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fiume Marecchia

Bellaria Igea Marina Musée La “Maison Rouge” de Alfredo Panzini Tour sarrasine Tracteurs d’époque Casteldelci Maison-musée S. Colarieti Cattolica Musée de la Reine Gemmano Musée Naturaliste de la Réserve Naturelle Orientée de Onferno Maiolo Musée du Pain Mondaino Musée Paléontologique Musée des Majoliques Montegridolfo Musée de la Ligne des Goths Montescudo Musée Ethnographique de Valliano Musée de la Ligne Gothique Orientale de Trarivi Novafeltria Musée Historique Minier Sulphur Pennabilli Musée diffus Les Lieux de l’Ame Musée Le Monde de Tonino Guerra Mateureka Musée du Calcul Musée Naturaliste du Parc Sasso Simone et Simoncello Musée Diocésain du Montefeltro “A. Bergamaschi” Poggio Berni Musée Moulin Sapignoli

Venezia

Bologna

Riccione Musée du Territoire Galerie d’Art Moderne et Contemporain Villa Franceschi Rimini Musée de la Ville Musée Fellini Musée des Regards Musée de l’Aviation Musée de la Petite Pêche et des Coquillages Musée National du Motocycle Saludecio Musée en plein air des Murales Musée de Saludecio et du Bienheureux Amato Musée du Risorgimento San Leo Musée de la Forteresse Musée d’Art Sacré Sant’Agata Feltria Théâtre Historique Angelo Mariani Musée Forteresse Fregoso Musée des Arts Ruraux Santarcangelo di Romagna MUSAS Musée Historique Archéologique Musée du Bouton MET Musée des Us et Coutumes des Gens de Romagne Talamello Musée Pinacothèque Gualtieri “La Splendeur du Réel” Verucchio Musée Civique Archéologique République de Saint-Marin Collection Maranello Rosso

Modena Bologna Ravenna

Forlì Cesena Rimini San Marino

Principales distances Amsterdam, 1405 km

Madrid, 1856

Bologne, 121 km

Berlin, 1535 km

Munich, 680 km

Florence, 178 km

Bruxelles, 1262 km

Paris, 1226 km

Milan 330 km

Budapest, 1065 km

Prague, 1089 km

Naples, 586 km

Copenhague, 1770 km

Stockolm, 2303

Rome, 343 km

Francfort, 1043 km

Vienne, 887 km

Turin, 493 km

Londres, 1684 km

Zurich, 645 km

Venise, 235 km


Riviera di Rimini Travel Notes

Provincia di Rimini Assessorato al Turismo Assessorato alla Cultura

Les musĂŠes du territoire de Rimini entre art, histoire et culture


Riviera di Rimini Travel Notes collection de publications touristiques éditée par Provincia di Rimini Assessorato al Turismo Dirigeant Symon Buda en collaboration avec Assessorato alla Cultura Provincia di Rimini Textes Rita Giannini Rédaction Marino Campana Bureau de presse et communication Cora Balestrieri Crédits photographiques Archives photographiques de la Province de Rimini Nous remercions les photographes L. Bottaro, P. Bove, S. Di Bartolo, L. Fabbrini, Fotopress Novafeltria, G. Fuggiano, R. Gallini, D. Gasperoni, R. Giannini, Institut des Musées Communaux de Santarcangelo di R., L. Liuzzi, M. Lorenzi, Martinini, R. Masi, G. Mazzanti, M. Migliorini, T. Mosconi, Musée Civique Archéologique de Verucchio, P.L. Nucci, PH Paritani, D. Piras, V. Raggi, G. Razzaboni, D. Ronchi, E. Salvatori, R. Urbinati

Conception graphique Relè - Tassinari/Vetta (Leonardo Sonnoli, Igor Bevilacqua) coordination Michela Fabbri Traduction Béatrice Provençal Link-up, Rimini Photo de couverture Détail du retable “Vierge à l’Enfant avec deux saints” de Benedetto Coda, conservé au Musée de la Ville, Rimini. Ci-contre, Fontaine “Le Pré submergé”, Santarcangelo di Romagna, l’un des Lieux de l’Ame de Tonino Guerra. Mise en page Litoincisa87, Rimini (Licia Romani) Impression Pazzini Stampatore Editore, Villa Verucchio Première édition 2011 Les musées du territoire de Rimini est une publication touristico-culturelle à diffusion gratuite


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Introduction Le patrimoine monumental et artistique

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Chapitre 1 Les traces du territoire Nature Archéologie Histoire Spiritualité et sacralité Anthropologie et technologie Monde moderne Contemporanéité

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Chapitre 2 Riviera de Rimini Rimini Musée de la Ville et “Domus du Chirurgien” Musée Fellini Musée des Regards Musée de l’Aviation Musée de la Petite Pêche et des Coquillages Riccione Musée du Territoire Galerie d’Art Moderne et Contemporain Villa Franceschi Cattolica Musée de la Reine Bellaria Musée “La Maison Rouge de Alfredo Panzini”

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Chapitre 3 Malatesta & Montefeltro Santarcangelo di Romagna MUSAS Musée Historique Archéologique MET Musée des Us et Coutumes des Gens de Romagne Poggio Berni Musée “Moulin Sapignoli” Verucchio Musée Civique Archéologique San Leo Musée Civique de la Forteresse Musée d’Art Sacré Maiolo Musée du Pain Novafeltria Sulphur Musée Historique Minier Talamello Musée Pinacothèque Gualtieri “La Splendeur du Réel” 4


Sant’Agata Feltria Théâtre Angelo Mariani Musée Forteresse Fregoso Musée des Arts Ruraux Pennabilli Les Lieux de l’Ame Le Monde de Tonino Guerra Mateureka Musée du Calcul Musée Naturaliste du Parc Naturel Sasso Simone et Simoncello Musée Diocésain du Montefeltro “A. Bergamaschi” Casteldelci Maison-musée “S. Colarieti” - Musée Archéologique “Uguccione della Faggiola” Montescudo Musée Ethnographique de Valliano Musée de la Ligne Gothique Orientale de Trarivi Gemmano Musée Naturaliste de la Réserve Naturelle Orientée de Onferno Mondaino Musées de Mondaino Saludecio Musée de Saludecio et du Bienheureux Amato Montegridolfo Musée de la Ligne des Goths 107

Chapitre 4 Collections et autres musées Rimini, Musée National du Motocycle Rimini, Musée de Scolca Rimini, Musée Missionnaire du Sanctuaire de la Madonna delle Grazie Bellaria, Tour sarrasine Bellaria, “Collection Massaroni” Tracteurs d’époque Santarcangelo, Musée du Bouton Torriana, Musée du Tissage “Fil de Pénélope... Fil du monde” Torriana, Observatoire Naturaliste Valmarecchia Saludecio, Murales Saludecio, Musée du Risorgimento Coriano, Musée d’Elisabetta Renzi Coriano, Antiquarium Montefiore Conca, Les couleurs de Montefiore San Marino, Musée Maranello Rosso

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Pour en savoir plus: bibliographie minimale Avant de partir, visitez notre site www.riviera.rimini.it 5


INTRODUCTION LE PATRIMOINE MONUMENTAL ET ARTISTIQUE


De par sa richesse, le patrimoine monumental et artistique de la province de Rimini se compte parmi les merveilles d’Italie. Mais la nature y joue aussi son rôle: les fleuves et les torrents offrent de vastes étendues de galets et de petites plages intimes à végétation spontanée où l’on retrouve “l’enfance du monde”, pour parler comme le poète Tonino Guerra. Puis il y a les campagnes et les bois, qui, montant vers les collines et les montagnes, regorgent de produits de qualité, tels que les truffes et les champignons, qui parfument la cuisine locale, protagonistes des foires saisonnières qui leur sont consacrées. Habitée depuis la préhistoire, cette terre a aussi été, dès l’Antiquité, la destination de nombreux hommes illustres, de Dante Alighieri à saint François. Le territoire conserve en tous points les traces de ces témoignages historiques, culturels et naturalistes, témoignages qui se retrouvent dans les nombreux musées répartis de la mer aux collines. Ce guide présente les structures qui font partie du système des musées de la Province de Rimini et de la Haute Vallée du Marecchia. Son parcours s’achève par une intéressante présentation des espaces et des collections qui enrichissent ultérieurement ce vaste panorama d’opportunités. Ce parcours, bien que bref du point de vue des distances, avantage que les touristes ne dédaigneront certainement pas, est riche en écrins précieux et surprenants, liés au territoire, à son histoire et à ses gens. Il faut donc les lire, les comprendre et les apprécier en se rapportant aux lieux dont ils préservent la mémoire et les expressions, car ils constituent leur valeur ajoutée, une caractéristique concrète et authentique qui leur permet d’être uniques. Malgré ce rapport étroit avec les lieux, tout nous permet d’y parler de grand art, de l’Antiquité à nos jours. Il suffit de penser aux nombreuses pièces archéologiques de la période étrusco-villanovienne, dont les bijoux et l’ambre conservés au Musée Civique Archéologique de Verucchio, ainsi qu’à celles d’époque romaine exposées au Musée de la Ville de Rimini et dans la Domus du chirurgien adjacente. L’un après l’autre, les siècles y ont laissé des exemplaires grandioses. Parmi eux, ceux de l’école de Rimini du Trecento, née après le passage et le séjour de Giotto en ces lieux, qui peignit, vers 1303, un cycle de fresques (perdues), dans l’église San Francesco de Rimini, et le précieux Crucifix encore existant. La Renaissance possède ici son premier édifice sacré, le Temple des Malatesta, qui conserve une fresque extraordinaire de Piero della Francesca. Le XVIIe s. et le siècle des lumières ont laissé des œuvres d’une valeur inestimable, dont les tableaux, conservés dans plusieurs musées, du célèbre Guido Cagnacci, élève de Carracci et ami du Guerchin, et les imposantes collégiales baroques. Un grand art qui s’affirme également à l’ère moderne et dans l’histoire contemporaine. Parmi les artistes qui sont nés et ont décidé de vivre dans ces lieux,

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Federico Fellini, le réalisateur le plus célèbre au monde, à qui est consacré le Musée Fellini de Rimini, et son scénariste, et ami, le poète Tonino Guerra, de Santarcangelo di Romagna, qui demeure à présent à Pennabilli: lieux dans lesquels peuvent être admirés les parcours marqués par son art. Le musée diffus dénommé Les Lieux de l’âme, mais encore, des fontaines, parcs, jardins et installations artistiques qui traduisent son style expressif et sa poésie. Pennabilli est aussi le siège du Musée intitulé Le Monde de Tonino Guerra. A Talamello, ville natale de sa mère, Ferdinando Gualtieri, qui est devenu à Paris un peintre de renommée internationale défini comme le maître de la splendeur du réel, a laissé une importante collection de ses œuvres au Musée Pinacothèque Gualtieri. A Riccione, l’art contemporain est exalté dans la Galerie Villa Franceschi. A Santarcangelo di Romagna, ville qui a donné le jour à de nombreux personnages illustres dans tous les domaines de l’art, deux musées, le MET et le MUSAS, racontent l’histoire et les étapes de ce pays. Des hommes pieux, devenus des bienheureux, sont également vivants dans la mémoire collective grâce aux musées qui leur sont consacrés tels que le Musée de Saludecio et du Bienheureux Amato. Il en est ainsi pour des personnages plus ambigus, comme Cagliostro, qui a lié son nom au Musée Civique de la Forteresse de San Leo, dessinée par le grand architecte siennois Francesco di Giorgio Martini, où il fut emprisonné et mourut. Si ce n’est pas une figure-clé qui constitue l’élément fondamental du musée, ce sont les gens, avec leurs traditions et leurs coutumes. C’est le cas des Musées de Santarcangelo, de Valliano, de Montescudo et de Sant’Agata Feltria. Il y en a pour tous les goûts, même pour les passionnés de vitesse et d’avions, qui pourront se régaler au Musée de l’Aviation de Rimini et au Musée Maranello Rosso de Saint-Marin, celui-ci réunissant des voitures de course et de collection. Les mondes plus lointains, comme l’Amérique du Sud, l’Afrique et l’Océanie sont célébrés par la prestigieuse collection du Musée des Regards de Rimini. Et, parmi les curiosités, un musée diffus, le Musée du Pain de Maiolo. Dédiés à la mer sont le Musée de la Petite Pêche et des Coquillages, à Viserbella di Rimini, et le Musée de la Reine, à Cattolica, ce dernier offrant également une importante section archéologique. Pour les jeunes, et moins jeunes, Mateureka, le Musée du Calcul de Pennabilli, et Sulphur, Musée Historique Minier, de la mine de Perticara di Novafeltria. Sur cette terre ouverte et hospitalière, au sud de la Romagne, les marques du temps et de l’histoire, incontournables pour l’apport qu’elles savent donner, ont été préservées grâce à l’engagement de ses habitants et de ses chercheurs. C’est à sa position géographique que le territoire de Rimini doit son histoire dense et complexe, une histoire qui y a laissé des traces

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significatives. Ce fut une terre de passage et de commerces dès les temps les plus reculés, grâce aux trafics maritimes avec les pays de l’Adriatique et de l’Orient méditerranéen, puis routiers, après être devenue le point de départ des plus importantes routes consulaires romaines, lorsque Rome développa, partant justement de Rimini, sa domination vers le nord. Puis du nord descendirent des hordes de Barbares lancés à la conquête de l’Italie, en lutte avec les “Romains” de Byzance, et encore les Lombards, et les empereurs allemands qui voulaient réaffirmer leurs droits, en contraste avec ceux du pape. Plus tard, des mercenaires y cherchèrent une installation stable, laissant vite le champ aux deux grands ennemis, chefs de famille et condottieri, qui représentaient les deux seigneuries opposées, nées dans les hautes vallées du Marecchia et du Conca, les Malatesta et les Montefeltro. Ces zones furent également un théâtre de guerre lors du dernier siècle. Comprises dans la partie extrême de la Ligne Gothique, elles virent les dernières grandes batailles de la “campagne d’Italie”, témoignées par les deux musées de Montegridolfo et de Montescudo. Ce guide est un petit voyage à travers des mondes de beautés et de curiosités. Pour faciliter le visiteur, nous avons décidé de les regrouper par localités, afin de lui permettre de choisir le parcours qu’il désire, en fonction du lieu dans lequel il se trouve. Par conséquent, le premier groupe réunit tous les musées situés sur la Riviera de Rimini, le second les joyaux des Seigneuries des Malatesta et des Montefeltro, divisés par vallées, la Valmarecchia et la Valconca. Le dernier chapitre est consacré à d’autres musées, collections, expositions permanentes et musées en devenir. Bon voyage et excellente visite.

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CHAPITRE 1 LES TRACES DU TERRITOIRE


Nature Les musées naturalistes qui caractérisent la province de Rimini sont indissolublement liés à leur lieu d’appartenance. Ils sont aménagés dans des zones de verdure, des collines et des espaces protégés. Le Musée Naturaliste de la Réserve Orientée de Onferno, à Gemmano, se rattache aux singulières grottes homonymes et à leurs formation et conformation; celui de Pennabilli, le Musée Naturaliste du Parc du Sasso Simone et Simoncello est relatif au Parc naturel, à son histoire et à ses caractéristiques fauniques et floristiques. Consacrée à la formation et à la conformation du territoire est également la Section Paléontologique des Musées de Mondaino, qui raconte les extraordinaires événements survenus il y a des millions d’années, alors que la zone était un grand lac salé. Ces thèmes sont également affrontés dans certains musées axés sur l’archéologie. Parmi eux, le Musée du Territoire de Riccione, qui illustre l’histoire géologique locale présentant des roches, des minéraux et des fossiles. Et encore, Sulphur, Musée Historique Minier de Perticara di Novafeltria, qui présente, bien que consacré à l’activité d’extraction du soufre, une vaste collection de roches et de minéraux. Le Musée de la Ville de Rimini conserve un riche matériel paléontologique dont une collection de fossiles du Marecchia. Une significative collection de coquillages de la Méditerranée est réunie au Musée de la Petite Pêche et des Coquillages de Viserbella, à Rimini, alors qu’une autre collection est exposée dans la Tour sarrasine de Bellaria. Le territoire abrite plusieurs Réserves naturelles et de nombreux Centres naturalistes offrant des occasions d’observation et d’étude, tant en milieu marin que sur les collines. De par leur intense fonction d’éducation environnementale, leur activité concerne en grande partie les écoles. Ils sont répartis sur la côte et dans les collines. La moyenne vallée du Marecchia abrite l’Observatoire Naturaliste Valmarecchia, qui est situé à proximité de l’Oasis de protection faunique de Torriana-Montebello, le siège détaché du Centre d’Education environnementale du WWF de Rimini, représenté par l’Oasis Naturelle de Ca’ Brigida, située à Verucchio, et enfin, le Centre de visites du Parc Naturel du Sasso Simone et Simoncello situé à Pennabilli, auprès du musée; relativement à la vallée du Conca, la Réserve Naturelle Orientée de Onferno se trouve dans la commune de Gemmano, avec son musée. Sur la côte, il faut citer la Fondazione Cetacea de Riccione (www. fondazionecetacea.org) et l’Aquarium de Cattolica, le plus grand de l’Adriatique (www.acquariodicattolica.it).

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en haut Gemmano, Réserve Naturelle Orientée de Onferno.

en bas, à gauche Reconstruction d’un squelette de bison du Pléistocène (Bison priscus) mis au jour dans le torrent Conca.

en bas, à droite Riccione, Musée du Territoire, petite statue en argile, Ier siècle av. J.-C.

Archéologie L’homme fréquente le territoire de Rimini depuis deux cent mille ans, à savoir, depuis l’âge paléolithique. Les traces sont de toutes parts, devenant monumentales à l’époque romaine. Les musées ou les sections de musées consacrés à l’archéologie en témoignent la richesse. Rimini abrite le musée archéologique le plus ancien du territoire, aujourd’hui dénommé Musée de la Ville, né grâce à la passion et à la compétence de Luigi Tonini, grand spécialiste d’histoire natif de ces lieux. On lui doit la formation, en 1871, de la “Galerie Archéologique”, qui devint le premier musée de tout le territoire. Il accueillit toutes les pièces archéologiques relatives à la préhistoire et à l’histoire ancienne de la zone comprise entre les fleuves Uso et Conca et, représenta, pendant plus d’un siècle, un centre de recherches et d’études. Les autres musées du territoire de la province n’ont été créés qu’une bonne centaine d’années plus tard, offrant des sections archéologiques qui conservent des témoignages liés à des circonscriptions géographiques définies et qui approfondissent des thèmes particuliers. Premier entre tous, le précieux Musée Civique Archéologique de Verucchio, qui offre la connaissance de la communauté villanovienne de Verucchio, l’une des plus anciennes et des plus importantes, précurseur de la civilisation étrusque. A Santarcangelo, l’élégant Musée Historique Archéologique MUSAS dévoile la production figuline, alors que la section archéologique du Musée de la Reine de Cattolica raconte les événements liés aux grandes routes consulaires romaines. A Riccione, le Musée du Territoire présente des traces qui vont du paléolithique inférieur à la colonisation romaine. Dans la haute vallée du Marecchia, au sein de la verdoyante Casteldelci, la Maison-musée “S. Colarieti” - Musée Archéologique “Uguccione della Faggiola” embrasse un monde florissant qui va de la préhistoire à l’époque romaine, témoignée par une riche série de monnaies et de matériel céramique provenant d’habitations rurales, et au Moyen Age. Des collections de pièces archéologiques sont également conservées hors des musées, comme dans les bibliothèques municipales de San Giovanni in Marignano et de Morciano. Mais encore, à Rimini, des restes de domus, aux pavements de mosaïque, ont été muséalisés in situ, dans la via Sigismondo, auprès de la Chambre de commerce, et dans la via IV Novembre, auprès de la préfecture. La plus importante de ces maisons est la Domus du chirurgien.

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Rimini, Musée de la Ville. Ghirlandaio, retable représentant les saints Vincenzo Ferrer,

Sébastien, Roch et les membres de la famille de Pandolfo IV Malatesta.

Histoire Au sud de la Romagne, le Moyen Age a connu son moment de gloire lors de l’avènement au pouvoir des familles Malatesta et Montefeltro. Du point de vue artistique, l’excellence est représentée par l’intense activité de l’école de Rimini du Trecento; née sous l’influence de Giotto, elle accomplit par la suite un extraordinaire parcours autonome. La Renaissance a laissé à Rimini l’un de ses produits les plus précoces, le Temple des Malatesta, édifice complexe et splendide dû à la seigneurie malatestienne. Au cours des XIVe et XVe siècles, celle-ci a construit ou reconstruit presque toutes les forteresses des collines de Rimini et une partie de celles du Montefeltro romagnol, constituant peu à peu une cour en mesure de rivaliser avec celles de l’Italie d’alors. Rimini était la capitale de l’Etat malatestien et son Musée de la Ville en possède de rares témoignages, joints à des chefs-d’œuvre de grands artistes locaux, dont Cagnacci (de Santarcangelo di Romagna) et le Centino (de Cento - Ferrare), et de l’école de Bologne, dont le Guerchin et Cantarini. Dans cette zone, la culture bolonaise a été la protagoniste de l’art du XVIIe au XIXe siècle, mais la vitalité du territoire en cette période s’affirme surtout dans les nouveaux aménagements urbanistiques et dans la construction de nombreux édifices, notamment d’églises et de théâtres. Le XVIIe siècle, comme le Moyen Age, a fourni aux musées de la province un riche matériel artistique permettant de récupérer le climat culturel et de reparcourir l’intense histoire du territoire. Si le musée le plus riche et le plus complet est celui de Rimini, le MUSAS, Musée Historique Archéologique de Santarcangelo, conserve de splendides chefs-d’œuvre du Moyen age et de la Renaissance, alors que celui de Saludecio offre d’importants tableaux du XVIIe s. et de précieux objets ecclésiastiques du siècle suivant. Les deux musées de San Leo représentent un extraordinaire témoignage, l’un de l’art sacré de la période paléochrétienne et des siècles suivants, l’autre, dans la forteresse, de l’art de la guerre et de la défense. Il en est de même pour le Musée de la Forteresse Fregoso, à Sant’Agata Feltria. A Pennabilli, le Musée Diocésain d’art sacré réunit une collection significative d’œuvres de plusieurs siècles concernant tout le diocèse de Saint-Marin et de Montefeltro. Intéressantes sont également l’exposition de Majoliques de Mondaino (XIVe-XVIIe s.), constituée grâce à la découverte, in situ, de fragments de céramique de production locale,

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celle-ci ayant confirmé l’existence d’importantes fabriques de terres cuites, ainsi que la collection de pièces de céramique médiévale et Renaissance, exposée à Rimini, auprès de l’édifice de la Province de Rimini construit dans l’aire de l’ancien Hôpital de la Miséricorde, d’où provient le matériel. Ne pas manquer non plus l’exposition permanente sur les témoignages des fouilles de la forteresse de Montefiore Conca, qui présente une extraordinaire production céramique d’époque essentiellement malatestienne (XIVe-XVIIe s.) provenant du château: bocaux, coupes, récipients décorés de portraits et cartouches, lettres gothiques et festons, motifs géométriques et symboliques. Spiritualité et sacralité Une grande partie de notre histoire locale est empreinte de sacralité et de mystère. De l’Antiquité à nos jours, l’homme s’est toujours mesuré à la spiritualité et à la religiosité; il a également toujours eu un lien ancestral avec la terre et avec ses lois, parfois inexplicables, et donc considérées comme mystérieuses. C’est dans ce domaine qu’il faut classer les rites, les fonctions magiques et le culte des ancêtres. Le Musée de la Ville de Rimini met en évidence, par le biais de ses nombreuses pièces archéologiques, la religiosité, surtout privée, des familles romaines, démontrant que les cultes dionysiaques, avec Dionysos, Eros, Priape et Silène, dont des représentations ont été retrouvées, ont eut ici une certaine fortune. Le Moyen Age a lui aussi laissé des marques dans ce domaine, notamment par le biais de témoignages liés à Sigismondo Malatesta et à son Temple, chargé de suggestions philosophiques et spirituelles, dont le Musée de la Ville offre des exemplaires éloquents. La vénération pour les saints et les martyrs a commissionné des œuvres importantes et la dévotion populaire pour les figures pieuses a produit des églises qui débordent d’ex-voto, ce phénomène se renforçant lorsque l’Eglise reconnaissait la position de ces mêmes personnages. C’est le cas du bienheureux Amato qui, à Saludecio, anime une grande et élégante église paroissiale et sa sacristie, toutes deux siège d’un musée intitulé Musée de Saludecio et du Bienheureux Amato. Il conserve de grandes et précieuses œuvres d’art, portant la signature de Cagnacci, du Centino et d’autres artistes qui rendent hommage aux saints et aux prophètes mais aussi d’innombrables vestiges du bienheureux de Saludecio vénérés par les fidèles et les pèlerins. Le musée contient une grande quantité d’ex-voto “historiques”, tout comme le Musée Ethnographique de Valliano, à Montescudo, qui est lié à l’église Santa Maria del Soccorso; celle-ci abrite des ex-voto, des fresques du XVe s., en partie votives,

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un simulacre vénéré de la Vierge du Rosaire et des tableaux des XVIe et XVIIe s. Le Musée d’Art Sacré de San Leo conserve des témoignages relatifs au culte liés à la profonde dévotion des gens, qui vont du VIIIe au XVIIIe s.; réalisés pour des autels et intérieurs de couvents et souvent nés à l’occasion d’événements particuliers de l’histoire locale, ils sont profondément liés aux lieux de provenance. Le musée s’affirme comme un miroir du territoire et une image de l’histoire et des lieux, de la ville de San Leo et de sa campagne. Il conserve, entre autre, un crucifix du XIVe s., des peintures sur bois des XIVe et XVe s. ainsi qu’un tabernacle en bois provenant du couvent franciscain de Sant’Igne; ses gravures et ses peintures raffinées font de ce dernier l’un des objets les plus singuliers de la Renaissance dans le Montefeltro. Le XVIIe s. est la période la plus représentée, ses nombreuses œuvres picturales étant essentiellement dues aux dispositions liturgiques du Concile de Trente qui prévoyaient un renouvellement des agencements et des décorations des édifices ecclésiastiques. Le Musée Diocésain du Montefeltro “A. Bergamaschi” de Pennabilli traite également d’art lié au culte et à la religiosité des seigneurs et des gens. Une énorme structure née pour accueillir des œuvres provenant du territoire du diocèse, fragments d’histoires, témoignages de foi, objets qui parlent d’un dialogue serré entre Dieu et l’homme. Il abrite des œuvres d’artistes comme Benedetto Coda, Catarino di Marco da Venezia, Giovan Francesco da Rimini, Guido Cagnacci, Nicolò Berrettoni, Carlo Cignani, Giovanni Francesco Guerrieri et des exposants des ateliers romain, romagnol et de Casteldurante. Mais encore, des objets liturgiques, parements sacrés, sculptures, majoliques et argenterie. Une section particulière est consacrée à la Vierge miraculeuse, porteuse de paix pour Pennabilli. Ce musée a été conçu comme un espace in itinere, continuellement enrichi et réaménagé. Anthropologie et technologie Plusieurs musées du territoire de la province ont été aménagés en accordant une grande attention à la terre d’appartenance, à ses coutumes et à ses traditions. Culture populaire, vie quotidienne, travail et développement technologique sont les thèmes affrontés en associant rigueur scientifique et grande capacité d’attraction. Quatre musées sont consacrés au monde agricole: le MET de Santarcangelo, souche et repère pour les autres structures, il se rapporte au territoire agricole d’une bonne partie de la Romagne, le Musée Ethnographique de Valliano, à Montescudo, celui des Arts Ruraux à Sant’Agata Feltria et le Musée diffus du Pain à Maiolo. Deux parlent de l’univers marin: le Musée de la Reine de Cattolica et celui de la Petite Pêche et des Coquillages de Viserbella di Rimini. Un autre permet de pénétrer

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En haut Santarcangelo, MET Musée des Us et Coutumes des Gens de Romagne, Section du tissage.

En bas Cattolica, Musée de la Reine, amphores romaines retrouvées dans la mer.

les viscères de la terre, il s’agit de Sulphur, Musée Historique Minier de Perticara di Novafeltria, qui reparcourt fidèlement les étapes de l’activité de la mine, dans ses lieux authentiques. Un autre encore, à Torriana, fait revivre, grâce aussi à des laboratoires, l’art du tissage, tel que l’indique son nom. Et, pour tout savoir sur l’art de la meunerie, rien de tel que la visite du Moulin Sapignoli de Poggio Berni, restauré et en parfait état de marche. Ces structures nous permettent d’entrer dans un univers souvent inconnu bien qu’assez proche de nous d’un point de vue temporel. Il s’agit d’environnements socioculturels, technologiques et de travail qui n’existent plus. Approcher ces objets et ces espaces, réels ou reconstruits, est un mode fascinant de saisir le sens des fatigues et des gestes quotidiens, des croyances et des usages qui, il y a trente ans, appartenaient encore à nos grands-parents. Un monde qui, dans le territoire riminais, et surtout sur la côte, a été rapidement modifié par les bouleversements consécutifs au développement de l’industrie balnéaire. Le tourisme a en effet indirectement impliqué le territoire agricole, provoquant, dans l’après-guerre, un dépeuplement des campagnes en faveur du littoral et du chef-lieu. Ceci explique aussi partiellement le fait que les zones de collines, mais surtout de montagnes, ont préservé leur intégrité, s’offrant aujourd’hui dans toute leur beauté et toute leur authenticité. Bourgs, hameaux, moulins et manufactures documentent les environnements desquels s’inspirent les musées ethnographiques. Il suffit de visiter les fours qui constituent le Musée du Pain de Maiolo. Très curieux est le Musée du Bouton, de Santarcangelo di Romagna, qui reparcourt l’histoire de cet objet singulier du XVIIIe s. à aujourd’hui, traversant les goûts et les modes. Extraordinaire est aussi le Musée des Regards, à Covignano di Rimini, musée ethnographique qui concerne toutefois des civilisations et mondes lointains (Afrique, Océanie, Orient et Amériques). Monde moderne L’art et l’histoire modernes sont bien représentés dans les musées du territoire et, dans ce cas également, il est conseillé d’entreprendre un parcours thématique.

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En haut Rimini, Musée des Regards, Collections Ethnographiques.

En bas Riccione, Galerie d’Art Moderne et Contemporain Villa Franceschi, une œuvre de Enrico Baj.

Page suivante, en haut Pennabilli, Le Monde de Tonino Guerra, détail d’une œuvre du maestro.

En bas Talamello, Musée Pinacothèque Gualtieri, détail d’un tableau de l’artiste.

A Rimini, le Musée de la Ville accueille des chefs-d’œuvre de Cantarini, du Guerchin, de Guido Cagnacci et du Centino. Au XVIIe s. appartiennent aussi les tapisseries tissées dans l’atelier de Michiel Wauters à Anvers. Les salles des tapisseries conservent par ailleurs une collection de céramiques provenant en partie de fabriques locales datables du XIVe au XIXe s. Une salle est entièrement consacrée aux natures mortes, avec des tableaux des XVIIe et XVIIIe s. ainsi que des fresques de Bigari détachées de l’église dite Sant’Agostino. Le XIXe s. est témoigné par des œuvres d’artistes locaux. A Santarcangelo di Romagna, le MUSAS, Musée Historique Archéologique, consacre une section à l’art moderne, présentant un tableau de Luca Longhi de 1531 et un tableau de Cagnacci, né à Santarcangelo en 1601. Une salle y est dédiée au pape Clément XIV, également natif de cette ville (1705). Des chefs-d’œuvre de Cagnacci et du Centino sont exposés au Musée de Saludecio et du Bienheureux Amato, à Saludecio. Des œuvres d’une valeur inestimable sont conservées au Musée Diocésain de Montefeltro “A. Bergamaschi”, à Pennabilli. Mateureka, Musée du Calcul de Pennabilli, fait partie de ce groupe puisqu’il présente des instruments, idées et concepts de l’une des plus fascinantes aventures de la pensée humaine. Il expose des centaines d’objets, originaux et précieux, qui aident à reparcourir l’histoire de la mathématique. Des pièces millénaires mais aussi des règles, nomogrammes, arithmographes et calculatrices, qui se rattachent, comme l’esprit avec lequel sa structuration a été affrontée, à des études du siècle des lumières et modernes. A San Leo, le Musée Civique de la Forteresse, extraordinaire architecture conçue par Francesco di Giorgio Martini, est désormais indissolublement lié à la figure de Cagliostro, alchimiste, guérisseur, franc-maçon créateur du rite égyptien qui vécut au siècle des lumières, condamné pour hérésie par l’Eglise, emprisonné dans cette forteresse de la capitale du Montefeltro où il mourut. Le Musée-théâtre Mariani de Sant’Agata Feltria est également à insérer dans ce parcours car, bien que considéré comme le plus ancien des théâtres entièrement en bois existant en Italie, il a été construit en 1605.

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Contemporanéité Sur le territoire de Rimini, les XIXe et XXe siècles ont également été des époques denses d’événements sous le profil de la production artistique, ce dont témoignent plusieurs musées. A Riccione, la Galerie d’Art Moderne et Contemporain Villa Franceschi accueille les œuvres de grands artistes du XXe s. A Rimini, le Musée de la Ville présente des salles consacrées à René Gruau, l’artiste polyvalent riminais Renato Zavagli Ricciardelli (1909-2004). Toujours à Rimini, un musée est consacré au grand réalisateur, natif de cette ville, Federico Fellini, auprès de la fondation homonyme. Dans l’arrière-pays, Le Monde de Tonino Guerra et Les Lieux de l’âme, à Pennabilli et dans la Valmarecchia, racontent le parcours artistique de ce poète et scénariste, écrivain et peintre, artiste éclectique et grand collaborateur de Fellini, avec lequel il a également remporté un Oscar grâce au film Amarcord. Fernando Gualtieri est un autre artiste en vie qui a voulu laisser à Talamello les nombreuses œuvres réunies dans le Musée Pinacothèque qui porte son nom. Plusieurs villes du territoire, dont Verucchio et Santarcangelo, possèdent d’intéressantes œuvres d’art contemporain en attente d’espaces d’exposition appropriés. D’autres matériels appartenant au monde contemporain sont exposés au Musée de l’Aviation de Rimini, comprenant des avions originaux et du matériel relatif au vol, et au Musée Maranello Rosso da la République de Saint-Marin, consacré aux Ferrari et à leur créateur. Une triste contemporanéité est représentée par la Seconde Guerre mondiale qui, en ces lieux, consécutivement au passage de la Ligne Gothique, a laissé d’imposantes marques de destruction. La reconstruction ayant été hâtive et tumultueuse, les ruines ont été rapidement effacées, à l’exception de la trace bien visible laissée sur l’édifice du XIXe s. du théâtre municipal de Rimini “Amintore Galli”. Pour entretenir le souvenir des événements liés au passage de la Ligne Gothique, sur laquelle s’affrontèrent tragiquement les troupes allemandes et alliées, le Musée de la Ligne Gothique Orientale a été construit à Trarivi di Montescudo, à côté de l’église della Pace, et le Musée de la Ligne des Goths a été aménagé dans un bunker reconstruit au pied du château médiéval de Montegridolfo. La Section d’Histoire contemporaine du Musée de Casteldelci, aménagée à l’étage supérieur de l’école élémentaire “Maria Gabrielli”, présente des objets, des photos et des documents relatifs aux événements historiques liés à la Seconde Guerre mondiale; en 1944, ce lieu fut le cadre d’un terrible massacre de civils sans défense de la part des nazo-fascistes.

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CHAPITRE 2 RIVIERA DE RIMINI


Rimini Musée de la Ville et “Domus du Chirurgien” Section archéologique Ce musée, qui est le plus riche du territoire quant au domaine de l’archéologie, dispose d’une nouvelle section archéologique aménagée dans les anciens souterrains du Collège des Jésuites, transformé en hôpital de 1797 à 1977. L’exposition, complexe et extraordinaire, embrasse l’histoire de Rimini et de ses environs, permettant de reparcourir, à travers les traces laissées par ses habitants et par ses monuments, le long chemin de l’homme dans le territoire riminais de la préhistoire à la fin de l’Antiquité tardive. Ses quarante salles, sur une surface totale d’environ 2000 mètres carrés, présentent des milliers de pièces, de la préhistoire à l’Empire romain tardif, qui documentent le peuplement et la civilisation de toute la zone. Si la provenance du patrimoine du musée est essentiellement locale, son intérêt ne l’est certainement pas. Ce musée très ancien, fondé comme “Galerie Archéologique” par l’historien Luigi Tonini, en 1871-72, réunissait des pièces de l’aire comprise entre le Rubicon et le Conca. Son intéressante section d’épigraphie romaine, aux inscriptions datables du Ier s. av. J.-C. au Ve s. apr. J.-C., documente la communication épigraphique de la Rimini romaine et dévoile de nombreux aspects de la vie publique et privée. Dés l’époque républicaine, la ville, fondée en 268 av. J.-C. comme colonie de droit latin et élevée au rang de municipe vers 90 av. J.-C., joua un rôle commercial, militaire et politique important, pleinement reconnu à l’époque d’Auguste, ce dont témoignent les deux magnifiques monuments de l’arc d’Auguste (27 av. J.-C.) et du pont dit “de Tibère” (14-21 apr. J.-C.); considérés depuis toujours par les Riminais comme des emblèmes, ils sont représentés sur les armoiries de la ville. La richesse des édifices s’exprime dans les splendides pavements mosaïques, essentiellement d’époque impériale, conservés dans le musée. Les IIe et IIIe siècles après J.-C., pleine période impériale, vantent des vaisselles en céramique et en bronze, monnaies, fresques murales et mosaïques, statues en marbre et petits bronzes, fragments architecturaux et sculpturaux qui fournissent d’intéressants témoignages sur la vie de la ville et ses activités. Ils concernent l’amphithéâtre, construit à côté du port, les cultes, le rapport de la ville avec la mer et de magnifiques domus telles que celle du palais Diotallevi, avec sa grande mosaïque de pavement représentant Hercule (moitié du IIe s. apr. J.-C.) et celle dite “du chirurgien” (IIe-IIIe s. apr. J.-C.), à l’époque près de la mer, véritable complexe archéologique dont les fouilles ont restitué, entre autre, le plus riche matériel médical et pharmaceutique conservé depuis l’époque romaine; ses 150 pièces sont toutes exposées dans le musée. Le musée abrite la reconstruction, à des fins

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En haut Rimini, Musée de la Ville, détail de la mosaïque du palais Diotallevi.

En bas Rimini, le complexe archéologique de la Domus du Chirurgien.

didactiques, du cabinet et du cubiculum du médecin qui exerçait sa profession et habitait dans cette maison, cette dernière ayant probablement été détruite par un incendie lors de l’une des premières incursions barbares (vers la moitié du IIIe s. apr. J.-C.). “Domus du Chirurgien” Les vestiges de la “Domus du Chirurgien” se trouvent sur la piazza Ferrari, protégés par une structure visitable, dans le voisinage du musée. La parcours intérieur révèle vite les différentes pièces: la petite entrée, donnant sur le cardo tout proche, qui introduisait dans un petit vestibule et dans un couloir intérieur. Il donnait d’un côté sur un jardin et de l’autre sur plusieurs pièces délimitées par des murs. Les pièces résidentielles, décorées de fresques polychromes et de pavements mosaïques à motifs géométriques et figurés, comprenaient une salle à manger (triclinium), une chambre à coucher (cubiculum) et deux salles de séjour, dont la première dotée d’une précieuse mosaïque représentant Orphée entre les animaux. Un peu à l’écart, quelques locaux de service dont une pièce chauffée (hypocauste), des latrines, et, à l’étage supérieur, une cuisine et le cellier. Le brusque effondrement de l’édifice a permis la conservation du mobilier et des objets domestiques, retrouvés parmi les décombres de la maison. Ce surprenant matériel comprenait des fresques polychromes et des plafonds peints à caissons, un petit tableau raffiné en pâte de verre, une cuvette en marbre, des fragments de statues, de la vaisselle, des lampes à huile et notamment le riche équipement chirurgical et pharmaceutique témoignant de la profession de son dernier propriétaire: un médecin de grande expérience qui devait s’être formé dans des milieux culturels helléniques et être arrivé à Ariminum de l’Orient. Son origine levantine, suggérée par l’adhésion aux idéaux épicuriens, est clairement prouvée par les inscriptions en grec qu’il grava sur deux pots d’herbes médicinales retrouvés dans la taberna medica, ainsi que par son propre nom, probablement Eutyches, inscrit sur le mur par un patient qui avait occupé le lit du cubiculum. La particularité de l’équipement chirurgical récupéré dans la domus, dépourvu de toute instrumentation gynécologique mais essentiellement destiné à des interventions sur des traumatismes osseux et doté d’un instrument très rare utilisé pour l’extraction des pointes de flèche, semble indiquer une expérience

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En haut Rimini, complexe archéologique de la Domus du Chirurgien, mosaïque d’Orphée dans la taberna medica (détail).

En bas Rimini, Musée de la Ville, aperçu de la salle des tapisseries du XVIIe siècle.

professionnelle mûrie dans l’armée, peut-être dans l’un des valetudinaria militaires répartis le long des frontières de l’Empire, ceux-ci représentant alors les seules structures sanitaires du monde romain assimilables à nos hôpitaux. Section historico-artistique Le même édifice, ancien collège riminais de Jésuites du XVIIIe s. (puis hôpital civil), abrite les sections médiévale et moderne, avec la plus grande collection d’œuvres de la Province et l’une des plus importantes de la Région. Elle réunit des tableaux et des sculptures, des céramiques et des médailles, des monnaies, des inscriptions et des fragments architecturaux provenant de la ville et de son territoire. La salle dite “du Jugement” accueille la grande fresque du XIVe siècle du Jugement dernier provenant de l’église augustinienne San Giovanni Evangelista. C’est l’une des œuvres les plus anciennes (1310 env.) et les plus importantes de l’Ecole de Rimini du Trecento, active dans la première moitié du siècle en Emilie-Romagne, dans les Marches et en Vénétie. Influencée et formée sur l’exemple de Giotto, qui avait travaillé à Rimini à la fin du XIIIe siècle pour les Franciscains (le Temple des Malatesta abrite encore son superbe Crucifix), cette école produisit des œuvres actuellement réparties dans les principaux musées du monde. Le musée possède des œuvres de Giovanni, de Giuliano et de Pietro da Rimini, ses principaux peintres. Le développement de ce mouvement coïncida avec l’ascension au pouvoir des Malatesta qui, du début du XIVe siècle à la fin XVe siècle, dominèrent la ville et étendirent leurs possessions sur les Marches et sur la Romagne. Nombre d’armoiries et d’inscriptions en pierre concernent cette famille, notamment Sigismondo Pandolfo Malatesta (1417-1468), qui fit construire le Castel Sismondo et le célèbre Temple des Malatesta. Le musée conserve presque toute la série de médailles malatestiennes fondues pour lui par Pisanello et par Matteo de’ Pasti, précieux chefs-d’œuvre de cet art inventé sous la Renaissance, un Jeune porte-blason de Agostino di Duccio provenant du Temple, ainsi que le tableau de la Pietà, peint par Giovanni Bellini vers 1470, véritable fleuron du musée. C’est à la famille d’un descendant de Sigismondo, Pandolfo IV, dernier des seigneurs de Rimini, que l’on doit la commission, à Domenico Ghirlandaio, du grand retable représentant les saints Vincent, Roch et Sébastien vénérés par les Malatesta. Au XVIe siècle,

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Rimini, Musée de la Ville. En haut Giuliano da

Rimini, polyptyque du Couronnement de la Vierge, 1315 env.

En bas Giovanni Bellini, Piété, 1470 env.

Rimini fut dominée par Valentino et par les Vénitiens avant de passer sous la domination directe de l’Eglise (1509). Mais ce siècle vit toutefois la réalisation de quelques œuvres architecturales et urbanistiques importantes, ainsi que la production de chefs-d’œuvre de Giorgio Vasari (dans l’abbaye de Scolca et dans l’église San Francesco, 1547 et 1548), de Paolo Veronese (dans l’église San Giuliano, 1587-88) et d’autres bons artistes mineurs. Le XVIIe siècle enregistra une remarquable importation d’œuvres d’art de la Vénétie, dont deux magnifiques petits tableaux de Francesco Maffei, et de Bologne, comme certains chefs-d’œuvre de Simone Cantarini et du Guerchin, conservés dans le musée, mais fut aussi caractérisé par l’activité de deux grands peintres locaux: Guido Cagnacci (16011663) et Giovan Francesco Nagli, dit «le Centino» (16051675 env.). Du premier, le musée possède des oeuvres très suggestives, comme Saint Antoine Abbé et La vocation de saint Mathieu, une Cléopâtre et un splendide Portrait de moine médecin; du second, quelques toiles et quelques retables caractéristiques de son style sec et pieux. Au XVIIe siècle appartient aussi une exceptionnelle série de tapisseries représentant les Histoires de Sémiramis, tissées dans l’atelier de Michiel Wauters à Anvers. Les salles des tapisseries conservent une collection de cinquante-quatre céramiques, datables du XIVe au XIXe siècle, provenant essentiellement de fabriques locales. Une salle est consacrée aux natures mortes, avec des tableaux des XVIIe et XVIIIe siècles, dont les remarquables toiles d’un moine-peintre local, Nicola Levoli (1729-1801) et d’un artiste de Faenza, Giovanni Rivalta (1756-1832). Le XVIIIe siècle nous a laissé de nombreuses œuvres d’artistes bolonais et riminais, dont quatre fresques aux Anges musiciens de Vittorio M. Bigari (1722), détachées en 1917 de la voûte du presbyterium de l’église San Giovanni Evangelista, dite Sant’Agostino. Du XIXe siècle, le musée possède des œuvres du peintre Guglielmo Bilancioni, du sculpteur Romeo Pazzini et de quelques artistes locaux, alors que, du XXe siècle, il faut signaler les œuvres graphiques et les affiches du célèbre René Gruau, nom d’artiste de Renato Zavagli Ricciardelli (19092004), natif de Rimini.

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Museo della Città via L. Tonini, 1 - centre historique - Rimini tel. 0541 21482 - 0541 704421 musei@comune.rimini.it www.museicomunalirimini.it


Rimini, Musée Fellini, aperçus d’expositions.

Rimini Musée Fellini Le Musée Fellini, créé pour honorer et rappeler le réalisateur le plus aimé et le plus connu au monde, Federico Fellini, conserve du matériel et des œuvres concernant le grand maestro et expose temporairement et cycliquement une partie du patrimoine documentaire de la Fondation Fellini attenante. Il s’agit de films, écrits et dessins du réalisateur, photographies de scène, documents photographiques et graphiques, ébauches de scénographies, costumes, prix et tout autre matériel concernant ce célèbre cinéaste de Rimini. Au cours de ces dernières années, il a accueilli de suggestives et intéressantes expositions parmi lesquelles il faut rappeler “Otto e mezzo, il viaggio di Fellini” (2003), avec des photographies de Gideon Bachmann, “Giulietta, ritratto di un’attrice” (2004), “Il cinema di carta. L’eredità di Fellini in mostra” (2004), “Fellini e i suoi film nei disegni della collezione Renzi” (2004), “Amarcord. Fantastica Rimini” (2005), “L’arte di Fellini nella collezione Gèleng e nei costumi di D. Donati” (2005), “Tazio Secchiaroli. G. Mastorna, opera incompiuta” (2006). Les archives de la Fondation s’enrichissent continuellement de nouveaux documents graphiques et photographiques, de pellicules, de livres et de reliques. Elles ont été récemment complétées (2006) par l’acquisition d’un célèbre autographe fellinien, le “Libro dei sogni” (Livre des rêves), qui contient la documentation vicennale de la production onirique du réalisateur, illustrée de textes et de dessins de sa main. Le matériel de la Fondation a été utilisé à l’occasion de plusieurs expositions organisées en Italie et à l’étranger (Seattle, New York, Stockholm, Oslo, Barcelone, Copenhague, Varsovie, etc.).

Museo Fellini via Nigra, 26 - Rimini tel. 0541 50085 - 0541 50303 fax 0541 57378 fondazione@federicofellini.it www.federicofellini.it

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Rimini, Musée des Regards, Collections Ethnographiques,

aperçu de l’une des salles et détail d’une pièce conservée dans la Salle Amérique.

Rimini Musée des Regards C’est l’un des musées les plus intéressants, non seulement d’Italie, pour la beauté et la rareté des pièces exposées. Il a hérité du matériel ethnographique du Musée des Arts Primitifs - Collection “Dinz Rialto”, fondé par le voyageur-explorateur padouan Delfino Dinz Rialto en 1972. Ce même musée, acquis par la ville de Rimini entre 1975 et 1979, a connu différents sièges et s’est enrichi de plusieurs autres collections (de Ugo Canepa de Biella, de Bruno Fusconi de Cesena, des Frères Mineurs Conventuels de Rimini). En décembre 2005, il a été réagencé selon un nouveau regard, tel que l’évoque sa récente dénomination. Une exposition différente, qui tient compte des inévitables lacunes d’une documentation pourtant très riche, composée de plusieurs milliers de pièces, et qui est principalement axée sur la manière dont l’homme occidental a considéré les cultures extra-européennes. De la découverte des Amériques et des autres terres lointaines, ses regards ont tour à tour été scandalisés et bouleversés, surpris et curieux, fascinés et esthétisants. Voulant donner de l’espace à ces mêmes comportements, le musée se propose comme une invitation à une réflexion «historique» d’interprétation moderne, qui peut contribuer à favoriser une compréhension loyale du monde des «autres», des «civilisations diverses», autrefois loin de nous mais aujourd’hui bien présentes dans notre réalité. Installé dans un édifice restauré du XVIIIe s., qui abritait le “Museo Missionario delle Grazie”, en face du sanctuaire de la Madonna delle Grazie, sur la douce colline de Covignano, le musée se compose de dix salles. Il expose des pièces provenant de la Chine, de l’Océanie, de l’Afrique et de l’Amérique. Méritent notamment notre attention un tableau chinois des plus raffiné du XVIIe s., des fétiches et des masques africains, des œuvres Maya et des étoffes des Amériques précolombiennes. Un espace du rez-de-chaussée accueille des expositions temporaires.

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Museo degli Sguardi Villa Alvarado, via delle Grazie, 12 Covignano di Rimini tel. 0541 751224 - 0541 704421 0541 704426 fax 0541 704410 musei@comune.rimini.it www.museicomunalirimini.it


En haut Rimini, Musée de l’Aviation. Vue extérieure.

En bas Viserbella di Rimini, Musée de la Petite Pêche et des

Coquillages. Matériel pour la petite pêche côtière.

Rimini Musée de l’Aviation Le Parc Thématique de l’Aviation, inauguré en 1995 sur une étendue de collines de bien 100 000 m2, expose plus de 50 avions. Institué dans le but de conserver les appareils qui ont caractérisé l’histoire du vol, il s’est également développé comme centre culturel, siège de congrès, de débats et d’événements. La première structure que l’on y rencontre est le Musée de l’Aviation. Ce pavillon moderne, réalisé dans des matériaux à la pointe de la technologie, propose des salles, aménagées sur deux étages, qui exposent également des pièces rares et uniques: des uniformes et combinaisons de vol utilisés par des pilotes et spécialistes depuis le début du XXe s. jusqu’aux équipements des pilotes actuels des Flèches tricolores, des F-104 et des Tornados. Pour documenter leur provenance, chaque vitrine expose des photos témoignant des événements vécus par les militaires qui les portèrent. Le grand caveau souterrain conserve des centaines de décorations et de médailles, dont beaucoup ont été décernées à de grands personnages parmi lesquels Gabriele d’Annunzio, Aldo Finzi, Benito Mussolini et Italo Balbo. Outre à tout ce matériel rigoureusement original, le musée conserve les photos ou les reconstructions de modèles à échelle réduite d’avions désormais irrémédiablement perdus. Des spécialistes ont également réalisé un grand diorama représentant les principales phases (décollage et amerrissage) des célèbres Siai SM.55, les avions qui valurent énormément de gloire à l’Italie des années 30 en effectuant l’aventureux vol transatlantique de Orbetello au lac Michigan, près de Chicago, via l’Irlande, l’Islande, le Pôle Nord et le Canada. En extérieur, les visiteurs peuvent admirer de nombreux avions historiques, des pièces d’artillerie antiaérienne et plusieurs moteurs d’aviation, des modèles en ligne, aux radiaux, aux boxer à pistons (hélicoptère) et aux différents types de turbines. L’exposition est complétée par plusieurs moyens de service, des stations radar mobiles, des camions antiincendie et des générateurs d’oxygène.

Museo dell’Aviazione via S. Aquilina, 58 Superstrada Rimini-San Marino Km. 8.500 - Rimini tel. 0541 756696 fax 0541 905148 info@museoaviazione.com www.museoaviazione.com

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Viserbella di Rimini Musée de la Petite Pêche et des Coquillages Ce musée, chargé de souvenirs et de suggestions, est un hommage à la mer et à la vie des pêcheurs. Il est né grâce à la volonté de quelques hommes de mer qui ne voulaient pas que l’activité de la pêche, telle qu’elle était pratiquée jusqu’à quelques dizaines d’années en arrière, soit oubliée. Avec passion et engagement, ils ont d’abord créé une association culturelle dénommée «E scaion» (terme dialectal désignant un outil en fer pour la pêche des palourdes), puis ils ont organisé le musée. Il réunit des embarcations, des pièces de bateau, des équipements et des outils de pêche et du domaine des constructions navales, des éléments pour l’armement des bateaux, des objets d’usage quotidien, des modèles réduits, des photographies et des films: bref, tout ce qui fait partie d’un monde oublié et peut aider à garder le souvenir de la vieille communauté locale, dont l’existence, jusqu’à l’aprèsguerre et à l’explosion du tourisme, était essentiellement liée à la petite pêche dans les eaux du littoral. Les espaces limités de l’ex-édifice scolaire abritant le matériel riche et varié du musée ne permettent pas de développer l’exposition. Mais le voyage à travers ses salles, grâce à l’illustration confiée à la voix des volontaires qui s’occupent de la collection et de son organisation et qui réussissent à en faire revivre les objets grâce à des récits passionnants et à des souvenirs personnels, est des plus fascinant. Institué en 1999 avec une identité bien définie, le musée est encore en cours d’aménagement et continue de s’enrichir en pièces et en témoignages. Une section importante du musée est constituée par une riche collection de coquillages (de M. Andrea Capici, de Ancône) de plus de 8000 exemplaires, dont certains d’une grande rareté, comprenant des espèces de tout le bassin de la Méditerranée. La collection, dont la classification des coquillages a été réalisée par l’Institut de Zoologie de l’Université de Bologne, constitue un important repère pour les passionnés et les scientifiques. A l’extérieur du musée sont exposés quelques bateaux typiques de la zone côtière de Rimini, dont deux sortes de pinasses (battana et battanino), un beccaccino et les traditionnelles embarcations à rames désormais disparues. Depuis 2010, le musée a été complété par une intéressante et rare collection de fossiles.

Museo della Piccola Pesca e delle Conchiglie via Minguzzi, 7 - Viserbella di Rimini tel. 0541 721060 - 0541 722185 fax 0541 721060 museoescaion@yahoo.it www.escaion.it

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Riccione Musée du Territoire Ce musée fournit les éléments essentiels pour la connaissance de l’évolution de tout le territoire de Rimini, et notamment de la Vallée du Conca, dont la partie nord abrite Riccione. Dans les années soixante du XXe siècle, le matériel collecté fut réuni auprès de la bibliothèque par un groupe de passionnés. En 1990, il a été définitivement installé auprès de la structure polyvalente du “Centro della Pesa”, bénéficiant d’un aménagement moderne et d’une clarté didactique exemplaire. Le musée est structuré en six secteurs contenant d’intéressantes pièces paléontologiques et archéologiques. Une section illustre la situation géologique locale par le biais de représentations graphiques et de maquettes qui décrivent l’histoire géologique complexe du territoire et en expliquent l’actuelle conformation. Celui-ci fut modelé il y a des dizaines de millions d’années, consécutivement aux superpositions de roches provenant des fonds marins, à leur glissement sur les argiles, à leurs fractures, ainsi qu’au parcours de fleuves qui ont érodé et façonné les terres émergées. L’exposition d’échantillons de roches, de minéraux et de fossiles animaux et végétaux documente ainsi des milliers d’années d’évolution, jusqu’à l’apparition des grands mammifères. Parmi eux, l’éléphant ou le mammouth, qui peuplait aussi ces terres, comme le démontre la découverte de grosses molaires et d’une défense, et encore le bison préhistorique, auquel appartiennent une partie de crâne, une mâchoire et plusieurs os ayant permis la reconstruction d’un hémi-squelette. Parmi les nombreux autres animaux, le cerf géant, l’ours, le rhinocéros et le castor. Un diorama reconstruit l’environnement du bassin du Conca tel qu’il se présentait à une période remontant de 200 000 à 100 000 ans, caractérisé par un grand lac et par une série de marais, mais déjà fréquenté par l’homme depuis longtemps. Des recherches archéologiques et des découvertes casuelles ont en effet permis d’en documenter les premières traces dès le paléolithique inférieur: des galets ébauchés d’une manière initialement très rudimentaire, puis taillés avec une certaine habileté, témoignent de la présence humaine dans un environnement très différent de celui d’aujourd’hui, avec ses plans d’eau, ses marais et une végétation sauvage. Le musée expose des pièces lithiques du paléolithique et du néolithique provenant de plusieurs points de la vallée (Riccione, Misano, Morciano et Montefiore). Une section du musée est consacrée au néolithique, à l’énéo-

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Riccione, Musée du Territoire. En haut vase attique à figures rouges avec chouette.

En bas, à gauche tombe à puits de l’aire sépulcrale de la voie Flaminia (Ier siècle apr. J.-C.).

En bas, a droite fragment d’amphore, pots, lacrymatoire, lampes à huile de la même nécropole.

lithique, à l’âge du cuivre, aux âges du bronze et du fer, regroupant d’intéressantes pièces lithiques, métalliques et céramiques, telles que haches, poignards, pioches, pointes de flèches, broches et vaisselle variée. Parmi les éléments de la période successive, il faut citer quelques fragments de céramique grecque du Ve siècle d’une grande rareté, provenant de Morciano et de Misano, qui attestent des contacts avec la Grèce. Du matériel provenant d’une tombe gauloise du IIIe siècle av. J.-C., découverte à Misano, témoigne d’une survivance culturelle celtique à une période à laquelle la romanisation du territoire s’était désormais affirmée. La section consacrée à la conquête et à la colonisation romaines du territoire expose des témoignages appartenant à la période du IIIe s. av. J.-C. au IIIe s. apr. J.-C., lorsque les Romains, après la fondation de la colonie de Ariminum (268 av. J.-C.) et l’attribution du territoire aux colons, furent définitivement en mesure de tenir tête aux Gaulois. S’agissant d’une zone de frontière, desservie par la voie Flaminia (220 av. J.-C.), le territoire vit la construction de fermes, de maisons et de villas rustiques dont des traces ont été retrouvées dans une cinquantaine de sites, sites desquels provient le matériel en exposition: fragments de vaisselle, parties de pavements en terre cuite et en mosaïque, parties de murs peints, tuiles estampillées et autres produits fabriqués dans les nombreuses poteries et briqueteries de petites et moyennes dimensions retrouvées dans les lieux. Le noyau d’habitations le plus important se trouvait dans la localité de San Lorenzo in Strada, lieu dans lequel ont été mis au jour des habitations et des activités de production (dont les éléments sont conservés in situ), une nécropole, une briqueterie et un édifice sacré.

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Museo del Territorio Centro Culturale della Pesa via Lazio, 10 - Riccione tel. 0541 600113 museo@comune.riccione.rn.it www.comune.riccione.rn.it


Riccione, Galerie d’Art Moderne et Contemporain Villa Franceschi.

En haut vue extérieure de la villa. En bas détail d’une salle.

Riccione Galerie d’Art Moderne et Contemporain Villa Franceschi Ce musée, aménagé dans l’une des plus belles villas historiques de Riccione, est particulièrement intéressant pour la connaissance de l’art contemporain italien. Inauguré en 2005, il abrite un parcours permanent, composé de deux noyaux distincts d’œuvres très significatives, et accueille à certaines périodes de l’année des expositions temporaires, de caractère national et international, consacrées à des artistes contemporains. Le premier groupe se compose de plus de 250 œuvres picturales et graphiques qui sont la propriété de la Ville de Riccione. Sa formation est étroitement liée aux événements touristiques de la ville, ses œuvres provenant d’expositions, d’achats et d’importants prix de peinture parrainés par l’office touristique de l’Azienda di Soggiorno (de 1947 à 1955) qui, à l’époque, offrait aux touristes des expositions d’auteurs affirmés du XXe s. La donation de Maceo Casadei, peintre de Forlì et grand habitué de Riccione, appartient également à ce groupe. Le second groupe, propriété de la Région Emilie-Romagne, en dépôt depuis 1998, offre cinquante-neuf œuvres acquises en 1973, à la suite de l’exposition organisée deux années auparavant à Bologne pour le soutien de la fondation dédiée à l’écrivain Gaetano Arcangeli. Elles traduisent les tendances artistiques de l’Italie du second après-guerre et du milieu artistique bolonais, particulièrement vivace à cette époque, grâce à l’activité débordante de la famille Arcangeli, point de référence pour tous les passionnés de l’aventure esthétique. Elles témoignent des principaux courants artistiques nationaux: le réalisme et l’informel, ainsi que le courant dit “dernier naturalisme”, avec ses peintres partagés entre une idée de réalisme et une idée d’abstrait, en rapport avec le passé mais décidés à regarder vers le futur. Le parcours de l’exposition permanente se compose d’environ 50 œuvres afférentes aux patrimoines municipal et régional. Elles ont été réalisées, entre autres, par Alberto Burri, Enrico Baj, Mattia Moreni, Mario Schifano, Pompilio Mandelli, Alberto Sughi, Concetto Pozzati, Vincenzo Satta, Virgilio Guidi, Renato Birolli, Ennio Morlotti, Maceo Casadei, Bruno Ceccobelli et Gian Marco Montesano. Les œuvres sont conservées dans

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une villa qui est une ancienne propriété de la famille Franceschi, de Bologne, donnée à la ville de Riccione en 1953 sur la volonté testamentaire de Madame Clementina Zugno, veuve Franceschi. L’édifice, auquel le soin des détails et l’harmonie d’ensemble assurent une grande élégance, a été restauré en fonction de sa nouvelle destination d’usage tout en conservant son agencement d’origine; il constitue un exemple éloquent de la typologie de maison de vacances qui a caractérisé Riccione au début du XXe s., sur le modèle de l’éclectisme qui triomphait alors en Europe. De style Art nouveau, restaurée selon des critères philologiques, la villa ne se présente pas comme un simple espace d’exposition mais recherche une complémentarité dans les objets qui y sont exposés. Sa seule valeur historique, témoignage d’une époque de grande importance dans la formation de l’identité de la ville, ne permettrait pas une réduction à un pur décor d’exposition. Elle conserve des meubles originaux et des tableaux qui traduisent tout le goût “fin de siècle”. Parmi les pièces artistiques les plus précieuses, le Projet de perspective pour la cour du palais Banzi à Bologne, exécuté en 1757 par le célèbre peintre Mauro Tesi, représente un document rare de la tradition scénographique du XVIIIe s. Parmi les œuvres picturales, il faut entre autre citer une grande toile de Raffaele Faccioli, artiste de Bologne, représentant un paysage avec une Promenade en bateau, et trois Portraits de Amleto Montevecchi, peintre de Imola, exécutés au début des années 30.

Galleria d’Arte Moderna e Contemporanea Villa Franceschi via Gorizia, 2 - Riccione tel. 0541 693534 museo@comune.riccione.rn.it www.villafranceschi.it

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Cattolica Musée de la Reine C’est un musée de toute nouvelle constitution, très bien aménagé et doté d’un riche équipement didactique. Sa section archéologique illustre le rôle joué par la ville de Cattolica à l’époque romaine. Située sur la voie Flaminia, précisément à mi-chemin entre Rimini et Pesaro, c’était un petit noyau d’habitations construit à proximité d’une mansio, sorte de relais de poste équipé pour l’hospitalité des voyageurs et le changement et repos des chevaux. Une hypothèse très suggestive si l’on pense à l’histoire plus récente de Cattolica, définie dès le XVIe siècle comme une “contrée de tavernes pour les voyageurs” (Leandro Alberti). Le matériel mis au jour par les fouilles entreprises en 1966 et lors des différentes phases effectuées dans les années suivantes y est répertorié et complété par l’illustration des mêmes sites de fouilles. Il s’ouvre sur des considérations sur la voie Flaminia ainsi que sur l’organisation et la typologie de la mansio, puis expose, d’une manière rigoureuse et extrêmement intéressante, la stratification archéologique et le matériel provenant d’un puits romain exploré en 1997-98 dans l’aire de la place du marché. Celui-ci offre une riche collection de pots en céramique datables du Ier s. av. J.-C. au IXe s. apr. J.-C. et quelques monnaies. Un espace y est consacré à la domus, en en illustrant la distribution planimétrique, les systèmes et les matériaux de construction, la décoration et l’ameublement; il présente également la vie quotidienne et les soins pour la personne, mais encore, les échanges commerciaux. De remarquable intérêt sont les collections de lampes à huile et d’amphores. Récemment, la section archéologique s’est enrichie de nombreuses pièces en céramique (amphores gréco-italiques, mortiers, pots à provisions, tuiles, production coroplastique) mises au jour lors des travaux de construction de la nouvelle darse (2004), ceux-ci ayant révélé l’existence d’un point d’abordage, du IIIe s. av. J.-C., au service du territoire agricole. Le musée fournit également des informations sur l’histoire plus récente de Cattolica, de la légende de la “ville engloutie” à la formation du bourg moderne (1271), de l’origine du nom actuel de la localité à ses galeries souterraines. Il a également accueilli récemment une intéressante stèle daunienne (datée du VIe s. av. J.-C., d’origine apulienne), parvenue à Cattolica de manière assez curieuse. Sur les lieux de la découverte, les fouilles ont en effet mis au jour un établissement de l’âge du bronze ancien (2000-1700 av. J.-C. env.), d’un grand intérêt: il s’agit de l’un des rares établissements de cette période en Romagne, mais aussi du mieux articulé.

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Cattolica, Musée de la Reine. En haut Section Archéologique.

En bas Section de la Marine, modèles de bateaux de l’Adriatique

L’étage supérieur de l’édifice, ancien Hôpital des Pèlerins fondé en 1584 et reconstruit dans les années 30 du XXe siècle, est consacré à la marine de l’Adriatique, cette section traitant de la vie sur la mer et dans la mer, avec une référence particulière à la localité de Cattolica. Son origine remonte à une exposition réalisée en 1985, intitulée Barche e gente dell’Adriatico: 1400-1900, organisée par le Centre Culturel Polyvalent de Cattolica et par l’Institut des Biens Culturels de l’Emilie-Romagne. Le premier noyau a été complété au cours des années par de nombreuses autres pièces de collection, des documents iconographiques et tous types de matériel: photographies et schémas graphiques, modèles de toutes dimensions, instruments, parties d’embarcations et équipements. Cette section se compose de plusieurs salles, dont une illustre l’histoire du port qui, malgré les anciennes traditions de pêche locales, ne fut réalisé qu’en 1853, sa construction ayant été longtemps freinée par Rimini (dans le district de laquelle se trouvait Cattolica), qui craignait la concurrence d’un port trop proche. Les autres salles sont consacrées aux embarcations de l’Adriatique ainsi qu’à leur conception et à leur construction, à l’équipement des chantiers navals et des bateaux. Elles présentent également les différentes méthodes de pêche et les instruments utilisés jusqu’à l’époque de la motorisation ainsi que les problèmes liés à la pêche et au commerce, à la vie des marins et de leurs femmes, à leur religiosité, à leur socialité, le tout se rapportant essentiellement à l’histoire locale.

Museo della Regina via Pascoli, 23 - Cattolica tel. 0541 966577 fax 0541 967803 museo@cattolica.net www.cattolica.net

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Bellaria Igea Marina, “La Maison Rouge de Alfredo Panzini”. Intérieur et extérieur du musée.

Bellaria Igea Marina Musée “La Maison Rouge de Alfredo Panzini” La Maison Rouge est construite sur une dune de sable et ses fenêtres permettaient autrefois de voir la mer et les collines de la Romagne. Aujourd’hui, elle est enserrée entre la voie ferrée et le parc, à proximité de constructions sans solution de continuité. La mer n’est pas loin, mais elle ne se voit plus. Cette villa fut achetée en 1909 par l’écrivain Alfredo Panzini (Senigallia 1863 - Rome 1939). Il y passa avec sa famille une bonne partie de sa vie, surtout en été, la maison devenant bien vite un lieu de rencontre pour les amis et les hommes de lettres ainsi qu’un point d’observation privilégié du monde rural qui constitue l’un des éléments de base de ses œuvres. Longtemps fermée, une excellente restauration et un extraordinaire agencement l’ont réouverte au public, en 2007, lui permettant de revivre. L’entrée accueille le visiteur par des voiles porteuses de paroles autographes qui semblent se gonfler sous le vent, pointant la mer de la mémoire. Il y a aussi la célèbre bicyclette - la sévère Opel - de La Lanterna di Diogene et des promenades à la campagne. La chambre à coucher est aménagée à l’étage supérieur, avec ses tables de nuit, son armoire et son fauteuil. La salle de bains mérite aussi d’être vue, pour sa reproposition des plus raffinée. Puis il y a le bureau, actuel espace d’exposition, avec sa table de travail à tiroirs et ses nombreux manuscrits. La maison en elle-même est un musée, caractérisée par les restes de céramiques enchâssées sur les quatre côtés sur lesquelles figurent les titres des principaux ouvrages de Panzini. Du côté de la voie ferrée se trouvait le puits, puis voici le chemin qui conduisait à la dépendance pour les invités, dite le “pensatoio” (lieu de réflexion). Un parcjardin l’entoure encore de sa végétation méditerranéenne alors qu’au-delà du fossé, les appartenances (aujourd’hui restaurées et partie du musée) abritaient les terres et la ferme du métayer Finotti, l’étable et la remise du cabriolet qui composaient la propriété. Au rez-de-chaussée, la salle à manger et le salon, avec un meuble qui dissimulait un petit monte-plats relié avec la cuisine en soussol. Les plafonds et les murs sont décorés de peintures “à sec”, de goût Art nouveau, dans lesquelles domine le mot “Stracci” (haillons) voulu par l’écrivain. Museo “La Casa Rossa di Alfredo Panzini” via Pisino, 1 - Bellaria Igea Marina tel. 0541 343746 - 0541 343747 fax 0541 345844 g.gori@comune.bellaria-igea-marina.rn.it www.comune.bellaria-igea-marina.rn.it

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CHAPITRE 3 MALATESTA & MONTEFELTRO

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Santarcangelo di Romagna MUSAS - Musée Historique Archéologique Consacré à l’archéologie et à l’art du territoire de Santarcangelo, il se développe sur les cinq étages de l’ancien édifice du palais Cenci, situé dans la partie haute du magnifique centre historique. La section archéologique du musée est en grande partie consacrée à l’activité des briqueteries et des poteries romaines qui joua un rôle très important dans cette zone, favorisée par l’abondance d’argile et de bois. La production ne comprenait pas seulement des matériaux de construction mais aussi des pots et des jarres pour l’usage domestique et agricole. Les fours mis au jour révèlent une organisation artisanale et de travail des plus évoluée, presque un «centre industriel» ou un «centre artisanal» spécialisé. Le musée a ainsi choisi de présenter un grand modèle de four, illustrant une typologie de construction qui se répètera au cours des siècles, pratiquement inchangée, et expose dans ses vitrines les objets les plus significatifs de la production locale, dont des doliums (jarres), amphores, pots et lampes à huile. L’industrie de la céramique de Santargangelo semble avoir été particulièrement bien organisée et adaptée à la production locale de céréales et surtout de vin. Celle-ci était très abondante dans les plaines et les collines de la basse vallée du Marecchia, dont les terres étaient intensément cultivées et parsemées de villas rustiques. De ces dernières proviennent plusieurs pièces de l’exposition, liées à la vie quotidienne, à la maison, à la religiosité et au culte des morts. Mais le territoire était certainement habité et cultivé bien avant la colonisation romaine: nombreuses sont les pièces qui témoignent de cette plus lointaine présence humaine, répertoriées par provenance et chronologie et exposées dans la salle dédiée à la Préhistoire et à la Protohistoire. La visite se poursuit à l’étage supérieur avec la section consacrée au Moyen Age et à l’histoire de l’Epoque moderne. La Santarcangelo médiévale et moderne a été construite sur le col Giove, à côté d’une forteresse documentée dès le XIIe siècle puis agrandie par les Malatesta, les seigneurs qui dominèrent longtemps le village en qualité de vicaires du pape. Une maquette présente la Santarcangelo actuelle, alors que plusieurs panneaux en illustrent le développement et les principaux monuments: l’église paroissiale du VIe siècle existant encore, la forteresse malatestienne et les mystérieuses et suggestives grottes de tuf qui s’étendent sous le col. De nombreuses œuvres d’art et des objets de provenance locale, dont certains de grande valeur, ornent les murs de la section. De

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Santarcangelo di Romagna, MUSAS Musée Historique Archéologique.

En haut Jacobello di Bonomo, Polyptyque (1385).

En bas, à gauche lampes à huile en argile.

En bas, à droite petit bronze de Harpocrate, IIe siècle apr. J.-C.

l’église San Francesco, un grand édifice gothique, aujourd’hui détruit, qui se dressait sur l’actuelle piazza Ganganelli, proviennent les deux tableaux les plus précieux du musée: le polyptyque signé par le vénitien Jacobello di Bonomo et daté de 1385, parfaitement conservé et offrant une très belle structure, et le tableau d’une Vierge à l’Enfant entre saint François et saint Georges, peint en 1531 par un artiste de Ravenne, Luca Longhi, sur commission de Antonello Zampeschi, feudataire de Santarcangelo pendant plusieurs années, ce dernier y étant représenté dans une attitude de dévotion devant la Vierge. La salle du XVIIe siècle propose plusieurs tableaux dont une toile de jeunesse du célèbre Guido Cagnacci, né à Santarcangelo en 1601 et mort à Vienne en 1663, représentant une Vierge à l’Enfant. La salle suivante est consacrée au pape Ganganelli, Clément XIV, né à Santarcangelo en 1705: elle contient des portraits ainsi que des dons envoyés de sa part aux moines de Santarcangelo, dont un beau calice en argent doré, la maquette originale de l’arc érigé en son honneur et celle de la place - non réalisée - qui devait l’accueillir, conçue en 1777 par le même architecte, Cosimo Morelli.

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MUSAS Museo Storico Archeologico via Della Costa, 26 Santarcangelo di Romagna tel. 0541 625212 - 0541 624703 fax 0541 625212 met@metweb.org www.metweb.org


Santarcangelo di Romagna, MET Musée des Us et Coutumes des Gens de Romagne.

En haut l’exposition des “caveje” (chevilles). En bas, à gauche une salle du musée.

En bas, à droite Saint Antoine Abbé, détail d’une couverture pour bœufs.

Santarcangelo di Romagna MET - Musée des Us et Coutumes des Gens de Romagne C’est l’un des musées ethnographiques les plus importants de la région. Son organisation et son agencement joints à une intense activité didactique et de laboratoire lui ont valu l’attribution de plusieurs prix et de récompenses. Créé en 1971, c’est l’un des premiers musées du territoire. Structuré selon une ligne directrice basée sur une grande rigueur scientifique et une remarquable attention aux domaines de l’école et de la didactique, il s’est affirmé comme un point de référence pour d’autres musées traitant d’ethnographie et d’anthropologie en général. En 2001, le MET a célébré les trente premières années de son histoire, l’année 1971 ayant vu se réaliser cette idée de musée consacré à l’identité culturelle et aux traditions populaires. Il a été créé dans l’un des territoires les plus significatifs pour le travail paysan et pour l’univers dans lequel celui-ci est contextualisé, un territoire dans lequel les foires, considérées aujourd’hui encore comme les principales de la région, jouaient un rôle très important, à l’instar des marchés, des fêtes, des traditions et des rites. La raison même qui l’a vu naître dérive de la nécessité de ne pas perdre ce qui représentait autrefois la centralité culturelle, économique et sociale de tout le territoire romagnol. Il réunit et conserve les témoignages des gens de la Romagne, notamment, des zones de Rimini et de Cesena. Il a été inauguré en 1981, après dix ans de recherches et de préparation, dans un édifice construit en 1924 comme abattoir municipal; avec les années, sa collection s’est enrichie d’un nouveau matériel et de nouveaux agencements, offrant de toujours plus intéressantes suggestions. Il expose des objets et des instruments liés à la vie populaire et au monde du travail, notamment de l’agriculture et de l’artisanat. Tout le matériel est classé et présenté de façon à permettre la récupération du passé et de l’histoire des activités, des gestes matériels et symboliques et des savoirs traditionnels qui, bien qu’assez récents, courent le risque de tomber dans l’oubli. Il se compose de sections concernant le travail de la terre, le cycle du blé, l’activité meunière, le tissage et la décoration des toiles, la vinification, la maison rurale et certains métiers artisanaux, comme la fabrication des plaques de cuisson de la «piada» (galette locale), le travail du cordonnier, du forgeron et du maréchal-ferrant. Il offre une collection particulièrement intéressante d’une

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Santarcangelo di Romagna, MET Musée des Us et Coutumes des Gens de Romagne.

En haut salle d’exposition de la Section sur l’art de la meunerie. En bas une salle de la Section sur le travail de la terre.

centaine de caveje (chevilles) de différentes époques, du XVIe au XXe siècle. La caveja est une longue pièce en fer forgé, souvent finement travaillée, qui servait à bloquer le joug des bœufs au timon de la charrue; en Romagne, elle est dotée de un ou deux anneaux, tintant à chaque mouvement, enfilés dans la partie supérieure, dite pagella. Les variétés et les typologies de matériel sont riches et variées: objets et instruments de petite ou modeste dimension, de la bêche à la charrue, du métier à tisser aux marionnettes, ces dernières composant une collection particulièrement intéressante; mais encore, de gros chariots de toutes sortes et de puissantes machines agricoles qui donnent une idée du dur labeur des paysans dans les champs, même après l’introduction des premières machines. Panneaux et photographies, maquettes et schémas graphiques aident à comprendre la fonction et la signification des objets exposés. Une bibliothèque spécialisée et de riches archives, disposant de fonds importants, dont des fonds photographiques, complètent le musée, celui-ci possédant également de vastes espaces ouverts pour des spectacles, en particulier de marionnettes traditionnelles, et des activités didactiques de laboratoire particulièrement soignées. Fondé en 1985, le Centre Ethnographique pour la Recherche et la Documentation (C.E.R.D.) fait partie intégrante du musée et a pour but de promouvoir et de coordonner les activités de recherche, d’étude et de documentation scientifique du musée. Il compte des secteurs importants tels que la Bibliothèque spécialisée “Paolo Toschi”, les archives et les fonds photographiques.

MET Museo degli Usi e Costumi della Gente di Romagna via Montevecchi, 41 Santarcangelo di Romagna tel. 0541 326206 - 0541 624703 fax 0541 622074 met@metweb.org www.metweb.org

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Poggio Berni, Musée “Moulin Sapignoli”.

En haut une vue extérieure. En bas la salle des meules.

Poggio Berni Musée “Moulin Sapignoli” Le Moulin-musée Sapignoli est un lieu que l’on ne peut ne pas visiter. Il est situé dans un endroit des plus charmant, au sein d’un beau parc de plus de 5000 mètres carrés. A l’intérieur, les salles autrefois consacrées à l’activité de la meunerie sont restées intactes. Au rez-de-chaussée, il accueille les visiteurs dans la splendide salle des meules, d’environ 50 mètres carrés, encore en mesure de transformer le blé en farine. Assister à cette opération est d’ailleurs la source d’une véritable émotion. Les pièces restaurées de la structure baignent dans l’atmosphère du temps jadis, tout y parlant du travail et de l’esprit de l’art de la meunerie et de tout ce qui s’y rapporte. Des panneaux d’exposition, des vidéos présentant des interviews et des paysages ainsi que des objets authentiques permettent aux visiteurs de connaître l’univers des moulins de la vallée du Marecchia. Lieu de production par excellence, le moulin représente également, dans la tradition populaire, un lieu de mystère. Pour cette raison, le musée est né dans le but de réaliser une rencontre avec le patrimoine ethnographique de la tradition de la meunerie, promouvoir une réflexion sur cette expérience de travail et existentielle et mettre en relief la mémoire du territoire de Poggio Berni, ancien magasin à blé des Malatesta. Il s’agit d’un pôle culturel complet dans la mesure où, parallèlement à l’exposition du rez-de-chaussée et à l’espace extérieur, qui abrite le canal d’amenée Fossa Viserba, parfaitement conservé, qui alimentait en eau le moulin Sapignoli et d’autres moulins situés le long du torrent Marecchia, le premier étage accueille la bibliothèque municipale “Pio Campidelli”. Né comme un espace vivant, le musée prévoit des activités de laboratoire pour les écoles. “Le moulin parlant, moudre c’est raconter” est le laboratoire qui permet de connaître le territoire, alors que “Le cycle du pain” et “Le moulin et les lutins” sont deux autres laboratoires axés sur la narration.

Museo “Mulino Sapignoli” via Santarcangiolese, 4631 - Poggio Berni tel. 0541 629701 s.amati@comune.poggio-berni.rn.it pbbiblio@tin.it www.comune.poggio-berni.rn.it

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Verucchio, Musée Civique Archéologique. En haut trépied en bronze de la Nécropole Lippi.

En bas feuille d’or et situle en bronze de la Nécropole Lippi.

Verucchio Musée Civique Archéologique De par la richesse, la beauté, la rareté, l’originalité et la valeur historico-archéologique de son exposition, c’est un musée extraordinaire. Il est consacré à une civilisation florissante et raffinée qui, pour les caractéristiques autochtones des découvertes effectuées en ces lieux, est définie aujourd’hui comme villanovienne de Verucchio. Il s’agit d’une population mystérieuse et fascinante, installée dans l’aire de Verucchio à l’âge du fer, dans un espace temporel compris entre le IXe et le VIIe s. av. J.-C. Elle fut dite “Villanovienne” depuis la fin du XIXe siècle, lorsque un rapport fut établi entre les pièces mises au jour en ces lieux et les témoignages retrouvés à Villanova di Bologna, en 1858. Des pièces très anciennes, signalées dès le XVIIe siècle, puis réunies en collections aux XVIIIe et XIXe siècles. Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle (1893) que de premières fouilles régulières permirent de découvrir de nombreuses tombes, avec leurs trésors splendides, riches en ambre, or, argent et précieux trousseaux funéraires. Les fouilles, dont plusieurs campagnes furent entreprises au siècle dernier, ne sont pas encore terminées. Plusieurs zones sépulcrales ont été identifiées sur les pentes et au pied du col sur lequel se dresse la localité et plus de cinq cents tombes ont été découvertes, livrant de riches trousseaux funéraires, dont des pièces d’une rareté absolue. Une sélection de ces témoignages est conservée et exposée dans ce musée, inauguré en 1985 et réaménagé dix ans plus tard, grâce à un engagement commun de la Surintendance Archéologique de l’Emilie-Romagne et de l’Administration municipale de Verucchio réglementé par une convention entre le ministère et la mairie en 1993. La culture villanovienne est l’expression d’un peuple que plusieurs chercheurs considèrent comme le précurseur des Etrusques, alors que d’autres, dans des études plus récentes, définissent comme autochtone bien que fortement influencé par la culture étrusque. Au IXe siècle, il s’établit sur la colline (296 m) de la vallée du Marecchia la plus proche de la mer, dans un lieu facile à défendre, situé sur une voie de communication qui, de la mer, conduisait en Toscane par le col de Viamaggio. C’étaient les routes de l’ambre, parcourues par les marchands qui descendaient de la mer Baltique et entretenaient des commerces avec les

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Verucchio, Musée Civique Archéologique.

Trône en bois et mors de cheval en fer et en bronze de la Nécropole Lippi.

centres côtiers de l’Adriatique et de la mer Egée. Le site précis de l’établissement est encore partiellement inconnu, bien que des fonds de cabanes et autres traces aient été découverts dans certaines zones. Les nécropoles sont toutefois connues et ce sont leurs trousseaux funéraires qui nous fournissent une idée de la vie de cette population antique, qui dominait le territoire compris entre les cours du Conca et de l’Uso, jusqu’à la mer, et dont l’économie se basait sur l’agriculture, l’artisanat et le commerce. L’incinération est le rite funéraire caractéristique des Villanoviens. Les tombes sont constituées de puits contenant un ossuaire en terre cuite de forme biconique (souvent richement orné) fermé par un bol renversé, ou de puits contenant, outre à l’ossuaire, un gros «dolium» (jarre) avec le trousseau funéraire, ou encore, de fosses rectangulaires contenant une grande caisse avec l’urne cinéraire enveloppée d’un drap, de la vaisselle, des meubles, des objets d’usage courant, des armes et des tissus. Le musée est installé dans une intéressante structure panoramique, ancien couvent augustin du XVIIe siècle, adjacent à l’église. La salle «des ancêtres» contient de riches trousseaux provenant essentiellement de tombes des IXe-VIIIe siècles av. J.-C. du “Campo del Tesoro”, la plus ancienne des nécropoles de Verucchio. Ses tombes masculines et féminines contenaient de riches trousseaux composés de fibules de bronze et d’ambre, bijoux dont certains en or, pesons et rochets, vaisselle en céramique. Les salles «des soldats» concernent principalement des tombes de guerriers dont le matériel se compose de mors de chevaux, épées, pointes de lances, haches, couteaux, objets d’ornement, vases en céramique et en bronze. La salle «du manteau» contient de précieuses pièces d’étoffes, originales et rares, dont un grand manteau semi-circulaire en fil de laine. “Celui de Verucchio est le seul cas, pour l’Italie protohistorique, d’habits pratiquement conservés intégralement et dont il est possible de connaître la forme, la matière première utilisée pour le fil et les teintures ainsi que les techniques de tissage ” (P. von Eles). La splendide exposition compte des instruments pour le filage et le tissage, des tombes féminines avec ossuaires entièrement revêtus de tissu, bijoux, vaisselle de banquet, récipients en fibres végétales. Un trône en bois se détache de tout le reste, orné de cabochons en bronze et d’incisions représentant des scènes de vie, dans un parfait état de conservation. Il est exposé dans la salle «du trône», dominée par une grande

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vitrine contenant la tombe 89 de la nécropole Lippi (placée sous la forteresse malatestienne), mise au jour en 1972. Elle se compose d’un grand coffre en bois livrant un très riche trousseau d’étoffes, armes (dont deux casques, l’un à haut cimier en bronze et l’autre à panache), broches en bronze, argent et or, objets en bois. Le couvercle de la caisse était surmonté par le trône en bois. La tombe devait appartenir à “l’un des membres les plus importants de l’aristocratie locale, un homme qui jouait dans sa communauté des rôles complexes, un guerrier investi de responsabilités dépassant la sphère militaire et s’étendant aux domaines social et religieux” (P. von Eles), ayant vécu à la fin du VIIIe siècle av. J.-C. A la même époque remonte une tombe féminine voisine (tombe 47), également découverte en 1972, appartenant à une femme de rang élevé, comme le démontrent ses fibules d’ambre et la beauté de ses étoffes. La richesse du trousseau et le fait que l’urne cinéraire soit en bronze, et non pas en terre cuite, comme de coutume, confirment cette hypothèse. Un autre espace du musée est consacré à l’aire sacrée du plateau dit Pian del Monte et partiellement mise au jour en 1963 et en 1971, siège d’un puits qui conservait des pièces en céramique et en bronze datables du XIIIe au Ve siècle av. J.-C., dont de remarquables fragments de petits bronzes de haute qualité et de facture étrusque. D’une zone voisine provient également un groupe de boucliers en bronze, qui étaient disposés les uns sur les autres. Les fouilles régulières sur les pentes du col de Verucchio se poursuivent, tout comme les travaux de classement et d’étude du matériel. Le musée, en constante évolution pour accueillir et mettre en valeur ces richesses, est le siège de journées d’études, de conférences et d’intéressantes expositions thématiques. Le projet d’un Parc archéologique, relié au musée et aux fouilles, est actuellement à l’étude. Un parcours conduira les visiteurs aux tombes les plus importantes, selon un itinéraire didactique équipé de technologies multimédia de pointe; les terrains entourant l’ancienne nécropole abriteront un petit village villanovien avec sa vigne - les tombes contenaient de nombreux pépins de raisin, témoignant de la plus ancienne production vitivinicole locale.

Museo Civico Archeologico via Sant’Agostino - Verucchio tel. 0541 670222 - 0541 670280 fax 0541 673266 - 0541 679570 iat.verucchio@iper.net www.comunediverucchio.it

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San Leo Musée Civique de la Forteresse L’un des lieux les plus chantés par les poètes, notamment par Dante Alighieri, et les plus utilisés pour le tournage de films et de documentaires, il monte la garde devant le Montefeltro, puissant et élégant comme aucun autre. C’est le magnifique château de San Leo, l’ancienne Mons Feretrius, qui a donné son nom à la région et à ses seigneurs, les Montefeltro. Siège actuel d’un musée, c’est également un important exemple d’architecture militaire offensive et défensive. De par sa position dominante et sa conformation géographique particulière, caractérisée par des parois des plus escarpées et perpendiculaires au sol, le mont de San Leo a toujours constitué une forteresse naturelle. Les Romains, très conscients de ce fait, y construisirent une première fortification qui, pendant le Moyen Age, fit l’objet de disputes entre Byzantins, Goths, Lombards et Francs, devenant aussi le siège de l’empereur Bérenger II lorsque San Leo devint, pour une courte période, la capitale d’Italie. Vers la moitié du XIe s., le fort passa sous la domination des comtes de Montecopiolo, qui devinrent seigneurs de San Leo se nommant successivement comtes puis ducs de Montefeltro, conformément à l’ancien nom de la ville. A partir de la seconde moitié du XIVe s., la forteresse fut conquise par les Malatesta, ceux-ci s’alternant à sa domination avec les Montefeltro, employant pour ce faire, pendant environ cent ans, les armes, les stratagèmes et les ruses les plus variés. En 1441, Frédéric de Montefeltro, protagoniste de l’histoire de San Leo, confia à Francesco di Giorgio Martini, grand architecte et ingénieur siennois, la tâche de redessiner le fort et de l’adapter aux nouvelles exigences de guerre, telles que l’avènement des armes à feu, qui nécessitaient d’innovations déterminantes, non plus supportées par la structure médiévale originale. La nouvelle structure prévoyait une réponse au feu par une contre-offensive dynamique à même de garantir des directions de tir croisées. Pour ce motif, les côtés de la forteresse furent dotés d’artillerie et les voies d’accès protégées par des avant-postes militaires. En 1502, la forteresse fut conquise par César Borgia, le Valentin, mais revint aux mains des Montefeltro un an plus tard avant de passer, en 1527, à celles des Della Rovere. En 1631, lorsque le duché d’Urbino repassa sous la domination directe de l’Etat pontifical, elle fut transformée en prison. A l’époque des mouvements révolutionnaires de Romagne, de nombreux patriotes du

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San Leo, Musée Civique de la Forteresse. En haut vue extérieure.

En bas, à gauche collection d’armes, d’armatures et de lances.

En bas, à droite la cellule dans laquelle fut emprisonné le comte de Cagliostro.

Risorgimento, dont le célèbre Felice Orsini, furent emprisonnés dans ses cellules, aménagées à partir des anciens logements militaires. Mais son prisonnier le plus célèbre, dont le nom est indissolublement lié à la forteresse de San Leo, est le Comte de Cagliostro, Giuseppe Balsamo de Palerme, aventurier fascinant et mystérieux, franc-maçon et alchimiste du XVIIIe s. Il y resta emprisonné quatre ans, jusqu’à sa mort. Sa cellule, dite le “pozzetto” (puits), parmi les plus visitées au monde, témoigne aujourd’hui encore du traitement réservé aux personnes accusées d’hérésie: la porte était inexistante, la nourriture était descendue du haut d’un petit trou et la seule fenêtre, à trois grilles, «offrait» une vue obligée sur les deux églises de San Leo. Restaurée par Valadier après les terribles tremblements de terre de la fin du XVIIIe s., la forteresse maintint sa fonction de prison même après l’Unité d’Italie, jusqu’en 1906. Successivement, de 1911 à 1916, elle abrita une compagnie militaire. Aujourd’hui, après avoir été débarrassée des superstructures du XIXe s., elle a retrouvé ses élégantes lignes Renaissance et s’affirme comme l’un des exemples d’art militaire les plus célébrés. Ses salles, gardiennes d’une précieuse collection d’armes, accueillent d’intéressantes expositions.

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Museo Civico della Fortezza via Battaglione Cacciatori - San Leo tel. 0541 916306 (n. verde gratuito dall’Italia 800 553800) fax 0541 926973 musei@comune.san-leo.rn.it www.san-leo.it


San Leo, Musée d’Art Sacré. Extérieur du musée et Salle des peintures sur bois.

San Leo Musée d’Art Sacré Il est aménagé à l’étage noble de l’élégant Palais médicéen, édifié de 1517 à 1523, successivement à la conquête de la ville de la part des Médicis. Fondée en 1996 sur la volonté de la Curie épiscopale de Saint-Marin-Montefeltro et de l’Administration municipale, et successivement à un accord avec la même curie, cette exposition conserve des objets d’art sacré du VIIIe au XVIIIe s. Réalisés pour des églises et des couvents, ils se rattachent souvent à des événements particuliers de l’histoire locale et sont profondément liés à leurs lieux de provenance respectifs. La raison première de la création de ce musée consistait dans la volonté de réunir, protéger, conserver et exposer d’importantes œuvres d’art du territoire provenant d’édifices religieux qui n’en permettaient plus la conservation. Cette structure reflète ainsi toute l’histoire de cette terre. La Salle lapidaire accueille d’anciennes pièces sculpturales de la ville (VIIIe-XIIIe s.), dont les restes des trois arcades richement décorées qui composaient le tabernacle de la cathédrale du Haut Moyen Age. La Salle des peintures sur bois représente les débuts de l’histoire picturale du territoire, exposant entre autre le tableau de la Vierge à la Pomme de Catarino di Marco da Venezia (1375 env.), le tableau d’une Vierge à l’Enfant de Luca Frosino (1487-1493) et le précieux crucifix en bois, de 1205, provenant de la cathédrale. La Salle du tabernacle tire son nom de la grande œuvre en bois, provenant du couvent franciscain de Sant’Igne, qui constitue, grâce à ses gravures et à ses peintures raffinées, l’un des objets les plus singuliers de la Renaissance dans le Montefeltro. La troisième salle est consacrée au XVIIe s. et conserve, entre autre, les tableaux de Sainte Rita de Cascia, de Giovan Francesco Guerrieri (1636), et d’une Déposition, de Giovan Francesco Barbieri (XVIIe s.). La salle des Paliotti en plâtre présente des revêtements liturgiques pour les autels.

Museo di Arte Sacra piazza Dante Alighieri, 14 - San Leo tel. 0541 916306 (numéro vert gratuit depuis l’Italie 800 553800) fax 0541 926973 musei@comune.san-leo.rn.it www.san-leo.it

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Maiolo. En haut Fête du Pain de Maiolo. En bas l’un des fours typiques.

Maiolo Musée du Pain C’est un musée diffus particulier et intéressant, constitué par le territoire de Maiolo. Cette zone a été définie par l’Union européenne comme “zone BioItaly”, non seulement pour sa valeur géologico-environnementale et floristique mais surtout pour ses nombreux fours: plus de cinquante, utilisés pour la cuisson du caractéristique pain local et de produits similaires. Aujourd’hui, nombre d’entre eux fonctionnent encore, notamment en juin, lors de la Fête du Pain. La plupart remontent aux premières décennies du XIXe s., bien que certains soient encore plus anciens. Ils appartiennent parfois à la même famille depuis plusieurs générations. Ils sont construits contre l’un des bâtiments annexes de la maison rurale ou contre la maison même, souvent sous le porche, mais peuvent être aussi complètement à l’écart. Chaque four était alors utilisé par plusieurs noyaux familiaux, souvent apparentés entre eux et réunis quoi qu’il en soit en une agglomération à laquelle ils ont donné leur nom. Le rôle des fours, lié à la nécessité première de la cuisson, et non seulement du pain, consistait également à représenter un moment d’agrégation unique, une occasion de rencontres entre les différentes familles. Les implications sociales étaient nombreuses et les études de caractère ethnographique sur la panification qui en dérivent sont très intéressantes. Les pains, auxquels étaient données des formes particulières, portaient des marques liées à d’anciennes symbologies. On y cuisait aussi des biscuits qui étaient destinés aux enfants qui allaient garder les bêtes dans les prés. D’un point de vue structural, les fours se composent d’une chambre de cuisson en briques, alors que le revêtement extérieur est en pierre, du type calcaire marneux. Ils présentent aussi souvent un bel aspect esthétique. La promenade lors de la fête du mois de juin, pour les voir fonctionner, est incontournable. Museo del Pane Maisons paysannes disséminées sur le territoire Municipio - via Capoluogo, 2 - Maiolo tel. 0541 920012 fax 0541 922777 comune.maiolo@provincia.rn.it www.comunemaiolo.it

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Novafeltria, Sulphur Musée Historique Minier de Perticara. Deux salles du musée.

Perticara di Novafeltria Sulphur - Musée Historique Minier Il s’agit du musée le plus émotionnant et le plus émouvant de la province de Rimini. Il en émane une puissante force évocatoire et le contact avec la réalité de la mine y est très réel. Inauguré en janvier 1970, grâce à l’engagement de l’Association Pro Loco, qui a recueilli les demandes de conservation de la mémoire exprimées par les mineurs, le Musée Historique Minier a été créé dans l’objectif de témoigner l’activité d’extraction du soufre dans la mine de Perticara. A partir de 1980, le musée a été associé à un projet qui a permis de constituer l’un des premiers sites d’archéologie industrielle d’Italie, dans le but de valoriser les nombreux exemples de culture matérielle encore présents sur le territoire et de rappeler une histoire qui, bien que commune au peuple européen, est en train de disparaître de la mémoire collective. Après la restauration des édifices de l’ancien Chantier Sulfureux Certino, construits par Montecatini à partir de 1917 et représentant la période d’exploitation maximale de la mine, le nouveau projet muséographique a été mis en œuvre en 2002. Ainsi, le riche patrimoine de pièces collecté a été finalement exposé dans les environnements originaux, situés à proximité du puits Vittoria, ancien point de liaison avec l’immense ville souterraine. Les salles, construites selon une savante scénographie des espaces, sont très suggestives et de forte efficacité didactique. Le parcours se divise par thèmes, reproduisant les différentes phases, de l’extraction à la fusion du soufre, aboutissant à La mine, reconstruction fidèle et réaliste d’un itinéraire souterrain inauguré en octobre 2005. La visite s’y transforme en une expérience extraordinaire, faisant revivre le travail de milliers d’hommes enfermés dans les profondeurs de la terre. Le Parcours du soufre et les Ateliers illustrent le travail quotidien des mineurs à travers les outils utilisés dans la mine, dont une série complète de lampes et un riche patrimoine de documents, dessins, photos et films d’époque. Le musée abrite également des sections d’approfondissement thématique dont une vaste Collection de roches et de minerais ainsi qu’une précieuse Collection d’anciens instruments scientifiques de relèvement topographique et environnemental, tels que boussoles, graphomètres, inclinomètres, planchettes, théodolites, anémomètres et tachéomètres. Sulphur Museo Storico Minerario via Montecchio, 20 - Perticara di Novafeltria tel/fax 0541 927576 info@sulphur.it www.museialtavalmarecchia.it

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Talamello, Musée Pinacothèque Gualtieri. Une des salles et détail du tableau à l’huile “Un soir chez Lasserre”.

Talamello Musée Pinacothèque Gualtieri “La Splendeur du Réel” C’est l’un des musées d’art contemporain de la province, situé dans un bourg médiéval de la vallée du Marecchia. Inauguré par l’Administration municipale en septembre 2002, dans les salles de l’ancien Théâtre Amintore Galli, ex-église médiévale Sant’Antonio Abate, le Musée-pinacothèque Gualtieri “La Splendeur du Réel” réunit plus de 40 œuvres données à la ville, de 2000 à 2008, par Fernando Gualtieri, artiste de renommée internationale, originaire de Talamello. Apprécié non seulement en Europe et en Amérique mais aussi en Chine et au Japon, il est reconnu par la critique comme le Maître de la Splendeur du Réel, pour sa peinture qui exprime une complète adhésion à la réalité, réalité à laquelle l’artiste donne brillance et atmosphère magique. “Gualtieri nous apporte une belle et même une radieuse surprise, il fait servir son art de peintre à tous les objets: la nature morte, le portrait, les compositions”, c’est ce qu’écrivait Georges Duhamel, critique de l’Académie Française, à propos de son talent. Caractérisé par un style suggestif et très personnel, c’est un insolite catalyseur de lumière, il peint le visible et l’invisible, le réel et l’irréel, dans une cascade de couleurs et de lumière. La lumière et la brillance sont pour Gualtieri des éléments essentiels pour représenter vraiment la ‘splendeur du réel’, ainsi définie par le peintre lui-même: “c’est mettre l’être aimé en valeur en l’ennoblissant d’une bonne lumière. C’est aller à l’essentiel, vers l’âme du sujet. C’est encore, être un “pêcheur de lune”, saisir le reflet imperceptible de l’autre, son évanescence et sa permanence”. Les œuvres en exposition sont des huiles sur toile de petit format et de grandes dimensions, comme L’Ultime rugissement (200 x 400 cm), la nature morte Le Brocart perse ou les tableaux Symphonie en verres, Le Jeu de la mort et Un soir chez Lasserre. Elles comprennent également des portraits à l’huile et au crayon, dont un Autoportrait de l’artiste, des paysages siciliens, canadiens et parisiens.

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Museo Pinacoteca Gualtieri “Lo Splendore del Reale” via Saffi, 34 - Talamello tel. 0541 922893 museo.gualtieri@comune.talamello.rn.it www.gualtierimuseum.com


Sant’Agata Feltria. En haut Théâtre Angelo Mariani, parterre et loges.

En bas, à gauche Musée Forteresse Fregoso, vue extérieure.

En bas, à droite Musée des Arts Ruraux, intérieur.

Sant’Agata Feltria Théâtre Angelo Mariani Un théâtre-musée d’un charme incontesté, aux structures originales intactes. Entièrement construit en bois, le Théâtre Angelo Mariani est l’un des plus anciens d’Italie. L’atmosphère magique qui y règne foudroya l’acteur et réalisateur Vittorio Gassman qui, en 1992, compléta en ses murs la lecture de la Divine Comédie et intervint de façon déterminante pour sa restauration. Il fut aménagé dans un édifice dénommé “Palazzone” ou “Palazzo della Ragione” (dont les étages supérieurs accueilleront le Musée Archéologique de Sant’Agata Feltria), construit en 1605 sur la volonté de Orazio Fregoso, comte de l’ancien Rectorat de Sant’Agata Feltria, pour accueillir des bureaux publics et la jeunesse de la localité. La càvea (salle) a la forme d’un “U” allongé, avec trois ordres de 15 loges chacun, desservies par d’étroits couloirs. L’édification du premier ordre de loges fut entreprise en 1723 par la Société Condomini, complétée de 1743 à 1753 par Giovanni Vannucci, avec la construction des second et troisième ordres. L’entrée fut réalisée en éliminant la quatrième loge du premier ordre: une solution originale puisque celle-ci se trouve traditionnellement sur le côté opposé à la scène. Les balcons des deuxième et troisième ordres, représentant des tentures et des guipures, sont décorés à la détrempe, alors que les neuf médaillons portant l’effigie de personnages célèbres de la musique et du théâtre ou appartenant à l’histoire locale sont peints à l’huile. Le théâtre devint bientôt un lieu toujours plus raffiné et cultivé, apanage de la nouvelle et riche bourgeoisie locale. L’année 1838 vit la naissance d’une société musicale dénommée Accademia Filarmonica qui, en avril 1841, fit appel à Angelo Mariani, maestro destiné à devenir un important directeur d’orchestre, l’un des principaux interprètes des œuvres de son ami Verdi. Ce fut en fait lors de la présentation du Rigoletto de Verdi, le 8 septembre 1922, que le théâtre connut son moment le plus prestigieux. Les musiques furent alors exécutées par une section de l’orchestre du Théâtre de La Scala de Milan. Dans l’après-guerre, le théâtre, qui avait été dédié à Mariani depuis 1872, connut un inexorable déclin. En 1986, la Société Condomini cédera la propriété des loges à la ville, celle-ci entreprenant la restauration de l’édifice qui sera achevée en 2002. Teatro Angelo Mariani piazza Garibaldi, 1 - Sant’Agata Feltria tel. 338 9213702 info@teatromariani.it www.teatromariani.it

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Sant’Agata Feltria Musée Forteresse Fregoso Elégante et princière, elle évoque, dès son apparition, l’iconographie classique des châteaux des fables. La forteresse se dresse en solitaire sur le rocher à pic du Sasso del Lupo, l’un des nombreux massifs calcaires caractérisant le paysage du Montefeltro. Ce lieu était également connu comme Pietra Anellaria, ancien nom de Sant’Agata Feltria, qui se rapportait au groupe de maisons construites sur le bloc de roche arénacée (d’où le nom anellaria), distinctes du bourg en lui-même. La forteresse fut fait construire vers l’an 1000 par le comte Raniero Cavalca di Bertinoro. Située dans une position de frontière, elle acquit rapidement une grande importance stratégique, devenant, avec celles de San Leo et de Maiolo, la pointe la plus avancée du système défensif nord du duché d’Urbino. L’édifice subit de premières transformations radicales au XVe s., sur une initiative de Frédéric de Montefeltro. Ce dernier confia les travaux de modernisation des forteresses en sa possession, dont celle-ci, au célèbre architecte militaire Francesco di Giorgio Martini. Les interventions architecturales la transformèrent de fortification guerrière en demeure princière pour la fille de Frédéric, Gentile Feltria, qui devint l’épouse du noble Agostino Giovanni Fregoso, lui apportant en dot le territoire de Sant’Agata. En 1506, l’avènement des Fregoso détermina l’agrandissement et l’embellissement de la forteresse; elle fut alors dotée de nouvelles structures et œuvres d’art telles que les beaux plafonds à caissons du premier étage, les monumentales cheminées Renaissance, la chapelle hexagonale aux fresques du XVIe s., les cinq lunettes et les voûtes domicales du plafond. Sous l’édifice, des souterrains abritent une ancienne crèche alors que le premier étage conserve les dépôts pour la conservation des réserves de blé. Au cours des deux derniers siècles, le château a été successivement utilisé comme couvent pour les frères mineurs conventuels, comme école de cycle supérieur, comme prison, comme tribunal et enfin comme habitation civile. Désormais visitable, elle offre un splendide voyage dans l’histoire, du Moyen Age à la Renaissance.

Museo Rocca Fregoso viale Lucrezia Vitelli, Sant’Agata Feltria tel. 0541 929613 comune.santagata@provincia.rn.it www.museialtavalmarecchia.it

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Sant’Agata Feltria Musée des Arts Ruraux Il est installé à l’intérieur de l’édifice du XVIe s. du couvent San Girolamo, qui se dresse majestueusement sur un col, à côté de l’église de la Beata Vergine delle Grazie, avec laquelle il forme un corps unique. Il conserve, entre autre, un précieux retable d’une Vierge à l’Enfant entourée des saints Girolamo, Christine, François et Antoine de Padoue, commissionné par les Fregoso, seigneurs du lieu, à Pietro Berettini da Cortona, pour l’autel de l’église. Une autre œuvre importante, le retable de Pedro Berruguete représentant un Christ mort soutenu par deux anges, fut par contre réquisitionné à l’époque napoléonienne et transféré à la Galleria di Brera, en 1809, où il se trouve encore. Erigé en 1560, le couvent San Girolamo a été transformé en musée en 2005, après une longue intervention de restauration et d’adaptation. Né grâce à l’initiative d’un groupe de citoyens désirant redécouvrir leurs propres origines, le musée se compose de deux sections, dont une d’art sacré, qui réunit des ornements et des parements, d’une grande valeur artistique, provenant de l’église et du couvent San Girolamo, et l’autre d’art rural, aux finalités sociales et éducatives. Cette section se propose de renouveler l’enseignement de Père Olinto Marella - dont la cause de béatification est actuellement en cours - qui, dans les années 1950-1970, recueillit dans l’ancien couvent des orphelins, des handicapés et des déshérités. Parallèlement à l’exposition d’objets d’artisanat local, le musée abrite des salles de laboratoire permettant à toute personne intéressée, en particulier aux jeunes porteurs de handicap, d’acquérir des habiletés manuelles et d’apprendre les métiers ruraux d’autrefois, transmis par des personnes âgées des mêmes lieux. Cet enseignement a pour objet des activités d’ébénisterie, pour la récupération de meubles d’art pauvre, de tissage, celui-ci étant effectué avec des métiers à tisser et des instruments traditionnels, de décoration et d’impression, grâce à l’utilisation de moules en bois et de couleurs naturelles. Il offre également la possibilité d’apprendre, par le biais de l’activité de l’association de volontaires qui gère les locaux et l’ouverture du musée, les arts de la vannerie, de la poterie et du fer forgé. Certaines salles sont occupées par des archives-bibliothèque, dont dépend également une école interne de reliure et de fabrication du papier à base de produits naturels.

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Museo delle Arti Rurali via San Girolamo c/o Convento Sant’Agata Feltria tel/fax 0541 929719 mail@ilgiardinodellasperanza.org www.ilgiardinodellasperanza.org


Pennabilli, Musée diffus Les Lieux de l’Ame.

En haut Le jardin des fruits oubliés et, au premier plan, l’Arc des fables.

En bas Le refuge des Madones abandonnées.

Pennabilli Les Lieux de l’Ame Le musée diffus Ies Lieux de l’Ame, conçu par Tonino Guerra, poète, scénariste, peintre et artiste éclectique, se développe dans le centre historique de Pennabilli et dans la haute vallée du Marecchia. Il se structure autour de sept installations artistiques, liées par l’objectif de solliciter l’âme et de stimuler la fantaisie du visiteur. Des installations analogues, également définies par Guerra comme Lieux de l’Ame, caractérisent sa ville natale, Santarcangelo di Romagna, et d’autres sites de la vallée. Ces installations, originales et pleines de fantaisie, sont: Le jardin des fruits oubliés, premier musée singulier conçu par le poète, “un musée des saveurs” - tel qu’il l’a défini - qui réunit des variétés d’arbres fruitiers et d’arbustes romagnols disparues ainsi que de nombreuses œuvres d’art réalisées par des artistes qui sont aussi ses collaborateurs; La route des cadrans solaires, dont les sept éléments, dans le centre historique de Pennabilli, représentent de célèbres œuvres picturales “pour ne pas oublier que le temps se mesure avec la lumière”; Le jardin pétrifié, dans le hameau de Bascio, au pied de la tour millénaire, qui accueille sept tapis de céramique du sculpteur riminais Gio Urbinati, semblant avoir été posés par le vent et dédiés à des personnages historiques qui sont nés ou ont traversé la vallée du Marecchia dont Dante, Giotto, Pound, Uguccione, “pour ne pas en oublier la mémoire”; L’ange aux moustaches, une œuvre multimédia située dans l’église des Caduti et dénommée “Musée avec un seul tableau”, dans laquelle figurent, outre à la poésie, un tableau de Luigi Poiaghi, artiste milanais et romagnol par adoption, qui illustre la poésie, ainsi que quelques objets et protagonistes dont on peut entendre l’enregistrement des voix; Le sanctuaire des pensées, un jardin pour la méditation et le dialogue intérieur, “un jardin zen pour les bonnes pensées et les mauvaises”, avec des sculptures en pierre orientalisantes conçues et dessinées par Guerra; Le refuge des Madones abandonnées, une collection d’images sacrées, peintes par des artistes romagnols, s’inspirant des madones disparues qui ornaient les chapelles aux croisements des routes; La Madone du rectangle de neige, une église située dans le bois du hameau de Ca’ Romano, édifiée dans un lieu indiqué par un signe divin. I Luoghi dell’Anima Pennabilli, Torre di Bascio, Ca’ Romano tel/fax 0541 928846 info@toninoguerra.it www.toninoguerra.org

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Pennabilli, Musée Le Monde de Tonino Guerra, intérieur.

Pennabilli Le Monde de Tonino Guerra Ce lieu, si plein de suggestions, accapare l’attention du visiteur, le laissant émerveillé devant autant de beauté et d’unicité. C’est le musée consacré aux œuvres de Tonino Guerra, maître de poésie et scénariste, écrivain et peintre, artiste éclectique, né à Santarcangelo di Romagna mais demeurant depuis longtemps à Pennabilli. Il présente des tableaux, objets, sculptures, céramiques, meubles, projets de fontaines dans des parcs, installations artistiques réalisées en Romagne et ailleurs, photographies et autres pièces qui le concernent directement ou qui lui ont été données par des amis artistes du monde entier, en particulier de la Russie, pays qu’il considère comme une seconde patrie, grande source d’inspiration de ses œuvres. Ce musée, qui dépasse l’idée même de musée, veut être un lieu vivant, de rencontre, d’échange d’idées, de travail. L’édifice est d’ailleurs le siège de l’Association culturelle qui porte son nom, instituée en 2005 grâce à l’initiative des organismes fondateurs: les Provinces de Rimini et de Pesaro/Urbino, les Communes de Pennabilli et de Santarcangelo di Romagna, la Communauté de montagne de la Haute Valmarecchia. L’Association culturelle Tonino Guerra a été créée pour sauvegarder et mettre en valeur l’œuvre artistique du maestro en Italie et à l’étranger et en promouvoir la culture poétique et cinématographique. Elle partage son siège avec le musée de la via dei Fossi, aménagé dans les souterrains de l’oratoire Santa Maria della Misericordia du XIVe s. C’est également le lieu dans lequel le poète présente ses œuvres, donne des leçons et rencontre le public et les étudiants. Grâce aux archives, à la vidéothèque, qui conserve ses films et ses documentaires, dont beaucoup sont des exemplaires uniques, à la photothèque et à la bibliothèque, cet espace se propose comme un moment d’étude et d’approfondissement de toute son œuvre et du contexte dans lequel elle est née et s’est développée. Il est facile d’y rencontrer le poète (qui habite tout près, dans “la casa dei Mandorli”) et de lui demander un autographe. Une opportunité à ne pas manquer, dans un territoire déjà si particulier. Il Mondo di Tonino Guerra via dei Fossi, 4 - Pennabilli tel/fax 0541 928846 associazionetoninoguerra@gmail.com www.associazionetoninoguerra.org

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Pennabilli. Mateureka Musée du Calcul.

Instruments de mesure et aperçu de la salle consacrée à la musique.

Pennabilli Mateureka - Musée du Calcul Un lieu intéressant, curieux, original et d’une grande valeur didactique mais aussi très attrayant pour un vaste public. Mateureka - Musée du Calcul, ancien Musée d’Informatique et d’Histoire du Calcul, présente des instruments, des idées et des concepts de l’une des plus fascinantes aventures de la pensée humaine. Il expose des centaines d’objets, originaux et précieux, qui aident à reparcourir l’histoire du calcul et de la mathématique. On peut y admirer un cône de fondation et des tables sumériennes de 4500 ans, des pièces égyptiennes de 1000 av. J.-C., des pierres tombales romaines et des inscriptions étrusques, des abaques, des suan pan chinois, des soroban japonais, des schoty russes, un astrolabe, une table à compter médiévale, des quipù incas et des chimpù péruviens, la Summa et la Divine Proportion de Luca Pacioli; mais encore, cylindres et bâtons de Neper, compas de proportion, la Pascaline (reconstruction), règles et nomogrammes, arithmographes, calculatrices mécaniques, électromécaniques, électroniques et programmables, ordinateurs. Il abrite également de nombreuses salles de laboratoire pour l’expérimentation des concepts et des idées de la mathématique, transmettant autant de connaissances que d’émotions. On peut en effet y observer l’infini et le zéro, manipuler le théorème de Pythagore ou se plonger dans un émotionnant voyage à l’intérieur d’une fractale, ou encore, jouer avec les nombres premiers et le pi grec ou s’émerveiller devant ce petit chiffre d’or qui rend beau tout ce qui nous entoure et nous fait découvrir que la mathématique est à la base de l’informatique, d’internet, de la réalité virtuelle, de la robotique, bref, que sa présence est dans notre vie quotidienne. Fondamentales sont également les Activités Culturelles (expositions temporaires, congrès, débats, publications, etc.) que le musée organise chaque année pour diversifier et enrichir la visite, faisant de Mateureka l’un des moteurs de culture scientifique les plus significatifs et propositifs du territoire. Mateureka Museo del Calcolo piazza Garibaldi, 1 - Pennabilli tel/fax 0541 928659 info@mateureka.it www.mateureka.it - www.mathmuseum.eu

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Pennabilli. En haut Musée Naturaliste du Parc Naturel Sasso Simone et Simoncello. Le loup des Apennins.

En bas Musée Diocésain du Montefeltro “A. Bergamaschi”. À gauche sculpture en bois portée lors des anciennes processions.

À droite Guido Cagnacci, Saint Roch.

Pennabilli Musée Naturaliste du Parc Naturel Sasso Simone et Simoncello Espace d’un grand intérêt, en particulier pour les amants de la nature, il illustre les caractéristiques de l’une des zones naturalistes les plus belles d’Italie, au sein du Parc interrégional du Sasso Simone et Simoncello. Parc de 4847 hectares, distribués entre les provinces de Rimini et de Pesaro/Urbino, il offre l’un des bois de chênes chevelus les plus vastes d’Italie ainsi que deux mesas semblant appartenir aux parcs du Colorado. Le Musée Naturaliste a été inauguré en 2004 par l’Organisme du Parc Naturel du Sasso Simone et Simoncello, en collaboration avec la ville de Pennabilli, représentant une structure qui se propose comme un centre de visite. Il est aménagé dans l’ancien abattoir municipal restructuré et abrite une exposition scénographique permanente de dioramas. Ceux-ci présentent les principales espèces animales du parc dans leur environnement naturel, fidèlement reconstruit. Nombreux y sont également les animaux empaillés, comprenant plusieurs espèces de l’avifaune locale dont des rapaces nocturnes et diurnes comme la chouette, le chat-huant, la hulotte et de nombreux autres. Des plus intéressants sont notamment un exemplaire de chat sauvage européen, espèce rare en ces lieux, trouvé dans le parc en 2002, et la vitrine conservant un loup des Apennins. Le musée a principalement des finalités didactiques: il dispose d’une salle polyvalente équipée de postes multimédia adaptée à des laboratoires didactiques, projections, congrès et conférences, recherches et approfondissements. C’est un espace vivant qui se modèle sur les demandes des étudiants et de leurs enseignants, organise des initiatives de laboratoire et des sorties guidées, voire nocturnes, dignes d’être vécues.

Museo Naturalistico del Parco Naturale Sasso Simone e Simoncello via dei Tigli, 5/a - Pennabilli tel/fax 0541 928047 cv.museonat@libero.it www.parcosimone.it

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Pennabilli Musée Diocésain du Montefeltro “A. Bergamaschi” Après de longs et importants travaux de restructuration, le palais Bocchi, à l’intérieur duquel est installé le musée, a été réouvert au public en 2010. Des espaces innovants pour une exposition de nouvelle conception destinée à accueillir un matériel de grande valeur, notamment pour la communauté à laquelle il appartient. Une quinzaine de salles et de nombreux espaces aménagés en exploitant les couloirs, le tout étant disposé sur trois niveaux, véritables écrins d’œuvres d’art, en grande partie religieuses, collectées, conservées et restaurées par le Diocèse de Saint-Marin-Montefeltro. Il s’agit de meubles, tableaux, retables, cadres, céramiques, vases sacrés et reliquaires qui composent une précieuse collection voulue par l’évêque Antonio Bergamaschi qui, en 1962, prit conscience de l’urgence de réunir les nombreuses œuvres d’art du territoire du diocèse, œuvres souvent en proie à l’incurie et au rafle, surtout dans les églises et dans les chapelles plus distantes et isolées. Un signe de clairvoyance apte à récupérer les éléments fondamentaux de la culture d’un peuple, témoignages de foi qui racontent le dialogue entre Dieu et l’homme. Le Musée Diocésain conserve des œuvres d’artistes tels que Benedetto Coda, Catarino di Marco di Venezia, Giovan Francesco da Rimini, Guido Cagnacci, Nicolò Berrettoni, Carlo Cignani, Giovanni Francesco Guerrieri da Fossombrone et d’artistes des Ateliers romain, de Casteldurante et romagnol, ces pièces n’étant encore pas toutes exposées dans les salles jusqu’ici aménagées. Il abrite également une riche collection d’objets liturgiques et de parements sacrés, sculptures, majoliques et pièces d’argenterie. Le tout est exposé d’une manière originale, libre de toutes légendes et informations historico-artistiques, la direction du musée n’ayant pas voulu privilégier une orientation documentaire mais se conformer aux paroles de Jean-Paul II: “Les musées ecclésiastiques ne sont pas des dépôts de pièces inanimés mais d’infinies pépinières dans lesquelles le génie et la spiritualité de la communauté des croyants se perpétuent dans le temps”. Tel que l’a écrit Luigi Negri, évêque de Saint-Marin et Montefeltro: “Le serf de la glèbe, fait remarquer Henry Daniel Rops, complètement analphabète et donc incapable de comprendre la langue de la liturgie, entrant dans les cathédrales gothiques, enlevait respectueusement son chapeau et regardait les vitraux, la Bible des pauvres. C’était pour lui la seule manière de jouir de la

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beauté qui l’enracinait dans le mystère de l’incarnation et de la rédemption avec une conscience toujours plus grande. Que ce fut Giotto ou Dante Alighieri, la grandeur était la sienne: non pas pour la possession assurée par l’argent, mais parce que l’Eglise, comme chacun de nous (selon l’enseignement extraordinaire de saint François, très présent à ce diocèse pendant des siècles), possède tout sans ne rien posséder. Cela est également valable pour le passé, auquel, sinon, nous tournerions le dos: le peuple vit en récupérant son identité dans l’expérience de communion avec le Seigneur et avec ses frères. C’est beaucoup plus qu’un simple sujet à étudier et à comprendre avec rigueur philologique et méthodologique”. L’aménagement du musée traduit ces concepts structurant un lien entre les objets exposés et la signification pour laquelle ils ont été réalisés au cours des siècles, dans l’objectif d’obtenir une compréhension du sens de la vie religieuse dans le territoire des diocèses et d’en tirer les implications pastorales, culturelles et dévotionnelles dont cette collection témoigne. C’est donc la signification première des pièces vécues dans les églises que l’on a voulu récupérer dans ce musée, à l’instar des histoires qui se sont greffées sur ces mêmes objets, en en modifiant les conditions de vie et les destinées. Pour cela, l’exposition, qui se caractérise par une grande souplesse, ne présente actuellement que les pièces les plus significatives de la collection diocésaine qui en compte plus de mille: environ vint-cinq tableaux, une dizaine de sculptures et une sélection de vases, de céramiques, d’ornements, de majoliques et de pièces d’argenterie. Une fois achevés les opérations de restructuration ou de réfection et l’aménagement de salles supplémentaires, le musée s’enrichira progressivement de nouvelles œuvres. A ce propos, Antonio Paolucci, directeur des Musées du Vatican, a déclaré: “Admirons ce Musée Diocésain, qui doit être complété par des pièces qui attendent une restauration, un emplacement: nombreuses épaves d’un vaste naufrage que nous ne comprenons pas encore, comme nous ne comprenons pas non plus ce qui est arrivé à ce monde, qui est devenu insensible. Mais il est vrai que l’Eglise est la gardienne de la pitié et de la mémoire, choses qui ne sont pas sans importance, la pitié pour nos frères fatigués, la mémoire pour nos frères qui ne sont plus là”.

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Museo Diocesano del Montefeltro “A. Bergamaschi” piazza Sant’Agostino - Pennabilli tel/fax 0541 913750 info@museo-diocesano-montefeltro.it www.museo-diocesano-montefeltro.it


Casteldelci, Maisonmusée “S. Colarieti”, Musée Archéologique “Uguccione della Faggiola”.

En haut section archéologique. En bas la maison archaïque, avec sa cheminée et son four.

Casteldelci Maison-musée “S.Colarieti” Musée archéologique “Uguccione della Faggiola” Une véritable maison-musée, avec sa structure du XVIe s. intacte, sa grande cheminée et son four, au sein du centre historique. Elle a été inaugurée en 2000, pour sauvegarder l’ancienne habitation et conserver les témoignages significatifs retrouvés sur les lieux. Casteldelci a en effet une riche et très ancienne histoire. La maison abrite le Musée Archéologique “Uguccione della Faggiola”, qui expose les témoignages les plus significatifs du territoire, de la préhistoire à la Renaissance. La collection est organisée selon une lecture historique en ordre chronologique. Les premières vitrines conservent des pièces de la préhistoire à l’âge du fer et le matériel des nécropoles locales de Pescaia et de Calanco. Ce matériel, ainsi que plusieurs tombes reconstruites, forment une importante section accueillant des encensoirs, urnes, cuvettes et trousseaux funéraires. L’exposition se poursuit par des pièces d’époque romaine, dont une riche série de monnaies et de matériels céramiques provenant des habitations rurales principalement disséminées dans la vallée du Senatello: fragments de pots, coupes, amphores, verres, clés, fibules, objets en bronze et en plomb. La section médiévale abrite des témoignages du XIe au XIVe s., en céramique et en métal: pointes de flèche et d’arbalète, un faucillon, un stylet en fer, des fragments de cruches et de pots. Un nouvel espace aménagé auprès du château de la Faggiola Nuova expose des pièces intéressantes se rapportant aux montures, à la sphère militaire et à l’activité d’un présumé faussaire, avec un lingot de fusion et des flans monétaires. Ce château fut édifié entre la fin du XIIIe s. et le XVe s., lors de l’apogée politique des seigneurs Della Faggiola, dont le membre le plus célèbre est Uguccione, hôte et ami de Dante Alighieri, qui vit en lui celui qui aurait unifié l’Italie. La Section d’Histoire contemporaine, aménagée à l’étage supérieur de l’école élémentaire “Maria Gabrielli” de Casteldelci, conserve les témoignages du massacre nazo-fasciste de Fragheto, l’un des plus atroces de la Romagne, et de ceux de Ponte Otto Martiri et de Gattara. Casa Museo “S. Colarieti” Museo Archeologico “Uguccione della Faggiola” via Roma, 16/a - Casteldelci tel. 0541 915423 - 366 6539723 fax 0541 925300 info@prolococasteldelci.it www.prolococasteldelci.it - www.comune.casteldelci.rn.it

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Montescudo, Musée Ethnographique de Valliano.

En haut ex-voto à la Vierge du Rosaire, dans l’église adjacente au musée.

En bas, à gauche aperçu du musée avec, au premier plan, une maie pour la conservation de la farine.

En bas, à droite fresques du XVe siècle dans le presbytère de l’église.

Montescudo Musée Ethnographique de Valliano Petit mais précieux et captivant, il mérite pleinement le prix régional de Musée de Qualité lui ayant été attribué. Il rend hommage à la vie des paysans, à leur quotidien, au dur travail dans les champs et dans les fermes. Il est installé dans l’ex-presbytère de l’ancienne et intéressante église Santa Maria del Soccorso, ex-église paroissiale, définie comme sanctuaire de Valliano. L’exposition doit son origine aux expériences didactiques d’un groupe de professeurs de l’école secondaire de Montescudo, coordonnées par le prof. Gino Valeriani et entreprises dans les années 70 du XXe siècle, et à la collaboration des habitants impliqués dans ces expériences. Le matériel exposé, qui provient entièrement du territoire, a été disposé en privilégiant le thème de l’importance de la maison dans le monde paysan et des différentes activités qui y étaient exercées. Il faut signaler le vaste espace d’exposition extérieur et le Laboratoire didactique de Restauration “Il Calesse”, promu et fortement voulu par l’Institut pour les Biens Culturels de la Région Emilie-Romagne; celui-ci permet la récupération et l’entretien sur place d’objets et d’équipements, dont la plupart de très grosses dimensions, appartenant à la collection ethnographique du musée et représente un projet pilote en Emilie-Romagne. Le musée, divisé par sections, dispose de panneaux explicatifs. Il a été particulièrement soigné pour des finalités didactiques et pour représenter une véritable opportunité pour tout type d’école. Il offre une grande variété d’objets authentiques bien conservés et de photographies. Les thèmes principaux sont axés sur la vie dans la maison rurale et concernent les rapports familiaux, l’alimentation, le filage et le tissage, l’abattage des porcins, le vin et la cave, les jouets ainsi que les activités artisanales dont le travail du potier et du menuisier. Une forte ouverture sur la religiosité paysanne et populaire, et notamment sur la dévotion à la Vierge, est constituée par l’église-sanctuaire Santa Maria Succurrente, du XVe s., à laquelle le musée est annexé. Elle conserve de belles fresques du XVe siècle, parmi les plus belles et les mieux conservées de la période malatestienne, un simulacre vénéré de la Vierge, des toiles des XVIe et XVIIe siècles ainsi que de nombreux ex-voto.

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Museo Etnografico di Valliano via Valliano, 23 - Montescudo tel. 0541 864010 fax 0541 984455 info@comune.montescudo.rn.it www.comune.montescudo.rn.it


Montescudo, Musée de la Ligne Gothique Orientale de Trarivi.

Montescudo Musée de la Ligne Gothique Orientale de Trarivi Insolite et émouvant, ce petit musée, en phase de réaménagement, se compose d’une église et de son presbytère. Il s’agit de l’église S.Pietro de Trarivi, à Montescudo, remontant au Haut Moyen Age. Lors de la Seconde Guerre mondiale, elle se trouva dans l’axe de la Ligne Gothique Orientale qui, aux mois d’août et de septembre 1944, fut le théâtre d’âpres combats entre les troupes anglaises, qui avançaient du sud de l’Italie, et les troupes allemandes, qui se retiraient en défendant les accès au nord de l’Italie. L’église, en ruines, qui est aujourd’hui dénommée Eglise de la Paix, est devenue, avec la maison paroissiale adjacente, un lieu de la mémoire permettant de reparcourir, grâce à une riche documentation photographique, les dramatiques événements qui s’y déroulèrent du 25 août au 29 septembre 1944. L’église médiévale S.Pietro “inter rivos” était une abbaye bénédictine du IXe s., construite à l’emplacement d’un temple païen dont il reste les fondations en guise de demi-cercle. En 1775, elle fut élevée et transformée en une église baroque que les batailles de 44 détruisirent presque complètement. Mais, sous les décombres, les solides murs médiévaux ont été retrouvés presque intacts, avec leurs galets, leurs briques disposées en épine de poisson, leurs pierres de taille aux portes et aux angles. Au visiteur qui monte sur le coteau de Trarivi, tout parle de guerre et de destruction: le ciel ouvert où se trouvait la vaste voûte en berceau, les autels fracassés, la croix formée par deux poutres du toit écroulé, l’autel érigé avec deux pierres significatives choisies parmi les ruines. Les locaux adjacents abritent le Musée de la Ligne Gothique Orientale, dont la vaste collection compte des pièces de guerre et des photographies, la plupart prises par les soldats-photographes anglais sur les terrains de bataille. Elles racontent les quatre semaines de durs combats pour la conquête de Rimini. Les anciens combattants des deux parties se retrouvent périodiquement ici, pour rappeler et commémorer les victimes.

Museo della Linea Gotica Orientale di Trarivi Chiesa della Pace via Cà Bartolino - Trarivi di Montescudo tel. 0541 864010 fax 0541 984455 info@comune.montescudo.rn.it www.comune.montescudo.rn.it

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Gemmano, Musée Naturaliste de la Réserve Naturelle Orientée de Onferno.

En haut visite guidée des grottes. En bas, à gauche intérieur, détail d’un panneau illustrant

l’environnement naturel à l’époque messinienne, il y a 6 millions d’années.

En bas, à droite exemplaire d’une espèce de chauvesouris vivant dans les grottes.

Gemmano Musée Naturaliste de la Réserve Naturelle Orientée de Onferno Institué en 1995 par la ville de Gemmano au sein de la Réserve Naturelle Orientée de Onferno, ce musée est consacré à l’histoire de la terre et à sa conformation. Ce site splendide de 274 hectares offre un grand intérêt naturaliste et abrite une célèbre grotte naturelle s’étendant sur plus de 700 mètres, habitée par une importante colonie de chauve-souris. La grotte homonyme était autrefois dite ‘Inferno’ (Enfer) et plusieurs chercheurs soutiennent que l’attribution de ce nom soit liée à Dante Alighieri. L’édifice qui abrite le musée est l’ancienne église paroissiale Santa Colomba, documentée dès 1136, restructurée après la dernière guerre. Il présente une série d’échantillons de roches, notamment de gypse, très abondant dans la zone, ainsi que des représentations graphiques et la grande maquette d’une molécule de gypse grossie environ 3500 fois. L’attention à cette roche est due au fait que le château de Onferno, soit le petit centre habité d’origine médiévale qui abrite le musée, se dresse sur un énorme banc de gypse. Celui-ci contient une grotte, creusée par les eaux d’un torrent souterrain en des milliards d’années, qui a été explorée et scientifiquement reconnue en 1916. Située sous le château et sous le musée, elle est présentée par une grande maquette élaborée à partir des recherches et des explorations effectuées dans les années 60 du XXe siècle. Le musée développe deux sections idéalement reliées à la grotte: une consacrée à la spéléologie et l’autre aux Chéiroptères, soit aux chauves-souris, dont 6000 exemplaires habitent la même grotte. La flore et la faune locales y sont également illustrées grâce à des vitrines, des panneaux didactiques et des postes multimédia. Un diorama met en évidence les espèces d’amphibiens, de reptiles et de mammifères peuplant encore la zone. Une autre section est consacrée aux oiseaux qui y nidifient, notamment des passériformes et des rapaces diurnes. Une partie du musée a été rénovée en 2010. Le nouveau Musée Multimédia Polyfonctionnel de Onferno, qui a également été inauguré, se propose comme un musée thématique destiné à l’archivage et à l’exposition virtuelle de contenus culturels. Il est conseillé d’effectuer la visite du musée et de la réserve avec le personnel préposé, particulièrement compétent et expérimenté.

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Museo Naturalistico della Riserva Naturale Orientata di Onferno via Castello, 83 - Onferno di Gemmano tel/fax 0541 984694 info@grottedionferno.com www.grottedionferno.com


Musées de Mondaino. En haut Section paléontologique, restes fossiles d’un poisson de 6 millions d’années.

En bas Section des majoliques, à gauche reconstruction d’une table dressée selon les usages du XVe siècle.

À droite détail des majoliques du XVe siècle produites à Mondaino.

Mondaino Musées de Mondaino Section paléontologique. La section paléontologique des Musées de Mondaino est aménagée dans le splendide édifice de la forteresse malatestienne, protagoniste de célèbres épisodes historiques du XVe s. Elle expose une importante collection de fossiles terrestres et marins, provenant des formations miocènes (environ six millions d’années) dénommées Tripoli. Il s’agit de fossiles de poissons (ichtyolithes) et de feuilles (phyllithes) ainsi que de témoignages d’avifaune emprisonnés dans cette formation géologique sédimentaire, de nature farineuse et laminaire, produite par des microorganismes de composition siliceuse. La section propose des reconstructions et des dioramas de ce très ancien environnement disparu, réalisés dans un plus vaste contexte géologique qui s’étend également au cadre régional. Section des majoliques. Des découvertes casuelles, des enquêtes archéologiques conduites le long des murailles et sur les structures de la forteresse malatestienne ainsi que l’étude de “déchets” céramiques retrouvés à proximité du petit centre documentent une riche production céramique à partir du XVe s. La section des majoliques des Musées de Mondaino permet d’admirer cette ancienne tradition de la céramique. Cette production y est documentée par le biais d’une riche exposition de pièces, par la reconstruction d’une boutique d’artisan et par la reproduction des sons, des musiques et d’une table dressée selon les goûts du XVe s. L’attention du visiteur sera capturée par l’atmosphère même de l’exposition, celle-ci permettant de restituer à Mondaino son rôle premier dans l’histoire de la majolique italienne. Tour-porte. La tour-porte fait partie intégrante des Musées de Mondaino et de la vie du XVe s. de la forteresse. Située à l’entrée du petit pays, elle abrite une fidèle reconstruction d’un corps de garde de l’époque.

Musei di Mondaino Sezione paleontologica piazza Maggiore, 1 - Mondaino Sezione delle maioliche via Secondaria Levante tel. 0541 981674 fax 0541 982060 musei@mondaino.com www.mondaino.com

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Saludecio, Musée de Saludecio et du Bienheureux Amato. En haut salle du bienheureux Amato.

En bas, à gauche Guido Cagnacci, La procession du Très Saint Sacrement (1628).

En bas, à droite armoiries de Saludecio brodées sur un parement liturgique de la Compagnie du Bienheureux Amato.

Saludecio Musée de Saludecio et du Bienheureux Amato C’est un musée très intéressant pour la qualité et la typologie des œuvres qu’il conserve et pour le fait qu’il représente un exemple de grande dévotion populaire à l’égard du bienheureux Amato Ronconi, natif de ce lieu. Les œuvres proviennent du territoire communal et appartiennent en grande partie à l’église paroissiale adjacente, dédiée à San Biagio, et à la ville de Saludecio. Un porche, offrant quelques pièces archéologiques, permet d’accéder à une salle abritant des tableaux, des statues, des reliquaires, des ornements religieux, des lanternes et des bâtons de procession qui proviennent de l’église paroissiale et d’anciennes confréries laïques et expriment fort bien la religiosité de la zone tout en faisant comprendre la grande importance de la localité dans la vallée du Conca aux XVIIe et XVIIIe s. De grande valeur sont ses nombreux calices en argent et surtout ses tableaux dont Le pape saint Sixte et La procession du Saint-Sacrement de Guido Cagnacci (1628), les Saints Antoine abbé et Antoine de Padoue de Giovan Francesco Nagli dit le Centino (1650 env.), La décollation de saint Jean-Baptiste de Claudio Ridolfi (1630 env.). La seconde salle est entièrement consacrée au culte du protecteur du village, le Bienheureux Amato (XIIIe s.), dont le corps est vénéré dans la chapelle droite de l’église paroissiale. La salle se caractérise par des pièces d’argenterie des XVIIe et XVIIIe s., dont la plupart de fabrication romaine, et par une grande quantité d’ex-voto “historiques”. L’église fait également partie du musée et sa crypte, aménagée dans une belle pièce en sous-sol, expose d’anciens parements liturgiques, des statues dévotionnelles provenant de Faenza et plusieurs tableaux. La “draperie” soutenue par des anges située sur le maître-autel de la crypte est une œuvre de Antonio Trentanove, sculpteur de Rimini qui, de 1798 à 1800, modela tous les stucs de l’église. Construite de 1794 à 1803, l’église a été conçue par l’architecte de Cesena Giuseppe Achilli. Elle conserve elle aussi d’importantes œuvres d’art dont le Martyre de saint Blaise, œuvre documentée du frère mineur Atanasio da Coriano (1800), et la Vierge de la Miséricorde de Claudio Ridolfi (1620 env.). L’église des Hiéronymites, située dans la partie la plus haute du bourg et conservant des parements sacrés, a été aussi récemment annexée au musée. Museo di Saludecio e del Beato Amato piazza Beato Amato, 2 - Saludecio tel. 0541 982100 donmauroangelini@libero.it www.comunesaludecio.it

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Montegridolfo, Musée de la Ligne des Goths. En haut pièce d’artillerie allemande.

En bas, à gauche armes allemandes, anglaises et italiennes de la Seconde Guerre mondiale.

En bas, à droite récipients métalliques et boîtes pour cigarettes et lait condensé.

Montegridolfo Musée de la Ligne des Goths Il est installé dans une structure singulière en ciment armé, partiellement enterrée, construite à cet effet en 1990, hors des murs du petit centre, selon les modèles de fortins dits “bunkers”. Conçu par la ville de Montegridolfo en 1985, le musée a été réalisé en 2002 pour ne pas oublier les féroces batailles de la Seconde Guerre mondiale qui eurent lieu ici, dans l’axe de la Ligne Gothique. Le sentier conduisant au musée est un authentique balcon panoramique embrassant la vallée du Foglia et les collines riminaises, théâtre de furieux combats entre les troupes alliées et les troupes allemandes positionnées, en 1944, sur la “Ligne des Goths”, nom voulu par le même Hitler. Le percement de la ligne et la conquête de Montegridolfo eurent lieu le 31 août 1944. Une section de cette originale structure est consacrée aux reliques de guerre et aux armes utilisées lors du conflit. L’autre section, très riche en matériel, à la propagande de guerre et à la presse de la période 19431945. Il possède également une vaste collection de photographies concernant des faits de guerre du territoire de Montegridolfo, ainsi que des films et des vidéos. Toute la population locale a collaboré à la collecte de reliques alors que les modèles réduits de moyens militaires proviennent de la “collection Amicizia” et le matériel de presse de la “collection Maffei”. Le musée a pour but d’entretenir le souvenir des faits de la Seconde Guerre mondiale et du passage du front dans le territoire de Montegridolfo, qui, comme la localité voisine de Gemmano, a été l’une des dernières fortifications orientales de la “Ligne Gothique”. L’attention y est également axée sur les terribles conditions de vie des militaires et des civils en cette période. Le musée, par le biais de leçons, de laboratoires et de visites guidées, propose un service didactique pour les écoles. De ce point, une allée permet de rejoindre, avec l’assistance d’un guide, l’un des onze refuges creusés par la population civile en 1944.

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Museo della Linea dei Goti via Roma, 2 - Montegridolfo tel. 0541 855054 - 0541 855320 fax 0541 855042 info@museolineadeigoti.it www.museolineadeigoti.it


CHAPITRE 4 COLLECTIONS ET AUTRES MUSテ右S

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Entre histoire et curiosités Ceux qui, guidés par la curiosité, désirent s’offrir un parcours autonome entre des musées de type varié, peuvent suivre le sentier que nous vous proposons. Il s’étire de la mer aux collines, présentant des étapes auprès d’autres musées, collections, expositions permanentes et musées en devenir ne faisant pas encore partie des circuits institutionnels, à savoir, des réseaux de musées comprenant les structures qui ont complété les phases de constitution institutionnelles et qui font l’objet d’une valorisation et d’une promotion communes programmées. Mais ils n’en sont pas pour autant moins intéressants et leur visite sera loin de vous décevoir. Partons de Rimini et du Musée National du Motocycle. C’est l’un des musées les plus originaux d’Italie, désormais authentique repère des motocyclistes italiens et étrangers. Il se compose de deux édifices aux vastes salles chronologiquement ordonnées par espaces thématiques. Elles contiennent environ 250 éléments qui racontent l’histoire du motocycle du XIXe s. aux années 80 du XXe s., représentant bien 60 marques italiennes et étrangères. Le parcours historique commence par l’époque des pionniers et donc par la première motocyclette, une Werner française, suivie par les italiennes Frera et Stucchi. La période des deux guerres se caractérise par de fabuleux modèles Moto Guzzi de route et de compétition. Un espace y est consacré aux side-cars, ceux-ci ayant marqué une étape importante dans l’histoire du transport familial. Les protagonistes étrangères sont les anglaises Norton, Sunbeam, Rudge, Scott; les américaines Harley Davidson, Indian et la merveilleuse Henderson 4 cylindres. Dans le cadre sportif, comment ne pas admirer les Aermacchi, Bimota, Linto, Yamaha et Honda. Sans oublier les scooters, comme la Lambretta et la Vespa, et d’autres modèles rares dont des Ducati, Cruiser et Piatti. Bref, il y en a pour tous les goûts (Via Casalecchio, 58/N - tél. 0541 731096 www.museomotociclo.it). Rimini abrite également le Musée de Scolca, un musée d’art sacré installé auprès de l’abbaye S. Maria Annunziata Nuova, à Covignano. Fruit de dix années de restauration, il recèle des trésors de la culture et de l’art riminais: ceux de l’ancienne abbaye olivétaine Santa Maria Annunziata Nuova di Scolca (ce mot signifiant ‘vengeance’), sur le col de Covignano, siège actuel de la paroisse de San Fortunato. La richesse de l’ensemble - qui comprend également l’église édifiée par Carlo Malatesta en 1418, dans une position surélevée car elle était considérée comme un lieu de garde, le séminaire épiscopal et la bibliothèque diocésaine - est telle qu’il peut être défini comme l’un des principaux lieux d’art et d’histoire de la province de Rimini. Le musée est aménagé dans les salles au-dessous du presbytère, dans les

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En haut Rimini, Musée National du Motocycle.

En bas Bellaria Igea Marina, la Tour sarrasine avec sa collection de coquillages.

grottes de tuf du col de Covignano, anciens locaux de service de l’abbaye. Les quatre salles, de couleur différente, accueillent d’importants témoignages dont la cloche originale du XVe s., d’anciens parements et habits liturgiques, d’anciens ornements des moines olivétains, de l’argenterie, des parchemins et manuscrits rares des XVe-XVIIe s., des tableaux ainsi que la précieuse page miniaturée d’un choral du XVe s., le seul chant religieux des moines restant après les incursions napoléoniennes. Chaque pièce représente une époque historique: les XVe s., XVIIe s. et XVIIIe s., la dernière étant consacrée au culte populaire (Via Covignano, 152 - tél. 0541 751761). A Rimini, l’un des lieux les plus suggestifs du col de Covignano abrite les très anciens sanctuaire et couvent de la Madonna delle Grazie. Les Franciscains y ont créé Ie Musée Missionnaire du Sanctuaire de la Madonna delle Grazie, contenant des pièces et des objets qui témoignent de la présence des Franciscains romagnols dans le monde. Il s’agit de pièces précolombiennes et de nombreux objets provenant de plusieurs continents. A cette beauté se joint la rareté de pièces d’art moderne: œuvres de sculpteurs et de peintres célèbres, vaisselle française d’époque napoléonienne, céramique de Faenza et verreries de Murano (Via delle Grazie, 10 - tél. 0541 751061). A Bellaria Igea Marina, la Tour sarrasine, qui conserve une belle Collection de coquillages, mérite une visite. Il s’agit d’une riche série de coquillages, mollusques, squelettes d’organismes marins, madréporaires, échinodermes, crustacés, carapaces de tortues et, notamment, de quelques nautiles de l’océan Indien, de tritoniens, d’huîtres perlières et de rares nacelles utilisées pour l’incubation des œufs. La collection est installée dans les étages supérieurs de la tour, édifiée en 1673 par l’Etat pontifical et adjointe au plan de fortification de la côte. Aujourd’hui, c’est la seule des six anciennes tours qui présente encore ses caractères originaux, offrant trois étages couverts d’un toit en voûte et un escalier en colimaçon intérieur. Les invasions et les pillages, principalement de pirates turcs, obligèrent le pape à construire ces tours de Gabicce à Bellaria. Elles accueillaient une garnison de cinq soldats et d’un commandant, munis d’arquebuses, d’espringales, de poudres et de mèches. Au son de la cloche, les habitants s’y réfugiaient pour organiser la défense. Avec le temps, elles perdirent leur fonction première et firent office de tour de surveillance contre la contrebande et d’hospitalité pour la quarantaine des personnes suspectes de contagion arrivant de la mer (Via Torre, 75 - tél. 0541 343746 www.comune.bellaria-igea-marina.rn.it).

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En haut Bellaria Igea Marina, Collection “Massaroni” de Tracteurs d’époque.

En bas Santarcangelo di Romagna, Musée du Bouton.

D’un tout autre genre mais toujours à Bellaria Igea Marina, la Collection “Massaroni” de Tracteurs d’époque. Elle est consacrée à la mémoire de la campagne et des activités qui lui sont liées, mémoire qu’une famille locale a voulu partager avec le public. Cette exposition, des plus particulière, offre un grand intérêt social, historique et anthropologique. Elle est d’autant plus digne d’attention pour le fait que le matériel qui y est présenté, en parfait état de marche, fait partie d’un monde qui n’existe pratiquement plus. Un trésor d’engins vrombissants aux roues en fer, en caoutchouc ou chenillées, dont certains modèles sont des plus rares. La première pièce est une chaudière à longue cheminée du début du XXe s., naturellement fonctionnante. Puis il y a des tracteurs centenaires, de marques alors très célèbres. Il s’agit certainement de la collection de tracteurs d’époque en état de marche (d’un seul propriétaire) la plus significative d’Italie. Elle peut être visitée sur réservation téléphonique auprès de la famille Massaroni Domenico (Via Belvedere, 60 - tél. 0541 345661). Quelques kilomètres nous séparent de Santarcangelo di Romagna, où nous attend le Musée du Bouton, premier et unique d’Italie. Il s’articule d’une manière chronologique, du XVIIIe s. à nos jours, divisé en trois secteurs qui présentent également l’histoire du bouton. Il s’agit de petits accessoires, mais grands de par leur signification, préservés de la poussière du temps et réunis par un collectionneur qui les a catalogués avec minutie et créativité pour offrir un merveilleux spectacle coloré. Il présente les boutons des XVIIIe et XIXe s., réalisés dans des matériaux nobles qui traduisent la richesse et le pouvoir de leurs propriétaires, parmi lesquels se détachent les figures de reines et de personnages célèbres. Fabriqués à partir de plus de cinquante matériaux différents, huit sont cependant les cas de boutons entièrement réalisés à partir de la seule matière première et permettant d’observer et de comprendre la technique de construction d’un bouton. Des plus originale est l’histoire sociale, économique, politique et des coutumes du XXe s. racontée à travers la symbologie des boutons, “car - comme le souligne son fondateur lorsqu’un événement, qui touche la plupart des gens, se produit, il y a toujours un styliste prêt à le reproduire, selon sa symbologie particulière, sur un bouton, ce dernier devenant ainsi une pierre milliaire de notre histoire et le témoin de ce même événement”. Outre à ses nombreux boutons, mémoire de l’histoire, le musée abrite une riche bibliothèque permettant d’explorer et d’approcher ce

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En haut Torriana, Musée-Laboratoire du tissage “Fil de Pénélope... Fil du monde”, un métier à tisser.

En bas Saludecio, Musée diffus des Murales consacrées aux inventions du XIXe siècle.

monde fantastique. L’important matériel didactique qui y est réuni a d’ailleurs permis à plusieurs étudiants la préparation de brillants examens et thèses universitaires. Cette section d’appendice offre également une longue série d’anecdotes illustrant le fait, combien évident, que le bouton n’ouvre et ne ferme pas seulement deux morceaux d’étoffe mais ouvre et ferme également l’intimité de la personne. Le musée est né grâce à la passion de Giorgio Gallavotti, titulaire d’une historique mercerie de Santarcangelo, qui a collecté, classé et cousu ces boutons sur des panneaux encadrés de manière homogène et divisés par décennies, formant un riche écrin d’art, d’histoire et de culture. L’intérêt suscité par l’exposition d’une partie d’entre eux en 1991 l’a poussé à ouvrir ce Musée du Bouton, qui, chaque jour, accueille de nombreux visiteurs (Via della Costa, 11 - tél. IAT 0541 624270 port. 339 3483150 http://bottone.art-italy.net). Torriana est le siège du Musée-Laboratoire du Tissage “Fil de Pénélope... Fil du monde”, dont la finalité consiste à approfondir les techniques et les combinaisons de cet art ancien et fascinant, pratiqué dans la vallée du Marecchia dès l’Antiquité. Il a été créé en 2007, à l’occasion d’un cours de tissage artisanal organisé le soir, à Torriana. Le mérite en revient à l’école élémentaire “Giulio Turci”, à l’Administration municipale et à quelques citoyens qui se sont engagés dans une action collective pour préserver la mémoire de cet art et de ses anciennes techniques. L’histoire du tissage a fidèlement suivi celle de l’humanité. Les premiers métiers à tisser apparurent au Néolithique, constructions alors très simples constituées d’un châssis rectangulaire composé de branches ou de poteaux en bois. Au Moyen Age, le métier à tisser vertical continua d’être utilisé pour la confection de tapisseries et, en 1250, il fut doté pour la première fois d’une pédale. La construction des métiers devint toujours plus soignée, ceux-ci étant en mesure de produire, sous la Renaissance, des étoffes complexes et raffinées. Le tissage devint un art et la production de tissus précieux tels que le satin, le brocart, le damas et le velours se développa. En 1787, le moteur fut utilisé pour la première fois pour actionner un métier à tisser, décrétant la naissance du métier mécanique. L’objectif du musée consiste ainsi à maintenir la mémoire de cet art à travers le travail patient des participants aux laboratoires. Il s’affirme comme un “Musée vivant”, finalisé à conserver le savoir d’un art qui, aujourd’hui, peut devenir un important véhicule de cohésion sociale et d’intégration culturelle (Via Roma, 102 - tél. 0541 675220 www.comune.torriana.rn.it).

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En haut Saludecio, Exposition permanente consacrée à Giuseppe Garibaldi, prochain Musée du Risorgimento.

En bas Saint-Marin, Musée Maranello Rosso.

A Montebello, dans la même commune de Torriana, l’Oasis de protection de la faune abrite l’Observatoire Naturaliste Valmarecchia. Celui-ci offre la possibilité de découvrir les beautés de la vallée du Marecchia, caractérisée par la présence de rochers calcaires et de calanchi (fosses d’érosion), de bois aux espèces végétales variées et d’une faune riche en espèces d’un grand intérêt naturaliste dont le milan noir, l’épervier, le busard cendré, le hérisson, le chevreuil, le renard et le sanglier. Au rez-de-chaussée, le musée propose une salle naturaliste représentant les différents environnements qui caractérisent la vallée du Marecchia, un grand aquaterrarium des espèces végétales et animales peuplant les eaux du fleuve ainsi que des espaces consacrés à la végétation de la vallée et à ses animaux. Le premier étage expose des maquettes ainsi que du matériel lié à la géologie et aux fossiles. La structure est complétée par une salle didactique, une salle de conférence et une bibliothèque thématique. L’équipement extérieur comprend un amphithéâtre, un sentier aménagé pour les handicapés et les hypovoyants et un espace équipé. L’Observatoire organise des visites guidées et des excursions (Via Scanzano, 4 - tél. 0541 675629 www.atlantide.net/osservatoriovalmarecchia). De la vallée du Marecchia, nous vous suggérons de gagner celle du Conca et de rejoindre Saludecio. En ce lieu, la tradition des Murales devient un intéressant prétexte pour visiter l’élégant centre historique. Il s’agit d’un parcours artistique polychrome et original en plein air, musée diffus qui serpente entre places et ruelles, à la découverte des inventions du XIXe s. Le thème de ces murales s’harmonise avec une manifestation locale dénommée “800 Festival”. Leurs narrations figuratives concernent le cinéma, la photographie, le téléphone, la radio, l’ampoule électrique ainsi que des sujets curieux et particuliers tels que la BD, l’écologie, la lame de rasoir, le papier hygiénique, et encore, des marques de produits célèbres dans le monde comme Levis, CocaCola, Violetta di Parma et Borsalino. Ici, la tradition des murales est née en 1991, à l’occasion de la IXe édition de “800 Festival”, année à laquelle a également débuté la collaboration avec AR.PER.C. (Arte Per Comunicare), l’Associazione Culturale Artistica Ambientalista de Castellabate (SA), qui conçoit et réalise ces œuvres (tél. 0541 869719 www.murales.ottocentofestivalsaludecio.it). Saludecio vous réserve une autre surprise: l’Exposition Permanente - prochain Musée du Risorgimento - consacrée à Giuseppe Garibaldi, un mythe à redécouvrir. Ouverte en 2007, elle présente la “Collection

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Ottaviani”, installée dans les locaux qui constituaient autrefois les prisons, ancienne aile de l’hôtel de ville. Elle conserve des reliques originales en tout genre, dont des uniformes, des édits, des livres, des cartes postales, des timbres, des monnaies et des gadgets, le tout formant un patrimoine d’un millier de pièces liées au Héros des Deux Mondes et à sa vie. Cet espace s’harmonise avec la tradition du XIXe s. de Saludecio qui, par le biais de “800 Festival”, a permis de valoriser l’histoire et les architectures de la ville, cellesci remontant à la deuxième moitié du XIXe s., alors que Saludecio était le siège de la circonscription territoriale et représentait la “Capitale” de la vallée du fleuve Conca. Par ailleurs, nombreux furent les citoyens de Saludecio qui s’engagèrent dans un bataillon de Garibaldi et dont les épisodes vécus lors du Risorgimento alimentent la mémoire locale et la microhistoire (Piazza Beato Amato Ronconi, 1 - tél. 0541 869719 www.comunesaludecio.it). A Coriano, le Musée Elisabettiano est consacré à la bienheureuse Elisabetta Renzi, fondatrice de l’Institut des “Maestre Pie dell’Addolorata”, qui a son siège dans le monastère attenant, maison mère de l’ordre fondé en 1839 par Sœur Elisabetta. Elle créa ce nouvel ordre religieux en l’axant sur l’éducation des jeunes filles. L’église adjacente au monastère conserve la dépouille de la bienheureuse. Le musée expose des ouvrages de tissage et de broderie exécutés au cours des années par les jeunes filles qui fréquentèrent l’institut. Il conserve également des documents et pièces divers, ainsi que de précieux objets en or et en argent (Via Malatesta, 4 tél. 0541 657121 www.comune.coriano.rn.it www.prolocoriano.it). L’Antiquarium de Coriano est aménagé dans le château malatestien et expose des objets en céramique et en verre ainsi que des fragments d’armes mis au jour grâce aux fouilles effectuées à l’intérieur et autour du château et lors des interventions de restauration de l’édifice, celui-ci datant approximativement du XIVe s. En 1356, le Castrum Coriliani fut cédé par la curie de Ravenne, à laquelle il appartenait alors, aux Malatesta, seigneurs de Rimini; la famille, notamment Sigismondo Pandolfo, en effectua la restructuration. Contrôlé par les Vénitiens de 1504 à 1509, il fut ensuite annexé à l’Etat de l’Eglise puis donné par le pape Clément VII aux Sassatelli de Imola. Ceux-ci le possédèrent de 1528 à 1580, leurs armoiries figurant encore au-dessus de la porte d’accès. Lorsque l’édifice cessa d’accomplir sa fonction de contrôle du territoire et d’abri-refuge, il finit par tomber dans un état d’abandon, auquel s’ajoutèrent les graves dommages de la Deuxième Guerre mondiale. Lors de ces dernières décennies, il a fait l’objet d’importantes restaurations. Il abrite l’une des plus grandes glacières de la Romagne (Via Malatesta tél. 0541 656255 www.comune.coriano.rn.it www.prolocoriano.it). A Montefiore Conca, le château malatestien abrite une im-

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portante exposition permanente, dénommée Les couleurs de Montefiore, qui présente le matériel mis au jour lors des enquêtes archéologiques conduites dans le château de 2006 à 2008. Elle permet d’admirer une partie de la production céramique malatestienne, dont de nombreuses pièces proviennent du même château: des dizaines de vases, de coupes et de récipients décorés de portraits et de cartouches, de lettres gothiques et de festons, de motifs géométriques et symboliques. Les couleurs sont le bleu, le jaune, l’ocre, le vert cuivré et le brun manganèse, identiques à celles du splendide paysage de ces lieux. La plupart des pièces archéologiques exposées se rattachent à des productions romagnoles, alors que quelques rares exemplaires proviennent des Marches et de la région de Ferrare. Quant aux verreries, elles sont essentiellement de production vénitienne (Via Roma - tél. 0541 980179 www.comune.montefiore-conca.rn.it). Mais quittons la province de Rimini pour faire un petit détour par la République de Saint-Marin toute proche, comprise dans le tissu touristique de notre aire géographique. Dans la localité de Falciano, les passionnés d’automobilisme peuvent admirer deux mythes des quatre roues, à savoir, Ferrari et Abarth, auprès du Musée Maranello Rosso. De par sa particularité et son unicité, ce musée est le protagoniste du projet Motor Valley, la terre des moteurs en Emilie-Romagne. La Collection Maranello Rosso expose les 25 voitures Ferrari les plus significatives, divisées en Voitures de compétition, Voitures de route, Prototypes et Voitures de Formule Un. Dans ce cadre, un espace y est entièrement consacré à leur créateur, Enzo Ferrari, par le biais de documents, photos inédites et films. “Regardant en arrière du sommet de ce mont, je revois la foule de visages et de noms qui a accompagné mon chemin”, c’est par ces paroles que Ferrari a su donner une magnifique image de Maranello Rosso, l’émotionnant parcours né au pied du mont Titano. La section Abarth expose 40 voitures signées par un prodige italien du design automobile sportif, Carlo Abarth. Il s’agit de voitures des catégories Tourisme, GT, Sport, Rally et Formule, c’est-à-dire le meilleur de la production caractérisée par la marque du Scorpion et la génialité de Carlo Abarth. C’est le plus grand Musée Abarth dans le monde (Strada dei Censiti, 21 tél. 0549 970614 www.maranellorosso.com).

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Pour en savoir plus: bibliographie minimale R. Giannini e T. Mosconi, I sentieri magici della Valmarecchia. Touring Club Italiano, 1995 W. Landini, Museo Paleontologico, Mondaino. Provincia di Rimini, 1995 P. G. Pasini, Museo della Città, Rimini. Provincia di Rimini, 1995 (AA.VV.), Museo del Territorio. Riccione. Provincia di Rimini, 1995 R. Giannini, Tonino Guerra e la sua valle. Piccola biblioteca del Montefeltro Vol. 4, Raffaelli Editore, Rimini, 1998 P. G. Pasini, Arte e storia della Chiesa riminese. Milano, Skira, 1999 (AA.VV.), Storia di Santarcangelo di Romagna. Cesena, Il Ponte Vecchio, 1999 G. Allegretti e F. Lombardi (par), Il Montefeltro II. Ambiente, storia, arte nell’Alta Valmarecchia. Villa Verucchio, Tipolito La Pieve, 1999 W. Monacchi, Archeologia e storia nella valle del Senatello. Urbania, Arti Grafiche Stibu, 2000 P. Franciosi e E. Gosti, Maiolo. Rimini, Bruno Ghigi Editore, 2000 Y. Lichtenberg Gualtieri e A. Guénot, Gualtieri. Parigi, Edition Saint-Germain-des-Prés, 2000 D. Scaravelli, Museo naturalistico della Riserva naturale orientata di Onferno, Gemmano. Provincia di Rimini, 2001 116


M. L. Stoppioni (par), Museo della Regina, Cattolica. Provincia di Rimini, 2001 R. Giannini La Guidina di Tonino. Santarcangelo di Romagna, Maggioli, 2001 Manlio Flenghi, Il Teatro ‘Angelo Mariani’ di Sant’Agata Feltria. Comune di Sant’Agata Feltria, 2002 (AA.VV.), Natura & figura nella Provincia di Pesaro e Urbino. Provincia di Pesaro e Urbino, 2002 C. Battelli, Il Montefeltro e San Marino. Riccione, Maestri Editore, 2002 L. Bagli, Natura e paesaggio nella Valle del Conca. Milano, Silvana Editoriale, 2002 A. Brilli (par), Alla ricerca della Repubblica ideale. Bologna, Minerva Edizioni, 2002 P. G. Pasini, Museo di Saludecio e del Beato Amato. Provincia di Rimini, 2003 H. Marinelli, Pani e forni di Maiolo. Dalla tradizione alla rete. Recherche présentée à l’occasion de la VIIIe édition de la Fête du Pain, 28-29 juin 2003, sur le portail touristique du Montefeltro J. Ortalli, C. Ravara Montebelli, Rimini, lo scavo archeologico di palazzo Massani. Provincia di Rimini, 2004 R. Giannini e L. Liuzzi, Tonino Guerra. Poesie nel paesaggio. Rimini, Ramberti Edizioni, 2004 P. Von Eles (par), Verucchio, Museo Civico Archeologico. Provincia di Rimini, 2005 117


M. Biordi (par), Museo degli Sguardi, Raccolte Etnografiche di Rimini. Provincia di Rimini, 2005 T. Maffei, Museo della Linea dei Goti 1943-44. Provincia di Rimini, 2005 D. Grossi, O. Piraccini, C. Spadoni (par), Villafranceschi, Le collezioni permanenti della Galleria d’Arte Moderna e Contemporanea di Riccione. Cinisello Balsamo, Milano, Silvana Editoriale, 2005 S. Migani (par), Guida ai Musei Etnografici dell’Emilia-Romagna. Reggio Emilia, Diabasis, 2006 P. G. Pasini, Musei nella provincia di Rimini. Provincia di Rimini, 2007. Marco Renzi, La strage di Fragheto (7 aprile 1944). Nuove verità, reticenze, contraddizioni. Edizioni della Società di studi storici per il Montefeltro, 2007 (AA.VV.), Alta Valmarecchia Musei. Novafeltria, Comunità Montana Alta Valmarecchia, 2007 (AA.VV.), Una lunga storia e un delicato contesto. San Leo, Società di studi storici per il Montefeltro, 2007 (AA.VV.), MET. Museo degli usi e costumi della gente di Romagna. Provincia di Rimini, 2007 (AA.VV.), Museo Etnografico di Valliano. Montescudo. Provincia di Rimini, 2007 E. Tosi Brandi (par), Castelli e fortificazioni del riminese. Bologna, CLUEB, 2007 118


F. Lombardi, Lo sguardo storico sugli aspetti naturalistici. San Leo, Società di Studi storici per il Montefeltro, 2007 (AA.VV.), MUSAS - Museo Storico Archeologico di Santarcangelo. Provincia di Rimini, 2008 (AA.VV.), I fiori dei pigri. Rimini, Provincia di Rimini, 2008 A. M. Baratelli (par), I palazzi di Poggio Berni. Imola, Editrice La Mandragora, 2008 L. Liuzzi e U. Gorrieri, San Leo Città Fortezza. Rimini, Arti Grafiche Ramberti, 2008 T. di Carpegna Falconieri (par), Una terra in lontananza. San Leo, Società di Studi storici per il Montefeltro, 2008 R. Giannini e A. Guermandi, Le lucciole di Tonino. Pillole di bellezza. Provincia di Rimini, 2009 W. Piazza e C. Muscolino (par), La Rocca e il sigillo ritrovato… a Montefiore Conca. Santarcangelo di R., Maggioli Editore, 2009 R. Giannini, P. Angelini, F. Bronzetti (par), I progetti sospesi di Tonino Guerra. Provincia di Rimini, 2010 (AA.VV.), Val Marecchia Terra di mo(vi)menti speciali. Verucchio, Edizioni Lithos, 2010 F. Partisani, L’inaugurazione dello spazio espositivo dopo il lungo restauro. Il vescovo Negri: una grande occasione di recupero della tradizione cristiana. In Avvenire, 8 luglio 2010 D. Sacco, Museo Archeologico “Uguccione della Faggiola”. Pesaro, Walter Stafoggia Editore, 2010 119


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