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MODE CULTURE TENDANCES

NUMERO 20


DIRECTEUR DE LA PUBLICATION / RÉDACTEUR EN CHEF

Enrique Lemercier PHOTOGRAPHES

François Berthier, Pauline Darley, Matthieu Dortomb, Rachel Saddedine, Maxime Stange RÉDACTION

Mariska Konkoly, Mélissandre L., Alexandra Le Fur, Enrique Lemercier, Marie Parent, Alice Puissesseau, Marine Revel STYLISTES

Sarah Delannoy, Tatiana Dumabin, Cécile Réaubourg (Trouvailles Chics) ILLUSTRATIONS

Sess et Hill’ustration GRAPHISME

Sabrina Berguer CORRECTRICE/TRADUCTRICE

Corinne Garcia REMERCIEMENTS

Nous remercions les personnalités qui nous ont fait confiance et qui ont accepté sans hésiter d’être présentes dans ce numéro : Yelle, Camille Cottin, Tove Lo, We were evergreen, Camélia Jordana, Mothxr, Paloma Faith, Angus & Julia Stone, Alice David, The Dø et My Brightest Diamond. Un grand merci à leurs équipes pour nous avoir permis d’organiser ces différentes séances photos et interviews. Merci à l’hôtel Baume à Paris pour son accueil et pour sa mise à disposition des différents lieux pour le shooting avec Camélia Jordana, ainsi qu’à l’hôtel La Belle Juliette à Paris pour la séance avec Yelle. Si vous souhaitez rejoindre notre équipe de rédacteurs, écrivez à redac.pose@gmail.com

© 2014. Tous droits réservés. Pose Mag, marque déposée. Représentant légal : Enrique Lemercier La reproduction même partielle des articles, textes et photographies parues dans Pose Mag est interdite sans autorisation écrite préalable de directeur de la publication. La rédaction n’est pas responsable des textes et images publiées qui engagent la seule responsabilité de leur auteur. Les marques et adresses qui figurent dans les pages rédactionnelles de ce numéro sont données à titre d’information, sans but publicitaire. Ce magazine ne peut être vendu.

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EDITO

« AU TEMPS POUR MOI »

La dernière fois que vous étiez en train de nous lire, il faisait encore beau, l’été arrivait et là, bam, nous entrons dans l’hiver. Que s’est-il passé au sein de la rédaction de Pose Mag ? Est-ce le réchauffement climatique qui a tout faussé et qui est responsable de ce long silence ? Non, nous avons simplement décidé de prendre notre temps. Un vingtième numéro, c’est quelque chose d’important, il fallait donc bien faire les choses. Quelques mois d’absence qui vous ont peut-être parus longs mais pour nous, il s’est passé plein de choses. Nous avons décidé de prendre le temps de voyager, en Australie tout d’abord, pas pour aller voir des kangourous mais plutôt pour inviter dans nos pages Angus & Julia Stone. Nous sommes ensuite partis en Angleterre pour rencontrer Paloma Faith. Du coup, entre l’Australie et l’Angleterre, nous avons commencé à prendre la confiance et à nous sentir parfaitement bilingues, alors nous sommes partis aux Etats-Unis où nous avons fait la connaissance de My Brightest Diamond. Puis la dernière étape fut la Suède avec Tove Lo et la Finlande avec The Dø, avant de rentrer au bercail. Mais comme tout cela a aiguisé nos envies d’évasions, dès notre retour, nous en avons profité pour aller visiter une gare désaffectée avec l’actrice Alice David. Après les voyages, on a voulu prendre le temps de se taire, parce qu’on avait besoin de calme. Et quand on a choisi de shooter une « Connasse », on s’est dit que le mieux pour lui faire garder le silence, c’était de lui faire prendre la pose dans un studio et de faire d’elle notre Barbie. Après ce silence, on commençait à avoir le mal du pays, alors on s’est dit qu’on pourrait inviter Penn Badgley (oui oui, Dan dans la série Gossip Girl) avec son groupe Mothxr, dans le studio d’un de nos photographes, un dimanche après-midi. Le mec est arrivé avec sa petite amie, il se sont installés sur le canap’ et on s’est mis à papoter, tranquillement, en attendant que les autres membres du groupe arrivent. Durant cette longue période, on vous rassure, vous nous avez manqué alors on a aussi eu besoin de se changer les idées et on a voulu prendre le temps de s’amuser. On a donc proposé à Yelle de poser dans la piscine d’un hôtel, habillée d’un corset métallique et d’un bas de maillot de bain, avec un drôle de masque. Le pire, c’est qu’elle a accepté. On s’est tellement amusé qu’on n’a même pas pensé à lui parler de notre petit tour du monde. Elle qui a entamé une tournée internationale passant par les Etats-Unis, l’Angleterre, l’Espagne, la Pologne, la Hongrie, le Japon, la Suisse, le Mexique, le Canada, la Suède... Elle aurait sûrement eu plein de choses à nous raconter. Mais ce n’est pas grave, on s’est rattrapé en faisant tenir deux néons à la chanteuse de My Brightest Diamond, pendant qu’on la prenait en photo et juste quelques minutes avant qu’elle ne débute son concert à Paris. C’est d’ailleurs sûrement grâce à nous qu’elle a rayonné sur scène ! Maintenant que tout cela est fait et que ce numéro est enfin sorti, on va prendre le temps de souffler, mais pas trop, parce qu’on va attaquer 2015 à 200 à l’heure ! Enrique Lemercier

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CULTURE RENCONTRE

p144

MODE& TENDANCES SHOPPING

p22

TENDANCE

p38

ENCORE QUELQUES JOURS POUR ÊTRE BELLE... TATOO OR NOT?

CHRONIQUE

p62

PLASTIQUE CRÉATION, QUAND ART ET MODE SE RENCONTRENT

SHOPPING

p76

MANTEAUX À TAUX ZÉRO

EDITO

p104

HOW DOES IT MAKE YOU FEEL

SHOPPING

p156

LE COSTUME, UN INVESTISSEMENT À LONG TERME

p10

CAMILLE COTTIN ALIAS « CONNASSE »

PORTRAIT THE DO

p24

INTERVIEW

p40

PALOMA FAITH

RENCONTRE MOTHXR

PORTRAIT

p52

p66

WE WERE EVERGREEN

EN COUVERTURE YELLE

PORTRAIT

p78

p94

ANGUS & JULIA STONE

INTERVIEW TOVE LO

p118

RENCONTRE ALICE DAVID

p124

POSE MUSICALE MUSICOTHÉRAPIE

RENCONTRE

p142

p144

CAMÉLIA JORDANA

INTERVIEW

p158

MY BRIGHTEST DIAMOND

p104

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p10

p24

ET AUSSI POSE DÉCO

p50

CHRONIQUE

p92

ON PASSE AU SALON ?

p62

LE CHOIX DU MAILLOT

POSE ASTRALE HOROSCOPE

p164

p78

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MARINE REVEL

MARIE PARENT

MÉLISSANDRE L.

/REDACTRICE

/REDACTRICE

/REDACTRICE

Titulaire d’un BEP Astres Célestes obtenu en 1982 à l’Université de Gentilly, je lis le ciel comme on lit la presse people, de travers et uniquement dans le train. «Jamais sans ma lunette astronomique», telle est ma devise. Je sais de quoi demain sera fait, et croyez moi, c’est pas jojo.

Community manager, blogueuse, «liseuse de magazines», fan de True Blood, compte se marier avec Eric Northman d’ici quelques temps. C’est un vampire ? M’en fous ! Compte monter les marches de Cannes un jour (même si je ne travaille pas dans le Cinéma) et remporter un Oscar pour l’ensemble de ma carrière (je m’entraîne toutes les semaines pour mon discours, un vase à la main). www.laventuriere.com

Auteure touche-à-tout. C’est sous prétexte de s’essayer à tous les genres littéraires (polars, SF, jeunesse, etc), qu’elle se crée des avatars à tour de bras. @Melissandre_L

CONTRIBUTEU

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ALEXANDRA LE FUR

ALICE PUISSESSEAU

MARISKA KONKOLY

/REDACTRICE

/REDACTRICE

/REDACTRICE

La vie sans musique ne vaut d’être vécue. C’est avec cet adage vissé au corps que je traine mes converses trouées à tous les concerts et festivals possibles. Secrètement, je veux faire comme Dalida et mourir sur scène (enfin, ça, c’est le plan ! L’initiatrice ayant échouée, la place est libre pour le Guinness Book). Dans les tribulations de la quête de l’artiste de la journée, de la semaine, du mois, de l’année, de la décennie, je traque les nouvelles sorties comme un détective privé, jamais rassasiée.

Licence en «Tiens, je vais faire du droit, pour faire Sciences Po, pour être journaliste», Master I en «Non, en fait, je vais faire du droit international», Master II en «Ou plutôt droit de l’UE», Master Degree en «En fait le droit c’est chiant, je vais faire des relations internationales à Dublin», maintenant en stage à New York à la Délégation de l’UE à l’ONU. Voilà, cherchez le rapport avec Pose Mag !

Passionnée de mode et d’images, je suis toujours à l’affût des tendances. Curieuse de tout et sans cesse à la recherche de nouveaux talents, j’aime traîner dans les bibliothèques et les expositions. Je partage mes coups de coeur sur mon Tumblr avec un seul leit-motiv : écrire et le reste se trouve ici : http://book-mariska.tumblr.com/


MAXIME STANGE

MATTHIEU DORTOMB

PAULINE DARLEY

/PHOTOGRAPHE

/PHOTOGRAPHE

/PHOTOGRAPHE

Photographe depuis 5 ans, je me suis spécialisé d’abord dans le portrait, et en arrivant à Paris, j’ai commencé à «étudier» la photographie de mode. Je la pratique depuis un an, et je trouve tous les jours, des nouveaux défis à relever dans ce domaine, et des choses à faire évoluer, dans mes lumières, dans mes traitements, dans mes prises de vues... Le réel travail d’une vie en perspective. www.maxime-stange.com

Après des cours aux Beaux Arts et son BTS de graphisme en poche, il s’installe à Paris pour acquérir une expérience plus complète. Ses photographies sont souvent reconnaissables par leur côté ludique, coloré et décalé. Matthieu Dortomb insulfe de la poésie à travers des tapisseries rétros, des jouets, du maquillage... jouant ainsi sur notre rapport nostalgique à l’enfance. http://www.matthieudortomb.com

Photographe sur Paris, j’ai suivi des études en communication et effectué des stages vers le monde de l’image pour m’ouvrir à un environnement photographique. J’aime créer avec l’humain et composer en mode et portraits. Pour résumer mon travail en photographie je pourrais citer plusieurs mots : symbolisme, ambiances, émotions mais surtout passion. http://paulinedarley.com/

RACHEL SADDEDINE

FRANÇOIS BERTHIER

/PHOTOGRAPHE

/PHOTOGRAPHE

Photographe freelance basée sur Paris. Sans cesse influencée par la musique, le cinéma et ses icônes, c’est dans la mode et le portrait qu’elle développe son travail de photographe. Elle recherche des ambiances, des attitudes, des gueules, et à en tirer ce qu’elle y voit. http://rachelsaddedine.com

Après des études de droit, François devient journaliste rock en 2002. A 28 ans, il a été nommé rédac chef de son magazine de rock. En 2008, il décide de revenir à son premier amour, la prise de vue de femmes. Il commence alors une carrière de photographe de mode et de célébrités. 7 mois plus tard, il photographie Lady Gaga et tire également le portrait de nombreuses personnalités. Il est publié dans des magazines comme Vanity Fair, Madame Figaro, Grazia, Marie-Claire, Glamour, Elle, GQ... http://www.francoisberthier.com

URS

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CÉCILE RÉAUBOURG

SARAH DELANNOY

TATIANA DUMABIN

/STYLISTE

/STYLISTE

/STYLISTE

Styliste freelance, blogueuse, rédactrice… ou juste une passionnée, dingue de mode, dénicheuse de bonnes adresses, un peu geek sur les bords. Une fille élevée au chocolat, bercée par le Prince de Bel-Air, Beverly Hills, Friends, SAX… bon je m’arrête là ! Bref, une féministe qui travaille dans la Mode, si si c’est possible ! S’amuser, s’exprimer, oser et surtout ne pas se prendre la tête pourrait être ma devise ! http://trouvailleschics.over-blog.com/

Styliste en freelance basée à Paris, j’ai d’abord étudié l’art avant de me passionner pour la mode. Hyperactive, tout m’inspire et me mène à créer différents univers. Http://www.sarah-delannoy.com

Après des écoles de mode et d’arts appliqués à Paris, j’ai multiplié les expériences et collaborations auprès d’un costumier, de maisons de prêt-à-porter et de rédactions mode mais aussi en tant que conseillère en image. Je suis passionnée depuis toujours par la mode et en particulier par l’univers des années 50, la folie punk/grunge de l’Angleterre des 70’s mais également par le style Hip hop des années 90. http://www.tatianadumabin.fr

CONTRIBUTEU CORINNE GARCIA /CORRECTRICE

Passionnée par les voyages et la lecture, j’ai vécu plusieurs années aux Etats-Unis et j’habite aujourd’hui à Ottawa au Canada. J’aime surfer sur les blogs et les webzines de toutes sortes. Anglais, français, peu m’importe, j’aime naviguer d’une langue à l’autre. Mon petit côté perfectionniste pour l’orthographe me vaut le surnom de MissTypo. http://www.facebook.com/pages/ MissTypo/174094189312829

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SESS /ILLUSTRATEUR

Sess a commencé à travailler pour Pose Mag en tant que maquilleur. Il signe régulièrement avec sa fidèle coéquipière Camille (avec qui il forme le duo Madeloiselle Mu) le make-up d’éditos pour Pose Mag. A côté de cela, Sess est également dessinateur de BD et illustrateur. Vous retrouvez son travail dans la Pose Astrale. http://10placeducolonelbourgoin.blogspot.com et sur Facebook : Mademoiselle Mu

URS SABRINA BERGUER

ENRIQUE LEMERCIER

/GRAPHISTE

/RÉDACTEUR EN CHEF

« Si le JT de France 2 marche moins bien que celui de TF1, c’est aussi parce que le rouge en est la couleur dominante. Le rouge c’est l’urgence, le danger, le stress. C’est anxiogène. Pour adoucir, ils ont mis du blanc. Résultat : une ambiance aseptisée, genre hôpital. Le bleu nuit c’est neutre et plus élégant. ». Le pire c’est que j’y crois. @NabrisaBerg

Friand de magazines depuis mon plus jeune âge (du journal de Mickey en passant par Star Club puis à Vogue, L’Officiel, Grazia et compagnie), j’avais toujours rêvé de pouvoir diriger mon propre support. Désormais à la tête d’une équipe de passionnés talentueux, j’officie en tant que rédacteur en chef de Pose Mag pour apporter un regard nouveau et décalé sur la mode, la culture et les tendances. @MisterPoseMag 9


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CAMILLE COTTIN ALIAS “CONNASSE”

PHOTOGRAPHE : PAULINE DARLEY @LE CRIME STYLISTE : SARAH DELANNOY MAKE UP : MADEMOISELLEMU HAIR : PIERRE SAINT-SEVER USING SESSION LABEL OSIS+ SCHWARZKOPF PROFESSIONAL REALISATION : ENRIQUE LEMERCIER

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Pull et jupe CACHAREL Chaussures GIUSEPPE ZANOTTI Bracelet KARINE MARSAC Bague et collier persos


Top et jupe CEDRIC CHARLIER Chaussures THOMAS LIEUVIN

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Robe JOHN GALLIANO Ceinture CACHAREL Chaussures THOMAS LIEUVIN


Tee-shirt LA COMEDIE HUMAINE Pantalon JOHN GALLIANO

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Chemisier IRO Jupe SONIA BY SONIA RYKIEL Chaussures GIUSEPPE ZANOTTI Bracelet KARINE MARSAC 16


Manteau et combinaison IRO Chaussures GIUSEPPE ZANOTTI Bracelet KARINE MARSAC Collier CHARLOTTE MARTYR 17


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RENCONTRE CAMILLE COTTIN Elle est sans doute la première « connasse » que l’on aime regarder et qui nous fait rire à chacune de ses apparitions. Qu’elle soit au bar tabac, à la Fashion Week, chez l’opticien, dans le train ou encore à un cours de danse classique, on peut dire que Camille Cottin joue parfaitement son rôle de Connasse. Découverte dans Le Before de Canal +, cette pastille fut ensuite intégrée dans Le Grand Journal. Elle devrait prochainement faire son retour sur la chaîne et pour les plus gourmands d’entre vous, vous pourrez voir bientôt encore plus de Connasse puisqu’un long métrage a été tourné et devrait sortir en salles courant 2015. On retrouvera également très bientôt Camille Cottin dans la nouvelle série « 10% » réalisée par Cédric Klapish. Bon avant de débuter cette interview, est-ce que je dois m’assurer qu’il n’y a pas de caméra cachée dans le studio ? (rires) A partir du moment où je suis seule, c’est que c’est bon, tu peux m’interviewer tranquillement ! Après avoir passé plusieurs années à Londres, tu es revenue en France pour être professeur d’anglais en lycée. Avec du recul, est-ce que cela reste une bonne expérience ? Pas pour être professeur d’anglais... Ca commence mal... Ca commence très mal ! Non mais je me rends compte que quand tu dis des choses, elles peuvent être interprétées différemment. J’ai passé mon Bac puis j’ai fait une école de théâtre et en même temps, j’ai fait une fac d’anglais. Mes parents voulaient bien que je sois comédienne mais ils préféraient que je fasse des études en parallèle. Ensuite, quand je suis sortie des cours de théâtre, je voulais gagner un peu d’argent, j’ai donc été serveuse, vendeuse en même temps que je montais des spectacles... Et je me suis rendue compte qu’avec ma licence d’anglais, je pouvais enseigner dans le privé. J’ai donc enseigné 10 à 15 heures par semaines mais je n’ai jamais arrêté le théâtre. Quand t’est venue la passion de la comédie ? Est-ce que tu t’amusais déjà à faire des spectacles devant ta famille quand tu étais petite ou bien est-ce que cela t’est venu sur le tard ?

Exactement, je voulais absolument que ma famille regarde mes spectacles. On préparait cela avec mes cousins, je faisais aussi des spectacles avec mes Barbies, il leur arrivait des trucs de fou ! On a pu te découvrir dans plusieurs films au cinéma et à la télévision et en 2013, tu es arrivée sur Canal + avec une pastille dans l’émission Le Before. Devenir une « connasse » à 35 ans, c’était un de tes objectifs dans la vie ? (rires) Non, je ne l’avais pas vraiment perçu comme ça ! Avec une pastille dans ce type d’émission et sur cette chaîne, c’est une très belle opportunité. C’est une superbe vitrine. En plus, le programme me plaisait beaucoup, je trouvais ça bien écrit, le personnage m’amusait donc c’était super. Mais effectivement, même si cette chaîne est un vrai tremplin pour plusieurs acteurs, comme je venais d’un univers différent, du théâtre, que je n’avais pas de contacts à Canal, je ne me disais pas que j’allais absolument les rencontrer, cela me paraissait vraiment dur d’accès. On t’a dernièrement vu dans le film « Les Gazelles ». Est-ce que le cinéma est un milieu qui t’attire de plus en plus ? Comment envisages-tu la suite de ta carrière ? Le cinéma m’a toujours attiré et fasciné, déjà en tant que spectatrice et ensuite en tant que comédienne. Quand tu fais une école de théâtre, tu rencontres des gens, tu travailles avec eux, tu grandis avec eux, c’est comme une famille. 19


A mon âge, j’ai donc une famille dans ce milieu mais pas dans le cinéma mais c’est vrai qu’avec Canal +, cela ouvre le champ des possibilités. Cela me plairait de m’adonner plus au cinéma, mais tout en gardant le théâtre et la télévision. Tu as déclaré dans une interview que tu ne limitais pas la Connasse, qu’elle était très mobile et qu’il y en avait mille. Mille connasses pour une seule femme, ce n’est pas trop dur à assumer ? (rires) Non justement, c’est plus amusant. Si tu cloisonnes la Connasse à une catégorie sociale par exemple, c’est moins ludique. Tu vois par exemple, le programme plait beaucoup à ma nièce de 7 ans, car la Connasse peut avoir une attitude d’enfant, puis dans un autre épisode une attitude de vieille fille... C’est pour cela que dans la série, on ne sait rien sur sa famille, son environnement... En fait, la « Connasse », c’est un peu la version moderne et trash de Martine. C’était le genre de livres que tu lisais quand tu étais petite ? Oui, complètement ! Moi je lisais Martine mais j’ai une passion aussi pour les petits romans de Candie ! N’as-tu pas peur qu’à force, tu sois démasquée directement et que les tournages perdent de leur spontanéité ? A partir du moment où on est passé dans Le Grand Journal, il y a plus de visibilité mais si je suis démasquée, j’arrête tout de suite. A chaque fois, pour un même lieu, on a plusieurs options. Par exemple pour l’épisode chez l’esthéticienne, on a fait six ou sept instituts. On a parfois des cas de figure où les personnes connaissent le programme mais en situation, ils ne me reconnaissent pas tout de suite, c’est seulement à la fin qu’ils s’en rendent compte. On peut dire que c’est assez culotté d’avoir accepté d’endosser ce rôle. Et dans ta vie perso, est-ce que cela a des incidences ? Je pense par exemple à ton mari ou à ton fils, la réaction de leur entourage à ton égard... Je suis assez contente que mon fils n’ait que 4 ans et que ses copains ne connaissent pas encore Connasse. Tu as donc encore environ trois ans de répit c’est ça ? Oui, trois ans, après, basta ! Mon mec, il m’a toujours connu comédienne, il est content que ça marche bien. 20

Dans la vie quotidienne, il y a plein de réactions différentes. Il y a certaines personnes qui se méfient. Toi par exemple, tu t’es dit quoi quand tu m’as vu arriver ? J’étais briefé par Pauline, notre photographe donc ça va ! Donc tu savais que je n’étais pas du tout comme le personnage. Il y a des gens qui ne savent pas trop donc certains sont un peu déçus « ah mais t’es gentille en fait, mais vas-y, dis-moi un truc, fais-moi une réflexion » (rires). Il y a des personnes qui se méfient, qui se durcissent, d’autres qui ont un peu peur mais c’est juste durant les premières secondes. J’ai vu l’épisode de la Connasse à la Fashion Week. Et dans la vraie vie, Camille, elle s’intéresse à la mode ? Vite fait... Ah mais vous êtes un magazine de mode, c’est vrai. Ah mais je déteste la mode, quel univers futile ! (rires) En vrai, j’aime beaucoup mais je ne m’y connais pas très bien. Je suis une fille ! Et as-tu d’autres passions ? Mon métier ! Jouer, ça m’obsède beaucoup... Et puis, je ne sais pas, les voyages... Non mais c’est très bien comme réponse. Je ne sais pas pourquoi j’ai voulu demander ça, je déteste ce genre de question ! Oui, c’est dur car tout à coup, tu te dis « ah mais en fait, je ne m’intéresse à rien, je suis complètement vide ! ». On a presque fini cette interview, ça va être le moment pour toi de prendre la pose ! Comment te sens-tu dans cet exercice ? Je me sens vraiment comédienne dans le sens ou si on me donne quelque chose à faire, ça va aller mais j’ai du mal à être vivante quand je suis statique. C’est ce que les mannequins font très bien, de ne pas beaucoup bouger mais tout en passant par plusieurs états, plusieurs humeurs... Enfin je te propose de conclure en lançant une phrase que pourrait déclarer Connasse sur un shooting photo ? C’est normal de m’avoir fait passer par un parking pour venir ? Propos recueillis par Enrique Lemercier


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SHOPPING ENCORE QUELQUES JOURS POUR ÊTRE BELLE...

Par Cécile Reaubourg (Trouvailles Chics) Et si on profitait des quelques jours d’automne qu’il nous reste, avant de sombrer dans le froid hivernal et de n’avoir plus d’autre choix que de s’emmitoufler sous nos plus grosses pièces et de superposer les couches au maximum pour pouvoir prévenir tout risque de tomber malade ? Au programme donc, deux looks automnaux avec des pièces chaudes et élégantes, qui auront l’avantage par rapport à votre bonne vieille doudoune qui vous attend, de pouvoir vous habiller, en journée comme en soirée, tout en gardant une certaine aisance et surtout avec style ! PONCHO VILLA

Poncho Burberry - 1120 € / Sweat laine et cachemire Givenchy - 1610 € / Chapeau Drexler Big Aristote - 90 € Chaussettes Spotty - 7$ / Sandales compensées Zara - 64 € / Jean skinny raccourci J Brand - 320 € Rouge à lèvres K.I.S.S.I.N.G Charlotte Tilbury Night Crimson - 29,50 € / Sac Jérôme Dreyfuss - 940 € 22


RECETTE A BASE DE KAKI

Lunettes de soleil Illesteva - 175 € / Cape en laine mélangée Valentino - 1200 € / Pull en cachemire Camille The Row - 790 € Blush Sugarbomb Benefit Cosmetics - 18 € / Nail polish Uslu Airlines - 12 € / Jupe Isabel Marant - 1120 € Bottines en daim et cuir Royston Isabel Marant - 780 € / Sac à dos en cuir texturé et façon poulain Jérôme Dreyfuss - 665 € 23


PHOTOGRAPHE : PAULINE DARLEY MAKE UP : MADEMOISELLEMU RÉALISATION : ENRIQUE LEMERCIER 24


THE DØ

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PORTRAIT THE DØ The Dø, c’est un duo franco-finlandais, composé de Dan Levy et Olivia Merilahti. Ils ont fait leur retour à la rentrée avec un troisième album, intitulé « Shake Shooh Shaken », un disque qui marque un changement radical dans l’univers musical de The Dø. Ils ont en effet décidé de s’affranchir des instruments acoustiques au profit de l’électronique. Pari audacieux mais remporté haut la main. Nous sommes partis à leur rencontre pour en savoir plus sur ce nouvel opus, le temps de quelques photos avec eux et d’une interview avec Olivia.

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Vous avez opéré un changement plutôt radical avec ce troisième opus. Cela été payant mais vous étiezvous préparés à un mauvais accueil de la part de vos fans et des médias ? On se prépare au pire comme au meilleur. Comme c’est imprévisible, ce serait dommage de n’envisager qu’un seul cas de figure. Pour Shake Shook Shaken, vous avez délaissé volontairement les instruments classiques au profit d’un laptop et d’un clavier. C’est quoi la prochaine étape ? Un album a cappella ? Nous prendrons fort probablement le contre-pied de cet album, oui. Trop tôt pour savoir vers où nous irons, il faut déjà qu’on épuise toutes les possibilités de Shake Shook Shaken. Vous avez déclaré que vous vouliez que cela soit un disque de super-héros. Alors est-ce que c’est mission accomplie ? Et si oui, à quel super-héros pourriez-vous l’identifier ? Plutôt Batman ou Goldorak ? C’est vrai qu’en studio nous avons eu besoin d’invoquer des forces supérieures, de traverser la matière, de braver l’impossible. Plutôt un mélange de Batman pour son côté sombre et solitaire, et de l’héroïsme du folklorique Kalevala finlandais. Bon allez, plus sérieusement, vous pouvez nous l’avouer maintenant, vous avez mis quoi dans votre album ? Parce que perso, je l’écoute en boucle depuis plusieurs semaines et je ne m’en lasse toujours pas ! Merci ! Beaucoup de Døpamine. On peut remarquer qu’en parallèle de votre musique, vous semblez vouloir garder le contrôle sur votre image : Vos visuels sont toujours très travaillés, vos tenues également... Est-ce une volonté artistique, narcissique ou bien au contraire est-ce parce que vous doutez parfois et que vous ne voulez rien laisser au hasard ? Je connais peu d’artistes aujourd’hui qui ne se soucient pas des visuels qui accompagnent leur musique. La musique pop est un domaine qui permet d’étendre sa créativité à plusieurs niveaux, de collaborer avec des artistes différents, c’est une façon logique d’aller au bout de ses idées. Si je vous dis « Despair, Hangover & Ectasy », en référence à un titre de votre disque, on peut donc imaginer qu’au niveau du moral pendant l’écriture de l’album, vous ne deviez pas être au top, non ? 36


Ce sont plutôt les trois états qui caractérisent la vie de tournée, donc c’est maintenant qu’il faut s’inquiéter pour nous ! « Lick my wounds », c’est quand même un peu dark, non ? C’était pour mettre en lumière le côté vampire qui dort en vous ? C’est sans doute le morceau le plus contrasté de l’album, mais je trouve son côté lumineux bien plus prononcé que son côté sombre. Il parle de solitude extrême et de la force du collectif. Passons maintenant à « Opposite ways ». Si vous deviez un jour arrêter The Dø, vers quelle type d’activité vous tourneriez-vous ? Est-ce que vous vous adonneriez toujours à la musique ? J’aimerais faire de la plongée et concevoir des baskets de l’espace ! Dan fabriquerait sans doute des meubles en bois et ferait du jardinage !

L’album de The Dø « Shake Shook Shaken » est disponible depuis septembre 2014

Et si vous n’aviez pas créé ce duo, de quel groupe existant auriez-vous aimé faire partie ? Las Aves. Tout le monde doit penser qu’Olivia et Dan de The Dø n’écoutent que de la musique hyper pointue... Alors entre nous, c’est quoi le titre actuel un peu honteux que vous aimez écouter en ce moment ? Aucune honte : Chandelier de Sia , Lick it de 20fingers. Enfin, juste pour satisfaire ma curiosité personnelle, Dan, tu as vraiment des photos de Monk partout chez toi ? Si oui, pourquoi ? Et toi Olivia, tu dors vraiment dans ton canapé ? Dan est fan absolu de jazz donc il y a Monk oui, mais aussi Coltrane, Mingus et Duke Ellington sur ses murs. Non je ne dors pas vraiment sur mon canapé, je dors dans un vrai lit.

Propos recueillis par Enrique Lemercier

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TENDANCE

TATOO OR NOT?

Aujourd’hui, se faire tatouer semble être devenu un geste aussi anodin que se faire piercer le nombril (sérieusement, il y a encore des personnes qui se font piercer le nombril?) Sauf que, bon… les gars, garder un trou au niveau du nombril, du nez ou de l’arcade (façon Drazic dans Hartley Coeurs à Vif) en souvenir des années « rébellion » ça passe, mais le tatoo « Denver le dernier dinosaure » dans le bas du dos après une cuite sévère lors d’un échange linguistique aux Etats-Unis l’année de vos 16 ans, là, il faut assumer ! (Vous avez à cet instant précis le souvenir d’une personne de votre entourage qui possède ce genre de tatouage, ne mentez pas !) Donc voilà, aujourd’hui le tatouage est tendance, il est joli, esthétique, design et soyons honnêtes, il fait hyper envie ! Mais bon, il faut trouver ce qu’on veut se faire tatouer parce que OUI, logiquement, on va le garder toute la vie (un peu comme un enfant… Ce parallèle est assez approximatif mais bref, passons). Plusieurs possibilités s’offrent à vous mais attention parce qu’en fonction de ce que vous choisissez, il se peut qu’il y ait quelques dommages collatéraux… Le tatouage poignet Alors lui, c’est celui que la plupart des filles en pleine réflexion « Je veux un tatoo » veulent ! Bien entendu, il faut choisir le motif et c’est là que ça se peut se gâter… Après un tour sur Pinterest, vous trouverez certainement un motif qui vous plaît, un oiseau, des étoiles, des notes de musique, le prénom de votre mec, la date de votre rencontre… Mais c’est un peu comme quand vous voyez une nana avec la même robe que vous provenant tout droit de chez H&M, vous aimez toujours cette robe mais vous êtes un peu dégoutée de l’avoir vue sur quelqu’un qui la porte peut-être mieux que vous… Le tatouage bas du dos

Alors forcément, on se demande si la manchette n’est pas arrivée là par hasard pour cacher un désastre antérieur… Et puis bon, après avoir parlé avec plusieurs personnes ayant franchi ce cap, ô combien visible, la plupart explique que c’est hyper douloureux ! Mais genre cauchemardesque tellement c’est long, un peu comme un supplice... Donc chochottes et douillets, s’abstenir ! Le tatouage derrière l’oreille Je dois bien l’avouer, j’ai déjà dit à quelqu’un : « ah attention, t’as un truc derrière l’oreille » genre la personne se serait gratté avec la pointe de son feutre juste derrière l’oreille. Loose intersidérale ! J’entends Ophélie Winter me hurler dessus : « Shame on youuuuu » Ouais je sais, faut peut-être que je mette des lunettes…. Le tatouage en dessous du bras Alors lui, je le trouve sublime. C’est souvent fin, discret et hyper sexy (mais ça n’engage que moi) sauf que j’ai deux points qui me chiffonnent. 1. La peau qui se trouve sous le bras c’est presque pas de la peau, c’est un duvet de poussin, c’est hyper fin ! Bref on en revient à la douleur… Et 2. Est-ce que ça vieillit bien ? Je m’imagine avec ce tatouage et l’âge avançant, les kilos qui se logent discrètement dans les bras et tout à coup, votre tatouage se met à pendouiller tel le coup d’un dindon… Oui c’est très imagé tout ça, mais il faut penser à toutes les éventualités ! Bref, il y a des milliers de possibilités en termes de tatouages, mais une chose est sûre, il faut absolument réfléchir avant de se lancer ! Perso, en attendant de trouver LE tatouage qui m’accompagnera toute la vie, je m’amuse avec des tatouages éphémères (qui sont parfois un peu trop éphémères…). Et puis finalement, est-ce que la vraie tendance ne serait pas de ne pas avoir de tatouage du tout… Ouais bon, on en reparlera !

Non mais alors lui, on oublie, franchement ! Le tatouage bras dit « la manchette » Marie Parent Plus communément appelé le tatoo du hipster, il peut être magnifique comme il peut être totalement foiré ! Ça nous est tous arrivé de voir une personne avec ce genre de tatoo, de trouver ça super beau et de coller son nez dessus (façon de parler) et de se rendre compte qu’au milieu se trouve un dragon chelou ou un poney disproportionné…

Illustration : Hill’ustration

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PALOMA FAITH

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INTERVIEW PALOMA FAITH Paloma Faith est une chanteuse anglaise. Elle a sorti il y a quelques mois son troisième album intitulé “A Perfect Contradiction”. Au premier regard, des contradictions, on n’en voit pas trop chez Paloma. Jolie, souriante, habitée, talentueuse et dotée d’une voix impressionnante, elle a tout pour réussir. Lorsqu’elle évoque ce nouvel album, le ton est vite donné : “ Il y a pas mal de chansons mélancoliques, certes, mais c’est plus un disque du genre « On sait que ça va mal finir, mais on s’en fout, dansons d’abord » ”. Ecrit et composé à New York puis enregistré à Miami, Paloma Faith a voulu « A Perfect Contradiction » comme un pont entre Erykah Badyu et Jill Scott, The Fugees et N.E.R.D. L’équipe avec laquelle elle a travaillé l’a aidé à atteindre cet objectif. Elle a également multiplier les collaborations prestigieuses pour cet opus, en travaillant entre autre avec Diane Warren, John Legend, Raphael Saadiq et Pharrell Williams. Au départ, tu t’es orientée vers la danse, tu as commencé à prendre des cours très jeune. Comment le chant est-il arrivé à toi ? C’est difficile à expliquer. J’ai commencé à chanter du jazz quand j’avais 14 ans, comme une activité, pour m’occuper. J’ai arrêté parce que je ne me trouvais pas très douée. Et puis un jour, à Londres, j’étais en train de nettoyer le bar dans lequel je travaillais. Je ramassais des morceaux de verres cassés en chantant sur un disque de Billie Holiday et ce type m’a entendue et me fait : « j’adore ta voix, ça te dit de faire de la musique avec moi ? ». Alors, j’ai dit oui, parce que je suis quelqu’un qui dit toujours oui, j’ai toujours envie de tout essayer. (rires) Mais je n’imaginais pas du tout devenir chanteuse professionnelle à ce stade, je faisais ça pour m’amuser. À force j’ai commencé à apprécier la scène, donc j’ai rejoint un groupe de reprises. On jouait des chansons des années 50 et 60 à des fêtes, à des mariages. Une fois, j’ai été repérée par des personnes travaillant en maison de disques et il m’ont dit : « Tu devrais vraiment te lancer, sérieusement ! ». Et moi pour le coup, j’ai répondu : « Non, non, non ! Je fais juste ça pour le fun.. ». (rires) Au final, ça a commencé à prendre beaucoup de place dans ma vie et ça s’est fait comme ça. Je travaillais chez Agent Provocateur et une cliente m’a demandé ce que je faisais, alors j’ai répondu que j’écrivais des textes de musique et que je chantais et elle m’a présenté des personnes clés de l’industrie. Après ça, les choses se sont installées toutes seules.

En parlant de ça, tu as donc également été chanteuse dans un cabaret, et monté un groupe que tu as appelé « Paloma and the Penetrators ». On peut donc dire que tu aimes bien la provocation, non ? (Rires). Oui, je pense que j’aime la provocation à tous les niveaux. En fait, j’ai vraiment très peur de la médiocrité, me concernant surtout. J’adore chercher les limites, et puis mettre un pied au dehors, juste pour voir, faire un pas en arrière, recommencer avec l’autre pied... Je pense que c’est dans ma nature. Je m’en sers pour pouvoir communiquer sur le plan politique ou social, essayer de faire changer les choses, mais toujours avec le sourire et un visage innocent ! J’essaie de faire cela tout en restant discrète, avec une attitude très disons « femme fatale ». Tu as sorti en mars dernier ton troisième album, « A Perfect Contradiction ». Le premier single, « Can’t rely on you » a été produit par Pharrell Williams. Comment est née cette collaboration? J’étais à New-York au Met Ball et j’étais vraiment nerveuse parce que je devais y aller seule. Même si j’ai du succès en Angleterre, aux États-Unis je n’étais pas connue. Je m’étais enfermée aux toilettes et j’envoyais des textos à mes amis en expliquant « bon, je pense que je vais rentrer. » Et eux me disaient « mais non, sort, profite ! » et c’est quand je suis finalement sortie que j’ai croisé Pharrell fredonnant ma chanson New-York. 45


Cet album n’était même pas sorti aux États-Unis, alors j’étais vraiment surprise. Il m’a fait « je te trouve vraiment cool et j’aimerais vraiment travailler avec toi à l’occasion. ». C’était encore mieux que de se faire adouber, parce que je ne m’y attendais vraiment pas. Ça a du être assez magique que cela arrive au Met Ball, on dirait que toute ta carrière a quelque chose d’un conte de fées, non ? Oui, même si je pense que c’est tout de même un peu plus que ça. Je pense que j’ai participé à cette chance, j’ai en quelque sorte fait que tout cela m’arrive. Je n’ai jamais compris pourquoi les rêves devaient rester des rêves, alors toute ma vie j’ai fait en sorte de les réaliser. Et je sais que ma vie a quelque chose de surréaliste, dans le caniveau un jour à récemment être invitée au Palais du Prince de Monaco ! Quand j’ai rencontré mon petit copain (un Grenoblois d’ailleurs !), il m’a justement dit « tu transformes la vie en un véritable film. » C’est parce que j’aime les choses originales, comme de donner rendez-vous dans une montgolfière ! Tu as également collaboré pour ton nouvel album avec John Legend, Raphael Saadiq et Diane Warren. Ce sont des artistes que tu aimes beaucoup. Est-ce qu’il y en d’autres avec qui tu aimerais travailler ? J’ai travaillé avec ces artistes que j’admire énormément, mais j’aimerais aussi collaborer avec André 3000 et Paolo Nutini. Le single « Can’t rely on you » dont on parlait juste avant, comptabilise à ce jour plus de 3 millions de vues sur YouTube et plus de 3 millions d’écoutes sur Spotify. Est-ce que tu t’attendais à un tel succès lorsque tu as démarré ta carrière en 2009 ? C’est mon troisième album en même temps. Je pense qu’il y a peu de personnes dans l’industrie du disque aujourd’hui qui comme moi avancent doucement mais sûrement. Beaucoup sortent un hit comme Adèle qui les propulsent directement sur le devant de la scène. Donc je ne dirais pas que je m’y attendais, mais c’est le résultat d’une progression. Ce clip est d’ailleurs vraiment magnifique et lorsque l’on te voit, on remarque que tu soignes beaucoup ton apparence et que tu as un vrai style. Est-ce que l’image est aussi importante pour toi que la musique ? 46

Je pense que ce n’est pas comparable, mais c’est vrai que le visuel fait aussi partie de moi. J’ai fait une école d’arts, un master en réalisation pour le théâtre. J’ai d’abord fait de la danse parce que je me disais que je pourrais retourner à la fac après, mais j’ai toujours été très visuelle. Je me suis par exemple toujours habillée comme je le fais maintenant, de façon très nostalgique. Je suis une grande fan de cinéma, je regarde tellement de films ! Je suis attirée par ceux qui sont très forts visuellement parlant. Récemment j’ai adoré Holy Motors, la Grande Bellezza. Sinon, je suis très amatrice de Wong Kar-wai. Alors peut-être que mon style se remarque parce que c’est réel. Je design mes artworks et mes scènes, je m’implique beaucoup dans tout cela... Il y a une certaine ambiguité dans ton nouvel album, avec des textes plutôt mélancoliques mais des mélodies dansantes. On ressent cela sur plusieurs titres. Pourquoi ce choix ? Je me suis rendue compte très tôt en écrivant que je ne pourrais pas reconnaître le bonheur, si je n’avais pas connu le malheur. Alors j’ai passé beaucoup de temps à être mélancolique, voire carrément tragique. Je suis très sensible et vulnérable et j’ai écrit beaucoup d’albums dans ces états-là. Mais quand j’ai rencontré mon compagnon actuel, juste au moment de l’écriture de cet album-ci, j’ai vraiment eu cette impression que le négatif avait été nécessaire pour reconnaître le merveilleux. Je ne pense pas que j’aurais su le reconnaître ou l’apprécier avant. Tu as dit que tu voulais que tes fans, grâce à cet album, puissent sortir de leur cocon, en laissant leurs épreuves derrière eux et qu’ils s’envolent dans les airs. Est-ce qu’à ce jour tu te sens libérée toi aussi ? Oui, même si pour moi, le bonheur estmomentané, ce n’est pas un état constant. Plutôt des morceaux de bonheur, alors quand cela arrive, il est important d’en profiter. Quelquefois, on peut être dans une période affreuse et on sort un soir et il s’avère que c’est la meilleure nuit de votre vie, où on réalise que c’est possible d’être soi-même. Alors je veux vraiment que mes fans puissent venir à mes concerts et oublier réellement tout ce qui va mal.


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Tu vas enchaîner les dates de concert jusqu’à fin novembre pour l’instant. Est-ce que tu te sens prête ? Comment vis-tu ces moments en live face à ton public ? Je me sens mentalement prête, même si mon corps n’est pas toujours d’accord. Il m’arrive de perdre ma voix ou d’autres petits tracas. Mais je suis très excitée, sans le live je ne serais sûrement pas musicienne. Je le fais parce que j’aime être sur scène, j’écris mes chansons pour les interpréter sur scène, pas dans un studio. Certaines personnes dans l’industrie fonctionnent à l’inverse, mais j’aime sincèrement les gens. J’aime la sensation de communier avec tous ces humains. Et donc tu n’as pas pris de vacances cet été ? Si ! Je suis partie une dizaine de jours... Pour finir, qu’est-ce que tu pourrais dire à nos lecteurs qui vont parcourir cet interview et qui ne te connaissent pas encore, pour leur donner envie de découvrir ton univers musical ?

L’album de Paloma Faith « A perfect contradiction » est disponible depuis mars 2014

C’est difficile, je pense que l’album résume bien cela: en tant qu’artiste j’ai envie de toujours proposer quelque chose de nouveau. Je n’ai définitivement pas envie d’être un de ces musiciens qui sort toujours le même album, et il y en a beaucoup. Alors, je dirais aux nouveaux venus d’arriver avec l’esprit ouvert !

Propos recueillis par Melissandre L. et Enrique Lemercier Crédit photos : Rachel Saddedine

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POSE DÉCO ON PASSE AU SALON ? par Enrique Lemercier L’hiver arrive, on a qu’une seule envie, c’est de rester chez soi et de ne plus s’éterniser dehors après le travail. Alors en attendant le printemps (et ce n’est pas pour tout de suite), voici quelques idées pour aménager votre salon. Au programme, des matières nobles, du bois, des couleurs naturelles et quelques touches colorées pour venir égailler tout cela.

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Buffet Nao SENGTAI - 749 € / Canapé Manwel flanelle AM.PM. - 956,80 € Miroir Plumes ZARA HOME - 59,99 € / Pouf ZARA HOME - 99,99 € Coffre toile et cuir Comptoir AM.PM. - 170 € / Tapis cuir patchwork ZARA HOME - 429 €


Lot de 2 étagères Case AM.PM. - 50,15 € / Trophée Evert AM.PM. - 129 € Plaid ivoire en haute laine pyrénéenne MIDIPY - 180 € / Lampadaire Stefan AM.PM. - 269 € Table basse Miro SENGTAI - 199 € / Lot de 2 vases Socker IKEA - 14,99 €

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MOTHXR 52


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PHOTOGRAPHE : RACHEL SADDEDINE LIEU : BAR ROCK LE MANUFACTURE PARIS

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RENCONTRE MOTHXR HOW I MET YOUR

Un dimanche après-midi quelque part dans Pigalle. Un petit studio photo au 5ème sans ascenseur, temps mitigé, des images d’oiseaux partout, sur les coussins, sur des chemises, en photo, un perroquet gonflable. On était trois à tourner en rond sur de la tomette usée, à attendre les membres de MOTHXR pour une interview décidée à la dernière minute. Mais l’opportunité était trop belle. Le nom du groupe ne vous dit peut-être pas encore grand chose et pour cause, avec seulement trois chansons disponibles à l’écoute sur internet, un passage radio sur Le Mouv’ et un seul et unique showcase à leur actif dans la capitale, MOTHXR fait encore partie de ces groupes “confidentiels”, que vous pourrez, grâce à nous, vous targuer d’avoir connu “avant qu’ils ne deviennent mainstream”.

Quand Simon, Daren et Penn ont débarqué dans le studio, un vent venu tout droit de Brooklyn a soufflé sur tout le 9ème. Ils étaient crevés et pas très frais hygiéniquement parlant à cause d’une sombre histoire de punaises dans un hôtel de Douvres mais hyper lookés, dans le genre sans effort. Je me suis dit que le tout semblait plus cohérent et crédible que pas mal de ce que j’avais pu voir dans les rues de Paris. Le début d’une histoire d’amour Nous avons commencé l’interview avec pas mal de décontraction, les garçons étaient ravis de leur passage par Paris, malgré les quelques déconvenues citées plus haut. Le concert s’est transformé en mini fête de quartier et, de l’aveu de Simon, le guitariste, « New-York est une ville que le monde entier admire. Tout le monde est là genre “Wouah, New-York”, mais nous on se disait “WOUAH, Paris!” ». Et puis, au-delà de la ville en elle-même, ils m’ont confié être excités d’avoir rencontré leurs fans français, « C’est comme le début d’une histoire d’amour ». Quand je leur ai demandé s’ils avaient trouvé le public parisien frileux, Penn a levé un sourcil interloqué: « Frileux ? On ne l’a pas remarqué. Tout le monde était super chaleureux ! On a parlé à tous les gens ». Chers gens présents au Truskel, merci d’avoir oeuvré à redorer le blason de la mère patrie aux yeux des Ricains ! Coeur avec les doigts.

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Mais, malgré tout le bien qu’ils ont pensé de Paname, ces gars-là restent profondément newyorkais. Une bande de pote, mais de New-York, donc beaucoup plus cool que n’importe quelle autre bande de pote, parce que “WAOUH New-York!”. C’est ainsi qu’ils m’ont longuement expliqué à quel point la création de ce groupe a été naturelle, des amis qui se retrouvent pour créer, dans une émulation propre à la scène émergente un peu arty, un peu indépendante, un peu branchée qui a favorisé leur émergence (Blood Orange, Glass Animals, Dark Sides, ...), des groupes qui ont « créé un espace pour que nous puissions faire notre musique ». Hygiène bucco-dentaire Et pour faire leur musique, le groupe a une méthode bien particulière, la méthode du dentifrice. Ni plus, ni moins : « On commence avec un beat, puis on ajoute les cordes, la basse… On est tous dans la pièce, on se dit “essaie ça… non c’est trop sombre, essaie ça… trop industriel” (...) Quand je m’exprime à travers la musique, c’est comme quand tu appuies sur un tube de dentifrice, tu ne sais pas nécessairement ce qu’il y a à l’intérieur, mais quand ça sort il y a ce qu’il faut pour que ça tienne sur la brosse à dents... qui serait la chanson ».


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YOLO, Penn chante des brosses à dents. Mais je ne juge pas, j’ai enlacé un perroquet en plastique ce jour-là. Simon a bien essayé de m’expliquer que leur musique reflétait un état d’esprit à un instant T, mais tout ce que j’ai pu retenir c’est l’image de l’expert Sanogyl qui me disait qu’on était sur une vraie bonne nouvelle pour les dents sensibles. Ils se sont réunis pendant plusieurs jours à L.A, New-York et Chicago, histoire de pondre un E.P. Alors oui, il y a tout un tas de chanson toutes prêtes, et au regard de ce qu’on a entendu, on aurait bien hâte de les entendre, mais ils ne sont pas chauds encore. Du coup, on attend. Ils veulent sortir tout un tas de singles. Penn se l’est joué super mystérieux « Peut-être qu’on va continuer à s’amuser, ou peut-être que le CD va sortir dans deux mois et tout ce que je dis n’a aucun sens ». Bref, on n’en sait rien.

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Rufus Humphrey is watching you J’ai pris mon courage à deux mains pour poser des questions qui me brûlaient les lèvres et n’avaient aucun rapport avec le groupe, j’avais besoin de parler de feu Gossip Girl. Et qui mieux que Gossip Girl elle-même pour répondre à mes interrogations ? Je me suis sentie mal, parce que le gentil Penn et ses copains sympas font de la chouette musique et je n’arrivais pas à me dire autre chose que “Mon Dieu, mais pourquoi ils ont arrêté cette série ? Pourquoi les gens aiment Chuck qui bat sa femme alors que Dan est formidable ?”. Et finalement, le groupe nous a rassuré en nous expliquant que la notoriété de Penn par rapport à Gossip Girl était bonne pour eux, qu’elle attisait la curiosité et que les gens étaient réceptifs à leur musique.


Loin d’être un fardeau, Gossip Girl et la carrière cinématographique de Badgley en général sont d’autant plus de publicité pour eux. A aucun moment Penn ne s’est agacé de mes questions. Reconnaissant pour la visibilité qu’a pu lui apporter la série, il a néanmoins souligné que sans le travail de l’ensemble du groupe et de toute l’équipe derrière eux, il ne serait pas là à discuter de sa musique en évoquant “your one and only source into the scandalous lives of Manhattan’s elite”. Il a ajouté « Je serais mort de honte d’utiliser la notoriété que m’a apporté Gossip Girl pour vendre de la mauvaise musique ». Et j’avoue que j’aurais été bien embarrassée de le rencontrer et de lui poser des questions, si je n’avais pas adoré les quelques chansons que j’ai pu entendre de MOTHXR.

Et puis, ça a été l’occasion pour moi de mettre tout le monde mal à l’aise en demandant s’il était dans la Team Serena ou dans la Team Blair, devant sa nouvelle copine, la très très choupie Domino Kirke. Globalement, c’est comme si je lui demandais: et tu as préféré embrasser ton ex ou Leigthon Meester ? Je vous rassure, il est dans la Team Blair, nous voilà tous sauvés.

Marine Revel Crédit photos : Matthieu Dortomb pour Pose Mag

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CHRONIQUE PLASTIQUE CRÉATION, QUAND ART ET MODE SE RENCONTRENT

par Mariska Konkoly Certains pensent d’abord en concept, d’autres s’inspirent de la rue, d’un trait, tout vient d’ailleurs et de l’intérieur, imaginent d’abord le mot, le temps ou bien la liberté, pour jouer des coupes aériennes et faire voler en éclat le dit « portable » pour élever au rang de subjuguant et en grand, de véritables statues instables devenant à leur tour œuvres complémentaires.

La mode commence par un acte créateur, le crayon et la mine qui dessinent une silhouette qui se colore, met en image un concept, une idée, font germer comme un jet l’imaginaire du créateur. Le designer crée, met en forme une œuvre qui prend son essence le temps de quelques minutes, prend son écho par le corps sur les horizons de la scène inspirée en podium. Parfois de véritables sculptures élevées sous les projecteurs, installations mouvantes, la conception de l’artiste s’offre en version totale, frôle même le travail de plasticien. Si la mode a depuis toujours fait converger les arts, photographie spectaculaire qui donne à la matière et à la forme une nouvelle aura et sa musique à la scénographie l’élévation d’une pièce théâtrale accueillant de particulières figures, ou se délimite et comment s’imbrique le travail de l’artiste, qui dans le calme de son atelier peint un éclat de couleur qui prendra vie et se détournera sans contrôle.

Là-bas, la créatrice pense ses premières collections en apesanteur et ne cessera de leur faire prendre de la hauteur. Toujours à la recherche d’innovation, elle inaugure pour la première fois, l’utilisation de l’impression 3D offrant à l’imprimé et à la matière une dimension nouvelle, une illusion d’optique accouplée à un élégant futurisme. Une démarche qui fait rimer nouvelles conceptions avec technologie, l’envie de pousser plus loin le travail de recherche plastique, s’inscrivant toujours dans un élan d’évolution. Pour sa collection baptisée Voltage en 2013, celle-ci n’hésite pas à explorer les effets de la lumière et de l’électricité racontant avec une poésie toute particulière la capture de cette matière énergétique en mouvement donnant lieu à d’incroyables photographies, merveilles artistiques balayant les expressions, alimentant un défilé tel une exposition. Si le support des artistes ne cesse de se réinventer, c’est l’essence d’un désir de créer toujours différemment qui réunit alors le plasticien et le créateur, l’expérimentation au cœur de cette genèse de la conception.

NOUVELLE DIMENSION C’est le cas d’Iris Van Herpen, l’heureuse nouvelle lauréate de l’ANDAM qui signe depuis quelques années des perspectives sculpturales. Tout comme ses confrères Viktor & Rolf, c’est le Artez Institute of the Arts Arnhem qui l’a vu grandir.

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Et Chanel qui inaugurait avec Karl Lagerfeld lors de son dernier défilé Haute Couture printemps-été 2014 les premières œuvres en fibre de béton, ingénierie technique qui a dessiné des prouesses sculptées, des robes qui jouaient la carte de la légèreté tandis que l’alliage cimenté a pour adage et réputation une extrême lourdeur.


Collection « Voltage » Haute Couture printemps-été 2013 Iris Van Herpen - Crédit photo : Iris Van Herpen

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SCULPTURE PORTEE

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Dans cette veine spectaculaire où les scénographies sont parfois conçues comme de véritables installations, frôlant les domaines de l’expérimentation et de l’œuvre portée, le label japonais Comme des Garçons initié par la créatrice Rei Kawakubo reste un des pères de cette plastique tendance.

La créatrice conjugue ainsi les arts et les artistes, intègre en son label le jeune Junya Watanabe, devenant alors mécène de la création. Elle inaugure même en 2010 au 6ème étage de l’aire Comme des Garçons à Séoul, près de 180m2 dédiés aux expositions, telle une boutiquemusée.

Derrière le pseudonyme au cœur animé qui se fait remarquer dans les années 70 pour son style novateur: maîtrise de l’asymétrie, exploration de nouvelles matières, destruction et déstructuration s’affichent comme les maîtres-mots d’un nouveau courant de la mode.

Depuis, c’est une invention permanente qui marque les collections du label et dessine pour l’automne-hiver 2014-2015 un chevauchement de matière sur le corps, celle-ci semble le posséder, prendre place comme une sculpture à part entière, la figure comme support en écho à l’originalité marquée de la griffe.


Défilé Comme Des Garçons Prêt-à-porter 2014-2015 Crédit photo : Comme des Garçons

Si le plasticien et le créateur rejoignent alors plus souvent leur conception et explorent de nouveaux domaines, la mode ne cesse de faire dialoguer les arts, animant les formes d’expressions de manière transversale en gardant toujours l’harmonie d’un art du mouvement. Alexander McQueen signait dans les années 90 des scènes de théâtres fantasques toujours subjuguantes, modifiant les codes tandis que Dries Van Noten construit ses plans de collections en tableaux d’inspiration, plonge ses songes dans les peintures, les photographies et les voyages. Un nouvel élan plastique pour le futur donc, qui ne cesse de croitre au fil des collections. 65


WE WERE EVERGREEN 66


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PORTRAIT WE WERE EVERGREEN Jeune trio français répondant à l’intriguant nom de « We Were Evergreen », Michael, Fabienne et William nous proposent avec leur premier album « Towards » un doux mélange de sonorités alliant l’électro de l’Occident à l’exotisme de sonorités puisées dans les cultures sud-américaines et africaines. On les aime pour leur fraîcheur, leur originalité et leur goût pour les instruments venus d’ailleurs. Dès lors, même si « Towards » ne nous révèle pas où ils vont exactement, nous on sait que c’est sans aucun doute sur les chemins de la gloire !

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Quand on s’intéresse de plus près au mot « Evergreen », on découvre qu’il signifie « indémodable » ou « impérissabe ». Est-ce que vous confirmez que c’était l’idée que aviez en tête au moment de choisir un nom ? Michael : Ce qui est intéressant dans ce mot c’est un mélange de ce que tu dis, à savoir l’idée d’éternellement jeune, et en même temps de passé avec le « We were » qui contredit cette idée de jeunesse. Un paradoxe donc ? M : Oui c’est ça, qu’il y ait quelque chose qui aille avec la musique, qui mélange des sons nostalgiques avec des choses plus contemporaines. Vous êtes deux sur trois à avoir fait le conservatoire, de quelle façon pensez-vous que ça a influencé votre musique ? Fabienne : Personnellement je n’ai pas fait le Conservatoire de Paris, mais je pense que quand on étudiait les percussions, ça ma donné le goût d’explorer des instruments qui changent de ce qu’on voit d’habitude dans les formations pop/rock. J’aimais beaucoup les claviers et les percussions. Peut être aussi le goût de l’installation, quand on fait des percussions il y a souvent toute une installation et puis…du groove ! William : On est tous les trois instrumentistes aussi donc, sans que le classique ou le contemporain nous ait influencé pour ce projet là, il est clair qu’on a pioché dans les installations, le fait de jouer un peu de tout, de vouloir faire que des sons se superposent, et de les jouer en même temps sur différents instruments. Après on est aussi curieux naturellement sans avoir besoin d’aller au Conservatoire, et cette curiosité fait qu’on a envie d’aller chercher des instruments et de les jouer à notre façon. « Towards » est votre premier album, que cherchiez vous à créer avec ce premier bébé et que signifie ce titre pour vous ? M : On s’est rendu compte en faisant cet album qu’on avait envie de jouer plus de nouvelles chansons, plutôt qu’une collection de ce qu’on avait fait depuis le début. Il y a une sorte d’unité dans les thèmes, ça parle beaucoup de mouvements, de directions…

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D’où le titre Towards ? M : Oui voilà Towards c’est l’idée du mouvement sans dire exactement où on va, c’est ça qui nous intéressait aussi. Et de découvrir en faisant l’album ce qu’allait être l’album. On s’est un peu laissé surprendre en le faisant, on a utilisé des techniques différentes, des choses qu’on n’avait jamais faites auparavant et on avait un vrai producteur pour nous aider à faire ça. A l’écoute de cet album j’y ai retrouvé des sonorités un peu exotiques, sud-américaines ou africaines, d’où vous viennent ces influences ? M : D’Amérique du Sud et d’Afrique ! Sinon, c’est sûr que ce sont des choses qu’on aime écouter. On aime écouter ce qui sort d’un peu de partout, ce qui nous fait penser au voyage, les choses qui viennent d’ailleurs pour les mélanger avec des choses plus proches de nous. Autant par le choix de nos instruments : on utilise un xylophone, un charango. Ce sont des instruments avec des origines étrangères parce que justement on est intéressé par ce mélange sonore et géographique. On sait que l’Angleterre a beaucoup contribué à votre succès. Qu’est ce que le Royaume-Uni vous a apporté musicalement et culturellement que vous n’aviez pas en France ? F : Ca nous a permis d’avoir un peu de distance sur ce qu’on faisait avant, de réfléchir sur notre son. Quand on change de milieu on regarde un peu plus « intelligemment » ce qu’on fait. Après ça a aussi correspondu à un moment où on a eu un cadre professionnel plus soutenu. Du coup pour nous c’est aussi associé à en faire notre métier à temps plein, ça nous a aussi beaucoup apporté au niveau du live parce qu’on a beaucoup joué. Le rythme s’est accéléré par rapport à ce qu’on faisait en France, donc ça a été très positif. A l’inverse qu’est ce qui vous a manqué en France que vous ne retrouviez pas là-bas ? La protection des artistes par exemple ou juste la nourriture ?! F : Oui je pense que ce sont deux systèmes complètements différents donc c’est vrai qu’on a regardé le statut intermittent avec beaucoup d’envie pendant un moment ! Une fois qu’on a intégré le système ça va, mais entre les deux ce n’est pas trop possible. Après c’est sûr quand on fait des premières parties, on a rien à manger dans les loges ! Quand tu démarres ils prennent moins soin de toi… 72

J’ai beaucoup aimé vos clips originaux et parfois un peu étranges ! Drôles aussi, notamment « False Start » où on vous voit en tenue de sport courir en rond ou faire chanter votre tennis ! Qu’est-ce qui inspire ces vidéos décalées et que cherchez vous à transmettre à travers elles ? M : On aime bien travailler sur le corps, encore une fois pour rejoindre l’idée du mouvement qui est dans l’album… Effectivement sur les deux derniers clips de l’album et sur le prochain qui va sortir, il est beaucoup question de chorégraphie, de corps en mouvement, ce qui se rapproche du thème des chansons. Pour « Daughter » le premier single on a voulu rejoindre l’idée du thème du mouvement répété, des boucles, et d’essayer de faire quelque chose qui soit de la superposition d’actions mais dans un même espace et dans un même temps. On souligne souvent ce côté un peu merveilleux, enfantin et nostalgique de votre univers. Qu’est-ce qui vous inspire particulièrement dans l’enfance?


W : Je ne crois pas que l’enfance soit en soi notre concept mais il est clair que le fait qu’on se laisse de la liberté dans tout ce qu’on fait, qu’on ne soit pas enfermé dans un style ou quoique ce soit, fait que c’est quelque part une attitude d’enfant, de découverte. Ca transparait dans tout ce qu’on fait malgré nous, mais ce n’est pas quelque chose qu’on cherche à défendre genre « On est des grands enfants » ou « Vive les enfants » !

W : Mais on est contents, cette année on va jouer à Glastonbury, c’est la première fois qu’on y va, et le lendemain on sera à Solidays… Vous avez fait les premières parties de plusieurs groupes tels que Little Dragon, Villagers ou Michael Kiwanuka. Vous ont-ils guidé et donné beaucoup de précieux conseils ? W : Ils ne donnent pas trop de conseils les Anglais !

F : Je pense qu’on fait aussi souvent référence à des contes mythologiques, du coup, les gens pensent tout de suite aux enfants alors que pas du tout, il y a tout un imaginaire plus profond. Vous avez joué à divers festivals tel que Lovebox à Londres. Quel festival aimeriez-vous faire dans un futur proche ? W : Calvi on the Rocks !

F : Parfois c’est plus de les voir eux sur scène ou de voir comment ils tournent et après de parler avec eux mais pas de « Tu verras mon petit tu feras comme ça comme ça … » W : Oui c’est plus de l’observation en fait, plus on peut les voir, plus on peut leur voler des idées… Ou juste voir les erreurs qu’on fait. Qu’est ce que vous aimez le plus dans le fait d’être sur scène ?

M : Et Coachella ! 73


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W : Porter de belles chaussures ! Lesquelles ?!

Un instrument que vous avez rapporté d’un voyage et dont vous continuez de jouer aujourd’hui ?

W : Des Doc Martens ! Non pas du tout ! Je crois qu’on a réussi à garder durant toutes ces années sur scène une certaine fraîcheur, d’attention à la connexion qui peut se passer à un moment où on ne s’y attend pas forcément… Après tout ce que peut renvoyer le public évidemment. Il y a trois jours on a joué à la Scala à Londres et c’était assez impressionnant de voir que tant de gens peuvent se déplacer pour nos morceaux.

W : C’est notre spécialité je crois.

F : C’est dur d’exprimer ça par autre chose, c’est simple en fait : voir que les gens se font plaisir et nous aussi.

F : Un resto avec mes amis pour être nostalgique dans le 5ème .

W : C’est pas évident en plus comme y’a 500 personnes dans la salle, y’a 500 avis différents et quand nous arrivons à être dans la même énergie c’est cool. C’est quelque chose qu’il n’y a pas en studio par exemple, le studio apporte plein d’autres choses mais ça c’est assez gratifiant. Votre quartier préféré de Londres ? F : Moi j’ai découvert y’a pas longtemps le nord de Londres que j’aime beaucoup. Highgate… Il y a de grands parcs, même Camden que j’ai détesté pendant longtemps. Je pensais que c’était que cette rue de la Huchette énorme et en fait y’a plein de petits cafés etc derrière.

M : Moi j’ai ramené un charango de Bolivie… W : Moi c’est bizarre j’ai acheté des tabla mais en Italie ! Qu’est ce qu’une soirée parisienne parfaite selon vous ?

M : Pareil des verres avec mes amis place SaintMarthe, c’est au dessus de Belleville, une super petite place isolée avec des groupes de jazz. W : Peut être une fête en août quand il n’y a personne à part des petits touristes japonais, et une fête sur un bateau sur la Seine. Et avec un brunch le lendemain à Saint-Ouen. F : Et après on n’aime pas les bobos !!!

Propos recueillis par Alice Puissesseau Crédit photo : Pauline Darley pour Pose Mag

M : Après on n’habite pas aux mêmes endroits, nous on habite à l’Est donc on connaît mieux l’Est mais avant avec Fabienne on habitait à l’Ouest, y’a plein de petits quartiers cools. F : Little Venice où on habitait avant c’est super cool. W : Londres ce qui est pratique c’est qu’il n’y a pas vraiment de périphérie au sens parisien. Au bout d’un moment s’il y a trop de gens qui font tous la même chose dans un endroit, les gens vont se déplacer. Il y a dix ans c’était Old Street, après Brick Lane, après Shoreditch, maintenant à Hackney. J’aime bien parce qu’il y a encore tout à faire. Un voyage que vous recommanderiez plus que tout ? M : Le Liban parce qu’on l’a fait à trois. On y est allé pour un concert et c’était une super expérience. Beyrouth spécifiquement c’est une ville avec une atmosphère particulière.

L’album de We Were Evergreen « Towards » est disponible depuis mai 2014

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SHOPPING MANTEAUX À TAUX ZÉRO Par Enrique Lemercier Karl Lagerfeld a déclaré que « l’élégance n’est ni une question de porte manteau, ni une question de porte-monnaie ». Est-ce qu’il avait raison ? Sans doute, mais ce qui est sûr, c’est qu’il est grand temps de l’ouvrir, votre porte-monnaie, pour investir dans un manteau. Et quitte à investir, autant se lâcher un peu ! Alors voici une sélection dans laquelle vous pourrez trouver votre bonheur : du long, du court, du classique, du plus osé, de la laine, du cachemire... Il ne reste plus qu’à espérer que votre CB passera OU que le vendeur sera conciliant et acceptera que vous fassiez un trois fois sans frais OU que le Père Noël aura lu votre lettre OU (dernière solution) qu’il restera votre taille pendant les soldes !

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Manteau laine et cachemire BURBERRY PRORSUM - 2495 € Manteau beige mi-long MARNI - 950 € / Parka Radio SANDRO - 625 €


Manteau SAINT LAURENT - 1390 € / Manteau bicolore VALENTINO - 1890 € Bomber imprimé panthère CARHARTT - 249 € / Blouson AMI - 720 € / Manteau contrasté THOM BROWNE - 1995 €

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YELLE PHOTOGRAPHE : MAXIME STANGE STYLISME : ROMUALD PREMIER MAKE UP : NADIA WICKER RÉALISATION : ENRIQUE LEMERCIER LIEU : HÔTEL LA BELLE JULIETTE À PARIS

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Robe ON AURA TOUT VU


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Look ON AURA TOUT VU 85


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Robe SERUM Ceinture FOREVER GLAM Chaussures ON AURA TOUT VU 87


INTERVIEW YELLE Trois ans après « Safari Disco Club », Yelle est de retour avec un nouvel album qui a été lancé fin septembre. Un disque intitulé « Complètement fou » qui nous a mis de bonne humeur dès la première écoute. Nous sommes donc partis à la rencontre de Yelle, quelques jours avant la sortie de ce disque , afin d’en savoir plus sur cet album et nous en avons profité pour lui faire prendre la pose à l’hôtel La Belle Juliette dans tes tenues un peu folles. Yelle, on a parfois tendance à l’oublier, mais c’est l’union d’un travail de deux personnes, Julie et Jean-François, qui avaient décidé à l’origine de s’appeler Yel (acronyme de “You Enjoy Life”). Mais pour mieux correspondre à leur projet, ils ont ensuite décidé de féminiser et franciser ce nom. On crie (yell en anglais) lorsqu’on est heureux de la manière dont va le monde, et on crie quand elle nous déplaît. Mais en vérité, c’est lorsqu’on est complètement fou qu’on crie le mieux. Fous, ils le sont peut-être mais talentueux, ils le sont et ça on en est certain !

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Sweat LA COMEDIE HUMAINE Pantalon ON AURA TOUT VU


Ton précédent album « Safari Disco Club » est sorti il y a trois ans. Qu’est-ce qui s’est passé dans ta vie depuis ? Après Safari Disco Club et sa tournée de 150 dates un peu partout dans le monde, on a eu besoin de faire une pause de plusieurs mois, après la tournée on était super heureux mais rincé. On a recommencé à composer et à écrire courant 2012. C’est à ce moment qu’on nous a parlé de Dr Luke. A l’époque on ne savait pas qui il était. On a appris qu’il avait adoré notre remix de « Hot’n Cold » pour Katy Perry (chanson qu’il a composée) et qu’il était venu voir notre live quelques mois plus tôt. Nous avons échangé des mails et on s’est parlé sur Skype puis il nous a invité à venir faire des sessions avec lui et sa team à Los Angeles. On a fait plusieurs aller-retours là-bas tout en continuant à travailler chez nous en Bretagne. Au bout de quelques mois, notre album était prêt : Complètement Fou ! Ton nouvel opus est sorti fin septembre. Comment te sentais-tu à quelques jours de cette sortie ? J’étais concentrée ! Il y avait plein de choses à faire et à penser, c’était un peu la folie ! Mais j’étais aussi super excitée et impatiente, j’avais hâte que les gens le découvrent, je suis super fière de tout ce qu’on a fait sur ce nouvel album. On dit toujours jamais deux sans trois, alors il n’y a pas de raison que le succès ne soit pas à nouveau au rendez-vous, non ? D’ailleurs, es-tu superstitieuse ? Je ne suis jamais sûre de rien mais je suis de nature optimiste ! On verra bien mais en tout cas je n’ai pas de regrets, on a fait ce qu’on voulait sur toute la ligne ! Je ne suis pas vraiment superstitieuse et je vois un peu ce que je veux dans les signes ! Ce nouvel album est paru sur Kemosabe Records, le label du faiseur de tubes américains. Comment s’est fait ce choix ? Et en quoi cela va le différencier des deux précédents ? Kemosabe est le label de Luke, et comme nous avons travaillé ensemble sur l’album, les choses se sont faites naturellement. On a bousculé nos repères et ça a été très positif. On a ouvert le cercle, composé à plusieurs, écrit à plusieurs, tout en gardant notre dynamique, tout le monde a été très respectueux de notre « univers » et nous n’étions entourés que de gens ultra-motivés.

Cet album est dans la continuité des 2 précédents, je crois qu’on a gardé notre « son » Yelle mais on a réussi aussi à avancer, évoluer, et à transmettre cette énergie qui nous a accompagné pendant toute la création. Tu as dit que les thèmes de l’album étaient entre autre « les relations, l’amour, les corps, la sensualité... » On est donc dans des paroles un peu osées, non ? On peut parler d’amour, de sexe, de relations sans justement être très frontal ! On adore jouer avec les mots, trouver des doubles sens et des métaphores pour exprimer les choses. Ca peut sonner « osé » pour certaines oreilles mais on est vraiment soft. Et puis ça ne représente pas du tout la majorité de nos paroles, on évoque aussi le syndrome de Stendhal, la mythomanie, la mort... Mais les gens soulignent moins ça, c’est sûr ! Tes enchaînes les concerts un peu partout, aux Etats-Unis, en Hongrie, en Pologne, au Danemark, en Espagne... Comment vis-tu cette notoriété internationale ? Est-ce que vous vous attendiez à un tel succès lorsque vous avez créé Yelle ? Je le vis super bien ! Quand on a commencé, on ne s’attendait certainement pas à être sollicités à l’étranger mais on a répondu présent quand on nous a proposé d’y aller, et on reste toujours surpris du super accueil du public. On reste aussi étonné de tourner autant en Europe et aux USA alors qu’on chante en français mais je crois vraiment que les gens ressentent tout le plaisir qu’on prend sur scène. On va continuer avec quelques questions en rapport avec des paroles issues de titres de « Complètement fou ». C’est quoi le pire pour toi, « un verre de coca sans bulles » ou bien un Mojito sans glaçon ? Le coca sans bulles ! Ca évoque tellement quelque chose de nul de manière générale. « La question est est-ce que je m’amuse », et donc, toi, tu t’amuses toujours autant au sein de Yelle ? Oui je m’amuse toujours autant et le jour où je ne m’amuserai plus je ferai autre chose.

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Tu fais quoi pour garder la ligne ? Seulement « des ronds avec ton bassin » ou bien est-ce que tu as une recette miracle ? Je n’ai pas de recette miracle, je fais gaffe quand il faut, mais je ne me prive pas et surtout je me bouge ! C’est quoi le dernier truc que tu as trouvé « complètement fou » ? La lumière sur la mer ce midi, c’était dingo ! « Une nuit de baise », c’est toujours en deux parties pour toi ? C’est en tout cas en deux points de vue ! « J’ai massé tout ton corps à la force de ma bouche ». Peux-tu nous expliquer comment tu fais ça ? C’est simple, tu fais des bisous partout ! Pour finir, tu es plutôt « jeune fille garnement » ou « jeune fille acharnement » ? Je suis plutôt acharnement, je suis une bosseuse. « Un jour viendra l’amour dans ma vie »... Avant de terminer, doit-on te souhaiter de rencontrer enfin le prince charmant ? Non non, c’est bon, merci ! Attends, juste un dernier truc avant qu’on te laisse, « Je mens, tu mens, ne mens pas ». Tu as donc menti dans cette interview ? Peut-être bien, mais toi aussi ! Propos recueillis par Enrique Lemercier

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L’album de Yelle « Complètement fou » est disponible depuis septembre 2014


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CHRONIQUE LE CHOIX DU MAILLOT Le froid ayant pointé le bout de son nez depuis plusieurs jours et l’hiver approchant à grands pas, nous n’allons pas parler maillot de bain (bien trop déprimant) mais maillot… de votre endroit le plus intime ! Eh oui les filles, en ce moment, gros débat autour de la coupe à adopter… (oui appelons cela une « coupe ») Etesvous plutôt 1970, 1980, 1990, 2000 ? Oui ça se joue en décennie les tendances épilatoires ! Non mais sérieusement, j’ai été confrontée à ce problème il y a quelques temps car, mettant le cap sur des plages lointaines au sable blanc, je me suis dit qu’il était temps de passer à la coupe courte, bien dégagée sur les côtés ! (Oh ça va, appelons un chat, un chat) Parce que de manière générale, je suis plutôt « maillot classique », 2, 3 bandes de cire et hop on en parle plus. Mais là, j’avais envie de tester une nouvelle expérience, et puis toutes mes copines avaient l’air absolument outrées lorsque je leur disais que le concept « petite fille toute nue » ne me faisait pas vraiment envie… Exemple de commentaires : « Nan mais attend c’est vachement plus propre », « Tu te sens tellement mieux après », « C’est troooooooop sexy »…. C’est là que j’ai réalisé un truc : « Mes copines se font totalement épiler la ****** » (perplexité absolue) - Je fais donc partie des personnes has-been del’épilation? Alors ok, j’ai tenté, j’ai pris RDV directement dans l’institut car je voulais connaître la tête de mon bourreau, mais bon… prendre rendez-vous pour se faire épiler le maillot c’est quand même pas évident « Je voudrais une épilation BIEN BIEN BIEN échancrée » Ce à quoi cette grosse C**** me demande hyper fort « BRÉSILIEN OU INTÉGRAL ? ». Morte de honte, le regard fuyant et la transpiration sous les bras, je lui répondais : « brésilien », hors de question de dire adieu à tout ! Le jour J je me pointe à l’institut, préparée à morfler comme jamais, mon bourreau regarde l’étendue des dégâts et me dit : « Ah bah vous allez être contente après » - Mais pourquoi ? Je vais revivre ? Il va se passer un truc magique ? Elle a répété ça 20 fois. Je n’ai pas compris.

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Alors bon ça dure des plombes, ça fait pas si mal que ça, mon bourreau a l’air de prendre un pied d’enfer (« ah mais vraiment vous allez être contente ») quand soudain… Ce à quoi je ne m’attendais pas mais alors PAS DU TOUT (oui vous savez déjà où je veux en venir) c’est quand elle m’a demandé de lever les jambes au dessus de ma tête, OUI AU DESSUS DE MA TETE ! Alors bon, passé le moment de gêne ultime, je me suis dit qu’elle avait dû en voir d’autres (mais quel drôle de métier quand même) (« ah mais vraiment vous allez être contente » - Sérieusement meuf ! Tu me dis ça alors que je partage avec toi un moment tellement embarrassant !). En partant elle m’a quand même dit : « la prochaine fois, je suis sûre que vous viendrez faire l’intégrale » #memepasenreve Bref, après cet épisode déroutant, me voilà de retour à la maison à vouloir absolument checker cette nouvelle « coupe » ! Et bien je n’’ai pas aimé, mais alors pas du tout. Donc oui j’étais tranquille pendant trois semaines, youpi, c’est cool, mais quand ça repousse, personne ne vous dit qu’on dirait la tête de Golum… Et puis, bon, cette impression de ressembler à une actrice porno des années 90, ça m’a pas bouleversé non plus. Mais finalement l’épilation c’est un peu comme quand on a vu débarquer Rihanna avec une partie du crâne rasé, on a trouvé ça hyper cool mais on s’est rapidement dit que c’était pas pour nous. En même temps, il se peut que d’ici quelques années, la mode soit le retour au naturel (c’est déjà un peu le cas) mais alors comment feront celles qui sont passées par le laser ? Les instituts se mettront-ils à la technique du collage de poils ? Bon allez on s’égare, faites ce que vous voulez de votre maillot parce que tout ce que je peux vous dire c’est que « Vous allez être contentes » !

Marie Parent Illustration : Hill’ustration


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ANGUS & JULIA STONE 95


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PORTRAIT ANGUS & JULIA STONE Alors qu’on ne s’y attendait pas, la fratrie australienne la plus cool de sa génération a fait son retour cet été avec un nouvel album sobrement intitulé « Angus & Julia Stone ». Ayant puisé dans leur expérience individuelle, ils nous offrent de loin leur meilleur opus. Plus en fusion que jamais, Angus et Julia viennent d’atteindre le paroxysme de leur talent. Un disque à écouter en boucle, tout simplement !

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Comment allez-vous depuis le temps? Très bien ! Vous avez décidé de vous séparer pour poursuivre vos propres projets puis de vous retrouver, qu’est ce qui vous a rassemblé ? Angus : Oui, on a pris la décision de se séparer, on a poursuivi nos propres projets mais ça a toujours été indéfini, comme si le fait de rejouer ensemble était suspendu dans les airs. C’était comme si, d’une certaine façon, ça allait se refaire dans quelques années. Puis on a eu un appel de Rick et c’était un peu un choc car tu mènes ta barque, tu crois que tout est planifié alors que pas du tout… Julia : C’était comme se mettre des bâtons dans les roues ! Comme une machine qui fonctionne et soudain plus. Mais jusqu’à présent ça s’avère être quelque chose de très positif, faire cet album était très fun et représente quelque chose d’important pour nous en tant que famille, qu’amis et que musiciens. La magie opérait-elle toujours ou avez eu besoin de vous réadapter pour jouer ensemble ? J : C’était une magie différente. Il y avait quelque chose de nouveau tout au long de cette expérience, quelque chose qui n’était pas là quand on a commencé. Je pense que c’est parce qu’on s’est séparé un moment. Vous avez tous les deux travaillé avec des français et toi Julia, avec Benjamin Biolay. Comment ça s’est passé? C’était très fun, Benjamin est vraiment talentueux. C’était un coup de chance, le label m’a envoyé sa musique et ils lui ont envoyé ma musique. On a tous les deux aimé notre travail respectif, du coup il a chanté sur mon album, j’ai chanté sur le sien… C’était super. Votre précédent album s’intitulait « Down the Way » mais vous avez choisi d’intituler celui-ci “Angus & Julia Stone”, pourquoi cette sobriété ?

J: Quand on a fini l’album, on a parcouru les chansons et on s’est dit « peut-être ce titre-là ou celui-là » et rien ne nous semblait correspondre à ce que cet album est, ou était. « Angus & Julia Stone » on pensait que c’était une bonne idée, c’est simple et Rick le producteur trouvait que c’était une bonne idée aussi. Il nous a demandé si on avait fait ça auparavant et on a répondu non ! De quelle manière cette séparation a-t-elle influencé votre travail ? Avez-vous appris des choses chacun de votre côté que vous avez utilisées pour ce nouvel opus ? A : Pour mon premier concert, je suis entré en scène et j’étais tellement nerveux, ça m’a effrayé ! C’était comme quelque chose de nouveau. Je pense que durant ce temps en tournée en solo, tu apprends comment être centré sur toi, bien sûr tu es avec des gens mais c’est quelque chose que je n’avais pas quand Julia et moi jouions ensemble. Quand on était tous les deux, je faisais presque partie de l’audience ! Maintenant, être à nouveau réunis, c’est comme s’il y avait une énergie plus forte, rien que par le fait d’être plus à l’aise. Quelle est selon vous la différence majeure entre ce nouvel album et « Down the Way »? J : La plus grosse différence, c’est que pour cet album on a écrit ensemble, alors que dans le passé c’était les chansons d’Angus et mes chansons. Oui c’est exactement ce que j’allais vous demander, j’ai eu le sentiment en écoutant l’album qu’il y avait beaucoup plus de fusion, même si vous avez encore vos propres chansons, mais aussi que vous aviez l’air plus confiants... J : Oui. C’est ce qu’Angus disait, être en tournée en solo pendant deux ans, avoir tes propres concerts et tenir tout seul pendant une heure et demie, réussir à divertir les gens tout du long… Ca a demandé une nouvelle sorte de confiance en nous et de notion de nous-mêmes qui n’était pas là dans le passé. De ce fait, on a tous les deux ajouté ça au fait de rejouer ensemble, tu sais ce truc « Angus & Julia », maintenant on l’a tous les deux donc il n’y a plus qu’à jouer… 101


D’une certaine façon c’est plus simple maintenant, nous sommes deux personnes qui aiment faire de la musique, qui s’aiment et c’est une façon agréable de passer du temps ensemble. Ce n’était pas aussi simple dans le passé, maintenant ça s’est équilibré. Une de mes chansons préférées est « Grizzly Bear », mais je suis très intriguée par le titre ! Qu’est-ce que ça veut dire et qui est le Grizzly Bear ? C’est toi Angus ?! A : Oui, c’est moi ! (rires) Non, en fait c’est venu de ma ferme. J’allais souvent chez ma voisine, on jouait de la guitare en buvant du vin. On jouait et on lançait des paroles assez ridicules et aléatoires et une d’entre elles était « les ours bruns n’aiment pas les chiens car ils mordent ». J’ai lu dans un magazine une histoire sur le Canada et le fait que les gens au Canada prennent leur chien avec eux quand ils vont marcher à cause des ours… Et je ne sais pas, ça a atterri dans la chanson ! De quoi êtes-vous le plus satisfaits concernant ce nouvel album ?

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J : C’est super de faire un album qui comporte un peu plus de groove. C’est fun à jouer mais ça reste très émotionnel. C’est un mix de tout, on chante toujours avec notre cœur mais on s’amuse en même temps. On n’a pas fait ça intentionnellement, ça s’est juste avéré être comme ça. Ca donne le sentiment que les concerts vont être amusants sans trop fendre le coeur. Il y a une bonne vibe. Diriez-vous qu’être frère et sœur est une force ou une faiblesse ? J : Je pense que ça peut être les deux. En ce moment c’est une force car on a tellement vécu de choses ensemble, mais quand on ne se connait pas très bien soi-même, ça peut aussi être un vrai challenge car tu n’as pas cette confiance et étant frère et sœur tu sais comment embêter l’autre avec des trucs débiles. Surtout quand on était plus jeune, on était vilain ! On vivait une vie de débauche et la première personne sur laquelle tu te défoules quand tu es fatiguée c’est ton frère ! Mais maintenant c’est beaucoup plus tranquille. On est plus relax, on est davantage potes et on prend du plaisir.


A : Je vis dans une cabane dans ma ferme et ça me manque de me réveiller et de voir les champs, de l’espace… J : Le Shady Pines, c’est à Surry Hills. Ca ne paye pas de mine de l’extérieur, c’est une entrée secrète. A : Oui tu dois taper pour entrer et c’est génial. C’est comme une cabane de chasseurs en Afrique ! J : Et un bel endroit pour diner c’est Sean’s Panorama à Bondi. Sean a sa propre ferme, c’est de la nourriture bio. A coté en bas de la rue, notre ami a un café qui s’appelle Porch and Parlour qui est aussi un bar à vin le soir. Des groupes australiens à écouter en ce moment ? J : Oui il y a Big Scary. Steve Smyth est extrêmement bon… La dernière question sera pour toi Angus. Est-ce que tu as un conseil barbe pour nos lecteurs masculins ?! A : Hm… « Go Fishing ! ».

Vous avez tous les deux passé du temps à Paris, qu’est ce que ça fait d’être de retour? A : C’est génial. Parfois c’est un peu déroutant la façon dont ça s’est fait. Les gens te reconnaissent, et ont une connexion avec ta musique. On est très reconnaissants de pouvoir venir ici.

Propos recueillis par Alice Puissesseau Crédit photos : Rachel Saddedine pour Pose Mag

Oui et la France soutient beaucoup votre musique… J : Oui c’est une vraie surprise ! On n’a pas grandi avec des parents qui parlent français ou avec une influence française quelconque… C’est cool et il n’a y a pas tellement de groupes australiens par ici. Et a on reçu une récompense à l’ambassade d’Australie à côté de la Tour Eiffel, pour être le premier groupe australien à vendre vraiment des disques en France depuis vingt ans ! Les derniers groupes à avoir reçu cette récompense sont Midnight Oil et INXS ! C’était il y a tellement longtemps ! Il y a beaucoup de groupes australiens géniaux mais je pense que pour la plupart ils ne voient pas la France comme un marché potentiel… En tournée qu’est-ce que vous manque le plus ?

L’album d’Angus & Julia Stone est disponible depuis juillet 2014

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HOW DOES IT MAKE YOU FEEL PHOTOGRAPHE : MATTHIEU DORTOMB STYLISME : CAROLINE LARRIVOIRE MAKE UP & HAIR : HARMONIE BUZZI MODELE : CHRISTOPHE

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Polo PAL ZILERI Foulard 106 Robe cuirHACKETT et plumes JITROIS


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Veste VIKTOR & ROLF Chemise ESSENTIEL HOMME 108


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Veste VIKTOR & ROLF Chemise ESSENTIEL HOMME Pantalon GANT Chaussures DR. MARTENS 110


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Blouson cuir Schott, jean H&M 112


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Surchemise ALEXANDER WANG Chemise JIL SANDER 114


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Chemise et pantalon JIL SANDER Lunettes &OTHER STORIES Chaussures EMPORIO ARMANI 116


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INTERVIEW TOVE LO Dans les Black Suede Shoes de Tove Lo. Qu’on ne s’y méprenne pas, derrière les notes de musiques sucrées de la nouvelle révélation pop suédoise se cache une jeune fille qui a déjà marché un bon nombre de miles du côté obscur. Pour Pose Mag, la voilà qui laisse quelques minutes de répit à ses bottes favorites pour nous parler un peu de la voix de l’honnêteté. À tout juste 26 ans, tu débarques de Stockholm avec un premier EP qui connaît un énorme succès. Est-ce que la musique a toujours fait partie de toi ?

Max Martin a beaucoup d’intégrité, mais c’est surtout un excellent compositeur. Il est très humble et vous met tout de suite très à l’aise pour travailler avec lui.

Depuis l’adolescence disons, parce que je ne viens pas d’une famille de musiciens. C’est quand j’ai commencé l’école de musique que j’ai réalisé que c’était ce que j’aimais faire. La musique a toujours fait partie de moi, mais le chant a mis plus de temps, parce que j’ai pas mal écrit pour les autres avant de pouvoir trouver mon propre son. Quand ça a fini par arriver, je n’ai pas hésité et je suis contente d’avoir attendu.

Si je te demandais deux ou trois autres artistes avec qui tu aimerais travailler ?

En quelques mots, quel a été ton parcours avant tout cela ? J’avais un tas de chansons que j’avais écrites et produites moi-même et à l’époque j’étais amie avec Icona Pop avec qui j’allais au lycée. À ce moment, j’ai commencé à rencontrer des gens de l’industrie, à force de les corrompre à coup de whisky, j’ai fini par obtenir des mails. (rires) J’ai pu alors commencer à envoyer mes musiques régulièrement et au bout d’un mois, comme on a trouvé que ce que je faisais était intéressant, on a commencé à me présenter des publishers et j’ai fini par signer avec White Chapel. Ça a clairement aidé de travailler avec des personnes qui étaient déjà signées et surtout de tomber sur des personnes qui ont cru en moi et qui se sont investies dans mon travail. Tu as déjà collaboré avec Max Martin (qui a travaillé avec Britney Spears, Pink, Robyn...) et composé entre autres pour Icona Pop. Comment sont arrivées ces opportunités ? En fait, je travaille avec Max Martin maintenant, mais ça n’a pas été toujours le cas. Quand je l’ai rencontré, il avait un oeil sur les différents producteurs avec qui je travaillais. Il faut croire qu’il m’a remarquée, mais c’est seulement cette année qu’on a commencé à travailler ensemble, même si je fais plutôt partie d’un nouveau collectif d’auteurs. 120

En ce qui concerne mes propres morceaux, j’ai mon équipe, avec laquelle j’ai l’habitude de travailler. Ça ne veut pas dire qu’on ne peut rien tenter en dehors, mais quand on est aussi proche créativement d’un groupe, on n’a pas envie de briser ce lien. Donc pour le moment, je continue comme ça. Le remix de ton titre «Habits (Stay high)» comptabilise plus de 110 millions de lectures sur Spotify et plus de 80 millions de vues sur Youtube. Quand tu entends de tels chiffres, que ressens-tu ? Oh merde, je n’avais pas vérifié depuis un moment ! (rires) C’est difficile de s’en rendre compte, quand je vois ces chiffres je fais : “non, c’est pas possible !” C’est complètement fou, mais je suis tellement contente qu’Hippie Sabotage m’ait trouvée et qu’on ait décidé de sortir cette piste à part entière sur mon EP. Ça a permis aux gens de les découvrir en même temps que ma musique. C’est génial ! Après avoir été séduit par ce premier EP, on en veut plus. A quand le premier album alors ? Il est presque fini (elle fait une pause)... ça devrait sortir plus tard dans l’année. J’ai failli vous donner l’ancien titre que j’avais en tête, mais j’ai changé d’avis il y a peu. (rires) Enfin ça se passe très bien, je suis très satisfaite de toutes les chansons. Mais bientôt promis ! A quoi peut-on s’attendre ? Est-ce que cela sera dans la continuité des titres de l’EP ?


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J’ai travaillé avec la même équipe de production que pour l’EP et ce sera tout aussi personnel. On y trouvera de nouvelles histoires sur de nouvelles relations. Certaines seront plus joyeuses, mais comme j’ai pris du temps et que ces relations se sont également terminées... Je l’ai divisé en trois parties : le sexe, l’amour et la fin. Je trouve que la façon d’écouter des albums aujourd’hui est très différente d’avant. On peut écouter simplement une chanson et la mettre sur une playlist. Alors la cohérence de cet album, c’est surtout pour moi. Je ne voulais pas que ça fasse compilation, c’est vraiment un tout, depuis la cover au choix des enchaînements. La presse est très demandeuse pour t’avoir dans ses pages. On peut par exemple citer le Elle, le Vogue, Nylon... Est-ce que tu aimes ce jeu de la promotion ? Ça dépend réellement, si on a le temps comme aujourd’hui de creuser un peu, ça me permet de me relaxer et de m’ouvrir un peu plus. 122

Ce qui est dur, c’est que l’on donne tellement de soi, toute la journée, tout le temps. Ceci combiné aux concerts, des fois je trouve que c’est un peu too much. Ça va si c’est juste l’un ou l’autre ou au pire des mini showcases avec les interviews... Mais pendant une tournée, je préfère éviter la presse, parce que je veux concentrer toute mon énergie sur scène. Tant qu’on peut séparer un peu les deux, ça me va. Par contre quand j’écris, je dois impérativement être dans ma bulle, personne ne peut y entrer. Et avec quoi te sens-tu le moins à l’aise ? Les interviews ? Les photos ? C’est difficile à dire, ça dépend de la personne à qui l’on parle ou du photographe. Je commence à m’habituer aux deux, mais je n’ai jamais été très intéressée par ce genre d’attention. Ce qui est assez bizarre compte tenu du fait que j’adore celle que je reçois sur scène. Les clips vidéos sont plus faciles, ça reste de l’expression.


Si c’est simplement poser et être jolie, la plus jolie possible, je déteste ça. Ce n’est pas moi, même si donc je commence à m’y habituer. Bien sûr, je préfère toujours le shooting où on va me dire “sois toi-même, fais ce que tu veux” à “bon on va te styler, tu vas porter ça, tu auras l’air de ça”. Un peu facile comme question peut-être mais dans « Habits », tu parles de moyens d’oublier son chagrin... Est-ce que ce titre fait écho à une peine d’amour récente ? Justement, est-ce que tu laisses transparaître des choses de toi dans tes chansons ou bien est-ce que c’est ton imagination qui parle à ta place ? Non, il s’agit d’une histoire ancienne. En fait, quand j’écris, je ne pense à rien d’autre qu’à sortir ce que j’ai sur le coeur et dans les tripes. C’est un travail sur moi-même. C’est très difficile pour moi d’en parler. Souvent les journalistes sont plus indélicats et quand on cherche à creuser sur des sujets comme l’infidélité en me demandant ce que mon ex a pu ressentir quand je l’ai trompé, c’est juste impossible de répondre. Des fois, je me demande si je fais bien de mettre autant de moi dans ces chansons. On verra ce qu’il en sera de mon second album.

Pour moi le live est le plus grand rush d’adrénaline possible. Enfin ça dépend, si le public est excité, c’est le meilleur sentiment au monde, c’est incroyable et totalement enivrant. Si au contraire, le concert se passe mal, que le public ne réagit pas ou pas forcément bien, c’est très lourd à supporter. Dans ces cas-là, une chanson peut avoir l’air de durer deux heures. Mais j’ai de la chance, la plupart de mes concerts se sont très bien passés. Je n’ai plus trop le trac maintenant, à part à la toute dernière seconde. Il y a ce tout petit moment avant d’entrer sur scène où je me dis “peut-être que je ne devrais pas le faire, il y a encore le temps pour partir en courant” ! (rires) Mais une fois sur place, c’est génial. Pour finir, un petit mot en français peut-être ? Oui, alors je peux dire : “Je m’appelle Tove Lo, je suis chanteuse et j’aime Paris, c’est une très jolie ville” !

Propos recueillis par Melissandre L. et Enrique Lemercier Crédit photos : Maxime Stange pour Pose Mag

Un conseil pour survivre à une peine de coeur ? Il faut tout ressentir. Je ne suis pas du tout le genre de personne qui se dit “je vais ressortir plus forte de cette épreuve” ou “ je vais devenir meilleure, changer ça et ça dans ma vie !”. Je suis plutôt du genre à me dire “putain, ça fait chier, ça fait mal et je vais être triste pendant un moment.” Et oui, c’est autodestructeur, mais je sais que de ce genre de période je peux me sortir, même si c’est en rampant. Il faut être en accord avec l’idée de la tristesse, c’est le seul moyen de pouvoir de nouveau se sentir bien. Comment s’est passé ton été ? Soleil, farniente et mer ou bien travail ? Je suis rentrée en Suède pour enregistrer le clip de “Not on drugs” et après je suis allée en Espagne quelques jours pour des concerts et faire un peu la fête et enfin de retour aux États-Unis. Donc en fait, à part quelques jours plus tranquilles en Suède, ça a été plutôt studieux. Tu étais en showcase privé il y a quelques temps. Pour tes fans français qui n’ont pas pu y assister, est-ce que des dates sont prévues en France bientôt ?

L’album de Tove Lo « Queen of the Clouds » est disponible depuis septembre 2014

Je reviens à l’automne et j’ai hâte, jouer ici est très sympa. Et justement, en parlant de la scène, comment l’appréhendes-tu ? Est-ce que tu es déjà totalement à l’aise avec le live ou bien est-ce que tu as toujours le trac ? 123


ALICE DAVID PHOTOGRAPHE : PAULINE DARLEY @LE CRIME STYLISTE : SARAH DELANNOY MAKE UP : MADEMOISELLEMU HAIR : PIERRE SAINT-SEVER USING SESSION LABEL OSIS+ SCHWARZKOPF PROFESSIONAL

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Pull PEPE JEANS Pantalon ELEVEN PARIS Chaussures ZADIG & VOLTAIRE

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Salopette MONKI Boots MUSETTE


Chemise ELEVEN PARIS Pantalon MKT STUDIO Boots MUSETTE

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Tee-shirt homme AMERICAN VINTAGE Pantalon APRIL MAY Boots MUSETTE

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Top, pantalon et ceinture AKRIS Chaussures ZADIG & VOLTAIRE

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Manteau PASCAL MILLET Pull col roulé AMERICAN VINTAGE Pantalon GAT RIMON Boots MUSETTE


Manteau IRO chemise GAT RIMON pantalon PABLO chaussures ZADIG & VOLTAIRE

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Manteau LEON & HARPER Robe ZADIG & VOLTAIRE 137


RENCONTRE ALICE DAVID Alice David fait partie de ces jeunes actrices françaises qui ont le vent en poupe en ce moment. Belle et talentueuse, on a pu la retrouver à l’affiche de plusieurs comédies ces derniers temps et cela n’est que le début ! Entre « Les Profs », « Les Francis », « Babysitting »... Alice semble avoir en effet un faible pour les films drôles mais elle aimerait également se tourner vers d’autres types de rôles. Ce qui est sûr, c’est que l’on va encore voir prochainement son joli minois sur grand écran et ce n’est pas pour nous déplaire ! Un père metteur en scène et une mère actrice, ta destinée était toute trouvée, non ? Est-ce que c’est eux qui t’ont encouragé dans cette voie ou bien est-ce que c’est venu de toi-même ?

Une fois les scènes parfaitement calées, lorsque la caméra tournait, toute l’équipe technique, ainsi que nous les comédiens, devions toujours être à l’écoute les uns des autres, et ça nous a beaucoup soudés.

C’est venu de moi-même, à petits pas. J’ai grandi en regardant mes parents travailler, fascinée par le travail de répétition. Je n’ai commencé le théâtre qu’au lycée, en terminale. Ca été une très belle aventure. J’ai alors continué dans cette voie, sans être sûre que ça me mène quelque part, mais en prenant de plus en plus de plaisir au fur et à mesure des projets. Puis j’ai commencé à décrocher des contrats de plus en plus sérieux et je suis entrée en école de théâtre. Je connaissais la réalité de ce métier, avec en tête le fait que ça aurait pu ne jamais démarrer. Aujourd’hui mes parents sont mes soutiens les plus forts, mais aussi les critiques les plus justes.

A ce jour, ta carrière cinématographique s’est tournée essentiellement vers la comédie. Comment envisages-tu la suite de ton parcours ? Est-ce que tu aimerais te tourner vers d’autres genres de films ?

Dernièrement, on t’a retrouvée dans le film « Les Francis », sorti fin juillet au cinéma. Quel est ton meilleur souvenir de ce tournage ? Il y en a beaucoup, mais je garde un très beau souvenir de la scène finale sur la plage. C’était nos derniers jours de tournage en Corse avant d’attaquer la partie à Paris. Tous les comédiens étaient réunis et l’émotion était palpable. C’était aussi le dernier plan de Claudia Cardinale et Jacques Dutronc, on a donc célébré ça sur la plage de Capo Di Feno une fois la journée de tournage terminée ! On te retrouve également dans le film « Babysitting » qui est sorti en DVD le 19 août dernier. Il semblerait que ce film soit très important pour toi. Est-ce que tu peux nous en parler ? Oui, en effet ! Babysitting a été une aventure de tournage forte, en petite équipe et essentiellement de nuit. Le travail demandait beaucoup de précision, car plus les images devaient avoir l’air amateur, plus ça devait être travaillé. Chaque « accident » était étudié et chorégraphié. Il n’y a eu de l’improvisation qu’au moment des répétitions. 138

J’ai pris beaucoup de plaisir à participer à des comédies, c’est un genre très difficile je crois, où rien ne doit être laissé au hasard. La rythmique en est la base et on apprend beaucoup.Cela dit, j’ai envie de me tourner vers de nouveaux genres, défendre des personnages plus durs, ambigus, d’émouvoir les gens différemment, mais sans pour autant abandonner la comédie. Après, je n’ai pas de feuille de route précise, j’évolue au gré des rencontres et je choisis toujours mes projets avec le cœur. Les seules règles que je m’impose sont que chaque nouvelle aventure ait une valeur ajoutée par rapport à la précédente. Quel est le rôle que tu aurais adoré jouer ? Je rêve toujours sur les personnages assez complexes qui provoquent un certain malaise chez les spectateurs, comme par exemple celui de Nathalie Portman dans Black Swan ou de Juliette Lewis dans Tueurs Nés. Celui de Veerle Baetens dans Alabama Monroe est magnifique, tout comme le personnage de Naomi Watts dans 21 grams. Ces personnages font grandir mes rêves d’actrice quand je les vois au cinéma. Il y a aussi les personnages masculins très forts comme celui de Matthias Schoenaerts dans Bull Head ou de Michael Fassebender dans Shame. Mais ces personnages sont ce qu’ils sont parce qu’ils ont été méticuleusement écrits et surtout parce qu’ils sont interprétés par ces acteurs précisément ; c’est là où toute la qualité d’un comédien s’exprime.


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Plusieurs actrices ont décidé de se mettre à la musique. Alors à quand le premier album d’Alice David ? La musique occupe une grande place dans ma vie, j’ai fait du violoncelle pendant plusieurs années. J’en écoute tout le temps, et elle me nourrit beaucoup, personnellement mais aussi pour mon métier. Je construis des playlists pour chacun de mes personnages. Mais pour le moment, mes seuls auditeurs sont mes voisins qui subissent mes coups de folies ! Je ne me ferme aucune porte artistiquement, je fais de la photo, je prends des cours de chant pour le plaisir, et si un jour je ressens le besoin de m’exprimer par un autre biais que le cinéma ou le théâtre je le ferai par quelque moyen que ce soit. Tu es assez active sur les réseaux sociaux, entre Facebook, Twitter et Instagram. Quel est ton rapport aux réseaux sociaux et avec tes fans ? En effet, je gère moi-même mes comptes Facebook Twitter et Instagram. Je suis assez active surtout depuis les deux promos pour Babysitting et Les Francis. Ça me permet de partager mon actu, mes coups de cœur et deux trois blagues avec mes followers, mais c’est important de ne pas y accorder trop de sérieux, et de rester au plus près de sa véritable image ! Publicités, court-métrages, long-métrages, on peut donc imaginer que tu es assez à l’aise devant une caméra maintenant. Et pour la photographie, comment cela se passe ? Maintenant je me sens véritablement à ma place sur un plateau de tournage, ce qui n’était pas toujours le cas au début de ma carrière. Mais il y a toujours un peu de trac, le temps de prendre ses marques avec les équipes, ou lors de scènes complexes. J’aime faire des photos, car ça me permet de montrer d’autres facettes de moi, des personnages dans lesquels on ne m’a pas encore vue, ou de porter des choses immettables dans la vie ! C’est comme sur un plateau de tournage, c’est un travail d’équipe. Il doit y avoir de l’alchimie pour un bon rendu. Si la confiance est là et l’échange riche, alors on est créatif ensemble et le résultat est productif. J’aime retravailler avec les mêmes équipes, construire des familles, que ce soit au cinéma, à la télévision ou en photographie. Outre tes talents de comédiennes, la presse et le public sont assez unanimes concernant ton physique plutôt très agréable. Est-ce que l’apparence est importante pour toi ?

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Je suis très flattée de lire ces critiques agréables, mais dans la vie de tous les jours, je ne m’en occupe pas énormément. Outre le travail d’acting pur, le physique fait partie intégrante du métier d’acteur, on doit faire avec sa gueule, faire avec ce qu’on dégage, et cela évolue avec la maturité et l’expérience. Alors au cinéma, elle ne m’appartient plus, elle est au service du personnage, du film et j’aime si elle va loin de ce que je suis dans la vie. Quel est ton rapport à la mode ? Est-ce que tu suis les dernières tendances ou bien est-ce que tu achètes plutôt selon ton humeur du moment, au feeling.... ? J’aime bien observer la mode, oser des nouvelles pièces. Mais j’aime quand ça ne se prend pas trop au sérieux. J’aime beaucoup mixer des pièces récentes avec du vintage. J’adapte mes tenues à ce que je vais devoir faire dans la journée. J’aime beaucoup marcher dans Paris, alors je choisis souvent le confort ! De manière générale, je pense qu’on doit remarquer la femme (ou l’homme) par ce qu’elle ou il dégage. La tenue est juste là pour mettre en lumière la personnalité et la silhouette, et non pas feindre une identité avec un look. Tu as prêté ta voix au personnage emblématique de Lara Croft dans le jeu vidéo Tomb Raider. Comment cette opportunité est-elle arrivée ? Est-ce que c’est une expérience que tu aimerais renouveler ? C’est l’équipe de Square Enix qui m’a contactée pour savoir si ça m’intéressait d’incarner la voix française de Lara Croft. Suite à ça, nous avons fait des tests voix qui ont été concluants. J’ai adoré me mettre dans la peau de ce personnage, qui passe par des états extrêmes. C’était quelque chose de nouveau, de travailler uniquement avec la voix et j’aurais plaisir à renouveler l‘expérience. On doit te souhaiter bon courage ? Ah c’est adorable ! Peut-être pas bon courage, parce que c’est souvent ce qu’on souhaite aux personnes qui vont s’attaquer à quelque chose de très laborieux, voire de pénible, alors que pour ma part, c’est un bonheur de me lever tous les matins pour faire ce que j’aime, donc ce serait plutôt me souhaiter folle, bonne et longue route !

Propos recueillis par Enrique Lemercier

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POSE MUSICALE MUSICOTHÉRAPIE par Enrique Lemercier Je ne sais pas si c’est la grisaille et le froid, ou bien l’approche des fêtes de fin d’année, mais on dirait que le spleen fait des ravages en ce moment. J’en suis presque arrivé au point d’hésiter à demander à quelqu’un que je salue s’il va bien. Alors si vous aussi vous allez mal, j’ai deux solutions à vous proposer : la première c’est d’appeler Caroline Dublanche. L’inconvénient, c’est qu’il faut avoir le courage de dévoiler votre vie privée aux auditeurs de France Inter ! Alors pour les plus timides d’entre vous, je vous ai préparé une sélection musicale qui devrait vous rebooster. Parce qu’à chaque problème, sa solution, en chanson.

« Flawless », Beyoncé Beyoncé est talentueuse, elle enchaîne les tubes, elle remplie les salles un peu partout dans le monde... Mais ce n’est pas tout, notre Queen B est belle, même quand elle danse chez elle en survêtement ou en slip pour son clip. Elle est d’ailleurs tellement belle qu’elle se réveille sans aucun défaut. Alors une fois que vous aurez intégré le fait que ça, c’est seulement possible quand on s’appelle Beyoncé, vous écouterez cette chanson de bon matin, ça vous mettra de bonne humeur et vous vous direz même qu’au final, au réveil, vous n’êtes pas si mal que ça ! Et puis vous au moins, je suis sûr que vous vous n’êtes jamais coincé les cheveux dans en ventilateur !

« Black Belt », John Grant Cette chanson, je l’ai découverte il y a quelques jours en regardant un épisode de la série « Looking » et ce fut un vrai coup de foudre musical. Le contraste entre la voix de John Grant, aux accents crooner et le rythme 80’s de ce titre fonctionnent très bien. Alors pour le coup, ce n’est peut-être pas du tout objectif mais moi, cette chanson me met la pêche en toute circonstance, alors foncez !

« Bang bang bang », Selena Gomez & The Scene Une rupture douloureuse ? Vous avez toujours un petit pincement quand vous pensez à votre ex ? Ne vous inquiétez pas, Selena Gomez est là ! Oui, on sous-estime trop souvent le pouvoir des chanteuses américaines pour ados. En écoutant ce titre, vous aurez la confirmation que la séparation avec votre ex était une bonne chose et que le nouveau n’a vraiment rien à envier à l’ancien. En écoutant les paroles, vous n’aurez qu’une seule envie, c’est de poster la chanson sur Facebook, comme ça, l’air de rien. Après tout, ce n’est pas parce que ça parle d’un nouveau petit ami qui est beaucoup mieux que le précédent que ce dernier va se sentir visé, non ?

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« Pressure », My Brightest Diamond C’est avec ce titre que j’ai découvert My Brightest Diamond et je crois qu’’il est entré directement dans le top de mes chansons préférées pour l’année 2014. Cette voix hors du commun, cette mélodie qui évolue au fil des secondes, comme si il y avait plusieurs chansons en une mais tout en restant cohérent... Bref, c’est beau, c’est entraînant et putain (pardon !), qu’est-ce que ça fait du bien d’écouter un titre qui ne ressemble à rien de ce qu’on avait entendu jusqu’à présent ! Voilà, c’est ça, je ne savais pas vraiment à quel problème faire correspondre « Pressure » et bien c’est tout simplement pour les amateurs de musique qui se sentent frustrés et qui sont en quête de vraies nouveautés. Un nouveau « son » comme diraient les « zicos » ! « Jeune fille garnement », Yelle Non non, ce n’est pas parce que Yelle est en couverture de ce numéro qu’elle se retrouve dans cette sélection. C’est simplement parce que son album est une vraie bouffée d’oxygène et particulièrement ce titre. Allez savoir , mais j’éprouve un plaisir particulier à l’écouter lorsque je suis dans le métro. C’est donc la chanson parfaite pour vaincre la morosité des transports en commun. Le seul problème, c’est que si je me laisse aller, je me mets à marcher au rythme de la musique dans les couloirs du métro et bizarrement, un mec qui marche de manière militaire tout en chantant « Jeune fille garnement, sûrement nue sous ses vêtements... », ce n’est pas toujours très bien vu !

« Anaconda », Nicki Minaj Si on oublie la pochette du single et le clip un peu douteux et que l’on se concentre sur la musique, on ne peut que aimer ce titre. Perso, c’est avec Anaconda que j’ai commencé à aimer Nicki Minal. Dans quelle circonstance écouter ce titre ? Moi je me souviens d’une période où tout le monde était en vacances et que je me suis retrouvé seul au bureau. Je me suis pris alors de passion pour cette musique et j’ai décidé de partager cet engouement en envoyant des snapchats chorégraphiés à mes amis. Ca passe le temps, ça divertie et ça fait beaucoup rire mes amis, alors à vos smartphones, on attend vos chorés !

« Paradis perdus », Christine and the queens Si vous lisez Pose Mag régulièrement, vous aurez bien compris que nous sommes fan de Christine and the queens depuis la première heure. Il faut dire que sa musique et plus particulièrement ce titre « Paradis perdus », font toujours du bien. Que l’on soit dans un mood un peu tristoune ou bien de bonne humeur, Christine a le don d’être la parfaite accompagnatrice musicale. C’est sans doute cela la « chaleur humaine ». Exemple confirmé à nouveau avec « Paradis perdus », sans doute accentué par le paradoxe provenant dans le fait d’avoir mêlé avec succès du Christophe à du Kanye West. Il fallait oser mais c’est brillamment réalisé.

« Shake it off », Taylor Swift Pour finir, je vous aurais bien parlé des vertus de ce titre, parce qu’on a beau dire mais elle assure quand même la petite Taylor... Mais non, non, non. Puisque MADAME a voulu se retirer de Spotify, je décide à mon tour de la boycotter !

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CAMÉLIA JORDANA PHOTOGRAPHE : RACHEL SADDEDINE STYLISME : TATIANA DUMABIN ASSISTANT : MARVIN LATOURNALD MAKE UP : NADIA WICKER HAIR : BENOIT GUINOT REALISATION : ENRIQUE LEMERCIER LIEU : HÔTEL BAUME À PARIS

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Top et jupe MORGAN Boots MINNA PARRIKA Boucles d’oreille HELENE ZUBELDIA 145


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Veste zébré ETAM Combinaison TARA JARMON Bottines THOMAS LIEUVIN Boucles d’oreille HELENE ZUBELDIA Pochette MELLOW YELLOW


Veste et T-shirt LA COMEDIE HUMAINE Jupe AS I AM Escarpins MELLOW YELLOW Collier HELENE ZUBELDIA

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RENCONTRE CAMÉLIA JORDANA Bien que souvent critiqués, les télé-crochets sont parfois des vrais révélateurs de talent. La preuve avec Camélia Jordana, que vous avez pu découvrir en 2009 dans La Nouvelle Star. Même si elle n’a pas été finaliste de l’émission, elle a fait mieux puisqu’elle a embrassé une carrière de chanteuse avec succès. Pour preuve, elle est de retour depuis la rentrée avec un nouvel album intitulé « Dans la peau ». Un disque dans lequel la chanteuse s’est vraiment impliquée puisqu’elle s’est adonnée également à l’écriture. Un nouvel exercice vraiment réussi qui prouve que la jeune chanteuse n’a pas fini de faire parler d’elle. La rentrée a été chargée pour toi puisque tu as fait ton retour avec un nouvel album intitulé « Dans la peau ». Comment te sens-tu, maintenant que l’album est dans les bacs depuis plusieurs semaines ? Soulagée ? Soulagée et très occupée, donc je n’y pense pas tant que cela. J’ai beaucoup travaillé pour un opéra contemporain aux Bouffes du Nord pendant un mois et demi, à présent je suis focus sur mon spectacle, donc sur ma musique en live, mes musiciens et le partage avec le public dans quelque chose de plus concret. Est-ce que tu es satisfaite des réactions du public et de la presse vis à vis de cet album ? D’ailleurs, est-ce que tu prêtes attention aux parutions qui sont faites à ton sujet ou bien est-ce que c’est quelque chose que tu préfères éviter ?

Je ne sais pas, j’aime tous les morceaux de cet album, j’adore chanter Ma Gueule, je trouve l’arrangement de Comment lui dire parfait et Berlin est une chanson d’une beauté rare. Les sonorités sont très diverses parmi les 12 titres et les 2 bonus qui composent cet album. On passe de ballades à de la pop, en passant par du disco aux allures futuristes. Tu es donc devenue une touche-à-tout ? Le défi pour cet album était de réussir à faire quelque chose de très recherché tout en gardant ce côté populaire du premier. Et il fallait en plus faire avec l’évolution artistique de mes goûts pendant ces quatre années.

Je suis très heureuse des retours tous très positifs de la presse ! Après pour celui du public je ne sais pas, nous verrons cela en tournée, je ne juge pas l’accueil du public pour mon album au nombre de singles vendus sur iTunes mais plus à leur présence dans les salles de concert et à leur témoignages lorsque rencontre il y a. Pour l’instant nous n’avons fait que deux dates, l’accueil est très bon, nous verrons pour la suite.

Est-ce qu’il y a un style musique que tu affectionnes particulièrement mais que tu n’oserais pas aborder en tant que chanteuse ?

Pour ce disque, tu as travaillé à nouveau avec Babx mais tu t’es beaucoup plus impliquée puisque tu es également auteure et compositrice. Pourquoi ce choix ? Etait-ce pour livrer un disque plus personnel à ton public ?

James Blake.

Après mon premier album j’étais en tournée avec Babx et son groupe, nous parlions donc du deuxième album depuis quatre ans, c’était très évident de faire cela avec eux. Puis j’ai commencé à écrire des chansons, mon entourage artistique m’a beaucoup encouragé et cela faisait donc sens de les mettre dans l’album et que mes chansons soient le squelette de mon album. 152

Quel est le titre que tu préfères sur ce disque et pourquoi ?

LE R&B !!! D’ailleurs, elle écoute quoi Camélia Jordana en ce moment ?

Tu as fait quelques apparitions au cinéma. On a d’ailleurs cru que tu voulais te diriger vers une nouvelle carrière. Comment ces opportunités sont-elles arrivées ? Est-ce que c’était quelque chose dont tu rêvais ? C’était un vrai désir que j’avais depuis toujours, j’ai fait quatre ou cinq ans de théâtre plus jeune. J’ai rencontré mon agent qui a bien voulu travailler avec moi, de là j’ai passé des castings et eu certains rôles.


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Donc si je tu devais choisir entre cinéma et musique, ça serait la musique ? J’aimerais n’avoir jamais à choisir ! Tu as débuté une tournée en France et tu seras en concert le 15 décembre au Bataclan. La tournée pour le premier album a duré deux ans. Tu te sens donc totalement à l’aise sur scène maintenant ? Non, chaque nouveau projet est un nouveau défi, que ce soit pour mon projet ou non d’ailleurs. Pour ce spectaclelà, j’ai voulu avoir un format un petit peu particulier, il y a toujours du travail, c’est ce pourquoi j’ai demandé à Guillaume Vincent de venir sur le projet pour m’aider à rendre tout cela cohérent. Quelques questions issues de paroles de ce nouvel album pour en savoir plus sur toi... « Attendons-nous l’hiver pour nous aimer jeune homme ». Tu es donc plutôt le genre de fille amoureuse au coin de la cheminée plutôt qu’adepte de l’amour de vacances à la plage ? Vraiment les deux ! Ça dépend de la période de l’année... « Il y a des fois où tu te sens seule et où tu as peur de ta gueule ». Et maintenant, ça va mieux ?

L’album de Camélia Jordana « Dans la peau » est disponible depuis septembre 2014

Cette chanson ne parle pas de moi, mais d’une scène raciste à laquelle j’ai assisté dans le métro. Mais je me sens très bien entourée dans la vie et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ! « Je décris des dizaines d’humeurs quotidiennes ». Et toi, tu es plutôt d’humeur constante ou changeante ? Super changeante, heureusement ! « Brigitte dit vrai » mais toi, tu as dit toute la vérité dans cette interview ? I swear to God ! Pour finir, que peut-on te souhaiter pour cette fin d’année ? De bonnes fêtes, un gros merde pour Le Bataclan et un bon lancement de tournée !

Propos recueillis par Enrique Lemercier

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SHOPPING LE COSTUME,

UN INVESTISSEMENT À LONG TERME

Par Enrique Lemercier

Vous avancez dans l’âge, vous avez déjà un pied dans le milieu professionnel, votre carnet d’adresse commence à s’étoffer et les invitations aux premières soirées et événements commencent à arriver ? Sans avoir besoin d’une boule de cristal (je laisse cela à notre très chère res ponsable de la Pose Astrale), je sens la célèbre question pointer le bout de son nez : « Mais qu’est-ce que je vais mettre à cette soirée ? ». Je crois hélas que vous n’allez pas à avoir le choix messieurs, il va falloir investir dans un costume. Alors oui, cela va faire un petit peu mal au début et votre banquier risque de ne pas apprécier, mais il faudra bien lui expliquer qu’un costume, cela se garde très longtemps et surtout, que c’est un achat rentable puisqu’il peut vous aider à décrocher un job, une promotion, à être bien vu en soirée... Et surtout, il peut être porté à diverses occasions, il suffit simplement de l’accorder avec des pièces classiques ou plus casual ou stylées, selon le look que vous souhaitez arborer. La preuve avec ces deux tenues élaborées autour d’un même costume.

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Veste de costume en laine mélangée THEORY - 575 € / Pantalon de costume coupe slim en laine mélangée THEORY - 235 € Chemise blanche slim fit GUCCI - 240 € / Chaussures en cuir LANVIN - 425 € / Sac Un jour Venezia en cuir BERLUTI - 2290 €


Veste de costume en laine mélangée THEORY - 575 € / Pantalon de costume coupe slim en laine mélangée THEORY - 235 € Lunettes THOM BROWNE - 720 € / Sweat manches courtes LANVIN - 295 € Montre SHINOLA - 800 € / Chaussures en cuir SAINT LAURENT - 795 € / Sac à dos MARC BY MARC JACOBS - 115 €

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MY BRIGHTEST DIAMOND 158


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INTERVIEW MY BRIGHTEST DIAMOND

My Brightest Diamond est le nom du projet musical menée par Shara Worden. La chanteuse américaine, qui écrit également les titres est une sorte d’ovni dans le paysage musical international. Bercée par de nombreuses influences, ses albums évoluent au fil des ans et c’est à chaque sortie une véritable remise en question pour l’artiste. A la rentrée, elle a fait son retour avec un nouveau disque intitulé « This is my hand ». Une main que Shara a bien voulu nous tendre lors de notre rencontre avec elle dans les coulisses du Badaboum, juste avant qu’elle monte sur scène pour son dernier concert parisien en date. Rencontre avec une femme d’une extrême douceur et gentillesse et avec une artiste talentueuse qui une fois sur scène, devient totalement habitée et qui nous délivre une voix impressionnante ! Entrons directement dans le vif du sujet, tu es de retour avec un nouvel album propulsé par le single « Pressure », un titre aussi surprenant qu’efficace. Cela a été un véritable coup de cœur pour nous. Peux-tu nous raconter comment est né ce morceau? (rires) J’ai compté les mesures d’Applause de Lady Gaga, c’est quelque chose que je n’avais jamais fait auparavant, je cherchais un sentiment et je ne trouvais pas ce que ce sentiment était réellement. L’album était quasiment terminé, mais j’avais cette idée et envie d’une parade arrivant et entourant le public. Donc je cherchais vraiment cela, un morceau capable de rassembler toutes ces idées et un morceau fort. Donc j’ai entendu Applause et j’ai vraiment aimé. Donc je me suis mise à compter les mesures et j’ai fini par ne plus m’en soucier, car je ne voulais pas coller à cette construction, mais ce titre a réellement été la source d’inspiration pour Pressure. J’ai écrit ce morceau en deux jours et il a été enregistré le troisième jour, donc cela a été assez rapide. Tu as déclaré que ce nouvel album « This is my hand » était un retour aux sources, en revenant à l’idée fondamentale de la fonction de la musique. Pourquoi ce choix ? Et cela ne t’a-t-il pas paru risqué ? L’industrie de la musique a tellement changé et cela de manière dramatique depuis mon dernier album. Donc je pense que maintenant, lorsqu’on enregistre un album, on doit se demander ce qu’on fait, parce que le public n’achète et n’écoute plus les disques de la même manière que lorsque j’étais plus jeune. 160

En tant que musicienne c’est difficile de voir ces changements, tous ces studios qui ferment à New York par exemple, de voir ces ingénieurs du son vraiment talentueux au chômage du jour au lendemain. Il faut donc avoir beaucoup d’espoir dans son art pour aller enregistrer maintenant. Il s’agissait pour moi de regarder vers l’avenir, d’avoir ce sentiment d’espoir. J’avais ces expériences dans cet orchestre à Détroit où je vivais, dans cette chorale à Dublin pour le solstice d’été, etc. Tous ces exemples avaient pour moi une réelle signification de ma vision de la musique, je me suis également renseignée sur l’histoire de la musique, c’est comme cela et par ce chemin-là que ça a commencé. Peut-on donc dire que ce disque a un côté musique expérimentale ? Pour moi, chaque album doit répondre à des questions. Le premier album abordait la perte d’une relation, car la personne est décédée, donc l’album aborde le thème du deuil principalement, c’était un groupe de rock avec des instruments à cordes. Dans le deuxième album, je voulais ajouter mes influences classiques, par exemple Debussy, Ravel et tous ces artistes majeurs de la musique classique qui font partie de ma culture, je voulais intégrer leurs influences dans une structure plus populaire, plus moderne et je voulais savoir jusqu’ou je pouvais étendre ma voix dans cette structure plus populaire, si on peut toujours l’appeler musique pop. Je pense que le deuxième album est sûrement le moins accessible ou le moins pop de mes albums, parce que j’expérimentais la forme, je cherchais un développement de mélanges.


Pour le troisième, j’étais fatiguée d’essayer de faire matcher la batterie, les violons et la guitare électrique ensemble, parce que c’est très difficile, la batterie et la guitare électrique sont des instruments forts, qui se développent de manière bruyante alors que les violons se développent de manière plus subtile. J’ai donc pensé à faire un album dans le genre « musique de chambre », beaucoup plus classique, car je fais beaucoup de concerts dans des salles dédiées à la musique classique qui ont des acoustiques spécifiques. Donc le troisième album est pour moi de la musique pop, mais plus une pop américaine car il y a énormément d’influences US qui ont amené à la composition de cet album, mais il s’agit plutôt d’un album acoustique. Et donc le quatrième album est plutôt pour les festivals, et pour que le public appréhende au mieux les émotions que j’ai voulu y faire passer. Quand je compose, je ne pense pas au style de la musique, mais aux lieux, aux émotions.

On le disait précédemment, tu t’es interrogée sur la vraie valeur de la musique. Alors si je te donne des noms comme Ariana Grande, Nicki Minaj, ou Katy Perry, est-ce que cela te donne des frissons d’horreur ? J’aime beaucoup MIA, j’aime l’idée de penser à la personne de Lady Gaga, je n’écoute pas forcément sa musique, mais sa personne, ce qu’elle représente, cette mise en scène permanente de son personnage public. Ce que fait Lady Gaga, c’est du théâtre, du théâtre musical. Ces personnes sont fascinantes pour ce qu’elles représentent dans l’environnement social. Cette musique est de loin moins en rapport avec la musique qu’en rapport avec le contenu social qu’elle représente et ce contenu social est très intéressant pour moi.

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Mais j’écoute beaucoup Beyoncé qui a des morceaux ultra produits, j’écoute beaucoup de musique pop, mais pour moi, il s’agit plus du contexte social de leurs musiques plutôt que de musique à proprement parler. La musique et les instruments ont une grande importance dans ce nouvel album. Sur scène, comment cela se traduit-il ? Es-tu accompagnée de beaucoup de musiciens ? Chaque concert est tellement différent ! Hier soir à Amsterdam on a joué avec un quartet de cordes. Quand j’ai commencé la tournée, mon batteur a dû subir une opération, alors j’ai dû faire des dates en solo, alors que l’album est basé sur le rythme de la batterie. J’ai donc dû trouver une solution pour pallier à son absence, ça ressemblait un peu à du karaoké, mais certains concerts sont joués en duo, certains sont joués avec des instruments à vent. A Glasgow on a pu avoir un orchestre de trente personnes, donc ça dépend de la ville et des occasions, c’est vraiment différent à chaque fois. Au même titre que ta musique, on peut dire que ton style est aussi atypique. Est-ce que l’image est aussi importante pour toi que la musique ? 162

Je pense que l’image va de pair avec la musique, je ne sépare pas les choses, je pense que le style est un reflet de la musique et vice et versa. Notamment avec les clips vidéos qu’on a faits dans le passé. La plupart était des vidéos de moi avec un pistolet à colle, créant des costumes ou des objets. On ne met pas autant de ressources financières dans nos clips que dans la musique, ça ne signifie que les vidéos ne sont pas importantes pour moi, mais à la fin de la journée, il s’agit de ce que tu as accompli et parfois c’est à l’aide d’un pistolet à colle. Ceci dit, l’artwork de cet album et les photos ont été réalisés par un artiste avec qui je voulais travailler depuis très longtemps, donc je suis très heureuse et fière du résultat de cette collaboration. Il nous arrive régulièrement de réaliser des séances photo mode avec des artistes dans notre magazine. Si nous avions eu le temps de le faire avec toi, qu’aurais-tu aimé que l’on te fasse porter ? J’aime les vêtements qui te font penser à trois choses en même temps, je pense que ce qui est intéressant c’est une idée d’influences et d’association différentes. Ça m’intéresse plus que de me dire « c’est une jolie robe ».


J’aime qu’on s’interroge, qu’on ne sache pas vraiment ce que cela représente, j’aime que l’on confonde un oiseau, une usine, un flocon de neige. Si ça interroge, si ça interpelle ou fait appel à l’imagination de chacun, je trouve cela beaucoup plus valorisant. Est-ce qu’il y a un créateur en particulier que tu adores? J’aime les créations de threeASFOUR, une marque basée à New York, les créations de Gareth Pugh et j’aime également Rodarte. Je ne sais pas ce que tu en penses mais nous, on te verrait très bien dans des créations qu’a pu faire Alexander McQueen par exemple… Alexander McQueen était très, très spécial, j’ai pleuré pendant de longues heures quand j’ai appris son décès, c’était tellement triste, tellement tragique…

A ce même moment, nous avons perdu l’un des membres de ma famille, et donc j’avais l’impression d’avoir ce secret très spécial, très mystérieux et magique. Je ne pouvais évidemment pas confié ce secret, et donc j’ai écrit cette chanson qui est dans le deuxième album The Diamond et qui dit « you are the brightest diamond hiding in my pocket » et plus tard on cherchait un nom de groupe et mon partenaire m’a dit « oh, My Brightest Diamond ! » parce que je voulais que le nom soit une identification visuelle, un nom visuel. J’ai tout de suite aimé, on ne s’est pas appelé ainsi sur le premier album, ni le deuxième, mais j’avais déjà écrit cette chanson, donc My Brightest Diamond s’est imposé tout seul.

Propos recueillis par Alexandra Le Fur et Enrique Lemercier

Revenons à la musique, avec quel artiste adorerais-tu enregistrer un titre et pourquoi ? Crédit photos : François Berthier pour Pose Mag Tu sais avec qui je pense qu’il serait terriblement amusant de chanter ? C’est Morten Harket du groupe A-HA ! J’avais le béguin pour lui, je pense que ce serait très amusant. Un album récent ou même sorti il y a quelque temps déjà que tu écoutes en boucle en ce moment ? Tim Fite qui a écrit un album sur la manière dont on utilise internet sur nos téléphones, ça s’appelle « iBeenHacked », quand c’est sorti je l’écoutais de manière quasi obsessionnelle. Et un plus ancien dont tu ne te lasses pas ? Thriller! Ou Sign o’ the Times de Prince. Je l’écoutais à Berlin et je ne pouvais pas aller me coucher tant que l’album n’était pas terminé. Mais je ne peux pas imaginer la musique sans Thriller non plus, je ne sais pas, les deux sont majeurs. Bon, allez, c’est un peu facile et on a dû te poser la question très souvent mais avant de te laisser monter sur scène, peux-tu nous expliquer pourquoi avoir choisi le nom « My brightest diamond » ? Oh ! Quelle partie de cette longue histoire vais-je te confier ? Pourquoi ai-je choisi ce nom ? Il y a un diamant qui est arrivé dans ma famille d’une manière très mystérieuse et nous ne pouvions pas en parler pendant très longtemps.

L’album de My Brightest Diamond « This is my hand » est disponible depuis septembre 2014

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POSE ASTRALE Bélier Belles dents, beaux cheveux, joli menton, front lisse. À s’attarder sur des détails, en effet, vous n’êtes pas trop mal. Mais dès qu’on dézoome un peu, c’est la débandade. Votre vie n’a pas dû être facile tous les jours. Mon conseil : Un masque de Jacques Chirac. Amour : ni gloire, ni beauté.

Taureau On m’a dit que vos problèmes d’érection étaient résolus. Vous m’en voyez ravie ! Quel dommage que personne ne veuille de votre petit oiseau vigoureux. Mon conseil : Investissez dans un Fleshlight. Amour : Sur les tubes, uniquement lorsque votre connexion SFR Wifi FON vous le permet. Tristesse.

Gémeaux Vous avez touché le fond de la piscine dans votre petit pull marine ? C’était du cachemire et le chlore l’a rongé ? Mon conseil : avant de toucher le fond, descendez à reculons. Ça ne vous rendra pas votre dix fils, mais ça sera rigolo à regarder. Amour : Ne faites plus le coup de la star qui a toujours ses coups de cafard.

Cancer Votre goût prononcé pour la cuisine épicée finira par courroucer votre système digestif. C’est un coup à finir vos rancards aux toilettes pour les mauvaises raisons. Mon conseil: investissez dans du Smecta et abandonnez-vous aux joies des aliments fades. Amour : Votre douce moitié a intérêt à être gastro-entérologue.

Lion Vous ne connaissez qu’une blague, « la mort ou tchitchi ». Ca faisait marrer tout le monde en 1991, mais il faudrait songer à changer de registre. Mon conseil : Mettez-vous au haïku. Amour : Non, vous ne chopperez pas en lui demandant de venir « chercher bonheur avec Chico ». La coupe du monde est finie et les années 2000 également.

Vierge Depuis qu’on a découvert que c’était vous qui aviez lancé la mode « Bingo » sur Slate, tout Twitter veut votre peau. La bonne nouvelle étant qu’entre-temps, on a réussi à identifier le mec qui a popularisé « is the new » à toutes les sauces. La grogne vous épargnera. Mon conseil : restez loin d’Internet. Amour : Grosse cote avec les étudiantes du Celsa, profitez-en (ça ne durera pas).

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Horoscope librement sorti de la boule de cristal de Marine Revel Illustrations par Sess / http://10placeducolonelbourgoin.blogspot.fr/

Balance À chaque fois qu’on vous dit « Ça fait longtemps qu’on ne t’avait vu », vous pensez « J’étais là samedi dernier » très fort, avant de vous raviser pour un « Ouais, j’ai été hyper occupé ». Mon conseil : Portez des vêtements jaunes et rouges. Amour : Pas avec ces vêtements, c’est certain.

Scorpion C’est cruel de faire croire à vos connaissances Balance que vous ne vous souvenez pas les avoir déjà vues, alors qu’elles étaient là samedi. C’est de votre faute si elles ne s’habillent plus qu’en jaune et rouge désormais. Et un peu de la mienne…Mon conseil : Ne vous étonnez pas si un jour on vous répond « C’est normal, tu étais encore ivre à 17h ». Amour: L’alcool et la cigarette diminuent l’afflux sanguin et provoquent l’impuissance.

Sagittaire Si j’étais vous (Dieu merci, tel n’est pas le cas), je miserais tout sur autre chose que votre physique. Sachant que ça ne pourra être ni votre esprit, ni vos compétences au lit, il vous reste le scrabble. Mon conseil : Conservez toujours un U pour sauver votre Q. Amour : Hasbro vous a livré un plateau sans mot compte triple pour vous troller.

Capricorne Une canette de Coca contient sept morceaux de sucre. Ne serait-il pas temps de ralentir un peu sur tout ce qui concerne le soda et de vous mettre aux eaux infusées ? Mon conseil : des mûres et du basilic, de l’eau de source, quelques heures au frigo. Amour : Ah…Trop tard!

Verseau Vous avez encore rendu votre horoscope à la dernière minute et vous vous en voulez, mais vous vous demandez combien de temps va s’écouler jusqu’à sa publication. Connaissant l’emploi du temps du patron, vous vous dites que vous avez le temps et allez fumer une petite clope. Mon conseil : NE PRESSEZ PAS LA BILLE MENTHOL! Amour : Oui, volontiers.

Poissons Toujours pas.

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Pose Mag n°20. En couverture : Yelle Et à l'intérieur : Des séances photos et interviews d The Dø, Angus & Julia Stone, Camille Cottin, Pal...

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