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Travailleurs sociaux deformation, ilssont aussimusiciens, coméd iens, conteu rs... Comment trouvent-ils leuréquilibre entre cesdeuxunivers 7 Rencontres.

La SCene ffimw trdffimmæd&sa


e u t - o nê t r e é d u c a t e u rs P é - les cachetsavecdes fins de mois souvent moniteurPourGillesMenubarbe, cialisédurant la semaineet difficiles. il est emploi, sans actuellement éducateur, clown le week-end?Assistante socialeà mi-tempset mime à questionaujourd'huide choisirla scène,en tempspartiel?Exercerdeux rupturetotaleavecle travailsocial:.Tiauailler métiers,l'unen servicesocial, dans ce secteurm'a beaucoupplu, mais les Cela politiquessocialessont en train de changer I'autresurlesplanches? arrive.Nous avonsrencontréquelques-uns LesfinancessontreDuesà la baisse,lescondid e c e s t r a v a i l l e u r s s o c i a u x m u t a n t s . tions ne sontpas adaptéesaux demandes queje suis animateurs,assistants d'aujourd'hui.Du coup,maintenant Educateursspécialisés, je ne saispas siie uaiscontinuer de servicesocial,éducateursPJJ,directeurs au chômage, ils sont aussimusiciens, dans le métierou me lourner lotalementuers d'établissement... conteurs.Desparcours le théâtre,quim'intéressede plus en plus." comédiens, danseurs, i,n c l a s s a b l e sq,u i n e s i n g u l i e r s toujours dbxygènesalutaire propreau UnebouffÉe renvoientà aucundéterminisme la difficultédessituamajorité,c'est Pourla secteursocial.Avec plus ou moins de souquotidien, dans le traau rencontrées jonglent tions en et scène, social entre plesse, ils tentant,non sansmal,de trouverleur équi- vail social,qui les pousseà recherchersur boufféed'oxygène. scèneI'indispensable libre personnelet professionnel. que ça rime auec " porce thérapeutique, et C'est pratique artistique Pourquelques-uns, sontbien cloisonnés. légèreté,comme un Doyogequi fait tout exerciceprofessionnel Entreleursdeux univers,c'estle grandécart. oublier", expliqueVéroniqueBotton,éducaAucunlien entreune activitéprofessionnelle trice spécialiséeà l'aidesocialeà I'enfance, alimentaireet une passiondont ils regrettent auteur,conteuseet comédienne.Commeen Versun autre monde,aux antiqu'elle ne les fassepas vivre.AgnèsGuerrSl apesanteur. déléguéeà la tutelle,auraitainsiaimé être podes.. Quond on est comédien,on estdans musicienneà tempsplein.MaisI'intermit- la jouissancede soi,dansI'ego.Dansle social, à courir au contraire,onestdons la relationà I'autre", par définition,oblige tence,précaire A S HM a g a z i n e. M a i i J u i n2 0 0 8


Ci-contre: ClaudySarrouy,assistantesociale. Ci-dessous: MarielleRémy,éducatricepJJ.

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unique qui se joueraittous ensemble,.dans un rapport égalitaire". Parmi eux, Fabienne Brugel,assistante socialede formationqui, avecla techniquedu théâtre-forum, mêle à tempsplein militantismesocialet démarche artistique.Art ? Art-thérapie? Travailsocial? . Politique', répond l' ex-travailleuse sociale q u i a m o n t é s a p r o p r e c o m p a g n i e .U n dépassement qui lui convient,qui répond mieux à ce qui I'avaitmenéeau départ à devenirassistante sociale.Sautpérilleux? Pas forcément.Figurelibre,trèscertainement. Jusqu'oùfinalementpeut-onconcilierle social et la scène,la rechercheartistiqueet I'accompagnement ou la relationd'aide? Deuxconceptionss'affrontent." Onpeutêtre trauailleursocial et comédienamoteur,ausens noble du terme,mais pas artisteprofessionnel,pour qui le théAtreest une urgenceuitale", répondDanielleMarty(*),elle-mêmecomédienne,auteur et formatricede travailleurs sociaux.PourMarielleRémyéducatricePJJ sociaux..L'objectifd'un trauailleursocial est maisaussiconteuseet actrice,c'est la média- d'accompagner,uoire de réintégrerdans la tion culturelle qu'il faudraity enseigner. Pour société,des gens en marge.La fonction de trouverun terrainde rencontre,de plaisir, I'ort, c'est exactementle controire.C'est de avecles usagers,pourdonner à chacun les bousculerla société.Les artistesamènentle désordre.A uouloir allier les r t b b tf. y A eUEteUES JOURS,J'At Dû EFFECTUER deux togiques,on se trouue UN RETRAITD'ENFANTS.J'Al REPENSÉ uite prisdansune contradicÀ n ftÈCf, OIIUS tAoUEttE UNEMÊMESITUATION rrbn", explique-t-elle.Faut-il sEJOUATLEI cEtA MA alorschoisirentreI'inrervenPERMISDEDÉSAMORCER UN TROP-PIEIN b'ÉmOnoru, tion socialeet lesfeux de la DEME'fiETTRE EN POSITION". ?? rampe?"ll estposible d'être MlcHELPRlNA,tNsprcrcunÀtAtorsocnLrÀ[rrurarucr. pleinement trauailleursocial ANCIEN DELATROUpE OUCnnnÉ OnS el octeur,même si celo supmoyensde mettre en mots un récit person- posede trauaillerbeaucoup,rétorqueJacques nel,et ouvrir des échanges.Pendantque le Miquel,fondateurduThéâtre dufrl.Lesdeux travailleursocial se |eraiT- éduc'acteur", un métierssontde militance,I'unortistique,l'autre éducateurqui ufait avec), qui lui aussijoue, social.C'estune erreurde penserque le rôle "s'impliguesocialement". du trouailleur social est de uéhiculer des participe,s'expose,

ajouteClaudySarrouyassistante socialeà la ville et Mme Olivesur scène.Et si elle dit ne voir aucun lien direct entre ses deux pratiques,son personnage,lui,se trouveégalement être assistantesociale.. Cetteexoérience m'a permis d'auoir un regard encore plus distanciésur le métier., concède-t-elle. Chezd'autres,de véritablespasserelles existententrele socialet la scène,un métier nourritI'autre...MichelPrina,inspecteurà l'aidesocialeà I'enfance, estvenuau théâtre pour fairecomprendrelesmétiersdu social à un largepublic.A la tête de la troupe du Carréd'AS,constituée de travailleurs sociaux, il a monté en 1991Le Journalperdud'une assistantesociale.Le spectaclea tourné durantcinq ans danstoute la France.Si la troupea fini pars'éteindre, non sansêtrepasséeau Bataclanet au Cirqued'Hiver,Michel Prinajuge avecle recul que l'expériencea modifié sa façon de travailler." Il y a quelques jours,j'ai dû effectuerun retraitd'enfants.J'ai C'estcet investissement socialà traversla le travailleursocial touchent tous deux repenséà la pièce,dans loquelle une même scèneque quelques-uns tententjustement à l'intime,le premiera besoinde la pleine situationsejouoit,et celam'a permisde désa- demettreenpratique.Parfoisaupointdequitlumière là où le second a vocation à morcerun trop-pleind'émotion,deme"mettre terleurmétierafinde mieuxfusionner préoc- demeurerdans l'ombre de la coulisse.A en position".' Le théâtre,estime-t-il, devrait cupationsartistiques et engagement social chacunson rôIe...I d'ailleursêtre tout sipplement obligatoire dans un équilibre précaire,pour créer e prochain spectacle:LeBaiser quisejouera delaTèrre, 6*;1 .un danslescentresde formationdestravailleurs synthèseharmonieuse,une nouvellepièce ài maatrn duturÈNeuf deToulouse ennoDembre 2008.

Allierartetmititantisme sociat

. Mai/Juin2008 ASHMagazine

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((Lethéâtre-forum : 'l unoutilthérapeutique Brugetet n 1982,teurdiptômedAS en poche,Fabienne quatrede ses condisciples sont recrutésen potyvatence de secteur,à Troyes,avecune idéeen tête,<travatller Poureux,cetapassepar l'ouverturedu sociatà autrementrr. s'occupera du mitieude [a d'autressecteurs.Fabienne du spectactepour cutture.Etteconsuttedes professionnets monter un premierprojetavecdes ouvrièresd'unebonneterie imptantéedansta vitl.e.C'estalorsqu'ettetombesur [e Théâtrede t'0pprimédAugustoBoat,à Paris.<Monsangn'a faitqu'un tour,je me suisdit quec'étaitce queje voulaisfaire!> Brugety entameuneformationà titre personnelet Fabienne découvre[e < théâtre-forum]>i une équipeartistiqueréunit parfoisen grande autourd'unthèmeun groupede citoyens, difficutté,qui retatent[eurspropreshistoires,donts'inspirera ensuite[e textede ta piècequ'iLsinterpréteront. Unerecetteque Fabienne,exerçant désormaisà [a Mutuatitésociate agricole,apptique rapidementpourcréer un spectacteavec quetquesjeunes.<<Mon employeurétaitréticent, j'y ai donc passémes week-ends.Mais,unjour, la télé estvenue,il a changéd'avis,et j'aipu me spécialiserdans ce théâtre-forum.>t En 1980,retour au Théâtrede t'Opprimé, cettefois dans[e cadre FabienneBrugeldans Leslnvisibles,crêê d'unemisEiond'obseren 2oo?avecune trentained'habitants vationque tui confieson villes. de plusieurs directeur.Sonrapport pourIe travail poseta questiondu théâtre-forumcomme<<outil socialr>. Etledécouvresurtoutqu'etleveuts'y investirdavantage. à mi-temps,etledevienten 1991directrice D'abordcomédienne, du centredu Théâtrede llOpprimé.<Jbi adoréjusqu'auboutIe servicesociat.C'estutite,et efficace.Maisle théâtre-forum mieuxà ma manièred'êtreau monde:c'estdu potitique. correspond DansIe travail social,le but estd'insérer,d'adapterlesgens,pour qu'ils ne souffrentpastrop. Dansle théâtre-forum,le but estde mettreen situationdescitoyensvalontairespour transfarmerIa société,plutôtque les gens.Ainsi,ilsse transformenteux-mêmds, mêmesi ce n'étaitpasIe but. Le théâtre-forumestun outil théra' peutique,maissansle savoir Dbilleurs,j'ai l'impressionde m'y soigneraussi.CarIe rapportse veutégalitaire:on se rnouille,on s'investitau mêmetitre que {esautres.r En 1997, FabienneBruget, N.A.J.E.: Nous sa proprecompagnie, montefinatement Un projetqui aujourd'hui, JamaisllEspoir. nAbandonnerons à 47 ans,foccupeencoreà tempsptein.ii

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Profession éduc'actric

PJJ, comédienne, MarielleRémy Educatrice conteuse, art et insertio a toujoursfait en sortedeconjuguer intermittente du spectacle à temps Aujourd'hui plein,cetteamoureuse desmotsn'encontinuepas sociale. moinsd'animer desprojetsà vocation e p u i ss o n a d o l e s c e n c e . M a r i e l l eR é m y é t r i t des histoires.- Atet ntort seul omour des mots.je serois deuen ue pruf de lt'tlres.ma is j'ouois aussi une curiositc pour le monde de lo marge. Ma grctnd-mère surt o ut, q u i oL)oit la molodie d' Alzheimer,m' ct ouuert Lesyeux sur I'uniuers de lctdémence.. Elle entreprendalors des étudesde psychologieet suit parallèlementdes cours de théâtre au Conservatoire.Sans donner suite.Quand Marielle abandonne la fac,ses parents s'inquiètent.Quand elle arrête la scène,son professeurde 1

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théâtre

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ce désecnÀre

La jeune femme quitte alors Ia Lorraine pour Dijon, et passe Ie concours d'éducatrice PJJ(protection judiciaire de la jeunesse),. parce (lue la formolion ëtoit remunërëa -. Avec une idée bien préctseen tête :conjuguer art et insertion. Elle obtient rapidement des dérogationspour suivre les " Je options qui l'intéressent. prenois des cours pour unimer des ateliers d'écriture quctnd les autres partaient au ski par exemple. Je pensais qu'il y auoit une locune chez le public ou

niueau du longage,de la culture, de l0 construction du récit, ct quc c ét0it là qu'il folktit interuenir.Celui qui est capoble de construire une phrctse peut construire sa uie. "

Entournéeavec un r<théâtre-PJJrr

Stagiaire,Marielle Rémy travaille en prison à Strasbourg auprès de mineurs.Elle y monte des ateliersd'écriture.A 22 ans, elle obtient une nouvelle dérogation pour suivre un stage long en [e-de-France,ausern d'une structureoriginale de la P J J: l e T h e a t r ed u F i l .C o u p d e foudre." C est une compoqnieécole qui accueiLleune trentaine de jeunes,dont la moitié est suiuie por la PJJ,et les forme au mé tier de comédie n-onimate ur L'équipe est composée à moitié d'intermittents du spectacle,et d"'éduc' acteurs" de lo PJJ. L"' éduc'acteur" est enseignont de théâtre,comédie n, ctnimoteu\ metteur en scène...ll est dons "làire auec' , ['agir; dans le le"uiure auec".Cen'estpas seulement une école de théatre, mais une uraie etole tle uie. Nctusétions tctuslctgéssur plctce,lo uraie uie de lct troupe ouec les tournées partout en

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Marielle Rémydans Récits de lits et Récits de bain, l e s d e u x p r e m i e r sv o l e t s d ' u n e trilogie théâtrale sur le couple.

muStctenne

((Avecle spectacle, je retrouvède la légèretél

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Europe ! C'etait une mctqnifique Iuenture / " se souvient avec p l a i s i r i' n l t a t i g u l ' l ee ,l r r ea c trice ,. " Puis,[t kt ttctissanc.e cle t t t t ) t lt i l s . jo i , , ' u , t t rt r -t l r - t i ' ta t t t t eu cottte et èt l éo'iture, bref de retrouDer ntctn urtiuers." Après fruit ans au Théâtre du Fil.\{arielle RérnyjeLrne narnan. crée donc sa proprc cornpa{nie.I Iors-C:rclre. avcc quclcluesstagiairesclr-rFil.Sur se-scorrqés.ellc part :rvecla troupc collter dans les rues.Elle entenclparler dc la N4aisondu conte cle Chcr,'illy-Larue(Vai<leMarne),sc préserrteaux joLrtes

Festivalcl'Avignon. Récitsde ôrrrnvicnt cl'êtrecréé (*).Et Récitstle ktble doil suivre.. C es1 une tribqie cle I'irttirne.des brins cle uie rrtisbout tr Ltout.Tiouoer kr poésie clu quoticlterL,c'est ce qut rn'intéresse.Rtur lo suite, j'ai ertL;k:d'une triktgie plus sor:ictlr:.. confie la comédienne clont lc besoin dc transnteule s ex|,tilIte I , l r tt l r s [ U t t r r ; r l i o n s sur lc conte et lcs récitsde vic. " Pctur nrti, bLtt doit posser par k t ntéd ittl ictrr ct.rItureIle. C'r:st ktujours c:etfeicléed'uller c:ltercher lespetits riertsde tout un cl'tctttttt.demiN: en ntots,pour

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orirtoires." pour ln prentière lctis slult'surs.èttp . Ellettrrirr* l i n a l i s t eP. u i se l l e é c r i t e t m o n t c son prernierspectaclecle contc, ,'lsslserzubrtrd de sor, une suitc de " portreits cle fentrrtes ébrér'ltees. clui tourne dans les lestivals, ies théâtres.les ltrisons, les bars.Tflrjoursà la P.i.l. elle clevicntïorrnatriceltour lcs eclucateurset tente clc mettre l ' a c c e n ts u r l a r n é d i a t i o n culturelle.\lais c:ettedouble vie ïinit lrai prendre troprde tcntps. E I l es e n r e te n d i s p o n i b i l i t é pour devenir intennittente.

<On a tous un conteuren nous)t NoLrvcaucoulr de îoudrc. I X ) u rL i nc o m é d i c n r l : r n s e u r cette fois.averr: quiclle Lnontc runetriioqic tltéâtralc.Râ r/sr1e 1r1sqLritraite cle la vie cle c:oLrplc. tortrne clcpLri:xluatre iins.a\rec:c1éjàtrois passaqes.nl A S HM a g a z i n e. M a i / J u i n2 0 0 8

p ( ' i l | t r ' l l r ( ' i r l O u l r c 't L s e p O S t tùtnne4d'entendre ou il est,rle se

rértppropru:rlesmots.On o tctus t t l t r r t 1 1 1 r - 1, '1111l l u l l s . l l s d q i t

d'aicler à rctrouuer le plotsir de dire,cle reclortner le g.ttt dr: lct ler.tttre.Le luclitltteest ausstune nrrtnière pour le houailleur sctcittl clr:pctuuotr rencontrer les autres ou[renenI que trrtntolenLent.cle rlt;r'ttlt'tltt ttl,tli,tn stttl, lt,traitt rlt t 1.t1, t isit: Pr'tsotrr1pIl,',,,,',,,..1. rt'enL:isogenutrr trctucrilque por ce ltfuis-ltt. C'est r.leI'rn'dre de l' ëuirIr:rt ce.. Akrrs,N,,lari cI,., torrjoursinternrittentc,monte r-rnlrrojct théâtral avet: cles prostitrrés.et bicntôt al'ec des nralaclesd'Alzheimer:A ll7 ans. c l l e ; re l r r ' r r lr,rl .u s d r t n or i * dcvant soi ,. / ' ) R é c i t sc l e l t a i r rs c , T o r t r z t . l t , . , , , t) , , , t i l l t, , , t t l ; r t i t , , l | \ , t t , , . , ' , . ir lrt l:lttrtulotltrrt'. Lr: k'.tk: t,sl ltrtltlié uur l:tlitiorts Lcs C.t'grtt:s. P l t t st l i r t h t ss t r t t r : t r , u : . i c i r n r : n p . h

oët 1995.Le groupede musiqueoccitaneLa Sautarela vientanimerLafêtede fin d'annéedu foyerpouraduttes ,:: "i|, handicapés dansLequeL AgnèsGuerryestéducatrice spéciatisée. Lesmusiciens cherchentuneviotoniste pour comptéterleur orchestre.Coïncidence : e[[eest diptôméedu Conservatoire en vioton.La Niçoisese remetà [a musiquesans difficutté. Ettea toujoursjouédu classique, maisdécouvre avec ptaisirlesairstraditionneLs, qu'etteinterprèteatorsduranttrois ans tout en poursuivantson activitéprofessionnette. Pourvivre pteinement sa passion, AgnèsGuerryfinit par prendreun congé sans sotde.< Mais les tempsdevenantplus difficiles,et Ie statut je suisrevenueau d'intermittentdeplus enplus dur à conseryer, travailsocial,commedéléguéeà la tutelle.Pendanttrois ansà tempsplein,et aujourd'hui à mi-temps.>r[autre mi-tempsest consacréà unetroupe,te FootsbarnTheatre,dontel.teest ta musicienne ettejoueausside t'accordéon loutre[evioLon, et de [a cornemusebourbonnaisel. Agnèsprendsesvacances durant lestournéesqui ['emmènent danstoutet'Europe. < Pourmoi, le mondedu travail socialet celuidu spectac{e sont totalementdifférents,voireopposés,surtoutquandon travailleà la tutelle: d'un côtéIa misère,la violence,de I'autreIajoie, ta fête. lI ne fautpasse leurrer, certainspostesdansIe travail social sont très durs.Pourmoi,c'estalimentaire.AvecIe spectacle, je retrouvede Ia légèreté,quelquechosede (ordre de l'épanouissement de soi.DansI'idéal,je ne voudraisfairequede Ia musique.> Aprèsavoirété pendanttrois anssecrétairede ta Fédération desmusiqueset dansestraditionnel.l.es de [a régionProvence-Atpes-Côte dAzur, qui regroupeptusde jouéjusqu'enPatestine 130 associations, avec[e groupe PasseMontagne, et aux Etats-Unis pour[a tournéedu disque Musiquede fêtes,Musiques de danses, à 40 ans,maLgré quetquesdifficuttés à trouverun équil.ibre financier, AgnèsGuerryenvisagede nouveauxprojetsartistiques. NotammentavecLe Loupqui danse,compagnie qu'ettea montéeen 1999,avecsonconjoint.Polka,ronde,valse, mazurka... Bats,stages,tournéesen routotte,spectactes pour enfants... < Came permetde voyagerdansIe monde, de rencontrerde nouvellestêtes,de sortir de Ia routine,ca sertà ca aussi,lamusique! > AgnèsGuerryà f'accordéon dansL'Homme qui rît, adaptédeVictorHugoparle Footsbarn Theatre.


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a Rester curieux, critiqueet créatifl :!::.;tn 2002,te réaLisateur MamaKeitachoisitGeorges 'tl;:,'*r 141i1.6*"rpour interpréterun tueur psychopathe sadiquedansson longmétrage ,ii:-, particutièrement Dans[a vie,l'hommeest bienptuspacifique: Le Fleuve. it est famitial', de formation,thérapeute éducateurspéciatisé d'unestructureASE en Seine-5aint-Denis responsable pourlesfamiltes dejour de soutienà ta parentatité, d'accueil. d'enfantsde 2 à 6 ans.Aprèsavoircommencéte théâtreà passeunedizaine 15 ansdanstesMJC,tejeuneGeorges d'annéesentre [e travaitsocialet les ptanches: au théâtrede avecunetrouped'unecinquantaine écotede Montreuit<< >>, libre à en auditeur théâtre de fous ieunestravaiLleurs [0uvroir dAntoineVitez,ou encore au Théâtredu Quaide [a gare,qu'it instattedansdesentrePôts Pour jouer MobyDick.< J'étaisacteur, régisseur...Çame plaisaitau début, puis j'aicomprisquei'étais I'hommeà tout faire,à l'écartdu grouPedes penseurs. Je me suisdoncéloigné' J'avaisun choixà faire.Jusquelàie n'avaisjamaisétérémunéréParle théâtre,ie ionglaisen Permanence entre mesdeuxactivités,je tiraisIe diablepar la queue.Soitie continuaisen entrantdans une logiqued'i nterm ittence, soitje me diplômais dansle social.> En 1988,Georges Kritchmarterminemajorde sa promotiond'éducateurs Depuis,danssa spéciaLisés. pratiqueprofessionnette, fidèteà sa devise- (rester curieux,critiqueet créatif>>-,il ne cessede réftéchir< au bon Ë usagedu théâtre>. < J'aiPartiPhotosde tournagede cipéà desthéâtreslorums[*J, qui entend spécialisé l'éducateur qui permettentde faireiouer s resterI'acteurde sa vie ,, par de jeunesadulteset de mettreen débat desproblématiquesde société'J'ai égalementutiIisétejeu avecdes 18-25anspour travaillersur la revalorisationet i'ai créé I'estimede soi.Et,avec les travailleurssociauxeux-mêmes, comme thématiques, pour introduirecertaines et jouédessaynètes de I'enfant"'>Cequi ne ['empêchepas les besoins Ia dépression, desamisdesannées de continuerà répondreauxsotticitations théâtrequi montentdespièces,réatisentdesfitms,tournent courtsmétragesà co-écrire, pour[a téLévision. Ouetques entend<<rester quetques secondsrôLesà jouer.A 51 ans,Georges l'acteurde sa vieet incarnersonultimerôle, celuidepasseur,en jetantdes pontsentreleieu, l'écriture,et I'humain>. (")Votr aussile portroitde fhbienneBrugel.

comédienne

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, m eOliv el es oi rs url es lejour M sociale Assistante Sar r ouy . planches, viedeCl audy telleestladouble M m eOl i v eex er c e ?Pastantqueça,puisque Double le. Ouquand le nte socia d'assista la profession... mutuel l em ent. senour r issent métieret la passion u départ.Mrne Olive ressemblaitaux D e s ,l r i c n s|.\ I a lfl r q o l c . l e personnageseul sur scène avalt déjà le verbe haut.de la g,,traillV e .a i s 1 ' ; 1d5c l n é l i c i ' M m e ( ) l i v ea v a i lb i e n e s s a l n d'en faire une u fée du loqis ,, une téléconseillèremultiservices,une rêveusecle prince c h a r m a n t . . .P t t i sc, o m m e u t l e elle est devettue évidcr-rce. assistantede servicesocial. C o m m " ( l a u d 1S a r r t - , u r . q t t i s c cache sous le costume rose bonbon et le chignon choucrouté ! Claudy Sarroul'951 cornédienne le soir,assistante sociale le jour.Depuis trente aus.l'agent départementalclu Virl-de-N{arnefait le clown. " A lo fin des années I970, parullèlernent à rrn forrnatiorr t l ' , r s s i s l t t r st l,et ' i o l , . . jt t i s u i o iu t t trouctil tlrr'-citrulsur le burlesque ", raconte Claudy Sarrouy,57ans et une éttergieclc garnine.'./'ol t:u un enlattt, ntort rrtari étctit encnre étudicutt,je ne Prtuuois pes k)uner sLu'lesroutes de Fttttte , t ' t l l ) P l l n t t l t P I l tt . . l t l i

cltc.tisile trcturtilsocinl. "

poLlrtant.la lcune Rapidernent. fille d'ouvrrers Avevronnaisc, des caves de Roquctort, tnonte avec une amie un spectaclesttr la rnaten-rité.yprend goût, et crée dar-rsla foulée. seulc cette fois,six one-wontan-sftows. ' Cr'tl(tittps annëô..iPprtss,tÀri n tte mps,porftiisj e d ernondais des nises en disportibilité. J'en ctucrisbesoin.Jouer.r''estournt l o u l u n t ' ^ t t l t ) i tp1o n l t t t u i . J'ourois cctuLésonsço. .Jett'(tuloispus I.tuttr'ëpant'uit en exerçctntseulement dcttts le scu-.ial."

2oo représentations endeuxans

Mrne Oliue,assistant En 1!199, sociale l'oit le jour: Un metteur en scènc I'y aide,une chatlteus l u i d , l r n r .l 1 r ' . 1 , l i q r r' e. /.t r i i rtu,'sli l Eslrtt't' Jcmn tttp,esi t Paris pour huit dlkts, e[, s..tns pub, çcta nutrclté., sc sollvicnt t l a t r t l 5S a r r ' , ) u \ : eol tl e ( ra\ic. " Pendant les deux onnées j'ai repris le spectQ(:l suiucntes, un peLtperk)Ltt,pltLscle / r ) t) l e i 5 . C u l É s a i l "l .a t e f i i ' sentationa beau être destinée

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H il Lascène,uneformed'* exutoire, t:J Ë , 1 pour CIaudySarrouy, qui

VéroniqueBotton alterneentre l'universdu conte(à droite) et celuidu théâtre (ci-dessous dansunede sescréations. Ecrinde voyages).

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a v o u eq u ' e l l en ' a u r a ipt a sp u " s'épanouiren exerçant seulementdansIe social".

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rtSortirdu silence ceux quisontdanslbmbrel ., ., sansmonterun spectacLe. > Devenueéducatrice :;,' . sO6.1.1isée dansun foyerde L'enfance, Véronique Botton racontequotidiennement deshistoiresdanslesdortoirs. Et ne peuts'empêcher de monterdespièces.< Je me sauviendraitoujoursd'ungamintimide,qui pensaitne jamais pouvoirmontersur scèneet qui L'afait, tranquillement. 0u d,un autre trèsperturbéet perturbateur,grandipar Iajoie d'être sur les plancheset de dire sonfextesansse tromper>>Véroniquedécide d'utiliserte théâtrecommeoutiLpédagogique, comme < guérisseurde maLtx>t.<<Caron n'est passeulsur scène,il faut tenir comptede I'autre: on développeIa capacitéd'écaute, Ia capacitédese faire entendre, la mémoire; on ose,onse libère. > Enfoyer,el.tefaitappetau Théâtredu Fit (1I , pourcréerune pièceavecdesadolescents. EnétabLissement médicopédagogique, elteinstaureun <<ritue[de contes> avecdes enfantshandicapés mentaux,avantde lesfaireiouerune courtepièceavecsonmari musicien . < Malgrélâ quotidien pas toujoursfaciLe à gérer>, Véroniquecontinue,partoutoir eLte passe.Pendantque,pourson ptaisir,etlesuit descoursde théâtre,desstagesde ctown,de marionnettes, Litsespoèmes, et se retrouvedemi-finatiste au Grandprix de ta Maisondu contede CheviLty-Larue [VaL-de-Marne]. Depuishuitans, Véronique BottontravailtepourL'aide sociateà l'enfance, < dansdesbureaux>. ELteest < surbookée r>,maiscontinue,à 49 ans,à suivredescoursde théâtre,à organiserdesscènes ouvertes,et à fairetourner ses créations,commeEcrinrle voyages je n'auraisjamaistenu.C'estsalu{2l,.< SansIe théâtre, tairequandon travailleavecla douleur,la violence...C'estune bouéede sauvetage,uneaération,de ta tégèreté.eui montrequ.iL estpossibled'existeren tantque soi.Maisle théâtrea aussiune autre fonction,cellede dénoncer,d'informer,de sortirdu silence ceuxquisontdansI'ombreet Ia souffrance. > C'estce travail engagéqui [a tente maintenant.< J'aimeraisécrireet mettre en scènelestémoignagesqueje reçoisdansmon travail, tout en continuantà travaillersur lescontesDourmon plaisirpersonne/.. > ( | ) \,'oir rLussi le portntit rlt: ll,larir:lle Rérnt. ( J ) La pia.rc se jarp ?n app( trk,n(,\1t, sLtr( orrln(lnde, el dens (les t)elites s.llles. h tfos su r ruLr:t t:.I h ecttrc d u d aniler: fi.


côté social côté scène