L'Orléanais 26 mai 2022

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26 mai 2022, Volume 6 Numéro 6

La voix francophone d’Orléans depuis 2017

PAGE 3 Incident à Béatrice-Deloges : que faire maintenant

PAGE 4 Réflexion : Entrevue fictive avec Will James

Prochaine édition 23 juin

PAGE 5 Notre patrimoine : La petite histoire du chemin Major

Élections 2022 : les candidats se prononcent

Jean-Marc Pacelli L’Orléanais Pendant que la campagne électorale bat son plein, L’Orléanais a contacté par courriel la majorité des candidats afin de leur demander « si vous êtes élu.e, quelle sera votre plus grande priorité pour la population francophone d’Orléans? » Les réponses obtenues sont présentées en ordre alphabétique du nom de famille. « Les conservateurs n’ont jamais cru que les francophones méritaient un traitement égal partout en Ontario », commence Stephen Blais, le député sortant et représentant du Parti libéral. « Nous veillerons à ce que chaque Ontarien ait accès à des services en français. Nous augmenterons le nombre de travailleurs de la Les quatre principaux candidats locaux à l’élection provinciale du santé francophones, ajouterons la langue préférée sur les cartes santé de l’Ontario et augmenterons 2 juin sont Stephen Blais (en haut à gauche), Melissa Felián (en haut le nombre d’étudiants francophones qui étudient à droite), Gabe Bourdon et Michelle Petersen. PHOTOS FICHIERS dans les programmes de soins de santé de

l’Ontario. Nous investirons également dans un nouveau bâtiment pour le Mouvement d’implication francophone d’Orléans (MIFO) afin d’offrir des services en français dans les domaines artistique, culturel et communautaire et augmenterons le financement du Programme d’appui à la francophonie ontarienne à 3 millions de dollars, en priorisant les projets soumis par et pour les francophones. Pour en savoir plus, consultez le site stephenblais.com », conclut-il. De son côté, Gabe Bourdon, qui défend les couleurs du Nouveau parti démocratique, écrit : « En tant que Franco-Ontarien qui habite à Orléans depuis toujours, je suis très conscient des défis auxquels nous devons faire face à tous les jours. Je frappe aux portes depuis quelques mois et j’ai entendu plusieurs histoires de gens qui se sont rendus soit à une salle d’urgence ou à un rendez-vous pour vaccin et n’ont pu s’adresser aux travailleurs de santé

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EN BREF Don important d’un homme d’affaires

ORLÉANS – Le 4 mai dernier, Claude L’Heureux, le propriétaire du Canadian Tire d’Orléans, a souligné son affection envers l’Hôpital Montfort en remettant 100 000 $ en appui aux soins de santé. « Le Carrefour santé d’Orléans est appelé à faire la différence dans la vie de milliers de gens. Nous sommes privilégiés de pouvoir compter sur un tel établissement, et ma famille et moi-même avons l’immense bonheur de contribuer à son financement. Canadian Tire Orléans est un pilier de la vie économique de la région et nous tenions à supporter la communauté dans le secteur essentiel de la santé », a déclaré l’homme d’affaires. « Nous sommes très heureux de pouvoir compter sur un leader d’affaires du secteur d’Orléans. M. L’Heureux témoigne à travers son geste d’une grande générosité, de l’impact de la philanthropie sur l’offre “santé” dans l’est d’Ottawa. C’est un privilège de le compter parmi nos alliés, parmi nos “Champions” », a pour sa part dit Marc Villeneuve, le président-directeur général de la Fondation Montfort.

La présidente du CECCE honorée

OTTAWA – Le 11 mai dernier, la Table politique du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est a intronisé au Mur des bâtisseurs sa présidente et conseillère scolaire d’Orléans - secteur 9, Johanne Lacombe. L’intronisation au Mur des bâtisseurs vise à rendre hommage publiquement à une conseillère ou à un conseiller scolaire ayant marqué la collectivité francophone desservie par le CECCE par son engagement, son leadership et ses actions dans la promotion et le développement du Conseil. « Conseillère scolaire du secteur Orléans depuis 2010 et présidente du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est depuis 2015, madame Lacombe a toujours eu à coeur la prospérité de sa communauté. Sous sa gouverne, le CECCE a connu une croissance de l’effectif sans précédent et Mme Lacombe a aussi contribué grandement à l’ajout de nouvelles écoles sur le territoire du CECCE et à l’implantation de nouveaux programmes dans les écoles du Conseil », note un communiqué.

Dudas, Luloff et Kitts se représentent

OTTAWA – Les conseillères Laura Dudas et Catherine Kitts et le conseiller Matthew Luloff ont tous déposé leurs documents de candidature auprès du bureau des élections au début du mois, rendant officielles leurs participations à la prochaine élection municipale. En date du 20 mai, personne n’avait déposé de candidature contre eux. La date limite de dépôt est le 19 août à 14 h. L’élection municipale de 2022 sera la première où les résidents de l’est d’Ottawa voteront depuis que les limites des quartiers Innes, Orléans et Cumberland ont été redessinées l’année dernière pour permettre une redistribution des électeurs en fonction de la population croissante au sud et à l’est d’Orléans.

Vous avez une plainte?

ORLÉANS – L’Orléanais est récemment devenu membre du Conseil national des médias du Canada, un organisme d’autoréglementation volontaire qui s’occupe des pratiques et de l’éthique journalistiques. Si vous avez une plainte non résolue au sujet de reportages, d’éditoriaux ou de photos, veuillez consulter notre site Web à mediacouncil.ca/fr ou composer le 1-844-877-1163.

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Élections 2022 : les candidats se prononcent Suite de la page 1

dans leur langue maternelle. Notre santé est de première importance. Lorsque nous sommes à notre plus faible, se retrouver entouré de gens qui ne parlent pas notre langue est très intimidant, même dangereux puisque nous devons trouver les mots pour demander les soins voulus. C’est pourquoi ma priorité pour les francophones d’Orléans c’est de voir l’expansion des services de santé en français. Je veux m’assurer que nous, les francophones d’Orléans, sommes bien représentés à Queen’s Park. C’est clairement quelque chose qui manque. » Melissa Felián, candidate progressisteconservatrice, répond en rappelant que « Doug Ford et les progressistesconservateurs de l’Ontario se sont engagés à améliorer l’accès à des services de qualité en français pour la communauté francophone grandissante de l’Ontario. C’est pourquoi nous avons mis à jour la Loi sur les services en français dans le cadre d’une stratégie globale de services en français qui mettra l’accent sur le recrutement, la formation et le développement d’une main-d’œuvre francophone et bilingue. La prestation de

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services essentiels de première ligne par le biais d’une loi modernisée et d’une maind’œuvre bilingue renforcée sera cruciale pour bâtir un avenir prospère pour les Orléanais. Je m’appuierai sur ce succès pour être une ardente défenseuse des FrancoOntariens d’Orléans. » Michelle Petersen, la candidate du Parti vert, affirme quant à elle : « Depuis 2010, je travaille pour des OBNL francophones. Il est essentiel de comprendre l’importance de l’accès à l’éducation en français du préscolaire au postsecondaire pour adresser la pénurie de main-d’œuvre. Si nous voulons des employé.e.s francophones, ça prend des milieux d’études francophones pour les former! Nous soutiendrons les écoles et les universités francophones. Nous voulons aussi investir dans les OBNL qui sont au cœur de notre communauté. Un financement adéquat est crucial à l’offre de services en français. Arrêtons de traduire et permettons aux francophones de créer leurs propres ressources adaptées aux réalités précises et diversifiées de leurs communautés! » Finalement Liam Randall, candidat du Parti New Blue, croit que « [l]a ville d’Orléans est enrichie avec les nombreux lieux culturels et sportifs, ainsi ces lieux consacrés aux arts, incluant les arts visuels et de la scène. Je supporte, et je continuerai mon support pour ces lieux qui, de mon point de vue, servent comme des piliers principaux pour non seulement l’expression culturelle francophone, mais aussi comme des points de rassemblement essentiels pour la communauté. Je serai, en général, quelqu’un d’esprit ouvert à écouter et de recevoir les demandes pour le support pour les diverses initiatives promouvant les services publics au niveau provincial en français, et d’abord, au niveau communautaire. » L’élection générale aura lieu le 2 juin prochain.


ACTUALITÉ Incident à Béatrice-Desloges : que faire maintenant André Magny IJL – Réseau.Presse – L’Orléanais Après les événements survenus les 12 et 13 mai à l’École secondaire catholique Béatrice-Desloges qui ont vu plusieurs centaines d’élèves manifester contre l’application qu’ils qualifiait d’excessive du code vestimentaire, deux représentants du Conseil des écoles catholiques du CentreEst (CECCE) ont souhaité s’expliquer à L’Orléanais. Rappelons quelque peu les faits. Le site Web de l’école rapporte qu’à la suite d’une vérification du respect du code vestimentaire par les membres de la direction et certains membres du personnel, des élèves, majoritairement des filles, ont été interpelées et priées « de plier la jambe au genou vers l’arrière alors qu’elles et qu’ils étaient debout dans le corridor afin de vérifier si le short porté respectait le code vestimentaire, soit se trouver au minimum à la mi-cuisse ». Contrairement à ce que certains médias ont rapporté à la suite de commentaires d’élèves,

« on n’a demandé à aucun élève de se pencher » rapporte le site de Béatrice-Desloges. Cependant, face à certains élèves qui ont été choqués par l’attitude de la direction de l’école, le conseiller scolaire du secteur Cumberland, au sein du CECCE, Dan Boudria, a tenu à préciser que « la table politique est très désolée et offre ses excuses aux élèves » qui ont pu se sentir humiliés. De son côté, Jason Dupuis, surintendant de l’éducation au sein du CECCE, confirme qu’à la suite des événements, des représentants du CECCE, dont lui-même, ont passé trois jours à Béatrice-Desloges afin de recueillir les commentaires de tout le monde. Dan Boudria confirme qu’il y a bien une directive administrative concernant le code vestimentaire, mais celle-ci n’a pas été validée par toutes les écoles. Peut-être faudrait-il s’entendre tout d’abord sur les termes modeste, décent et propre qu’on retrouve dans cette directive. Le port d’un uniforme pour toutes les écoles du CECCE serait-il la solution? Le

conseiller Boudria n’en est pas certain. « Certes, on va devoir discuter de la question, mais je ne crois pas qu’imposer un uniforme à Pembroke pour un événement survenu à Orléans, ce soit la solution. » De plus, renchérit Jason Dupuis, l’adoption d’un uniforme ne se fait pas en claquant des doigts. Il y a toute une procédure à respecter : en fait, ce sont les parents qui décideraient d’une telle éventualité à la suite d’un vote qui doit être entériné par 70 % de ceux-ci. La solution ne semble pas être pour tout de suite. Pourtant, on le sent bien à travers la discussion, la situation survenue à BéatriceDesloges est embarrassante. En 16 ans comme conseiller, c’est la première fois que Dan Boudria est face à une telle situation tient-il à préciser. Il aimerait mieux parler des bons résultats des élèves du CECCE. Du côté du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), le service des communications a confirmé à L’Orléanais que c’est chaque école qui adopte son code relatif à la tenue vestimentaire, établi par la

direction de l’école, en collaboration avec les élèves, le personnel enseignant et en consultation avec le conseil scolaire. Le CEPEO semble être conscient de l’aspect sensible que peut provoquer un code vestimentaire. Les membres du personnel des écoles ont comme consigne de faire preuve de jugement et de souplesse dans l’application du code vestimentaire. De plus, et toujours selon des informations reçues du CEPEO, une réflexion sur la question devrait être entamée sur la question à compter de l’an prochain. L’ironie dans tout ça, s’il faut prendre l’incident survenu dans l’école orléanaise avec un peu de recul, c’est qu’il est arrivé une semaine après la rencontre virtuelle avec la médaillée olympique en patinage de vitesse à Beijing, Ivanie Blondin, qui avait donné une conférence sur YouTube pour toute la communauté scolaire du CECCE dans le cadre de la Semaine de la santé mentale. Semaine au cours de laquelle la question du code vestimentaire avait été soulevée.

Jean-Marc Pacelli L’Orléanais De février à juin, une quinzaine de jeunes, dont six fréquentant des écoles d’Orléans, participent au programme FOCUS-Affaires et éducation coopérative. En place depuis une dizaine d’années, le programme FOCUS du CECCE, qui couvre près d’une quinzaine de domaines, incluant celui des affaires, permet à des élèves de 11e et de 12e année de vivre une immersion dans un domaine de compétence de leur choix, afin de déterminer leur profil de carrière. « FOCUS Affaires se concentre sur le développement des compétences du démarrage d’une entreprise. On mise sur le leadership et des tâches authentiques pour que les élèves puissent développer leur esprit critique et leur esprit d’autodidaxie », explique l’enseignante Julie Senécal. Encadrés par des cours ciblés en marketing, comptabilité, économie et entrepreneuriat, les élèves doivent aussi réaliser deux jours de stages par semaine dans une entreprise. En ce qui a trait à leur propre compagnie, Mme Senécal assure que les élèves ont les coudées franches à chacune des étapes. Ces adolescents, qui sont appelés à investir leur propre argent dans l’entreprise qu’ils créent, peuvent toutefois compter sur un appui de taille : « Le groupe est encadré

par des entrepreneurs de la région, donc nous avons des mentors qui viennent donner un petit coup de main, donner leur avis et proposer une consultation quand les jeunes ont des questions », précise Mme Senécal. Pour Naeema Balambula, une élève de 11e année fréquentant le Collège catholique Mer Bleue, cette approche ne pouvait tomber plus à point : « J’ai toujours voulu lancer une entreprise, mais je ne savais pas comment. Puisque je veux suivre le cours de business à l’université, je me suis dit que [FOCUS Affaires] serait un bon point de départ. » Elle et ses collègues ont donc monté de toute pièce MagicBombe, une entreprise qui vend un désinfectant écologique pour les cuvettes de toilettes. Le choix du produit a été fait démocratiquement, alors que les élèves ont voté pour l’idée qui leur semblait la meilleure et qui avait le plus grand potentiel parmi celles qu’ils avaient eux-mêmes proposées : « Il y avait plusieurs idées différentes, comme un savon à vaisselle, des bagues et des bijoux, et un sac chauffant. Ce qui nous a fait voter pour [le désinfectant à cuvette] était le potentiel de vente et le potentiel d’en vendre à de plus grosses compagnies, de les avoir dans les salles de bain de restaurants et de magasins », explique Mlle Balambula. De toute évidence, le choix du produit

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Des jeunes apprennent les rudiments de l’entrepreneuriat

L’équipe de MagicBombe et leur enseignante, Julie Senécal (extrême droite). a été payant, alors que, en date du 12 mai, l’entreprise avait non seulement atteint la rentabilité, mais avait aussi doublé la valeur de l’investissement initial de 30 $ qu’avait fait chacun des élèves au début de l’aventure. En juin, lorsque la cloche annonçant la fin des cours sonnera, Naeema Balambula mentionne que MagicBombe versera au minimum 15 % de ses profits à la Fondation de l’Association canadienne de

gastroentérologie. Elle souligne par contre que les profits ne sont pas l’objectif qu’elle et ses collègues se sont fixé : « Notre mission est de rendre les gens plus à l’aise à la salle de bain, que notre produit y devienne un essentiel. On veut aussi que nos clients aient une bonne estime de soi et une bonne hygiène. » MagicBombe peut être acheté en ligne au magicbombe.ca.

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Des leçons à tirer du populisme en Europe Les partis populistes commencent à s’inscrire durablement dans le paysage politique européen. Il y a urgence à tenter d’en tirer certaines leçons pour éviter que le populisme ne s’installe de la même façon au Canada. Au début du mois d’avril, le premier ministre hongrois Viktor Orbán remportait une autre victoire électorale, de même que son acolyte le président serbe Aleksandar Vučić, confortant ainsi la place du populisme sur la scène politique européenne. Trois semaines plus tard, Marine Le Pen échouait à se faire élire à la présidence de la République française et le premier ministre slovène Janez Jansa subissait une cuisante défaite. Les causes du vote populiste sont nombreuses et complexes. Il y a des raisons circonstancielles, mais il y a également des raisons plus profondes. Il y a la crise de l’État qui ne parvient pas à assumer ses missions premières — éduquer, soigner et protéger — à cause du démantèlement de l’État-providence. Il y a aussi la crise sociale, avec un fossé entre les pauvres et les riches qui s’accroit en permanence et des fractures sociales qui s’accentuent. Il y a la crise écologique, qui provoque de l’anxiété et de la peur face à l’avenir et à laquelle les gouvernants ne répondent pas. La crise des médias traditionnels, qui sont délaissés par de nombreuses personnes au profit de médias sociaux colportant théories farfelues et complotistes. Enfin, une crise de la démocratie avec des classes politiques somme toute médiocres, la disparition des élus de la société civile au profit de professionnels de la politique qui n’agissent pas, mais font de la communication et qui ont tous acheté le discours néolibéral. Bref, un désenchantement généralisé crée un terreau fertile pour des populismes et des fascismes qui parfois se confondent. Au Canada, le Parti populaire créé en 2018 par Maxime Bernier répond à ces critères caractérisant le populisme. Certains diront que ce parti n’est qu’anecdotique, mais attention : s’il avait récolté moins de 2 % des voix en 2019, il a émergé à un peu plus de 5 % en 2021. On aurait donc tort de sous-estimer la possibilité que ce parti s’inscrive durablement dans le paysage politique canadien. Malgré les doutes et les peurs alimentés par la possible victoire de Pierre Poilievre à la direction du Parti conservateur à l’interne, les figures de proue du parti ont compris que si un autre chef issu du camp modéré était élu, de nombreux partisans et électeurs ancrés à droite du Parti conservateur quitteraient le bateau. Mais du coup, nous ne sommes pas plus avancés parce que Pierre Poilievre se pose effectivement en populiste, comme en témoignent ces idées farfelues sur la cryptomonnaie ou ses solutions inapplicables pour régler la crise du logement. Étant donné qu’au Canada ces populismes foisonnent à droite (il y en a et il y en a toujours eu à gauche, mais ils sont groupusculaires), cela déplace le curseur toujours plus à droite. Ainsi, la surenchère rhétorique se fait toujours plus à droite. C’est là que le danger se situe : que la surenchère populiste à droite débouche sur le développement de partis d’extrême droite. Aurélie Lacassagne, Francopresse

Entrevue fictive avec Will James - Bonjour M. James. Ça me fait plaisir de vous lequel j’ai reçu la médaille Newberry. Le livre fut rencontrer, vous le cowboy le plus légendaire des porté à l’écran en 1933. USA. - Vous avez aussi écrit une autobiographie? - Merci de me recevoir. - Oui, en 1930, j’ai publié une autobiographie - Si nous récapitulons, vous êtes né à Saint- fabriquée de toutes pièces Lone Cowboy qui a Nazaire-d’Acton en 1892 sous été portée à l’écran en 1934. En le nom d’Ernest Naphtaline 1942, j’ai publié mon dernier Dufault. Je crois que Luce livre The American Cowboy. Dufault, cette magnifique En tout, j’ai écrit 24 livres tous chanteuse, est votre petiteillustrés de ma main. nièce et vous êtes de parenté Mon identité réelle avec les Dufault d’Orléans et commençait à déteindre et Réflexion des environs. Comment se faitnaturellement ma notoriété fut il que vous soyez si bien connu sous le nom de affectée même si une école porte encore mon nom Will James? à Billings au Montana, là où je me suis retiré sur - Tout d’abord, depuis ma tendre enfance, j’ai mon ranch pour y passer mes dernières années. toujours voulu être un cowboy authentique. En - Est-ce que vous êtes revenu au Canada 1907, à l’âge de 15, je me suis rendu en Saskatche- périodiquement? wan, mais mal m’en fut pris, je fus emprisonné - Oui, une seule fois en 1941, mais incognito. en 1911 à Calgary à cause d’une bataille dans un J’envoyais régulièrement des lettres à mon père bar. J’ai réussi à m’évader aux USA et c’est alors au Canada toujours implorant ma famille de que je pris le nom de Will James. J’ai travaillé ne jamais révéler mon identité. Ces lettres sont dans des ranchs du Montana jusqu’au Nouveau- maintenant entre les mains de mes oncles qui en Mexique. Comme tout bon cowboy du temps, j’ai ont fait la lecture partielle dans un documentaire. été impliqué dans un vol de bétail au Nevada et J’ai laissé mes biens à Ernest Dufault que j’ai passé 15 mois dans un cachot à Carson City. mon épouse ne connaissait absolument pas. Ensuite, je suis devenu cascadeur à Hollywood Alice devait rencontrer ma mère et mon frère à avant de devenir membre de l’armée américaine. l’occasion de mon départ pour un autre monde. J’ai étudié le dessin à San Francisco et noué avec - Je crois aussi qu’il y a un film en votre le célèbre artiste du Old West Charles Russell. honneur au Canada. J’ai fait de magnifiques peintures impliquant - Oui, l’Office national du film a fait un film toujours des chevaux, qui se vendent à gros prix. intitulé Alias Will James disponible sur l’Internet. En 1920, j’épouse Alice Conradt, Miss Nevada, - Merci monsieur Dufault. sans lui révéler ma réelle identité. - Ce fut un plaisir pour moi. Je commence à écrire aussi et c’est ainsi qu’en 1922, j’ai publié Bucking Horse Riders. http://musee.histoiresk.ca/ernest-dufault-aliasToutefois, c’est en 1926 que j’ai publié mon will-james-n151-t940.html plus grand succès, Smoky, un livre jeunesse pour www.onf.ca/film/alias_will_james/

Denis

Gagnon

CANADA

Marie-France LALONDE Députée/MP Orléans

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er d i a s u o v r u Ici po Rédacteur en chef........Jean-Marc Pacelli Rédacteur en chef fondateur........Louis V. Patry L’Orléanais est une publication mensuelle distribuée à plus de 44 000 résidences à Blackburn Hamlet, Orléans et Navan. Le journal est exploité localement par Sherwin Publishing Inc. Pour toute question, demande et commentaire, veuillez nous écrire à l’adresse suivante : orleanais@orleansstar.ca.

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La petite histoire… du chemin Major Jean-Marc Major Auteur principal Le chemin Major est une voie publique résidentielle qui se situe à gauche de la promenade Duford, dans le secteur Queenswood Heights à Orléans, et qui fait le lien entre cette promenade et la ruelle Kennedy. En 1957, Émile Duford vient de vendre sa ferme, son épouse Gilberte Giroux s’assure que les voies publiques du futur projet domiciliaire porteront les noms de familles pionnières d’Orléans. Parmi ces pionniers, on retrouve, entre autres, la famille Major. Le chemin voit le jour au début des années 1960. Luc Major, né en 1813 dans la paroisse Ste-Rose, Québec, est le premier Major à se présenter à Orléans. Il arrive d’abord à Ottawa dans les années 1840 où, étant ouvrier de métier, il travaille à la construction de la basilique-cathédrale Notre-Dame d’Ottawa. Le 7 novembre 1842, il y épouse Émilie Masson. Les huit premiers enfants du couple seront tous baptisés à la basilique-cathédrale Notre-Dame d’Ottawa. Suite à une chute au travail, Luc se retire définitivement à Orléans vers 1856, sur le lot

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37 du rang Saint-Joseph, à côté des Duford, où il ouvre une taverne qui est aussi une auberge. À Orléans, trois autres enfants s’ajouteront entre 1856 et 1859, parmi lesquels un garçon nommé Sylvini J. À la demande de Mgr Guigues, archevêque de Bytown, Luc fait enregistrer en 1858 dans le Comté de Carleton, pour le Canton de Gloucester, le premier plan du village. Luc décède le 27 mars 1859 à l’âge de 44 ans. Nous pouvons voir sa pierre tombale restaurée au cimetière Saint-Joseph d’Orléans. En 1985, le conseil municipal de Gloucester nomme un parc en honneur de Luc. Ce parc est situé au 956, promenade Bilberry, tout près du boulevard Jeanne d’Arc Nord. Plus d’un enfant de Luc et d’Émilie laissent leur marque à Orléans. Toussaint, forgeron, renforce la charpente du clocher de la première église Saint-Joseph d’Orléans complétée en 1885. Dans le cas de Sylvini J., il ouvre en 1881 un magasin général tout près de l’église, à l’intersection du boulevard St-Joseph et de la rue St-Pierre. Il est remplacé par son frère Arthur en 1889 et

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par un autre frère, Joseph, de 1895 jusqu’en 1913. L’édifice de ce magasin, après de multiples rénovations, existe toujours. Après avoir quitté la gestion du magasin général en 1889, Sylvini J. et son épouse, Marie Corinne Lebel, institutrice à Orléans, ouvrent une épicerie en gros à l’intersection de la rue Murray et Dalhousie, à Ottawa. Au décès de Sylvini J., Marie Corinne prendra la relève, aidée de son fils, Ascanio J., né à Orléans. Lors de l’amalgamation de l’entreprise familiale S.J. Major Ltée avec la Société National Grocers, Ascanio J. assume la direction du bureau de l’entreprise. En 1913, marié à Corinne Parent, fille d’un ancien premier ministre de la province du Québec, Simon-Napoléon Parent, il fait construire une maison au 541, avenue Acacia, dans le village de Rockcliffe. Cette maison nommée « Stornoway » deviendra la résidence officielle du chef de l’opposition à la Chambre des communes. Un des arrière-petits-fils de Luc, le docteur Émile J.S. Major, après ses études médicales à l’Université McGill, ouvre en 1925 un premier bureau à côté de l’église Saint-

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Dr. Émile Major Joseph d’Orléans. Par la suite, il pratique la médecine dans sa maison familiale en face de l’église; l’endroit sera considéré comme le premier centre de santé communautaire d’Orléans. En 1962, il déménage son bureau et sa famille sur la rue Charlotte, à Ottawa, où il continue son travail jusqu’à son décès le 30 décembre 1972, à l’âge de 73 ans. Il est inhumé au cimetière Notre-Dame d’Ottawa. Suite aux démarches de la SFOPHO, la ville d’Ottawa approuve en 2021 que le futur parc adjacent au Carrefour santé d’Orléans porte le nom du docteur Émile Major.

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L’École secondaire catholique Garneau s’associe à l’École de danse Louise La danse fera partie intégrante du programme sport-études à l’École secondaire catholique Garneau à compter de la prochaine année scolaire. Le Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE) a conclu à cet effet un partenariat entre l’École secondaire catholique Garneau et l’École de danse Louise (EDL) d’Orléans. Cette entente va permettre aux élèves de la 7e à la 12e année qui participent déjà aux différents programmes de cette école de danse de bénéficier d’un horaire adapté à Garneau. Cette école de danse francophone réputée à Orléans compte sur des employés qui cumulent plus de 100 ans d’expérience dans les domaines allant du ballet à la danse contemporaine en passant par les claquettes. Elle permet aux élèves d’apprendre les fondements de la danse depuis plus de 30 ans.

« Le CECCE est convaincu que l’ajout de ce nouveau partenaire au sein du programme sport-études à Garneau permettra à l’école de répondre aux besoins des familles dans le secteur d’Orléans, par la qualité et la variété de son offre de service », a déclaré la présidente du CECCE, Johanne Lacombe.

est conçu afin que les élèves puissent bâtir leur confiance en soi, apprendre de bonnes habitudes de travail, tisser des liens d’amitié, et ce, tout en faisant partie d’une belle équipe. Elle se dit confiante « que ce partenariat va permettre aux élèves de briller tant sur la scène que dans la vie ! »

« Le CECCE est fier de s’associer à l’École de danse Louise, alors que plusieurs élèves du Conseil fréquentent déjà cette école de danse, indique le directeur de l’éducation, Marc Bertrand. Ce partenariat permettra ainsi aux familles de faciliter la conciliation entre l’école et le sport parascolaire, en plus d’être bénéfique tant pour la santé mentale que pour la santé physique des élèves qui choisiront ce programme. »

Le CECCE est très fier de bonifier son programme sport-études qui permet aux élèves de développer de saines habitudes de vie et à intégrer la pratique d’activités physiques à leur quotidien. Elles et ils ont ainsi l’occasion de découvrir différentes activités physiques et de perfectionner leurs habiletés sportives tout en développant une discipline personnelle et leur sens du leadership.

D’ailleurs, le CECCE collabore avec l’École de danse Louise afin d’explorer la mise en œuvre d’un programme sport-études avec l’École élémentaire catholique Saint-Joseph d’Orléans. Les détails suivront prochainement. Les inscriptions sont en cours et les personnes intéressées sont invitées à visiter la page Web et à remplir le formulaire d’intérêt. ecolecatholique.ca/sportetudesgarneau

Selon la directrice de l’école de danse Louise, Mélanie Bélair, « ce programme

Le CEPEO plantera 100 arbres sur son territoire grâce à l’engagement de la communauté la Terre. Le bénéfice d’un tel engagement va au-delà des 100 arbres qui pousseront sur notre territoire, il permet aussi de faire germer l’idée que des petits gestes comptent et que les actions d’aujourd’hui porteront leurs fruits demain », constate Carl Dussault, surintendant de l’éducation et responsable du développement durable au CEPEO.

Dans le cadre de la Semaine de la Terre, qui s’est déroulée du 19 au 22 avril dernier, le Conseil des écoles publiques de l’Ontario (CEPEO) a mis au défi l’ensemble de sa communauté scolaire d’accomplir 2 000 actions écoresponsables. Pour soutenir cette initiative et pour motiver ses troupes, le CEPEO s’est engagé à planter jusqu’à 100 arbres sur son territoire si l’objectif était atteint. Les élèves et les membres du personnel ont saisi l’occasion et ont relevé le défi

haut la main en faisant leur part pour l’environnement, une action à la fois. C’est avec un total de 20 500 actions écoresponsables, un résultat plus de 10 fois supérieur à l’objectif initial, que sa communauté scolaire a démontré son engagement et sa bienveillance envers l’environnement. « L’implication de nos élèves et des membres de notre personnel a été remarquable dans le cadre de cette Semaine de

Parmi les différentes initiatives écoresponsables effectuées, on compte la cueillette de déchets à la maison et à l’école (soit l’activité la plus populaire dans le cadre du défi), le compostage, l’utilisation de bouteilles d’eau réutilisables, la diminution de l’électricité dans les écoles, les dîners sans déchets et plusieurs autres. Des jeux et activités en salle de la classe ont aussi été organisés, dont un jeu Kahoot, un jeu d’évasion virtuel, des capsules de recettes Écolo et même un bingo virtuel. Plus de 6 000 personnes ont fait au moins une action pour la

planète durant la semaine et 700 actions ont été faites hors des classes à la maison ou en famille. Le CEPEO est un fier chef de file du monde de l’éducation en matière de protection de l’environnement. Grâce à son programme Écoresponsable et des initiatives comme la Semaine de la Terre, le CEPEO sensibilise ses élèves à mieux comprendre les grands enjeux liés à l’environnement et leur rôle pour protéger la planète. Chaque jour, le CEPEO contribue à développer des citoyens du monde écoresponsables et conscients de leur empreinte écologique, technologique et numérique.

cepeo.on.ca

26 mai 2022 • Volume 6, Numéro 6 • 7


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