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PI CSOU SOI R N°1

SOI R

Automne 2019

N OTRE-DU CK, Eri ka Fu ch s e t S U P E R CA N A R D


SOMMAIRE

03. Actualités

03. L'éditeur Disney français racheté 04. Le retour de Super Dingo 04. En vitrine en ce moment 05. Qu'est-ce que Picsou Soir ? 05. Aidez le projet Don Rosa 05. La couv' de Mazu

06. ANALYSES

06. Les secrets de Notre-Duck 09. Can-art : Cave of Ali Baba 10. Lire Picsou en Allemagne 12. L'interview de Super Canard

11. EXPRESSIONS

16. Carte blanche 18. Gag McPicsou : c'est tout ce que je paie 19. Gag - Aux premières loges ! 20. Gag - Halloween

17. Le coin de l'expert Return to Duckburg Place

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par Andrés de Fonollosa Quoi ? Comment ? Il a fallu attendre 2019 pour qu'un fanzine sur l'univers de Picsou soit créé en France ? La France n'est pourtant pas un pays complêtement étranger à l'univers Disney. C'est en France qu'a été créé un des premiers magazines Disney au monde : Le Journal de Mickey, qui naît en 1934 – soit 4 ans après The Mickey Mouse Magazine, tout premier comic Disney au monde. La France accueille également un des cinq parcs Disneyland qui existent dans le monde. Walt Disney lui-même était d'origine française (son nom vient d'Isigny) ! Le réalisateur du documentaire Le Mystère Picsou n'est-il pas un Français ? Enfin, si la communauté française de fans de Picsou n'est pas organisée, elle n'est pas inexistante, loin de là. Il suffit de voir les centaines de jeunes (et de moins jeunes) qui attendent, des heures durant, devant le stand de Don Rosa à chaque fois qu'il vient en dédicace en France. En bref, il est un peu étrange que personne n'ai jamais réussi à créer un fanzine sur un univers qui rassemble autant. Mais c'est chose faite à présent, et espérons que ce projet durera le plus longtemps possible ! PICSOU SOIR N°1 - SEPTEMBRE 2019

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L'Édito

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Envie de participer au projet ? mail 2 : Contact@picsou-soir.com

Site web : www.picsou-soir.com Rédacteur en chef Andrés de Fonollosa Couverture Mazu (dessin) • Leonardo Paciarotti (couleurs) Ont collaboré à ce numéro - merci à eux ! Demona Silvering • Gaucelm • John Arapis • Kickster Ash • Merlin Delrieu • Mikkel Hagen • Soupic • Super Canard Contact Mail : contact@picsou-soir.com Copyright Les images Disney sont © Walt Disney Company. Picsou Soir n'est pas affilié à cette entreprise. Toute reproduction, totale ou partielle, du contenu du fanzine est interdite. Merci à Picsou Wiki et ses 7560 pages !


Actu

L'ÉDITEUR DISNEY FRANÇAIS RACHETÉ

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e 27 juin dernier, le groupe de presse Unique Heritage Media a anoncé être « entré en négociations exclusives » avec Lagardère Active et The Walt Disney Company en vue de racheter Disney Hachette Presse (DHP). Si ce dernier nom vous dit quelque chose, c'est tout simplement parce que c'est celui de l'éditeur des magazines Disney en France. Mais c'est surtout le nom d'un géant de la presse jeunesse qui vend 12 millions d'exemplaires par an, et notamment des poids lourds comme Le Journal de Mickey (qui revendique 1,7 millions de lecteurs chaque semaine), Picsou Magazine, Super Picsou Géant... DHP QUITTE LAGARDÈRE...

teur Opéra Mundi, créé en tion de certains autres. 1928 par le créateur du Jour- Il semblerait ainsi que le magazine Disney Girl nal de Mickey, Paul Winkler. disparaîtrait, en raison de sa diffusion trop faible, mais cela ... ET REJOINT UHM C'est donc le groupe Unique reste à vérifier. Contacté par Heritage Media (UHM), déjà nos soins, le service comde UHM a spécialisé dans la presse jeu- munication nesse et propriétaire de titres expliqué que l'entreprise était comme Pomme d'Api, Abricot, en phase de « closing », c'estmais aussi Le Monde des à-dire la dernière étape avant ados, qui doit racheter la tota- le rachat définitif qui doit avoir lieu autour du mois de lité des parts de DHP. septembre. Pour ces raisons, le groupe n'a pas encore décidé de véritables changements à venir concernant les publiLe logo du groupe UHM cations Disney. A première vue, ce rachat ne Nous pouvons tout de même semble intéresser que les supposer que les titres popupages financières des jour- laires comme Les Trésors de naux spécialisés. Mais il se Picsou ou Les Chroniques de pourrait bien que la transac- Fantomiald, ne devraient pas tion nous touche de plus près disparaîtrent. Et évidemment, que prévu. En effet, elle de- Picsou Magazine, Le Journal vrait avoir des conséquences de Mickey ou Super Picsou assez directes sur nos habi- Géant, étant des mastodontes tudes de lecteurs, et en de la presse jeunesse, contipremier lieu parce qu'elle nueront d'exister. Mais des entraîne forcément des chan- changements dans le contenu gements dans l'ofre de éditorial pourraient bien submagazines Disney : apparition venir. de nouveaux titres et dispari- Affaire à suivre…

Le géant industriel Lagardère a donc décidé de se séparer d'une très grande partie de ses activités de presse, regroupées dans la filiale Lagardère Active. Arnaud Lagardère, l'actuel PDG du groupe et fils du fondateur, s'est justifié en annonçant un recentrage des activités sur ses secteurs stratégiques. Il a donc entrepris de revendre sa part de DHP (de 49 %), tout comme The Walt Disney Company (qui possède les 51 % restants). En parallèle, le groupe a d'ailleurs déjà cédé l'essentiel de ses journaux et magazines (Télé 7 Jours, Elle, France Dimanche, Public...) et s'apprête à faire de même pour ses chaînes de télévision (Gulli, Tiji...). DHP est née en 1991 dans l'optique de remplacer l'édi- Arnaud Lagardère en septembre 2019.

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Brèves

Le retour de super-dingo

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e dernier né de la collection Disney by Glénat s'appelle Super Mickey, et c'est cette fois le belge Pieter de Poortere qui est au dessin et au scénario, un auteur qui s'est principalement fait connaître avec sa série Dickie. L'histoire se base sur un personnage bien connu des fans : Super Dingo, identité secrète du célèbre chien antrhropomorphe qui se transforme en super-héros dès qu'il avale quelques unes de ses « super-cacahuètes ». L'album nous raconte donc sur une soixantaine de pages comment, un matin, Dingo se retrouve super-héros malgré lui et se met à secourir toute la ville. Mais un jour, il éternue si fort qu'il en perd ses cacahuètes en plein vol, ces dernières tombant avec lui au milieu d'un zoo. Les animaux se mettent alors à voler et la panique ainsi créée va notamment profiter à un fameux malfrat : un certain Pat Hibu-

laire... L'album est divisé en quatre histoires indépendantes, séparées par de fausses couvertures, parodiant celles du regretté Mickey Magazine – l'auteur est belge, ne l'oublions pas – et des jeux ludiques. Le style est, comme tous les ouvrages de la série, très différent de l'école Disney classique : chaque page contient 12 cases de taille identique et tout l'album est muet, mais tout cela amène La couverture de l'album sorti le 4 une certaine poésie. Si l'auteur septembre 2019. a mis de côté son humour trash et 08 oct. 2019 provocaSortie du volume 11 de teur la Carl Barks Library, habituel, il 20 sept. 2019 aux éditions Fantanous pro- Ouverture de l'expo « graphics (USA) et en pose une Super Mickey » à la ga- anglais. lerie Zic & Bul à Paris. véritable revisite 28 sept. 2019, 17h00 23 oct. 2019 de l'uni- Rencontre entre Jean- Sortie du coffret « MiDionnet et ckey and Donald's vers de Pierre Pascal Pierrey (rédac- Adventures », regrouMickey. pant les deux histoires Une belle teur en chef de Picsou Mag). Organisé par de Trondheim et KeradécouFormula Bula, à Paris. midas, chez Glénat. verte !

AGENDA

EN VITRINE en ce moment s te t en na v é s l de z G #1che

Disney Masters - Vol. 9 Paru le 20 août 2019 (29.99 $) Chez Fantagraphics (USA)

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Intégrale Romano Scarpa - Vol. 5 Paru le 21 août 2019 (29.50 €) Chez Glénat (France)

Les Trésors de Picsou - N°48 Paru le 14 sept. 2019 (5.95 €) Chez DHP (France)


Qu'est-ce que Picsou Soir ?

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'est une question somme toute assez naturelle et légitime. Nous allons donc essayer d'y répondre en quelques lignes, essayer car le projet étant à son tout début, son contenu n'est pas encore entièrement fixé. Picsou Soir, donc, c'est d'abord ce que vous tenez entre vos mains : un fanzine, sans surprise dédié à l'univers de... Picsou ! C'est aussi un travail collaboratif, et c'est sa force première : chacun est ainsi libre de proposer du contenu (dessins, articles, BDs...) pour le faire publier. D'ailleurs, il n'y a qu'avec le soutien des lecteurs qu'il vivra. Mais vous – lecteurs – êtes aussi en droit de nous critiquer, de nous faire remarquer nos erreurs, de nous suggérer des modifications tant sur la forme que sur le fond. Après tout, c'est surtout votre fanzine.

La couv' de Mazu

La couverture de ce numéro 1 a Pour tout cela, un moyen : été très gentiment dessinée par nous écrire un petit mail à Mazu, un jeune auteur de 34 ans, grand fan de Picsou. Après des contact@picsou-soir.com ! études en stratégie financière et Picsou Soir, vous le remar- en pharmacie, et quelques années querez assez vite, est passées aux États-Unis, il abandonne tout et découpé en trois se lance dans parties. D'abord, le dessin à quelques pages son compte. Il d'actualité (1), se fait assez c'est-à-dire de vite remarsujets du moquer par des ment et auteurs d'informations comme Pierre sur les dernières Christin et parutions. EnsuiJean-Claude te, les analyses Mézières (au(2), qui constiteurs de la tuent le cœur de série ValéPicsou Soir et qui rian), qui font traitent d'histoipartie de ceux res, d'auteurs, de courants, de per- Le crayonné réalisé pour le dessin qu'il admire, de la couverture. aux côtés de sonnages... Enfin, la partie Expressions (3), où Franquin, Hergé, Gotlib, Janry ou les lecteurs peuvent parta- encore... Don Rosa ! La Jeunesse de ger leurs dessins et Picsou a d'ailleurs longtemps été histoires. On espère donc son livre de chevet, au grand dam que Picsou Soir vous plaira ! de ses parents Il sort un album en février 2020 qui sera publié chez Hachette.

Aidez le projet Don Rosa

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icsou Wiki, l'encyclopédie collaborative en ligne dédiée à l'univers de Picsou, a inauguré en juin dernier un projet très important : le projet "Don Rosa 2.0", qui consiste à mettre à jour toutes les pages portant sur les histoires de Don Rosa, car ce sont celles qui sont les plus lues et qu'elles sont pour la plupart incomplètes. La tâche principale est de rédiger un résumé

détaillé de chaque histoire, ainsi qu'une section « En coulisses » avec des anecdotes, des informations sur la création de l'histoire, son contexte, ses références... Depuis le lancement du projet, la moitié des pages qui en avaient besoin a été complétée et/ou réécrite. Il reste aujourd'hui une trentaine de pages à refaire, ce qui devrait être rapide avec votre aide. > picsou.fandom.com

R END VO U S E Z ­ D É CE E N PO U M B R E PR O R L E N U M CH A I N ÉRO !

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TOURISME DONALDVILLOIS

Les secrets de notre-DUCK

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our la première escale de notre visite de Donaldville, c'est un bâtiment emblématique de la cité des canards que vous allez découvrir. Vous l'aurez deviné, il s'agit de la cathédrale de Notre-Duck. Si cet édifice est un incontournable, il est probablement aussi l'un des monuments les plus étranges et les plus originaux de la capitale du Calisota. En effet, il semble étrange de découvrir ce monument à l’architecture gothique – dont les constructions s’étalent du XIIe au XVIe siècles en Europe – en Amérique, où la civilisation occidentale ne fut apportée que par Christophe Colomb en 1492. On sait que sir Francis Drake a accosté sur la côte donaldvilloise en 1579, et a fondé le Fort Drakeville sur une colline que l’on nommera plus tard Killmotor1 : on pourrait ainsi penser que la

Henry Quackett

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cathédrale a été construite en ce temps-là. Il n’en est rien. En effet, la cathédrale est beaucoup plus récente, puisqu’elle a été construite en 1916, par un certain Henry Quackett2. UNE CONSTRUCTION MOUVEMENTÉE

Henry Quackett est un architecte anglais, fils d’Andrew Quackett et Marie LamontQuackett, et grand frère de John Lamont-Quackett, qui sera plus tard connu sous le nom de Fantomius, le mystérieux gentleman cambrioleur donaldvillois. Diplômé d’architecture, il partit en Amérique avec son frère, plus précisément à Donaldville, dans le Calisota. La ville connaissait alors un développement fulgurant, grâce à l’arrivée de Balthazar Picsou en 1902, qui y installa ses entreprises3. Il fut suivi rapidement par de nombreux investisseurs, cet afflux de financiers donna naissance au très convoité Club des Milliardaires. En

1908, Henry Quackett construisit pour son frère la villa Rose, qui deviendra plus tard le repaire secret de Fantomius. Donald Duck découvrira ce repaire bien des années après, et cette découverte donnera naissance à son identité secrète de Fantomiald. En 1916, Quackett commença une construction audacieuse : la cathédrale Notre-Duck. Cet immense pastiche gothique au cœur de Donaldville est très inspiré par la cathédrale Notre-Dame de Paris, mais fait aussi penser à la Sagrada Familia de Barcelone, dont la construction a été entamée en 1882 sous la direction d’Antoni Gaudí, et n’est toujours pas terminée. La même année, il entreprit un voyage autour du monde, en compagnie de l’écrivain français Paperre Penoît : ils souhaitaient visiter les plus grandes merveilles architecturales du monde. Ils découvrirent une vieille carte révélant l’empla-


cement de l’Atlantide, et partirent donc à sa recherche. Ils finirent par la trouver, et apprirent que les Atlantes étaient en fait très proches des Égyptiens. Cependant, ils furent emprisonnés, et plus personne n’eut de leurs nouvelles. Ainsi, ils eurent disparu et le chantier de la cathédrale continua sans Quackett. UNE ŒUVRE ORIGINALE

L'inspiration de la cathédrale Notre-Dame de Paris se remarque à travers ses immenses flèches s’élevant vers le ciel, ses voûtes vertigineuses et ses gargouilles. L’influence de la Sagrada Familia est visible dans les trois immenses façades de NotreDuck. On note que la cathédrale dispose d’une conception très originale pour une église : en effet, on remarque la présence d’une fontaine à souhaits juste en face de l’entrée principale, apparentée à la Renaissance

italienne. Les Donaldvillois jettent par tradition de nombreuses pièces dans la fontaine : une légende dit que tout ce qu’on y trempe est à l’abri des ennuis pour toujours, et une autre dit que tous les souhaits que l’on fait au bord de cette fontaine se réalisent. La cathédrale dispose aussi de nombreux passages secrets et pièges, ce qui est assez inhabituel dans une église. On ignore pourquoi Henry Quackett a conçu Notre-Duck ainsi. Néanmoins, la cathédrale conserve des éléments plus classiques, tel un immense carillon de six cloches, ou encore un orgue géant. On note aussi certaines peintures religieuses, comme Saint Georges face au dragon. Lors d’une aventure dans la cathédrale, Picsou vit sa tête prendre la place de celle du dragon, grâce à un astucieux piège du légendaire fantôme de Notre-Duck, qu’il affrontait. Également, il existe des catacombes, sous la cathédrale, qui font penser à celles de Paris. Enfin, le monument est surveillé par des gardes en uniforme, qui rappellent très fortement les Yeomen Wardens de la Tour de Londres. De nombreuses références à la culture et à l’architecture européennes qui dénotent dans la métropole américaine4. LE MYSTÉRIEUX FANTÔME

La fontaine aux souhaits

Une vieille légende raconte qu’un fantôme vit à NotreDuck. En réalité, il y en a eu plusieurs depuis la construction. Le premier fantôme était Henry Quackett, le fameux

Le premier fantôme, alias Henry Quackett

architecte ayant disparu en 1916, pendant le chantier de la cathédrale. Déterminé à rester en Atlantide car tombé amoureux de la reine Antinea, il fut contraint de partir en 1924 à cause de la destruction de l’Atlantide. Il retourna secrètement à Donaldville pour se réfugier dans la cathédrale qu’il avait construite. Il prit l’identité du fantôme de Notre-Duck, et entama une série de vols pour pouvoir loger la population Atlante sans-abri à Donaldville. Il commença à porter un costume noir, basé sur le costume porté par un ancêtre de sa mère, Marie Lamont, qui au XVIIIe siècle à Paris, était percepteur des impôts royaux. Il se déguisait ainsi pour faire peur aux fraudeurs, et les encourager ainsi à payer leurs dettes. Quackett commença aussi une reproduction miniature de la cathédrale avec les pièces jetées par les Donaldvillois dans la fontaine aux souhaits5. Bien des années plus tard,

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NOTES

Sa Majesté Balthazar Ier, Don Rosa, 1989 2 La naissance de Fantomius, Marco Gervasio, 2015 3 L’Envahisseur de Fort Donaldville, et Le Canard le plus riche du monde, Don Rosa, 1994 4 Le fantôme de Notre-Duck, Carl Barks, 1965 5 Notre-Duck, Marco Gervasio, 2017 6 Le retour du fantôme de Notre-Dame, Ivan Seidenberg et Irineu Soares Rodrigues, 1981 7 Paperinik e l’architettura spicciola, Riccardo Pesce et Massimo Asaro, 2014 1

Picsou et ses neveux durent affronter le fantôme de Notre-Duck. Le milliardaire avait en effet fait concevoir un nouveau système de sécurité pour ouvrir son coffre-fort : celui-ci ne s’ouvrait qu’en jouant le thème « My bonnie lie over the ocean » à la flûte. Dans la cathédrale NotreDuck, Picsou attacha sa flûte à une ficelle, puis la fit descendre dans la fontaine aux souhaits, pensant ainsi que cela lui porterait chance. Mais en remontant la ficelle, la flûte avait disparue ! Le fantôme de Notre-Duck avait volé la flûte et s’amusait à narguer le milliardaire en jouant « My bonnie lie over the ocean » à travers la cathédrale. Finalement, les canards découvrirent le repaire du fantôme et lui reprirent la flûte. Le fantôme, qui avait continué la reproduction de la cathédrale en pièces, montra son visage aux canards, et ressemblait particulièrement à Picsou. Seulement, il ne semblait pas qu’il s’agissait de Quackett, un deuxième fantôme aurait donc pris sa place entre-

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temps4. Plus tard, les canards vécurent une aventure très similaire dans la cathédrale, affrontant un nouveau fantôme qui s’avéra être finalement la sorcière Miss Tick, cachée sous un de ses nombreux déguisements6. Enfin, un quatrième fantôme, le Signore delle Botolle, continua le projet de représentation de la cathédrale en pièces, mais l’élargit en voulant représenter désormais l’intégralité de Donaldville. Pour mener ce projet à terme, il voulut voler l’intégralité de la fortune de Balthazar Picsou, mais Fantomiald l’arrêta à temps7. Ainsi, il y eut de nombreux fantômes à Notre-Duck, chacun voulant finir cette immense représentation en pièces de la cathédrale Notre-Duck. DES FANS TRÈS INSPIRÉS

Un fan italien du nom d'Andrea Salimbeti a réalisé une superbe maquette de la cathédrale ainsi qu'une petite statuette du fantôme de l'histoire de Carl Barks.

Par Soupic

© Andrea Salimbeti pour les deux images

Picsou et ses neveux découvrant le visage du deuxième fantôme


CAN-ART

Cave of Ali Baba (C. Barks)

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ette peinture de Carl Barks fut réalisée en 1973, et mesure 20 pouces de longueur contre 16 pouces de hauteur. Elle est basée sur La Caverne d’Ali Baba, publiée pour la première fois en mars 1962 dans Uncle Scrooge n°37, aux ÉtatsUnis. Dans cette histoire, Picsou et ses neveux sont emmenés dans un rêve au cœur de l’ancienne Perse, accompagné d’un certain professeur Foude-Fouille, et découvriront la mythique caverne d’Ali Baba. En réalité, les canards participaient à une expédition en Iran, pour inspecter les pipe-lines du milliardaire ; ils avaient été emportés dans ce rêve par de mystérieux saltimbanques qui les avaient hypnotisés.

Le fabuleux trésor était gardé par d’immenses oiseaux légendaires, les rocks : on aperçoit l’ombre d’un de ces oiseaux sur le tableau, observant d’un air sinistre les canards exaltés. Le rock est issu d’antiques contes persans et indiens, écrits en langue arabe. Il est notamment présent dans Le Livre des Rois, poème épique retraçant l’histoire de l’Iran, écrit au Xe siècle par Ferdowsi. On le voit aussi dans le célèbre conte des Milles et Une Nuits, Simbad le Marin. La caverne d’Ali Baba, elle, est issue du conte Ali Baba et les Quarante Voleurs. L’histoire est bien connue : Ali Baba, un pauvre

bûcheron, découvrit un jour le chef d’une bande de quarante voleurs prononçant la phrase « Sésame, ouvre toi ! », devant une paroi rocheuse. Une porte s’ouvrit alors dans la roche. Derrière cette porte se cachait une caverne contenant un immense trésor. Les voleurs partis, Ali Baba prononça à son tour la formule, puis emporta un peu d’or avec lui. Il partagea le secret de la caverne à son frère Cassim, étonné par la soudaine fortune d’Ali, mais il sera tué par les quarante voleurs alors qu’il était dans la caverne. Finalement, les quarante voleurs furent tous tués par Morgiane, l’habile servante d’Ali Baba, qui fut donnée en mariage à son fils en guise de remerciement. Cette légende inspira également un grand classique italien : Donald Baba, scénarisé par Carlo Chendi et dessiné par Luciano Bottaro, et daté

du 19 février 1961. Donald Duck deviendra Donald Baba ; Balthazar Picsou, Ali Ben Picsou, le calife de Bagdad ; et le rôle des quarante voleurs sera endossé par les Rapetou. Cette histoire fut publiée récemment en France, dans Les Trésors des Rapetou n°1 (2016). Enfin, cette peinture inspira une scène du générique de la nouvelle Bande à Picsou. On y voit Picsou et ses neveux venant de découvrir le trésor, tandis que le rock veille derrière eux, tout comme dans le tableau de Barks… D’autres peintures du dessinateur américain auront inspiré le générique de la nouvelle série qui multiplie les références aux grands classiques de Donald Duck, pour le plus grand plaisir des fans ! Par Soupic

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VERY DUCK TRIP

OU COMMENT UNE FEMME A TRANSFORMÉ LA BD DISNEY.

Au pays de Marx et de Goethe, la bande-dessinée Disney est aussi très populaire, et ça n'est pas vraiment un hasard. En effet, c'est l'œuvre d'une traductrice zêlée qui a donné ses lettres de noblesse aux comics américains, ce qui n'était pas gagné d'avance. Aujourd'hui, une des plus grandes associations Donaldistes du monde se trouve d'ailleurs en Allemagne.

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n effet, la D.O.N.A.L.D. (acronyme « castorjuniorien » de Deutsche Organisation Nichtkommerzieller Anhänger des Lauteren Donaldismus, c'està-dire « organisation allemande non-commerciale des adeptes du fort Donaldisme ») est probablement la plus célèbre des associations qui promeuvent le Donaldisme, mouvement qui consiste à étudier de manière assez scientifique le monde de la bande-dessinée Disney. Elle est née en 1977, dans un pays qui au départ ne croyait pourtant pas du tout aux comics animaliers américains. LES DÉBUTS

Les magazines Disney font tardivement leur entrée en Allemagne, puisque pendant la première moitié du XXe siècle, la seule revue Disney en langue allemande est...

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d'origine suisse ! C'est Micky Maus Zeitung. D'autant plus que sous le Troisième Reich (1933-1945), le gouvernement n'apprécie guère les comics américains. Il faut donc attendre 1951 pour que naisse le mensuel Micky Maus, plus ou moins équivalent à notre Journal de Mickey, et toujours en activité aujourd'hui. A l'époque, l'éditeur nomme une certaine Erika Fuchs (1906-2005) à la tête du magazine. Elle est, entre autres, chargée de traduire les histoires de Carl Barks en allemand. Elle hésite d'abord et se sent même vexée de devoir traduire de simples comics. Mais le travail se fait rare, et Erika accepte. Elle ne se contentera pas, en revanche, d'une simple traduction littérale : elle va transposer les personnages Disney dans un authentique univers allemand. Ainsi, là où Donald mange un « hamburger » en VO, il boit de la « soupe au goulasch » en allemand. Et « Halloween » se transforme en « Rosenmontag » (fête allemande traditionnelle). En plus de cela, Fuchs change la manière de parler des personnages : Oncle Picsou se met à s'exprimer de manière très distinguée et use et abuse des conjugaisons compliquées, quand les Rapetou adoptent, eux, l'argot des criminels berlinois de l'époque. La traductrice ira même jusqu'à citer du Goethe ou du Schiller dans la bouche de

© Ehapa

Lire Picsou en Allemagne

Donald ou de ses neveux. On considère aujourd'hui qu'elle a très grandement participé à la popularité des bandesdessinées Disney en Allemagne et son travail (notamment ses « erikatifs », des verbes raccourcis utilisés en guise d'onomatopées) est étudié par de très nombreux linguistes. De l'autre côté du rideau de fer, en Allemagne de l'Est, aucun magazine Disney ne sera édité – doctrine anticapitaliste oblige – et les lecteurs devront attendre la réunification (1990) pour découvrir l'univers de la famille Duck. LE DONALDISME S'INSTALLE

En 1965 est créé un autre magazine : Donald Duck Sonderheft. Il reprend d'abord d'anciens numéros de Micky Maus, puis il publiera les histoires de Barks inédites en Allemagne. Deux ans plus tard, Lustiges Taschenbuch (littéralement « petit livre


Donald chantant The Screaming Cowboy à ses neveux. DES PERSONNAGES TOUJOURS AUSSI POPULAIRES

Depuis, la popularité de la bande-dessinée Disney en Allemagne n'a pas diminué, bien au contraire. La D.O.N.A.L.D. se réunit toujours en congrès chaque année, le dernier a eu lieu à Fribourg en

avril 2019. Les magazines Disney séduisent d'ailleurs un large public. Si on considère en France que les bandes-dessinées de canards et de souris sont destinées à la jeunesse, il n'est pas rare en Allemagne de voir un businessman lire un Micky Maush à l'aéroport en attendant son avion. Le directeur commercial d'Ehapa, l'éditeur Disney allemand, a d'ailleurs un jour expliqué que les moins de 16 ans ne représentent que la moitié de son lectorat. L'entreprise vend environ 420.000 magazines chaque mois. De plus, Lustiges Taschenbuch (LTB) se décline en des dizaines de versions : LTB Spezial, LTB Crime, LTB Enten Edition, LTB Extra... Le fanzine Der Hamburger Donaldist, devenu Der Donaldist en 1985, est toujours en activité et a publié son numéro 155 il y a un peu moins d'un an. La traductrice Erika Fuchs disparaît en 2005, provoquant de nombreuses réactions. Elle a aujourd'hui son propre musée, la « Erika Fuchs Haus » en Bavière. Pour terminer, nous pouvons évoquer le fait que les Allemands préfèrent Donald à Mickey. En effet, le canard gaffeur est vu certes comme un loser, mais surtout comme quelqu'un qui n'abandonne jamais malgré ses nombreux échecs. Mickey est plutôt un « monsieur je-sais-tout » désagréable. Donald est aussi le parfait opposé du cliché de l'Allemand sérieux et bien organisé.

Quelques couvertures du fanzine allemand Der Donaldist.

© Der Donaldist

drôle ») arrive sur le marché, republiant, lui, des numéros du magazine italien I Classici di Walt Disney (comme le fera Mickey Parade en France à ses débuts). Il s'en émancipera par la suite. Peu à peu, les Allemands se prennent donc de passion pour le monde des canards et des souris Disney, si bien qu'en août 1976 paraît une petite publication qui se consacre entièrement à cet univers : Der Hamburger Donaldist, sous l'influence d'un fan du nom de Hans von Storch. En avril 1977, ce dernier fonde la D.O.N.A.L.D. à Hambourg, une organisation pour faire du Donaldisme une discipline sérieuse. L'association se choisit même un hymne : The Screaming Cowboy, chanson fictive écrite et interprétée par Donald dans l'histoire La complainte du pauvre cow-boy (Carl Barks, 1952). Une musique sera composée dès 1978.

Par Andrés de Fonollosa

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DES CANARDS ET DES HOMMES

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uper Canard est un youtubeur spécialisé dans la Pop Culture et tout ce qui touche aux années 80 et 90. C'est aussi un grand fan de Picsou ! Commençons par le début, quels ont été tes premiers contacts avec le monde des canards et des souris ? Quand j’étais petit, j’habitais à Rabat, au Maroc. Chaque jour à la sortie de l’école, ma mère se rendait dans une petite épicerie, et chaque mois, elle m’achetait un Mickey Parade, un Picsou Magazine, et le Super Picsou Géant qu’on pouvait trouver quelque part coincé entre les épices et les fruits. Si on les trouvait… L’acheminement dans une petite épicerie de quartier du Maghreb au début des années 90, ben ce n’était pas top. Dire qu’aujourd’hui on se plaint facilement de Chronopost… J’en ai discuté avec le Professeur

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© Super canard

L'interview DE Super Canard

Pierrey (rédacteur en chef de Picsou Mag) qui me disait qu’il recevait de très nombreuses lettres de ces pays à l’époque et à quel point cela l’énervait. Mais malgré tout ça, Picsou Mag et les autres ont quand même gagné le cœur de très nombreux gamins comme moi. J’vais faire le vieux con… mais à l’époque on avait pas tous les réseaux sociaux qu’on a aujourd’hui et qui sont très chronophages, on avait le temps de lire un magazine, mais surtout de le relire et relire encore… Quand je m’allongeais sur mon lit, ce n’était pas pour lire mes timelines, c’était pour lire Picsou ou Mickey. Quand je le refais aujourd’hui cela à quelque chose de très réconfortant, un peu comme passer une soirée au coin du feu, évacuer les soucis extérieurs. Grandir avec quelqu’un ou quelque chose, c’est se créer une espèce de « grand-frère », quelque chose qui fait partie de notre famille. Et je crois


que les Ducks et les Mouses font réellement partie de ma famille. Peux-tu nous parler de tes histoires préférées ? Difficile de parler d’histoires préférées sans évoquer toute la saga de la Jeunesse de Picsou par Don Rosa. Ce serait la réponse légitime mais plutôt facile. J’aime particulièrement les histoires où Picsou se retrouve tiraillé entre son amour de l’or (ou de son sou fétiche) et l’amour de sa famille. Quand il doit choisir de perdre l’un ou l’autre. Il choisit toujours sa famille bien sûr. Par exemple, dans L'Excentrique odyssée de Carl Barks, Miss Tick transforme Riri, Fifi et Loulou en cochons et exige le sou fétiche en échange de leur rendre leur apparence. C’était une scène qui m’avait marqué. Dans un autre registre, chez Mickey, je suis très fan d’une saga de Massimo de Vita, auteur italien, qui s'appelle La trilogie de l’épée de Glace [série en 4 épisodes publiée en France dans Mickey Parade entre 1990 et 1993, et qui vient d'être réeditée aux États-Unis, NDLR]. Mickey et Dingo se trouvent embarqués dans un monde parallèle, l’Argaar, pour y vivre des aventures et sauver ce monde. Il y a un côté très « Chroniques de Narnia  », c’est un très chouette souvenir d’enfance et une chouette BD. Tu es un grand fan de Don Rosa, l'as-tu rencontré ? Et aimes-tu d'autres auteurs ? Oui j’ai eu la chance de le rencontrer. C’est un homme fantastique. Pour moi, si Picsou existait dans la vie réelle, ce serait Keno [Don Rosa s'appelle en réalité Keno Don Hugo Rosa, NDLR]. Il lui ressemble en plus. Et je suis même sûr qu’il cultive cette ressemblance. Cette rencontre a été un moment important pour moi, comme si je rencontrais enfin un vieil ami. Cet homme a les yeux pétillants de celui qui a compris le sens de ce qu’était « l’aventure », la beauté du monde et de ceux qu’on aime. Ma fille a la chance d’avoir l’arbre généalogique des Ducks signé par Keno à son nom dans sa chambre, elle a 5 ans, mais j’espère qu’un jour elle comprendra l’importance de ce qu’a été cette généalogie dans la vie de son papa. Bien entendu, j’aime d’autres auteurs, je ne

Super Canard et son maître à penser, Don Rosa.

peux pas passer à côté de Carl Barks, qui a inventé Picsou. Avec le travail qu’a effectué Don Rosa, beaucoup de personnes se désintéressent des BDs de Carl Barks, et c’est très dommage. On peut reprocher que le trait a un peu vieilli, mais il ne faut pas oublier que Barks a commencé à dessiner dans les années 30, cela faisait seulement dix ans que l’entreprise Disney existait. Barks pose des bases très importantes du personnage, des lieux, de ses relations, de ses rêves… Keno a mis de l’ordre dans tout ça, mais c’est Bark qui y avait pensé le premier. Sinon j’aime aussi beaucoup l’école italienne, et particulièrement Romano Scarpa, qui lui a écrit pour les deux familles, les canards et les souris. Si tu aimes Picsou, tu es peut-être aussi un collectionneur invétéré, non ? Combien de magazines possèdes-tu ? Pourrais-tu nous dire quelle acquisition te rends le plus fier ? C’est surtout que Picsou m’as appris l’art de la collection, sauf que moi ce ne sont pas des sous, mais des jouets ou des BDs. Certains diront qu’au prix du vintage, si je ne collectionnais pas, j’aurais des sous… mais ceci est un autre débat. Difficile à dire combien de magazine je possède. Mais je pense que je dois atteindre les 500, 600 magazines. Ce n’est finalement pas tant que ça pour un

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collectionneur. Par contre ce sont des BDs utilisées. Je les lis et je les prête à mes filles. Je ne veux pas qu’elles pourrissent dans une fourre en plastique. Les aventures doivent continuer à être vécus ! Tant pis s’il y a de l’usure. Le temps nous rattrapera tous, enfin sauf Picsou bien sûr. J’ai deux acquisitions dont je suis fier. La première, c’est un peu con… mais c’est un verre de moutarde Amora à l’effigie de la Bande à Picsou. Je ne suis pas sûr que ce soit très rare, mais je l’aime beaucoup. La seconde, c’est le numéro 1 de Picsou Magazine, trouvé dans un vide grenier dans un tas de vieux Journaux de Mickey. Il était complet et en état quasi neuf. J’ai demandé le prix des magazines, la dame m’a répondu «  Bah, 20ct le mag…  ». J’ai dit « Même le Picsou ? » Elle m’as répondu… « Bah celui là je vous l’offre avec le lot  ». J’ai honte, mais je l’ai pris. Haha. A l’heure actuelle, sur le net, on le trouve à environ 90 euros je crois. Ce n’est pas énorme, mais de là à l’avoir gratuitement. On sait que tu apprécies particulièrement Picsou Magazine. Te rappelles-tu du numéro qui t'a le plus marqué ? C’est un peu triste mais le numéro qui m’as le plus marqué c’est celui de la mort de Carl Barks. Le n°345. Avec la couverture où Picsou pleure. C’était en 2000, j’avais 16 ans et en prenant le magazine et en voyant la couverture, je me suis dit « Ah ben le cadeau ca doit être de la poudre à gratter ou une connerie du genre  », puis j’ai compris… Je me rappelle aussi d’un cadeau plus tôt dans mon enfance, un ballon de force. Le magazine disait qu’une fois gonflé, il serait impossible de casser le ballon. Effectivement je n’y arrivais, jusqu’à ce que mon père le prenne pour essayer en rigolant et le pète vraiment. J’étais contrebalancé entre le fait d’admirer mon père ou de lui en vouloir pour avoir cassé mon cadeau. Haha. Une de tes dernières vidéos parle d'Indiana Ding. Comptes-tu continuer à faire des vidéos sur des personnages en particulier ? Et quel est ton personnage préféré, à part Picsou bien sûr ?

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Les deux numéros en question : le 345 et le 253.

Oui, apparemment c’est une formule qui plaît et j’ai du plaisir à écrire ces chroniques. Il y a en tout cas trois vidéos que je voudrais faire : une sur le personnage de Fantomiald, une sur le professeur Zapotec, un ami de Mickey et Dingo qui les envoie dans le temps dans des enquêtes archéologiques et une sur la Saga de l’Épée de glace dont je te parlais tout à l’heure. Il y a pleins d’autres types de choses dont je parle sur ma chaîne, comme le cinéma des années 80 et 90 par exemple, et je ne voudrais pas m’enfermer à ne faire que des vidéos sur des personnages ou des thèmes liés aux Ducks et aux Mouses, mais il est certain que cela va faire clairement partie de ma chaîne dorénavant. Et sinon ben mes personnages préférés… Je crois que j’aime beaucoup Donald, parce que je lui ressemble, en tout cas dans ses espoirs, ses rêves et sa manière de voir la vie. J’adore son côté « Je fonce dans le tas, on verra bien  ce qu’il se passe ». Donald c’est le gars pépère qui ne demande rien à personne mais qui est toujours sollicité pour faire des choses. S’occuper de Riri, Fifi, et Loulou par exemple, ou accompagner son oncle dans une aventure rocambolesque. On a toujours l’impression que ça l’emmerde, mais en fait il adore ça. D’ailleurs, le logo de ma chaîne représente Donald et le chapeau d’Indiana Jones, piqué de la fourre du jeu «  Quackshot  ». Certaines personnes me disent que je devrais mettre une image me représentant plutôt… Je ne sais pas… Ça évoque tellement de choses pour moi que c’est difficile de m’en séparer. Forcément en étant fan de Donald, ben j’aime beaucoup Fantomiald ! J’ai aussi un petit coup


de cœur pour le Chevalier Noir, un vrai mais j’en suis très fier et je les montre à emmerdeur celui-là ! chaque personne qui vient chez moi, haha. Si tu es fan des années 80/90, tu as sûrement regardé La Bande à Picsou à la télé. Que penses-tu de la nouvelle version ? En fait j’aime bien. Moins fan du design, mais ça c’est la nostalgie qui parle. Je trouve qu’ils essayent de bien faire les choses. À la fois de reprendre des scénars de Barks ou des clins d’œil à Don Rosa tout en essayant de suivre le cours des choses dans le monde du dessin animé actuel. On peut le leur reprocher, mais soyons francs, s’ils avaient cherché à contenter les vieux geeks que nous sommes, la série n’aurait pas duré. C’est con mais faut faire avec. Moi j’ai du plaisir à la regarder en tout cas.

Tu as commencé à tourner avec un spectacle, le « One Duck Show ». Ça parle de canards Disney ? As-tu d'autres projets par la suite ? Ça en parle mais pas beaucoup en fait. Je pense que j’aurais trop peur de les trahir. Le spectacle commence avec un court extrait de la Bande à Picsou tout de même. Ça parle de pleins d’autres sujets pop culture, Denver, le Club Dorothée, MacGyver etc. Pour le moment, j’ai dû freiner ce projet pour des raisons de santé, rien de grave, mais je devrais pouvoir le relancer d’ici quelques temps. Et j’espère pouvoir venir le jouer un peu partout en France. J’ai quelques projets sous le coude, premièrement un roman d’aventures que Achètes tu toujours les magazines Disney ? j’espère pouvoir publier dans quelques mois, Et que penses-tu de la nouvelle formule de ainsi qu’un autre projet avec le Youtubeur Picsou Magazine ? SuperFlame, mais là, je ne peux rien vous dire… Oui, tous les mois. Et je suis très fan de la c’est secret. nouvelle mouture. Car elle fait place à la BD ! C’est tellement cool, on voit que l’esprit Picsou Peux-tu nous parler de ce que tu fais à côté Mag qui s’intéresse aux auteurs est toujours là. de ta passion pour la pop-culture ? Quel L’abandon du gadget en plastique ? Gamin est ton métier ? j’aurais râlé, mais là adulte je suis fan, j’ai des Ah mon métier, grande question. J’ai en fait un poster, des autocollants, des trucs de métier qui ne touche en rien à la Pop-culture, collectionneur quoi  ! Bref, je suis ravi. Je ne car je suis infirmier. Mais j’ai aussi un diplôme peux que le conseiller. Je pensais me de réalisateur cinéma, et j’ai touché à pleins de réabonner pour les remercier, mais… j’aime choses : scénariste, assistant réal, script. Je fais bien aller acheter mes BDs au kiosque, ca fait aussi beaucoup de théâtre, de jeu de rôle, et sourire la vendeuse et on parle de Picsou… c’est j’écris parfois des articles sur des jeu de société un chouette petit moment de vie. pour Gus&Co, une association Genevoise pour qui j’ai aussi réalisé plein de petits films. Est-ce que tu lis aussi de la bande-dessinée autre que Disney ? Un grand merci à toi Super Canard ! Oui énormément, j’ai un peu arrêté de compter mais au dernier recensement, je devais être à 1400 BDs environ… Je lis beaucoup de classique : Astérix, Tintin, les Tuniques Bleus, les Schtroumpfs, etc. D’ailleurs pour de nombreux classiques, je dois avoir l’intégrale. J’ai aussi commencé une collection un peu particulière : ne me demandez pas pourquoi, mais j’achète les Astérix en langues étrangères, dans les pays que je traverse. C’est La dernière vidéo de Super Canard. une espèce de toc. Pour le moment je n’en ai que quatre, Allemand, Italien, Hébreux et Grec, Propos recueillis par A. de Fonollosa

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CARTE BLANCHE

Un magnifique dessin du fan norvégien Mikkel Hagen, qui est aussi l'auteur d'un gag à lire en page 20. Il évoque ici les 70 ans du magazine Donald Duck & Co, créé en 1948 !

Flairsou se promène insouciant, dans un très joli dessin signé Demona Silvering. Il est inspiré d'une case d'une histoire italienne inédite en France : « Rockerduck e l'estate della rivincita » (c'est-à-dire Flairsou et l'été de la vengeance). Dans cette histoire, Flairsou tente de battre son grand rival Picsou alors que tout Donalville est en vacances...

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Envoyez-nous vos plus belles Œuvres par mail à l'adresse contact@picsou-soir.com En précisant votre nom ou pseudo et éventuellement le titre de votre dessin. On a hâte !

Donald Dingue, Picsou et Matilda dessinés par Kicster Ash. Vous vous demandez pourquoi Picsou fait cette tête ? Il y a une petite explication. Sa sœur lui a fait passé un marché : elle lui donne un dollar s'il accepte de discuter avec Donald Dingue pendant une heure, cinq dollars pour deux heures, et dix dollars pour trois heures ! Évidemment, vous savez tous ce que Picsou a choisi... Tous les dessins présents sur cette page ont été autorisés de publication par leurs auteurs.


La scène d'ouverture classique des histoires de Barks, souvent reprise par Don Rosa.

Jules Ecoutum

Ba piclstohuazar

Trois dessins envoyés par le jeune Merlin Delrieu et inspirés des histoires de Don Rosa. Les meilleurs ennemis, par X BlackPearl.

Chaîne alimentaire...

n Leço

raté a k de

Ces deux dessins ont été réalisés par le merveilleux Mazu qui a aussi dessiné la couverture du numéro que vous êtes en train de lire. Vous pouvez d'ailleurs en apprendre un peu plus sur lui en lisant la page 3. Les trois gags qui suivent ont été réalisés par des amateurs fans de Picsou. Vous avez vous aussi créé une BD et vous voulez la voir publiée ? Envoyez-nous la par mail à contact@picsou-soir.com !

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BD

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M CPicsou : c'est tout ce que je paie - Par GAUCELM (a.k.a. Orora), 2014


BD

Aux premières loges - Par John Arapis, 2018

Donald Duck & Gontran Bonheur

' C'est genial que tu aies ' deux tickets pour gagne ce match, cousin ! Notre ' ' equipe le pulverise !

Tu l'as dit, cousin !

AUX PREMIĂˆRES LOGES ! Ah, tu crois ca ?!

'

Vois-tu, j'espere qu'ils vont tirer le balLON par ici ! Je veux l'attraper !

Argh ! J'ai rate' mon coup !

Ouch !

Oui !

Ah, le ballon vient dans ma direction... [Argh]

Moi ! moi !

Un fan chanceux a ' reussi a attraper le ballon ! Belle action !

'

Et Roodey Roadrunner tire, mais la balle sort du terrain ! Quel Dommage !

c'est moi qui vais l'attraper, cousin !

Je savais que ma chance ne me laisserait pas tomber ! Merci pour l'aide, cousin !

Grrr !

FIN Envie de voir le reste de son travail ? www.deviantart.com/johnny12575

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BD

Halloween - Par Mikkel Hagen, 2015

Pa r Aujourd'hui C'est Halloween a Donaldville...

Halloween ? Peuh ! Je faisais des choses ' bien plus instructives quand j'etais petit, moi !

Bouh ! Des bonbons ou des bobos ? halloween est de retour !

Du vent, petits monstres cupides ! Je ' ne depense pas mon argent pour des bonbons !

Ha ha ! N'importe quoi ! Comme si Balthazar Picsou pouvait avoir peur !

Gloups !

'

AAAAAh ! Non, ca n'est pas ' possible ! Au secours ! A l'aide !

E L'O R URS D L E C OU TE D E 8 0 % CH

PICSO SOIR U

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Profile for Picsou Soir

Picsou Soir n°1  

Numéro 1 du fanzine Picsou Soir. Au menu : Notre-Duck, Erika Fuchs et Super Canard...

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