Page 1

HEY!

S ’ T A WH ? N O G N I O G FONDATION du 1er juillet au 22 septembre 2019 tous les jours de 10h à 19h vernissage le 3 juillet à 18h conférence de presse le 2 juillet à 10h visite officielle des Rencontres le 6 juillet à 16h en présence des artistes et commissaires d’exposition

18 rue de la Calade, Arles mrofoundation.org C O N TA C T S

Presse. Nathalie DRAN, nathalie.dran@wanadoo.fr / 06.99.41.52.49 Coordination. Camille GAJATE, c.gajate@mrofoundation.org Manuel RIVERA-ORTIZ m.rivera-ortiz@mroufoundation.org Centre Culturel 駐法國 de Taiwan 臺灣文化中心 à Paris

Crédit Photo ·Centre The Four Tops, 1966 © Universal / Création graphique · Camille GAJATE Culturel 駐法國 de Taiwan 臺灣文化中心


PROGRAMME Semaine d’ouverture / Opening week Mardi 2 à 18h, conférence de presse Mercredi 3 dès 18h soirée de vernissage Jeudi 4 Vendredi 5 Samedi 6 Dimanche 7 DJ Sets tous les soirs dès 21h


AVANT-PROPOS Sur l’album What’s Going On, l’auteur-compositeur et chanteur Marvin Gaye délivre un sublime message d’amour universel que sa photographie sur la pochette –visage impassible mais serein, sous la pluie– exprime à merveille. C’est à cette attitude que la Fondation Manuel Rivera-Ortiz vous convie. À l’heure où des États-Unis (Dancing In The Street, exposition anniversaire des 60 ans de la Motown, American Interiors de Matthew Casteel), de la Chine (Les Nouvelles Routes de la soie de Dominique Laugé), de l’Ukraine (Let Us Not Fall Asleep While Walking, de David Denil), du Brésil (What’s Going On in Brazil, un work in progress du collectif Iandé), de l’Italie (Negativo 1930 d’Yvonne De Rosa) et de Taïwan (Peony d’Isa Ho, Embroiderers of the Past de Hou I-Ting, Errances de Chia Huang), des chants oubliés se réveillent. À l’heure où dictatures, régimes autoritaires, populistes et sectarismes trouvent un terreau fertile pour pousser sur les nouvelles désorganisations du monde : le programme Hey! What’s Going On? sonne comme un appel à la prise de conscience, à la dignité et à la paix, tout en portant une attention toute particulière aux populations oubliées par les grands médias (The Forgotten Children of Amdabad de Manuel Rivera-Ortiz).

Marvin Gaye’s album What’s Going On delivered the sublime message of universal love, perfectly expressed on the album’s cover art with an expressionless, yet serene, face standing in the rain. This is the attitude called for by the Manuel Rivera-Ortiz Foundation. Forgotten songs are reawakened from the United States (with the historic exhibition Dancing In The Street: Motown’s 60th anniversary’s exhibition and Matthew Casteel’s American Interiors), China (Dominique Laugé’s Les Nouvelles Routes de la Soie), Ukraine (David Denil’s Let Us Not Fall Asleep While Walking), Brazil (What’s Going On in Brazil, a work in progress by the landé collective), Italy (Yvonne De Rosa’s Negativo 1930) and Taiwan (Isa Ho’s Peony, Hou I-Ting’s Embroiderers of the Past, Chia Huang’s Errances). In a time of dictatorships and authoritarian regimes, where populism and sectarianism have found fertile ground from which to spread new world disorganization, the programm Hey! What’s Going On? rings out like a call to consciousness, to dignity and to peace, while keeping a special attention to the forgotten population of the big media’s focus (Manuel Rivera-Ortiz’s The Forgotten Children of Amdabad).

3


ON LIFE AND, MUSIC Cette vie est la tienne ! Quand est-ce qu’on peut dire ça ? Les sols en terre battue de Mamá, elle les balayait sans relâche jusqu’à en devenir bleue. Les braises brûlaient dans le foyer découvert contre lequel elle se blottissait comme un bossu sur du riz brûlé et des haricots mous. Dans les vecindarios, dans les quartiers poussiéreux, trébuchant pieds et torse nus sans avoir conscience de notre propre désespoir, j’ai vu les manguiers se balancer. J’avais l’habitude d’y grimper pour m’engorger du doux nectar du Mayaguezano, du Hilo Largo, celui aux longs fils qui était si juteux et coulant. Au loin, je pouvais voir les canaux d’irrigation baignant les racines des cannes à sucre plantées parfaitement droites par mon Papá. De là, je regardais sans relâche les intrépides papillons qui apparaissaient l’après-midi, après le passage des tempêtes, voltigeant bizarrement... ! Il y a quelques mois, j’ai failli perdre la vie à cause d’une de ces maladies aléatoires et ordinaires, la pneumonie. Je me suis retrouvé face à la mort. Alors que je gisais dans le petit hôpital, jamais je n’étais resté dans une chambre d’hôpital, des fils et des sondes de partout, des infirmières allant et venant constamment, des tubes sortant du côté ; j’ai repensé à tout ce parcours et je me suis demandé, « Qu’est-ce que la vie ? ».

This is your life! How often do we ever get to say that? Mamá’s dirt floors, her sweeping them incessantly until she’d turn blue in the face. Burning embers of wood over an open pit of fire where she’d huddle like a hunchback fuzzing over burnt rice and mushy beans. In the vecindarios, in the dusty neighborhoods where we lived so full of hopelessness, trundling barefoot and shirtless and ignorant over nothing from being nothing; I watched the mango trees sway. I used to climb them to engorge on the sweet nectar of the Mayaguezano, of the Hilo Largo, the long thread ones that were so juicy and runny. In the distance, I could see the irrigation ditches that bathed the roots of sugar canes where Papá worked planting stalks in perfect rows. From there, I gawked tirelessly at the intrepid butterflies that appeared in the afternoons, after the storms had passed, fluttering by oddly...! A few months ago, I found myself facing mortality. Mortality inasmuch as, well, I nearly lost my life to one of those ordinary, random occurrences of social sickness— pneumonia. As I lay in the tiny hospital, I’d never in my life stayed in a hospital room—wires and tubes everywhere, nurses with closed mouths and noses walking in and out constantly, tubes coming out of your side—I thought, "what is life?"; the randomness of life and death befuddling me.

Vous lisez ceci parce que je m’en suis sorti – appelons-le, un nouveau souffle de vie. Pour moi et pour la fondation, il s’agit d’un renouveau. Dans cette exposition, nous vous invitons à notamment découvrir les frontières d’une Chine en quête d’une ère nouvelle, comme beaucoup d’autres nations et peuples l’ont d’ailleurs fait précédemment. Nous vous emmenons aux États-Unis sur la galaxie Motown. Ces sons qui ont enflammé les esprits et les corps pour créer un son unique et beau. Motown n’est pas seulement un mouvement afro-américain mais aussi un symbole positif pour toutes les communautés du monde !

You are reading this because I made it through—call it, a new lease on life. And that’s what this show to me is all about, a new lease. In it, we invite you to explore the far reaches of a China that is well on a quest—as many a nation and a people have done before—to become a nation of conquerors of their own land in a new age based on old principles. We take you to America and Motown, to the sounds that uplifted the spirits of a people through song and dance leading to a whole new movement, a unique and beautiful sound that singularly became a beacon, not just of a determined African-American community, but of the world!


Du Cotton Club de Manhattan à son Apollo Theater - celui qui s’élève haut et fort sur West 125th Street et Broadway (près du passage supérieur du métro 1 & 9) où défilaient les jeunes artistes devant une salle comble. J’aimais passer par là, une fois adulte après l’école, marchant le long de Broadway et 116th pour reprendre ma voiture. Et la musique, les rythmes que j’entendais me ramener à une autre époque ! J’avais onze ans quand j’ai traîné pour la première fois sur les marches de la bodega de mes beaux-grands-parents d’un Bronx alors en ruines. Les rythmes me submergaient et me transperçaient, résonnant d’énormes ghetto-blasters à double-cassette portées par les garçons se balançant en cadence dans les rues. Tout le monde avait un ghetto-blaster. En tout cas, nous avions un ghetto-blaster. Les speakers crachaient : Martha et ses Vandellas et leur « Dancing in the Street ». « Nightshift » des Commodores. Diana Ross et son « I’m Coming Out! ». Et moi, enregistrant automatiquement dans ma mémoire toutes ses paroles. Ah... Rick James, qui ne pouvait pas adorer « Superfreak » et ses longues tresses supercalifragilisticexpidélilicieuses qui me donnaient envie de danser. Je ne comprenais pas les paroles à l’époque, mais elles étaient démentes, simplement géniales ! Les années 80 et El DeBarge ; un mélange faussement sensuel à la séduction fondante dans chaque mot de « All This Love ». Alors, tous les paris étaient ouverts pour moi. C’était un temps avant l’arrivée des paroles intégrées, avant les métadonnées, le LyricWiki et la Gracenote. Je m’asseyais à la table de la cuisine avec un stylo, du papier, rembobinant une vieille cassette jusqu’à ce que je parvienne à en arracher une version des paroles du ghetto blaster usée de mes parents. L’anglais n’était pas mon fort à l’époque. Voilà, Motown planait sur mes jours d’été, l’âge d’or de mon innocence, bien avant que je ne me retrouve à accueillir son histoire.

From Manhattan’s Cotton Club to its Apollo Theater – the one reaching high and stalwart there on West 125th Street and Broadway (near the subway overpass of the 1&9) where fresh-faced artists performed to a full house. I used to trundle by there as an adult after school walking down Broadway and 116th to fetch my car. And the music, the beats I’d hear taking me back to another time and another place. I was eleven when I first hung out at the front stoop of my step-grandfathers bodega in the then-dilapidated Bronx. The rhythms bathing over me thumping and oozing and piercing from giant speakers of barely-portable, heavy battery-operated dual-cassette boomboxes; of boys beat-bopping up and down trash-laden streets, shoulders-high straddling, music! Everyone had a boombox. We certainly had a boombox. There she was blaring at me: Martha and her Vandellas and their "Dancing in the Street." The Commodores’ "Nightshift." Diana Ross and her "I’m Coming Out!" And me, I’d memorized all of the words to Ross’ song in perpetuity. And Rick James, who didn’t love them some "Superfreak"; his supercalifragilisticexpialidocious long braids that made even me want to dance. I didn’t understand the lyrics at the time but super freak it, they were good! The 80s and El DeBarge; a sultry falsetto mix of melt-inyour-mouth seduction in every word of "All This Love." By then, all bets were off for me. It was a time before embedded lyrics came, before the metadata and the LyricWiki and the Gracenote. I’d sit down at the kitchen table with pen, paper, winding, rewinding an old cassette until I’d managed to snag a version of the lyrics off my parents’ worn-down boombox. English was not my forte at the time. Those were my days of summer; those were the heydays of my innocence.

So, come celebrate life with me – our own special version of "Hey! What’s Going On?" told in pictures, in music – a Venez donc célébrer la vie, « Hey ! What’s Going On? » journey of familiars and un-familiars far and wide. en images et en musique. It was John Steinbeck who called his last novel (1961) John Steinbeck a intitulé son dernier roman de 1961, The The Winter of Our Discontent. Let’s call this, here and now, Winter of Our Discontent. Appelons cela, aujourd'hui, 'the summer of our own experience!' « the summer of our own experience! »

Manuel RIVERA-ORTIZ

président & fondateur / president & founder

5


CHROMALUXE

Grand partenaire 2019

ChromaLuxe est fier de soutenir « Hey! What’s going on? » superbes expositions à la Fondation Manuel Rivera-Ortiz au sein des Rencontres de la Photographie d'Arles 2019. Produites sur des plaques ChromaLuxe® High Definition Metal, les tirages sont réalisés par un procédé qui imprime la couleur directement dans l'aluminium spécialement traité. Il en résulte des impressions claires et vibrantes avec une profondeur et une résolution exceptionnelles, extrêmement résistantes et conçues pour durer toute une vie. Nombreux sont les photographes et artistes professionnels qui apprécient ChromaLuxe® HD Metal pour ses tirages fine-art atteignant un degré de qualité supérieur.

ChromaLuxe® is proud to sponsor "Hey! What’s going on?" the fantastic exhibitions at the Manuel Rivera-Ortiz Foundation during Les Rencontres de la Photographie d’Arles 2019. Prints produced on ChromaLuxe® High Definition Metal plates use a special process that infuses dyes directly into specially coated aluminium. This results in clear and vibrant prints with exceptional depth and resolution that are highly durable and designed to last a lifetime. Hundreds of top professional photographers and artists have been discovering just why ChromaLuxe® HD Metal takes high-end fine art printing to a new level of quality.

"Nous sommes ravis de produire les tirages de la Fondation Manuel Rivera-Ortiz pour la deuxième année consécutive. La musique de Motown ayant joué un rôle si important dans le monde entier, la Fondation sera sûrement l'une des expositions incontournables à Arles 2019", a déclaré Peter Boodts, Directeur Marketing ChromaLuxe pour la région EMEA.

"We are delighted to be producing the prints for a second year running at the Manuel Rivera-Ortiz Foundation. The music of Motown has played such an important part in the lives of so many people around the world. The Foundation is going to be one of the top venues to visit at Arles 2019”, stated Peter Boodts, ChromaLuxe Marketing Manager for the EMEA region.

"Après le succès remporté par Patrick Willocq en 2018, nous sommes ravis de nous associer à nouveau à la Fondation Manuel Rivera-Ortiz", a déclaré Erik Wiegman, Directeur Général de Universal Woods EMEA. "Les conditions d'exposition sont la vitrine idéale pour présenter notre produit sous son meilleur jour."

“After the success of the Patrick Willocq show in 2018, we are pleased to partner again with the Manuel Rivera-Ortiz Foundation”, said Erik Wiegman, Managing Director of Universal Woods EMEA. “The skilfully curated exhibitions provide us with the ideal platform to show our product at its best.”

6


détail : WHAT’S GOING ON IN BRAZIL. Ashaninka 04, 2014 © Pedro KUPERMAN - COLLECTIF IANDÉ


détail : LET US NOT FALL ASLEEP WHILE WALKING. Woman Unfolding Statue, 2016 © David DENIL

10

16

18

22

26

28

30

32

34

40

44

46


6

HEY! WHAT’S GOING ON? DANCING IN THE STREET

LES 60 ANS DE MOTOWN

commissaires Nicolas Havette & Madj, consultant Adam White partenaires Universal Music Group, Thames & Hudson, ChromaLuxe

BLACK PANTHERS PARTY 10-POINT PROGRAM

STEPHEN SHAMES & BOBBY SEALE

commissaire et partenaire Photo Doc.

US

FORGOTTEN CHILDREN OFAHMEDABAD MANUEL RIVERA-ORTIZ US/PR commissaire Nicolas Havette

partenaire ChromaLuxe

VOYAGE SUR LA ROUTE DE LA SOIE DANS LA CHINE D’AUJOURD’HUI...

DOMINIQUE LAUGÉ

commissaire Laura Serani partenaires The Chinese People’s Association for Friendship with Foreign Countries, Schneider electric, Ville de Yiwu, Gasme SME, Initial Labo, Leica

BOWER BIRD BLUES

YING ANG

commissaire Laura Serani partenaire ChromaLuxe

Sin

8

AMERICAN INTERIORS

0

LET US NOT FALL ASLEEP WHILE WALKING

0

6

commissaire Nicolas Havette partenaire ChromaLuxe

commissaire Nicolas Havette partenaire ChromaLuxe

WHAT’S GOING ON IN BRAZIL

commissaire Ioana De Mello partenaire ChromaLuxe

NEGATIVO 1930

commissaires Laura Noble & Enrico Stefanelli partenaires LA Noble Gallery, PHOTOLUX, ChromaLuxe

FOCUS TAÏWAN

MATTHEW CASTEEL

US

DAVID DENIL

Be

COLLECTIF IANDÉ

Br

YVONNE DE ROSA

It

commissaire Nicolas Havette

PEONY EMBROIDERERS OF THE PAST ERRANCES

Fr

partenaires Centre Culturel de Taïwan à Paris, ChromaLuxe

ISA HO HOU I-TING CHIA HUANG Ch/Tw


commissaires / curators Nicolas HAVETTE, Madj

consultant

Adam WHITE

producteur / producer Universal Music France

partenaires / partners

Thames & Hudson, Motown US, EMI UK archives, ChromaLuxe

Calling out around the world, Are you ready for a brand new beat? Summer's here and the time is right For dancing in the street. They're dancing in Chicago, Down in New Orleans, In New York City. All we need is music, sweet music. There'll be music everywhere. There'll be swinging and swaying and records playing, Dancing in the street. Oh, it doesn't matter what you wear, Just as long as you are there. So come on, every guy, grab a girl. Everywhere around the world, They'll be dancing. They're dancing in the street. It's an invitation across the nation, A chance for folks to meet. There'll be laughing, singing, and music swinging, Dancing in the street. Philadelphia, P.A. Baltimore and D.C. now. Can't forget the Motor City. All we need is music, sweet music. There'll be music everywhere. There'll be swinging and swaying and records playing, Dancing in the street. Oh, it doesn't matter what you wear, Just as long as you are there. So come on, every guy, grab a girl. Everywhere around the world, They're dancing. They're dancing in the street. Way down in L.A. ev'ry day, They're dancing in the street. (Dancing in the street.) Let's form a big, strong line, get in time, We're dancing in the street. (Dancing in the street.) Across the ocean blue, me and you, We're dancing in the street.

Martha & the Vandellas "Dancing in the Street" © Carlin America Inc. by Marvin Gaye, William Stevenson, Ivy Hunter

détail : DANCING IN THE STREET. Marvin Gaye, mid 1960s © UNIVERSAL

DANCING IN THE STREET LES 60 ANS DE MOTOWN


détail : DANCING IN THE STREET. The Supremes, 1965 © UNIVERSAL

L’exposition « DANCING IN THE STREET », jalonnée de documents inédits entre photographies, extraits sonores et vidéos, propose un parcours sur mesure au cœur de l’aventure MOTOWN. Alors que les Rencontres d’Arles fêtent leurs 50 ans, cet été marquera également les 60 ans de MOTOWN. Ce label mythique, créé à Detroit avec seulement 800 US$ en 1959 par Berry Gordy Jr., a été l’une des plus grandes aventures de la musique internationale. Se réinventant à chaque époque, la « famille MOTOWN » guidée par ses figures tutélaires : Marvin Gaye, Diana Ross, Stevie Wonder, the Temptations, les Jackson 5,... accompagnera durant plus de 30 ans toutes les évolutions et mutations de la musique Afro-américaine, de la Soul Music des premières heures au RnB des années 90. Les premiers succès viendront très rapidement permettant à ce label de s’affirmer comme l’une des plus brillantes aventures afro-américaines en ces temps où les droits civiques restaient à conquérir.

The exhibition "DANCING IN THE STREET", punctuated by unpublished documents between photographs, sound extracts and videos, offers a tailor-made tour at the heart of the MOTOWN adventure. As the Rencontres d’Arles celebrates its 50th anniversary, this summer will also mark the 60th anniversary of MOTOWN. This mythical label, created in Detroit with only 800 US$ in 1959 by Berry Gordy Jr., has been one of the greatest adventures in international music. Reinventing itself at each era, the "MOTOWN family" guided by its tutelary figures: Marvin Gaye, Diana Ross, Stevie Wonder, the Temptations, the Jackson 5,... will accompany for more than 30 years all the evolutions and mutations of African-American music, from the Soul Music of the early hours to the RnB of the 90's. The first hits would follow very quickly allowing this label to assert itself as one of the most successful African-American ventures in these times when civil rights remained yet to be conquered.


NICOLAS HAVETTE Nicolas Havette, né en 1980, vit et travaille à Arles. Nicolas Havette a la charge de la direction artistique de la Fondation Manuel Rivera-Ortiz depuis 2015. Il est également commissaire associé de la biennale de photographie de Tainan (Taïwan) depuis 2018 et directeur artistique exécutif du Chinese International Photography and Art Festival de Zhengzhou (Henan, China) depuis 2016. Il a dirigé la galerie le Magasin de jouets de 2011 à 2018, a été co-directeur artistique du festival Les Nuits Photographiques de 2011 à 2015. Il a été co-commissaire de l’exposition Manger à L’œil au MUCEM, programme associé des Rencontres d’Arles en 2018. Il dirige différents workshops en collaboration avec Les Rencontres d’Arles ou encore avec OeilDeep et développe son travail personnel à la frontière entre le dessin, la photographie et la performance intitulé FORTUNES. Il est diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles en 2006.

MADJ Personnalité aux multiples facettes, véritable résistant culturel, Madj fut entre autres : co-animateur de l’émission « Fusion Dissidente » sur Radio Beur (actuelle Beur FM), co-initiateur de la compilation fondatrice de la scène rap français « Rapattitude », partie prenante dans l’élaboration et la conduite du projet « 11’30 Contre Les Lois Racistes » ainsi que dans l’organisation de plusieurs concerts de soutien alliant musique et contestation... Mais il restera surtout l’un des fondateurs et la figure de proue du label Assassin Productions, premier label indépendant du Hip-Hop français. Il marquera ainsi de son empreinte l’odyssée du groupe Assassin en lui insufflant une dimension culturelle et politique sans égal dans l’histoire du rap français. En 2003 il fut l’un des protagonistes du collectif La Bande Des 4 et participa à la composition de la plupart des titres de l’album instrumental « Hors De Contrôle », véritable ovni abstract Hip-Hop. Il est également l’initiateur pour Universal Music de la série de compilations vinyles Motor City consacrée aux premières heures du label Tamla Motown dont les deux premiers volumes sont parus au cours de l’année 2018. Il anime régulièrement les soirées TRAVELIN’ THROUGH THE PAST BADLY où ses DJ Sets mêlent éclectisme et énergie brute. Les murs de Mains d’Oeuvres, du Mondial du Tatouage, de La Maison Sage, du Mama Shelter, de L’International, du Festival Street Punk Ink Mas Party de St-Brieuc, de La Féline, de La Marbrerie, du Palais de Tokyo, du Bus Palladium, de La Dame de Canton, du Centre Culturel Hip-Hop LA PLACE ou du Saint-Sauveur,... en tremblent encore !

commissaire / curator

Nicolas Havette, born in 1980, lives and works in Arles. Nicolas Havette has been in charge of the artistic direction of the Manuel Rivera-Ortiz Foundation since 2015. He is also associate curator of the Tainan Biennale of Photography (Taiwan) since 2018 and executive artistic director of the Chinese International Photography and Art Festival in Zhengzhou (Henan, China) since 2016. He directed the gallery le Magasin de jouets from 2011 to 2018, was co-artistic director of the festival Les Nuits Photographiques from 2011 to 2015. He was co-curator of the exhibition Manger à l'oeil at MUCEM, an associated program of the Rencontres d'Arles in 2018. He leads various workshops in collaboration with Les Rencontres d'Arles or OeilDeep, and develops his personal work at the crossroads of drawing, photography and performance, entitled FORTUNES. He graduated from the Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d'Arles in 2006.

commissaire / curator Cultural activist, Madj has always had many roles such as co-host of the radio show "Fusion Dissidente" on Radio Beur (now Beur FM), co-creator of the ground-breaking compilation of the French rap scene "Rapattitude", involved in the development and management of the project "11'30 Contre Les Lois Racistes" as well as in the organization of several fund-raising concerts combining music and protest... But he will remain above all one of the founders and the leading figure of the Assassin Productions label, the first independent label in French Hip-Hop. Leaving his mark on the group's odyssey by giving it an unrivalled cultural and political dimension in the history of French rap. In 2003 he was one of the leading members of the collective La Bande Des 4 and participated in the composition of most of the tracks of the instrumental album "Hors De Contrôle", a true UFO of Hip-Hop. He is also the initiator for Universal Music of the Motor City vinyl compilation series dedicated to the first hours of the Tamla Motown label, the first two volumes of which were released in 2018. He regularly hosts the TRAVELIN' THROUGH THE PAST BADLY parties where his DJ Sets mix an eclectic and raw energy. The walls of Mains d'Oeuvres, Mondial du Tatouage, La Maison Sage, Mama Shelter, L'International, Festival Street Punk Ink Mas Party de St-Brieuc, La Féline, La Marbrerie, Palais de Tokyo, Bus Palladium, La Dame de Canton, Centre Culturel Hip-Hop LA PLACE or Saint-Sauveur, ... are still shaking !

13


ADAM WHITE Adam White écrit sur la musique et sur l’industrie musicale depuis 40 ans. Il a été vice-président de la communication chez Universal Music International de 2002 à 2012. Il est l’auteur, avec Barney Ales, de Motown : The Sound of Young America (Thames & Hudson). White a commencé sa carrière en écrivant pour New Musical Express et Melody Maker, puis a travaillé pour le magazine professionnel britannique Music Week avant de s’installer à New York pour rejoindre Billboard, où il est devenu rédacteur international puis rédacteur en chef. En 1983, White a écrit The Motown Story : The First Twenty-Five Years, une rétrospective nominée aux Grammy et narrée par Smokey Robinson et Lionel Richie, et en 2005, il a écrit les notes de couverture nominées aux Grammy pour Heaven Must Have Sent You : The Holland/Dozier/Holland Story. En outre, White est co-auteur du Billboard Book of Number One Rhythm & Blues Hits, et son travail a été publié dans Rolling Stone, Black Echoes, Radio & Records, Mojo et The Times.

consultant Adam White has written about music and the music industry for more than 40 years, and was vice-president of communications at Universal Music Group International from 2002 to 2012. Author with Barney Ales of Motown: The Sound of Young America (Thames & Hudson). He began his career writing for publications such as New Musical Express and Melody Maker, then served at U.K. trade magazine Music Week before moving to New York to join Billboard, where he advanced to international editor, managing editor and editor-in-chief. In 1983, White scripted The Motown Story: The First Twenty-Five Years, a Grammy-nominated retrospective narrated by Smokey Robinson and Lionel Richie, and in 2005, he wrote Grammy-nominated liner notes for Heaven Must Have Sent You: The Holland/Dozier/Holland Story. In addition, White co-authored The Billboard Book of Number One Rhythm & Blues Hits, and his work has appeared in Rolling Stone, Black Echoes, Radio & Records, Mojo and The Times.

MOTOWN, THE SOUND OF YOUNG AMERICA

publié en 2016

Temple de la soul music et du rythm’n’blues, Motown, le label indépendant créé à Detroit par Berry Gordy en 1959 est devenu un style à lui tout seul. Sur fond de ségrégation, d’émeutes raciales et de lutte portée par les idéaux de Martin Luther King, l’histoire de ce label mythique ne pouvait être racontée sans éclairer un contexte historique d’une grande violence. Mais la Motown incarne aussi le glamour avec des artistes dont les hits mondialement connus nous jettent encore aujourd’hui sur la piste de danse. Outre les pochettes, portraits et ambiances urbaines, les archives du label ont permis de reproduire ici de savoureuses scènes de studio. On y retrouve Stevie Wonder, Marvin Gaye, Diana Ross & the Supremes, Smokey Robinson & the Miracles, les Jackson 5, The Temptations, The Marvelettes, Martha Reeves & the Vandellas et bien d’autres... Un régal !

14

The music of Motown needs no introduction. Berry Gordy’s record label became a league of its own producing hit after hit, suave, sassy and sophisticated, and shaped the careers of so many of the greatest musicians of all time. Now, and with fresh new insights and an incredible visual narrative, the official, visual history of this momentous contribution to music and American culture is told in full. This book delves deep into the success stories of Motown’s powerhouse creative team, including the Holland-Dozier-Holland trio, and unpicks backstories of the Motown musicians envied by many, and covered by the rest. The roster includes Stevie Wonder, Marvin Gaye, Diana Ross & the Supremes, Smokey Robinson & The Miracles, the Jackson 5, The Temptations and Martha Reeves & The Vandellas. Motown: The Sound of Young America is dense with information and materials gathered from the personal accounts and archives of many of the key players. It is a spectacular labour of love befitting an incredible story.


détail : DANCING IN THE STREET. The Jackson 5 © UNIVERSAL


STEPHEN SHAMES BOBBY SEALE BLACK PANTHER PARTY 10-POINT PROGRAM commissaire et partenaire / curator and partner Photo Doc.

détail : BLACK PANTHER PARTY, 10-POINT PLATFORM AND PROGRAM © Stephen SHAMES & Bobby SEALE

Black Panther Party 10-Point Platform and Program c’est douze photographies emblématiques des Panthers du photographe Stephen Shames, en collaboration avec le co-fondateur du Black Panther Party, Bobby Seale. Ce magnifique portfolio met en lumière les 10 points historiques co-rédigés par les fondateurs Bobby Seale et Huey P. Newton en 1966, qui ont été la pièce maîtresse de la mission du Parti. Bobby Seale s’est rendu au studio de Stephen Shames à Brooklyn en avril 2019 et inscrit à la main sur chaque tirage un des 10 points. Seale et Shames les ont ensuite signés ensemble. 10-points Portfolio a été exposé à Photo Doc. foire et à la Photo Doc. Galerie.

Black Panther Party 10-Point Platform and Program features twelve iconic photographs of the Black Panthers by photographer Stephen Shames, in collaboration with the Black Panther Party co-Founder Bobby Seale. This stunning Portfolio highlights the historic 10-Points coauthored by the founders Bobby Seale and Huey P. Newton in 1966 that were the cornerstone of the Party’s mission.Bobby Seale came to Stephen Shames’ studio in Brooklyn in April, 2019 and wrote by hand the headline of one of the 10-Points on each print. Then Seale and Shames signed them together. The 10-Point Portfolio was exhibited at Fair Photo Doc. and the Photo Doc. Gallery.

BLACK PANTHER PARTY

Admiré, injurié, calomnié, imité, mal compris, le Black Panther Party a été l’une des réponses les plus créatives et les plus influentes au racisme et aux inégalités économiques de l’histoire américaine. Ils ont prôné l’autodéfense armée contre la brutalité policière et initié des patrouilles armées de fusils –et de livres juridiques. Les Panthers ont également lancé plus de 50 programmes communautaires de survie, y compris les programmes de petits déjeuners gratuits pour les écoliers, de cliniques médicales gratuites, de repas et d’habits, d’aide juridique, de dépistage de drépanocytes, une école primée et SAFE –destiné aux seniors visant à prévenir les agressions contre les aînés, surtout lorsqu’ils sortent encaisser leur allocation ou leur pension.

Admired, reviled, emulated, misunderstood, the Black Panther Party was one of the most creative and influential responses to racism and economic inequality in American history. They advocated armed self-defense to counter police brutality and initiated a program of patrolling the police with shotguns –and law books. The Panthers also initiated more than 50 community survival programs, including the Free Breakfast for School Children, Free Medical Clinics, Free Food, Clothing, and Legal Aid programs, sickle cell screening, an award-winning charter school, and SAFE –a senior citizen program to help prevent muggings and attacks upon the elderly, particularly when they go out to cash their Social Security or pension checks.


STEPHEN SHAMES Stephen Shames sensibilise les gens aux questions sociales à l’aide de ses photographies, avec un accent particulier sur la précarité infantile, sur la lutte contre la pauvreté des enfants et la discrimination raciale. Ses photographies sont conservées au Museum of Modern Art, National Portrait Gallery, National Museum of African-American History and Culture, Dolph Briscoe Center for American History, University of Texas, Austin, et San Francisco Museum of Modern Art. Il est auteur de dix monographies dont : Power to the People: The World of the Black Panthers, Bronx Boys, et Outside the Dream. Shames a reçu le prix Kodak Crystal Eagle Award for Impact in Photojournalism for Outside the Dream. American Photo l’a classé parmi les quinze Most Underrated Photographers. PBS a nommé Hine, Wolcott et Shames comme photographes dont l’oeuvre favorise le changement social.

BOBBY SEALE Bobby Seale a présidé le Black Panther Party fondé avec Huey P. Newton en 1966. Sous sa direction, les Panthers lancent des programmes pour aider la communauté. Bobby Seale a publié de nombreux livres : Seize the Time : The Story of the Black Panther Party and Huey P. Newton, A Lonely Rage, et Power to the People : The World of the Black Panthers, co-écrit avec Stephen Shames en 2016. Seale s’est présenté comme maire d’Oakland en 1973, mais a finalement perdu avec 40 % des voix. Seale a partagé ses expériences en tant que Black Panther dans plus de 500 collèges pour donner conseil aux jeunes intéressés par la vie communautaire et la justice sociale.

né en 1947 à Cambridge, États-Unis

Stephen Shames uses his photography to raise awareness of social issues, with a particular focus on child poverty, solutions to child poverty, and race. His photographs are in the permanent collections of major museums, including: Museum of Modern Art; National Portrait Gallery; National Museum of African-American History and Culture; Dolph Briscoe Center for American History, University of Texas, Austin; and San Francisco Museum of Modern Art. Shames is the author of ten monographs including: Power to the People: The World of the Black Panthers, Bronx Boys, and Outside the Dream. He received the Kodak Crystal Eagle Award for Impact in Photojournalism for Outside the Dream. American Photo named Shames one of the fifteen Most Underrated Photographers. PBS named Hine, Wolcott, and Shames as photographers whose work promotes social change.

né en 1936 à Dallas, États-Unis Bobby Seale was Chairman of the Black Panther Party, which he co-founded with Huey P. Newton in 1966. Under his leadership, the Panthers started many survival programs. Bobby Seale wrote a number of books, including: Seize the Time: The Story of the Black Panther Party and Huey P. Newton, A Lonely Rage, and Power to the People: The World of the Black Panthers, a 2016 book he co-authored with Stephen Shames. Seale ran for Mayor of Oakland in 1973, but ultimately lost with 40% of the vote. Seale has visited over 500 colleges to share his personal experiences as a Black Panther, to give advice to students interested in community organizing and social justice.

PHOTO DOC. Photo Doc est une plateforme associative fondée en 2016 qui a pour vocation d’accompagner, défendre et diffuser la photographie documentaire dans ce qu’elle a d’agissant. Parce que les actions culturelles et marchandes sont indissociables et doivent être menées de pair pour développer un marché qui donne du sens, Photo Doc propose divers rendez-vous : une foire annuelle à la Halle des Blancs Manteaux dans le Marais, des expositions dans sa galerie à l’Hôtel de Retz, des hors-les-murs, des tables-rondes, des workshops et une collection de films « Révélation ». Plus récemment, Photo Doc a décidé de mettre en place une mission photographique sur le territoire français en collaboration avec des universités : l’objectif est de former des binômes photographes/chercheurs pour un travail au long-court sur des sujets précis et définis ensemble.

Photo Doc was founded in 2016 as an associative platform to support, defend and promote documentary photography in actively influencing society. For cultural and commercial actions are inseparable and must be carried out together to develop a market that provides meaning, Photo Doc offers various events: an annual fair at the Halle des Blancs Manteaux in the Marais, exhibitions in its gallery at Hôtel de Retz in Paris, off-walls, round tables, workshops and the film series "Révélation". More recently, Photo Doc has launched a photographic mission on the French territory in collaboration with universities: the objective being to team up photographers and researchers for long-term assignments on specific and jointly-defined subjects.

17


MANUEL RIVERA-ORTIZ THE FORGOTTEN CHILDREN OF AHMEDABAD

commissaire / curator Nicolas HAVETTE

partenaire / partner ChromaLuxe

détail : THE FORGOTTEN CHILDREN OF AHMEDABAD © Manuel RIVERA-ORTIZ

Je suis parti en Inde à la recherche de richesses. Non pas les richesses d’un monde hostile et rude, mais les richesses d’une nation aimable et ancienne chargée d’histoire. À Amdabad, je suis tombé sur le seuil du célèbre centre de la non-violence, de Gandhi. De la grande cour de l’ashram de Sabarmati, je suis entré dans ce qui était la maison de Gandhi pendant près de treize ans, alors qu’il cherchait encore sa voix. C’est alors que j’ai rencontré le Dr A.T. Ariyaratne, fondateur de Sarvodaya, une organisation pour les pauvres des campagnes de son Sri Lanka natal, et ancien candidat au prix Nobel – dans le couloir de l’ancien foyer de Gandhi. Le Dr Ariyaratne était aussi venu en quête de connaissances. Et nous l’avons tous les deux trouvé dans les endroits les plus étranges, son urne vide exposée derrière une mince paroi de verre, juste à droite de sa célèbre canne et ses frêles lunettes. Gandhi était un homme simple. Son sensibilité et sa compassion pour les pauvres et les opprimés (les intouchables Dalits) sont contagieuses. Plus besoin de mots pour nous, nous avions tout simplement compris. Amdabad est la capitale de l’État indien du Gujarat et la septième ville de l’Inde. L’ashram de Sabarmati, propre, épuré, contemplatif, représentait pour Gandhi et pour nous tout ce qui était idéal et décent pour les masses indiennes et pour l’humanité. A quelques kilomètres de l’ashram, dans un minuscule bidonville, derrière des stands de légumes et de sodas éparpillés, le rire et les cris des enfants ont attiré mon attention. En bas d’une petite colline, sur la rive ouest

I went to India looking for riches. No, not the riches of an unkindly harsh world, but the riches of a kind and ancient nation steeped in history. In Amdabad, I ventured to find the portal of a place made famous as the epicenter of non-violence, of Gandhi. In the large patio of the Sabarmati Ashram, I walked into what was Gandhi’s home on the property for nearly thirteen years searching for ethereal knowledge. That’s when I met Dr. A.T. Ariyaratne, founder of Sarvodaya –a Gandhi-like organization representing the rural poor in his native Sri Lanka, and a former Nobel Prize nominee– in the hallway of the scantily furnished home where Gandhi lived. Dr. Ariyaratne too had come here looking for knowledge. And we both found it; in the most peculiar of places behind a thin-glass wall encasement where the empty urn once carrying Gandhi’s funeral ashes, his asymmetric walking stick, his frail wire-frame reading glasses, sat silently on display. Gandhi was a simple man. His affinity and compassion for the poor and the oppressed (the untouchable Dalits) were catching. No more words were needed for us. We simply understood. Ahmedabad is the capital of the Indian state of Gujarat and India’s seventh largest city. The Sabarmati Ashram compound –clean, uncluttered, contemplative– represented for Gandhi and for us all that was ideal and decent about the Indian masses and about humanity. A couple of miles away from the Ashram, in a tiny obscure enclave slum tucked away behind scattered vegetable and soda stands, the sound of children frolicking caught my attention. Down a small hill on the west bank of a


d’un affluent sale de la rivière Sabarmati, les enfants se réunissaient pour aller à l’école dans une petite salle de classe sans murs parmi les cabanes au toit de tôle. À peine entré, j’ai été accueilli par les visages rayonnants des petits assis par terre, apprenant leur alphabet anglais. Alors qu’eux allaient à l’école, la plupart des enfants du bidonville passaient leurs journées à s’occuper de leurs petits frères et sœurs pendant que les parents luttaient pour se nourrir et cherchaient du travail. Mirnuxi Dhairew, l’un des deux enseignants du Kasturben Himmatlal Jani Charitable Trust, m’invita à rencontrer les élèves. Certains d’entre eux étaient timides et introvertis. « Ils ont été maltraités », dit Dhairew, « les adultes ici profitent d’eux quand les parents ne sont pas là ! » Ça se lisait sur leurs visages –la méfiance et la peur des adultes. Les enfants plus âgés essaient de faire preuve d’un certain degré d’adaptation à ce qui leur arrive quand personne n’est là pour les protéger. Alors Dhairew réunit leur attention et leur demande de chanter l’alphabet. Ici vit l’esprit Gandhi, ancré dans les mœurs et parmi les enfants oubliés. Il y connaissait la dure réalité des jeunes du bidonville dont s’occupe aujourd’hui Kahija, fondation caritative dont le but est de fournir éducation et soins médicaux aux enfants des rues. Les enfants de Dhairew, pris en charge par Kahija, ont été victime de violence physique et mentale ; malades, affamés et sans abri. Démunis, abandonnés, toxicomanes et prostitués ; devenus séropositifs à la suite de rapports sexuels forcés. Sur les 2 000 cas d’Amdabad pris en charge par Kahija, près de 45 pour cent reçoivent un traitement actif pour une MST. « Les voisins les violent », dit Sushri Sonal Kellogg, un chroniqueur à l’époque pour The Asian Age à Amdabad. Kellogg a peu d’espoir pour les enfants des bidonvilles ou leurs familles. « Personne ne semble trop se soucier de ce qui se passe là-bas,» disait-il, « tout le monde en souffre. Les besoins sont trop importants. » Mendiants dans la rue, trieurs d’ordures dans des décharges, ou alors, s’ils avaient de la chance, ouvriers dans l’usine de papier voisine, les parents des bidonvilles n’ont d’autre choix que de laisser leurs enfants seuls. Il arrive que des voisins donnent un coup de main, mais ces actes de générosité sont rares. Les abus persistent dans ces quartiers marginaux –un phénomène que j’ai vu se reproduire dans les bidonvilles de Mumbai à Calcutta. Je voyais ça souvent là où j’ai grandi –activité sexuelle forcée, sans règles, gratifiante pour certains, psychologiquement désastreuse pour d’autres, en particulier les petites victimes. Chez nous, Papá travaillait beaucoup sur les champs de canne à sucre, ou loin en Nouvelle-Angleterre. Mamá restait seule des mois durant pour s’occuper de nous, apportant l’eau de la rivière voisine et lavant les vêtements contre des pierres usées. Telles sont les heures où, dans les bidonvilles, les malheurs arrivent aux enfants. Les heures où la vie bascule pour les petites victimes. Bienvenue dans la jungle de la pauvreté. Bienvenue aux lépreux oubliés de notre société.

parched and filthy tributary to the Sabarmati River, a tiny one-room open-facade classroom nestled among tin-roofed wooden shacks where children gathered for school. I walked in to be greeted by the tiny young faces beaming at me from the floor where they sat learning their ABCs in English. While these children attended school most slum children spent their days cooking and caring for younger siblings while parents scraped for food or work on the streets. Mirnuxi Dhairew, one of two instructors from the Kasturben Himmatlal Jani Charitable Trust, invites me to meet the children. I find that some of them are shy and withdrawn. "They have been abused," says Dhairew, "adults here take advantage of them when parents aren’t around!" I could see it on their faces –the stories of distrust and fear of adults. The older kids try to exhibit certain happiness or conformity to what occurs when no one’s around. That’s when Dhairew gathers all of their attention toward the front instructing them to sing the "ABC Song." Here lives the spirit of Gandhi imbued on a nation, amongst the children of the forgotten. There was the forced, harsh reality of life for the young in the slum, for these children cared for now by Kahija –charitable foundation that provides education and medical care to street children. Dhairew’s children come into the care of Kahija physically and mentally abused; ill, hungry, and homeless. They are destitute, abandoned, addicted to drugs and to prostitution. Dhairew’s children have become HIV positive through forced sex. Of the 2,000 cases in Amdabad in the care of Kahija, nearly 45 percent are actively receiving treatment for an STD. "Neighbors rape them," said Sushri Sonal Kellogg, a crime reporter for The Asian Age in Amdabad. Kellogg holds little hope for slum children or their families. "Nobody seems to care too much about what’s going on there," she says, "everybody is struggling. The need is too great." As beggars on the streets, trash sorters at impromptu dumpsites, or, if they’re lucky, as factory workers at the nearby paper mill, slum parents have no choice but to leave their children behind unattended. Neighbors might step in unprompted to lend a hand, but that generosity is highly sporadic at best. So, the abuse continues in these prevalent slums –a phenomenon I saw repeated in slums from Mumbai all the way to Calcutta. I saw it happen regularly in the slum I grew up in forced, rules-less sexual experimentation gratifying for some, disastrously emotionally damaging for others especially the little victims. In our home, Papá spent much of his time working in sugar cane fields, or far away in New England. Mamá was left behind alone to care for all of us for months at a time –carrying water on her head from the nearby river or washing clothes against worn-out rocks. These are the hours when in slums bad things happen to children. These were the hours when life changes for the little victims. Welcome to the jungle of poverty. Welcome to the forgotten lepers of our society.

19


<<

J’espère continuer de capturer des histoires touchantes à travers mon objectif, afin de sauvegarder, ne serait-ce que pour un instant, la vie et l’âme de toutes ces personnes incroyables à travers le globe.

BIO Manuel Rivera-Ortiz focalise son travail sur les personnes dans les pays en développement. « Mon enfance façonne mes propos en photographie » dit-il, « Ces enfants du bidonville rappellent si bien ma vie, qu’ils me fascinent. » Manuel Rivera-Ortiz est né dans le village de Pozo Hondo, près de Guayama, à Porto Rico. En grandissant, il n’imaginait pas la pauvreté dans laquelle vivait sa famille. « Nous manquions très souvent de nourriture. Pour survivre, mes frères et sœurs quémandions régulièrement les restes à nos voisins. » Une vie qu’il n’oubliera jamais et qui se trouve aujourd’hui au cœur même de cette Fondation qui témoigne du sort malheureux de ses habitants. Après Porto Rico, Rivera-Ortiz a emménagé à Holyoke, Massachusetts, en 1979. En 1981, la famille déménage à Rochester, NY, où il vit toujours aujourd’hui. Diplômé en littérature anglaise de l’université de Nazareth, à Rochester, il apprend le journalisme à l’Université de Columbia, à New York. Il a travaillé dans l’édition de journaux et magazines, à la télévision, et est l’auteur de plusieurs livres en photographie, en plus d’être le président et fondateur de la Fondation portant son nom.

20

My hope is to continue to capture heartening stories through my lens; to record, if just for one moment, the life and spirit of these incredible people around the world.

né en 1968 à Guayama, Puerto Rico Manuel Rivera-Ortiz’s work centers on people in developing countries. "My childhood experiences color what I want to talk about in pictures," he says. "The children in the slum, are all very similar to my life growing up in so many ways, so they draw me in." Rivera-Ortiz was born in Guayama, Puerto Rico, in a hamlet called Pozo Hondo. Growing up, he didn’t imagine his family was poor. However, it was, dirt poor in fact. "Food was scarce. I often begged the neighbors for scraps for my brothers and sisters." So, it went, a life he never forgets and today rests at the core of this Foundation itself serving as a testament to the unfortunate lives of people. After Puerto Rico, Rivera-Ortiz lived in Holyoke, Massachusetts from 1979 to 1981. In 1981 the family moved to Rochester, NY, where he has lived ever since. Rivera-Ortiz is a graduate in English Literature, Linguistics, Rhetoric from Nazareth College, as well as a graduate of journalism from Columbia University in the City of New York. He has worked in editorial in magazines and newspapers, in television, and is the author of books in photography, as well as being the President and the founder of this Foundation.


détail : FORGOTTEN CHILDREN OF AHMEDABAD © Manuel RIVERA-ORTIZ


DOMINIQUE LAUGÉ VOYAGE EN CHINE D’AUJOURD’HUI SUR LA ROUTE DE LA SOIE commissaire / curator Laura SERANI

partenaires / partners

The Chinese People’s Association for Friendship with Foreign Countries, Schneider Electric, Ville de Yiwu, Gasme SME, Initial Labo, Leica

détail : VOYAGE SUR LA ROUTE DE LA SOIE DANS LA CHINE D’AUJOURD’HUI. Hong Kong-Macau-Zhuhai bridge. Zhuhai, Guadong Prov. China, 2018 © Dominique LAUGÉz

En 2016, ayant déjà réalisé plusieurs projets en Chine, Dominique Laugé, photographe, et Alain Jouffray, musicologue et grand connaisseur du pays, imaginent un voyage sur de Nouvelles routes de la soie. En effet, c’est en 2013 que le président Xi Jinping annonce la création du projet OBOR : One Belt One Road, du chinois Yi Dai Yi Lu. Cette gigantesque entreprise a pour but la mise en place d’itinéraires terrestres reliant la Chine et l’Europe via l’Asie centrale, et la création de routes maritimes reliant la Chine à l’Afrique de l’Est et à la Méditerranée. L’an 2017 est consacré à la préparation du voyage avec la précieuse aide de l’APCAE (Association du Peuple Chinois pour l’Amitié avec l’Étranger) qui fournit la logistique du périple à travers la Chine au cours de l’été 2018. Parallèlement, l’entreprise Leica fournit le matériel haut de gamme nécessaire à la réalisation du projet. Dominique Laugé, accompagné d’Alain Jouffray, sillonne ainsi la Chine, de la frontière avec le Kazakhstan jusqu’aux rivages de sa mer méridionale. Le fil conducteur de ce qui peut s’apparenter à une quête consiste à traduire par l’image tout lieu de rencontres et d’échanges entre les hommes : ponts physiques et symboliques, gares routières et ferroviaires, ports fluviaux et maritimes, aéroports, administrations et entreprises. Du pont de pierre Luoyang au grand pont de Zhuhai (57km), des pétroglyphes d’Helanshan au street art de Wuhan, du musée de la Banque à Pingyao aux commissions de gestion des zones de libre-échange, du Musée maritime

In 2016, having already completed several projects in China, Dominique Laugé and Alain Jouffray, musicologist and a great connoisseur of the country, imagined a trip on the New Silk Roads. Indeed, it is in 2013 that President Xi Jinping announced the creation of the OBOR project, One Belt One Road in English, by Chinese Yi Dai Yi Lu. This gigantic endeavour aims to set up land routes – belt-road – linking China and Europe via Central Asia, and create sea routes linking China to East Africa and the Mediterranean. The year 2017 is dedicated to the preparation of the trip with the precious help of the CPAFFC (Chinese People’s Association for Friendship with Foreign Countries) which provides the logistics of the trip through China in the summer of 2018. In addition, the Leica company provides high-end equipment, required to carry out the project. Dominique Laugé, accompanied by Alain Jouffray, travels throughout China, from the border of Kazakhstan to the shores of the southern sea. The common thread of what can be regarded as a quest is to translate into images every place where people meet and exchange: physical and symbolic bridges, bus and railway stations, inland and sea ports, airports, administrations and companies. From the Luoyang stone bridge to the great Zhuhai bridge (57 km-long), from the Helanshan petroglyphs to the Wuhan street art, from the Bank Museum in Pingyao to the Free Trade Area Management Commissions, from


de Quanzhou aux ports internationaux, de la cérémonie traditionnelle du thé de Longjing aux restaurants planétaires de Yiwu, de la médecine traditionnelle de Hangzhou aux robots analysant les pathologies dans les 'smart cities' de Yinchuan, des fêtes des lanternes aux composants de Schneider Electric… Laugé a eu la rare opportunité de photographier un pays en pleine mutation, souvent méconnu du public occidental.

BIO Dominique Laugé a étudié la littérature à l’Université de Bordeaux. Entre 1982 et 1984, il a suivi les cours du Brooks Institute of Photography à Santa Barbara (Californie) où il a également étudié le Zone System avec Bob Werling et Ansel Adams. De 1985 à 2005, il a vécu à Genève, puis vingt ans à Milan où il était photographe indépendant. Basé depuis une quinzaine d’années à Gaillac, il travaille sur des projets éditoriaux autour du paysage et de la photographie documentaire. Au cours de sa carrière de photographe, il a obtenu plusieurs prix parmi lesquels le prix Epica International de la publicité (1990) ; le Art Directors Club Italian Prize, pour plusieurs campagnes de publicité (1991-93) ; le Kodak European Gold Award for Portrait Photography (1995, 1996) ; le Prix Mediastar (2005). Il a publié de nombreux ouvrages: « L’Occhio Incantato », Ed. Johan & Levi, Milan (2006), « Il viaggio di Meyer », Credito Valtellinese, Milan (2007), « La Fondation des Treilles », Fondation des Treilles, Paris (2010), « 365 Etincelles » avec Fr. Cassingena Trevedy, Ed. de l’Œuvre, Paris (2010) et « Taklamakan » avec Laurent Gayard, Ed. Johan and Levi, Milan (2016). Il a exposé dans de nombreuses galeries et institutions : Il Diaframma, Milan (1986), « Babel » Fiera Internazionale d’Arte, Milan (1999), Galleria Venti Correnti, Milan et FNAC, Gênes, Italie (2002), Art Paris, France (2004), Institut Français de Valence, Espagne (2006), Galleria 70, Milan et The Seen Gallery, Atlanta, USA (2007), Galleria del Credito Sicliano, Acireale, Sicile (2008), Galleria Sabrina Raffaghello, Alessandria, Italie (2010), Institut national de l’histoire de l’art et Bibliothèque Marmottan, Paris et Muséum d’histoire naturelle, Gaillac, France (2011), Picture This Gallery, Hong Kong (2013), Fabbrica del vapore, Milan et The Meridian Space, Pékin, Chine (2017), Muséum d’histoire naturelle, Gaillac et Galleria 70, Milan (2018).

the Quanzhou Maritime Museum to international ports, from the traditional Longjing tea ceremony to the global restaurants in Yiwu, from traditional medicine in Hangzhou to robots analysing pathologies in Yinchuan’s smart cities, from lantern festivals to Schneider Electric components... Laugé had the unique opportunity to photograph a country in full mutation, often unknown to the Western public.

né en 1958 à La Rochelle Dominique Laugé studied literature at the University of Bordeaux. Between 1982 and 1984, he attended the Brooks Institute of Photography in Santa Barbara, California, where he also studied the Zone System with Bob Werling and Ansel Adams. From 1985 to 2005, he lived in Geneva, then twenty years in Milan where he was a freelance photographer. Based in Gaillac for the past fifteen years, he has been working on editorial projects on landscape and documentary photography. During his career as a photographer, he received several awards including: Epica International Advertising Award (1990); Art Directors Club Italian Prize for several advertising campaigns (1991-93); Kodak European Gold Award for Portrait Photography (1995, 1996); the Mediastar Award (2005). He has published many books such as: "L’Occhio Incantato", Johan & Levi, Milan (2006), "Il viaggio di Meyer", Credito Valtellinese, Milan (2007), "La Fondation des Treilles", Fondation des Treilles, Paris (2010), "365 Etincelles" with Fr. Cassingena Trevedy, Ed. de l’Œuvre, Paris (2010) and "Taklamakan" with Laurent Gayard, Johan & Levi, Milan (2016). Had shows in many galleries and institutions: Il Diaframma, Milan, Italy (1986), "Babel" Fiera Internazionale d’Arte, Milan (1999), Galleria Venti Correnti, Milan and FNAC, Genoa, Italy (2002), Art Paris, Paris, France (2004), Institut Français de Valence, Spain (2006), Galleria 70, Milan and The Seen Gallery, Atlanta, USA (2007), Galleria del Credito Sicliano, Acireale, Sicily (2008), Galleria Sabrina Raffaghello, Alessandria, Italy (2010), Institut national de l’histoire de l’art and Bibliothèque Marmottan, Paris et Muséum d’histoire naturelle, Gaillac, France (2011), Picture This Gallery, Hong Kong (2013), Fabbrica del vapore, Milan et The Meridian Space, Beijing, China (2017), Muséum d’histoire naturelle, Gaillac et Galleria 70, Milan (2018).

23


détail : VOYAGE SUR LA ROUTE DE LA SOIE DANS LA CHINE D’AUJOURD’HUI. Truck driver, night. Zhengzhou, Henan Prov. China, 2018 © Dominique LAUGÉ


LAURA SERANI Directrice artistique et auteure, née en Italie et vivant à Paris, Laura Serani est souvent amenée à collaborer avec institutions, festivals et éditeurs en Europe et ailleurs. Actuellement directrice artistique du festival Planche(s) Contact à Deauville et, depuis 2014, conseillère et présidente du Prix Résidence pour la Photographie de la Fondation Les Treilles en France. Elle a été la directrice artistique des éditions 2014 et 2008 du Mois de la Photo à Paris, des Rencontres de Bamako, Biennale africaine de la photographie, au Mali de 2009 à 2014 et, précédemment, directrice de la Fnac Collection et des Fnac Galleries (Europe, Brésil et Taïwan), de 1986 à 2006.

APCAE Fondée en 1954, L'Association du Peuple Chinois pour l’Amitié avec l’Étranger (APCAE) est l’une des premières organisations nationales du peuple Chinois qui se consacre à la diplomatie interpersonnelle de la République populaire de Chine. Dans le but de renforcer l’amitié entre les peuples, de promouvoir la coopération internationale, de sauvegarder la paix mondiale et de promouvoir le développement commun, et entretient, au nom du peuple chinois, des liens étroits et étendus à l’internationale. L'APCAE sert de pont sous la tutelle du gouvernement chinois et tous les secteurs de la société en Chine et à l’étranger. Elle mène un travail de coopération entre les peuples de manière globale, multiple et diversifiée, qui favorise la compréhension, développe l’amitié et renforce les liens entre les pays. S’efforçant de poser des bases solides d’amitié entre la Chine et les autres pays, l'APCAE joue un rôle actif dans l’édification d’un monde harmonieux de paix durable et de prospérité commune.

commissaire / curator Curator and author, born in Italy and now living in Paris, Laura Serani regularly collaborates with institutions, festivals, and publishers in Europe and elsewhere. Currently, art director of the Planche(s) Contact festival in Deauville and, since 2014, advisor and president of the Prix Résidence pour la Photographie de la Fondation des Treilles in France. She was art director for the 2014 and 2008 editions of the Mois de la Photo in Paris, art director of the Rencontres de Bamako, African biennial of photography, in Mali from 2009 to 2014 and, previously, director of the Fnac Collection and of the Fnac Galleries (Europe, Brazil and Taiwan), from 1986 to 2006.

partenaire / partner Established in 1954, The Chinese People’s Association for Friendship with Foreign Countries (CPAFFC) is one of the earliest national people’s organizations engaged in people-to-people diplomacy of the People’s Republic of China. To enhance people’s friendship, further international cooperation, safeguarding world peace and promoting joint development, and on behalf of the Chinese people, the CPAFFC makes friends with foreign countries widely and tightly on the international arena. It serves as a bridge under the support of the Chinese government and all sectors of society in China and abroad. It encourages people-to-people friendship in an all-around, multi-level, and wide-range way which enhances understanding, develops friendship, strengthens international cooperation. Laying a solid foundation of friendship between China and other countries, it plays an active role in bringing harmony for a world of lasting peace and shared prosperity.

25


YING ANG

BOWER BIRD BLUES

commissaire / curator Laura SERANI

partenaire / partner ChromaLuxe

détail : BOWER BIRD BLUES. Untitled, 2018 © Ying ANG

L’épreuve de matrescence –la transition physique, psychologique et sociale qui s’opère chez les femmes pendant la maternité– est un voyage de métamorphose et de défis extraordinaires. Contrairement aux rituels et aux histoires de l’adolescence, la matrescence est largement négligée en tant que stade de développement de l’expérience humaine. Considérée comme un travail de femmes et donc banale dans les annales de l’art et de la littérature, la période de maturation est extraordinairement complexe au moment où les corps et les relations des femmes sont pénalisés, la chimie du cerveau modifiée et l’identité complètement altérée. Bower Bird Blues parle de ma propre expérience de la matrescence - la claustrophobie, la solitude paradoxale, la dépression et la luminescence de cette période transformatrice. La maternité est profondément physiologique et fait aussi appel aux parties les plus animales intuitives et sacrificielles de notre psyché. J’ai dépassé des limites dont j’ignorais l’existence, j’ai respiré de moins en moins d’air, mon métabolisme s’est ralenti, mon cerveau alors concentré sur un seul point : faire que la vie perdure.

<<

La naissance n’est pas seulement ce qui sépare les femmes d’elles-mêmes, de sorte que la conception qu’ont les femmes de ce qu’est l’existence est profondément modifiée. Un autre être humain a existé en elle, et après sa naissance, il vit dans la juridiction de sa conscience. Quand elle est avec eux, elle n’est pas elle-même ; quand elle est sans eux, elle n’est pas elle-même.

The journey through "matrescence" - the physical, psychological and social transition that happens to women during motherhood - is one of extraordinary metamorphosis and challenge. Unlike the rituals and stories of adolescence, "matrescence" is mostly overlooked as a developmental stage of the human experience. Seen as women’s work and often mundane in the annals of art and literature, the period of "matrescence" is complex and layered, a time where female bodies and relationships are taxed, brain chemistry changed, and self-identity wholly altered. Bower Bird Blues is about my own experience of "matrescence" - the claustrophobia, paradoxical loneliness, depression and luminance of this transformative time. Motherhood is deeply physiological and taps into the most animalistic, intuitive, and sacrificial parts of our psyche. I have exploded through limits that I never knew I had, breathing thin air, metabolism slowed to famine mode, brain dialed down to pinpoint focus on only one thing. Make life endure.

Birth is not merely that which divides women from themselves, so that a woman’s understanding of what it is to exist is profoundly changed. Another person has existed in her, and after their birth they live within the jurisdiction of her consciousness. When she is with them, she is not herself; when she is without them, she is not herself.

"A Life's Work" by Rachel CUSK


Now, at last, the truth Blood magic I grew, divided, became two. Shed skin, old ghosts Scaled form emerged, Sinuous, anew.

BIO Basée entre Melbourne, Singapour et New York, Ying Ang a exposé dans des expos collectives et en solo show de New York à Arles et publié dans The New York Times, Wall Street Journal, Time, Vice et The Fader des commandes éditoriales, ainsi que ses projets personnels. Major de sa promotion en photographie documentaire et photojournalisme au Centre International de la Photographie (ICP), avec un portfolio acquis pour la collection permanente du Musée de la Ville de Sagamihara au Japon, elle est la directrice du Reflexions Masterclass en Europe. Ying a longuement vécu et travaillé en Asie, en Australie et en Amérique du Nord, où elle a poursuivi des études supérieures en sciences politiques avec une formation en biotechnologie et en communications. Son livre d’artiste, Gold Coast, a remporté le Prix du Livre au New York Photo Festival et aux Encontros Da Imagem en 2014, a été finaliste pour Australian Photobook of the Year, le CREATE Award, le Guernsey Photography Festival Prize pour 2015 et acquis pour la Rare Books Collection à la Victorian State Library. Gold Coast a également été mentionné par Flak Photo, Lensculture, Voices of Photography, Mark Power / Magnum Photos, Asia Pacific Photobook Archive et Self Publish Be Happy dans leurs meilleurs albums photos de 2014 et a reçu une nomination pour le prestigieux Prix Pictet. Ying a également rempli le rôle de commissaire principale des expositions au Obscura Festival of Photography en Malaisie en 2016 et a été grand orateur au premier Photobook New Zealand. Ying a récemment fait l’objet d’un article dans « FIRECRACKERS: Female Photographers Now » publié par Thames & Hudson, présentant les principales professionnelles de la Photographie documentaire contemporaine, et « How We See : Photobooks By Women » réunissant cent livres de femmes photographes du XXIe siècle, publiés par 10x10 Photobooks. Ying enseigne à l’ICP à New York.

née en 1980 à Melbourne, Australie Based between Melbourne, Singapore, and New York, Ying Ang has exhibited in group and solo shows from New York to Arles. Ang has published in The New York Times, Wall Street Journal, Time, Vice and The Fader on editorial commissions. She graduated as valedictorian for the 2009-2010 class of Documentary Photography and Photojournalism at The International Centre of Photography, with a portfolio acquired for the permanent collection of the Sagamihara City Museum in Japan and is the Director of the Reflexions Masterclass in Europe. Ying has lived and worked extensively in Asia, Australia, and North America, having pursued post-graduate studies in Political Science with a background in Biotechnology and Communications. Her artist book, Gold Coast, won the New York Photo Festival and Encontros Da Imagem book prize for 2014, was a finalist for Australian Photobook of the Year, the CREATE Award, the Guernsey Photography Festival Prize for 2015 and acquired for the Rare Books Collection at the Victorian State Library. Flak Photo also listed gold Coast, Lensculture, Voices of Photography, Mark Power/ Magnum Photos, Asia Pacific Photobook Archive, and Self Publish Be Happy in their top photo books of 2014 and honored with a nomination for the prestigious Prix Pictet award. Ying also fulfilled the role of curator for the Obscura Festival of Photography in Malaysia in 2016 and was the keynote speaker at the inaugural Photobook New Zealand. Ying was featured recently in "FIRECRACKERS: Female Photographers Now," a showcase of contemporary female documentary photographers published by Thames & Hudson, and "How We See: Photobooks by Women," featuring one hundred 21st-century photobooks by women photographers published by 10x10 Photobooks. Ying is currently teaching at the ICP in New York.

27


mATTHEW casteel AMERICAN INTERIORS commissaire / curator Nicolas HAVETTE

partenaire / partner ChromaLuxe

détail : AMERICAN INTERIORS. 2013 © Matthew CASTEEL

American Interiors dépeint les répercussions psychologiques de la guerre et du service militaire en portant le regard à l’intérieur de voitures de vétérans américains. En travaillant avec des anciens combattants sur une période de cinq ans, Casteel a pris connaissance des indices subtils des expériences traumatisantes passées. Il a également constaté que l’état dans lequel nous vivons

American Interiors depicts the psychological repercussions of war and military service through images of the interiors of cars owned by USA veterans. Through working with veterans over five years, Casteel became aware of the subtle indicators of past traumatic experience. He also recognized that the condition in which we live can often be a signifier of our well-being


peut souvent être un facteur de notre bien-être et que même l’habitacle d’une voiture peut être considéré comme une manifestation de l’intérieur humain. American Interiors se penche sur le rapport entre « l’évident et le circonstanciel », et c’est dans ce rapport qui sépare les annonces de recrutement militaire habilement produites et les pourcentages des vétérans sans-abri et suicidaires que réside son œuvre. Casteel fait la part belle à l’empathie qu’il éprouve pour ceux qui ont survécu à l’expérience militaire, avec un profond sentiment d’indignation envers le complexe industriel militaire américain et la violence institutionnalisée de la guerre.

BIO L’américain Matthew Casteel est un photographe primé dont le travail se penche sur les périls et les exploits de la condition humaine. Il a étudié à la Hartford Art School International Limited et y a obtenu en 2015 son master en Photographie. Son travail a été présenté aussi bien au niveau national qu’international dans des galeries et diffusé notamment dans le TIME Magazine, The Washington Post, CNN, et le Guardian. Le premier livre de Casteel, AMERICAN INTERIORS, est paru chez Dewi Lewis Publishing en 2018, avec des textes écrits par Jörg Colberg et Ken MacLeish.

and that even the state of car interiors can be a manifestation of human interiors. American Interiors explores the area between "the circumstantial and the evident," and it is in the space that separates the slickly produced military recruitment ads from the statistics about rates of veteran homelessness and suicide that this work resides. Casteel balances the empathy he feels for those who have survived the military experience, with a deep sense of outrage towards America’s industrial, military complex, and the institutionalized violence of warfare.

né en 1980 aux États-Unis American born, Matthew Casteel is an award-winning photographer and educator whose work focuses on the perils and triumphs of the human condition. He went to Hartford Art School International Limited Photography program and gained an MFA in Photography in 2015. His work has been featured in national and international galleries, as well as in TIME Magazine, The Washington Post, CNN, the Guardian, amongst other publications. Casteel’s first book, AMERICAN INTERIORS, was released by Dewi Lewis Publishing in 2018, featuring essays written by Jörg Colberg and Ken MacLeish.

29


DAVID DENIL LET US NOT FALL ASLEEP WHILE WALKING commissaire / curator Nicolas HAVETTE

partenaire / partner ChromaLuxe

détail : LET US NOT FALL ASLEEP WHILE WALKING. Man Cleaning His Suitcase, 2016 © David DENIL

L’Ukraine a obtenu l’indépendance de l’Union soviétique en 1991 et s’est déclarée État neutre. En 2013, des manifestations ont éclaté dans le centre-ville de Kiev alors que le gouvernement du président Ianoukovitch décidait de suspendre l’accord Ukraine-Union européenne tout en renforçant les liens économiques avec la Russie. Des mois de manifestations et de protestations, connues sous le nom d’Euromaidan, ont dégénéré en révolution ukrainienne en 2014, ce qui s’est soldé par la chute de Ianoukovitch et l’établissement d’un nouveau gouvernement. Ces événements ont précédé à la fois l’annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014 et la guerre toujours en cours dans le Donbass. En collaboration avec les habitants de Kiev, « Let Us Not Fall Asleep While Walking » transforme leur expérience en représentations métaphoriques où le temps semble figé, mais les rêves d’espoir persistent. La série, qui comprend 137 photos correspondant au nombre de victimes des émeutes de l’Euromaidan, est une tentative de saisir les répercussions de cette période pour les citoyens ukrainiens. Inspiré d’un vers du poème de Taras Chevtchenko « Days are passing, nights are passing » qui cite « Let me not fall asleep while walking ». Le titre du projet le modifie, du singulier au pluriel, afin d'incarner le peuple ukrainien dans son ensemble.

Ukraine gained independence from the Soviet Union in 1991, after which it declared itself a neutral state. In 2013, protests broke out in downtown Kiev after president Yanukovych’s government decided to suspend the Ukraine-European Union Association Agreement and at the same time strengthen the economic ties with Russia. Months of demonstrations and protests known as The Euromaidan escalated into the 2014 Ukrainian revolution which ultimately resulted in the overthrowing of Yanukovych and the establishment of a new government. These events preceded both the annexation of Crimea by Russia in March 2014 and the still ongoing war in Donbass. In collaboration with the citizens of Kiev, "Let Us Not Fall Asleep While Walking" shapes their experience into metaphorical depictions where time seems frozen, but dreams of hope still linger. The series, which consists of 137 photos to match the death toll of the Euromaidan riots, is an attempt to capture the repercussions of this period for Ukrainian citizens. Inspired by a line from Taras Shevchenko’s poem "Days are passing, nights are passing" which quotes, "Let me not fall asleep while walking." The project title was altered to read "us" instead of "me" to embody the people of Ukraine as a whole.


BIO Avec une formation en ingénierie, l’intérêt pour la photographie de David Denil a commencé en 2014 en voyant « How the Other Half Lives » de Jacob Riis. Fasciné par la présence excessive de la lumière, les compositions saisissantes et les ombres encapsulant la vie quotidienne, en symbiose avec l’utilisation stratégique du médium, l’ont amené à explorer des sujets d’actualité. Dans son premier projet « Let Us Not Fall Asleep While Walking », David Denil a commencé à traduire les dimensions psychologiques de l’Ukraine comme une collision entre passé, présent et futur. Sous la direction du photographe Carl De Keyzer, il a choisi de ne pas montrer la guerre à l’Est, mais de se concentrer sur les aspects de la vie qui se présentent à lui dans la capitale, Kiev. Par sa présence active, son travail fonctionne comme un prolongement de l’approche documentaire du début du XXe siècle et tend à révéler des questions universelles plutôt qu’à dépeindre des preuves réelles de faits.

né en 1979 à Gant, Belgique With a background in engineering, Denil’s photographic interest started in 2014 by seeing Jacob Riis’s "How the Other Half Lives." Fascinated by the excessive presence of light, the striking compositions and shadows encapsulating daily life in combination with the strategical use of the medium, challenged David to explore the contemporary subject matter. Within his first project "Let Us Not Fall Asleep While Walking," Denil started to translate the psychological dimensions of Ukraine as a collision between past, present, and future. Mentored by the Magnum photographer Carl De Keyzer, he chose not to show the war in the east, but to focus on the aspects of life presented to him in the capital Kiev. By his active presence, his work functions as an extension on the early 20th-century documentary approach and tends to reveal universal questions rather than to depict actual proof of the fact.

31


COLLECTIF IANDÉ WHAT’S GOING ON IN BRAZIL commissaire / curator Ioana DE MELLO

partenaires / partners

Collectif IANDÉ, ChromaLuxe

artistes / artists

Ana Carolina Fernandes, Daniel Marenco, Dayan de Castro, Elsa Leydier, Felipe Fittipaldi, Fran Favero, Janine Moraes, Karime Xavier, Luiz Baltar, Pedro Kuperman, Shinji Nagabe, Simone Rodrigues

détail : Vamos fuzilar a petralhada aqui do Acre, hein Vamos botar esses picaretas para correr do Acre. Já que eles gostam tanto da Venezuela, essa turma tem de ir pra lá. WHAT’S GOING ON IN BRAZIL © Elsa LEYDIER - Collectif IANDÉ

Une exposition collective, sur le Brésil, pendant Les Rencontres d’Arles. Entre juillet et septembre, chaque semaine, un artiste visuel se connecte à la Fondation et expose son travail en lien avec ce qui se passe au Brésil en ce moment même. Concrètement : l’installation d’un mur où sont projetés des travaux photographiques en continu et mis à jour une fois par semaine. Un autre mur avec la référence des douze photographes participants : leurs noms et les images de chacun. Les autres murs seront recouverts avec des cartes, textes et journaux, pour illustrer la situation actuelle et l’histoire du Brésil. Il y a quelques mois, Jair Bolsonaro a été élu président de la République. Vont s’ensuivre des bouleversements sociaux, écologiques, économiques et culturels. La crainte est celle d’un retour à un régime autoritaire, à des actions de répression au nom de la sécurité et de la morale. Mais l’histoire se répète, là où il y a oppression, il y a résistance. Nous, artistes, avons donc décidé de nous mobiliser, en photographiant, en documentant, en discutant de tous ces changements en cours. Qui sommes-nous ? Un collectif de photographes, chercheurs et institutions photographiques éparpillés au sein du plus grand pays d’Amérique du sud.

A collective exhibition, on Brazil, during Les Rencontres d’Arles. Between July and September, every week, a visual artist is connected to the Foundation and exposes his work in line with what is happening in Brazil at the moment. Specifically: the installation of a wall where continuous photographic work is updated every week. Another wall with the reference of twelve participating photographers: their names and their images. The other walls will be covered with maps, texts and newspapers to illustrate and document the current situation and history of Brazil. A few months ago, Jair Bolsonaro was elected President of the Republic. This will result in social, ecological, economic and cultural upheavals. The fear is that of a return to an authoritarian regime, to repressive actions in the name of security and morality. But history repeats itself, where there is oppression, there is resistance. We, the artists, have therefore decided to mobilize ourselves, by photographing, documenting and discussing all these changes in progress. Who are we? A collective of photographers, researchers and photographic institutions scattered throughout the largest country in South America.


L’idée est de raconter, en temps réel, l’histoire au moment où elle est écrite. Entre photojournalisme et art, l’objectif est d’interpeller le public. Cette exposition permet d’aborder l’actualité brésilienne, les phénomènes de société dans leurs multiples dimensions, au travers des regards de plusieurs photographes. Nous voulons montrer simultanément comment l’histoire se déroule et comment le peuple se manifeste et s’engage. Les images ne valident pas une thèse. Elles sont la thèse elle-même. À la fin, nous aurons un récit des transformations, un « répertoire » de divers regards et une base très riche pour lancer des débats. Ce projet est une possibilité de dialogues entre différents artistes, cultures et pays.

The idea is to tell, in real time, the story as it is being written. Between photojournalism and art, the objective is to engage the public. This exhibition provides an opportunity to explore Brazilian current events, social, economic and political phenomena through the eyes of several photographers. We want to show simultaneously how history unfolds and how the people manifest and engage. The images do not validate a theory. They are the theory itself. At the end, we will have a narrative of the transformations, a "repertoire" of various perspectives and a very rich basis for launching debates. This project is an opportunity for dialogue between different artists, cultures and countries.

LE COLLECTIF Fondé par Glaucia Nogueira et Isabel Brossolette, nous voulons divulguer et exposer la photographie brésilienne au-delà de son territoire. Notre mission est de créer des initiatives visant à augmenter les ponts entre le Brésil et la France. Iandé, qui signifie « Nous » en langue indigène tupi-guarani, est un trait d’union pour les photographes, les commissaires, les galeristes, les collectionneurs, l’enseignement, la recherche et les institutions liées à la photographie. Nous voulons partager des pistes de travail en cours, confronter les regards, dialoguer, communiquer. Il s’agit de donner directement à voir et à entendre une recherche collective dans son aspect le plus vivant. Nous voulons multiplier les visions, les interprétations, les réactions aux différents regards photographiques –central et périphérique – et ce qu’il en résulte.

Founded by Glaucia Nogueira et Isabel Brossolette, we wish to disclose and expose Brazilian photography beyond its territory. Our mission is to create initiatives to increase the bridges between Brazil and France. Iandé, which means "We" in the indigenous language "TupiGuarani," is a link for photographers, curators, gallery owners, collectors, teachers, researchers and institutions related to photography. We want to share current work paths, compare views, dialogue, and communication. It is about giving directly to see and hear joint research in its most vital aspect. We want to multiply the visions, interpretations, reactions to the different photographic perspectives - central and outlying - and what results from them.

IOANA DE MELLO Née en 1980 à Rio de Janeiro et vit entre le Brésil et la France. En tant que commissaire d’exposition indépendante, elle s'intéresse aux relations artistiques entre l’Europe et l’Amérique Latine. Au Brésil, elle a été membre du jury du Prix de l’Alliance Française, professeur à l’Université PUC-Rio et conseillère de la galerie Galeria da Gávea, le festival FotoRio et les plateformes digitales Atelier Oriente, Subversos et Photolimits. À Paris elle écrit, sur la photographie et la psychanalyse et sur la place de l’art d’Amérique Latine sur le marché international, travail avec le collectif Iandé et édite un livre photo avec le photographe Zé Barretta sur les images indigènes.

commissaire

Born in 1980 in Rio de Janeiro, lives between Brazil and France. As an independent curator, she studies the artistic relations between Europe and Latin America. In Brazil, she was a member of the jury for the Prix de l’Alliance Française, professor at the University of PUC-Rio and collaborator of the Galeria da Gávea gallery, the FotoRio festival and the Atelier Oriente, Subversos and Photolimits digital platforms. In Paris, she writes on photography and psychoanalysis and on the place of Latin American art on the international market, works with the collective Iandé and published a photobook with the photographer Zé Barretta on indegenous images.

33


YVONNE DE ROSA

NEGATIVO 1930

commissaire / curator

Laura NOBLE, Enrico STEFANELLI

partenaires / partners

LA Noble Gallery, PHOTOLUX, ChromaLuxe

détail : NEGATIVO 1930. Untitled, 2019 - Infrared digital photo ©Yvonne DE ROSA - courtesy of L A Noble Gallery

Basée sur une histoire vraie qui s’est déroulée dans un petit village du sud de l’Italie, l’histoire se penche sur Nina, une jeune et belle femme tombée amoureuse d’un pêcheur nommé Peppino pendant l'été 1930. Tombée enceinte, elle le dit à Peppino, espérant qu’il lui proposerait de se marier pour ne pas décevoir son père. Au contraire sa réaction fut violente et il l’étrangla. Pendant qu’elle était portée disparue, l’enquête policière révèle la grossesse de Nina. Son corps sera retrouvé en pleine mer par un pêcheur deux semaines plus tard, à peine reconnaissable, ses cheveux avaient disparus à cause de l’eau salée. Son père ayant répudié le corps de sa fille pour cause de déshonneur, Nina a été placée dans un ossuaire communal sans funérailles. Peppino, accusé de meurtre, fut jugé et déclaré coupable. La famille n’en parla jamais, jusqu’à ce que la nièce de Nina, Anna, 9 ans, commence à avoir des visions d’une femme chauve et nue. De nombreuses messes ont été organisées pour arrêter les visions d'Anna et de plusieurs villageois prétendant voir son fantôme, jusqu’au jour où ils entendirent, « Je pars enfin pour un long voyage. » Yvonne De Rosa a rencontré Anna en visitant le village de Nina. Elle lui a montré les lieux clés de l’affaire et les endroits où Nina a été 'vue'. « Negativo1930 » montre à la fois des photographies à l’esprit contemporain et des images à ultraviolet du paysage et des lieux clés, ainsi que des reconstitutions et des interprétations de l’histoire sordide. De Rosa étudie les thèmes du deuil collectif, de la culpabilité et de la conjuration.

Based on a true story which happened in a small village in the south of Italy, the story focuses on Nina, a beautiful young woman who fell in love with a fisherman called Peppino in the summer of 1930. She fell pregnant and told Peppino hoping that he would propose marriage to avoid disappointing her father. His reaction was violent, and he strangled her to death. During the time she was missing the police investigation revealed Nina’s pregnancy. Her body was found in the middle of the sea by a fisherman two weeks later, barely recognizable, hair gone due to the salt water. Ashamed, her father repudiated his daughter’s body, placing Nina in a communal ossuary without a funeral. Peppino was charged with murder, tried and found guilty. The family never spoke about it, until Nina’s nine-yearold niece Anna, began having visions of a bald naked lady. Numerous masses and prayers were held to stop the hallucinations and sightings, by Anna and several villagers also claiming to see her ghost, until one day they heard her say, "I am finally going away for a long trip." Yvonne De Rosa met Anna while visiting Nina’s village. She showed her the locations of critical events and places Nina was 'seen.' "Negativo 1930" combines contemporary 'spirit' and ultra-violet photographs with images of the landscape and critical locations alongside re-enactments and interpretations of the sordid story. De Rosa investigates themes of collective grief, guilt, and conjuring.


Ce voyage photographique examine la nature apocryphe du besoin d’une femme de réparer les torts culturels d’une communauté. De Rosa explore les perceptions et les réalités parallèles du féminicide, de la foi, des faits et peut-être de la fiction –entre le 'monde réel' et 'l’autre côté' liés par le 'négatif' photographique.

BIO Yvonne De Rosa s’est réorientée après avoir obtenu son diplôme en sciences politiques pour suivre sa passion pour la photographie. Étudiante à Londres au Central Saint Martin’s puis titulaire d’une maîtrise en photojournalisme du London College of Communication, elle s’est lancée dans l’étude de la condition humaine par la photographie. « Crazy God », sa première monographie (2007) est acclamée par la critique et explore un hôpital psychiatrique où elle a travaillé comme bénévole pendant trois ans. Son deuxième livre de la série « Hidden Identities: Unfinished », une enquête sur la vie d’enfants sans papiers sans identité officielle dans le pays où ils résident a été exposée au V&A Museum of Childhood à Londres. Elle continue de relater des histoires personnelles et des histoires d’injustice et de souvenir. Son travail sensible et puissant l’amène à aller toujours plus loin dans ce moyen d’expression qu’elle aime passionnément, la photographie.

Laura Noble Laura Noble est directrice et conservatrice de L A Noble Gallery à Londres. Auteure de « The Art Of Collecting Photography », avec des essais dans de nombreuses monographies et revues à travers le monde, son blog diffuse ses pensées et opinions sur le monde des arts et la pratique artistique à une audience internationale. Elle est aussi membre de plusieurs jurys de photographie et nominée aux Prix Pictet. Commissaire d’exposition aussi bien à LANG que dans des lieux privés, publics et muséographiques, elle s’acharne à découvrir de nouveaux talents. En tant qu’ardente féministe, elle est fière de soutenir les femmes dans la photographie. Elle est aussi conseillère auprès de photographes et de collectionneurs. En 2016, Noble a lancé FIX Photo Festival, maintenant à sa quatrième édition,qui a acquis une reconnaissance mondiale.

This photographic journey examines the apocryphal nature of a woman’s need to right the social wrongs of a community. De Rosa explores parallel perceptions and realities of femicide, faith, fact, and possibly fiction between the 'real world' and the 'other side' linked through the photographic 'negative.'

née en 1975 à Naples, Italie Yvonne De Rosa altered her path having graduated in political science to follow her passion for photography. Studying in London at Central Saint Martin’s then obtaining an MA in Photojournalism from the London College of Communication she embarked upon her practice exploring the human condition through photography. In 2007 her first monograph, "Crazy God," exploring a psychiatric hospital where she worked as a volunteer for three years, was published to critical acclaim. The V&A Museum of Childhood in London exhibited De Rosa’s second book in the series, "Hidden Identities: Unfinished"—investigating the lives of undocumented children with no formal identity in the country where they reside. She continues to expose personal histories and stories of injustice and remembrance. Her critical work continues to push her beloved photographic medium further.

commissaire / curator Laura Noble is the founding director and curator of L A Noble Gallery in London. She is the author of "The Art Of Collecting Photography", with primary essays in many monographs and journals worldwide. Her blog has a global following with personal thoughts and opinions on the fine art world and art practice. She also judges several photography awards and is a Prix Pictet nominator. She curates both at her gallery and independently in private, public and museum venues. Committed to discovering new talent and an ardent feminist she also prides herself in supporting women in photography. She also delivers mentoring and consultations for photographers and collectors. In 2016, Noble launched FIX Photo Festival, now heading for its fourth edition which has gained worldwide recognition.

35


Enrico STEFANELLI Enrico Stefanelli est photographe, journaliste, commissaire d’exposition et dirige des ateliers de photographie. Il a fondé en 2005 le Festival international de photographie et d’art vidéo « Lucca Photo Fest », à Lucques, dont il a assuré durant 7 années la direction artistique. Il est aujourd’hui le fondateur et le directeur artistique de Photolux, biennale internationale de photographie de Lucques. Il a conçu l’exposition « Faces – Portraits in the 20th Century ». De 2010 à 2017, il était commissaire d’exposition pour l’Italie de l’EPEA, European Photo Exhibition Award, pour soutenir de jeunes talents de la photographie. Il est membre du comité de nomination pour “6 x 6” auprès de la Fondation World Press Photo et membre du conseil d’administration de la Fondation Manuel Rivera-Ortiz pour le film et la photographie documentaires.

PHOTOLUX Le festival Photolux, biennale internationale de photographie à Lucques depuis 2011, anime son superbe centre historique avec plusieurs événements tels que des conférences, ateliers, séminaires, projections ou remises de prix. L’édition 2017 était dédiée à la Méditerranée. Cet événement a démarré en 2005 sous la forme d’un festival consacré à l’art de la photographie et de la vidéo, en tant que « Lucca Photo Fest ». En 2012, souhaitant améliorer sa qualité, il devient une biennale et prend le nom de Photolux Festival (PHOTO LUcca eXhibitions). Concept et objectifs sont restés les mêmes, grâce à leur approche énergique et innovante, Photolux aspire à être un carrefour d’échanges entre maîtres, experts et amateurs de la photographie, tout en mettant en lumière talents émergents et pratiques artistiques inédites.

36

commissaire / curator

Enrico Stefanelli is a photographer, journalist, curator and teaches photography in workshops. He is the founder and artistic director of the International Festival of Photography & Video Art - Lucca Photo Fest - for seven years. Which bcame of Photolux Festival; a biennial of photography in Lucca. He curated "Faces – Portraits in the 20th Century" exhibition and several exhibitions at the Lucca Photo Fest. Since 2010, he is the Italian curator of the European Photo Exhibition Award (EPEA), a project for the development of young talents in photography. He is a member of the Nominating Committee for "6 x 6" at the World Press Photo Foundation, as well as a member of the Board of Trustees of The Manuel Rivera-Ortiz Foundation for Documentary Photography & Film.

partenaire / partner International Biennial of Photography held in Lucca since 2011 in the fascinating historic center, Photolux includes many events such as portfolio lectures, workshops, seminars, screenings, and awards. The Festival began in 2005 as a photography & video art festival under the name Lucca Photo Fest. In 2012, it became a biennial event to improve quality and renamed the Photolux Festival (PHOTO LUcca eXhibitions). The goals remained the same, keeping its energy and innovative outlook, Photolux aspires to be a forum for renowned masters, experts, and photography lovers to come together and interact, while shedding light on new and emerging talents, and cutting-edge artistic practices.


détail : NEGATIVO 1930. Untitled, 2019 - digital photo © Yvonne DE ROSA - courtesy of L A Noble Gallery


détail : ERRANCES. Ses poissons, 2019 © Chia HUANG


FOCUS TAÏWAN Fin 2018, l’un des dix votes demandés aux Taïwanais concernait l’inscription de la théorie des genres au sein de la constitution et des programmes d’éducation. Le travail des trois artistes femmes choisies cette année pour le focus Taïwan à Arles, fait écho à cette question :

At the end of 2018, one of the ten votes requested from the Taiwanese people concerned about the inclusion of gender theory into the constitution and education programs. The work of the three women artists chosen this year for Focus Taiwan in Arles reflects this question:

Isa Ho élevée d’une manière traditionnelle, dans l’héritage de l’image de la femme mise en exergue au sein de l’opéra traditionnel chinois, voit aujourd’hui les jeunes filles se déchainer sur la K-Pop, phénomène planétaire. Son œuvre vidéo pose directement la question de l’identité du corps de l’artiste et plus largement pour sa génération, tiraillée entre ces deux images de la femme que tout semble séparer, et pourtant...

Isa Ho, raised conservatively in the heritage of the image of women highlighted in traditional Chinese opera, now sees young women unleashing themselves in K-Pop, a global phenomenon. Her video work immediately raises the question of the artist’s identity of the body and is widely read for her generation, torn between these two images of women that everything seems to separate, and yet...

Hou I-Ting quant à elle revient sur l’histoire du clivage sexuel apparu à l’école puis dans les usines de confections. Lorsque les japonais ont colonisé Taïwan ils ont créé des écoles pour filles et des écoles pour garçons. Les filles étaient formées à la couture, ce qui a eu pour effet que, plus tard, nombreuses d’entre elles ont été employées dans des ateliers de confections de vêtements. Grâce à une installation réunissant photographies d’archives et couture, l’artiste tente de rapprocher ces deux histoires « éducation et industrie » qui ont fait les heures de gloire de l’économie taïwanaise.

Hou I-Ting comes back to the history of the gender gap that appeared in schools and then in clothing factories. When the Japanese colonized Taiwan, they established separate schools for boys and girls. Girls who were educated to sew were employed later in clothing workshops. Through an exhibition combining archival photography and needlework, the artist tries to bring together the two stories, education, and industry, that made the glory days of the Taiwanese economy.

Chia Huang quant à elle, montre par sa liberté, que malgré les lois et les cadres sociaux imposés, il y aura toujours une marge de la population « en errance », hors de ce qui est décidé et que peu importe le genre, la créativité et la liberté chercheront les limites et les marges. L’exposition Errances regroupe quatre séries déjà réalisées par cette toute jeune photographe… à découvrir.

Chia Huang, however, demonstrates by her freedom that no matter the imposed laws and social frames, there will always be a marginal part of the population 'wandering' outside of the traditional boundaries and that no matter the gender, creativity, and freedom will be seeking limits and margins. The exhibition "Errances" brings together four series created by this very young photographer and is a must see!

39


ISA HO

PEONY

commissaire / curator Nicolas HAVETTE

partenaire / partner

Centre Culturel de Taïwan à Paris

détail : PEONY. 2017 7'36" Video © Isa HO

Les récits, les chorégraphies et les mouvements du Kun Opera il y a 700 ans ont été, bien sûr, établis par des hommes. Tout récemment, les femmes ont atteint un certain niveau d'égalité de statut. Il a fallu beaucoup d’efforts pour y parvenir, comme lorsque Chanel a fait le succès des pantalons et que les femmes ont commencé à jouer des rôles égaux à ceux des hommes. Dans ma génération, « ne pas agir comme une fille » était encore la clé pour que les femmes intègrent le monde dominé par les hommes. Quand nous, les filles, étions encore jeunes, nous n’y pensions pas vraiment. Jouer avec des paillettes et choisir des nœuds papillon était naturel, mais en grandissant, ce qui déterminait autrefois l’infériorité d’une femme, s'est vu transformé par le féminisme. Les limites se sont alors raréfiées pour la nouvelle génération. Il se peut qu’il y ait désormais une réelle égalité entre les sexes de la nouvelle génération. Les femmes peuvent porter des vêtements sexy sans craindre d’être jugées, violentées ou violées... C’est l’incarnation d’une véritable liberté. Elles sont libres de choisir entre fonder une famille ou poursuivre une carrière. La façon dont les nouvelles femmes créent leur propre vie semble insensée aux yeux des autres générations, surtout pour la façon dont elles s’habillent et se comportent. Allant même jusqu'à la chirurgie esthétique, preuve qu’elles ne jouent pas le rôle des hommes.

Males established the stories, choreography, and movements of the Kun Opera 700 years ago. Only recently - after a long time - did women achieve some level of equal status. It took effort and struggles to get there, such as when Chanel successfully designed and marketed pantsuits and feminists radically began to play the roles of men. In my generation, all kinds of practices of "not being like a girl" were still the keys for women to blend into the maledominated world. However, when us girls were still young, we didn’t mind acting girly and didn’t think much of it. Playing with sequins and choosing bowknots were part of our nature, but as we grew up, this nature that once determined femininity as inferior, transformed quickly by the feminist movement. After that, there were no limitations left for the new generation. Real gender equality might be found in the new generation. When women can put on sexy clothes and dress up beautifully, and when they do not need to worry about being judged, violated, or raped. That is the embodiment of true freedom. Women are free to choose whether to start a family or to pursue a career. The way contemporary women create their world seems crazy to other generations, especially the way they dress, look, and behave with new and fresh ideas. Women now even accept plastic surgery, which shows that they are not succumbing to traditionally male roles.


La musique et la danse K-Pop sont récemment devenues populaires dans le monde entier. Les Occidentaux ont essayé de comprendre, non sans difficultés. Ce style de performance est maîtrisé culturellement et depuis longtemps connu des asiatiques. K-Pop est une danse lyrique, les gestes traduisent les paroles et mettent l’accent sur la beauté asiatique. Le physique asiatique, les limites et possibilités qui l’accompagnent, marqué de mouvements délicats des doigts, poignets, coudes et épaules. La façon dont ces groupes dansent et chantent reste proche de la pratique centenaire. Mais il y a des différences, la plus évidente est sans doute la façon dont le corps féminin est présenté. Dans le Kun Opera, il est couvert, alors que dans le K-Pop, une plus grande partie est exposée. La peau nue est fièrement mise en valeur, et non plus cachée. Dans la danse Kun Opera, les jambes restent fermées mais dans le K-Pop, c’est tout le contraire. Les jambes sont ouvertes dans une liberté sexuelle et une autodétermination signe de la façon dont le monde est changé par la nouvelle génération de femmes. La performance vidéo « Peony » est une adaptation de la chanson « HATE » du groupe de filles 4-Minute. La danseuse K-Pop interprète la chorégraphie utilisée dans « HATE », mais plus lente. La danseuse du Kun Opera utilise la chorégraphie traditionnelle pour refléter les mouvements et montrer le lien entre passé et présent. Les femmes de la nouvelle génération osent aimer et haïr, sont libres de faire leurs propres choix. Contrairement au Kun Opera, le K-Pop n’a pas toujours une fin parfaite, peut-être parce qu’il n’y a pas de peur de l’avenir. Elles sont insouciantes, et c’est bien comme ça. La bravoure et l’énergie de la nouvelle génération sont si intimidantes qu’elles doivent être considérées comme un symbole du monde qui change. Aucun passé ou contexte antérieur ne permet d’interpréter ce qu’elles vont changer, mais nous devons les prendre au sérieux. Un pas en avant ou bien en arrière ? Nous ne le saurons jamais.

K-Pop music and dance recently became popularized around the world. Westerners have tried to figure it out but haven’t found it easy. K-Pop is a style, and a performance Asians are naturally adept at culturally. K-Pop is a lyrical dance; in other words, the dance gestures mirror the lyrics. The movements emphasize Asian beauty, Asian physique, and the limitations and possibilities that come with it require a more delicate performance using fingers, wrists, elbows, and shoulders. Even the way certain Korean groups sharpen their dancing and singing skills mimics the approach used hundreds of years ago. However, there are differences - such as the way to represent the female body. Kun Opera covers the body, whereas K-Pop exposes much more of the body. Exposed skin is proudly shown off. In Kun Opera, legs must stay united when dancing while in K-Pop, the opposite is true. The legs are open in an intimate statement of freedom and self-determination; another sign of how a new generation of women is changing their world. The video piece "Peony" is an adaptation of the song "HATE" by the girl group 4-Minute. The K-Pop dancer performs the choreography used in "HATE," but slowed down. The Kun Opera dancer uses traditional Kun Opera choreography to mirror the movements and to show the link between the past and the present. Women of the new generation dare to love and hate, can pick and choose beautifully. They have the freedom to make their own choices. Unlike Kun Opera, K-Pop does not always have a perfect ending, perhaps because there is no fear of the future or what will happen. They know nothing, are carefree. And that’s OK. It is this bravery and energy, intimidating to some, that drives this new generation to become mouthpieces, symbols of a changing world. For audiences, no previous experience or context can assume an understanding of what they will change, yet we must take them seriously. Progress? A step backward? We’ll never honestly know.

41


BIO Isa Ho est née et travaille à Taïwan. Diplômée d’une maîtrise de Taipei National University of the Arts, elle se consacre à la photographie contemporaine dans le but de créer une réalité simulée. Par ces méthodes, elle s’efforce de faire face à ses problématiques sociales. Lauréate de plusieurs prix : Prix Arte Laguna 2018, Prix spécial de la Fondation culturelle de l’ISE 2013, Bourse du Conseil culturel asiatique 2012 et 2015, Prix Kaohsiung Art 2011. Ses œuvres ont été acquises par le National Taiwan Museum of Fine Arts, le Kaohsiung Museum of Fine Arts, le Kuandu Museum of Fine Arts, le Hong-Gah Museum, le Gwangju Museum of Art en Corée et la White Rabbit Gallery à Sydney, Australie. Et elle a aussi été résidente artistique à l’International Studio and Curatorial Program (ISCP) à New York en 2013 et 2015, à la Cité internationale des arts à Paris de 2009 à 2010, mais aussi Ebenböckhaus à Munich et Shalini Ganendra Fine Art en Malaisie en 2014. Enfin, elle a exposé son travail dans des musées, des biennales et des galeries à travers le monde, notamment : Double Square Gallery (2017, Taipei, Taïwan), The Pioneers of Taiwanese Artist, in National Taiwan Museum of Fine Arts (2014, Taichung), Instituto Cultural de Mexico (2011, Texas, USA), Taiwan Biennial, National Taiwan Museum of Fine Arts (2010, Taichung), Kaohsiung fine art museum (2010, Taïwan), Galerie Sakshi (2009, Taipei, Taïwan), Biennale Kuandu 2008, Musée des Beaux-Arts Kuandu (2008, Taïwan), Festival international de photographie PINGYAO (2008, Chine) ainsi qu’en France, Allemagne, Espagne, Italie, République tchèque, Inde, Corée, Chine, Malaisie, Japon et États-Unis.

née en 1977 à Keelung, Taïwan lives and works in Taiwan. After receiving her Master of Fine Arts from Taipei National University of the Arts, she concentrated on contemporary photography, creating a simulated reality. Through these processes, she works to address her social concerns. She has received multiple awards: 2018 Arte Laguna Prize special price, 2013 ISE Cultural Foundation Award, 2012 and 2015 Asian Cultural Council grant, 2011 Kaohsiung Art Award. Her works are now in the collections of the National Taiwan Museum of Fine Arts, Kaohsiung Museum of Fine Arts, Kuandu Museum of Fine Arts, Hong-Gah Museum, Gwangju Museum of Art in Korea and White Rabbit Gallery in Sydney, Australia. Also, she has done artistic residencies at the International Studio and Curatorial Program (ISCP) in New York in 2013 and 2015, and at Cité Internationale des Arts in Paris from 2009 to 2010, and also Ebenböckhaus in Munich and Shalini Ganendra Fine Art, Malaysia in 2014. Isa has exhibited in museums, biennials and galleries around the world, including: Double Square Gallery (2017, Taipei, Taiwan), The Pioneers of Taiwanese Artist, in National Taiwan Museum of Fine Arts (2014, Taichung), Instituto Cultural de Mexico (2011, Texas, USA), Taiwan Biennial, National Taiwan Museum of Fine Arts (2010, Taichung), Kaohsiung Fine Art Museum (2010, Taiwan), Sakshi Gallery (2009, Taipei, Taiwan), Kuandu Biennale 2008, Kuandu Museum of fine arts (2008, Taipei, Taiwan), PINGYAO international photography festival (2008, China) as well as in France, Germany, Spain, Italy, Czech, India, Korea, China, Malaysia, Japan, US.

CENTRE CULTUREL DE TAÏWAN À PARIS Le Centre culturel de Taïwan à Paris est le premier organisme culturel taïwanais créé en Europe. Il a pour vocation de promouvoir, sur la base des valeurs universelles qui s’expriment à travers la culture et les arts taïwanais, des programmes d’échanges et de coopération artistique et culturelle entre Taïwan et la France, ainsi qu’avec les autres pays européens. Cette action en direction des artistes et professionnels de la culture et des arts, mais aussi du grand public, vise d’une part à donner plus de visibilité à la culture taïwanaise en Europe, mais aussi à favoriser le développement de l’économie culturelle, entre autres par le biais des nouveaux médias dans les domaines des arts de la scène et visuels, de la littérature, de l’édition, du cinéma, de la musique et de la création en général.

42

partenaire

The Taiwanese Cultural Centre in France is the first Taiwanese cultural organization to be set up in Europe. Its purpose is to promote exchange programs and art, and cultural cooperation between Taiwan and France and other European countries, based on the universal values expressed through Taiwanese art and culture. This activity, targeted at artists and professionals in the art and culture sector but also the general public, is aimed partly at giving greater visibility to Taiwanese culture but also at fostering the development of the cultural economy, through the use of, amongst other things, new media and the internet. The Taiwanese Cultural Centre strives to promote exchanges and interaction in the field of performing arts, visual arts, literature, publishing, cinema, music to increase its knowledge in Europe.


détail : PEONY. 2017 7'36" Video © Isa HO


HOU I-TING EMBROIDERERS OF THE PAST commissaire / curator Nicolas HAVETTE

partenaire / partner

Centre Culturel de Taïwan à Paris

détail : EMBROIDERERS OF THE PAST. Sewing Fields, WIP © HOU I-Ting

Développée depuis 2015, la série Lik-sú tsiam-tsílâng (Embroiderers of the past), est un projet à long terme combinant photographie et broderie, et qui s’appuie sur la performance pour représenter des images. Cette série fait appel à un large corpus historique et à un grand nombre d’images des écoles de filles qui existaient pendant la période de la colonisation japonaise à Taïwan. À cette époque, l'occupant a appliqué une politique de japonisation (le mouvement Kôminka), et alla jusqu'à créer sur lîle des écoles publiques et professionnelles pour les filles (comme celles d'économie domestique). Les femmes ont alors commencé à intégrer la culture du colonisateur tout en s’adonnant à différentes activités qui visaient à renforcer leur force physique (randonnées, excursions scolaires et sorties scolaires à la mer). Une telle transformation a contribué à accroître la main-d’œuvre nationale en temps de guerre, au cours de laquelle les activités physiques des femmes ont également évolué, passant d’une discipline culturelle à un travail intensif loin des fronts.

Developed since 2015, the art series Lik-sú tsiam-tsílâng (Embroiderers of the past), is a long-term project that combines photography with embroidery and employs performance to represent (photographic) images. The series uses a large amount of historical background information, and images of girls’ schools that existed during the Japanese colonial period in Taiwan. At that time, Japan’s government implemented the education policy for Japanization (Kouminka movement) and established public girls’ elementary schools and vocational schools (schools of home economics for girls) throughout the island. Ever since women’s body moved from the indoor space to the public sphere, and women started learning the colonizer’s culture while engaging in different activities that aimed to enhance physical strength (hiking trips, excursions, school outings to the seaside). Such transformation helped increase the national labor force in wartime, during which physical activities for women evolved from focusing on artistic discipline to intensive labor work in the period after the war.


Par la réalisation de ce projet, l’artisanat traditionnel devient une pratique conceptuelle réinterprétant les images comme une extension du corps, forgeant une expérience du temps retardé par le travail plutôt que des images non intrinsèques à la réalité. Images d’archives historiques mettant en scène le labeur physique et le corps ouvrier sur le lieu de travail créent l’œuvre dans son intégralité, ce qui exige de nombreux efforts. La création de nouvelles images par la broderie sur d’anciennes photographies fait que les clichés historiques sont d’abord défigurés pour être mieux dévoilés par ce processus de recouvrement, si bien que la superposition fait évoluer le cliché couche après couche. Les archives historiques se voient agrandies par le fruit du travail et le passage dans l’histoire. Réponse issue de la sensibilité de l’artiste, la broderie façonne le lien historique et spatio-temporel, témoignage de l'expérience d’une vie commune à tous.

BIO Hou I-Ting vit et travaille à Taipei. Après un diplôme de Taipei National University of the Arts, elle obtient une maîtrise à la Tainan National University of the Arts. Combinant la broderie à l’image numérique et à la vidéo, ses œuvres explorent les possibilités photographiques à travers des médiums variables. Son travail lui a permis d’explorer en profondeur les conditions de travail des femmes dans le système social et économique, du passé à aujourd’hui, mettant souvent en scène le corps humain dans un monde qui change. Par sa pratique, elle tente de donner plus d’ampleur à la réflexion sur le champ corporel. Le corps sous l’influence de la société civile, se révèle ici être un indicateur de l’histoire elle-même. Invitée par de grands musées et centres d’art, Hou I-Ting a participé à de multiples expositions à travers l’Asie, l’Europe, et l’Amérique : APT9–Asia Pacific Triennial (Queensland Art Gallery/ Gallery of Modern Art, Brisbane, Australie), Narratives of Exchange / Exchange of Narratives (Instituto Alumnos, Mexico City, Mexique), Citation From Craft-Contemporary Textile Art Taiwan/Kanazawa interchange (21st Century Museum of Contemporary Art, Kanazawa, Japon), Faint Light Dark Shadows (Taipei Fine Arts Museum, Taipei, Taïwan), The Testimony of Food: Ideas and Food (Taipei Fine Arts Museum in Taipei, Taïwan), KUSO Project, (Donna Beam Fine art Gallery, College of Fine Arts, Department of Art, Las Vegas, États-Unis), Sewing Fields (Tina Keng Gallery in Taipei, Taïwan), Preliminary Study: RSI–T project (Muskegon Museum of Art, Muskegon, USA), Wonder Women (University of Minnesota, États-Unis), Light of women (Gwangju Museum of Art, Corée).

Throughout the project’s realization, the traditional craft gets transformed into a conceptual practice that she re-interprets images as an extension of the body and an interface of the surface, forming an experiment of how to delay time through labor and production rather than with frames of non-instantaneous images. Images featuring physical labor from historical archives and the laboring body at the site of the work create the work in its entirety, which requires considerable energy to complete. The creation of new images by embroidering old photographs means that the historical images are first disfigured to be better revealed by this coating process, the superposition changing the photograph layer by layer. The historical archives transition to the synchronicity of history, an approach resulting from the artist’s sensitivity. Here, embroidery acts as the verified spatial-temporal link, as a testimony to the collective experience of life for all.

née en 1979 à Kaohsiung, Taïwan Hou I-Ting currently lives and works in Taipei. She received a degree from the Taipei National University of the Arts, and later obtained an MFA degree in plastic arts at the Tainan National University of the Arts. Her works express the possibilities of the image through variable mediums that combine embroidery with digital imagery and video. She has profoundly explored the female labor condition under social and economic systems from the past until today. Her work often features the human body juxtaposed dynamically. Through it, she explores the expansion of the body field more broadly. The body, social and essential, in public, indicates and proves itself a part of history. She has been invited by major museums and art centers to participate in various exhibitions across Asia, Europe, and America, such as: APT9–Asia Pacific Triennial (Queensland Art Gallery/ Gallery of Modern Art, Brisbane, Australia), Narratives of Exchange / Exchange of Narratives (Instituto Alumnos, Mexico City, Mexico), Citation From Craft-Contemporary Textile Art Taiwan/Kanazawa interchange (21st Century Museum of Contemporary Art, Kanazawa, Japan), Faint Light Dark Shadows (Taipei Fine Arts Museum, Taipei, Taiwan), The Testimony of Food: Ideas and Food (Taipei Fine Arts Museum in Taipei, Taiwan), KUSO Project, (Donna Beam Fine art Gallery, College of Fine Arts, Department of Art, Las Vegas, USA), Sewing Fields (Tina Keng Gallery in Taipei, Taiwan), Preliminary Study: RSI–T project (Muskegon Museum of Art, Muskegon, USA), Wonder Women (University of Minnesota, USA), Light of women (Gwangju Museum of Art, Korea).

45


CHIA HUANG

ERRANCES

commissaire / curator Nicolas HAVETTE

partenaires / partners

Centre Culturel de Taïwan à Paris, ChromaLuxe

détail : ERRANCES. Silence is speaking, 2019 © Chia HUANG

« Errances » se base sur quatre projets documentaires que Chia a réalisé en 2018. Pour cette exposition, elle a réarrangé l’ordre des images des projets précédents, détruisant ainsi la structure narrative originale en quête d'une nouvelle forme capable de décrire l’espace désert où s’inscrivent ces individus errants, vivant en rupture de leurs racines. Ses quatre projets touchant autant à la photographie, à la vidéo, au collage, à la représentation dessinée et au dessin d'amateur sont : « Le Rivage », « Le village Haribo », « Dandori didn’t know the place where he arrived was Paris » et « Silence is speaking ».

"Errances" is based on four documentary projects Chia completed in 2018. For this exhibition, she reorganized the order of the images of previous projects, destroying the original narrative structure, all to search for an external form outside the former or beyond it, to describe the empty and vain space in which these wandering individuals live, at odds with their roots. The four projects involving photography, video, collage, drawing, and amateur drawing are: "Le Rivage," "Le village Haribo," "Dandori didn’t know the place where he arrived was Paris" and "Silence is speaking."


Dans ses travaux, l'âme est la photographie documentaire collaborative pour lesquels elle a travaillé avec des frères autistes à Taitung (Taïwan), un réfugié qui a fui la guerre et qui s’est installé à Paris, ou encore des enfants tsiganes qui vivent dans un bidonville au Nord de Marseille. Dans la juxtaposition entre la photographie documentaire et le dessin amateur effectué par ses sujets, Chia Huang s’interroge sur la vérité. Qu’est-ce que connaître une personne ? Ce monde, est-il vraiment tel qu’on le conçoit ? En contemplant ces individus qui vivent en marge du cadre social et qui possèdent néanmoins une créativité extraordinaire, ce que Chia essaye continuellement de décrire, c’est notre douleur et notre désir de vivre dans un lieu qui ne porte pas de nom.

BIO Née en 1990 dans un village traditionnel au centre de Taïwan, Chia Huang est une artiste visuelle vivant en France depuis 2015. Dans ses travaux photographiques, elle s’intéresse aux questions liées à l’identité Taïwanaise. Ses recherches s'intéressent à l’homme dans une culture en mutation. Elle a longtemps suivi des personnes vivant en marge de la société, et est entrée en collaboration avec eux pour construire des projets collectifs, composés de photographie documentaire et de peinture d’amateur. À ses yeux, de ces individus passés inaperçus se dégagent une poéticité et une puissante énergie. Chia est aussi compositrice et cinéaste. De 2006 à 2012, avec l’aide de labels, elle a publié 6 disques et produit des concerts à Taïwan avec son groupe. En 2013, en étroite collaboration avec la télévision publique taiwanaise, elle réalise « L’enfant sauvage », documentaire pour lequel elle a passé un an auprès d'adolescents qui, perdus, déambulaient dans les rues pour fuir l’ennui. Dans ce film, comme dans ses travaux photographiques, par la contemplation de la solitude de ces jeunes individus sans attaches, elle cherche à décrire l’état de manque et la recherche d’une identité perdue. Les travaux de Chia Huang évoquent une poésie majestueuse tapie dans la répétition du quotidien, restituant la valeur des choses, dévoilant leur beauté secrète.

Her work’s core is collaborative documentary photography, for which she has worked with autistic friars in Taitung (Taiwan), a refugee who fled the war and settled in Paris, as well as gypsy children from the slums north of Marseille. In the juxtaposition between documentary photography and amateur drawing by her subjects, Chia Huang questions the truth. What does it mean to know a person? Is this world really as we see it? As we contemplate these individuals, who live on the margins of society and yet possess extraordinary creativity, what Chia Huang continually tries to describe is our pain and our desire to live in an unnamed place.

née en 1990 à Changhua, Taïwan Born in 1990 in a traditional village in central Taiwan, Chia Huang is a visual artist living in France since 2015. In her photographic work, she addresses issues related to Taiwanese identity. Her research focuses on people in a changing culture. For long periods, she followed characters living on the fringes of society and collaborated with them to build joint projects, combining documentary photography and amateur painting. She sees a poetic nature and powerful energy in these unnoticed individuals. Chia is also a composer and filmmaker. From 2006 to 2012, with the help of recording labels, she has released six records and produced concerts in Taiwan with her music band. In 2013, in close collaboration with Taiwan’s public television, Chia directed the documentary film "L’Enfant Sauvage" (The Wild Child), for which Chia spent a year closely following teenagers who, lost, wandered the streets to escape boredom. In this film, as in her photographic works, through a contemplation of the loneliness of these young, unattached individuals, she sought to describe the state of deprivation in the search for a lost identity. Chia Huang’s works evoke majestic poetry hidden in the repetition of everyday life, restoring the value of things by revealing their hidden beauty.

47


MÁRIO MACILAU GROWING IN DARKNESS Kehrer Editions

pop-up galerie et librairie ouverte du 1er au 6 juillet, 11h à 19h pop-up gallery and bookshop open from July 1st to 6th, 11am to 7pm

détail : GROWING IN DARKNESS. Handcuffed, 2012-15 © Mário MACILAU

Dans sa série « Growing in Darkness » qui a fait l’objet d’une publication chez Kehrer Verlag Heidelberg Berlin, Mário Macilau dépeint la vie des enfants des rues de Maputo, marquée par la pauvreté, la violence et la drogue mais aussi, en dépit de tout, par le goût du jeu. De 2012 à 2015, Macilau, qui a lui-même grandi dans la rue, a accompagné à plusieurs reprises des adolescents pour apprendre à connaître les rêves et les inspirations qu’ils nourrissent à côté de leur lutte quotidienne pour la survie. Il a ainsi créé des images puissantes qui montrent que, même dans un environnement hostile, il est impossible d’enlever aux enfants leur fantaisie et leur gaieté.

In his series "Growing in Darkness", published by Kehrer Verlag Heidelberg Berlin, Mário Macilau depicts street kids whose life in Maputo is marked by poverty, violence, and drugs and their yet playful way to deal with this. Macilau, who used to live on the street himself, repeatedly accompanied the adolescents to learn what they dream about and what influences their life, next to the daily struggle for survival. This is how he managed to create a powerful image that shows that even a hostile environment cannot completely take away fantasy and playfulness out of children’s lifes.


BIO Mário Macilau a débuté son parcours photographique en 2003. Il s’est spécialisé dans les projets menés sur le long terme, à la croisée de préoccupations diverses : identité, politique, environnement, engagement dans les groupes socialement isolés. Macilau souhaite initier des changements positifs et relier les cultures, les lieux et les perspectives. Avec le portrait comme point de départ, l’intimité devient la clef pour déverrouiller les horizons et les récits. Son travail est régulièrement présenté en expositions personnelles et collectives, au Mozambique et à l’internationale : Musée de la Photographie de Saint Louis, Senegal (2018); La Villette, Paris (2017); 56e Biennale de Venice (2015); Vitra Museum, Weil am Rhein (2015); Fotofestiwal Łódz, Poland (2015); Saatchi Gallery, London (2014); Bienalle de Lubumbashi (2013), Biennale Arts Actuels, La Réunion (2013); Rencontres de Bamako: Biennale de la Photographie Africaine, Mali (2011); Lagos Photo, Nigeria (2011).

né en 1984 à Maputo, Mozambique Macilau started his photographic journey in 2003. He specialises in long-term projects that link to multiple sub-genres; identity, political issues, environmental conditions, and engagement with socially isolated groups. Macilau is committed to initiating positive change across different cultures, locations, and perspectives. Taking portraiture as a point of departure, intimacy becomes the key to unlocking broader perspectives or narratives. Macilau’s work is regularly featured in solo and group exhibitions in Mozambique and abroad: Musée de la Photographie de Saint Louis, Senegal (2018); La Villette, Paris (2017); 56th Venice Biennale (2015); Vitra Museum, Weil am Rhein (2015); Fotofestiwal Łódz, Poland (2015); Saatchi Gallery, London (2014); Bienalle de Lubumbashi (2013), The Biennale Arts Actuels, Réunion (2013); Rencontres de Bamako: Biennale of African Photography, Mali (2011); Lagos Photo, Nigeria (2011).

KEHRER EDITIONS Kehrer Verlag est l’un des plus grands éditeurs de livres photos au monde. Fondé par Klaus Kehrer, c’est aussi l’une des rares maisons d’édition indépendantes en Allemagne. Outre la photographie, on trouve également nombre d’éditions sur l’art contemporain, l’art du XVIIe au XXe siècle et l’art sonore international. Au fil des ans, de nombreuses publications de Kehrer ont été nominées et récompensées par des prix internationaux du livre. De 2011 à 2016, Kehrer était également associé en Allemagne au European Publishers Award for Photography (EPAP), une initiative lancée par des maisons d’édition européennes pour promouvoir la photographie contemporaine.

fondé en 1995

Kehrer Verlag is among the world’s leading publishers of photo books. Founded by Klaus Kehrer, it is also one of the few independent publishing houses in Germany. In addition to photography, further focal points include contemporary art, art of the 17th through the 20thcenturies, and international sound art. Over the years, numerous Kehrer publications have been nominated for and honored with international book awards. From 2011 through 2016, Kehrer was also the German partner of the European Publishers Award for Photography (EPAP), an initiative launched by European publishing houses to promote contemporary photography.

49


REMERCIEMENTS Merci tout d’abord aux Rencontres d’Arles 2019 pour le Let us thank first of all Les Rencontres d’Arles 2019 for renouvellement de leur confiance. renewing their trust. Merci aux nombreux partenaires qui ont accepté de nous soutenir dans la réalisation des multiples expositions, et tout particulièrement à ChromaLuxe pour leur grande aide à la production des expositions et qui nous a permis de présenter des œuvres de qualité.

Thank you to the many partners who agreed to support us during the realization of the multiple exhibitions and a special thanks to ChromaLuxe for their great help in the production of the exhibitions which allowed us to present quality works.

Merci à la Ville d’Arles d’avoir permis qu’une fondation Thank you to the City of Arles for allowing a foundation for soutenant la photographie et le film documentaires puisse documentary photography & film to be established in the prendre place au cœur de la cité. heart of the city.


Centre Culturel 駐法國 de Taiwan 臺灣文化中心 à Paris Centre Culturel 駐法國 de Taiwan 臺灣文化中心 à Paris Centre Culturel 駐法國 de Taiwan 臺灣文化中心 à Paris Centre Culturel 駐法國 de Taiwan 臺灣文化中心 à Paris 字型 1. Alte Haas Grotesk Bold “Centre” 橫向放大到 104% “Culturel” “de”“à” 維持100% “Taiwan” 橫向放大到109% “Paris” 橫向放大到107% 2. ヒラギノ角ゴ ProN W6

C:10 M:10 Y:0 K:30

détail : AMERICAN INTERIORS. 2013 © Matthew CASTEEL

C:60 M:60 Y:0 K:20


THE FOUNDATION Manuel RIVERA-ORTIZ, président & fondateur / president & founder André PFANNER, administrateur / trustee Peter SCRIBNER, directeur juridique / senior VP legal Michael PALMIERI, directeur des relations publiques / executive VP public relations Nicolas HAVETTE, directeur artistique & commissaire général / artistic director & general curator Camille GAJATE, coordinatrice générale / program coordinator Anyssia BIDOUT, régisseur / technical coordinator Camille DE SANCY, stagiaire / intern Delphine PUZIN, stagiaire / intern Simo MITAK, responsable du bâtiment / building operator


ANNEXES... DANCING IN THE STREET / LES 60 ANS DE MOTOWN STEPHEN SHAMES & BOBBY SEALE / BLACK PANTHER PARTY MANUEL RIVERA-ORTIZ / THE FORGOTTEN CHILDREN OF AHMEDABAD DOMINIQUE LAUGÉ / VOYAGE SUR LA ROUTE DE LA SOIE DANS LA CHINE D’AUJOURD’HUI YING ANG / BOWER BIRD BLUES MATTHEW CASTEEL / AMERICAN INTERIORS DAVID DENIL / LET US NOT FALL ASLEEP WHILE WALKING COLLECTIF IANDÉ / WHAT IS GOING ON IN BRAZIL YVONNE DE ROSA / NEGATIVO 1930 ISA HO / PEONY HOU I-TING / EMBROIDERERS OF THE PAST CHIA HUANG / ERRANCES MÁRIO MACILAU / GROWING IN DARKNESS


DANCING IN THE STREET / LES 60 ANS DE MOTOWN

The Four Tops, 1966. Courtesy of Universal


Marvin Gaye, mid 1960s. Courtesy of Universal


DANCING IN THE STREET / LES 60 ANS DE MOTOWN

The Supremes, 1965. Courtesy of Universal


The Jackson 5. Courtesy of Universal


STEPHEN SHAMES & BOBBY SEALE / BLACK PANTHER PARTY

10-Point Platform & Program, 1968-71


10-Point Platform & Program, 1968-71


MANUEL RIVERA-ORTIZ / THE FORGOTTEN CHILDREN OF AHMEDABAD

Untitled.


Untitled.


DOMINIQUE LAUGÉ / VOYAGE SUR LA ROUTE DE LA SOIE DANS LA CHINE D’AUJOURD’HUI Hong Kong–Macau–Zhuhai bridge. Zhuhai, Guadong Prov. China. 2018


Truck driver, night. Zhengzhou, Henan Prov. China, 2018


YING ANG / BOWER BIRD BLUES Untitled, 2018


Untitled, 2018


MATTHEW CASTEEL / AMERICAN INTERIORS Untitled, 2013


Untitled, 2013


DAVID DENIL / LET US NOT FALL ASLEEP WHILE WALKING

Man cleaning his suitcase, 2013


Woman unfolding statue, 2013


COLLECTIF IANDร‰ / WHAT IS GOING ON IN BRAZIL ELSA LEYDIER Vamos fuzilar a petralhada aqui do Acre, hein Vamos botar esses picaretas para correr do Acre. Jรก que eles gostam tanto da Venezuela, essa turma tem de ir pra lรก., 2013


PEDRO KUPERMAN

Ashaninka 04, 2014


YVONNE DE ROSA / NEGATIVO 1930

Untitled, 2019. Infrared digital photo. Courtesy of L A Noble Gallery


Untitled, 2019. Digital photo. Courtesy of L A Noble Gallery


ISA HO / PEONY

7'36", 2017. Video


Chocolate Cream + Peony, 2017. Photography


HOU I-TING / EMBROIDERERS OF THE PAST

Sewing fields no.1, 2018


Sewing fields no.10, 2019


CHIA HUANG / ERRANCES

Silence is speaking, 2019


Ses poissons, 2019


MÁRIO MACILAU / GROWING IN DARKNESS

Handcuffed, 2012-15


Fak You, 2012-15

Profile for mrofoundation

Hey! What's Going On? / MRO 2019 Press Kit  

Advertisement

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded

Recommendations could not be loaded