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Sciences Occultes Arts

Photographie

NumĂŠro 2 : The Winter Issue

Mode


Edito Editor in Chief / Translation Editrice en chef / Traduction Janis Ganga janisganga@sciencesoccultes.fr

Art Director / Illustrator Directeur Artistique / Illustrateur

Redactor / Editorialist Rédactrice / Editorialiste

Jean Baptiste Dumond jbdumond@sciencesoccultes.fr

Pam grossman phantasmaphile@gmail.com

Redactors / Rédaction

Sarah Evers sarah@sarahevers.com

Anna Forest annarforrest@hotmail.com

Priscillia Amey priscillia.amey@gmail.com

Justin Beal bealesque@gmail.com

Alec Remington alec.remington@gmail.com

JEAN-FRANCOIS A. adjabahouejf@hotmail.fr

Siège / Head Office :

Photography Couverture : Lauren Treece Illustrations : Jean Baptiste Dumond

10, Rue du Roc 30250 Junas FRANCE

Remerciements : Lauren Treece, Janeth Davalos, Fiona Torre, Isaure Anska, Isolde Woudstra, Justin Beal, Alec Remington, Jeff Adjabahoué, Sarah Evers, Anna Forest, Enka Turkeshi, Julie Gasiglia, Svenja Pitz, Krist Mort, Pam Grossman, Priscillia Amey, Jean Baptiste Dumond, Joelle Gonzalez, Pagan Poetry, Vincent Coulon, …

Tel : +33(0)669321240 Email : contact@sciencesoccultes.fr Site : www.sciencesoccultes.fr

All work featured in the magazine remains the property of the artists and will be used only for this issue with their agreement.

N°2 : Janvier - Février - Mars 2013 Prochaine parution: N°3 : Avril - Mai - Juin 2013

Tout les travaux présentés dans le magazine reste la propriété des artistes et seront utilisés seulement pour ce numéro avec leur accord.

Impression : Yatooprint Montpellier

PEFC/10-31-2509

Edité par : Viedourle Siret : 444 531 446

Tout droits de reproductions réservés.

Sciences Occultes ® 2012

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N°ISSN : 2261-9844


We write this in the thick of winter, the sky heavy and gray, a bite in the air, and every now and again, a swirl of snow. It’s the harshest season, no doubt, so often associated with death and barrenness but we think there’s a romance to it as well. Now is the time for candles, cloaks, and keeping one another close. These pages have us embracing the darkness, and celebrating all that shimmers in the cold.

Nous écrivons cet éditorial dans l’épaisseur de l’hiver, le ciel est lourd et gris, le vent devient mordant, et de temps en temps la neige tombe en tourbillons. C’est sans aucun doute la plus dure saison de l’année, celle si souvent associée à la mort et à la stérilité – mais nous parvenons quand même à trouver une part d’Amour à travers tout cela. C’est le moment d’allumer des bougies, de mettre notre manteau, et de garder les gens que nous aimons à proximité. Ces quelques pages vous permettront d’embrasser l’obscurité et de célébrer tout ce qui scintille dans le froid.

We seek the beauty in the bleak, and elevate the stark to the level of elegance. Julie Gasiglia’s Iceland photographs showcase crystalline expanses and ice-blue water, making us long to roam there, wind whipped and rosy-cheeked. Janeth Davalos’ intricate drawings remind us that one can have spectacular visions in only black and white.

Les photos de Julie Gasiglia présentent des étendues cristallines et des eaux bleu glacier, nous permettant de nous évader pour un temps en Islande, les joues roses et fouettées par le vent. La complexité des dessins de Janeth Davalos nous rappellent que nous pouvons avoir des visions spectaculaires uniquement en noir et blanc.

In this issue we also reclaim the image of the witch, a marginalized and chronically misunderstood archetype. Hedi Slimane’s designs for Yves Saint Laurent’s Spring/Summer line have pointy hats and shadowy silhouettes: hallowed haute couture. Photographers Isaure Anska and Lauren Treece both view their female subjects through a powerful and pagan lens. Pam Grossman’s Midwinter Rituals article strokes the fire witch in all of us. And we see lots of capes and leather boots in our fashion editorials, perfect for sabbat gatherings with your secret sisters.

Dans ce numéro, nous avons également souhaité reprendre l’image de la sorcière, un archétype marginalisé et chroniquement mal compris. Les dessins d’Hedi Slimane pour la collection printemps/été d’Yves Saint-Laurent sont remplis de chapeaux pointus et de silhouettes sombres : la haute couture sanctifiée. Les photographes Isaure Anska et Lauren Treece nous présentent le sexe féminin à travers un objectif puissant et païen. L’article de Pam Grossman sur les rituels hivernaux réveillera la sorcière de feu en chacun de nous. Vous trouverez dans nos éditoriaux de mode beaucoup de capes et de bottes en cuir, idéal pour les sabbats avec vos soeurs secrètes.

February 10th marks the Lunar Year of the Snake. As with winter and witches, serpents are frequently assigned negative connotations, but have deep, beautiful magick once you get to know them. Snakes are connected with regenerative forces. They shed their skins, and thus embody the power of cycles; of birth, death, and resurrection. These creatures teach us this sacred lesson: life is a coiling spiral, constantly in flux. We know that though the world looks spare, there are in fact seeds and roots buried beneath the hard ground, getting ready to unfurl upwards. But for now, this is the time to turn inwards. To hibernate, meditate, cast off decay, and nourish all that’s growing within us.

Cependant si vous souffrez d’un cas particulièrement récurrent de déprime hivernale, nous vous offrirons quelques soulagements floraux ainsi qu’un petit aperçu du printemps grâce aux photos pré-raphaéliques de Svenja Pitz. Notre article sur la médecine par les plantes est lui, plein à craquer de vitalité et de guérisons verdoyantes. Le 10 février a marqué le début de l’année lunaire du serpent. Comme pour l’hiver et les sorcières, les serpents sont souvent associés à des connotations négatives, mais ont une profonde et magnifique force magique lorsque vous apprenez à les connaître. Le symbole du serpent est connecté avec les forces régénératrices. Ils muent, et incarnent donc le pouvoir des cycles ; la naissance, la mort et la résurrection. Ces créature nous enseigne une leçon sacrée : la vie est une spirale, constamment en mouvement. Nous savons que si la nature semble morte, il y a en fait des graines et des racines enfouies sous le sol dur, n’attendant que le printemps pour déferler vers le haut. Mais pour l’heure, le moment est venu de se replier sur soi-même pour hiberner, méditer et pour nourrir tout ce qu’y est en train de germer en nous.

Should you be suffering from a particularly rough case of the winter blues, however, we do offer plenty of floral relief and spring inklings for you as well. Svenja Pitz channels the Pre-Raphaelites in her photographs, garlands in their hair and all. Our Plants as Medicine article is chock full of vitality and viridescent healing. And if your sights are already set on summer, a seashell cameo in our Bleach Valley Girl spread should scratch your itch.

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Sommaire

Editorial

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Editorial

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Summary

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Sommaire

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Emerging Photographer

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Photographe Emergent : Krist Mort

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Emerging Artist

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Artiste Emergent : Janeth Davalos

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Emerging Brand

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Marque Emergente : Pagan Poetry

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Interview

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Interview : Lauren Treece

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Fashion Editorial

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Editorial de mode : Isolde Woudstra

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Fashion Editorial

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Editorial de mode : Fiona Torre & Lisa Boostani

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Fashion Editorial

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Editorial de mode : Caitlin Bellah

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Portfolio Review

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Portfolio : Isaure Anska

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Portfolio Review

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Portfolio : Svenja Pitz

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Tradition

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Tradition : Midwinter Rituals, by Pam Grossman

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CinĂŠma : Terrence Malick

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Musique : Playlist 2013

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Cinema Review / Music Review / Fashion Review

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Mode : Yves Saint Laurent S/S 2013

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Plants

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Plantes : Plants as Medicine

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Tourism

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Tourisme : Iceland, by Julie Gasiglia

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Emerging Photographer

Krist Mort

Krist Mort, a photographer born and raised in Austria,has a unique perspective on photography as a medium. Her interest in photography began when she started modelling, travelling the world seeing photography through different lenses. Being in front of the camera sparked a desire to be behind the camera, controlling the image and projecting her own imagination into the art. Krist’s modelling experience is very useful, for she is the subject in many of her photographs. Starting with a background in modelling, Krist is very in touch with the human body and likes to utilize it in her photographs. Some of her photographs include nudity, for Krist is very comfortable with herself and sees the human body as a vessel that encapsulates something far greater than its skin. Krist grew up in Austria, always immersed in nature, whether it be mountains of forests; this connection with nature is very present in her photography. She likes to absorb nature through experiencing the extremes of weather as well as taking long walks, plunging herself into the wilderness of nature. When she is not taking photographs, Krist likes to hike and travel, nature never seems to leave her side.

Krist Mort, notre photographe émergente, donne une perspective unique de la photographie comme support. Son intérêt pour la photographie a débuté alors qu’elle était mannequin, parcourant le monde, découvrant la photographie à travers différents objectifs. Être devant l’appareil a déclenché chez elle le désir de passer derrière l’objectif, pouvoir contrôler l’image et projeter sa propre imagination à travers l’art. L’expérience que Krist a pu acquérir en tant que modèle lui sert énormément aujourd’hui car elle est bien souvent le sujet de ses photographies. La majeure partie de son travail est basée sur la nudité féminine que Krist représente bien au-delà de la seule apparence physique. Elle grandit en Autriche, toujours plongée dans la nature, que ce soit en montagne ou en forêt ; ce lien qu’elle entretient avec la nature est très présent dans son œuvre. Elle aime observer la nature à travers l’expérience de conditions météorologiques extrêmes, ainsi que de longues promenades qui lui permettent de se plonger dans les étendues sauvages. Quand elle n’est pas en train de prendre des photos, Krist aime aussi faire de la randonnée et voyager.

One of the many artists that Krist respects creatively is Andy Goldsworthy, a british sculptor and photographer. Krist admires him particularly for his use of nature in his work; Andy Goldsworthy often uses pieces of nature, such as rocks, flowers, and snow, in his sculptures. Krist also utilizes nature in a similar fashion in her photographs; her photographs are often centered in a forest or another natural habitat, taking advantage of the mystical aspect of the earth.

Un des nombreux artistes qui inspire Krist créativement est Andy Goldsworthy, un sculpteur et photographe britannique. Elle l’admire surtout pour la représentation de la nature dans son travail; Andy Goldsworthy utilise souvent des objets naturels, tels que des rochers, des fleurs, ou de la neige dans ses sculptures. Krist utilise la nature de la même façon dans ses photographies, mettant souvent en scène une forêt ou un autre habitat naturel, profitant de l’aspect mystique de la terre.

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Emerging Photographer

Elle trouve aussi son inspiration dans les anciennes cultures, la mythologie et dans le monde. La spiritualité et l’occultisme sont des thèmes récurrents dans son travail, elle utilise des symboles comme les crânes (animaux ou humains) ainsi que des pentagrammes et autres imageries mystérieuses. Ses images ont un aspect très brut et irréel; Krist préfère ne pas les altérer avec Photoshop ou d’autres outils d’édition. Les photographies de Krist Mort sont tout à fait uniques, car en combinant des thèmes tels que la terre, les sciences occultes, et le corps humain elle réalise de magnifiques œuvres.

She finds inspiration in nature, as well as mythology and world cultures. Spirituality and the occult is a very prominent theme in her work; she uses symbols suchs a skulls (both animal and human) as well as pentagram and other mysterious imagery. Krist prefers to not alter her images with Photoshop and other editing tools. One of the many artists that Krist respects creatively is Andy Goldsworthy, a british sculptor and photographer. Krist admires him particularly for his use of nature in his work; Andy Goldsworthy often uses pieces of nature, such as rocks, flowers, and snow, in his sculptures. Krist Mort’s photography is very unique, for her use of the earth, the occult, and the human body combines to form beautiful photography.

Sarah Evers

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Emerging Photographer

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http://kristmort.com/

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Emerging Artist

Janeth Davalos Janeth Davalos, eighteen years old and a resident of Dallas, Texas, is a dreamer, her illustrations evolve with her mood, bringing a dreamlike quality to many of her drawings. She grew up in Texas, only taking one art class in high school, but an enthusiasm for art has been running through her for the entirety of her life.

Janeth Davalos est une rêveuse. Cette artiste de 18ans, crée des illustrations qui évoluent avec son humeur, ce qui apporte une dimension onirique à la plupart de ses dessins. Janeth a grandi au Texas et a prit un unique cours de dessin dans sa vie, mais l’art est primordial pour elle.

Her artwork began as merely a hobby, but Janeth’s passion for drawing grew as she came to realize how illustration revealed new aspects of herself. “I understand more of what’s in my soul as I draw,” she says, for drawing helps her to express emotions that are ineffable. Janeth’s artwork is primarily done in black and white, using pencils, crayons, and black ink pens as her tools. Because of the intricacy of her illustrations, the mesmerizing lines and patterns, she favors black and white to simplify the drawings, to not divert the viewer’s attention from the details of the drawing. Her favorite piece, a pencil drawing that took her forty minutes to complete, demonstrates one of the key concepts that run throughout her work; she does not like to sketch or erase, plan or rethink. She likes to surprise herself with the direction that her artwork takes, she lets her pen run freely across the page, not interfering with her artistic instincts.

Au départ le dessin est un simple passetemps pour Janeth, passe-temps qui se transforme vite en passion lorsqu’elle découvre que dessiner révèle un nouvel aspect d’elle-même. «Je comprends mieux ce qu’il y a dans mon âme quand je dessine». Le dessin l’aide à exprimer des émotions ineffables, dit-elle. Ses dessins sont principalement en noir et blanc ; elle utilise des crayons, des stylos et de l’encre noire comme outils. En raison de la complexité de ses illustrations, des lignes et des motifs envoutants, elle favorise le noir et blanc à la couleur, pour simplifier ses dessins, pour ne pas détourner l’attention de l’observateur sur les détails. Sa pièce préférée : un dessin au crayon qu’elle a réalisé en quarante minutes, qui démontre l’un des concepts clés de son travail. Elle n’aime pas esquisser, effacer, ou repenser ses dessins. Elle aime se surprendre de la direction que prend son œuvre. Elle aime laisser sa plume courir librement à travers la page, ne pas interférer avec ses instincts artistiques.

Janeth draws inspiration from other artists as well as poets and musicians; her favorites include Frida Kahlo, Pablo Neruda, and CocoRosie. She also likes to find inspiration in her older drawings, she examines them, reflecting on how her style and technique has improved over time. This motivates Janeth to continue enhancing her artwork. Janeth plans to work with a local gallery to display some of her work and she is opening a print shop that will be open in February. Janeth’s work has shown a great evolution in her talent and artistic capabilities, and her work continues to get better and better, adding new dimensions to her previous work.

Janeth s’inspire d’autres artistes, ainsi que de poètes et de musiciens, ses favoris étant Frida Kahlo, Pablo Neruda et CocoRosie. Elle aime aussi trouver l’inspiration dans ses anciens dessins, elle les examine, en étudiant l’évolution de son style et de sa technique. Janeth prévoit de travailler avec une galerie d’art locale pour exposer une partie de son travail, mais elle ouvre aussi un atelier d’imprimerie à partir de février.

Sarah Evers 12


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Emerging Artist

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Emerging Artist

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http://www.flickr.com/photos/oslaxoiha/

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Emerging Brand

Pagan Poetry

Photo: Ellen Rogers

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Issue d’une famille d’artisans : un grand-père architecte et ébéniste, une mère orfèvre, Diane Schuh a été encouragée à développer son âme créatrice à un âge précoce. Initialement formée et qualifiée pour être architecte paysagiste, elle se trouvait sur un chemin qui n’était pas vraiment celui de son cœur. Préférant participer à quelque chose de plus tactile, moins conceptuel, et impliquant à la fois l’art et la sculpture (matière ?), Diane a donné vie à Pagan Poetry. Pagan Poetry est un nom qu’elle a créé à partir de la combinaison de ses centres d’intérêt : l’ethnologie, le chamanisme, l’art, l’artisanat et son désir de raconter des histoires. Ses bijoux sont audacieux, forts et pourtant magnifiquement fragiles. Chaque pièce donne l’ impression de faire référence à des mythes antiques et indigènes. Ses œuvres sont des représentations empreintes de culture et de tradition, fabriquées dans la forme la plus pure de l’art et de l’artisanat.

Residing from a family of artisans; her grandfather an architect and a cabinet maker, and her mother a silversmith, Diane’s creative soul was encouraged to flourish from an early age. Originally trained and qualified as a landscape architect, she found herself on a path that did not quite ignite her soul. Preferring to participate in something more tactile, not conceptual, involving both art and sculpture, Diane gave life to Pagan Poetry. Pagan Poetry is a name that transpired from a combination of Diane Schuh’s interests in Ethnology, shamanism, artistry and craft and her desire and love of telling stories. Her jewellery is bold, strong and yet beautifully fragile. Every piece marks expressions that lay reference to ancient myths and native cultures. Her pieces are wearable representations of cultures and traditions, made in the truest form of art and craftsmanship. Hugely influenced by ethnologic books and writers such as Paul Emile Victor, Jean Malaurie and Pierre Clastres, Diane finds herself transported into other civilizations, giving her insight into the many different ways in which to see and understand the world around us. The starting point for a new collection always comes from books or music. Bjork’s song of the same name, is no coincidence, Diane was deeply inspired by the lyrics and meaning of the song. Each collection has a different theme or heroine expressing Diane’s own interpretation of stories, revealing her personal and poetic universe.

Largement influencée par les livres d’ethnologie et les écrivains comme Paul Emile Victor, Jean Malaurie et Pierre Clastres, Diane se retrouve transportée dans d’autres civilisations, ce qui lui donne un aperçu des différentes façons d’apréhender le monde qui nous entoure. La chanson de Bjork du même nom, n’est pas une coïncidence, Diane a été profondément inspirée par son sens et ses paroles. Chaque collection a une héroïne ou un thème différent, exprimant son interprétation de l’histoire, révélant son univers personnel et poétique.

For example, Diane found herself incredibly taken by an Inuit game called Knucklebone where each player would re-create everyday scenes using tiny bones. Challenging themes of mortality and morbidity that commonly tend to surround bones, Diane wanted to capture and show that a bone could be transformed into something artistic and beautiful. You only have to look at the resin bone harness to see how she interpreted this. She choses mostly to work with metals such as brass and copper so as to invest more time into the making of each piece instead of into the cost of materials making the jewellery more affordable. She has the ability to manipulate a simple and modest material and make something beautiful. Her pieces range from amulets and harness’ to stunning earrings, necklaces and collars, each piece uniquely made in Paris, France. For the wearer, they are given the opportunity to play a part in Diane’s stories, allowing their own character to shine through.

Par exemple, Diane fut prise d’addiction pour un jeu inuit appelé osselet, où chaque joueur doit recréer des scènes du quotidien à l’aide de petits os. Remettant en question les thèmes de la mortalité et de la morbidité qui entourent bien souvent les os, Diane à voulu capturer et montrer qu’un os peut être transformé en quelque chose de beau et d’artistique. Elle choisit la plupart du temps de travailler avec des métaux moins nobles tels que le laiton ou le cuivre, en privilégiant le temps de fabrication de chaque pièce et ainsi rendre ses bijoux plus abordables. Elle a la capacité de manipuler un matériau simple et modeste et d’en faire quelque chose de beau. Ses œuvres, des amulettes aux harnais et des boucles d’oreilles aux colliers, sont toutes uniques et faites à Paris. Diane donne la possibilité à ses clients de jouer un rôle dans ses propres histoires tout en permettant à leur personnalité de transparaitre.

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Emerging Brand

Photos: Vivienne Mok

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Diane via Pagan Poetry, a travaillé avec de nombreux artistes de talent, des modèles et des photographes telles qu’Ellen Rogers, Pauline Darley, Vivienne Mok, Jeanne Madic et Rebecca Cairns. Chaque partenariat apportant

Diane via Pagan Poetry, has worked with many talented artists,models and photographers such as Ellen Rogers, Pauline Darley, Vivienne Mok, Jeanne Madic and Rebecca Cairns Each partnership and collaboration brings new and undiscovered dimensions to the surface that exist within Diane’s work. Her jewellery is something to be adored and treasured not just because of it’s sheer beauty and artistry but because of the underlying history that influences the creation that is held within each piece. Diane’s jewellery represents stories that are timeless in meaning and each new collection encompasses celebrations of cultural traditions, are statements of the soul and adornments for the body.

une nouvelle dimension à ses oeuvres. Ses bijoux sont précieux, au titre de leur beauté mais aussi à cause de l’histoire sous-jacente qui influe sur la création de chaque pièce. Les bijoux de Diane racontent des histoires intemporelles et chaque nouvelle collection célèbre des traditions culturelles, ce sont des déclarations de l’âme et des ornements pour le corps.

Anna Forest

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Emerging Brand

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http://www.paganpoetry.fr

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Photos: Vivienne Mok


Interview

Lauren Treece

What emotions or feelings do you try to convey in your photographs ?

Quelles émotions ou sentiments essaies-tu de transmettre grâce à tes photos ?

I always hope to convey a feeling of child-like wonder that can sometimes be accompanied by the subtle fear of something not quite tangible or real. I like creating environments that seem more ethereal than the existence we often live out day to day, yet somehow retain a feeling of nostalgia. I like for my photos to be an avenue for escape into a hazy reality that one might wish they could visit from time to time. I am heavily influence by dreams and nightmares and the emotions of excitement, exploration, and sometimes intense unease they can conjure up. Ever since I was a child I have experienced vivid reoccurring dreams that in one way or another usually manifest themselves later on through my artwork. However, like most dreams they are typically very disjointed and bizarre; often not lending themselves to any linear story. I will try to piece together the images that were most vivid in order to breathe life into them again by creating pieces inspired by the emotions felt during the dream state. It is always a wonderful feeling when I hear that someone say a photograph has made them feel nostalgic, uncomfortable, or «familiar». It solidifies what I’m trying to do with my work; which is ultimately connect with other people without the need for words.

J’espère toujours transmettre un sentiment d’émerveillement enfantin qui peut parfois être accompagné par la subtilité d’une crainte tangible ou réelle. J’aime créer des environnements qui semblent plus éthérés que notre quotidien, tout en conservant un sentiment de nostalgie. Je veux que mes photos soient une façon de s’échapper dans une réalité floue que l’on souhaiterait visiter de temps en temps. Je suis fortement influencée par les rêves et les cauchemars, les émotions de l’excitation, de l’exploration et le malaise intense qu’il peuvent parfois évoquer. Depuis que je suis enfant, je fais beaucoup de rêves récurrents qui, d’une manière ou d’une autre, se manifestent habituellement dans mon œuvre. Cependant, comme la plupart des rêves, ils sont généralement très décousus et bizarres ; ils ne suivent pas une histoire linéaire. J’essaye de reconstituer les images qui ont été les plus vives afin de leur insuffler la vie à nouveau, en créant des pièces inspirées par les émotions ressenties durant l’état de rêve. J’ai toujours un sentiment merveilleux quand j’entends quelqu’un dire qu’une photographie l’a fait se sentir nostalgique, mal à l’aise, ou «familier». Cela confirme ce que j’essaie de faire avec mon travail ; c’est à dire se «connecter» aux autres personnes sans avoir besoin de parler. Quels photographes / artistes admires tu ?

Which photographers/artists do you admire ?

Je suis attiré par un grand nombre de peintres du 16ème siècle comme Titien et Rembrandt. J’aime beaucoup les pièces qui mettent l’accent sur la lumière, les ombres et les textures. J’aime l’esthétique de nombreuses peintures baroques aussi. J’essaie de lier dans mes photographies les riches couleurs terreuses et le contraste du clair / obscur des peintures de cette époque. Certains de mes artistes préférés sont Aela Labbé et Cendrine Rovini. Elles sont toutes deux des artistes / photographes françaises dont les œuvres résonnent en moi. Il m’est facile de me perdre dans les mondes, complexes et beaux, qu’elles créent et la tendre honnêteté de leur travail

I’m drawn to a lot of 16th century painters like Titian and Rembrandt. I enjoy pieces that put a lot of emphasis on light, shadows, and textures. I love the aesthetics of many Baroque paintings as well. The rich earthy colors and the contrast of dark and light often seen in paintings of that time are something that I try to tie into my photographs. Some of my favorite recent artists are Aëla Labbé and Cendrine Rovini. Both are French artists/photographers whose works resonate with me. It is easy for me to get lost in the intricate, beautiful worlds they create and the tender honesty in their work.

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Interview

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You’ve said you like to work with polaroid film, what is it that you like about it ?

Tu nous as dis aimer travailler avec des Polaroids, peux-tu nous expliquer pourquoi ?

The unpredictability of the medium, particularly with expired or damaged film. Some of my favorite photographic surprises have come from old film that I’ve stored away for a year or more. Having that balance of disappointment when something does not translate the way you wished and the excitement when a photograph comes out more emotive than you ever imagined is one of the most rewarding aspects of this medium. I also enjoy being able to see the process of my work developing in seconds right before my eyes. It’s literally instant gratification or dismay depending on how the film turns out. Over the past 2 years I have started trying out different 35mm films and love the different possibilities with post processing and manipulation - experimenting with different techniques using acids or bleach to alter photographs. It’s more hand’s on and raw.

L’imprévisibilité, en particulier avec les Polaroids périmés ou endommagés. Mes surprises photographiques préférées sont venues de vieux Polaroïd que j’avais mis à l’abri pendant un an ou plus. L’équilibre entre la déception, quand quelque chose ne se traduit pas comme vous l’attendiez, et l’excitation, quand une photo est plus émotive que vous ne l’auriez imaginée ; c’est l’un des aspects les plus gratifiant de ce support. J’aime aussi être en mesure de voir le processus de développement de mon travail, devant mes yeux, en juste quelques secondes. C’est littéralement la gratification ou la déception instantanée selon comment la photo sort. Au cours des deux dernières années, j’ai essayé différents formats, dont le 35 mm, et j’aime beaucoup les possibilités différentes de manipulation post-traitement. Expérimenter avec différentes techniques, utiliser des acides ou des agents de blanchiment pour modifier les photographies, c’est plus pratique et bien plus brut.

Do you prefer to work in photography or illustration ?

Préfères-tu travailler dans la photographie ou dans l’illustration ?

I started out with painting and illustration. Those two mediums will always be important to me because they have influenced the style of my photography so much. I love photographs that takes on painterly like textures; with high contrasting light and shadows and watery blending colors, reminiscent of Renaissance or Baroque paintings. Discovering photography for the first time was so exciting and challenging that I made it my primary focus and it has developed into my passion over time, but also the medium i’m most self critical of. I think I will continue do work in various mediums and practice other forms of art as well. I’m very fascinated by sculpting, wood and metal work, and other textile based arts. I still get an urge to work on other mediums from time to time. One of my current projects has been ongoing and is a fun project between photography ideas. I have started painting on long strips of 100 year old linen and winding those around giant antique spools so they pull out like Chinese scrolls. I’ve noticed recently that most of the illustration or painting I do is when I hit dry spells in my photography. It’s something I can do that is almost therapeutic and gets my mind back in the place it needs to be; and tends to foster new photo ideas in an unassuming way. However, despite the time I spend on other these other mediums, photography has really remained the most rewarding and exciting outlet for me over the years.

J’ai commencé par la peinture et l’illustration. Ces deux supports seront toujours importants pour moi parce qu’ils ont énormément influencé mon style photographique. J’aime les photos qui reprennent les textures de la peinture ; des lumières et des ombres très contrastées, des mélanges de couleurs rappelant la Renaissance ou les peintures Baroques. Lorsque j’ai découvert la photographie pour la première fois, c’était tellement excitant et stimulant que j’en ai fait mon objectif principal, c’est devenu une passion au fil du temps, mais c’est aussi dans ce domaine que je suis le plus critique avec moi-même. Je pense continuer à travailler sur des supports variés et à pratiquer d’autres formes d’art. Je suis vraiment fascinée par la sculpture sur bois et métal, et par d’autres formes d’arts basés sur les textiles. Par exemple, un de mes projets en cours très amusant sur la photographie : j’ai commencé à peindre sur de longues bandes de toile vieilles de 100 ans et à enrouler les bobines géantes autour d’antiquités afin qu’ils ressemblent à des parchemins chinois. J’ai remarqué récemment que la plupart des illustrations que je fais, je les fais quand je suis en période de sécheresse, photographiquement parlant. Je peux le faire presque thérapeutiquement pour remettre mon esprit à l’endroit où il doit être ; en général, ça m’aide à trouver des idées nouvelles pour mes photos. Cependant, malgré le temps que je passe sur les autres médias, la photographie est vraiment restée le débouché le plus gratifiant et excitant pour moi au fil des ans. Quand as-tu commencé la photographie ? Et le dessin ?

When did you start photographing ? Drawing ? I started getting more serious about illustration in 9th grade. I had a wonderful art instructor who worked with me throughout high school. He introduced me to painting and sculpting as well, helping me with the technical aspects of drawing as well as allowing me artistic freedoms with anything I wanted to pursue. He always emphasized exploring new forms of art in order to find the one medium that truly spoke to me. I discovered photography about 8 years ago. I purchased a 35mm camera from a thrift store and borrowed some film from a friend. My first roll of film was pretty humbling! I realized that it was a lot more difficult to have a photograph bend to my artistic vision and turn out the way I saw it in

J’ai commencé à travailler sérieusement mes illustrations en classe de Seconde. J’ai eu un professeur d’art merveilleux au lycée, il m’a initié à la peinture et à la sculpture, tout en m’aidant avec les aspects techniques du dessin, et en me donnant des libertés artistiques dans tout ce que je voulais entreprendre. Il a toujours insisté pour que j’explore de nouvelles formes d’art afin de trouver le juste milieu, ce qui m’a vraiment parlé. J’ai découvert la photographie il y’a environ 8 ans, en achetant un appareil photo 35 mm dans une friperie et emprunté des pellicules à un ami. Mon premier rouleau de film était assez humiliant ! J’ai réalisé que c’était beaucoup plus difficile pour ma vision artistique, et pour retrouver la façon dont je l’avais vu dans ma tête,

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Interview alors que je m’étais senti plus en contrôle en travaillant sur toile ou avec mes mains. J’ai acheté un appareil photo Polaroid SX-70 et j’ai commencé à explorer différentes techniques et méthodes de traitement, pour obtenir les effets désirés, et c’est ensuite devenu un défi passionnant qui a très rapidement grandi en passion.

my head, whereas, I had felt more control when working on canvas or building with my hands. I purchased a polaroid SX-70 camera and started exploring different techniques and teaching myself methods of processing to get desired effects and it became an exciting challenge that grew into a passion very quickly.

Comment ton enfance a t’elle influencé tes capacités artistiques ?

How did your childhood influence your artistic capabilities ?

J’étais la fille tranquille au fond de la classe, plongée dans un dessin ou dans un livre de contes de fées, très enveloppée dans ma propre imagination, plutôt que de prêter attention à ce qui se passait à l’école - ce qui n’a pas toujours été considéré positivement par mes professeurs. Je me souviens d’un jour à l’école maternelle où mes parents on du venir me chercher plus tôt, car j’avais peins le visage de plusieurs de mes camarades de classe en nymphe des bois, pour ensuite courir dans tout les sens en criant comme des banshees. Malgré les ennuis que cela m’a souvent causé, ma mère, bien que n’étant pas une artiste elle-même, a toujours nourri mon imagination. J’ai des souvenirs merveilleux de jeux dans les bois au crépuscule, de constructions de forts, faits d’aiguilles de pin et de bâtons, d’histoires de fantômes racontées avec les enfants de mon quartier, et l’exploration de maisons abandonnées. Parfois mon père m’emmenait explorer ces lieux, et inventait des histoires sur la vie des gens qui vivaient là avant. Certaines de mes trouvailles favorites au cours de ses aventures étaient de vieilles photographies, des boites de lettres oubliées, des albums, qui racontaient des histoires d’étrangers et de leurs vies. Il y avait quelque chose d’effrayant et de mystérieux dans ces endroits tranquilles, apparemment négligé par tout le monde, et je pouvais les explorer en toute intimité. L’autre fait important qui a influencé mon travail sont les rêves dont j’ai pu me souvenir. Depuis que je suis jeune, j’ai toujours conservé les détails des rêves et des cauchemars. J’ai été victime de terreurs nocturnes pendant des années, et même si elles n’étaient pas assez claires pour que je m’en souvienne à long terme, certaines resterons avec moi pour le reste de ma vie. Encore aujourd’hui, il m’arrive de faire des rêves dont je me rappelle et qui m’ont souvent inspiré d’une façon ou d’une autre, même si je trouve qu’il est difficile de les retranscrire à travers une photographie. Je suis persuadée qu’ils ont encore un rôle majeur à jouer dans l’esthétique de mon travail. Quelque soit le soutien incroyable de ma famille, je suis certainement l’intruse. Ma petite sœur est intéressé par l’écriture et la musique, mais personne d’autre dans ma famille ne se concentre sur l’art ou en a fait une priorité dans sa vie. Je viens d’une famille centrée sur les mathématiques et les sciences, pleine de médecins, de biologistes et d’ingénieurs…

I was the quiet little girl in the back corner of class engrossed in a drawing or book of fairytales, very much wrapped up in my own imagination rather than paying attention to what was taking place in school - which was not always positively regarded by my teachers. I remember one day in Kindergarten being picked up early from school for painting the faces of several of my classmates in the style of wood nymphs and running around the playground crying out like little banshees. Despite getting into trouble frequently, my mom, though not being an artist herself, was always nurturing my imagination. I have wonderful memories of playing in the woods at dusk and building forts out of pine needles and sticks, telling ghost stories with kids around my neighborhood, and exploring abandoned houses. Sometimes my dad would explore these places with me and make up stories to enthrall me about lives of the people who once lived there. Some of my favorite explorative finds during these adventures were old photographs. Boxes of forgotten letters and albums that told stories of strangers and their lives. There was something chilling and mysterious about discovering overgrown quiet places, seemingly uncared for by everyone else where I could explore in privacy. Another significant part of my childhood that I feel has influenced my art are the dreams I’ve been able to remember. since I was fairly young I’ve always retained details from dreams and nightmares. I used to get night terrors for years and although most of those were not clear enough to remember long term, others stuck with me my entire life. Even now, I experience dreams that I can recall on a nightly basis and I’m often inspired by them in some way, even if I find it difficult to solidify them through my photographs. I believe they still play and important role for the aesthetic that I’m drawn to. Regardless of the incredible support from my family, I am definitely the odd one. My little sister is interested in writing and music but nobody else in my family focuses on art or makes it a priority in their lives. I come from a family centered around mathematics and science; doctors, biologists, engineers, etc. What do you love most about art ?

Qu’est-ce que tu aimes le plus à propos de l’art ?

Creating physical forms of the thoughts and dreams in my head so that I can share those with others and possibly relate to a stranger on the other side of the world in a way that is wholly pure and honest. I love that it is such an emotive method of communication ideas that are sometimes very difficult, as least for me, to verbalize. I love that it is something that I will always have when other foundations in my life become unstable or unpredictable.

La création de formes physiques à partir de mes pensées et de mes rêves pour pouvoir les partager avec les autres, et peut-être me lier à un inconnu de l’autre côté du monde dans un esprit tout à fait pur et honnête. J’aime cette méthode tellement émotive de communiquer des idées qui sont parfois très difficiles, du moins pour moi, à verbaliser. J’aime aussi le fait de savoir que je conserverai cet art même si ma vie devient instable ou imprévisible.

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Interview Do you have any projects, collaborative or not, coming up ?

As-tu des projets, en collaboration ou non, à venir ?

I have a few photo shoots coming up this winter for a couple different publications and some record cover projects. I also plan to build a series of large marionettes to perform in a medicine gypsy show, collaborating with some friends who started their own travelling puppetry troupe which they perform for children around the country. Presently, I am working on illustrations for an educational based children’s book centered around dreams and physics and hope to continue working with the author on a series.

J’ai quelques séances photos à venir cet hiver pour deux différentes publications et certains projets de pochettes de disques. J’ai aussi l’intention de construire une série de grandes marionnettes pour jouer dans un spectacle de médecine tzigane, en collaboration avec quelques amis qui ont monté leur propre troupe de marionnettes. Ils voyagent dans tout le pays pour les enfants. Actuellement, je travaille sur des illustrations pour un livre d’enfants axé sur l’éducation, autour des rêves et de la physique et j’espère continuer à travailler avec l’auteur sur une nouvelle série.

What goals do you have set for your future in terms of your work ?

Quels objectifs t’es tu fixé pour l’avenir en terme de travail ?

My primary goals is to be self sustaining enough in my art that I can afford to travel and participate in multiple projects and collaborate with other artists. I want to continue evolving my own style based on my experiences and see my work change and grow with me over time. I am planning to make and publish a book of my photographs within the next year. Aside from my personal artistic endeavors, I also work doing art therapy for adults with mental illnesses. I would love to continue working with them and sharing creativity with all the wonderful people I meet in that field.

Mes principaux objectifs sont de vivre de mon art, ce qui pourrait me permettre de voyager et de participer à de multiples projets et de collaborer avec d’autres artistes. Je veux continuer à faire évoluer mon propre style basé sur mes expériences et d’observer l’évolution de mon travail au fil du temps. J’ai l’intention de publier un livre de mes propres photos l’année prochaine. En dehors de mes activités artistiques personnelles, je travaille aussi sur l’art-thérapie pour les adultes souffrant de maladies mentales. J’aimerais continuer à travailler avec eux et à partager cette créativité avec toutes les merveilleuses personnes que je rencontre.

Interview by Sarah Evers

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http://www.achromatics.com/

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Fashion Editorial

Every Forest Has It’s Shadow

Photographer : Isolde Woudstra Models : Sarah & Aline @ Elvis Models

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Fashion Editorial


Fashion Editorial

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Fashion Editorial

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http://www.isoldewoudstra.com/

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Fashion Editorial

Bleach Valley Girl

Photographers : Fiona Torre & Lisa Boostani Stylist / Hair : Loyc Falque Make Up : Marianne Agb Model : Jeanne de Kroon 40


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Fashion Editorial

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Floral shirt, jacket, and shoes, H&M. White skirt, Alibellus+. Bee brooch and rings, Bernard Delettrez. Hand ring, Bijules.

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Fashion Editorial

Sweater, Adidas. Trousers, Christine Phung. Shoes, H&M.

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http://fionaterror.tumblr.com/

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Fashion Editorial

Green jacket, Yves Saint Laurent Vintage. Shirt, Uniqlo. Trousers, Vivienne westwood. shoes, Gianvito Rossi. Earings, H&M.

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http://lisaboostani.com/ Shirt and jacket, Alibellus+. Coat, Christine Phung. Trousers, Dilek Hanif.

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Fashion Editorial

Maria & Dylan

Chiffon Dress, Johnny Was. Necklace, Erickson Beamon. Rings, Valerie Pobega.

Photographer : Caitlin Bellah Hair : Nico Doniele Make-Up : Leibi Carias Wardrobe Stylist : Camille Yvette Models : Dylan @ Kismet / Maria @ Hollywood Model Management

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Fashion Editorial

Silk Smock, cross Necklace & Rings, Valerie Pobega.

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Blouse, Johnny Was. Velvet cardigan, SW3 Bespoke. Body chain, Vanessa Mooney. Gold pants, August Field.

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Fashion Editorial

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http://www.cbellah.com/

Dylan: Sheer Dress, Tsemaye Binitie. Rosary necklace & Headpiece, Vanessa Mooney. Maria: Silk Harness Dress & Blouse, Valerie Pobega.

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Portfolio Review

Isaure Anska

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http://www.flickr.com/photos/isaure_anska/

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Portfolio Review

Svenja Pitz

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Portfolio Review

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Portfolio Review

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http://www.pitzeria.com/

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Traditions

Midwinter Rituals By Pam Grossman

This time of year can be quite challenging with its long nights and frigid days. Our ancestors had to subsist on whatever rations they had left over from their autumn harvests, and by now those stores would be running low. It’s no wonder then that so many winter traditions are full of flames and lust: they were hoping to keep themselves warm - not to mention deliciously distracted! And lucky for us, they left a legacy of heat-seeking holidays to celebrate. The Pagan sabbat that occurs in February is Imbolc (pronounced IM-ulk or IMbulk). It takes place on the first of the month, and is often conflated with St. Brigid’s Day. Originally it involved a fête thrown in recognition of newly lactating ewes, as this was a sign that their lambs were about to be born, and that spring was just around the corner. Because of this, you’ll find lots of dairy served at Imbolc gatherings, so it’s a good excuse to get your cheese on. But the element of this holy day that most tend to focus on is fire. Hearths, candles, bonfires, ovens, matches – any of these can be incorporated into your ritual work. Brigid, the Celtic goddess of poetry, healing, inspiration, metalsmithing (and the list goes on), is the deity to whom most Imbolc offerings are made. She is lauded at this time of year, as she is the keeper of the flame. Burning a candle for Brigid honors her, and can help bring about new ideas and creative pursuits. I also love doing fire magick as part of my ceremony, since I know she’ll be present to give the spell an extra boost. The simplest version of this is to write your wishes and Brigid’s name together on a piece of paper, and then do a ritual burning of it. A prayer or exalting poem, whether written down or spoken aloud, will certainly delight her as well. If you’re in a more elaborate mood, you can take a candle and carve it with words and symbols that are associated with what you are trying to manifest. Add both Brigid’s name and your name, and then anoint it will sacred oil. You can then light the candle whenever you feel called to. Some people prefer to let it burn uninterrupted. However, if you need to leave the house, or would just rather extend the spell for a few days, don’t worry. Simply put it out – but don’t blow – and then relight when you return. It is believed that breath extinguishes a flame’s magick, so use a snuffer – even an old teacup will do. I’d be remiss if I didn’t mention Valentine’s Day, which is particularly special to me as it’s also my birthday! It’s a perfect time to do any sort of love magick, whether you’re trying to attract someone new, or to honor the beloved you have already. Maybe that beloved is your sweet self! Regardless, you can incorporate the colors red or pink into your spellcrafting, (rose quartz, rhodochrosite, or garnets are excellent for this) as well as any other ingredients that make you feel beautiful and adored. Though they are the go-to flowers for this season, not everyone likes roses. It’s totally fine for you to choose another type, or abandon florals entirely. In my experience, the most effective love spells focus on helping the caster feel worthy of love, rather than attempting to sway the affections of another person. Making a list of your own loveliest qualities, and then burning it, will help you burn brighter in turn. Perhaps you’re not looking for love per se, but rather just a spicy night. You’d be well within the tradition of Lupercalia, an ancient festival that celebrated the fertility of wolves, and had villagers parading naked through the streets! Ingesting cinnamon, ginseng, cloves, cardamom, and/or damiana can set your blood ablaze, and help stoke your winter fire.The word aphrodisiac is derived from Aphrodite’s name, of course, and she’d be very pleased to help get your boudoir bumping - all you have to do is ask. Wishing you warmth and an ignited heart. Blessed be.

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Cette période de l’année peut être assez difficile à vivre avec ses longues nuits et ses journées glaciales. Ainsi nos ancêtres devaient subsister grâce aux rations qu’il leur restait des récoltes d’automne et vers la fin du mois de janvier, il ne leur restait plus grand chose. Il n’est donc pas étonnant que tant de traditions hivernales soient marquées de flammes et de convoitises : ils espéraient se tenir au chaud, mais aussi délicieusement se distraire. Heureusement pour nous, ils ont laissé derrière eux un héritage de fêtes chaleureuses à célébrer. Le Sabbat païen qui se produit début février est Imbolc (prononcé IM-ulk ou IM-bulk). Il a lieu le premier jour du mois et il est souvent confondu avec le jour de la St. Brigid. À l’origine, il s’agissait d’une fête organisée pour le début de la lactation des brebis, car c’était le signe que les agneaux étaient sur le point de naître et donc de l’arrivée du printemps. Pour cette raison, vous trouverez de nombreux produits lactés lors des réunions et festins donnés pour Imbolc. Mais l’élément le plus important de ce jour saint, c’est bien sûr le feu. Cheminées, bougies, feux de joie, fours, allumettes : tous ces éléments peuvent être incorporés dans votre travail rituel. Brigid, la déesse celtique de la poésie, de la guérison, de l’inspiration, du travail des métaux (et la liste continue), est la divinité à laquelle on fait le plus d’offrandes le jour d’Imbolc. Elle est célébrée à cette période de l’année, car elle est la gardienne des flammes. Brûler un cierge en l’honneur de Brigid peut aider à apporter de nouvelles idées et des occupations créatives. J’aime aussi incorporer la magie du feu à ces cérémonies, car je sais qu’elle sera présente pour donner un coup de pouce à mon rituel. La version la plus simple est d’écrire vos souhaits et le nom de Brigid sur un morceau de papier, pour ensuite le brûler. Une prière ou un poème, qu’il soit écrit ou dit à haute voix, fera aussi certainement son bonheur. Pour une action plus élaborée, vous pouvez prendre une bougie et graver des mots et des symboles associés à ce que vous voulez accomplir. Ajoutez-y le nom de Brigid, ainsi que le votre, puis il vous faudra l’oindre d’huile sacrée. Vous pourrez ensuite allumer la bougie lorsque le moment vous paraitra approprié. Certaines personnes préfèrent la laisser brûler sans interruption. Toutefois, si vous avez besoin de quitter la maison, ou tout simplement de faire durer le rituel, ne vous inquiétez pas, il suffit de la mettre dehors puis de la rallumer, surtout ne la soufflez pas. On pense que le souffle éteint la magie d’une flamme, par conséquent utiliser un éteignoir ou une vieille tasse. Je serais négligente de ne pas mentionner la Saint-Valentin, qui est particulièrement importante pour moi car c’est aussi le jour de mon anniversaire ! C’est le moment opportun pour la magie de l’amour, que vous essayiez d’attirer quelqu’un de nouveau, ou d’honorer l’être aimé. Peut-être même que cet être aimé c’est vous. Quoi qu’il en soit, vous pouvez incorporer les couleurs rouges et roses dans vos rituels (le quartz rose, la rhodochrosite, et les grenats sont excellents pour ça) ainsi que des ingrédients qui vous font vous sentir belle et aimée. Bien que ce soient les fleurs emblématiques de cette saison, tout le monde n’aime pas les roses ; vous pouvez donc choisir un tout autre type de fleurs, ou bien ne pas en utiliser du tout. Dans mon expérience, les sorts d’amour les plus efficaces sont ceux visant à aider le lanceur à se sentir digne d’amour, plutôt que de tenter d’influencer les affections d’une autre personne. Faire une liste de vos plus belles qualités, puis la brûler, vous aidera à être plus lumineux vous même. Peut-être n’êtes-vous pas à la recherche de l’amour en soi, mais plutôt d’une nuit épicée. Si c’est le cas, la tradition des Lupercales est faite pour vous : une ancienne fête donnée en l’honneur de la fertilité des loups où les villageois défilaient nus dans les rues. L’ingestion de cannelle, de Ginseng, de clous de girofle, de Cardamome et de Damiana peut transformer votre sang en feu pour vous aider à attiser les feux de l’hiver. Le mot aphrodisiaque est dérivé du nom d’Aphrodite, qui bien sûr sera très contente de vous aider, tout ce que vous avez à faire, c’est demander. En vous souhaitant la chaleur et un cœur enflammé. Soyez béni.

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Cinema Review

Terrence Malick

The American Terrence Malick, renowned outsider to the Hollywood film industry is an extraordinary film director who has distinguished himself amongst his peers. His reluctance to the spotlight, and incessant nature to hide in the shadows, refusing interviews and public appearances. With 6 films in a 40 year career and a Palme d’Or at Cannes in 2011, Terrence malick knows how to take his time when it comes to cinema. Many viewers of his films have left the theatre shocked, shaken, and questioned by the director. Aesthetically, Terrence Malick has distinguished himself from his contemporaries. He draws his inspiration from the paintings of the Luministes, a form of Belgian impressionism who devotes a great importance to light. This trend has greatly influenced American paintings in this half of the nineteenth century, but also his films represent the great notion of smallness of a human in the vastness of the nature. Malick is distinguished by his particular attention to detail and landscape; he has the desire to use feelings to describe the world. In addition, we feel a taste for the author, in a similar sense to the artists of the Renaissance, with the strong balance between heaven, earth, and water, or light and shadow… He has managed to make our reality a certain vision of the world. He focuses, on one hand, upon history (that of America and its foundations). From the first settlers to arrive on American soil (The New World, 2005) to World War II (The Thin Red Line, 1998), through the Industrial Revolution (Days of Heaven, 1978), and upon the various facts of life (Badlands, 1978, The Tree of Life, 2011). On the other hand, he represents his own culture, by adding a trancendental aspect to all of his films - a sense of universal thought. Dressed in a mode of poetic, descriptive screenplay, the main characters speak and think with their voices off. They give the impression of living as they live in the film. The poetic decriptions are directly related to a mystical nature. It is this greater presence, called “Father,” “Mother,” or even “Brother” that gives signs of our characters as torn, confused beings. Death, a recorring theme inTerrence Malick’s work, continues to pose questions of a pre-existing elsewhere, which dominates the world as we know it; kind of Paradise Lost that we try to achieve in order to be at peace with oneself. Death is therefore a compulsory to that other world that we have previously known. It serves as a gateway to wellbeing. But that does not mean that all of Malick’s characters are condemed to death (The Thin Red Line), but some seem to find acceptance in the loss of a loved one (The Tree of Life). You must accept death and rebirth in order to achieve seperation and rediscovery of this Paradise. Through the aesthetic splendor and the concept of universal thought induced by a mysterious relationship with the world, Terrence malick sends us a message of the presence of the disenchantment of the world, and its civilizations. He goes against patterns, as apocalyptic worlds crumble to promote wakefulness thourgh an awareness of the “philosophical.” He looks at the world today through a representation of civilizations and exposes his skepticism. The conclusion to his films are out of this world, turning to a form of individualism to achieve a growth on the fringes of society and within ourselves, to that Paradise Lost. Terrence Malick’s next film: To the Wonder, 2013 with Rachel McAdams, Rachel Weisz, Ben Affleck, Michael Sheen, Javier Bardem and Olga Kurylenko.

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Priscillia Amey L’américain Terrence Malick, outsider reconnu auprès de l’industrie cinématographique hollywoodienne, est un réalisateur hors norme qui fait parti de ces cinéastes contemporains de renom. Peu enclin à être sous les projecteurs, il agit dans l’ombre, refusant interviews et apparitions publiques. Avec 6 films en 40 ans de carrière et une palme d’Or à Cannes en 2011, Terrence Malick sait prendre son temps en ce qui concerne le cinéma. Nombreux sont ceux qui après avoir vu un de ses films se sont sentis bouleversés, secoués, interrogés par le réalisateur. Esthétiquement, Terrence Malick se distingue de ses contemporains. Il puise ses inspirations dans les peintures du courant luministe, une forme d’impressionnisme belge qui consacre une grande importance à la lumière. Ce courant a largement influencé les peintures américaines (moitié du XIX°siècle), mais aussi le cinéma avec cette notion de représenter la petitesse de l’humain dans l’immensité des paysages. Malick se distingue par son goût du détail et des paysages, il a cette volonté de se servir des sensations pour décrire le monde. De plus, on ressent un goût pour le « beau » très affirmé chez lui, tout comme chez les artistes de la Renaissance, avec un fort équilibre entre le ciel, la terre et les eaux ou encore entre l’ombre et la lumière... Terrence Malick réussi à rendre compte d’une réalité (la notre), d’une certaine vision du monde. Il s’intéresse, d’une part, à son histoire (celle de l’Amérique et de ses fondements) : de l’arrivée des premiers colons sur le sol américain (The New World 2005) à la seconde guerre mondiale ( The Thin Red Line 1998) en passant par la révolution industrielle ( Days of Heaven 1978) et les faits divers (Badlands 1978, The Tree of Life 2011). Par ailleurs, il représente sa propre culture en ajoutant un aspect transcendant à tout ses films : une pensée universelle. Habillée par un mode scénaristique de description poétique, les personnages principaux parlent et pensent en voix OFF. Ils nous donnent l’impression de les habiter autant qu’ils habitent le film. La poésie des descriptions est directement liée à un rapport mystique à la Nature. C’est cette présence supérieure appelé « Père », « Mère » ou même « Frère » qui redonne espoir à nos personnages qui sont souvent des êtres troublés, déchirés voir criminels. La Mort, thème récurrent dans l’œuvre de Terrence Malick, ne cesse de le questionner sur un ailleurs pré-existant, qui dominerait le monde de celui que nous connaissons. Une sorte de Paradis perdu que l’on essaierait d’atteindre pour être en paix avec soi même. La Mort est donc, un passage obligatoire, vers cet autre monde que l’on aurait autrefois connu. Il sert de passerelle au bien être absolu. Mais cela ne veut pas dire que les personnages de Terrence Malick sont tous voués à la mort (The Thin Red Line), c’est aussi dans l’acceptation de la perte d’un être cher (The Tree of Life) que tout s’opère. Il faut accepter la Mort, la séparation pour ainsi renaître et retrouver ce Paradis. A travers la splendeur esthétique et la notion de pensée universelle induite par un rapport mystique au monde, Terrence Malick nous transmet un message : celui du désenchantement de l’Homme et de ses civilisations. Il va à l’encontre des schémas apocalyptiques du monde qui s’écroule et favorise l’éveil par une prise de conscience « philosophique ». Il porte un regard sur la société actuelle à travers la représentation des peuples et nous expose son scepticisme. La solution à tous ses films est de sortir de ce monde en chute en se tournant vers une forme d’individualisme pour atteindre un épanouissement en marge de la société et à l’intérieur de soi, celle du Paradis perdu. Prochain film en date de Terrence Malick : To the Wonder, 2013 avec Rachel McAdams, Rachel Weisz, Ben Affleck, Michael Sheen, Olga Kurylenko et Javier Bardem.

1. Badlands (1975) 2. Days of Heaven (1978) 3. The Thin Red Line (1998)

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4. The New World (2005) 5. The Tree of Life (2011)

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Music Review On the occasion of my first article on the Sciences Occultes team, I decided to present a condensed catalog of what will (in my opinion) prove to be the best in music in 2013. I do not claim to have prophetic gifts but I’m sure you will hear a lot of good artists in the coming months. All genres are represented through these eight artists, and we hope you find happiness in each of them :

Twigs

For Grimes, her strangeness and mystery has been placed in alternative music. Twigs is also a most worthy representative of this trend. Her fame is still quiet despite her apparent talent. We know very little about her, except that she is English and her debut EP is a real gem. We think about Grimes, but also a little iamamiwhoami and Weeknd because there are some similarities between their very urban music and Canadian electro-pop refined Twigs. In any case, we hope that she has something new on the way soon.

Depuis Grimes, l’étrangeté et le mystère sont de mise dans la musique alternative. Twigs est la plus digne représentative de cette mouvance. Sa renommée est encore bien discrète malgré le talent dont elle fait preuve. On ne connait que très peu d’informations sur cette jeune fille si ce n’est qu’elle est anglaise et que son premier EP est un pur bijou. On pense à Grimes, Iamamiwhoami mais aussi un peu à The Weeknd, car il existe quelques similarités entre la musique très urbaine du canadien et l’électro-pop raffinée de Twigs. Dans tous les cas, espérons que nous aurons de ses nouvelles très prochainement…

Petite Noir The talent of this young South African is going to explode in your face - Yannick Illunga began his career with the haunting song «Til We Ghosts,» in August 2012. Also said to be a fan of The Smiths and Drake, Yannick’s unique sound is unexpected judging by his eclectic taste. We had the opportunity to see him in spite of the rarity of his performances. The effectiveness of his dark electronic feel and magnetism never fails to delight us - «Pressure» and «Disappear» had exactly the same effect as the first song - one to cause an urge to get his first album, which should not be late to see the light of day, or rather night. Hear this, you will understand where we’re coming from. Le talent de ce jeune sud-africain va nous exploser au visage cette année – Yannick Illunga a commencé sa jeune carrière avec l’obsédant “Til We Ghosts” en août 2012. Il se dit être aussi fan de Drake que des Smiths et on ne peut que le croire a en juger par l’éclectisme de sa musique. On a eu l’occasion de le constater car il nous a depuis offert d’autres sublimes morceaux au comptegouttes. L’efficacité de son électro noire et magnétique ne manque jamais de nous ravir – “Pressure” et “Disappear” ont eu exactement le même effet que le premier morceau, à savoir provoquer une envie irrépressible de se procurer son premier album qui ne devrait pas tarder à voir la lumière du jour, ou plutôt celle du soir. Ecoutez ceci, vous comprendrez mieux où nous voulons en venir.

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A l’occasion de mon article inaugural au sein de l’équipe de Sciences Occultes, j’ai décidé de vous présenter un condensé de ce qui se fera (selon moi) de mieux en matière de musique en 2013. Je ne prétends pas avoir des dons prémonitoires mais je suis sûr que vous devriez entendre beaucoup de bien de ces artistes dans les mois à venir. Tous les genres seront représentés au travers de ces huit artistes, on espère que vous y trouverez votre bonheur.

AlunaGeorge AlunaGeorge is a London-based group that has mastered the art of mixing a vast array of influences in order to produce a languid pop that is really quite pleasant - the voice very R & B-esque Aluna Francis (strikingly similar to that of Yukimi Nagano of Little Dragon) is boosted by the productions of electronic beatmaker George Reid. Pop, dubstep, soul, and R & B become one in this English pair, and if you are curious to know what it looks like, just take a look at their video for «Your Drums, Your Love.» Listening to their other singles (unstoppable «Double Sixes,» «Just A Touch,» «Diver»), and their recent duet with Disclosure (aka current electrodance buzzband), their R & B artistry risks creating plenty of hype to the release of their debut album, expected for early 2013. AlunaGeorge est un groupe londonien passé maître dans l’art de mélanger des influences éparses dans le but de produire une pop langoureuse vraiment pas désagréable – la voix très R&B-isante d’Aluna Francis (fort semblable à celle de Yukimi Nagano de Little Dragon) est boostée par les productions électroniques du beatmaker George Reid. La pop, la dubstep, la soul, le R&B ne font plus qu’un chez ces anglais et si vous êtes curieux de savoir ce que ça donne, il suffit de jeter un coup d’œil à la vidéo de “Your Drums, Your Love”. À l’écoute de leurs autres singles (imparables “Doubles Sixes”, “Just A Touch”, “Diver”) et du récent duo avec Disclosure (aka le buzzband electro-dance du moment), leur R&B arty risque de créer pas mal de dégâts à la sortie de leur premier album attendu pour ce début 2013.

Melody’s Echo Chamber Okay, we cheated a little, because it’s more 2012 than 2013, but the quality of the draft dream pop Melody Prochet is too underrated to not continue to sing praises. This young French artist made a ​​ strong impression with fans of alternative pop with the recent release of the self-titled album, which has key-Tame Impala member, Kevin Parker. This album, which recalls the best of Broadcast, is a very well made album, where psychedelia and dream pop magic do very well together. Special mention to the songs «You Will not Be That Missing Part Of Me» and «Crystallized».

Bon d’accord, on triche un peu car il s’agit plus de 2012 que de 2013, mais la qualité du projet de dream pop de Melody Prochet est encore trop discrète pour ne pas continuer à en vanter les mérites. La jeune française a fait forte impression auprès des amateurs de pop alternative avec la sortie récente de son album éponyme, qui a bénéficie de la touche TameImpalienne de Kevin Parker. Cet album, qui rappelle le meilleur de Broadcast, est un album de très bonne facture sur lequel le psychédélisme et la magie de la dream pop font très bon ménage. Mention spéciale aux morceaux “You Won’t Be Missing That Part Of Me” et “Crystallized”.

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Music Review Mikky Ekko In the latest issue of Dazed & Confused we met Mikky Ekko. This young producer is undoubtedly one of the best bets this year - as Clams Casino before him, he is reshaping the links between pop, electro, and alternative music. You’ve probably had the opportunity to hear his voice on Rihanna’s song entitled «Stay» or in his song «Pull Me Down.» His talents as songwriter have definitely attracted the masses, especially since Paul Epworth of Clams Casino (whose reputation is well established) is among the producers of his upcoming tracks. Expect to watch him rise in 2013, Mikky Ekko is a talent in the making.

C’est dans le dernier numéro de Dazed & Confused que nous avons fait la connaissance de Mikky Ekko. Ce jeune producteur sera incontestablement l’une des valeurs sûres de cette année – comme Clams Casino avant lui, il est en train de remodeler les liens qui unissent la pop, l’électro et la musique alternative. Vous avez certainement déjà eu l’occasion d’entendre sa voix sur le morceau de Rihanna qui s’intitule “Stay” ou alors son morceau “Pull Me Down”. Ses talents de songwriter lui ont décidément attiré les faveurs des pointures puisque Paul Epworth et surtout Clams Casino (dont la réputation n’est plus à faire) font partie des producteurs de ses prochains morceaux. Attendez-vous à assister a son ascension en 2013, Mikky Ekko est un talent en devenir.

Charli XCX The ability of this young girl to create perfect pop should make her the next super star. Don’t be fooled by the false air of Cher Lloyd or her voice similar to Marina Diamandis (Marina & The Diamonds). Combining dark electro influences with sweet words that Britney-Bitch herself would be proud of, Charli XCX manages to produce an electro-pop that is absolutely irresistible. Successive pieces but not alike, it started with the dark «Nuclear Seasons.» Since, she has released two absolutely flawless mixtapes containing samples of the most advanced artists of the time, and other cinematic references or artistic aide for a young Londoner to forge her own strong visual universe. You have to admit, the release of this first album will be sure to knock your socks off.

La capacité de cette jeune fille à créer de parfaits condensés de pop devrait faire d’elle la nouvelle super star de la pop. Ne vous fiez pas à ses faux airs de Cher Lloyd ou à sa voix similaire à celle de Marina Diamandis (Marina & The Diamonds). Alliant des influences électro dark à des paroles pop sucrées dont Britney-bitch elle-même serait fière, Charli XCX parvient à produire une électro-pop absolument irrésistible. Les morceaux se succèdent mais ne se ressemblent pas ; ça avait commencé avec la ténébreuse “Nuclear Seasons”, depuis la jeune fille a récidivé avec deux mixtapes absolument parfaites dans lesquelles on retrouve bon nombre de samples d’artistes les plus pointus du moment, ainsi que d’autres références cinématographiques ou artistiques qui ont permis a la jeune londonienne de se forger un univers visuel aussi fort. Vous ne pourrez pas y couper, la sortie de son premier album risque de mettre le feu aux poudres.

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Empress Of

This young Brooklynite has created quite a buzz in recent months; her electro-pop is stylish and effective, although she has only two singles. Her sense of seductive melody, her etheral voice, and charismatic charm make her a talented artist to keep an eye in 2013. Her electropop appeal is that like of Class Actress; one may note how their voices are similar. The omnipresence of synths are also a common feature of the two. Anyway, Empress Of is «the project to see and listen» to Lorely Rodriguez, and I invite you to discover so for yourself with the video for «Champagne,» which is refreshing to say the least.

Cette jeune brooklynite a crée le buzz au cours des derniers mois avec son électro-pop racée et efficace grâce a seulement deux singles. Son sens de la mélodie aguicheuse, sa voix d’éther et son charisme font d’elle une artiste de talent sur laquelle il faudra garder un œil en 2013. Son électro-pop ressemble beaucoup a celle de Class Actress; vous aurez peutêtre remarqué a quel point leur voix se ressemblent. L’omniprésence des synthés est aussi une caractéristique commune à la musique des deux artistes. Quoiqu’il en soit, Empress Of est donc « le projet à voir et à écouter » de Lorely Rodriguez que je vous invite à découvrir avec la vidéo de “Champagne”, qui est pour le moins rafraîchissante.

Deptford Goth

You have probably already fallen with «Union» in recent months. If not, know that you really have missed out. This is probably the best video we have seen recently (with those Ctizens for «True Romance»). Of all the artists mentioned in this article, he is probably the artist on which most hopes lies. His ability to produce subtle and delicate pop songs has made him ​​ one of the mainstays of this year. Melancholia evident in each of several titles, this young Englishman is also one of the reasons why we are as committed to his music. If his album (expected in March) is as excellent as the pieces he’s published as of late, it will probably one of our favorites of the year. Vous êtes probablement déjà tombés sur “Union” au cours des derniers mois. Si ce n’est pas encore chose faite, sachez que vous passez vraiment a côté de quelque chose. Il s’agit probablement de la plus belle vidéo qu’on ait pu voir récemment (avec celles de Ctizens pour “True Romance”). De tous les artistes cités dans cet article, il s’agit probablement de celui sur lequel on fonde le plus d’espoirs. Son aptitude à produire de subtiles et délicates pop songs fait de lui l’une des valeurs sûres de cette année. La mélancolie perceptible dans chacun des quelques titres du jeune anglais, est aussi une des raisons pour lesquelles nous sommes si attachés à sa musique. Si son album attendu pour mars est aussi excellent que les morceaux qu’il a publié jusqu’à maintenant, il s’agira sûrement de l’un de nos favoris de l’année.

Jean-François A. 73


Fashion Review

Yves Saint Laurent

Previously the creative director of Dior Homme, Hedi Slimane’s foray into womenswear for YSL has been much anticipated. Returning to the fashion world after a five-year hiatus, Slimane’s undeniably witchy approach for the newly christened Saint Laurent Paris features hats of Cavalier proportions married with sleek silhouettes under airy over-layers; 70’s Americana stylings, and tiers of sheer black lace. Predominately monochromatic, the colors that do make an appearance in the collection pay tribute to the sun-bleached walks of L.A. where Slimane has been residing as of late. Floppy cravat-bows rest strikingly between strong shoulders on sharply tailored jackets and blouses adorned with billowy ruffles as wide brimmed hats shroud eyes creating a dark yet feminine energy which buzzes electric with everyday magic. All the while paying homage to Saint Laurent’s legacy of chiffon, translucent sleeves, capes and dresses purposefully cover as well as reveal making the glimpses caught deliberate and provocative.

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Spring/Summer 2013

Ancien directeur de la création chez Dior Homme, l’incursion d’Hedi Slimane dans les vêtements féminins pour YSL a été fortement anticipée. De retour dans le monde de la mode après une pause de cinq ans, l’approche indéniablement mystique de Slimane, pour le récemment rebaptisé Saint Laurent Paris, propose des chapeaux aux proportions cavalières mariés avec des silhouettes épurées sous de nombreuses couches aériennes ; un style très américain et 70’s, pourvu d’énormément de dentelle noire. Principalement monochrome, la collection voit les couleurs apparaître, rendant hommage aux promenades ensoleillées de Los Angeles où Slimane réside depuis peu. D’énormes nœuds sont déposés entre les solides épaules des vestes taillés sur mesure, les chemisiers fortement ornés de volants bouffants, tandis que de larges capelines couvrent le regard, créant une énergie sombre et féminine. Tout rend hommage à l’héritage de Saint Laurent avec la mousseline de soie, les manches translucides, les capes et les robes qui couvrent aussi bien qu’elles révèlent, libérées et provocatrices.

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Fashion Review

Highlighting conscious tailoring and free-spirited materials, the textures and movement evoke a sense of dark-dream reality. Tassels and fringe in leather add edge to the collection. Large jewelry and belts are offset by tightly fitting skinny trousers while maxi dresses and cloaks counter-balance the look. A look, though thoughtfully constructed, that appears both amazingly serendipitous and effortless. Slimane’s involvement in the past with music is also apparent in the collection. Having made stage wear for artists such as Beck, Daft Punk, Franz Ferdinand, The Kills, and The Libertines; Slimane’s designs vividly convey occasion. Any one of the outfits could be envisioned worn at a music festival, moving freely in a warm breeze or pooling romantically around one sitting and enjoying an open-air concert. Maintaining a young but austere elegance, Saint Laurent Paris’s 2013 spring is a beautiful exploration of now. Success, curiosity and selffulfillment all seem to be addressed in one-way or another in the collection. While the hats and chiffon may be the most immediately noticed touches, the bows and capes are the most interesting pieces. It will be exciting to see how others react to the bold statements. A strong start to his new position at Saint Laurent, Slimane’s Spring 2013 show is both Parisian and universal. With a finger to the pulse of metropolitan style, thriftiness and eccentricity appear as inspirational cornerstones, the final result being uniquely seductive and occult.

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Alec Remington

Soulignant la couture consciente et l’utilisation de matériaux libres, les textures et les mouvements évoquent un sentiment d’onirisme sombre frôlant le réel. Les pompons et franges en cuir ajoutent une autre dimension à la collection. Bijoux et ceintures oversize habillent des pantalons moulants, alors que les robes et les manteaux maxi contrebalancent le look. Un look, si soigneusement construit, qu’il apparaît à la fois étonnamment fortuit et simple. L’implication d’Hedi Slimane dans la musique se manifeste également dans la collection ; c’est ainsi qu’il a réalisé les costumes de scène pour des artistes tel que Beck, Daft Punk, Franz Ferdinand, The Kills, The Libertines. Ses dessins se prêtent à l’occasion. N’importe laquelle de ses tenues pourrait être envisagée pour être porté à un festival de musique, se mouvant librement dans une brise chaude pour un rendez-vous romantique ou un concert en plein air. Maintenant une élégance jeune mais austère, la collection printemps été 2013 de SaintLaurent Paris est une magnifique exploration de notre époque. Le succès, la curiosité et l’accomplissement de soi, semblent être autant de sujets abordés et travaillés. Bien que les chapeaux et la mousseline de soie sont les attraits les plus immédiatement remarqués, les noeuds et les capes sont les pièces les plus intéressantes. Il sera excitant de voir les gens réagir à ces déclarations audacieuses. Un très bon début donc pour son nouveau poste à Saint-Laurent Paris. La collection printemps été 2013 de Slimane est à la fois parisienne et universelle. Avec un doigt sur le pouls du style métropolitain, économie et excentricité apparaissent comme une clé de voute. Le résultat final est unique, séduisant et occulte.

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Plants

Plants as Medicine Have you ever stopped to wonder how our ancestors and peoples of the world treated themselves and each other for illness before the advent of Western medicine as we know it today, with its surgical procedures, synthetic drugs, immunisations, x-rays and clinical trials? The anthropological and historical record is rich with detail about the medical and healing practices carried out by cultural groups from around the world and that detail shows that people of numerous cultures very often turned to the plants and animals in their natural environment to seek cures and assistance for their ailments and dis-eases. Given the diversity of plants in many regions where they are used as medicine, it is somewhat difficult to conceive that the use of plants for healing was arrived at by a process of trial-and-error – a process that would potentially involve testing thousands of plants against any number of ailments. One alternative then, is to imagine that some degree of intuition was involved as various indigenous peoples of the world were guided by an inner voice or knowing that indicated which plants may be helpful to humans. I recently attended an address by anthropologist Wade Davis where the focus (and also the subtitle of one of his recent books, The Wayfinders) was on “Why ancient wisdom matters in the modern world”. In that address the speaker spoke of the use of a powerful hallucinogenic plant by an Amazonian tribe and pointed out that the substance derived from this plant could only be activated by combining it with another plant from the Amazon jungle. When asked how they knew to mix the two plants, two of several thousand found in the jungle, members of the tribe replied to the effect that the plants themselves had told them. Indeed, one of the oldest known writings about medicine and healing is an Egyptian volume referred to as the Ebers Papyrus, which is said to have been written by the god Thoth. Dating back to 1500 – 3500 BC, this scroll contains some 700 formulas and remedies for healing that involve the use of amulets, spells and plant and mineral materials. For example, an asthma remedy is given which involves the inhalation of fumes from herbs which have been heated on a brick and a stomach remedy is given which involves taking a mixture of cow’s milk, mashed grains and honey. In addition, there are remedies prescribed from the use of such plants as garlic, juniper, cannabis, castor bean, aloe, and mandrake. Other cultures of the world also have their medical traditions based on the use of plant materials; there is the Indian system of ayurvedic medicine, writings on which can be dated to around 1500 BC, and the Chinese are well known for their use of plant and animal substances as medicine, augmented by the philosophy of yin and yang, to name just two examples. It was the Chinese who recorded the use of the plant ephedra as a remedy for breathing difficulties and cold symptoms, a substance which is now used by Western medicine in its synthetic form, pseudoephedrine, the latter of which is now abused at street level in the manufacture of methamphetamine. The Greek philosopher Theophrastus, a student of Aristotle, wrote a work around 300BC, the Historia Plantarium, in which he attempted to document and classify the different plants then in use for medicinal purposes as well as the associated knowledge relating to each plant. His countryman, Dioscorides, wrote a five-volume work best known by its Latin title De Materia Medica approximately 350 years later (sometime between 50 – 68 AD) in which he provided commentary on over 500 plants, documenting and describing plants, fruits, seeds and the effects of these on patients. The volumes also described the medicinal properties of roots, herbs and juices and indicated over 350 medical properties of the various plants such as their ability to act as an antiseptic, anti-inflammatory, stimulant or otherwise. Dioscorides Materia Medica was in use, by Western society at least, until well into the Middle Ages and was the forerunner to all pharmacopeia (instruction manual for the manufacture of medicinal drug preparations) that have appeared since.

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Ne vous êtes-vous jamais demandé comment nos ancêtres et les peuples du monde se soignaient eux-mêmes et les uns les autres en cas de maladie avant l’avènement de la médecine occidentale telle que nous la connaissons aujourd’hui ? avec ses procédures chirurgicales, ses médicaments synthétiques, ses vaccinations, ses rayons X et ses essais cliniques? Les archives anthropologiques et historiques sont riches en détails sur les pratiques médicales et les soins effectués par des groupes culturels à travers le monde, et ses détails montrent que de nombreux peuples se sont très souvent tournés vers les plantes et les animaux de leur milieu naturel pour trouver des remèdes à leurs maux et maladies. Compte tenu de la diversité des plantes dans les nombreuses régions où elles sont utilisées comme médicament, il est assez difficile de concevoir que l’utilisation des plantes pour la guérison a commencée grâce à un processus d’essais et d’erreurs - un processus qui pourrait potentiellement impliquer de tester des milliers de plantes contre un certain nombre de maux. Une alternative consiste donc à imaginer que dans une certaine mesure l’intuition a participé, et que différents peuples autochtones du monde ont été guidés par une voix intérieure leur indiquant que les plantes pouvaient être utiles à l’homme. J’ai récemment assisté à une conférence de l’anthropologue Wade Davis, où l’accent était sur la question «Pourquoi la sagesse antique est elle importante au monde moderne ?». Dans ce discours l’orateur parle de l’utilisation d’une plante hallucinogène puissante par une tribu amazonienne et souligne que la substance dérivée de cette plante ne peut être activée, qu’en le combinant avec une autre plante de la jungle amazonienne. Lorsqu’on leur a demandé comment ils savaient qu’il fallait mélanger les deux plantes, deux sur plusieurs milliers d’espèces trouvées dans la jungle, les membres de la tribu ont répondu que les plantes elles-mêmes le leur avaient dit. En effet, l’un des plus anciens écrits connus sur la médecine et la guérison est un volume égyptien dénommé le papyrus Ebers, qu’on dit rédigé par le dieu Thot lui même. Datant de 1500 - 3500 avant JC, ce rouleau contient environ 700 formules et des remèdes de guérison qui impliquent l’utilisation d’amulettes, de sorts, de plantes et des matières minérales. Par exemple, un remède pour l’asthme, impliquant l’inhalation de fumées d’herbes préalablement chauffées sur une brique ou un remède pour l’estomac, qui consiste à prendre un mélange de lait de vache, de céréales pilées et du miel. En outre, il existe des remèdes prescrits par l’utilisation de plantes comme l’ail, le genévrier, le cannabis, le ricin, l’aloès, et la mandragore. D’autres cultures mondiales ont aussi basées leurs traditions médicales sur l’utilisation de matières végétales ; il y a le système indien de la médecine ayurvédique, dont les écrits peuvent être datés à environ 1500 ans avant JC. Les Chinois sont aussi reconnus pour leur utilisation de plantes et d’autres substances animales comme médecine, complétées par la philosophie du yin et du yang, pour ne citer que deux exemples. Ce sont encore eux qui découvrirent l’utilisation de l’éphédra comme une solution aux difficultés respiratoires et aux symptômes du rhume, une substance qui est maintenant utilisée par la médecine occidentale dans sa forme synthétique, la pseudo-éphédrine, qui est de nos jours utilisée pour fabriquer des méthamphétamines. Le philosophe grec Théophraste, élève d’Aristote, a écrit un ouvrage autour de 300BC, le Plantarium Historia, dans lequel il a tenté de documenter et de classer les différentes plantes alors en usage à des fins médicinales ainsi que les connaissances associées à chaque plante. Son compatriote, Dioscoride, a écrit un ouvrage en cinq volumes plus connu sous son titre latin De Materia Medica environ 350 ans plus tard (quelque part entre 50 à 68 après JC) dans laquelle il fournit des commentaires sur plus de 500 plantes, documentant la description des plantes, fruits, graines et les effets sur ses patients. L’œuvre de Dioscoride décrit également les propriétés médicinales des racines, des herbes et des jus tout en indiquant plus de 350 propriétés médicales diverses des plantes telles que leur capacité à agir comme un antiseptique, un anti-inflammatoire, un stimulant ou autre. Ces livres furent beaucoup utilisés par la société occidentale, jusqu’au Moyen Age et ont été le précurseur de toute pharmacopées (manuel d’instructions pour la fabrication de préparations pharmaceutiques médicinales) apparues depuis.

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Plants

Castor Bean / Ricin

Ephedra / EphĂŠdra

Arabic scholars also documented medicinal plant use and developed the experimental scientific method in the centuries between the publication of De Materia Medica and the Middle Ages. Perhaps one of the most well-known of these scholars was Avicenna, whose Canon of Medicine described the medicinal properties of plants such as nutmeg, sandalwood, rhubarb, myrrh, cinnamon, and rosewater. One of the most popular herbal publications of the Middle Ages was the 1653 tome by Nicholas Culpeper, The English Physician Enlarged, a work that is still in publication today and contains a curious mix of astrology, magic and folklore attributed to various plants. In studying the properties of plant medicines, the student is faced with a plethora of new terms, indeed a whole new lexicon, with which to describe the actions and effects of such medicines: anodyne, antiseptic, carminative, diaphoretic, emetic, hypnotic, laxative, narcotic, rubefacient, styptic and so on. Knowledge of herbs and plants, and their uses in helping to heal ailments, is therefore an art form that requires some years of study if one wishes to become a full-time practitioner. In the case of traditional indigenous healers, this study usually occurs in the form of an apprenticeship to a curandero, a shaman, a witch-doctor or other form of traditional healer. European cultures, east and west, are also rich in folklore detailing the use of plants to assist with healing. Today, large majorities of people in developing nations use herbal remedies as these are more affordable than manufactured drug medicines. In fact, it was estimated in a 2008 report by the Botanic Gardens Conservation International that five billion people still rely on traditional plant-based medicine as their primary form of health care. Over 50% of pharmaceutical drugs are derived from substances first identified in plants and other potential medicines for treatment of diseases such as cancer and HIV are at risk of ever being discovered due to rates of deforestation and associated plant extinction.

The relationship between plants and humans is one as long as the history of humanity itself and continues to be essential. It is a relationship that has its rewards for those who are willing to investigate, cultivate and nurture it.

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Justin Beal

Myrrh / Myrrhe

Juniper / Genévrier

Les savants arabes ont également documenté l’utilisation des plantes médicinales et développé la méthode scientifique expérimentale au cours des siècles entre la publication de De Materia Medica et le Moyen Age. Peut-être l’un des plus connus de ces savants était Avicenne, dont le Canon de la médecine décrit les propriétés médicinales des plantes telles que la noix de muscade, le bois de santal, la rhubarbe, la myrrhe, la cannelle et l’eau de rose. L’une des publications les plus populaires basée sur les plantes au Moyen Age était le tome écrit par Nicholas Culpeper en 1653, The English Physician Enlarged, un livre toujours édité de nos jours contenant un mélange curieux d’astrologie, de magie et de folklore attribués à diverses plantes. En étudiant les propriétés des plantes médicinales, l’étudiant est confronté à une multitude de termes nouveaux, en effet tout un lexique nouveau, permettant de décrire les actions et les effets de ces médicaments : antalgiques, antiseptiques, carminatif, diaphorétique, émétique, hypnotique, laxatif, narcotique, rubéfiant, styptique et ainsi de suite. La connaissance des herbes et des plantes, et leurs utilisations pour aider à guérir les maux, sont donc une forme d’art qui exige des années d’études si l’on veut devenir un praticien à temps plein. Dans le cas des guérisseurs traditionnels autochtones, cette étude se produit généralement sous la forme d’un apprentissage auprès d’un guérisseur, d’un shaman, ou d’un autre guérisseur traditionnel. Les cultures européennes, à l’est comme à l’ouest, sont également riches en folklore détaillant l’utilisation de plantes pour aider à la guérison. Aujourd’hui, une grande majorité de personnes dans les pays en développement utilisent des remèdes à base de plantes car ils sont plus abordables que les médicaments pharmaceutiques manufacturés. En fait, il a été estimé dans un rapport publié en 2008 par le Botanic Gardens Conservation International que cinq milliards de personnes dépendent encore de la médecine à base de plantes traditionnelles comme leur principale forme de soins de santé. Plus de 50% des médicaments proviennent de substances directement extraites de plantes et de nombreux médicaments potentiels pour le traitement de maladies telles que le cancer et le VIH sont à risque de ne jamais être découverts en raison du taux de déforestation et de la disparition des plantes associées. La relation entre les plantes et les humains est aussi longue que l’histoire de l’humanité et continue à être essentielle. Elle récompense ceux qui sont prêts à étudier, cultiver et entretenir cette relation.

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Tourism

Iceland By Julie Gasiglia

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Tourism

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Tourism

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Ph : Krist Mort


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Sciences Occultes #2