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thÊâtre saison 09/10


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éditorial

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L’homme est une légende dont le sens est perdu. Mais le sens est toujours là, déposé au creux du langage, dans les récits que nous murmurons la nuit dans le sommeil qui nous fuit. Qui est l’auteur ? Where is the fish ? Raymond Carver


éditorial

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Aujourd’hui et malgré la crise économique mondiale, l’Art et la Culture sont bien vivants et témoignent de leur tenace vitalité. Les spectateurs, fidèles, de plus en plus nombreux continuent de cultiver la curiosité et l’étonnement, de prendre au théâtre la distance nécessaire à la pensée, et le temps d’écouter les paroles qui réfléchissent l’état du monde. D’en rire ou de s’en émouvoir. Plus que jamais le rôle d’un Centre Dramatique est de s’engager en faveur de la création, d’être solidaire, au côté des Compagnies de théâtre. C’est pourquoi cette saison, le cdr de Tours a fait le choix d’accompagner des projets ambitieux, innovants, de coproduire et d’accueillir des spectacles qui, même s’ils ne sont pas encore créés, ont retenu toute notre attention par l’originalité de leur proposition, leur engagement, la force poétique des textes et le talent d’équipes artistiques dont nous suivons le parcours depuis de nombreuses années. Je suis heureux de pouvoir continuer à soutenir les aventures de Compagnies indépendantes et d’accueillir au Nouvel Olympia des équipes de la Région Centre qui interrogent les écritures contemporaines comme Jean-Michel Rivinoff, Cie de La Lune Blanche, qui s’attaque pour la deuxième fois à un texte de notre compagnon de route François Bon, ou Frédéric Constant, Les Affinités Electives, qui tente une réécriture de l’Énéide de Virgile. C’est dans cette même perspective - de soutien aux compagnies et de défense des écritures d’aujourd’hui - que j’ai décidé de contribuer à la production du nouveau projet de Marcial Di Fonzo Bo, Élise Vigier et le Théâtre des Lucioles qui permettra de découvrir un jeune auteur argentin Rafael Spregelburg et d’aider Guillaume Dujardin, Cie Mala Noche, à faire entendre un pièce inédite de Howard Barker. J’ai aussi voulu que le cdr de Tours coproduise le projet de Vincent Goethals de la Cie Théâtre en Scène qui va diriger Le Cocu magnifique,

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de Fernand Crommelynk, auteur peu joué, et celui de Guillaume Vincent pour sa lecture de la « tragédie enfantine » de Frank Wedekind L’Éveil du Printemps. Au moment où j’écris cet éditorial, les représentations de Atteintes à sa vie de Martin Crimp ont commencé. Après avoir mis en scène des textes de Joël Jouanneau, François Bon, Philippe Minyana, Bernard-Marie Koltès…, je voudrais redire mon plaisir d’aborder ce texte et le vrai défi d’écriture et de mise en théâtre que Martin Crimp nous propose. Et déjà se prépare la prochaine création ! Peines d’amour perdues de Shakespeare, une des comédies les plus brillantes de l’histoire du théâtre. Sous la comédie débridée, une pensée plus grave questionne les relations entre l’art, la culture, l’éducation, et fait passer le théâtre par « l’épreuve du réel ». Le théâtre est toujours en crise, toujours un théâtre de la crise. Shakespeare nous aide à penser la complexité du monde en même temps qu’il témoigne pour le théâtre et pour sa place dans la société. En ce sens, Martin Crimp a bien saisi la leçon d’incertitude du maître élisabéthain et puisé au « chaudron des contraires » (Georges Banu). Passer de Atteintes à sa vie à Peines d’amour perdues offre un rapprochement bruissant d’échos. La question de la traduction est celle de la survie des œuvres, de leur vie, de leur interprétation, au théâtre plus qu’ailleurs sans doute. La langue poétique de Peines d’amour perdues pose au traducteur des difficultés presque insurmontables. Tâche dont Jean-Michel Déprats s’est acquitté magistralement. En fin de saison je reprends Kachtanka, un conte pour enfants écrit par Anton Tchekhov, qu’André Markowicz avait accepté de traduire pour nous et que Nathalie Holt a adapté pour la scène. La programmation du cdr de Tours offre huit créations à partir de textes traduits. Aussi j’ai souhaité faire entendre

pour cette saison de lectures, des textes « traduits », puisque « il faut bien traduire les chefsd’œuvre, et que certaines traductions sont des chefsd’œuvre » (Gérard Genette) : cycle de lectures Belles Infidèles à la Bibliothèque Municipale ; mise en voix d’une pièce de Roger Vitrac, Les passagers du Vanille XII, traduite de l’espagnol par Henri Béhar, pour accompagner l’exposition Max Ernst qui se tiendra au Musée des Beaux-Arts de Tours, ou de Les cigales d’Ingeborg Bachmann dans le cadre du Printemps des Poètes. Je voudrais enfin rappeler le rayonnement du cdr de Tours : la saison dernière nous avons joué Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux plus de 100 fois, le spectacle reprend la route pour deux mois et 30 représentations. Et Peines d’amour perdues partira pour une tournée de 40 représentations. Cette activité et cette mobilité sont rendues possibles par la présence permanente de l’équipe des comédiens du Jeune Théâtre en Région Centre, dont l’aventure pérenne reste au cœur de mon projet artistique. Par ailleurs, je suis très heureux que le Conseil Général d’Indre-et-Loire rejoigne cette aventure initiée en 2005 avec la Région Centre, la Drac Centre et Tour(s) plus. Ma démarche artistique a toujours été aussi celle d’un théâtre d’ouverture, liée à un ancrage dans la cité. Je tiens ici à saluer les partenariats et les compagnonnages qui tissent les échanges artistiques avec les autres institutions et les évènements culturels de la Ville de Tours : l’Université François-Rabelais, le Centre Chorégraphique National, l’Opéra, le Musée des Beaux-Arts, la Bibliothèque Municipale, le Printemps des Poètes, le Conservatoire à rayonnement régional. Bonne saison à Tous !

Gilles Bouillon


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une troupe le Jeune Théâtre en Région Centre

Depuis 2005, cinq comédiens et un technicien sont inscrits dans le dispositif Jeune Théâtre en Région Centre mis en place par la Région Centre, la Drac Centre et le Centre Dramatique Régional de Tours qui affirment par là, le choix de la permanence artistique au cœur d'une Maison de Théâtre. Cette équipe constitue un véritable atelier de recherche et une véritable troupe de création, qui participe à toutes les mises en scènes de Gilles Bouillon. En 2009, Le Conseil Général d’Indre-et-Loire s’associe au dispositif JTRC.

La présence permanente de comédiens permet aussi au cdr de Tours de proposer un répertoire de spectacles qui peuvent s'adapter techniquement dans tous les lieux, équipés ou non. Ces tournées s'inscrivent également dans le cadre des missions de sensibilisation au spectacle vivant, notamment auprès des collèges du département d'Indre-et-Loire et des lycées de la Région Centre. Les acteurs et le technicien du JTRC sortent de l’Ecole de la Comédie de Saint-Etienne, de l’Ecole Régionale d’Acteurs de Cannes, du Conservatoire Supérieur de Montpellier, du Conservatoire à rayonnement régional de Tours et de l’Institut Technologique Européen des Métiers de la Musique.


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Saison 2009/2010

Saison 2005/2006

Saison 2007/2008

Saison 2008/2009

Des Crocodiles dans tes rêves de Tchekhov Création à Tours et 2 tournées nationales : 126 représentations

Othello de Shakespeare Création à Tours et tournée nationale : 73 représentations

Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux Création à Tours et tournée nationale : 100 représentations

All about Shakespeare spectacle mis en scène par Bernard Pico, créé à Tours en mai 2008 : 10 représentations, sera proposé en tournée en janvier 2011.

Atteintes à sa vie de Martin Crimp Création à Tours : 17 représentations, tournée en 2010/2011

Peines d’amour perdues de Shakespeare Création à Tours et tournée nationale : 50 représentations Le Jeu de l’amour et du hasard de Marivaux Reprise en tournée : 30 représentations Kachtanka d’après une nouvelle de Tchekhov Nouvelle version : 10 représentations.


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L’action du Centre Dramatique Régional de Tours rejoint l’ambition du Conseil général d’insuffler un nouvel élan à notre département en matière culturelle où le théâtre doit tenir toute sa place. Le cdr de Tours, acteur culturel majeur en Touraine, développe un théâtre vivant de qualité. Je remercie Gilles Bouillon et son équipe de tenir le pari de l’innovation et de la création dans leur travail d’interprétation d’un répertoire exigeant et diversifié. En rapprochant les œuvres, les auteurs et les acteurs des tourangeaux, en les plaçant au cœur de notre territoire et en exportant ce savoir-faire hors nos murs, le cdr de Tours contribue à l’attractivité et au rayonnement culturel de l’Indre-et-Loire. Cette qualité dans la recherche et l’expression théâtrales s’accompagne d’un effort de diffusion et de territorialisation en direction de tous les publics, dans des lieux des plus divers. Il était donc naturel que le Conseil général, aménageur du territoire départemental, conforte le cdr de Tours dans cette mission d’animation locale.

La collectivité régionale a fait le choix, avec l'opération Jeune Théâtre en Région Centre, de favoriser la professionnalisation des jeunes artistes, en particulier des comédiens issus des établissements d'enseignement dramatique spécialisés. Il est, en effet, évident que la mise en situation professionnelle par la participation à des spectacles, ateliers, actions de sensibilisation et la confrontation avec des professionnels du spectacle chevronnés est de nature à faciliter l'insertion de jeunes artistes dans la vie professionnelle qu'ils ont choisie. Le partenariat qui associe la Région Centre et le Centre Dramatique Régional de Tours est exemplaire de la politique que nous entendons mener : en soutenant la professionnalisation de jeunes comédiens et de jeunes techniciens, nous entendons favoriser le développement de l'emploi culturel. De nombreux dispositifs, portés par la Région Centre, vont en ce sens et contribuent à donner des perspectives professionnelles viables à ceux qui souhaitent faire de leur passion un métier. C'est une volonté forte d'accompagner les acteurs culturels de notre territoire dont nous pouvons être légitimement fiers. Enfin ces jeunes, dont la présence permanente permet de proposer un répertoire de spectacles dans des lieux d'où le théâtre est parfois absent, favorisent le développement d'une véritable politique d'aménagement culturel du territoire. François Bonneau Président de la Région Centre Isabelle Gaudron, Vice-présidente de la Région Centre déléguée à la Culture

Avec cette tournée du Jeune Théâtre en Région Centre se poursuit une initiative heureuse d'accompagnement de jeunes comédiens et techniciens sortant des écoles supérieures nationales pour leurs premiers pas dans la profession. Les six jeunes gens de ce Jeu de l'amour et du hasard, à l'image des personnages de la pièce de Marivaux, peuvent ainsi éprouver en toute confiance leur choix d'avenir guidés par de grands professionnels. Les diverses origines de formation de ces jeunes impétrants garantissent un brassage toujours enrichissant de connaissances et d'expériences, dans des métiers où la diversité, la curiosité, le rêve font avancer la pratique, en même temps que le principe de réalité auquel les jeunes artistes sont très tôt confrontés. Gageons que la perte des illusions de ces jeunes interprètes et technicien sera aussi joyeuse qu'elle l'est au troisième acte du Jeu de l'amour et du hasard. Jean-Claude Van Dam Directeur régional des affaires culturelles, Drac Centre

Mettre au premier plan l’éducation artistique et culturelle pour tous est également un des objectifs de la politique culturelle départementale. En cela nous sommes très attentifs au travail de sensibilisation au spectacle vivant mené par l’équipe du dispositif “Jeune Théâtre en Région Centre”, notamment auprès des collégiens de Touraine. S’il permet l’acquisition des outils de la connaissance, il crée des occasions de découvertes, favorise toutes formes d’expression, développe la pratique de spectateur et participe ainsi à l’épanouissement individuel et social des plus jeunes. C’est cette pratique théâtrale généreuse, accessible à tous et en tous lieux, que nous voulons encourager. Claude Roiron Présidente du Conseil Général d’Indre-et-Loire


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Soutien de longue date du cdr de Tours, Tour(s) plus, est également l'un des partenaires du dispositif « Jeune Théâtre en Région Centre ». Cette initiative unique en France, proposée par le Centre Dramatique Régional de Tours, dirigé par Gilles Bouillon, apporte de nouveaux développements à la pratique artistique théâtrale. La présence de ces comédiens témoigne de la permanence artistique recherchée par le cdr de Tours. Le Nouvel Olympia n’est pas seulement un théâtre fréquenté en soirée mais il bénéficie également de présence artistique en journée, symbole d’ouverture vers l’extérieur. Création, diffusion, formation, le Nouvel Olympia est un véritable creuset, un lieu de culture majeur. Issus d’écoles de comédiens réputés, les jeunes professionnels y perfectionnent leur savoir, mettent en pratique les connaissances acquises et bénéficient d'un cadre dont la qualité est reconnue par tous. Tour(s) plus met à disposition l'équipement et y ajoute un soutien financier voté annuellement pour le fonctionnement du théâtre. Cette participation financière permet au Jeune Théâtre en Région Centre de bénéficier de l’accompagnement des professionnels du Centre Dramatique Régional de Tours. Tour(s) plus se félicite donc de pouvoir amplifier son soutien au théâtre en apportant sa contribution au fonctionnement du JTRC et souhaite à cette initiative heureuse tout le succès qu'elle mérite. Jean Germain Président de Tour(s) plus, Maire de Tours

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Un centre dramatique est le lieu d’une utopie réalisée : un théâtre élitaire pour tous, comme devrait l’être tout service public : - élitaire parce que pôle d’excellence, de référence, de ressource, - pour tous par son rayonnement et par son souci constant de donner accès aux œuvres de l’art et de l’esprit au plus grand nombre, - service public, le politique par son subventionnement, en garantit les missions et l’exercice : « la part du partage et de l’incalculable, qui a pour nom l’art ou l’amour, l’amitié ou la pensée, le savoir ou l’émotion… » (Jean-Luc Nancy). C’est un lieu dédié avant tout à la création théâtrale, non seulement aux créations qui mettent en travail des textes contemporains et des textes du répertoire universel, aux prises avec des esthétiques nouvelles et souvent dérangeantes, mais aussi parce que ces créations sont les jalons d’un projet artistique exigeant et tenace : le projet d’un artiste à la tête d’une institution. La direction de cette institution, au sens de pôle national de référence et d’excellence mais aussi au sens de projet d’éducation, par un artiste soucieux à la fois de création et de transmission, est une nouvelle exigence dans ce parcours d’artiste. Les centres dramatiques sont tout autre chose que d’interchangeables halls de circulation et de consommation de biens culturels. Leur mission de service public englobe l’échange et le dialogue, permanents, renouvelés : - avec les spectateurs : de l’accueil à la transmission, - avec les artistes : le partage de l’outil, l’ouverture aux autres formes d’expression. La singularité du projet artistique de son directeur, conduite dans la durée, par

une équipe artistique permanente, signe l’originalité, la différence, l’unicité de chaque centre dramatique ainsi que son inscription dans un territoire. Son rayonnement déborde largement l’offre à ses publics, et participe de la vie et de l’identité propre de sa région et de sa cité. Le réseau des centres dramatiques, à ce titre, est exemplaire de la politique culturelle française, de l’identité artistique et culturelle française et de son rayonnement international. Le projet artistique d’un centre dramatique, vitalisé par le parcours d’un artiste et d’une équipe, nécessite pour sa mise en œuvre, à la fois l’impatience (répondre à l’urgence, réfléchir les questionnements du présent), et la patience, la ténacité, et doit s’inscrire dans un temps qui pourrait s’apparenter aux longues périodes des historiens, résister à une politique des flux tendus, ouvrir le temps au loisir de la pensée. Fruits de soixante ans d’une politique de décentralisation et d’irrigation du territoire qu’il faut poursuivre envers et contre tout, ils témoignent tout ensemble d’une implantation géographique et d’un enracinement dans le temps. Que ces maisons de théâtre soient dirigées du plateau, offre une chance unique de faire bouger « les frontières entre ceux qui agissent et ceux qui regardent » (Jacques Rancière), de continuer de rêver « une communauté de conteurs et de traducteurs », de promeneurs à travers la forêt des signes à déchiffrer. Gilles Bouillon Bernard Pico


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de Jean-Luc Lagarce

Music-hall mise en scène

Lambert Wilson Comme tous les soirs, dans cette ville-là comme dans toutes les autres villes - vingt ou trente années ? trente années... -, la Fille jouera sa petite histoire, prendra des mines, habile à prendre des mines, fredonnera chansonnette et esquissera pas de danse. Comme tous les soirs, dans cette ville-là comme dans toutes les autres villes, elle racontera la journée terrible qui s'achève, récit des diverses humiliations et aléas divers. Comme tous les soirs, les deux boys, épuisés, fatigués, rêvant de s'enfuir, s'enfuyant, les deux boys feront mine, habiles à faire des mines, les deux boys l'accompagneront, tricheront avec elle, feront semblant. Jean-Luc Lagarce, à propos de Music-hall

Pour moi ce texte de Lagarce est comme un long poème, un chant. Et en même temps, c’est sur le théâtre et c’est du théâtre. Music-hall parle des artistes, des gens qui choisissent l’illusion malgré tout. Je suis fils de saltimbanque, j’ai vécu dans une atmosphère familiale qui a promu l’illusion comme style de vie, comme gagne-pain, comme raison d’être. On choisit de refermer la porte d’un théâtre et de reconstruire, là, une autre réalité. Je suis très touché par la beauté dérisoire des êtres qui décident de vivre dans le rêve… Cette fille-là est passée de l’autre côté du miroir alors que ses boys derrière elle ont encore un pied dans la réalité. Ils sont entraînés par cette comète dans une autre réalité. Elle est Winnie dans Oh les beaux jours, sauf que son tas de sable et son désert sont un tabouret et une estrade. L’écriture de Lagarce est diaboliquement précise.

Il n’y a pas de hasard, il y a peu de mots, mais les mots sont extrêmement justes et précis. Il s’agit de l’obsession que partage Lagarce avec ses personnages, aller au plus près de leurs pensées, se recorriger en permanence, trouver enfin le mot juste en répétant, par circonvolutions, le sens. Le mot est au cœur de ce théâtre-là. Lagarce, et particulièrement dans cette pièce, a un lien avec Beckett. Pour moi le théâtre est contenu dans l’œuvre de Beckett. J’y trouve la nourriture que je cherche sur la nature humaine, sa beauté, son humour, sa petitesse, j’y trouve le sens du désespoir et de l’absurde. Et il y a ça chez Lagarce. Lambert Wilson


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OCT. M 6 >20h M 7 >20h J

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* Rencontre avec le public à l’issue de la représentation Durée 1h30 Ouverture de la location mardi 15 septembre 2009

Et, par-delà les aventures cocasses et tristes à pleurer en même temps, c’est une célébration du théâtre, des tréteaux que nous offre l’écriture si particulière de Jean-Luc Lagarce. Un style. Une densité de l’encre tout en rupture et blancs, intonations suspendues. Une partition très difficile que Fanny Ardant suit avec virtuosité. Avec sensibilité et rigueur, Lambert Wilson signe un grand moment de théâtre. Il met en valeur toute la poésie des paillettes et des rengaines du cabaret. Dans la salle, off, on entend la chaude et délicieuse voix fruitée de Joséphine Baker qui nous susurre De temps en temps. On sourit, on tremble. Entre rire et sanglot, digne et drôle comme son personnage, Fanny Ardant est splendide sous sa perruque blonde. Elle séduit, subjugue, émeut. La Fille est un grand personnage tragique, mais joué sur un mode "léger et désinvolte" comme l’exige l’écrivain. Eric Guérin, plus silencieux, Francis Leplay, qui chante très bien, sont parfaits. Leur accord parfait traduit la pudique noblesse de ces artistes bouleversants qui chaque soir, inconnus, entrent en scène. Rêvent et nous font rêver. Le Figaro, Armelle Héliot

Le cdr de Tours a déjà accueilli plusieurs mises en scène de textes de Jean-Luc Lagarce : Voyage à La Haye, Music-hall, Le Bain, trilogie mise en scène par François Berreur, Juste la fin du monde et J’étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne mises en scène de Joël Jouanneau et Derniers remords avant l’oubli mise en scène de Jean-Pierre Vincent.

Collaboration artistique Cécile Guillemot Scénographie et lumière Françoise Michel Costumes Virginie Gervaise Environnement sonore Janyves Coïc Chorégraphie David Moore Maquillage Thibaut Vabre Peinture de la toile du fond de scène Ulysse Ketselidis avec

Fanny Ardant, Eric Guérin, Francis Leplay production C.I.C.T. / Théâtre des Bouffes du Nord Le texte est édité aux éditions les Solitaires Intempestifs

Représentation en audiodescription samedi 10 octobre à 15h, avec le soutien de la Caisse d’Épargne, de Tour(s) plus, de la Mairie de Tours et de l’association Accès Culture.


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de Fernand Crommelynck

Le Cocu magnifique mise en scène

Vincent Goethals Depuis le temps qu’on se marie, il y a des cocus de toute espèce. Celui-ci a cependant une particularité unique : c’est que sa femme, qu’il adore, l’aime aussi et tient absolument à lui rester fidèle. Bruno vivra dans l’exaltation de cet amour partagé jusqu’au moment où un regard, peut-être mal interprété, enclenchera la machine infernale de la jalousie… Et pour être certain d’être cocu, c’est luimême qui va pousser sa femme dans les bras des autres hommes. La cruauté du texte, sa folie, la perversité qu’il développe, ne cessent de faire de la pièce une œuvre troublante qui parle à la fois de la jeunesse d’un amour, de la genèse du sentiment de jalousie et de la folie dévastatrice qu’il génère. Elle met dos à dos la passion et l’amour : la passion est dévorante, elle s’apparente à un désir de possession, de castration, une volonté d’annihiler l’autre.

La modernité du Cocu magnifique réside dans la grande liberté de ton du propos et de l’écriture. Chez Crommelynck, c’est la logique d’une force intérieure pulsionnelle (un déterminisme aveugle, une dégradation du personnage), qui est recherchée, c’est son mécanisme que l’on entend expliciter, dévoiler dans toute sa violence. « La question n’est pas, pour Crommelynck, de décrire l’individu le plus jaloux du monde mais bien d’évoquer un monde où la jalousie et sa logique démente se seraient totalement emparées d’un individu ». Il y a chez lui une véritable obsession du regard de l’autre, et systématiquement cette obsession se charge de sexualité (trouble et plaisir à épier et mettre à nu les corps). La maladie de la jalousie est analysée comme une perversité du regard. L’auteur pousse la perversion jusqu’à renvoyer

le spectateur au statut même de sa présence. Crommelynck est souvent associé à l’univers pictural de Jérôme Bosch avec ses ramassis de gueules et son déballage de chairs, avec sa trivialité débordante et sa crudité dérangeante. Tirer le Cocu magnifique vers la farce paysanne serait, sans aucun doute, une manière de le folkloriser et d’amener cette œuvre vers un théâtre un peu vieillissant et suranné. C’est pourquoi j’ai cherché, avec le scénographe et la costumière, une correspondance avec aujourd’hui ; nos campagnes, les banlieues de nos grandes cités regorgent d’une jeunesse aux attributs extérieurs codés et parfois caricaturaux. C’est dans cette optique que nous travaillons, en revendiquant une atemporalité nourrie des codes esthétiques d’aujourd’hui. Vincent Goethals


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OCT. L

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M 13 >14h

scolaire

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* Rencontre avec le public à l’issue de la représentation Durée estimée 2h15

Sait-on assez que, comme Pelléas et Mélisande de Maeterlinck, Le Cocu magnifique a été joué dans le monde entier, qu’il s’agit d’un des textes les plus fameux et les plus traduits de la littérature belge ? Sait-on que la mise en scène qu’en fit Meyerhold à Moscou en 1922 figure dans tous les livres d’histoire du théâtre au titre des plus grandes mises en scène de ce siècle ?… Il y a chez Crommelynck une telle audace et une telle exacerbation dans le traitement des thèmes dont il s’empare, une façon si brutale, si aiguë de dire à la fois « l’horreur et la grâce d’exister », qu’un metteur en scène ne peut que s’en trouver provoqué jusqu’au plus profond de son art et chercher, par le spectacle qu’il réalise, à prolonger cette audace et cette façon. Paul Edmond

Vincent Goethals dirige la Compagnie Théâtre en Scène implantée à Roubaix depuis sa création en 1986. Le cdr de Tours a invité en 2003 sa mise en scène de Volpone, et s’engage dans la production de ce spectacle.

Scénographie Jean-Pierre Demas Lumières Philippe Catalano Environnement sonore Bernard Valléry Costumes Dominique Louis Vidéo Aliocha Van der Avoort Assistante à la mise en scène Isabelle Lusignan avec

Vincent Goethals fera intervenir une dizaine de jeunes acteurs et d’actrices amateurs (entre 20 et 30 ans) afin de bousculer l’intimité du trio Bruno/Stella/Estrugo ! Les personnes du groupe devront être présentes à toutes les représentations. Les répétitions auront lieu les 26 et 27 septembre, les 10 et 11 octobre et le 12 octobre toute la journée. Pour participer au spectacle nous contacter avant le 11 septembre 2009, à l’adresse suivante cdrt@wanadoo.fr

Itsik Elbaz, André Baeyens, Jérémy Gendrot, Pierre Haezaert, Corinne Masiero, Fabienne Mainguet, Anne-Catherine Regniers … et une dizaine de comédien(ne)s « amateurs »

production Théâtre en Scène, le Rideau de Bruxelles, le Centre Dramatique Régional de Tours, l’Atelier Théâtre Jean Vilar de Louvain-la-Neuve, l’Avant-Seine de Colombes, Avec la participation du Centre des Arts Scéniques Théâtre en Scène compagnie conventionnée, est subventionnée par le Conseil Régional Nord Pas-de-Calais, la Direction Régionale des Affaires Culturelles du Nord Pas-de-Calais et le Conseil Général du Nord.

Ouverture de la location mardi 22 septembre 2009


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CRÉATION

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NOV. M 17 >20h M 18 >20h J

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D L

CRÉATION

de William Shakespeare

M 24 >20h

Traduction de Jean-Michel Déprats

M 25 >20h J

26 >19h *

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27 > 20h

Pe i n e s d ’a m o u r p e rd u e s

S

mise en scène

L

Gilles Bouillon

23 >19h

U N E PA RTIE D E C A MPAGN E

Peines d’amour perdues est une comédie romanesque qui continue de briller de tous ses feux, par son rythme, sa virtuosité poétique, son esprit carnavalesque, son univers ludique, ses parades et ses chansons, sa fraîcheur, son efficacité. Pour Peter Ackroyd, le biographe de Shakespeare, Peines d’amour perdues est un opéra-bouffe avant la lettre ; son extravagance, sa sensualité, son flot constant d’inventivité, sa richesse, son ornementation, ses abruptes ruptures prosodiques… C’est l’une des pièces les plus brillantes jamais écrites. Quatre princes, hommes de goût et de culture quittent le pouvoir et le siècle pour se consacrer à la gloire de l’étude et à la méditation : dans leur bucolique retraite, ils font serment de renoncer au monde et à ses plaisirs, surtout, vanité des vanités, à ceux de l’Amour. L’arrivée de quatre princesses a vite fait de jeter le trouble chez nos ermites laïcs, d’enflammer leur désir des femmes,

les contraignant à parjurer leur serment, à masquer leur vérité et à se donner toutes les « peines » du monde pour se faire aimer des princesses, elles-mêmes, par amour-propre, prises au jeu des déguisements et des masques. S’ensuit une exubérante comédie de jeunesse sur la jeunesse qui passe, un triomphe de l’amour avec ses jeux de l’amour et du langage ! Chassés-croisés échevelés, jeux de cache-cache, rendez-vous secrets, mascarade, chasse à courre, théâtre dans le théâtre… Sous les feuillages s’entrecroisent le quatuor des hommes et celui des femmes, l’univers de la Cour et celui des Rustiques (clowns villageois qui transgressent allègrement la règle aristocratique pour s’aimer au naturel !), la culture et la nature, l’éclat du jour et « l’école de la nuit », l’esprit et le corps, la vie et la mort nouées : « - Mort, sur ma vie. - Mon histoire est dite. » Final inattendu, peines perdues, un deuil suspend la fête. Sous le brillant de la sarabande endiablée, l’ombre de la mort.

D 30 >19h

DEC. M 1 >20h M 2 >20h J

3 >19h

V

4 >20h

S D L

7 >19h

M 8 >20h M 9 >20h J

10 >19h

* Rencontre avec le public à l’issue de la représentation Durée estimée 2h ouverture de la location mardi 27 octobre 2009


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Dramaturgie Bernard Pico Scénographie Nathalie Holt Costumes Marc Anselmi Lumière Michel Theuil Musique Alain Bruel Assistante à la mise en scène Albane Aubry avec

Alice Benoit, Hélène Stadnicki, Claire Théodoly, Bertrand Fieret, Gaëtan Guérin, Xavier Guittet, Florian Haas, Antoine Sastre distribution en cours

Longtemps boudée par les commentateurs, c’est la scène qui a révélé l’exceptionnelle réussite de Peines d’amour perdues, sa fraîcheur, sa profondeur, sa subtilité et son efficacité. A la scène rien ne s’interpose plus entre un texte qui brille de tous ses feux, un rythme qui emporte sans défaillance, et tous les charmes d’une confrontation chorégraphiée entre nature rustique et vanité intellectuelle de la Cour, entre comédie romanesque et farce. Gilles Bouillon, Bernard Pico avril 2009

AV EC S H A KES PEA RE …

« Je suis né au théâtre avec Shakespeare. J’aime les grandes écritures et en même temps j’aime raconter des histoires, m’adresser à tous. C’est pourquoi, avec la liberté que donne le théâtre d’aborder tous les territoires, je reviens très régulièrement à Shakespeare. J’ai choisi le théâtre pour Shakespeare. Génie universel, il brasse tout, dépasse tout, c’est pour moi un point de référence absolu. Je suis confronté à un géant qui n’écrase pas, qui me parle. Il trouve, avec les mots du théâtre, cette légèreté, cette mobilité que j’aime au cinéma : points de vue, cadrages, niveaux de lecture, temporalité, montage. Peut-être le théâtre de Shakespeare est-il plus léger que le cinéma, et fait-il voyager plus loin… à la vitesse des mots. »

production Centre Dramatique Régional de Tours Avec le soutien de la Drac Centre, de la Région Centre et du Conseil Général d’Indre-etLoire (Jeune Théâtre en Région Centre)

Représentation en audio-description jeudi 3 décembre à 19h, avec le soutien de la Caisse d’Épargne, de Tour(s) plus, de la Mairie de Tours et de l’association Accès Culture.

Gilles Bouillon met en scène avec prédilection les comédies de Shakespeare, dont il apprécie le rythme, la dimension opératique, la profondeur sous une irrésistible drôlerie, l’efficacité théâtrale de sa poésie : Le Marchand de Venise (1983), La Nuit des Rois (1986), Le Songe d’une nuit d’été (1980 et 2004). Puis en 2007 il met en scène Othello (70 représentations à Tours et en tournée nationale).


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de Rafael Spregelburd Texte français Marcial Di Fonzo Bo et Guillermo Pisani

L a Pa ra n o ï a mise en scène

Marcial Di Fonzo Bo et Élise Vigier Mêlant théâtre et cinéma, La Paranoïa est une formidable machine désopilante qui démonte les mécanismes de la fiction. La pièce se déroule 5.000 ou 20.000 ans après J.-C., à un moment où les humains entretiennent une relation très étrange avec des créatures extraterrestres beaucoup plus puissantes qu’eux : les intelligences… L’équilibre qui garantissait leur relation est sur le point de se rompre entraînant la destruction de l’humanité, car la fiction est proche de disparaître, c’est l’unique raison pour laquelle les intelligences préservent les humains, en effet : LA FICTION NE POUSSE QUE SUR LA TERRE !

Dans la folie des histoires qui vont s’entremêler on pourrait raconter que : Hagen, mathématicien, Claus, astronaute, Julia Gay Morrison, écrivain à succès, et Béatrice, une G4 (très ancien modèle de

robot, à la mémoire corrompue), sont accueillis dans un hôtel délabré de Piriapolis (Uruguay) par le Colonel Brindisi des Opérations Spéciales Terriennes, pour une mission délicate : inventer en 24 heures une fiction que les intelligences n’aient pas déjà ingurgité. IL EN VA DE LA SURVIE DE L’ESPÈCE !!!

L’équipe se met au travail, non sans difficulté et commence à construire la fiction suivante : Brenda, une jeune fille vénézuélienne, a été tenue enfermée en secret dans une clinique où elle a subi d'innombrables opérations de chirurgie esthétique. Le pétrole s’étant épuisé, la seule source de richesse du Venezuela reste la beauté. Son traitement est abandonné et elle reste à mi-chemin entre la beauté possible et l’horreur absolue. De plus, elle découvre qu’elle n’est pas la seule future Miss Venezuela.

Elle cherche alors à se venger en tuant médecins et policiers, et peut-être aussi en complotant contre le président Chavez ! John Jairo Lazaro - policier boulimique et drogué - est l’anti-héros qui tentera de résoudre l’affaire, menant son enquête dans le milieu des travestis et des transsexuels… Les liens entre l’équipe de Piriapolis et la fiction au Venezuela sont de plus en plus étroits, jusqu’à ce que les deux mondes se croisent dans un renversement digne de Jorge Luis Borges…


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DEC. L

14 >20h

M 15 >20h M 16 >20h J

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* Rencontre avec le public à l’issue de la représentation Durée estimée 2h15

C’est en découvrant, fasciné, la représentation des Sept Péchés capitaux de Jérôme Bosch que le dramaturge argentin Rafael Spregelburd a eu l’idée de produire sa propre version de cette œuvre. Son projet est d’illustrer à sa manière ce qu’il considère comme l’équivalent contemporain des sept péchés capitaux. Il a intitulé l’ensemble de sept pièces : Heptalogie de Hieronymus Bosch. Sixième pièce de la série, La Paranoïa « science-fiction » théâtrale, creuse les thèmes qui obsèdent Rafael Spregelburd : la spéculation mathématique, la traduction, l’arbitraire du langage.

Marcial Di Fonzo Bo et Élise Vigier du Théâtre des Lucioles ont fait découvrir en France la langue de ce jeune auteur argentin en mettant en scène La Estupidez (La Connerie en VF) présentée au Théâtre National de Chaillot en 2008. Séduit par ce théâtre subversif et « turbulent » qui permet au Théâtre des Lucioles d’affirmer une fois encore sa folle virtuosité, le cdr de Tours a décidé de coproduire la création d’un autre texte de l’Heptalogie de Hieronymus Bosch.

Décor et lumière Yves Bernard Images Bruno Geslin Avec la collaboration de Romain Tanguy Costumes Anne Schotte Perruques et maquillages Cécile Kretschmar Dramaturgie Guillermo Pisani Son Manu Léonard avec

Frédérique Loliée, Elise Vigier, Pierre Maillet, Julien Villa, Rodolfo de Souza, Marcial Di Fonzo Bo, Clément Sibony, distribution en cours

production déléguée Théâtre des Lucioles-Rennes production Théâtre National de Chaillot Théâtre National de Bretagne-Rennes Centre Dramatique Régional de Tours Le Maillon, Théâtre de Strasbourg, Théâtre de Nîmes, Théâtre de la Place de Liège avec la participation artistique du Jeune Théâtre National. Le Théâtre des Lucioles est soutenu par la Drac Bretagne, le Conseil Régional de Bretagne, Le Conseil Général d’Ille-et-Vilaine et la Ville de Rennes. Les pièces de Rafael Spregelburd sont représentées par L’Arche Editeur.

Ouverture de la location lundi 23 novembre 2009


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de François Bon Texte édité aux Editions Verdier

Quatre avec le mort mise en scène et scénographie

Jean-Michel Rivinoff Parler est difficile, se taire encore plus. La situation est simple : un frère, une sœur et la femme du frère, amie d’enfance de la sœur, veillent le père mort. On nous dit qu’il est dans la pièce d’à côté. Et l’on assiste à une explication parfois violente entre les personnages qui semblent ne plus s’être parlés depuis longtemps. Dans cette douleur du deuil, parler est difficile mais se taire encore plus. Alors ces trois-là, pour continuer, pour tenir debout, vont aller loin dans l’explication. Une mise à nu. Quatre avec le mort est une pièce sur le désir, le désir de vivre que chaque jour la mort interroge. C’est une pièce non pas sur lui « le père mort » mais bien sur ceux qui restent après lui. François Bon sait mieux que quiconque nous offrir le frottement du réel avec les mondes intérieurs

qui nous habitent. Il se joue de toutes les apparences : celles du théâtre, celles de la langue, celles du temps, celles des présences jusqu’à son paroxysme, le mort est vraiment là sans y être (ni fantôme, ni cadavre). L’auteur soude les mots entre eux pour dégager des forces, des énergies, des ondulations. Dans son théâtre, ne compte que le réel de la machine théâtrale (et c’est bien cela qui nous intéresse ici) : un plateau, des acteurs, des perches, des coulisses, les murs et un texte qui craque comme un parquet ou du sable sous la dent. Cette pièce nous ouvre les portes de la tragédie moderne avec toute la tension qui lui est nécessaire sans pour autant nous accabler d’horreur. Etre dans le texte, être avec le texte. Considérer les phrases comme les cordes d’un instrument, prêtes à vibrer, si sensibles de par leur tension et considérer les acteurs comme leur caisse

de résonance. Que le texte soit sur scène le plus concret, le plus dénudé et le plus organique possible. Qu’il soit visible dans la scénographie, dans les lumières et le son. Etre proche d’un trio musical se présentant au public instrument à la main où tout sera concentré dans la précision même du geste face à la liberté et au vertige du présent. Jean-Michel Rivinoff

Avec Racine en exergue, François Bon a recréé la langue de la tragédie classique sans en faire une imitation : le vers est libre mais les voix ici sont théâtralisées dans la syntaxe même. Dans le huis clos mortuaire, les trois personnages tombent les masques et sortent les griffes : jalousies, reproches détissent les liens de la famille, du mariage et de l'amitié et finissent par atteindre à la nudité de l'humain, celle dans laquelle finalement les morts s'endorment. Pièce sur le sens de l'existence,


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JAN. M 13 >20h J

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* Rencontre avec le public à l’issue de la représentation Durée estimée 1h15 Ouverture de la location mercredi 23 décembre 2009

Quatre avec le mort atteint la dimension des écrits des grands moralistes. Au final toutefois, chacun reprendra la place qu'il convient d'occuper dans le monde : restera alors pour le lecteur une musique sacrée en forme de requiem pour un dieu mort. Ne nous y trompons pas : ce dieu n'est pas le père défunt, mais la divinité que chaque enfant porte en lui et assassine pour grandir. Thierry Guichard in Le matricule des anges N°38 François Bon a publié son premier livre en 1982 aux éditions de Minuit Sortie d'Usine. C’est en 1991 qu’il commence une recherche continue dans le domaine des ateliers d'écriture (Tous les mots sont adultes en 2002). Il est présent sur Internet depuis 1997 avec www.tierslivre.net et fondateur de la coopérative d'édition numérique publie.net. Son dernier livre, L'Incendie du Hilton, roman, paraîtra en septembre 2009 aux éditions Albin Michel.

Lumière Luis Ferreira Son Fabien Oliviero Régie générale Franck Tortay Costumes Aline Froux François Bon collabore depuis 1996 avec le cdr de Tours pour les ateliers d’écriture et les lectures publiques. Gilles Bouillon a mis en scène une de ses premières pièces Au Buffet de la gare d'Angoulême. Jean-Michel Rivinoff a co-créé la Compagnie de la Lune Blanche en 1991, implantée à Mer dans le Loir-et-Cher. Il a mis en scène Bruit de François Bon en 2004. Le cdr de Tours poursuit l’accompagnement de cette compagnie au travail exigeant dont le projet artistique s’applique à faire entendre des écritures contemporaines radicales. (Le cdr de Tours a coproduit L’Instruction de Peter Weiss, présenté en 2006 au Nouvel Olympia)

avec

Sophie Buis, Delphine Cheverry, Eric Feldman production Halle aux Grains - Scène Nationale de Blois, Centre Dramatique Régional de Tours, Maison de la Culture de Bourges, Cie La Lune Blanche La Cie La Lune Blanche est conventionnée par la Drac Centre et la Région Centre, subventionnée par le Conseil Général du Loir-et-Cher et la Ville de Mer, agrée Jeunesse et Éducation Populaire.

Soutien aux Compagnies Implantées en Région Centre.


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É n é a s, n e u f Chroniques des temps de guerre, Temps II Ce spectacle a été imaginé à partir de L’Énéide de Virgile. Ce poème antique de 12 chants raconte les aventures d’Énée, survivant de la guerre de Troie, qui fuit sa ville en flammes après le massacre de son peuple. Un périple de plusieurs années le conduit d’une rive à l’autre de la Méditerranée jusqu’en Italie, où il fondera, après un dernier combat, une cité prospère. Tout au long du récit, les oracles, les hommes et les femmes qu’Énée rencontre, ses proches, lui rappellent ce que l’on attend de lui et lui dictent ce qu’il doit faire. Énée est mû par son devoir. Il ne choisit pas entre plusieurs voies possibles, il obéit comme un soldat exemplaire. L’Énéide est une source d’inspiration, l’occasion de prendre la distance nécessaire face au mythe pour interroger le présent, un matériau pour dire l’errance, l’exil, la violence du monde, l’espoir, l’amour,

questionner les Enfers et l’enfer sur terre aujourd’hui. C’est une très libre interprétation, de trois épisodes de l’Énéide : le séjour d’Énée à Carthage et sa rencontre avec Didon (chant IV), la descente d’Énée aux Enfers (chant VI), l’entrée en Italie (chants VII à XII). Aussi bien l’écriture que la narration de ce nouvel Énée, conduisent dans un univers qui pourrait s’apparenter au film noir. En effet, Énée est ici un boxeur professionnel, Champion de Méditerranée, poids Walter. En retrait de sa propre histoire, manipulé par tous, le boxeur enchaîne les combats en attendant que son destin s’accomplisse. Figure populaire et fantasmatique, il entraîne dans son sillage une suite de profiteurs et d’affairistes… Coups de feu, histoires d’amour, dialogues parfois triviaux, pour dire le monde d’aujourd’hui. Le parcours de cet Énée, neuf

est celui d’un spectateur de sa propre vie dans un monde de violence.

Énéas — « Je suis l’homme qui fuit sa ville en flammes en portant son père sur le dos. Celui qui, dans sa fuite, perd de vue sa femme dans la foule et ne la revoit qu’en fantôme. Celui qui erre, de rivage en rivage, à la recherche d’un asile toujours différé, et qui ne peut revenir en arrière où plus rien ne subsiste. Un peuple d’ombres me regarde et attend que je saisisse les bribes d’un futur où Troie pourra reprendre vie. Je suis d’un temps ancien et l’on m’utilise dans les temps nouveaux. Je marche comme un lion, confiant, sûr de sa force ; je tiens en avant ma lance et mon bouclier, qui me couvre de partout, prêt à tuer quiconque viendrait à ma rencontre, et poussant des cris qui répandent l’effroi.


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JAN. M 19 >20h M 20 >20h J

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* Rencontre avec le public à l’issue de la représentation Durée estimée 2h30 avec entracte

conception et mise en scène

Frédéric Constant

Mon récit ne m’appartient pas. Je ne choisis pas mon destin, d’autres s’en chargent. Je m’appelle Énéas ce qui veut dire neuf, le neuvième et le nouveau. J’entre au lieu où tout s’anime et se révèle, j’ignore ce que l’on me réserve, et me tiens prêt. Maintenant, l’Histoire peut commencer. » Extrait du prologue I / Carthage

Frédéric Constant a été formé au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique. Il est comédien, auteur, metteur en scène. Il crée sa compagnie Les Affinités Éléctives en 1997 et s’implante à Vendôme dans le Loir-et-Cher.

Le cdr de Tours coproduit et soutient la réalisation de Énéas, neuf, deuxième étape d’un vaste et ambitieux projet thématique de Frédéric Constant. Ecrit en collaboration avec Xavier Maurel : Les années de Cendre Chroniques des temps de guerre ( I. Tableau autour de G, II. Énéas, neuf, III. Andromaque de Jean Racine, IV. Astyanax) sont une réécriture des grands mythes fondateurs.

Dramaturgie Xavier Maurel Collaboration artistique Catherine Pietri Scénographie Denis Fruchaud assisté de Corinne Forsans Costumes Muriel Delamotte et Anne Deschaintres Création lumière Christophe Pitoiset Création son Joris Chrétien Régie générale Benoît André avec

Véronique Affholder, Rémi De Vos, Amélie Gonin, Geoffroy Guerrier, Guillaume Junot, Wolfgang Kleinertz, Catherine Pietri, Pierre Poirot coproduction CDN d’Orléans, Centre Dramatique Régional de Tours, Équinoxe – Scène nationale de Châteauroux, Les Affinités Électives – Vendôme Les Affinités Électives : compagnie soutenue par la Région Centre, la Drac Centre et le Conseil Général du Loir-et-Cher.

Soutien aux Compagnies Implantées en Région Centre.

Ouverture de la location mardi 29 décembre 2009


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de Frank Wedekind

L’Éveil du printemp s mise en scène

Guillaume Vincent Martha prie pour qu’on ne la batte plus. Wendla rêve de connaître la douceur du fouet. Au soleil couchant, deux jeunes garçons s’embrassent, ils se projettent dans l’avenir. Hans se verrait bien millionnaire et Ernst, pasteur avec femme et enfants. Moritz avoue son ignorance quant aux « mystères de la vie », Melchior s’improvise professeur d’éducation sexuelle. Ilse est depuis longtemps passée de la théorie à la pratique, mais déjà, elle regrette la douceur des goûters d’anniversaire. Voilà les héros ou les victimes de cette tragédie enfantine. Le printemps n’épargne pas les personnages, deux d’entre eux trouveront la mort. Pourtant Wedekind insiste « Je me suis mis en tête de ne perdre l’humour dans aucune scène, si grave fût-elle… ». Publiée en 1891, la pièce fit scandale.

Sous son aspect sulfureux, il est question de morale, mais aussi de dénonciation. C’est tout le système de la bonne éducation prussienne qui est mis à mal. Wedekind ne se fait pas théoricien ni pourfendeur d’une cause, il agit toujours en poète. Avec Lulu, L’Éveil du printemps est un de ses plus beaux poèmes dramatiques. Aborder L’Éveil du printemps, c’est tirer le fil de plusieurs histoires, c’est se confronter à une langue et à une écriture qui s’autorisent absolument tout : la tragédie, la poésie, le pathétique, l’humour. Wedekind fait état de cette période si particulière où l’enfant se meut en adulte. Mutation des corps mais aussi des âmes, l’inconscient commence à peine à livrer ses secrets et la conscience doit s’accommoder de la dure réalité des mystères de la procréation. Ce sont des questions concrètes. Ici, c’est à chacun à prendre son

parti, à se débrouiller non comme il veut mais comme il peut. Ne comptez pas sur les parents pour éclairer, dire comment ça se passe ou comment on fait : une cigogne, et l’affaire est dans le sac ! Nous sommes au printemps, les fleurs sont là, pas les fruits… Les drames qui parcourent la pièce n’ont rien perdu de leur actualité. Comme dans la pièce, on assiste à une faillite du système éducatif, simplement on n’éduque plus les enfants aujourd’hui comme il y a un siècle. Je voudrais parler des enfants d’aujourd’hui. En parcourant la pièce, je sens comme un élan, une vitalité, quelque chose de pulsionnel. Je voudrais qu’on puisse entendre le mouvement intérieur des acteurs (le battement du cœur, le sang dans les tempes), que chaque scène s’ouvre


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FEV. M 2 >20h M 3 >20h J

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* Rencontre avec le public à l’issue de la représentation durée estimée 2h50 avec entracte Ouverture de la location mardi 5 janvier 2010

ps comme après une course et que l’essoufflement soit palpable. Je voudrais aussi que la sensualité s’exprime pleinement. Il me semble que pour raconter l’enfance, il faudrait en passer par le corps, le corps parlé mais aussi le corps en mouvement, le corps dansé. Pour la première fois, j’associe mon travail à celui d’un chorégraphe David Wampach. J’aimerais explorer le mouvement, de manière moins cérébrale, moins narrative. Je voudrais donner vie à ce groupe d’enfants autrement qu’à travers le texte et les dialogues, que dans l’interstice des scènes toute la place soit faite au mouvement et à la danse pour retrouver la palpitation, le bouillonnement qui semble interne au texte. La musique et le son ont aussi une place importante. Olivier Pasquet qui travaille à l’IRCAM signe la bande-son de L’Éveil du printemps. Guillaume Vincent

Guillaume Vincent est entré en 2001 dans la section mise en scène de l’école du Théâtre National de Strasbourg. Il a notamment mis en scène des textes de Virginia Woolf, Marivaux, Jean-Luc Lagarce. Il est artiste associé au CDN de Besançon et fait partie du Collectif artistique de la Comédie de Reims.

Chorégraphie David Wampach Création sonore Olivier Pasquet Dramaturgie Marion Stoufflet Lumière Nicolas Joubert Costumes Lucie Durand Scénographie Alexandre de Dardel avec

Émilie Incerti-Formentini, Florence Janas, Pauline Lorillard, Nicolas Maury, Philippe Orivel, Cyril Texier distribution en cours

production Compagnie Avec le bleu de midi et le noir de minuit coproduction CDN de Besançon, CCN de Franche-Comté, Comédie de Reims, Théâtre de la Colline, Centre Dramatique Régional de Tours, la Ville de Marseille et la participation artistique du Jeune Théâtre National


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autour des Sonnets et Elégies

de Louise Labé

I r ré g u l i è re spectacle musical initié par

Norah Krief et Frédéric Fresson C'est du théâtre. C'est de la chanson. C'est surtout de l'amour : celui inscrit dans la langue de Louise Labé, femme poète de la Renaissance, dont l'audace, dans l'expression du désir, est encore un scandale. Une langue de chair, mise en musique pour lui restituer toute sa force vitale. A cette voix, ce chant, ce souffle répond une autre parole : celle de Norah Krief inventant à son tour, avec la musique de Frédéric Fresson et les mots de Pascal Collin, une autre manière d'affirmer, contre toute bienséance, le désir affranchi d'une femme d'aujourd'hui. Quand on parcourt les écrits sur la vie de Louise Labé, anciens ou modernes, on comprend qu’il y a toujours eu, de son vivant même, un besoin inassouvi de savoir qui elle fut, comme si

le mystère de sa vie, au-delà des faits connus nous était nécessaire. Sage épouse ou courtisane bisexuelle ? Ou encore, c’est l’hypothèse plus mythique, celle qui ravit les poètes qui ne sont que des hommes : prostituée au grand cœur qui s’offre gratis aux « savants », entendez les amoureux des lettres et les artistes sans le sou, pas les riches sans goût. Et à force de fasciner, elle atteint ainsi à la même gloire que Molière ou Shakespeare : ce n’est pas elle, femme accueillante, qui aurait écrit son œuvre amoureuse mais des hommes, évidemment ! Poètes renommés et ascètes de l’écriture. C’est bien de sa faute, à Louise ! Elle les a bien cherchées, se dit-on, ces réactions mâles dominantes ; Calvin a auréolé la poésie de Louise du mot « putain » pour l’éternité.

C’est dans la voix des sonnets qu’on entend si claire, que résident le mystère de Louise Labé et son scandale. Chez Louise, le poème est le champ du combat. Il y a, comme chez les autres auteurs de son temps, les mêmes fleurs de rhétorique entremêlées, mais elle, elle les fait vibrer au vent. Les contraintes de l’écrit deviennent les instruments de l’émancipation. Ce qui émeut, c’est cette volonté qu’elle a, dans un même mouvement, de briser la poésie qu’elle édifie. Irrégulière, c’est cette voix, ce chant, cette volonté, comme un flambeau passé à une autre femme d’aujourd’hui. Cette vieille langue fait naître une autre poésie, celle de l’actrice-chanteuse sur le plateau, une voix nouvelle prend racine


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FEV. M 9 >20h M 10 >20h

Durée 1h05 Ouverture de la location mardi 5 janvier 2010

dans l’ancienne lamentation. Un trait les relie par-delà le temps, Louise et Norah, comme un éclair dans la nuit. La Compagnie Sonnets invite à suivre un chemin scénique conviant le chant et la poésie. Plusieurs artistes, musiciens et praticiens du théâtre, se réunissent de l'écriture à la représentation, du projet de mise en scène à l'ultime note émise sur le plateau. Faire se rencontrer le texte et la voix, la musique et l'action dramatique, et renouveler le "tour de chant" par la mise en question, dans le spectacle même, de la représentation théâtrale. Frédéric Fresson

Voici un tour de chant qui n’a pas froid au cœur, donné par une chanteuse accompagnée de trois excellents musiciens versant l’onguent du jazz sur les braises du rock : Frédéric Fresson, claviers ; Daniel Largent, percussion et basse ; Mathias Lévy, violon, saxophone et guitare. La République du Centre

Textes Louise Labé et Pascal Collin Composition musicale Frédéric Fresson Arrangements Daniel Largent et Mathias Levy Mise en scène Michel Didym et Pascal Collin Assistante à la création Arzela Prunennec Lumière Paul Baureilles et Johan Olivier Son Olivier Gascoin avec

Norah Krief, Frédéric Fresson (clavier), Daniel Largent (percussion, basse), Mathias Lévy (violon, saxophone, guitare) production Maison de la Culture de Bourges coproduction L’Allan – SN de Montbéliard Avec le soutien de la Mousson d'été/Lorraine et Les BainsDouches de Lignières pour la résidence de création. Spectacle produit avec le soutien de la Région Centre et accueilli en coréalisation avec les Bains-Douches.


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de Anton Tchekhov Texte français Philippe Adrien et Vladimir Ant

I va n ov mise en scène

Philippe Adrien Ivanov est un noble, un universitaire qui n’a rien de remarquable ; c’est une nature émotive, ardente, qui se laisse facilement emporter par ses passions, honnête et droite comme la plupart des nobles cultivés. Cet homme se jette dans le feu de l’action ; les bancs de l’école à peine quittés, il prend sur ses épaules un fardeau trop lourd pour lui, se consacre aux écoles, aux paysans, à l’exploitation rationnelle, fait des discours, écrit au ministre, combat le mal, applaudit le bien, aime, non pas simplement et n’importe comment, mais toujours, ou des bas-bleus, ou des psychopathes, ou des juives, ou même des prostituées qu’il sauve… A trente, trente-cinq ans, il commence à éprouver lassitude et ennui : « Si on me regarde de l’extérieur, c’est sûrement terrible, je ne comprends pas moi-même ce qui se passe en moi… ». Lorsqu’ils se retrouvent dans

une telle situation, les gens étroits d’esprit et malhonnêtes en rejettent en général toute la faute sur le milieu, ou bien ils s’installent dans le groupe des “hommes en trop”, des “Hamlet” et se contentent de cela. Ivanov, lui, parle d’une faute qu’il aurait commise, et le sentiment de culpabilité croît en lui à chaque nouveau choc. À l’épuisement, à l’ennui et au sentiment de culpabilité, ajoutez encore un ennemi. C’est la solitude. Personne n’a rien à faire de ce qu’il ressent et du changement qui s’opère en lui. Il est seul. De longs hivers, de longues soirées, un jardin désert, des pièces désertes, un comte bougon, une femme malade… Nulle part où aller. C’est pourquoi à chaque minute le torture la question : que faire de soi ? … Tchekhov, Lettre à Souvorine, décembre 1888 Tout ce que Tchekhov voulut dire sur le théâtre, traduction Catherine Hoden, l’Arche Éditeur

Ivanov, ce n’est pas seulement un personnage avec un caractère, une psychologie et un destin singuliers, mais une figure expressément située dans une dimension éthique, culturelle tout à fait fondamentale. Ivanov est agnostique ; il apparaît néanmoins marqué, quasiment stigmatisé, par certaine interprétation du dogme qui porte à la souffrance et au sacrifice dans une quête infinie de Dieu. Chez un athée cette recherche vire à l’errance éperdue. La conduite d’Ivanov placée sous le signe de l’injonction chrétienne : « Aime ton prochain comme toi-même », mérite bien sûr d’être interrogée. Comme souvent chez Tchekhov, mais ici de façon particulièrement aiguë, nous ne parvenons pas à juger selon les critères du bien et du mal. C’est ce qui nous touche au cœur. Ivanov relève à l’évidence d’une autre justice qui saurait apprécier l’ambiguïté


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FEV. M 23 >20h M 24 >20h

Collaboration artistique Clément Poirée Décor Jean Haas Lumière Pascal Sautelet assisté de Maëlle Payonne Machines et pantins Elena Ant Musique et son Stéphanie Gibert Maquillage Faustine-Léa Violleau Costumes Hanna Sjödin Direction technique Martine Belloc

et la complexité des êtres humains. Ce questionnement vaut pour l’époque de Tchekhov, mais aussi pour notre culture dans son ensemble. Philippe Adrien

C'est exactement ce que voulait Tchekhov, faire une comédie sur la tragédie d'un homme, et c'est ce qu'a réussi à traduire Philippe Adrien. Quant au spectacle lui-même, il nous a remplis de bonheur. Dans un large et profond espace habillé de bois cendré, superbement architecturé, la dizaine de comédiens qui accompagnent la tragédie d'Ivanov nous livrent la comédie de leur insouciance, de leur frivolité et de leur ennui dans une sarabande à laquelle Philippe Adrien donne une coloration farcesque que, là encore, Tchekhov n'aurait pas désavouée. Chacun joue avec infiniment de drôlerie un archétype de l'étonnante société russe de cette fin du XIXe, et leur rassemblement festif compose une sorte de symphonie baroque délirante. Nous avons adoré ce spectacle. Le Figaro, Philippe Tesson

Philippe Adrien a monté le texte insupportable de violences privées et publiques avec une rayonnante intelligence. Devant nous s'agite un petit monde perclus de mesquinerie et qui en crève. Alors que Freud mesurait l'avancement des civilisations à leur degré de culpabilité, Adrien montre comment on peut au contraire en mourir. C'est l'inconscient assassin des personnages qu'il met ainsi en scène dans le fond obscur du plateau, à travers ces créatures bizarres, ces mécaniques dadaïstes. Télérama, Fabienne Pascaud

avec

Matthieu Marie, Florence Janas et Julie André (en alternance*), Thomas Derichebourg, Wolfgang Kleinertz, Etienne Bierry, Lisa Wurmser, Alexandrine Serre, Olivier Constant et Guillaume Marquet (en alternance*), Jana Bittnerova, Julien Villa, Vladimir Ant, Emilie Lechevalier production ARRT/Philippe Adrien, compagnie subventionnée par le ministère de la Culture et la Ville de Paris, avec la participation artistique du Jeune Théâtre National et le soutien de l’Adami. Spectacle créé en coréalisation avec le Théâtre de la Tempête.

J

25 >19h*

V

26 >20h

S

27 >20h

MARS L

1 >20h

M 2 >20h M 3 >20h J

4 >19h

* Rencontre avec le public à l’issue de la représentation

Durée 2h15 Ouverture de la location mardi 5 janvier 2010


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REPRISE

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MARS J

11 >19h

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S

13 >20h

Durée 1 h 30 Ouverture de la location mardi 5 Janvier 2010

de Marivaux

Le J e u d e l ’a m o u r e t d u h a s a rd Gilles Bouillon mise en scène

REPRISE

L’É CO LE D U J EU

Faire l’amour, au XVIIIe siècle, c’est d’abord parler d’amour et le jeu de l’amour est une stratégie de langage. Des mots, des mots, des mots ! Et pourtant Marivaux n’est jamais bavard tant la parole chez lui est action. Les mots, les rythmes, les conventions ont changé mais on fait encore l’amour comme au temps de Marivaux. La phrase de Marivaux - et la pièce entière est modulée comme une seule longue phrase - sinueuse, accidentée, avec ses reprises, ses variations ou ses brusques changements de direction, déroule un mouvement perpétuel, génère une instabilité essentielle, révèle le désordre de l’amour, le tourbillon des passions. Un vertige où se perdent les personnages. Dans le face à face de l’amour et de l’amour-propre, Marivaux fait jouer les trois tempéraments - combattre, fuir, et « geler » - à travers l’intensité des sentiments, les crises de désespoir, les explosions de joie, les amoureux sont conduits à une sorte de paralysie.

Un moment de glaciation avant le redoux ou la débâcle. Marivaux souffle le froid et le chaud. Le plaisir de jouer cette pièce est immédiatement jubilatoire, vertigineux aussi. Les acteurs jouent le rôle de personnages qui jouent un rôle, derrière un masque selon un code de jeu conscient, tout en étant sincères et tout doit être naturel. C’est là le défi. Dans Le Jeu de l’amour et du hasard, Marivaux met crûment à nu le jeu du désir, dépouillé de toute concession au romanesque. C’est du théâtre pur, dit Louis Jouvet. Du pur théâtre. Un diamant. L’amour et le hasard, agents de désordre, créent du jeu dans une mécanique implacable et presque abstraite. Et c’est par le biais du désordre et du jeu que j’explore cette pièce : le jeu du quatuor amoureux, maîtres et valets dépassés par le désordre (Silvia, Dorante, Lisette, Arlequin), redoublé de manière aiguë par le jeu de ceux qui « organisent


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Dramaturgie Bernard Pico Scénographie Nathalie Holt Lumière Michel Theuil Costumes Marc Anselmi Musique Alain Bruel Régie générale Laurent Choquet Construction décor l’équipe technique du cdr de Tours avec

Hélène Stadnicki, Claire Théodoly, Bertrand Fieret, Florian Haas, Antoine Sastre, (…)

ce désordre » et s’en divertissent impunément (le père et le frère de Silvia). On rit des valets avec le rire des maîtres, des maîtres avec le rire d’Arlequin, de tous avec le rire des meneurs du jeu. Comme dans toutes les pièces de Marivaux, il y a quelque chose d’initiatique pour les personnages, c’est la première fois qu’ils aiment, c’est la première fois qu’ils sont surpris par le désir, c’est la première fois qu’ils jouent un jeu où on risque de tout perdre. A l’école du jeu, donc. Mais rien de plus sérieux que ce jeu-là. Gilles Bouillon

DÉFIER L’ORDRE « À Tours, Gilles Bouillon met en scène la surveillance sociale chez Marivaux dans un esprit décalé. Rares, aujourd’hui, sont les metteurs en scène qui font autour d’eux un travail de formation auprès des jeunes acteurs et du public et qui, en même temps, échappent à l’académisme d’un style traditionnel. À Tours, Gilles Bouillon reste, pour le public, dans le droit fil du projet du théâtre pour tous selon Vilar et, néanmoins, s’amuse à changer nos regards sur les textes en faisant travailler régulièrement des comédiens de

la jeune génération. Ce Jeu de l’amour et du hasard qu’on a pu voir au cœur de la ville va voyager et partir à la conquête de nouveaux spectateurs : on en goûtera l’esprit décalé. Le décor, conçu par Nathalie Holt, est d’un blanc éclatant. Quelques panneaux et quelques chaises à roulettes modifient l’espace ou entrent en situation. Les aristocrates sont en smoking blanc et boivent du champagne. Les jeunes, ceux qui se jouent la comédie en se faisant passer pour des valets quand ils sont nobles et inversement, ont des habits décontractés d’aujourd’hui. Pas de pudibonderie ni de mignardise : l’enjeu est grave, ce monde à l’envers doit remettre l’amour à l’endroit. Avec les dessins rapides des corps dans l’espace, Bouillon montre combien cette comédie du travestissement est une action autant regardée que vécue, sans cesse observée pour sa drôlerie et pour le défi qu’elle pose à l’ordre social. Les interprètes, disputent vivement ce jeu de mirador (plus que de miroir) : pourvu qu’un domestique ne soit jamais aimé d’une aristo et qu’un noble ne s’éprenne d’une roturière ! » Politis, Gilles Costaz

production Centre Dramatique Régional de Tours avec le soutien de la Drac Centre, de la Région Centre et du Conseil Général d’Indre-etLoire (Jeune Théâtre en Région Centre) et le soutien du Fonds d’Insertion pour Jeunes Artistes Dramatiques, Drac et Région Provence-Alpes-Côte d’Azur

Nous avons le plaisir d’organiser une deuxième tournée de ce spectacle déjà 100 fois représenté la saison dernière et qui repartira pour 32 représentations de mars à mai 2010.


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de Howard Barker Texte français Pascal Collin

Graves épouses / A n mise en scène

Guillaume Dujardin Quand le monde aura brulé, il restera des femmes. Deux. Peut-être. Nous sommes sur le terrain de l’imaginaire, de tous ses décombres. Un endroit où le pouvoir politique, économique, social, n’a plus lieu d’être. Un no man’s land calciné. Du passé ne reste que la relation entre deux femmes. Une comtesse et sa servante. Et ce mari, celui de la servante, dont elles rêvent le désir. Peut-être. C’est une attente. C’est érotique. C’est vacant. Réduit à sa frivolité animale, l’homme devient pour ces deux épouses l’enjeu d’un scénario érotique qui, sur fond de révolution, se joue à la vie à la mort. Car c’est à partir de son absence tapageuse que les deux femmes vont imaginer cet homme et se le raconter l’une l’autre – comme à charge de revanche.

La présence de l’homme n’est matérialisée que par les bruits qu’il provoque (ou que du moins l’on associe à sa concupiscence dévastatrice) et par les allées et venues d’un chien mécanique, émissaire d’un désir bestial, à proprement parler machinal. Ce texte, inédit à la scène, donne à voir un nouvel aspect de l’œuvre de Barker. Les actions disparaissent au profit d’une nouvelle écriture : pièce de tension et de désirs secrets, les relations qu’entretiennent Strassa et Card sont pleines de mystère, tendues, charnelles. Barker écrit un monde post darwinien : la machine serait l’état de perfection de l’évolution. Ces deux femmes seraient les derniers éléments de l’humanité. Après elles, seul le chien continuera à courir…

En 2002, j’ai mis en scène Brutopia au Nouveau Théâtre de Besançon. Howard Barker est venu voir le spectacle. Heureux de ce qu’il a vu, une amitié et un compagnonnage sont nés entre nous. J’aime cet écrivain. Son écriture est troublante pour nos sociétés. Il n’est pas réaliste, il n’essaie pas de transmettre un message politique, il n’a pas de solution morale à nous proposer. Il tente « simplement » d’écrire des tragédies. Des histoires d’amour, de vie et de mort. Ses situations se déroulent dans l’Histoire. Jamais dans l’Angleterre de son époque. En cela, il est le descendant des plus grands écrivains de théâtre. Howard Barker me permet de mieux aborder les changements fondamentaux qu’ont à vivre les humains en ce début de XXIe siècle : la fin d’une forme d’Humanisme, le recours systématique à la dérision, l’éloignement de l’idée de mort…


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* Rencontre avec le public à l’issue de la représentation Durée estimée 1h20

A n i m a u x f r i vo l e s Ses personnages défendent une conception de l’impensable. Et le défendent jusqu’au bout de la vie, en tuant, blessant ceux qui veulent les en empêcher. Ces personnages sont à la limite du supportable. Guillaume Dujardin

Dramaturgie Pauline Thimonnier Scénographie Elsa Guillaud Costumes Angèle Mignot Lumière Christophe Dubois

C’est la sixième collaboration entre la Compagnie Mala Noche (créée en 2003 par Guillaume Dujardin) et Howard Barker - Animaux en paradis, The seduction of almighty God, La douzième bataille d’Isonzo, Objets possibles, Révélations. Howard Barker est né à Dulwich en Angleterre en 1946, il est dramaturge, peintre et poète et met également en scène ses propres pièces. Auteur prolifique, il écrit pour la scène, la télévision, la radio et le cinéma. Toujours dans le souci d’exprimer sa démarche artistique qui a pris forme sous le nom de « Théâtre de la Catastrophe », il écrit aussi des essais sur le théâtre.

avec

Judith Siboni distribution en cours

production Compagnie Mala Noche, Centre Dramatique Régional de Tours, Arc en ciel - Théâtre de Rungis, Espace Marcel Carné - Saint-Michel-sur-Orge, Théâtre d’Haguenau, Théâtre Granit, L’Avant-Seine, Théâtre de Colombes En coréalisation avec le Théâtre de l’Atalante Avec le soutien de la Drac et de la Région Franche-Comté

Ouverture de la location mardi 5 janvier 2010 jauge réduite, spectacle en salle de répétition, placement libre


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de Eugène Labiche

L a Ca g n o t t e mise en scène

Adel Hakim La Ferté-sous-Jouarre. Depuis des années, tous les jeudis, une association d’amis joue à la « bouillotte », une sorte du poker. Entre chamailleries, susceptibilités, petits règlements de compte, on s’ennuie ferme. Une cagnotte a été constituée. On y dépose sa contribution chaque fois qu’un brelan apparaît dans le jeu. Il est temps de casser la cagnotte. Grand moment d’émotion : de la cagnotte surgit une somme d’argent et quelques boutons, certains trichent. Les propositions fusent sur l’utilisation du pactole : préparer un grand festin autour d’une dinde truffée, organiser un bal, faire des achats, etc... Pour décider, un vote est organisé. On est démocrate à La Fertésous-Jouarre : intrigues, trafic d’influences, musellement de l’opposition, lobbying, alliances… On fera un voyage d’une journée

à Paris. C’est cette folle journée parsemée d’embûches et de grands périls qui est donnée à suivre. Chez Labiche, les obsessions névrotiques (et hilarantes) des personnages font que tout tourne au drame, à la catastrophe, au cataclysme. Les petits évènements de la vie, transformés en tribulations dignes des grandes épopées, prennent des proportions mythologiques. L’infiniment petit rejoint l’infiniment grand. La Cagnotte est aussi le récit cauchemardesque d’une dégringolade sociale dont les victimes ne tirent aucune leçon. Hallucinés, visionnaires, les petits-bourgeois épinglés par Labiche plongent avec le plus grand sérieux et avec délectation dans les situations qui se présentent (ils ont ainsi la sensation d’exister).

L’utilisation de la cagnotte déchaîne les passions ; devoir se soustraire au regard des autres en raison de culpabilités diverses devient un drame ; sauver l’honneur patriotique de La Ferté-sous-Jouarre frise l’intégrisme le plus fanatique ! Le rythme des répliques, la succession des actions, des ruptures et des états des personnages exigent des acteurs un exercice de biomécanique. Avec Labiche, il n’y a d’autre objet que, précisément, la mécanique. Elle est le fond, le thème de l’œuvre. Dans un style de jeu rythmé, rapide, vif, les personnages sont montés sur ressort. Sans temps mort, sans se donner l’occasion de réfléchir, ils s’angoissent, se désespèrent, échafaudent des plans, des intrigues, des complots, forcément voués à l’échec, émettent sans discontinuer


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* Rencontre

des opinions à l’emporte-pièce, se tourmentent avec leurs désirs contrariés et leurs sentiments de culpabilité. Ce sont des marionnettes délirantes. L’art de Labiche est autant dans le mouvement, dans la chorégraphie, que dans les mots.

Acteur, auteur, Adel Hakim a créé en 1984 le Théâtre de la Balance avec Elisabeth Chailloux, c’est avec elle qu’il est nommé à la direction du Théâtre des Quartiers d'Ivry en 1992. Depuis 2003 il est chargé d'une mission de décentralisation (Centre Dramatique National) sur Ivry et le département du Val-de-Marne.

Adel Hakim

Une farce de Labiche ranimée par des acteurs déchaînés. Les comédiens, méconnaissables sous leurs perruques absurdes, leurs ventres imposants, leurs maquillages forcés, mènent la danse sous la houlette du metteur en scène lui aussi déchaîné, avec un rythme époustouflant, dans un décor à transformation rapide, peuplé de statues translucides. Cela court, cela vit, cela danse et chante, sous les coups implacables d’un destin cruel. Le Monde

Chorégraphie Véronique Ros de la Grange Scénographie et lumière Yves Collet Musique originale Marc Marder Directrice de chant Martine-Joséphine Thomas Costumes Agostino Calvaca assisté de Dominique Rocher Son Anita Praz Maquillage et perruques Nathy Polak Assistant à la mise en scène Florian Alberge Assistante à la scénographie Perrine Leclere-Bailly Assistant lumière Nicolas Batz Sculptures Daniel Cendron Accessoires Mathieu Bianchi avec

Maryse Aubert, Thierry Barèges, Isabelle Cagnat, Etienne Coquereau, Jean-Charles Delaume, Malik Faraoun, Serge Gaborieau, Nigel Hollidge, Prunella Rivière, Bruno Paviot, François Raffenaud Coproduction Le Théâtre des Quartiers d’Ivry, Les Châteaux de la Drôme - établissement public du Département de la Drôme.

avec le public à l’issue de la représentation Durée 2h10 Ouverture de la location mardi 5 janvier 2010


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de John Millington Synge Texte français Françoise Morvan

La fontaine aux sain mise en scène

Guy Pierre Couleau Mary et Martin Doul, mendiants aveugles, assis à la croisée des routes, se chauffent au soleil. Rien d’autre ne les occupe que de s’aimer et de partager une vie de cécité heureuse. Ils attendent l’aumône avec insouciance, espérant surtout que le vent humide du printemps, leur fera une belle peau. Arrive le Saint, un moine errant, et avec lui le miracle qui leur rend la vue. Toute la foule du petit village est là… Guéris par l’eau de la fontaine miraculeuse, ils devront affronter le monde des beautés de Dieu, celui aussi de la désillusion, de la violence, de la haine et de l’indifférence. Un monde qui aura tôt fait de les jeter sur les routes et les amener à regretter leur cécité. De quoi est fait ce miracle qui rend la vue aux aveugles ? Et quelle est cette eau bienfaisante qui laisse entrevoir les limites de l’autre, les formes de ce que l’on

connaissait par cœur et que l’on découvre à la lumière de la vue pour ce qu’il est réellement ? Plus que de savoir, il convient de sentir et plus que de voir, il convient de percevoir. Dans le théâtre de Synge, l’imaginaire tient une place prépondérante. L’essence de ce théâtre-là est une suggestion, une entière absence de réel. Parce qu’il nous emporte dans un monde légendaire et concret à la fois, nous entr’apercevons avec lui une possibilité d’accéder à l’invisible. Il existe des espaces vides dans le théâtre de Synge, des champs blancs à emplir de nos propres mythes et démons. Représenter l’invisible est un des défis de son théâtre. Parce qu’il nous plonge dans un monde sensible et non matérialisé, en un mot dans un univers de l’absence, nous devons accepter la possibilité de pénétrer l’inédit,

l’inouï et l’insoupçonné en nous-mêmes. Notre propre sauvagerie, notre irrévérence et notre révolte sont d’autant d’espaces neufs que nous devons investir. Mettre en scène l’invisible de ce théâtre-là, c’est mettre en scène la langue elle-même, pour ce qu’elle recèle de sens caché, de musicalité secrète et enfouie. Cette écriture n’imite pas un parler, elle s’invente à partir d’un réel, puis elle se poétise en s’en éloignant immédiatement. Synge donne à voir autant qu’il nous donne à entendre. Son théâtre est fait de visions et de lumières intérieures ; il est fait d’ombres et de mystères. En 1999, le projet de la Compagnie Des Lumières et Des Ombres voyait le jour autour d’un spectacle fondateur : Le Baladin du monde occidental de John Millington Synge (accueilli au cdr de Tours).


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* Rencontre avec le public à l’issue de la représentation

Durée estimée 1h45 Ouverture de la location mardi 5 janvier 2010

ints L’œuvre de Synge, qui est devenu mon auteur de prédilection, s’envisage comme un long poème selon sa traductrice Françoise Morvan et il m’a semblé nécessaire de revenir, depuis cette magnifique aventure du Baladin, à la théâtralité essentielle de cet auteur, disparu prématurément à 37 ans après avoir écrit six pièces. Je me suis replongé régulièrement dans cette poésie terrienne et lumineuse qui a accompagné mes débuts de metteur en scène et qui a continué de nourrir mes autres travaux. Je veux faire entendre cette œuvre un peu méconnue pour ce qu’elle dit de poétiquement symbolique sur le monde et les humains. En 2009, nous célébrerons le centenaire de la disparition de John M. Synge. Cette même année, je fêterai les dix ans d’existence de ma compagnie

Des Lumières et Des Ombres et ma première année à la direction de l’Atelier du Rhin, Centre Dramatique Régional d’Alsace à Colmar. Guy Pierre Couleau

Scénographie Raymond Sarti Lumière Laurent Schneegans Assistant à la mise en scène Guillaume Clayssen … avec

Philippe Mercier, Flore Lefebvre des Noëttes, Pascal Durozier, Carolina PechenyDurozier distribution en cours

production Comédie de l’Est – CDR d’Alsace En cours Le texte français de Françoise Morvan est édité aux Editions Folle Avoine, 1995.


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Ce t e n f a nt texte et mise en scène

Joël Pommerat « Ecrire un spectacle sur le thème de la parentalité inspiré de la parole d’habitants d’une cité à Hérouville Saint-Clair ». Telle est la commande passée en 2002 par la Caisse d’Allocations Familiales du Calvados et le CDN de Normandie à Joël Pommerat. A partir des échanges qu’il a eus avec des femmes vivant en cité, sur les rapports entre enfants et parents, entre père et mère, et sans retranscrire aucun des propos qui lui ont été confiés, Joël Pommerat a écrit une pièce originale composée d'une suite de scènes courtes. On passe d'un dialogue à l'autre dans une lumière atténuée, subtile, avec une sorte de douceur dans le jeu d'acteur qui accroît le sentiment d'intimité et de justesse. De petites séquences saisissantes s'enchaînent sans autre lien que la musique d’un orchestre rock dont l’image presque irréelle,

renvoie aux minuscules destins dont il est question… Je ne m’attendais pas à recueillir au cours de ce dialogue, une somme de témoignages aussi bouleversants parce que durs. Je ne m’attendais pas à ce que le désir de parole de ces femmes se révèle à ce point (et si rapidement) une véritable nécessité de parole. Je ne m’attendais pas non plus à ce que la discussion, sans volonté particulière de ma part, s’oriente finalement sur l’histoire difficile de ces mères avec leurs propres origines parentales. Dans mon écriture je n’ai pratiquement jamais repris directement une histoire qu’on m’avait racontée. Ma façon de rendre compte le plus justement de ces témoignages est passée par une recréation et même une réinvention de la réalité, le théâtre ne pouvant se comparer avec un document télévisuel.

Je ne crois pas qu’une représentation théâtrale puisse modifier le cours de l’existence de quelqu’un mais il n’empêche que c’est à l’intention de certains spectateurs en particulier que j’ai écrit et mis en scène ce spectacle (la grande majorité de ces femmes que j’avais rencontrée). J’ai pensé à quelqu’un qui aurait fini par se persuader que le bonheur parental était la norme, qu’il y aurait même quelque chose de honteux à n’avoir pas à rencontrer la perfection en matière de vie, en tant qu’enfant, en tant que parent. Joël Pommerat

Pour Joël Pommerat, et pour tous ceux qui composent autour de lui, l’art de la scène est une affaire collective. Les éléments sensibles et perceptifs d’un spectacle ne viennent pas se surajouter à sa forme écrite, mais font d’emblée partie intégrante de son écriture.


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Création musicale Antonin Leymarie Aymeric Avice, Guillaume Dutrilleux trompette Boris Boublil claviers orgue piano électrique Antonin Leymarie batterie Rémi Sciuto sax, synthé basses Fred Pallem guitares, basse

Bruits et musiques, corps et gestes, incidents impondérables nourrissent, au même titre que l’écriture, un processus de création qui ne peut se conduire qu’à plusieurs voix. Cet enfant ébranle au plus intime, là où rôdent des ombres bâillonnées depuis l’enfance, là où grouillent, bien vivants, les sentiments troubles, peut-être inavoués, qui nous relient aux nôtres. Avec des mots simples, tellement simples, qui tranchent à même le cru de la vie des situations familiales, sans doute banales, et dénudent jusqu’à la chair les liens de la parentèle. L’amour, la culpabilité, le chantage, les peurs, les rancoeurs refoulées, les espoirs, les reproches, la détresse…Toutes ces réalités inextricablement mêlées qui façonnent les relations entre parents et enfants surgissent au gré de séquences brèves où les tensions se condensent à l’extrême. La Terrasse, Gwénola David

Sur la scène toute en clairs-obscurs que n’aurait pas reniés Rembrandt, des comédiens opaques, terriens, paysans, empoignent les phrases et leur font cracher tout leur jus. Splendide et modeste travail d’interprètes-artisans que ce corps-à-corps radical avec la langue, qui en clarifie jusqu’aux barbaries secrètes, jusqu’aux silences. Télérama

Joël Pommerat fonde en 1990 la Compagnie Louis Brouillard. La Compagnie est en résidence au Théâtre Brétigny depuis 1997 et au Théâtre des Bouffes du Nord depuis novembre 2006. Le cdr de Tours a coproduit trois de ses créations : Grâce à mes Yeux, Le Petit Chaperon rouge et Pinocchio.

Scénographie et lumière Éric Soyer Costumes Isabelle Deffin Recherche et réalisation de l'écriture sonore François et Grégoire Leymarie Accessoires Thomas Ramon Documentation Evelyne Pommerat Régie lumière Yann Loric Régie son Grégoire Leymarie Régie plateau Vanessa Petit avec

Saadia Bentaïeb, Agnès Berthon, Lionel Codino, Ruth Olaizola, Jean-Claude Perrin, Marie Piemontese

MAI M 11 >20h M 12 >20h

Durée 1h10 Ouverture de la location mardi 5 janvier 2010

jauge réduite

production Compagnie Louis Brouillard coproduction L’Espace Malraux-Scène Nationale de Chambéry et de la Savoie, Théâtre BrétignyScène conventionnée du Val d’Orge, la Ferme de Bel Ebat de Guyancourt, Théâtre de La Coupe d'Or - Scène conventionnée de Rochefort, Théâtre Paris-Villette. La Compagnie Louis Brouillard est conventionnée et reçoit le soutien du Ministère de la culture/Drac Ile-de-France, de la Ville de Paris, de la Région Ile-deFrance. La Compagnie Louis Brouillard est en résidence au Théâtre Brétigny et au Théâtre des Bouffes du Nord. Le texte de Cet enfant est édité chez Actes Sud-Papiers avec D’une seule main. La scène 9 est inspirée d’une scène de Jackets ou la main secrète d’Edward Bond. Cet enfant a été créé au Théâtre Paris-Villette le 17 avril 2006 et a reçu le Prix du Syndicat professionnel de la critique pour la meilleure création en langue française 2006.


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NOUVELLE CRÉATION

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JUIN

NOUVELLE CRÉATION

L

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M 15 >14h 19h M 16 >14h 19h

de Anton Tchekhov Traduction André Markowicz et Françoise Morvan Adaptation Nathalie Holt

K a c ht a n k a

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V

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Durée estimée 1h00 Ouverture de la location samedi 20 juin 2009

mise en scène

Gilles Bouillon

Kachtanka, la petite chienne rousse, s’est perdue dans les rues de Moscou. Tout le jour elle a erré à la recherche de son maître, ivrogne et brutal… Seule, effrayée, dans le froid, la neige et la nuit noire, elle est recueillie par un curieux personnage, dompteur d’animaux familiers et qui partage sa maison avec Monsieur Fiodor, Monsieur Ivan et Madame Khavronia : un chat, une oie, un cochon ! Kachtanka commence alors son apprentissage d’artiste de cirque. Mais, le grand soir venu, en entrant dans les lumières de la piste, parmi les spectateurs, elle reconnaît son maître… Tchekhov écrit ce « conte » en 1887. Avec Alexeï Souvorine, directeur du journal Temps Nouveaux, qui publiera et éditera ses écrits, il s’est lié d’une amitié passionnée et mouvementée. Avec lui il découvre les réjouissances et les « splendeurs » de la vie artistique

et mondaine pétersbourgeoise ou moscovite : grands restaurants, salons, théâtres… C’est sans doute pour les deux enfants Souvorine, Boria, dix ans, et Nastia, neuf ans, qu’il compose cette histoire où il met bien entendu tout son amour pour les chiens (deux teckels nommés Bromure et Quinine, seront longtemps ses compagnons), mais où il fait aussi miroiter les fastes et les mirages de la ville et du théâtre, tout en réaffirmant sa fidélité aux siens, à ses origines humbles. LE CO NTE D E « CH ATA IGN E »

En travaillant à la préparation de Des crocodiles dans tes rêves en 2005 (d'après 6 pièces en 1 acte de Tchekhov : L'ours, La demande en mariage, La noce, Sur la grand route, Le chant du cygne, Des méfaits du tabac) j’ai relu ce « conte », écrit précisément par Tchekhov pour les enfants. André Markowicz et Françoise Morvan ont dans l'enthousiasme accepté de traduire pour nous

Spectacle tous publics, à partir de 6 ans


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Dramaturgie Bernard Pico Scénographie Nathalie Holt Costumes Marc Anselmi Lumière Nicolas Guellier Musique et son Alain Bruel avec

Jeune Théâtre en Région Centre distribution en cours

production Centre Dramatique Régional de Tours avec le soutien de la Drac Centre, de la Région Centre et du Conseil Général d’Indreet-Loire (Jeune Théâtre en Région Centre)

« Châtaigne », puisque tel est le sens de Kachtanka. J'ai été séduit par la poésie, l'humour, l'émotion de ce conte animalier, très habilement écrit du point de vue de la petite chienne, comme en caméra subjective, laissant au monde autour, son mystère, son danger, son opacité. La nouvelle Kachtanka est un texte non destiné à la représentation, à partir duquel je voulais explorer les passages possibles et les ruptures entre l'art du conteur et l'art de l'acteur, entre le récit et la représentation. A commencer par le texte lui-même et par la question de l'adaptation d'un récit littéraire en partition à jouer, en restant le plus fidèle possible au « timbre » de la voix de Tchekhov. J’ai demandé à Nathalie Holt, scénographe, de faire l’adaptation de ce conte pour la scène. J’ai toujours prôné au cdr de Tours la « mixité » des publics et j’ai rarement dû accepter de proposer des séances exclusivement scolaires, en dehors de certaines missions

d’initiation au théâtre que nous conduisons, dans les collèges et les lycées. Aujourd’hui avec les comédiens du Jeune Théâtre en Région Centre, avec conviction, avec ferveur, dans la rencontre de jeunes gens et d’enfants qui pour la plupart n’ont jamais été au théâtre et que nous invitons en retour à venir pousser la porte du Nouvel Olympia, à franchir le seuil de l’imaginaire. Je ne sais toujours pas ce que c’est qu’un « spectacle pour enfants ». Pour ce qui est de mon travail je ne fais aucune différence : même engagement des comédiens dans le jeu, même exigence de clarté, d’esthétique au sens le plus large, de respect du public, même éthique. La seule contrainte nouvelle serait peut-être de ne pas dépasser une heure pour ne pas excéder la capacité de concentration des très jeunes spectateurs. Ce que je sais c’est que Kachtanka, à l’égal des contes pour enfants, a une très forte charge symbolique,

poétique, émotionnelle, qui constitue un langage universel et accessible à tous. Ce que je sais enfin c’est que le récit de Tchekhov, n’est à aucun moment simpliste ou simplificateur quand il aborde des thèmes comme ceux de l’identité, de l’origine, de la mort, du dépassement de soi ou de la peur devant l’inconnu, et parle directement à la sensibilité et à l’intelligence. La mort est entrée en intruse dans la chambre de Kachtanka, dans la chambre des enfants. Doit-on et comment leur parler de la mort? Peut-être faut-il un « desperado joyeux », comme Tchekhov l’était, pour faire ainsi parler la mort avec des mots de tendresse. Gilles Bouillon


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l e c t u re s

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Lectures en appartement Si vous voulez organiser une lecture chez vous, vous pouvez inviter les comédiens du cdr de Tours. Contact : Giovanna Pace et Léa Toto au 02 47 64 50 50 (cdr.tours@wanadoo.fr)

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Lectures à la Maison d’Arrêt de Tours Coordonnées et organisées par le Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation de Tours, et la Ligue de l'Enseignement (FOL37). Tout au long de la saison, les comédiens du cdr de Tours iront lire des textes à la Maison d’Arrêt.

UNE SAISON DE LECTURES A LA BIBLIOTHÈQUE D’octobre 2009 à mai 2010 Entrée libre

L ES B E LLE S I N F I D È LE S

La tâche du traducteur est toujours à recommencer car « de même que la tonalité et la signification des grandes œuvres littéraires se modifient totalement avec les siècles, la langue maternelle du traducteur se modifie elle aussi » (Walter Benjamin). Sans doute y a-t-il quelque chose d’irrémédiablement perdu dans la traduction d’un livre. A fortiori pour un texte de haute teneur poétique, l’essentiel est peut-être intraduisible : ce qui est consubstantiel à la langue d’origine, à la chair langagière du poème, au tissu profond où se rejoignent mot image son : un phrasé, un rythme, une sonorité, le jeu des doubles sens… Cela est particulièrement vrai pour Peines d’amour perdues, une des comédies les plus poétiques, où Shakespeare joue des mètres, des rimes, des équivoques, des métaphores filées, des déformations comiques de mots. Feu d’artifice verbal pour hisser le réel à la poésie et rendre la poésie au réel. Ce que le traducteur ne peut rendre qu’en faisant lui-même œuvre poétique. Une tâche dont Jean-Michel Déprats s’acquitte brillamment.

« L’importance littéraire de la traduction n’est guère contestable, soit parce qu’il faut bien traduire les chefs-d’œuvre, soit parce que certaines traductions sont des chefsd’œuvre » (Gérard Genette). Pour cette deuxième saison d’un partenariat fructueux entre la Bibliothèque Municipale et le cdr de Tours, nous continuerons, un lundi par mois, à faire entendre, découvrir et redécouvrir, quelques chefs-d’œuvre à travers le dialogue des traductions, ces Belles infidèles, comme on a appelé les étonnantes traductions de Plutarque par l’humaniste Jacques Amyot : Edgar Allan Poe par Baudelaire ; Virgile par Paul Valéry, Pierre Klossowski (ou travesti par Paul Scarron !) ; Homère par Philippe Jaccottet et Victor Bérard (ou son héros Ulysse revisité par James Joyce) ; Dostoïevski et Tchekhov par André Markowicz, ou encore L’Enfer de Dante et le Quichotte de Cervantès.

REN CO N TRE AV EC LES TR A D UC TEURS

En prologue à cette saison de lectures, la Bibliothèque Municipale et le cdr de Tours, vous convient à une journée de rencontres, de lectures, de débats sur les questions posées par la traduction et/ou la retraduction des œuvres littéraires. Samedi 28 novembre 2009 Lieu à confirmer. Entrée libre Le programme détaillé de cette journée, ainsi que le calendrier des lectures Les Belles Infidèles seront communiqués en septembre.

Renseignements Bibliothèque Municipale de Tours 2bis, avenue André Malraux 37042 Tours cedex Tel. : 02 47 05 47 33 www.bm-tours.fr


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D ES L EC T U R ES DA N S L E S M A I S O N S D ’ É C R I VA I N S D U D ÉPAR T EM E N T D ’ I N D R E - E T- LO I R E

12 e P R I NTEMPS D ES PO ÈTES CO U LE UR F EMME

D ES LEC TURES A L’O CCC A S ION D E L’ EX PO S ITIO N MAX ERNST

du 8 au 21 mars 2010

(du 17 octobre 2009 au 18 janvier 2010 )

Château de Saché, Prieuré Saint-Cosme : maisons d’écrivains nés en Touraine, qui y ont vécu, l’ont célébrée au point d’en devenir des figures emblématiques. Balzac. Ronsard. Jouer avec l’esprit des lieux et la mémoire des écrivains qui les ont habités. Entre hier et aujourd’hui. Entre paroles et musique : lectures et moments musicaux autour d’un musicien, d’un chanteur.

"Disons-le sereinement, en poésie comme dans les autres domaines artistiques, la femme a le plus souvent été cantonnée à un rôle subalterne : muse, confidente, consolatrice… La valeur péjorative de l’appellation « poétesse » en dit plus que de longs discours. La question n’est pas de débattre s’il y a ou non une poésie féminine. La question est de mettre en lumière l’apport, à travers l’histoire, des femmes poètes et leur présence remarquable dans la création contemporaine. Ce pourra être aussi l’occasion de considérer les représentations du féminin dans l’imaginaire poétique, au-delà des stéréotypes de la célébration amoureuse."

Dans le cadre de l’exposition Max Ernst et d’un partenariat avec le Musée des Beaux-Arts de Tours, le cdr de Tours propose une soirée exceptionnelle :

BALZAC AU CHATEAU DE SACHÉ

Samedi 12 septembre Trois rendez-vous : 16h : Contes drolatiques 18h30 : Concert Rossini avec Sophie Fournier (chant) Vincent Lansiaux (piano) 20h : Beatrix La soirée se poursuivra de manière festive autour d’un verre dans le jardin du château. Lectures dirigées par Gilles Bouillon, avec Catherine Benhamou, Karin Romer, Bernard Pico, et les comédiens du Jeune Théâtre en Région Centre.

Entrée libre En partenariat avec le Conseil Général d’Indre-et-Loire

RONSARD AU PRIEURE DE SAINT-COSME

Dimanche 14 mars à 16h Sonnets et blasons féminins Poèmes de Ronsard, Shakespeare, Pétrarque, Louise Labé Accompagnés à la vielle amplifiée par Gilles Chabenat. Lectures dirigées par Gilles Bouillon, avec Karin Romer, Bernard Pico, et les comédiens du Jeune Théâtre en Région Centre. Dans le cadre du Printemps des poètes 2010 et en partenariat avec le Conseil Général d’Indre-et-Loire

Entrée libre

Jean-Pierre Siméon TROIS SOIRÉES POUR DIRE DES POÈMES AU FÉMININ Ateliers ouverts gratuitement à tous les lecteurs et diseurs des pacifiques Brigades d’Intervention Poétiques qui accompagneront la 12e édition du Printemps des Poètes à Tours.

LES CIGALES D’INGEBORG BACHMANN

Samedi 20 mars 2010 Lieux et programme détaillés seront communiqués en septembre.

LES PASSAGERS DU VANILLE XII de ROGER VITRAC

Inédite en français, publiée dans une revue en espagnol à Paris en 1931, l’original n’ayant pas été retrouvé, la pièce a été magnifiquement retraduite par Henri Béhar qui la découvrit en 1981 et la publia dans la revue Mélusine. Pour accompagner cette navigation surréaliste, fragments en archipel : Galápagos (Antonin Artaud), L’amour fou (André Breton), Les Chants de Maldoror (Lautréamont), Partage de midi (Paul Claudel) Lectures dirigées par Gilles Bouillon et Bernard Pico Scénographie Nathalie Holt Musique Alain Bruel Avec Catherine Benhamou, Karin Romer, Gilles Bouillon, Philippe Lebas Et les élèves du Conservatoire à rayonnement régional de Tours

Au Nouvel Olympia Lundi 11 janvier 2010 à 19h Entrée libre LECTURES EN RELATION AVEC LES ŒUVRES EXPOSÉES

Musée des Beaux-Arts de Tours Avec Bernard Pico et Karin Romer Le programme détaillé des lectures sera communiqué en septembre.


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JAN. M 26 >20h M 27 >20h

Tracer des lignes, poursuivre des échanges, inventer des rencontres artistiques, confronter des pratiques. Partager des moments avec les partenaires de la Ville et de la Région, les offrir au public. Des aventures artistiques fortes se poursuivent avec les structures culturelles de Tours : le Centre chorégraphique national de Tours, l’Opéra de Tours, des lectures en écho aux expositions ou aux collections du Musée des Beaux-Arts de Tours, des lectures publiques à la Bibliothèque Municipale de Tours. Une collaboration permanente avec l’Université François-Rabelais, avec la classe d’art dramatique du Conservatoire à rayonnement régional de Tours, avec l’Académie Francis Poulenc, avec Livre Passerelle, et la librairie Le Livre.

Le cdr de Tours est heureux de soutenir le Centre chorégraphique national de Tours et d’accueillir la nouvelle création de Bernardo Montet

J

28 >19h *

V

29 >20h

S

30 >20h

* Rencontre avec le public à l’issue de la représentation Sur le plateau du Nouvel Olympia attention jauge réduite, non numérotée 14 € (tarif plein) 9 € (tarif réduit) 5 € (tarif jeune)

Un spectacle de

Bernardo Montet et Thomas Ferrand

Sw i t c h m e o f f titre provisoire

Switch me off débute par une rencontre entre un chorégraphe, toujours en recherche et ouvert vers l’extérieur, et un jeune metteur en scène, trafiquant d’espace, toujours en cavale. Dès le départ, il y eut cette fascination commune pour une photographie de Jeff Wall : « After invisible man », inspirée par le roman de Ralph Ellison, qui nous montre un homme noir, assis de dos, dans une pièce qui tient autant de la cave que du cabinet de curiosité. Cette pièce est éclairée par plus d’un millier d’ampoules électriques. L’homme tente de se rendre visible à lui-même. Et c’est à partir de ce dispositif que nous avons laissé dériver notre imaginaire. Car cet espace nous semble autant concret que métaphysique ou symbolique. C’est un espace mental, avec toutes ses guerres intérieures. Bernardo Montet et Thomas Ferrand créent ensemble un poème scénique qui questionne l’identité contemporaine, la tension qu’il peut y avoir entre l’Histoire collective et l’histoire individuelle, tout en créant un paysage propice aux fantasmes et à la rêverie.

Bernardo Montet, danseur chorégraphe, dirige le Centre chorégraphique national de Tours depuis juillet 2003. Son travail artistique est porté par l'exigence et la radicalité d'un esprit de résistance. Toutes ses pièces sont nourries par un questionnement qui touche la mémoire, l'identité, l'amour, la haine, la montée des extrémismes, l'exclusion... A Tours, Bernardo Montet a créé Parcours 2C (Vobiscum) en 2004, coupédécalé (2005), Les Batraciens s'en vont (2006), Batracien, l'après-midi (2007) et Apertae (2008). A 26 ans, Thomas Ferrand a créé avec sa compagnie Projet Libéral plusieurs spectacles et performances dont Idiot cherche village, d'après des entretiens qu'il a mené avec le philosophe Bernard Stiegler, ainsi qu'Un Hamlet de moins. Il travaille actuellement à son nouveau spectacle Je fais toujours confiance à l'inquiétude et à l'instabilité parce qu'elles sont un signe de vie, avec la chorégraphe coréenne Min Kyoung Lee, à partir d’une immersion en Mongolie. Parallèlement à la pièce qu’il mène avec Bernardo Montet Switch me off, il travaille à la mise en scène de AAARGH !!! avec le clown Ludor Citrik. Thomas Ferrand a aussi fondé mrmr, une revue autour des arts et du spectacle et collabore aussi à Mouvement, Obsena et Stradda. Nadia Chevalerias - CCNT

Lumière Laurent Matignon Distribution en cours production Théâtre National de Chaillot, Centre chorégraphique national de Tours, avec le soutien du Centre Dramatique Régional de Tours pour les représentations au Nouvel Olympia.

Le Centre chorégraphique national de Tours est subventionné par la Ville de Tours, la Drac Centre-Ministère de la Culture-DMDTS, le Conseil Régional du Centre, le Conseil Général d'Indre-et-Loire.


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Direction musicale Jean-Yves Ossonce Mise en scène Gilles Bouillon Dramaturgie Bernard Pico Décor Nathalie Holt Costumes Marc Anselmi Lumière Michel Theuil

vendredi 26 mars 2010 – 20 h dimanche 28 mars 2010 – 15 h mardi 30 mars 2010 – 20 h

de Francis Poulenc (1899-1963)

Dialogues d e s Ca r m é l i t e s

Orchestre Symphonique Région Centre - Tours Chœurs de l’Opéra de Tours (direction Emmanuel Trenque) production Opéra de Tours – Conseil Général d’Indre-et-Loire (1999) Tarifs série E de 7 à 51 €

Opéra en trois actes et douze tableaux Texte tiré de la pièce éponyme de Bernanos, porté à l'opéra avec l'autorisation de Emmet Lavery. Cette pièce a été inspirée par la nouvelle Die Letzte am Schafott de Gertrud von Le Fort et un scénario du R.P. Brückberger et de Philippe Agostini. Création : Milan, Teatro alla Scala, le 26 janvier 1957 (en italien) et Paris, le 21 juin 1957 (en français). Editions Ricordi.

Le Marquis de la Force, Didier Henry Le Chevalier de la Force, Christophe Berry Blanche de la Force, Daniela Bruera Madame de Croissy (1ère Prieure), Michèle Lagrange Constance de SaintDenis, Sabine Revault d’Allonnes Mère Marie de l'Incarnation, Marie-Thérèse Keller Madame Lidoine (2ème prieure), Mireille Delunsch Mère Jeanne, Nicole Boucher Sœur Mathilde, Anna Destraël L'aumônier, Léonard Pezzino Le Geôlier, L'Officier, Ronan Nédelec 1er Commissaire, Antoine Normand 2éme Commissaire, Yvan Saujeteau Thierry, Mickaël Chapeau Monsieur Javelinot (le médecin), Jean-Marc Bertre

L E M YS T E R E E S T DA N S L A LU M I E R E

Les Dialogues des Carmélites sont, avec le Wozzeck de Berg-Büchner et le Pélléas de Debussy-Maeterlinck, un des plus beaux opéras du XXe siècle, en ce sens qu’il est rarissime de lire un livret de cette tenue d’écriture et d’une telle intensité dramatique, et qu’il est encore plus rarissime d’éprouver aussi complètement le sentiment d’une adéquation parfaite, d’une fusion, entre la prosodie du texte et les inflexions de la musique : la phrase n’y saurait être que chant, le chant n’y saurait être qu’action. Ici l’opéra est aussi du théâtre. Dans ce qu’il a de plus haut. Le supplice des seize Carmélites de Compiègne, décapitées à l’été de 1794, dans le récit de Bernanos et la partition de Poulenc, est élevé à la dimension d’une tragédie intérieure où la Révolution française n’est plus qu’une toile de fond, où le drame

se déroule moins sur la scène de l’Histoire que dans l’âme des personnages : Blanche de La Force, Constance, Mme de Croissy, Mme Lidoine. Personnages incandescents, femmes passionnées, traversées de part en part de forces universelles qui les dépassent – peur, courage, souffrance, espérance, honneur, humilité – et qui irradient la narration et la musique. Si la dimension spirituelle de l’œuvre nous touche, c’est à travers le côté terrestre, terrien, le côté « Rocamadour » de Poulenc l’aveyronnais, celui des Litanies à la Vierge Noire. Quelque chose d’essentiellement archaïque. Esprit d’enfance, foi du charbonnier vécue dans le plus concret de l’existence. Vertus très simplement humaines de l’humilité, la tendresse, le courage, l’écoute. Intuition profonde dans la relation avec

soi-même, l’autre, la souffrance, la mort. Quelque chose d’âpre et beau comme la prière du petit pâtre. Apreté et tendresse. Ombre et lumière. Du double mouvement de l’œuvre, gloire et humiliation, chute et ascension, nous voudrions surtout — sans éluder la noirceur, la noblesse et le pathétique du combat — interroger la victoire sur les ténèbres, la lumière de l’épreuve. Le blanc, couleur de mort et de résurrection. Au moment où les Carmélites « descendent » de la charrette d’infamie pour « monter » à l’échafaud, tout le tableau, presque surexposé, baigne dans la splendeur d’un vaste cantique où, malgré la scansion implacable du couperet, triomphe la Joie. Le mystère est dans la lumière. Gilles Bouillon, Bernard Pico


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Direction musicale Jean-Yves Ossonce Mise en scène Gilles Bouillon Dramaturgie Bernard Pico Décor Nathalie Holt Costumes Marc Anselmi Lumière Marc Delamézière

mercredi 21 avril 2010 – 20 h vendredi 23 avril 2010 – 20 h dimanche 25 avril 2010 – 15 h mardi 27 avril 2010 – 20 h

Orchestre Symphonique Région Centre - Tours Chœurs de l’Opéra de Tours (direction Emmanuel Trenque)

de Giacomo Puccini (1858-1924)

Floria Tosca, Nicola Beller-Carbone Mario Cavaradossi, Luca Lombardo Baron Scarpia, Peter Sidhom Cesare Angelotti, Antoine Garçin Le Sacristain, Olivier Grand Spoletta, Jean-Louis Meunier Sciarrone, Frédéric Bourreau Geôlier, Yvan Saujeteau Pâtre, Sarah Szlakmann

Nouvelle co-production Opéra de Tours – Conseil Général d’Indre-et-Loire Réalisée dans les ateliers du Grand Théâtre de Tours

To s c a Melodramma en 3 actes Livret de Giuseppe Giacoca et Luigi Illica, d'après Victorien Sardou Créé le 14 janvier 1900 à Rome Editions Ricordi - en italien, surtitré en français

Rome, printemps 1800. Un prisonnier politique s'évade du Château Saint-Ange et trouve refuge dans l'église où travaille le peintre Mario Cavaradossi. Ce dernier, qui attend l'arrivée de sa maîtresse la cantatrice Floria Tosca, lui offre de se cacher dans sa maison. Soudain, un coup de canon retentit : l'évasion a été découverte. Le terrible Scarpia, chef de la police, va bientôt soupçonner Cavaradossi d'avoir aidé le fugitif et ourdit un plan diabolique : se servir de Tosca pour confondre le coupable tout en la pliant à son désir. Mais "le baiser de Tosca" peut être mortel... Opéra d'amour, de sang et de mort, Tosca, créé en 1900, a immédiatement connu un immense succès populaire, qui ne s'est depuis jamais démenti. Resserrement de

l'action autour de trois personnages, concision du propos mettant en jeu des forces dramatiques élémentaires, construction architecturée en trois temps et lieux distincts : l'oeuvre de Puccini est un modèle de clarté et d'efficacité. U N O PER A D ES CO RPS

Tosca consacre l’obsédante présence des corps – que ce soit celui de Tosca, celui de Mario Cavaradossi ou celui de Scarpia. Il n’y a pas de hasard en art : si l’univers de Puccini est aussi fascinant, c’est peut-être parce qu’il met en jeu dans la représentation audible des passions quelque chose de plus archaïque qui vient du champ du désir, une corporéité qui emporte l’adhésion consciente et inconsciente du spectateur. « Notre idée, écrit Daniel Sibony dans Le corps et sa danse, est que les effets de parole

– symptômes, lapsus, désirs, fantasmes – viennent d’un ailleurs plus précis : de ce qu’un corps peut faire à un autre corps – le coincer, le porter, l’expulser, le faire jouir, le couvrir, le découvrir, être avec, être avec sans que rien ne se passe, être avec dans le manque et la passion… ». Daniel Sibony omet la dimension, essentielle dans Tosca, de la souffrance infligée à un autre corps, celui de Cavaradossi, ou celui de Scarpia, et il ne parle pas de la voix, qui fait partie du corps sans être corporelle, ou totalement corporelle, mais dit ici en quelques lignes beaucoup de ce qui se passe dans cet « opéra des corps ». Elisabeth Rallo, Opéras, passions, PUF

Renseignements, réservation Opéra de Tours 34, rue de la Scellerie 37000 Tours Tél 02.47.60.20.20


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M a s t e r Pro fe s s i o n n e l d e Cu l t u re e t M é d i at i o n s e n Ar t s d u s p e c t a c l e d e l ’ U n i ve r s i t é Fra n ço i s - R a b e l a i s d e To u r s

Le Co n s e r vat o i re à rayo n n e m e nt ré g i o n a l d e To u r s

Depuis quatre ans, accompagnant la création d’un Master Professionnel de Culture et Médiations en Arts du spectacle dont la première promotion a été parrainée par Gilles Bouillon, les liens se sont resserrés entre le cdr de Tours et l’Université François-Rabelais. Les échanges se multiplient entre l’équipe du cdr de Tours, les étudiants et les enseignants des Tanneurs, soit que le dramaturge du théâtre, Bernard Pico, vienne tout au long de l’année universitaire animer des ateliers d’écriture, de jeu et de mise en scène avec les étudiants des différentes filières ; que les étudiants d’Arts du spectacle effectuent leur stage de fin d’année au théâtre ; que le théâtre accueille des colloques organisés par les enseignants d’Arts du spectacle ; ou bien encore que se mette en place un comité de lecture des textes dramatiques contemporains, réunissant gens de la profession, étudiants et enseignants.

Le Conservatoire à rayonnement régional de Tours dispose d’un département d’Art dramatique dirigé par Philippe Lebas. Didier Girauldon donne des cours de jeu clownesque et masqué, Suzanne Guichard des cours de danse et les élèves ont des cours réguliers de chant. De nombreux stages permettent aux étudiants de travailler avec des artistes reconnus de la vie théâtrale (Vincent Dissez, Jean-Marie Villégier, Christine Joly, Michel Froehly…), ou de mêler les disciplines enseignées au Conservatoire comme lors de rencontres avec les classes de percussion et le département de jazz.

Cette collaboration continue rend familière aux étudiants chaque étape de la création des spectacles, dont les répétitions s’ouvrent régulièrement à eux, et assure au théâtre un public actif qui remet d’emblée en jeu les représentations auxquelles il assiste, notamment lors des séminaires à l’université. Marion Chénetier Maitre de Conférences de l’Université François-Rabelais.

Renseignements Secrétariat de l’UFR de Lettres 02 47 36 65 94


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L’Ac a d é m i e Fra n c i s Po u l e n c Le cursus se divise en cycles. Les cycles II et III aboutissent à un certificat de fin d’études. Le Cycle d'Orientation Professionnelle aboutit au Diplôme d'Études Théâtrales. Le COP est l’occasion d’un partenariat permanent entre les Conservatoires de Tours et d’Orléans, et les Centres Dramatiques, notamment le cdr de Tours, et régulièrement avec le Conservatoire de Poitiers. Le cdr de Tours accueille les projets personnels des élèves de COP. Les spectacles de fin d’année du Conservatoire présentés en juin au Nouvel Olympia, avec le soutien du Centre Dramatique Régional de Tours, offrent aux élèves l’occasion d’une rencontre avec le public de Tours.

Contact Le Conservatoire à rayonnement régional de Tours 2 ter rue du Petit Pré 37000 Tours 02 47 60 29 29

Saint-Saëns a composé de nombreuses mélodies peu chantées, sur des poèmes de diverses atmosphères. Du romantisme à l’humour, rien ne lui était étranger. Bien ancré dans son temps, il adorait la voix, et chantait lui-même fort bien. Pianiste mondialement connu, c’était un artiste complet. Poulenc pour cela est son digne héritier. Les mettre en regard lors de deux soirées de « musique de chambre scénique » à la fois ludiques et théâtrales, dans des œuvres courtes mais très représentatives de leur personnalité respective, donnera au public, comme aux interprètes, un plaisir partagé avec gourmandise et curiosité. Sentiers battus ? Non, rien que du rare et du surprenant !

Le cdr de Tours accueillera au Nouvel Olympia Mercredi 19 août à 20h CONCERT D’OUVERTURE Francis Poulenc L’Histoire de Babar le petit éléphant Didier Sandre, récitant Jeff Cohen, pianiste Camille Saint-Saëns Mélodies Noël Lee Jeff Cohen François Le Roux

Vendredi 21 août à 20h CONCERT Francis Poulenc Le Gendarme incompris Cocardes Quatre poèmes de Max Jacob Le Bal Masqué Le Bestiaire L’Atelier Musical de Touraine François Le Roux Les stagiaires de l’Académie Camille Saint-Saëns Mélodies

Réservation : Académie Francis Poulenc 02 47 21 66 52 e-mail : melodiefrancaise@orange.fr par courrier : Académie Francis Poulenc Hôtel de Ville 1-3 rue des Minimes 37926 Tours Cedex 09 par téléphone ou le soir du concert sur place à partir de 19h Tarif concerts : Plein tarif : 20 €, Adhérent et étudiant : 12 €, PCE : 7 €


ate l i e r s

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Les intervenants Karin Romer, Léa Toto, Juliette Mailhé, Elsa Adroguer, Gilles Bouillon, André Féat, Bernard Pico, les comédiens du Jeune Théâtre en Région Centre, Alain Feret, Nathalie Holt, scénographe, et l’équipe technique du cdr de Tours Les partenaires institutionnels Drac Centre, Région Centre, Conseil Général d’Indre-et-Loire, Rectorat d’Orléans-Tours, Université FrançoisRabelais de Tours Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation de Tours et la Ligue de l'Enseignement (FOL37).

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Le cdr de Tours propose aux collèges, lycées, universités, grandes écoles et instituts de formation, en relation avec les créations et la programmation des spectacles présentés au Nouvel Olympia : des rencontres avec des auteurs, comédiens, metteurs en scène et scénographes ; une présentation des pièces, débats, approfondissement de la réflexion ; un travail pratique d’exploration du texte et du jeu. Chaque semaine ce sont des centaines d’élèves et d’étudiants de la ville de Tours, de l’Agglomération, de la Région qui pratiquent le théâtre. Le travail de sensibilisation au théâtre est quotidien. L ES O P T I O N S T H É ÂT R E Lycée Grandmont : options de spécialité L 3, secondes, premières, terminales Lycée Balzac : options facultatives, secondes, premières, terminales Lycée Vaucanson : options de spécialité L3, premières et terminales D ES AT E LI E R S R É G U LI E R S Au Collège Roger Jahan de Descartes Et avec : Le Lycée Descartes de Tours un atelier Théâtre et Littérature Le Lycée Choiseul de Tours pour un atelier Danse / Théâtre avec Francis Plisson, compagnie Marouchka Le Lycée Rabelais de Chinon A L’U N I V E R S I T É F R A N ÇO I S R AB E L A I S D E TO U R S Une présence permanente avec le Master professionnel de Cullture et Médiation en Arts du spectacle : ateliers, cours théoriques, stages avec Gilles Bouillon, Bernard Pico et Karin Romer Ateliers hebdomadaires ouverts à tous les étudiants Deux ateliers pour les étudiants d’Anglais Ateliers pour les étudiants de Lettres AT E LI E R A D O LE S C E N TS Tous les mercredis trois ateliers animés par Alain Feret pour les adolescents de 12 à 18 ans en trois groupes d’âge, travail d’une heure à une heure-trente hebdomadaire entre 13h30 et 18h Inscriptions au début du mois de septembre. Renseignements au 02 47 64 50 50

ATELIER D E PR ATIQ UES A RTIS TIQ UES À L A MA IS O N D ’A R R E T D E TO U R S Coordonné et organisé par le Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation de Tours, et la Ligue de l'Enseignement (FOL37). ACTIONS EDUCATIVES 2009/2010 "Il est grand temps de rallumer les étoiles"

En collaboration avec le Service Éducatif de la Mairie de Tours, plusieurs actions sont menées en direction du jeune public (visite du théâtre, spectacle jeune public, ateliers, présentation des spectacles…). LYCÉEN S ET TH ÉÂTRE CO NTEMPO R A IN Cette opération proposée par le Rectorat Orléans-Tours, la Drac Centre et la Région Centre permet à des enseignants des lycées (en priorité des LEP ou des lycées les plus éloignés) de bénéficier d’une formation à l’analyse de la représentation théâtrale, et d’accompagner une de leurs classes trois fois dans la saison au théâtre (gratuitement) pour découvrir des textes ou des formes du théâtre dit «contemporain». L’ ÉCO LE D U S PEC TATEUR Les actions régulières auprès du public scolaire font partie de la mission et du plaisir des intervenants du cdr de Tours : présentation des spectacles, ateliers ponctuels, visites du théâtre…

L’atelier théâtre / écriture Dès son origine, en 1996, l'atelier Théâtre / Ecriture initié par Gilles Bouillon et François Bon a pour objectif d'associer des artistes, auteurs, acteurs, metteurs en scène à la lutte contre l'exclusion sociale et / ou culturelle des publics dit difficiles en proposant d'ouvrir

dans un quartier de la ville de Tours, le Sanitas, un espace dans lequel on écrit et on joue ce que l'on écrit. Débutée dans un quartier de la ville, la pratique des ateliers d'écriture et de théâtre a touché un nombre croissant de participants, de partenaires sociaux, d'équipes éducatives à Tours et dans l'agglomération tourangelle. Depuis 13 ans nous sommes intervenus et avons collaboré avec divers collèges, lycées, centres sociaux, associations, CFA, mais aussi avec des étudiants, des retraités, des abonnés, des personnes pour qui la pratique de l’écriture et de la lecture à voix haute a été une expérience essentielle. « Merci pour ces super bons moments d'échange. […] La rencontre avec toutes ces "autres" […] ce partage, et ce respect mutuel sont un vrai moment de bonheur. […] Les thèmes que tu nous donnes et la façon dont tu animes m'ont permis d'oser animer un atelier avec des jeunes de l'ITS à "la halte de jour" et d'avoir moi aussi, à ma grande surprise, la joie de pouvoir permettre à l'autre d'écrire et de dire, d'être entendu […] je trouve que tu nous donnes comme ça en passant, mine de rien, des techniques de communication qui nous sortent de nos habitudes et aident à trouver des solutions d'expression. A l'année prochaine, peut-être toute entière ... j'aimerais bien!... »

l'école maternelle Marie Curie, l'école primaire Diderot, le collège Pasteur, le collège P. de Commynes, le collège La bruyère, le collège Michelet, le collège Jules Ferry, le collège Beaulieu, le collège Stalingrad, le collège Jacques Decourt, le collège du Val de l'Indre, le collège Albert Camus, le collège d'Azayle-Rideau, le collège Célestin Freinet, le lycée d'enseignement professionnel François Clouet, le lycée Vaucanson, le lycée Martin Nadaud, le lycée Saint Gatien, le lycée Paul-Louis Courier, le lycée Choiseul, le lycée agricole de Fondettes, le lycée Jean Monnet, le centre social Sam'ira, le centre social Equinoxe, le centre social La Rabière, le Service Municipal de la Jeunesse, la Fédération des œuvres laïques, la Fondation de France, le Réseau d'Echange et de Savoir, Livre Passerelle, la Barque, FLA (Français Langue d'Accueil), l'association Louis Pergaud, le Secours Populaire, la Croix Rouge, la Chambre des Métiers, la Mission Locale, l'Ecole de la Deuxième Chance, le CAT (Centre d'Aide par le Travail) de Loches, l’Institut de Rééducation de Richelieu, la Maison d'arrêt de Tours, L'Institut du Travail Social, le CFA inhi propreté, le CFA de Saint-Pierre-des-Corps, le CFA de Joué-Lès-Tours, le Cycle d'Insertion Professionnel Par Alternance Pasteur, Pablo Neruda, Becquerel, la bibliothèque Paul Carlat au Sanitas, la bibliothèque de la ville de Saint-Pierredes-Corps, le services des activités culturelles de la ville de Tours, projet Art et Vacances, le service des activités culturelles de la ville de Chinon.


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Équipe permanente Gilles Bouillon directeur – Bernard Pico dramaturge – Giovanna Pace secrétaire générale – France Ferrand chef comptable – Fabienne Thuissard secrétaire de direction – Aurélie Higounet aide comptable – Karin Romer directrice de la formation – Brigitte Cornière directrice des relations publiques – Olivier Jaeger responsable des relations publiques – Sébastien Bouyrie relations publiques – Marie Petry / Jennifer Menard billetterie et relations publiques – Léa Toto ateliers théâtre écriture – Laurent Choquet régisseur général – Anne-Laurence Badin assistante technique – Alexandre Hulak régisseur son – Nicolas Lafon régisseur lumières – Pierre-Alexandre Siméon régisseur plateau – Jean-François Cabart responsable du Bar - Denise Vitet entretien Et le Jeune Théâtre en Région Centre

Avec la collaboration de Nathalie Holt scénographe – Agathe Desombre graphiste – Michel Theuil / Nicolas Guellier lumière – Marc Anselmi costumes – François Bon écrivain – Albane Aubry assistante à la mise en scène – Thierry Dalat plasticien – Odile Crétault / Christine Vollard costumieres – Juliette Mailhé / André Féat formation – Raphaëlle Jimenez / Florian Jourdon / Marc Leclaircie / Serge Castelli / Stéphane Métais / Cyril Neveu / Gérald Bihoreau / Jérôme Léger / Franck Théret / Jean Robin / Laurent Dubernard / Albert Guédet / Stéphane Bazoge / Simon Malmenaide / Emmanuelle Lamy / Aline Froux / Franck Tortay / Alain Lasparat / Jean-Yves Zanchetta / Jérôme Folacci / Thibaud Trinquart / Emilie Cohuau / Franck Mas / techniciens, régisseurs, constructeurs – Yvan Petit documentariste – Nathalie Giraud / François Berthon / Eric Legrand photographes

Nous remercions pour leur soutien Monsieur Jérôme Bechy de l'Imprimerie Even à Tours Et aussi Multisigne Sérigraphie à Joué-lés-Tours – Société Giraudy-Viacom à Chambray-lés-Tours – Pavoifêtes à Tours – Loire Vision à Ville d'Avray Grâce au soutien de la Caisse d’Epargne, le cdr de Tours s’est doté de casques permettant une amplification du son ou des séances d’audiodescription sur certains spectacles (sur demande à l’accueil du Nouvel Olympia)

photographies couverture François Berthon, grands formats Nathalie Holt (p 2, 6/7, 40) - Eric Chacra (p 12, 53) - Jean-Vincent Sénac (p 1, 26, 34) Olivier Holt (p 28, 43) - Agathe Desombre (p 31, 46), autres formats Nathalie Holt, Eric Chacra, Jean-Vincent Sénac, Jac Fol, Agathe Desombre, Eric Legrand, François Berthon, Michel Lebrun (p 8, photo de Fanny Ardant), D.R. choix iconographique : Nathalie Holt accompagnée de Agathe Desombre conception graphique affiche saison et programmes : Agathe Desombre

Le Centre Dramatique Régional de Tours est subventionné par le Ministère de la Culture et de la Communication, le Conseil Régional du Centre, la Ville de Tours, Tour(s) Plus, et missionné par le Conseil Général d’Indre-et-Loire.


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Pour l’écoute et le respect des comédiens et des spectateurs, l’accès des retardataires peut être refusé ou soumis aux conditions des compagnies invitées. Le hall d'accueil et la salle de spectacle sont équipés pour l’accès des personnes handicapées (ascenseur pour l’accès à la salle, casques pour l’amplification du son et l’audio-description sur certains spectacles). Le Parking Nationale est ouvert jusqu’à 20h30 avec la possibilité de récupérer son véhicule à la fin du spectacle (Accès rue de la Préfecture). Réservez en journée le forfait spectacle au bureau d’accueil du parking, tarif 2 € la soirée. Des livres autour des spectacles de la saison sont en vente à la fin de chaque réprésentation dans le hall du théâtre. La billetterie du Nouvel Olympia est ouverte du lundi au vendredi de 12h à 18h, les soirs de spectacle et les samedis soirs de spectacle à partir de 17h.

Renseignements 02 47 64 50 50

Saison 2009-2010 Tarifs abonnements Réductions les plus intéressantes Facilités de paiement Tarifs préférentiels Priorité de réservation Possibilité de changer de date et/ou de spectacle (avant la représentation et dans la limite des places disponibles) Tarif abonnement pour des spectacles supplémentaires choisis le jour de la prise d’abonnement Tarif réduit pour des spectacles supplémentaires choisis en cours d’année (16€) INDIVIDUEL 4 spectacles dont Peines d’amour perdues

7 spectacles dont Peines d’amour perdues

14 spectacles

GROUPE*

56 € au lieu de 76 €

48 € au lieu de 76 €

soit le spectacle à 14 €

soit le spectacle à 12 €

84 € au lieu de 133 €

70 € au lieu de 133 €

soit le spectacle à 12 €

soit le spectacle à 10 €

140 € au lieu de 266 €

112 € au lieu de 266 €

soit le spectacle à 10 €

soit le spectacle à 8 €

* minimum 10 personnes de plus de 25 ans (il n’est pas obligatoire de choisir des formules d'abonnement, des spectacles et des dates identiques)

ABONNEMENT JEUNES moins de 25 ans : 8 € par spectacle (Minimum 3 spectacles - sur présentation d’un justificatif )

ABONNEMENT DEMANDEURS D’EMPLOI NON INDEMNISÉS : 7 € par spectacle (Minimum 3 spectacles - sur présentation d’un justificatif )

SPECTACLE HORS ABONNEMENT Kachtanka : tarif exceptionnel de 5 € pour les - de 18 ans / 7 € pour les adultes (Réservation dès le 20 juin 2009)

Devenez « relais privilégié » du Centre Dramatique Régional de Tours : Le relais assure la liaison et la diffusion des informations entre un groupe (minimum 10 personnes) et le cdr de Tours. A partir de 15 personnes (plus de 25 ans), le relais bénéficie d’une invitation pour le spectacle de son choix. A partir de 30 personnes (plus de 25 ans), le relais bénéficie d’un abonnement 7 spectacles offert.


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Réservez vos places Au Nouvel Olympia / Théâtre Communautaire 7, rue de Lucé – 37000 Tours du lundi au vendredi de 12h à 18h

Par téléphone au 02 47 64 50 50 Les réservations par téléphone non confirmées par règlement au plus tard 48 heures avant le jour de la représentation seront remises à la vente.

Par correspondance au CDRT service billetterie 7, rue de Lucé – 37000 Tours Toute réservation devra être accompagnée d’un chèque à l’ordre du CDRT et d’une enveloppe timbrée à votre adresse pour l’envoi des billets.

Par messagerie électronique à l'adresse mail suivante : billetterie@cdrtours.fr Les chèques CLARC, chèques Vacances et chèques Culture sont acceptés comme moyen de paiement.

Saison 2009-2010 Tarifs hors abonnements La location hors abonnement est ouverte à tous 3 semaines avant la première représentation du spectacle choisi. À compter du 5 janvier 2010, la location est ouverte pour tous les spectacles jusqu’à la fin de la saison.

19 €

Plein Tarif

16 €

Abonnés CDRT Adhérents CCNT Retraités de plus de 60 ans Familles nombreuses Parents accompagnateurs d’un groupe scolaire

14 €

Groupe (plus de 10 personnes)

11 €

Étudiant Moins de 18 ans Demandeurs d'emploi

9€

Groupes scolaires (minimum 15 élèves) et 1 billet exonéré pour l'accompagnateur. Les réservations doivent être confirmées au maximum 15 jours avant la représentation. Réservation : 1 mois avant la 1ère représentation du spectacle choisi.

8€

Passeport Culturel Etudiant (1 spectacle au choix dans la saison) Demandeurs d'emploi non indemnisés

7€

Professionnels du spectacle Etudiants de moins de 25 ans se présentant sans réservation, 10 minutes avant le début de la représentation, dans la limite des places disponibles Les tarifs réduits sont accordés sur présentation d’un justificatif.


Ouverture des abonnements samedi 20 juin à 12h

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bulletin d’abonnement saison 2009/2010 Afin de mieux vous connaître, merci de remplir un bulletin d’abonnement par personne, vous pouvez faire des copies ou le télécharger sur www.cdrtours.fr Mme ❍

Mlle ❍

M❍

❍ Nouvel abonné ❍ Abonné saison 2008/2009

Nom .......................................................................... Prénom .....................................................................

Adresse ..............................................................................................................................................................................

❍ -15 ans ❍ 36 - 45 ans ❍ 15 -18 ans ❍ 46 - 60 ans ❍ 19 -25 ans ❍ + 60 ans ❍ 26 -35 ans

Code postal............................................................... Ville ........................................................................... Tél dom .................................................................... Tél bureau.............................................

Tél portable ...............................................................

Adresse e.mail ..................................................................@.......................................................... Je souhaite m’inscrire à la lettre d’information du Nouvel Olympia adressée par mail

Merci de bien vouloir cocher la case correspondant à vos choix

❍ Enseignant, matière : ........................................................................................................... ❍ Cadre / Profession libérale ❍ Employé ❍ Professionnel de la santé ❍ Ouvrier ❍ Sans activité professionnelle ❍ Retraité ❍ Commerçant / Artisan ❍ Profession artistique ❍ Demandeur d’emploi ❍ Profession agricole ❍ Technicien, contremaître, agent de maîtrise ❍ Autre, préciser ...................................................................................................................... Abonnement Individuel ❍ Abonnement Groupe ❍ Nom du relais et/ou du groupe ....................................................................................................

Abonnement Jeune

collégien ❍

lycéen ❍

étudiant ❍

Abonnement demandeur d’emploi non indemnisé ❍

Total : Abonnement + spectacles supplémentaires = .................................€ Chèque à établir à l’ordre du CDRT. Merci de joindre une enveloppe timbrée à votre adresse pour l’envoi des billets. Facilités de paiement. Vous avez la possibilité de changer vos dates dans la limite des places disponibles en cours d’année, avant la date du spectacle. Bulletin à adresser au : CDRT - Nouvel Olympia - Service location - 7, rue de Lucé - 37000 Tours


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Merci de cocher les cases correspondant à votre choix, ainsi qu'une date de repli au cas où la représentation à la date choisie serait complète. Abonnement 4 spectacles : Peines d’amour perdues + 3 spectacles Abonnement 7 spectacles : Peines d’amour perdues + 6 spectacles Abonnement 14 spectacles : Tous les spectacles de la saison sauf Kachtanka Formule jeune et abonnement demandeur d'emploi non indemnisé : 3 spectacles au choix (minimum) sauf Kachtanka Nouvel Olympia

Choix

Music-hall Mardi 6 octobre à 20h Mercredi 7 octobre à 20h Jeudi 8 octobre à 19h Vendredi 9 octobre à 20h Samedi 10 octobre à 15h Samedi 10 octobre à 20h Le Cocu magnifique Lundi 12 octobre à 20h Mardi 13 octobre à 20h Mercredi 14 octobre à 20h Jeudi 15 octobre à 19h Vendredi 16 octobre à 20h Samedi 17 octobre à 20h Peines d’amour perdues Mardi 17 novembre à 20h Mercredi 18 novembre à 20h Jeudi 19 novembre à 19h Vendredi 20 novembre à 20h samedi 21 novembre à 20h Lundi 23 novembre à 19h Mardi 24 novembre à 20h Mercredi 25 novembre à 20h Jeudi 26 novembre à 19h Vendredi 27 novembre à 20h Lundi 30 novembre à 19h Mardi 1er décembre à 20h Mercredi 2 décembre à 20h Jeudi 3 décembre à 19h Vendredi 4 décembre à 20h Lundi 7 décembre à 19h Mardi 8 décembre à 20h Mercredi 9 décembre à 20h Jeudi 10 décembre à 19h La Paranoïa Lundi 14 décembre à 20h Mardi 15 décembre à 20h Mercredi 16 décembre à 20h Jeudi 17 décembre à 19h Vendredi 18 décembre à 20h Quatre avec le mort Mercredi 13 janvier à 20h Jeudi 14 janvier à 19h Vendredi 15 janvier à 20h

Spectacle hors abonnement Kachtanka Lundi 14 juin à 14h Lundi 14 juin à 19h Mardi 15 juin à 14h Mardi 15 juin à 19h Mercredi 16 juin à 14h

Repli

Nouvel Olympia Énéas, neuf Mardi 19 janvier à 20h Mercredi 20 janvier à 20h Jeudi 21 janvier à 19h L’Éveil du printemps Mardi 2 février à 20h Mercredi 3 février à 20h Jeudi 4 février à 19h Vendredi 5 février à 20h Samedi 6 février à 20h Irrégulière Mardi 9 février à 20h Mercredi 10 février à 20h Ivanov Mardi 23 février à 20h Mercredi 24 février à 20h Jeudi 25 février à 19h Vendredi 26 février à 20h Samedi 27 février à 20h Lundi 1er mars à 20h Mardi 2 mars à 20h Mercredi 3 mars à 20h Jeudi 4 mars à 19h Le Jeu de l’amour et du hasard Jeudi 11 mars à 19h Vendredi 12 mars à 20h Samedi 13 mars à 20h Graves épouses / Animaux frivoles Mardi 16 mars à 20h Mercredi 17 mars à 20h Jeudi 18 mars à 19h Vendredi 19 mars à 20h Samedi 20 mars à 20h La Cagnotte Mardi 23 mars à 20h Mercredi 24 mars à 20h Jeudi 25 mars à 19h Vendredi 26 mars à 20h Samedi 27 mars à 20h La fontaine aux saints Mardi 20 avril à 20h Mercredi 21 avril à 20h Jeudi 22 avril à 19h Vendredi 23 avril à 20h Cet enfant Mardi 11 mai à 20h Mercredi 12 mai à 20h Mercredi 16 juin à 19h Jeudi 17 juin à 14h Jeudi 17 juin à 19h Vendredi 18 juin à 14h Vendredi 18 juin à 19h

Choix

Repli


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Le bar du Nouvel Olympia est un lieu de rencontres avec les équipes artistiques, lectures, projections... Il est ouvert du lundi au vendredi de 12h à 18h, les soirs de spectacle et les samedis jours de spectacle à partir de 17h. Formules déjeuner de 4,50 € à 7,50 € comprenant un plat, une boisson et un café, services de 12h à 15h. Et les soirs de spectacle, possibilité de se restaurer avant la représentation !

Visite du Nouvel Olympia : merci de contacter le service des relations publiques (minimum 10 personnes) au 02 47 64 50 50 L’administration est ouverte du lundi au vendredi de 9h à 13h et de 14h à 18h


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Music-hall Lagarce / Wilson du 6 octobre au 10 octobre

Le Cocu magnifique Crommelynck / Goethals du 12 au 17 octobre

Peines d’amour perdues Shakespeare / Bouillon

du 17 novembre au 10 décembre

La Paranoïa Spregelburd / Di Fonzo Bo / Vigier du 14 et 18 décembre

Quatre avec le mort Bon / Rivinoff du 13 au 15 Janvier

Énéas, neuf Constant du 19 au 21 janvier

L’Éveil du printemps Wedekind / Vincent du 2 au 6 février

Irrégulière Krief / Fresson du 9 au 10 février

Ivanov Tchekhov / Adrien du 23 février au 4 mars

Le Jeu de l’amour et du hasard Marivaux / Bouillon du 11 au 13 mars

Graves épouses / Animaux frivoles Barker / Dujardin du 16 au 20 mars

La Cagnotte Labiche / Hakim du 23 au 27 mars

La fontaine aux saints Synge / Couleau du 20 au 23 avril

Cet enfant Pommerat du 11 au 12 mai

Kachtanka Tchekhov / Bouillon du 14 au 18 juin

c d r d e To u r s direction Gilles Bouillon

Nouvel Olympia Théâtre communautaire 7 rue de Lucé - 37000 Tours tél : 02 47 64 50 50 fax : 02 47 20 17 26 e-mail : contact@cdrtours.fr

www.cdrtours.fr

Plaquette de saison 2009 2010  
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