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GÉnÉalogique n°1 • juin • JUILLET • AOÙT 2010

N°1

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SOMMAIRE

Edito Chers lecteurs,

EDITO GÉNÉANEWS ENQUÊTE PSYCHOGENEALOGIE EN APARTÉ DOSSIER SPÉCIAL ONOMASTIQUE MÉTHODO’LOGIQUE ARCHIVES : LES COULISSES 61 LOGI’’WEB 03 05 07 09 12 18 31 35 54

70 CONTACT

Plus qu’un magazine, Généalogique se veut avant tout essentiel et pratique. Nouveau concept, nouvelle ligne éditoriale, nouveau public, avec ce support, nous souhaitons pouvoir contribuer activement à l’élaboration de vos recherches et vous accompagner dans chaque étape. Faire son arbre généalogique est une lourde tâche. Patience, rigueur et détermination sont les maîtres mots pour y parvenir. Néanmoins, parfois, et ce malgré la meilleure volonté du monde, il arrive que l’on reste bloqué dans son avancement. C’est pourquoi, entourée d’experts dans chaque domaine propre à la généalogie, nous allons tous ensemble vous conseiller, vous offrir un panel de méthodologies essentielles, vous donner des astuces, pour que chacun d’entre vous puisse avoir la possibilité de réussir ce projet merveilleux qu’est la réalisation de son arbre familial. À côté de cela, et pour rendre votre lecture plus complète et attrayante, vous vous avons réservé quelques surprises... L’interview de Renan Luce qui nous raconte son enfance en Bretagne et ses inspirations, la mise en place de la rubrique psychogénéalogie qui vous aidera à comprendre cette science utile et enfin pour vous donner envie de nous suivre et que nous puissions tous ensemble vivre une aventure exceptionnelle, découvrez en cadeau notre arbre généalogique et participez dès maintenant à tous nous jeux qui vous donneront le droit à un abonnement d’un an gratuit ! Ce magazine se veut participatif. Créons une communauté autour de Généalogique! Bien à vous, Emilie DI VINCENZO

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l’ Équipe

JEAN-LOUIS DEGA “Passionné d’onomastique depuis plus de 30 ans (membre de la Société Française d’Onomastique, fondateur de deux listes consacrées à l’onomastique sur Yahoogroupes [noms_rouergue et onomastique_francophone]), et de généalogie (spécialiste des familles de l’Aveyron et du Tarn) mais aussi écrivain. Il a écrit en particulier une biographie de Bernard-François Balssa, le père de l’écrivain Honoré de Balzac”.

ELISABETH PECKEU “Historienne de la famille, généalogiste professionnelle et paléographe. Elisabeth est une x chroniqueuse généalogique de France 3 Nord Pas de Calais Picardie”

PAUL POVOAS “Archiviste en fonction, généalogiste dans le milieu associatif, spécialiste en méthode de recherche, en paléographie et dans les nouvelles technologies (logiciels, internet, archivages numériques), auteur de nombreux articles dans des revues spécialisées.”

ANNE LE FLOCH “Journaliste pendant une trentaine d’années dans la presse scientifique spécialisée et passionnée de généalogie, collabore à la rédaction et à l’édition d’ouvrages de généalogie et d’histoire de famille”

Dominique DELGRANGE “Sigillographe ; auteur de plusieurs études concernant les sceaux, les monnaies et les médailles du nord de la France (Artois, Flandre, Hainaut...) et de nombreux articles dans le domaine de l’emblématique médiévale, l’héraldique, la sigillographie et les généalogies douteuses produites au XVIIme siècle (frères de Launay, Jean Lecarpentier...). En préparation : une histoire du cmier, un armorial du Boulonnais”.

TONY NEULAT “Tombé dans la marmite généalogique à l’âge de 12 ans, sa passion l’a amené à sillonner toute la France, mais également à pousser ses recherches en Espagne et en Italie. Au travers d’une multitude de registres de toutes natures, il a pu découvrir qui étaient ses aïeux, leurs coutumes et leurs conditions de vie. Il a également eu la chance de vivre l’essor formidable de la généalogie grâce à Internet.”

Directeur de la publication : Christian Gustin Rédactrice en chef : Emilie Di Vincenzo genealogique.edition@gmail.com Ont collaboré à ce numéro : Elisabeth Peckeu, Anne Le Floch, Tony Neulat, Jean-Louis Dega, Paul Povoas, Dominique Delgrange.

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Mise en page & graphisme : Mil’conseils milconseils@gmail.com Impression : Groupe Assistance Printing 113-121, avenue du Président Wilson 93210 La Plaine St Denis

Adresse du siège social : Généalogique 74, rue du gros chêne 54410 Laneuveville tél : 03 83 57 91 06 / fax : 03 83 51 20 08 redaction.genealogique@gmail.com

Couverture et photographies de Renan Luce : ©Mondino

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actu

et Maurienne Généalogie) dans le cadre du 150e anniversaire du rattachement de la Savoie à la France. Seront présents : des associations de la région Rhône-Alpes (consultation de leurs bases de données) et d’autre régions de France, des associations du patrimoine, des éditeurs et librairies spécialisées. La généalogie cantalienne Démonstrations de logiciels de généalogie, conférences et initiation à la s’exporte ! Afin de mieux promouvoir la généalo- généalogie. gie cantalienne et l’histoire populaire Au centre de congrès de Chambéry, le 18 de 10 h à 18 h et le 19 de 9 h à 17 h. de ses familles l’association généalogique Cantal-Liens ouvre son site la chronique GENEA-LOGIQUE Paris, 25 et 26 septembre 2010 à une consultation internationale. Diffusée sur Francebleuhérault (101.1) Gene@2010, le Forum de la GénéaloPlus que la traduction d’une simple depuis le 07 février 2010, le dimanche de 9h gie se déroulera dans la cour de l’hôtel page d’accueil, ce sont 250 pages à 9h30 et présente sur le site de la station. de Soubise aux Archives de France. d’articles et de dépôts de ses Cette chronique, produite par Georges Seront présents : des associations de adhérents qui seront proposées en difDI MEGLIO, vice-président du Cercle généalogie, des fabricants de logiciels, férentes langues. Généalogique de Languedoc et présentée des éditeurs, la presse spécialisée, les Les versions italiennes et espagnoles avec Agnès MULLOR, animatrice de la Archives de France et la Fédération sont actuellement opérationnelles et station, propose gratuitement aux auditeurs Française de Généalogie (FFG). suivront très prochainement celles en l’explication de leurs patronymes. Archives de France, hôtel de Soubise, anglais et en allemand. Le site de Francebleuhérault (http:// 60, rue des Francs-Bourgeois, Paris 3e Pour référence on peut consulter sites.radiofrance.fr/chaines/francehttp://Cantal.Liens.free.fr bleu/?tag=herault) propose de retrouver Saintes (17), 2 et 3 octobre 2010 les dernières chroniques et de demander en Journées régionales de généalogie ligne l’explication de son nom de famille. organisées par le Cercle généalogique de Saintonge et le Cercle généalogique GENEA-LOGIQUE sur francebleuhérault: de Sud-Saintonge, de 10 h à 18 h les (101.1) le dimanche de 9h à 9h30 et retrouvez les deux jours. chroniques sur http://sites.radiofrance.fr/chaines/ Port-de-Bouc (13), les 12 et 13 juin france-bleu/?tag=herault Au Parc des expositions Mendès2010 Permanences à Jacou (34) - Salle G. Boude - 1er France de Saintes XXes journées régionales de géétage par escalier extérieur - mercredi 14h à 19h Stand et parking gratuits, restauration néalogie du Centre généalogique et samedi 09h à 12h (sauf juillet et Août) sur place Midi-Provence (CGMP), organisées Internet : http://www.cglanguedoc.com Contact : prost.jacqueline@wanadoo.fr par l’Association généalogique des Base des Mariages Héraultais : http://cgl.bm34. et 05 46 90 26 29 Bouches-du-Rhône free.fr/index.php Salle Gagarine Port de Bouc (13110) Toulouse (31), 9 et 10 octobre 2010 www.ag13.org www.genefede.org/agbdr@wanadoo.fr Journées nationales de généalogie organisées par l’Entraide généalogique Les Archives Sévignac (22), les 19 et 20 juin 2010 du Midi Toulousain au Centre culturel départementales de Fontaine-Lestang, 9es rencontres de Racines en Sévi59, rue Vestrepain, 31000 Toulouse gnac des Vosges Renseignements : Thème : les photos de mariages organisent des ateliers de pratique Tél. 05 34 63 91 06 Renseignements : historique : http://www.egmt.org racinesensevignac@gmail.com - Les 5, 8 et 9 octobre 2010 : contact@egmt.org Faire l’histoire de sa commune Chambéry (73), 18 et 19 septembre Gruson (59), 31 octobre 2010 2010 Les 40 ans du GGRN 4e Forum Rhône-Alpes de généaloCommémoration de la création du gie et histoire organisé par l’Union généalogiques des GGRN et organisation d’une exposition « Généalogiades 2010 » dans la salle Pays de Savoie (regroupant l’Aredes, communale de Gruson, village situé le Centre généalogique de Savoie

agenda

ÉCHANGES NEWS

Agenda

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à 15 km de Roubaix et à la croisée de trois territoires le Ferrain, la Pévèle et le Mélantois, connus par la célèbre bataille de Bouvines et du Paris-Roubaix qui le traverse. Site : http://www.ggrn.fr/ Contact : contact@ggrn.fr

Une première aux AD 06

Les tables des hypothèques en ligne. Les archives départementales des Alpes Maritimes viennent d’étoffer leur site Web avec une nouvelle possibilité -inédite en France- : consulter les tables de patronymes des Conservations des Hypothèques. Pour être précis, il s’agit Mions (69), 20 et 21 novembre 2010 de l’intégralité des tables des patro4e biennale de généalogie organisée nymes, des prénoms et des registres de par le Cercle de généalogie de Moins relevés de formalités des arrondisseLes archives (CGM) ments de Grasse (1800-1955) et de départementales de Une exposition et des ateliers pour Nice (1823-1955). Pour l’occasion, une Châteauroux généalogistes débutants et confirmés de Depuis début janvier, les registres application a été développée spécifiquela région Rhône-Alpes paroissiaux et registres d’état civil sont ment à cet effet ; elle permet, en quatre de 9 h à 18 h, entrée gratuite désormais accessibles en quelques clics étapes, d’obtenir la référence exacte de Centre culturel Jean-Moulin, place en se rendant aux archives départemen- l’acte recherché, parmi les 312.000 imJean Moulin, 69780 Moins ages numérisées et mises à disposition tales à Châteauroux. Tout cela a été Genealogiemions.free.fr en ligne, soit près de 1.000 registres. rendu possible grâce à la contribution Une fois cet acte repéré, il vous faudra des Mormons qui les ont entièrement Québec 28 et 30 mai 2010 vous rendre en salle de lecture pour numérisés gratuitement ! 6e Congrès national de généalogie commander le registre original. de la Fédération québécoise des sociétés de généalogie (FQSG) La Société de généalogie de Drummondville sera l´hôte de ce congrès, qui La Mayenne vient de mettre en aura lieu du 28 au 30 mai 2010, au Best ligne une base de données nominaGénéalogie : un forum Western Hôtel Universel. L´objectif est tives à partir des listes de recensements pour Filiatus et MariaGed Le forum de Filiatus fusionne avec le d´accueillir 350 généalogistes. de population. Cette base comprend forum de MariaGed et devient actuellement 60.000 noms (40.000 http://www.filiatusetmariaged.com/ autres sont en cours de contrôle), reMariaGed est un logiciel qui permet cueillis notamment grâce à la particide reconstituer 70 à 80% des filiations pation d’une dizaine de généalogistes d’un village à partir de tables de marbénévoles. iages éditées par le logiciel Nimègue, http://www.archinoe.fr/cg53v4/ecrou. version 3 (http://www.cegfc.net/nimegphp ue). Le produit final est destiné a être lu par un fichier au format FTS (Filiatus, http://www.filiatus.com) afin d’éditer la monographie du village ou bien à être exporté dans son logiciel habituel, via un fichier Gedcom généré par le programme. http://www.mariaged.com/

EN BREF

VOUS SOUHAITEZ PASSER UNE ANNONCE, NOUS ENVOYER VOS COMMUNIQUÉS DE PRESSE, CONTACTEZ DÈS MAINTENANT LA RÉDACTION /redaction.genealogique@gmail.com

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ENQUÊTE

“LE JARDIN ALZHEIMER” RÉVEILLE VOS SOUVENIRS

par Emilie DI VINCENZO

Le défi a été maintenu… 3 800 m² de végétaux à visée thérapeutique, des balades autour d’oeuvres d’Art, des petits coins de détente, le jardin « Art, mémoire et vie » du CHU de Nancy prend forme en faisant entrer la Vie dans l’hôpital pour le mieuxêtre d’une cinquantaine de personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer. Débuté en décembre 2007, ce projet innovant dans le paysage hospitalier français devrait être achevé d’ici le mois de mai. Rencontre avec l’initiatrice du projet, Dr Thérèse Jonveaux, chef de service au Centre Paul Spillmann-Pôle gérontologie, médecine interne et soins palliatifs de l’établissement.

Soutenu par différents organismes le jardin Alzheimer 1

expérimente, non seulement, de nouveaux traitements thérapeutiques mais fait aussi lieu de recherche et de modèle pour le monde hospitalier francophone. Ce projet, qui a réuni tous les corps de profession de l’hôpital mais aussi artistes et architectes, propose un itinéraire sécurisé entre contemplation et flânerie mais permet également aux patients de l’hôpital Saint-Julien de stimuler leurs mémoires sensorielle et culturelle. L’objectif de ces travaux était d’offrir un espace de convivialité à des malades souvent délaissés dans les services hospitaliers. Par nature, l’hôpital est un lieu où nos sens ne peuvent pas être en éveil (à cause de l’odeur, des couleurs, etc.). Chaque malade a donc le sentiment de vivre dans un monde artificiel. Le patient atteint de la maladie d’Alzheimer est en manque constant de repères, reste

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isolé, replié sur lui-même, déambule dans les couloirs et demande beaucoup d’attention. Par la construction de ce jardin, il leur a été permis de développer leurs centres d’intérêt (en regardant le jardinier, les oiseaux, etc.) mais surtout leurs capacités cognitives à travers la multiplicité des couleurs, parfums, bruits et textures proposés, déployés à travers quatre carrés représentant chacun les quatre éléments : la Terre, le Feu, le Vent et l’Eau. Il y a une rupture évidente avec le cadre hospitalier habituel. A travers ce jardin, tous les sens peuvent être mobilisés : la vue, l’ouïe (fontaines, mobiles sonores, bruits de la ville avoisinante), le toucher et l’odorat. Dans une autre lignée, il importe de stimuler la mémoire des patients à travers l’évocation de souvenirs. Pour cela, l’équipe du Dr Jonveaux a pris l’initiative d’installer des œuvres, des indices qui culturellement rappelleraient

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des choses. Le but étant de mobiliser des processus, des souvenirs anciens qui sont le plus souvent engourdis. Par exemples, des vitraux provenant de l’atelier de Saint Nicolas de Port, des arbres mirabelliers, de la pierre calcaire. Les patients ont donc la possibilité de se balader en accès libre dans des espaces adaptés et stimulants où les notions de l’Art et de l’Émotif contribuent à leur mieuxêtre. Plus simplement, ils reprennent contact avec une vie plus normale. Grâce à ces résultats encourageants, les familles aussi reprennent confiance et rendent visite à des proches qui sont bien souvent abandonnés. Ce sont plusieurs générations qui se retrouvent autour d’un verre sur un banc, ou qui discutent une partie de cartes à l’abri d’un arbre. Différents ateliers ont été mis en place pour favoriser le travail autour du transgénérationnel et du « bien ensemble » dans un lieu plus accueillant, plus reposant, propice aux rencontres et aux échanges avec les membres de la famille. Ce projet très prometteur sera prochainement ouvert à des malades en soins palliatifs longue durée. C’est un modèle de réussite bien qu’étant encore à l’heure des expérimentations. Des méthodes ont été validées permettant dores et déjà d’amener des compétences à d’autres hôpitaux, et surtout d’ouvrir le dialogue sur différents services et soins qui peuvent être

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apportés aux malades. « Cet enthousiasme et les nombreux contacts noués nous encouragent à mettre en place, en lien avec l’association Jardins et Santé une véritable dynamique nationale pour encadrer et valoriser la notion de jardin à visée thérapeutique. Avec, pourquoi pas, la création d’un observatoire et d’un label reconnus ? ». A noter qu’en France, 30% des jardins accessibles sont clos. Un vrai travail est encore à mener afin de proposer des solutions en fonction des pathologies. Mais l’hôpital Saint-Julien risque fortement de devenir un centre de référence et de formation, puisqu’ étant devenu finalement un support innovant pour la recherche liée à la maladie et à ses prises en charge non médicamenteuses.

Photos : Communication CHU de Nancy la Fondation des Hôpitaux de Paris Hôpitaux de France à travers l’opération « Plus de Vie », de l’ALANA (Association Lions-Alzheimer de Nancy Agglomération), des Clubs Lions et Lions national, de la Fondation Médéric Alzheimer, de l’Association Alzheimer 54, du Conseil Général 54 et de la Communauté Urbaine du Grand Nancy 1

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PSYCHOGÉNÉALOGIE

noTRE MÉMOIRE INCONSCIENTE

Interview

Je ressens un profond mal-être. Et j’ignore son origine. Si ma vie actuelle semble me convenir, il se pourrait pourtant bien que ma mémoire inconsciente m’exprime de douloureux sentiments. Victimes de transferts, de transmissions généalogiques, notre existence est conditionnée par le poids des histoires familiales. Alors si certains cherchent à s’en défaire par le biais de la psychogénéalogie, d’autres préfèrent l’ignorer et se rabattent sur des anti-dépresseurs et développent ainsi, à la longue, des maladies graves. Interview avec des précurseurs de cette thérapie en France, Claude Vieux et Dominique-Hélène Waguet.

Découvrez leur ouvrage Mémoire de l’Arbre, Mythes et psychogénéalogie Du drame Grec à la conscience du XXIème siècle. aux éditions Quintessence.

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par Emilie DI VINCENZO Tout d’abord, pourriez-vous nous donner votre définition de la psychogénéalogie? La définition se trouve dans le terme même, il y a psycho et généalogie. C’est considérer la psyché de l’individu, son monde intérieur, non plus à la dimension individuelle mais à celle de son arbre généalogique. D’autre part, dans les recherches généalogiques, on tente de remonter loin dans le temps : de qui me vient le nom que je porte, quelles sont les professions, les déplacements de ses ancêtres, on s’intéresse aux collatéraux. En psychogénéalogie, ce sont les trames psychiques qui nous intéressent : quel est le vécu de chaque grand parent, les différentes façons de vivre le couple, les maternités, quels ont pu être les drames familiaux… c’est-à-dire tout ce qui a façonné chacun de nos parents et donc ce qui a influencé notre propre naissance et histoire. Pourquoi est-ce important de s’intéresser à ses racines, à son arbre? S’intéresser à cet arbre, permet d’identifier les transmissions qui circulent des ancêtres vers la personne qui entreprend la recherche. Il faut savoir que notre inconscient referme “en vrac” toute la mémoire des secrets, des drames, des émotions enfouies, vécus par nos ascendants. Tous ces facteurs créent un “filet qui enrobe l’enfant” comme le dit Lacan, ceci depuis sa naissance. Tout enfant se structure avec cela, mais parfois, des tensions intérieures trop fortes ou des secrets de famille qui ont besoin d’être révélés exercent une telle tension intérieure, que des dépressions, des maladies, des accidents ou tout simplement un mal être, demandent de mettre de l’ordre dans cette mémoire. Quelles incidences cela peut-il avoir sur notre vie? Cette mise à jour permet d’alléger les peines, les colères, etc… qui passaient par nous tout en n’étant pas nôtre, de mettre du sens sur des comportements familiaux incompréhensibles ou inacceptables, de saisir de qui nous vient de tel ou tel fonctionnement afin de décider s’il nous convient ou pas. C’est une façon de devenir conscient et maître de soimême, de ne plus être manipulé à notre insu par des forces du passé.

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En quoi consiste réellement une consultation, une théra- avec ce regard neuf pour faire apparaître ces fonctionnepie en psychogénéalogie? ments. Nous avions alors les exemples qui permettaient à Quelles sont les différentes étapes ? (peut-être diffèrent- tout un chacun de prendre conscience des effets néfastes elle selon le patient...) des transmissions, comment elles opèrent et comment Par des questions, des recherches, des mises en place, aller elles auraient pu être évitées. mettre en lumière les Ce livre nous permet de ditransmissions agissantes vulguer notre vision de la “Un jour, une femme commence un travail de dans la psyché de la perpsychogénéalogie ainsi que thérapie car elle et son mari n’ont aucun trouble nos méthodes de travail. sonne. Cette étape accomplie, l’aider à se dé- physiologique et pourtant elle n’arrive pas à être Grâce à sa parution, de nomenceinte. Le travail de psychogénéalogie qu’elle breuses personnes ont pu dégager des transmissions entreprend par la suite, permet de mettre en néfastes et ne conserver couvrir la psychogénéalogie lumière le chagrin enfoui de sa Grand-Mère Ma- et certaines prendre contact que les positives. ternelle qui a accouché avant terme d’un enfant avec nous pour entreprendre Il est vrai que lors des consultations individu- mort-né. Cette grand-mère avait toujours occulté ce travail. cette souffrance et pourtant ses deux autres enelles la personne parle de ses problèmes actuels. En fants, un garçon et une fille, sont nés exactement Vous travaillez tous les deux à la date où aurait dû naître cet enfant ! Envahie en collaboration. Que cela l’écoutant, nous la faisons pas cette douleur occulte, un secret profondérevenir sur sa vie d’enfant, vous apporte-t-il dans votre ment enfoui mais transmis, son fils est décédé l’attitude du père et de la travail? d’une overdose et sa fille n’a jamais pu quitter mère, leurs souffrances Dans les groupes que nous sa mère perturbant ainsi son propre foyer. Une d’enfants. Ce qui nous fait animons ensemble, nous fois cela mis en lumière notre patiente a pu être arriver aux grands parformons une référence de enceinte et vient de nous annoncer la naissance couple parental, mais les ents. En utilisant alors la de son second enfant”. Gestalt-thérapie, la perpersonnes entendent égalesonne donne dans la salle ment la parole de la femme de travail une place qui et celle de l’homme, forcésera celle de son père, de sa mère ou d’un grand parent. ment différentes, et s’aperçoivent ainsi de celle qu’ils ont Nous lui faisons prendre une de ces places et interrogeons beaucoup de mal à entendre. Cette coopération apporte alors ce personnage sur sa vie et sa relation à ses enfants. une complémentarité ainsi qu’un grand impact dans nos Ce changement de place permet à l’inconscient de interventions, car ce qui peut ne pas être perçu par l’un, s’exprimer et de livrer des informations précieuses qui peut l’être par l’autre. Il nous est souvent dit que rien ne permettent à la personne de donner du sens à ce qu’elle nous échappe. vit actuellement. La différence entre les séances individuelles et le travail Êtes-vous tous deux passionnés par ce domaine? de groupe réside dans le fait que dans le premier cas nous Ce travail représente une telle façon d’alléger les rancuabordons ces transmissions par petites touches, au gré des nes, les injustices, etc… que cela permet de soulager les demandes et besoins du patient, alors qu’en groupe nous générations futures du poids qu’elles recevraient. Ce traexplorons systématiquement chaque place, ce qui permet vail est ainsi devenu comme une mission pour l’évolution un vrai travail de mise en ordre. de notre humanité. N’oublions pas “ il faut 3 générations Souvent une lignée semble plus douloureuse et occulte ce pour faire un psychotique” nous dit Françoise Dolto ; qui se passe dans l’autre lignée qui est tout aussi impor- Didier Dumas, dans son livre “L’ange et le fantôme” intant. dique combien l’enfant autiste est tellement occupé par les charges passées qu’il ne peut être disponible au présent… Pourquoi avez-vous écrit cet ouvrage? Quelles en ont été les retombées? Une passion, une mission, peut-être même Il était impossible de décliner le fonctionnement des un devoir. Dominique et Claude organtransmissions en exposant les arbres généalogiques des iseNT des séminaires sur tout le terripersonnes ayant travaillé avec nous par respect du secret toire français. Sûrement aurez-vous professionnel. Cela aurait mis sous les projecteurs trop de l’occasion de les croiser… si tel est le cas, monde. Hors, nous nous sommes aperçus que tout était interpellez-les et laissez-vous séduire déjà écrit dans les mythes et qu’il nous suffisait de les lire par ce couple hors du commun !

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DOSSIER SPÉCIAL

LA BRETAGNE INTERVIEWEXCLUSIVEDE RENANLUCE TOUR D’HORIZON DES ASSOCIATIONS BRETONNES

HISTOIRE DE BRETAGNE

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EN APARTÉ

renan luce Renan Luce joue avec sa guitare comme avec les mots. Il nous raconte des histoires sous des airs de folk. Nous emmène en balade au pays de son imaginaire… tout en faisant quelques détours par la Bretagne… Un artiste reconnu appartenant au « clan des Miros », se sentant parfois « Ridicule » devant les années qui défilent mais qui tente malgré tout de garder son univers intact en gardant les pieds bien sur Terre ou plutôt à

Morlaix ! En tournée jusque fin décembre 2010, c’est aux Arènes de Metz, qu’il nous a ouvert la porte de sa loge le 2 avril, pour une interview intimiste et décontractée.

Vous avez passé votre enfance à Plourain-les-Morlaix, en Bretagne, à côté de Morlaix… Nous sommes arrivés là quand je n’avais que quelques mois, et je s’y suis resté jusque l’âge de 17 ans. J’adorais vivre à la campagne. Une enfance très heureuse, faite de beaucoup de musiques. J’ai commencé très jeune. D’abord le chant dans une petite chorale, après je me suis mis au piano en suivant mon frère qui est un peu plus âgé et qui avait commencé le piano, ce qui m’a donné envie d’en faire. Mais j’ai surtout eu toujours envie de chanter. Tous les ans, il y avait un spectacle dans le théâtre de Morlaix. J’adorais déjà cette ambiance de coulisse. Ça m’a donné très envie de faire des tournées plus tard. Vous avez commencé à chanter sur quels titres ? Avec mon frère, on faisait des petits spectacles où on écrivait déjà nos chansons petits, mais on chantait aussi sur des chansons des Beattles, Nougarro, Trenet, Brassens. Et des chansons bretonnes aussi ?

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Pas du tout, je n’ai pas cette culture là. Mes parents ne nous ont pas du tout inculqué ce truc là. Peut-être plus la culture culinaire alors ? A la limite, effectivement. La spécialité, c’est les cêpes alors… Vous en faites ? Oui, j’adore (sourire) Quels souvenirs gardez-vous de façon générale sur la Bretagne ? J’en ai un souvenir très ému. Maintenant, je ne sais pas ce qu’il y a de particulier à grandir en Bretagne. Je me souviens que quand je suis parti à 17 ans, je ne savais pas si j’aurais envie de revenir ici. J’avais envie d’aller à Paris, de connaître les grandes villes et finalement ça m‘a rattrapé il ya peu de temps. Ça me manquait quand même et du coup, je me suis acheté une maison là-bas, pour pouvoir y revenir un peu plus souvent. J’aime bien y aller avec toute l’équipe et y retrouver ma femme. Ce n’est pas facile de concilier ma vie artistique avec la vie familiale, on se voit pas beaucoup.

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Mais c’est une vie que j’ai choisi et que j’aime. Comment s’est passée votre arrivée sur Paris ? En fait, j’y suis allé après la fin de mes études sur Rennes puis Toulouse. Je suis arrivé à Paris pour faire un stage de fin d’étude, comme beaucoup de gens font, chez un tourneur, un producteur de concert, et j’y suis resté deux ans, tout en continuant à faire des concerts dans des petits bars ; et c’est comme ça que j’ai commencé à rencontrer les gens avec qui je travaille aujourd’hui, mon manager, mon tourneur, mon éditeur. Je jouais tous les dimanches dans un petit théâtre place de Clichy, et c’est comme ça que j’ai trouvé ma maison de disque, que j’ai commencé à avoir un petit public, j’ai rencontré des gens comme Benabar qui m’ont donné des premières parties, après Renaud. Ils m’ont donné un sacré coup de main… Et pour ce qui est du changement de décor, de région ? J’ai toujours adoré voyager, bouger. J’aime bien changé. Même si je reste attaché à la Bretagne je me sens bien partout. Je vis dans un bus depuis six mois, donc vaut mieux aimer voyager… Dans votre dernier album, il ya quelques références à votre région, et notamment à travers le titre « Nantes ». Effectivement. Ce n’est pas une histoire vraie mais je pense que c’est surtout la chanson de Barbara qui m’a donné une image poétique ou mélancolique de cette ville que je ne connais pas si bien que ça d’ailleurs, si ce n’est que j’y suis allé pas mal de fois pour des concerts. Je trouve que cette ville a une image assez poétique alors j’avais envie que ça se passe là ou que la route aille vers cette ville. Et d’où vous est venue l’inspiration du dernier album ? C’est une ligne directrice. Cet album déjà, je l’ai écrit avec la hâte de retrouver le studio et la tournée. Car après tout ce qui s’est passé sur le premier album et qui était assez magique… J’avais envie de reconnaître ça assez rapidement. Donc c’est le premier point de départ. Et puis c’est aussi la musique qui m’a guidé, l’envie de reprendre la guitare, des mélodies, des tessitures, des trucs que j’avais pas encore abordés, faire des choses un peu plus fines, mieux arrangées. Le fait d’avoir fait pas mal de concerts

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entouré de musiciens, ça m’a donné envie d’aller vers de nouvelles choses. Ça m’a beaucoup aidé. J’ai envie d’évoluer constamment. Je ne veux pas resté figé. Vous définiriez comment votre style de musique ? Je n’ai pas assez de recul mais le terme chanson française me convient déjà bien, j’aime. Il y a toute une culture, des références derrière qui me parlent. J’aime beaucoup la musique folk aussi donc j’essaie d’avoir cette texture là dans mes chansons, quelque chose de chaleureux avec beaucoup de guitare. Dans cette album il y a pas mal de chansons assez personnelles, c’est le cas pour « le Clan des Miros » (titre de l’album également), « Ridicule » qui marque mon passage dans la trentaine avec l’enfance derrière, l’impression de devenir un peu plus adulte d’un coup, « Chez toi » qui est un peu plus glamour. Et la musique du Petit Nicolas ? On m’a proposé de faire le titre. J’avais lu le Petit Nicolas dans mon enfance, j’étais assez enthousiaste pour ce projet là. Et j’étais en train d’écrire mon disque donc j’ai essayé quand même d’en faire une chanson personnelle que je pourrais mettre dans mon album en souvenir de mon enfance Vos textes parlent de la vie avec tendresse et ironie, et cela notamment à travers des personnages. Je n’ai pas envie de parler de mon quotidien, j’essaie d’inventer des histoires un peu originales, qui sortent de mon ordinaire, qui répondent à une sorte de fantasme, de trucs que j’aimerais bien vivre, de gens que j’aimerais rencontrer, de choses qui ne sont pas naturelles, comme un petit grain de sable qui vient se glisser dans une vie un peu simple et qui fait un peu basculer les choses… J’ai toujours été attaché à la musique des mots, aux rîmes. C’est un truc qui vient de l’enfance avec une maman institutrice, qui m’a donné le goût des comptines assez jeune, des poésies. On apprend enfant ! Et de vos parents, justement, quelles qualités pensez-vous avoir hérité? Je ne sais pas… peut-être la curiosité. J’ai la chance d’avoir des parents qui m’ont laissé faire pas mal de choses, visiter des endroits, voir de concerts, ça a éveillé ma curiosité. Ils n’étaient pas musiciens du tout, mais c’est le genre de parents qui encoura-

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gent quand ils sentent que leurs enfants ont un goût fort pour quelque chose. Quel genre de relation avez-vous avec eux ? De très bonnes relations. Je ne les vois pas très souvent car ils ont déménagé à Perpignan. C’est eux qui me connaissent le mieux, ils savent vraiment qui je suis. C’est une sorte de repère pour moi. Parmi tous les artistes que vous avez aimé et écouté, lesquels avez-vous eu la chance de rencontrer? Oh, beaucoup ! Renaud, Maxime Le Forestier, Cabrel. Comment pensez-vous la scène, les décors? Sans doute que lorsque j’ai écrit, j’ai déjà quelques idées. Mais ce n’est pas non plus extravageant. Après, c’est vrai que c’est aussi important pour moi de contribuer à toutes les étapes de mises en scènes, etc. J’en discute beaucoup avec la scénographe, l’ingénieur des lumières. C’est totalement passionnant. Si vous n’étiez pas devenu chanteur... Oh lala, je ne sais pas du tout. Déjà petit, je voulais être chanteur. Je ne sais pas, j’ai jamais réfléchi à autre chose. Et à côté de la musique, avez-vous une autre passion? Je fais beaucoup de sport en tournée (sourire). J’ai pratiqué la voile quand j’étais enfant. Après c’est beaucoup les sorties, le cinéma, les amis... comme tout le monde. Vos moments préférés en dehors de la scène? Être chez moi, en Bretagne... Que peut-on vous souhaiter pour la suite? Que ça continue! J’ai hâte de faire le prochain album, j’ai envie que ça s’enchaîne bien. J’ai encore besoin de temps pour moi, j’aimerai voir pleins d’autres choses.

Propos recueillis par Emilie DI VINCENZO

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DOSSIER SPÉCIAL

LA BRETAGNE

VIE ASSOCIATIVE ET BASE DE DONNÉES EN bRETAGNE par Paul POVOAS

Le paysage généalogique en Bretagne, nous pouvons l’affirmer, offre aux généalogistes une densité associative non négligeable. C’est que nous pouvons constater à travers les quelques activités des associations basées sur les départements formant la « Bretagne historique ».

Q

ue ce soit dans les Côtes d’Armor, dans le Finistère, l’Ille-et-Vilaine, le Morbihan et même en Loire-Atlantique, les associations bretonnes se retrouvent au congrès régional organisé par l’Union Généalogique de la Bretagne Historique. La neuvième édition de ce congrès sera organisée à Landivisiau (Finistère) les 29 et 30 mai de cette année. Cette union regroupe les associations généalogiques bretonnes fédérées au sein de la Fédération Française de Généalogie (FFG), à savoir le Centre Généalogique des Côtes-d’Armor (CG22), le Centre Généalogique du Finistère (CGF), le Centre Généalogique et Historique du Poher (CGHP), le Cercle Généalogique Sud-Bretagne (CGSB), pour le Morbihan, le Cercle Géné-

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alogique d’Ille et Vilaine (CGIV35), le Cercle Héraldique, Epigraphique, Filiatif d’Armor (CHEF d’Armor), pour l’arrondissement de Lannion, le Centre Généalogique de la Loire Atlantique et finalement le Cercle Généalogique Brévinois. Mais ouvrons nous également à d’autres associations qui ne font pas partie de cette union, mais qui agissent toutes pour la promotion de la généalogie. Un autre point commun les réunit : il s’agit assurément des relevés des actes des registres paroissiaux et de l’état-civil, en vue de constituer des bases de données ; toutes ou presque ont initié différents projets accessibles sous différentes formes, et notamment hébergés sur GénéaBank qui rend ac-

cessibles des millions d’informations généalogiques déposées par des centaines d’associations participantes sur l’ensemble du territoire national. Cet accès semble en toute évidence favoriser les cercles qui adhèrent à ce principe, et par conséquent, en font bénéficier leurs adhérents. Aussi quelques associations proposent leurs propres bases de données Citons quelques exemples par département : pour le Morbihan , le Cercle Généalogique Sud-Bretagne (CGSB), ouvre à ses adhérents plusieurs bases de données, comme la base A.R.MOR qui recense les relevés effectués à partir des actes religieux ou d’état civil comptant près de 2 500 000 relevés d’actes de naissances, mariages, décès. La Base de données

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GEDMOR est constituée de généalogies déposées par les adhérents. Quant à la base DOLMEN, elle est essentiellement contributive, c’est à dire alimentée de manière active par les adhérents ayant accès aux services : elle regroupe des tables de données concernant des corporations, des migrants, diverses informations et du libre-dépôt. Dans les Côtes d’Armor, le Centre Généalogique des Côtes d’Armor participe conjointement avec les archives départementales du département au projet Généarmor, né d’un partenariat entre le Conseil général et l’association, permettant sur Internet, la diffusion au public des relevés réalisés par le Centre Généalogique. Depuis 2009, le département propose ses archives en ligne et l’association lance avec le même partenaire une campagne d’indexation de ces images afin de faciliter la recherche. D’ailleurs, des bénévoles intéressés à la participation,de cette indexation peuvent se présenter auprès de l’association. Pour le Finistère, le Centre Généalogique du Finistère (CGF) vous propose une base de plus de 6400000 actes de naissance, mariage, décès (Base RECIF). Avec la Base HORSEC, il est possible

de chercher des aïeux dans les bases hors état-civil (Bagnards, victimes de guerre, hors Finistère...). Pour le département de l’Illeet-Vilaine, le Cercle Généalogique de l’Ille-et-Vilaine propose notamment ConsultAct, un logiciel de consultation des registres à votre domicile hors connexion Internet. Son utilisation n’est réservée qu’aux adhérents du CGIV. Depuis quelques mois déjà, les adhérents du CGIV avaient été mis au courant d’une nouvelle interface d’interrogation de la base de données. Pour le Centre Généalogique et Historique du Poher, l’association propose via GénéaBank des bases de données généalogiques, ouvertes à la consultation pour tous ses membres : GENEABANK-POHER sans dépense de points. A savoir que le Poher est un pays du Centre-Ouest de la Bretagne, dans un rayon de 40 kilomètres autour de Carhaix, situé sur les départements des Côtes d’Armor (22), du Finistère (29) et du Morbihan (56) et correspondant à la Haute-Cornouaille.

BON A SAVOIR Côtes d’Armor / Aoudoù-an-Arvor >> 372 communes Finistère / Penn-ar-Bed >> 283 communes Ille et Vilaine / Il-ha-Gwilen >> 352 communes Morbihan / Mor-Bihan >> 261 communes Loire Atlantique / Liger-Atlantel >> 221 communes

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d’Histoire, basée à Rennes, dont la finalité repose sur la participation de nombreux bénévoles pour les relevés des actes de la Bretagne toute entière.

Il est également possible de se rendre au centre de généalogie de l’Association Bretonne de Généalogie et

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DOSSIER SPÉCIAL

LA BRETAGNE

Entretien avec jean-FRANçOIS PELLAN

par Paul POVOAS

Jean-François PELLAN, président du Centre Généalogique du Finistère, mais aussi Président de l’Union Généalogique de la Bretagne Historique, homme de loi – puisqu’il a officié en qualité de notaire – est un homme de conviction qui s’est montré pendant plusieurs années un fervent défenseur d’une activité associative mêlant projets constructifs et bénévolat, et assidu au service du Finistère : bases de données généalogiques, revue et forums. Aussi, cet homme connu et reconnu du monde généalogique associatif est responsable d’une revue : « Le lien », le bulletin du CGF tiré à plus de 5 400 exemplaires et dirige une association qui totalise près de 6 000 adhérents, faisant de ce cercle l’un des plus importants de l’Hexagone.

Le Centre Généalogique du Finistère présentation Le Centre Généalogique du Finistère (C.G.F) regroupe 5700 membres dans ses trois antennes de Quimper, Brest et Morlaix, qui gèrent en outre trois annexes au Relecq-Kerhuon, à Crozon et à Moëlan sur Mer. Des bénévoles effectuent le dépouillement de nombreux registres paroissiaux et d’état civil. Les relevés sont accessibles dans les antennes par consultation sur ordinateur ou sur papier suivant les cas. Près de sept millions d’actes sont consultables par les adhérents sur le site de Généabank. Un forum permet de nouer des contacts intéressants, de trouver de l’aide et des renseignements. Le CGF publie « Le Lien », revue trimestrielle de qualité, dont les articles généalogiques et historiques sont écrits par des adhérents.

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Le Président du CGF, Jean-François PellaN Parlons de vous. Qui êtes-vous ?

Lorsque j’ai été amené à diriger le Centre Généalogique du Finistère, j’exerçais le métier de notaire. Retraité, j’ai repris mon activité pendant deux ans car on a fait appel à mes services pour gérer une étude dont la titulaire était en arrêt maladie. Depuis le 31 janvier 2009, je suis de nouveau à la retraite. Pendant un certain temps j’écrivais beaucoup pour la revue « Le lien », notamment des articles explicatifs sur les actes notariés du XIXème siècle. Vos connaissances vous aident-elles à expliquer les actes notariés d’il y a un siècle voire plus loin ? Les généalogistes ont souvent tendance à vouloir interpréter le passé juridique ancien à partir de leurs connaissances actuelles. Le Droit n’est pas une science figée. Il a évolué au cours des siècles. Les généalogistes se posent très souvent, par exemple, des questions à propos des reconnaissances d’enfant naturel. La désignation des

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parents dans l’acte de naissance n’emportait autrefois aucune conséquence juridique. Tant que la reconnaissance n’était pas intervenue, l’enfant ne pouvait hériter de ses parents et vice-versa. Citons aussi l’évolution du Droit en matière de majorité. Certains se demandent toujours pourquoi un majeur de 21 ans devait avoir autrefois l’autorisation de ses parents pour se marier. La réponse est bien sûr dans le Code civil…mais dans la version de 1804. Il est donc nécessaire de connaître l’histoire du Droit pour comprendre et bien interpréter le passé. Ce que je vous indique pour le XXème siècle est encore plus de mise pour le Droit de l’Ancien Régime, car on est dans des terres juridiques encore plus difficiles avec des règles bien différentes selon que l’on est dans un pays de droit romain ou dans un pays où régnait la Coutume. Vous êtes en quelque sorte promoteur d’initiative de recherches dans les fonds notariés. Vous encouragez les généalogistes à chercher leurs ancêtres dans ces fonds. Aussi, qu’est-ce qui peut être l’argument principal pour commencer une recherche dans les archives notariales? Si nous voulons « faire vivre » nos ancêtres, voir comment ils ont vécu, nous connaissons peu de sources documentaires en dehors des minutes notariales et des archives judiciaires. Qu’est ce qui vous intéresse en généalogie en dehors des recherches courantes ? Ce qui me passionne c’est l’anthroponomie, qui est l’étude des noms de famille. Lorsque j’étais en activité, je m’interrogeais sur l’origine des noms de certains de mes clients. Et grâce à mes connaissances dans les patronymes, je parvenais parfois à détendre l’atmosphère lorsqu’un dossier en cours amenait ces clients face à moi. Je parvenais à localiser l’origine géographique de leur nom de famille, cela les surprenait en bien d’autant que je leur fournissais également la signification du patronyme. Qu’est ce qui vous a mené à la généalogie ? Adolescent, habitant alors en Ile de France, je me posais la question de savoir pourquoi mon nom de famille était si différent des autres. Mes parents, qui avaient émigré, se disaient Bretons, mais mon père ne pouvait m’expliquer la signification de notre patronyme, ce qui me frustrait. J’ai donc mené quelques recherches sur ma famille paternelle et maternelle qui me prouvèrent que des deux côtés nous étions bien ancrés dans la Bretagne. Et puis, les livres ont fini par me donner la clé

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de l’énigme de mon patronyme, dont l’explication ne peut se faire qu’à partir de la langue bretonne. A cette époque, j’avais moins de 18 ans. Etiez-vous aidé par un cercle de généalogistes amateurs ? A cette époque, aucun cercle n’existait. J’effectuais mes recherches généalogiques en me rendant dans les mairies. Puis mes études m’ont conduit à devenir notaire à Landivisiau, j’ai disposé d’un peu plus de temps pour poursuivre mes recherches. Et plus tard, lorsque le Centre Généalogique du Finistère a été créé, j’ai rapidement adhéré et je suis devenu un des tous premiers membres. Devenu président du Cercle Généalogique du Finistère, quels sont vos chevaux de bataille pour développer l’association ? Mon action s’est focalisée sur deux points : tout d’abord faire adhérer notre association à GénéaBank, ce qui n’a pas été facile à faire accepter au départ au Conseil d’Administration et m’a pris quelques années. C’est en plaçant des données sur ce site que nous avons gagné plus d’un millier d’adhérents en très peu de temps. Nous avons relevé plus de 6.800.000 actes, à ce jour, dans les registres de l’état-civil et dans les registres paroissiaux. La consultation de nos relevés se fait de manière très performante, grâce à une programmation informatique de qualité, œuvre de Mr Marhic, sans qui rien n’aurait été possible. Etre président est une chose, mais trouver les hommes qui possèdent la technique est souvent bien difficile, mais indispensable. On ne peut développer une association comme la nôtre, si on n’a pas des spécialistes de haut niveau en matière informatique. Il faut rappeler que, parmi nos membres, 50 % vivent en Finistère – les autres 50 % étant répartis dans le reste du monde mais avec une moitié en région pa-

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risienne. Je crois qu’il n’y a que deux départements où nous n’avons aucun adhérent ! Pratiquement tous nos adhérents se sont mis à l’Internet. Peu importe où ils sont dans le monde, maintenant ils peuvent consulter nos bases. L’autre action s’oriente sur le développement de la revue « Le Lien » basée sur l’idée que celle-ci doit proposer des articles d’intérêt à base finistérienne avec des généalogies (descendante ou ascendante)... En somme, c’est là tout l’intérêt suscité pour notre revue. Depuis peu, les cent premiers numéros de notre revue sont même consultables sur notre site, avec des recherches ciblées par mots-clés. Beaucoup d’adhérents restent pour lire la revue et soutenir également le CGF. Dans un futur très proche, nous allons mettre à la disposition de nos adhérents une nouvelle base concernant les tutelles, curatelles, émancipations et décrets de mariage. Nous avions, en effet, constaté qu’il existait de nombreux travaux d’adhérents dans ces domaines. La programmation informatique vient d’être faite et cela fonctionne parfaitement. Nous avons commencé à remplir la base avec les travaux faits. Quand elle sera assez conséquente, elle sera, bien sûr, mise en ligne.

La revue « Le Lien »

Parlons de votre revue « Le Lien », la revue du Cercle Généalogique du Finistère. Je n’ai pas choisi le titre. Ce sont mes prédécesseurs, à l’époque où l’association ne comptait pas encore autant d’adhérents qu’aujourd’hui… il y a environ 25 ans. On essaie d’abord d’être une revue finistérienne, avec des articles de qualité plutôt intéressante, qui doit susciter l’intérêt de tous nos adhérents. J’estime donc que nos articles ne sont pas, disons-le, « bas de gamme ». La revue compte environ quatre-vingts pages. En réalité, pour le contenu de la revue « Le Lien », nous sommes tributaires de ce que les adhérents nous transmettent; c’est sans doute le cas de figure pour bon nombre de revue d’association. Il faut avoir à l’esprit qu’une revue généalogique ne doit pas être une revue historique. Nos articles sont, en conséquence, très souvent suivis d’une généalogie descendante ou ascendante afin de permettre à certains de nos adhérents de faire des cousinages soit avec un personnage célèbre, soit avec une des personnes dont on a mis la vie en lumière. La revue se décompose en deux parties : la principale, étant destinée aux articles, totalise environ 60 pages, l’autre, le « cahier bleu », est consacrée à la vie de l’association. Ces deux parties sont sur des supports indépendants. Qui sont en général les auteurs ? En règle générale, ce sont des membres du cercle. On compte également des érudits, des professeurs d’université, qui sont sollicités, et dans certains cas, je fais appel à leur service en insistant jusqu’à ce qu’ils me remettent un sujet dont ils peuvent être les spécialistes. Dès lors qu’un sujet peut être écrit et publié dans la revue « Le Lien », dès lors qu’il concerne l’histoire du Finistère et les Finistériens, je fais en sorte qu’un article me soit remis par l’auteur. En fait, il m’arrive souvent d’assister à des conférences et de détecter des sujets; je m’adresse directement aux personnes en leur indiquant que les sujets qu’ils viennent de présenter intéressent la revue tout en précisant qu’elle est tirée à plus de 5 000 exemplaires. Du coup, cet argument suscite de l’intérêt. 5 000 lecteurs, c’est tout de même pas négligeable. D’autres arguments sont mis en avant comme le tirage couleur sur papier couché. C’est une belle revue, soyons clair.

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Etre auteur pour « Le lien » c’est une belle occasion de faire connaître son travail. Il est toujours dommage qu’une personne qui a fait un travail de qualité le laisse dormir au fond d’un tiroir. En les publiant, c’est leur donner de la reconnaissance et les inciter à en écrire d’autres. Sur nos 5700 adhérents, nous comptons parmi eux des érudits de bon niveau. Publier, comme je l’ai dit, c’est communiquer son savoir, la résultante des connaissances dans les sujets développés. Et il est vrai que je me surprends, à chaque fois qu’on prépare un numéro, de recevoir, chaque trimestre de nouveaux articles. En revanche, il m’est arrivé de me demander si nous étions en mesure d’avoir suffisamment d’articles pour préparer les numéros suivants. Finalement les sujets arrivent et je suis particulièrement satisfait de leur qualité. Monsieur Pellan, vous êtes, en qualité de président du CGF, le responsable de la publication. Qui vous entoure pour la réalisation de ce bulletin ? Nous disposons d’un comité de rédaction de huit personnes, qui est présidé par Marie-Annick Renaud-Morvan, professeur d’anglais en retraite, qui manie Xpress comme une véritable professionnelle. Et bien entendu nous composons totalement la revue. Une fois que tout est achevé, elle apporte la clé mémoire à l’imprimeur pour en effectuer le tirage. D’ailleurs, il paraît que nous sommes un de leurs plus gros clients en termes de volume de tirage. Je tiens à préciser que « Le Lien » est trimestriel.

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Les conseils de Monsieur Pellan

Faire sa généalogie est pour beaucoup une addition d’ancêtres positionnés dans un tableau. Exercice certes indispensable, mais est-ce suffisant ? Tout généalogiste ne devrait-il pas avoir pour but de retracer la vie de ses ancêtres ? Mais lequel choisir dans tous ceux que l’on a découverts ? Tout est fonction de la mémoire familiale et des archives dont chacun peut disposer. A défaut, il est tentant de débuter par un ancêtre dont on porte le patronyme. Encore faut-il trouver un point de départ et dévider l’écheveau de fils bien caché dans des archives endormies...

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DOSSIER SPÉCIAL

LA BRETAGNE

SABOTS ET SABOTIERS DE QUEL BOIS, JE ME CHAUSSE?

par Paul POVOAS

Un peu d’histoire...

En savoir plus : « Les Métiers d’autrefois » (2007), de Marie-Odile Mergnac, Claire Lanaspre, Baptiste Bertrand et Max Déjean. Edition Archives et culture. 272 pages, 300 illustrations. http://www.archivesetculture.fr/. 1 – Avril/Mai 2004 – p.21-24 – Ed. Neptune Diffusion. « Les sabotiers » par Jean-Louis Morel, dans « Votre Généalogie » n° 1 – Avril/ Mai 2004 – p.21-24 – Ed. Neptune Diffusion.

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La légende précise que le premier sabotier aurait été René, évêque d’Angers, s’étant retiré ensuite en Italie au milieu du Vème siècle pour exercer ce métier. C’est en 1669 que Louis XIV décide par ordonnance royale d’interdire à tous les métiers utilisateurs de bois, comme les sabotiers, mais également les verriers, les cercliers et les potiers de “tenir atelier à moins d’une demi-lieue de la forêt” soit deux kilomètres, afin de prévenir les incendies, ce qui les incite parfois à s’installer dans les villages, où ils ouvrent des échoppes partageant ainsi leur vie entre le village et la forêt. C’est au XIX ème siècle qu’on peut découvrir des maîtres sabotiers rachetant des coupes de bois réservées à la fabrication des sabots et employant des ouvriers payés à la semaine. On commence

également à distinguer des tâches spécifiques dans le métier comme le tailleur et le creuseur. C’est tout naturellement au sein du monde rural que le sabot connaîtra un regain de popularité qui perdura jusqu’à la Grande Guerre auprès des paysans, des marins, des pêcheurs et des ouvriers. En 1929, on ne dénombrait que 20 000 sabotiers pour toute la France. Avec la mécanisation des scies et les techniques nouvelles, les effectifs diminuent. Après la Première Guerre mondiale le métier de sabotier décline à cause de l’exode rural et surtout l’arrivée des galoches. Et pendant l’entre deux guerre l’usage du sabot s’efface face au tracteur et au port des bottes en caoutchouc. A présent, le sabot s’inscrit dans le folklore populaire comme un souvenir ou même une fantaisie.

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Sabotier, le cordonier du bois Dans les campagnes d’antan, tout le monde porte des sabots, sauf parfois les enfants qui vont nupieds. Le métier de sabotier reste pourtant un métier de pauvre, que l’on pratique en forêt et qui nourrit mal. L’argent gagné ne nourrissait pas toujours la famille ! Devenir sabotier exigeait un apprentissage long, c’est pourquoi on a pour coutume d’apprendre le métier en famille de père en fils… ou filles, créant ainsi de véritables dynasties de sabotiers. On le constate d’ailleurs dans d’autres métiers d’antan. Le savoir-faire se transmettait de génération en génération, à tous les enfants. C’est sans nul doute là une bonne façon de pérenniser la « marque » de fabrique de la famille, avec ses particularités. Vivre du sabot demandait à ces sabotiers une grande dextérité dans l’utilisation des outils pour travailler le bois des arbres. Un savoir-faire certes hérité dès l’enfance car toute la famille participait aux tâches : pendant que les sabotiers abattaient les arbres, puis les débitaient pour les dégrossir, les femmes étaient chargées de la finition et des décorations des sabots tandis que les enfants transportaient les sabots et entretenaient le feu. Toute l’activité du sabot reposait souvent sur l’unité familiale. On pouvait ainsi voir sur les marchés ces sabotiers étendre à même le sol leur production de sabots sur les foires, sur les marchés des villages

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ou alors dans les échoppes. Parfois, des grossistes chargés du transport et de la vente s’en chargeaient euxmêmes. Le paysan d’autrefois consommait parfois jusqu’à cinq paires de sabots annuellement, aussi, il arrivait qu’il s’en fabrique lui même. Mais reconnaissons que, seul le sabotier connaît l’art et la manière de bien sculpter le bois, de façonner le sabot, de le garnir de cuir ou de le clouer pour le renforcer. En véritable maître de l’ornement, le sabotier pouvait décorer les sabots pour les grandes fêtes et les longues veillées d’hiver. Certaines paires de sabots peuvent être de véritables chefs-d’œuvre car on peut y retrouver des motifs du folklore traditionnel.

Sabotier, un mode de vie Les sabotiers s’implantaient souvent dans les régions forestières, et certaines étaient plus prisées que d’autres. C’est en raison de la difficulté de transporter le bois que les sabotiers s’installaient avec leurs familles en lisère des forêts, mais également au cœur des bois, en vivant une bonne partie de l’année dans des huttes de bois, des cabanes, des « loges » : il falait alors édifier ces loges, sorte d’abris habitables faits de branchages. Il était également possible de concevoir des cabanes en planches avec ou sans atelier pour la fabrication des sabots. Aussi, lors de l’installation, une fois que la parcelle, « la coupe» de bois est choisie, c’est le départ de l’exploitation. Une fois que toute la matière utile a été épuisée, la famille, « le clan » partait s’installer dans une autre partie de la forêt voire plus loin. La vie était souvent pénible. L’isolement et les conditions climatiques engendraient certaines difficultés. Certes, il fallait s’adapter. C’est le métier qui

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l’exigeait. Aussi leur mode de vie en forêts ou à distance des villages, faisait que les sabotiers étaient considérés comme marginaux. Certains des villageois les craignaient. Cette marginalité de fait véhiculait parfois une image peu rassurante de cette population à l’écart.

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La fabrication Quelques notions sur la fabrication Dans cet extrait tiré paru dans « Les métiers d’autrefois », chez Archives et Culture, nous pouvons lire avec intérêt les étapes de la fabrication du sabot : « Une fois le bois choisi, l’artisan le débite à la hache, qui lui sert aussi à dégrossir la pièce et à ébaucher la forme générale du sabot. C’est avec la scie qu’il prépare la semelle, avant d’assurer les finitions avec une herminette (petite hache au manche fixé perpendiculairement à la lame). Il faut ensuite creuser le sabot, là où le pied doit trouver sa place. L’artisan pratique la taille sur un petit billot

de bois bien calé entre ses jambes. Il esquisse le trou avec une vrille, une tarière ou bien encore un outil qu’on appelle l’amorçoir. Puis il creuse la cavité avec des cuillers à lames très tranchantes et de différentes tailles, employées successivement au fur et à mesure de l’avancée de la percée. »

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DOSSIER SPÉCIAL

Les sceaux & cachets de bretagne

LA BRETAGNE SiGILLOGRAPHIE

par Dominique DELGRANGE

La Bretagne se distingue des autres provinces françaises par une forte « densité » de familles nobles, malgré les « réformations » organisées dès la fin de la période ducale, au XVème siècle et les mesures de recherche de fausse noblesse des années 16601. Les familles issues de la noblesse ancienne étaient encore plus de 2000 à la fin du XVIIme siècle. Un siècle plus tard, sous Louis XVI, la liste de ces lignages bretons occupe 10 pages du recueil de Régis Valette2 , alors que « Agenais- Guyenne- Gascogne » n’en prennent que 5, « Flandre (et Hainaut) et Artois - Boulonnais », provinces peuplées où les mesures de recherche de faux nobles n’ont pas aussi été appliquées aussi rigoureusement que dans le reste de la France, à peine 3. Encore un millier à la fin du XIXme siècle, les familles d’origine nobles de Bretagne sont environ 400 aujourd’hui.

S’intéresser aux sceaux et aux cachets figure 1

S’intéresser aux sceaux et aux cachets et plus particulièrement à ceux portant des armoiries... Les historiens illustrent leurs recherches relatives aux personnages, aux institutions judiciaires, administratives, fiscales, communautés civiles ou religieuses du Moyen Âge et de l’Ancien Régime en utilisant les images portées par les sceaux. Les sceaux sont aussi utiles aux généalogistes, ils leurs permettent de situer un lignage, ses armoiries, le milieu social où un ancêtre a pu vivre tout comme ils se servent d’une carte - postale, d’une photographie, d’un plan.

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Comment aborder les sceaux ? Que voit - on sur un sceau ou un cachet?

Souvent une image, un emblème, des armoiries, une allégorie, une légende vont permettre l’identification. L’étude attentive des sceaux permet de vérifier un certain nombre d’affirmations et de corriger des légendes parfois tenaces. Ainsi à propos de l’écu d’hermines, armes du duché de Bretagne: on sait qu’il apparaît d’abord sous la forme de la brisure, un franc- quartier n’occupant qu’une partie des armes de Dreux, (pour les non- héraldistes, le coin haut à gauche) ce n’est qu’avec l’avènement du duc Jean II, en 1312 que les mouchetures d’hermines se répandront sur tout l’écu3. Cette date a été précisée par plusieurs auteurs mais le souvenir des affirmations croyant à un emploi plus figure 4 ancien des hermines est encore vivace. Les tailles Les sceaux médiévaux mesurent entre 20 et 40 millimètres, plus que pour les sceaux royaux ou princiers ; les cachets, à partir de la fin du XVme siècle jusqu’au XIXe, avoisinent les 15 ou 18 millimètres, parfois moins. Il faut donc s’armer d’un instrument optique performant pour observer tous les détails. La photographie numérique vient aujourd’hui, fort heureusement, à l’aide de

celui qui parcourt les archives. L’identification Une autre difficulté, moins facile à résoudre, provient du fait qu’il n’existe pas de table ou d’index (ni même de site internet) permettant d’identifier les emblèmes et les armoiries que l’on vient de lire (ou que l’on croit avoir lues). La documentation en matière d’héraldique est immense, mais toujours fragmentaire. L’ouvrage de Renesse4 dont l’ambition était de permettre l’identification à partir des figures héraldiques est inutilisable. Nous reviendrons à l’occasion sur cette question.

Précautions

Les sceaux, en cire d’abeille jusqu’au XVe siècle, puis en “cire- laque”, sont des objets très fragiles. Ils doivent être maniés avec les plus grandes précautions. On a parfois ajouté des composants pour teinter la cire, oxydes métalliques, plâtre... ce qui la rend plus friable. La cire – laque utilisée couramment au XVIIe et au XVIIIe siècle est très cassante. Il ne faut jamais chercher à soulever un cachet figure 5 et 6 papier au relief faible afin

1 Arthur du BOIS de la VILLERABEL, Sources du nobiliaire de Bretagne, dans : « Annuaire du Conseil Héraldique de France », 1890. Le système de partage d’héritage propre à la Bretagne et l’introduction tardive du droit d’ainesse avec le régime Français expliquerait l’importance en nombre des porteurs de nom nobles. 2 Régis VALETTE, Catalogue de la noblesse française, Robert Laffont, 1989. 3 Voir Hervé PINOTEAU, les armes de Bretagne, dans : « Archivum heraldicum », 1959, 73, n°4, p. 56 ; et aussi : un sceau à l’écu d’hermines ... sur une charte bretonne du XIIIme siècle, par Emile LEFORT des YLOUSES, « Revue française d’héraldique et de sigillographie », n°60- 61, Paris, 1992, p. 155- 165. Comme le titre ne l’indique pas, l’auteur de cet article prouve qu’un sceau ducal du début du XIVme siècle a été fixé en remplacement d’un autre plus ancien tombé d’un acte daté de 1251 (Archives départementales de la Loire- Atlantique, H 46, liasse 35, n° 6). Philippe RAULT, Les drapeaux bretons, Coop Breizh, 1998, p. 19, n’avait pas eu connaissance de ces publications car il mentionne encore le sceau de 1251 comme première apparition des armes pleines. L’ancien classement des monnaies bretonnes de la période concernée établi par Faustin POËY d’AVANT dans : Monnaies féodales de France, Paris, 1858, t. 1, p. 62 - 71, est également à revoir. 4 RENESSE, Dictionnaire des figures héraldiques, Bruxelles, 1894- 1903, 7volumes. 5 Manuscrit, Bibliothèque royale Bruxelles, Bibliothèque royale, Ms. 15652- 56, publication JanVan Helmont, Louvain, Louvain, 1993.

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de voir si

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l’empreinte offre plus de détails, il en résulterait la destruction ou la perte du cachet. La photographie du cachet ou du sceau sera prise « en mode macro » sous une lumière rasante accentuant les détails etles éléments de la gravure apparaîtront mieux. Toutes les informations portées sur le document où le cachet est fixé doivent être méticuleusement notées afin de permettre par la suite l’exploitation de listes d’images. Au moins les noms, prénoms, dates, lieux... sans oublier les références des cotes d’archives où l’empreinte a été retrouvée.

Références utiles, instruments de recherche et d’identification, adresses

Des armoiries Bretonnes sont décrites dans les recueils anciens : le rôle d’armes de l’ost de Ploërmel (août 1294), le rôle d’armes du second traité de Guérande (1381), dans de nombreux armoriaux « universels » ou « provinciaux » copiés, recopiés, compilés depuis le XIVme siècle, avec de nombreuses variantes. L’armorial du héraut Claeys Heynesoen « Gelre », datant de la fin du XIVme siècle5 fait figurer 25 armoiries bretonnes. On en trouve jusqu’à 200 dans les copies de l’armorial dit « d’Urfé ». Le site internet « Tudchentil, les sources écrites sur les gentilshommes bretons » fournit la liste très complète de ce type de document ; on y trouve également quelques corrections améliorant l’ Armorial de Bretagne de Potier de Courcy6 paru au milieu du XIXme. La récente thèse de Martine Fabre7 fait le recensement des armoiries bretonnes sur les sceaux et les monuments pour la période médiévale.

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Des sceaux bretons sont décrits dans le « Dom Morice »8, ancien ouvrage mis en ligne sur Internet par l’Université de Rennes 1. La série de dessins illustrant ce livre est encore exploitée en temps que source des images de sceaux bretons. Si l’ouvrage a pu rendre autrefois service, il ne correspond plus à ce qu’on attend aujourd’hui d’un recueil de sceaux. Les dessins réalisés au XVIIIme siècle ne permettent pas de se rendre compte de plusieurs aspects véhiculés par les sceaux ; l’héraldique bien sûr, armoiries et éléments extérieurs de l’écu, cimiers, ten-

figure 7

ants, supports, mais aussi les costumes et les équipements des cavaliers. Il est également impossible de pouvoir apprécier le style, la finesse d’une gravure ou au contraire son caractère « rustique » ou « primitif » à partir des vignettes de Dom Morice ...

On a testé pour vous ! A la recherche de sceaux Bretons, nous avons testé les cinq sites « internet » des services d’archives départementales de la Bretagne historique : Cotes d’Armor, Finistère, Ile et Vilaine, Loire - Atlantique et Morbihan. Seul le site des Archives départementales de la Loire - Atlantique : http://culture.loire-atlantique.fr/culture/jcms/cu_10322/sceaux permet d’accéder très rapidement aux images de nombreux sceaux médiévaux bretons, ainsi la consultation à distance est facilitée par un accès rapide des photographies en couleur de qualité. Les photographies (en noir et blanc) des sceaux « bretons » relevés dans les fonds départementaux sont consultables aux Archives nationales, Paris. Les fonds numérisés du Musée Dobrée de Nantes présentent des matrices de sceaux et de cachets. Des séries étrangères à la région peuvent contenir des pièces inédites ; des manuscrits recopiés au XVIIIme siècle donnant les dessins de sceaux anciens (collection Gaignières, par exemple) ou des matrices de sceaux, collection Auguste Preux, déposée à Douai (Nord) suite aux volontés testamentaires du collectionneur décédé en 1879). D’autres fonds étrangers à la province demeurent à repérer. La Société Française d’Héraldique et de Sigillographie est l’organisme qui rassemble les spécialistes du sceau et publie régulièrement des articles scientifiques concernant les sceaux en France, son siège social est situé aux Archives nationales, Paris. Les perspectives de recherches et de découvertes sont immenses pour les sigillographes

Armorial de Bretagne, POTIER de COURCY, 3 vol., Aubry, Paris, 1862. Martine FABRE, héraldique médiévale bretonne (1300- 1500), « corpus d’images personnelles, armoriaux, sceaux, tombeaux ». Thèse de Doctorat histoire médiévale, Paris IV Sorbonne, 1993. 8 Dom MORICE, Mémoires pour servir de preuves à l’histoire ecclésiastique et civile de Bretagne... , 2 vol., Paris, 1742- 44. 9 Douai, Archives municipales. Collection Auguste Preux (1200 matrices dont une dizaine concernent la Bretagne, voir ici numéros 1, 2, 3 et 5. 10 Site internet : « SFHS » à partir d’un moteur de recherche. Adresse courrier : Société Française d’Héraldique et de Sigillographie, CARAN – Archives nationales, 60, rue des Francs- Bourgeois, 75003 Paris. 6 7

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bretons : redécouvrir les sceaux du Moyen – Age à partir des collections photographiées aux archives départementales, et partir à la quête des cachets modernes inédits. Fig. 1. Sceau de la Juridiction de Beaumanoir, fin du XVIIme siècle. Matrice originale, collection Preux, Archives municipales, Douai. Les armes de Beaumanoir (d’azur semé de billettes d’argent) sont placées ici dans un écu carré, en forme de bannière. Fig. 2. Matrice du sceau de la Ferme générale de Bretagne, XVIIIme siècle. Les armoiries, un parti France- Bretagne sont placées dans un écu ovale timbré de la couronne royale fermée, entouré des colliers des ordres du roi. Collection A. Preux, Archives municipales, Douai. Fig. 3. Charles du Liscoët, évêque de Quimper de 1582 à 1614, matrice de cachet portant la date 1583. Armoiries : écu en bannière, d’argent au chef de gueules chargé de sept billettes d’argent, posé sur une crosse. Collection A. Preux, Archives municipales, Douai. Fig. 4. Armes de Bretagne, “Dreux” (échiqueté d’or et d’azur) au “franc- quartier” d’hermines, et ici une brisure supplémentaire, une bordure chargée de léopards ou lions passant, regardant. Sceau de Jean, comte de Richemont en 1326. DA 561, diamètre 26 mm. Plus tard, les comtes de Richemont briseront les armes de Bretagne avec un lambel Fig. 5. Matrice de cachet aux armes de Walsh de Serrant, 1760. Collection A. Preux, Archives municipales, Douai. La confrontation des gravures du “Dom Morice” avec les pièces originales démontre la “naïveté” et le manque de précision des images du recueil datant du XVIIIme siècle. On doit observer cependant que même si les lettres des légendes ne sont pas toujours bien placées, le texte est parfaitement restitué. Fig. 6 – 6 bis. Sceau d’Arthur de Richemont, connétable de France, “compagnon de Jeanne d’Arc”, futur duc. A gauche moulage du sceau original, Archives nationales, Douët d’Arcq, 7978. A droite, le même sceau gravé pour illustrer l’ouvrage de Dom Morice.Fig. 8 et 8bis. Sceau de Gilles de Rais, 1435. Moulage, Archives de la Loire Atlantique, E 174 (à gauche, 8) et interprétation gravée dans “Dom Morice” (à droite, 8 bis) ; dans ce cas, le dessin ne s’est pas trop écarté de la réalité. Fig. 7. Charles de Dinan et de Montfilant (1381). Les armes de la famille portant le nom de Dinan (losanges d’hermines). Archives Nationales, Paris, “fichier Bretagne, 50”.

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Les NOMS DE FAMILLE LES PLUS RÉPANDUS

ONOMASTIQUE

par Jean-Louis DEGA

Les dix noms de famille les plus portés en France sont les suivants : Martin, Bernard, Dubois, Thomas, Robert, Richard, Petit, Durand, Leroy et Moreau. On peut remarquer que pour six d’entre eux, il s’agit de prénoms ou d’anciens prénoms : Martin, Bernard, Thomas, Robert, Richard et Durand. Pour trois autres, il s’agit d’un surnom (ou sobriquet) devenu patronyme : Petit, Leroy, Moreau. Enfin, le dernier, Dubois, est un nom d’origine.

À la source des noms et des prÉnoms En généalogie, on s’intéresse habituellement à retrouver des ancêtres qui, dans notre système de nomination, portent un prénom et un nom de famille (appelé aussi patronyme car généralement transmis par le père). L’étude des noms de famille, des prénoms et des surnoms (très utilisés jadis pour distinguer les familles homonymes), c’est-à-dire d’une manière générale des noms de personnes, constitue ce qu’on appelle l’anthroponymie qui est une branche de l’onomastique (du grec « onoma » signifiant « nom ») : la science des noms propres. Une autre branche importante de l’onomastique est la toponymie qui étudie l’origine des noms de lieux. Toutefois l’onomastique englobe d’autres champs d’étude comme les noms de personnages littéraires (onomastique littéraire), les noms propres d’animaux domestiques, les noms de marques et de produits commerciaux (onomastique mercatique), les noms d’organisations et de personnes morales. L’onomastique est elle-même une branche de la linguistique.

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entre nous prochainement votre rubrique “ENTRE NOUS” essentiellement dédiée à vos propres recherches.

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M

artin Martin est le nom de famille le plus porté en France et ceci est dû à la popularité au Moyen-Age du culte de Saint Martin dont le nom a été donné à de nombreux enfants. Martin existe dans presque toutes les régions de France, y compris les régions occitanes où on a aussi la forme Marty (Martin en occitan se prononce Marti). Martin vient du latin « Martinus » nom dérivé du nom du dieu de la guerre, Mars.

B

ernard Bernard vient après Martin dans la liste des patronymes les plus portés en France. Le patronyme vient du germanique « ber- » signifiant « ours » et « -hard » signifiant « dur, fort ». La forme occitane Bernat est beaucoup plus rare car le nom a été souvent francisé depuis le Moyen Age.

T

homas Le patronyme Thomas qui est le quatrième en France en nombre de porteurs témoigne de la popularité au Moyen Age du prénom Thomas qui était celui d’un des douze apôtres. Ce patronyme est particulièrement fréquent en Bretagne et en Lorraine. Le patronyme Masson vient dans certains cas d’une forme affectueuse du prénom Thomas, par aphérèse (chute de la syllabe initiale) de Thomasson.

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R

obert Le patronyme Robert est porté dans tous les départements français étant donné que ce prénom avait jadis la même graphie dans quasiment toutes les langues régionales. Toutefois il se prononçait Roubert en zone occitane ce qui y explique la présence de cette variante.

R

ichard Le prénom Richard d’origine germanique était très porté au Moyen Age. Il était en honneur chez les ducs de Normandie d’où il passa chez les rois d’Angleterre. La variante Ricard existe en zone occitane, champenoise et picarde. Les variantes Richart et Ricart sont moins répandues, cette dernière étant la forme catalane également portée dans le Pas-de-Calais en domaine linguistique picard.

D

urand Durand était un prénom au Moyen-Age dérivé du verbe latin « durare » et signifiant probablement « endurant ». Durant en est une variante. Le nom Durand est présent dans toutes les régions de France et tout particulièrement dans les départements de l’Isère, de l’Hérault et de la Loire Atlantique.

P

etit Petit peut provenir d’un sobriquet qualifiant un homme de petite taille mais aussi d’un surnom attribué pour distinguer

deux frères de même prénom (pratique courante au Moyen-Age), l’un étant surnommé Grand et l’autre Petit. Il s’agissait alors dans ce cas d’une petitesse relative.

L

eroy Leroy vient d’un ancien sobriquet « Le roi » où roi a été écrit « roy » et où l’article s’est agglutiné au nom pour donner Leroy. Roi désignait dans certaines régions le vainqueur de jeux. Leroy est particulièrement fréquent dans la région Nord-Pas de Calais et en Picardie. On trouve aussi mais plus rare en Normandie et dans l’Ouest la forme Leroi. La forme Roy sans l’article est très répandue en Vendée et Poitou-Charentes ainsi qu’en Bourgogne et Franche-Comté. Dans les zones occitanes et francoprovençales, on a la forme équivalente Rey.

dans les régions PoitouCharente, Pays de la Loire et Centre.

D

ubois Dubois est un nom d’origine qui a été attribué à celui dont la maison était située dans un bois ou près d’un bois. La forme occitane est Delbosc francisée partiellement parfois en Dubosc. La forme sans la préposition Bois est surtout fréquente dans la région Rhône-Alpes et elle a comme équivalent Bosc (ou plus rare Bosq) en zone occitane.

M

OREAU Moreau vient du latin « maurus » et il s’agissait d’un sobriquet donné à une personne brune de peau, comme un « maure ». La forme occitane est Morel ou Maurel. Il existe de nombreuses variantes dont en Picardie la forme Morlet, contraction de Morelet, patronyme de Marie-Thérèse Morlet, élève d’Albert Dauzat et auteur d’un Dictionnaire Etymologique des Noms de Famille. Moreau est particulièrement fréquent

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Les prÉNOMS fÉminins et masculins LES PLUS RÉPANDUS

ONOMASTIQUE

par Jean-Louis DEGA

Ils se nomment Clara, Léa, Manon, Emma, Lucas, Enzo, Nathan, Mathis etc. Tous ont un point commun : un prénom court ! La tendance va à l’originalité, on aime inventer le prénom de son enfant ou trouver celui qui sort de l’ordinaire, mais de plus en plus, on préfère aussi raccourcir les syllabes. Ainsi on n’en compte plus que trois ou cinq... Rien n’est trop beau pour l’être le plus cher... Mais quelles sont leurs éthymologies?

J

ade (fête le 10 mars comme les Émeraude). Ce prénom est à l’origine celui d’une pierre précieuse qui vient de l’espagnol « ijada » signifiant « flanc » mot qui a servi à désigner la pierre précieuse qui était sensée avoir des vertus contre les affections rénales. Le prénom est porté depuis les dernières décennies du XXe siècle. Il existe aussi la forme anglo-saxonne Jada.

L

éa (fête le 22 mars). L’étymologie de Léa vient de l’hébreu Léah signifiant « vache sauvage». Une des épouses du patriarche Jacob de prénommait Léa. Porté depuis très longtemps dans les familles juives, ce prénom a été utilisé à partir du XVIe siècle dans des familles

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protestantes et à partir de la fin du XIXe siècle dans les familles catholiques. Très donné à partir de 1990 dans tous les milieux, il a été le prénom féminin qui s’est classé en tête de 1997 à 2004.

E

mma (fête le 19 avril ou le 29 juin) vient du germanique « irmo » signifiant « grand, majuestueux ». Au Moyen-Age, Emma était un dérivé affectueux du prénom féminin Ermengarde qui signifie « grand enclos ». Ces deux prénoms sont attestés de manière ancienne : la première épouse de l’empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne, s’appelait Ermengarde et une nièce de Charlemagne, fille de son frère Carloman, se nom-

mait Emma.

Z

oé (fête le 2 mai) vient du grec « zoe » signifiant « la vie ». Une impératrice byzantine a porté ce prénom au Xe siècle qui a été usité en Europe occidentale à partir du XVIIIe siècle.

M

anon (fête le 9 juillet) est à l’origine un diminutif de Marianne, prénom qui est une contraction de MarieAnne. Le prénom a été popularisé par le film de Marcel Pagnol Manon des sources sorti en 1952 qui a inspiré ensuite à son réalisateur avec Jean de Florette un diptyque romanesque : L’eau des collines (1962) adapté au cinéma en 1986

par Claude Berri.

C

lara (fête le 12 août) est la forme latine, occitane, espagnole, portugaise, italienne (avec Chiara), anglo-saxonne, germanique (avec Klara) ou néerlandaise de Claire dont l’origine est le latin « clarus » signifiant « illustre, brillant ». Ce prénom est porté depuis le MoyenAge.

L

ola (fête le 15 septembre) est un diminutif du prénom espagnol « Dolores » signifiant « douleurs » et venu du latin « dolor ». « Mater Dolorosa » : la « Mère souffrante» est un surnom de la Vierge Marie. Lola est le prénom pris par la dan-

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seuse et aventurière Lola en 1066 sous le nom occiMontès dont le vrai nom tan de Guilhem. était Marie Dolores Eliza Rosanna Gilbert (1821héo peut être le 61). diminutif de prénoms comme Théodore (fêté le hloé (fête le 5 3 février, le 19 septembre octobre) vient d’un ou le 12 novembre) qui mot grec signifiant « jeune signifie en grec « donné plante, herbe naissante par Dieu » ou Théophile ». Chloé est un prénom (« ami de Dieu ») fêté le connu depuis l’Antiquité 19 mai ou le 20 décemgréco-latine. Daphnis et bre. Il peut aussi être le Chloé est un roman grec diminutif de Théobald de Longus qui a inspiré qui vient du germanique un opéra-bouffe à Offen- « theud » peuple et « bald bach et un ballet à Maurice » audacieux » et qui est Ravel ; c’est le nom d’un une variante de Thibaud. personnage de L’écume des On peut considérer aussi Théo comme une variante jours de Boris Vian. orthographique de Théau, ucie (fête le 13 en latin médiéval Thillo ou décembre) vient du Hillonius (fête le 7 janvier) latin « lux » signifiant « lu- dont l’étymologie n’est pas mière ». Le prénom est por- connue avec certitude.

C

T

L

té depuis le Moyen-Age : on connaît une Lucie, fille du comte de Provence, qui épousa peu après l’an Mil le comte Arnaud de Razès (région au sud de Carcassonne dont la capitale était Rennes-le-Château)

UWilla

n prénom insolite :

Willa (transcrit parfois Guille) était un prénom porté dans plusieurs familles royales au IXe et Xe siècles et qui vient du germanique « Will » signifiant volonté, qui a servi aussi à former le prénom Guillaume. Le prénom Willa est d’ailleurs probablement apparu dans la descendance de Guillaume de Gellone ou d’Orange, cousin de Charlemagne, et canonisé

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N

athan (fête le 7 mars) vient de l’hébreu « Netanya» significant “Dieu a donné”. On a aussi la variante Natan. Le premier connu était un prophète qui a conseillé le roi David.

athis (fête le 21 septembre) est une variante de Mathieu (forme flamande) et vient de l’hébreu « mattathiah » signifiant « don de Dieu »

T

L

homas (fête le 3 juillet pour l’apôtre; le 28 janvier pour Saint Thomas d’Aquin ; le 29 décembre pour Saint Thomas Becket) vient de l’araméen et signifie jumeau.

E

nzo (fête le 13 juillet) est une forme italienne de Henri, influencée par l’allemand Heinz mais ce prénom est parfois perçu comme un diminutif de Lorenzo ou de Vincenzo. Le premier Enzo (ou Enzio) connu de l’histoire était un fils naturel de l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen (lui-même fils de l’empereur Henri VI) qui fut roi de Sardaigne et mourut en captivité à Bologne en 1272. Il a écrit des poèmes d’amour en langue italienne populaire.

H

ugo (fête le 1er avril) est la forme latine médiévale ou germanique de Hugues. On a aussi la variante Ugo. Le prénom est attesté depuis le Haut Moyen-Age. Il vient du germanique « hug» signifiant « intelligence ». La forme occitane du prénom était Huc ou Uc.

M

axime (fête le 14 avril, le 27 juin, le 20 août ou le 27 novembre)

M

vient du latin « maximus » signifiant « très grand ». A noter que ce prénom est mixte et est aussi un prénom féminin (fête dans ce cas le 16 ou le 28 mai).

G

ucas (fête le 18 octobre comme Luc ou le 28 septembre où est fêté un saint Lucas martyr au Japon en 1633) est la forme latine ou germanique de Luc qui vient du grec soit de « leukios » signifiant « brillant » soit de « lukos » signifiant « loup ».

A

rthur (fête le 15 novembre) vient probablement du celtique “arto-rix” significant “oursroi ”. Arthur était un prénom prisé au Moyen-Âge en raison de la légende du roi Arthur.

MIXTE

abriel (fête le 29 septembre) vient de l’hébreu et signifie « Dieu est ma force ». L’archange Gabriel étant présenté comme le messager de Dieu, il est devenu le patron de tous ceux qui exercent un métier dans la communication. Le prénom composé Jean-Gabriel se fête le 9 juillet.

C

amille (fête le 3 mars ou le 26 novembre) vient du latin « camillus » signifiant « messager, enfant de choeur ». Camille est une reine dans L’Enéide de Virgile. Ce prénom est porté depuis longtemps (la sculptrice Camille Claudel était née en 1864) et il a la particularité avec quelques autres d’être aussi un prénom mixte car il est aussi un prénom masculin.

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METHODOLOGIE

C O N S E I L S A S T U C E S

UN ENSEMBLE DE TECHNIQUES

POUR VOUS PERMETTRE DE REALISER VOTRE ARBRE GÉNÉALOGIQUE

COMME UN PRO !

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PORTRAIT

CHANTAL GEYER ET SES “DESSINS D’ARBRES GÉNÉALOGIQUES” SUR MESURE par Paul POVOAS

Chantal GEYER est connue pour exposer dans des salons de généalogie. Cette artiste de la généalogie, nous la connaissons pour sa gentillesse, sa disponibilité et surtout, son talent artistique dans la réalisation d’arbres généalogiques sur mesure. Avant de devenir ce qu’elle est, Chantal Geyer exerçait la profession de déléguée médicale. Passionnée de généalogie, elle réalise en 2002 son rêve, en s’installant à son compte comme artiste peintre spécialisée dans la réalisation d’arbres généalogiques sur mesure. Chantal GEYER donne donc vie à votre généalogie. Comme elle le dit elle-même : « Du petit arbre représentant les parents et grandsparents, agrémenté de personnages ou d’animaux pour fêter une naissance ou un baptême, aux arbres plus grands pour les généalogies plus complexes, toutes les combinaisons sont possibles. Branche fleurie, chêne, cerisier, avec un paysage de votre région ou d’ailleurs ».

généalogie personnelle il y a une quinzaine d’années, conseillée par une amie qui m’a montrée ses propres recherches. Parallèlement, étant bonne dessinatrice, j’ai pratiqué les arts déco pendant quelques années en cours du soir. Et en 2000, je me suis mise à dessiner Dans quelle région êtes-vous installée ? D’où êtes-vous à l’aquarelle un arbre généalogique pour ma grandmère qui fêtait ses 90 ans. Ayant peu remonté ses originaire ? racines polonaises, j’ai donc préféré placer les préJe suis d’origine alsacienne, mon atelier est installé noms de ses enfants et petits-enfants ; bien entendu, dans la banlieue sud de Strasbourg. j’y figurais. Bonjour Chantal Geyer, quel est votre métier ? Artiste peintre professionnelle spécialisée en « Dessin d’arbres généalogiques sur mesure ».

En quelques mots présentez-nous ce qui vous a amenée à créer et dessiner des arbres généalogiques sur mesure? Deux passions m’ont amenée à travailler dans ce domaine. Tout d’abord, j’ai commencé à faire ma

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Et ensuite comment est venu le déclic ? Etant dans une phase de ma vie sans travail, je me suis dit pourquoi ne pas me lancer dans la création d’arbres généalogiques en créant ma propre entre-

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prise. J’avais confiance en moi en raison de mes capacités en dessin et de mes connaissances en généalogie. On ne peut pas concevoir des arbres sans comprendre la généalogie. Vous avez ce plaisir de créer des arbres uniques en apportant une dimension toute particulière mettant en scène les ancêtres... Il s’agit d’abord de valoriser le travail long et fastidieux entrepris par les généalogistes, et je pense qu’il vaut mieux présenter ses données généalogiques dans un arbre dessiné que de les voir dans un classeur conservés au fond d’un tiroir ou dans la mémoire d’un ordinateur. Vous vous sentez un peu comme une héritière des artistes qui peignaient des fresques mettant en scène des personnages, des armoiries, des détails enluminés en tout genre avec pour seule règle l’accomplissement d’une réalisation picturale de toute beauté. Oui en effet, à l’image des fresques représentant des arbres généalogiques armoriés relatant l’histoire de la famille, qu’on peut observer dans certains châteaux souvent sur une grande surface, je perpétue la tradition en réalisant des généalogies familiales à l’aide de décors spécifiques parfois dans des dimensions imposantes. Ce coté artistique dans vos réalisations d’arbres généalogiques, c’est sans doute votre cheval de bataille où ne compte que le résultat personnalisé. Chaque réalisation est unique et personnalisée? Après les informations fournies par le client, je m’imprègne totalement de sa généalogie, d’abord pour la mise en forme qui est le coté technique et ensuite je laisse exprimer ma fibre artistique afin d’élaborer une œuvre unique.

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Votre inspiration s’appuie-t-elle sur une documentation existante comme les vieux livres, d’anciennes gravures ? Oui, lors de mes travaux, je cherche l’inspiration dans une large documentation. Il m’est arrivée de réaliser un arbre avec décors de cannes à sucre, pour rappeler les origines antillaises de la famille. Je me suis documentée en consultant des ouvrages spécialisés car, je voulais être au plus proche de la réalité. Vous répondez donc à des demandes bien particulières en personnalisant vos projets à la demande des clients. C’est effectivement le cas. Mais souvent on me laisse le libre choix en me faisant confiance. Je suis une artiste à part entière, préférant l’aquarelle pour le dessin et l’encre de Chine pour l’écriture qui se prêtent bien au dessin d’arbres généalogiques. Je vous l’avoue, c’est ma technique préférée. Utilisez-vous également la technique du collage en disposant des éléments dans votre composition artistique ? Non, cela ne m’inspire pas, j’utilise la plume et le pinceau. L’aquarelle est un « jeu » combinant l’eau et les pigments, qui se marient bien sur un papier adapté ou sur parchemin. Ce qui me plait dans mon métier, c’est avant tout la création artistique et la composition aboutie. Sur les arbres, combien d’ancêtres pouvez-vous disposer ? CG : Le plus grand nombre enregistré dans une de mes réalisations doit être 2500. Il n’est pas raisonnable d’aller sur un nombre plus important compte tenu de la surface du dessin déployée. Le demandeur est conscient qu’on doit limiter le nombre d’individus sur la composition.

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Quelle représentation généalogique privilégiezvous dans vos réalisations ? La représentation d’un arbre est conditionnée par le type de généalogie du demandeur. Par exemple il peut me solliciter pour une descendance agnatique, qui n’est que la lignée du patronyme partant de l’ancêtre le plus lointain jusqu’aux contemporains. Une fois la composition réalisée et présentée, quelle est la réaction de la personne qui vous l’a commandée ? Y-a-t-il eu des déçus ? Je n’ai eu que des témoignages de satisfaction à la réception des commandes. Créer, composer et montrer mon travail est un plaisir complet pour moi. En fait, même si certaines personnes suivent l’évolution du projet, en revanche, un grand nombre repose leur confiance sur mes idées ; pour quelques cas, je préfère leur définir les étapes intermédiaires de façon à obtenir d’eux le plus juste choix artistique. Chaque réalisation est pour moi une « aventure » différente. Qu’est ce qui peut motiver les généalogistes à vous passer une commande d’un arbre généalogique ? Il faut savoir que ces généalogistes ont accompli tout un travail de recherches, et pour transmettre le résultat à leur famille, leurs enfants, il faut montrer quelque chose de beau qui fera partie du patrimoine familial. D’ailleurs, il m’est arrivée de réaliser le même travail pour plusieurs personnes de la même famille. De même qu’une dame m’a sollicitée pour réaliser quatre compositions similaires, certains détails changeant en fonction des destinataires.

CONTACT : Chantal Geyer – Dessins d’arbres généalogiques 19 rue des Alliés 67114 ESCHAU Tél. : 06.14.27.40.44 Email : chantal.geyer@free.fr Site internet : http://www.chantalgeyer.com

Quelques anecdotes à nous rapporter ? J’ai en mémoire cette personne qui m’appelait plusieurs fois dans la journée, lorsque j’étais occupée à peindre son arbre. A plusieurs reprises elle m’apportait de nouveaux éléments fraichement découverts pour me demander de les ajouter, il a fallu en continu adapter mon travail à ces nouvelles données.

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SES PREMIERS PAS EN GÉNÉALOGIE

mÉthodo’logique NOS PAGES PRATIQUES

par Tony NEULAT

Débuter sa généalogie, c’est embarquer pour un fabuleux voyage dans le temps, c’est partir à la découverte de la « petite » Histoire, celle de nos ancêtres paysans et artisans, c’est s’introduire dans la société et les mentalités radicalement différentes de l’époque. Le voyage sera long et semé d’embûches, mais il abondera de surprises qui vous combleront de joie. L’objectif de cette rubrique est de vous accompagner dans cette aventure en délivrant méthodes et conseils pour vous aider dans vos recherches.

LA GÉNÉALOGIE POURQUOI ? Le terme généalogie vient, d’un point de vue étymologique, des mots grecs genea (espèce ou famille) et logos (science). La généalogie est ainsi la science qui étudie les familles et vise à reconstituer les filiations. Selon que l’on cherche à dénombrer ses ancêtres ou ses descendants, la généalogie est dite ascendante ou descendante. Comme toute science, la généalogie dispose d’un « jargon » : les termes couramment utilisés entre généalogistes sont listés dans la rubrique Bon à savoir. Pourquoi rechercher ses ancêtres, me direz-vous ? Au-delà de sa portée psychologique (d’où je viens ? Quelle est ma place dans la famille et la société ?) et sociale (rapprochement des générations, échanges entre cousins éloignés, issus de milieux différents), la généalogie revêt un aspect historique et policier : il s’agit d’enquêter dans sa famille, de trouver les indices et preuves qui permettront de rattacher les diverses personnes à travers le temps et l’espace. A partir d’éléments épars, le généalogiste reconstitue un ensemble cohérent : l’arbre généalogique. Aïeux méconnus sont tirés de l’oubli, leur vie est exhumée, et c’est en cela que le généalogiste joue un rôle de biographe et d’historien passionnant. Sa patience et sa rigueur seront récompensées par la vue de son arbre grandissant, et remontant, avec un peu de chance, jusqu’au XVIXVIIèmes siècles, voire plus loin pour les branches nobles.

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Construire son arbre généalogique, c’est avant tout glaner des informations précieuses sur sa famille. Pour cela, 2 moyens principaux : récolter les témoignages oraux des « anciens » et dénicher les inestimables papiers de famille.

Quelles informations recueillir ? De manière générale en généalogie, toutes les informations sont bonnes à prendre ! Qu’il s’agisse d’anecdotes familiales ou de détails croustillants, tous ces éléments contribueront à donner de l’épaisseur à vos recherches et à vos ancêtres. Néanmoins, de manière pragmatique, les renseignements essentiels à réunir pour l’élaboration de votre arbre sont, pour chaque membre de la famille: nom et prénoms, surnoms, noms des parents, nom du conjoint, date et lieu du mariage civil et religieux, date et lieu de l’éventuel contrat de mariage, date et lieu de naissance, date et lieu de baptême et noms des parrains, date et lieu de décès, date et lieu d’inhumation, date et lieu de l’éventuel testament, profession et statut social, résidence(s), prénoms des enfants et leurs dates et lieux de naissance, photographie ou description physique, participation à des événements historiques (guerres ou autres). Il est conseillé de noter ces différents éléments dans des fiches individuelles (cf. illustration). Voici comment procéder pour obtenir ces informations.

Interroger les « anciens » Quoi de plus logique, pour en savoir plus sur sa famille, que de discuter avec elle ! Les « cibles » à privilégier sont les personnes âgées : elles

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représentent la mémoire familiale

dans la rubrique Registres Utiles.

et sont les témoins d’une « autre » époque. Elles sauront vous donner les dates et lieux de naissance, mariage et décès de leurs parents, voire de leurs grands-parents. A défaut de s’en souvenir, elles pourront sûrement exhumer des tiroirs les précieux papiers de famille qui délivreront les renseignements tant convoités. Elles sauront également vous montrer des photos de familles jaunies et identifier les personnes qui s’y trouvent. Enfin, elles vous orienteront éventuellement vers d’autres personnes (amis ou cousins éloignés) susceptibles de vous renseigner. En outre, elles seront souvent ravies de voir que vous vous intéressez à leur vie et leur passé ! Prenez garde, ces personnes ne sont malheureusement pas immortelles ! La procrastination est à bannir : n’attendez pas demain, cueillez dès aujourd’hui l’histoire de leur vie. Pour interroger efficacement les anciens, munissez-vous d’une caméra ou d’un magnétophone pour enregistrer leurs paroles, à condition que ces instruments ne les intimident pas. Vous pourrez ainsi retranscrire au calme leur discours dans les moindres détails.

Entamer ses recherches dans l’état civil Les différents renseignements glanés vous permettront de franchir le cap des 75 ans. En effet, de par la loi du 15 juillet 2008, seuls les registres d’état civil de plus de 75 ans sont consultables en libre accès. Il est donc préférable de remonter au-delà grâce aux témoignages et documents familiaux. Toutefois, il est possible (et même conseillé) de demander par courrier à la mairie une copie intégrale des actes de naissance, mariage et décès de vos ancêtres, en prouvant votre lien de parenté direct avec la personne concernée. Pour cela, vous devez connaître la date exacte de l’acte pour faciliter le travail des employés de mairie (car ils n’ont aucune obligation de faire les recherches pour vous), et envoyer une enveloppe timbrée pour la réponse. Nous verrons dans les prochains numéros comment entamer des recherches dans l’état civil.

Consulter les documents familiaux Questionnez tous les membres de votre famille à ce sujet : tous les documents sont utiles. N’hésitez pas à renouer contact avec un cousin éloigné : vos recherches constitueront un excellent prétexte. Consultez attentivement chaque document, notez les informations essentielles. Scannez ou photographiez si possible chaque papier : ces copies vous permettront non seulement de disposer de tous les détails relatifs à votre famille mais formeront également des preuves irréfutables de l’exactitude de vos recherches. Un aperçu des principaux papiers de famille et de leur intérêt se trouve

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Les sigles et abréviations utiles Une fois récoltées ces diverses informations, encore faut-il les répertorier, les organiser et les présenter de manière claire et synthétique !

De façon évidente, certains mots sont récurrents en généalogie : naissance, mariage, décès, père, mère… Il est donc utile de recourir à des sigles ou abréviations universellement employés pour gagner du temps. Les plus courants sont indiqués dans l’encadré ci-contre.

Les fiches individuelles Pour noter les renseignements relatifs à un individu, il est préférable de recourir à l’utilisation de fiches individuelles, qui peuvent être au format papier ou informatique. Se reporter à l’illustration ci-contre pour visualiser un exemple de fiche. Il est possible de compléter ces fiches individuelles directement dans votre logiciel de généalogie car l’immense majorité des logiciels proposent cette fonction.

Exemple de fiche individuelle. T. NEULAT.

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·En conséquence, tous les hommes ont des numéros pairs et les femmes des numéros impairs. La liste d’ascendance présentée dans l’encadré indique les numéros attribués aux ancêtres jusqu’à la 4ème génération.

Les liens de parenté En généalogie, c’est une vérité établie: nous sommes tous cousins. Mais encore ? Exprimer le lien de parenté entre deux personnes n’est pas toujours des plus aisés, d’autant plus que la règle établie par le droit civil est différente de celle définie par le droit canon de l’Eglise catholique ! Les schémas ci-contre explicitent ces règles. En droit canon, on compte le nombre de générations qui séparent de l’ancêtre commun : Joseph descend à la 3ème génération de Pierre et Marie, ancêtres dont descend Louise à la 2ème génération. Joseph est donc parent du 3ème au 2ème degré avec Louise et inversement Louise est parente du 2ème au 3ème degré avec Joseph. En droit civil, on compte le nombre de générations qui séparent les deux personnes en montant depuis la 1ère personne vers l’ancêtre commun puis en redescendant de l’ancêtre commun vers la 2ème personne : Joseph et Louise sont donc parents au 5ème degré (3+2). Ainsi, le droit canon est plus précis que le droit civil.

Les systèmes de numérotation Une des grandes difficultés de la généalogie est de ne pas s’emmêler les pinceaux entre tous les ancêtres et cousins. Pour aider à classer les individus, il existe 2 systèmes de numérotation principaux, l’un pour les ascendants et l’autre pour les descendants. La méthode Sosa-Stradonitz permet de numéroter ses ancêtres de manière assez simple : ·La personne dont on fait la généalogie porte le numéro 1. ·Le numéro d’un père est le double de celui de son enfant. ·Le numéro d’une femme est le suivant de celui de son mari.

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La méthode d’Aboville est le moyen le plus répandu pour numéroter les descendants d’une personne donnée : ·La personne dont on établit la descendance est le n°1. ·Ses enfants portent les numéros 1.1, 1.2, 1.3… en fonction de leur rang de naissance (l’aîné portant le numéro 1.1) ·Et ainsi de suite : les enfants de l’aîné sont numérotés 1.1.1, 1.1.2, etc…, ceux du deuxième enfant 1.2.1, 1.2.2 etc… ·Lorsque les enfants sont issus de lits différents, on ajoute des lettres: a pour le premier mariage, b pour le second… Cette métho de possède l’avantage non négligeable d’indiquer explicitement le « chemin » qui relie un descendant à son ancêtre. En effet, à partir du numéro de n’importe quel descendant, il est possible de connaître le nombre de générations qui le séparent de la racine (nombre de chiffres séparés par des points) et le rang, à chaque génération, de l’individu dans la fratrie (cf. illustration d’arbre descendant vertical).

astuce complémentaire que j’utilise personnellement dans mon logiciel de généalogie. La méthode SosaStradonitz permet de distinguer facilement ses ancêtres, la méthode d’Aboville, ses descendants. Mais comment faire pour tous les autres : les cousins et les alliés (époux de cousins…) ? A la fin des prénoms des alliés, vous pouvez mettre un signe distinctif : une étoile, une lettre (R par exemple pour rattaché), etc… Il est alors possible de distinguer au premier coup d’œil notre lien avec la personne consultée dans l’arbre : si elle a un numéro Sosa-Stradonitz, c’est un ancêtre ; si elle a un signe distinctif (*, R, etc…), c’est un allié ; sinon, c’est un collatéral (personne ayant un ancêtre commun avec moi).

Ces numérotations sont ainsi un moyen très pratique de classer les individus, les fiches individuelles de chaque ancêtre ou bien les photos d’actes (auxquelles on peut affecter le numéro de l’ancêtre concerné suivi de la nature de l’acte : N pour naissance, M pour mariage…). Les logiciels de généalogie affectent automatiquement les numéros de chaque individu en fonction de la personne de référence. En plus de ces méthodes célébrissimes en généalogie, je me permets de vous donner une petite

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Les arbres généalogiques Il en existe de 3 types (arbre ascendant, descendant ou mixte). Le premier dénombre les ancêtres tandis que le second recense les descendants. Enfin, l’arbre mixte présente les ancêtres et descendants du couple choisi. Chacun de ses arbres peut se présenter sous diverses formes (arbre vertical ou horizontal, tableau, liste, roue circulaire ou semi-circulaire) (cf. schémas). Chaque disposition présente ses avantages et ses inconvénients.

L’arbre vertical est le plus répandu car il permet de visualiser rapidement les générations et les filiations et correspond à l’habitude de remonter les générations puisqu’il se

intuitif, présente les générations de gauche à droite. Il est très utile lorsqu’il est décliné sous forme monopage, puisqu’il est relativement compact et permet d’imprimer facilement son arbre par pages A4.

Les listes

sont très pratiques, principalement parce qu’elles peuvent être complétées à l’infini : toutes sortes de détails peuvent être ajoutés à une personne donnée.

Les roues, circulaires ou semicirculaires, sont les représentations les plus compactes. Elles ont en outre une qualité esthétique certaine. Chaque cercle concentrique symbolise une génération.

Les tableaux, verticaux ou horizontaux, sont des variantes des arbres : les pages sont divisées en cases, chaque case étant réservée à un individu et de plus en plus petite au fur et à mesure que l’on remonte dans l’arbre.

lit de bas en haut. Il peut être décoré et devenir une vraie œuvre d’art.

L’arbre horizontal,

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moins

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pour rattaché), etc… Il est alors possible de distinguer au premier coup d’œil notre lien avec la personne consultée dans l’arbre : si elle a un numéro Sosa-Stradonitz, c’est un ancêtre ; si elle a un signe distinctif (*, R, etc…), c’est un allié ; sinon, c’est un collatéral (personne ayant un ancêtre commun avec moi).

Un bon généalogiste se doit d’être rigoureux pour s’assurer de la véracité des informations qu’il compile et des filiations qu’il établit. Il se doit également d’être organisé pour structurer ses recherches, mais aussi patient et déterminé pour les mener à bien. Enfin, il a besoin d’être équipé de divers outils et matériels qui faciliteront ses recherches. Voici une liste des principaux.

Les outils au format papier Il peut être utile, lors de ses déplacements aux archives, ou pour visualiser ses recherches, de disposer de listes d’ascendance à remplir, d’arbres vides prêts à compléter ou de fiches individuelles vierges. Ces documents permettront de faciliter la prise de note et la formalisation des données.

L’ordinateur L’ordinateur est le meilleur ami du généalogiste. Sa capacité de stockage, de mise en forme, mais aussi d’impression d’un même fichier en de multiples exemplaires est un atout incontestable. Finis les dizaines de classeurs regroupant arbres, fiches individuelles, photocopies d’actes… Un seul ordinateur portable peut remplacer et même surpasser tout cela, pour peu que l’on ait quelques

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connaissances en informatique ou la volonté de s’y plonger. Mais surtout, l’ordinateur est merveilleux par l’accès à d’autres outils qu’il favorise : appareils photos numériques, scanner, caméras, Internet, logiciels de généalogie…

Les logiciels de généalogie Le logiciel de généalogie est le partenaire indispensable de vos recherches, pour classer vos découvertes, rechercher facilement un individu donné, éditer des arbres ou listes d’ascendance ou de descendance, saisir les fiches individuelles, insérer des photographies ou des copies d’actes, publier votre arbre sur Internet… Vous en apprendrez davantage en consultant la rubrique LOGI’WEB.

Internet Le web est un catalyseur incontesté pour les recherches généalogiques. Via des sites tels que GeneaNet ou FranceGenWeb, vous pourrez échanger avec d’autres généalogistes, consulter des bases de données indispensables et découvrir toute la galaxie qui gravite autour de la généalogie : onomastique, paléographie, héraldique, cartographie… Via les sites des Archives Départementales en ligne, vous pourrez effectuer vos recherches depuis chez vous. Via les sites d’associations ou les forums de discussion thématiques, vous pourrez découvrir de lointains cousins et échanger autour d’une même passion… Mais attention, méfiance ! Les erreurs sont fréquentes sur Internet, tant dans les arbres déposés que dans les dépouillements. Vérifiez donc avec soin les informations que vous y trouverez.

Ces appareils sont précieux pour faire des copies de papiers de famille, de photographies ou d’actes, qui sont autant de pièces à conviction indispensables pour colorer vos recherches et prouver leur authenticité. L’appareil photo permet également de gagner un temps appréciable aux archives (où le temps est toujours compté !) : en photographiant les actes, vous vous autorisez ainsi à les consulter tranquillement chez vous plutôt que sur place.

Caméras et magnétophones Ils seront les compagnons de vos investigations familiales, pour recueillir les anecdotes ou les émotions de vos proches. Sans compter que vous constituerez grâce à eux des souvenirs inestimables pour votre famille ! Muni de ces outils et armé de patience, vous serez prêt à entreprendre la grande aventure généalogique.

Appareils photo et scanners

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DE LA FIABILITÉ DES REGISTRES

mÉthodo’logique Au fil des actes

par Tony NEULAT

Tout chasseur d’ancêtres est déjà tombé par hasard sur une « pépite » : un acte particulièrement intéressant qui dévoile des informations précieuses ou des anecdotes croustillantes, un acte qui éclaire sur la société de l’époque ou les événements historiques. Cette rubrique « Au fil des actes » a pour vocation de mettre en lumière ces trésors. Elle se veut participative, donc n’hésitez pas à nous envoyer des photos de tels actes et à nous les transcrire ou commenter à redaction.genealogique@gmail.com !

traduire ses actes Bien qu’officiels, les registres d’état civil n’en sont pas moins rédigés par de simples hommes susceptibles de se tromper. Et il n’est pas rare de rencontrer au cours de ses recherches des erreurs dans les registres : variation orthographique du nom de famille, approximation dans l’âge, erreur dans les prénoms… Pire encore, le maire oublie parfois de rédiger l’acte ! Les victimes de ces oublis sont alors obligées de se rendre devant le juge de Paix pour constituer un acte de notoriété et prouver leur identité. Ainsi, quand l’erreur commise par l’Etat est lourde de conséquences, il est nécessaire de recourir à la justice pour rétablir la vérité. L’extrait d’acte qui nous intéresse, daté de 1897, est tiré de l’état civil de la commune de La Rouquette, dans l’Aveyron. La comparante, Marie Amélie Neulat s’est présentée au tribunal pour rectifier son acte de naissance car il s’y trouve deux erreurs : son père est nommé Jouas au lieu de Neulat et sa mère Sophie au lieu de Marie Julie ! Cet acte est particulièrement intéressant puisqu’il révèle les date et lieu de naissance de la comparante, mais aussi ceux de ses parents ainsi que leur date et lieu de mariage ! 4 événements généalogiques majeurs sont ainsi concentrés en un seul acte. Par ailleurs, j’ai consulté l’acte de naissance mentionné (à gauche) : on constate sur la photographie que les corrections ont bien été apportées dans la marge.

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L’acte de naissance et ses corrections dans la marge. AD de l’Aveyron.

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Voici une transcription sommaire de l’acte, qui fait 3 pages au total : L’an mil huit cent quatre vingt dix sept et le premier mars à midi, par devant nous Bénel Félix, maire officier de l’Etat civil de la commune de Larouquette, canton et arrondissement de Villefranche, département de l’Aveyron, a comparu Neulat Marie Amélie, sans profession, âgé de vingt six ans, domiciliée à Calcomier, commune de Vailhourles, canton du dit Villefranche, laquelle nous a remis une expédition du jugement rendu le onze février de la présente année par le tribunal civil de Villefranche et dont la teneur suit : République française, au nom du peuple français […] : à la date du trente et un janvier mil huit cent soixante et onze, le sieur Neulat Cyprien présenta à l’officier de l’Etat civil de la commune de Larouquette un enfant de sexe féminin né le trente janvier mil huit cent soixante onze de lui déclarant et de Jouas Marie Julie son épouse. Dans l’acte de naissance qui fut établi, le père a été prénommé par erreur Jouas au lieu de Neulat et la mère a été prénommée par erreur Sophie au lieu de Marie Julie ; c’est pourquoi Messieurs le Procureur de la république soussigné a l’honneur de réquérir qu’il vous plaise : vu l’acte de naissance du sieur Neulat Cyprien dressé à Laramière Jugement visant à rectifier l’acte de naissance. AD de l’Aveyron. (Lot) le dix sept juin mil huit cent trente cinq; vu l’acte de naissance de Jouas Marie Julie dressé à Vailhourles le onze août mil huit cent trente huit ; vu l’acte de mariage des époux Neulat Jouas dressé à Vailhourles le huit janvier mil huit cent soixante six. Ordonner que l’acte de naissance reçu par l’officier de l’état civil de la commune de Larouquette le trente et un janvier mil huit cent soixante et onze sous le numéro trois du registre sera rectifié en ce sens que le père de l’enfant sera dénommé Neulat et non Jouas et que la mère de l’enfant sera prénommée Marie Julie et non Sophie. Ordonner que le jugement de rectificatif sera inscrit sur les registres par l’officier de l’Etat civil aussitôt qu’il lui aura été remis ; que mention en sera faite en marge de l’acte réformé […]

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lexique gÉnÉalogique liens de parentÉ

mÉthodo’logique bon À savoir

par Tony NEULAT

Voici définis les principaux termes généalogiques ayant trait aux liens de parenté. Dans une définition, certains termes sont en italique pour indiquer qu’ils sont définis par ailleurs dans la liste.

Agnat : ascendant ou descendant par les hommes. Voir aussi cognat. Agnatique : synonyme de patronymique. Une généalogie est agnatique lorsqu’elle ne considère que les hommes, par conséquent les porteurs du même patronyme. Voir aussi cognatique. Aïeul / aïeule : grand-père / grand-mère. Au pluriel (aïeux), ce terme est synonyme d’ancêtre. Aîné : premier né des enfants d’un couple. Voir aussi puîné, cadet, benjamin. Alliés : individus liés entre eux par le mariage de l’un des leurs. Ancêtre : personne dont on est issu, dont on est le descendant. Synonyme d’ascendant. Ascendance : ensemble des ancêtres, i.e. des personnes dont est issu quelqu’un. Ascendant : ancêtre Bâtard : enfant né hors mariage. Voir aussi enfant naturel. Beau-fils : 2 sens : soit synonyme de gendre (époux de la fille), soit fils issu d’un autre mariage de l’époux ou de l’épouse Beau-frère : soit époux de la sœur soit frère du conjoint soit époux de la sœur du conjoint Beau-père : soit autre époux de la mère soit père du conjoint Belle-fille : soit synonyme de bru (épouse du fils) soit fille issue d’un autre mariage de l’époux ou de l’épouse Belle-mère : soit synonyme de marâtre (autre épouse du

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père) soit mère du conjoint Belle-sœur : soit épouse du frère soit sœur du conjoint soit épouse du frère du conjoint Benjamin : dernier né des enfants d’un couple. Voir aussi aîné, cadet. Bisaïeul / bisaïeule : arrière-grand-père / arrière-grandmère. Un(e) bisaïeul(e) est père / mère d’un(e) aïeul(e), un(e) trisaïeul(e) est père / mère d’un(e) bisaïeul(e). Idem pour quadrisaïeul Branche : partie d’un arbre généalogique, d’une filiation issue d’une même souche. Ex : branche paternelle / maternelle / aînée, de telle région… Cadet : soit deuxième enfant d’un couple soit chacun des enfants nés après l’aîné. Voir aussi benjamin. Cognat : ascendant ou descendant par les femmes. Voir aussi agnat. Cognatique : se dit d’une généalogie qui ne considère que les femmes. Voir aussi agnatique. Collatéral : « cousin » au sens large, i.e. parent descendant d’un ancêtre commun, mais par une autre branche. Ex : frère, oncle, nièce, cousin issu de germain... Consanguin : parent du côté paternel. Voir aussi frère consanguin. Consanguinité : parenté proche entre deux conjoints. Cousins germains : enfants de deux frères ou sœurs, i.e. personnes ayant un grand-père et / ou grand-mère en commun. Cousins issus de germains : enfants de deux cousins

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germains, i.e. personnes ayant un arrière-grand-père et / ou arrière-grand-mère en commun. Appelés aussi « petits cousins » ou « sous-germains » ou « remués de germains». De cujus : personne dont on établit la généalogie, ascendante ou descendante. Descendant : personne issue d’une autre personne, appelée ancêtre. Descendance : ensemble des personnes issues d’un individu ou d’un couple. Voir aussi postérité. Enfant naturel : enfant né de parents non mariés (et dont souvent la mère seule est connue). Voir aussi bâtard. Enfant légitime : enfant né de parents mariés. Enfant reconnu : enfant dont un des parents reconnaît être l’auteur. Enfant trouvé : enfant abandonné dont on ne sait rien et qui a été trouvé. Enfant mort-né : mort à la naissance ou avant la naissance Filiation : lien de parenté suivi unissant un descendant et son ancêtre. Une filiation peut être agnatique ou cognatique. Fratrie : ensemble des frères et sœurs, et donc des enfants issus d’un couple. Frère consanguin : frère issu du même père et d’une mère différente. Frère germain : frère issu du même père et de la même mère. Frère utérin : frère issu de la même mère et d’un père différent. Génération : chacun des degrés successifs d’une filiation. En ascendance, génération 1 : l’enfant ; génération 2 : les parents; génération 3 : les grands-parents... On évalue à 30 ans en moyenne l’intervalle de temps entre deux générations.

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Maternel : du côté de la mère. Neveu / nièce : fils / fille d’un frère ou une sœur. Neveu à la mode de Bretagne : enfant d’un cousin germain ou d’une cousine germaine. Oncle / tante : soit frère / sœur du père ou de la mère soit époux / épouse d’un frère ou d’une sœur du père ou de la mère. Oncle à la mode de Bretagne : cousin germain du père ou de la mère. Parenté : relation entre deux personnes, définie au niveau biologique ou juridique Parentèle : lien de parenté, consanguinité. Ensemble des collatéraux. Paternel : du côté du père. Puîné : tout enfant né après l’aîné, à l’exception du benjamin. Voir aussi cadet. Postérité : descendants d’une personne. Lorsque la personne est sans descendance, on indique “sans postérité” ou “s.p.”. Souche : personne qui a donné naissance à une lignée ou, parfois, lieu d’origine d’une lignée. Utérin : parent du côté maternel.

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LES PAPIERS DE FAMILLE

Photographie du tout début du XXème siècle. La « matriarche » au centre et tous ses enfants et petits-enfants autour d’elle. T. NEULAT.

lente vue ou une mémoire infaillible…

Les photos de famille Les photos pâlies de nos ancêtres sont les documents familiaux les plus émouvants. Quelle joie de mettre un visage sur un ancêtre décédé ! Ou de chercher les ressemblances physiques avec ses aïeux ! Il existe 2 catégories de photographies anciennes à rechercher. Début de XXème siècle, les photos étaient de grande taille, sur support cartonné, réalisées par un professionnel et réservées aux événements importants. Les attitudes étaient quelque peu figées (cf. illustration ci-dessus). A partir des années 1940, nous retrouvons des photos aux contours crénelés, de formats plus réduits, prises dans un contexte quotidien. Par ailleurs, les photographies diffèrent selon l’événement immortalisé : mariage, baptême, classe, service militaire… Si votre famille n’a malheureusement pas conservé de photos anciennes, cherchez dans le village de vos ancêtres auprès des personnes âgées, peut-être ont-elles conservé des photos de classe ? Une fois collectées les diverses photos, identifiez au plus vite les personnes qui s’y trouvent en interrogeant les « anciens » qui les ont connues. N’hésitez pas à croiser les témoignages car ces « anciens » n’ont pas toujours conservé une excel-

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Le livret de famille Ce document est l’un des plus intéressants au niveau généalogique. En outre, il présente l’avantage d’être souvent conservé par la famille. Créé dans toute la France en 1884, il est délivré aux époux lors de leur mariage. Il se présente à l’origine sous la forme d’un petit livret de 16 pages de dimensions 18 x 12 cm. Il est précieux puisqu’il notifie chaque événement important survenu au sein de la famille : · Date de délivrance du livret · Extrait d’acte de mariage des époux, indiquant notamment pour chacun d’eux : nom, prénoms, profession, date et lieu de naissance, date et lieu de mariage, date du contrat de mariage et nom et adresse du notaire, jugement relatif à la famille (séparation, divorce…), nom et prénoms des parents · Dates et lieux de décès des époux · Dates et lieux de naissance des enfants ainsi que date et lieu de décès si l’enfant est mineur à sa mort. Extrait d’un livret de famille Les autres papiers de pieds-noirs datant de 1893. T. officiels NEULAT.

· La carte d’identité : créée en 1916, elle indique les infor-

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mations suivantes : nom, prénoms, date et lieu de naissance, domicile, taille, photo d’identité, date et lieu de délivrance, signature, et également, selon les époques, signalement, signes particuliers et empreinte digitale de l’index droit. · La carte électorale : obligatoire depuis 1884, elle mentionne les nom, prénoms, date de naissance, adresse et signature du titulaire. · Le permis de conduire : créé en 1893, il présente les nom, prénoms, date et lieu de naissance, adresse, photo d’identité, date et lieu de délivrance.

Les faire-part

Il s’agit de documents essentiels puisqu’ils informent d’un événement familial majeur. Il en existe de plusieurs types, en fonction de l’événement qu’ils annoncent : · Les faire-part de décès sont de loin les plus intéressants puisqu’ils énumèrent les différents parents du défunt et leur lien de parenté, facilitant ainsi la reconstitution de la famille proche. Y sont également mentionnés la date de décès, la date et le lieu de l’inhumation. Grâce à ces éléments, la demande de la copie intégrale de l’acte de décès auprès de la mairie vous permettra de remonter davantage la filiation. · Les faire-part de mariage indiquent les noms et prénoms des futurs époux, les parents et leur adresse, leurs éventuels titres et décorations, ainsi que la date, l’heure et le lieu de la cérémonie. · Les faire-part de naissance présentent le nouveau-né: prénom, poids et taille, date et lieu de naissance, ainsi que les noms et adresse des parents. · Les faire-part de baptême donnent la date et le lieu du baptême, les parents et leur adresse et parfois le parrain et la marraine.

Les actes notariés

Les actes passés devant un notaire sont rédigés en deux exemplaires : la minute, conservée par le notaire et la grosse, remise par le notaire aux parties prenantes. Il se peut donc que votre famille ait conservé quelques actes anciens d’achat, de contrat de mariage, de testament… Autant de trésors pour en apprendre davantage sur le statut économique de vos ancêtres.

Les concessions funéraires

Accordées par la mairie, elles indiquent l’emplacement précis du terrain, sa surface, son prix, la date de concession et sa durée, et surtout les ayants droit : nom, prénoms, nom et prénoms du conjoint, profession et domicile. En vous rendant au cimetière et à l’emplacement de la tombe, vous en apprendrez davantage sur votre ancêtre et y trouverez peut-être, avec un peu de chance, une photographie. Sans oublier… Documents scolaires, livrets militaires, papiers professionnels ou de la vie quotidienne, carnets de santé, correspondances, cartes postales… et tout autre document de vos aïeux sont autant de sources pour vous forger une opinion sur leur vie, leur statut, leur caractère, leur mentalité…

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Interrogez votre famille afin de déterminer ce qu’il est

advenu des précieux papiers de famille. Qui les a conservés et où ?

Pistes possibles : · Chez vous ou dans votre famille : placards, greniers, caves sont autant d’endroits où peuvent reposer des papiers de famille oubliés depuis des années. · Dans la maison de famille : si elle n’appartient plus à votre famille, entrez en contact avec l’actuel propriétaire qui n’a peut-être pas vidé le grenier. · Chez vos cousins éloignés : ce sont peut-être eux qui détiennent les documents relatifs à votre ancêtre commun, et qui ont été transmis de génération en génération de leur côté de la famille. Contactez-les, ils sauront sûre-ment vous aider ou vous conter des anecdotes intéressantes pour vos recherches. · Dans les brocantes : il s’y vend parfois des papiers de famille. Même s’il est très peu probable que vous y trouviez des papiers de vos ancêtres, qui ne tente rien n’a rien !

A savoir !

Vous pouvez également retrouver des faire-part dans · Numérisez tout ! A l’aide d’un scanner ou d’un appareil photo, des archives : · Les archives départementales avec une résolution suffisante possèdent des collections de (supérieure à 300 dpi). faire-part. Celle de Paris est · Etiquetez tout ! Pour chaque document, notez sa source : qui particulièrement riche. en est le propriétaire et où il est · La Bibliothèque Généalogique conservé. de Paris dispose d’un fonds de · Archivez tout ! Classez chaque près de 400 000 faire-part. Il a copie par branche, voire par été numérisé et est accessible individu. dans les collections GeneaNet · Intégrez-les éventuellement (réservées aux membres du dans votre logiciel de généalogie club Privilège). afin de conserver dans un même · Le Minutier central des fichier tous les documents. notaires de Paris dispose également d’une collection.

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plus qu’UNE ÉCRITURE, UN ART

mÉthodo’logique palÉographie

par Elisabeth PECKEU

Qui n’a pas rencontré au cours de ses recherches ou à travers le tri du tiroir renfermant les papiers de famille, des textes écrits à la plume fait de plein et de délié dont l’encre par endroit a pali légèrement. La paléographie est une science, qui parfois peut être apparentée à un art, celui de déchiffrer les écritures anciennes. Ecritures qui peuvent être somme toute déchiffrables facilement pour des textes du XIXe ou même du XVIIIe siècle, à des écritures qui semblent complètement illisibles et qui parfois, interpellent le lecteur débutant par une question primordiale : dans quel sens dois-je tenir cette feuille ou ce parchemin ?

DÉchiffrer son livret de famille Le chercheur rencontrera au cours de ses investigations des documents en français, puis très vite en latin et selon les régions qu’il explore, des langues régionales telles que l’occitan, le provençal, le breton ou le flamand pour ne citer que celles-ci. Si la langue change, les techniques paléographiques, celles qui nous permettent, après un travail long et assidu de transcription, de lire ces textes aussi facilement que le journal, sont identiques, que les textes soient en français ou dans une autre langue. Cependant le problème de la compréhension d’un vocabulaire inusité depuis plusieurs siècles reste entier. Le néophyte, une fois la transcription réalisée, pourra se heurter à certaines expressions toutes aussi désuètes que l’écriture ellemême.

RAPPEL

Le livret de famille est un document administratif officiel, que chaque famille peut posséder dans son tiroir, puisqu’il est attribué au couple qui vient de se marier par l’officier public charger de célébrer le mariage ou pour les couples non marié après la naissance du premier enfant. Ce document fut institué en 1877 par la circulaire de Jules Simon, président du Conseil et ministre de l’Intérieur précisant que « les livrets de familles constitueront en quelques sorte un troisième dépôt des actes d’état-civil confié à la garde des intéressés et seront une source de renseignements précieux pour le cas où les registres viendraient à être détruits. » Vous ne trouverez donc pas de livret de famille aux archives ou en mairie, mais bien dans vos papiers de famille.

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(livret de famille, source privée)

(livret de famille, source privée)

(livret de famille, source privée)

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ARCHIVES

LES COULISSES

ORGANISATION DES ARCHIVES PUBLIQUES EN FRANCE par Anne LE FLOCH

Mémoire de notre pays, les archives publiques font partie de notre patrimoine commun. À ce titre, elles doivent être préservées, comme tout autre bien culturel. Produites par les différents services publics, leur recueil et leur conservation, tant sur le plan juridique, que sur les plans intellectuel et matériel, sont assurés par l’État qui a créé la Direction des Archives de France, l’institution responsable de ce patrimoine, et en a défini les missions et les compétences.

DÉCOUVERTE D’UN AUTRE MONDE

La salle de lecture des archives nationales (site de Paris).

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Si les Archives nationales ont été créées par le décret du 7 septembre 1790 pour conserver et centraliser les archives des nouvelles institutions, celles des administrations de l’Ancien régime et celles des saisies de biens nationaux, c’est la loi du 7 messidor an II (25 juin 1794) qui en a défini avec précision les trois missions essentielles : centraliser les archives de la Nation, garantir leur publicité et créer un réseau national de conservation. Deux ans plus tard, la loi du 5 brumaire an V (26 octobre 1796) crée un service d’archives par département destiné à conserver les archives de l’Ancien régime et les archives des nouvelles administrations départementales. Jusqu’en 1884, les Archives nationales et le réseau des services d’archives départementales sont deux administrations bien distinctes : la première dépend d’un ministère d’État alors que les secondes sont rattachées directement au ministère de l’Intérieur. En 1897, ces deux administrations sont regroupées, au sein du ministère de l’Instruction publique, sous la responsabilité d’une Direction des Archives qui devient, en 1936, la Direction des Archives de France. Cette direction passe, en 1959, sous l’autorité du ministère des Affaires culturelles, aujourd’hui ministère de la Culture.

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Glossaire

. Archives publiques : documents résultant de l’activité d’organismes de droit public. . Archives privées : documents d’archives, produits ou reçus par des individus, des familles, des associations, des entreprises et par toute institution privée ou organisme non public. . Collecte : recherche et recueil des archives auprès de leurs producteurs. . Cotation : attribution d’une cote de classement ou d’une cote de rangement à des documents ou à des dossiers. . Bordereau de versement : relevé des documents et des dossiers remis à un service d’archives par un service versant. . Communicabilité : possibilité de communiquer au public un document ou un dossier, selon la législation en vigueur et son état de conservation. . Fonds : ensemble des documents de toute nature qu’une personne, physique ou morale, a produits ou reçus dans l’exercice de ses activités et constitués de façon organique. . Indexation : opération destinée à représenter, par les éléments d’un langage documentaire ou naturel, des données résultant de l’analyse du contenu d’un document ou du document luimême. . Instrument de recherche : outil papier ou informatisé énumérant ou décrivant un ensemble de documents d’archives pour les faire connaître aux lecteurs. . Magasin : local d’un bâtiment d’archives destiné à la conservation des documents. . Plan de classement : système qui fixe l’organisation des archives courantes en usage dans les bureaux. . Récolement : opération consistant à dresser la liste des articles conservés dans un service ou un fonds et opération destinée à vérifier l’intégralité des fonds et collections d’un service d’archives périodiquement. . Versement : opération matérielle et intellectuelle par laquelle la responsabilité de la conservation d’archives passe de l’administration à un service d’archives. Source : français

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Association

des

archivistes

Les Archives de France sont régies par des textes réglementaires qui fixent leurs politiques et leurs pratiques ; elles ont deux missions essentielles : conserver les archives et les rendre accessibles au public. Mais qu’est-ce qu’une archive ? Dans la loi de 1979, le législateur en donne la définition suivante : « Les archives sont l’ensemble des documents, quels que soient leur date, leur forme et leur support matériel, produits ou reçus par toute personne physique ou morale, et par tout service ou organisme public ou privé, dans l’exercice de leur activité. La conservation de ces documents est organisée dans l’intérêt public tant pour les besoins de la gestion et de la justification des droits des personnes physiques ou morales, publiques ou privées, que pour la documentation historique de la recherche ». Le terme « archives » est également employé pour désigner les administrations, institutions ou services gérant des archives ainsi que les locaux qui les abritent. On voit que la définition ne comporte aucune notion d’ancienneté. En effet, les archives ne sont pas toujours des vieux papiers poussiéreux. En fait, un document, qui peut se présenter sous différentes formes, est une archive à partir du

moment où il est créé et conservé pour pouvoir être consulté ou réutilisé ultérieurement. Les services d’archives continuent à s’enrichir de nouveaux fonds d’année en année et la loi de 1979 a pris en compte les nouveaux supports de communication : visuels (par exemple des photographies), sonores (enregistrements), audiovisuels, électroniques, numériques.

Classement et conservation Pour pouvoir être conservées, les archives doivent au préalable être expertisées et classées. Les documents sont mis à l’intérieur d’un dossier, puis ce dossier à l’intérieur d’un fonds selon la composition de ce fonds ou selon des critères chronologiques, géographiques, numériques, alphabétiques ou thématiques. Ce classement permet de constituer des articles, qui seront ensuite cotés, conditionnés et rangés à l’intérieur du fonds. Tout fonds d’archives doit trouver une place dans le cadre de classement général en vigueur. Les services d’archives publiques sont en effet tenus de respecter un plan directeur préétabli répartissant les fonds entre des grandes divisions et subdivisions méthodiques (appelées, en France, séries et sous-séries). Ces séries sont généralement désignées par une ou plusieurs lettres

Quelques chiffres significatifs (année 2006) Nombre de services d’archives publiques Personnels Fonds conservés Accroissement annuel des fonds Nombre de lecteurs Nombre de visites en salle de lecture 931 115 Nombres de communications Fréquentation des sites internet : . Nombre de visites . Nombre de pages vues

558 ≈ 5000 agents (d’État et territoriaux) 3 016 352 mètres linéaires (3000 km) 71 179 mètres linéaires 283 284 4 106 005

7 527 851 249 215 385

Sources : Rapport annuel des Archives en France, 2006

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de l’alphabet, qui servent à la cotation des dossiers qui la composent. À titre indicatif, les archives publiques représentaient, en 2006, plus de 3 millions de mètres linéaires de rayonnages, volume qui s’est accru, au cours de cette même année, de plus de 70 000 mètres linéaires (cf. encadré « Quelques chiffres significatifs ») : on comprend bien l’intérêt d’un bon classement pour s’y retrouver dans un tel volume de documents ! Ce sont les archivistes qui, après avoir évalué l’importance du contenu des documents qui leur sont confiés, gèrent toutes les étapes de leur classement et prennent les mesures nécessaires pour assurer leur restauration si nécessaire et leur conservation. Par ailleurs, ils

certains d’entre eux sont ensuite mis en ligne progressivement sur les sites Internet des différents centres d’archives et sont ainsi plus facilement accessibles par les lecteurs. Le microfilmage et la numérisation permettent d’éviter les manipulations trop fréquentes, et donc la détérioration des originaux par les lecteurs. À titre indicatif, en 2009, les Archives nationales ont dépoussiéré et reconditionné dans de nouvelles boîtes 6 kilomètres linéaires de documents et numérisé plus de 2,7 millions de documents, notamment une partie des registres de notaires parisiens du XVIe siècle et des dossiers des titulaires de la Légion d’honneur.

Types d’archives Délais Protection de la vie privée

50 ans

État civil : naissances et mariages

75 ans

État civil : décès

Immédiate

Minutes et répertoires des notaires

75 ans

Dossier de personnel

50 ans

Secret médical

25 ans après le décès ou 120 ans après la naissance

procèdent régulièrement à des récolements, reconditionnements, restaurations et microfilmages, toutes opérations nécessaires à une bonne conservation à très long terme. Des restaurateurs spécialisés interviennent directement sur les supports pour remettre en état des documents et ralentir leur dégradation naturelle. De plus, depuis quelques années, des programmes de grande envergure ont permis la numérisation et le transfert sur de nouveaux supports d’une quantité impressionnante de documents, notamment les plus consultés ;

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Accessibilité Autre mission fondamentale des Archives de France, assurer l’accessibilité et la libre communicabilité des archives. Outre le classement et la conservation, les archivistes ont donc aussi pour fonction de valoriser les archives auprès du plus grand nombre : ils élaborent des outils d’aide à la recherche (instruments de recherche et guides des sources) et les communiquent aux différents publics pour les orienter et les guider dans leurs recher-

ches. Ces outils Le bâtiment de recherche sont du Caran, le d’une importance centre d’accueil des Archives capitale pour les nationales à lecteurs, ils leur Paris, rue des permettent de con- Quatre-Fils naître précisément la composition d’un fonds et de retrouver facilement les cotes des documents qu’ils recherchent. Accessibles aux lecteurs dans les salles d’inventaires des différents centres d’archives, certains d’entre eux ont déjà été numérisés et sont mis progressivement en ligne. Pour des raisons évidentes, les documents qui comportent des intérêts ou des secrets protégés (sécurité de la Nation, protection de la vie privée, etc.) ne sont communicables que passés certains délais. Réduits depuis la nouvelle réglementation de juin 2008, ils s’échelonnent de 25 à 100 ans selon la nature de ces intérêts (tableau 1). Ils s’appliquent à tous les documents d’état-civil, des juridictions, du Parlement, des notaires, ou privés. Des dérogations autorisant la consultation avant l’expiration des délais peuvent être accordées par l’administration des archives, après accord de l’autorité dont émanent les documents, « dans la mesure où l’intérêt qui s’attache à la consultation de ces documents ne conduit pas à porter une atteinte excessive aux intérêts que la loi a entendu protéger ».

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Cadre de classement des Archives départementales Séries sans limitation de date E Registres d’état civil, registres paroissiaux et archives communales H Archives hospitalières J Documents divers (entrés par voie extraordinaire) Séries anciennes (archives antérieures à 1790) A Actes du pouvoir souverain ; domaine B Cours et juridictions (parlements, bailliages, présidiaux, sénéchaussées, amirauté, juridictions seigneuriales) C Administrations provinciales D Instruction publique, sciences et arts E Féodalité, archives familiales, corporations F Documents et fonds d’archives divers, archives civiles. G Clergé séculier H Clergé régulier I Fonds protestants Séries d’époque révolutionnaire (1789 à 1800) K Lois, ordonnances, arrêtés L Administrations, tribunaux Q Domaines, enregistrement, hypothèques Séries modernes (1800 à 1940) M Administration générale N Administration départementale O Administrations communales P Finances, impôts, cadastre Q Domaines, enregistrement, hypothèques R Guerres et affaires militaires S Travaux publics, transports T Enseignement, culture, sports U Justice V Cultes X Assistance publique Y Établissements pénitentiaires Z Sous-préfectures

Les archives communales, c’està-dire les archives de la mairie et des services municipaux, sont conservées par les Archives municipales. En France, les communes, qui sont de tailles très diverses, ont des volumes et des fonds très différents. Dans les plus petites, aucun personnel n’est exclusivement affecté à cette mission ; seules les villes les plus importantes (environ 600) ont un service spécifique avec du personnel spécialisé. Depuis 1924, le préfet peut ordonner le dépôt des archives communales aux Archives départementales. Par ailleurs, le code du patrimoine fait obligation à celles qui comptent moins de 2000 habitants de déposer aux Archives départementales leur état-civil de plus de 150 ans, les documents du cadastre ne servant plus depuis plus de 30 ans et leurs autres archives de plus de 100 ans. Les villes de plus de 2000 habitants peuvent conserver leurs registres paroissiaux et d’état-civil (dans ce cas, il en existe en général un double aux Archives départementales)

L’hôtel de Soubise, où se sont installées les Archives nationales en 1808.

Pour le généalogiste, les archives publiques sont une mine, une source quasi inépuisable tant elles sont riches et s’enrichissent continuellement de nouveaux documents. Néanmoins, avant d’entreprendre une recherche et pour éviter tout déplacement inutile, il est essentiel de bien savoir ce que l’on peut trouver dans chacun des centres. Il est conseillé aussi de se renseigner au préalable sur les jours et heures d’ouverture car chaque centre a une organisation différente. Pour accueillir le public, un service d’archives est doté d’une salle de lecture, d’une salle des inventaires (où se trouvent les instruments et guides de recherches) et d’une bibliothèque (à ne pas négliger car elle est souvent très bien fournie en ouvrages et travaux d’historiens et d’érudits locaux). Un archiviste est toujours présent en salle de lecture pour renseigner et guider le lecteur mais il n’effectue pas la recherche à sa place. Le classement à l’intérieur des fonds et des séries étant généralement chronologique et/ou géographique, le lecteur doit donc déjà avoir une idée relativement précise, même supposée, d’un

Archives contemporaines (postérieures au 10 juillet 1940) W Archives publiques Séries particulières Fi Cartes, plans et documents figurés entrés par voie extraordinaire Mi Microfilms AV Archives sur support audiovisuel

de toutes les communes du département.

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Le fronton de l’entrée des Archives nationales, côté rue des Francs-Bourgeois (portail Les Archives nationales sont sur rue de l’hôtel de Soubise)

aujourd’hui constituées de trois services : le premier, généraliste, regroupe les sites de Paris et de Fontainebleau ; les deux autres sont spécialisés : les Archives nationales d’Outre-Mer à Aix-en-Provence et les Archives nationales du monde du travail à Roubaix.

Les sites de Paris et Fontainebleau À Paris, elles se sont installées, dès 1808, dans l’hôtel de Soubise. Mais les locaux se sont vite avérés insuffisants et, depuis deux siècles, de nouveaux bâtiments ont été construits, des hôtels et immeubles voisins annexés au point qu’elles occupent aujourd’hui tout un quadrilatère délimité par la rue des Archives, la rue des Francs-Bourgeois, la rue Vieilledu-Temple et la rue des Quatre-fils. En 1969, elles ont ouvert un centre à Fontainebleau pour accueillir les archives contemporaines des organes centraux de l’État, depuis les débuts de la Ve République. Un nouveau site est en construction depuis juin 2009, à Pierrefitte-sur-Seine, dans

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la banlieue nord de Paris. Il devrait en principe accueillir, en 2011, l’ensemble des archives nationales postérieures à la Révolution, les fonds de l’Ancien régime restant sur le site de Paris. Le cadre de classement, en vigueur depuis 1811, distingue les fonds d’Ancien Régime des fonds d’époque révolutionnaire ou d’époque contemporaine. Les documents sont classés par fonds en fonction de l’institution qui les a produits. À l’intérieur de chaque fonds, les séries sont identifiées par des lettres de l’alphabet. Les archives de l’Ancien Régime ont été reclassées au XIXe siècle en séries distinctes, selon que les articles qui la composent sont des liasses ou des registres. Si les Archives nationales conservent les fonds émanant du Gouvernement et des administrations centrales de l’État, certains ministères (tels ceux de la Défense et des Affaires étrangères) conservent leurs propres fonds, leurs propres cadres de classement et leurs propres centres d’archives.

Les Archives nationales d’outre-mer Situées à Aix-en-Provence où elles ont été installées en 1966, elles regroupent les archives des secrétariats d’État et ministères chargés des colonies françaises du XVIIIe au XXe siècle ainsi que les archives transférées des anciennes colonies et de l’Algérie au moment des indépendances entre 1954 et 1962, à l’exclusion des archives de gestion restées dans les pays concernés. On y trouve notamment les registres d’état-civil et des actes notariés des anciennes colonies françaises.

Les Archives nationales du monde du travail Installées à Roubaix, dans le bâtiment réhabilité de l’ancienne usine Motte-Bossut, elles ont été ouvertes

au public en 1993. Elles collectent et conservent les archives publiques et privées produites par l’ensemble des acteurs du monde du travail et des mouvements économiques et sociaux (entreprises, syndicats, associations…). Depuis 2008, elles sont devenues un service à compétence nationale sous la responsabilité des Archives de France.

Créées par la loi du 26 octobre 1796, les Archives départementales étaient destinées à conserver les archives de l’Ancien Régime et celles des nouvelles institutions. Leurs missions, redéfinies par l’article 7 du décret du 3 décembre 1979, sont de gérer les archives provenant des administrations et établissements provinciaux, régionaux et départementaux, d’administrations ou d’organismes nationaux décentralisés ainsi que les archives notariales de tous les notaires du département et les archives privées déposées par dons, legs ou ventes. Depuis 1970, elles gèrent également les archives des communes de moins de 2000 habitants (cf. § Les Archives municipales). Placées sous la tutelle de la Direction générale des Archives de France, elles sont, depuis les lois de décentralisation de 1983, sous l’autorité des conseils généraux pour leur financement. Chaque département français a donc un service d’archives spécifique, généralement situé dans le chef-lieu, et chacun de ces services respecte le cadre de classement commun, établi en 1838, divisé en séries réparties en grandes périodes (cf. encadré et tableau page ??). Elles conservent, entre autres, les registres paroissiaux et d’étatcivil ainsi que les registres notariés

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lieu et d’une date avant de chercher la cote d’un document dans l’un des instruments de recherche. La plupart des centres d’archives départementaux et centres municipaux de grandes villes ont maintenant leur propre site internet sur lequel on peut trouver au minimum des renseignements pratiques et la liste des fonds qu’ils conservent et qui sont accessibles. Certains ont même déjà mis en ligne une partie de leurs fonds, notamment des registres paroissiaux et d’état-civil, qui sont ainsi directement consultables à distance par le lecteur. Il faut savoir aussi que certains documents ne sont pas communicables parce qu’ils sont en trop mauvais état ou en cours de restauration, de reconditionnement ou de numérisation. D’autres sont tout simplement manquants car ils ont été perdus ou détruits : outre le tristement célèbre incendie de l’hôtel de ville de Paris en 1871 qui a détruit la totalité des registres paroissiaux et d’état-civil, les bombardements de la dernière guerre ont fait des ravages considérables dans certaines archives départementales (notamment à Lorient, Saint-Lô, Caen, Orléans). Par ailleurs, pour mettre en valeur leurs fonds et les faire mieux connaître au public, la plupart des centres organisent des expositions temporaires thématiques, des conférences, des ateliers d’aide à la recherche, des cours de paléographie, des activités culturelles diverses, etc., activités en général gratuites et souvent destinées aux généalogistes (débutants comme expérimentés). Profitez-en, elles ne peuvent que vous aider dans vos recherches.

COLLOQUE/ 30&31 MARS 2010 À l’occasion du lancement du projet

européen Europeana Regia, l’Institut National du Patrimoine (INP) et la Bibliothèque nationale de France (BnF) ont organisé, les 30 et 31 mars dernier à Paris, un colloque pour faire le point sur les projets déjà réalisés et en cours ainsi que sur les aspects techniques et scientifiques de la numérisation du patrimoine écrit. Enjeu majeur des politiques de valorisation du patrimoine, la numérisation des archives et des manuscrits des centres d’archives et des bibliothèques publiques français a été entreprise il y a une bonne quinzaine d’années. Pionnière en France, la BnF a créé une bibliothèque en ligne, Gallica, parallèlement au déménagement de ses collections sur son nouveau site de Tolbiac, projet mené à bien de manière audacieuse par Philippe Bélaval, aujourd’hui directeur général des patrimoines au ministère de la Culture et de la Communication. Depuis 2005, elle s’est lancée dans la numérisation de masse de ses collections imprimées, notamment pour réagir à la volonté hégémonique de Google dans ce domaine. Aujourd’hui, ce sont 727 000 livres et 70 000 journaux qui sont déjà numérisés et accessibles sur le site Gallica. Les centres d’archives ne sont pas restés en marge de cet important mouvement de numérisation qui s’est développé dans toutes les institutions culturelles depuis 15 ans, puisqu’ils ont mis en ligne près de 120 millions de pages (essentiellement des documents d’état-civil et cadastraux). C’est donc bien l’ensemble des secteurs patrimoniaux qui s’est emparé du numérique. En témoignent aussi le portail Histoire par l’image, créé en 2001, qui reçoit aujourd’hui près de 100 000 visites chaque mois, et le portail des collections, créé en 2007, qui donne accès à plus de 4,5 millions de documents provenant de l’ensemble des institutions rattachées au ministère de la Culture et de la Communication. La numérisation du patrimoine écrit connaît aujourd’hui une croissance exponentielle et les problématiques du numérique sont devenues un sujet d’étude au même titre que les autres. C’est un véritable « changement de paradigme », disait récemment Frédéric Mitterrand, car l’échelle des enjeux et les critères de la conservation patrimoniale sont considérablement

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modifiés. Une nouvelle manière de concevoir le métier de conservateur du patrimoine est en train d’émerger et les questions de l’accès au patrimoine sont maintenant au moins aussi importantes que les questions de la conservation, elles-mêmes profondément renouvelés par les problématiques numériques (pérennité des données, logiciels et matériels d’accès). La numérisation, apparue à un moment comme capable de défier les outrages du temps, ne doit pas en effet devenir une nouvelle source d’inquiétude. Philippe Bélaval, qui pensait à l’époque que le numérique allait développer « l’appétit pour l’original » en étant en quelque sorte une forme de « publicité » et d’incitation à fréquenter les musées et bibliothèques, se demande plutôt aujourd’hui si la mise en ligne massive d’archives sur internet ne va pas, au contraire, avoir une incidence sur les consultations sur place ; en effet, les chercheurs, et surtout les généalogistes amateurs, fréquentent dorénavant beaucoup moins les salles de lecture qu’auparavant. Il y a donc là aussi des sujets de réflexion et d’études susceptibles de bouleverser la manière dont le ministère de la Culture et de la Communication peut concevoir sa politique patrimoniale. La partie émergée de l’iceberg consiste à faire que les idées, la culture et le patrimoine français soient présents sur internet, accessible à tous ceux qui travaillent dessus ou qui, très loin socialement ou géographiquement, peuvent avoir envie ou besoin d’y accéder. La partie immergée, autre enjeu du débat, concerne les professionnels français qui doivent être présents dans toutes les instances internationales où sont déterminées les manières de présenter les contenus (indexation, normalisation, métadonnées, catalogues, fabrication des instruments de recherche, etc.) : notre manière de construire les accès et, plus généralement, notre influence intellectuelle et culturelle, doivent être actives, voire même dominantes ; sinon les Anglosaxons prendront le dessus et imposeront leurs normes et leurs formats. Dans le cadre de son grand emprunt national, la France a décidé de consacrer 750 millions d’euros sur 5 ans à la numérisation de produits culturels. La BnF a été désignée pour sélectionner et coordonner les actions et les projets à financer sur ce grand emprunt qui prévoit la numérisation de 500 000 livres et 20 millions de pages de journaux. En partenariat avec d’autres institutions, elle va rassembler et ainsi reconstituer des ensembles dispersés au cours des siècles. Tous les microfilms existants seront progressivement numérisés. Ces programmes permettront également des actions de valorisation du patrimoine écrit, avec par exemple des expositions en ligne, des partenariats

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entre bibliothèques ou des publications de fac-similés. Europeana Regia, nouveau programme européen lancé début 2010, a pour objectif la reconstitution virtuelle de l’essentiel des documents royaux européens, du Moyen Âge et de la Renaissance, aujourd’hui dispersés entre plusieurs bibliothèques ou fonds d’archives. Piloté par la BnF, ce projet réunit cinq participants principaux : la BnF en France, la Bibliothèque royale de Belgique, la Bayerische Staatsbibliothek, la Herzoq August Bibliothek Wolfenbüttel et la Biblioteca historica de l’université de Valence. D’autres bibliothèques européennes y sont associées, ainsi que, en France, une dizaine de bibliothèques municipales. Trois grands ensembles de manuscrits sont concernés : les manuscrits carolingiens, les manuscrits de la librairie du Louvre (Charles V et Charles VI) et la bibliothèque des rois aragonais de Naples, ce qui représente 874 manuscrits (307 000 images) à numériser en 30 mois (365 mois-hommes) pour un coût de 3,4 millions d’euros (subventionné à 50 % par la Commission européenne). L’Europe, et la France en particulier, à travers ces projets ambitieux, ont bien pris la mesure des enjeux. Comme le disait, en ouverture du colloque, Jacqueline Samson, directrice générale de la BnF, la numérisation en nombre du patrimoine écrit : « est une belle idée assumée et soutenue par tous, une aventure scientifique collective importante mais aussi une aventure humaine de partage ». Avec ses programmes d’envergure, elle participe au rayonnement de la culture européenne à travers le monde sans frontière qu’est l’univers numérique.

. Gallica : gallica.bnf.fr/ . Histoire par l’image : www.histoire-image.org . Portail des collections numériques : www.culture.fr/fr/sections/collections/

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SIMPLES ET INTUITIFS...

Etablissez votre première base généalogique avec Généatique 2010 Paul Povoas par

Le CDIP propose dans sa toute nouvelle version du logiciel Généatique 2010 de nombreuses applications pour créer son arbre généalogique sur informatique à l’aide d’un menu extrêmement convivial pour bien débuter dans ses premiers enregistrements d’ancêtres. Pour les non-initiés à la généalogie sur informatique, l’exercice pourra sembler complexe au départ, mais en revanche, avec la pratique et les quelques conseils d’utilisation, ils sauront rapidement se familiariser aux fonctionnalités de base.

Après avoir installé Généatique 2010, un écran vous propose d’ouvrir automatiquement le logiciel. Un écran de bienvenue vous propose : · de créer une nouvelle généalogie. · d’ouvrir une généalogie existante, déjà créée avec Généatique 2010 ou les versions antérieures · d’importer un fichier Gedcom : Pour les généalogistes qui souhaitent basculer sur Généatique 2010, leurs données déjà saisies sur un autre logiciel. Créer une nouvelle généalogie : Cliquez sur le bouton “Créer une nouvelle généalogie” La fenêtre ci-après s’affiche à l’écran. · Saisissez le nom de la généalogie à créer dans la zone correspondante · Validez votre choix en cliquant sur le bouton : CREATION DU DOSSIER

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Création de la première personne Un graphique de cases vides apparaît dans la partie supérieure. L’écran de saisie apparaît sur la partie inférieure.

Le curseur clignotant est déjà positionné dans la zone du nom, prêt à recevoir vos informations : · Saisissez votre nom · Appuyez sur la touche Tabulation

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(au clavier à gauche de la lettre A) · Saisissez vos prénoms séparés par un espace · Pour le sexe, cliquez sur M, ou F · Cliquez dans la zone Profession puis saisissez-la au clavier · Cliquez sur la ligne Naissance dans la zone à droite du G (Grégorien) · Saisissez votre date de naissance suivie de la touche Tabulation. Le curseur est maintenant dans la zone suivante à droite de « à ». · Saisissez quelques lettres de la commune. A droite de l’écran, une table des lieux vous propose des communes correspondant à votre saisie · Appuyez sur la touche Entrée dès que la petite bulle jaune affiche la commune à saisir · Le lieu apparaît automatiquement avec la commune, le code INSEE, la région et le pays. De la même manière, vous pourrez saisir la date et le lieu du Baptême, et du Décès. Remarques : · Les témoins, les sources, les notes, et les illustrations peuvent être associés à l’événement en cliquant sur le bouton correspondant : NAISSANCE · Des rubriques complémentaires, des notes, des photos peuvent être associées à la personne en cliquant sur les différents onglets (Fiche détaillée, Photos, Notes, Notes couple). Création des ascendants · Cliquez sur Ajouter le père dans l’espace de travail à droite de l’écran. Dans la partie basse de l’écran, vous constatez que Généatique a déjà affiché le nom du père, il ne vous reste plus qu’à saisir ses prénoms. Notez que si le patronyme du père est différent, vous pouvez le modifier en cliquant dans la zone du nom.

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· Cliquez sur Créer ou Rechercher la fiche de personnes répondant aux critères puis sur Créer une nouvelle fiche pour cette personne. · L’écran de saisie de la personne apparaît. Vous pouvez saisir la date et le lieu de naissance, du baptême et du décès sur le même principe de saisie que votre fiche. C’est le même principe pour ajouter la mère : · Cliquez sur Ajouter la mère dans l’espace de travail (à droite de l’écran) ou cliquez sur la case vide à droite de la case du père. · Saisissez le nom de jeune fille de la mère suivi de la touche Tabulation · Saisissez ses prénoms séparés par un espace · Cliquez sur Créer ou Rechercher la fiche de personnes répondant aux critères puis cliquez sur Créer une nouvelle fiche pour cette personne. · L’écran de saisie de la personne apparaît. Vous pouvez saisir la date et le lieu de naissance, du baptême et du décès sur le même principe de saisie que votre fiche. Les deux parents étant créés, la zone Union est accessible pour saisir la date et le lieu. · Faites de même pour ajouter les 4 Grands-parents et toute l’ascendance.

Il est possible d’ajouter plusieurs conjoints pour une même personne, pour cela : · Double-cliquez sur la case de la personne · Cliquez sur l’icône Ajouter une union · Un nouveau conjoint s’ajoute à côté du premier, et vous pouvez saisir les données le concernant. Saisie des enfants · Double-cliquez sur la case de la personne pour laquelle vous voulez ajouter un enfant. · Cliquez une fois sur la case du conjoint · Cliquez dans l’espace de travail sur le libellé Ajout d’un enfant ou bien cliquez sur l’icône ci-dessous - Recommencez l’opération pour les autres enfants Navigation dans l’arbre Pour saisir de nouvelles données, ou ajouter des personnes, vous devrez vous déplacer dans l’arbre généalogique. Vous le ferez par un doubleclic sur les cases du graphique. Cette case sélectionnée se place au centre du graphique. Cette personne se place également en tête dans l’espace de travail.

Saisie d’un conjoint · Cliquez de nouveau sur la case de la première personne saisie. · Cliquez dans l’espace de travail sur le libellé Ajout d’une union · Vous pouvez aussi cliquer sur l’icône ci-dessous : Comme pour la création des parents, la partie basse se transforme pour vous permettre de saisir le nom et le prénom. Vous devez ensuite créer la fiche de la personne, et saisir les données la concernant.

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d’exporter vos données vers Google Earth. Exemple : Je souhaite visualiser où sont nés, mariés et décédés mes ancêtres MORISSEAU.

Pour ajouter une nouvelle personne, vous devrez : · Cliquer sur une case vide du graphique, pour saisir les parents et les grands-parents. · Utiliser les icônes ci-après. Ajouter un enfant, Ajouter une union, ou Ajouter un frère ou une sœur pour saisir les descendants. Remarque : La navigation dans l’arbre peut aussi s’effectuer en cliquant sur les liens dans l’espace de travail, ou bien à l’aide du bouton droit de la souris sur les cases du graphique. Rechercher une personne Quand la généalogie grandit, il est pratique de pouvoir chercher une personne de sa généalogie pour l’afficher sur le graphique ou pour répondre à des questions lors d’échanges avec des cousins.

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Vous accédez à cette fonction de recherche par l’icône Vous disposez de trois possibilités de recherche : - Par les numéros Sosa (numéro donné aux ascendants) - Par un Dictionnaire des noms, des lieux ou des Profession - Par Critères : Vous saisissez le nom ou/et le prénom que vous cherchez. Après avoir effectué votre recherche, la liste des personnes correspondantes apparaissent à l’écran. Cliquez sur l’une des lignes de personnes, puis cliquez sur Sélection de la personne. La personne apparaît alors comme personne centrale de l’arbre généalogique. Export vers Google Earth A partir de cet écran de recherche, Généatique vous offre la possibilité

- Ouvrez l’écran de Recherche de personne - Cliquez sur l’onglet A,B,C (Dictionnaire des patronymes) - Cliquez sur la lettre M puis je sélectionne le patronyme MORISSEAU - A droite de l’écran, cliquez sur Export Google Earth - Un écran intermédiaire propose quelques options - Cliquez sur Lancez l’export - Google Earth s’ouvre à l’écran. Vous pouvez visualiser les petits villages où ont vécu vos ancêtres. - Des outils vous permettent de vous déplacer, de zoomer ou de prendre du recul sur la carte affichée. Remarque : L’export Google Earth est aussi accessible par le menu Documents / Liste eclair. Les arbres généalogiques Plus d’une centaine d’arbres généalogiques de toutes sortes, vous sont proposés dans Généatique 2010. Pour visualiser ces arbres : · Cliquez sur l’icône La liste des modèles d’arbre apparaissent à droite. Les modèles sont rangées par catégorie (Ascendants, descendants, mixtes, circulaires, avec photos, artistique (modèle ci-dessous) etc… · Cliquez sur un modèle. L’arbre se dessine immédiatement à l’écran. · Visualisez un à un les différents types d’arbre en cliquant sur leur nom ou en

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utilisant les flèches haute et basse du clavier. · Lorsque l’arbre apparaît, double cliquez sur une case de personne pour redessiner l’arbre à partir de cette personne. Nombreux paramétrages possibles Notez qu’un très grand nombre de paramétrage est possible sur chacun de ces arbres. Bien sûr, le nombre de génération affichée, mais aussi la forme, la couleur et le contenu des cases. Les documents textes De nombreux documents textes sont disponibles dans Généatique 2010. Des livrets et des fiches familiales, des listes ascendantes, descendantes, et des listes sélectives de personnes. Tous les documents texte peuvent être exportés au format RTF pour une ouverture dans un traitement de texte (type Word). Vous pourrez aussi exporter le document au format PDF et envoyer ce

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fichier par mail à votre correspondant. Fiches Familiales et livrets. A partir de l’écran de saisie, vous pouvez facilement obtenir une fiche familiale de la personne sélectionnée. - Cliquez sur la case de la personne souhaitée - Cliquez sur l’icône Fiche à la volée

personne, sélectionnez le point de départ de votre ascendance. · Augmentez si nécessaire le nombre de générations · Réalisez les fiches Le document contient une page de garde, un sommaire puis la description de toutes les personnes choisies. (voir image ci-après)

Généatique reprend toutes les données saisies dans la fiche de la personne, et rédige automatiquement une fiche familiale. Si vous avez associé une photo à la personne, celle-ci apparaîtra automatiquement en haut à droite de la fiche familiale. Si vous souhaitez décrire toute votre ascendance sous forme de fiches, vous pouvez réaliser un livret familial. · Cliquez sur Documents / Livret familial · Cliquez à gauche sur un modèle (Ex : Livret Ascendance complète) · Cliquez en bas sur Suivant · A l’aide du bouton Sélection d’une

Remarque : Avant de réaliser les fiches, vous pouvez parcourir les différents onglets proposés. Des paramètres permettent d’affiner la présentation souhaitée (Police de caractère, contenu de chaque fiche, choix d’un séparateur etc…) Les listes Pour préparer vos déplacements aux archives départementales, vous pouvez réaliser des listes de personnes ou des listes d’événements à rechercher dans une commune ou dans un département donné. Pour cela, vous devez utiliser les listes sélectives de personnes :

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· Cliquez sur Documents / Listes sélectives de personnes, événement et sources · Comme pour les arbres généalogiques, Généatique vous propose une série de modèles pré-établis. · Cliquez sur le modèle de votre choix Exemple : 1/ Liste par commune.lsm permet d’éditer tous les événements (Naissance, Union, Décès etc…) que vous avez saisis dans une commune donnée. 2/ Liste des unions.lsm permet d’éditer la liste des unions de votre généalogie. Vous pouvez ensuite affiner sur une commune ou sur une période de date 3/ Ephéméride.lsm permet d’éditer une éphéméride des événements saisis dans votre généalogie. Vous pouvez affiner cette édition sur une branche ou sur toute votre généalogie. Exporter sa généalogie Plusieurs fonctions de Généatique 2010 permettent d’exporter votre

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généalogie. 1/ Sauvegarder votre généalogie sur clé USB 2/ Synchroniser votre généalogie sur CD Rom pour la partager avec la famille. Votre correspondant peut alors ouvrir Généatique et naviguer dans votre généalogie à partir du CD Rom envoyé. 3/ Exportez votre généalogie au format Gedcom pour envoyer à des associations généalogiques ou à des sites Internet. 4/ Exporter votre généalogie sur mesarbres.net Exporter vers Mes-arbres.net Mes-arbres.net est un site crée par le C.D.I.P. Il regroupe de très nombreuses généalogies déposées par les utilisateurs de Généatique et d’autres logiciels. Les internautes qui visitent ce site peuvent : · Interroger la base de données en

saisissant un patronyme avec un lieu. · Sélectionner une personne dans une liste puis visualiser un arbre généalogique à l’écran · Naviguer dans cet arbre en cliquant dans les cases Bien sûr, la confidentialité des données récentes est conservée. Pour exporter votre généalogie sur mes-arbres.net depuis Généatique 2010. · Ouvrez Généatique 2010 avec votre généalogie - Cliquez sur Fichier / Export / Exporter ma généalogie vers Mes arbres.net Si vous n’avez pas encore de compte sur mes-arbres.net, vous pouvez en créer un facilement en saisissant votre mail et en saisissant un mot de passe (que vous inventez). - Cochez si vous souhaitez envoyer votre généalogie en mode Public ou en

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mode Privé - En Mode public, demandez à masquer les données des contemporains. - Cliquez sur Continuer - Choisissez le nom de la généalogie à créer sur le site puis cliquez sur Envoyer. Remarque : Si vous souhaitez partager votre généalogie uniquement avec les membres de votre famille, vous devez cocher le mode Privé. Ensuite, dans votre compte, sur mes-arbres.net, vous pourrez inviter les personnes que vous voulez, à visiter votre généalogie sur le site.

CDIP Pour tout renseignement : Par téléphone : 01 34 39 12 12 du lundi au vendredi 9h30-12h30 et 14h-17h30 Sur Internet : http://www.geneatique.com/ CDIP : Centre de Développement de l’Informatique Personnelle 16 rue de la République - 95570 Bouffémont - France

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LOGI’WEB Web

comment dÉbuter en gÉnÉalogie avec internet ?

Par Paul Povoas

L’Entraide généalogique sur Internet est réellement devenue possible avec les milliers de sites Internet foisonnant sur la toile. On y trouve de tout, le généalogiste doit en effet juger et trancher sur l’intérêt des informations, des conseils apportés sur Internet. Ainsi, lorsque vous débutez en généalogie, pour faciliter vos recherches éloignées ou participer bénévolement à l’aide généalogique dans certaines démarches, Internet est votre fidèle allié qui vous permet de diffuser, de transmettre et de présenter un savoir et des connaissances utiles pour la communauté généalogique.

CE QU’IL EST CONSEILLÉ DE FAIRE QUAND ON DÉBUTE SUR INTERNET

Partez à la découverte de la généalogie sur Internet.

substantielle. La vie associative est si riche qu’il ne sera pas difficile de trouver les bons interlocuteurs pour vous donner un coup de pouce dans vos recherches. Internet démontre ainsi toute son efficacité pour mettre en relation la communauté généalogique. On peut également s’informer par le biais des conseils donnés sur les sites internet eux-mêmes, par l’intermédiaire des pages de liens utiles. Parmi grand nombre de sites personnels, celui des cours

Pour prendre connaissance de ce milieu, rien de plus

de G. Perilhous est intéressant : http://gperilhous.free.

simple : avec l’aide de www.google.fr ou de tout autre

fr/MGenealogie/Cours/index ; ces pages apportent des

moteur de recherches, formulez bien votre demande

conseils utiles pour s’informer pas à pas des principaux

en précisant la nature de la recherche, ce qu’on l’on

domaines d’initiation à la généalogie. Mais ce n’est là

veut exactement et c’est bien souvent par hasard, qu’on

qu’un site parmi d’autres.

tombe sur un correspondant qui peut être une aide

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D’autres solutions pour « booster » vos recherches : les Forums et les listes de discussion Ils permettent gratuitement d’échanger des informations entre généalogistes sur un même département. Il faut vous abonner à une liste et ensuite chaque email envoyé à cette liste sera reçu par l’ensemble des abonnés. Très efficace. Il existe aussi des listes de discussions thématiques : logiciels, militaires, bateliers, frontaliers, religions, débutants, ...

Un guide de généalogie utile et complet sur Internet Bien démarrer ses recherches d’ancêtres ou approfondir vos connaissances en généalogie (méthode, sources...), ces pages Internet mises en ligne par le CDIP sont de parfaits alliés pour retrouver des adresses, des sites

des dossiers complets sur leur mode de fonctionnement, les fonds et le résumé en contenu. Jamais telle méthode n’a été aussi efficace pour promouvoir les actions de valorisation et de conservation des archives par le biais d’internet. Cette valorisation se dénote notamment avec la mise en ligne des principaux fonds utiles pour la recherche généalogique notamment les actes de l’état civil. A l’heure actuelle, près de la moitié des départements en France ont souscrit à cette initiative, toutefois inégale d’un département à l’autre.

QUELQUES SITES DE RÉFÉRENCE

Internet, des associations généalogiques, des archives départementales... Aussi, elles mettent en avant régulièrement des rubriques. Par exemple, celle du jour : Les papiers de famille, précise qu’avant de commencer toute recherche généalogique, il est conseillé dans un premier temps de fouiner dans les papiers de famille dont les informations peuvent être essentielles pour un bon démarrage. En interrogeant la famille, en compulsant les vieux albums photos cela peut susciter un intérêt d’autant que ces photos pourront à la fois décorer vos arbres et que ces éléments agrémenteront votre dossier généalogique ! http://www.guide-genealogie.com

Les sites Internet des archives départementales Nombreux sont les sites des archives départementales à proposer des pages de conseils pour débuter en généalogie. En plus de mettre en ligne leurs archives, les archives départementales signalent certaines démarches pour réussir vos recherches. On retrouve notamment de nombreuses explications, parfois bien détaillées, sur le fonctionnement des fonds d’archives, les séries et sous-séries, leur intérêt historique ou généalogique. Il n’est pas impossible que certains sites d’archives départementales puissent donner accès au téléchargement

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Geneanet Vous y trouverez un nombre impressionnant d’informations : tout d’abord, vous pouvez effectuer une recherche patronymique qui vous donnera accès aux adresses Internet des généalogistes ayant le ou les mêmes patronymes dans leurs fichiers et vous permettra d’accéder à une partie de leur arbre généalogique. Vous pouvez également déposer sur le site le fruit de vos recherches et ainsi partager vos données avec la communauté généalogique, mettre en place des alertes qui vous informent lorsque d’autres personnes ont déposé des informations sur les patronymes que vous avez sélectionnés. Mais GENEANET c’est bien plus que cela car c’est un lieu d’échanges, et d’informations variées: cartes de Cassini, cartes postales, archives en ligne, relevés d’état civil, actes et registres en ligne, origine des noms de famille. Des blogs et des forums vous attendent ainsi que des fonds d’archives inédits. D’autres services sont également accessibles si vous optez pour le club privilège qui est payant. Une boutique est égale-

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ment à votre disposition : elle présente des ouvrages

historiques, des informations régionales par le biais de

et logiciels très intéressants. Ce site est incontournable

livres sur les métiers d’autrefois, de cartes anciennes, de

pour les passionnés.

gravures. Vous pouvez également partager vos données en les déposant sur le site et accéder ainsi aux données

Au-delà de l’état civil

d’autres généalogistes sans oublier des informations sur

L’état civil est la source principale pour faire de la géné-

les blasons, un lien avec les coordonnées des archives

alogie. Néanmoins, on se trouve d’une part souvent blo-

départementales et une possibilité de vous inscrire à des

qué vers 1650-1700 et d’autre part il y a peu d’éléments

forums de discussion (quelques exemples : premiers

biographiques.

pas, main tendue, dernière chance, perles de généalo-

L’objectif du projet est d’inventorier, numériser et

gie).

dépouiller des séries complémentaires à l’état civil. L’idée étant de pouvoir remonter plus loin dans son

http://www.genealogie.com

ascendance grâce à ces séries, et également de pouvoir étoffer sa généalogie avec des informations sur la vie de nos ancêtres. http://www.geneanet.fr

Le Fil d’Ariane Le Fil d’Ariane est un site généraliste basé sur l’entraide généalogique : si vous êtes éloigné de votre lieu de recherche ou si vous ne pouvez vous déplacer, un bénévole prend en charge votre demande et vous adresse l’information demandée. Vous avez un acte difficile à lire,

Genealogie.com

une photo d’un de vos ancêtres en uniforme dont vous voulez retrouver le régiment, un habit religieux qui vous

Ce site, entièrement dédié à votre passion, se résume

intrigue, un problème de blason, les bénévoles de cette

en quelques chiffres : Plus de 91 millions de données

association vous apporteront leur aide. D’autre part, ce

dans les arbres généalogiques en ligne, 71 millions

site présente quelques outils intéressants comme un

d’actes d’Etat-Civil, 15 millions de données dans les

convertisseur de dates entre le calendrier révolutionnaire

Relevés Historiques et enfin près de 5 500 000 mem-

et le calendrier grégorien, des lexiques (latin-français,

bres. Il présente diverses possibilités pour explorer

termes juridiques), un alphabet paléographique du XVIIe

le domaine généalogique : certaines sont payantes,

siècle, un convertisseur en nombres romains ainsi qu’un

d’autres en libre accès. Guides, arbres, outils et logiciels,

agenda des manifestations généalogiques et des liens

magazines sont à votre disposition : d’un simple clic,

avec des sites généalogiques intéressants.

vous pouvez passer votre commande. Vous pouvez obtenir des informations sur votre nom de famille et

http://www.entraidegenealogique.org

sa localisation géographique dans le temps, des livres

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FranceGenWeB Ce site foisonne de liens avec divers portails passionnants et vous propose de multiples rubriques. Citons les portails CousinsGenWeb pour les recherches de cousin-

relevés d’actes remis par les associations peuvent être filiatifs et comporter des notes complémentaires. L’accès est payant par un système de points dont peut vous faire bénéficier votre association généalogique si elle est adhérente et si elle communique des données à BIGENET. Si vous n’êtes pas adhérent d’une association partenaire, vous pouvez également régler par un système de porte-monnaie électronique. Vous pouvez effectuer vos recherches par patronyme, par département et par créneau de dates. Vous trouverez également une carte avec les communes dépouillées. http://www.bigenet.org

ages à partir de patronymes localisés par commune ; CimGenWeb recense les informations figurant sur les pierres tombales ; MemorialGenWeb rend hommage à ceux qui sont morts au champ d’honneur ; MairesGenWeb constitue un répertoire des élus français à travers le temps ; CulteGenWeb est, quant à lui, consacré aux religieux ; LaFayetteGenWeb concerne l’émigration vers les États-Unis au temps de La Fayette. Une place est

DES SERVICES EN LIGNE GRATUITS POUR VOS ÉCHANGES GÉNÉALOGIQUES

également faite à l’entraide par le biais de Traductions-

Pour découvrir et partager vos informations géné-

GenWeb et EntraideGenWeb. Sans oublier la documen-

alogiques en ligne, accédez à des millions de données

tation que l’on trouvera sur RegionsGenWeb, Départe-

en ligne avec :

mentsGenWeb et FranceGenWeb Junior. Des annuaires sont également à votre disposition,

Mes-arbres.net

comme le Guide des archives des communes, des sites

Le CDIP lance un outil qui vous permettra de gérer en

et listes Internet. Bien d’autres choses vous y atten-

ligne votre généalogie. Totalement gratuit, Mes-arbres.

dent encore, une seule solution : allez le visiter, cela

net vous permettra de commencer ou poursuivre la

s’impose!

construction de votre arbre. Compatible GEDCOM, vous pourrez charger ou télécharger vos données géné-

http://www.francegenweb.org

alogiques très simplement. http://mes-arbres.net

Bigenet

Planète généalogie

La base de données BIGENET, créée sous l’égide de

Planète Généalogie est une application initié par BSD

la Fédération Française de Généalogie, a pour objectif

concept qui vous permet de créer votre site géné-

la mise à disposition de l’état civil de la France, des

alogique, de compléter votre généalogie et enfin de

origines jusqu’au début du XX ème siècle. Celle-ci

découvrir l’intégralité de votre héritage familial.

s’enrichit régulièrement de nouvelles références grâce

http://planete-genealogie.fr

à la participation des associations généalogiques. Les

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GENEALOGIQUE  

Généalogique est un nouveau magazine trimestriel qui s’adresse à un public néophyte, passionné de Généalogie, d’histoire, de psychologie, de...

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