Biathlon Magazine 1

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MAGAZINE

NOUVEAU

BIATHLON LE RÉCIT COMPLET DE L’HIVER QUENTIN FILLON-MAILLET JOHANNES BOE MARTIN FOURCADE... 64 PAGES SPÉCIALES 200 PHOTOS DOROTHEA WIERER RÉPOND À SANDRINE BAILLY SIMON FOURCADE TIRE SA RÉVÉRENCE LE BIATHLON CRÈVE L’ÉCRAN

01 AVRIL 2019


Comme une virgule naturelle le long de la frontière franco-suisse, les Montagnes du Jura offrent à leurs visiteurs une douce parenthèse, aux antipodes des destinations touristiques saturées. UNE DESTINATION QUI TOUCHE À L’ESSENTIEL L’hiver, la neige recouvre versants et plateaux pour offrir l’un des plus vastes domaines nordiques d’Europe au départ des stations de ski classées ou des stations village… Dans ces paysages de rêve, vous glissez en skating, slalomez entre les sapins, vous vous évadez à raquettes ou en compagnie de chiens de traîneaux ! Venez découvrir toutes les facettes d’un territoire montagnard attachant. Une promesse de dépaysement absolu dans de grands espaces naturels... www.montagnes-du-jura.fr


Nordiques par nature Avec ses grandes étendues à perte de vue, ses reliefs harmonieux, les Montagnes du Jura sont le terrain de jeux préféré des amateurs d’activités nordiques et des sportifs de haut niveau. Ici, le biathlon est à l’honneur. Anciens ou nouveaux biathlètes français comme Florence Baverel, Vincent Defrasne, Sandrine Bailly, Célia Aymonier, Anaïs Bescond, Simon Desthieux ou encore Quentin Fillon Maillet vivent dans les Montagnes du Jura. En toute légimité, la destination est très fière d’être partenaire de la Coupe du Monde de Biathlon et de s’afficher aux côtés de la chaîne sportive L’Équipe pour promouvoir les valeurs nordiques et les grands champions du biathlon.


L’esprit nordique

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BIATHLON MAGAZINE

BIATHLON

LE GRAND Récit • HiVeR 2018-2019

Le récIT cOMPLeT De L’HIver Quentin fillon-Maillet JoHanneS Boe MaRtin fouRCaDe... 64 PAGES SPéciAlES 200 PHOTOS

dorothea WIerer répond à SandrIne BaILLY SiMon fouRCaDe tiRe Sa RÉVÉRenCe le BiatHlon CRèVe l’ÉCRan

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BIATHLON

Manzoni/NordicFocus

MAGAZINE

Les Épilobes 300, chemin des Mouillettes 39260 Prémanon www.biathlonmagazine.com magazine@biathlonmagazine.com

SAS au capital de 5 000 € RCS Lons-le-Saunier Siret 538 166 166 Président : Franck Lacroix RÉDACTION Directeur de la publication et de la rédaction : Franck Lacroix Ont collaboré à ce numéro : Sandrine Bailly, Vincent Defrasne, Jérôme Martinet, Yves Perret, Thomas Bray, Marie Le Bobinnec, Christophe Sellez, Clément Mailler Merci à Louis Delvinquière, Florian Burgaud, Antoine Deswarte, Isabelle Begon, Vincent Berlandis, Julie le Bobinnec Photo de couverture : Christian Manzoni/NordicFocus

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PUBLICITÉ Vosges/Jura : 06 75 93 56 12 Alpes/Pyrénées : 06 33 43 35 78 Corentin Jacquot Autres régions : ALC Média 06 60 68 15 95 Impression Rotimpres Distribution Messageries Lyonnaises de Presse Création : Avril 2019 Dépôt légal : Avril 2019 ISSN : en cours La reproduction, même partielle, des articles et illustrations parus dans Biathlon Magazine est interdite. Les Éditions du Jura déclinent toute responsabilité pour les documents remis.

Les Éditions du Jura publient aussi et

EDITO

SÉRIE À SUCCÈS C’est une série que vous ne verrez pas sur Netflix ou Canal. Et pourtant, tous les ingrédients qui font le succès des House of Cards, Casa de papel et Bureau des légendes sont réunis. D’abord, il y a les héros, dans leur tenue colorée et moulante que n’auraient pas reniée Captain America, Spiderman et autres défenseurs de l’univers, des personnages auxquels on s’attache, semaine après semaine, pour lesquels on rêve de gloire, pour qui il nous arrive de trembler à la simple idée qu’ils puissent être contraints de mettre un genou à terre. Face à eux, leurs adversaires ne manquent pas de bravoure. Ils ont juste contre eux d’être nés de l’autre côté de la frontière, de défendre le mauvais drapeau, de se raidir pour un autre hymne national que La Marseillaise. Le casting est idéal, presque caricatural pour qui voudrait conserver un esprit critique. Tout le monde est jeune, fort, beau... C’est comme si nous évoluions dans une société qui ne vieillirait pas, comme si chacun avait pu tremper ses lèvres dans le Saint Graal. Ensuite (et surtout), le scénario est implacable. Dès les premières images, le téléspectateur est pris au piège, car tout peut arriver, à tout moment, à n’importe qui. Nous ne sommes

pas dans un de ces feuilletons où, très vite, on devine qui est l’assassin. Ici, tout le monde est armé et quand les détonations se font entendre, les victimes sont nombreuses. Attention, pas de sang à l’écran, non... mais de la rage, des larmes, de la frustration, de la peine, de la colère. Ou de la joie, de la confiance, de l’énergie qui vous fait penser, soudain, que vous pouvez renverser des montagnes. Les retournements de situation peuvent déboulonner des statues, ils peuvent mettre en lumière des seconds rôles. Et ce, jusqu’à la dernière minute. Il faut nous voir alors, trépignant sur nos canapés, levant les bras au ciel, sautant de joie ou nous cachant les yeux pour ne pas affronter l’impensable. C’est un programme idéal, un combat de gladiateurs des temps modernes. Si le biathlon connaît tant de succès, c’est essentiellement parce que les seules armes admises dans ce jeu sont des valeurs qui ont toujours nourri les disciplines nordiques. Il nous faut parler de courage, de rigueur et d’abnégation. Avant de devenir des vedettes du petit écran, les athlètes ont abandonné leur jeunesse à un sport où, même le meilleur, n’a pu transformer le plomb en or qu’à force de travail, de sueur et d’obstination. Comme une ode à la méritocratie.

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DOrOTHeA wIerer pAr SANDrINe BAILLy

le plus important est d’être sincère

EllE Est la mEillEurE biathlètE du mondE. l’italiEnnE dorothEa WiErEr a rEmporté la coupE du mondE, après un ultimE combat avEc sa compatriotE lisa vittozzi. pour biathlon magazinE, EllE répond aux quEstions dE sandrinE bailly, Ex-championnE du mondE.

Quelle femme êtes-vous ? Et quelle athlète ? Je suis quelqu’un de très active et obstinée, ce qui est positif quand on est athlète. Je suis très ouverte d’esprit et de nature généreuse. Mais je suis également franche et je ne perds jamais mon temps avec des gens que je n’aime pas trop... Parfois, je m’éloigne un peu trop du biathlon, mais j’aime tellement profiter de la vie en dehors des stades. Ce n’est pas ce qu’il y a de mieux quand on est sportive de haut niveau, mais, quand je suis sur la piste, je fais toujours mon maximum. Tout en restant très femme...

Pendant le sport, j’essaie en effet d’être aussi féminine que possible.

En équipe de France, nous avions un médecin nommée Lykke Tamm. Elle était Suédoise. Elle avait l’habitude de nous dire : « le plus important, les filles,  c’est d’être belle dans l’effort ! » Vous, vous êtes toujours belle en course. À quel point est-ce important de rester « femme » quand on pratique le biathlon ? C’est important pour moi de me sentir bien. Par exemple, j’aime bien coordonner la couleur de mes boucles d’oreilles avec celle de mes lunettes. J’aime m’appliquer du mascara. Mais je pense que 90 % des athlètes font cela, non ? Même chez les filles, le staff  et les techniciens sont des hommes. Que pensez-vous de cela ? Vous sentez-vous toujours comprise ?

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biathlon des années 2000 : Sandrine Bailly. L’ex-championne du monde française a voulu tout savoir sur le phénomène Wierer : ses passions, sa vie personnelle, ses grands rêves. Entretien entre deux grandes dames.

DR

Je ne suis pas obnubilée par l’idéee d’être la meilleure biathlète du monde. 18 | BIATHLON MAGAZINE • N°1

LE GRAND RÉCIT

SAISON 2018-2019

n Étape #1 POKLJUKA Coup de feu tricolore p.36 Podium au carré p.38 À un cheveu p.40 n Étape #2 HOCHFILZEN Boe gagne, Fourcade rassure p.42 Le récital Fourcade p.45 Collectif p.46 n Étape #3 NOVE MESTO Boe coup p.48 Pochette-surprise p.49 Dans l’ombre des géants p.51 n Étape #4 OBERHOF La belle équipe p.52 Face à face p.54 Emprise russe p.55 n Étape #5 RUHPOLDING Recette perdue p.56 Au bonheur des dames p.58 Boe boulot p.60 n Étape #6 ANTHOLZ La patrouille de France p.62 Les bleus 4/5 p.63 Fort comme un Boe p.64

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n Étape #7 CANMORE Kongelig p.66 Dauphins polaires p.68 Tiercé p.70 n Étape #8 SOLDIER HOLLOW Si près du bonheur p.72 Le vengeur de Poirée p.75 Relais assuré p.76 n Étape #9 CHAMPIONNATS DU MONDE D’ÖSTERSUND L’or et le plomb p.78 La couleur de la victoire p.79 Bronzage intégral p.80 Sainte Justine p.84 Peiffer le meilleur p.86 Toute première fois p.88 La couleur de l’argent p.90 n Étape #10 OSLO HOLMENKOLLEN Si près, si loin p.92 Numéro 9 p.93 L’ombre du suspens p.94 Grand chelem p.96

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n Quand la mécanique Fourcade se grippe p.8 n M. Bourgeois-République p.12 n Marc Ventouillac p.14 n Les prochains rendez-vous p.16 n Le biathlon crève l’écran p. 24 n Découvrez le stade Sylvie Becaert au Grand-Bornand p.32 n La carte de France des stades de biathlon p.100 n Le temps des défricheurs p.104

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vingt-neuf ans, elle est une star de la planète biathlon. Il faut bien admettre qu’elle a tout pour elle. Belle et talentueuse, aussi à l’aise sur les réseaux sociaux (361 000 abonnés sur Instagram) que sur une piste de ski balayée par une tempête de neige, Dorothea Wierer est l’un des atouts charme de son sport. Comme Gabriela Koukalova ces dernières années.. Championne du monde, médaillée olympique, vainqueur d’un petit globe sur la coupe du monde, l’Italienne, c’est aussi, au-delà d’un joli sourire, un solide palmarès sportif et une vitesse de tir à faire pâlir les meilleurs hommes. Très active, la native de Brunico prête volontiers son image à ses principaux sponsors et prend souvent la pose devant l’objectif. Ambassadrice de Livigno, la pétillante Transalpine répond, pour Biathlon Magazine, aux questions d’une autre vedette du


@ROSSIGNOL APPAREL | ROSSIGNOL.COM © Vanessa Andrieux

ANOTHER BEST DAY

BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 7 Martin Fourcade, Olympic Champion


DANS LA JUMELLE

QUAND LA MÉCANIQUE FOURCADE SE GRIPPE APRÈS SEPT ANNÉES DE DOMINATION DU CIRCUIT MONDIAL, MARTIN FOURCADE A CONNU UN HIVER SUR COURANT ALTERNATIF.

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okljuka, 30 novembre 2018. Martin Fourcade sort d’un hiver olympique exceptionnel. À Pyeongchang, il est devenu le Français le plus titré de l’histoire des Jeux olympiques d’hiver ! Cette fin d’après-midi, à deux jours de l’ouverture de la coupe du monde de biathlon, le porte-drapeau tricolore est plutôt confiant : « Je suis apte à attaquer et à réaliser de belles performances », précise-t-il alors à la presse, après une préparation sans embûche qu’il a menée auprès de ses nouveaux entraîneurs, Vincent Vittoz et Patrick Favre. Le Pyrénéen ne sait pas encore qu’il va traverser son hiver le plus difficile depuis la saison 2009-2010 qui l’a

révélé à la planète biathlon. Malgré une entame parfaite et une victoire sur l’individuel en Slovénie, la mécanique de précision qui a remporté les sept derniers globes de cristal s’enraye. Le physique ne répond pas à 100 %. La méthode Vittoz, un temps pointée du doigt, est mise hors de cause au regard des éclatantes formes de ses compatriotes, qu’il s’agisse de Quentin Fillon-Maillet, Antonin Guigonnat ou Simon Desthieux. Il faut donc chercher ailleurs. « Je ne comprends vraiment pas ce qu’il se passe dans mon corps », dit-il à l’issue du weekend d’ouverture, entre frustration, inquiétude et incompréhension. Après un mois de compétitions en dents de scie, le Catalan évoque un « manque de fraîcheur mentale »

Martin Fourcade.

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Ne termine pas la course

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OBERHOF

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rée). Aligné, à sa demande, comme dernier relayeur, il ruine les espoirs des bleus lors de son dernier passage face aux cibles. Un comble pour celui qui a tant de fois ramené les tricolores sur le podium quand ce dernier semblait soudain inaccessible. « Je n’ai pas tenu la baraque et m’en suis excusé auprès de mes collègues. C’est uniquement de ma faute car je me sentais en mesure d’assumer ». Martin Fourcade rentre bredouille – une première depuis 2009 – et met prématurément un terme à sa saison (pas à sa carrière) avant la dernière étape d’Oslo, où il se rend toutefois en spectateur, avant vacances et préparation estivale.  L’homme est maintenant impatient d’« ouvrir un nouveau chapitre. » Déjà tourné vers l’hiver prochain.

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tournée nord-américaine puis préparation spécifique pour arriver au top en Suède. C’est sans compter avec une angine qui contraint le biathlète à quitter momentanément Prémanon... à quinze jours du grand départ. Aux championnats du monde, l’équipe de France d’une densité jamais vue suscite énormément d’attentes. Martin Fourcade ne se cache pas et assume son rôle de porte-parole en affirmant vouloir un titre. En Suède, il se contentera bien malgré lui de places d’honneur individuelles (6e du sprint, 5e de la poursuite), avant une grosse claque sur le 20 km (39e). Ses derniers espoirs reposent sur le relais à disputer avec la meilleure équipe du monde (jamais titrée depuis 2001 et l’époque de Vincent Defrasne et Raphaël Poi-

ANTHOLZ

suite à une intersaison intense en sollicitations (médias, Paris 2024 et sponsors). Avant même Noël et sa terrible désillusion sur le sprint de Nove Mesto, Martin Fourcade revoit ses objectifs à la baisse. Au sujet du classement général, il confie avec une froide lucidité : « C’est un objectif principal qui je pense, aujourd’hui, s’envole. » La suite de la saison dominée par le Norvégien Johannes Thingnes Boe lui donne raison. Dès lors, le staff de l’équipe de France organise un nouveau plan de bataille en vue des Mondiaux d’Östersund. À défaut de globe, un titre fera toujours bonne figure dans cette année compliquée. Repos, récupération, temps passé en famille auprès de sa compagne et de ses deux petites filles, impasse sur la

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START-LIST

LA VIE PAR 12 12 DE SIMON FOURCADE

FIGURE HISTORIQUE DE L’ÉQUIPE DE FRANCE, LE BIATHLÈTE A TIRÉ SA RÉVÉRENCE LORS DE L’ÉTAPE DE COUPE DU MONDE À OSLO. POUR BIATHLON MAGAZINE, IL REVIENT SUR SON PARCOURS.

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ÉTÉ 1988

Déménagement vers La Llagone, près de Font-Romeu. Tout la famille Fourcade quitte Perpignan en raison d’un changement dans la vie professionnelle de Marcel, le papa. Simon a quatre ans. «Ce déménagement m’a permis de rentrer en contact avec la montagne et le monde de la neige. Sans cela, je ne serais sans doute jamais devenu biathlète de haut niveau ».

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ÉTÉ 1999

Stage de l’équipe de France à Font-Romeu. Simon Fourcade rencontre les ath-

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eau gosse au sourire ravageur et au corps sculpté, Simon Fourcade s’est fait un nom dès ses années juniors. Rapidement devenu une des stars de la discipline, le jeune Pyrénéen a aussi séduit par sa personnalité complexe et son parcours tout sauf linéaire. Etiqueté successeur officiel de Poirée, l’homme aux quatre victoires au général de la coupe du monde, l’aîné de la fratrie, s’est alors mis une pression monstre. « Je ne voulais pas gagner un jour, je voulais gagner toujours ». Guidé par Thierry Dusserre ou encore Christian Dumont, le Catalan a même porté le dossard jaune avant les JO de Vancouver 2010, date de l’éclosion de son frère Martin. Débutait alors une période compliquée pour l’aîné qui s’est ensuite reconstruit sous l’ère Stéphane Bouthiaux. Jusqu’à tirer, cette fin d’hiver, un trait sur quinze années chez les bleus.

« J’ai fait le tour du biathlon », confie Simon Fourcade, à bientôt 35 ans.

lètes et les entraîneurs de l’équipe de France de biathlon. « Lors d’un stage de l’équipe de France, Jean-Pierre Amat, entraîneur du tir, m’a permis de participer à une séance d’entraînement. Je n’étais pas particulièrement passionné par le ski de fond, préférant le ski alpin ou le hockey sur glace. C’est réellement à ce moment-là que j’ai pris conscience de mon envie de faire carrière dans cette discipline ».

3 AOÛT 2001

Départ pour Villard-de-Lans. Simon Fourcade remplit les critères pour intégrer le pôle espoir de Villard-de-Lans, en Isère. « Je quitte Font-Romeu pour partir m’installer dans le Vercors. J’intègre le pôle espoir sous la direction de Thierry Dusserre. Placé dans une famille d’accueil, c’est le début de l’aventure dans le biathlon, loin de mes proches ».

4 JANVIER 2002

Championnats du monde catégorie jeunes. Le biathlète obtient sa première médaille internationale. « J’obtiens une médaille d’argent sur le sprint. Je comprends alors que je suis capable de performer au plus haut niveau. C’est une étape marquante pour moi dans la poursuite de ma carrière ».

5 HIVER 2004

Championnats du monde juniors à Bessans. Le palmarès s’étoffe : deux titres de champion du monde juniors et une médaille d’argent. « Je remporte deux titres lors des Mondiaux de Bessans. L’attente autour de moi grandit à partir de ces résultats qui vont me permettre de participer à ma première coupe du monde à Oslo, le 11 mars 2004. C’était un sprint, le début chez les grands ».


6 DÉCEMBRE 2005

Etape de coupe du monde à Osrblie, en Slovaquie. « Lors de la saison 2005-2006, je participe régulièrement aux étapes de coupe du monde, mais c’est grâce à ma 11e place lors de la poursuite à Osrblie que je vais obtenir une sélection pour les JO de Turin. Ma première participation à des Jeux olympiques. »

7 MARS 2007

Premier podium en coupe du monde. « Je dispute un individuel à Lahti, en Finlande. C’est mon premier podium derrière mon idole de jeunesse, Raphaël Poirée, qui remporte la course. C’est une étape importante de ma carrière, même si ce n’est pas ce qui marque le plus mon esprit. »

8 FÉVRIER 2008

Championnats du monde à Östersund, en Suède. « C’est ma troisième saison complète en coupe du monde. J’obtiens une 4e et une 6e places lors de ces Mondiaux. C’est un évènement qui me marque à plusieurs titres car, l’année suivante, je viens chercher une nouvelle 4e place à Pyeongchang. C’est le début des 4e places pour moi. »

9 FÉVRIER 2010

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Jeux olympiques de Vancouver. Simon arrive en favori aux JO de Vancouver. Malheureusement, il passe à côté, laissant la lumière à son jeune frère Martin qui se distingue sur la mass-start.

« Ces Jeux marquent un réel tournant dans ma carrière avec la médaille d’argent de mon frère Martin. Il va s’ensuivre deux années assez compliquées pour moi. »

10 MARS 2012

Championnats du monde de Ruhpolding, en Allemagne. « Ces championnats du monde constitueront un réel renouveau pour moi. Je réussis à faire le deuil du fait que mon petit frère est meilleur que moi. Je remporte la médaille d’argent de l’individuel, le petit globe de la spécialité et je termine 5e du général de la coupe du monde. »

11 JUIN 2017

Naissance d’Adam. « Je n’ai jamais vécu quelque chose d’aussi fort que la naissance de mon fils Adam. Je pensais que seules les émotions liées aux victoires sportives étaient fortes jusque-là. Depuis, je ne suis pas seulement un athlète, je suis un athlète et un père... et ça change beaucoup de choses pour moi. »

12 MARS 2019

Dernière étape de coupe du monde à Oslo. « C’est en fait après l’individuel des Mondiaux d’Östersund que j’ai pris la décision d’arrêter. C’est le moment où j’ai compris que j’avais fait le tour de mon sport, que j’aurais du mal à revenir sur le devant de la scène. Je ne veux pas me satisfaire de quelques courses à me mettre sous la dent. Je préfère partir pour me lancer dans de nouveaux défis, même si je ne sais pas encore de quoi ils seront faits. » Aux Mondiaux d’Östersund, l’équipe de France ovationne Simon Fourcade.

POT DE DÉPART ANASTASIYA KUZMINA. Après le retrait de son petit frère, Anton Shipulin, c’est au tour de l’aînée de faire ses adieux cette saison. Fin de carrière en apothéose pour la Slovaque qui tourne la page avec, notamment, dixhuit victoires en coupe du monde, un titre de championne du monde et trois titres de championne olympique à son palmarès. MEGAN TANDY. Maman depuis quelques années, la Canadienne a décidé de se retirer du circuit au début de l’hiver. Sa meilleure saison en coupe du monde restera une 36e place en 2014-2015. ROSANNA CRAWFORD. C’est avec 200 départs en coupe du monde au compteur, dont un podium à Ruhpolding la saison dernière, que la Canadienne quitte le circuit. BRENDAN GREEN. Fin de carrière forte en émotion pour le Canadien avec une dernière course effectuée sur le relais de Canmore, à domicile. Désormais, de nouveaux projets sont en vue pour le couple qu’il forme avec Rosanna Crawford. Déjà, ils se marient cet été. FREDRIK LINDSTRÖM. Pilier de l’équipe de Suède pendant plusieurs années, il a fait le relais entre l’ancienne génération suédoise (Ferry, Bergman) et la nouvelle génération (Samuelsson, Nelin, Ponsiluoma). MATEJ KAZAR. Sur le plateau mondial depuis 2002, le Slovaque était l’un des « anciens » du circuit. Son meilleur résultat en carrière aura été une 10e place à Canmore, en 2016. MICHAEL ROESCH. Après avoir perdu sa place en équipe nationale, l’Allemand s’était tourné vers la Belgique en 2013. Après quinze années de carrière internationale, ses adieux ont été très émouvants à Ruhpolding. DANIEL MESOTITSCH. Doyen des athlètes depuis la retraite de Bjoerndalen, l’Autrichien a connu ses débuts sur le circuit en 1999. Depuis lors, podiums en coupe du monde ainsi que médailles olympiques et mondiales (individuel et relais) se sont succédé. NATHAN SMITH. Vice-champion du monde du sprint à Kontiolahti en 2015, il a été le premier Canadien de l’histoire à remporter une médaille individuelle sur des Mondiaux. Après des soucis de santé, il a décidé de se retirer suite au relais d’Hochfilzen. BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 11


LA RELÈVE

LE SACRE DE BOURGEOIS RÉPUBLIQUE

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Le Jurassien Martin Bourgeois-République, ici lors des championnats d’Europe à Minsk-Raubichi (Biélorussie), a été sacré champion du monde junior de l’individuel.

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et hiver, Martin BourgeoisRépublique a tutoyé les étoiles. Aux championnats du monde juniors qui se sont disputés à Osrblie (Slovaquie) en janvier, il a décroché la médaille d’or lors de l’individuel, un format qui sied au Grandvallier (en 2018, il avait obtenu le bronze dans la catégorie Jeunes). « Honnêtement gagner ici, aujourd’hui, c’était un peu inespéré, confie-t-il à Nordic Magazine. Je me retrouve face à des garçons qui sont devant en IBU Cup et contre qui je n’avais jamais couru. » Le Haut-Jurassien, qui allait, à son tour, goûter au circuit coupe du monde B à Otepää, en Estonie, inscrit son nom dans un palmarès qui a déjà réussi à de nombreux Français : Aristide Bègue en 2015, Simon Desthieux en 2011, Yann Guigonnet l’année précédente ou encore Jean-Guillaume Béatrix en 2008. Mais le jeune homme, étudiant en IUT Génie mécanique productique, ne s’est pas arrêté là : il a aussi conquis une médaille d’argent dans la poursuite. Le biathlète du SC de l’Abbaye a avalé un à un tous ceux qui étaient partis avant lui, à l’exception du Norvégien Vebjoern Soerum. À dix-neuf ans, Martin BourgeoisRépublique représente l’avenir du biathlon tricolore. Durant l’hiver, il a un temps mené le classement de la Junior Cup. Et quand celleci a débarqué dans son jardin, en décembre 2018, il n’a pas laissé passer sa chance. À Prémanon, devant les siens, il est monté à deux reprises sur le podium. La première fois dans le relais simple avec Camille Bened, la seconde lors du sprint que l’expérimenté suisse Sebastian Stalder a gagné. C’est dire que le temps qui passe va être le meilleur allié du Jurassien.


IBU

L’Europe de Camille Bened...

Elle n’a pas besoin d’attendre les Européennes du 26 mai prochain pour connaître son sort. Camille Bened a déjà gagné. Début mars, la biathlète du Chablais est devenue championne d’Europe juniors de l’individuel et du sprint à Sjusjoen (Norvège). L’hiver a souri à la jeune femme. Ces derniers mois, la Montblanaise a connu plusieurs succès. Ce fut le cas, mi-décembre, pour l’ouverture du circuit de la Junior Cup à Lenzerheide (Suisse). Surtout, à Osrblie, en Slovaquie, avec Sophie Chauveau et Lou Jeanmonnot-Laurent, elle a permis à la France de conserver le titre de championne du monde juniors du relais. Les Bleues, qui n’ont commis qu’une seule pioche, ont devancé l’Allemagne et la Suède.

... d’Aristide Bègue et de Lou Jeanmonnot

Aux championnats d’Europe de biathlon qui se sont tenus mi-février à Minsk, en Biélorussie, la Suède d’Hanna Oeberg et Jesper Nelin (six médailles dont trois titres) a dominé. Les bleus, eux, ont décroché une médaille de bronze. On la doit à la Jurassienne Lou JeanmonnotLaurent et au Pyrénéen Aristide Bègue sur le relais mixte simple.

Mathieu Legrand range la carabine

Clap de fin de carrière pour le sociétaire du Team Grenoble Isère Nordique. Il a posé la carabine après les championnats de France à Méribel. « Je pars le cœur léger et l’âme plus riche vers de nouveaux projets », a confié Mathieu Legrand. BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 13


LIGNE DE MIRE

MARC VENTOUILLAC

LE JOURNALISTE ÉVOQUE, CHAQUE JOUR, LE BIATHLON DANS LE QUOTIDIEN SPORTIF L’ÉQUIPE. CIBLE 1 Sur le terrain Chaque saison, avec mon collègue Jean-Pierre Bidet, nous allons aux championnats du monde et, au minimum, sur deux coupes du monde. Généralement, nous nous rendons sur l’épreuve d’ouverture et à Ruhpolding, et puis au Grand-Bornand lorsqu’elle est au calendrier. L’Équipe est un journal qui a toujours gardé la priorité aux reportages. Lorsque l’on est sur place, on a cet œil qui permet de suivre la compétition telle qu’elle se déroule vraiment, de voir ce que la télé ne montre pas, par

exemple Célia Aymonier qui tombe en pleurs lorsque Justine franchit la ligne lors de l’individuel d’Östersund. On apporte du vécu, peut-être un petit détail, une réaction... C’est important de montrer que l’envoyé spécial apporte un « plus » qu’on ne pourrait pas faire si l’on était uniquement derrière nos écrans de télé.

CIBLE 2 La méthode Aux Mondiaux d’Östersund par exemple, on travaille totalement indépendamment de la télé, on fait

nos propres interviews en zone mixte. On n’a pas véritablement de journée type, tout dépend des horaires des compétitions et des papiers faits ou à faire. Sur une journée comme celle de l’individuel femmes, on ne pensait pas qu’il y aurait de médaille française, donc on a surtout travaillé sur des présentations. Jean-Pierre Bidet a fait une présentation sur Vincent Vittoz et moi sur Martin [Fourcade] pour l’individuel du lendemain. Mais Justine Braisaz ayant fait une médaille, on a changé notre fusil d’épaule.

CIBLE 3 Travail d’équipe Il y a deux types de choses qui peuvent jouer dans la répartition des tâches entre Jean-Pierre et moi : l’idée de base et l’envie. En début de championnats du monde, j’ai fait un papier sur Renaud Lavillenie qui compare son parcours à celui de Martin, celui d’un athlète qui écrase sa discipline et qui, à un moment donné, voit les autres le rejoindre et puis passe au second plan. C’est moi qui ai eu l’idée de cet article et comme je travaille aussi sur l’athlétisme, je m’en suis chargé. Ensuite, c’est en fonction des affinités. Si Simon Fourcade avait fait un très bon résultat, comme c’est un mec que j’adore, j’aurais demandé à faire le papier et Jean-Pierre m’aurait laissé le faire. Évidemment cela va dans les deux sens, si lui aussi a des envies particulières je le laisse s’en occuper. Le but du jeu est qu’on y trouve notre compte l’un et l’autre.

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Frédéric Mons/PresseSports

Préparation

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Marc Ventouillac en zone mixte lors de l’étape de coupe du monde à Ruhpolding.

Chaque année, je profite d’être à Ruhpolding pour voir tous les athlètes français. Je discute avec eux en tête à tête, cela me permet d’amorcer pas mal de travail. Avant le début d’un événement, il faut avoir préparé en amont l’essentiel des sujets que l’on a envie d’aborder et se renseigner sur les principales personnes qu’il faut connaître. Les Jeux olympiques s’achèvent le jour de la cérémonie d’ouverture, cela vaut aussi pour les championnats du monde.


L’Équipe du 14 mars 2019

« Martin reste la référence », affirme le journaliste Marc Ventouillac qui a relaté les mésaventures du Catalan tout l’hiver dans L’Équipe.

Bien sûr, il y a toujours la surprise, le coup de feu inattendu, mais on a déjà environ 90 % des choses dans la tête, dans les notes, voire éventuellement déjà écrites. Par exemple, à Ruhpolding, j’ai discuté avec Wolfgang Pichler, avec Hanna Oeberg ou encore Helena Eckholm, pour faire un portrait de cet entraîneur qui est paru mi-mars.

CIBLE 5 Martin Fourcade Il faut différencier le web et le journal papier. Pour l’Internet, le résumé de la course se fait à Paris. Traditionnellement, on envoie de façon prioritaire les réactions et de petites interviews des athlètes. Ensuite, pour ce qui est du traitement, cela dépend avant tout de l’actualité, mais aussi de Martin Fourcade. Lorsque Martin passe à côté, comme sa 39e place le 13 mars dernier, c’est un gros sujet, plus que lorsqu’il termine 5e ou 6e. Parce que c’est Martin. C’est le nom qui a franchi les limites du biathlon et des sports d’hiver en général, ce n’est pas le cas de Quentin, Justine, Simon et tous les autres... La vedette, c’est Martin et on le suit beaucoup plus que n’importe quel autre athlète. Le focus sur lui est évident, Martin reste la référence du biathlon français, quoi qu’il fasse.

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s p o r t e t n eBIAiTHLON g eMAGAZINE . c o• N°1m| 15


AOÛT SEPTEMBRE

SEPTEMBRE

OCTOBRE

DÉCEMBRE

31 - 1er

14 - 15

19 - 20

16 - 22 Les stars au Grand-Bornand

Un nouvel événement aura lieu les 31 août et 1er septembre au Pâquier, sur les rives du lac d’Annecy (74). Organisé par Martin Fourcade et la société d’Alexis Boeuf, Alyanski, ce rendezvous, calqué sur le modèle de l’Aix Ski Invitational d’Aix-les-Bains, proposera un sprint en ski-roues et un show biathlon, avec un plateau international de tout premier plan. La journée du dimanche sera dédiée au grand public.

L’automne rime avec compétitions nationales pour l’équipe de France. La première étape de la coupe de France estivale, le Biathlon Samse Summer Tour, se déroulera les 14 et 15 septembre sur le stade des Tuffes, à Prémanon (39). Cette compétition sera organisée par le SC du Grandvaux, ski-club de Quentin Fillon-Maillet, double médaillé aux derniers Mondiaux d’Östersund.

La seconde joute nationale est prévue au stade Florence-Baverel à Arçon, près de Pontarlier (25), les 19 et 20 octobre, sous l’égide de l’Entente Sportive Saugette de Ski de Montbenoît. Près de 8 000 personnes sont attendues, comme chaque année, dans le Haut-Doubs. Les équipes de France seront alignées pour faire une dernière revue d’effectif, avant de prendre la direction de la Scandinavie.

Les bleus seront de retour en France en mode hiver. La coupe du monde d’Annecy/Grand-Bornand (74) est programmée du 16 au 22 décembre. Troisième étape de l’hiver, elle sera suivie par près de 60 000 personnes comme en décembre 2017, date de sa dernière apparition au calendrier de l’IBU. À l’époque, Johannes T. Boe, Martin Fourcade ou encore Justine Braisaz avaient brillé dans les Aravis.

Martin Fourcade a son double de cire Le biathlète français a fait son entrée au Musée Grévin de Paris. Le 25 mars, le quintuple champion olympique a découvert sa statue de cire. « Je le trouve extrêmement ressemblant. J’espère que les nombreux visiteurs [...] seront bluffés par la finesse des détails et par la ressemblance », a-t-il réagi. Sur la vingtaine de nouveaux pensionnaires, choisie par l’Académie Grévin présidée par Stéphane Bern, il est le seul sportif.

16 | BIATHLON MAGAZINE • N°1

« Perturbant, mais tellement réel », a commenté Martin Fourcade.

Federico Pestellini / Panoramic

PHOTO FINISH

Nordic Magazine

… puis à Arçon en octobre

Nordic Magazine

Coupe de France à Prémanon...

Nordic Magazine

Nouveau show à Annecy

Manzoni/NordicFocus

LES RENDEZ-VOUS DU BIATHLON EN FRANCE


DR

RAPHAEL POIREE ANCIEN CHAMPION FRANÇAIS DE BIATHLON, AUJOURD’HUI CONSULTANT À LA TÉLÉVISION

Les gens te reconnaissent maintenant en tant que consultant télé ou comme ancien champion de biathlon ? Comme un ancien champion de biathlon et aussi, en Norvège, pour les publicités télévisées et pour avoir été marié avec Liv Grete Skjelbreid [biathlète norvégienne qui a remporté trois médailles olympiques et huit titres de championne du monde, N.D.L.R.]. Qu’est-ce qui est le plus prestigieux : être invité par le roi de Norvège à Oslo ou par le président français à l’Élysée ? Être invité au château du roi de Norvège avec pour principal invité le président français. Ta rivalité avec Ole Einar Bjoerndalen, légende vivante du biathlon, est connue. Maintenant que vous êtes tous les deux commentateurs sportifs, est-ce une nouvelle confrontation qui commence ? Non, on est davantage des amis maintenant. C’est dur de ne pas dire de bêtises à l’antenne ? On m’a dit qu’il fallait que je sois moimême devant la caméra, mais j’ai du mal. Heureusement car j’ai normalement beaucoup d’humour [rires]. Un bon consultant, c’est celui

qui reste lui-même ou celui qui sait jouer avec les émotions ? Celui qui sait jouer avec les émotions. Il faut être un acteur. Moi, je ne sais pas faire. Les journalistes ont toujours essayé de trouver des superlatifs pour te définir durant ta carrière sportive. Est-ce que tu fais la même chose maintenant que tu commentes ? Non, car j’ai vécu le très haut niveau. Ce n’est que du sport ! Tu es papa de trois filles. Est-ce que tu as fait exprès pour faire un relais ? Non, je suis simplement très productif [rires] !

L’athlète est un produit marketing. Il faut gagner et vendre du rêve, une histoire... Quelque chose de typiquement norvégien qui manque en France ? Les trolls, les élans, le roi et Martha, la princesse [elle est la fille du roi Harald V et de la reine Sonja de Norvège, N.D.L.R.]. Enfin, tu penses à quoi là tout de suite ? La rencontre avec la princesse de Norvège sur les Mondiaux d’Oslo. Je lui ai dit qu’elle avait beaucoup de charme [rires].

En France, les biathlètes sont dans la presse sportive ; en Norvège, souvent dans la presse people. C’est une bonne chose pour la notoriété ou c’est préjudiciable ? C’est une histoire de popularité. Plus la personne est connue, plus elle est valorisée.

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BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 17

Sigurd Braathen Reigstad

C

hampion de toujours, consultant pas rancunier ou admirateur de la princesse de Norvège, à vous de choisir comment définir Raphaël Poirée, l’un des plus riches palmarès du biathlon.


ZONE MIXTE

DOROTHEA WIERER PAR SANDRINE BAILLY

Le plus important est d’être sincère

ELLE EST LA MEILLEURE BIATHLÈTE DU MONDE. L’ITALIENNE DOROTHEA WIERER A REMPORTÉ LA COUPE DU MONDE, APRÈS UN ULTIME COMBAT AVEC SA COMPATRIOTE LISA VITTOZZI. POUR BIATHLON MAGAZINE, ELLE RÉPOND AUX QUESTIONS DE SANDRINE BAILLY, EX-CHAMPIONNE DU MONDE.

A

vingt-neuf ans, elle est une star de la planète biathlon. Il faut bien admettre qu’elle a tout pour elle. Belle et talentueuse, aussi à l’aise sur les réseaux sociaux (361 000 abonnés sur Instagram) que sur une piste de ski balayée par une tempête de neige, Dorothea Wierer est l’un des atouts charme de son sport. Comme Gabriela Koukalova ces dernières années. Championne du monde, médaillée olympique, vainqueur du général de la coupe du monde, l’Italienne, c’est aussi, au-delà d’un joli sourire, un solide palmarès sportif et une vitesse de tir à faire pâlir les meilleurs hommes. Très active, la native de Brunico prête volontiers son image à ses principaux sponsors et prend souvent la pose devant l’objectif. Ambassadrice de Livigno, la pétillante Transalpine répond, pour Biathlon Magazine, aux questions d’une autre vedette du

biathlon des années 2000 : Sandrine Bailly. L’ex-championne du monde française a voulu tout savoir sur le phénomène Wierer : ses passions, sa vie personnelle, ses grands rêves... Entretien entre deux grandes dames. Quelle femme êtes-vous ? Et quelle athlète ? Je suis quelqu’un de très active et obstinée, ce qui est positif quand on est athlète. Je suis très ouverte d’esprit et de nature généreuse. Mais je suis également franche et je ne perds jamais mon temps avec des gens que je n’aime pas trop... Parfois, je m’éloigne un peu trop du biathlon, mais j’aime tellement profiter de la vie en dehors des stades. Ce n’est pas ce qu’il y a de mieux quand on est sportive de haut niveau, mais, quand je suis sur la piste, je fais toujours mon maximum. Tout en restant très femme...

Pendant le sport, j’essaie en effet d’être aussi féminine que possible.

En équipe de France, nous avions un médecin nommée Lykke Tamm. Elle était Suédoise. Elle avait l’habitude de nous dire : « le plus important, les filles, c’est d’être belle dans l’effort ! » Vous, vous êtes toujours belle en course. À quel point est-ce important de rester « femme » quand on pratique le biathlon ? C’est important pour moi de me sentir bien. Par exemple, j’aime bien coordonner la couleur de mes boucles d’oreilles avec celle de mes lunettes. J’aime m’appliquer du mascara. Mais je pense que 90 % des athlètes font cela, non ? Même chez les filles, le staff et les techniciens sont des hommes. Que pensez-vous de cela ? Vous sentez-vous toujours comprise ?

JE NE SUIS PAS OBNUBILÉE PAR L’IDÉE D’ÊTRE LA MEILLEURE BIATHLÈTE DU MONDE. 18 | BIATHLON MAGAZINE • N°1


Manzoni/NordicFocus

Les grands yeux bleus de Dorothea Wierer tournés vers la conquête de son premier globe de cristal.

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Oui, j’ai l’habitude. Mais il faut avoir du caractère pour dire à ces messieurs ce qu’il faut changer si l’on veut obtenir des résultats. Vous êtes quelqu’un d’instinctive. Vous tirez bien et êtes rapide sur les skis. Peut-on rester au top seulement en s’écoutant ? Honnêtement, je ne suis pas obnubilée par l’idée d’être la meilleure biathlète. Je me concentre sur mon entraînement et mes courses sans penser aux résultats, je fais comme je le ressens. Quand je suis fatiguée, je m’entraîne moins et quand je me sens bien, j’en fais un peu plus. Vous n’avez pas, autour de vous, des personnes pour vous dire ce que vous devez entendre ? Non, je ne laisse à personne d’autre le soin de diriger ma vie. Je n’aime pas les coachs mentaux, ni les gens qui

vous disent ce que vous devez faire. Je fais comme je le veux. Dans la vie, les personnes en qui j’ai confiance ne sont pas nombreuses. Quand tu as du succès, il y a de plus en plus de gens qui gravitent autour de toi, désireux d’entrer dans ton intimité, de te prodiguer des conseils... Comment parvenez-vous alors à garder les pieds sur terre quand tout le monde autour de vous vous idolâtre ? Je suis juste quelqu’un de normal et ce n’est pas dans ma personnalité de me sentir différente des autres. J’essaie d’être moi-même et de rester concentrée. Le plus important est d’être sincère. Je suis qui je suis, même si parfois certaines personnes n’apprécient pas que je ne prenne pas de gants et joue franc-jeu. Comment réussissez-vous à

préserver votre vie privée et à maintenir votre équilibre entre votre sport, vos autres activités et toutes les sollicitations qui doivent vous assaillir ? Éteignezvous parfois votre téléphone ? Voir ma famille et mon mari m’aide à me détendre et à me libérer l’esprit. Bien sûr, je fais beaucoup de choses en dehors du sport, mais j’aime ça. Même si ce n’est pas toujours compatible avec le biathlon. Même lors des entraînements et en course, je cherche à faire des choses amusantes ou relaxantes afin que je puisse mieux me concentrer sur de nouveaux objectifs. Vous êtes mariée. Votre conjoint joue-t-il un rôle dans votre vie sportive ? Non, il est entraîneur, mais il s’occupe de l’équipe junior de ski de fond. Nous ne nous voyons pas

QUAND J’ÉTAIS PETITE, JE NE M’INTÉRESSAIS PAS BEAUCOUP AU SPORT. 20 | BIATHLON MAGAZINE • N°1

Tumashov/NordicFocus

L’Italie compte sur Wierer et les Mondiaux d’Antholz pour développer le biathlon.


Manzoni/NordicFocus

Dorothea Wierer est la première biathlète italienne à remporter le classement général de la coupe du monde.

Réussir chez les juniors est une chose… Rester au top niveau en seniors est une tout autre histoire. Avez-vous rencontré des difficultés ? Comme je vous le disais, je n’avais alors rien d’une athlète de haut niveau, je ne m’entraînais pratiquement pas et, après mes années

Après votre médaille olympique à Sochi, la notoriété du biathlon avait évolué en Italie. Progresse-t-elle encore aujourd’hui ? On imagine que la bataille au sommet qui vous a opposée à Lisa Vittozzi, les excellents résultats que vous avez obtenus en relais et la médaille d’or de Dominik Windisch sur la mass-start des Mondiaux de biathlon à Östersund ont suscité de l’intérêt ? Oui. Et je suis heureuse que beaucoup de gens nous soutiennent et je suis fière de ma popularité croissante. Pendant des années, j’ai été la seule Italienne à évoluer au top niveau et je manquais de repères durant l’été. Maintenant que nous sommes deux, je peux profiter de l’émulation qui existe au sein de l’équipe. Nous pouvons, l’une et l’autre, nous soutenir pour atteindre les sommets. Quand pensez-vous que le

Ma préférence Destination de voyage ? n’importe où pourvu qu’il fasse chaud Émission de télévision ? Casa de Papel/ Antenna 3

Vous avez commencé le biathlon à l’âge de dix ans, suivant les traces de votre frère. Ensuite, vous êtes devenue cinq fois championne du monde junior et, aujourd’hui encore, votre palmarès ne cesse de grossir, notamment lors des Mondiaux d’Östersund. Enfant, vous rêviez d’être la grande sportive que vous êtes devenue ? En fait, quand j’étais petite, je ne m’intéressais pas tellement au sport. Mes amis non plus d’ailleurs. Je n’avais donc pas d’idole, ni de posters dans ma chambre. Je me rappelle juste que j’aimais beaucoup Raphaël Poirée [sourire].

juniors, je n’arrivais à rien. J’aurais dû travailler. Les choses ont heureusement bien changé. Maintenant, je vis à 99 % pour le biathlon.

La Casa de Papel, Suits... Chanson préférée ? Bury a friend de Billie Eilish Film préféré ?

DR

souvent, mais il sait comment tout cela fonctionne.

A Star Is Born La femme que vous admirez ? Lindsey Vonn BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 21


biathlon sera diffusé sur la RAI ? J’espère que les années à venir seront celles d’Antholz [qui doit accueillir les prochains Mondiaux en 2020, N.D.L.R.], mais je pense que nous devons attendre encore un peu. Dans le sud de l’Italie, il y a encore des régions qui ne connaissent pas bien les sports d’hiver.

d’entraînement si l’on veut réussir. Comment parvenezvous à vous motiver ? Quand je dois faire de longues séances d’entraînement, j’écoute de la musique ou je me concentre sur la technique. Ainsi, les heures passent plus vite... Je ne m’entraîne presque jamais seule, je n’aime pas ça, c’est trop ennuyeux.

Soyez patiente, nous avons attendu trente ans de bons résultats en France pour une diffusion sur une chaîne nationale gratuite. Comment gérez-vous la rivalité avec votre partenaire d’entraînement Lisa Vittozzi ? Ensemble, nous ne parlons jamais de biathlon. Nous sommes toutes les deux très différentes. Elle se concentre vraiment sur notre sport et aime rester à la maison pour se reposer. Moi, j’ai toujours beaucoup de choses à faire. Mais je pense que c’est bien comme ça. Nous sommes amies et seulement rivales pendant la course, comme c’est le cas avec toutes les autres filles.

Vous dites que vous ne serez pas biathlète longtemps, car il y a beaucoup d’autres choses à faire dans la vie. Quand vous raccrocherez la carabine, quelle est la première chose que vous ferez ? Je voyagerai un peu. Puis, je veux une famille et une vie normale.

Le biathlon est un sport qui nécessite de longues heures

Grâce à votre notoriété, vous réalisez des séances de photos et participez à des campagnes de publicité. Depuis l’année dernière, vous êtes même l’égérie de Sportful avec une ligne de vêtements qui porte votre nom : Doro Style. Jusqu’à quel point vous impliquez-vous ? Quand j’ai commencé à pratiquer le biathlon, je me souviens que ce sport était considéré comme « non

féminin ». Avec la ligne de vêtements Dorostyle, nous avons voulu créer des vêtements de sport pour les femmes afin que celles-ci puissent pratiquer leur sport tout en gardant confiance en elles. Pour moi, c’était important d’arriver à cela. Je dois travailler et m’entraîner dur tous les jours. Par conséquent, être à l’aise est l’une des choses les plus importantes quand on veut obtenir un bon résultat. Notre collection a été un succès et je suis contente que les filles l’aient aimée. J’en suis d’autant plus heureuse que nos vêtements sont de qualité. 75 % des biathlètes tricotent lors de la coupe du monde. Et vous ? Fan des travaux d’aiguilles ? Oh, j’ai également tricoté, mais c’était il y a quelques années. Maintenant, je préfère regarder des séries télévisées et prendre le temps d’organiser ma vie dans et en dehors du sport. Et, dans le futur, travailler dans l’industrie textile ? Quand j’arrêterai, je verrai ce que je peux faire.

Tumashov/NordicFocus

Face aux cibles, la vitesse de tir de Wierer rivalise largement avec les meilleurs biathlètes masculins.

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IBU WORLD CHAMPIONSHIPS BIATHLON

ANTHOLZ ANTERSELVA

12. – 23.02.2020

BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 23


ENQUÊTE

LE BIATHLON CRÈVE L’ÉCRAN DEPUIS QUELQUES ANNÉES, LE BIATHLON SE DÉVELOPPE FORTEMENT EN FRANCE OÙ IL GÉNÈRE DE TRÈS BONNES AUDIENCES À LA TÉLÉVISION. MAIS CET ENGOUEMENT EXISTE-T-IL CHEZ NOS VOISINS EUROPÉENS OU EST-CE UN PHÉNOMÈNE PUREMENT GAULOIS ? BIATHLON MAGAZINE A MENÉ L’ENQUÊTE. 24 | BIATHLON MAGAZINE • N°1


Manzoni/NordicFocus

Chaque saison, dans le monde, 560 millions de personnes regardent, les courses de biathlon à la télévision.

BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 25


L

e 17 mars dernier, lors de la mass-start des championnats du monde à Östersund, plus d’un million de téléspectateurs ont regardé la chaîne L’Équipe pour suivre les épreuves de biathlon, ce sport de douanier né, selon le site du Comité international olympique, en Scandinavie, au XVIIIe siècle. Depuis que les compétitions sont retransmises sur la TNT gratuite [avant 2016, seule Eurosport assurait la diffusion] et alors même qu’il ne compte que cinq cents licenciés dans l’Hexagone, il connaît une explosion de sa popularité. Sans doute aussi parce que, depuis dix ans, un Pyrénéen, Martin Fourcade, a tout gagné. Aussi, comme le fait remarquer Christian Dumont, ancien directeur des équipes de France de biathlon, parce que d’autres ont, depuis plusieurs décennies, créer des infrastructures : « N’oublions pas que la discipline s’est développée grâce à l’implication des collectivités qui ont financé des pas de tir et des pistes de ski-roues, grâce aux clubs organisateurs d’événements qui y ont cru… Dans le temps, on tirait au milieu des vaches dans les champs ! Quand j’ai commencé avec Raphaël Poirée, on partait en Allemagne s’entraîner, faute d’infrastructures en France ! Le développement des stades va dans le bon sens, encore faudra-t-il les faire fonctionner. » Et hors de nos frontières, le biathlon connaît-il le même développement ? Suscite-il une ferveur similaire ? En fait, deux nations se démarquent en Europe, faisant montre du même engouement : la Norvège et l’Allemagne. En ce qui concerne le royaume scandinave, le biathlon a connu un envol fulgurant à la fin des années 1990 et au début des années 2000, avec l’arrivée sur la scène internationale de la figure légendaire qu’est Ole Einar Bjoerndalen.

Messaoud Benterki, Marie Dorin-Habert et Raphaël Poirée sur le plateau de la chaîne L’Équipe à Östersund.

Son palmarès est unique : six fois vainqueur du classement général de la coupe du monde, athlète le plus médaillé des Jeux olympiques d’hiver avec treize médailles gagnées entre 1998 et 2014, jusqu’à ce que le record soit battu par sa compatriote skieuse de fond Marit Bjoergen en 2018. Selon le Français Siegfried Mazet, actuellement entraîneur de tir de l’équipe de Norvège, c’est vraiment OEB [comme on l’appelle dans le milieu], à l’image de Martin Fourcade aujourd’hui en France, qui a propulsé les audiences. « Aujourd’hui, je pense que le ski de fond reste le sport majeur en Norvège. Le

biathlon arrive juste derrière et il est largement devant le handball, l’athlétisme et même le football. » Les exploits de Johannes Thingnes Boe durant tout l’hiver n’ont pas détourné les regards du circuit de l’IBU, Union internationale de biathlon née en 1993 et reconnue par le CIO en 1998. Bien au contraire. Vainqueur du classement général de la coupe du monde, cinq fois médaillé aux championnats du monde à Östersund en Suède (dont quatre titres), il y a eu de quoi nourrir le chauvinisme de toute une nation. Le pays Viking a d’ailleurs toujours eu des leaders emblé-

EN NORVÈGE, PAYS DE 5,3 MILLIONS D’HABITANTS, LE BIATHLON COMPTE JUSQU’À 3 MILLIONS DE TÉLÉSPECTATEURS. 26 | BIATHLON MAGAZINE • N°1


Frédéric Mons/L’Équipe

matiques. Après Bjoerndalen, Emil Hegle Svendsen, vainqueur du classement général en 2010, a pris la relève, puis Tarjei Boe, gros Globe de cristal en 2011, avant que son petit frère ne mette fin au règne de Martin Fourcade cet hiver. Or, la Norvège est un petit pays ; il ne compte que 5,3 millions d’habitants. Plus de la moitié des sujets du roi Harald V, qui assiste volontiers aux grands événements de la saison hivernale, suivent les courses de biathlon à la télévision. Jusqu’à 3 millions de téléspectateurs, selon les instituts. Si l’on rapporte ce nombre à l’échelle de la France et ses 67 millions d’habitants, il y a de quoi avoir le vertige. Cependant, il faut comparer ce qui est comparable. En Scandinavie, le ski de fond est un sport national quand, en France, il se cantonne aux seules régions montagneuses que sont le Jura, les Alpes, les Vosges, les Pyrénées et le Massif Central. Soit 9 millions de personnes.

BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 27


LES BIATHLÈTES ITALIENS ESPÈRENT QUE LES MONDIAUX D’ANTHOLZ, EN 2020, METTRONT EN LUMIÈRE LEUR SPORT.

Outre Rhin, le phénomène n’est pas nouveau. Le champion olympique et double vainqueur du classement général de la coupe du monde en 1997 et 1999, Sven Fischer, peut en témoigner. Dans les années quatre-vingt-dix, le ski alpin était le

Le biathlon a adapté ses formats aux exigences des télévisions. Spectacle garanti avec la poursuite ou la mass-start.

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sport blanc le plus en vogue dans la patrie de Goethe. Cela a changé à la fin des années 1990. Le biathlon est aujourd’hui numéro un. « Le sport le plus suivi reste évidemment le football, dit-il. Mais, en hiver, c’est définitivement le biathlon qui est à l’affiche. » De quoi attirer les sponsors et la publicité. La ZDF et l’ARD (équivalent de France 2 et TF1) se partagent un gâteau qui n’a rien à envier à une forêt noire. Lors des derniers Mondiaux à Östersund, il y a eu un pic à 4,9 millions de téléspectateurs pendant le relais masculin, ce qui a représenté 27,6 % de part d’audience. Certes, le spectacle est télégénique. Le nombre de caméras et d’écrans géants dans les stades n’a cessé de croître. L’IBU a inventé des formats adaptés au petit écran.

Autrefois, il n’existait que trois épreuves : le dix kilomètres, le vingt kilomètres et le relais. La poursuite, très télégénique, a fait son apparition aux Jeux olympiques d’hiver de Salt Lake City, en 2002. La mass-start a suivi en 2006. Du coup, les chaînes se frottent les mains ; elles multiplient les envoyés spéciaux et recrutent des consultants prestigieux. De quoi aiguiser la concurrence, à l’exemple des anciens champions que sont Marie DorinHabert en France et Anton Shipulin en Russie. La concurrence est féroce. « Le biathlon est retransmis sur une chaîne publique autrichienne, indique Daniel Mesotitsch, multimédaillé olympique et mondial en relais. Beaucoup de personnes suivent et regardent le biathlon, sauf qu’ils choisissent souvent la télévision allemande. » C’est aussi parce que les femmes

Tumashov/NordicFocus

« Quand je suis arrivé en Norvège, je me suis posé toutes ces questions avec mon point de vue de Français, alors qu’en fait, ce n’est pas comparable si on ne ramène pas à la même échelle », confirme Siegfried Mazet. Au total, indique Infront, la société leader mondial sur la scène du marketing sportif, le biathlon séduit, en cumulé et par année, 560 millions de téléspectateurs pour 780 heures de programmes en direct ou en différé. Avec des pics en Norvège donc, mais aussi en Suède, en Russie et en Allemagne.


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Manzoni/NordicFocus

Les exploits de Martin Fourcade ont grandement contribué à la promotion du biathlon.


Instagram Anton Shipulin

Les chaînes de télévision font appel aux anciens champions, comme la Russe 1TV avec Anton Shipulin.

ne sont pas toujours logées à la même enseigne que les messieurs. « Il y a des disparités dans les retransmissions, confirme-t-il. En Autriche, toutes les compétitions masculines sont diffusées en direct, certaines courses féminines sont, elles, présentées en différé. » En Suisse, le biathlon est à l’antenne depuis six saisons. Manuel Köng, commentateur pour la RTS, rapporte qu’au départ, cela ne concernait que quelques courses. Désormais, chaque étape de coupe du monde est accessible, mais pas toutes les compétitions. En milieu de semaine (mercredi ou jeudi), elles passent à la trappe. « Le biathlon a gagné une certaine popularité en Suisse, surtout quand Benjamin Weger a fait quatre podiums au début de sa carrière [2011 et 2012] et lorsque Selina Gasparin a gagné deux courses [Hochfilzen et Le Grand Bornand en décembre 2013, N.D.L.R.] et une médaille d’argent aux Jeux olympiques de 2014 [individuel]. Grâce à ces résultats, il y a eu un essor de popularité. » Qui, toutefois, n’a rien à voir avec le ski alpin, roi des sports d’hiver. En Confédération helvétique, on aime les numéros 1. L’alpin a eu Cuche, le ski de fond Cologna, le saut à ski Ammann... Le biathlon attend son héros. « Je pense que même si Benjamin fait une très bonne saison, probablement sa meilleure [14e du général,

N.D.L.R.], il lui manque un podium pour susciter l’engouement. Je pense que les Suisses sont habitués au meilleur, ils veulent voir des athlètes sur le podium et c’est ce qu’il manque », acquiesce Manuel Köng. Quant à l’Amérique du nord, pas facile de se passionner pour les exploits de Doherty et Dunklee quand le décalage horaire implique des courses de nuit ou très tôt le matin. Là aussi, le manque de grandes figures n’aide pas à captiver les foules aux États-Unis et au Canada. Pour Max Saenger, arbitre de course à l’IBU, les passionnés se consolent en regardant les live sur le site Internet de la fédération internationale. Et, observe-t-il, il leur arrive de passer à l’acte peut-être plus facilement que sur le Vieux continent : « De nombreuses personnes, essentiellement sur la côte ouest, se mettent au biathlon ces dernières années, mais ils commencent à quarante ans. Ils ont envie de faire des courses populaires comme la mass-start. Ce sont des gens qui ont de l’argent. Acheter la carabine n’est rien pour eux. » Enfin, le cas de l’Italie est particulier. Il y a eu de bons résultats dans les années 1980 à 2000, avant une traversée du désert qui a duré

jusqu’en 2010. L’entraîneur de tir de l’équipe de France, le Transalpin Patrick Favre, ressent actuellement une inversion de tendance : « Nous sommes de nouveau arrivés à construire une belle équipe. Maintenant, on a vraiment quatre bons athlètes : Dorothea Wierer, Lisa Vittozzi, Dominik Windisch et Lukas Hofer. Ils peuvent faire des résultats sur chaque course. » Et tout cela aide au développement du biathlon dans la péninsule. Sauf que les exploits réalisés par cette relève ne sont connus que des abonnés d’Eurosport. Ni la RAI, ni les chaînes privées reçues de Milan à Naples n’incluent sprints, poursuites et mass-start dans leurs programmes. Mais Internet est passé par là. « Avec les réseaux sociaux, comme Facebook ou Instagram, Dorothea a tellement de personnes qui la suivent [361 000 sur Instagram, N.D.L.R.] que cela contribue à faire connaître le biathlon », note le coach. 2020 pourrait bien changer la donne. En effet, les championnats du monde auront lieu à Antholz-Anterselva et cela aidera grandement à la médiatisation puisqu’il y aura beaucoup de bruit fait autour de l’événement.

LE SITE

du biathlon

www. nordicmag .info LES COURSES LES REPORTAGES LES INTERVIEWS LES CHRONIQUES LES ANALYSES

BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 31


La foule des grands jours

30 000 spectateurs

2013

53 000 spectateurs

2017

Dans le mille

Pourcentage de réussite au tir

(athlètes ayant participé aux cinq courses individuelles)

96,25 %

Laura Dahlmeier Johannes T. Boe

Top 3 des médaillés... (athlètes les plus médaillés sur l’ensemble des courses en 2013 et 2017)

95 %

Valj Semerenko Anton Shipulin

4

5 4

92,5 %

Martin Fourcade Erik Lesser Benjamin Weger

32 | BIATHLON MAGAZINE • N°1

Laura Dahlmeier

Johannes T. Boe

Martin Fourcade


STADE

LE GRAND-BORNAND DU 16 AU 22 DÉCEMBRE, LE STADE SYLVIE-BECAERT AU GRAND-BORNAND ACCUEILLERA LA TROISIÈME ÉTAPE DE LA COUPE DU MONDE DE BIATHLON. PRÉSENTATION DU SITE OÙ 55 000 FANS SONT ATTENDUS.

... et des nations NORVÈGE ALLEMAGNE

UKRAINE SLOVAQUIE RUSSIE

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FRANCE

BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 33


LE

GRAND RÉCIT SAISON 2018-2019

34 | BIATHLON MAGAZINE • N°1


Simon Desthieux dans la lumière déclinante de Suède lors des Mondiaux d’Östersund.

BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 35


COUP DE FEU TRICOLORE P

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our l’équipe de France, la saison a commencé par une victoire. À Pokljuka, en Slovénie, les protégés des nouveaux entraîneurs Vincent Vittoz et Frédéric Jean ont remporté le relais mixte, une épreuve dont ils sont les tenants du titre olympique. Le succès d’Anaïs Bescond, Justine Braisaz, Martin Fourcade et Simon Desthieux a reposé sur seulement cinq pioches, le meilleur résultat du jour, et le deuxième temps de ski, derrière la Finlande de la fusée Kaisa Makarainen. « Oui, on ne pouvait pas rêver mieux pour lancer l’hiver. On a tous fait une belle course », souriait le biathlète de l’Ain, Simon Desthieux, dernier engagé. Les bleus n’ont jamais tremblé, ne quittant jamais le trio de tête. En vérité, ils ont aussi profité des erreurs de leurs adversaires, dont l’Italie, finalement troisième. Et c’est lors du relais de Martin Fourcade qu’ils se sont emparés du leadership. Autre nation très attendue, la Norvège n’a pas franchement pesé sur la course. Tarjei Boe et son frère Johannes n’ont rien pu faire pour rectifier le tir des filles. Celui qui n’était encore, au général de l’année précédente, que le dauphin du chef de file du camp tricolore, réalisait déjà une très belle fin de course.

Martin Fourcade, Anaïs Bescond, Simon Desthieux et Justine Braisaz.

Anaïs Chevalier.

PODIUM Relais mixte 1 France 2 Suisse 3 Italie

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En Slovénie, sur une piste enneigée grâce au snowfarming, Anaïs Chevalier et Antonin Guigonnat ont terminé à la 4e place du relais mixte simple. Le duo a eu recours à trop de balles de pioche pour espérer meilleur sort. Offensif, le biathlète de Morzine a péché notamment sur le dernier tir debout. En fait, il a tenté le tout pour le tout. Sa méthode aurait pu fonctionner comme ce fut le cas, l’hiver précédent, lors du succès de la paire tricolore à Kontiolahti. Mais ses trois erreurs, ajoutées à son tour de pénalité un peu plus tôt, ont finalement coûté cher. Avant lui, la Dauphinoise Anaïs Chevalier avait bien débuté l’épreuve, malgré deux pioches au premier tir couché.

PODIUM Relais mixte simple 1 Norvège 2 Autriche 3 Ukraine 4 France

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Chocolat chaud

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Pokljuka

2 DÉCEMBRE 2018

Antonin GUIGONNAT Né le 2 juillet 1991 à Ambilly (74) Morzine-Avoriaz/EMHM 1,78 m - 71 kg Coupe du monde : 73 départs Classement 2019 : 11e Saison 2018-2019 (meilleurs résultats) : 3 fois 2e. Vice-champion du monde de la mass-start à Östersund


6 DÉCEMBRE 2018

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FOURCADE EN JAUNE

Martin Fourcade, victorieux de la première course individuelle de l’hiver, s’empare du dossard jaune de leader de la coupe du monde.

C

’est sous les meilleurs auspices que Martin Fourcade entamait le long chapelet des compétitions. Le quintuple champion olympique remportait la première épreuve individuelle de l’hiver grâce à un tir très solide (20/20). Pour décrocher la 75e victoire de sa carrière, il a dû devancer au bout du suspens le jeune Allemand Johannes Kuehn. Le stade slovène n’a pas toujours réussi au Français. Avant 2016, il n’avait même jamais gagné à Pokljuka. C’est désormais son jardin ; il y signait son cinquième succès consécutif ! Celui-ci n’a pas été facile à obtenir. Le camp tricolore s’attendait à une chute de neige… qui n’est jamais arrivée. La décision de partir dans le troisième groupe s’est dès lors transformée en handicap. « En arrivant sur le stade, je savais que ce n’était pas une bonne option », raconte

Martin Fourcade qui a dû composer avec une piste cassante par rapport aux premiers athlètes évoluant sur une trace toute propre. Mais le patron connaît son métier. Il finissait la journée fier de « retrouver le maillot jaune qui appartenait à tout le monde au matin. » Très attendu, Johannes Thingnes Boe a commis trop d’erreurs sur le pas de tir, mais le Norvégien impressionnait déjà, avec le meilleur temps de ski du jour.

PODIUM Individuel 20 km 1 Martin Fourcade 2 Johannes Kuehn 3 Simon Eder 8 Antonin Guigonnat 22 Simon Desthieux 28 Émilien Jacquelin 32 Quentin Fillon-Maillet 76 Fabien Claude

Raté

Ce n’est pas la première course dont rêvait l’équipe de France dames. Sur le difficile 15 km de Pokljuka, les bleues ont souffert, en particulier derrière la carabine. Auteur de sept fautes, Justine Braisaz pointait en 82e position. 75e place pour Anaïs Bescond qui a manqué cinq fois la cible. Loin, très loin même des légitimes espoirs de deux grandes championnes.

PODIUM Individuel 15 km 1 Yuliia Dzhima 2 Monika Hojnisz 3 Marketa Davidova 17 Anaïs Chevalier 33 Julia Simon 47 Enora Latuillière 58 Célia Aymonier 75 Anaïs Bescond 82 Justine Braisaz

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Pokljuka

Antonin Guigonnat et Justine Braisaz.

7-8 DÉCEMBRE 2018

PODIUM AU CARRÉ A

ntonin Guigonnat a serré les dents sur la piste de Pokljuka, où les biathlètes disputaient un sprint. Le jeune homme au caractère bien trempé a assuré sur le pas de tir (10/10) et sur les skis (12e temps au chronomètre). Il a remercié sa bonne étoile : « Au debout, la balle que j’entends mauvaise bascule du bon côté. Je me suis dit : la chance est avec moi. » Elle n’a pas fait le boulot toute seule, le Haut-Savoyard lui a donné un sérieux coup de main : « Je me suis fait mal sur la piste… et c’était plaisant ! », sourit-il. Antonin Guigonnat signait son troisième podium individuel en coupe du monde. Et aussi la meilleure place de sa carrière. Dans L’Équipe, il a confié vouloir davantage : « Mon but, c’est de battre ce gars-là ». En l’occurrence Johannes Thingnes Boe, vainqueur du jour. Le Norvégien, meilleur temps au chronomètre, a, malgré un tour de pénalité sur le tir debout, maintenu ses adversaires à bonne distance. À lui le maillot jaune de leader, grâce à huit petits points d’avance sur le Morzinois.

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24

L’inhabituelle place de Martin Fourcade. Le pire classement du Français sur un sprint depuis janvier 2013 à Oberhof.

PODIUM Sprint 10 km 1 Johannes T. Boe 2 Antonin Guigonnat 3 Alexander Loginov 7 Simon Desthieux 11 Quentin Fillon-Maillet 24 Martin Fourcade 36 Émilien Jacquelin 84 Fabien Claude

PODIUM Sprint 7,5 km 1 Kaisa Makarainen 2 Dorothea Wierer 3 Justine Braisaz 4 Julia Simon 30 Anaïs Bescond 40 Célia Aymonier 55 Anaïs Chevalier 68 Enora Latuillière

C

ontempler la photo du podium du sprint dames de la coupe du monde de biathlon de Pokljuka, réunissant Kaisa Makarainen, Dorothea Wierer et Justine Braisaz, suffit à donner une idée de la performance de la Française, troisième en Slovénie. Depuis sa victoire sur la massstart du Grand-Bornand, elle n’était plus montée sur le podium. Presque une année s’était donc écoulée. Conséquence, elle avait à cœur de bien faire. Sur le pas de tir, elle a tout simplement blanchi toutes les cibles, avec rage. Depuis son individuel très compliqué, la colère ne l’avait pas quittée. Elle s’en voulait, au point de ressentir, avoua-t-elle, de la « honte ». Devant les caméras de télévision, elle admettait : « J’ai été invivable les dernières quarante-huit heures. » Une lionne en cage. Aussi ses entraîneurs Frédéric Jean et Vincent Porret lui ont-ils demandé de sortir les griffes. Et de mordre ses adversaires, au lieu de subir leurs assauts. Sa conscrite des Saisies, Julia Simon, a aussi retenu la leçon. Elle a pris la 4e place. Tout simplement son meilleur résultat en carrière.


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Pokljuka

Johannes T. Boe a bien failli céder la victoire au Français Fillon-Maillet.

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9 DÉCEMBRE 2018

À UN CHEVEU Martin Fourcade a mis le clignotant. Après le deuxième tir debout et quatre fautes face aux cibles, le Français a quitté la course, ce qui ne lui était pas arrivé depuis décembre 2010. De quoi assombrir le ciel de l’équipe de France. Cette décision, le quintuple champion olympique l’a prise seul. Pareillement, il avait choisi de courir cette poursuite, malgré un sprint plus que décevant. À l’hôtel, il avait attendu le retour de son entraîneur, Vincent Vittoz, pour l’en informer. « Je ne comprends pas vraiment ce qui se passe dans mon corps », confie-t-il plus tard aux journalistes.

PODIUM Poursuite 12,5 km 1 Johannes T. Boe 2 Quentin Fillon-Maillet 3 Alexander Loginov 10 Antonin Guigonnat 15 Simon Desthieux 16 Émilien Jacquelin Martin Fourcade DNF

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Q

u’ils sont surprenants ces biathlètes de l’équipe de France ! Course après course, ils occupent l’espace. Après Antonin Guigonnat sur le sprint, ce fut au tour de Quentin Fillon-Maillet de monter sur le podium. Alors qu’il était en tête, Johannes Thingnes Boe a ouvert la porte sur son dernier tir debout en sortant deux balles. Le Russe Alexander Loginov en a profité pour glisser son pied, tout comme le Grandvallier. Mais le Norvégien, qui a senti le vent du boulet, s’est vite ressaisi. Il a d’abord profité de la chute du Russe dans les derniers hectomètres, puis a fourni un ultime effort pour battre d’un cheveu le Jurassien parti dans son sillage la rage au ventre. Boe validait finalement le doublé sprint-poursuite et Fillon-Maillet signait son premier podium de la saison, grâce à un tir parfait à 20/20 et une remontada depuis la 11e place. Derrière, Antonin Guigonnat figurait de nouveau dans le top 10 et quittait Pokljuka installé à la troisième place du classement général provisoire. Forts de tous leurs résultats, les bleus avaient toutes les raisons de rejoindre Hochfilzen (Autriche) la fleur au fusil, si leur patron, Martin Fourcade, n’avait pas été plongé en plein doute [lire ci-contre].

PODIUM Poursuite 10 km 1 Kaisa Makarainen 2 Dorothea Wierer 3 Paulina Fialkova 12 Justine Braisaz 14 Julia Simon 25 Anaïs Chevalier 33 Anaïs Bescond 50 Célia Aymonier

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Abandon

À Pokljuka, la Finlandaise Kaisa Makarainen n’a pas tremblé et a réussi le doublé sprint-poursuite. Avec 20/20 au tir, elle a devancé l’Italienne Dorothea Wierer, elle aussi parfaite. C’est avec le dossard jaune que l’Italienne rejoignait l’Autriche.


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BOE GAGNE, FOURCADE RASSURE D

e l’aveu même de Johannes Thingnes Boe, « ce n’est pas une vraie course de biathlon si Martin et moi ne sommes pas sur le podium ». À l’occasion du sprint d’Hochfilzen, en Autriche, les deux hommes forts des deux dernières saisons se sont retrouvés. Ils ont successivement terminé premier et deuxième. Si la présence du Norvégien ne surprenait personne, celle du Catalan réconfortait le camp tricolore déboussolé depuis l’épisode slovène. Après trois jours de repos, le quintuple champion olympique assurait le 10/10 face aux cibles. Sur les skis, la marge de manœuvre restait grande en faveur du viking. Qu’importe, le résultat donnait du baume au cœur. « La saison repart du bon pied », espérait l’entraîneur des bleus, Vincent Vittoz. Mais Johannes T. Boe, lui, ne faiblissait pas. Malgré un raté au tir debout, il écrasait la course grâce à un temps de ski phénoménal. Domptant la difficile piste tyrolienne, il devançait de huit secondes son dauphin à l’arrivée. « La poursuite sera très ouverte », prévenait Martin Fourcade, ragaillardi, sur L’Équipe. Il n’était pas le seul à pouvoir mener la chasse au roi viking. Outre l’Allemand Benedikt Doll, troisième du jour, Antonin Guigonnat, ne craignait plus le vertige. C’est que le garçon venait de monter d’un étage au classement général où il se positionnait désormais juste derrière le leader scandinave.

PODIUM Sprint 10 km 1 Johannes T. Boe 2 Martin Fourcade 3 Benedikt Doll 4 Antonin Guigonnat 7 Simon Desthieux 24 Émilien Jacquelin 39 Quentin Fillon-Maillet 40 Aristide Bègue

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Hochfilzen

13-14 DÉCEMBRE 2018

Duo

Elles ne se quittaient plus sur les podiums. Dorothea Wierer et Kaisa Makarainen semblaient seules au monde en ce début de saison. Déjà à la bagarre sur le sprint et la poursuite de Pokljuka, l’Italienne et la Finlandaise ont pris respectivement les première et deuxième places du sprint de Hochfilzen. Côté tricolore, seule Anaïs Chevalier figurait dans le top 10.

PODIUM Sprint 7,5 km 1 Dorothea Wierer 2 Kaisa Makarainen 3 Ekaterina Yurlova-Percht 8 Anaïs Chevalier 17 Célia Aymonier 23 Julia Simon 31 Anaïs Bescond 41 Justine Braisaz 90 Enora Latuillière

Après la mauvaise passe slovène, Martin Fourcade monte sur le podium du sprint d’Hochfilzen.


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Hochfilzen

Le Français avait huit secondes de retard sur le Norvégien Boe au départ. Il a terminé avec une minute d’avance.

Premier podium de sa carrière pour le Norvégien Christiansen.

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L’Allemand Arnd Peiffer.


15 DÉCEMBRE 2018

t dire que la semaine précédente, il était au fond du trou, en proie aux doutes, après ses déconvenues sur le sprint et la poursuite de l’ouverture de la coupe du monde de biathlon à Pokljuka. À Hochfilzen, Martin Fourcade a parfaitement rectifié le tir. Lors de la poursuite, le quintuple champion olympique a même eu le temps de savourer sa victoire – le soixante-seizième succès individuel en coupe du monde – à l’issue de son quatrième tir crédité, comme les autres, d’un 5/5. Il a pris soin aussi d’adresser un petit signe en direction de la tribune d’où sa fille aînée âgée de trois ans, Manon, suivait la course. La veille, cette dernière avait demandé à son papa, qui venait de disputer le sprint, où était la médaille d’or qu’il avait forcément décrochée : « Du coup, j’avais envie de lui prouver que je pouvais gagner encore », confiait Martin Fourcade. Pour s’imposer, le Catalan a su saisir les opportunités, comme il l’avait annoncé aux journalistes. Déjà, il a blanchi toutes les cibles, un impératif depuis le début de l’hiver pour être couvert de lauriers. Ensuite, il a profité de la déroute du numéro un mondial, Johannes Thingnes Boe. Le Norvégien a accumulé les erreurs sur le pas de tir quand son rival faisait mouche : six fautes, dont trois sur son deuxième tir couché, la facture était trop salée. « Quand ça a commencé à prendre l’eau, il a perdu un peu de sang-froid », reconnaissait son entraîneur français, Siegfried Mazet, dans L’Équipe.

PODIUM Poursuite 12,5 km 1 Martin Fourcade 2 Arnd Peiffer 3 Vetle Sjaastad Christiansen 11 Simon Desthieux 16 Antonin Guigonnat 20 Quentin Fillon-Maillet 27 Émilien Jacquelin 41 Aristide Bègue

La Finlandaise Makarainen gagne, mais l’Italienne Wierer conforte son dossard jaune.

PODIUM Poursuite 10 km 1 Kaisa Makarainen 2 Paulina Fialkova 3 Dorothea Wierer 10 Julia Simon 13 Anaïs Chevalier 24 Célia Aymonier 29 Anaïs Bescond 42 Justine Braisaz

10

Le rang de la biathlète des Saisies, Julia Simon, au classement général provisoire. La meilleure place pour l’équipe de France féminine.

Makarainen en chef

Kaisa Makarainen n’a pas été aussi parfaite qu’à Pokljuka une semaine plus tôt. Devant les cibles, le travail n’était pas parfait. Mais, grâce à sa vitesse sur la piste, la Finlandaise a tout de même gagné la poursuite de Hochfilzen. Dans le dernier tour, accompagnée de l’Italienne Wierer, elle avalait une à une ses rivales, dont la Polonaise Monika Hojnisz, auteur d’un incroyable 20/20, pour s’imposer en Autriche. Sa démonstration était impressionnante, même si, au final, elle ne signait pas la référence en temps de ski, réalisée par Anastasiya Kuzmina. Partie en 23e position, la Française Julia Simon réalisait quant à elle une grande course au milieu des vedettes du biathlon mondial. Créditée d’un 18/20, auteur du tir le plus rapide de la compétition, la biathlète des Saisies prenait place dans le top 10 du jour (10e à 42 secondes). Ce qui confirmait d’ailleurs son classement au général provisoire de la coupe du monde.

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LE RÉCITAL FOURCADE

Julia SIMON Née le 9 octobre 1996 à Albertville (73) Les Saisies 1,70 m - 61 kg Coupe du monde : 40 départs Classement 2019 : 23e Saison 2018-2019 (meilleurs résultats) : 4e, 7e et 10e

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Hochfilzen

C’est un relais tricolore inédit qui est monté sur le podium de Hochfilzen.

16 DÉCEMBRE 2018

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pour la première fois Julia Simon. Grandes gagnantes, les Italiennes se sont appuyées sur une Dorothea Wierer de gala pour revenir dans la course. Partie en onzième position à 1’07 mn de la tête, la numéro un mondiale a ramené la Squadra Azzurra en tête, avec dix-huit secondes d’avance sur la Suisse, lors du dernier passage de relais ! Federica Sanfilippo a ensuite assuré face aux cibles pour offrir la première victoire à l’Italie depuis décembre 2015. C’était déjà sur cette piste autrichienne.

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’équipe de France emmenée par Anaïs Chevalier, Julia Simon, Célia Aymonier et Anaïs Bescond (Justine Braisaz avait été laissée au repos après sa 42e place de la poursuite et ses cinq erreurs face aux cibles) a terminé troisième du relais de Hochfilzen, derrière l’Italie, vainqueur, et la Suède. Pénalisées de neuf pioches au total, les bleues ont construit cette performance collective sur la piste. Les filles de Frédéric Jean et Vincent Porret ont enregistré le deuxième temps de ski, juste derrière les Suédoises d’Hanna Oeberg. Celle-ci a d’ailleurs devancé la Morberande dans le finish de l’épreuve. Une fois encore, malgré des performances individuelles loin de ses espérances, la Jurassienne, dernière relayeuse, a su trouver les ressources pour rester dans le top 3 qu’intégrait

PODIUM Relais 4 x 6 km 1 Italie 2 Suède 3 France

Anaïs Chevalier, une valeur sûre du relais français.


Désillusion

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Difficile de jouer le podium sur un relais de coupe du monde de biathlon avec un tour de pénalité dès le premier relayeur, puis un autre en fin de course… Or, c’est la mésaventure qui est arrivée à l’équipe de France masculine qui faisait clairement partie des favoris à Hochfilzen. En difficulté sur son tir debout, Antonin Guigonnat a donc condamné, bien malgré lui, son groupe après quatre pioches et un tour de pénalité. D’autant

qu’après le biathlète de Morzine, Émilien Jacquelin, voulant lui aussi bien faire, piochait une fois au couché et trois fois au debout. Malgré une bonne course de Quentin Fillon-Maillet (une pioche), Simon Desthieux visitait ensuite l’anneau de pénalité. Conséquence : les Français (12 pioches et deux tours) se contentaient d’une anecdotique neuvième place. Loin devant, les Suédois Peppe Femling, Martin Ponsiluoma, Torstein Sternersen et un grand Sebastian Samuelsson s’offraient la victoire, devant la Norvège de Tarjei Boe et l’Allemagne d’Arnd Peiffer et Benedikt Doll, épatants sur la deuxième partie de la course, malgré un tour de pénalité de Johannes Kuehn.

PODIUM Relais 4 x 7,5 km 1 Suède 2 Norvège 3 Allemagne 9 France

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BOE COUP arfait au tir, rapide sur la piste, le Norvégien Johannes Thingnes Boe a remporté le sprint de Nove Mesto, en République Tchèque. Une belle réaction d’orgeuil de la part du Norvégien, après sa déroute sur la poursuite de Hochfilzen. D’emblée, le Scandinave imprimait un rythme de folie à ses adversaires, les reléguant en deuxième division. Avec ce succès, il s’offrait une victoire, un grand bol d’air au classement général… et la tête de son plus sérieux dauphin pour la domination de la coupe du monde qui ne faisait que débuter (seulement six courses sur vingt-six). Numéro deux mondial jusqu’à ce sprint, Martin Fourcade (43e du jour) passait en effet à côté de la course. À cause de son tir debout : trois fautes sont venues s’ajouter à l’erreur au couché ! Une désillusion pour celui qui avait signé un triplé sprint, poursuite et mass-start en décembre 2016 sur le site tchèque. « C’est mon objectif principal qui, à mon avis, aujourd’hui, s’envole », confiait à chaud le Français sur la chaîne L’Équipe. Le dimanche, en conférence de presse, le discours était moins pessimiste, plus préparé : « Le gros globe sera un objectif jusqu’à ce que je l’aie perdu ou gagné ». Il n’empêche, dans le camp français, on ne se faisait plus guère d’illusion. Le plan de bataille était modifié, la cible désormais les Mondiaux d’Östersund. À condition, disait Fourcade, qu’il arrivât « à retrouver de la fraîcheur dans la tête ».

La domination de Johannes Thingnes Boe ne souffre aucune contestation.

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P

Martin Fourcade prend conscience qu’il ne décrochera pas un huitième globe de cristal d’affilée.

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Nove Mesto

20 DÉCEMBRE 2018

Avec une cinquième place, Simon Desthieux confirme sa belle régularité.

Sprint 10 km 1 Johannes T. Boe 2 Alexander Loginov 3 Martin Ponsiluoma 5 Simon Desthieux 7 Antonin Guigonnat 12 Quentin Fillon-Maillet 43 Martin Fourcade 45 Émilien Jacquelin 79 Aristide Bègue

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PODIUM


21 DÉCEMBRE 2018

POCHETTE-SURPRISE ue de surprises ! Des conditions météo délicates avec la neige en début de course puis de la pluie en fin de sprint, sans oublier la fatigue générée par cette troisième semaine de compétition, ont rebattu les cartes. Déjà, les quatre fautes au debout de Kaisa Makarainen (58e à 5/10), les deux erreurs de Dorothea Wierer (9e) ou de Vittozzi (18e) ont sorti de la course les trois favorites. Les outsiders en ont profité. À commencer par la Norvégienne Marte Olsbu Roeiseland, vainqueur avec un 10/10 et un temps de ski solide. Une première victoire pour la Scandinave. On doit l’autre sensation à Laura Dahlmeier. Pour son retour à la compétition en coupe du monde, l’Allemande, double championne olympique à Pyeongchang, s’est emparée de la deuxième place. Conséquence de ce retour tonitruant,

Anaïs Chevalier a été délogée du podium en toute fin de course. Dommage car la biathlète des 7 Laux avait réalisé un sprint très correct avec 9/10 au tir et une belle vitesse de déplacement. Preuve une fois de plus que le site de Nove Mesto lui convient bien. C’est là, qu’en décembre 2016, elle avait connu son premier succès.

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Retour gagnant PODIUM Sprint 7,5 km 1 Marte Olsbu Roeiseland 2 Laura Dahlmeier 3 Paulina Fialkova 4 Anaïs Chevalier 24 Anaïs Bescond 28 Julia Simon 33 Célia Aymonier 53 Justine Braisaz 82 Enora Latuillière

Vainqueur du gros globe de cristal en 2017 et double championne olympique en 2018 en Corée du Sud, l’Allemande Laura Dahlmeier a été contrainte d’appuyer sur la touche « pause ». Âgée de 25 ans, elle a vécu coup sur coup un accident de VTT, l’opération d’une dent de sagesse puis une infection qui a affaibli son système immunitaire.

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Anaïs Chevalier se plaît à Nove Mesto. En 2018, elle y avait même gagné.

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PACMAN

Simon Desthieux et Martin Fourcade.

Simon DESTHIEUX Né le 3 décembre 1991 à Belley (01) Lompnes/EMHM 1,77 m - 69 kg Coupe du monde : 189 départs Classement 2019 : 4e Saison 2018-2019 (meilleurs résultats) : 2e, 3e, 4e

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ue dire de l’incroyable remontée de Martin Fourcade ! Parti en 43e position, le tricolore a finalement intégré le top 5 de la poursuite de Nove Mesto, grâce à un exceptionnel 20/20. Malgré le vent, il est le seul à avoir atteint toutes ses cibles. Combiné au sixième temps de ski, cette prestation parfaite derrière la carabine lui a redonné le sourire. Et dire qu’il avait envisagé de ne pas prendre le départ. « Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis, soufflait-il sur L’Équipe. Finalement, dans ma chambre jeudi soir, je me suis rendu compte que j’avais construit ma carrière en allant au combat. » Martin Fourcade s’est transformé en Pacman. Comme le personnage emblématique des années 1980 en forme de rond jaune, il a dévoré ses adversaires un par un. Le Français savait le podium inaccessible, mais il avait besoin de se prouver à lui-même qu’il avait encore de la ressource, après un début de saison en forme de montagnes russes. 32e après le premier tir, 19e après le second couché, 9e après le premier debout, il allait terminer, l’estomac bien rempli, dans la poignée des meilleurs biathlètes.

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Nove Mesto

22 DÉCEMBRE 2018

Bø Bø

Devant 35 000 personnes massées tout le long de la piste, le Norvégien Johannes Thingnes Boe a remporté la poursuite. Il a devancé le Russe Alexander Loginov et son frère Tarjei Boe.

Roeiseland confirme Et de deux victoires pour Marte Olsbu Roeiseland ! La Norvégienne, qui n’avait jamais gagné sur la coupe du monde de biathlon avant sa victoire sur le sprint de Nove Mesto, a confirmé avec un nouveau succès lors de la poursuite.

PODIUM Poursuite 12,5 km 1 Johannes T. Boe 2 Alexander Loginov 3 Tarjei Boe 4 Simon Desthieux 5 Martin Fourcade 7 Quentin Fillon-Maillet 15 Antonin Guigonnat 56 Émilien Jacquelin Poursuite 10 km 1 Marte Olsbu Roeiseland 2 Dorothea Wierer 3 Hanna Oeberg 8 Anaïs Chevalier 13 Anaïs Bescond 21 Justine Braisaz 27 Célia Aymonier 33 Julia Simon

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23 DÉCEMBRE 2018

DANS L’OMBRE DES GÉANTS H

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uelle fin de course d’Anaïs Chevalier sur la mass-start de Nove Mesto ! En République Tchèque, devant un incroyable public, la Française est allée chercher un nouveau podium sur la piste qui l’avait révélée et lui avait offert sa première victoire en coupe du monde, en décembre 2016. Malgré trois fautes face aux cibles, la Dauphinoise a réalisé le 5/5 au meilleur moment sur le dernier debout, profitant des erreurs des autres cadors pour s’élancer à la poursuite de Paulina Fialkova et de Dorothea Wierer. Si la jeune Slovaque n’a pas abdiqué dans le dernier tour, doublant même l’Italienne numéro un mondiale visiblement émoussée, la biathlète des 7 Laux a, elle, aussi trouvé les ressources pour devancer la Transalpine dans la dernière ligne droite… et arracher sa troisième place ! « Elle fait du bien celle-là », souriait la jeune femme à l’arrivée.

PODIUM Mass-start 15 km 1 Johannes T. Boe 2 Quentin Fillon-Maillet 3 Evgeniy Garanichev 7 Simon Desthieux 9 Martin Fourcade 24 Antonin Guigonnat Mass-start 12,5 km 1 Anastasiya Kuzmina 2 Paulina Fialkova 3 Anaïs Chevalier 8 Justine Braisaz 17 Julia Simon 21 Anaïs Bescond

Anaïs Chevalier a battu au sprint la numéro un mondiale, Dorothea Wierer.

Manzoni/NordicFocus

Manzoni/NordicFocus

eureux. « Le podium, j’en rêve beaucoup… Celui-ci, je le dédicace à mon beau-père décédé la semaine dernière. » Avec générosité, Quentin Fillon-Maillet s’est offert une deuxième place lors de la mass-start de Nove Mesto, derrière Johannes Thingnes Boe. Avec 35 000 amoureux du biathlon pour témoins, le Jurassien était la preuve, qu’avant la trêve de Noël, l’équipe de France jouait les premiers rôles. Peu importe si c’était un Norvégien qui avait gagné. « Aujourd’hui, il fallait vraiment être fort pour le battre, mais on va travailler pour y arriver », prévenait le Grandvallier en zone mixte. Le Jurassien sentait qu’il en avait encore sous le pied. De quoi lui donner des ambitions. Malgré une faute sur chacun des tirs debout perturbés par un vent facétieux, il réalisait le troisième temps de ski. La victoire n’était plus très loin.

3 Quentin Fillon-Maillet monte sur le podium pour la deuxième fois de l’hiver.

Et de trois victoires pour Johannes Thingnes Boe. À Nove Mesto, le Norvégien a réalisé le triplé, là même où, en décembre 2016, Martin Fourcade avait fait de même.

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LA BELLE ÉQUIPE L

’année 2019 a commencé sous les meilleurs auspices pour l’équipe de France dames. Anaïs Chevalier, qui avait terminé 2018 de belle manière à Nove Mesto, poursuit sur sa lancée en prenant une nouvelle fois place sur le podium du sprint d’Oberhof. Sur un site très enneigé et devant un public déjà très nombreux, la Dauphinoise s’est appuyée sur un tir à 10/10 et, surtout, elle a réalisé une très belle fin de course sur la piste allemande : le finish était en train de devenir un point fort de la biathlète iséroise qui occupait désormais la quatrième place du classement général. Seule la jeune Italienne Lisa Vittozzi a mieux fait que la Française en la devançant de 5 secondes. La Transalpine de 23 ans décrochait sa première victoire sur le circuit.

Christian Favre/Frédéric Jean/Vincent Porret/Patrick Favre/Julian Baudin/Stéphane Bouthiaux/Yann Guigonnet/Louis Deschamps et Anaïs Chevalier.

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PODIUM Sprint 10 km 1 Alexander Loginov 2 Johannes T. Boe 3 Sebastian Samuelsson 7 Martin Fourcade 9 Simon Desthieux 24 Émilien Jacquelin 28 Quentin Fillon-Maillet 29 Antonin Guigonnat 46 Simon Fourcade Sprint 7,5 km 1 Lisa Vittozzi 2 Anaïs Chevalier 3 Hanna Oeberg 8 Anaïs Bescond 9 Célia Aymonier 31 Julia Simon 51 Justine Braisaz 77 Caroline Colombo

Alexander Loginov

Visage souvent fermé, barbe soigneusement entretenue et peu d’échanges avec les autres athlètes, Alexander Loginov, 26 ans, n’a pas bonne réputation. Il faut dire que le Russe, qui a remporté sa première victoire lors du sprint à Oberhof, a un lourd passif : l’homme a été suspendu deux ans pour dopage et utilisation d’EPO. Puis il est revenu sur le circuit, ce qui n’avait pas plu à tout le monde. Aux Mondiaux de Hochfilzen, en 2017, un incident avait même opposé Loginov à Fourcade. Le premier avait refusé de serrer la main du second parce qu’il l’avait fait tomber pourtant involontairement.

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Oberhof

10-11 JANVIER 2019


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FACE À FACE Q

uelle course de la part de l’Italienne Lisa Vittozzi ! Elle a mené la poursuite d’Oberhof de bout en bout. Dans le stade, elle a devancé la Slovaque Anastasiya Kuzmina et la Française Anaïs Chevalier. Une nouvelle fois, malgré un tir moyen (15/20), la Dauphinoise a distancé la leader mondiale, Dorothea Wierer (5e), au bout de ses forces dans le dernier tour. Il faut dire qu’avec son dossard jaune, celle-ci venait de gagner dix-neuf places. Au classement général, ce sont désormais deux compatriotes qui se font face. En effet, en réussissant le doublé sprint/poursuite, Lisa Vittozzi est apparue comme la nouvelle dauphine de Dorothea Wierer.

L’étape d’Oberhof est toujours aussi populaire.

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PODIUM Poursuite 12,5 km 1 Johannes T. Boe 2 Arnd Peiffer 3 Lukas Hofer 4 Martin Fourcade 6 Simon Desthieux 11 Antonin Guigonnat 15 Émilien Jacquelin 16 Simon Fourcade 22 Quentin Fillon-Maillet Poursuite 10 km 1 Lisa Vittozzi 2 Anastasiya Kuzmina 3 Anaïs Chevalier 4 Anaïs Bescond 16 Célia Aymonier 51 Justine Braisaz

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’année a bien commencé pour tous ceux qui attendaient de retrouver le duel Boe/Fourcade. À Oberhof, lors de la poursuite, 60 000 personnes ont pu vivre ce moment particulier qui a si souvent opposé les deux champions lors du dernier passage devant les cibles. La victoire finale est alors à portée de tir, la tension toujours intense, surtout si le vent ajoute un peu de suspens à la confrontation. Ce jour-là, ce fut le cas. Et, par deux fautes à une seule pour le Norvégien en route pour sa septième victoire de l’hiver, le Catalan dut s’incliner. Lukas Hofer et Arnd Peiffer, qui ont, eux, blanchi toutes leurs cibles, ont noirci encore un peu plus le ciel du Français, le privant d’un podium.

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Oberhof

12-13 JANVIER 2019


Manzoni/NordicFocus

Les relais d’Oberhof se sont déroulés sous la neige et les bourrasques.

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Lancés par Maxim Tsvetkov, avancés par Evgeniy Garanichev, propulsés par Dmitry Malyshko, le tout finalisé par Alexander Loginov, les Russes ont maîtrisé le relais 4 x 7,5 km d’Oberhof. Derrière les vainqueurs, on retrouvait une belle équipe de France et l’Autriche de Julian Eberhard. Martin Fourcade a réalisé une course parfaite (10/10 au tir), mais les erreurs de ses coéquipiers – Antonin Guigonnat (2 fautes), Simon Desthieux (4 fautes) et Quentin FillonMaillet (3 fautes) – ont été trop nombreuses pour prétendre à la victoire. « Oberhof ne déçoit jamais. Ça fait dix ans que je viens et je ne crois pas avoir déjà couru dans des conditions correctes », a taquiné le Pyrénéen. Plus tôt dans la journée, c’est déjà sous les bourrasques, les chutes de neige et avec un peu de brouillard que l’équipe féminine de Russie l’avait emporté.

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Emprise russe

PODIUM Relais 4 x 7,5 km hommes 1 Russie 2 France 3 Autriche Relais 4 x 6 km dames 1 Russie 2 Allemagne 3 République tchèque 5 France

Caroline COLOMBO Née le 16 avril 1996 à Pontarlier (25) Mouthe 1,72 m - 58 kg Coupe du monde : 9 départs Classement 2019 : 67e Saison 2018-2019 (meilleurs résultats) : 22e, 31e et 32e

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17 JANVIER 2019

Ruhpolding

RECETTE PERDUE

Manzoni/NordicFocus

Manzoni/NordicFocus

Manzoni/NordicFocus

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Sur le podium, Johannes Thingnes Boe a été rejoint par son frère Tarjei.

Martin Fourcade n’est pas satisfait de sa course. « J’ai envie de montrer autre chose », dit-il.

Émilien Jacquelin tient sa course référence avec un joli top 10.

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e tir parfait n’a pas suffi pour décrocher un podium sur le sprint de Ruhpolding où Martin Fourcade espérait redorer son blason. Pourtant, le tricolore avait bien aligné les choses face aux cibles, prenant le temps de faire tomber les 10 palettes. Peut-être trop de temps... Carabine en main, le Français a mis douze secondes supplémentaires que le plus rapide du jour. Et sur la piste, c’était encore trentedeux secondes concédées à Johannes Thingnes Boe, une nouvelle fois brillant et référence en temps de ski. « À part sur la poursuite d’Oberhof, je suis tout le temps dans la difficulté. C’est une déception pour moi, mais tout n’est pas à jeter », constatait le Français à la télévision. Quant au Norvégien, malgré une balle perdue sur son debout, il n’a pas tremblé, glissant une huitième victoire dans son escarcelle qui n’en finissait pas de grossir. « Je ne pense pas que je sois meilleur que l’an passé, analysait-il dans L’Équipe. C’est surtout Martin qui est un peu moins bon et c’est pourquoi je suis le numéro un maintenant. » Le Scandinave la jouait donc modeste, même si ce succès avait une saveur particulière pour le protégé de l’entraîneur français Siegfried Mazet. Les deux frères Boe montaient de nouveau ensemble sur le podium. Avec un tir à 10/10, le grand frère Tarjei arrachait la deuxième place, au détriment de l’Allemand Benedikt Doll.

PODIUM Sprint 10 km 1 Johannes T. Boe 2 Tarjei Boe 3 Benedikt Doll 4 Martin Fourcade 9 Émilien Jacquelin 15 Simon Desthieux 18 Quentin Fillon-Maillet 24 Simon Fourcade 37 Antonin Guigonnat


Ski’l

Dans le mille

En mal de régularité face aux cibles sur certaines courses, les filles de Frédéric Jean et Vincent Porret ont serré les boulons derrière la carabine pour signer plusieurs tirs parfaits lors du sprint de Ruhpolding, en Allemagne. Anaïs Bescond, Anaïs Chevalier et Justine Braisaz ont rendu copie parfaite (de même que Caroline Colombo), et logiquement, se sont offertes des places d’honneur. Devant, Anastasiya Kuzmina, déjà deuxième de la poursuite d’Oberhof et vainqueur de la mass-start de Nove Mesto, a obtenu sa deuxième victoire de la saison. La Slovaque, triple championne olympique, engrangeait un quinzième succès en carrière.

vous faut Manzoni/NordicFocus

L’APPLICATION

La dauphine de Kaisa Makaraïnen l’hiver dernier devançait l’Italienne Lisa Vittozzi, qui confortait son maillot rouge de leader du sprint en enchaînant avec un nouveau podium, et la Suédoise Hanna Oeberg.

PODIUM Sprint 7,5 km 1 Anastasiya Kuzmina 2 Lisa Vittozzi 3 Hanna Oeberg 5 Anaïs Bescond 7 Anaïs Chevalier 7 Justine Braisaz 15 Julia Simon 28 Célia Aymonier 46 Caroline Colombo

À télécharger gratuitement BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 57


AU BONHEUR DES DAMES J

ulia Simon, Anaïs Bescond, Justine Braisaz et Anaïs Chevalier ont sorti le grand jeu derrière la carabine lors du relais dames de la coupe du monde de biathlon disputé à Ruhpolding. Avec seulement quatre pioches, les bleues ont remporté l’épreuve, devant les équipes de Norvège et d’Allemagne. Il s’agit de la première victoire des Françaises à Ruhpolding… depuis vingt-cinq ans ! Dans un final haletant où la France pointait en tête devant le tandem Norvège/Allemagne, Anaïs Chevalier ne s’est pas démontée et a réalisé, malgré une pioche, un tir rapide, synonyme de succès pour des bleues qui ont joué en tête de bout en bout de cette course extrêmement solide. Julia Simon, épatant premier étage de la fusée tricolore, montait, pour la première fois, sur la première marche du podium : « On a toutes fait un super boulot. On peut se féliciter », soulignait-elle, sourire aux lèvres, sur La chaîne L’Équipe. « On mérite cette victoire », concluait sobrement son aînée, Anaïs Bescond. Sans complexe, Julia Simon lançait bien l’équipe de France avec un positionnement parfait sur la piste. Et un tir couché aussi rapide que celui de Dorothea Wierer, alignée en tant que première relayeuse d’une équipe privée de Lisa Vittozzi. La biathlète des Saisies faisait même jeu égal avec la numéro un mondiale italienne en signant un tir debout exceptionnel ! Le tandem franco-italien menait grand train si bien que la jeune Française passait le relais en tête à Anaïs Bescond. Après une pioche au premier passage sur le tapis, la Jurassienne rentrait vite dans les skis de Federica Sanfilipo, creusant un peu plus l’écart sur la Norvège, la République Tchèque et l’Allemagne de Laura Dahlmeier… La Morberande concluait de la meilleure manière son relais avec un nouveau sans faute quand l’Italienne

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Manzoni/NordicFocus

Ruhpolding

18-19 JANVIER 2019

piochait deux fois. Conséquence : c’est avec une avance d’une vingtaine de secondes sur la Slovaquie et l’Italie qu’elle passa le témoin à Justine Braisaz. Supérieure sur la piste, la biathlète des Saisies piochait une fois sans conséquence pour la pole position puisque l’Italie partait deux fois sur l’anneau. Avec un nouveau 4/5 face aux cibles, Justine Braisaz conservait 29 secondes d’avance sur… la Norvège (tir parfait) et 42 sur l’Allemagne (deux pioches) à la sortie du pas de tir. La fusée des Saisies appuyait fort sur les bâtons mais Eckhoff, dans un grand jour sur la piste allemande, grapillait du terrain. Au moment de s’élancer, Anaïs Chevalier, la numéro un française, conservait encore 14 secondes d’avance sur Marte Olsbu Roieseland. Parfaite sur le tir couché, la biathlète des 7 Laux se donnait de l’air tandis que ses poursuivantes piochaient une fois chacune. Malgré la pression, la tricolore parachevait le travail.

L’équipe de France composée d’Émilien Jacquelin, Martin Fourcade, Quentin Fillon-Maillet et Simon Desthieux a pris une belle troisième place lors du relais de la coupe du monde à Ruhpolding. La Norvège s’imposait en fin de course, devant l’Allemagne.

PODIUM Relais 4 x 7,5 km hommes 1 Norvège 2 Allemagne 3 France Relais 4 x 6 km dames 1 France 2 Norvège 3 Allemagne


Tumashovi/NordicFocus

Vingt-cinq ans après leurs aînées, Bescond, Simon, Braisaz et Chevalier ont remporté le relais de Ruhpolding.

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Ruhpolding

20 JANVIER 2019

BOE BOULOT C

ette mass-start de Ruhpolding a offert un scénario totalement dingue. C’est au dernier tir debout que le Suisse Benjamin Weger, le Norvégien Vetle Sjaastad Christiansen et le Français Quentin Fillon-Maillet (tous crédités d’un superbe 19/20) sont sortis en tête pour s’expliquer sur le dernier tour de piste, chassés par Johannes Thingnes Boe, mais aussi Martin Fourcade et Julian Eberhard. Cette bagarre a été remportée par le numéro un mondial qui s’adjugeait une neuvième victoire, égalisant son nombre de succès de l’hiver précédent. Solide sur la piste et fin tacticien, Boe devançait sur la ligne l’Autrichien Julian Eberhard et le Juras-

sien, déçu et frustré : « Eberhard vient me pousser dans le dernier virage où je perds mon élan pour jouer le sprint. » Martin Fourcade a encore fini à la quatrième place. Et déjà le staff tricolore envisageait de ne pas l’emmener en Amérique du Nord.

Première

Dans une grande ferveur populaire, elle a tenu la pression sur ses derniers tir et tour de piste. Franziska Preuss s’est imposée au bout de l’effort, devant la Norvégienne Ingrid Landmark Tandrevold.

PODIUM

PODIUM

Mass-start 15 km 1 Johannes T. Boe 2 Julian Eberhard 3 Quentin Fillon-Maillet 4 Martin Fourcade 6 Simon Desthieux 19 Émilien Jacquelin 26 Antonin Guigonnat

Mass-start 12,5 km 1 Franziska Preuss 2 Ingrid Landmark Tandrevold 3 Paulina Fialkova 9 Anaïs Bescond 16 Julia Simon 21 Justine Braisaz 29 Anaïs Chevalier

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Tumashov/NordicFocus

Il n’est pas sur la photo. Mais c’est bien Johannes T. Boe qui aura raison de ces cinq gaillards.


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LA PATROUILLE DE FRANCE

C

Manzoni/NordicFocus

e vendredi 25 janvier, à Antholz, en Italie, Johannes Thingnes Boe décrochait sa dixième victoire en treize courses. Malgré une faute sur le tir debout, il était de nouveau impressionnant sur la piste (meilleur temps) et terminait avec quasiment 20 secondes d’avance sur son compatriote Erlend Bjoentegaard et le Français Antonin Guigonnat. Pour la quatrième fois de l’hiver, Martin Fourcade prenait quant à lui la quatrième place, à seulement une seconde de son compatriote. Derrière, l’équipe de France poussait son patron. Simon Desthieux finissait en sixième position, devant Quentin Fillon-maillet. Avec quatre Français dans les sept, les hommes de Vincent Vittoz rêvaient désormais d’une logique ascension sociale. Celle-ci n’allait pas tarder.

Héritière

Manzoni/NordicFocus

Antholz-Anterselva

24-25 janvier 2019

PODIUM Sprint 10 km 1 Johannes T. Boe 2 Erlend Bjoentegaard 3 Antonin Guigonnat 4 Martin Fourcade 6 Simon Desthieux 7 Quentin Fillon-Maillet 25 Émilien Jacquelin 33 Simon Fourcade

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La République tchèque tient une vraie pépite et peut-être la remplaçante attendue de Gabriela Koukalova. À seulement 22 ans, Marketa Davidova a signé sa première victoire sur le circuit de la coupe du monde en s’imposant sur le sprint d’Antholz. La jeune femme s’est appuyée sur un tir parfait sous le soleil italien. Mais surtout, elle a réussi un dernier tour très rapide pour maintenir à distance ses adversaires.

PODIUM Sprint 7,5 km 1 Marketa Davidova 2 Kaisa Makarainen 3 Marte Olsbu Roeiseland 11 Julia Simon 13 Anaïs Bescond 19 Anaïs Chevalier 31 Justine Braisaz 42 Caroline Colombo 46 Célia Aymonier

Malgré une faute au tir, Antonin Guigonnat est monté sur le podium, pour la quatrième fois de sa carrière.


Quentin Fillon-Maillet.

26 janvier 2019

Antonin Guigonnat.

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ohannes Thingnes Boe évoluait décidément dans une autre dimension. Le Norvégien a gagné la poursuite d’Antholz-Anterselva. Mais le Norvégien, imparfait devant les cibles mais déconcertant de rapidité sur les skis, n’a pas été ménagé par une remarquable patrouille de l’équipe de France qui a chassé, en vain, le patron du biathlon mondial. À commencer par Antonin Guigonnat qui est allé cueillir une 2e place de prestige : « J’ai réussi à construire de belles choses au tir aujourd’hui », témoignait-il sur la chaîne L’Équipe. Dans le sillage du meilleur Français du jour, on en retrouve… trois autres. Sortis quasiment en même temps du dernier tir debout, les bleus ne se sont pas ménagés sur la piste et c’est finalement Quentin Fillon-Maillet (18/20) qui réglait son compte à son compatriote Simon Desthieux (18/20) au sprint… moyennant l’intervention de la photo finish ! Martin Fourcade, visage fermé sur la ligne d’arrivée, était, une nouvelle fois, privé de podium (5e).

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Simon Desthieux.

Martin Fourcade.

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Johannes T. Boe

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4/5

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PODIUM Poursuite 12,5 km 1 Johannes T. Boe 2 Antonin Guigonnat 3 Quentin Fillon-Maillet 4 Simon Desthieux 5 Martin Fourcade 16 Émilien Jacquelin 24 Simon Fourcade Poursuite 10 km 1 Dorothea Wierer 2 Laura Dahlmeier 3 Lisa Vittozzi 10 Julia Simon 19 Anaïs Bescond 22 Caroline Colombo 30 Célia Aymonier DNF Anaïs Chevalier

lle la tient enfin sa première victoire à domicile ! L’Italienne Dorothea Wierer, leader du classement général de la coupe du monde de biathlon, s’est imposée à l’occasion d’une poursuite menée de main de maître. Malgré son dossard 8 et un 18/20 face aux cibles, la jeune femme a conforté son petit avantage acquis à la sortie du dernier debout pour devancer l’Allemande Laura Dahlmeier, auteur d’un excellent 19/20 patiemment construit, et sa compatriote Lisa Vittozzi, qui a craqué à quelques hectomètres de l’arrivée. Un doublé italien donc à Antholz : les nombreux supporters ne pouvaient guère rêver mieux ! Moins en vue que les Transalpines, les Françaises ont commis trop d’erreurs pour jouer aux avant-postes. Ce qui n’a pas empêché Julia Simon de réaliser un nouveau top 10 et Caroline Colombo d’entrer pour la première fois de sa jeune carrière dans les points avec une 22e place acquise en partie sur le pas de tir.

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FORT COMME UN BOE L

Le thème de Laura

Quentin Fillon-Maillet a réussi le 20/20 sur le pas de tir, de quoi battre le numéro un mondial, le Norvégien Johannes Thingnes Boe.

9

Ils ne sont pas dix les Français qui ont gagné une épreuve de coupe du monde de biathlon. Avant Quentin Fillon-Maillet, il y a eu Martin Fourcade (72 victoires), Raphaël Poirée (44), Patrice Bailly-Salins (6), Vincent Defrasne (3), Vincent Jay (2), Hervé Flandin, Jean-Guillaume Béatrix et Alexis Bœuf (1).

PODIUM Mass-start 15 km 1 Quentin Fillon-Maillet 2 Johannes T. Boe 3 Arnd Peiffer 4 Martin Fourcade 5 Antonin Guigonnat 9 Émilien Jacquelin 18 Simon Desthieux

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Ce fut une course passionnante qui s’est disputée dans le stade sud-tyrolien d’AntholzAnterselva. Victorieuse, Laura Dahlmeier a réalisé une course très intelligente. C’était la première fois que l’Allemande gagnait depuis le coup d’envoi de la saison. Dans un stade Italien acquis aux couleurs de la Mannschaft, elle levait les bras devant une surprenante Marketa Davidova et sa compatriote Vanessa Hinz.

PODIUM Mass-start 12,5 km 1 Laura Dahlmeier 2 Marketa Davidova 3 Vanessa Hinz 17 Anaïs Bescond 21 Justine Braisaz

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a voilà la première victoire en coupe du monde de biathlon de Quentin Fillon-Maillet ! Le Jurassien, auteur d’un 20/20 sur la mass-start d’Antholz, a réalisé une course tout simplement parfaite. Passé en tête à la sortie du premier debout, le Grandvallier s’est présenté seul sur le dernier tir. Et malgré la pression, il n’a pas craqué pour s’offrir son treizième podium. Vraiment, ce fut la Dolce Vita pour le jeune homme de 26 ans. De quoi oublier une précédente saison compliquée et émotionnellement épuisante. Il y eut la maladie de ses proches, puis le trou d’air aux Jeux olympiques de Pyeongchang. Ce qu’il a montré depuis le début de l’hiver, et en particulier en Italie en cette fin janvier a effacé l’ardoise : « septième, troisième et premier cette semaine, c’est tellement bon, soulignait-il sur la chaîne L’Équipe. J’en avais vraiment envie de cette victoire. C’était mon gros objectif de la saison, je suis vraiment content de le faire ici dans ces conditions et avec ce public. » Le tricolore, solide sur la piste avec le quatrième temps du jour, a aussi trouvé les ressources pour résister à l’énorme retour de Johannes Thingnes Boe parti à la faute sur chacun des tirs debout. Battu, le Norvégien n’avait pas perdu son temps, il faisait une bonne opération au classement général au détriment notamment d’Alexander Loginov, 20e de cette mass-start.

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Antholz-Anterselva

27 JANVIER 2019

Quentin FILLON-MAILLET Né le 16 août 1992 à Champagnole (39) Grandvaux/Douanes 1,77 m - 70 kg Coupe du monde : 167 départs Classement 2019 : 3e Saison 2018-2019 (meilleurs résultats) : 2 fois 1er et 2 fois médaillé de bronze aux Mondiaux


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La victoire de Quentin Fillon-Maillet à Antholz, sa première, restera comme un moment fort de la carrière du Jurassien.

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Canmore

7 FÉVRIER 2019

KONGELIG D

ans le froid polaire de Canmore, Johannes Thingnes Boe entrait dans l’histoire en remportant le tout premier individuel court disputé en coupe du monde de biathlon. Au regard des températures enregistrées, la Fédération internationale de ski avait été contrainte de modifier le format (15 km au lieu de 20). Par -15 °C, le roi scandinave triomphait pour la douzième fois de la saison. Et avec la manière, s’il vous plaît. Sa course fut magistrale. Parfaite, osèrent certains observateurs. Conséquence, il n’a laissé que des miettes à ses concurrents. Sur un format qui lui réussit décidément bien, Simon Fourcade a été le meilleur tricolore. Avec un 19/20, le Dauphinois ne pouvait cacher son émotion de revenir ainsi dans le top 10 après deux ans à naviguer entre IBU Cup et coupe du monde. La dernière

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fois, c’était le 4 décembre 2016 et une sixième place dans le sprint d’Östersund. Son frère, lui, n’était pas présent. Il avait décidé de faire l’impasse sur la tournée nord-américaine. En France, il en profitait pour passer des contrôles médicaux et se préparer pour les prochains Mondiaux qui allaient se dérouler en mars en Suède.

PODIUM Individuel court 15 km 1 Johannes T. Boe 2 Vetle Sjaastad Christiansen 3 Alexander Loginov 7 Simon Fourcade 11 Simon Desthieux 25 Quentin Fillon-Maillet 28 Émilien Jacquelin 31 Antonin Guigonnat 54 Fabien Claude

Réapparition

Montée en puissance depuis la semaine d’Antholz, Tiril Eckhoff a réalisé une grosse prestation sur la neige très froide de Canmore. Elle qui n’était pas encore entrée dans le top 10 de l’hiver, montait sur la plus haute marche du podium. Avec un 19/20, la Norvégienne s’est dépensée sur la piste pour prendre un peu d’air face aux sans-faute de Marketa Davidova et Lisa Vittozzi.

PODIUM Individuel court 12,5 km 1 Tiril Eckhoff 2 Marketa Davidova 3 Lisa Vittozzi 7 Anaïs Bescond 19 Julia Simon 24 Anaïs Chevalier 25 Célia Aymonier 28 Justine Braisaz 35 Caroline Colombo


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C’est dans le froid glacial du Canada que Johannes Thingnes Boe a gagné le premier individuel court disputé en coupe du monde de l’histoire.

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DAUPHINS POLAIRES L

PODIUM Relais 4 x 7,5 km 1 Norvège 2 France 3 Russie

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Émilien Jacquelin a longtemps couru en tête avec le rapide Norvégien Vetle Sjaastad Christiansen.

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’équipe de France composée d’Antonin Guigonnat, Émilien Jacquelin, Simon Fourcade et Quentin FillonMaillet a certes buté sur une solide équipe de Norvège, lors du relais de la coupe du monde à Canmore. Mais les hommes de Vincent Vittoz ont malgré tout réalisé une sacrée performance en prenant la deuxième place. Un podium qui reflétait aussi la densité du groupe France qui alignait, au Canada, une équipe inédite par des températures polaires. Depuis le coup d’envoi de la coupe du monde, les bleus étaient réguliers... et ce n’était pas le moindre de leurs atouts. Devant, il y avait un quatuor et surtout un homme imprenable jusqu’alors… Lars Hegle Birkeland, Vetle Sjaastad Christiansen et Erlend Bjoentegaard, le visage recouvert de “tape” et la barbe blanchie, ont en effet fait jeu égal avec les bleus jusqu’aux trois quarts de la course. Puis, avec neuf secondes d’avance, Johannes Thingnes Boe est entré en lice opposé à Quentin Fillon-Maillet, le dernier vainqueur de la mass-start d’AntholzAnterselva, avec qui il a rapidement pris ses distances. Le leader incontesté du général de la coupe du monde imprimait en effet un énorme rythme pour se donner un peu d’air avant le tir couché. Parfait face aux cibles malgré le froid engourdissant des mains protégées par d’épais gants, le numéro un mondial parachevait parfaitement le travail d’équipe des Norvégiens. Le biathlète du Grandvaux, tendu derrière la carabine, frisait, lui, la correctionnelle (trois pioches), mais il réussissait tout de même à maintenir la Russie de Loginov à bonne distance.

À l’image de Erlend Bjoentegaard, les biathlètes ont lutté à la fois contre le froid et leurs adversaires.

C’est face à Erlend Bjoentegaard que l’expérimenté Simon Fourcade a eu à se battre.

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Canmore

8 FÉVRIER 2019


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TIERCÉ

PODIUM Relais 4 x 6 km 1 Allemagne 2 Norvège 3 France

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Manzoni/NordicFocus

u début du relais de Canmore, disputé sous des températures glaciales (-17 °C), l’Italienne Lisa Vittozzi fut intouchable. La Française Anaïs Chevalier résista tant bien que mal à la pression. Sur la piste de l’Alberta, Justine Braisaz, qui prenait la suite, avait, elle aussi, à cœur de bien faire. Elle montrait une belle cadence au tir. Mais les Transalpines menaient toujours le bal avec une Nicole Gontier très appliquée. S’ensuivit un joli mano a mano entre les deux nations. Anaïs Bescond, partie à la poursuite de Dorothea Wierer, a tout mis en œuvre pour revenir sur la sniper de la Squadra Azzura. En vain car, au tir debout, la Jurassienne utilisait ses trois balles de pioche. Denise Herrmann profita que ses poursuivantes étaient occupées à se quereller pour prendre le dessus. Véritablement, l’Allemande impressionna son monde. Malgré ses trois pioches, elle parvenait en effet à reprendre la vingtaine de secondes qui la séparaient de la leader du classement général. Désormais aux avant-postes, l’Allemagne allait conserver cette avance. Laura Dahlmeier, qui sait se faire peur, levait donc les bras, malgré un tour de pénalité sur son debout. Derrière, Julia Simon, chargée de conclure, était à la bagarre avec la Norvégienne Marte Olsbu Roeiseland et l’Italienne Federica Sanfilippo pour le top 3. Pour la deuxième place, le duel face à la Scandinave fut perdu. Les Françaises montaient tout de même pour la troisième fois sur le podium, où les Italiennes n’eurent pas leur place après avoir mené la moitié de la course.

Laura Dahlmeier sur le pas de tir.

Manzoni/NordicFocus

A

Justine Braisaz devant l’Allemande Franziska Hildebrand.

Anaïs Bescond passe le relais à Julia Simon.

Manzoni/NordicFocus

Canmore

8 FÉVRIER 2019


BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 71


Soldier Hollow

Simon Desthieux est passé à rien de sa première victoire en carrière lors du sprint de Soldier Hollow.

8 FÉVRIER 20192019 14-15 FÉVRIER

SI PRÈS DU BONHEUR ne seconde et trois dixièmes. Une respiration, un souffle. Une poussière de temps après 7,5 km d’effort et 23’30 de course. C’est sur cette marge infime que Vetlte Sjaastad Christiansen s’est imposé lors du sprint de Salt Lake City, devant le tricolore Simon Desthieux. Sur le site américain très venté de Soldier Hollow, le Norvégien a réussi un improbable 10/10 face aux cibles. Suffisant pour s’offrir un premier succès. Extrêmement régulier cette saison, Simon Desthieux montait sur son premier podium de l’hiver. Malgré une balle perdue au couché, le biathlète d’Hauteville-Lompnes a su profiter d’une petite accalmie d’Éole lors de son tir debout.

72 | BIATHLON MAGAZINE • N°1

« Quand on passe tellement de fois à côté de ce podium, on se demande pourquoi ! Le plus important en biathlon, c’est d’être toujours présent, comme aujourd’hui avec le vent compliqué. Il y a des jours où ça sourit et c’est bien quand cela finit comme ça », savourait le Français.

PODIUM Sprint 10 km 1 Vetle Sjaastad Christiansen 2 Simon Desthieux 3 Roman Rees 6 Quentin Fillon-Maillet 9 Antonin Guigonnat 16 Fabien Claude 23 Simon Fourcade

Lala Land

Marte Olsbu Roeiseland a signé sa troisième victoire de la saison (et de sa carrière) grâce à un solide 10/10 et le 4e temps de ski.

PODIUM Sprint 7,5 km 1 Marte Olsbu Roeiseland 2 Kaisa Makarainen 3 Franziska Hildebrand 11 Célia Aymonier 13 Julia Simon 17 Justine Braisaz 30 Caroline Colombo 33 Anaïs Chevalier 40 Anaïs Bescond

Manzoni/NordicFocus

U


GRANDVAUX Quentin Fillon-Maillet

Martin BourgeoisrépuBliQue

Photos : Bernard Leroy, Laure Gobin, Nordic Magazine, J. Cortinovis

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BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 73


LE VENGEUR DE POIRÉE

Après la mass-start d’Antholz, en Italie, la deuxième victoire de l’hiver de Quentin Fillon-Maillet.

74 | BIATHLON MAGAZINE • N°1

Manzoni/NordicFocus

Soldier Hollow

16 FÉVRIER 2019


L

a poursuite de Soldier Hollow a été disputée dix-sept ans, jour pour jour, après celle des Jeux de Salt Lake City de 2002. La toute première de l’histoire olympique qui avait réussi à Ole Einar Bjoerndalen, 43 secondes devant le Français Raphaël Poirée. Le Jurassien Quentin Fillon-Maillet a vengé son aîné. S’élançant en sixième position, à 43 secondes – autre coïncidence – du Norvégien Vetle Sjaastad Christiansen qui n’a pas cédé facilement, il a réussi à l’emporter. « Je ne suis toujours pas descendu de mon nuage », confiait le Grandvallier à L’Équipe. Et Johannes Thingnes Boe ? Comme lors du sprint, le numéro un mondial n’a pas été bon élève devant les cibles.

PODIUM Poursuite 12,5 km 1 Quentin Fillon-Maillet 2 Vetle Sjaastad Christiansen 3 Simon Desthieux 15 Simon Fourcade 16 Fabien Claude 17 Antonin Guigonnat 30 Émilien Jacquelin

Poursuite 10 km 1 Denise Herrmann 2 Franziska Hildebrand 3 Kaisa Makarainen 10 Célia Aymonier 17 Justine Braisaz 23 Julia Simon 24 Anaïs Bescond 32 Caroline Colombo 36 Anaïs Chevalier

Vittozzi en canari

L’ancienne fondeuse Denise Herrmann a fait parler ses qualités sur la piste de Soldier Hollow pour décrocher une victoire solide sur la poursuite. L’Allemande a partagé le podium avec sa compatriote Franziska Hildebrand. Derrière, l’Italienne Dorothea Wierer perdait son dossard jaune de leader du classement général de la coupe du monde, au profit de sa compatriote, Lisa Vittozzi. BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 75


RELAIS ASSURÉ C

Manzoni/NordicFocus

’était la der des ders avant les championnats du monde suédois. Après les derniers réglages individuels, c’était au tour du relais mixte de se courir. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la France a bien conclu la séquence. Quentin Fillon-Maillet, Simon Desthieux, Célia Aymonier et Anaïs Chevalier remportaient le relais mixte de Soldier Hollow. Sans Martin Fourcade – fiévreux depuis deux jours alors qu’il se préparait pendant ce temps-là à Prémanon – ni Anaïs Bescond. Mais avec seulement trois pioches, meilleur total pour un relais français depuis février 2007. En même temps, la France est championne olympique de la spécialité. 15 heures à Soldier Hollow, 23 heures en France : l’heure des braves sonnait une première fois. Le premier acte était remporté par la Française Anaïs Chevalier, parfaite au couché comme la Norvégienne Marte Olsbu Roeiseland. La biathlète des 7 Laux sortait en tête, une quinzaine de secondes devant ses adversaires. Avant l’ultime salve, la Scandinave était quasiment revenue sur l’Iséroise. Mais celle-ci signait un 5/5, tandis que sa rivale tournait une fois.

Anaïs Chevalier en route vers la victoire.

Ultime répétition

PODIUM

PODIUM

Relais mixte 1 France 2 Allemagne 3 Norvège

Relais mixte simple 1 Italie 2 Autriche 3 France

Manzoni/NordicFocus

Julia Simon et Antonin Guigonnat

Toujours aussi spectaculaire et engagé, le relais mixte simple allait être, pour la première fois, au menu des championnats du monde d’Östersund. Raison de plus pour ne pas manquer la répétition générale programmée à Salt Lake City. L’équipe d’Italie n’a pas manqué le coche pour préparer au mieux cette épreuve regroupant une dame et un homme. Favoris de l’exercice, Dorothea Wierer et Lukas Hofer (six pioches) ont construit une course solide pour s’imposer sous le soleil de l’Utah. Derrière, les bleus arrachaient une troisième place grâce à une Julia Simon des grands jours sur le pas de tir. Et dire que c’était le premier relais mixte simple pour la biathlète des Saisies.

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Manzoni/NordicFocus

Soldier Hollow

17 FÉVRIER 2019

Célia AYMONIER Née le 5 août 1991 à Pontarlier (25) Les Fourgs/EMHM 1,62 m - 54 kg Coupe du monde : 97 départs Classement 2019 : 24e Saison 2018-2019 (meilleurs résultats) : 4e, 9e et 10e


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BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 77


MONDIAUX D’ÖSTERSUND 7 MARS 2019

östersund

L’OR ET LE PLOMB T

itrée sur les championnats du monde de biathlon 2016, médaillée d’argent à Hochfilzen en 2017 puis championne olympique à Pyeongchang et double vainqueur cette saison sur ce format, l’équipe de France est complètement passée à côté du relais mixte d’ouverture des Mondiaux de biathlon. Les bleus ont pris une anecdotique huitième place, la faute à quinze pioches face aux cibles du pas de tir d’Östersund. Une désillusion pour les tricolores qui visaient a minima le podium. Les choses se sont particulièrement mal enclenchées pour la première relayeuse Anaïs Chevalier, prise au piège d’une course partie très vite sous l’impulsion de l’Italienne Lisa Vittozzi.

78 | BIATHLON MAGAZINE • N°1

Lancée à 1’18 de la tête, la biathlète des Saisies Julia Simon n’enrayait pas la spirale négative avec cinq nouvelles pioches (trois sur le couché et deux sur le debout). Dès lors, les presque deux minutes de retard accusées à mi-course apparaissaient rédhibitoires pour revenir dans le match. D’autant que Simon Desthieux n’avait lui non plus pas la recette sur le tapis, portant à 2’30 l’ardoise. Dans une course devenue sans enjeu, Martin Fourcade (trois pioches au couché, parfait au debout) s’élançait de trop loin pour espérer quoi que ce soit, si ce n’est de retrouver des sensations après sa longue pause forcée depuis Antholz. Loin des tracas des Français plombés, les équipes de Norvège, Allemagne et Italie se sont livrées une

bagarre passionnante pour décrocher le premier titre mondial de la dizaine suédoise. Tout s’est joué sur le dernier tir debout où, malgré la pression, le jeune Vetle Sjaastad Christiansen – bien lancé par Marte Olsbu Roeiseland, Tiril Eckhof et Johannes Thingnes Boe – a fait parler sa grande classe en sortant un tir rapide et parfait pour s’envoler vers le titre. Pour le plus grand plaisir de l’entraîneur français, Siegfried Mazet.

PODIUM Relais mixte Norvège Allemagne Italie 8 France

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Entame parfaite pour la Norvége de Johannes Thingnes Boe sacrée sur le relais mixte des championnats du monde.


Manzoni/NordicFocus

Quentin Fillon-Maillet s’est emparé du bronze mondial lors du sprint derrière les deux meilleurs biathlètes de l’hiver.

9 MARS 2019

LA COULEUR DE LA VICTOIRE Q

ue dire de Johannes Thingnes Boe ? À seulement 25 ans, le Norvégien domine le biathlon planétaire, comme Martin Fourcade l’avait fait sur la saison 2017. Malgré une faute et 150 mètres supplémentaires parcourus sur l’anneau de pénalité, le protégé de l’entraîneur français Siegfried Mazet a décroché son cinquième titre mondial, le second de la dizaine d’Östersund après le titre sur le relais mixte. Auteur d’une saison exceptionnelle déjà auréolée de deux victoires individuelles, le Jurassien Quentin Fillon-Maillet a, lui, décroché aux forceps une superbe troisième place, synonyme d’une cinquième médaille mondiale.

M PODIUM Sprint 10 km Johannes T. Boe Alexander Loginov Quentin Fillon-Maillet 5 Simon Desthieux 6 Martin Fourcade 20 Antonin Guigonnat 24 Émilien Jacquelin Sprint 7,5 km Anastasiya Kuzmina Ingrid Landmark Tandrevold Laura Dahlmeier 23 Célia Aymonier 32 Anaïs Chevalier 60 Justine Braisaz 61 Julia Simon

édaille d’or du sprint à Vancouver (2010) et Sochi (2014), la Slovaque Anastasiya Kuzmina a de nouveau brillé sur ce format avec un titre mondial. Numéro deux mondiale la saison dernière, la sœur aînée d’Anton Shipulin a parfaitement réussi son entrée en lice avec un tir correct à 9/10 et un temps de ski à seize secondes de l’Allemande Denise Herrmann, une nouvelle fois première au chronomètre. Suffisant toutefois pour décrocher, à 34 ans, le premier titre planétaire de sa longue carrière ornée de trois couronnes olympiques ! Une belle histoire, d’autant plus que la jeune femme était souffrante le matin de la course.

BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 79


10 MARS 2019

östersund

BRONZAGE INTÉGRAL Q

uel incroyable scénario sur cette poursuite d’Östersund. Au bout du suspens et de multiples rebondissements, Dmytro Pidruchnyi a remporté le titre, profitant de la défaillance du leader Johannes Thingnes Boe. Malgré deux fautes sur un premier tir couché très piégeux, l’Ukrainien fut l’un des rares à signer un dernier tir parfait. De quoi lui permettre de prendre définitivement la tête de la course. D’autant que le Norvégien manquait trois balles en fin de course. Lui aussi a commis deux erreurs à son premier passage sur le pas de tir, mais, de nouveau, Quentin Fillon-Maillet a réalisé un grand dernier tour de piste. Il sécurisait ainsi la médaille de bronze au sprint au détriment de Tarjei Boe. Une deuxième médaille individuelle pour le Jurassien décidément épatant en Suède.

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Tumashov/NordicFocus

Après un dernier tir debout dantesque, Quentin Fillon-Maillet file vers une deuxième médaille de bronze aux Mondiaux.

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Cette fois, c’est certain. L’ancienne fondeuse spéciale est devenue une grande biathlète. Denise Herrmann a décroché le premier titre mondial de sa carrière dans sa nouvelle discipline en remportant la poursuite d’Östersund. Déjà montée trois fois sur la plus haute marche du podium en coupe du monde, l’Allemande, 6e du sprint, a dominé son monde grâce à un 18/20 réalisé dans des conditions de vent très compliquées.

Manzoni/NordicFocus

östersund

Métamorphose

Créditée du premier temps de ski, elle a pris le meilleur à l’issue du deuxième tir debout où les autres leaders pèchaient face aux cibles. C’est en avril 2016 que Denise Herrmann, connue pour ses talents de sprinteuse, a changé de sport. Seule Française en lice, après les forfaits d’Anaïs Chevalier et Justine Braisaz, Célia Aymonier a commis cinq fautes sur ses deux premiers tirs, avant d’en faire une sixième et dernière sur le premier tir debout. Elle termine à la 18e place.

Dmytro Pidruchnyi, à 27 ans, n’avait jamais mieux fait qu’une quatrième place en coupe du monde. Johannes Thingnes Boe a craqué lors du dernier tir debout.

Une cinquième place au goût amer pour Martin Fourcade.

Poursuite 12,5 km Dmytro Pidruchnyi Johannes T. Boe Quentin Fillon-Maillet 5 Martin Fourcade 7 Antonin Guigonnat 29 Émilien Jacquelin 32 Simon Desthieux Poursuite 10 km Denise Herrmann Tiril Eckhoff Laura Dahlmeier 18 Célia Aymonier

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Manzoni/NordicFocus

PODIUM


Antonin GUIGONNAT

Quentin FILLON MAILLET

Justine BRAISAZ

COUPE DU MONDE IBU

France : 2ème nation Hommes / 3ème nation Dames Classement général individuel : Quentin Fillon-Maillet n°3 / Simon Desthieux n°4 Hommes : 15 podiums, dont 4 victoires • Dames : 4 podiums • Relais : 9 podiums, dont 3 victoires

BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 83

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CHAMPIONNATS DU MONDE ( ÖSTERSUND 2019 )


östersund

12 MARS 2019

SAINTE JUSTINE E

nfin. À Östersund, Justine Braisaz a remporté la première médaille de l’équipe de France féminine. Elle s’est emparée du bronze lors de l’individuel, derrière la championne olympique Hanna Oeberg et le dossard jaune de la coupe du monde, la Vénitienne Lisa Vittozzi. Une performance de premier rang pour la biathlète des Saisies, auteur d’un 19/20 et du sixième temps de ski sur un 15 km parfaitement géré. Là où l’histoire est belle, c’est que Justine Braisaz jouait gros sur cette course, la seule pour laquelle elle était prévue (avec une option sur la mass-start). Anaïs Bescond malade, son emploi du temps s’était rempli, elle prenait le départ du sprint. Mais ce podium mondial individuel, le premier dans la carrière de la biathlète de 22 ans, ne doit rien au hasard. Face aux cibles, la Savoyarde a assuré un dernier debout malgré une grosse pression sur les épaules. Ne réalisant pas franchement son exploit, la jeune Française confiait toutefois « un grand soulagement ». Son séjour en Suède n’avait pas commencé sous les meilleurs auspices. La jeune femme qui a grandi dans le Beaufortain était passée complètement à côté du sprint (60e). « Après cette course ratée, je ressentais un mélange de honte, de colère et de dépit », confiait-elle en conférence de presse. Ses entraîneurs Frédéric Jean et Vincent Porret choisirent de la dispenser de la poursuite. Histoire qu’elle prenne le temps de se remobiliser. Bonne pioche. Justine Braisaz a finalement brillé le jour de sa fête !

PODIUM Individuel 15 km Hanna Oeberg Lisa Vittozzi Justine Braisaz 20 Célia Aymonier 24 Julia Simon 49 Anaïs Chevalier 84 | BIATHLON MAGAZINE • N°1


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« Toutes les autres filles méritent et sont capables de faire la même chose que moi aujourd’hui, le tout est de trouver sa voie pour le faire », estime Justine Braisaz, en conférence de presse.

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Manzoni/NordicFocus Tumashov/NordicFocus

Tumashov/NordicFocus

östersund

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De gauche à droite et de bas en haut : Arnd Peiffer, Johannes T. Boe, Martin Fourcade, Tarjei Boe, Simon Desthieux.

Arnd Peiffer, champion olympique du sprint à Pyeongchang l’hiver dernier, a dominé le vent suédois pour remporter l’individuel des Mondiaux d’Östersund. Sur ce 20 km, le solide gaillard allemand a été parfait derrière la carabine, malgré des conditions compliquées sur le pas de tir. D’ailleurs, le jury de course s’était réuni en début d’aprèsmidi pour décider du maintien ou non de cette épreuve. Le champion olympique en titre de la spécialité et numéro un mondial, Johannes Thingnes Boe, a très vite grillé son joker (trois minutes de pénalité et finalement 9e). Et c’est un autre membre de la famille qui a relevé le gant : son grand frère Tarjei ! Auteur d’un 19/20, il s’est battu sous la neige tombante pour prendre la médaille de bronze, sa 17e breloque en championnats du monde. Devant lui, le Bulgare Vladimir Iliev s’est emparé de l’argent, grâce, lui aussi, à un 19/20. 86 | BIATHLON MAGAZINE • N°1

Manzoni/NordicFocus

Peiffer le meilleur

Simon FOURCADE PODIUM Individuel 20 km Arnd Peiffer Vladimir Iliev Tarjei Boe 6 Simon Desthieux 12 Quentin Fillon-Maillet 19 Simon Fourcade 39 Martin Fourcade

Né le 25 avril 1984 à Perpignan (66) Villard-de-Lans/EMHM 1,74 m - 70 kg Coupe du monde : 331 départs Classement 2019 : 37e Saison 2018-2019 (meilleurs résultats) : 7e, 15e, 16e


BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 87


TOUTE PREMIÈRE FOIS

PODIUM Relais simple mixte Norvège Italie Suède 7 France 88 | BIATHLON MAGAZINE • N°1

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t de quatre médailles pour Johannes Thingnes Boe ! Associé à Marte Olsbu Roeiseland dans le premier relais mixte simple de l’histoire des championnats du monde de biathlon, le déjà triple médaillé [or sur le relais mixte et le sprint, argent sur la poursuite] a décroché un troisième titre en Suède. C’est également le deuxième sacre mondial pour sa partenaire qui était déjà en course dans le relais mixte d’ouverture. Pourtant, les affaires avaient plutôt mal commencé pour la Norvège. À la sortie du tir debout, le leader de la coupe du monde avait déjà trois pioches dans les poches, accusant alors jusqu’à 25 secondes de retard sur la tête de course. Il allait falloir la rapidité de madame sur son dernier tir et un 10/10 empreint de maîtrise de monsieur pour avoir le droit d’humer l’air frais et enivrant de la plus haute marche du podium. L’Italie d’une Dorothea Wierer retrouvée et d’un Lukas Hofer tenace sur la piste comme face aux cibles devenait vice-championne du monde. Une troisième étoile dans le ciel de la Squadra Azzurra. Pour le plus grand plaisir des nombreux supporters massés sur le tracé, la paire suédoise composée d’Hanna Oeberg et Sebastian Samuelsson s’emparait, pour sa part, du bronze. Et les Français ? Attendus sur un format où ils sont montés sur le podium aux États-Unis en coupe du monde, ils ont relativement déçu. S’ils ont été dans le match pour la gagne jusqu’à mi-course, Antonin Guigonnat et Julia Simon ont ensuite péché derrière la carabine.

Passage de relais entre la paire transalpine.

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E

Johannes T. Boe félicite les Italiens Hofer et Wierer.

Les Français Antonin Guigonnat et Julia Simon n’ont pas trouvé la clef du succès.

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östersund

14 MARS 2019


16 MARS 2019

LE GRAND CHELEM Tumashov/NordicFocus

L

ars Hegle Birkeland, Vetle Christiansen, Tarjei Boe et Johannes Thingnes Boe ont décroché l’or du relais hommes. Avant eux, Synnoeve Solemdal, Ingrid Trandevold, Tiril Eckhoff et Marte Olsbu Roeiseland privaient les Suédoises du titre mondial. À Östersund, la Norvège a brillé sur le relais mixte, le relais mixte simple et donc les relais dames et hommes ! Le grand chelem dans les épreuves collectives. La France, elle, est passée à côté. Les tricolores sont rentrés bredouille d’un exercice dans lequel ils ont si souvent brillé. Pourtant, tout n’est pas à jeter. En particulier, chez les hommes, la belle prestation d’Antonin Guigonnat passé en tête, et surtout, le travail de Quentin Fillon-Maillet, impressionnant d’autorité sur la piste.

Relais 4 x6 dames Norvège Suède Ukraine 8 France Relais 4 x 7,5 hommes Norvège Allemagne Russie 6 France

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Tumashov/NordicFocus

PODIUM


östersund

17 MARS 2019

LA COULEUR DE L’ARGENT

Dans des conditions dantesques, Antonin Guigonnat est devenu vice-champion du monde de la mass-start.

90 | BIATHLON MAGAZINE • N°1


Club Dorothea

Dorothea Wierer a su dompter les éléments pour remporter l’or de la mass-start et par la même occasion son premier titre mondial. Dans ces Mondiaux de biathlon à Östersund, elle avait déjà goûté aux médailles sur les relais mixtes et relais mixte simple. En ce dimanche de mars, l’Italienne a su prendre une avance conséquente, et ce dès un premier tir debout parfait dans les rafales et sous la neige suédoise. Si bien que ses deux tours de pénalité après son dernier passage devant les cibles ne l’ont pas mise hors course pour la gagne. La Russe Ekaterina YurlovaPercht s’emparait de la médaille d’argent, alors que l’Allemande Denise Herrmann, revenue comme une balle dans le dernier tour, prenait le bronze avec le meilleur temps de ski du jour… Avec cette troisième médaille, l’ex-fondeuse réussissait de très probants Mondiaux.

PODIUM Mass-start 15 km Dominik Windisch Antonin Guigonnat Julian Eberhard 5 Quentin Fillon-Maillet 11 Simon Desthieux 24 Martin Fourcade Mass-start 12,5 km Dorothea Wierer Ekaterina Yurlova-Percht Denise Herrmann 15 Justine Braisaz 20 Célia Aymonier

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u terme d’une course incroyable disputée dans des conditions une nouvelle fois dantesques à Östersund, Antonin Guigonnat décrochait l’argent sur la mass-start, pour la plus grande joie d’un camp français frustré, malgré les deux médailles de Quentin FillonMaillet et celle de Justine Braisaz. « Je suis très satisfait et très fier de ramener une médaille pour la France », confiait le jeune homme en conférence de presse. Pourtant, les éléments auraient pu le trahir, en particulier lors de son deuxième passage sur le pas de tir : « au deuxième tir couché, il y avait une espèce de tornade. Pendant quelques secondes, je n’ai plus vu ma cible. » Car le vent et la neige ont fait de nombreuses victimes, à commencer par le numéro un mondial, le Norvégien Johannes Thingnes Boe, dont les cinq dernières balles se perdirent dans la tempête suédoise. Derrière lui, d’autres sont condamnés à tourner sur l’anneau de pénalité. Antonin Guigonnat tenta sa chance. À sa manière, comme d’habitude. « Moi j’ai fait mon truc, à l’attaque, dit-il. C’est ma recette pour faire du biathlon. » Et la mayonnaise a pris. Devant les journalistes, le biathlète de Morzine n’en tirait aucune gloriole personnelle : « Sportivement, je pense que n’importe quelle coupe du monde est aussi importante que les championnats du monde. Aujourd’hui, la course est réussie et le fait que cela se soit passé lors des Mondiaux, c’est du bonus. » Sa joie était autre. Elle se nichait dans le regard d’un fils vers ses parents qu’il s’est empressé d’aller embrasser. Comme deux bonnes étoiles dans le ciel d’un athlète qui a longtemps dû s’imposer. « Ils étaient déjà là au Grand-Bornand pour mon premier podium, ils étaient de nouveau là cet hiver, à Antholz, quand j’ai fait encore deux podiums. » Pour le reste, Antonin Guigonnat voudrait convaincre la nouvelle génération qu’on peut réussir tout en restant soi-même : « C’est bien si je peux montrer à ma petite sœur, qui essaie aussi de faire ses armes sur les circuits internationaux, et à tous les jeunes, que lorsqu’on est sportif de haut niveau il faut avoir une espèce de confiance en soi. »

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Oslo

À Oslo, pour le dernier sprint de l’hiver, la Jurassienne Célia Aymonier réalisait le meilleur résultat de sa carrière de biathlète.

21 MARS 2019

SI PRÈS, SI LOIN L

ors du dernier sprint de l’hiver, à Oslo, en Norvège, c’est une Française qui a bien failli créer la sensation. Célia Aymonier a montré de quel bois d’épicéa du Haut-Doubs elle était faite en allant chercher une quatrième 4e place. Son meilleur résultat en carrière. La biathlète des Fourgs a, pour la première fois, signé le 10/10 sur ce format face aux cibles pour échouer à seulement cinq secondes de son premier podium mondial. C’est tout de même sur le pas de tir que la Jurassienne a perdu du temps sur ses rivales car, en ski, elle enregistrait le troisième chronomètre. « Je vais savourer », souriait l’ancienne fondeuse sur la chaîne L’Équipe. Devant elle, c’est une sortie par la grande porte que s’est offerte

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Anastasiya Kuzmina. Pour le dernier sprint de son immense carrière, la championne du monde de la discipline à Östersund s’est offert une victoire. Solide sur le pas de tir (9/10), rapide sur la piste grâce à un très bon matériel, la triple championne

PODIUM Sprint 7,5 km 1 Anastasiya Kuzmina 2 Franziska Preuss 3 Paulina Fialkova 4 Célia Aymonier 31 Caroline Colombo 40 Chloé Chevalier 58 Anaïs Bescond 63 Justine Braisaz 75 Julia Simon

18

Le nombre de victoires d’Anastasiya Kuzmina. Statistique impressionnante : un quart a été réalisé sur de grands événements. Championne du monde, triple championne olympique, la Slovaque dresse l’un des plus beaux palmarès du biathlon féminin.

olympique, à 34 ans, remportait du même coup le petit globe. Comme une sorte de passation de pouvoir, la Slovaque était rejointe par sa jeune compatriote Paulina Fialkova, troisième du jour. L’Allemande Franziska Preuss s’immisçait entre les deux femmes... au détriment, donc, d’une athlète tricolore.


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Avec son neuvième podium de l’hiver, Quentin Fillon-Maillet a comblé le public français.

22 MARS 2019

NUMÉRO 9 D

eux courses, deux ambiances. À Oslo, après le grand soleil qui a baigné le sprint dames, c’était jour de grand brouillard pour les hommes ! Et malgré un manque de visibilité, Johannes Thingnes Boe a crevé l’écran. À domicile, le Norvégien, meilleur temps de ski et auteur d’un 9/10, a empoché sa quatorzième victoire de la saison. Du coup, en plus de conquérir le globe du sprint, le Viking égalait le record établi par Martin Fourcade lors de la saison 2016-2017 [il allait même le dépasser pour atteindre seize succès]. Après Dominik Windisch lors de la mass-start des Mondiaux d’Östersund, c’est un autre Italien qui créait la surprise en prenant la deuxième place. Lukas Hofer

montait en effet sur le podium avec un parfait 10/10. Tout comme le troisième du jour, Quentin FillonMaillet... et son dossard 2 ! En pleine purée de pois lors de son installation sur le pas de tir, le Grandvallier blanchissait soigneuse-

PODIUM Sprint 10 km 1 Johannes T. Boe 2 Lukas Hofer 3 Quentin Fillon-Maillet 7 Simon Desthieux 19 Émilien Jacquelin 20 Antonin Guigonnat 21 Fabien Claude 56 Aristide Bègue 65 Simon Fourcade

ment les dix cibles, quitte à y passer beaucoup de temps. Conscient de sa forme du moment, le Jurassien, qui montait pour la neuvième fois sur le podium de l’hiver, avait construit patiemment sa course sur les skis en effectuant un dernier tour de haute tenue, après une entame plus en douceur. « J’ai bien fait de me battre et de tout donner », soulignait-il sur la chaîne L’Équipe, tout heureux de sa prestation. À deux courses du clap de fin, il venait en outre de grappiller de précieux points sur son rival russe Alexander Loginov (9e) et confortait, par la même occasion, sa troisième place au général... que pouvait alors aussi revendiquer son compatriote Simon Desthieux (7e).

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23 MARS 2019

B

Manzoni/NordicFocus

is repetita. Pour le dernier weekend de coupe du monde de biathlon, Anastasiya Kuzmina, déjà vainqueur du sprint, a écrasé la dernière poursuite de la saison qui a été courue sous le soleil d’Oslo. Elle n’a pas tremblé et n’a cessé de creuser l’écart grâce à un exceptionnel 20/20 (le seul de sa carrière) face aux cibles ! La classe devant le public nombreux. Une autre biathlète a eu moins de réussite. Ce samedi de mars, l’Italienne Dorothea Wierer pouvait gagner le gros globe de cristal qui récompense le premier du classement général, d’autant plus que sa principale rivale, sa compatriote Lisa Vittozzi, était absente de la poursuite après sa contre-performance sur le sprint. Mais, sa douzième place l’en a empêchée. Le suspens allait donc prendre fin lors de la mass-start.

Frères d’armes

Manzoni/NordicFocus

Oslo

L’OMBRE DU SUSPENS

Dorothea Wierer, avec la Norvégienne Tiril Eckhoff.

PODIUM Poursuite 10 km 1 Anastasiya Kuzmina 2 Denise Herrmann 3 Hanna Oeberg 10 Célia Aymonier 25 Anaïs Bescond 38 Caroline Colombo 45 Chloé Chevalier 94 | BIATHLON MAGAZINE • N°1

Vainqueur de la poursuite d’Oslo, Johannes Thingnes Boe a une nouvelle fois partagé le podium avec son grand frère Tarjei Boe, comme ce fut le cas, durant la saison, sur la poursuite de Nove Mesto et le sprint de Ruhpolding. En fait, c’était la sixième fois qu’ils vivaient ce moment particulier. En 2016, ils s’étaient même retrouvés en compagnie d’un autre compatriote, le champion Emil Hegle Svendsen (sprint de Ruhpolding). Il y eut aussi, en 2018, la poursuite d’Oberhof. La première fois qu’ils sont montés ensemble sur la « boîte », c’était lors des Mondiaux de Kontiolahti, en Finlande, en 2015. Lors de l’interview qui avait suivi la compétition, l’aîné n’avait pas pu retenir ses larmes, tellement l’émotion l’avait gagné. Les téléspectateurs de la NRK avaient aussitôt adopté le duo.

Tarjei Boe et son petit frère Johannes, ensemble sur le podium d’Oslo.

PODIUM Poursuite 12,5 km 1 Johannes T. Boe 2 Tarjei Boe 3 Arnd Peiffer 8 Simon Desthieux 12 Quentin Fillon-Maillet 14 Antonin Guigonnat 25 Fabien Claude 26 Émilien Jacquelin 45 Aristide Bègue


Manzoni/NordicFocus

Lors des finales d’Oslo, le biathlète de Basse-sur-le-Rupt Fabien Claude, a réalisé le meilleur classement de sa carrière : une 12e place dans la mass-start. « Un vrai régal de jouer devant », confia-t-il après la course.

BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 95


GRAND CHELEM

Trois courses, trois victoires en Norvège, le viking Johannes T. Boe termine l’hiver au sommet.

96 | BIATHLON MAGAZINE • N°1

Q

uel hiver ! Et quelle fin de saison de Johannes Thingnes Boe, auteur d’un triplé sprint, poursuite et mass-start à Oslo ! Le lauréat du gros globe de cristal – son premier – a signé, avec la manière s’il vous plaît (20/20 devant les cibles), son seizième succès de l’hiver, établissant un nouveau record masculin sur la coupe du monde. Cet exploit valait bien une petite facétie : le Norvégien a franchi la ligne, coiffé d’un casque viking et le drapeau norvégien à la main. En zone mixte, le Scandinave se réjouissait également d’avoir réussi le grand chelem puisqu’il a empoché tous les globes offerts aux messieurs : « C’est une saison parfaite, constatait-il. J’attends maintenant le retour de Martin Fourcade l’année prochaine. » Dans sa lutte face à Quentin Fillon-Maillet, finalement 23e, Johannes Thingnes Boe a donc aussi mis la main sur le globe de la mass-start. Le Français, pourtant à égalité de points avant cette dernière course, est malheureusement passé à côté de ses tirs couchés et n’a pu espérer ravir cette récompense au Scandinave. Pour autant, le biathlète du Grandvaux se consola avec sa magnifique troisième place au classement général de la coupe du monde, devant son coéquipier de l’Ain, Simon Desthieux, qui a chuté à l’approche de la ligne d’arrivée. Plus loin, Fabien Claude disputait cette épreuve sans a priori et en cherchant du plaisir sur la piste. Et cela s’est vu : 6e temps de ski, 17/20 face aux cibles et surtout une 12e place. Sa meilleure en carrière sur la coupe du monde.

PODIUM Mass-start 15 km 1 Johannes T. Boe 2 Arnd Peiffer 3 Benedikt Doll 7 Simon Desthieux 12 Fabien Claude 23 Quentin Fillon-Maillet 25 Émilien Jacquelin 29 Antonin Guigonnat

Manzoni/NordicFocus

Oslo

24 MARS 2019


22 points

Voilà, c’est fait : Dorothea Wierer, malgré sa douzième place sur la mass-start d’Oslo gagnée par la Suédoise Hanna Oeberg, a remporté le gros globe de cristal. Le premier de sa carrière. Ni sa compatriote Lisa Vittozzi, avec qui elle était en concurrence, ni la menaçante Anastasiya Kuzmina ne l’ont privée de cette joie qu’elle devait finalement à vingt-deux petits points d’avance. La jeune femme entrait dans l’histoire de son pays, où jamais un biathlète – hommes compris – n’avait jusqu’ici réussi un tel exploit. Tous sports d’hiver confondus, elle n’est que la troisième, après le skieur alpin Gustav Thöni et le lugeur Armin Zöggeler. Ce n’est pas sa première « première fois ». Déjà, en 2008, elle avait été la première Italienne à remporter une médaille d’or en individuel aux championnats du monde juniors à Ruhpolding (Allemagne).

HOMMES 1 2 3 4 11 12 24 37 47 99

DAMES

Manzoni/NordicFocus

LE

GENERAL

1 2 3 20 22 23 24 26 67 101

Alexander Loginov

Johannes T. Boe

Dorothea Wierer Lisa Vittozzi Anastasiya Kuzmina Anaïs Chevalier Anaïs Bescond Julia Simon Célia Aymonier Justine Braisaz Caroline Colombo Chloé Chevalier

Quentin F.-Maillet

Simon Desthieux

Johannes T. Boe

25 25 25 25 24 19 22 10 8 5

PTS

DÉPARTS

904 882 870 430 423 415 397 352 58 1

25 24 25 19 21 21 22 22 9 2

Alexander Loginov

POURSUITE

Marte O. Roeiseland Anastasiya Kuzmina

Vetle S. Christiansen

DÉPARTS

SPRINT

Dorothea Wierer

PTS

1262 854 843 831 686 648 352 169 115 1

Johannes T. Boe

PODIUM Mass-start 12,5 km 1 Hanna Oeberg 2 Tiril Eckhoff 3 Clare Egan 7 Julia Simon 17 Anaïs Bescond 22 Célia Aymonier DNF Justine Braisaz

Johannes T. Boe Alexander Loginov Quentin Fillon-Maillet Simon Desthieux Antonin Guigonnat Martin Fourcade Émilien Jacquelin Simon Fourcade Fabien Claude Aristide Bègue

Lars H. Birkeland

Marte O. Roeiseland

Arnd Peiffer

Dorothea Wierer

Anastasiya Kuzmina

Johannes T. Boe

Quentin F.-Maillet

INDIVIDUEL

MASS-START

Paulina Fialkova

Lisa Vittozzi

Marketa Davidova

Dorothea Wierer

Hanna Oeberg

Paulina Fialkova

BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 97


AGENDA

VIVEMENT L’HIVER PROCHAIN 1

9

Östersund

Kontiolahti

Oslo 10

Oberhof

4 8

Ruhpolding

5 2

Le Grand-Bornand

COUPE DU MONDE

Hochfilzen

7

3

Nove Mesto

Antholz

6

Pokljuka

IBU CUP

JUNIOR CUP

1er au 8 décembre 2019

25 au 1er décembre 2019

9 au 15 décembre 2019

12 au 15 décembre 2019

9 au 15 décembre 2019

16 au 21 décembre 2019

16 au 22 décembre 2019

16 au 21 décembre 2019

27 janvier au 2 février 2020

6 au 12 janvier 2020

6 au 12 janvier 2020

Championnats du monde juniors

13 au 19 janvier 2020

13 au 18 janvier 2020

Östersund

Hochfilzen

Le Grand-Bornand Oberhof

Ruhpolding

20 au 26 janvier 2020

Pokljuka

12 au 23 février 2020

Antholz-Anterselva

Championnats du monde 2 au 8 mars 2020

Nove Mesto

9 au 15 mars 2020

Kontiolahti

16 au 22 mars 2020

Oslo

98 | BIATHLON MAGAZINE • N°1

Sjusjoen

Ridnaun

Obertilliach

Pokljuka Martell

Lenzerheide

Osrblie

2 au 8 mars 2020

Duszniki Zdroj

9 au 15 mars 2020

Arber

Championnats d’Europe

3 au 9 février 2020

10 au 15 février 2020

Martell-Val Martello

24 février au 1er mars 2020

Otepää

Championnats d’Europe 2 au 8 mars 2020

Minsk-Raubichi

Arber

Hochfilzen

JOJ

9 au 22 janvier 2020

Prémanon


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BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 99

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GÉOGRAPHIE

LA FRANCE DU BIATHLON

CE SONT DES LIEUX DONT LES PASSIONNÉS ENTENDENT PARLER TOUT AU LONG DE L’HIVER PARCE QU’ILS ACCUEILLENT DES COMPÉTITIONS OU DES ATHLÈTES EN STAGE.

1

2 3 4

LA BRESSE

ARÇON

LA SEIGNE

PRÉMANON

LE GRAND-BORNAND 6 7 CHAMONIX LES PLANS D’HOTONNES 5 8 LES CONTAMINES-MONTJOIE LES SAISIES 9 10 LA FÉCLAZ 11 PEISEY-NANCROIX MÉRIBEL 12 13 BESSANS COL DE PORTE CROIX DE BAUZON 16 SERRE CHEVALIER 14

15

17

VASSIEUX-EN-VERCORS

BEILLE

100 | BIATHLON MAGAZINE • N°1

19

20

FONT-ROMEU

18

CORRENÇON-EN-VERCORS


LES SITES 1

La Bresse

Date de création : 1988, réhabilité en 2016 Piste goudronnée : oui Longueur de la piste : 600 m Nombre de cibles : 24 Équipement ouvert au grand public : oui Les conditions : encadrement par moniteur diplômé ou licencié d’un club FFS Contact : ESF La Bresse : 03 29 25 41 56 - info@esf-labresse.com / Christian Poirot : 06 85 10 05 24 / Office de tourisme de La Bresse : 03 29 25 41 29 - tourisme@labresse.fr 2

Arçon

Date de création : 2009 Piste goudronnée : oui Longueur de la piste : 2,5 km, bientôt 3,3 km Nombre de cibles : 27 cibles Équipement ouvert au grand public : oui Spécificité du site : piste homologuée et gérée par l’association Entente Sportive Saugette de Ski Contact : Entente Sportive Saugette de Ski 1 bis rue de Nangein 25300 Arcon. Tél. : 06 07 91 39 44 ou 06 38 15 37 65 3

La Seigne

Date de création : années 90, réhabilité en 2015 Piste goudronnée : oui Longueur de la piste : 1,5 km Nombre de cibles : 30 Équipement ouvert au grand public : oui. Les conditions : encadrement et initiation proposés par les écoles de ski locales (ESI - ESF) et/ou le club résidant Contact : Olympic Mont d’Or  - Présidente : Sylvane Laurent - olympicmontdor@gmail.com 4

Prémanon

Date de création : 1998, réhabilité en 2012 puis 2018 Piste goudronnée : oui Longueur de la piste : 3,7 km. Nombre de cibles : 30 cibles électroniques + 8 cibles électroniques avec écrans vers les tireurs dans un pas de tir couvert.

Équipement ouvert au grand public : oui. Les conditions : encadrement et initiation par moniteur diplômé sur réservation et sur des créneaux spécifiques Contact : stadedestuffes@ensm. sports.gouv.fr 5

Les Plans d’Hotonnes

Date de création : 2000 entièrement refait 2018-2019 (fin des travaux juillet/août) Piste goudronnée : oui Longueur de la piste : 4 km Nombre de cibles : 30 cibles à 50 m Équipement ouvert au grand public : oui Spécificité du site : conçu pour sport adapté et handicapés Contact : ESF des Plans d’Hotonnes. Tél. : 04 79 87 68 22

7

8

La première piste de ski-roues dédiée à l’entraînement et aux compétitions de Haute-Savoie verra le jour cet été aux Contamines-Montjoie. Le tracé fera trois kilomètres. « Cette création était devenue indispensable », selon le fondeur Jean-Marc Gaillard, médaillé olympique aux JO de Sochi. « Pour les entraînements pendant l’été, la piste de ski-roues sera idéale », abonde la biathlète Anaïs Chevalier. « Un gros plus pour les touristes et pour les sportifs », confirme sa coéquipière Justine Braisaz. Ce parcours, situé à 1200 m, complète une offre nordique déjà étoffée pour une pratique du biathlon et ski de fond hiver comme été.

6

Le Grand-Bornand

Date de création : 2010 Piste goudronnée : Non Nombre de cibles : 30 Équipement ouvert au grand public : Non Spécificité du site : Stade non permanent. Accueille la coupe du monde de biathlon en 2019, 2020 et 2021 Contact : www.legrandbornand.com

Les Contamines-M.

Date de création : été 2019 pour la nouvelle piste de ski-roues Piste goudronnée : Oui Longueur de la piste : 3 km Nombre de cibles : 30 Équipement ouvert au grand public : oui Les conditions : non définies pour le moment Contact : Les Contamines Tourisme, 04 50 47 01 58, www.lescontamines.com 9

Les Contamines innovent

Chamonix

Date de création : 2008 Piste goudronnée : non Nombre de cibles : 12 Équipement ouvert au grand public : oui Contact : veronique.juppet@ ccvcmb.fr (réservations)

Les Saisies

Date de création : 1992 Piste goudronnée : non Nombre de cibles : 30 Équipement ouvert au grand public : oui Contact : ESF - Tél. : 04 79 38 90 40 / ESI - Tél. : 04 79 38 95 94 10

La Féclaz

Date de création : 2014 Piste goudronnée : oui Longueur de la piste : 4,5 km Nombre de cibles : 30 à 50 m Équipement ouvert au grand public : oui Les conditions : encadrement et initiation proposés par les écoles de ski locales (ESI - ESF) et/ou dans le cadre de découverte de l’activité via des structures professionnelles (Biathlon Expérience, Altitude Biathlon ou club alpinum) Contact : Tél. du stade multi-activités Alexis-Bœuf : 06 68 97 49 64 pour informations. Pour encadrement et initiation : ESF La Féclaz 04 79 25 81 90 ou Biathlon Experience 06 06 53 04 94 11

Peisey-Nancroix

Date de création : 2003, réhabilité en 2006 Piste goudronnée : oui Longueur de la piste : 910 m + boucle pénalité de 170 m Nombre de cibles : 30 Équipement ouvert au

BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 101


grand public : oui Les conditions : Pratique possible seulement l’hiver pour le moment Contact : Ski Club de Peisey-Vallandry - Jean-Pierre Giachino : 06 69 66 35 71 / Cyril Cleyrat : 06 14 82 71 09 / cyril.cleyrat@gmail.com 12

Méribel

Date de création : 1995 Piste goudronnée : non Nombre de cibles : 30 Équipement ouvert au grand public : oui Les conditions : Encadrement et initiation proposés par les écoles de ski locales Contact : ESF Méribel 04 79 08 60 31 13

Bessans

Date de création : 1998-1999 Piste goudronnée : Oui Longueur de la piste : 3 km Nombre de cibles : 30 Équipement ouvert au grand public : Oui Les conditions : encadrement et initiation proposés par les écoles de ski locales. Il est nécessaire de réserver en amont sa ligne de tir au 04 79 05 96 65 (hiver) et au 06 33 25 15 34 (été) Contact : ESF de Bessans: 06 84 20 64 60. 14

Col de Porte

Piste goudronnée : Oui Longueur de la piste : 1 km Nombre de cibles : 30 Équipement ouvert au grand public : Oui Les conditions : encadrement et initiation proposés par les écoles de ski locales. Réservations en ligne, ouvert toute l’année Contact : pasdetir@ecoledeporte.com ou au 0695695008 15

Croix de Bauzon

Date de création : 2014 Piste goudronnée : oui Longueur de la piste : 350 m connectés au parking de la station de la Croix de Bauzon Nombre de cibles : 4 (extension à 8 possible) Équipement ouvert au grand public : oui

102 | BIATHLON MAGAZINE • N°1

Simon Fourcade sur le pas de tir du stade de Bessans.

Les conditions : sur réservation uniquement, et sous réserve de disponibilité de l’encadrement Contact : Ardèche Espace Montagne sma@la-montagne-ardechoise.com 04 66 69 43 58 ou ESF 06 81 25 60 75 16

Serre Chevalier

Date de création : il y a environ 30 ans Piste goudronnée : non Nombre de cibles : 24 en métal, tir à 25 m et à 50 m Équipement ouvert au grand public : oui Les conditions : encadrement et initiation proposés par les écoles de ski locales Contact : info@nordicserrechevalier.com Pour la pratique encadrée s’adresser à GOnordiq/Thierry Gonon 06 62 01 31 85. 17

Corrençon-en-V.

Date de création : 2015 Piste goudronnée : oui Longueur de la piste : 7,5 km de pistes goudronnées pour 12 km de parcours Nombre de cibles : 25 Équipement ouvert au grand public : Réservé le matin pour le

haut niveau. La piste et les pas de tir (sous réserve de répondre à la règlementation en vigueur) sont ouverts au grand public l’après-midi. Comme l’hiver, notre site propose : 1 accès payant aux pistes (4,50 €/ personne), 1 ESF permanente pour les cours de ski ou biathlon Contact : ESF au 06 82 63 60 07 ou auprès du responsable de la piste au 06 87 36 93 73 18

Vassieux-en-V.

Date de création : 2001 Piste goudronnée ou pas : oui Longueur de la piste : 2,2 km Nombre de cibles : 25 Équipement ouvert au grand public : non Spécificité du site : Stade Raphaël Poirée Contact : moboussier@ladrome.fr ou ldigoude@ladrome.fr ou ycerdan@ladrome.fr 19

Beille

Date de création : 2008 Piste goudronnée : non Nombre de cibles : 20 Équipement ouvert au grand public : oui Les conditions : le pas de tir est ouvert pendant la saison d’hiver, de 9 h à 17 h, et pendant la période


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Date de création : 2012 Piste goudronnée : oui Longueur de la piste : 2,2 km Nombre de cibles : 12 Équipement ouvert au grand public : oui Les conditions : Contact : Altiservice Font-Romeu Pyrénées 2000 : fontromeu.pyrenees2000@altiservice.com / 04 68 30 60 61

Et aussi des pas de tir à 10 m

La pratique du biathlon ne se limite pas aux sites présentés ici où nous avons retenu les stades équipés en permanence d’un pas de tir à 50 m. Sur tous les massifs, des professionnels de l’ESF et de l’ESI proposent des activités à 10 m. À l’exemple de Didier Pradon, dans le massif du Sancy (www. biathlon-attitude.com).

CHAPELLE DES BOIS 25 Maison du Montagnon

Auberge de montagne –gîte d’étape séjours sportifs et gastronomiques www.maison-montagnon.fr

03 81 69 26 30

BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 103


1969 : le XV de France 1 2 3 4 1

3 2

4

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10

5 6 7 8 9

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15

10 11 12 13 14 15

Louis Romand Noël Turrel Serge Legrand Daniel Claudon Charles Daubas M. Roble Jean-Claude Viry Paul Romand Aimé Gruet-Masson Paul Chassagne André Buffard Marius Falquy Guy Durrafourg Jean-Pierre Souleau René Arpin Séance de tir à Splügen pour Aimé Gruet-Masson, en 1969

Aimé Gruet-Masson qui allait devenir entraîneur, puis dirigeant.

Daniel Claudon, le premier Français à rivaliser avec les étrangers.

Jean-Claude Viry lors d’une compétition à Seefeld, en Autriche.

104 | BIATHLON MAGAZINE • N°1


Pour toutes les photos : Collection personnelle

VINTAGE

Les biathlètes français s’entraînent au tir dans le Jura dans un stade improvisé.

YVES PERRET

LE TEMPS DES DÉFRICHEURS

DEPUIS QUELQUES ANNÉES, LE BIATHLON EST POPULAIRE. MAIS CE SPORT N’EST PAS NÉ AVEC LES RETRANSMISSIONS TÉLÉ. SON HISTOIRE A PLUS DE 50 ANS.

A

ujourd’hui, tout semble si évident. Des milliers de spectateurs dans les tribunes. Des heures de retransmissions télé où, de Dunkerque à Ajaccio, des fans se délectent de l’avant-course, de la course et du débriefing, incollables sur les stats de tir de Martin Fourcade ou le palmarès d’Anaïs Bescond. Il fut un temps, pourtant, où le biathlon était le parent pauvre des sports d’hiver en France, victime d’une image brouillée par les clichés militaires et ce lourd fusil de guerre que trimbalaient les athlètes. C’était un autre temps. Celui des knickers et du pas alternatif, le Gaulois, comme on dit. Celui des cibles posées, pour les plus éloignées, à 250 mètres que l’on dégommait dans un fracas de guerre civile. Être biathlète en France dans les années soixante, c’était entrer dans une secte aux codes improbables en occultant tout rêve de gloire. La discipline est entrée au programme olympique en 1960 à Squaw Valley. Il est alors la chasse gardée des Soviétiques, des Allemands de l’Est et des Scandinaves. Une équipe de France est

née quelques mois avant, à l’initiative de Robert Gazelot et de l’administration des Douanes, équipée sommairement d’armes peu adaptées, reçues juste avant le départ pour les USA. Victor Arbez, Paul Romand, André et Gérard Mercier, entraînés par André Buffard, sont des défricheurs. Des pionniers qui, sans le savoir, ont ouvert une voie royale. Qu’importent leurs résultats ou le fait qu’à l’époque on envoyait au biathlon ceux qui n’étaient pas les plus rapides en ski. Une discipline était née et, dans les vallées froides où bat le cœur du nordique, une poignée de durs à cuire allait transmettre avec ferveur cette drôle de passion. Les Jeux olympiques de Grenoble en 1968, comme ceux d’Albertville en 1992 à une échelle supérieure, seront un modeste tremplin pour le biathlon français, qui participe à la fête et bénéficie d’un peu de la lumière posée sur Killy et les skieurs français. « Pour aller à la cérémonie d’ouverture, j’étais assis dans le bus à côté de Jean-Claude Killy. Il me demande : “Quelles sont tes ambitions ?

Je n’ai pas su quoi lui répondre. Pour nous, être sélectionné, c’était l’aboutissement », racontait, en 2013, dans La Grande Saga du Biathlon Français, édité par Somfy, Aimé GruetMasson, aujourd’hui disparu, qui fut pendant des années un des plus farouches militants du biathlon. Sur le plateau du Vercors, ses coéquipiers s’appelaient Jean-Claude Viry, Louis Romand, Guy Duraffourg, Serge Legrand ou Daniel Claudon. Daniel Claudon justement, un solide Vosgien, fin tireur et redoutable compétiteur, se fraie ensuite un chemin près des meilleurs. Cinquième des championnats du monde en 1970, il finit 4e des pré-olympiques de Sapporo et des Mondiaux d’Hammelina, l’année suivante. Il passe à côté des JO de Sapporo et raccroche en 1974, victime de problèmes cardiaques avant de devenir entraîneur. Le chemin était encore escarpé pour les biathlètes français, irréductibles et passionnés, bien loin de se douter qu’un jour, leurs héritiers deviendraient de redoutables chercheurs d’or.

BIATHLON MAGAZINE • N°1 | 105


DANS LE MILLE

VINCENT DEFRASNE*

CORDON

Biathlète ou pas, notre vie n’estelle pas vouée à être souvent « cordon » ? Nos objectifs, qu’ils soient ceux du quotidien ou ceux d’une vie, nous amènent forcément à flirter avec cette zone décisive, à visiter cette ligne de démarcation entre la joie et la tristesse. Et quand le

Nordic Magazine

R

and treffer en allemand, Kalibur en tchèque, Kount en norvégien, Gobaritt en Russe… Ces mots résonnent souvent sur les pas de tir de biathlon. En français, c’est « cordon ». « Ouh, elle était cordon celle-là ! » Le cordon, c’est la balle ultralimite qui frappe juste au bord de la cible et qui, selon le degré de précision, selon la chance, selon le millimètre de plomb de plus à l’intérieur ou à l’extérieur de la cible, va la faire basculer… ou pas. C’est la ligne fragile, infiniment étroite entre le noir et le blanc, entre la réussite et l’échec. C’est là où tout se joue à rien. Et comme le biathlon, c’est aussi du ski, il y a aussi les « cordons » … à ski. Le moment où tu dois jeter le pied juste quelques centimètres devant un autre pied qui sprinte avec toi sur la ligne ; le moment où tu évites de justesse la chute dans le virage d’Oberhof ; le moment où le tableau d’affichage donne quelques dixièmes en ta faveur ou celle d’un autre. Et, comme le biathlon, c’est aussi et surtout du mental, il y a aussi les « cordons » … dans la tête. Le moment où tu gardes ta concentration ou bascules dans la panique ; le moment où tu trouves les ressources ou alors abandonnes ; le moment où tu décides de continuer ou d’arrêter…

« cordon » a donné son verdict, soit il nous permet de profiter de la réussite et de ses joies dont on mesure alors la fragilité, soit il nous demande de subir la défaite en assumant l’échec. Et pour notre société tout entière, pour les enjeux de notre monde, quels sont les « cordons » ? Quelles sont les limites où tout bascule ? Pour sauvegarder notre planète, il paraît que le point de bascule se situe entre 6 et 8 % de la population mondiale. Autrement dit, il suffirait que 7 % des populations s’activent vraiment en faveur d’un environnement plus propre, pour que les résultats soient visibles... et que le sort de la planète bascule du bon côté ! Bien sûr, la balle plein centre, « mouche », est fantastique. Elle nous montre combien nous sommes tous capables de grandes choses, elle

nous rend heureux. Bien sûr, la cible qui a basculé ou le projet de vie qui réussit, nous donne de l’élan et du bonheur. Mais l’incertitude du « cordon » est peut-être tout aussi précieuse et finalement passionnante. Tutoyer la limite, c’est se découvrir un peu plus ; jouer les équilibristes sur le fil, c’est devoir trouver, en nous, les ressources pour faire juste un peu mieux et basculer du bon côté de l’histoire. Si le biathlon est une école de soi-même, le « cordon » en est la meilleure des disciplines. Alors, sur un stade comme dans la vie, je nous souhaite à tous, de faire mouche parfois, comme je nous souhaite à tous, d’être « cordon » souvent ! *Premier Français sacré champion olympique de biathlon.

TUTOYER LA LIMITE, C’EST SE DÉCOUVRIR UN PEU PLUS. 106 | BIATHLON MAGAZINE • N°1


Conception : Région Bourgogne-Franche-Comté, direction de la Communication © Photos : Yvan Goepfert/L’Est Républicain / Fédération française de ski

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BIATHLON MAGAZINE Retrouvez-nous sur • N°1 | 107

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www.comte-petite.com Visite guidée des caves d'affinage au Fort Saint-Antoine toute l'année sur réservation : 03 81 49 14 34 La Crèmerie Marcel Petite au centre ville de Pontarlier 1, rue Sainte-Anne. Comtés, fromages, produits régionaux, épicerie fine, vins...

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