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Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie Insee Institut National de la Statistique et des Études Économiques Direction Régionale de Lorraine 15, rue du Général Hulot CS 54229 54042 NANCY CEDEX Tél : 03 83 91 85 85 Fax : 03 83 40 45 61 www.insee.fr/lorraine DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Jean-Paul FRANÇOIS Directeur régional de l’Insee COORDINATION RÉDACTIONNELLE Christian CALZADA Gérard MOREAU RESPONSABLE ÉDITORIAL ET RELATIONS MÉDIAS Jacqueline FINEL RÉDACTRICE EN CHEF Agnès VERDIN CONCEPTION, MISE EN PAGE COMPOSITION Marie-Thérèse CAMPISTROUS IMPRIMEUR Novaprint 29, rue d’Anthouard 55106 Verdun ISSN : 0293-9657 © INSEE 2006

Illustrations de couverture Photo principale : Vue aérienne d’Hattonchâtel

Vignettes : Parc éolien de Rumont Marcheurs Ouvriers du bâtiment Lac de la Madine Gare TGV à Issoncourt Graines de paysages INEOS Entreprises France à Verdun-Baleycourt, © INEOS Vache «Française frisonne» La Meuse à Verdun Mirabelles

Écoscopie de la Meuse


Préface

S

uccédant à la publication de «Géographie de la Meuse», les Chambres consulaires ont décidé de réaliser une nouvelle présentation du département pour tous ceux qui s’intéressent à la Meuse et à son développement. Ce challenge a été relevé par les animateurs de l’Observatoire Interconsulaire et les spécialistes de l’Insee Lorraine qui publient une «Écoscopie de la Meuse» très complète et riche d’informations et d’analyses nouvelles. Ce document de 60 pages présente les données les plus récentes pour chacun des 24 thèmes traités. Au-delà des chiffres bruts, des tableaux et des graphiques, les auteurs proposent des analyses qui mettent en relief les traits caractéristiques du département et les enjeux qui devront être relevés collectivement. Ce travail n’aurait pas été possible sans le soutien qu’apporte le Conseil Général aux travaux de l’Observatoire Interconsulaire. Nous ne doutons pas que vous serez nombreux à manifester un intérêt tout particulier à la lecture de ce document pour y retrouver ce qui vous est le plus familier et découvrir les multiples autres facettes de l’économie meusienne. Nous souhaitons à cette publication la diffusion la plus large possible ; qu’elle devienne une référence pour alimenter la réflexion des élus et des responsables départementaux et pour les guider dans les choix qui engageront l’avenir ; qu’elle soit aussi un document à la disposition des enseignants et des élèves désireux de mieux connaître leur département. Bonne lecture à toutes et à tous…

n Christian NAMY

Président du Conseil Général de la Meuse

Écoscopie de la Meuse

n Jean-Luc PELLETIER

Président d’Interconsulaire 55

n Jean-Paul FRANÇOIS

Directeur Régional de l’Insee Lorraine


Équipe de projet :

Interconsulaire 55 et l’Insee Lorraine tiennent à remercier pour le regard qu’ils ont apporté au contenu rédactionnel :

Interconsulaire 55 Chambre d’Agriculture n Bruno BOSCHIERO

* Le Service régional de statistique de la Direction de la Recherche, des Études, de l’Évaluation et des Statistiques ( DREES ) du Ministère de la santé, * La Division des études, de l’évaluation et de la prospective du Rectorat de l’académie de Nancy-Metz,

Chambre de Métiers et de l’Artisanat

* La Chambre de Métiers et de l’Artisanat de la Meuse,

n Alain DUTERTE

* Le Service Régional de l’Information Statistique et Économique ( SRISE) de la Direction Régionale de l’Agriculture et de la Forêt ( DRAF ) de Lorraine,

n Sylviane VARNIER Chambre de Commerce et d’Industrie n Claude MEYER n Emilie VICHARD

Direction régionale de l’Insee n Philippe DEBARD

Ont apporté leur concours à cet ouvrage : Direction régionale de l’Insee n Françoise CABESSUT n Thierry GUILLAUME n Ludovic JOBARD n Jean-Philippe THANRY n Brigitte VIENNEAUX

Écoscopie de la Meuse

* La Chambre d’Agriculture de la Meuse,

* L’Office National des Forêts (ONF ) de la Meuse, * La Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de la Meuse. pour la fourniture de données statistiques : > La Direction Générale des Impôts ( DGI), > L’Institut Géographique National (IGN), > La Direction Régionale de l’Equipement ( DRE) de Lorraine, > La Caisse d’Allocations Familiales ( CAF ) de la Meuse, > L’Inspection académique de la Meuse, > L’Union de Recouvrement des cotisations de Sécurité Sociale et d’Allocations familiales (URSSAF ) de la Meuse, > La Direction Interrégionale des Douanes de Metz, > L’Observatoire Economique et Social de la Mutualité Sociale Agricole ( MSA) de Marne-Ardennes-Meuse, > La Direction Régionale de l‘Environnement ( DIREN ) de Lorraine, > Le de > Le en

Groupement de Gestion et de Développement Forestier (GEDEFOR ) la Meuse, Groupe Interprofessionnel de Promotion de l’Economie du Bois Lorraine (GIPEBLOR ), > Le Comité Départemental du Tourisme (CDT) de la Meuse, > L’Établissement Public Local d’enseignement et de formation professionnelle agricole (EPL AGRO) et son Centre de Formation des Apprentis ( CFA) de Bar-le-Duc.


Sommaire Synthèse Le rebond démographique, prélude au rebond économique ? . . . . . . . . I-IV

Territoire : Peuplement et activités dans les vallées. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4

Intercommunalité : Communautés de communes et Pays, espaces de projet . . . . . . . . . . . . 6

Démographie : La baisse tendancielle de la population est stoppée . . . . . . . . . . . . . . 8 Fécondité élevée et déficit migratoire en réduction . . . . . . . . . . . . . . 10 Un nombre élevé et grandissant de personnes âgées . . . . . . . . . . . . . 12

Logement : Doublement du rythme des constructions neuves. . . . . . . . . . . . . . . 14

Conditions de vie : Revenus plus faibles et pauvreté supérieure à la Lorraine . . . . . . . . . . . 16

Santé : Densité médicale faible et inégale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20

Enseignement primaire et secondaire : La réduction des effectifs se poursuit . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22

Enseignement supérieur : Effectifs limités et quasi-absence d’offre en 3ème année . . . . . . . . . . . . 24

Population active : Attirance accrue pour les marchés du travail extérieurs . . . . . . . . . . . . 26

Artisanat : Un secteur économique porteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28

Emploi salarié : Une baisse à l’opposé de la tendance nationale. . . . . . . . . . . . . . . . 31

Tissu économique : Autonome et stable, mais qui se renouvelle lentement . . . . . . . . . . . . 34

International : Des exportations tournées essentiellement vers l’Europe . . . . . . . . . . . 37

Agriculture : Au coeur du territoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38

Forêt : Un tiers du territoire est boisé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42

Métallurgie, mécanique, automobile : Une tradition industrielle renouvelée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43

Optique, meuble, bois-papier, textile, chimie : La pérennité et la croissance passent par l’innovation. . . . . . . . . . . . . 44

Industries agricoles et alimentaires : Prédominance des industries laitières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45

Commerces, services : Attractivité des villes et animation du territoire . . . . . . . . . . . . . . . . 46

Emploi public : Plus d’un emploi sur cinq dans la fonction publique . . . . . . . . . . . . . . 47

Tourisme : Des potentiels à développer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48

Arrondissement de Bar-le-Duc : Démographie préoccupante pour l’avenir. . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50

Arrondissement de Commercy : Proximité stratégique avec Toul et Nancy . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51

Arrondissement de Verdun : Amarrage au sillon mosellan et à la dynamique frontalière . . . . . . . . . . 52

Écoscopie de la Meuse


Synthèse Le rebond démographique, prélude au rebond économique ? La Meuse présente le caractère rural le plus marqué de Lorraine. L’agriculture qui occupe 9% des actifs repose sur les grandes cultures, la production de viande bovine et la production laitière, mais reste fortement dépendante des aides liées à la PAC. La forêt renommée pour ses feuillus est source de revenus importants pour les communes. Un artisanat porteur d’emplois y côtoie un tissu industriel composé de PME et de groupes de renom. Mais l’emploi salarié baisse, y compris dans les secteurs industriels qui font la spécificité du département. Bar-le-Duc et Verdun affirment leur pouvoir d’attraction commerciale, tout en s’appuyant sur des fonctions administratives pour la première et hospitalières pour la seconde. L’armée continue de jouer un rôle non négligeable dans la vie économique locale. Le tourisme, basé sur un espace naturel protégé et sur le tourisme de mémoire, conserve des potentiels de croissance. Avec 192 700 habitants en 2004, et après des années de baisse, la population s’est stabilisée. Pour autant, à une façade Est placée désormais sous les influences de Toul-Nancy, Metz-Thionville, et depuis peu du Luxembourg, s’oppose une frange Ouest en dépression démographique. À l’heure où le vieillissement de la population se profile, les conditions d’amarrage à la zone de croissance métropolitaine constituent un enjeu d’importance pour l’avenir du département.

L

e tissu productif meusien se présente aujourd’hui avant tout comme multiple et varié. Une situation qui ne lui confère pas de fortes spécialisations, mais qui, grâce à une large palette d’activités, le met à l’abri d’une forte dépendance à l’égard d’une monoactivité.

L’agriculture au cœur d’un département rural En 2005, on compte 2 910 exploitations agricoles, dont 2 146 professionnelles, qui exploitent les 338 200 hectares de Superficie Agricole Utilisée (SAU) du département. Ici comme ailleurs, si le nombre d’exploitations a presque été réduit de moitié en 15 ans, les surfaces libérées ont été reprises par d’autres exploitations qui disposent en moyenne de 144 hectares de SAU (champ des exploitations professionnelles) ce qui positionne la Meuse au second rang des départements français. Une situation qui s’explique par les caractéristiques des systèmes d’exploitation meusiens qui reposent

Écoscopie de la Meuse

sur le triptyque «grandes cultures-laitviande bovine». L’agriculteur meusien compense la faiblesse relative de la valeur ajoutée de ses productions par la dimension des exploitations et le développement des formes sociétaires. Il se tourne aussi vers la fabrication et la commercialisation de produits du terroir sur des marchés de proximité. Mais l’agriculture meusienne reste globalement sous la dépendance des aides européennes de la Politique Agricole Commune (PAC) qui représentent 44% de la valeur ajoutée et 74% du résultat agricole.

Enfin, l’importance de l’agriculture se trouve confirmée par la présence dans le département de sept établissements d’enseignement agricole, qui regroupent près de 950 élèves à la rentrée 2005.

Un tiers du territoire est boisé Avec près de 213 700 hectares de formations boisées, la forêt recouvre 34% du territoire.

La décision récente d’attribution d’un nouveau quota de production de diester, permet d’inscrire aujourd’hui l’agriculture meusienne dans le développement des énergies renouvelables en confortant ses productions traditionnelles.

La Meuse est particulièrement renommée pour la qualité de ses feuillus. Mais si les modalités d’exploitation des forêts sont satisfaisantes, on peut reère ème gretter le faible niveau de 1 et de 2 transformation du bois. Une situation due en partie à la présence de grosses unités de trituration aux portes du département.

Le poids de l’agriculture se mesure aussi en Meuse par le nombre d’actifs encore occupés dans ce secteur : 6 500 actifs permanents en 2005 (pour un équivalent de 4 900 Unités de Travail Annuel), soit 9% des actifs occupés (contre 3% en Lorraine).

L’exploitation de la forêt, source de revenus importants pour les commune rurales, doit aujourd’hui répondre à trois exigences : production de bois, préservation de l’environnement, des paysages et de la biodiversité et demande sociale.

I


Artisanat : un secteur économique porteur er

La Meuse compte au 1 janvier 2006, 2 512 entreprises artisanales qui emploient près de 11 000 actifs ce qui en fait un des secteurs-clé de l’économie avec ses 250 métiers. Ses entreprises se répartissent principalement dans le bâtiment (33%), le transport, la réparation et les services (27%), l’alimentation (19%), le travail des métaux et le bois-ameublement (6% chacun) et le cuir-textile-habillement (2%). Secteur en progression depuis une bonne décennie, l’attrait pour l’artisanat s’est encore renforcé au cours des cinq dernières années (+126 entreprises et +1 377 emplois entre le 01.01.2000 et le 01.01.2005).

Le secteur du bâtiment est incontestablement la locomotive de cette évolution, suivi de la fabrication et des services (coiffure, soins à la personne, etc.). Les métiers de l’alimentation (boulangerie et boucheriecharcuterie) continuent de perdre des entreprises, mais gagnent des emplois. Globalement, les entreprises créées ont de très bons taux de survie (3 sur 4 sont encore actives au bout de 3 ans, et 2 sur 3 au bout de 5 ans), preuve que les

mesures d’aide et d’accompagnement mises en place par les différents partenaires portent leurs fruits. Toutefois, la formation et le recrutement d’une main-d’œuvre qualifiée restent des préoccupations majeures. Et à l’heure où près de deux dirigeants sur cinq ont plus de 50 ans, la reprise de leur entreprise s’inscrit comme une priorité pour le maintien des activités et des savoir-faire, et pour la pérennité des emplois.

Retard non comblé dans les services En 2004, la Meuse compte 60 400 emplois salariés, soit 1 500 de moins qu’en 2004. Mais en 4 ans, l’évolution va à l’opposé de la ten-

Écoscopie de la Meuse

dance nationale (-2,3% en Meuse, contre +2,5% en France*). Les services (35 000 personnes) sont la première activité en terme d’effectifs. Pour autant, leur poids en Meuse reste inférieur à celui observé en France* (58%, contre 60%). L’administration publique (9 400 postes) y occupe la première place, suivie de la santé-action sociale (7 900 emplois). La Meuse se distingue de la France* en ayant en 2004, proportionnellement 40% et 20% d’effectifs supplémentaires dans ces deux activités. Entre 2000 et 2004, les effectifs meusiens de l’administration publique ont progressé au même rythme qu’au niveau national* (5%), mais la hausse des emplois dans la santé-action sociale y a été moindre (6%, contre 9%). L’éducation (5 000 salariés) occupe, en Meuse comme en France*, la troisième place dans les services. Son poids y est proportionnellement supérieur de 10% mais, entre 2000 et 2004, ses effectifs ont baissé davantage qu’au niveau national (-4%, contre -6%). Les services aux entreprises (5 200 salariés) et aux particuliers (3 500 salariés) restent relativement moins bien représentés en Meuse qu’en France (respectivement 9% et 6%, contre 12% et 8%). Et les évolutions de leurs effectifs entre 2000 et 2004 ne permettent pas au département de combler son retard. Alors qu’ils progressent de 6% à 7% en France*, ils n’augmentent au mieux que de 1% en Meuse. En quatre ans, il n’y a que dans les conseils et assistance que la progression meusienne est supérieure à celle observée au niveau national* (+27%, contre +13%). Mais si elle correspond à 300 postes supplémentaires, cette activité reste sousreprésentée en Meuse (2% des salariés, contre 4% en France*).

lurgie (3 000 emplois), l’agroalimentaire (2 500), les équipements du foyer (1 700, notamment l’optique et le meuble) et la mécanique (1 300) y sont les secteurs dominants. Ensemble, ils proposent près de deux emplois industriels sur trois. Les autres activités d’importance sont, par ordre décroissant d’effectifs salariés : le bois-papier (800 emplois), l’automobile (660), la chimie-plasturgie (580), le textile (560), les produits minéraux (490), la pharmacie-parfumerie (470) et l’habllement-cuir (150). Mais entre 2000 et 2004, l’industrie meusienne a perdu 1 700 postes. Même si elle peut résulter de gains de productivité dus à la modernisation de l’outil industriel, cette baisse a été plus forte que celle observée en France* (-11%, contre -7%). Elle a particulièrement affecté le bois-papier (-390 emplois, soit -33%), les équipements du foyer (-390 emplois, soit -19%), l’agroalimentaire (-270 emplois, soit -10%), la métallurgie (-220 emplois, soit -7%) et le textile (-110 emplois, soit -16%). Elle est d’autant plus marquante qu’elle a touché les cinq activités qui font la spécificité de l’industrie meusienne et, hormis pour la métallurgie et le textile, la tendance meusienne est plus mauvaise que la moyenne française*. Quant à la chimie-plasturgie, l’automobile et les produits minéraux, les pertes enregistrées pour chaque activité concernent de 35 à 55 emplois, soit de 6% à 10% des effectifs. Mais l’automobile meusienne a toutefois fait nettement moins bien en quatre ans qu’au niveau national* (-7%, contre -1%). Reste l’habillement-cuir qui a perdu 130 emplois en quatre ans, soit -46% (contre -31% au niveau national).

Recul dans les industries spécifiques

Au final, en Meuse comme en France*, une seule activité industrielle a vu ses effectifs augmenter entre 2000 et 2004 : la pharmacie-parfumerie qui a gagné 100 emplois, soit +30% (contre +7% en France*).

L’industrie, avec 13 200 postes, est le second pourvoyeur d’emplois salariés du département. La métal-

* France hors Ile-de-France

II


Synthèse Rôle économique de l’armée

La baisse de la population est stoppée

Avec près de 3 400 personnels (militaires et civils) et près de 800 gendarmes en 2004, l’armée reste très présente en Meuse. Au-delà de l’emploi direct qu’elle représente, elle génère également de l’activité pour les entreprises, de la consommation au travers des familles via les 104 millions d’euros de sa masse salariale. Elle suscite également des besoins sociaux et s’implique au niveau local dans différents domaines (associatifs, culturels, services à la population, etc.)

En 2004, la population de la Meuse est estimée à 192 700 habitants. L’enseignement démographique récent le plus important à noter, est que la tendance historique à la baisse de la population meusienne est stoppée. Le département a conservé son niveau de population de 1999, alors même que dans certains départements voisins (Ardennes, Marne et surtout Haute- Marne), la situation se dégradait.

Potentiels touristiques Peu altérés et largement entretenus, les paysages naturels meusiens constituent en parallèle au maintien d’activités agricoles et forestières, un espace de temps libre pour les résidents et les habitants des grandes agglomérations voisines. À partir de Verdun, site emblématique de renommée internationale, on compte 3 millions d’habitants dans un rayon de 100 km. L’arrivée du TGV-Est en 2007 à Issoncourt et Bar-le-Duc, rapprochera la Meuse de sa clientèle potentielle par le biais de la réduction des distances-temps. Le tourisme qui se positionne comme une activité économique à part entière, dispose donc en Meuse de certains atouts pour se développer, notamment vers un tourisme vert. Il se pratique déjà à travers l’agrotourisme et la présence de 5 700 résidences secondaires. L’accueil de ressortissants étrangers, en provenance notamment de pays proches, peut constituer une autre source de développement. En 1999, on comptait ainsi 1 400 Belges et 220 Néerlandais résidant en Meuse, dont respectivement 56% et 37% n’y résidaient pas dix ans plus tôt, ainsi que 650 propriétaires étrangers de résidences secondaires. Leur installation contribue à l’animation du territoire, mais nécessite aussi de la part de celui-ci de veiller au maintien de services de proximité utiles à leur vie quotidienne.

Écoscopie de la Meuse

Toutefois, les modèles de peuplement organisés historiquement le long des vallées de la Meuse, de l’Ornain et de la Saulx évoluent. Si les agglomérations de Bar-le-Duc et Verdun structurent toujours le territoire, leur rayonnement actuel est plus commercial et de services que démographique. Le reste de la population du département est groupé autour de Commercy, Ligny-en-Barrois, Saint-Mihiel et Stenay, relayés par une dizaine de bourgs ruraux de moindre importance, généralement chefs-lieux de canton. Le rôle de ces derniers s’est souvent affaibli en matière d’emploi mais demeure en revanche important dans l’animation de l’espace rural autour de la fréquentation des commerces et services de proximité. Un rôle qui devient vital dans un département constitué d’un nombre particulièrement élevé de très petites communes (87% ont moins de 500 habitants, 63% ont moins de 200 habitants).

Croissance démographique sur la façade Est L’arrêt du déclin démographique n’est toutefois pas homogène sur l’ensemble du territoire. Il provient en très grande majorité de secteurs situés sur la façade Est du département. Dans le Sud-Est, les cantons de Void-Vacon et Vaucouleurs tirent parti d’une part de leur position géographique : ils affirment leur vocation résidentielle pour les actifs des aires urbaines de Toul et Nancy ; et d’autre part de la proximité de la connexion RN4 - autoroute A31.

III

À côté, le canton de Commercy bénéficie en sus de la présence de l’armée. Signes de repeuplement et de rajeunissement, le solde migratoire et le solde naturel y sont positifs et le nombre de naissances est en hausse. Et sur l’ensemble de ces trois cantons, l’immobilier est en plein boom. Entre 1999 et 2005, on y a bâti 130 logements neufs chaque année, soit 2,5 fois plus qu’au cours de la décennie 1990. Dans le Centre-Est, les cantons de Fresnes-en-Woëvre et Vigneulleslès-Hattonchâtel tendent aujourd’hui à se rapprocher du vaste marché du travail ancré sur Metz. Leur vocation résidentielle se traduit par la même accélération du rythme des constructions neuves, mais à une échelle moindre. Enfin dans le Nord-Est, les cantons d’Étain, de Spincourt et Montmédy tirent la croissance. Le premier bénéficie du dynamisme du sillon mosellan tout proche auquel il ajoute les effets moteurs induits par la présence de l’armée. Le second profite de la croissance d’un nouvel acteur apparu depuis quelques années sur le marché du travail Nord-meusien : le Luxembourg. Motivés par l’emploi mais aussi par des conditions salariales attractives, en 2005, près de 1 200 travailleurs frontaliers meusiens s’y rendent chaque jour (soit trois fois plus qu’en 1995). Ils représentent 3% des actifs occupés du département, mais 22% dans le canton de Spincourt. Le troisième enfin, doit sa bonne tenue, entre autres, aux activités tournant autour du centre de détention de Montmédy et à sa proximité avec la Belgique où 950 de ses actifs (dont 400 sont Belges) vont travailler chaque jour.

Est-Ouest : vers deux destins séparés ? Mais dans le même temps, à l’Ouest d’une diagonale Verdun-Commercy, une grande majorité du territoire reste à l’écart de cette embellie. Et ce ne sont pas les marches des Ardennes, les zones agricoles de la Marne, les difficultés du bassin de


Saint-Dizier et le déclin des activités traditionnelles dans les Vosges de l’Ouest qui constituent des pôles d’emploi dynamiques ou des territoires attractifs capables de créer des effets d’entraînement. Des risques existent donc de rupture territoriale Est-Ouest entre une Meuse tournée vers l’Est et le Nord, qui bénéficie du développement métropolitain et du potentiel de croissance des régions européennes proches, et une Meuse peu dense, dotée d’un tissu urbain fragilisé, loin des grands pôles d’emploi et adossée à des territoires eux-mêmes peu attractifs et en déclin. Le Pays Barrois illustre malheureusement bien cette situation. Il résiste de par le statut de chef-lieu de département de Bar-le-Duc, qui lui assure un certain nombre d’emplois publics et par la présence de groupes industriels renommés et performants. Mais il n’en demeure pas moins un territoire excentré en marge des zones de croissance où le taux d’activité féminin élevé et le taux de chômage faible, masquent un équilibrage du marché du travail qui se réalise moins par la création d’emplois que par des départs de jeunes. Cette évolution démographique opposée au sein du département se double de peu de déplacements quotidiens domicile-travail entre les arrondissements de Verdun et Bar-le-Duc (de 300 à 400 dans chaque sens). Conjuguée à l’absence d’axe routier performant entre les deux cités qui favoriserait le rapprochement et le soutien entre l’Est et l’Ouest du département, la situation actuelle semble plutôt mener les deux parties du département vers deux destins séparés.

Accompagner le vieillissement Soutenue par une fécondité élevée, la Meuse compte proportionnellement davantage de jeunes que la France de province. Mais passé l’âge de 18 ans, le peu de filières d’enseignement supérieur, notam-

Écoscopie de la Meuse

ment en 3ème année, pousse les jeunes Meusiens comme l’ensemble des jeunes Lorrains ruraux, à rejoindre les grandes agglomérations. De ce fait, le profil démographique du département est marqué par une surreprésentation des personnes âgées. Une situation particulièrement visible en Argonne. A partir de 2010, l’arrivée à la retraite des enfants du «baby-boom» va faire enfler, en Meuse comme ailleurs, les effectifs des plus âgés. Si les tendances démographiques observées se prolongent, la part des moins de 20 ans dans l’ensemble de la population serait réduite de 25% en 2004 à 22% en 2020. Dans le même temps, celle des 60 ans et plus passerait de 22% à 30%, ce qui correspondrait à 13 000 personnes âgées supplémentaires. Si le vieillissement général de la population peut être source d’emplois dans les services à la personne, il nécessite surtout une réflexion quant aux mesures à mettre en œuvre pour l’anticiper et l’accompagner : services d’aide à domicile, hébergement, maintien d’une densité médicale minimale, etc.

S’amarrer au dynamisme métropolitain En Meuse, peut-être plus qu’ailleurs, la croissance démographique observée suit celle de la localisation et du développement des activités et de l’emploi. Elle se conjugue avec les changements dans les conditions d’ajustement des marchés locaux du travail dont le développement des navettes quotidiennes domicile-travail à destination de Toul-Nancy, MetzThionville, voire du Luxembourg, est l’illustration. Ces dernières constituent un frein à l’exode et un moyen de favoriser l’installation de jeunes couples avec enfant(s) capables de lutter contre la baisse de la population tout en participant à son rajeunissement. La question se pose donc, pour l’avenir du département, des conditions d’un amarrage de la Meuse à ces zones capables de lui diffuser leur croissance et de l’entraîner par effets de rebond.

Enjeux et interactions favorables

Bénéfice de l’apport Affirmation de revenus de la vocation extérieurs résidentielle pour les actifs

Amélioration des liaisons avec Toul- Nancy et Metz -Thionville

S’amarrer à la croissance métropolitaine et frontalière

Adaptation des qualifications à la demande frontalière Appui sur la culture industrielle

Reprise des entreprises artisanales

Préservation des paysages naturels pour attirer les citadins

Veiller à la pérennité des emplois Développement des voies de communication (routes, TGV, nouvelles technologies)

Conservation des services de proximité

Prévenir la fracture territoriale Intensification des échanges Est-Ouest

Bénéfice de la présence de grands groupes

Effets de la Politique de Soutien la ville aux bourgs ruraux

IV

Accompagner le vieillissement

Développement de l’emploi dans les services à la personne

Maintien d’une densité médicale suffisante


Territoire Peuplement et activités dans les vallées Le département de la Meuse est caractérisé par un relief de côtes où l’agriculture domine le paysage au côté de la forêt qui occupe un tiers de son territoire. Traversé par le fleuve Meuse duquel il tire son nom, son sous-sol varié a de tout temps fait l’objet d’une exploitation de l’argile, des métaux et de la pierre. Deux axes routiers majeurs Est-Ouest assurent les communications avec les départements voisins. L’arrivée du TGV-Est en 2007 renforcera son potentiel d’ouverture.

L

e département de la Meuse, formé en 1790 de l’union du Barrois mouvant (autour de Bar-le-Duc), du Barrois non mouvant (avec pour capitale Pont-à-Mousson), d’une partie de la Lorraine et des Trois-Evêchés (Verdun et une partie de celui de Toul), du Clermontois et d’un petit morceau de la Champagne, compte 3 arrondissements, 31 cantons et 500 communes. Il couvre une superficie de 6 211 km² et présente une dominante agricole et forestière.

Argonne, Côte des Bars et Côtes de Meuse Étagé entre 115 mètres d’altitude à Remennecourt et 451 mètres à Vaudeville-le-Haut, le département, situé sur la bordure orientale du Bassin parisien, présente une topographie rythmée par un relief de côtes qui alternent avec des plateaux et des plaines. Trois côtes boisées, au front tourné vers l’Est, compartimentent l’espace départemental avec la complicité d’un réseau hydrographique souvent calé sur les axes des reliefs. À l’Ouest du département, le massif de l’Argonne découpé par l’Aisne et par l’Aire sépare la Lorraine de la Champagne. Sa barrière rectiligne est brutalement interrompue vers le Sud à Seuil-d’Argonne, où une plaine basse, à l’extrémité orientale de la Champagne humide, s’y substitue et se prolonge vers Revigny-sur-Ornain. De Gondrecourt-le-Château à Montfaucon-d’Argonne, les plateaux du Barrois couvrent le Centre et une

Écoscopie de la Meuse

large partie du Sud meusien. Cette grande table ondulée, entaillée par la Saulx, l’Ornain et l’Aire, est limitée à l’Est par le talus sinueux de la Côte des Bars. De Vaucouleurs à Dun-sur-Meuse s’étire, toujours en oblique, une puissante bande de relief entaillée par le cours de la Meuse. Particulièrement massifs et bien soulignés de Saint-Mihiel à Dun-surMeuse, où ils portent le nom de Hauts de Meuse, ces plateaux boisés sont ourlés à l’Est par l’arc des Côtes de Meuse. Son front où se détachent des buttes et des éperons (Montsec, Éparges, Morimont, Côte Saint-Germain) s’étire sur plus de 100 kilomètres. Adossés à ce contrefort naturel, les villages dits «sous les côtes» bénéficient d’un bon ensoleillement. Les terres y sont propices à l’arboriculture et à la culture de la vigne. Quant au sol, composé de marne calcaire, il est depuis fort longtemps source d’extraction de pierre (de la pierre blanche d’Euville au Sud, à la pierre jaune de Marville au Nord) et de fabrication

de chaux (à Dugny-sur-Meuse). À l’Est, les grandes cultures côtoient des étangs piscicoles et des prairies humides vers Damvillers et dans le secteur de la «Petite Woëvre». Enfin, la Meuse conserve sur 17 000 hectares aux environs de Verdun, dans le périmètre des champs de bataille de la première guerre mondiale («zone rouge»), l’empreinte de paysages dévastés par les bombardements et les explo-

4

sions de mines, devenus aujourd’hui des lieux de la mémoire collective et de recueillement.

Une hydrographie qui alimente trois bassins versants Le département de la Meuse est essentiellement traversé par le fleuve qui lui a donné son nom mais il dispose également d’un riche réseau hydrographique qui alimente ce même fleuve. De par sa situation géographique, la Meuse est placée sur trois bassins versants d’importance très inégale, disposés en bandes obliques. À l’Ouest, le bassin versant de la Seine couvre 2 540 km², soit 41% du département. L’Aire parcourt une ligne droite de plus de 100 kilomètres dans les plateaux du Barrois et au pied de l’Argonne. À l’extrême Sud-Ouest du département coulent l’Ornain et la Saulx, affluents de la Marne. Sur leurs rives se sont développés les noyaux urbains et industriels de Gondrecourt-le-Château, Ligny-en-Barrois, Bar-le-Duc et Revigny-sur-Ornain d’une part, Montierssur-Saulx d’autre part. À l’Est, le bassin du Rhin mord sur la plaine de la Woëvre. Prenant leur source au pied des Côtes de Meuse, l’Orne, le Longeau et le Rupt de Mad y drainent un espace de 860 km² (soit 14% du département) piqué de nombreux étangs. Enfin, avec 150 kilomètres d’un tracé en écharpe développé du Sud-Est vers le Nord-Ouest, le bas-


sin du fleuve Meuse couvre 45% du département. Il bénéficie de peu d’affluents, sauf au Nord où il s’élargit par le trio de la Chiers, du Loison et de l’Othain. Autrefois renforcée par les eaux de la Moselle, la Meuse a façonné dans les Hauts de Meuse une vallée encaissée, égrenant de grands méandres. Son fond plat, parcouru par le cours sinueux du fleuve, est encadré par les replats des anciennes terrasses alluviales. La vallée dégage en outre des espaces où se sont fixées les villes (Vaucouleurs,

Commercy,

Saint-Mihiel,

Enfin, la Meuse est propice au fret et au tourisme fluvial grâce à la présence du canal de la Marne-au- Rhin et du canal de l’Est qui les relient aux grands ports de l’Europe du Nord.

gare de l’Est à Paris ( 2 allers-retour par jour en 1h05 ) et plus tard celle de Strasbourg ( 1 aller-retour par jour en 1h30 ). Elle a également une fonction d’interconnexion avec le TGV Sud-Ouest ( 1 aller-re-

Arrivée du TGV

tour par jour pour Bordeaux en 5h05 ) avec lequel il est possible

L’arrivée du TGV en Meuse en 2007 constitue un élément structurant d’importance pour le département.

de s’arrêter à Marne-la-Vallée, accessible en 1h et à la gare TGV de Massy.

Il met Bar-le-Duc à 1h45 de la capitale. La gare Meuse à Issoncourt assure quant à elle une fonction de gare de liaison avec la

Afin de créer une zone d’activité pour dynamiser le secteur, les élus meusiens ont préempté alentour une zone de 100 hectares.

Verdun, Dun-sur-Meuse, Stenay), éta-

Un relief de côtes Relief et principales infrastructures

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350 ou plus de 300 à 350 de 250 à 300 de 200 à 250 de 150 à 200 moins de 150

451 m

Sources : IGN - Insee

5

la Meuse

M

Écoscopie de la Meuse

Verdun

d'A

Toutefois, l’ouverture prévue en 2007 de la ligne TGV-Est et la réalisation d’une gare à Issoncourt, à mi-chemin entre Bar-le-Duc et Verdun, s’accompagne également d’un projet de réaménagement de cet axe routier.

ssif

Mais ces axes routiers qui assurent surtout des communications rapides avec les départements voisins, restent orientés Est-Ouest et profitent peu aux liaisons internes au département. Dans le sens Nord-Sud, la Meuse pâtit encore en effet de l’absence d’axe(s) performant(s), que ce soit la D964 (Vaucouleurs - Stenay, le long de la Meuse via Commercy et Verdun) ou la N35 (Bar-le-Duc - Verdun).

e rouge Zon

Ma

Deux axes routiers majeurs traversent la Meuse : l’autoroute A4, au Nord, qui met Paris à 2h30 de Verdun et Metz à 1 heure ; la nationale 4 à 2x2 voies, au Sud, qui irrigue Commercy et Ligny-en-Barrois et assure les liaisons avec Saint-Dizier, Vitry-le-François et Paris d’un côté, Commercy, Toul, Nancy et Strasbourg de l’autre.

AI PL

Axes routiers Est-Ouest

IGN - Insee 2006

pes d’un sillon fluvial qui fut longtemps un important couloir de commerce. La Vallée de la Meuse compte aujourd’hui plus de 70 000 habitants pour une superficie de plus de 1 500 km², soit 36% de la population du département sur 24% du territoire.


Intercommunalité Communautés de communes et Pays, espaces de projet La quasi-totalité du territoire et de la population de la Meuse vit désormais sous le régime de l’intercommunalité. Face à l’extrême émiettement des communes meusiennes, les communautés de communes et les Pays, avec une taille critique et des moyens regroupés, constituent une alternative pour mener à bien des projets de développement.

L

a volonté des pouvoirs publics de rassembler des moyens dispersés et de structurer les initiatives locales est apparue dès 1890 au travers de la loi de coopération syndicale qui donne naissance aux SIVU et SIVOM. Le mouvement s’est accéléré depuis 1992 avec le passage d’une intercommunalité de gestion de services à une intercommunalité d’intégration via la constitution de communautés de communes. Il s’est poursuivi en 1995 avec la loi d’orientation pour l’aménagement et le développement du territoire qui a introduit la notion de «Pays» et qui porte en elle la notion de projet.

28 communautés de communes et 4 Pays er

Au 1 janvier 2006, 485 communes sur les 500 que compte la Meuse

sont regroupées au sein de 28 communautés de communes, intégrées elles-même dans quatre Pays : Pays Barrois, Pays Cœur de Lorraine, Pays Haut Val de Meuse (qui inclut également la communauté de communes du Mad à l’Yron en Meurthe-et-Moselle) et

Pays de Verdun. Un cinquième Pays, encore en projet, celui de Briey en Meurthe-et-Moselle, vient compléter les structures intercommunales meusiennes en intégrant la commune de Bouligny. Pour l’ensemble du département, 97% du territoire et 99% de la population sont aujourd’hui placés sous le régime de l’intercommunalité. Seules 15 communes restent à l’écart du mouvement. Ce taux de couverture fait de la Meuse le département lorrain où l’intercommunalité est la plus développée. Le degré d’intégration fiscale qui mesure réellement le ni-

veau de mise en commun des ressources fiscales des communes via les communautés de communes est, en 2004, de 42% en moyenne pour l’ensemble des communes de Meuse, supérieur à celui observé en Lorraine (38%) ou dans la France de province (37%).

Effet de levier En Meuse, l’absence de pôles urbains d’importance et la très petite taille des communes (63% ont moins de 200 habitants, 87% moins de 500 en 1999 ) incitent à une

réorganisation du maillage territorial. Elle a débuté plus tôt qu’ailleurs avec, dès les années 1970, la fusion d’environ 80 communes (fusion simple ou fusion-association), initiée par la loi Marcellin de 1971, dont plus de cinquante sont toujours actives en 2006.

Les finances des collectivités locales meusiennes Alors que le nombre d’élus municipaux est de 1 pour 35 Meusiens contre 1 pour 126 Français, les collectivités locales meusiennes perçoivent globalement moins de taxes, sont moins coûteuses en fonctionnement, ont des recettes directes plus importantes et investissent davantage. Les collectivités communales de Meuse (communes et EPCI) perçoivent globalement moins de produits (1 811 euros par habitant) que les françaises* (2 057) mais plus que les lorraines (1 741). Les produits de fonctionnement sont nettement moins élevés (935 euros par habitant) qu’en Lorraine (1 101) et qu’en France* (1 312). Les ressources d’investissement sont quant à elles légèrement plus fortes (876 euros par habitant contre 640 et 745). Celles-ci sont en effet enrichies par des recettes «autres» (forêts) plus fortes en Meuse (457 euros par habitant contre 201 en Lorraine et 236 dans la France de province). Une part de ces recettes provient des 4 taxes (taxe d’habitation, taxe sur le foncier bâti, taxe sur le foncier non bâti et taxe professionnelle). Là aussi, la collecte est inférieure en Meuse (640 euros par habitant) qu’en Lorraine (747 euros) et qu’en France* (890 euros). Ceci reste vrai pour chacun des bénéficiaires (commune, intercommunalité, département, région), ainsi que pour chacune des taxes à l’exception du foncier non bâti. En ce qui concerne les emplois de ces ressources, il apparaît que les charges de fonctionnement des collectivités communales sont largement moins élevées en Meuse (746 euros par habitant) qu’en Lorraine (929) et qu‘en France* (1 116), alors que les dépenses d’investissement sont quant à elles plus élevées (868 euros contre 627 et 750). A noter toutefois que ce sont les communes, davantage que les EPCI, qui organisent ces surcroîts d’investissements (625 euros par habitant contre 476 et 509). En observant de près la taxe professionnelle qui concerne les acteurs économiques, on s’aperçoit que si le montant perçu en Meuse reste globalement inférieur (248 euros par habitant) à celui relevé en Lorraine (374) et en France* (398), ce sont les communes qui en perçoivent la plus grande part (24,8%) alors que dans la France de province elle est de 12,5% et en Lorraine de 21,5%. La part des syndicats intercommunaux est quant à elle de 25,5% en Meuse, 36,8% en Lorraine et 47,9% dans la France de province. Il y a là un réel potentiel de mutualisation de moyens qui reste à mettre en œuvre. * France de province

Écoscopie de la Meuse

6


97% du territoire et 99% de la population en intercommunalité Structures de coopération intercommunale au 01/01/2006 BELGIQUE

Pays des Trois Cantons Pays de Stenay

Pays Argonne Ardennaise

Pays de Montmédy

Val Dunois

Région de Damvillers

Pays de Spincourt

Pays de Verdun Montfaucon -Varennes

Bassin de Landres (54) Bouligny

Pays d'Etain

Charny

Verdun Val de Meuse et Vallée de la Dieue

Centre Argonne

LUXEMBOURG

IGN - Insee 2006

Aujourd’hui, la rationalisation spatiale du territoire via les communautés de communes et les Pays apparaît comme un palliatif possible à l’extrême petitesse des communes meusiennes. D’une taille renforcée et pouvant disposer d’une surface financière pertinente, ces structures intercommunales peuvent avoir l’effet de levier qui manque aux communes émiettées, notamment en terme de création et d’entretien d’équipements collectifs ou de développement économique, social et culturel, en résumé d’aménagement du territoire.

Région de Fresnesen-Woëvre

Pays Coeur de Lorraine

Mad à l’Yron

Souilly

Chiffres clés

Pays Argonne Champenoise

Pays Pays de Barrois

Au 01/01/2006 Pays Barrois : 118 communes, 1 688 km², 67 296 habitants.

Triaucourt -Vaubécourt

Petite -Woëvre Pays de Commercy

Bar-le-Duc

Pays du Haut Val de Meuse Centre Ornain

Saulx et Perthois

Pays Coeur de Lorraine : 97 communes, 1 162 km², 21 287 habitants.

Pays du Val de Lorraine

Samiellois Entre Aire et Meuse

Revigny -sur-Ornain

Pays Vitryat

Pays de Vigneulles-les -Hattonchâtel

Canton de Void

Pays Terres de Lorraine

Val des couleurs

Haute Saulx Val d'Ornois

Pays Haut Val de Meuse (yc Meurthe-et-Moselle) : 58 communes, 718 km², 24 435 habitants. Pays de Verdun : 222 communes, 2 563 km², 76 716 habitants.

Pays Nord Haut-Marnais

Pays Ouest vosgien

Limite Limite Limite Limite

de communautés de communes de Pays d'arrondissements de départements

Sources : DGCL, Insee (population sans doubles comptes en 1999)

Sources : Insee, DGCL

La communauté de communes (CC) est un établissement public de coopération intercommunal (EPCI) regroupant plusieurs communes d’un seul tenant et sans enclave. Elle dispose de deux compétences obligatoires en lieu et place des communes membres : l’aménagement de l’espace ; les actions de développement économique intéressant l’ensemble de la communauté. S’y ajoutent la gestion et l’entretien des zones d’activité industrielle, commerciale, artisanale, touristique, portuaire ou aéroportuaire d’intérêt général pour celles ayant opté pour le régime fiscal de la taxe professionnelle unique. La CC dispose également d’une compétence facultative à choisir parmi les quatre suivantes : • la protection et la mise en valeur de l’environnement ; • la politique du logement et du cadre de vie ; • la création, l’aménagement et l’entretien de la voirie ; • la construction, le fonctionnement et l’entretien d’équipements sportifs et culturels, d’enseignement préélémentaire et élémentaire. Le Pays n’est ni un échelon administratif, ni une collectivité locale, mais un espace de projet, un territoire qui présente une cohésion géographique, culturelle, économique et sociale. Il s’appuie sur des communes ou des regroupements de communes auxquels il fédère des organismes socio-professionnels, des entreprises, des associations, des citoyens, autour d’un projet commun de développement. Celui-ci est exprimé dans une Charte contractualisée avec l’État et la Région. Elle définit, à horizon de dix ans, les orientations du développement du territoire, son organisation spatiale et les moyens de sa mise en œuvre, sous l’égide du conseil de développement. Le degré d’intégration fiscale est la part des produits votés par toutes les structures intercommunales dans l’ensemble des produits votés (par les communes et les structures intercommunales).

Écoscopie de la Meuse

7


Démographie La baisse tendancielle de la population est stoppée Après des années de baisse, la population meusienne s’est stabilisée. Mais à une façade Est placée désormais sous les influences de Toul-Nancy, Metz-Thionville, et depuis peu du Luxembourg, s’oppose une frange Ouest en dépression démographique et qui ne peut compter sur des effets d’entraînement de ses voisins champardennais eux-mêmes en difficulté. Les conditions d’amarrage à la zone de croissance métropolitaine constituent dès lors un enjeu majeur pour l’avenir du département.

E

n 2004, la population de la Meuse est estimée à 192 700 habitants et la tendance historique à la baisse de la population meusienne est stoppée. Les dernières années ont en effet été enfin plus favorables à la Meuse qui a conservé son niveau de population de 1999, alors même que dans certains départements voisins (Ardennes, Marne et surtout Haute-Marne), la situation se dégradait. Toutefois, les modèles de peuplement et de développement organisés historiquement le long des vallées de la Meuse, de l’Ornain et de la Saulx évoluent. Les agglomérations de Bar-le-Duc et Verdun structurent toujours le territoire, mais c’est surtout leur pouvoir d’attraction commercial et de services qui s’est renforcé, plus que leur poids démographique.

Croissance démographique sur la façade Est L’arrêt du déclin démographique observé récemment n’est toute-

fois pas homogène sur l’ensemble du territoire. Dans le prolongement des tendances observées lors de la décennie 1990, il provient en effet en très grande majorité de secteurs situés sur la façade Est du département.

Dans le Centre-Est, les cantons de Fresnes-en-Woëvre et Vigneulles-lès-Hattonchâtel tendent aujourd’hui à se rapprocher du vaste marché du travail ancré sur Metz pour lequel ils affirment leur vocation résidentielle.

Dans le Sud-Est, les cantons de Void-Vacon et Vaucouleurs tirent parti de leur position géographique qui les place d’une part sous l’influence des aires urbaines de Toul et Nancy, où près d’un actif occupé sur quatre se rend désormais chaque jour pour travailler ; et d’autre part à proximité de la connexion RN4 - autoroute A31.

Enfin dans le Nord-Est, les cantons d’Étain, de Spincourt et Montmédy tirent la croissance. Le premier bénéficie du dynamisme du sillon mosellan tout proche auquel il ajoute les effets moteurs induits par la présence de l’armée. Le second profite de la croissance exponentielle d’un nouvel acteur apparu depuis quelques années, notamment depuis l’an 2000, sur le marché du travail Nord-meusien : le Luxembourg où en 2004, près de 1 200 travailleurs frontaliers meusiens, principalement de ce canton, se rendent quotidiennement, attirés par l’emploi mais aussi par des conditions salariales intéressantes. Le troisième enfin, doit sa bonne tenue, entre autres, aux ac-

À côté, le canton de Commercy bénéficie en sus de la présence de l’armée. Les 1 000 militaires professionnels du 8ème RA, dont un certain nombre sont installés avec leur famille, participent en effet largement à la vie économique locale. Signes de repeuplement et de rajeunissement, le solde migratoire et le solde naturel du canton sont positifs et le nombre de naissances est en hausse.

Évolution de la population 1999 à 2004

Population en hausse depuis 1999

Meuse : 0,1% Lorraine : 0,8% France métro. : 3,2%

Évolution de la population 1982-1999, estimations pour 2004 102

Croissance soutenue dans la partie Sud de la France

base 100 en 1982 Lorraine

100 99 Champagne-Ardenne 98

Taux d'évolution (%) 6 ou plus de 4 à 6

97

Meuse

© IGN - Insee 2006

101

de 2 à 4 de 0 à 2

96

évolution négative 95 1980 1985 1990 1995 2000 2004 Sources : Insee, recensements de la population 1982 à 1999 - Enquêtes annuelles 2004 et 2005

Écoscopie de la Meuse

8

Source : Insee, recensement de la population 1999 estimations de population 2004 (révision janv. 2006)


tivités tournant autour du site carcéral de Montmédy et à sa proximité avec la Belgique où 950 de ses actifs ( dont 400 sont Belges) vont travailler chaque jour.

Est-Ouest : vers deux destins séparés ? Mais dans le même temps, une grande majorité du territoire, à l’Ouest d’une diagonale Verdun-Commercy, reste à l’écart de cette embellie. Le Pays Barrois illustre bien cette situation. Il résiste encore de par le statut de chef-lieu de département de Bar-le-Duc, qui lui assure un certain nombre d’emplois publics et par la présence de groupes industriels renommés et performants. Mais il n’en demeure pas moins un territoire excentré en marge des zones de croissance où le taux d’activité féminin élevé et le taux de chômage faible, masquent un équilibrage du marché du travail qui se réalise moins par la création d’emplois que par des départs importants de jeunes.

Des risques existent donc de rupture territoriale Est-Ouest entre une Meuse tournée vers l’Est et le Nord, qui bénéficie du développement métropolitain et du potentiel de croissance des régions européennes proches, et une Meuse peu dense, dotée d’un tissu urbain fragilisé, loin des grands pôles d’emploi et adossée à des territoires eux-mêmes insuffisamment attractifs et en déclin. La situation actuelle semble donc plutôt mener les deux parties du département vers des destins séparés.

En Meuse, peut-être plus qu’ailleurs, la croissance démographique observée suit celle de la localisation et du développement des activités et de l’emploi, conjuguée avec les changements dans les conditions d’ajustement des marchés locaux du travail. Le développement des navettes quotidiennes domicile-travail à destination de Toul-Nancy, Metz-Thion-

Évolution annuelle de la population entre 1999 et 2004-2005, dans les communes de moins de 10 000 habitants enquêtées en 2004 et 2005 VerneuilPetit

Arrancysur-Crusnes

IGN - Insee 2006

Charnysur-Meuse

Rouvresen-Woëvre Brassur-Meuse

Haudainville Clermonten-Argonne

Évolution annuelle moyenne de la population des ménages 55 habitants 36 habitants

Euville Tronvilleen-Barrois Ancerville

Sources : Insee, recensement de la population 1999, enquêtes annuelles de recensement 2004 et 2005

Écoscopie de la Meuse

Nouvelle méthode de recensement Depuis 2004, un recensement annuel remplace le comptage traditionnel effectué tous les huit à neuf ans. Le recensement a lieu désormais chaque année, en janvier et février. Tous les habitants ne sont pas recensés la même année, mais l’ensemble du territoire français est pris en compte au bout d’un cycle de cinq ans. Le premier cycle s’achèvera fin 2008, avec la publication officielle des populations légales de toutes les communes françaises. Autre innovation : la méthode diffère selon la taille des communes. Les communes de moins de 10 000 habitants sont recensées exhaustivement une fois tous les cinq ans, par roulement. Au bout de cinq ans, l’ensemble de la population de ces «petites» communes aura donc été recensé. Dans les communes de 10 000 habitants et plus, le recensement se fait désormais annuellement et par sondage. Chaque année a lieu une enquête de recensement portant sur 8% des logements. Au bout de cinq ans, environ 40% des ménages de ces «grandes» communes auront donc reçu la visite d’un agent recenseur.

Saint-Laurentsur-Othain Spincourt

Baisse

La question se pose donc, pour l’avenir du département, des conditions d’un amarrage à ces zones capables de lui diffuser leur croissance et de l’entraîner par effets de rebond.

S’amarrer au dynamisme métropolitain

La dynamique métropolitaine se répand dans les communes situées à l'Est du département

Hausse

ville, voire du Luxembourg, en est l’illustration. Elles constituent un frein à l’exode et un moyen de favoriser l’installation de jeunes couples avec enfant(s) capables de lutter contre la baisse de la population tout en participant à son rajeunissement.

9


Démographie Fécondité élevée et déficit migratoire en réduction Un solde naturel toujours positif alimenté par une fécondité élevée des Meusiennes et une forte réduction du déficit migratoire contribuent à l’augmentation récente de la population. Les franges Ouest du département comptent néanmoins peu de très jeunes enfants. L’espérance de vie, en Meuse comme en Lorraine, reste inférieure à celle observée en France, particulièrement pour les hommes.

E

ntre 1999 et 2005, la population meusienne a crû au rythme moyen d’une centaine d’individus par an. Cette croissance légère reste très majoritairement alimentée par le solde naturel (différence entre les naissances et les décès).

Fécondité plus forte des Meusiennes Après avoir atteint, en Meuse comme ailleurs en Lorraine ou en France, un niveau record en 2000, le nombre de naissances observées chaque année dans le département se stabilise aujourd’hui entre 2 200 et 2 300. Avec un indicateur conjoncturel de fécondité proche de 2, les Meusiennes affichent toujours la fécondité la plus forte parmi les Lorraines et une des plus élevées de l’Est de la France. Le département se classe au 33ème rang national. Ainsi, si leur taux de fécondité se maintenait, les Meusiennes seraient, parmi les Lorraines, celles qui auraient le plus d’enfants au cours de leur vie (1,97 en 2003*) devant les Vosgiennes (1,91) ; les Mosellanes n’en auraient que 1,72 et les Meurthe-et-Mosellanes seulement 1,64, loin du nombre

nécessaire au renouvellement des générations (2,10).

Espérance de vie plus faible pour les hommes Le nombre de décès constatés en Meuse avoisine les 2 000 par an, ce qui permet de dégager un excédent naturel annuel d’environ 300 personnes. L’espérance de vie à la naissance des Meusiens et des Meusiennes, comme de l’ensemble des Lorrains et Lorraines, reste inférieure à celle des Français et des Françaises de métropole. Elle se situe à 74,7 ans pour les hommes et à 82,4 ans pour les femmes (en 2003*). Si elle a progressé de respectivement 2,7 années et 1,2 année entre 1993 et 2003, et si dans le même temps l’écart hommes-femmes s’est réduit, passant de 9,2 années à 7,7 années, l’espérance de vie à la naissance des Meusiens demeure toujours inférieure de 1,2 année à celle des Français et de 0,2 année à celle des Lorrains. Quant aux Meusiennes, elles vivent 0,5 année de moins que les Françaises, mais 0,6 année de plus que les Lorraines.

Près de 2 200 naissances et 1 900 décès chaque année Naissances et décès domiciliés, base 100 en 1995

Déficit migratoire divisé par trois en dix ans Le solde migratoire (écart entre les départs et les arrivées) est lui aussi révélateur de l’actuel rebond démographique meusien. Même s’il reste encore négatif, de l’ordre de 200 individus par an depuis 1999, il n’en a pas moins été divisé par deux par rapport à la décennie 1990 et par cinq par rapport à la décennie 1980, suivant en cela la tendance observée au niveau régional. Cette situation est très nette dans l’arrondissement de Commercy, où les dernières estimations laissent même entrevoir un solde migratoire positif sur les années récentes. Au regard de la bonne tenue des naissances et de la hausse du nombre de constructions neuves, cette situation semble traduire l’installation pérenne de jeunes couples avec enfants, attirés par un coût moindre du foncier et des logements, tout en conservant une certaine proximité et un accès rapide aux marchés du travail de Toul et Nancy. * dernière année disponible

Plus de jeunes enfants dans le Nord de la France Population des 0-4 ans en 2004 Meuse : 5,9% Lorraine : 5,9% France métro. : 6,1%

2 400 Naissances 2 300

Part des 0-4 ans dans la population (%)

Excédent naturel

2 200 2 100

7 et plus

2 000 1 900 1995 1997 (*) données provisoires

Écoscopie de la Meuse

6à7

Décès

5à6 moins de 5 1999

2001

2003

Source : Insee, état civil

10

2005 (*)

Sources : Insee, état-civil estimations de population 2004

© IGN - Insee 2006

2 500


L’extrême Nord peu pourvu en jeunes enfants Si l’on se base sur le nombre de naissances domiciliées en Meuse entre 2001 et 2005 et sans tenir compte des éventuels arrivées, départs ou décès, le département compte début 2006, 11 300 enfants de moins de 5 ans contre 14 800 il y a vingt ans.

Cette baisse de plus de 20% des 0-4 ans est aussi forte en Meuse qu’en Lorraine mais cinq fois plus forte que dans la France de province au cours de la même période. La fécondité plus élevée des Meusiennes n’a pas permis de compenser complètement la baisse du nombre de mères potentielles. L’Ouest du département compte proportionnellement moins de jeu-

Très peu de jeunes enfants dans le Nord-Ouest

nes enfants, particulièrement dans son quart Nord-Ouest, de l’Argonne à Stenay. À terme, des difficultés pourraient apparaître quant au maintien des structures d’accueil pour la prime enfance et des classes en primaire et secondaire. À l’inverse, les secteurs de Verdun, Étain et Spincourt, mais aussi Commercy et ses environs, comme leur voisin toulois, restent des zones où les jeunes enfants sont relativement nombreux.

Population des 0-4 ans en 2005

Définitions Meuse : 5,9% Lorraine : 5,9%

Indice conjoncturel de fécondité : Nombre d’enfant(s) qu’aurait une femme tout au long de sa vie, si les taux de fécondité observés à chaque âge l’année considérée demeuraient inchangés. Taux de fécondité : Le taux de fécondité est le rapport du nombre de naissances vivantes de l’année à la population féminine moyenne de l’année.

IGN - Insee 2006

Part des 0-4 ans dans la population (%) 6 ,5 ou plus de 6,0 à 6,5

Espérance de vie à la naissance : Durée de vie moyenne, ou âge moyen au décès, d’une génération fictive qui aurait, tout au long de son existence, les conditions de mortalité par âge de l’année considérée.

de 5,5 à 6,0 de 5,0 à 5,5 moins de 5,0

Source : Insee, recensement de la population, état-civil

Meurthe-et-Moselle

72,6

81,2

74,7

82,3

Meuse

72,0

81,2

74,7

82,4

Moselle

72,4

80,0

75,1

81,1

Vosges

72,3

80,4

74,5

82,1

Lorraine

72,4

80,6

74,9

81,8

France métropolitaine

73,4

81,5

75,9

82,9

Source : Insee, état-civil

Un déficit migratoire réduit des deux tiers en dix ans Évolution de la population 1982-1999, estimations pour 2004 800 600 400

Évolution annuelle (en nombre d'habitants)

200 due au solde naturel

0

due au solde migratoire

-200 -400

(*) estimations

-600 -800 -1 000 -1 200

1982-1990

1999-2004 (*)

1990-1999

Sources : Insee, recensements de la population, enquêtes annuelles de recensement, état-civil

Écoscopie de la Meuse

11


Démographie Un nombre élevé et grandissant de personnes âgées La Meuse compte proportionnellement davantage de jeunes que la France mais passé 18 ans, ils partent suivre leur formation universitaire hors du département. De ce fait, le profil démographique meusien est marqué par une surreprésentation des personnes âgées, caractéristique d’un territoire rural. Une situation plus particulièrement visible en Argonne. Dans un futur proche, le vieillissement annoncé de la population nécessitera un renforcement des mesures d’accompagnement.

L

es jeunes de moins de 18 ans sont proportionnellement plus nombreux en Meuse que dans la France de province. Mais passé ce cap, comme dans nombre de territoires ruraux peu dotés en établissements d’enseignement supérieur, la démographie meusienne vit le départ de ses jeunes adultes vers leurs lieux d’études.

Surreprésentation des 60 ans et plus Le profil démographique de la Meuse est marqué par une surreprésentation des personnes âgées. En 2004, 22% des habitants ont 60 ans ou plus, contre 21% dans la France de province. Dans l’Est, cette situation se retrouve en Haute-Marne, Haute-Saône et dans les Vosges. Plusieurs secteurs du département comptent une proportion de personnes âgées bien supérieure à la moyenne. Plutôt situés aux franges du département, ils font souvent face

à d’autres dans les Ardennes, la Marne, la Haute-Marne ou les Vosges qui présentent le même profil. Mais il faut distinguer les secteurs géographiques «naturellement» plus âgés, tels Seuil-d’Argonne et Montfaucond’Argonne, de ceux qui le sont «artificiellement» de par la présence d’établissements spécialisés dans l’accueil de ces populations, notamment audelà de 75-80 ans, tels Varennesen-Argonne et Stenay où la présence de foyers-logements, maisons de retraite et hospices explique la forte proportion de veuves dans la population. Enfin, il existe des secteurs comme Vaucouleurs et Dun-sur-Meuse où les deux phénomènes se cumulent. Il se dégage ainsi en Meuse un clivage assez marqué opposant des secteurs excentrés et ruraux «âgés», à des secteurs urbains ou périurbains «jeunes» proches des marchés du travail dynamiques de la région. Une situation que l’on retrouve dans nombre de départements ou régions.

âge 100

Meuse

90

France de province

80

Si la proportion des plus de 60 ans a baissé d’un point de 1999 à 2004, ce n’est qu’un effet mécanique dû à l’arrivée à la retraite des classes creuses nées pendant la seconde guerre. Mais dès 2005, et surtout 2010, l’arrivée des enfants du «baby boom» va faire enfler les effectifs des plus âgés. Si les tendances démographiques observées lors de la décennie 1990 se prolongent, la part des moins de 20 ans dans l’ensemble de la population du département serait en effet réduite de 25% en 1999 à 22% en 2020. Dans le même temps, celle des 60 ans et plus passerait de 22% à 30%, ce qui correspondrait à une nette augmentation des effectifs considérés : de 42 400 à 55 600. Parmi eux le nombre de personnes de plus de 75 ans passerait de 16 600 à 18 700. Si l’on compte en Meuse, 1,14 jeune de moins de 20 ans pour une

Un des départements les plus âgés du Grand-Est

Autant de jeunes qu'en France Population par âge quinquennal en 2004

13 000 personnes âgées supplémentaires en 2020

Population des 60 ans et plus en 2004 déficits des naissances dus aux guerres

© IGN - Insee 2006

70 60 50 "babyboom"

40

26 et plus

30

départs des jeunes pour les études

20

3

Écoscopie de la Meuse

2

0 1 0 0 1 Source : Insee, estimations de population

de 24 à 26 de 22 à 24 de 20 à 22

10 4

Part des 60 ans et plus dans la population (%)

moins de 20 2

12

3

% 4

Meuse : 22% Lorraine : 21% France de province. : 21%

Source : Insee, recensement de la population


personne de 60 ans ou plus en 2004, ce ratio irait en s’inversant à horizon 2020 et ne serait plus que de 0,72. En Lorraine, il passerait de 1,20 à 0,80. Le vieillissement de la population meusienne serait plus accentué qu’au niveau régional.

mesures à mettre en œuvre pour l’anticiper et l’accompagner. Le maintien d’une densité médicale minimale apparaît comme une nécessité, tout comme une offre résidentielle adaptée. Or le département est plutôt en sous-effectif de médecins généralistes libéraux (167 en 2005, soit 87 pour 100 000 habitants, contre

Accompagner le vieillissement

105 en Lorraine). Les secteurs de

Si ce vieillissement général de la population peut être source d’emplois dans les services à la personne, il constitue surtout un enjeu d’importance dans les

Dun-sur-Meuse et Stenay sont ainsi en déficit de praticiens alors même qu’ils sont déjà parmi les plus âgés. Si la mise en place de services d’aide à domicile (aide ménagère, soins infir-

miers, portage de repas) permet aux personnes âgées de rester plus longtemps dans leur logement, passé 75 ou 80 ans, d’autres formes d’hébergement s’avèrent souvent nécessaires. Les hébergements collectifs que sont les foyers-logements, les maisons de retraite, voire les services de soins de longue durée dans les hôpitaux, antérieurement appelés de «long séjour», peuvent accueillir 2 700 Meusiens très âgés. Mais là encore, l’offre en Meuse reste dans la moyenne lorraine (seulement 16 places pour 100 habitants de 75 ans ou plus, contre 19 dans les Vosges).

(IV) Meurthe-et-Moselle Meuse

(I) + (II) + (III) / (IV)

2 569

5 139

932

8 640

52 270

17

432

1 915

375

2 722

16 550

16

Moselle

2 520

6 406

1 181

10 107

67 320

15

Vosges

729

4 963

517

6 209

32 880

19

6 250

18 423

3 005

27 678

169 020

16

Lorraine

(*) Estimations de population 2004 Source : DRASS

Population âgée dans l'Argonne et jusque Stenay, les hautes vallées de la Saulx et de la Meuse Population des 60 ans et plus en 1999

Meuse : 23% Lorraine : 21% Part des 60 ans et plus dans la population (%) IGN - Insee 2006

26 et plus de 23 à 26 de 20 à 23 de 17 à 20 moins de 17

Source : Insee, recensement de la population

Écoscopie de la Meuse

13

Projection de population Une projection n’est pas une prévision, mais une simulation, réalisée à l’aide d’un modèle mathématique, à partir d’hypothèses sur l’évolution des comportements démographiques basées sur des observations faites entre les recensements, et concernant la fécondité, la mortalité et le solde migratoire. Il permet de projeter dans le futur la population d’un territoire. On obtient ainsi un nombre d’habitants par sexe et par âge, année par année. Les hypothèses retenues ici sont celles du scénario dit de «déclin démographique contenu». Il s’appuie sur les tendances observées durant la période intercensitaire 1990-1999, mais inclut une hausse de la fécondité de 0,3 d’ici 2050 et une amélioration des quotients de migration pour les personnes de 1 à 15 ans et de 25 à 40 ans.


Logement Doublement du rythme des constructions neuves En 2003, la Meuse compte 80 300 résidences principales et se singularise par un taux de propriétaires supérieur à la moyenne régionale. Depuis 1999, le rythme des constructions neuves a plus que doublé et profite surtout aux cantons de la façade Est du département. Bien qu’en hausse continue, les prix de l’immobilier restent attractifs.

E

raine (6% de l’ensemble des logements, contre moins de 4% ), mais moins fréquentes que dans les Vosges (8% ).

Les Meusiens plus souvent propriétaires

La construction de logements s’accélère

Près des trois quarts des résidences principales meusiennes se composent de maisons individuelles, soit une proportion largement supérieure à celle de la Lorraine (56% ) et de la France métropolitaine (54% ), mais classique d’un territoire rural.

De 1999 à 2005, 5 090 résidences principales neuves ont été commencées dans le département, ce qui représente près de 7% du parc existant début 1999. Mais ce taux de construction reste inférieur à celui relevé en Lorraine (8%) et dans la France de province (9%).

Les Meusiens se distinguent en étant plus souvent propriétaires que les Lorrains ou les Français (63%, contre 54% et 55% ). Cette valeur masque toutefois de grandes disparités selon la nature du logement. Ainsi, 85% des occupants de maisons individuelles en sont propriétaires contre seulement 10% des occupants de logements dans un immeuble collectif.

Le rythme annuel de construction depuis 1999 est deux fois supérieur à celui observé lors de la décennie 1990 (730 logements commencés, contre 320). Il explique en partie la bonne tenue des entreprises artisanales du bâtiment dont les effectifs sont passés de 2 000 à 2 600 personnes entre 2000 et 2005.

La proportion de logements à caractère social avoisine ou dépasse 30% à Bar-le-Duc, Commercy, Ligny-en-Barrois, Tronville-en-Barrois et Verdun. Ces cinq communes regroupent les deux tiers des 11 000 logements concernés. Sur l’ensemble du département, Cette proportion est égale à la moyenne de la France de province (14%), mais elle reste inférieure à la moyenne lorraine (16%) du fait d’absence de gros centre urbain où ce type de logement est généralement localisé. Les résidences secondaires, surtout situées à proximité du lac de la Madine et dans l’Argonne, sont proportionnellement deux fois plus nombreuses en Meuse qu’en Lor-

Écoscopie de la Meuse

Ce boom de la construction neuve a surtout profité aux secteurs situés sur la façade Est du département, et particulièrement aux cantons de Void-Vacon et Vaucouleurs qui tirent parti de leur position géographique et affirment leur vocation résidentielle pour les actifs travaillant dans les aires urbaines de Toul et Nancy. Cette croissance immobilière touche également le canton de Commercy qui profite, en sus, de la présence d’un fort contingent de militaires. Sur l’ensemble de ces trois cantons, entre 1999 et 2005, on a bâti 130 logements neufs chaque année, soit 2,5 fois plus qu’au cours de la décennie 1990.

Spincourt et Montmédy profitent aussi de cette embellie mais à une échelle moindre. Ici se font sentir le dynamisme du sillon mosellan tout proche, mais aussi un desserrement de sa population qui y est à l’étroit, la présence de l’armée et pour les derniers l’attrait du travail frontalier au Luxembourg.

Des prix qui restent inférieurs Malgré des prix toujours en augmentation, la Meuse reste le département lorrain le moins onéreux pour l’acquisition d’un bien immobilier. En 2004, le prix moyen du terrain à bâtir oscille ainsi entre 11 euros le m2 dans l’arrondissement de Commercy, et 13 euros le m2 dans ceux de Bar-le-Duc et Verdun. Un prix qui reste deux fois moins élevé que celui observé en Lorraine, trois fois moins que celui enregistré dans les arrondissements voisins de Toul et Briey, et quatre à cinq fois moins que ceux pratiqués dans les arrondissements de Nancy, Metz-campagne et Thionville-Ouest.

Construction neuve soutenue dans le Sud et l'Ouest Logements neufs commencés à titre de résidence principale de 1999 à 2005 Meuse : 6,7% Lorraine : 8,2% France métro. : 8,9%

Taux de construction (%) 12,0 et plus de 10,5 à 12,0 de 9,0 à 10,5

D’autres territoires comme les cantons de Fresnes-en-Woëvre, Vigneulles-les-Hattonchâtel, Étain,

14

de 6,5 à 9,0 moins de 6,5 Source : Direction Régionale de l'Équipement

© IGN - Insee 2006

n 2003, la Meuse compte 80 300 résidences principales et 5 700 résidences secondaires.


Quant au prix de la pierre, si entre 2004 et 2005 les transactions relevées par la Chambre des notaires enregistrent des indices de prix en hausse de 8% pour les appartements anciens et de 17% pour les maisons, il reste en deçà de celui pratiqué ailleurs en Lorraine. Verdun et Bar-le-Duc tirent bien les prix

vers le haut mais le prix moyen pour un appartement ancien s’y négocie encore en 2005 à respectivement 1 010 euros le m² et 1 110 euros le m², contre 1 520 euros le m² à Nancy et 1 550 euros le m² à Metz. Dans ce contexte, quel effet pourra avoir l’arrivée en 2007 du TGV à

Boom immobilier sur la façade Est Logements neufs commencés à titre de résidence principale de 1999 à 2005

Issoncourt et Bar-le-Duc ? Pour l’heure on ne peut parler que de frémissement. Il n’y a pas eu de ruée vers les terrains et maisons dans un périmètre de 25 km autour de la gare d’Issoncourt. Les notaires constatent que 28% des maisons ou immeubles sont achetés par des personnes extérieures au département. Signe que la Meuse attire de nouveaux habitants, investisseurs désirant s’implanter là ou simples spéculateurs ? Au départ d’Issoncourt, il ne faudra que 1h05 pour rejoindre Paris avec deux TGV par jour dans les deux sens.

IGN - Insee 2006

Le logement locatif social

Meuse : 6,7% Lorraine : 8,2%

Taux de construction (%) 9 ou plus de 7 à 9 de 5 à 7 de 3 à 5 moins de 3

Au 1er janvier 2004, on compte 11 258 logements locatifs sociaux en Meuse. L’OPAC de la Meuse en gère 67%, la SA HLM Verdun-Thierville-Belleville 29% et des sociétés d’économie mixte 2%. Près de 130 logements sont détruits par an pour un volume de construction neuve légèrement supérieur, représentant un montant de travaux de plus de 6,5 millions d’euros. Deux dossiers contenant des volets de démolition, reconstruction et réhabilitation ont été déposés auprès de l’Agence Nationale du Renouvellement Urbain. Ils concernent 1 300 logements de la Côte Sainte-Catherine à Bar-le-Duc et 1 632 logements des quartiers des Planchettes, de la Cité Verte et d’Anthouard à Verdun.

Source : Direction Régionale de l'Équipement

Arrondissement Bar-le-Duc

27 100

1 707

244

6,6

2,2

Arrondissement Commercy

18 200

1 363

195

8,0

2,6

Arrondissement Verdun

35 000

2 020

289

6,1

2,1

Meuse

80 300

5 090

727

6,7

2,3

Meurthe-et-Moselle

305 000

19 791

2 827

6,8

1,4

Moselle

412 100

37 174

5 311

9,5

1,6

Vosges

162 800

12 833

1 833

8,4

1,7

Lorraine

960 200

74 888

10 698

8,2

1,6

(1) Logements neufs commencés* de 1999 à 2005, rapportés au nombre de résidences principales en 1999 (2) Logements neufs commencés* de 1999 à 2005, rapportés au nombre de logements neufs commencés* de 1990 à 1998 * à titre de résidence principale Source : Direction Régionale de l’Équipement

Écoscopie de la Meuse

15


Conditions de vie Revenus plus faibles et pauvreté supérieure à la Lorraine En 2003, la moitié de la population meusienne vit dans un ménage qui déclare un revenu par unité de consommation supérieur à 14 000 euros. Le revenu des ménages meusiens reste inférieur à celui des ménages lorrains ou de la France de province. Sa dispersion est plus faible mais n’exclut pas une répartition spatiale contrastée. Les agglomérations concentrent à la fois les ménages les plus riches et les ménages les plus pauvres. 20 400 Meusiens de moins de 65 ans vivent sous le seuil de bas revenus en 2004.

Un Meusien sur deux appartient à un ménage déclarant plus de 14 000 euros par an et par unité de consommation (UC), soit 700 euros de moins que la moyenne des ménages lorrains et 1 000 euros de moins que les ménages de province. Ce qui place la Meuse au dernier rang des départements lorrains et au 64ème rang des départements de province, proche de la Haute-Marne (13 800 euros) et de la Haute-Saône (14 300 euros). Les revenus proviennent moins souvent qu’en Lorraine des traitements et salaires (63%, contre 67%) mais plus fréquemment des pensions, retraites ou rentes (25%, contre 24%) et des bénéfices des professions non salariées (9%, contre 6%). Des observations qui se retrouvent également dans les Vosges, la Haute-Marne et la Haute-Saône et tiennent à la structure de la population de ces départements où l’on rencontre proportionnellement plus de retraités, de chefs d’entreprises, d’indépendants et d’agriculteurs. L’évolution du revenu selon l’âge, suit la tendance nationale avec un revenu maximum pour les 50-59 ans. La tranche des 30-39 ans dispose ce-

Écoscopie de la Meuse

Mais à tous les âges, les disparités de revenu sont moins marquées qu’en Lorraine ou qu’en France.

13% des Meusiens sous le seuil de bas revenus Parmi les personnes couvertes par la Caisse d’allocations familiales (Caf) de la Meuse, 20 400 vivent avec des revenus (y compris prestations mais avant impôt) inférieurs à 735 euros par UC et par mois (soit 8 200 euros par UC et par an), ce qui représente 13% des Meusiens de moins de 65 ans contre 12% des Lorrains du même âge, et fait de la Meuse le département où la proportion de personnes à bas revenus est la plus importante de la région. Elle reste cependant du même ordre que celle observée au niveau national. Les familles nombreuses sont les plus concernées, en particulier les couples et les familles monoparentales, de 3 enfants et plus. Si l’on retient un seuil à 60% de la médiane des revenus, soit 882 euros par UC et par mois en 2004, le nombre de personnes en situation de bas revenus augmente de 55% pour atteindre 31 700, soit 20% des moins de 65 ans contre 18% au niveau régional. Avec les Vosges, la Meuse est alors le département où leur nombre augmente le plus fortement, signe qu’une part importante de la population, sans être classée comme «pauvre» au sens monétaire, se situe juste au-dessus du seuil statistique retenu.

16

Toutefois, si les revenus des Meusiens sont plus faibles, cela ne les empêche pas d’être parmi les Lorrains, ceux qui sont le plus souvent propriétaires de leur logement (64%, contre 56% en Lorraine). Des terrains à bâtir en moyenne 50% moins chers le m² en 2004 et des appartements anciens en moyenne 30% moins chers le m² en 2005, restent des facteurs favorisant l’accès à la propriété.

Des revenus parmi les plus faibles du Grand-Est

Revenu fiscal médian des ménages en 2003 Meuse : 13 960 Lorraine : 14 730 France métro. : 14 930

© IGN - Insee 2006

14 000 euros de revenu médian

pendant d’un revenu inférieur à celui des moins de 30 ans et des 40-49 ans.

Revenu médian par UC (euros) 16 000 et plus de 15 000 à 16 000 de 14 000 à 15 000 moins de 14 000 Source : DGI, revenus fiscaux des ménages

Pauvreté dans la moyenne nationale Personnes à bas revenus parmi les moins de 65 ans en 2004 Meuse : 13% France métro. : 13%

Taux de bas revenus (%) 19 et plus

IGN - Insee 2006

E

n Meuse, 76 300 ménages ont déclaré des revenus aux services fiscaux au titre de l’année 2003 mais la part des ménages imposés dans le département (53%) reste inférieure à celle de la Lorraine ou de la France de province (respectivement 55% et 57%).

16 à 19 13 à 16 10 à 13 moins de 10

Sources : Caf, Insee, estimations localisées de population


Une moins grande dispersion des revenus La dispersion des revenus s’analyse en considérant le rapport entre les 10% des ménages qui déclarent les revenus les plus forts et les 10% des ménages qui déclarent les revenus les plus faibles.

Jusqu'à 5 000 euros d'écart de revenu selon les cantons Revenu médian par unité de consommation en 2003

En 2003, les premiers déclarent un revenu par UC supérieur à 25 800 euros et les seconds se situent à 5 900 euros ( soit respectivement 2 200 euros de moins et 200 euros de plus que les ménages lorrains ). Les ménages meusiens,

3,6 % des Meusiens sont couverts par le RMI ... La pauvreté au sens institutionnel touche 8 800 personnes : 5 600 Meusiens sont couverts par le Revenu minimum d’insertion (RMI), 1 600 par l’Allocation de parent isolé (API) et 1 250 par l’Allocation aux adultes han-

IGN - Insee 2006

s’ils ont des revenus plus faibles, ont donc en revanche des revenus moins dispersés que ceux de Lorraine ( rapport interdécile de 4,4, contre 4,9 ), signe que la population du département est plus homogène. Une situation partagée avec les ménages vosgiens, hauts-marnais et hautssaônois.

Revenu médian par UC (euros) Meuse : 13 960 euros / UC Lorraine : 14 730 euros / UC

16 000 et plus de 15 000 à 16 000 de 14 000 à 15 000 de 13 000 à 14 000 moins de 13 000

Sources : DGI, revenus fiscaux des ménages

Les revenus fiscaux déclarés par les ménages au titre de l’année 2003 (euros)

(%)

(%)

arr. Bar-le-Duc arr. Commercy arr. Verdun Meuse Lorraine Haute-Marne Haute-Saône Ch.-Ardenne Alsace France de prov. France métro.

25 775 17 320 33 225 76 320 903 990 77 840 92 040 530 850 683 000 19 478 150 23 957 470

57,4 50,6 49,7 52,5 55,4 52,7 55,0 57,2 66,1 57,4 60,2

14 870 13 480 13 550 13 960 14 730 13 810 14 280 14 600 17 130 14 930 15 450

6 400 5 940 5 500 5 920 5 750 5 900 6 400 5 700 7 060 5 780 5 770

27 060 24 490 25 450 25 810 28 000 25 460 25 970 28 330 32 140 29 140 31 440

4,2 4,1 4,6 4,4 4,9 4,3 4,1 5,0 4,6 5,0 5,4

73,2 70,9 71,3 71,9 73,4 69,8 72,2 73,2 76,4 71,8 73,3

(1) 10% des personnes appartiennent à un ménage qui déclare un revenu fiscal par UC inférieur à ce seuil (1er décile) ème (2) 10% des personnes appartiennent à un ménage qui déclare un revenu fiscal par UC supérieur à ce seuil (9 décile) (3) Revenus salariaux et revenus des professions non salariées Source : Insee-DGI, revenus fiscaux des ménages

Écoscopie de la Meuse

17

23,9 25,6 25,6 25,0 23,7 26,7 24,6 22,9 20,3 24,3 22,6


Conditions de vie

Un peu plus du tiers des allocataires meusiens gérés par la Caf ont un travail, plus de la moitié perçoivent un minimum social (34% bénéficient du RMI, 7% de l’API et 11% sont titulaires de l’AAH).

... en augmentation plus faible qu’en Lorraine Après avoir connu une baisse entre 1999 et 2001, période de forte croissance économique, le nombre d’allocataires du RMI n’a cessé de progresser. Cette augmentation est liée à la conjoncture et à la réforme de l’assurance-chômage décidée fin 2002 qui s’est traduite par un raccourcissement de la durée maximale d’indemnisation et a vu, selon la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf), augmenter le nombre de chômeurs ayant épuisé leurs droits et qui ont basculé vers le RMI. Toutefois, entre 2002 et 2004 cette augmentation a été plus faible en Meuse qu’en Lorraine (17% contre 20%) et inférieure à celle observée en Moselle et dans les Vosges (24%).

surance vieillesse d’Alsace-Moselle, 2,8% sont titulaires du minimum vieillesse, un taux supérieur aux autres départements lorrains et à la région. Comme ailleurs, mais notamment en Meuse, les femmes sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à le percevoir.

Ménages plus aisés autour de Bar-le-Duc La répartition spatiale des revenus fiscaux est marquée par le haut niveau de revenus des ménages résidant autour de Bar-le-Duc. Dans les cantons de Bar-le-Duc Nord et Sud et Vavincourt, le revenu médian annuel dépasse 16 000 euros, soit 2 000 euros de plus que pour l’ensemble du département. Le pourcentage de ménages imposés y est le plus élevé.

Nombre d’allocataires de moins de 65 ans Nombre d’allocataires à bas revenus avec seuil à 50% Population couverte à bas revenus Taux de pauvreté (%) Nombre d’allocataires à bas revenus avec seuil à 60% Population couverte à bas revenus Taux de pauvreté (%)

A contrario, les ménages des cantons de Montiers-sur-Saulx, Gondrecourt-leChâteau, Dun-sur-Meuse, Montfaucon-d’Argonne et surtout Damvillers disposent d’un revenu inférieur à 13 000 euros. Éloignés des villes, ces

Personnes à bas revenus couvertes par la Caf parmi les moins de 65 ans en 2004

Verdun Part des personnes sous le seuil de pauvreté parmi les personnes de moins de 65 ans (en %) 16 ou plus de 14 à 16 de 12 à 14 de 10 à 12 moins de 10

Bar-le-Duc

Commercy

Sources : Caf 2004, Insee, recensement 1999

3 435 1 406

996 461

418 208

4 021 1 802

23 288 8 317

317 217 100 101

2 936 17,4 1 963

1 055 20,5 648

511 19,2 268

4 130 19,4 2 353

20 384 13,0 11 942

237 376 12,1 142 970

4 153 24,6

1 533 29,8

689 25,8

5 587 26,2

31 708 20,2

360 568 18,4

Source : Caf, Insee

Écoscopie de la Meuse

À Verdun, si le revenu médian (13 500 euros) est proche de celui du département, il masque en revanche de très fortes disparités. L’écart est de 1 à 10, soit le plus fort de Meuse, entre les ménages les plus pauvres et les ménages les plus riches.

Pauvreté plus élevée à Verdun

2,8% des retraités au minimum vieillesse En Meuse fin 2004, parmi les 25 200 personnes retraitées de 65 ans et plus payées par la Caisse régionale d’assurance maladie du Nord-Est, ou la Caisse régionale d’as-

À Bar-le-Duc même, le revenu médian s’élève à 15 000 euros. Le statut de chef-lieu de département qui s’accompagne d’une présence renforcée de professions intermédiaires, cadres et professions intellectuelles supérieures, profite donc nettement à la cité barisienne et à ses environs immédiats.

IGN - Insee 2006

dicapés (AAH). Proportionnellement dans la région, si les Meurthe-et-Mosellans sont les plus couverts par le RMI, les Meusiens restent les plus concernés par l’API et l’AAH.

18


cantons, par ailleurs souvent les plus âgés, comptent aussi le plus de ménages non imposés et la part la plus élevée des revenus tirés des pensions, retraites ou rentes.

Richesse et pauvreté se côtoient dans les villes-centres Les plus grandes agglomérations restent les plus concernées par les personnes à faibles revenus et en leur sein, richesse et pauvreté se côtoient, notamment dans les villes-centres. La proportion de personnes vivant sous le seuil de bas revenus, parmi les personnes couvertes par la Caf de la Meuse, est ainsi la plus importante dans les agglomérations de Bar-le-Duc (17%), Verdun et Stenay (19%) et Commercy (21%). À Bar-le-Duc même, la situation des ménages est contrastée : en 2003, 2 530 Barisiens, soit environ 18% des habitants de moins de 65 ans,

vivent sous le seuil de pauvreté. Dans l’agglomération verdunoise, la commune de Verdun, où sont situées les deux seules zones urbaines sensibles du département («Les Planchettes» et «la Cité verte»), connaît le taux de personnes à bas revenus le plus élevé de l’agglomération et le plus fort de Meuse. Situation renforcée par le fait que les ménages aisés s’installent plus volontiers dans les communes alentour, ce qui laisse la place libre statistiquement aux revenus les plus bas : les ménages du canton voisin de Charny-sur-Meuse disposent d’un revenu médian de 15 000 euros, équivalent à celui de Bar-le-Duc. Verdun est également la commune qui compte le plus grand nombre de personnes couvertes par le RMI (1 382, soit près de 8,5% des moins de 65 ans, une proportion plus de deux fois supérieure à celle du département). Si

l’on ajoute Bar-le-Duc, Commercy, Ligny-en-Barrois et Saint-Mihiel, on totalise sur cinq communes, plus de la

moitié des 5 600 Meusiens couverts par le RMI, alors même que ces cinq communes ne rassemblent qu’un peu plus du quart des personnes de moins de 65 ans du département. Les agglomérations où la population à bas revenus est la plus faible sont celles de Montmédy, Bouligny et Tronville-en-Barrois. Toutefois si l’agglomération de Montmédy a le taux le plus faible du département (11%), elle est celle qui rassemble la part la plus élevée de minima sociaux parmi ses allocataires (65%) et le taux le plus bas d’allocataires ayant une activité (29%). À côté de cette pauvreté urbaine liée à la présence de logements sociaux en ville, existe une pauvreté rurale. Elle concerne entre 14% et 17% des habitants de moins de 65 ans de Clermont-en-Argonne, Vignot, Gondrecourt-le-Château, Belleville-sur-Meuse, Sampigny et Cousances-les-Forges, et culmine à 21% aux Islettes.

Définitions pour 0,5 UC ; - les enfants de moins de 14 ans comptent chacun pour 0,3 UC ; - on ajoute 0,2 pour les familles monoparentales.

Le revenu déclaré aux services fiscaux, est la somme des ressources déclarées par les contribuables sur leur déclaration de revenus, avant abattement. Il comprend : - les revenus salariaux (salaires, droits d’auteur, avantages en nature, indemnités de maladie, allocations de chômage et de préretraite, revenus perçus à l’étranger) ; - les revenus des professions non salariées (revenus nets de déficits des indépendants, comprenant les bénéfices agricoles, industriels, commerciaux et non-commerciaux) ; - les retraites (hors minimum vieillesse), pensions d’invalidité, pensions alimentaires (déduction faite des pensions versées) et rentes viagères ; - les autres revenus (essentiellement des revenus du patrimoine). Le revenu fiscal est un revenu avant redistribution. Il ne peut pas être assimilé à un revenu disponible, qui supposerait que l’on ajoute les revenus sociaux non déclarés (minima sociaux tels que le RMI et le minimum vieillesse, prestations familiales, aides au logement) et que l’on soustraie les impôts directs (impôt sur le revenu et taxe d’habitation). Il ne permet donc pas de tirer de conclusions en termes de niveau de vie des ménages. Le revenu fiscal par unité de consommation (UC) relativise le niveau de revenu en fonction de la composition du ménage fiscal en prenant en compte les économies d’échelle résultant de la vie en groupe. Le revenu exprimé par UC devient un revenu par équivalent adulte tel que : - le premier adulte du ménage compte pour 1 UC ; - les autres personnes de 14 ans ou plus comptent chacune

Écoscopie de la Meuse

Le revenu médian partage les personnes en deux groupes : la moitié appartiennent à un ménage qui déclare un revenu par UC inférieur à cette valeur ; l’autre moitié un revenu par UC supérieur. Les données de la Caf de la Meuse au 31/12/2004 excluent du champ les étudiants ne bénéficiant que d’allocations de logement et les personnes de 65 ans et plus, ainsi que les fonctionnaires titulaires d’État et les agents des grandes entreprises publiques. Depuis 2004, les agents de La Poste sont gérés par les Caf. Les personnes relevant de la Mutualité sociale agricole (MSA) ne sont pas appréhendées dans cette étude. La population couverte comprend l’allocataire, son conjoint, ses enfants et éventuellement d’autres personnes à charge. Le seuil de bas revenus correspond en France à 50% de la médiane des revenus avant impôt des personnes de moins de 65 ans, soit 735 euros en 2004 par UC et par mois. Le taux de pauvreté : est le rapport entre la population couverte par la Caf sous le seuil de pauvreté et la population estimée des moins de 65 ans. Le minimum vieillesse comprend la retraite assortie de la majoration pour enfants et/ou de la majoration pour conjoint à charge, le complément de retraite et l’allocation supplémentaire vieillesse.

19


Santé Densité médicale faible et inégale La présence de 167 médecins généralistes n’empêche pas la Meuse d’avoir une densité médicale inférieure à la moyenne régionale. Quatre zones sont en déficit de généralistes. Les aides à l’installation et les maisons de santé semblent être la solution pour garantir une présence et un égal accès aux soins de proximité. Pour les soins hospitaliers, Verdun reste le premier pôle départemental.

L

a présence de 167 médecins généralistes libéraux en Meuse, n’empêche pas ici comme ailleurs, de relever un paradoxe : le nombre de médecins n’a jamais été aussi élevé, mais les disparités territoriales sont importantes et ne garantissent pas à tous un égal accès aux soins.

Déficit en généralistes dans le rural La densité médicale meusienne (87 généralistes libéraux pour 100 000 habitants) est la plus faible de la région

(119 en Meurthe-et-Moselle, 101 dans les Vosges et 99 en Moselle). Dans l’Est de la France, il n’y a qu’en Haute-Marne qu’elle est plus faible. Cette densité est supérieure à 100 dans les cantons de Bar-le-Duc, Verdun, Fresnes-en-Woëvre et Commercy, ne dépasse pas 60 dans ceux de Montmédy, Vigneulles-lès-Hattonchâtel, Spincourt, Seuil-d’Argonne et Montfaucon-d’Argonne et chute à moins de 30 dans ceux de Souilly et Vavincourt. Les communes rurales dans lesquelles habite 54% de la population meusienne, regroupent seulement 39% des généralistes. À ces disparités géographiques s’ajoutent des craintes pour l’avenir : 26% des généralistes meusiens ont plus de 55 ans ( contre 21% en Lorraine ). La situation est particulièrement marquée dans les cantons de Pierrefitte-sur-Aire et Seuil-d’Argonne.

Peu de spécialistes Les 152 spécialistes du département (dont 72 libéraux) ne permettent pas de remédier aux déséquilibres territo-

Écoscopie de la Meuse

riaux. Ils ne sont que 79 pour 100 000 habitants (contre 146 en Lorraine) et nombre d’entre eux sont installés en milieu urbain. Cette situation résulte de la répartition de la population mais aussi de l’implantation des établissements hospitaliers. En Meuse, comme ailleurs, l’offre de soins se concentre en effet dans les agglomérations et en particulier dans leurs communes centres. Bar-le-Duc et Verdun rassemblent 47% des généralistes et 90% des spécialistes. Une densité médicale inférieure à la moyenne lorraine s’observe également en ce qui concerne d’autres professionnels de santé, comme les chirurgiens-dentistes, masseurs-kinésithérapeutes ou infirmiers (et ce malgré la présence des Instituts de formation en soins infirmiers à Bar-le-Duc et à Verdun). Il n’y a que pour les orthoptistes, ergothérapeutes, psychomotriciens et infirmiers de secteur psychiatrique que l’offre est égale ou supérieure à la moyenne lorraine.

Aides à l’installation dans les secteurs déficitaires Le plan de démographie médicale présenté début 2006 par le gouvernement fait dès lors figure d’outil d’aménagement du territoire. Il prévoit notamment, au niveau national, que le numerus clausus (quotas d’admisème sion en 2 année de médecine) relevé à 7 000 étudiants pour 2006 (contre 6 200 en 2005), soit maintenu au moins à ce niveau jusqu’en 2010. S’y ajoute une majoration de la rémunération des généralistes exerçant dans des cabinets de groupe dans les zones déficitaires d’au moins

20

20%, via une revalorisation des consultations de 20 à 24 euros à la charge de l’Assurance maladie. Au niveau local, la Mission régionale de santé, l’Agence régionale de l’hospitalisation (ARH) et l’Union régionale des Caisses d’assurance maladie (URCAM) en se basant sur des critères de densité et d’activité médicales et d’accessibilité, ont défini en Lorraine 27 territoires, déficitaires en offre de soins de proximité, susceptibles de justifier l’instauration d’un dispositif d’aides versées par les collectivités territoriales et l’Assurance maladie aux médecins généralistes qui s’y installeraient. Quatre secteurs de Meuse sont concernés par cette mesure. Ils regroupent 75 communes autour de Pierrefitte-sur-Aire, Dieue-sur-Meuse, Dunsur-Meuse et Stenay, ainsi que 5 autres communes rattachées à un pôle hors du département. La création de maisons de santé encouragée par plusieurs communautés de communes est une autre solution pour garantir un égal accès

4 secteurs éligibles Zones de recours aux soins de proximité éligibles aux aides à l'installation pour les médecins généralistes Margut (08) Mouzon (08)

Stenay Dun-sur-Meuse Piennes (54)

Dieue-sur-Meuse

Pierrefitte-sur-Aire Sermaizeles-Bains (51)

Sources : Mission régionale de santé Lorraine, ARH, URCAM. Arrêté n°22/05 du 12/12/2005


aux soins à l’ensemble des Meusiens. Car au-delà du risque déjà primordial pour ces secteurs de se

retrouver sans offre médicale, c’est aussi leur attractivité future sur les ménages qui est en jeu. Avec la pré-

sence d’écoles et de commerces, les familles s’enquièrent en effet de l’existence de services de santé avant de s’installer.

Verdun, premier pôle hospitalier

Centre hosp. de Verdun

Verdun

Clinique Saint-Joseph

Verdun

Centre hospitalier

Bar-le-Duc

public

839 63

13 830

0

0

public

339

113 694

8

3 767

75

19 250

2

507

0

0

Centre hosp. Polyclinique Bar-le-Duc du Parc

249 260

89

14 595

Centre hosp. Saint-Charles

Commercy

public

230

77 615

Centre hosp. Sainte-Anne

Saint-Mihiel public

160

53 889

0

0

Centre hosp. spécialisé en psychiatrie

Fains-Véel

265

81 747

83

18 654

1 971

609 285

182

37 523

public

Total Meuse

Il existe également deux centres d’autodialyse à Bar-le-Duc et à Verdun Source : DREES

(pour 100 000 hab)

Médecins généralistes dont libéraux Médecins spécialistes dont libéraux Chirurgiens-dentistes Sages-femmes Infirmiers diplômés d’Etat et autorisés Infirmiers de secteur psychiatrique Masseurs-kinésithérapeutes Orthophonistes Orthoptistes Pédicures-podologues Ergothérapeutes Psychomotriciens Pharmaciens Nombre d’officines pharmaceutiques* Nombre de laboratoires d’analyse médicale Sources : Drees-Drass, Adeli-Finess

250 167 152 72 79 56 1 062 178 108 37 7 15 24 13 169 67

130 87 79 37 41 29 551 92 56 19 4 8 12 7 88 35

154 105 146 61 62 33 653 73 72 21 4 10 11 6 94 32

5

3

6

* y compris pharmacies mutualistes

Les maisons de santé : une multitude de soins en un lieu unique Les maisons de santé ont une orientation pluridisciplinaire. Elles proposent de réunir en un même lieu de consultation les acteurs incontournables que sont le médecin généraliste, l’infirmier, le masseur-kinésithérapeute, auxquels peuvent se joindre le chirurgien-dentiste, le podologue, le psychologue et d’autres, voire l’officine de pharmacie. Elles doivent permettre de favoriser sur un même site et principalement en milieu rural, l’accès à une multitude de soins, tout en favorisant le travail en équipe des divers professionnels de santé dont elles rompent l’isolement. Le Conseil régional de Lorraine, la Mission régionale de santé, l’ARH et l’URCAM soutiennent aujourd’hui la structure existante à Vigneulles-lès-Hattonchâtel, celles en projet à Damvillers, Dieue-sur-Meuse, Saint-Mihiel et Varennes-en-Agonne, et celle en réflexion à Pierrefitte-sur-Aire.

Écoscopie de la Meuse

21

Parmi les établissements sanitaires, le centre hospitalier de Verdun est de loin le plus important. En 2004, ses 839 lits ont enregistré 249 300 journées d’hospitalisation complète. La prépondérance de Verdun comme pôle hospitalier départemental est encore renforcée par les 89 places d’hospitalisation partielle qui ont accueilli 14 600 venues dans ce même établissement, et par les 63 lits et 13 800 journées de la clinique Saint-Joseph. Le centre hospitalier et la polyclinique du parc à Bar-le-Duc, ne pèsent ensemble que la moitié, tant en capacité qu’en activité. Mais l’extension en 2006 du pôle santé public-privé à Bar-le-Duc renforcera l’attractivité de la cité barisienne. Rapporté à leur poids dans la population lorraine, les Meusiens sont bien équipés : ils représentent 8,3% de la population lorraine et disposent de 8,6% des lits installés. L’ensemble des personnels médicaux et internes des établissements hospitaliers s’élève à 221 personnes, pour un «équivalent temps plein» (ETP) de 160, auxquels s’ajoutent 74 libéraux. On compte également un peu plus de 3 000 personnels non médicaux, pour 2 900 ETP.

Aides à l’installation - Exonération fiscale sur la rémunération perçue au titre de la permanence des soins, (maximum 60 jours/an) ; - Soutien aux maisons médicales et contractualisation avec les professionnels de santé qui favorisent un exercice regroupé et une meilleure organisation de la permanence ; - Indemnités de logement et de déplacement aux étudiants de 3ème cycle de médecine générale qui y effectuent des stages ; - Indemnité d’études et de projet professionnel à ceux-ci s’ils s’engagent par contrat à exercer comme médecin généraliste au moins cinq ans dans une zone déficitaire.


Enseignement primaire et secondaire La réduction des effectifs se poursuit À la rentrée de septembre 2006, la population scolaire meusienne a enregistré une nouvelle réduction de ses effectifs. Le nombre d’élèves scolarisés dans les écoles primaires se maintient avec l’arrivée des classes nombreuses des enfants nés en 2000, mais a contrario il décroît dans les écoles maternelles. Les collèges continuent de perdre des élèves, notamment les collèges privés. Dans les lycées, l’enseignement général et technique se reprend en 2006, mais l’enseignement technologique jusque-là préservé subit comme en 2005 une réduction de ses effectifs. À la rentrée 2006/2007, on a recensé 35 975 élèves (1) dans les établissements primaires et secondaires meusiens, Mais, hormis pour les classes élémentaires, et le second cycle général et technique, partout les effectifs sont en baisse. Depuis 1998, 3 400 collégiens et lycéens (soit près de 9% ) ont été perdus.

Primaire : effet positif des naissances de 2000 Lors de la rentrée scolaire de septembre 2006, 20 213 enfants sont inscrits dans les écoles primaires du département : 8 004 en préélémentaire (écoles maternelles), 12 063 en cours élémentaire (CP à CM2) et 146 en enseignement spécial. Par rapport à la rentrée 2005, l’ensemble du primaire, public et privé confondus, compte 69 élèves de plus (soit +0,3%). Mais cette légère hausse des effectifs ne doit pas faire oublier qu’entre 1998 et 2006, ce sont 800 élèves (soit près de 4%) qui ont été perdus. Cette évolution positive des effectifs du primaire entre 2005 et 2006, est imputable aux cours élémentaires (+308 écoliers) alors même que les écoles maternelles voient leur nombre d’enfants baisser (-204 écoliers). On retrouve ici l’effet des naissances nombreuses, atteint en Meuse

comme ailleurs au cours de l’année 2000 (2 432 naissances domiciliées,

supprimées et 46 écoles fermées en neuf ans.

soit une centaine de plus qu’en année «normale»). Ce mouvement a tout d’abord eu un impact favorable sur les effectifs préélémentaires trois ans plus tard, en 2003. Il vient d’atteindre les cours élémentaires lors de la rentrée 2006, quand les enfants concernés ont quitté la maternelle pour intégrer le CP. Il devrait se prolonger encore en 2007, car la natalité de l’année 2001 était également élevée. En revanche, pour les entrées en maternelle en 2006, les effectifs sont réorientés à la baisse, car les naissances de 2003 sont nettement moins nombreuses.

Entre 1995 et 2004, bien que l’on ait créé au total 8 classes supplémentaires, 3 maternelles ont été fermées. Mais c’est au niveau élémentaire que la situation est la plus défavorable : 86 classes ont été

Collèges : 196 élèves de moins en un an ème

Dans le premier cycle (classes de 6 ème à 3 ), l’évolution des effectifs est fortement liée à la situation démographique des années 1990. Ainsi, en 2006, ont l’âge d’entrer en sixième, les 2 300 enfants nés en Meuse en 1995. Mais ils sont 250 de moins que ceux nés en 1991, qui ont eu l’âge de quitter la troisième. Il est donc logique qu’entre 2005 et 2006 on ait compté 196 collégiens de moins. Une baisse qui a plus affecté les effectifs du public que ceux du privé (-2,2%, contre -1,8%) (hors SEGPA*). Mais depuis 1998, les premiers reculent de 17% et les seconds de 28%. En 2006, le département compte 29 collèges qui regroupent 8 967

Élémentaire et secondaire général et technique, seuls à se maintenir Évolution des effectifs 110

base 100 en 1998 préélémentaire

100

2ème cycle général et technique élémentaire

90 2ème cycle professionnel

1er cycle public

80 1er cycle privé

(1) données provisoires, enquête rapide de rentrée * SEGPA : Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté

Écoscopie de la Meuse

70 1998

1999

2000

2001

2002

2003

2004

Données 2006 provisoires, enquête rapide de rentrée Sources : Rectorat Nancy-Metz et Inspection académique de la Meuse

22

2005

2006


élèves. Les communes de Bar-leDuc et Verdun en comptabilisent chacune quatre ; Commercy deux (dont le plus important du département en effectif, plus de 700 élèves) ; les 19 autres sont généralement situés dans des communes qui sont aussi chefs-lieux de canton (Ancerville, Clermont-en-Argonne, Damvillers, Dun-surMeuse, Étain, Fresnes-en-Woëvre, Gondrecourt-le-Château, Ligny-en-Barrois, Montiers-sur-Saulx, Montmédy, Revignysur-Ornan, Saint-Mihiel, Stenay, Vaubécourt et Vaucouleurs), auxquels s’ajou-

tent Ancemont, Bouligny et Thierville-sur-Meuse qui n’ont pas ce statut. A contrario dix chefs-lieux de canton n’ont pas de collège. Quant au collège de Varennes-en-Argonne, depuis 1996, même si l’enseignement s’y poursuit, il n’est plus autonome car rattaché à celui de Clermont-en-Argonne. La part des collégiens inscrits dans le privé est en moyenne de 12%, mais s’élève à 14% à Bar-le-Duc,

20% à Commercy, 24% à Ligny-en-Barrois et culmine à 35% à Verdun, communes qui regroupent les cinq collèges privés du département et leur millier d’élèves.

Lycées : hausse dans le général et technique Dans le second cycle, en 2006, 3 936 élèves sont inscrits dans le cycle général et technique (dont 474 dans le privé), 2 441 ont intégré un cycle professionnel (dont 310 dans le ème privé) et 223 suivent une 3 technologique (dont 46 dans le privé). Comparés à la rentrée précédente, les effectifs sont en hausse dans le second cycle général et technique (107 élèves de plus, soit +2,8%). Une évolution qui rompt avec la baisse régulière observée pour ce niveau d’études depuis l’an 2000. Mais elle compense à peine la baisse observée dans les lycées professionnels (-79 élèves, soit -3,1%), qui

950 élèves dans l’enseignement agricole Le lycée agricole de Bar-le-Duc et son antenne de Verdun, les maisons familiales de Bras-sur-Meuse, Commercy, Damvillers, Stenay et Vigneulles-lès-Hattonchâtel comptent ensemble 45 classes qui ont dispensé un enseignement agricole à 948 élèves en 2005. Le premier est le seul à délivrer des diplômes de niveaux IV (BAC) et III (BAC+2). Les autres se concentrant sur les niveaux V (CAP/BEP) et VI. Le Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole (CFPPA) créé en 1979 est le département de la formation continue de l’EPL AGRO (Établissement public local du Ministère de l’Agriculture). Il dispense des formations diplômantes, qualifiantes et non qualifiantes dans les domaines agricole, agro-alimentaire et de développement local. Ces dernières sont réalisées en interne (sur le site de Bar-le-Duc essentiellement) ou en externe lors d’actions «intra-entreprises» ou «inter-entreprises». Les publics concernés sont généralement des publics de niveaux V (CAP/BEP), IV (BAC) et III (BAC+2).

Préélémentaire Élémentaire Enseignement spécial Total premier degré Premier cycle SEGPA* Troisième technologique Second cycle général et technique Second cycle professionnel Total second degré

7 524 11 118 143 18 785 7 779 418

480 945 3 1 428 995 0

depuis 2005 ne parviennent plus à maintenir leurs effectifs.

944 apprentis En 2005, 944 jeunes ont choisi la voie de l’apprentissage dans les trois Centres de Formation des Apprentis (CFA) du département à Bar-le-Duc. Le CFA Louis Prioux en a accueilli 650 dans ses formations (CAP à Bac Pro) consacrées à l’hôtellerie-restauration, aux métiers de bouche (boulangerie, pâtisserie, boucherie, charcuterie, traiteur), à l’automobile (maintenance, carrosserie, peinture), à la vente-commerce et à la coiffure. Le CFA Industrie en a formé 47 aux métiers de l’électrotechnique (BEP), de la maintenance des équipements industriels (Bac Pro) et de la maintenance industrielle (BTS). Le CFA Agricole de l’EPL Agro a été fréquenté par 247 jeunes qui ont suivi une formation agricole en Meuse (CAPA à Bac Pro). Pour les jeunes Meusiens qui désirent suivre un apprentissage dans les métiers du bois et du bâtiment, deux CFA existent dans les départements limitrophes, respectivement à Liffol-le-Grand et Pont-à-Mousson. Dans le domaine agricole, en 2005, 21 étaient inscrits à Toul, 8 à Courcelles-Chaussy, 6 à Mirecourt, 5 à Metz, 4 à Pixérécourt, etc. Quant aux entreprises meusiennes, elles formaient fin 2005, 991 apprentis (hors agriculture), qui suivaient leurs études dans le département ou ailleurs en France.

8 004 12 063 146 20 213 8 774 418

-2,6 2,8 -19,7 0,4 -2,2 -15,2

0,0 0,0 0,0 0,0 -1,8 /

-2,5 2,6 -19,3 0,3 -2,2 -15,2

135

58

193

-23,7

26,1

-13,4

3 462 2 131 13 925

474 310 1 837

3 936 2 441 15 762

2,1 -3,1 -2,1

8,5 -3,4 1,1

2,8 -3,1 -1,7

Données 2006 provisoires, enquête rapide de rentrée ; données 2005, pour le premier degré privé Source : Inspection académique de la Meuse

Écoscopie de la Meuse

23


Enseignement supérieur ème

Effectifs limités et quasi-absence d’offre en 3 année L’enseignement supérieur inexistant en Meuse il y a vingt ans compte un peu plus de 1 300 étudiants en 2005, et a su nouer des liens avec le monde de l’entreprise. Toutefois, il souffre souvent d’effectifs insuffisants pour atteindre une taille critique, de la concurrence avec d’autres ème écoles régionales et de la quasi-absence de formation en 3 année qui oblige les jeunes Meusiens à quitter le département, au risque de ne plus y revenir.

À

l’heure où la compétence et l’intelligence sont devenues des fondamentaux pour valoriser les atouts d’un territoire et donner à chacun plus de chances de réussir, la formation et notamment la formation supérieure, est devenue primordiale. Inexistant en Meuse il y a vingt ans, l’enseignement supérieur s’est installé et a permis d’augmenter la proportion de diplômés du supérieur dans la population (15% ) en 1999 parmi les 25-59 ans, mais celle-ci reste inférieure à la moyenne lorraine (19% ) et à celle de la France de province (22% ). À la rentrée 2005, en Meuse, 1 321 étudiants étaient inscrits dans des cycles d’enseignement supérieur : 15 en BAC+4 à l’Institut d’Administration des Entreprises (IAE), 89 en licence, dont 38 en licence professionnelle, 560 en classe de BTS-DUT, 165 à l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM) et 437 dans les deux Instituts de Formation en Soins Infirmiers (IFSI).

BAC+4 : gestion

et développement de la petite entreprise L’antenne de l’ IAE de Nancy est présente dans les locaux de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat où se prépare un diplôme universitaire de «Gestion et développement de la petite entreprise» homologué à BAC +2 et BAC +4. Ce diplôme, le plus élevé du département, prépare une quinzaine de stagiaires par promotion à la création, à la reprise et au management d’entreprise.

Écoscopie de la Meuse

Licences physique-chimie : raréfaction des étudiants Antenne délocalisée de l’université Henri Poincaré-Nancy 1, le CESS de Bar-le-Duc forme aux deux premières années des licences de physique et chimie. Ses étudiants viennent principalement de Bar-le-Duc, Saint-Dizier et Vitry-le-François. Leur taux de réussite au DEUG est plus élevé qu’à Nancy (65%, contre 50%) mais en 2005, les effectifs plafonnent à 50 étudiants. La concurrence avec les autres antennes, notamment régionales à Lunéville et Saint-Dié-des-Vosges, se développe sur fond de raréfaction des étudiants (baisse constante du nombre de bacheliers en sciences pures ou avec option Sciences de la vie et de la terre). S’y ajoute pour les meilleurs un

appel d’air du côté des classes préparatoires aux écoles d’ingénieurs. Dans ce contexte, la somme de savoirs et de compétences déployés par l’ANDRA sur le site voisin de Bure, pourrait constituer une opportunité d’irriguer le Centre d’Études Supérieures Scientifiques (CESS) de Bar-le-Duc en nouvelles formations et connaissances scientifiques.

Licences professionnelles : valeurs montantes En 2005, la Meuse dispose de deux formations de 3ème année en phase avec le marché du travail et conçues dans un objectif d’insertion : les licences professionnelles. L’une, à l’IUT de Verdun, où le tissu économique est très impliqué, porte sur la «Gestion de la production industrielle, option Management de la Production et Logistique Interne». Elle accueille chaque année une trentaine d’étudiants qui

24

trouvent facilement des emplois à l’issue de la formation. L’autre, à l’EPL Agro de Bar-le-Duc, dans la continuité de ses formations BTS, concerne le «Management des unités de transformation agroalimentaire». Cette formation où l’on retrouve le même souci de lien avec le monde de l’entreprise, est montée avec la collaboration de l’IAE et de l’ENSAIA (INPL de Nancy). Elle s’adresse à des salariés, des bénéficiaires de congé individuel de formation, des contrats de qualification. D’une durée de 12 mois, elle prépare à assumer des responsabilités dans les domaines de la production, la qualité, la sécurité et l’hygiène, la communication, l’animation d’équipe... Elle n’est pas reconduite en 2006 mais un projet de licence professionnelle «Valorisation non alimentaire des produits agricoles» est en cours d’élaboration avec l’université Henri PoincaréNancy 1.

BTS : des diplômes en lien avec le contexte économique Quatorze BTS répartis dans 6 établissements ont accueilli 560 élèves en 2005. Parmi cette filière courte, on peut citer l’EPL Agro de Bar-le-Duc qui propose deux formations en lien avec le caractère agricole du département et ses filières agroalimentaires : Analyse et conduite des systèmes d’exploitation (ACSE) et Industrie agroalimentaire. La première s’intéresse aux exploitations agricoles, mais la moitié des diplômés iront vers les services connexes (coopératives, banques, vente de produits phytosanitaires). La seconde vise les opérateurs de l’industrie mais est pénalisée par son image de marque (emplois industriels, crises sanitai-


sont importantes : 80% des diplômés sont embauchés dans les 6 mois.

liste attire davantage les étudiants que celui des Industries des viandes proposé à Bar-le-Duc.

Reste que la concurrence régionale existe. L’ACSE est enseignée à Château-Salins et Mirecourt, ainsi qu’à Nancy en formation par alternance. Le BTS Industrie agroalimentaire est dispensé à Nancy et Châlons-enChampagne où son support généra-

Les autres BTS du département sont situés dans les lycées d’enseignement général ou professionnel et touchent les métiers de l’industrie (mécanique, maintenance, électronique), de la vente et de l’administration-gestion.

res...). Pourtant les offres d’emploi

BAC+4 Institut d’Administration des Entreprises (IAE) , Bar-le-Duc Gestion et développement de la petite entreprise LICENCE (deux premières années) Centre d’Études Supérieures Scientifiques (CESS), Bar-le-Duc Licence Sciences et techniques matières et procédés Licence Sciences et techniques biologiques

15

13 38

LICENCE PROFESSIONNELLE Institut Universitaire de Technologie (IUT), Verdun Management de la Production et Logistique Interne Établissement Public Local d’enseignement et de formation professionnelle agricole (EPL Agro), Bar-le-Duc Management des unités de transformation agroalimentaire

À Verdun, l’IUT, délocalisation de l’IUT Nancy Charlemagne (Nancy 2), créé en 1995 sur une problématique de «Services et Réseaux de Communication ( SRC)» a suivi l’évolution de la demande. La formation qu’il dispense aujourd’hui porte plus sur le multimédia, la conception de sites internet, la vente à distance, les intranets. Mais la concurrence est rude face aux 29 autres SRC de France, dont 3 dans l’Est (Haguenau, Saint-Dié-des-Vosges et Troyes ) et les effectifs sont modestes (55 en 2005). Enfin, l’IUT de Verdun ne propose pas de formation en 3ème année dans la même branche, ce qui impose aux étudiants qui voudraient poursuivre leurs études, de sortir du département.

30

8

BTS Lycée Poincaré, Bar-le-Duc Informatique de gestion Négociation et relation client Systèmes électroniques Informatique et réseaux pour l’industrie et les services techniques (IRIS) EPL Agro, Bar-le-Duc Analyse et conduite des systèmes d’exploitation (ACSE) Industrie agroalimentaire Lycée Henri Vogt, Commercy Maintenance industrielle Lycée Alfred Kastler, Stenay Assistant de gestion PME-PMI Lycée Margueritte, Verdun Management des unités commerciales Comptabilité et gestion des organisations Mécanique et automatisation industrielles Lycée Sainte-Anne, Verdun Assistant de direction Communication des entreprises Economie sociale et familiale

49 50 23 16 45 17 28

IUFM : premier degré seulement Présent à Bar-le-Duc depuis 1991, l’IUFM a accueilli en 2005, 165 futurs professeurs des écoles du département. Y sont également venus 200 stagiaires (essentiellement professeurs des écoles en formation continue). Dans son implantation

meusienne, il n’accueille que des premiers degrés. Le second degré (CAPES) se déroulant à Nancy ou à Metz.

33

IFSI : places recherchées 56 53 42 47 42 59

DUT Institut Universitaire de Technologie (IUT), Verdun Services et Réseaux de Communication

55

PROFESSEUR DES ÉCOLES Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM), Bar-le-Duc

165

DIPLÔME D’ÉTAT INFIRMIER Institut de formation en soins infirmiers (IFSI), Bar-le-Duc et Verdun D.E. infirmier (Bar-le-Duc) D.E. infirmier (Verdun)

135 302

Sources : Rectorat Nancy-Metz, EPL Agro, Ch. de Métiers et de l’Artisanat, IUFM, IFSI

Écoscopie de la Meuse

DUT : des réseaux au multimédia

25

L’ IFSI , anciennement école d’infirmières, sur ses deux sites meusiens de Bar-le-Duc et Verdun compte 437 élèves infirmiers en 2005. Sa formation longue ( 3 ans ) ne manque pas de candidat(e)s, mais reste soumise à un choix d’implantation qui se décide au niveau national. Dans ce sens, la présence des centres hospitaliers à Bar-le-Duc et Verdun est une chance : l’hôpital trouve des élèves à l’ IFSI et celui-ci trouve dans l’hôpital le lieu de ses formations pratiques.


Population active Attirance accrue pour les marchés du travail extérieurs Depuis une quinzaine d’années, la population active meusienne croît à nouveau, en lien avec l’augmentation de l’emploi et surtout la recherche d’un travail à l’extérieur des frontières départementales. Notamment à l’Est vers le sillon mosellan et depuis peu vers le Luxembourg. À Bar-le-Duc, le taux d’activité porté par une forte féminisation des emplois reste un des plus élevés de Lorraine.

A

er

u 1 janvier 2004, la population active meusienne est estimée à 83 700 personnes, en augmentation de 2,7% par rapport à 1999, soit un gain annuel de 435 actifs. Une hausse presque deux fois plus forte que celle enregistrée entre 1990 et 1999, et qui accompagne le renouveau de l’emploi observé sur la même période (+2,8%) mais qui reste inférieure à celles observées en Lorraine ou dans la France de province (respectivement 3,2% et 4,2%).

Nombre d’actifs en hausse à Commercy La part des femmes dans la population active qui s’élevait régulièrement depuis vingt ans se tasse et se stabilise à 43% des actifs en 2004, contre 44% en Lorraine et 46% dans la France de province. Car en Meuse, comme ailleurs, depuis 1999 l’augmentation de la population active n’est plus alimentée en majorité par les femmes mais par les hommes, notamment au-delà de 55 ans, qui se portent davantage sur le marché du travail que par le passé. Au cours des cinq années considérées, les femmes ne représentent ainsi plus que 41% de l’apport de nouveaux actifs, contre près de 90% lors de la décennie précédente. Géographiquement, la plus forte hausse du nombre d’actifs (près de 5% en 5 ans) s’observe dans l’arrondissement de Commercy où l’installation de jeunes couples à proximité des marchés du travail de Toul et Nancy augmente la population active par apport migratoire. Mais tous ne trouvent pas à s’employer. L’arrondissement possède en effet,

Écoscopie de la Meuse

et depuis plusieurs années, le plus fort taux de chômage du département et un des plus forts de Lorraine. Il s’établit à 10,9% au 1er trimestre 2006, (contre 10,0% en Meuse) après s’être fortement accru entre 2004 et 2005 où il a atteint 11,5%.

Taux d’activité féminin élevé à Bar-le-Duc Rapportée à la population totale, la proportion d’actifs en Meuse est historiquement supérieure à la moyenne régionale. Une spécificité partagée avec le département des Vosges. En 1999, le taux d’activité des 15-64 ans s’établit ainsi à 66,7% en Meuse et 69,3% dans les Vosges, contre 65,9% en Lorraine. Il est particulièrement élevé dans l’arrondissement de Bar-le-Duc (69,0%) où la présence d’emplois dans le commerce, le textile (BERGERE DE FRANCE) et la fonction publique, favorisent l’activité féminine : 62,7% des femmes âgées de

15 à 64 ans s’y déclarent actives en 1999, soit 4 points de plus qu’en Meuse et en Lorraine. Au-delà de l’apport financier direct qu’il procure, le travail féminin constitue un atout pour les Barisiennes en leur apportant davantage d’autonomie et en les préservant d’une précarité à laquelle elles sont davantage exposées en cas de rupture de la cellule familiale. Pour l’arrondissement, il représente un enjeu majeur dans la problématique de renouvellement d’une population active qui vieillit. Et dans le constat actuel où les couples bi-actifs sont devenus majoritaires, la présence d’emplois féminins sur son territoire participe à son attractivité. En corollaire des activités présentes, on observe dans l’arrondissement de Bar-le-Duc une sur- représentation de la part des employé(e)s, professions intermédiaires et cadres. Et un taux de chômage plus faible qu’ailleurs dans le département (9,4% au premier trimestre 2006).

Population active en hausse depuis 1990 Taux annuel d'évolution de la population active 1,00

0,80

% arrondissement de Bar-le-Duc arrondissement de Commercy arrondissement de Verdun Meuse Lorraine France de province

0,60

0,40

0,20

0 1990-1999 Source : Insee

26

1999-2004 (estimations)


Un marché du travail qui s’ouvre

tants qu’entrants, y sont supérieurs de 70% à ceux de 1990.

En 2004, 77% des 75 000 actifs occupés meusiens résident et travaillent dans le département. Mais en une quinzaine d’années, les échanges avec les territoires voisins se sont accentués : 17 000, soit 23%, trouvent ainsi à s’employer hors du département (contre 7 500, soit 11% en 1990). Dans l’autre sens, le département est pourvoyeur d’emplois pour 10 000 actifs n’y résidant pas (contre 3 200 en 1990).

À l’inverse, l’arrondissement de Bar-le-Duc, le plus concerné par l’emploi public et où sont présents de nombreux groupes industriels, est celui qui fixe sur place le plus grand nombre de ses actifs (73%). Le premier pôle d’emploi à l’extérieur de l’arrondissement est constitué par l’aire urbaine de Saint-Dizier qui offre 2 000 emplois aux Meusiens. Une opportunité dont profite Ancerville, commune meusienne incluse dans l’agglomération haut-marnaise.

L’arrondissement de Commercy se distingue en voyant un quart de ses actifs occupés sortir quotidiennement de son périmètre. En Meuse, c’est le territoire le plus ouvert vers le reste de la région du point de vue de l’emploi. Les déplacements journaliers, tant sor-

Les échanges Bar-le-Duc - Verdun demeurent faibles. On observe, entre ces deux arrondissements, à peine 300 à 400 déplacements quotidiens domicile-travail dans chaque sens. L’éloignement et l’absence d’axe routier performant ne favorisent pas le

Ouverture vers l'extérieur à Commercy et Verdun Équilibrage du marché du travail en 2004 par arrondissement 80

pour 100 actifs résidents

70 60 50 40 30

rapprochement. Et à l’heure où l’Est de la Meuse renoue avec la croissance de la population et de l’emploi, les conditions de sa diffusion à la façade Ouest du département s’en trouvent limitées.

2 200 frontaliers dans le Nord meusien Dans l’arrondissement de Verdun, en 2000, un actif occupé sur huit exerce une activité dans l’agriculture, soit trois fois plus qu’en Lorraine ou que dans la France de province. Mais les actifs se tournent de plus en plus vers le marché du travail ancré sur Metz et Thionville. Ils profitent également de la croissance du Luxembourg qui depuis 2001 a détrôné la Belgique comme terre de destination des travailleurs frontaliers meusiens. Anciens résidents ayant trouvé à s’y embaucher ou nouveaux arrivants attirés par les conditions de logement plus favorables du Nord meusien, ils sont, en 2005, 1 200 à se rendre chaque jour au Grand-duché (soit trois fois plus qu’en 1995). Les frontaliers à destination de la Belgique avoisinent les 1 000. Parmi eux 400 sont Belges.

20 10 0 Bar-le-Duc Commercy emploi dans l'arrondissement emploi dans le reste du département ou de la France

Verdun emploi à l'étranger chômeur actif résidant hors de l'arrondissement

Source : Insee

Chômage plus élevé dans l'arrondissement de Commercy Taux de chômage trimestriel au sens du BIT de 2000 à 2006 (%) 12

%

arrondissement de Bar-le-Duc arrondissement de Commercy arrondissement de Verdun Lorraine France

11

10

9

8

7 er

er er er er er er 1 trim. 1 trim. 1 trim. 1 trim. 1 trim. 1 trim. 1 trim. ème ème ème ème ème ème 3 trim. 3 trim. 3 trim. 3 trim. 3 trim. 3 trim.

2000

2001

2002

2003

2004

Source : Insee

Écoscopie de la Meuse

27

2005

2006

L’ensemble des frontaliers représente 3% des actifs occupés meusiens. Dans les cantons de Montmédy et Spincourt, ceux à destination du Luxembourg représentent 9% et 22% des actifs. Ce dernier taux se rapproche de ceux observés dans les cantons meurthe-et-mosellans voisins de Longuyon (25%) et d’Audun-le-Roman (35%). Pour le Nord du département c’est une source d’emploi bienvenue et de salaires attractifs reversés dans l’économie locale. Reste que la montée en gamme des emplois proposés au Luxembourg nécessite une élévation parallèle des qualifications pour continuer à en profiter. Elle suppose aussi des prestations de services publics et privés plus nombreuses et d’un niveau plus élevé dans les communes meusiennes accueillant ces nouvelles populations plus exigeantes.


Artisanat Un secteur économique porteur L’artisanat occupe une place majeure dans l’économie départementale. Depuis une quinzaine d’années, à l’instar du bâtiment, ses effectifs progressent, et fort d’une image de marque retrouvée, il attire de plus en plus de porteurs de projet. Il reste un excellent vecteur de promotion sociale et de réalisation personnelle, mais pour que sa dynamique perdure, il devra relever rapidement plusieurs défis d’envergure : former des jeunes, recruter de la main-d’œuvre qualifiée et trouver des repreneurs.

A

er

u 1 janvier 2006, l’artisanat meusien compte 2 512 entreprises, ce qui en fait un des secteurs-clé de l’économie départementale avec ses 250 métiers. Il occupe près de 11 000 actifs, dont 1 650 travailleurs indépendants, 8 000 salariés, 650 apprentis et 700 conjoints collaborateurs et auxiliaires familiaux. Au sein de la population active occupée départementale, l’artisanat emploie près d’une personne sur sept.

Une présence affirmée des métiers du bâtiment Les entreprises de l’artisanat se répartissent principalement dans le bâtiment (33%), le transport, la réparation et les services (27%), l’alimentation (19%), le travail des métaux (6%) et le bois-ameublement (6%).

Près de sept artisans sur dix évoluent sur des marchés de proximité.

perdre des entreprises, mais gagnent des emplois.

Boulangers, bouchers, coiffeurs, maçons, électriciens, garagistes etc., apportent quotidiennement une offre de produits et services aux habitants du territoire.

Ces tendances, qui sont loin d’être conjoncturelles, résultent, au contraire, de changements profonds dans les modes de vie. L’évolution de l’environnement économique et réglementaire a également une incidence plus ou moins grande sur le développement des activités (par

Les secteurs de la production, souvent synonymes d’ouverture sur des marchés extérieurs, occupent quant à eux moins de deux artisans sur dix. En termes de dynamique, les métiers du bâtiment et des services (coiffure, soins à la personne, etc.) progressent. Entre 2000 et 2005, les effectifs salariés du bâtiment sont ainsi passés de 2 000 à 2 600 personnes. Les métiers de la production (hors bois) se maintiennent. Ceux traditionnels de l’alimentation (boulangerie et boucherie-charcuterie) continuent de

exemple, le maintien ou non d’une TVA dans le bâtiment à 5,5%).

Une implantation plutôt rurale La nature de l’activité est un élément déterminant dans la localisation des entreprises. En fonction de leur marché, celles-ci peuvent être situées plutôt en milieu rural (métiers du bâtiment) ou plutôt en milieu urbain (métiers alimentaires). En Meuse, près de deux artisans sur trois sont localisés dans des communes de moins de 2 000 habitants (contre un sur trois au niveau national). Une situation qui s’explique aussi par la faible urbanisation du département (seulement 16 communes ont plus de 2 000 habitants).

Des entreprises de plus en plus structurées

Alimentation

462

19

422

17

Travail des métaux

145

6

146

6

36

2

31

1

Bois, ameublement

150

6

125

5

Autres fabrications

156

7

153

6

Bâtiment

782

33

945

38

Transport, réparation, autres services

655

27

690

27

L’artisanat change et son image suit cette tendance. L’exploitation se fait de moins en moins sous forme individuelle. Il y a vingt ans, un artisan sur dix travaillait en société. Ils sont près de quatre sur dix aujourd’hui.

2 386

100

2 512

100

Par ailleurs, la taille des entreprises artisanales s’étoffe. Les artisans

Textile, cuir, habillement

Total Source : fichier RIM

Écoscopie de la Meuse

28


travaillant seuls ou avec de petits effectifs (de 1 à 3 personnes) voient leur nombre diminuer progressivement. En revanche, les entreprises ayant une certaine dimension prennent une place plus importante. La part des entreprises de plus de 20 salariés est ainsi passée de 0,8% à 2,4% en dix ans. Entre 1996 et 2005, l’effectif moyen des entreprises est passé de 2,6 à 3,4 salariés. Dans le même temps, la durée de vie des entreprises s’allonge. Actuellement, près de la moitié des entreprises inscrites au Répertoire des métiers ont une ancienneté supérieure à dix ans. Ce constat est renforcé par des taux de survie supérieurs à la moyenne nationale : trois entreprises sur quatre nouvellement créées sont encore actives

3 ans après leur création, et presque deux sur trois 5 ans après leur création (contre respectivement deux sur trois et une sur deux en France). Preuve que les mesures d’aide et d’accompagnement mises en place par les différents partenaires portent leurs fruits.

Un homme d’âge mûr, qualifié et expérimenté Le profil-type de l’artisan meusien ne déroge pas beaucoup aux standards nationaux. 80% des artisans sont des hommes. Si l’on excepte des métiers précis comme celui de la coiffure, l’artisanat féminin a encore bien du mal à percer. Cependant, en 2005, les femmes ont représenté à peu près un quart des porteurs de projet et des candidats à l’installation.

0

818

37

780

34

1

470

21

470

21

2à3

447

20

403

18

4à5

212

9

220

10

6 à 10

184

8

255

11

11 à 15

65

3

74

3

16 à 20

23

1

27

1

plus de 20

17

1

54

2

2 236

100

2 283

100

Total Source : fichier RIM

Alimentation Travail des métaux Textile, cuir, habillement Bois, ameublement Autres fabrications

1 254

1 295

41

3

561

611

50

9

74

73

-1

-1

385

378

-7

-2

555

970

415

75

Bâtiment

1 993

2 601

608

31

Transports, réparations, autres services

1 530

1 801

271

18

Total

6 352

7 729

1 377

22

Source : fichier RIM

Écoscopie de la Meuse

29

L’artisan meusien est relativement âgé, mais pas plus que ses collègues des autres départements. Sous l’effet du «papy boom», l’âge moyen (47 ans) pourrait même baisser au cours des prochaines années. En effet, un rajeunissement des candidats à l’installation est constaté : 32 ans de moyenne d’âge actuellement contre 37 ans à la fin des années 1990. Les artisans meusiens sont de plus en plus qualifiés. Ainsi, à l’installation, quatre chefs d’entreprise sur cinq ont déjà un titre de qualification ou une solide expérience dans le métier qu’ils vont exercer.

Un secteur attractif pour les porteurs de projets Dans un contexte économique mouvementé et pas forcément facile, l’artisanat a su tirer son épingle du jeu depuis l’entrée dans le troisième millénaire. Cela s’est traduit par une forte poussée au niveau de l’emploi et un engouement de plus en plus marqué pour la création d’entreprises. L’artisanat a créé, en cinq ans et en solde net, plus de 1 300 emplois. Pratiquement tous les secteurs ont bénéficié de cette progression, et principalement les métiers de la fabrication, des services et du bâtiment. Les difficultés rencontrées localement par certaines PME ont renforcé incontestablement la redistribution des cartes de l’emploi en faveur des très petites entreprises. Le nombre annuel d’auditeurs au stage de préparation à l’installation (hors accompagnants) est passé de 122 en 2002 à 188 en 2005, soit une augmentation de 54% en 4 ans. Dans cette période d’incertitude, l’artisanat véhicule des valeurs d’indépendance et d’autonomie qui séduisent, d’où cette progression sensible. En 2005, le solde net immatriculations-radiations a lui-même atteint un score sans précédent avec +53 entreprises.


Artisanat Une meilleure image auprès du grand public À l’épreuve des faits, notamment des résultats obtenus ci-dessus, le secteur des Métiers commence à diffuser auprès du grand public et des médias une image de plus en plus porteuse. Les campagnes qui sont régulièrement menées à la télévision par le Fonds National de Promotion et de Communication de l’Artisanat y sont aussi pour quelque chose. Sans verser dans un optimisme béat, toutes ces données confirment en tout cas une montée en puissance des professions manuelles qui apparaissent de plus en plus comme une vraie alternative au chômage.

Former les jeunes : une nécessité L’apprentissage reste la voie royale pour accéder aux métiers de l’artisanat. Les campagnes d’information sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses à mettre l’accent sur les opportunités de cette filière de formation par alternance. En Meuse, le nombre de contrats enregistrés en 2005 a cependant baissé d’une petite cinquantaine par rapport à 2004 (de 739 à 690), alors que les départements voisins ont vu, au contraire, leurs effectifs progresser. L’explication tient beaucoup à la démographie mais aussi à la concurrence de plus en plus sévère que se font les établissements entre eux pour conserver les jeunes. Cette baisse concerne uniquement les préparations aux diplômes de niveau 5 (CAP), alors que la demande pour les niveaux supérieurs progresse quant à elle régulièrement. Le dernier «festival des formations par l’apprentissage» organisé par

l’Association pour la Formation Professionnelle en Meuse, avec l’appui des chambres consulaires et des Centres de Formation d’Apprentis départementaux a toutefois connu un grand succès. D’où l’espoir de voir les tendances s’inverser au cours des prochaines années.

Recruter et qualifier : une obligation pour la pérennité des entreprises Le recrutement et la qualification de la main-d’œuvre constituent un vrai obstacle car la demande est supérieure à l’offre. Faute de trouver «chaussure à leur pied», bien des employeurs potentiels restreignent volontairement leurs perspectives de développement. Comment sortir d’une telle impasse ? Très certainement, en portant encore plus les efforts sur la formation des hommes. Formation initiale d’abord, mais aussi formation continue. Les engagements sur cette dernière restent encore globalement trop faibles, tant au niveau des artisans (seulement 56 demandes de financement de stages en 2005), que de leurs salariés (l’enveloppe réservée à leur intention n’est que très rarement utilisée).

Un artisan meusien sur six a plus de 57 ans, ce qui représente, sur le papier, un peu plus de 400 entreprises potentiellement cessibles. Dans la réalité, une fois retirées les entreprises pour lesquelles une solution interne est déjà trouvée et celles qui n’ont plus véritablement de valeur marchande, ce sont finalement plus d’une centaine d’entreprises qui sont réellement concernées par un soutien actif dans la recherche de repreneurs. Consciente de l’enjeu, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de la Meuse s’implique fortement sur ce dossier avec l’appui des partenaires (Maison Meusienne de l’Emploi et Interconsulaire). Et les premiers résultats sont déjà très encourageants.

Chiffres clés Au 01/01/2006 2 512 entreprises 11 000 actifs dont : indépendants : 1 650 conjoints collaborateurs : 700 salariés : 8 000 apprentis : 650

Définition Deux critères définissent les entreprises artisanales :

– un critère d’activité : elles doivent exercer, de manière indépendante, une activité économique de production, de transformation, de réparation ou de prestation de services, à titre principal ou secondaire.

– un critère de taille : elles doivent employer moins de 10 salariés au moment de leur inscription au Répertoire des métiers. Après et au-delà de ce seuil, le droit de suite leur donne la possibilité de rester immatriculées, si le dirigeant bénéficie de la qualité d’artisan ou de maître artisan. L’ensemble des entreprises répondant à ces deux critères constitue le Secteur des métiers.

122

137

Source : fichier RIM

Écoscopie de la Meuse

Trouver des repreneurs : un objectif essentiel

30

180

188

66


Emploi salarié Une baisse à l’opposé de la tendance nationale En 2004, la Meuse compte 60 400 emplois salariés après avoir atteint un maximum de 61 900 emplois en 2000. En quatre ans, la baisse est de 2,3%, à l’opposé de la hausse de 2,5% en France de province. La progression moins forte dans les services ne permet pas de rattraper le retard dans ce domaine. L’industrie est en retrait, y compris dans les activités qui font la spécificité du département. La croissance dans le commerce de détail maintient l’ensemble du secteur.

Retard non comblé dans les services Les services emploient en Meuse 35 000 personnes en 2004, ce qui en fait la première activité en terme d’effectifs. Pour autant, leur poids en Meuse reste inférieur à celui observé en France* (58%, contre 60%). L’administration publique avec 9 400 postes (soit 16% des emplois salariés totaux) y occupe la première place. Elle est suivie de la santé-action sociale avec 7 900 emplois (soit 13%). La Meuse se distingue de la France* en ayant en 2004, proportionnellement 40% et 20% d’effectifs supplémentaires dans ces deux activités. Entre 2000 et 2004, les effectifs meusiens de l’administration publique ont progressé au même rythme qu’au niveau national* (5%), mais la hausse des emplois dans la santé-action sociale y a été moindre (6%, contre 9%). L’éducation en Meuse avec 5 000 salariés occupe, comme en France*, la troisième place dans les services. Son poids y est proportionnellement supérieur de 10% , mais surtout, entre 2000 et 2004, ses effectifs ont baissé davantage qu’au niveau national (-6%, contre -4%). Les services aux entreprises (5 200 salariés) et aux particuliers (3 500 salariés) restent relativement moins bien représentés en Meuse qu’en France* (respectivement 9% et 6%, contre 12% et 8%). Et les évolutions de leurs effectifs entre 2000 et 2004 ne permettent pas à la

Écoscopie de la Meuse

Meuse de combler son retard. Alors qu’ils progressent de 6 à 7% en France*, ils n’augmentent au mieux que de 1% en Meuse. En quatre ans, il n’y a que dans les conseils et assistance que la progression meusienne est supérieure à celle observée au niveau national* (+27%, contre +13%). Mais si elle correspond à 300 emplois supplémentaires, cette activité qui concerne généralement des consultants indépendants sans salarié, reste sous-représentée en Meuse (2% des salariés, contre 4% en France*). L’évolution récente du transport, va à l’inverse de la tendance nationale* (-4% d’effectifs, contre +5% entre 2000 et 2004 ). Cette activité, où le transport de voyageurs (hors zone urbaine ) est peu développé, approche à nouveau les 2 000 emplois (soit 3%, contre 4% en France* ).

Recul dans les industries spécifiques L’industrie, avec 13 200 postes, est le second pourvoyeur d’emplois salariés du département. La métallurgie (3 000 emplois), l’agro-alimentaire (2 500), les équipements du foyer (1 700, notamment l’optique et le meuble) et la mécanique (1 300) y sont les secteurs dominants. Ensemble, ils proposent près de deux emplois industriels sur trois. Les autres activités d’importance sont, par ordre décroissant d’effectifs salariés : le bois-papier (800 emplois), l’automobile (660), la chimie-plasturgie (580), le textile (560), les produits mi-

31

néraux (490), la pharmacie-parfumerie (470) et l’habillement-cuir (150). Mais entre 2000 et 2004, l’industrie meusienne a perdu 1 700 postes, soit une baisse plus forte que celle observée en France* (-11%, contre -7%) et qui a concerné tous les principaux secteurs d’activité. Elle a particulièrement affecté le bois-papier (-390 emplois, soit -33%), les équipements du foyer (-390 emplois, soit -19%), l’agroalimentaire (-270 emplois, soit -10%), la métallurgie (-220 emplois, soit -7%) et le textile (-110 emplois, soit -16%). Elle est d’autant plus marquante qu’elle a touché les cinq activités qui font la spécificité de l’industrie meusienne. De plus, dans un contexte national* orienté lui aussi à la baisse, la tendance meusienne est dans trois cas sur cinq, plus mauvaise que la moyenne française*. Sur la période considérée, seuls la métallurgie et le textile ont enregistré des évolutions moins mauvaises qu’en France*. Toutefois les baisses d’effectifs peuvent être la résultante de gains de

Repli de l'emploi dans le Grand-Est Évolution de l'emploi salarié 2000-2004 Meuse : -2,3% Lorraine : -1,4% France métro. :+2,5%

Taux d'évolution (%) 6 4 2 0 -2 Sources : Insee, estimations d'emploi salarié

© IGN - Insee 2006

A

vec 60 400 emplois salariés comptabilisés sur son territoire en 2004, la Meuse retrouve son niveau de 1999.


productivité, dus à une modernisation de l’outil industriel. Quant à la chimie-plasturgie, l’automobile et les produits minéraux, les pertes enregistrées pour chaque activité concernent de 35 à 55 emplois, soit de 6% à 10% des effectifs. Mais l’automobile meusienne a fait nettement moins bien en 4 ans qu’au niveau national* (-7%, contre -1%).

meusien qui a pourtant gagné 130 emplois en 4 ans, reste sur un rythme de croissance inférieur à la France* (8%).

2004. Avec 6% des emplois salariés, son poids en Meuse est identique à celui relevé en France*. En quatre ans, ses effectifs sont restés à peu près stables (moins de 50

Stabilité dans la construction

postes supplémentaires, soit à peine +1% ) alors que ceux du secteur ont

progressé de 7% en France*.

Le secteur de la construction compte 3 800 emplois salariés en

* France hors Ile-de-France

Spécificité dans les équipements du foyer et la métallurgie

Reste l’habillement-cuir qui a perdu 130 emplois en quatre ans, soit -46% (contre -31% au niveau national)

Emploi salarié en 2004 Spécificité Équipements du foyer 3

Au final, en Meuse comme en France*, une seule activité industrielle a vu ses effectifs augmenter entre 2000 et 2004 : la pharmacie-parfumerie qui a gagné 100 emplois, soit +30% (contre +7% en France*).

Métallurgie Textile

2

Boispapier

1

Progression moins rapide dans le commerce

0

Construction

Produits minéraux

Santé, action sociale

Administration publique

Éducation

Équip.mécaniques Auto Transports

Services aux particuliers Services opérationnels Chimie, plasturgie Activités Conseil et assistance financières 0

Avec 7 100 emplois en 2004, le commerce représente 12% des emplois salariés meusiens, soit 2 points de moins qu’en France*. Dans son ensemble, ses effectifs sont restés stables entre 2000 et 2004, alors qu’ils progressaient au niveau national* de 6%. Le commerce de détail

Industries agricoles et alimentaires

Poste, télécom.

2

4

6

8

10

Commerce Poids (%) 12

14

16

18

Guide de lecture : Le poids représente la part des emplois salariés du secteur dans l'emploi salarié total en Meuse. La spécificité est le rapport entre le poids du secteur en Meuse et le poids du même secteur en France (hors Ile-de-France). Une spécificité de 1 indique qu'un secteur est aussi représenté en Meuse qu'en France. La taille des cercles est proportionnelle aux effectifs. Un cercle rouge indique des effectifs en hausse entre 2000 et 2004 ; un cercle bleu correspond à des effectifs en baisse ; un cercle gris traduit une stagnation (évolution comprise entre -1% et +1%). Exemple : les 1 700 emplois salariés dans les équipements du foyer représentent 3% de l'ensemble de l'emploi salarié en Meuse, contre 1% en France (hors Ile-de-France). Leur spécificité en Meuse est donc de 3. Source : Insee, estimations d'emploi salarié

Les gains dans le tertiaire ne compensent pas les pertes dans l'industrie INDUSTRIE Pharmacie, parfumerie et entretien Equipements mécaniques Chimie, caoutchouc, plastiques Métallurgie et transformation des métaux Automobile Industries agricoles et alimentaires Produits minéraux Textile Équipements du foyer Bois, papier Équipements électriques et électroniques Habillement, cuir CONSTRUCTION COMMERCE Commerce de détail, réparations SERVICES Conseils et assistance Santé, action sociale Administration publique Services aux entreprises Activités financières Services aux particuliers Services opérationnels

Évolution de l'emploi salarié entre 2000 et 2004

Transports

Meuse France de province

Éducation Postes et télécommunications ENSEMBLE -50

Écoscopie de la Meuse

% -40

-30 -20 -10 Source : Insee, estimations d'emploi salarié

32

0

10

20

30


Emploi salarié (estimations)

Secteurs d’activité Industrie

13 183

21,8

1,2

-1 697

-11

Industries agricoles et alimentaires

2 519

4,2

1,4

-267

-10

0

Industries des biens de consommation

2 549

4,2

1,6

-413

-14

-13

dont : Habillement, cuir Édition, imprimerie, reproduction Pharmacie, parfumerie et entretien Industries des équipements du foyer Industrie automobile

-7

149

0,2

0,6

-129

-46

-31

254

0,4

0,6

-1

0

-10

468

0,8

1,3

108

30

7

1 678

2,8

3,1

-391

-19

-16 -1

657

1,1

0,8

-51

-7

Industries des biens d’équipement

1 466

2,4

0,7

-134

-8

-6

dont : Équipements mécaniques

1 302

2,2

1,0

-56

-4

-6

Équipements électriques et électroniques Industries des biens intermédiaires dont : Produits minéraux

157

0,3

0,3

-85

-35

-9

5 591

9,3

1,3

-827

-13

-9

490

0,8

1,0

-55

-10

-7

Textile

559

0,9

1,9

-108

-16

-24

Bois et du papier

802

1,3

1,4

-388

-33

-6

Chimie, caoutchouc, plastiques

581

1,0

0,5

-35

-6

-5

Métallurgie et transformation des métaux

3 022

5,0

2,3

-220

-7

-7

Composants électriques et électroniques

137

0,2

0,3

-21

-13

-12

401

0,7

0,6

-5

-1

-5

81

0,1

0,9

-2

-2

-17

Énergie dont : Production combustibles et carburants

320

0,5

0,6

-3

-1

-2

Construction

Eau, gaz, électricité

3 821

6,3

1,0

45

1

7

Commerce

7 103

11,8

0,9

31

0

6

dont : Commerce et réparations automobiles

1 128

1,9

0,9

-86

-7

3

Commerce de gros

1 854

3,1

0,7

-17

-1

3

Commerce de détail, réparations

4 121

6,8

0,9

134

3

8

34 957

57,9

1,0

614

2

5

2 020

3,3

0,8

-90

-4

5

Activités financières

726

1,2

0,5

10

1

4

Activités immobilières

398

0,7

0,7

55

16

2

Services aux entreprises

5 154

8,5

0,7

73

1

6

dont : Postes et télécommunications

1 532

2,5

1,2

-144

-9

-4

Conseils et assistance

1 341

2,2

0,5

288

27

13

Services opérationnels

2 280

3,8

0,7

-72

-3

6

Services aux particuliers

3 504

5,8

0,7

12

0

7

dont : Hôtels et restaurants

1 235

2,0

0,6

-59

-5

10

294

0,5

0,4

-97

-25

-4 9

Services Transports

Activités récréatives, culturelles et sportives Services personnels et domestiques Éducation, santé, action sociale dont : Éducation Santé, action sociale Administration dont : Administration publique Activités associatives et extra-territoriales Ensemble * France hors Ile-de-France

1 975

3,3

0,9

168

9

12 915

21,4

1,1

129

1

3

4 976

8,2

1,1

-316

-6

-4

7 939

13,1

1,2

445

6

9

10 240

16,9

1,4

425

4

4

9 413

15,6

1,4

414

5

5

827

1,4

1,0

11

1

-1

60 420

100,0

1,0

-1 447

-2

2

** Poids du secteur en Meuse rapporté au poids du secteur dans la France de province

Note : l’ensemble tient compte de l’agriculture Source : Insee, estimations d’emploi salarié

Écoscopie de la Meuse

33


Tissu économique Autonome et stable, mais qui se renouvelle lentement Au 1er janvier 2005, la Meuse compte 6 300 établissements dont près de la moitié dans les services. Les établissements sans salarié sont majoritaires. La vallée de l’Ornain reste le berceau d’industries historiques et spécifiques. Le tissu économique meusien est autonome. Plus de 600 établissements sont créés chaque année, mais le taux de création est inférieur à celui observé au niveau national. En revanche le taux de survie est un des meilleurs de France.

45% des établissements dans les services Les 867 établissements de l’industrie sont proportionnellement plus nombreux en Meuse qu’en France* (14%, contre 11%). Cependant, entre 2000 et 2005, le secteur perd globalement près d’une trentaine d’établissements (-3%), notamment dans les industries agricoles et alimentaires (-29 unités, soit -10%), les équipements du foyer (-22 unités, soit -19%). Une branche industrielle connaît une nette progression du nombre d’établissements : l’énergie (+23 unités, soit +77%). 37% des établissements industriels ne comptent aucun salarié et 20% seulement un ou deux. Mais ce secteur est aussi celui qui compte le plus d’établissements de grande taille : 32 dépassent les 100 salariés, et parmi eux 12 en ont plus de 200. Les 865 établissements de la construction et les 1 748 du commerce sont proportionnellement aussi nombreux en Meuse qu’en France*. Ils se caractérisent avant tout par une taille réduite : 44% et 51% n’ont aucun sa-

Écoscopie de la Meuse

larié, suivant en cela la tendance française. Avec 2 851 établissements, le secteur des services regroupe à lui seul 45% des établissements meusiens, mais cette proportion est inférieure à celle observée en France* (50%). Si 51% des établissements n’ont aucun salarié, dans les services, leur proportion atteint 58%.

Vallée industrieuse de l’Ornain Le tissu économique reste marqué par l’histoire industrielle dont le développement s’est concentré dans les vallées pourvoyeuses de ressources énergétiques (eau et bois) et humaines. Ainsi la vallée de l’Ornain accueille 12 des plus grands établissements industriels sur les 35 que compte le département. S’y retrouvent la métallurgie, l’automobile, l’optique et le textile, autant d’activités qui font l’identité meusienne. Un autre regroupement existe autour du meuble dans le canton de Gondrecourt-leChâteau qui fait partie du vaste bassin du meuble de l’Ouest vosgien autour de Neufchâteau et Liffol-leGrand. Les industries agricoles et alimentaires, autre secteur de poids, ont leurs principaux établissements dans le Verdunois, tandis que les groupes fromagers sont dispersés en Meuse en lien avec la collecte de lait. La fabrication de la traditionnelle Madeleine se poursuit à Commercy et le conditionnement de salades s’effectue à Maizey. Enfin, l’habillement reste représenté à Vaucouleurs. La mécanique quant à elle est présente sur tout le territoire.

34

Le transport de marchandises et la logistique sont surtout présents à Pagny-sur-Meuse et Sorcy-SaintMartin où ils profitent d’un positionnement stratégique sur la RN4 et à proximité immédiate de l’A31. Les commerces de détail, se sont développés dans les pôles de services que sont les agglomérations de Verdun et Bar-le-Duc dont l’attractivité s’étend dans un rayon de 30 et 15 kilomètres. Quelques pôles plus petits animent le reste du territoire. Quant aux grands établissements du secteur public, leur localisation est fortement liée aux statuts de chef-lieu de département et d’arrondissement. Bar-le-Duc, Commercy et Verdun regroupent les plus grands employeurs des fonctions publiques d’État, territoriale et hospitalière, ainsi que les plus grands collèges et lycées du département.

* France hors Ile-de-France

Dans les dix meilleurs taux de survie à 3 ans Taux de survie à 3 ans des entreprises créées en 2000 Meuse : 74% Lorraine : 69% France de prov. : 69%

© IGN - Insee 2006

A

er

u 1 janvier 2005, la Meuse compte 6 300 établissements en activité, soit 330 de plus qu’en 2000, mais leur nombre progresse moins vite qu’en France* (+6%, contre +11%). Cette croissance est surtout le fait des entreprises de moins de 10 salariés qui sont passées de 4 200 à 5 100 et elle s’observe principalement dans les secteurs de la construction (+138 unités, soit +19%), des services aux entreprises (+182 unités, soit +27%) et des activités immobilières (+56 unités, soit +89%).

Taux de survie à 3 ans (%) 74 et plus de 72 à 74 de 70 à 72 moins de 70 Sources : Insee, répertoire Sirene (champ ICS)


Offre foncière des aménageurs publics

22 zones d'activité Zones d'activité en 2006

Les perspectives de localisation des entreprises nouvelles passent par des propositions d’aménageurs publics. Le Conseil général de la Meuse a «labellisé» les zones de Pagny-sur-Meuse, Velaines, Les Souhesmes-Rampont, Marville, ainsi que les grands projets autour de la gare TGV ou du laboratoire de Bure. Les communautés de communes aménagent d’autres zones sur leurs territoires respectifs.

Zones d'intérêt départemental Zones intercommunales

IGN - Insee 2006

Zone de la CCI

Taux de création plus faible... L’année 2005 a vu la création de 688 établissements (515 créations pures et 173 reprises). De 2000 à 2005, ce sont 3 600 établissements qui ont vu le jour. Cependant, sur la période considérée, le taux de création d’établissements (11%) se situe en-dessous du taux observé en Lorraine (12%) et en France* (13%). Cette différence est due surtout au taux de créations pures qui reste proportionnellement inférieur (8% en

Source : Chambre de Commerce et d'Industrie de la Meuse

Définitions Entreprise : toute personne physique ou morale exerçant de manière indépendante une activité professionnelle non salariée. Une entreprise peut être une société ou un entrepreneur individuel. C’est un organisme financièrement et juridiquement autonome constitué en vue de produire des biens et services. Établissement(s) : lieu(x) où l’entreprise exerce son activité Champ ICS : les statistiques ont été réalisées sur le champ de l’industrie, de la construction, du commerce et des services. Le champ ICS ne comprend que des unités juridiques ayant une réalité économique. Il exclut les secteurs de l’agriculture, des activités financières et des activités non marchandes. Création pure : création d’un établissement économiquement actif jusqu’alors inexistant, ayant pour conséquence l’exploitation de nouveaux moyens de production. Reprise : reprise totale ou partielle de l’activité d’un ou plusieurs établissement(s) économique(s) par une autre entreprise. Taux de création : nombre de créations de la période rapporté au stock en milieu de période.

Meuse, contre 9% en Lorraine et 10% en France*). Les reprises étant aus-

si nombreuses. De 2000 à 2005, les créations se sont réalisées essentiellement dans le commerce de détail (19%), les services aux entreprises et aux particuliers (respectivement 15% et 13%) et la construction (14%). L’industrie avec près de 400 nouveaux établissements créés reste une spécificité meusienne. Ce secteur regroupe encore 11% des créations (contre 9% en Lorraine et 8% en France*). La

Industrie

867

14

325

112

170

201

59

Construction

865

14

382

91

184

202

6

Commerce

1 748

28

892

86

365

385

20

Services

2 851

45

1 660

137

602

422

30

Total

6 331

100

3 259

426

1 321

1 210

115

Source : Insee, répertoire Sirene (champ ICS)

Écoscopie de la Meuse

35


Tissu économique faible part des créations dans les services ouvre des perspectives de développement intéressantes en Meuse dans ce secteur. Le taux de création est le plus élevé dans les zones urbaines autour de Verdun et Bar-le-Duc. Avec respectivement 672 et 579 créations sur la période considérée, ces deux agglomérations concentrent 35% des créations du département et ont su attirer près de la moitié des créations meusiennes dans deux domaines : commerce de détail (avec 314 créations sur les 669 enregistrées dans le département) et santé-action so-

ciale (107 créations sur 228).

... mais meilleur taux de survie

trois ans plus tard. Comme ailleurs, ce secteur reste le plus mouvant.

Les créations sont moins importantes en Meuse qu’en Lorraine ou en France* mais le taux de survie des nouvelles entreprises est supérieur : 74% de celles créées en 2000 sont encore actives trois ans plus tard (contre 69% en Lorraine et 69% en France*). La Meuse se classe ici au 9ème rang national à égalité avec la Haute-Saône. Le commerce qui est le secteur ayant enregistré le plus grand nombre de créations en 2000 (100 entreprises) est aussi celui où leur survie est la plus faible : seulement 68 d’entre elles étaient encore actives

88% des établissements autonomes Le tissu économique meusien est très autonome : 88% des établissements (68% des salariés) du secteur marchand dépendent d’un centre de décision situé dans le département. Mais 12% (760 établissements), appartiennent à une entreprise dont le siège n’est pas situé en Meuse. Dans ce cas, il se trouve majoritairement en Ile-deFrance (48%), dans les autres départements lorrains (23%) ou en Champagne-Ardenne (12%).

55 grands établissements Établissements* de 100 salariés ou plus en 2006

Ahlstrom Labelpack Meusonic

Fromageries Bel Monti Secteur d'activité Activité financière

EMC2

Gillet Tubes Technologies

Allerbio

Bois

Maximo Sotrago

Chimie Commerce de détail Commerce de gros

Lacto Sérum France

Realméca

Carrières et Fours à chaux de Dugny

Construction Electronique

E.Leclerc Cora INEOS Enterprises France Fromageries Henri Hutin Berthold SA

Industries agricoles et alimentaires Mécanique

Sodiaal

Métallurgie Meuble Optique Papier, carton Pharmacie, entretien Poste et télécommunication Produits minéraux Services aux entreprises Textile Transport

Bonduelle Frais France Pierson Fromagerie de Raival Diffusion Société Métallurgique Huot de Revigny France Télécom Allevard Rejna La Poste SNCF Hunstman Surface Science Autosuspensions Les Rapides de la Meuse ISA France Mittal Steel Ets Miler Air Liquide Welding Ober Mittal Steel Sodetal E.Leclerc Tréfileurope Auchan Crédit Mittal Steel Agricole Intermarché EvoBus France Onet

Nombre de salariés 450

Société Meusienne de Constructions Mécaniques

Bergère de France

Textiles de Vaucouleurs Essilor

150

Fromagerie Renard Gillard

Sièges Collinet

Meuse Universal Style * Champ : industrie, construction, commerce, services, finances Source : Insee

Écoscopie de la Meuse

36

IGN - Insee 2006

Automobile


International Des exportations tournées essentiellement vers l’Europe Les exportations meusiennes sont à l’image de son tissu économique : elles se réalisent sur de nombreux territoires et dans de nombreux domaines. L’Union européenne est le premier marché. Les biens intermédiaires, les produits agroalimentaires, les biens de consommation et le bois sont les produits les plus exportés. Des actions mises en place par la CCI, appuyée par le Conseil général, et le Conseil régional visent à faciliter l’accès à des marchés extérieurs.

L

es exportations meusiennes ne se restreignent pas aux seuls secteurs dominants, ni aux seules grandes entreprises du département. Chacun développe aussi bien ses activités en Meuse que dans le reste du monde.

L’Europe premier partenaire L’Union européenne est un partenaire privilégié des entreprises meusiennes. En 2005, elle a absorbé 86% des 1 066 millions d’euros de biens exportés (contre 80% pour la Lorraine), essentiellement des biens intermédiaires et des produits agroalimentaires (respectivement 57% et 24% des exportations meusiennes en valeur).

Ce sont principalement des PME qui visent traditionnellement des pays de proximité comme l’Allemagne, la Belgique, le Luxembourg et les Pays-Bas. Mais ce sont aussi des marchés pérennes et à fort potentiel où notamment les secteurs de la mécanique et de la transformation des métaux (biens intermédiaires) se positionnent grâce à la spécificité, la qualité des produits et la réactivité des PME. Le secteur du bois tient lui aussi une place non négligeable dans le chiffre des exportations meusiennes vers l’Europe. Aujourd’hui, les exportations de biens intermédiaires, de produits agroalimentaires et de biens de consomma-

Mécanique Transformation des métaux Bois Agroalimentaire Fromage Produits du terroir haut de gamme

Caoutchouc Mécanique Métallurgie

Produits agroalimentaires haut de gamme Ameublement

Source : Douanes

Le «reste du monde» pour le haut de gamme Même si le continent européen représente la part prédominante des exportations meusiennes, les entreprises exportent également vers d’autres continents. Ainsi le Japon goûte les fromages et les produits du terroir tandis que l’Australie apprécie les meubles et les États-Unis l’habillement. La mécanique générale, la métallurgie et l’industrie du caoutchouc se tournent plus facilement vers l’Algérie et le Maroc.

«Club-export» et «Plan-export» pour accéder à de nouveaux pays

Principaux biens exportés par destination

Habillement

tion se développent également vers l’Espagne et le Royaume-Uni.

En 2004 la CCI, constatant que les PME-PMI avaient besoin de conseils et de liens dans leurs démarches à l’international a créé un «Club-export». S’y rencontrent les entreprises déjà exportatrices et celles débutantes afin de mutualiser les expériences. Organisé autour de réunions thématiques, il est l’occasion pour les entreprises de s’informer sur les démarches, la législation, et les marchés mais aussi de concrétiser des actions communes. Ce Club est actuellement renforcé par une action du Conseil régional de Lorraine, le «Plan Export», doté de 1,5 million d’euros par an, dont le but est de permettre aux PME de poser les premières bases d’une présence à l’étranger.

en valeur FROMAGERIES HENRI HUTIN SOCIÉTÉ MEUSIENNE DE CONSTRUCTIONS MÉCANIQUES REDAELLI SODETAL SAS LACTO SERUM FRANCE EMC2 HUNTSMAN SURFACE SCIENCES FRANCE

Fabrication de fromages Fabrication de tubes en acier Fabrication d’articles en fils métalliques Fabrication d’autres produits laitiers Commerce de gros de céréales et aliments pour le bétail Fabrication de savons, détergents et produits d’entretien

Source : Douanes

Écoscopie de la Meuse

37

694 909 930 1 002 1 339 1 652


Agriculture Au cœur du territoire L’agriculture meusienne mobilise près de 9% des actifs occupés du département. Elle est traditionnellement appuyée sur les grandes cultures, l’élevage bovin et la production laitière. La faible valeur ajoutée de ses productions la place sous une forte dépendance aux aides liées à la PAC. Elle poursuit son évolution et s’inscrit désormais dans la multifonctionnalité et le développement durable. Demain elle pourrait se tourner vers la production de ressources énergétiques renouvelables.

L

es activités liées à l’agriculture en Meuse sont particulièrement dynamiques. Elles conjuguent tradition, modernité et innovation.

Agriculture et forêts couvrent 88% du territoire Vues du ciel au printemps, les forêts, les prairies et cultures déclinent toutes les nuances du vert sur 88% du territoire départemental. Les surfaces agricoles en recouvrent 54%, dont 36% pour les terres arables qui sont cultivées ou assolées et 18% pour les prairies.

La réduction des surfaces en herbe est engagée depuis la fin des années 1970 au profit des cultures de vente. Aujourd’hui, ces évolutions sont stabilisées au travers de mesures européennes et françaises qui visent à maintenir les surfaces consacrées aux pâturages permanents.

9% des actifs occupés dans l’agriculture

Il faut souligner l’importance en Meuse des surfaces appartenant au réseau Natura 2000 qui recouvre près de 10% du territoire au travers des zones de protection spéciale, en particulier les prairies de la vallée de Meuse.

Elles exploitent 95% des surfaces agricoles. Elles possèdent une surface moyenne de 144 hectares (soit le 2 ème rang national), supérieure à la taille moyenne de l’ensemble des exploitations (112

En 2005, on compte en Meuse 2 910 exploitations agricoles dont 74% sont des exploitations professionnelles. En moyenne, chaque commune meusienne en abrite 4,3.

Sites Natura 2000 En cours de consultation Directive Habitats (ZSC) Directive Oiseaux (ZPS) Directives Habitats et Oiseaux

Un peu moins de surfaces cultivées que de forêts Utilisation du sol en Meuse en 2005

Forêts 34,0%

Cultures pérennes 0,2%

Terres arables 35,9%

VERDUN

Prairies 17,6%

Sources : SRISE Lorraine, Teruti-Lucas, Ifen, Corine Land Cover

Deux exploitants sur trois sous forme sociétaire

SAINT-MIHIEL

Statut juridique des exploitations meusiennes en 2005 Autre 12% EARL 15%

BAR-LE-DUC

Exploitation individuelle 36%

COMMERCY

LIGNY-EN-BARROIS

GAEC 37%

Source : Direction régionale de l'environnement Lorraine

Source : MSA Marne-Ardennes-Meuse

Écoscopie de la Meuse

38

IGN - AE - BD CARTO 2006

Autres surfaces 12,3%


hectares). Les exploitations de plus de 100 hectares ( 65% des exploitations) cultivent 84% des surfaces et parmi elles celles de plus de 200 hectares ( 23% des exploitations) en cultivent 43%.

En valeur absolue, la Meuse compte de 6 500 actifs agricoles permanents en 2005, pour un équivalent de 4 900 unités de travail annuel (UTA). Mais le maintien des actifs agricoles est également fortement lié au maintien de l’élevage. En valeur relative, les emplois agricoles représentent 8,6% de l’emploi total du département ( source Insee ), soit proportionnellement trois fois plus qu’en Lorraine ou en France de province. Les femmes représentent 31% du nombre total des actifs familiaux agricoles, 15% du nombre des salariés permanents et globalement 22% des UTA , mais aussi 20% des chefs d’exploitation. L’agriculteur meusien est le plus souvent un associé d’une exploitation sociétaire. Le développement de ces formes juridiques est particulièrement important pour les exploitations à responsabilité limitée (EARL).

Préservation de la biodiversité Les systèmes fourragers et les pratiques agricoles dans les plaines et les vallées alluviales ont favorisé le développement d’un grande biodiversité et d’un environnement de qualité au plan de la faune (oiseaux essentiellement) et de la flore de ces prairies. La préservation de zones de protection spéciale (ZPS) et de sites d’importance communautaire (SIC) fait désormais l’objet de contractualisation de mesures agro-environnementales (MAE) qui visent à encourager des pratiques agricoles conformes au maintien de ces écosystèmes et compatibles avec les exigences techniques et économiques des exploitations. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre de la politique du développement rural qui constitue le deuxième pilier de la politique agricole commune.

Écoscopie de la Meuse

Grandes cultures, gros bovins et production laitière Les grandes cultures, l’élevage bovin et la production laitière représentent 90% de la valeur des productions agricoles meusiennes. À côté de ces trois piliers, d’autres activités moins développées s’inscrivent dans la recherche de diversification et de valeur ajoutée. Face à l’ouverture des marchés et l’accroissement de la concurrence sur les produits agricoles non transformés, les agriculteurs et leurs organisations professionnelles investissent dans la recherche et les projets de valorisation non alimentaire de denrées agricoles (par exemple les biocarburants). Le maintien d’une industrie agroalimentaire performante est un autre enjeu pour l’agriculture meusienne qui plus que jamais doit se soucier de la transformation et de la commercialisation de ses produits.

Blé, orge et colza en première ligne pour les cultures de vente Les céréales et les oléagineux recouvrent 81% des terres arables et représentent 91% des cultures de vente. La production de blé est destinée pour 75% à l’amidonnerie, pour 20% à la meunerie et pour 5% à l’alimentation animale. Quant aux débouchés de l’orge, ils se répartissent à parts égales

entre la brasserie et l’alimentation animale. La production de colza est valorisée principalement par l’industrie alimentaire (75% ). Ce sont les pays de l’Europe du Nord (principalement Allemagne et Pays-Bas) qui assurent les débouchés à l’exportation. Globalement, les productions végétales représentent, en 2004, 41% de la valeur totale des productions agricoles du département. Demain, une part croissante de la production des grandes cultures pourrait être destinée à des fins énergétiques (biocarburants, éthanol). La décision récente d’extension de la capacité de production de biodiesel sur l’usine INEOS de Verdun-Baleycourt et la possibilité d’installation d’une usine de trituration de colza en partenariat avec les groupes coopératifs SICLAE et EPILOR constituent une opportunité nouvelle pour les débouchés des grandes cultures en Meuse.

Plus de 50% des productions sont liées à l'élevage Répartition de la production agricole meusienne en valeur en 2004 Autres produits animaux 6% Gros bovins 16%

Céréales 26%

Oléagineux 10% Autres produits Lait de vache 27% végétaux Fourrages 10% 5% Source : SRISE Lorraine, comptes départementaux de l'agriculture

Le colza comme tête de rotation Évolution des surfaces des cultures de vente en Meuse 200

en milliers d'hectares

160

Colza Maïs grain

120 Orges 80

40

Blé

0 1990

1992

1994

1996

1998

2000

2002

Source : SRISE Lorraine, statistique agricole annuelle

39

2004


Agriculture Une production de viande bovine majoritairement issue du troupeau laitier Le cheptel de bovins regroupe en Meuse en 2004, 234 100 animaux. Il est composé essentiellement de 171 200 gros bovins (dont 88 600 vaches, 48 300 génisses, 15 900 boeufs et 14 500 taurillons) et

de 62 900 bovins de moins d’un an. La production annuelle de viande s’élève en 2004 à 27 600 tonnes nettes, dont les trois quarts proviennent des gros bovins. Elle a augmenté de 26% depuis 1999, en partie à cause des crises sanitaires qui ont provoqué une décapitalisation du cheptel bovin, mais l’amélioration de la situation devrait à terme déboucher sur une baisse de la production. Pour pallier ces soubresauts conjoncturels, la mise en place en 1993 de la certification «Lorraine Qualité Viande» contribue à la recherche d’une identification des productions et d’une différenciation par l’ancrage au terroir. Les élevages porcins, ovins et de volailles complètent la panoplie des

64 600 gros bovins abattus Nombre de têtes abattues en 2004

Taurillons 19 600

Autres 6 600

Vaches de réforme* 19 900

Bœufs 8 900

Génisses 9 600

productions animales. La production de 50 000 porcs charcutiers (soit 14% du tonnage net de viande produit) est assurée par 25 exploitations qui détiennent en moyenne 185 truies et qui valorisent les céréales produites sur leurs exploitations. Cette production porcine devrait continuer à progresser avec la mise en place de nouvelles unités qui bénéficient d’un encadrement technique et d’un accompagnement financier au travers des organisations de producteurs. Par ailleurs, 230 éleveurs d’ovins bénéficient des primes pour les 30 000 brebis qu’ils détiennent. Enfin, des volailles fermières sont commercialisées par une trentaine de producteurs répartis sur tout le territoire.

a été partiellement compensée par le développement du cheptel allaitant qui a atteint son maximum au milieu de la décennie 1990. Depuis, les deux cheptels régressent lentement. Les principales races de vache sont la Française frisonne (96% des vaches laitières), la Montbéliarde et la Simmental pour les races laitières, la Charolaise, la Limousine, la Salers et la Blonde d’Aquitaine pour les vaches allaitantes.

La «Française frisonne» pour le lait

On recense également 35 hectares de vignes exploitées par 19 vignerons dont 7 détiennent 91% des surfaces totales. Les efforts engagés depuis de nombreuses années dans le sens de la professionnalisation des activités et le recours à des méthodes traditionnelles ont permis d’obtenir des vins de pays rouges, blancs et gris qui sont désormais reconnus et appréciés par les consommateurs.

La production laitière (313 millions de litres en 2004) et la production de viande bovine (21 400 tonnes nettes en 2004) représentent près de 90% de la valeur totale des productions animales (55% pour les produits laitiers et 35% pour la viande bovine). Si la production laitière départementale est stable depuis la mise en place des quotas laitiers, le nombre de vaches laitières continue malgré tout de décroître en lien avec les restructurations des élevages, la concentration de la production et l’amélioration de la productivité des vaches. Cette diminution

Vignes et vergers sous les Côtes de Meuse 203 exploitations agricoles détiennent des vergers, pour un total de 700 hectares. Il s’agit principalement de vergers de pruniers, de cerisiers et de pommiers, localisés sous les Côtes de Meuse.

(*) les vaches de réforme sont issues du troupeau laitier et du troupeau allaitant. Les taurillons sont engraissés à partir d’ensilage de maïs contrairement aux bœufs et aux génisses qui valorisent essentiellement les surfaces en herbe.

Les gros bovins assurent les 3/4 de la production de viande Production de viande (en tonne de viande nette)

Source : SRISE Lorraine, statistique agricole annuelle

21 200 tonnes de viande de gros bovins

25 000

Veaux - Porcins - Ovins - Volailles

Gros bovins

8 500 20 000

Tonnage net de viande produit en 2004

7 500 Gros bovins

6 500

15 000

Autres 1 000

Vaches de réforme* 6 500

Taurillons 7 500

9 500

5 500

Oeufs de poule (en milliers)

4 500 10 000

Porcins (charcutiers) 3 500 2 500

5 000 Veaux

Bœufs 3 100

Génisses 3 100

Volailles

1 500

500 0 1981 1983 1985 1987 1989 1991 1993 1995 1997 1999 2001 2003

Source : SRISE Lorraine, statistique agricole annuelle

Écoscopie de la Meuse

Ovins

Source : SRISE Lorraine, statistique agricole annuelle

40


Forte dépendance aux aides de la PAC Centré sur trois grandes productions qui disposent de possibilités limitées de gains de productivité (grandes cultures, viande bovine et production laitière), le développement des exploitations agricoles meusiennes a été principalement réalisé par l’augmentation des moyens de production (accroissement des surfaces et concentration des ateliers ). Avec 66 hectares en moyenne par unité de travail annuel (UTA), la Meuse se situe pour ce critère au 8ème rang des départements français par niveau décroissant.

Globalement et compte tenu de la dimension des exploitations, l’agriculteur meusien produit 55 000 euros de valeur ajoutée par UTA ème non salariée (22 rang national). Mais, ramenées à l’hectare, ses productions ne dégagent que peu de valeur ajoutée (710 euros par hectare, soit le 73

ème

rang français par

niveau décroissant ).

Ces trois productions sont également celles qui sont les plus

Valorisation des produits issus de l’agriculture meusienne 250 exploitations agricoles, soit 12% des exploitations professionnelles du département, ont mis en place un atelier de diversification qui concerne une production ou une activité pratiquée sur la ferme. Parmi elles, 35 producteurs se sont regroupés et proposent 150 produits à travers la marque «Meuse et Merveilles» qui constitue un label départemental.

concernées par les aides européennes de la PAC et donc les plus sensibles aux réformes actuelles. Après la Seine-et-Marne et l’Eureet-Loir, la Meuse est le département qui par UTA bénéficie du plus important montant d’aides directes de la PAC. Ces aides représentent aujourd’hui, 44% de la valeur ajoutée et 74% du résultat net.

Reconquête de la valeur ajoutée Conscients de ces enjeux, les responsables et les organisations agricoles mènent depuis plus de dix ans des actions en faveur de la reconquête de la valeur ajoutée. Elle passe par le développement et le soutien des initiatives individuelles ( diversification des activités et des services, transformation et mise en place de circuits de commercialisation courts ). Elle passera

aussi par les stratégies collectives qui sont portées par les organisations coopératives pour peser sur l’offre et s’engager dans les projets émergents de valorisation non alimentaire des produits agricoles.

Une agriculture en mouvement Le développement des chartes, la multiplication des démarches de traçabilité, de qualification et de contractualisation sont autant de témoignages de la capacité d’adap-

tation et de mutation de l’agriculture meusienne. Confrontés à la concurrence sur des marchés de plus en plus ouverts, les systèmes d’exploitation agricole meusiens voient leur pérennité conditionnée par les liens tissés entre les exploitations agricoles, les organisations de producteurs et les unités industrielles. Aux côtés des marchés de proximité, des circuits courts et des productions à fort ancrage territorial, les agriculteurs doivent relever le triple défi des exigences commerciales, sanitaires et environnementales. L’accès aux nouvelles technologies de l’information est une opportunité et une réalité pour beaucoup d’exploitations qui accèdent aujourd’hui massivement aux prestations et aux services en ligne sur Internet. Les succès croissants des journées portes ouvertes, du spectacle de Thillombois, des opérations «Graines de Paysage» et des manifestations et représentations diverses témoignent de la volonté d’ouverture de la profession et de son ancrage identitaire au territoire. Derrière la ruralité, les valeurs et les représentations traditionnelles qu’elle véhicule, l’activité agricole est toujours en mouvement, innovante et créative dans un espace multifonctionnel qu’elle partage avec d’autres.

77% du lait produit en Meuse est transformé dans le département Le lait meusien est collecté et commercialisé par deux coopératives : l’Union des Coopératives des Marches de Meuse (UCMM) qui collecte sur cinq cantons du nord meusien et l’Union Laitière de la Meuse (ULM) qui couvre le reste du département. Les 1 120 producteurs de lait meusien disposent en 2004 en moyenne d’un quota de 280 000 litres de lait. Mais, avec leurs organisations de producteurs, ils sont aujourd’hui confrontés aux restructurations et aux pressions croissantes des industries de l’aval.

Écoscopie de la Meuse

41


Forêt Un tiers du territoire est boisé La forêt meusienne, renommée pour la qualité de ses feuillus, recouvre 34% du territoire départemental. Son exploitation est source de revenus importants pour les communes rurales. La filière bois occupe 2 900 actifs mais valorise encore insuffisamment sa production.

L

a forêt avec 213 700 hectares recouvre 34% du territoire (contre 36% en Lorraine et 26% en France). Le taux de boisement place la Meuse au 27ème rang national (Ifen, Corine Land Cover 2000).

Les deux tiers de la forêt dans le domaine public Les principaux massifs se répartissent au Sud-Ouest à partir de la Champagne humide vers les hauteurs de la Saulx et de l’Ornain. Plus au Nord, on entre dans la forêt d’Argonne. Au Centre, une diagonale boisée s’étire de Gondrecourt-le-Château à Dun-sur-Meuse. À l’Est, les Côtes de Meuse surplombent la plaine de la Woëvre et ses massifs boisés aux frontières de la Meurthe-et-Moselle. La forêt meusienne se répartit en forêt communale (46%), forêt privée (32%) et forêt domaniale (22%). La forêt privée appartient à 26 000 propriétaires détenant en moyenne 2,7 ha. Elle est particulièrement importante dans le Sud où elle recouvre près de la moitié de la surface totale boisée.

Faible niveau de transformation La forêt meusienne est particulièrement renommée pour la qualité de ses feuillus (hêtre, chêne, meuri-

Production forestière Industrie du sciage Industrie du travail du bois Industrie de l’ameublement Industrie du papier et du carton Industrie du bâtiment bois Commerce des produits du bois Total

sier, alisier et érable sycomore ). Les

résineux représentent 14% des surfaces boisées dont une moitié correspond aux boisements des champs de bataille et l’autre à des investissements de production (plantations) réalisés majoritairement dans la deuxième moitié du 20ème siècle. La récolte du bois est valorisée à 56% au travers de la production de bois d’œuvre et à 44% à destination de la trituration. Les entreprises de la filière bois en Meuse regroupent 682 établissements et 2 933 actifs. Les modalités d’exploitation des forêts sont satisfaisantes (les entreprises forestières emploient près de 1 000 salariés au travers des différents métiers liés à la forêt). On

peut regretter le faible niveau de 1ère ème et de 2 transformation du bois, alors même que la Meuse se situe aux portes d’une clientèle européenne importante. Une situation due en partie à la présence de grosses unités de trituration aux portes du département : UNILIN (08), BURGO (Belgique) et KRONOSPAN (Luxembourg). La gestion de la forêt doit répondre à trois exigences : production de bois, préservation de l’environnement, des paysages et de la biodiversité (réserves biologiques, «Natura 2000») et demande sociale (chasse,

En moyenne, les ressources forestières (vente de bois, chasse, aides publiques), «couvrent» 40% des dépenses d’équipement des communes rurales. Après la tempête de 1999, le dispositif d’aide aux communes forestières sinistrées a permis en 2004 de soutenir 110 communes grâce à 1,1 million d’euros alloués. Trois enjeux perdurent : nettoyage et reconstitution des massifs sinistrés, recherche d’un nouvel équilibre économique pour les collectivités les plus touchées, et développement d’une culture de l’utilisation du bois qui préserve le développement économique de l’ensemble des activités industrielles, artisanales et touristiques liées à la filière forêt-bois.

Argonne, Barrois et Hauts de Meuse Forêts publiques et privées en 2005

Verdun

loisirs, accueil du public, politique de mémoire...).

426 39 29 83 3 89 13 682

681 166 374 1 044 235 402 31 2 933

Source : GIPEBLOR (données 2005)

Écoscopie de la Meuse

40% des dépenses d’équipement des communes rurales

Bar-le-Duc

Forêts publiques Forêts privées

Source : ONF 55

42


Métallurgie, mécanique, automobile Une tradition industrielle renouvelée La métallurgie et la mécanique représentent les secteurs industriels les plus puissants de Meuse. Avec 110 entreprises elles sont pourvoyeuses d’emplois, internationalisées et performantes sur leurs marchés.

L’

histoire de la Meuse a beaucoup pesé sur l’implantation de ses industries : forte progression au moment de l’industrialisation puis régression en période de guerre. Aujourd’hui les industries historiques meusiennes conservent un fort impact dans l’emploi meusien comme le prouvent la métallurgie et la mécanique.

Métallurgie : premier employeur industriel L’industrie métallurgique est l’industrie qui emploie le plus dans le département. En 2004, avec 3 000 emplois, elle est proportionnellement 2,3 fois plus importante qu’en France (hors Ile-de-France). Les grands groupes industriels concentrent notamment l’emploi industriel dans le Sud du département mais la métallurgie existe sous différentes activités sur tout le territoire avec notamment le groupe MITTAL-STEEL : ARCELOR CONSTRUCTION FRANCE ( tôles profilées et panneaux de tôles ) à Haironville et Contrisson, SOCIÉTÉ MEUSIENNE DE CONSTRUCTION MÉCANIQUE

( tubes

inox )

à

Ancerville,

SOCIÉTÉ MÉTALLURGIQUE DE REVIGNY

( production d’acier calibré à froid

pour

le

etc. )

à

décolletage,

l’automobile,

Revigny-sur-Ornain et TRÉFILEUROPE à Commercy ; le groupe REDAELLI TECNA SPA avec SODETAL ( fabrication de fil métallique pour armatures de pneumatiques ) à Tronville-en-Barrois ; le groupe TENNECO avec GILLET TUBES TECHNOLOGIES à Étain et bien d’autres. La métallurgie maintient également son niveau d’emplois grâce à la bonne santé de petites unités de la fonderie et du travail des métaux.

Mécanique et automobile : précision et modernité Héritière de la métallurgie, la mécanique a su construire un tissu industriel spécialisé dans la réalisation de pièces de petites et moyennes séries et de machines spéciales. 80 entreprises et 1 300 emplois alimentent ce secteur qui travaille aussi bien avec des équipementiers automobiles qu’à la réalisation de pièces pour la Défense. On peut notamment citer la SOCIÉTÉ HUOT à Saint-Mihiel, RÉALMÉCA à Clermont-en-Argonne, STEIN HEURTEY à Bar-le-Duc, ou encore AIR LIQUIDE WELDING (fabrication de postes et robots de soudage) à Commercy.

Le réseau Meuse Mécanique Mis en place par la CCI depuis 1998, ce système productif localisé (SPL) vise à être le lieu de rencontre des PME de la mécanique en Meuse, au travers des 8 familles de métiers qui la composent : l’assemblage et le montage mécanique ; la construction mécano-soudée ; le façonnage et le parachèvement ; les fabricants de machines spéciales et d’ingénierie ; la chaudronnerie-tôlerie ; l’usinage par enlèvement de copeaux ; la sous-traitance de découpe ; les industries de forge, d’emboutissage et de fonderie. Il a pour objectifs entre autres : - l’échange d’expériences entre les entreprises ; - la mise en commun de moyens techniques, financiers et humains en vue de développer des partenariats entre les entreprises du secteur métal dans le département ; - la réponse commune à des appels d’offre ; - le développement de marchés et de produits propres. Un site Internet www.meuse-mecanique.com a par ailleurs été créé en 2003.

Écoscopie de la Meuse

43

L’automobile, sans être une spécificité meusienne, n’en est pour autant pas moins présente avec ÉVOBUS MERCÉDES FRANCE (filiale de l’Allemand DAIMLER-CHRYSLER AG) à Ligny-en-Barrois, ALLEVARD REJNA AUTOSUSPENSIONS (qui dépend de l’Italien SOGEFI SPA) et JIGE INTERNATIONAL à Revigny-sur-Ornain. Ensemble, ces trois établissements emploient plus de 90% des 660 salariés du secteur. Mais entre 2000 et 2004, ce dernier recule plus fortement qu’au niveau national (-7% contre -1%).

Le CRITT Techniques Jet Fluide et Usinage Créé en 1985, le Centre Régional d’Innovation et de Transfert de Technologie (CRITT) bénéficie de la certification Centre de Ressources Technologiques (CRT) depuis 1998 pour la formation, l’expertise technologique, le conseil et la réalisation d’essais. Il accompagne les entreprises dans leur transfert de technologie par des études d’intégration de nouvelles technologies et/ou par la formation de leur personnel. Membre du Réseau de Diffusion Technologique, le CRITT s’inscrit également dans le réseau des Conseillers Technologiques de Lorraine qui est chargé d’accompagner les entreprises dans leur développement industriel. La technique de découpe par jet d’eau permet aussi bien de découper les métaux que les textiles, les produits alimentaires, ou encore le papier. Elle intervient dans l’usinage traditionnel à grande vitesse, la découpe et le décapage par jet d’eau à très haute pression, le traitement de surface, l’ébarbage, le décalaminage, ou encore l’optimisation des paramètres de coupe et la modélisation de coupe et découpe.

Chiffres clés Emplois salariés au 31/12/2004 Métallurgie : Mécanique : Automobile :

3 000 1 300 660


Optique, meuble, bois-papier, textile, chimie La pérennité et la croissance passent par l’innovation La Meuse a su développer un tissu économique varié à partir d’activités traditionnelles. Elle s’est construit un ensemble de compétences dans des domaines aussi variés que l’optique, le meuble, le bois-papier ou encore la chimie. Sa participation à des pôles de compétitivité démontre sa capacité à mener des projets innovants à même de favoriser sa croissance.

D

eux activités sont surreprésentées en Meuse : l’optique et le meuble où l’emploi salarié total est proportionnellement trois fois plus important qu’il ne l’est en France (hors Ile-de-France).

L’optique et le meuble : des spécificités meusiennes Avec 700 emplois, ESSILOR INTERNATIONAL et OCULAR SCIENCES SAS ont maintenu à Ligny-en-Barrois la tradition de l’optique grâce à la réalisation d’instruments d’optique et de lentilles. Bien que le secteur du meuble et ses 900 salariés soient en difficulté, les entreprises meusiennes maintiennent leurs activités dans la fabrication de meubles rustiques ou de style, en chêne, avec entre autres PIERSON DIFFUSION à Chauvoncourt et les SIÈGES COLLINET à Baudignécourt, SARAP et ANTHÉA à Ancemont, LES

BOIS DE LA DIEUE

à Sommedieue, LES à Montiers-

MEUBLES HAUT-MARNAIS

sur-Saulx, MEUBLES UNIVERSAL STYLE à Gondrecourt-le-Château et de nombreuses autres entreprises plus petites. Du côté des cuisinistes, signalons SACEL aux Souhesmes-Rampont et MEUBLES GENTE à Chauvoncourt.

Bois-papier, textile, chimie : un tissu économique panaché Le bois-papier (800 salariés) mais aussi le caoutchouc-plastique (580 salariés) et le textile (560 salariés) sont présents historiquement dans le département. Des sociétés comme AHLSTROM LABELPACK à Stenay, la SOCIÉTÉ INDUSTRIELLE OBER à Longeville-en-Barrois ou encore BERGÈRE DE FRANCE à Bar-le-Duc, TEXTILES DE VAUCOULEURS, et RHOVYL à Tronville-en-Barrois ont su profiter des compétences présentes sur le terri-

L’industrie chimique meusienne est historiquement présente par l’exploitation des produits minéraux (aujourd’hui 490 salariés), activité que maintiennent ROCAMAT à Euville et Savonnières-en-Perthois et surtout les CARRIÈRES ET FOURS À CHAUX DE DUGNY et DE SORCY. Elle a su s’adapter par l’implantation par exemple d’HUNTSMAN (production de surfactants), d’INEOS ENTERPRISES FRANCE (fabrication de dérivés du chlore et de bio-énergie) (1) ou encore d’ALLERBIO (production de produits allergènes). Elle évolue et s’ouvre au marché du recyclage présent en Meuse au travers de PROGILOR ou WELLMAN RECYCLAGE et d’une dizaine d’établissements qui emploient près de 200 salariés. Cet ensemble représente au total plus de 1 000 salariés.

Chiffres clés

Les pôles de compétitivité En Lorraine, deux pôles ont été labellisés par le CIADT du 12 juillet 2005. Ils ont vocation à permettre une meilleure mise en relation des entreprises avec les laboratoires de recherche, les universités, les partenaires institutionnels afin de mener à bien des projets innovants et favoriser la croissance. Le pôle Matériaux Innovants et Produits Intelligents concerne les solutions acier attrayantes (démarche de l’allègement dans l’industrie automobile), les outillages intelligents pour des procédés de transformation innovants (applications industrielles pour de nouveaux matériaux) et la nanostructuration (propriétés nouvelles comme le magnétisme ou la super-plasticité, destinées à l’aéronautique, la Défense ou le domaine médical). Le pôle Fibres naturelles Grand Est s’adresse principalement aux entreprises du bois-papier et du textile-habillement, à partir d’une même ressource, la fibre cellulosique. En Meuse, l’activité liée au bois est nourrie en amont par un important massif forestier qui couvre un tiers du territoire et produit annuellement 800 000 m3 ronds (moyenne 2002-2003). Son avenir dans l’énergie, la construction et l’habitat nécessite un accroissement des compétences et des technologies. Le textile confronté aux importations de produits à bas coûts doit également muter, vers des produits à plus forte valeur ajoutée. Un troisième pôle intéresse la Meuse : le pôle Agro-ressources de la région Champagne-Ardenne doit permettre de développer de nouveaux marchés émergents, basés sur l’utilisation de tous les composants de la plante pour des finalités industrielles, innovantes et compétitives.

Écoscopie de la Meuse

toire et exploitent désormais des marchés aussi variés et modernes que l’emballage alimentaire, les panneaux en bois et les fibres nouvelles.

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Emplois salariés au 31/12/2004 Bois papier : 800 Optique : 700 Meuble : 900 Chimie-caoutchouc-plastiques : 580 Textile : 560 Produits minéraux : 490

(1) La société INEOS basée à Baleycourt spécialisée dans la chimie produit des biocarburants à partir du colza. Ce «Biodiesel» est destiné à être incorporé au carburant classique afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Dans ce contexte la société vient d’obtenir de l’État le droit de produire 210 000 tonnes avec à terme la volonté de mettre en place une usine de trituration, créant par là même de nouveaux emplois et des débouchés aux productions agricoles meusiennes.


Industries agricoles et alimentaires Prédominance des industries laitières L’agriculture forte et diversifiée a permis le développement en Meuse des industries agricoles et alimentaires. L’industrie laitière y tient une place prépondérante. Elle peut s’appuyer sur des filières de formation et de recherche. De petites unités axées sur les produits régionaux se développent.

L

es industries agricoles et alimentaires constituent en 2004, avec 2 500 emplois, le second secteur d’activité industriel du département et, avec une part dans l’emploi salarié 1,4 fois plus importante qu’en France*, une spécificité meusienne.

6 fromageries transforment 453 millions de litres de lait Six fromageries assurent la transformation de 453 millions de litres au total (150% de la production meusienne) dont 240 millions de litres de lait meusien (77% de la production départementale), alors que 70 millions de litres de lait meusien sont transformés hors du département. Avec 60 000 tonnes de fromage (estimation Union laitière de la Meuse 2006), la Meuse réalise environ le tiers de la production fromagère lorraine, sous forme de fromage frais, de fromages à pâte molle et à pâte pressée. Le département est particulièrement réputé pour la qualité de ses bries au lait cru sous AOC «Brie de Meaux». Les industries laitières sont également représentées par une entreprise de taille européenne, LACTOSÉRUM FRANCE à Verdun qui transforme le petit lait en poudre de lactosérum destinée à l’alimentation humaine et animale.

Percée des produits régionaux Aux côtés de l’industrie du lait, la biscuiterie se concentre pour sa part dans le secteur de Commercy avec la production de l’emblématique Madeleine éponyme (chez BAHLSEN SAINT-MICHEL ou ZINS) et emploie une centaine de personnes. BERNI à Verdun s’est imposé comme producteur et exportateur de charcuteries italiennes, tandis que BONDUELLE FRAIS FRANCE réalise le conditionnement de légumes. Par ailleurs, de plus petites structures coexistent et développent des produits plus «pittoresques». Ainsi au-delà des traditionnelles dragées de Verdun, la confiture de groseilles épépinées à la plume d’oie de Bar-le-Duc s’oriente vers les marchés du luxe. Les industries de la boisson retrouvent une nouvelle jeunesse avec des brasseurs comme L’Estaminet, la Ferme de Chanteraine, la Ferme de la Vallée, des fabricants d’eau-de-vie. La société CLAIR DE LORRAINE s’illustre en produisant et commercialisant un grand nombre de produits lorrains, de l’eau-de-vie de mirabelle au foie gras, en passant par les ballotins ou les bergamotes. Les activités piscicoles sont présentes le long des cours d’eau du Sud meusien : sur la Meuse et ses affluents à Void-Vacon, Cousances-

DONGE à Triconville FROBEL (BEL) à Cléry-le-Petit RENARD-GILLARD à Biencourt-sur-Orge RICHES MONTS (SODIAAL) à Vigneulles-lès-Hattonchâtel SARL HUTIN à Dieue-sur-Meuse SOCIÉTÉ FROMAGÈRE DE RAIVAL (LACTALIS) à Raival

brie lait cru AOC pâte pressée brie lait cru AOC pâte molle pasteurisée pâte molle pasteurisée, fromage frais, cheddar brie lait cru AOC

Source : Insee, répertoire Sirene

Écoscopie de la Meuse

45

lès-Triconville, Saint-Mihiel et Lacroix-sur-Meuse ; sur l’Ornain à Gondrecourt-le-Château ; et sur la Saulx à Rupt-aux-Nonains, Saudrupt, Mognéville et Contrisson. Mais alors qu’elles représentent 35% des exportations lorraines du secteur agroalimentaire, entre 2000 et 2004, les industries agricoles et alimentaires meusiennes ont vu leurs effectifs diminuer de 10% alors qu’ils se maintenaient au même niveau en France*. Enfin, en marge de la production industrielle, certains établissements offrent des prestations touristiques et de loisir (Auberge de la Pêche à la Truite à Lacroix-sur-Meuse par exemple). * France hors Ile-de-France

Formation et Recherche De l’ouvrier qualifié à l’ingénieur, tous les niveaux de formation aux métiers de l’agroalimentaire sont représentés en Meuse ou en Lorraine, avec en particulier la license pro et le BTS à Bar-le-Duc et l’ENSAIA à Nancy, 2ème école française de l’agroalimentaire. Les pôles techniques meusiens et lorrains réputés dans les filières laitières, l’industrie des viandes, les boissons et les agro-matériaux favorisent le transfert de technologie entre les centres de recherche et les entreprises. Citons le Technopôle agroalimentaire, l’EPL Agro, la Plate-forme Hautes Pressions Technologies et le CRITT Jet Fluides et Usinages à Bar-le-Duc. Et le CRITT AGRIA LORRAINE ainsi que la Plate-forme de développement de produits et procédés agro-bio-industriels à Nancy.

Chiffres clés Emplois salariés au 31/12/2004 Agroalimentaire : 7 100 Production estimée en 2006 : 453 millions de litres de lait transformés 60 000 tonnes de fromage


Commerce, services Attractivité des villes et animation du territoire Le commerce meusien, de plus en plus concentré dans les villes, est l’un des secteurs où se créent le plus d’emplois, mais il progresse moins vite qu’en France. Les services, premier employeur meusien, n’ont cessé de se développer ces dix dernières années, mais leur poids en Meuse reste inférieur à ce qu’il est en France. L’administration publique continue d’occuper une place importante.

P

résents dans 400 des 500 communes, le commerce et les services rythment la vie des Meusiens.

Présence commerciale accrue dans les villes Le commerce occupe en 2004, 7 100 personnes dans près de 1 500 établissements. Il se concentre surtout autour de pôles urbains au détriment des commerces ruraux qui résistent difficilement. Entre 2000 et 2004, il a permis la création de 130 emplois, dans le commerce de détail. Mais sa progression reste inférieure à celle observée au niveau national ( 0,5%, contre 6,0% ). Verdun et Bar-le-Duc ont trusté l’essentiel des structures apparues ces dernières années : 60% des 106 000 m² de locaux à usage commercial bâtis entre 2000 et 2004, l’ont été dans ces deux agglomérations. À côté des grandes enseignes de la distribution bien représentées en Meuse, MAXIMO installé à Thierville-sur-Meuse (siège historique), spécialiste de la distribution à domicile, symbolise la réussite d’une entreprise familiale meusienne qui a su porter son concept dans l’ensemble du pays.

Quant au commerce de gros avec ses 1 850 emplois et ses 270 établissements, il reste dominé par ISA FRANCE, grossiste qui s’est fait une place entre les producteurs de matériel informatique et la grande distribution, EMC2 à Bras-sur-Meuse, première coopérative céréalière de Lorraine, l’UNION LAITIÈRE DE LA MEUSE, première coopérative laitière du département, MILER à Savonnières-devant-Bar et d’autres.

Prédominance du secteur public Le secteur des services est le plus gros pourvoyeur d’emplois salariés du département dont il représente 58% des effectifs. Plus de 9 400 personnes travaillent dans l’administration, 7 900 dans la santé et l’action sociale et 5 000 dans l’éducation. Les deux premiers ont gagné respectivement 410 et 450 emplois entre 2000 et 2004, mais l’éducation est en repli de 320 postes, soit un rythme plus rapide qu’au niveau national (-6%, contre -4%). Dans ces trois activités, Bar-le-Duc se démarque de Verdun, en profitant de son statut de chef-lieu de département qui lui assure une présence plus importante de professions intermédiaires et supérieures, ce qui n’est pas sans influence sur le niveau des revenus moyens.

Des actions commerciales qui animent la vie locale Au travers de leurs unions commerciales, les commerçants meusiens rythment la vie de leur territoire. Deux Unions sont d’ailleurs régulièrement récompensées au niveau régional pour leur vitalité : Bar-le-Duc et Verdun («prix de la performance des unions commerciales» respectivement en 2004 et en 2005). Des opérations collectives de redynamisation du commerce ont permis de moderniser l’appareil commercial meusien, de l’animer et de le promouvoir en s’appuyant sur les unions commerçiales entre autres à Saint-Mihiel et Stenay. Enfin en 2005, 18 entreprises ont reçu le label national «Qualité Commerce» qui sanctionne la performance des commerçants analysée sur plus de 80 critères et qui montre par là-même le professionnalisme du commerce en Meuse.

Écoscopie de la Meuse

46

Retard dans les services aux entreprises et aux particuliers Bien que le secteur des services emploie 35 000 salariés, son poids est plus faible que la moyenne française* puisqu’il ne représente que 58% de l’emploi salarié meusien contre 60% pour la France*. Ainsi les services aux entreprises avec 5 200 emplois ne représentent que 9% de l’emploi salarié meusien contre 13% en France*. Entre 2000 et 2004, seul le secteur des conseils et assistance a recruté (300 salariés), alors que les postes et télécommunications et les services opérationnels ont vu leurs effectifs diminuer. Parmi les 3 500 personnes occupées dans les services aux particuliers, plus de la moitié le sont dans les services personnels et domestiques qui ont également recruté, et plus du tiers dans les 90 hôtels et 180 restaurants. Enfin, 2 000 emplois sont fournis dans les transports, où la base de Pagny-sur-Meuse profite d’une position géographique stratégique, mais où les effectifs du secteur ont diminué de 4% en Meuse alors qu’ils augmentaient de 5% en France*. * France hors Ile-de-France

Chiffres clés Emplois salariés au 31/12/2004 Commerce : 7 100 dont commerce de détail : 4 100 Services : 35 000 dont : administration publique : 9 400 santé action sociale : 7 900 éducation : 5 000 services opérationnels : 2 300


Emploi public Plus d’un emploi sur cinq dans la fonction publique En Meuse, l’emploi public civil rassemble 14 800 personnes fin 2003, soit 22% de l’empoi salarié total. Il est nettement présent à Bar-le-Duc. L’Éducation nationale, les hôpitaux et les organismes communaux sont les gros employeurs. Le rôle de l’armée n’est pas négligeable dans la vie économique.

F

in 2003, la fonction publique emploie 14 800 civils en Meuse, soit 22% de l’emploi salarié total. Ce poids des emplois publics situe la Meuse parmi les dix premiers départements de France en la matière, à égalité avec la Meurthe-et-Moselle et les Ardennes, au-dessus de la moyenne lorraine (19%) ou nationale (20%).

Présence marquée de l’État Ses effectifs se répartissent pour 43% dans la fonction publique d’État (FPE), dont près des deux tiers dans l’Éducation nationale, pour 36% dans la fonction publique territoriale (FPT) et pour 21% dans la fonction publique hospitalière (FPH). Les effectifs dépendant du ministère de la Justice (FPE) y sont proportionnellement près deux fois supérieurs à la moyenne lorraine, en partie du fait de la présence de deux centres de détention à Montmédy et Saint-Mihiel et d’une maison d’arrêt à Bar-le-Duc. Depuis cinq ans, l’emploi public est tiré par la FPH dont les effectifs ont progressé de 11%, alors même que ceux de la FPE baissaient de 2%. Les effectifs de la FPT progressent éga-

lement, mais depuis trois ans seulement. Au regard du nombre d’habitants du département, le nombre de personnes employées dans la fonction publique d’État correspond à 5,3% de la population, soit un agent de l’État pour 19 habitants. Comparé à d’autres départements ayant un poids démographique proche, le rapport du nombre de fonctionnaires civils et militaires par rapport à la population place la Meuse en haut de la strate, devant la Haute-Marne (5,2%), le Tarn-et-Garonne (4,1%), la Creuse (3,9%), le Gers (3,1%) ou encore la Haute-Loire (2,6%).

Près d’un emploi sur quatre à Bar-le-Duc Bar-le-Duc se distingue nettement par le poids important de ses emplois publics. Son statut de chef-lieu de département, notamment, lui assure près de 3 900 emplois publics (2 300 dans la FPE, 900 dans la FPT et 700 dans la FPH). La cité barisienne regroupe un emploi public meusien sur quatre, et c’est elle qui tire le «taux d’administration» départemental en comptant 23% d’emplois publics parmi les emplois proposés sur la commune.

Ailleurs, le poids de l’emploi public (hors militaires) est moindre. Il est seulement de 13% à Commercy et de 15% à Verdun, conséquence de leur rôle de sous-préfecture et de l’implantation de centres hospitaliers. L’hôpital Saint-Nicolas à Verdun, avec 1 500 emplois, est ainsi le premier employeur meusien. L’emploi public s’élève à 12% à Saint-Mihiel et 15% à Montmédy par la présence de centres de détention. Quant à Fains-Véel, ses 500 emplois publics dépendent du centre psychiatrique.

Rôle économique de l’armée Avec près de 3 400 personnels (militaires et civils) et près de 800 gendarmes en 2004, l’armée reste très présente en Meuse ou à proximité immédiate (base aérienne de Saint-Dizier). Au-delà de l’emploi direct qu’elle représente, à Thierville-sur-Meuse, ÉtainRouvres, Commercy et Saint-Mihiel, l’armée génère également de l’activité pour les entreprises du département, de la consommation au travers des familles via les 104 millions d’euros de sa masse salariale. Elle suscite également des besoins sociaux et s’implique au niveau local dans différents domaines (associatifs, culturels, services à la population, etc.). Dans les dix premiers départements dépendant de l'emploi public Part de l'emploi public en 2003

Fonction publique d’État (FPE) dont : Éducation nationale, Jeunesse et Sports Économie et finances Intérieur, DOM-TOM Équipement et logement, transports Justice Fonction publique territoriale (FPT) dont : Prestations sociales et culturelles Enfance et jeunesse

6 405 3 970 585 410 675 475 5 310 1 365 770

73 665 51 370 6 070 5 995 4 585 3 045 53 690 11 770 7 330

Fonction publique hospitalière (FPH)

3 115

34 500

14 830

161 855

Ensemble

Part de l'emploi public civil dans l'emploi total (%) 22 et plus de 20 à 22 de 18 à 20 de 16 à 18 moins de 16 Source : Insee

Source: Insee

Écoscopie de la Meuse

© IGN - Insee 2006

Meuse : 22% Lorraine : 19% France : 20%

47


Tourisme Des potentiels à développer Le tourisme, basé sur un espace naturel protégé et sur le tourisme de mémoire, attire en Meuse les citadins des grandes agglomérations proches, voire des pays voisins. Une diversification vers l’agrotourisme et le tourisme d’événements, associés à l’arrivée du TGV lui assurent encore des potentiels de croissance, sources de revenus et de développement pour les acteurs économiques locaux et les communes.

À

l’heure où l’urbanisation ne cesse de s’étendre, la Meuse moins densément peuplée conserve son caractère rural. Peu altérés et largement entretenus, ses paysages naturels peuvent dès lors constituer, en parallèle au maintien d’activités agricole et forestière, un espace de temps libre pour les habitants des grandes agglomérations voisines. Les pêcheurs y trouvent 2 450 kilomètres cumulés de cours d’eau et plus de 3 100 hectares de plans d’eau. Les amoureux des oiseaux apprécieront son positionnement géographique privilégié au sein du couloir principal de migration ornithologique de l’Europe de l’Ouest, protégé par des mesures européennes spécifiques. La vallée de la Meuse quant à elle est inscrite dans les programmes «Natura 2000».

5 700 résidences secondaires

rigine, contribue à l’animation du territoire et procure des recettes fiscales aux communes via la perception de taxes locales, elle nécessite aussi de la part de celui-ci de veiller au maintien de services de proximité utiles à leur vie quotidienne.

Agrotourisme Aux côtés de ce tourisme de résidents temporaires, l’agriculture est également impliquée au travers de l’ensemble des activités labellisées qui relèvent de l’agrotourisme : 6 fermes de découverte, 10 fermes pédagogiques, 4 fermes-auberges, 5 campings à la ferme, 15 fermes proposant des «vacances d’enfants à la ferme», 7 gîtes ruraux parmi les 95 du département et 6 chambres d’hôtes parmi les 65 du département. Il faut également souligner la création de la marque «Meuse et Merveilles» qui constitue un label départemental.

Le tourisme dispose donc en Meuse de certains atouts pour se développer, notamment vers un tourisme vert. Il se pratique déjà à travers la présence de 5 700 résidences secondaires en 2003, soit 6% du parc des logements. Deux secteurs géographiques sont ici particulièrement concernés : les alentours du lac de Madine, classés dans le parc naturel régional de Lorraine (qui concerne 55

Au total, 250 exploitations agricoles (soit 12% des exploitations professionnelles du département) ont mis en place un atelier de diversification qui concerne une production ou une activité pratiquée sur la ferme.

Tourisme de mémoire et d’événements L’autre grande facette du tourisme en Meuse est constituée par le tourisme de mémoire autour de Verdun, site emblématique de renommée mondiale. On trouve ici les lieux les plus fréquentés de Lorraine tels l’ossuaire de Douaumont, le mémorial, la citadelle et le Centre mondial de la paix, les forts de Douaumont et de Vaux. Mais l’observation de leur fréquentation montre une certaine érosion de cette forme de tourisme.

Des atouts pour un tourisme vert Résidences secondaires en 2003 Meuse : 6% Lorraine : 3%

Part des résidences secondaires dans l'ensemble des logements (%) 12 ou plus de 9 à 12 de 6 à 9

communes meusiennes et près de 800 km²), et l’Argonne qui ont déjà séduit

de 3 à 6 moins de 3

des propriétaires étrangers de résidences secondaires, principalement belges et néerlandais, dont 650 détiennent déjà un bien en Meuse. Mais si leur installation, motivée par un cadre de séjour agréable rapidement accessible depuis leur pays d’o-

Écoscopie de la Meuse

Une marque collective qui regroupe 35 producteurs et 150 produits.

contour du parc naturel régional de Lorraine (partie Ouest)

Source : Direction Régionale de l'Équipement

48


D’où l’importance à accorder à la diversification touristique basée sur des événements comme le village des vieux métiers d’Azannes, les spectacles organisés par Connaissance de la Meuse à Haudainville et Thillombois, le festival Renaissances de Bar-le-Duc ; des lieux à visiter tels la citadelle de Montmédy, les jouets Petitcollin à Étain ou le musée de la bière à Stenay ; et des parcours à suivre sur la route Ligier Richier ou dans le Vent des Forêts.

3 millions d’habitants dans un rayon de 100 km C’est que le potentiel de clientèle proche est là. On compte en effet

3 millions d’habitants dans un rayon de 100 km (dont Châlons-en-Champagne,

Metz,

Nancy,

Reims et Luxembourg-ville ), 18 mil-

lions à moins de 200 km (dont Troyes, Strasbourg, Sarrebruck, Trèves, Bruxelles, Liège et Namur ) et 60 millions à moins de 300 km ( dont Paris, Lille, Dijon, Besançon, Anvers, Eindhoven, Karlsruhe, Bâle ).

Maastricht, Düsseldorf, Francfort, Fribourg et

Et l’arrivée du TGV-Est prévue pour le 10 juin 2007 à la gare de Meuse-TGV d’Issoncourt et à Bar-le-Duc, rapprochera encore la Meuse de sa clientèle potentielle par le biais d’un raccourcissement des distances-temps, alors que les

visiteurs moins pressés pourront toujours naviguer sur les 245 kilomètres du réseau fluvial ou canalisé navigable. Toutefois, si le département compte 1 850 emplois salariés liés au tourisme en 2003 et s’il a enregistré 117 000 nuitées dans sa trentaine de campings et 217 000 nuitées dans sa quarantaine d’hôtels classés en 2004, ces derniers restent relativement peu nombreux.

Nombre de nuitées total

116 800

83 300

56 600

47 600

des Français

3,5

3,1

des étrangers

2,1

2,0

dont nuitées d’étrangers Durée moyenne de séjour (en jours) Parc zoologique d’Amnéville (57)

558 000

/

Ossuaire de Douaumont (55)

230 700

-28

Fraispertuis-City à Jeanménil (88)

178 600

nd

Parc animalier de Sainte-Croix (57)

178 000

+92

Écomusée de l’imagerie d’Épinal (88)*

160 800

+7

Château de Malbrouck (57)

155 700

/

Mémorial de Verdun (55)

126 600

-14

Plan incliné de Saint-Louis-Arzviller (57)

125 000

-33

Musée des Beaux-Arts de Nancy (54)

121 100

+81

Citadelle souterraine de Verdun (55)

106 800

-17

Fort de Douaumont (55)

98 700

-16

Abbaye des Prémontrés à Pont-à-Mousson (54)

85 500

nd

Centre mondial de la paix à Verdun (55)

68 500

/

Fort de Vaux (55)

55 500

-28

Musée de l’École de Nancy (54)

55 200

nd

Citadelle et musée de la citadelle de Bitche (57)

50 100

-46

* données 2004 / : n’existait pas en 1995 Source : Observatoire régional du tourisme

nd : non disponible

Les parcs naturels régionaux (PNR ) concourent à la politique de protection de l’environnement, d’aménagement du territoire, de développement économique et social et d’éducation et de formation du public. Ils constituent un cadre privilégié des actions menées par les collectivités publiques en faveur de la préservation des paysages et du patrimoine naturel et culturel. La charte du parc détermine pour le territoire du parc les orientations de protection, de mise en valeur et de développement et les mesures permettant de les mettre en oeuvre. Elle comporte un plan élaboré à partir d’un inventaire du patrimoine indiquant les différentes zones du parc et leur vocation, accompagné d’un document déterminant les orientations et les principes fondamentaux de protection des structures paysagères sur le territoire du parc.

Source : Insee, enquête de fréquentation dans l’hôtellerie de plein air

Nombre de nuitées total 223 900 dont nuitées d’étrangers 50 600 dont : Allemands Britanniques Belges Néerlandais Américains (USA) Italiens Suisses Espagnols Luxembourgeois Suédois Japonais Danois Canadiens Autrichiens Tchèques Russes Polonais Norvégiens Portugais Finlandais

216 700 47 000

14 900

15 779

8 392 5 296 6 586 2 963 3 012 1 522 755 595 363 577 560 200 153 196 385 241 149 168 145

7 917 6 115 5 496 2 631 2 247 1 412 772 545 407 386 324 271 223 200 153 121 120 117 99

Source : Insee, enquête de fréquentation dans l’hôtellerie

Écoscopie de la Meuse

49


Arrondissement de Bar-le-Duc Démographie préoccupante pour l’avenir Éloigné des centres de croissance et de création de richesse, l’arrondissement de Bar-le-Duc peine à maintenir sa population et à conserver ses jeunes. Le tertiaire, soutenu par les emplois publics, ne parvient pas à compenser les pertes dans l’industrie qui reste malgré tout forte et performante. Le taux d’activité des femmes est élevé. À Bar-le-Duc, des ménages aisés en côtoient d’autres défavorisés.

A

vec 64 400 habitants, l’arrondissement de Bar-le-Duc regroupe 33% des Meusiens sur 23% du territoire. Mais la reprise démographique observée ailleurs dans le département ne s’y fait pas sentir.

Recherche d’effets d’entraînement L’arrondissement s’appuie sur les fonctions liées au statut de chef-lieu de département de Bar-le-Duc qui s’affirme comme pôle de commerces et services. Mais depuis une vingtaine d’années, sa population baisse régulièrement. Les 950 naissances annuelles dans la décennie 1980 ont été ramenées à 700 en moyenne depuis 2001. En 2004, l’excédent naturel est passé sous la barre symbolique des 100 individus. Le solde migratoire négatif inquiète lui aussi pour l’avenir. Dû en grande partie aux départs de jeunes adultes, à terme, il provoquera un vieillissement de la population plus rapide qu’ailleurs (la part des personnes de 60 ans et plus passerait de 22% en 1999 à 32% en 2020).

Face à une position géographique, loin des grands centres urbains et des pôles de croissance de la région, le renforcement des liens et des échanges avec les agglomérations voisines de Saint-Dizier et Vitry-le-François (52) représente l’opportunité de créer un bassin de vie, d’activités et de services élargi de 200 000 habitants, capable d’apporter des effets d’entraînement. Avec la desserte prochaine par le TGV, Bar-le-Duc gagnera en attractivité pour de futurs habitants à la recherche de nouveaux modes de vie conciliant vie urbaine et valeurs de nature et d’environnement préservés.

Écoscopie de la Meuse

Industrie forte mais en recul Pour autant, de solides atouts industriels existent, reposant sur une longue tradition de savoir-faire et de modernité, notamment en métallurgie, mécanique et automobile. S’y ajoutent des spécificités fortes dans la métallurgie, l’optique et le textile. L’industrie, avec 5 800 emplois en 2004 représente près de la moitié des emplois salariés industriels du département. Elle occupe un actif salarié sur quatre dans l’arrondissement, dont plus de la moitié dans des établissements dépendant de grandes entreprises ou de groupes étrangers. Mais après avoir crû jusqu’en 2000, l’emploi salarié proposé localement se contracte. Il se situe à 23 600 postes en 2004. Les 150 emplois gagnés en quatre ans dans l’administration publique, et les 200 supplémentaires à la fois dans la santé-action sociale et dans les conseils et assistance n’ont pu compenser les 950 perdus dans l’industrie, dont plus de 330 dans le bois-papier.

Actifs plus nombreux Les nombreux emplois administratifs et ceux liés au textile contribuent à la surreprésentation des employé(e)s, professions intermédiaires, cadres et professions intellectuelles supérieures. Ces activités qui favorisent l’emploi féminin expliquent le niveau élevé du taux d’activité des femmes (3 points au-dessus de la moyenne régionale) et la proportion plus importante de couples bi-actifs. De fait, le taux de chômage (9,4% au 1er trimestre 2006) se maintient, comme de longue date, en deçà de la moyenne départemen-

50

tale. Mais cette bonne performance s’obtient plus par le départ de jeunes actifs que par la création d’emplois sur place. Avec des actifs occupés plus nombreux et appartenant à des catégories sociales plus élevées, il n’est pas surprenant de rencontrer à Bar-le-Duc et environs, les ménages parmi les plus aisés du département. Leur revenu fiscal médian est supérieur de 2 000 euros à la moyenne départementale. Mais, dans l’agglomération barisienne, richesse et pauvreté se côtoient. Bar-le-Duc compte près de 2 600 logements sociaux, soit près d’un sur trois, et en 2003, plus de 2 500 Barisiens, soit environ 18% des moins de 65 ans, vivent sous le seuil de bas revenus.

Laboratoire souterrain de Bure La loi Bataille de 1991 a engagé un programme de recherche visant à définir les modes de gestion à long terme des déchets radioactifs de haute activité à vie longue. Elle a confié à l’ANDRA la mission d’évaluer la faisabilité d’un stockage en formation géologique profonde à Bure. Au-delà des compensations financières qui pourraient en résulter pour le territoire, le développement d’activité autour et en aval du stockage reste à définir (création d’un pôle de recherche, liens avec l’enseignement supérieur…).

Chiffres clés Population légale : 64 400 habitants Emplois salariés 2004 (31 déc.) : 23 600 Population active 2004 (estimée) : 29 500 Taux de chômage 2006 (1 er trim.) : 9,4%


Arrondissement de Commercy Proximité stratégique avec Toul et Nancy L’arrondissement de Commercy profite de son positionnement géographique pour développer une vocation résidentielle en faveur des actifs travaillant à Toul et Nancy. L’apport migratoire récent entretient un boom de l’immobilier et participe à la hausse et au rajeunissement de la population. Les activités historiques liées à l’extraction de la pierre et la fabrication de la chaux sont complétées par le développement des transports et la pérennisation de l’armée dont le rôle économique n’est pas négligeable.

L

e moins peuplé des arrondissements meusiens avec 43 800 habitants, soit 23% des habitants sur 31% du territoire, n’en est pas pour autant le moins dynamique. Malgré un emploi local qui stagne, le nombre d’habitants, d’actifs et de logements progresse.

Hausse et rajeunissement de la population L’augmentation récente de la population meusienne est surtout le fait des secteurs situés sur sa façade Est. À ce titre, l’arrondissement de Commercy, notamment sa partie centrale, participe pleinement au renouveau meusien. Nombre de communes des cantons de Commercy, Vaucouleurs et Void-Vacon qui ont fait l’objet d’une enquête de recensement en 2004 et 2005 voient en effet leur population augmenter, et ce dans le prolongement des tendances observées lors de la décennie 1990. Signes de repeuplement et de rajeunissement, le solde naturel et le solde migratoire y sont positifs. Le premier est soutenu par une bonne tenue des naissances qui conservent leur niveau de la fin des années 1990 (540 en moyenne chaque année de 2001 à 2004 ). Le second est alimenté par l’installation de jeunes couples avec enfant(s) attirés par un coût du logement moindre. En moyenne, en 2004, le m² de terrain à bâtir y coûte trois fois moins cher que dans l’arrondissement voisin de Toul (11 euros le m², contre 35 euros le m²).

Écoscopie de la Meuse

Il en résulte un boom de l’immobilier qui se traduit par une accélération du rythme des constructions neuves (près de 200 chaque année de 1999 à 2005, contre 75 lors de la décennie 1990).

Un actif sur quatre travaille à l’extérieur L’amarrage de l’arrondissement à la croissance métropolitaine apporte un complément d’emplois bienvenu car ceux proposés localement restent relativement peu nombreux. On compte à peine 12 600 emplois salariés en 2004 pour une population active estimée de 18 800 personnes, en augmentation de 115 individus chaque année depuis 1999. Avec un taux de chômage de 10,9% (au 1er trimestre 2006), l’intensification des déplacements quotidiens domicile-travail au-delà des limites du territoire est donc une voie privilégiée. Elle est suivie par un actif occupé sur quatre. L’arrondissement continue de s’appuyer sur plusieurs industries historiques telles l’agroalimentaire (950 salariés) avec la production de fromages et celle de l’emblématique Madeleine, l’extraction de la pierre et la fabrication de la chaux (280 salariés) et l’habillement (125 salariés) qui résiste dans un contexte concurrentiel difficile. Une position géographique particulièrement favorable permet de développer aujourd’hui des activités liées aux transports (800 salariés en 2004) alors que la professionalisation et la pérennisation de l’armée (1 000 militaires) joue un rôle économique non négligeable.

51

Reste que la spécificité que l’arrondissement possède encore dans l’industrie du meuble se perd sous le coup des difficultés rencontrées par les entreprises du secteur dont les effectifs salariés sont passés de 760 en 2000 à 540 en 2004.

Tourisme sous les Côtes de Meuse Les Côtes de Meuse avec leurs villages fleuris, leurs arbres fruitiers et leurs vignes offrent un cadre de détente apprécié. Les résidences secondaires y sont nombreuses. Elles représentent près d’un logement sur cinq dans le canton de Vigneulles-lès-Hattonchâtel où le lac de Madine et le classement dans le parc naturel de Lorraine ajoutent à l’attrait du paysage. Les touristes, résidents ponctuels ou de passage, contribuent à l’animation des bourgs et villages et constituent un enjeu économique pour le territoire. Mais leur présence nécessite aussi de la part de celui-ci de veiller au maintien de services de proximité de qualité utiles à leur vie quotidienne et de mener des réflexions autour des infrastructures nécessaires à une fixation durable des nouvelles populations.

Chiffres clés Population légale : 43 800 habitants Emplois salariés 2004 (31 déc.) : 12 600 Population active 2004 (estimée) : 18 800 Taux de chômage 2006 (1 er trim.) : 10,6%


Arrondissement de Verdun Amarrage au sillon mosellan et à la dynamique frontalière L’agglomération de Verdun rayonne largement sur l’arrondissement, malgré une importante poche de pauvreté en son sein même. Ailleurs, le territoire conserve un caractère agricole en aval duquel se sont développés la transformation du lait, la production de viande bovine et le commerce de céréales. Dans le Nord-Est, la proximité du sillon mosellan, du Luxembourg et de la Belgique procurent des opportunités de développement. Mais à l’Ouest, l’Argonne, éloignée, reste à l’écart de la croissance.

L

’arrondissement de Verdun est le plus peuplé et le plus étendu des arrondissements meusiens. Avec 84 000 habitants, il regroupe 46% des habitants sur 46% du territoire.

Verdun : rayonnement ... L’agglomération de Verdun, principal centre urbain, joue un rôle primordial dans l’animation du territoire où son rayonnement s’étend largement en terme de commerces et services. Il se double au niveau départemental d’une place prépondérante au niveau des soins hospitaliers.

... mais écart de revenus Toutefois, à Verdun même, si le revenu médian des ménages est proche de celui du département, il masque de très fortes disparités. L’écart est le plus élevé de Meuse, entre les ménages les plus pauvres et les ménages les plus riches. Près de 1 400 Verdunois, soit 8,5% des moins de 65 ans, sont couverts par le RMI. Cette proportion est plus de deux fois supérieure à la moyenne départementale. Elle est due en partie à la préférence des ménages aisés de résider dans les communes périphériques.

Croissance à l’Est La façade Est de l’arrondissement se trouve aujourd’hui placée favorablement dans la spirale de développement du sillon mosellan. Dans les cantons de Fresnesen-Woëvre, Étain, Spincourt et Montmédy, nombre de communes

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qui ont fait l’objet d’une enquête de recensement en 2004 et 2005 voient ainsi leur population augmenter. Et le rythme de construction de logements neufs y a plus que doublé. Mais l’Argonne, accidentée et boisée, faiblement peuplée, pourvue d’une population plus âgée fait face à plusieurs défis : maintien d’établissements scolaires, de commerces et services de proximité, d’une densité médicale minimale. Autant d’enjeux majeurs pour son fonctionnement actuel comme pour son attractivité future.

Des avantages tirés d’une situation frontalière Le Nord meusien bénéficie en sus des avantages tirés de sa proximité avec la Belgique et le Luxembourg. Le voisinage des marchés du travail de cet étranger proche est un de ses premiers atouts. En 2005, 1 000 travailleurs frontaliers ( dont 400 Belges) se rendent chaque jour en Belgique et 1 200 prennent le chemin du Luxembourg. Des mouvements qui concernent un actif occupé sur onze dans le canton de Montmédy et un sur cinq dans celui de Spincourt. Dans l’autre sens, l’arrondissement est attractif du point de vue immobilier pour les ressortissants de ces pays. En 1999, on comptait 1 250 Belges et 60 Luxembourgeois résidents permanents, dont respectivement 58% et 23% n’y résidaient pas dix

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ans plus tôt. S’y ajoutent, en 2003, 460 propriétaires de résidences secondaires domiciliés à l’étranger.

Agriculture et agroalimentaire Les 55% de terres agricoles représentent près de la moitié de la superficie agricole utilisée (SAU) du département. Les grandes cultures dominent ainsi que la production de viande bovine et de lait favorisée par un taux de surface en herbe plus important qu’ailleurs. Avec 4 000 actifs permanents en 2000, soit un équivalent de 2 600 unités de travail annuel (UTA), l’agriculture occupe un actif sur huit. En aval se sont développés la collecte de lait, le commerce de gros de céréales et l’agroalimentaire (fromageries et transformation de leurs résidus, charcuterie... ). L’hôtellerie-restauration est proportionnellement bien représentée. Le tourisme de mémoire autour des sites de Verdun voit sa fréquentation s’éroder mais le relais pris par le tourisme vert, l’agrotourisme et le tourisme d’événement, offre de nouvelles potentialités de croissance.

Chiffres clés Population légale : 84 000 habitants Emplois salariés 2004 (31 déc.) : 24 200 Population active 2004 (estimée) : 35 400 Taux de chômage 2006 (1 er trim.) : 9,9%


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