La vie de Charles Burnells était ainsi bien remplie, joyeuse et mouvementée. Mais ce n’était qu’un début. D’ici la fin de l’année, il voulait frapper un grand coup, en publiant un article explosif de ses amis Philip et Héléna. Le couple, soutien de la première heure du Citizen, avait consacré ces dernières années à réunir les preuves de l’existence d’une organisation criminelle sans équivalent par sa taille, son pouvoir et ses ramifications. Charles venait d’acquérir un appartement splendide en plein cœur de Londres. Comble du bonheur, Elisabeth, sa femme, travaillait de son côté à l’écriture de romans qui commençaient à rencontrer leur public. La vie était douce pour le jeune directeur, qui pensait avoir mérité chacune des bouchées de ce gâteau. Ce matin-là, il s’installa à la table du petit déjeuner en espérant que son thé chasserait le mal de crâne lancinant qui le gênait depuis quelques jours. Cela ressemblait à un acouphène qu’il oubliait sitôt qu’il entrait dans la salle de rédaction du journal et qu’il se mettait au travail. Rien de bien grave. Charles reposa la tasse vide sur sa soucoupe. Une porte s’ouvrit et la bonne apparut avec les garçons dans les bras. La vue des jumeaux le combla. Vifs et en bonne santé, Victor et Henry étaient les rayons de soleil de la maison. Charles se leva et alla à leur rencontre. – Permettez que je vous libère de ces deux fardeaux, Marie, proposa Charles en tendant les bras. La bonne sourit en lui confiant les enfants. – Alors les affreux ? Affamés ?
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