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OUTRE-MER grandeur Nature _ n°4 mai 2021

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l’E-MAG ultramarin de l’environnement

wallis-et-futuna SURVEILLER L’éTAT DE SANTE DES HERBIERS MARINs DE WALLIS Tous les ans, les techniciens de l’Agence territoriale de l’environnement de l’archipel se jettent Ă  l’eau afin de surveiller l’état de santĂ© des Ă©cosystĂšmes marins. Ils suivent l’évolution des rĂ©cifs coralliens, mais leurs regards se tournent Ă©galement, tous les deux Ă  trois ans, vers un Ă©cosystĂšme moins valorisĂ© et tout aussi prĂ©cieux pour la vie marine (et terrestre !) : les phanĂ©rogames ou herbiers marins. Dans l’archipel, seule l’üle de Wallis abrite des herbiers marins. Ces prairies sous-marines sont composĂ©es de plantes Ă  fleurs qui, en vĂ©ritables ingĂ©nieures d’écosystĂšmes, stabilisent les fonds marins par leurs vastes rĂ©seaux racinaires et crĂ©ent, du sol Ă  la canopĂ©e, des habitats indispensables Ă  une grande diversitĂ© d’espĂšces. Ce sont Ă©galement d’excellentes pompes Ă  carbone : elles reprĂ©sentent plus de 10 % du stockage mondial de carbone dans les ocĂ©ans, alors qu’elles ne couvrent qu’environ 0,1 % des fonds marins – trois fois plus efficaces que les forĂȘts tropicales ou tempĂ©rĂ©es ! Le rĂ©seau de surveillance des herbiers de Wallis a Ă©tĂ© lancĂ© en 2014 par l’installation de trois stations de suivi dans le lagon (voir la carte ci-dessus) et par la formation des agents techniques. Ainsi, depuis 2015, l’analyse de l’état de santĂ© des herbiers est rĂ©alisĂ©e pĂ©riodiquement au moyen d’un protocole de suivi scientifique qui s’appuie sur trois techniques. Dans chaque station, des plots en bĂ©ton matĂ©rialisent trois transects de 50 mĂštres sur lesquels les plongeurs vont rĂ©aliser diffĂ©rentes observations. Ils se concentrent tout d’abord sur l’analyse dĂ©taillĂ©e des Ă©lĂ©ments qui composent l’herbier et dĂ©posent pour cela 10 cadres de 0,25 m2 le long du transect : cette technique

dite des quadrats va notamment permettre d’attribuer une classe de recouvrement Ă  chaque herbier et suivre l’évolution de cette note, ainsi attribuĂ©e, d’annĂ©e en annĂ©e. Les plongeurs procĂšdent ensuite Ă  des observations similaires en parcourant cette fois simplement la ligne dĂ©finie par le transect : ils observent notamment le mitage et la fragmentation de l’habitat. L’observation prĂ©cise de ces « trous » d’herbes plus ou moins importants permet d’évaluer le niveau d’endommagement de l’écosystĂšme et tĂ©moigne souvent, lorsque l’habitat est trĂšs fragmentĂ© voir rĂ©gresse, de perturbations d’origines anthropiques (piĂ©tinement humain, installation d’amĂ©nagements...). Enfin, le dernier passage sur un transect Ă  largeur fixe de 2,50 mĂštres de part et d’autre de la ligne (soit un couloir de 250 mÂČ) a pour but d’identifier les sources de perturbations naturelles. Les techniciens observent la faune qui a Ă©lu domicile dans les herbiers – les traces de passage de l’endofaune enfouie sous le sable ou la faune sessile, fixĂ©e sur le fond – car elle peut elle aussi endommager les plantes. Cela permet une analyse globale de la dynamique d’évolution de l’herbier et ainsi, une meilleure comprĂ©hension de l’état de conservation de l’écosystĂšme.

Florian Le Bail, chargĂ© de mission BiodiversitĂ© au service territorial de l’Environnement de Wallis-et-Futuna : « Lors du dernier suivi des herbiers en 2019, il a Ă©tĂ© constatĂ© une diminution de la surface d’herbier sur une station en particulier, Ă  Mata Utu. Cette zone Ă©tant frĂ©quentĂ©e par les pĂȘcheurs Ă  pied, il est possible que cette activitĂ© ait un impact nĂ©gatif sur l’écosystĂšme. »

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