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C'EST

A CE PRIX

QUE VOUS MANGEZ DU SUCRE


C et t e exp o si t i o n est l ’o c c asi o n de s’i nt é resser à l ’i nt ense t raf i c d’h o m m es et de m arc h andi ses q u i s’i nst au ra de p art et d’au t re de l ’A t l ant i q u e au x 18e et 19 e si è c l es, av ec l a L o i re c o m m e v o i e de c i r c u l at i o n m aj e u r e e t N ant e s c o m m e p r i nc i p al dé b o u c h é . D e N ant e s, p ar t ai e nt ai nsi l e s m ar c h andi se s u t i l e s au x c o l o ns de s A nt i l l e s m ai s au ssi t o u t es l es m arc h andi ses de t rai t e né c essai res à l ’ac h at d’esc l av es. N ant es é t ai t au 18e si è c l e l e p rem i er p o rt né g ri er de F ranc e. D é p o rt é s d’A f ri q u e, l es esc l av es p ro du i sai ent dans l es p l ant at i o ns ant i l l ai ses du c af é , du c ac ao , du c o t o n, de l ’i ndi g o ( c o l o rant b l eu ) m ai s su rt o u t de l a c anne à su c re. C es p ro du i t s exo t i q u es é t ai ent dest i né s à l a m é t ro p o l e, o ù s’ac h ev ai t c e c o m m erc e di t « t ri ang u l ai re » . A l a no t i o n de c o m m e r c e t r i ang u l ai r e , F r anç o i s B e au do u i n, c r é at e u r du m u sé e de l a b at el l eri e de C o nf l ans- S ai nt e- H o no ri ne, p ré f é rai t d’ai l l eu rs c e l l e de « c o m m e r c e p e nt ag o nal » , i nc l u ant l e s t r aj e t s su r l a L o i r e . D é b ar q u é e s à N ant e s, u ne p ar t i e de c e s m ar c h andi se s r e m o nt ai e nt e n e f f e t l e f l e u v e , l a r e di st r i b u t i o n e t l a t r ansf o r m at i o n de s p r o du i t s c o l o ni au x st i m u l ant t o u t p art i c u l i è rem ent l ’é c o no m i e des v i l l es et p ro v i nc e s l i g é ri e nne s.


LA

COLONISATION ET

LE COMMERCE TRIANGULAIRE

L a F r a n c e , c o m m e l e s a u t r e s p u i s s a n c e s e u r o p é e n n e s , c o l o n i s e l e s A n t i l l e s au c o u rs du 17e si è c l e. P o u r exp l o i t er l es t erres, l e rec o u rs à l ’esc l av ag e se g é né ral i se et c o nst i t u e l a b ase de l ’é c o no m i e et de l a ri c h esse c o l o ni al es.

L

colons français s’implantent dans les Caraïbes au 17e siècle. Ils colonisent notamment les petites Antilles (Guadeloupe, Martinique…) et Saint­Domingue (actuelle Haïti), dans un contexte de rivalités coloniales et commerciales, d’abord avec l’Espagne, puis avec la Hollande et l’Angleterre au 18e siècle. Cultivant dans les premiers temps du tabac, ils font appel à des « engagés » français. En paiement de leur voyage, les « engagés » doivent travailler trois ans pour un maître. Le climat tropical et les conditions de travail proches de l’esclavage ont rapidement raison d’eux. D’autant que dans la seconde moitié du 17e siècle, les colons délaissent le tabac pour la canne à sucre, beaucoup plus rentable. Or, cette culture est plus difficile et nécessite une importante main­d’œuvre. Les colons privilégient alors l’esclavage. ES PREMIERS

La traite négrière, c’est à dire la déportation et le commerce des africains, répond à cette demande. La traite est le fait d’armateurs privés dont les navires partent des ports français comme La Rochelle, Nantes, Bordeaux, Saint Malo…. Au 18e siècle, Nantes supplante La Rochelle comme premier port négrier français. A Nantes transitent toutes les marchandises utiles à la traite. Elles arrivent par la Loire et proviennent pour partie des provinces ligériennes : indiennes du Val de Loire et de Nantes, mouchoirs de Cholet, eaux­de­vie, fusils de Saint­Etienne… Sur les côtes du Golfe de Guinée, les marchandises de traite sont échangées contre des captifs africains. Vendus dans les ports antillais, exploités par les colons, les esclaves sont dépossédés de leur humanité et perdent jusqu’à leur nom. Les denrées qu’ils produisent, sucre, café, cacao, coton…, sont transportées en Europe où elles sont transformées et consommées. A ce commerce triangulaire, s’ajoute le commerce en droiture, entre l’Europe et les Antilles. Tous les biens que les colons ne produisent pas : matériaux de constructions (ardoises de Trélazé, tuffeaux du Saumurois), bois, fers et charbons du Massif central, produits manufacturés et farines de l’Orléanais, s’échangent contre les marchandises coloniales, à la valeur bien plus élevée. Au 18e siècle, le commerce colonial va jouer un rôle essentiel dans la croissance économique. Il dope de nombreux secteurs de l’économie : la construction navale, la fabrication d’articles pour la traite et les colonies, la commercialisation et la transformation des produits coloniaux…


LE

N ÉG O C IA N T -A RM A

TEUR

A p p ar t e nant à l a b o u r g e o i si e ai sé e , l e né g o c i ant ar m at e u r e st u n p e r so nnag e c e nt r al du c o m m erc e av ec l es c o l o ni es. C ’est l u i q u i rassem b l e l e nav i re, l es m arc h andi ses, l es c ap i t au x e t l e s h o m m e s i ndi sp e nsab l e s au v o y ag e .

A

L'INITIATIVE

du voyage, l'armateur prend en charge toutes les dépenses liées à l’armement d’un navire : l’achat ou le radoub (réparations de la coque) du bateau, le gréement (voilures, cordages…), les vivres pour l’équipage et les esclaves, les marchandises de traite, l’avance sur salaire de l’équipage, les frais divers (chargement, taxes et assurances). L’investissement est considérable et la cargaison de traite représente à elle seule la moitié voire les deux tiers de la mise de fonds. Pour financer l’expédition, l'armateur fait appel à des investisseurs : d’autres négociants, le capitaine du navire ou des personnes plus modestes investissant des petites sommes. Au retour, les comptes sont longs et complexes à solder. Il faut faire la balance entre les dépenses engagées (aux frais d’armement s’ajoutent les frais d’escale lors du voyage, les taxes et la douane, le désarmement du navire, les gages de l’équipage, la commission de l’armateur…) et les recettes obtenues (vente des esclaves dans les colonies, vente des produits exotiques en métropole) de manière à calculer les bénéfices et leur répartition entre les différents investisseurs. A ce premier compte de retour, s’ajoute le remboursement progressif de dettes par les colons. En effet, faute d’espèces suffisantes, les colons achètent leurs esclaves à crédits et les paiements peuvent s’échelonner sur plusieurs années. Il faut donc attendre la fin de ce long processus pour calculer les bénéfices ou les pertes des différents partenaires. Les profits engendrés par ce commerce peuvent être énormes mais restent aléatoires. Ils dépendent de nombreux facteurs : risques naturels, guerres, concurrence européenne, intermédiaires multiples … Pour limiter et répartir les risques, les négociants s’associent entre eux. Selon les circonstances, ils peuvent être tour à tour armateur ou simple investisseur. Constituant un solide réseau de relations, à la fois commerciales et familiales, ils participent tous à la traite négrière même si aucun n’en fait une activité exclusive.


LE

IEU PASSAGE DU MIL

L e s c am p ag ne s de t r ai t e so nt t r è s l o ng u e s, so u v e nt h asar de u se s. L e s e sc l av e s e m b ar q u é s, l e nav i r e e nt am e al o r s l e l o ng e t di f f i c i l e " p assag e du m i l i e u " .

I

L N’Y PAS

de navire négrier type. Il existe des bateaux de tous tonnages, pouvant embarquer de 30 à 600 esclaves. La taille de ces navires varie d’une expédition à l’autre, en fonction des capacités financières de l’armateur, et tend à augmenter au cours du 18e siècle. Un navire négrier doit toutefois être polyvalent, pour embarquer successivement des marchandises puis des hommes, et disposer d’aménagements spécifiques : cale importante pour y stocker les vivres et l’eau douce pour un grand nombre de personnes, présence de rambarde ou de barricade, d’un faux pont... Une fois le navire parti, il faut deux à trois mois de navigation avant d’aborder le site de traite, sur la côte occidentale de l’Afrique. Le site a été déterminé avant le départ par l’armateur mais la traite peut également être itinérante, le long de la côte. L’achat des captifs peut prendre plusieurs mois. Les tractations commerciales commencent toujours par une prise de contact avec le pouvoir local. Le recours à des intermédiaires comme les courtiers est également indispensable. Les captifs sont échangés contre des marchandises européennes. De la qualité de ces marchandises dépend le succès de l’expédition. Une fois examinés par le chirurgien et sélectionnés, les captifs sont embarqués. Les vieillards ou les hommes trop chétifs sont rejetés. Les jeunes femmes sont très recherchées, surtout lorsqu’elles sont enceintes, car leurs enfants deviendront eux aussi esclaves. Sur le navire, l’entrepont est aménagé pour recevoir le maximum de captifs. Le charpentier construit un faux pont qui sert de couchage. Les hommes sont enfermés à l’avant du navire, les femmes et les enfants à l’arrière. Enferrés deux à deux aux chevilles, ils ont à peine la place de s’allonger et sont parfois placés tête­bêche. La traversée de l’Atlantique, le « passage du milieu », est long et difficile, de un à deux mois. L’entassement important sur le navire nécessite de « rafraîchir » les captifs, en les faisant monter sur le pont supérieur. Ils sont régulièrement rasés, lavés à l’eau de mer et couverts d’huile de palme. Pour le succès de la vente, les captifs doivent restés en bonne santé. Entre 12 et 20 % des captifs meurent cependant en mer (60 à 80% dans des cas extrêmes). Le suicide est une pratique courante et tant que les côtes restent en vue, des révoltes éclatent souvent à bord. Les équipages souffrent également des fièvres et de conditions de vie très sommaires (entre 17 et 18 % de mortalité au 18e siècle).


L ’ÉC O N O M I E

COLONIALE

L ’h ab i t at i o n est au c o eu r de l ’é c o no m i e c o l o ni al e, el l e p ro du i t t o u t c e q u e l a m é t ro p o l e ne c u l t i v e p as : l a c anne à su c re et l ’i ndi g o , i nt ro du i t s dè s l e 17ee si è c l e dans l es c o l o ni es f ranç ai se s, p u i s l e c o t o n, l e c af é e t l e c ac ao .

A

18E SIÈCLE, les goûts alimentaires changent, la consommation de sucre, de café, de cacao se développe, stimulant le commerce colonial. Ces denrées, tout comme le coton ou l’indigo (pour teindre), sont cultivées dans les habitations. C’est le nom donné aux exploitations coloniales. Elles désignent les terres, les bâtiments ainsi que les serviteurs et les esclaves qui y travaillent. U

Les habitations les plus importantes, en superficie et en nombre d’esclaves, sont les sucreries. Ce sont aussi les plus nombreuses. Les caféières, indigoteries ou cotonneries sont des exploitations de taille moyenne. Ces cultures dites secondaires jouent toutefois un rôle majeur dans l’économie locale. Ces habitations sont généralement gérées directement par leurs propriétaires. Les sucreries nécessitant une importante main­d’œuvre, la division du travail y est plus poussée et plus hiérarchisée qu’ailleurs. La majorité des esclaves travaillent dans les champs de canne à sucre. Ils sont répartis en ateliers, selon leur âge et leur robustesse, et sont surveillés par d’autres esclaves, des esclaves qualifiés, qui supervisent les travaux des champs ou la production du sucre. A ceux­ci s’ajoutent les ouvriers artisans : maçons, charpentiers, menuisiers, tonneliers... Au sommet de la hiérarchie servile se trouvent les domestiques, qui méprisent les «nègres des champs ». La mortalité des esclaves est très élevée sur les habitations : travail harassant, manque de nourriture, habitations malsaines… Le travail des esclaves assure la prospérité des colonies françaises. La plus importante est Saint­ Domingue. En 1789, elle produit la totalité de l’indigo, 79% du sucre, 86% du café et 76% du coton exportés par les Antilles françaises. Ces produits sont destinés uniquement à la métropole. Le système de l’Exclusif, mis en place à la fin du 17e siècle par le pouvoir royal, oblige les colonies à ne commercer qu’avec la métropole (pour écouler leurs productions Planche "Sucrerie" comme pour importer ce dont elles ont besoin). Les colonies n’ont pas non plus le Histoire Générale des Antilles droit de développer d’activités entrant en concurrence avec les manufactures de la Jean-Baptiste du Tertre 1 671 métropole. L’importante contrebande avec les pays étrangers permet toutefois de contourner ce système.


Emplacements des raffineries orléanaises entre le 1 7e et le 1 8e siècles (en vert) d'après le plan parcellaire et cadastral d'Orléans 1823


UNE

U IN D U ST RIE N ÉE D

COMMERCE COLONIAL, LES RAFFINERIES

D é b ar q u é s à N ant e s, t r ansp o r t é s su r l a L o i r e , l e s p r o du i t s c o l o ni au x so nt t r ansf o r m é s dans l e s v i l l e l i g é r i e nne s, do nnant ai nsi nai ssanc e à de s i ndu st r i e s no u v e l l e s, c o m m e l e r af f i nag e du su c r e à O r l é ans.

A

18E SIÈCLE, la proportion de produits coloniaux remontant la Loire depuis Nantes augmente. Ces produits, une dizaine environ, sont toutefois transportés en petites quantités à l’exception notable du sucre. En cela, le sucre constitue une marchandise coloniale à part. Provenant pour l’essentiel de Saint­ Domingue, le sucre de canne devient un produit de consommation relativement courant pour une partie de la population. U COURS DU

Nantes reçoit plus de sucre brut que les autres ports français. Pour le raffiner, toute une industrie se développe sur les bords de Loire et plus particulièrement à Orléans. Proche de Paris, Orléans est un port actif, redistribuant les produits arrivant de l’amont comme de l’aval. Les premières raffineries sont créées dans la seconde moitié du 17e siècle. Il en existe trois en 1698, trente­deux en 1793. L’essor du raffinage orléanais est lié à l’arrivée massive de sucre brut dans les ports. Le sucre orléanais jouit d’une grande renommée au 18e siècle, il est réputé pour être le plus blanc. A la fin du siècle, la ville produit les deux tiers du sucre raffiné du royaume. Les quantités produites sont si importantes que toute une filière s’organise autour du raffinage. La transformation du sucre nécessite en effet des matériaux variés : charbon extrait dans le Massif central, chaudières de cuivre, papier, pots de terre (moules et pots à mélasse) … De nombreuses activités dépendent du raffinage. Les produits dérivés comme la mélasse, le gros sirop ou le tafia constituent en outre des branches secondaires de cette industrie. Nombreuses sont les raffineries installées à l'intérieur de la ville, notamment près du quai de Recouvrance où arrive le sucre provenant de Nantes. Situées à proximité des habitations, elles sont peu appréciées des riverains en raison des risques d’incendies et des dégagements de fumées et de mauvaises odeurs. Cette activité connaît avec la Révolution française de sévères difficultés. L’approvisionnement en matières premières pâtit du conflit avec l’Angleterre. Celle­ci domine les mers, occupant la Martinique et la Guadeloupe à plusieurs reprises. Saint­Domingue, principal fournisseur du sucre, connaît en outre plusieurs révoltes d’esclaves, entraînant son indépendance en 1804. Le déclin des raffineries orléanaises se poursuit au cours du 19e siècle avec le développement du sucre de betterave.


Maquette du navire négrier l'Aurore, échelle 1 /1 0 e 20e siècle Musée maritime de Saint­Brévin


LES

ABOLITIONS

L es esc l av es p eu v ent di f f i c i l em ent é c h ap p er à l eu r c o ndi t i o n. L ’af f ranc h i ssem ent est p endant l o ng t em p s l e p ri nc i p al m o y en d’o b t eni r l a l i b ert é . L a R é v o l u t i o n de 1789 p u i s c el l e de 184 8 en ap p o rt ero nt u n sec o nd : l ’ab o l i t i o n.

L

de vie extrêmement difficiles, les mauvais traitements, le travail effectué jusqu’à l’épuisement sont la règle dans les habitations. Les esclaves y répondent par des actes de résistances individuels : lenteur au travail, automutilation, suicide, avortement ou marronnage (fuite des esclaves dans les villes ou les forêts). La principale issue pour sortir de l’esclavage reste l’affranchissement qui donne naissance à une nouvelle catégorie d’individus : les libres de couleur (métissés ou non). Le pouvoir royal, soucieux de maintenir l’ordre établi, tente de limiter les affranchissements et instaure le préjugé de couleur qui donne aux libres de couleur un statut juridique inférieur et les exclut de nombreuses professions. Pour contrôler les esclaves, les colons s’appuient sur la milice, l'Armée et l’Eglise. Ils profitent aussi des hiérarchies existant au sein de la population de couleur : entre esclaves et libres de couleur et entre esclaves eux­mêmes. Des distinctions s’établissent en effet en fonction de la qualification (cultivateur, ouvrier artisan ou domestique), de la langue (français, créole ou langues africaines), de l’origine et de la couleur (esclave créole né sur place ou esclave nouvellement arrivé). ES CONDITIONS

La Révolution française va bouleverser cette situation. Deux mouvements se font jour : la lutte des libres de couleur pour leurs droits civiques et la lutte des esclaves pour leur liberté. Le 28 mars 1792, les libres de couleur obtiennent l’égalité des droits tandis que le 4 février 1794, l’esclavage est aboli dans toutes les colonies. Cela fait suite à l’abolition de l’esclavage à Saint­Domingue en août 1793, dans un contexte de guerre civile. La Martinique, sous occupation anglaise, ne profite pas de ces dispositions. En 1802, Napoléon Bonaparte fait toutefois rétablir l’esclavage. Les libres de couleur perdent également leurs droits. Ce retour à l’ordre ancien provoque la révolte des cultivateurs à Saint­Domingue. L’insurrection, devenue générale, aboutie en 1804 à l’indépendance et à la perte définitive de Saint­Domingue, devenue Haïti. A la chute de Napoléon en 1815, la France récupère ses colonies, perdues quelques années plus tôt au profit de l’Espagne et de l’Angleterre. En ce début du 19e siècle, l’économie coloniale, très dépendante de la culture de la canne à sucre, souffre de la concurrence étrangère et de la culture de la betterave à sucre en métropole. D’autant que l’abolition de la traite négrière en 1815 entraîne une pénurie de main­d’œuvre. Ces difficultés économiques renforcent les arguments des abolitionnistes dont les textes se diffusent de plus en plus. Il faut cependant attendre l’avènement de la IIe République pour que soit proclamée l’abolition définitive de l’esclavage, le 27 avril 1848.


TÉMOIGNAGES

L a t rait e né g riè re


Je m'appelle Joseph Mosneron, né à Nantes en 1748.

En 1763, je m'engageais comme pilotin. On me composa une garde robe de six chemises bleues, autant de grandes culottes, cinq chemises usées blanches trop courtes, une vieille veste de bazin, six paires de souliers, quelques chaussettes, et pour me garantir du froid, une veste de drap noisette qui n’avait plus que la corde et était un reste de la dépouille de mon grand­père. On me donna quatre francs dans la poche, et, six jours après, on m’embarqua dans une barge en me souhaitant bon voyage. Je me rendis dans la journée à Paimboeuf à bord du navire le Prudent. Le navire chargé, l’équipage étant rassemblé, nous attendîmes les vents favorables pour notre départ qui arriva le 13 septembre 1763.

Après les palabres d’usage pour le paiement des coutumes, ce qui entraîna plusieurs jours, on s’occupa de sortir les marchandises des caisses et des futailles. Ce travail ne fut satisfaisant pour personne car on trouva beaucoup d’avaries, principalement sur les armes qui étaient dans l’état le plus déplorable. On entra à nouveau en communication avec les Nègres pour la traite qui se faisait lentement parce que nous étions mal assortis et que nous n’avions que des marchandises de rebut à leur donner en échange.

Je fis plusieurs voyages, étant seul de blanc avec un patron de chaloupe dans les pirogues du pays et ayant pour équipage les Nègres de terre. Je craignais à chaque instant qu’ils n’attentassent à ma vie afin de s’emparer des marchandises que j’avais avec moi. Peut­être n’eussent­ils pas balancé à commettre cet attentat si les terres que nous côtoyions n’avaient pas été habitées par leurs ennemis encore plus cruels qu’eux, par des Nègres réputés anthropophages.


Je m'appelle Elaudah Equiano.

Je suis né en 1745, dans une vallée fertile nommée Essaka (actuel Bénin). Un jour, les adultes étaient aux champs, et ma sœur et moi étions seuls à la maison, deux hommes et une femme escaladèrent l’enclos et nous enlevèrent. Ils nous baillonnèrent et nous emmenèrent dans le bois tout proche. Ils nous attachèrent alors les mains et, nous portant, nous emmenèrent aussi loin que possible. Je fus vendu à de nombreuses reprises et en de nombreux endroits. Nous voyagions par terre, par rivière, à travers différentes régions. Six mois après mon enlèvement, nous avons atteint la mer.

La première chose que je vis quand j’arrivais sur la côte fûrent la mer et un bateau négrier à l’ancre, attendant sa cargaison. Ma surprise fît vite place à la terreur quand je fus poussé à bord. Des membres de l’équipage se saisirent de moi et m’examinèrent pour voir si j’étais solide et sain.

Je fus vite persuadé d’être entouré de mauvais esprits et qu’ils allaient me tuer. Leur apparence si différente de la nôtre, leurs longs cheveux, leur langue me persuadèrent définitivement. Quand je vis un grand chaudron en bronze bouillant sur un grand feu et une multitude de noirs enchaînés les uns aux autres, effarés et dépités, je ne doutais plus de ma destinée. Je leur demandais alors si nous allions être mangés par ces hommes blancs repoussants, à la face rouge et aux cheveux longs .


La traite s’avançait et il fallait être sur le qui­vive toute la nuit. […] On avait beau redoubler les précautions par les fers, les chaînes, les entraves, les fortes cloisons et les rembardes, tous ces obstacles étaient vaincus par l’esprit de liberté et le caractère féroce des esclaves que nous traitions et qui se trouvaient enfermés dans l’entrepont des navires.

L’équipage, qui pendant l’espace de cinq mois s’était bien porté, fut tout à coup atteint de fièvres malignes et putrides qui, en moins de huit jours, sur 43 hommes[…] en fit tomber plus de la moitié dangereusement malades et en conduisit une grande quantité au tombeau. Je fus des premiers à être attaqué de la maladie et réduit à l’extrêmité et abandonné parmi les mourants et les morts.

Le scorbut dévorait les Blancs et les Noirs, nos provisions de bouche étaient à bout, nos voiles et notre gréément ne tenaient pas , et par­dessus cela notre bâtiment peinait à se tenir sur l’eau.[…] J’étais habitué depuis plus de cinq mois à n’avoir aucun abri pendant mon sommeil. J’étendais mon petit matelas goudronné sur la dunette. Une mauvaise et puante couverture me garantissait de l’injure de l’air. Souvent, le matin en me réveillant, je sentais mon visage et mes cheveux trempés de l’humidité du serein.

Incontinent après notre arrivée dans la baie du Fort­ Royal, on fit sortir notre cargaison de Noirs pour les déposer à terre dans des magasins afin de les soigner et de les rafraîchir. Ils furent vendus tant bien que mal.


L’équipage nous surveillait étroitement surtout lorsque nous n’étions pas enchaînés au pont, car il craignait que nous ne sautions à l’eau. J’ai vu de nombreux prisonniers africains cruellement battus pour avoir tenté de s’échapper et régulièrement fouettés lorsqu’ils refusaient de s’alimenter. Deux de mes compatriotes enchaînés réussirent à passer à travers les filets et se jetèrent à la mer. Je n’avais jamais vu autant de cruauté, aussi bien à l’égard des Noirs que des Blancs eux­mêmes. J’ai vu un homme blanc, fouetté impitoyablement jusqu’au sang à l’aide d’une corde, mourir de ses blessures et être jeté par­dessus bord sans remords.

Lorsque la cargaison du navire fût confinée dans la cale, l’air devînt absolument pestilentiel. L’exiguïté des lieux, la chaleur, la promiscuité des esclaves qui ne pouvaient même pas se retourner, nous suffoquait. Les odeurs répugnantes rendaient les esclaves malades, certains mouraient. Le poids des chaînes, la puanteur des pots d'aisance dans lesquelles les enfants se noyaient parfois, rendaient la situation insupportable. Les cris des femmes, les râles de mourants, accentuaient encore l’horreur de ces scènes.

De nombreux marchands et planteurs montèrent à bord. Ils nous séparèrent en lots et nous examinèrent attentivement. Ils nous firent également sauter sur place. Nous fûmes immédiatement conduit dans l’enclos des marchands où nous fûmes rassemblés comme des moutons, sans distinction d’âge ou de sexe.


Extraits tirés de :

" Journal de mes voyages" de écrit en 1 804.

Joseph Mosneron,

manuscrit

"Joseph Mosneron, armateur négrier nantais (1 748-1 833), O. Pétré-Grenouilleau, Ed Apogée, Rennes, 1 995. in

The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano , or Gustavus Vassa, the African. Written by Himself., Olaudah Equiano ,

Vol. I., Londres, 1 789

transcrit et mis en ligne par la Bibliothèque de l'Université de Caroline du Sud, Chapel Hill

Illustrations: dans l'ordre: • J.J Delusse Paimboeuf lavis, début 19e. © MML • Anonyme Un négrier in La France maritime gravure © MML


TÉMOIGNAGES

L a f ab ric at io n du su c re & au t res p ro du it s


Ce suc ainsi tiré, coule par un petit canal dans la première chaudière, qui tient environ deux muids, les deux autres vont en diminuant ; en sorte que la troisième ne tient plus qu'un tiers de la première : le suc est échauffé dans celle cy à feu lent, et ne fait que frémir et pousser en haut toute son ordure, que l'on écume fort soigneusement.


Des cannes de sucre.

Les cannes de sucre qui croissent, tant dans le Brésil qu'en toutes ces îles, desquelles on fait le sucre en abondance, sont semblables aux grands roseaux d'Espagne, hormis qu'elles ont les noeuds plus courts, les feuilles plus drues, et qu'elles sont plus basses de moitié. [...] Il ya encore cette différence, que la canne n'est pas creuse comme le roseau : mais elle est remplie d'une certaine moëlle spongieuse, toute imbibée d'une eau blanchâtre, et cette eau est la liqueur dont on fait le sucre.

[Lorsqu'] elles sont jaunes comme de l'or; c'est alors qu'on coupe les cannes, et après les avoir émondées de leurs feuilles, on les applique au moulin, lequel est composé de trois rouleaux égaux en grosseur, et également revêtus de lames de fer, au lieu où passent les cannes. Celui du milieu est beaucoup plus élevé, afin que les deux arbres qui le tiennent par le haut, et auxquels les boeufs sont attelés, puissent tourner sans être empêchés par la machine; [...] et les faisant tourner, ils serrent, écrasent et font passer les cannes de l'autre côté, lesquelles demeurent toutes sèches et épuisées de leur suc.

Les nègres l'écument continuellement, [...] et quand il a atteint la parfaite cuisson, [...] tout aussitôt on le verse dans les formes qui sont quelquefois de terre. [...] Ensuite de cela , on le fait sécher au soleil dans des caissons.


De l'indigo.

Cette plante porte le nom d'une précieuse marchandise. Cette plante est à mon jugement une espèce de saint­foin ou de luzerne, dont le tronc vient assez gros et croît en arbrisseau. Elle lève en quatre jours et au bout de trois mois elle est en état d'être coupée et de donner cette teinture dont se fait l'indigo.[...]

Quand cette plante a atteint sa maturité ; c'est à dire avant qu'elle soit en fleur, on la coupe [...] Ensuite on la jette dans la cuve, que l'on appelle la trempoire, où on l'arrange et la foule avec les pieds. [...] Cela fait on ouvre le robinet du bassin et on laisse couler l'eau dans la trempoire. [...] Un homme remue continuellement jusqu'à ce que l'eau change de couleur et devienne d'un beau bleu céleste. [...] On laisse l'eau s'écouler par deux ou trois canelles [dans des sacs], et l'eau s'étant toute écoulée, l'indigo demeure seul dans les sacs. Lorsque les sacs ne dégoutent plus, il faut vider l'indigo dans des petits caissons en bois carrés pour le faire sécher et on le taille en tablettes.


Du tabac ou petun Il suffit de dire ici que les habitants cultivent communément quatre sortes de petun. Chaque personne doit cultiver et entretenir trois mille plantes de petun, et avec cela cultiver ses vivres, ce qui peut lui rapporter mille ou quinze cent livres de petun.

Etant planté, il faut avoir soin de passer de temps en temps, et d'empêcher qu'il n'y croisse de mauvaises herbes. Lorsque la plante est prête à fleurir, on l'arrête tout court, la coupant à hauteur du genou, puis on ôte les feuilles d'en bas qui trainent à terre, et on ne laisse que dix ou douze feuilles de petun sur la tige [...] de sorte que ces dix ou douze feuilles se nourrissent merveilleusement, et viennent épaisses comme un cuir. Pour voir s'il est mûr, on plie la feuille, laquelle, si elle se casse en pliant, il est temps de la couper : étant coupée on la laisse faner sur la terre, puis on l'attache avec certaines liasses de mahot, qu'on enfile dans de petites verges ; de sorte que les plantes ne se touchent point, et on les laisse sécher à l'air, quinze jours ou trois semaines.

Cela fait on arrache toutes les feuilles de la tige, puis on tire la côte qui est au milieu de la feuille, et l'ayant un peu arrosée d'eau de mer, on la tord en corde, et puis on la met en rouleaux.


Extraits et illu strat ions tirés de :

" Histoire générale des Antilles, habitées par les François" Jean-Baptiste du Tertre

Paris, 1 671 .

Voyage aux Antilles françaises, anglaises, danoises, espagnoles, à St­Domingue et aux Etats­Unis d'Amérique. Antilles françaises par A. Granier de Cassagnac

Paris, 1 842

Illustrations: dans l'ordre: • planche "Sucrerie" Histoire Générale des Antilles, T.2 Jean-Baptiste du Tertre 1 671 • planche "Ménagerie" ibid. • planche "Indigoterie" ibid.


B i b l i o g rap h i e - C A I L L E T G aë l l e, « D es A nt i l l es à l a L o i re : L e su c re de c anne et l ’i ndu st ri e du raf f i nag e à O rl é ans ( 17e- 19 e si è c l es) » , L a L o i re et ses t erro i rs, 2 0 14 , n° 89 et 9 0 - C A U N A J ac q u e s de , F O U C H A R D J e an, A u T e m p s de s î l e s à su c r e : H i st o i r e d' u ne p l ant at i o n de S ai nt - D o m i ng u e A u X V I I I e si è c l e , P ar i s, E di t i o ns K ar t h al a, 2 0 0 3 - D E L E P L A N Q U E G é r ar d, D E L E P L A N Q U E J e an- P i e r r e , L E F R A N C O I S T h i e r r y , L e S u c r e , L u xe d' au t ref o i s : C o l l ec t i o ns D el ep l anq u e & C i e, c at al o g u e d’exp o si t i o n, L a R o c h el l e, M u sé e du N o u v eau M o nde, 19 9 1 - D U H A M E L D U M O N C E A U H enri L o u i s, L ’art de raf i ner [ si c ] l e su c re, C o nnai ssanc es et m é m o i res eu ro p é ennes, ré é di t i o n de l ’o u v rag e p aru en 1764 , 2 0 0 0 - P E T R E - G R E N O U I L L E A U O l i v i e r , L a T r ai t e de s N o i r s, P ar i s, P r e sse s U ni v e r si t ai r e s de F ranc e, 19 9 8 - P E T R E - G R E N O U I L L E A U O l i v i e r , N ant e s au t e m p s de l a t r ai t e de s N o i r s, P ar i s, H ac h et t e, 19 9 8 - P E T R E - G R E N O U I L L E A U O l i v i e r , L ' ar g e nt de l a t r ai t e . M i l i e u né g r i e r , c ap i t al i sm e e t dé v el o p p em ent : u n m o dè l e, P ari s, A u b i er, 19 9 6 - P E T R E - G R E N O U I L L E A U O l i v i e r, M o i J o se p h M o sne ro n, arm at e u r né g ri e r nant ai s ( 174 8- 183 3 ) , R ennes, E di t i o ns A p o g é e, 19 9 5 - O U V R A G E C O L L E C T I F , L e s anne au x de l a m é m o i r e : N ant e s- E u r o p e , A f r i q u e , A m é ri q u es, c at al o g u e d’exp o si t i o n, C I M C o rderi e R o y al e, 19 9 2 - O U V R A G E C O L L E C T I F , S u c r e b r u n, su c r e b l anc : h i st o i r e d' u n né g o c e , c at al o g u e d’exp o si t i o n, O rl é ans, 2 0 0 7


- O U V R A G E C O L L E C T I F , M é m o i re s l i b é ré e s, A f ri q u e , C araï b e s, E u ro p e : L e s O ri g i ne s au x h é ri t ag es de l ' esc l av ag e, L es A nneau x de l a M é m o i re, N ant es, 2 0 16 - O U V R A G E C O L L E C T I F , L a L o i re e t l e c o m m e rc e at l ant i q u e X V I I e - X I X e si è c l e , C ah i er des A nneau x de l a M é m o i re, N ant es, 2 0 16, n° 16 - O U V R A G E C O L L E C T I F , L e s i ndi e nne s de B o u r g e s : t o i l e s i m p r i m é e s du X V I I e si è c l e , B o u rg es, I . C . L . , 19 9 1 - O U V R A G E C O L L E C T I F , F é é r i e i ndi e nne : de s r i v ag e s de l ' I nde au R o y au m e de F r anc e , E di t i o ns d' ar t S o m o g y / M u sé e de l a C o m p ag ni e de s i nde s / M u sé e de l ' I m p r e ssi o n su r E t o f f es, 2 0 0 8 - O U V R A G E C O L L E C T I F , L ' i ndu st ri e à O rl é ans, 165 0 - 19 5 0 , O rl é ans, C o l l ec t i o n du L ab el , 2 0 11 - P E R S O N , F r anç o i se de , U n O r l é anai s à l a c o ndu i t e de so n né g o c e , su r l a L o i r e , p ar m e r e t p ar t e r r e , L o u i s C o l as D e sf r anc s é c u y e r , E di t i o ns de l a S al i c ai r e , 2 0 0 8 - R E G E N T F r é de r i c , L a F r anc e e t se s e sc l av e s : de l a c o l o ni sat i o n au x ab o l i t i o ns ( 162 0 - 184 8) , P ari s, P l u ri el , 2 0 10 - R O Y B e r nar d, U ne c ap i t al e de l ' i ndi e nnag e : N ant e s, N ant e s, M u sé e de s S al o r g e s, 19 4 8 - R O B I N E A U E v e l y ne , R af f i nag e e t r af f i ne r i e s de su c r e à N ant e s, X V I I e - X X e si è c l e s, N ant es, E di t i o ns M eM o , 2 0 11 - S C H M I D T N e l l y , H i st o i r e de l ' ab o l i t i o n de l ' e sc l av ag e , c i nq si è c l e s de c o m b at s, X V I X X è m e si è c l e , P ar i s, E di t i o ns F ay ar d, 2 0 0 5 - S C H M I D T N e l l y , C o m b at s p o u r u ne ab o l i t i o n : su r l e s p as de V i c t o r S c h o e l c h e r , c at al o g u e d’exp o si t i o n, C o nsei l G é né ral des Y v el i nes - V i l l e de H o u i l l es, 2 0 10 - V I L L I E R S P a t r i c k, T r a i t e d e s n o i r s e t n a v i r e s n é g r i e r s a u X V I I I e s i è c l e , G r e n o b l e ,


W eb o g rap h i e - h t t p : //w w w . arc h i v esnat i o nal es. c u l t u re. g o u v . f r/ano m S i t e des A rc h i v es nat i o nal es d' o u t re- m er ( A N O M , A i x- en- P ro v enc e) - h t t p : //l esab o l i t i o ns. c u l t u re. f r L es ab o l i t i o ns de l ’esc l av ag e, p ro j et des A rc h i v es nat i o nal es d' o u t re- m er ( A N O M , A i x- en- P ro v enc e) - h t t p : //w w w . c ndp . f r/c rdp - rei m s M é m o i r e de l a t r ai t e né g r i è r e , de l ' e sc l av ag e e t de l e u r s ab o l i t i o ns - h t t p : //w w w . c nm h e. f r/i nv ent ai re « T rai t e né g ri è re , e sc l av ag e e t ab o l i t i o ns, p o u r u n i nv e nt ai re m u sé o g rap h i q u e » P ar l e C o m i t é P o u r l a M é m o i re de l ’E sc l av ag e ( C P M E ) - h t t p : //exp o sv i rt u el l es. c h arent e- m ari t i m e. f r L es E xp o s V i rt u el l es de l a C h arent e- M ari t i m e, « L a t rai t e né g ri è re ro c h el ai se au X V I I I e si è c l e » - h t t p : //w w w . anneau xdel am em o i re. o rg / S i t e de l ’asso c i at i o n A nneau x de l a M é m o i re - h t t p : //w w w . arc h i v es. nant es. f r/ R e sso u r c e s p é dag o g i q u e s : D o ssi e r p é dag o g i q u e : l e p o r t de N ant e s e t l a t r ai t e at l ant i q u e au X V I I I e si è c l e - h t t p s: //w w w . h i st o i re- i m ag e. o rg P r o j e t v i sant à e nr i c h i r l a c o nnai ssanc e du p assé à t r av e r s l e s o e u v r e s d' ar t e t l e s do c u m e nt s i c o no g r ap h i q u e s q u i s' y r ap p o r t e nt - h t t p : //w w w . c h at eau nant es. f r L a t rai t e né g ri è re at l ant i q u e - h t t p : //m em o ri al . nant es. f r/ M é m o ri al de l ’ab o l i t i o n de l ’esc l av ag e - N ant es


C E T T E E X P O S I T I O N a é t é rendu e p o ssi b l e g râc e à l a g é né ro si t é de no m b reu x p rê t eu rs i nst i t u t i o nnel s et p ri v é s, q u ’i l s en so i ent i c i rem erc i é s : -

A rc h i v es nat i o nal es d' o u t re- m er, A i x- en- P ro v enc e A r c h i v e s dé p ar t e m e nt al e s de L o i r e - A t l ant i q u e A r c h i v e s dé p ar t e m e nt al e s du L o i r e t A r c h i v e s m u ni c i p al e s, v i l l e de H o u i l l e s A r c h i v e s de N ant e s A r c h i v e s m u ni c i p al e s de C h o l e t V i l l e de N ant e s - B i b l i o t h è q u e m u ni c i p al e C o llec tio n D E L E P L A N Q U E & C I E DRASSM E c o l e S ai nt - M art i n, L a P l ac e l i è re M é di at h è q u e d' O r l é ans M u sé e D o b r é e - G r and P at r i m o i ne de L o i r e - A t l ant i q u e M u sé e d' A r t e t d' H i st o i r e de l a v i l l e de S ai nt - B r i e u c M u sé e de l a M ar i ne de M i ndi n, S ai nt - B r é v i n- l e s P i ns M u sé e de l ’A rm é e M u sé e h i st o r i q u e e t ar c h é o l o g i q u e de l ' O r l é anai s, O r l é ans M u sé e A f ri c ai n, L y o n M u sé e du N o u v e au - M o nde , L a R o c h e l l e M u sé e d' A q u i t ai ne , v i l l e de B o r de au x M u sé e du T ext i l e et de l a M o de, C h o l et M u sé u m d’h i st o i re nat u rel l e de N ant es

C et t e exp o si t i o n a é t é ré al i sé e p ar l e m u sé e de l a m ari ne de L o i re, av ec l e c o nc o u rs de l a V i l l e de C h ât eau neu f - su r- L o i re, de ses serv i c es t ec h ni q u es et adm i ni st rat i f s. N o u s t e no ns é g al e m e nt à r e m e r c i e r de l e u r so u t i e n l a D i r e c t i o n r é g i o nal e de s af f ai r e s c u l t u rel l es du C ent re - V al de L o i re, l e D é p art em ent du L o i ret et l ’E t ab l i ssem ent p u b l i c L o i re.

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