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MODE CULTURE TENDANCES

NUMERO 21


DIRECTEUR DE LA PUBLICATION / RÉDACTEUR EN CHEF

Enrique Lemercier PHOTOGRAPHES

François Berthier, Marie Canciani, Pauline Darley, Matthieu Dortomb, Louis-Adrien Le Blay RÉDACTION

Antoine Bertoni, Armelle H, Mélissandre L., Alexandra Le Fur, Enrique Lemercier, Marie Parent, Marine Revel STYLISTES

Julie Cristobal, Mariétou Guèye-Babeau, Romuald Premier, Cécile Réaubourg (Trouvailles Chics) ILLUSTRATIONS

Philippe Dufour-Loriolle, Hill’ustration, Marygribouille, Sess GRAPHISME

Sabrina Berguer CORRECTRICE/TRADUCTRICE

Marine Revel REMERCIEMENTS

Nous remercions les personnalités qui nous ont fait confiance et qui ont accepté sans hésiter d’être présentes dans ce numéro : Brigitte, Augustin Trapenard, Mélody Gardot, Yseult, Alison Wheeler, The Veronicas, Flo Morrissey, Thédore Paul et Gabriel, Mélanie Bernier, Nicolas Giraud, Aurélia Decker et Marvin Dupré. Un grand merci à leurs équipes pour nous avoir permis d’organiser ces différentes séances photos et interviews. Merci au restaurant Pan à Paris pour son accueil et pour sa mise à disposition pour le shooting avec Brigitte, au Palais de Tokyo pour le shooting avec Augustin Trapenard, ainsi qu’au bar/restaurant Le Playtime à Paris pour la séance avec Alison Wheeler. Si vous souhaitez rejoindre notre équipe de rédacteurs, écrivez à redac.pose@gmail.com

© 2015. Tous droits réservés. Pose Mag, marque déposée. Représentant légal : Enrique Lemercier La reproduction même partielle des articles, textes et photographies parues dans Pose Mag est interdite sans autorisation écrite préalable du directeur de la publication. La rédaction n’est pas responsable des textes et images publiées qui engagent la seule responsabilité de leur auteur. Les marques et adresses qui figurent dans les pages rédactionnelles de ce numéro sont données à titre d’information, sans but publicitaire. Ce magazine ne peut être vendu.

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EDITO

JE SERAI TOUJOURS TON LASCAR SUPERSTAR Il y a cinq ans, elle voulait qu’on se fasse la guerre pour lui faire la cour. Elle voulait qu’on se batte, qu’on soit gangster, qu’on soit voyou. Qu’on se batte encore, qu’on soit son tout, son loubard, son lascar superstar. Mais elle n’était pas violente Brigitte, elle avait simplement besoin d’amour. En juillet 2010 très exactement, lors des débuts de POSE MAG et de son lancement de carrière, elle se confiait à moi, au travers d’une interview. C’est un peu comme si elle et moi avions grandi ensemble ! Je venais de sortir le premier numéro de mon magazine et elle venait tout juste de sortir son premier EP, intitulé « Battez-vous », qui s’apprêtait à frapper fort dans le paysage musical français. Elle, c’est Brigitte. C’est deux gonzesses, des vraies. A l’époque, c’était une brune et une blonde, du rétro et des folles de hip hop, des hippies qui kiffaient ABBA et Marilyn Monroe, des histoires de gangsters et de filles faciles. Mais aussi des robes à paillettes, deux voix et deux meufs qui composaient leurs propres chansons. En fait, rien n’a vraiment changé, si ce n’est que depuis, elles sont devenues jumelles, elles ont sorti deux albums, le nombre de vues de leurs clips se compte en dizaines de milliers, voire en millions. Elles ont été récompensées aux Victoires de la musique et ont conquis un très large public en France et à l’international. Rien que ça ! Cinq ans après, on a décidé de se retrouver elle et moi. Et pour célébrer cela, j’ai voulu sortir le grand jeu. Je lui ai donc donné rendez-vous dans un joli restaurant à Paris, j’ai fait venir une équipe qui était aux petits soins pour elle, pour qu’elle se sente bien et qu’elle se sente belle. Je crois qu’elle a passé un bon moment. Avant de partir, je lui ai demandé : « Et vous, tu m’aimes ? ». Elle m’a alors répondu : « Toujours, je suis une grande fidèle et une amoureuse ». Alors j’ai kiffé. Je te kiffe Brigitte. Tu es ma louve et moi je suis ton lascar superstar. Pour toujours. Enrique Lemercier

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CULTURE PORTRAIT

p66

p10

AUGUSTIN TRAPENARD

RENCONTRE

p28

THEODORE,PAUL ET GABRIEL

PORTRAIT

p42

MELANIE BERNIER

MODE& TENDANCES SHOPPING

p26

SHOPPING

p80

LE LOOK MARINIERE LE LOOK ROBE BLANCHE

TENDANCES

p120

LES TROUVAILLES DE CECILE

SHOPPING

PORTRAIT

p54

p66

NICOLAS GIRAUD

RENCONTRE

p82

CHRONIQUE

p96

ALISON WHEELER

IT’S TIME TO READ

EN COUVERTURE

BRIGITTE

PORTRAIT

p98

p112

AURELIA DECKER

INTERVIEW

p122

p128 p146

MELODY GARDOT

LE LOOK COMBI NOIR

p98

YSEULT

MARVIN DUPRE

FEETOTHERAPIE

SHOPPING

INTERVIEW

RENCONTRE

p130

POSE MUSICALE IT’S RAINING MEN !

PORTRAIT

p136

p138

THE VERONICAS

INTERVIEW

p150

FLO MORRISSEY

p54 4


p10

ET AUSSI CHRONIQUE

p38

POSE DÉCO

p52

CHRONIQUE

p64

p42

LES P’TITES FEMMES DE SOPI FAITES LE MUR !

EVJF : IDENTIFIER VOS NOUVELLES MEILLEURES ENNEMIES

HOMME, FEMME MODE D’EMPLOI p110 THE « CRISE »

LA POSE POSTALE VOUS ÊTES SUPER

POSE ASTRALE HOROSCOPE

p148

p154

p82

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MARINE REVEL

MARIE PARENT

MÉLISSANDRE L.

/REDACTRICE

/REDACTRICE

/REDACTRICE

Titulaire d’un BEP Astres Célestes obtenu en 1982 à l’Université de Gentilly, je lis le ciel comme on lit la presse people, de travers et uniquement dans le train. «Jamais sans ma lunette astronomique», telle est ma devise. Je sais de quoi demain sera fait, et croyez moi, c’est pas jojo.

Community manager, blogueuse, «liseuse de magazines», fan de True Blood, compte se marier avec Eric Northman d’ici quelques temps. C’est un vampire ? M’en fous ! Compte monter les marches de Cannes un jour (même si je ne travaille pas dans le Cinéma) et remporter un Oscar pour l’ensemble de ma carrière (je m’entraîne toutes les semaines pour mon discours, un vase à la main).

Auteure touche-à-tout. C’est sous prétexte de s’essayer à tous les genres littéraires (polars, SF, jeunesse, etc), qu’elle se crée des avatars à tour de bras. @Melissandre_L

CONTRIBUTEU

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ALEXANDRA LE FUR

ARMELLE H.

ANTOINE BERTONI

/REDACTRICE

/REDACTRICE

/REDACTEUR

La vie sans musique ne vaut d’être vécue. C’est avec cet adage vissé au corps que je traine mes converses trouées à tous les concerts et festivals possibles. Secrètement, je veux faire comme Dalida et mourir sur scène (enfin, ça, c’est le plan ! L’initiatrice ayant échouée, la place est libre pour le Guinness Book). Dans les tribulations de la quête de l’artiste de la journée, de la semaine, du mois, de l’année, de la décennie, je traque les nouvelles sorties comme un détective privé, jamais rassasiée.

Curieuse et passionnée, j’ai rejoint l’équipe dès la sortie du premier numéro. Interviews d’artistes d’univers différents, rédaction de la chronique « Homme, Femme, Mode d’emploi ». Aujourd’hui agent artistique, je n’oublie pas que tout ça je le dois à… Pose Mag ! Alors oui, de temps à autre, je reviens marquer mon territoire ! @Armelle_H http://armelleh.wix.com/armelle-h

Les gens m’appellent l’idole des jeunes, mais je préfère me définir comme un mec d’exception. Un pinceau à la main et le courrier des lecteurs sous le bras : « Ich bin hier für dich ».


MAXIME STANGE MARIE CANCIANI

MATTHIEU DORTOMB

PAULINE DARLEY

/PHOTOGRAPHE

/PHOTOGRAPHE /PHOTOGRAPHE

/PHOTOGRAPHE

depuis 5 ans, jenumérique me suis Photographe et retoucheuse spécialisé d’abord dans le portrait, et enje suis basée à Paris depuis bientôt trois ans, arrivant à Paris, j’ai commencé à «étudier» passionnée par l’image et l’esthétisme, j’aimela photographie de mode. pratiquetrès depuis créer pour chaque sérieJedesla univers un an, et je trouve tous les jours, des nouveaux différents. défis à relever dans ce domaine, et des choses http://marie-canciani.com/ à faire évoluer, dans mes lumières, dans mes traitements, dans mes prises de vues... Le réel travail d’une vie en perspective. www.maxime-stange.com

Après des cours aux Beaux Arts et son BTS de graphisme en poche, il s’installe à Paris pour acquérir une expérience plus complète. Ses photographies sont souvent reconnaissables par leur côté ludique, coloré et décalé. Matthieu insulfe de Dortomb insuffle de lala poésie poésie àà travers travers des des tapisseries rétros, des jouets, du maquillage... jouant ainsi sur notre rapport nostalgique à l’enfance. http://www.matthieudortomb.com

Photographe sur Paris, j’ai suivi des études en communication et effectué des stages vers le monde de l’image pour m’ouvrir à un un environnement photographique. J’aime environnement photographique. J’aime créer créer l’humain avec l’humain et composer en mode avec et composer en mode et portraits. et portraits. monphotographie travail en je Pour résumerPour monrésumer travail en photographie pourraismots citer: plusieurs mots : pourrais citer jeplusieurs symbolisme, symbolisme,émotions ambiances, surtout ambiances, maisémotions surtout mais passion. passion. http://paulinedarley.com/ http://paulinedarley.com/

AMEL KERKENI

RACHEL SADDEDINE LOUIS-ADRIEN LE BLAY

FRANÇOIS BERTHIER

/PHOTOGRAPHE

/PHOTOGRAPHE /PHOTOGRAPHE

/PHOTOGRAPHE

C’est le théâtre, l’esthétique de la mise en scène et sa force symbolique qui m’ont amenée vers la photographie. Lors de mon tout premier cours en chambre noire, en développant une ancienne pellicule, j’ai eu un choc: j’ai vu mon grand-père, décédé, apparaître dans le révélateur. La photographie ne m’a alors plus lâché. J’aime créer une atmosphère et les thèmes que je traite sont en rapport avec ce que je vis, ce qui me touche, ce qui m’obsède. http://amel-kerkeni.com

freelance surd’années, Paris. Photographe depuis unebasée dizaine Sans Adrien cesse influencée par la musique, Louis est un aventurier urbain enle cinémadeetnouveaux ses icônes, c’est dans mode et quête territoires. Sa larecherche le portrait qu’elleconsiste développe sonrevivre travail lede photographique à faire photographe. Elle recherche desoublié. ambiances, patrimoine industriel et culturel Sensible des mouvements attitudes, desdugueules, en tirer ce de aux corps et à l’étrangeté laqu’elle naturey voit. humaine, le choix d’intégrer un travail http://rachelsaddedine.com graphique et coloré permet à Louis-Adrien d’aller vers la photo de mode. http://www.load-leblay.com

Après des études de droit, François devient journaliste rock en 2002. A 28 ans, il a été nommé rédac chef de son magazine de rock. En 2008, il décide de revenir à son premier amour, la prise de vue de femmes. Il commence alors une carrière de photographe de mode et de célébrités. 7 mois plus tard, il photographie Lady Gaga et tire également le portrait de nombreuses personnalités. Il est publié dans des magazines comme Vanity Fair, Madame Figaro, Grazia, Marie-Claire, Glamour, Elle, GQ... http://www.francoisberthier.com

URS

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CÉCILE RÉAUBOURG

MARIÉTOU GUÈYE-BABEAU

JULIE CRISTOBAL

/STYLISTE

/STYLISTE

/STYLISTE

Styliste freelance, blogueuse, rédactrice… ou juste une passionnée, dingue de mode, dénicheuse de bonnes adresses, un peu geek sur les bords. Une fille élevée au chocolat, bercée par le Prince de Bel-Air, Beverly Hills, Friends, SAX… bon je m’arrête là ! Bref, une féministe qui travaille dans la Mode, si si c’est possible ! S’amuser, s’exprimer, oser et surtout ne pas se prendre la tête pourrait être ma devise ! http://trouvailleschics.over-blog.com/

Artiste dans l’âme et dans la vie, Mariétou appréhende le stylisme comme un véritable moyen d’expression. Autodidacte, elle met depuis 5 ans sa petite tête pleine d’idées foisonnantes au service de la mode et du monde de l’image, auprès de marques, photographes, personnalités et magazines. https://www.tumblr.com/blog/marietougb

Après des études de styliste de mode à Paris et des stages au sein de magazines, je me suis lancée il y a un an et demi en tant que styliste freelance. J’assiste toujours des stylistes mais je prends le temps de réaliser mes propres séries et de construire mon univers. J’aime raconter des histoires au travers du vêtement. Boulimique d’images, je suis accro à Pinterest et Tumblr, je pourrais passer ma vie à collectionner des visuels pour réaliser des moodboard ! http://juliecristobal.com

SESS

MARYGRIBOUILLE

/ILLUSTRATEUR

/ILLUSTRATRICE

Sess a commencé à travailler pour Pose Mag en tant que maquilleur. Il signe d’ailleurs toujours avec sa fidèle coéquipière Camille (avec qui il forme le duo de maquilleurs Mademoiselle Mu) plusieurs éditos dans chaque numéro. A côté de cela, Sess est également dessinateur de BD et illustrateur. Vous retrouverez également ses illustrations dans notre désormais célèbre Pose Astrale ! http://10placeducolonelbourgoin.blogspot.com et sur Facebook : Mademoiselle Mu

J’ai 28 ans, je suis illustratrice indépendante, je vis et gribouille dans mon petit appartement près de la mer, au Havre. Mon univers est coloré, frais, avec des personnages pétillants et décalés. Je travaille pour le web, la publicité, l’édition, la presse et les particuliers. Je m’amuse et raconte mes petits quotidiens sur mon blog (http://www.marygribouille.net).

CONTRIBUTEU

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PHILIPPE DUFOURLORIOLLE /ILLUSTRATEUR

PDL est graphiste et illustrateur à Paris. Il affronte les contrariétés de la vie armé d’une pointe BIC afin de vous en livrer, à chaque numéro, une brochette aux vertus exutoires. http://www.summerkisses.fr


SESS SABRINA BERGUER

ENRIQUE LEMERCIER

/ILLUSTRATEUR /GRAPHISTE

/RÉDACTEUR EN CHEF

commencé «Sess Si lea JT de Franceà 2travailler marchepour moinsPose bienMag que en tantdeque signeque régulièrement celui TF1,maquilleur. c’est aussiIlparce le rouge avecestsalafidèle coéquipière (avecc’est qui en couleur dominante.Camille Le rouge il forme le leduodanger, Madeloiselle le make-up l’urgence, le stress.Mu)C’est anxiogène. d’éditos pour Pose Pour adoucir, ils ontMag. mis du blanc. Résultat : A côté de cela,aseptisée, Sess est également dessinateur une ambiance genre hôpital. Le bleu de BDc’est et illustrateur. Vousélégant. retrouvez nuit neutre et plus ». son travail danspirela c’est Poseque Astrale. Le j’y crois. http://10placeducolonelbourgoin.blogspot.com @NabrisaBerg et sur Facebook : Mademoiselle Mu

Friand de magazines depuis mon plus jeune âge (du journal de Mickey en passant par Star Club puis à Vogue, L’Officiel, Grazia et compagnie), j’avais toujours rêvé de pouvoir diriger mon propre support. Désormais à la tête d’une équipe de passionnés talentueux, j’officie en tant que rédacteur en chef de Pose Mag pour apporter un regard nouveau et décalé sur la mode, la culture et les tendances. @MisterPoseMag

URS SABRINA BERGUER

ENRIQUE LEMERCIER

/GRAPHISTE

/RÉDACTEUR EN CHEF

« Si le JT de France 2 marche moins bien que celui de TF1, c’est aussi parce que le rouge en est la couleur dominante. Le rouge c’est l’urgence, le danger, le stress. C’est anxiogène. Pour adoucir, ils ont mis du blanc. Résultat : une ambiance aseptisée, genre hôpital. Le bleu nuit c’est neutre et plus élégant. ». Le pire c’est que j’y crois. @NabrisaBerg

Friand de magazines depuis mon plus jeune âge (du journal de Mickey en passant par Star Club puis à Vogue, L’Officiel, Grazia et compagnie), j’avais toujours rêvé de pouvoir diriger mon propre support. Désormais à la tête d’une équipe de passionnés talentueux, j’officie en tant que rédacteur en chef de Pose Mag pour apporter un regard nouveau et décalé sur la mode, la culture et les tendances. @MisterPoseMag 9


AUGUSTIN TRAPENARD PHOTOGRAPHE : AMEL KERKENI ASSISTANTE : GABRIELLE MALEWSKI STYLISME : ROMUALD PREMIER MAKE UP : MADEMOISELLEMU REALISATION : ENRIQUE LEMERCIER LIEU : PALAIS DE TOKYO À PARIS

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Costume, chemise et pochette LA COMEDIE HUMAINE Baskets ADIDAS13


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Pull et pantalon LA COMEDIE HUMAINE17


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Chemise et pantalon CUISSE DE GRENOUILLE19


PORTRAIT AUGUSTIN TRAPENARD Le matin sur France Inter dans son émission « Boomerang » et le soir au Grand Journal de Canal + en tant que chroniqueur littéraire, on peut dire qu’Augustin Trapenard n’a pas le temps de s’ennuyer. D’autant plus lorsqu’on sait qu’il ne parlera jamais d’un livre, d’un film ou encore d’un disque qu’il n’a pas lu, vu ou écouté. Ce trentenaire séduit autant par sa voix et ses interviews soignées et originales à la radio qu’avec son sourire et ses propositions littéraires et culturelles à la télévision. C’est vêtu d’un pull en laine à larges rayures bordeaux et gris, d’une chemise blanche à carreaux fins coordonnés à son pull, d’un jean’s et d’une paire de baskets qu’on l’a vu s’approcher. Et c’est avec cette allure chic et décontractée à la fois, avec un sourire pétillant laissant présager de la bonne humeur et de l’enthousiasme, qu’Augustin Trapenard s’est présenté à nous pour répondre à nos questions et prendre la pose aux alentours de la jolie librairie du Palais de Tokyo.

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Quand on lit ta bio, on peut voir entre autre que tu es Normalien, agrégé d’anglais, que tu as enseigné la littérature anglaise à l’École normale supérieure... J’ai donc un peu la pression pour cette interview ! Tu ne m’en voudras pas si je ne pose pas que des questions intelligentes ? Au contraire, il n’y a que les questions superficielles qui m’intéressent ! (rires) D’ailleurs, à ce jour, quelle est la personne qui t’a le plus impressionné lorsque tu l’as interviewée ? Stephen King, l’année dernière, à Paris, au Grand Rex. Les éditions Albin Michel m’avaient demandé de présenter l’auteur et de l’interviewer devant une foule de libraires. Ce n’était pas pour la radio, pour une émission télé ou pour la presse écrite mais j’étais paniqué ! Tu sais, j’ai commencé ce métier il y a 10 ans pour le magazine ELLE et pour LE MAGAZINE LITTERAIRE. J’ai eu la chance de rencontrer des auteurs incroyables comme Toni Morrison, Paul Auster, Salman Rushdie... Pourtant je crois que Stephen King est celui qui m’a le plus bouleversé parce qu’il incarne les lectures de mon enfance, les bouquins cornés que mon frère me passait en contrebande. C’est assez marrant, d’ailleurs, parce que cette interview, c’est la première fois que j’ai eu une émotion visible et audible. Lors du court monologue qui ouvrait l’entretien, j’ai la voix qui s’est brisée. Je parlais de mon frère qui m’avait passé un livre de King, « Charlie », l’histoire de cette petite fille qui met le feu partout. Ca m’a bouleversé ! Ton émission « Boomerang », sur France Inter, est une émission 100% culturelle et avec la particularité de mettre en avant un seul invité par émission. C’était un pari assez osé. Est-ce que ton projet a été accepté de suite quand tu l’as proposé ? Sur un créneau comme celui-ci, sur cette tranche importante, je pense qu’ils m’ont d’abord choisi pour mon expérience: sept ans de radio derrière moi, à France Culture et à Nova. À Radio France, on est producteur de nos émissions. Ils nous contactent en nous disant qu’ils aimeraient bien nous entendre sur une tranche, et ils nous demandent de leur faire des propositions. J’avais déjà travaillé un été à France Inter, une émission que j’avais appelé « Toute toute première fois », diffusée à 20h, la tranche de Kathleen Evin.

C’était un format assez semblable à celui de «Boomerang»: une interview culturelle, et un moment d’habillage où je décrivais l’invité. À l’époque, cependant, je ne recevais que de très jeunes artistes : il était souvent plus compliqué de faire entendre leur voix. L’enjeu de «Boomerang», c’est bien cela. Un enjeu sonore: donner à entendre une voix différente, la voix d’un artiste, au plus grand nombre, à 9 h du matin ! Une voix parfois trébuchante, souvent hésitante, aux antipodes de la voix des politiques ou des journalistes qu’on entend dans le 7-9. Cela apporte un regard singulier sur le monde. Il est là le grand pari - et je remercie tous les jours Laurence Bloch, la patronne de France Inter, de l’avoir accepté. Comment se fait le choix des invités ? En tant que producteur de cette émission, j’ai la chance d’être entouré d’une équipe. Une réalisatrice, un assistant et un journaliste, ainsi qu’une programmatrice qui s’appelle Valentine Chedebois et qui travaille avec moi à la construction d’une semaine d’invités. Ensemble, on décide de tout: Radio France nous laisse entièrement libres, c’est la magie du service public. Je me suis cependant imposé des règles. À cette heure de grande écoute, et qui entend le rester, je ne peux pas me permettre de faire des découvertes tous les jours. Il faut alterner les arts comme les publics. J’alterne entre des noms très connus, comme par exemple, cette semaine, la romancière populaire Fred Vargas, la créatrice Agnès B, ou Fabrice Luchini qui sera mon invité lundi... et des noms plus discrets que j’ai envie de porter, comme Bernard Quiriny, par exemple, un écrivain belge dont je trouve tous les livres extraordinaires. L’idée n’est pas de plaire à tout le monde, mais bien d’attiser la curiosité. Tu as déclaré prendre le temps de bien préparer tous tes sujets, en lisant les livres dont tu vas parler, en regardant les films, en allant voir les expos... Mais comment fais-tu pour trouver le temps pour tout cela ? D’abord, je ne dors que très peu. À vrai dire, je n’ai jamais beaucoup dormi. Ensuite j’adore mon métier et quand on aime faire quelque chose, le temps se démultiplie. Je me lève très tôt, vers 6h du matin, j’arrive au bureau vers 7h30-8h, je fignole l’émission que j’ai préparée la veille, je la tourne en direct, puis je travaille à celle du lendemain.

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Après, j’ai toujours au moins trois heures de lecture, sans compter le soir, après le Grand Journal, où je lis aussi trois ou quatre heures. Sept heures de lecture par jour, au final, c’est pas mal ! Par ailleurs, sur Canal+, je ne fais pas que des critiques de livres: il arrive que je traite d’une actualité du monde du livre, d’un article d’un journal, ou d’une tendance. La difficulté, c’est de bien gérer son temps. C’était presque plus dur, à vrai dire, l’année dernière, quand je n’avais pas France Inter mais une émission littéraire sur France Culture où je recevais trois écrivains par semaine. Rien que pour en sélectionner trois, il fallait en avoir lu au moins six ou sept... Tu as déclaré dans une interview que tu avais complètement délaissé ta vie personnelle au profit de ta vie professionnelle. Est-ce que tu penses que c’est un choix que tu pourrais regretter plus tard ? Je vais surtout te raconter comment cette interview s’est passée ! Je me le permets, car elle a été reprise plusieurs fois, de façon perverse et délicieuse à souhait. Dans cette interview, je n’en ai aucun souvenir mais j’ai dû parler de mon chien Jean-François. Là-dessus, un site People a repris les passages croustillants de l’interview et titré: « Augustin Trapenard, le grand amour de sa vie: Jean-François » - une façon tout à fait putassière de faire mon coming out - que j’ai déjà fait mille fois ! En fin de compte, ça m’a fait rire. La vérité, c’est qu’à la fin de cette interview avec Le Parisien qui a duré au moins deux heures et où j’ai parlé exclusivement de mon travail, la journaliste me demande en off, « comment faites-vous pour faire autant de choses ? ». Je lui ai répondu franchement que je n’avais pas de vie privée, ce qui est vrai, mais ce dont, à mon avis, tout le monde se fout ! J’adore ma vie, j’adore mon métier, donc ça n’a rien d’un sacrifice. Bref, j’ai eu cette phrase un peu malheureuse que la journaliste a repris. Je me suis beaucoup fait chambrer à ce sujet, y compris par mon entourage personnel ! Dans cette même interview pour Le Parisien, tu as déclaré également que tu avais donc dû te séparer de la personne avec qui tu étais et qui t’a donné ce look de dandy que tu conserves. Est-ce que la mode est quelque chose qui t’intéresse également ? Beaucoup ! Je suis un lecteur de Roland Barthes et je m’intéresse aux signes et aux systèmes de la mode, ainsi qu’à ses « mythologies ». Ce qu’elle dit d’une époque, d’un genre, d’une sexualité, d’une politique... 22

Cela me passionne depuis toujours - et c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je décris les vêtements de mon invité, chaque jour à la radio. En ce qui concerne ma façon de m’habiller à moi, effectivement, j’ai mis longtemps à être coquet ! J’ai été élevé dans une famille bourgeoise qui se fichait royalement de la mode, j’ai fait des études très élitistes dans une école très à gauche, et cette apparente superficialité ne comptait pas vraiment. C’est vrai, j’ai rencontré quelqu’un dans ma vie dont le métier était lié à la mode et qui m’a un peu relooké. Mais celle qui m’habille, en vérité, c’est Capucine Colboc, la styliste du Grand Journal. Bref, ce qui m’intéresse avant tout, dans la vie, c’est de lire les signes de la mode : ce que cela dit d’une personne. Si je te demandais de citer une personne que tu admires en matière de style, ça serait qui ? J’ai un profond respect, presque une amitié pour Karl Lagerfeld que j’ai reçu dans mon émission, qu’on a reçu plusieurs fois au Grand Journal, et avec qui je me suis toujours bien entendu. C’est un homme que j’aime énormément, même. J’aime sa légèreté, sa façon de désamorcer le réel. Après, ses vêtements, je ne sais pas. Pas forcément. J’ai des amis qui ont créé une marque, Melinda Gloss, que je porte souvent. Je suis même allé à l’un de leurs défilés. Au dernier rang, pour ne pas me faire remarquer. Pour en revenir à tes critiques littéraires, perso, j’adore acheter des livres. J’en ai d’ailleurs acheté quelques uns en suivant tes conseils, comme « L’amour et les forêts » d’Eric Reinhardt par exemple. Mais je n’arrive jamais vraiment à trouver le moment pour lire. À quel moment lis-tu et dans quelles conditions te mets-tu ? Il faut que tu comprennes que c’est mon métier. La construction d’un conducteur de radio, cela va très vite, c’est très conversationnel. Il y a ce petit billet que j’écris le soir, souvent entre minuit et deux heures du matin, et puis le questionnement que je prépare la veille: je trouve un axe, un angle, c’est moins rédigé que cela en a l’air. Du coup, le gros de mon travail, c’est la lecture. Si jamais tu n’avais pas tes différentes activités, si tu ne faisais que ça, sept heures par jour au moins, tu verrais que le temps n’est pas un problème. Un livre de 250 pages, en sept heures, tu l’as lu ! Un film, c’est une heure et demie, le soir. Un disque, cela s’écoute rapidement. Et j’ai le weekend pour le théâtre, les ballets, les concerts. Il y a pire métier, quand même !


En parallèle de France Inter, on en a déjà parlé auparavant, tu officies également dans « Le Grand Journal » sur Canal +. Comment est arrivée cette opportunité ? C’est un recrutement très particulier, Le Grand Journal. Cela est à la fois Canal+ et la boîte de prod, KM, qui choisissent qui va incarner la littérature. Il y a une tradition de la littérature au Grand Journal depuis Frédéric Beigbeder et même avant. Mais depuis lui, c’est vraiment devenu une forme d’institution. Tu remarqueras que c’est toujours le même profil, d’ailleurs: un pur produit de l’Education nationale, souvent normalien ou du moins très lié au monde des livres. Ali Baddou et moi avons tous les deux été recrutés sur France Culture. Je sais que Renaud Le Van Kim, le producteur du Grand Journal, m’écoutait sur France Culture, ainsi qu’un membre de la direction de Canal. Et je crois que tout cela a joué.

Ils m’ont rencontré une première fois, mais ils m’ont trouvé très arrogant, alors qu’en fait, j’étais juste très stressé. Quand j’ai commencé, à la fin de la première semaine, je me souviens d’ailleurs qu’ils m’ont dit « C’est très bien, Augustin, mais il faut que tu prennes confiance en toi ». Tu sais, la littérature, c’est vraiment ce que j’aime, depuis toujours. Je l’ai enseignée, je ne cesse de la partager, j’aimerais plus tard être libraire, pour continuer de vivre ce plaisir de lire. C’est mon truc ! Et puis j’ai au moins cette qualité de l’enthousiasme. Je pense que c’est ça qu’ils ont aimé, avant tout. Entre nous, Le Grand Journal, c’est la rédaction dans laquelle je m’amuse le plus, et dans laquelle je me suis le plus amusé. On rigole tous les jours. Vraiment. Dans quel média te sens-tu le plus à l’aise ? À la radio ou bien à la télévision ?

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En fait, le moment où je parle est très court. Même la demi-heure sur France Inter. Donc je te répondrais que le métier, ce n’est pas la performance sonore ou visuelle, c’est le moment où je prépare qui est le même pour la radio et la télé: quand je lis et que j’imagine la façon dont je vais parler du livre ou de l’objet culturel que j’ai choisi. Là où je me sens le plus à l’aise, c’est peut-être quand même la télé - puisqu’il s’agit d’abord d’être dans la proximité, le naturel, la conversation. La radio, j’en ai beaucoup fait, mais «Boomerang» est un nouveau défi: pour sa très grosse audience, pour cette institution qu’est la chaîne nationale, pour le travail monumental que cela représente. C’est encore un peu stressant, mais j’ai trouvé peu à peu mes marques et je me sens de plus en plus chez moi. À ta question, je répondrais donc la télé, mais la radio est pourtant, sans doute, le plus beau media pour parler de livres. La presse écrite est parasitée par le fait que le journaliste écrit, souvent en miroir voire en concurrence avec le livre qu’il défend. 24

On finit par ne regarder que la belle écriture du journaliste plutôt que le livre dont il est en train de parler. A la télévision, il y a l’image en plus. L’image qui peut parasiter ce que tu défends. 60 % des téléspectateurs qui m’écrivent me disent: « J’adore ta chemise », « Quels beaux yeux », « Tu ressembles à Jean-Paul Rouve », « Tu ressembles à Jude Law »... L’exercice de parler littérature est donc plus difficile à la télévision qu’à la radio. Mais quand ça marche, c’est d’autant plus gratifiant ! Et avoir ta propre émission de télévision, est-ce que c’est quelque chose qui pourrait te tenter ? C’est une vraie question. Pour moi, la télé est un media de masse, c’est-à-dire qu’il n’a de sens que s’il est regardé par le plus grand nombre. À la radio, je suis bien: extrêmement libre, très écouté, pas obligé de me montrer. Ce qui est intéressant, au Grand Journal, c’est que je profite d’une très forte audience pour faire passer en contrebande trois à quatre minutes de littérature tous les soirs.


C’est quand même formidable. Dans aucun autre show d’infotainment, à cette heure de grande écoute, tu as un critique de livre qui arrive pour parler de l’actualité littéraire. C’est un pari que Canal+ fait depuis longtemps et qu’il faut absolument saluer. J’entends beaucoup de commentaires agressifs sur Le Grand Journal, cette émission qu’on adore détester. Je regrette qu’on oublie de parler des choses positives. Comme le pari quotidien de la littérature, par exemple. Pour répondre à ta question: si c’est pour avoir une émission littéraire que personne ne regarde, sur une chaîne cryptée, et être quand même parasité par l’image parce que c’est de la télé, alors je suis mieux à la radio. Bref, je ne suis pas en demande. Tout va bien pour moi. Et si donc on te proposait un jour de présenter « Le Grand Journal », tu refuserais ?

Une expo, celle de Jean Paul Gaultier qui est une expo mouvante, dans un musée ! Avec des vidéos, des effets spéciaux, des mannequins qui bougent... Je trouve qu’il a fait un travail fantastique sur la mouvance de son art et le mouvement du vêtement. Imaginer la mode comme un art vivant, je trouve que c’est un défi... réussi. Un film que j’ai beaucoup aimé, c’est celui de Ryan Gosling, « Lost River », son premier en tant que réalisateur, que j’ai vu à Cannes l’année dernière. Un film complètement barré qu’il a fini par raccourcir, je crois - même si ce que j’aimais, c’était justement sa folie et ses longueurs. Un film qui emprunte beaucoup au rêve, aussi. À l’imaginaire, à l’onirisme. Ryan Gosling n’est pas du tout là où on l’attend - et c’est assez bluffant. Propos recueillis par Enrique Lemercier

Un, on ne me le proposera jamais. Deux, je n’en ai pas envie. Trois, ce n’est pas du tout mon métier ! Je pense qu’Ali Baddou, qui était le joker de Michel Denisot, par exemple, n’avait pas du tout les mêmes armes que moi. Il faut rappeler qu’il était producteur des Matins de France Culture, et qu’il s’adressait quotidiennement à des politiques, à des artistes mais aussi à des journalistes. Ce n’est pas mon cas. Je suis un journaliste culture et ça me suffit. Quand bien même j’interpelle un politique dans Le Grand Journal, c’est toujours à partir d’un livre ou d’un prisme culturel. Je crois que je serais incapable de tenir une émission comme celle-là. Et, pour être honnête, je n’y tiens pas. Ce que j’aime, moi, encore une fois, c’est de porter la parole de l’artiste: une parole singulière, libre, différente. Une parole qui ne doit de compte à personne. Pour finir, si je te demandais de conseiller à nos lecteurs, un livre, un film et une expo, ça serait quoi ? Un livre qui est sorti début mars et qui s’appelle « Fairyland » d’Alysia Abbott. Ce n’est pas un roman, mais un récit presque poétique qui raconte son enfance avec son père, un poète homosexuel. À la mort de sa femme (car il était quand même marié), il débarque avec sa fille de deux ans à San Francisco. Il découvre cette ville en effervescence, dans les année 70. La cause et les combats politiques qui commencent à se mettre en place. C’est un document historique formidable, en plus d’être une très belle histoire d’amour père-fille.

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SHOPPING LE LOOK MARINIÈRE Par Cécile Reaubourg (Trouvailles Chics) BIRKIN ET LES 70’s Vu chez Saint Laurent, Emilio Pucci, Etro, Gucci, Louis Vuitton, Claudie Pierlot... Ce printemps, Jane Birkin et les 70’s nous inspirent ! Marinière, thème marin, jean flare taille haute, trench, franges et sandales aux liens entrelacés aux chevilles feront partie de nos essentiels ! Comment on les porte ? On associe un tee shirt basique blanc, gris ou une marinière rentrée dans un jean taille haute flare (le jean flare n’allant pas à toutes les morphologies, un jean brut taille haute cigarette ou slim court sera plus simple à porter) avec une paire de sandales à plateforme et une casquette de marin. Le trench, quant à lui, a fait son grand retour depuis quelques saisons et continue son ascension! Le classique beige est de nouveau dans les petits papiers des modeuses et modeurs, mais l’éventail de propositions s’est élargit en couleurs, en longueurs et en matières souvent plus fluides. Le cuir se porte retourné façon veau velours et une seule pièce à frange suffira pour un look. Qu’est-ce qu’on garde/ressort des placards ? Nos pièces kaki et une paire de sandales à plateforme en cuir naturel. Qu’est-ce qu’on achète ? Un jean flare, une marinière et un sac à franges. Qu’est ce qu’on met de côté ? Les couleurs néon, les casquettes américaines, tout ce qui est connoté 80’s, le cuir lisse effet seconde peau.

Casquette marin EUGENIA KIM - 200 € / Lunettes de soleil SAINT LAURENT - 250 € Sac à franges en daim SAINT LAURENT - 1740 € / Eau de parfum « Je T’aime Jane » de BELLA FREUD - 76,70 € 26


Haut en jersey de coton rayé J.CREW - 60 € / Jean taille haute flare FRAME DENIM - 350 € Trench-coat en gabardine de laine MICHAEL KORS - 2095 € / Sandales à talons en daim GIANVITO ROSSI - 540 € 27


THÉODORE, PAUL ET GABRIEL 28


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RENCONTRE THEODORE, PAUL ET GABRIEL

Elles voulaient aller chercher la jeunesse et la folie, elles voulaient un son et une énergie beaucoup plus directes, qui prennent aux tripes et bien on peut dire que le pari est réussi ! « We won’t let you down », le nouvel album du trio Théodore, Paul et Gabriel nous a séduit dès la première écoute. Un trio musical féminin (comme leur nom ne l’indique pas), placé sous le signe de l’élégance à la française, de l’androgynie, du mystère, de la vitalité et du bon rock français ! En deux albums seulement, Clémence, Pauline et Louise ont réussi à s’imposer sur la scène pop/rock française et à rendre leur son unique et reconnaissable dès les premières notes.

Théodore, Paul et Gabriel, ce sont trois prénoms masculins. Est-ce que cela vous aurait plus d’être des hommes ? Et quel groupe masculin auriez-vous aimé être ?

Non, jamais ! Qu’il y a-t-il de mieux que de faire ce que l’on aime? On est très angoissé quand on a l’impression que les choses ne vont pas assez vite, que ça stagne...

Les Beatles ! Tant qu’à faire... Après, est-ce qu’on aurait aimé être des hommes ? Non, pas vraiment. On est ravi d’être des femmes et on est des femmes à notre manière. Ou bien alors être une femme dans un monde qui les déteste un peu moins parfois. Après, juste pour l’expérience, pourquoi pas oui, mais juste une journée !

Est-ce que vous avez déjà pensé au prochain album ?

Dans ce nouvel album vous parlez de jeunesse, de prendre le temps de faire les choses tant qu’on a le temps de les faire. Et donc, en ce moment, avec la sortie de ce nouvel opus, vous avez encore le temps de faire des choses pour vous ? Pas beaucoup non ! En fait, on fait des choses pour nous au travers de l’album. On a la chance d’avoir une vie qui est riche et variée. On est ensemble, on profite les unes des autres, on n’a pas l’impression d’être dans un petit bureau, enfermé toute la journée face à un écran... Donc on profite de notre jeunesse. Et puis c’est plutôt bon signe qu’on ait beaucoup de choses à faire. Si on avait beaucoup de temps pour nous en ce moment, ça serait inquiétant ! Vous avez écrit cet album lorsque vous étiez encore en pleine tournée pour le précédent. Vous ne vous arrêtez donc jamais de travailler ? 34

Pas encore mais on sait qu’il vient toujours sans prévenir. Je nous fais confiance pour écrire des chansons. On sait que ça va vite revenir. On est dans la phase d’écoute d’autres choses. Comme pour le précédent album, on prend le temps de réfléchir, de savoir ce dont on a envie... Vous n’êtes pas obligées d’en parler si vous ne le souhaitez pas mais j’aimerais juste savoir comment s’est passé le départ de Théodora ? Est-ce que l’idée de tout arrêter vous a traversé l’esprit ? Jamais ! Son départ s’est bien passé. Quelque chose qui se finit peut bien se passer. L’important est l’arrivée de Louise. On n’a pas vécu cela comme une fin. La rencontre avec Louise nous a conforté dans l’idée que Théodore, Paul et Gabriel existait et qu’on y croyait très fort. Et pour toi Louise, l’intégration n’a pas été compliquée ? Pas du tout non, ça s’est fait très naturellement. J’ai trouvé une place qui me convient très bien, avec des gens avec qui je m’entends très bien.


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Vous êtes actuellement en pleine promo de ce deuxième album. Comment vous sentez-vous face à cet exercice ? Est-ce un plaisir ou plutôt une torture ? Sur cet album, on est en accord parfait avec ce qu’on dit, par rapport au premier album qui est plus personnel mais dans le sens un peu plus centré sur lui-même. Avec ce nouveau disque, on essaie de véhiculer un message qui est très important pour nous et dans lequel on croit très fort. Du coup, la promo n’est pas un exercice ennuyeux. Car on vient pas répondre à des questions barbantes posées par des personnes barbantes, on vient juste raconter l’histoire qu’on a envie de raconter et le rêve qu’on a envie de partager. C’est beaucoup plus facile que pour le premier album. On a moins l’impression d’être là par hasard. On est là parce qu’on a quelque chose à dire. C’est très sincère et on a l’impression d’être plus comprises. Justement, c’est quoi le plus dur dans votre métier ? Le succès ! (rires) Non, c’est la patience. Il faut s’accrocher et ne pas baisser les bras à la moindre contrariété. Tout prend du temps et il faut y croire très fort. Vous étiez en concert au Bataclan récemment. Comment cela s’est passé ? C’était vraiment génial. C’était le premier concert à Paris pour ce nouvel album. C’était la première fois qu’on s’est senti là. Le public a répondu présent et on a senti qu’il avait envie d’aimer, envie d’être là, il y avait une vraie envie, oui. On a fait travaillé des artistes qui nous ont fait un décor de scène qui nous plait beaucoup donc on était très fier. Il y avait une ambiance très festive. Les gens ont participé, ils ont amené leur énergie... Vous allez ouvrir les Francofolies cette année sur la grande scène. Vous n’avez pas trop la pression ? Un peu oui mais on a surtout très envie ! Il est possible qu’on se prenne une claque en voyant cette foule. On n’a jamais eu un tel public, on ne sait pas ce que c’est, mais on a vraiment hâte ! On sait que certaines maisons de disque en France sont parfois réfractaires à l’anglais. Estce que cela vous a posé problème également ? Notre label nous a toujours laissé un peu libre d’un point de vue artistique. 36

Ils nous donnent des conseils mais sur le choix de ce que l’on a envie de faire, on a toujours été libre. Cela était fondamental pour nous. On a l’impression que ce sont des gens qui aiment ce qu’on fait et qui ne cherche pas à signer ce qu’ils pensent qui va absolument marcher. Il y avait une forme de respect à l’ancienne qui nous a vraiment touché. Est-ce qu’il y a des artistes actuels qui chantent en français et que vous aimez beaucoup écouter ? Jeanne Cherhal, Brigitte, Radio Elvis, Cléa Vincent... On n’en écoute pas beaucoup. On écoute surtout des artistes français qui chantent en anglais en fait.


Pour finir, question bête mais qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ? De faire une très belle et une très grosse tournée ! Plein de salles remplies et que les gens soient heureux en sortant du concert. Et puis tant qu’à faire, plein d’albums et une longue carrière ! Propos recueillis par Enrique Lemercier Crédit photos : Louis-Adrien Le Blay pour Pose Mag Lieu : Restaurant Les Chouettes à Paris L’album de Théodore, Paul et Gabriel « We won’t let you down » est disponible depuis mars 2015 37


CHRONIQUE LES P’TITES FEMMES DE SOPI

CARTOGRAPHIE FANTAISISTE DES TERTER PARISIENS

Il y a un peu moins d’un an, j’ai enfin réussi à quitter cette maudite rive gauche, au sein de laquelle j’avais été contrainte d’élire domicile durant plusieurs mois. C’était l’enfer et j’en suis revenue. Je pense écrire un livre sur le sujet, d’ailleurs. J’ai pris mon chat et nous avons gaiement traversé la Seine pour poser nos valises à Blanche. Le quartier me convenait parfaitement jusqu’à ce que je n’apprenne la terrible nouvelle. Non, je n’habitais pas à « Blanche », ni même à « Pigalle », j’habitais « SoPi », « South Pigalle ». Après avoir vomi un peu dans ma bouche à la découverte de ce mot-valise, je me suis fait une raison : les Parisiens se prennent pour des New-Yorkais, et si ça les rend heureux, qui suis-je pour les juger ? « SoPi » se positionne au même niveau que « clavardage» dans mon estime, je le trouve moche et me refuse à employer cette terminologie en dehors d’un contexte ironique, voire méta-ironique. Fin du débat avec moimême, je retournai aux travaux de ma cuisine. Ou du moins le pensais-je clos, ce débat. Car quelle ne fut pas surprise de découvrir que d’autres quartiers avaient pris la liberté de se faire rebaptiser pour sceller leur appartenance à la hype, pour ne pas dire la hip, si vous me suivez. Ainsi, n’importe quel péquin habitant République, a.k.a le « Haut-Marais » (Loïc Prigent, si tu nous lis, cœur avec doigts) pouvait désormais se targuer d’être un « NoMa-lien ». Oui, oui, quand on habite à Répu on peut dire qu’on habite « NoMa », pour « North Marais ». Si vos yeux n’ont pas quitté vos orbites à la lecture de cette horreur, accrochez-les bien. Vous n’avez encore rien vu !

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Avez-vous déjà entendu parler de « SoBa » ? Non ? Bande de ploucs. « SoBa », avec la réouverture du Louxor et l’ouverture de la Brasserie Barbès (dernier crime en date des proprio de Jeannette et du Sans Souci) c’est le nouveau SoPi, « South Barbès », qui va vous monter à la tête. Cette tendance à en foutre partout nous vient bien entendu de New-York, capitale de l’Enfoutrepartoutisme of America. « Soho », « NoLIta », « TriBeCa » sont entrés dans le langage courant là-bas et, ça ne choque personne, ou presque. Je dis presque, car je me souviens de ce moment merveilleux de « How I met Your Mother » où Lily et Marshal emménagent à « Dowisetrepla» pour « Down Wind of the Sewage Treatment Plant », raillant cette fâcheuse habitude de vouloir rendre cool des quartiers qui ne le sont pas à grand renfort de contractions. Sauf qu’à Paris, le processus est inversé, pour gagner son mot-valise, le quartier doit dans un premier temps devenir cool. C’est-à-dire qu’un bar doit ouvrir, en gros. Soucieuse de ne pas laisser sur le bord de la route une tendance bien ancrée dans la culture citadine, je décide par la présente de faire fi de mes préjugés et d’apporter ma pierre à l’édifice de la hype, New-York style. Voici une petite cartographie des quartiers où n’importe-qui de sain d’esprit préfèrerait se pendre que d’emménager de son plein gré, version « Sopi ». SoPi, putain…


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Bienvenue à SoPa : South Pasteur Ah ! Le 15ème arrondissement : ses poussettes, ses églises, ses serre-têtes de velours. Qui ne rêverait pas de pénétrer durablement ce havre de paix, au milieu de tous ces manifestants « pour tous » et de ces slogans anti-avortement bombés au sol ? Pour pénétrer SoPa, il vous faudra néanmoins vous munir des accessoires suivants : - votre carte du parti chrétien-démocrate - un chandail - une bonne catchphrase. Je vous suggère « Je n’ai rien contre les pédés, mais, quand même, ils ont déjà le PACS, je ne comprends pas qu’on leur accorde le droit de se marier » Vous pourrez ainsi profiter de la quiétude du charmant square Necker, baptisé ainsi dans le souci d’accorder une tiers-état cred’ à un quartier souvent considéré comme royaliste. Devise : « Montjoie ! Saint-Denis ! » (cri de guerre des rois de France)

Bienvenue à NoMon : North Montmartre Autrement dit, bienvenue à Saint-Ouen. Paris intra muros, vous en rêvez mais n’avez pas les moyens ? Pas de prob’, Bob, j’ai la solution. Investissez la proche banlieue et rebaptisez-là. Vous pourrez ainsi affirmer sans mentir que vous vivez à NoMon et vous approprierez les codes übercools de ceux qui vivent dans de vrais quartiers où on boit de la bière au quinoa, à moindre frais ! Pour cela, vous devrez néanmoins disposer : - d’un pass navigo - de Malarone, car n’oublions pas que dans le tiers-monde, le paludisme tue plus qu’Ebola - d’un grand sens de l’autodérision pour supporter les blagues de vos amis restés à Paris (le vrai, le petit) et qui ont décidé de ne pas faire d’enfants et que « 900 euros pour 25 m2 c’est franchement honnête pour le quartier. Et puis vivre dans la plus belle ville du monde, ça n’a pas de prix, quoi » Devise : « La bêtise ne franchit jamais les frontières ; là où elle met le pied, se trouve son territoire » (Jaroslaw Iwaszkiewicz) 40

Bienvenue à WeCh : West Châtelet Pour plus de pertinence, j’aurais du traduire « bienvenue » en qatari ou en russe, puisque si vous habitez WeCh, vous habitez en réalité entre Tuileries et LouvreRivoli, c’est à dire dans un hôtel. Votre mantra ? « Les commerces de proximité ? Pour quoi faire ? ». C’est vrai ça, qui a besoin d’une vraie boulangerie quand il suffit de demander au room service ? Les plus chanceux pourront peut-être même profiter de la proximité d’un « Paul ». Quand on aime le pain impropre à la consommation 7 minutes après être sorti du four, c’est l’endroit rêvé ! Quelques accessoires indispensables : - une carte de Paris dans votre langue maternelle - une amex (alerte mot-valise !) black centurion - votre passeport, pour la détaxe aux Galeries Lafayette Devise : « J’ai pu prendre note que vous arriviez vers 17h. Est-ce que je peux vous proposer une table dans notre restaurant pour le soir ? »

Bienvenue à EaTélé (prononcez iTélé, pour d’avantage de désopilance) : East Télégraphe On ne saura trop dire si vous résidez dans le 19è à proximité des Buttes ou dans le 20ème. Cette confusion accentuera votre aura mystérieuse et vous sèmerez le doute parmi vos contemporains. Vous pourrez également vous targuer de vivre dans un véritable quartier populaire de Paris, petit chanceux. Vous, vous êtes hype, vous avez tout compris ! Plutôt épargné par le syndrome « NoGlu » (pour « sans gluten », parce que même les régimes alimentaires ont droit à leur appellation d’origine branchée contrôlée), vous expérimenterez chaque jour la joie d’être loin de tout. Le métro ? Oui, mais jamais à moins de deux changements ! Nous ne saurions que trop vous conseiller : - de bons mollets, ça grimpe - une appétence pour les (toutes petites) ONG - une passion pour l’architecture à tendance grandes tours


Devise : « Le peuple veut le maintien de l’autorité de Louis Napoléon Bonaparte et lui donne les pouvoirs nécessaires pour faire une Constitution d’après les bases établies dans sa proclamation du 2 décembre » (extrait de la Constitution de 1852, le 20ème arrondissement ayant été rattaché à Paris sous Loulou-Napo B. en 1860 : Yolo l’histoire de Paris !)

Bienvenue à TroPas : Trocadéro-Passy Si Auteuil Neuilly Passy n’est pas du gâteau et que tel est votre ghetto, vous apprécierez de vivre entre ces deux stations pleines de trucs parfaitement chiants : cimetière, parc du Troca, les collège et lycée « Saint-Louis de Gonzague », qui pourra vous donner des supers idées de prénoms pour vos enfants. Mais pas que ! Nous ne vous parlerons pas de l’incontournable Musée du vin, de l’aquarium de Paris et de la Fondation Brigitte Bardot, préférant vous laisser découvrir par vous-même ces joyaux. Vos voisins seront des cars à deux étages, sans toit, remplis de touristes, qui beugleront en chinois et en anglais tous les jours à la même heure en passant sous vos fenêtres. En un mot : le bonheur.

La ville se transforme sans cesse et, comme celle de mon chat, cette mue s’accompagne de pellicules indésirables. Même si je suis la première consommatrice de toutes les bullshit qui ont traversé l’Atlantique, certaines ont tendance à m’horripiler. Que l’on rebaptise officieusement un quartier comme pour marquer fièrement qu’il est désormais fréquentable me rend triste. J’ai conscience de participer à ce processus un peu zéro qui consiste à embourgeoiser un quartier populaire. J’aime beaucoup mon quartier, mais je déplore la caricature de ce qu’il est devenu. Je compte donc militer pour que les salons de massage ne soient pas transformés en concept-store fumeux. Il y en a suffisamment pour claquer mon RSA, alors calmons-nous. Pouce en l’air pour la mixité ; l’exode social : je suis moyen chaude. Avant que le phénomène ne prenne une trop grande ampleur, ayons une pensée pour les gens qui vivent autour de Châtelet. Parce que dans Châtelet, il y a « chatte ».

Marine Revel Illustration : Philippe Dufour-Loriolle

N’oubliez pas : - votre carte de l’UMP - la plaque en or à apposer à l’entrée de votre immeuble et qui signale que vous exercez une profession libérale à fort potentiel économique - de prévoir une chambre supplémentaire pour la jeune fille au pair suédoise Devise : « Nicolas, reviens ! »

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MÉLANIE BERNIER PHOTOGRAPHE : PAULINE DARLEY @ LE CRIME (AVEC SONY ALPHA99) ASSISTANTE : LARA GUFFROY STYLISME : MARIÉTOU GUÈYE-BABEAU MAKE UP : MADEMOISELLEMU HAIR : LAURIE ANNE ZANOLETTI

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Veste ASH STUDIO Combinaison 43 OLIVE AND THE PEPPER


Top GERTRUDE Broche SALOME CHARLY Jupe H&M 44 Chaussures ASH


Veste et chemisier JOFFREY MONGIN Pantalon ASH

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Robe BUREAU TONIC Collier SALOME CHARLY


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PORTRAIT MÉLANIE BERNIER À tout juste 30 ans, Mélanie Bernier poursuit son ascension dans le paysage cinématographique français. Elle est notamment à l’affiche en ce moment du film « Un peu, beaucoup, aveuglément » et cet été, elle partagera l’affiche avec Pio Marmaï et Pierre Rochefort dans le film « Nos futurs », réalisé par Rémi Bezançon. Une année 2015 chargée pour l’actrice qui a démarré sa carrière très jeune, à l’âge de 15 ans. Séduits par ses talents de comédienne et par son visage angélique, c’est tout naturellement que nous lui avons demandé de prendre la pose pour nous et de répondre à nos questions.

C’est aujourd’hui même la sortie dans le salles du film « Un peu, beaucoup, aveuglément », dans lequel tu partages l’affiche avec Clovis Cornillac. Comment te sens-tu ? Je me sens un petit peu tendue même si ce n’est pas moi qui ai réalise ce film, même si ce n’est pas moi qui l’ai produit, qui ai travaillé sur moi pendant trois ans dessus pour l’écriture... On partage l’aventure d’un rôle, de rencontres humaines, on a envie que le public soit au rendez-vous. C’est un film que j’aime et j’ai le sentiment que quand les gens le voient, ils l’apprécient aussi. Après, est-ce que notre promotion a suffit à leur donner l’envie d’aller le voir ou pas, c’est aujourd’hui que l’on aura la réponse. Je crois assez fort au bouche-à-oreille pour ce film, enfin je pense, je ne sais pas. Parfois il faut accepter de ne pas savoir même si c’est pénible ! Qu’est-ce qui t’a séduite dans ce scénario ? Je pense que ce qui m’a séduite dans le scénario, c’est le personnage de Machine, qui est un personnage avec une vraie évolution, c’est comme un petit oisillon qui va devenir une hirondelle, comme une petite chenille qui devient un papillon. C’est un personnage avec un parcours à plusieurs niveaux. Elle a beaucoup de choses à prouver, à elle-même puisqu’on arrive au départ avec une artiste bloquée qui n’a pas trouvé qui elle était, qui doit retrouver sa passion. Et physiquement, on a quelqu’un qui n’a pas conscience de son corps et qui va s’ouvrir à sa propre sensualité, à sa propre sexualité et à elle-même. C’est extraordinaire de jouer un rôle qui me permet de pouvoir être dans la comédie, le romanesque, la sincérité. Il y a plein de choses que j’ai pu aller trouver là-dedans. Et puis cette histoire est jolie. C’est une comédie romantique, on sait comment ça fini, on connait tous les codes mais maintenant, ce qu’on aime c’est le chemin qu’ils vont faire pour y arriver. 48

C’est également Clovis Cornillac qui a réalisé ce film. Alors entre nous, qui est le plus sympa entre les deux, le comédien ou bien le réalisateur ? Je ne peux pas te parler du comédien parce qu’on n’a jamais joué ensemble sur ce film. On est sur tous les plans ensemble, en étant séparés par un mur et on a vraiment tourné comme ça. J’ai donc joué principalement seule dans ce film, mise à part quand je suis avec ma sœur. Donc je n’ai jamais joué avec Clovis. Du coup, je peux vous parler du réalisateur, pour qui j’ai adoré jouer. Le fait qu’il soit acteur a beaucoup joué dans sa direction, dans son rapport à ses comédiens. Quels sont les traits de caractère que tu as en commun avec le personnage de Machine ? En fait, dans un personnage, je pense qu’on amène toujours un peu de soi, presque inconsciemment, donc oui, il doit y avoir de moi dans ce personnage. Je ne suis absolument pas timide comme l’est Machine mais j’ai une forme de maladresse très forte. Je suis facilement effrayée, un rien peut devenir une montagne, comme pour elle. Mais en même temps, je fais toujours les choses, j’ai besoin de me confronter à moi-même pour avancer. Ce que je peux avoir aussi de Machine, c’est cette passion qu’elle a pour le piano, que moi j’ai dans le jeu. J’ai également emménagé en même temps que j’ai joué dans ce film donc c’était assez drôle. Les personnages ont souvent des similitudes avec nous très pratiques. C’est aussi mon premier rôle principal, ce sont des moments d’évolution pour moi et Machine en traverse aussi dans le film. Tu seras également à l’affiche cet été du film « Nos futurs » avec Pio Marmaï et Pierre Rochefort. Est-ce que tu peux nous parler un peu de ton rôle dans ce film ?


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C’est un rôle très différent de celui dont on vient de parler. Je joue le rôle d’une jeune femme en couple depuis longtemps, avec Pierre Rochefort qui est ingénieur, très fort dans la vie, qui a une vie un peu bourgeoise et qui essaie avec son mari de faire un enfant. Ils n’y arrivent pas et donc le film débute là. On suit ce personnage masculin qui est totalement en perdition et ce couple qui n’arrive plus à communiquer, à se voir et à se retrouver. Ce personnage masculin va partir un petit peu en vrille et moi sa femme, je vais forcément en pâtir mais probablement pour mieux se retrouver aussi. Cela fait désormais 15 ans que tu exerces le métier de comédienne. Quelle est ta meilleure expérience à ce jour ? Je n’ai pas de meilleure expérience car toute expérience est essentielle, c’est ça qui nous construit dans la vie personnelle et professionnelle. Il y a plein de moment où j’ai eu des points de rendez-vous assez importants avec ce métier et aujourd’hui, ce film « Un peu, beaucoup, aveuglément » en est un car Clovis est le premier réalisateur qui m’a fait confiance en me donnant mon premier rôle principal. J’ai fait beaucoup de films, cela fait longtemps que je tourne et pourtant, je n’avais jamais tenu la tête d’affiche avec quelqu’un. Donc voilà, c’est un engament différent pour moi. Quand je fais « Populaire », dans lequel je n’ai qu’une scène, cela reste un film extrêmement important pour moi car il m’a demandé beaucoup de préparation et qu’il est arrivé lui aussi à un moment de ma vie où c’était assez fou. Et au contraire, est-ce qu’il y a des expériences que tu regrettes ? Non, je n’ai aucun regret parce que cela ne servirait à rien. Par contre, j’ai des expériences qui ont été assez douloureuses et je ne les oublie pas. J’essaie d’en prendre conscience pour moins faire d’erreurs d’ailleurs. Depuis quelques années, tu as diversifié les catégories cinématographiques dans lesquelles on a pu te découvrir. Quelle est à ce jour celle qui te correspond le mieux selon toi ?

Veste GERTRUDE

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C’est difficile pour moi d’en parler. Vraiment, chaque film, chaque rôle apporte son lot de choses. Les films qui m’ont apporté une plus grande visibilité, ce sont les comédies donc je m’en rends compte que c’est un genre, pas forcément dans lequel je suis douée, mais où les gens semblent vouloir me voir. Mais j’aime aussi les rôles plus sombres, j’aime me balader partout et j’espère que je vais pouvoir continuer à me balader, sans m’enfermer dans un genre. Mais par contre, il faut aussi accepter ce que l’on est, qui on est et ce que les gens aiment de nous. Si pour l’instant on a envie de me voir que dans de la comédie romantique, c’est déjà formidable.


Si un jour tu décidais d’arrêter ta carrière d’actrice, cela serait pour te diriger vers quoi ? Bien sûr que c’est une question que je me suis posée, des milliards de fois. On ne sait jamais de quoi sera fait le lendemain. Cela a toujours été une grande problématique car j’ai toujours eu plein de métiers qui m’ont donné envie et pourtant, je ne sais pas si j’aurais le courage de me lancer dans autre chose. Je pense qu’un jour les choses vont changer, elles vont évoluer mais je n’ai pas envie d’y mettre un coup d’épée aujourd’hui. Je me laisse encore beaucoup de possibilités. Tu t’es prêtée au jeu de mannequin en prenant la pose pour nous. Comment te sens-tu face à cet exercice ? Assez à l’aise ! C’est vraiment un exercice, un travail. Je crois que j’aime l’image, ça m’intéresse. Au début, c’était plus difficile parce que je n’avais un rapport qu’esthétique, donc on ne se sent pas toujours jolie, bien dans sa peau. Aujourd’hui, je crois que j’ai un autre rapport à tout cela. J’aime la mode profondément et par exemple, quand je fais un shooting avec Pose Mag, on me met des vêtements que je ne porterais pas forcément dans la vie, car je pense que cela n’irait pas... Et tout-à-coup, on m’emmène quelque part et j’aime ça. Et j’ai toujours aimé la photographie. À côté de cette actu déjà bien chargée que l’on a évoqué ensemble, quels sont tes projets pour la suite ? Je tourne à la fin de l’été le prochain film d’Axelle Ropert, qui a fait entre autre « La famille Wolberg » et « Tirez la langue, mademoiselle ». C’est un très beau scénario. Je joue une jeune aveugle et je suis vraiment très heureuse de partir dans cette aventure. Et pour la deuxième fois, je vais donc tomber amoureuse de quelqu’un que je ne vois pas, comme dans le film de Clovis Cornillac, c’est assez fou ! Enfin, avant de te laisser, tu peux nous dire ce que tu as prévu pour cet été ? Je n’ai absolument rien prévu parce que même dans une semaine, je ne sais pas ce que je ferai. Peut-être que je vais partir à Los Angeles, ou dans le sud de la France ou bien encore rester à Paris... Ma vie est au jour le jour. Cet été, je pense que je vais déjà devoir travailler parce que le film d’Axelle Ropert me demande une grande préparation donc on verra ! Propos recueillis par Enrique Lemercier

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POSE DÉCO FAITES LE MUR ! par Enrique Lemercier Je ne sais pas pour vous, mais moi, j’ai une grande passion pour le changement de décoration chez moi ! Alors plutôt que d’investir dans des nouveaux meubles à chaque fois, ce qui peut être un peu compliqué d’un point de vue logistique et surtout financier, j’essaie de trouver des solutions pratiques et pas trop chères. C’est comme cela que je me suis retrouvé au pied du mur, dont j’avais tout simplement retiré tous les ornements ! Il ne restait plus qu’à savoir quoi accrocher. Parce que repartir à zéro, c’est toujours intéressant, alors le changement mural, c’est maintenant !

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Trophée origami Rhinocéros en papier FLEUX - 29,90 € / Étagère avec tiroir Ekby Alex / Ekby Valter IKEA - 50,90 € Affiche Paris Kortkartellet Special Edition NORDKRAFT - 105 € / Miroir mural Wonder Bleu Ferm Living FLEUX - 210,90 € Affiche Playtype « In love with typography » chez NORDKRAFT - 40 €


Lot de cadres en verre URBAN OUTFITTERS - 30 € / Lance pierre en chaîne massif et cuir édition limitée REIGNIER - 145 € Cadre Yona AM.PM. - 20,30 € / Porte clés duo d’oiseaux jaune FLEUX - 21,90 € Patère La Fontaine « Le corbeau et le renard » Enostudio FLEUX - 24,90 €

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YSEULT PHOTOGRAPHE : MATTHIEU DORTOMB STYLISME : MARIÉTOU GUÈYE-BABEAU MAKE UP : MEYLOO@B-AGENCY REALISATION : ENRIQUE LEMERCIER

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Bijou d’oreille COSH Plastron CHARLOTTE MARTYR Plastron à plumes CESAREE Bracelet POGGI 56


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Diadème et headband (porté en collier) LIBERTIE IS MY RELIGION 58


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INTERVIEW YSEULT Yseult, c’est une jeune artiste de 19 ans, découverte dans l’émission La Nouvelle Star. On pourrait croire qu’au fil des saisons et avec la multiplication des télé-crochets, le vivier des artistes musicaux talentueux soit épuisé en France et bien Yseult est bien la preuve que non ! Après des prestations toujours parfaites dans l’émission, en reprenant des artistes aux univers très différents comme Benjamin Biolay, Katty Perry ou encore Stromae, la chanteuse a réussi son coup avec un premier single ultra efficace, intitulé « La vague ». Le ton était donné, Yseult est prête à surfer sur le succès, la preuve avec ce premier album, dont elle nous parle dans cet entretien qu’elle a accepté de nous accorder.

Pour commencer, j’ai envie de te demander... Comment se passe la séance de surf sur la vague de ce premier album ? (rires) Pour l’instant, ça se passe plutôt bien, c’est drôle, c’est cool, je fais plein de choses, je rencontre beaucoup de gens, je suis en pleine promo et ça se passe bien ! Justement, tu multiplies les apparitions dans les médias, magazines, radios, télé... Est-ce que tu es l’aise avec l’exercice de la promo ? Maintenant oui. Avant non, pas trop mais à force de s’entraîner, c’est plus facile que lorsque je suis sortie de La Nouvelle Star. Dans l’ensemble, comment est perçu ce premier album ? Il est bien accueilli par les médias, je ne m’attendais pas à ça et par le public aussi. Je ne m’attendais pas non plus à ce que la presse soit aussi unanime. Tu ne partais donc pas confiante ? C’est normal d’avoir des doutes, si tu es trop confiant, je crois qu’il faut te poser des grosses questions ! C’est normal de douter lorsqu’on est artiste. On peut être sûr de son projet mais on ne sait jamais comment les gens vont le réceptionner. Penchons nous justement sur ce premier album éponyme. Au prime abord, une collaboration avec Da Silva pouvait paraître surprenante car on pourrait penser que vous avez des univers totalement différents. Mais au final, le résultat est top. Comment est née cette collaboration ? 60

Je l’ai rencontré en quart de finale de La Nouvelle Star. Il m’a proposé de faire mon album et j’ai accepté. Au départ, j’avais un peu peur parce que justement, on a un univers très différent et je ne savais pas exactement ce qu’il allait m’apporter, me proposer... Et ce qui était bien, c’est qu’il était très à l’écoute, il ne m’a rien imposé. Personellement, mon titre préféré est « Pour l’impossible ». Et toi, quel est celui que tu préfères ? Le même titre ! Je trouve que cette chanson est très 80’s, les paroles sont très directes, elles ne passent pas par quatre chemins pour faire comprendre ce que le personnage veut. D’ailleurs, pour en revenir à « Pour l’impossible », je trouve cela assez frustrant car la chanson ne dure que 2mn30. Et c’est le cas pour plusieurs titres de cet album. Etait-ce un choix délibéré de proposer des titres courts ? Moi j’aime bien les albums courts et je trouve que la pop, comme c’est une musique assez répétitive, il y a certains titres qui sont longs mais c’est surtout du remplissage. Moi je ne voulais pas faire cela. On a pas besoin de rallonger les chansons, de s’étaler... Tu feras la première partie de Maurane aux Folies Bergères le 19 mai prochain. Tu es donc restée en contact avec la chanteuse après l’émission ? Tout le temps oui. Elle me suit et elle est de très bon conseil. Et concernant ta tournée, est-ce que des dates sont prévues bientôt ?


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Pas encore, mais je vais peut-être bientôt faire des festivals et des premières parties. Je dois signer bientôt aussi avec un tourneur. Tu as déjà réfléchi à des idées pour tes futurs concerts ? Oui, beaucoup, j’ai déjà réfléchi à la lumière et aux tenues aussi pour les musiciens. Je leur ai acheté des chemises assez colorées ! J’aime bien avoir un groupe, je ne veux pas qu’on se focalise que sur moi, je veux qu’on les voie aussi ! Je trouve ça très important, c’est eux qui font la musique, je ne veux pas qu’ils soient dans l’ombre. On voit qu’en plus de la musique, tu accordes une importance particulière à l’image. Quels sont les artistes qui t’inspirent justement ?

Et du coup, est-ce que ce n’est pas trop difficile à gérer au quotidien ? Non, ce n’est pas difficile. Comme je réponds directement, je n’ai pas 10 000 commentaires en attente. J’ai retiré les notifications et je regarde régulièrement. Je fais ça car j’étais à leur place et c’est frustrant de ne pas avoir de réponse. C’est bien de poster des photos par exemple et d’avoir beaucoup de likes mais il faut aussi leur dire merci ! Quelles sont les critiques qui t’ont le plus blessée à ce jour ? Un jour on m’a dit sur Internet que je ressemblais à tous ces artistes comme Yannick Noah, Inna Modja... qu’on entendra plus. Cela m’a beaucoup déçue. Surtout que ce n’est pas du tout vrai. Qu’aimerais-tu répondre à ces personnes ?

FKA Twigs, c’est la meilleure pour moi car elle ose des trucs fous ! Owlle aussi, j’aime beaucoup son style... Tu es très présente sur les réseaux sociaux et tu prends la peine de répondre aux Internautes... Pourquoi ce choix ? 62

Que c’est à moi de travailler et de m’imposer ! Il faut que je sois à la pointe ! Je ne veux pas baisser de niveau, donc je réfléchis à un nouveau concept pour le prochain album. Je suis toujours en train de chiner, de faire des piges sur Internet...


Pour finir, peux-tu nous parler de tes projets pour la suite ? J’y travaille mais doucement. Pour l’instant, je m’imprègne de différents univers, c’est en cours de maturation. Je n’ai pas envie de choquer les gens en les surprenant trop, en partant sur un tout autre concept mais j’ai envie d’évoluer. Au niveau de la musique, je ne sais pas encore vers quoi je veux partir mais en tout cas, d’un point de vue de l’image, je commence à trouver ce vers quoi je veux tendre.

Propos recueillis par Enrique Lemercier L’album d’ Yseult est disponible depuis janvier 2015

Etole PETRUSSE Serre-tête CHERRI CHAU Colliers REINE ROSALIE

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CHRONIQUE EVJF: IDENTIFIER VOS NOUVELLES MEILLEURES ENNEMIES Il y a des passages obligés dans la vie ; celui de l’Enterrement de Vie de Jeune Fille (EVJF) en est un, et pas des moindres ! Il s’agit de réunir en un même lieu, pendant un temps donné, les amies de la mariée, de comprendre la psychologie de chacune pour déceler rapidement sur qui on peut compter ou non et qui est susceptible de mettre tout en oeuvre pour ruiner l’événement (ne nous voilons pas la face, ça arrive). Bref, l’EVJF est une sacrée aventure car, selon votre poste, vous pouvez rendre ce moment magique et/ ou insupportable. En effet, selon pas mal d’études (ou plutôt des « échanges entre meufs au sujet d’EVJF divers et variés ») bien organiser un EVJF repose à 10% sur les activités et le logement et à 90% sur la bonne entente entre toutes les participantes. Parce que, soyons honnêtes, tant qu’il y a du champagne et de la bonne bouffe, le reste n’est qu’un détail. Passons donc en revue les différents profils présents lors d’un EVJF : Le ou les témoins (souvent féminines) Le témoin va devoir répondre à toutes les questions des participantes (des plus logiques aux plus incongrues), trouver LE lieu de l’EVJF, organiser les activités, rassurer la mariée qui a peur de se retrouver au milieu de Paris en costume de poulet (allez savoir pourquoi)… Bref, la témoin n’a pas le rôle le plus drôle mais en même temps c’est l’une des personnes qu’on verra le plus sur les photos du mariage alors bon… La meuf qui a déjà organisé 1000 EVJF Plus communément appelée « 27 robes » ou encore Katherine Heigl, elle arrive toujours à placer une anecdote d’EVJF dans les échanges de mails (histoire qu’on comprenne bien qu’elle gère) et sait déjà ce qu’elle portera le jour du mariage. Elle est efficace, sait rebondir sur toutes les thématiques et possède des ressources insoupçonnées lorsqu’il est question d’organiser le jeu « Les Z’amours » pendant l’EVJF. Cette nana est souvent comptable ou instit’ et personne ne comprend pourquoi elle n’est pas encore devenue Wedding Planner.

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La vieille copine qui ne sait toujours pas pourquoi elle s’est retrouvée dans la liste des invitées Alors elle, on l’a pas vu arriver dans la liste d’invitées ! La future mariée a expliqué qu’elle voulait qu’elle soit là parce qu’elles ont partagé des trucs super forts un jour. OK… Vous ne comprenez pas ce qu’elle fout là et elle non plus. Cependant, elle vient quand même, essaie de faire quelques vannes dans les échanges de mails, se rend compte qu’elle ne connait vraiment pas la future mariée et se dit que si vraiment elle le sent pas, elle pourra dire qu’elle a une appendicite le jour J et basta.


Celle qui ne comprend pas pourquoi elle n’a pas été choisie comme témoin

Celle qui propose plein d’activités et à qui personne ne répond

Ou plus communément appelée Maléfique, elle attend le moindre faux pas pour aller cafter à la future mariée. Elle espère secrètement que le témoin aura l’appendicite le jour de l’EVJF ou encore mieux, le jour du mariage. Elle a déjà son discours et elle sera prête à le dégainer à la moindre occasion. C’est le pire cauchemar du témoin.

Certaines personnes n’ont aucun charisme dans la vie, celle-ci n’a aucun charisme dans ses mails (allez savoir pourquoi). Bref, personne ne lui répond, alors que ses idées ne sont pas si mal. C’est généralement la nana qui préparera l’apéro pendant l’EVJF.

Celle qui te dit que tu peux compter sur elle et qui te demande de la retirer de la liste de diffusion dès le second mail commun Ouais… Alors elle, elle a eu la bonne idée de donner son adresse pro à la future mariée donc forcément quand les échanges de mails s’intensifient, ça l’ennuie un peu… Et elle ne manque pas de vous faire remarquer que « désolée, j’ai du travail moi ». Conclusion, elle culpabilise tout le monde mais permet un certain rapprochement entre certaines participantes qui créent donc un échange de mails parallèle intitulé « Mais elle est vraiment conne celle-là ».

Celle qui dit qu’elle vient et puis finalement non et puis finalement si, elle vient quand même Celle-là, elle saoule, mais un truc sévère ! D’abord c’est un souci d’argent (ouais là aucun problème, tout le monde comprend) puis le problème n’existe plus, puis finalement c’est l’appendice qui commence à faire mal et soudain, ça va mieux, mais finalement, elle va renoncer la veille de l’EVJF parce que bon… Pas envie quoi… La personne en charge du budget l’adore de plus en plus, à chaque mail reçu ! Celle qui est enceinte Oui, là forcément on ne peut rien dire mais bon, quand même. Enfin vous comprenez, non ? C’est souvent l’une des meilleures potes et sa mine défaite lorsque vous ouvrez le champagne vous donne envie de pleurer avec elle parce que mine de rien, c’est une super nouvelle mais ça tombe quand même mal… Celle qui dit ce qu’elle ne veut surtout pas faire Elle pense qu’elle est la mariée, que comme elle paie aussi pour l’EVJF, elle a le droit de vie ou de mort sur tout ce qui est proposé. En gros, elle croit qu’elle part simplement en week-end entre meufs. La future mariée l’indiffère au plus haut point et elle risque de foutre votre organisation en l’air lorsqu’elle aura décidé de bouder dans son coin parce qu’elle n’avait pas imaginé ça comme week-end ! À éviter absolument. LA MARIÉE Et finalement, on allait presque oublier la mariée ! Il faudrait encore un article complet pour parler des différents types de mariées, mais passons sur ce détail et souhaitons lui d’avoir des copines assez cool pour lui organiser un week-end qui lui corresponde, pour qu’elle s’en souvienne toute sa vie.

Marie Parent Illustration : Hill’ustration 65


NICOLAS GIRAUD DANS LA PEAU DE ...

PHOTOGRAPHE : PAULINE DARLEY @LE CRIME (AVEC SONY ALPHA99) ASSISTANTE : LARA GUFFROY RETOUCHE : OMEN STUDIO STYLISME : ROMUALD PREMIER MAKE UP : MADEMOISELLEMU HAIR : : BRIGITTE HAIRSTYLISTE USING BEADHEAD BY TIGI REALISATION : ENRIQUE LEMERCIER

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Yves Saint Laurent

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Costume, chemise et pochette LA COMEDIE HUMAINE NĹ“ud papillon et lunettes vintage


Jean Paul Gaultier

Pull TOPSHOP Pantalon LA COMEDIE HUMAINE

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Manteau SPRUNG FRERES Casquette vintage

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John Galliano

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Marc Jacobs

Débardeur CALVIN KLEIN Jean’s vintage

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Total look LA COMEDIE HUMAINE 74


PORTRAIT NICOLAS GIRAUD Nicolas Giraud est un acteur au parcours impressionnant. Après avoir débuté sa carrière au tout début des années 2000, il a depuis enchainé les rôles à la télévision, au théâtre et au cinéma. Un parcours riche et varié mais purement réfléchi et bien pensé. Nicolas n’est en effet pas un acteur prêt à tout pour la gloire et il important pour lui de prendre part à des projets qui le séduisent pleinement et qui on un sens pour lui. On l’a retrouvé dernièrement à l’affiche du film « Anthon Tchekhov 1890 », réalisé par René Féret, avec qui il avait déjà collaboré il y a quelques années. Nous avons donc questionné l’acteur sur ce rôle, très important pour lui et sur ses projets pour la suite. Il semblerait en effet qu’après un moyen métrage présenté à Cannes, Nicolas Giraud ait pris goût à être de l’autre côté de la caméra.

Des prémices d’un CAP maçonnerie, puis une formation pour être prothésiste dentaire. On peut dire que tu t’es beaucoup cherché lorsque tu étais jeune ! Et s’il n’y avait pas eu ce tournage de film dans ta région, dans lequel tu as été figurant et qui t’as donné goût au cinéma, penses-tu que tu te serais dirigé un jour vers cette carrière ? Je pense que je ne me suis pas cherché, je pense qu’on m’a imposé la maçonnerie. J’ai découvert la prothèse lors d’un voyage en Amérique du Sud, là c’était un choix, un désir. Le cinéma, lui, m’a rejoint. Après le divorce de mes parents, je suis parti vivre chez mon père dans l’île d’Oléron. J’habitais en face d’un cinéma et à partir de 13 ans, je surveillais les affiches qui changeaient tous les mercredis. À 15 ans, je les attendais de plus en plus et je commençais à aller seul au cinéma. À 16 ans, je commence mon apprentissage en prothèse et je deviens bénévole au cinéma. Je déchire les tickets, je vends les glaces et je vois tous les films gratuitement. J’ai la chance d’être dans un cinéma d’art et d’essai aussi pointu que généreux. Cela me cultive, je dois tout au cinéma. Le cinéma, c’est une sublime grand-mère pour moi. Si je n’avais pas eu un cinéma en face de moi, il aurait été peu probable que je sois assis à côté de toi là-maintenant. Donc non, je ne me suis pas cherché, je me découvre. Comme beaucoup de comédiens, tu as fait tes débuts en enchaînant des petits rôles dans des téléfilms et séries télévisées, des courts métrages... Quelle est la pire expérience que tu ais vécue en tant que comédien ?

C’est d’être entouré de mauvais qui ne pensent pas l’être. Dieu merci, l’exigence a un prix. Elle isole, elle fait souffrir mais elle offre une espèce de salaire vertueux qui est de défendre et de porter des idées, une pensée. Je ne plus donc presque plus au contact de gens qui ne m’inspirent pas. Mais on va dire que c’était au tout début, dans une série télé. C’est formidable car on apprend toujours, où que l’on soit, si on est un peu attentif, même de moments délicats. Tout te sert. Mais mon pire souvenir, c’est peut-être ça, une femme qui pense que la beauté c’est de parler fort. Et au contraire, à ce jour, quelle est ta plus belle expérience ? C’est la cohérence, c’est de réussir à quitter le flux alternatif et de le rendre continu. Le plus beau aujourd’hui, c’est de réussir petit à petit, tout doucement et à réunir les choses, jusqu’à rencontrer Tchekhov. Quel est le comédien ou la comédienne avec qui tu as joué et qui t’a le plus impressionné ? Je pense que c’est Viggo Mortensen, même si cela a été bref. Pas directement dans la séquence mais dans sa conduite sur le plateau. C’est simple, si ce n’était pas Viggo Mortensen, on trouverait que c’est un homme insignifiant tant il est modeste et discret. On admire cela chez lui parce qu’on sait que c’est Viggo. Aujourd’hui, beaucoup font beaucoup de bruit pour exister mais après ils se tiennent plus ou moins bien. Mais lui, j’étais stupéfait d’observer la discrétion de cet homme. 75


Pour te donner un exemple précis, il devient co-producteur de « Loin de hommes » pas pour asseoir son pouvoir mais pour donner de la liberté à David Oelhoffen, le metteur en scène du film, qui est mon ami. Il a été aussi pour moi une inspiration pour Tchekhov car je pense que Viggo est un Tchekhov moderne. C’est quelqu’un qui est au service des autres. Je lui ai dit : « Tu sais, tu es une star ». Il m’a répondu : « C’est quoi une star ? ». Je lui ai alors rétorqué : « Une star c’est une personne qui éclaire les autres, qui ne s’éclaire pas soi ». En France, on a deux ou trois vedettes qui aiment bien s’éclairer eux, je crois que c’est une erreur. Je crois que nous, qui avons la parole, on doit se raconter en parlant des autres parce que sans l’autre on n’est rien. Quelle carrière d’acteur te fait le plus rêver ? Il y en a plusieurs. Elles sont plus ou moins solitaires. Les acteurs qui me font rêver sont des acteurs en marge, qui ont peut-être eu la chance d’être à une époque plus favorable au crédit artistique. 76

Aujourd’hui l’industrie prend le pas sur le travail artistique. Je trouve que c’est de plus en plus délicat de réunir les moyens pour produire quelque chose d’artistique. Evidement, Daniel Day-Lewis me vient à l’esprit, je l’aime depuis les films de Jim Sheridan comme « The Boxer » avec Emily Watson, j’aime la profondeur de son jeu, sa sobriété, même quand il est dans la démonstration de son volume intérieur, il reste toujours planqué derrière le personnage. J’ai également un amour inconditionnel pour Gérard Depardieu, quoi qu’il fasse, je le défendrai jusqu’au bout. Il ne faut surtout pas oublier tout ce qu’il nous a apporté aux uns et aux autres, homme, femme, de toute sexualité, de tout âge. En France, c’est lui qui m’excite en terme de jeu pur, c’est un homme qui m’émeut aux larmes. Dans la jeune génération, je respecte beaucoup Romain Duris. J’aime la manière dont il ne capitalise jamais sur ce qui arrive facilement, je respecte beaucoup cela. Parlons un peu de ton actu, tu es à l’affiche en ce moment du film « Anton Tchekhov 1890 ». Qu’est-ce qui t’a convaincu de faire ce film ?


L’homme, la découverte d’Anthon Theckhov. Mon inculture théâtrale et de cet homme m’ont protégé de l’asphyxie, de la fascination qui peut te couper les jambes. J’ai embrassé ce personnage sans connaître profondément ses textes, j’ai découvert Theckhov par un regard, par un portrait et j’ai vu que je pouvais habiter sous sa peau, derrière ses yeux, que je pouvais lui donner quelque chose et bien entendu recevoir de lui. Ce qui m’a encouragé, c’est son ampleur. Ce n’était pas facile de jouer un homme aussi délicat, aussi élégant, aussi intérieur. Moi je suis de nature volcanique, je crois que tu as eu le temps de t’en rendre compte, mais grâce à lui, je découvre la douceur et cela fait du bien. Tchekhov, c’est une maison avec plein de pièces et elles sont tellement élégantes qu’elles ne se revendiquent jamais être la plus importante ou la plus belle. Comment s’est déroulé le tournage ? Cela s’est formidablement bien passé. J’aime raconter cette histoire. Quand j’ai fait « Comme une étoile dans la nuit » avec René Féret en 2007, mon personnage avait un cancer, un lymphome de Hodgkin. Le tournage a lieu en deux fois et j’avais perdu pour ce rôle deux fois dix kilos. On m’avait rasé la tête, les sourcils... Puis j’ai repris du poids et je recommençais le tournage. La deuxième fois, cela avait été dur. Mais je me servais de cela. C’est la moindre des choses, quand tu incarnes la maladie, d’être diminué et René est quelqu’un de très exigeant, d’assez dur et il y a huit ans, il était encore plus virulent. Je l’avais menacé physiquement, c’était très violent et sur Tchekhov, on s’est fait une promesse, celle d’être doux. C’est notre réussite personnelle, tout s’est fait facilement. Dans quel type de film te sens-tu le plus à l’aise ? Dans des comédies ou bien dans des drames comme « Anton Tchekhov 1890 » ? Le drame, le drame lumineux, pas le drame pour s’écouter souffrir, le drame pour dire qu’il y a un chemin à faire, qu’il est complexe, que c’est long et qu’on doit tous tendre vers l’harmonie mais que c’est long, que cela peut prendre une vie. J’aime la vérité, je n’aime pas l’efficience. La performance ne doit pas apparaître quand elle est réelle. D’ailleurs, est-ce qu’il y a un rôle que tu aurais adoré jouer ? Le pur fantasme, ça serait Batman, j’adorerais être Bruce Wayne !

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Sweat LA COMEDIE HUMAINE

Batman m’excite, Batman est sombre, Batman est complexe, Batman est beau, c’est une bête créée par ses souffrances. C’est le seul super héros qui n’ait pas de don, mise à part sa volonté. Tu as reçu des prix d’interprétation masculine, tu as été nommé aux Césars en tant que révélation ; quel est le prix que tu aimerais avoir un jour ? Meilleur acteur ? 78

Il y en a un qui me plairait, un seul. Je suis en train de préparer mon premier long métrage, j’ai fait un moyen métrage qui s’appelle « Faiblesses », qui était à Cannes en 2009. J’ai un rapport particulier avec ça, ce n’est pas une coquetterie d’acteur. Je réponds à une nécessité profonde. Le prix qui m’exciterait ça serait La Caméra d’or. Les Césars m’emmerdent.


Ce n’est que mon avis mais Gaspard Ulliel était un plus beau Saint Laurent. Peut-être que Pierre Niney est un meilleur acteur que Gaspard, peut-être, être un bon acteur, ça dépend de l’autre. Mais franchement, je trouve que c’était lui le plus beau Saint Laurent des deux. J’étais heureux pour Gaspard. Dans ce shooting pour Pose Mag que nous nous apprêtons à réaliser, tu vas être dans la peau de plusieurs grands créateurs de mode. Quel est ton rapport à la mode justement, estce que c’est quelque chose qui t’intéresse ? Moi la mode, c’est un peu prétentieux que ce je vais dire mais il faut oser l’être, il faut parfois avoir du courage pour être prétentieux, je crois que l’on peut être élégant en tee-shirt, je crois que l’élégance est intérieur. L’habit termine ton geste élégant. Donc ma chance, je crois, c’est que si je mets un costume trois pièces, je n’ai pas l’air déguisé. Mais mon rapport à la mode est assez lointain. Ce n’est pas une chose que je suis mais que j’ai plaisir à découvrir. Donc pour moi, jouer des créateurs de mode, c’est une chose qui m’est complètement étrangère donc cela peut m’intéresser de le faire. Cela dit, je crois que j’aime beaucoup Kris Van Assche.

Pour finir, peux-tu nous parler de tes projets pour la suite ? En tant qu’acteur, on va dire que j’attends la prochaine chose importante. Je suis très curieux. J’ai fait un court métrage avec un garçon qui s’appelle Camille Picquet qui à la Fémis et qui s’intitule « Saint-Hélène ». Il faut suivre ces gens, il n’y en a que 6 sur 800 qui sont pris et j’ai eu une très belle rencontre. Pas avec un étudiant mais avec un artiste. Et je suis surtout arc-bouté sur mon projet de long métrage, on parle de quatre ans d’écriture. Je suis obligé de me concentrer. J’espère le tourner à la fin de l’été. Julien Feret est mon producteur, il revient des Oscars où il concourait pour le meilleur court avec « La lampe au beurre de yak », donc cela nous offre un éclairage particulier. Donc voilà, on est en plein financement. J’ai envoyé ma note d’intention chez ARTE. Je crois que c’est ce qu’il y a de plus dur, « autour du travail ». Naïvement, quand j’ai commencé, je pensais que le talent suffisait et bien je découvre que cela ne suffit pas. Propos recueillis par Enrique Lemercier

Et par rapport à la photographie justement, en tant que modèle, est-ce une activité dans laquelle tu es aussi à l’aise que devant une caméra ? C’est totalement différent. Je n’aime pas trop les photos. Je suis un acteur donc j’aime être capté à 24 images/seconde. Mes silences, mon souffle, ma tension, mon relâchement, mon hésitation, ma conviction, tout cela est capté en images/seconde. Je n’aime pas les répétitions. Si je suis acteur, c’est pour l’éternel. C’est-à-dire que ce que je produis ce en quoi je crois, pour lui donner vie. La photographie, c’est plus compliqué car tu produits mais c’est la sensibilité du photographe qui est derrière qui va chopper le moment. Toi tu aurais peut-être voulu qu’il la saisisse deux ou trois secondes après mais parfois, il y a des sublimes surprises. J’aime le rapport avec le photographe, qui n’est jamais évident. Cela passe ou pas, ça passe rarement après, c’est immédiat. J’aime apparaître derrière un travail sur un personnage, je n’aime pas directement m’exposer ou poser. Je ne pose pas, je vis. 79


SHOPPING LE LOOK ROBE BLANCHE Par Cécile Reaubourg (Trouvailles Chics) LA ROBE BLANCHE IMMACULEE ET DENTELLE CHAMPÊTRE Vue chez Chloé, Louis Vuitton, Valentino, Hermès, Jacquemus, Givenchy, Burberry Prorsum, Christian Dior... Du blanc, du blanc et encore du blanc ! C’est ce dont on a envie dès que les jours rallongent et que les températures augmentent. Dans un esprit champêtre chic, romantique, aux touches là-aussi 70’s. Les robes se feront fluides, courtes, tout en jeu de transparence. Comment on les porte ? À mixer avec des pièces noires tout simplement, des spartiates ou des bottines ouvertes et un chapeau. La coiffure et le make-up doivent rester naturels, raie au milieu, cheveux au vent. On se trouve un parfum de printemps aux senteurs extraites de réels produits de la nature et on se protège du soleil pour cultiver une peau juste dorée. Qu’est-ce qu’on garde/ressort des placards ? Des spartiates. Qu’est-ce qu’on achète ? LA robe blanche et une grosse paire de créoles. Qu’est ce qu’on met de côté ? Les nail art de toutes les couleurs, les imprimés africains et aztèques.

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Sac en cuir à franges PROENZA SCHOULER - 1375 € / Set d’eaux de parfum LE LABO - 28 € Mini-robe en coton mélangé crocheté CHLOÉ - 1980 € Boucles d’oreilles en plaqué or et pointes de magnésite KENNETH JAY LANE - 55 €


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ALISON WHEELER PHOTOGRAPHE : AMEL KERKENI STYLISME : JULIE CRISTOBAL ASSISTANTE : GABRIELLE MALEWSKI MAKE UP/HAIR : VIRGINIE ALLAIS REALISATION : ENRIQUE LEMERCIER LIEU : BAR/RESTAURANT LE PLAYTIME À PARIS

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Coupe vent NEW MAN Tee-shirt RENE BY RENE STORCK Jupe TARA JARMON Chaussettes MONOPRIX Baskets NEW BALANCE Montre CASIO Bracelet EDDIE BORGO


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Cardigan zippé ACNE STUDIOS Combinaison pantalon L’HERBE ROUGE Chaussettes TOPSHOP Mocassins AMELIE PICHARD Lunettes de soleil CLAIRE’S Bracelet EDDIE BORGO 86


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Ciré PETIT BATEAU Brassière JACQUEMUS Jupe AMERICAN APPAREL Visière PRIMARK Bottes AIGLE Parapluie AMERICAN APPAREL Manchette rose PRIMARK Bracelet et boucles d’oreilles EDDIE BORGO

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Tee-shirt AMERICAN RETRO Jupe JOUR/NE Chaussettes TOPSHOP Baskets NIKE Bracelets EDDIE BORGO 90


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RENCONTRE ALISON WHEELER On l’a découverte en duo avec Monsieur Poulpe dans Le Grand Journal de Canal + mais c’est désormais seule qu’elle officie en tant que Miss Météo dans la même émission. Elle a en effet remplacé au pied levé la précédente chroniqueuse, qui n’est restée que quelques jours à l’antenne. Alors que la fin de saison approche, on peut dire que l’humoriste et comédienne a su pleinement remplir sa mission en alliant charme, humour, aisance et bonne humeur. Rencontre avec celle qui fait la pluie et le beau temps sur Canal +, la pétillante Alison Wheeler.

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Tee-shirt AMERICAN RETRO Eventail DUVELLEROY


Un Bac L, un Master 2 en Lettres modernes, puis un courte formation aux cours Florent et le Studio Pygmalion, tu as donc tout fait pour être comédienne, mais une comédienne intelligente, c’est ça ? C’est beau ce que tu dis ! En fait, j’avais vraiment très peur de devenir bête parce qu’en cours de théâtre, même si tu lis des livres, ce n’est pas forcément très ouvert au monde. Je me suis donc forcée à aller à la fac et mes parents aussi. Cela m’a appris la débrouille, parce qu’on sait qu’à la fac, c’est un peu la jungle. Du coup, humainement, cela m’a appris à soudoyer toutes les secrétaires des établissements. C’est hyper important dans la vie ! Si tu n’as pas la secrétaire, tu n’as rien compris ! À quel âge est né ce désir ? Quand j’étais très petite. Je voulais faire du spectacle, je ne savais pas ce que c’était un métier, qu’on pouvait en vivre. Pour moi, il y avait clown et acteur je croyais que c’était pour le plaisir... Puis j’ai compris qu’il y avait vraiment des gens qui faisaient ça en tant que métier. Je voulais faire ça mais je n’étais pas dans les standards physiques, je ne le suis pas forcément toujours, d’ailleurs ! Je regardais plein de films en me disant qu’il fallait que je fasse ça. Surtout les comédies musicales, je voulais faire des trucs où il y avait des costumes, des lumières et de l’amusement ! Tu as intégré le Studio Bagel pour la deuxième saison, en 2013. Comment est née cette opportunité ? Après avoir fait du théâtre, un peu de cinéma, j’ai décidé d’écrire des vidéos pour le web, sur un site qui s’appelle Madmoizelle.com, avec Fabrice Florent. J’essayais de développer mon écriture et de tester des personnages que je ne pouvais pas forcément faire au cinéma et j’ai rencontré Monsieur Poulpe et après le producteur du Bagel. Ils m’ont proposé de participer au Dézapping du Before sur Canal +, qui est un programme qui parodie la télévision. Après ça, j’ai proposé des vidéos au Bagel et on les a faites ensemble. La chaîne Youtube du Studio Bagel a dépassé les deux millions d’abonnés. Comment expliques-tu ce succès ? C’est parti de la communauté et du travail des comédiens et après cela a été développé par le travail en collectif, l’écriture des vidéos et je pense l’envie de proposer des choses différentes à partir de la deuxième saison.

Au début c’était vraiment du sketch et après c’est parti vraiment sur une écriture de court-métrage quasiment. Je pense que cela a apporté autre chose, une sorte de mini ciné que l’on peut regarder chez soi, de l’humour sous une forme soignée et ça fidélise les jeunes qui ont envie de qualité en terme d’images, de réal... Tu as publié sur Twitter un montage reprenant la dernière couverture du magazine Lui, mettant en scène Virginie Ledoyen, seins nus. C’est donc une volonté de poser sans vêtement ? Si oui, je peux renvoyer la styliste chez elle si tu veux... (rires). C’est très stylisé une culotte, même si il n’y a que ça ! Elle me faisait rire cette une. Je sais qu’elle est très travaillée, que c’est artistique mais au fond de moi, je n’ai pas pu m’empêcher. Quand j’ai vu ça, je me suis demandé ce que dirait ma mère si elle me voyait en culotte avec un minou entre mes jambes, un chat de gouttière qui n’a rien demandé ! Cela me faisait rire de mettre ma tête sur cette photo. Je voulais reproduire le truc, mais j’étais au Grand Journal et je n’avais pas très envie de me mettre à poil ! Je voulais refaire le truc avec un animal genre un sanglier ou un chien d’aveugle. Les couvs de Lui me font souvent rire. C’est beau mais cela peut être très drôle aussi ! Dans un autre tweet, tu as dit : « #Beforeinternet Je n’avais pas envie d’ agrandir la taille de mon pénis ». Alors premièrement, je suis surpris d’apprendre que tu as un pénis et deuxièmement, qu’il est petit, mais sinon, il y a autre chose que tu aimerais changer chez toi ? On a toutes un pénis à l’intérieur de nous. Il faut grandir avec ça, sinon tu ne peux pas avoir l’égalité des sexes ! Je ne sais pas ce que cette phrase veut dire, tu en fais ce que tu veux ! Non c’était un tweet par rapport au Before, qui voulait lancer un tweet « avant Internet ». Je reçois souvent des propositions « agrandir la taille de mon pénis » dans les mails, les spams... Et sinon, par rapport à ce que je voudrais changer, en fait, plus tu fais ce métier, plus tu as envie de tout changer, de tout refaire. Tu veux satisfaire un maximum de personnes. Mais ce n’est pas une bonne façon d’approcher les choses que de vouloir plaire à tout le monde. La moindre qualité peut être perçue comme un défaut par une autre personne alors il faut simplement s’assumer. J’ai envie d’être Amel Bent, le poing levé !

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Quel artiste invité sur le plateau du Grand Journal t’a le plus impressionné ? Impressionnée dans le sens j’ai eu peur de me faire remettre à ma place, je dirais Eric Zemmour, il m’a un peu calmé. Après, je dirais Madonna... C’était ma question suivante... Je fais ton taf ! Faire la météo devant Madonna, ça fait un peu peur, tu dis qu’il n’y a rien qui peut le faire devant Madonna. C’est comme faire un gribouillage devant Léonard de Vinci. Tu te demandes si elle va rigoler. J’avais proposé 10 météos, car c’était soumis à validation et elle en a sélectionné une. Je n’avais aucune idée de laquelle c’était. J’avais très peur, j’ai eu très peu de répétition et je me disais que si je me foirais, ça serait quand même dommage ! Et elle était très gentille, ou peut-être très américaine mais en tout cas, elle a pas mal ri et elle avait l’air contente, donc j’étais contente ! Ça aurait pu être bien que ça soit à ce moment que ton chemiser s’ouvre, comme cela t’est arrivé un jour à l’antenne ! D’ailleurs, c’était fait exprès ou pas ?

Quel est l’objet de ton appartement que tu aimerais entendre parler ? Ah c’est marrant comme question ! Est-ce que je voudrais que mon miroir me parle ? J’aimerais bien je crois, oui. Une bonne dose de positivisme mais avoir un miroir cool, pas un miroir qui te clash le matin, je n’ai pas besoin de ça ! Sinon je vais sur Twitter et je m’embrouille. Un miroir américain qui dit « You’re amazing » ! Et celui que tu ne voudrais surtout pas qu’il parle ? (rires) Quel objet en a vu des vertes et des pas mûres ? Je ne sais pas si tu es en train d’essayer de me mettre sur la voie d’un objet en particulier ou pas... Non non, pas du tout...

Non, pas du tout ! Ce jour-là, on faisait une météo devant Morandini, sur les audiences et le premier truc qu’on voulait dire, c’est qu’on ne faisait pas d’audience, on voulait se moquer de nous. Et la première chose que je fais, j’avais une combi, je voulais m’habiller en femme et elle a pété ! C’est de ma faute, j’avais mis un soutien-gorge Victoria Secret et du coup, ça a fait pression sur le bouton qui n’a pas tenu le choc. Et boum, ouverture du soutien-gorge ! Ca allait à l’encontre du propos qu’on avait. J’étais gênée mais on fait tellement de blagues que personne ne savait si c’était calculé ou pas. Heureusement que je n’avais pas le soutif de la loose, en mode dimanche soir...

Non, je crois que j’aimerais bien qu’ils me parlent tous. Mon appart est petit et je trouverais ça cool que ton mon appart me parle !

Qu’est-ce que tu n’assumerais pas de faire à la télévision ?

(rires) Je pense que c’est le petit rat de bibliothèque qui parle ! C’est parce que c’est un ancien moche, du coup il a cette enveloppe sympathique mais il y a toujours le garçon aigri à l’intérieur ! (rires) Non, je plaisante bien sûr, avec Augustin, on a ce jeu, je crois que lui aussi il vit dans un film américain il se prend pour une cheerleader comme moi alors on se clash toute la journée, c’est épuisant mais on s’aime très, très fort.

De faire de la peine à des gens qui ne le méritent pas. C’est compliqué parce que parfois tu veux faire des blagues et c’est bien si tu fais rire mais c’est toujours au détriment de quelque chose donc il faut faire attention de ne pas heurter des gens qui n’ont rien demandé. Tu va jouer une lampe de chevet dans la mini série sur Arte, « Objectivement ». Comment vas-tu te préparer pour ce rôle ? C’est fait, ce sont des voix que j’ai enregistrées. 94

J’ai regardé beaucoup de lampes, j’étais chez Habitat, Darty, Maison du Monde, j’ai voulu voir les lampes du monde en entier, je leur ai parlé, j’ai essayé d’apprendre à les connaître. J’aime bien être. Je veux donner mais avant tout recevoir. (rires)

On a fait une séance photo et une interview avec Augustin Trapenard il y a quelques jours... Il est gentil hein... Très ! Mais il nous a confié qu’il te détestait, que tu n’étais pas sympa du tout et vraiment pas drôle. Qu’est-ce que tu as envie de lui répondre ? (ndlr tout ceci est bien sûr une blague et le contraire des propos d’Augustin)

C’était une blague bien sûr, il a dit tout le contraire ! Ahhhh non, t’es bête, je l’adore ! En plus il susceptible, si je dis du mal de lui, c’est la crise !


Mais non, il comprendra que c’est de l’humour ! Pour finir, j’avais envie de te demander quel temps il va faire demain et si on va avoir un bel été, c’est super original comme question à une Miss Météo, non ? Oui le videur de mon supermarché me pose souvent cette question ! Je pense que vous vous êtes vu ! Demain, je crois qu’il va faire à peu près gris sur toute la France, avec quelques épisodes pluvieux. Ca te fait chier ma réponse hein, tu n’avais qu’à pas me la poser ! (rires) Il fera beau sur la Côte d’Azur et en Corse, avec des minimales de 9 degrés à Nantes, 11 à Bayonne et 16 à Toulouse. Demain, nous fêterons les Jean-Amédée, le soleil se couchera à 19h07. Parfait ! Bon je vais essayer de me rattraper alors en te demandant si tu préfèrerais passer un été doux et ensoleillé à Roubaix ou bien un été froid et pluvieux à Paris ?

Je vais à Roubaix alors ! En plus les bières ne sont pas chères ! D’ailleurs, et ça sera vraiment ma dernière question cette fois, quels sont tes projets pour cet été et pour la rentrée ? Je ne sais pas, j’aimerais faire une nuit de 10 heures, dormir, je veux tourner, un film drôle, un truc sympa. Elle est bien cette réponse, non ? En gros j’ai envie de travailler mais je ne vais pas me précipiter sur le premier truc. Je veux vraiment un truc cool. Pour l’instant je suis dans l’incapacité de faire autre chose alors je suis un peu frustrée. J’ai envie de voir le monde !

Propos recueillis par Enrique Lemercier

J’ai des potes à Roubaix ou pas ? La photographe vient de Roubaix... 95


CHRONIQUE IT’S TIME TO READ par Marie Parent

LE TIGRE ET LE MOUCHERON Portraits de Chinois indociles

LA GUERRE DES TETONS Lili Sohn, Michel Lafon

Jordan Pouille, Les Arènes Il ne faut pas forcément être un fin connaisseur de la Chine pour se laisser happer par ce livre. Jordan Pouille nous emmène dans un voyage au cœur de la Chine méconnue, celle où l’on rencontre des personnalités incroyables. Du pêcheur de cadavres sur le fleuve Jaune en passant par un chef de village dévoré par les usines chimiques vous découvrirez également le portrait d’un curé de campagne en cavale ou encore le quotidien d’un enfant surnuméraire sans papiers. On a parfois du mal à croire ce qu’on lit mais sans jamais foncer tête baissée dans le pathos, l’auteur nous raconte son parcours avec une justesse et une vérité déroutante. Il décrit l’ingénieuse indocilité de ces « moucherons » pour lesquels on ne peut ressentir qu’une infinie compassion. 96

On dit MERCI à Lili Sohn d’avoir dégoupillé la grenade qui tourne autour de ce foutu Gunther ! Gunther, c’est son cancer, elle a préféré l’appeler comme ça pour mieux le vaincre ! Grâce à son blog (tchaogunther. com) et à sa BD elle a réussi à créer un univers intergénérationnel qui nous permet, à nous les meufs, de relativiser, d’anticiper, de créer un véritable lien et surtout d’ouvrir un dialogue. Car oui cette BD est aujourd’hui un lien entre nous toutes, un objet qu’on se prête, qu’on offre et qui fait vraiment, vraiment, vraiment du bien ! Une aventure hors du commun qui permet de rire de ce fichu cancer qui nous préoccupe toutes de près ou de loin ! A lire de toute urgence !


LES FATWAS - Petit traité d’intolérance Tome 2

L’ARABE DU FUTUR Riad Sattouf, Allary Editions

Charb, Les Echappés Pour garder intact l’esprit de Charb, lisez ce petit traité qui met en mot tout ce qui nous énerve et qui déculpabilise complètement nos pensés les plus tordues ! Si vous détestez les places de théâtre microscopiques, les sacs siglés chers et moches, les autocollants «bébé à bord», les patrons de café qui renâclent à servir une carafe d’eau, les gens qui emploient l’expression «au jour d’aujourd’hui», les surfeurs, les dictons, les arbitres de foot, ces nouvelles fatwas de Charb sont faites pour vous. Un hymne hilarant à l’intolérance des gens et de la société.

Riad Sattouf c’est le réalisateur de « Jacky au royaume des filles », « Les Beaux Gosses », c’est également l’auteur de Pascal Brutal, La Vie secrète des jeunes etc. Avec sa BD « L’Arabe du futur », Riad Sattouf nous raconte son enfance pas comme les autres. Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, il grandit d’abord à Tripoli, en Libye. À partir de là, il nous dépeint son enfance avec une grande dose d’humour le regard perplexe, amusé ou fasciné, mais aussi très aiguisé, d’un enfant sur le monde arabe. On rit beaucoup, on se questionne énormément sur la suite de cette aventure qui comptera encore 2 tomes. Une pépite qui a déjà reçu le Prix RTL BD de l’année 2014, le Prix BD Stas/Ville de Saint-Etienne, 2014 et le Fauve d’Or – Prix du meilleur album du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême 2015. Bref, une BD à lire, à offrir et à garder précieusement ! 97


BRIGITTE PHOTOGRAPHE : PAULINE DARLEY @LE CRIME ASSISTANTE : LARA STYLISTE : CÉCILE REAUBOURG (TROUVAILLES CHICS) ASSISTANTES : ANAÏS DELCROIX ET CLEO GICQUEL MAKE UP : WALTER DENECHERE USING MAC FONDS ET CHANEL HAIR : BRIGITTE USING CATWALK BY TIGI REALISATION : ENRIQUE LEMERCIER LIEU : RESTAURANT PAN À PARIS

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Combi-pantalons vestes ROSEANNA Combi-pantalons et vestes ROSEANNA ChaussuresetMELLOW YELLOW Chaussures MELLOW Bijoux ALICE HUBERT Chapeaux MAISON YELLOW MICHEL 99 Bijoux ALICE HUBERT Chapeaux MAISON MICHEL


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Robe BALMAIN 101


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Tee-shirts JAMAIS SANS MON ROUGE A LEVRES Jean’s CLAUDIE PIERLOT Colliers et bagues indiens HARPO Peluches BISOUNOURS Rollers quad ROOKIE


Robes MARILYN FELTZ Chaussures MELLOW YELLOW Colliers MADEMOISELLE PIERRE Bracelets LE GRAMME

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PORTRAIT BRIGITTE Elles sont deux mais ne forment définitivement plus qu’un pour ce nouvel album. Brigitte, femme plurielle, signe son grand retour avec un second opus intitulé « À bouche que veux-tu ». Affranchie de toute contrainte, puisque ce disque a été produit par leur propre label et a été entièrement écrit et composé par elles, le duo glamour et pailleté nous revient avec des morceaux aux influences et aux sonorités multiples. Perruques, maquillage et tenues similaires, les deux jumelles artistiques, Aurélie et Sylvie ont accepté de prendre la pose pour nous dans un joli restaurant parisien et de répondre à nos questions.

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Si cela ne vous dérange pas, on va mêler des paroles de votre nouvel album dans les questions de cet interview, alors pour commencer, « Ne me demandez pas mon nom, cela reste entre nous » . Parfait, j’hésitais justement entre Brigitte, Aurélie ou Sylvie pour m’adresser à vous durant cette interview. Mais comment je peux faire pour vous distinguer alors ? Est-ce bien nécessaire de nous distinguer ? On s’amuse avec les doubles en ce moment, on travaille sur la gémellité. On trouve ça graphique, intéressant dans sa rythmique et puis on a choisi un seul prénom pour notre groupe. C’est plutôt une façon d’affirmer l’identité d’un groupe plutôt que des identités personnelles. Ce qu’on aime, c’est ce petit animal bicéphale qui nous va bien. Ces paroles sont extraites du premier titre de votre album, « L’échappée belle ». Et d’ailleurs, si je vous dis, allez, on arrête tout et on saute dans le premier avion. Vous auriez quand même une préférence pour la destination ? Aurélie : Là tout de suite maintenant ? Sylvie, tu aurais envie d’aller où ? Sylvie : Je ne sais pas, j’ai l’impression que nous avons déjà été là où on voulait aller, aux États-Unis, en Chine, au Japon, je suis assez comblée. Aurélie : Oui, on a de la chance de faire des tournées très riches, que ce soit en Asie du sud-est, au Laos, au Vietnam, en Indonésie. On va partir en tournée en Chine dans quelques mois puis aux États-Unis. Mais si on devait sauter dans un avion, comme ça, pour le fun, on irait peut-être à Tokyo car Sylvie a très envie d’y aller. Sylvie : Je retournerais avec plaisir à Tel Aviv. En lui-même, ce nouvel album est également une très jolie « échappée belle ». Est-ce que vous êtes fière de ce nouvel opus ? Et en quoi est-il différent du précédent ? Aurélie : Je dois dire qu’on en est extrêmement fières ! Quand on l’a terminé, je disais souvent « Ce disque, si quelqu’un d’autre l’avait fait à notre place, j’aurais été terriblement jalouse ». (rires) On a vraiment réalisé tous nos rêves dedans, on y a mis tout ce qu’on voulait. On est productrices, arrangeuses et réalisatrices de ce disque, c’est la grande différence avec le précédent. On y a été généreusement, on voulait des orchestres de cordes, de cuivres, on voulait des morceaux qui durent, qui ne soient pas formatés, des choses un peu particulières. On a osé et on est très contentes. Vous avez créé votre propre label pour ce deuxième album. Pourquoi ce choix ?

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Sylvie : Ce qui a surtout changé c’est que depuis Brigitte, on s’éclate et on est heureuses. Au-delà du succès, dès le début, on nageait en plein bonheur dès qu’on terminait une chanson... Aurélie : Le succès c’est un bonus. Et quant à la notoriété, je ne sais même si on en a une. En plus, nous sommes très disponibles, on fait des longues séances de dédicaces à la fin de nos concerts, on rencontre les gens, on est très normales ! On n’a pas de gens qui nous courent après, qui nous envoient des trucs bizarres... À l’époque, vous m’aviez dit que vos influences musicales étaient très diverses : Abba, Jeanne Moreau, Donna Summer, Queen, Stevie Wonder... Et si je vous repose la question aujourd’hui, est-ce que vos influence ont changé ? Quels sont les artistes actuels que vous écoutez ? Je pense que ça n’a pas vraiment changé, la liste est juste un peu plus longue. Oui y en a plein d’autres, on aime bien les choses assez rythmiques et poétiques. C’est large ! Et dans les artistes actuels, Adrien Galo, qui a fait un super album, La Femme, Hollysiz, Francois & the Atlas Mountain, Junior, un super groupe qu’on va sûrement prendre en première partie. « Je suis un garçon comme les autres »... Et si vous deviez être un homme, qui choisiriez-vous ? On s’appellerait Michel. C’est cool Michel, c’est un peu Brigitte en homme ! Pour la liberté ! Quand tu as ton propre label, tu rends ce que tu as envie. On a donné à Columbia, qui s’occupe de la distribution, le disque terminé, l’artwork terminé, les clips... On est complètement maîtres de tout. C’est un vrai artisanat et cela me plaît bien. Je vous avais interviewé par mail au tout début de Pose Mag, il y a presque 5 ans maintenant. Depuis, on peut dire que vous avez vraiment explosé. Comment vivez-vous cette notoriété ? Est-ce qu’elle a changé votre vie ? Sylvie : 5 ans ? Aurélie : Oui, je m’en rappelle. Sylvie : Ah oui, quand même ! Est-ce que ça a changé notre vie ? Non ! Moi je n’ai pas l’impression. J’ai toujours le même mari, le même appart, les mêmes enfants... Aurélie : Ça a changé un peu, dans le sens où on s’amuse plus professionnellement... Ce qui a vraiment changé, c’est que lorsque tu essaies de faire quelque chose et que cela ne fonctionnes pas, c’est assez douloureux et quand tu fais un métier que tu aimes et que ça marche, c’est extrêmement réjouissant. On est super heureuses que tout se passe bien. 108

Cette phrase est issue de la chanson « Les filles ne pleurent pas ». Et donc, vous, vous ne pleurez jamais ? Sylvie : Ca fait longtemps moi... Aurélie : Ah ouais ? Moi je pleure tout le temps. Je suis très émotive. Sylvie : De joie non mais à chaudes larmes oui... Aurélie : Moi je suis très sensible, je pleure tout le temps et j’aime bien ça. Avant je retenais beaucoup les émotions mais maintenant, j’aime bien ça. Je trouve ça assez drôle. Sylvie : C’est drôle parce que moi je dissocie vraiment pleurer d’émotion à un moment donné, quand quelqu’un me raconte un truc et cela va me faire pleurer et pleurer d’énervement, de tristesse, pour moi, ça c’est pleurer, le reste, c’est être ému. Pour finir, le temps de quelques questions, je vais scinder Brigitte en deux pour en savoir un petit plus sur chacune de vous ! Laquelle est la plus coquette ? Aurélie : Ça dépend pour quoi. Sur certains dossiers, je dirais que c’est moi et sur d’autres je dirais que c’est Sylvie.


Sylvie : J’aimerais bien savoir lesquels. Aurélie : Les cils, le coiffeur... Et moi ça sera plus sur les talons La plus bordélique ? Aurélie : C’est moi, c’est évident ! Sylvie : Non, ça dépend pour quoi. Aurélie : Tu rigoles, tu as déjà vu ma maison ! Si il n’y avait pas quelqu’un derrière moi, ça serait l’horreur !

Et pour finir, j’ai simplement envie de demander à Brigitte, « Et vous, tu m’aimes ? » ! « Et vous tu m’aimes » toujours, on est des grandes fidèles et des amoureuses ! Propos recueillis par Enrique Lemercier

La plus travailleuse ? Aurélie : Je fais plus de travail que Sylvie, parce qu’elle ne fait pas un autre métier que la musique. La plus rancunière ? Sylvie : C’est moi ! Non, je ne suis pas très rancunière, mais je n’oublie pas ! Sans rancune alors, mais quel est le défaut qui vous exaspère le plus chez l’autre ? Sylvie : Il n’y a pas de défaut, je trouve que les qualités de tout le monde peuvent être à un moment donné des défauts, mais peut-on vraiment parler de défauts ? Aurélie : Un défaut, c’est plein de jugement... On est plein de défauts de fabrication et en même temps, c’est tellement cool ! Qu’est-ce qu’on serait ennuyant sinon. Sylvie : En tout cas il n’y a pas de défaut qui nous empêche de travailler ensemble. Je pense qu’il y a des gens qui sont handicapés par leurs défauts.

L’album de Brigitte « À bouche que veux-tu » est disponible depuis novembre 2014

Et au contraire, sa plus grande qualité ? Aurélie : C’est de supporter les défauts de l’autre ! (rires) Ce que j’adore chez Sylvie, c’est quand elle lâche quelque chose, qu’elle laisse aller... Sylvie : Quand je suis bourrée ! (rires) Aurélie : J’adore quand elle lâche un truc oui, je trouve qu’elle a une fantaisie folle, très séduisante... Elle est particulièrement douée pour cela, pour le switch. Sylvie : Et moi c’est l’oeil d’Aurélie ! La capacité qu’elle a à capter ce qui est bien, ce qui ne va pas, son sens du détail quand on travaille les visuels, les clips, les photos, le stylisme... Elle a un œil très juste, très immédiat. On a dû beaucoup vous le demander, mais avant de vous laisser, est-ce que vous pouvez expliquer à nos lecteurs ce que ça veut vraiment dire le titre de votre nouvel album, « À bouche que veux-tu » ? Abondamment ! C’est une expression du 17ème siècle qu’on utilise plutôt pour la table. Quand le buffet est extraordinaire, on dit qu’on s’est régalé, qu’on a mangé à bouche que veux-tu. 109


HOMME, FEMME MODE D’EMPLOI THE CRISE

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Je n’aborderai pas ici la crise économique, véritable fléau de notre société actuelle, mais celle, beaucoup plus probante et sournoise du « milieu de vie », communément appelée « la crise de la quarantaine ». Elle survient généralement entre 45 et 55 ans et ne frappe pas forcément votre couple au même moment et c’est tant mieux ! Mais que vous soyez confrontés à la crise de votre homme ou que vous la ressentiez vous-même, elle vous plongera inexorablement dans une remise en question quasi permanente. Le facteur « temps qui passe » est le premier à incriminer. Le second, on le nommera « constat ». Alors, crise ou opportunité ? Comment rebondir et faire face ? Au pire, vous n’échapperez peut-être pas à la dissolution de votre couple… En route pour les montagnes russes ! Chez l’homme, elle se manifeste par des besoins soudains et démesurés. Place à l’extrême ! Il se préoccupe subitement de son aspect physique et va se lancer dans une course aux régimes divers, délaissant vos petits plats qu’il aimait tant. Le verre de vin durant les repas sera remplacé par une bouteille d’eau (il en va de même pour vous évidemment !). Sa journée débutera par un jogging dans le quartier. Il fait nuit à 6h30 en hiver ? Qu’importe ! Une lampe frontale fera l’affaire. Il écumera chaque week-end tous les magasins de sport ou les sites internet en quête de vêtements adaptés à sa nouvelle discipline. Et là, bonjour le budget ! Il participera à toutes les courses environnantes, les semi-marathons et les marathons divers durant vos dimanches (Mesdames, prévoyez votre propre programme !). Il se lancera des défis terribles comme parcourir 72 km en pleine nuit et en plein hiver avec un horaire de départ à minuit. Même pas peur ! La faire en relais ? Mais quel relais ? Alone moi madame ! Please, ne le vexez pas en lui rappelant son âge, il n’a besoin que de votre soutien. Quant à vous, préparez-vous à une nuit blanche ! C’est beau l’amour !.... A son retour, félicitez-le de ses exploits, il n’attend que ça ! OK ce n’est pas votre trip mais faites un effort ! Il s’assoupira ensuite sur le canapé devant l’émission de Michel Drucker… Respectez son sommeil et évitez de passer l’aspirateur ! De ses entraînements, il vous confiera, sans pudeur aucune, que suivre et dépasser de beaux petits culs féminins moulés dans des collants motive. Inutile de contempler le vôtre dans la glace de la salle de bains, il vaut ce qu’il vaut ! Vous ne pouvez pas être et avoir été à moins de vous mettre également au sport. Mais, sachez qu’il ne veut pas de vous sur le terrain car vous ne lui arrivez pas à la cheville ! C’est dit !

Mais, de vous à moi, après quoi courent-ils ? C’est évident non ? Nos hommes veulent afficher une allure sportive, un corps svelte (celui de leur 20 ans), tenter de séduire d’autres femmes (c’est beaucoup plus valorisant !). Ils ont soif de liberté et ne s’en cache pas ! Et vous mesdames, dans tout ça ? Vous vous sentez désarmées ! Vraiment ? Vous découvrez de façon quelque peu violente une autre facette de votre compagnon, qui vous déstabilise et vous plonge dans une solitude non partagée. Alors, réagissez ! Recentrez-vous sur votre vie de famille ! Vos enfants ! Humm… Comment dire… Certains volent déjà de leurs propres ailes et votre petit dernier (ado en puissance) s’exile dans sa chambre du matin au soir face à son ordi ou sa console pour jouer en réseau. Le casque sur les oreilles, vous l’entendez rire et s’exprimer haut et fort. A croire qu’il a invité toute sa bande de potos ! Chacun sa live en fait ! Malgré vous, vous devenez spectatrice de votre noyau familial. Chacun assume son indépendance et vous avez du mal à digérer le fait que vos bébés n’aient plus besoin de vous. Le « Je ne sers plus à rien ! » serait réducteur. Vous n’imaginez tout de même pas qu’ils vont subitement assumer vos tâches ménagères ! Ils sont beaucoup trop occupés de leurs côtés ! Qui suis-je ? Où vais-je ? Suis-je encore amoureuse de cet homme qui me délaisse ? Que me reste-t-il à accomplir ? Serai-je capable de m’assumer seule financièrement si par la suite ?… Et puis, dans ce tumulte sous-jacent se greffent les aléas de la vie, telle que la mort d’un parent, vos copines chéries qui affrontent telles des guerrières un cancer du sein ou de l’utérus, le divorce d’amis, la perte de votre emploi, … STOP ! BASTA ! REAGISSEZ ! Et si ce temps libre qui vous est imposé vous l’exploitiez de façon positive ! Prenez du temps pour vous ! Prenez soin de vous ! Sortez ! Amusez-vous ! La vie est belle ! Et surtout, surtout, lâchez-vous, parlez entre filles, confiezvous, videz votre sac ! Oui, vous êtes face à un mur mais à vous de le détruire. Quelles sont vos aspirations profondes, vos priorités de femme ? Votre existence entière vous appartient alors ne la gâchez pas ! C’est promis ?

Armelle Haëgy Illustration : Marygribouille

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AURÉLIA DECKER PHOTOGRAPHE : MATTHIEU DORTOMB MAKE UP : FRÉDÉRIQUE ALCARAZ (COULEUR CARAMEL) HAIR : SYLVIE LOOK EN SCENE (RENÉ FURTERER) RÉALISATION : ENRIQUE LEMERCIER

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PORTRAIT AURÉLIA DECKER Les fidèles de la quotidienne de Stéphane Bern « Comment Ça Va Bien ! » sur France 2, l’auront très certainement reconnue. Aurélia Decker avait en effet rejoint l’équipe en janvier dernier. Dans « Questions « In » utiles ! » elle faisait tous les jours une interview décalée de l’invité, en campant des personnages. Depuis, Aurélia poursuit sa carrière en mode multi-casquette et utilise quotidiennement ses talents d’auteure et de comédienne avec une aisance déconcertante. En parallèle, on peut en effet la retrouver dans son one woman show « Ça n’te dérange pas si je téléphone pendant qu’tu me parles ? ». Un rendez-vous incontournable ! Nul doute que cette jeune femme déborde d’énergie et de talent ! Pour cette rencontre inédite, nous lui avons, nous aussi, concocté quelques Questions « In » utiles !

Si tu avais une cause humanitaire à défendre quelle serait-elle ?

Quel est le plat que vous détestiez petite ? Je détestais les œufs et maintenant je les adore !

Franchement ? Plutôt animale, donc les bébés éléphants ! En sortant de scène, un inconnu t’offre un bouquet de fleurs auquel il a joint son 06. Comment réagis-tu ?

Le trac !

Je lui envoie un texto pour le remercier. Enfin, ça dépend des fleurs, si c’est une rose du pakistanais ou des chrysanthèmes, non, mais sinon, oui je lui dis merci ! Il y a déjà un mec qui m’a offert des fleurs. Il est arrivé, il était avec des copines, il y avait peut-être même sa meuf, je n’ai pas compris. Il m’attendait à la sortie, il tenait le beaucoup de fleurs et ses copines lui ont dit « bah vas-y donne-lui » !

La cigarette !

Le « divan » est-il selon vous synonyme de réflexion sur vous-même ou d’ébats amoureux ?

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Ton défaut majeur ?

Avez-vous une addiction particulière ?

Question indécente… Etes-vous une femme heureuse ? Oui, en ce moment, ça va très bien ! Propos recueillis par Enrique Lemercier Crédit photos : Matthieu Dortomb pour Pose Mag

Le divan... Il y a un côté assez glamour, mais ça dépend de la qualité du divan ! Si c’est le convertible Ikea, on dort mais si c’est le divan en velours rouge, c’est plus sexy oui, en plus il y a un côté théâtral...

Ses prochaines dates de tournée en 2015 :

Un rôle que tu refuserais d’interpréter sur scène ?

Du 23 Juin au 4 Juillet - Le Bacchus à Rennes

Ca ne serait pas un rôle en particulier, c’est plutôt si ce n’est pas drôle ou très mal écrit... Etre déguisée en lapin, ça m’embêterait un peu oui, même si je l’ai déjà fait pour un de mes sketchs ! Non mais ça dépend vraiment de la pièce... Le pornothéâtre, je refuserais ! Parce que oui, ça existe !

Le vendredi 21 Août - Festival National des Humoristes de Tournon En septembre - Festival DécouvRire à Saint- Prex (Suisse) Le lundi 12 Octobre - Espace Gerson à Lyon


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TENDANCES LES TROUVAILLES DE CECILE Sélection par Cécile Réaubourg (Trouvailles Chics)

FOOD

CAFE PINSON Profitez du printemps pour vous initier au sans gluten et pour diminuer vos apports en produits laitiers et prendre soin de votre corps avec les bons petits plats, jus et pâtisseries bio de l’incontournable Café Pinson. Une de mes adresses healthy préférées à Paris ! Trois adresses : 6 rue du Forez, Paris 3e / 58 rue du Faubourg Poissonnière, Paris 10e / @Le Tigre Yoga Club 19 rue de Chaillot, Paris 16e. http://www.cafepinson.fr/

SUR LE WEB

BAZAR BIO La caverne d’Ali Baba des produits de beauté bio et naturels. Ce que j’aime sur ce site : son esthétique, il est très bien organisé, la livraison est gratuite, les kits d’échantillons pour tester les produits avant de les acheter, les conseils et la sélection pointue. Gros coup de cœur pour les produits multi-usages comme le pain de savon menthe poivrée du Dr Bronner ou bien encore la crème Egyptian Magic qui peut être utilisée entre autre comme crème hydratante pour le visage, les lèvres, les ongles, comme soin pour les cheveux, démaquillant... http://www.bazar-bio.fr/ 120


BEAUTE

DAVID MALLET Un bon coup de boost pour cheveux ternes à la sortie de l’hiver, c’est ça qu’il nous faut ! Mon soin préféré est signé David Mallett. Il s’agit d’un soin à la kératine qui gaine, fait briller et assouplit les cheveux. Et pour être tranquille tout l’été et avoir des cheveux impeccables avec un beau mouvement même après un bain d’eau de mer, je demande une finition lissage aux plaques sur tout le contour du visage ou mes cheveux sont mousseux et pleins de frisotis. Testé et approuvé, je ne peux plus m’en passer ! http://david-mallett.com/

POUR LES HOMMES

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MARVIN DUPRÉ 123


INTERVIEW MARVIN DUPRÉ Le jour ne va pas tarder à se lever pour Marvin Dupré. Enfin, le jeune chanteur parisien de 24 ans s’apprête à sortir son premier album, avec un univers musical qu’on peut qualifier de variété. Et même si la simple utilisation de ce mot peut désormais paraître péjorative, il n’en est rien ici. De plus en plus délaissée par les jeunes artistes, la variété française fait aussi du bien et peut surtout être bien faite. La preuve avec ce disque « Le jour se lève », porté par un single efficace, « La foudre ». Ce premier opus de Marvin Dupré a des allures autobiographiques, le chanteur n’hésite pas à se dévoiler en évoquant des extraits diffus de sa propre vie, tout en ne rentrant pas dans les détails pour que son public puisse s’identifier. Après quelques portraits où ressort clairement sa grande ressemblance avec Jean-Paul Belmondo jeune, Marvin a accepté de répondre à nos questions. Tu as écrit les textes de ce premier album, dans lesquels tu livres pas mal de ton histoire personnelle. Quelle est la chanson qui en dit le plus sur toi ? Par rapport au vécu des histoires, ça serait peut-être « Le jour se lève », mais « La foudre » aussi. Après, j’aurais envie de dire « Promesse » et « Merci » même si cette dernière parle plus de mes parents mais c’est mon ressenti personnel. Je pense que ce sont ces quatre chansons qui sont les plus personnelles. Et je pense que cela va intéresser pas mal de nos lectrices alors je me permets de te demander le « coup de foudre » dont tu parles dans ton single, il est toujours d’actualité ? Il est évidement arrivé, est-ce qu’il est resté ? Pas trop non ! (rires) Ce n’est plus d’actualité mais ce coup de foudre est resté dans ma tête. En tant qu’auteur et compositeur, pour quels artistes aimerais-tu écrire et composer ? J’aimerais plutôt faire cela pour des artistes en développement, qui n’ont pas encore vraiment d’univers. Je trouve cela plus intéressant et peut-être que cela serait plus facile, qu’ils m’expliquent ce vers quoi il veulent aller et que je les aide. Sinon, même s’il n’a vraiment pas besoin que je lui donne de l’aide, je pourrais citer Calogero, je suis un fan absolu, de ce qu’il fait, de ses compositions... Je trouve ça très fort. Et on ne va pas commencer à aller trop loin car sinon je dirais Coldplay, mais ce n’est plus crédible ! Et au contraire, quel artiste aimerais-tu qu’il écrive pour toi ? 124

Je ne me suis jamais posé la question. J’ai toujours voulu écrire mes histoires. Je trouve ça plus facile de raconter une histoire que soit tu as vécu, soit qui t’est proche. Je préfère donc écrire avec mes mots. Certes, peut-être pas avec une plume qui est très belle, comme celle d’un Benjamin Biolay par exemple, mais je pense que c’est plus honnête de ma part d’écrire à ma façon. On peut trouver pas mal de covers que tu as faites sur Youtube. Est-ce un exercice que tu aimes particulièrement ou était-ce surtout pour te faire connaître ? C’est un exercice que j’aime vraiment ! Les cover, je choisis des gens que j’aime chanter et les mashup, c’est presque une récréation. À la base, je chante une première chanson et je me rends compte qu’elle s’assimile à une autre et que la grille d’accord est la même pour les deux. C’est presque un jeu, ça me plait bien, ça plait aux gens donc je suis content. Et à l’inverse, quel jeune artiste aurais-tu plaisir à voir reprendre un de tes titres ? Je ne me suis jamais posé la question. Je suis moi-même un jeune artiste donc je ne sais pas... Je n’ai pas cette prétention, pour le moment ! (rires) D’ailleurs qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ? Le dernier album de Coldplay, que je trouve sublime. Ils changent de registre mais c’est toujours exceptionnel. J’écoute beaucoup aussi Imagine Dragons.


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Ça, je suis sûr c’est la réponse politiquement correcte mais j’aimerais bien savoir quelles chansons un peu honteuses selon toi, tu écoutes aussi ? Il y en a au moins une, non ? Non, je crois que je peux écouter un peu de tout. Je pioche en général dans divers registres. Je peux écouter du Sexion d’Assault, La Fouine... Rien d’honteux ! On peut lire dans ta bio que tu as un poster de José Gonzalez dans ta chambre. Du coup, ça me donne envie de savoir quels posters tu avais lorsque tu étais ado !

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Mais je n’aurais pas les capacités d’écrire ce que je ressens exactement en anglais, je n’ai pas cette facilité-là. Et mon but est de faire carrière en France donc je trouve ça plus logique de chanter en français. Mais c’est vrai qu’une chanson anglaise, avec des paroles en français, ça passe tout de suite d’un registre pop-rock à un registre variété. Mais je crois qu’au final ans cet album, il y a un vrai mélange de tout ce que j’ai pu écouter.

Je n’avais pas de posters musicaux, c’était plus des joueurs de foot... José Gonzalez est le seul et unique !

Physiquement, je sais qu’on te le dit très souvent, mais tu ressembles effectivement beaucoup à Belmondo lorsqu’il était jeune. Et je trouve que ta voix ressemble beaucoup à celle de Stephan Eicher sur certains titres. Et niveau personnalité, à quel artiste pourrais-tu dire que tu ressembles ?

J’ai également appris en lisant ta bio que tu as été bercé par la musique américaine et anglaise. C’est donc plutôt surprenant de sortir un premier album très encré dans la catégorie variété française non ?

Je cherche un artiste avec des qualités exceptionnelles ! (rires) Je dirais Jean-Jacques Goldman, un mec assez simple, pas trop exubérant, qui pour le coup, quand on l’interview, rigole et peut être assez taquin aussi. Ca me ressemble bien !

C’est vrai mais après, je trouve qu’il y a beaucoup de références. À mes débuts, quand j’ai commencé à composer dans ma chambre, évidement, ce qui arrivait en premier, c’était de chanter en anglais.

Tu es parisien pure souche. Alors lorsqu’il va falloir partir en tournée (qu’on te souhaite la plus longue possible), est-ce que la province ne va pas trop t’effrayer ?


(rires) Non pas du tout, j’aime bien. Ca a déjà commencé avec les premières parties, j’ai visité pas mal de recoins de la France, c’était très sympa. Tu arrives à 14h, la balance est à 18h, tu peux donc visiter un peu, j’aime beaucoup et j’ai d’ailleurs hâte d’en visiter plus ! En parallèle de la musique, tu as déjà pas mal d’expérience en tant que comédien. Pour finir donc, que peut-on te souhaiter pour la suite alors ? De réussir dans la musique, dans la comédie ou bien dans les deux ? Je dirais de réussir dans les deux ! Maintenant je pense que le projet qui est le plus important c’est l’album et c’est celui que j’ai le plus envie de défendre. Je n’oublierai jamais cette facette de comédien que j’ai, car c’est quelque chose que j’aime énormément. Mais ce qui occupe le plus mes pensées, c’est cet album. Mais tu peux me souhaiter les deux, avec plaisir !

L’album de Marvin Dupré « Le jour se lève » sera disponible à la rentrée 2015

Propos recueillis par Enrique Lemercier Crédit photos : Matthieu Dortomb pour Pose Mag

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SHOPPING FEETOTHERAPIE Par Enrique Lemercier Longtemps réservé à la gente féminine, le cumul plus ou moins raisonnable de paire de chaussures est désormais un phénomène qui se développe chez nous, les hommes ! Avec le grand retour de la basket depuis maintenant plusieurs saisons, on a trouvé un bon prétexte pour investir régulièrement dans ce type de produit. Parce que forcément, une paire de basket ne peut pas convenir à toutes nos tenues, donc il faut varier les couleurs, les matières, les formes et les plaisirs ! Alors pour les shoes addict ou pour tout simplement ceux qui sont en quête d’une nouvelle paire, voici un petit tour d’horizon des modèles parfaits pour l’été. Il y en a pour tous les goûts, de la basket à la sandale, en passant par la chaussure de skate. On a simplement évité les Stan Smith et les tongs, mais on est certain que vous ne nous en voudrez pas !

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RENCONTRE MELODY GARDOT Melody Gardot prépare son retour avec « Currency of Man », son quatrième album en studio. Ce disque très attendu est un événement marquant dans le milieu du jazz, mais pas que. Ce nouvel album vient en effet transcender plusieurs genres musicaux, en oscillant entre jazz, blues et R&B. A 30 ans, la chanteuse-songwriter-musicienne internationale a réussi à conquérir un très grand public, que cela soit par sa magnifique voix, la beauté de ses titres, ses interprétations toujours très justes et profondes ou son histoire. De passage à Paris, nous l’avons rencontrée afin d’en savoir plus sur ce nouvel album avec lequel elle fait un véritable bond en avant, en prenant une direction très différente de celle que prenait le précédent, « The Absence ». Tu prépares ton retour avec un nouvel album intitulé « Currency Of Man », qui sortira le 1er juin. Comment te sens-tu ? Excitée ? Stressée ? Non, j’adore ce disque. Je l’adore vraiment. En fait il y a deux versions de cet album, il existe en « basic » et en « artist cut ». Pour moi, pour parler de ce disque il faut que je parle de la version artist cut, qui représente vraiment ce que je voulais faire. J’ai bien travaillé sur ce disque et les gens qui étaient avec moi étaient incroyables. Je suis aussi très excitée car la moitié des gens qui ont travaillé avec moi sont français, comme Maxime Le Guil et Clément Ducol, qui est merveilleux. Ce sont pour moi les prochains grands noms de la production et de la musique. Ils sont incroyables. Je ne savais pas s’ils accepteraient que l’on travaille ensemble sur l’album, je les avais rencontrés sur un projet d’Universal, c’était splendide mais également très rapide ! On avait réservé deux jours et finalement on a eu fini dans la soirée, ça s’est fait en un claquement de doigt. Le deuxième jour, je leur ai demandé de travailler avec moi, j’étais très humble, je leur ai demandé d’écouter les démos etc. et, quand ils ont dit oui j’ai fait « Wohoooo ! », j’ai dansé j’étais super heureuse.

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Les chansons sont différentes de mes débuts, car ce n’était pas une sorte de journal sur ma vie, ce n’était pas un truc sur mes rencontres avec des hommes ou des choses personnelles, c’était moins intime. Même si ça reste très intime car ce sont des choses que j’ai pensées. C’est profond, car ça vient de la source même de mes émotions.

Cet album, je crois que je le regarderai toujours avec fascination, dans le temps. C’était aussi une histoire un peu magique, c’est un cadeau de l’Univers, qui nous a fait nous rencontrer au meilleur moment. À l’origine, il devait sortir en août 2014, mais finalement ça a été reporté mais maintenant j’en suis tellement satisfaite. Le bébé est sorti, tout va bien : c’est bon !

Pour le son, c’est encore autre chose, car c’est enregistré en DAT (Digital Audio Tape), un truc de 1970. Le son, les décisions étaient différents car à l’origine les chansons étaient enregistrées au piano mais, en arrivant en studio, parfois je me disais que peut-être ce serait mieux à la guitare. Comme je joue de ces deux instruments, j’ai le choix, c’est quelque chose qu’on peut décider tout de suite. Pour les shows ou pour le studio on peut changer, la musique ne change pas, c’est le son qui change. Après j’ai essayé, en face du Magnatone, c’est un super grand ampli vintage avec un son grésillant qui me plaît. Et puis j’étais à un moment de ma vie où j’étais plus forte, plus confiante, plus femme. Je crois que j’avais envie de quelque chose de plus animal, comme une lionne, quelque chose de plus grand. J’étais donc en face de cet ampli et j’ai pris ma guitare – c’est une superbe guitare que j’ai depuis 6 ans, une Gibson vermillon, splendide, elle s’appelle Scarlet, elle est rouge et dorée, magnifique ! – elle a un son jazz car c’est une guitare qui est utilisé dans le jazz classique, mais parfois c’est aussi ennuyeux. Il m’arrive quelques dois d’avoir juste envie de produire un son. La majorité du process pour faire ma musique consiste à chercher à faire des sons, plutôt que de chercher des notes ou des gammes.

J’ai eu la chance d’écouter en avant-première les 10 chansons de ce nouvel album, que j’aime déjà beaucoup. Dès la première écoute, on sent que tu as pris une nouvelle direction pour cet opus et que le son est différent et plus moderne que les précédents. Peux-tu nous expliquer comment s’est passé l’écriture de ces morceaux ?

En plus, les arrangements ont complètement transformé la musique. Clément, qui est un incroyable orchestrateur, a réussi à produire un son à la Mélody Nelson. Quand j’ai entendu la musique qui a été réalisée après la « basic track », qu’il a envoyée en démo midi, et que j’ai du enregistrer sur cette bande, c’était comme si tout était fait pour aller ensemble depuis le début.


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C’est là que j’ai réalisé que tout était parfait. Notre ambition avec Larry, le producteur était de faire une bande-originale pour CE moment dans la vie. Actuellement dans le monde, il y a de grandes tensions, des fractures, entre les riches et les pauvres, mais pour moi, quelle est la différence ? Je ne sais pas, j’aime croire que c’est comme la danse, entre le jazz et le blues, nous sommes des frères, on est tous en famille. Et c’est de ça que parle l’album, c’est un commentaire sur tout cela. C’est différent. Et pourquoi le choix de ce titre « Currency Of Man » ? Je pense que ça doit être très perturbant en français, car tous les journalistes m’ont posé cette question ! Je te jure, depuis deux jours… The currency of man c’est quelque chose que tu décides. C’est un peu une affirmation mais aussi une question. Comme ça, tout le monde peut se faire sa propre opinion sur le sens du titre. Je crois qu’en France le problème c’est qu’il a une connotation différente, comme « la monnaie de singe ». Mais ce n’est pas ça ! C’est même l’inverse ! Currency (que l’on peut traduire par monnaie, ou devise, NDLR) est une notion très récente. Il y a très longtemps, si j’avais eu disons des bananes, que tu avais eu du tabac et que l’on s’était rencontrées, je t’aurais donné une banane contre du tabac, sans utiliser de monnaie. Et donc tu aurais eu la même valeur que moi, nous aurions été des commerçantes, vivant dans différents endroits dans le monde mais on aurait partagé les même valeurs. Aujourd’hui, parce qu’on a introduit la monnaie, ma banane a un prix. Quand tu mets un prix sur quelque chose, ça veut dire que tout le monde ne peut pas s’offrir cette chose. La monnaie implique donc une notion de valeur qui créé une séparation entre les gens. Man, dans ce titre, c’est le genre humain, l’humanité. C’est une question : quelle est la valeur de l’Homme ? Les paroles sont toutes en anglais, car j’ai passé beaucoup de temps à Los Angeles et voulu écrire un album en anglais. Elles parlent de ces différents scénarios : si je suis un homme qui vit dans la rue, ou qui n’est pas capable de traverser une frontière, ou si je suis une femme qui se prostitue pour nourrir mon enfant, est-ce que j’ai la même valeur que la personne que je rencontre ? Je pense qu’aux yeux de la société, malheureusement, ces gens sont perçus différemment, on les traite mal, mais la vérité c’est que ce sont les plus belles personnes que j’ai rencontrées – et je les ai croisées sur ma route. Les chansons de cet album sont donc un hommage, à tous les Hommes. D’où The currency of man. Tu as dit que toutes ces nouvelles chansons parlaient des gens que tu as rencontrés à Los Angeles…

Par exemple, il y a une chanson qui est inspirée de l’affaire Trayvon Martin, tué en Floride il y a quelques années. C’est l’histoire d’un gamin noir qui a été tué parce qu’il est noir. Cela parle du racisme et de la valeur que l’on accorde à un homme par rapport à la couleur de sa peau. C’est quelque chose que la plupart des gens éduqués trouvent ridicule, mais il y a une grande partie de la population qui croit que les blancs ne devraient pas parler ou être associés à des noirs et inversement et nous devons briser cette chaîne. Cela doit cesser. ... Et parmi elles, quelle est la rencontre qui t’a le plus marquée ? Toutes. Aucune personne n’est plus importante qu’une autre. Je viens juste de terminer la vidéo de Preacher Man et j’ai rencontré dans une ville du Mississipi le cousin d’Emmett Till, dont l’histoire a fait débuter le Mouvement des droits civiques aux Etats-Unis. Il était originaire de Chicago, il avait 14 ans et a été torturé et tué pendant ses grandes vacances chez sa grand-mère dans le Mississipi. Il est retourné à ses parents en morceaux, dans un cercueil. Il a été tué car il a dit « Bye baby » au gérant d’un magasin. Ce n’était manifestement pas acceptable dans le Mississipi à l’époque. Tant de choses ont changé après à cause de sa mort. Tout a commencé là, avant Martin Luther King, avant Rosa Parks… Rencontrer son cousin, être dans le Mississipi, c’était très spirituel. Cette chanson a été écrite pour ce garçon, pour que les gens se souviennent de son histoire, car si les gens y pensent et réalisent à quel point c’est ridicule, peut-être qu’ils ne tueront pas comme ça. J’ai l’espoir que les gens vont l’écouter et que ça va ouvrir des portes pour laisser entrer la lumière dans la conscience de ces personnes, que ça va faire changer la manière de penser de certains. Pour cet album, tu as à nouveau travaillé avec le producteur Larry Klein. Comment vos chemins se sont-ils croisés la première fois ? Ici, dans cet hôtel ! Je crois qu’il travaillait sur un projet d’Eddy Mitchell. Moi j’étais sur le point de faire un album, j’étais en tournée pour quelque chose, je ne me souviens plus pourquoi j’étais à Paris. Mais je suis venue et on est tombé l’un sur l’autre. Comme on se connaissait un peu on s’est dit bonjour et c’était comme si l’Univers nous avait fait nous rencontrer. Je lui raconte ma vie, il me raconte sa vie et je lui ai dit que je voudrais faire un album et qu’on devrait en parler et ça a été le début. Je voulais travailler avec lui car c’est quelqu’un qui permet à la musique d’exister sans la remodeler, sans essayer d’en faire quelque chose qu’elle n’est pas. Si je ne suis pas d’accord avec lui je peux lui dire et s’il n’est pas d’accord avec moi il peut me le dire, ce qui nous permet de toujours nous remettre en question l’un l’autre et d’obtenir un résultat encore meilleur, car c’est une combinaison d’idées. C’est merveilleux parce qu’on a la sensation d’avoir réellement fait quelque chose ensemble.

Je ne les ai pas uniquement rencontrés à Los Angeles, la plupart je les ai rencontrés dans des cités autour. 133


Il y a quelques jours, Billie Holliday aurait fêté son 100ème anniversaire. Que représente cette artiste pour toi ?

Pour finir, mis à part que ce nouvel album très attendu rencontre le succès qu’il mérite, qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ?

Billy est une artiste qui a laissé un immense héritage. Il y a plein d’anecdotes marrantes à son sujet. Une fois, elle était à Philadelphia, vraiment défoncée, avec Billy Strayhorn. Ils se rendaient à un concert, et ils se baladaient nus dans la rue, Strayhorn ne portait qu’une sangle de saxophone. Ils se sont faits arrêter et un de mes amis a son mug shot, car il connaissait le chef de la police locale ! C’était vraiment une époque dingue pour quelqu’un comme Billie car il fallait avoir un permis pour chanter, comme un permis de conduire ! Quand ils l’ont arrêtée – plusieurs fois – ils lui ont retiré son permis, elle a du se battre pour le récupérer. C’est fou quand on y pense !

J’adore ma vie. Je ne sais pas si on peut me souhaiter quoi que ce soit ! Juste…Encore ! Encore plus de la même chose, c’est une chance d’être une artiste mais surtout d’avoir l’opportunité de faire de la musique et que des gens s’y identifient. Même si c’est une personne, qui te dit « j’aime vraiment ce que tu fais ». C’est comme quand tu cuisines, c’est un compliment mais ça apporte beaucoup de joie. J’aime ça. J’aime bien cuisiner et j’aime que les personnes apprécient. Alors j’aimerais pouvoir continuer. Faire plein d’albums, très vite, ne pas avoir à attendre aussi longtemps entre chaque disque. J’ai plein de projets, j’en commence deux. Alors encore ! Encore, s’il vous plaît !

Ella (Fitzgerald, NDLR) est une chanteuse merveilleuse que j’adore. Mais Billie Holiday est quelqu’un de vrai. Ca s’entend dans sa voix, elle donne tout ce qu’elle a en elle aux paroles. J’écoute énormément Billie, j’aime le son de ses enregistrements, car ils sont vieux et ils ont ce sifflement... La façon dont elle gérait sa vie personnelle… C’était une dame vraiment cool, c’est certain.

Propos recueillis par Marine Revel et Enrique Lemercier Crédit photos : Franco Tettamanti

Ces prochaines semaines vont être très chargées, avec la sortie de l’album, la promotion, les concerts... Tu seras d’ailleurs les 26, 27 et 28 juin à L’Olympia à Paris. En quoi le public français est-il différents des autres (si c’est le cas) ? Évidemment ce public est différent. Tout le monde est différent, toutes les cultures sont différentes et donc chaque concert est unique. Ici, il y a un grand sens de la romance, de l’amour et du respect, particulièrement vis-à-vis des artistes. Les Français aiment vraiment les artistes. C’est quelque chose qui m’a beaucoup touchée la première fois que je suis venue en France, ça m’a fait pleurer. J’avais l’impression d’être à la maison parce que j’aime les artistes de la même façon. Quand j’aime quelqu’un, c’est pour toujours, peu importe ce que cette personne fait. Au final, l’amour c’est la même chose. Je n’ai peut-être pas envie de les avoir aussi près de moi qu’avant, mais je les aime toujours. Je crois que la France réagit pareil avec les artistes. Quand on joue ici, c’est toujours un moment magique, je sors de scène en pleurs, pas tous les jours mais quand on doit quitter le pays car je suis heureuse et touchée. Je me souviens de la première fois que j’ai joué à Paris et comme c’était émouvant et touchant. On a l’impression que le public nous rattrape, on ne peut pas tomber, à l’Olympia, il n’y a pas d’endroit où tomber. J’adore jouer ici. Et Paris, est-ce que c’est une ville que tu aimes ? Tu as le droit de répondre non, on ne t’en voudra pas ! Comme dirait Gertrude Stein, « les Etats-Unis sont mon pays, mais Paris c’est chez moi ». 134

L’album de Melody Gardot « Currency of man » sera disponible le 1er juin 2015


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POSE MUSICALE IT’S RAINING MEN !

par Alexandra Le Fur Il y a quelques temps, on avait fait une chronique uniquement féminine et parité oblige, on a décidé d’en faire une masculine. Au programme, de la testostérone en pagaille, du rock, du groove, de la voix grave, et des textes sublimes, messieurs, merci pour vos œuvres! Allez, petit tour d’horizon de ce qu’il y a de mieux, à mon sens, dans la catégorie chanteur au physique avantageux !

« You were always on my mind », Elvis Le rockeur originel, le déhanché de feu, la mèche (oui, la mèche, la banane, les cheveux noirs ébène), les yeux bleus et une voix à se damner pour un petit « Love me tender ». Elvis a été le premier à créer une hystérie collective de groupies prêtes à tout pour un regard, un sourire. Et l’œuvre musicale qu’il a laissée derrière lui reste une référence majeure pour tous.

« Break on through to the other side », The Doors Dyonisos, mon uber crush absolu. J’ai découvert The Doors très tôt et j’ai donc développé une adoration pour Morrisson très tôt également (ceci expliquerait mon parcours amoureux chaotique d’après mon psy, soit, mais ça reste plus cool que les boys bands). Morrison, la jeunesse, la fougue, le côté torturé, l’amour qu’il avait pour sa «muse cosmique» (Pamela Courson), un poète, un homme de lettres à l’intelligence percutante. Une certaine forme de perfection.

« Lilac wine, is sweet and heady, like my love », Jeff Buckley L’ange. Une voix puissante et fragile à la fois, un grand songwriter, la mélancolie, le romantisme et la carrière trop courte. Jeff Buckley était le fils d’un grand musicien américain (Tim Buckley, jetez une oreille à « Pleasant Street »). Grosso modo, si vous n’avez pas écouté « Grace », il vous manque une pièce importante dans votre iTunes/ Spotify/Deezer !

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« Hold back the river, let me look in your eyes », James Bay Protégé d’Hozier dont il a fait les premières parties, le jeune James (25 ans) est la nouvelle sensation pop rock anglaise. On ne le dira jamais assez, les anglais nous éclatent en musique, et James le prouve largement. Un sens mélodique impeccable, une voix presque rauque, un album quasi parfait. Récompensé par la BBC, on ne doute pas que ce jeune homme tirera son épingle du jeu musical et on lui souhaite une longue carrière.

« You gotta know, I’m feeling love », Chet Faker (La, j’avoue, c’est une spéciale dédicace à plusieurs membres de la rédaction, Alice, Marine et Enrique, totalement fan du Monsieur barbu). Chet, ils sont fous de toi et moi, j’aime beaucoup ta musique mais ton côté roi du hipster barbu me gêne un peu. Mais c’est la seule chose qui me déplaît chez toi, parce que sinon, clairement, Dieu que ta musique est bonne ! Équilibrée, puissante, rythmée, mais douce, portant sur un groove apparemment inné. Bref, du très très bon (oui, avouons, tout ce qui est adoré par les hipsters n’est pas à jeter, bien au contraire).

« Say my name you know who I am », Mark Ronson Le génie producteur anglais, marié à une sublime française (oui, désolée les filles). Apparemment Mark s’est donné pour mission de faire bouger nos popotins. Bref, pour le CV du jeune homme côté production on met Lily Allen, Robbie Williams, Adèle, Kaiser Chiefs et la regrettée Amy Winehouse. Excusez du peu, mais ce jeune homme a produit les albums pop majeurs de cette décennie. Là, il est le génie derrière « Uptown Funk ». Si si, le truc qui t’oblige à bouger comme si ta vie en dépendait dans ton salon. Voilà, c’est lui. Beau parcours, non ?

« All these small things they gather round me », Ben Howard Ah, Ben ! Mon cœur se serre à chaque fois qu’une de tes chansons me surprend dans une playlist. Tu t’inscris dans une longue lignée de chanteurs folk absolument irrésistibles avec lesquels on est persuadé de pouvoir partir en road trip. Qu’importe l’endroit, allons-y. Voilà, ta musique me fait ça, un sentiment d’évasion, un besoin de plier bagages et d’aller me ressourcer, d’aller explorer le monde. Merci pour toutes ces heures d’évasion réussies.

« Les cœurs battent et les yeux brillent », Adrien Gallo La caution frenchie. Il en fallait une, j’ai jeté mon dévolu sur Adrien et sur son merveilleux premier album solo « Gemini ». Parce qu’Adrien a ce talent fou de petit bonhomme qui trace son chemin exactement là où l’on ne l’attendait pas. « Gemini » avec ses accents pop eighties et ses couleurs flashies. J’ai été vraiment surprise par cet album, je m’attendais à la facilité du rockeur poseur, un peu dark, genre « je suis torturé ». Et bien non. C’est lumineux, rafraîchissant et brillamment arrangé.

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PORTRAIT THE VERONICAS Si vous avez déjà entendu le tube « Untouched » du duo The Veronicas, c’est certain que vous n’avez pas pu oublier ces chanteuses. Continuant leur aventure musicale débutée dès l’âge de 13 ans, les deux jumelles australiennes ont sorti leur troisième album, intitulé tout simplement « The Veronicas ». De passage à Paris, nous avons souhaité les rencontrer afin d’en savoir plus sur elles, leurs parcours et leurs projets pour la suite. Vous êtes aujourd’hui en France pour promouvoir votre dernier album qui rencontre un véritable succès. En français, on dit jamais deux sans trois, mais étiez-vous vraiment confiantes avant la sortie de ce disque ? Lisa : On ne s’attendait pas à ce succès du tout. Le fait que le disque sorte ici en France est époustouflant ! (rires) C’est vrai, on a beaucoup de chance, c’est génial ! On est hyper heureuses, on a vraiment mis tout notre coeur dans ce disque. Ça a pris quelques années à se faire alors on est très fières. Mais nous n’avions aucune attente, on voulait simplement le partager. Alors le fait que cela touche des gens ici, c’est juste dingue ! En quoi est-il différent des précédents ? Jessica : Le deuxième album était très chargé en production musicale. On composait les éléments électroniques d’abord puis on écrivait par dessus. À l’inverse, pour ce nouvel album, on a commencé par les mélodies et les mots. De cette manière, il raconte un peu plus une histoire. Le single « You ruin me » est une très jolie ballade. C’est d’ailleurs assez surprenant ce choix pour un single, quand on se souvient par exemple du très punchy « Lolita » ou bien du titre « Untouched », tous les deux issus de vos précédents albums. Pourquoi ce choix alors ? Jessica : Ça a à voir avec cette idée de storytelling. C’est la première fois que l’on peut vraiment diriger un de nos clips. Avant nous pouvions choisir nos réalisateurs, mais ça restait leur vision. Là pour le coup, “You ruin me” c’est l’intérieur de notre tête. Musicalement et en images. C’est un peu sombre, à la David Lynch et à la Tarentino. 138

Lisa : C’est un titre très cinématique, qui nous ressemble beaucoup. Jessica : Oui, on adore ce côté théâtral. D’ailleurs, le clip du prochain single “Cruel” est un peu la continuité de “You ruin me”, en terme d’énergie. C’est la suite de l’histoire, même si on a pris un mec différent. Et d’ailleurs, pour en revenir à « Untouched ». Comment est né ce titre ? Vous y avez mis quoi pour qu’il soit aussi efficace, addictif et surtout, que même plusieurs années après, il reste très « actuel » ? Lisa : Je ne crois pas qu’il y ait de formule magique. On doit juste écrire la vérité. Quand on est un artiste, si l’on écrit avec son coeur, ça devient forcément intemporel. À chaque fois que je chante un titre du premier album ou bien “You ruin me”, ou n’importe laquelle de nos chansons, c’est tout aussi pertinent qu’au moment de la composition. Parce que ça vient du coeur. Je sais que ça fait un peu gnangnan, mais c’est vrai, c’est de l’émotion pure. Jessica : Oui, c’est connecté avec un certain morceau de toi, y’a pas de truc derrière. Même si “Untouched” comporte des éléments musicaux que les gens adorent. Enfin, je crois que pour cette chanson, c’est différent. Elle rappelle aux gens un moment particulier dans leur vie, la nostalgie des premières passions ! (rires) Lisa : Oui, “Untouched” a un objectif différent d’une chanson comme “You ruin me”. C’est le genre de chanson que les gens adorent chanter avec nous, ça leur file la pêche. Elle te donne l’impression d’être dans ton propre film et d’avoir ta propre bande originale !


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Qu’est est le titre que vous préférez sur ce nouvel album et pourquoi ? Jessica: Ça change tout le temps ! Cette semaine, ma préférée est “Cold”. Je dois être dans un mood un peu sombre ou dramatique, j’en sais rien ! (rires) Non, en vrai, c’est sûrement parce qu’il fait très froid en ce moment (rires) ! Lisa : Moi, en ce moment c’est “Line of fire”. Jessica : En fait, on vient de finir une tournée en Angleterre. Je crois que le fait de les chanter sur scène, de voir comment les fans réagissent est ce qui décide de ma chanson préférée. Et là, ils étaient tellement excités d’entendre Cold. C’est comme s’ils l’attendaient. Lisa : Et puis, ils connaissaient toutes les paroles ! Jessica : Il vivaient vraiment cette chanson, chaque refrain, certains pleuraient, c’était cool. C’est ce que j’aime le plus chez nos fans, ils vivent les choses avec nous, ils n’ont pas peur de faire dans la demi-mesure. Lisa : On a cette version épurée de “Everything I’m not”, avec juste un piano ou une guitare et tous pleuraient. Ça avait quelque chose d’important pour eux cette chanson. Jessica : Et du coup, c’est important pour nous également. Lisa : Oui, c’est ce qu’il y a de plus ultime pour un artiste. Et vous c’est quoi votre préférée ? Did you miss me ! Jessica : Génial ! C’est notre chanson “power through shit” ! (« pour se donner l’énergie pour surmonter n’importe quelle merde ») Lisa : Est-ce que vous avez-vu le film Heathers avec Winona Ryder? On a récupéré quelques citations pour les mettre dans « Did you miss me » ! (ndlr) : Dans Heathers, Ryder joue une jeune fille appelée Veronica qui se venge de 3 jeunes filles populaires et de son petit ami psychopathe. Dans l’un des titres de votre nouvel album, vous dîtes « I’m a Veronica ». Mais c’est quoi être une « Veronica » ? Jessica : Pour nous, Veronica a toujours représenté un esprit fort, indépendant, qui n’aurait jamais peur d’être différente et ne laisse personne projeter un idéal de perfection sur elle-même.

Lisa : Ou qui n’en serait jamais affectée. Jessica : Oui. C’est cet alter ego que l’on peut incarner à chaque fois que l’on monte sur scène. C’est la partie la plus courageuse de nous-mêmes. Quelques fois on peut paraitre très timides ou sages, mais dès que l’on s’identifie avec ce personnage, on sent clairement un changement de perception chez les autres et d’énergie. Quelque soit ce qu’elle représente, c’est une part de chacune de nous deux. Nous sommes de véritables jumelles, un oeuf qui s’est séparé en deux, alors pour nous, Veronica est cette personne initiale. C’est un peu une pièce dont vous incarnez chacune une face ? Jessica : Exactement ! On peut chacune s’identifier à ce personnage, c’est plutôt cool. Et est-ce qu’une Veronica pourrait survivre seule ? En d’autres termes, avez-vous déjà envisagé de vous séparer ? (rires) Jessica : Absolument ! Lisa : Étant des artistes toutes les deux, on est toujours dans l’optique de créer. Pour le moment, c’est quand nous sommes ensemble que nous trouvons le plus notre inspiration. Mais qui sait ? Durant notre pause, quand nous nous étions séparées de notre label et tentions de sortir cet album-ci, je suis partie à Nashville et j’ai écrit et collaboré seule avec tout un tas d’autres artistes. On compose seules également. Et ces moments séparées sont géniaux, car on peut puiser nos inspirations ailleurs, puis les partager entre nous. C’est un peu ça qui fait la magie de The Veronicas. Donc l’idée de se séparer est un moteur ? Lisa : Exactement, on est constamment en recherche de challenges question inspiration, parce que c’est ça fait grandir. C’est ça qui rend toute entreprise intéressante ou excitante. Et dans votre vie quotidienne, vous êtes deux jumelles fusionnelles, vous faites tout ensemble ?

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Jessica : En grandissant sous les projecteurs on a souvent été traitées comme une seule et même entité, mais on a fini par trouver notre indépendance l’une face à l’autre. Ça n’a pas toujours été facile, quand on commençait à avoir des caractéristiques personnelles, on réalisait qu’on les formait aussi sur celles de l’autre. C’est seulement quand on se retrouve seule qu’on arrive à faire le point. Des fois, on pense être de telle manière et quand il n’y a plus personne en face (ni famille, amis ou public), on réalise que l’on n’est pas comme on se l’imagine. Par exemple, quand on a commencé, on me prenait pour le garçon manqué des deux, très bruyante,.. Lisa : Celle qui était plus exubérante.. Jessica : Et pourtant, quand j’ai grandi et commencé à avoir mes propres relations, quand j’ai arrêté de me baser sur Lisa... Lisa : Et sur les perceptions des autres !

Lisa : Qu’est-ce qu’on aurait fait sans ça ?!! Jessica : Si nous n’avions pas eu cette échappatoire, qui sait ce qui nous serait arrivé. C’est pour ça que certains artistes, sans outil aussi efficace mais avec autant d’énergie, se tournent vers la drogue ou des comportements complètement fous. Ce feu doit bien sortir d’une façon ou d’une autre. On s’est toujours dit que les chansons étaient notre voie la plus sûre pour se canaliser. On a énormément de chance de pouvoir le faire à travers la musique. Justement, professionnellement, qu’auriezvous fait sans la musique ? Jessica : On a toutes les deux ce truc qui fait qu’on a envie d’aider, d’influencer les gens. De mon côté, j’aime beaucoup la médecine chinoise. J’adore également la psychologie, la spiritualité, tout ce qui concerne la connaissance de l’ego, sa décomposition en moi et en surmoi… Pour Lisa, c’est un peu différent.

Jessica : J’ai réalisé que j’étais bien plus timide et féminine que ce que je croyais jusque-là. On jouait un peu le rôle que les gens projetaient sur nous. Maintenant, on est probablement plus similaires que jamais en terme de dynamique de travail et pourtant nous sommes très différentes en tant que personnes. Reste qu’au fil de notre carrière, on a appris à gérer ça plus paisiblement.

Lisa : Je reste quelqu’un de créatif, j’ai énormément de hobbies, mais je ne peux même pas imaginer une vie où je ferais autre chose que de la musique !

Qu’elle est celle qui a été attirée par la musique en premier ?

En terme de personnalité ou d’un point de vue professionnel, qu’est-ce qui vous différencie le plus toutes les deux ?

Alors on a de la chance de vous rencontrer dans cette vie-là ! Lisa : Tout-à-fait, ça m’évite d’avoir à imaginer ! (rires)

Lisa & Jessica : En même temps ! Lisa : La musique a toujours joué un grand rôle durant notre enfance. Papa était dans un groupe, maman était toujours en train d’en jouer. J’ai l’impression que cette histoire d’amour avec la musique a duré toute notre vie. Ça a toujours été un moyen de...

Jessica : Au premier abord, Lisa semble être celle qui réfléchit et a un esprit d’observation, tandis que je suis plus extravertie. Mais quand on nous connaît, c’est plutôt l’inverse ! Lisa : Oui, c’est moi la fauteuse de trouble ! Et Jessie c’est la mamie sophistiquée et buveuse de thé ! (rires)

Lisa & Jessica : Nous exprimer ! Lisa : Ou de nous aider à traverser des épreuves. On a toujours eu cette attirance pour l’écriture, notamment de chansons. Jessica : On a cette espèce de feu en nous. En grandissant, l’écriture a été un moyen de le faire sortir. Je dis toujours à Liz : ....

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Jessica : C’est moi la hippie du groupe ! (rires) En 2007, vous avez lancé votre propre ligne de vêtements et si je ne me trompe pas, vous allez bientôt faire un partenariat avec une marque de beauté très connue. C’est aussi une passion pour vous la mode et la beauté ? Une astuce beauté pour nos lectrices ?


Jessica : La corrélation entre la musique, la mode et la beauté vient du fait que c’est une identité. Lisa : Oui, c’est lié à l’expression créative. Jessica : Les gens utilisent tout cela pour se créer quelque chose à eux, qui les définit. Ce que nous aimons nous, c’est évidemment une bouche et des yeux très intenses. Lisa : Évidemment, l’assurance reste ce qu’il y a de plus beau, alors quelque soit ce qui vous donne confiance en vous... Pour nous c’est le rouge et beaucoup de mascara ! Jessica : Mais on aime bien aussi faire un peu plus soft. Lisa : Absolument ! En avion, on est en pyjama, sans un gramme de maquillage. On peut même passer des jours comme ça. Ça dépend de ce qui vous donne confiance en vous. Mon astuce serait, prenezsoin de vous, et buvez littéralement des tonnes d’eau.

Jessica : Ah oui, les tonnes d’eau, c’est toujours bon ! Moi, j’ai une routine beauté particulière parce que j’ai une peau ultra sensible. Il m’a fallu trente longues années pour trouver une routine équilibrée, qui me va et me rend heureuse. J’ai essayé tellement de trucs. Là, j’ai changé tous mes produits pour une marque bio. Ça s’appelle Eminence organics, avant j’utilisais des trucs chimiques, mais ça c’est vraiment incroyable. Bon, j’avoue que le fait qu’ils ne testent pas leurs produits sur les animaux est important pour nous, mais rien que d’utiliser des produits bios est nettement moins abrasif pour la peau. Lisa : Oui, cette marque est merveilleuse ! Jessi m’a convertie et c’est tout ce que j’utilise maintenant, ça m’a sauvé la vie ! Par contre, ça n’a rien à voir avec un partenariat, on paie pour tous nos trucs. On en parle parce que ces produits sont très bons.

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Jessica : Pour en revenir aux astuces, pensez aussi à enlever votre maquillage avant de vous coucher. Je me rappelle, quand je lisais ces trucs dans les magazines et que je me disais, “oh c’est nul, donnezmoi de vrais trucs qui marchent !” Mais, c’est vrai ! (rires) Lisa : Et enfin, deux trucs très concrets, trouvez un bon hydratant teinté et prenez soin de vos sourcils ! De bons sourcils épais, c’est crucial ! J’ai réalisé seulement très récemment le pouvoir du sourcil ! (rires) Vous semblez effectivement très passionnées quand vous aimez quelque chose, on le voit dans vos dernières interviews et clips (« If you love someone »), vous devenez de plus en plus militantes, notamment en terme de protection animale ? Lisa : C’est très important pour nous, en effet. Juste avant notre tournée en Angleterre, nous avons pu visiter le vaisseau porte étendard de Sea Shepherd qui est amarré à Melborne. Jessica : Complètement irréel ! Lisa : Ça a vraiment été l’expérience la plus cool de notre vie ! Jessica : Ça a été très spécial effectivement. On milite pour Sea Shepherd, ainsi que Wild life warriors. En fait voilà, on a grandi en faisant de la musique, ce qui nous a donné l’accès à tous ces trucs cools, ces fêtes, ces awards shows, tout ce champagne gratuit…

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Bref tous ces trucs que les gens considèrent être des symboles de bonheur et de réussite. Mais le fait est que ces choses ne nourrissent pas votre âme, elles nourrissent la partie superficielle de l’égo, qui certes gouverne tout le reste. C’est agréable un moment et puis on se réveille le lendemain ou un ou trois ans plus tard et on est de nouveau malheureux sans trop savoir pourquoi. Aucune de ces choses ne vous fournira un bonheur constant. Lisa : C’est une ivresse momentanée.. Jessica : Si l’on demande aux gens quand ils sont le plus heureux, c’est souvent quand ils donnent. Ça peut être simplement de faire à dîner à votre soeur ou d’écrire une lettre à quelqu’un que l’on aime. Ça peut être aussi de donner de l’argent pour une cause que l’on apprécie, ça peut être donner son temps, parler à quelqu’un qui est perdu. C’est ce genre d’actions qui nourrit l’âme, c’est ça l’énergie constante qui permet de se sentir utile, d’avoir un but et une valeur. Dans notre cas, notre activisme comme notre musique, le fait de toucher des gens avec nos chansons et nos histoires, c’est cela qui nous nourrit. C’est pour cela que l’on devient de plus en plus enthousiastes à l’idée de parler de ce qui compte, sans être éblouies par les strass. C’est génial les paillettes, bien sûr ! Je serai la première a prendre mon putain de champagne gratuit, et je vais adorer ça ! Mais ce n’est plus la source de mon bonheur. Cette illusion-là, je ne l’ai plus et je peux apprécier tous ces bénéfices pour ce qu’ils sont.


Ce qui me rend désormais heureuse, c’est ce qui a vraiment du sens. Vous diffusez souvent ce genre de messages sur vos réseaux sociaux, en avez-vous un à transmettre aujourd’hui ? Jessica : Avec le temps, on vit grâce à internet dans un monde qui nous donne un accès direct à l’autre et aux informations. Nous ne sommes plus aussi seuls. Avant, on avait cette impression que les medias nous dictaient ce qui devait être ou non. Et à moins de se donner vraiment la peine de chercher, on ne pouvait trouver d’alternative à ce statut quo. Grâce aux réseaux sociaux, on peut déconstruire l’idée que la perfection existe et que l’on est obligé de rentrer dans cette bulle quelle qu’elle soit. On apprend à montrer une plus grande compassion pour les autres, pour les animaux, pour la planète, à comprendre l’autre plutôt que de le juger. Dans l’incompréhension de l’autre, il y a non seulement le jugement, mais aussi la peur. Avoir peur de quelqu’un ou de quelque chose de différent, ça vous enferme, comme dans une prison. Ça génère de la haine, ça empêche de faire quoi que ce soit, c’est l’essence de l’impuissance. Je me demande toujours, comment faire pour être plus forte. Quand on est en pleine possession de sa force, on peut donner le meilleur de soi-même aux autres. Donc pour commencer, apprenez à déconstruire cette image de perfection qu’on vous a donné, acceptez-vous tels que vous êtes, aimez-vous et soyez le meilleur de vous-même. Par exemple, être en bonne santé ne signifiera jamais être mince. Être en bonne santé, c’est trouver un équilibre alimentaire, du temps pour soi et pour les choses que vous aimez. Créez-vous un système de valeurs et ne faites jamais de compromis concernant ce système de valeurs. Tout est connecté, alors à partir du moment où vous vous traiterez avec plus de respect, vous aurez plus de compréhension pour les autres. Soyez bons avec vous-mêmes, soyez réels avec vous-mêmes, trouvez des gens qui vous ressemblent. Ça a été compliqué pour moi, j’avais vraiment des comportements discutables, j’étais souvent ivre, j’étais dans des relations terribles et je faisais en sorte de toujours tout gâcher. À un moment donné, je me suis demandé ce que je foutais. J’ai eu besoin de ce retour à la réalité, de réaliser que je n’étais pas heureuse, que je ne m’amusais pas dans ce monde que je m’étais créé. Comment faire pour inverser la balance ?

J’ai décidé de mener une vie saine, j’ai commencé à me respecter alors j’ai rencontré des gens qui me respectaient. C’est une histoire de dominos ! Alors arrêtez de vous mettre la pression pour rentrer dans cette jolie boîte qu’est la perfection. Si l’on y regarde bien, les gouvernements, les médias, la société, tous ceux qui nous dictent ce statut quo ont intérêt à ce que nous pensions que nous sommes bons à rien, que nous n’atteignions jamais notre potentiel. Parce que si tel est le cas, on ne peut pas faire du monde un endroit plus juste, plus paisible. Parce que tandis que l’on se combat, que l’on est raciste, que l’ont hait des gens pour ceux qu’ils aiment, que l’on alimente le consumérisme, ou que l’on est bloqué dans ce débat ridicule et constant, eux se remplissent les poches. Et comme tout cela est connecté, il faut tendre vers cette idée simplissime que ce qu’il y a de plus important, c’est l’amour. Aimez-vous, aimez les autres. De la gentillesse, tout simplement.

Propos recueillis par Melissandre L et Enrique Lemercier Crédit photos : Marie Canciani pour Pose Mag

L’album éponyme de The Veronicas est disponible depuis novembre 2014

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SHOPPING LE LOOK COMBI NOIR Par Cécile Reaubourg (Trouvailles Chics) COMBI -PANTALON ET BASKETS BLANCHES Vu chez Jacquemus, Burberry Prorsum, Temperley, Chloé, Celine, Versus Versace, Christian Dior... Vous les aimez vos baskets blanches, hein ? Et bien réjouissez-vous, vous en porterez encore ce printemps et cet été ! Toujours à mixer avec des pièces plus chics pour le bureau ou en soirée, cette saison elles seront parfaites avec un combi-pantalon ! Comment on les porte ? Les baskets blanches se portent de manière féminine, avec des robes courtes, des pantalons chics et pourquoi pas avec un total look blanc. Mais cette saison on remplacera le smoking de jour par le combi-pantalon qu’on portera élégant, mais tout en simplicité ! Ceinturé à la taille, ou pas, selon son style et sa morphologie, il sera plutôt fluide avec une jambe cigarette ou large. La coiffure sera naturelle en journée et plus sophistiquée le soir. Qu’est-ce qu’on garde/ressort des placards ? Les ceintures, que l’on peut utiliser en taille haute et les baskets blanches si elles ne sont pas abimées ! Qu’est-ce qu’on achète ? Une nouvelle paire de basket blanche et un combi-pantalon chic. Qu’est ce qu’on met de côté ? Sa paire de Stan Smith, les salopettes larges en jean ou les combi-pantalons type garagiste.

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Sac en cuir effet croco Cynnie ELISABET AND JAMES - 580 € / Ceinture en cuir brodée Uma ETOILE ISABEL MARANT - 110 € Rouge à lèvres ILLAMASQUA - 26 $ / Combi-pantalon en crêpe MADEWELL - 175 €


Bracelet tressé rouge et bleu avec plaque en plaqué or AURELIE BIDERMANN - 90 € Bracelet Apache AURELIE BIDERMANN - 285 € / Bracelet tressé bleu et or avec plaque en plaqué or AURELIE BIDERMANN - 90 € Baskets en caoutchouc texturé et cuir PIERRE HARDY - 370 €

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LA POSE POSTALE VOUS ÊTES SUPER

Textes et illustrations par Antoine Bertoni

J’ai choisi le thème du « vous êtes super » pour ce nouveau numéro. J’avais envie de feux d’artifice et de rondes effrénées sur la place de l’église de Conflans Jarny. J’ai donc mis mes lunettes et j’ai froncé les sourcils. Je pense avoir donné le meilleur de moi-même, le tout en totale introspection. Au fait, sortez vos t-shirts, le printemps est là.

Bonjour, je m’appelle Julien. J’aimerai avoir tes conseils concernant les régimes. L’été n’est pas bien loin et j’ai quelques kilos à perdre. Que faire ? Certain vous conseilleront le régime clopes-pamplemousses, mais je pense qu’il vaut mieux se méfier des régimes dont l’intitulé est trop évocateur. Le grand remède de la fonte des graisses se matérialise par un short et des baskets. Vous noterez qu’il est possible de faire du sport torse nu. Alors pourquoi le sport ? D’une part, vous ferez plaisir à Mich’ O. D’autre part, c’est le seul vrai moyen de perdre du poids. Vous maintiendrez votre budget nougat tout en galbant vos cuisses. Les bénéfices ne seront pas immédiats mais donnez vous le temps d’apprendre ce qu’il faut apprendre. Au bout d’une petite année, vous prendrez des selfies torse nu et vous aurez ce petit sourire qui vous va si bien. Un 06 ? Ps : Si on est pote, je vous montrerai une photo de moi en marinière avec 16 kg de plus. Au fait, oui, les rayures horizontales n’amincissent pas.

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Salut, je m’appelle Thomas, j’aime beaucoup ta moustache (note importante : je porte la moustache). J’aimerais sauter le pas mais je ne sais pas si je dois le faire seul ou aller dans un barber shop + C’est beaucoup d’entretien ? J’ai longtemps eu la barbe de trois jours. Puis, avant même d’avoir salué mon fiancé pour la première fois, cet amoureux du Bic me criait depuis le trottoir d’en face que la moustache m’irait bien mieux. Par la suite, ce fut au tour de mon barbier lors de mon premier rendez-vous. Il me lançait l’air de rien : tu as déjà pensé à la moustache ? À l’époque, je pensais surtout aux guerres qui déciment chaque jour un peu plus ce monde meurtri. Big-up à tous les citoyens du monde. Personnalité malléable aidante, je sautais le pas 389,9 jours plus tard. Historique de ma vie passée, je te conseille d’aller chez un barbier pour la première fois. Il pourra parfaitement dessiner ta moustache. Ensuite, il vaut mieux y retourner une ou à deux fois par mois pour maintenir le dessin. Entre-temps, il s’agira simplement de l’entretenir à l’aide d’une tondeuse avec plusieurs embouts. (Le « simplement » devrait faire sourire mon barbier qui trouve que j’ai la main légèrement lourde avec ma tondeuse. C’est sympa aussi l’asymétrie – création/beauté)

Bonsoir, je m’appelle Caroline. Je rencontre toujours le même problème : je suis l’inverse d’une grosse fêtarde, je suis vite fatiguée en soirée et mes amies me le reprochent un peu. Que faire ? Dans la vie, il y a ceux qui se couchent à 5h59 et ceux qui se lèvent à 6h01. Je fais partie de la seconde catégorie. Le bénéfice : vous connaissez toutes les personnes âgées de votre quartier. Vous faites vos courses avec Marie-Lou, 78 ans, à 8h15 et, aux alentours de 8h32, vous rejoignez Paul, 66 ans, à la salle de sport. Le problème : lorsque vous rejoignez vos amis pour un drink, vos yeux commencent à piquer à 21h34. Alors que faire : Porter le masque du roi de la nuit ou décider de rentrer avec le marchand de sable ? La meilleure solution se situe entre les deux. Proposez au marchand de sable de boire un dernier verre puis vous pourrez élaborer votre PowerPoint « j’adore mon lit ». Le tout est de faire un petit effort de temps en temps. Vos amies vous le rendront bien, sûrement en chanson et avec une barre de pole dance.

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INTERVIEW FLO MORRISSEY La jeune chanteuse anglaise âgée d’à peine 20 ans s’apprête à sortir son premier album. Lorsque l’on connaît son âge et que l’on observe son visage de poupon, on ne peut pas vraiment imaginer que Flo Morissey ait déjà un tel univers artistique. Sa voix est impressionnante par sa profondeur et l’émotion qui s’en dégage. Dans la lignée d’artistes comme Lana Del Rey ou Joanna Newsmom, il semblerait que Flo Morrissey va se faire rapidement une place importante dans le paysage musical international.

Tu as commencé à apprendre la guitare à 14 ans. En ce qui concerne le chant, quand as-tu commencé cette pratique et plus généralement, d’où te vient cette passion pour la musique ?

Je pense que l’Angleterre est pleine d’honnêteté, les gens ont les pieds sur terre et sont jeunes mais connaissent leurs limites. Je crois que ça a déteint sur moi, je suis un mélange d’extrêmes.

J’ai toujours chanté… Depuis que je née. C’est la seule chose que j’ai toujours pensé pouvoir faire et aimer et ça me semble naturel. Je ne sais pas d’où vient cette passion mais j’étais faite pour ça.

Pour la musique, tu puises ton inspiration dans les expositions d’art et de photographies, mais aussi dans la poésie et la littérature. C’est donc une musique destinée plutôt à un public d’intellectuels ?

Tu es la deuxième d’une fratrie de neuf enfants et tu habites toujours chez tes parents, on peut donc dire que la famille est très importante pour toi, non ?

(rires) Je ne sais pas, peut-être ! J’aime penser que oui . La créativité est protéiforme, artistes, poètes, etc. et j’espère avoir un écho parmi les gens qui peuvent apprécier ces choses.

Evidemment ! C’est ce qu’il y a de plus important. Je suis tellement reconnaissante d’avoir tant de belles personnes à aimer. C’est ma plus grande source d’inspiration.

On peut d’ailleurs lire dans ta bio que tu as un amour profond pour la France et la langue française. Est-ce que tu as appris le français ? Pourquoi cette langue te séduit-elle ?

Et quand penses-tu prendre ton envol ?

J’adore la France. Je trouve que vous avez cette qualité de pouvoir tout bien faire, facilement.

Je ne sais pas encore. J’ai toujours rêvé d’avoir mon endroit à moi à Paris. Ton premier album va sortir dans quelques jours. Comment on se sent lorsque l’échéance approche ? Je suis très excitée ! C’est un sentiment merveilleux de pouvoir partager ces chansons avec des gens. J’ai hâte d’explorer plus de choses dans la musique et dans la vie. Tu es Londonienne et as tu as grandi juste à côté de Portobello Road. Est-ce que tu penses que tes origines anglaises ont une incidence sur ta musique ?

Quelle est ton expression préférée en français ? “Bof” ! Je me souviens l’avoir appris à l’école, c’est drôle ! Mais pour faire plus adulte “c’est la vie”. Choix ennuyeux, certes, mais ça reste la meilleure expression ! Tu étais dernièrement sur la scène du Casino de Paris en première partie de Damon Albarn, lors du Festival des Inrocks. Comment cela s’est passé ?

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Incroyable. Un gros défi, j’étais littéralement poussée devant le rideau comme invitée surprise ce soir-là. Mais il est tellement brillant, c’était un honneur. Est-ce que tu es déjà à l’aise en concert ou est-ce que c’est encore un grand moment de trac avant de monter sur scène ? Un peu des deux. J’ai assurément peur à chaque fois avant de jouer mais plus je m’entraîne, plus j’arrive à contrôler mes émotions. Lorsque j’écoute tes chansons, je ne peux m’empêcher de penser à Lana Del Rey. Je trouve en effet que ton univers est très proche du sien. Je pense qu’on te fait souvent la remarque. Est-ce que cela te dérange ? Je le prends comme un compliment ! Elle est très talentueuse. Mais étonnamment je n’ai pas ses albums… Mais, comme tu dis, je pense que nous avons des intérêts et des univers similaires et je trouve ça intéressant. J’adorerais la rencontrer un jour. Pour terminer, mise à part que « Demain soit beau », comme l’indique le titre de ton album « Tomorrow will be beautiful », que peut-on te souhaiter pour la suite ? Que vous aimiez l’album !

Propos recueillis par Enrique Lemercier Traduction par Marine Revel Crédits photo : François Berthier pour Pose Mag

L’album de Flo Morrissey « Tomorrow will be beautiful » sera disponible le 15 juin 2015

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POSE ASTRALE Bélier Mais ouvrez les yeux, un peu ! Plus personne ne porte de baskets compensées ! Mon conseil : Non. Si vous refusez d’y mettre du vôtre, je refuse d’y mettre du mien. Amour : Pas avec une personne de petite taille, c’est certain.

Taureau Vous essayez encore de choper sur « Lady Marmelade » au Macumba ? Et vous vous étonnez d’être toujours seule ? Mon conseil : Arrêtez, immédiatement. Amour : Lil Kim n’est toujours pas mariée, pour votre bonne information.

Gémeaux Moi aussi, j’aurais honte d’avoir une amie qui fait la biatch sur Lady Marmelade. Mon conseil : Arrêtez d’aller au Macumba et larguez ce boulet. Elle ne vous apportera rien de bon. Amour : Dans un bar à cocktail, vers 3h du matin, on devrait pouvoir s’en sortir.

Cancer La monotonie de votre vie vous ennuie, vous soupirez bruyamment dans l’open-space. Mon conseil : « La vie n’est qu’ escalade. Mais la vue est magnifique » (Miley Cyrus) Amour : Achetez de bons mousquetons et tentez-vous un Mont Blanc avec des retraités.

Lion Quand Britney s’est rasée le crâne, tout le monde a hurlé au scandale. Vous trouviez ça chouette. Mon conseil : Allez consulter, ça devient urgent ! Amour : Je ne suis pas sûre que les relations entre psy et patients soient vraiment interdites, foncez !

Vierge Votre passion pour les petits oiseaux commence à gonfler vos amis, qui refusent de vous écouter parler de perruches. Mon conseil : 30 minutes au four, la perruche, avec du citron et de l’huile d’olive. Amour : Ornithophiles sans frontière se réunit le 27 juin à la salle Maurice Chevalier.

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Horoscope librement sorti de la boule de cristal de Marine Revel Illustrations par Sess / http://10placeducolonelbourgoin.blogspot.fr/

Balance Vous avez un petit côté Rihanna. Genre fille sale avec un grand front. Mon conseil : La frange, la frange, la frange (sur les cheveux, pas sur la veste en daim, hein) ! Amour : On vous conseille un Drake plutôt qu’un Chris Brown.

Scorpion Quand on tape « Google » dans son moteur de recherche, on n’est pas trop en droit de la ramener. Mon conseil : Arrêtez de la ramener et télécharger Google Chrome. Amour : Avec un petit vieux, éventuellement, ça peut le faire.

Sagittaire Pas de nouvelles, bonne nouvelle ! Personne ne sait où vous êtes, mais est-ce que quelqu’un se le demande ? Mon conseil : Sortez de votre mutisme et retrouvez la civilisation, il fait beau ! Amour : On va y aller progressivement, allez déjà prendre une douche. On verra pour le reste plus tard.

Capricorne Non, personne n’a envie d’entendre parler de votre expérience bouleversante avec les enfants africains. Mon conseil : Arrêtez de voter à gauche et trouvez-vous un vrai travail. Amour : Je pense que le Monsieur que vous avez ramené est venu pour les papiers.

Verseau Les pigeons prennent vos cheveux pour des toilettes. Il serait peut-être temps de les laver. Mon conseil : Forcez bien sur le shampoing. Et n’oubliez pas l’aprèsshampoing. Amour : Pas avec les cheveux gras.

Poissons Non, n’insistez pas. Vous n’êtes même pas un vrai signe astrologique ! Mon conseil : J’ai dit non. Amour : Non c’est non. Même si j’ai une jupe courte !

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Pose Mag 21  

Pose Mag n°21. En couverture : Brigitte Et à l'intérieur : Des interviews et séances photos avec Augustin Trapenard, Théodore, Paul et Gab...

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