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MODE CULTURE TENDANCES

NUMERO 15


DIRECTEUR DE LA PUBLICATION / RÉDACTEUR EN CHEF

Enrique Lemercier

PHOTOGRAPHES

Julien Cozzolino, Pauline Darley, Matthieu Dortomb, Amel Kerkeni, Rachel Saddedine

RÉDACTION

Deborah Bannwarth, Antoine Bertoni, Juliette Cany, Aude Bertrand Koubi, Alexandra Le Fur, Enrique Lemercier, Malou cheveux courts, Kévin Mesa, Marie Parent, Marine Revel

STYLISTES/RÉDACTRICES

Cécile Réaubourg (Trouvailles Chics), Tatiana Dumabin

GRAPHISME

La Confection

CORRECTRICE/TRADUCTRICE

Corinne Garcia REMERCIEMENTS

Nous remercions les personnalités qui nous ont fait confiance et qui ont accepté sans hésiter d’être présentes dans ce numéro : Audrey Lamy, Alizée, Simon Buret, Mareva Galanter, Sonia Rolland, le groupe Elephant et Sabrina Ouazani. Un grand merci à leurs équipes pour nous avoir permis d’organiser ces différentes séances photos et interviews. Merci à l’Hôtel La Belle Juliette ( www.hotel-belle-juliette-paris.com/ ) pour son accueil et pour sa mise à disposition des différents lieux et chambres pour les shootings avec Sonia Rolland et Sabrina Ouazani. Merci également à l’Hôtel Amour ( http://www.hotelamourparis.fr/ ) pour la suite qu’ils nous ont mise à disposition pour l’édito mode Bang Bang.

© 2013. Tous droits réservés. Pose Mag, marque déposée. Représentant légal: Enrique Lemercier La reproduction même partielle des articles, textes et photographies parues dans Pose Mag est interdite sans autorisation écrite préalable de directeur de la publication. La rédaction n’est pas responsable des textes et images publiées qui engagent la seule responsabilité de leur auteur. Les marques et adresses qui figurent dans les pages rédactionnelles de ce numéro sont données à titre d’information, sans but publicitaire. Ce magazine ne peut être vendu. Si vous souhaitez rejoindre notre équipe de rédacteurs, écrivez à redac.pose@gmail.com 2


EDITO LAISSONS ENTRER LE SOLEIL par Enrique Lemercier

Froid, pluie, grisaille, averses, été qui n’arrivera jamais, automne omniprésent... Ces mots ont envahi nos pensées, conversations, statuts Facebook et autres tweets en tout genre. J’ai préféré les caser d’entrée pour être tranquille et pour pouvoir vous parler librement de ce nouveau numéro. Alors oui, tout d’abord, mea culpa, il s’est un peu fait attendre. Oui mais vous comprenez, avec ce temps, notre équipe avait le moral en berne (et voilà, la météo s’est encore immiscée dans mon édito). Bref, le plus important, c’est que Pose Mag est de retour et pour le coup, on a essayé de se rattraper ! Nous avons donc invité sept personnalités dans ce quinzième numéro. En couverture, on ne la présente plus, l’actrice Audrey Lamy et à l’intérieur, Alizée, Simon Buret, Mareva Galanter, Sonia Rolland, le groupe Elephant et Sabrina Ouazani. A côté de cela, plusieurs sélections shopping : imprimés, mariage, camping et hipster. Vous aurez donc de quoi vous faire plaisir ! Nous abordons aussi le sujet du mariage pour tous, des déménagements, des trentenaires, des chiens, de l’aromathérapie, des pièges mode à éviter cet été, parce que oui, nous finirons bien par l’avoir cet été tant attendu (ça y est, je recommence). Enfin voilà, on vous a concocté un numéro qui, on l’espère, fera rayonner vos ordinateurs et viendra mettre un peu de soleil dans vos cœurs. Finir sur une note poétique et ensoleillée était mon défi. Mission accomplie. Bonne lecture.

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MODE& TENDANCE SHOPPING

p10

TENDANCE

p30

TENDANCE

p44

TENDANCE

p46

L’IMPRIMÉ C’EST TROP STYLÉ ! COMME UN GARÇON J’AI LES CHEVEUX LONGS COURTS !

p10

ETRE STYLÉE AU CAMPING, C’EST POSSIBLE ! NOS MEILLEURS ACCESSOIRES

EDITO

p48

BANG BANG

SHOPPING

p84

SHOPPING

p100

INVITÉE À UN MARIAGE, JE METS QUOI ? HIPSTERISE-TOI

TENDANCES

p156

3 PIÈGES DE L’ÉTÉ À ÉVITER !

ET AUSSI CHRONIQUE

p28

POSE DRINK

p80

L’ÂGE DE RAISON

PHILIPPE DUFOUR LORRIOLE

HOMME FEMME MODE D’EMPLOI p98

MARIAGE POUR TOUS... SAUF POUR MOI !

CHRONIQUE

p120

COMMENT J’AI CAPTURÉ MISTER VERY BIG

BEAUTÉ

p132

NOS 10 RÉFLEXES AROMATHÉRAPIE

POSE DECO

p134

CHRONIQUE

p144

EN QUELQUE SORT, TOUT. COMMENT SURVIVRE À SON DÉMÉNAGEMENT ?

p102

POSE ASTRALE HOROSCOPE

p154

LA POSE POSTALE

p156

LE COURRIER DES LECTEURS 4


p32

CULTURE PORTRAIT ALIZテ右

p14

p14

RENCONTRE SIMON BURET

INTERVIEW

p32

p86

SONIA ROLLAND

EN COUVERTURE AUDREY LAMY

PLAYLIST

p118

PORTRAIT

p122

p102

SUMMER OF LOVE

p44

MAREVA GALANTER

RENCONTRE

p136

SABRINA OUAZANI

ZOOM SUR

p148

INTERVIEW

p150

COACHELLA : POURQUOI ON VEUT TOUS Y ALLER ? ELEPHANT

p146 p124

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DEBORAH BANNWARTH

AUDE BERTRAND KOUBI

MARINE REVEL

Ne le dites à personne, mais je suis Superwoman: comédienne/assistante d’un prof d’anglais aveugle/habilleuse sur les défilés de mode/ lindy hoppeuse... Je suis «multicapelines» en fait. L’année prochaine, j’irai chercher ma Palme d’Or. Mais en attendant, j’y vais gaiement de mon petit commentaire, et de ma petite vacherie, parfois. http://danslesacdunefille.jimdo.com/billetsd-humeur/

Toujours dans la lune, souvent pétillante, parfois craquante et trop souvent passionnée. Folle de mode, de cuisine, de voyages, de mode, je l’ai déjà dit, tant pis ! Pour la mode, aucune répétition n’est trop belle. Je vis mode, je dors mode, je suis mode ! www.thelittleworldoffashion.fr

Titulaire d’un BEP Astres Célestes obtenu en 1982 à l’Université de Gentilly, je lis le ciel comme on lit la presse people, de travers et uniquement dans le train. «Jamais sans ma lunette astronomique», telle est ma devise. Je sais de quoi demain sera fait, et croyez moi, c’est pas jojo.

CONTRIBUTEU

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JULIETTE CANY

MALOU CHEVEUX COURTS

MARIE PARENT

Cany. Juliette Cany. Agent sous couverture, j’espionne, collecte, décortique puis balance tout à Pose Mag ! Mon terrain de jeu ? Le monde en général. Mode, musique, ciné, fête du cochon ou évènement mondain, tout m’inspire ! Curieuse, passionnée, optimiste (et très modeste !), je rêve d’évasion. Plusieurs grands voyages m’ont appris à ne pas avoir peur du changement. Mon leitmotiv : tout faire à fond ! J’aime saisir les opportunités et j’ai donc attrapé Pose Mag au vol, en espérant que ça vous plaise...

Passionnée d’écriture et férue de robes, je suis la créatrice d’un blog où la mode côtoie le cinéma, et où les livres font du pied à des questions existentielles aussi profondes que «comment résister au chocolat ?» et «comment se motiver à shaker son body pour avoir un corps de déesse ?», parce que c’est toujours bien de se moquer de soi-même ! http://malou-cheveuxcourtschiffonsandco. blogspot.com/

Community manager, blogueuse, «liseuse de magazines», fan de True Blood, compte se marier avec Eric Northman d’ici quelques temps. C’est un vampire ? M’en fous ! Compte monter les marches de Cannes un jour (même si je ne travaille pas dans le Cinéma) et remporter un Oscar pour l’ensemble de ma carrière (je m’entraîne toutes les semaines pour mon discours, un vase à la main). www.laventuriere.com


KRYSTEL MADELAINE

KEVIN MESA

ARMELLE H.

Si je dis que j’aime « How I met your mother », la mode et les bébés animaux, c’est cliché ? Bon alors disons plutôt que je mets le feu à n’importe quel dancefloor (Gilbert Montagné/Beyoncé même combat), que je rêve de faire le tour du monde et que j’ai une passion inexpliquée pour la moutarde. Community manager dans la vie (j’adore cette expression), j’aime aussi écrire, j’ai même une fâcheuse tendance à l’incontinence rédactionnelle... http://jesensquecematin.over-blog.com/

Campagnard tombé amoureux de Paris. Accro aux séries et à Audrey Hepburn, je suis un jeune rédacteur multifacettes. Parfois utopiste et rêveur, j’ai les pieds sur terre quand il le faut. Mais avant tout passionné par la mode et la culture.

Armelle H. est rédactrice freelance presse écrite, ainsi qu’auteure de plusieurs ouvrages. Elle collabore également au blog Pose Mag : Culture, Interview et chronique hebdo «Homme, Femme, Mode d’Emploi». Elle a d’ailleurs sorti un livre qui regroupe une sélection de chroniques et interviews qu’elle a réalisées pour notre support : « Rédactrice pour Pose Mag ! » (Editions Baudelaire). http://armelleh.com/

URS

LES RÉDACTEURS

ALEXANDRA LE FUR

ANTOINE BERTONI

La vie sans musique ne vaut d’être vécue. C’est avec cet adage vissé au corps que je traine mes converses trouées à tous les concerts et festivals possibles. Secrètement, je veux faire comme Dalida et mourir sur scène (enfin, ça, c’est le plan ! L’initiatrice ayant échouée, la place est libre pour le Guinness Book). Dans les tribulations de la quête de l’artiste de la journée, de la semaine, du mois, de l’année, de la décennie, je traque les nouvelles sorties comme un détective privé, jamais rassasiée.

Les gens m’appellent l’idole des jeunes, mais je préfère me définir comme un mec d’exception. Un pinceau à la main, le courrier des lecteurs sous le bras et mon imper’ d’intervieweur de renom sur le dos : « Ich bin hier für dich ».

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PAULINE DARLEY

MATTHIEU DORTOMB

RACHEL SADDEDINE

/PHOTOGRAPHE

/PHOTOGRAPHE

/PHOTOGRAPHE

Photographe sur Paris, j’ai suivi des études en communication et effectué des stages vers le monde de l’image pour m’ouvrir à un environnement photographique. J’aime créer avec l’humain et composer en mode et portraits. Pour résumer mon travail en photographie je pourrais citer plusieurs mots : symbolisme, ambiances, émotions mais surtout passion. http://paulinedarley.com/

Après des cours aux Beaux Arts et son BTS de graphisme en poche, il s’installe à Paris pour acquérir une expérience plus complète. Ses photographies sont souvent reconnaissables par leur côté ludique, coloré et décalé. Matthieu Dortomb insulfe de la poésie à travers des tapisseries rétros, des jouets, du maquillage... jouant ainsi sur notre rapport nostalgique à l’enfance. www.matthieudortomb.com

Photographe freelance basée sur Paris. Sans cesse influencée par la musique, le cinéma et ses icônes, c’est dans la mode et le portrait qu’elle développe son travail de photographe. Elle recherche des ambiances, des attitudes, des gueules, et à en tirer ce qu’elle y voit. http://rachelsaddedine.com

CONTRIBUTEU

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AMEL KERKENI

JULIEN COZZOLINO

/PHOTOGRAPHE

/PHOTOGRAPHE

C’est le théâtre, l’esthétique de la mise en scène et sa force symbolique qui m’ont amenée vers la photographie. Lors de mon tout premier cours en chambre noire, en développant une ancienne pellicule, j’ai eu un choc: j’ai vu mon grand-père, décédé, apparaître dans le révélateur. La photographie ne m’a alors plus lâché. J’aime créer une atmosphère et les thèmes que je traite sont en rapport avec ce que je vis, ce qui me touche, ce qui m’obsède. http://amel-kerkeni.com

Assistant et retoucheur dans un studio, puis photographe diplômé, Julien Cozzolino mélange tout les techniques acquises durant ses différentes expériences professionnelles et personnelles et puise son inspiration chez les grands maitres de la photo de mode tels que Helmut Newton, Guy Bourdin, Peter Lindberg, Patrick Demarchier... www.juliencozzolino.com


CORINNE GARCIA /CORRECTRICE

Passionnée par les voyages et la lecture, j’ai vécu plusieurs années aux Etats-Unis et j’habite aujourd’hui à Ottawa au Canada. J’aime surfer sur les blogs et les webzines de toutes sortes. Anglais, français, peu m’importe, j’aime naviguer d’une langue à l’autre. Mon petit côté perfectionniste pour l’orthographe me vaut le surnom de MissTypo. http://www.facebook.com/pages/ MissTypo/174094189312829

URSET TOUS LES AUTRES CÉCILE RÉAUBOURG

ENRIQUE LEMERCIER

/STYLISTE-RÉDACTRICE

/RÉDACTEUR EN CHEF

Styliste freelance, blogueuse, rédactrice… ou juste une passionnée, dingue de mode, dénicheuse de bonnes adresses, un peu geek sur les bords. Une fille élevée au chocolat, bercée par le Prince de Bel-Air, Beverly Hills, Friends, SAX… bon je m’arrête là ! Bref, une féministe qui travaille dans la Mode, si si c’est possible ! S’amuser, s’exprimer, oser et surtout ne pas se prendre la tête pourrait être ma devise ! http://trouvailleschics.over-blog.com/

Friand de magazines depuis mon plus jeune âge (du journal de Mickey en passant par Star Club puis à Vogue, L’Officiel, Grazia et compagnie), j’avais toujours rêvé de pouvoir diriger mon propre support. Désormais à la tête d’une équipe de passionnés talentueux, j’officie en tant que rédacteur en chef de Pose Mag pour apporter un regard nouveau et décalé sur la mode, la culture et les tendances. Twitter : @MisterPoseMag

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SHOPPING L’IMPRIMÉ C’EST TROP STYLÉ !

Par Marie Parent

Parfois il suffit de quelques rayons de soleil pour succomber à la tentation… mais la tentation de quoi ? Mais de « l’imprimé » pardi ! Eh oui, nous l’avons vu venir à pas de loup dans à peu près tous les défilés printemps/été pour finir par remplir toutes les pages mode de nos magasines préférés mais nous nous disions : « Ouais je laisse ça aux autres, moi c’est pas trop mon truc ». Mais voilà, après vous être juré que vous ne porteriez pas d’imprimé cette saison, vous avez vite fait une croix sur vos principes en vous jetant corps et âme dans cette tendance haute en couleurs. Pourquoi avez-vous ça ? Mais parce que l’imprimé c’est canon, il y en a 1001 sortes et ça se porte pour n’importe quelle occasion, et même sans occasion précise, cocktail au boulot, mariage de votre meilleur ami (pas le film, le vrai mariage de votre BFF masculin) et rencontre inopinée avec votre ex (hyper inopinée la rencontre si si si…)

Sac Saint Laurent : 995€ Collier Félicie Aussi : 35€

Compensées Kenzo : 395€ Manchette Anne Thomas : 79€

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L’IMPRIMÉ LORS D’UN COCKTAIL Pour célébrer un événement absolument quelconque dans votre entreprise, votre PDG annonce dans un mail absolument quelconque qu’il souhaite convier toute la boîte à un « cocktail ». Vous ne lisez pas la fin du mail, vous avez juste compris qu’il y aura du champagne, c’est assez pour vous convaincre. Cependant, qui dit cocktail dit « tenue de cocktail » ! Loin de vous l’idée de sauter dans une petite robe noire, vous allez inaugurer votre combi-pantalon « imprimé » qui va éblouir tout le monde (si vous ne la mettez pas lors d’un cocktail quand la mettrez-vous ??). La pièce maîtresse est trouvée, vous avez misé sur l’imprimé, maintenant on se calme sur les accessoires (on a dit fashion, pas Tante Gudule). Une pièce forte comme un perfecto viendra donner encore plus de pep’s à votre tenue. Ensuite sortez votre plus belle pochette ainsi que vos plus belles compensées et le tour est joué ! Vous êtes la reine de la soirée ! C’est sans compter sur la présence de Bertille, votre collègue préférée qui vous annonce qu’elle dîne avec votre ex le lendemain soir et qu’elle a le droit d’inviter un « guest ». Bien entendu elle a pensé à vous car votre ex vient avec sa nouvelle nana !!! Même si vous avez digéré votre rupture depuis bien longtemps, vous avez quand même envie de lui montrer que vous avez perdu 5 bons kilos et surtout très envie de voir à quoi ressemble la nouvelle ! Nouvel objectif : détruire la nouvelle !

Perfecto Topshop : 75€

Combinaison Missoni : 650 €

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L’IMPRIMÉ LORS DE LA RENCONTRE « INOPINÉE » AVEC VOTRE EX

Chapeau H&M : 9,95€

Finalement, vous vous êtes rendue compte que l’imprimé vous réussissait plutôt pas mal… Alors continuez sur votre lancée ! Ce soir vous revoyez votre ex et sa nouvelle fiancée, vous réalisez 3 heures avant le grand dîner que vous êtes un poil stressée, pas de soucis, vous avez la tenue idéale pour mettre les nerfs à celle qui a pris votre place dans sa vie ! Au programme : un imprimé doit aller et venir (interdiction d’être en surexposition durant ce dîner), donc misez sur une veste que vous pourrez retirer quand vous en aurez envie pour laisser apparaître votre robe à paillettes qui laisse entrevoir le fait que vous avez perdu ces 5 satanés kilos !!! Par contre niveau accessoires, comme pour le cocktail allez-y mollo. Ca y est, la nouvelle vous a repéré, elle fonce sur votre ex et lui verrouille le bras. C’est bon vous avez gagné, votre ex lève la tête, il vous a vu, lui et la sangsue se dirigent vers vous (Aïe peut-être un peu trop visible l’imprimé…), vous claquent la bise (okkkk) et vous annonce tout de go : « Alors comme ça on se voit au mariage de Guillaume ??? ». Vous n’aviez pas prévu qu’ils seraient invités à ce mariage où vous êtes bien entendu témoin. Nouvel objectif : Ecraser la nouvelle lors du mariage du BFF

Veste Alexander McQueen : 2795€

Bracelet manchette Promod : 12,95€

Bague COS : 12€ Robe Manish Arora : 1472€

Bracelet Hipanema : 85€

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Richelieu Lanvin : 435€


Collier Bonnie par cœur : 30€

Veste Mango : 29,99€

Robe Topshop : 85€

L’IMPRIMÉ AU MARIAGE DE VOTRE MEILLEUR AMI (OÙ SE TROUVE ÉGALEMENT VOTRE EX) Ce soir vous serez la plus belle pour aller danser (é-é-é) mais pour le moment dites-vous que le mariage de votre BFF c’est l’événement de l’année et que même si vous souhaitez continuer sur l’imprimé (parce que ça vous va trop bien), et bien il n’est pas question de voler la vedette à la mariée ! Alors après les imprimés graphiques, rayures, petits pois, gros pois, animal et j’en passe, l’imprimé fleuri sera parfait pour ce mariage. Maintenant, vous avez compris, on ne charge pas avec d’autres imprimés donc on y va light sur le reste (même si vous pouvez vous lâcher sur quelques accessoires, c’est un mariage tout de même) Ca y est le mariage est lancé, vous avez fait votre plus beau sourire lors de la signature des registres, vous avez versé votre larmichette quand les mariés se sont dit « OUI », vous avez rentré le ventre pendant les séances photos (ce qui équivaut à une séance d’une heure d’abdos) et youpi tralala tout le monde a trouvé que vous aviez maigri et que votre robe vous allait très bien. Vous pouvez maintenant profiter de votre coupe de champagne entourée de tous vos amis quand tout à coup, vous voyez au loin la nouvelle fiancée de votre ex arborant fièrement un infâme ensemble robe/veste imprimé tapisserie coordonné avec les chaussures et le sac… Une chose est sûre : l’imprimé se porte avec une pointe d’humour et de style sinon il est possible de ressembler à Tante Gudule même avant 40 ans !

Pochette Chloé : 2300€

Bague G9 : 39€

Sandales Giussepe Zanotti : 850€

Finalement, vous n’avez pas eu à écraser la nouvelle, elle s’est écrasée toute seule ! Bien joué ! 13


ALIZÉE PHOTO MATTHIEU DORTOMB STYLISME ANTOINE MONT MAKE-UP/HAIR CHARLOTTE HONINCKX RÉALISATION ENRIQUE LEMERCIER

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Top lamĂŠ vintage Fripstar

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Veste Ted Baker, jean Lee, collier Big Kim Chic Alors chez Le Corner des CrÊateurs, collier rivière Vintage 17


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Blouson biker Freja Hide Label chez Le Corner des Créateurs, top Mademoiselle Tara, collier chaîne chez Le Corner des Créateurs

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Robe et ceinture vintage

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INTERVIEW ALIZÉE Treize ans après son premier tube « Moi... Lolita », Alizée poursuit sa carrière de chanteuse et est de retour avec un cinquième album. Après s’être essayée à la pop et plus dernièrement à l’électro, ce nouvel opus « 5 » est un album aux sonorités sixties avec des textes très personnels. Juste avant qu’elle prenne la pose pour nous, nous lui avons posé quelques questions au sujet de ce retour et sur son parcours depuis ses débuts.

Trois ans après ton album «Une enfant du siècle», tu es désormais de retour avec un nouvel opus intitulé « 5 ». Comment te sentais-tu à la veille de cette sortie ? Bien, parce que je crois que lorsque l’on fait les choses qu’on aime, qu’on assume, on a qu’une hâte, c’est de les faire partager. Et puis surtout, je prends toujours du temps quand je fais des choses et là, j’avais hâte que ce nouvel album sorte. L’album a été bien accueilli et on te voit beaucoup dans les médias depuis la sortie. En juillet, ton premier single « Moi Lolita » fêtera son 13ème anniversaire. Est-ce que tu t’attendais à faire une telle carrière ? Pas du tout, parce que quand j’ai commencé à chanter, c’était pas un rêve d’enfant. Je voulais être dans l’artistique mais plutôt dans la danse et quand j’ai commencé le chant, j’estimais que c’était une chance qui m’était donnée, de pouvoir débuter dans ce milieu. Après, je ne savais pas du tout où j’allais aller donc j’en profitais et m’amusais, comme si cela allait s’arrêter le lendemain. Si tu devais résumer ton nouvel album en trois mots, quels seraient-ils ? Moderne, sixties et personnel. Beaucoup d’artistes tombent désormais dans la facilité avec des albums aux sonorités électros dans la lignée des musiques à la David Guetta, alors que toi, on peut dire que chaque album a un véritable univers atypique. Est-ce que tu pourrais tout de même te diriger vers ce type de musique un jour ? Je crois qu’une fois que l’on a rencontré des personnes comme Château Marmont par exemple, après mon quatrième album qui était électro, la barre était très haute. C’était de l’électro de qualité. Je ne dis pas que David Guetta ce n’est pas de la qualité, cela m’arrive d’écouter cette musique mais je ne pense pas me diriger

vers cela. J’essaierai d’explorer d’autres univers. Tes albums se vendent très bien à l’international (Mexique, Russie, Italie...), comment expliques-tu ce succès ? Sur les premiers albums, c’était grâce à « Moi Lolita ». Cette chanson m’a permis de faire le tour du monde. Maintenant, c’est plus au Mexique que mes albums sortent. La raison, je ne sais pas vraiment, il faudrait leur demander. Mais en tant que chanteuse française, c’est une fierté de chanter à l’étranger et surtout en français. Est-ce que cela ne t’a pas donné envie de chanter en anglais ? J’ai fait un titre en anglais et en espagnol dans mon précédent album mais en fait, ce qui leur plaît, c’est vraiment quand je chante en français. Pour en revenir à ce nouvel album « 5 », il y a des titres très personnels comme « 10 ans » par exemple, dans lequel tu évoques ta relation avec ton ex-compagnon et père de ta fille. Est-ce que ces titres sont une sorte d’exutoire ? Sur ce nouvel album, je me sentais prête à parler plus de moi. Dans les précédents opus, je me cachais derrière des jeux de mots, des doubles sens et je m’amusais avec ça pour ne pas parler de moi. Et dans « 5 », j’étais enfin prête à me dévoiler. Je crois que pour les chanteurs, c’est un peu comme une thérapie quand on parle de nous, c’est un moyen de se dire qu’on n’est pas seul dans cette situation et que des personnes peuvent se reconnaître dans ces histoires. N’as-tu pas eu peur de la réaction de ta fille justement ? Et à côté de cela, quel regard porte-telle sur ta carrière ? Est-ce que tu lui demandes son avis sur des chansons... ? Non, parce que ce n’est pas un règlement de compte, c’est un ressenti. Depuis qu’elle est née, quelque que soit le sujet, je lui ai toujours expliqué les choses, que ce 25


Chemise Lee, collier cravate vintage, bracelets vintage, bague perroquet Nach chez Le Corner des Créateurs

soit des histoires d’adultes ou d’enfants parce que je pars du principe que les enfants comprennent presque encore mieux que les adultes.

j’aime, d’avoir réussi ma fille, de vivre au soleil et de m’en protéger et de bien dormir.

Quel est ton titre préféré sur ce nouvel album et pourquoi ? C’est compliqué de choisir car chaque titre a une histoire et je pense que c’est comme quand on a plusieurs enfants et qu’on nous demande notre préféré. Chaque enfant est différent et unique et là c’est pareil.

Quel rapport entretiens-tu à la mode ? J’ai toujours aimé ça. Depuis toute petite, j’ai toujours aimé m’habiller, me déguiser, porter les vêtements de ma mère et dans mon métier, j’estime que c’est 50% d’image et 50 % de musique. C’est important pour que les gens puissent s’identifier à nous, pour avoir sa personnalité... C’est bien de créer son look et en même temps, moi je suis la mode parce que j’aime ça. Mais je n’achète pas des choses parce que c’est à la mode. J’achète quand ça me plait vraiment et quand cela me va. La mode c’est une boucle, il y a toujours des tendances qui reviennent, comme dans la musique.

28 ans, maman, 12 ans de carrière et tu parais toujours aussi fraîche et jeune. Peux-tu dévoiler à nos lectrices tes secrets de beauté ? Je n’en ai pas vraiment. C’est vrai qu’on me dit souvent que je parais plus jeune que mon âge, pourvu que ça dure ! Mais je n’ai pas vraiment de secrets de beauté mise à part être épanouie, faire un métier que

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C’est d’ailleurs le cas dans mon nouvel album qui a des sonorités très 60’s. Je trouve que la mode et la musique sont très liées. Tu connais bien la blogueuse Tokyobanhbao, on vous voit souvent en photo ensemble... Comment as-tu fait sa connaissance, est-ce que c’était par son blog ? Oui, d’abord par son blog parce que j’adore les blogs de mode. Je me trouve plus dans les blogs que dans les magazines de mode, parce que je trouve qu’ils sont plus adaptés à la vraie vie. Les blogs reflètent mieux ce que l’on peut porter. Il y a un côté plus accessible car les blogueuses donnent des bons plans pour faire du shopping sans se ruiner... Et un jour, je suis tombé sur le blog de Tokyobanhbao et vu que je suis fan de mangas, j’ai trouvé ça super qu’elle alimente son blog avec une sorte de mascotte qui parfois porte les vêtements qu’elle rêverait d’avoir. J’avais l’idée de me faire un tatouage de ma fille en manga et donc j’ai envoyé un mail à Tokyobanhbao sans dire qui j’étais et simplement en lui exposant mon projet de tatouage. Elle l’a donc dessinée et je me suis fait le tatouage. Quelques mois plus tard, mon album est sorti et j’ai fait de la promo et on a vu mon tatouage. Du coup, mes fans ont retrouvé son blog et lui ont envoyé un message en lui demandant si c’était elle l’auteur du dessin. Elle m’a ensuite recontacté et nous sommes devenues amies par la suite ! Et le prochain tatouage, c’est quoi ? Je ne sais pas. J’ai encore mon bras en travaux, j’ai des petits trous à combler mais je fais toujours des tatouages en fonction de quelque chose, de quelqu’un, d’une histoire mais pour l’instant, je ne sais pas. On verra ce qu’il m’arrive dans les prochains mois ! Comment définirais-tu ton style vestimentaire dans la vie de tous les jours ? Ca dépend des jours. Il y a des jours ou je suis en mode « cool », en baskets... Je peux être en talons aussi. Je crois que je n’ai pas de style particulier. Après c’est vrai que quand je suis en Corse que j’emmène ma fille à l’école, j’aime bien être en « sport-chic » je dirais mais ça dépend. J’ai un métier qui fait aussi que tous les jours il se passe des choses... Mais il faut avant tout que je sois à l’aise. Je ne vais pas porter des talons juste parce que les chaussures sont belles. Souffrir, ce n’est pas mon truc !

toujours très lourd ! Aujourd’hui, j’ai essayé d’alléger et j’ai pris un petit sac mais je le remplis au maximum car j’ai toujours l’impression d’être en manque de quelque chose. J’ai toujours de quoi écouter de la musique, de quoi patienter dans les trajets, comme des séries que je regarde sur ma mini-tablette, qui rentre parfaitement dans mes sacs, j’ai aussi toujours plein de trucs de ma fille qui traînent et toujours une trousse de secours en mode make-up, pansements, crème... Je suis toujours dans le « au cas où... » ! Ton dernier coup de cœur musical ? J’aime bien Alex Hepburn, j’aime bien sa voix. Je l’ai découverte à L’Olympia lors des 20 ans du magazine Gala et elle avait chanté quelques titres et j’avais adoré sa voix. J’aime bien les chanteuses qui ont du coffre mais qui ont aussi un truc particulier dans la voix. Elle, elle a une voix cassée, on voit qu’elle a du vécu et je trouvais ça super sympa. Il semblerait que tu fasses partie de la prochaine saison de l’émission « Danse avec les stars ». Est-ce que tu peux nous le confirmer et qu’est-ce qui t’a convaincu de participer à ce programme ? Rien n’est encore fait. On m’appelle tous les ans pour faire cette émission. Les trois premières années, je ne pouvais pas parce que j’avais d’autres projets et ça tombait mal. Cette année, c’est pas plus avancé que les autres années. C’est quelque chose qui me dirait bien si c’est possible dans les plannings. C’est donc ni oui ni non pour l’instant ! Quoi de prévu cet été et quels sont tes autres projets pour la rentrée ? Pour cet été, il n’y a pas de projets en particulier mais pour le début 2014, il y aura une tournée. C’est actuellement en discussion donc je n’ai pas de dates précises. J’irai également au Mexique et dans les autres pays qui sont demandeurs. Un dernier mot pour tes fans ? Je suis touchée de leur fidélité parce que je crois qu’un chanteur ou une chanteuse n’existe pas sans ses fans. La fidélité, c’est ce qu’il y a de plus important. Je les remercie donc et j’espère que l’aventure continuera le plus longtemps possible. Propos recueillis par Enrique Lemercier Crédit photo : Matthieu Dortomb.

La pièce dont tu ne pourras jamais te séparer ? Mon blouson en cuir, parce que je le mets à n’importe quelle saison et c’est indémodable. Il y a une chanson qui s’intitule « Dans mon sac » sur ton nouvel album. Et bien justement, est-ce qu’on peut savoir ce qu’il y a dans le sac d’Alizée ? Bonne question ! Vu que je voyage beaucoup, étant donné que je vis en Corse et que je viens toutes les semaines à Paris, il y a un peu toute ma vie dans mon sac. Il est donc

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CHRONIQUE L’ÂGE DE RAISON (OU PRESQUE) Alors voilà, nous y sommes, ou presque pour certains, ou nous l’avons dépassé bien bravement pour d’autres, ce chiffre qui nous hante depuis que nous avons joliment passé ce cap qu’est la vingtaine. Et soudain, en une nuit, nous passons le ravin de la trentaine. 3.0. Non, ce n’est pas le nom d’une nouvelle génération ! Ce nom sorti tout droit de l’imagination d’un pseudo-sociologue de bas étage. Non, il s’agit juste de votre âge à partir de ce jour. Etrangement, ce petit chiffre (oui, petit, tout dépend du référentiel) entraîne fatalement le moment du bilan, ce moment de doute ultime et cette nostalgie douce sur les années passées. Et là, il y a deux écoles : celle de la dépression, celle de la vie qui continue. J’ai dans mon entourage les deux : Celui qui fête avec brio ce moment charnière de sa vie avec des projets pleins la tête et sans vraiment regarder en arrière pour constater ce qu’il a accompli en quelques années et les leçons que lui a donné la vie, et ceux qui font un bilan pas très glorieux de tout ce qu’ils avaient imaginé, fantasmé, planifié, et qui n’a pas abouti. On s’engouffre dans la folie du premier, on essaie d’être présent pour les seconds. Et puis on se dit que nous aussi, ce moment va nous tomber dessus sans vraiment prévenir. Alors, si vous le permettez, introspection profonde, faisons ce bilan ensemble, une fois pour toutes et avant la trentaine, comme ça, on en sera débarrassé. Je ne sais pas pour vous, mais j’imaginais les choses ainsi : A douze ans dans ma chambre d’ado (oui, on est déjà ado ingrat à douze ans), je me disais que je serais mariée à 25 ans et maman avant la trentaine, que mon cher et tendre serait parfait, type prince charmant vendu par Disney. Evidemment, j’aurais un travail absolument passionnant, dans la mode ou la musique, que ma maison © http://www.deedeeparis.com/ 28


serait immense, la barrière blanche, le labrador, un corps non marqué par les grossesses. A dix-huit ans, ou un peu avant, la rébellion aidant, c’était plutôt : Le mariage ? Les enfants ? Moi jamais ! Je veux une vie de fêtes, de sorties, de concerts, d’amis, un appart design, et vivre à fond dans une capitale culturelle étrangère. La vingtaine est arrivée, les envies ont changé et sans que je ne m’en rende compte, j’étais dans la capitale, j’avais un copain génial, des amis extraordinaires, l’appartement certes petit mais confortable, et puis, l’ennemie juré : la routine. C’est comme tout, on s’y habitue. Et nos rêves changent. Nos désirs aussi. La vie fait que le couple vole en éclats, que les amis sont pris, que votre travail vous prend un temps conséquent, mais les efforts de chacun continuent à vous pousser vers un idéal. Et pointe du bout de son nez sournois une vague hormonale, communément appelé l’horloge bio. Tu l’entends le tic-tac qui te fait sourire niaisement devant un bébé ? Qui te fait verser ta larmichette aux mariages de tes potes ? Et oui, la vingtaine c’est aussi ça, tes points culminants de l’année sont ce concert incroyable où ton psychisme passe par toutes les phases émotionnelles possibles, c’est le mariage de ta meilleure amie, c’est la naissance de tes neveux / nièces, c’est les moments entourés des siens (qu’ils soient familiaux ou amicaux). C’est aussi le poids des responsabilités qui t’empêchent de tout claquer et de te barrer à Bora Bora pour vivre de la pêche sur une île quasi déserte. Parce que la vingtaine c’est le début des loyers et factures, des impôts et toutes ces petites contrariétés qui font dire à ta chère maman « mais c’est la vie ma fille ! », le retour aux réalités en sorte. Et puis, tu cherches des compromis, tu « assumes » plus ou moins bien selon la personne, ton boulot qui n’est pas celui dont tu rêvais mais qui paie tes impôts, ton désir de voyages pour compenser, ton envie d’aller de l’avant et de croire en plus grand. La trentaine ça doit être ça, trouver le bon compromis entre tes désirata et tes obligations. Cette balance quotidienne entre ce que tu voulais devenir (la personne la plus géniale du monde voyons !) et la réalité des choses (je suis géniale mais…). La recherche d’un idéal non pré-formaté mais en adéquation avec la

personne que tu es et qui change de jour en jour, pour le meilleur ou pour le pire. Et puis, se dire que la vie amène ses propres surprises, et les prendre comme telles, et non comme des pseudo-drames qui détruisent ton monde. Oui, cette personne croisée au coin de la rue peut être ton nouveau grand amour, oui ta meilleure amie qui se marie a besoin de ta présence ce jour-là, oui tu as besoin de prendre cet Eurostar pour aller en convention quatre jours parce que cela développe tes connaissances et relations dans ton marché. Et ce n’est pas si naze que tu le pensais. Cet équilibre entre tes envies folles et tes possibilités. Voilà, nous sommes des équilibristes de nos vies. Et je vous la souhaite bien belle avec une vue magique. Le conseil ? vivez à fond, oubliez les conventions bien pensantes, faites ce qui vous plait, chérissez les moments avec vos amis, votre famille, ayez des points d’ancrage qui vous amènent doucement à la réalité, souriez, la vie est belle, encore plus avec les premières ridules ridicules, soyez vous, et laissez vous aimer pour qui vous êtes. Vous êtes parfaites. Je vous laisse, je dois aller aux trente ans d’un ami parfait.

Alexandra Le Fur

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TENDANCES COMME UN GARÇON J’AI LES CHEVEUX LONGS COURTS !

Vous avez dû le voir, l’entendre, le tester peut-être... La tendance est aux cheveux courts ! Raiponce peut aller se rhabiller, exit les boucles Franck Provost, welcome à la coupe garçonne rock n’ roll. Oui messieurs, les femmes d’aujourd’hui n’ont plus besoin d’exprimer leur beauté et leur grâce avec une chevelure longue et soyeuse, elles s’assument, s’amusent et jouent de leur atouts avec 10 cm sur le caillou ! Deux grands styles s’affrontent: une coupe archi moderne archi rock avec un blond platine et/ou des mèches plus claires voir auburn sur des bruns profonds (cf Miley Cirus, Keira Knightley, Agyness Deyn ou Vanessa Hudgens.. ) ou une coupe courte beaucoup plus sage et plus chic (cf Audrey Tautou, Anne Hathaway, Emma Watson ou encore Michelle Williams). Qu’importe le style, 2013 est l’année des coiffeurs ! Fini les « Coupez moi juste 70 mm de pointes et pas un de plus !! ». Enfin ils peuvent couper court sans se faire houspiller et laisser libre court à leur créativité. Court oui ! Mais pas n’importe comment et pas sur n’importe qui. Avant tout, fini les a priori, même une fille avec des rondeurs peut porter un coupe courte ! Si si, pour l’avoir testé moi-même je vous assure ! Choisissez alors une coupe courte libre, avec du mouvement et un peu de longueur sur les oreilles. Évitez le très très court laqué et figé qui rendra votre visage plus rond encore. Ensuite, on arrête avec le « c’est pas féminin ». La féminité n’est pas une histoire de coupe de cheveux, c’est une attitude ! Allez dire à Halle Berry ou Natalie Portman qu’elles ressemblent à un mec ! No way ! D’autant plus qu’une coupe courte permet un maquillage légèrement plus marqué (sans abuser !). Insistez sur les yeux si vous avez une petite frange ou la bouche si vous aimez le rouge à lèvres. De mon point de vue le court est à éviter si votre chevelure est votre atout charme ! Certaines femmes ont, c’est vrai, des cheveux à couper le souffle. Beaux, longs, épais, 30

Anne Hataway


Emma Watson

Agyness Deyn

brillants bref, des cheveux fait pour les pubs et rendre jalouse les copines. Il serait dommage de leur dire adieu. Certaines n’ont pas de merveilleux cheveux mais innovent avec des coiffures spectaculaires ou branchées qui définissent leur style (chignon fou, nattes etc...). Là encore, attention à la coupe garçonne. Les cheveux courts donnent du caractère, un peps, un je-ne-sais-quoi de plus mais si votre modjo tient dans votre chevelure de déesse grecque, pourquoi s’en priver ! Pour celles qui ont la trouille de passer le cap, allez-y progressivement. Passez du « long fesses » au « court oreilles » peut être un choc ! Voyez avec votre coiffeur pour y aller en douceur. Puis n’oubliez pas les filles, les cheveux ça repoussent ! Si vraiment vous criez au scandale après être passées chez le coiffeur, vous pouvez, en attendant qu’ils repoussent mettre des headbands, des foulards très à la mode cet été. On évite le dramatique quoi.. Si vous êtes tentée en revanche, c’est vraiment le moment d’essayer ! C’est bien Blanche Neige qui était en avance sur son temps ! Avec son carré court, elle détrône toutes les princesses de notre enfance et fait rougir tous les miroirs version 2013. Faut pas s’étonner qu’elle ait 7 nains à ses pieds la coquine ! Juliette Cany

Michelle Williams

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SIMON BURET PHOTO MATTHIEU DORTOMB MAKE-UP CHARLOTTE HONINCKX RÉALISATION ENRIQUE LEMERCIER

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Pull vintage Episode

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Veste Dior

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Chemise Gap et blouson Schott

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Tee-shirt Louis Vuitton

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INTERVIEW SIMON BURET Artiste polyvalent, Simon Buret est aussi bluffant sur scène que devant une caméra. Il nous revient dans les salles avec le film « Les yeux fermés » dont il a le rôle vedette. Il signe également la BO de ce long métrage. Nous l’avons donc rencontré afin d’en savoir plus sur lui, et le temps de le faire poser devant quelques fonds animaliers et en compagnie d’une biche qui comme nous, a été complètement sous le charme de l’artiste.

Sweat AMI

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Tu as débuté ton parcours en tant que comédien et tu as étudié le métier de comédien à l’Acting International. Comment s’est fait ce choix de carrière ? Je n’ai jamais eu de choix de carrière, c’était plutôt suivre une envie profonde de vivre plusieurs vies , de traverser des personnages, des époques. J’ai fait comme tout le monde en cherchant une école de théâtre, quelques casting foireux et puis j’ai eu de la chance, j’ai pu travailler assez vite... Ensuite, tu as rencontré Olivier Coursier, avec lequel tu as créé le groupe AaRON. Est-ce que la musique était une chose vers laquelle tu voulais te tourner depuis longtemps ? J’ai appris le violon pendant 10 ans au conservatoire, mais la rigueur, l’ambiance qui régnait au sein de ce genre de lieu m’a peu à peu éloigné de cet instrument. J’y suis revenu un peu plus tard. Il y a toujours eu beaucoup de musique et de chants autour de moi. Mais je n’avais jamais pensé en faire une part si importante de ma vie, non. Même si j’écrivais beaucoup de textes, des bouts de mélodies ou sorte de poèmes dans des carnets qui remplissaient mes poches, c’est vraiment la rencontre avec Olivier qui a déclenché quelque chose de plus conséquent. N’as-tu pas eu peur de cette double casquette (comédien et chanteur) qui est parfois assez critiquée dans le milieu ? Pourquoi avoir peur ? Est-ce qu’on fait ce qu’on a dans le bide pour “ le milieu “ ? J’ai une phrase en fond d’écran sur mon ordi : « Twenty years from now you will be more disappointed by the things that you didn’t do than by the one you did do. So throw off the bowlines. Sail away from safe harbor. Catch the trade winds in your sails. Explore. Dream. Discover. ». C’est Mark Twain qui dit ça et ça marche pour tout. Pour moi en tout cas. Tu as réussi à lier les deux en signant des bandes originales de plusieurs films, comme dernièrement dans « Les yeux fermés », film dans lequel tu as le rôle principal. Est-ce que pour toi cinéma et musique vont donc de pair ? Pour « Les yeux fermés », on a vraiment bossé à trois avec Olivier et Jessica. Elle nous disait quelle émotion elle voulait sur quelles images, quelles scènes et on lui faisait écouter des trucs. Pour répondre à ta question, un bon film pour moi, c’est avant tout un mariage parfait entre les images et la musique. Les films qui m’ont le plus marqué portent de grandes bandes originales : Arizona Dream, Pulp Fiction, Edward aux mains d’argent, Forrest Gump, même Rencontre du 3eme type ne serait pas ce qu’il est sans ces cinq notes de “dialogue” qu’ils ont trouvées. C’est la même chose pour une bonne chanson, elle doit t’amener des images quand tu l’écoutes.

Qu’est-ce qui t’a séduit dans le film « Les yeux fermés » et dans le rôle de Pierre ? Le fait de me dire que tout est nouveau à travers ses yeux. Un regard aussi vierge qu’un nouveau- né, dans un corps adulte. Je trouve qu’il y avait une dimension presque biblique dans cette idée, de renaissance. Accompagner un personnage comme ça, dans tout ce que cela comportait comme musique intérieure à composer, c’était un beau challenge. Tu étais en pleine tournée lorsque Jessica Palud, la réalisatrice, t’a proposé ce rôle. Du coup, tu lui as dit que tu n’avais qu’un mois de disponibilité. Tout s’est donc fait très vite. Est-ce que le tournage n’était pas trop intense ? Trop non, mais intense, oui beaucoup. Tout était compliqué parce qu’on ne pouvait pas se permettre une seconde de lever le pied et chaque jour faisait à peu près 75 heures ! L’équipe était épuisée et on se portait beaucoup les uns les autres. Au final, c’est drôle d’ailleurs, je trouve qu’il se dégage du film une grande plénitude, une atmosphère assez planante, en opposition totale avec l’urgence de tournage qu’on a vécu. Est-ce qu’il y a des similitudes entre le personnage de Pierre et toi-même ? Oui et non. C’est toujours étrange quand les projets deviennent autonomes, on a un petit moment de flottement, c’est sûr, il faut dire au revoir. Mais moi ce que j’aime par-dessus tout, c’est faire les choses, créer. Une fois qu’elles existent, elles ne durent pas vraiment dans mon esprit. Je suis plus obsédé par ce qu’il y a à faire, les prochains rêves, que par ce qui est fait. Par contre, c’est magnifique quand les gens s’approprient une histoire, un texte, quelque chose et les retours qu’on a parfois. Le partage fait du bien quand on sent qu’on est compris. Quel est le rôle que tu aurais rêvé interpréter ? Edward aux mains d’argent, sûrement. J’aime ça, ce genre de bonhomme ! Si un jour tu devais faire un choix entre la musique et le cinéma, que choisirais-tu ? Question morte ! Pourquoi choisir ? Tu as un compte Twitter sur lequel tu es plutôt actif. Quel rapport entretiens-tu avec les réseaux sociaux ? Amour et haine ! Je peux y aller beaucoup à un moment, regarder qui fait quoi et puis me déconnecter pendant très longtemps. J’aime bien quand les gens mettent de la poésie dans leurs messages, comme des images, des bouts de phrases pour enluminer leurs actions pas si magiques, ça me fait rire. La poésie du quotidien, ça me parle. Par contre, j’ai vraiment du mal avec les vies qui sont décrites 24H sur les différents réseaux. Tout n’est pas bon à dire et la plupart du temps on s’en fout ! Enfin quels sont tes projets pour cet été et pour la rentrée ? Composer. Voir mes potes. Voyager. Profiter et peut-être un petit truc sympa pour cet été ! Propos recueillis par Enrique Lemercier

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TENDANCE ETRE STYLÉE AU CAMPING, C’EST POSSIBLE ! Les vacances ne riment pas forcément avec hôtels de luxe, cocktails les pieds dans la piscine et hommes musclés agitant une feuille de palmier pour apporter la fraîcheur qui manque tant sous les tropiques. Certaines d’entre nous choisiront l’option sac à dos, tente, réchaud et boîtes de raviolis. Ce n’est toutefois pas parce qu’on dort à même le sol (ou presque) au milieu des araignées et des fourmis qu’on doit faire l’impasse sur le style ! Oui, mais comment rester lookée en pleine nature ? On ne se répète pas que “de toute façon on ne connaît personne” La plus grosse erreur quand on est en vacances consiste à se dire qu’on arrive en terre inconnue. On pense alors pouvoir se lâcher niveau look, parce qu’après tout, on ne risque pas de croiser le voisin de palier canon sur qui on louche depuis des semaines. Ceci n’est malheureusement pas la bonne attitude à adopter. Ton voisin avait peut-être aussi envie de passer 15 jours au camping de Bormes-Les-Mimosa en pensant que, comme toi, il ne verrait aucune de ses connaissances. Alors on reste nickel en permanence ! On oublie le bob Le bob, c’est bien pour les enfants de 1 à 6 ans, au-delà, c’est indécent. Qu’il soit estampillé Ricard ou pas, il est juste à oublier une bonne fois pour toutes. D’autant plus qu’il est très facile de trouver de chouettes chapeaux de pailles de toutes les formes pour toutes les têtes à de tout petits prix. On fait un tour au H&M du coin, on surfe sur le site d’Asos et on fait son choix en moins de deux sans se ruiner ! On ne cède pas à la tentation du pantalon de jogging A moins d’aller courir pendant 1h, on évite tout ce qui ressemble à un pantalon de sport genre Gangsta Rap. Pourquoi ? Parce qu’on ne s’appelle pas Rihanna. Voilà pourquoi. On ose quand même le mini short en jean de couleur flashy : vive le jaune, le rose, le vert, le bleu, mais pas le noir, c’est pas fun le noir au camping.

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On ne regrette pas le tee-shirt XXL de son grand frère On veut faire un break avec les décolletés et les matières moulantes ? Parfait ! On en a le droit. Faut-il pour autant se laisser aller au point d’enfiler le tee-shirt de basketteur super méga grand de son frangin ? Ben non. Il existe des petits hauts fluides, légers et faciles à porter qui font rimer vacances avec allure, et ça, c’est plutôt cool ! On met les jupes et les robes en pole position La féminité ne s’évapore pas quand on se balade un rouleau de PQ à la main, à condition d’assurer niveau fringues : rien de plus sexy qu’une nénette qui assume d’aller déposer sa pêche en communauté avec une robe liberty ou une jupe patineuse!

On laisse les Crocs aux jardiniers Inutile de fourrer des escarpins dans son sac, même pour aller danser : de jolies sandales plates feront parfaitement l’affaire ! On ne vire cependant pas du côté obscur de la mode en succombant au confort des Crocs, ce n’est pas parce qu’on communique avec la nature qu’il faut se prendre pour un jardinier. On dit oui en revanche aux tongs et aux espadrilles dont on aime les couleurs estivales qui mettent du baume aux pieds ! On l’aura compris : on ne change pas grand chose à son quotidien vestimentaire quand on est au camping. On garde le même style qu’au quotidien en accentuant juste le côté confort et pratique sans léser la féminité. A vous de jouer !

Malou Cheveux Courts

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TENDANCE LA MODE QU’ON DÉTESTE

NOS MEILLEURS ACCESSO

Et si on parlait mode ? Mais pour changer un peu, d’une mode à quatre pattes, pardon, une mode à six pattes même, l’humain et son meilleur «accessoire», le chien. Attention, quand j’utilise le mot «accessoire», je sens déjà les hordes de défenseurs des animaux me courir derrière ! Mais rassurez-vous, fille de vétérinaire, j’ai toujours aimé les animaux. J’ai grandi avec des chiens, des chats, des tortues, des oiseaux... J’ai depuis peu moi aussi un animal à 4 pattes, qui occupe une grande place dans mon coeur et dans ma vie ! Je crois que c’est elle qui m’a fait m’interroger sur cette mode à 6 pattes, sur l’utilisation de l’animal comme «accessoire». Et puis dernièrement, j’ai vu un chien se faire balader toute la journée dans un sac à main. Je crois que c’est à moment-là que je me suis dit qu’il était temps de s’interroger sur le pourquoi du comment ! Le chien a été créé pour la plupart des races pour des missions bien précises : chasser, trouver des choses ou des gens, creuser, garder... Au regard de l’histoire, il n’est un animal de compagnie que depuis peu. Et au fil du temps, il occupe une place de plus en plus importante dans nos 46


OIRES vies. Pour preuve, on n’hésite plus à les amener chez un éducateur ou un psy lorsqu’ils sont perturbés ! Les stars ont joué un rôle important dans cette humanisation de l’animal, en l’habillant, le manucurant, le portant dans un sac. Forcément, en voyant cela, beaucoup ont commencé à faire pareil. Paris Hilton multiplie les adoptions et achats de chiens qui sont laissés à des nounous. Les Beckham manucurent leur chien en rose, d’autres les portent dans leur sac du matin au soir... Triste constat, les problèmes sont donc arrivés au sein de ces relations maîtres/chiens : animaux agressifs, suicidaires, abandonnés, piqués, maltraités... Des situations engendrées par l’homme et qui aurait pu être évitées. On trouve maintenant des hôtels pour chiens avec télévision, massages, et plateaux servis sur le lit, des salons d’esthétique (manucure, coupe...), des stylistes pour chiens... Tout est fait pour que notre animal à quatre pattes devienne une petite star ! Et alors qu’on le pense heureux, il se met à mordre, à grogner, à devenir un petit monstre que certains vont jusqu’à abandonner ou violenter. C’est un peu la triste histoire de cette accessoirisation d’un être qui n’a rien demandé, qui est né pour écouter, apprendre, faire et qui se retrouve à subir. Mon père me parle souvent de clients qui prennent des chiens parce qu’ils sont adorables quand ils sont des chiots mais qui les abandonnent vite pour retourner au bureau de 8H à 20H. Ils s’étonnent alors de découvrir des dégâts quand ils rentrent chez eux le soir. Un seul conseil, l’animal n’est pas un accessoire, et avant de le choisir il faut se renseigner sur la race, il faut savoir si le caractère du chien et ses besoins vont vous correspondre et correspondre à votre rythme de vie... Et si vous trouvez votre meilleur ami, alors faites bonne route ensemble, ce n’est que du bonheur !

Aude Bertrand Koubi 47


BANG BANG PHOTOGRAPHE RACHEL SADDEDINE ASSISTANTE CARLA BIANGUE HAIRSTYLIST QUENTIN GUYEN, THE GUILD, USE REDKEN PRODUCTS MAKE-UP CAMILLE LUTZ STYLISTE TATIANA DUMABIN ASSISTANT MARVIN LATOURNAD RÉALISATION ENRIQUE LEMERCIER LIEU HÔTEL AMOUR

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Sweat transparent HIP POPE / Mini short en cuir TARA JARMON / Bas DIM / Plateformes ELECTRIC NUDE / Boucle d’oreilles HIP POPE

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Robe DERNIER CRIE VINTAGE / Épaulettes cage par CHROMAT sur miseencage.com / Collier et bracelet MAWI / Boucles d’oreilles VINTAGE / Escarpins MALOLES

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Robe DERNIER CRIE VINTAGE / Harnais par TAMZIN LILLWHITE sur miseencage.com / Collier MAWI / Boucles d’oreilles VINTAGE

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Veste ZARA / Chemise BARBOUR / Jupe Lacoste chez DERNIER CRIE VINTAGE / Chaussettes DIM / Chaussures BATA / Boucles d’oreilles ALDO / Noeud papillon JULES

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Sweat HIP POPE / Jupe HOTEL PARTICULIER / Colliers HIP POPE / Bracelets ELENA MEYER / Bague ELENA MEYER

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Body DERNIER CRIE VINTAGE / Veste en fourrure GIORGIO / Lunettes TOM FORD / Gants GLOVE STORY / Bracelet TD / Chaussettes DIM / Escarpins ZARA

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Combi short DERNIER CRIE VINTAGE / Short en jean DERNIER CRIE VINTAGE / Colliers HIP POPE / Lunettes vintage / Bague H&M

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Veste de costume blanche LOLA / Veste ZARA / Pantalon LOLA / Collier MAWI / Gants GLOVE STORY / Plateformes NACO PARIS

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Body Fudge par MURMUR chez miseencage.com / Soutien-gorge harnais marshmallow par MURMUR chez miseencage.com / Porte jarretelles en cuir par MURMUR sur miseencage.com / Colliers HIP POPE / Chaussures UNITED NUDE

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Robe ANNE VALERIE HASH / Jupe cage par CHROMAT sur miseencage.com / Couronne et boucles d’oreilles VINTAGE / Bracelet TD

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Body OVE chez CARNET DE MODE / Veste en fourrure et cuir GIORGIO / Collier ELENA MEYER / Bracelet ELENA MEYER / Bague H&M / Jarretières TD /

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Philippe Dufour-Loriolle par Julia Champeau. 80


POSE DRINK PHILIPPE DUFOUR-LORIOLLE

Pose Mag ne cesse de se renouveler avec la création d’une nouvelle rubrique : la Pose Drink. Pour chaque numéro, j’endosserai le costume de grand reporter pour vous faire découvrir des personnalités au cœur de notre capitale. Alors oui, je me donne, oui, vous passez avant ma propre vie et oui, je suis Dieu mais n’est-ce pas ce pour quoi vous m’aimez plus que de raison ? Pour ce premier article, j’ai fait le choix de vous présenter un illustrateur de talent, Philippe Dufour-Loriolle. Nous nous sommes rencontrés un après-midi grisonnant de novembre. Depuis, nous avons décidé de ne plus nous quitter. Muni d’un petit bloc-notes, de grosses lunettes, de mon passeport et d’un trench (un ton au dessus du beige), j’arrive au lieu de rendez-vous, soit, l’annexe de l’Angelina, dans le 6ème arrondissement. L’homme m’attend, comme à son habitude, élégant et raffiné. Quelques minutes de négociation plus tard, l’accord est conclu : il va me permettre, à force de questions pertinentes et incroyablement bien posées, d’avoir accès à ses pensées et ses convictions, soit de mettre la main sur son Grand Livre de Vie afin de former avec nous la plus grande chaîne humaine du monde. Nous le méritons bien, alors dansons maintenant. Tu es grand et barbu, est-ce pour dénoncer les guerres et la faim dans le monde? Agis-tu par pur militantisme ? Patricia, ma barbe apprivoisée, m’accompagne depuis bientôt 10 ans maintenant. À ce niveau ce n’est plus du militantisme, mais une vraie profession de foi.



 Tu es un artiste ayant plusieurs casquettes et travaillant sur des supports très différents, quel est le dénominateur commun de ton travail ? J’utilise beaucoup le Bic (bleu). Ensuite les dessins euxmêmes sont généralement assez figuratifs. L’idée est souvent de mêler une profusion d’éléments éclectiques, parfois harmonieux, parfois discordants. Un skater dans une toile de Jouy, des insectes dans des pivoines. Je pratique assez allègrement le principe du “grain de sable” (parfois caché) qui vient enrayer une mécanique lisse à priori. Tu es donc un opposant au lisse. Pourquoi avoir, dès le départ, travaillé sur ce thème ? Je ne sais pas s’y je m’y oppose, en tout cas c’est quelque chose qui s’est imposé, au fur et à mesure de ce que je faisais, comme ça l’air de rien. C’est peut être une façon d’attirer l’attention sur le fait que rien n’est jamais vraiment ce que ça a l’air d’être !

Pourquoi avoir choisi le dessin et non l’accro-gym pour t’exprimer ?

 Parce que j’ai de mauvais genoux.

 Tu as étudié aux Beaux-Arts, en quoi cela a influencé ton processus créatif ?

 Disons que ça a surtout rendu les choses intéressantes. C’est vrai que c’est une école du regard, de la construction du regard. La décomposition des images se fait ensuite automatiquement, que ce soit en regardant un film ou en attendant le bus. On “lit” ce qui est devant soi avec une/les méthode(s) qu’on a édifié. 
 On sent que les collaborations sont au cœur de ton travail, c’est une vraie démarche ou un simple jeu de hasard ?
 Olivier Borde ou Marisol sont avant tout des amis. Donc on a une sensibilité commune, même si elle diffère chez chacun de nous. Les collaborations sont importantes, oui, parce que ça ré-active un processus créatif en le dérangeant. Du coup on en sort jamais indemne, on garde toujours un petit peu du regard de l’autre avec soi. Pour les choses plus massives, comme la fondation d’entreprise Hermès, l’intérêt est de se frotter à des dimensions plus institutionnelles, les regards et les besoins sont différents. On apprend la “langue” de la maison, on découvre d’autres aspects, une exigence de

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savoir-faire... et une certaine humilité. Avec mon éditeur, c’est encore une autre histoire, les échanges portent sur la faisabilité, mais aussi l’aspect commercial des choses proposées... même si Sheila, mon éditrice, a beaucoup d’humour et est toujours plutôt partante pour des choses un peu décalées...
 Considères-tu que Paris soit une ville inspirante, invitant à la création?

 Ha ! Je ne sais pas, je ne crois pas. Je n’ai pas l’impression que le fait d’habiter Paris change quelque chose à ce que je dessine

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ou comment je le dessine. Finalement ce n’est qu’une situation géographique, hein... Ceci dit si la question porte plus sur les multiples opportunités de voir des choses aussi différentes qu’une expo de miniatures en cheveux un jour et le musée du yaourt le lendemain... Je pense qu’internet a aboli cette notion de “lieu d’infinis possibles”. On peut finalement tout voir par internet, peu importe où on se trouve. Tout voir et rien voir en même temps.




Papier peint « English Flowers and Bugs », dessin au bic bleu par Philippe Dufour-Loriolle (info@soonsalon.com)


Le fait d’habiter le quartier Saint Germain ne te fait-il pas sentir prisonnier de la violence et notamment des combats de rue qui le rythment le soir venu ?

 Ouais, la Tod’s vole bas, il faut faire très attention ! Sinon c’est plutôt très agréable comme endroit. J’aime bien l’idée de vivre dans une carte postale. C’est un sentiment plutôt souriant.

 Pourrais-tu nous décrire ta journée type à Paris et nous donner tes meilleures adresses ?

 Pour des raisons évidentes de pur égoïsme qui fait que je les garde pour moi, je ne donnerai pas les meilleures, mais celles qui viennent juste après. Voici donc ma sélection des meilleures adresses de second choix :
Un restaurant il y en a un minuscule et délicieux, place du marché St Germain, mais je te parlerai plutôt de Marilou, rue Marie Louise dans le 10ème. On y mange bien, le cadre est chouette et le personnel agréable.
Un bar : En ce qui concerne les bars, je milite pour celui du quartier, en descendant, là, à droite : n’importe lequel (pourvu que le vin ne soit pas trop dégueulasse). Sinon je vais très souvent au plus anodin des bars de la rue de Bretagne, ou celui du carreau du Temple. Ils y sont très gentils. L’inverse est ultra rédhibitoire... Au premier signe de prétention de la part d’un serveur ou d’un patron, je me barre. Il faudrait quand même que les gens se rendent compte que c’est très plouc, la prétention.
Un quartier : il est suffisamment vaste pour ne pas faire l’égoïste : le mien.
Un parc : n’importe lequel où on peut s’allonger sur la pelouse. 
 Que penses-tu du débat actuel sur le mariage pour tous, penses-tu que c’est la voie ouverte à la zoophilie ?


 Outre ma stupéfaction liée à l’homophobie ambiante, et même (surtout?) celle “de bonne foi” (comme dans “Je n’ai rien contre les gays, j’ai même plein d’amis gays, mais je ne les crois pas capables d’élever des enfants”), c’est l’incohérence des propos de fond qui me pose problème. Le mariage est une institution républicaine, en ce sens l’État se doit de légiférer sur les faits, sur la réalité des citoyens d’aujourd’hui : certains sont homosexuels, certains fondent une famille (qui, non non, n’est pas un concept fermé) et ont des enfants. C’est une réalité, un état de fait. Le rôle de l’État est de mettre un cadre légal sur ça. La religion a tout à fait le droit de faire de la discrimination selon ses dogmes, c’est même là-dessus que la plupart d’entre elles sont fondées. Mais la république n’a pas à suivre ces préceptes. Elle n’a pas non plus à écouter les avis et opinions des mouvements cathos intégristes ou traditionalistes, elle n’a pas à attendre leur “autorisation” pour avancer. Tout comme les homosexuels se foutent de savoir ce que Christine ou Frigide pensent de leur vie, de leurs mœurs. Par ailleurs, elles sont les premières à hurler que l’on bafoue la république en imposant une loi. Or cette loi est votée par une assemblée et un sénat eux-mêmes élus par ce “peuple de France” dont elles se prétendent les

porte-paroles. Malheureusement cette loi ne leur convient pas, donc elles s’insurgent et appellent à la “guerre civile” et au sang!... Elles veulent donc une démocratie “à la carte”, une démocratie assujettie à leurs seules idées. C’est incohérent, stupide et dangereux... Ce sont les mêmes types de personnes qui manifestaient en d’autres temps contre l’IVG, les mariages mixtes... Le temps les remettra à leur place. Je ne voudrais pas être à la leur.


 Si tu possédais un compte en Suisse, comment serait composée ton enveloppe « hobbies » de vie ?
 Une ardoise illimitée dans les meilleurs restaurants italiens et les meilleures librairies, une autre chez Air France... Surprise ! Je pensais que tu allais glisser une carte illimitée chez tes créateurs et dans tes boutiques préférées. Tu as un style bien à toi, d’ailleurs comment l’envisages-tu au quotidien ? Quels conseils pourrais-tu donner à nos lecteurs et lectrices ? Ah ! Longtemps je me suis habillé “comme un accident de voiture”... Maintenant j’y fais moins attention. Je conserve juste un petit snobisme, celui de toujours avoir un vêtement troué ou taché sur moi. Un pantalon, un pull, une chemise, un bonnet... peu importe. J’aime beaucoup l’idée d’un col de chemise élimé sur une veste de costume impeccable. Le “grain de sable”, peut-être, encore une fois. Un conseil ? Hmm, je me méfie des conseilleurs, je ne voudrais pas en devenir un moi-même. Je dis souvent que l’élégance vient souvent avec un certain sens de l’humour, un léger décalage... Si ça peut inspirer quelqu’un, tant mieux ! Avant de partir, je remarque tu es incroyablement en forme, quel est ton secret forme et bien-être ? Tous les matins je caresse un petit mouton mort, ça me met en forme pour la journée. Propos recueillis par Antoine Bertoni

Retrouvez le travail de Philippe Dufour-Loriolle sur : Site : www.summerkisses.fr Facebook page : Summer Kisses Winter Tears Tiles available at : http://store.soonsalon.com/collections/tiles

Céramique Fait-main, illustration Philippe Dufour-Loriolle, 14x10cm, 29,95 euros, www.soonsalon.com

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SHOPPING INVITÉE À UN MARIAGE, JE METS QUOI ?

Entre le bannissement du blanc, l’interdiction d’être aussi jolie que la mariée et le code couleur parfois très enquiquinant, trouver sa tenue quand on est invitée à un mariage n’est pas chose aisée. Pour ne pas que l’approche de la fête soit ruinée par le stress de l’outfit qui déchire sa maman sans faire de l’ombre à celle qui brillera de mille feux dans sa robe blanche, voici quelques idées toutes simples et pourtant bien sympatoches ! Fuire le classique gnan gnan et un poil chiant Que le mariage soit guindé ou pas, qui nous oblige à porter la petite robe en satin de soie bleu ciel qu’on n’aura jamais l’occasion de remettre ? Rien. Si ce n’est un code qui n’a nulle trace écrite mais qui perdure grâce aux dires des uns et des autres. Si la tradition était de mise au siècle dernier, ce n’est heureusement plus le cas, alors lâchons-nous !

Borsalino Asos

Pochette Delphine Conty

Collier Topshop

Laisser le chapeau au placard Les coiffes colorées et volumineuses, c’est bien connu, ça ne va qu’aux princesses, c’est encombrant, ça tient chaud et c’est surtout d’un autre temps. On préfère un borsalino en paille si on veut vraiment mettre quelque chose sur sa tête... Chaussures Florence

Oublier les talons aiguilles Se pointer n’importe où (sauf en pleine nature) avec des talons de 12, y’a pas à dire, ça a de la gueule. Danser jusqu’au petit matin avec, c’est carrément casse-gueule. On opte alors plutôt pour des talons épais, stables et pas plus haut que 8 cm, histoire de finir la nuit sans les pieds en compote ayant urgemment besoin d’un bain bien froid. Penser aux mouvements Dans la suite des talons aiguilles à proscrire, on oublie la robe cintrée qui oblige à rester clouée à son siège toute la soirée. On pense alors jupe fluide qui facilite les mouvements sur le dancefloor. Les tops trop (décolletés, serrés...) sont aussi à remiser dans son dressing : on veut pouvoir applaudir, lever les bras et s’accrocher à la rampe si toutefois il faut monter des escaliers pour aller se coucher avec un bon coup dans le nez.

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Ringardiser le châle Qui dit mariage ne dit pas nécessairement beau temps. Le soleil, qu’il y ait échange d’alliances ou pas, fait bien ce qu’il veut. Il peut alors faire froid, voire super froid. Pour ne pas trembler en pestant contre la longueur de la cérémonie, il existe des solutions élégantes et tendances sans passer par le châle ! Le perfecto existe dans toutes les couleurs, avec des formes plus ou moins courtes et plus ou moins bikeuses, bref chacune peut trouver son bonheur sans forcément chevaucher une Harley. Pour celles qui préfèrent un look un peu plus soft, la veste en tweed reste intemporelle et parfaite en toute circonstance !

Chemise Sinequanone

Préférer le naturel S’acheter une tenue spéciale pour une occasion spéciale, ça a du sens. Attention cependant à la tentation de la tenue jolie, certes, mais immettable au quotidien : avant de craquer, il faut penser à l’avenir de l’outfit. Veut-il finir sa vie au fond d’un placard ? Non. On lui offre une vie de voyages, on le met au bureau, pour faire du shopping et aller à un rencard !

Veste Bel Air

Il faut savoir aborder le faire-part de mariage avec amusement : la bonne nouvelle de l’union doit se doubler d’une folle envie de s’éclater avec son dressing !

Malou Cheveux Courts

Jupe Topshop 85


SONIA ROLLAND PHOTO AMEL KERKENI STYLISME TROUVAILLES CHICS MAKE-UP/HAIR OPHÉLIE SECQ ASSISTANT ROMAIN ROSA LIEU HÔTEL LA BELLE JULIETTE

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Pull et collier H&M, pantalon cuir et chaussures Lyubov

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Top et collier rose H&M, jupe cuir American Retro, gourmettes FĂŠlicie Aussi chez Le corner des crĂŠateurs

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Blouson Heimstone et collier H&M

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Robe en cuir Lyubov, manchette Dear Charlotte 94


INTERVIEW SONIA ROLLAND C’est dans le très bel hôtel La Belle Juliette que nous avions donné rendez-vous à Sonia Rolland. C’est une femme généreuse, spontanée, touchante et sublime qui s’est présentée à nous. Cette ancienne Miss France, aujourd’hui actrice et femme de cœur a accepté de nous parler de ses projets cinéma, mais également de son association Maïsha Africa. Sonia Rolland s’est aussi livrée à nos traditionnelles questions mode. Retrouvez donc la belle dans une interview sans langue de bois ! Le 17 avril, tu seras à l’affiche de « Désordres » d’Etienne Faure, un film très fort et saisissant, comment en es-tu arrivé à jouer ce rôle ? J’ai passé un casting il y a environ 4 ans puisque le film a mis du temps à se monter en fait. Etienne Faure s’en tenait à des choix bien personnels qui n’avaient rien à voir avec l’attente des producteurs et des distributeurs. Visiblement j’étais son choix de départ. Il a été un peu contraint donc par les producteurs de trouver des acteurs qui font un peu plus partie du paysage du cinéma français. Finalement, il est revenu à son choix de départ. Je lui ai dit « Tu es vraiment sûr, tu n’as pas peur de compromettre la sortie de ton film ? ». Il m’a dit « Je m’en fiche, il me faut du sang frais. Il y en a marre du conformisme au cinéma. Le choix des acteurs c’est de l’audace ». Je suis partie en mission avec lui. Quand on se lance dans ce genre de choix, on ne sait pas trop où on va, mais finalement je suis très satisfaite et je n’ai pas à rougir de ce projet. Il est peut être fait sans trop de moyens, mais cela ne veut rien dire car il y a de très beaux films qui ont été fait sans moyens. Après c’est aussi la participation des techniciens, des acteurs. J’en suis très fière en fait ! Dans le film tu passes par des émotions très différentes, quelle a été la scène la plus dure à tourner pour toi ? Il s’agit d’une scène avec Niels Schneider où je n’arrive plus à le cerner et où je ne sais plus ce que devient ce personnage. Marie, le personnage que j’interprète, est clairement amoureuse de ce jeune homme, elle en est même possédée. Elle se rend compte qu’elle est en train de sombrer, mais bizarrement il lui faut encore des réponses à ses questions. Pourtant les choses sont claires : il y a clairement quelque chose qui ne va pas. Elle veut quand même le comprendre. Cette scène là est vraiment très bien. Je me souviens comment on l’a tournée. On ne comprenait pas vraiment ce que voulait Etienne Faure car il nous la faisait faire et refaire, encore et encore. Puis il a décidé de jouer avec les silences,

il y a des moments où on parle mais on ne nous voit pas parler. Du coup cela crée un trouble. On serait tous troublé par cette situation quand une personne vous torture l’esprit. C’est un jeu psychologique auquel mon personnage se laisse malheureusement avoir. Et concernant le meilleur souvenir du tournage aux côtés d’Isaach De Bankolé et Niels Schneider entre autres ? En fait je ne suis pas sûre qu’on garde forcément un meilleur souvenir. Ce qui est sûr c’est qu’on garde des souvenirs du tournage. A chaque fois qu’on réussit quelque chose cela reste un bon souvenir, du coup j’en ai une multitude. Ces scènes qui n’étaient pas forcément évidentes, des scènes périlleuses, mais également celle avec mon fils dans le film. C’est une scène qui dure très longtemps en émotion et elle est très éprouvante. On en ressort limite soulagée d’avoir réussi à la faire. C’est le genre de scène que tu ne peux pas mettre au montage si c’est loupé. Mais là je suis contente car elle est réussie. Côté cinéma, quels sont tes projets aujourd’hui ? Il y a « Quai d’Orsay » avec Bertrand Tavernier que j’ai déjà tourné en fait. C’est un peu anecdotique car je viens là en guest, mais je joue une élue de l’Assemblée qui va piocher des idées chez les communistes pour élaborer des textes du cabinet, donc de la droite. Elle use un peu de ses charmes, de son bagout. C’est un personnage assez drôle. J’ai également fait un autre guest car je ne veux pas me lancer dans la série trop rapidement. Je suis en train d’en écrire deux pour le coup avec deux auteurs. Pour revenir dans une série, je me suis dit qu’il fallait que je revienne avec un truc très fort. Arriver dans une série qui existe déjà avec une équipe qui est déjà faite ça ne m’intéresse pas en fait. Pas par snobisme, mais je pense que je peux mieux offrir. Au mois de juillet, je dois tourner dans un film italien et donc en italien. C’est donc le deuxième gros challenge de l’année. J’ai des notions d’italien, mais là ça va être vraiment un rôle complet dans la langue. Je joue le rôle 95


d’une immigrée. Puis, une chose qui va être critiquable encore. Je vais réaliser un court métrage qui a été envoyé au CNC de Bourgogne. C’est un film sur des adolescents qui vivent dans l’absence de leur mère. On découvre au fur et à mesure que leur mère a repris ses études très loin et qu’elle est obligée de les garder dans le secret pour ne pas se faire enlever ses enfants par les services sociaux. Cela fait quatre ans que je l’ai écrit et je suis contente que cela se réalise enfin. Il s’appelle « Une vie ordinaire ». Outre ta carrière d’actrice, tu es une femme de cœur. Tu as créé ton association Maïsha Africa en 2001. Où en sont les actions aujourd’hui ? C’est une association qui vient en aide aux enfants orphelins du génocide rwandais. On les appelle « enfants vulnérables », ils le sont forcément puisqu’ils ont perdu leurs parents, leur structure. Après le génocide, des maisons avait été créées pour reloger ces enfants même si on ne savait pas à quelle famille ils appartenaient. Ca a donc été fait dans la précipitation. Du coup, quand on est arrivé là-bas 10 ans après, les maisons tombaient en ruine. On a rencontré ces jeunes qui ont formé des cellules familiales. J’appelais ça le phénomène Peter Pan. Ce sont des jeunes qui se regroupaient sans l’aide des adultes. La seule aide était celle de l’État, mais avec les moyens qu’il avait. Nous on s’est chargé de reconstruire certaines de ces maisons. Cette année en juin je vais poser la première pierre d’une maternelle dans un groupe scolaire qu’on va financer. C’est vraiment une belle mission. On a réussi grâce à une vente de vins à Nuits-Saint-Georges à récolter 31400 euros. Malgré cela, j’aimerais que les industriels nous aident pour apporter une pièce au puzzle. Tu participes également à l’activité d’autres associations. On peut dire de toi que tu es une femme engagée ? Oui, je me considère avant tout comme une citoyenne qui s’intéresse à la société dans laquelle elle vit. J’ai 32 ans maintenant. Je suis une mère active de deux enfants. Je m’intéresse forcément à leur activité scolaire donc à la vie en communauté. Je participe aux débats sociaux. Par exemple, le sujet qui me passionne ces temps-ci c’est la diversité. Il y aussi l’homoparentalité, le mariage pour tous. Je ne comprends pas qu’on en soit encore à débattre de ce genre de choses à notre époque. Je pensais que notre société était quand même plus évoluée. Finalement on remarque qu’il y a un retour en arrière concernant certaines choses que l’on pensait réglées. Malheureusement, c’est un tout. On vit une énorme crise donc les gens se replient sur eux mêmes. Ils veulent forcément appartenir à des petits groupes de pensée unique. L’effet mouton est encore trop présent et c’est terrible. Concernant la diversité, on a poussé un coup de gueule dernièrement contre une marque qui a lancé un modèle de bijou qu’il a appelé «style esclave» comme si l’esclavage devenait un style de mode. Moi je dis que non et il fallait monter au créneau. On ne peut 96

pas être que dans la réaction, je me suis dit qu’il fallait proposer quelque chose à cette industrie de la mode. J’adore ce qu’elle propose, mais elle ne peut pas se dire que tout est possible. Il faudrait qu’il y ait davantage de diversité dans la mode, même si elle fait quelques efforts aujourd’hui. On voit un peu plus de personnes de couleurs en couverture de magazine. Née au Rwanda, tu connais le succès en France depuis des années. C’est donc important pour toi de te rappeler d’où tu viens ? Très clairement, pour ne pas prendre la grosse tête, j’ai une armée de personnes autour de moi car j’ai toute ma famille qui est là. Elle sait me faire revenir sur terre quand il y a un truc qui ne va pas. Puis je suis très attachée à ma culture donc je suis très structurée grâce aux personnes qui m’entourent. En plus je suis maman donc je dois veiller au grain. Il y a un autre aspect. Le Rwanda je l’ai quitté de force. Je ne suis pas venue en France pour vivre le rêve européen. Quand on est arrivé ici ce n’était pas très joyeux. J’ai appris à aimer le pays qui m’accueillait et j’ai appris à le comprendre. J’ai aussi été souvent contrainte par le regard de l’autre. Quand je suis arrivée en Bourgogne, j’étais dans une ville de 5000 habitants. On était la seule famille de noirs donc on a vécu le racisme. Mais c’était un racisme plus de l’ordre de la peur, de la crainte de l’autre. Un racisme que l’on peut parfois tolérer car on peut éduquer cette forme de racisme. Du coup ces genslà sont aussi ceux qui m’ont supportée quand je suis devenue Miss Bourgogne, puis Miss France. La France n’est donc pas raciste, mais elle est soumise à une élite, une minorité de personnes, qui se permet parce qu’elle a le pouvoir de parler, de véhiculer des choses horribles sur une autre minorité de personnes. Ces personneslà sont par la force des choses dans des ghettos. On tient un discours terrible sur ces gens-là. Du coup les personnes qui ne sont pas confrontées à ça se disent « C’est forcément de leur faute s’il y a le chômage, le désordre public ». Ce n’est pas la réalité de notre pays, mais malheureusement cette élite fait du buzz. En 2007, tu as raconté ton histoire dans le livre « Les gazelles n’ont pas peur du noir ». Ce projet était il un passage obligatoire pour toi ? En fait, j’ai toujours beaucoup de mal à parler de mon expérience car ce n’est pas une expérience très joyeuse. L’arrivée en France, le fait de partir du Rwanda, quitter ce qu’on aime. Je suis très clairement métisse, je vis très bien ma double culture. C’est ce qui me permet aujourd’hui d’avoir un regard un peu tranché sur l’une ou l’autre de mes cultures. Ce témoignage c’était surtout parce que je croisais beaucoup de jeunes, qui, quand ils me voyaient intervenir sur les émissions me disaient « Tu as de la chance, c’est grâce à Miss France ». J’avais envie de dire que tout cela ce n’est pas que grâce à Miss France. Ca a été une vraie opportunité pour moi d’exister, mais il fallait pouvoir rebondir. Ce n’est pas toujours évident quand on a une image aussi forte que celle de Miss France. Il


faut pouvoir s’en défaire, notamment quand on veut faire un métier comme celui que j’ai choisi : être comédienne. J’avais envie de raconter mon parcours pour dire que je revenais de loin et que je ne suis pas arrivée comme ça. Je ne suis pas née Miss France avec une couronne sur la tête. Visiblement ça a intéressé pas mal de monde puisqu’il a été épuisé. Tu as été une reine de beauté en France, est-ce que la mode est importante pour toi ? J’adore ça, mais l’effet mouton dans la mode je n’adhère pas. Dire que cette année la tendance est aux rayures ou au noir et blanc… Je veux dire que la mode c’est bien, mais il faut savoir créer sa propre personnalité. Nous on est de vraies cibles notamment sur les tapis rouges. Si on n’a pas la tendance du moment, on se fait mitrailler par les critiques. Mais cela reste un art de vivre, d’exister. Un art de tout et notamment de se distinguer. Quel est selon toi le meilleur conseil mode pour se sentir sûre de soi en toutes circonstances ? Justement, je dirai qu’il ne faut pas suivre les tendances et suivre son propre instinct. Il ne faut pas tomber dans le piège de ce que j’appelle « l’effet mouton modeux ». Tu sais exactement ce qui te va donc on ne peut pas tout mettre. J’admire les gens qui suivent la mode car il faut avoir un sacré compte en banque d’ailleurs. Il y a plein de marques et d’enseignes qui proposent des vêtements stylés et pas trop chers donc il ne faut pas tomber dans le piège de l’effet mouton. Quelle est la pièce indispensable dans ta garderobe ? Je l’amène partout ! C’est une veste de chez Martin Margiela que je mets dans toutes circonstances. C’est une veste grise un peu masculine qui tombe droit, sans forme, juste avec des épaules assez larges car on a tendance à critiquer le fait que je sois menue. Je trouve que non d’ailleurs. C’est le genre de veste qui donne une silhouette assez sympa et j’aime bien les vestes d’hommes. Je pique souvent les chemises de mon mec. Je me fais critiquer par mon entourage qui me dit de jouer la carte féminine maintenant que je suis en promo. Mais pour moi on peut être masculine tout en restant sexy. Du coup j’essaye de temps en temps. Après sur le tapis rouge, je peux être ultra-glamour. Un dernier mot pour nos lecteurs ? En fait j’adore votre magazine car il n’y a rien de prétentieux dedans donc je leur conseille de continuer à le suivre. Propos recueillis par Kévin Mesa

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HOMME, FEMME, MARIAGE POUR TOUS … SAUF POUR MOI !

Enfin ! Le Mariage pour Tous est adopté par les députés en France, le 23 avril 2013. Une belle victoire ! Je ne tiens pas à relancer la polémique du « pour ou contre » et le débat sur l’homophobie, je tiens seulement à souligner que l’idée du mariage est un combat qui nous concerne tous.

l’idée d’un divorce éventuel ? On se retrouve dans le schéma « Barbie divorce et touche le jackpot », emportant sur son passage enfants, voiture, et conservant la jouissance de la maison « meublée », avec en prime un versement mensuel de la pension alimentaire. Oups ! Allo docteur, non mais allo quoi !

A l’heure où tant d’hommes et de femmes se réjouissent de pouvoir clamer haut et fort leur amour en l’officialisant prochainement, devant Monsieur le Maire, je n’éprouve que dépit et jalousie. Je m’explique…

Allez, je vais être honnête avec vous ! Oui, il m’a demandé en mariage une fois (pas deux !). Je vous plante la scène ?... Dîner en tête à tête bien arrosé, nuit d’amour dans notre chambre éclairée par de multiples bougies, confidences sur l’oreiller… et là… la question inattendue … « Accepterais-tu d’être ma

Durant des années, j’ai revendiqué mon indépendance et mon refus de rentrer dans la case « femme de … ». Traduction personnelle : je n’appartiens à personne ! Je t’aime, tu m’aimes = Restons-en là ! Au fil du temps se dessine néanmoins ce désir d’enfant, alors on imagine ce petit être, fruit de notre amour. Il ressemblerait forcément à « nous » et porterait les traits de caractère de l’un et l’autre. Pour franchir cette étape, j’ai dû me montrer persuasive et tenace car si la femme développe très vite la fibre maternelle, l’homme se contente très facilement du « toi et moi », de ses sorties entre potes et de ses entraînements sportifs hebdomadaires. Il m’aura fallu des années pour convaincre mon homme qu’il était temps de construire une famille ; mon horloge biologique atteignant l’aube du non-retour. Les années passent… Nous sommes pacsés… Enfant, maison, jardin, chat et poissons rouges… Nous avons tout pour être heureux en dehors d’une chose qui me tient aujourd’hui à cœur… Nous ne sommes pas mariés ! Qui de l’homme ou de la femme serait le plus réticent au mariage ? Pourquoi la notion de mariage vous évoque- t-elle systématiquement

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MODE D’EMPLOI ! femme ? » Séquence émotion durant laquelle je réponds « oui » à plusieurs reprises tout en l’embrassant. Pas facile alors de trouver le sommeil sous ce flux d’excitation à l’idée de devoir organiser notre union ! Dans le genre action/réaction, j’étais au taquet ! Au matin, je me lève en chantonnant tout en préparant le petit déjeuner. Il se lève enfin et je me retrouve face à mon futur mari qui s’étonne de me voir si souriante ce matin (il est vrai qu’habituellement, pas facile de me décrocher quoi que ce soit avant mon café). Je relance alors le thème abordé la veille et les mots qui me parviennent me font l’effet d’une douche froide… « Tu as cru à ma demande de mariage ? Non !!! Je voulais juste m’assurer que tu m’aimais… Mais enfin chérie, tu me connais ! Toi-même tu rejettes cette idée ! ». OK j’avoue, ça fait mal, très très mal même et pire encore, tu t’avoues enfin ne pas être plus costaude et plus indépendante que n’importe quelle femme ! Mais, je n’ai jamais lâché l’affaire…

Nous avions projeté de faire une grande fête pour nos 40 ans, avec famille et amis. Etant en charge de l’organisation, j’avais fait confectionné une pièce montée, commandé une fontaine de champagne et acheté une jarretière que je fis porter à mon homme ce soir-là. Nos invités furent surpris de la tournure de la fête et ne savaient plus vraiment s’il s’agissait d’un anniversaire ou d’un mariage, d’autant plus que nous étions tous les deux vêtus de blanc. Il s’est laissé prendre au jeu et l’émotion fut au rendez-vous. Je lui ai également offert, à l’occasion d’un Noël, une alliance en lui demandant de m’épouser… Il enfila la bague qu’il n’a jamais quittée et sa réponse fut une fois de plus « non ». Récemment, nous sommes partis à Puerto Plata avec un couple d’amis. L’hôtel où nous séjournions organisait des mariages à la carte, pour les couples de toute nationalité. Une lueur d’espoir m’animait à nouveau ! Il nous fallait réunir les documents officiels, les faire traduire en espagnol et les apostiller. Un mariage sur la plage en République Dominicaine… So Romantic ! Il n’était pas contre (ouf !) mais à la question « Ce mariage est-il reconnu en France ? » je répondis « Oui » et mon plan capota une fois de plus… Alors que je m’entretenais à ce sujet avec un ami de longue date, très concerné par le Mariage pour Tous, et qui ne comprend pas vraiment toutes les réticences de mon homme au bout de 20 ans d’union (moi non plus d’ailleurs…), il lui vint une idée folle et drôle à la fois - Ma chérie, ton mariage tu l’auras, je te le promets ! Lorsque nous nous marierons avec Vincent, tu porteras une robe blanche et tu te glisseras entre nous deux devant Monsieur le Maire. Je pense que la célébration en perturbera plus d’un, mais on ne sera pas prêt de l’oublier… So cute mes amis ! Mais que ferais-je de deux hommes supplémentaires alors que j’ai le mien ? Bon les filles, il serait peut-être temps de savoir ce que vous voulez, non ????

Amelle H.

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SHOPPING HIPSTERISE-TOI par Enrique Lemercier Ah les hipsters, ce phénomène aussi décrié qu’adulé... Saviez-vous que le terme « hipster » vient des années 1940 et désignait à l’époque les amateurs de jazz et de bebop ? Bizarrement, on a du mal à imaginer nos hispsters actuels en train d’écouter ce type de musique ! La définition du mot hispter a en effet bien évolué depuis, au risque même de perdre son sens initial. L’expression désigne désormais toute personne qui ose un minimum d’un point de vue vestimentaire. Tenues décalées, pièces vintage, tatouages, casquette, moustache, barbe non plus de 3 jours mais de 3 mois, bref, un hipster c’est un peu tout et n’importe quoi maintenant. Mais ce qui est sûr, c’est que même si ce mouvement est critiqué et va sûrement disparaître rapidement puisqu’il est devenu désormais tendance (et va donc contre l’essence même de sa définition initiale), il aura au moins eu l’avantage de démocratiser une mode originale et de nous éloigner quelque peu du classicisme à la parisienne. Messieurs, c’est donc pour cela que je vous ai préparé une sélection comprenant huit pièces pour hispsteriser votre dressing ! A noter tout de même qu’on évitera l’accumulation de plusieurs pièces de ce genre dans une seule et même tenue, au risque de devenir plus ridicule qu’autre chose !

Sac banane COACH, Thompson Leather Colorblock City Pack, 295 €

Chemise AMI sur mrporter.com, 185 €

Collier lion MOM SAID NO sur marketplace.asos.com, 10,16 €

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Tennis à imprimé bananes ASOS, 23,86 €

Sweat à fleurs ZARA, 39,95 €

Short BEAMS PLUS sur mrporter.com, 180 €

Casquette VANS sur asos.com, 33,14 €

Lunettes de soleil SPITFIRE sur asos.com, 23,86 € 101


AUDREY LAMY PHOTO MATTHIEU DORTOMB MAKE-UP/HAIR FÉLIX PUGET STYLISTE TROUVAILLES CHICS RÉALISATION ENRIQUE LEMERCIER

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Blouson Bernhard Willhelm, gourmette FĂŠlicie Aussi chez Le corner des crĂŠateurs

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Top Alexander Wang chez Colette, pantalon American Retro, bagues et bracelets Mademoiselle Pierre, gourmette FĂŠlicie Aussi chez Le corner des crĂŠateurs, collier H&M, manchette Mirit Weinstock chez Colette

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Sweat Alexis Mabille, bracelet Mademoiselle Pierre

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Chemise Ground Zero

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Tee-shirt Blackchapel, jupe Raphaëlle H’limi, bracelet, collier et bagues Mademoiselle Pierre, collier morue Félicie Aussi chez Le corner des créateurs, bracelet cristaux Swarovski Shourouk chez Colette

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Perfecto et Tee-shirt IRO, pantalon vintage, collier Venessa Arizaga chez Colette, bague Mademoiselle Pierre

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Chemise et veste American Retro, colliers Mademoiselle Pierre

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INTERVIEW AUDREY LAMY Audrey Lamy est une comédienne et humoriste qui monte en France depuis déjà quelques années maintenant. Ce qui la caractérise avant tout c’est sa fraîcheur et son second degrés qui ont fait d’elle une artiste accomplie aujourd’hui. Pas étonnant de la retrouver en couverture de ce 15ème numéro de Pose Mag. De « Tout ce qui brille » à son spectacle « Dernières avant Vegas », en passant par « Scènes de ménages », elle se livre pour nous en toute sincérité. Tu as été à l’affiche de l’Olympia du 18 au 20 avril avec ton spectacle « Dernières avant Vegas ». Les critiques presse et spectateurs ont été très bonnes. Est-ce que ces trois dates ont marqué l’aboutissement de ta tournée ? C’est exactement ça. C’est la fin de trois ans et demi d’exploitation de ce spectacle qui s’arrête au mois d’avril. C’est toujours difficile à dire et on se dit « Oh, il y aura peut être une date qui s’ajoutera comme ça ». Mais pour le moment ça devrait être la fin, et peut être le commencement d’un deuxième spectacle. On n’en est pas là. C’est la fin de trois ans de travail, de réécriture car avec mon metteur en scène on s’est toujours amusé à réécrire pour venir rajouter des sketchs. Pour l’Olympia, on n’a pas changé le spectacle évidemment, mais on a rajouté plein de petites surprises pour ceux qui reviennent et pour nous, pour ne pas s’ennuyer. Au final c’est trois ans, mais j’ai l’impression qu’à chaque fois je fais un nouveau spectacle parce que je me mets la pression sur des sketchs nouveaux ou sur des choses que l’on a créé pour une nouvelle date. Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, de quoi parle « Dernières avant Vegas » ? C’est une jeune fille qui vient raconter ses aventures avec son copain, ses souvenirs de sa mère hystérique quand elle reçoit son bulletin scolaire… Elle va nous confier une partie de sa vie. Ce que c’est de vivre avec elle quand elle est jalouse, ce que c’est de retrouver une vieille amie sur Facebook. Ce ne sont que des personnages que l’on a créés et on s’est amusé à tisser une histoire. Ce sont plein de situations absurdes que l’on a tous pu vivre, mais on pousse les choses pour que ce soit drôle et que ça devienne complètement barré. La mise en scène est signé Alex Lutz, quel rapport entretiens-tu avec lui ? Avec Alex, c’est assez chouette car c’est rare de trouver un vrai binôme, notamment dans le one man show car c’est une écriture, un univers qui n’appartient qu’à nous.

J’en avais marre d’être seule chez moi, j’avais écrit quelques sketchs déjà. Je mettais une caméra dans ma cuisine et je me faisais des scènes, des improvisations, je me mettais des thèmes. Comme je ne sais pas écrire sur un ordinateur comme un vrai auteur, ce que je ne suis pas, et bien je jouais des scènes à l’improvisation et je les notais. Quand j’en ai eu marre d’être seule, nos chemins avec Alex se sont croisés pile au bon moment. Il cherchait une nana à mettre en scène et moi je cherchais un autre regard pour me dire si j’étais dans la bonne voie ou pas du tout. Ca l’a fait tout de suite car on a un peu le même humour et on avait envie de raconter les mêmes choses. On a fini l’écriture du spectacle ensemble. Et Vegas alors, c’est pour quand ? Vegas, c’était l’année dernière pendant les vacances. Je n’ai pas joué là bas, mais je suis allé voir des spectacles en revanche. Tu es actrice à la télévision et au cinéma, humoriste, tu fais des doublages pour le cinéma. On peut dire que tu es une artiste accomplie. Quelle est la prochaine étape pour toi ? Franchement, je ne sais pas du tout. Il n’y a rien de calculé là dedans. Je me laisse porter par les bons projets que l’on me propose : de belles histoires, de beaux scénarios, des partenaires avec qui j’ai envie de joué. Ce n’est pas moi qui décide non plus en fait. Quand on est comédien on est déjà stressé, alors si on commence à se demander ce que l’on va faire dans trois mois c’est d’autant plus angoissant. Alors je n’y pense pas et je prends les choses comme elles viennent. On va bientôt te voir dans le rôle de la sœur tyrannique de Belle dans le film « La Belle et la Bête » de Christophe Gans. C’est un personnage assez différent de ce que tu as pu jouer auparavant. Qu’est-ce qui t’a poussé à accepter le rôle ? Déjà ce qui était génial c’est que j’avais une robe d’époque, une perruque, des anglaises. C’est sûr que 115


c’est très différent de mon personnage dans « Scènes de ménages », même si j’ai un rôle qui reste tout de même dans la comédie. Moi je suis un peu comme une sœur de Cendrillon, en plus moderne, mais c’est un peu le style. Avec la deuxième sœur, on est l’élément comique du film, ce qui ne me dérange pas du tout. C’était génial à jouer car c’était une autre expérience avec des décors énormes et hallucinants. Les mecs ils font ça en très peu de temps, alors que toi tu mets un an à construire ta maison. Evidemment c’est en carton, mais c’est dingue ! Tu prêtes ta voix à un personnage du deuxième volet de « Moi, moche et méchant ». Qu’est ce que tu aimes dans le doublage ? J’adore. J’ai fait pas mal de doublage quand je prenais des cours de théâtre. Cela me permettait de gagner un peu d’argent sans trop m’éloigner de la comédie. Je pouvais avoir un texte, m’adapter et interpréter des personnages. C’est un super exercice parce que tu n’es pas libre, mais tu dois tout de même apporter ta touche personnelle. Le rôle que j’ai est super et tu peux vraiment t’amuser avec ta voix lors d’un tel exercice. Depuis tes débuts, tu joues avec de grands acteurs et actrices du cinéma français. A qui rêves-tu de donner la réplique ? Il y en a vraiment beaucoup. Michel Blanc, Alain Chabat, François Cluzet. Comme on parlait de one man show, après il y a de vrais coups de cœur comme Muriel Robin et Julie Ferrier. J’aimerai jouer avec plein de personnes, mais avec qui j’ai déjà travaillé. Par exemple, j’adorerai travailler de nouveau avec Géraldine Nakache, avec Sandrine Kiberlain, avec Maïwenn. Qu’avec des gens bons et sympas en fait ! Quel serait le rôle que tu aimerais absolument qu’on te propose un jour ? Je ne dirai pas le rôle, mais le scénario car c’est ça que tu acceptes en fait en fonction de l’histoire qu’il raconte. On rêve tous surtout de ne pas faire la même chose. On veut que ça raconte plein de choses comme « Tout ce qui brille » où s’était drôle, émouvant, sensible, girly et en même temps tout le monde pouvait le regarder. Le vrai rôle, après je ne sais pas trop, mais je disais souvent que j’aimerai bien faire une James Bond girl. Ca me ferait délirer de faire un truc très physique, un truc un peu fou. Si le projet est dément, je serai prête à prendre 20 kilos pour un tournage. J’adorerai me transformer pour un film en fait. Quand on a une belle histoire, peu importe que ce soit de la comédie ou de la tragédie. Depuis 2009, tu amuses les spectateurs de M6 dans « Scènes de ménages ». Est-ce que tu éprouves toujours autant de plaisir qu’au début à jouer ce rôle ? Oui, c’est super. Déjà, je prends beaucoup de plaisir à jouer ce personnage et je prends également beaucoup de plaisir à jouer avec mon partenaire qui est juste génial. Les réalisateurs également sont tops. C’est 116

donc un ensemble car on est une sorte de petite famille. On a démarré ensemble et on est heureux de voir que la série a pris aussi vite. Cela ne se passerait pas aussi bien, on ne prendrait pas autant de plaisir. Mais là sur le tournage on est content de se retrouver et de rire ensemble. Sur le tournage de « Scènes de ménages », on imagine une ambiance professionnelle, mais très détendue. Comment se passe une journée type ? Ce sont des grosses journées de 10h. On enregistre beaucoup, environ 12 minutes, alors qu’au cinéma tu enregistres 2 minutes par journée. Après tu as des axes différents, puisque nous c’est un plan séquence sans beaucoup de décors. Cela demande d’être à fond toute la journée, mais à côté de cela l’entente dans l’équipe et l’absence de pression font que cela se fait dans le professionnalisme, mais avec une certaine décontraction. Et dans ta vie, tu es plutôt comme ton personnage Marion ou plutôt tout le contraire ? Oh non, je ne suis pas comme Marion. Je prendrai des gifles tous les jours à tous les coins de rues sinon. C’est moi qui joue Marion donc forcément il y a des trucs qui m’appartiennent comme des petites mimiques, les gestes, les intonations. Après j’ai développé un personnage d’une nana complètement folle, mais également attachante et pas du tout antipathique. Parfois on dirait qu’elle a 14 ans puis d’un coup elle a la maturité d’une femme de 30 ans. Elle est surprenante, spontanée. Ça c’est chouette car c’est une liberté que la production nous a laissé. On avait des textes, mais on était assez libre sur la composition donc on pouvait proposer notre vision. On a construit ensemble un personnage avec des évolutions professionnelles, amoureuses... Ce projet appartient à toute une équipe. En première saison, Marion ne travaillait pas, mais un jour je me suis dit qu’une nana de 30 ans qui ne travaille pas ce n’est pas possible. On a donc gardé le côté instable de Marion, mais avec l’envie de bosser : un jour elle veut être psychologue et le lendemain avocate. C’est hyper enrichissant pour moi car je fais un personnage qui touche à plein de choses. La « Poêle Brad Pitt », la parodie de sa pub pour Chanel N°5… On dirait bien que c’est un acteur qui t’inspire, non ? Oui, comme on peut le constater, je fantasme beaucoup sur Brad Pitt comme deux nanas sur trois dans ce monde. Au delà de ça, je trouve que c’est un super comédien dans tous ses films. On est tous fan d’un artiste quel que soit notre âge. Du coup dans le spectacle, mon personnage est fan de Brad Pitt et j’ai rien trouvé de mieux que de le coller sur une poêle pour pouvoir faire des scènes d’amour ou de dispute. Cette scène on l’a inventé avec Alex Lutz pendant qu’on faisait des crêpes. Je ne savais pas comment le faire exister sur scène et il m’a dit « Tu n’as qu’à coller sa photo sur une poêle ? ». Ce à quoi j’ai répondu « C’est complètement con, personne ne va comprendre ». Et pourtant ça fonctionne super bien parce que je peux le manier comme je veux et on a l’impression de voir une nana Tes projets pour 2013 ? Il y a le film « La Belle et la Bête » qui devrait sortir, mais en 2014. Il y a le tournage de « Scènes de ménages » jusqu’en septembre. C’est déjà pas mal ! Après il y a plein de projets, mais comme je suis assez superstitieuse et que rien n’est sûr, je ne préfère pas trop me prononcer.


Parlons un peu de mode, est-ce que c’est un domaine qui t’intéresse ? Quel rapport entretiens-tu aux vêtements ? J’aime bien faire du shopping et trouver des looks différents. J’adore être une vraie fille et je plains les mecs car nous on peut s’accessoiriser, se mettre du maquillage. On a une sale tête le matin, en deux secondes on peut être plus ou moins fraiches avec un coup de pinceau, du mascara, un petit perfecto, des accessoires, des bagues. J’aime bien connaître les dernières couleurs à la mode, ainsi que les formes. Tu as accepté de poser pour notre magazine. Qu’est-ce qui est le plus compliqué ? Etre devant un objectif ou bien une caméra ? Devant l’objectif bien sûr. C’est un vrai métier en fait que l’on appelle des mannequins, même si j’ai des gros rouleaux sur la tête. Ce n’est pas évident de garder la position tout en restant naturelle et détendue. Il faut se connaître physiquement et savoir quel profil nous met en valeur. En étant comédienne, je ne me rends pas vraiment compte de cela. La comédie et le mannequinat sont vraiment deux métiers différents. Mais après j’aime bien ça car tu peux te prendre pour qui tu veux et c’est toujours sympa de se prêter au jeu. Un dernier mot pour nos lecteurs ? Je les embrasse tous très fort et j’espère qu’ils seront là à l’Olympia pour me faire des gros bisous car j’ai très peur. Propos recueillis par Kévin Mesa

Audrey Lamy a prêté sa voix au personnage de Lucy Wild dans le film d’animation « Moi, moche et méchant 2 » qui sera dans les salles à partir du 26 juin 2013 Vous pouvez également retrouver le spectacle d’Audrey Lamy « Dernières avant Vegas » en DVD et Blu-Ray

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PLAYLIST SUMMER OF LOVE par Alexandra Le Fur

Ça y est ! L’avez-vous remarqué ? Mais siiiiiii, voyons ! Ouvrez les yeux enfin ! Le soleil a fait son grand retour ! Et qui dit soleil, dit apéros, terrasses, Ray-Ban et monde à refaire ! Alors, impatient ? Et pour que cela soit sans prise de tête autour du dock iPod, voici la sélection de ce que vous ne pouvez pas rater ! (Merci qui ? Pas de quoi les amis, si on peut servir à ce que la paix musicale règne dans le monde, c’est avec plaisir) Alors attention, incontournable du moment, playlist à volonté ouverte sur tous les goûts (oui, même les plus douteux, si si…) amis de la diversité, ouvrez votre Spotify, c’est parti : The Strokes : déconcertant cette voix de castrat de Casablancas pour ceux qui ont aimé sa voix volontairement trop basse, et pourtant, après plusieurs écoutes, ce nouveau Strokes est totalement inclassable. Il saura vous surprendre là ou vous ne les attendiez pas et surtout avec un revival années 80 qui donne envie de ressortir son Amstrad (mais siiiiii, souviens toi de tes parties de Pacman sur cette petite machine entre deux épisodes du club Dorothée – ne sois pas honteux, on l’a tous fait !). donc l’étonnement passé (au bout de trois écoutes complètes pour ma part), ce nouvel opus fleure bon l’été, cela ne restera pas à mon avis un Strokes grand cru classé, mais il fera bien l’affaire en fin de soirée (aouch !). Comedown Machine - The Strokes .

Woodkid : le génie électro français ! Enfin ! Laissez vous emporter dans cet univers construit comme la B.O d’un film (et pour cause, Woodkid est d’abord réalisateur, notamment de clips). Je préviens, c’est loin d’être léger, mais le monde actuel ne l’est pas, alors autant y aller franco. Fermez les yeux, ouvrez grand les oreilles, prenez en plein la tête, cet album est à savourer sans plus attendre. Gros coup de cœur pour Woodkid et son Golden Age.

Phoenix : Ai-je besoin d’expliquer pourquoi ? Bon, Phoenix crée l’événement partout où ils passent, et tu ne peux pas rester insensible à Bankrupt (malgré son nom). Et puis tu ne peux pas rester insensible à l’attente qui t’a fait taper des pieds depuis la sortie officielle d’Entertainment. Un conseil ? Must Have 2013, foncez sur iTunes, c’est un ordre. (Je pense que c’est clair là, non ?).

Depeche Mode : le retour des papas du rock (la cinquantaine insolente quand même). Attendu comme les messies venus nous prôner le retour aux vraies valeurs rock post électro, le dernier-né Delta Machine ne déçoit pas. Le mélange des influences est toujours aussi savant, la voix de Dave Gahan n’a rien perdu de son charme, et les Anglais prouvent encore une fois que musicalement le royaume du pudding nous éclate (pour notre plus grand plaisir) en terme mélodique. Delta Machine se prête parfaitement au road trip que vous allez faire pour envahir les côtes ensoleillées cet été. 118


Justin Timberlake : six ans ! Il a fallu six longues années à Justin pour revenir à la musique. Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, Justin nous a concocté un petit de douze titres flirtant entre le passé et l’avenir. Timberlake n’a rien perdu de son groove naturel. Les influences riches de ce disque le rendent incontournables, Timberlake enchaine les hits et singles potentiels dans ce 20/20 Experience.

Black Rebel Motorcycle Club : Los Angeles, sortez la Harley, on part en virée sur les hauteurs. Absolument inconditionnelle de ce groupe depuis environ une dizaine d’années, j’attendais avec impatience ce nouvel opus et la tournée. Tout y est. Les grosses guitares, la mélodie, la noirceur. Complètement amoureuse de cet album qui me colle aux oreilles depuis sa sortie. Specter At The Feast est un BRMC comme ils n’en avaient accouché depuis quelques années. Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore, délectez vous de ce rock 100% US aux charmes imparables.

Asaf Avidan : l’écorché vif est de retour avec Different Pulse, et Dieu sait que des pulsions de génie pareilles j’adorerais en avoir ! Cette voix reconnaissable entre mille est tout droit sortie d’un être absolument divin et raffiné. Vous n’aviez pas déjà succombé ? Croyez-moi, vous allez bientôt vous raviser. L’univers s’offre à Asaf Avidan et c’est avec délectation que vous vous inclinerez devant autant de talent. La simplicité qu’évoque Different Pulse est surprenante, et pourtant, le génie n’est pas commun, c’est en cela

Christine and the Queens : l’univers singulier de Christine & The Queens n’est pas sans rappeler Florence + The Machine et pourtant, je pense sincèrement que l’élève pourrait un jour dépasser le maître. Cet univers vif qui vous est présenté dans l’EP Mac Abbey (pour le moment seul disponible, patience le 3 juin sort le second « Nuit 17 à 52 ») vous envoûtera comme il l’a fait pour moi et mes amis. N’attendez pas que Christine and the Queens passe dans des Zénith archi combles, allez-y maintenant, je vous promets qu’elle ira loin. Laissez vous charmer, soyez attentif, et rêvez, c’est ce qu’elle provoque, le rêve.

Ben Ellis : si, on peut faire des jolies mélodies en France, il nous l’avait déjà prouvé avec son groupe précédent Brooklyn. Affligé du sobriquet de Bébés Rockers et donc cantonné à la foule catégorique regroupant les BB Brunes, les Naast, Les Shades et consor, Brooklyn a fait son petit bout de chemin, et après avoir fait des tournées à travers le monde, s’est séparé. Son frontman revient avec une nouvelle formation éponyme. L’univers a quelque peu changé, mais la source reste la même : la mélodie est tout. Groupe prometteur, Ben Ellis sort un EP très bientôt, mixé par le génial Alex Gopher (excusez du peu !), preuve que nous allons tous en entendre très prochainement parler et que ça ne sera qu’amplement mérité.

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CHRONIQUE

COMMENT J’AI CAPTURÉ (OU LE THÉORÈM *Le théorème de la crêpe, c’est comment la vie te retourne d’un coup d’un seul, comme si elle te faisait sauter à la poêle. Dans le meilleur des cas tu atterris proprement, dans le pire tu te crashes lourdement sur le sol ou tu restes collé au plafond. Maintenant que vous savez ça, je peux vous raconter comment j’ai capturé Mister Very Big... Imaginez une ambiance complètement glucose dans un pub bondé, un samedi soir. On a poussé le billard, le match de foot est terminé, ça se rue sur la piste un verre à la main dont le contenu sera à moitié renversé sur le sol, des effluves de sueur et de bière se mêlent à celle du parfum de fille. On dirait un pogo géant tellement on se prend de coups. On étouffe dans la moiteur des corps qui transpirent avec Rihanna pour fond sonore, un type me met la main au cul, je n’ai qu’une envie, prendre mes jambes à mon cou et fuir plus vite que mon ombre ce lieu de débauche et d’enfer qui est pourtant l’un de mes pubs préférés. Y’a des soirs comme ça, juste, ça le fait pas. Mais voilà, je ne suis pas seule dans cette galère : C., mon acolyte de toujours, a bien envie de s’éclater et de pé-cho du mâle ce soir. Je tiens le coup jusqu’à ce que sonne l’heure fatidique pour les Parisiens : celle du DM (le Dernier Métro). Deux solutions s’offraient à moi : être solidaire jusqu’au bout et rester faire la nouba jusqu’à ce que C. parvienne à ses fins (attraper un petit mec au crâne rasé qui arborait bizarrement un casque de MP 3) ou me la jouer grosse égoïste en la poussant dehors... J’ai choisi l’égoïsme. A l’entrée de la station, l’horloge tourne tandis que l’on se dit en revoir, il ne me reste que quelques minutes avant que le DM ne passe et que je ne me retrouve avec ma copine sur les bras jusqu’au PM (le Premier Métro du lendemain). Et c’est là, précisément là, que le destin a pointé son doigt espiègle sur moi.

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MISTER VERY BIG ME DE LA CRÊPE*) «Excusez- moi les filles, je suis avec un copain et on aimerait bien rentrer rejoindre des amis dans ce bar, mais vu qu’on est que deux garçons...». Grand, immense, genre 2 mètres au garrot (1,97 en fait, je l’ai appris plus tard), brun un peu mal coiffé, barbe de trois jours, et des yeux, ma parole, des yeux bleus, si vous aviez vu ça ! Et ce mec, Mister Very Big donc, voulait que je lui serve de passeport. La première chose que j’ai pensé ? Deux mots : no - way. Puis j’ai vu le regard que C. me lançait et ses yeux qui pétillaient d’avance de l’opportunité d’avoir une deuxième chance. J’ai bien examiné le géant toujours planté devant moi et je me suis entendue prononcer un «ok» qui m’a surpris moi - même. A force d’avoir eu des regrets, je manque rarement une perche quand le hasard m’en tend une. Et tout ce que je peux vous dire, c’est que je n’ai pas regretté ma soirée... Ps : ce que l’histoire ne dit pas, c’est qu’un Mister Very Big ça a les pieds qui dépassent du lit quand il est allongé, que son torse est tellement épais que s’il est couché de profil et qu’il se retourne, si tu as le malheur d’être dessous il t’aplatit comme un moucheron. Le Mister Very Big ronfle, aussi, et rote en parlant sans s’en rendre compte. Bref, pas de miracle, le Mister Very Big n’est ni un Dieu grec ni un ange tombé du ciel un soir d’hiver, mais juste ce qu’on lui demande d’être : un mec tout simple qui fait des câlins le soir, raconte des blagues et qui paye le resto. Et c’est déjà très bien. A bon entendeur...

Déborah Bannwarth

Crédit photo : allmoviephoto.com 121


MAREVA GALANTER PHOTO PAULINE DARLEY MAQUILLAGE FANNY DEPEE COIFFURE BRIGITTE MEIRINHO AVEC LES PRODUITS TIGI STYLISTE TATIANA DUMABIN STUDIO TENFEETUNDER STUDIO MERCI À MARTIN LAGARDERE

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Veste de smoking et trench Éric Tibusch, pantalon Rainbow people, chaussures et collier Zara, bagues H&M

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Robe et escarpins collection couture FW13 Éric Tibusch, bracelet Charlotte Martyr x Solweig Lizlow Capsule

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Robe chemise VĂŠronique Leroy

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Veste, top et escarpins Zara, short Rainbow People

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20 QUESTIONS MODE/MUSIQUE À MAREVA GALANTER

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Elle nous vient de Papeete à Tahiti. Elle a été élue Miss France en 1999. A la fois chanteuse, actrice, animatrice et mannequin, nous avons rencontré la belle Mareva Galanter. Elle connaît et fréquente l’univers de la musique et de la mode depuis des années maintenant, c’est pourquoi nous avons décidé d’innover pour cette rencontre. Mareva a donc accepté de répondre à un questionnaire mode/musique de manière spontanée. Quelle tenue à avoir absolument dans sa valise pour un voyage à Tahiti ? Un paréo en voile de coton et un petit bikini. Quelle est la plus belle tenue que tu aies portée lors de ton année de Miss France ? Et la pire ? La plus belle était la première, ça laisse des souvenirs ! C’était une robe de Jean-Charles de Castelbajac. Une robe orange bustier qui avait la forme d’une bouteille d’Orangina, avec un immense collier or comme ceux des femmes girafes. Le tout drapé dans une sorte de cape jaune gigantesque ! Autant vous dire que cela m’a marqué et que je ne suis pas passée inaperçue cette soiréelà ! La pire était une de mes robes, une robe en laine grise, col roulé qui arrivait sous les genoux. Je me dis aujourd’hui quand je revois les photos que c’était une horreur, mais qu’est ce que j’ai pu la porter ! J’avais froid tout le temps, j’avais beaucoup de mal à m’habiller en hiver ! Si tu ne devais avoir qu’un seul créateur dans ton dressing, lequel serait-il ? Impossible, mon dressing est une accumulation que j’essaye de filtrer, mais j’ai du mal, je m’attache à beaucoup de pièces qui font partie de ma vie et de mes souvenirs. Quel est le dernier défilé auquel tu as assisté ? Peux-tu nous en parler ? Un défilé Jean-Charles de Castelbajac, que je faisais d’ailleurs, dans la station de métro Bibliothèque François Mitterand. C’était immense, les rames de métro étaient réservées aux invités. Les mannequins hommes et femmes arrivaient de partout, des passerelles, des couloirs, avaient un maquillage rétro-futuriste. C’était un show impressionnant. Lancer ta propre collection, c’est envisageable ? Oui, j’aimerais beaucoup lancer une ligne de maillots de bains. Si tu devais dîner avec une icône mode (morte ou vivante) qui serait-ce ? Pour une icône morte il faudrait faire un dîner dans son époque, sinon sorti du « contexte » ce serait moins fascinant. Pour quel photographe accepterais-tu de poser nue ? Pourquoi ? Les seules photos que j’ai faites les seins nus étaient avec Paolo Roversi. C’était des photos personnelles ! Je ne sais pas si je pourrais poser nue… J’aimerais faire des photos avec Ellen von Unwerth, mais pas nue, car elle rend les femmes bien plus belles et fortes habillées, même quand elles le sont très peu…

En couverture de quel magazine de mode rêverais-tu de te retrouver ? Le magazine V je dirais. Ta tenue pour la vie ? Leggings, ballerines… Le confort et la douceur d’un petit cachemire avant tout ! Un conseil mode pour éviter le fashion faux-pas ? Éviter d’être fashion, vaut mieux pour limiter les accidents ! La musique, passion ou passe-temps ? Tout en même temps, c’est plutôt un quotidien ! Tu es plutôt La Fouine ou Édith Piaf ? En ce moment je suis plutôt La Fouine, sauf quand il me chante du Édith Piaf ! Tu es plutôt Popstars ou The Voice ? Popstars of course ! Une chanson dont tu ne te lasses pas depuis des années ? Des chansons tahitiennes. J’ai à chaque fois l’impression d’odeurs, de chaleur, j’ai des images, etc… Un morceau à écouter sur la plage à Tahiti ? « Rule my world » de Kings of Convenience Un(e) artiste du monde de la musique indémodable ? Bob Marley a fait mon adolescence et aujourd’hui encore je ne peux pas m’en lasser. Quel instrument te représente le plus ? Le ukulélé pour ma culture et le piano pour mes émotions Quel est le dernier album que tu as acheté ? Sibylle Baier, j’avais découvert deux titres il y a quelques temps, « The End » et « Tonight » que j’avais adorés. Je me les passais en boucle sur YouTube et je ne trouvais aucun album à acheter jusqu’à présent. Quel a été ton meilleur concert jusqu’ici ? Le tout premier concert des Whites Stripes à l’Olympia m’a marqué. Visuellement c’était fantastique de simplicité et de force et la musique était géniale. Quel serait le duo de tes rêves ? Leonard Cohen, peut être. Propos recueillis par Kévin Mesa

QUELQUES DATES 1979 : Naissance à Papeete, Tahiti 1998 : Mareva est élue Miss Tahiti 1999 : Elle devient la 70ème Miss France 2002 : Mareva joue dans le film « Trois zéros » de Fabien Onteniente 2006 : Elle sort son premier album « Ukuyeye » 2007 – 2010 : Mareva présente « Do you do you Scopitone » sur Paris Première 2008 : C’est le deuxième opus avec « Happy Fiu » 2009 – 2012 : Mareva rejoint le groupe Nouvelle Vague 2012 : En solo, elle sort un EP du nom de « Detroit Mix ». Elle est aussi invitée à présenter L’émission Mode par la chaîne June 2013 : Elle est la grande sœur des candidats dans l’émission Popstars sur D8 131


BEAUTÉ NOS 10 RÉFLEXES AROMATHÉRAPIE

Juliette Cany

À 6 ans on nous fait croire que les bisous guérissent tout. À 16 ans on parle des bienfaits du joint, à 70 de ceux du verre de vin quotidien... Pour tous les adultes entre 16 et 70 ans, ceux qui ne croient ni aux bisous magiques, ni à l’herbe salvatrice ou au vin conservateur, Pose Mag vous livre ses astuces santé/beauté nature en vrac et en 10 points.

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Petits boutons moches et disgracieux : on applique de la lavande vraie, pure sur le bouton avec un coton tige jusqu’à sa disparition. Plusieurs fois par jour si besoin, sur une peau propre. Ca marche aussi pour réduire les cicatrices.

Un gros bleu sur nos gambettes qui gâche le port du short court : 1 à 2 gouttes d’hélichryse pure sur la zone bleue ou même avant qu’il n’apparaisse. 5 fois par jour pendant 2 jours. Nez qui coule ? Pour combattre le rhume : on respire des gouttes d’eucalyptus radié et/ ou de pin sylvestre directement dans un mouchoir ou en inhalation. Attention, si inhalation, ne sortez pas, ne vous exposez pas au tabac ou à la pollution au moins pendant les 2 heures qui suivent l’opération. Vous pouvez aussi verser quelques gouttes sur l’oreiller avant de dormir. On vous surnomme grincheux et vous en avez marre ! Contre la mauvaise humeur : mélangez 2 gouttes de menthe bergamote et 2 gouttes de verveine citronnée dans une cuillère avec du miel. À absorber 3 fois par jour pendant plusieurs jours. Astuce anti-gueule de bois : on respire de la menthe poivrée dans un mouchoir ou directement dans le creux de ses mains. Si ca empire et qu’on a ou qu’on va vomir, on ajoute des gouttes de gingembre. La menthe poivrée calme aussi les indigestions. 1 ou 2 gouttes dans une cuillère de miel ou sur un sucre pour aider à digérer après un repas lourd. On lit partout qu’il faut faire du sport.. oui mais les courbatures ?! On frictionne les muscles avec quelques gouttes de menthe poivrée ou de gaulthérie mélangées avec de l’huile d’arnica. À l’approche de l’été on craint d’être dévoré par les moustiques.. Si c’est le cas, on mélange dans un petit flacon 10 gouttes de géranium rosat et 10 gouttes de lavande vraie. On applique 2 gouttes de ce mélange directement sur la piqûre. À renouveler toutes les demi-heures, 5 fois de suite. En prévention, on diffuse le la citronnelle qui repousse ces petites bêtes ! Votre boss vous donne des migraines, pas de panique ! On applique localement en massage sur les tempes, le front quelques gouttes de menthe poivrée. On peut aussi mettre une goutte de girofle sur un demi-sucre et laisser fondre en bouche. Un exam, un entretien ? Qui ne connaît pas le mal de ventre dû au stress.. Pour lui dire bye bye : 2 gouttes d’estragon ou de basilic sur un sucre ou directement sur la langue. Pensez à respirer... Vous êtes au bout du rouleau, prêt à vous endormir dans le métro et poser 3 semaines d’arrêt maladie pour cause d’épuisement. On a la solution : 1 goutte d’origan compact et 1 de pin sylvestre sur un sucre. En cure de 3 semaines. Pour les adeptes, vous pouvez ajouter à l’eau du bain 10 gouttes de lavande vraie, 10 de petit grain bigaradier et 10 de marjolaine. Ne pas rincer, enveloppez-vous directement dans votre serviette.

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POSE DECO EN QUELQUE SORTE, TOUT.

par Antoine Bertoni

Le soleil, votre partenaire bien-être, se situe au dessus d’une zone dite « pleine de nuages ». Il serait facile pour moi de vous emmener sur le chemin du « il n’y a plus de saisons, tout fout le camp », mais il n’en est rien. Vous méritez beaucoup mieux que ça et vous le savez. En effet, cette absence de vie extérieure me permet de mettre en exergue votre incroyable capacité à vivre constamment en intérieur. Vous êtes comme toutes ces petites bactéries qui sont toujours là pour des raisons qui nous échappent : vous vous adaptez. Ainsi, partant du postulat que vous êtes super, il est tout à fait possible de supposer que l’Homme aurait survécu, là où les dinosaures ont failli. Le rideau se baisse, les applaudissements fusent, le salut final, retour à la voiture, les lumières de la ville, arrivée à la maison, c’est toi qui a les clés, non ? Cette sélection shopping vous est donc dédiée, vous qui avez oublié votre parapluie dans le bus et le goût de ces longues après-midi en terrasse à refaire ce qu’on peut communément appeler la vie. Nous avons appréhendé cette saison comme un retour aux sources, au naturel. La douceur vous envahit, vous vous sentez solaire. Alors ouvrez votre porte à toutes ces choses qui n’ont de sens que si elles restent légères et aériennes, soit le grand tout.

Accroche-clefs Village, Jardin d’Ulysse, 12,50 euros

Cou 3,99

Bols Bohème, Jardin d’Ulysse, 7 euros l’unité.

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Vase Odyssée, Sia, 35 euros.

Lavande en pot, Sia, 19,90 euros

ussin Bichos, Zara Home , 9 euros – 22,99 euros.

Tabouret Rectangle Taillé, Zara Home, 45,99 euros.

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SABRINA OUAZANI PHOTO AMEL KERKENI MAKE-UP OPHÉLIE SECQ HAIR ALEXANDRE NICOUD STYLISME ELISE FLORIOT ASSISTANT ROMAIN ROSA LIEU HÔTEL LA BELLE JULIETTE

Chemise Paule Ka et jupe Sylvia Rielle

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La jeune actrice Sabrina Ouazani a tout d’une grande ! Vous l’avez sûrement vue dans « Paris », « Des hommes et des dieux », « Tout ce qui brille » et vous la verrez partout en 2013. Au cinéma comme au théâtre, sa carrière est en train de prendre un nouveau tournant et elle vous prouvera qu’elle mérite ce qui lui arrive. Nous lui avons donné rendez-vous dans l’hôtel La Belle Juliette pour une séance photo. Sabrina Ouazani a également accepté de se confier sur ses projets et nous a révélé ce qu’elle aimait dans la mode.

Pour commencer, peux-tu rappeler aux lecteurs de Pose Mag qui tu es ? Je suis Sabrina Ouazani. Je suis comédienne. J’ai joué dans mon premier film à 13 ans, il s’agissait de « L’esquive » d’Abdellatif Kechiche. On a pu me voir dernièrement dans « De l’autre côté du périph » avec Omar Sy et Laurent Laffite. Plus récemment, le 3 avril, est sorti le film « Inch’Allah ». Justement, tu es à l’affiche de ce film d’Anaïs BarbeauLavalette, peux-tu nous parler de ton rôle dans l’histoire ? Pour replacer le contexte, c’est d’abord l’histoire de Chloé, une jeune obstétricienne québécoise qui vit en Israël et qui travaille en Palestine. Moi j’interprète le rôle de Rand, une jeune palestinienne enceinte jusqu’aux yeux qui ne va pas tarder à accoucher et qui devient amie avec Chloé. Elle subit bien évidemment la guerre et le conflit israélo-palestinien. 138

Est-ce que ce rôle marque un nouveau tournant dans ta carrière qui décolle aujourd’hui ? Pour moi c’est un film qui me tient réellement à cœur, que j’ai envie de défendre et porter. C’est un sujet hyper délicat et sensible en France donc il faut y aller pour le présenter. Je m’en suis rendu compte en promo et en tournée. Je ne sais pas si c’est un nouveau tournant dans ma carrière, mais c’est un rôle marquant pour moi. Je me suis énormément investie. Cela n’a pas été facile, mais j’ai eu la chance de recevoir le Jutra de la meilleure actrice dans un second rôle au Québec. J’étais ravie de cette reconnaissance et de ce prix. J’espère maintenant que le film aura une belle vie parce que ce n’est pas toujours facile face à des blockbusters ou des grosses comédies populaires. C’est moins facile d’avoir de la visibilité, mais je crois en ce film et en ses qualités.


Quels sont les premiers retours que tu as eu pour le moment concernant le film ? Il est vrai qu’on ne peut pas ressortir de ce film indemne. C’est forcément un sujet qui est hyper actuel, mais aussi très délicat. Ce n’est pas facile de le présenter car on m’attend souvent au tournant, même en interview avec des questions pièges. J’ai l’impression que je dois faire attention à tout ce que je dis et du coup ça contrôle ma spontanéité. Mais je n’ai pas envie de rentrer dans ce truc-là. Ce qui me gêne dans la promo de ce film, c’est que ça a tendance à se transformer en débat politique. C’est ce qui est dommage car je suis là pour présenter un film en tant qu’actrice et interprète. Après, les gens qui l’ont vu sont assez bouleversés. Nous on est content du film car on est là pour faire passer un message, pour toucher les gens et j’ai l’impression qu’on y arrive. C’est pour le moment le retour que j’ai du film. Je viens de recevoir quelques commentaires puisque le film est sorti il n’y a pas longtemps, mais pour le moment j’ai de bons retours. « Paris » de Cédric Klapisch, « Des hommes et des dieux » de Xavier Beauvois, « Tout ce qui brille » de Géraldine Nakache… On t’a vu dans des films qui ont marqué le cinéma français. Quels souvenirs gardes-tu de ces expériences ? Ce sont de belles expériences car ce sont des films que j’aime beaucoup. Chaque film que j’ai fait, c’est un choix. Enfin, sans vraiment être un choix car je marche au coup de cœur. Avec « Inch’Allah » on me disait « Attention Sabrina, t’es sûre que tu veux aborder un sujet tel que le conflit israélo-palestinien ? Estu sûre de pouvoir le défendre en le portant sur tes épaules ? ». Je me suis dit qu’il ne fallait pas penser à tout ça, j’ai foncé et j’y suis allé au coup de cœur. C’est ce qui s’est passé avec tous les films que j’ai fait dans ma carrière, ou même dans mes rencontres avec Cédric Klapisch, avec Géraldine Nakache. Je suis également ravie d’avoir tourné avec de tels réalisateurs qui sont devenus des amis aujourd’hui. Dans tes films, tu as tourné auprès de nombreux acteurs français réputés, à qui aimerais-tu donner la réplique maintenant ? J’ai eu la chance de travailler avec des actrices que j’adorais et que j’admirais carrément, telles que Karin Viard ou encore Nathalie Baye, plus récemment avec Bérénice Bejo dans le film « Le Passé » d’Asghar Farhadi. Je suis assez chanceuse de ce côté là. Après j’aimerais être dirigée et même donner la réplique à Maïwenn que j’admire énormément, en tant qu’actrice et réalisatrice. Pour moi chacun de ses films c’est une véritable claque que l’on se prend en pleine tête. Un acteur français que j’aime beaucoup : François Cluzet. Qu’est-ce qui importe le plus pour toi dans le choix d’un rôle que l’on te propose ? J’ai l’impression que je ne sais pas vraiment ce que je veux. Je veux vraiment être surprise et me diversifier surtout. Je veux encore et encore des coups de cœur, des toujours plus forts. Je sais surtout ce que je n’ai plus envie de faire. C’est à dire de jouer la banlieusarde ou la racaille. On me propose pas mal de

films. Quand la banlieue n’est qu’un décor, dans ce cas-là ça va, mais si c’est pour jouer un rôle de racaille pure et dure, cela ne m’intéresse pas particulièrement. J’ai surtout envie de faire de plus en plus de rôles de vraies femmes. Tu joues dans le spectacle « Amour sur place ou à emporter » au Théâtre du Gymnase à la place d’Amelle Chahbi. C’est donc une nouvelle étape pour ta carrière ? Effectivement. J’avais déjà joué au théâtre Montmarte-Galabru, une pièce qui s’appelait « Ruptures », mais que j’ai joué il y a 4 ans pendant 5 mois. C’était un autre rythme, un autre public. C’est autre chose de jouer au théâtre du Gymnase avec un public qui est déjà installé. Je suis ravie car j’avais découvert la pièce en tant que spectatrice en allant voir Amelle Chahbi, qui est une copine. J’avais eu un coup de cœur et cela m’a donné envie quand je l’ai vue sur scène. Quand l’occasion s’est présentée à moi de reprendre le rôle d’Amelle, je me suis dit que j’allais m’éclater, rencontrer le public. Cette énergie et l’amour qu’on reçoit sont complètement fous. Pour moi c’est un luxe, une chance de pouvoir passer d’un film aussi intense et dur qu’« Inch’Allah » à un véritable comédie comme « Amour sur place ou à emporter » ou même avec un autre film qui va sortir qui s’appelle « Mohamed Dubois ». Passer d’un registre à un autre, c’est ce que j’aime en tant qu’actrice. Ce qui est beau dans ce métier c’est l’imprévu et parfois le côté éphémère qui donne de l’adrénaline. On se donne et on travaille pour toujours évoluer et ne jamais se reposer sur ses acquis. J’ai la chance de passer d’un truc brut où je joue une Palestinienne dans une décharge à un spectacle le soir sur scène où je chante, je danse, je fais rire les gens. Quand les spectateurs se reconnaissent dans la pièce, c’est pour moi un super cadeau. Sans public, on n’est rien dans ce métier. Pouvoir être en face d’eux et voir leur réaction, c’est une chance. Peux-tu nous parler en quelques mots de l’histoire du spectacle ? C’est une pièce de théâtre qui raconte une histoire d’amour. C’est la rencontre entre Noom, un jeune black, et Amelle, que j’interprète, une maghrébine. On va montrer le début de leur histoire avec tout ce qui s’en suit et avec ce que l’on connaît tous. Mais toujours avec les difficultés que l’on peut trouver dans un couple mixte. C’est une grosse comédie où l’on chante, danse, rit et où on fait même des pirouettes. Donc à vous de venir voir la pièce ! En parlant d’Amelle Chahbi, on a pu voir que vous étiez assez proches. Est-elle un véritable soutien professionnel pour toi ou cela reste purement amical ? Pour « Amour sur place ou à emporter », c’est totalement un soutien professionnel en effet. C’est une femme très exigeante car elle a écrit la pièce. Elle va d’ailleurs être adaptée au cinéma. Elle l’a jouée pendant pratiquement trois ans donc c’est difficile de passer le flambeau, mais on travaille main dans la main. Elle est très exigeante car elle veut atteindre la perfection, et du coup elle m’embarque dans sa perfection. J’apprécie cela car ça m’aide à me dépasser et à aller toujours plus loin. C’est une amie 139


que j’aime beaucoup humainement parlant, mais professionnellement parlant aussi. Ce que j’ai aimé c’est qu’elle ne m’a pas imposé son jeu à elle. Amelle ne voulait pas que je reproduise ce qu’elle avait fait. Il fallait que j’y mette ma patte sans, bien sûr, trahir la pièce et ce qu’elle a écrit. On a également travaillé avec Fabrice Eboué qui met en scène la pièce. J’ai aussi un partenaire formidable sur qui je peux compter. D’ailleurs j’ai compté sur lui car je me suis trompée sur un petit bout de texte lors d’une représentation, mais il m’a relancé. Après c’est toujours bon de travailler avec une équipe de confiance comme Noom Diawara, Amelle Chahbi et Fabrice Eboué. Le cinéma ou la scène, qu’est ce que tu préfères ? Là tu me demandes de choisir entre ma mère et mon père ! C’est

Robe Ted Baker London 140

impossible de choisir pour moi car ce sont deux relations différentes avec le public, deux sensations, deux émotions différentes. J’aime le théâtre comme j’aime le cinéma. Après j’ai fait davantage de cinéma donc je suis plus à l’aise. On a plus droit à l’erreur car si on se trompe dans le texte ou autre on coupe et on recommence. Le théâtre c’est 1h30 non-stop à donner, donner et encore donner. Il faut vivre l’histoire, mais je serais incapable de choisir entre les deux. Quels sont tes autres projets pour cette année ? Alors il y a « Mohamed Dubois » avec Eric Judor, réalisé par Ernesto Ona avec qui j’ai déjà tourné un téléfilm qui


s’appelait « En attendant demain » et un court-métrage du nom de « La dette ». C’est une grosse comédie qui va bientôt débarquer et qui est complètement différente de ce que je fais d’habitude. Mais je me suis éclatée à le faire. Il y a aussi le film « Le Passé » d’Asghar Farhadi que j’aime énormément. J’ai eu la chance de tourner avec Tahar Rahim et Bérénice Bejo. Je viens de finir le tournage du film « De guerre lasse » avec Jalil Lespert et Tchéky Karyo. Il sortira fin 2013 normalement. C’est un film qui traite des secrets de famille et du grand banditisme à Marseille. A la mi-juin, je commence le tournage d’un film réalisé par le chanteur de slam Abd Al Malik. C’est l’adaptation d’un de ses romans qui s’appellent « Qu’Allah bénisse la France ». Je tiens le premier rôle féminin dans ce prochain long métrage.

Après il y a pas mal d’autres projets qui arrivent et je continue la pièce jusqu’à fin juin au moins. De la Courneuve aux tapis rouges, il y a un monde. Estce difficile de garder les pieds sur terre ? Bien au contraire, c’est le pied pour moi de passer des tapis rouges à la Courneuve. C’est tellement bien de rentrer tranquillement chez moi dans mon appartement avec mon petit chat. Je suis tout près de chez mes parents. Pourquoi venir sur Paris quand je suis à deux pas de tout ? Je suis surtout proche de mes amis et de ma famille. C’est le plus important pour moi et je m’y sens bien. C’est ce qui m’aide à garder les pieds sur terre. Je ne suis pas ennuyeuse, mais je ne suis pas très fêtarde. Je suis assez casanière et rentrer chez moi contente après une bonne journée de boulot. Les gens qui m’entourent sont des personnes vraies et sincères. Ils n’hésitent pas à me dire quand je suis bonne, mais également quand je suis mauvaise et c’est ce qui m’importe. La Courneuve m’a construite et donne ce qu’aujourd’hui je suis dans les films. Cela m’a apporté des richesses et des blessures dont je me sers pour mes rôles. Je ne dis pas que c’est une chance de venir de là-bas, mais j’en suis fière quand même. C’est un lieu que j’aime beaucoup et que je ne veux pas quitter. Tu communiques pas mal sur Twitter et Instagram, estu une addict des réseaux sociaux ? Addict, je ne pense pas. Mais c’est vrai que je me suis fait prendre dans la sphère Twitter et en plus je commence à genre Instragramer mes repas… J’aime trop manger donc je partage quand je vois une belle assiette. Les gens s’en fichent car ils préfèrent me voir dans les coulisses, mais moi je partage mes repas. Ce n’est pas grave, je suis comme ça. Après c’est très important pour moi de remercier les gens qui me suivent car sans eux je ne suis rien. Cependant, je garde mon jardin secret donc je ne vais pas raconter ma vie personnelle. Il faut mesurer ce qu’on donne et ce qu’on partage avec les autres. En plus, je suis une nouvelle égérie Nike, mais également d’une application qui cartonne aux Etats-Unis. C’est une application gratuite pour faire du coaching et je pense que ça va être sympathique de pouvoir communiquer avec les Françaises. Je pourrai dire quand je vais faire mon sport ou quand je serai feignante et que je n’aurai pas envie d’y aller. Les gens verront que comme tout le monde pour rentrer dans certaines robes je dois faire attention et que parfois je me dis « Tant pis, je viens de manger 8 gâteaux, mais je me donnerai davantage au sport ». Pour que les gens se reconnaissent à travers les films, les campagnes, il faut savoir communiquer sur ce qu’on est réellement. Lors des festivals tu portes toujours de très belles robes, tu accordes une place importante à la mode ? J’aime énormément la mode. J’ai commencé en tant que vendeuse dans une boutique de vêtements, mais je me suis toujours dit qu’un jour j’aurai peut être une boutique à moi. C’est très important car avec « L’esquive » on m’a tout de suite collé l’image de la banlieusarde, ce que je suis, mais je voulais montrer que je pouvais sortir de cette étiquette. 141


Top Sylvia Rielle

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Le peu de tapis rouges que je fais, j’ai envie que ce soit bien et montrer mon côté femme c’est ce qui aide pour les films et les rôles que l’on me propose. J’ai envie de montrer une image plus femme, ce que je suis là maintenant. Plus glamour. C’est un vrai moment de plaisir ! Si on te dit « Aujourd’hui, tu vas défiler pour le créateur que tu souhaites ». Qui choisis-tu et pourquoi ? Je défilerais sûrement pour Chanel. Tant qu’à faire, on y va pour de vrai ! Cette marque reflète vraiment l’élégance à la française, la french touch. Cela représente aussi la Parisienne dans toute sa splendeur. C’est beau, c’est classe, c’est fin ! L’un des rêves de ma vie, je dois avouer, c’est d’avoir le 2.55 de chez Chanel. C’est vrai que je pourrais me l’acheter, mais il y a des choses plus concrètes que je veux faire de mon argent comme acheter une maison pour mes parents. Je n’ai pas encore sauté le pas, mais si Chanel m’entend… Je serai la meilleure égérie et je ne le quitterai jamais ! Et dans la vie, quelle est ta pièce maîtresse indispensable ? J’ai surtout des pièces dont je rêve en fait. J’ai quand même un très beau sac bleu Balenciaga que j’aime particulièrement, mais également des chaussures Chanel noires en satin qu’une de mes meilleures amies, Janane Boudili chroniqueuse sur France 2, m’a offert. C’est MA paire de talons ! Je rêve aussi du perfecto Balenciaga noir. Une de mes pièces favorites, c’est mon sac Alexander Wang. Te sens-tu toujours à l’aise devant l’objectif lors d’une séance photo ? Pas du tout, c’est horrible pour moi. Je suis très à l’écoute du photographe, du coup j’aime quand il s’installe une sorte de confiance avec lui. D’instinct, je ne suis pas très à l’aise et je ne peux pas faire toutes les poses de moi même. J’attends aussi qu’on me propose des choses. Mais je suis toujours contente d’en faire et de voir le rendu. Une dernière anecdote pour nos lecteurs ? J’embrasse tous les lecteurs de Pose Mag et continuez de me soutenir. Merci, vraiment. Venez me voir au théâtre car je me ferai un plaisir de discuter avec vous et d’avoir vos retours. A très bientôt pour un prochain film ou une prochaine interview dans Pose Mag ! Propos recueillis par Kévin Mesa

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CHRONIQUE

COMMENT SURVIVRE À SON DÉMÉNAGEMENT ? Ayant déménagé il y a peu, j’ai pu apprendre - à mes dépens - qu’un déménagement ne se fait pas sur un coup de tête ! En effet, outre les classiques cartons et autres formalités administratives, voici quelques essentiels à ne JAMAIS, au grand jamais oublier. En somme, quelques règles d’or pour ne pas vous arracher les cheveux lors de votre futur déménagement :

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Le gros scotch de travaux (vous savez le gris épais et hermétique) et les sacs IKEA seront vos meilleurs amis pour sceller cartons et transporter aisément linges et vêtements. Réquisitionner le bon nombre de gros bras : ni trop peu, ni trop, car faire la chaîne à 10 n’a finalement que peu d’intérêt, si ce n’est de se gêner (c’est d’ailleurs une théorie économique dont j’ai oublié le nom). Vous connaissez le service de réexpédition du courrier proposé par La Poste ? À moins d’être hyper organisé et de vous y prendre à l’avance, ce service à 23 euros pour 6 mois vous évitera de passer à côté de votre avis d’imposition. (Ça serait drôlement dommage quand même). Les meubles en contreplaqué, avec les rebords rugueux plein d’échardes, vous visualisez ? Ben ça coupe...et ça pique ! Alors des gants de travaux ou au moins en laine peuvent vous être d’un grand secours si vous avez des mains délicates de fille.

bain élimées, mais noooooon malheureux !! Pour emmitoufler tasses et assiettes et limiter la casse à coup sûr, rien de tel que le combo chutes de tissus/ gros scotch : plus efficace que le journal et moins cher que le papier bulle.

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Les barres de toit, si vous ne louez pas de camion de déménagement, sont vitales ! Et si vous habitez dans une contrée où le soleil n’existe pas (comme un peu partout en France en fait) la bâche sera également un indispensable pour protéger matelas et meubles en bois du crachin. Souvent on profite d’un changement d’adresse pour faire le tri : exit vieux torchons ou serviettes de

Enfin, toute fille costaud(e) que vous êtes, ne croyez pas que vous parviendrez à monter 2 étages avec un micro-ondes de 5 kilos, soyez raisonnable, mettez votre fierté de côté, laissez ça aux vrais costauds. Pour remettre d’aplomb votre ancien appart avant l’état des lieux de sortie, misez sur la pierre d’argile blanche. Certes, je ne vous apprends sans doute rien mais il s’avère que traces de meubles, de doigts, plaque encrassée et évier terne, RIEN ne lui résiste. Triez ! Non, je vous assure, si ce pantalon attend que vous perdiez 5 kilos depuis un an ou que cette robe se languit de faire un tour chez la couturière depuis 2 ans, c’est que vous n’en voulez déjà plus. Le verdict est sans appel: séparez-vous en ! N’empêche c’est fou les trucs improbables qu’on retrouve lors d’un déménagement: un jogging blanc en polyester trois tailles trop grand, un gros-pull-taille-XLhomme-détendu-en-laine-qui-pique-et quiressemble-vaguement-au-Marylin-de-Darelmais-en-fait-non-rien-à-voir, une palette de maquillage sous le matelas (WTF)… Haaaa les petites surprises de la vie ! C’est bon, vous êtes parés ? Prêts pour un nouveau départ ?

Krystel Madelaine


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TENDANCES 3 PIÈGES DE L’ÉTÉ À ÉVITER !

par Marie Parent

Alors bien entendu, vous n’êtes pas obligées de prendre au pied de la lettre tout ce qui est écrit dans cet article mais il est tout de même important de vous mettre en garde face à 3 « tendances » à éviter cet été. Non pas que ces tendances soient tout bonnement affreuses (quoique…) mais si elles ne sont pas totalement assumées, il vaut mieux fuir, courir loin loin loin. Il est évident que cet article n’a pas été écrit à la légère, il a fallut plusieurs mois (voire des années) d’observation pour arriver à cette conclusion inévitable : le vernis blanc, le bleu sur les yeux et les chaussures « hologrammes » sont des éléments qui peuvent nuire au commun des mortels (comme un bout de salade coincé entre les dents, un peu trop d’ail dans un plat, une goutte de café tombée sur un t-shirt blanc…) Bref il nous semble primordial de vous alerter sur ces 3 phénomènes qui semblent avoir pris beaucoup de place dans les magazines, les blogs et même les podiums… 1. LE VERNIS BLANC

Non mais sérieusement ???? Du vernis blanc ??? Bon ok, il est important de signaler que la personne qui rédige cet article (c’est à dire « Moi ») a eu quelques déconvenues avec ce vernis il y a maintenant plus de 10 ans… A l’époque je dévorais davantage les magazines féminins que Duras, Flaubert, Maupassant et Rostand. Alors forcément je prenais au pied de la lettre tout ce qui était écrit dans ces magazines (grooooooossière erreur surtout quand on a 15 ans). Par conséquent, j’avais lourdement insisté pour que ma mère m’achète ce fameux vernis blanc que je voyais partout. A cette époque nous ne nous comprenions pas du tout et ma mère avait cédé à mes cris de détresse (oui, à 15 ans on a des problèmes franchement pas évidents) se disant que j’arrêterais certainement de geindre une fois le vernis acquis.

Vernis YSL : 22,50€

Une fois le Graal dans les mains, je prenais un soin particulier à l’appliquer avec le plus de minutie possible. Oh joie intersidérale, j’avais les mêmes ongles que les jolies filles des magazines !!! Forcément, le lendemain, j’arrivais au collège en mode « je vais être la meuf la plus cooooooool du moment » (remettons les choses dans leur contexte, je portais des Doc Marten’s, un jean Cimarron et un pull qui m’arrivait en dessous des fesses pour qu’on ne puisse deviner ce qui pouvait bien se cacher dessous !). Sauf qu’à ce moment précis, le plus beau mec du collège (qui était mon ami et que j’aimais en secret mais-je-ne-lui-disais-pas-parce-que-j’étais-d’une-timidité-maladive-visà-vis-de-la-gente-masculine) me croise, regarde mes ongles et me dit « Pouquoi t’as mis du Tipex sur tes ongles ???? ». Gros éclats de rire autour de lui (C……) et honte cataclysmique pour moi.

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Vous comprenez maintenant pourquoi je me devais de vous mettre en garde face au vernis blanc. 2 gouttes dans une cuillère de miel ou sur un sucre pour aider à digérer après un repas lourd.

Vernis OPI : 13 ,90€

Vernis NARS : 18€


2. LE FARD À PAUPIÈRES BLEU

Rohhhhh non mais non !!! Pas le fard à paupières bleu !!!! S’il vous plaît ! Ne faites pas ça ! Pourquoi vous ne devez pas faire ça ? Mais parce que ça ne va à personne (pas même à Cara Delevingne) et que ce n’est pas parce que la couleur vous rappelle le bleu de l’océan que c’est une couleur estivale à mettre sur les yeux ! Qu’il soit turquoise, pastel, électrique ou que sais-je encore, le fard à paupières bleu ne met pas vraiment les yeux en valeur, il les cache et en plus, quand on l’applique une sorte de poussière bleue se pose sur vos pommettes et donne l’impression à tout le monde que vous vous êtes pris une porte sans le vouloir. Bobby Brown : 24€

Alors dites non au fard à paupières bleu ! Soyez fortes et pensez aux photos que vos enfants découvriront dans 20 ans en vous disant « Nan sérieux maman t’as pas osé mettre ça !!!!! »

Shisheido : 27,50€

Make Up Forever : 16,50€

3. LES CHAUSSURES HOLOGRAMME

Bon ça c’est purement personnel, j’ai franchement du mal avec ces chaussures non identifiées qui donnent l’impression qu’une marre d’huile s’est déversée dans l’eau. Après, je me dis que parfois je n’ai aucun amour propre et après avoir critiqué quelque chose je l’achète et je ne peux plus m’en passer (comme le legging à l’époque, le color block l’été dernier ou l’imprimé léopard cet hiver). Mais cette pseudo « couleur » franchement… J’ai un gros doute. Et qui peut m’assurer que cette tendance survivra après l’été ? Personne. Pourquoi ? Mais parce que ça ne va avec rien et que ça ne pourra jamais devenir un classique. Alors là je viens d’écrire une phrase qui pourra se retourner contre moi d’ici quelques années si la chaussure hologramme devient la nouvelle petite robe noire… mais sincèrement, personne n’y croit ? N’est-ce pas… ???

Derbie Miista : 175€

Chaussures LANVIN : 695€

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ZOOM SUR COACHELLA : POURQUOI ON VEUT TOUS Y ALLER ?

par Krystel Madelaine

Chaque année, je ne sais pas vous, mais moi je bave littéralement sur les photos de Coachella : sa programmation, son climat idyllique, ses looks de fous, et son ambiance délurée ! Il y a quelques années encore réservé aux stars américaines les plus hype, ce festival hipsto-branchouille a finalement conquis les fêtards de tous horizons et en mal de concert en plein air ! Ce Festival me fait tant rêver que j’en viens à me dire que si tu as entre 20 et 30 ans et que tu t’es déjà rendu à Coachella, tu as réussi ta vie ! Mais pourquoi on en rêve tous ? Explications :

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DES LOOKS À TOMBER :

Vous avez beau faire les Solidays, ou son récent pendant bobo green : We Love Green, vous ne verrez jamais autant de gens stylés de votre vie qu’à Coachella ! Revival du Woodstock que nous n’avons jamais connu mais que l’on aurait tous aimé faire, vous aurez rarement aperçu autant de couronnes de fleurs, de shorts coupe-fesses et de lunettes miroirs à la ronde. Coachella permet de voir et d’être vu, avec ce vent de liberté qui fait tout assumer ! Rock/hippy/pop le tout est d’être sextylé (sexy et stylé bien sûr) sans complexe !

UNE BELLE BROCHETTE

« Vanessa Hudgens a la même couronne de fleurs que moi », « Oh Diane Kruger a l’air siiiii sympa », « Katy Perry a renversé de la bière sur mes chaussures », « Le Blog de Betty, Sincerely Jules, Song of Style, mais toutes mes blogueuses préférées sont lààààà », « Avec ce vent sur mes fesses (merci le short en crochet) j’ai l’impression d’être nue et j’ai même pas honte », « J’étais assise par terre avec mon short blanc (oui car le temps est sec là-bas) » voici le genre de phrases que vous ne pourrez prononcer qu’à Coachella…

UN VENT DE LIBERTÉ

Certes le verre de bière à 15h, les hot-dogs à 10h et la glace à 19h sont des choix que vous pouvez faire dans à peu près tous les festivals. Sauf que là, des paparazzi shootent des stars, des blogueuses posent en prévision de futurs articles quand d’autres ont les cheveux roses et dansent comme en transe. Et le plus important : tout le monde s’en fout !

SINON ON PEUT AUSSI Y ALLER POUR LA MUSIQUE

Ne serait-ce que pour le plaisir d’entendre votre groupe préféré en plein air (sans averses qui t’obligent à courir acheter une cape de pluie jaune et hors de prix, on s’entend) ça n’a pas de prix. Quand en plus ces groupes s’appellent : Blur, Phoenix, Vampire Weekend, Red Hot Chili Peppers ou encore Bat for Lashes, je pense que ça vaut une vie de concert, pas moins ! Alors rien que pour porter du crochet, de la dentelle, une couronne de fleurs, du jean et du cuir, le tout dans la même tenue. Boire de la bière en mangeant une glace, tout en lançant un smile à Alexa Chung et en sautant dans tous les sens, sans qu’on me regarde de travers, Coachella, I promise, j’irai !

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INTERVIEW ELEPHANT

Que dire du groupe Elephant ? C’est un joli coup de cœur musical au sein de notre rédaction. Un premier aspect qui ne peut que vous séduire : enfin de la pop chantée en français ! C’est frais, c’est joyeux, ça donne des envies de voyages et de ne surtout pas grandir. Avec Elephant on se sent comme les enfants perdus dans Peter Pan qui ne veulent pas devenir adultes. Ce joli duo rime avec liberté et envies ! Nous avons fait leur rencontre aux Salons du Louvre, et ils ont accepté de nous laisser pénétrer dans leur univers touchant et décalé. 150


Pour commencer, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de Pose Mag ? François : Elephant, c’est Lisa et François. Une fille et un garçon. C’est un groupe de pop française. Un duo. D’où vient le nom de votre duo ? Lisa : C’est tout simple. L et F. Lisa et François. Elephant. Quel a été votre parcours jusqu’à aujourd’hui ? Lisa : J’ai fait des études de théâtre, petit à petit j’ai eu envie de chanter, j’ai rencontré François. On s’est rendu compte que nos deux voix ensemble sonnaient bien. C’est comme ça que je suis entrée dans Elephant. François : Je fais de la musique depuis tout petit, je suis violoniste. J’ai accompagné plein de gens différents entre du classique, de l’électro, du rap, du rock. Il y a un moment dans ma vie où j’ai voulu faire un projet plus personnel. J’écrivais des chansons de mon côté, puis un jour j’ai rencontré Lisa et on s’est dit que nos chansons respectives ce serait super de les chanter ensemble. Votre premier album est sorti le 13 mai 2013, de quoi parle-t-il ? François : Ce sont des histoires de gens de notre âge. Lisa : C’est plus que des histoires. C’est un état d’esprit, une manière de penser, une envie de dire que l’on a peut-être un peu peur de devenir des adultes, que l’on a envie de partir au bout du monde et tant pis si on est en galère d’argent. François : C’est une photographie de ce que l’on a accumulé depuis qu’on a commencé à créer. Ou même une cartographie des émotions. Lisa : Puis on n’est plus tout jeune, du coup on a réussi à prendre un peu de recul sur ce que l’on a vécu. On se dit « J’ai fait ça, j’ai pas fait ça, j’ai pas encore fait ça », mais tant pis, c’est quand même beau. A presque trente ans on a souvent la pression de se dire que l’on n’a pas fait tout ce qu’on avait à faire. Dans cet album on s’est dit qu’il fallait dédramatiser la situation. Il faut accepter la vie comme elle vient. C’est aussi une envie de voyage et d’évasion. François : Il y a une notion de liberté que l’on a voulu mettre en avant que ce soit dans la production ou dans les textes. On a voulu se faire rêver un peu seuls. Il n’y a pas grand chose qui nous fait rêver aujourd’hui. Et il y a pas mal de gens de notre âge qui sont pareils, un peu blasés et inquiets. Ce que l’on a envie de faire on le fait maintenant. Si on a envie de rapper, peut-être qu’on va mal le faire, mais on va le faire quand même sans se soucier de ce que diront les gens. Lisa : On ne s’est pas mis de barrière du tout. Cet été en studio quand on a enregistré le disque, on ne savait pas forcément ce qu’on allait faire. On l’a fait sur le moment, sachant qu’il y avait des tas et des tas d’instruments à enregistrer. On ne se limite pas dans nos morceaux. Êtes-vous les auteurs de vos chansons ou faites vous appel à d’autres personnes pour cela ? François : Dans cet album, il y a une chanson qui a été écrite et composée par The Do, sinon on a composé toutes les chansons. Lisa : Au début, on a été contacté par un auteur, mais petit à petit on s’est dit « Allez on va tout faire nous mêmes ». Il reste donc très peu de choses qui ne sont pas de nous. Quelles sont vos influences ? Lisa : Pour faire simple, car ce serait très long, on va dire que c’est une brochette entre Joe Dassin et Arcade Fire. Les instruments occupent-ils une place importante dans vos créations ? François : Effectivement, il y a une notion un peu charnelle à la composition. Lisa : A la composition, mais surtout au jeu car François joue quasiment de tous les instruments à part la batterie et les cordes. C’est important pour lui de ressentir des choses en jouant et de garder ce qui est le plus évident. François : Il y a une recherche de perfection dans le jeu. Faire un disque c’est aussi un défi car il faut sélectionner les prises, on a enregistré plein de choses. Lisa : Il y a aussi une recherche de perfection dans le choix des instruments car dans le studio 151


de Marlon, où l’on a enregistré le disque, il y en avait des tas. Il y a des guitares qui sonnent différemment. A chaque fois, on se disait « Quelle guitare, clavier… ? ». François : C’est une recherche qui est intéressante, d’autant plus quand elle est faite de manière collective. On avait envie de partager et faire venir jouer des gens. Lisa : Ce qui était intéressant, c’est aussi que chaque instrument avait son histoire. Le piano c’était le piano de Marlon quand il était petit. Certaines guitares venaient du Brésil et à chaque fois on avait les histoires des instruments. Ca collait bien avec l’histoire d’Elephant avec le voyage, l’enfance. Comment s’est déroulé l’enregistrement en studio ? François : Ca a été très rapide, on n’a pas eu trop le temps de réfléchir. On a enregistré tout ce qu’on pouvait. Cela a été direct. On arrivait en se disant « Allez on enregistre ça. Ça ne marche pas, ok, on passe à autre chose ». On a eu à peu près 15 jours de studio et beaucoup trop d’envies par rapport au temps qu’on

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avait. Lisa : On n’a pas eu le temps de réfléchir mais c’est pas mal en fait. Il y a deux écoles : ceux qui passent deux mois en studio et ceux qui passent 15 jours comme nous. On a plongé la tête la première. Des clips, des concerts, des enregistrements… Qu’est ce qui est le plus important pour vous dans votre carrière ? Lisa : C’est le tout en fait. Quand on est sur scène et qu’on a les gens face à nous qui prennent du plaisir autant que nous, c’est quand même formidable. François : Rien ne va sans rien. Il fallait faire des clips pour nous faire remarquer, puis il fallait conclure en faisant un petit disque qu’on avait autoproduit, puis il fallait le défendre avec la promo. Aujourd’hui on en arrive à l’album et aux concerts. Et pour donner envie, il faut que les gens aient vu nos clips, des photos… Lisa : Etant donné le marché actuel de la musique, les concerts c’est essentiel.


François : Aujourd’hui, c’est vraiment en live qu’on va s’épanouir car le disque est fait. C’est là où l’on va vivre notre musique. Dans vos clips, l’esthétique semble toujours travaillée. Attachez-vous beaucoup d’importance aux détails ? Lisa : Souvent, les idées de clips viennent automatiquement quand la chanson est là, donc bien avant. Après il faut se poser et réfléchir. Ce sont toujours des envies qui traînent depuis longtemps, et pas en 5 minutes. Il y a toujours une réflexion. On a envie de plein de couleurs, de plein de matières, de plein de gens dans le clip. On veut partager. Emotionnellement, nos clips c’est toujours quelque chose de fort car on réunit des gens que l’on connaît et avec qui on a envie de vivre de belles choses. C’est souvent très fatigant, mais ce sont de beaux souvenirs. Avec vos chansons, on est transporté dans un univers différent: frais, sensible et décalé. Est-ce primordial pour

vous de ne pas tomber dans le déjà vu et le déjà entendu ? François : On ne se pose pas vraiment la question. On fait les choses comme on le souhaite. Parfois on a des chansons qui ressemblent à des choses connues. Lisa : Les influences sont parfois lointaines en fait puisqu’on fait de la pop en français. Personnellement, quand je vois Lady Gaga dans ses tenues, je rêve d’avoir les mêmes, alors que je ne chante pas du tout ce qui va avec. Le décalage vient peut être de là, de nos coups de cœur de chansons africaines que l’on mélange à nos textes. On a envie de faire sonner nos chansons en français de manière un peu différente. François : Après ce n’est pas un postulat de départ. Lisa : Mais c’est ce qu’on aime. C’est surtout de se dire encore une fois « J’ai envie de porter une robe toute en casserole » et peut être que je le ferai. Si on ne le fait pas dans notre projet musical on ne le fera jamais. Chez Pose Mag, on parle aussi de mode. On a pu voir que vous avez un style bien à vous. Comment pourriez-vous le définir ? Lisa : On ne se bloque pas sur des styles. François dans ses tenues il mélange des chaussures à paillettes avec une chemise en jean plutôt simple. C’est ce qui fait le décalage, mais ce n’est pas calculé. Moi, j’adore mettre des robes à paillettes, mais on ne peut pas le faire tous les jours dans la rue. François : Lisa, elle adore le rose ! C’est comme si elle réalisait le fantasme d’une petite fille. Comme elle ne travaille pas dans un bureau, elle se le permet. Quel est l’accessoire indispensable selon vous ? François : Le nœud-papillon pour moi, définitivement ! Lisa : La robe à paillettes, ou le bindi. J’aime bien accessoiriser mon visage. Et votre créateur préféré ? Lisa : On a assisté à son défilé à la dernière Fashion Week de Paris. Il s’appelle Manish Arora et il est hyper libre dans ce qu’il fait. Hier je me baladais dans les grands magasins et je trouvais ça triste. Puis je pensais à lui car il met la banane, comme nous on veut le faire avec notre musique. Pour en revenir à votre carrière, quels sont vos projets en plus de l’album qui vient de sortir ? François : Le projet c’est de faire beaucoup de concerts. On a un gros concert à Paris le 18 juin au Café de la Danse. Lisa : L’idée c’est aussi de continuer à faire des clips sur nos chansons pour pouvoir les faire vivre. J’aimerais bien qu’on fasse encore 4 clips. Même si c’est difficile de vendre des disques aujourd’hui, j’ai envie de rester dans cette énergie positive en faisant vivre nos chansons, autrement qu’en les vendant à la FNAC. Un dernier mot pour les lecteurs de Pose Mag ? Lisa : Faites ce que vous avez envie de faire dans la vie, parce qu’elle est courte ! François : C’est bien dit je pense. Propos recueillis par Kévin Mesa Crédit photo : Julien Cozzolino pour Pose Mag 153


POSE HOROSCOPE Bélier : Mais quelle lumière brille à cette fenêtre ? C’est là l’Orient et Juliette est le soleil. Au temps pour moi, c’est une bougie. Attention aux incendies.

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Taureau : Votre rap a été crucifié à en devenir Christ.

Gémeaux : Demain est un autre jour, tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse, pierre qui roule n’amasse pas mousse (Vénus en dictionnaire des maximes).

Cancer : Faites surveiller vos grains de beauté.

Lion : Je n’ai pas eu le temps de faire votre thème astral. Attrapez 20 minutes demain matin et lisez la page horoscope.

Vierge : Surveillez vos arrières (Mars dans le rétro).


ASTRALE

Horoscope librement sorti de la boule de cristal de Marine Revel Illustrations par Sess Boudebesse / http://10placeducolonelbourgoin.blogspot.fr/

Balance : balance, balance, balance-toi de gauche à droite, j’ai le son qui fait mal. Sincèrement, Tony P.

Scorpion : Commencez à répandre la nouvelle, vous partez demain, Rombas, Rombas !

Sagittaire :C’est très bien de vous être mis au sport, mais alors si vous continuez à bouffer du Pepito pour compenser votre solitude quand vous rentrez, ça ne sert strictement à rien (Saturne en surpoids).

Capricorne : Vous allez rencontrer l’amour. Mais ne vous emballez pas, quand la personne va se rendre compte que vous n’êtes pas poissons, elle va partir en courant.

Verseau : C’est le moment de prendre un chat et d’accepter que vous allez finir vos jours seul. Vous avez déjà un chat ? Vous avez fait la moitié du chemin.

Poissons :Votre carrière va décoller. Non, vraiment: les recruteurs font des avions avec vos CV

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LA POSE POSTALE

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Je suis furieuse, je m’appelle Beatrice et je suis contre le mariage gay ! Les politiques n’ont-ils pas entendu nos revendications et la révolte du peuple ? Nous vivons une drôle de période, il est clair que la France court à sa perte !

À la lecture de votre mail, je m’attendais à ce qu’un « jeté d’enfant » y soit attaché. L’image de ces poussettes béliers fonçants contre le moindre individu portant le sigle police ou gendarmerie, restera à jamais gravé en moi. Je pensais naïvement que les poussettes béliers ne servaient que dans le bus, je me suis vite aperçu qu’elles pouvaient servir un nombre infini d’hypothèses. Dès lors, j’ai compris que le monopole des poussettes béliers détenu par les couples hétérosexuels était au cœur des revendications. Il y a des moments dans la vie où tout devient plus lisible, même si cela ne résout pas la question de savoir qui a volé l’orange du marchand. Pour en revenir à vos propos ; n’ayez crainte, chère Béatrice, il ne s’agit pas du mariage gay mais du mariage pour tous. Vos droits ne seront pas entachés par la volonté de deux hommes ou de deux femmes de célébrer leur amour en mairie. Vous pourrez, à loisir, vous marier dans une salle des fêtes, ornée de ballons aux couleurs de l’arc-en-ciel, un samedi pluvieux, entourée de tous vos cousins aux crânes précisément rasés. Je le sens déjà, vous voilà rassurée et toute contente. Ainsi, le « mariage pour tous » ne changera rien à votre situation, tout comme votre mécontentement n’a rien changé au vote de la loi. Le fameux #onlacherien vous poussera certainement à porter inlassablement le même t-shirt rose (sérieusement ?) telle une armure contre l’immoralité des païens ou à forcer vos 32 enfants à vous accompagner pendant de longues après-midi pénibles afin de promouvoir votre modèle de famille. Mais il y a des réalités qu’on ne peut pas nier : vous êtes trop peu nombreux. Et vous le savez tout autant que moi, les millions de gens qui ne manifestent pas, auront toujours raison des quelques centaines de milliers qui manifestent. C’est donc ainsi que je me dois de vous dire qu’à aucun moment vous n’avez parlé au nom du peuple. Le fameux « au nom du peuple » suppose tout au moins une élection vous donnant droit à une telle légitimité. Or, les seules personnes dans cette affaire ayant parlé au nom du peuple sont vos détracteurs ayant fait l’objet d’une élection. Contester une loi, expression de la volonté générale, revient à contester intrinsèquement le choix d’un peuple et non seulement celui de ses représentants. Alors détendez-vous, le printemps est arrivé, au lieu de vous ruiner la santé pour une cause perdue, profitez de la vie et allez boire un verre en terrasse. Il est toujours plus simple de faire des rencontres un verre à la main, doucement caressé par quelques rayons de soleil. Vous vous rendrez vite compte que les gens sont au demeurant très sympathiques, que personne n’a de haine contre vous et que la vie est belle. Si l’exercice est trop périlleux, je vous conseillerai simplement d’ouvrir vos fenêtres, de prendre votre courage à deux mains et de peindre aux mille couleurs l’air du vent. Si Pocahontas nous apprend à être tolérant, à apprécier la nature et à apprécier chaque homme pour ce qu’il est, pourquoi pas vous ? PS : Oui, je le veux Antoine Bertoni Illustration : Philippe Dufour-Loriolle

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