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No 06 l'Ecole primaire, 15 Mars 1904

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J\ro 6

XX.111° année

1904:

88 jouer; que de joyeux ébats dilatent les cœurs et les poitrines. Donnez du soleil et du grand air à ceis affamés d'oxigène. Pui'S, demandez l'attention et lisez, en l'a leur commentant, une belle page judicieusement choi'Sie dans votre bibliothèque, un jour une poésie, un autre jour une histoire, mais dégagez touj.ours une morale en faveur de la vie des champs. Parlez aussi, de temps en temps, des tristesses de la vi<> d'atelier. La cause qui nous est chère ne peut que gagner au contraste. Le soir vous les 1·amènerez meilleurs sous leurs toits rustique.s, et si vous avez dû consacrer à cette utile excursion une de vos après-midi de repos, ne la regrettez pas; vous avez fait le bien, votre sommeil en sera plus doux; vous avez fait une œuvre ,sainte, car, Virgile l'a dit, et après lui le bon abbé Delille: « Qui fait aimer les champs, fait aimer la vertu. >> Agréez, Monsieur l'instituteur, !',assurance de mes sentiments dévoués. A.duc, agricola.

••••• Variétés * A PROPOS DEl BIERE. - Tout récemment, M. le Dr Monin a publié d,a.ns un jour nal Wl article où il fa[t ressortir les qualités de la bière. M. le Dr Forel, ancien professeur à Zurich, réfutant son collègue, s'exprime comme suit: « C'est l'alcool que la bière contient qui pousse surtout à lai consommation. » En fa.briquant la bière on enlève a.u peuple une bonne partie des céréales, qui sont ses meilleures substances •alimentaires, pour en faire une boisson enivxante. Voilà la véxité. · » La bière engraisse, oui, mais en •wlcoolisant. Elle infiltr,e les tiS!Sus du coQ"I)S d'une mauvai,s e graisse pathologique qui les surcharge et les fait dégénérer. Est-ce pour rie!n que le profe~;:,eur Bollinger, de Munich, a. prouvé les ravages ,effroyables du « Bierherz » (cœur de bière) et du « Bierniere·» (rein de bière) dans le para.dis de la. bière, en Bavière? Des milliers de personnes en meu-

rent, grii.ce à la dénênératio.n graisseuse qui hypertrophie et d.11ate le cœur en le détériora.nt, et qui produit des néphrites non moii.ns dangereuses. Ces affections conduise111t i\ l'hydropisie,, Au congrès de Brême, le Dr Delbrück a clairement ·prouvé, chiffres en mruins, que l'alcolisme par la bière était bien plus dangereux pour l'Allemagne que celui de l'eau-de-vie etl du vin. >) Quant aux vertus hygiéniques de la bière que prône M. Monin, je ne les ai jamais vues ,aillem'.s que dans l'imagination de certains médec1ns et des hafütués de lllJ « Bierlmeipe )), sauf le fait que la bière engraisse de la façon indiquée ci-devant et qu'elle endort, paralyse et alourdit, comme tout alcool. J'en ai pourtant vu des milliers de ces buveurs de bière dam.s ma longue ca'l-rière médicale en pays ger.maniques, à Munich et à Zurich; et là j' ai vu la bière non pas améliorer la digestion, mais la. délabrer souvent entièrement., non pas guérir leis phtisiques, mais les a.chevex, non pas donner du lait aux nourrices, maia le leur enlever (comme ce-la· a été du r este prouvé à satiété), non pas accélérer les convalescences, mais le!s ralentir, non paos xessusciter, mais abrutir ou tuer. >> En alourdissant }'esprit, les sentiments et la volonté, c'est-à-dire le cerveau, la bière est de toutes l es boissons alcooUques celle qui colle le plus à la. ta,ble, qui fait perdre le ,p lus de temps et qui pousse le plus à une absorption cle quantités démesurées. >> Faisant le bilan de l'action sociale, morale et physique de la bière, tant pour l'homme sain que pour l'homme malade, je me vois donc obligé, de par les faits passés au crible de la critique scientifique, de contredire M·. Monin et de dénoncer lai bière comme une peste sociale alcoolique, pour laquelle nous n 'avons ce:rtes aucun besoin de f.aire de la réclame, dans un pays de vin surtout.»

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ORGANE DE LA

SOCIÉTÉ VALAISANNE D'EDUCATION = = = = = ==

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L'Ecole primaire donne de 15 à 18 livraisons de 16 pages ~hacune, non compris la couverture, et autant de suppléments de 8 a 16 pages pendant l'année ordinaire de 12 mois. Prix d'abonnement : Suisse fr. 2.50 Union postale fr. 3 Tout cc qu, concl.'-tinc ht publicQtion doit ~tri.'- adnssé dirl.'-Ctl.'-ment 1er secrétaire à l'instruction publiqu"-, à Sion.

èt M . P. PICiNAT,

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* L'instituteur vient d'expliquer que dans un qu art il y a deux huitièmes. Voyant qu' un élève n' a pas écouté, il l'interpelle: Charles, qu'y a-t-il clans un quart? - De la mousse, répond le bambin, dont le père tient une braisserie.

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* Un gamin revient de l'école, oü il a reçu sa première le<:;on de musique chiffrée. Maman, je crois que la maîtres.se est maboule. - Pourquoi, mon garçon? - Ce matin, figure-toi , elle nous a fait chanter l'a~·ithméthique.

CJ'est lorsqu'on est savant qu'on est le plus capable I Vinet/ d'être simple.


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niers de l'instruction primaire t!n ('U· treprenant de les doter d' une rn isse 111: * Le.s cahiers à l'école. Leur t enue. ·r etraite. Dans ce but, il s' entoure a, · (l. Cahier de devoirs mensuel s ou .;a· tuellement de tous les éléments néce,s hier de compositions). - * Aimons no- · saires en s'enquérant auprès des diffétre profession. - * Une visite à l'mco- rents canton s de leurs lois l't règlPle ménagère de Romont, le 22 février ments sur la matière, pour ,m fair!:' 1904. - * Comment je m'y prends l'obj et d' une étude approfondie et élapour enseigner · l'orthographe. borer le projet qu'il se propose de pré* Pourquoi l'instituteur doit-il êt re un senter en cc sens dans un avenir lJlus homme de travail et de dévouement. ou moins prochain. L',,Ecole primail'e" * Apprendre à parler aux élèves, de ne manquera pas de tenir ses lccteuni nos écoles. - A que') âge un eilfanit au-courant d'une question qui les intfidoit-il ,savoir lfre ? - * Calcul mental. rnsse 'à juste titre à un si bau I degré. - L'éducation de la volonté (Conseils et à laquelle les pouvoirs publies s'efpratiques. Résolutions adoptées dam, for,ceront, n ous n'en doutons pas, cl(• une conférence pédagogique). Le donner une solution compatible tont i\ goüt de la lecture. - L'art d'écrire la fois ave,c les légitimes désirs du peut-il ,s'enseigner? - Les composd- corps enseignant et les modestNi l'l'H· tions périodiques. - Variétés. sources dont dispose le pays.

Supplément N° 6 de rEcole. 1

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SommaÏre du Supplément

Examens des 1•ec1•ues 1903.

En Dieu seul le bonheur. - Le miracle de l'ile Bourbon. - VeDs la féùie.ité. - Un poète vala.iisan (Léon Roten). - Da viande (causerie à propos du Carême). - Soyez sages, mes enfants. - Du choix d'un métier. - Dans le · mo·n de des phénomènes. - Pour avofr de la chan ce. - Bounasques et éclaircies. - Le départ du )t[i,ssionnaire. - Le petit s·culptE>ur. - Variété:,;. -o-

Kons donnons ci-après l e, l'ésultat prnvisoire des examens de nos 1·ecrups pom· l'automne del'nier compa 1·é a ,·ec celui de l'année précédente. Nous disons JJ1·ovisoii·e à desseiu, pom· biPn laisser entendre qne la moyenne g<:nérale, tant pour l'ensemble du canton que pour ses différents dis1T icts, pPnt subir nne légère modification en on en - du fait qne le Dépnrtellic>nl de· l'lnshnction publiqne manquai! de ee1·tains élémPnt s pour po 11Yoie fonrnil' un travail absolument tompl<'t. ( " Psi ai nsi que l'on n'a pu fa ire· Pnfre1· t·n lig-1w de compte les notPs ohknnPs pnr cles recrues valais-amws qni ont ,s nbi lPs Px::i 111ens dans d'auh"cs ca11tons, él <-· nwnt dont scu I f'St ('Il ]JOSSPRSiou l P f1m·eau féMral dp sfat istiq11P qui ce11tra·liRP P1 cl;•.RsifiP lc>s 1·ésnHats pon t' toutP la Ru ii-se. CP u'c·iü donc qne da11s quelques mois, loi-sque parnîüa sa publication annuelle il ee sujet. que nons ,s ei·ous définitivement fixc"s. Le fa hlE>a 11 ri-dPSSOllS DE' COJlCCl'llP don c q li(:: les 1·ec1·ncs ralaisam, es ayant passé le

CaÏsse de retraUe, Le personnel enseignant primaire apprendra eertainement .avec plaisir qn'à part tous les efforts déjà faits pnr l<> Département de l'Instruction publiq nP daus le sens de l'augmenlation des traitenwnts, une nouve;lle question es,t à ·l 'étude pour améliorPr em:ore cPtte situation. Le je une et aetif magisti-at ])l'éposé à la direction de ce dicastèJ'E> - suivant ein cola l'exemple de ses prédéccs,seurs - tient en effet à prouyer i-a sollicitude ponr les intérêts lleS modestes et dévo11és ]JÏOn-

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recrntcmE>nt dons le ocinton même. Selon tontes prévisions, les chiffres que 110 us publ ions peuvent d'ailleurs être l'HYÜ;agés comme se rapprocltaut de tn~·s près de la réalité, les notes d'u11e viugtainc de recrues examinées a illeurs qu' en Valais ne de,ant guère infl1wuce1· ln moyenne générale du cantoll. Tout au pl nis la note on le rang <k l' un ou l'a nüe dis1 l"ict pem·ent s'en 1rot1'"<'L' modifiés ou déplacés suivant lc's chiffres que l'on couuaHra plus tard. En aHeudnnt cons lalons nu uou1·l•,1n lé.g<•L' pl'ogL"è::; ,\ cet endroit su 1· l<·s ('Xa lll PUR dP 1.902.

/)!N 'l ' h'!Cr:::,

J. Rarugne :!. <'011clics :1. P,u( 1·l'l110ll t :1-. Siou .J.. Loècl1 l' (i. i-\t-1Ln m·i('l' 7. 1fo1li"hl'y ~. <'ontlll'y !). BrigïtC LO. Y iègr J1. 1fortiguy p Rit11Te m. TTC-l'CllS

/!)0.1

7.7.34 7.G:l 7.77 7.77 7.!)0 8.2G

l!JU.3

+7,8J +7.82 - 7.02 + s.-

+n.i-12 - 7.40 +s.44

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-7.82

8.40 8.42

+ n.+n.22 + !l.17 -8.70 - 7.91

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RS!l n.:12

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(5)

(3) llJ (7) (13) (2) (8) (;{)

(10) (12) (11) (!)) (6)

l\lo_rPlllll' 8.lG +8.25 iudiq1w p1·og1·t·H; - = 1·e(' 11l, snr la 1110,, ·pn ne dP l'.11111(,e prétédentP.)

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Ecoles nol'males <Jours de l'épéfi.tio11 1G\l. l c> i- iustitute1w:,; (ll\s deux lan-

i11for mÉ'S q 11'1111 eom·s de t·é~<"tHiou prépantioire it l'examen pon1· l'obtPntion du bl'en•t définitif, aurn liP'll pendant les wois de mai t"t de .J ni 11. LPs im;uiptions sc1·ou 1 rec,;ues au Dép. de ,l 'lnstrndiou pnl>liqne jrnsqu' an 15 n ni'1. ~5 caudidats pourront êti-e admi•s . Si le nombre des inscriptions dépasse ce o·tll'::l ,-0111_

chiffre, les admissions seront détermillées par l'ancienneté des brevets. ~ion, le !) mars 1904. Le Chef du Département L. Rey.

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}1M. les Institutem·,s dont l'in1scL"ip1_ ion a été prise a Yant ce jpnr, et qui cnseigncut en 1U03-04 soI1Jt to·us admis à sn ine le cours. 1En voici la liste: 1IM. llerthod ,Jean, Vernamiège, Botgeaud Cypl'icn, CoUom~ey, BO'ù l'geois Pre-J os., Bovermer, D ela.Joie Ernest, Lens, Dnbnis Gustave, Bramois, Fa rquPt Joseph, Fully, Fracliebou.r g Clément, Vet·n~1 yaz, ( l·illioz Piene, St-Luc, (, itoud Frnnçoi:,;, T,a Hâtiaz, Hh·itier GPrma in, Ra.vièisc, J 01·is 11a 11rice, Ors,i ères, i\féfrai llc l' AntoJnP, St-Jean, i\fonnet Louis, Riddes l'P1Ta udin A ng nste, Hagnei,;, H.oh ,Ju]iPu, Oonth ey, Vonhtr. Léon, ·S embrau.c hel'. .\. 11 cas où l'nn on l'antre des instiituk nrn ci-d<•ss ns désignés L'E> tircra.it so11 iuHc-1·iption pou L" une en rnse on l'autre, Jp Départe111ent en devrait être avisé jnsqu'au 1er a1;ril, afin de réserver à cl'autn's postulauis les 2 011 3 places f[ ni pon nn i<>u t Mn· on devenir encore dispon.iblPs aprè_'s ce'lles réservées aux r::iud idats de langue a llemande. 1

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Confé1•ences d'ÏnstUuteurs A.no11d. cle Sio n Les iustitutenrs de cet a LTondissellll"lÜ nneont lem· conférence dn cou1·s srnlai i-e 1903-04, ~t .Sion, le 2,2 mars à. ~l 1/ 2 h. du matin.

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St-JI cw1·ice-1lfonthey La conférence annuelle des institntnrns de l'arroudissement occidental est fixée au mercredi, 13 avril pro-


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chain. Elle aura lieu à Dorénar., :1. la maison d'école, avee l'ord1·e du jour sni nmt: 9. h. - Compte-rendu de la précédente conférence. Nomination du bnrPan. Lecture des tra vaux. Propositions. individuelles. - 10 1/2 h. Leçons pratiques. Critique. Fixation de la prochaine conférence. - 12 'h. Banquet. (Prière de se munir du recueil d e l"lrnnts. - 3 h. Olôtur-e et départ pour la garP de Vernayaz. (Commnniq·né clc l'lni,pectomt.) -o-

Sou,·enir personnel. LP 10 de cP mois, l<-> gérant de 1',;E(·ol<:> pl'imaire" a commencé s,L ~Se anuée de se1·vicP ,eomnw secrétaire au Département de l'Instrnction pnbligue. T,ors dP s,a nomination à ret Prnploi, le n mars 1877 l'honorable )1. Henri Hioh y , adul'llemPnt Co,nSl'i ller national e t président de la Cour d'Appt>l, dirigeait re dépaetPmP11i". Les dt>ux -snccesseurs dP ce haut rnaµ;istrat fnn•nt - on ne l'ignore point - )DL Léon Rot-en d .\.ehille f1 ha ppar.. qui out q ni tté eP monde. le premier k 5 août 1898, !(, second 1< 5 octobre rno2. M. Laurent RPy, <;hef actuel du Dép:1l'iPme1It, Pst don(· lP 4e Conseilkr d 'Ehtt ;ippPlé ü sa dirPdion rlepuis l'entrée en vigucm' dP la. lo,i s 111· l'insfrnciion publiquf', du 4- juiu 1873, laqnp]le <'nt pom· aute ur U. Tiiolvv. ;l qui reYient en nH'lDP tf'111ps lP mé.ritP d'avoi1· réorganis(i l'instn1dion primaire en Valais. 0

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Examens d'émancipation. ):f'M. les 1ns,p ecteurs scolaires sont pritss df' faire, jusqu'au lei· avrj], Jeur,s propositions il M. Je Clwf de l'fn strurtion publiqm~ quant il la fixation des jours, heures et lie ux des prochain8 examens d'émancipatirnn. Il s era t enu compte, dans la mesure du possibl<:', 1

dPs dP>sirs qni sPront exprirné,s à CPt éga 1·d, le DéparteUient deYant· se réser. Yer, en effet , suivant les circonstances, df' m odiifie1: les dates proposées· au cas où elles se trouveraient être l<•f! mêmes pour différf'nts disüicts. L'f poque définitivement adoptée sera ensnitf' indiq née pour tout Je canton dans le ,,Bull etin officiel'. (Oomrnuniqué.) -0-

llegistre matricule. Ce formnlain> :i été adressé dPtnit•rf'me1It à, tout le personnPl enseignant des éeoleR primaires et df> répétition. ,\ u ('HS où des ill'stitutcurs ou des insiitutt-iees auraif'nt pu être inrnlontair eme11t prétérités dans les envois ùn Département, ils sont informés qtw l<' Seerétal'int de relui-ci ou MM. Jc-s Inspecteurs seolaire,s poi,;spdent tonjoun, d<> ('f'S impr.imés (Ju'cn (';)S de perte 011 dP d<"térioration l'on peut t emplaeer sur demande. -0-

.A nos· co1.·1.·espondants. Nom: ùevon s prévenir nos chers collahorateun; ou correspondants (]ne leurs artide~ ou communications. ponr pouvoir êtl'e iuRérés snns r ef(l.rÙ doivent uom, parvenir au rnoius ii jours avnnt l 'exp(•ditiou du N". Ainsi. pour la; livrai sou du l<'r Avril , par exemi1ple,, les manu serits doivent être arriVPS jnsqu'nu 25 mars. pour cell e du 15 n.vril, jm:qn'an 10. l~t ainsi cle suite vour les aub'C'H moi s dP l'année. A ce Lléfant, il y a r e.uvoi forcé au ?-1° s uivant. Ceci pour peirmett.re h la publicatfon de parnîh·e s,1.n s nncnn retanl ù. la date indiquée par la couvp11·tnre. Les manuscrits peuvent tonjour" ètrl' aLlressés directement ou pnr l'intcrmélliaire tlu Secrétariat clu Département.

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Valais agricole. :No11s rn.ppelons que ,U l\L lc•s lnstitutenns désireux d(' s 'abonner à cete ntiilP publfration j ouissent d'un prix de faveur. A insi, l'abonnement qui, dans la règle, e,st de 2 fr. 50 pai· an, est ré· duit pou r eux à fr. 1,50.

SION, 16 Mars 1904:

ttn:tme

ann~e

L'ECOLE PRIMAIRE ORGANE DE LA

SOCIETE VALAISANBB D'EDUCA.TI01' * Des cahiers

non avec les autres, mais avec lui-même, de manière à proportionner le mérite non au succès, mais à l'effort personnel. Pour moi, il permet de m'as,suLes ca hiers que j'ai adoptés dans mon t'er périodiquement si la cla,sse tout école sont: entière, et non pas seulement l'élite, l. Le cahier de devoirs mensuels sersuit bien le programme et profite des vant de cahier de compositions ; 2. Le cahier de devoirs journaliers ; leç:ons dans toutes les parties de l'en3. Le cahier méthode d'écriture ; seignement. 4. Le cahier de roulement. Aussi ce cahier de compos'itions réI. Cahier; de:devoirs mensuels clame-t-il tous mes soins et toute l'attention des enfants. J'exige de leur ou cahier de_1compositions C:haq ue élère qui sait écrire reçoit pa1·t, relativement à ce cahier, Uni.' tenu eahier spécial, qu' il conserve pen- nue nrntérielle irréprochable et une rlant toute la durée de la scolarité. Le application sérieuse, c'est-à-dire une ptPmier devoir- de chaque mois compo- propl'eté exquise, la mise de foutes les Hition dans chaque ordre d'études, indi cations et d'n goût dans la disposis'inscrit sur ce cahier, par l'élève, en tion des devoirs. De mon côté, je fais l'lassP, sans sf'cou,rs étranger. L'ensem- l'impossible pour choisir, chaque mois, bl e de ces deYoirs permet ainsi de sui- dPs sujets de compositions appropriés ne la série des exercices et d'appré- à la. force des élèves et en harmonie (·in les progrès des élèves de mois en avec le programme; pour le,s co1·riger mois, d"année en année. Ce cahier est et les annoter en marge d'une façon la propriété de l'élève, mais j' en ai la . suffisante, judicieuse et encourageante, garde tant que l'enfant reste à l'éco- et pour ne jamais oublier d'y mentionner les absences de l'élève et son pasle; je le lui remets définitivement . en. so1't. Tout élève qui passe' sage dans un aufre cours. quand 11 La remise de ces cahiers aux élèves dans une autre école emporte ce case fait avec une certaine solennité: le hier, le présente à son nouveau maitre qui peut ainsi classer la nouvelle re'. jour où elle a lieu doit compter dans la r:rne sans tâtonnement ni perte de vie des enfants. Pour le leur faire comtemps,• la• couverture portant l'âcre du prendre, voici les recommandations b p1·opr1étmre, le cours auquel il appar- que je leur a:d,r esse en cette circonstient et le temps qu'il compte de pré- tance: « Enfants, ce cahier vous est remis pour être le compagnon et le témoin Rence à l'école. Lf'R avantages de ce cahier n'échaip- de vos ,études durant tout le temps que pent à p er,sonne. Il habitue les élèves vous passerez à l'école. Tous les mois, et leurs parPnts à mesurer les. progrès vous y remplirez quelques pages seude chaque enfant par comparaison, lement; ce deyoir, vous le ferez de vo-

à l'école Leur tenue


8S ire mieux, en classe, sans. vous faire aider de personne, de mamère que c~ soit bien votre travail, et non celm d'un camarade. Et vous continuerez ainsi jusqu'à votre so,rtie de l'école, c'est-à-dire jus,qu'à ce que vous ayez obtenu votre certificat ù'émancipation. A mesure que ce cahier se remplira, vous aurez le plaisir de voir vousmême en le feuilletant les progrès que vous aurez faits: on pourra les mesurer d'un coup <l:'œil en comparant les dernières pages aux premières; on verra si vous avez mérité de passer du cours élémentaire au cours moyen, et de celui-ci au cours supérieur. Ces compositions mensuelles ainsi réunies ne formeront qu'un petit volume. Cependant elles ·seront en quelque sorte le résumé de toute votre enfance, l'histoire sommaire de vo.s huit ou sept années d'études. Vous serez heureux d'emporter ce souvenir de votre école le jour où vous en sortirez pour n'y plus revenir; vous garderez soign.e usement ce modeste recueil, qui témoignera devant vous-mêmes et de· ,,ant tous ce que vous avez été dans votre jeune âge. Enfants, fatites en sorte de pouvoir un jour regarder cet abrégé de votre vie scolaire ,s ans avoir à en rougir! Il n'est pais indispensable pour cela que vous soyez un des premiers élèves de voti·e classe : l'avantage de ce cahier, c'est précisément qu'il n'a pais pour but de vous comparer à vos camara· des, mais de vous comparer successivement vous-mêmes à vous-mêmes. Il ne s'agit pas de montrer :si vous êtes plus intelligents, plus habiles, plus instruits que tel ou tel a.utre élève, mais bien de montrer, chagu·e mois, chaque année, si vous êtes plus habiles et plus instruits que vous ne l'~tiez qu1?lq ue temps auparava.nt, si yous avez tâché de valoh' mieux aujour-

d'hui qu'hier, ,si vous tâ.chez de va.loi mieux enco·re demain qu'aujourd'h · Appliquez-vous, chers enfants! cahier est là sous V<,.; yeux, encore tou blanc, prêt à recevon- mut ce que vo saurez y Lllettre de bon, tout ce qu peut vous faire honneur et en mêm temps fa.ire plaisir à vous, à vos pa rents et à votre maître: de belles pa ges d'écriture, de bonnes dictées, d devoirs soignés d''bi,stoire, de géogra phie, de calcul, d'instruction civique ap:pliquez-vous dès les premières pa ges; si celles-là sont remplies à vot satisfaction, vous voudrez q ne les sui nmtes le soient mieux encore. Faire toujours des efforts afin d faire toujours des progl'èS: c' est la l de l'école, parce que c'es,t la loi de l vie: le,s hommes y sont soumis tou comme les enfants. 1Ue cahier vous ai dera peut-être à vous la rappeler, e vous invitant à vo u,s examiner vou mèrnes fréquemment. Enfants, songez encore à ceci: on n travaille pat:! pour soi seul dans · monde, on travaille aussi pour 'les au tres. Les petits enfants même, sa'Il'S penser, travaillent pour leurs paren et pour leur pays, car les bons écolier font les fils respectueux et soumis e les vrais eitoyens. Employez-vous bie vos jeunes .années"? profitez-vous s rieusenwnt de tous les moyens d'in truction q ne le Canton prend ,soin d'o frir à tous ses enfants"? vous pourr rendre un jour à la patrie ce qu'ell fait aujourd'hui pour vous. Le Valai a besoin de travailleurs et de gens d bien: vous ,s erez de ceux-là, si vo vous y préparez dès maintenant. N perrlez donc pas votre temps, vo n'en avez pas le droit: le paresseu fait du tort à lui-même sans doute>, fait du tort ~urtont à sa famillP et son pays. Si vorns tra,·ersez quelque momen de faibles,se, de découragement, e

fants, ne vous laissez pa;s abattre; et, pour reprendre courage, dites-vous tout bas à vous-mêmes: Non, nous ne voulons pas être de,s inutiles sur la terre, des ingrats envers nos parents, des ingrats envers notre patrie! Nous voulons travaille,·, nons youlons. devenir meilleurs, nous voulons devenir des saints, non seulement pat·ce que c'est notre intérêt, mais parce que c'est notre devoir. » (A suivre.)

* Aimons notl'e 1•rofe88ion Cher Collègue,

Pour que nous 11011s attachions à uotrc école, il faut que nous a.nmons notl'e profession. Qui n'a pas l'amour de ::ion état est à :plaindre, l'institut eur plus qut· tout autre. Ayons cette noble passion, mon ami. Quelle que soit l'instruction que nous ayons acf[Uise, gardons-nous d'imiter ces instituteurs qui se croient fort au-dessus de leurs humbles devoirs, et qui, par f'ette prétention même, s' en montrent indignes. Gardons-nous surtout d'imiter ceux qui déclament sans cesse eontre le ministère qu'ils exercent, qui Je supportent impatiemment comme une chaîne à laquelle ils restent attachés malgré eux, qui en exagèrent continuellement les inconvénients t't les ennuis, et qui ne cessent de se répandre sur leur propre sort en plaintes amères. ,Celui qni n' aime pa,s sa profes,sion l'exerce à contre-cœur et par conséquent l'exerce mal. Comment croira-t-on que nous aimons nos élève-s, si nous nous plaignons sans cesse d' être obligés de les instruire, et si nons montrons dans nos rapports avec eux, non le dévouement d'un ami, mais la résignation d'un esclave? Cette haine de notre •profession est vraÏlm'nt al>surde. Réfléchissons et nous nous convaincrons que ce serait

un malheur pour nous d'en embrasser une autre. En général les positions qne nous pom·rions substituer à la nôtre ,sont aussi pénibles, quelquesunes nn peu plus lucratives, mai~ nulle n'est plus honorable. Hi ces considérations n'ont pa,s sur nous d'influence, si réellement notre profession nous déplait, quittons-la. Un bon manouvrier, satisfait de son état, vaut mieux qu' un instituteur m~· content de sa position. . Il n'est peut-être pas d'homme plus malheureux qu'un instituteur que l'enseignement fatigue et ennuie. C'est en vain qu'il est présent à l'école; il en est absent par la pensée. Son imagination est loin de là. Il soupire après le moment qui mettra fin à sa classe, c'est-à-dire à son supplice. Chaque minute d' attente est pour lui un siècle. Sans cesse il accuse la lenteur d,e s heures; mais plus il semble hâter leur marche, plus elles semblent se traîner péniblement. Si ce malheureux collègue savait faire sur lui-même un généreux effort, l'attention qu'il donnerait à sa classe serait pour lui mille fois moins pénible que le supplice qu'il y endure. Ces heures qui lui semblent ,si lentes couleraient avec rapidité. Ainsi quand ce ne serait pas un motif de con,science, mais seulement pour échapper à l'ennui qui le tue, il devrait aimer son de· voir. Préservons-nous donc, cher collègue, de cet odieux travers; aimons notre profes,sion. Aimons aussi l'enfance; ne nous laissons pa,s rebuter m;ême par son ingratitude, qui donne à notre dévouement un mérite de plus. Ca_r si nous dédaignons notre profes·Sion, notre profession ne nous honorera pas. Les enfants se trouveront aussi peu saüsfaits de nous avoir pour maîtres que nous de les a.voir pour élèves. Plus nous paraîtrons dégofttés d'e notre condition, plus ils s'en-


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84 nuîe ront de la leur: car comment recevraient-ils avec plaisir des leçons que nous leur donnons avec répugnance? Quand ils nous entendent dire de no,s fonctions,: « Quel maudit métier!» ... n'auraient-ils pa,s raison de dire de leur elasse: « Quel enfer!!?» ... François PerraiuUn, inst.

* Une vi8ite à PEcole ménagère de Romont le 22 février 1904 L'Ecole est située au bout de la rue. Un rez-de-chaussée, composé d'une spacieuse chambre bien éclairée, et dont les boiseries et les tapisseries claires donnent une note gaie à la salle. Des tables et des tabourets e.n bois verni,s, un grand tableau noir, un pupitre et une armoire à deux battants complètent le mobilier. A côté, une cuisine simple et proprette, un caveau pour les provisions et dehors, sous les fenêtres, le jardin potager qui sert aux leçons prat iques, de jardinage: voilà l'Ecole ménagère de Romont. 1C'e-st bien simple à établir, et cela rend des services inappréciables. Sœur Berarda, dont c'est le domaine, est une jeune religieuse théodosienne, à la physionomie remarquablement int elligente. Quoique Argovienne, elle parle le français si purement, qu'on la croirait d'origine français.e. Quatre fois par semaine, les jeune,s Romontoises, ainsi que les jeunes filles des environs, celles qui sont sorties de l'école primaire, arrivent par groupes de douze élèves pour apprendre la cuisine, la coupe et la confection de la lingerie et des vêtements; la couture et le raccommodage sous l'habile direction de la Sœur. Les jeunes filles réunies dans la salle de travail y reçoivent d'abord un cours théorique sur le travail à faire

à la cmsrne, ,s ur les avantages qu'on trouve à l'exécuter soi-même, ,s ur la néces,s ité de s'en occuper, et de le comprendre bien, sur la propreté qui doit y régner; enfin sur la valeur n utritive des aliments employés. Quelquefois, pour être ,s ûre d'avoir été compl"ise, la maîtresse fait faire une composition sur l'enseignehient d'économie domestique et de ménage qu'elle vien t de donner. La dernière composition dema,ndait à l'élève d'expliquer la man.ière ùe nettoyer à fond une chambre; et comme les jeunes filles ont presque toutes un brin de poésie dans, l'âme, el· les avaient trouvé le moyeu d'en mettre même dans une composition aussi prosaïque. L'orthographe est très bonné et témoigne, ainsi que le style fa cile, d'une instruction primaire sérieuse qui fait honneur aux maitrPsses de l'école primaire de Romont. Mais la le<.;on théoriq ne est terminée, il faut maintenant la mettre en prat ique. La maîtresse a écrit sur Je, tableau noir le menu du jour: il ,s'agit de l'exécuter. Lesélèvesdivisée>senplusieurs sections se partagent la besu· gne, mais c'est la maitl'esse qui détermine l'ouvrage de celle qui ne doit s' occuper que de l'entretien du feu , comme de celle qui va prendre la responsabilité du pot age ou du rôti, de la vai,sselle ou du récurage. Les explications qui ont été données ,s ont si bien comprises, que la gentille Sœnr Berarda assiste presque en spectateur, attentif il est vrai, au travail de ses élèves. La surveillance paraît bien légère aux jeunes filles qui ,s 'agitent et circulent de la cuisine à. la salle d'étude · transformée en salle à manger pour la circonstance. Enfin, midi ·Sonne! le diner est prêt; la table est mise avec simplicité, mais combien proprette! On s'installe, et voici qu'on apporte un excellent potage; puis des beeftea ks russes accompagnés de pommes de terre rôties et

86 d' une ,s alade garnie, le tont sufri d'un pouding à la crêmc. Le café noir viPnL pnsnitc eompléter le l'epas. Les j:ennes méuagères, la figu1T rougie par la chalrnr dn fen, nous servPnt posément en regardant leur maîtresse qui, d' un lé).{er .signe de tête, les approuve et les 1•nem1rage. Le moment du nettoyage est arrivé; les élèv<>s ont dîné à Jenr tonr, puis la, cuisine (•si. ,s crnpnleusemPnt remise eu MdrP ; iont est frotté et reluisant. C'est 3 lwures, rt voici qu'nn<' •a ntre leçou bif•n différPn t <' va commencer. ('.hac11w élève s<' plac<' derrière les tables d<> bois, la maîtresse anprès du tableau noir, sa grande règle à la main, expliquf' la manière de tracer le patron d'nn corsage ; elle le dessine, et les élèves l'écoutent attentivement en traçant lP dessin sur dn pa.pi<>r. L'explicntiou finie, la mnitres,se efface tont le dessin et la diffieulté commence. Les cfüwes p1·enne1lt réciproqnPmPnt lem'lS mPSlll' Ps, puis ces mPs.m'eS établies, 1·hacnne trace son propre pafron dans le grand cahiPr destiné à. cet nsage pendant quP Ramr Be,r arda parcourt la salle, distrihuant, Ji\, un encoura.gewent, ici nn léger blâme, rectifiant aillC'urs le tracé défectueux. A 5 heures, lf' patron dn co1'sag<' est terminé, on lP découpe aprè,s l'avoir rel<>vé, et il est p1·H à t:•tre employé. A la prochaine lP(On, ebaqne élève va épingler CP patron sur l'étoffe qu' ellP aura apportée et se <'Onfectionnera son corsage, qu'elle se1·a heureuse dP montrer ensuite chPz d le. Elles ont déjà fait un joli jupon de dessous, un gra.nd tablier de ména~/'>1·<>. différrnt s objets en lingerie qui ::;' exécutent de la même manière et d'api-ès un programme donné, la jupe du corsage qui reste à exécuter. Le raccommodage non plus n'est pas oublié; il remplace, pendant les mois d'hi ve1·, les leçons de jardinage qui doi,ent compléter l'éducation ménagère de la jeune Romontoise.

Vraiment, en voyant ces élèves, jeunes fillPttes de 15 à l6 ans, exécuter avec tant d'Pntrain et d'ha,bileté let1 différentes fonctions que p l us tard elles seront appelées à remplir d'ans leur famille d'abord, darns leur ménage ensuite. on se dit: Voilà la vraie lutte contre l'alcooHsme, et celle-ci est une lutte efficace. Combien de familles heureuses que celles où la femme, habile à conduire ,s on ménage, saura préparer à son mari un intérieur propre, et même confortable; où elle pourra l ui offrir chez elle, Je rep•a s économique et cependant appétissant qu'elle aura appris à préparer à l',Ecole. Lorsque la toilette modest e de sa compagne sera rehaussée par ce brin de goût que toute femme int elligente et bien dressée saura y ajouter, quand les enfants propres, avPc leurs habits soigneusement 1·accornmodés feront pJa.isir à voir, Je mari ne désertera plus le foyer conjugal pour l'ignoble cabaret; l'aisance que donne toujours la sobriété ravivera et entretiendra la vie familiale et tons, parents et enfants, béniront les biens qu'ils doivent à la bienfaisante infhwnce de l'Ecole ménag"re. Siou, le 1er Mars 1904.

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* Comment je m,y prends

pou•· ensei~ner l'orthographe Voici, sans préambule et sans phrase, mes diver,s procédés d'enseigner l'ortho,gi-apbe; je les communique à. titre d' essai à ceux de mes collègues qui au ront bien la patience de me lire. Je n'ai nullement la prét ention de préeoniser ce système, étant encore à la 1·ecbercbe de quelque chose de mieux, bien que les mo,vens ci-après m'aient déjà rendu de précieux services. Commençons par les petits,. Sitôt qu'ils ,sont capables de former toutes les lettres et de lir.e leur écritu~e,


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86 je les initie à la copie d'après le modèle de l'« Ami de !'Enfance». A.près quelques jours de soins assidus, qu'il ne faut jamais leur négliger, surtout à ces moments-là, les voilà à même de copier tant soit peu co·n venablement, liant les lettres et sépa1,an.t les mots. Je les amène alors a.u tableau no~r pour les courtes leçons, telles que: Voyons, mes petits amis, qui vent écrire la? puis 1ni, dé, su, ro, le, etc. Comme les mains levées ne font jamaÏ's défaut, je n'ai que l'embarras du choix, et a.près quelques instants ton~ y ont pa~sé à tour de rôle. Ces premiers exercices, très faciles et à leur portée, les charment beaucoup. Vient ensuite la voyelle précédant la consonne; ex. as, or, ·if, ud, er, aœ, puis bientôt l'assemblage de trois lettres, d'abord voyelle au milieu - lac, tuf, bol, cil, nier, suc, à écrire la-c - lac; ensuite voyelle à la fin - blé, cri, dru, gra, pli, puis cric, plus, et afosi de suite. Quelques leçons sont employées à la connaissance des voyelles, puis des syllabes ~omposé~s - eu, ou, oi, a,i1,, eau, an, ani, in, itn, oin, etc. que je fais tout de suite précéder d'une consonne - jeu., sou,, mo·i, peau, van, jam-be, vin, l'un, foin, pa·in. Parfois je m'y prends de la manière suivante: Qui veut écrire eu? - .... - Bien! maintenant mettez devant f - f-eu; mettez j, p, d, ce qui fuit obtenir successivement jeu, peu, deu-œ. On donne ce dernier mot à titre de curiosité pour les petits, qui ne tardero,~t pas à voir cet x en plus; on leur fait en passant la remarque que ce mot a toujours œ, et cela sans avoir l'air de leur imposer cette connaissance nouvelle, ils n'en seront ainsi que plus avides. D'autres fois je laisse à mes chers petits le ,soin de chercher la consonne à ajouter et de découvrir a.insi de nouveaux mots avec la syllabe donnée. Prenons, par exemple, ou, écrit an tableau. Quelle lettre mettrez-vous devant pour for;mer un mot? - c-cou, f-fou, s-sou, p-pou,

l-lou-p ; pour re dernier même remarque que ci-dessus ; de même pom: nous, vous etc. que le maitre peut aJouter pou1: com~léter; mais à se propos j'est(me qu'il faut encor'e, en attendant, éviter ces difficuités plutôt que de les multiplier. On peut, par contre, angmenter le travail pour les plus avancés e n leur donl1Ja.nt à chercher deux lettres au lieu d'une, telles que br-on, ch-ou, tr-ou. Ce sont là, pour tous, autant de jeux de mots auxquels ils apportent un entra.in admirable. Tous travaillent gaîment et à qui mieux mieux, aucun ne ,s onge à restér endormi; ces exercices développent leur jugement et les exercent à la 1:éflexion. Mais passons aux leçons smvantes dont feront les frais les ai, ei, et, etc., avec lesquels on forme aussi des mots - laùie, peine, et aussi avec une lettre additionnelle qui ne se prononce pas - lai-t, pala·i-s, bo·i-s, toi-t, noi-w, cra'Î-e. Je n'oublie pas de pas,ser en revue les différents emplois de ph, gn, qti, ch, - télé-pho-ne, a-gneau, tuni-qiie, vci-che, clw-t; sur ces derniers on aura à attirer l'attention de ces petits cerveaux surtout dans certaines classes où les novices écriront tout simplement vci-he, hcit, a.ya.nt été habitués à prononcer le h ainsi -ache. L'enfant n'en fait qu'une application très naturelle, voudrait-on lui en faire un crime? Je me garde de ~ais,ser sous .silence les différents oas où les consonnes c, y, s, s'adoucissent - tra-ce, ga-ge, ro-sc; ici j'ai souvent constaté chez mes petits qui commencent à copier des mots ainsi écrits: pa,je, besoe. Au p1"e.lnier abord je me suis dit tout simplement: Mon petit Henri ou mon petit Pierre confond encore, pour la forme le g avec le j, et là-dessus ils étaient quittes à écrire une ligne de chacune de ces lettres. Mais bientôt, sur ces intéressants cahiers pleins d'énigmes, d'autres étalages tels que gaje, garson,

o,je, m'intriguèrent et 1je dus forcéent constater que, dans ces petites êtes blondes ou brunes, il se fa.1sait out un calcul qui m'avait échappé jusue-là. Ils écrivaient ni plus ni moins on j suivant la prononciation de la ettre g dans le mot. Maintenant enore, q nand ces fautes se renouvellent ans la copie, je n'en suis nullement ff}igé ; a u contraire, de tels élèves me rom·ent qu'ils .savent déjà réfléchir t qu'ils lisent le mot qu'Us copient ou ont an moins chaque syllabe et ne se outentent pas de regarder une s eule ttre à la foi,s, pratique défectueuse oni· les nns se défont difficilement, andis qne chez ceux où il y a ce traail de l'esprit, cette confusion de letres disparait après quelques jours 'exercices. (A ,s uivre.)

:Pourquoi l'instituteur doit-il être un homme de1travail et de dé,Tonement ,L'institnteur doit aimer le travail, ree que la vooation qn'il a embrassée t -de sa nature nn état de tra.vail. ans travail, point de succès de la part n maître ni des élèves. Bannissons de otre pensée l'idée qn' une fois munis 'un b1·eyet, nous avons atteint aux 'l"nières limites du savoir et que nous 'avons plus qu' à nous reposer ,s ur les hues c-onqui·ses. Les connais,sances 1c nous avons acquises à l'école norale ne sont que superficiell es ; il faut 1rrclier à, lPs approfondir, à les culti1·: le ,seul moyen d'y parvenir, c'est le ·avail. Ni le brevet temporaire, ni le ·evet définitif ne opus prouvent que us en savons assez; ils constatent 1'à un moment donné, nous avons ontré une certaine aptitude à apendre. Donc tout instituteur, dès qu' n'étudie plus, reculera dans ]e doaine du ,s avoir et, dans peu, se monera au-dessous de sa tàche.

P énétrons un instant dans une classe d'un maître qui n' a pas le goO.t du travail: tout y est languissant et mort. Il s'installe en classe s•ans préparation, n'a.yant plus pensé à ses élèves depuis la veille; il ne sait ni par où, ni par quoi commencer sa classe; il impose à ses élèves des devoirs dépassant leur portée. Les matières du programme ne sont pas méthodiquement partagées: les unes absorbem tout, a ux autres, on n'y pense pas; le règlemen-t; horaire, s'il en existe un, est mal fait et encore plus mal suivi; le programme et le journa'l de cla11se n' ont jamais vu le jour, en un mot, c'est le règne de la routine, du chaos,. Naturellement, de mauvais rapports arriveront à qui de diroit de la part des parents et de l'inspecteur. V dilà notre magister obligé de quitter s-0n po,ste: heureux s'il parvient à trouver une place pour le prochain cours scolaire. Arrivons a.u dévouement de l'instituteur. Pour Iui, le dévouement consiste à se consacrer tout entier, corps et âme, au bien de ses élèves. Pevsonne plus que le régent n'a besoin de cette précieuse qualité. Il peut lui manquer une certaine instruction, il peut n'avofr pas fait de brillantes études; s'il est zélé, s'il a le feu sacré, il ne tardera pas à deveruir nn bon maiître et à former des élèves modèles. L'ins·t itnteur dévoué est un homme d'ordre: il est toujours a.u poste avant l'heure, tout es,t rangé, propre autour de lui; il prépare ,s es clas,ses consciencieusement, il contrôle les cahiers de ses élèves par une correction minutieuse et régulière. Le maître fait encore preuve -de dévouement par les bons exemples, les bons conseils et les procédés qu'il emploie pour former ses élèves à la piété et à la vertu; par une survelillance rigoureuse afin de les empêcher de mal faire et de les forcer en quelque so,rte de se bien conduire; par la douceur


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qu'il montre C:a.ns ses paroles et ,ses actes, et surtout par son angéliqtw patience. Le régent ne doit pas battre en retraite dev,ant le mauvais vouloil' de ses élèves; mais il ne doit ja.mais s'em· porter jusqu'à leur dire des injures, quand ils ne comprennent pas une explication. Rien que très dévoui\ il arrive quelquefois que tons les sacrifice.:;, tontes les peines de l'institntenr ,sont payés d'ingrntitude. N'importe! point de d.é· couragement ! c'Pst jll'StPmP1it a lors qu'il fera preuve du plus beau, dn plus sublime dévouement. Rien ne lui (·oûte, qu,and il s'agôt du bien de seis élèves. Toujours plPin de grnvité et de joie, il ne se montre jamajs ennuyé, fatigué, négligent, froid on triste. Michellod P.-J., iMt., à Pr.

* Apprendre

à parler

a&ax élève• de no• écoles Bien à plaindre, on l'admettra, les commis-voyageurs! N'avez-vous jamais réfléchi, lecteurs, à toutes les qnalitéfl qu'ils doivent posséder: patience, élocution facile, repartie prompte et spirituelle, gaîté inépuisable. Oui, les malheureux! il leur faut toujours présenter une figure riante, un front calme et serein, lors 1nême qu'on les accueille par un haussement d'épaules, une moue significative. Heureux encore lorsque, avant même qu' ils ,aient ouvert la bouche, on ne leur jette pas en face cette phrase si commune: « Merci, je n'ai besoin de rien. » Offre-t-il d&S marchandises à des prix fabuleusement réduits? . . . n'importe: << Nous n'avons besoin de rien!» En vain, de sa voix moelleuse le voyageur s'épuise en explications, vante ses artriC'les, il faut qu'il se résigne et se retire, le plus souvent ,sans avoir pu inscrire sur son carnet la plus petite com-

mande,

Ce que les commerçants et autres font pour les commis-voyageurs, qneJq uea maîtres le font pour les idées et pour les livres nouveaux relatifs à l'enseiguemeut. Plusieurs se disent, à l'an. nonce d'un ouvrage: « Allons, q n'y a-t-il encore sous roche? que va-t-il sortir de là? Ont-ils bientôt fini de uous inonder de leurs livres? . . . » et ils les repoussent sans examen. Ce qui est uonveau, n'est pa,s toujours beau; cependant, l'or6llc d'un ma'ître doit être aux aguets et attentive à tout ce qui se rapporte à ses fonctions. Lorsqu'un livre parait, qu'il l'examine; lorsqu'une idée nouvelle est Pm isP, il doit la méditer, afin de profiter de ce que l'un et l'antre peuvent renfermer de bon et d'utile. Ceci dit, excusez-moi te long préambulP, chers lecteurs, n'ayez pas de parii pris, ne me traitez pa,s en voyagem· de commerce, ne nw jugez pas sans m'entendre, c'est la. grâce que je vous demande. Aujourd'hui, la lecturP est à peu près bien comprise et bien enseignée dans les classes; les enfants n'ont plus cette voix nasillarde et trainante, ce ton uniforme qui, par sa monotonie, impafü.>nta!it autrefois; ils saYen t observer les pauses et prendre les inflexions convenables. )fais ce n'est pas assez d'enseigner aux enfants à bien lire; il faudrait insister davantage sur une bonne diction et leur apprPnd1·e à bien dire. Oui, sans vouloir faire des orateurs de nos élèves primaires, chose d'ameurs impossible et inutile, il est important de leur montrer à parler correctement, à s'exprifer aYec aisance, facilité et naturel, à évitn les Jocutions vicieuses et les termes impropres. Par l'habitude, on parviendrait à Yaincre cette timidité funeste qui paralyse souvent les facultés des meilleurs élève,s, lorsqu'on les interroge en public,

fendre les opinions qu'il croit justes et Qui n'a remarqué, dans le plus peti~ . . . ,t à. désirer rPCi t fait par un en!ant, les. mots s1~1- honnêtes? l'onr me rfs umn , il es .. . nts ré11éti.Ss à satiété: a,lo1 s, et vu,is, que les maîtres, pat· un exe~·c1ce _de V,1 • l d' co11niw ça, pour ça, et aussi e p_eu or- quelques instants par semame, ap· dre dans les idées·: Tous. ces mconvé- prennent spéci,alement à J_eurs élèves n ients disparaitraient s1, de bonne à. exprime1· avec clarté et aisance leu.rs beu re, on les guidait dans ~eurs ré- pensées et leurs sentiments snr _un su:i s oraux comme on les guide dam; J. Vernay, mst. u . . 1e m~yen jet donné. Jes devoir,s de style. •111~ 18 d'arriver à ce r,ésultat, ·dir~z-vous. Le n1oyen est bien simple et bien comm_oA quel âge de. Lorsque les élèves ont lu une h1son enfant doit-il saveb- lire Y toil'e, une m1ecdote, faisons fermer le livre et que l'un d'entre enx raconte On pourrnit demanùer. f~e mb~e:, à ceti e lüstoi.re ou cette anecdote; en d'a ulL·es termes, demandons-en le comp· quel âge un enf.ant d?it-1\ m~-~cher, te-rendu. Lorsqu'un élève a été ù un~ parler' clire ou fall'e ceci ou cela . . fête, ou admi,s dans une partie de pl~1La question sprai.t peut-être mien.X: sir, ·qu' il raconte ce qu'il a vu ou fait. posée, si l'on rempla~~it le verbe deLe lundi , que quelques élèves de la. voir par le verbe pouvoir. 1re division donnent oralement le ré· On serait ainsi amené à demander à snmé dn sermon que le révérend •Cn~·é l'expérien<:e une r éponse que la tbéoa fait Ja veille. rrofitons de ces cn'- l'ie est impuissante à donner. rollJStances pour ]eur faire éviter les Il serait intéressant de connaitre termes incorrects, les rl5.p étitions males réponses des maître~ et des ~ailadroites ·des roême.s mots. Nous leu~ tre·sses qui ont appris à hre à un grand .1 pprendrons · :ünsi à parler sans préc1noml>re d'enfants. . . nifation sans aesticulation outrée ou t' ' t, f " ] Je suis porté à me raugcr prov'.so~ridicule, sans grimace; ai~ons- e~n· prendre le ton ~onven~~le, ga1 ?n tris- relllent à l'axis d'une revue aménctn· te "'rave on en3oué, dn·1geons-les dans ne. Je crois qu' on fait lire les .enfants 1 l'~rdre du récit et empêchons-les de trop tôt. )fais je n'entends ~1xer mettre, comme ~n dit vulgairement, 13 eune date m'en référant, en cette macharrue devant les bœufs. . tière com~e en tonte antre, à la seule Une élocution facile et nette contr1- expérience qu'on devrait uniquement hue encore puissamment à. une bon~e consulter. La mère essaie de faiJ'e p,~rle~ son orthographe. De plus, n'est-il pas utile de pouvoir formuler con,enablement enfant. Elle lui parle. et lm dl_t les ses pensées? Tous, dans. la vie, 1;1ous mêmes mots jusqu'à ce qu'il parvienne avons des affaires à traiter, des mté- à. ]es i·épéter, d'abord en balbutiant, et . rêts à. discuter, des droits à ~éfendre. peu à. peu plus distinctement. . Et qui donc l' enseignera m1enx que Elle essaie de même de le faire mat· nous, instituteurs? Puis il n'est pas un cher dès que ses petites jambes peuélève qui ne soit app~lé plus. tard à vent' supporter lP poids de son co1·ps. remplir quelque fonct10n publique ou C'esi. ainsi qu'il faut essayer d'a.~antre. N'Pst-il pas indispen,sable alors·, prendre à lire aux enfants, sau~ obli8'Ù veut remplir ses dnoirs bonor~- gation ni violence, par des essa1s fréblement, qu'il sache émettre son aVIS quemment renouvelés. ,sa11s honte et sans embarras et dé-

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90 L'enfant désire parler; il désire mareher. 11 fait ainsi la moitié de la Y?n.s, t?ut a été rentré dans les pupit~ es, a.fm qne 1':ien ne détourne l'attenbesogne. trnn. La. lei;:on commence. Les élèvt>s ~ni a. jamais songé à attendre qu'il comptcn 1. ensemble: « 11 :J2 3~ dés1re lm:'? Doit-on réellement a tteu- 99. )> On évite de di~·e: 1i et' dre 1ue le dési r najsse chez l'enfant, et 11 3 9 "'"' , '-' ... , ear llll inutile flux' .., de ' pao n bien est-il préférable de le lni sn<Y. rolt• entrave l'effo1't de l'in! clligeuce. • t encore une question que ,-, ~rrére1·'' , .. (", es On ~·epi·eud pl nsieut'S fois l'exercice 1 expérience seule permet de résoud,·e tantot collectivement, tantôt indivi~ sciPnti fiq uement. duellement, en montant la série ou en Je crois que l'âge de.s enfants auxla de~cendant. <( 99, 88, 77 ..... ll, O.» q uels. ou peut donner uti lement les EnsUite l_es produits sont é'crits au tapremières le~.ons de lecturC' varie bleau non, en un f'lin d'œil tou,s le·s bea u<·oup a vee leur degré d'iutelliélèves ont eompris qne 22, 33 .... sont gC'nce. l~s m,u ltip!es 11 par 2, 3, etc.; i\. ti. ~uestio~ d'exph·icnee, encore une ti e ~ a pphca hou, on lelll' demande le fois, quest ion de faits et de faits bien quotient par 11 d'un nombre inférienl' observés. à_ 100; s'agit il, pa1· exemple, de 47; ils Quand appreudrous-11011:,; .'.!. bien ob47 = 44 3; donc 47 contient server. Et que feront les enfants 4dise~t. fois 11 plus 3 unités. ava11t de sa.voir lire? A1~1·ès a.voir étndié les 9 premiers . J~a revne améric:'li.m• i·épond que mu ltiples de l 1, on passe aux produits lems études seront exclusi,·ement orales, et qu'elles auront pour objet le de 1l Jl~r _un nombre de 2 chiffre,s. Soit à multiplier 23 par 11 · on add:itiom1e monde matériel. '> nt ' placée ent re '3 e t l a somme 5 est CeHe réponse ne me satisfait pas. les- deux chiffres de 23. en sorte que La. parole n'est pas tout. 23 X 11 = 253. On tr~uve de même· Qne fait-on de l'action et de l'ensei- 34 X 11 = 374; 45 X 11 = 495, et~: gnement par le,s actes? In,ei•senieut. les quotients, de 'H,3 374 . E~t-ce à no us de rappele1· aux Arné- A()~0 neams qne c'est eu exer~ant les en- \ · • ·, par 11 _sont 23, 34, 45 ... ; d'où ce:te 1ègle: s,, dans un nombrp de 3 fants eux-mêml'S à l'action que l'ou th1ffres, celni du milieu égale la somprépare des hommes d'action. nw des _dPux antres, en l'effai;:ant on a Emile RIGOLAGE. le. quotient du nombre 11. Ceri. rompns, on arrive sans peine à. diviser pa1· ~l des. nombres tels que 255, 378 ... ; * Calcul inental 11 si.f~1t de remarquer que 255 = 253 378 = 374 4 ..... ~1. G ., instituteur d'élite, est un ferLa: multiplication d'un nombte de ,·;nt du calcul mental; il l'enseigne d nne façon remarquable. Deux des le- 2 clnffres par l1 devient plus difficile çons que j'ai entendues dans sa cJa,sse quand elle porte, par exemple snr un vont moJJtrer comment il procède· no_mbre tel que 78; la somm~ des 2 dans l'une, il ,s'agit des 1nnltiples d~ chiffres donn<' 15. Le maitre explique a lors. que l'on place le 5 au milieu et 11; dans l'autre, des multiples de 1·) 1re l , ... eçon. - Les élèves d u cours mo- qu_e l'on augmente le 7 (chiffre des ceny_en sont assis, le corps appuyé au dos- tames) d'une unité; ainsi 78 X 11 doniner d: leur _banc, les yeux dirigés vers ne 858_. . . L~ leçon n'est pas poussée Je maitre; hvres, cahier,s, plumes, cra- pl?~ 1,~m; mais on conçoit qu'elle pour. rait l etre avec un cours supérieur.

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zme leçon. - Procédant comme tout à l'benre, les élèves comptent: 12, 24, ::iti. .. , en montrant succes,s ivement 1, ~. 3 ... doigts. La sér,ie des multiiples

de 12 est montée et descendue p lusieurs fois. Ensuite, le maître écrit les 4 premiers au tableau noir, fai,s ant rema1:quer que les unités sont 2, 4, 6, 8, c'est-à-dire les 4 premiers nombres pail's et que le chiffre des dizafoes est la moitié de celuii des uni tés. Les enfa.ni·s saisissent rapidement que 12, 24, 36 et 48 sont les multiples de 12 par 1, 2, 3 et 4; pui,s l'attention · se porte ~111· le 5e mult iple, 60. On compte .par 60 et l'on dit: << 60, 120, 180, 240, 300. » On répète q ne 60, c'est 5 fois 12; 120, 10 fois 12; t 80, 15 fois 12 ... ; puis le maitre dresse le tableau que voici:

0

60 120 180

12 72 132

24 84 1!4

36 96 156

48 108 168

faisant remarquer que les nombres de chaque ligne s'obtiennent par l'addiition du 1er à gauche avec ceux de la première l.igne; ainsi 72 = 60 12; 84 = (iÜ 24. On apprend vit e 6 fois 12, 7 fois 12 ... , ca1· on dit: 5 fois 12, GO; plus 12, 72; ou encore 5 foi,s 12, 60; plus 2 fois 12, ou 24, 84.•\. la fin de la leç:on, chacun sait par cœur 'les multiples de 12 jnsqu 'ft 144 et peul. s'en sertir pour la multiplication et pour la di.Yision. La leçon se termine par quelques questions dans le genre de la suivante: (( En 12·7, combien de foi,s 12? n Un enfant répond: « 127 = 120 7 »; il y ,L donc 10 fois 12 plus 7.

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Comme je félicite le maitre sur ses heureux procédés, il m'informe que je n'ai vu que la moitié de ce qu'il fai t . « Toute ler:on, dit-il, est sui vie d'une on de plusieurs autres où nous n.e faisons q ue des applications pratiques; ainsi, dan,i;i la prochaine, nous cherche-

rons le prix de 12, 24, 36 . . . objets à 5, 10, 15 ... centimes, d.e même nons ca.1culerons combien de douzaines dans un 110mbre inférieur à 300, ou bien le Ptix -d'un objet quand la douzaine coûte 60 centimes, ou quand les 3 douzaines coûtent 3 fr. 60 ... n Dans cette même elasse, j'ai remarq ut\ que les élèves faisaient usage de leur,s con.naissances en calcul mental pour la solution des problèmes qui le ur sont proposés et n'effectuaient, par écrit, 'que les opér atio11s indispensables. Ce ne sont pas eux qui mettraient en marge d'un raisonnemeJJt les multiplications écrites de 6 pm· 5, de 10 par 2, ou des divisions écrites de 20 par 4, de 12 par 3 ... , comme cela se voit dans quelques classes, et même hélas! dans les compositions de certains aspi rants et de certaines aspirantes au brevet. Enfin quand ils ont à multiplier un nombre élevé par 12, comme, par exemple, 3645, ils calculent immédiatement le produit total eu prenant successivement: 12 fois 5, 12 fois 4, 12 fois 6 et 12 fois 3; c'est-à-dire qu' ils opèrent comme ils le ferai ent avec un nombre d' un seul chiffre. Un ,inspectenr pri11wire.

L'éducation de la volonté

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Conseils pratiques : ( Ré:solnt-ions culoptées dans une conférence pédagog,iq1tc)

io A tous les tiges et dans toutes les conditions, une volonté ferme, éclairée, agissante, donne à l'individu sa valeur: Lei volonté est le resso1't de nos actes, lei force nwtrice de l'activité hu-

ma,ine. A toutes les époques et dans tous les pays, c'est la puis.san.ce de la volonté qui a fait les grands caractères et suscité les nobles entreprises; c'est la faibless.e de la volonté qui a été, qui est et


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92 qui sera la principale cause des misère,s privées et dE•s désa:,;tres publics. Don c, l!~ 1·ôk de ln volonté {'tant de touJ premier Ol'dre, il n'y a pa8 do tâche plus essonticllr que d'luibUu.er_, dès l'école, les cnfnn.ts à vouloir. N ons n'enti-ep.-cndrons jamais trop tôt cette œu,Te de long-ue haleine; nons ne la pours,nivrolls jama is avec asspz de résolution, de sollicit11df', de te1Jacité. 2° Devront concourir à la n1 lture méthodique et progressive de la volonté: 1° l'exemple de l'institutl"ur 011 de I'i11stitu tr i ce; 2° l'<"dneation pllysiqne; 3° 1\Sdncation rnora le ; 4° l'enseignnnent; fi 0 la discipline. ~1° L'EXEMPLE. - On si> fn·a nnP loi de la ponctualité la plus sévèr e et du respect presque méticuleux de l'emploi du temps; on s' imposera une étnd P défa illéP des l'> lrves, une mûre prépar::ition dt>s leçons, un choix réfléclli des dPrnirs; on gard(•ra to nj,0 1ws et partout l'Pnt:ière possession de soi, s'appl iqmrnt.) éviter lc,s éclats de voix. les violentes apostrophes, et même les flots dt> parolt>s sans podée on dt> peu de profit; en 11 11 mot, tous les abns du, lnr,vnx, s'i nnisiblt>s à la sant f'>; les adrnonPstations trop viY0s. les ironies blessantes, les pensnms ii1considérés, l't jusqu'aux moindJ'es chfttiments corpo1·e1s; en un mot, tous les abus d'autorité, si nui,sibles à la formation des <·arartères. 4° VÉDUUATTO~ PHYSIQUE. On ne perdra pêis de vue qu' assouplit· !:'t fortifier le corps, c'i>st donner de l'élasticité et de la Yigue nr à tout l'êtn~ llumain ; que mettre en honneur les 1·ègles du maintien, lrs pr éceptes de l'hygiène, choses dont l'obsenanc& exige dt> la Yigilance et de l'énergie, c'Pst tra-.aillel' par lit m~me à affermir et à disciplinet la volont é. Ai nsi, nne bonrn' place ,s era ménagée à <:eux des cxercict>s gymnastiques gui font particulièrement appel à la préci-

sion des mouvements, à la promptitude, ;\ l't>.ndurance; nne !1·ès grande plaCL' re.stern aux mesures d'ordre e t anx i:;oins dt> prnpreté qui ven lent de la déti,sion on une a.p plication soutenu!:', aux pt étautions sanita.Îl'Ps qui impliqnen1· une surveillance permanente des h abitudes eo1·porelles (défense de cracher à tPne, par exemple). 5° L'ÉDUOATJON ~10RALE. - a) Dans le domainP d e la moralité. on donne1·a con1science de l'effort de vo Ion!-é néc<>ssnire clla q ne minutP, chaq 1wt jour, durant toute la vie, s i l'on 1)lace très liant et en ,saisissant relief l'idéal à ponrsnivre : perfectionnement: inr('ssnnt et indéfini de l'individu, arq nittt>meut d'une deHe soda.le illimitée>, parf'e qu'elle est toujours renaissante ; eontribution aussi éiendtw flllE' possi ble de clrncnn des êfrt>s humain~ au progrès général rle l'humanité. b) Pour montrer tonte l'import::incP dE' la volonté, on se gardera. bien de la lnisse1· a u rang des facteurs ordinaires de la vie moralt>; on la présentera 110n comme simple m olfrulp d'un c-01·ps d<' dortl'ines, ma i,s comme le CPntrc de gravité d'une foulP de Yerh1s q ui n<' penvf"nt s<' passer d' elle, qn'pllc• senl1' arrivt> à f éconder : 1·es1wct de ,s oi. sincérité. patien ce. pt>rsé,·éranre, honté, génf'>rosité, zèle professionnel. sang. froirl. eonrage. dévouement, esprit de sacrifice. etc. c) Pour montrer toutes lt>,s resssources et tout le ponYoir de la -volonté, on ne manqnera a ncune ocrasion de rappt>Je1·, sons fo rmC" de récit. de le ctm·e, de dictée ou de rédaction. le,s faits historiques. lE's épisodt>s, l~s anecdotes. qui mett<:nt lP mie nx la force d' âmt> en évidenrP ; Pt, dans cette Yue, on amassera peu à peu nn1' coll ertion de ces données. dont Je secours St> décuple si. an moment voulu . on les trouve aisément ,s ous la main. rl) Pour que la. mémoire communique son influence à la volonté, ou fera 1

étudier par cœur non seulement des maximes isolées ayant trait au moteur supr ême, mais des g r oupes, des enchainements de maximes, exprimant une même vérité avec des variation s de forme, en répétant de diverses manières un même conseil. (Vouloir, c'est pouvoir; qui veut peut ; à cœur vaHlant, rien d'impossible ; le mot im:pos,sible n' est pas français; la volonté fait des miracles . .. ) e) Enfin, pour que les idées et les fot·mnles ,s e traduisent lar gement en actes effectifs, on propagera par tous lrs moyens au pouvoir de l'école les H habitudes de vie ll qui ne vont pas :-ans un perpétuel effort de volonté, et qui, p ar une réaction très heureuse, fortifient la volonté <>Ile-même: l'épargne; l'ai dt> mutuelle, sous ses a,spects multiples; t utelle enfantine, sectionnement familial, mutualité scolaire ... ; la bienfaisance collective (sauvetage de l'enfance; œuvre des vieux jouets, des vêtements délaissés, etc.); l'abstention des boissons a lcooliques. . . On n'oubliera. pHs, en particulier, qne l'a.lcoolisme est , avant tout, comme les antres passions, une maladie de la volonté, et que l'individu se garde d'autant plus sûrement de tous les excès, qu'il a été mit>ux fnçonné à la maîtrise de soi. ( A suiwe.)

Le goût de la lecture L'inrportan ce de la lecture pour les ndulte,s n'est heul'ensement pas à démontrer. Elle devient dt> plus en plus le premiPr besoin de l'homme fait, le premier besoin de ct>ux qui venlt>nt, ùans la pratique de la vie, mal'chf'r avec p lu s de sûr et é et plus de courag-e au milieu dt>s difficultés et des i'JJl'euves qui les a ttendent . Il n'en est point de même en CP qui 1·oncerne l'enfant. Dans t1·ov d'écoles, la part faite aux le ctures qui ne ,s ont

point contenues dans les Evres scolaires est insignifiante et bien des éducateurs ignorent que <( la lecture est kt plus prédeuse, la plus abondante, la plus va riée de toutes le,s r esso urces pérlagogiqnes n. Il n'e,s t pas, en effet, un e des matières du programme dans laquelle la l<'ct nre ne soit appelée à joner un rôle important et, dans la vie j ournalièr e de l'école, elle doit intervenir à plns d'un titre soit pour complét er 'l'enseignement d u -livl'e ou celui du maître, soit pour jetc1·, au milieu d'un labeur cout inn, unP note aHra yant e et reposante. l° Jlloralc. - NégligP1' dans cet pnseig nt>mcnt le fait et l'exernplt>, c'e,s t à-dire CP i-Jui i ntér esse avant tout l0s élèves, c'Pst compromettre les résultats de la meill eure leçon. Un trait d'hi stoire, nne anecdote, un portrait , une page quelconque où vivent, agisSf'nt et pal'lent des personnages réels ou imaginaires, éveille tout d'abord la curio,sité rles écoliers et les prédispose à écouter, à comprendre et à goûter les conclusions morales qu'on t ient Pn réserve pom· l'édueation de lc>ut' esprit et de leur cœur. 2° Lctngne française. - La f aiblesst> des élèves en com position frnnçaise pst réelle et le s.eul remède .) apporter il une situation aussi regrettable e,st la lecture des bo·ns autell'rs, de tous ceux qui ont exprimé dans une langne claire et solide des pensées saines et élPvées. La meilleure preuvt> de l'excellence de ce moyen est la supériorité iJJ conte,s table en françai s des élèves quî lisent, sur ceux qui ne lisent point. 3° H'istoire et Géogra,vhie. - Encor<' plus là. q u' ailleurs, les lectures sont nécessaires. Alors qu'on substitue avec r,a ison à la nomenclature sèche et ari de la description animée du sol, rien n' est plus propre à fixer dans l'esprit d t> l'Pnfant la physionomi e d'une r égion géographique que des extrait s des


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livres de ceux qui ont su voir et peindre ce qu'ils ont vu. Le maître peut toujour·s ajouter à l'exposé de la leçon quelques lectures bien choisies pour la rendre plus vivante, la concrétiser en quelque sorte. 4° Sc iences. - Pour rendre attrayante une leçon aride de sciences physiq nes et naturelles, il suffit de deux ou tl'ois lectures bien cboi,s ies. Il n'y a qu'à puiser dans les œ uvres intéressantes de Buffon, Toussenel, Jean Maf:é, Tissandier, de Parville, Figuier, etc. 5° Les lect ures sont enfin un de~ meilleur,s moyens dont dispose l'instit uteur pour ét endre son influence près des fam illes et les faire participer a ux bienfaits de l'enseignement de l'école. QUELS MOYEN1S A EMPLOYE<R POUR INSPIRER AUX ÉLÈVES LE GOUT DE LA LEC'fURE 1° B i,bliotlzèqite scolaire. - Un certai n nombre d'écoles n'ont pas encore de bibliothèquf', beaucoup de celles qui c•xist ent ont peu de lecteurs ; c'est là nn état de choses dont on ne peut demander le remède qu'au dévouement ,les irnstituteu rs. Il n'e,st pas permis à un bon maître de se passer de bibliothèque, et il ne lui est pas permis de f:'Pn désintéresser quand il l'a obtenue. JI fa ut également songer qu'au début les bibliothèques ne sont pas ri-, the.a Pt que d'un premier choix bien fait dépend tout le succè.s d'une fondation de ce genre. Que l'on fasse aimer la lecture d'abord, au moyen de quelques ouvrages bien choisis· les livres viendront ensnitc> plus no~breux et plus variés. Les lecture s favorites des illettré,s comme de,s enfants, sont celles qui,' sous une forme moins parfaite mais plus populaire, mettent les idées et les sentiments en récit,s et en images. De là, dans un catalogue, après l'histoire la place si largement accordée aux ro'. mans,, aux contes, aux aventures de

toute sorte. C'est par ces divertisse. ments que se développe d'abord le goO.t de la lecture; ce sont ces livre,s agréa. bles qui, après avoir captivé l'enfant ont chance de pénétrer aYec lui dans 1~ famille. Il fau t, dans un tel milieu, par. Ie r à l'imagination et à la sensibilité, a,ant de s'adresser à la raison plus mùre. Il faut commencer par ce qui a muse, pom·suivrc par ce qui instruit ' ach ever par ce qm. élève. Mais s'il ne faut pa,s proscrire les ou. vrages faits pour distraire, il y a dea ouvrage,s sérieux (sciences économie politique) do.n t les institutet;r,s devront surtout recommander la lecture aux plus int elligents de leu rs élèves après les avoir lus eux-mêmes. (A ~uivre.)

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L·art d'écrire peut-il s'enseigner Y C'est sous une forme charmantt>, dans une .sol'te de le~.on sans plan trop acc usé quoique conduite avec art et mél"hode, que M . Brunetière, de l' AcadénLiP frarn,:aise, a traité récemment cet attachant sujet: « L'art cl'écrirt> peut-il ,s'enseigner? » L'éminent conférencier début e par nne incursion rétrospective chez nos aïeux lPs Gaulois. Il nous rappelle combiPn Hs aimaient à s'entretenir des choses militaires et des questions de grammaire et de s.tyle. 1 C'est pourquoi M. Brunetière recher• <·hera dans quelle mp,gure l'art de parler· ou d'écrire peut s'enseigner. Et il a joute finement : « La question est surtout actuelle depuis qu'un ministre qui ne l'est plus et qui le redeviendra, a voulu réformer, voirP même supprimer l'orthographe. >J Puis, d'une façon légère, le brillant causeur, sur rnn ton d'aimable et douce ironie, fait nn petit procès Pn règle à maints novateurs qui veulent enseigner « l'art d'écrire en dix leçons» et

divulguer « les secrets du la beur de la prose>> . C'est en s'aidant de ces ouvrages et même en les contredisant - qne M. Brunetière déclare vouloir répondre à la question posée: L'art d'écr ire p eutil s'enseigner? Pour l'illustre académicien, il en est parfois de l'art d'écrire comme celui de faire la guel'l'e et d'aucuns y excellent avant de l'avoir appris. Toutefois lPs ·condé sont rares. La musique et la pe.inture ont eu leurs enfants tle génie: l\fozart et Uiotto. (;es exceptio ns pPnvent Sf' rPnconl 1·er dans le-s JettrPs. On n e se doute pas qn'on est écrivain (•t ce1wnda nt on JJo,ssèdf' tous les ,se<'rets de l'art <l' écril'l' . C'es t le <:as de Mme de Révigné et :inss i <:Pl11i fü, Georges ,Sand. En RP<:ond lieu, M. Brunetière prouYP l]HP l'on 1wut être un profond penRf>nr Pt nn déte,stable écriYain. Il est fanx de croire quP seuls les ouvrages bien écrits ,ont à la postérité. Il citf' P lutarque qn i, rl'après les Hellénistes,, écrivait fort mal. Malgré ,sa lourdeur ck style, IP positiviste Aug-uste Comt<n' 0st point tombé dans l'oubli . Il y a même - et cec i à prernièrP vue frise le paradoxe - H y a, d it l\f. BrunetièrP, « de grands écrivains qui écrivent fort mal>>. Et dans cette dernière ,·at égol'ie il t ange, en s'a ppuya.nt sur l'opin ion de leurs contemporains respe1·tifs: ·Molière, Saint-Simon, Balzac. S:ûn t-Simon (< écrivait à. la' diable ponr la postérité JJ; Balzac unis.sait a n don de la Yie le plus affreux galimatias. Le confél'encier établit ensuite une distinction entre « le bien. écrire », et le « don d'écrire et d'avoir son style>>. Le « bien écrire», les gens du monde et les journalistes entendent par là l'art d'écrire avec correction, sans accroc à la synta xe et à la grammaire;

d'éviter les répétitions de mots, d'avoir des métapbores qui se ,suivent; de ne pas embarras.ser sa phrase de qui, de rnais et de que et enfin de charmer l'oreille par une certaine harmonie. I l y a du vrai dans cette définition. Cevenda.nt ~L Brunetière ne veut pas qu'on la prenne à la lettre. Les la ngues se développent par la. multiplicatiou des métaphore,s qui sP suivent. Une phraise qui s'entortillP dans les qiti et les que ne convient poinl a u style desc riptif. Toutefois, com111P la phrase courte, la phrase longue a S4 valeur. Cette dcrnièrP convient SUI'· tout i'.l, l' argumentation philosophique et à l' enelrnînemeut des idées. Qnant à l'harmonie d u style, c'est une qne,stion d'éducation de 1'01·eille. Ceux qui acclamèrent le s débtüs de Boïeldieu n'amraien,t .jama.i,s compris qu'un jour nous pussions être eba rmés par Wagner. A u fond, l' observati.on même stricte dP toutes les retommandations ùe M,M. le•s pl'Oft>s.seurs de grammaire et di> style nP saurait produire le grand écrivain. Et comme le dit exce llemment 1\1. Brunetière, « connaître les conditions qui conditionnent nn chef-d'œuvre, <:t'· la n'est pas suffi.sa·n t pour prodnfre ce eh ef-d'œuvre J>. Bien écrire, c'est en somme dire tout ce que l'on veut dire; ne llfre que cl· q ne l'on veut dire et ne le dire q ne d e la fa<,;on qui convient a u sujet trnité. M. Brunetière s'élèYe contre ces maîtres d'éco,les primaires et ces profet1SPurs qui, au lien de laissn l'enfant à son inspirat ion veulent , en lui donnant à faire la narration d'une chose v ue, lui inculquer en qu elq 1w sorte leur,s provres impres,sions et lem·s sent iments personnels. L'homme est un être enseigné, on peut le développer moralement par l'éducation, éveiller ,sa fa~:on ùe sentir et de comprendre.


96 C'est en ce sens que l'art d'écrire, en unP rertaim m<'s nre, peut être enseigné. 1\fais le don d'écrire avec puissance ou originalité et d'être soi en tenant une plume ne saurait s'enseigner. Telles sont les conclusions dP :M. Brnnetière, qui nous excusera ,s i nous n'n.vons pu reproduire sa pensée avec toute sa saveur et son relief: l'art d'écrire ne s'apprend pa,s , même fl nx leçons d'un maître! 1

Les compositions périodiques Le ,,Monit eur des Instituteurs belg·es" montre la nécessité et les a vantages des compositions périodiques à l'école. Ces compos.itions, outre q u'elles stimulent les enfant s, les portent au travail personnel et produisent au point dP vue intell1~ctuel des résultats précieux. « Elles permettent de contrôler le travail et les connaissances des élèves et d'apprécier leurs progrès. Ce cont rôle et cette appréciation sont des éléments indi.spensables au maitre pour la direction de sa classe. Faute de ces indications, c'est la marche à l'aventure, les redites oiseuses. Elles dét erminent la force relative des enfants et éclairent le maitre s ur leur degré d'intelligence. Ainsi qu'u n commandant d'armée doit connaître le degré d'endurance physique de ses soldats, leurs aptitudes, leur caractère, leur dévouement, ainsi un instituteur doit êt re renseigné quant a u degré d'end'urance et d'assimilat ion intellectuelle de ses élèvéS. » Mais quand convient-il de procéder a ux compositions? Notre confrère préconise les compositions mensuelles. << Toutes nos préférences vont anx Pxarnens écrit,s . Ce n'est que pour les élèves du dPgré supérieur que nous accepterions certaiins examens oraux, à

5 titre d'exception vers la fin de l'année à condition que nul enfant ne soit porté à la timidité. « Les élèves seront surveillés atten-

tivement pendant les compositions; il faut à t out prix éviter la fraude. « Il est de très bonne pratique dP corriger les compositions en classe en faisant résoudre publiquement les questions. Vimpartialité du maître ne peut jamais être mise en doute. << Dans le but d'e comparer l'élève à lui-même et d'intéresser les parents aux choses de l'école, nous conseillons d'employer un carnet de correspondance. Il est toujours utile que la fam illP ma rche d'accord avec l'école.))

••• Variétés * L'enfant : - Petite mère', penx-t n me dire q uelle était la couleur des yeux d' Adam et d'Eve? - Non, mon enfant, je l'ignore. Eh bien! les yeux d'Adam et d'Eve êtaient verts. - Ah! et qui a dit cela? - Maman, c'est la Sœut'. E lle nous a dit qu'après le péché leurs yeux furent tout ver ts (ouverts). C'est une fillette de l'école enfantine de Sion qui a posé cette j olie petite devine<tte.

*• * Lolo, qu'as-tu

* Eh bien, a,ppris à l'école auj ourd'hui? - Le maître nous n parlé de l' Amour. - (La mamru1 inquiète:) Et qu'en a-t-H dit? - Que c'est un fleuve qui sép1t1re la Sibérie de la Chin e.

• • institut eur était

* Un fiancé avec une jeune f ille de l'endroit. A la r entrée des classes, après les vacances, sa f uture petite belle-sœur se trouva parmi les nou veaux élèves et, suivant l'usage, l'institutem· demanda à tons les enfants le nom de leurs parents. Arrivé à Mariette, cetle-ci s'écria avec étonnement: - Tu n'as pas besoin de me le demander puisque tu vien s tous les jours voir Anna. '

• •

* On demande il. Charlot, qu i revient de l'école, s'il a une bonne pla~e dans sa classe. - Oh! oui, répond-il ; elle est ù. cô té de la port(•, j e suis le premie.r sorti.

On pent. s'abon,n er a nprès de l'imprinll'rie Ayrn011, ù Si,on, qui cnvo,ic sur demande un N° spécimen. -

t

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:Ulle Joséphine Bérard. Institutrice au Levron

Ou nous étrit de Vollèges : La n:10rt vient d'enlever brnsquement,, à l'ftge de 25 ans à peine, MHe J os. Iléra.rd, institutrice. Elle a s nc('Œn bé après deux jom's seulement dP maladie, a.ux suites, croit-on , d' un erniwit:-;ounement du sang accidentellemnit occasionné. )falgrl'i son indisposition , elle tenait encore d'assP le jeudi :!5 f l'ivr. et le dimanche 28 déjà ell e l'<'Ddai t sa bellP flme à Dieu. cntour(,e de se·s par Pu ts ilwonsola blPs de sa perte. Son Pil'SeY11lissPment a en lieiu mardi J pr ruars, au lllilieu d' un tonco1ws imrn Pnise. car tontP la populaition l'arait Pn P8time l'i: affection. .\.. la rérPmoniP funèbrP. }f. ](, l'PV. cnré Fo,u rniPr, président de l a commission scolaire. a pr,ononté une émouYantt· a ]1lon1tion dans laqnelle il a rappel<- IP zèle c t la piétt'i d<' la défnnte, la p1·opOS{l nt <·omm e modèlP à toutes lPs institufrices. )Jl lf' Bérard ,·c·uait ÙP corn111e11(·cr ,sa SP aunéP d' (>eole. E:Jle arnit M buté à RandognP, où cH!:' pn1tiq11a pendant :! ans. J)p lù ellP pass,a à AyPnt, d'où nons la vo~' Oll'S , dt> nouveau ap rès deux ans. preudrP kt din>dio:11 de l'éco,Jp des Ji lle,s dn T,Pnon. son viHage uafal. Elle n'a donc pu terminer ses 4 a ns dans tP derni('l' poste. ~fais ellP nP lai,s sc pais moins le mPillcur souvPnfr de son Pnseignemcnt pendant son trop court pèlerinag<" ici ba:s. Quelle repos(• en paix Pt q ue ses eornpagn,ons d'école uormalP ne l'oublient point dans leurs prières. X. 0

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Jli6/iograp!,ie Arithmétique des école s p.-Ï· maires. .

Nos deux ma.nue,ls d'a rit.llmétiquc (cour s préparatoire et élémci~taire - cours 111011cn et s1J.l)éri c11r) ,possèden t actuellement la va rtic clu nuiître, soit les réponses. Pour le claSRique (l:u degré inférieur, le guülc du, innître, sous la forme d'une brochure ùe l ü pages, a pu êh·e expédié H y a quelques jours ,a u pe1·sonnel en seignant.

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Nouveau Larous se. Un document d'un intérêt tout :'l fait iic1uel eu ce moment. c'est la belle pla,uch e que le ~OUVEAU LAROUSSE I LLUSTRE consae11e aux << Sous-marins », dans son fascicule 400: on y verra des re11roductions, des coupes et des schéma,s très ins tructifs des divers modèles rréés depuia l'origine jusqu'à n.uj ourd'hui. A signaler, outre l'artide « SousmaŒ·iu )), dans ce substantili:l f ascicule et dam, celui lJUi par11ît en meme temps, les mots: "Sonnet, Sophisme, Sophocle. Sorbouue, Sorcellerie, ~oudan, Soude, Soufre, Soulèvement, Sonrù-mU1et, Som·estre, Sparte, » <'te..\. Yec ces d&1x fasci cules se termiue la. 4me série de l'ouvra.ge, une magnifique ùrocln1re qui con tient pins Lle 5000 a rticles, 1300 i,:-ra.vm,es, 12 C>nrtes et 18 11lanches, dont R en couleurs, f't qui nous conduit jusqu·au mot « s11écifiq ue 1>, c'est-à-dire bien J}l'ÙS <le la fin Lie ht le ttre S: ou voit qn<' l'a ellèYe'· ment définitif de cette . grande œu vre est 111a inteuaut très proche. (La série 5 fr. , ellez tous les libraires.)

* " * Nouvelles chansons de E. JaqnesDalcroze. Sou s ce titre, l'éditeur bien conllu, M. W. Sandoz, à Neuchâtel. a. publié .récem ment twe nouvelle s érie des productions toujours a.ppréciées de notre clrnusounjer, M. E. .Ta. ques-Dalcroze. Les dernière~ eu da.te font l'objet de deux recueils, reillfermau.t des pn.ges d'une bonhomie souria.ute et attend.rie, qui nous redisent les PROPOS DU PERE DAVID LA JEUNESSE, l'antre tout parfumé des plus délicieuses fle urs d'un art à la fojs ,s imple, naïf, mais intensivement expressif, e<t qui s'appelle les CHANSONS DU CŒUR QUI VOLE.


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6 DnuR Ir. p remiel', 11otre clrnnsonnier nati?,· na! uous p r t'sente uue (le ces 'b onnes et n:11ves Jigures de paysan romand. à l'es1~ri! s i vicin d'à-prnpos, dont la bourse est legerc, miüs le c·œur toujours ouvert, dont les gronllc1·ics et le,; conseils sont pleins d'affcc:tueu~es sentences. Sous cette rude écorce perce pnrfois une po,inte cle sentimc'ntalisme, comme par exemple clans la pièce intitulée· c, File 1·011 rouet, migno=e l>. Avec q u elie émotion il parle du bon vieux temps, llans la « Grand' mt're! ll Et quelle droiture cl'ii.rn e clans << Si tu as un cœu r, mon entant>>. En un hrngage !l'une rnsticité touchante, l e p ère Dav iLl nous eontc encore sa ,c Richesse lJ : « Qu 'avez-vous clans votre écuelle, Vieux papa Dav id ? - .l',ü clu la.rel, cles pomm's tlê terre, Et ça me suffit. l> Ceux q n i crnieut volontiers que « le pays <'~,t pcrLln l>. il les rnssnre en leur Llisa ut quo ,< Hi cu ne sera venlu chez uou1s ». i\fais il l';1imc ln i-111.-.rue Lie ton t sou cœur, cc pays, llont uon ,; scntom; l'aug uste poésie dlms la 11ii'ce inlit.ul!'>e les «Armaillis», <JIIC l'auteu r s t• m!Jle a 1·oir empruntée. tant elle rt d e force r ythmitJnc. il un scllerm 1.Jce thornuien. Et cet ;1111om·, le vère David 11 ons le n 1Clit chms nue p:igc ( <( Tout s implenrnut ll) où. se r ésmn ç lout.. _, la r-arnlem· virile fic l'm1tcm· lle taut de pages tJopul:i.ircs. CeUe pièce seule, tlont le refrai n se tlrnntc il trois ,·oix, 111érite Lle fai re In fortun e <le ce uouvea11 recueil. LES C1-L'>.NS0::S.S D U CŒUll QUI vo r,E sout des p a ges fl'amon.r et lhi soleil, ri e p1·i11lu111ps et Lle joie. où la vie se pr(•,;e1ltP . radieuse f't :souriaute. Qnl'lque~ lnrmes pc1·leJ1t ,•nr·o1·c an (·Oiu tles ])1U1pièn';; ruai,,; Plies son t hiPn YHP ;;(·l'l1éc:-; et la chnnsoJt s·e1117 0Je des lrnissou s en fleurs. Comment flire le chnrmc de pièces telles q ue << Les t rois oiseaux elian1:mtH ll, << Le rossiguol ll . « 1Iicr au bal j',a.I laut dan s(• " el 1.Jien cl'rwt.res. toutes plu s fr a îd1Ps, p lus pimva 11 t<>::;. p lus fiue s Je,; unes que les au tres'! Ce sont li't dotrne miniatures se1·lies tla us nne 11arure musicale Llcs plu s Llélie:i le;:; et tl e,; pin s expressives, où la gran(le s'Cienee Ll u jeune mnître se fait tonte petite, toute urnuue. C'est le livre des cœurs ensoleillés.

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* * A1•gus Suisse de la Presse. 1.' .,A.rgus Snls,;e clc la l'rci-;se·· c•st Ull 1.JurP>lll (le l'OUJ}lll'es de jOUl'llaux; il lit les jo11rll:ll1X pl· rev ues tle tous pays (y compris les puLJlica tions techn ique::;) et en découpe et

fournit s m· tous s ujets. L',,~\.rg-u;;; Suisse·· est nn nuxi liaire précieux surtout au mond o des construeteurs, Pntrepreneurs, iu géui<'u r~. arcllitectes, représentauts, qu'il m e t ravidemen1; a u comant Lle toutes les entl'epriscs eit de tons les proj ets.

* * * Le Japon.

La Co1•ée.

Tous les regards sout actl1ellcment fixés vers ces iles cl'Ext rême-Orient, cnco,rc quelque peu mystérieuses pour nous, où vient de s'allumer l'étincelle qui, m ettnnt fa guerre eutre le J ,a.pou, ami de l' .Angletarre, d'ulle part, et cle l'aulxc, la Russie, alliée cle la France, aura peut-être - qui sa it ? - et ce qu'il D ien ne plaise! tles reflet s tragiques jusqu'au sein clc 110tre vieille Illurope. Quelle est la situati o.n de la Corée et <lu Japon ; quels eu sont l'l!istoire, les rnœ m s c1 coutumes, les progn~s a cco111plis par la ciYilisation - et var torn,équcnt pat· le catllolicismc - Llnra.ut ces tlernièrcs années'/ C'est f'e q u e nous ùiseut deux fort inléressnuts om-rag-es, a LJ011tl:tmrucnt illust t·és, publiés par la Soeiété Saint-.\.ugns l iu, sous <;es titres s imples : « Le .T npon e t la Corée lJ, tl eux Yolumes fa-8" Lle 1D2 pages cllacun, illu s l.r(\s de 11ornllreust•s gnt1·uros. qui ::;0111J en vcu1e au sii'.>g-e llc la So<;iété, B rngcs (Hclgil1uc) et ùan:s toutes les lil.Jrairics catholiques.

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GULDJ•; L'Ol'f1I..\1HE DïlYUlEXl<;, élallor(, J)ar Je:; soin~ de J'Offiee sa u itnire al-

leln:incl. - 'J'raduil p~1· Je lloeteur .r. Cr ym;, cle , ·c n ·iers. - Uu 1.Jeau Yolu1tw in-o c:ta1·0. - B r uxelles, .'>.. ~fanernL,ux , éditeur. - Lam;;mne, lib rairie l'ayot. La. :-;uisse po::;sède tic n om lircux onvrag·es trai I an l L[(l telle ou telle quc1:d iou <l'hygièue. :\fais, sauf erreur, aucun n't's t !Jas(• s m· le plau du v olume que nous ::w.iuoul';o ns, et qui, écrit par les personnes les plus qualifiées de l'empire alle 1nand, e1111.Jnrnse tous les tloma ines d e l'hyg iène. l'our en Llémoutrer la valeur, rieu u e Yaul: l:1 sèch e éuuméra.tiou des clwpitres que voici : 1,e co rp::i humain: ses éléme ut:s, quelque:,; organes en partienlier, el leurs fonctions. Composition Lie l'a it·. Eaux utiles et eaux nu isibles. Construction des puits. L'eau mo· .1·<>11 de pro1)rc té. Soins il clonner aux ch e Yeux et à la peau. Composition des pl'incipaux ali ments. Choix et préparation cle la nouuiture. Hygiène de la bouche et des dents. Du choix des vêtements. Les corsets, la coif-

fure, la cha,ussure. Le lit. Nettoya,g e des habits et des lits. . L' babi tation. Matériaux cle construction. planchers, mur s, cloisons iu tér ieures, volume d':1ir, vidange, mansardes, mobilier. Moyen d 'éclairag·e et de ch_auffage. . P récautions sanitaire;;; à prendre dans h1go-lornératio11. Nettoyage des .rnes. Inspection a.es denrées alimentaires. 'l'héâtre1>. Salles d'agrément. :.\falaLlies infectieuses. Inhumation et iucinération. :Mesures lle précaution en cas de voyage. Cordons sanitaires ,~t quarautaines. Education. Ilygiène infa.utile. IIygiè.n c scolaire. Du choix des professions. Mn.la clies professionnelles. Accidents industriels. poisonnements par les métaux, la pouss1Pre, Je p llosphore. Congélation. Insolations. Coups de fourlre. 11Ialaclies infectieuses. Leur ('aractère général. Les moyens d e combat. Ilougeole. Variole. F ièvre scllrlatine. 'l'yphus. Dyssenterie. Croup. Coqueluche. Plelll'ésie. Méningite. !'aua ri s. Tnbcrculos~. 1\lnlaclics nerveuses. Maladi es du bétail. Soins ;1. ifonner en cils cl'accidont::;. Tn,:trnctions pom· les gar des-m alades. On le voit , en 300 pages, ce volume clonue tontes les notions d'hygièn e uti les ii. l'hom~ me. JI est ré<ligé en vue llu public a.Jlemancl en loul premier li eu . :\'fais, e n Suisse mêmP, iJ n,nclra de grands services, et tonte p cr~oune s' intôr e:;sant an x qnestions d' hygièrn' ilevrait le connaître.

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de la sci ence, de la gloire, et il le ur demanda: Est-ce vous qui êtes ma béat itude, q ui êtes mon Dieu? Et la même Un soir, à cette heure p leine de mys- voix, de lui répondre: (< Non, non, chertère et de charme où les clartés mou- che plus haut!» Alors prenant son vol, J"antes du crépuscule luttent contre à tire d'ailes il traversa l'une après J'enrn bissement des ténèbres, Augus- l'autre toutes les créature.s , et ce ciel tin SP promenait, pensif, au bord de la même resplendissant des derniers feux ~léditPnanée. La grande paix dn ciel du jour, et les étoilesquicommençaient afrieain, l'étendue illimitée des flots, à s'allumE"r au farmament; et il mon· l' infinj plus va,ste encore qui remplis- iait, mon t·ait toujours. Il monta plus sait son cœur, la grâce du Christ sur- haut que lei;; Anges, plus haut que les 1out, soulevaient doucement son âme Ohér-ubins et Je,s Sérnphins. Il ne s'aret emportaient peu à peu son génie rNa qu'an moment où, tout en nage et r crs les régions de l'éternelle Vérité, hor,s d' haleine, de sa mafo, ou plutôt de l'éternelle Beauté et de l'éternel de sa foi. aya nt écarté tous les voiles, ,\mo nr. Il Yenait de se poser, lui a ussi , il 1·ornbnit !"perdu, l'avi, devant la face l'ette question: Où est le bonheur? Et de Dieu ... po1H' a l'OÏl' 1f' mot de l'énig·me, il se mit V orni où est le bonheur, il est en it. inJenoger tour à tour- tous les êtres DiC'n, Pt Pn Dieu seul. ile la ci·éatiou. Ji'lots de la mer, êt esro11s ma béatitude? Etes-vous le Dieu ~LIP je chetche? Et Yoilà q ue <111 fond Iles l'" anx sortit une voix qui disait: H Non, non, cherche plus haut!» .Alor,s , s'adrf'ssant aux buissons, nnx fleurs, Le 24 jmn- ier dernier, dans l'égli,se anx a rb1·rf.: <le la rive, aux souffl es de paroisifo1IE" d<> Saint- André tîle de la l'a i1· et à l'a it· tout eutier, il lrm denw nda : Est-C(" vous qui êtes ma héaf-i- Rh111 ion), Jp l:nré Yenait d'exposer le i-1nint-Sa1·1·ement quand il s'aperçut que tnd<·, q 11 i Hf's mon Dil>n? Et les biüsxon s, e t les fleurs, et les arbr·es de la la i;;ain1f• lrnfl tÎl! reflétait l'image du ri,e,' et les souffles de l'air, e 1· l' air CltrisL Crnyani êtrp victime d'u ne haltout entit>r, de réponclre: <( Non, non, l11 t iuat ion , il drnngea. de place, mais eht>rche p lus haut!» Alors il interro- f·ons lata n1c·o1·p le mf'rne phénomène, gea l' hnma.nité. 11 entendait dans son puiR il dit à un Pnfant dc> regai·<le ,· Pt !l!ne le bruit que font lE"s grande;,1 cités, c·E"lui-c·i déC' lan1 voir la figure d'un le ll·anii l de l'indns1rie, du com merce, ho mme. 11 hitPn·ogea aussi nue pieusP femnw, qui affirma voir l' image du Christ tell e qu'on la représente dans ') Nous empruntons cette belle ,page à un la Sainte-F'ace. Aussitôt la nouvell<> se volume intitulé: <l Le Code de bonheur dn Maitre>>. La leçon qu'eille donne, en termes répandii hor,s ùe l'église t.'t toute la si nobles.. u·est jamais déplacée. mais elle ·ville accournt. Voi<:i en quels t e rmes le convient surtout fl cette époque de l'année prodige fnt décrit : << La sainte Hosliturgique où l'Eglise e u nous prescrivant jefitie, d'un diamètre de six à sept centines, abstjne.nces et aut res mortificatio:::is. nous rappelle ainsi que nous sommes créés mètres, avait une t ein te brune. La tête pour Dieu et le ciel et non point pour les du Christ e n prenait toute la hauteur. créatures et les biens terrestres. Sur ce fond brun, la figure blanche, en-

En Dieu seul le bonheur 1)

------------Le Miracle de l'tle Bourbon

CHANT RELIGIEUX CANTIQUES CATHOLIQUES (choix de) à l'usage de l'église, des écoles et des familles, composés o I recueillis par F.-0. WOL~', organiste à la cathédrale

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90 ca:drée d e cheveux et de barbe, ressortait visiblement, mais le tout semblait être voilé d'une gaze.>> ToLite la population a été vivement impres,sionnée. Plus ùe 10,000 personnes peurent en t émoiginer. Voici, à. ce sujet, la copie textuelle de la lettre de M'lle le Vaillant, écrite à une religieuse de ses amies, pour lui raeonter le miracle. C'est le langage naturel de la sincérité. lnntile d'ajoui·e1· q LH' nous ne pronon\ons aucun jugement sur- . le caractèrP et la s iguifit:,ttion de ee phénomène: Ma chère amie, Tu as dü entendre parler du miracle qni a en lieu à Saint-André. Je va·i s te raconter

d'une manière exacte ce qui s'est passé. Dim~nche, c'était l'Adoi-atiou-Per.pétuelle. Le Père Lacombe a exposé le Saint-Sacrenwn t :\ 8 heures, avant la messe. A ]'Elévation, il a regardé la sainte Hostie; il l'a vue dans un nuage; un instant après, il a jeté encore un regard .sur la divine Hostie, il a. vu les trnits de Notre-Seigneur ,T êsns-Christ, l' l~'cce Homo; après la messe, il a dit à un enfant de chœ ut·: << Restez-là, ne partez pas maintena.nt )); il a Hé faire son action rle grâces, et il voyait toujours la figure de Notre-Seigneur dallls un nuage; il a été clans la sacristie après so.n action de grâces et il a dit :l un eufunt de cbœur: (( Va ù l'autel faire une prière et 1·egarde bien Ja1 sainte Hostie. >J L'enïant va. revient et dit: <( Mon Père, j'ai vu la figure d'un homme dans !'Hostie. » Il envoie un autre enfant, qui ]ni dit: <( J'ai vu une image»; Il a envoyé appeler la Sœur Zacharie et lui a dit a1Ussi d'aller regarder la sainte Hostie. La Sœur est revenue disant: (( J 'ai vu la figtue de Jésus-Christ. >J Là, il a appelé quelques personnes qui étaient clan.s l'église et qui ont parfaitement vu; Eugénie, entrant à ce moment dans l'église pour faire son heure d'·llldoration, se met dans un banc; elle voit plusieurs personnes dans le chœur prosternées; elle se demande ce que c'est , lorsqu' elle voit le Pèr e Lacombe sortil" du chœur, venir à elle; il lui dit: << Allez voir Jésus! Il se montre dans la sainte Eucharistie! » Eugénie ne le comprend pas; il répète ce que je viens de te dire; elle y va, elle voit NotreSeigneur Jésus-Christ; elle me fait appeler en me disant de venir ù l'église . .T'y vais, ne sach'fl(nt r ien ; j e rencontre une religieuse qui

me dit: << On voit Notre-Seigneur JésusChrist dans J'Hostie. » Chère amie, oui j 'ai vu, oui j'ai vu sa figure adomble; je me s uis prosternée. J'ai demandé la conversion des péclrnurs, ù'onvrir son ciel à tout le rnonde! 'l'e dire ce que j'ai éprouvé, ce que j'éprouve encore, c'est impossible. Je tremble, je ,,mis heure11se, je remercie mon Dieu ù'avoir vu ce mwacle. 'l'out Saiut-André l'a vu! Paul Dumesnil (uu inc1·0. yant) m'a dit : << .r·ai vu, je crois! l> J'y suis retournée :l 11 h eures: jp ne rue lassa is pas tle contempler cette figure! J'at vu ses yeux, son oreille, ses épaules. La tête lln Chri st, sa fig.ure blanche encadrée dl' cheveux el de barbe; mais le tout sembla it être voilé d'une gaze. Il y ava it foule daus l'église; pas de llésordre. On pleurnit. Quamd le Pèr-e Lacombe a commeneé les Vêpres, à 3 henres, tout a di.spam; \'Hostie divine est redevenue blauche. Quel miracle! .Te l'attribue :l la i'ai u tclé <lu Père Laco wbe. .T'avais une foi vive ; mais. clepuiR (]Ue j'ai Yu <:e miracle, ma foi a mngmeuté..re sui~ dans le vide ; il mP :,;emble qm• je 1w ~ui11 plus de la tene. .l'ou.bliais Lle te dire qu'ou Yoyait la fare lle Notre-Seigneur .fésu:,;-Christ pn,. rlel't"ii>re !'Hostie, par (levant et rle chaquP ciité. Ou a fait éteindre les bougies.. fermer le11 fenêtres, lever les rideaux, on nperC'evail toujours la f[l,ce arlot·able rle Notr.--Seiguenr .féws-Christ. On a rlit que c'Nai t le rp(lel rit• quelque chose. .M. Dumesnil a dit que nou; qu' il n'y ava it aucu n reflet. pnree qu'on vo}· nit df' touï. le11 eôtéR la far·e :1tlornble lle Not.re-Seign1>m._ C'esl vrai; je te nH·onte comUH' epln ,,·est passé.

Vers la félicité (l Le bonhent· n'exi;;t(-, pas! i> disent 1·enx qui out ROt1ffr1·t. :1,s1;iuri lant lt• reste de l'nninirs ,\ 1e'u1· cas particH- ' liet· ... - << La yie n'psf· que douleur11 f't rni·sèrPs! n Ceux-là !'.ont g-uéralement d'ùge mfn· Pl~ tlemeut·L'JÜ tristes ir1·ém~diablPmPnl·, m{>rne quand lem·s pr·iHf'!! sont disparnPs on affaiblies. <c La YiP est bonne, le bonhem· nous YiPn<ll'n ! J> affirment renx q II i n'ont l'ÏC'n vn, lf's jennPs, lrs eonfiantq, sou1·ian-t à. l'exislPn ce. - Sont-Hs ennu·

veux, ces pessimistes, avec leurs min(:'s soucieuses et leurs parole.s amères! ... ~ous sommes heureux pourit:ant! JJ Et l'étrange, c'e8t qu'ils onl 1·nison lP8 uns et les autres. Le lugubre, l'irritant, pour q ui pernie rt voudrait le bonhenr rles antres, c'Pst qne gouvent, très souvent, ·si le bonhrnr n'Psi" pas là, c'PRt qu'on n'a pa,R sn lP voir, l<' saisir, le garder. Qu'il nons so.it permis d' introduire ,lans ec• graye sujet nnr anecdote puéril<' mnis ayant sn port~e: L'n11t1·0 jonr, nne personne qni sait réfléchir gaf!:Dait lP ponton d'un bateau. Devant Plie, qu,elqn' un s'exclame, désolé: «Voi1.\ bien rnn chance, le batean part! n DPrrière PllP, une voix riense disait: ,< ,TnstPrnent If' b:ltPau arrive; nous sommes f-ervi,s :\ l:1 second<•, eornme un monarque. n Et c'était réel. 8i un premier bateau démarrait, nn seeond, eomnw il est d'u Rage, YeM1it r<>rP,oir rPux qni :waintt mnnqn If' précédent. Il i>n eRt générnlenwnt ainsi danR la vie: A !·Mé rl'nne rhnnre 111:111Yaise, sm·g-it unr ehnncP l.teurense . . . - AprèR l'orag-P un beau soleil ... A la. suite d'nne déplorable affaire, nn P opération Fructueuse. SPnlPment, il faut Nre prH à. snil:iir an ,ol la bonne 0han<!e, et ne point s'atfarder en lam entations bl'isant le rourng-e. On objertPr,1 qn'il y a deA gens irrémédiahlPment malheurenx, qne la maladie a tenas,sés ponr jamais, chez qui la mort sinistre est entrée, implantant rlans le gai logis d,e jadis l'éternel drt1il. C'est Yrai, mais cPux-là sont l'exception, la Tare exception. Il y a anRsi de-s gens qui se blessent ou AnrombPnt dans une course en ,•oiture, dans un accident de chemin de fer. C'est atrorP, mais cela n'empf>che paA le reste de ln popn lation de se servit' des mêmes moyens de locomotion ,

car on ,sait que ces accidents, relativement au nombre des voyageurs, ne sont qne de très rares exceptiona. En otli"re, il faut bien l'avouer, combien de fois la maladie ou la mort viennP1li"-Pllf':s de la fante dn patient, ou d-e cPnx qni l'ont mis au monde, on de ceux qui le soign-en.1" ... <ine <le santés détruites par un manque d'hygiène, pa.r l'insouciance, par des excès, etc., etc. CeH e q1wstion dP sanié misf' à part, - on prut poser en principt~ que le bonl.tenr' relatif, suffisant, doux et joli, srrait possible, si on le voulait. JI est clair q ne .si ou se laisse entraîner à f\Ps désirs effrené.s, dépens·ant l'a1·g:ent qn'on a d'abord, et ensuite celui t}n ' on n'a pas, rêvant de luxes audessus df' s a fottune, lais•s anl la proiP pour l'ombre, poursuivant l'orgueil, ne· yoya nt dans le mariage que la réalisation d'ambitieuses Yisées, il est très clair, très c<irtain que, sauf un merveille ux haRnrd ou le sacrificf• de toute l.tonnêtPté, on trouvera le malbPur, peut-Hn> pom· tonjou rs .. . :\ lors, naïvement, inconsciemment, au li eu de .s'en prendre à ,soi-même, on accusPra le destin, la fatalité, - les hommes, Dien, tout s•auf soi-m(•me, unique artisan de ce malheur. 1Ce sernit s i facile, pourtant, de ne pas ,ise1· trop haut, de chercher et df' découvrit· a utour de soi lt\'l juies si réelles dt> la Rimplicii"é, du tnwail, dP l'affect ion! Que dP boubrm·s charmants existent, même dnns une condition très modestt>: Un gentil intérieur, petit, simple, en ~rand ordre et méticnleusf' propreté ... - le travail modéré, disfraction, contentement, et non surmenage. . . . le nécessaire, sans coûteux superfin .. Parfois - rarement - une eaisonnable fantaisie satisfaitP .... Pas de convoitises rongeantes. La santé, grâce au travail, à la bonne hygiène, aux satisfaetions intimes,


93 Et l,a tendresse, la g.r ande et délicieuse tendresse, - les jouis,sances infinies de la famille, donnant du charme à tout, - jetant un rayon de soleil sur cett e 1simplicité qui devient rayonnante! Peut-être, 'e n revenant éternellement sur cet étern,el et inépuisable sujet, les lecteurs, - les lectrices surtout arriveront-ils à être convaincus. C'est aux jeunes f illes particulièrement que ce.s variétés si simples, si grandes, si essentielles, doivent être révélées; mères et éducatrices ne sa u1·aient trop leur redire: <( Le bonheur, un relatif et chat'mant n bonheur est de ce monde . .Seulement, J> ce bonheur· n' est pas l'oisean bleu, i> follement envolé à de verfagineuses n hautt>urs, l'oiseau idéal et insaisis>> sa bit>, aux ailes constellés de dia>> mauts. Cf'lui-là ne réserve que dé>> eeptions . . . Tout au contraire, l'oi» seau ·au plumage simple, né dans nos i1 climats, YOletant autour de nous, faJ> cile à attt>ind11e, docilement se la is)) saut mettrP en rage et y chantant n gaîment nn joyeux chan:t dP pr in» temps, doit être l' honnfltf' rêvP, l'1" la >> charmante réalité. » Riches et panvres , ellc>s ignorent, ellPs rêvent, PllPR ronvoitent: trop sonVPnt, le facile Pt joli bonheur s'éloigne; le !'.!iagrin, la désillusion, parfois la maladiP, la. ruinP surviennPnt; le eœur est Yidl", l't' découragement mord d'une morsure envenimée, et on déclare qu'on est las à. en mouril', qne la vie est affreusement mauvai,se. ,Ceci n'est qu'un premier jalon, une première l'évélation aux avides de bon, heur, leur affirmant qu<' rP bonheur rêvé, Plies peuvent l'avoir ... Si elles le veulent! / En avant Yers le bonheur!

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Un poète valaisan Léon Roten Le Haut-Val.a is a inauguré, le 11 octobre dernier, une plaque destinét• à rappeler la mémoire du poète valaisan Léon Roten. On li t, ,s ur ce monument très simple, l'i nscription su ivm1t e, en lettres dorée,s, qui rappPII P lP fléfnnt et ses œn ,Tes : Hie!' ist gebo,ren. Der Dit h l Pr des Hhonetbales Staatsrat Leo v. Roten. ]83,t 1898 TI'iedel'kl.iinge. - Rittcr n11,{ Ouliing. Kyffhii·user. DPm Sanger fül' Got t, Freiheit und Vaterlanct Seine Freunde, 190a. 1 ) Le ta lent <lt> Rot en 1·appelll• beau coup eel11i du poètP bas-vnln.isan Ch.-L. de Bonis, qu i fut l'écriYain-i ypt> de la littérature va laisanne fr,rn(,'aist->, PL comme lni, il s'Ps t insp i1·é ,s nrtont dP notre hist oi rP et de nos légend<'s. Le Valais ,a llemand ('OlllptC' trov peu ùe lectPt1rs. Anssi Léon Roteu R'Pst-il adressé d'emblée à un p lus grand public: il a la ucé ·ses œnn-t•s pu plPÜ1P A llemagne, à Leipzig, à Augsbourg, 11 Frandort, où L'lles OJl.t obt-Pnn ]p pins légitimC' des succèR. Kurz, dans Ra Litteraturge.~chithtc, !n i eons,acrC' des lignp,s très flattense.s Pt il insiste tont partieulièremPnt sur so11 ehef.d'œunP, lP d1·arne intitn lé: les DerJl!ie1·s Chevaliers de O nbiny, cette histoire du Valais dans les premiers élans de sa liberté nais,sant e, alors que le terrible symbole de la vengeance Pt de la justice populaires - la Mazzp - promenait son front sanglnnt clans nos montagnes. ') Ici e.st né le chantre de ln Vallée du RhûnP. Léon Roten, conseiller d'Et at. « Echos. >> - Les Oheval.iers de Gitbing. - K·11ffhii1tser. Au poète qui a chanté Dieu, la patrie et la liberté. - Ses amis, 1903.

Le poète a rassemblé dans ce drame plnsieurs légendes Pt faits historiques absolument défachés l'un de l'antre et PD a fait nD t out que l'on ne saurait plus séparer. Il rappelle la légende dn Méirderstein, dans la forêt de Finges, enrore vivace dans la mémoit·e du peuple. Un enfant sa isi par nnc troupe de bri~ands est amené devant le chef, qui lui demande: Qu' y c< Qu'y c, Qu'y et

a-t-il de plus tuœllciux que l'édredon?» Un doux rêve au sein de mà. mère! a-t-il de plus doux que Je miel?>> Le lait de ma mèr~! ,a.-t-il de plus dur que la pierre'/ i, Le cœur du meurtrier!

Le brigand, furieux, jette alors l' iunocente créature contre un énorme bloc ùP rocher, qni se fend dans toute i,;a, longn~ur. Un jeune poète. Je ménestrel le plus eonnu de n os régions au moyen-âge, es,t également pris par les briRands, qui le somment dP jouer des grivoiset,.i es. Il refuse, en termes d'une haute noblesse : Gesang jst heh re Gottesgabc. Die darf kein sinnlich '\Vort entweih'n ,vas zum Geschenk von Gott ich habe, Will ich bewahren engelrein! Drum hab ich stets nur das besungen Was ich des Sauges würdig fand : Des Minneglücks Erinnerungen,

,enr, une reconnaissance et une amitié éternelles. Il lui arnue en même temps qu'il parcourt le pays pour soulever les patl'iotes contr e les seigneurs de Rarogne, dont les Henngar t de Gu bing sont les vassaux. Wilhelm, le sauveur de Gelter, dé· elare au ménestrel qne son bonnetu· de chevalier le force à tenir tête au parti populaire. li prie Gelter, ,si les châteaux de Ra rogne a llaient être pris d'assaut, de sauver sa blonde fiancée, Bertha, fille du châtelain de Périgard, à l'entrée de l,a vallée d' Anniviers. La tPmpêt·e gronde bient ôt. A la. foire de la 13t-Gall, à Brigue, les patriot es armés se rassemblent, et la 1nazzc apparait, el le se penche Pu signe d'adhésion lorsq n' on lui demande: « Quels sont le.s oppresseurs du peuple? les de Barogne't » Hei wie da plotzlich Waffen blitzen; Die Miinner driingen sich herbei Zum Zeichen dass beret es sei Mit Mut und eîsenfester Kraft Das unterdrückte Recht zu schtitzen Schlagt jeder in der Mazze Schaft Als Unterschrift rasch einen Nagel Das fiel wie dichter Eisenhagel! 2 )

C'est le poète lui-même qui ,se dépeint. Un ebt>valil'r d n c-hâtPa11 voisin de Gnbing arrive au momPnl où l P méne~trel va être sal'l'ifi(i il la fm·e m· de,; urigands. Il sa.uve le malhem·(•ux, qu i jure au chevalier d e Guhing-, son sa 11-

Le dernier vers oppresse le cœur, tant il rappel le l'énergie des explosions populaires. Les châteaux de Ratogne, dans tout le Haut-Valais, ,sont emportés d'assaut, l'un après l'autre, et livrés au pillage et à l'incendie. Gelter s auve, par un ,souterrain, la fiancée de Wilhelm , laquelle doit s uivre son père à Berne où il eherchP secoms contrP ses sujets. Resté en Valais, WHhelm hésite longtemps il ,;'emôler sous lPs bannières dn pe uple, mais lorsque les tronpes ber-

') Le chant est un don précieux de Dieu, l]u'aucun mot déshonnête ne doit ternir. Car ce que j'ai re(;ll en don de Dieu, je veux le conserver pur comme les anges. C'est pourquoi j'ai toujours chanté seulement ce que j'estimais digne d'être chanté. - Les souvenirs heureux du troul:)adour, Dieu, la liberté et la patrie,

') Comme soudain les .armes brillent, et com me les citoyens se pressent en foule. En §igue que t:ous sont p rêts avec courage, et une force inébranlable de prot éger Je droit oppressé, chacun enfonce uu clou dans Je tronc de la mazze, en guise de signature. Ces clous tombèrent comme uue épaisse gréle de fer!

Got.t, Freiheit und das Vaterland! ')


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noises, envoyées par les co1's dn Lotschenthal, sur l'instigation de Ra. rogne, pénètrent daills la Yallée, aloris son patriotisme vainc tout effort.

* * * La légende populaire rappelle au sujet de cette guerre des traits tou· chants. Le berger et le fromager étaient à leur travail, vers la FafleraJp, lorsque les Bernois les assaillirent. Le fromager fut jeté dans la èhaudière de lait bouillant . le berger put s'enfuir avec' mais sa cornemuse et donner le signal convenu à sa belle, au village d' A.lbenried. Une immense flambée, allumée par la bergère et aperçue de tous les environs, jeta l'alarme dans Je peuple hautvalaisan. Grâce à la présence d'esprit du berger et de sa belle, dont le souvenir vit encore an Lotschenthal, lapatrie fut sauvée. Dans le combat acharné qui s'ensuivit, Wilhelm mordit la poussière en véritable héros, et en sauvant Gelter une seconde fois. Lorsque le ménestrel le cœur brisé ' f ut à Berne prévenir ' Bertha de la' sen triste nouvelJe, la fian{;ée avait précédé au ciel le dernier chevalier de Gubing.

Un souffle de pur patriotisme anime to?t le récit de Léon Rorten, gui a entreD?elé le~ passages guerrier,s de descriptions ciselées avec infiniment de délicatesse. Un des plus jolis passages est sans doute la prière à la Vierge. Mutte'l." Gottes, gnadenreiche, Der Bedrangten Zuflucbt du An dein Mutterherz, das wei~be, Leg icb mich zur sichern Ruh'· Giesse mild aus deinen Hiinde~ Ueber mich des Segens, Spenden ! ')

Scheid désigne ce passage comme un des plus .suaves «Lieder» de la « Spüt') Mère de Die'U, pleine de grâces, toi, re· f~1ge des opprimés, je me repose avec confiance_ sur ton cœur sj tendre de mère. Que ta mam .douce épanche sm· moi les dons de ta bêpM1ctio11.

romanti.k )) dans la littérature allemande.

X Les <l Ritter auf Gubing » ne fot·mc1It pas l'unique mérite du poète national haut-valaisan. Il a publié encore nn volume de poésies: (< \Viederkliinge am; dem Rhonethal i>. Ce sont des poésieR de jeunesse, des souvenirs, des hymnes à Ja patrie, des légendes et ballades. Malgré quelques faiblesses, ces poésies sont pleines de fraicheur et de sentiment. Les pages dédiées à la. patl'ie valaisanne et suisse que Roten aimait tant sont les meilleures du volume. « Der Morgen im Kyffhauser i> repose sur rancienne légende allemande d'après laquelle Barberousse se réveillera de son pesant sommeil et reviendra sur cette terre lorsque sa barbe aura atteint treize fois la longueur de la table sur laquelle sa tête repose. L'épopée de Roten nous transporte en pleine histoire contemporai ne. à la fondation de l'empire allemand. La France, les Etats allemands l' An· triche, l'Italie sont représentés pa1· des personnages allégoriques. Le poète est tout entier pour son idéal, la résurrection de l'empire de Barberons,se. :Nomb~eux sont les passages où de sages dictons gra,ent dans le cœnr du lecteur les leçons de l'histoire. · Ce drame de Roten anra certainement nn jour les honneurs de la ,s cène en Allemagne. << Der Polen Opfertod \) nom; rep1·ésente les malheureux Polonai:::, lors de l'insurrection de 1863. et leur brûlant patriotisme. 1Cette pièec a été jouée avec succès sur plusieurs théâtres. Enfin, Roten est le poète de notre h;vmne national Yalaisan, qui ne manque dans aucun recueil desti1.1é aux écoles ou aux sociétés et qui a été servilement copié plusieurs fois saus désirrnation de l'autenr. C'est, en sept ~ouplets, une glorification des beautés naturelles du pays et de son histoire.

Nennt mir das Land so wunderschon . . vas ist tlas Land am Rhon.eskaud Ist Wallis, unse1· Heimatland. ') Une année a van 1. l'inauguration dn

monutllent de Finges (mai 1899) le coroité avait prié le poète de lui dédier nn hymne patriotique. Roten s'exécuta en 1~98, ce fut son chant du cygne, car il mournt le 5 aoùt de la mêllle année, dan:,; son cllalet de B reitmattcn-sm·· Rarog11P, à l'âge <le 7 J ans. J}influPuce dn poète snr la littérnlure nationall' n'a pas encore eu le temps de se développee. Uomme nous l'avons dit pins haut, se:,; travaux ont été pullliés en A\ llemagne. l\iais si, chez nous, d'aucuns ne t'Onnaissent· pas ses œunes en détail, tou,s, en revanche, en ont entPndn parler et sont pleins d'estime et d'admiration pour le poète national Laut-valaisan. Une édition populaire de ses œurres, qui se prépare, contriunera beaucoup à les répandre dans le veuple. No 11s souhait ons qu'il ait de nombreux imi.taknrs. Il lui restera toujours l'ltonnenr d'aYoit· éh.s le premier poète du HanL-Yalais riui ait si bien éc-rit les ùeautés uaturl'llcs et lei,; gloires du vas:c-é <il' son vas::;, et qui ai( l~lHrnché l'll attcu( s (1'1111 ,si pnr lyi-isme .suu amour pour Dien. la libe1·té et la pa tri e!

La viande Causerie hygiénique a 1•1·01los du Cai.•ême (Suite et fin)

· Le lh Hnd1ard, un des di11ieie11:,; 11ui jouissent de la plus graucle autorité fL l'ltenre rictnelle. a fait la critiqn<? du réginw carné en des pages quïl fondrait eiter tout: entiè1·ct; .•\.près aYOÏt' déelaré ') Nommez moi le pays si beau, s i bea,u. ... C'est le pays au bord du Rhône, c'est le Valais, notre patrie.

que <( l'humanité dégénère par la taille et par lc.s muscles >J et qu' « on peut arrêter cettP dégénérescence par un changement radical dans le mode d'alimentation », que << le régime de la. viande ne favorise pas le travail cérébral ii, enfin, que « le régime végétarien assainit le corps et l'âme JJ et que ce régime «est aussi bien la nourriture des ouvriers de la terre que des ouvriers de la pensée il, il continue: « Nous vivoos dans un temps de neurasthénie, maladie dont abusent certains médecins quand ils sont emba1·rassés sur le diagnostic, mais maladie de plus en plus en,ahissante. On en cherche toujours la cause, et toujours sur ce point se renouvellent les mêmes ineertitndes, les mêmes affirmations ou dénPgations entre Hippocrate et Galien. Or, en m'appuyant sur une expérience dP vingt années, je s uis en mesure d'affirmei- que le grand coupable est l'abns du régime camé, si riche en toxiques vasoconstrictives et musculaires, et que le meillem· D1oven de porter 1·emMe ii rPtte maladi;,, c'est d'instituer nn régime lactovégétarien peu riche en nucléines et toujours sédatif du système nervenx. Certaines insomnies rebf'lles cèdent encore à l'emploi de ce régime a limeufafre, et j'ai n1 dormir des malades, privés de ,sommeil depuis longtemps. lorsqu'on avait soin de l<'U l' faire prendre le soir nn repas romposé d'un potage maigre, de lai.fa~e. d'œnfs frais et surtont de> légumes. La viande es t nu e.JJcitant cérébral et lllHSrnlain•; par son abns, elle dép1·it11<' le eervea u et les nrnscles. Pile n' est pas un aliment toujours tonique. ii Si Il' régime ta m f excessif n'est pa·s la cause de la plupart des maladies, comme ren accnsent les fervents yég~tariens. il parnH pourtant jouer un rôle important dans un assez grand nombre d'affections. notamment les ·insomnielf et les vertiges, l'asthme, la. migraine, les


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96 maladies des reins, de l'estomac, du foie et du coeur. Peut-être la fréquence croissante d'une maladie qui ue devient que trop à la mode, la pérityphfitc, estelle en rapport aYee ces habitudes défectueuses d'alimentation. D'a ui.res voudraient y ajouter· le cancer; mai,s i 1 y en a assez avec cela ponr ne pas trouver trop exagérée l'opinion de Sénèque affirmant qne « l'homme ne me urt pas, il se tue n et la boutade d' un médecin co·n temporain: «On appPlle volontiers empoisonneur un mannlis 1·uisinier; en réalité, l'épithète sel'ait mieux appliquée aux bons!» Parlerai-je, pour convaincrt> les per· sonnes en quête d'adoudssements de Oa'rême, de l'influence défavorable de la viande sur la beauté pbysiq1w? Dirai-je, avec Huchard encore, qnP l'abus dn régime carné« produit certainement des maladies cutanées et souvent t lilP pâleur terreuse des téguments ll, tandis que << le régimP végétarien donm• de la fraicheur èt de l'ét·lat an teint?,> Non, il vant mfonx Df' pas nous arrêter: ees considérations d'es,thétiqne mondaine ne snaient pas de misé à l'entrée du 1Carême ! A cette apologie de FabsüuencP, ou répondra qu'il est d'expérience courante que le maigre est moins nourrissant et que les repas sans viande sont d'une digestion plus laborieuse. J'en suis persuadé; ma.is cela pronvP prérisément qu'une alimentation mal réglée a PU quelq ne sorte émoussé notre système digestif : habitués à des met~ trop abondants et trop « substantiels >i. notre estomac et nos intestins ne sa\,ent plus tirer parti d'aliments saio,s et rigoureusem<>nt suffisants pour entretenir la santé et les forces . Serait-il sagp de continuP1' dans cette YOie et. en li.mitant son ehoix aux mets les plus a.isément assimilables et les plus exritants, de favo6ser la torpeur de nos organes digestifs? Allon;s-nous, après ces réflexions,

renforcer les phalanges des végétarieng actuell ement très ardents et très mili tants dans <.:el'taiues \'Outrées? Je ne le pense pas; mais ceux qui ont le souci - 011 même le devoir - de vivre bien et lon~temps poutront utilement songe1· à l'a vPoir en surveillant et lllO· dérant le111· alimentation et ne pas attendre qu'une maladie sournoisement installée let-1 obli~e tôt ou tard à un l'égime ru1·atif mille fois plus pénible que <.:el ni q Ut' l'hygiène leur avait conseillé. Si ehacnn ne peut a.voir le,s goûts dP Montaigne, qni rlisait: « Je suis friand dn poisson, Pt fais mes jo urs gras deK maigres, Pt mes festes des jours de je fine », d n woins on méditera :n·e\· avantagP l'Ptte phrasP du Dr Bonnejoy; << 0'est hl plus gros·s c faute de diététique qu'on puisse commettre, <JUe <l'aller mangPr des viandes éehanffantes pré<'isément à l'époque> où le préceptP 1·c>ligiC'11x Pst ingénieusenwnt d'ac('oril avee la natm·e qui réclame Je rafraichissl:'rneut Pt le repos des organi•s pour les remettre en étal de bon fone1.ionnemen t. >1 O.

•• Soyez sages, mes enfants... Bien nombreux ,s ont les pa rcuts qui <·roimt s'être acquittés de leur dPvoir de père ou de mère à l'égard de leurs Pnfant.s, parce <Jn'i ls leul' auront répété plusieurs fois le jour: « Soyn; sages. mes enfauts !ll Helle recommaudation, sans doute. ma is pour qu'elle ,soit efficace, il faut qu'elle ait nu sens bien a rrêt<S, non une sig,nifi.catiou quelconquP ponn111t v:nie1· se Ion les circonstances et les pe1·sonnt's. mais celle qui lni convient. De plus <.:ettP exhort ation doit être donnée ùe telle ma!Ilière que les enfants la prennent au sérieux, sinon elle fera autant d'impression sm· leur ü.me que ferait sur la nôtre, une salutation, un (<portez-vous bieu » du premier venu.

~ous voulons admettre q ue la plupart des parents e~ten~eut youloir q uehj11e ehose, lorsqu ils disent à lelll'::i enfants: << soyez sages! l> Mais que veuJenrt-ils ·t La sagesse sans doute; quel sens anra ce mot ,sur lents lèvres'! Un avare redira sans cesse. << Mes enfants soyez sages! » u ' es t -ce pas cowme s ''l 1 disait: ne dépensez pas, accumulez de-., trésors ·t Voilà pour ce père la suprême sagesse, ,s 'enrichir. Uu autre, laborieux, très occupé, ne connait qu'une rnrtu, Je travail ; q11 ' uu vice, la fainéantise; Jui aussi répètera: <( Hoyez sages, mes enfants! » lesq nels ne se tromperont pas i,nr les intentioni, de J<:,ur vère; ce eonseil pour enx équivaudra donc à cet antre: Le temps est précieux, u'en perdons pas une minute. Travailler, vo-ilà ponr cet homme la souYeraine sagesse! Cette mère, jadis mondaine Pt coquette, aime à se voir revivre, belle et friuganle dans sPs filles; <' lle les attifera de toutes les modes, les badokra. de rnbaus, les livrera à toutes les fêtes, à tontes les soirées, à tous les bals .... mais toujours avec la recommandation sacrnmentelle: (< )les filles, soJez sages! i> qu'elle aurait pu remplacer par d'autres équirnlentes : }les filles, uc vous comp1·0rnettez pas, ne faifos pas ma l pal'!er de vons. Ne pas se permettre des licences qui déshonorent aux yeux des hommes, t;Pra donc pour cette mère l'unique sagesi,e. Ainsi, diacun entend la sagesse ,\ sa fa<;on. c i· la l'éduit à la pratique de la seule chose qui l'inté.resse. De Dien, de la religion, de la piété, de l a fuite du momie, il n' en est pas question. Quoi d'étonnant après cela que les enfanrt.s, parvenus à l'ftge des passions, soient des jeunes gens sans eœur, sans ·s entiments généreux, indifférents, on des je uues filles capricieuses, va.n.iteuses, sans déYotion et même . .. pas trop saX. ~es!

... '.

Du choix d'un 1nétier II est parfo1s singulièrement difficile de choisir juste quand il s'agit d'apprendre un métier à notre jeunesse. Il faut, pour arriver à ne point ,s~ trülillper, une as,s;ez grande expérience de la vie d'ateJ.ier, avoir longnemeut médité sur les conditions de l'apprentissage, sm· l'e nseignement professionnel et snr les moyens de provoqner la réYélation des aptitudes des jeunes ~eus. -;- Et l'embanas est d'aut31nt plus grnnd, qu' il résulte, d'une longue expérience, deux observations trè6 claires: premièrement, qu'i l << est toujours extrêmement difficile de deviner la vocation des jeunes gens>> et, secondement, que « la déroute on le refoulement d 'une vocation produit inévitablement des effet.s déplora, oies i>. On pourrait en dire luug sur les al térations physiques et morales qni résultent fatalement de la vio)("nee faite aux aptitudes natu relies; bornonsnous à rappeler que Ct' n'est jamajs impunément 11ue, dans la pratique ùe la vie, nous méconnaissons et refou Jons les puissauees particulières do.ut Dien nous a doués en vuP de l'infinie variété des t ravanx qui eonstituf'nt la Hlclw de l'hnmanité. - Et que de bévues sont journellement commises pat· une fonle de per,sonnes parajgsant avoir tonte l' autorité désirable pour juger sa.us appel ·de la Yalcnr spériale des jeunes gens et lem· ouvrir ou leur fermer la porte de certaines ca,r rières. Il fa.ut être en ga.rde eont.re soi-même dans le choix de la yoca.tion de nos fils. Ce jeune homme exer~ant un métier: charron, menuisier, maréchal, eût été meilleur artiste, graveur ou peintre. Tel autre qni pe1·d son temps dans les travaux de mines, rarrières, etc., eût mieux rempli des fonctions administratives, militafre.s ou autres.


68 Oelui-ci, qui ,se vone à l't>nseignement de le111· intelligenC'e, qne d' un don na. parce (]ne ses parents !'out fo1·cé d'entn re I, q 1re l'ou nP pen t ni créer, ni res. trer dans cette rarr·iè1·e, ue souhaite- treindre, mais 1111'il suffit de dévelop. raJit que la Yie du modeste cam- PPI', p.tgnard. Il J aurait un moyen n'aider à tou,s Il a rriYe HOH ,·ent q ne les jeunes gen'S les pères on protecteurs, dans la tâcbr manifestent si clairement le urs disposi difficile qui leur est imposée quant sitions que la t âche deYient assez fa. an choix d'u.n métier de le urs enfantR d ie à. qni doit les gnider. Le ma l f>st on pl'otégés. Ponr faire de chacun de <J ue précisément ces derniers ne tiPnféconds trav::iilleurs, il nous faudrait nen t aucun compte de cc-s disposià tous des (< écoles d'es,sais », où le,s tions. - reut-être aussi le nombre de adole-sceni.R pussent essayer difféceux qui commencent à a.pprendrc 1111 1·ents métiers avant de faire un choix métier et qui l'abandonnent eu plein app1't'ntissage. est-il la cause du peu définilif. Mais l'idée des écoles p1·0fessionnel les n'est pas encore générade cas qne font les pa1·ent,s des disposilisée Pt. iudépendamment des moyens ti-Ons de leurs fils. m::i tériels de l' ensedguement profesSi des jeunes gens m:rnifcs1.ent dl's sionnel, il faut l'intelligencP de <'et endispositions pou1· telle 011 telle profes- seignement. 01·, il ue p::iraît pas qu'elle sion, il faut s<, mettre en ga,rde contre abonde. La plupart des personnes qu'i un préjugé fort 1·épandu, - d'après le- s'occ11p<'1ü d'éducation professionnPIJe <Jnel on considère comme aptitudes paraissent presque tontes portées à quelques dispos,itions passagères. croire q ni> - le mieux q u'ou puisse On se laisse trop généralement all<:'r faù·e est d'ineulqner an:x j<'nnes g-enl:l à cette idée qne tel jeune homm<> est le plus possible de connai'Ssances teebimpropre à telle vocation pour des niqnes. <'a~1ses extérieures. indépeudantes dt' f'e n'Pst pa·s 1H <Ju 'pst naimPnt l'esl'intelligence, maladies, infirmités. etc. sen tiel, des eonnaissances techniques Là encore on se fait illusion et les :'l·ont néeessairfls sans doute. mais la preuves du contraire a bondent. N'est- f'on<lition ln plus impo1iaute est IJlH' ce pas parfois che~ les aveugles que l'élève puisse voir comm<'nt s 'exPrcent nous allons chercher le,s cbefs-d'œ11ne les dhei·ses indus1ries et s'essaYer lnide sculpture, d'un travail fin, minu- rnt'\rue to111· à tour à celles qu·i l'attitieux? - Et parmi les artiste::; dont 1·ent. C''('fSt à eette condition \Jll<' la ,·o11011s sommes fie1·s, peintres ou dessi- cation pent se révéler; c'est ::issurénateurs, ll'ous e11 avons connu n'ayant ment lf' 1uoye11 le pl11R rationnel dl' Jioi,n t de mains et faisant pom·tant des p1·0,oq11t•t· ln. manifesfatiou des aptittxn•aux remarquables. Qui eût <'t·u q ne tudes ,spécia les des j eunes gens. le roi des inventeun1, l'Amérfraiu Edi·S::ins doute, il y am·ail qnelquPs .son, est sourd, incapable de perceYoir abus de JibPrté, et les diredeurs e t proaucun son. lui qui durant tont e ~a Yie f<'s:,;em·s auraient :'t faire pt·<:'uYe d'uu1• ne s' est pt·éoccupé que d'emmagasince grande et patiente ,s ollititude; moins et de h-ansmettre les sons? Même phég1·ande polll'tant, beaucoup 111oins qu<> nomène pour Beethoren, le célèbrC' compo'S.i:teul' dont les œu,·1·e,s ·sont en- celle dont l'entomologiste, par exemcore et l'esteront un monument musi- ple, fait preuve à l'égard ·de l'insectt, cal sans précédent. - La pratique qu'il veut étudier e1. décrire. Est-ce trop d'un métier et l'art de s'y perfection- exige,· de demander que l'éducateur de ner dépendent moins des indjvidus et l'enfance a it nn peu de cette vertu perséYérante d'observateur du naturalis-

99 te et n'ill'timide pais et n'efface pa~, sous prétexte de discipline, les mamfestations, même un peu déso1·donn~es, des aptitudes qui poussent dans la Jeune humanité'! ,Eh bien! nous en sommes sûrs nous ne serons pas approuvé par J::i ;1upart de ceux qui travaillent à J'<c élève de l'homme. ii A la discipline, c'est-à-dire à l'a:c~ssoire sera longtemps encore sacrifiée la libre expansion des aptitudes, qui est le principal. . Si votre aarçon est «remuant», 1:11 le ruouvement est pour lui un besoin évident , mus éviterez les métiers faits pour )es natures casanières. Disons en terminaut que de tous les métiers celui qui convient le mieux à tous le~ indJiYidus, celui qui compte le plus d'adhérents, le plus beau, le p,Ju.s g1·and - est sans contred!t le travail des <:hamps. Devant celm-là, les autres sont petits et baissent pavillon. Qu'y a-t-il de plus beau, de plus naturel à l'homme que l'agriculture bien Pntendue. Rien ne la va.ut, parce qu'elle porte en elle la vie des peuples. A. , de la TOUR.

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Dans le monde des phénomènes üe tout temps les spectateurs ont raffolé de tes extenteicités qui semblent un <léfi à la logiq ne des choses et aux loi s habituelles de la ua1.iue; Ier,; diredenrs de concc>rts se disputPnt les pbéuomènes, sachant bien qu' ils leur feront faire de grosses recettes. Il en existe, d'ailleurs, de tous les g enrPs dt> deama1iques <>t d'amusants. ' C'est ainsi q u' en ce moment I' on vo1't, su r diverses s,eènes, des chiens qu,i jouent la pantomime, un monsieu.r q~i marche snr la tête, 11n autre qui. fatt des omb1·es chinoises an~c ses pieds, nn troisième qui joue dn piano avec lt>S ('OUdes. A Londrns, un éq uilibl'iste, Kin ers

Moulins, obtient tous les soirs un gros s uccès en portant sur la bouche une chaise sur laquelle s'assied une dame en toilette. )fais le·s ps«>udo-prodiges sont légion. En 18G6, on applaudissait l' « homme mouche>> qui marohait le long des plafonds aussi aisément que s'il se fOt trouvé en pleine rne. L' (<homme singe» qui s'exhiba dans ]es théittres amusa beaucoup. C'était un clown japonais. Pendant la représentation, il grimpait le long des C?· Ionnades d'avan;t-scène, se promenait sur les balustrades et tombait, d'un bond, du poulailler sur la scène. Puis il v eut l' c< homme aux yeux de fer», qui 'trainait une Yoitm·e attachée a nx globe13 de ses yeux. Les hommes « forts n sont plus nombreux encore. Se ,s ouvient-on .encor; de l'histoire d<> ce lord an.gla1s, q111, a:rant vu somnoler dans sa ~uérite un veilleur de nuit, souleva déhcatement la guérite et son contenu, puis alla les déposer sur lr mur du cimetière. On deYine l'effa l'ement du boll'hommc à son réveil. Un allemand nommé <( Thopbam ii bl'isait comme de la simple ficelle des cordes de 5 rentimères de diamètre et portait 800 li vres à bras _te ndu. Le bûdwron auvergna.t ·«Lapida» p~rtait sur· son dos une chareetée de forn, y compris la voiture et le c:heval, et, rien qu'en riant, brisait les Yitrcs. 'C'est lui qui, un jour, fit évanouir un de ses amis en lui posant la main sur l'épau-

~e. Un certain 11 JoigneN•y » épaulait uni':' pièce de campagne comme un mousquet. On n'a pa,s oublié non plus « l'homme-obus>> qui se faisait projeter dans les airs, par la détente d'un, énorme ressol't à boudin dissimulé dans la oueul~ d'un obusier·. Une Pxplosion de poudrP qni coiincidait acbevnit l'illusion.


100

. Des femmf's elJe,s-même,s ftlreui. ('éjJour Jenr force museuhirP Gau (bPI' », de la noruédie-FraJJ: ça1se, t·oulnit clans l:i't's du igb,; culilme du carton nne af:isietLl• d'argent t>t « U~·i.boucbcmnail )) uu clou Balls ùifficulleb1·es

<c ~Ille

101 d'.rns to utes le-s fl aq ues de boue· il

rst

JJIIJUP, 101·squ'il fait sec, par t dus rnsectt•s ma lfaisao Lli:; de la créat io:~ p.. our le tl e malheur' il ne 8.a l ne• , . comb .

Ja111<11s les ~e os qu'il derrait salner . } ·JJ~·ès HY011· pa:ss,~ en revue les <Jua: lites rntP!Jeet11elles et morales qui ' L'bi:stuirl' d(· l'a<Touatie ruentiouue tant <Jue eauses eous(a11le1:1, appa;a~: égalPme"t lt· now <1'nu e i·erta iue darne « Ma laya» fjni , dansa ~ ur 11n fil de fe l' seul t'OIU1ue ln; fa<:lc11rs l e:; plus aclif la réussite babitnelle d e nos entr ~ ,~nau_l l~·s so111·l·1·,'li~s allifis et ee à de_ Jr·1sei:;' • l' , C'H l -a, · d'1re de h c··h-tn."e et t·e ! -00_ preds dl' liaut. Lue nutn•, llll L' d1•- 1•, 1 L C \, l ). : que q nes _eonsé(J Ueu ces de l'a.ppliea m~1sclll' « l'apillou >> R<· disloq11ait au :le la 101 de prédomiuancc des mu. pon~t de vou,·oir JH'cudre plaee toutv :s< s t ousta·u l!,s, an point de nie de 1· repltét>, da~s une forlc p etite Yalis!:' où sou llta1·1, qui était l('n même tcmp~ JU(wale, le tonféreucic r tcrrniu r L': do:~uan t la i·eeet te mirifique promise sou b_ar111~111, l'enfnniait dn l'f',sle très C'Ol1S('J(:'ne1f'11semcn1. '.'11 abauù:onue généreusement à sf's Ll t'.d 1tet11's, pu.rel' qu'à l'nsag-e M.•'\:-;on_1; le second Ewpirc, ,c .Uis-s L11rli111<1uu a reeouuu tflt'il t'ilait plui; faeilp n_!:' >> fit courir tout l':uis an'e ses exet ~e la n~romruaudf'r aux autres (Jne de CJ<"es au fo1Jd d'une cnve d'eau. 1 employer xoi-mêrue: ?n 11euf ~1rTüte1· <·die u01ne1Jl'la l nre • ,c 1'0111· a_l"oi r de la rlian r P, Je r ez-vo us qui pourrait s'a llou ~('l'. t'Pl"te co urlt: (ot le mati_u et mélangez, ponr cLaq,w <>nqnêtP dans lf' moufle <lPs équilibre; Jom·, imP lJvre d'a clivité et une d e permont.rf' SP11 !Puwnt qne l 'auda1·l· liuwai- ;;{,,·franet,, avec Luit oneps tle prévone n'a ptesqnc pas de limites t't (J II <' .,-~\ll('<' f'~ _q uatre rl(• ronfianet:> l' Il Yo111s, · 1 1. I1l11s ,ses tl·1Jt·1t1'1w, ' .-s son vaI'O<jJJ L'S plus 1'. 1eu1, , .101gnez-.r uu grain rle prudent·P elles sout ass11u;<.•s du suecès. 1 t t II IJ r:;1·1·11puk d'bonnêtef é. ayez. <'Il outn, ' 11 .11<> "a ·t· ' · ' '" u Dllf' po1 ion de <·araetè1·e <''Ps ' sae b!'Z a' la fois ee qn e Yous' · tàd1 .· · r:

~1,on

J!

•• Pour avoir de la chance

Dans Un f' l'Pl'(•u(ie. S(;anro de la I . ' . ' ' (( , 1· gue d e I art ion ru orale» , ;\1. ,1. Amann a donné une (·ouffrPIJL't' sur la cliance. E n l'OlJJJ IH'u~·auL il a ]lrornis dl' doull<'r 1-1' 1·e1· L·t t l' 111 · ta,·11·1 I >k 1>ot1r avoi 1· tl\• la cbanc·e. t·1• \Jllt' tons <lésit-Pnt ei te ~eu ou1icu11l•11t, lu eliau('e \;tant <lefJDJf' tOlllllJ<.• la 1·,;11 1,:,;iil' liabi(ul'lle dans llos entreprises.

'1~:.

A <111oi t ient la <:liaun• d(· l'Pdairues JJ;rsonnes q ni ré ns1:,issenl alo r s u e d ant1·es écbouent? q

~,o~, e~ f:!Jl'f:' Pt _c-e (}lie v o 11 s von lez faj. e_ l t , e111llez hure \'f' que, ons pouvez, AJ011tez ·Pnrur·" a' t 011 t l'<-'1a 11np poi• .des ch eveux de l'ocrasion. faites 1gnée> '.H ~élang~bienboin1<>gè nP<lntoi'it, que , ~111s f•mplo1f'rcz dans to ul l·~ l1•s Ol·eax 1on'S <lt• J-t ,. 1·o t S.·T YO UX Ill' rénS'si s< .-. e S!';t, pas, ma lg-té 1ont <:Pla , ue n rn s f'll J)l'l'lll'Z ('11,l'Ol'(' qu'à \ 'O US· IU'~llll' ,, 't · t: · . . C e:s vrnrn'.'rnblnblPmc1Jt que vous a,·ez ~nt t'('Jn·,,x de ùétrod1er nue étoile, cl'attrapci· fa lnn<> a,·<'<· l Ps de11ts, 011 bien cu<:01"1· dt:> r ontc1Jte1· tout le ruonde ').

..

qui u·a pas d e dJau(·(· l'\'· ~oit <la rus la rne, sn 1· ln tête, 101·sq u ïl , ente, toutes les !'!1ewinées qui tom-

Bourrasques et éclaircies

bent. Il met le pied, lorsqu'il pleut,

mois

!}1J.0111111p

Persouue , e beaucoup l e . , ' J'e. Je ci·a·ius, u ,ann de février, ma ussade et colère tout en rafales dJJns l'air, eu margouillis su{· le sol.

Volontiel's l'on comparerait Fî'-\'l'ier il 11u ~éUI>ata il'e quinteux, hargueux, absolullleni. désagréable, une espèce d'Alceste du calendrier, vous jetant pluie ou neige au visage roJl)rne des vérités désagréables, et prenant un malin plaiisir à semer de grippes son irascible passage au sein de notre pauvre humanité. Peut-êtl'e ~wons-nous tort et nos jugements sont-ils téméraires. Il est certain que si Févt·ier est un bourrn, c'est un bourru 'b ienfaisant. Bienfaisant et sage, car s'il ne fait son œuvre à son heure, Avril et Mai ,s'en r essentil'ont et seront fort maussades à. lem· tour. Il faut cette lutte des élé ments pour enfan. ter la saison nouvelle avec ses délicats feuillnges et ses fleurs plus délicates encore. •r11eophile Gautier l'a bien dit: Tandis qu'à leurs œuvres per verses Les hommes courent, h3letants, Mars, qui rit rua.lg1·é les averses. Prépare en secret le printemps. Le poète a l'aison, mais il faut étenclre le bénéfice de .son pittot·esque plnWoyel' sm le Jlrédécesseur même de Mars, sur le 11auv1·e J•'év1·i er tant méprisé, tant ca lomnié. Ce malbem·eux mois semble a,oir le sentiment de la. réprobation qu'il e;xcite - tel qu'un enfant difforme dans le grand ménage rie l' Aun~e - et il abrège sa. vie colllme pom se faire pardouneb: ù'être au monde. Il se ronteute lle 28 jo111·s. Et s'il en a. 2!) ùaus les nunll(ls bisRexfües telles q ue celle-ci, ne le voyez-vous pas, joignant ses mains bleuies par les giboulées et semblant dire: - Pardonnez-mo i, <:e n 'est pa s ma fante: niusi l'a vouln le calendrier, '.l'ant d'humilité n e doit-elle pas nous tou<'lier et uous r enclt·e moins sévl"res en vers re bienfaiteur longtemps méconnu ? . .. Avant ,le composer un tableau, qu i si>rn peut-être 1111 chef-cl'œu 1Te, il raut qu'un peintre lll"épnre ses couleurs, el fl'au cilemcut sa pulette offre nu pêle-mêle déconcertan t. 'l'el est l'humble rôle ùe F évrier: il broie les cou. leurs, il prépare ainsi les génia les inspiration s des moi s plus populaires ùout il est le précurseur. i\fais cr précursem ne rnnnquu poinl tle sens artistique. Ses bourrasque~ Rf'mées ,l't'L claircies sont pru·fois clE-s 0 •11v res d'iLrt ;.:ohres Pt grandioses. Plus que partout aillems peut-Hrc. c'est sur les rives Liu Léman que doit se pou rsnlvre la réùabllitation cle l' infortuné Fév rier. Quand tm rl dea u de nuées en elle il nos yetl:X la cote de Savoie et quand une bourrasque

tle ne ige va1:1se sur les flots, le lac bleu ne res. seruble-t-il pas Il. l'Océan aux vagues glauques couronnées d'écume blanche? Et alors, de !'Océan, le Léman n'a-t-il pas a ussi la graudeUI" tmgique el les horizons illi· mités ? Si le la c; d'azur, reflet du ciel, parle de m iséricorde et de sérénité, le même lac, en ses grands frissons, proclame une sainteté et uue justice que l'on n 'outrage pas en vam. Le Léruan, <:om me uu a utel dans un sanctuaire, a pris, lui aussi, sa couleur du temps, le deuil du carême, et le bt uit de ses vagues sur la 1·i,e semble un gémissement prophétique. Ainsi Février parle plus aux consciences qu'aux imaginations. Mais il y · a les éclaircies, qui charment les yeux et qui touchent les cœms. Le rideau des brumes se soulève du côté de Villeneuve, et l'entn~e cle la. vallée clu Rhône, ent1·e les hautes façades alpestres, apparait toute baignl1e de lumière intérieure. Ou bien le rideau s'écarte s ur la rive de Savoie, et les forêts noires se montrent toutes poudrées de blanc sur les flancs des m ontagnes. Elle paraît plus rapprochée que jamais, <:ette rive pour un temps voilée à. nos yeux, et la r·egarcl eu lit tous les défails avec une netteté singulière: on plonge, semble-t-il, jus, qu'au fond des ravins qui descendent vers le lac, et ntù repli ne cache plus son mystère. li est même alors des jeux lle lumière ù' un charme si grand, si inattendu, que les splendeurs cle l'été n'en effaceront pas le souvenir . C'est un rayon de soleil, pa1· exemple, qui, venu on ne sait d'où, se glissant avPc un 3l'L snbtil à trave1·s l'épais manteau des nuages, se promène cle cl, de l:'I, projetant de magiques cla 1·tés avec une fantaisie tonte gracieuse, faisant l'P'ssortir tel détail de paysage ignoré jusqu'alors, et semblant dire: - Eh bit>n! mes bous amis, le vieux Février u'a-t-il 1rn;; aussi SPS mérites? En H (>, quan<l tout devient vagne et lointu iu comme nn rêve bleu. a vè',r,-vous jamais si bien distingué ce 1·iP11x clocùei·, <:e petit boi:::;, ee fond de rnvin, <'e fi er roch er, - et ceci, - et cela. - el cela en core? ... Il ,a, raison, le petit r ayon lle soleil. F..n vérité , on aimerait les bourrasques par a mom· tles éc la.irciPs. Effet de cout'raste. Ainsi dans la. vie les rafales passent, mais le soleil som·it clans leurs voi!Ps fle neige. Le pins triste févr iet· a sp,: t'iclnircies. Ln vie la plu s terne n ses joies. F/lvrlor est un psychologup doublé d'un pédagogue. li app rend à l' iVl"e avec patience, dum1 l'attente flu procb::iin renouveau dont il est le propbèt:e. PIERRE.


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Le missionnaire et le brigand

était résolu à tout. Mais il ne retournerait en Europe que r iche, ou il laisse1·ait sa cheve. Jure aux Peaux-Rouges. Il en avait a.ssez de lru malchance qui l'avait traqué dans son tour d'Espagne; rien ne lui avait 1·éussi et. il t-n avait Je cœu r ulcéré. Son ancien ami lui fit à ce s ujet de trè!i judicieuses .l'emarques, lui l'a.rra des épreuUn Jour, au nomb1·e des émigrnnts se dh1. ves que Dieu envoie à ceux qn'II 11ime, eRgoont vers l'Amérique, se trouvait 1w jeune saya cle relever son courag.e par des p1·omeR. missionna:ire. Il sot·ta it du Séminail'e des Mis- ses d'avenir et <le t·écompense, le <:onjnra de liions-Etrangères de Pa1·Js et s'était embar- ne pas oublier le div.in Sauvem· qu'ou leur qu~. au Hâvre, :1. bor<l du vapem· « Lima J>. avait appris ensemble à almer et à servir. il avait rejoiint, sm· le vaisseau, une cara- Ces ·pn.roles parurnnt un instaut émouvoir le vane ll'émigrnnts de tous pays q ui se 1·eu- jeune én1igrnnt, mais ce ne fut qu'une lueur; claient dans la République Argentine. bientôt après, Broc, tout à ses rêves d'or, riAn milieu de tons ces gens dont les visa- c·a.ua it et se tnoqnait de tout. Arl'ùvés :'l Bui>ges dnt·s reflétaient la triste passion qui les nos-Ayri>s, les de ux amis se quittêrent aprê~ anlm11it, le jeune évangéliste, dans sa robe s'être mutuellement serl'é Je 11111.in et sonde bure, le front pur et les yeux levés vers hrnité beaucoup cle bonheur. le ciel, appai·a.issait comme l'ange prnte·c· Le missionnaire se mit bravement à l'œn. teur rtes ()!Mlvres exiléi::. cl1argé de veille1· s ur vre, et eut la. joie de voit' ses effol'ts coueux <lït ns lm pél'illeuse voie où ils s'étaient 1•ngagt1s. Il s'appelait Robert Viat ec Hait ronnés de snccès. Aprês dix ans :l peine d'aoriginalrt- de ln Suisse. Il savait qu'il ltt'.Ait postolat, il avait fondé plusie m·s.écoles c·hir/1autour de lui des compatriotes et li en éprou- tienn(:!5; dans les prlncipales villes du Sud, vait une douce joie. Il s'.npprocha discri'te- sauvé bien des âmes égarées et donné le baJ> tême à des milliel.'s de petits fofid èles. ment des ~roupeR formés sm· le pont du ha~ Uu jour, il tt·avel'suit Jes Pampas, au cœur tenu, écouta les conversations des passagers, reconnut le rlinle<'te qni lnl était familier. même <les immenses 1n·ovinces !le la. Plata, t•t, au momi>nt où Ji>s voyagem·s ndruiraient clan/'! une voiture attelée de cleux vigonl'eux l'immensité de la mer qui se confondait che1·a.ux. Il avait avec lui, outre le <'O<:he1·, avec le ciel, le jeune missionnaire hasarda uu l'iC'he inùustl'iel de Ruenos-Ay1·es et une i>n patois, et en souriant, quelques remar- Sœu1· de Charité. 'l'ont à coup, :1. un détour ques qui ex<'itèrent vivement la curiositfl de de chem in, rna.s qué pa.t· un bouquet de liante Iles <'01Upatriotes; on s'empressa autom· de f utaie, un coup de fe u fit cabrer les cllevnux, lni, on l'entoum et on le questionna. Par une et au même instant cinq Pea,u x-Rouges, comeo1'11cldence sans donte providentielle, l'ecmandés pa1· un chef blanc, débouchè1·ent et r-lésinstiqne reconnut pn1·mi leR émigrants se ruèrent sur les voyageurs. Le Jeune 1uisun de ses <'ama.i·arles cl'enfau<'e, nommé Louis sionnairn sa,uta. de la voltm·e, s'avan!:a n 11Bro<', qui, après avoir· essayé de tous les mé. devaut des assaillants, et levant lw croix tiers il tmvers l'Em·ope, partnit pour les mi- qu'il poitait en sautoi t', il s'.é cria: << ~les frènes d'or dn Péron. Ces deux anciens condis- res, que cette c1·oix vous s.auve comme elle <'lples fraternisèrent. Robert racontn. les dlf- nous protêge! J> A pe.i.ne avait-li prono.n<'é ces f/lrentes péripéties de son existence studieu- paroles que, sm· un signe de leur chef, les se, consacl'ée à la religion et à ses mystèl'es, Peaux-Rouges reculêrent et disparurent tians son séminaire à 1~ ... . , son noviciat aux M:is- le bois voisin. Le chef blainc s'approchant llions-Etrangères de PaJ·is, ses craintes, ses in- ailors du prêtl'e lui dit: « Robe1·t, me reconce1'titudes et ses luttes, puis, fiualement, sa nais-tu'! >i Le missionnaire, qui n'avait pu dévictoire et ses espérances. Il allait mainte- couvrir les traits de son ami d'enfance sous nant p1·êcher l'Evangile aux tribus des Pam- les tatouages qu'il leur avait fait subir, ~e pas, dans l'Amérique du Sud; li en était heu. t·appela cette voix dont les derniers sons reux et se promettait une ample moissoo de perçus sur le « Lima » frappaient encore ses bonueii œuvres. Louis Broc, lui, comme tou- 01·eilles, a1prês dix ans passés. « A.h! s'écriajolll's, a1Ja1t à l'aventure; il fouillerait d'a- t-il dans un s ublime transport cl'allég1·esse, bord les mines et si ln déverne s'acharnait !l en se jetant ù son cou, - toi aussi, mon cher le poursuivre jusque-là, eh bien, a lors, Il Louis je devais te sauver! la chance enfin vient à toi, buise cette croix et réconcllle-toi Peu apt·ès 1850, l'ê migl'atlon p1·it de gl'3i11des p1·oportlons en Suisse. Que d'individus rêvaient 1u1x mines d'o1· de Caaiforni,e et que fl'aventnriers ttbandonnaient famille et pa. t1·ie, afin de faire fortune dans le Nouveau:\Ionde!

103 leu! >J Broc, cal' c'était lui, p1·'.t 1,a a.v~c D , l 1i tendait, la baisa ù. plus1euu:1 croix qu en on hlJ t ù . ·ises aiguaut de ses larmes. . Le r~pi . ·t de faire soudainement n·1·uprepentn· v~a1 ·œm. ce tte croix, que sa mère t iou rlaus son <.: • . · f · t 'HllPl'IS a.- a1·ruet· et qn' il lui _..1v~1t, au; ~éprisée, lui apparaissait, av:n't s.1 lo~~a~:~ sanvag,es, aprùs _tant ~l'fl· dans ces ,, . rue le sup1·eme ù1e.n, mores anuées rl'ex1l, corn . . ·01·e ~ r~ulle . cœtu· la vr:11e J , ~ • r•elui 11rn donne a~i 11 Jn pressa. for tement d uce quiétnc,c. ~ · . ln. o . t ·· ne Y reposa longuemeut son coutrn sa p_o1 'Llan1:1 un serment qui n'eut rl;'gard LlC ten, el •· ' t . témoin qne e sou fi.rue e pom 1 pour ~c· 10 _qu . ·t . de reuoneer dès ce jour .,;ou J>1eu, · il, p1om1 tureuse c t cri·m1·nelle·• le briiL sa \'le a, eu . . . , ·6 wllait être d . l'erait religieux, 1e )Xtss g:Jll se . l'a 'eoir 11 Lleruanùa humblement r:1.d1eté 1 .. ~ucorta sa voiture jus"'on L~nt ' L son am1 r., . patu :_ . et• aintls lui avoir .. h ·. 11~1ere des ' bois. ,11_1 a -~ <le. le l'l''voir hicntt,t, il l'embrassa, en: p1om1. ,t disparut Llaus les fourch·a ·f<a mont ure ~ . , ra.ttcu<ln ieu t. fourr/\s, où If'~ P<>aux1oung1pe1R,·nn·tut rien à la " ' - gnets ne c:o J1•s yeux !luxnvawnt a . · · vne i,;e , llêronler s i étrauscène qn'ils

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"Cment. icore . . . l 1s tard. nn llomme e1 " Ilu1L JOUI s .. 1.' ' .. nobles i>t f•nergiq nes, SO'll· J'<>nne, llllX t1.11t,; tè de -'nu-Inco à re .,.. religieux ' • nait ii la porte rl n mo11·1s ' · tiOJl. tm

en temos, en.- toussait fl'aiclle. ne temps L bas du visage end'une petite toux sèclle. e t la tête l llet de son man eau, foncê clans e co da.it ni les vma 8 nl ra baissée, elle ne regar seulement d'obêlr Méditerranée, pré~CC'U~ée 't défendu d'être à son médecin qm lm ava1 dehors au crépuscule. 'ia·1s soudain, elle s'arrêta. . ·' ' 1 t d petJ t Une plainte d'euf.nnt, un tsang e?r ve~·s une . - ta fit se rc ourn · être mall.1t11neux. . . 'ffernro . dég1wl1orue ot'\ elle vit assis nn p1 n illé. bre, - 'J' iens! clit-elle it sa t emme de cllam ette

. t't Ita lien qui joue ùe la mus c'est les le pe . devu nt ma fenêtre; qn·a-t-il tons mrt, tms à pleurel'? . Si Made, . . Rentrons, Mademo1se1le 1.. - · . ·I 1'l jouera tous les Jom s moiselle 1111 pat ~· de son horrible lnstrutlix minutes de P us , t d . éralllê criard! 11 O'e$t f.aux: ces ui , ' mcu ... · · ' .. 11 es bien tendres, M11-_ - Vous a.vez li>s 01e1 .· , li J'a nt ùi en, pourta.ut, que cet e11 1 ia .. , · peut'• . ? rant "'t1"'ne sa vie comm e 'l i " " . l'argent était pour lm· ' n lui donne . sont pour sa _ Bncore Le::1 soussi quo . )'babille et le nourrit. mère, q~1 ·~elle le trouve babillé? ... Un - !\~a 1!°!~:nilles' Mademoiselle le trouve µaqu\ 11ou1T1. l 11 "M·t "'~ ma ig.l'e comme nn clt len erl'.:lUt

1

qnelqn es . milles d' A:s~~t~e tle~ malins du viyiut ouvr11·, reçut \ID ·t b·1nlée sm"t trer et la pot e • • ' ' slleur. le .11 en ..• s referma lourdement 01 montt'IC' ll nue ci . ~· · ~ rilce à une lettt·e rlerri/lre enx. Loms Btoc, g · u coudiscii011 flc son a nc1c• a t <le ri>comu,an a . . . • v 1·at venait Pi're m1s!'10nna IIe , ple, le bon . t des Peres Trappistes de il\,ntrt>r a n co u~el~é .• Rn int-Luc pour y coml'As8 omptlon 1lec 1 ,L ·· " ' t· • ' . . t et se eousacrer en m mencer so o uovici:i . a rês avoir si tont entier au culte tle Dieu, "'t. Pla re<'hercbe 'l't' mnlllenreux. • ' Jongtem1ls et · , qu'il n ' avait point Clf's pl11i,;i1·s ~le ~·e moue1~!le vraie joie ici-ba"'. t . "·R ("li' 1) ll V li. pa >l t ou\ t", , • • • i>t ln prn tiqnf' !le ><t>S snns l'arnom rli> f)iei1 SOL.\NDIFJU. <'omma ll(h'ment;::.

- ·Pat1vre petit! approcllon_ s-nous. - Le mécleci n di> l\Iaclemo1seIle se , fi\chern. . r·11e n'l:lcouta que son cœur. La .1eune 1 .. L'enfant continuait tl gêmu . • _ . m vü,age émac1/I a n Donzi> ans a peme. 1 ,r e· chapeau dP t . t mat et bistré sous un la g em , t b ·ent de longue!'! feutre déchiré cl 'ot\ om la veste de vemèches noires s_nr le ~~{ê~ ecle larmes, ùrillonrs. Les yeux;, moui tt En 1 . nt li tena it sous le bras sa muse e. ,· ,~;au·t yenir i'l lui la jeune fille, il crn~ <lésimit qu'il ,ioniit. Il se leva, salna, e . cle sangloter. Dis moi· . . - Non, mou petit, ne joue pas. . .

Le pPtit Scnlptenr

madone. Pom lui pa.l'lor, elle ava1·t découYert son vi"'e et comme les dernières lueul's du jour ~~"' : , met.., la jeune fille av,alt 11·1!'\aient l,t t ·t bdans lie les de ,. les reflets d'infini; elle é a1 e ' ~=~~: te·auté bonne et tendre qui séduit les enfants pensifs. 11 s'enhardit: _ C'est vous qui. me donnez des sous tous les matins?

-01

. fLlissa it dé.ià; le i::oleil se conL~ rue1·1~!~~\iiri> euveloppée de ùrnm:s. chatt lle1 - d Villefranclle. une Je1we ef e de cbn.n1bre h fitait r·11Sur la·vieronte de sa emm ' ·t ,- . pas sm·prise prtr \a uu, le1 e, passuipour nette

t

~~s~:

pomquoi pleure~-tu? . 1 restait malnten,ant Il ue réponda it l)as, l t trne en admirt1tion devant elle comme devan


1904:

XXIII0 année

io4 - Oni, mon petit ami. - Vous n'étiez pas ce matin à votre fenêtre? - Non ... Je reviens de Saint-Jean. - Aussi j'ai faite une mauvaise journée·! Vous me portez chance, quand vous êtes là! - Vraiment? Ah! je suis bien contente? Tu pleurais donc parce que ta recette n'est pas aussi belle qu'à l'ordinaire? - Aussi belle! Je n'ai rien 1·eçu du tout, Mademoiselle, ou ue m'a rien donné ... Et je n'ose pas rentrer! - Pourquoi? . . . Tes parents sont-ils méchants? - Mes parents sont à Rome; ils m'ont loué à mon maître, qui me bat si je ne rapporte pas assez. - Et combien exige-t-il tous les soirs? - Trois francs, Mademoiselle! Elle ouvrit son porte-monnaia n'y trouva qu'une pièce de dix francs. Elle hésita une seconde. Puis, dans un brusque élan de cordialité et cle pitié: - Prends, mon petit! Vo!lil ti·ois joms de recette à la fois, Tu pourras t'amuser trois jours à courir le rivage, au lieu de danser par fol"ce deva.nt des cafés. Ne pleme plus. Adieu, petit! - Oh! merci, Mademoiselle! Au revoir! Il considéra longtemps la pièce d'o1·, et à la place de l'effigie, li voy.aH\ brillant et doux, le visage de sa. bienfaitrice disparue·. Dix francs! Dix francs tout d'un coup! Dix francs à lui! Qu'en ferait-il? Au lieu de continuer sa route vers Vlllefranche, il rentra dans Nice et coumt il un bazar, où li achêta un couteau superbe il plusieurs lames d'acier, à manche solide, faciJ.e à manier pour de petits doigts. Ce couteau lui conta sept francs. Il le serra soigneusement dans sa poche, garda pom· .son maître les trois for1ncs qui lui restaient et .reprit, joyeux, la route un instant; abandonnée. Grâce il la jeune fille, l'enfant venait de r;;auser un rêve: il pourrait mainte,n,ant sculpter! Sculpter Aur bois, reproduire des flgul"es bumaiM9, des formes d'animaux, avec des morceaux de chêne ou d'olivier. Jusqu'à présent, il n'avait pas réuss.i selon ses vœux; il avait produit seulement d'informes ébaucbes, n'ayant à sa disposition qu'un frêle canif ébréché. Maintenant il a mbltlonnalt d'égaler les ar\istes! (A suivre.)

Variétés * LA TERR,E TOURNE-T-ELLE? Un savant français, M. Poinearé, en qui de bons juge;; s'accordent à reeonnaitre nn des p;,'miers géomètres-physiciens d ~ ee üimps-ci, avoue modestement qu'il n'esc pas en état de se prononcer, par nn oni ou par un non, sur la question d,• savoir si la terre toumè ou ne to;nne pas. « On ooutient que la terre tourne, a dit M. Pnlnt:~tl'è, et je n'y ïO,ÎS pas d'inconvénit>nt ponr ma part. « C'est tmP hypothèse agréable et commode ponr f·xpliquer la formation et l'évolution de:, mondes; mais, somme toutè, ~',:st une hypothèse qui nt> peut être ui eonfirmée, ni infirmée par aucune prenv,~ tangible. « L'espao~ absolu. c'est-à-dire le << repère>> auquel il faudrait rapporter la terre pour savoir si, 1·éellement, elle tourne, n'a aucune existence objective. Dès lors, cette affirmation: « la terre tourne))' n'a aucun sens, puisque aucune expérience non seulement ne pourrait être ni réalisée, ni rêvée par le Jules Verne le pl us hardi, ma.is ne peut être conçue sans contradietion. Ces deux propositions « la terre tourne))' e.t << il est plus commode de supposer que la terre tourne)), ont un seul et même sens; il n'y a rien de plus dans l'll'n e <] ue dans l'autre. >> JI y a des gens qui prétendent opposer les (( certitudes >> de la science à l'autorité de la foi! Et la sf'iene1° ne sait pas même s i notre te1·re tourne! *

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DE LA

SOCIÉTÉ VALAISANNE ~ D'EDUCATION

L'Ecole primaire donne de 15 à 18 livraisons de 16 pages chacune, non compris la couvert.ur~, et autant d~ suppléments de 8 à 16 pages pendant l'année ordma1re de 12 mois. Prix d'abonnement : Suisse fi•, 2.50 Union }Jostale fr. 3 Tout ce qui conce,,ne la publicettion doit être adressé directement

èt M . P. PIGNAT, 1er secrétaire èt l'Instruction publique, èt Sien.

* ENTRE BOB ET PAPA. - Tn dis, pa,pa.. que je suis né :l Paris, mais où est née Maman? - A Lyon. -- Et to-i. pêre, où es-tu né? - A M,M·seille. - Commf' c'est tlrôlf', tout lle même que nous nous soyons rencontrés tous les trois.

* Calino

tl sa fe mme : -

Je ne prise pas, et mon mouclwir est plein de ta.bac. - C'esl que tu auras pris le nez d'un autre pour le tien.

.. La t•ttine de Pautorité suit toujours la pe..te du respect.; ~


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