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SOCIALISTES N°95 septembre o c to b r e 2 0 1 7 M e n s u e l d u pa r t i s o c i a l i s t e vau d o i s

SOMMAIRE EDITO Travailler avec bon sens, dans l’intérêt général

E D I TO R I A L © Jeremy Bierer

point VD p. 2 Actualité du Grand Conseil p. 3 Commissions point D’orgue p. 4-5-6 La révolution numérique point commun p. 7 Section de Gland et Engagement citoyen

JAB 1000 Lausanne 1

point d’exclamation p. 8 Les patrons vaudois : super flexibles !

Merci à vous toutes et tous ! Pour votre confiance, soutien, mobilisation et encouragements !

Travailler avec bon sens, dans l’intérêt général Stéphane Montangero Président du PSV, Lausanne

Au printemps dernier, les Vaudoises et les Vaudois ont largement plébiscité le statut quo pour leurs autorités. Ils ont reconduit une majorité de droite au parlement et le maintien d’une majorité de gauche au gouvernement. Le signal fut sans appel : « ne changeons pas cette équipe qui gagne ni ses équilibres ! » Cela est d’autant plus à relever que cette législature a permis de nombreuses avancées concrètes pour la population, notamment l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages, et ce malgré les coups de boutoirs incessants tant de l’extrême gauche que de l’UDC. Peu nous chaut. Au PSV nous préférons les avancées concrètes aux hurlements stériles. Et le fait que la population nous ait à nouveau fait confiance nous conforte grandement à poursuivre sur la fameuse voie du « compromis dynamique » qui fait le succès de notre canton. Et n’en déplaise aux esprits chagrins ou aux mauvais perdants des élections, PLR en tête, qui promettent à notre canton les dix plaies d’Egypte à chacune de nos victoires. Notons que les milieux économiques ne font pas beaucoup mieux : avec leurs alliés du bloc de droite, ils furent incapables pendant les cantonales d’avancer la moindre proposition concrète ou le début d’un programme d’alternance pour la législature à venir. Et, la campagne terminée, ils font part de leur liste au Père Noël, au moment où le Conseil d’Etat est en pleine élaboration de son programme de législature. Ce dernier sera au contraire basé sur les engagements pris par les élu-e-s roses et verts pendant la campagne, comme l’a souhaité la population vaudoise. Quant à l’UDC, meurtrie par ses guerres internes, elle confond les niveaux communal et cantonal, tente de prendre en otage le parlement en lui demandant de se prononcer sur l’espace de consommation sécurisé de drogues lausannois. Même ses « alliés » du PLR ne l’ont pas suivie, et ce fut un autogoal parfait. Alors qu’attendre pour ces 5 prochaines années ? Une législature de blocages ou à nouveau une législature d’avancées concrètes, peut-être modestes, mais oh combien importantes pour une large frange de la population ? Le premier budget du nouveau gouvernement, sa planification financière et surtout le programme de législature seront autant de jalons cruciaux. Et pour notre part, notre choix est fait depuis longtemps et nous allons poursuivre dans cette voie : des actes, pas de bla-bla !


POINT VD

2 – Points forts socialistes N ° 9 5 - s e p t e m b r e - o c to b r e 2 0 1 7

Ac t ual i t é d u g r a n d co n s e i l

Valérie Induni

Présidente du Groupe PS au GC Cossonay

Amélie Cherbuin

Vice-présidente du Groupe PS au GC Coppet

Faillites à répétition: un fléau pour la société

Le nouveau Groupe PS au Grand Conseil est prêt à en découdre !

Forte concurrence, notamment dans le secteur de la construction, multiplication des niveaux de sous-traitance, manque de possibilités légales au niveau fédéral, difficultés à détecter les entreprises malhonnêtes font que le fléau des faillites à répétition tend à perdurer, voire même à s’intensifier, en particulier au détriment des travailleurs et travailleuses, des assurances sociales et des autres entreprises. Pour lutter contre ce fléau, il s’agit de montrer une volonté politique forte et déterminée.

Après une longue et harassante campagne, le peuple a pu faire son choix le 24 avril 2017. Suite à ce verdict populaire, 23 député-e-s socialistes sortant-e-s ont été réélu-e-s et 14 nouvelles et nouveaux membres font leur entrée au parlement, soit 8 hommes et 6 femmes. Qu’elles et ils soient municipaux-les, conseillères et conseillers communauxles ou militant-e-s aguerri-e-s, toutes et tous ont dans leur escarcelle, de la volonté, des compétences, de l’expérience et de la motivation à revendre.

Le système est connu. Une entreprise se crée, démarche des clients avec des prix cassés, engage des travailleurs-euses avec des salaires très bas, souvent au noir, ne tient pas de comptabilité, ne paie pas les charges sociales. Puis la société sort les liquidités en cash et se met en faillite. Faute d’actifs, les créanciers reçoivent des actes de défaut de biens. La faillite est prononcée et l’entreprise peut même racheter à bas prix son ancien matériel à l’office des poursuites. La boucle est bouclée et un nouveau cycle peut commencer.

A majorité féminine (20 femmes sur 37 député-e-s), ce nouveau groupe ainsi constitué est comme une renaissance dont la création est une première étape de vie. Bien qu’en provenance d’horizons différents, chacun-e est prêt-e à s’engager pour défendre les valeurs de solidarité en faveur des plus faibles, ciment de notre cohésion.

Face à ces faillites en chaîne, l’arsenal juridique est bien pauvre ! Si le siège de la matière se trouve au niveau fédéral dans la loi sur les poursuites et faillites, des possibilités d’agir existent aussi au niveau cantonal. Toutefois, le canton de Vaud ne détient pas de registre cantonal des faillites, ceux-ci étant organisés par district. Partant du fait que ce sont les partenaires sociaux, syndicats et fédérations patronales qui sont les plus au fait de ces situations, le groupe socialiste a déposé un postulat demandant au canton d’étudier l’introduction d’une liste noire des entrepreneurs impliqués dans l’exploitation de faillites à répétition, ainsi que la mise en place d’un registre cantonal, voire intercantonal des faillites. Il demande aussi que l’Etat de Vaud attribue des marchés publics en priorité aux entrepreneurs n’ayant pas fait l’objet de faillites à répétition. Ce postulat a reçu le soutien de l’ensemble des chef-fes de groupe du Grand Conseil et a été signé par une nonantaine de député-e-s de tous bords politiques. Espérons que ce signal politique sera entendu et que des actions concrètes pourront être mises en œuvre, rapidement.

Emmené-e-s par notre Cheffe de Groupe, la députée Valérie Induni, une coopération efficace se met en place afin de permettre une utilisation optimum des forces de chacun-e tout en gardant le respect des individualités. Avec cette nouvelle configuration des forces politiques, la porte est étroite pour obtenir des majorités. A 37 député-e-s, il est important que nous tirions toutes et tous à la même corde, car avoir la chance de pouvoir prendre des décisions qui auront une influence positive sur un nombre important de personnes est une responsabilité qui pèse son poids. C’est en prenant congé des 17 député-e-s socialistes sortant-e-s que nous mesurons la force qui émane de ce groupe du Grand Conseil. Un sentiment d’appartenance solide, des objectifs communs, des propositions défendues au coude à coude, des bonnes et mauvaises expériences vécues, tous ces moments partagés qui ont rendu cette séparation difficile à vivre. Nous remercions ces hommes et ces femmes de valeur qui ont tout donné durant parfois de très nombreuses années. Nous leur devons ce que nous sommes aujourd’hui et la nouvelle équipe, fraîchement élue, se fera un honneur de poursuivre le travail entrepris avec fougue et conviction.


point V D

Points forts socialistes – 3 N ° 9 5 - s e p t e m b r e - o c to b r e 2 0 1 7

co m m i ss i o n s

Francine Jeanprêtre

Co-présidente commission 60+ Bussy-Chardonney

Eric Voruz

Co-président commission 60+ Morges

Commission 60+: présentation Le 29 août dernier, le comité directeur du PSV a accepté officiellement la création de la « Commission PSV 60+ », c’est-à-dire une commission composée de camarades qui ont 60 ans et plus. Le comité directeur a également ratifié la désignation des camarades Francine Jeanprêtre et Eric Voruz en leur qualité de coprésident-e-s de la commission.

Pourquoi cette commission ? Le PSS a déjà non pas une commission, mais bien une entité PS, au même titre que la Jeunesse socialiste suisse (JUSO) ou les Femmes socialistes suisses. A ce niveau, le PSS 60+ a aussi son comité directeur et son Assemblée des délégué-e-s. Au niveau du PSV, l’organisation sera un peu différente puisque « l’entité 60+ » est constituée en Commission du parti. Cela ne change rien à son importance, car la dite commission se compose déjà d’une

septantaine de camarades qui ont participé aux premières rencontres ou qui ont manifesté la volonté d’être informé-e-s des activités de la commission. Celle-ci répond donc à un besoin des camarades. Plusieurs rencontres de la commission ont déjà eu lieu à Lausanne, Morges et Renens, traitant, entre autres, de sujets tels que la RIE 3 avec Samuel Bendahan, économiste et conseiller national, des Assurances sociales avec Stéphane Rossini, spécialiste des assurances sociales et ancien président du conseil national, ou encore avec Audrey Petou, représentante de la Jeunesse socialiste vaudoise.

et actifs aux différents niveaux du parti, mais pas forcément, puisque tout-e camarade est la et le bienvenue.

commission 60+ : parce que l’engagement politique n’a pas d’âge ! Bien entendu, nous ne serons pas là pour dire «  de notre temps c’était… » ou de rabâcher de tels propos. Notre désir est de voir préparer aussi l’avenir et d’aider les générations actuelles ou futures à remplir au mieux leurs obligations politiques, sociales et associatives, bref de les épauler dans leurs engagements réciproques. « Rester dans la course » pourrait être notre devise.

Cette commission a pour objectif de permettre aux camarades de 6o ans et plus de se réunir, de mieux s’adapter aux défis auxquels doit faire face notre parti, d’aider nos camarades actives et actifs des sections lors de votations ou élections, bref de rester dans le bain après avoir été justement actives

Comment participer ?

La nouvelle commission 60+ du PSV s’est déjà réunie plusieurs fois, mais cela ne signifie absolument pas qu’il ne soit pas possible de la rejoindre! Il est en fait possible d’en devenir membre à tout moment. Vous pouvez également demander de recevoir des informations sur les activités de la commission sans devoir forcément vous déplacer pour les séances. Les seules conditions à remplir sont: être membre du PSV et avoir 60 ans ou plus. Pour plus d’informations vous pouvez écrire un messagge éléctronique à l’un-e des deux co-président-e-s: Francine Jeanprêtre (fjeanpretre@ gmail.com) ou Eric Voruz (eric.voruz@bluewin.ch). Si vous n’avez pas d’adresse électronique, aucun problème! Vous pouvez nous appeler au secrétariat au 021 312 97 57 et ce sera un plaisir pour nous de répondre à toutes vos questions.


P O I N T d ’ or g u e

4 – Points forts socialistes N ° 9 5 - s e p t e m b r e - o c to b r e 2 0 1 7

L a r é vo lu t i o n n u m é r i q u e

Pierre Zwhalen Député Lausanne

La société numérique sera-t-ellE équitable ? Au plan suisse, les socialistes ont ouvert les débats autour de la numérisation et de la 4e révolution industrielle le 26 août à Berne. D’ici la fin de l’année prochaine, la nouvelle conception économique du PS suisse devra relever les défis que posent les formes de travail explosées de la société digitale.

Smartphones et drones, robots et voitures sans conducteur  : la numérisation investit déjà largement la vie quotidienne. Le travail change sous nos yeux : le lieu, l’heure où il est accompli perd de son importance – pourvu que les résultats arrivent meilleurs et plus vite. Digitaliser allège les tâches à la caisse des magasins, par exemple, mais la pression grandit vers une productivité accrue, qui touche tous les métiers, toutes les fonctions dans l’entreprise. Nos conseillers nationaux Beat Jans, Roger Nordmann, Susanne Leutenegger Oberholzer ou Samuel Bendahan ont lancé dans la capitale fédérale les discussions qui conduiront à adopter un nouveau concept économique sur le sujet. Comment maintenir le lien social au-delà des écrans ? Le travail non rémunéré s’étend-il en défaveur des femmes  ? Que deviennent nos exigences sociales et environnementales dans le monde numérisé  ? Exposés académiques et table ronde ont surtout montré l’ampleur des défis et donné quelques pistes, pour maîtriser humainement de tels développements. Larguer ou émanciper ?

La numérisation peut émanciper, sous conditions : le rêve de liberté dans une société

plus équitable semble se rapprocher. Cela suppose toutefois de bien mieux répartir les forts gains d’efficience envisagés, en termes de salaires et de temps de travail. L’accès au savoir, aux données, à l’information doit être assuré pour toutes et tous, par internet notamment. Il faut rendre le travail plus coopératif, promouvoir une économie commune et partagée. Cela implique une mutation digitale de l’école et de la formation, une offensive très large de perfectionnement, l’encouragement de la recherche, de l’innovation – en appuyant les jeunes pousses en particulier. Exigeons aussi une infrastructure numérisée étendue, la neutralité des réseaux ainsi que des données ouvertes et open source.

Les contenus sont plus importants que le marketing du processus. Un concept économique tout neuf doit inclure la société civile, décisive en vue des scrutins populaires à venir. Car les entreprises se transforment et demandent aux employées et employés de s’adapter. La digitalisation va faire exploser les rythmes de travail, même si le cadre restera probablement structuré. Pour les socialistes, justice sociale et répartition des revenus mais aussi durabilité et démocratie restent au cœur des stratégies.

Le débat doit être large dans le parti, pour déboucher sur des résultats concrets, a souligné Christian Levrat, président du PSS. Rallier autour de l’Agenda 2030 ?

Auteur du rapport de l’Alliance progressiste « Shaping our future », Jochen Steinhilber a relevé les initiatives locales et régionales qui dessinent l’avenir. Nous devons tisser de nouvelles alliances pour répondre aux enjeux globaux. 193 Etats, dont la Suisse, ont adopté il y a deux ans l’Agenda 2030, pour éliminer l’extrême pauvreté et la faim, préserver le climat et les ressources. Les 17 objectifs de développement durable de l’Agenda engagent les pays du Sud comme du Nord. Les milieux économiques et scientifiques y souscrivent aussi. Des organisations de la société civile appellent à réaliser ces objectifs dans les 15 ans impartis. Christian Levrat abonde : « Oui, l’Agenda 2030 soutient notre propre programme. » L’Agenda rassemble déjà bien au-delà des clivages habituels, avant même que le gouvernement suisse publie en 2018 son rapport intermédiaire sur sa mise en œuvre.


P O I N T D ’ O R GU E

Points forts socialistes – 5 N ° 9 5 - s e p t e m b r e - o c to b r e 2 0 1 7

L a r é vo lu t i o n n u m é r i q u e

Chiara Storari

Secrétaire générale adjointe Renens

Séminaire d’été du PSV: quel avenir pour le travail? Samedi 28 août s’est tenu à Rolle le séminaire d’été du PSV sur le thème « numérisation, intelligence artificielle, uberisation: quel avenir pour le travail salarié ? ».

Le séminaire a été organisé en deux parties. Lors de la première partie, Geneviève Bouché (futurologue française), Samuel Bendahan (Conseiller national et maître d’enseignement et de recherche à l’EPFL) ainsi que Raphaël Rollier (responsable du programme Smart cities chez Swisscom) sont intervenu-e-s sur différents aspects de la révolution numérique (ou quatrième révolution industrielle). Geneviève Bouché a débuté son exposé avec l’image d’un gros poisson se faisant manger par une multitude de petits poissons qui s’unissent pour en former un plus imposant. Cette métaphore décrit la situation actuelle : la création d’une myriade de jeunes entreprises qui grignotent les avantages et monopoles des grosses entreprises par leur capacité de proposer des services très efficaces grâce au numérique. Essayer d’arrêter ce changement est inutile. Il est plus intéressant de le devancer en proposant un fonctionnement différent de la société. Actuellement, le modèle de société proposé par les géants du web corréspond à une vision strictement utilitariste de l’être humain, s’organise autour d’une structure centralisée dépassée, et, de plus, est sous-tendu par un modèle économique politiquement non viable, puisqu’il creuse les inégalités. Mme Bouché propose de passer d’une structure pyramidale de l’organisation humaine (dans laquelle les décisions sont prises au sommet)

à une structure « organique » dans laquelle chacun et chacune remplit une fonction essentielle au bien-être de toute la société. Ce type de fonctionnement a deux avantages: il approche la décision de l’action (l’individu décide de son action) et facilite l’éclosion des talents (le choix de sa voie est déterminée par l’individu). Dans l’économie immatérielle d’internet, la réactivité, l’adaptabilité et les talents sont des ressources clés.

Elle propose donc deux pistes pour amorcer ce mouvement: (1) les activités productives qui ont des conséquences négatives pour la planète et la communauté doivent être très chères (les entreprises doivent payer pour les dégâts causés par leurs activités et leurs produits, par exemple le tabac) et (2) favoriser le développement de monnaies numériques, qui peuvent faciliter la rétribution des activités contributives.

Dans ce cadre, Mme Bouché observe que les générations qui ont grandi avec internet sont passées d’une optique « industrielle », dans laquelle le but de l’humain est de produire, à une envie de « réussir sa vie », c’est-à-dire de produire, mais aussi de s’investir dans des activités « contributives » comme la famille, les amis, les loisirs, la spiritualité. Activités qui ne sont pas très valorisées actuellement.

Samuel Bendahan nous a parlé ensuite du travail et des inégalités qui en découlent. En principe, le travail produit de la valeur et assure un salaire à qui le fournit. Rien que par le lien entre valeur et rétribution il y a inégalité. Ces inégalités viennent de la pénibilité du travail, de la demande et de la valeur qui est donnée au produit, principalement.

Les activités contributives assurent stabilité et bien-être à la communauté et participent à un fonctionnement plus «  organique  ». Mme Bouché propose ainsi d’inciter les citoyennes et citoyens à s’investir dans ce type d’activités et de les rétribuer. Ceci est également nécessaire au vu de l’évolution de l’économie, qui va vers une production ultraéconome en ressources naturelles et en ressources humaines, avec notamment la robotisation. C’est donc tout le pacte social qui doit être réinventé, puisque il n’y a plus de salaire. Le revenu de base pourrait représenter une solution à ce problème, mais Mme Bouché considère que le travail revêt une importance vitale pour l’être humain et qu’il convient donc de réorienter nos activités du travail productif vers le travail contributif.

Avec l’entrée en scène du capital, les inégalités se sont creusées, puisque les « salarié-e-s » dépendent du « patron » pour travailler. Ainsi, celles et ceux qui possèdent les moyens de production (le capital) gagnent de plus en plus, alors que les individus qui fournissent le travail (le salaire) gagnent de moins en moins. Samuel porte l’exemple de Novartis : le prix de revient d’un médicament est constitué à 30% par le droit à la propriété intellectuelle. Donc, une bonne partie du gain ne se fait pas sur le médicament lui-même (le produit), mais par la possession de la « découverte » (le capital). Pour réduire les inégalités, il propose de s’attaquer au monopole de la propriété intellectuelle, entre autres choses. (poursuit à page 6)


P O I N T d ’ or g u e

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L a r é vo lu t i o n n u m é r i q u e

(suite de la page 5) Dans ce cas spécifique, il faut effectivement tenir compte du fait que la plupart des résultats de recherche sont produits par les institutions publiques et que, de plus, les entreprises privées utilisent les infrastructures et les services proposés par le secteur public. Par conséquent, il faut que tous ces aspects entrent en ligne de compte pour modifier la taxation actuelle, de manière à ce que les évolutions de la connaissance bénéficient à toute la population et non pas uniquement aux actionnaires. La présentation de Raphaël Rollier a clos cette première partie. M. Rollier travaille chez Swisscom sur l’implantation des nouvelles technologies, et il a débuté son exposé par une présentation de l’état de la connaissance sur l’intelligence artificielle. Celle-ci connaît des évolutions très importantes et très rapides. Par exemple, en 4 ans le développement des outils de reconnaissance visuelle (identifier les objets via leur image) a connu un développement tel que les chercheurs ont réussi à produire des machines qui ont un taux de réussite supérieur à celui de l’être humain. Pour nous donner une idée de l’impact de l’intelligence artificielle sur le travail, M. Rollier a transposé cette situation (une machine qui exécute une tâche mieux que l’être humain) dans différents contextes productifs, tout en soulignant que les développements technologiques ont toujours eu un impact sur le travail. Dans le domaine de l’horlogerie, par exemple, les outils de reconnaissance visuelle aident à identifier des petites variations dans le cadrant, impossibles à voir à l’œil nu. Ainsi, ce type de travail

peut être pris en charge par des machines, mois chères et plus performantes que des individus. Par conséquent, la production peut revenir en Suisse, en rendant des tâches non spécialisées moins chères. M. Rollier a conclu sa présentation sur le constat que les machines peuvent effectuer certaines tâches mieux que les humains, que la technologie remplace des métiers mais crée aussi des nouveaux emplois et des nouveaux besoins, et qu’il est fondamental de fournir au plus tôt une éducation au numérique et à la logique informatique à la population. Une table ronde a suivi une courte pause. Joëlle Racine, secrétaire politique au syndicat Unia et responsable de la formation des membres, ainsi que Jean Christophe Schwaab, Conseiller national et Municipal à Bourg-en-Lavaux, étaient invité-e-s pour discuter avec les présent-e-s des propositions politiques possibles pour atteindre une société plus juste à l’ère numérique. Mme Racine a discuté de la nécessité de développer le droit à la formation continue, surtout pour les femmes et les ouvriersères peu qualifié-e-s, ainsi qu’un droit à la réorientation professionnelle. Les congés de formation doivent être soutenus financièrement, comme à Singapour, où chacun reçoit 300.- pour se former au numérique. Il est fondamental d’anticiper les besoins des travailleurs. Jean Christophe Schwaab, nous a parlé du fait que l’usage des plates-formes et de leurs algorithmes pour gérer les affaires et régler les problèmes est problématique à son tour. Cela crée des automatismes et plus personne

n’est responsable des décisions prises: ni celui qui a créé l’algorithme, ni celui qui l’utilise. Selon lui, une démocratie reste forte tant que les député-e-s sont proactifs-ves et ne limitent pas leurs réflexions aux points de l’ordre du jour. L’utilisation des algorithmes est notamment une question qu’il faut régler au plus vite. Actuellement, les questions essentielles qui doivent être posées touchent à comment agir au niveau législatif pour améliorer l’imposition, afin qu’elle profite à tous. Par exemple, est-ce qu’il faut imposer les machines ou les robots ? À ce sujet, il considère que l’imposition du capital est la plus simple à mettre en place. Cependant, il faut également responsabiliser les entreprises utilisatrices d’algorithmes (pour mieux cibler la publicité, par exemple) concernant les conséquences de leurs actions. Il importe également d’imposer aux entreprises étrangères le respect du droit suisse. Plusieurs camarades sont intervenu-e-s lors des discussions et d’autres problématiques ont été soulevées. Malheureusement, ce n’est pas aisé de résumer les riches échanges dans un article. Pour terminer, nous aimerions remercier toute la section de Rolle pour l’accueil et l’aide dans l’organisation de la matinée ! Si tout c’est très bien passé, c’est surtout grâce à vous (participant-e-s et organisateur-trices) ! Note: le texte de l’intervention de Mme Bouché est disponible sur son blog http://s298243136.onlinehome.fr/dotclear/index. php?post/2017/08/25/Du-travail-%C3%A0-lacontribution


point Comm u n

Points forts socialistes – 7 N ° 9 5 - s e p t e m b r e - o c to b r e 2 0 1 7

s e c t i o n d e g la n d - e n g ag e m e n t c i toy e n

Nicolas Aeschmann

Président de section Gland

Manuel Marques

Conseiller communal Gland

Gland, une ville de jeunes (socialistes)

Un engagement pour le vivre ensemble

Souvent décrite comme cité-dortoir, Gland est devenue une des villes les plus dynamiques du canton, qui ne cesse de se développer et qui fait d’elle « la plus jeune de Suisse ».

Le 23 novembre 2016, la Municipalité de Nyon a attribué pour la deuxième fois le Mérite citoyen à un Nyonnais particulièrement engagé dans la vie politique ou associative de la ville: Manuel. Marques.

Cette jeunesse se remarque à Gland par l’engagement de longue date des jeunes dans la section. Le combat contre les inégalités mené au niveau communal n’est peut-être pas des plus flagrants pour un-e jeune qui rêve de bousculer l’ordre établi. Cependant, il apparaît vite qu’améliorer le cadre de vie des gens avec qui on partage sa ville est le domaine de la politique où nos actions sont les plus tangibles. A l’image de Charlotte Gabriel, qui s’est engagée au sein de la JSV lors des quarante ans de mai 68. Elle a contribué à une ville plus vivante grâce à son action au sein du conseil communal. Elle a initié le festival de cinéma open air, Gland’Ecran, qui rassemble les habitant-e-s autour de la culture et on lui doit que la commune se soit lancée dans le réaménagement de notre plage, inadaptée aux besoins de la population de la région. La réappropriation de l’espace commun porté par notre volonté que les rives du lac soient rendues au plus grand nombre est porteuse des idées du socialisme vaudois, comme le rappelle notre mot d’ordre « pour tous, sans privilèges ». Muriel Waeger, aussi native de Gland, fait entendre sa voix au niveau national en tant que vice-présidente de la Jeunesse Socialiste Suisse. Elle y est chargée de la coordination romande et est l’une des représentantes de nos initiatives. Celles-ci ont permis de sensibiliser aux déséquilibres salariaux (la 1 :12) et à la spéculation alimentaire. Un nouveau défi se présente à elle avec «  Initiative 99%  » qui vise à revaloriser le travail par une taxation du capital juste qui redistribue les richesses accaparées par une élite peu représentative du peuple. A l’échelon cantonal, les «  ex-glandois  » Marc-Antoine Senn et Joël Waeger se sont aussi familiarisés avec la politique dans notre ville et ils ont poursuivi leur action politique au Comité directeur de la JSV. Bien qu’il puisse y avoir des désaccords, nous poussons vers un idéal commun de justice sociale. Le débat, qui est l’essence de notre parti, ne peut se faire sans que des jeunes avec un fort ancrage communal n’aient pas voix au chapitre.

D’après la commune de Nyon, ce prix témoigne du fort engagement du primé dans le bénévolat, la vie associative et/ou politique nyonnaise, ainsi que de sa contribution significative au maintien du lien social. Manuel est un camarade très engagé, notamment comme conseiller communal PS à Nyon, comme membre de la Commission d’intégration suisses-étrangers de Nyon et de l’association L’Interculturelle. Il est également Président de l’Association des portugais de Nyon et du club FC Hermandad, ainsi que gestionnaire du Cercle portugais. Nous avons profité de l’occasion pour lui poser quelques questions et il a pu trouver un moment pour nous répondre entre un engagement et l’autre. Félicitations et merci de ton engagement pour le mieux vivre-ensemble. Nous aimerions connaître un peu tes actions et tes motivations. Comment ton engagement citoyen est-il né ?

Lorsque j’ai rejoint l’Association portugaise de Nyon avant d’en être le président, j’étais membre du syndicat Sib, aujourd’hui Unia. C’est grâce à cette organisation que l’on m’a invité à rejoindre le Parti Socialiste de Nyon, et que j’y ai découvert les ficelles de la politique. J’ai réalisé que moi aussi, je pouvais faire quelque chose pour la ville dans laquelle j’habite et pour la communauté portugaise. Quel est le projet qui te tient le plus à cœur et pourquoi ?

Les projets que j’ai le plus à cœur sont : des logements à loyer modéré pour toutes et tous, et le travail pour nos jeunes. Je connais les difficultés que rencontrent les jeunes à la sortie de leurs études, alors qu’ils et elles n’ont pas d’expérience professionnelle. Il faudrait qu’elles et ils puissent démarrer leurs vies décemment avec un emploi et un logement. Quel est le plus beau souvenir que tu as de ton activité ?

Le recrutement de jeunes : voilà le défi que la section de Gland doit poursuivre. En effet, l’intégration des jeunes intéressé-e-s par la vie de la communauté nous permet de nous exprimer dans un conseil communal qui aurait beaucoup à gagner à écouter l’avis des jeunes citoyen-ne-s.

Beaucoup de souvenirs sont beaux, mais les meilleurs sont liés à quand on travaille avec d’autres communautés, on construit de belles relations et on s’enrichit culturellement.


P oint d ’ e xclamation

Points forts socialistes – 8 N ° 9 5 – s e p t e m b r e - o c to b r e 2 0 1 7

Coup de point Denis Corboz

vice-président PSL Lausanne

Les patrons vaudois : super flexibles ! Les patrons vaudois engagent le débat : 70 « nouvelles » propositions pour une économie vaudoise forte. Débat mainte fois rabâché et s’inscrivant dans le plus pur esprit néolibéral : coupes dans le social (le canton est trop attractif), baisse de la fiscalité (alors que l’on vient de voter la RIE III), « relâchement de la bride » sur le secteur de la santé (privatiser le CHUV), bref il s’agit d’affaiblir l’État pour renforcer l’économie… Leur argument massue  : la croissance deviendrait faible (voire molle…), il faut donc soutenir l’économie et par conséquent déréguler et flexibiliser. La flexibilisation est un terme très contemporain qui traverse aussi l’esprit de certain-e-s membres du PS. L’aile appelée réformiste menée par Pascale Bruderer et Daniel Jositch (article du Temps du 28.09.17) estime qu’il serait sain pour l’économie suisse que l’on puisse travailler par moment 60h par semaine et jusqu’à 15h par jour. Ces heures supplémentaires pourraient être compensées pendant le mois. L’idée sous-jacente, c’est la nécessité de faire gagner en souplesse et en

Trois petits points Un patron se fait passer pour employé au sein de son entreprise. Solution idéale : il présente toutes les décisions difficiles comme imposées par d’autres. La logique capitaliste est parfois difficile à assumer face à ses collaborateurs… Il décide de vendre et pour ne pas dévoiler la supercherie, fait appel à un comédien pour jouer

Impressum

docilité les employé-e-s. En caricaturant un peu, c’est accepter le fait d’être accessible et disponible en tout temps pour l’économie. La vie de famille, les amis, l’engagement associatif, le sport viendront après. Incroyable d’oser nous resservir la bonne vieille recette de l’augmentation du temps de travail, alors que les outils informatiques n’ont jamais été aussi efficients et la productivité jamais aussi élevée. Le sociologue Zygmunt Baumann a bien thématisé ce problème : nous sommes entrés dans l’air de la « société liquide ». Le patronat l’a bien compris, il convient d’être souple, mobile, polymorphe et adaptable à la nouvelle économie. La clé de la rentabilité maximale ? La flexibilité absolue des employé-e-s ! Voulant montrer l’exemple, les patrons vaudois se sont déjà appliqués à eux-mêmes cette flexibilité temporelle. Sortir toutes ces propositions 4 mois après les élections cantonales, c’est vraiment faire preuve d’une belle souplesse au niveau de l’agenda !

Dans l’émission Forum, à propos de maltraitance animale, le Conseiller en charge de l’économie, de l’innovation et des porcs se félicite: « Aujourd’hui, nous avons tapé très fort ». Il va falloir lui réexpliquer que l’idée, ça serait justement d’éviter... de taper tout court.

La Conseillère d’Etat libéraleradicale Jacqueline de Quattro prépare sa candidature au Conseil fédéral depuis deux ans au moins. La preuve: elle avait déjà écrit en 2015 le discours du premier août qu’elle a transmis en 2017. Dommage, le gouvernement suisse sera privé de ce sens hors norme de l’anticipation.

Le sang du conseiller aux Etats PLR vaudois Olivier Français n’a fait qu’un tour quand il a pris connaissance de la candidature à la succession Burkhalter de sa meilleure ennemie, Jacqueline de Quattro. Du coup, alliant comme à son habitude vitesse et précipitation, il se lance. Mais il n’oublie pas la prudence : il y a le problème de l’allemand, qu’il parle peu. Et puis, il ne serait pas vraiment compétent pour la plupart des départements. En fait, hormis au DETEC de D. Leuthard, ça serait difficile. Résultat : sa candidature disparaît sans avoir été retirée. Pour les ambitions exécutives d’O. Français, ce n’est pas encore le bout du tunnel.

Sarah Neumann, Lausanne son propre rôle. C’est donc au théâtre qu’est confiée la véritable prise de responsabilité. On se réjouit de découvrir comment Oscar Gomez Mata, qui fait trembler d’énergie, de rires et d’intelligence nos scènes depuis vingt ans, s’empare de ce scénario incisif du danois Lars

von Trier.

Le Direktør, spectacle lauréat Label+ Théâtre Romand, à voir notamment à Lausanne et Yverdon : 8-11.11: www.vidy.ch 16-17.11 : www.theatrebennobesson.ch

Responsable : Chiara Storari Adresse : Chauderon 5, 1003 Lausanne Contact : 021 3129757 chiara.storari@ps-vd.ch Maquette : Atelier Gétaz Impression: Imprimerie du Journal de Sainte-Croix et environs Abonnement : 25 francs

170629 points forts 95 septembre octobre2017 web  
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