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RockBallad1

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PETIT ROBERT EN 2000 MOTS En tournée avec le pianiste de jazz Joël Drouin, Little Bob nons livre sa foi et son enthousiasme sans cesse régénérés en douze ans de carrière. C'est aussi l'occasion pour lui de nons parler, en avant-première, de son nouvel album, adaptation du roman d9EmmettGrogan :«Ringolevio».

Liitlc Boh

; !

i3i)idcicux le 14/8/87

(photo Gilles

Rock Ballad : Actuellement, tu donnes une série de concerts avec la seule compagnie du pianiste Joël Drouin. Comment l'idée vous est-elle venue de jouer ensemble ? LïïïLE BOB : L'idée a été suggérée par un ami commun qui travaillait à Radio France Rouen, un fan de rock et de jazz à la fois, le genre de choses apparemment incompatibles. Il voulait faire une soirée qui sorte vraiment de l'ordinaire, et il m'a propose de jouer avec Joël. Je lui ai dit :<<Qui est Joël Drouin ?B, alors qu'en jazz, il est très connu dans la région. II ne jouairpas le blues et je ne voyais pas comment nous pouvions jouer ensemble. II nous a fait rencontrer, et après un ou deux verres de Jack Daniels, ça a collé. On a essayé, on a fait ce concert, puis ça a marché ;on s'est retrouvés sur quelque chose qu'on aimait tous les deux, c'est à dire pas le blues dans la forme, mais une certaine manière de jouer et de chanter des ballades, des rocks ou même des trucs plus bluesj ou jazzy, moi avec ma voix cassée et lui avec son style léger, fm, à la fois technique et mélodique. Avec le groupe, on avait décidé des'éloigner de In scène, surioui pour préparer ~Ringolevia>>, et j'ai faitparaiièlement trois tournées avec Joël, ce qui fait que maintenant ça

fonctionne bien ; il y a une complicité évidente entre lui et moi, et je peux chanter des trucs comme ~ C r me y a rivera de Julie London, ou la version de *Rouie 66r à la manière de Nat King Cole, ou encore des titres de Tom Waits, chose que je ne pourrais puî faire avec le groupe. On joue aussi bien dans des clubs rocks que des boîtes de jazz ;en général ça marche partout même s'il faut parfois demander au public de ne pas trop parler pendant les morceairx ! R. B. : Ce duo demande t-il beaucoup de travail, ou cela vient-il comme ça ? L. B. : A chaque fois, on répète trois ou quatre jours avant de partir en tournée, er là, c'est très très dur, car lorsque je sors de concerts ou de rép6titions avec Litde Bob Story, je suis dans un autre monde, et quand j'arrive ld, il y a un jour où ça ne va pas ;il faut que je me remette dans le bain, et lui c'est pareil lorsqu'il quitte son quintette au jazz très européen, il est complètement dépaysé. R. B. : Ta voix est nettement plus en évidence qu'avec Little Bob Story ? L. B. : Je mets toujours mes tripes sur la table, et des fois je suis content, d'autres pas, mais c'est vraiment ma voix car il n'y a que le piano derrière. Dans le groupe, avec les autres instruments, elle ne peut pas 2tre

devant, parce qu'on n'est pas un groupe de variétés, on est un groupe de rock et ma voix est fondue avec les autres ins~ruments. Je crois que fous les gens qui aiment l'esprit de Linle Bob Story s'y retrouvent car f i i choisi tous les titres que je chante à part les deux morceaux de Gordon Beck, pour que Joël se fasse plaisir de temps en temps. Ces concerts me permettent également d'affmer ma voix et mon travail. Aussi, quand je me retrouve en studio, je sens vraiment que le duo m'a apporté beaucoup, car je sais faire avec ma voix des choses que je n'arrivais puî à faire avant. Par exemple, je sais maintenant la placer autrement. R. B. : Vous n'avez pas eu envie dimettre un autre instrument, une contrebasse par exemple ? L. B. : On a fait des concerts avec mon bassiste et son saxophoniste, mais ça casse cet équilibre très precaire entre son piano aérien, éthéré, et ma voix hurlante ou soupirance. Ça devient alors tant& un peu trop rock et tantôt un peu trop jazz, et aucun de nous deux n'y trouve son compte. Par contre, si un jour je fais un disque de ballades qui pourrait s'intituler, comme I'affiche et le concert nBallades for the night>,, j'utiliserais certainement un contrebassiste, un saxophone de temps en temps, et aussi le guitariste du groupe qui est très capable de jouer dans ce style. R. B. : Puisque tu parles de ton guitariste, enchaînons sur ton prochain album «Ringolevion. L. B. : Ce bouquin, nRingoleviou, (en parlais déjà il y a trois ans. Savais alors écrit les paroles, qui ont évolué depuis, de même que la musique, parce que l'arrivée d' Yves Chouard, guitariste solo dans le groupe a changé beaucoup de choses. En fait, j'ai rehavaiiié les compositions avec lui, et quand on est rentré en studio, on savait déjà ce qu'on allait jouer. L'enregLÎtrement des dix titres de I'album a duré dix-huit jours et le mixage, huit. On avait même une onzième chanson pour la B-side du 45 tours, mais le temps nous a manqué car on voulait garder huit jours pour le mixage, c'est à dire presque un jour de mixage par titre ;ce n'est doncpas le hasard si «Ringolevio» sonne aussi bien. R. B. : Où Pas-tu enregistré ? L. B. : Au Greenhouse Studio, dans le

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RockBallad1 by Samuel ETIENNE - Issuu