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N° 22 – DÉCEMBRE 2010

ÉDITION MARSEILLE

ACTU

Un Aïd 2010 pas moutonnier p. 8

FOCUS Spécial Fêtes p. 10

Imprimé sur du papier recyclé. Ne jetez pas ce mensuel sur la voie publique : donnez-le. Merci !

SPORT Rugby : l’Algérie dans la mêlée p. 14

Zahia Ziouani

Chef d’orchestre à 32 ans !

P. 16


SALAMNEWS N° 22 / DÉCEMBRE 2010

SOMMAIRE

ÉDITO La France de demain

HORIZONS 4 L’exercice pratique de la diversité

L

pacifique

CTU A 6 Grand froid : la solidarité s’organise

Hajj 2010 : des arnaqueurs toujours sur le marché

8 Édition Plaine Commune : La mosquée d’Épinay-sur-Seine dans la tourmente 8 Édition Marseille : Un Aïd 2010 pas moutonnier

© D.R.

7 Wikileaks : Saphirnews, un média de premier plan selon les États-Unis

BUSINESS 8 Réduisez vos impôts !

TÊTE D’AFFICHE 16 Zahia Ziouani : « Je rêve de diriger

un orchestre plus métissé »

BEAUTÉ 18 Mettez-vous au parfum !

© Christophe Fillieule

SPORT 14 Rugby : l’Algérie dans la mêlée

LA CUISINE DE REQUIA 20 La bûche de Noël De VOUS À NOUS 22 Le Noël d’Isabelle

FOCUS

Spécial FÊTES

12 La fête doit créer une communauté

de citoyens

© Kica Henk

10 « Fête » ensemble !

’année 2010 n’a pas été synonyme de confiance en l’avenir. Elle a commencé maladroitement par un débat sur l’identité nationale. Une partie des Français s’est alors sentie pointée du doigt et soupçonnée de défaut de loyauté. Ce débat s’est télescopé avec celui de la votation suisse contre les minarets, et s’est poursuivi avec la campagne gouvernementale contre le port du voile intégral. Que souhaite-t-on pour l’avenir du pays ? Les intérêts électoralistes suspendus aux images d’Épinal d’une France immuable sont incapables d’écouter les générations qui font la France d’aujourd’hui. En réalité, le clivage n’est pas ethnique, il est générationnel ! La génération du papyboom est monocolore et quasi monoculturelle. Certes, elle a vécu aux rythmes des musiques du monde et consommé quantité de produits de la world culture grâce à la mondialisation. Mais elle a rarement été au contact de camarades un peu plus « basanés » dès les bancs de l’école. Contrairement aux générations suivantes. Celles-ci englobent des Français héritiers de l’immigration, ceux-là mêmes qui incarnent le baby-boom diversity. Les trentenaires n’ont pas à être seulement les témoins passifs de la crise économique, ils représentent surtout le point de basculement d’une France en capacité de s’assumer. Seulement, il faut espérer que nos aînés gèrent mieux leurs frustrations face au monde qui leur échappe et ne nous laisse pas en héritage des Blancs contre des Noirs, des musulmans contre des juifs, des urbains contre des ruraux, des ghettos riches contre des ghettos pauvres… Hypothéquant l’avenir de leurs enfants pour leur confort personnel. ■

Salamnews : 113-115, rue Danielle-Casanova – 93200 Saint-Denis – www.salamnews.fr Directeur commercial : Mourad Latrech – Publicité : 01 48 09 53 24 – pub@salamnews.fr Rédaction : redaction@salamnews.fr – 01 70 24 39 46 Directeur de la rédaction : Mohammed Colin. Rédactrice en chef : Huê Trinh Nguyên. Journalistes : Mérième Alaoui, Hanan Ben Rhouma, Nabil Djellit, Antoine Dreyfus, Anne-Flore Gaspar-Lolliot, Nadia Moulaï. Ont participé à ce numéro : Ahmed Jaballah, Djamel Louergli, Requia Badr, Chams en Nour. Conception graphique : Pierre-André Magnier. Photo de couverture : © Christophe Fillieule. Chef de projet : Sandrine Mayen. Imprimé en France. Tirage : 110 000 exemplaires. Éditeur : Salamnews est édité par Saphir Média, SARL de presse au capital de 10 000 euros. Directeur de la publication : Mohammed Colin. N° ISSN : 1969-2838. Dépôt légal : décembre 2010.

Mohammed Colin


SALAMNEWS N° 22 /DÉCEMBRE 2010

HORIZONS

et islamiques de Paris (IESHIP), membre du Conseil européen de la fatwa et des recherches (CEFR) et membre du Conseil français de la finance islamique (COFFIS). © IESHIP

4

Par Ahmed Jaballah, directeur de l’Institut européen des sciences humaines

L’exercice pratique de

D

la diversité pacifique

Durant ce mois de décembre, les trois grandes communautés religieuses de France célèbrent

des fêtes et des événements religieux importants : Hanoukka pour les juifs, la fête de la Nativité pour les catholiques et le Nouvel An lunaire pour les musulmans. Ainsi, après avoir fêté l’Aïd Al-Adhâ (fête du sacrifice) en novembre, les musulmans accueillent en décembre le Nouvel An lunaire 1432, dont le dixième jour, achoura, est connu pour être un jour mémorable dédié au jeûne, car, selon la tradition musulmane, c’est pendant ce jour que Dieu a sauvé Moïse et ses adeptes du Pharaon et de son armée qui les poursuivaient.

Au-delà de la signification religieuse de chacune de ces fêtes, nous pouvons nous réjouir du fait que

dans notre pays, en France, toutes ces communautés religieuses célèbrent leurs fêtes dans la paix et dans un esprit de tolérance. Quatorze siècles plus tôt, le Prophète Muhammad [SBDSL] a souligné l’importance de la célébration des fêtes musulmanes de l’Aïd, tout en rappelant que chaque communauté a également ses fêtes : « À toute communauté sa fête, et aujourd’hui c’est notre fête. » Cette affirmation met en évidence deux idées : d’une part, les fêtes sont un rituel important pour toute communauté et il faut, par conséquent, les respecter ; d’autre part, la reconnaissance de la diversité ne s’oppose en rien à la célébration spécifique de ses propres fêtes religieuses.

Cet équilibre entre la sauvegarde de l’identité religieuse et le respect de la diversité est un grand principe qu’il nous faut rappeler et enseigner sans cesse à nos communautés respectives. Les principes religieux doivent être un élément fort qui consolide la cohésion et la solidarité entre les différentes composantes de la société.

Ceux qui s’éloignent de cet esprit pour sombrer dans des attitudes de haine et d’affrontement

trahissent leurs principes religieux avant même de porter atteinte à autrui. Les raisons des confrontations malheureuses qui se produisent entre des communautés religieuses dans certains pays du monde sont généralement issues de causes politiques ou sociales et sont justifiées tout à fait injustement par des raisons religieuses.

L’actualité nationale comme internationale nous fournit malheureusement des exemples d’événements condamnables qui concernent l’atteinte aux lieux de culte et à leurs occupants. Dernièrement, les attaques contre les églises en Irak, mais aussi l’atteinte à des mosquées en France, sont des événements qui ne sauraient trouver une quelconque légitimité, quelle soit religieuse ou politique, et contre lesquels chacun doit fermement s’élever. Le Coran rappelle à ce titre le respect absolu à accorder à tous les lieux de culte et

souligne que si les hommes manquent parfois dans leur vie au principe de justice, ils y sont, au fond d’eux-mêmes, extrêmement attachés, l’injustice leur étant profondément insupportable.

Ainsi, la protection des lieux de culte, quelles que soient leurs obédiences, est l’affaire de tous,

car ces lieux sont une expression de la diversité, qui est la réalité des hommes. Ceux-ci sont en effet appelés, pour bien vivre cette diversité, à dialoguer sans vouloir contraindre l’Autre à sa vérité, car c’est à Dieu Seul qu’incombe la responsabilité de trancher sur les divergences. Devant le témoignage parfait de Dieu, le croyant doit être confiant dans la justice divine, et doit se préserver d’être lui-même injuste envers quiconque. ■


Encart ZM.qxd

9/11/10

17:02

Page 1

Zakât Al Maal Je pense à ma Zakât, je pense aux pauvres ! La Zakât Al Maal est l’aumône obligatoire que chaque musulman verse en vertu des règles de solidarité instituées par l’Islam. Depuis plusieurs années déjà, le Secours Islamique France a mis en place une caisse spéciale afin de collecter et redistribuer la Zakât aux plus démunis. D’une manière générale, si la valeur des biens en votre possession depuis 1 an au moins excède le Nissâb (85 g d’or estimés en novembre 2010 à 2.644 €), vous devez vous acquitter de 2,5 % de ce montant. Votre Zakât pourra ainsi servir à financer des projets

d’aide humanitaire en France, en Palestine, au Pakistan, etc. Pour plus de détails consultez notre site internet www.secours-islamique.org

Ensemble, œuvrons pour un monde meilleur ! - CCP 29 19 D Paris

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SALAMNEWS N° 22 / DÉCEMBRE 2010

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ACTU

w Pour plus d’actus, saphirnews.com, le premier quotidien musulman d’actualité

FRANCE

Agenda

Grand froid : la solidarité s’organise

PÈlerinage

Hajj 2010 : des arnaqueurs toujours sur le marché PACTOLE. Le grand pèlerinage (hajj) à La Mecque, qui représente aux yeux de tout musulman un voyage exceptionnel empreint de spiritualité, vient de s’achever. Mais le hajj, c’est aussi un gros business qui rapporte chaque année plus de 100 millions d’euros en France. À raison de 3 500 euros en moyenne par personne, il fait l’objet de toutes les convoitises, y compris d’agences peu scrupuleuses. Bien que le voyage se soit déroulé dans les règles pour la plupart des 30 000 pèlerins partis de France, des arnaques ont encore été dénombrées cette année, et ce malgré la publication dès septembre, par France Hajj, de la liste officielle des agences agréées par les autorités saoudiennes. Les personnes âgées ont

été particulièrement flouées. Ce fut notamment le cas en Rhône-Alpes, où une trentaine de musulmans ont été privés de ce voyage spirituel après avoir déboursé des milliers d’euros à l’agence Manassik Voyage, basée à Genève. Celle-ci avait pourtant déjà un contentieux avec 232 pèlerins, à qui elle doit plus de 1,5 million d’euros. Les rabatteurs, qui recrutent des clients pour les voyagistes, sont régulièrement pointés du doigt par SOS Pèlerin, une association de défense des pèlerins. Celle-ci appelle ces derniers à plus de vigilance avant toute remise d’argent et de passeports, y compris pour une ‘umra (petit pèlerinage). Plusieurs actions judiciaires sont en cours de traitement. ■ Hanan Ben Rhouma

© Lahcène Abib

URGENCE. Fin novembre, la France a compté ses premiers morts de froid dans la rue. Avec une température soudaine allant en dessous de zéro, les préfectures ont enclenché le plan Grand Froid. Et les ONG se mobiMaraude du Secours islamique France, à Saint-Denis (93), le 24 novembre. Théo, 57 ans, lisent  : Samu social, Croixvit sous un pont, proche du Stade de France. Rouge, Secours populaire, Secours catholique, Secours islamique, d’hygiène…, c’est aussi l’occasion de Restos du cœur…, ainsi que toutes discuter et de maintenir du lien social les associations s’occupant de l’héber- avec ces écorchés de la vie, que des gement d’urgence dans les centres incidents de parcours (chômage, licenciement, drame familial, loyers d’accueil. Depuis l’an dernier, le Secours isla- impayés…) n’ont pas épargnés. mique France (SIF) intervient auprès Le 1er décembre, le secrétaire d’État des sans-domicile fixe dans des villes au logement affirmait que « tous les de Seine-Saint-Denis. Trois soirées appels vers le 115, numéro d'urgence par semaine (mardi, vendredi et du SAMU social, déboucheraient sur dimanche), des maraudes (équipes de une proposition d’hébergement », ce que 3 ou 4 bénévoles, formés à ces missions les associations réfutent, car bon nomet encadrés par un chef d’équipe expé- bre de sans-abri refusent d’aller en rimenté) vont à la rencontre des per- foyers d’accueil, par crainte de vol et sonnes vivant dans la rue. Distribution de violence. En France, on dénombre de boissons chaudes, de repas mais 100 000 personnes sans domicile aussi de couvertures et de produits connu. ■ Huê Trinh Nguyên

DÉBAT Jean Genet et l’islam Centenaire de Jean Genet (1910-1986), un des plus grands écrivains du XXe siècle, qui a parcouru les côtes méditerranéennes, découvert la Syrie, le Maroc…, jusqu’à embrasser la cause palestinienne en 1968. Caroline Daviron, auteure de Jean Genet, une passion méditerranéenne (Éd. Encre d’Orient, 2010), retrace sa vie et son œuvre. w Le 16 décembre, à 19 h 30 Institut des cultures d’islam : 19-23 rue Léon 75018 Paris 01 53 09 99 83

HOMMAGE Éva de VitrayMeyerovitch : la quête de l’Absolu Chercheure au CNRS, disparue en 1999, Éva de Vitray-Meyerovitch fut la grande spécialiste du soufisme, qui fit connaître au public francophone l’œuvre de Muhammad Iqbâl et celle de Jalâl ud-Dîn Rûmî. Documentaire, table ronde avec de nombreux intervenants et sama (audition spirituelle). Participation : 5 € w Le 19 décembre, de 14 h à 19 h 30 Forum 104 Salle des Glycines 104, rue de Vaugirard 75006 Paris http://eva-de-vitray. blogspot.com/

EXPO PHOTO Reza : Une terre, une famille Le talentueux photographe Reza expose 22 photos de grand format en plein air. Voyage à travers des portraits d’hommes et de femmes du Rwanda à l’Afghanistan, du Cambodge à la Chine, de la Mongolie au Pakistan, du Caire à Jérusalem. w Jusqu’au 3 janvier 2011 Parc de La Villette 211, avenue Jean-Jaurès Paris 19e www.villette.com

En BREF

Coupe du monde 2022 au Qatar FOOT. Après la Russie en 2018, le Qatar a été désigné par la FIFA, jeudi 2 décembre, pour accueillir la Coupe du monde de football en 2022. Une surprise de taille puisqu’elle concourait aux côtés de l’Australie, du Japon, de la Corée du Sud et des États-Unis, grands favoris. Représenté par un ambassadeur de poids en la personne de Zinedine Zidane, l’émirat sera ainsi le plus petit et surtout le premier des États arabes à être choisi pour organiser la compétition la plus suivie de la planète. Sur douze stades prévus pour accueillir les matchs, neuf restent encore à construire intégralement. Tous seront équipés d’un système de climatisation fonctionnant à l’énergie solaire qui devrait permettre de maintenir la température à hauteur d’une vingtaine de degrés. ■ H. B. R.

Discriminations au travail INÉGALITÉS. 21 points de moins. En moyenne, entre 2005 et 2009, 86 % des hommes français âgés de 16 à 65 ans ont un emploi quand leurs deux parents sont français de naissance. Ils ne sont que 65 % quand au moins un de leurs parents est immigré et originaire d’un pays du Maghreb. C’est ce que révèle la dernière enquête de l’INSEE France : portrait social – édition 2010. Pour les femmes, l’écart est de 18 points. Tandis qu’un tiers des écarts de taux d’emploi s’expliquent par des différences d’expérience, de diplôme, de situation familiale et de lieu de résidence, les deux autres tiers relèveraient de l’existence bien réelle de discriminations, mais difficilement mesurables… ■ H. T. N.


www.salamnews.fr

ACTU MONDE

© D.R.

Wikileaks : Saphirnews, un média de premier plan selon les États-Unis

Parmi les milliers de télégrammes et de rapports diplomatique publiés, depuis fin novembre, par le site Wikileaks, quelques mémos ont retenu toute notre attention. DIVERSITÉ. Une surprise de taille a été bien accueillie par l’équipe de Saphirnews.com, premier site Web d’actualité quotidienne sur le fait musulman. Une des missives de la diplomatie américaine divulguées par Wikileaks et datant de janvier 2007 fait référence à Saphirnews.com comme un site « de premier plan » qui partagent leurs « valeurs ». Des liens ont en effet été tissés depuis longtemps entre les officiels américains en France et Saphirnews, qui a été amené, par exemple, à rencontrer la porte-parole du Congrès américain, Lynne Weil, en décembre 2008, pour discuter de l’état de la société française. Entre autres rencontres : la présence de Farah Pandith, représentante spéciale pour les communautés musulmanes au département d’État américain, à l’occasion du premier anniversaire de Salamnews, qui avait convié 400 lecteurs et abonnés à la Géode (Paris 19e), le 27 octobre 2009.

L’élite de demain

Ces notes nous dévoilent amplement la stratégie américaine visà-vis des minorités ethniques et religieuses, qui englobent entre

autres les musulmans de France : susciter l’émergence de leaders au sein de la société civile, en soutenant des projets dans les banlieues françaises, en favorisant des échanges transatlantiques et en accroissant l’implication des médias de la diversité dans le paysage français. L’ambassade américaine à Paris, dirigé par Charles Rivkin depuis juin 2009, appelle depuis longtemps à « encourager les voix modérées de la tolérance à s’exprimer avec courage et conviction », afin de former et d’investir « dans des médias et des militants politiques qui partagent nos valeurs », peuton lire dans une des notes, classées confidentielles. Le défi de la représentation des minorités dans les plus hautes sphères de la société est grand, car « les institutions françaises ne se sont pas montrées assez flexibles pour s’ajuster à la démographie de plus en plus hétéroclite ». Encore aujourd’hui, très peu de personnes issues de la diversité tiennent des postes à responsabilités. Pour preuve, on compte seulement 3 députés sur 577 et 4 sénateurs sur 343 issus de l’immigration. ■ Hanan Ben Rhouma


SALAMNEWS N° 22 / DÉCEMBRE 2010

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MARSEILLE

Par Antoine Dreyfus

Marseille : un Aïd 2010 pas moutonnier L’historique et symbolique site de Saint-Louis n’a pas fonctionné cette année, à cause d’une brouille entre les chevillards marseillais et la mairie. Résultat : bousculade et incompréhensions. les chevillards ont renoncé à Saint-Louis et certains ont préféré se délocaliser en périphérie de Marseille, notamment aux Pennes-Mirabeau.

commercialisation et l’abattage des moutons. Ceux-ci pestent contre la mairie en soulignant qu’ils ne savent jamais si le site sera disponible ou pas. Et cette année, les difficultés se sont accentuées, car le terrain devait accueillir les premiers travaux de la Grande Mosquée : la direction des Emplacements de la mairie a, dans un premier temps, indiqué que le lieu n’était pas disponible pour revenir ensuite sur sa décision. D’où la colère du Comité des chevillards marseillais. « Forts des assurances antérieures des pouvoirs publics, souligne Salah Benmessaoud, porte-parole des chevillards, nous avons beaucoup investi en matériel (plus de 200 000 euros), en énergies d’organisation et en solutions, qui permettent à la fois de respecter les normes sanitaires et le bon traitement des animaux sacrifiés.  » Mais, pour cette édition 2010,

En raison de la fermeture de l’abattoir temporaire du site de Saint-Louis à Marseille, de nombreux Marseillais se sont rabattus vers les abattoirs environnants. Ici, celui de Pennes-Mirabeau, à 17 km au nord de Marseille.

Dans la ligne de mire des organisateurs : Martine Vassal, maire adjointe chargée des Emplacements. Selon elle, « le CCM n’a jamais véritablement investi dans le site alloué, ne serait-ce qu’en assurant un minimum d’entretien des bâtiments d’une année à l’autre. Bien au contraire ! Il s’est contenté de profiter de l’acquis. En 2008, les pluies diluviennes ont entraîné l’effondrement partiel du toit et infligé des dégâts importants et irréversibles aux bâtiments ». La mairie assure avoir proposé aux chevillards trois terrains dans le 15e arrondissement. « Nous n’avons pas eu de réponses… », déplore Martine Vassal. D’autant, ajoute-t-elle, que l’emplacement de Saint-Louis « nous coûte 30 000 euros » (pour l’installation en eau, les barrières, la paille, le personnel municipal, les médiateurs, etc.). « Cela ressemble à une opération commerciale et la mairie n’a pas vocation à financer ce genre de commerces », glisse la maire adjointe, qui ajoute avoir entendu parler cette année de moutons vendus pièce à 250 euros, contre les 180 habituels… Bref, rien ne va plus.

© France Keyser

Des conditions tendues

© France Keyser

Absence. Ils l’ont fait. Les chevillards qui menaçaient de déserter le site de Saint-Louis dans le 15e arrondissement de Marseille ont finalement mis leur menace à exécution. Et les 1 700 bêtes qui auraient dû être présentées début novembre pour être choisies par les fidèles ne sont jamais venues à SaintLouis. Pourtant, ce site, où est normalement prévue l’implantation de la future Grande Mosquée de Marseille (dossier en suspens pour le moment) fait partie de l’histoire des musulmans de Marseille : cela fait vingt ans qu’ils viennent sélectionner leur bête, attendent avec leur ticket et repartent avec les carcasses pour célébrer l’Aïd. Ce dysfonctionnement est le résultat d’une brouille entre la mairie de Marseille et le Comité des chevillards marseillais (CCM), ceux qui assurent la

Le CCM a fait la sourde oreille : il n’a pas déposé de dossier d’agrément et n’a pas participé aux réunions de préparation à la préfecture. »

Martine Vassal, maire adjointe chargée des Emplacements

Et faute de cet emplacement historique et symbolique, la fête de l’Aïd, cette année, s’est déroulée dans des conditions tendues dans toutes les communes limitrophes. Aux Pennes-Mirabeau, par exemple, les consommateurs ont dû attendre facilement quatre heures, le premier jour. La préfecture des Bouches-du-Rhône a rappelé qu’il y avait cette année dans le département douze sites d’abattage, dont deux pérennes et que le « sacrifice peut se dérouler pendant trois jours ». Il n’empêche : le site de Saint-Louis a cruellement fait défaut cette année. ■

Gaza-Strophe primé DOCU. Grande émotion au Palais de la Bourse, à Marseille, le 1er décembre. Les réalisateurs Samir Abdallah et Khéridine Mabrouk se sont vus décerner le Grand Prix France TélévisionsEnjeux méditerranéens pour leur film GazaStrophe, le jour d’après, à l’occasion de la 15e édition du Prix international du documentaire et du reportage méditerranéen, organisée par

le Centre méditerranéen de la communication audiovisuelle (CMCA). Arrivés le lendemain du cessez-le-feu de l’opération « Plomb durci », ils ont tourné des images poignantes de la tragédie, guidés sur place par les militants palestiniens des droits de l’homme. « On sentait fort l’odeur du phosphore, on voyait les drones survoler le dessus de nos têtes, les bom-

bardements étaient toujours incessants malgré l’annonce du cessez-le-feu, le blocus... c’était apocalyptique », raconte Khéridine Mabrouk. Un Grand Prix qui sonne comme une belle revanche sur les pressions qu’avait subi France Télévisions pour déprogrammer le documentaire. Gaza-Strophe sortira en salles de cinéma à la mi-janvier 2011. ■ H. T. N.


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FOCUS

spécial

« Fête » ensemble !

D

fÊTES

© Jérôme Dancette

10

Par Nadia Moulaï

Décembre, mois fort en festivités. Il débute par Hanoukka, est ponctué par le Nouvel An musulman, s’illumine avec Noël et festoie lors du réveillon. Si les rites restent les mêmes, chacun adapte ces moments de fête un peu à sa manière. Entre convivialité et spiritualité.

Du foie gras halal pour l’Aïd et du couscous à Noël. Chez Hawwa, 30 ans, et Xavier, 32 ans, « les fêtes religieuses ne posent pas de problème », lance la jeune femme, employée dans la finance. Car tous les deux tiennent à leur culte. « Je prie, je fais le jeûne du Ramadan », confie Hawwa, Française d’origine malienne. Xavier, lui, appartient à une famille catholique versaillaise, aujourd’hui installée

dans les Pyrénées-Orientales. Et la religion, il y est plutôt attaché. Alors, quand Noël arrive, pas question pour lui de faire l’impasse sur cet événement. « L’an dernier, on a fait un repas à la maison le 24, puis on s’est rendus dans la famille de Xavier le 25. […] Nous avons organisé un dîner de Noël à la sauce malienne, à Paris, avec ma mère, mon frère et mes oncles », lâche Hawwa dans un éclat de rire. Une

coutume habituelle pour elle. « Au Mali, chrétiens et musulmans célèbrent ensemble toutes les fêtes religieuses. » Pas question pour elle, donc, d’abandonner la pratique, surtout si elle peut lui permettre de s’attabler au côté de ses proches, le 24 décembre. Au menu, ce soir-là, « huîtres, épaule d’agneau et couscous. Mon mari va à la messe vers 19 heures, puis il nous rejoint. »


www.salamnews.fr

47,5 %

En 2009, 47,5 % des personnes originaires du Maghreb et vivant en Île-de-France prévoyaient de fêter Noël. (Source : Solis, 2009)

Et Noël côté belle-famille ? « Cela se passe toujours très bien. » Même quand la table est garnie d’aliments prohibés par l’islam. « Si mes beaux-parents font du porc, il y aura toujours quelque chose pour moi », précise-t-elle. Avant d’ajouter : « Noël, ce n’est pas la cuisine du terroir, c’est les produits de la mer ! »

Aïd el-Kébir, Hanoukka, Noël…

Un constat qu’Adil, musulman, nuance tout de même. À 38 ans, il est marié à Isabelle, juive pratiquante. En matière de fêtes religieuses, les choses sont plutôt « cloisonnées ». « Je ne fête pas Hanoukka », fait-il remarquer, mais « je n’empêche pas nos deux enfants de le faire avec leurs grands-parents ». Résultat, chaque année, femme et enfants participent au rituel de Hanoukka. « Nous allumons le candélabre. Le huitième jour, nous organisons un goûter familial avec des beignets », explique Isabelle. En novembre dernier, elle a cependant fêté l’Aïd el-Kébir. « Je suis pour la fête ! », tonne-t-elle tout sourire. « Que ce soit Noël ou la fête du mouton, je saute toujours sur l’occasion ! » Si Adil avoue avoir célébré des fêtes non musulmanes comme Noël par le passé, il n’y accorde plus vraiment d’importance. Il souligne surtout l’attrait de Noël pour ses enfants.

Faire plaisir aux plus jeunes

Dans la communauté juive, les enfants sont gâtés tout au long de Hanoukka. « Ils reçoivent, en théorie, un petit cadeau tous les jours », explique Déborah, 29 ans. « En réalité, la plupart des familles se contentent d’un jouet ou d’un vêtement par enfant. » D’après Samia, 32 ans, comptable, mariée à Samuel, athée, « si les musulmans célèbrent Noël, c’est surtout pour faire plaisir aux enfants à travers les cadeaux ». Dans l’islam aussi, offrir un présent est recommandé lors de l’Aïd al-Adhâ. « La veille de l’Aïd, je cours les boutiques. J’achète des habits neufs. J’en profite pour offrir des jouets à Maïssa, notre fille de 3 ans. C’est son Noël ! », raconte Samia. Une pratique en vogue. Les jeunes générations de Français musulmans semblent même dépasser le simple cadre religieux. «  Beaucoup de mes amis musulmans accordent une importance toute particulière à la célébration de cette fête », relève Mohamed, 40 ans, chef d’entreprise. « Sacrifice du mouton et prières certes. Mais les cadeaux faits aux enfants tiennent le haut du pavé. » Vivre avec son temps, donc.

Hégire ou Saint-Sylvestre ?

Associé aux fêtes religieuses, le jour de l’an est également célébré

par l’ensemble des communautés présentes en France. Juive, chrétienne ou musulmane. Pour autant, il ne comporte pas vraiment de dimension religieuse. « En général, Samuel et moi invitons des amis à la maison », note Samia. Chez les jeunes, notamment célibataires, le jour de l’an rime avec sorties nocturnes. Samy, 25 ans : « Je ne fête pas Noël. En revanche, j’aime bien retrouver mes copains pour la nouvelle année. Autrement, je reste en famille pour dévorer un bon repas : crevettes, œufs de lump ou saumon, on se fait plaisir. » Signes d’une intégration réussie… Moins répandue, la célébration de l’Hégire, qui marque le premier jour de l’an musulman, a eu lieu le 7 décembre cette année. «  Nous téléphonons aux anciens de la famille, plus sensibles à cette date », constate le jeune homme. Depuis quelques années, certains saisissent même l’occasion du nouvel an hégirien pour se réunir, voire festoyer. C’est le cas de Leila, 33 ans. « L’an dernier, j’ai loué une salle et organisé une réception pour marquer le début de l’année musulmane. » Pas une soirée dansante, juste un dîner. « Je sais bien que cela peut être interprété comme une innovation et donc contraire à l’islam. Mais réunir proches et amis n’est pas un pêché… » ■

MÉMO MEMO ■ Hanoukka Célébrée à partir du 25 du mois hébraïque, la « Fête des lumières » marque la reconquête de Jérusalem par le peuple juif au IIe siècle av. J.-C. Durant Hanoukka, les fidèles allument une bougie par jour, rappelant le miracle de la fiole d’huile d’olive qui permit aux soldats juifs, mobilisés pour purifier un temple profané, de tenir allumé un chandelier durant huit jours.

■ HÉgire L’hégire (« émigration », en arabe) renvoie à l’an 622, au cours duquel le Prophète Muhammad quitte La Mecque pour rejoindre Yathrib (Médine). Il marque le début du calendrier musulman (lunaire). Peu célébré, le Nouvel An hégirien reste néanmoins une occasion de préparer des plats festifs.

■ ACHOURA Correspond au 10e jour de muharram, mois inaugural de l’année musulmane. À l’origine, la rencontre, en 622, du Prophète Muhammad avec une tribu juive, jeûnant pour Yom Kippour. Calquant la pratique, il conseille alors à ses fidèles de jeûner deux jours. Ce jeûne est surérogatoire.

■ NOËL

Le panier de Noël ÉCONOMIE. Chapon, foie gras et boissons festives sans alcool (Night Orient, Moussy…), la filière halal propose tous les produits phares des fêtes de fin d’année. « À partir du 15 décembre, le gros des commandes de Noël est passé », relève Abdallah Lamar, de la société Alvidis, grossiste de volaille halal, basé à Rungis. Et les quantités sont plutôt parlan-

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tes. « Pendant les fêtes, je vends un millier de dindes, 800 chapons, dont 600 fermiers. » La clientèle est composée essentiellement de boucheries, très peu de restaurants. Les produits plus raffinés, de type foie gras, restent encore un luxe. « Je n’en vends pas plus d’une centaine. À 9 euros, la verrine de 100 grammes, cela reste cher », poursuit-il.

Caractéristique propre à cette clientèle ? « Les commandes perdurent bien au-delà du 25 décembre », lance-t-il, amusé. «  D’ailleurs, au jour de l’an, ce ne sont pas moins de 150 colis de dinde qui partent… » Mais si la période reste propice aux ventes, M. Lamar regrette une baisse par rapport à 2009 : « La crise est passée par là et tout le monde en souffre… » ■

Célèbre la naissance de l’enfant Jésus. Le doute subsiste quant au lieu : Nazareth ou Béthlehem (Cisjordanie actuelle). Fixée au 25 décembre, Noêl constitue avec Pâques une fête majeure du calendrier chrétien. Mais ce n’est qu’au Ve siècle qu’il se répand. Symboles de Noël : la crèche, qui met en scène la Nativité et l'arrivée des Rois mages, la veillée, et la messe de minuit.


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FOCUS

spécial

fÊTES

Propos recueillis par Nadia Moulaï

« La fête doit créer une communauté de citoyens » Les jours fériés renvoient-ils systématiquement à des fêtes religieuses ? Jacqueline Lalouette : Contrairement à une idée reçue, les fêtes religieuses ne sont pas les plus nombreuses. Il n’y en a que quatre : Noël, le jeudi de l’Ascension, l’Assomption (15 août) et la Toussaint (1er novembre). Le lundi de Pâques et le lundi de la Pentecôte ont été fixés comme jours fériés en 1886, à la demande des banques et des chambres de commerce, dans un souci d’harmonisation avec les places financières d’autres pays européens (car certaines opérations financières sont interdites durant les jours fériés). Les jours de fête sont-ils tous des jours fériés ? Non, par exemple la fête des voisins ou celle de la musique ne sont pas des jours fériés. Beaucoup de régions possèdent des fêtes à caractère folklorique qui ne sont pas non plus des jours fériés. Quelle évolution observez-vous ? Un premier constat est qu’en deux siècles le nombre de jours de fêtes légales, et donc de jours fériés, a augmenté, passant de quatre à onze. Il a donc pratiquement triplé. Comment se fait-il que la République laïque qu’est la France célèbre des fêtes religieuses ? Revenons au contexte historique. Quand ces jours de fêtes religieuses ont été fixés, en 1802, le régime en place était le Consulat. La France venait de signer avec Rome un concordat établissant que la grande majorité des Français étaient catholiques. En 1905, lors du vote de la loi de séparation des Église et de l’État, quelques députés socialistes et anticléricaux ont souhaité que ces jours de fêtes chrétiennes soient supprimés ou que l’on change leurs noms pour leur retirer tout caractère chrétien : Noël serait devenu la « fête de la famille ». La majorité des parlementaires s’y est opposée, notamment Aristide Briand, artisan majeur de la

séparation. Il semblait difficile d’ignorer Comment la France évoluera-t-elle compque la France est un pays de vieille culture te tenu de sa diversité culturelle et relichrétienne. gieuse ? Je ne prédis pas l’avenir… Cependant, je Mais la France évolue et d’autres serais très étonnée que l’on augmente le communautés religieuses font partie nombre de jours de fêtes, et ce pour des de la nation française… raisons d’ordre économique. Supprimera-tD’ailleurs, deux propositions ont été faites on des fêtes chrétiennes ? Cela m’étonnerait ces dernières années, concernant l’Aïd al-Adhâ tout autant : la France est un vieux pays de [qu’on appelle aussi Aïd el-Kébir, ndlr] et Yom culture catholique, attaché à ses fêtes, y comKippour. En 2003, la commission Stasi s’est pris quand elles ont largement perdu leur dite favorable à « l’introduction » de ces deux sens religieux. Et si l’on supprimait une fête fêtes « dans le calendrier des jours fériés dans chrétienne pour instaurer une fête juive ou toutes les écoles de la République ». Mais Jean- musulmane, ne risquerait-on pas de nourrir Pierre Raffarin, Premier ministre, instituait certaines tensions ? Il faut aussi s’interroger alors une journée de la solidarité ; ce n’était sur la manière dont les fidèles des religions donc pas le meilleur moment. En 2010, une non chrétiennes se situent par rapport aux proposition semblable a été formulée lors du fêtes chrétiennes. débat sur l’interdiction du port de la burqa. Aucune de ces deux propositions n’a été Mais ces fêtes ne dénotent-elles pas un enjeu de citoyenneté ? suivie d’effets. Oui, tout à fait. Cet enjeu se rapporte On est donc loin d’un jour férié national surtout aux trois fêtes à caractère national lors de l’Aïd ou de Yom Kippour… ou civique : le 14 juillet, le 8 mai et le 11 noIl ne faut toutefois pas oublier que, de- vembre. On peut d’ailleurs noter qu’il a été puis 1967, chaque année une circulaire mi- fort peu question de ces fêtes lors du débat nistérielle de l’Éducation nationale donne la sur l’identité nationale, quoi que l’on pense liste des fêtes religieuses donnant droit à une de celui-ci. ■ absence « sous réserve de compatibilité avec le * Auteure de Jours de fête. Jours fériés et fêtes légales dans la France fonctionnement normal du service ». contemporaine, Éd. Tallandier, 2010.

Le 14 juillet, symbole de la « fête de la nation tout entière ». Ici, en 2010, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance des pays francophones d’Afrique, des vétérans africains de l’armée française assistent au défilé.

© Thierry Orban Pool / SIPA

© D.R.

Dans une France bigarrée, le sens donné aux fêtes évolue, jusqu’à devenir une question de citoyenneté. Rencontre avec Jacqueline Lalouette*, historienne.


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sport 100

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w C’est le nombre de joueurs de rugby d’origine algérienne évoluant en Europe, dans les trois premières divisions.

Par Nabil Djellit

L’Algérie dans la mêlée BALLON OVALE. Plus que la force physique de ces colosses, c’est la force morale de ces rugbymen franco-algériens qui impressionne. Azzouz, Sofiane, Nasser et les autres, qu’ils soient nés ou qu’ils aient grandi en France, se battent pour que le rugby algérien existe au « bled » et sur la scène internationale. Si tous les ingrédients sont réunis pour prendre sa place dans le monde de l’ovalie, le gouvernement algérien, lui, n’a toujours Le 2 novembre, a fait preuve pas donné son aval pour la créa- l’Algérie d’une remarquable tion d’une fédération nationale, discipline collective remporter condition sine qua non pour pour la finale du Tournoi participer aux compétitions in- international Caire, 50 à 0 ternationales. Le combat de leur du contre l’Égypte. vie est bien là. Et loin des arcanes étatiques, ils ont décidé de gériens n’ont aucune appréhension à plaquer ou à aller au charbon », l’embrasser à bras-le-corps. clame Azzouz Aïb, professionnel à Grasse (2e division), et éléDouze clubs de rugby Ces hommes ont déjà gagné des ment moteur de cette aventure. points sur le terrain : « Il y a trois « Le rugby, ce n’est pas seulement ans, on est parti à Oran, on a or- une pratique sportive, c’est aussi ganisé une journée portes ouvertes un état d’esprit. Nous en profitons au stade Zabana. On s’attendait à pour scolariser des enfants sortis voir venir une centaine d’enfants. du circuit  », complète Sofiane En trois jours, on a vu débouler Benhassen. près de 4 000 gamins », explique avec ferveur Sofiane Benhassen, « La France nous pilier du projet et joueur de a beaucoup donné » Massy. Aujourd’hui, président Un corps sain, dans un esprit sain. du Stade oranais, il navigue Pas un vain mot pour ces joueurs entre ses deux pays pour struc- qui composent la sélection algéturer son club et former des édu- rienne. Issu de quartiers popucateurs. Une initiative originale laires de l’Hexagone, beaucoup réussissent une belle carrière proqui a fait son chemin. Il existe désormais 12 clubs as- fessionnelle. On compte même sociatifs de rugby au pays des des traders dans le XV algérien. Fennecs. « Aussi paradoxal que « C’est vrai que la France nous a cela puisse paraître, les Algériens beaucoup donné. Certaines de ses sont naturellement prédisposés à ce valeurs nobles nous habitent. Mais sport. Il correspond à nos valeurs quand je suis en Algérie, je me de solidarité, de partage et de com- sens algérien. Et, aujourd’hui, j’ai bat. Et sur le gazon, les jeunes Al- envie de rendre aux gens qui se sont

© D.R.

Une passion pour une nation. Ils sont quinze sur le terrain. Et plus encore derrière. Ils poussent ensemble pour l’Algérie. Un seul but : implanter le rugby dans le pays de leurs origines.

REPÈRES L’Algérie a disputé son premier match officiel le 24 février 2007, à Nabeul, contre la Tunisie. Le XV algérien a remporté la rencontre par 8 points à 7. La sélection algérienne a, par la suite, affronté des équipes de clubs français. Elle a récemment remporté le Tournoi du développement organisé au Caire par la Confédération africaine de rugby (CAR), sous l’égide de l’IRB (Fédération internationale de rugby). Même si elle n’est pas encore affiliée, Sofiane Benhassen a représenté l’Algérie au congrès de la CAR, le 7 décembre, à Accra, au Ghana.

battus pour que ce pays soit libre », argumente Azzouz Aïb. C’est une passerelle en forme de ballon ovale que ces Franco-Algériens veulent lancer entre les deux rives de la Méditerranée.

Seule équipe sans fédération officielle

Cependant, le passif du passé colonial n’est pas encore totalement soldé. Dans l’imaginaire collectif, le rugby n’a pas toujours bonne presse en Algérie. Il renvoie au contentieux colonial. Introduit pendant cette période, il n’était pratiqué en vase clos qu’entre Européens. Dans les années 1970, il fut quasi éradiqué. Pourtant, si l’Algérie devait exister, elle

pourrait d’entrée en tirer profit sur le plan international. Sur son potentiel, une participation au Mondial 2015 en Angleterre ne serait pas impossible. Il y a quelques semaines, Azzouz et ses potes ont donné le ton lors d’un tournoi au Caire. Seule équipe sans fédération officielle, l’Algérie a écrasé la concurrence. En finale, les rugbymen algériens ont renvoyé les Égyptiens dans la vallée des Rois morts (50-0). Une performance qui ne trompe pas sur la détermination qui les habite. Qui sait peut-être qu’un jour ces Guerriers du désert iront rejoindre les All Blacks, les Springboks ou le XV de la Rose dans la cour des grands. ■


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Tête d’affiche

Zahia Ziouani

© Christophe Fillieule

À 32 ans seulement, Zahia Ziouani dirige déjà son propre orchestre ainsi que le Conservatoire de musique et de danse de Stains, où elle nous accueille. Femme à poigne, elle a des rêves pleins la tête, qu’elle réalise tout au long de son parcours empli de passion et de convictions.

« Je rêve de diriger un orchestre plus métissé » Devenir chef d’orchestre, vous en rêviez déjà à 12 ans... Zahia Ziouani : Oui, c’est vrai ! Quand j’étais adolescente, j’avais dans ma chambre des posters de chefs d’orchestre. J’ai découvert les chefs d’orchestre alors que je jouais de l’alto. Je trouvais qu’ils avaient une telle présence, un tel charisme. J’ai tout de suite été attirée. Un chef d’orchestre a du pouvoir, tout en mettant en valeur ses musiciens avec finesse et harmonie. Je suis entrée au conservatoire à 8 ans. Depuis, la musique classique ne m’a jamais quittée. Dans ma jeunesse, mon but était de devenir chef d’orchestre, moi qui ai grandi dans un HLM du 93. Cela n’a pas dû être facile pour une femme… Non, surtout pour une femme très jeune… Mais j’ai rapidement fait abstraction de ces

difficultés, car j’ai pris conscience très tôt de l’importance de la fonction. J’ai énormément travaillé. Mais, surtout, j’ai fait une rencontre décisive, celle du célèbre Maestro Sergiù Celibidache qui m’a repérée… Il m’a formée durant deux ans entre la France et l’Allemagne.

Puis j’ai étudié l’orchestration et la musicologie à la Sorbonne. À côté de mes études, je dirigeais des orchestres d’étudiants… Puis vous avez monté Divertimento, votre propre orchestre, à l’âge de 20 ans !

BIO EXPRESS Née en 1978, Zahia Ziouani a grandi en Seine-Saint-Denis. C’est très jeunes qu’elle et sa sœur jumelle Fettouma découvrent la musique classique grâce à leurs parents mélomanes. Au conservatoire, elle décroche des premiers prix en alto, en guitare classique et en musique de chambre. Diplômée en analyse, orchestration et musicologie, elle crée l’orchestre Divertimento en 1996. Signataire de l’Appel des 93, elle se bat pour combattre les préjugés subis par les habitants de la Seine-Saint-Denis. À l’âge de 28 ans, elle est récompensée pour son parcours artistique, au Sénat, dans le cadre des « Trophées de la réussite au féminin ». Chef d’orchestre principal de l’Orchestre symphonique national d’Algérie depuis 2007, elle a dirigé de grands concerts associant l’Orchestre symphonique du Caire et l’Orchestre symphonique de Tunis. Elle reçoit, en 2007, le Premier Prix de musique du président de la République algérienne. En 2008, elle est promue chevalier de l’Ordre national du mérite de la République française. Auteure d’une autobiographie La Chef d’orchestre (Éd. Anne Carrière, 2010), Zahia Ziouani mène depuis le début de cette année, avec Divertimento et l’Orchestre de Paris, le projet Demos-Orchestre des jeunes. Objectif : rendre accessible la musique classique aux enfants de 7 à 12 ans issus des quartiers populaires.


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« Tout le monde peut être maître de sa vie. La musique, c’est comme le sport : si on est déterminé, on y arrive » Comme dans la plupart des milieux, celui de la musique nécessite d’avoir un réseau... N’en n’ayant aucun à l’époque, pas question pour moi d’attendre dix ans avant de diriger ! La solution était de monter mon propre orchestre. Il a fallu que je m’impose, que je propose un contenu artistique solide, que des musiciens me fassent confiance. Étape par étape, nous avons réussi. Aujourd’hui, douze ans après, notre orchestre est reconnu et nous nous produisons partout dans le monde. Cela doit être étonnant pour le public de voir une jeune femme d’origine maghrébine diriger un orchestre… L’étonnement est surtout causé par mon jeune âge et par le fait que je sois une femme. Je n’ai pas souffert à cause de mon origine algérienne. Heureusement, dans les milieux artistiques, on est plus ouvert et on a l’habitude de travailler avec des étrangers. Vous êtes aussi chef d’orchestre à Alger, depuis 2007. Quelle relation entretenez-vous avec votre pays d’origine ? C’est simple, je suis autant algérienne que française. J’ai la double nationalité, même si j’ai grandi en France. Comme à Stains, j’aime l’idée de donner goût à la musique classique. Et j’aime aussi explorer et révéler la musique arabo-andalouse ! Je veux être un pont entre la France et l’Algérie afin que ces deux pays aillent dans la même direction ; au moins dans le cadre d’un programme musical. Et un jour votre orchestre s’installe en Seine-Saint-Denis, là ou vous avez grandi... J’ai grandi ici et j’y vis toujours. Lorsque j’ai monté Divertimento, la municipalité de Stains nous a proposé de nous accueillir en résidence. M’être implantée ici m’apporte beaucoup, car je veux sensibiliser, notamment les jeunes, à la musique classique et à la création artistique en général. Nous sommes déjà fiers de constater que nous faisons salle comble, ici, à Stains ! Vous êtes aussi directrice de l’École de musique et de danse de Stains… Enseigner en Seine-Saint-Denis est très important pour moi. Soyons clairs, l’égalité des chances n’existe pas. J’ai enseigné dans le 9e arrondissement de Paris auprès d’enfants qui vivaient dans des hôtels particuliers… Au conservatoire de Stains, je veux donner plus que des cours de musique aux jeunes. Nous avons mis en place un programme d’éducation musicale. Nous organisons des sorties aux musées, des concerts… Nous sensibilisons les familles sur la nécessité du travail quotidien sur un

instrument. Nous voulons offrir à ces jeunes toute la culture générale nécessaire dont ils manquent pour accompagner leur progression dans la musique. Tout cela va plus loin qu’un simple enseignement ? Oui, on peut dire que c’est une démarche militante de ma part. Je me bats pour la musique pour tous ! La musique permet à ces gamins d’apprendre la rigueur, le travail, la curiosité, l’échange, le respect de l’autre et la mixité. Ces notions ne sont, à mon sens, malheureusement plus beaucoup enseignées à l’école publique aujourd’hui. Elles sont pourtant primordiales. Je veux les transmettre à travers la musique. Vous pourriez pourtant retourner enseigner à Paris… Où allez-vous chercher cette force ? À Stains, je suis ancrée dans la réalité. Je peux très bien être reçue par un ministre le matin, mais j’aime l’idée que, dans l’après-midi, je prends simplement le RER pour retrouver la vraie vie. C’est mon moteur ! Quand j’étais jeune, mes parents avaient les mêmes problèmes que ceux de mes élèves actuels. Pourtant, j’ai réussi à concrétiser mon rêve. Je veux montrer que c’est possible ! Justement, depuis la crise des banlieues de 2005, vous êtes devenue une icône médiatique ! Comment avez-vous vécu cela ? J’ai accepté de raconter mon parcours à plusieurs médias pour combattre les préjugés. Les journalistes s’arrachaient mon histoire et j’ai dû refuser énormément d’interviews ! Cette médiatisation était assez décevante, j’ai senti une sorte d’instrumentalisation. On voulait absolument me filmer dans la cité avec des jeunes comme si j’étais une animatrice de colonie ! On ne me parlait que très rarement de ma musique. Les journalistes ne se déplaçaient pas à Stains, prétextant que c’était trop loin de Paris… Aucun d’entre eux n’est d’ailleurs venu filmer un concert. Et, du côté des institutionnels, on me trouvait « formidable », mais aucun ne nous aide à trouver de nouveaux financements en ces temps de crise.

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Abcédaire

CCuriosité comme

C’est la base de tout pour moi, c’est ce qui permet d’évoluer et de trouver un jour sa voie. Il faut toujours se poser des questions, tout faire pour obtenir des réponses et aller toujours plus loin.

D Diversité comme

Je rêve de diriger, dans une dizaine d’années, un orchestre avec des musiciens plus jeunes, plus métissés… Et que nous soyons applaudis par un public tout aussi divers !

E Échange comme

En concert, j’attends de mes musiciens le meilleur et, en échange, je leur donne le meilleur de moi-même. La musique, c’est un échange, un enseignement mutuel. Le tout avec un niveau d’exigence le plus élevé possible.

M Musique comme

Plus que mon métier, c’est ma passion. C’est ce qui me permet de m’épanouir pleinement ! Un art très riche dans lequel règnent respect, échange. Tout le monde peut profiter des bienfaits de la musique.

PPersÉvÉrance comme

Quelles valeurs voulez-vous faire passer ? Je veux dire notamment aux jeunes que tout le monde peut être maître de sa vie. Il suffit d’avoir de l’ambition et de travailler car, dans la vie, on n’obtient rien sans travail ! La musique, c’est comme le sport : si on est déterminé, on y arrive. À ce moment-là, on ne voit plus aucune différence sociale, culturelle, etc. Il faut que les jeunes sortent de l’image négative qu’ils ont d’eux-mêmes et dans laquelle on veut les enfermer. ■ Propos recueillis par Mérième Alaoui

Parfois le chemin est long, mais il faut accepter que seul le travail permet de réaliser ses rêves. Je trouve qu’aujourd’hui les gens ne rêvent plus et se laissent facilement abattre. Alors qu’il suffit simplement de croire en soi et de foncer !


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Pour elle

beauté Par Anne-Flore Gaspar-Lolliot

Pas de fêtes sans offrir d’eau de toilette ! En cette fin d’année, nous avons donc déniché l’essentiel des fragrances – naturelles de préférence – et nous vous proposons un petit tour d’horizon des parfums à se choisir ou à offrir.

Mettez-vous

au parfum ! Les origines millénaires du parfum Les inventeurs de substances parfumées seraient les Égyptiens qui, environ 4 000 ans avant notre ère, utilisaient toutes sortes d’huiles et d’onguents parfumés, de fumigations de bois, d’herbes et de résines aromatiques, que ce soit à des fins esthétiques, thérapeutiques ou rituelles. Le terme de « parfum » viendrait d’ailleurs de l’expression latine per fume, qui signifie « par la fumée ». Quant à la paternité de l’alambic (cet appareil permettant la distillation des fleurs et des plantes, dont le nom vient de l’arabe al-anbîq), les premières traces écrites l’attribueraient aux Perses, aux alentours du Xe siècle, comme l’a écrit Abû Al-Qâsim ou Al-Râzî dans son Livre du secret des secrets. Les premiers alambics servirent également aux Arabes à fabriquer le khôl (qui donna d’ailleurs par la suite le nom d’al-khôl au produit obtenu par la distillation du vin).

Notes de tête, de cœur et de fond : ExplicationS

Photos non contractuelles © D.R.

Voici quelques clés du jargon de nez à maîtriser, la base étant la fameuse « pyramide olfactive » qui définit la structure du parfum. Notes de tête : ce sont elles qui donnent la toute première impression olfactive, que l’on sent dès la vaporisation ou l’ouverture du flacon. Éphémères, elles disparaissent entre quelques minutes et 2 heures (exemples : les agrumes, les notes aromatiques menthées, l’eucalyptus…). Notes de cœur : elles jouent le rôle d’intermédiaire en prolongeant la fraîcheur des notes de tête et en annonçant la chaleur des notes de fond. Elles représentent la « signature » du parfum, et ont une durée de vie d’environ 2 à 8 heures (exemples : les notes florales, épicées…). Notes de fond : tenaces, ce sont elles qui fixent le parfum pour le faire durer le plus longtemps possible, soit d’un à plusieurs jours (exemples : les notes vanillées, boisées, musquées, ambrées…).

Parfum bio : késako ?

La certification bio bannit l’utilisation de certains fixateurs synthétiques utilisés en parfumerie conventionnelle pour faire durer le parfum tout au long de la journée. Ce qui explique que les fragrances biologiques (sans phtalates ni muscs artificiels, notamment) ne laissent pas le même sillage saturé et entêtant que les parfums non naturels.

Tonique Eau du matin Pour des matins toniques, rien de plus efficace qu’un cocktail d’agrumes énergisant, rafraîchi par une pointe de menthe, signé Cattier. La journée ne peut pas mieux commencer ! Flacon-pompe spray : 100 ml Prix conseillé : 22,90 €

Envoûtante Eau de toilette L’eau de toilette bio Durance à l’huile essentielle de lavande biologique a été créée dans la plus pure tradition des parfumeurs de Grasse. Succombez au parfum raffiné et envoûtant de la lavande de Grignan. Flacon : 100 ml Prix conseillé : 30€

Zen Présence(s) de Bach

Bienveillant pour le corps et l’esprit, cette eau de parfum aux Fleurs de Bach bio (verveine, clématite, églantine, chèvrefeuille, pin, chêne, pommier sauvage) apporte relaxation et apaisement. En vente chez Nocibé Prix conseillé : 49,90 €

Captivante Eau fraîche de parfum Redécouvrez en édition limitée l’eau fraîche envoûtante et sensuelle aux fruits épicés 100 % naturelle et certifiée bio de Bio Beauté by Nuxe dans un nouvel écrin cadeau. Flacon spray : 100 ml Prix conseillé : 28 €

Florale Coffret duo parfumé Ce coffret Orchidée Blanche d’Acorelle contient une eau de parfum et un lait pour le corps antistress pour plonger au cœur des bienfaits de cette fleur associée aux festivités, à l’amour et à la pureté. En vente chez Mademoiselle Bio Prix conseillé : 29,90 €


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musulmans de France

lOIn des clIcHes Naturel Eau de toilette Cette eau de toilette fraîche et boisée bio Florame est parfaitement indiquée pour les hommes préférant les parfums toniques et naturels (citron, pamplemousse, bois de cèdre et vétiver). Flacon-pompe spray : 100 ml Prix conseillé : 17,50 €

Herbacé

Menthe fraîche

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en KIOsQUe

Notre conseil Ne vous décidez pas juste après avoir humé le parfum en boutique, mais vaporisez-en sur un vêtement afin de voir comment il évolue au fil des jours. Et n’oubliez pas qu’un parfum n’aura jamais la même odeur sur deux personnes en raison de l’acidité de peau différente selon les individus.

des le 11 OctObRe

Puissant

La Nuit de l’homme - Le parfum

Après l’eau de toilette, le parfum siglé Yves Saint-Laurent : frais (bergamote et anis), chaud et corsé (poivre noir), puissant (lavande), sensuel (patchouli et vanille) et noble (vétiver). Flacon : 60 ml / 100 ml Prix conseillé : 69 € / 92 €

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La cuisine de Requia

Préparation : 1 h Cuisson : 25 min Repos : 1 h INGRÉDIENTS : Pour 6 à 8 personnes

Sirop à la vanille : • 50 g de sucre • 70 g d’eau • 1 cuillère à café d’extrait de vanille Crème au beurre à la vanille : • 125 g de beurre pommade • 100 g de sucre • 20 g d’eau • 1 œuf entier • 1 jaune d’œuf • 4 g d’extrait de vanille

Bûche de Noël

La génoise 1. Préchauffez le four à 240 °C et recouvrez une plaque à pâtisserie de papier sulfurisé. 2. Montez les blancs en neige, ajouter le sucre quand ils sont fermes et fouettez jusqu’à obtenir une préparation brillante. 3. Faites fondre le beurre dans une casserole. Battez les jaunes avec 75 g de sucre pendant 5 min à vitesse moyenne. Incorporez ensuite la farine d’un coup, sans trop travailler le mélange. Versez le beurre et mélangez, puis ajoutez les blancs en neige délicatement. 4. Versez la pâte sur la plaque de cuisson et répartissez-la de manière uniforme sur toute la surface avec une spatule. Faites cuire pendant 7 min (le dessus doit dorer légèrement). 5. Sortez la génoise du four, puis retournez-la sur le plan de travail légèrement huilé. Décollez doucement le papier sulfurisé et couvrez la génoise d’un torchon propre, légèrement humide.

Le sirop 1. Versez l’eau et le sucre dans une casserole et faites chauffer à feu moyen. Mélangez au fouet pour faire dissoudre le sucre, puis retirez du feu. Une fois le sirop froid, ajoutez l’extrait de vanille et mélangez. 2. Badigeonnez toute la surface de la génoise avec ce sirop. La crème au beurre 1. Fouettez le beurre dans le bol d’un batteur pendant 3 secondes. Fouettez l’œuf entier et le jaune dans un pichet. Versez l’eau et le sucre dans une casserole, puis portez à ébullition et laissez cuire pendant environ 4 min (la cuisson du sucre est dite « au boulé »). 2. Versez le sucre cuit sur les œufs et battez au fouet électrique jusqu’à ce que le mélange triple de volume. Versez en filet sur le beurre, tout en battant lentement. Ajoutez l’extrait de vanille et fouettez encore quelques minutes.

Retrouvez plus de recettes sur www.requia.fr

© Requia Bader

Génoise : • 35 g de beurre • 75 g de sucre • 75 g de farine • 3 blancs d’œufs + 1 cuillère à café de sucre • 4 jaunes d’œufs

Le montage 1. Étalez la moitié de la crème au beurre sur la génoise et roulezla délicatement en la serrant bien. Recouvrez le reste de bûche de la crème au beurre, passez les dents d’une fourchette dans le sens de la longueur pour faire des petites stries et laissez reposer 1 h au frais. 2. Décorez la bûche selon vos goûts !

Le PRODUIT du mois La bûche Autrefois, bien avant l’arrivée de l’électricité, la coutume voulait que l’on aille couper un gros tronc pour se chauffer pendant toute la durée des fêtes de fin d’année. On choisissait soigneusement la bûche qui allait brûler dans la cheminée, on la coupait avant le lever du soleil et on la décorait avant qu’elle ne finisse dans l’âtre, allumée par le plus jeune membre ou la jeune fille de la famille. La bûche devait se consumer lentement et durer pendant toutes les fêtes, voire jusqu’à l’Épiphanie dans certaines régions. Avec l’arrivée du chauffage dans les foyers, cette bûche a été remplacée par une pâtisserie coupée et striée comme la bûche d’origine !


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DE VOUS À NOUS

Vous traversez un moment difficile ? Vos réactions et celles des autres vous surprennent ? Vous avez l’impression d’être dans une impasse ? Quelle décision prendre ?… À partir du bel islam et d’une lecture appliquée du Coran, des solutions peuvent toujours être trouvées. Posez vos questions à : chamsennour@salamnews.fr

Par Chams en Nour, psychanalyste

Le Noël d’Isabelle « JE ME SUIS RETROUVÉE MUSULMANE ET MÈRE AU FOYER,

alors que je suis d’origine catholique et licenciée en lettres.

Je me suis mariée avec Mostafa, il y a quinze ans. Nous nous sommes rencontrés au travail. J’avais l’impression à l’époque que les choses m’arrivaient sans que je m’en rende compte. Comme si j’étais bloquée dans un rêve et que je ne décidais rien par moi-même. Mostafa est un père formidable avec nos deux enfants : Ryan, 6 ans, et Maëlle, 13 ans. Je n’ai pas grand-chose à lui reprocher, à part ses colères. Il lui arrive d’exploser sans que j’ai le temps de voir l’orage arriver. Mais cela, je m’y suis habituée. Une chose m’inquiète, une contradiction que je ne comprends pas. Je suis devenue musulmane par conviction, en lisant et en discutant avec ma belle-famille tunisienne. Mon mari ne pratique pas vraiment, sauf le jeûne du Ramadan que nous allons faire en Tunisie. Moi, je me sens très attirée par l’islam, pas l’islam sévère qui donne des ordres aux croyants, mais l’islam de l’amour et du respect des autres. Le paradoxe, c’est que mon mari, pourtant pas très respectueux de la religion, refuse à mes enfants de fêter Noël. Je trouve que son refus n’est pas justifié : oui, nous sommes tous musulmans, mais nous vivons en France. Noël fait partie de mes traditions. Je trouve bien que mes enfants le fêtent, parce que nous sommes un couple mixte, il faut faire un pas vers l’autre, je ne peux pas renier une partie de ma culture, et je trouve que l’attitude de mon mari est trop rigide sur ce point. Quel est votre avis ? » Isabelle, 37 ans

Chams en Nour. Votre question surgit souvent dans les fa-

milles pluriculturelles. Quelle culture ou quelle tradition respecter quand les deux parents viennent d’horizons différents ? Vous semblez dire que vous n’étiez pas très consciente de vousmême au moment de votre mariage, mais très consciente de votre choix d’entrer en islam. Voulez-vous dire que vous ne vous rendiez pas compte des conséquences que votre choix allait avoir ? Ou que vous avez du mal à reconnaître que votre destin, soit votre secret désir, s’accomplissait à votre insu ? C’est là une vraie question spirituelle. Votre mari devrait connaître suffisamment sa religion d’origine pour savoir à quel point Sidna Issa (Jésus fils de Marie) fait partie de plein droit de la lignée des prophètes. Et s’il trouve la fête de Noël trop éloignée de ses coutumes, il fait abstraction de la dimension spirituelle de la naissance d’Issa, un événement relaté notamment dans « Marie », la sourate 19 du Coran. Interrogez-vous sur les raisons qui font bloquer Mostafa sur cette question. Pourquoi n’accepte-t-il pas les conséquences de son choix inhabituel d’épouser une Française d’origine catholique, mais néanmoins parfaitement accepté par le Coran ? A-t-il peur de perdre quelque chose ? C’est là un beau sujet d’échanges entre vous. Je partage votre point de vue sur la richesse que représente cette double culture pour vos enfants. Elle fait partie de leur identité. Ce sera à eux de choisir, le moment venu, la route qui leur semblera le mieux correspondre à leur cœur. ■ $

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