PILOTPRESS THE MAG AGENCY
POURQUOI
SOYOUZ
EN GUYANE ? LES DESSOUS D’UNE ETRANGE AFFAIRE POLITIQUE ET STRATEGIQUE
POURQUOI
SOYOUZ
EN GUYANE ?
PREMIERE SORTIE HISTORIQUE D’UN LANCEUR SOYOUZ HORS D’EX UNION SOVIÉTIQUE Clin d’oeil narquois, le cameraman détaché par le Ministère de la Défense russe, arbore un tee-shirt “Back to USSR”
DES RUSSES EN GUYANE FRANÇAISE ? Aux pieds de leur éternel lanceur Soyouz, missile pointé vers l’espace et planté dans le dos du spatial Européen. Arianespace claironne les grandes œuvres à bâtir sur cette première pierre. Sous les vivats officiels, les grincements du moteur sont priés de faire sourdine. Fin d’une très longue partie d’échecs. Ils sont là. Ils la voulaient. Ils l’ont eu. Via Arianespace, à défaut d’avoir marché sur la lune, le 20 octobre prochain, les Russes auront enfin conquit leur Amérique. C’est un succès. Défense d’entrer. REPORTAGE SÉBASTIEN DI SILVESTRO PHOTOGRAPHIE SÉBASTIEN DI SILVESTRO / STÉPHANE CORVAJA (ESA)
Pas de tir Soyouz à Baïkonour - Kazakhstan Caractéristique : des carneaux gigantesques typiques de la grande ère spatiale soviétique.
Cérémonie rituelle de présentation du lanceur à Baïkonour
Pas de tir Soyouz à Kourou - Guyane française On retrouve les mêmes carneaux en dépit de l’existence de méthodes de construction plus avancées. La volonté russe de tout reproduire à l’identique malgré un sol granitique a engendré 2 ans de retard
La cérémonie rituelle est reprise à l’identique à Kourou bien qu’il s’agisse d’un lancement Arianespace
Dhabi, du 13ème bataillon de chasseurs Alpin, en poste devant le CSG, partie visible d’un imposant dispositif pour assurer la sécurité de Soyouz.
Par Sébastien DI SILVESTRO
K
ourou, Centre Spatial Guyanais, Ensemble de Lancement Soyouz (ELS). 120 hectares de barbelés « russes » plantés dans les 70.000ha de barbelés européens. Le 29 avril, sous le soleil bagnard de la Guyane, débutait la semaine de test décisive d’une Soyouz nouvelle version, en Europe Sud américaine… Les portes du MIK (Bâtiment d’assemblage de Soyouz) s’ouvrent béantes sur le lanceur de légende. L’héritier des V2, la fierté de la guerre froide, le lanceur de Spoutnik, Leïka et Gagarine défile à nouveau à la Une de l’Histoire sur 650 mètres de rail, vers son nouveau pas de tir. Autour, les équipes de casques rouges des ingénieurs en chefs de Roscomos s’affairent avec autorité. Tandis que les drapeaux russes s’affichent à tous les bras de chemises, ceux des partenaires européens flottent vaguement au loin. En lignes serrées, les techniciens saluent silencieusement le passage de Zemiorka, leur petite septième, comme si l’ancien hymne rouge résonnait encore. Même le
Pilot Press feature n° : PP01120511
BAÏKONOUR, 2008, IGOR BARMIN REND COMPTE DES AVANCÉES DU PROJET SOYOUZ GUYANE À JEAN YVES LEGALL, ASSIS AU CENTRE SOUS LA PHOTO DE YOURI GAGARINE
caméraman détaché par le Ministère de la Défense russe arbore un tee-shirt « Back to URSS » en un clin d’œil narquois fait à l’histoire autant qu’à l’assistance. Igor Barmin, le responsable de la construction du pas de tir, fils de l’illustre Vladimir Pavlovich Barmin, constructeur général de tous les pas de tir Soyouz, un héros de l’Union Soviétique, félicite d’une poigne de fer Dimitri Baranov le chef des opérations de lancement russe. Ces hommes sont indiscutablement aux commandes. Les personnels d’Arianespace, le client et cheval de Troie de cette collaboration aux implications hautement stratégiques, assistent aux manœuvres en quasi spectateurs. Hormis l’immense portique de protection du lanceur, seule véritable concession
russe de ce chantier pharaonique, les opérations se déroulent à l’identique d’un Baïkonour brutalement cloné en France tropicale.
« UNE AFFAIRE TRÈS PROFITABLE »
1
0 ans et d’âpres négociations pour arriver à ce résultat. Mais pour comprendre les mécanismes à l’œuvre, il faut boucler sa ceinture et sortir de l’atmosphère. Attention, décollage. Si l’histoire fait remonter à De Gaulle 1966, la paternité morale de cette collaboration pionnière, en pratique, elle se situe plutôt sous l’ère Chirac, au surlendemain de la chute de l’URSS, en 1996, où il fît une visite en Russie qui rapporta quelques 600 millions d’Euros à Airbus et vit la même
LES DRAPEAUX RUSSES S’AFFICHENT PARTOUT. CEUX DES PARTENAIRES EUROPÉENS, VAGUEMENT, AU LOIN. EN SILENCE, LES TECHNICIENS SALUENT LE PASSAGE DE LEUR ANCIENNE GLOIRE, SOYOUZ
année la création de l’Agence Franco-Russe visant a commercialiser Soyouz : Starsem. François Fillon, alors Ministre chargé de l’Espace accompagna JeanYves Le Gall, futur PDG d’Arianespace et de Starsem à Moscou. Avec les coûts de location de Baïkonour au Kazakhstan, Roscomos lorgnait déjà sur le pas de tir équatorial de la France qui lui permettrait d’augmenter sa capacité d’emport en passant de 2 tonnes à 3 tonnes. L’aéronautique Européenne, cherchant un allié contre le concurrent Boeing, trouva à Moscou une oreille attentive, des terrains d’échanges, autant qu’une méthode de négociation éprouvée. Resterait à convaincre l’Agence Spatiale Européenne et le Centre National d’Etude Spatiale (le fabricant d’Ariane alors qu’Arianespace n’a été créée à l’origine que pour commercialiser Ariane). Les deux agences ne voyaient pas clairement l’intérêt
d’installer sur leur sol un concurrent direct et archaïque à leur lanceur Ariane IV en fin de vie et à la futur Ariane V. Débute alors une âpre phase de négociations menées par Arianespace. En 2001, Jacques Chirac promet aux Russes la construction du pas de tir même si les agences européennes font trainer jusqu’en 2002 et refusent catégoriquement de prendre en charge ce financement. L’ancien président du CNES, Gérard Brachet déclare alors « qu’en dessous de 2 lancement Soyouz par an, le marché d’Ariane 5 ne serait pas cannibalisé et que les retombées seront positives pour Arianespace, justifiant un investissement de 100 millions de dollars pour le pas de tir. ». Pourtant, aujourd’hui, c’est un satellite Galiléo (un GPS européen faiblard, un financement européen pléthorique), premier d’une série de 4 à être tiré cette année par Soyouz qui s’avance sur le pas de tir. 2 1015 1 1 P i l oPti lPorte sPsr efsesa tfueraet unr°e :n °P PP0P10112 1 05
Les techniciens de Roscosmos, portant un casque orange, saluent le passage de “Zemiorka” . Les ingénieurs portent un casque rouge.
Pilot Press feature n° PP01120511
LES RUSSES ÉPROUVENT DES DIFFICULTÉS “ CULTURELLES” À LAISSER L’ACCÈS À LEUR LANCEUR, POURTANT PROPRIÉTÉ D’ARIANESPACE. De quoi faire pleuvoir les commentaires ironiques des opérateurs de la salle de contrôle Jupiter, reconvertie pour l’occasion en poste de douane pour limiter les éventuels débordements russes, et en salle de spectacle pour les « guests VIP ». Non seulement l’Europe ne se rentabilise pas elle même, mais Soyouz annoncé à l’origine autour de 20 millions d’euros la pièce, est aujourd’hui plus proche des 80… Sans oublier que le coût des installations financées exclusivement par l’Europe et en majorité par la France, s’élève à 344 millions d’Euros plus 121 millions empruntés par Arianespace à la Banque Européenne d’Investissement, encore garantis par le contribuable français... Les Russes ne sont plus communistes. La quote part travaux de 100 millions demandée à Moscou est revenue sous la forme d’un « niet » définitif avant de se convertir magiquement en « apport industriel ». En clair, l’Europe doit s’estimer contente de ne pas payer la recherche développement du lanceur quinquagénaire. Il faut dire que pour convaincre
l’Europe de se tirer une balle dans le pied, les Russes ont fait tourner de la roulette en signant d’abord un accord avec les Australiens puis menacé de poursuivre avec l’Américain Boeing, l’ « ennemi industriel » d’Airbus. Reddition inconditionnelle des Européens en 2003 et joie d’Arianespace dont la vérité est ailleurs, dans le capital. Malgré une assiette de papaye écarlate striée de filaments jaunes, le petit déjeuner s’annonce encore maussade pour la silhouette en retrait des grandes tablées. En regardant ses homologues russes par la fenêtre, sur fond de palmiers royaux, comme l’aboutissement d’une manœuvre grossièrement efficace, un haut cadre du CNES, miné, lâche la version coulisse : « Les Russes sont les meilleurs joueurs d’échec au monde, ils nous ont baladé du début à la fin du projet. Nous arrivions à Moscou avec une délégation de quelques personnes, déjà mandatées pour faire, pour acter. La partie était déjà jouée. Face à nous, 3 rangées de 15 Russes prêts à claquer la porte. Tout
DANS CE CADRE SENSIBLE, OÙ LE FSB ET LES SERVICES DE RENSEIGNEMENTS FRANÇAIS TRAVAILLENT AU COUDE À COUDE, MALGRÉ LES ACCÈS DONNÉS PAR ARIANESPACE, LA PRÉSENCE DE JOURNALISTES LORS DE PHASES DIFFICILES RESTE PERÇUE COMME UNE INTRUSION.
Pilot Press feature n° PP01120511
Pilot Press feature n° PP01120511
ARRIVÉE SUR LE PAS DE TIR DE L’ÉTAGE FREGAT CONTENANT UN SATELLITE FACTICE. CET ENSEMBLE EST PRODUIT PAR LA SOCIÉTE LAVOTCHKINE. s’est donc fait à leurs conditions ». La version tous publics martèle que « nous avions besoin d’un lanceur pour le marché des satellites de moins de 5 tonnes, et que Soyouz est rentable alors qu’Ariane 4 ne l’était plus, sur la fin », affirme Jean-Yves Le Gall, le double PDG d’Arianespace et de Starsem. Sur la fin ? C’est à dire à partir du moment où les négociations avec les Russes avaient déjà commencé ? Klutsch.
L’OBSESSION DU SECRET
L
e compte à rebours avant le lancement fictif de la première Soyouz guyanaise en mai préfigure un lancement à haut risque pour ce mois d’octobre. Le secteur militaire européen a refusé d’essuyer les plâtres. Pas de quoi donner confiance à la clientèle
internationale. Galiléo, a été casée par commodité. Début des essais grandeur nature. La sécurité s’hérisse autour du site. Le dry run a été prévu très en amont du premier lancement tant les visions des procédures de sécurité-sauvegarde ont dû être totalement remises à plat entre deux mondes réunis par l’économie mais que tout sépare en matière d’expérience. Les russes ont déjà tiré presque 1800 fois dans les rugueuses conditions de Baïkonour. Alors les compteurs électriques affichent « interdiction d’utilisation par les personnels non russes». Leur label est indiscutable. Mais technologiquement, l’Europe plane aujourd’hui très au-dessus des gloires historiques. Les lancements commerciaux routiniers ne déplorent aucun mort, peu de ratés. Au CSG, le moindre déplacement est tamponné ISO quelque chose. Aussi, « les Russes ne comprenaient pas pourquoi nous devions tout reprendre pour installer nos propres standards de procédures. Avec
LE COMPTE À REBOURS S’ÉGRAINE. ET JUSTEMENT, L’ÉVACUATION DU PAS DE TIR EST EXIGÉE.
leur obsession du secret, ils se demandaient toujours où nous voulions en venir », confie avec un clin d’oeil Didier Coulon, le chef du programme Soyouz pour l’ESA. Joël Barre, le directeur du CSG entre dans la salle de contrôle Jupiter en souriant à la presse, « Tiens il y a du monde aujourd’hui, il ne manquerait plus qu’un lancement ! » Si pour cette journée historique, c’est de cette salle que sortira l’autorisation finale de lancement, c’est ailleurs que se joue la partie : au Centre Soyouz, divisé en 2 étages dont 1 inaccessible à toute personne étrangère. Celle de la société Lavotchkine, le fabricant de l’étage Fregat. Entre les différentes autorités de lancements russes, à Baïkonour, il n’est pas rare de recevoir 2 fax après un lancement. Le premier affirmant que de leur côté tout s’est bien passé. Un second déplorant la perte du lanceur. En Guyane, elles seront donc au nombre de 3, une véritable dilution de la chaine de commandement avec des interprètes
et des interprétations. « Ce sont des contraintes de réactivités de diagnostiques très contraignantes. Ce qu’on faisait en franco-français, il faut le faire avec des russes. Par exemple la chronologie du lanceur Soyouz est complètement différente d’une chrono Ariane, je ne vous cache pas qu’en assistant à la première chrono, même si mes équipes s’y sont déjà mises, moi je n’ai rien compris », avoue le directeur du CSG, désormais heureux « propriétaire » d’une véritable « parc automobile de l’espace » avec une Fiat, une Lada et une Roll’s. Et si les Russes investis d’une grande histoire autant que d’une légitime mythologie héroïque qu’ils continuent de révérer, venaient comme à Baïkonour assister aux lancements à 100 mètres du tir ? « Dans ce cas, je vous réponds franchement, j’arrête le tir », confirme Thierry Vallée, le Directeur des Opérations. Le compte à rebours s’égraine. Et justement, l’évacuation du pas Pilot Press feature n° PP01120511
ET PUIS, CE NE SONT PAS TOUS LES RUSSES QUI ASSISTENT À 100 MÈTRES AU DÉCOLLAGE. MAIS PEUT-ÊTRE BIEN 55 MÈTRES... de tir est exigée. Igor Barmin, lui-même est forcé de quitter son chantier, furieux. Le soir même, lors d’une promenade sur la plage, après avoir donné raison à la version officielle commune, il confiera agacé : « Les européens avec leur vision de la sécurité n’ont fait que gonfler la facture sans que ça joue vraiment. Beaucoup de bêtises ont été faites sur ce chantier, mon père aurait sans doute été beaucoup plus strict. Et puis, ce ne sont pas tous les russes qui assistent à 100 mètres au décollage. Mais peut-être bien 55 mètres… ». Bon baisers de Russie.
AGENT DOUBLE C’est donc un succès historique. Les 4 chefs d’agences, dont le nouveau protégé de Poutine Vladimir Popovkin, procèdent à la remise des clés du pas tir à Arianespace,
puis à la découverte de la pierre Gagarine. Pendant la phase de démontage. Coup de théâtre, les russes laissent un libre accès total au lanceur. La même source du CNES avance son interprétation : « Il ne faut pas analyser les chiffres dans ce genre de projet. Ca ne sert à rien. La question de l’espace est avant tout stratégique. Mais une chose est sure, nous n’avons eu aucun transfert de technologie dans cet échange. Et d’ailleurs pourquoi faire ? Quand j’ai vu le transfert des forces du lanceur de la verticale à l’horizontale, ce sont des projets que nous avions déjà dans les tiroirs il y a 10 ans. La question qu’on a le droit de poser c’est le lien entre Soyouz, la fin d’Ariane IV et le début d’Ariane V ». Alors posons là. Le premier élément de réponse se trouve dans le capital social de la société Starsem où russes et français sont à 50/50 (35% EADS, 15% Arianespace, 25 % TsSKB,, 25% FKA, l’agence spatiale russe). Via EADS, et donc Airbus, Jacques Chirac quittait la Russie avec une commande en poche de 600 millions d’euros pour l’avionneur, à la date de création
PENDANT LA PHASE DE DÉMONTAGE. COUP DE THÉÂTRE, LES RUSSES LAISSENT UN LIBRE ACCÈS TOTAL AU LANCEUR de Starsem. Aujourd’hui, Airbus, ambitionne de vendre quelques 300 avions à la Russie qui restructure toute son aéronautique, avant 2030. D’ailleurs, l’ensemble des relations Paris-Moscou sont au beau fixe. La France investit dans la nouvelle Silicon-Valley Russe. Même la Snecma, le fabriquant de la propulsion d’Ariane, parmi les premiers à se plaindre de la venue de Soyouz est désormais associée aux Russes dans leur aéronautique. Les contrats pleuvent. La politique pro-européenne de Poutine-Medvedev, faisant toujours jouer la concurrence (puisqu’elle lance aussi des Protons avec les américains via ILS), pour obtenir le meilleur positionnement, mais donne le plus souvent, en fin de lecture, sa préférence au continent. Alors, dans un monde de real politik et de concurrence mondiale sévère, Soyouz représenterait-elle « un cadeau » aux Russes qui voulaient l’équateur, avec contrepartie ? Sans aucun doute. Et tous comptes faits, avec une balance commerciale et politique bénéficiaire, cette logique est imparable. Seulement,
les grincements de dents du côté de l’ESA et du CNES, privés de grands projets spatiaux, alors qu’ils alignent les chèques pour une puissance étrangère peut aussi se concevoir. D’autant plus que la perte progressive de rentabilité d’une Ariane IV, un bijou de technologie, a très opportunément été contemporaine de la montée en puissance du projet Soyouz. Les industriels pleuraient lors de la destruction de machines outils impeccables à la fin du programme Ariane. C’est rare, de voir un industriel pleurer. Sans oublier que le programme Ariane V, perd encore de l’argent, avec une commercialisation difficile pour 2 satellites emporté une fois. Sachant que la moindre défaillance de l’un pénalise l’autre. Ariane V doit aujourd’hui composer son marché avec Soyouz. Alors malgré les sourires obligés, accrochés à la galerie de l’histoire, certains ne peuvent empêcher d’établir des liens de cause à effet. Surtout quand les questions de rentabilité du secteur spatial demeurent sujettes à interprétation, avec Starsem et Arianespace coiffées d’un même PDG. Et que l’idée Pilot Press feature n° PP01120511
L’ACCÈS À L’ESPACE DEMEURE AVANT TOUT UNE QUESTION STRATÉGIQUE DE SOUVERAINETÉ. LA MAÎTRISE DU « HIGH GROUND » (LE POINT LE PLUS ÉLÉVÉ), DEMEURANT DEPUIS UN IMPÉRATIF MILITAIRE DEPUIS L’ANTIQUITÉ même de rentabilisation pour le petit club des puissances spatiales passe au second plan. L’accès à l’espace demeure avant tout une question stratégique de souveraineté. La maîtrise du « High Ground » (le point le plus élévé), demeurant depuis un impératif militaire depuis l’antiquité. Et que dire de la victoire finale d’une relique soviétique devenue, contre toute attente, depuis la fin de la navette américaine, le dernier recours du spatial mondialisé pour transporter l’homme vers le ciel. Ceci étant posé, le dénouement de cette partie s’achève bien sur la terre ferme, au salon du Bourget du mois de juin dernier, moins qu’au futur lancement d’octobre rouge. Car si Soyouz a été troqué contre des perspectives de ventes d’Airbus aux Russes, ceux-ci présentent dans un vaste stand rutilant, leur futur avion moyen courrier, le Sukhoï 100, ressemblant beaucoup à un Airbus, construit avec de nombreux équipementiers européens. Mieux, les russes ont parallèlement pris pieds dans le capital EADS via la Vneshtorbank (une banque d’Etat !). Le Premier Ministre, François Fillon, avance d’un pas décidé sur le tarmac de l’aéroport entouré des dirigeants du CNES et de l’ESA. Le CNES, las, d’avaler les couleuvres d’Arianespace avait émis au mois de
Le passage en noir et blanc de cette photo montre à quel point le lanceur a peu changé depuis sa création par l’ingénieur Korolev dans les années 60.
Pilot Press feature n° PP01120511
Le Premier Ministre se rendra finalement au stand de Thalès, l’équipementier affichant une progression exemplaire sur le marché international.
Pilot Press feature n° PP01120511
MIEUX, LES RUSSES ONT PARALLÈLEMENT PRIS PIEDS DANS LE CAPITAL EADS VIA LA VNESHTORBANK (UNE BANQUE D’ETAT ) janvier dernier un rapport enjoignant d’arrêter au plus vite cette « collaboration nécessaire » avec les russes. Un fiasco annoncé, alors même que Moscou travaille sur des nouvelles versions de Soyouz qui se révèleront sans aucun doute incompatibles avec le couteux pas de tir guyanais…. Si en 1996, François Fillon, s’était rendu avec Jean-Yves Le Gall à Moscou pour la création de Starsem, il semble aujourd’hui se ranger, un peu tard, aux arguments des penseurs de la politique spatiale européenne. Si le PDG d’Arianespace d’habitude glacial s’avance embarrassé vers le Premier Ministre, celui-ci passera devant le stand sans marquer de halte. Un camouflet. Il file avec les dirigeants du Cnes et de l’Esa tout sourire, directement chez Thalès qui caracole en tête des équipementiers internationaux. Alors si le lancement du 20 octobre prochain promet réellement d’être historique, c’est qu’il risque d’y en avoir très peu. La leçon valait certes un bien un bortsh au fromage, mais la nostalgie camarade, tourne son regard vers la lumière morte d’une belle étoile chue de
ciel en terre, peut-être au nom d’une mauvaise « op commerciale », Ariane IV.
Pilot Press feature n° PP01120511
Igor Barmin sur la plage tropicale des roches à Kourou, pareil à une relique soviétique, au crépuscule, d’un monde à l’autre.
Pilot Press feature n° PP01120511
PILOT PRESS – 6, rue Louis Pasteur – 92100 Boulogne Billancourt – Paris - Web : www.pilotpress.fr - Email : red POURQUOI SOYOUZ EN GUYANE - FEATURE N° : PP01120511 - Redaction – Aut
daction@pilotpress.fr Words / Photographer : Sébastien DI SILVESTRO – Photographer ESA : Stéphane CORJAVA thors – Photographers – Picture Editing –Broadcasting -France (+033) 01 71 17 61 67
PILOT PRESS – 6, rue Louis Pasteur – 92100 Boulogne Billancourt – Paris - Web : www.pilotpress.fr - Email : red POURQUOI SOYOUZ EN GUYANE - FEATURE N° : PP01120511 - Redaction – Aut
daction@pilotpress.fr Words / Photographer : Sébastien DI SILVESTRO – Photographer ESA : Stéphane CORJAVA thors – Photographers – Picture Editing –Broadcasting -France (+033) 01 71 17 61 67
VISIONNEZ “ POURQUOI SOYOUZ EN GUYANE ” EN VERSION MULTIMEDIA ET COMMANDES SUR WWW.PILOTPRESS.FR
PILOT PRESS – 6, rue Louis Pasteur – 92100 Boulogne Billancourt – Paris - Web : www.pilotpress.fr - Email : red POURQUOI SOYOUZ EN GUYANE - FEATURE N° : PP01120511 - Redaction – Aut
PILOTPRESS THE MAG AGENCY
CONTACT - INFORMATIONS GENERALES : Photographe : Sébastien DI SILVESTRO / Stéphane CORJAVA (ESA) France (+33) 06.28.70.31.06 Auteur : Sébastien DI SILVESTRO France (+33) 06.28.70.31.06 MERCI DE BIEN VOULOIR NOUS RETOURNER LES PDFS DE VOS MISES EN PAGE POUR ARCHIVES
REPORTAGE DISPONIBLE EN 7 LANGUES
daction@pilotpress.fr Words / Photographer : Sébastien DI SILVESTRO – Photographer ESA : Stéphane CORJAVA thors – Photographers – Picture Editing –Broadcasting -France (+033) 01 71 17 61 67