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P R I N T E MP S 2 0 1 8

n o 105

Marqueyssac TOUTE LA

NOUVELLE-AQUITAINE EN REVUE

Parc floral de Bordeaux

De Bayonne à Saint-Jean-de-Luz Mongenan

&:HIMSKG=]VZUU]:

R 28068 - 105 - F : 15 €

N ° 1 05

PRINT EMPS 2018

Gaujacq

Jardins extraordinaires


La fantaisie pré-romantique des jardins du château de Mongenan. © Michel Dubau

LES JARDINS DE LA VIE par XAVIER ROSAN

En couverture : Les jardins suspendus de Marqueyssac, en Dordogne. © Jean-François Trémège

le festin bénéficie du soutien du CONSEIL RÉGIONAL NOUVELLE-AQUITAINE,

de la DIRECTION RÉGIONALE DES AFFAIRES CULTURELLES NOUVELLE-AQUITAINE,

et du CONSEIL DÉPARTEMENTAL DES LANDES, du CONSEIL DÉPARTEMENTAL DES PYRÉNÉES-ATLANTIQUES, du CONSEIL DÉPARTEMENTAL DE LOT-ET-GARONNE, de la VILLE DE BORDEAUX, et du CONSEIL DÉPARTEMENTAL DE LA DORDOGNE.

Inclus avec ce numéro pour tous les abonnés livrés par courrier :  une affiche 40 x 60 cm de la couverture, la Lettre des abonnés, une gravure à tirage limité et le programme de l’association Tout Art Faire.

ÉDITO # 105 PRINTEMPS 2018

Avant d’être extraordinaire, le jardin a été familier. Pièce de terrain attenante à la maison, à la campagne ou en ville, il assura longtemps, dans nos sociétés « occidentales », une part essentielle de l’alimentation familiale. Depuis quelques années, jardins ouvriers ou familiaux (apparus à la fin du xixe siècle dans leur version collectiviste et organisée) redeviennent au goût du jour, sous l’impulsion, souvent, des municipalités. On parle de jardins communautaires, de jardins partagés ou associatifs. De l’ombre, du fait de la petite économie qu’ils organisaient (puisque non déclarée), ces lopins individuels sont passés à la lumière, au nom du nouvel art de vivre les villes et du care. Mais dans sa conception de nos jours la plus habituelle, le jardin est d’agrément – y compris, d’ailleurs, lorsqu’il est potager : le jardinage, jadis labeur, relève désormais essentiellement du loisir. Il est souvent public, entretenu par les services communaux et d’accès gratuit. La plupart du temps fermé la nuit par des grilles pour éviter les trafics nocturnes en tout genre (« pour saluer la Lune1 » ?) et les actes de vandalisme (car on y trouve des espèces rares, notamment dans les jardins botaniques, et même des animaux dans les « jardins d’acclimatation » – ceux-là même, comme le Jardin des Plantes à Paris où, jusque dans les années 1930, on pouvait voir des « zoos humains »), il est sans contraintes : on parle alors de promenade (Le Gravier, à Agen), de quais jardinés (Bordeaux), de mail (La Rochelle). Et puis, le jardin peut être de prestige, miroir vert des châteaux et demeures dites nobles, il apparaît souvent comme le reflet de l’ego de son propriétaire visionnaire, ici Versailles, là Arnaga. Enchanteur, mais longtemps réservé à la jouissance de privilégiés, il accueille de plus en plus des visiteurs, payants généralement, afin d’en assurer le coûteux entretien. À la française (ordonné), à l’anglaise (« mélodieux », il « se dodeline », comme l’a dépeint Paul Valéry), suspendu (babylonien) ou japonais (« simulacre du néant » pour Roger Caillois), le jardin, quels que soient son usage, sa composition, sa taille, s’impose souvent comme un refuge, avec un puissant sentiment d’appropriation de la part de celle ou celui qui le pratique, l’espace d’un instant (de lecture, de jeux pour les enfants – le kindergarten allemand) ou le temps d’une vie. Fragile, éphémère par définition, puisqu’il nécessite d’être constamment entretenu, il embaume les esprits, imprègne les intelligences, se conserve à l’état mental comme le jardin secret qu’il est avant tout. Ainsi est-il, avec ou sans « canards qui parlent anglais » (Charles Trenet), en tout temps et en tout lieu, extraordinaire. • XAVIER ROSAN 1. Charles Trenet, Le jardin extraordinaire

Avec ce numéro, les abonnés reçoivent cette superbe reproduction d’une affiche de collection en tirage limité. le festin { PRINTEMPS 2018 } 1

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SOMMAIRE # 105 PRINTEMPS 2018

104 84 38 \ FEUILLETAGE

\\ ÉCHAPPÉES 38 MARQUEYSSAC

ENTRE CIEL ET RIVIÈRE

TEMPS FORTS

6

CARTE D’IDENTITÉ

8

EXPOSITIONS

46

10

ŒUVRES EN STOCK

12

SCÈNES

14

ÉCRAN TOTAL

16

LIVRES

18

QUESTIONNAIRE E

21

LES CARNETS DE L’INVENTAIRE

22

PROTECTIONS

TRIZAY, DIALOGUE ENTRE LES SIÈCLES

par Benoît Manauté Béarn 92

par Charlotte de Charette Charente-Maritime 52

JARDINS REMARQUÉS ET REMARQUABLES

58

24

L’EXPLORATEUR MÉTROPOLITAIN

98

26

ARCHITECTURES

28

TÊTES À TÊTES

LE CHARME CERTAIN DU PARC FLORAL par Stéphanie Pichon Gironde

30

L’UNIVERS DU FESTIN

32

L’INVITÉ

64

PAUL-JOVET LE JARDIN SUR LA FALAISE par Laurianne de Casanove Pays basque

Michel Desvigne 68

32

LE JARDIN SUSPENDU DE BAYONNE par Serge Airoldi Pays basque

L’HOMME AUX IRRÉSISTIBLES IRIS par Émilie Dubrul Lot-et-Garonne

60

LA QUINTINIE, DE CHABANAIS À VERSAILLES par Serge Sanchez Charente / Versailles

par Philippe Prévôt Nouvelle-Aquitaine

Gilles Clément

© Jean-François Trémège / © Xavier Rosan / © Hervé Lenain / © Xavier Rosan

« CAPITALE DES JARDINS »

par Hervé Brunaux Dordogne

4

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84 PAU,

MONGENAN, OÙ LA NATURE EST UN TEMPLE par Marie Deshayes Gironde

102

LES JARDINS DE LA CAISSE TOUJOURS ÉPARGNÉS par Serge Airoldi Landes

104 JARDINS ANARCHIQUES

ET FANTAISIE POPULAIRE par Bruno Montpied Nouvelle-Aquitaine

\\\ DÉTOURS 110 PROPOS COMME ÇA

72

LES JARDINS DE BEAUCHAMP, LA FOLIE DOUCE DES JAY par Ariane Puccini (Youpress) Lot-et-Garonne

par Jean-Marie Planes

112 DANS L’ATELIER Jean-Paul Gourdon

116 SECRETS DE CUISINE 78

PLANTARIUM DE GAUJACQ LE CHANT SECRET DES PLANTES par Serge Airoldi Landes

120 BULLES DE SALON 123 HUMOUR 124 GRAPHISME 126 COUP D’ŒIL D’ABONNÉS

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TEMPS FORTS

LIMOGES

/ Feuilletage

PORCELAINE CLASSÉE N’est plus porcelaine de Limoges tout produit qui veut. Clôturant dix années de combat, l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) a accordé en décembre 2017 l’Indication géographique protégée au secteur emblématique de Limoges et de la Haute-Vienne, en faisant le premier label reconnu en NouvelleAquitaine. Dorénavant, seules les créations de porcelaine entièrement fabriquées dans le département (pâte, moulage, cuisson et décoration) pourront recevoir l’estampille tant désirée. Au-delà de la protection d’une tradition artistique et d’un savoir-faire patrimonial employant plus de 1 000 artisans, ce classement intervient au même moment que la labellisation « ville créative de l’Unesco » dans le domaine de l’artisanat et des arts populaires accordé à Limoges en novembre 2017. En devenant la quatrième ville française à intégrer le réseau (après Lyon, Saint-Étienne et Enghien-les-Bains), Limoges, également labellisée Ville d’Art et d’Histoire depuis 2008, renforce son rayonnement touristique et culturel à travers des actions de valorisation de son patrimoine de l’art du feu. Chassez l’idée d’une porcelaine poussiéreuse enfouie dans les armoires des aïeuls et que l’on ne sort que les dimanches de fête : produit du quotidien devenu objet d’art, la céramique contemporaine est également à l’honneur au musée national Adrien Dubouché. Forte d’une collaboration de 150 ans entre le musée et l’École nationale supérieure d’Art de Limoges (ENSA), le musée présente la nouvelle édition de « Al2SiO5 / 45°51’00”N- 1°15’00”E / 16-17 », son exposition consacrée aux artistes du post-diplôme Kaolin, un programme de recherche en céramique contemporaine mis en place depuis 2011 par l’ENSA. Derrière ce code mystérieux renvoyant à la formule chimique de la céramique et aux coordonnées géographiques de Limoges, ce sont trois artistes de la promotion 2016-2017 (Amandine Maillot, Florian de La Salle et Réjean Peytavin), accompagnés de François Bauchet, designer, et Guy Meynard, enseignant en design à l’ENSA, qui présentent les fruits d’un an de travail entre Limoges et Jingdezhen, en Chine, deux capitales mondiales de la porcelaine, deux approches de cet art du feu entre artisanat et industrie. Un matériau millénaire qui continue donc de fasciner. • CD

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© Réjean Peytavin

Réjean Peytavin, (Re)production, porcelaine, Jingdezhen, 2016-2017.

« Al2SiO5 / 45°51’00”N-1°15’00”E / 16-17 » Jusqu’au 23 avril 2018 Musée national Adrien Dubouché Cité de la céramique 8 bis, place Winston-Churchill Limoges musee-adriendubouche.fr T. 05 55 33 08 50

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Feuilletage /

PESSAC

CASTORS SEPTUAGÉNAIRES Du 19 au 21 mai À l’occasion des 70 ans de la Cité des 37, avenue Pierre-Cérésole Castors de Pessac, l’association éponyme Pessac cites-castors.com propose de raviver la mémoire d’une T. 09 54 73 44 83 expérience collective hors du commun en organisant leur première « Rencontre nationale des Cités Castor de France » à Pessac. Projections, expositions, conférences, visites guidées… de nombreuses activités sont proposées aux intéressés désirant (re)découvrir les origines et l’actualité de ce mouvement d’autoconstruction initié dans la région dans les années 1950.

SALIES-DE-BÉARN

© Archives de l’Association culturelle des Castors de Pessac / D. R. / © Miguel Chevalier, Base sous-marine, Bordeaux / © Archives départementales de la Dordogne

Le musée ne manque plus de sel Le musée du sel et des traditions béarnaises s’attache à montrer comment s’est organisée l’exploitation locale du sel depuis la Préhistoire jusqu’à l’apogée du thermalisme au xixe siècle. Souffrant d’une présentation un peu datée, le musée décide, Musée du sel et des traditions béarnaises en 2015, de faire peau neuve pour 15, rue des Puits-Salants e son 40 anniversaire en confiant Salies-de-Béarn museedusel64.com cette mission à la designer d’espace T. 05 59 09 31 99 Cécile Moisson. Suite à un appel aux dons, le lancement d’une campagne de financement et plusieurs années de travaux, le musée réouvre enfin ses portes le 24 mars. Les curieux pourront venir y découvrir le parcours de visite modernisé, les nouvelles bornes interactives et les diverses scènes de vie reconstituées, notamment celle d’une cabine de bain à la mode des thermes du xixe siècle, qui a fait l’objet de tous les soins.

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BORDEAUX

DIGITAL ABYSSES Tout juste rénovée, la base sous-marine de Bordeaux ouvre à nouveau ses portes aux amateurs d’art contemporain pour les entraîner dans les profondeurs océaniques imaginaires de Miguel Chevalier. Actif depuis les années 1980 et pionnier dans l’art virtuel et numérique, l’artiste a pour habitude Jusqu’au 20 mai 2018 Base sous-marine d’interroger le lien entre la Nature et l’Art, Boulevard Alfred-Daney et de ce fait, entre la Nature et l’Homme. En Bordeaux T. 05 56 11 11 50 collaboration avec l’association Surfrider Foundation Europe, chargée de la protection des milieux maritimes et aquatiques, cette exposition se présente comme une expérience interactive et immersive à la découverte d’une faune et d’une flore revisitées.

LA DORDOGNE EST À NOUS !

Du 22 mai au 16 septembre Archives départementales de la Dordogne 9, rue Littré Périgueux archives.dordogne.fr T. 05 53 03 33 33

Dans le cadre d’une commémoration nationale coordonnée par les Archives de France, les Archives départementales de la Dordogne consacrent une exposition à l’année 1968. Mai 1968 ne s’est pas cantonné à l’Île-de-France : au même moment, des départements en crise font écho aux événements parisiens. Nourrie par une importante iconographie, des documents d’archives et des témoignages oraux, cette exposition restitue l’atmosphère particulière de ce tournant historique national à l’échelle départementale.

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/ Feuilletage

CARTE D’IDENTITÉ

Présentation graphique et chiffrée d’un événement, d’un lieu, d’un thème ou d’une institution culturelle.

Arbres et forêts

de Nouvelle-Aquitaine

La Nouvelle-Aquitaine est la région la plus boisée de France métropolitaine : 2,9 millions d’hectares de forêts (soit 17 % de la surface nationale)

Landes 565 000 ha

Gironde 496 000 ha

Avec son million d’hectares, la forêt du parc naturel des Landes de Gascogne, répartie sur 3 départements (40, 33, 47), est la plus grande forêt artificielle d’Europe occidentale.

Dordogne 408 000 ha

Les plus GRANDS Douglas de la douglaseraie des Fargues Meymac (19) 60 m de hauteur Le plus VAILLANT Chêne pédonculé, alias Lou Bielh Cassou À côté de la maison Ranquines (40) où naquit saint Vincent-de-Paul en 1581. Plusieurs fois victime de la foudre, on lui construit une prothèse de béton pour l’aider à soutenir son poids… Et il est toujours vivant ! Le plus BEAU Chêne commun Tombebœuf (47) 36 m d’envergure (500 ans) Classé arbre remarquable en 2003 Emblème de l’association A.R.B.R.E.S.

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535 000 ha

Peuplier

250 000 ha

31 000 ha

dont 80 % dans les Landes et en Gironde

90

PATRIMOINE Créée en 1994, l’association A.R.B.R.E.S. a lancé en 2000 un label « Arbres remarquables » selon plusieurs critères : âge, rareté, forme originale, dimension et histoire.

c’est le nombre d’arbres classés « remarquables » en Nouvelle-Aquitaine

www.arbres.org

(sur environ 550 en France)

DES BRANCHES AU CARTON Plus de 9 millions de m3 de bois produit par an Énergie

Pâte à papier et panneau

Autres

Bois d’œuvre

© IGN

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820 000 ha

Châtaignier

Le plus VIEUX If Vigeois (19) Estimé entre 1 100 et 1 400 ans (vie siècle) Classé arbre remarquable en 2000

Chêne (pédonculé)

Le plus GROS Séquoia californien, alias le « Général Châlus » Châlus (87) 12,90 m de circonférence

Pin maritime

RECORDS

ILS PEUPLENT NOS FORÊTS

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/ Feuilletage

EXPOS Maître des Cortèges, La procession du boeuf gras, dit aussi La fête du vin, Anonyme, 1640. 5

4 Athi Patra Ruga,

Bernard Dupuy, Godet orange, 1998, Port de Lorient.

The Naivety of Beiruth #1, 2007, lightjet print, 74 x 107 cm, collection FRAC PoitouCharentes

1

BORDEAUX VERGT-DE-BIRON

1 Hommage à

Bernard Dupuy

« Le temps d’une rencontre » Jusqu’au 21 mai Château de Biron T. 05 53 63 13 39

8 { PRINTEMPS 2018 } le festin

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Ce printemps, le madd invite l’historien et critique du design graphique Pierre Ponant à présenter au public bordelais sa collection de livres avant-gardistes tchèques des années 1920-1930. Les couvertures colorées, photomontées, se prêtant aux expérimentations de typographie ou de collages dadaïstes, s’exposent comme un panorama des mouvements qui ont marqué l’histoire de l’édition et de l’art du xxe siècle. « L’image-livre. Éditeurs et artistes de l’avant-garde tchèque (1920-1930) » 25 janvier - 6 mai Musée des Arts décoratifs et du Design 39, rue Bouffard madd-bordeaux.fr T. 05 56 10 14 00

5 Vin & musique

MARMANDE

3 Voyage au bout de la création

Récit en image d’un voyage de survie, le roman graphique Le voyage du Capitaine Tikhomiroff est inspiré du journal de guerre de ce soldat embrigadé dans la guerre civile russe. L’exposition éponyme, organisée dans le cadre du festival La BD est dans le pré, propose un voyage dans le processus de création de son auteur, Gaétan Nocq, et nous invite à rentrer dans ses pérégrinations plastiques. « Le voyage du Capitaine Tikhomiroff » Jusqu’au 28 avril Musée Albert-Marzelles 15, rue Abel-Boyé mairie-marmande.fr T. 05 53 64 42 04

ANGOULÊME

4 Rimbaud 2.0 Quand l’identité devient un jeu, « je » devient un autre. En multipliant les métamorphoses et les attitudes, la discipline du portrait interroge sur la construction de soi face aux autres, l’appartenance à un groupe, une classe, des genres. À travers une sélection d’œuvres contemporaines, le FRAC Poitou-Charente réactualise la maxime rimbaldienne face aux problématiques du xxie siècle. « Je est un.e autre » Du 2 février au 19 mai FRAC Poitou-Charentes 63, boulevard Besson-Bey frac-poitou-charentes.org T. 05 45 92 87 01

Des symphonies les plus nobles à la musique populaire, des bacchanales aux cabarets, le vin et la musique s’entremêlent dans l’exposition sensorielle de la Cité du vin. Enregistrements d’opéras, extraits de ballets, partitions, peintures et objets de scènes… les 150 œuvres sélectionnées parcourent l’histoire de ces accords et désaccords, du xvie au xixe siècle. En parallèle de l’exposition, conférences, concerts, ateliers et interludes musicaux sont au programme. « Le vin & la musique : accords et désaccords » Du 23 mars au 24 juin Cité du Vin 1, esplanade de Pontac laciteduvin.com T. 05 56 16 20 20

1 © Bernard Dupuy / 4 © Athi Patra Ruga / 5 © RMN-Grand Palais (musée Picasso de Paris) - Mathieu Rabeau

Les plasticiens périgourdins Gérard Fioretti, Luc Defontaine et Jérôme Anthoine rendent hommage à Bernard Dupuy, disparu récemment et dont les photographies venaient régulièrement embellir les pages du festin. À travers une rétrospective non exhaustive de plus de cinquante photographies, enrichies d’autant d’œuvres de ses amis artistes, c’est un témoignage de leurs liens d’amitié et de leurs collaborations qui est exposé au château.

2 Avant-garde et livres tchèques

BORDEAUX

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Feuilletage /

10 Thibault Toulemonde,

série « La montagne ».

9 7

Jean-Louis Fauthoux, Atlantique 1. Planche d’Emmanuel Guibert extraite de La Guerre d’Alain.

BILLÈRE

7 © Emmanuel Guibert et L’Association, 2000-2016 / 9 © Jean-Louis Fauthoux / 10 © Thibault Toulemonde

6 L’art et la manière Sorties de l’anonymat de leurs ateliers pour venir sur le devant de la scène, l’accroissement du nombre de femmes artistes inverse la tendance genrée du monde de l’art. Dans cette exposition, les réalisations, exclusivement féminines, problématisent le rapport au monde sensible. La galerie poursuit ensuite sa programmation en s’intéressant aux démarches graphiques qui transforme le livre en un objet tangible artistique. « Manières de faire, manières d’agir » Jusqu’au 28 avril Petite galerie « Volumes. Design graphique » Du 25 avril au 30 juin Le Bel Ordinaire Les Abattoirs, allée Montesquieu belordinaire.agglo-pau.fr T. 05 59 72 25 85

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SAINT-MARTIN-DE-RÉ

ROCHECHOUART

7 Un Américain

8 Trois en un

à Saint-Martin

C’est l’histoire d’une rencontre à l’île de Ré, en 1994. Celle, improbable, entre Emmanuel Guibert, auteur de bande dessinée plusieurs fois primé au festival d’Angoulême, et d’Alan Cope, ancien GI américain installé là depuis les années 1970. Alors, Emmanuel dessine, scénarise, pour aboutir à La guerre d’Alan et Martha et Alan. En partenariat avec l’association ChiFouMi, les planches originales, les photos et les objets personnels font confronter deux approches d’une même réalité. « Alan Cope, un Américain sur l’Île de Ré » Du 7 mars au 6 mai Musée Ernest-Cognacq 13, avenue Victor-Bouthillier musee-ernest-cognacq.fr T. 05 46 09 21 22

L’espace se partage en trois expositions. À un étage, les installations de Yona Friedman reprennent les grands principes de son concept « d’architecture mobile », utopie où habitat et urbanisme sont pensés par leurs utilisateurs. À un autre, Mira Sanders présente un nouveau chapitre de son projet Inland Voyages in an Inland Voyage pour sa première exposition muséale française. Enfin, des œuvres de la collection permanente envisagent la nuit comme un moment cosmique propice au rêve. « Mira Sanders » Jusqu’au 17 juin « Yona Friedman » Jusqu’au 17 juin « Because the night » Jusqu’à septembre Musée départemental d’art contemporain Place du Château musee-rochechouart.com T. 05 55 03 77 77

SAINT-PALAIS

9 Atlantique, mon amour L’une est autrichienne installée en France, l’autre est landais. Tous deux fascinés par l’Atlantique, Inge Kreeser crée des bandes de soie teintes et peintes en rythme, tels des cascades, en parallèle de ses poèmes. JeanLouis Fauthoux explore quant à lui sa force et ses mystères par le papier et la peinture. Confrontées, les deux approches aquatiques révèlent l’océan dans toute sa grandeur. « Atlantique » Jusqu’au 27 mai Chemins Bideak 1, route de Gibraltar chemins-bideak.com T. 05 59 65 56 80

SAINT-SEVER

10 Landes sauvages Troquant son Finistère natal pour les paysages de la Chalosse, Thibault Toulemonde, paysagiste de formation et passionné d’écologie, est fasciné par la nature. Utilisant la photographie comme un « moyen d’explorer le temps » grâce à l’utilisation de longs temps de pause, ses travaux dévoilent une nature indomptée, dépourvue de toute trace humaine, pour des paysages épurés, entre trouble et sérénité. « Vers la lumière » Galerie Ô Pécheurs de Lune 35, rue du Bellocq galerieopecheurdelune.com T. 06 11 76 55 59

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/ Feuilletage

ŒUVRES EN STOCK

COLLECTIONS Zoom sur des œuvres rares, extraites des fonds de nos musées. BORDEAUX (33)

ACQUISITIONS Donations, acquisitions ou restaurations récentes dans les collections publiques*.

Acné, Philippe Mohlitz Musée des beaux-arts Le musée des beaux-arts de Bordeaux a reçu en 2018 près de 40 planches de Philippe Mohlitz, offertes par l’artiste lui-même. Elles viennent compléter les douze gravures déjà présentes dans les collections du cabinet des dessins et des estampes. L’exposition « Pilleur de rêve » met à l’honneur ce maître de la gravure au burin dont l’univers fantasmagorique et étrange fourmille d’une foule de petits êtres, de débris et autres objets éventrés. Dans son estampe plus épurée Acné, il met de côté le motif, si souvent exploité, du monde en ruine, mais ne perd pas pour autant son sens de la dérision et du cynisme, certes sombre mais toujours poétique. Exposition « Philippe Mohlitz. Pilleur de rêves » Du 16 février au 28 mai Dans le cadre de la Fête nationale de l’estampe (26 mai 2018)

Le salmanazar Louis XIII de Rémy Martin, créé par la cristallerie Baccarat pour Rémy Martin.

Lire : Françoise Garcia, « Les prémonitions de Philippe Mohlitz », le festin n° 100, hiver 2017, pp. 128-132.

ENCHÈRES

Acné, 2005, estampe, burin, don de l’artiste au musée des beaux-arts de Bordeaux, 2018.

COGNAC (17)  / PÉKIN

Salmanazar Louis XIII ---------------

Camille Claudel, La Vieille Hélène, circa 18821885, bronze à patine brune, adjugé 130 000 €.

POITIERS (86)

Claudel charme Sainte-Croix Musée des beaux-arts Lors d’une vente exceptionnelle de vingt œuvres de Camille Claudel à Artcurial (Paris) au mois de novembre dernier, le musée Sainte-Croix de Poitiers a exercé son droit de préemption pour acquérir trois d’entre elles. Depuis février, le musée Sainte-Croix est donc fier de présenter, en plus des 7 déjà exposées, 3 nouvelles œuvres de Camille Claudel : La Vieille Hélène (bronze, 1882-1885 ; 130 000 €), Femme à sa toilette (plâtre, 1895-1897 ; 54 300 €) et l’Étude pour le buste de Paul Claudel à 37 ans (plâtre, 1905 ; 23 400 €).

* Avec le soutien financier du Fonds régional d’acquisition des musées, abondé par l’État et la Région Nouvelle-Aquitaine.

10 { PRINTEMPS 2018 } le festin

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© Rémy Martin / Artaurial / Bordeaux, musée des beaux-arts - Adagp, Paris, 2018

C’est sans doute une première mondiale : une carafe géante contenant 9 litres du plus précieux nectar de la maison Rémy Martin, le Louis XIII, a été achetée 367 000 € (plus précisément, 2,8 millions de yuans), lors d’une vente organisée en janvier à Pékin. Il s’agit d’un salmanazar (équivalent à 12 bouteilles de 75 cl), généralement utilisé par les maisons de champagne et quasi inexistant dans le monde du cognac. Cette pièce unique a mobilisé pas moins de 20 maîtres cristalliers et un maître sculpteur des ateliers Baccarat pour modeler les 15 kg de cristal de la carafe et de son cabochon en fleur de lys.

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Feuilletage /

DESIGN BORDEAUX (33)

Studio Tandem

MEUZAC (77)

Père Castor à l’Unesco

L’album Michka est l’un des classiques du catalogue du Père Castor aux côtés de Roule Galette ou de Poule Rousse.

Conservées à la médiathèque de Meuzac, les archives du Père Castor ont été inscrites le 15 novembre 2017 au registre « Mémoire du Monde » de l’Unesco. Cette inscription concerne les archives de l’éditeur Paul Faucher, méthodiquement constituées entre 1931 et 1967. Elles rassemblent notamment des documents relatifs à la conception, à la fabrication et à la diffusion de la collection « Les albums du Père Castor » (notes, correspondances, illustrations, photographies…). Classiques de la littérature jeunesse, ces albums, traduits dans une vingtaine de langues, ont rendu accessibles au grand public les acquis théoriques des pédagogues du mouvement L’Éducation Nouvelle.

Fraîchement diplômées de l’école de Condé de Bordeaux, les jeunes designers Marion Capdeville et Aurélie Nouailhas (respectivement landaise et limougeaude) ont lancé, fin 2017, la toute première collection d’ « objets imparfaits pour personnes imparfaites » de leur Studio Tandem. Chaque objet, à la fois usuel et décoratif, est baptisé d’un double prénom délicieusement vintage. Leur toute première création, le vase Léo-Ferdinand, tire son originalité d’une ouverture inattendue, latérale et asymétrique, induisant un nouveau « geste végétal ». Le studio Tandem propose ici un design sobre et minimaliste, jouant des formes et des textures de l’émail, brillant à l’intérieur et mat à l’extérieur. studio-tandem.com

Vase Léo-Ferdinand, porcelaine extrablanche, émail brillant à l’intérieur et mat à l’extérieur, D. 13 cm ; H. 30 cm, 95 €.

LA ROCHELLE (17)

© Studio Tandem / © Muséum de La Rochelle / © Château Mouton Rothschild

Tourte voyageuse Jean-Jacques Audubon Muséum Le fonds des 131 dessins de l’artiste et ornithologue Jean-Jacques Audubon, conservés par la Société des sciences naturelles de la Charente-Maritime et le Muséum de La Rochelle, est la seule collection d’originaux Jean-Jacques Audubon, de l’artiste en France. Plus Tourte voyageuse (série feuillet 10), Archives connu aux États-Unis, il donne 30, de la Société des sciences son nom à la plus importante naturelles de la CharenteMaritime, Bibliothèque association écologiste du scientifique du Muséum de La Rochelle, L3i. pays. Parmi ses œuvres de jeunesse, cette tourte voyageuse, représentée morte et suspendue, est emblématique des premières espèces américaines croquées par Audubon. La qualité de l’observation et la finesse des couleurs annoncent la virtuosité de Birds of America (1827-1838), grand livre illustré de 435 planches peintes à la main dont il est l’auteur.

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PAUILLAC (33)

Gerhard Richter illustre Mouton Rothschild

Étiquette du millésime 2015 du Château Mouton Rothschild illustrée par Gerhard Richter et signée par Philippe de Sereys de Rothschild.

Chaque année depuis 1945, le château Mouton Rothschild invite un artiste à réinventer l’étiquette de son vin. Celle du millésime 2015 a été confiée à l’artiste allemand Gerhard Richter, prodigieux inventeur de formes et de techniques picturales. Intitulée Flux, cette œuvre est le fruit d’un processus à la fois très élaboré et aléatoire : l’artiste fixe sur photographie des couleurs en mouvement, saisies à l’instant idéal de leur composition, à l’image du grand vin. chateau-mouton-rothschild.com

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/ Feuilletage

SCÈNES 10

En partenariat avec l’Office artistique de la Région Nouvelle-Aquitaine.

BORDEAUX

1 Peubléto Bienvenue Bazié, danseur né au BurkinaFaso et aujourd’hui installé à Bordeaux avec son compère de création Auguste Ouedraogo, n’a pas eu de carte blanche paternelle au moment de rejoindre la compagnie burkinabée Le Bourgeon à 14 ans. Pas d’opposition ferme non plus. Dans cet étroit chemin possible, il s’est glissé, abandonnant la comptabilité pour ne plus jamais lâcher la danse. C’est ce choix de vie, le sens de sa vie, qu’il nous raconte par le geste et le mouvement enrichis de vidéos documentaires et des musiques de l’enfance. Du 8 au 16 mars Glob Théâtre Compagnie Auguste-Bienvenue globtheatre.net / auguste-bienvenue.com À voir aussi à Floirac (33) le 3 mai Que pensent-ils à présent ? Que gardent-ils comme souvenirs ? Vingt ans après, Bienvenue Bazié continue d’interroger les non-dits parentaux.

COGNAC

3 Mars Planète Danse

AULNAY

2 Vol d’usage C’est l’histoire de la quête banale d’un homme qui, après être sorti de chez lui son vélo à la main, s’est mis à essayer de voler. Ou quelque chose comme ça. C’est la rencontre du vélo acrobatique et des sangles aériennes. Le rêve de Jean Charmillot et Jérôme Galan, deux jeunes circassiens issus de la xxie promotion du Centre national des Arts du Cirque, est partagé avec les 300 spectateurs blottis sous leur chapiteau jaune, avec qui ils prennent leur envol, tels des Icare du xxie Siècle.

La remarquable saison de la scène conventionnée de Cognac est ponctuée par deux excellents festivals : dans la rue avec Coup de Chauffe en septembre et en salle, en mars, avec Mars Planète Danse. La 3e édition de ce dernier propose des soirées composées avec deux, voire trois, pièces chorégraphiques pour voir la danse autrement. En escapade, on appréciera à Saintes « 1 080 - Arts de la fugue » de Mié Coquempot (le 14 mars) et, à domicile, les compagnies Baro d’Evel, EALP et Fuse pour n’en citer que quelques-unes. Du 17 au 24 mars L’Avant-Scène Cognac avantscene.com

8 et 9 mars Aulnay (17) – sous chapiteau Compagnie Quotidienne ciequotidienne.com À voir aussi à Saint-Hilaire (17) le 29 mars

En laissant le spectateur s’immiscer dans les pensées des personnages grâce à des casques audio Europe connexion embarque le spectateur dans une expérience immersive et internationale.

BORDEAUX Toujours sous chapiteau, pour ajouter la circularité à l’horizontalité du vélo et la verticalité des sangles aériennes, la compagnie Quotidienne crée un nouveau vocabulaire d’occupation de l’espace.

POITIERS

4 À Corps

Du 23 au 30 mars TAP - Théâtre Auditorium de Poitiers tap-poitiers.com / festivalacorps.com

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Avec un dispositif scénique au plus près des spectateurs, équipés de casques audio qui encadrent l’espace de jeu, Matthieu Roy a mis en scène le texte d’Alexandra Badea pour 5 comédiens français et taïwanais. Une pièce d’une acuité glaçante qui dénonce la mécanique infernale de la mondialisation à partir de l’histoire d’un lobbyiste qui n’hésite pas à mettre en danger la vie des autres, quitte à sacrifier la sienne. Et comme le cynisme est sans frontières, on y parle français, anglais et mandarin. Du 27 mars au 6 avril TnBA Compagnie du Veilleur tnba.org / compagnieduveilleur.net À voir aussi à Bayonne du 11 au 13 avril

1 © Grégory Hiétin / 2 © Tasevski Vasi / 5 © Chien-Che Tang

Organisé par le TAP / Scène nationale de Poitiers, l’Université de Poitiers et le centre d’animation de Beaulieu, ce festival dédié au corps et à ses représentations contemporaines est un rendezvous incontournable de la (jeune) création qui ne se laisse pas enfermer dans des cases. On y danse, mais pas que... On retrouve avec plaisir Aneckxander, performance d’Alexander Vantournhout vue dans les festivals Panique au Dancing et TRENTETRENTE, la récente création Rafales du Picto-Charentais Benjamin Bertrand ou le mythique A love Supreme d’Anne Teresa De Keersmaeker.

5 Europe connexion

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Feuilletage / MARMANDE

7 Goupil

NÉRAC

6 Garenne Partie Magnifique ville d’art et d’histoire, Nérac réveille chaque année son patrimoine à la fin de l’hiver. Des dizaines d’artistes la révèlent en investissant notamment La Garenne. Ce parc, créé au xvie siècle par Jeanne d’Albret, et aménagé successivement par la Reine Margot et Marguerite de Valois, est l’épicentre de ce rendez-vous artistique populaire et festif. Dans la foisonnante programmation, on retient le Tour de Voix de la compagnie Éclats, le BD-concert Come Prima et le KID Palace pour danser en famille.

Nicolas Fagart s’est emparé de l’album illustré de Samivel qui revisite avec humour le célèbre Roman de Renart pour créer ce spectacle à destination du jeune public. Un conteur-lecteur-vociférateur, deux comédiennes-mimes-signeuses en langue des signes française et un musicien font vivre avec humour les aventures du rusé Renart, toujours à l’affût d’un bon coup pour ridiculiser son oncle affamé, le loup Ysengrin. Une belle harmonie vocale, sonore, mimée et signée, qui permet de goûter aux fables médiévales. 27 avril Théâtre Comœdia Compagnie Les Compagnons de Pierre Ménard mairie-marmande.fr / ciecpm.com À voir aussi à Dax (40) le 29 avril Dans un style épuré adapté au jeune public, le quatuor des Compagnons de Pierre Ménard donne vie à la fable de Renart, entre mime et théâtre musical.

Du 3 au 8 avril Espace d’Albret nerac.fr

LA ROCHELLE

8 Du vent dans les plumes Le point de départ est Le Lac des cygnes, librement réinterprété pour l’espace urbain. Ce road-movie déambulatoire imaginé par Agnès Pelletier, composé de six courtes pièces chorégraphiques, est construit sur le principe d’un polar, comme un jeu de piste semé d’indices, et où le mobilier urbain est détourné de son usage premier. Le propos à la fois poétique et ludique permet au jeune public de découvrir la danse de manière inattendue en cherchant des signes (sans mauvais jeu de mots…) sur les parcours. Du 9 au 11 mai En espace public (avec le CNAREP) Compagnie Volubilis cnarsurlepont.fr / compagnie-volubilis.com À voir aussi à Bessines-sur-Gartempe (87) les 18 et 19 mai, à Bressuire (79) du 22 au 24 mai, à Blanquefort (33) le 31 mai et le 1er juin et à Niort du 4 au 8 juin Avec en fond sonore la musique de Tchaikovski revisitée par Yann Servoz, les cygnes envahissent l’espace urbain pour se mêler aux hommes dans un imaginaire où se mélange animalité, groupe et solitude.

Dans Les Forains, une troupe campe son théâtre quelque part en banlieue, et prépare son spectacle pour un métissage détonnant des genres et des danses.

BORDEAUX

10 Les Forains

7 © Sylvain Caro / 8 © Tezzer / 10 © Pierre Planchenault

BOUCAU

9 Beraz Cet ensemble musical composé de 12 musiciens est né de la rencontre entre Kristof Hiriart, chanteur et percussionniste basque, et Jérémy Ternoy, pianiste et compositeur installé à Lille. 987 km les séparent, mais la musique les rapproche. Ensemble et en sous-ensembles à cordes, vent, jazz, vocal, ils jouent une musique aux sonorités plurielles populaires et savantes. Improvisées ou écrites, leurs musiques abolissent les frontières pour tendre vers l’universel. Audacieux et talentueux !

Créé en mai 2016 à l’Opéra de Limoges dans la version très revisitée d’Anthony Egéa, le ballet qui lança en 1945 la carrière de Roland Petit est, selon les mots de Jean Cocteau, une « vraie fête de la jeunesse et de la danse ». On peut y ajouter de la musique avec la partition originale du Bordelais Henri Sauguet interprétée en fosse par les musiciens de l’Orchestre de l’Opéra de Limoges et augmentée du mix en direct de Franck2Louise. Le classique s’efface devant le hip-hop pour un ballet festif urbain mélangeant subtilement les genres et les époques. Du 31 mai au 6 juin Grand-Théâtre Compagnie Rêvolution opera-bordeaux.com / cie-revolution.com

24 mai Apollo (Scène nationale du Sud-Aquitain) Compagnie LagunArte Organik Orkeztra scenenationale.fr / lagunarte.org

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Feuilletage /

ÉCRAN TOTAL

Coups d’œil sur la production audiovisuelle en Nouvelle-Aquitaine.

Luis Matargo, le protagoniste de Highland City, admirant la cathédrale Saint-Jacques.

Web en série Trois webséries 100 % Nouvelle-Aquitaine ont vu le jour ce trimestre. Souvenir du patrimoine industriel, la mini-série Colette de la Terrade, réalisée par la cité de la tapisserie d’Aubusson, raconte, avec humour et tendresse, les souvenirs de Colette et ses amies de leurs temps à la manufacture Braquenié. Les douze épisodes d’une à trois minutes, truffés d’anecdotes, sont à visionner sans modération et en famille. Plus rock’n’roll, Zikos, série saintaise à l’humour décalé, signe une troisième saison des aventures du groupe de rock amateur Les Moustachus Dégarnis. Enfin, Highland City, du collectif Original, transforme Pau en une ville fictive youtube.com/user/CitArtAubusson à l’ambiance de polar. Toutes sont youtube.com/originalstudio youtube.com/user/seriezikos accessibles gratuitement sur YouTube.

Grâce à la richesse et variété de ses paysages, la Dordogne est, depuis longtemps, un lieu de cinéma incontournable. Alors que plus de 170 jours de tournages ont été comptabilisés l’an passé, l’année 2018 commence en beauté avec la réalisation en avril d’un docufiction de quatre épisodes consacrés à Victor Hugo où Périgueux, Sarlat et Hautefort prendront des airs du Paris révolutionnaire du XIXe siècle. Les rôles-titres de Victor Hugo, ennemi d’État, premier biopic sur l’écrivain relatant sa vie au lendemain du coup d’État de 1851, sont tenus par Isabelle Carré (Le Hussard sur le toit, Se souvenir des belles choses) et Yannick Choirat (De Rouille et d’os, L’Échappée belle). Les autres territoires néoaquitains ne sont pas en reste puisque la série Arte Il était une seconde fois, réalisée par Guillaume Nicloux, avec en tête d’affiche Gaspard Ulliel et Freya Mavor, se tourne entre Bordeaux, Paris et Londres en avril. Enfin, l’actrice Charlotte Le Bon a également fait le choix de tourner en février son premier court-métrage dans les Landes.

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Dans le prolongement de la démarche de valorisation du territoire de Bordeaux Métropole, le nouveau webzine Un Air de Bordeaux fait découvrir les 28 communes aux principaux concernés d’abord, ses habitants, premiers touristes de la métropole. Des rubriques nature, culture, enfants, art de vivre et sports mettent en avant la diversité paysagère et culturelle de la capitale régionale et sa périphérie, à travers un format exclusivement en ligne, conçu pour affichage sur smartphone avec cartes interactives et articles géolocalisés. unairdebordeaux.com

Venez tourner dans les Pyrénées Lancée à l’occasion de la 31e édition du FIPA de Biarritz en janvier 2018, l’agence du film Béarn-Pays basque aura pour mission d’accompagner gratuitement, avec le soutien d’Écla (l’agence culturelle du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine), les professionnels de l’audiovisuel en faisant le lien avec les prestataires, des prérepérages ou en offrant un soutien logistique. Par cette démarche, le département cherche à accueillir davantage de tournages de films ou séries dans les années à venir, loin de l’Îlede-France, qui accueille près de 45 % des tournages.

© Studio Original / © Un Air de Bordeaux – Chloé Kast / © Maison Vacquerie - Musée Victor Hugo - Département de la Seine-Maritime

Victor en Périgord

Évasion métropolitaine

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« Entre Cynthia et moi, ce n’était pas l’amour fou, je l’ai compris aussitôt à sa façon de mâcher son chewing-gum » François Garcia

LIVRES Pierre Tal Coat, L’atelier ouvert Michel Dieuzaide Le Temps qu’il fait 104 p., 25 €

Entre le peintre Pierre Tal Coat (1905-1985), figure majeure de la peinture, et Michel Dieuzaide, photographe, cinéaste, tout a commencé le jour où ce dernier entend l’artiste sur France Culture. En 1983, le photographe le rencontre dans son atelier, réalise des images d’une exceptionnelle vérité ainsi qu’un film. De cet échange naît un premier livre, Vers la courbure (Clivages) que Le Temps qu’il fait vient de rééditer. Ami de Giacometti, de Braque et de Nicolas de Staël, Tal Coat fut également lié à des poètes comme Du Bouchet ou Jaccottet. C’est le peintre des éléments et de la lumière qu’il conjugue dans toute son œuvre. Le court-métrage que Dieuzaide réalise en 1983 – document rare livré sous la forme d’un DVD accompagnant le livre –, le montre dans son atelier et dans la nature qui « génère » son regard. Le livre, lui, contient une soixantaine de photographies, noir et couleur, faites au même moment par un jeune passionné de peinture qui allait être durablement marqué par cet artiste sensible et nourricier. SA

Léon Jaussely. Un pionnier solitaire Laurent Delacourt éd. du Patrimoine coll. « Carnets d’architectes » 184 p., 25 €

D’origine toulousaine, Léon Jaussely (18751932) obtient le Premier Grand Prix de Rome en 1903. Au cours de son séjour à la Villa Médicis, il remporte le concours pour l’aménagement et l’extension de la ville de Barcelone, en 1905. Aux côtés de Tony Garnier, Henri Prost et Ernest Hébrard, il fonde en 1911 la Société française des urbanistes qui fixe les fondements de la nouvelle profession. Dans le cadre de la loi Cornudet, il élabore le plan d’aménagement et d’extension de la ville de Paris (1919), co-signé par Expert et Solié, ceux de Toulouse (1926), Pau (1928) ou encore Tarbes (1928). Architecte des PTT, il construit nombre de bâtiments, comme l’immeuble du tri postal de Bordeaux. Dans ses projets d’urbanisme, Jaussely est soucieux d’intégrer les aspects historiques, sociologiques et culturels des villes dont il conçoit le développement. Cette première monographie s’appuie sur de nombreux documents inédits, pour partie issus d’un fonds privé. XR

Voyage d’un livre à travers la Bibliothèque nationale Henri Beraldi Tschann & Cie, 96 p., 8,50 €

Henri Beraldi (1849-1931) était un ogre. Précisons qu’aux petits enfants des contes, il préférait s’emparer d’images, de mots et de livres. Il en fit alors des montagnes, avec une préférence pour les Pyrénées, auxquelles ce grand bibliophile devant l’éternel se passionna assez pour leur consacrer une somme en sept volumes, Cent ans aux Pyrénées (1898-1904), et un mot, « pyrénéisme », que cet ascensionniste infatigable inventa en 1898. Cinq ans plus tôt, Beraldi répondit à une commande de la revue de vulgarisation scientifique La Nature en produisant un savoureux voyage en terre sacrée, comprendre dans les arcanes de la Bn (pas encore F), que ce montagnard rompu mais non repu compara à un… océan, façon Jules Verne. On doit à l’éclaireur Éric Dussert, auteur d’une préface en tous points digne du texte qu’elle annonce, la redécouverte de ce texte vif, pratique et poétique tout en un, agrémenté de superbes gravures de Louis Poyet. Un vademecum sans âge. XR

L’été de Katya Trevanian Trad. Emmanuèle de Lesseps Gallmeister 272 p., 20,50 €

C’est un livre à part dans l’œuvre de Trevanian, l’auteur de best-sellers tels que Shibumi, La Sanction ou L’Expert. Tous publiés par Gallmeister depuis. Un livre singulier donc mais où les amateurs du maître du roman noir retrouveront avec plaisir la griffe incomparable de celui qui entretint le mystère jusqu’à sa mort en 2005. Pendant plusieurs années, ce professeur de cinéma new-yorkais vécut, notamment, au Pays basque. L’été de Katya se passe dans un Salies-lesBains imaginaire, situé dans un Pays basque très réel, où, à l’été 1914, Jean-Marc Montjean, jeune médecin diplômé, revient s’installer. Là, il rencontre Katya, son père, son frère qui ont quitté Paris. Trevanian installe l’intrigue et la noue d’une façon admirable et fulgurante. Dans un quasi huis clos psychologique, la folie, l’amour, la mémoire blessée, tout se confond jusqu’au bouquet final éblouissant. SA

Bye bye, bird François Garcia Verdier 192 p., 14 €

« How are you ?… Take it easy ! »… Pour Paco, débarqué dans le Bristol des années 1960 en séjour linguistique, la surprise est à la mesure du chambardement que la jeunesse britannique s’apprête à imposer aux vieux principes de la société victorienne. La belle écriture de François Garcia, ponctuée d’une bande sonore très « fan des sixties », restitue la spontanéité des impressions de l’étranger face à l’étrange, l’Anglais, en somme… Au fil des anecdotes s’énoncent les questionnements, s’imposent les rites de passages intellectuels et sensuels propres à donner leur épaisseur aux temps à venir. Ce livre, d’une délicate – et parfois railleuse – acuité, porté par la grâce de faire participer le lecteur aux palpitations de ces années « glorieuses », laisse pour finir une sensation aussi légère et sautillante que la liberté d’un bird. VS

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Feuilletage /

L’estuaire de la Gironde, Bordeaux et le Bordelais vers 1700 Cartes, plans et mémoires de Claude Masse, ingénieur du roi Geste éd. Yannis Suire 470 p., 39 €

Le Médoc, Arcachon, les Landes et le Pays basque vers 1700 Geste éd. Yannis Suire 325 p., 39 €

Le Bas-Poitou vers 1700 Éd. Du CVRH Yannis Suire 368 p., 39 € Ingénieur du Roi à partir de 1702, Claude Masse est envoyé dans le sud-ouest de la France avec pour mission d’établir des cartes du territoire les plus précises possible. Le but ? Organiser la défense contre un éventuel débarquement ennemi sur le littoral atlantique. Mais l’homme de science en profite pour cartographier l’arrière-pays, du marais poitevin au piémont pyrénéen, et faire connaissance avec ses habitants et leurs mœurs. Regroupés en trois tomes par Yannis Suire, cartes et mémoires inédits offrent une description précise et captivante de ces territoires à la fin du règne de Louis XIV.

Festival de la BD d’Angoulême Palmarès 2018

À lire aussi . José Correa, Illustrer Céline, j’y arriverai pas…, Alain Beaulet Éditeur, 25 p., 10 €. . Martine Delomme, Après les ténèbres, L’Archipel, 352 p., 20 €. . Valérie Labadie, Château Cantemerle, éd. de La Martinière, 192 p., 40 €. . Alain Paraillous, Anthologie polissonne. Petites histoires indécentes de la littérature, éd. De Borée, 280 p., 21 €. . Romain Pigeaud, Lascaux. Histoire et archéologie d’un joyau préhistorique, éd. CNRS, 192 p., 22 €. . Christophe Soulard, Opération Frankton, l’incroyable Odyssée, éd. Bonne Anse, 152 p., 20 €. . Françoise Taliano-Des Garets, La Villa Primerose. 120 ans d’histoire sportive à Bordeaux, Confluences, 128 p., 25 €.

Prix 2018 des Rencontres à Lire Pierre Ducrozet, L’invention des corps, Actes sud, 304 p., 20 €. 10e édition des Rencontres à Lire, du 27 au 29 avril à l’hôtel Splendid, Dax Remise du prix à Pierre Ducrozet le 27 avril

. Prix d’honneur : Naoki Urasawa . Grand Prix d’Angoulême : Richard Corben . Prix du meilleur album (Fauvre d’Or) : La Saga de Grimr, Jérémie Moreau, éd. Delcourt, 221 p., 25,50 € . Prix du public Cultura : Dans la combi de Thomas Pesquet, Marion Montaigne, Dargaud, 208 p., 22,50 € . Prix spécial du jury : Les Amours suspendues, Marions Fayolle, éd. Magnani, 256 p., 35 € . Prix de la série : Meg, Mogg & Owl. Happy Fucking Birthday, Simon Hanselmann, éd. Misma, 136 p., 25 € . Prix Révélation : Beverly, Nick Drnaso, trad. Renaud Cerqueux, éd. Presque Lune, 136 p. 22 € . Prix Jeunesse : La guerre de Catherine, Julia Billet et Claire Flauvel, Rue de Sèvres, 112 p., 16 € . Prix du patrimoine : Je suis Shingo (tome I), Kazuo Umezu, éd. Le Lézard Noir, 408 p., 21 € . Prix Fauve Polar SNCF : Jean Doux et le mystère de la disquette molle, Philippe Valette, éd. Delcourt, 250 p., 29,95 € . Prix de la bande dessinée alternative : Bien, Monsieur #8, revue semestrielle, 96 p., 12 € le festin { PRINTEMPS 2018 } 17

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/ Feuilletage

Il s’agit donc de répondre aux questions :

Le questionnaire E est un questionnaire surréaliste « sur certaines possibilités d’embellissement irrationnel d’une ville », inventé par Paul Éluard en 1933 et adressé à des personnalités de l’époque. Transposé à la Nouvelle-Aquitaine d’aujourd’hui, il permet un regard décalé et subjectif sur les lieux et monuments de notre région par un témoin privilégié, choisi pour son actualité.

en les appliquant à la liste de monuments ci-dessous :

DOIT-ON CONSERVER, DÉPLACER, MODIFIER, TRANSFORMER OU SUPPRIMER…

QUESTIONNAIRE

1 Jardin botanique, Bordeaux 2 Jardin de l’imaginaire, Terrasson 3 Jardins du manoir d’Eyrignac 4 Jardin d’orties, Melle 5 Arboretum de la Sedelle, Crozant 6 Projet de parc éolien des Monts de Guéret 7 Toit de la base sous-marine, Bordeaux 8 Jardin des Sens, Poitiers 9 Jardins de l’Évêché, Limoges 10 Forêt des Landes de Gascogne

Jardin du Tiers-Paysage, base sous-marine, Saint-Nazaire.

par

Gilles Clément © Co ya

u

Gilles Clément

en quelques mots

3

2

1

Utile et agréable. Peut à la fois servir de parc et de lieu d’enseignement.

2

Exemple intéressant d’expression artistique appliquée au jardin. À conserver.

3 Objet touristique d’un autre temps.

4 Jardin politique de haute importance (en tant que symbole) à l’heure de la marchandisation du bien commun. À conserver et développer.

5 Remarquable paysage et collection unique d’érables. À conserver et soutenir.

9

6 Les éoliennes ont

8 Conserver et développer

mauvaise presse dans la région de Guéret. Elles s’imposent sans l’accord des habitants. Une véritable étude paysagère serait nécessaire.

le principe d’une gestion différenciée déjà bien engagée sur ce lieu.

7 Inventer un projet de jardin qui s’inspire (sans le copier) du jardin du Tierspaysage sur le toit de la base sous-marine de SaintNazaire, en développant le principe de mise en place d’une flore capable de vivre sans assistance sur un substrat apparemment hostile. 10

9 Sans doute prévoir une clôture de nuit afin de sauvegarder le travail exécuté par les précédents responsables du jardin.

10 Diversifier le boisement et passer d’une exploitation industrielle à un mode moins dégradant d’exploitation forestière. Jean-Roger Sourgen, Étang et forêt, vers 1930, huile sur toile, collection particulière. 2 D. R. / 3 © Jean-François Trémège / 7 D. R. / 8 D. R./ 10 cl. Jean-Christophe Garcia

Originaire de la Creuse, Gilles Clément est ingénieur horticole, paysagiste, écrivain et jardinier de renommée internationale. Il est également professeur émérite à l’École Nationale Supérieure du Paysage à Versailles (voir p. 93). Il est le créateur de nombreux jardins publics comme le parc AndréCitroën et le jardin du Quai-Branly à Paris ou encore les jardins du Roy à Blois. Théoricien du jardin, écologiste humaniste engagé, il estime que le jardinier doit faire plus confiance à la nature et accepter de lui laisser le champ libre au lieu de cantonner les plantes dans un lieu précis afin d’organiser une création. Auteur d’une œuvre théorique prolixe et de livres pour la jeunesse, Gilles Clément est à l’origine de trois grands concepts : le « Jardin en mouvement », le « Jardin planétaire » et le « Tiers-paysage ». Le Jardin en mouvement est un espace de vie laissé au libre développement des espèces qui s’y installent. Le Jardin planétaire est un projet politique d’écologie humaniste, exposé dans son essai Thomas et le voyageur (Albin Michel, 2011). Enfin, le Tierspaysage concerne l’ensemble des espaces délaissés qu’il considère comme les principaux territoires d’accueil à la diversité biologique.

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LES CARNETS DE L’INVENTAIRE par CLAIRE STEIMER

Conservatrice au service du patrimoine et de l’Inventaire, Région Nouvelle-Aquitaine

{ Gironde }

JARDINS ESTUARIENS DANS TOUS LEURS ÉTATS

© Région Nouvelle-Aquitaine - Inventaire général du patrimoine culturel, Adrienne Barroche, 2014.

Depuis les années 1980, les études menées autour des jardins se sont révélées d’un grand intérêt dans la compréhension de l’histoire des territoires. L’inventaire mené sur les rivages de l’estuaire de la Gironde a largement contribué à identifier au mieux ces jardins, à enrichir la connaissance et à en conserver la mémoire. Ces espaces d’agrément ou d’utilité constituent un patrimoine fragile, évolutif, plus ou moins bien conservé, dont il faut retrouver les vestiges in situ ou les traces dans les archives. Certains bénéficient d’un label ou sont inclus dans la protection d’un monument ou d’un site, comme ceux récemment réaménagés de la villa Arnaga à Cambo-les-Bains. D’autres, moins (re)connus, ont été mis en lumière par des études d’inventaire qui ont donné lieu à une publication et une valorisation : l’original jardin d’Albert Gabriel à Nantillé ou le parc Chavat à Podensac font actuellement l’objet de restaurations.

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Château Beychevelle en Médoc : jardins en terrasse avec l’estuaire de la Gironde pour toile de fond.

JARDINS DISPARUS Sur les rives de l’estuaire de la Gironde, l’inventaire révèle l’inégale conservation de ces espaces. Si l’on retrouve une riche typologie, du jardin ouvrier à la promenade publique, ce sont les parcs des célèbres châteaux viticoles qui retiennent l’attention. À proximité de ces demeures prestigieuses, ils n’ont toutefois pas été épargnés par les outrages du temps. La disparition est parfois irrémédiable : sur les îles de l’estuaire qui accueillaient aux xixe et xxe siècles de belles propriétés viticoles, les bâtiments comme leurs abords ont été soumis aux rigueurs du climat, à l’érosion qui a peu à peu grignoté les rives. Les tempêtes successives depuis 1999 ont également eu raison des arbres séculaires qui agrémentaient les parcs. L’occasion était alors trop belle, dans des secteurs du Médoc où le prix de l’hectare s’est envolé,

de substituer à ces plantations d’agrément des rangs de vigne bien plus lucratifs. Quand ils subsistent, les jardins ont été transformés au cours des siècles, en fonction des modes et des goûts. Les documents d’archives permettent alors d’en retracer l’histoire et les mutations. Au château d’Issan à Cantenac, de beaux plans aquarellés restituent les jardins réguliers du xviie siècle, devenus paysagers au xixe : au cours du xxe siècle, une piscine a été préférée au potager, tandis que quelques bosquets et parterres environnent encore les douves. JARDINS RETROUVÉS Outre les compositions effacées, les allées oubliées et les essences disparues, l’inventaire s’intéresse aussi aux constructions qui parsemaient les jardins (appelées des « fabriques ») : serres, belvédères, kiosques ou autres

fontaines. La vaste orangerie du xviiie siècle du château Margaux, longtemps masquée par des ajouts et transformée en chais, a été récemment remise au jour et abrite désormais des espaces de réception. Malgré les transformations, le jardin reste l’ingrédient indispensable pour accompagner le château viticole : à Pichon-Longueville (Pauillac), l’architecte Alain Triaud a conçu, dans les années 2000, des chais enterrés tout en aménageant un miroir d’eau dans lequel se reflète la silhouette du château du xixe siècle. Entre disparition et conservation, oubli et restitution, le jardin n’en finit pas d’offrir un terrain d’étude stimulant, et d’alimenter la réflexion sur le patrimoine et la création. • inventaire.aquitaine.fr

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PROTECTIONS

MONUMENTS DE NOUVELLEAQUITAINE Protections au titre des Monuments historiques intervenues au cours du 3e trimestre 2017. Drac Nouvelle-Aquitaine www.culturecommunication.gouv.fr

L’agence d’architecture Salier, Courtois, Lajus, Sadirac et Fouquet signe en 1972 la villa Février, dont les travaux s’achèvent le 30 juin 1973, dans le lotissement de la Dune de l’Herbe, à LÈGE-CAP-FERRET (33). Le programme est celui d’une maison de vacances, surplombant le bassin d’Arcachon. Sa structure de béton brut appuyée sur les vitrages dépourvus de menuiserie, ses formes rectilignes et l’épaisseur massive de ses murs et terrasses créent un contraste visuel saisissant avec l’environnement naturel qui l’enveloppe (lire le festin n°70).

Bel exemple d’architecture gothique, l’église Sainte-Eulalie de BORDEAUX (33) se compose d’une partie occidentale, édifiée sur l’emplacement d’une église romane aux xiiie et xive siècles, et d’une partie orientale, datant elle de la fin du xve. L’intérieur est décoré de nombreuses peintures et d’un vitrail des ateliers Dagrant. Les voûtes des croisées sont ornées de clés magistralement sculptées.

Fondé par les consuls de la Ville de LIMOGES (87) en 1525, le collège Gay-Lussac est confié aux jésuites, qui l’agrandissent au xviie siècle d’une église et de plusieurs bâtiments dont un portail monumental et un corps de logis reconstruit entre 1768 et 1772. Un nouveau bâtiment (petit collège) est construit en 1868 au chevet de l’église Saint-Pierre et l’aile des sciences est inaugurée en 1935. Dans les années 1990-2000, de nouveaux travaux sont réalisés pour aménager les salles de classe et le réfectoire.

© Antoine Guilhem-Ducléon / © DRAC Nouvelle-Aquitaine / D. R. / © Alban Gilbert

Propriété de la famille de Caumont depuis le xiiie siècle, le château de LAUZUN (47) a fait l’objet de nombreux remaniements jusqu’à la fin du xixe siècle. La partie résidentielle du château comprend un logis d’origine médiévale au sud, une aile Renaissance au nord et un bâtiment trapézoïdal d’époque moderne à l’ouest. Deux portails, au sud et à l’est, donnent accès au parc. D’après le plan dressé en 1784, une grande allée de marronniers conduisait depuis le portail sud vers une barbacane, démolie vers 1810, et fermait le mur d’enceinte. Classé partiellement en 1923 et 1963, le château est désormais inscrit dans sa totalité.

Le château d’ANGLIERS (86) est une vaste demeure de la fin du xviie siècle, dont elle porte le cachet classique. La partie centrale, acquise par la Ville en 1923, a été remaniée mais conserve un escalier en pierre ainsi que des portes anciennes et des éléments sculptés. De part et d’autre de la partie communale, deux ailes sont occupées par des propriétaires privés. On y trouve des parties voûtées, des salons lambrissés et les deux escaliers latéraux des pavillons. Un mur sépare la cour commune de la propriété voisine qui a gardé une partie des jardins.

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L’EXPLORATEUR MÉTROPOLITAIN par MARC SABOYA

{ Bordeaux }

ART NOUVEAU LA LEÇON DE JOHN RUSKIN Sur la façade d’une maison de ville datant de 1903 au 5, rue Marc-Sangnier (quartier SaintSeurin), un décor s’éloigne du réalisme pour rencontrer l’abstraction. au n° 222 de la rue Judaïque (Fernand Benazet, architecte, N. Bertrand, sculpteur) avec des détails évoquant Gaudi ou l’hôtel d’Yvette Guibert à Paris1. ÉLOGE DE L’INDISCIPLINE Il arrive parfois que l’architecte soit aussi sculpteur et il le signale, publiquement, dans la signature qu’il laisse sur la façade. Par cette indication, il précise qu’il est l’auteur d’un environnement intégralement conçu par lui, une œuvre d’art totale, originale, qui échappe à la fabrication standardisée, en d’autres mots, l’œuvre d’un artiste. Albert Touzin (18521917) est architecte et sculpteur et signe ainsi certaines de ses maisons. Il construit en 1903 la maison Houneau au 48, rue Capdeville qui affiche, comme c’est souvent le cas à Bordeaux, toutes les caractéristiques du style Louis XV revisité par l’Art nouveau : feuillages et entrelacs de volutes complexes en coup de fouet, agrafes en branches de gui, figure au-dessus de la porte en visage féminin figé dont les très longs cheveux semblent s’accrocher au balcon. Touzin dessine aussi les huisseries, la ferronnerie des balcons et

quelques éléments du mobilier. Mais son œuvre la plus intéressante reste la façade de la maison sise au 5, rue MarcSangnier où il sculpte, à fleur de mur, un étrange décor qui confine à l’abstraction. Ponctuant quelques points choisis d’un mur parfaitement plat, l’élément végétal qui forme le motif de départ de la thématique ornementale abandonne peu à peu tout réalisme, perd toute identité pour se déployer en lignes ondulantes et mêlées, plates, ciselées ou en léger relief afin de composer un décor qui n’est plus le plaisir de la figure mais le délice de la ligne. Cette réalisation très personnelle révèle que l’architecte s’incarne ici plus dans le travail ornemental que dans la construction, somme toute banale. Mais ce décor reflète aussi une autre tendance de cette fin de siècle héritée du mouvement Arts & Crafts : l’abandon du décor impersonnel et industriel au profit d’une création singulière, authentique produit de la main de l’artisan. Or, tous les éléments du décor de Touzin portent la

trace de ce plaisir du dessin qui noue, dilue, disperse et rassemble les découpes libres d’un écusson-coquille-cuir découpé hybride, un motif qui revendique la gratuité de ses lignes et son insoumission à la symétrie. Et ce dernier point est important car il révèle le choix original d’un créateur et non « la douloureuse promiscuité des industries2 » et cultive une forme de désordre qui rejoint alors le plaidoyer de John Ruskin pour l’irrégularité, voire l’imperfection, véritables marqueurs d’une authenticité vivante par opposition à la précision parfaite et morte de la production mécanique3.  • Texte extrait de : Marc Saboya, Bordeaux. Les Formes du désir, Le Festin, 2017, 208 p., 19,50 €. 1. En 1900, par X. Schoellkopf ; détruit. 2. Extrait du discours du sculpteur Henri Hamm à l’occasion de la création de la Société d’Art Moderne de Bordeaux (s.d., 1899  ?), legs Berthelot, musée des beauxarts, Bordeaux. 3. Antoine Picon, L’ornement architectural, entre subjectivité et politique, Lausanne, Presses polytechniques et universitaires romanes, 2017, p. 90. Cl. Xavier Rosan

Vers la fin du xixe siècle, l’Art nouveau s’affranchit du décor traditionnel répétitif qui vient souligner par les pilastres, colonnes, corniches, balcons, bossages, le rythme des travées et la hiérarchie des niveaux. La façade Modern style brise ce quadrillage et aime fondre en un seul mouvement les éléments qui la composent. Cette dynamique conforte l’interprétation organiciste de l’architecture et, dans ses effets plastiques, rapproche l’art de bâtir et la sculpture.  Certes, les façades bordelaises restent sages et leur organisation identifiable, mais elles offrent tout de même d’intéressants programmes décoratifs composés de ponctuations de couleurs par inclusion de carreaux de céramique, de motifs floraux en bas-relief ou de visages féminins de type symboliste sculptés sous les balcons. La sculpture acquiert ainsi une place importante dans le décor des façades composant d’étranges relations avec le mur qu’elle caresse, les baies qu’elle enlace, les balcons et les corniches où elle s’agrippe. Souvent la signature du sculpteur accompagne celle de l’architecte, tel en 1905,

La façade Art nouveau du 5, rue Marc-Sangnier (A. Touzin, arch.) et son motif ornemental singulier, confinant à l’abstraction.

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ARCHI

TECTURES

Un prix pour la restauration du moulin de Poussade (Geloux) Écomusée de Marquèze, Sabres (40)

Le meunier de Marquèze fait à nouveau visiter le moulin hydraulique à farine restauré dans les règles de l’art landais.

ATELIER DU PATRIMOINE DU PARC NATUREL RÉGIONAL DES LANDES DE GASCOGNE

Le concours annuel « Architecture & Patrimoine » de Maisons Paysannes de France couronne les travaux de réhabilitation et / ou d’extension effectués dans le respect de l’architecture originelle et des savoir-faire locaux, tout en utilisant les matériaux éco-responsables et de proximité. La 32e édition a récompensé le Moulin de Poussade dans la catégorie « Bâti ancien ». Une magnifique réalisation portée par des passionnés.

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marqueze.fr parc-landes-de-gascogne.fr

Plans de Georges Cordier (1975) avant démontage. Maître d’ouvrage : Parc naturel régional des Landes de Gascogne / Livraison : 2017 © Benoit Zebra

C’est aux xviiie et xixe siècles, le pain constituant la base de l’alimentation quotidienne de la population, que plus de 80 moulins s’élèvent sur le parc, principalement au-dessus des affluents de la Leyre. Mais des crues historiques, des vents violents et l’arrivée de minoteries industrielles locales ou nationales conduisent à leur disparition presque totale. Le moulin de Poussade a été démonté puis remonté au sein du quartier de Marquèze dans les années 1970 à l’emplacement du moulin disparu de Bas. Il a fait l’objet d’une restauration complète, à la suite de détériorations dues au passage de la tempête Klaus en 2009. Sur pilotis, il est alimenté par la rivière l’Escamat. Les pièces de charpente ne pouvant être restaurées ont été remplacées par des

pièces taillées manuellement dans les essences traditionnellement employées dans la construction locale (chêne, pin, acacia). Le remplissage et le traitement des pans de bois ont respecté ce qui existait précédemment (parties de murs en briquettes, ou en torchis de paille de seigle, enduits à la chaux). Des tuiles canal ont été récupérées et restaurées. Le chantier s’étant déroulé pendant la saison estivale de 2011, il a été conçu comme une démonstration de savoir-faire traditionnels (techniques de construction courantes aux xviiie et xixe siècles) à l’attention des visiteurs de l’Écomusée. • DELPHINE COSTEDOAT

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Restructuration de la villa Néré Nahia en trois logements, Biarritz (64) DL & ASSOCIÉS, ARCHITECTES (DOMINIQUE LESBÉGUERIS ET CHRISTINE RAYNIER)

Atlantech, Lagord (17) Laboratoires, bureaux, centre de formation CESI, pépinière d’entreprises, halles d’expérimentation AIA ARCHITECTES ASSOCIÉS

Située rue Alphonse-XIII, en bordure du golf dans le quartier du Phare, cette villa balnéaire de facture néo-basque (1925) est incluse dans le périmètre de la ZPPAUP. Elle a donc été rénovée dans le respect de sa construction initiale, hormis ses accès, dissociés pour s’adapter à sa division en trois logements. Tous bénéficient d’un grand séjour au sud avec vues sur le golf et les montagnes basques. Les parquets d’origine ont été conservés et rénovés. Les prestations neuves ont permis une mise à niveau thermique respectant les nouvelles règlementations. Les espaces extérieurs ont été entièrement réaménagés. L’écriture subtile et exigeante de l’agence se déploie une fois encore avec une extrême finesse, respectant l’existant à toutes les échelles. DC

aialifedesigners.fr

Lire D. Lesbégueris et C. Raynier, Les mots construisent l’architecture, éd. Al Dante, 2016.

Maître d’ouvrage : Communauté d’Agglomération de La Rochelle / Livraison : 2017

Atlantech consiste en la réhabilitation/extension d’une série de halles métalliques existantes. Il s’inscrit dans une démarche bas-carbone innovante, avec des objectifs ambitieux au regard des performances énergétiques. Espace partagé, la galerie nord dessert l’ensemble du bâtiment. Les autres programmes s’installent dans les nefs existantes, dans une logique thermique de « boîte dans la boîte ». Conçu en collaboration avec l’Université de La Rochelle, le bâtiment test abrite le laboratoire tipee. L’agence, implantée en France et à l’étranger, a reçu de nombreux prix prestigieux et développe une écriture sobre et une démarche attentive aux questions environnementales. DC

© Vinvent Lacoste / © Frédéric Le Lan / CdA La Rochelle / © Franck Tallon / © Agence d’architecture COQ&LEFRANCQ

Maître d’ouvrage : SARL Le Nouveau Patrimoine (Bayonne) / Livraison : 2017

Maison FU – aménagement d’une grange en habitation, Tamniès (24) AGENCE

Médiathèque de Sainte-Eulalie (33)

D’ARCHITECTURE

MARYSE AXELROUD ET ISABELLE FAIVRE-MONDIN, ARCHITECTES

COQ&LEFRANCQ

L’édifice s’étend sur 650 m2 en rez-de-chaussée, dans un contexte de type industriel et pavillonnaire. Une carapace protectrice en zinc recouvre le volume de l’espace de prêt au nord et à l’est. L’habile gestion de la lumière naturelle permet de varier les ambiances spatiales pour un confort optimal des usagers. Le volume dédié aux associations, de couleur vive, structure le parvis, sa façade se prolongeant à l’intérieur dans l’espace de prêt. L’ensemble constitue un signal urbain fort et accueillant. Depuis 1995, l’agence se consacre à l’aménagement d’espaces publics, mais aussi à la réalisation de bâtiments culturels (médiathèques de Saint-Seurin-sur-l’Isle, Trélissac, Gironde-sur-Dropt). DC

L’objectif était ici d’apporter une lumière naturelle abondante et maîtrisée, générant des ambiances variées. Le volume de la grange a permis de créer dans le séjour une double hauteur centrale autour de laquelle s’organisent les circulations de l’étage, via des passerelles ajourées. L’oriel en acier et grand vitrage de l’étage offre une large vue sur le paysage depuis le lit de la chambre principale. De nombreux matériaux ont été réemployés (moellons intérieurs, solives, portes anciennes) et mêlés à une expression plus contemporaine (la structure de planchers acier et bois est visible). L’agence, qui intervient dans tous types de programmes, développe une écriture élégante, nourrie de la substance des lieux. • DC

Delphine Costedoat remercie Mme de Larrard, responsable de la médiathèque.

coqlefrancq-archi.com

Maître d’ouvrage : Ville de Sainte-Eulalie / Livraison : 2017

Maître d’ouvrage : privé / Livraison : 2017

QLAADF SÉBASTIEN RIQUOIS, PAYSAGISTE

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TÊTES À TÊTES Portraits de ceux qui font vivre la culture en Nouvelle-Aquitaine. Des talents à suivre…

Anne-Hélène Hoog Directrice du musée de la bande dessinée d’Angoulême C’est un domaine qui ne lui est plus étranger. Directrice des collections au musée d’art et d’histoire du Judaïsme de Paris pendant 15 ans, Anne-Hélène Hoog s’est longuement familiarisée avec le neuvième art. Commissaire des expositions « De Superman au Chat du rabbin » et « Ô vous, frères humains », avec le dessinateur Luz en 2007, « Les mondes de Gotlib » en 2014, ou plus récemment « Goscinny, au-delà du rire », ce n’était peut-être pas un hasard qu’elle prenne aujourd’hui la direction du musée de la bande dessinée d’Angoulême, poste vacant depuis plus de deux ans. « L’envie de se renouveler, de relever un nouveau challenge » en lien avec la Charente, dont elle est originaire, entre également en compte. Pourtant, l’univers de la BD était peu présent dans sa jeunesse. Considéré à l’époque par sa mère, professeure de lettres classiques comme « bête et anti-texte », le neuvième art devait se déguster en cachette. Selon Anne-Hélène Hoog, « la bande dessinée est à réintégrer

Éric Quilleré Directeur de la danse de l’Opéra National de Bordeaux « J’ai la sensation que ça a toujours été là » : de ses premiers pas de danse au centre aéré de Vierzon, à l’Opéra National de Bordeaux, Éric Quilleré n’a jamais délaissé sa passion évidente. À l’issue de ses études à l’École de danse de l’Opéra de Paris, il intègre le corps de ballet en 1984 et sera promu premier danseur en 1991. Après avoir été engagé comme danseur étoile pendant six mois au Ballet de Nancy, il partage son temps entre l’Opéra de Paris et le Miami City Ballet, qu’il intégrera définitivement jusqu’à ses dernières représentations. En 2003, Charles Jude, alors directeur de la danse de l’Opéra de Bordeaux, lui offre le poste de maître de ballet, « un changement radical » pour le danseur, qui se place « avant tout au service du métier, [qu’il] aime pardessus tout ». Après de nombreuses années passées au sein de l’institution bordelaise, Éric Quilleré est nommé directeur de la danse en décembre dernier. En fin connaisseur de la maison, le nouveau directeur souhaite « offrir un souffle vers l’avenir » pour ses premiers cycles, en développant un partenariat avec l’Opéra de Paris et en faisant appel à Angelin Preljocaj, directeur du Centre chorégraphique national d’Aix-en-Provence. Cette collaboration de longue durée doit permettre d’offrir une ouverture contemporaine au Ballet de Bordeaux, grâce notamment à un important travail de fond, car « aujourd’hui, un danseur se doit d’aborder

tous les sujets. Il n’est pas danseur classique ou contemporain mais il est danseur avant tout. » VG opera-bordeaux.com

dans l’histoire de la culture, au même titre que le dessin d’art contemporain » et ne pas seulement être cantonnée à la

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© Quentin Petit / © Philippe B

culture populaire. Son ambition pour le musée est de diversifier les approches de la BD, un objectif qui se traduit par le renouvellement de l’exposition permanente, la refonte du parcours et l’introduction de nouvelles thématiques. L’interactivité et l’échange avec le public sont également primordiaux, afin d’appréhender ce « médium extrêmement intéressant et accessible, qui organise le temps et la pensée. Une révélation à chaque page ». VALENTIN GÉNY

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Olivier Desmettre Fondateur des éditions Do Si la carrière d’Olivier Desmettre est aujourd’hui indissociable de la littérature, «  tout est arrivé par accident  ». À l’adolescence, il ambitionne de suivre des études de lettres et sciences politiques mais intègre une école de commerce «  par défaut  ». Il effectue un stage au Centre régional des lettres d’Aquitaine, devient objecteur de conscience à Paris et regagne Bordeaux, sa ville natale, pour travailler dans une librairie d’entreprise. Le livre ne le quittera plus. Fort de ses dix années d’expérience en tant que directeur du festival bordelais Lettres du Monde jusqu’en 2014, Olivier Desmettre est resté fidèle aux littératures étrangères. En 2016, il crée et dirige les éditions Do, sa propre maison d’édition, qui valorise le format court et met en avant les écrits d’auteurs étrangers, souvent oubliés. Puisqu’« accueillir un texte nécessite de créer un objet à la hauteur du contenu », l’éditeur porte une attention particulière au travail des traducteurs professionnels et au support, confié au graphiste Éric Lasserre, alias Mr Thornill, son collaborateur de longue date. VG Pour sa première publication en France, Comment j’ai rencontré les poissons (Ota Pavel, traduit du tchèque par Barbora Faure, 2016) a reçu le prix Mémorable 2017 le 22 janvier. editionsdo.fr

Emmanuel de Cockborne

© Mr Thornill / © Emmanuel de Cockborne / © IJBA

Plasticien sculpteur En réalisant des sculptures de métal recyclé, Emmanuel de Cockborne, paysagiste de profession, fait « naître le règne végétal et animal à partir du fer », avec une préférence pour la soudure à l’arc. Diplômé de l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Bordeaux (ENSAP), il fonde en 2002, avec Anaïs Escavi, l’Atelier du Sablier, une agence de conception de paysages et d’illustration de projets. Après quelques années bordelaises, ils s’installent en Charente et réhabilitent une ancienne distillerie. En réutilisant les cuves de cognac et la ferraille issue de ces travaux, Emmanuel de Cockborne renoue avec la sculpture, une pratique déjà familière lors de ses études à l’école Olivier de Serres (ENSAAMA), à Paris. Perçu comme « une échappatoire créative », ce travail du métal recyclé permet au plasticien d’expliquer que « rien n’est vraiment perdu, le métal s’offre à toutes les possibilités. On peut toujours en tirer quelque chose de beau. » Avec Boris Le Floch et son atelier de recyclage Effervescence, Emmanuel de Cockborne doit livrer sa première commande publique en 2018 : une sculpture pour la commune de Barbezieux ayant pour sujet le troubadour Rigaud de Barbezieux. VG atelier-du-cruzeau.fr

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Arnaud Schwartz Directeur de l’Institut de journalisme Bordeaux Aquitaine (IJBA) « C’était avocat ou journaliste ». Ce sera directeur. Depuis octobre, Arnaud Schwartz est à la tête de l’IJBA, un retour aux sources pour cet ancien étudiant puisqu’il en est sorti diplômé en 1995*. Journaliste pigiste à l’issue de son service militaire, il intègre rapidement le groupe Bayard Presse par la porte de la presse jeunesse. En 2002, l’envie d’explorer d’autres territoires et de goûter à la presse quotidienne nationale le mène à La Croix, où il deviendra adjoint au chef du service Culture, en charge des pages Cinéma, « la conjonction entre vie professionnelle et passion d’adolescence ». Après vingt ans d’expérience, le « goût pour la transmission » et l’idée de « renvoyer l’ascenseur » le poussent à candidater au poste de directeur de l’IJBA. Le journaliste cinéphile souhaite continuer à développer le savoir-faire de l’école, tout en prenant soin d’entretenir l’esprit collectif cher à l’établissement : « Non pas formater

des journalistes, mais faire apparaître des journalistes chez chaque étudiant, avec leurs couleurs, leurs tonalités et leurs spécificités propres. » • VG * En 2006, l’IJBA se substitue à la filière journalisme de l’IUT Michel-de-Montaigne. ijba.fr

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L’UNIVERS DU festin

Le Festin, 176, rue Achard, Bordeaux-Bacalan Tram B Station New-York T. 05 56 69 72 46

Revue, livres, hors-série : à chaque saison ses nouveautés, ses rencontres et ses événements.

PRENEZ L’AIR… C’EST LE PRINTEMPS ! Quatre rendez-vous sont programmés pour célébrer le retour des beaux jours. Le 24 mars à midi, Marqueyssac ouvre ses jardins suspendus aux lecteurs du Festin pour le lancement du numéro 105. Autre occasion de célébrer cette parution le 4 avril, 18 h à Mongenan. Pour les adeptes de l’air marin, nous fêtons la parution du nouveau hors-série La Rochelle en 101 sites et monuments le 12 avril à la maison Henri-II et, pour les gourmands, Cambo n°13 sur le thème « À table ! » sera présenté le 29 mai dans la cour du restaurant Chez Frida.

RENCONTRES Avec Xavier Pagazani, Vincent Marabout et Line Becker, auteurs du nouveau volume de la collection nationale « Images du Patrimoine » : La vallée de la Vézère en Périgord. La fabrique d’un paysage le 22 mars à 18 h au Centre départemental de la communication de Périgueux puis le 29 mars à 18 h 30 au Pôle international de préhistoire des Eyzies-de-Tayac avec Adrienne Barroche, photographe du service de l’Inventaire (gratuit, réservation au 05 53 06 44 96).

Dates, horaires et informations complémentaires à suivre sur www.lefestin.net et les réseaux sociaux.

RÉSURRECTION DU GRAND MAL DE JEAN FORTON Le 29 mars, soirée exceptionnelle à la Machine à lire en présence des trois éditeurs du célèbre écrivain bordelais, à l’occasion de la réédition de son roman Le Grand Mal chez L’Éveilleur. Chez Frida le 22 avril, nous goûterons en écoutant les mots de l’écrivain.

le festin

TIENT SALON À Paris, au Salon du livre de Paris du 16 au 19 mars. À Bordeaux, à l’Escale du livre du 6 au 8 avril. À Dax, aux Rencontres à lire du 27 au 29 avril.

le festin vous accompagne dans vos pérégrinations urbaines avec la réédition du GrandThéâtre de Bordeaux (parution début mars ; coll. « Guides Le Festin ») en français et en anglais et avec Bordeaux. Les Formes du désir de Marc Saboya pour arpenter la ville au fil des décors architecturaux. Enfin, pour préparer vos balades estivales, paraîtra un nouveau guide du Festin (mai) consacré à la Ville d’Hiver d’Arcachon.

Le 22 mars à 18 h 30 « Les rendez-vous du Festin » autour du festin n° 105 à la bibliothèque de Bordeaux. Le 26 avril à 18 h 30, une soirée à Malagar met doublement Raymond Mauriac à l’honneur pour la parution au Festin de Raymond Mauriac, frère de l’autre de Patrick Rödel (coll. « Les Confidences ») et la réédition d’Individu (coll. « Les Merveilles »), roman de ce frère Mauriac méconnu.

ZOOM

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Place aux émotions fortes avec l’Éveilleur. Dans Le Plancher (parution mars), Perrine Le Querrec s’inspire du célèbre Plancher de Jeannot, chef-d’œuvre d’art brut, pour restituer avec poésie et puissance la tragédie d’une famille basculant dans la folie. En avril, prenez garde aux poupées ensorcelées de Brûle, sorcière, brûle ! d’Abraham Merritt, auteur d’un merveilleux roman… de terreur. Et pour les amateurs des grands espaces, Au cœur des grandes solitudes (mai) de J.-O. Curwood réveillera votre âme de trappeur dans une aventure à la Jack London au fin fond du wilderness canadienne.

© Jean-François Trémège

La galerie et librairie La Mauvaise Réputation exposent les photographies de Luc Chery à l’occasion de la publication chez l’Éveilleur de Drifting. Suites nocturnes 1983_1986 (texte de Michka Assayas) du 15 mars au 14 avril. Vernissage en présence du photographe le 15 mars à 18 h et dédicace le 5 avril à 18 h.

FOLIE, SORCELLERIE ET GRAND AIR

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COUP D'ŒIL D'ABONNÉS INSTANTANÉ

Lecteurs mais aussi arpenteurs des territoires néo-aquitains et observateurs sensibles de leur environnement culturel, les abonnés du Festin nous font part de leurs coups de cœur, découvertes et suggestions. Chaque trimestre, cette page leur sera dédiée.

URGENCE Liliane Dubuisson (33)

du spectaculaire ensemble scolaire de Donnezac situé près de Reignac dans le nord de la Gironde.

TROUVAILLE

Nanou Fromentière (24)

L’abbaye bénédictine Saint-Pierre-ès-Liens à Tourtoirac est la plus ancienne du Périgord. Elle a subi de nombreuses transformations au cours de l’histoire. Aujourd’hui, les vestiges de cet ensemble sont dans un état sanitaire inquiétant. La Direction régionale des affaires culturelles de la NouvelleAquitaine et les amis de l’Abbaye ont diligenté une étude diagnostique afin d’identifier les urgences et d’établir un protocole de restauration. Une sauvegarde est impérative. Vous pouvez visiter le site en vous adressant à : abbayedetourtoirac@ gmail.com

Jean Tucco-Chala (40)

Chinée sur la Côte basque, cette aquarelle de Georges de Sonneville, représentant le pont routier entre Saint-Jean-de-Luz et Ciboure vers 1920.

RÉOUVERTURE

J. Martin (17)

« En 2014, un incendie ravageait le magnifique cinéma Art déco L'Eden de Saint-Jean-d'Angély. Un brise-cœur pour nous autres Angériens qui étions et sommes toujours très attachés à ce site ! Les travaux de restauration sont en cours et son inauguration prévue en septembre prochain. »

Vous êtes abonné, vous avez des idées, des conseils, des propositions à nous faire ? N'hésitez pas, écrivez-nous à l'adresse suivante : julie.brochard@mail.lefestin.net

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126 { PRINTEMPS 2018 } le festin

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DIRECTEUR ARTISTIQUE Franck Tallon 05 56 89 81 23 contact@francktallon.com

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION RÉDACTEUR EN CHEF Xavier Rosan 05 56 69 72 46 contact@mail.lefestin.net

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Ville de Limoges, p. 2 Musée et jardins Cécile Sabourdy, p. 7 Les Jardins Sothys, p. 7 Musée des beaux-arts de Bordeaux, p. 15 Frida, p. 15 Tauzia fête les jardins, p. 19 Villa Arnaga, p. 23 Château Cordeillan-Bages, p. 23 Ville de Bordeaux, p. 25 Château de Mongenan, p. 31 Les Jardins des Rives, p. 31

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CHARGÉE DES RELATIONS PUBLIQUES ET COMMERCIALES Julie Brochard 05 57 10 58 60 julie.brochard@mail.lefestin.net CHARGÉE DE COMMUNICATION Maeva Auclin 05 56 69 72 46 communication@mail.lefestin.net CHARGÉES DE DIFFUSION Anabelle Vischi 05 57 10 58 67 diffusion@mail.lefestin.net Estelle Fromy 05 57 10 58 67 diffusion2@mail.lefestin.net CHARGÉ DE DISTRIBUTION Jordy Pirot distribution@mail.lefestin.net CHARGÉE DES PUBLICITÉS Catherine Plazanet 06 73 20 40 82 publicites@mail.lefestin.net -----

FONDATEURS Olivier Schiltz, Xavier Rosan

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DIRECTEUR COMMERCIAL David Vincent 05 57 10 58 62 david.vincent@mail.lefestin.net

PRÉSIDENT DU COMITÉ SCIENTIFIQUE Dominique Dussol

Pour tout renseignement : diffusion@mail.lefestin.net

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PHOTOGRAVURE Christelle et François Veaux

Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques, p. 37 L'Arbre Vengeur, p. 115 La Grande Maison de Bernard Magrez, p. 119 L'Escale du Livre, p. 122 Chantier naval Dubourdieu, p. 125 Région Nouvelle-Aquitaine, 2e de couverture Ville de Bègles, Musée de la Création Franche, 3e de couverture Bordeaux Métropole, 4e de couverture

----le festin Association type loi 1901 176, rue Achard / Bât. F1 - 33300 Bordeaux T. : 05 56 69 72 46 Fax : 05 56 36 12 71 e-mail : contact@mail.lefestin.net site : www.lefestin.net ----ISSN : 1143-676 X ISBN : 978-2-36062-194-1 Commission paritaire : 0419 G 81803

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Le Festin #105 - Jardins extraordinaires  
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