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m.R.'Oerneuil

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LiBKAiRiE CENTF^ALt DES

BfAUX-AfyS

15


L'ornementivtion pi\r la


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CENTf^ALt DES BfAUXAF^TS


Étude de l5c

ARM) les éléments divers, appelés à concourir à

œuvre ornementale,

la

éléments qui possède prête

le

le

plante

est

formation d'une

la

certainement

plus de variété dans

celui

de

ces

forme, qui se

la

mieux aux combinaisons décoratives, qui nous

offre le

plus de ressources, en un mot.

un simple coup

D'ailleurs,

époques

employée en

d'oeil jeté

sur l'art ornemental de toutes les

pour nous convaincre que de tout temps

suffira

la

plante fut

décoratif.

art

Mais au moyen âge surtout son emploi prend une place considérable, et l'étude directe

de

la

nature, dans ses plus humbles productions, inspire

aux sculpteurs de nos cathédrales une splendeur décorative incomparable

Du

de richesse et d'originalité. autres végétaux

communs,

ils

persil,

tirent

du cresson, de

des chapiteaux ou des

la

fougère et de mille d'une beauté de

frises

d'une hardiesse et d'une sûreté d'interprétation qui nous étonnent et nous

ligne,

émerveillent.

C'est que,

rompant avec

l'éternelle inspiratrice,

l'imitation

à la nature

;

des siècles précédents,

et celle-ci alors

ils

retournent à

leur révèle sans compter les

inépuisables beautés qu'elle tient en réserve. C'est aussi que, se préoccupant des

métiers qui devaient mettre en

œuvre

leurs conceptions décoratives,

ils

composaient

leurs motifs en vue d'une exécution facile et rationnelle. lis avaient,

à toute

la

connaissance et

bonne conception ornementale

le motif,

Ce

en un mot,

et celle

de

la

:

le

respect des deux lois qui président

l'étude approfondie

du principe qui fournit

technique du métier qui devra réaliser celui-ci.

sont deux préoccupations dont on se soucie trop peu aujourd'hui.


Tout dessinateur s'imagine pouvoir, sans étude préalable,

d'instinct,

créer des

oeuvres ornementales parfaites de conception.

Or, cette création est moins aisée qu'on ne

pour

faire oeuvre valable, la

surtout de

et

pour

la

belle

être

et

L'éternel

conception

ornemental,

l'art

technique complète du métier qui exécutera cette œuvre.

Car

une ornementation doit non seulement être d'une composition

agréable et bien équilibrée, mais encore

en valeur

bien souvent. Elle implique,

le croit

connaissance des lois principales de

donne à

l'objet

Dès

que

faut

son caractère propre

recommencement, originale.

il

la

matière employée soit mise

et distinctif.

l'imitation servile des styles anciens

un

lors,

retour

à

la

nature

empêchent toute

s'impose,

l'étude

et

raisonnée de celle-ci devient indispensable.

Les

différents

chapitres

de ce

livre

sont destinés à indiquer rapidement

lignes principales de cette étude, limitée cependant aux seuls végétaux.

çant par l'étude de

la plante,

nous passerons successivement

et

les

Commen-

rapidement en

revue les techniques des principales industries décoratives.

Le cadre de

ce livre ne nous a permis de le faire que d'une façon superficielle,

en n'indiquant que sommairement

les exigences

de ces industries, line étude plus

approfondie s'impose et ne pourra qu'être profitable à quiconque désire créer une oeuvre d'ornementation.

De

l^v

plante en qénér^l

Avant de commencer l'étude raisonnée de d'œil rapide sur les éléments qui

la

constituent

d'abord un coup

plante, jetons

le

Sans entrer dans des

végétal.

études de botanique trop complètes, un aperçu élémentaire de celle-ci nous paraît

cependant indispensable, non au point de vue de est

ici

moins immédiat, mais bien

à celui

connaître les lois principales qui président à

Les membres principaux de la

feuille.

graines.

Venant

s'ajouter

à

la

la

plante sont au

ceux-ci,

Les premiers sont destinés

la

classification,

dont

l'intérêt

de l'anatomie végétale, qui nous fera

se

formation de

nombre de

la plante.

trois

trouvent les fleurs,

à l'alimentation

de

:

la racine, la tige,

les

fruits

et

les

seconds à sa

la plante, les

reproduction. Laissant de côté

éléments extérieurs.

la

physiologie végétale,

nous nous bornerons

à

l'étude

des


La la

racine a pour but de fixer

^cme

lubercu-

plante dans le sol et d'y puiser

les sucs qui serviront à la nourrir; elle

porte

ensuite

ces

sucs,

ou

sève, à la tige. Lorsqu'une graine germe, elle pousse dans le sol, de haut en bas,

une racine; cette racine, qui se développe rapidement, au

viennent

racines

ce sont les racines secondaires.

:

est la racine principale.

bout d'un certain temps se greffer sur

Ensuite,

d'autres

celle-ci

Or, lorsqu'on examine l'ensemble des racines d'une plante, on voit que ces racines peuvent se présenter suivant trois systèmes principaux

La

(fig.

i)-

racine principale est beaucoup plus développée que les racines secondaires,

et la racine est alors dite pivotante, les racines secondaires sont plus

est alors

dite fasciculée,

comme

comme

dans

le pissenlit,

développées que dans l'asperge,

la

le

le

racine principale

poireau, etc.

Ou

pavot.

Ou

la

;

bien

racine

encore,

la

racine est très renflée et contient ainsi une provision de nourriture qui servira plus

tard à la plante. Elle est alors tuberculeuse,

comme

dans

Voici quels sont les systèmes principaux de racines.

la

rave ou

que certaines tiges modifiées peuvent parfois être confondues avec

Nous aurons peu de choses les feuilles.

sur

elle

en

La

à dire de la tige.

Elle a

le dahlia.

Nous verrons

plus loin

elles.

pour fonction de porter

tige principale porte les tiges secondaires, qui viennent se

systèmes définis

:

tiges

opposées,

alternes

ou

grouper

verticillées.

reverrons ces termes et leur signification à propos des feuilles. La nature

3

Nous même


de

la tige

peut être ligneuse ou herbacée, suivant que cette tige persiste pendant

comme port même

des arbres, ou qu'elle se renouvelle chaque année. Enfin,

l'hiver,

les tiges

son

est à observer

cas, apparaissent souvent

supportent

:

des

vrilles,

:

tige

rampante, tige grimpante, etc. Dans ce dernier

des organes spéciaux destinés à

la fixer

aux objets qui

la

des crampons, des ventouses.

Plusieurs cas spéciaux,

sont pourtant à signaler.

se modifient,

les tiges

Certaines tiges sont en partie souterraines; tels sont les rhizomes, les bulbes et tubercules

les

(fig.

a).

Le sceau de Salomon est un exemple de

première de ces modifications. Sa

ou rhizome, s'allonge chaque année, portant un rameau aérien

souterraine,

tige

la

vers son extrémité.

Ce rameau

disparaît l'hiver, laissant sur la tige souterraine qui

subsiste la cicatrice de son point d'insertion. Celui-ci avançant annuellement avec

croissance du

la

rhizome,

les

empreintes,

anciennes, se succèdent sur ce rhizome et

nom

de

la plante.

parmi lesquels

:

Le rhizome

le blé, le

le

sont les cicatrices des attaches

qui

marquent comme d'un sceau

butome,

etc.

l'iris,

11

;

d'où

le

beaucoup de végétaux,

se rencontre encore chez

se distingue des racines

en ce

qu'il

porte des racines lui-même, et des bourgeons.

Le bulbe lis,

est

une autre variété des tiges souterraines.

l'oignon, le poireau,

l'ail,

la tulipe,

On

le

rencontre chez

le

etc..

Enfin, les tubercules proprement dits sont encore des tiges modifiées, servant à la plante

Voyons La

de réservoirs de nourriture. Exemple

;

pomme

de terre.

ensuite les feuilles.

feuille se

compose, en général, de

trois parties

:

le

limbe, qui est

large de la feuille; le pétiole, qui supporte le limbe; enfin la gaine,

4

la partie

qui

sert à


fixer

feuille, entière^.

Pervenche

sur la

feuille

la

Ces

tige.

trois

parties sont diversement modifiées sui-

vant

espèces,

les

comme

soit

comme

feuille, trifoliée^.

forme,

comme peuvent même man-

proportions entre elles ou

dimensions. Elles

quer l'une ou l'autre chez certains végétaux.

Les

feuilles, suivant leur constitution,

Une

sont dites simples ou composées.

simple quand son limbe n'est

feuille est

pas complètement séparé en plusieurs

un pétiole commun

parties portées par feuille,

3).

(fig-

dentée/. /\noi5etien

Les

feuilles simples se divisent elles-

mêmes,

suivant leur forme alors

entières,

ou

dans

en

giroflée;

la

ne

qu'elles

comme

échancrées,

en feuilles

:

dentées,

feuilles

lorsqu'elles présentent autour

comme

de petites dents,

ou

setier

le

charme

lorsque

lobées,

;

les

exemple

profondes;

du limbe

dans

en

enfin,

noi-

le

feuilles

découpures :

pas

sont

pervenche

la

sont

chêne,

le

la

bryone.

Les

feuilles

composées, dont

le

limbe

en plusieurs parties, portées

feuille

par un pétiole commun, se divisent elles

paAméei

est séparé

aussi

(fig.

lorsque

4)

les

chaque côté

comme

autant

folioles, cipal

:

en

:

feuilles

découpures de

la

de

Potentille

pennées,

forment,

de

nervure médiane, petites

feuilles

ou

portées par un pétiole prin-

trèfle,

acacia; enfin, elles

sont

palmées, quand les folioles se réunissent feuilles iimplei.

au

même

le

marronnier,

point du pétiole,

comme dans

la potentille.

3

feuilles

composées.


du reste souvent malaisé de distinguer si on a affaire, dans l'étude d'une plante, à une feuille composée ou à un système de feuilles simples. 1]

est

Nous devons nous occuper maintenant de

disposition

la

des feuilles sur

la

est grande tige. Ces positions peuvent être fort variables, mais leur importance les feuilles sont cependant. On peut les ramener à trois cas principaux (fig. 5) :

opposées quand

en face l'une de l'autre; exemple s'insèrent isolément, à la

même

comme dans

:

la

la partie

Voyons maintenant La

fleur se

comme dans

le

spécialement consacrée à l'étude de

pédoncule. Le

calice,

trois parties

formé par

la corolle et la

nombre, de forme

et

11

que

la plante.

le

calice,

les sépales,

et

la

corolle, et les

Cet ensemble

est porté

généralement de couleur

A

il

y

le pistil,

l'intérieur

de

organe femelle.

a des fleurs

mâles

la

corolle

Dans

se

certaines

des fleurs femelles.

et

le

plus souvent, les organes sont réunis.

Nous avons le

:

le pistil.

de colorations variables.

plantes, telle la bryone, par exemple,

dans

ainsi

protège. Celle-ci est formée par les pétales, de

trouvent les étamines, organes mâles, et

Mais,

martagon.

la fleur.

compose en général de

verte, supporte

lis

le

position des feuilles alternes,

la

organes reproducteurs, comprenant les étamines et par

hauteur et

sont alternes, lorsqu'elles

elles

lorsque plusieurs feuilles s'insèrent

hauteur, elles sont dites verticillées,

verrons dans

le

menthe;

le lin; enfin,

importe, dans une étude, de préciser

nous

même

deux d'entre elles sont placées sur la tige, à la

dit

que

la tige

portant la fleur est

voisinage de la fleur se

nomment

le

bractées.

pédoncule

Ce

;

les feuilles placées

sont les feuilles du rameau


florifère

:

elles sont, Je plus souvent, diff^érentes

L'ensemble des inflorescence. la

fleurs

même

d'une

Les inflorescences

disposition des

fleurs

qui

de celles

du végétal.

qui garnissent les autres parties

les

plante

diffèrent

se

nomme

beaucoup par

composent, suivant

les

différentes espèces de plantes.

On

distingue les inflorescences simples et les inflores-

cences composées.

Parmi le

les

corymbe,

Nous

premières l'épi,

(fig. 6),

l'ombelle,

le

nous citerons

panicule et

la

grappe,

le capitule.

avons, dans les figures 6 et 7, à côté de l'exemple

de plante

choisi,

placé

la

disposition

schématique des

ï^nicule...

Avoine^.

Exemples d'inploreôcenceô ôimples.

Piq.6.


Qra-ppe,

composée. Vicine..

Exemples dinflopescences composées. fvc,,^.

fleurs

de l'inflorescence, dési-

gnant par la

A la

fleur, et

par

B

bractée.

Voyons

ces inflorescences

en quelques mots.

La grappe

(fîg.

sensiblement de

6) porte sur un pédoncule principal des pédoncules secondaires

même

Le corymbe ne

longueur, terminés chacun par une fleur (muguet).

diffère

de

la

grappe qu'en ce que

pédoncules secondaires

les

sont de longueurs différentes, de façon à permettre aux fleurs d'arriver au

même

niveau (aster, poirier). Enfin, dans l'épi, les pédoncules secondaires sont excessivement courts, presque

nuls (blé, aconit).

Le panicule secondaires

Dans

comme

;

est

l'ombelle,

dans

un épi portant ses

exemple

le

jonc

:

les

fleurs

à l'extrémité

de longs pédoncules

avoine.

pédoncules s'attachent tous au

même

point de la tige,

fleuri, l'ail.

Enfin, lorsque les fleurs s'attachant au

même

point de la tige sont privées de


devient un

pédoncules, l'inflorescence

comme

A

dans

de

côté

ces

simples,

inflorescences

les

partie

des premières.

Ainsi

composée

l'ombelle

une ombelle d'ombelles; exemple

La grappe composée exemple

vigne

:

Nous

cependant

encore

la

panais.

la

grappe

cyme.

première,

la

:

une grappe de grappes;

est

(fig. 7).

avons

scorpioïde et

Dans

nous

inflorescences composées, dérivant en

avons

est

capitule,

bleuet.

le

pédoncule principal

le

se

termine par une fleur et donne naissance, à

la

base d'une bractée, à un pédoncule secondaire; terminé par une

celui-ci,

bractée,

d'une

base

un

engendre,

fleur,

autre

pédoncule,

L'ensemble produit un enroulement dans

le

myosotis. Dans

la

la

etc.

comme

le

système est

fait

comprendre

cyme,

identique, mais double, ainsi que le

floral,

à

la figure.

Reprenons l'étude de que celle-ci

était

mince

et

est

Nous avons vu

pourvue d'étamines

Ces organes sont placés L'étamine

la fleur.

formée

à l'intérieur

d'un

allongé, surmonté

filet,

et

d'un

de

la corolle.

ordinairement

d'une partie renflée,

ou anthère, couverte d'une poussière souvent jaune, appelée pollen.

Coupes des

de

pistil.

ova^ires

fleuri diver^eb, fvc,.8

fine, le plus


Le

pistil,

entouré par les éta-

mines, est formé de trois parties l'ovaire renflé,

contenant les futures; l'ovaife

le

placé à

supporte

et

ou graines

ovules

style,

qui

surmonte

le

stigmate;

CjnoieiUeî^^^oiàlôifusfopréy

du

enfin, celui-ci, renflement

Diverôes iortei de fruib.

et

:

base et

la

style,

de formes très diverses.

Lorqu'on coupe un ovaire perpendiculairement à son axe, on voit que

disposition des ovules varie considé-

la

rablement avec les espèces.

Nous ne pouvons figure 8, des

entrer

ici

dans des détails trop spéciaux, mais nous donnons,

exemples nombreux de coupes

Voyons maintenant

faites sur

des fleurs diverses.

les fruits.

L'ovaire grossissant se transforme par la suite en fruit, ses ovules se changent

en graines. Dans les

principaux

On

les fruits aussi, la variété

(fig.

distingue

:

9

et

les fruits

la baie,

poire

les fruits

:

la

drupe, à noyau unique (cerise, abricot);

contenant plusieurs graines (groseillier, raisin); les

fruits à

pépins (pomme,

).

Parmi

les fruits secs s'ouvrant

:

la follicule,

gousse s'ouvre par deux fentes (pois),

dans

citerons

ne s'ouvrant pas.

charnus se trouvent

une fente pour laisser échapper ses graines,

La

Nous

charnus, les fruits secs s'ouvrant pour laisser échapper

les graines, et les fruits secs

Parmi

des systèmes est grande.

lo).

et la

dont l'enveloppe sèche s'ouvre par

comme dans

l'aconit,

silique par quatre fentes

capsule, à parois sèches aussi, s'ouvre de façons diverses la tulipe;

par des trous placés sous

polHcale..X]

Acomt iV\

le

alors que la

:

(giroflée).

par trois valves,

couvercle (pavot).

ou55e/

Povs

Orme..

Tulipe..

Diverôes

portes

de

fruits.

f iq.io. 10


Parmi

les fruits

et la

fraisier),

ne s'ouvrant pas

:

l'akène, contenant

une seule graine (chêne,

samare, akène muni d'ailes membraneuses (orme, érable, frêne).

D'autres fruits sont munis d'aigrettes, etc., permettant leur transport par

Comme

on

le vent.

par cette sèche énumération, les parties diverses du végétal

le voit,

offrent des ressources pleines de variété au décorateur qui les interroge. C'est

champ toujours ouvert aptitudes,

est libre

à l'étude,

de puiser à

poussée avec clairvoyance essayer d'indiquer

Que

doit être

interprétations

et

où chacun,

son tempérament et ses

suivant

Mais encore,

loisir.

méthode pour être

utile.

un

étude doit-elle être

cette

C'est ce que nous allons

ici.

l'étude

lorsque cette

d'une plante,

ornementales?

conditions

Quelles

étude

destinée

est

remplir,

doit-elle

à

et

des

quels

renseignements doit-elle nous donner? C'est ce que nous allons examiner maintenant.

Le but de

l'étude d'un végétal doit être de

nous permettre

ce végétal en tous moments, et alors que nous ne

sans autre aide que cette étude

même;

et

pouvons

la

reconstitution de

l'avoir

sous les yeux,

nous devons pouvoir reconstituer

cette

plante sous toutes ses formes, sous tous ses aspects, dans toutes les positions.

L'étude n'est en un mot que l'analyse de

Ces synthèses seront

diverses,

la plante,

en vue de synthèses futures.

suivant les interprétations différentes que nous

même

de

la constitution

que nous devons dégager tous

les

éléments constitutifs,

ferons subir au végétal; mais toujours

principe

le

de ce

végétal devra nous guider et nous servir de base.

Donc, en

cela revient à dire

même temps que Mais

les

la loi qui régit la juxtaposition

détails sont

multiples, et la

méthode

de ces éléments.

est nécessaire, afin d'en rendre

l'étude plus facile et plus simple leur emploi.

Trop souvent planche, de

la

les études sont faites avec le

belle présentation,

manquant d'analyse, de

détails,

souci presque unique de la belle

du pittoresque.

Et

qu'arrive-t-il

de renseignements en un mot, II.

la

?

c'est

que,

seule ressource


que nous donne

cette étude, lorsque

recopier

car nous ne

Ce

l'infini;

nous

qu'il

faut,

présentation y perd

c'est

nous voulons

pouvons pas avec

l'utiliser,

de

est

elle reconstituer le

copier et

la

végétal type.

une étude serrée, sérieuse, un document. Tant pis

si

nous y gagnerons sûrement. Voyons, en général, comment nous devons procéder.

la

Nous Nous de

irons du simple au compliqué, de l'ensemble aux détails.

chasserons autant que possible

la plante

Et, afin

;

que

cette loi présente son

nos investigations

à

un

nombre de

plus grand

le

pittoresque, et nous dégagerons la

d'une façon aussi simple et aussi claire que nous pourrons

maximum

le

et vérifierons cette loi sur le

nous sera possible d'étudier.

sujets qu'il

Nous noterons d'abord

le désirer.

d'exactitude, nous gardant de limiter

nous étudierons

seul individu,

loi

port de

plante et ses dimensions principales; la

la

façon dont se massent dans l'ensemble les tiges, les feuilles et les fleurs. Ceci sans détails, par masses. C'est, en somme, l'aspect du végétal vu de loin, simplifié,

ramené, autant que possible, Puis,

à des

formes rudimentaires, schématiques presque.

nous approchant, nous étudierons successivement

les différentes parties

du végétal.

Commençant par

la tige,

nous examinerons sa nature, ligneuse ou herbacée; sa

forme, ses dimensions et sa couleur;

secondaires

si

la tige est ramifiée,

L'étude de cette stitution

de

la

loi

la

ou des

est importante,

si

elle est simple.

car d'elle souvent découle

plante étudiée. Les feuilles, en

sur les tiges.

préside à l'insertion des tiges

qui

loi

feuilles

effet,

la

bonne recon-

ne s'attachent pas au hasard

Elles obéissent au contraire à des règles

strictes

plus ou moins

compliquées, suivant les espèces.

Nous avons verticillées

ou

déjà vu plus haut que les feuilles se divisent en feuilles opposées, alternes.

Les deux premiers cas sont

seulement à noter combien de feuilles composent feuilles.

Dans

le

le

les plus simples.

Nous aurons

verticille et la position

troisième cas, les feuilles semblent éparpillées sur

la tige.

de ces Elles

sont cependant méthodiquement posées.

Prenons

le lis

Partant de

la

pour exemple base d'une

(fig.

i5).

feuille, et allant

voyons que nous tournons autour de la tours nous retrouvons une feuille qui

Comptant

de l'une à l'autre en descendant, nous

tige

;

et qu'après

s'insère

un certain nombre de

directement

sous

la

première.

que nous avons rencontrées, nous en trouvons huit, la neuvième correspondant à la première. Et si nous continuons, nous verrons que la dix-septième feuille que nous rencontrerons sera sous la neuvième, et ainsi de les

feuilles

12


suite.

Nous en concluons

donc, après avoir répété cette expérience sur plusieurs

individus et l'avoir vérifiée, que des groupes de huit feuilles se répètent le long de la tige (fig.

)5).

Voyons maintenant combien de pour arriver

à la

fois

nous avons dû tourner autour de

faisant trois tours complets avant d'arriver à la

donc,

afin

neuvième

feuille.

Nous noterons

de représenter facilement par une fraction cette indication

système est ~;

Les systèmes

la tige

correspondance des insertions. Nous avons dù décrire une spire

3 figurant les tours

de spire,

les plus fréquents sont Ils

:

nombre des

que

le

feuilles rencontrées.

y, y, y,

sont quelquefois très ige se tordant

On

et 8 le

:

difficiles

à analyser,

sur elle-même.

doit alors suivre les

13

? Coupe,

de lâ. feuille/


.

d' crise mbLc

de l

moment de

a.tteuJ^e,

la, pleLixte/.

des tvqes

la. [^ri^cttj-icai.tvorL.

t/l

poin.m.v€i3 et aoitres Jurbres

l

feuilki et

B a.xes

llcjes

vert foncé.

blà-nc verd'Ltre^.

f'-'i

15-

mêmes de la tige, et Je système est déterminé comme sur une tige droite. On

fibres

note

dans 14

la torsion, la

dont on tient compte ensuite

reconstitution.

11

est

aussi

à

remar-


Liseron des haies. herbà-cea,

aoiji ti-qes

de

1

d^) ra

sur Les pUntes voisLiies f^leurit eivJuvLLet fleuri bl21.nch.ei

s'enroula.nt

quer que, suivant les espèces,

les tiges se

tordent

régulièrement dans un sens ou dans l'autre. Cette

des

loi

passons à l'étude de

déterminée,

nous

en elle-même.

Nous

insertions la feuille

voyons dans quelle forme géométrique simple

Bractées

elle

peut s'insérer. Puis nous notons ses dentelures, ses nervures, ses taches, étudions l'insertion sur

Joorùéei

(k routée

la tige, etc.

geon fermé, Pl(Xu là.

de

fleur.

des

de

feuilles,

11 s'

va sans dire que l'étude du bour-

ouvrant

;

des formes

successives

au fur et à mesure de leur développe-

là.

ment, sont

autant

de prétextes

à

observations

curieuses et fertiles en interprétations.

La

tige et la feuille

connues, nous passons à

la

fleur.

D'abord

le

système

de

l'inflorescence

;

sa

masse,

son inscription dans une forme géomé-

trique;

la

position des

fleurs

sur

la

tige,

leur

inclinaison sur celle-ci.

Puis

la fleur

nous voyons 15

en elle-même; partant du bouton,

celui-ci s'épanouir, la fleur se fermer,


es

tomber

pétales

aissant

l'ovaire

notons

liiseron

la fleur

profil,

du dessus, de

et

des

de

la

à

Nous

découvert, etc.

forme

de

en plan, vue du dessous de face,

quarts,

trois

dans toutes ses positions principales en

un mot,

et surtout

dans celles où sa forme

montre clairement

se

d'une façon bien

et

caractéristique.

La couleur

doit aussi être notée

gneusement, quoique pouvant être prétée très librement par

soi-

inter-

la suite.

L'inscription de la fleur dans des formes

géométriques,

surfaces ou

solides, peut

rendre de grands services en la

mise en place.

s'inscrivant

dans

hexagonale,

il

toutes

à

lis

base

sera plus facile, en traçant

ses positions,

les plus variés; les

du

fleur

la

pyramide

une

d'abord, de figurer

celle-ci

que

Ainsi

simplifiant

la fleur

nous voyons aussi

ombelles de

dans

avec les raccourcis (fig.

23)

brane-ursine s'ins-

crivent dans des pentagones.

L'étude du

basée sur fertile

fruit vient

les

mêmes

ensuite, toujours

principes

et

aussi

en enseignements.

On

voit par cet

exposé rapide combien

intéressante et variée peut être cette étude, et quel

champ

elle

ouvre à

la


Jils Létôiilô

bl^nc des

peuvlles.

rosiùon deô ^

feuilles

5ur 4

là.

tlqe

là.

Uc|e,.

en A, Plein

du

des

sagacité de chacun.

de

la

synthèse,

simplifier,

avoir

des

Nous

serons libres, lors

d'abandonner

d'interpréter.

Mais

Nous

le

besoin s'en

allons

de

de

vaut mieux quitte

que d'en manquer

fait sentir.

maintenant prendre quelques

exemples que nous avons dû délaissant

il

renseignements nombreux,

à les négliger quelquefois,

lorsque

détail,

tel

nombreux

ici

simplifier,

renseignements

et

notant les seuls principaux; car l'étude peut s'étendre presque à

l'infini.

11

faut

du reste 17


savoir se borner, et ne pas tomber dans le travers de J'analyse à outrance. La bonne étude doit être déjà une simplification, presque une interprétation de la nature.

Les

détails par trop multipliés

ne peuvent amener que

des cas, un ensemble, des détails de

la

confusion.

de fleurs et de

feuilles,

fruits,

Dans

la

plupart

en tout deux ou

trois feuilles, doivent suffire largement. 11

même moins

en faut

dans notre premier exemple,

la

perce-neige

Cette plante, encore appelée Galanthine des neiges, croît

la

voyons composée d'un bulbe

engainantes à

feuilles

(fig.

j

i

).

plus souvent dans

humides. Son étude est simple.

les prairies et les bois

Nous

le

la

petit,

brunâtre, donnant naissance à deux

base et d'un vert glauque.

D'entre ces feuilles sort une hampe un peu plus haute qu'elles, terminée par une enveloppe membraneuse qui renferme le bouton. Cette membrane s'ouvre, et livre ensuite

passage à

la fleur.

En

conservant toutefois au-dessus d'elle

Après

s'épanouissant, celle-ci s'incline vers le sol,

la

membrane

qui l'enveloppait.

avoir noté les dimensions de la plante, examinons maintenant la fleur elle-

même. Nous la voyons formée de trois sépales blancs entourant trois pétales rapprochés en une sorte de cornet. Les sépales, plus grands, se retournent presque, à l'épanouissement complet, laissant à découvert les pétales blancs aussi, mais tachés à l'extrémité extérieure d'un croissant vert tendre. L'intérieur est aussi strié de vert. Enfin, six étamines et un pistil mince; de plus, l'ovaire apparent, de couleur verte, au-dessus du calice. Voici, en quelques mots,

cependant sur

insistant

dessus

et

du dessous,

des pétales.

voyons

la

afin

Des vues

la

plante décrite. Notre étude nous montre tout cela,

les parties bien caractéristiques;

de bien montrer

latérales de cette fleur

quarts,

prises

du dessous

vue en plan, du des sépales et

en donnent l'aspect, suivant que nous

corolle cachée en partie par les sépales

vues de trois

la fleur

les positions respectives

et

ou apparaissant entre eux. Des

du dessus,

complètent

tous

les

renseignements. Il

va sans dire que les phases diverses du bouton ont été notées ainsi que la feuille, ce qui nous en fait comprendre le modelé.

la

coupe de

Dans fleur,

si

cette étude,

découpée

et

la si

partie intéressante à noter est la silhouette

même

Bien caractéristique aussi est

la

constitution

du gui

(fig.

i

2

la

la

).

Cette plante parasite, vivant aux dépens des arbres sur lesquels elle se apparaît sous la forme d'une sphère d'un vert sombre

On

de

caractéristique.

fixe,

nous

trouve surtout sur les pommiers, aussi sur les poiriers, les peupliers, 18


rarement sur

le

même

chêne. Est-ce cette rareté

qui faisait révérer le gui de chêne, le gui sacré des

druides

?

L'allure de cette plante est bizarre. Implantée

directement

dans

pousse

forte

une

l'écorce tige

de

ligneuse

sa

victime, qui

se

elle

ramifie

presque aussitôt. Ces tiges secondaires se ramilnclm&.uon

des [kuvô

20


DetàiU

de pouises

Pou.55es

sort<\nt

qâ-ines

de de

fient

en

feuilles

ternaires,

et

apparaissent

de suite.

ainsi

seulement

groupes de deux au sommet extrêmes,

chaque

groupe de deux

tigelle

ainsi

Les par

des tigelles

portant alors un

feuilles.

Les attaches des étudier,

et

tiges sont intéressantes à

que

les

feuilles,

de

forme

simple, finement striées de nervures longitudinales, et qui terminent les tigelles, en

portant entre elles les fleurs et les bour-

geons.

Les

fleurs,

mâles ou femelles, n'offrent

pour nous aucun sions

minuscules,

intérêt, étant

presque

et ne s'apercevant pas sur

forme

même

ne

de dimen-

imperceptibles, la

plante;

peut nous arrêter

;

leur

mais


elles

sont ensuite remplacées par des baies bien

caractéristiques. Celles-ci, de

verdàtre

,

nombre

tranchent

sombre des

très variable, d'un blanc

agréablement

sur

le

vert

tiges et des feuilles. Sphériques, elles

sont surmontées d'une légère pointe qu'entourent

quatre petites taches noires, triangulaires, disposées suivant les angles d'un carré.

Bmnc'Ursine Letà-il des peuilles

4n Détô^il de.

peiiUleA de feuilleB

ifllll

de.

l'en5emble,fLCj2o.

V4qràndr>

^embLe^.

Va

la.

l'en-

qrd^rLdf


I.

Bra^nc ursine. feuille de- pro[^iL.

L'étude du gui est

marqués

et

La

facile.

loi

de

la

plante est simple et bien définie, les détails

peu nombreux; nous passons, dans l'exemple

suivant, à

une étude un

peu plus compliquée.

Le

liseron des haies est une plante

abondent au mois de

La

figure 14

elle-même,

la

La

De

l'aisselle

des

feuilles,

(fig.

i3), aux nervures bien

s'insèrent les fleurs, dont le pédoncule assez

long passe souvent entre les deux parties du limbe de

Voyons

un peu

distance en distance s'attachent les feuilles,

d'un vert gai, qui sont d'une forme bien caractéristique

A

d'un blanc pur,

section de cette tige est carrée, les angles

forment de petites côtes.

marquées.

les fleurs,

nous en donne l'ensemble. Herbacée, d'allure sinueuse, tordue sur tige s'enroule de gauche à droite sur les plantes voisines qui lui

servent ainsi de soutien. saillants

commune, dont

juillet.

la feuille.

Le bouton est d'abord caché sous deux bractées volumineuses bordées de rouge. S'échappant du calice qui, lui, reste caché, la corolle sort peu à peu d'entre les bractées qui semblent, à première vue, être le calice la fleur.

vertes,

véritable. Enroulée et plissée d'abord, la corolle se développe enfin et finit par prendre une forme d'entonnoir, aux bords gracieusement retournés. Elle est alors comme estampée en cinq parties triangulaires.

Du

centre du tube surgissent cinq étamines et un

Dans

pistil grêle.

cette plante, la caractéristique est toute de grâce et de légèreté.

Les remarques intéressantes deviennent plus nombreuses dans 24

l'étude

du

lis,

qui


de

Détà,U5

G| àJiïii-

de.

Cjà-lnes.

C

l'ensemble.

vient ensuite, et le caractère de la plante change aussi.

Sans exclure

la

grâce,

il

devient plus sévère, plus majestueux.

Le

lis

blanc,

ornement de nos

jardins, est

une plante bulbeuse, poussant une

tige

rigide de un mètre de hauteur environ.

Nous noterons d'abord

l'aspect général de la plante et la régularité qui y préside.

L'inflorescence, bien groupée, surmonte une sorte de cône très allongé que forment les feuilles.

Le bulbe

L'ensemble

est svelte et plein

de puissance à

la fois (fig.

i5).

écailleux, blanc verdâtre, qui supporte la plante, est facilement recon25

4


Les

naissable.

Par une

la tige

même

le

sens,

s'amincissent dans

commencent

et

ainsi

Ces renflements sont indiqués par des

que l'indique

D'abord courtes bas de

le

d'abord verte en haut,

La

à peu.

figure i5.

la

sur la tige est du type

feuilles

s'insèrent

particularité assez curieuse, les feuilles, tordues sur elles-mêmes, le sont

toutes dans

et

perd peu

qui se

dans

nervées longitudinalement,

Celle-ci porte, en dessous de chaque insertion, un renfle-

la tige.

ment assez prononcé coupes de

simples, allongées,

feuilles

puissamment sur

elle arrive

la

à

dans

le

haut, elles s'allongent

leur couleur varie souvent;

peu au rouge sombre dans

le bas, là

les

à se flétrir.

nous montre un ensemble de

figure 16

plan du système. Leur insertion

De même

plante.

peu

le

et trapues

la

plante avant l'éclosion des boutons,

une inflorescence épanouie. C'est à l'étude de celle-ci que nous arrivons

(fig.

17).

Elle est des plus inté-

ressantes.

Les

fleurs se

nombre,

groupent sur

la tige

suivant

le

très variable, peut aller jusqu'à vingt.

même

système que les

feuilles.

Leur

Les boutons, d'abord dressés

verti-

calement, s'inclinent peu à peu en s'ouvrant, de façon que être horizontale, ce qui et le

modelé du bouton

et des

coupes sur

le

masse l'inflorescence d'une façon et

de

bouton

Nous remarquerons que

la fleur

fleur

épanouie arrive à

homogène. La forme

sont dignes d'une étude serrée et approfondie,

et les pétales la

la fleur

très

nous fixeront utilement

à ce sujet.

épanouie peut s'inscrire dans une pyramide

régulière à base hexagonale, ce qui nous facilitera la mise en place.

D'entre les pétales gracieusement retournés, sortent puissant et un

pistil

six

étamines d'un jaune

blanc verdàtre.

Cette plante est l'une de celles dont on s'est décoratif; et certes elle

le

mérite par

la

le

plus fréquemment servi en art

noblesse de ses lignes jointes à

la

grâce et

à la beauté de ses fleurs.

La

fleur

de

encore dans

lis,

le

fort

employée au moyen âge dans l'ornementation

et aujourd'hui

blason, dériverait cependant, suivant Viollet-le-Duc, non pas du

lis,

ou flambe d'eau. Cette question nous importe peu, du reste, nous ne devons nous préoccuper que de chercher des interprétations nouvelles mais bien de

agréables de

l'iris,

la

et

et

plante que nous venons d'étudier.

Voyons maintenant une

plante d'un aspect et d'une famille bien différentes, une

ombellifère.

L'angélique sauvage, ou branc-ursine, encore appelée panais des vaches, pousse sa forte tige, haute souvent de

deux mètres 26

et plus,

dans

les prairies

humides. Elle


.

D

établi

d'une- ombelle. 3econde^.^re..

fleur

fleur ejelérieure.

''

.„.."•

de

l'ombelle^.

de

'

l'ombelle^.

\,

'l3eUil du. d' a,tta^ch-e

I)eta.ib

.v

intérieure.

des. j^leurs

poml

des cm-

f^"]"^)-

27

ô^stéfne de

groupement

deô -ombedes secondaires '\„


mérite certes notre attention, aussi bien par

de ses fleurs que par

La plante cannelée

le

bon

se présente à

parti

puissance de ses formes et

la

que nous pourrons en

nous composée d'une

tirer

la

légèreté

en ornementation.

tige principale forte et cylindrique,

22), dressée verticalement, sur laquelle s'insèrent puissamment des

(fig.

découpées, et portant à son sommet une belle ombelle composée, de

feuilles très

couleur blanche.

De

l'aisselle

des feuilles partent souvent des tiges secondaires, couronnées elles

moins importantes. Nous remarquons

aussi d'ombelles

la

courbure légère de

la

tige entre les insertions des feuilles.

Tout en

cette plante est intéressant, et la feuille

en particulier

son attache, ses

;

pousses seront autant de documents précieux.

Lors de

la pousse, la feuille se réduit à une enveloppe membraneuse conique, surmontée à son extrémité d'un embryon du limbe découpé. Dans cette enveloppe

se

trouvent d'autres enveloppes semblables qui,

première

(fig.

19),

s'en dégagent

une

en grossissant, font éclater

pour

à une,

se terminer par

la

une dernière

d'où sortiront les fleurs.

A

l'extrémité

de ces enveloppes,

proportions considérables.

la

feuille

La membrane,

grandit et arrive

elle,

sert

d'attache

prendre

à

à

la

des

qu'elle

tige

engaine. Velue un peu, elle se colore fortement en un rouge puissant, tranchant sur le

vert de l'ensemble de la plante.

De même

que

la tige principale,

les gaines et

les pétioles

sont fortement striés. Arrivons

voyons

(fig.

20)

parties

du limbe encore peu développées s'insèrent directement

gaine.

Ensuite, les découpures s'accentuant peu à peu, les pétioles secondaires

qu'il

et

le

la

comme

trois feuilles séparées,

à l'extrémité

son complet développement

si

Quant 18).

de

portées à l'extrémité de

la

la

la

gaine s'allonge en un pétiole principal

(fig.

La

feuille

20), et c'est alors que des inscriptions dans

des formes géométriques pourront nous venir en aide pour folioles

Nous

feuille.

22, gaine E), auquel viennent se souder les pétioles secondaires.

atteint

(fig.

de

limbe étant arrivé à son entier développement, ses dentelures fines

profondes étant parfaites, l'extrémité de

(fig-

même

passe par trois périodes successives. D'abord, les difi'érentes

s'allongent et forment gaine. Enfin,

au limbe

la

mise en place des

découpés.

à l'inflorescence,

Nous voyons

nous avons

(fig.

dit qu'elle était

23) l'attache, en haut de

portant les ombelles, ainsi que les débris de

la

formée d'ombelles composées la tige,

des tiges secondaires

gaine qui renfermait le tout.

A

l'ex-

trémité de ces tiges secondaires naissent les ombelles composées, c'est-à-dire des

ombelles dont chaque tige porte elle-même une petite ombelle. 28


Ombelle, ôecon dà.ire,les peta^les

Ombelle,

tombée

formées

Bmnc- ursinc Data^iL d&i fruits

Nous donnons

a4

23)

(fig.

le

mode de groupement de

Chaque ombelle variables.

En

est

effet,

formée de

fleurs blanches,

extérieurs

beaucoup plus développés

même que

intéressante, de

Les pétales tombés,

pour

La

de

formes

et

de

dimensions

alors que les fleurs de l'intérieur de l'ombelle sont petites,

régulières, à cinq pétales, les fleurs extérieures,

pétales

ces ombelles, qui peuvent

dans des pentagones réguliers.

s'inscrire

le

beaucoup plus grandes, ont leurs

(fig.

La forme des

23).

les ovaires subsistent, dressés, et se

deux parties à

se diviser ensuite en

fleurs est

groupement des étamines, recourbées gracieusement.

la

maturité

(fig.

développent rapidement,

24).

caractéristique de cette plante est toute dans l'aspect robuste de la tige et de

la feuille,

opposé

à la légèreté

que l'ampleur des

feuilles

de l'inflorescence; l'ensemble reste plein d'une grâce

empêche cependant de tomber dans

L'étude de cette plante est assez compliquée, des exemples donnés

d'insister sur ceci, ces études ne sont

Chacun mettra en oeuvre la

si

les

la liste

études contenues dans les chapitres fois,

et qu'il

nous

soit

permis

que de brèves indications.

ses facultés observatrices, et, suivant son tempérament,

plante suivant ce tempérament

détails des effets

nous terminons

plantes d'aspects et de caractéristiques divers.

ne comblaient cette lacune. Encore une

comprendra

mièvrerie.

ici.

Nous avons avec intention pris des Nous les aurions variées davantage suivants

et avec elle

la

que d'autres trouveront dans 29

même. Certains trouveront dans les masse. Mais tous auront forcément

la


recours à

la

fondamentale de

loi

la

plante,

Maintenant que nous savons étudier

devons l'employer,

la faire se

la matière, l'interpréter,

Ceci est il

le

à la loi

qui juxtapose

les

éléments

des règles déterminées.

constitutifs suivant

but de ce

la fleur,

nous allons voir comment nous

courber aux caprices des formes et aux exigences de

en un mot. livre.

Car

s'il

est indispensable de savoir étudier la plante,

importe, plus encore peut-être, de savoir l'interpréter. C'est par l'interprétation

seule que l'on

exécuté

fait

le style,

oeuvre de décoration, et l'interprétation raisonnée donne à l'objet

indispensable à toute oeuvre ornementale.


«1®

»^ K 1 \, )\ ©o o© ©o e® O©

A

€)0

AAAA

)X >\ X OO OO oo oo oo oo oo

Interprétation

RAVE question dans

Nous venons

ornemental que celle de l'interprétation.

l'art

d'étudier

éléments divers qui

la

plante

composent

la

et

;

nous

connaissons

nous avons dégagé

les

la

loi

qui préside à sa formation.

Nous pouvons donc, telle

attitude

nous

qu'il

plaira

la fleur

avec ces documents, reconstituer dans

que nous avons choisie

comme

principe

décoratif.

Ainsi pourvus, nous allons maintenant aborder l'ornementation florale, qui doive

nous occuper

ici, afin

nous.

Mais encore, avant de nous élancer

deux règles

au hasard,

absolues vont nous être imposées, sans

la

quelles nelle

r

observance des-

stricte

nulle

ration-

décoration

Ce

ne saurait exister. L'adaptation de

sont

:

la

forme à

la

forme à

l'espace à décorer; 2° la

L'adaptation de

matière employée.

Ces

grands

deux

principes,

ces deux bases fondamentales de l'art

nous

décoratif,

guider

doivent

dans

d'ornementation.

toujours

toute

Et

si

la

seule

de décorer les formes diverses qui se présentent à

oeuvre parfois Ané-inorie- Sylvie.

31


S.riènioi]e/

Sylvie^

leur observance rend plus pénible le travail de la composition, par contre, toujours elle

donne

à celle-ci le

pensable de

l'intérêt

style, condition indis-

de toute

oeuvre

orne-

mentale.

Dans

l'adaptation de la forme à l'espace à

nous étudions,

décorer,

en

vue

d'un

effet

voulu, arrêté d'avance, l'équilibre des masses

de

et le parti les motifs

;

la

composition.

nous groupons

espaçons suivant

le

partie de la plante, autre.

les

Nous plaçons formes ou

les

cas; nous allongeons telle

nous raccourcissons

Cette tige rigide est assouplie,

telle

et,

se

contournant avec complaisance, va enrichir un coin qui resterait vide sans cela.

Mais,

qu'est-ce

composition C'est

la

que

donné

dans

une

placement

des

parti

?

disposition,

éléments décoratifs qui

un plan qui

le

a

la

le

composent, suivant

pour but de produire un

effet

et raisonné.

Car^'ornementation ne consiste pas seule-

ment •

32

à charger, surcharger de décor un objet.


Rnémone vSylvte^ ou

fleur

daVendredi5zj.int_ Plante herbacée

,

vivzxce.

low-l^centi Fl.eur blanche, ro5e û.Venver& des pétcclc6, '

faut

11

que

ce

décor se trouve être judi-

cieusement disposé, parce que

la

soit

pour que

s'harmonise mieux avec

26,

27,

faire valoir la matière,

soit

destination de l'objet exige telles dispositions

spéciales, soit enfin

Nous

pour

la

le

motif décoratif en lui-même

forme qui

le reçoit.

avons, dans les quelques exemples des figures 25, 29, 3o,

32,

l'espace libre de la

33,

rempli intentionnellement tout

surface imposée. Et cela revient au 33'

L


Ô.Tiernor|€>

6^1 u

)

même

i

lorsque,

voir dès le début

pour une des raisons haut

plus

nous

citées,

composition

limitons par une forme l'or

répartir

nementation qui doit décorer

la

composition

la

composition.

plus

Enfin, la décoration recevra

légère, cantonner le décor d'un côté

une partie ovale

et réserver

faire valoir la finesse

délicat

Ou

du

libre d'or-

née à orner

de pâte, l'émail

Dans

plat décoré.

la

encore, dans cette couverture

dication

du

titre

sont

l'in

un

forme

la

les

à

exigences

moindres

détails

de

joli

s'il

est bien

dessin,

il

pensable

que

puisse

être

de

faire

est indis-

ce

dessin

facilement

exécuté, sans que, dans

plus

aucun cas, l'ouvrier

haut que l'équilibre

se

des masses devait

trouve obligé à

des

nous pré-

occuper.

les

Car,

de l'ou-

ples entre mille.

aussi

de

employée,

celle-ci.

deux exem-

Nous avons vu

l'adaptation

matière

régler

vrage, etc.

Ce

telle

oeuvre notre composition viendront

ménagé pour recevoir indispensable à

monument ou

techniques du métier qui mettra en

phiques, planche 35, un cartouche

la lettre

tel

pièce de nos habitations.

rectangulaire à ornements typogra

doit être

tel

caractère suivant qu'elle sera desti-

nements. Cette surface nous permettra

de

;

les

néité et le parfait équilibre de la

34, on peut dans ce plat,

pour rendre

et

de façon à assurer l'homogé-

par exemple, dans

Ainsi, figure

pleins

les

la

exécutée

vides, les clairs et les foncés,

forme.

telle autre

que produira

'effet

tours

dresse

Nous

d'a-

hasar-

deux qui n'ont

devons pré-

que

PorUlori

54

deux


résultats

:

l'élévation

main-d'œuvre

et le

du prix de

manque de

la

style

de l'objet exécuté.

En un faire

pourquoi

mot,

donner

à

vouloir

un métier ce dont

il

n'est pas capable ?

vouloir

Pourquoi procédé, doit

que

alors

imposer

l'œuvre?

11

dissimuler c'est

lui

à

caractère

le

le

qui

que l'ouvrier

faut

puisse donner pleinement et

librement

cours

à

professionnelles, autant

qu'il

est

et

ses

capacités

fasse

valoir,

possible,

la

ou narcisse trompette rianle i)ulbeuôejVivc>uce,de^ Zo à, )o "1^ dthdMÏcur. fleurs jà.une5, peailles d'un

vert frovd.

fleurit de

mars en

cvuri-l.

rvc,.;i.

35.


emplo-

matière yée.

Pourquoi, dans bois sculpté,

le

pour dissimuler gouge,

et

lui

la

racler,

polir

c

moindre trace

i

donner un aspect

de moulage teinté au brou de noix?

Pourquoi limer,

frotter

le

fer forgé

coup de marteau ne puisse apparaître ainsi à

afin

qu'aucun ressembler

une pièce fondue?

Pourquoi vouloir qu'une une

,

et le faire

étoffe

imprimée imite

à s'y

méprendre

étoffe tissée?

Bien mieux

serait

de dégager, de mettre en lumière chacune des

beautés propres au métier qui nous occupe. est taillé, et le fer qu'il est forgé, tous

Que

le

bois montre

qu'il

deux ne pourront qu'y gagner

du caractère. Si

une

étoffe

imprimée valant

francs le mètre

est

six

par

belle

elle-même, qu'importe qu'elle ne donne pas étoffe

l'illusion

drait quarante

ce

cas,

l'étoffe

d'une

en vau-

tissée qui

Car, dans

?

non

seulement

imprimée donne

ou mieux ne donne

mal,

pasl'illusion rêvée d'une étoffe

tissée,

mais en-

core, souvent pour atteindre ce mauvais résul-

a-t-on sacrifié libre-

tat,

ment

la

richesse

de

la

coloration pour obtenir des effets

de

reliefs

,

de bro-

chés, de trompeœil. 6^r\è.r[[0T[Z.

Sylvie.

Donc, une des


Ylàl orrié

conditions indispensables pour faire

de

oeuvre

Porillori.

qui

en une branche

vaille

quelconque de

l'art

décoratif est la

connaissance, aussi parfaite que possible,

de

la

technique propre à ouvrer

employée

et le respect

cette matière, mais la

11

Non

;

il

encore du métier qui

ne faut pas faire sa composition et :

l'exécutant

tirera

s'en

toujours.

faut au contraire se mettre à la place de

celui-ci et se dire à

lement exécutable?

et

chaque instant

:

ceci est-il faci-

modifier, rejeter absolument et

impitoyablement toute forme ou toute formule qui ne

De

matière

mettra en œuvre.

dire

se

la

non seulement de

le

sera pas.

Nous

l'avons dit

cette préoccupation constante naît l'interprétation dans un but déterminé,

style

:

le

en un mot.

Qu'est-ce donc que l'interprétation? L'interprétation est la simplification, l'ornemanisation d'une forme que l'on tire

de

l'état

nature pour l'amener à

resque d'une plante, d'une

fleur,

l'état

on

ornemental.

extrait et

Déjà, en faisant l'étude de la plante,

de

la

schématiser

:

commencement

Nous avons cherché

à inscrire

En un

d'interprétation.

la sty-

lisation la plus simple.

Donc, pour interpréter

une plante en vue

de son exécution matérielle, suivant et

respec-

tant la loi que nous en

avons

dégagée

reprenons

les

,

nous

éléments

divers que l'étude nous a révélés, et, les

la simplifier,

chaque forme dans une figure géométrique. Or,

naturelle en formes

géométriques est

le pitto-

on crée un principe ornemental.

nous nous sommes efforcés de

transposition de la for-

me

mot, négligeant

simCouverture-

d'avlburti

37

.

PoriUor\

la


nous

plifiant,

les

qualités requises

Deux de

la

juxtaposons et reconstituons une forme ornementale répondant aux

pour

et la facile exécution.

idées dominantes doivent donc nous guider dans l'interprétation

forme créée

industrie nouvelle

comme

bonne décoration

la

et la

mise en oeuvre

facile

de

nous dictera une nouvelle façon d'interpréter;

exigera d'importantes simplifications

le fer,

telle autre,

;

la

beauté

matière rude,

telle

comme

devra être fine et enrichie. Mais toujours et dans tous les cas

la loi

devra être une de nos grandes préoccupations,

feuille

quel que soit

:

matière employée. Et chaque

la

et la fleur,

la

la dentelle,

de

la

plante

employées,

motif qu'elles auront servi à composer, devront être facilement

le

reconnaissables.

Nous donnons

dans

ici,

géométriques d'une

la figure 38,

fleur d'iris

quelques exemples simples d'interprétations

germanique.

On

forme que nous fassions subir aux éléments de grâce

naître,

au respect absolu

Une

composent.

de

des

disposition

la

quelque altération de

voit que,

celle-ci, toujours

on peut

la

diverses parties

autre nécessité de l'interprétation, lorsque nous devons

reconqui

la

ornema-

niser une forme, est de l'enrichir, de la détailler; car la forme seule ne serait pas, la

plupart du temps, d'un suffisant effet décoratif.

matière,

présenter

la

sous

11

faut encore

y

faire jouer la

aspects les plus divers, tirer tout le parti

ses

des

ressources qu'elle nous offre. C'est alors que l'étude minutieuse des détails nous vient en aide. Partant d'eux,

comme

principe, nous

détailler

les

pouvons

à notre gré,

dentelures des feuilles,

en vue d'un

effet voulu,

ou

multiplier

plissement des pétales, tirer parti

le

des

nervures, des épines, etc.

Nous pouvons même

les

orner d'une façon toute conventionnelle. Si

est bien établie et ses principes

reconnaître. stries,

Même

si

la

plante

fondamentaux respectés, toujours on pourra

la

ses pétales, ses feuilles, ses tiges se couvrent de points, de

ou de toute autre ornementation inspirée par notre

libre fantaisie.

Comme

toujours, la technique et la beauté esthétique seront nos seules règles, et en nous

reportant à elles, nous resterons certainement dans de justes limites.

Nous avons Sans entrer spéciaux,

il

ici

pris

comme exemple

germanique, d'une

l'iris

facile interprétation.

dans des détails précis que l'on trouvera à chacun des chapitres

est facile

cependant de se rendre compte des altérations diverses que

forme a subies, selon qu'elle doit être traduite en verre, orner simplement un papier peint,

fer,

la

en dentelle, en bois, en

ou composer un pochoir. Autant d'orne-

manisations diverses.

38


,

Iris

1^

tjermîvnique. feutlLeb plates, d'un vert qLcXUQU.e^ fleurs: en bcXî), violet foncé cxvec poils Jaunes à la J?aî>e en h.a,ut^ violet clair fleurit de mal en juin. ,

Mais,

outre

la

question

;

de

.

l'interprétation

composition,

nous conduit encore à nous occuper de

La couleur

est

la

couleur.

un des principaux moyens d'action de

retrouve dans toute composition ornementale,

monochrome, comme par

jeu des

le

la sculpture,

ombres

des lumières,

et

même

le fer forgé,

le

On

décoration.

la

dans celles où

la

la

matière est

bronze, etc. Car, dans ce cas,

des valeurs diverses sont

créées,

qui

produisent, par leur contraste, un effet plus ou moins pàle, plus ou moins coloré.

Pour

la

couleur, les deux règles d'esthétique et de technique s'imposeront encore

à nous.

Au

point de vue esthétique, nous aurons à tenir compte de l'harmonie et de

la

destination.

Au

point

de

vue technique,

matière

la

employée

et

la

main-d'œuvre

nous

dirigeront. Et,

d'abord, en général,

comm:

représentation

la

ornementale est toute de

convention, repoussons les modelés dans les décorations de surface ou,

s'il

est

indispensable d'en avoir un, créons le tout conventionnel; mais qu'en aucun cas l'effet

de

relief,

de

trompe-l'œil

déformer cette surface, d'y la

ne se produise;

faire trou

le

résultat

serait

surtout

de

ou bosse. Or, nous devons l'orner mais non

déformer.

Voyons d'abord

En

les conditions

que

les

exigences de destination nous imposent.

plus du goût du client que nous

devons

satisfaire

autant que possible

certaines préoccupations vont se présenter à nous, suivant l'usage auquel est destiné

40


nous

dont

l'objet

avons

même

est certain qu'un papier peint de

Il

l'ornementation.

colorer

à

composition

murs

sera différemment coloré, suivant qu'il couvrira les

d'une

salon,

d'un

à

salle

manger ou d'une chambre

à

coucher.

De même, une qu'elle décorera

ornée changera de gamme, suivant

frise

un monument public, une taverne ou un

intérieur.

On diose le

cherchera dans

dans

;

le

premier cas une impression gran-

le

second, une tonalité brillante et riche

troisième, une harmonie calme et

On

ne

saurait nier

impressions particulières que

les

Ne

font naître en nous les diverses couleurs.

des couleurs pures. Alors que large

sion

et

calme,

éveillera l'idée de gaieté, et le

parlons que

bleu donne une impres-

le

jaune, plus

le

dans

;

douce.

plus lumineux,

vif,

rouge sera plus brutal, plus

violent, plus exubérant.

Les mélanges par deux de ces tales

donneront de

même

trois couleurs

fondamen-

des impressions participant de

chacun des éléments de ces mélanges; exemple, composé du jaune

et

et

l'orangé, par

du rouge, énoncera

l'idée

de gaieté un peu brutale ou de joie bruyante. Ainsi de suite.

Pourquoi ne pas

préoccuper davantage de cela? Et

se

pourquoi s'obstiner à

faire

de

manger un trou

salle à

la

triste, aux meubles foncés, aux papiers sombres, alors que cette pièce, où la famille se trouve chaque jour réunie, où

l'on oublie

contraire

un moment

se

viendraient

claires

nappes,

à

cristaux.

l'éclat

Les

les

ennuis des affaires, devrait au

présenter gaie et s'y

Les tentures

avenante?

harmoniser

de l'argenterie,

à

blancheur

la

des

transparence des

à la

jaunes, les verts frais, l'orangé

même

pour-

raient s'y marier heureusement, et introduire la gaieté là

la tristesse est

trop souvent de règle.

Passons à l'harmonie.

Une

des conditions indispensables à une ornementation 41

.


I

quelconque est d'être agréable

à la vue,

lignes, celle des valeurs et des couleurs

De même que pour

la

de reposer

les regards.

L'harmonie des

nous permettront d'atteindre ce but.

composition, nous aurons à prendre un parti pour

la

coloration.

Partant de

de

la

gamme

la

condition imposée par

à choisir,

de l'équilibre des valeurs

Examinons donc chacun de ces Qu'est-ce qu'une

la destination,

gamme?

et

nous aurons

des tons, de

à

nous inquiéter

l'effet.

sujets.

C'est une succession de valeurs colorées différentes,

destinées à créer une harmonie. Et par valeurs colorées différentes je n'entends

pas que ce soient

les couleurs qui doivent différer, mais bien les valeurs. Car un camaïeu crée une gamme, quoiqu'une seule couleur y existe, mais à divers états

d'intensité.

42

\1


Ceci nous amène à définir

La

valeur est

quantité de clair et de foncé qui entre dans la composition d'un

la

Prenons un exemple

ton.

la valeur.

:

représentons par deux chiffres les

deux valeurs

opposées

soit

;

les plus

par zéro,

:

blanc, la valeur nulle, et

le

par dix

valeur

la

à

En

voici déjà

deux qui sont

Mais

déterminées. elles

l'état

le noir.

extrême d'intensité,

entre

une

s'échelonnent

,

infinité de valeurs intermé-

suivant que par le

diaires,

mélange du noir

du blanc,

et

nous aurons créé des tons Et

plus ou moins foncés.

exemple

notre

reprenant

numérique, nous dirons, en car

simplifiant,

des valeurs est

mélange

le

nombre

illimité

d'une

:

le

de

partie

noir et de neuf parties de

blanc nous donne )

la

valeur

de deux parties de noir

;

contre valeur

huit 2

;

de

noir contre blanc,

la

de

blanc

,

la

six parties

de

parties

de

six

valeur

6,

etc.,

pour arriver aux dix parties de noir, extrême limite de

Irb QerniMiique.

Vitràil, rriise eri plorribi

gamme.

la

Or, pour chaque couleur, les

le

même

rapports de couleurs entre elles.

un bleu

clair qui

aura

Nous savons donc

la

rapport de valeurs se produit,

Un

rouge foncé aura

valeur 3 ou inversement.

ce que c'est qu'une valeur. 4}'

la

ainsi

que dans

valeur 6 par rapport à


Or, nous l'avons

est le point important

dépend

D'elle

même

gamme

une

dit,

l'effet, et d'elle

camaïeu donnera fort bien un juste

;

seule.

couleur en valeurs différentes,

il

de

effet

donnera aussi bien un

effet

mise en valeurs de notre sujet; car

à la

de toute coloration

En

une succession de valeurs colorées.

est

gamme, nous aurons pensé

créant notre

Un^ exemple les

si

prouvera

le

au

:

moyen d'une

Un

plus divers sont créés.

les

effets

soleil

la relation

des valeurs entre elles est

de nuit. Les couleurs les plus brillantes ou

plus sombres ne donneront pas ces effets,

si

mise en valeurs.

la

:

les

les

rapports des valeurs entre elles ne

sont pas bien établis.

On comprend même valeur que

facilement qu'un motif ne peut pas se détacher sur un fond de lui.

Nous aurons en

outre,

même que pour

de

les

masses

et les lignes,

à

nous

inquiéter de l'équilibre des valeurs.

L'influence des valeurs les unes sur les autres devra aussi nous occuper.

L'observation montre que

même

blanc rayonne, s'étend, semble empiéter sur une

le

surface foncée qui l'entoure.

L'expérience est bien connue, où deux cercles de

diamètre, l'un blanc sur fond noir, l'autre noir sur fond blanc, sont simulta-

Le premier,

nément regardés.

cercle

le

beaucoup supérieur au diamètre du cercle nous

faut

Un

cependant tenir compte.

importance une

fois la coloration faite.

blanc, noir.

paraît

être

d'un

diamètre

Simple illusion d'optique, dont

de il

motif clair sur un fond foncé gagnera en

Un

motif foncé sur un fond

clair maigrira,

deviendra plus grêle.

Autant de règles

Nous

jaune et

présentes à l'esprit en composant.

n'avons encore parlé que des valeurs

proprement

Nous

qu'il faut avoir

savons le

qu'il

rouge.

nous donne

;

parlons maintenant de

la

couleur

dite.

les

existe trois couleurs fondamentales

Nous savons

couleurs binaires

L'ensemble de ces blanche par

le

aussi

six

:

le

que

le

le

à

:

le bleu, le

deux de ces couleurs

vert, l'orangé et le violet.

couleurs, que donne

prisme, forme

ou primaires

mélange deux

la

décomposition de

la

lumière

cercle chromatique, et c'est de leurs mélanges

divers que naissent les autres couleurs, quelles qu'elles soient.

La décomposition de il

est facile à

doit

donner

le

la

lumière blanche par

comprendre qu'en principe blanc

;

les

le

le

prisme donnant ces

mélange des

six couleurs,

trois couleurs primaires

couleurs binaires étant composées du mélange deux à deux

des couleurs primaires. Le principe est juste, mais pas

la réalité.

La

couleurs que nous employons ne nous permet que d'arriver au gris. 44

matérialité des


Donc une

prenant

,

couleur

pri-

maire, )e bleu, par

exemple, nous vo-

yons que pour ver

au

arri-

blanc

principe,

en

deux

les

autres couleurs pri-

maires sont nécessaires;

mais

pouvons y tuer

mélange

leur

forme

qui

nous

substi-

cou-

la

com-

leur binaire,

plémentaire première.

de

la

Nous vo-

yons donc que

le

bleu a pour com-

plémentaire l'orangé, formé et

du

même,

du jaune

rouge. le

comme

violet

le

De

jaune aura

complémentaire, et le

rouge

aura

le

vert.

En théorie le

mélange

couleur

et

donc, d'une

de

sa

complémentaire résumant

tout

,

le

cercle chromatique,

devrait

blanc.

vu Irii qernii,Tii.Que..

Echappe.

qu'il

gris. er\

dentelle.

46

donner

le

Nous avons donnait un


Quelle

couleurs

influence les

ont-

s'exaltent, s'exaspèrent mutuelelles les unes sur les autres? Les complémentaires force son bleu, en quelque orangé d'un lement. Un bleu amené au voisinage ton. sorte, alors que l'orangé affirme avec énergie son

Indication précieuse

:

Quand nous voudrons

faire

valoir

une couleur,

nous

l'avoisinerons de sa complémentaire.

Autre chose

:

Un

ton modifie les tons voisins dans

Par exemple, plaçons un orangé auprès d'un l'orangé plus rouge que

vert.

le

sens de sa complémentaire.

Le

vert paraîtra plus bleu et

lorsque ces couleurs étaient isolées.

par l'orangé, et l'orangé est modifié par

le vert.

Le

vert est modifié

Nouvelle indication

:

Quand nous


voudrons modifier un ton

nous pourrons

existant, sans le toucher,

par un

le faire

voisinage raisonné.

Nous avons vu qu'un

ton combiné

nous voudrons rompre un ton, nous

complémentaire donne un gris

à sa

quand

:

mélangerons à sa complémentaire.

le

Voici, très brièvement exposé, ce qu'on pourrait appeler

cuisine de la couleur.

la

Libre à nous de composer nos gammes maintenant et d'y

faire dominer les tons chauds, parents du rouge et du jaune, ou les tons froids se rapportant au jaune et

En

au bleu.

Tons cha-uds

Ç^ouoe^l

mieux leur

JTlmium.

tous cas,

de

est

équilibre

pour

chercher ,

comme

valeurs

les

le

les

,

lignes et les masses.

Nous avons

res-

les

sources innombrables des gris

de toute nature, d'une

harmonie

Nous

facile.

pourrons aussi employer le

Sleu vert

camaïeu,

couleur

d'une seule

ou de couleurs

très proches,

Verl

comme

par

exemple des verts chauds

Cercle. chrorriatiQaex

et froids

de valeurs diver-

ses et appropriées.

La

seule règle est que le résultat

couleur,

la

naîtra

un

lis

en

décoration,

bien interprété,

harmonie agréable,

bien

fût-il

sa

à

soit

bon.

Car plus encore que

peut être absolument conventionnelle. bleu ou vert.

répondant

place,

la

forme,

On

recon-

L'important est de créer une

aux

exigences esthétiques

et

techniques.

Nous venons

d'étudier les premières, restent les secondes.

Certains métiers n'offrent

N ous

la possibilité

devons nous conformer

Par exemple

:

les étoffes

que de gammes restreintes ou spéciales.

à cette obligation.

imprimées, dans

la

préparation desquelles les réactions

chimiques jouent un grand rôle, ne peuvent employer

que

telle autre,

ce papier peint.

ou on nous

Nos

limite à quatre

connaissances de

tions des industriels devront

la

telle

couleur en

ou cinq impressions pour

même temps gamme de

la

technique de chaque métier ou les indica-

nous guider 48

ici.


partie de l'ornementation Voici donc, très résumée, cette importante

:

l'interpré-

tation.

Nous

les principales industries allons maintenant aborder spécialement

sommaire-

tales et indiquer

ment les exigences de cha-

Ces exigences, nous ne pourrons

les connaître qu'en

étudiant la technique de ces industries.

Mais

JRSl

^ ^^^^^ I

*7

¥

WfÊT

'

VI

Vr

'l!LÎ|^

M

^

^^i^^^jW

\

^^^Tl

ces tech-

chacune

souvent, et

^^v''

compliquées

sont

niques

y If p

ornemen-

d'elles

un volume pour être décrite à fond. Nous devrons donc nous spécial

exigerait

borner à indiquer superfiles

ciellement

nécessaires à la

conditions

bonne exé-

cution d'un modèle décoratif

dans

trie,

telle

en y

ou

telle indus-

ajoutant, lorsque

cela sera possible, tout ce

que nous pourrons expliquer clairement de la mise en œuvre. Cela nous sera facile

pour certaines, comme

le vitrail et la

marqueterie,

par exemple, où l'outillage est simple

;

mais, par contre,

pour les étoffes autres,

nous

tissées, entre

ne pourrons

entrer dans l'explication et la

ii,i<,(;jej,^a,mqm^

pochoir, sentis el bordure.

F",

^5.

description des métiers étoffes impri-

les et délicat. De même, pour de tissage, au mécanisme complexe donne questions de teinture. L'industriel nous mées nous laisserons de côté les chimiste et non au cela doit nous suffire. C'est au telles' gammes à employer,

49

7


décorateur qu'il appartient de chercher, au moyen de réactions diverses, des teintes nouvelles. L'artiste peut, certes, provoquer cette recherche; lorsque le chimiste les aura trouvées, le décorateur saura toujours les mettre en oeuvre et les faire valoir, alors qu'elles seront mises à sa disposition. Et, s'il est bon déjà de connaître une industrie par des descriptions, il est infiniment meilleur de voir, d'observer l'ouvrier au travail, encore mieux de travailler,

et

d'exécuter par soi-même ses compositions lorsque cela est possible; car c'est là seulement, lorsqu'on s'attaque à la matière, que l'on apprend à en bien connaître toutes les ressources, à la maîtriser, et à lui faire rendre

maximum

le

divers.

Malheureusement,

à

moins de cas spéciaux,

il

est rare

que

l'artiste

d'effets

puisse

lui-même réaliser son œuvre. C'est donc en s'entourant du plus grand

nombre de renseignements

et d'obser-

vations, qu'il lui sera possible de faire des oeuvres facilement exécutables, ayant caractère, des oeuvres de valeur en un mot.

du


Bordures

la bordure est employée, ANS toutes les industries ornementales, ressources du décorateur. et est une des principales la retrouvons, Dans tous les temps, dans tous les styles, nous voyons à chaque nous la simple ou compliquée et de nos jours ;

instant,

avec les frises la

le

que dans

aussi bien

marqueterie ou

dans

imprimées, papier peint et les étoffes tissées ou sculpture la dans dentelles, broderies et les

les

en bois ou en pierre, dans

mosaïque, dans

la

le

bronze

,

dans

le fer,

dans

la

céramique ou l'orfèvrerie, partout enfin où

l'ornementation joue un rôle.

cependant pas toujours la toujours, la raison de son emploi n'est qu'un accessoire, un ornemême dans toutes les ornementations. Tantôt elle n'est l'isoler de son entourage .mmechargé de limiter une surface déjà ornée, de

Employée

ment diat.

C'est

le cas, la

entourant plupart du temps; pour les bordures

ou des

tapisserie, par exemple,

Tantôt

elle

devient

le

le sujet

d'une

vitraux.

point riche,

la partie

intéressante en elle-même

d'une

peint uni ou orné d'un seul jeu de décoration. Telle, la frise surmontant un papier dentelle, la frise qui court le long d'un fond, ou encore le motif en bordure d'une édifice.

On comprend

l'un ou l'autre cas, la facilement que suivant qu'elle doit répondre à

bordure doit être composée de façons différentes. d'isolant, Dans le premier, elle va se borner à son rôle en étant composée

pour

ainsi dire, tout

l'œil

qui la découvre. Elle doit

intéresser autant que

Dans

le

lui

;

s'effacer,

disparaître

de motifs assez agréables pour intéresser

mettre en valeur

encore moins nuire à

le

motif principal, et non nous

l'effet qu'il

doit produire.

riche, de coloration plus second cas, au contraire, de composition plus

51


vive,

elie

doit

attirer l'attention,

étant par destination la partie

marquante vers

laquelle doivent se porter les regards.

Donc, nous voyons que divers, et par là

même,

bordure peut être appelée à répondre à des emplois

la

qu'elle doit, suivant le cas, être

composée de façons

diffé-

rentes.

Mais, qu'est-ce à

vrai

dire

qu'une bordure? C'est une succession de motifs.

(

Bordures. Dlppêrents

partle>.

répétés ou non, destinée à limiter

fie,.

46

i

souvent, à orner une surface. Tel un cadre

et,

un tableau de son entourage immédiat. La bordure peut être simple ou ornée.

isole

Dans

le

premier cas,

Dans

le

second cas,

elle se

elle

peuvent convenir, étant donnée de

à

un simple champ

comporte, au contraire,

déjà employée pour cet objet. la flore,

borne

la destination

52

des

filets.

d'ornementation qui

de l'objet décoré ou l'ornementation

Le motif pourra

la faune, etc.

uni, à

tels motifs

être simplement ornemental, tiré de


Bordures

.

Lipfèreats

p£>.rtis

pourra encore être composé de motifs répétés ou de motifs non répétés; de grande liberté motifs symétriques ou non symétriques. Là, comme ailleurs, la plus 11

nous est

laissée.

Cependant, ces dernières conditions dépendent surtout de

la

mise en oeuvre de

la

bordure.

Dans chaque

les fois

d'œuvre

le

industries ornementales, la répétition s'impose la plupart

du temps

prix de

:

main-

que se produit l'intervention mécanique, ou que le le papier peint, un motif de bordure, de la

réclame. C'est ainsi que, dans

frise,

53

gravé une fois, se reporte


ensuite indéfiniment. le

En

comme nous

effet,

verrons lorsque nous étudierons

la

tech-

nique de cette industrie, l'élément ornemental,

raccord, est gravé soit sur une

le

planche, soit sur un cylindre, suivant que le

papier est imprimé à

quement,

et cette

la

main ou mécani-

planche ou ce cylindre

viennent déposer sur

le

papier une succes-

sion de motifs, toujours les

mêmes,

se rac-

cordant entre eux, pouvant se prolonger indéfiniment, et constituant la bordure.

Ce

motif sera plus ou moins long, plus

ou moins compliqué, mais pratiquement doit

répéter,

se

il

même

faut

il

qu'il

se

tissées

ou

répète.

De même, pour les étoffes même pour les

imprimées; de

pochoirs;

encore, pour les bordures céramiques où un, deux, trois, quatre carreaux,

ou

plus,

reçoivent le motif, et où ce carreau ou ce

groupe de carreaux se répètent ensuite

à

loisir;

dans les dentelles ou dans les bro-

deries

mécaniques, partout

enfin

le

motif doit se plier à une exécution indus-

et

trielle

le

métier est

metteur en

le

oeuvre.

Dans

d'autres

cas,

la

répétition

imposée par une nécessité d'économie. est certain, par exemple,

Il

que tout ce qui

est exécuté à la

main pourrait être

niment varié

que

et

est

la frise

indéfi-

sculptée qui

court le long d'un édifice pourrait renouveler

ses

puisqu'elle

bout de

motifs est

l'outil.

d'un

à

l'autre,

entièrement exécutée

au

Mais, des raisons écono-

miques interviennent

54

bout

le

plus souvent. Les


crédits alloués ne permettent au sculpteur

que

la

composition d'un motif plus ou

moins long, que des praticiens copient

et

juxtaposent, en raccordant bout à bout ces divers

exemplaires

même

d'un

élément

ornemental.

De même,

les

frais

de composition,

d'établissement de modèles, imposent répétition grille

en

pour

fer forgé

des

couronnements

de

ou en bronze, pour des

bordures en mosaïque, que

55

la

sais-je encore.


«

hx pLeun peme-Ue z.t>l d'un rouqe verdà-tre Lix pLeui? mà^Le- ou ohcxton d'vm

fleurs mâ,le.3 e.t femelles épA,nouiesa

:

,

vert j o^u.nàXvC'.

56


Sans compter que, souvent, la

mise en oeuvre peut se prêter facilement à

lui-même de plein gré, comptant sur d'un

même

Car

il

l'effet

la variété,

l'artiste

même

si

créateur y renonce

produit par les répétitions successives

élément décoratif.

est à

remarquer que de

la

répétition naît un effet spécial, bien orne-

mental; et qu'avec un élément banal, sans intérêt par lui-même, on produit souvent un effet décoratif puissant, rien que par

la

répétition voulue et raisonnée de ce

motif.

Donc, répétés;

trois principales raisons font

ou

la

composition

qui

que

la

bordure

est

presque toujours

à

motifs

(_

57

s

4


feuille, Fla^nte à,quà.ti,que-,VLva.ce. feuilles

vèrt froid foncé, fleuri jaoïneô-, fruit vert froid sombre-. Bouton jaoïne ta,che5 vertes. fi(,. &Ô

non déroulée

.

Coupe, el •plfioi

de-

j-leu-r

l'exige,

ou l'exécution matérielle qui

l'impose, ou

la

mise en oeuvre écono-

mique qui y contraint. Étudions maintenant

la

bordure en

comme principe orneNous ne nous occuperons ici

elle-même mental.

que de

la

bordure

Deux grands

à

motifs répétés.

partis principaux se

présentent à nous dans sa composition.

Ou

bien les motifs se succèdent,

s'harmonisent

entre

lignes, s'équilibrent

comme

eux

comme

sans cependant se relier;

masses,

tel est le

icx.


59


.

cas des figures 46 côte,

ou disposées

Ou

encore,

la

à 55.

Notons que, reusement faut-il

à ces

des plantes poussées côte à

sont, pourrait-on dire,

ainsi.

bordure

ses tiges le long de

souple et sinueuse.

Ce

comme formée

est

cette bordure,

Ce

serait le cas

d'une

même

partis. Certes, l'interprétation

que ce tout fasse bien;

mieux aux rinceaux que

le

et

il

une tige

telle

des figures 56 et 61

suivant la nature des plantes, celles-ci se prêtent plus

deux

prolongeant

plante

en répétant ses dispositions;

nous permet

ou moins heumais encore

tout,

est certain qu'une plante à tige souple se prêtera

houx, par exemple, aux formes rigides. Mais, cependant,

avec de l'habileté, tous les obstacles doivent être surmontés facilement,

ment importe peu, souvent, plus ou moins

à

qui sait s'en servir et en tirer un

voilà tout. Nous pourrons

facile,

condition de les disposer heureusement;

il

ou

Mais

la

vigne vierge s'y prêteront mieux.

tation, sinon à plier, à

faire

bon

à quoi

parti. C'est

des rinceaux de

est pourtant incontestable

doit

et l'élé-

soleils,

que

nous servir

le

à

jasmin

l'interpré-

soumettre à notre volonté les éléments décoratifs les plus

divers?

Nous donnons, de

la figure

46

à la figure 61,

quelques exemples de partis de

bordure.

Dans

la

composition de

la disposition

la

bordure comme dans

celle

de tout ornement,

des éléments doit être voulue, raisonnée en vue d'un 60

effet à

le parti,

produire.


h

6i


Les lignes harmoniser

Un où,

un axe,

être

l'un

des

plus

est

46),

parti

se

employés,

c'est aussi l'un

pauvres.

L'équilibre trouve

ce

plus

hâtons-nous de dire que

(fig.

demi-motif se

le

Mais quoique

redouble.

des

simples

motif symétrique

suivant

trouve

s'y

et s'y équilibrer.

des partis les plus d'un

celui

masses devront

et les

s'y

tout

réalisé

cependant.

Mais

K60:

ornemen-

l'élément

qui est réduit à

tal

un

demi -motif

146b

se

trouve encore répété

h\Mhf\(ià\f-

par les reports successifs

de ce motif.

Plus de variété peut être désirable.

Et cela est

pour

que

les

bordures

mm

amener

variété

cette

T46â

vrai

si

dans

|46e/

à motifs

symétriques, on em-

souvent

ploie

motifs alternés,

les

deux motifs dissemblables Mais, vent

la

symétrie dans chacun des motifs,

comme dans Ici le

est

se succèdent.

encore, nous retrouvons sou-

la figure

46 a par exemple.

motif symétrique de

conservé, mais

il

la figure

alterne

avec

46 un

autre d'importance moindre, et dont la

présence enlève un peu de monotonie à la composition.

62


m

La

46

figure

quoique

le

b

plus

est

motif général

ait

variée

nombre plus grand des motifs paraître la répétition

cependant,

encore,

un axe de symétrie; car

Pourtant,

secondaires

fait

nous remarquons

le

moins qu'ici

chaque élément particulier du motif possède lui-même un axe de symétrie.

Varions unique

;

et

Dans la bordure 46 c l'axe est deux motifs principaux ont des axes qui

davantage. si

les

leur sont propres, les motifs secondaires sont symétriques

seulement par rapport

à l'axe principal

commu,i

tous les

à

motifs.

On

voit

donc que,

même

dans

les

symétriques, on peut introduirî de

La

la

bordures

à

motifs

variété.

figure

67 nous en

un autre exemple. L'axe passe

ici

entre les

feuill

de nénuphar.

EUnte

de, 2

à.;»':

de hdMl

Cependant, quand

l'a

Côlice double-, fleui? blikv.chejFosejEouqejViolefte ou i3i,une.Cii7ô.me verte.,

fleurit de Juillet

e-n A.oal


ELose. trèmière. I>ètMl de

Lût

du

fleur et

Boulon

bouton..

fermé.

I

^ Bouton en

Bouton.^

nance

intervient

motifs

non

même

plus intéressant.

nous montre la figure

alterne

47.

bordures

l'effet

et devient

par

C'est ce que

motif de

Ici, le

à

produit

47 a par rapport

la figure

s'harmonise

et

j\

les

du simple au double

varie là

dans

symétriques,

plô^n

avec

la figure

un

à

47

nouvel

élément ornemental. La bordure s'enrichit d'autant, l'œil

,

la

la

répétition

variété

cependant que

si

s'impose moins à

augmente. la

Constatons

main-d'œuvre exige

parfois la symétrie du motif,

il

est tou-

jours facile de se plier à cette exigence.

La recherche dans l'harmonie des symétriques se succèdent.

54

et 55,

les

lignes est plus grande, lorsque des motifs

Nous en voyons des exemples dans

courbes s'épousent

non

les figures 47, 5o,

et s'harmonisent entre elles.

Nous venons de

voir

que l'alternance introduit dans tifs

peut

la

bordure des mo-

secondaires, parfois

ce

être

qui

un

inconvénient.

Mais une

64

autre façon


existe de varier et d'enrichir

une bordure,

motif

à

soit

unique, soit à motifs variés;

du

l'emploi

c'est

motif

à

montre

la

retour. Ici,

ainsi

figure

46 d

tournant

que

le

{p. 62), le motif,

autour

d'un

axe

parallèle à la direction de la

bordure, va se retourner sur

opposé de

côté

le

celle-ci,

pour revenir ensuite dans sa première

position

de

et

;

ainsi

suite.

La

figure

46 d montre un

motif symétrique et à retour.

La

46

figure

même

montre

e

la

un

avec

disposition

motif non symétrique.

Dans

ce cas,

comme dans

tous les cas, du reste, on ne saurait trop apporter d'atten-

tion

à

du

composition

la

squelette,

de

du

l'armature

motif ornemental.

L'harmonie des lignes qui

composent ce motif source

de

certaine

pour

sécurité

lorsque

sur

une

est

d'intérêt l'œil,

et et

des lignes bien

étudiées et harmonieuses, des

masses

et

des

valeurs

habilement réparties

et

sont

balan-

cées, le résultat ne peut être

douteux.

Nous 66

ne

nous

sommes


occupés encore que de bordures à motifs séparés s'harmonisant entre eux, se pénétrant

même

au besoin

(fig.

ou une même

existe,

long de

communs.

5o), mais sans liens

Nous avons vu cependant qu'un

autre

une

ligne,

mode de composition

même

courant

tige,

le

bordure, engendre successivement des

la

motifs qui vont se répétant.

La

56

figure

seule

montre

génératrice

la

bordure répondant

d'une

ce

à

genre d'ornementation. Notons ce-

pendant

que

génératrice

cette

peut être tout autre, au gré

de notre

fantaisie, se

ber à fig.

notre

cour-

volonté

56 a, 56

h

,

56

Elle

68).

(p.

peut

;

c

rester

seule

ou

don-

ner

naissance à des tiges

de formes

secondaires rentes

(

fig.

combiner

5j

à

et

58

affecter tout autre

Pourtant,

).

une autre

ici

le

diffé-

Elle peut se

ou

tige (fig. 6o)

forme

(fig.

59

et

6T

motif symétrique ne peut

être de mise. Certes, la génératrice peut

un axe qu'elle

de

symétrie, mais les tiges

engendre,

les

feuilles

avoir

secondaires

tion; faire

et

la

poussée des tiges ou des

doivent

porte

qu'elle

répondre à un besoin de vraisemblance dans

la

feuilles

construc-

ne pourra se

successivement dans des sens inverses.

Certes, des décorateurs ont pu ne pas

mais nous ne saurions pousser aussi loin

tombe dans

l'impossibilité.

Une

plante

67

se

préoccuper de cela;

la fantaisie,

surtout lorsqu'elle

ne peut pousser

ainsi,

cela

est


77^ contraire à la

vous

suffire à

Mais

loi

qui préside à sa formation, et cela doit

faire rejeter cette tolérance.

nous ne pouvons employer

si

du moins

le

voulons simplifier

la

composition de

Prenons par exemple

la

symétrique

courbe est

le

motif symétrique,

motif à retour vient-il à notre aide

bordure.

iiotre

courbe de

vertical.

pouvons l'orner de deux façons différentes bordure

motif

à

simple

une

ou

56. Cette

la figure

un axe

suivant

nous

si

en

:

bordure

Nous

faire

une

motif

à

à

retour.

Dans (fig.

cas d'une bordure à motif simple, nous voyons

le

Sj a) que dans

les

courbe m��re,

inflexions de la

770^

naissent deux autres courbes secondaires différentes.

Le motif au suivante.

C'est

point

est ainsi varié et va d'un point

correspondant

que nous montre

ce

de la

la

courbe

à

de

la

courbe

son inflexion

b

d'une façon un peu plus

telle

façon que le motif contenu

figure

explicite.

Mais nous pouvons composer notre bordure de dans une inflexion de

la

courbe se retrouve renversé, quoique identique, dans

flexion suivante; telle la figure 5y

motifs viennent se loger de l'autre,

le

motif

exécutant une ro-

même

c,

par exemple.

façon, en haut

Nous voyons ou en

\r7=^

7^

7=^

68

7=K

5j d) que

bas, dans un sens

^

r\

(fig.

P=sll

l'in-

les

ou dans

tation autour d'un

axe horizontal.

Ce


pltxnte

de

A.Giua-l;iQue^vivc)k.ce-.

hauteur

kl'^ fleurs d'unilôtnc roôé feùilleô vert prold fleurit de -juin ojo-.

.

en. cv.ôut.

0

T'i 7^

69


.

système de

composition offre l'avantage d'un

même

Par contre, de à retour sont

que dans

bordures

les

beaucoup moins variées que

facile

équilibre dans

à motifs symétriques,

l'ensemble. les

bordures

celles ne présentant pas cette particu-

larité.

Dans

les figures

elle n'existe

N ous voit

58

et 60, cette

composition en retour se retrouve. Par contre,

pas dans les figures 59 et 61

donnons schématiquement

(p.

68)

la

composition des figures 63

que ces bordures sont composées de motifs

à retour et

la

cence de jasmin se retrouve renversée, au-dessus d'un motif;

grappe

et les feuilles

de glycine de

la figure 77.

Les quelques exemples que nous donnons

de bordures schématiques pour-

ici

raient être variés à l'infini.

Quoique tous destinés

certains pourront servir, soit

pour des

Mais

la

bordure peut

posée en vue de

la

On

et 77.

même infloresde même que la

que

être, et doit être,

même,

des bordures horizontales,

à

verticales, soit

pour des obliques.

aussi souvent

que possible, com-

position qu'elle doit occuper une fois mise en place; ce qui

composée en vue

revient à dire qu'elle doit être

de sa destination.

En

peut se présenter à nous dans des

effet, elle

positions

diverses

être

courbe ou

verticalement,

:

Ou

ment, obliquement.

encore,

rectiligne,

la

horizontale-

bordure doit

ou formée de droites

et

de courbes se raccordant; comme, par exemple, lorsqu'une bordure encadre une fenêtre en plein cintre. 11

que, suivant ces cas divers,

est certain

la

Coin de -bordure Êryone/. .

^ • '. '

'.j

70

!'

yrrr-jjmi mri

' * V.V-: '' • T y. '. , j ; : .* : 7is\

'

r ";;

' ^. . . .


composition variera; et à moins qu'une plante ne

nous

soit

imposée comme élément ornemental,

nous choisirons

celle-ci

plutôt que telle autre;

une tige souple de préfé-

r

fiq.ôi.

\J

1/

femelle^.

rence à une tige rigide, par

exemple, dans

cas

le

d'une

bordure courbe. Car encore soit

faut-il

que

la

logique ne

pas trop choquée.

Pour prendre des exemples, dans

la

figure 62,

le

motif de perce-neige surgissant de terre est très acceptable

ainsi,

pour une bordure horizontale.

être profondément modifié

si

ce

même

Il

devra

motif doit orner

une bordure verticale.

Par contre, dans

la

planche 63,

la tige

sinueuse du

jasmin qui forme une bordure verticale pourrait tout

aussi

bien

en

former d'autres hori

dioïqvie Tlqe qrlmpcmte,

vrilles

xlUesi vertes .5 ujet

^mÂ,le; pleurs iilà,ncjs^unâtre en ^qr^ppe. -Sujet pemelle pleurs ;

blixncjaune c\ 'ovcùre. verbjpulsrouqe.

71


zontales, la

ou obliques, ou courbes, sans que

l'on dût faire subir de

changements

à

composition.

Parce

qu'ici,

nous avons

une plante plus complaisante, plus souple, exi-

affaire à

geant moins d'arrangements, d'interprétation, pour se plier aux diverses destinations

ornementales qu'elle doit recevoir. 11

est certain que,

dans

66, les éléments de la bordure, feuilles et fruits

la figure

de noisetier, étant séparés,

isolés,

peuvent se trouver encore dans toutes

les posi-

tions. Il

n'en sera pas de

et les feuilles

même

dans

de nénuphar, exige

Horizontale encore doit être

la

la figure ici

la

bordure de glaucie de

sera la rose trémière de la figure 72.

miére nous porte à dire que cette

A

67, où l'eau qui coule, sous les fleurs

position horizontale.

fleur

Non

pas que

nous occupe

Pour une 77.

Ne

la

la figure 70,

mais verticale

port naturel de

la

rose tré-

ne peut fournir que des bordures verticales.

quoi nous servirait alors l'interprétation? Mais

qui

le

prédestine uniquement à

la

la

composition

même de

la

bordure

position verticale.

autre raison, pour la logique seule, nous classons avec elle la bordure

serait-il

pas bizarre en

effet

de voir

les

grappes de glycine qui

la

décorent.

1'

t

Coini de bordure^)

y^^ S>%kî>/

72


pleurs

se

tenir horizontalement

en

l'air?

C'est

le

la figure

des

DèbcxUa

fLear

fi^.

ou même

&6.

^ fleur pemelle-

pointe

la

port de la plante choisie qui, dans

nous a

78,

prendre

fait

parti

le

couper par des verticales l'oblique de dure. Notons cependant

ici

la

de

bor-

un défaut de com-

position de cette bordure; c'est qu'elle ne peut

que pour une inclinaison unique,

servir ainsi

sous peine de voir l'inflorescence du sagittaire pencher à droite ou

à

n'expliquerait pas la rigidité de la tige. Défaut qui aurait été évité,

ornemanisée, avait été courbée

Comme dans

les

on

le voit,

la

deux sens, de

bordure de bryone de

même que la

pratique,

la

et

comme nous

de beaucoup,

c'est

le disions

que pour

motif soit composé en vue de

la

la

figure

la tige,

plus

80 peut être regardée

celles des figures 82, 83, 84,

85

et

même

87,

circulaire. C'est le plus souvent ce

l'on veut trop souvent, hélas, qu'un

élément de décoration puisse servir dans les cas présenter. Or,

si

déjà.

ici

où un motif de douce-amère orne une bordure que l'on demande dans

gauche, ce que

les plus

même

divers qui peuvent se

plus haut, ce qui est avant tout préférable,

bordure comme pour toute ornementation,

le

forme qui doit

le

place

qu'il doit

occuper, de

la

recevoir.

Car,

telle

bordure qui peut très bien

faire

vue à

plat, sur

un mur, par exemple,

peut devenir inacceptable sur un vase, où les raccourcis inévitables qu'elle doit subir en tournant autour de ce vase peuvent détruire l'harmonie des lignes qui en faisait

Un

peut-être le principal intérêt. autre point délicat, dans la composition des bordures, est celui de l'arran-

gement des coins. 73

10


Des bordures

ou

à motifs séparés

une surface rectangulaire.

Aux

à motif courant ornent

angles de cette sur-

bordure prend une direction nou-

face, la

composition d'un

velle nécessitant la

motif de raccord reliant les deux

fragments de bordures entre

com

eux. C'est dans la position

de ce motif

de raccord que doit se

montrer

niosité

l'ingé

du dé-

corateur; car si

cette dif-

souvent,

facilement

surmontée,

quelquefois cependant elle nécessite

des recherches assez longues avant que résultat

le

obtenu

soit

entièrement satis-

faisant.

Un

coins

des figure

et la

bissectrice de

fleurs viennent

C'est

le

l'angle

meubler

même

forme par

symétrique.

composition

cette composition, les

La

tiges sinueuses

bryone viennent aboutir à l'angle

la

les la

à

80 en est un exemple.

Dans de

des moyens les plus simples est celui

motifs

bordure.

même,

sont symétriques par rapport à

Une

simple feuille et quelques

les parties restées vides.

principe qui nous a permis de composer les coins des bordures

82 et 85, ornées de capucine

Dans ces trois exemples,

et

de bryone.

les motifs

d'angle sont absolument symétriques par

rapport à l'axe qui divise cet angle.

La

figure

84

est

un exemple

courbe génératrice de

la

teur de l'angle; mais le

différent.

Dans

cette figure, les

deux parties de

bordure sont bien symétriques par rapport motif ornemental ne 74

l'est

pas.

la

à l'axe bissec-


Dans

les

cas précédents,

le

motif venait buter contre cet angle;

la

tige

ne

continuait pas. Ici, au contraire, elle tourne dans l'angle, et continue ensuite son

mouvement dans

sa direction nouvelle. Or, la composition

ce cas, différente. Puisque les fleurs doivent suivre

la tige est

du motif doit

être,

son mouvement, s'insérer normalement sur cette

non plus dans des sens

différents,

obtenu est plus riche

et

plus

dans

unique, les tiges secondaires, les feuilles,

comme

varié.

75

dans les figures 80

tige,

et

et 82. L'effet ainsi


Dans la seule

la figure

83, rien n'est plus symétrique dans l'arrangement de l'angle, et

préoccupation

ici

a été

d'harmoniser les lignes et d'équilibrer les motifs.

Mais en dehors de l'arrangement des

coins,

nous pouvons désirer, quelquefois,

terminer une bordure autrement qu'en coupant brutalement

ment devient figure

90 en

alors nécessaire. est

La

figure 89 est une fin

une autre pour

dépendra surtout de

la

la

Nous 11

nous

motif de

a

suffi,

cette

arrange-

bordure 82,

et la

tout

la

place qui nous est réservée entre la

fin

d'un des motifs

doit finir celle-ci.

n'avons, dans toute cette étude sommaire sur la

pour

Un

bordure 83. Dans ces compositions,

réguliers de la bordure et l'endroit précis

composition de

le motif.

bordure, parlé que de

la

la

bordure à motifs répétés.

pour composer

celle-ci,

bordure, motif qui

nécessaire. Or, nous

pouvons avoir

où des arrangements divers

se

de trouver un parti et de chercher un

se trouve

à

ensuite répété le

composer des bordures

succèdent et varient sur

la

nombre de

à motifs

fois

non répétés,

bordure entière. La

composition, dans ce cas, n'aura d'autres règles que l'équilibre des masses, des

valeurs, et l'harmonie des lignes, notre fantaisie se la

donnant un libre cours,

et

bordure étant alors une vaste com-

position ornementale.

Notons cependant que ce mode de composition aussi bien à cause

de

l'effort

besoin qui souvent s'impose de rechercher tion voulue d'un

même

est

généralement peu employé,

considérable d'arrangement

motif ornemental.

76

qu'il nécessite

l'effet particulier

produit par

que par

le

la répéti-


ERTEs,

la

si

bordure

est

un puissant moyen de décoration.

Je

fond orné en est un autre.

On que

peut dire

la

même que

bordure

limite

surface elle-même,

surface, Je fond

la

soit

tous deux se complètent; car, alors

à

orné

décore cette

d'un ou plusieurs motifs se

l'aide

répétant géométriquement, soit à l'aide de motifs semés sans autre préoccupation que l'équilibre. Dans le premier cas, le

fond orné reçoit plus particulièrement et

dans

Mais voyons d'abord quel

Une

surface ne peut

encore

fond paraît

le

:

est le rôle

ou ne

Cependant, on ne veut pas

Ou

second cas

le

De

le

nom de

jeu de fond,

de semis.

du fond orné.

doit pas recevoir de motif ornemental important.

la laisser

nue.

Qu'y mettre

?

Un

fond orné.

des motifs ornementaux décorent une surface; entre ces motifs, le plus souvent. Or, pour enrichir l'ornementation, relier entre eux les

motifs en quelque sorte, on meuble

Fond

celui

le

fond de motifs secondaires peu apparents.

orné, encore.

quoi peut être orné ce fond

géométriques, ornements,

?

De

fleurs, feuilles

tout,

pourvu que

cela fasse bien

:

motifs

ou animaux. Nous ne nous occuperons

que des fonds ornés de végétaux, puisque

l'objet

de ce

livre

comporte

ici

cette seule

étude. Cependant nous serons forcés, pour la construction de ceux-ci, de toucher un peu aux jeux de fonds géométriques.

Les jeux de fonds, temps

ils

les

fonds ornés ne sont pas d'invention récente; de tous

furent employés, plus

ou moins, par

dant, s'y sont particulièrement appliqués. fort intéressants,

les

simples de combinaisons, basés

77

peuples divers. Certains, cepen-

Les Égyptiens nous en ont transmis de le

plus souvent sur l'ornement


78


U

UU

IHI

U

IW

géométrique. Mais les deux peuples passés maîtres

en cet

art

furent

Arabes

certainement les

et

les

Japonais. L'art arabe nous

offre

d'innombrables exemples

parfaits de jeux de fonds géométriques, aussi

bien

dans ses pavements que dans ses boiseries, dans ses sculptures, ses marqueteries, et ses peintures L'art

même.

de l'entrelac y fut poussé à ses dernières

limites, l'ingéniosité des décorateurs fut extrême, et l'effet

produit puissant.

Quand lui

fond orné Qlixnds

de varier

aussi,

à

géométriques ou non.

loi

f..,.

à l'art ornementa] japonais, l'infini

:

jeux de

fonds,

ou de figures purement

losanges, etc.

carrés,

Mais, presque toujours,

ment des

s'est efforcé,

Fonds ornés d'oiseaux au

vol, de feuilles, de fleurs,

linéaires

les

il

le jeu

de fond géométrique intervient, pour

ou pour

motifs, par exemple,

le

place-

limiter les surfaces qui recevront ensuite les

éléments ornementaux.

Nous donnons y joignant

la

trique.

Comme

celle-ci

est

divers exemples de jeux de fonds japonais ou mauresques, en

ici

géomé-

construction

on

peut

exemples donnés

ici.

surtout dans

arabe,

l'art

le

dans

simple

très

voir, les

Mais souvent, la

construc-

tion devient très compliquée.

Parmi miers

les

(fig.

Japonais, les trois pre-

91, 92, 93) ont le carré

pour base. L'hexagone équilatéral

et le triangle

constituent le

réseau qui

supporte les figures 94, 95 et 96. Quant aux figures 97, 98, c'est le losange aux côtés simples ou redoublés qui leur sert d'élément constructif.

De même, pour

les jeux

mauresques des figures 99

de fonds à

io3.

m fond orné

79

.

Ikncoiiey.

f-^ io^


carré posé sur sa pointe ou sa base,

le

l'hexagone servent

le triangle équilatéral et

de lignes de construction. Mais, de ces jeux de fonds géométriques, que ferons-nous les

formes végétales nous doivent occuper?

ou toute autre

triangle, le carré

figure

nous

De même que

ici,

le

que seules

alors

réseau basé sur

sert à construire notre jeu

le

de fond, ce

jeu de fond nous servira à son tour à construire un fond orné. ses éléments nous inscrirons une forme végétale, plante entière,

Dans chacun de fleur, feuille,

et c'est là

pour adapter

la

la figure

que nous devrons chercher une interprétation ingénieuse à l'espace qui lui est réservé. C'est ainsi

forme choisie

que dans

104, cet espace reçoit sans peine un gland.

fonds ornét)

I06-I07,

f;>,.

Dans

io5,

la figure

la

fleur et la feuille

de l'ancolie garnissent deux carrés de dimensions inégales. Ce fond orné pourrait un facilement décorer un revêtement de carreaux de faïence à deux éléments premier. du superficiel quart le que mesurant ne second grand carré, et un :

Des feuilles et des baies garnissent les formes géométriques des figures 106 et 107. La première est à élément unique, alors que la seconde compte deux éléments différents.

Plus compliquée est

que

qui

l'eau

figure

108 a

Tous

le

thème de

:

les feuilles et les fleurs,

dispositions des figures

la figure

le

108

J09.

et

ainsi

109.

La

c'est l'iris

Ces deux compositions sont

un triangle

et

comme élément constructif. En l'hexagone comme base.

carré

le triangle équilatéral et

Par exemple, des porillons éléments

dont

aussi à

peuvent recevoir des applications diverses.

ces fonds ont jusqu'ici

tenant avec

iris,

germanique comme élément .ornemental, alors que

l'iris

et

disposition des

entoure, ornent les

les

sauvage qui forme

deux éléments,

la

et leurs feuilles (fig.

1

1

1

)

;

main-

ce jeu de fond est à deux

un losange. Dans un autre, des 80

voici

feuilles et

des fleurs de


nénuphar

(fig.

12) garnissent les triangles échancrés et les

i

hexagones composant

ce fond orné.

Dans

la figure

1

1

3, c'est

l'hexagone et ses diagonales coupées de circonférences

qui reçoivent les fleurs et les feuilles

de

Mais

capucines.

moins que

voit

dans

quoique

précédents,

côté

le

ici,

géométrique est moins sensible

,

lUl

l"^5^if

^^^ M l

5tfgg\U/^^»S

|

se

exemples

les

disposition

la

soit très régulière.

Nous revenons pour

au carré

(fig.

fond orné de glands

le

116) et

de

de chêne.

feuilles

Comme

on

exemples,

le voit

par ces quelques

fonds ornés forment

les

une mine inépuisable de ressources

pour

décorateur. Les combinaisons

le

géométriques sont

même

tracé,

infinies; et

pour un

des plantes différentes

peuvent fournir autant de fonds ornés différents.

Nous

n'avons

indiqué

ici

que

quelques constructions très simples, basées sur des figures élémentaires.

Chacun trouvera sans peine

d'autres

combinaisons de

de

lignes

et

faces, constituant des jeux

intéressants, et

tagone figures

pour lesquels

l'octogone

,

non

et

étudiées

les ici

sur-

de fonds le

pen-

autres

pourront

servir de base constructive.

Aux

jeux de fonds viennent encore

s'ajouter les

semis réguliers ou irréguliers qui en

diffèrent sensiblement.

que ceux-ci n'ont leur raison d'être qu'autant que leurs éléments, serrés contre

les

autres,

accusent fortement

leur

construction

voulue,

Alors les

uns

géométrique,

ceux-là, au contraire, plus libres et plus légers, sont constitués d'éléments iden-

tiques

ou

variés,

semés sur

la surface

qu'ils ornent,

81

suivant un large réseau,

II

ou


même

On

d'une

façon tout irrégulière, n'ayant

d'autre

règle que le

bon

résultat.

s'attachera surtout au parfait équilibre des motifs, de façon que la surface ainsi

ornée présente un aspect bien homogène, sans vides

Nous donnons

(fig.

ni parties

trop chargées.

)i8 et 119) deux exemples de semis de feuilles de chêne,

l'un régulier, l'autre irrégulier,

tant des aspects différents.

pouvant répondre

Le semis

à

des besoins divers, et présen-

régulier est plus froid, alors que le semis

irrégulier est plus libre, plus imprévu. 11

va sans dire, cependant, que ce dernier ne présentera, dans certains cas, qu'un

semblant d'irrégularité. Dans un papier peint, une

Mil 82

I

étoffe,

par exemple,

le

semis


sera bien irrégulier sur la surface

lui-même régulièrement

ensuite

du raccord

initial

Cependant,

indéfiniment.

et

mais celui-ci se répétera

;

en

l'aspect

sera

toujours plus libre, car cette répétition sera peu ou pas apparente, suivant que sur

un raccord

le

Mais, dans infinie

nombre des éléments semés

ou moins important.

sera plus

semis mieux encore que dans les jeux de fonds,

les

et notre fantaisie

la variété est

Nous don-

peut en trouver des exemples innombrables.

nons (fig. ]2i) un exemple de semis régulier à grande échelle, propre au papier

Le raccord,

peint, par exemple. est orné

droit,

de deux seuls éléments d'im-

portance différente, dont

cardère

le

est l'élément constitutif.

Mais nous parlons de raccords, que

alors

encore

nous ne

Dans une ornementation répétés

pas

avons

les

définis.

comme dans

motifs

à

papier peint,

le

par exemple, ou les étoffes tissées et imprimées,

le

par raccord

pochoir, etc., on entend

les répétitions

der

entre

elles

initiale,

venant se raccorl'ensemble

forment

l'ornementation.

de

ornée

la surface

dont

Or,

ces

juxta-

positions de raccords peuvent se faire

de manières différentes

comme nous

allons le voir.

pond orné.

Les raccords peuvent

PorillorL.

grouper

se

'f^-

en deux classes principales

:

les rac-

cords droits et les raccords en sautoir, suivant les divers modes de juxtaposition

employés.

Dans initial

le

raccord droit,

se raccorde avec le

se raccorde à droite et à les quatre côtés,

Comme

ainsi

que

le

montrent

les figures

122 et 122

motif placé directement au-dessous de

gauche avec ce

même

motif placé

à la

lui.

même

a, le

motif

De même,

il

hauteur; sur

en un mot.

l'indique

du reste

la

construction,

si

nous limitons

le

motif

des lignes, nous voyons celles-ci se prolonger au-dessus, au-dessous ment, hors du raccord.

84

initial

par

et latérale-


Ceci est

le

raccord

Vient ensuite

plus simple.

le

raccord en sautoir.

le

Ici,

pour obtenir plus de

agrandir en quelque sorte sa composition, l'artiste a

façon

se

qu'il

variété,

combiné son motif de

pour telle

raccorde

par exemple directement et au-dessus,

au-dessous

mais que pour se raccorder latéralement ce motif

de glisser,

forcé

soit

d'arriver

et

une hauteur

à

déterminée à l'avance; à la

moitié,

au tiers,

ou

hauteur

du

toute

autre

motif

initial.

Ainsi

123

figures

les

123 a (p. 94) nous montrent des raccords en

et

sautoir se raccordant par moitié, de

même que

les

129 et

3o.

figures 128,

Dans raccord et

dans

et

1

la figure

a

lieu

3

j

1

1

le

,

au quart

;

les figures 123 h

32, au tiers de la hau-

teur. est

L'effet varié,

Au

moins monotone. lieu

der en

de se raccor-

sautoir

côtés verticaux,

peut

plus

ainsi

être

ses

sur le

motif

combiné

de

façon à former sautoir en largeur, au-dessus et au-

dessous de

lui,

et

raccord droit latéralement.

C'est ce que nous montrent les figures i23

On

voit par là

même combien

c (p.

est variée la façon

85

94),

i33 et i36.

de raccorder

les motifs

orne-


mentaux entre eux. Et, cependant, d'autres composition de ces motifs,

soit

pour

particularités existent encore dans la

simplifier cette

composition, soit pour en assurer facilement l'équilibre, soit enfin en vue de produire un effet raisonné et voulu. C'est ainsi que nous trouvons les motifs à raccord droit et à retour, les motifs raccord en sautoir et à retour; les motifs à retour se redoublant par moitié, à par quart, etc.

86


Civpuctne. Plcvnte.

herbacée^

qrlmpa.rul:e^, haox-te'

vert cLixvr "Fleurs % t7x.ch.ee> d'-ixn roixiïuxne ôr^xnqéqe p'oncé.'Prutt vert. 'PLeu-rlt de

de,

juin en

.

octobre.-.

.

fie,.

114


Dans )e

raccord droit à retour,

le

montre

)a figure

i

25 a (p. 94),

comme nous

le

motif

initial

se trouve répété et retourné en dessous de lui-

même pour

reprendre ensuite sa position première.

aussi la figure

Dans

1

C'est

ce

que nous montre

25.

cette figure,

le

motif se reporte

par moitié;

raccord complet nous n'avons à dessiner que

c'est-à-dire

que pour un

moitié de ce raccord,

la

et cette

moitié, pivotant sur un axe vertical tout en glissant de haut en bas, vient se placer

au-dessous de sa position première,

deux moitiés

les

se raccordant et complétant

ainsi le motif.

Inutile de dire

que

celui-ci doit être

composé spécialement en vue de

ce redou-

blement, de façon à ce que les lignes se prolongent ou s'harmonisent entre

De même Mais

ici,

dans

pour

la figure

126,

le

élargir le motif en quelque sorte, des lignes partent et vont s'épa-

nouir dans les raccords voisins.

éléments de ce motif complet,

Dans

figure

la

1

Cependant,

ainsi qu'il

27, le raccord est

éléments du motif complet.

les

elles.

raccord est droit, se retournant par moitié.

le

dessin-raccord contient tous les

est facile

de voir.

un raccord droit dont

le

quart contient tous

C'est par un glissement du motif autour

d'un

centre que se complète le motif entier.

Dans

le

montrent

raccord en sautoir à retour,

les figures

128 a et

128

b

le

(p.

principe est le

même,

ainsi

que

le

94) qui présentent l'une un raccord en

sautoir vertical, et l'autre horizontal; en plus, ces positions différentes des raccords, les

uns par rapport aux autres, permettent de varier encore

motifs. Ainsi, la figure

même que

les figures

en largeur; mais dans

la

128 est un simple raccord en sautoir,

129,

i3i, ]32 et

la figure

j

i33.

Dans

disposition des

sans retour,

de

cette dernière, le sautoir est

3o, le raccord en sautoir est à report par moitié.

88


On

voit par l'examen

de ces simples croquis schématiques combien on peut au

besoin agrandir, donner de l'ampleur à une composition, alors que l'on ne dispose

pour

raccord que d'un espacî restreint.

le

En

dans les figures 128,

effet,

doublée par

la

largeur du raccord semble être

position

la

qu'occupent

respective les

i3o et i3i,

motifs

uns par

les

rapport aux autres, ou par

pénétration des

la

motifs l'un dans l'autre.

Nous ne pouvons

ici

nous étendre davantage sur

question

cette

raccords,

sur

des

laquelle

bien des choses seraient

encore à dire.

Nous avons lement les les l'art

plus

dans

usitées

ornemental.

Une des

noté seu-

dispositions

autre question et

importantes,

plus

est

celle-là,

placement

celle

des

du

motifs

dans une composition. ne

11

effet

suffit

pas

en

qu'un motif orne-

mental

fasse

lui-même soient

;

bien

par

que ses lignes

heureuses,

son

équilibre parfait, sa coloration

harmonieuse,

ses masses bien balancées; ce qu'il faut c'est que

en lui-même, mais qu'encore

la

réunion des motifs une fois exécutés

place constitue un ensemble irréprochable. sans trous

ni

non seulement ce motif

surcharges; que les

Que

la

composition

soit

soit

et

bon

mis en

homogène,

motifs réunis ne forment pas de lignes désa-

gréables. 89


qu.'Â. ^o"^'

fructifie,

bre,

fleurit en avril aôixt septem-

en

r-tii^^


C'est pourquoi

il

est

bon dz

composition; d'en indiquer son raccord avec

Deux

les

le

faire

un croquis schématique, avant d'exécuter une

parti, les

masses principales,

les lignes générales,

raccords voisins.

partis principaux s'offrent à

nous pour

le

placement des motifs dans une

composition.

Tenant toujours compte du raccord, nous pouvons

les placer

régulièrement ou

irrégulièrement, en vue de produire des effets donnés.

134, nous avons choisi, pour un raccord droit, un placement régulier des motifs. L'effet est

du

reste,

ici

un peu froid

et

monotone,

ainsi

que cela se produit

plus souvent,

dans ce cas.

Cependant, un peu de variété peut être amenée, le

le

raccord est en sautoir en largeur,

et l'effet

comme

moins

sec.

dans

On

la figure

1

36. Là,

pourrait cependant

craindre une ligne désagréable formée par les motifs triangulaires rapprochés sur

même horizontale. Mais ici nous pouvons faire intervenir la couleur. En effet, lorsque des lignes trop marquées se produisent dans une composition,

une

91


on peut rompre ces lignes par l'emploi raisonné des valeurs et des colorations. Ainsi, dans le cas qui nous occupe, imaginons que dans la figure 36 les cercles )

gris figurent des fleurs et les triangles blancs des feuilles.

horizontale peu heureuse formée par celles-ci.

En

effet,

si

Nous

craignons

ici

toutes étaient du

une

même

ton vert foncé, par exemple, leur voisinage engendrerait une horizontale verte d'un triste effet.

93


e ?l9l'?lf

Imo.

f If IfA^

M.

Divers raccords droits Au

ne

rien

©s

de

nous

les

en sautoir^ même

colorer toutes de

empêche,

présenter l'une l'une

clair.

lieu

et

par

exemple,

de

de face, l'autre de revers,

vert foncé

froid

et

l'autre

Ainsi les couleurs et les valeurs différant,

jaune

vert

la ligne se

trouve beaucoup moins

accusée.

Cependant, lorsque de

la variété

est

demandée, mieux vaut avoir recours au

placement irrégulier des motifs. Ici,

pas d'autres règles que celles de l'homogénéité de l'harmonie

des

seront placés taisie, et la

du bon

lignes.

au gré de

Les

motifs

notre fan-

seule condition sera celle

résultat.

Ainsi (fig. )35), dans un raccord

f..,.

94

Ui

et

12.)

la

composition

et

de


droit

On

n'a-t-il rien à voir.

les

a

cherché

masses se compensent

et

à

meubler

les

la

,

le

placement

géométrique

surface du raccord de motifs dont

rencontres de

lignes

ne

soient pas

désa-

gréables. Si

des diagonales se trouvaient encore trop accusées,

la

couleur viendrait à

notre aide.

De même couverte tonie.

(fig.

l'est

Que

l'on

quelle variété

i

Sy)

avec un raccord en sautoir, on peut voir que

la

d'une façon homogène, sans lignes trop accusées et sans

y

compare, par exemple, a été introduite à

la figure

peu de

95

frais.

i

surface

mono-

37 à la figure 134, et l'on verra


96


des mottfs

ElcX-cement Cependant,

le

placement régulier pourra être souvent

utile,

en vue d'un

effet

déterminé à produire.

Mais de même que

même l'est

celle

la

question du placement des motifs est importante, de

des lignes constituant l'armature,

le

squelette

de

la

composition ne

pas moins.

Pour sentir

être

une

moins apparente peut-être, son influence ne s'en

fois la

composition terminée; et c'est seulement lorsque

fait

le

pas moins

squelette est

bien établi, raisonné, les masses, les points de couleur répartis d'avance et équilibrés,

que l'on doit se hasarder à entrer dans

97

les

détails

de

la

composition, à


Llqneô de con.i)tructlon, Ké^CCOrd drolb et VcKCCOrÔ. en i>cX/U.tOVr?.

p'ù^.ljô etlj/'-

fruits.

~~~vJ

'

de

dessiner

la

couleur doit avoir été choisi

une coloration à

trois valeurs,

le foncé, et les fleurs le clair,

et les balancer

si

le

et arrêté;

le

les

Mais, parti

feuilles,

avant

les

cela,

fleurs,

même

de

de composition,

les

le

parti

de façon que, par exemple, dans

fond forme

la

valeur

on puisse disposer d'avance

moyenne, les

les feuilles

masses de

celles-ci

en connaissance de cause.

Enfin, et on ne saurait trop le répéter, en art décoratif,

le

raisonnement s'impose

à chaque instant.

Un

motif doit être

composé non au hasard, mais en vue d'un

effet à

produire

décidé d'avance, et facilement réalisable. Tout doit être prévu, voulu; et toujours

une composition sera mieux

où trop souvent

le petit

établie par qui veut penser, et introduire la

bonheur joue

le

plus grand rôle.

méthode


N vient, dans les chapitres précédents, de rester dans les généra-

communes aux

lités

passer en revue

Nous

industries diverses.

moyens principaux

les

qui

allons maintenant

nous permettront

de réaliser nos projets ornementaux.

Entre

ces

moyens

divers,

contredit, est le pochoir, aussi bien facilité

simplicité

sans

pratiques,

plus

de procédé que

comme

d'exécution.

Qu'est-ce qu'un pochoir

Un

des

l'un

comme

?

A

quoi peut-il servir

?

pochoir est une surface de papier, de carton ou de métal, ajourée de façon

à reproduire les diverses parties d'un dessin.

de métal sur

la

On

surface qui doit recevoir une

applique ce papier, cette plaque

ornementation, et

à

l'aide

d'une

brosse, d'un pinceau, d'un pulvérisateur, on étend ou on projette une matière colorante. Celle-ci, passant par

les parties ajourées

du pochoir,

vient reproduire, sur la

surface à décorer, le motif découpé suivant le dessin. ]1

va sans dire que le pochoir n'est utilisé que lorsqu'on doit reproduire un

assez grand

nombre de

fois le

même

motif; pour des bordures ou des semis déco-

rant une

surface murale par exemple

teintures

projetées;

fois

;

pour

la

pour des motifs répétés en céramiques,

en un mot où un

même

moyen de

décoration d'étoffes au

motif doit être reproduit un grand

Toutes

les

nombre de

fois

etc.

sans que l'on veuille recourir à un procédé mécanique.

Mais, on ne doit pas l'oublier,

le

motif ornemental doit être dessiné spéciale-

ment en vue de son exécution au pochoir.

En

effet,

et

pour mieux comprendre, prenons en exemple

la figure 140.

Là, sur une surface grise, un motif de bordure, formé de fleurs et de feuilles

de liseron, est poché en noir. Voyons comment ce pochoir est exécuté. 99


de

D ans

une

Nous

n'avons pas voulu nous contenter

feuille

de métal mince, toutes

Nous avons

feuilles.

noires ont été ajourées.

les parties

ici

de simples silhouettes de fleurs ou

voulu détailler les formes, et pour cela, en découpant

notre pochoir, nous avons laissé des parties pleines, formant les nervures

ou des

feuilles

cheront

couleur noire

la

ou

limitant le calice

fleurs,

de recouvrir

les tiges.

sous

elle

Ces

parties réservées

fond gris;

le

des

empê-

formeront des

réserves en un mot.

Mais,

est l'important, toutes ces parties réservées devront se tenir

sous peine d'une fragilité trop grande qui amènerait

l'autre,

du pochoir, alors que Outre

non

En

question de

la

cercles, car le cas n'est pas le

demande, outre

le

le

A

?

même pour

pochoir, tandis que

trou rond qui

concentrique formant réserve et cercle

à

:

Supposons que nous vou-

l'une

ou

dis circonférences,

l'autre figure.

un cercle, ou surface limitée par une circonférence, nécessite seule-

effet,

ment un trou rond dans ligne,

une autre s'impose

fragilité,

l'une

destruction rapide

que quelquefois seulement employé.

un fond noir, pocher des circonférences blanches. Je

lions, sur et

celui-ci n'aurait été

la

rien.

De

là,

la nécessité

circonférence, qui n'est qu'une

limite extérieurement,

la

la limitant

la

un cercle plein

intérieurement. Or, à quoi va tenir ce

d'interrompre notre circonférence, pour per-

mettre à des parties étroites du métal, à des tenons, de relier ce cercle intérieur à la partie extérieure

du pochoir.

Or, dans tout dessin pour pochoir, nous devrons forcément nous inquiéter de .

Pochoir

——

en

un

ces tenons qui en forment en

ton

Liseron

y.^.

100

ko

f


^ochoi-g en un. Ion

Porillon.

Yic^.\A\.

I

quelque

sorte

l'ossature,

et

qui permettent aux diverses parties de se tenir entre elles.

Par exemple, pour une

spirale, nous devons nécessairement interrompre la courbe de temps à autre. Dans une ligne droite ou dans une courbe trop longue, des tenons sont encore nécessaires, pour éviter l'affaissement du pochoir ou pour empêcher qu'il ne se relève et laisse passer la couleur sous lui.

Cette nécessité de construction et aussi l'extrême simplicité du procédé nous forcent à donner un certain caractère à nos dessins. Procédant uniquement par à-plats,

pour

on doit rechercher avant tout

la silhouette.

De

plus, les tenons à réserver

du pochoir, nous forcent à une composition simple et claire. Mais, nous n'avons encore pas vu comment s'exécutait pratiquement un pochoir. Le dessin fait, et composé spécialement en vue de son exécution par ce procédé, est reporté par un moyen quelconque sur la matière qui doit former le pochoir la solidité

:

par décalque, piquage, etc. Cette matière varie suivant les cas métal mince, carton, ainsi que nous verrons ensuite. Puis,

à

l'aide

:

simple papier,

d'un outil tranchant, on découpe les parties qui doivent être

ajourées, réservant soigneusement les tenons.

Nous avons vu que

Le pochoir

est terminé.

peut être exécuté en matières différentes. Le principal est que cette matière soit mince, souple, résistante et imperméable autant que possible. 11

est certain

que

le

celui-ci

métal très mince, cuivre ou zinc, est ce lOI

qu'il

y a de préfé-


1

V

^ 102

^

1

ifc.


rable

comme

durée.

Mais on peut préférer

le

papier

comme

dans d'autres cas. L'important est alors de l'imperméabiliser. lement en

le cirant,

le

étant plus

On

souple

y parvient faci-

passant à l'huile, ou simplement en employant

le

papier

tout préparé pour la peinture à l'huile.

Le papier

Son inconvénient

métal.

fragilité et

On

découpe plus facilement que

se

principal

est

sa

le

grande

son peu de consistance.

y doit

laisser,

pour des motifs compliqués,

des tenons plus nombreux et plus forts.

Or,

si

les

caractère

tenons réservés donnent au dessin un

spécial,

encore

faut-il

rester

dans de

justes limites et ne pas les multiplier outre mesure.

Par contre, pour pocher dans un angle, par exemple dans le

le

cas d'un pochoir mural,

papier pourra se plier un grand nombre de

Pervenche, mineure. Tiqea florales dressées, de riles

couchées

,

1/ àîC^jUqes sté"pemlles vert poncé lutsa-nt

fleura bleues, de

103

mars en juin.-.

Fi-i 14?


sans

fois

casser,

se

alors

que

métal

le

hors

bientôt

serait

Enfin, on choisira, suivant le cas, la matière la plus propre au

On

aura eu soin, inutile de

le

dire,

de

service.

bon usage.

de ménager des points de repère, permet-

du pochoir,

tant la mise en place rapide et exacte

soit

pour

les motifs répétés

d'un semis, soit pour les sections d'une bordure.

On

appliquera donc

le

pochoir sur

surface à orner, et à l'aide d'une brosse à

la

pocher aux poils coupés carrément, on étendra ou mieux on tamponnera leur en ayant soin de couvrir également toute la surface

sous

le

La couleur,

métal.

employée en quantité

assez consistante

suffisante

la

cou-

découpée sans passer

pour ne pas couler,

pour bien couvrir, mais

sans

devra être

baver sous les

réserves du pochoir. Ceci, bien entendu, dans le cas du pochoir mural. Or, le pochoir peut rendre

de grands services dans d'autres cas,

comme nous

le

verrons ensuite.

Mais puisque nous parlons du pochoir mural, voyons dans quels être

cas

il

peut

employé.

Lorsqu'une surface doit être peinte à une bordure,

pochoir vient à notre aide

le

et recevoir

la colle, à l'huile,

comme moyen

un semis,

rapide et économique

d'exécution.

Ou

encore, dans une ornementation d'intérieur, nous pouvons désirer tendre

pièce d'un papier spécial

composé de façon

la

à s'harmoniser avec la coloration et

l'ornementation des tentures et des meubles. Or, nous reculons devant les frais

d'un

d'établissement

papier

peint,

toujours très

coûteux

comme

planches, impression, etc., sans compter la très longue préparation,

Nous tendrons donc

et l'exécution.

rons au pochoir,

nous

ainsi qu'il

la

gravure

de

mise en train

notre pièce d'un papier uni que nous décore-

plaira.

Nous exécuterons de même des gommées ou à la colle.

frises et

des bordures, employant pour cela des couleurs

En dehors

de

la

peinture murale, le pochoir nous vient en aide pour la décora-

tion des étoffes.

Plusieurs

moyens sont

Sans entrer dans

à notre disposition,

comme nous

le

verrons ensuite.

des procédés de teinture employés, quelques explica-

le détail

tions sont nécessaires.

On

sait

qu'en teinture on

priété de se

combiner avec

nomme

la fibre

«

mordant

organique du

»

un liquide jouissant de tissu,

en

même temps

la

pro-

qu'avec

la

matière tinctoriale.

Son

rôle est

donc de

fixer cette matière colorante sur les fibres

gnées de mordant.

104

du

tissu

impré-


105

14


des motifs foncés sur un fond

poché

Ou

le

clair;

couleur se fixant

la

seulement où a été

mordant.

bien nous pouvons appliquer au pochoir des réserves,

et,

lors de la teinture,

avoir des motifs clairs sur un fond foncé.

Nous pourrons de même

appliquer des rongeants,

et

combiner

procédés

les

entre eux. Les cretonnes, les velours seront ainsi facilement décorés.

Le

emploie

vitrail

le

pochoir pour reproduire un grand nombre de

même

motifs de fond en grisaille; de

Toutes

les fois,

moyen peut

des

fois

employé.

être

répétons-le, qu'un motif simple en à-plat doit être reproduit un

nombre de

assez grand

en céramique, ce

fois, le

pochoir, tout en assurant

la parfaite

concordance

des motifs entre eux, économise, sur l'exécution purement manuelle,

un temps

considérable.

Bien employé,

pourra

il

encore, pourra-t-on

ou

le

lui

au

différents, suivant

décorateur.

que

Et

c'est le motif

fond qui seront pochés.

Ainsi, par exemple (fig.

même

de nombreuses ressources

offrir

donner des caractères

de

la

liseron que qui est

J40), c'est le motif

bordure, les feuilles et

reproduire

vient

poché en

Nous verrons

le

les fleurs

pochoir.

fiordure/

de

Par contre

noir, laissant se silhouetter en gris

(fig.

ô>.u

141),

pocholï?

c'est

le

fond

une floraison de porillon.

ensuite que des pochoirs secondaires pourront venir détailler les

formes dans ce dernier cas.

Le

caractère de

ces deux dessins est différent,

figure 140, c'est le fond qui est réservé.

Il

106

doit

et voici

pourquoi.

Dans

donc passer partout, entourer

la

et


au contraire

le

motif qui est réservé. Toutes les parties de ce motif doivent donc

se toucher, se rejoindre afin d'assurer la solidité du pochoir.

trait

plusieurs

occupés que de pochoirs en un ton,

et

de motifs

les motifs

En même lité.

jusqu'ici

seul pochoir.

Notons cependant que dans

la pratique,

même pour

en un ton, plusieurs pochoirs sont souvent employés.

effet,

certaines parties

réservées souvent se trouveraient trop frêles, par

facilement déplacées, cassées,

Ce

le

réservé.

Nous ne nous sommes complets en un

verrons ensuite à

que ces deux systèmes peuvent être pochoirs et à

Nous

cas de motifs

réunis dans

serait le cas,

fleurs et les feuilles

par exemple

du

liseron.

On

la

couleur passant dessous avec trop de faci-

(fig.

140),

pour

les

traits gris

détaillant les

préfère alors employer deux pochoirs, chacun

reproduisant seulement une partie du dessin, et laissant alterner des parties pleines et larges avec les vides.

De

cette façon,

si

l'exécution est

un peu plus longue,

dité est assurée, et le motif se trouve

complet par

deux pochoirs. 108

la

elle est meilleure, la soli-

superposition repérée des


A

part ce cas, plusieurs pochoirs sont souvent employés pour les motifs poly-

chromes, pour

les

pochoirs en deux, trois ou quatre tons.

Chaque couleur Ainsi, la figure

est alors 1

découpée dans un pochoir spécial qui

figure 145 exigera trois pochoirs la tige et les fruits,

lui

est propre.

55 est un exemple de pochoirs en deux tons. Par contre,

un pour

les

pour son exécution

:

nervures des feuilles.

109

un pour

lîs feuilles,

la

un pour


Toutes celle

les

combinaisons nous sont permises,

du pochoir

motif n'est pas limité par un

Sans parler du mais ce

Au voici

trait est

trait,

trait fait à

la

le

pochoir à

effet,

et l'une

des plus intéressantes est

dans. tous les exemples cités

ici,

le

ce que l'on p^ut désirer quelquefois.

main, on peut, certes, ajouter un

forcément morcelé par

contraire,

comment

Car, en

à trait réservé.

trait

les

trait

au pochoir;

tenons indispensables.

réservé nous permet d'avoir un

trait

continu;

:

Prenons en exemple

la figure

142. C'est une bordure en trois tons, exécutée en

trois pochoirs.

Nous commençons doit être celui

du

trait,

par coucher sur toute

la

surface de la bordure le ton qui

qui est blanc dans l'exemple.

Puis, un premier pochoir nous donnera le ton des fleurs, gris clair celui

des

feuilles, gris

foncé; un troisième, celui du fond, noir.

IIO

;

un second


Notre dessin, conçu spécialement en vue de

l'effet

voulu, a réservé partout,

entre ces différents pochoirs, la largeur du trait qui doit cerner la forme.

Une

bonne exécution de ces pochoirs

seule condition est indispensable pour la

à trait réservé

:

le

repérage parfait, aussi bien dans

cution, permettant de conserver l'égalité constante Il

va sans dire que

le trait

employées devront cependant de ce

trait

le

du

découpage que dans

l'exé-

trait.

pourra être foncé avec des motifs

clairs.

Les couleurs

être très couvrantes dans ce cas, car c'est la couleur

qui formera le ton

couché

à

recouvrir. 112

plat,

et

les

motifs clairs auront

à le


d'une. peulLle-

Nous avons parfait, surtout

réservé.

dit

que

dans

le

repérage doit être

le cas particulier

Pour assurer

du

cette perfection,

trait

la divi-

sion préalable de la surface à pocher est nécessaire, car le

repérage d'un motif sur son voisin

peut amener de légères différences, insensibles peut-être pour une bordure, mais qui, pour un dessin de surface, pourrait provoquer cependant

peu à peu, en

se multipliant par la répétition,

des déplacements considérables

désastreux

et

des motifs les uns par rapport aux autres.

Prenons maintenant quelques exemples. Nous avons dans l'en-tête de ce chapitre une

frise

Tlqc vert jxxxnc cLair

feuUle vert fonce proid. fleur js^une. vvf^ fleurit en. janvier, février.

ornée de courges pèlerines.

Le motif

ici

est à

deux pochoirs

;

un premier

contenant tous les éléments du motif

:

feuilles,

115

.


préalablement en un Il

va

aplat,

sans dire que

si

détailler

plus

les

de polychromie

prendre un ton en un pochoir séparé pour vant

deux autres, pour

les

tiges

et les

de ces

nervures

les

est

dites

désirée,

il

feuilles.

sera

facile

de

gourdes, par exemple, en réser-

feuilles

d'une

part,

les

nervures

de

l'autre.

Nous avons déjà vu la figure 140. Ce motif est destiné à être poché en un ton. Nous pourrons facilement l'amener à deux couleurs, en faisant un pochoir particulier 116


pour ton

pour

corolle, et en gardant

la

Dans

figure

la

poché, réservant

c'est

141,

les

de courges

feuilles

superposant

qui

est

motif en silhouette. Mais,

le

même que précédemment nous

de

la fleur.

fond

le

second

le

de

la feuille, les tiges et le calice

avons détaillé

par des

au ton des

nervures

se

même

ici

de

feuilles,

nous pourrons, par d'autres pochoirs,

détailler

ces silhouettes qui pourraient

sembler

parfois

trop rudimentaires.

Nous avons pochoirs et à

déjà étudié la figure 142, en trois trait

Nous

réservé.

n'avons donc

pas à y revenir.

La

figure

144 nous

simples en un ton, avec

nous

encore,

donne deux bordures le

comme

gui

pourrons enrichir

motif. Ici varier

et

la

coloration en prenant un ton différent pour les baies de

plante.

la

D'autre

part,

nous

pochoirs

trois

seront

nécessaires pour la bordure 145. Les tiges et les et

feuilles se

pocheront en aplat sur

un troisième pochoir viendra

au second pour détailler les le

fond,

le

se

superposer

feuilles.

Cependant

ton des tiges et des fruits pourrait rendre le

même

office,

en

ramenant à deux

le

nombre des couleurs employées. La figure 147 est encore un exemple de bordure en un ton s'enrichir

de

facilement

;

aussi

elle

deux ou

pourra

même

trois

couleurs supplémentaires, amenant des colorations diverses dans les tiges et

PcVVOt 1" Plcvnte

de

dz^\

les

Dans blcxnc fleurit

\;iolcx.cè.

de juin.

fleurs.

Après ces quelques exemples de bordures, voyons quelques fonds ornés et quelques semis.

^

l<xche.& vioLettes

septembre,

117

1/6

>v

c'est

le

la figure

149,

marronnier

(feuilles et fruits)


qui

l'élément

est

ornemental. Là encore, les fruits

1.

pourront former un pochoir

Dans

différent.

la figure i5o, le lis safrané, et,

nous présentent

i5i, l'ancolie,

les

dans

mêmes

la figure

facilités;

i55, ornée de pavots, ne pourrait guère

mais

la figure

être

simplifiée sans devenir

un peu confuse. Là,

les

dentelures presque identiques des fleurs et des feuilles, les

masses d'importance égale,

confusion dans 1

53 et

rents

;

1

le

amèneraient

vite

la

cas d'un pochoir unique. Les figures

58 nous présentent deux exemples bien

diffé-

l'une d'un semis très large, surmonté d'une frise

de mimosa,

l'autre,

au contraire, formée des lignes sinueuses et continues

p de

la clématite.

Toutes

deux sont en un ton.

ii8


De même la figure Comme on peut le la

i

59 est un nouvel exemple de semis.

voir par ce rapide exposé, le pochoir se prête à merveille à

Son emploi

décoration des surfaces par dîs motifs répétés.

des plus simples

Là encore, qu'ils

les

le

mettent à

la

portée de tous

comme moyen

facile, sa fabrication

d'ornementation.

Japonais nous en donnent d'excellents exemples; et les pochoirs

emploient pour

la

décoration de leurs cotonnades sont des merveilles, non

seulement d'ingéniosité décorative, mais encore d'exécution matérielle. papier,

ils

Faits

en

servent à l'impression soit de mordants, soit de réserves, et les effets

produits sont charmants.

Le décorateur trouvera donc aussi,

donner

ici

matière à ornementations diverses, et pourra,

libre cours à sa fantaisie.

Dans

que désirer voir son application plus fréquente

lui

décor mural surtout, on ne peut

le ;

car

son établissement et

exécution peu coûteux ne pourraient que contribuer à nous sortir de

la

son

banalité

des papiers et des cretonnes du commerce, en permettant à chacun de varier et de choisir l'ornementation de son intérieur à son gré.


ONSTiTUANT Une des industries artistiques céramique est remarquable entre

moyens

et

les plus

elles toutes

des produits qu'elle met à

la

importantes, la

par

la variété

des

disposition des décora-

teurs.

Avant d'étudier pectif sur son

cette

développement technique

Les grandîs étapes de

la

industrie, jetons

un coup d'œil rétros-

à travers les âges.

céramique peuvent se résumer

lées, les poteries tournées, les poteries lustrées,

ainsi

les poteries

:

les poteries vernissées,

mode-

les grès,

les faïences et les porcelaines.

Au

début des

civilisations,

les poteries sont

main, cuites légèrement, et par

Plus tard, les formes,

Pour dans

cela, la

le

tour

même

son apparition

fait

grâce à cette découverte,

;

sa fabrication devient plus artistique. il

la

mates et poreuses. le

potier affine

songe

à

décorer sa poterie.

grave dans ses pièces des ornements en creux;

il

en estampe d'autres,

pâte encore fraîche;

il

Mais toujours

11

juxtapose enfin des terres dont

ration suivant les oxydes qu'elles renferment

Ce

de simples terres modelées à

:

le

feu variera la colo-

jaune, rouge, noir.

porosité rendait ces poteries impropres à contenir les liquides. n'est que du jour où l'on sut les revêtir d'une glaçure silico-alcaline ou la

couche mince de matière

vitrifiée,

que l'on parvint à

les imperméabiliser, et à

rendre

pratique leur emploi.

Les poteries lustrées

étaient trouvées.

Outre

qu'il

supprimait

la

porosité de

la

pâte, le lustre rendait brillantes les poteries qu'il recouvrait et colorait diversement, suivant les oxydes métalliques qu'il contenait.

Cette découverte de

la

nous en sont l'exemple

le

poterie lustrée fut très ancienne et les poteries grecques plus remarquable.

121

i6


Les potiers grecs sont arrivés dans

la

des résultats artistiques surprenants, aussi bien

à

pureté de forme que dans

décoration de leurs vases. Les moyens employés étaient cependant simples et rudimentaires cependant créé la véritable ornementation céramique.

Deux procédés

étaient

la

employés

:

Ou

propre de

bien, la poterie est recouverte de ce

mentations du ton propre de

du même

Ce

la terre,

mais

ils

ont

sur la terre rougeâtre et glacée, le décor est

obtenu par un lustre noir, avec lequel l'ornementation

laissant apparaître la coloration

;

est dessinée

en

aplats.

Ces

la terre.

même

lustre noir, en réservant les orne-

que l'on vient ensuite

détailler

par des

traits

noir.

qui revient, d'après la fabrication, à classer les poteries grecques en vases à

figures noires et vases à figures rouges.

Nous ne nous étendrons pas

sur la perfection des travaux que les Grecs ont

ici

exécutés ainsi et qui sont parvenus jusqu'à nous.

Longtemps

alors,

la

céramique resta stationnaire

;

enfin,

au xui' siècle, furent

découvertes les poteries vernissées à glaçure plombifère.

Les poteries vitreux,

et

étaient recouvertes d'un vernis plutôt fusible, à

base de plomb,

auquel des oxydes différents donnnaient des colorations différentes

Ce sont ces vernis que nous voyons encore de nos poteries communes en usage dans les campagnes. En même temps, l'ornementation devenait plus variée, et parmi brun, vert, etc.

divers, trois surtout sont

employés

:

les pâtes

modelées,

:

jours dans les

les

le pastillage et les

procédés

engobes

gravés.

Le cédés.

pastillage,

On

encore employé de nos jours, est

se sert

pour cela d'un vase à bec 122

étroit

le

plus rudimentaire de ces pro-

ou terminé par un tube mince,


[^Bordure k

1

carred^w. CycLcX-men. ne

ou même goutte

filet,

à

goutte,

la

couleur dont

on

l'a

laissant

tomber qu'en

primitivement

rempli.

Cette couleur est formée d'une bouillie semi-liquide, colorée par des oxydes métalliques divers.

On

moyen du

dépose, au

sons diverses, à

temps que

le

la

vase, ces couleurs en lignes, en points, en combinai-

surface de la pièce à décorer. Elles cuisent ensuite, en

même

vase et permettent d'obtenir des décorations simples, mais très inté-

ressantes parfois.

Nous avons

parlé aussi des engobes gravés.

Voyons d'abord

ce que l'on entend

par engobe.

On nomme

engobe des terres opaques,

fixées sur la poterie au

moyen

d'un fon-

dant, afin d'en cacher la couleur propre, souvent désagréable.

Or, sur une pièce, on dépose un engobe d'une couleur différente de cette pièce,

engobe, on et

clair sur foncé, fait

réapparaître

celle

de

par exemple. Puis, à l'aide de grattages, enlevant cet la terre

de

la

poterie suivant une ornementation voulue

déterminée d'avance.

Le

tout cuit ensuite.

On

obtient par ce procédé très simple des résultats artis-

tiques très intéressants.

Pour

les pâtes

Deux

siècles après l'apparition des poteries vernissées, vers le xv' siècle, les grès

commencent

modelées,

le

procédé s'explique par son

nom même.

à être employés.

Cuits à une haute température, formés d'une pâte de composition différente de celle

des autres poteries,

les grès

sont d'une matière plus dure et plus sonore.

124


Colorés diversement,

ils

sont surtout ornés au

moyen d'estampages, de gravures

ou de pâtes rapportées. Enfin,

un peu plus

tard, apparaissent les faïences

vertes d'une glaçure opaque,

permettant enfin

la

à

xvi'

siècle,

antiquité, les Chinois

connaissaient et fabriquaient la porcelaine fut introduite

qu'au

par les Portugais.

xvi' siècle,

;

en Europe

mais celle-ci ne

émaillées, recou-

couleur de

la terre et

de couleurs variées et brillantes.

dégé-

lui.

Depuis une haute

la

poussa

fort loin la perfection de cet art qui

néra après

moyen

peinture sur émail au

Bernard Palissy, au

ou poteries

base d'étain, dissimulant

CvcliMiren fLdx,ntcdc l^kXo'^ feuUl&s vert foncé, à tachcD vert qrris cld^ir-, pou.qeà.tr'ct)

de;>ooua Tlqe^

row-qee>. fleurs roses»

.

,

de.

juULet en octobre, p^

125

i^^


Son xvD*

apparition révolutionna

siècle,

la

décadence de

du reste

l'industrie

la faïencerie.

Sa

céramique, et provoqua

au

finesse de pâte et sa transparence

poussèrent les céramistes dans une voie nouvelle. Vers la fin du xvii' siècle, après des années d'efforts infructueux, la porcelaine tendre est trouvée et des manufactures sont créées à Saint-CIoud, à Rouen, à Chantilly, à Vincennes.

Mais

déjà l'Allemagne fabriquait une porcelaine dure, et au

xviu' siècle, la porcelaine de efforts,

pussent en découvrir

commencement du

Saxe surgissait sans que nos céramistes, malgré leurs la

composition.

Enfin, vers 1760, ce résultat fut atteint, grâce à la découverte de gisements de kaolin en France, et la porcelaine dure devint de fabrication courante.

Voici, à grands

traits, l'évolution

de

la

céramique

à travers les siècles.

L'art y fut introduit dès l'antiquité, et les peuples anciens nous ont laissé des

spécimens précieux de leur fabrication.

Des Egyptiens nous lustrées, décorées au

sont parvenues deux sortes de poteries

moyen de

couleurs terreuses

;

:

les

les autres à pâte

unes mates ou

dure et blanche,

recouvertes d'une glaçure opaque d'un beau bleu turquoise.

Les Assyriens, leuses

;

et

les

les

Chaldéens ont

Perses,

laissé

des céramiques monumentales merveil-

plus tard, ont fabriqué les pièces qui font encore notre

admiration.

126


Les Chinois, nous l'avons vu, découvraient dès la plus haute antiquité la por-

même,

celaine; et nous avons vu, de leté et l'art

dans

la

dont

Grecs ont

les

fait

l'habi-

preuve

composition et l'ornementation de

leurs vases. les imitent d'abord, puis,

Les Romains

d'ornementations en

décorent leurs vases relief, et

donnent une grande extension

à la

céramique architecturale. Partout enfin,

de

l'art

faire et

d'orner les

poteries marcha de front avec le développe-

ment de

Mais nant

la

des peuples.

la civilisation il

serait

temps d'aborder maintepoteries en elle-

des

fabrication

même.

Ce

nous

qui

occuperont,

répondre au but de ce

modernes

encore,

et

la

livre, celles-là seules

plante joue le rôle principal.

Les poteries peuvent se diviser en groupes principaux )°

Les poteries

se

trois

:

tendre,

à pâte

opaque,

1.200 degrés,

colorée, cuisant entre 7 et et

pour

pourront recevoir une ornementation

qui

poteries

seules

sont les

perméable aux liquides. Dans ce groupe rangent

les

faïences

les

poteries

dure,

opaque,

et

communes. 2°

Les poteries

à

pâte

colorée, imperméable aux liquides, sonore, cuisant entre

1

que se placent 3°

2 et

1

.400 degrés. C'est

Les poteries

à

pâte dure,

imperméable aux liquides, sonore lucide, cuisant entre 12 les porcelaines

ici

les grès.

et

blanche, et trans-

1.400 degrés;

en un mot. 127

~ Ï


On

voit

donc que ces poteries présentent des différences importantes dans

qu'elles acquièrent à la cuisson,

qualités

composition de leur pâte toutes, la

et

marche générale de

C'est cette fabrication que

Une

suivant les matières qui entrent dans la

degré de cuisson qu'elles subissent.

même.

la fabrication est la

nous allons étudier

Mais pour

ici,

nous réservant

d'insister par-

partie qui nous intéresse, c'est-à-dire l'ornementation en elle-

ticulièrement sur la

Mais,

le

les

pas bon de savoir comment est fabriqué l'objet que l'on a à décorer? peut curiosité est non seulement permise, mais encore louable, car elle

n'est-il

telle

une permettre au décorateur de comprendre son métier et non de l'exercer suivant routine et des recettes suivies à l'aveuglette.

C'est donc sciemment qu'il préférera l'effet à

cipales bien distinctes

lage, 3°

la

la fabrication :

Le

modelage

;

La décoration de

pièce

:

glaçures, ;

La cuisson.

Ayant

subi ces quatre

opérations, la matière plastique

se

trouve

transformée en un vase prêt à l'usage.

Nous

;

façonnage par des procédés divers

engobes, couleurs 4°

autre, suivant le cas et

d'une poterie comporte quatre opérations prin-

La préparation des pâtes céramiques

°

tel

obtenir, et son art ne pourra qu'y gagner.

Donc, en général,

1

procédé à

tel

allons mainte-

mant étudier chacune des opérations que nous venons de nommer.

revêtement.

:

tournage, tournassage, moulage, cou-


.

PRÉPARATION DES

PATES CÉRAMIQUES Les

céramiques

pâtes

sont composées avant tout

d'une

matière

plastique

pouvant être façonnée lement

faci-

l'argile.

:

Pour

façonnage,

ce

il

de pétrir cette argile

suffit

de

avec

devenue

l'eau;

malléable elle se laisse alors facilement toutes

travailler

sous

formes

dési-

les

Abandonnées, ces

rables.

formes

sèchent

cissent

à

l'air;

dur-

et

mais c'est

surtout

le

donne

consistance indis-

la

feu

qui

leur

pensable au bon usage.

TU

Suivant dre,

le

but à attein-

qualité

la

de

différera, et l'on

ou

emploiera

commune,

l'argile

l'argile

la

marne

le kaolin.

Nous

avons

dit

que

l'argile était plastique.

Mais

souvent, elle possède cette qualité à

un trop haut degré,

et l'on est obligé

nuer

cette

l'emploi

de

graissantes Petit

l<xmbri-s

r)\.qLtù„le,

f-i '7'

130

on

la

de dimi-

plasticité

par

matières

dé-

avec lesquelles

mélange, telles que


le sable,

Les

le

feldspath, la craie.

argiles

employées sont

de colorations différentes plus

pures

servent choix. elles

sont

pour Mais,

sont

les le

:

les

blanches

et

poteries

de

plus souvent,

colorées

par

des

2lcxr\te-

de

Go"'

1"

de h^xub.

j^leui?

pour ]ore^ Garnie intérieurement de poils hlcxncD et de tcvchea

pourpre

ponce. feuilles vertes, fleurit de ju.in en <xbut


Là^mbrls en

ca-rrea^-ux

de P<xï-e-nce..

Vtqne,.

Les

oxydes métalliques, en jaune,

r

^

> argiles sont toujours

en rouge brun, en gris bleu.

impures

et doivent, avant l'emploi, être

débarrassées des

matières étrangères qu'elles renferment sous formes de sables de grosseurs variables.

On y parvient par un lavage approprié. On commence, à cet effet, par broyer l'agitant fortement.

en

Puis on décante

l'argile

que l'on délaie ensuite dans l'eau

la bouillie liquide ainsi

obtenue.

L'argile pure est restée en suspension, alors que les sables et impuretés à rejeter,

précipités par leur pesanteur, sont restés au fond du récipient.

On

laisse ensuite

De

leur côté, les matières dégraissantes ont dû subir une préparation destinée à

sécher l'argile ainsi purifiée.

réduire en poudre les matières telles que

On commence par reils

spéciaux

:

le

silex, le feldspath, etc.

calciner ces matières, qui sont broyées ensuite dans des appa-

meules ou pilons.

Réduits en poudre, ces dégraissants sont alors passés au crible qui en sépare les parties grossières, rebroyées ensuite,

et

on procède

à la

porphyrisation dans des

moulins spéciaux. Cette opération amène les matières à

l'état

de poudre impalpable, indispensable

pour l'emploi.

Les éléments de

la pâte, argile et dégraissants,

portions déterminées selon

de

le

but à obtenir, et mélangés intimement en présence

l'eau.

132

I

sont alors réunis, suivant des pro-


On

malaxe longuement

la

obtenue avant de

la

bouillie livrer

au ressuage.

Cette opération du ressuage a

pour but d'enlever à

l'excès

d'eau

maniable.

d'être

obtient

Impèriîvle. Couronne. de flùjnie.

bulbeuse,

60-

à. l

de

hcxub,

feuilles vert cU-ir; liqe_ au des^u;? det> feuvUes brun rouqeavtre. f-onch. fleurs rouqe orcxnqè. ta.che5 brunes

par

mieux

la

pâte

qui l'empêche

filtration

encore

compression

On

résultat

ce

ou

,

par

dans

,

des appareils spéciaux.

,

flzunit de- ïTlcxra

en

Voilà

0.vrvl.

bonne 133

donc

notre

consistance.

pâte

à

Mais

il


i

i

]]

faut

encore

éléments divers fait

la livrer

et les

au pétrissage qui a pour but d'en mélanger intimement les

présenter ensuite parfaitement homogènes.

passer sous des rouleaux malaxeurs.

134

I 'Si

Ce

pétrissage se

faisant soit en foulant la pâte sous les pieds, soit en la battant, soit enfin en la


de se laisser mieux travailler et de moins se fendre en séchant.

Notre matière préparée peut

enfin être mise en

œuvre.

FAÇONNAGE Pour

tournage,

Le

nous l'avons

cela, le

moulage,

le

dit déjà, plusieurs

procédés se présentent à nous

:

le

coulage, et des combinaisons deux à deux de ces procédés.

plus ancien, pratiqué dans l'antiquité, est le tournage.

Le tour du

compose essentiellement d'un axe vertical, monté à supérieure par un plateau circulaire ou girelle. Vers sa

potier se

terminé à sa partie

inférieure, l'axe porte

actionne avec

le

un large volant ou disque de bois que

le

tour en mouvement, et au

pâte très claire,

Pour

après l'avoir malaxée,

l'aider et le guider

reproduisant

partie

au tour

pied.

L'ouvrier prend alors une masse convenable de pâte et

met alors

le potier assis

pivot,

le profil

dans son

il

la jette

sur la girelle.

Il

moyen des mains

mouillées de barbotine, ou

façonne sa pâte

l'amène à

et

travail, le potier se sert

la

forme désirée.

d'estèques ou calibres

des pièces, qui l'aident à ébaucher les formes.

Ceci est donc l'ébauchage.

pour mener à bien une poterie commune, une autre opération nécessaire pour les pièces plus parfaites, demandant un galbe plus pur, plus de Si cela suffit

en un mot. 136

i

est fini


C'est alors qu'intervient le tournassage.

Le tournassage

se fait

à ébaucher, soit sur

^

On

sur le tour qui a servi

soit

un tour

spécial.

a laissé sécher l'objet, et après l'avoir replacé

on épure sa

sur le tour, à l'aide d'outils tranchants

On

forme, on règle son épaisseur.

^

d'obtenir un grand

Le tournage permet

comme

formes. Certaines cependant,

mées

vérifie les profils

des calibres. La pièce est alors terminée.

à l'aide

que

telles

nombre de

les pièces

fer-

vases à cols étranglés, doivent être

les

tournées en deux ou plusieurs parties réunies ensuite par

un collage.

Mais le

méthodes peuvent

d'autres

être

précédemment

le

moulage

forme particulière de

Pour

le

de plâtre.

et le coulage, qui n'est

qu'une

celui-ci.

moulage, on se sert

On

employées pour

Nous avons nommé

façonnage des pâtes céramiques.

applique à

la

le

main

plus souvent de moules la

pâte sur ce moule.

Le

plâtre, poreux, absorbe l'eau de cette pâte, qui subit, par ce fait,

un léger

Pour

retrait facilitant le

les pièces

démoulage.

hors de dépouille, les moules sont en

plusieurs pièces réunies par une chape.

L'objet démoulé, on enlève les coutures marquant les points de

contact des

moyen d'un

différentes

fer tranchant.

C'est par un procédé croûte,

du moule, au

pièces

que l'on fabrique

de moulage, les

dit

qui

assiettes

moulage

à la

sont ensuite

tournassées et calibrées.

Mais on

emploie

maintenant

des

appareils

en

qui

assurent automatiquement une fabrication plus constante et plus rapide.

Nous

n'entrerons pas

ici

dans ces détails

trop spéciaux.

Brize

Dans

ou

tremble-tte/. herbe- vivcvce^de <3o â. ^0"^ de haut feuilles verte.;) jépillets J^run VLolcvcé. fleurit de juin enj ull.let f cc,. I60 .

137

ces procédés de moulage,

nous avons vu employer molle.

la

pâte

C'est une pâte liquide,

ou

barbotine, qui sert au moulage par


coulage dont nous allons parler maintenant. Ajoutons que ce procédé permet d'obtenir des pièces d'une épaisseur

de

là,

si

minime que

le

tournage ne pourrait, loin

permettre d'en obtenir de semblables.

comment on procède Dans un moule poreux, en

Voici

:

plâtre,

l'eau sur toute sa surface, la pâte

égale. Rejetant la barbotine en excès,

Plus on laisse séjourner

la

on verse

la

barbotine.

contenue dans cette eau

on démoule

barbotine dans

le

s'y

Le

plâtre absorbant

dépose en une couche

alors aisément la pièce obtenue.

moule, plus

la

couche

s'épaissit et

devient forte. 11

est,

par ce procédé, très facile d'obtenir des superpositions de couches

remment colorées, en dans

le

moule

et

mière et donnera

en

rejetant par

la

diffé-

exemple une barbotine verte après un court séjour

remplaçant par une barbotine blanche qui doublera

la

pre-

à la pièce l'épaisseur voulue. Cette pièce sera alors verte à l'ex-

térieur et blanche à l'intérieur.

Les pièces coulées ou moulées sont séchées ensuite, à être livrées au décorateur.

une première cuisson, elles doivent être

En

effet,

si

la

Dans

comme nous

et prêtes,

dans certains cas,

d'autres cas, elles doivent recevoir auparavant le

verrons par

la suite.

Dans

achevées par l'adjonction de pièces secondaires. pièce comporte des accessoires,

138

d'autres encore,


139


qu'on y appose ensuite. Dans ce cas, les accessoires et les la poterie de

ornements, moulés ou modelés, sont réunis à

deux façons

pièce encore fraîche, on y applique l'anse,

la

:

l'ornement frais aussi, en les réunissant au

moyen de

barbotine.

Mais lorsque ces pièces sont sèches on mélanger de

la

gomme

Le façonnage des pièces avoir une tenir

mesure exacte

compte du

retrait

séchant et en cuisant.

est ainsi achevé.

pour des pièces devant

va sans dire que

11

doit

à cette barbotine.

et

déterminée, on a dû

que

Ce

subit

la

pièce

en

retrait varie suivant la

nature de

la

pâte et la chaleur à laquelle celle-ci

est cuite.

11

peut atteindre parfois 20 pour 100.

Voyons maintenant offerts

quels

moyens nous sont

pour décorer ces poteries.

DECORATION Cette décoration peut consister en une simple coloration générale ou partielle de la pièce

en

des motifs ornementaux,

soit

modelés,

;

ou soit

peints, soit gravés, appliqués sur cette pièce.

Nous insistant

allons passer

en revue ces ressources,

particulièrement

intéressent spécialement

sur

ici,

celles

qui

nous

à savoir l'ornemen-

tation picturale.

'Êxtrè.mitt de-

ipidiutn Ensemble,

fi^ 10/


if •«Tlitli'filiilKilili

1*

I

î\

Pour colorer la

masse même,

que

les poteries, la

deux méthodes existent

matière de cette poterie

superficielle, et n'affecter

que

la

;

surface

ou bien

même

ou bien on peut colorer

:

la

cette coloration peut n'être

de

masse, posée sous ou

la

sur la glaçure de la pièce.

La

coloration de

la

pâte

même

s'obtient au

y mélange au moment de sa préparation. Selon leur nature, la température de

la

moyen d'oxydes

métalliques que l'on

même

cuisson et

la

composition de

l'atmosphère du four, oxydante ou réductrice, les oxydes donnent des colorations diverses.

Les oxydes de cuivre donnent du vert ou du rouge de les

fer,

oxydes

les

oxydes de manganèse, du

du brun les

;

du jaune, du rouge, du brun

;

les

;

violet,

oxydes de chrome, du vert;

oxydes de cobalt, du bleu, etc..

Ces oxydes peuvent

à la surface seule de la poterie;

applique soit sur

apposés

aussi être

on

les

y

pièce crue, soit sur la

la

pièce déjà cuite une première fois.

Nous avons sont

des

déjà

enduits

vu que

terreux,

les

fixés

engobes par

un

Leux Vcvses dtcorto. Cypviptd.ium et

cYcLamen.

141

fv^ 18C-107


Suivant que elle

pièce recevra ou non une glaçure,

la

sera d'un aspect vitreux ou mat.

Ces glaçures peuvent suivant la

composition de

s'appliquent de

ou bien on

même

les

plonge dans

les

en arrose. le

diverses,

poterie. Elles

la

de façons différentes sur celle-ci

poudre sur

:

les pièces

procédé peu employé; ou bien on

:

la

On

natures

pâte de

projette la glaçure en

encore humides

dans

de

être la

glaçure en bouillie

arrive au

même

;

ou encore on

résultat en projetant

four, vers la fîn de la cuisson, des matières

convenables

:

marin, oxydes ou

sel

autres. Tels sont les

moyens

les

plus rudimentaires.

Un autre procédé d'or-

Vixses décorés

nementation, qui donne Fdcvot

cornu.

du

lTLuau,et l^vt.,.

reste

155,189,

ici

fondant vitreux, et deS'

la

coloration désagréable

que peu avoir de

masquer

surtout à

la

la

matière

poterie.

Ces engobes peuvent être soit des terres colo-

rées naturellement,

soit

des terres blanches colorées

des

par

oxydes

métalliques.

Nous avons vu tirer le

suivant

l'engobe

sec,

faisant ainsi

de

la

plus haut

le parti

que peut

décorateur des engobes gravés, en

grattant,

résultats et

fort

intéressants, est celui

pâtes

tinés

des

artistiques

très

un dessin arrêté d'avance,

mais non cuit encore, et en

réapparaître

la

couleur primitive

pâte. 142

appliquées.

une

sorte

des

C'est

de déco-


143


Qvtnpanule lo Elix-nte,

ït'^t'

À,4o"^dehc)i,ub

Kerb3i,cèe de,

fleura d'un bleu ylolcvcc. fleurit de^ i?^juin en cxoul. f-i few-lUes de. deux, espèces

.

fioulon en plan

Sur

la

poterie crue,

bas-reliefs

très

à

sculpturale,

ration

d'ailleurs.

ou même dégourdie, on applique

au pinceau, suivant une ornementation voulue, des pâtes

céramiques en bouillie, blanches ou colorées dans

la

masse.

De

ces pâtes, par des adjonctions patientes et répé-

on forme peu à peu des

tées,

que l'on vient repi-

reliefs

quer, mettre au point en sculptant, reliefs représentant

ornementation

toute

:

figures

ou

fleurs.

De

véritables

oeuvres d'art, du plus haut intérêt, ont ainsi été produites à la

Manufacture de Sèvres.

On

insuffle ensuite à la surface

de couverte colorée ou non, et

minée,

la

de la

la

pièce une bouillie

décoration ainsi ter-

pièce est cuite.

Souvent aussi, pour plus de rapidité, moulées à part et rapportées ensuite

pâtes

les

sont

sur la pièce crue, à

laquelle elles sont collées; ce procédé,

moins

artistique

peut-être, semble convenir surtout lors de la répétition à

un grand nombre d'exemplaires d'une

même

décoration.

Cette ornementation toute de finesse et de délicatesse

semble exclure

les effets d'aspect fort et puissant.

Mais un autre procédé de décoration, procédé élargissant beaucoup notre champ d'action, est l'application sur la pièce d'émaux convenables.

Opaques,

le

plus souvent afin de dissimuler

144

la

couleur


propre de

on

la pièce,

les cuit

Mais,

ces

émaux peuvent

être appliqués

uniformément sur

celle-ci

;

au feu de moufle.

et là est l'intéressant

pour nous, on peut

les

employer sur

la

céramique

en émaux cloisonnés.

Ce procédé

même pour

est d'ailleurs fort simple, et le

les poteries diverses

:

porcelaines, etc..

Après avoir tracé sur suivant les lignes

rubans

de

poterie.

En

Ensuite,

métal.

pièce

la

du dessin

Rubans

le

décor que l'on veut y apposer, on contourne le galbe de la pièce de minces

on cambre suivant

et

étroits,

très

du

on remplit

à

d'une

l'aide

reste,

spatule

les

grossièrement.

C'est

on

même

le

voit

le

procédé que

celui

des

émaux cloisonnés

sur

métal.

Au la

de moufle,

feu

l'émail

fond, se

poterie

fixe

fixant

,

même temps

à

en

cloi-

le

sonnage. Si l'émail ne remplit

pas assez celui-ci, on

recharge et on recuit.

On polit le tout ensuite. En somme,

ce sont

véritables

émaux

de

mais

cloisonnés;

au

support métallique employé

Leux

par

l'émailleur,

Vcvses

£>utome-

43

faisant à peine

moyen de

place, on les fixe sur celle-ci au

saillie

sur

la

fondant.

espaces libres d'émail

broyé


Je

céramiste

bons

substitue

une poterie. Bien employé, ce procédé peut donner de

résultats.

Mais

la véritable

décoration de

la

poterie est exécutée au

moyen

des couleurs

vitrifiables.

A

l'aide

La cuisson

de ces couleurs on peint sur les pièces les motifs constituant fixe ensuite ces

couleurs sur

Mais ces couleurs sont de natures

demi-grand feu;

décor.

la pièce.

diverses, suivant la cuisson qu'elles doivent

couleurs cuisant au feu de moufle ordinaire, ou de petit feu; 3° les

le

2° les

couleurs de

couleurs de grand feu.

Ces couleurs sont formées d'un principe colorant de composition variable, et la couleur à la poterie. Le colorant peut être une terre, un oxyde

d'un fondant fixant

ou un

sel

métallique.

Le fondant

est

composé d'éléments

mais nous ne pouvons entrer

nous

suffise

de

savoir

ici

divers, suivant le but auquel

il

doit répondre;

dans des détails techniques un peu ardus. Qu'il

que dans

les

fondants

146

se

trouvent principalement

les


It-H- ^'1^î^î-i'

m

liiif liiii

-mmiii-iMiÉi


de

fer,

qui, se

donnant, suivant les cas, des verts, des rouges ou des jaunes

;

l'oxyde de zinc,

combinant avec d'autres oxydes, donne des bleus, des verts

et

des jaunes;

l'oxyde de chrome, donnant surtout des verts, puis du jaune, de l'orangé et du

rouge; l'oxyde d'urane, donnant des jaunes; l'oxyde de manganèse, donnant des violets; l'oxyde de cobalt, donnant des bleus; l'oxyde d'étain, donnant des blancs; l'oxyde d'antimoine,

donnant des jaunes, combiné avec d'autres oxydes;

l'oxyde d'iridium, donnant des gris et du noir.

Parmi

les sels métalliques, le

Cassius, donnant des carmins

chromate de

et

donnant un brun

fer,

des violets

le

;

;

le

chlorure d'argent,

pourpre de

donnant un

jaune de belle coloration. Enfin, des métaux sont

eux-mêmes employés

Maintenant que nous avons passé en revue sur cru ou cuit,

:

l'or, l'argent, le platine.

les couleurs,

abordons leur emploi,

après avoir toutefois examiné ce qui caractérise chaque genre de

décoration, au petit ou au grand feu.

Les

résultats sont bien différents

sont de simples

émaux superposés

mais avec laquelle cette couverte

ils

même,

;

alors que les couleurs cuisant au feu de moufle

à la couverte, à laquelle ils

adhèrent sans doute,

ne font pas corps, les couleurs de grand feu fondent avec et

ne forment plus avec

148

elle

qu'une

même

substance.


Ces couleurs de grand

feu présentent par là

même une

plus grande profondeur

comparaison de ton, une beauté de matière avec laquelle ne peuvent entrer en creuses. et sèches moufle, de résultats donnés par les couleurs de feu

Voyons dès maintenant

les

couleurs de grand feu, dont on doit désirer voir

les

l'emploi se généraliser dans la décoration des pièces céramiques.

Ces couleurs à

très belles sont

cependant peu nombreuses, car

une température capable de cuire

que peu

De

la

il

leur faut résister

poterie sur laquelle elles sont étendues, ce

d'entre elles peuvent supporter.

plus, les couleurs de grand feu ont souvent le désavantage de changer de

couleur à

la

cuisson; changement dont

dant cependant moins aisée

la

le résultat est

tâche du décorateur.

149

prévu, sans doute, mais ren-


Deux méthodes

différentes

peuvent

employées pour

être

peinture

Ja

aux

couleurs dites de grand feu. .-.

Elles peuvent être appliquées sous couverte, c'est-à-dire la peinture faite sur

pièce brute, crue ou dégourdie

couverte générale cuisant en

Ou la

;

même temps

qu'elle et la recouvrant, en

bien, la pièce est cuite et terminée avec la couverte.

couleur qui, cuisant, se mélange intimement à

pore.

11

a fallu

ici

deux feux

la

peinture à laquelle vient se superposer ensuite la

On

lui

un seul

feu.

superpose alors

couverte à laquelle elle s'incor-

la

différents.

Nous

allons voir la manière de procéder pour la peinture sous couverte d'abord. Les couleurs .en.poudre, délayées à consistance convenable, peuvent être apposées, nous l'avons vu,- sur cru ou sur dégourdi. Notons cependant que ce dernier

procédé est employé de préférence. En peut présenter

On

conçoit donc que

le

la

pièce non encore passée au feu

décorateur hésite à courir un

qu'il s'agit

d'une pièce importante dont

de

On

travail.

effet,

telle défectuosité, qui, à la cuisson, la fera se

travaille

décoration a pu

la

fendre ou se briser.

tel

risque, surtout lors-

lui

coûter de longs jours

donc de préférence sur dégourdi, c'est-à-dire sur

les pièces

ayant déjà subi une cuisson partielle.

La composition

arrêtée d'avance est reportée sur la pièce au

ou de dessins piqués

et

moyen de

calques

poncés.

Puis les couleurs sont étendues au pinceau, ou encore, rendues assez liquides, moyen d'un pulvérisateur lorsque de grandes surfaces sont à couvrir. Ce procédé, très rapide du reste, permet aussi des effets très intéressants de dégradés.

au

Notons encore que,

la couleur sèche, on peut faire des enlevés en Les couleurs employées pour ce genre de décoration sont presque infusibles, et peu nombreuses

On

malheureusement. dant

peut cepen-

disposer d'une qui,

pour

être

restreinte,

150

gamme assez

permet

grattant.


M

ricvrito

de

1^

kZo* de haut^^ux

ùmx prults rouqe-vip. fleurit d'avril p-leursJjLcvnches. et

juin.

trtci.^o^.

DébatL c^e

pourtant des effets intéressants et

et

Le rouge,

harmonieux.

bleu,

noir

le

le

jaune, le brun

le vert, le

trouvent bien

s'y

représentés.

La pièce munie de

sa couverte

est cuite ensuite et terminée. 11

est à

remarquer

ici

qu'en

un seul passage au four, en une seule cuisson, la pièce crue est

transformée celaine

,

en

grès

,

poterie, et

sort

portoute

décorée, prête à l'usage en un

mot.

Pour verte

,

simple,

la

le s'il

peinture

sur

procédé

est

plus

permet des

effets

cou-

moins nombreux.

i


La

y traçant son ornementamoyen d'un mucilage ou

pièce, cuite avec sa couverte et terminée, l'artiste,

délayées au tion, dépose au pinceau ses couleurs fusibles d'essence destinés à les faire adhérer à

On

cuit ensuite.

Les couleurs

et la

mélangent, ne faisant plus qu'une

la

surface polie de la pièce déjà émaillée.

même

couverte étant de

même

substance.

On

nature, fondent et se

obtient ainsi des

tations brillantes et solides, remplaçant avantageusement

celles

ornemen-

obtenues au feu de

moufle, ternes et peu résistantes.

Les couleurs

pour

la

peinture

sur

couverte sont

étendent d'autant nos moyens d'action. Du reste, la beauté de matière de l'ornementation

déjà plus

ainsi

nombreuses

et

obtenue nous fera sans peine délaisser les colorations

certes plus va-

du

riées feu,

petit

mais com-

bien ternes et

peu

solides;

alors

que cel-

les-là

font corps la

pièce,

qu'elles

déco-

avec

rent ainsi admi-

rablement. est, on le Notons encore, comme moyen d'ornementation dont on peut

procédé

le

Le

voit, des plus simples, et aussi des plus artistiques. tirer très

bon

parti,

procédé des couvertes juxtaposées. convenablement Ce n'est, somme toute, qu'une mosaïque de couvertes diverses,

prévue et tracée à l'avance. choisies et déposées suivant une ornementation petit feu, Nous arrivons maintenant à la décoration au feu de moufle, ou au faïence ou sur porcedécoration spécialement appelée, et pour cause, peinture sur laine.

Combien

hélas, ce

procédé

si

facile, a-t-il

permis

la

création de pièces où

l'art

n'entre pour rien?

une maîtrise N'avons-nous pas vu, trop souvent, ces décors somptueux, où aux flancs d'un d'exécution venait malheureusement s'égarer dans la représentation, vase, d'une scène d'histoire

ou de mythologie!

fameux, que Scènes puisées aux meilleures sources, du reste, copies de tableaux 152.


certes,

Rubens

ni

ni

Raphaël n'avaient conçus

en

de

vue

cette

destination bizarre

!

Et n'a-t-on pas vu, dans

temps

un

éloigné

de

peu

nous,

la

Tcx.s5e a.

manufacture de Sèvres

tisane^.

y employer les meilleurs de ses artistes et de ses praticiens. Mais ce temps n'est plus, certes, et la composition d'une orne-

Eucalyptus

mentation est plus raisonnée de nos jours, mieux appropriée à

forme

la

et à l'objet qui doivent la recevoir.

Disons donc quelques mots de

la

peinture cuisant au petit feu, en espérant bien

cependant voir son emploi moins fréquent de jour en jour.

Les couleurs en poudre sont broyées sur une glace dépolie au moyen d'une molette,

et

sont délayées

moyen

au

d'essence

de

térébenthine

et

d'huile

de

lavande.

On

pose sur

les

la

pièce

à

décorer à l'aide de pinceaux.

Pour

les

teintes

uniformes, on se sert de putois, pinceaux coupés carrément, avec lesquels on

tamponne

la

couleur en tons unis ou dégradés.

La décoration achevée, cuisson,

s'il

pièce séchée est cuite au feu de moufle.

la

est nécessaire, et

retouche que

suit

une autre cuisson.

Le décorateur ne pouvant en génése rendre compte,

ral

avant

la cuis-

son, de ce que donneront les couleurs

employées, devra

les essayer sur

des

échantillons, cuits ensuite, et qui le fixeront à cet égard. 11

va sans dire que les métaux pour-

ront être

employés, or, platine ou

argent, et serviront soit à rehausser

des compositions colorées, soit à for-

mer eux-mêmes des ornementations variées.

Les mé-

Après

la

en cas de couleurs mal venues, on procède à une

~

k ccK.ft eb 50vi coupe "Pervenche/

Tcvâae

taux, fine153


ment broyés

et réduits

en poudre impalpable, sont mélangés à leur fondant, au

d'essence de térébenthine épaisse.

moyen

On

une

Bot

k

comme

applique ensuite au pinceau,

couleur

conque,

eau,

quel-

on

et

cuit

après dessiccation.

et

Au

cvivette^

métal non

le

vectet)

du

sortir

alors est bruni

fil- 2-07

de

acquérir

pour

l'éclat,

moyen de

au

four,

brillant

brunis-

soirs d'agate.

Ce que nous avons de

dit

peinture sur

la

porcelaine peut s'appliquer à la peinture laquelle

sur faïence,

peu

diffère

de

la

première.

Nous avons

ainsi

passé très rapidement

en revue les opérations successives né-

cessaires à la fabrication et à la décora-

d'une

tion

poterie.

Sans doute cet aperçu mais

il

peut

suffire,

de cette industrie,

croyons-nous, si

artistique lorsqu'elle est bien traitée, et

incomplet;

est-il

permettra de se rendre compte de

et

la

technique

intimement

si

liée à

notre vie journalière.

Nous ne nous sommes préoccupés Mais

il

forme

va sans dire que

le

ici

que de l'ornementation

même

décorateur mettra tous ses soins à

du vase qui doit recevoir

cette

ornementation.

la

Et que

cette

devra pas se contenter d'être belle en elle-même, mais qu'en plus emploi

facile et rationnel,

bonne en un mot

154

Si

à l'usage auquel

on

l'a

de

la

poterie.

recherche de

elle

la

forme ne sera d'un

destinée.


B rapiers peints et étofjes imprimées

peu ancien.

E papier peint est d'un emploi relativement servait

surtout

d'étoffes de

ces tentures

On

aux siècles précédents,

soie,

pour tendre

de laine ou de coton. Mais

le

les

On

se

murs,

prix élevé de

chercher un procédé de décoration moins coûteux.

fit

employa alors du papier

murs,

collé sur les

décoré de

et

motifs au pochoir.

Mais ce procédé long et

trouva remplacé vers

se

ment

ne tarda pas lui-même

milieu du

le

xviii' siècle

les papiers peints à la planche,

les papiers

papier peint propre-

le

se fait

jours la longueur indéfinie que

Pour un rouleau, vingt-quatre

sement.

On

de nos jours encore on

le fait

pour

sur lequel on imprimait alors étant fabriqué à la main, ne pouvait

comme de nos

nique.

comme

lui

donne

feuilles étaient collées

imprimait ensuite. Maintenant, non seulement

mécaniquement, mais depuis

le

la fabrication

méca-

bout à bout soigneu-

la fabrication

du papier

milieu du xix° siècle, l'impression mécanique

remplace peu à peu l'impression manuelle,

celle-ci

rarement pour des papiers artistiques. Et malgré

n'étant

la perfection,

plus employée à cause

même

que

peut-

de cette perfection obtenue dans l'impression mécanique, nous regrettons

vieille

on

de tirage très soigné.

Le papier

impression à

la

planche

particulière à ses produits la

abandonné,

substitua aux parties ajourées du pochoir des parties de bois en relief et

imprima

être

par

à être

dit.

On

avoir

et dispendieux

:

;

car toujours le travail manuel

la

donne une saveur

une légère imperfection, une sorte de vibration dans

matière pour ainsi dire, à peine perceptible à l'étude, et qui cependant charme

notre œil et notre esprit.

On

ne peut cependant qu'admirer les machines ingénieuses,

155

imprimant

sans


arrêt et d'un seul indéfinis,

coup en une, deux, quatre, jusqu'à vingt-six couleurs, des papiers

coupés ensuite régulièrement en rouleaux de huit mètres. cette fabrication plus tard. Arrêtons-nous maintenant à

Mais nous verrons

quelques considérations générales sur

le

papier peint.

Ces considérations seront de deux genres Considérons donc

le

pour remplir au mieux

La première Le papier

est

:

esthétiques et techniques.

papier peint en général, et les qualités les

conditions imposées par

la

qu'il doit

présenter

décoration intérieure.

une condition de bonne adaptation.

peint est un décor de surface plane. 156

11

doit

donc avant tout conserver


ITluquet au mur qui

autoir

cette

surface

le ;

reçoit le caractère plan de

ne pas donner

l'illusion

de

trous ou de bosses, ne pas inquiéter l'œil; en un mot, ne pas déformer son support. Ceci, du reste, est un principe commun à toute ornementation de surface.

Vient ensuite franc, quel que

ou surcharges,

la

composition

soit le principe si

le parti

même du

papier. Celle-ci doit être d'un parti bien

adopté; ou d'une homogénéité parfaite, sans vides

l'exige;

ou

alors, nettement tranché.

comporte des lignes voulues, diagonales, horizontales,

Et

si

verticales,

la

composition

que

celles-ci

soient accusées avec force, car elles trouvent des emplois divers et bien définis.

Nous connaissons en reçoivent,

effet l'influence

qu'ont les lignes sur les surfaces qui les

d'allonger en quelque sorte celles-ci dans leur direction propre. C'est 158


ainsi

que sur un mur, par exemple, des verticales en élèvent

la surface, et

que des

horizontales l'abaissent au contraire.

On

voit

possèdent

donc tout

le parti

que pourra

décorateur de ces propriétés que

les lignes.

Pour une pièce basse,

à laquelle

très accusées

s'impose.

verticales

tirer le

on veut donner de

Au

l'élévation,

contraire, pour une

une décoration à

pièce que

l'on

veut

agrandir, les horizontales doivent être choisies. Et plus les lignes seront accusées,

plus la sensation sera vive, plus

On

l'effet

ne saurait apporter trop de soin

voulu à la

et

cherché sera parfait.

composition des motifs qui,

comme dans En effet,

le

papier peint, se répètent un grand nombre de fois sur une

si

ce motif présente une défectuosité, la propriété que possède la répétition d'ac-

centuer

le

motif,

même

surface.

s'empresse d'accuser fortement cette défectuosité, qui pouvait

159


était isolé,

mais qui devient insupportable lors de

la juxtaposition

des nombreux

motifs décorant un mur. 11

va sans

que

dire

coloration nous vient

la

ici

en aide, et qu'un motif d'un

dessin trop accentué, par exemple, pourra devenir acceptable lorsque

la

coloration

en aura été descendue proportionnellement; qu'un parti trop accusé pourra être adouci de la même manière, alors qu'un parti trop faible pourra être rendu plus

ferme par une coloration voulue, plus vive

La coloration du papier

En 11

peint,

en

effet,

et plus tranchée.

joue un grand rôle dans cette industrie.

général, elle doit être discrète, ne tirant pas l'œil, ne forçant pas l'attention.

est indéniable

en

effet

que dans une ornementation intérieure,

le

papier peint

n'est qu'une ornementation accessoire, ne valant surtout que par la coloration et l'ambiance qu'elle crée; que son but principal est de dissimuler à l'œil les matériaux

de construction souvent d'un aspect rude

Ce

que nous chercherons avant tout,

et

désagréable.

c'est

i6o

donc l'harmonie. Que

les

gammes


Primevère

de Chine.

p,

.>

f Icxnte de 2/ - de haut, fleurs bUnches^roses ou rouqep. tachè-es de.Jcxun.e.Tlqe5 rouqes. fleurit de déce^mbre. soient claires les

En par

rendre harmonieuses,

effet,

suite

la

et

ou foncées, nous nous efforcerons de

répondant bien

un papier est composé de façon

à la destination

du papier. doit décorer

différente, suivant qu'il

une antichambre ou un salon, une

salle à

manger ou une chambre

à

coucher.

Alors que pour très claires,

le

les ors

salon la distinction devra s'allier à la richesse,

souvent nous seront demandés.

Plus

les

plus gaies, une composition plus libre, nous seront permis pour

gammes

manger, alors que l'antichambre se tiendra dans des gammes effacées

un semis

suffisant le plus

gammes

de laisser-aller,

des

la salle à

et discrètes,

souvent; les chambres à coucher devront donner l'impres-

sion du calme et du repos aussi bien dans la composition large et sobre que dans la

coloration tranquille et harmonieuse.

Mais dans tous

les cas,

recherche de l'harmonie avant tout. Et celle-ci s'obtient,

non par l'affadissement des

tons, mais par le choix judicieux et l'équilibre de leur

qualité et de leurs valeurs.

Du

reste,

comme nous

l'avons vu déjà, le papier peint, devant nécessairement

présenter une surface plane, ne nous permettra pas l'emploi de valeurs très écartées, ni

Dans

de modelés excessifs. ces compositions, valant surtout par la couleur, un dessin simple, des tons

à plat sont ce qu'il

y

a

de mieux. Et

si

un modelé nous est imposé,

qu'il soit tout

i6i

I

i


I

avec

l'éclairage

naturel

de

la

pièce placé souvent différemment.

Enfin et surtout, dans cette industrie

tons-nous de

faire

rendre au procédé

le

comme dans les autres du reste, contenmaximum d'effets pratiquement possibles,

sans chercher l'imitation de procédés différents.

A

quoi

bon

faire

des imitations

sionnant personne, et à quoi

bon