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Le quotidien du Montreux Jazz Festival The Montreux Jazz Festival daily newspaper

N°2

Samedi, 6 juillet 2013 Saturday, July 6th 2013

mOnTreuX JAZZ 2013

CHrOniCLe HATS OFF !

LeOnArd COHen | AudiTOrium STrAvinSki | 05.07

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toNIGHt

ZooM

cat power

F | Chanteuse américaine Indie Folk repérée en 1994 par Steve Shelley de Sonic Youth, Cat Power déverse depuis un pouvoir musical magique et bluesy. La même force apaisante que le regard d’un chat qui vous fixe, puis cligne des yeux comme pour dire : « tout ira bien ». Ré-écoutez «The Greatest» un dimanche et vous verrez… Il l’a propulsé en avant. Avec l’album Sun, certainement le plus complexe de sa carrière, Cat Power tourne à un nouveau coin de rue bordé de synthétiseurs, de beats programmés et de batteries live, réalisant tout de A à Z. Une prophétie pour le Lab E | This American Indie Folk singer was discovered in 1994 by Steve Shelley of Sonic Youth, and ever since, she has been spellbinding us with her magical sound. She holds the same calming power as a cat who looks you in the eyes before blinking you the message “It’s all good.” (For proof, take another listen to her ground-breaking “The Great-

est” on a Sunday afternoon—you’ll see…) With the album Sun, without a doubt the most complex of her career, Cat Power has turned a new page, exploring synthesizers, programmed beats as well as live drumming, and doing every bit of it herself. Fall under her sway at the Lab.

what a Fest! : Le Lab ouvre le bal the Lab opens the ball Highlight : La cave à rock the rock cave Interview : Black rebel Motorcycle club

Cat Power Montreux Jazz Lab | 20:30 | 8:30pm

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Montreux Jazz Chronicle

Samedi, 6 juillet 2013

15 mars – 17 novembre 2013 Musée d’Histoire de Berne

La « 8e merveille du monde » – maintenant à Berne Qin – L’empereur éternel et ses guerriers de terre cuite www.qin.ch

13_0025_Qin_210x197_Montreux_Jazz_Chronicle.indd IMpreSSUM

Published by Fondation du Festival de Jazz de Montreux Creative Content 2M2C Grand-Rue 95 - 1820 Montreux - Suisse www.montreuxjazz.com Contact chronicle@mjf.ch Head of publishing Marine Dumas & Isabel Sánchez Editor-in-chief Charlotte Terrapon Project Coordinator Fumi Gomez Printed by ImprimExpress Sàrl

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Contributing Editors Antoine Bal, Sophia Bischoff, Camille Guignet, Salomé Kiner, Laurent Küng, Laura Leishman, Garance Zarn Short Story Association des jeunes auteurs romands (AJAR) www.jeunesauteurs.ch Chronicle’s sketch Dora Formica - www.doraformica.com Translators Emilie Jane Armstrong, Manuelle Beurdeley, Julie Da Silva, Melissa DunLany, Wendy Savin

04.06.13 08:19

Designed by eikonEMF Route Wilhelm Kaiser 13 1705 Fribourg - Suisse www.eikon.emf.ch/anthracite Art director Joackim Devaud Graphic designer Margaux Bielmann Layout composers Margaux Bielmann, Rebecca Bühler, Sara Hernandez

Photographers - FFJM : Daniel Balmat, Vincent Bailly, ArnaudDERIB, Marc Ducrest, Lionel Flusin - EMI, Musikvertrieb, Sony, Universal Music, Warner

Printed in Villeneuve 5’000 exemplaires on FSC paper. F | Le chronicle est plus beau dans les mains d’un lecteur plutôt qu’au sol. E | The chronicle looks better in a reader’s hand than on the floor.


Saturday, July 6th 2013

Montreux Jazz Chronicle

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wHat a FeSt !

Le LaB oUVre Le BaL

Manager de la salle. Doublement accessible, puisqu’à la fin des concerts, la chrysalide fait sa mue démocratique pour réapparaître en papillon de nuit sous les traits d’un club gratuit. Exit la configuration latérale et le son de façade. Au fond, un rideau descend sur la scène ; au centre, un DJ prend ses marques ; au plafond, une boule à facettes donne le la de la soirée : l’heure est à l’aftershow. A plein régime, le Lab accueille 2000 personnes. En version club, 800 noctambules pourront épuiser le dancefloor jusqu’à cinq heures du matin.

F | On a beaucoup glosé sur les changements du Festival. Il faut pourtant y voir une flexibilité heureuse, guidée par le principe de cohérence. Ainsi de l’inauguration du Montreux Jazz Lab, né dans les braises du Miles Davis Hall. Parée comme un phénix de ses meilleurs atours, cette « Le Lab est un lieu accessible, salle fut imaginée du vivant de Claude Nobs dans la volonté qui vise un public jeune. » de renforcer les identités de chaque lieu. Mission accomplie : « Non seulement les billets sont « Nous nous sommes recentrés. A en moins chers, mais la soirée dure deux juger par les préventes, le public est fois plus longtemps, » s’enthousiasmait au rendez-vous, » constate fièrement hier Pauline, venue pour Black Rebel Mathieu Monnier, co-programmateur Motorcycle Club, restée jusqu’au DJ de la salle. set d’Indiependance. Dans la forme, le Lab ressemble au Présent jeudi pour le concert Miles, si ce n’est sa scène qui regarde le de Rodriguez, le journaliste Arnaud lac. Dans le fond, le Lab est un combiné Robert commentait en ces termes la homogène des anciens Miles et MDH prestation du rescapé de la folk améClub. Dans ces conditions, de quelle ricaine : « Dès les premières mesures, innovation le Lab porte-t-il le nom ?« ce sentiment paradoxal de retrouver De Juliette Gréco à Jessie J, le Miles quelqu’un que l’on n’a pas connu ». Il se perdait un peu dans les écarts de en va de même du Montreux Jazz Lab : style. Aujourd’hui, le Lab est un lieu différente mais familière, cette salle accessible, qui vise un public jeune. ressemble à celle que l’on attendait. Sa programmation, mieux ciblée, se Salomé Kiner concentre sur les artistes émergents» analyse Thomas Cabado, Production

tHe LaB opeNS tHe BaLL

sions. Today, the Lab is an accessible venue, geared towards a young audience. The more focused programming concentrates on emerging artists,” remarks Thomas Cabado, the venue’s Production Manager. It is doubly accessible given that once the concerts are over the chrysalis undergoes a E | There has been much talk surdemocratic transformation, morphing, rounding the changing face of the like a night butterfly, into a free club. Festival, which reflects a valuable Out with the side configuration and flexibility underpinned by a certain front of house. At the back, a curtain consistency. The same can be said for lowers onto the stage; in the centre, the inauguration of the Montreux Jazz a DJ finds his marks; on the ceiling, a Lab, born from the embers of the Miles disco ball makes the evening one to Davis Hall. Decked out like a phoenix in remember: it’s time for the aftershow. its resplendent beauty, the idea for this At full capacity, the Lab can welcome performing ground was conceived dur2000 people. As a club, 800 nighting Claude Nobs’ lifetime, born out the clubbers can dance the night away desire to strengthen the each venue’s until five in the morning. identity. Mission accomplished: “We “ Not only are the tickets cheaper, refocused. Judging by the presales, the but the evening lasts twice as long, ” public has jumped on board,” proudly enthused Pauline yesterday, who came states Mathieu Monnier, the venue’s for Black Rebel Motorcycle Club and co-programmer. stayed for Indiependance’s DJ set. The journalist Arnaud Robert, who was present at “ The Lab is an accessible venue, Rodriguez’s concert on Thursgeared towards a young audience .” day, had this to say about the performance of american folk In design, the Lab resembles the ‘s survivor: “From the very first bars, Miles, other than its stage which faces this paradoxical feeling of rediscoverthe lake. In style, the Lab is a seamless ing someone you’ve never known”. fusion of the former Miles and MDH The same is true of the Montreux Jazz Club. In view of this, from what innoLab: different yet familiar, this venue vation does the Lab derive its name? looks like the one we were expecting. “From Juliette Gréco to Jessie J, the Miles lost itself a little in stylistic digres-

FLaSH

coNcoUrS INStaGraM !

GAGNEZ !

WIN !

Votre pHoto eN 3ÈMe paGe DU MoNtreUX JaZZ cHroNIcLe !

preNeZ UNe pHoto aU FeStIVaL VIa INStaGraM et aJoUteZ #MJCHRONICLE13 Toutes les photos prises au Montreux Jazz Festival 2013 puis taguées sont susceptibles d’être sélectionnées et publiées. Vous êtes responsables du contenu de chacune de vos photos partagées via le hashtag ci-dessus. La meilleure photo publiée dans un des numéros du Montreux Jazz Chronicle parmi les 15 sélectionnées sera récompensée par un appareil photo Leica X2.* *Aucune correspondance ne sera échangée à propos du règlement, de l’organisation ou du résultat de ce concours. Tout recours juridique est exclu. Le prix ne pourra pas être converti en espèces. Le gagnant sera avisé personnellement par e-mail.

INStaGraM coNteSt! yoUr pIctUre oN tHe 3rD paGe oF tHe MoNtreUX JaZZ cHroNIcLe!...

take a pIctUre oN SIte VIa yoUr INStaGraM accoUNt aND taG It wItH #MJCHRONICLE13 Any image taken at the Montreux Jazz Festival 2013 then tagged is eligible to be selected and printed in the Chronicle. You are responsible of the content of any picture you share via the above hashtag. The best picture among the 15 published in the Montreux Jazz Chronicle will win a camera Leica X2.* *No correspondence will be entered on the regulation, organization or the outcome of this contest. Any legal action is excluded. The prize can not be converted into cash. The winner will be notified personally by e-mail.

MaIN partNerS

raffaff


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Montreux Jazz Chronicle

Samedi, 6 juillet 2013

proGraMMe / proGraM

AUJOURD’HUI / TODAY 06.07.13 aUDItorIUM StraVINSkI

payaNt / GratUIt

MUSIc IN tHe park

payING / Free

MoNtreUX JaZZ workSHopS petIt paLaIS INITIATION GUITARE W/ GERMAIN UMDENSTOCK KOQA NEW SOUNDS FROM ARAB LANDS

13:00 15:00 17:00

MoNtreUX JaZZ coMpetItIoNS

BOBBY WOMACK WYCLEF JEAN & REFUGEE CAMP

Dès 20:00

OUNDLE SCHOOL WIND ORCHESTRA (OSWO) OUNDLE SCHOOL JAZZ ORCHESTRA (OSJO) BBR - BIG BAND DE ROANNE LES CASTAGNIERS TEMPO FORTE BOOOST

13:30 14:30 16:30 18:45 21:00 23:30

tHe rock caVe

MoNtreUX JaZZ cLUB

MONOSKI DJ G0’S

Dès 22:30

TRIXIE WHITLEY PETER VON POEHL

Dès 20:00

16:00

aFterSHowS MONTREUX JAZZ LAB MoNtreUX JaZZ LaB

0:00

BTK OXSA (LIVE) KENHOBIZ

Dès 23:00

F | DÈS LA FIN DES CONCERTS: JAM SESSIONS IMPROVISÉES ET TOURNEURS DE DISQUES | E | OPEN WHEN CONCERTS END! IMPROVISED JAM SESSIONS AND DJS

17:00

INForMatIoNS

MATT KAY DEETRON TREMENDO

cHaLet D’eN BaS

MoNtreUX JaZZ LaB

KOQA DJ T-INA DARLING

F | POUR TOUTES LES INFORMATIONS SUR LES PRIX ET MISES À JOUR DU PROGRAMME, VEUILLEZ TÉLÉCHARGER LA «MONTREUX JAZZ FESTIVAL APP»

Bar eL MUNDo GIRLS IN HAWAII CAT POWER

SOLO PIANO COMPETITION - FINAL

aFterSHowS MONTREUX JAZZ CLUB

tHe StUDIo MUSIc oVer Matter

MoNtreUX paLace

Dès 20:30

FIeSta MIX LatINo

20:00

CUTO OLAYA SHE DJ LIVIA DE BAHIA

E | FOR INFORMATION ON THE PRICES AND UPDATES ON THE PROGRAM, PLEASE DOWNLOAD THE “ MONTREUX JAZZ FESTIVAL APP “

DEMAIN / TOMORROW 07.07.13 aUDItorIUM StraVINSkI OPENING ACT GREEN DAY

MoNtreUX JaZZ Boat Dès 20:00

MoNtreUX JaZZ cLUB KURT ROSENWINKEL CHARLES LLOYD, ZAKIR HUSSAIN AND ERIC HARLAND

Dès 20:00

MoNtreUX JaZZ LaB KOQA ANGEL HAZE I AM

Dès 20:30

MoNtreUX JaZZ creatIoNS petIt paLaIS

Jazz Meets Classic SWINGING CLASSIC

HoteL DeS 3 coUroNNeS

Contemporary Music From The Silk Route

17:00

cHÂteaU De cHILLoN

15:00

SEPTETO NABORI TEMPO FORTE MI TUMBAO DJ RUMBA STEREO

rItMo Loco DeLUXe

MUSIc IN tHe park JAZZ JUVENOCRACY BIG BAND DE L’EJMA-VALAIS JOËL NENDAZ ET SES MUSICIENS ALICE PASCAL RINALDI

14:00 16:00 18:00 20:15 22:30

tHe rock caVe J.C. SATÀN DJ NANU

21:00

keINeMUSIk

09:00

VOLTA & ME ADAM PORT RAMPA

CHRISTOPHE JAQUET DJ SEPT

17:00 18:00

Bar eL MUNDo 20:00

EDWIN SANZ PROJECT SAM CORSO

MoNtreUX JaZZ workSHopS petIt paLaIS INITIATION BATTERIE W/ LEONZIO CHERUBINI

13:00

aFterSHowS MONTREUX JAZZ LAB Dès 22:30

tHe StUDIo

NEW SOUNDS FROM ARAB LANDS USINE DE JOHN SUPKO, PAR L’ENSEMBLE BABEL

SaLSa Boat

cHaLet D’eN BaS

DowNtowN BooGIe

0:00

aFterSHowS MONTREUX JAZZ CLUB Dès 23:00

F | DÈS LA FIN DES CONCERTS: JAM SESSIONS IMPROVISÉES ET TOURNEURS DE DISQUES | E | OPEN WHEN CONCERTS END! IMPROVISED JAM SESSIONS AND DJS


Saturday, July 6th 2013

Montreux Jazz Chronicle

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HIGHLIGHt

MoNoSkI: oN tHeIr way Up!

MoNoSkI : peNte MoNtaNte F | Jour 2 et premier bis pour la toute nouvelle Rock Cave. Oh, elle n’est encore qu’à son âge ingrat et boutonneux, mais ça ne va pas durer ! Elle va imploser très vite la voûte, dans sa fureur adolescente. Et ça commence avec Monoski, groupe fribourgeois bien gratteux. Tout a commencé pour Husky et Floriane (exvioloniste apprivoisée à la batterie) dans la langueur moite d’un été (2008), quand les hormones lâchent

le meilleur d’elles-mêmes. Et oui, loin des plages dégoulinantes de Monoï, certains s’enferment à raison dans leur garage pour fabriquer des petites tueries musicales. On lit même que le duo a été inspiré par une épopée new-yorkaise et par les déserts américains sans fin. En tout cas, ce n’est pas un mirage : ce que transpire Monoski depuis cinq ans est de toute beauté. Des montées sauvagement galopantes, un son maîtrisé avec pointes joliment saturées, parfois minimalistes, un mariage de voix tout terrain flottant dans une riche harmonie douceur/dureté qui, à coup sûr, va perturber plus d’un petit baigneur égaré sur la Riviera. Entre deux sirops à la menthe, venez vous prendre une bonne rincée rockailleuse à la Cave…

E | Day 2 for the brand new Rock Cave. This venue may still be in its infancy, but it is maturing fast! Pretty soon it will be blowing the roof off with teenage energy. This process is starting with Monoski, a guitar-rooted group from Fribourg. It all started for Husky and Floriane (ex-violinist turned drummer) in the heat of the summer of 2008 when hormones were going crazy. Rather than heading for a tropical beach, these two decided to shut themselves up in their garage to craft some awesome tunes. The duo was inspired by a trip to the Big Apple and the endless American deserts. That being said, the music sweated out by Monoski over the past five years has been anything but a mirage! They churn out a galloping sound combining technical mastery and delightfully saturated peaks that segue into minimalist passages. They bring together natural vocals embedded in a rich harmony of soft and hard–they are sure to shake up more than one person who happens to swim by… Thirsty? Come to the Cave for a good long drink of ice-cold, crystal-clear Rock! Antoine Bal


äRtonwall the Rock cave

05.07.2013

PORTfOliO Music in the Park

iiRo Rantala Montreux Jazz club

lEonaRd cohEn & shaRon RoBinson auditorium stravinski ArnaudDERIB / Montreux Jazz Chronicle Photographer

F| “Music in the Park, quand la musique réunit tous les âges, les looks et les pays, let’s rock !“ E| Music in the Park, when music brings together people of all generations, styles and horizons, let’s rock !

Black REBEl MotoRcyclE cluB Montreux Jazz lab

Main Entrance


dinosauR JR Montreux Jazz lab

REdwood Music in the Park

EsBEn BERg semi-Final solo Piano competition, Montreux Palace

Montreux Jazz shop


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Montreux Jazz Chronicle

Samedi, 6 juillet 2013

INTERVIEW

BlACk REBEl MOTORCyClE ClUB F | MJC : Vous souvenez-vous de votre dernier concert à Montreux ? Bien sûr qu’on s’en souvient (rires) ! Il y avait Garbage et PJ Harvey... Je crois bien qu’ils jouaient le même soir, on les a croisés plusieurs fois. On rencontrait PJ pour la première fois et c’était énorme ! Mais ici, c’est comme ça. Cet endroit ne ressemble à aucun autre, on ne peut en oublier la beauté...

« Cet endroit ne ressemble à aucun autre, on ne peut en oublier la beauté...» MJC : Qu’est-ce qui a changé depuis votre dernier passage ici ? On trouve l’organisation plus stricte (rires) ! Les consignes, les horaires, le règlement: rien n’est laissé au hasard. C’est peut-être pour ça que tout est si harmonieux et que le Montreux Jazz ne ressemble à aucun vieux festival de Rock comme on en trouve partout. Tout est toujours sous contrôle, nous on est là pour contrebalancer ça ! MJC : Votre dernier album est très personnel, on y trouve notamment une reprise de votre père (NDLR fondateur du groupe des années 80, The Call). Avez-vous décidé de manière délibérée de mettre plus de vous-même dans ce disque ? Robert : Dans chaque album, on espère pouvoir mettre autant de son cœur et de son âme que possible, mais dans le dernier, on voulait trouver un endroit, un moment et une manière de témoigner notre respect à mon père. Durant toute notre carrière, il était là, il nous encourageait et on lui exprime notre gratitude à travers une chanson, qui rend un hommage plein de respect à sa musique et au message qu’elle véhicule. C’était une belle expérience, un autre moyen d’expression. Je suis très fier de cette chanson. MJC : Ça vous fait quoi de penser que Leonard Cohen joue le même soir que vous ? Robert : Le fait est qu’il se trouve dans le coin en ce moment, à deux pas d’ici, et que je suis tombé accidentellement, consciemment ou inconsciemment, sur sa loge, dans l’espoir d’y jeter un œil, et que je m’en suis fait virer vite fait... On devrait en profiter, s’il est d’accord, et devenir ses musiciens. E | MJC : Do you remember the last time you played here? Actually we do (chuckles). That was with Garbage,

PJ Harvey... I think maybe they were on that same night; we were crossing paths with them. That’s the first time we met PJ and this was a big deal for us. But this is how it is... This place isn’t like anywhere else, so you tend to remember the beauty... MJC : What’s changed since the last time you came to Montreux Jazz Festival? They’re stricter now (chuckles)! It’s their drills, times and regulations. It’s a very tightly run ship. Maybe that’s why everything is so in harmony, and not like a dirty old Rock festival like anywhere else. They keep things appropriate; it’s our job to counterbalance that. MJC : Your last album is very personal, there’s in particular a cover of your Dad (ed. Michael Been, frontman of the 80’s band The Call). Was it an absolute decision to put more of yourself into this album? Robert: In every record, you hope that you can put as much of your heart and soul as you can, but in this album we wanted to find a place, a time and

a way to pay respect to my father. Throughout our career, he was there, really fostering us along, it’s a dedicated gratitude that we have, and that song is pretty respectfully acknowledging his music and the message inside. So it’s a good experiment, another sort of expression. I’m very proud of this song.

“This place isn’t like anywhere else, so you tend to remember the beauty...“ MJC : How do you feel about Leonard Cohen playing on the same night as your band? Robert: The fact is that Leonard Cohen is in the same neighbourhood right now, only a few feet away, and I even accidentally, somewhat consciously, somewhat subconsciously, stumbled into his dressing-room, hoping to get a peek, and I got kicked out of there pretty quick. We gotta use this opportunity if somehow he sees it, we will be his backing band! Laura Leishman

MONTREUX JAZZ TV

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Saturday, July 6th 2013

Montreux Jazz Chronicle

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BEST OF

JAZZ STRIP F | Le soleil brille d’une intensité frappante sur la Riviera, donnant l’illusion de déployer des ailes de feu pour atteindre le zénith. Sous ce halo de lumière, le Jazz émane des arbres longeant les quais du Montreux Jazz Festival. Comme chaque année, la rencontre estivale se fait au bord d’un lac Léman inspirant une douce mélancolie appelant à la détente. Les festivaliers s’y baladent et s’arrêtent parfois pour observer la frénésie qui habite les lieux. Rendez-vous incontournable oblige, le Festival met un point d’honneur à enrober les quais de sa plus belle tenue pour les rendre encore plus poétiques qu’à leur habitude. Pour la 47ème édition, le Montreux Jazz a offert à la rue Emery une transformation digne des plus beaux solo de Jazz. Des néons de couleur guident vos pas vers les différents stands qui vous permettront de vous informer, de vous désaltérer ou de vous restaurer. La nuit venue, la Riviera s’assombrit et laisse le charme de la muta-

DéSARMANT lEONARD F | « Je vous promets de tout vous donner ce soir », a annoncé Leonard Cohen dès son entrée sur scène. Mystique et romantique, le gentleman a une fois de plus réussi le pari de nous charmer… Quand les projecteurs s’allument, le crooner de 78 ans apparaît vêtu d’un costume noir et d’un borsalino. Classe, comme à son habitude. De sa voix d’outre-tombe, il égrène les premières notes du fameux « Dance Me to the End of Love », pour le plus grand plaisir du public. Sur scène, il est accompagné par trois choristes et six instrumentistes. Humble séducteur, Leonard Cohen aime s’agenouiller quand il chante. Une façon de se placer à l’égal de son public, tête baissée et main sur le cœur. Lorsqu’il entame les premières notes de « Bird On a Wire », un immense frisson traverse la salle. A coup de litanies mélancoliques, l’incomparable Léonard parvient à faire naître au cœur de l’Auditorium Stravinski une ferveur quasi religieuse. On aime, on adore et on en redemande. Le gentleman l’a compris: il enchaîne avec « Lover, Lover, Lover », puis avec « Darkness »

tion des quais rayonner. De-ci de-là, la musique qui fait le Festival marque le décor de son nom coloré. « Jazz », « Swing », « Be-bop » ou encore « Rock » scintillent de plus belle au-dessus de vos esprits et vous emportent dans une ambiance chaleureuse. Les quais longeant le Montreux Jazz ont toujours été un symbole du Festival. Aujourd’hui, les couleurs et les lumières qui les habitent leur offrent une dimension mystérieuse et nous invitent à lâcher prise et profiter de l’instant présent. L’endroit se nomme désormais Jazz Strip et vous offre le décor parfait pour de longues et chaudes nuits d’été. Sophia Bischoff

E | The sun shines brightly on the Swiss Riviera, as if spreading its wings of fire to reach the top. Beneath this halo of light, Jazz emanates from the trees that border the Promenade of the Montreux Jazz Festival. Like every year, the summer event is held by the shore of the Lake Leman where the water inspires serenity and relaxation. The festivalgoers stroll by, stopping at times to contemplate the surrounding frenzy. As one would expect for such

et le chaloupé « Amen », deux titres issus de son dernier album Old Ideas. Sa voix grave et profonde s’efface régulièrement pour laisser place aux solos de guitare et de violon, qui nous emmènent tour à tour au cœur des cuevas andalouses et au fin fond de la Grèce… Mais toute bonne chose a une fin. Quand le barde canadien s’incline, l’assemblée reprend son souffle. Après une telle prestation, on en conclut que le « lazy bastard » - comme il se qualifie lui même dans l’une de ses chansons- n’a rien perdu de sa classe. Et l’on se promet de retenir la leçon. Camille Guignet

BREAThTAkINg lEONARD E | “We’re going to give you all we have tonight,” Leonard Cohen promised at the beginning of his concert. Full of mystique and romance, this gentleman of folk music won us over once again with his enigmatic charm. When the lights came on, the 78-year-old crooner appeared dressed in a black suit and a fedora. Elegant as always. With a voice from beyond the grave,

a major festival, the quays are dressed to impress, making them more glamorous than ever. For this 47th edition, the Montreux Jazz has treated rue Emery to a makeover worthy of the most beautiful Jazz solos. Colourful neon lights guide you through the many different stands where you will be offered information, refreshments and food of all kinds. At nightfall, the Riviera darkens giving way to the glowing charm of the decorated docks. Here and there, the music that defines the Festival adds to the decor with its colourful signs. The words « Jazz », « Swing », « Be-bop » or « Rock » shine above your heads and carry you out in a joyful atmosphere. The quays running the length of the Montreux Jazz have always been an emblem of the Festival. Today, the colours and lights they harbour bring a mysterious dimension and invite us to let go and savour the moment. From now on, the place is called Jazz Strip; it will provide the perfect setting to spend your long and warm summer nights.

he reels off the first notes of his famous “Dance me to the end of love,” to the audience’s delight. He is accompanied on stage by three backup singers and six instrumentalists. A humble seducer, Leonard Cohen often bends down on one knee when he sings. A way to put himself on equal footing with his audience, his head down and his hand on his heart. When the first notes of “Bird on a Wire” resound, a huge shiver goes through the room. With his melancholic litanies, incomparable Leonard manages to give rise to a near-religious fervour in the heart of Auditorium Stravinski. We love it so much, we can’t get enough! The gentleman has heard our cries: he runs the show with “Lover, Lover, Lover,” closely followed by “Darkness” and by the swaying “Amen,” two singles from his new album Old Ideas. His deep and husky voice regularly fades out to let the violin and guitar solos bleed through and carry us deep-down to Andalusian cuevas and to the very heart of Greece. But all good things come to an end. When the Canadian bard gives his final bow, the crowd catches its breath. After such a performance, one must conclude that the “lazy bastard” – as he describes himself in one of his songs – has lost nothing of his class. A wise lesson we promise not to forget.


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Montreux Jazz Chronicle

Samedi, 6 juillet 2013

ShORT STORy

AlWAyS ON My OWN F | J’ai rendez-vous ce soir. L’été est enfin clément, j’ai mis une robe, celle que tu n’aimes pas trop. Mais qu’est-ce que je deviens, moi, si j’obéis sans cesse à ton désir ? Je sors du bus au Parc Vernex. Pendant le trajet, j’ai été compressée contre des dizaines d’autres filles en robe à fleurs. Le Festival se dilate, on est déjà dedans à Vevey, Chillon, Villeneuve. Je descends vers toi sur le chemin pavé. Je me suis arrêtée à mi-parcours pour scruter la foule qui gigote en contre-bas, sous les deux arbres gigantesques. Je te guette. C’est raté. Je te vois partout. Chaque silhouette t’évoque. Je décide que c’est un jeu. J’entre, je me fonds parmi les spectateurs. En bande son, de la salsa de Cuba. Music in the Park. Je progresse, tempo forte. Décidément, je m’amuse beaucoup en ne te trouvant pas. Sur la scène, les musiciens répondent à mes envies en faisant résonner les cuivres. Je danse seule, tourne sur moi-même. Juste à côté, un homme, amusé, m’encourage. Ce n’est pas encore toi, mais ses traits me sont familiers. Il a cette générosité dans le regard, qui veut dire : continue à danser. Je souris et lève les yeux vers le ciel. Les feuilles de l’arbre seront éclairées, plus tard, quand il fera nuit. Une promesse de plus. Je veux dire merci à l’homme aux yeux doux. Ou peut-être l’inviter à danser. Il a disparu. Alors je décide de partir. Je ne t’appelle toujours pas. Les règles de mon nouveau jeu seront respectées, coûte que coûte. Je m’engage sur les quais. Moins de musique, mais tellement de visages à croiser. Tu n’y es pas. Je repère cette fille, elle doit avoir mon âge, elle est si grande, elle dépasse tout le monde d’une tête, son bras droit se déploie pour faire signe. Pas à moi. Mais je réponds. Parce que ça m’amuse. Elle le remarque, elle rit. Je m’avance vers elle, lui dis que je te cherche et que je lui fais confiance pour me mener à toi. Cette fille, je le sens, connaît les chemins du hasard. E | I have a date tonight. Summer’s finally settled in, I put on a dress, the one you don’t like so much. But what would I become, then, if I bowed to your every desire? I step off the bus at Parc Vernex. On the way there, I was pressed against clusters of other girls clad in flowery dresses. The Festival is billowing out, we’re swept up by it already in Vevey, Chillon, Villeneuve. I walk down the paved path towards you. I stopped midway to scan the crowd rippling below, under the two colossal trees. I’m on the watch for you. Mission failed. I see you everywhere. Every silhouette conjures up yours. I decide it’s a game. I infiltrate, I blend into the spectators. As my soundtrack, Cuban salsa. Music in the Park. I advance, tempo forte. Clearly, I’m enjoying myself, not finding you. On stage, the musicians indulge my whims, rhythms surging from their instruments. I dance alone, turn around myself. Just next to me, a man, amused, urges me on. It’s still not you, but his features are familiar. His eyes exude a certain generosity that tell me, keep on dancing. I smile and look up at the sky. The leaves on the tree will be lit up later, when night falls. A promise of more to come. I want to thank the man with the kind eyes. Or maybe ask him to dance. He’s disappeared. So I decide to leave. I still don’t call you. The rules of my new game will be observed, no matter what. I venture onto the quays. Less music, but so many faces weaving in and out. You are not there. I make out a girl, she must be my age, she’s so tall, she towers over everyone by a head, her right arm stretches out to wave at someone. Not at me. But I wave back. For the fun of it. She notices, she laughs. I approach, tell her I’m looking for you and I’m counting on her to lead me to you. This girl, I can feel it, knows paths unpredictable. She laughs too

Elle rit trop fort. Les gens se retournent. Elle dit Ok, suis-moi. Je ne lui donne pas mon vrai prénom, sans savoir vraiment pourquoi. Elle me pose mille questions. Je lui parle seulement du jeu que je viens d’inventer. Elle trouve ça magique. Elle dit qu’ici, dans ce cadre là, c’est parfait. C’est là que l’aventure arrive toujours. Elle est bénévole du Festival depuis quatre ans. Pour la beauté de la musique, la douceur du lac, l’irréalité des rencontres. Pendant ces deux semaines tout s’enchaîne comme un défi à la logique. Elle me raconte ce chanteur avec qui elle a discuté jusqu’à ce que l’aube les sépare, cette toute petite femme qu’elle a amenée jusqu’à la scène, juste avant son concert sublime, cet acteur qui l’a saluée dans les coulisses et toute la foule des anonymes enthousiastes qui vivent le même rêve qu’elle. Ses mots sont excessifs, ses phrases hyperboliques. Ça ne me dérange pas. Je décide que moi aussi je veux prendre part à cette mythologie. Nous sommes devant l’entrée de l’Auditorium Stravinski. Montre-moi quelque chose d’incroyable, je lui demande. Mes plans ont changé, je te trouverai plus tard, tu n’as qu’à attendre un peu. Je sens que, ce soir, ma rencontre ce n’est pas toi, c’est l’homme à lunettes, c’est cette grande fille, qu’un inconnu arrête pour lui dire qu’elle ressemble à Aretha Franklin. Ce soir, je travaille mon amour ailleurs, autrement. Aretha me guide à grandes enjambées dans le Festival. Ma découverte c’est la musique qui change dans chaque nouvel espace. Je n’y avais jamais prêté attention avant. Avant, je ne me laissais pas entraîner. Je ne regarde plus droit devant moi. Je cherche les sources de la musique. Ma guide a disparu, mais je poursuis ma quête de l’incroyable. Seule. Toujours. Noémi Schaub Inspiré par “Always On My Own“ de Cat Power tiré de l’album Sun (2012)

loudly. People turn around. She says okay, follow me. I don’t tell her my real name, not really knowing why. She throws me a thousand questions. I only tell her about the game I’ve just invented. She thinks it’s magical. She says that here, in surroundings like these, it’s the perfect thing. It’s here where adventures happen. She’s been volunteering at the Festival for four years. For the beauty of the music, the hush of the lake, the surreal chance encounters. During these two weeks, everything fuses together as if in defiance of logic. She tells me about the singer she stayed up talking to until dawn, the tiny woman she accompanied to the stage, just before her sublime concert, the actor who said hello to her backstage, and the entire crowd of anonymous enthusiasts living the same dream as hers. Her words are excessive, her sentences hyperbolic. It doesn’t bother me. I decide that I too want to take part in this mythology. We’re in front of the entrance to the Auditorium Stravinski. Show me something amazing, I say to her. My plans have changed, I’ll find you later, you only have to wait a little. I have the feeling that tonight, my encounter isn’t with you, it’s with the man with the glasses, it’s with this towering girl, who a stranger stops to say she looks like Aretha Franklin. Tonight, I’m working my love elsewhere, differently. Aretha’s guiding me, with her swift, sure strides. The music that changes in each new space, that’s my discovery. I never paid it much attention before. Before, I didn’t let myself be led. I’m no longer looking straight ahead. I’m searching out the sources of the music. My guide has disappeared, but I continue my quest for the amazing. Alone. Always. Inspired by “Always On My Own“ by Cat Power from the album Sun (2012)

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Montreux Jazz Chronicle

Samedi, 6 juillet 2013

MONTREUX JAZZ ShOP | MAIN ENTRANCE

gO SOCIAl! #MJF13

lD y TAgE MIX I l T VIN W N R FO ySEO& T-ShIR BOCOllEg

Ça sent la gomme dans les enceintes et la gomina dans les tifs. #BlackRebelMotor cycleClub #LMFestival #MJF13 @fred_Valet

ET

Le @MontreuxJazz est si légendaire qu'on sent énormément d'émotion dans les itw d'artistes !! #MJF13 @fBananelive

Léonard Cohen : une guitare à 16 cordes (barge), des gammes mineures harmoniques. Et il porte bien le borsalino noir #MJF13

Ck JA

@karbonkid

Chilling at @MJF13 ! Who's with us?

Fait un temps superbe au parc Vernex et y a foule pour #Redwood On sautille un peu? #MJF13 @flucer

@Aurélien

UBS CHAIR NEXT SPOT MAIN ENTRANCE - 18H

ThE ChRONIClE’S SkETCh

gOOD TO kNOW *uniquement le week-end

DIR. LAUSANNE DÉPART DE MONTREUX

*weekends only

à 02:18* | 03:38* | 05:13

FRIBOURG - BERNE (via Lausanne) DÉPART DE MONTREUX

GENÈVE (via Lausanne) DÉPART DE MONTREUX

NEUCHÂTEL - BIENNE (via Lausanne) DÉPART DE MONTREUX

à 02:51* | 04:21 | 05:39

à 23:45 | 01:30* | 05:45

à 23:45 | 05:39

LAST TRAINS

LAUSANNE FROM MONTREUX at 02:18 am* | 03:38 am* | 05:13 am

FRIBOURG - BERNE (via Lausanne) FROM MONTREUX at 11:45 pm | 01:30 am* | 05:45 am

GENÈVE (via Lausanne) FROM MONTREUX

NEUCHÂTEL - BIENNE (via Lausanne) FROM MONTREUX

at 02:51 am* | 04:21 am | 05:39 am

at 11:45 pm | 05:39 am

Montreux Jazz Chronicle 2013 - N°2  

Le quotidien du Montreux Jazz Festival The Montreux Jazz Festival daily newspaper

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