexico.

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Rendre l’utile à l’agréable Les groupes sur la maison de disques Hydra Head aiment boire! La première collection provient du groupe Harvey Milk1 et nous propose des verres de plastique, style pique-nique (exactement comme ceux qu’on avait à la maison!), mais aussi connus aux É-U comme des verres à stade. Le groupe a décidé d’imprimer leur visage d’un côté et leur nom de l’autre. Peut contenir seize onces de liquide de votre choix. Le deuxième a été conçu pour la promotion de l’album Planets of Old de Cave-In2 . Une pinte en verre aussi de seize onces. Édition limitée!

NINJA STYLE « Je veux aller à l’école de ninjas! » Voici ce que mon petit frère de 5 ans, à l’époque, voulait entamer comme carrière. Après toutes ces années d’attente, déguisé en noir avec des souliers Converse, il peut maintenant réaliser son rêve. Voici les Ikitabis de la marque Trazita, des souliers de ninja modernisés par la styliste parisienne Chikako INOUE. Le système à deux doigts confortables, ajustables et souples est disponible sous deux styles: traditionnel (noir ou blanc) ou moderne (coloré). (lc) |ikitabi.com|

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Le Clocky est certainement le réveil le plus efficace pour le paresseux qui traîne au lit. Équipé de roues, il se projette au bas de votre commode en sonnant et roule dans votre chambre jusqu’à ce que vous l’attrapiez. Avec un design des plus mignons et une hyperactivité qu’on ne peut ignorer, on tombe sous le charme et on se réveille en moins de deux. |clocky.net| On se rappelle tous des vieux cadrans qui avaient une alarme digne d’une caserne de pompiers. Karlsson reprend le look de l’appareil, mais opte pour un cadran digital plutôt que des aiguilles qui font tic tac, tout en offrant une alarme électronique. Eh oui, les deux cloches ne sont que décoratives! |karlsson-clocks.com| Vous en avez marre de la ville et vous rêvez de vous réveiller au chant du coq? Troquez votre alarme pour un réveille-matin de Made by Humans. Cette petite babiole est assez emmerdante

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pour vous sortir du lit hâtivement et peut-être même vous faire renoncer à votre idée d’acheter une maison de campagne. Trois sonorités sont offertes : le coq, la vache ou l’insecte. |madebyhumans.net| 4

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Le cadran Alba a de la classe! Avec son boîtier en bois massif qui lui donne un air sophistiqué et sa devanture en acrylique, on est fier de le mettre sur notre commode. Sans oublier que si vous aimez acheter « local », ce produit est une création de la compagnie montréalaise Furni. |furnicreations.com|

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Le réveil Crosley, avec sa couleur pastel et son look vintage, ressemble à un vieil appareil trouvé dans un marché aux puces ou dans une boutique d’antiquités. Détrompez-vous! Il est neuf, moderne et possède tout le nécessaire pour y connecter votre lecteur mp3. Pour les moins technos, la radio AM/FM est incluse. |urbanoutfitters.com|

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Ceux qui n’ont pas d’enfants pour les réveiller peuvent maintenant compter sur cet objet qui se met dans une colère noire lorsqu’il est ignoré. L’alarme Tantrum Throwing est progressive: cinq minutes avant l’heure, l’objet s’illumine pour attirer votre attention. À l’alarme, c’est la crise! Il crie et branle les poings. Tout de même attachant, il sourit lorsque vous le flattez et danse sur votre musique préférée. Bref, on entretient une relation amour-haine avec lui. |hammacher.com|

Qui ne connaît pas l’expression « être aux petits oiseaux » ? Bien que ce n’est sûrement pas cette expression qui reflète le mieux votre humeur matinale, nous avons trouvé ce petit gadget quétaine qui donnera probablement un peu d’extase à votre matin. Orné d’un petit oiseau avec un décor de fond de nuages (on dirait presque l’image d’un pamphlet religieux qui promet la vie éternelle!), ce réveille-matin ne sonne pas, il gazouille le chant des oiseaux.|zonemaison.com|

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weBite

La populaire collection de logos faite avec des monstres de WeScare (une collection de 59 monstres) réalisée par Chopshop, nous propose cette fois-ci des variations sur le vampire à partir de sources multiples: cinéma, bande dessinée, animation pour enfants et humour. Le tout organisé sous la forme d’une chauve-souris. La nouvelle collection UndeadWe de 50 icônes de morts-vivants (comprenant des zombies, des momies, des esprits, des fantômes et d’autres formes de re-stuff morts animés) vient de sortir. (lc) |chopshopstore.com| BARON bêta DESIGN

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pour des millions de dollars déjà. Mais les projets concernés ne sont pas des projets immenses. […] Tout le monde se veut très sérieux et très organisé. Du design, ce n’est pas comme un bureau d’avocat. Pour faire des trucs neufs, il faut prendre certains risques, c’est ça le design. »

le piédestal des nerds la pandémie pecha kucka par NELSON ROBERGE photos: Julia Lucchesi

« Donnez un micro à un designer (spécialement un architecte) pour vous parler de son projet et vous serez pris pour des heures. » Cette explication venant directement de son site Internet exprime bien la mise en contexte qui a poussé la réalisation des premières rencontres Pecha Kucha. Fondées en 2003 par la firme Klein Dytham Architectures à Tokyo, les soirées Pecha Kucha (expression japonaise signifiant « le son des conversations ») ont pour but de faciliter les rencontres entre les jeunes designers et leur offrir la possibilité de présenter leurs idées devant un public. Chaque exposant présente vingt diapositives illustrant son projet et a vingt secondes par image pour expliquer sa démarche. Depuis ses débuts, le concept de l’évènement a pris une ampleur internationale, sans effort, et plus d’une centaine de villes se sont approprié le concept. À Montréal, c’est à Boris Anthony, directeur design chez Dopplr.com - on reviendra sûrement sur cette compagnie dans une prochaine édition de Baron ! -, qu’on doit la réalisation de l’évènement qui a pris forme il y a environ deux ans. Depuis, s’est rajouté à l’organisation Marc-André Plasse, Patrick De Barros et Nicolas Marier. Comme notre ami Anthony est plutôt occupé (c’est qu’il est toujours parti en voyage, ce gars-là !), j’ai réussi à faire la connaissance de Marc-André Plasse, cofondateur de la boîte d’architecture montréalaise Nature Humaine, qui vient de remporter le Prix d’excellence de l’Ordre des Architectes du Québec 2009 et qui avait aussi gagné le grand prix Créativité Montréal en 2007 pour son travail portant sur le restaurant Quattro D. « La première fois qu’on fait ça, c’est un peu déconcertant […] Il faut vraiment calibrer quand on parle parce qu’on ne peut pas changer de diapo 46

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lorsqu’on n’a plus rien à dire. L’avantage du format, c’est que ça permet aux gens d’être concis.  » m’explique Marc-André en se souvenant de sa première présentation. Malgré le fait qu’il y a de plus en plus de designers qui sortent des écoles ou des jeunes entrepreneurs qui se lancent en affaire à Montréal, il semble que ce soit quand même dur de trouver des personnes pour faire des présentations. Un manque de promotion de l’évènement ou des designers trop timides? « Souvent, les designers ne sont pas habitués de présenter leur travail et ils ont toujours l’impression que ça ne va pas être assez intéressant. Alors, il faut les convaincre que ça va être super bon. » Puis l’architecte ajoute: « Je pense qu’à l’école d’architecture, on est habitué de toujours présenter nos projets. Je pense que pour les autres formes, surtout en design de mode, en multimédia ou en web, les gens ne sont pas tellement habitués de présenter leur travail devant un public. C’est un bon exercice pour eux et c’est bien de facilement

Sortez de votre sous-sol! « Depuis le début de l’évènement, il y a environ 130 personnes qui ont fait des présentations. » Il est assez facile de pouvoir présenter son projet à Pecha Kucha, que ce soit sur le site Internet ou en entrant en contact avec un des organisateurs. « On recherche un certain degré d’inventivité, une maîtrise du média où l’on sent que la personne a vraiment quelque chose d’intéressant à offrir. On essaie aussi d’éviter les choses qui sont trop promotionnelles. » Effectivement, les présentations ne sont pas là pour vendre. Le but de l’expérience n’est pas de promouvoir les services ou le dernier produit, mais plutôt d’expliquer la démarche et les questionnements qui ont mené à l’aboutissement de chaque idée. « On veut que les gens nous montrent leurs démarches créatives, qu’est-ce qui les inspire, qu’est-ce qui les fait triper, à quoi pensait-il quand ils ont inventé ce qu’ils font, les difficultés qu’ils ont dû surpasser […] Ce qui me fascine le plus, c’est surtout l’inattendu de voir quelqu’un qui réussit à pousser quelque chose plus loin que tu n’aurais pu l’imaginer. » Pecha Kucha se promène au gré du bruit des conversations, un concept bouche à oreilles, pur et simple, et extrêmement efficace. Ce nouveau canevas qu’est Pecha Kucha facilite les échanges entre créateurs et professionnels et devient une plate-forme unique pour développer des liens professionnels. C’est ce qui fait que sa popularité croît d’édition en édition. Lorsque Marc-André me partage qu’ils aimeraient développer une communauté du design à Montréal, je pense qu’il n’a pas idée à quel point l’objectif est déjà atteint. |montreal.pecha-kucha.ca| |www.pkquebec.org|

+ sur baronmag.com La pandémie Pecha Kucha

pouvoir communiquer ce qu’on fait de personne à personne.»

Le design à Montréal…ville ouverte ? Montréal est perçu comme une ville qui bouge, une plaque tournante pour plusieurs domaines. Bon nombre d’artistes et d’entrepreneurs obtiennent un certain succès à l’intérieur de cette ville qui a une réputation où il fait bon vivre à cause de sa diversité culturelle et son ouverture d’esprit. Par contre, lorsque je demande à Marc-André si Montréal est une ville de design, en tant qu’architecte, il semble que la ville soit plutôt réticente à laisser les espaces publics aux jeunes talents. « Par exemple, il y a une compétition pour la construction de deux bibliothèques et au lieu de faire un concours ouvert, on demande de soumettre un super dossier de candidatures qui nous donne l’impression qu’il faut donner un nombre de bibliothèques qu’on a faites et s’associer avec des gens qui ont construit BARON bêta DESIGN

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Pour souligner le lancement de la série d’entrevues Baron, nous avons regroupé quatre personnalités, toutes reconnues dans leur milieu, par le travail unique qu’ils font. Les choix ont en partie été guidés par le hasard, soit en faisant appel à de vieilles connaissances, soit à travers de nouvelles rencontres. Maximisant l’exploitation de nos ressources, nous avons demandé à notre nouvel ami Nico Stinghe de faire une oeuvre utilisant les corps de nos quatre amis ci-bas, que vous pouvez contempler sur les deux pages suivantes.  Denis Gagnon Designer de mode

Zilon Artiste peintre

1150 de Maisonneuve Ouest | Montreal Qc | T. 514 843-8877

Nico Stinghe Le syndrome de l’imposteur Par Nelson Roberge

Que ressens-tu lorsqu’on te dit que ton travail a l’air trop « trash » ?

Le succès inattendu de certains artistes provoque souvent des réactions de toute sorte. C’est un peu le cas de Nico dans le domaine de la photo de mode. « C’est trop festif », lui disait-on au début. Pourtant, c’est ce qui l’a différencié des autres. La mode est un domaine reconnu pour que tous les détails soient calculés. « J’aime l’imperfection. Je trouve qu’il y a une certaine mise en scène dans ce qui est naturel ». Un photographe de mode, un artiste ou un imposteur ?

Je n’aime pas parler de ça. On parle de courant qui est « trash », mais je n’emploierai pas ce terme. Je crois qu’on s’attarde trop à certaines imperfections dans la photo qui ne sont pas nécessairement importantes pour moi.

Quel est ton parcours ?

Eli Bissonnette Président des maisons de disque Dare To Care et Grosse Boîte, Vice-président Disque de l’ADISQ

Eddie Maleterre Maquilleur officiel de L’Oréal Paris au Canada et directeur artistique au Fashion week de Toronto

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Photo: Nico Stinghe

Les entrevues Baron

Je suis arrivé au Québec lorsque j’avais 15 ans. Je viens de Roumanie. J’ai commencé un baccalauréat en architecture, mais je me suis fait mettre dehors à la deuxième année. Le directeur m’a dit que si j’étais en train de faire une maîtrise, j’aurais eu A+. J’étais plus porté à questionner qu’à faire de la technique. Ensuite, j’avais un ami qui faisait de la photo et j’ai décidé d’apprendre par moi-même. Comment as-tu réussi à te démarquer ?

Par rapport à ton domaine, qu’est-ce que ton pays natal t’évoque ? Mes parents ont décidé de venir au Québec pour des raisons politiques. C’était un pays communiste où il n’y avait pas trop de liberté d’expression. C’est drôle parce que malgré ça, ils développent certains moyens pour s’exprimer qui deviennent absurdes et subtils, que ce soit par la musique ou la poésie, etc. Si des personnes envoyaient des messages trop clairs contre un système ou pour un autre système, à ce que j’en ai entendu parler, ils se faisaient emprisonner. Mais les gens veulent toujours s’exprimer, donc ils trouvent toujours différentes manières de le faire. |anothersidewalk.tv|

+ sur baronmag.com Session de photos Baron

J’ai juste beaucoup « shooter ». J’en ai fait le plus possible. Des fois, je recevais des insultes, d’autres fois, on appréciait beaucoup mon travail. J’ai réussi à vendre une photo un jour et ça m’a permis de louer un local. Avec un ami, nous avons aménagé l’espace et créé un site web. On faisait presque trois sessions de photos par jour. On faisait un peu n’importe quoi, c’était un peu le party. Il y a une agence de modèles qui voulait que je travaille pour eux, mais je devais apprendre à me détacher de l’univers festif. Quelques mois plus tard, j’ai été approché par l’agence Sid Lee qui s’occupe de Adidas et qui cherchait cette ambiance que d’autres me reprochaient.

Visionnez les entrevues

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Photographe: Nico Stinghe Stylyste: Marie-Claude Guay Maquilleuse: Amélie Bruneau-Longpré Vêtements: Men’s Clothing

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Tricot Machine

MeubleS de carton

par Amélie Bruneau-Longpré

Si l’art du tricot s’est fait plus discret dans le dernier cinquantenaire, c’est un peu dû au désintérêt d’une génération de femmes à prendre le relais de leurs mères et grands-mères. À une époque où les femmes revendiquaient leur droit d’exister, les baguettes à tricoter ont subi le même sort que les soutiens-gorge et furent brûlées ou jeter par les fenêtres. Fort heureusement, cet art vieux comme le monde, qui s’est essentiellement transmis de mères en filles depuis des générations, a tenu le coup et nous revient en force avec, au volant d’aiguilles à tricoter, une nouvelle génération de femmes au regard neuf. Un regard contemporain, plus artistique que ne pouvait l’être celui de nos grands-mères trop occupées à confectionner les chaussettes et mitaines qui tiendraient au chaud tout l’hiver les pieds de leur marmaille et plus animées par l’instinct de survie que par l’envie de se lancer dans des délires créatifs. On peut les comprendre.

par Leonardo Calcagno

Un beau bureau recyclable, durable, fonctionnel, prêt à être assemblé facilement, voici ce qu’est COMPACT, une série de meubles conçue en carton créée par le designer portugais Pedro Gomes. Préoccupé par les produits écologiques de basse gamme qui inondent le marché, Gomes a trouvé une solution aux meubles polluants qui sont emballés de façon excessive. Obrigado! Entrevue avec ce créateur. Quel est le but visé par la création de Compact ? Je désire créer une solution différente, un nouveau produit qui permet de résoudre des problèmes sociaux liés à la production durable. Le concept est de créer un puzzle : un meuble sous une forme modulaire. Le design plat permet un transport aisé, ce qui réduit les coûts et rend le produit accessible à plus de gens. Toutes les parties du meuble s’emboîtent afin de créer une structure forte et solide. Compact propose plusieurs espaces de rangement qui s’alternent et se modifient selon la manière dont l’utilisateur joindra les modules les uns aux autres. Tous les matériaux sont recyclés et recyclables. Ils ont été choisis afin de maximiser la durabilité des meubles et réduire les coûts. Compact veut créer de nouveaux modes d’interaction entre l’utilisateur et le produit. Le consommateur peut donc modifier ce meuble

modulaire à sa guise pour en faire un produit qui correspond à ses besoins. Bref, Compact s’adapte à toute situation, au besoin et à l’espace disponible.

lampes faites à 100% en polypropylène recyclé. Une seule lampe peut être façonnée en 4 formes différentes.

Et la réponse du marché ?

Et comment se porte la communauté du design au Portugal  ?

Après le grand succès du prototype de Compact sur l’internet et dans plusieurs publications internationales, nous avons reçu des commandes provenant de plusieurs pays. Compact sera disponible d’ici la fin de l’année en Europe. D’autres projets à venir ? Heureusement, j’ai plusieurs projets en cours. L’un des plus importants est un partenariat avec une entreprise pour concevoir et produire une unité sous la forme d’un abri de carton pliable qui pourra être distribué au sein des communautés de sans-abris.

funktionide BARON bêta DESIGN

| www.coroflot.com/pedrogomes | | www.behance.net/pedrogomes | Pour commander: plpgomes@gmail.com

Looplight est un autre projet, en production, de

lorsque la solitude naît vient le

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Je crois qu’elle prend sa place dans le monde du design. Il y a encore un manque de coordination entre les concepteurs et les industries, mais le problème tend à diminuer, et de nouvelles opportunités de partenariats et d’investissements sont présentes pour aider à renforcer la communauté.

par NELSON ROBERGE

L’image de la cohabitation entre humains et robots fait rêver tous les maniaques de science-fiction. La technologie se développe et tranquillement certains robots s’intègrent subtilement dans nos modes de vie. Stefan Ulrich est un jeune designer allemand qui a passé quelques mois à faire des recherches sur un matériau qui va révolutionner notre perception des produits, le polymère électroactif. Cette technologie est utilisée pour le développement des

Aujourd’hui, les choses ont bien changé et le tricot est devenu un art au même titre que la peinture, la sculpture. Il permet à des artistes, majoritairement féminines, de s’exprimer par lui, de créer des œuvres, des pièces uniques, et pas nécessairement vestimentaires. Magda Sayeg fait partie de ces artistes. En 2005, elle fonde le regroupement artistique des Knitta Please, un groupe de femmes du Texas qui fait dans l’art de rue tricoté communément appelé le Yarn Bombing Movement. Elles recouvrent des éléments de la rue comme le fait un graffiteur, mais remplacent la peinture aérosol par du tricot et le résultat est des plus colorés. C’est lors de quelques excursions nocturnes que ces Texanes loufoques recouvrent parcomètres, supports à vélos, lampadaires, antennes de voitures, etc. Leur plus impressionnante création est sans aucun doute cet autobus mexicain qui a demandé près d’une semaine de travail. Même une pierre de la grande muraille de chine possède sa petite laine signée Knitta Please. Né aux États-Unis, ce mouvement artistique s’est maintenant exporté un peu partout sur la planète. Ici au Canada, c’est Mandy Moore et Leanne Prain, deux filles de Vancouver, qui sont nos pionnières du Yarn Bombing. Elles ont même publié un premier livre sur le mouvement le 1er septembre dernier : Yarn Bombing : the art of crochet and knit graffiti et un deuxième ouvrage le sera en début d’année prochaine, celui-ci réalisé par nos voisines texanes. Chose intéressante : un appel de soumission de projet est lancé jusqu’au 31 décembre 2009. Les projets photographiés soumis avant la date d’échéance pourraient se voir publiés dans le livre à venir.

Si on traverse l’océan et qu’on se rend du côté du Royaume-Uni, on risque d’avoir la chance d’apercevoir le travail plus qu’impressionnant de Rachel John, une artiste du tricot qui, quoi qu’utilisant le tricot pour des confections plutôt traditionnelles comme des carpettes et jetées, révolutionne complètement le monde du textile en créant des matières jamais vues (par exemple, tricoter jusqu’à 200 balles de laine à la fois, ou encore avec des tissus déchirés, des cordes, etc.). Rachel John voit gros et tricote donc gros. Elle est la fondatrice d’un nouveau style de tricot, le Extreme Knitting. En octobre 2006, elle a été invitée à South Hill Park pour l’exposition de textile afin de battre un record et tricoter simultanément 1000 balles de laine à la fois. L’événement filmé est visible sur YouTube. Il faut voir Mme John se battre avec son tricot au sol et l’emporter en réalisant le défi qu’on lui avait lancé.

muscles artificiels. En faisant la découverte de cet univers, Ulrich a commencé à se questionner sur différents aspects du futur. « Qu’advient-il si les produits qui ont été proposés comme mesures de redressement contre l’isolement social commencent à devenir la solution ? Quelle sera son incidence sur les interactions humaines, si les gens deviennent de plus en plus ciblés sur leurs produits? À quoi ces produits vont ressembler, ou plus important encore, comment vont-ils se comporter ? »

dont l’intention est de fournir au propriétaire l’atmosphère d’une présence et de contrecarrer ainsi le sentiment de solitude. Dans une vision du futur où les personnes se sentiront seules et feront face à de nouvelles dimensions des produits, les humains finiront par se tourner vers les « robots » pour une satisfaction émotionnelle.»

Ces questions l’ont amené à créer un premier produit, le Funktionide. « C’est un objet amorphe

Chez nous, une artiste joaillière montréalaise, Barbara Stutman, fait aussi dans le tricot en réalisant des pièces beaucoup plus petites et fragiles. En remplaçant la laine par des fils métalliques, Barbara

crée des bijoux d’art, des pièces qui se caractérisent par leur côté personnel. Ayant fait des études en arts et en histoire de l’art avant de se diriger vers celle de la joaillerie, Barbara Stutman crée avant tout, grâce aux techniques du tricot enseignées par sa mère et sa grand-mère, des pièces très émouvantes s’apparentant à de petites sculptures. Barbara n’a pas eu peur de dénoncer les atrocités que peuvent subir certaines femmes. Par exemple, en 1993, lors d’une exposition solo à la galerie Elena Lee Verre , « Plotting our Progress/l’état de la femme », elle a créé une série de bijoux qui faisait référence aux victimes du viol. Des pièces si lourdes de sens, si tristes et à la fois si magnifiques et puissantes. Sa plus récente collection « Royal Series », beaucoup plus colorée, mais toujours aussi engagée, dénonce les répercutions sociales et humaines sur l’utilisation de matériaux précieux comme l’or ou les pierres précieuses dans les pays d’où ils proviennent. On peut voir les œuvres de Barbara qui sont exposées à la Galerie Noel Guyomarc’h sur la rue Laurier à Montréal et à New York à Julie : Artisan’s Gallery et Charon Kransen Art. Qu’on tente d’être de notre temps ou pas, le désir de se renouveler sans cesse, de réinventer, est toujours présent. Il est intéressant de constater que dans ce désir de renouvellement,certains artistes ont recours à de vieilles techniques traditionnelles et anciennes pour traiter des approches plus contemporaines.

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C’est un peu dérangeant comme scénario, surtout lorsqu’on voit l’image que Stefan a de son produit qui pourrait bientôt faire partie de nos vies. Troublant, on en conviendra, mais à la vitesse qu’avance la technologie, il n’est pas improbable que nous fer-

ons éventuellement face à une histoire semblable. Le but de l’allemand était surtout de créer une discussion basée sur un concept provocant qu’est le remplacement des besoins émotionnels par le biais des produits. Une impression étourdissante, mais efficace.

+ sur baronmag.com Q&R avec Stefan Ulrich Funktionide: la technologie et produit

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House Boat Hotel « Appartements et péniches confortables de luxe à Amsterdam », voici une façon originale de séjourner dans la capitale des Pays-Bas en habitant sur une des centaines de canaux de la ville afin de vivre au sein de la population locale en expérimentant leur culture maritime. Les appartements et les péniches sont tous meublés pour des séjours en couple ou en groupe (il y a une maison flottante pour 28 personnes), à proximité du Quartier rouge. Internet sans fil, cuisinier, bicyclette pour aller faire son épicerie au marché de poissons, guide touristique et capitaine sont disponibles pour certaines des péniches. |houseboathotel.nl|

Festival de la neige de Sapporo du 5 au 11 Février 2010

Voici la suite de l’excellent livre de voyage délirant du comédien et journaliste Bruno Blanchet qui, depuis 2004, est correspondant pour le quotidien La Presse.  Il nous revient avec son sac d’histoires de voyageur solo, perdu dans des endroits qui nous font rêver et où le danger et les rencontres loufoques sont accompagnés de magnifiques photos. Le deuxième tome de ses aventures fait preuve d’un ton moins romanesque que le précédent, où l’on peut suivre BB, rencontrant une réalité plus crue que prévue et dans lequel on retrouve même quelques pensées plus sombres. Malgré ceci, son témoignage du monde et sa curiosité nous donnent envie de vivre sa liberté.    54

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Festival Au Désert

Photo: thisisfabtrek.com

Deux millions de visiteurs par année viennent non seulement du Japon, mais également du monde entier pour être éblouis par les centaines de sculptures, confectionnées par les meilleures équipes de tout le Japon, dont les Forces d'autodéfense de Makomanai. Les palais gigantesque de glace illuminent de manière spectaculaire le parc Odori, qui traverse la ville de Sapporo. Le festival invite également à connaître l'art de neige du Japon, qui propose une série d'activités par le biais de la photographie, l'art visuel, la danse et la dégustation de plats traditionnels, riches en poisson de la région de Hokkaid. Il suggère par la même occasion de goûter à l'excellente bière de la brasserie Sapporo. |snowfes.com|

du 7 au 9 janvier 2010

Créé en janvier 2001, le Festival Au Désert se tient chaque année à Essakane, à deux heures de piste de la ville de Tombouctou au Mali. Pendant trois jours, une trentaine de formations provenant des quatre coins de la planète se réunissent pour partager leur art, faire des rencontres et des échanges riches en couleurs. La musique du monde devient, dans le désert du Mali, une communion de paix dans toute sa beauté. |festival-au-desert.org| BARON bêta VOYAGE

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prendre un coup CATETE - Rio de Janeiro, Brésil

Collaboration spéciale de Kaven Joyal

Ce qu’il faut savoir

Amateur de caïpirinha et intolérant au gluten, Kaven complète un baccalauréat multidisciplinaire à l’Université de Sherbrooke. Il se passionne entre autres pour l’anthropologie, aime particulièrement le Brésil et fait une recherche ethnographique sur les expériences médiumniques dans les centres spirites de la ville.

Lorsque j’ai amorcé la lecture des guides Petit futé, Lonely Planet et Routard, on y suggérait, en plus de nous exhiber les belles filles d’Ipenama aux fesses bien rondes ainsi que toutes les activités et endroits touristiques à ne pas manquer, de ne pas garder trop d’argent liquide sur soi. 20 reais (pluriel du mot real qui est la monnaie brésilienne) équivalent à environ 12$ canadien, sont bien assez pour éviter de se faire trouer la peau. En poursuivant ma lecture, j’y ai découvert que la cité est aussi merveilleuse dans ses clichés scandaleux. Les bidonvilles du Brésil, communément nommés les favelas, donnent une bien mauvaise réputation à la ville. On en compterait environ 500 qui feraient partie intégrante de la mégapole. Comme des forteresses impétueuses perchées sur le flanc des collines, elles représentent cet autre visage de Rio.

Après un bon mois de réflexion suite à mon voyage à Rio, j’ai plusieurs souvenirs qui s’entremêlent, un peu à la manière d’une sauce aigre-douce. Pièce par pièce, je me refais une impression du tout début, une épreuve de conscience à rebours de 6 mois dans les méandres de ma mémoire au tempo suave du sud.

Si vous maîtrisez un peu le portugais, vous risquez de découvrir le Rio du peuple; Catete, Laranjeiras, Lapas, Sta-Theresa. Catete possède une grande concentration d’hôtels « beaux, bons, pas chers », dont des auberges de jeunesse très respectables. Avant de partir à la découverte du peuple, une petite escale s’impose au Rio Art Hostel.

Hôtel de type « auberge de jeunesse » avec la possibilité de dormir dans une chambre ou le classique dortoir. Idéal pour les « backpackers ». Avec une grande cuisine collective sur le toit, l’hôtel possède un accès internet, ainsi que des employés impliqués dans le quartier qui sauront vous faire des suggestions adéquates selon vos goûts.

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Il était 3 h et la nuit ne faisait que commencer. Un bruit grondait au loin, les masses humaines se dirigeaient dans le même sens. Direction Lapa. Espace nocturne C’est une tout autre atmosphère qui imbibait la périphérie de l’Arc de Lapa : odeurs de fumée, de viandes et d’urine, de teinture et d’eau souillée. J’ai pris contact avec la dimension fumigène de cette même réalité presque bucolique, qui précédemment me subjuguait. Une foule douteuse s’agglutinait autour des feux de déchets qui avaient lieu tant dans la rue que dans le parc. Des enfants ramassaient les détritus qui parsemaient les lieux. Certains ont même essayé de me vendre des bonbons, d’autres m’ont demandé 10 centimes (apparemment le prix pour vous laisser inhaler un tissu imbibé de colle). Il y avait des voitures de police pratiquement à tous les coins de rue. Je me suis arrêté pour contempler l’environnement. L’Arc brillant de Lapa nous emmurait dans la scène, prestement silencieuse laissant en second plan la vision surréaliste que projetait le centre-ville. Je me suis reconnecté avec l’affluence de l’instant pour remonter à la source du vacarme. Une musique lascive et redondante a retenti des stéréos provenant des voitures stationnées un peu partout. Un homme crasseux et tout sourire m’a tendu la main. Il voulait de l’argent pour prendre un verre. De l’autre côté, une vieille vendeuse itinérante m’offrait une saucisse à moitié brûlée. Je buvais un autre caïpirinha avec glace et je conversais avec la foule. En fait, mes sens étaient saturés à bloc d’odeurs, de bruits, de sueurs, de saveur et de cette réalité crue qui m’arrachait les yeux. Alors, j’ai dansé avec la « vibe » de la ville, faute de pouvoir fuir. J’ai supporté le choc et fini par l’apprivoiser.

Le toit du The Maze

7h Bob Nadkarni Connu à Rio pour son implication sociale et le développement de quelques favelas par l’intermédiaire des micro-entreprises touristiques, Bob a établi une chaîne de bar jazz où l’on peut s’amuser sans trop s’inquiéter. |www.jazzrio.com|

La favela de Tavares Bastos Vous trouverez cet endroit en levant la tête lorsque vous sortirez de la station de métro Catete ou Largo de Machado. Cette favela est semblable aux autres, constituée d’un ensemble de constructions irrégulières, d’un réseau labyrinthique et de ruelles étroites entrelacées de fils électriques souvent raccordés illégalement et auxquels sont suspendus des souliers laissant croire à une démarcation de frontières, celles où s’arrêterait l’application du Code civil. Ce qui ne fait pas nécessairement de Tavares de Bastos un lieu non sécuritaire. L’endroit n’est plus reconnu aujourd’hui par les autorités comme étant l’objet d’une appropriation violente par des trafiquants de drogues, donc rien à voir avec ce qui est reflété dans le film « La cidade de deus ». Une centrale policière fut construite à la demande des habitants. En fait, la situation aurait commencé à prendre une autre forme suite à la venue de Bobby, un ancien caméraman de la BBC qui s’y est installé dans les années 70. Son intégration au sein de la petite communauté et ses contacts au niveau politique ont 58

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permis d’établir une cohabitation pacifique avec les forces policières qui contribue jusqu’à aujourd’hui à maintenir une tranquillité relativement exemplaire. Tavares Bastos est actuellement un modèle de développement des micro-entreprises touristiques et contribue grandement à l’amélioration du niveau de vie de ses habitants. C’est ainsi que chaque premier vendredi du mois, ce sympathique sexagénaire ouvre au public sa maison pour une soirée de samba et bossa-nova digne des « night clubs » de l’Avenida Atlantica (rue populaire de Rio). The Maze Pour faire partie de la fête, il fallait tout d’abord prendre une fourgonnette afin d’atteindre le sommet de la colline. Une fois rendu, j’ai cherché le bar clandestin, situé au coeur d’un dédale de ruelles sombres. Durant la promenade, j’ai croisé des enfants jouant un match de foot, quelques animaux exotiques, des chats, des chiens et toutes sortes de déjections. Finalement, j’ai abouti sur une immense maison où deux gamins m’ont tendu un papier sur lequel je devais inscrire le nombre de consomma-

tions que j’absorberais durant la soirée. Le prix d’entrée était de 15 reais (environ 8$). Sachant que les profils serviraient exclusivement au financement des infrastructures sportives et communautaires de la favela, j’avais la conscience tranquille. Une fois à l’intérieur, un ensemble hétéroclite de voyageurs, d’étudiants, d’habitants et de musiciens ont comblé l’endroit. On pouvait d’ailleurs, pour autant qu’on ait l’oreille musicale, participer à la roda de Samba (la samba est un genre musical rythmé traditionnel du Brésil). Bob nous a laissé sa maison grande ouverte pour l’occasion, ce qui nous donné le droit d’aller siroter notre caïpirinha (un cocktail créé par les paysans brésiliens se traduisant par « la petite rustique » à base de cachaça (eau-devie brésilienne), sucre de canne et lime) sur le toit pour contempler la vue panoramique ahurissante de Rio, la nuit.

J’ai repris mes esprits au Rio Art Hostel, la tête contre le bol de toilette. Je venais de prendre un coup, mais j’étais heureux d’être en un seul morceau, toujours avec 20 reais dans les poches. Je me suis regardé dans le miroir, c’était un coup dur qui sonnait comme un baiser de bienvenue. J’étais à Rio de Janeiro et c’était merveilleux! Catete: Un des quartiers les plus anciens de Rio, Catete est situé dans le sud de la ville. Ayant été parsemé de consulats et d’ambassades jusqu’en 1960, c’est maintenant le secteur des musées et des hôtels.

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Rue Tavares Bastos Vue de Rio prise du Carcovado, le plus haut sommet central de Rio

C’est vers 2 heures du matin que les fêtards se sont fait inviter gentiment et sans presse à quitter les lieux. J’ai tenté, tant bien que mal, de retrouver mon chemin à travers le défilé de ruelles qui s’entremêlait jusqu’à ce que je parvienne sur la grande rue tortueuse qui traverse de haut en bas la favela. BARON bêta VOYAGE

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Punks, police et nazis Une Moscou, Russie

par nelson roberge

Souvent, ce sont les rencontres impromptues qui sont les plus inté-ressantes. C’est en attendant derrière le Club Soda pour pouvoir parler avec des membres du groupe punk canadien Propragandhi que nous avons fait la rencontre de Thomas Barnett, chanteur du groupe Strike Anywhere qui faisait la première partie ce soir-là. Le groupe de Richmond en Virginie est reconnu pour ses propos engagés et aussi ses actions, car il est impliqué dans un tas d’organisations et il joue à travers le monde sur tous les continents… Ce qui a mené Thomas à nous parler de leur première expérience en Russie.

« Nous sommes allés en Russie récemment, notre premier concert était à Moscou. Nous avons pris un train à Minsk, un endroit qui est vraiment dur à entrer, mais pas aussi dur que les douanes canadiennes pour toutes les fois où nous sommes venus! Vous savez, Minsk est une ville avec une dictature totalitaire et contrôlante. Personne ne peut sortir, ils n’ont pas accès à des médias de l’extérieur. C’est un peu comme la Corée du Nord, sans les armes nucléaires pour lesquelles personne 60

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Illustration: mikesavard.com

anecdote de Thomas Barnett

ne parle ou ne pense. Mais, ils ont une scène punk étonnante! Nous sommes donc arrivés en Russie. On débarque tous sur le quai et 150 punks, gars ou filles sont venus à notre rencontre. Sans introduction, ils ont pris nos sacs, guitares et batterie et sont partis! Qu’est-ce qui se passe!? Qu’est-ce que ça veut dire !? Nous avons finalement pu parler avec quelqu’un. Nous avons compris qu’ils étaient tous là pour nous protéger parce qu’il y avait une menace que les Skins Head allaient venir nous barrer le passage à l’arrivée du train. Tout le monde avait quitté l’école ou leur emploi pour venir nous joindre et nous protéger. Nous étions donc dans ces petites Lada, des voitures soviétiques, et nous avons traversé la ville comme dans un film d’action avec les ruelles recouvertes de neige. Nous sommes arrivés à la salle et avons porté notre équipement. Deux heures plus tard, la police est arrivée. C’était un autobus rempli de policiers militaires en armure avec des Kalashikovs. Ils entrent dans la salle pendant que nous étions en train de faire les tests de son pour la batterie et que nous préparions la table de marchandise pour les t-shirts à vendre et ils ont envoyé des chiens, parce qu’apparemment, il y aurait eu une menace de bombe dans le bar par… les nazis! Quand ils ont constaté qu’il n’y avait pas de bombe, ils sont repartis.

Promenade de quartier Islington – Londre, Angleterre

Mais la police a pris de l’argent du bar comme frais de service. Vous pouvez donc vous imaginer que ça fait totalement du sens par rapport à ce que vous avez sûrement déjà entendu à propos de la Russie : c’est vraiment corrompu! Toutes les pièces du système sont connectées, dans le sens que tout le monde se vole entre eux. Du moins, je ne veux pas généraliser, mais dans cette situation, la police est venue nous protéger contre une bombe qui n’était pas là et il a quand même pris de l’argent au promoteur de la salle. Mais, à la fin du spectacle, cet endroit a été une de nos places préférées. Les jeunes ont beaucoup de coeur là-bas. Ils vivent de ce monde où soit les nazis ou les policiers leur font du mal sur une base régulière et tout ce qu’ils veulent, c’est avoir un concert punk pour danser et chanter en coeur. Quand t’es là-dedans, tu te sens comme dans une célébration et je ne peux pas parler du reste de la soirée parce que c’était trop bon! C’était étonnant!  »

+ sur baronmag.com L’entretiens avec Thomas Barnett

texte et photos par Vanessa Moore

Il y a quelques mois, je suis déménagée à Londres, plus précisément dans le quartier d'Islington qui est considéré comme étant central. Durant ces derniers mois, j’ai eu le temps d'explorer à ma façon. Pour comprendre ce qu'est ma façon, vous devez savoir que je suis une artiste du vêtement et du bijou contrainte par un budget limité. Donc, mes suggestions sont peu coûteuses et ne sont pas nécessairement des destinations dites touristiques !

Le Grand Londres est divisé en 32 arrondissements et a une population d’environ 7 700 000. Mon quartier, Islington, pourrait ressembler, si on le compare à Montréal, à un heureux mélange de la rue Laurier, de la rue Mont-Royal et de la rue Sherbrooke Ouest, le tout divisé en deux par un magnifique canal.

tiques huppées, « vintage » et d’antiquités, librairie, papeterie, épicerie, fleuriste, etc. Les mercredis et samedis dans le couloir du Camden Passage (ne pas se méprendre avec le Camden Market), on retrouve des marchands de vêtements et de bijoux « vintage », de vaisselles antiques, de meubles et d'étampes en métal.

Anciennement de classe ouvrière, Islington est devenu un quartier de boutiques et de restaurants « trendy », peuplé de jeunes professionnels qui font de plus en plus monter le prix de l'immobilier.

En soirée, le quartier se transforme en terrain de jeux pour adultes avec ses 2 cinémas, ses pubs avec DJ et son choix infini de restaurants de toutes les nationalités.

Le jour, Islington est très occupé : piétons, autobus, métro, étudiants et mamans avec leurs jeunes enfants. À vrai dire, je n’ai jamais vu autant d'enfants en sortant de chez moi. On y retrouve une multitude de cafés, incluant trois Starbucks sur la même rue dans l'espace d'un kilomètre. Bou-

Et maintenant, voici mes suggestions !

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Restaurants

Magasinage Camden Passage et Pierrepont Arcade sont des rues piétonnières remplis de boutiques de vêtements, de bijoux et d'objets « vintage » et antiques.

The Breakfast Club Cuisine américaine 31, Camden Passage Il faut savoir que les restaurants à déjeuner n’existaient presque pas à Londres il y a quelques années, mais heureusement, ils ont compris que ce type de resto est indispensable! Presque toujours des files d’attente.

Annie's Vintage 12, Camden Passage Tony O'Cloughlin 3, Pierrepont Arcade

Macondo Cuisine espagnole 18-20 Camden Passage |macondo.co.uk|

Dreamtime 6, Pierrepont Arcade Le mercredi et le samedi, on peut y retrouver des kiosques de plus.

The Elk in the Woods 39, Camden Passage |the-elk-in-the-woods.co.uk| Beau décor! Bien pour aller prendre un verre et grignoter

Frae

Chilango 27 Upper Street |chilango.co.uk| « Fast food » de qualité! Le burrito végétarien est excellent!

Pour un cappuccino et une pâtisserie

Café Gallipoli Cuisine méditerranéenne et turque 102 Upper Street |cafegallipoli.com| À ne pas manquer pour un bon souper!

Tinderbox 39, Parkfield Street

Yo! Sushi 39 Parkfield Street (dans le centre commercial N1, au deuxième étage) |yosushi.com| Sushis sur bars rotatifs. Un peu dispendieux, mais ô combien amusant!

The Breakfast Club

Euphorium Bakery 204, Upper Street |euphoriumbakery.com|

Gourmandises Frae Yogourt glacé biologique 27, Camden Passage |frae.co.uk| Paul A Young Chocolats fins 33, Camden Passage |paulayoung.co.uk|

Past Caring Bric à brac « vintage » 76, Essex Road Paperchase Plus qu’une papeterie! 39, Parkfield Street |paperchase.co.uk|

Librairie Borders Bookstore 39, Parkfield Street (centre commercial N1) |islington.borders.co.uk| Magma 117-119, Clerkenwell Rd, London EC1R 5BY |magmabooks.com| Un peu plus loin, mais spécialisé en livres de mode, photographie, publicité, graphisme, etc.)

Pubs L'endroit où les British vont socialiser. Il y en a partout et ils sont faciles à repérer. Vous n'avez qu'à regarder pour une foule de gens qui boivent une pinte dehors et qui ont l'air d'attendre après quelque chose ! The Camden Head 2, Camden Passage Superbe architecture, ainsi qu’une belle terrasse

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Vancouver

La beauté de la ville de Vancouver en faisait le choix idéal pour présenter les Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2010, qui se dérouleront du 12 au 28 février. Une ville dynamique et diversifiée avec son légendaire quartier asiatique, le parc urbain Stanley Park, le nouveau Canada Line qui relie le centre-ville à l'aéroport, ses plages, sa température enviable permettant de conduire sa bicyclette lowrider à longueur d'année, son délicieux saumon et pour les amateurs de snowboard, la station de ski Whistler située dans le massif montagneux de la Chaîne côtière. Reconnue comme une ville où les gens sont en santé, Vancouver possède de nombreux parcs où il fait bon marcher et courir. Voici quelques endroits sélectionnés par Baron que nous croyons être de petites découvertes qui valent le détour. À visiter absolument lors de votre prochain voyage sur la côte ouest canadienne.

Gorilla Food 101 - 436 Richards St. 604.684.3663 |gorillafood.com|

Ayden Gallery 88, West Pender Street, 2e étage 778.891.4310 |aydengallery.com|

Province reconnue pour son mouvement écologique et végétarien, ce restaurant biologique, végétalien et de crudités à emporter fait un excellent « taco vert » et un fantastique smoothie Simple Green (pommes, baies, chou frisé et huile de coco) dans un délicieux décor sous la thématique de la jungle thaïlandaise.

Situé dans un centre d'achat du quartier chinois, Ayden Gallery est une galerie d'art contemporain présentant des artistes établis et émergents. À découvrir: Camilla d'Errico, artiste de Vancouver connue pour ses tableaux influencés par le style manga.

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Sophia Book 450, Hastings Street Ouest 604.684.0484 |sophiabooks.com| Un des lieux culturels et point de rencontre de la communauté francophone à Vancouver. Sophia Book est une librairie multilingue qui vous permettra de magasiner le dernier Malajube, la Presse du samedi et vous tenir au courant de la culture américano-asiatique avec la revue Giant Robot.

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The Templeton

The Templeton Lieu au style classique de 1950 avec des juke-boxes sur chaque table et un comptoir en aluminium qui nous donne la chance de dîner dans une ambiance très conviviale où des “rockabilly” et hommes d'affaires partagent un succulent hamburger Tiki (poulet biologique avec du cheddar blanc à l'ancienne avec ananas, le tout dans un pain focaccia) et un flotteur (de la crème glacée au chocolat, à la vanille ou aux fraises avec du cola, de la root beer ou de l’orange crush).

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The Winchester 2, Essex Road |thewinchesterbar.com|

Cinéma VUE Cinemas (9 salles) 36, Parkfield Street |myvue.com| Screen on the Green Vieux cinéma à une salle 83, Upper Street |everymancinema.com|

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Pour accompagner les amateurs de musique tout au long de votre séjour de découvertes,

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Temple Kapalishvara

* * Connu anciennement sous le nom de Madras, Chennai est la capitale de l’État du Tamil Nadu dans l’Inde du Sud. Elle est la quatrième plus grande ville de l’Inde et compte la deuxième plus grande plage du monde, Marina Beach.

CHENNAI, INDE

OÙ EST MON BRAHMANE? RÉCIT D’UN PÉRIPLE À CHENNAI par Jonathan Duquette collaborateur spécial Ayant étudié la physique au baccalauréat (Laval) et à la maîtrise (McGill), Jonathan a décidé de joindre ses deux passions au doctorat dans le cadre d’un projet portant sur les relations entre la physique quantique et la philosophie indienne. Dans le cadre de son doctorat, il eut le bonheur d’étudier près d’un an la philosophie indienne (précisément l’Advaita Vedanta) avec un “guru” à Mumbai. Il a aussi enseigné à l’Université de Montréal un cours sur les spiritualités de l’Asie du Sud.

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Un jour d’octobre, je partis pour un premier long voyage en Inde. Je nourrissais depuis longtemps déjà le désir d’aller dans ce pays, de le visiter, de le comprendre. Si certains partent à la rencontre de l’Inde attirés par ses gens riches en couleurs, ses multiples cultures, son histoire ou ses paysages spectaculaires, d’autres comme moi s’y sentent attirés par la profondeur et l’exotisme de sa philosophie et de sa religion. En moi, donc, j’avais déjà une Inde : une Inde auréolée de mystères et de secrets, de gourous spirituels, et d’enseignements hauts de sagesse. Or, l’Inde que j’allais rencontrer était toute autre. Je vous partage ici une petite tranche de vie – simple, honnête, mais révélatrice -, celle de mon premier périple dans la ville de Chennai.

C’était près d’une semaine après mon arrivée à Mumbai. J’étais venu dans cette grande métropole indienne pour étudier la philosophie hindoue dans une université. M’y attendait déjà un professeur - appelons-le Ram – qui m’avait été recommandé comme quelqu’un de compétent dans le domaine. En fait, l’homme que j’allais rencontrer n’était pas un professeur usuel : habillé d’un dhoti (vêtement traditionnel indien), vivait de manière humble dans une simple mansarde, méditait, dormait très peu d’heures, pratiquait le yoga, et gardait plus souvent qu’autrement le silence. Au cours des mois suivants, j’allais apprendre à le connaître, à faire de lui un ami et un véritable enseignant au sens traditionnel indien : un gourou. Peu de temps après mon arrivée, donc, il me proposa d’aller chez ses parents à Chennai. C’était le temps du Navaratri, une fête hindoue durant neuf nuits (nava = neuf; ratri = nuit) et dix jours et pendant laquelle on vénérait diverses déesses hindoues. Cela allait être, me disait Ram, une belle occasion d’entrer en contact intime avec les hindous et leurs manières de rendre hommage à leurs dieux. C’était aussi l’occasion, je le compris par moi-même, de rencontrer une famille très traditionnelle du sud de l’Inde et de mieux comprendre d’où venait ce professeur qui me fascinait déjà. L’arrivée à Channai J’aimais déjà Chennai, et le quartier de Mylapore dans lequel je venais de débarquer. Les Tamoules, habitants du Tamil Nadu, semblaient chanter en parlant : une tout autre intonation que l’hindi que j’avais déjà effleuré de l’oreille dans les rues de Mumbai. Des chauffeurs lavaient consciencieusement leur rickshaw - petite voiturette jaune et noire ayant le même rôle qu’un taxi -, des femmes au teint foncé vendaient des colliers de jasmin odorants. Il y avait une amabilité, une simplicité et une chaleur humaine au sein de laquelle je me sentais confortable, presque chez moi. Les choses allaient être différentes chez les parents de Ram. À notre arrivée, Ram m’amena rapidement chez ses parents, qui habitaient une maison haute quelque peu cachée derrière des arbres fruitiers, située dans une petite rue longeant un collège de sanskrit (langue sacrée des hindous). À l’entrée de la maison, il y avait une petite fontaine pour se laver les pieds

avant d’entrer, car la maison est un lieu sacré en soi pour les hindous. Tout comme le temple qui abrite les divinités, la maison abrite la famille ainsi que la divinité de la famille. Une atmosphère toute spéciale m’attendait à l’intérieur de la maison photo 3, 4 : d’innombrables figurines, des divinités entourées de fleurs, des images de saints, des instruments de musique, des livres sacrés, des pots argentés de différentes grandeurs, des symboles sacrés tracés sur le sol avec de la poudre de riz, etc. Mais ce qui attira le plus mon attention était les gens : de jeunes gens en silence le torse nu et un cordon à l’épaule, les fameux brahmanes dont j’avais entendu parler. Des gens au sommet de la hiérarchie des castes hindoues qui vouaient leur vie à l’érudition et à la transmission du savoir religieux et philosophique, et qui vivaient de manière stricte et très humble. Ceux que je rencontrais ici étaient jeunes, des étudiants sous la tutelle du père de Ram qui était un professeur apparemment très respecté à Chennai.

du temple, des centaines d’hindous défilaient, en procession, montrant leur respect aux dieux, chantant, allumant des chandelles. De fascinants dessins représentant des figures géométriques complexes étaient tracés sur le sol sous la forme de tapis de fleursphoto 7 ou faits de différents types de grains. Une atmosphère sacrée teintée de musiques rythmées, de dévotions ardentes et d’odeurs exotiques : c’était mon premier contact avec la religiosité hindoue, duquel je me rappellerai toujours.

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Père de Ram

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Maison à Chennai

Ma rencontre avec les parents de Ram fut brève, mais intense. À leur arrivée, Ram s’étendit de tout son long devant eux en signe de respect, geste auquel je répondis nerveusement par un bref hochement de la tête et un namaste (forme de salutation avec les mains jointes devant la poitrine) peu sonore. La mère de Ram avait l’air sévère et incarnait bien son rôle de « protectrice » du foyer. Peu de conventions ici d’ailleurs. Pas de « D’où viens-tu? Quel est ton nom? Comment ça va? ». Qu’une feuille de bananier avec des galettes de riz (succulentes), des lentilles et des fruits frais savoureux allongés d’un silence plat. C’était un repas simple, frugal et délicieux, que je m’empressai de manger avec ma main droite (la gauche étant réservée aux « besoins naturels »). Dans cette famille, ainsi que dans beaucoup de familles du sud de l’Inde, on était végétarien : ni viande, ni œufs, ainsi que ni oignons, ni ail, ni patates, ces derniers étant des aliments plongeant leurs racines dans le sol et donc susceptibles d’amener des états de somnolence ou d’inertie… Rapidement, je compris que je n’étais pas hindou, pas des leurs. J’étais un étranger et non un brahmane et ainsi on me mit à l’écart et me donna à manger en prenant soin de ne pas me toucher. Traditionnellement, en effet, les brahmanes n’entraient pas en contact avec les autres castes pour des raisons d’hygiène et possiblement d’impuretés morales; de là, entre autres, la fameuse caste des « intouchables » pour la libération de laquelle Gandhi se battit férocement. Suite à cette brève visite, un jeune et sympathique brahmane m’amena au temple du quartier où une fête se déroulait en l’honneur du Navaratri. Ce temple – appelé Kapalishvaraphoto 1 - était dédié à la divinité Shivaphoto 6. Shiva est une des déités principales du vaste panthéon de divinités hindoues, avec d’autres comme Vishnou, Lakshmi, Durga, etc. Shiva possède plusieurs formes, toutes rappelant un des variés et nombreux épisodes mythologiques à son sujet. Dans le temple où j’étais alors, Shiva était vénéré sous sa forme macabre, dansant dans un cimetière avec une guirlande de squelettes autour du cou… Or, à l’occasion de cette fête dédiée aux déesses, on ne vénérait pas Shiva ce soir-là, mais bien sa compagne, Parvati, qu’on avait habillée de fleurs et de jolis vêtements pour l’occasion. À l’intérieur

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La quête

pris en photo avec ses disciples… Bref, je n’étais pas plus avancé ! Mais un coup de chance survint lorsqu’un passant en moto, qui m’avait vu la veille au temple, m’interpella. Je lui montrai la photo et il me dit de monter. Alors, sans trop savoir, je montai avec lui sur la moto. Après quelques minutes, j’étais de retour à la maison des parents, émus de cette première aventure en terre indienne…C’est ainsi que se termina mon premier périple à Chennai et que se fit mon premier contact avec la religion, la culture et aussi la difficulté d’être un touriste très loin de chez soi !

Le soir même, je couchai à 10 minutes de la maison des parents de Ram dans un sobre appartement. Ram m’accompagnait et couchait dans une autre chambre. Contrairement à la mienne, sa chambre n’avait pas de lit, rien, pas même un oreiller et je fus surpris par la suite de constater qu’il dormait toujours ainsi. La mienne avait un lit, heureusement. Au matin, vers 5:00 AM, Ram me réveilla et me dit dans un anglais que je comprenais encore mal qu’après mon bain nous devions aller chez ses parents. Après quoi, nous prendrions un taxi vers l’aéroport, car notre avion pour Mumbai décollait vers 9 :00 AM. C’est en fait ce que j’avais cru entendre, car après mon bain il n’y avait plus personne dans l’appartement : Ram était probablement parti chez ses parents et je devais aller le rejoindre làbas… Mais je n’avais aucun souvenir du chemin à reprendre. Nous avions fait le chemin qu’une seule fois, et mon sens de l’orientation ne m’aidait pas dans cet endroit qui était encore pur chaos pour moi. Alors, très vite, je partis le cœur battant à la recherche de cette maison avec une seule arme à ma disposition : la photo du père de Ramphoto 2 que j’avais prise la veille! Je pris le premier rickshaw en sortant de l’appartement et dis au chauffeur dans un anglais qu’il ne comprenait absolument pas : « Do you know this man? I want to go where he lives. » « Yes, yes, yes, come!  », me répondit-il. Quel coup de chance alors! C’est tout de même étrange que le premier passant connaisse cet homme, mais bon, me disais-je, il était un brahmane célèbre du quartier, un professeur reconnu… Mais non. C’est non pas à sa maison, mais au temple où j’avais été la veille qu’il m’amena, pensant sûrement que j’étais un touriste voulant voir des brahmanes et puisque le temple en contenait des pelletées…Une fois au temple, le temps de me retourner la tête, le chauffeur avait disparu me laissant plus loin encore de mon point de départ. J’étais vraiment perdu et je n’avais aucun moyen de retrouver la maison au milieu de cette ville immense. Je montrai la photo à un autre passant, qui aussitôt me dit: « Yes! I know!  » Il m’amena alors vers une étrange porte de garage dans une petite ruelle. Il était environ 6:00 AM. Il cogna très fort et j’entendis des gens se réveiller à l’intérieur. Quand la porte s’ouvrit, je fus surpris de voir un groupe de jeunes brahmanes sous la tutelle d’un autre jeune brahmane à l’air sévère. Certains d’entre eux avaient l’air très malade, et tous avaient l’air triste, sinon vraiment fatigué. Je ne me sentais vraiment pas à ma place, complètement dépaysé, comme si j’envahissais leur sommeil et leur intimité. Je montrai la photo au plus tuteur, et il me dit dans un meilleur anglais que les autres qu’il le connaissait bien. Souriant et de nouveau confiant, je lui demandai s’il pouvait me dire où il vivait. Il me dit non. Il ne voulait pas me dire. Il ferma la porte et me dit d’attendre. J’attendis, impatient, presque colérique. Quand il ouvrit la porte de nouveau, il me fit signe d’entrer et m’obligea à prendre une photo du groupephoto 6, ce que je fis espérant qu’il me donne l’information voulue en échange. Mais il ne le fit pas et me dit simplement de sortir, qu’il ne pouvait m’aider. Je pensai alors qu’il était probablement jaloux que j’aie la photo d’un autre brahmane, et qu’il voulait aussi être 66

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Shiva

+ sur baronmag.com Photos de Jonathan à Chennai

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Décor indou

5

Jeunes disciples

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Dessin en poudre de riz

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