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PLAN-2026-04

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Là où le climat change, le génie s’adapte. Innover pour protéger, créer pour durer : un équilibre entre performance et responsabilité environnementale.

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12 Déferlante algorithmique et crise de la temporalité

PRATIQUE EXEMPLAIRE

HIVER 2026

VOL. 62 – N° 4

oiq.qc.ca

ordreingenieursqc

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oiq.qc.ca

7 Édito RÉFLEXION

8 L’ingénierie au service de bâtiments plus verts

10 La relève en génie à l’ère de l’IA

14 PDP : la feuille de route pour la progression de votre carrière

18 Main-d’œuvre : soutenir les employeurs en génie

22 Des lignes directrices sur l’IA pour mieux encadrer son utilisation

26 Baromètre : quel est votre degré d’action climatique ?

30 Transition écologique : des promesses vertes cousues de fil blanc

32 Louis Goudreau, ing. : innover pour servir l’humain

68 Ingénierie navale durable : le San Marco VII, figure de proue de la pêche de demain

72 Prix Visionnaire de l’AFG : Opercule réinvente l’aquaculture urbaine

76 Quand savoir douter permet de repousser les limites

80 Supraconducteurs : une innovation pour détecter les points chauds à -196˚C

82 Nouvelle cohorte de membres

VOIR GRAND

88 Conversation inspirante : renouer avec la productivité au Québec

34 Encadrement professionnel

36 Déontologie professionnelle

38 Législation et jurisprudence

40 Assurance responsabilité professionnelle

42 Avis

ACCOMPLIR

58 Productivité manufacturière : mieux vaut tard que jamais

64 Anuri : comment repousser les limites de l’extraction minière

92 Innovation antigivre : le Québec ne met rien sur la glace en aviation

98 Infrastructures électriques : la tension monte

102 Pooneh Maghoul, ing. : quand la Terre et la Lune se rencontrent en laboratoire

106 Sondage

Photo : ADM/Samuel Messali

La revue PLAN a pour objectif d’informer les membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) sur les conditions de pratique de la profession d’ingénieur au Québec ainsi que sur les services o erts par l’Ordre. Elle contribue à l’avancement de la profession et à la protection du public en présentant notamment des études de cas, des entrevues et des projets concrets qui influent sur l’environnement professionnel et la société.

Les opinions exprimées dans PLAN ne sont pas nécessairement celles de l’OIQ. La teneur des textes n’engage que les autrices et les auteurs. Les produits, méthodes et services annoncés sous forme publicitaire dans PLAN ne sont en aucune façon approuvés, recommandés ni garantis par l’OIQ. Le statut des personnes dont il est fait mention dans PLAN était exact au moment de l’entrevue.

DIRECTION

Éditrice : Marie Lefebvre, M. Sc.

RÉDACTION

Rédactrice en chef : Sandra Etchenda, réd. a.

Collaboration : Me Jean-François Corriveau, Malika Daoud, Marie-Julie Gravel, ing., Me Rosine Knafo, Hélène Lauzon, Me Patrick Marcoux, Jonathan Martineau, François-Nicolas Pelletier, Réjean Roy.

Rédaction : Gabrielle Anctil, Emmanuelle Gril, Annie Labrecque, Valérie Levée, Antoine Palangié, Aurélie Ponton.

Révision linguistique : Annie Talbot inc.

Correction d’épreuves : Marco Chioini et Annie Talbot inc.

Conseil, direction artistique et réalisation graphique : Éric Soulier

Impression : Imprimeries Transcontinental inc.

INFORMATION

Fréquence : trimestrielle – Di usion : 77 000

Tirage : 16 770 exemplaires – Disponible sur oiq.qc.ca

Commentaires et suggestions : plan@oiq.qc.ca

Publicité : partenariat@oiq.qc.ca

MEMBRES DU CONSEIL

D’ADMINISTRATION 2025-2026

Présidente : Sophie Larivière-Mantha, ing., MBA, ASC

Me Menelika Bekolo Mekomba, ing., M. Ing., LL. B.

Normand Chevalier, ing., M. Ing., Adm. A.

Sandra Gwozdz, ing., FIC

Samira Kerbachi, ing., Adm.A, PMP

Carole Lamothe, ing.

Jean-Luc Martel, ing., Ph. D.

Nathalie Martel, ing., M. Sc. A., PMP

Michel Noël, ing., M. Sc. A., ASC

Michel Paradis, ing., M. Sc.

Nicolas Turgeon, ing., M.Sc., EMBA, FIC

ADMINISTRATRICES ET ADMINISTRATEUR NOMMÉS PAR L’OFFICE DES PROFESSIONS DU QUÉBEC

Joëlle Calce-Lafrenière, Adm. A., MBA

Malika Habel, MBA, ASC

Alain Larocque, CRHA, ASC

Danièle Marcoux

1801, avenue McGill College, 6e étage

Montréal (Québec) H3A 2N4 514 845-6141, poste 1

Envoi de Poste-publications • no 40069191

Dépôt légal ISSN 0032-0536

Droits de reproduction, totale ou partielle, réservés ® Licencié de la marque PLAN, propriété de l’Ordre des ingénieurs du Québec

Contribution environnementale (données du fabricant): Imprimé sur un papier Enviro Print. En comparaison avec un papier non recyclé, ce choix permet d’épargner 172 arbres, 49 m3 d’eau (513 douches de 10 min), 11 211 kg de CO2 (44 676 km parcourus en voiture),

300 GJ (1 387 687 ampoules de 60 W pendant 1 h) et 56 kg COVNM (55 134 km parcourus en voiture).

La revue de l’Ordre des ingénieurs du Québec

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Sans frais 1 800 291-0337

Lundi au jeudi, 8 h à 20 h

Vendredi, 8 h à 17 h

*FÉRIQUE est une marque enregistrée de Gestion FÉRIQUE et est utilisée sous licence par sa filiale, Services d’investissement FÉRIQUE. Gestion FÉRIQUE est un gestionnaire de fonds d’investissement et assume la gestion des Fonds FÉRIQUE. Services d’investissement FÉRIQUE est un courtier en épargne collective et un cabinet de planification financière, ainsi que le placeur principal des Fonds FÉRIQUE. Un placement dans un organisme de placement collectif peut donner lieu à des frais de courtage, des commissions de suivi, des frais de gestion et d’autres frais. Les ratios de frais de gestion varient d’une année à l’autre. Veuillez lire le prospectus avant d’effectuer un placement. Les organismes de placement collectif ne sont pas garantis, leur valeur fluctue souvent et leur rendement passé n’est pas indicatif de leur rendement futur. Le Portail client est la propriété de Gestion FÉRIQUE et est utilisé sous licence exclusive par Services d’investissement FÉRIQUE, son placeur principal.

LARIVIÈRE-MANTHA

CONTINUER D’Y CROIRE... ET D’AGIR

L’été dernier, les négociations internationales sur la pollution plastique n’ont pas abouti. Au sud de la frontière, les exigences environnementales perdent du terrain. Chez nous, les gouvernements revoient à la baisse les cibles liées à la vente de véhicules électriques. Le développement durable est-il sur la voie de garage ? Comme profession, faut-il cesser d’y croire ?

En faisant abstraction du bruit

Si on fait abstraction du bruit ambiant et des discours pessimistes, on arrive à discerner des tendances lourdes. L’électrification du transport en est une : les véhicules électriques ou hybrides rechargeables devraient compter pour 25 % des ventes internationales en 20251 . Même si l’Amérique du Nord paraît hésitante comparativement à la Chine et à l’Europe, la direction générale est claire et les investissements des entreprises sont au rendez-vous.

La production d’énergie prend aussi le chemin de la décarbonation : en 2024, 80 % de l’ajout à la capacité de production mondiale a été e ectué dans les filières nucléaire ou renouvelable (principalement solaire)2

À noter : 91 % des nouveaux projets d’énergie renouvelable réalisés la même année étaient plus rentables que leurs équivalents fossiles3. Au-delà des tendances, il y a la nécessité. Les changements climatiques contribuent non seulement à la dégradation accélérée de nos infrastructures, mais ils ont des e ets très réels sur la vie et sur la santé des gens4.

Maximiser l’apport du génie

Le Code de déontologie des ingénieurs nous rappelle qu’il faut nous préoccuper des répercussions de nos travaux sur

l’environnement, de même que sur la vie, la santé et la propriété des personnes. Pas question de baisser les bras, donc.

Au contraire, il faut redoubler d’ardeur et augmenter l’e cacité des interventions de la profession. C’est dans ce e perspective que l’Ordre a sondé ses membres sur la question de la durabilité climatique. Je vous invite à découvrir les résultats à la page 26.

J’aimerais souligner à quel point la profession comprend l’importance de relever ce défi : plus de 9 membres sur 10 sont engagés, à des degrés divers, en faveur de l’environnement. Oui, certains se heurtent à la résistance de leurs clients, à l’absence de moyens ou à des règlements inadaptés ; mais la grande majorité souhaite soit en faire plus, soit être mieux outillée ou informée pour pouvoir améliorer sa pratique. L’Ordre utilisera ces données pour mieux appuyer ses membres sur ce sujet crucial.

Il est vrai que l’appui au développement durable peut être cyclique, et nous vivons indéniablement une période de « refroidissement ». Mais il n’y a aucune ambiguïté sur la cible à long terme : notre long game, c’est de vivre plus durablement. Aussi bien agir maintenant.

FOCUS

Des lignes directrices sur l’IA pour mieux encadrer son utilisation

P.22

Prix Visionnaire de l’AFG : Opercule réinvente l’aquaculture urbaine

P.72

Renouer avec la productivité au Québec

P.88

Innovation antigivre : le Québec ne met rien sur la glace en aviation

P.92

Références

1. The Conversation : https://bit.ly/3KayO1v

2. International Energy Agency : https://bit.ly/46m0GZa

3. Agence internationale pour les énergies renouvelables : https://bit.ly/4mAt7ay

4. Institut national de santé publique du Québec : https://bit.ly/3IB8soF

Photo : Vincent Castonguay

L’ingénierie au service de bâtiments plus verts

Hélène Lauzon, avocate et urbaniste

Hélène Lauzon est présidente du Conseil patronal de l’environnement du Québec depuis 2008. Titulaire d’un baccalauréat en droit et d’une maîtrise en urbanisme, elle a pratiqué le droit de l’environnement chez Lavery comme associée pendant plus de 20 ans. Elle siège à divers conseils d’administration et est membre de plusieurs groupes de travail gouvernementaux.

Malgré leur utilité indéniable, les bâtiments ont des répercussions sur l’environnement.

En e et, selon le plus récent inventaire québécois des émissions de gaz à e et de serre (GES), le secteur du bâtiment était responsable de 9,5 % des émissions de GES de la province. Celles-ci sont principalement liées aux combustibles fossiles utilisés pour chau er les bâtiments, soit le carbone « opérationnel ». À cela s’ajoute le carbone « intrinsèque », soit les GES associés par exemple aux matériaux et aux processus de construction.

Les bâtiments québécois consommaient par ailleurs 603 pétajoules (PJ) d’énergie en 2022, soit moins que le secteur industriel (687 PJ), mais plus que le secteur des transports (493 PJ). La majeure partie de l’énergie

Des

consommée par les bâtiments est de source renouvelable, principalement de l’hydroélectricité.

Les bâtiments exercent aussi des pressions sur la biodiversité et la consommation d’eau potable, de même qu’ils génèrent des déchets de construction et de démolition.

INTERVENTIONS

GOUVERNEMENTALES

Pour relever ces défis, les gouvernements ont adopté divers objectifs et règlements, ainsi que des stratégies visant à améliorer la performance environnementale des bâtiments. Par exemple, le gouvernement fédéral :

• s’est engagé à ce que les nouveaux bâtiments fédéraux soient carboneutres ; • propose des aides financières pour améliorer l’e cacité énergétique des bâtiments ;

normes ambitieuses en matière d’e cacité énergétique contribueraient à réduire la consommation (et les pertes) d’énergie dans le secteur des bâtiments, libérant ainsi des mégawa s d’énergie renouvelable pour électrifier le reste de l’économie.

• élabore et publie le Code national de l’énergie pour les bâtiments ainsi que le Code national du bâtiment, dont la mise à jour est prévue dans le cadre de la Stratégie canadienne pour les bâtiments verts afin notamment de faire plus de place à la résilience aux changements climatiques et à la construction en bois.

Pour sa part, le Québec est doté d’un Code de construction, lequel comprend un chapitre sur l’e cacité énergétique des bâtiments. Par ailleurs, le Plan pour une économie verte prévoit un budget quinquennal de 1,6 milliard de dollars pour réduire les émissions de GES dans les bâtiments grâce aux programmes ÉcoPerformance (volet Bâtiments), Rénoclimat, Écononologis et Novoclimat.

Suivant l’adoption en 2024 de la Loi sur la performance environnementale des bâtiments, le gouvernement québécois a par ailleurs entrepris une consultation en vue de définir de futures normes. Celles-ci seraient sous la responsabilité du ministère de l’Environnement, de la Lu e contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) plutôt que de la Régie du bâtiment du Québec.

Des normes ambitieuses en matière d’e cacité énergétique contribueraient à réduire la consommation (et les pertes) d’énergie dans le secteur des bâtiments, libérant ainsi des mégawa s d’énergie renouvelable pour électrifier le reste de l’économie.

La Loi sur la performance environnementale des bâtiments prévoit aussi l’introduction d’un système de cote des bâtiments, dont les modalités seront précisées dans un règlement à venir.

Concernant les matériaux de construction, rappelons que le MELCCFP a publié une feuille de route et un plan de mise en œuvre en économie circulaire, qui comprennent

des actions menées par divers ministères et organismes concernant la construction, telles que :

• la modification du cadre juridique pour faciliter l’écoconception des infrastructures ;

• le financement des initiatives perme ant de prolonger la durée de vie des matériaux et des infrastructures ;

• l’éducation des parties prenantes à la déconstruction des infrastructures.

Finalement, les villes sont également des moteurs de changements dans le domaine de la performance environnementale des bâtiments. Par exemple, la Ville de Montréal a adopté, en 2021, un règlement exigeant que les propriétaires de grands bâtiments déclarent leurs émissions de GES opérationnelles.

LA CONTRIBUTION

DES MEMBRES DE L’ORDRE

Selon la Loi sur les ingénieurs, le « respect de l’environnement » fait explicitement partie de l’exercice de l’ingénierie, qui inclut notamment l’analyse et la conception des structures, des matériaux et des systèmes énergétiques.

Ainsi, les membres de l’Ordre sont particulièrement bien placés

pour déterminer les techniques d’isolation et d’étanchéité, les matériaux, les équipements, les systèmes et les sources d’énergie qui perme ent d’améliorer l’e cacité énergétique des bâtiments et de réduire leurs émissions de GES. Ils peuvent également contribuer à concevoir des matériaux, bâtiments ou infrastructures d’une manière qui facilite leur déconstruction en fin de vie utile et leur circularité.

Références utiles

Les membres de l’Ordre sont assurément des partenaires essentiels si l’on veut a eindre les objectifs gouvernementaux en matière de durabilité des bâtiments.

Leur rôle sera encore plus déterminant s’ils travaillent en interdisciplinarité avec les architectes, les entrepreneurs en construction ainsi que les spécialistes en environnement et développement durable.

● Cabinet du MELCCFP, « Bâtiments durables – Lancement des consultations sur l’efficacité énergétique des bâtiments » (2025)

● CIMA+, « Qu’est-ce que le carbone intrinsèque dans la construction de bâtiments et comment peut-il être réduit ? » (s.d.)

● Chaire de gestion de l’énergie de HEC Montréal, « État de l’énergie au Québec » (2025)

● Loi sur la performance environnementale des bâtiments, RLRQ, c. P-9.02

● MELCCFP, « Inventaire québécois des émissions de gaz à effet de serre 1990-2022 » (2024)

● MELCCFP, « Plan de mise en œuvre 2025-2028 de la feuille de foute gouvernementale en économie circulaire » (2025)

● MELCCFP, « Plan pour une économie verte 2030 - Plan de mise en œuvre 2025-2030 » (2025)

● Régie du bâtiment du Québec, « Code de construction »

● Ressources naturelles Canada, « Financement et programmes en matière d’efficacité énergétique » (consulté le 26 août 2025)

● Ressources naturelles Canada, « Stratégie canadienne pour les bâtiments verts » (2024)

● Ville de Montréal, « Règlement sur la divulgation et la cotation GES des grands bâtiments » (mise à jour 2025)

La relève en génie à l’ère de l’IA

Réjean Roy, M. Sc. et Halima Bachir

Réjean Roy est directeur de la formation et de la mobilisation des connaissances chez IVADO, consortium interdisciplinaire et intersectoriel de recherche, de formation et de mobilisation des connaissances en intelligence artificielle. Il réalise depuis plus de 25 ans des mandats stratégiques dans le monde du numérique. Il a été appuyé par Halima Bachir, stagiaire en mobilisation des connaissances chez IVADO et étudiante à la maîtrise en a aires publiques et internationales à l’Université de Montréal.

L’intelligence artificielle (IA) transforme le monde du travail, et les professions du génie sont aux premières loges de ce changement. Pour les jeunes qui viennent de terminer leurs études universitaires en génie, l’e et est immédiat : elles et ils intègrent une profession où certaines tâches autrefois confiées aux recrues sont désormais prises en charge par des algorithmes. Ce e mutation soulève une double question : comment l’IA influe-t-elle sur le travail des ingénieurs, particulièrement en début de carrière, et comment les universités et les organisations s’adaptent-elles ?

ENTRE EFFICACITÉ ET RISQUES, LA VIGILANCE S’IMPOSE L’IA s’invite à présent dans le quotidien des ingénieures et ingénieurs en se chargeant, à leur demande ou à celle de leurs supérieurs (elle ne prend pas encore seule, heureusement, l’initiative de se me re au boulot), des tâches qui exigeaient autrefois des heures de travail, comme la programmation,

la conception de plans ou la modélisation de circuits.

Les résultats sont souvent impressionnants. Une étude du MIT montre ainsi que l’utilisation de l’IA pour générer du code peut accroître la productivité de 20 % à 30 %, selon la nature des tâches et l’expérience de l’ingénieur1. L’automatisation permet aussi d’éliminer le travail répétitif et de libérer du temps pour l’innovation.

Les risques sont toutefois réels : les outils d’IA manquent parfois de précision et peuvent produire des « hallucinations ». Un danger plus insidieux accompagne l’essor de l’IA : le désengagement du personnel. En génie civil, par exemple, une application peut produire en quelques minutes un rapport de chantier. Mais si une erreur s’y glisse, ce qui demeure probable compte tenu du fonctionnement des algorithmes, c’est tout un ouvrage qui peut être fragilisé, avec des conséquences potentiellement graves. Le véritable

Un danger plus insidieux accompagne l’essor de l’IA : le désengagement du personnel.

risque vient de la confiance excessive souvent accordée à ces outils, qui conduit à surestimer leur fiabilité et à baisser la garde.

Ces risques ne sont pas seulement techniques, mais aussi humains, rappelle Pierre-Majorique Léger, professeur à HEC Montréal et directeur du Tech3Lab. « L’excès de confiance envers l’outil fragilise le jugement et la rigueur professionnels. Une chose est pourtant claire : l’IA peut assister l’être humain, mais elle ne devrait jamais remplacer son regard. Comme c’est à ce dernier de trancher, l’IA ne pourra jamais compenser le manque d’expertise », souligne-t-il.

UNE ENTRÉE EN CARRIÈRE FRAGILISÉE

Si l’IA s’impose dans les pratiques du génie, elle complique aussi l’intégration de la relève. Pour plusieurs employeurs, il paraît plus rentable de confier un mandat à un algorithme capable de l’exécuter plus vite et à moindre coût qu’à un débutant.

Résultat : de nombreuses organisations ont réduit le nombre de stages o erts aux étudiantes et étudiants. Selon un sondage, 37 % des employeurs, tous secteurs confondus, préfèrent déléguer certaines tâches à des outils d’IA plutôt qu’à des stagiaires ou à de jeunes diplômés2 « Le génie logiciel est particulièrement exposé à l’IA », souligne le professeur Léger. « Comme l'IA maîtrise de mieux en mieux la programmation, le métier d’ingénieur logiciel est appelé à évoluer rapidement. Dans les autres branches du génie, l’impact se manifeste plus graduellement, même si l’IA devient un outil de travail de plus en plus incontournable. »

À court terme, l’IA accélère l’exécution du travail, mais elle prive la relève d’occasions d’apprentissage essentielles pour acquérir l’expérience

: iStock

qui forge, à long terme, des personnes chevronnées.

Dans ce nouveau contexte, la maîtrise des outils d’IA devient un critère d’embauche essentiel, en génie comme dans bien d’autres domaines. Selon un sondage publié par Forbes, deux tiers des gestionnaires n’embaucheraient pas une personne candidate dépourvue de compétences en IA, et 71 % privilégieraient une personne candidate moins expérimentée, mais familiarisée avec ce e technologie, plutôt qu’un ou une professionnelle expérimentée qui ne la maîtrise pas3.

Or, si le marché du travail évolue à grande vitesse, les programmes universitaires, eux, peinent à suivre, observe Marion Korosec-Serfaty, professeure à l’ESG UQAM. « On ne change pas un curriculum du jour au lendemain, et ce retard d’adaptation rend la transition vers le marché du travail encore plus di cile pour les nouvelles cohortes. »

Les étudiantes et les étudiants demeurent cependant proactifs : 60 % d’entre eux a rment avoir recours à l’IA générative dans leurs projets, principalement pour amorcer une idée ou a ner une solution4. Beaucoup reconnaissent toutefois que l’IA les aide surtout à livrer plus vite, sans réellement renforcer leurs savoir-faire ni leurs compétences transversales. À force d’y recourir, la relève pourrait voir s’éroder ce qui fait (ou fera) leur valeur dans le monde du génie : la créativité, l’esprit d’analyse et la maîtrise technique. Elle demeure pourtant largement livrée à elle-même pour en mesurer les risques et y répondre adéquatement.

REVOIR LA FORMATION

La solution passe par une refonte des formations en génie. Les étudiants devraient être encouragés à cultiver les aptitudes que l’IA ne remplacera sans doute jamais : collaborer,

À court terme, l’IA accélère l’exécution du travail, mais elle prive la relève d’occasions d’apprentissage essentielles pour acquérir l’expérience qui forge, à long terme, des personnes chevronnées.

déba re, décider. Le corps enseignant doit pour sa part suivre l’évolution des technologies, moderniser ses approches et laisser derrière lui les méthodes devenues obsolètes.

Deux priorités s’imposent. D’abord, renforcer la li ératie en IA dès le premier cycle universitaire, afin que la population étudiante apprenne à évaluer la fiabilité des résultats obtenus avec l’IA et à en reconnaître les limites. Ensuite, amener ce e population à utiliser les outils avec discernement, à comprendre leurs logiques de fonctionnement

Références

et à justifier ses choix dans un contexte de complexité croissante des technologies.

C’est tout le paradoxe : l’IA représente une menace, mais, bien encadrée, elle peut aussi ouvrir de nouvelles perspectives. De nouveaux métiers émergent en e et déjà, de l’expert en apprentissage automatique à la spécialiste en robotique, en passant par l’architecte en IA. Le génie n’est pas dépassé. Il entre dans une nouvelle ère où l’IA sera un moteur d’innovation au service des ingénieures et ingénieurs, et non l’inverse.

1. Cui, K. Z., Demirer, M., Jaffe, S., Musolff, L., Peng, S., et Salz, T. (2024). The productivity effects of generative AI: Evidence from a field experiment with GitHub Copilot. MIT Generative AI Impact Consortium.

2. Brown, E. (2025). New survey reveals traditional undergraduate education is not preparing students for the workforce. Hult International Business School.

3. Wells, R. (2024). 71% of employers prefer AI skills above experience in 2024. Forbes.

4. Dai, Y. (2025). Why students use or not use generative AI: Student conceptions, concerns, and implications for engineering education. Digital Engineering.

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Déferlante algorithmique et crise de la temporalité

Jonathan Martineau, Ph. D. est professeur adjoint au Liberal Arts College de l’Université Concordia, et directeur du Centre interdisciplinaire de recherche sur le temps, la technologie et le capitalisme. Ses recherches portent sur le temps et la technologie. Il a publié notamment L’ère du temps. Modernité capitaliste et aliénation temporelle (Lux, 2017) et Le capital algorithmique. Accumulation, pouvoir et résistance à l’ère de l’intelligence artificielle (avec Jonathan Durand Folco, Écosociété, 2023).

La déferlante actuelle de l’intelligence artificielle (IA) et des technologies algorithmiques dans presque toutes les sphères de l’univers social soulève des défis éthiques concernant le rapport entre humains et machines. Un de leurs aspects qui m’intéresse particulièrement est celui de la temporalité. Nous passons collectivement de plus en plus de notre temps en interaction avec des technologies numériques, algorithmiques et d’IA. Quels sont les e ets de ces technologies sur notre expérience du temps ? Mes recherches sur le sujet m’amènent à dresser trois constats.

LE TEMPS DES ÉCRANS

Premièrement, nous assistons à un e acement des distinctions traditionnelles entre les di érents types de temps (travail, loisirs,

repos, sommeil), et ce, en raison de la montée d’une nouvelle forme de temps qui les recoupe toutes : le temps d’écran, ou temps connecté. Nous passons désormais en moyenne plus de 16 heures par jour connectés à nos appareils, dont près de sept sur Internet, et un peu moins de trois sur les médias sociaux1

Par exemple, la distinction entre temps de travail et temps de loisirs se brouille, sur le plan des pratiques associées à chacun et sur celui de leur fonction économique. Les technologies de messagerie, les réseaux sociaux, etc., nous rendent joignables en tout temps. Conjuguées à la montée des horaires atypiques et du télétravail, les technologies désarriment le travail d’un cadre horaire fixe, voire d’un lieu déterminé. L’inverse est aussi vrai, alors que nous pouvons interagir davantage avec nos familles et nos

proches et « mener notre vie » lors du temps de travail. Le résultat net est une plus grande porosité de la frontière entre travail et loisirs.

De plus, puisque tous les temps connectés génèrent des données, nouvelle « matière première » à l’ère du capitalisme algorithmique, il n’y a pas que notre temps de travail qui possède une valeur marchande dorénavant. Nous sommes connectés aux technologies, et de là au marché, et nos interactions avec les plateformes (évaluation, publication de contenu, mentions J’aime, etc.) produisent de la valeur pour celles-ci sous la forme de travail gratuit. Les plateformes et applications conçoivent des mécanismes addictifs pour générer le plus d’engagement et de temps d’a ention possible de la part des utilisateurs. Chaque seconde passée devant un écran devient une occasion de collecte de données, de ciblage publicitaire, de captation marchande. Ainsi, tous les temps connectés se soume ent à la logique marchande.

LE TEMPS QUI S’ACCÉLÈRE

Deuxième constat : les algorithmes exacerbent « l’accélération sociale2 ». Ce phénomène comporte plusieurs dimensions : accélération technique (technologies pour faire plus vite), accélération du rythme du changement social et culturel (modes, marchés, politique spectacle, etc.) et accélération des rythmes de vie (se sentir constamment pressé, peu en contrôle de son temps, jamais pleinement à jour, etc.). Les algorithmes, technologie de vitesse prodigieuse, accélèrent et intensifient désormais une foule de processus qui participent à ce e accélération sociale.

Un certain paradoxe émerge : alors que les innovations technologiques devraient nous faire « gagner du temps », nous vivons plutôt le temps sur le mode de la perte de maîtrise,

Penser l’éthique du temps aujourd’hui, c’est refuser l’idée que notre seule manière d’habiter le temps soit celle d’une génération continue de valeur économique.

un sentiment d’urgence constant et une certaine fatigue temporelle de courir à toute vitesse simplement pour rester à jour. Plus nous tentons de maximiser notre utilisation du temps, plus il nous échappe. Plus nous tentons de le contrôler, plus il nous contrôle. Nous accélérons tout, des échanges commerciaux aux relations humaines, des innovations technologiques à la circulation de l’information, mais nous avons de plus en plus de mal à être présents, à vivre pleinement, à libérer notre temps.

LE TEMPS ET LA LIBERTÉ

Troisième constat, la prolifération des algorithmes menace notre liberté temporelle. Les algorithmes sont entraînés à partir du passé accumulé et stocké sous la forme de données.

Leurs prédictions suivent ainsi une logique où l’avenir sera ce que le passé a été. Ce e temporalité algorithmique inquiète lorsqu’elle se di use dans des systèmes de pouvoir et de contrôle, qui ne visent pas simplement à prédire les comportements et les systèmes, mais à intervenir dans les environnements informationnels et les objets connectés afin d’aligner les comportements aux prédictions algorithmiques3, et ce, sur un spectre d’intervention allant du simple incitatif en ligne aux très réelles déterminations de cibles militaires par l’IA. Dans ce e prolifération algorithmique, nous perdons la capacité de choisir nos rythmes, nos usages du temps, mais aussi de construire un futur ouvert et imprévisible qui soit autre chose qu’une répétition du passé. Dans un

monde où l’algorithme anticipe nos désirs avant même qu’ils émergent, où il modèle le futur à partir du passé, l’espace d’invention et de liberté se rétrécit.

REPENSER LE TEMPS

ET LA TECHNOLOGIE

Face à ces constats, devons-nous conclure que nous sommes condamnés à ce e fuite en avant technologique ? Une piste de solution est celle de la sobriété numérique, et plus largement de la « technosobriété ». Réduire notre dépendance aux technologies pour recouvrer notre temps, mais également repenser plus en profondeur nos schémas de développement et d’innovation afin que la technologie serve réellement à libérer le temps du plus grand nombre, et non uniquement à l’arrimer aux rythmes e rénés de la logique de productivité à tout prix. C’est également changer le travail et le reme re au service de nos communautés.

Penser l’éthique du temps aujourd’hui, c’est refuser l’idée que notre seule manière d’habiter le temps soit celle d’une génération continue de valeur économique. C’est valoriser une culture temporelle où le repos, l’imprévu, le soin, la contemplation et l’improductivité sont des critères de vie bonne. Réclamer un temps pour soi… et aussi pour les autres.

Référence

1. Je développe cette idée avec mon collègue dans le chapitre 3 de notre livre, Le capital algorithmique. Accumulation, pouvoir et résistance à l’ère de l’intelligence artificielle (Éditions Écosociété, 2023).

2. Hartmut Rosa, Aliénation et accélération. Vers une théorie critique de la modernité tardive (La Découverte, 2014).

3. Shoshana Zuboff, L’âge du capitalisme de surveillance (Éditions Zulma, 2022).

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PLAN DE DÉVELOPPEMENT PROFESSIONNEL

LA FEUILLE DE ROUTE POUR LA PROGRESSION DE VOTRE CARRIÈRE

La profession d’ingénieur est riche en défis, ce qui la rend stimulante, mais également exigeante. Pour me re à jour ses connaissances et diversifier ses compétences, le Plan de développement professionnel constitue un outil de choix.

Tous les deux ans, les membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec doivent suivre 30 heures de formation continue. Mais on aurait tort d’accumuler des heures de formation dans le seul but de se conformer à ce e obligation. Cela devrait surtout constituer l’occasion d’entreprendre une démarche structurée dans une perspective plus globale.

« En réalisant un bilan et en se projetant dans l’avenir, on est en mesure de choisir des activités qui répondent vraiment à nos besoins, au lieu de faire des choix au gré des formations o ertes. »

CATHERINE LÉONARD, CONSEILLÈRE EN PERFECTIONNEMENT DES COMPÉTENCES, ORDRE DES INGÉNIEURS DU QUÉBEC

C’est pourquoi, en 2021, l’Ordre a mis en œuvre le Plan de développement professionnel (PDP), une démarche stratégique de développement des compétences applicable tout au long de sa carrière et à chaque phase de celle-ci.

Une démarche réflexive

En règle générale, un développement optimal est basé sur trois types d’activités : l’expérience de travail, la rétroaction et l’acquisition de connaissances. Or, le PDP contribue à réunir et à arrimer ces trois ingrédients essentiels.

Le PDP s’appuie sur une démarche réflexive comportant quatre étapes détaillées dans le Guide d’accompagnement du Plan de développement professionnel mis à la disposition des ingénieures et des ingénieurs sur le site de l’Ordre. Riche en exemples concrets et en mises en situation, cet outil pratique favorise le cheminement et la réflexion. Mentionnons d’ailleurs que suivre le PDP permet d’ajouter une heure de formation à son dossier.

« Suivre la méthode mise de l’avant dans le document permet de prendre un temps d’arrêt pour mieux déterminer et ordonner ses objectifs et ses activités. Cela aide aussi à établir des points de référence, à entreprendre une vigie des compétences à développer dans son champ

Six conseils pour partir du bon pied

1

Avant de se lancer, lire a entivement le Guide d’accompagnement du Plan de développement professionnel une première fois pour s’imprégner de son contenu et bien saisir la démarche.

2

Aborder le PDP en adoptant une posture de résolution de problème. Problème : combler l’écart de compétences. Solution : activités visant à combler cet écart.

3

Prendre le temps de faire l’exercice de façon structurée, une étape à la fois, et en prenant une pause réflexive entre chacune. Répartir ce travail sur plusieurs jours si nécessaire.

4

Ne pas hésiter à en discuter avec des personnes de confiance, collègues ou gestionnaire, de façon à prendre du recul sur sa situation personnelle.

5

Trouver des activités stimulantes qui perme ront de se développer : certains projets et des activités de formation. Il peut aussi s’agir de mentorat, de coaching, de codéveloppement, de rétroaction, de lectures, etc.

6

Revoir son plan régulièrement afin de l’adapter aux changements éventuels.

« Suivre la méthode mise de l’avant dans le document permet de prendre un temps d’arrêt pour mieux déterminer et ordonner ses objectifs et ses activités. »

Un ingénieur témoigne de son expérience

Emeric Chartrand Deschamps, ing., travaille en rotation à la mine Raglan, au Nunavik, comme chargé de projet OPEX. Cet ingénieur mécanique est un employé de CIMA+, une importante société privée d’ingénierie.

Ayant fait son PDP en 2023, il se dit très satisfait de l’expérience et convaincu de son utilité. « J’ai toujours aimé réaliser des bilans. Cela aide à faire une rétrospective de ce que l’on a accompli tout en développant une vision pour l’avenir », dit-il.

Outre la grande qualité du Guide d’accompagnement du Plan de développement professionnel, il souligne la facilité à en suivre les di érentes étapes, un travail qu’il a étalé sur quelques soirées. « Cela nous donne un chemin et une direction à suivre. On fait de meilleurs choix de formations au lieu de s’éparpiller », témoigne-t-il.

Pour lui, les retombées ont été très positives. Par exemple, il dit avoir accepté de relever des défis professionnels plus ardus dans le but d’a eindre ses objectifs de développement. Cela l’a également incité à engager des discussions avec son gestionnaire afin d’a eindre un meilleur équilibre travail-vie personnelle, un élément qui était clairement ressorti de sa démarche réflexive. C’est en e et grâce au PDP qu’il a réalisé combien cela était essentiel à ses yeux, ce qui l’a ensuite incité à se me re en mouvement. Et d’une pierre deux coups, puisqu’une fois dans le « Sud », il pourra être plus présent au bureau et en

« Élargir ses perspectives, accepter de relever des défis, voir plus loin, c’est ce que permet aussi le PDP. »

EMERIC CHARTRAND DESCHAMPS, ING.

profiter pour approfondir des compétences techniques dans un environnement et selon un horaire qui s’y prêtent davantage. Même s’il mentionne qu’il a été plus di cile de dénicher des formations répondant à ses besoins particuliers, il assure que ses expériences professionnelles cadrent avec les objectifs définis dans son plan. « Élargir ses perspectives, accepter de relever des défis, voir plus loin, c’est ce que permet aussi le PDP », conclut-il.

d’activité, tout en tenant compte de ses aspirations, de ses obligations professionnelles et des impératifs liés à son travail », explique Daniel Jolin, CRHA, coordonnateur du développement professionnel à l’Ordre des ingénieurs du Québec. Ce regard introspectif sur sa propre performance contribue aussi à identifier les écarts existants en matière de connaissances, d’habiletés et d’a itude. Du même coup, on se conscientise aux occasions d’apprentissage qui favoriseront l’acquisition de compétences et l’a einte des cibles que l’on s’est fixées.

Structurer la réflexion

Le PDP contribue aussi à structurer une réflexion qui, autrement, s’e ectuerait plutôt de façon informelle et pourrait n’avoir que peu de résultats concluants. « En réalisant un bilan et en se projetant dans l’avenir, on est en mesure de choisir des activités qui répondent vraiment à nos besoins, au lieu de faire des choix au gré des formations o ertes.

Et puisqu’on bâtit ce plan avant tout pour soi-même, on est plus motivé et engagé dans son développement professionnel », a rme Catherine Léonard, conseillère en perfectionnement des compétences à l’Ordre des ingénieurs du Québec.

Ce e démarche, qui se veut flexible, s’adapte également aux di érentes étapes d’une carrière et aux divers profils. Ainsi, elle convient autant aux membres de la profession qui aspirent à assumer de nouvelles responsabilités qu’à ceux qui souhaitent simplement élargir le spectre de leurs compétences ou renforcer ces dernières.

Enfin, en se montrant autonome et proactif en ce qui concerne son développement professionnel, on envoie également un signal positif à son employeur. Le cas échéant, cela pourrait aussi aider à justifier à ses yeux le coût de formations pertinentes, mais onéreuses.

Par Emmanuelle Gril, journaliste.

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MAIN-D’ŒUVRE

SOUTENIR LES EMPLOYEURS EN GENIE

Accompagner les employeurs en génie et leur fournir des outils pour transformer leurs défis en leviers de performance, d’innovation et de croissance durable, tel est l’objectif de l’Ordre. Gros plan sur ce e initiative.

Dans un marché marqué par la rareté de la main-d’œuvre qualifiée et l’évolution rapide des technologies, l’Ordre veut être un partenaire stratégique pour les employeurs en génie. En ce sens, il rappelle que recruter une ingénieure ou un ingénieur, c’est miser sur un titre synonyme de performance et d’innovation.

« Les employeurs en génie doivent relever de nombreux défis : a irer les bons talents, les intégrer e cacement, soutenir

leur développement et favoriser leur rétention, observe Luc Vagneux, CRIA, directeur du développement de la profession à l’Ordre des ingénieurs du Québec. Notre objectif, c’est avant tout d’être aux côtés des organisations pour les informer et les soutenir dans le parcours de leurs ingénieures, ingénieurs et CPI. »

Un accompagnement fructueux

L’Ordre a mis en œuvre des moyens et des ressources destinés aux employeurs en génie. Une étude, menée auprès de quelque 700 organisations en décembre 2024, a permis de me re en lumière leurs principaux défis : recruter les meilleurs talents, développer les compétences des équipes, comprendre la pratique professionnelle, les lois et règlements, et accéder à de l’information fiable et pertinente sur le secteur.

« L’objectif est clair : faciliter les tâches courantes des employeurs en les dirigeant vers des outils pratiques, comme Ingemplois.ca, le Guide de pratique professionnelle et nos formations. »

Ingemplois.ca : trouvez vos futurs collègues

Votre prochain collègue est peut-être déjà sur Ingemplois.ca. Ce e plateforme d’emploi, gérée par l’Ordre et conçue pour le recrutement d’ingénieurs, d’ingénieures et de CPI, est la seule directement connectée aux membres.

La profession compte sur des collègues compétents et bien formés. C’est pourquoi l’Ordre invite les gestionnaires et les responsables des ressources humaines à publier leurs o res sur ingemplois.ca.

LES PRINCIPAUX AVANTAGES :

• Ciblage intelligent : filtrage par domaine de génie, expérience et région.

• Visibilité optimale : a chage sur la page d’accueil, di usion dans l’infole re hebdomadaire aux membres et CPI, ainsi que sur la page LinkedIn de l’Ordre.

• Utilisation simple : création rapide d’un compte et gestion facile des a chages.

Que ce soit pour recruter ou dénicher un nouveau poste, ingemplois.ca est bien plus qu’une simple plateforme de di usion : elle facilite les jumelages intelligents et e caces dans le secteur du génie.

86 % DES EMPLOYEURS EN GÉNIE PEINENT

À ATTIRER ET À RETENIR DES TALENTS

(Source : sondage réalisé par Aviseo pour l’Ordre en 2024)

« L’objectif est clair : faciliter les tâches courantes des employeurs en les orientant vers des outils pratiques, comme Ingemplois. ca, le Guide de pratique professionnelle et nos formations », explique Luc Vagneux.

POUR EN SAVOIR PLUS L’Ordre vous propose un accompagnement. Inscrivez-vous à l’infole re Employeurs en génie à l’adresse suivante : h ps://bit.ly/4n9ZVau

Par ailleurs, l’Ordre reconnaît que l’accompagnement des CPI constitue un enjeu de taille. C’est pourquoi il vise à enrichir " l’expérience superviseur ". Ainsi les personnes qui assurent leur supervision pourront mieux accompagner la relève et contribuer à la rétention des talents.

. Un partenariat gagnant

Selon l’étude menée en 2024, près de 90 % des personnes qui ont utilisé les services de l’Ordre s’en disent satisfaites, mais trop peu les connaissent.

L’Ordre souhaite mieux faire connaître ses services et ses outils aux employeurs. Pour y remédier, il veillera à di user des communications ciblées. L’Ordre veut également établir des relations durables et de confiance avec les organisations et les employeurs qui souhaitent bâtir des équipes de génie solides et performantes. En e et, le développement du génie québécois passe par la création d’un environnement qui valorise le titre d’ingénieur. Un accompagnement soutenu des employeurs est nécessaire pour faire des défis actuels de véritables leviers d’innovation et de progrès pour la profession et la société.

La Direction du développement de la profession.

Photo : iStock

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Christian Renault, ing., M.Sc.
Conseiller senior à la surveillance de l’exercice

GUIDE DE PRATIQUE PROFESSIONNELLE

DES LIGNES DIRECTRICES SUR L’IA POUR MIEUX ENCADRER

SON

UTILISATION

L’intelligence artificielle (IA) occupe une place grandissante dans les tâches quotidiennes des ingénieures et ingénieurs. C’est dans ce e perspective que l’Ordre des ingénieurs du Québec met à leur disposition des lignes directrices visant à mieux baliser leur pratique.

L’omniprésence de l’IA au travail fait émerger de nombreux défis d’ordre éthique et déontologique. Afin de conscientiser ses membres et de leur fournir des

recommandations, l’Ordre des ingénieurs du Québec a intégré dans son Guide de pratique professionnelle une section complète sur l’IA et la pratique du génie. Voici un tour d’horizon des grands défis et des conseils concrets utiles pour s’assurer de répondre à ses obligations.

Avantages et risques

L’IA était déjà employée dans certains secteurs de l’ingénierie, mais l’avènement de l’IA générative a élargi son utilisation. Désormais, elle assiste les ingénieures et ingénieurs au quotidien dans de nombreuses tâches administratives et leur fournit une précieuse aide technique. Au bout du compte, ses utilisateurs voient leur e cacité améliorée, en plus de gagner du temps et d’optimiser leurs ressources.

« Il s’agit d’un outil très puissant qui présente certes des bénéfices, mais dont l’usage doit absolument être balisé. »

ARMELLE FOUCHER, CONSEILLÈRE AU DÉVELOPPEMENT DES COMPÉTENCES DE L’INGÉNIEUR, ORDRE DES INGÉNIEURS DU QUÉBEC.

Mais l’IA ne joue pas seulement un rôle de soutien. Directement intégrée aux solutions d’ingénierie, elle en est devenue un composant à part entière, améliorant leur performance.

Dans ce contexte, et à l’instar de plusieurs autres ordres professionnels, l’Ordre des ingénieurs du Québec a noté un besoin d’encadrement de la part de ses membres. « Il s’agit d’un outil très puissant qui présente certes des bénéfices, mais dont l’usage doit absolument être balisé », soutient Armelle Foucher, conseillère en développement de la profession à l’Ordre des ingénieurs du Québec.

En e et si les gains potentiels sont nombreux, les risques le sont également. D’où la nécessité de formuler des recommandations afin d’instaurer une pratique responsable. « Il faut bien comprendre le potentiel de l’IA tout en étant conscient de ses limites et de ses dérives potentielles. Les lignes directrices aideront nos membres à en faire une utilisation lucide », assure Marie-Julie Gravel, ing., conseillère à la surveillance de la pratique illégale à l’Ordre des ingénieurs du Québec.

« Il faut bien comprendre le potentiel de l’IA tout en étant conscient de ses limites et de ses dérives potentielles. Les lignes directrices aideront nos membres à en faire une utilisation lucide. »

MARIE-JULIE GRAVEL, ING., CONSEILLÈRE À LA SURVEILLANCE DE LA PRATIQUE ILLÉGALE, ORDRE DES INGÉNIEURS DU QUÉBEC.

Aiguiser son esprit critique

Véritable phénomène transversal dans toutes les sphères de la société, l’IA suscite bien des inquiétudes, en particulier concernant son e et sur l’environnement et les emplois. Les enjeux en matière de propriété intellectuelle,

Six axes de vigilance pour une utilisation responsable de l’IA en ingénierie

Les lignes directrices sur l'IA décrivent six aspects de l’utilisation de l’IA auxquels les membres de la profession devraient se montrer particulièrement a entifs.

1 Responsabilité déontologique

L’ingénieure et l’ingénieur demeurent entièrement responsables de leurs décisions et des documents qu’ils ont préparés. En aucun cas ils ne peuvent se décharger de leur responsabilité professionnelle, et ce, même si elles et ils se sont basés sur des informations fournies par l’IA. Leurs obligations envers le public et les clients demeurent inchangées.

2 Devoir de compétence

Les membres de la profession doivent reconnaître les limites de leurs compétences et ne pas utiliser l’IA pour pallier un manque de celles-ci. Au contraire, pour être en mesure de vérifier une information ou un calcul de l’IA, ou de déceler de possibles hallucinations, il est impératif d’avoir les connaissances su santes et de maîtriser le sujet pour lequel on a recours à ce e technologie.

3 Prudence et diligence

Les membres de l’Ordre doivent appuyer leurs décisions et leurs avis sur des connaissances su santes et d’honnêtes convictions, fondées sur des informations complètes et fiables. S’ils se basent sur des prédictions ou des réponses fournies par l’IA, ils doivent en vérifier les sources et garder à l’esprit les risques d’erreurs, de biais et d’hallucinations.

La vigilance et des pratiques rigoureuses sont aussi de mise en matière de sécurité informatique.

4 Protection et confidentialité des données

Les ingénieures et les ingénieurs ont l’obligation de respecter le secret des renseignements de nature confidentielle obtenus dans le cadre de leur pratique et de me re en place des mesures assurant la protection des renseignements personnels des clients. La vigilance est particulièrement de mise lorsque des données sont collectées et utilisées pour l’entraînement ou lors de l’utilisation de l’IA, en particulier si celle-ci est o erte gratuitement en libre accès.

5 Intégrité et transparence

Les membres de la profession devraient informer leurs clients des tâches susceptibles d’être accomplies à l’aide de l’IA, ainsi que des modalités et des conditions d’utilisation de ses outils dans le cadre de leur mandat.

6 Impact environnemental

Les ingénieures et les ingénieurs doivent avoir conscience des répercussions environnementales de l’IA, aussi bien lors de sa conception que de son utilisation. Ils doivent tenir compte des conséquences de leurs choix technologiques sur l’environnement et favoriser la mise en place de pratiques durables.

« On doit savoir dans quoi on s’engage quand on élabore un projet ou qu’on a recours à l’IA. La protection et la confidentialité des données, la sécurité informatique, mais aussi sa propre capacité à analyser la chaîne de pensée sont des éléments qu’il faut constamment garder en tête. »

CAROLINE PERNELLE, ING., GESTIONNAIRE D’ÉQUIPE IA, SERVICENOW.

LIENS UTILES h ps://bit.ly/ia_ pratique_genie

mais aussi de dépendance à l’IA et d’érosion des compétences cognitives, sont d’autres éléments qui soulèvent des questionnements. Or, dans la course actuelle à l’IA, on pourrait avoir tendance à écarter la prudence la plus élémentaire et à balayer du revers de la main des préoccupations bien légitimes. « On doit savoir dans quoi on s’engage quand on

élabore un projet ou qu’on a recours à l’IA. La protection et la confidentialité des données, la sécurité informatique, mais aussi sa propre capacité à analyser la chaîne de pensée sont des éléments qu’il faut constamment garder en tête », fait valoir Caroline Pernelle, ing., gestionnaire d’équipe IA à ServiceNow. En e et, l’IA n’étant pas infaillible, la prudence est de mise, car des erreurs peuvent découler de données d’entraînement ou d’entrées erronées, incomplètes ou biaisées, ou encore d’une mauvaise formulation. Sans oublier les « hallucinations » de l’IA, qui invente des informations qui paraissent crédibles, mais qui sont en fait sans fondement réel. « Il faut avoir des connaissances su santes et maîtriser le sujet pour déceler des hallucinations ou pour être en mesure de valider une information ou des calculs », a rme Sophie Larivière-Mantha, ing., MBA, ASC, présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec. S’appuyer sur ces résultats sans validation rigoureuse entraînerait donc de graves conséquences.

De plus, si les systèmes d’IA sont conçus par des personnes qui ne possèdent pas l’expertise technique nécessaire, leur fiabilité est susceptible d’être compromise. Enfin, l’utilisation de ce e technologie par une ingénieure ou un ingénieur qui comprend mal ou ne connaît pas assez bien les paramètres ou hypothèses d’un modèle d’IA peut aussi mener à des erreurs de calcul ou à de mauvaises décisions. Pour toutes ces raisons, les enjeux sont majeurs. Cela dit, l’Ordre des ingénieurs du Québec n’a end pas de ses membres qu’ils deviennent de véritables experts de l’IA. Les lignes directrices visent plutôt à les inciter à réfléchir et à aiguiser leur esprit critique tout en acquérant des connaissances de base dans le domaine de l’IA. C’est à ces conditions qu’il sera possible d’en faire une utilisation responsable et de la voir comme ce qu’elle est vraiment, c’est-à-dire avant tout un outil d’assistance et non de substitution.

Emmanuelle Gril, journaliste.

« Il faut avoir des connaissances su santes et maîtriser le sujet pour déceler des hallucinations ou pour être en mesure de valider une information ou des calculs. »

SOPHIE LARIVIÈRE-MANTHA, ING.,MBA, ASC, PRÉSIDENTE DE L’ORDRE DES INGÉNIEURS DU QUÉBEC.

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BAROMÈTRE QUEL EST VOTRE DEGRÉ D’ACTION CLIMATIQUE ?

L’Ordre des ingénieurs du Québec publie le Baromètre 2025 de l’action climatique, une enquête inédite visant à mieux comprendre les di érents profils de ses membres et de sa relève selon leur engagement climatique. Ses résultats révèlent une profession largement consciente de son rôle, engagée à di érents degrés et prête à aller plus loin — à condition d’agir collectivement et de disposer de bons leviers.

Le génie au cœur de la réponse climatique

La crise climatique est de plus en plus perceptible chaque année, au Québec comme ailleurs. Pour y faire face, tous les acteurs de la société sont appelés à se mobiliser. Les ingénieures et ingénieurs, par la nature de leurs fonctions, jouent un rôle stratégique à cet égard : concevoir et adapter les infrastructures, procédés, bâtiments et systèmes énergétiques qui façonnent notre avenir collectif.

Mais est-ce que toutes et tous sont pleinement conscients de ce rôle ? Et, surtout, déjà à l’œuvre ? Si oui, comment mieux les soutenir ? C’est pour répondre à ces questions que l’Ordre a réalisé le Baromètre 2025 de l’action climatique des ingénieurs et de la relève en génie. Selon la présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec, Sophie Larivière-Mantha, ing., MBA, ASC, il s’agirait du premier baromètre produit par un ordre professionnel au Québec portant précisément sur la lu e contre les changements climatiques.

Une profession engagée

Menée auprès de 2 274 membres ayant répondu en ligne au questionnaire en juin 2025, l’enquête s’est penchée sur plus d’une cinquantaine de variables. Les résultats sont clairs : la majorité des membres de l’Ordre reconnaissent leur pouvoir d’action et leur responsabilité dans l’action climatique. En e et, 78 % des ingénieures et ingénieurs interrogés considèrent que le génie doit être un élément moteur de la lu e et de l’adaptation aux changements climatiques, et 67 % sont fortement en accord avec le fait qu’il y a urgence d’agir au Québec pour contrer ces changements. Si l’on inclut les personnes simplement « d’accord », ce e proportion a eint 77 %. Et l’engagement ne se limite pas aux intentions : environ la moitié des membres intègrent déjà des solutions durables à leurs pratiques, savent identifier celles qui doivent être mises en œuvre et tiennent compte des impacts environnementaux dans leurs décisions. Elles et ils ont des connaissances, et leur motivation à aller plus loin est encore plus élevée.

L’action individuelle ne su t pas

Un constat central ressort de ce e étude : pour agir e cacement, les ingénieures et ingénieurs ont besoin d’un écosystème conscientisé. C’est ce que souligne Sophie Larivière-Mantha : « Pour répondre à l’urgence climatique,

MESURE DE L’ENGAGEMENT CLIMATIQUE

Dans le cadre de son Plan stratégique 2025-2028, l’Ordre s’est donné pour vision d’élever la pratique du génie, notamment en mobilisant la profession autour des grands enjeux de durabilité. Les résultats qui suivent me ent en lumière les membres et CPI les plus engagés — ceux et celles qui ont accordé une note de 8 et plus sur une échelle de 10 aux énoncés proposés.

Prise de conscience de l’enjeu

Je crois que le génie doit être un élément moteur de la lu e contre les changements climatiques et de l’adaptation à ceux-ci.

Très en accord avec l’énoncé*

Il y a urgence d’agir au Québec contre les changements climatiques. 67 %

Il est de ma responsabilité professionnelle de contribuer à la lu e et à l’adaptation aux changements climatiques. 64 %

Je me perçois comme un·e professionnel·le très préoccupé·e par les problèmes environnementaux en général.

Adoption de pratiques durables

J’ai la motivation d’améliorer mes compétences en matière de lu e contre les changements climatiques et d’adaptation à ceux-ci.

Intégrer des solutions durables/ vertes dans ma pratique est une priorité pour moi.

J’ai l’intention de mieux intégrer/ concilier les critères sociaux, environnementaux et économiques dans ma pratique.

Je suis capable d’identifier des solutions aux changements climatiques qui sont propres à ma pratique.

Je tiens systématiquement compte des impacts environnementaux dans ma pratique.

55 %

Très en accord avec l’énoncé*

62 % 57 %

49 %

48 %

45 %

*Toutes les statistiques présentées ici concernent des personnes ayant répondu 8 et plus, sur une échelle de 10.

l’écosystème — donneurs d’ordres, employeurs, gouvernements et partenaires — doit s’engager à soutenir des pratiques d’ingénierie plus résilientes, innovantes et durables. »

Environ un tiers des répondants mentionnent éprouver de la di culté à convaincre leur clientèle et leurs collègues à adopter des solutions durables. À ce défi s’ajoute l’instabilité économique et politique, que près de la moitié des membres considèrent comme un obstacle majeur à l’adoption de mesures. Malgré tout, ils soulignent que la lu e contre le changement climatique doit rester une priorité absolue.

Une relève particulièrement mobilisée

Les personnes candidates à la profession d’ingénieur (CPI) se distinguent par un niveau d’engagement encore plus élevé que leurs aînés. On observe des écarts de 10 à 20 points sur plusieurs des indicateurs mesurés. Ces ingénieures et ingénieurs de demain s’attendent à occuper une place active dans leur

DÉVELOPPEMENT DURABLE

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LES SIX PROFILS TYPES EN UN COUP D’ŒIL

vie professionnelle. Forte d’un engagement climatique a rmé, ce e relève porte une vision ambitieuse et collective de la durabilité. « Par ses convictions et son regard neuf, la relève en génie pourrait accélérer le mouvement vers une pratique plus responsable et inspirer un changement culturel à grande échelle. Son énergie pourrait bien devenir le moteur d’une transition à la fois audacieuse et porteuse d’espoir », considère Sophie Larivière-Mantha.

Six profils, une diversité d’a itudes

À l’image de la population générale, les ingénieures et les ingénieurs ne forment pas un bloc homogène. L’analyse de huit facteurs discriminants (motivation, contraintes, comportements, connaissances, etc.) a permis d’identifier six profils types représentatifs de la diversité des postures des membres devant l’action climatique. Premier constat marquant : les Catalyseurs de changement et les Adeptes à l’élan freiné, deux profils très engagés, comptent pour

S’il y a un consensus clair sur la nécessité de l’action climatique, l’engagement des membres prend des formes variées. Voici les six segments* qui illustrent la diversité des positions des membres de l’Ordre et des CPI envers la lu e contre les changements climatiques.

Catalyseur de changement

Adepte à l’élan freiné

Idéaliste en manque d’outils

Pragmatique

Volontaire en apprentissage

Réfractaire

Engagé pour le climat, déjà très investi et déterminé à en faire davantage, le catalyseur cherche à intégrer des stratégies durables et des solutions vertes dans ses projets.

Sensible aux enjeux environnementaux et participant déjà à la lu e contre les changements climatiques, l’adepte voudrait intégrer davantage de pratiques durables dans son travail, mais se voit me re des freins par des contraintes structurelles.

Déjà dans l’engagement dans sa vie personnelle, l’idéaliste souhaite l’être davantage dans sa vie professionnelle. Son désir se bute toutefois à son manque de connaissances et de moyens concrets.

Le ou la pragmatique se sent d’a aque pour participer à la lu e contre les changements climatiques dans la mesure où cela concerne son champ d’expertise et les besoins de sa clientèle.

Le ou la volontaire manifeste de la curiosité et une volonté de s’engager, mais ses faibles connaissances limitent son action.

Le ou la réfractaire accorde peu d’importance à la réduction des gaz à e et de serre (GES), estimant ne pas pouvoir en faire plus, et ce, tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel.

* Analyse : Base de segmentation - 1109 personnes répondantes

«  Par leur conviction et leur regard neuf, la relève en génie pourrait accélérer le mouvement vers une pratique plus responsable et inspirer un changement culturel à grande échelle.

Leur énergie

pourrait bien devenir le moteur d’une transition à la fois audacieuse et porteuse d’espoir. »

SOPHIE LARIVIÈRE-MANTHA, ING., MBA, ASC,

PRÉSIDENTE DE L’ORDRE DES INGÉNIEURS DU QUÉBEC

40 % des membres. Les personnes de ces segments seront en mesure de créer un e et d’entraînement, pour peu qu’on leur donne les bons leviers.

Les Volontaires en apprentissage représentent le groupe le plus nombreux et sont suivis de très près par les Adeptes à l’élan freiné. On y retrouve une surreprésentation des personnes entre 55 et 64 ans. Peu engagés actuellement, mais désireux d’en faire davantage, ils ont besoin d’information et d’outils pratiques pour intégrer pleinement les considérations environnementales à leur travail.

Un Ordre engagé à soutenir ses membres

L’édition 2025 du Baromètre marque un point de départ. L’Ordre souhaite s’appuyer sur ces données pour adapter ses actions et o rir des leviers concrets à chacun des profils.

Les formations pratiques et ciblées semblent par exemple être une des solutions les plus réclamées. « Le Baromètre nous permet de mieux comprendre les besoins de nos membres, notamment le besoin de formations pratiques et concrètes sur la mise en application de solutions vertes », explique Sophie Larivière-Mantha. D’autres actions de l’Ordre découleront des résultats du Baromètre, comme celles déployées dans le cadre du Plan d’action en développement durable.

Autre constat transversal : tous les profils, sauf les Réfractaires, identifient le manque de

POUR EN SAVOIR PLUS

Pour consulter le Baromètre 2025 de l’action climatique : oiq.qc.ca/grandsdossiers/ developpementdurable

moyens financiers comme principal frein à l’action climatique. Pourtant, selon une étude du Centre canadien du climat, un dollar canadien investi pour me re en place des mesures d’adaptation génère 13 $ à 15 $ en revenus directs et indirects sous forme de bénéfices et d’économies. C’est un rendement du capital investi intéressant. Les membres de l’Ordre devront non seulement apprendre à expliquer ce e réalité, mais aussi à souligner les risques croissants que courent les entreprises qui n’ont pas de plan d’action climatique.

Le Baromètre 2025 dresse un panorama inédit et met en évidence une tendance lourde : une forte proportion d’ingénieurs, d’ingénieures et de CPI expriment le souhait de contribuer activement à la lu e et à l’adaptation aux changements climatiques dans le cadre de leur activité professionnelle. Ce e évolution marque un progrès important ; toutefois, il convient de souligner que même si l’adaptation permet de limiter certains impacts et coûts liés aux changements climatiques, elle ne minimise pas l’ensemble des risques encourus. Il appartient donc aux ingénieurs et ingénieures d’anticiper et de gérer les e ets inévitables à court et moyen termes, tout en poursuivant les initiatives visant à réduire l’ensemble des émissions de gaz à e et de serre.

Direction des communications, avec la collaboration de Futur Simple

DES PROMESSES VERTES COUSUES DE FIL BLANC TRANSITION ÉCOLOGIQUE

Certaines pratiques de communication verte risquent de coûter cher aux entreprises… et à leur réputation.

La transition écologique est devenue un impératif qui pousse les entreprises à a cher leurs engagements environnementaux. Ce e pression sociale, à laquelle s’ajoute une réglementation qui évolue rapidement, a fait surgir trois phénomènes distincts, mais souvent entrelacés : le greenwashing, le greenwishing et le greenhushing – que l’on peut traduire en français par écoblanchiment, écofantasme et écomutisme, bien que ces termes soient moins usités. Or, dans une langue comme dans l’autre, la réalité est la

même : elle exige une vigilance accrue et une rigueur scientifique à toute épreuve.

L’ÉCOBLANCHIMENT

Faux semblants et amendes salées

L’écoblanchiment, c’est l’art d’enjoliver l’aspect écologique d’un produit ou d’une entreprise sans preuve concrète. Les exemples ne pleuvent pas au Canada, mais les conséquences sont réelles. En 2022, Keurig Canada l’a appris à ses dépens : une amende de 3 millions de dollars pour avoir prétendu que ses dose es

étaient « recyclables partout au Canada », alors que la réalité était bien plus nuancée puisqu’elle ne concernait que certaines collectivités dotées des infrastructures appropriées. Autre exemple : les linge es dites « jetables dans les toile es » ou « biodégradables », qui contiennent en réalité des fibres plastiques et obstruent les réseaux d’égouts. Ces allégations trompeuses minent la confiance du public et peuvent coûter cher aux entreprises.

L’ÉCOFANTASME

Bonnes intentions, dangers latents

L’écofantasme reflète une volonté sincère de contribuer à la transition écologique, mais sans feuille de route crédible ni moyens concrets. Certaines entreprises annoncent des objectifs ambitieux de réduction d’empreinte ou de carboneutralité. Toutefois, si ces promesses ne reposent pas sur un plan de décarbonation solide ou si elles s’appuient excessivement sur des technologies immatures ou des mécanismes de compensation controversés, elles relèvent de l’écofantasme. De telles annonces sont inspirantes, mais elles entretiennent des a entes irréalistes qui finissent par miner la confiance.

L’ÉCOMUTISME

Le silence qui cache les e orts

À l’autre extrême, l’écomutisme désigne la décision délibérée de garder le silence. Par peur des critiques, des poursuites ou d’être accusées d’écoblanchiment, certaines entreprises s’abstiennent de communiquer leurs initiatives environnementales. Ce e discrétion, bien qu’auto-protectrice à court terme, entrave la transparence, freine la saine concurrence verte et ralentit les progrès collectifs vers des pratiques durables. À long terme, ce e opacité plombe l’innovation.

Plus qu’une question de marketing

Ces dérives dépassent largement la simple communication et le marketing. Que l’on parle de certification de matériaux, d’analyse du cycle de vie ou de rapports ESG, la rigueur scientifique et l’intégrité des données s’imposent. La moindre allégation imprécise peut rapidement entraîner des conséquences juridiques ou réputationnelles.

Au Canada, le Bureau de la concurrence est clair : toute allégation environnementale

DANS CE MONDE OÙ LES

ENGAGEMENTS ENVIRONNEMENTAUX

SE MULTIPLIENT, LA VIGILANCE

N’EST

PLUS SEULEMENT UNE QUESTION D’ÉTHIQUE, MAIS BIEN DE CONFORMITÉ.

doit être immédiatement justifiable. La Loi sur la concurrence, modifiée en juin 2024 pour mieux cibler les pratiques d’écoblanchiment, sanctionne sévèrement les représentations trompeuses. Le Bureau a d’ailleurs publié des lignes directrices précises pour guider les entreprises et assurer la véracité des a rmations environnementales, y compris les allégations sur les résultats environnementaux futurs (comme les cibles de carboneutralité) qui doivent être fondés sur des faits et un plan clair et vérifiable. Et La Loi sur la concurrence ne constitue qu’un premier rempart. Les obligations en matière de protection des consommateurs et de transparence financière peuvent donner lieu à des sanctions en cas d’allégations trompeuses.

Dans ce monde où les engagements environnementaux se multiplient, la vigilance n’est plus seulement une question d’éthique, mais bien de conformité. Comprendre ces nuances est essentiel pour naviguer entre innovation durable et responsabilité, et pour garantir que la feuille de route verte de toute entreprise ne se transforme pas en labyrinthe juridique ni en dommages réputationnels.

Marie Lefebvre, directrice des communications et des a aires publiques.

Références

• Bureau de la concurrence du Canada, Keurig Canada paie 3 millions pour ses affirmations trompeuses, 2022.

• Réseau Environnement, Mémoire — L’enjeu des lingettes dites

« jetables » dans les toilettes, 25 juin 2025

• Bureau de la concurrence Canada : Déclarations environnementales et la Loi sur la concurrence, 5 juin 2025

Louis Goudreau, ing.

INNOVER POUR SERVIR L’HUMAIN

Depuis plus de 40 ans, Louis Goudreau, ing., met l’électronique et l’informatique au service des personnes en situation de vulnérabilité, qu’elles soient handicapées ou astronautes. Retour sur la carrière sans détours d’un pionnier de la technologie pour l’humain.

1 Louis Goudreau, ing., précurseur des premiers chargeurs intelligents pour ba eries de fauteuils roulants dotés d’un détecteur de l’hydrogène émis comme marqueur de la surcharge.

2 Louis Goudreau est le tout premier ingénieur en électronique et programmation du Royal O awa Regional Rehabilitation Center.

3 Louis Goudreau,ing., entouré du Dr Guy Trudel et de Aude e Laneuville dans le cadre d’un projet aérospatial.

« L’ingénieur est là pour servir », déclare Louis Goudreau, ing., finaliste du Grand Prix d’excellence 2025 de l’Ordre des ingénieurs du Québec. Pourtant, sa carrière aura été, au départ, plus un heureux concours de circonstances qu’une vocation. Il arrive à Laval en 1967 à 10 ans, puis commence son secondaire dans un établissement d’enseignement religieux à Terrebonne.

Au bon endroit au bon moment À la fin du secondaire, Louis Goudreau est accepté au Collège Montmorency qui vient

Photos
Collection personnelle de Louis Goudreau, ing.

d’ouvrir et expérimente un système par modules. Il s’inscrit en Sciences de la nature. Il termine brillamment son parcours collégial, mais se retrouve limité dans ses choix à cause du coût des études. « Mes parents n’étant pas riches, je cherchais une formation universitaire rémunérée », explique-t-il. Il se tourne vers l’Université de Sherbrooke qui, grâce au régime coopératif, permet l’alternance travail-études. Il choisit le génie électronique, discipline en plein essor du fait de l’arrivée des transistors qui remplacent les tubes.

Gravement blessé au hockey, Louis Goudreau doit abandonner sa première session pour la passer à l’hôpital et reprend en janvier un cursus décalé qui o re essentiellement des cours sans prérequis, plus faciles. « Un coup de chance qui m’a permis d’acher des A, notamment en mathématiques. Ça aura été le parfait lancement pour tout mon baccalauréat », se félicite-t-il.

Se spécialisant en électronique basse puissance, radiations, antennes et communications, il multiplie les stages professionnels durant ses études, déjà au service du public : au ministère des Terres et Forêts à Québec, puis en Ontario pour y travailler chez Énergie atomique Canada où il perfectionne son anglais.

Après l’obtention de son diplôme, il est recruté par le Royal O awa Regional Rehabilitation Center (RORRC). Il devient alors le tout premier ingénieur en électronique et programmation, en 1982, à peine un an après l’ouverture de cet établissement d’excellence à la fine pointe de la recherche et de la technologie pour la réadaptation des personnes handicapées. Il y est depuis 43 ans!

Progrès technique, progrès humain

Le Service d’ingénierie en adaptation (aujourd’hui Techno Génie) est une petite structure à l’époque, mais sa mission le distingue ne ement : concevoir et développer des prototypes fonctionnels. « Nous avons une forte dimension R-D, mais aussi clinique. Notre travail consiste à concrétiser les idées, qu’elles viennent des spécialistes de la santé ou de la patientèle, avec le niveau d’exigence très élevé propre au domaine médical », explique-t-il.

Louis Goudreau fait un bilan enthousiaste de ses réalisations. D’abord un laboratoire d’étude de la démarche, puis une nouvelle méthode de mesure radiographique pour la prévention de la subluxation de l’épaule chez

« Je devais être créatif pour optimiser et trouver des façons d’économiser le plus d’espace mémoire possible. »

LOUIS GOUDREAU, ING.,

CENTRE DE RÉADAPTATION DE L’HÔPITAL D’OTTAWA

LOUIS

GOUDREAU, ING. : S’IL ÉTAIT …

Une valeur : la résilience, pour sa capacité à surmonter les obstacles.

Une devise : « L’ingénieur est là pour servir. »

Un objet : Un fauteuil roulant électronique pour améliorer la vie des personnes handicapées. Un événement : une collaboration avec la NASA.

Un lieu : le RORRC (aujourd’hui Centre de Réadaptation de l’Hôpital d’O awa) où il travaille depuis 43 ans.

les personnes hémiplégiques, une vraie gageure étant donné les moyens technologiques beaucoup plus limités à l’époque. « Je devais être créatif pour optimiser et trouver des façons d’économiser le plus d’espace mémoire possible », se souvient-il.

Il est précurseur des premiers chargeurs intelligents pour ba eries de fauteuils roulants dotés d’un détecteur de l’hydrogène émis comme marqueur de la surcharge. Aujourd’hui, ces dispositifs sont courants, tout comme la station d’ordinateur par infrarouge pour personnes en fauteuil roulant, autre première nord-américaine signée RORRC. Ont suivi, au gré des avancées technologiques, notamment numériques, des contrôles spécialisés, des prothèses innovantes et un laboratoire de réadaptation en réalité virtuelle. Louis Goudreau a collaboré avec l’Agence spatiale canadienne et la NASA à la caractérisation de pathologies liées aux longs séjours dans l’espace – anémie, ostéoporose et atrophie de la moelle osseuse. Ce projet aura des retombées multiples et bien terrestres, puisque « les gens alités sont comme des astronautes », illustre-t-il.

À bientôt 70 ans, l’ingénieur n’a pas raccroché. Il forme le personnel remplaçant ainsi que les recrues, donne un coup de main sur les projets en cours. Il compte partir à la retraite à la fin de ses collaborations actuelles. Mais rien ne presse. Quand on lui demande quel regard il porte sur son parcours, l’ingénieur répond simplement, le sourire aux lèvres : « Je suis béni. »

Antoine Palangié, journaliste.

ANCRAGES À BÉTON : NE VOUS IMPROVISEZ PAS EXPERT ! Encadrement professionnel

Le choix d’un ancrage à béton est loin d’être banal et demande des compétences qu’il est essentiel de maintenir à jour.

Il y a quelques années, l’ingénieure Saida Bouhmidi, directrice des services techniques à Hilti Canada, a été appelée d’urgence sur un chantier où un ancrage à béton venait de céder, laissant tomber une lourde charge sur un travailleur. « Le travailleur a perdu une jambe », se rappelle-t-elle avec tristesse.

Le problème derrière ce grave incident : l’entrepreneur avait négligé les spécifications techniques précisées aux plans et devis. « Il a installé un ancrage moins cher sans consulter l’ingénieur qui avait préparé les plans et devis », soupire-t-elle. « C’était même un ancrage réutilisé! » En réalité, le problème était clair : une insouciance dans le choix de l’ancrage.

De fait, un mauvais choix d’ancrage peut avoir d’importantes conséquences : en voici quelques exemples.

• Sécurité du public : un ancrage défaillant peut provoquer l’e ondrement d’une structure et comprome re la sécurité du public.

• Durabilité de l’ouvrage : des ancrages mal adaptés peuvent se corroder prématurément ou se détériorer sous des charges répétées.

• Coûts de réparation : les interventions correctives sont souvent coûteuses et complexes, surtout lorsqu’elles portent sur des ouvrages déjà en service.

Critères à respecter

La conception et l’installation d’ancrages à béton sont encadrées par la norme canadienne CSA23.3. En plus de couvrir la conception du produit, qui doit respecter un processus strict de contrôle de la qualité comprenant des essais avant la mise en marché, ce e norme précise que divers éléments doivent être pris en compte au moment de choisir l’ancrage pour la réalisation d’un projet. Par exemple, un ancrage adhésif peut supporter des charges élevées à condition de respecter le temps de

durcissement. À l’inverse, un ancrage mécanique permet une mise en charge immédiate après sa pose. Notons que de nouveaux ancrages, qui combinent les caractéristiques des deux premiers, sont récemment apparus sur le marché.

Lors du choix d’un ancrage, il est donc nécessaire de prendre en compte de nombreux éléments, dont :

• le type de charge (ex. : statique, dynamique, sismique) ;

• la nature du béton (ex. : résistance, fissuration) ;

• la proximité des bords et des autres ancrages;

• les conditions environnementales (humidité, corrosion, ouvrages existants) ;

• les conditions du chantier ;

• les modes de rupture possibles (cisaillement, rupture du béton, rupture de la tige d’acier, rupture de l’adhérence du matériau de scellement).

« Il faut penser à l’espacement entre les ancrages, à l’épaisseur du béton, aux températures auxquelles ils seront exposés », ajoute l’ingénieur Nabil Boubakri, gestionnaire de projet à Hilti. Il rappelle que la position de l’ancrage peut a ecter sa résistance : « Généralement, un ancrage installé au sol est moins fréquemment sollicité qu’un ancrage installé au plafond. »

« On ne peut pas s’improviser expert », résume Saida Bouhmidi.

Véri er deux fois plutôt qu’une

Pour aider les ingénieures et ingénieurs, les fournisseurs d’ancrages o rent divers outils et services, tels que des logiciels maintenus à jour en fonction de l’évolution des normes. Nabil Boubakri encourage aussi les ingénieures et ingénieurs à communiquer avec les fournisseurs, puisque ces derniers possèdent une connaissance approfondie de leurs produits.

MÊME SI LE PRODUIT CHOISI EST ADÉQUAT, UNE INSTALLATION

INCORRECTE PEUT ENTRAÎNER SA NON-CONFORMITÉ. IL EST DONC ESSENTIEL

QUE LES ENTREPRENEURS INSTALLENT LES ANCRAGES SUR

LE CHANTIER CONFORMÉMENT AUX INSTRUCTIONS DU FABRICANT ET À CELLES DES PLANS ET DEVIS DU CONCEPTEUR.

Des formations sont aussi o ertes pour assurer un maintien à jour des compétences. « Que ce soit pour mieux comprendre les di érents types d’ancrages et leurs critères de sélection, les changements réglementaires ou le fonctionnement d’un logiciel de conception, la formation est un impératif », rappelle Christian Renault, ingénieur et conseiller senior à la surveillance de l’exercice à l’Ordre des ingénieurs du Québec.

Mais un concept, aussi sécuritaire soit-il, dépend aussi de la façon dont il est interprété et appliqué sur le chantier. Même si le produit choisi est adéquat, une installation incorrecte

peut entraîner sa non-conformité. Il est donc essentiel que les entrepreneurs installent les ancrages sur le chantier conformément aux instructions du fabricant et à celles des plans et devis du concepteur. De plus, une surveillance des travaux par une ingénieure ou un ingénieur peut prévenir des non-conformités et améliorer leur qualité.

Bien choisir et bien installer les ancrages permet de réaliser des ouvrages sécuritaires et pérennes.

Gabrielle Anctil, journaliste.

Déontologie professionnelle

CONSERVER SES COURRIELS :

BONNE PRATIQUE OU EXIGENCE DÉONTOLOGIQUE ?

À l’ère des communications numériques, les courriels constituent un outil incontournable dans la pratique des membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec. Or, au-delà de leur commodité, ils peuvent devenir des éléments de preuve essentiels dans le cadre d’une enquête déontologique ou d’un litige civil. La question se pose donc : les membres sont-ils tenus de conserver leurs échanges électroniques ? Est-ce simplement une bonne pratique ou une véritable exigence déontologique réglementaire?

La réponse est claire : il s’agit non seulement d’une bonne pratique de gestion, mais également d’une exigence déontologique réglementaire.

L’article 2 du Règlement sur les dossiers, les lieux d’exercice et la cessation d’exercice des ingénieurs1 oblige les ingénieures et ingénieurs à constituer, pour chaque mandat, un dossier

contenant « tous les documents et renseignements relatifs à ce mandat, notamment la description du mandat, les données, analyses, calculs, devis, plans, rapports, correspondance et tout autre document utile à la compréhension des services rendus ». La correspondance inclut nécessairement les courriels liés à l’exécution du mandat.

Jusqu’en 2023, le Règlement sur la tenue des dossiers et des cabinets de consultation des ingénieurs2 prévoyait des exigences comparables. Le règlement actuel modernise et simplifie l’approche : il ne s’agit plus seulement d’archiver des documents, mais aussi de perme re la reconstitution de la démarche professionnelle de l’ingénieur et des motifs de ses décisions.

Tenir un

dossier complet et intelligible

En cas d’enquête disciplinaire, l’absence de courriels pertinents ou un dossier incomplet peut soulever des doutes quant à la rigueur de la tenue de ce dernier et justifier le dépôt d’une plainte et l’imposition d’une sanction — voir Ingénieurs (Ordre professionnel des) c. Breault Gosselin, 2025 CDOIQ 22-230702 ; Ingénieurs (Ordre professionnel des) c. Gilbert , 2024 QCCDING 30 (CanLII) ; et Ingénieurs (Ordre professionnel des) c. Lachance, 2023 QCCDING 9 (CanLII).

EN CAS D’ENQUÊTE DISCIPLINAIRE, L’ABSENCE DE COURRIELS PERTINENTS

La conservation des courriels ne doit donc pas être un simple réflexe de prudence : elle constitue un composant essentiel de l’obligation de tenir un dossier complet et intelligible. Elle permet de démontrer la démarche suivie, les avis ou mises en garde donnés et les décisions prises.

Il faut aussi garder en tête que l’ingénieure ou l’ingénieur détient une expertise technique parfois di cile à saisir pour un non-initié. La consignation écrite de certaines explications ou mises en garde permet au client de les consulter à son rythme et d’obtenir les clarifications nécessaires.

Le législateur ne s’a end évidemment pas à ce que les ingénieures et ingénieurs impriment tous leurs échanges électroniques. Toutefois,

il est raisonnable d’exiger que les courriels de nature contractuelle, technique ou décisionnelle soient versés au dossier, en format électronique ou PDF, de façon à en assurer l’accessibilité et l’intégrité. Un système de classement e cace — par client, projet ou phase de mandat — facilite ce e traçabilité et démontre un souci de diligence professionnelle.

Un let de sécurité juridique et déontologique

Comme l’a rappelé le Conseil de discipline dans Ingénieurs c. Chare e, 2024 QCCDING 28 (CanLII), au paragraphe 23 : « La tenue de dossier doit être le reflet fidèle des services rendus par l’ingénieur. Il s’agit d’une obligation importante profitant tant au client qu’au professionnel et qui permet de retracer ce qui a été fait et ce qui a été dit au cours du mandat. »

Enfin, il convient de rappeler que l’obligation de conservation ne prend pas fin avec le mandat.

L’article 6 du Règlement impose de conserver les dossiers pendant au moins 10 ans après la fin des services. Or, en matière de déontologie et de responsabilité civile et pénale, les di érends et litiges peuvent surgir bien après ce e période.

La conservation des dossiers pendant plus de 10 ans se révèle donc une pratique prudente.

LA CONSERVATION DES DOSSIERS PENDANT PLUS DE 10 ANS S’AVÈRE DONC

UNE APPROCHE PRUDENTE. UNE GESTION

RIGOUREUSE DES COURRIELS CONSTITUE

UN VÉRITABLE FILET DE SÉCURITÉ JURIDIQUE ET DÉONTOLOGIQUE POUR L’INGÉNIEUR, POUR SES CLIENTS ET POUR LA PROFESSION.

Une gestion rigoureuse des courriels constitue un véritable filet de sécurité juridique et déontologique pour l’ingénieur, pour ses clients et pour la profession.

Me Jean-François Corriveau, avocat, et Me Rosine Knafo, avocate, Bureau du syndic.

1. I-9, r. 7.3 — Règlement sur les dossiers, les lieux d’exercice et la cessation d’exercice des ingénieurs 2. I-9, r. 13 — Règlement sur la tenue des dossiers et des cabinets de consultation des ingénieurs, remplacé le 23 mars 2023.

Législation

et jurisprudence

L’ARTICLE 24 : PETIT AJOUT, GRAND CHANGEMENT

Il y a cinq ans, la version modernisée de la Loi sur les ingénieurs entrait en vigueur, plus de 50 ans après la dernière réforme majeure de ce e dernière. Parmi les changements, la modification de l’article 24, bien qu’elle puisse paraître minime, a de nombreuses répercussions qu’il est important de bien comprendre.

À première vue, seuls quelques mots ont changé dans l’article 24. Pourtant, ce changement a provoqué une certaine onde de choc, entre autres dans les milieux municipal et industriel. Pourquoi ? Parce qu’il signifie que la responsabilité du respect de la Loi revient désormais non seulement aux personnes qui réalisent des travaux d’ingénierie, mais aussi à celles qui en perme ent la réalisation. Cela inclut les gestionnaires, les superviseurs, les responsables municipaux et les dirigeants d’entreprise.

Plans et devis : nouvelles règles

Avant la réforme de 2020, l’article 24 prévoyait notamment ceci : « Toute personne qui utilise, pour les fins de travaux [d’ingénierie], des plans et devis non signés et scellés, commet une infraction et est passible d’une amende. »

Depuis 2020, il se lit comme suit :

« Nul ne peut utiliser ou perme re que soit utilisé, pour la réalisation d’un ouvrage [d’ingénierie], un plan ou un devis non signé et scellé par un ingénieur. »

L’historique de ce changement

La modification de l’article 24 fait suite à la recommandation d’un coroner après le décès d’un travailleur sur qui un bâtiment qu’on venait d’agrandir dans une ferme s’était e ondré. L’enquête a révélé que l’agrandissement avait été e ectué selon des plans d’architecture, mais sans plans d’ingénierie. Le coroner s’est demandé pourquoi la municipalité n’avait pas exigé de plans d’ingénierie avant de délivrer le permis, alors que manifestement les travaux d’agrandissement touchaient les éléments structuraux visés par la Loi.

La réponse lui est apparue rapidement lorsqu’il a comparé l’article 24 de la Loi sur les ingénieurs de l’époque et l’article 17 de la Loi sur les architectes, lequel exigeait qu’une personne ait des plans d’architecture signés et scellés avant de perme re la réalisation de travaux. Ce e exigence était en vigueur chez les architectes depuis décembre 2000. La recommandation du coroner d’ajouter la même exigence à la réalisation de travaux d’ingénierie a été entendue par le législateur et intégrée à la Loi sur les ingénieurs en 2020.

Les répercussions dans le monde municipal

Depuis ce changement, les employées et employés ainsi que les gestionnaires municipaux doivent s’assurer que les plans et les devis utilisés pour réaliser les travaux d’ingénierie sont dûment signés et scellés par une ingénieure ou un ingénieur. De plus, de nombreuses municipalités ont dû – ou devront – revoir leurs règlements afin d’y ajouter l’exigence de plans d’ingénierie (pour les projets qui comportent de tels ouvrages) si elle n’y était pas déjà prévue. Des exigences claires dans les règlements municipaux devraient désormais faciliter grandement la tâche de tous, municipalités et particuliers.

EXEMPLE

Travaux de stabilisation d’un terrain réalisés à partir de croquis non signés Une propriétaire souhaite corriger un problème d’érosion sur son terrain résidentiel. Un entrepreneur lui propose un croquis, qui comprend un mur de soutènement de deux mètres de hauteur, du remblai et un aménagement paysager. À la grande frustration de la propriétaire, la municipalité refuse de délivrer le permis. Qui a raison ? Si la municipalité donnait le permis, elle se trouverait à perme re la réalisation de travaux (assuje is à la Loi) basés sur des plans qui ne sont pas signés et scellés par une ingénieure ou un ingénieur, ce qui contreviendrait au nouvel article 24. La propriétaire devra donc présenter à la municipalité un plan signé et scellé par une ingénieure ou un ingénieur pour le mur de soutènement. Les plans de l’aménagement paysager pourraient

DEPUIS CE CHANGEMENT, LES EMPLOYÉES ET EMPLOYÉS AINSI QUE

LES GESTIONNAIRES MUNICIPAUX DOIVENT S’ASSURER QUE LES PLANS ET LES DEVIS UTILISÉS POUR RÉALISER LES

TRAVAUX D’INGÉNIERIE SONT DÛMENT

SIGNÉS ET SCELLÉS PAR UNE INGÉNIEURE OU UN INGÉNIEUR.

être préparés par l’entrepreneur ou par une ou un architecte paysagiste.

Ce n’est pas seulement une affaire municipale…

Les dispositions du nouvel article 24 s’appliquent également dans les autres secteurs de l’économie. En fait, toute organisation qui réalise ou supervise des travaux d’ingénierie est concernée, peu importe sa taille ou son secteur d’activité.

Voici un exemple tiré du monde industriel.

EXEMPLE

Modification d’une machine sans plan signé

Dans une usine de fabrication, un superviseur de maintenance décide de remplacer un dispositif de protection fixe par un protecteur mobile avec un dispositif de verrouillage sur un compacteur de carton pour accroître la sécurité des opérateurs. Il conçoit un croquis de la modification à e ectuer et confie la tâche à l’équipe d’entretien

interne, sans consulter l’équipe d’ingénierie. Aucun plan signé et scellé n’est produit avant la réalisation des travaux. La modification d’un dispositif de protection d’une machine constitue un ouvrage présentant un risque pour la santé et la sécurité des travailleurs. En utilisant un croquis non signé et en perme ant l’exécution des travaux sur ce e base, le superviseur et l’employeur contreviennent à la Loi.

L’importance de bien connaître la Loi

Cet ajout à l’article 24 nous rappelle que respecter la Loi sur les ingénieurs exige avant tout de bien la connaître : savoir quand des plans signés et scellés sont requis est essentiel, peu importe le secteur d’activité. Vous avez un doute ou une question ? Écrivez-nous à loi.ing@oiq.qc.ca. Nous sommes là pour vous aider.

Marie-Julie Gravel, ing., conseillère à la surveillance de la pratique illégale et Me Patrick Marcoux, avocat.

Assurance responsabilité professionnelle et statut de retraité

UNE VÉRIFICATION NÉCESSAIRE POUR PROTÉGER LE PUBLIC

Une vérification récente menée par l’Ordre montre que, dans l’échantillon analysé, près de la moitié des membres ayant déclaré un statut de retraité ne respectent pas les conditions requises pour en bénéficier. Ce e situation pourrait comprome re la protection du public, car ces membres exercent sans assurance responsabilité professionnelle ni formation continue obligatoire, créant des risques pour tous.

L’ampleur du problème révélée par la véri cation

Les résultats de la vérification montrent que, parmi les membres dont les dossiers ont

TÉMOIGNAGE

L’histoire de Charles : un parcours de vérification en toute transparence

Charles croyait avoir tout bien fait. À la retraite depuis peu, il avait rempli les formulaires requis, mis à jour son profil et profité des avantages liés à son nouveau statut : plus de formation continue ni de cotisation à l’assurance responsabilité professionnelle. Ce qu’il ignorait, c’est que certaines de ses activités, pourtant non réservées, étaient bel et bien considérées comme de l’ingénierie au sens de la loi.

Employé à temps partiel dans une société de conseil, Charles continuait de me re son expertise à profit, notamment dans la gestion : rien de très formel à ses yeux. Mais aux yeux de la réglementation, cela su sait pour sortir du cadre du statut de membre à la retraite.

Surpris d’apprendre qu’il y avait un doute sur sa situation, Charles s’est toujours montré très collaboratif. C’est en échangeant au téléphone avec un conseiller à la pratique, lui-même ingénieur, que Charles s’est rendu compte de l’importance de bien distinguer les notions d’activités réservées et de pratique du génie. Ce moment d’échange lui a permis de mieux comprendre ses obligations et de confirmer qu’il ne pratiquait plus le génie. Il a donc pu conserver son statut, à condition de me re à jour les informations de son profil et de ses plateformes publiques.

Me re à jour son profil sur le portail de l’Ordre est une étape importante pour éviter toute confusion et pour s’assurer que les informations reflètent exactement sa nouvelle situation professionnelle. Cela permet de garantir la transparence tout en assurant la protection du public.

été examinés, près de la moitié ne respectaient pas les conditions du statut de retraité qu’ils revendiquaient. Ces ingénieures et ingénieurs continuaient d’exercer des activités d’ingénierie tout en bénéficiant des avantages du statut de retraité, notamment l’exemption de formation continue obligatoire.

Ce e situation crée un paradoxe dangereux : des membres exercent leur profession sans la protection d’assurance adéquate et sans maintenir leurs compétences à jour par la formation continue. Les conséquences peuvent être dramatiques, tant pour leur responsabilité personnelle que pour la sécurité du public qu’ils sont censés servir.

Les incompréhensions majeures sur le statut de retraité

La principale source de confusion réside dans une interprétation erronée des activités permises. Beaucoup de membres croient pouvoir conserver le statut de retraité s’ils n’exercent pas d’activités réservées. Ce e compréhension est incorrecte. Les membres à la retraite ne doivent exercer aucune activité d’ingénierie, qu’elle soit réservée ou non réservée. La gestion de projet, l’informatique spécialisée et le transfert de connaissances techniques peuvent constituer des activités d’ingénierie nécessitant le statut de membre actif.

Les conditions du statut de retraité sont claires : l’ingénieure ou l’ingénieur doit avoir cessé toutes ses activités professionnelles en ingénierie, ne pas travailler plus de 30 heures par semaine dans des activités autres que le génie et ne pas o rir de services d’inspection préachat, même bénévolement. Ces critères ne sou rent d’aucune ambiguïté, mais leur application pratique semble poser des défis.

Les risques liés à l’assurance responsabilité professionnelle

La question de l’assurance responsabilité professionnelle constitue le cœur du problème. Les membres à la retraite ne bénéficient d’aucune

couverture d’assurance pour leurs activités professionnelles actuelles. Ils exercent donc à leurs propres risques et me ent le public aussi à risque s’ils continuent de faire du génie.

Le régime d’assurance de base couvre e ectivement les retraités, mais uniquement pour les actes antérieurs à leur retraite. Toute nouvelle activité d’ingénierie exercée en tant que membre à la retraite demeure non couverte, exposant à des réclamations potentiellement ruineuses.

Pour les membres à la retraite qui exercent e ectivement des activités d’ingénierie, le retour au statut de membre actif s’impose. Ce statut leur garantit l’assurance responsabilité professionnelle de base couvrant la pratique générale. Celles et ceux qui exercent en pratique privée doivent également adhérer au régime complémentaire pour assurer pleinement leur pratique.

La protection du public en jeu

Au-delà des considérations d’assurance, ce e situation compromet fondamentalement la protection du public. L’obligation de formation continue a pour but de maintenir les compétences professionnelles des membres à jour et de garantir des services de qualité. Les membres qui exercent sans respecter ce e obligation me ent potentiellement en danger la sécurité publique.

Le non-respect des conditions du statut de retraité constitue un manquement aux obligations professionnelles. Le dossier d’un membre à la retraite qui ne respecte pas ces conditions peut être transmis au Bureau du syndic de l’Ordre pour traitement disciplinaire, ce qui démontre la gravité de l’infraction.

Des solutions accessibles

Heureusement, des solutions existent et restent accessibles. Les membres à la retraite qui souhaitent reprendre des activités d’ingénierie peuvent facilement faire modifier leur statut dans leur portail et s’acqui er de leur cotisation. Un simple courriel ou appel au service à la clientèle de l’Ordre su t pour obtenir de l’aide dans ce e démarche.

Ce e flexibilité permet aux membres de s’adapter à l’évolution de leur situation professionnelle. Lorsqu’ils cesseront à nouveau leur pratique du génie, ils pourront redemander le statut de membre à la retraite en utilisant le formulaire approprié.

LES MEMBRES À LA RETRAITE NE DOIVENT

EXERCER AUCUNE ACTIVITÉ D’INGÉNIERIE, QU’ELLE SOIT RÉSERVÉE OU NON RÉSERVÉE.

LA GESTION DE PROJET, L’INFORMATIQUE SPÉCIALISÉE ET LE TRANSFERT DE

CONNAISSANCES TECHNIQUES PEUVENT

CONSTITUER DES ACTIVITÉS D’INGÉNIERIE

NÉCESSITANT LE STATUT DE MEMBRE ACTIF.

Un appel à la vigilance

La vérification qui a été menée a révélé l’importance d’une meilleure compréhension des obligations professionnelles. Avant de demander le statut de membre à la retraite, les ingénieures et ingénieurs doivent s’assurer du respect de toutes les conditions requises. La règle est simple : une ou un ingénieur retraité ne fait pas de génie.

L’Ordre encourage ses membres qui s’apprêtent à prendre leur retraite à profiter de ce e transition pour transme re leurs connaissances à la prochaine génération, et à contribuer ainsi au développement de la profession tout en respectant les conditions de leur nouveau statut.

Direction de la surveillance et de l’inspection professionnelle.

POUR EN SAVOIR PLUS : Statut de retraité : pratiqueprof@oiq.qc.ca

Assurance responsabilité professionnelle : arp.oiq@oiq.qc.ca

Avis de limitation du droit d’exercice

Conformément à l’article 182.9 du Code des professions (RLRQ., c. C-26), avis est donné par la présente que le Comité exécutif de l’Ordre des ingénieurs du Québec a rendu, le 19 juin 2025, une décision relative au droit d’exercice de Daniel Foisy, ing. (membre no 125409), dont le domicile professionnel est situé à Québec, province de Québec, à savoir :

Électricité du bâtiment

« DE PRONONCER la limitation volontaire du droit d’exercice de Daniel Foisy, ing. (membre no 125409), en lui interdisant d’exercer toute activité professionnelle lorsqu’elle se rapporte au domaine de l’électricité du bâtiment.

Toutefois, Daniel Foisy, ing., pourra exercer dans ce domaine sous la supervision d’une ingénieure ou d’un ingénieur qui devra apposer aux documents d’ingénierie les marques d’authentification requises et en assumer la responsabilité professionnelle. »

Ce e limitation du droit d’exercice est en vigueur depuis le 19 juin 2025.

Montréal, ce 21 juillet 2025

Me Élie Sawaya, avocat

Secrétaire de l’Ordre et directeur des a aires juridiques

Avis de limitation du droit d’exercice

Conformément à l’article 182.9 du Code des professions (RLRQ., c. C-26), avis est donné par la présente que le Comité exécutif de l’Ordre des ingénieurs du Québec a rendu, le 17 juillet 2025, une décision relative au droit d’exercice de Mathieu Gelinas, ing. (membre no 6044023), dont le domicile professionnel est situé à Shawinigan, province de Québec, à savoir :

Géotechnique

« DE PRONONCER la limitation volontaire du droit d’exercice de Mathieu Gelinas, ing. (membre no 6044023), en lui interdisant d’exercer toute activité professionnelle réservée aux ingénieurs par la Loi sur les ingénieurs lorsqu’elle se rapporte au domaine de la géotechnique.

Toutefois, Mathieu Gelinas, ing., pourra exercer dans ce domaine sous la supervision d’une ingénieure ou d’un ingénieur qui devra apposer aux documents d’ingénierie les marques d’authentification requises et en assumer la responsabilité professionnelle. »

Ce e limitation du droit d’exercice est en vigueur depuis le 17 juillet 2025.

Montréal, ce 18 août 2025

Me Élie Sawaya, avocat

Secrétaire de l’Ordre et directeur des a aires juridiques

Avis de limitation du droit d’exercice

Conformément à l’article 182.9 du Code des professions (RLRQ., c. C-26), avis est donné par la présente que le Comité exécutif de l’Ordre des ingénieurs du Québec a rendu, le 19 juin 2025, une décision relative au droit d’exercice de Marc Thériault, ing. (membre no 117196), dont le domicile professionnel est situé à Amqui, province de Québec, à savoir :

Ponts et structures de transports

« DE LIMITER le droit d’exercice de Marc Thériault, ing. (membre no 117196), jusqu’à ce que les activités de perfectionnement soient réalisées et réussies, en lui interdisant dans l’intervalle d’exercer toute activité professionnelle réservée aux ingénieurs par la Loi sur les ingénieurs lorsqu’elle se rapporte au domaine des ponts et structures de transports (y compris les passerelles).

Toutefois, Marc Thériault, ing., pourra exercer dans ce domaine sous la supervision d’une ingénieure ou d’un ingénieur qui devra apposer aux documents d’ingénierie les marques d’authentification requises et en assumer la responsabilité professionnelle.

L’ingénieur pourra cependant, sans la supervision d’une ingénieure ou d’un ingénieur, exercer des activités se rapportant aux ponts (y compris les passerelles) de type acier-bois conformes à la fois aux exigences de la Norme relative aux ponts et aux ouvrages amovibles dans les forêts du domaine de l’État du ministère des Ressources naturelles et des Forêts (MRNF) et à celles des ponts normalisés du Tome III Ouvrages d’art des Normes – Ouvrages routiers du ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD). »

Ce e limitation du droit d’exercice est en vigueur depuis le 27 juin 2025.

Montréal, ce 28 juillet 2025

Me Élie Sawaya, avocat

Secrétaire de l’Ordre et directeur des a aires juridiques

Avis de limitation du droit d’exercice

Conformément à l’article 182.9 du Code des professions (RLRQ., c. C-26), avis est donné par la présente que le Comité exécutif de l’Ordre des ingénieurs du Québec a rendu, le 17 juillet 2025, une décision relative au droit d’exercice de Yassine Bourkab, ing. (membre no 146465), dont le domicile professionnel est situé à Sainte-Catherine, province de Québec, à savoir :

Gestion des eaux pluviales du domaine du génie municipal

« DE PRONONCER la limitation volontaire du droit d’exercice de Yassine Bourkab, ing. (membre no 146465), en lui interdisant d’exercer toute activité professionnelle lorsqu’elle se rapporte au sous-domaine de la gestion des eaux pluviales du domaine du génie municipal.

Toutefois, Yassine Bourkab, ing., pourra exercer dans ce sous-domaine sous la supervision d’une ingénieure ou d’un ingénieur qui devra apposer aux documents d’ingénierie les marques d’authentification requises et en assumer la responsabilité professionnelle. »

Ce e limitation du droit d’exercice est en vigueur depuis le 17 juillet 2025.

Montréal, ce 18 août 2025

Me Élie Sawaya, avocat

Secrétaire de l’Ordre et directeur des a aires juridiques

Avis de limitation du droit d’exercice

Avis de limitation du droit d’exercice

Conformément à l’article 182.9 du Code des professions (RLRQ., c. C-26), avis est donné par la présente que le Comité exécutif de l’Ordre des ingénieurs du Québec a rendu, le 19 juin 2025, une décision relative au droit d’exercice de Francis Dufour, ing. (membre no 6019898), dont le domicile professionnel est situé à Saguenay, province de Québec, à savoir :

Géotechnique et ouvrages de soutènement des sols

« DE PRONONCER la limitation volontaire du droit d’exercice de Francis Dufour, ing. (membre no 6019898), en lui interdisant d’exercer toute activité professionnelle lorsqu’elle se rapporte aux domaines de la géotechnique et des ouvrages de soutènement des sols. Toutefois, Francis Dufour, ing., pourra exercer dans ces domaines sous la supervision d’une ingénieure ou d’un ingénieur qui devra apposer aux documents d’ingénierie les marques d’authentification requises et en assumer la responsabilité professionnelle. »

Ce e limitation du droit d’exercice est en vigueur depuis le 19 juin 2025.

Montréal, ce 21 juillet 2025

Me Élie Sawaya, avocat Secrétaire de l’Ordre et directeur des a aires juridiques

Conformément à l’article 182.9 du Code des professions (RLRQ., c. C-26), avis est donné par la présente que le Comité exécutif de l’Ordre des ingénieurs du Québec a rendu, le 19 juin 2025, une décision relative au droit d’exercice de Steve Sénéchal, ing. (membre no 108328), dont le domicile professionnel est situé à Québec, province de Québec, à savoir :

Assainissement autonome des eaux usées

« DE PRONONCER la limitation volontaire du droit d’exercice de Steve Sénéchal, ing. (membre no 108328), en lui interdisant d’exercer toute activité professionnelle lorsqu’elle se rapporte au domaine de l’assainissement autonome des eaux usées. Ce e limitation porte également sur toute activité prévue dans le cadre de l’application du Règlement sur l’évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées (RLRQ c. Q-2, r 22) ou en vertu de l’article 22, par. 3, de la Loi sur la qualité de l’environnement (RLRQ, c.Q-2).

Toutefois, Steve Sénéchal, ing., pourra exercer dans ce domaine sous la supervision d’une ingénieure ou d’un ingénieur qui devra apposer aux documents d’ingénierie les marques d’authentification requises et en assumer la responsabilité professionnelle. »

Ce e limitation du droit d’exercice est en vigueur depuis le 19 juin 2025.

Montréal, ce 21 juillet 2025

Me Élie Sawaya, avocat

Secrétaire de l’Ordre et directeur des a aires juridiques

INTELLIGENCE ARTIFICIELLE ET PRATIQUE DU GÉNIE

LES LIGNES DIRECTRICES SONT

MAINTENANT DISPONIBLES DANS LE GUIDE DE PRATIQUE PROFESSIONNELLE

CONSULTEZ-LES

DÈS MAINTENANT

Avis de limitation du droit d’exercice

Conformément à l’article 182.9 du Code des professions (RLRQ., c. C-26), avis est donné par la présente que le Comité exécutif de l’Ordre des ingénieurs du Québec a rendu, le 17 juillet 2025, une décision relative au droit d’exercice d’Herber Leonardo Castillo Garzon, ing. (membre no 6013303), dont le domicile professionnel est situé à Gatineau, province de Québec, à savoir :

Géotechnique

« DE LIMITER le droit d’exercice d’Herber Leonardo Castillo Garzon, ing. (membre no 6013303), jusqu’à ce que les activités de perfectionnement soient réalisées et réussies, en lui interdisant dans l’intervalle d’exercer toute activité professionnelle réservée aux ingénieurs par la Loi sur les ingénieurs lorsqu’elle se rapporte au domaine  de la géotechnique.

Toutefois, Herber Leonardo Castillo Garzon,ing., pourra exercer dans ce domaine sous la supervision d’une ingénieure ou d’un ingénieur qui devra apposer aux documents d’ingénierie les marques d’authentification requises et en assumer la responsabilité professionnelle. »

Ce e limitation du droit d’exercice est en vigueur depuis le 23 juillet 2025.

Montréal, ce 25 août 2025

Me Élie Sawaya, avocat

Secrétaire de l’Ordre et directeur des a aires juridiques

AVIS DE DÉCÈS

SAC@OIQ.QC.CA

Du 10 juin au 31 août 2025 L’Ordre des ingénieurs du Québec o re ses sincères condoléances aux familles et aux proches des personnes suivantes, décédées récemment :

Gilles Tanguay (ancien président de l’Ordre de 1971 à 1972 et directeur général de l’Ordre de 1983 à 1990)

Benoit Boyer, Laval

Steve Collin, Rimouski

Normand Lapointe, Lac-aux-Sables

Jean-Marc Laurin, Montréal

Pierre Francis Leblond, Verdun

Stefano Mancini, Rivière-des-Prairies

Moïse Saban, Mont-Royal

André Vinet, Belœil

Avis de radiation

Avis de limitation du droit d’exercice

EXAMEN PROFESSIONNEL

Conformément aux articles 156 et 180 du Code des professions (RLRQ, c. C-26), avis est donné par la présente que le 17 juin 2025, le Conseil de discipline de l’Ordre des ingénieurs du Québec a déclaré Rodrigo Freire De Macedo, dont le domicile professionnel est situé à LaSalle, province de Québec, notamment coupable de l’infraction suivante :

Conformément à l’article 182.9 du Code des professions (RLRQ, c. C-26), avis est donné par la présente que le Comité exécutif de l’Ordre des ingénieurs du Québec a rendu une décision le 22 février 2024, relativement au droit d’exercice de Pierre-Luc Godin, ing. (membre no 5039482), dont le domicile professionnel est situé à Jonquière, province de Québec, à savoir : Ouvrages temporaires (échafaudages)

AVIS À TOUTES LES CANDIDATES ET À TOUS LES CANDIDATS À LA PROFESSION D’INGÉNIEURE ET D’INGÉNIEUR, AINSI QU’AUX PERSONNES DÉTENTRICES D’UN PERMIS RESTRICTIF TEMPORAIRE.

« À LaSalle, entre le ou vers le 24 mai 2022 et le 31 décembre 2023, en occupant un poste d’employé à temps plein, de façon concurrente dans au moins deux, voire jusqu’à quatre entreprises œuvrant dans le même domaine ou domaine similaire, l’ingénieur Freire De Macedo a fait défaut, dans l’exercice de sa profession, de subordonner son intérêt personnel à celui de ses employeurs/ clients, contrevenant ainsi à l’article 3.05.01 du Code de déontologie des ingénieurs. »

« DE PRONONCER la limitation volontaire du droit d’exercice de Pierre-Luc Godin, ing. (membre no 5039482), en lui interdisant d’exercer toute activité professionnelle réservée aux ingénieurs par la Loi sur les ingénieurs lorsqu’elle se rapporte au domaine des ouvrages temporaires (échafaudages).

« Toutefois, Pierre-Luc Godin, ing., pourra exercer dans ce domaine sous la supervision d’un.e ingénieur.e qui devra apposer aux documents d’ingénierie les marques d’authentification requises et en assumer la responsabilité professionnelle. »

Le Conseil de discipline a imposé à Rodrigo Freire De Macedo, au regard de ce e infraction, une période de radiation de quarante-cinq (45) jours à être purgée à l’expiration des délais d’appel. En conséquence, Rodrigo Freire De Macedo est radié du tableau de l’Ordre pour quarante-cinq (45) jours à compter du 21 juillet 2025 jusqu’au 3 septembre 2025 inclusivement.

Ce e limitation du droit d’exercice de Pierre-Luc Godin, ing., est en vigueur depuis le 22 février 2024.

Conformément au Règlement sur les autres conditions et modalités de délivrance des permis de l’Ordre des ingénieurs du Québec, voici les renseignements concernant les prochaines séances d’examen :

Date des prochaines séances d’examen

Date de la séance

24 janvier 2026

14 février 2026

7 mars 2026

Lieu

Montréal

Trois-Rivières

Période d’inscription

Du 26 oct. au 25 déc. 2025

Du 16 nov. 2025 au 15 janv. 2026

RouynNoranda

Montréal, ce 22 mars 2024

Montréal, ce 21 juillet 2025

Du 7 déc. 2025 au 5 fév. 2026

Me Élie Sawaya, avocat

Josée Le Tarte

Secrétaire adjoint et chef des a aires juridiques

Secrétaire du Conseil de discipline

DES QUESTIONS SUR VOTRE

17 mars 2026

Montréal

11 avril 2026

Québec

25 avril 2026

Gatineau

Du 14 déc. 2025 au 12 fév. 2026

Du 11 janv. au 12 mars 2026

Du 25 janv. au 26 mars 2026

Pour vous inscrire à une séance, vous devez au préalable terminer votre formation théorique. Une fois que la séance est terminée, vous recevrez un courriel contenant le lien pour vous inscrire sur la plateforme. Pour en savoir plus, vous pouvez vous rendre sur le site de l’Ordre des ingénieurs du Québec au oiq.qc.ca ou communiquer avec l’équipe de l’examen professionnel par courriel au examenprofessionnel@oiq.qc.ca. En conformité avec la Loi sur la langue commune et o cielle du Québec, le français, cet examen est administré en français. Toutefois, les candidates et candidats qui se qualifient pour un permis temporaire selon l’article 37 de la Charte de la langue française peuvent obtenir une copie bilingue du questionnaire.

Certaines dates pourraient être suje es à des modifications. Consultez la plateforme d’inscription pour obtenir les informations les plus récentes.

AVIS DE RADIATION — FORMATION CONTINUE OBLIGATOIRE

Conformément à l’article 182.9 du Code des professions (RLRQ, c. C-26), avis est donné par la présente que l’Ordre des ingénieurs du Québec a prononcé la radiation des membres dont le nom apparaît ci-dessous, pour avoir fait défaut de se conformer aux obligations de la formation continue obligatoire conformément au Règlement sur la formation continue obligatoire des ingénieurs. Ce e décision est en vigueur depuis le 22 septembre 2025.

* Lorsque le nom d’une personne est précédé d’un astérisque, cela signifie qu’elle s’est réinscrite depuis la radiation et est membre en règle de l’Ordre des ingénieurs du Québec pour la période 2025-2026.

Nom Prénom Domicile professionnel

Abdelnour Razek VERDUN

Aksakal Volkan SAINT-JEANSUR-RICHELIEU

Al Hashimi Hashim SAINT-LAURENT

Alain Denis SAINT-SAUVEUR

Alain Jean-Philippe PORTNEUF

Amazan Egbert LAVAL

Arduini Giuseppe MONTRÉAL

Asselin-Boilard Frederick BROMONT

* Aumais Denis KINGSEY FALLS

Babin Julien MONCTON

Barghikar Hamed SAINT-LAURENT

Baytie Wael LASALLE

Beaudet François VAL-D’OR

Beaudry Pierre MAGOG

* Beaumont Mireille DRUMMONDVILLE

Bédard-Therrien Etienne MIRABEL

Bélanger Christian SHERBROOKE

Bianchet Alessandro LONGUEUIL

Bilodeau Bernard QUÉBEC

Bisson Alexandre CHELSEA

* Blackburn Nathalie MONTRÉAL

Blanche e Luc MONTRÉAL

Boisvert Benoît TROIS-RIVIÈRES

Bologna Stefano BOUCHERVILLE

Bouchard Alain MONTRÉAL

* Boudreau Cédric BOUCHERVILLE

Boulay Eric BLAINVILLE

Bouthillier Francis SAINT-EUSTACHE

Brochu Stéphane BROSSARD

Brodeur Stéphane SAINTE-ANNEDE-BELLEVUE

Bureau Alain VANCOUVER

Burke Bernard LONGUEUIL

Candussi Martino LAVAL

Cao Wenhong BOUCHERVILLE

Castiel Philippe SAINT-LAURENT

Nom Prénom Domicile professionnel

Centeno Velazquez Ruben Dario TERREBONNE

Chab Majdalani Naji MONTRÉAL

Chapdelaine François QUÉBEC

Chare e Pierre Guy LONGUEUIL

Chartier André VICTORIAVILLE

Chea Peng-Thai BROMONT

Chuissé Yebchué Bertrand LAVAL

Claveau Myrko BROSSARD

* Cutire Valenzuela Solange Ariana SAINT-LÉONARD

Dallaire Eric ANJOU

D’Amico Saverio SAINT-MICHELDES-SAINTS

De Bellonia Vanessa MONTRÉAL

De Roussan-Blanc Vincent MONTRÉAL

Dehkissia Soumaïne SHERBROOKE

Delaby Vincent MONTRÉAL

Demers Pierre CHICOUTIMI

Denault Claude B. MONTRÉAL

Derbas Bassam SAINT-LAURENT

* Derboghossian Chawki LAVAL

Deschênes Marc MONTRÉAL

Deslias Romain FERMONT

Diaz Monasterios William MONTRÉAL

D’Onofrio Michele LAVAL

Douville Jonathan VAUDREUILDORION

Drolet Jean-Paul DRUMMONDVILLE

Drouin Réjean LAVAL

Dubois Yanick TERREBONNE

Dubreuil Gilles DOLLARDDES-ORMEAUX

Dubuc Ambroise MONTRÉAL

Durand Martin SAINT-LAURENT

Dussault Serge SAINT-GÉDÉONDE-BEAUCE

El Makssoud Maged QUÉBEC

El Messaoudi Hicham SAINT-LAURENT

Nom Prénom Domicile professionnel

Ellyson Corinne SHERBROOKE

Favali Quentin PETERBOROUGH

* Fenan Jamal SAINT-AUGUSTINDE-DESMAURES

Ferreira Francisco David MONTRÉAL

Forest Philippe SAINT-LÉONARD

Forester Jason MONTRÉAL

Fortin Sébastien TERREBONNE

Fournier Serge QUÉBEC

Fuoco Léo SAINT-LÉONARD

Gagné Mathieu SAINT-LAZAREDE-BELLECHASSE

Gagné Nicolas CHICOUTIMI

Gagné Vincent QUÉBEC

Gagnon Guy VAUDREUILDORION

Gagnon Marc MONTRÉAL

Garceau Simon SAINT-TITE

Garneau Nicolas SAINT-GABRIELDE-BRANDON

Gaudreault Marc JONQUIÈRE

Ghazi-Jerniti Abderrazzaq ANJOU

* Giguère Denis MONTRÉAL

Girard Claude CORNWALL

Godfroy Patrice MONTRÉAL

Godin Patrick TORONTO

Gómez Candanedo Adolfo Mariano QUÉBEC

Goral Ma hieu COTEAU-DU-LAC

Gravel Jean BOUCHERVILLE

Graveline Nicholas OTTAWA

Grégoire Hugues SAINT-BRUNODE-MONTARVILLE

Grimard Antoine MONT-ROYAL

Grondin Robert LAVAL

Guillaud-Rollin Thibault WATERVILLE

Guinard Eric LAVAL

Hamdine Mélina MONTRÉAL

Hamel André CHAMBLY

Hébert Alexandre OUJÉBOUGOUMOU

Hulak Alexandre POINTE-CLAIRE

Johnston Steve GATINEAU

Journeaux Noël Lockhart POINTE-CLAIRE

Juneau Jean AMOS

Kamoso Louis-Marie DORVAL

Kassem Amina SAINT-LAURENT

Nom Prénom Domicile professionnel

Kneifel Marco Eric MONT-ROYAL

Kutluoglu Ersin MARKHAM

Lacasse Jean-François LÉVIS

Lafond Martin QUÉBEC

* Lafontaine Marcel TROIS-RIVIÈRES

Lafrenière Denis ALMA

Lakis Aouni MONTRÉAL

Lalonde Joseph Jean Mario GATINEAU

Lalonde Sylvain LACHINE

Lalonde Sylvain LAVAL

Laroche Martin LAVAL

Lavoie Marc L’ANCIENNELORETTE

Law Hin-Fai Haven THORNHILL

Leblanc Michaël POINTEAUX-TREMBLES

Leclerc Isabelle BROSSARD

Leclerc Pascal MONTRÉAL

* Leclerc Stéphane OTTAWA

Lefebvre Patrick SAINT-BRUNODE-MONTARVILLE

Lemay Alain MONTRÉAL

Lemire Felix VARENNES

Lépine Yves QUÉBEC

* Leroux Patrice SHAWINIGAN

Liu Chang MISSISSAUGA

Lizo e Benoit SAINT-LAURENT

Lopez Leano Francisco José MIRABEL

Luk Chi Leung BROSSARD

Mackenzie David RICHMOND

Malti Redouane MONTRÉAL

McClure Isobel MONTRÉAL

* McDonough David SAINT-JEANSUR-RICHELIEU

Michel Francis SAINT-BRUNODE-MONTARVILLE

Minier Dany BROMONT

Morin Danik GATINEAU

Morin Vincent SAINT-HUBERT

Munger Stéphane MONTRÉAL

Nayef Mohammed OTTAWA

Ndiaye Ibrahima MONTRÉAL

Nguyen Trung Tin BOUCHERVILLE

Nohra Fadi VERDUN

Olivier-Lebœuf Nicolas SAINT-LAURENT

Palmarini Marc LÉVIS

Nom Prénom Domicile professionnel

Paraschivoiu Ion MONT-ROYAL

Pasquis Stéphane POINTE-CLAIRE

Pelletier Michel BELŒIL

Piazza Giovanni LAVAL

Pierre Karl Igor MONTRÉAL

* Plante Jérôme MONTRÉAL

* Poirier Cédric QUÉBEC

Poulin Jean-Philippe SAINT-GEORGES

Privé Pierre ALMA

Provencher Martin DRUMMONDVILLE

Rahhali Ahmed VERDUN

Reiher Stéphane BELŒIL

Richard Claude MONTRÉAL

Richard Gilles DORVAL

Richer Martin BROSSARD

Roberge Jean-François CHICOUTIMI

Robert Michel SAINT-EUSTACHE

Robitaille Jacques QUÉBEC

Rousseau Marie-Eve SAINT-LAURENT

Saba Waguih SAINT-LAURENT

Said Mikael MONTRÉAL

Salako Florent WALTHAM

Saleh Ahmad DUBAI

Santander Boris WOODBRIDGE

Sauvé Zacharie MONTRÉAL

Sene Abdoul Aziz SUDBURY

Shafighy Mehran VANCOUVER

Shahcheraghi Nader BOSTON

Simard Alexandre CHAMBLY

Simard Marc MONTRÉAL

Sodhi Kuljit GATINEAU

So in Rodrigue Sèmassa OTTAWA

Soudé Emmanuelle QUÉBEC

Souza Pires

de Amorim Pedro MONTRÉAL

Stanger Derek OTTAWA

St-Arnaud Michel TROIS-RIVIÈRES

Stella Laureano ROSEMÈRE

St-Hilaire Luc DEUX-MONTAGNES

St-Pierre Eric MONTRÉAL

* St-Pierre Jean LAVAL

Takodjou Kengne Nobel Hardy SAINTE-THÉRÈSE

Therrien Luc SHERBROOKE

Thibodeau Patrick QUÉBEC

Tran Anh-Dat DORVAL

Travasarou Thaleia WALNUT CREEK

Nom Prénom Domicile professionnel

Tremblay Caroline MONTRÉAL

Tremblay Michel VERDUN

Truong-Trung Nhân SAINT-BRUNODE-MONTARVILLE

Turco e Luc VAL-D’OR

Villela Covian Rodrigo LAVAL

Visser Kévin MONTRÉAL

Vo Charles Hoang MONTRÉAL

Walsh Bruno CHARNY

Waly Samir BROSSARD

Zghibri Smail LACHINE

Veuillez communiquer avec le Service à la clientèle (514 845-6141 ou 1 800 461-6141, option 1, ou par courriel : sac@oiq.qc.ca) afin de vérifier si les personnes dont le nom n’est pas précédé d’un astérisque ont régularisé leur situation depuis le 22 septembre 2025.

Montréal, le 22 septembre 2025

Me Élie Sawaya, avocat

Secrétaire de l’Ordre et directeur des a aires juridiques

AGIR ENSEMBLE CONTRE LA PRATIQUE ILLÉGALE

AVEZ-VOUS LU NOTRE MINI-SÉRIE D’ARTICLES ?

AVIS DE RADIATION 2025-2026 (DÉFAUT DE COTISATION)

Avis est donné par les présentes que le Secrétaire de l’Ordre a, par délégation du conseil d’administration, prononcé la radiation du tableau de l’Ordre des personnes dont les noms suivent, vu leur défaut d’acqui er leur cotisation annuelle pour l’année 2025-2026 (voir les articles 46 et 85.3 du Code des professions).

* Lorsque le nom d’une personne est précédé d’un astérisque, cela signifie qu’elle s’est réinscrite depuis la radiation et est membre en règle de l’Ordre des ingénieurs du Québec pour la période 2025-2026.

Nom Prénom Domicile professionnel

Abdel Gawad Mahmoud MONTRÉAL

Aberkane Mourad SIDI BEL-ABBES

Achhal Yassine POINTE-CLAIRE

Adam François BLAINVILLE

Adib Youssef LÉVIS

Ahdach Mohamed KIRKLAND

* Ahmad Mohammad LEMOYNE

Ait Kadi Laila QUÉBEC

* Akkal Yassine CONTRECŒUR

Alain Jean-François MONTRÉAL-EST

Albero Jose LONGUEUIL

Ali Yahia Tahar MONTRÉAL

Allam Salah TORONTO

Allard Jonathan BROMONT

Allard Michel VERDUN

Allard Pierre SAINT-PAULDE-MONTMINY

Alvarenga Michelle LAVAL

* Anadif Hafida MONTRÉAL

Anhal Hraiche Andy MONTRÉAL

* Anouar Salma BROSSARD

Antar Tamer MONTRÉAL

* Antoine Samantha SAINT-LAURENT

Aouad Peter Alexander DORVAL

* Archambault Germain SAINT-HUBERT

Ardelean Francisc-Manuel OTTAWA

* Arès Richard SHERBROOKE

Arguin Denis SHERBROOKE

Arnouk Caroline LAVAL

Arseneault Jean-Marc QUÉBEC

* Arzouan Simon SAINT-LAURENT

Asjad Aqeel SAINT-LAURENT

Aslam Rehan MISSISSAUGA

Asselin Tommy JONQUIÈRE

* Asselin-Giguère Laurence BROSSARD

Atsikpo Ko Agbonyito PUTEAUX

Audet Réal MONTRÉAL

Nom Prénom Domicile professionnel

Awad Waguih ROSEMÈRE

Azem Abdelmadjid ROUYN-NORANDA

* Aziz Olivier MONTRÉAL

* Bachraou Amar LAVAL

* Baisre Carlos Alberto BROSSARD

Bangasan Alex Red LONGUEUIL

Barbera Jean-Marc MONTRÉAL

Barbier

Saint Hilaire Raphaëlle LONDON

Barrière Jean-François MIRABEL

Barro Mohamed Nourou VANCOUVER

Baudin Andy VERDUN

* Baytie Wael LASALLE

Beauchemin Maude QUÉBEC

Beaulieu Gilles BELŒIL

* Beaulieu Michel BLAINVILLE

Beaulieu Réjean MERCIER

Beaulieu Rémy LAVAL

Bélanger Gabriel LEVIS

Bélanger Jœy MONTSAINT-HILAIRE

Bélanger Beaulieu David LÉVIS

Bélanger-Basset Isabelle PARIS

Belazzouz Tarik BROSSARD

* Belisle Francis Guillaume LAVAL

Bellavance Lorraine SAINTE-ANNEDES-MONTS

Belleau Guy TORONTO

* Ben Souissi Nabil MONTRÉAL

Benabdallah Abdelouahid BOISBRIAND

* Benmoussa Kamal OTTAWA

Benoit Vincent LONGUEUIL

Benosman Lotfi Pacha BOUCHERVILLE

* Benzaioua Ammar JONQUIÈRE

Benzecry Eric SAINT-LAURENT

* Beradid Hamza BOISBRIAND

* Bergeron Alain CEDAR CITY

Nom Prénom Domicile professionnel

Bergeron André SAINT-JEANSUR-RICHELIEU

Bergeron Claude CANONSBURG

Bernard Marcel Hermann LONGUEUIL

Bernier Geneviève SAINTE-THÉRÈSE

* Berrais Abderrahmane SAINTE-JULIE

* Bérubé Patrick MONTRÉAL

Besin Charles ELK RIVER

Beyris Maxime BROSSARD

Bichiou Nidhal SHERBROOKE

Bigan Clément SAINT-BRUNODE-MONTARVILLE

Bissonne e Daniel BROSSARD

Bi on Albert DOLLARDDES-ORMEAUX

Blain Stéphane BROMONT

* Blanchet Jean NEUVILLE

Blanchet Ronald SAINT-NICOLAS

Blanche e Daniel SAINT-LAURENT

* Blanche e Maurice TROIS-RIVIÈRES

Blier Bernard LÉVIS

Boily Richard SAINT-GÉDÉONDE-BEAUCE

* Bois Guy SAINT-JEANSUR-RICHELIEU

* Boisvert Benoît TROIS-RIVIÈRES

Boisvert Jean LAVAL

* Boivin Jean-Pierre JONQUIÈRE

Boize Marie MONTRÉAL

* Bola i Fernando SAINTE-CLAIRE

Bolduc Jean-Pierre QUÉBEC

Boli GotreBiDjeli Bienvenu QUÉBEC

* Bolly Housseini SAINT-JEANSUR-RICHELIEU

Bon Thomas NEW RICHMOND

Borgi Abdallah GATINEAU

Bouchard Nancy CHIBOUGAMAU

Boucher François VERDUN

Boucher Jean-Pierre SAINT-LAZAREDE-VAUDREUIL

Boucher Mathilde MONTRÉAL

Boudreau Martin MONTRÉAL

Boudreault Denis TROIS-RIVIÈRES

Boueilh Thierry QUÉBEC

Bou ard Jean-Claude GATINEAU

Nom Prénom Domicile professionnel

Bou ard Martin LASALLE

Bougataya Mohammed NEPEAN

Bouhrir Mohammed MONTRÉAL

Boulais Denis MONTSAINT-HILAIRE

Boulanger Paul-Aimé LAVAL

Boulerice Roger L’ÎLE-PERROT

* Boulianne Max SAINTE-SOPHIE

Bourassa Marie-Josée QUÉBEC

Bourbonnais Martine LONGUEUIL

Bourdaud Cléo LONGUEUIL

Boutahri Nezha DRUMMONDVILLE

Boyer Jean-Marc LAVAL

Brahmi Brahim MONTRÉAL

* Brassard André CHICOUTIMI

Brassard Aurélien SAINT-HUBERT

Brassard Dominic CHICOUTIMI

Brazeau André QUÉBEC

Breton Jean-Michaël SAINT-BRUNODE-MONTARVILLE

* Bricteux Simon SAINT-LAURENT

Brisson Paul LAVAL

* Brochu Stéphane BROSSARD

Brosseau René SAINT-LAZAREDE-VAUDREUIL

Brunelle Serge DONNACONA

Brunet Jean-Marc BLAINVILLE

Bucktowar Ajay Deo GATINEAU

Buonamici Alberto MONTRÉAL

Buruiana Radu MONTRÉAL

* Caceda Del Pozo Fabrizzio MONTRÉAL

Cantin Claude LÉVIS

Cantin Jacques BROSSARD

Caron Marco QUÉBEC

* Carraro Zamberlan Ricardo MONTRÉAL

Cassanaz Sergio QUÉBEC

Castets Benoît LÉVIS

Castilloux Denis SHERBROOKE

Castonguay Jean QUÉBEC

Castonguay Reynald SHERBROOKE

Catalan Nawar BURLINGTON

Cauchon André QUÉBEC

* Cauchy Xavier MONTRÉAL

Cazavant Alain TROIS-RIVIÈRES

Céré Jean-Bernard CANTLEY

Ceulemans Lena MONTRÉAL

Nom Prénom Domicile professionnel

Ceyte-Papon Camille QUÉBEC

Chacon Edgar BLAINVILLE

Chahla Tony MIRABEL

Chalifour Louis-David QUÉBEC

Champagne Joseph ÎLE-DES-SŒURS/

Donat Richard VERDUN

Chanda Biswajit MONTRÉAL

Charalambides Barbara DOLLARDDES-ORMEAUX

Chardon Gaëtan MONTRÉAL

Chare e Pierre GATINEAU

* Chartier Louis MONTRÉAL-NORD

Chaussé Claude SAINT-BRUNODE-MONTARVILLE

Chen Jack DELTA

Chen Xing GRIMSBY

Cherdouh Mouhsine CHÂTEAUGUAY

* Chiasson Gabriel HAVRE-AUBERT

* Chiovi i Domenic MONTRÉAL

* Chrétien Benoit MONTRÉAL

Chu Vincent Hwa-Hing TORONTO

Cion Andrew VISTA

Clairet Rémi CHICOUTIMI

Clavet Jean QUÉBEC

Clément Pascal LYON

Clouet Jean-Marie TORONTO

Cloutier Gilles QUÉBEC

Cochachi Liz MONTRÉAL

* Coderre Yannick JOLIETTE

Colle Alain SAINT-EUSTACHE

Colombie Julien MONTRÉAL

Condeescu Adrian LACHINE

Copin Antoine SAINT-JÉRÔME

Corcoran Michael James ST. JOHN’S

* Corcoz Florin BELŒIL

Cosgrove William Joseph BEACONSFIELD

Côté Gaétan MONTRÉAL

Côté Michael T MONT-SAINTHILAIRE

Côté Michel CHICOUTIMI

Côté Normand SHAWINIGAN

Coulibaly Salimata SAINT-JEANDE-BRAYE

* Dagenais Mathieu BOUCHERVILLE

Daignault René Serge SAINTE-MARTHESUR-LE-LAC

Nom Prénom Domicile professionnel

Dallaire Mariane MONTRÉAL

Dampne Claire Rose Sylvie MONTRÉAL

D’Andrea Mauro CARY

Dang Vu-Hoang LAVAL

Danovitch David SHERBROOKE

Daou Lourdess LAVAL

Dastous Jean-Bernard VARENNES

* David Charles-Dominique MONTRÉAL

* De Brienne Francis OTTAWA

De Chare e Jean-Guy SAINT-OURS

* De Paoli Ugo SAINT-HIPPOLYTE

De Vriendt Olivier MONTRÉAL

Debbache Mohamed-Zine ANJOU

Decaens Justine SAINT-HYACINTHE

* Dega-Kougoum Cynthie-Ornella MONTSAINT-HILAIRE

Dejoie Leslie MONTRÉAL

Demers Charles Laurent MONTRÉAL

Desaulniers Guy SAINT-CÉSAIRE

Desbois Roger LAVAL

* Désilets Jean-François SAINT-JEANSUR-RICHELIEU

Desjardins Elaine SALABERRYDE-VALLEYFIELD

* Desjardins Louis QUÉBEC

Desmarais Raymond Antonio GATINEAU

Desrochers Alain SHERBROOKE

Dib Roger GATINEAU

Dieulesaint Yann MONTRÉAL

Dion Antoine QUÉBEC

* Dion Daniel MONTRÉAL

Diop Papa Iba VALCOURT

Douville Benoit LONGUEUIL

Doyon Sylvain ALMA

Doyon-Dostie Olivier FRONTENAC

Drainville Sébastien ÎLE-DES-SŒURS/ VERDUN

Dramé Mamadou Lamine MARIEVILLE

Drissi Omar ANNECY

Drob Ioan BROSSARD

* Drouin Nathalie LAVAL

Dubois Eric SHERBROOKE

* Dufour Alexis MONTRÉAL

Dufour Richard LAC-ST-PAUL

Dufresne Chantal MONTRÉAL

Dugré Claude BEACONSFIELD

Nom Prénom Domicile professionnel

Dugré Marcel TROIS-RIVIÈRES

Dumais André CHAMBLY

Dumais Antonio CAPLAN

Dumas Jacques MONTRÉAL

Dumont Johanne LONGUEUIL

* Dupuis Benoit A. SAINT-JEANDE-MATHA

* Dupuis Emerick VARENNES

* Duquet Denis CANTONDE-HATLEY

Duru UgochukwuUzoma BOIS-COLOMBES

Dussault Marc-André QUÉBEC

Dusseux Mael QUÉBEC

Duval Jacques F. SALABERRYDE-VALLEYFIELD

Egorov Victor SARASOTA

El Hachem Maher MIRABEL

El Idrissi Mehdi ROUYN-

Esserhrouchni NORANDA

El Omali Mourad BROSSARD

El-Herraoui Emad DUBAI

Enciu Calin Constantin MONTRÉAL

Fall AbdoulAhad SAINT-LAURENT

* Falsafi Jalil MONTRÉAL

* Faour Riad LAVAL

Farmer Pierre DORVAL

Farnell Alexander John DUBAI

* Fayyazi Hossein VANCOUVER

Fecteau Jean SAINT-CONSTANT

* Ferret Marion AIX-LES-BAINS

Fillion Claude CHICOUTIMI

Finca Marius BROSSARD

* Fino i Ugo MONTRÉAL-NORD

Fleurant Victor MONTRÉAL

Foisy Jonathan BOUCHERVILLE

Fokom Tagheu Patrick MONTRÉAL

Fontaine Pierre BROSSARD

Forgeois Julien LAVAL

Forget Luc LAVAL

* Fortin Denis QUÉBEC

* Fortin Mathieu BURY

* Fortin Parent Guillaume CHICOUTIMI

* Foster Éric QUÉBEC

Fournier Naomi TERREBONNE

Fournier Pierre QUÉBEC

Fraeys de Veubeke Sébastien MIRABEL

Nom Prénom Domicile professionnel

* Frene e Jean SAINT-BASILEDE-PORTNEUF

Fresnel Florian MONTRÉAL

G.-Labbé Maxime BAIE-COMEAU

Gabanski George OUTREMONT

* Gabra Adel DOLLARDDES-ORMEAUX

Gagné Eric BOUCHERVILLE

Gagnon Dany LÉVIS

* Gagnon Denis JONQUIÈRE

* Gagnon Laval LAVAL

* Gagnon Richard VARENNES

Gagnon Sylvain LAVAL

Gagnon Yves SHERBROOKE

Galakoutis Vasilios POINTE-CLAIRE

Gallant Jonathan MONT-ROYAL

* Gallo Maria Rosaria NORTH YORK Garneau Richard QUÉBEC

Gascon Nicolas CHICOUTIMI

* Gastaldy Pierre VERDUN

* Gauthier Anthony RADISSON

Gauthier Cyprien CHICOUTIMINORD

Gauthier Sylvain MONTRÉAL

Gauvin Pierre SAINT-BRUNODE-MONTARVILLE

* Gauvin Stéphane SAINT-JEANSUR-RICHELIEU

* Gayet Olivier MONTRÉAL

Gendreau Gaston SAINT-LAURENTD’ORLÉANS

Gendron Martin MONTRÉAL

* Gendron Michel SAINT-HUBERT

Généreux Denis BOISBRIAND

* Ghazali Mohammed MIRABEL

* Ghazi-Jerniti Abderrazzaq ANJOU

Ghazzaoui Tarek DELTA

Ghezal Aicha NORTH YORK

Ghilane Tayeb MONTRÉAL

Giguère André QUÉBEC

Giguère Mark OTTAWA

Gilbert Denis TROIS-RIVIÈRES

Girard Germain LAC-DES-PLAGES

* Girard Marc-Antoine JONQUIÈRE

Giroux Claude MAGOG

Giroux Denis OTTAWA

Nom Prénom Domicile professionnel

Gjuran Joseph KIRKLAND

Glatard Tristan MONTRÉAL

Godard Mario MONTRÉAL

Gonzalez Juan Pedro BLAINVILLE

* Goodfellow Robert MARKHAM

Gosselin Denis QUÉBEC

* Gosselin Jean REPENTIGNY

Gosselin Nathalie QUÉBEC

* Gosselin Pierre-Alexandre QUÉBEC

Goussard Yves MONTRÉAL

Gravel Clermont SHERBROOKE

Greiss Raouf Sobhi BROSSARD

Gros Charles-Maximilien LONGUEUIL

Guay Serge LAVAL

Guay Yvan LASALLE

Guerini Bastien PARIS LA DÉFENSE

Guévremont Stéfane MONTRÉAL

Gueye Pape Seybatou MONT-ROYAL

Guiboux Romane MONTRÉAL

Guissi Guillaume Claver LASALLE

Hadjinicolaou John-Ioannis MONTRÉAL

Hallal Toufic SAINT-LÉONARD

Hallosserie Guillaume MONTRÉAL

Hameau Clément MIRABEL

* Hamel Paul QUÉBEC

Hamouda Yacine SAINT-EUSTACHE

Hann Dragana MONTRÉAL

Hemouzal Hassan SAINT-EUSTACHE

* Herran Quijano Juan Diego MONTRÉAL

Hingorani Mohan Vasiomal RICHMOND

Holcro Gillian Louise MONTRÉAL

Hosseinimanesh Ahmad MONTRÉAL

Hosseinimanesh Hossein MONTRÉAL

Hu Shili MONT-ROYAL

Huang Xue Chu MISSISSAUGA

Hudon Jean-Charles LAVAL

Humayun Hassan BURNABY

* Huneault Vincent VARENNES

Huynh Minh Thanh MONTRÉAL

* Ibrahim Sameh POINTE-CLAIRE

Jameison James NEWARK

Jarmak Mohamed MONTRÉAL

* Jasiukajc Zbigniew Stanislaw MONTRÉAL

Jean André MONTRÉAL

Jean François QUÉBEC

Jean Yves SAINTE-FOY

Nom Prénom Domicile professionnel

Jenai Nadia SHAWINIGAN

* Jobin Nicolas SHAWINIGAN

Jorgji Niko CAIRO

Joujou Jérémy LAVAL

* Juncos Enrique Gabriel LAVAL

Jung Douglas MONTRÉAL

Kajzer Wieslaw NORCROSS

Kalushkov Svetoslav MONTRÉAL

* Kandiah Arapi MONTRÉAL

Kasongo Tshimanga Cyril VANCOUVER

* Kazemi-Moud Kambiz TORONTO

Kent Daniel MONTRÉAL

Kfoury Nassim MONTRÉAL

* Khanafer Ahmad SAINT-ROCHDE-L’ACHIGAN

Khelifi Lotfi MONTRÉAL

* Khem Thay Eng TERREBONNE

Khijuria Sulochana MONTRÉAL

Kidon Dominika VANCOUVER

Kirouac René PEMBROKE

* Ki ler Ralph DECATUR

Kongo Adjoua José SAINT-LAURENT

Koskoletos Stephen DRUMMONDVILLE

Kren-Proschek Libuse MONTRÉAL

Laberge Gilles QUÉBEC

Labrie Jean-François CARAQUET

Ladhari Maryem MONTRÉAL

Laflèche Patrick PORTAGE

Lagadec Daniel BROSSARD

Laganière Louis KITIMAT

Lalagüe Mathieu MONTRÉAL

Lalance e Pierre MONTRÉAL

Lam Dat Tan MONTRÉAL

* Lamanque André LAVAL

* Lamarre Hugues CANDIAC

Lamoureux Christian CANDIAC

Landry Robert CHICOUTIMI

Langelier Alex CHAMBLY

Langelier Roger RIMOUSKI

Langlois Claude CARIGNAN

Langlois Guy MONTRÉAL

Langlois Julien GATINEAU

* Langlois Yannick SHERBROOKE

Langlois Yves SOREL-TRACY

Lapointe Claude TROIS-RIVIÈRES

Laroche Guillaume PRINCETON

Nom Prénom Domicile professionnel

Larose Marc-André MONTRÉAL

Larouche Mathieu DORVAL

* Laurence Félix-Antoine MAGOG

Laurent Maurice TROIS-RIVIÈRES

Laurin André SAINTE-ADÈLE

Lauzon Gilles LÉVIS

* Lavallée André BEACONSFIELD

Lavigne Paul MONTRÉAL

Lavoie Caroline QUÉBEC

Lavoie Clément ALMA

Lavoie Denis ALMA

Lavoie Sylvain MONTRÉAL

Lavoie-Gariépy Samuel LONGUEUIL

Lazzarini Gabriel Joseph DOLLARDDES-ORMEAUX

Le Blanc Martin SAINT-LAURENT

Lebel Kevin BLAINVILLE

LeBel Maurice DRUMMONDVILLE

Leblanc-

Deschênes Vincent QUÉBEC

Leclerc Claude QUÉBEC

Lefebvre François ROSEMÈRE

Lefebvre Jean CÔTE SAINT-LUC

Lefrançois Donald CANDIAC

Legault Pierre SAINTE-BRIGIDED’IBERVILLE

Leibe Ralph NEPEAN

Lemay Christian MONTRÉAL

Lemieux Jacques MONTRÉAL

* Lemieux

Sauvageau Joël

TROIS-RIVIÈRES

Léonard Marc MONTRÉAL

Leporé Piétro SAINT-LÉONARD

Lessard Simon MONTRÉAL

Létourneau Claude MONTRÉAL

Létourneau Gilles Albert WARWICK

Leung Chun Shek Samuel MONT-ROYAL

Lévesque Gilbert SUNNYVALE

Liang Robert MISSISSAUGA

* Liard Jean-Jacques MONTRÉAL-NORD

Limbourg Raphael POINTE-CLAIRE

Lucente Claudio Fiore WESTMOUNT

* Maasarji Ousama BEACONSFIELD

Mafuta Kasonga Rody YERINGTON

Maheux Nicolas SAINT-GEORGES

Majumdar Nirmalya LASALLE

Nom Prénom Domicile professionnel

Maliki Mehdi TERREBONNE

* Maljaei Panahgahi Katayoun VAUDREUILDORION

Mameri Mehenni ETOBICOKE

Mangarulkar Kiran COCHRANE

Manzoor Afzal POINTE-CLAIRE

* Marc Eugene Felix SAINT-LAMBERT

Marco e François LAVAL

Marin Marian-Adrian BOUCHERVILLE

Martin Jean GRANBY

Martynko Jerome MONTRÉAL

* Massé Marc PRINCEVILLE

Massico e Louise MONTRÉAL

Mathieu François SAINT-LAURENT

May Evan MISSISSAUGA

McCarthy Christopher VERDUN

McCarvill Dany QUÉBEC

McMartin Johnnie JONQUIÈRE

Melhem Elias LAVAL

Menouni Kenza MONTRÉAL

Mercier Clément TROIS-RIVIÈRES

Messore Erica TORONTO

Mhamdi Abdellah PARIS

Michaud Jacques J B GATINEAU

* Michaud Sylvain SAINT-ALEXISDE-MONTCALM

Mimeault Alain QUÉBEC

Minville Carl DORVAL

* Mireault Isabelle JOLIETTE

* Mireault Robert NOTRE-DAMEDES-PRAIRIES

* Molotchniko Thierry CHAMBLY

* Monast Patrice SAINT-HYACINTHE

Mondor-Baril Jessica QUÉBEC

Mone e Jean LAVAL

* Monga Alain MONTRÉAL

Mongeau Jean-Claude BROSSARD

* Moquin-Léger Loïc SAINT-JEANSUR-RICHELIEU

Moreau Dominique LÉVIS

Moreau François QUÉBEC

Morency Nicolas SAINT-ÉDOUARDDE-NAPIERVILLE

Morin Claude QUÉBEC

Morin Daniel GATINEAU

* Morisse e Mélanie VAL-D’OR

Nom Prénom Domicile professionnel

* Morneau Jean-François LAVAL

Mostafa Ahmed SAINT-LAURENT

Mouawad Albert MONTRÉAL

Moura Alice MONTRÉAL

Moysan Quentin MIRABEL

Mukamugema Nadine QUÉBEC

Munteanu Daniela Tatiana MONTRÉAL

* Naa Pierre MONTRÉAL

Nadeau Daniel LACHINE

Nadeau Patrick MONTRÉAL

Nadeau-Dostie Benoit OTTAWA

Nadij Mohamed MONTRÉAL

Najeh Abderrezzak POINTE-CLAIRE

Nappert Daniel SAINT-LUCIEN

Naud Denis SAINT-CASIMIR

* Naud Richard LAVAL

Nazaretian Barkev SAINT-LAURENT

Ndamukunda Ilias MONTRÉAL

Nesci Ugo Allan LAVAL

Ng Dixon C. ROSWELL

Nguyen Le Huu Nghi MONTRÉAL

* Nguyen Quynh-vy Anna MONTRÉAL

* Nguyen Tho Loc BROSSARD

Nguyen Viet Anh MISSISSAUGA

* Nguyen Xuan Khoi SAINT-HUBERT

Njenga Njia Stéphane MONTRÉAL

Nkili Bengone Axel CANDIAC

* Ntep Ngue Emmanuel Alfred SAINT-PHILIPPE

Ntomo Ngono Damien Cyrille LÉVIS

Ohanian-Jolfai Basile MONTRÉAL

Olejnik Barbara Ann RIGAUD

Omari Aboubker LAVAL

* Onekanda Shutsha REPENTIGNY

Orlando Joseph MONTRÉAL

Orozco Gabriel MONTRÉAL

* Pageau Frédéric Alexandre SHAWINIGAN

Pago o Richard LAVAL

Païdoussis Michael Pandeli MONTRÉAL

* Paquin Francis TROIS-RIVIÈRES

* Paré Alain LAVAL

* Parent Pierre-Francis VERDUN

Parmar Dipak CALGARY

Patou Alexandre L’ISLET

Paulhus Claude LONGUEUIL

Paye e Gilles REPENTIGNY

Pelletier Pierre SHERBROOKE

Nom Prénom Domicile professionnel

Pépin Mario MONTRÉAL

Pépin Pierre BROMONT

Peregontsev Maxime SAINT-BRUNODE-MONTARVILLE

* Perras Mathieu MONTRÉAL

Perrella Marco VAUGHAN

Pesant Réjean VICTORIAVILLE

Petsitis Nicolas VAL-D’OR

* Pham Huy Minh SOUTHFIELD

* Piché Luc DORVAL

Piche e Michel RAGUENEAU

Pilault Claire-Melodie MONTRÉAL

Pique e Claude CONTRECŒUR

Piuze Jean CHARLEMAGNE

Plante Bruno MAGOG

Poblet Romain DORVAL

Poitras Ghislain FOSSAMBAULTSUR-LE-LAC

Polisois Alexandre MONTRÉAL

Pomerleau François OTTAWA

Ponou Stéphane VICTORIAVILLE

* Poulin Marc-Antoine SAINT-AUGUSTINDE-DESMAURES

Poulin Maurice SAINTE-LUCIEDE-DONCASTER

Poulin Richard LONGUEUIL

Pourshargh Farshad MONTRÉAL

* Préfontaine Carl MONTRÉAL

Prévost Patricia MONTRÉAL

Primeau Pierre RACINE

Proulx Luc MONTRÉAL

Provost Réjean LACHUTE

Prud’Homme Normand SAINT-BRUNODE-MONTARVILLE

Pujol Ghilain MONTRÉAL

* Qotia Omar SAINT-HUBERT

Quesnel Sébastien BROMONT

Quintero Camilo NORTH YORK

Quintin Benoit MONTRÉAL

Racicot Benoit SAINT-BRUNODE-MONTARVILLE

* Racine André jr SAINT-LAMBERT

Rahem Ahmed CHICOUTIMI

Raimbaud Fabrice GUELPH

Rainville Gilles MONTRÉAL

Rasouli Ebrahim ETOBICOKE

Nom Prénom Domicile professionnel

Raymond Jean VICTORIAVILLE

Renaud Jean-François LAVAL

* Renfer André QUÉBEC

Rengifo Martelo Boris Heriberto TORONTO

* Rezaeizanjirabad Hamidreza MONTRÉAL

Rhazi Jamal SHERBROOKE

* Riccio Andrea LAVAL

* Richard Sébastien MONTRÉAL

Richard Sébastien SAINT-FÉLICIEN

Rioux Ghyslain SAINT-HUBERT

Rivard Pierre Irv MONTRÉAL

Rivera-Santander Fernando SAINT-HUBERT

Robert Serge TROIS-RIVIÈRES

Robitaille François MONCTON

Robitaille Pierre CALGARY

Rochas Laure MONTRÉAL

Roche Remi OUTREMONT

* Roche e Vincent SAINT-ISIDORE

Roger Muriel MONTRÉAL

Rohban René MONT-ROYAL

Ronci Jessica DORVAL

Roquet Marie-Claude VARENNES

Ross Yvan MONTRÉAL

Rousseau Elisabeth MONTRÉAL

Roussin François SAINTE-ANNEDE-BEAUPRÉ

Roy Christian MONTRÉAL

Roy Jean-Yves SAINT-CONSTANT

Roy Maurice LAVAL

Roy René QUÉBEC

Roy Serge POINTE-CLAIRE

Ruest J. Carol BOUCHERVILLE

Ryan Thomas BONSECOURS

Sabetazad Shabahang HAMILTON

* Saighi Mohamed MIRABEL

* Saleh Ahmad DUBAI

Salgues Marlène MONTRÉAL

Salib Abdelmalak KIRKLAND

Salik Farakh Nayaab SAINT-LAURENT

Sallot Des Noyers Marika Jeanne MONTRÉAL

Samake Nouhoum GATINEAU

* Sanabria

Hernandez Angel Gabriel WASHINGTON

Sartiaux Romain SAINT-LAURENT

Saucier Robertson Derrick MONTRÉAL

Savaria Robert MONTRÉAL

Nom Prénom Domicile professionnel

Savaria Yvon MONTRÉAL

Savignac Samy SAINTEMARCELLINEDE-KILDARE

Schneider Anne-Marie OTTAWA

Seck Ibra LÉVIS

Sédiri Moncef VARENNES

Seeburn Timothé BOIS-COLOMBES

Séguin Philippe POINTE-CLAIRE

Sene Jean Marie Diarigue DAKAR

Sène Aly Ndiaye QUÉBEC

* Serghini Serge M A SAINT-BRUNODE-MONTARVILLE

* Shahcheraghi Nader BOSTON

Shaikh Zunedbhai Iqbalbhai MISSISSAUGA

Sharpe John William SAINT-LAURENT

Shoiry Serge VAUDREUILDORION

Shvarzburg Vladimir CÔTE SAINT-LUC

Simard Claude CHICOUTIMI

Simard Gilles BAIE-COMEAU

Simard Pierre SAINT-BRUNODE-MONTARVILLE

Sirois Josée GALLIX

Smith Gordon MONTRÉALWainwright OUEST

Soglo Fréjus Merveille VILLENAVED’ORNON

Sokou Lévi COTONOU

Soleymani Mohammad Reza MONTRÉAL

* Soucy Hubert LAVAL

Spasojevic Aleksandar BURLINGTON

Spiegle Thérèse ROUYNNORANDA

St-Cyr Mario MONTRÉAL

Stefan Mircea SAINTEGENEVIÈVE

* Stefanowski Corentin SAINT-MATHIASSUR-RICHELIEU

St-Hilaire Marc SAINT-LAURENT

St-Louis Bruce A. MONTRÉAL

St-Mars Jean-Charles MONTRÉAL

St-Onge Line PINCOURT

St-Pierre Joëlle SAINT-FÉLICIEN

Symonds-Laberge Sarah SAINT-LAURENT

Nom Prénom Domicile professionnel

Ta icht

Tahar ROUYNNORANDA

* Taghzant Saida SAINTE-MARIE

Tam-Tsi Thierry BOUCHERVILLE

Tardif Michel NEPEAN

* Tassy Gérard OUTREMONT

* Tchaha Paadeu Jocelyne Laure MONTRÉAL

* Tchinda Fosso Alex Magloire LAVAL

Tchoumi Silé Michèle Ange LONGUEUIL

Tega Tega Josaphat Landry MONTRÉAL

* Tellier François TERREBONNE

Teolis Mark James SAINT-LAURENT

Tertois Charlo e QUÉBEC

Tetchi Narcisse Olivier QUÉBEC

Therer-Michaud Delphine MONTRÉAL

Theresine Julien VARENNES

Thibeault Jean-Sébastien MONT-SAINTHILAIRE

Thibodeau Jean QUÉBEC

Thibodeau Jean Guy SHERBROOKE

Thierry Quentin SAINT-LÉONARD

Thivierge Steve CHICOUTIMINORD

Tika Mohammed Mahdi MONTRÉAL

Tkachenko Victor MISSISSAUGA

Torkestani Seyed Sina CARIGNAN

* Touahri Amine Mohamed SAINT-EUSTACHE

Toudji Rachid ANJOU

Toulo e Gaëlle MONTRÉAL

Toutinji Karim MONTRÉAL

* Touzin-Boyer Manuel MONTRÉAL

* Tremblay Caroline MONTRÉAL

Tremblay Dominique THURSO

* Tremblay Eric SEPT-ILES

Tremblay Jacques BAIE-COMEAU

Tremblay Jean-Luc MONTRÉAL

Tremblay Martin Jr HOUSTON

* Tremblay Michel LAMBTON

Tremblay Réjean-Martin QUÉBEC

Tremblay Renald MONTRÉAL

Trendafilov Lubomir DORVAL

Trépanier Vincent SHERBROOKE

Trinh Le Chi Thien SAINT-LAURENT

Trudel Carol QUÉBEC

Trudel Denis SALABERRYDE-VALLEYFIELD

Tshimbalanga Simon QUÉBEC

Nom Prénom Domicile professionnel

Turbide Sylvain SAINT-LAURENT

Turco e Guy OUTREMONT

Turco e Jacques SHERBROOKE

* Turgeon Denis LÉVIS

* Tutic Dragan SHERBROOKE

Tutunjian Yervant MONT-ROYAL

Vachon Bruno HAVERHILL

Vachon Jean-Sébastien GATINEAU

Vachon Maxime DORVAL

Vadnais Benjamin LAVAL

Valique e Robert BROSSARD

Vallière Ronald SAINT-ADOLPHED’HOWARD

Vanda Robert John MONTRÉAL

Venne Bertrand BROMONT

* Vézina Louis-Philippe LAVAL

Villain Fabien TORONTO

* Villeneuve Eric TIMMINS

Vinas Tapia Stephany Amayrani DORVAL

Vincent Claude QUÉBEC

Vingtans Maxime PELTRE

Viscasillas Hernan GATINEAU

* Vissa Claudio MONTRÉAL

Vo Tien Dung OTTAWA

Walford Robert K. DORVAL

Wasserlauf Mark LAVAL

Weiss Maxime SHERBROOKE

Wyzykowski James David MONTRÉAL

Yang Terence OAKVILLE

Zathureczky Veronica PLANTATION

Zerroug Abdelghani BOISBRIAND

Zhang Hua Yang LA PRAIRIE

Zhang Xuefeng MISSISSAUGA

Zhang Zhen BROSSARD

Pour obtenir des informations additionnelles, consultez le bo in des membres sur le site Internet de l’Ordre des ingénieurs du Québec. Veuillez communiquer avec le Service à la clientèle (514 845-6141 ou 1 800 461-6141 option 1, ou par courriel : sac@oiq.qc.ca) afin de vérifier si les personnes dont le nom n’est pas précédé d’un astérisque ont régularisé leur situation depuis le 23 septembre 2025.

Montréal, le 23 septembre 2025

Me Élie Sawaya, avocat, Secrétaire de l’Ordre et directeur des a aires juridiques

PRODUCTIVITÉ MANUFACTURIÈRE

MIEUX VAUT TARD QUE JAMAIS

Le Québec accuse un retard majeur en matière d’innovation. Quel rôle les titulaires du titre d’ingénieur peuvent-ils jouer pour ra raper le temps perdu?

« L’obstacle principal, c’est que les choses vont trop bien. Les pays innovent quand ça va mal. »

ING., INNOVATEUR EN CHEF DU QUÉBEC

« Ça va mal. » Le constat de l’innovateur en chef du Québec et ingénieur Luc Sirois est sans appel : de nombreux indicateurs montrent que le Québec est en queue de peloton au pays en matière d’innovation. Pire, le Canada occupe la dernière place des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Bref, nous sommes des cancres. En résulte un retard majeur au sein des entreprises québécoises, que ce soit au chapitre de la transformation numérique, de l’automatisation ou de l’usage de technologies comme les systèmes d’intelligence artificielle pour améliorer les processus ou pour développer de nouveaux produits.

Les conséquences potentielles d’un tel retard sur la société sont sérieuses.

« On se dirige vers une économie qui ressemblera à celle du Mexique, explique l’ingénieur. On va avoir des emplois, mais pas de création de richesse qui nous perme ra de soutenir nos idéaux sociaux, d’investir dans la culture, l’éducation, la santé. »

La bonne nouvelle, dans ce sombre tableau ? « On n’est pas rendu là encore! » lance avec vigueur celui qui se décrit comme un « techno-optimiste ».

Comment propulser le Québec dans le 21e siècle avant qu’il ne soit trop tard? Les titulaires du titre d’ingénieur ont un rôle central à jouer à cet égard.

Frein au tapis

Comment le Québec en est-il arrivé à ce e position peu enviable ?

« L’obstacle principal, c’est que les choses vont trop bien, lâche l’innovateur en chef. Les pays innovent quand ça va mal. » Justement, avec les chocs successifs causés par la pandémie de COVID-19 et les

Faciliter l’innovation

« Il peut être di cile pour une entreprise de la Beauce d’identifier un collaborateur potentiel à Edmonton », observe Catherine Beaudry, qui aimerait voir mis en place des mécanismes de veille à l’échelle du pays pour aider les PME à développer des partenariats. Elle constate une di culté similaire à dénicher des programmes de financement adaptés. « On a identifié 90 programmes fédéraux pour les technologies propres. Mais une PME, quand elle a cogné à trois portes, elle n’a plus de temps à perdre. »

À l’échelle provinciale, des initiatives visent à accompagner les entreprises dans leurs démarches

d’innovation. « On les aide à monter un cahier des charges », résume Ghislain Nadeau, directeur des programmes financiers chez Prompt, qui souligne qu’une partie du processus est financée par Investissement Québec. Son équipe est composée d’experts « indépendants qui ne vendent pas une solution précise », mais o rent plutôt un accompagnement personnalisé, perme ant à terme de cibler des subventions ou des prêts qui financeront les étapes suivantes.

Sur le site du Conseil de l’innovation du Québec, on trouve aussi une base de données de programmes de soutien à l’innovation.

L’innovation en chi res

En 2022, 51 % des entreprises québécoises avaient réalisé un projet d’innovation.

En 2024, ce chi re a grimpé à 69 % — un « ra rapage impressionnant », selon l’innovateur en chef.

Les dépenses en recherche et développement (R et D) des entreprises ont diminué de 25 % depuis 2020 au Québec. Pourtant, celles qui investissent en R et D voient leur rentabilité augmenter de 27 %.

Les quatre types d’actions innovantes :

1. Formation des employés

2. Achat d’équipement

3. R et D de produits ou de procédés

4. Investissement dans les technologies numériques

tarifs douaniers américains, bien des entreprises commencent à voir l’importance de dépoussiérer leurs processus.

Une fois que ce e prise de conscience est faite, les projets d’innovation finissent bien souvent sur une table e. « On pourrait s’a endre à ce que ce soit à cause d’un manque de financement », explique Luc Sirois. En réalité, les chefs d’entreprise pointent plutôt le manque de personnel, particulièrement de personnes ayant des compétences en recherche et développement, comme frein principal à leurs projets.

L’enthousiasme est parfois aussi freiné par la réalité. Président de Gestion Robomatik, l’ingénieur Marc Guére e en sait quelque chose. « J’ai entendu des histoires d’horreur ! J’estime que la moitié des processus d’acquisition de robots au Québec échouent », déplore-t-il. Directeur général du Regroupement des entreprises en automatisation industrielle, Carl Fugère abonde dans le même sens : « Les gens ont souvent essayé de bizouner quelque chose et en gardent un goût amer. Mais le problème, c’est la personne devant l’écran, pas l’outil. »

Malgré les obstacles, Vincent omasset-Laperrière, directeur de la recherche et des partenariats de Productique Québec, croit que les projets d’innovation doivent être lancés plus tôt que tard. « Ils ne seront pas une réponse immédiate aux problèmes des tarifs ou du manque de main-d’œuvre », souligne-t-il. Ça ne se fait pas en six mois, mais en cinq

« Ça ne se fait pas en six mois, mais en cinq à dix ans. Si on n’a pas déjà commencé, il sera trop tard quand on va vouloir changer. »

« Il faut bâtir des cultures d’entreprise, autonomiser les employés. L’ingénieur joue un rôle central, car il aide à contrer la résistance au changement. »

CATHERINE BEAUDRY, ING., PROFESSEURE AU DÉPARTEMENT DE MATHÉMATIQUES ET DE GÉNIE INDUSTRIEL, POLYTECHNIQUE MONTRÉAL

à dix ans. Si on n’a pas déjà commencé, il sera trop tard quand on voudra changer », avertit Carl Fugère.

Les avantages de l’innovation sont aussi bien concrets : rétention de la main-d’œuvre, augmentation des revenus, avantage concurrentiel, développement de nouveaux marchés, stabilité devant l’incertitude… Ghislain Nadeau, directeur des programmes financiers chez Prompt, souligne l’importance de préparer la relève. « Beaucoup d’entreprises verront des personnes clés prendre leur retraite d’ici 10 ans. Comment préserver ce savoir-faire ? » Il croit qu’un travail de mise à jour des processus peut aussi contribuer à augmenter la valeur de revente de l’entreprise. « On me dit parfois : “Je vais prendre ma retraite bientôt, je n’ai pas envie de me lancer dans un projet complexe” », rapporte Carl Fugère. Il estime que les propriétaires laissent des sommes substantielles sur la table en raison de ce e a itude.

Ingénierie à la rescousse

« La productivité n’est pas drivée par la tech », tranche Sébastien Houle, directeur général de Productique Québec, lorsqu’on lui parle de technologie comme solution au retard de la province en matière d’innovation. Spécialisé en transformation numérique, il considère qu’il est essentiel d’entamer le processus en établissant clairement les besoins. Sauf que « les gens ont tendance à ne pas vouloir suivre les étapes et à passer outre la définition de leurs besoins », se désole Marc Guére e. C’est un constat que font tous les spécialistes interrogés : sans évaluation rigoureuse préalable, un projet d’innovation risque d’échouer.

Les titulaires du titre d’ingénieur ont justement un rôle central à jouer dans ce processus. « Les ingénieures et ingénieurs sont des êtres créatifs, ingénieux, résume Carl Fugère. Elles et ils ont aussi de la crédibilité et peuvent occuper un rôle de leader d’influence. » Les ingénieures et ingénieurs sont en e et souvent dans une position idéale pour convaincre une che e frileuse ou un dirigeant récalcitrant de se lancer dans un projet d’innovation.

Professeure titulaire au Département de mathématiques et de génie industriel à Polytechnique Montréal, l’ingénieure Catherine Beaudry estime que ses collègues doivent déployer leur leadership. « Il faut bâtir des cultures d’entreprise, autonomiser les employés. L’ingénieur joue un rôle central, car il aide à contrer la résistance au changement », explique-t-elle.

Une fois le projet lancé, c’est encore les membres de l’Ordre qui ont le rôle de le maintenir sur les rails pour éviter les déceptions. « La solution ne va pas tomber du ciel », met en garde Sébastien Houle, qui reçoit fréquemment des messages de gens disant vouloir adopter

« L’ingénieur doit aussi s’assurer que les projets qui s’échelonnent sur plusieurs années produisent des résultats concrets à intervalles réguliers. »

VINCENT THOMASSET-LAPERRIÈRE, DIRECTEUR DE LA RECHERCHE ET DES PARTENARIATS, PRODUCTIQUE QUÉBEC

des systèmes d’intelligence artificielle (IA), convaincus qu’ils régleront tous leurs problèmes. « On est plate, car on leur répond souvent : “Tu veux pas vraiment de l’IA.” » Dans ce contexte, les ingénieures et ingénieurs peuvent contribuer à créer un contexte propice à l’achat d’une technologie.

« L’ingénieur doit aussi s’assurer que les projets qui s’échelonnent sur plusieurs années produisent des résultats concrets à intervalles réguliers, ajoute Vincent omasset-Laperrière. Sinon, au bout de six mois, les gens vont se dire : “J’étais plus e cace avec Excel.” »

Malgré le rôle stratégique que doivent occuper les titulaires du titre d’ingénieur, il demeure que l’innovation est une a aire collective. « La culture d’innovation, ça se vit du concierge jusqu’au p.d.-g. », rappelle Catherine Beaudry. Elle invite ses collègues à s’entraider. « Ils ne doivent pas croire qu’ils sont seuls, isolés. Ils doivent maintenir leur réseau. L’entraide, c’est précieux. On n’innove pas dans son coin. »

Gabrielle Anctil, journaliste.

Ils y sont arrivés !

Chez Rovibec, l’innovation se pratique au quotidien. Relève de troisième génération, la jeune ingénieure Alexandra Rousseau se considère comme une créative. « L’innovation, ça a tout le temps été la priorité depuis 50 ans, chez nous. C’est une culture », confiait-elle en entrevue en 2023 à La Presse. Afin de réduire l’e et de pointes et de creux saisonniers, l’ingénieure a formé di érentes équipes et leur a confié le mandat de concevoir un nouveau produit. Pour l’innovateur en chef, ce type d’a itude est exemplaire. « Ils se sont dit : on va se donner la permission de rêver. » Spécialisée en équipements agricoles, l’entreprise a dévoilé un produit destiné aux PME manufacturières fin 2024.

Un plan de décaissement de retraite, ça se planifie !

Arriver à la retraite avec un bon capital, c’est une réussite. Mais savoir comment le décaisser, c’est ce qui fait toute la différence entre une retraite confortable et une épargne qui s’épuise trop vite. Un plan de décaissement bien conçu vous aide à maximiser vos revenus, à réduire votre facture fiscale et assurer la longévité de votre patrimoine.

Souhaitez-vous maintenir votre niveau de vie, soutenir vos proches ou léguer un héritage ? Vos objectifs personnels sont au cœur de la stratégie.

Les grands défis du décaissement

Décaisser efficacement, c’est jongler avec plusieurs variables : l’allongement de l’espérance de vie, l’inflation qui gruge le pouvoir d’achat et la fiscalité, qui influence directement vos revenus nets. Le moment et la façon de retirer vos économies de vos comptes enregistrés (REER, CELI, CRI, etc.) et non enregistrés peuvent avoir un impact majeur. Vos placements doivent aussi rester alignés sur votre tolérance au risque et vos besoins de liquidités. Sans oublier la planification successorale, qui lie vos intentions à long terme envers vos proches à votre stratégie financière actuelle.

Un plan vivant, qui évolue avec vous

Votre plan de décaissement n’est pas figé. Il doit s’ajuster aux marchés, à vos besoins et à votre réalité. Un suivi régulier avec conseiller ou un planificateur financier vous permet d’adapter vos retraits, d’optimiser la fiscalité et de garder le cap.

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DÉFIS NORDIQUES ANURI

COMMENT REPOUSSER

LES LIMITES DE L’EXTRACTION MINIÈRE

La complexité de gestion et les défis d’ingénierie découlant des contraintes du milieu nordique ont valu au projet Sivumut le prix Honoris Genius – projet d’ingénierie 2025.

Au 62e parallèle, l’entreprise Mine Raglan sort du nickel de terre depuis 1997, mais le gisement des premières mines s’épuise alors que la demande mondiale en nickel est dopée par la transition énergétique. Dès les années 2010, Mine Raglan l’avait anticipé, et avait lancé le projet Sivumut pour étendre ses activités et ouvrir la mine Anuri. Étant donné leur emplacement et les conditions climatiques qui y règnent, les activités de Mine Raglan ne se comparent à celles d’aucune autre exploitation minière menée dans le sud de la province. La température annuelle moyenne y est de -10 °C et nulle route ni voie ferrée n’y mènent, ce qui a contraint Mine Raglan à se doter d’un port et d’une piste d’a errissage pour le transport des marchandises et des personnes. La mine n’étant pas

1 Le conduit de ventilation de surface de Mine Anuri.

2 Le Projet minier 14, renommé mine Anuri, a complexifié la logistique aérienne en raison de l’augmentation des cargaisons à transporter jusqu’au site minier.

Des vols supplémentaires et une coordination rigoureuse ont permis de livrer des pièces volumineuses dans les temps.

3 La mine Anuri a été inaugurée en 2024 en présence des partenaires inuits de Mine Raglan, du personnel, des entrepreneurs, ainsi que de personnes élues du Québec.

4 Garage souterrain de la mine Anuri.

5 L’usine de remblai rocheux cimenté de mine Anuri stabilise les mines souterraines en remplissant les vides après l’extraction de minerais, améliorant ainsi la sécurité et réduisant l’impact environnemental.

6 Des opérateurs miniers inspectent un équipement lourd à l’intérieur de la mine Anuri.

Photos : Glencore

À ANURI, LES ACTIVITÉS MINIÈRES SE POURSUIVENT SUR LE

MÊME MODE OPÉRATOIRE QUE DANS LES MINES PRÉCÉDENTES.

LE MINERAI QUI SORT DU SOL CONTIENT PRÈS DE 3 % DE NICKEL ET DE MOINDRES FRACTIONS DE CUIVRE ET DE COBALT.

Les dé s du génie minier et géologique en Arctique

Outre les défis logistiques d’approvisionnement et de main-d’œuvre, les ingénieures et ingénieurs doivent composer dans l’Arctique avec un pergélisol dont l’épaisseur peut a eindre 550 mètres et des gisements qui descendent encore plus bas. « On a une zone où tout est gelé et, ensuite, une zone où tout est dégelé », explique Jean-François Verret. Pour les ingénieures et ingénieurs, c’est comme s’il y avait deux gisements ayant chacun leurs défis en matière de gestion de l’eau et de mécanique des roches.

Dans une mine traditionnelle du sud du Québec, l’eau abonde. Elle sort des murs, est utilisée pour les opérations de forage, et l’excédent est évacué. Dans le pergélisol, comme tout est gelé, c’est le contraire. Il n’y a pas d’eau liquide; il faut l’amener et même la saler pour qu’elle ne gèle pas. Mais sous le pergélisol, il y a à nouveau de l’eau, qu’il faut évacuer. Le gel change aussi la structure de l’environnement rocheux et exige d’adapter le soutènement.

« Dans nos centres de coordination, on voit sur nos écrans où sont les mineurs et les équipements. Si on doit faire un sauvetage, on sait exactement où aller. »

JEAN-FRANÇOIS VERRET, ING., CHEF DE LA DIRECTION, MINE RAGLAN

non plus reliée au réseau d’Hydro-Québec, la production d’électricité est assurée sur place par une centrale au diesel et deux éoliennes de 3,2 MW chacune, qui répondent à 10 % des besoins en électricité.

Autre particularité de Mine Raglan : l’Entente Raglan, ou Entente sur les répercussions et les avantages, signée en 1995 avec les partenaires inuits. Elle stipule notamment l’obligation de surveiller et de gérer les répercussions sur l’environnement et de faire participer les Inuits au développement et aux activités de la mine. « C’est la pièce maîtresse de toutes nos activités, notre permis social d’exploiter la mine », soutient Jean-François Verret, ing., chef de la direction de Mine Raglan.

Anuri reprend le flambeau

À Anuri, les activités minières se poursuivent sur le même mode opératoire que dans les mines précédentes. Le minerai qui sort du sol contient près de 3 % de nickel et de moindres fractions de cuivre et de cobalt. Il est concassé et envoyé au concentrateur pour être porté à une teneur de 18 à 20 % de nickel, puis asséché et acheminé au port, d’où il prend la mer pour Québec. Les stériles sont entreposés à la surface, mais l’Entente Raglan prévoit qu’ils soient remis sous terre, notamment pour consolider le sol. Les résidus qui sortent du concentrateur sont entreposés dans un parc à résidus secs.

Ce mode opératoire s’est cependant enrichi de quelques innovations technologiques visant à améliorer la sécurité et à optimiser la production. La mine est équipée d’un réseau LTE qui permet de suivre en temps réel les déplacements de l’équipement minier afin d’optimiser la circulation des véhicules. Un autre dispositif permet de détecter de l’équipement se trouvant à proximité à la croisée d’une galerie pour éviter les collisions. Il est aussi prévu d’équiper les casques de lampes munies d’une puce envoyant un signal au réseau LTE pour localiser les travailleuses et travailleurs. « Dans nos centres de coordination, on voit sur nos écrans où sont les mineurs et les équipements. Si on doit faire un sauvetage, on sait exactement où aller », explique Jean-François Verret.

Une ville dans la mine

Mine Raglan emploie près de 1 500 personnes, qu’il faut loger et nourrir. Comme dans une ville, on y trouve des services médicaux, une caserne de pompiers, une usine de traitement des eaux usées, une collecte des matières résiduelles, un service d’entretien des routes… « On a tous les corps de métier d’une ville, donc la blague, c’est que je suis non seulement le chef de la direction de l’entreprise, mais aussi le seul maire non élu du Québec », plaisante Jean-François Verret.

Valérie Levée, journaliste.

Des chi res qui parlent

Mine Raglan, c’est :

• 3 mines en activité

• 1 359 travailleuses et travailleurs représentant une masse salariale de 247 millions de dollars

• une main-d’œuvre à 17 % inuite

• 1 000 chambres d’hébergement

• 750 repas servis trois fois par jour, matin, midi et soir

• une production de 42 491 tonnes de nickel, de 10 790 tonnes de cuivre et de 864 tonnes de cobalt

• un investissement de plus de 500 millions de dollars pour réaliser Sivumut.

La mine Anuri vise à prolonger les activités de Mine Raglan pendant au moins 20 ans. L’inauguration souligne l’engagement continu de la mine envers les communautés locales qui l’accueillent au Nunavik.

INGÉNIERIE

NAVALE DURABLE

LE SAN MARCO VII, FIGURE DE PROUE DE LA PÊCHE DE DEMAIN

Conçu par Navanex Architecture navale et construit par Chantier naval Forillon, le San Marco VII incarne une nouvelle génération de navires multipêche plus e cients, polyvalents et sécuritaires. À bord, l’ingénierie québécoise répond aux impératifs de durabilité et aux exigences du golfe du Saint-Laurent.

Les ingénieures et ingénieurs savent qu’un navire de pêche performant est rarement le résultat d’une simple addition d’éléments technologiques. C’est un compromis assumé entre la vision d’un propriétaire pêcheur, les contraintes de la mer et la rigueur d’une architecture navale aboutie. Avec le San Marco VII1 , conçu par Navanex Architecture navale et bâti par Chantier naval Forillon, ce e équation prend la forme d’un navire multipêche pensé pour durer, s’adapter et mieux protéger les équipages.

Pour Hubert Simard, ing., gestionnaire de projet pour la société d’architecture navale a liée au chantier, le San Marco VII était

Avec le San Marco, on voulait un nouveau standard, moderne, technologique, durable et plus e cace. »

«
HUBERT SIMARD, ING.

l’occasion de repenser en profondeur la manière dont un navire peut répondre aux réalités changeantes de la pêche dans le golfe du Saint-Laurent. Son équipe et lui souhaitaient me re à profit l’expérience acquise lors de la livraison de quatre grands bateaux dans les Maritimes. Voici comment ils ont réussi.

Point de départ

L’équipe de Navanex a abordé le San Marco VII en s’appuyant sur un corpus d’essais réalisés lors de la construction de navires comparables déjà en service dans l’Atlantique et des leçons qui en ont été tirées. La clientèle visée, active dans le golfe du Saint-Laurent, ne pouvait pas encore compter sur un navire multipêche de ce e dimension et aussi moderne. À la demande du propriétaire, l’équipe a donc cherché un juste milieu afin de lui proposer un résultat répondant à la fois à ses ambitions commerciales et aux exigences réglementaires et de robustesse.

« Avec le San Marco, on voulait un nouveau standard, moderne, technologique, durable et plus e cient », explique Hubert Simard. L’équipe s’est consacrée au travail préliminaire pendant plusieurs mois avant de basculer vers la conception détaillée. Elle a mené sa démarche avec beaucoup de méthode, y intégrant très tôt les hypothèses d’amélioration par rapport aux navires antérieurs.

Le San Marco VII conçu par Navanex et construit par Chantier Naval Forillon.

Des caractéristiques innovantes

Le navire San Marco VII intègre une coque hydrodynamique ainsi que des appendices de stabilisation encastrés. Il est équipé d’une gestion énergétique intelligente et de procédés modulables, perme ant d’optimiser la conservation des prises. Les aménagements du navire ont été repensés pour renforcer la sécurité et le confort. Grâce à l’ensemble de ces caractéristiques, le San Marco VII se positionne comme un navire e cient, polyvalent et parfaitement adapté aux réalités changeantes de la pêche dans le golfe du Saint-Laurent.

Le contexte du golfe

LE SAN MARCO VII EN QUELQUES CHIFFRES

Quatre navires comparables livrés dans les Maritimes comme base d’expérience. Études préliminaires amorcées en 2021, environ six mois avant la conception détaillée.

Réalisation complète environ en quatre ans Cale principale réfrigérée à -10˚C ou -15˚C selon les besoins. +30 % d’e cacité en matière de résistance comparativement aux versions précédentes.

Durée de vie prévue de 40 à 50 ans environ s’il est bien entretenu.

En ingénierie navale, les ingénieures et ingénieurs font face à une réalité fluctuante. La biomasse évolue, les espèces à pêcher varient, les quotas changent, bref, l’adaptation est constante. Par conséquent, un navire qui aurait une seule mission s’exposerait rapidement à ne plus être rentable ni pertinent. D’où l’axe de conception central du San Marco VII, la polyvalence, afin que le navire puisse servir des stratégies de pêche pendant plusieurs décennies. La réalisation de ce projet marque ainsi un jalon pour le parc semi-hauturier du Québec, puisqu’elle a misé sur une conception modulable capable d’absorber les transitions du métier au fil du temps.

Polyvalence à bord

L’équipe de conception a instauré ce e polyvalence notamment dans les systèmes de manutention et de préservation des prises. Trois leviers complémentaires structurent les manœuvres requérant du froid.

D’abord, une cale principale maintient les produits à une température de -10˚C à -15˚C environ, afin de les refroidir rapidement et d’en assurer la qualité. Ensuite, on peut compter sur des réservoirs à circulation d’eau vive pour les espèces qui nécessitent un maintien en vivier, comme le crabe. Enfin, des générateurs de glace liquide, qui produisent une sorte de slush salée, perme ent d’immerger les bacs et de préserver la chaîne du froid jusqu’à l’usine. L’ensemble est combiné à un cloisonnement

pensé pour produire des volumes en série et permet di érentes combinaisons d’espèces et de procédés sans comprome re la qualité marchande des prises.

Moins d’énergie

Les ingénieures et ingénieurs de Navanex ont également optimisé l’enveloppe du navire ainsi que la production et l’utilisation de l’énergie à bord afin de pouvoir réduire à la fois sa traînée et sa consommation. La coque a fait l’objet d’analyses d’écoulement numérique de type CFD (Computational Fluid Dynamics) qui ont permis d’a ner ses formes et de limiter la résistance du bateau dans ses déplacements. L’équipe a également dû s’a arder à la réduction du roulis, un point technique important. Plutôt que d’utiliser des ailerons extérieurs classiques, qui ajoutent de la traînée, l’équipe a mis au point un système à appendices encastrés dans la coque, qui reprend le principe de la stabilisation tout en diminuant l’e et hydrodynamique négatif.

Si on la compare aux solutions antérieures, ce changement a permis un gain d’e cacité mesuré de la résistance de l’ordre d’environ 30 %, selon les comparatifs numériques réalisés lors de la conception.

Au chapitre de la production électrique, l’installation de génératrices de plus petite puissance, dont le fonctionnement est orchestré par un panneau de partage qui répartit automatiquement la charge selon les besoins réels du bord, permet de consommer moins.

Sécurité et confort

Hubert Simard et son équipe souhaitaient s’engager à fond dans un tel projet. Pour revoir l’ergonomie du pont de pêche et des postes de commande, lui et son collègue Jean-Nil P. Morise e se sont donc embarqués 10 jours sur un navire comparable, en plein hiver nord-atlantique2

Ce e immersion leur a permis de documenter les manœuvres réelles, les lignes de vue, les déplacements, les zones à risque et les points de friction entre les procédés de circulation. Au retour, ils ont perfectionné le San Marco VII sur plusieurs plans : visibilité accrue depuis les postes de commande sur l’ensemble du pont, ponts supérieurs allongés pour créer davantage d’abris, accès sécurisés à l’arrière pour éviter des montées dangereuses, rangements accessibles aux bons endroits et espace transitoire chau é avec vestiaires facilitant le passage du pont aux zones de vie — autant de détails qui, cumulés, diminuent les risques d’incident et réduisent la fatigue perçue à bord.

Un standard québécois

L’équipe de Navanex a positionné le San Marco VII comme une vitrine de l’expertise locale. Dans le parc de navires semihauturiers québécois, l’arrivée d’un multipêche moderne met en lumière la capacité de nos équipes d’ici à livrer des solutions clés en main qui rivalisent avec les navires de référence des provinces de l’Atlantique. Le projet s’appuie sur une crédibilité gagnée à l’extérieur

du Québec et la réinvestit dans la région, en soutenant le développement d’a aires du propriétaire et la confiance des communautés de pêche. Le navire, appelé à servir de 40 à 50 ans, selon l’entretien, devient une référence concrète pour les prochaines générations de bateaux à concevoir.

Créer aujourd’hui pour la pêche de demain

Le San Marco VII a été conçu pour incarner un équilibre réfléchi entre performance, durabilité et e cacité énergétique. Chaque solution technique retenue a été évaluée en fonction de sa valeur ajoutée réelle, de son apport stratégique et de sa contribution à la sécurité et au confort des équipages.

En somme, l’équipe a concentré les ressources sur des solutions o rant les gains les plus tangibles, maximisant à la fois le rendement opérationnel et la polyvalence à long terme – une démarche qui illustre concrètement la façon dont l’ingénierie navale peut soutenir dès aujourd’hui une pêche plus durable et résiliente dans le golfe du SaintLaurent.

Par Aurélie Ponton, journaliste.

Références

1. https://navanex.ca/un-tout-nouveau-grandnavire-multipeche-lance-par-navanex 2. https://navanex.ca/deux-ingenieurs-denavanex-deviennent-pecheurs

Le San Marco VII vue de profil.

Deux membres de l’équipe de Navanex, Hubert Simard, ing. et Jean-Nil P. Morisse e, en excursion de pêche en haute mer sur le navire F/V Executioner en janvier 2023.

Hubert Simard, ing., en excursion de pêche en haute mer en 2023.

PRIX VISIONNAIRE DE L’AFG

OPERCULE RÉINVENTE L’AQUACULTURE URBAINE

Première ferme piscicole urbaine commerciale du Canada, Opercule démontre comment l’ingénierie québécoise peut transformer un secteur traditionnel. En alliant technologies de recirculation de l’eau et circuits courts, l’entreprise redéfinit l’aquaculture durable en milieu urbain.

À Montréal, dans un ancien bâtiment industriel, l’ingénierie a rendu possible ce qui semblait improbable : élever, en plein cœur de la ville, de 25 à 30 tonnes d’omble chevalier par an, sans recourir à un cours d’eau ni aux produits chimiques. Opercule est devenue la première ferme piscicole urbaine commerciale du Canada.

Ce projet a reçu le prix Visionnaire lors de la soirée des Grands Prix du génie-conseil québécois 2025, organisée par l’Association des firmes de génie-conseil du Québec (AFG). Il a vu le jour grâce à la collaboration entre Opercule et HH Angus. L’objectif était clair : démontrer qu’il est possible de rapprocher la production alimentaire des consommateurs tout en réduisant l’empreinte écologique de l’aquaculture. Selon l’AFG, Opercule démontre que l’ingénierie québécoise peut conjuguer innovation, création d’emplois spécialisés et autonomie alimentaire. Regards sur la réalisation d’un projet qui a fait tourner plus d’une tête.

CINQ DONNÉES CLÉS SUR OPERCULE

De 25 à 30 tonnes d’omble chevalier produites par an 11 bassins pour un total de 171 100 L d’eau

Réduction de 100 à 200 fois la consommation d’eau

0 produit chimique, hormone ou antibiotique utilisé Poisson frais livré localement rapidement

L’ingénierie comme levier d’innovation

La pierre angulaire de l’entreprise repose sur un système d’aquaculture en recirculation, ou RAS (recirculating aquaculture system). Ce e technologie maintient en circuit fermé la quasi-totalité de l’eau nécessaire à l’élevage. Elle permet de contrôler avec précision la température, l’oxygénation, le pH et la qualité microbiologique, du stade de l’œuf jusqu’à la commercialisation.

« Ce système permet à Opercule d’o rir un produit frais et local en réduisant de façon spectaculaire sa consommation d’eau et d’énergie », explique l’ingénieur Cédric Phélippe, directeur de projet à HH Angus. Bien sûr, pour y arriver, les ingénieures et ingénieurs de la firme ont dû adapter ce e technologie à un environnement urbain dense, sans référence préalable au Canada. L’expertise développée localement ouvre désormais la voie à d’autres initiatives semblables.

Photos : Opercule

Une complexité technique hors norme

Les défis techniques ont été très nombreux. La gestion de la chaleur générée par les poissons, par exemple, avait été initialement sous-estimée. Des ajustements sur le plan de l’ingénierie ont été nécessaires pour stabiliser la température de l’eau et assurer le bien-être animal.

À cela s’ajoutait la contrainte de l’espace. La pisciculture traditionnelle bénéficie de bassins naturels ou traditionnels, mais, dans ce cas-ci, l’équipe a dû concevoir un système

« Opercule nous a permis de développer une expertise et de repousser les limites afin d’inspirer l’agriculture urbaine future. »

CÉDRIC PHÉLIPPE , ING.,

DIRECTEUR DE PROJET, HH ANGUS

L’entreprise a créé la première ferme piscicole urbaine commerciale au Canada.Elle prévoit de produire 25 à 30 tonnes d’omble chevalier par an, sans utiliser d’antibiotiques, d’hormones ou de produits chimiques.

« Opercule démontre que le génie-conseil québécois innove en conjuguant prospérité, économie et économie sociale. »

compact et e cace : 11 bassins pouvant contenir plus de 170 000 litres d’eau, deux biofiltres, quatre pompes de 7,5 HP et un concentrateur d’oxygène de 70 L/min.

Le tout devait fonctionner sans rupture d’approvisionnement pour assurer une livraison continue de poisson frais, conforme aux a entes élevées des restaurateurs et des particuliers. La conception du système a donc fait appel à la redondance des composants cruciaux et à une alimentation électrique d’urgence assurée par un groupe électrogène afin de garantir la continuité des activités en cas de défaillance d’un composant ou d’une panne du réseau principal.

Une part importante de la complexité de la réalisation du projet résidait dans la navigation entre les di érentes instances gouvernementales. Étant donné le caractère innovant de la solution proposée, la conformité ne pouvait reposer uniquement sur une lecture li érale des codes en vigueur : une interprétation des normes a été nécessaire, en collaboration avec les autorités compétentes, afin d’assurer le respect des exigences réglementaires des normes de construction ainsi que des normes sanitaires et alimentaires.

Une réduction tangible de l’empreinte écologique

Opercule se démarque par un bilan environnemental ne ement supérieur à celui de l’aquaculture conventionnelle. Grâce à son RAS, la ferme réduit la consommation d’eau d’un facteur de 100 à 200 en comparaison avec l’aquaculture traditionnelle. L’absence de produits chimiques, d’hormones et d’antibiotiques garantit que l’activité ne contamine ni sols ni nappes phréatiques.

Les résidus organiques sont valorisés par des procédés écoresponsables, et les livraisons se font majoritairement par vélos électriques. Résultat : une empreinte carbone minimale pour un produit récolté et servi dans l’assie e en peu de temps.

LE RAS

(RECIRCULATING AQUACULTURE SYSTEM) EXPLIQUÉ

• Recirculation continue de l’eau (circuit fermé)

• Contrôle de la température, du pH et de l’oxygène

• Filtration biologique et mécanique avancée

• Réduction considérable des besoins en eau

• Prévention de la contamination grâce à la biosécurité

Références

1. www.opercule.ca

Des retombées sociales et économiques

Au-delà de la performance technique, la ferme piscicole génère des retombées concrètes pour Montréal. Elle crée des emplois spécialisés dans l’aquaculture et la gestion de systèmes de recirculation, favorisant ainsi le développement de compétences rares en agriculture urbaine. Elle renforce aussi l’économie locale en réduisant la dépendance aux importations. Les restaurateurs profitent d’un produit de haute qualité, traçable et durable, en phase avec les a entes croissantes des consommateurs. « Opercule démontre que le génie-conseil québécois innove en s’ajustant aux enjeux économiques et en générant des retombées sociales, ce qui explique l’intérêt qu’elle a suscité », explique Bernard Bigras, présidentdirecteur général de l’AFG.

Un modèle d’ingénierie porteur d’avenir

Pour HH Angus, ce e expérience met en lumière l’importance de mobiliser l’ingénierie au service de nouveaux modèles alimentaires durables. « Opercule nous a permis de développer une expertise et de repousser les limites afin d’inspirer la production alimentaire en milieu urbain », conclut Cédric Phélippe.

À plus long terme, ce modèle pourrait inspirer d’autres villes non côtières à repenser leur autonomie alimentaire. Il illustre avec force la capacité de l’ingénierie québécoise à allier innovation technologique, durabilité environnementale et vision stratégique, tout en ouvrant la voie à une nouvelle génération d’infrastructures résilientes et adaptées aux défis urbains contemporains.

Aurélie Ponton, journaliste.

2. www.ledevoir.com/plaisirs/782069/produits-locaux-premieresombles-chevaliers-elevees-et-livrees-a-montreal

Photos : Opercule

Présentés par :

Les Grands Prix du génie-conseil québécois 2025 ont souligné l’excellence de la collaboration entre les firmes de génie-conseil et leurs clients, à travers des projets innovants, durables et bénéfiques pour la société. Pour en savoir plus : www.afg.quebec

+ BÂTIMENT MÉCANIQUE — ÉLECTRIQUE

PROJET Vélodrome Multisports

FIRME BPA

CLIENT Centre National de Cyclisme de Bromont

+ BÂTIMENT STRUCTURE

+ ÉNERGIE

+ ENVIRONNEMENT

PROJET École primaire Awacak

FIRME gbi

CLIENT Conseil des Atikamekw de Manawan

PROJET Ligne d’interconnexion

Hertel-New York

FIRME GHD Consultants Ltée

CLIENT Hydro-Québec

PROJET Retrait du barrage de Milltown et remise en état d’une passe à poissons

FIRME GHD Consultants Ltée

CLIENT Énergie NB Power

+ GÉOTECHNIQUE ET INGÉNIERIE DES MATÉRIAUX

PROJET Prolongement de l’O-Train Sud (ligne Trillium)

FIRME AtkinsRéalis

CLIENT Ville d’Ottawa

+ GESTION DE PROJET

+ INDUSTRIEL

PROJET Agrandissement de la Mine de Voisey’s Bay

FIRME Progesys

CLIENT Vale

PROJET Centre de récupération de la matière organique (CRMO)

FIRMES Tetra Tech / AtkinsRéalis

CLIENT Ville de Québec

Partenaires de diffusion, du dévoilement et de la remise des prix :

Partenaires majeurs :

+ PRIX VISIONNAIRE

PROJET Ferme piscicole Opercule

FIRME HH Angus

CLIENT Opercule

+ INFRASTRUCTURES DE TRANSPORT

PROJET Réfection majeure du pont Pie-IX

FIRME CIMA+

CLIENT Ministère des Transports et de la Mobilité durable

+ INFRASTRUCTURES URBAINES

+ INTERNATIONAL

PROJET Réaménagement des chemins Remembrance et Côte-des-Neiges

FIRME Artelia

CLIENT Ville de Montréal

PROJET Étude d’impact environnemental et social (EIES) du projet d’interconnexion Nigéria-Bénin

FIRME WSP Canada

CLIENT EEEOA

+ MENTORE DE L’ANNÉE EN GÉNIE-CONSEIL

CANDIDATE Hafsa Chaar

FIRME AtkinsRéalis

+ PME GÉNIE-CONSEIL

PROJET Prolongement de l’autoroute 19 Pont lancé à sections variables

FIRME Fari Stalo

CLIENT Construction Interlag Inc.

+ RELÈVE DU GÉNIE-CONSEIL

+ TECHNOLOGIE

CANDIDATE Isabel Létourneau

PROJET École primaire régionale Riverside

FIRME EXP

CLIENT Commission scolaire

Central Québec

PROJET Déploiement d’un réseau de fibre optique dans l’Outaouais

FIRME Infrastructel

CLIENT Bell Canada

QUAND SAVOIR DOUTER PERMET DE REPOUSSER LES LIMITES

Dans un monde saturé de données et d’opinions, exercer un jugement éclairé devient essentiel. Antony Bertrand-Grenier, ing., propose des méthodes concrètes pour aider les ingénieures et les ingénieurs à renforcer leur pensée critique.

En ingénierie, la justesse d’une décision dépend autant de la qualité des données que de l’analyse qu’on en fait. Or, dans le feu de l’action, il arrive qu’on accepte certains résultats ou hypothèses sans en avoir fait une validation complète, parce qu’on fait confiance à une source reconnue ou par souci d’e cacité. Pourtant, développer le réflexe de vérifier, de recouper et de reme re en question est essentiel pour éviter des reprises coûteuses et pour maintenir la fiabilité des livrables.

Dans cet esprit, Antony Bertrand-Grenier, ingénieur, conférencier et auteur du Guide ultime pour distinguer le vrai du faux 1 , présente ici des méthodes concrètes pour intégrer la critique à la pratique quotidienne des professionnelles et des professionnels en génie.

Reme re en question sans diviser

La remise en question d’une hypothèse, notamment dans un contexte professionnel, peut être perçue comme une critique personnelle. Pourtant, la pensée critique ne vise pas les individus, mais les idées. L’objectif n’est pas d’a aquer une personne, mais bien d’examiner ce qu’elle a rme.

Antony Bertrand-Grenier explique qu’il faut formuler les questions de manière à ce qu’elles visent le contenu d’une a rmation plutôt que la personne qui l’énonce. Les questions ouvertes, précises et orientées vers la vérification des faits favorisent un dialogue constructif. Par exemple, demander « Quelles données appuient ce e conclusion ? » ou « Quelles sont les conséquences si l’information est inexacte ? » incite à approfondir la réflexion sans pour autant déclencher un réflexe défensif.

CINQ CONSEILS

INTÉGRER

PENSÉE CRITIQUE

VOTRE GESTION

1

Accueillez les objections bien argumentées comme des ressources.

2

Posez des questions ouvertes (ex. : « Que se passerait-il si… ? »).

3

Créez des espaces de discussion sans crainte de représailles.

4

Cherchez la source première d’une information.

5

Modélisez le doute : exprimez vos propres incertitudes.

Dans un contexte où les délais et les défis techniques sont importants, ce e pratique contribue à maintenir la rigueur tout en préservant la collaboration. Elle ancre le doute raisonné comme une étape naturelle du processus décisionnel.

Reconnaître ses biais cognitifs

Même avec des années d’expérience, personne n’est à l’abri des biais cognitifs. Antony Bertrand-Grenier rappelle que ces distorsions influent sur notre manière d’interpréter les faits et peuvent altérer la qualité de nos décisions. Il souligne que les biais cognitifs ne sont pas liés aux compétences de chacun, mais à la façon dont notre cerveau traite l’information. C’est pourquoi il invite les ingénieures et ingénieurs à régulièrement se reme re en question.

Parmi les biais les plus fréquents, il cite le biais de confirmation, qui pousse une personne à privilégier les informations qui confirmeront ses idées, et le biais du survivant, qui conduit à tirer des conclusions à partir des seuls cas visibles.

Être conscient de ces biais est un premier pas, mais il faut aussi s’exercer à les repérer dans ses propres raisonnements. Demander des contre-arguments, confronter ses intuitions aux données ou inviter un membre de son équipe à jouer l’avocat du diable sont d’excellents moyens de limiter l’incidence d’un biais sur la prise de décision.

Favoriser un climat propice

La pensée critique prospère dans un environnement où la remise en question est valorisée et non sanctionnée. Antony Bertrand-Grenier

«

Un climat où les désaccords sont vus comme des ressources et non comme des menaces

renforce la qualité des projets. »

ANTONY BERTRAND-GRENIER, ING., AUTEUR ET CONFÉRENCIER

observe que, lorsque les équipes peuvent librement exprimer leurs désaccords de façon argumentée, la qualité des décisions s’en trouve ne ement renforcée.

À l’inverse, des structures hiérarchiques trop rigides ou des délais irréalistes peuvent empêcher ce e dynamique. Les ingénieures et ingénieurs jouent ici un rôle clé en donnant l’exemple : en reconnaissant l’incertitude, en accueillant les objections constructives et en encourageant les débats fondés sur les faits.

« Un climat de confiance permet de soulever des enjeux sans crainte et d’améliorer la rigueur collective », a rme Antony BertrandGrenier. Ces comportements envoient le message que la rigueur se construit aussi par une confrontation saine de di érents points de vue.

Vérifier

la source

En ingénierie, la fiabilité d’une décision repose sur la capacité à trouver l’origine de chacune des données utilisées. C’est pourquoi Antony Bertrand-Grenier conseille de remonter systématiquement à la source première, qu’il s’agisse d’un rapport, d’une mesure ou d’un témoignage. Savoir qui a produit l’information, dans quel contexte et avec quelle méthodologie

POUR EN SAVOIR PLUS Pour développer votre esprit critique et votre discernement, l’auteur Antony Bertrand-Grenier, ing., a écrit le Guide ultime pour distinguer le vrai du faux, en vente en librairie.

Cinq biais cognitifs à connaître

Biais du survivant

Croire que ce qui subsiste est représentatif.

Biais de confirmation

Ne retenir que ce qui conforte ses propres idées.

E et d’ancrage

S’accrocher à la première information reçue.

Biais d’autoréférence

Privilégier ses intuitions personnelles.

E et d’aura

Généraliser la compétence d’une personne dans tous les domaines.

est essentiel. Cela permet d’évaluer la fiabilité de l’information que l’on considère. Ce réflexe aide à détecter des limites, par exemple des hypothèses implicites ou un manque de rigueur dans une collecte de données. Pour consolider ce e vérification, croiser les données avec d’autres sources indépendantes est donc essentiel. D’ailleurs, plus un énoncé est inhabituel ou s’écarte des pratiques établies, plus les preuves requises doivent être solides. Ce e vigilance prévient les décisions prises sur des bases incertaines et réduit considérablement le risque d’erreurs coûteuses pour l’organisation.

Gagner du temps en s’arrêtant

Parce que les ingénieures et ingénieurs évoluent dans un environnement où la performance est valorisée, prendre du recul peut sembler contre-productif, alors que c’est souvent tout le contraire. Antony Bertrand-Grenier rappelle qu’un court moment d’analyse peut éviter des mois de corrections ou une perte de crédibilité. À l’échelle d’une organisation, l’intégration de la pensée critique peut donc tout à fait être le facteur qui permet de transformer des décisions précipitées en solutions durables. Ce n’est donc pas du luxe, mais une nécessité, au service de l’e cacité.

Renforcer l’ingénierie par la pensée critique

Pour les ingénieures et les ingénieurs, cultiver la pensée critique ne relève pas seulement du réflexe individuel, c’est aussi un véritable atout stratégique pour l’organisation. Ce savoir-faire, intégré au quotidien, rend les membres de la profession plus complets et polyvalents, capables de conjuguer rigueur technique et jugement éclairé.

Dans un secteur où la qualité et la fiabilité ne sont pas négociables, il s’agit d’un investissement qui profite autant aux parcours des professionnelles et des professionnels en génie qu’à la performance collective.

Aurélie Ponton, journaliste.

SUPRACONDUCTEURS

UNE INNOVATION POUR DÉTECTER LES POINTS CHAUDS À –196 °C

Les supraconducteurs fonctionnent à des températures très froides, mais sou rent de points chauds. L’entreprise Conducteurs Boréal, lauréate du prix Honoris Genius 2025 dans la catégorie Innovation technologique, a trouvé une solution à ce problème.

CINQ NOTIONS SUR LA SUPRACONDUCTIVITÉ

Supraconductivité : propriété de certains matériaux de faire circuler l’électricité sans résistance et donc sans perte.

Température critique : température à laquelle le matériau perd sa résistance électrique et devient supraconducteur.

Di érences de températures : la température critique des supraconducteurs à basse température se situe sous –243 °C ; celle des supraconducteurs à haute température peut a eindre –140 °C.

Courant critique : courant électrique maximal qui peut circuler dans un supraconducteur. Au-delà de son courant critique, le matériau devient résistif.

Utilisation : les électro-aimants des appareils d’IRM, les accélérateurs de particules, la recherche en fusion nucléaire, le transport d’électricité.

Les supraconducteurs ont ce e remarquable propriété de transporter l’électricité sans perte, mais ce e propriété ne se manifeste qu’à des températures très basses, flirtant parfois avec le zéro absolu. Par exemple, le niobiumtitane utilisé pour générer le champ magnétique en imagerie par résonance magnétique (IRM) doit être refroidi à –269 °C. C’est pourquoi les appareils d’IRM sont équipés d’un système de refroidissement à l’hélium liquide. Or, l’hélium est une ressource limitée, et son prix est élevé.

Le ReBCO, un supraconducteur à haute température

Ce e contrainte a été contournée grâce à la découverte de supraconducteurs dits à haute température, notamment le ReBCO (rare-earth barium copper oxide), dont la température critique de –183 °C permet un refroidissement à moindres frais dans l’azote liquide à –196 °C. Le ReBCO a cependant le défaut d’être une céramique qu’on ne peut étirer en fils comme les métaux. La solution à ce problème : déposer une mince couche de ReBCO sur un ruban de nickel pour le rendre malléable. Dans le laboratoire de Frédéric Sirois, ing., professeur au Département de génie électrique de Polytechnique Montréal, Christian Lacroix, ing., est professionnel de recherche et étudie les rubans ReBCO depuis 2012. Il décrit la composition de ces rubans supraconducteurs : un substrat de nickel sur lequel sont déposées des couches tampons, puis le ReBCO. Le tout est enrobé d’argent, mesure généralement 4 mm de large et 50 µm d’épaisseur et peut être enroulé ou torsadé pour faire des câbles.

: Conducteurs

Photos

Le problème des points chauds

Comme tous les supraconducteurs, le ReBCO sou re de points chauds. Il s’agit d’anomalies ponctuelles qui se traduisent par une perte locale de supraconductivité, de sorte que le passage du courant fait chau er le supraconducteur au risque de l’endommager. « C’est important de détecter un point chaud et de couper rapidement le courant pour éviter de détruire le dispositif », dit Christian Lacroix. Avec les supraconducteurs à basse température comme le niobium-titane, il est possible de les détecter grâce à la di érence de voltage due à la perte de supraconductivité. Avec les rubans ReBCO, « le courant critique est supérieur et on peut injecter tellement de courant que, s’ils perdent la supraconductivité, ils vont chau er plus rapidement », explique Christian Lacroix. De plus, la di érence de voltage générée dans ces supraconducteurs par un point chaud est trop faible pour être détectée rapidement.

La solution de Conducteurs Boréal

Christian Lacroix a conçu une couche de CFD (current flow diverter) qui, insérée entre le ReBCO et l’argent, dévie le courant sur les côtés du ruban : « Quand le courant rencontre une perte de supraconductivité, il va dans l’argent. La région “quenchée” associée à la perte de la supraconductivité est agrandie. Le voltage est plus élevé, d’un facteur de 10, et devient détectable. » Ce e avancée a incité Christian Lacroix et Frédéric Sirois à créer leur entreprise, Conducteurs Boréal, pour commercialiser le CFD. « On prend des rubans commerciaux et on les modifie en ajoutant le CFD, ce qui lui donne une valeur ajoutée », précise Christian Lacroix. De tels supraconducteurs pourraient intéresser le secteur de la fusion nucléaire, grand consommateur de supraconducteurs. « Les start-ups en fusion nucléaire achètent toute la production mondiale de rubans ReBCO. Elles en ont besoin pour faire des électro-aimants »,

Le CFD (current flow diverter) dévie le courant de manière à agrandir la zone « quenchée » autour du point chaud, ce qui facilite la détection de ce dernier.

« On a pu démontrer la résilience de nos câbles, et les gens d’Airbus ont dit qu’on était les seuls au monde à être capables de faire ça. »
CHRISTIAN

LACROIX, ING.,

explique Christian Lacroix. Mais une autre utilisation des supraconducteurs à haute température émerge, étant donné leur capacité à transporter de grandes quantités de courant. Microso a ainsi investi dans une entreprise qui produit des câbles supraconducteurs en vue d’alimenter des centres de données. Airbus, qui planche sur un avion électrique alimenté par une pile à combustible, a besoin de câbles supraconducteurs pour transporter l’électricité de la pile jusqu’aux moteurs et mène un projet pilote avec Conducteurs Boréal. « On a pu démontrer la résilience de nos câbles, et les gens d’Airbus ont dit qu’on était les seuls au monde à être capables de faire ça », raconte Christian Lacroix.

Pour poursuivre son développement, Conducteurs Boréal vise la production de rubans d’une longueur de plus de 50 m en 2026. Mais Christian Lacroix caresse un autre rêve : « Être la première entreprise canadienne à produire des rubans de A à Z. »

Valérie Levée, journaliste.

Supraconducteur (1 um)

CFD Substrat (50 um) Argent (1 um)

Point chaud Courant

Nouvelle cohorte de membres

PERMIS DÉLIVRÉS PAR LE COMITÉ D ’ ADMISSION

À L ’ EXERCICE DE L ’ ORDRE DES INGÉNIEURS DU QUÉBEC

du 9 juin au 31 août 2025

L’Ordre célèbre l’arrivée de 224 nouvelles ingénieures et de 686 nouveaux ingénieurs au sein de la profession. Nous leur souhaitons une carrière exceptionnelle, à la hauteur de leurs aspirations audacieuses.

- Abboud, Linda

- Abdel Aziz, Mohamed

- Abdel Razzak, Khaled

- Abderrazak, Anas

- Abdou, Malick

Oseni Junior

- Abiobeida, Zakaria

- Abou Antoun, Basma

- Abu Arqoub, Osama

- Abud, Étienne

- Adande, Gilchrist

- Aguilar-Hernandez, Sophia

- Aimée, Éric

- Al-Makhadmeh, Mu’ath

- Alamba Tshitavu, Christian

- Alavi Sabzevari, Pardis

- Albert, Catherine

- Alcin, Nérija

- Alhomsi, Rama

- Allard, Henry

- Allard, Nicolas

- Allé-Ando, Yapo

- Aloui, Ines

- Alsahwi, Elias

- Alvani, Seyed Hamidreza

- Alvarenga, Franklin

- Alvarez Bayona, Maria Antonia

- Alzamora, Maxime

- Amini, Armita

- Amiot, Pierre

- Amiot, Simon

- Amiri, Emma

- Anderson, Carolyn

- Angaud, Augustin

- Aquino Bolanos, Maribel

- Archambault, David

- Arès, Julien

- Arias, Loïc

- Arias Gutierrez, Cecilia Marcela

- Armellin, Vincent

- Arooei, Saber

- Arsenault, Laurent

- Arsenault, Léo

- Asselin-Gonzalez, Ariane

- Assi, Hassan

- Auclair, Stéphanie

- Audet, Mia

- Audet, Olivier

- Audet-Sexton, Jordan

- Ayo e, Florence

- Aze , Jessica

- Azzouzi, Ayoub

- Babin, David

- Babineau, Ma hew

- Bachand, Jacob

- Baguenard, Fabien

- Bahmani, Ali

- Balan, Ion

- Balde, Elhadj Alpha Amadou

- Ballo, Alassane

- Ballot, Melvin

- Banissan, Kodjo Mensah

- Baras, Romain

- Barjon, Gilles

- Barolet, Augustin C

- Barre , Samuel Godbout

- Barry, Alhassane

- Bartolucci, Davide

- Bastien, Vincent

- Batisse, Yohann

- Baulu, Cédric

- Bazinet, Vincent

- Beauchemin, Dany

- Beaudoin, Tristan

- Beaudry-Forgues, Hugo

- Beaulieu, Alexandre

- Beauparlant, Antoine

- Beaupré, Guillaume

- Beauséjour, Sédérick

- Bédard, Olivier

- Bednarczyk, Andréa

- Bélair-Simard, Jean-François

- Bélanger, Michael

- Bélanger, Philippe

- Bélanger, Philippe

- Bélanger, Samuel

- Bell, Jimmy

- Bellavance, Alexandre

- Ben Romdhane, Ishak

- Ben Souissi, Farah

- Benaldjia, Chahrazad

- Benati, Mohamed

- Benbrik, Salaheddine

- Benhammou, Elies

- Bennani, Walid

- Benne , Carly

- Benomar, Benourine

- Benyahia, Youssouf

- Benzid, Amrane

- Beralus, Jean-Mackson

- Berger, Myriam

- Bergeron, David

- Bergeron, Sam

- Bergeron, Vincent

- Bergeron-Lavoie, Jeanne

- Bernier-Tremblay, Camille

- Berradia, Omar

- Bertrand, Francis

- Bertrand-Locas, Annyssa

- Besner, Kevin

- Beuzelin, Richard

- Bienvenue, Charles

- Bigoin, Gaetan

- Bilhete, Simon

- Bilodeau, Laurence

- Bilodeau-Calame, Michel

- Blais, Charles-Étienne

- Blais-Dufour, Guillaume

- Blanche e, Carl

- Bleizi er, Collin

- Blier, Hugo

- Bodineau, Pierre

- Boisvert, Samuel

- Boivin, Philippe

- Bolduc, Carl

- Bonneau, Vincent

- Bordeleau Landry, Antoine

- Bornelus, Jims Kerby N

- Bouchard, Alexandre

- Bouchard, Jacob

- Bouchefa, Salim

- Boucher, Corentin

- Bouchouafa, Lahsen

- Boughabi, Amine

- Boujeddaine Tsouli, Zineb

- Boujid, Mohammed

- Boulanger, Vincent

- Boulianne, Cédric

- Boulianne, Emanuel

- Bourque, William

- Boutefnouchet, Hamza

- Bouyim, Félix-Raoul

- Bouzid, El Hadi

- Brassard, Jean-François

- Brocheton, Clément

- Brooks, Emma

- Bucionyte, Medeine

- Cabana, Gabriel

- Cadavid Gonzalez, Jeanne e Cristina

- Cadieux, Étienne

- Cai, Anqi

- Calabrese, Andrea

- Cameron, Etienne

- Cammisano, Ma hew James

- Cantin, Anthony

- Cardinal-Pilote, Henri

- Carrier, Alexandre

- Carrier, Jeremy

- Carrier, Samuel

- Cassard, Mathieu

- Castaneda, Karla

- Castillo Morales, Arquimedes

- Catherine, Alexis

- Cavalcanti Neves

Filho, Flavio José

- Ceron, Alexander

- Chabot, Joé

- Chabot-Labbé, William

- Chagnon, Thomas

- Chahine, Naim

- Chakour, Marie

- Chan Chuen, Cedric

- Charbonneau, Maude

- Chare e-Lemieux, Valérie

- Charlebois, Nicolas

- Charlebois, Patrick

- Charrier, Vincent

- Charron, Mathieu

- Chartrand, Zachary

- Chatelain, Vincent

- Chatigny Vincter, Myléna

- Cherrier, Nicolas

- Chevalier, Adrien

- Chevalier, Ismael

- Chiva-Bernard, Pascal

- Choi, Eun Ryeol

- Choiniere, Alex

- Choiniere, Mathilde

- Chouinard, Ève

- Chouinard, Pascal

- Chupina, Elena

- Clime, Adrian

- Cloutier, Vanessa

- Colantonio, Sara

- Collin, Emilien Paul

- Compaoré, Ismaël

- Condrea, Catalin-Andrei

- Cormier, Philippe

- Corrivault-Gascon, Julie e

- Corriveau, Audrey

- Cosman, Mohammad Ajmal Khan

- Cosneau, Alexandre

- Cosson, Aloyse

- Costa de Moraes, Thalita

- Côté, Catherine

- Côté, Jérémie

- Côté, Sébastien

- Côté, Sébastien

- Coughlan, Audrey-Ann

- Coulombe, Jean-Michel

- Coulombe, Philip

- Courchesne, Julien

- Courcy, Maxime

- Cournoyer, Raphaël

- Couture-Guillou, Gaël

- Cromer, Tristan

- Crouan, Martin

- Cubides Cuellar, Rosario Marcela

- Cummings, Éloïse

- Cyr, Béatrice

- D’Amours, Philippe

- Da Silva, Anthony

- DaCosta, Danielle Cristina

- Dadgar, Nima

- Dagenais, Frédéric

- Daher, Jad

- Daigle, Erik

- Daigle, Jérôme

- Daignault, Gabriel

- Daigneault, Samuel

- Damians, Arnaud

- Dandurand, Laurence

- Davilus, Ernst

- De Bruycker, Joséphine

- de Chantal Dumont, Samuel

- de Jaham, Thibault

- de la Durantaye, Mathieu

- de Vreeze, Kar

- Degrémont, Julia

- Delaunay, François

- Delisle, Philippe

- Demers-Harrisson, Eric

- Denault, Emmanuel

- Denis, Marc-André

- Desautels, Mélissa

- Desbiens, Jonathan

- Deschenes, Louis

- Deschênes, Mathieu

- Deschesnes, Samuel

- Desforges-Lajoie, Yan

- Desgagné, Charles

- Desmeules-Caron, Philippe

- Desperriès, Jonathan

- Dessureault, Alexandre

- Diallo, Mamadou K. Amado

- Dion-Denis, Samuel

- Dissa, Adama

- Djamai, Mathieu

- Djedjero, Christelle

- Djerourou, Oussama

- Djuikoua Wouafo, Hilary Cintia

- Dorion, Tommy

- Dormoy-Babin, Emeric

- Dory, Eve-Farah

- Doudou, Lynda

- Dougy, Hugo

- Douyon, Gaëtan William

- Douyon, Gahlia

Marie Déborah

- Doyon, Alex

- Doyon, Marc-Antoine

- Drapeau, Andrew

- Dridi, Foued

- Drouin-Belleau, Hubert

- Dubé-Lavoie, Félix

- Dubeau, Alexandre

- Dubois, Eric

- Duby, William

- Duchaîne, Émile

- Duchesneau, Maxime

- Duck, Brian

- Duclair, Sadrack

- Dufour, Jean-Denis

- Duhaime, Charles

- Duhamel, Olivier

- Dumais, Tim

- Dumas, Alexandra

- Dumas, Clément

- Dumont, Andréanne

- Dumont, Tony

- Dumontet, Elsa

- Dupont, Jean-François

- Dupuis, Mathieu

- Dupuis, Tristan

- Durand, Francis

- Dussault, Alexandrine

- El Alaoui El Hanafi, Hakim

- El Azzi, Joe

- El Jallal, Radouane

- El Kandoussi, Ayoub

- El Kawa, Karim

- El Mahmoudi, Hamza

- El Matni,

Marc François

- El Ouezzani, Soufiane

- El-Hage, Alexandre

- El-Sayegh, Elissa

- Elke ani Elhamidi, Mohammed

- Ellajmi, Mohamed

- Enga Fotso, David

- Entombo, Michael Bosala

- Esco er, Baptiste

- Essaber, Sam

- Ethier, Philippe

- Fabricio da Silveira, Vinicius

- Farrell-Dessureault, Justine

- Farvacque, Dylan

- Farys, Antoine

- Fatouhi, Aymen

- Favre, Manon

- Fayad, Aurie

- Fendzi Mbasso, Wulfran

- Feria, Bladimir Enrique

- Fernandez Ridano, Juan Francisco

- Feudjio Zofou, Joset Marilyn

- Filipu i, Gregory

- Fleurant, Maude

- Flores, Diego

- Foko Simo, Rostand Brice

- Fontaine, Jacob

- Forati, Tahmineh

- Forget, olivier

- Fortier, Audrey

- Fortier, Mathieu

- Fortier, Ysmaë

- Fortin, Samue

- Fortin-Ménard, Maxime

- Fournier, Antoine

- Fournier-Sirois, Mathilde

- Frene e, Mathieu

- Gagné, Charlie

- Gagné, David

- Gagné, Maxime

- Gagnon, Gabrie

- Gagnon-Montreuil, Maude

- Gagnon-Thériault, Gabriel

- Gallaa, Mohammed

- Gamache-Veille e, Alexandre

- Gara, Eddie

- Garba, Hassad

- Garvin, Louis-Philippe

- Gaudet, Étienne

- Gaudet, Marc Antoine

- Gaudreau, Gabrielle

- Gaudreau, Simon

- Gauthier, Baptiste

- Gauthier, Mélina

- Gauthier, Mélissa

- Gauthier, Simon

- Gauthier, Valérie

- Gauthier Desgagnés, Guillot

- Gazil, Olivier

- Gélinas Caron, Emmanuelle

- Gendreau, Cédrik

- Gentes, David

- Geo rion, François

- Germain, Gabrie

- Gervais, Jean-Simon

- Gesta, Amandine

- Ghaderi, Orod

- Ghoche, Peter

- Ghribi, Nadhir

- Gingras, Kar

- Girard, Pierre-André

- Giroux, Alec

- Giroux, Pierre-Frédéric

- Glowacki, Kirk

- Godbout, Jade

- Godet, Dolly

- Goudreau, Thomas

- Gourdin-Cailyer, Guyllaume

- Goye e, Antoine

- Goye e, Martin

- Granda Casalino, Antonella Maria

- Gravel, Eric

- Gregorio, Robert Paul

- Grenier, Jean-Michel

- Grilli, Giovanni

- Gryn, William

- Guardia, Robert

- Guay, Samue

- Guducu, Mehmet

- Guerard, Jonathan

- Guerde Mbainodoum, Christian

- Guére e-Berthiaume, Nicolas

- Guérin, Alex

- Guérin, Eugénie

- Guillet, Olivier

- Habbi, Mohand

- Haddouche, Hichem

- Hage, Elie

- Haineault, Marilou

- Hajj, Peter

- Hakimi, Zakaria

- Hallouly, Amine

- Hamel, Jérémie

AVEC LE TITRE ING. TOUT T’EST POSSIBLE

- Hamel, Jonathan

- Hamelin-Allard, Camille

- Hammer, Laura

- Hani, Abdellaziz

- Hani, Rony

- Hansali, Mehdi

- Haoufadi, Youssef

- Harvey, Gabrie

- Hébert, Xavier

- Helou, Georges

- Hennebert, Antoine

- Hernandez, Pedro

- Hernandez Borjas, Carlos Enrique

- Hernandez Pulido, Denisse Adriana

- Héroux, Jean-Christophe

- Herrera Rodriguez, Janet

- Hicham, Randa

- Hogue, William

- Honarparast, Sara

- Hooshmand, Mohammad Amin

- Houle, Steve

- Hrima, El Mahdi

- Hubbi, Samy

- Hubert-Chartier, Jean-Aurie

- Hurtubise, Sebastien

- Huynh, Audrey

- Ide-Bergeron, Raphael

- Isabelle, Anne

- Isaza Ayala, Alexis

- Ishanian, Maryam

- Istead, Nicholas

- Jacques, Charles-Olivier

- Jacquesson, Elsa

- Jandin, Alexia

- Jauniaux, Zachary

- Jemaiel, Tarak

- Jessup, Vincent

- Joseph, Witler

- Jost, Emma

- Joya, Maria Paula

- Joyal, Guillaume

- Jung, Chan Yeoung

- Junjua, Awaiz

- Kabbara, Ghina

- Kabeya, Jean Louis Mukenga

- Kachorin, Dimitar

- Kaloul, Tony

- Kambala, Moise

Malundamene

- Kamte Kouetche, Michée

- Kanteye, Ousseynou

- Karayan, Saro

- Karim, Jaouad

- Kasmi, Salim

- Kazmé, Caro

- Keddam, Karim

- Kesraoui, Malha

- Khademsameni, Helya

- Khalil, Danie

- Khay, Mohamed

- Khier, Lamia

- Khouzam, Waad

- Kilbertus, Olivier

- Kim, Doyeon

- Kone, Emmanuella Khadidja

- Kong, Sidavinn

- Koumas, Nazih

- Kowlessur, Moshiny Gunnoo

- Kroumov, Vassil Iavorov

- Kubat, Timothy

- Kumaraku, Ilirjan

- L. B.-Gauthier, Anne-Marie

- La Prairie, Douglas

- Laaboulli, Mohamed

- Labbé, David

- Labbé, Jérémie

- Labbé, Yann

- Labé, Léo

- Laberge, Mathieu

- Laberge, Noémie

- Labidli, Insaf

- Labou, Chawki

- Lacelle, Mathieu

- Lachance, Emilie

- Lachapelle, Simon

- Laflo e, Pasca

- Lafournaise, Vincent

- Lafranchise, Nicolas

- Lafrenière, Marc-Antoine C

- Lagrandeur, Christophe

- Lajoie, Patrick

- Laliberté, Samuel

- Lalonde, Philippe

- Lambert, Charles-Antoine

- Lamego, Fernando

- Lamontagne, Jade

- Lamontagne, Maxime

- Landry, Emile

- Landry, François

- Laplante, Andrew

- Lapointe, Christopher

- Lapointe, Sandrine

- Laporte, Isabelle

- Laprise, Nicolas

- Laprise, Régis

- Laprise, Tommy

- Laroche, Vincent

- Lassonde, Maxime

- Lautar, Lucas Louis Thibault

- Lauzon, Philippe

- Lavergne, Eric

- Lavergne-Simard, Frédéric

- Lavoie-Boutin, Ariane

- Le Quere, Claude

- Leblanc, Émilie

- Leblanc, Mathieu

- LeBlanc, Zacharie

- Leboeuf, Audrée

- Leborgne, Chloé

- Lebovitz, Shad

- Leclaire, Samue

- Lecompte, Raphaël

- Lefebvre, Nathan

- Legrand, Mathilde

- Lelardeux, Quentin-Marie

- Lemay, Gérémy

- Lemire, Alexis

- Leon, Joel German

- Leon Matute, Victor Raul

- Lépine, Patrice

- Lerguet, Rayan

- Lesiège, Marie-Josée

- Lesmes Salgado, Deisy

- Lespérance, Félix

- Lessard, Luis-Liam

- Leung-Tack, Thomas

- Levesque, Alexia

- Lévesque, Maude

- Lévesque, Pénélope

- Lévesque-Poisson, Ulric

- Li, Liya

- Linkie, Sco

- Lipinski, Dominik

- Llena-Naud, Philippe

- Lopez Barino o, Renato Hernan

Maxime Bolduc, ing. en devenir

- Lopez Cardenas, Humberto Israel

- Lortie, Maxime

- Louis, Fritz Gerald

- MacDonald, Rory Duncan

- Magnané, Charles-Aymar

- Mailly, Pierre-Luc

- Mainville, Maë

- Makhlouf, Bouchra

- Malaki, Milad

- Malangu, Steve Pierrot

- Manea, Victor

- Manera, Jaylord

- Manneh, Francois

- Mantha, Olivier

- Marchand, Francois

- Marchesseault, Émeric

- Marcoux-Nadeau, Trystan

- Maréus, Réginald

- Marin, Ève-Marie

- Marois, Gabrie

- Marrocco, Amanda

- Marsillo, Veronica

- Marsollier, Lucille

- Martel, Benoît

- Martel, David

- Martel, Jérôme

- Martinez Villegas, Karina

- Martins De Souza Cruz, Alexandre

- Masmoudi, Ons

- Massock, Yann

- Masson-Boutin, Vincent

- Mastroluisi, Janine

- Matheussen, Vincent

- Matine, Salim

- Ma eau, Danie

- Ma hews, Alyssa

- Ma ia, Nicolas Giovanni

- Maurel-Baril, Vincent

- Mayer, Chloé Siân

- Mayer, Marc-Antoine

- Mazloum, Mohamed

- Mazouz, Yacine

- Mbakop, Rodrigue Stephane

- McGuirk, Joey

- Meddah, Karim

- Melik, Peter

- Melouki, Ilias

- Ménard, Frédérick

- Mercier, Antoine

- Mercier, Jean-Gabriel

- Mercure, Simon

- Mergheni, Nadia

- Messa Sokoudjo, Virginie Raissa

- Metlej, Racha

- Meunier, Vincent

- Mialhe, Noélie

- Michaud, Gabriel

- Michaud, Mathieu

- Miranda Alarcón, Edgardo Manuel

- Misaghihesari, Mitra

- Missaoui, Nada

- Molloy, William

- Mondou, Camille

- Moquin, Jean-François

- Moreau, Félix-Olivier

- Moreau, Gabrie

- Morel, Pierre

- Morin, Antoine

- Morin, Olivier

- Morin, Pierre-Alexandre

- Morin, Stéphanie

- Morin, Vincent

- Morisse e, Léizhu

- Mosca, Pietro

- Moser, Ma hew

- Mostafavi, Alireza

- Mouannes, Elias

- Mousseau, Camille

- Mullen, Ryan

- Mullins, Mathieu

- Nachi, Mehdi

- Nasser, Mohamad

- Nassif, Joseph

- Nassour, Bassem

- Nazal Soto, Jorge Andres

- Nazari, Ahmad Farzad

- Ndabakuranye, Herman

- Ndagijimana, David

- Neda, Mustafa

- Ngombe Olongo, Lambert

- Ngoupoyou, Yves Rocard

- Nguena Dongmo, Karelle

- Nguyen, Danie

- Nguyen, Lam

- Nguyen, Ngoc Dung

- Nietcho Wandji, Franck Giresse

- Noël, Alexandre

- Nono, Pascal Junior

- Normand, Félix

- Normandin, Ugo

- Nouaouria, Nabila

- Nouchokgwe Fotso, Tristan

- Nzogo Metoule, Christ

Terence François

- Obijaev, Iliya

- Olgun, Millane

- Ollier, Antoine

- Onose, Marius

- Ouballa, Najib

- Ouedraogo, Amadou

Wendyam Erwan

- Ouellet, Alexandre

- Ouhajjou, Smai

- Oumallani, Yassine

- Pageau, Nicolas

- Paiement, Audrey-Anne

- Pal, Gary

- Pallares Centeno, Esteban

- Palleske, Cortney

- Panahi, Reza

- Pandaru, Robert

- Pantemis, Kathryn

- Papathanasiou, Angeliki

- Paquet, Laurence

- Parada Sepulveda, Amanda

- Paradis, Justin

- Paré, Geneviève

- Parent, Kloey

- Parizeault, Charles

- Patel, Ami

- Patel, Visa

- Patry, Marco

- Patry, Tristan

- Paul, Frédéric

- Pédenon-Orlanducci, Rémi

- Pedneault, Jean-Philippe

- Pek, Anthony

- Pelletier, Andréanne

- Pelletier, Félix

- Pelletier, Marina

- Pelletier, Stéphanie

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- Pero, Kevin

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- Perreault, Christophe

- Petrov, Nikolay Plamenov

- Pharand, Laurie

- Philippe, Natalie

- Phillips, Ma hew

- Piché, Antoine

- Piche e, Raphaë

- Pie e, Nicolas

- Pigeon-Picard, Laurent

- Piloyan, Lory

- Pique, Arthur

- Plante, Marc-Olivier

- Plante, Marie-Jeanne

- Plata Metsar, Magloire

- Plou e, Alexandre

- Plou e, Mikaë

- Plourde, Anthony

- Pominville, Mariane

- Pouliot, Maxime

- Prevost, Nicolas

- Prévost, Louis-Philippe

- Prieto Sous, Miguel

- Qanaatian, Mohammad Javad

- Qetrani, Amina

- Quintal, Pierre

- Rabyi, Kaoutar

- Rachid, Messaoud

- Ramdani, Noémi

- Ramde, Gaetan

- Ramdin, Kamlesh

- Ramirez Casas, Francisco Andree

- Rashvand, Azadeh

- Rasouli, Yaser

- Rastghalam, Tanaz

- Raymond, Charles

- Rebai,

Mohamed Rafik

- Redjimi, Amine

- Reid, Jean-Christophe

- Rémillard, Donovan

- Reynoso, Jules

- Rhazouani, Meriem

- Rhéaume, Julien

- Rhéaume, Simon

- Ribano, Sarah

- Riccio, David

- Richard, Alexandre

- Richard, Vincent

- Richert Tonus, Gabriela-Therese

- Riggio, Justin

- Riopel, Nicolas

- Rioux-Chevalier, Alexis

- Rioux-Chevalier, Émile

- Rivera Vidovich, Andrea

- Roberge, Anthony

- Robert, Samuel

- Robichaud, Ricardo

- Roby, Louis-Philippe

- Roch, Samuel

- Roche e, Maude

- Rodgers, Yannick

- Rodionov, Vitaly

- Rodriguez Alvarado, Alexander

- Rolland, Xavier

- Rollin, Marie-France

- Roscovan, Maxim

- Ross, Adrien

- Roukoz, Christophe

- Rouleau, Mathieu

- Rouphael, Elias

- Rousseau, Noémie

- Rousseau, Rémi

- Roux, Ma hias

- Roy, Dominic

- Roy, Jérémy

- Roy, Maxime

- Roy, Maxine

- Roy, William

- Rwamurinda, Shyaka

Auguste Nicol

- Sabet, Hooshang

- Sabir, Mohammed Amin

- Saillour, Olivier

- Saini, Jaspreet Singh

- Salois, Anthony

- Salt, Leanna

- Salvas, Olivier

- Samadani, Sepehr

- Sanaa, Mohamed Esaid

- Sanderson, Valérie

- Sanni Bakouregui, Abdoulaye

- Santerre, Frédérique

- Saoudi, Yassir

- Satoudian, Izzadiar

- Saucier-Fillion, Amélie

- Sauzeau, Stéphane

- Sauzède, Dorian Thibault

- Savage, Thomas Jake

- Savard, Laurie-Ève

- Scalabrini, Philippe

- Schiavoni Pinto, Carolina

- Séguin, Jean-Philippe

- Séguin, Vincent

- Seke, Achille Germain

- Selim, Sandrine

- Serghini, Ines

- Shaolinde, Glody Sole

- Sheikh Alard, Rahaf

- Siguenza-Henriquez, Alfredo

- Simard, Marianne

- Singh, Jasmin

- Singh, Sneha

- Sohrabi Molla Yousef, Samaneh

- Son, Kyoo

- Songa-Côté, Arnaud

- Souche, Frédéric

- Sourdif, Guillaume

- St-Aubin, William

- St-Hilaire, Maxim

- St-Laurent, Mathias

- Ste-Croix, Vincent

- Steel, Ma hew Douglas

- Sullivan, Nicholas

- Syed, Murshed

- Sylla, Abdoulaye Mamadie

- Sylvain, William

- Tabou’kam, Félix Fabien

- Tait, Colin James

- Tajeuna Ako Donfack, Thérèse

- Takou Ndada, Narcisse

- Tall, Mouhamadou Tasrif

- Tam, Emely

- Tan, Nicole

- Tanefo Pelague, Armel

- Tape, Zeze Marie Emmanuell

- Tardif, Nicolas

- Tardif-Sanchez, Eva

- Tawk, Dany

- Tayag, Giancarlo

- Tchekoua, Raou

- Tchoumamo Foto, Gilles Firmin

- Tekem Fanche, Dylane Wilfried

- Telles, Alexis

- Tellez Gonzalez, Holman

- Tessier, Samue

- Teukam Dabou, Raoult

- Thai, Frederik

- Thelusma, Waldgine

- Theriault, Megann

- Thibodeau, Emmanuel

- Ticha Muluh, Immanuel

- Tiemtore, Samira Pulcherie

- Ton, Cayse

- Torres Uribe, Alejandra Maria

- Touabi, Masten

- Touat, Louiza

- Tousignant, Simon

- Toutant, Jérémie

- Touzi, Fares

- Tran, Le Nam

- Traore, Jean Christophe

- Traore, Soukeina Djeneba

- Tremblay, Caroline

- Tremblay, David

- Tremblay, Guillaume

- Tremblay, Marie

- Tremblay, Thomas Guillaume

- Truchon, Maxime

- Trudel, Eric

- Truet, Louis

- Truong, Patrick

- Turco e, Béatrice

- Turgeon, Noémie

- Turgeon, Philippe

- Turgeon, Vincent

- Turmel, Félix-Antoine

- Turmel, Maggie Kelly

- Urbain, Philippe

- Vaillancourt, Pascal

- Vaillant-Bédard, Alexandre

- Van Dyke, Stéphanie

- Vanderweyen, Marc

- Veille e, Étienne

- Veloso Moura da Silva, Paulo Gustavo

- Verreault, Philippe

- Veziers, Micaë

- Vézina, Gabriel

- Viens, Catherine

- Viens, Guillaume

- Villacorta Fuentes, David

- Villalba Robles, Sneyder Enrique

- Villeneuve, Frédérick

- Vinson, Antoine

- Virah Sawmy, Khushnouma

- Viramontes de la Torre, Sofia

- Visset, Simon

- Vu, Mia

- Waegele, valerian

- Wasiak, Hannah

- Wa s, Jean-Sébastien

- Wegrzyn, Christopher

- Wei, Wenjie

- Weng, William

- Willem, Samue

- Wood, Michae

- Yarmani, Chirine

- YayeHarouna, AbdoulKader

- Yazdani, Reza

- Yilmaz, Kevin

- Yilmaz, Omer

- Yogeswaran, Keythan

- Younan, Ralph Robert

- Yousfi, Yasmine Manel

- Youssef, Emma

- Yvon, Maxime

- Zaccheo, Michael Massimo

- Zaidi, Ame

- Zakhour, Ziad Ghassan

- Zarrabi, Mohammad

- Zayani, Mikae

- Zhang, Siyang

- Zidane, Melissa

- Zidi, Mohamed Naceur

Conversation inspirante

RENOUER AVEC LA PRODUCTIVITÉ AU QUÉBEC

Dans le cadre d’une captivante discussion, Sophie Larivière-Mantha, ing., présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec, a échangé avec Bicha Ngo, CFA, présidente-directrice générale d’Investissement Québec. Retour sur leurs réflexions concernant la productivité et l’innovation comme remèdes à l’incertitude économique.

DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET INNOVATION

Sophie Larivière-Mantha : Je suis très heureuse que vous ayez accepté mon invitation. J’ai eu l’occasion d’assister à l’une de vos conférences au cours de laquelle vous avez suggéré que le Québec pourrait s’inspirer du modèle allemand pour accroître sa productivité, en soulignant que 25 % des diplômés universitaires en Allemagne sont ingénieurs. Cela a bien évidemment a iré mon a ention. J’espérais avoir l’occasion de vous parler. L’innovation et la productivité sont des clés essentielles, tout particulièrement dans un contexte économique marqué par l’incertitude tarifaire et une concurrence internationale accrue. C’est pourquoi je voudrais vous entendre sur la façon dont Investissement Québec aide les entreprises à devenir plus innovantes, mais aussi sur le rôle que les membres de la profession d’ingénieur peuvent jouer dans ce contexte.

Bicha Ngo : Tout d’abord, merci de l’invitation. Le mandat d’Investissement Québec est axé sur le développement économique du Québec. Ainsi, notre objectif est de favoriser le développement des entreprises québécoises en misant sur l’innovation et la productivité,

« Je suis convaincue que le génie permet de développer une grande rigueur de pensée et la capacité de gérer le risque, ce qui constitue une précieuse valeur ajoutée pour les entreprises.»

BICHA NGO, CFA, PRÉSIDENTE-DIRECTRICE GÉNÉRALE D’INVESTISSEMENT QUÉBEC

afin qu’elles puissent accéder aux marchés internationaux. Le Canada et le Québec sont en retard à cet égard. C’est pourquoi il est essentiel d’agir. À l’automne dernier, l’initiative grand V a été lancée afin d’accompagner les entreprises dans la réalisation de projets axés sur l’amélioration de leur productivité. Nous o rons un soutien comprenant à la fois du conseil stratégique et un soutien financier, afin de leur perme re d’accroître leur capacité d’innovation, de recherche et de développement.

Sophie : J’ai eu la chance de visiter les laboratoires d’Investissement Québec dans lesquels on recrée même de minichaînes de montage. Cela aide assurément les entreprises

MINIBIO

Sophie Larivière-Mantha, ing., MBA, ASC

Présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec depuis 2022, Sophie Larivière-Mantha s’est fixé trois priorités sur lesquelles elle désire intervenir durant son mandat : la surveillance des travaux, le développement durable et la place des femmes en génie.

Bicha Ngo, CFA

Bicha est une professionnelle aguerrie du monde de la finance reconnue pour son esprit stratégique et sa vaste expérience des transactions complexes. Bicha Ngo a été nommée présidentedirectrice générale d’Investissement Québec en février 2024.

à réduire les risques que représente la portion technologique, avant qu’elles ne se lancent dans des investissements importants.

Ce qui m’amène à parler d’une étude réalisée par l’Ordre à propos de l’entrepreneuriat en génie. Notre enquête a révélé que l’on compte parmi nos membres environ trois fois plus d’entrepreneurs que dans la population en général. Les entrepreneurs en génie détiennent aussi quatre fois plus de brevets que les autres PME canadiennes. En d’autres mots, ingénieurs et solutions innovantes vont de pair.

Bicha Ngo : Les ingénieurs sont en e et présents dans toutes les sphères d’activité. Récemment, nous avons reçu une centaine de PDG du secteur des technologies et des sciences de la vie, et plus du tiers des entrepreneurs ont une formation en génie. Autre exemple : les géants des technologies aux États-Unis — Alphabet, Meta, Microso , Amazon, Tesla, etc. — ont à leur tête 7 ingénieurs sur 10. Je suis convaincue que le génie permet de développer une grande rigueur de pensée et la capacité de gérer le risque, ce qui constitue une précieuse valeur ajoutée pour les entreprises.

« E ectivement, c’est maintenant qu’il faut accélérer l’innovation et la productivité si nous voulons rester dans la course. »
SOPHIE

LARIVIÈRE-MANTHA, ING., MBA, ASC, PRÉSIDENTE DE L’ORDRE DES INGÉNIEURS DU QUÉBEC

OBSTACLES À L’INNOVATION

Sophie : Selon vous, quels sont les di érents freins à l’innovation et à l’augmentation de la productivité actuellement ?

Bicha Ngo : Ils résident dans une combinaison de facteurs. Le financement est un défi important et, à cet égard, Investissement Québec est très présent pour soutenir les projets d’innovation. On intervient dès le début du processus, mais le privé doit prendre le risque avec nous. Ce n’est pas toujours facile, surtout dans un contexte très incertain, alors que beaucoup d’entreprises sont un peu en mode survie et ont mis des projets sur pause. De notre côté, nous proposons de l’accompagnement technologique, nous expliquons la valeur ajoutée de l’investissement en innovation, tout en o rant une certaine flexibilité de financement afin que les entreprises puissent y participer.

Sophie : E ectivement, c’est maintenant qu’il faut accélérer l’innovation et la productivité si nous voulons rester dans la course. Bicha Ngo : Il est clair que, dans l’environnement actuel, on doit se montrer plus agile que jamais. Cependant, les cinq dernières années ont été di ciles en raison de la pandémie, l’inflation, la hausse des

taux d’intérêt, l’instauration de tarifs douaniers, les problèmes de main-d’œuvre, etc. De ce fait, plusieurs entrepreneurs auraient décidé que le moment était venu de vendre leur entreprise, d’après ce que nous disent nos partenaires financiers. Le contexte n’est donc pas favorable à l’investissement. C’est pourquoi nous sommes très actifs : nous parlons aux entrepreneurs et nous trouvons des moyens pour minimiser le risque. Inversement, on constate également sur le terrain que les entrepreneurs qui, pendant la pandémie, ont décidé d’investir en productivité, se retrouvent aujourd’hui dans une position plus favorable. Grâce à leur compétitivité accrue, ils sont moins fragilisés par les tarifs douaniers. Mais ils ont pu le faire parce qu’ils ont bénéficié du soutien de leurs actionnaires. C’est encore une fois la preuve que le risque se prend à deux.

Sophie : C’est la même chose lorsque l’ingénieur propose des solutions : son client doit y adhérer si on veut que ça fonctionne. Récemment, nous avons réalisé une étude intitulée le Baromètre de l’action climatique. Nous voulions savoir comment les membres de l’Ordre intégraient le développement durable et l’adaptation au changement climatique (page 26). dans leurs pratiques. On remarque que les freins dans ce domaine sont

similaires à ceux évoqués en matière d’innovation. Ils sont financiers, mais aussi liés à la volonté des clients privés et publics.Le Baromètre a également révélé que nos membres sont motivés à suivre des formations afin d’accroître leurs compétences à développer des innovations et à s’adapter aux évolutions climatiques. Bicha Ngo : En dépit du contexte di cile, je demeure malgré tout optimiste. Nos entrepreneurs et entreprises sont très résilients. Ils vont continuer à se ba re et à travailler avec nous afin de trouver des moyens d’être encore plus compétitifs. Vous parliez de changements climatiques… À ce sujet, je voudrais ajouter que le développement et l’investissement durables font partie intégrante de notre approche pour stimuler la productivité. Par exemple, lorsque nous évaluons la possibilité d’améliorer une chaîne de production, nous tenons compte de cet aspect dans notre analyse. Aujourd’hui, on ne peut plus séparer ces deux éléments, ils doivent absolument être intégrés.

Sophie : Bicha Ngo, je vous remercie chaleureusement pour cet échange.

Propos recueillis par Emmanuelle Gril, journaliste. Les réponses ont été éditées pour plus de concision et de fluidité.

TOUT PARTICULIÈREMENT DANS UN CONTEXTE ÉCONOMIQUE MARQUÉ

PAR L’INCERTITUDE TARIFAIRE ET UNE CONCURRENCE INTERNATIONALE ACCRUE.

GRAND V

Trois entreprises soutenues par Investissement Québec innovent dans les secteurs de la robotique industrielle, l’aéronautique et l’environnement.

1. PureSphera réduit les émissions de gaz à e et de serre en démantelant les appareils frigorifiques de façon optimale.

2. L’entreprise Abipa International est un leader mondial en usinage et en assemblage aéronautique.

3. Inogec conçoit des véhicules autonomes industriels innovants pour améliorer la productivité des entreprises.

L’initiative grand V encourage l’investissement et favorise l’innovation durable pour soutenir la croissance des entreprises. grandv.investquebec.com

ÉTUDE SUR L’ENTREPRENEURIAT EN GÉNIE AU QUÉBEC

Disponible dans la section des grands dossiers sur oiq.qc.ca

À l’aéroport international Montréal-Trudeau, des équipes de dégivrage et d’antigivrage appliquent des fluides pour éliminer la glace accumulée sur un avion avant le décollage.

INNOVATION ANTIGIVRE

LE QUÉBEC NE MET RIEN SUR LA GLACE EN AVIATION

Avec ses hivers rigoureux et son écosystème aéronautique de classe mondiale, la Belle Province a tout pour être à la fine pointe en matière de dégivrageantigivrage dans le transport aérien. Plus vert, plus rapide, plus e cace, au meilleur coût et moins de matériau : tour de piste d’un sujet chaud de l’ingénierie d’ici.

Il ne faut pas confondre « dégivrant », qui fait fondre le givre, et « antigivrant », qui empêche sa formation ou son accumulation. En aéronautique comme dans la définition des termes, tout est a aire de rigueur. « S’il y a de la glace sur l’instrumentation de vol, comme un tube de Pitot, ça peut mener à l’écrasement, on le sait », prévient Nicolas Dodane, directeur des programmes au Consortium de recherche et d’innovation en aérospatiale au Québec (CRIAQ). Sans aller jusqu’à provoquer la perte de l’aéronef, le givre a des e ets bien connus : alourdissement, modifications de l’aérodynamique, augmentation de la consommation en carburant et répercussions économico-environnementales1

Nouveau paradigme

Le sujet ne date pas d’hier : il y a plus de 10 ans, le CRIAQ a soutenu le développement d’un système de dégivrage électrique des pales d’hélicoptère. Depuis les dernières années, les projets se multiplient et changent de nature. « Ce n’est

pas seulement le nombre qui a augmenté, mais aussi la nature des recherches qui a évolué : on est passé d’une approche empirique à une démarche visant à comprendre et à reproduire le phénomène de givrage », explique Nicolas Dodane. Les plus récents projets dans le giron du CRIAQ le montrent : un simulateur qui place

« De l’instrumentation de vol sur laquelle il y a de la glace, comme un tube de Pitot, ça peut mener au crash, on le sait. »

NICOLAS DODANE, DIRECTEUR DES PROGRAMMES, CONSORTIUM DE RECHERCHE ET D’INNOVATION EN AÉROSPATIALE AU QUÉBEC (CRIAQ).

Les 12 travaux de dégivrage-antigivrage à l’aéroport international Montréal-Trudeau

Perme re 500 a errissages ou décollages chaque jour, c’est un énorme défi, surtout en hiver, quand la sécurité demande que tout ce qui vole ou ce sur quoi on roule soit exempt de givre, de glace ou de neige.

• 10 880 aéronefs dégivrés par saison (du 15 novembre au 15 avril)

• 92,5 ha à traiter (25 voies de circulation, 2 pistes, 80 stationnements d’avion)

• 176 000 litres d’acétate de potassium et 572 tonnes de formiate de sodium par hiver moyen (220 cm de neige, de 4 à 5 verglas)

• 330 000 m3 de neige enlevée (environ 10 000 camions)

• Un circuit de traitement = distance Montréal-Québec, jusqu’à trois circuits par quart de 12 h

• E ectifs : 90 permanents, 30 saisonniers opérant 70 sou euses, épandeurs, chargeurs et balais de piste en alerte 24 h par jour, 7 jours par semaine

• Les pistes sont si longues (11 000 et 9800 pi) que les conditions climatiques et les traitements associés peuvent varier aux extrémités.

un rotor d’hélicoptère ou une sou ante de réacteur à température et humidité contrôlées pour des essais au sol en conditions de vol hivernal et à l’année longue, une étude visant l’optimisation des activités d’entretien des pistes en hiver, ou encore la modélisation du givrage des pistes en vue du développement d’un outil de simulation devant perme re de mieux corréler normes et procédures aux conditions réelles. Dans le cadre de ce dernier projet, en phase de montage, les données seront colligées par un dispositif mobile équipé de capteurs optiques, thermiques et chimiques, puis traitées par l’intelligence artificielle, rien de moins.

L’aviation aussi passe au vert

Plusieurs facteurs poussent ce e nouvelle o ensive antigivre. D’abord, le dérèglement climatique : « On observe une accélération des cycles de gel-dégel, une augmentation de la fréquence des conditions climatiques critiques très rares comme les verglas », confirme JeanDenis Brassard, ing., Ph. D. en génie des matériaux, professeur-chercheur en ingénierie nordique au Département des sciences appliquées de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et coprésident du comité normatif SAE-G12 sur les produits dégivrants pour pistes. Ensuite, le transport aérien, notamment vers les communautés nordiques canadiennes, est en plein essor. Enfin, au-delà de leurs e ets sur les aéronefs, les activités de dégivrage–antigivrage représentent un défi environnemental. « De nice to have, les considérations environnementales sont devenues un must have dans le montage des projets », insiste Nicolas Dodane. En plein boom du transport aérien, il faut améliorer l’e cacité des produits pour réduire les temps de traitement, les fréquences d’application et les coûts a érents — un sel de déglaçage aéronautique coûte 20 fois plus cher qu’un sel de voirie. Toutefois, le matériau ou le procédé le plus vert, c’est celui qu’on utilise le moins, particulièrement en dégivrage-antigivrage, domaine dans lequel les options de matériaux de traitement restent très limitées (voir encadré). « Nous travaillons sur des combinaisons solide-liquide pour prolonger l’e et antigivre, ainsi que sur des essais normalisés de pénétration, de fonte et de friction pour aboutir à une matrice de décision des usages », illustre Jean-Denis Brassard.

Le Québec vole plus haut

Recherche fondamentale ou application concrète : en matière de dégivrage et

Photos : Aéroports de Montréal (ADM)

Dégivrage et antigivrage plus verts : mêmes produits, utilisation optimisée

Les molécules antigivre utilisées en aéronautique sont rares. Les produits routiers (chlorures de sodium et de calcium) sont pour leur part beaucoup trop corrosifs pour un usage sur piste ou sur aéronef. Restent l’éthylène glycol, le propylène glycol, les acétates et les formiates (qui se déclinent en sels de sodium ou de potassium), dont les usages sont bien distincts. Les glycols sont pulvérisés sur les aéronefs. Puisque les interactions entre acétates — formiates et métaux — composites demeurent mal connues, ces agents sont épandus sur les pistes en remplacement des glycols, toxiques pour l’humain et l’environnement. Aussi utilisés comme fertilisants, les acétates et formiates polluent l’eau et les sols s’ils sont employés en grande quantité. En outre, leur production, délocalisée au Moyen-Orient et en Asie-Pacifique, est énergivore et repose sur les hydrocarbures, ce qui entraîne un bilan carbone défavorable.

Dégivrer vert, c’est donc faire mieux avec moins, et le Québec mène sur tous les fronts :

Recyclage du glycol : si plusieurs aéroports le pratiquent, celui de Montréal a che la plus grande pureté (99,7 %) et a été le premier au monde à le réutiliser sur site3

Optimisation des opérations de dégivrage des pistes : la première étude sur le sujet, bouclée il y a un an, est une collaboration du CRIAQ, du LIMA et d’ADM.

Production écoresponsable de dégivrants-antigivrants : la société Electro Carbon est la seule à synthétiser le formiate de potassium à partir de CO2, de potasse et d’électricité verte (et elle le fait ici en captant ses GES, ce qui se traduit par des économies en transport et en carbone)4

Optimisation des usages, compréhension du phénomène de givrage : l’UQAC et le LIMA sont les chefs de file mondiaux de la recherche et de la normalisation sur le sujet.

« Nous travaillons sur des combinaisons solide-liquide pour prolonger l’e et antigivre, ainsi que sur des essais normalisés de pénétration, de fonte et de friction pour aboutir à une matrice de décision des usages. »

JEAN-DENIS BRASSARD, ING., PH. D. EN GÉNIE DES MATÉRIAUX, PROFESSEUR-CHERCHEUR EN INGÉNIERIE NORDIQUE AU DÉPARTEMENT DES SCIENCES APPLIQUÉES DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI (UQAC) ET COPRÉSIDENT DU COMITÉ NORMATIF SAE-G12 SUR LES PRODUITS DÉGIVRANTS POUR PISTES.

d’antigivrage, le Québec montre la voie. JeanDenis Brassard souligne la richesse de l’écosystème, porté par des acteurs aussi variés qu’Aeromag, qui recycle le glycol à l’aéroport de Montréal, Electro Carbon, qui produit du formiate de potassium écoresponsable, CHEMR pour les matériaux de dégivrage et d’antigivrage, et le Laboratoire international des matériaux antigivre de l’UQAC (voir encadré). Tous, chacun dans son domaine, contribuent à la réputation mondiale de la Belle Province. En outre, cet écosystème est propulsé par un très gros porteur : « L’industrie aéronautique et aérospatiale québécoise, c’est un secteur de 23 milliards de dollars, dont 80 % des produits

sont destinés à l’exportation. Plus de 60 % de l’emploi et 75 % de la R et D canadienne dans ce domaine, ce qui place Montréal au 3e rang mondial après Sea le et Toulouse », conclut Nicolas Dodane.

Antoine Palangié, journaliste.

Références :

1. https://tc.canada.ca/fr/aviation/ publications/securite-aerienne-nouvelles/ numero-3-2024/givrage-vol

2. lima.uqac.ca

3. https://unpointcinq.ca/innovationdegivrage-avion-glycol-recyclable

4. https://www.electrocarbon.ca/technology

1. Finissante à la maîtrise en ingénierie mesurant la friction simple et l’adhérence de la glace avec l’appareil multifonctions. 2. Simulation d’une tempête de neige artificielle en chambre climatique. 3. Jean-Denis Brassard, ing., et une chercheuse mesurant la performance antigivre de produits solides sur un simulateur de trafic aéroportuaire.

Le LIMA, un laboratoire unique au monde

Le Laboratoire international des matériaux antigivre (LIMA) est une unité de recherche de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Créé au début des années 1990, c’est le seul laboratoire indépendant accrédité pour qualifier au sol les fluides de dégivrage et d’antigivrage des avions, tant pour la protection des surfaces que pour leurs performances aérodynamiques. Doté de deux sou eries réfrigérées et de cinq chambres climatiques, il peut reproduire un large éventail de conditions hivernales jusqu’à - 45 °C, afin d’évaluer l’e cacité des produits en conditions hivernales au sol, au décollage et en vol.

Son équipe de 15 personnes (dont 5 membres de l’Ordre) travaille sur les produits destinés aux aéronefs et aux pistes d’aéroport sous l’angle de leurs performances et de l’optimisation de leur utilisation. Plus récemment, des essais sur l’oxydation des freins en carbone causée par les produits de dégivrage pour pistes se sont ajoutés au portefeuille de services du LIMA.

Le large panel de partenaires et de financements universitaires, gouvernementaux et industriels du Canada, d’Europe, d’Asie et des États-Unis reflète la stature mondiale du laboratoire2.

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LA TENSION MONTE INFRASTRUCTURES ÉLECTRIQUES

Selon Hydro-Québec, il faut doubler la production d’énergie au Québec d’ici 10 ans. Soit, mais par où passeront tous ces électrons ? Coup d’œil sur l’avenir des lignes de transport d’électricité dans la province.

« Le Québec de demain ne sera pas recouvert de lignes à haute tension », a rme d’emblée l’ingénieur Steve Blackburn, chef de la conception et de l’évolution du système énergétique à Hydro-Québec. Même si la société d’État prévoit une augmentation importante de la production d’électricité dans les prochaines années, les infrastructures existantes seront en mesure de transporter une partie de la charge.

L’ingénieur demeurera tout de même bien occupé. En e et, si les pylônes, les poteaux en bois et les postes électriques resteront en place, leurs entrailles, elles, prendront un coup de jeune. « Nos interventions ne se traduiront pas

« Nos interventions ne se traduiront pas toujours par de nouvelles infrastructures. On peut aussi ajouter des équipements qui augmentent la capacité du réseau. »

CHEF DE LA CONCEPTION ET DE L’ÉVOLUTION DU SYSTÈME ÉNERGÉTIQUE, HYDRO-QUÉBEC

Infrastructures électriques en quelques chi res

1965

Année de mise en service, au complexe Manic-Outardes, de la première ligne à haute tension à 735 kilovolts (kV) au monde.

34 000

Nombre de kilomètres de lignes à haute tension qui sillonnent la province, dont un tiers est à 735 kV.

539

Nombre de postes électriques au Québec. Leur tension varie de 44 kV à 735 kV.

100

« Tout le monde veut augmenter sa consommation d’énergie, mais personne ne veut de ligne dans son arrière-cour. »

STEPHAN BRETTSCHNEIDER, ING.

PROFESSEUR EN GÉNIE ÉLECTRIQUE AU DÉPARTEMENT DES SCIENCES APPLIQUÉES, UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI

toujours par de nouvelles infrastructures, explique Steve Blackburn. On peut aussi ajouter des équipements qui augmentent la capacité du réseau. »

À l’aube du chantier titanesque qui s’amorce pour doubler la capacité de production électrique de la province, l’avenir des infrastructures de transport s’annonce… électrique.

Branché

La plus grande innovation en matière de transport d’électricité remonte aux années 1960, lorsqu’un ingénieur québécois a mis au point les lignes à 735 kilovolts, perme ant d’acheminer le courant produit dans les centrales du nord vers les grands centres de consommation, au sud. « C’est une technologie éprouvée », souligne avec fierté l’ingénieur Stephan Bre schneider, professeur en génie électrique au Département des sciences appliquées de l’Université du Québec à Chicoutimi. Il observe que ce type de réseau demeure l’option la plus adaptée dans la majorité des situations.

Les technologies et les pratiques de construction ont toutefois grandement évolué depuis l’époque de la Révolution tranquille. Dans les postes électriques, par exemple, on mise désormais sur le préfabriqué. « On fabrique et on teste les panneaux de commande en usine. On réduit ainsi les interventions sur le chantier pour câbler les di érents systèmes », se réjouit Steve Blackburn. Ce e méthode raccourcit les délais de mise en service et permet de tester les nouveaux paliers technologiques bien au chaud, dans un environnement contrôlé.

Pour limiter la construction de nouvelles lignes, Stephan Bre schneider croit qu’il faut aussi miser sur la production ultralocale. Il espère notamment voir se multiplier les panneaux solaires sur les toits : « Comme ça, on peut produire de l’énergie qu’on n’a pas besoin de transporter sur de grandes distances », explique-t-il.

Emmitouflés

L’optimisation ne résoudra cependant pas tout. HydroQuébec prévoit d’ailleurs le déploiement de trois nouveaux

corridors (Côte-Nord, Vallée-du-Saint-Laurent et Appalaches–Bas-Saint-Laurent) d’ici 2036, soit 850 kilomètres de lignes et cinq postes supplémentaires.

Ces annonces suscitent la grogne, notamment de citoyennes et citoyens qui accusent les fils de défigurer les paysages. « Tout le monde veut augmenter sa consommation d’énergie, mais personne ne veut de ligne dans son arrière-cour », observe Stephan Bre schneider avec consternation.

Existe-t-il une solution qui pourrait satisfaire tout le monde? Serait-il possible d’enterrer les fils, par exemple?

L’idée revient souvent à l’avant-plan. Bonne nouvelle : « Ce n’est pas impossible d’un point de vue technique », confirme Stephan Bre schneider. Mais les défis sont nombreux, notamment en raison de la capacité de dispersion de la chaleur du sol, plus faible que celle de l’air.

En réalité, le volume de câbles nécessaires pour transporter la même quantité de courant serait considérablement accru. Selon Hydro-Québec, l’enfouissement fait au moins quadrupler les coûts d’un projet. Bref : « Économiquement, c’est presque impossible », estime le chercheur. Ces contraintes expliquent pourquoi moins de 1 % des lignes de la province sont enterrées.

Chaud-froid

Reste qu’en gardant les lignes hors du sol, on les expose à une multitude de conditions météorologiques parfois hostiles. La crise du verglas de janvier 1998 avait par exemple privé d’électricité près de 3,5 millions de personnes au Québec, dont certaines pendant plus d’un mois. « On a beaucoup appris de cet événement », rassure Steve Blackburn, qui souligne que la conception des pylônes a notamment été revue pour leur assurer une plus grande résilience dans des conditions climatiques extrêmes.

« Désormais, on s’assure que les poteaux de bois sont solides et que la partie horizontale qui touche la ligne est plus fragile, ajoute Stephan Bre schneider. Ainsi, en cas de verglas, c’est la ligne qui cède, ce qui prend beaucoup moins de temps à réparer. » Une réflexion basée sur la situation géographique est aussi menée, afin que les infrastructures soient conçues en fonction des risques réels.

L’été, les feux de forêt et les chaleurs extrêmes peuvent également nuire aux fils électriques. « Quand il fait chaud, les lignes se rapprochent du sol, ce qui diminue leur capacité à transporter du courant, explique Steve Blackburn. Il nous a fallu me re au point des technologies pour mesurer à quelle hauteur elles se trouvent. Ce sont des contraintes qu’on n’avait pas avant. » Pour mieux faire face aux imprévus, des systèmes de contrôle automatisés sont en cours de conception.

Si les annonces de nouvelles centrales a irent souvent davantage l’a ention, l’humble fil électrique demeure essentiel pour transporter ces électrons jusqu’à nos foyers. Derrière les infrastructures, plusieurs ingénieures et ingénieurs s’a airent à nous garder toujours connectés.

APERÇU DES INSTALLATIONS DE PRODUCTION

Pooneh Maghoul, ing.

QUAND LA TERRE ET LA LUNE

SE RENCONTRENT EN LABORATOIRE

Portée par la curiosité, Pooneh Maghoul poursuit une trajectoire scientifique remarquable où s’entremêlent ingénierie lunaire, e cacité énergétique et sismologie. Ce parcours inspirant lui vaut d’être la lauréate 2025 du prix Honoris Genius — Recherche ou enseignement du génie.

Formée à l’Université de Téhéran puis à l’École des Ponts ParisTech, Pooneh Maghoul se spécialise en génie parasismique, un choix qui résonne avec son enfance en Iran, pays souvent secoué par les tremblements de terre.

Elle e ectue ensuite un postdoctorat à l’Université Laval sur l’e cacité énergétique des bâtiments. Ses travaux portent notamment sur l’e et du sol et des cycles de gel et dégel sur les pertes de chaleur. Après avoir enseigné quelques années comme chargée de cours à Polytechnique Montréal et à l’École de technologie supérieure à Montréal, elle devient en 2015

professeure adjointe en parasismique à l’Université du Manitoba. Or, les séismes y sont très rares. Elle réoriente alors ses recherches vers le Nord, le pergélisol et les changements climatiques. « J’ai ainsi appliqué mes connaissances en parasismique, en e cacité énergétique et sur les cycles de gel et dégel pour caractériser le

« À l’Université de Téhéran, la parité était clairement observable. J’excellais en mathématiques, en physique et en programmation. »

pergélisol, en utilisant entre autres les ondes pour analyser les sols gelés », raconte l’ingénieure.

De la Terre à la Lune

En 2019, la NASA annonce la relance des missions lunaires avec ce slogan : We are going to the Moon, to stay. Enfant, Pooneh rêvait de travailler à l’Agence spatiale américaine. « J’adorais tout ce qui touchait à l’espace », confie l’ingénieure.

À première vue, génie parasismique et aérospatiale paraissent aux antipodes, mais les défis sont similaires : comprendre la stabilité des sols, rechercher de l’eau et bâtir dans des conditions extrêmes. Sur la Lune, les « tremblements de Lune » peuvent durer jusqu’à dix

minutes. Et, là-haut, impossible d’utiliser du béton comme sur Terre. Il faut construire avec les matériaux disponibles sur place, avec très peu d’eau. Voilà un défi taillé sur mesure pour l’expertise de Pooneh Maghoul sur les milieux extrêmes, ce e fois appliqués à l’espace. Elle est donc heureuse de contribuer aux futures constructions lunaires en collaboration avec des collègues de diverses agences spatiales. « Lorsque j’en parlais, au début du projet, certains souriaient, sceptiques. Mais c’est en ayant l’audace d’innover et en combinant di érents savoirs que j’ai pu ouvrir un champ de recherche inédit. » Toutefois, avant de construire une base lunaire permanente, la NASA a fait de sa priorité la recherche d’eau,

1. La professeurechercheuse Pooneh Maghoul, ing., dans son laboratoire à Polytechnique Montréal.

2. Un microscope électronique à balayage.

Le pergélisol sous la loupe

Experte de poromécanique multiéchelle, l’ingénieure étudie le comportement de matériaux poreux : sol, sable, argile, béton, bois… et même des os ! Chacun réagit di éremment. « En les observant à l’échelle microscopique, on comprend mieux ce qui se passe dans les pores et pendant les di érentes phases du matériau », explique-telle. Ces observations sont ensuite transposées à l’échelle macroscopique. C’est ce qu’on appelle la poromécanique multiéchelle.

Un exemple concret : un tremblement de terre ou simplement les vibrations d’une voiture, la pluie ou encore les cycles de gel et dégel modifient la chaussée. Le rôle de Pooneh Maghoul consiste à étudier ces phénomènes afin d’en dégager de meilleures pratiques de construction.

« En génie civil, on conçoit des structures adaptées aux contraintes climatiques. Dans le domaine biomédical, certains de mes projets portent sur la caractérisation des os pour mieux comprendre l’ostéoporose. En aérospatiale, je m’intéresse à des composites adaptés aux conditions extrêmes, comme celles de l’environnement lunaire », résume-t-elle. Ses activités de recherche en poromécanique multiéchelle sont donc transversales.

L’un des matériaux de prédilection de Pooneh Maghoul est le pergélisol, dont elle étudie les caractéristiques au moyen d’images satellitaires, de capteurs (température, humidité, déformation) et de caro es de sol analysées en laboratoire. Ensemble, ces données fournissent une vision qui permet de concevoir des infrastructures plus solides et d’anticiper les e ets des changements climatiques sur le pergélisol.

Interface de commande avec console pour piloter le microscope électronique à balayage dans le laboratoire de la professeure-chercheuse Pooneh Maghoul, ing., à Polytechnique Montréal.

indispensable pour produire de l’oxygène et de l’hydrogène.

Fondations solides

Références

● https://science. nasa.gov/resource/ we-are-going

● www.polymtl.ca/ expertises/ maghoul-pooneh

● www.siglab.ca/ dre-pooneh-maghoul

Pooneh Maghoul se souvient qu’il était normal pour les femmes en Iran de programmer ou de devenir ingénieures. « À l’Université de Téhéran, la parité était clairement observable. J’excellais en mathématiques, en physique et en programmation », dit-elle.

Aujourd’hui professeure-chercheuse à Polytechnique Montréal, Pooneh Maghoul insiste sur la valeur des sciences fondamentales dans sa vie professionnelle. « Le monde évolue très vite avec l’intelligence artificielle

et les technologies émergentes. Dans cinq ans, je travaillerai sans doute à des projets qui n’existent pas encore. Une formation en recherche fondamentale donne non seulement des outils, mais aussi la capacité d’explorer des terrains inconnus », souligne-t-elle avec conviction.

Au-delà des stéréotypes qu’elle doit a ronter — femme, immigrante, ingénieure —, elle est surtout portée par la passion pour la recherche et pour la science. « Malgré les obstacles, tout est possible », assure-t-elle. En témoigne son parcours.

Annie Labrecque, journaliste.

Photoreportage

SONDAGE

DES INFRASTRUCTURES

PUBLIQUES SOUS PRESSION

L’Ordre des ingénieurs du Québec a consulté ses membres et CPI afin de recueillir leur opinion concernant les enjeux liés à l’état des infrastructures au Québec1. Les constats font consensus. Direction des communications.

→ LES SECTEURS QUI INQUIÈTENT LE PLUS

Plusieurs piliers de nos services publics montrent des signes d’usure préoccupants. Ce sont les secteurs suivants qui suscitent le plus d’inquiétudes parmi les membres ayant répondu au sondage :

1. Santé et services sociaux

2. Réseau routier

3. Infrastructures municipales

4. Éducation

→ LES FREINS À UNE GESTION ADÉQUATE

Un consensus se dégage quant aux principaux obstacles à une gestion optimale des infrastructures.

95 % Intervention politique et cycles électoraux

90 % Lourdeurs administratives

89 % Coûts de construction élevés

87 % Manque de prévisibilité budgétaire d’une année à l’autre

87 % Priorité aux nouveaux projets au détriment du maintien de l’existant

D’autres obstacles ont également été signalés, notamment le manque de financement, la complexité de la règlementation et l’insu sance des données relatives à l’état des infrastructures.

→ L’ENTRETIEN AU SECOND PLAN

Parmi les membres et CPI interrogés, le tiers (34 %) a déjà vu des travaux d’entretien recommandés par les équipes techniques être écartés au profit d’autres projets, chiffre qui atteint 55 % parmi ceux et celles issus de la fonction publique. Environ 700 personnes ont d’ailleurs donné des exemples illustrant cette situation.

1. Sondage Web mené entre le 16 et le 22 octobre 2025 auprès des membres et CPI. Un total de 2368 personnes y ont répondu.

ON FAIT DES PIEDS ET DES MAINS POUR INNOVER ON

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