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Le magazine

du bien-être et du développement durable

03/2016

NUTRITION Que manger et que boire avant, pendant et après le sport? Et quel régime adopter pour gagner?

VOYAGER Où trouver d’immenses plages sauvages et des landes fleuries? Mais dans le nord de l’Allemagne!

Place à la nouveauté ! La créativité pour tous, mode d‚emploi.


oekom Rating 2015: Migros n° 1 mondial des détaillants durables.

Nous promettons à Giosua d’élargir de 30% notre gamme de produits pour personnes allergiques d’ici fin 2016. La ligne de produits certifiés sans lactose, sans gluten et autres ingrédients susceptibles de déclencher des intolérances, ne cesse de s’élargir à Migros. Avec cette promesse et de nombreuses autres promesses concrètes, nous nous engageons pour la génération de demain.

Vous trouverez nos articles pour personnes allergiques dans certains magasins Migros ainsi que sur LeShop.ch.

Plus sur generation-m.ch


ÉDITORIAL

Envie de nouveauté

Accro aux livres

J’avoue que j’aime acheter des livres. Je suis même un peu accro. Parfois, il me suffit de lire une bonne critique pour être persuadée qu’il me faut, sans attendre, lire le livre qui y est encensé. Même s’il atterrit sur la pile d’ouvrages achetés parce que leur titre m’a interpelée. La dernière fois que cela est arrivé, c’est avec le livre Ich grase meine Gehirnwiese ab (littéralement: Je broute la prairie de mon cerveau), un recueil de Paul Valéry.

Photo de couverture: Van der Schaaf & Hoogendoorn © Roland Tännler, iStock

Pas si facile…

Qui travaille chez Vivai doit faire preuve d’agileté. Et pas seulement d’esprit. Des jambes aussi. Récemment, j’ai lu un article sur l’efficacité de la corde à sauter pour en­ tretenir sa forme et renforcer la coordination. Vu qu’enfant, j’étais très douée au saut à l’élastique, j’ai pensé que la corde à sauter serait facile pour moi. Pas du tout. Mes jambes me semblaient si lourdes! Sauter à la corde n’a rien d’un jeu d’enfant…

Chère lectrice,cher lecteur, Il arrive qu’un enfant m’offre un dessin. Les enfants sont très observateurs. Un jour, alors que j’étais en train d’admirer l’œuvre dont un artiste en herbe venait de me faire cadeau, celui-ci s’est exclamé: «Mais tu le regardes à l’envers ! Tu ne vois pas? C’est une maison!». Ah bon? Etait-ce l’expression de la créativité enfantine ou celle d’un nouveau Picasso, dont j’étais incapable de déceler la griffe poétique? Après tout, il y a bien des adultes qui, devant une œuvre de l’artiste suisse Pipilotti Rist, n’y voient qu’une ineptie. «La créativité est la production de formes inédites», précise le chercheur Rainer Holm-Hadulla. Une définition qui s’applique dans le cas de l’enfant comme dans celui de Pipilotti. Nous vivons à une époque où la créativité est très recherchée. Tout le monde en veut. En a besoin. Designers, chefs cuisiniers, hipsters, politiciens… Même les experts-comptables ont appris à avoir une approche créative des chiffres. Et puis, c’est cool d’être créatif. Rien à voir avec la routine stérile. La créativité, c’est classe. Je l’observe par la fenêtre de mon bureau, au café d’en face. Les clients portent des lunettes à grosses montures et affichent une pilosité soignée. Ils semblent avoir tout le temps. Le temps d’écrire sur des supports très chics. Oui, la créativité est facile à mettre en scène. Ce qui nous a fourni une bonne raison de faire preuve de créativité dans l’élaboration de ce numéro et de vous inviter à laisser libre cours à la vôtre. Permettez-moi encore une remarque: la créativité s’épanouit sur le terreau de la discipline. L’assertion que je préfère, et qui mériterait d’être affichée sur la porte de tous les chefs, est extraite de l’interview de Rainer HolmHadulla: «Il ne faut pas écarter les façons de penser originales.» Le chercheur parlait alors des enfants, mais ne faut-il pas avoir une âme d’enfant pour créer une maison en quelques traits de crayon? Je vous souhaite une bonne lecture et de beaux moments créatifs.

Rédactrice en chef Vivai 3/16

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e u q s Pre its, ça a f r a p aussi. va

Les produits bio Alnatura pour bébés et jeunes enfants sont disponibles à votre Migros et sur LeShop.ch


APERÇU

Impressum Editeur: Fédération des coopératives Migros Directeur des médias Migros: Lorenz Bruegger Directeur des éditions: Rolf Hauser Directrice des publications: Monica Glisenti Rédactrice en chef: Susanna Heim Adjointe: Christine Kunovits Rédaction: Lukas Hadorn, Imelda Stalder, Daniel Stehula Edition française: Sylvie Castagné Edition italienne: Cora Gianolla Directrice artistique: Dora Siegenthaler Rédactrice photo: Cornelia Thalmann Traitement d’images: Reto Mainetti Révision (F): Martine Rivier

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Sabine et Harald Braun forment une équipe de choc. Surtout lorsqu’il s’agit de réaliser un reportage sur l’Allemagne du Nord.

L’auteure Stephanie Rebonati a réalisé une interview sensible et pleine d’humour de notre «enfant Migros».

Adresse de la rédaction: Magazine Vivai, case postale 1766, 8031 Zurich, vivai@mediasmigros.ch migros.ch/fr/vivai Imprimerie: Vogt-Schild Druck AG, CH-4552 Derendingen Papier: sans bois, FSC-Mix Emissions de CO2 compensées par un projet au Brésil ISSN: 1663-716X Tirage total de Vivai: 249 492 D: 172 264 ex., F: 61 931 ex., I: 15 297 ex.

© Philip Frowein, iStock, Filipa Peixeiro

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Events 2016

Inscription à l‚event Vivai de juin Le premier event Vivai de l’année, qui a eu lieu le 28 avril, a connu un franc succès. Au Viadukt, lieu branché zurichois, Nicole Martin de Medbase et le Dr David Fäh, de la Haute école spécialisée bernoise, ont parlé de la façon de modifier ses comportements alimentaires et sportifs. La discussion s’est poursuivie lors de l’apéritif. Cette soirée a inauguré avec brio notre série d’events Vivai. Le prochain, sur les aliments qui rendent beau et intelligent, se déroulera fin juin à Bâle. L’event Vivai aura lieu le jeudi 23 juin 2016, à partir de 18h30 dans la salle blindekuh, à Bâle. Partici­ pation gratuite. Inscription par mail uniquement à: events.vivai@médiasmigros.ch.

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ÇA FAIT PLAISIR

L‚actu des abeilles Avant, on pouvait surfer durant des heures en quête d’informations sur les abeilles domestiques et sauvages qui soient actuelles, pertinentes et vérifiées scientifiquement. Mais ça, c’était avant! Avant que le fond de soutien Engage­ ment Migros ne crée un site sur le sujet. On y trouve des conseils pratiques à l’attention des personnes qui s’intéres­ sent à l’apiculture, soit professionnelle­ ment, soit durant leurs loisirs. Migros vient par ailleurs de recevoir le prix de l’environnement 2016 attribué par la Schweizerische Umweltstiftung pour son engagement. avenirabeilles.ch

Les courses en ligne Il est dorénavant possible de faire ses achats en ligne auprès de Digitec, Micasa ou LeShop et d’aller les retirer dans l’une des nombreuses filiales Migros, Migrolino ou Ex Libris. Le réseau des points de retrait, qui s’étend à toute la Suisse, compte à ce jour 290 magasins. Et ce n’est pas fini, d’autres vont suivre!

© Illustration: Catell Ronca, photos: iStockphoto

pickMup.ch

Le goût de l‚Inde A la rédaction de Vivai, la cuisine indienne, on adore. Alors nous avons eu bien peur en apprenant que le nom de Jaipur allait disparaître de l’assortiment Migros. Mais nous voici soulagés: les naans, les pâtes, les sauces et les chutneys continueront de faire bonne figure dans les rayons de spécia­ lités exotiques. Les produits restent, seul leur nom change. Dorénavant, ce sera Namaste India; ainsi en ont décidé les votants sur la plate­forme Migipedia. La gamme devrait même être agrandie. Envie d’un bon curry?

La bonne réputation

Une enquête de l’institut d’études de marché GfK menée sur les 52 plus grandes entreprises suisses révèle que Migros est, en 2016 encore et pour la troisième fois consécutive, l’entreprise qui jouit de la meilleure réputation. Cette confiance honore l’enseigne. Vivai 3/16

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ON AIME

Jeunes et inventifs

Il faut faire confiance aux jeunes, s’est dit la chaîne Migrolino. Et elle a lancé un défi à ses apprentis, à qui elle a demandé de créer un smoothie. Mangue, pomme, citron vert et orange, tels sont les ingrédients de base choisis par le trio très inspiré qui s’est distingué dans le cadre de ce concours interne. Leur création, le King’s Drink, est désormais en vente dans tous les magasins Migrolino.

Informé et avisé Pouvez­vous citer les cinq principes fondamentaux de tout maître – ou de toute maîtresse – ès barbecue? Et préparer quatre marinades qui conviennent à toutes les viandes? Savez-vous comment faire pour éviter de sentir la fumée après la grillade? Cet été, soyez incollable sur ce sujet. Il vous suffit pour cela de consulter les recettes et astuces publiées par Migros sur son site dédié (adresse ci­dessous). Vous y trouverez aussi des idées de déco et d’excursions. L’été est là, savourons-le! objectif-ete.ch

Simple et sûr

© Keystone

Fidèle et habile Quelle belle surprise que cette enveloppe réalisée avec une couverture de Vivai qui nous est parve­ nue à la rédaction. Une création signée Anita Spöhel. Cela fait plusieurs années que cette fidèle lectrice «upcycle» notre magazine et fabrique des envelop­ pes originales qui ravissent leurs destinataires.

Laver et faire cuire avec soin, bien réfrigérer et séparer les denrées. Telles sont les quatre règles de base à respecter lorsque l’on prépare des aliments crus, viande, volaille, poisson ou fruits de mer. Pour cuisiner sans risque, suivez les recommandations de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires. Sa campagne intitulée «Savourer en sécurité» vise à sensibiliser la population sur l’impor­ tance d’une préparation adéquate. A l’aide de pictogrammes et de règles simples, elle invite à observer les grands principes d’hygiène pour que rien n’entrave le plaisir. savourerensecurite.ch

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Š Van der Schaaf & Hoogendoorn


Avoir des idées et les mettre en œuvre. Être

. Modifier le paysage. ouvre de nouveaux

horizons et rapproche les gens. , c‚ est une option qui s‚offre à tous les êtres humains. est un challenge. Mais on peut s‚y préparer. Chère lectrice,cher lecteur qui pensez

,

vous trouverez des sources d‚inspiration dans ce numéro de Vivai. Texte: Susanna Heim, Imelda Stalder, Ümit Yoker, Lukas Hadorn, Daniel Stehula Illustrations: Martin Haake

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” Elle

ne naît

pas du néant ”

naux que Picasso ont appris leur métier consciencieusement. Afin d’être créatif, le mieux est d’avoir des connaissances fondées, des aptitudes et une bonne mémoire. On peut uniquement trouver des nouvelles combinaisons à partir de choses que l’on a assimilées. Qu’en est-il des enfants?

Hadulla parle de l‚origine

Presque tous les enfants ont la capacité de donner vie à un objet inanimé. Ils possèdent une créativité primaire. Il est essentiel que les adultes identifient les caractéristiques individuelles des enfants, sans écarter les façons de penser originales.

de la créativité.

La créativité est-elle nécessaire à l’être humain?

Le chercheur Rainer Holm-

VIVAI: Le célèbre réalisateur de films d’animation Hayao Miyazaki fait dire à l’un de ses personnages: «La durée de vie de l’imagination créative est de dix ans. Un temps qu’il faut exploiter au maximum.» Qu’en pensez-vous?

Pas grand-chose. Chaque âge a son propre potentiel créatif. Dès 20 ans, on peut réaliser des prestations de haut niveau dans les domaines de la poésie ou des mathématiques. Une œuvre complexe comme un opéra exige toutefois souvent des décennies de travail en amont. Si Wagner et Verdi étaient morts à 27 ans, comme Janis Joplin ou Jimi Hendrix, ils seraient tombés dans l’oubli. Les opéras Parsifal et Don Carlos bénéficient de six décennies de maturité artistique. C’est pareil avec les œuvres tardives de Goethe ou de Picasso. La créativité est-elle toujours une expression artistique ou existe-t-il une sorte de «créativité du quotidien»?

Oui, ça existe. Dans la façon de boire son espresso le matin par exemple. Selon qu’on l’avale à toute vitesse ou qu’on respire son arôme, que l’on pense à un rêve fait la nuit précédente ou au sourire d’une 12

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personne bienveillante. Dans ce cas, il s’agit de créativité vécue. D’un élixir de vie. Cette créativité du quotidien se distingue des formes remarquables de créativité par un aspect: une créativité extraordinaire engendre des œuvres ayant une signification également pour les autres. Les œuvres d’art sont des expressions de l’imaginaire. En prenant forme, elles deviennent accessibles à un grand nombre de personnes. Selon vous, est-ce que la créativité peut être un style de vie?

Bien sûr. Par exemple, lorsque l’on porte attention aux beaux moments ou que l’on ressent du bonheur parce qu’une chose s’est réalisée. C’est ainsi que l’on s’oriente dans notre monde chaotique. Mais cela permet aussi de tolérer les revers et les défaites, d’apprécier ce qui a fait ses preuves et de se réjouir de la nouveauté. Peut-on gagner en créativité?

Du talent, on en a ou on n’en a pas. Mais il faut le reconnaître et l’encourager. Cela se passe toujours dans l’alternance entre un apprentissage structuré et des espaces de liberté. Même des artistes aussi origi-

Dans chaque individu veillent des forces biologiques et psychologiques menant à l’autodestruction et au chaos. La créativité appliquée est la seule possibilité de s’opposer à ces forces. Tout en créant une certaine tension, elle est salutaire. Elle joue avec le chaos et engendre des ordres émotionnels et intellectuels. Ce jeu est plaisant, car quelque chose voit le jour et nous pouvons savourer le moment. Et comment cela se passe-t-il?

La créativité est définie comme la création de formes nouvelles et utilisables. Elle n’apparaît pas d’elle-même, il faut l’acquérir par le travail. Avec tous ses aspects, lumineux et sombres. Elle fait notamment naître des tensions qui peuvent être difficiles à supporter. Les processus créatifs dans la vie quotidienne ou dans les domaines artistique, politique et économique sont extrêmement différents. Et la représentation de la créativité varie selon les cercles culturels. Que voulez-vous dire?

Dans la Chine ancienne, il était admis que la créativité se déploie dans le cadre d’un processus collectif et répétitif. C’està-dire que celui qui réussit n’est pas le politicien ou l’érudit qui sort du lot, mais celui qui s’insère dans la tradition, qui se soumet à la société et qui est capable de


L’assiduité est-elle essentielle?

” Le génie est une représentation de la créativité datant de l‚époque classique. © Photo de la tête: Swen Barnow

transformer l’existant. En Occident, une idée s’est imposée, celle que les œuvres extraordinaires sont créées par des êtres géniaux, animés par une lumière divine ou inspirés par des muses. Le créatif est un médium. Mozart aurait dit qu’il ne composait pas lui-même, mais que des forces supérieures composaient à travers lui. Mozart était un génie. Et un génie crée spontanément.

Le génie est une représentation de la créativité datant de l’époque classique. Les choses ont changé. Les créateurs se sont mués en besogneux. Le génie est devenu synonyme de travail acharné. Et la douleur a pris une place centrale dans l’œuvre créatrice. Mais malgré le labeur exigé, le créatif doit pouvoir laisser son inconscient s’exprimer.

Les activités créatives donnent du plaisir, c’est clair, mais elles impliquent également des efforts et, souvent, des déchirements intérieurs. Les personnes d’une créativité remarquable sont particulièrement travailleuses et curieuses. Mozart avait une mémoire incroyable pour les formes musicales. Et Goethe, quand il était enfant, pouvait déclamer des sermons. Picasso était capable de reproduire précisément ce qu’il avait vu une seule fois. Il est important de développer sa mémoire. C’est une illusion narcissique de croire que la créativité naît du néant. Jimi Hendrix, Jim Morrison, Amy Winehouse ou Kurt Cobain ne sont pas réputés pour avoir été des acharnés au travail, mais davantage pour leurs excès. Les drogues peuventelles stimuler la créativité?

Non, il n’existe pas de drogue qui stimule la créativité. Les nouvelles idées naissent en permanence. Jusqu’à 3000 par jour d’après une étude. Toutefois, la plupart ne sont pas exploitées. Il s’agit de faire le tri: de suivre l’inspiration qui est pertinente

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et de renoncer au reste. L’essentiel est toutefois d’en faire quelque chose. Les quantités de drogues et d’alcool consommées par les icônes de la pop que vous avez citées ont réduit leur créativité à néant. Alors pourquoi cette relation entre les artistes et les drogues?

Comme je vous l’ai dit, le problème n’est pas d’avoir des idées. Le plus difficile est souvent de se concentrer sur son travail, en faisant abstraction du reste. Il faut du temps pour s’immerger dans son travail. Une tension naît à ce moment-là. La personne créative doit tenir bon, bien qu’il soit très tentant de manipuler la tension créatrice à l’aide de drogues. Une autre attitude répandue consiste à esquiver le défi créatif, en commençant par exemple par lire ses mails ou par surfer sur le Net. Jusqu’à en oublier sa tâche. On n’arrive à rien ainsi. De nos jours, la compétence médiatique est essentielle. Et les artistes?

Les personnes remarquablement créatives sont la plupart du temps travailleuses et

Chercheur expert en créativité Rainer Holm-Hadulla, 64 ans, est psychiatre et psychothérapeute à Heidelberg, en Allemagne. Ses recherches portent notamment sur la créativité. Professeur à l’université, il a également été invité à enseigner dans des universités d’outre-mer et dirige un cabinet privé spécialisé dans le conseil, la psychothérapie et la créativité. Rainer Holm-Hadulla est marié et père de deux enfants. Il a écrit plusieurs ouvrages sur la créativité, parus en allemand aux éditions Vandenhoeck & Ruprecht, Göttingen, mais aussi en anglais, tel que The Art of Counselling and Psycho­ therapy, Karnak Books.

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disciplinées. Ce qui va souvent à l’encontre de leur image. C’est le cas de Mick Jagger ou de Madonna. Quand on a un talent créatif et que l’on ne peut pas – ou que l’on ne veut pas – travailler de façon disciplinée, on va à l’échec. Vous en avez cité quelques exemples. Thomas Mann a dit que les écrivains qui buvaient n’étaient pas créatifs à cause de l’alcool, mais malgré l’alcool. Les écrivains boivent pour apaiser leurs tensions. Cependant lorsqu’ils écrivent, ils sont en principe sobres. Nombre d’artistes connaissent une phase de création décisive. Et après, ne tombent-ils pas dans la routine?

Non, Picasso s’est renouvelé en permanence. Dans la littérature et la musique aussi, on trouve quantité d’exemples de créations entièrement nouvelles ayant vu le jour dans la deuxième moitié de la vie de leur auteur. Mais cela suppose une préparation au cours des années précédentes.

Peut-on perdre sa créativité?

Il faut sans arrêt contrebalancer les espaces de liberté entre intuition tenace et travail discipliné. C’est plus difficile à faire pour les adultes jusqu’à 40 ans. On croule alors normalement sous les obligations. La carrière se dessine, les relations se consolident, on fonde une famille. A ce moment-là, les gens perdent souvent le plaisir du jeu qu’ils avaient dans leur jeune âge, ainsi que leur originalité. Certes, ils ont des attaches personnelles et sont intégrés socialement, mais souvent ils en paient le prix, car leurs ressources créatives se tarissent. Si tout va bien, ils trouvent des espaces de liberté et peuvent les utiliser. Qu’entendez-vous par «espaces de liberté»?

Lors de toute expérience capitale, il est nécessaire de comprendre, intellectuellement et émotionnellement, ce qui s’est passé. Ce travail s’effectue dans le cerveau en mode «veille» ou, en d’autres termes, tranquillement, dans la psyché, qui est toujours aux aguets. C’est quand

on se laisse aller à faire des associations, l’esprit libre, quand on rêve, qu’on se promène, qu’on court ou que l’on nage, ou dans d’autres espaces de liberté, que les connaissances acquises peuvent le mieux se recombiner. Le superordinateur AlphaGo a battu le meilleur joueur de go du monde, et les observateurs ont qualifié certains de ses mouvements de «géniaux». La machine peut-elle être créative?

Oui, certainement, mais pas dans la même mesure que notre organisme. Le cerveau a connu une évolution durant 200 000 ans. Il s’est transformé en un système dynamique comprenant quelque 100 milliards de cellules, connectées par des liaisons multiples. Il transmet en permanence des expériences que nous vivons dans notre corps ou dans notre environnement. Cette évolution n’est pas uniquement biologique, elle est également culturelle, et il est impossible de la compenser de façon artificielle ou de la simuler. Pourquoi une sonate de Mozart évoque-t-elle à une personne le souvenir d’une nuit d’amour et à une autre, une soirée de concert épuisante? La neurobiologie ne peut expliquer cela, seule l’expérience le peut. AlphaGo ne pourra jamais non plus comprendre la beauté d’une madone peinte par Raphaël. Il ne possède pas cette expérience de la relation mère-enfant, de ses mouvements, de ses regards et de ses odeurs.

Et vous, comment exprimez-vous votre créativité?

Quand j’étais jeune, la musique était pour moi une compagne essentielle. J’ai moimême joué des ballades des Rolling Stones à la guitare. Aujourd’hui, je chante plutôt un répertoire classique et je vais à l’opéra. Par ailleurs, il m’arrive d’écrire des poèmes. Même mon travail quotidien de conseiller et de thérapeute conduit mes clients et mes patients, ainsi que moimême, à découvrir de nouvelles idées, des perspectives et des solutions qui en valent la peine. l


Tout le monde est créatif!

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l y a de la créativité en chacun de nous. Si cela semble être une évidence, cela ne fait que quelques décennies que cette assertion est attestée scientifiquement. Jusque dans les années 1950, le mythe du «génie créatif» prédominait. La créativité était alors considérée comme un trait de caractère qui était l’apanage d’individus particulièrement doués. Cette croyance n’a été ébranlée qu’au milieu du siècle dernier, grâce aux travaux sur l’intelligence et la personnalité du chercheur américain Joy Paul Guilford. Ce dernier a montré que la créativité pouvait s’apprendre et, par conséquent, que nous étions tous créatifs. La créativité n’est donc pas le propre d’êtres d’exception, tels que Mozart, Einstein ou Shakespeare. l

© AKG Images, Fondation Hans Arp et Sophie Taeuber-Arp

On naît tous créatifs.

P

eut-être devrions-nous réfléchir davantage à la conservation de la créativité innée au lieu de vouloir ressusciter des esprits non créatifs. C’est du moins ce que laisse entendre une étude américaine des années 1960, lors de laquelle la créativité de quelque 1600 enfants de cinq ans a été évaluée par des tests. Il s’est avéré que dans 98 % des cas, on avait affaire à des sujets très créatifs. Dix années scolaires plus tard, les participants à l’étude ont été à nouveau soumis aux tests de créativité. Bilan: la part de créatifs était tombée à 12 %. «Nous avons dû interrompre l’étude, car elle a entraîné trop de gens dans la dépression», commente en plaisantant George Land, l’un des codirecteurs. La même méthode a été utilisée pour tester la créativité d’adultes: elle s’élevait à 2 % seulement. l

A chacun sa vision créative Que voyez-vous sur ce tableau ? Heike Munder, 46 ans, directrice du Musée Migros d’art contemporain, à Zurich

«Cette œuvre montre la curiosité expérimentale dans la recherche de la relation entre les langages imagés rationnel et poétique. L’élément central est l’expression dynamique des couleurs et des formes contrastées, qui explorent la question de l’équilibre et du déséquilibre. Cette peinture date de la période de maturité créative de Sophie Taeuber-Arp, dans les années 1930.» Ronny Gechter, 37 ans, spécialiste en communication

«A mes yeux, cette œuvre est le reflet de notre société. Et les couleurs font pour moi écho à son caractère multiculturel. Les cercles pourraient symboliser des êtres humains qui tournent plutôt en rond, et les lignes, un style de vie rectiligne, sans fantaisie. L’agencement des différents éléments représenterait la hiérarchie, par exemple le niveau de formation ou la couche sociale.» Niklas Kempter, 14 ans, gymnasien

«Je vois un certain ordre qui est détruit par les nombreux cercles et triangles. Les lignes verticales et horizontales divisent la peinture en quatre secteurs. Et chacun d’eux est différent. Avec un peu d’imagination, on distingue un labyrinthe, dans lequel les petits cercles cherchent à aboutir dans le grand. Les autres formes représentent des obstacles. Pour moi, les couleurs apportent de la vie à la peinture.» Sophie Taeuber-Arp «Equilibre», 1932, huile et crayon sur toile Copyright: Fondation Hans Arp et Sophie Taeuber-Arp. Peintre, sculptrice et créatrice textile, Sophie Taeuber-Arp (1889-1943) est considérée comme la pionnière suisse de l’art abstrait et de l’art construit.

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L‚ étranger est fécond Les personnes ayant vécu à l‚étranger sont plus créatives que celles qui n‚ ont jamais quitté leur pays. Le psychologue William Maddux l‚a démontré. Les personnes qui ont séjourné à l’étranger sont plus créatives que celles qui n’ont jamais quitté leur pays. C’est ce qui ressort de votre étude. Est-ce l’éloignement qui nous permet d’avoir des idées originales? Ou alors les personnes créatives ont-elles davantage tendance à aller vivre à l’étranger?

Les deux jouent certainement un rôle. Je dois cependant préciser une chose: ce n’est pas le voyage en soi qui rend plus 16

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créatif. Nous avons pu constater ce lien de cause à effet uniquement chez des personnes ayant séjourné longtemps à l’étranger, et sous certaines conditions. Quelles sont ces conditions?

Il faut être disposé à s’imprégner de ce nouvel environnement et montrer de l’intérêt pour la culture, les habitants et la langue du pays. Il faut être prêt également à remettre en question ses propres habitudes. Le processus qui se joue alors

en nous est semblable aux mécanismes de la créativité à bien des égards. Il s’agit de sortir de sa zone de confort et de ses habitudes, de remettre en question un modèle de pensée établi, d’oser de nouvelles associations d’idées et de s’approprier de nouvelles perspectives. Cependant, un environnement étranger peut être intimidant parfois. Le risque alors est de se fermer à l’inconnu et à toute nouveauté.


De vieux préjugés

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Il est clair qu’il ne faut pas se sentir submergé par l’environnement étranger. Et toutes les destinations ne sont donc pas idéales pour développer la créativité. Certes, nous manquons encore de données, mais je pense que la distance culturelle avec le pays d’origine ne doit être ni trop grande ni trop faible. Si un Américain se rend au Canada, il va se retrouver en terrain connu, mais s’il part en Ouganda, ce nouvel environnement sera peut-être trop différent. C’est pourquoi le Brésil, par exemple, serait une destination plus adaptée. De tout temps, certaines destinations ont été considérées comme particu­ lièrement inspirantes. Les écrivains se rendaient autrefois à Paris. Aujour­ d’hui, ce sont des villes comme Berlin ou New York qui ont le vent en poupe. Mais qu’est­ce qui rend ces endroits aussi attirants?

Il existe des lieux où l’on retrouve une communauté de gens qui partagent les

mêmes idées, ce qui laisse de la place à la créativité. Si j’étais créateur de mode et que j’allais à Tokyo, je rencontrerais certainement de nombreuses personnes avec qui je pourrais partager mes idées. En tant que Suisse, aller de Zoug jusqu’à Lausanne peut­il suffire à me faire changer de perspective?

On se confronte davantage aux idées nouvelles et aux autres façons de vivre en dehors des frontières. Cependant, dans un pays comme la Suisse où cohabitent des langues et des cultures différentes, je peux facilement imaginer que l’on puisse trouver de l’inspiration sans quitter le territoire national. l

William Maddux, psychologue américain, est professeur à l’Institut européen d’adminis­ tration des affaires (INSEAD), à Fontainebleau, près de Paris.

a créativité est volontiers as­ sociée à des qualités comme le courage, l’autonomie ou l’indépendance. Or ces traits de caractère sont souvent considérés comme masculins, contrairement à la serviabilité ou au dévouement – ce qui a tendance à fausser notre juge­ ment. Devon Proudfoot, psycho­ logue américaine, professeure et chercheuse à l’Université de Duke, en est convaincue. Elle a réalisé une étude afin d’étayer sa théorie selon laquelle, pour un même travail, les hommes sont considérés comme plus créatifs que les femmes. Elle a montré aux participants un texte court sur des personnes ficti­ ves, avec quelques photos de leur travail. Les seules différen­ ces étaient leur sexe (masculin ou féminin) et leur profession (architecte ou créateur de mode). Les résultats ont confirmé les théories de Devon Proudfoot. Bien que les maisons repré­ sentées aient été identiques, les personnes interrogées ont trouvé celles des hommes archi­ tectes plus originales que celles des femmes. De la même façon, Devon Proudfoot a constaté que des stéréotypes étaient véhicu­ lés par la profession. Ainsi, aucune différence significative n’était perçue entre un créateur et une créatrice de mode en termes de créativité. Mais un architecte était jugé plus original qu’un créateur de mode, et une femme architecte moins inven­ tive qu’une créatrice de mode. l Vivai 3/16

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Stephanie Kunz s’amuse à mélanger les styles. Comme un T-shirt Adidas…

” La créativité suppose une certaine dose d‚inspiration.

… avec une jupe longue très habillée…

… et des bottines dorées. Une tenue qui reflète sa créativité.

” C‚est ce qui est ludique qui m‚intéresse.

Combiner les couleurs et les motifs, ça donne des looks vraiment originaux.

Je ne pense pas qu’en matière de mode, la créativité s’exprime par un style particulier. Pour moi, c’est justement le contraire qui est le plus intéressant. J’aime combiner des éléments féminins et des éléments masculins, ou mettre une pièce de créateur avec mon pull préféré, qui est plein de trous. Des couleurs et des motifs différents don­ nent des looks vraiment originaux. Je puise mon inspiration dans mes voyages. En tant que visagiste, je me rends dans des capitales de la mode ou dans des coins perdus. L’habillement traditionnel m’intéresse autant que la mode des rues. Il y a peu, je suis allée à un mariage avec un maillot de hockey beaucoup trop grand. La créativité est parfois une question d’audace. C’est ce que je dis à mes clientes: «Osez vous habiller comme il vous plaît, au lieu de suivre des tendances. Car la mode ne connaît pas de tabou. Il arrive que mon père me demande si ce que je porte est redevenu à la mode. Alors, je lui réponds: «Non, mais j’avais juste envie de mettre ça.» l Stephanie Kunz, 40 ans, graphiste, make-up artist et propriétaire de la boutique de second hand Ananas, à Zurich (ananaszuerichch)

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Dans le rap, il n’y a qu’un seul élément: la langue. A l’expression orale viennent toutefois s’ajouter des caractéristiques comme le flow, la vitesse et l’intonation, qui peuvent être employées de façons très différentes. Il est difficile de dire ce qui est à l’origine de ma créativité. Par ailleurs, je suis plus ou moins créatif selon les jours. Par moments, il n’y a pas moyen, ça ne marche pas, alors qu’à d’autres, ça vient presque tout seul. Je pense que les activités créatives supposent toujours une certaine dose d’inspiration. Il faut que je sois inspiré pour démarrer. Ensuite, sur cette base-là, je peux être créatif. Je vous cite un exemple: il y a quelques années, j’ai perdu mon job pour des raisons économiques. Mon licenciement m’a été communiqué en invoquant la nécessité de «redimensionner» l’entreprise. Etant directement concerné, j’ai ressenti ce terme édulcoré comme une provocation. En rentrant à la maison, dans le train, j’ai couché ma colère sur le papier. C’est ainsi qu’est né le titre «Pinkmaler», qui parle des euphémismes de façon critique. l Le rappeur Sandro Müller fait partie du groupe argovien Phraze Ablaze, qui vient de sortir son premier album «Luscht uf meh».


Le boom de l ‚ économie créative

D

ans le domaine de l’économie également, on est de plus en plus conscient de l’importance de la créativité. L’Allemagne reconnaît l’«économie créative» en tant qu’industrie autonome depuis plusieurs années. En Suisse, on n’en est pas encore là, bien que, ici aussi, «plus d’un quart de million de personnes sont actives dans des secteurs créatifs, tels que l’architecture, le design, l’événementiel, le cinéma, le graphisme, la mode, la musique, les logiciels/ jeux vidéo, le théâtre et la publicité», selon les estimations de l’Association des industries créatives de Suisse. Cela représente une création de valeur brute de 20 milliards de francs, soit plus de quatre fois celle de l’agriculture. Dans une interview, le recteur de la Haute école d’art de Zurich, Thomas D. Meier, décrit même l’économie créative comme un «secteur en plein boom» dans notre pays. l

” . . . et se fier à ses mains, qui co nnaissent le chemin. ” Qu’est-ce qui bride la créativité?

Faut-il être créatif aux échecs,Mme Heinatz ?

© Philip Frowein

o

ui, je pense. Bien sûr, il est avant tout important de connaître le plus de coups possible. Aujourd’hui, les joueurs de classe mondiale planifient leurs ouvertures entièrement, souvent jusqu’au 25e coup. Mais on tombe toujours sur des situations non conventionnelles. Il faut alors faire preuve de créativité pour s’en sortir. Il y a des joueurs très créatifs, par exemple le grand maître letton Alexei Schirow, qui, dans des situations difficiles, trouve des successions de coups auxquelles je n’aurais jamais pensé. Je crois par ailleurs que la marge de manœuvre laissée à la créativité est de plus en plus faible depuis que le jeu est analysé par des logiciels complexes. Les nouvelles machines sont bien supérieures à l’Homme. Contre elles, faire preuve de créativité n’est plus d’un grand secours.» l Gundula Heinatz, 46 ans, est entrée dans les annales des échecs en 1990, en tant que dernière joueuse de RDA ayant un titre de maîtresse. Elle vit en Suisse depuis 1999, où elle défend les couleurs du club d’échecs de Trubschachen (BE) et de l’équipe nationale suisse.

Le fait de juger ce qui est correct ou pas. La représen­ tation mentale de la façon dont les choses devraient être bloque le flux de la créativité individuelle. Chez les enfants, j’observe déjà des jugements de valeur, notamment concernant la beauté ou la laideur des choses. Ces préjugés nous sont inculqués dès notre plus jeune âge. Croire que l’on n’y arrivera pas, que l’on n’est pas capable, tue aussi la créativité dans l’œuf. Il faut se débarrasser de cette croyance. Comment la créativité voit-elle le jour?

La créativité d’un individu peut s’exprimer quand il est entièrement présent dans l’instant, dans ce qu’il fait, sans que sa raison ne le pousse à porter un jugement. A ce moment­là, la créativité a libre cours. Mais comment peut-on se libérer de la pensée?

En choisissant des processus inhabituels, par exemple en peignant à l’aveugle. Ou avec la main gauche. Ou avec tout le corps. Faire quelque chose qui nous em­ pêche de réfléchir et nous aide à être entièrement dans l’instant. Essayer de s’immerger dans l’expérimentation avec des matériaux et des couleurs, tout en se fiant à ses mains, qui connaissent le chemin. l Katarina Waser-Ouwerkerk est professeure de peinture et artiste freelance. Elle dirige l’atelier ebnat 65, à Schaffhouse. Vivai 3/16

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” Selon la doctrine bouddhiste, tout ce que nous expérimentons est une création de l‚esprit. La créativité peut être stimulée par la méditation. „

Qu’est-ce que la créativité pour vous? Quand se manifeste-t-elle?

Pour moi, en tant que bouddhiste, la créativité est une caractéristique de l’esprit. Et la façon dont elle se traduit dépend de la qualité de l’esprit concerné. Tout ce qui a été produit, toutes les réa­ lisations que nous connaissons ont leur origine dans la créativité d’un esprit. Les bâtiments, les progrès techniques, la musique, l’art, l’alimentation, la mode, les langues, etc., tout prend sa source dans la créativité de l’esprit qui conçoit toutes ces choses au départ. Certaines sont utiles, d’autres mènent à la destruc­ tion et à la souffrance. La créativité est partout, tout le temps. Mais son expres­ sion change beaucoup. La créativité n’est pas seulement la qualité de ce qui est hors du commun, de l’inattendu. Personnellement, je ressens mon énergie créative lors de chacune de mes séances 20

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de méditation. Tout dépend de la force de notre représentation personnelle. Dans ce cas, la méditation peut stimuler la créativité?

Méditer revient à former son esprit de façon consciente. Si la créativité est une caractéristique de l’esprit, elle est stimu­ lée quand l’esprit s’exerce à la concen­ tration et aux pensées positives. Selon la doctrine bouddhiste, tout ce que nous expérimentons est une création de l’es­ prit. Par la méditation, la créativité peut être encouragée à générer des expériences positives. Pour nous et pour les autres. Peut-on pratiquer la méditation de façon à développer sa créativité?

Lorsque l’on médite, on oriente son esprit sur un objet précis, qui a du sens. Ce faisant, on le libère de ce qui le perturbe. Un esprit non initié peut dé­

truire tout sur son passage. La force de la méditation vient de la concentration. Quant à savoir sur quoi cela va déboucher, ça dépend de la motivation. Si c’est pour produire des choses utiles et qui ont un sens, la méditation nous aide. La créati­ vité de l’esprit ne connaît pas de limites. Mais il est de notre responsabilité de garder une motivation bienfaisante. Les criminels sont souvent très créatifs. Si une personne qui n’a jamais médité vous demande quelle technique de méditation employer pour développer la créativité, que lui conseillez-vous?

Je lui demanderais à quoi devrait servir la créativité qu’elle cherche à développer. Les exercices de méditation varient en fonction des objectifs – qu’il faut com­ mencer par se représenter. C’est un pro­ cessus créatif qui doit être mis en œuvre par la suite. Pour développer la créativité,


Que se passe-t-il dans le cerveau ?

Une vraie prise de tête

u point de vue de la neurobiologie, nous autres, les Dêtres humains, sommes conçus pour être créatifs. Car

e brainstorming (littéralement «tempête cérébrale») désigne, dans le monde de l’entreprise, le processus de recherche d’idées créatives. Tant aimé que haï, le brainstorming l’est dans le discours public également. Les opinions exprimées sont très diverses. Ça va du «jaillissement créatif» à la «véritable ineptie». La vérité se situe probablement entre les deux. Un fait central a été établi: pour qu’un brainstorming aboutisse à quelque chose, il faut que la pensée divergente (les idées nouvelles) soit strictement séparée de la pensée convergente (les objections rationnelles aux idées nouvelles). Mais en réalité, voici ce qui se passe la plupart du temps: l’idée originale finit par être rejetée, car elle est jugée «trop chère» ou qu’elle «ne fonctionne pas». Non seulement cela tue la motivation des participants au brainstorming, mais cela a aussi un impact négatif au plan neurobiologique. Les objections rationnelles activent la partie du cerveau que nous devrions en fait désactiver afin de pouvoir laisser libre cours à notre créativité. Walt Disney le savait bien. Il a pratiqué la séparation des pouvoirs entre la pensée convergente et la pensée divergente avec tant de rigueur que l’on ne savait jamais lequel des trois Walt Disney pénétrait dans la salle de réunion. Etait-ce le rêveur, le réaliste ou le critique? Le principal est qu’il n’y en avait qu’un à la fois. l

le cerveau a en permanence besoin de problèmes nouveaux afin de «ne pas rester coincé dans des processus routiniers», comme le rapporte une étude neurobiologique sur le thème de la créativité menée par l’institut du conseil systémique (isb), basé à Wiesloch, en Allemagne. En étant créatif, on stimule donc son cerveau. Des analyses utilisant la tomographie à résonance magnétique auraient démontré que, dans le cerveau d’une personne créative, davantage de réseaux, qui sont en outre plus éloignés les uns des autres, sont activés en même temps lors de la résolution d’un problème, par exemple. Les connaissances et les contenus de la mémoire doivent toutefois être enregistrés préalablement. Cela signifie que plus nous savons de choses, plus notre potentiel créatif est grand. «Etre créatif ne veut donc pas dire avant tout inventer quelque chose de nouveau, mais établir des relations entre des connaissances déjà acquises qui étaient éparses», expliquent les auteurs de l’étude. l

nous commençons par des exercices de respiration simples, afin de s’entraîner à se concentrer. Parce qu’un esprit lucide, limpide et flexible stimule la créativité.

© Philip Frowein

Peut-on exprimer sa créativité en méditant? Dans quelle mesure?

La méditation est un processus créatif. Nous travaillons consciemment avec des représentations claires, qui dépendent de nos intentions. Si nous visons des objectifs profanes, la méditation nous aide à les atteindre. Pour des objectifs spirituels, des représentations, visualisations et perspectives ciblées sont d’autant plus nécessaires. Tout commence dans la représentation créative. Les réalisations intellectuelles les plus élevées, telles que la libération et l’éveil, aussi. l Gen Kelsang Gyalchog est moine bouddhiste et professeur au centre Nalanda, à Lucerne.

L

Les couche-tard plus créatifs

C

e matin, si vous avez dû appuyer dix fois sur la touche «snooze» de votre réveil avant d’arriver à vous extirper du lit, ce n’est pas grave. Dites-vous que vous avez certainement des idées plus originales que vos collègues arrivés au bureau à 7 heures. En effet, les psychologues de l’Université catholique de Milan ont constaté que les couche-tard sont plus créatifs que les lève-tôt. Les recherches indiquent que les oiseaux de nuit ont un rythme de vie qui les a habitués à ne pas être comme tout le monde. Ils sont donc davantage disposés à chercher des solutions non conventionnelles – surtout pour mettre leur talent au service de la société. l

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” Personnellement, j ‚ ai besoin d ‚ être sous pression pour être productif. Cela ne signifie pas que les résultats sont toujours d ‚ une qualité égale en termes de créativité. ” Un comique doit-il être créatif?

C’est sûrement un atout, mais ce n’est toutefois pas une qualité obligatoire dans cette profession. Il y a des comiques plus ou moins créatifs. Pour les person­ nes manquant totalement de créativité, il existe même des guides pratiques. Et vous, êtes-vous créatif?

Moyennement. Parfois, on n’arrive pas à réfléchir ou aucune idée lumineuse ne vient. Alors on utilise une formule qui a fait ses preuves ou on reprend deux vieilles idées qu'on assemble pour en faire une nouvelle. Ce n’est pas extraor­ dinairement créatif, mais c’est une forme de créativité. Et il n’est pas rare que le public demande des choses qu’il connaît. 22

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Vous publiez des histoires drôles sur Internet presque tous les jours. Vous devez pouvoir être créatif sur commande…

Oui, mais pour moi, ce n’est pas difficile. Personnellement, j’ai besoin d’être sous pression pour être productif. Cela ne veut pas dire que les résultats obtenus sont toujours d’une qualité égale en ter­ mes de créativité. Et comment cela se passe-t-il quand vous êtes sur scène?

C’est complètement autre chose, parce qu’être sur scène exige une bonne part d’improvisation – donc de créativité. Il faut alors réagir par rapport au public et pouvoir adapter le spectacle sponta­

nément en fonction de lui. Je viens de faire une tournée de plus de trois ans avec le même spectacle. Durant cette période, j’ai dû modifier environ la moitié du contenu. Comment fonctionne le processus créatif lorsque l’on est en train de préparer un spectacle?

En ce qui me concerne, la méthode la plus efficace consiste à penser à des choses qui m’énervent. Je finis par me calmer, et la plupart du temps, il en sort quelque chose de créatif. l Stefan Büsser, 31 ans, fait partie des comiques les plus prometteurs de Suisse. Il est en tournée avec son spectacle AU(R)A depuis 2013. Parallèlement, il écrit des sketches pour Giacobbo/Müller, une émission satirique de la télévision alémanique.


Testez votre créativité! Pour Vivai, Paolo Bianchi,spécialiste de la créativité,a élaboré un test composé de six énigmes. A vous de jouer. " La créativité peut être stimulée de façon ciblée. ”

N° 1: L’association de mots

Vous devez trouver un quatrième mot pouvant être associé aux trois premiers. Exemple: table, frontal, poche… lampe (lampe de table, lampe frontale, lampe de poche).

a) tennis, chevet, serviette… b) chœur, musique, air… c) âge, transport, courrier…

N° 2: Le triangle inversé

Formez un triangle avec 10 pièces de monnaie identiques. Il s’agit d’inverser le triangle, c’est-à-dire que son sommet doit pointer vers le bas, en déplaçant seulement trois pièces.

© Adrian Bretscher, Conradin Frei

N° 3: L'énigme ABC

Reliez A avec A, B avec B et C avec C, sans que les lignes ne se touchent ni ne sortent du rectangle. Pour trouver la solution rapidement, tracez des lignes sans trop réfléchir, en laissant libre cours à votre intuition et à votre créativité. Plus vous vous concentrerez et plus il vous faudra de temps pour y arriver.

Paolo Bianchi, 55 ans, est professeur à l’Ecole supérieure des beaux-arts de Zurich, où il enseigne le «Creationship» – ou la stimulation de la pensée latérale. Il emploie des techniques de créativité innovantes afin d’enrichir les projets des participants à ses cours. Responsable de publication de la revue d’art Kunstforum International, il a publié de nombreux articles sur le thème de la créativité artistique. Pour en savoir plus sur les cours qu’il propose, rendez-vous sur: www.zhdk.ch/cas_creationship (en allemand)

Solutions page 24 Vivai 3/16

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Solutions N° 1: L’association de mots

a) table b) chambre c) moyen L’association de mots est un excellent moyen de tester la pensée créative. Il ne s’agit pas de donner le plus de réponses possible (= pensée divergente) mais plutôt de trouver une seule bonne réponse (= pensée convergente).

N° 2: Le triangle inversé

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La plupart des gens se concentrent d’abord sur les deux pièces du milieu de la rangée du bas, car ils pensent qu’une de ces pièces va devenir la nouvelle pointe du triangle. Mais, ce sont d’autres pièces qu’il faut déplacer pour trouver la solution.

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cinq chaussettes bleues. Combien de chaussettes devez-vous prendre pour être sûr d’avoir une paire de chaussettes de même couleur? 2) Deux mères et deux filles vont pêcher ensemble. Elles attrapent un gros poisson, un moyen et un petit. A la fin, chacune a un poisson. Comment est-ce possible? 3) Celui qui le fabrique n’en veut pas. Celui qui l’achète ne s’en sert pas. Celui qui l’utilise ne le voit jamais. De quoi s’agit-il? N° 6: Devinette 1) Dans votre tiroir, vous avez quatre chaussettes noires et

Il ne faut pas hésiter à changer ses habitudes et à élargir son horizon. La créativité repose notamment sur la capacité à faire de nouvelles associations. Réfléchissez à ce que vous pourriez changer dans vos habitudes pour stimuler votre inspiration. Par exemple: • pratiquez un nouveau loisir; • changez systématiquement de destination de vacances; • allez visiter d’autres entreprises; • échangez temporairement votre appartement contre celui d’amis; • développez régulièrement des offres et produits nouveaux; • embauchez des collaborateurs venant d’autres secteurs d’activité; • gardez l’enfant de vos voisins en plus des vôtres. N° 5: L’inspiration – ou sortir des sentiers battus

N° 3: L’énigme ABC

Le croquis ci-dessus indique la solution. N° 4: Compléter le dessin

Ce test est basé sur la pensée divergente. Il n’y a pas une solution, mais des tas de façons tout aussi valables de compléter le dessin.

Recopiez ce dessin sur une page A4. Réfléchissez cinq minutes avant de compléter le dessin. Laissez libre cours à votre imagination. N° 4: Compléter le dessin

N° 5: L’inspiration – ou sortir des sentiers battus

Sherlock Holmes est maître dans l’art de combiner différents éléments et il est doté d’un brillant esprit d’analyse. Mais c’est également quelqu’un de très créatif. Ces traits de caractère ne sont pas antinomiques. Afin de stimuler sa créativité et de multiplier les éclairs de génie, on peut faire des associations créatives. N° 6: Devinette

Il faut faire appel à la pensée convergente pour trouver les solutions. 1) Trois. Si la première chaussette est bleue et la deuxième est noire, la troisième sera forcément bleue ou noire, et vous aurez une paire de chaussettes de même couleur. 2) Il s’agit de la grand-mère, de la mère et de la fille. La mère est aussi une fille. 3) Un cercueil.


Oser se lâcher! Avec des couleurs et en laissant libre cours à sa créativité, on peut rendre une simple bouteille de liquide vaisselle unique.

l

es albums de coloriage sont redevenus à la mode. On leur prête un pouvoir apaisant. Les techniques d’apprentissage de la peinture qui consistent à copier des modèles et à reproduire des couleurs sont elles aussi prisées. Mais ces passetemps ont peu de chose à voir avec la créativité. Ou même rien du tout. Pour exprimer sa créativité, il faut suivre des idées personnelles. Osez prendre toutes les libertés en coloriant la bouteille de Handy ci-contre, sans chercher à vous approcher de l’original. Laissez libre cours à votre créativité. l

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Ecrire, c‚est créatif! Prouvez-le nous en écrivant la suite de l’histoire dont nous vous indiquons le début ci-dessous. Mais avant de vous lancer dans l’aventure, sachez que votre manuscrit doit faire au moins 1000 et au plus 3000 caractères (espaces compris). La rédaction de Vivai choisira un gagnant ou une gagnante parmi les manuscrits qui lui seront parvenus. L’histoire retenue sera publiée dans le prochain numéro de Vivai, et son auteur(e) recevra un bon d’achat d’une valeur de 150 francs. Envoyez votre manuscrit jusqu’au 20 juin 2016 à: vivai@mediasmigros.ch. Nous nous réjouissons de vous lire !

C‚est ainsi que commence l‚histoire:

c

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e n’était pas un jour comme les autres. A. l’a réalisé dès le matin, au sortir du lit. Et ce sentiment encore diffus devait se confirmer rapidement. Sur le chemin de son travail, A. a juste voulu faire un tour au supermarché au coin de la rue…


Publireportage

Tchad : l’avenir des petits paysans

Pour l’avenir de ses enfants Travailler dur, Rosalie Ounyaï, paysanne tchadienne de 28 ans, sait ce que c’est. Cette mère de quatre enfants a surtout connu une chose dans sa vie : le combat contre la pauvreté. Pourtant, Rosalie travaille pour une vie meilleure. Caritas la soutient. Rosalie Ounyaï ne s’accorde aucun répit. Elle boit à grandes gorgées le thé sucré que lui tend sa fille Fortune, âgée de 7 ans. Pas le temps de s’asseoir un moment à l’ombre. « Cela donnera environ dix litres d’huile alimentaire », estime Rosalie en malaxant la bouillie brune de noix de karité moulues. Elle essuie la sueur de son front avec le dos de sa main : « Si je parviens à vendre toute l’huile, je gagne environ 15 francs. »

Apprenez-en plus sur Rosalie : agirtoutsimplement.caritas.ch

Cette famille de six personnes ne peut pas vivre de l’exploitation agricole que Rosalie gère avec son mari Gilbert (34 ans). Ce couple doit lutter chaque jour afin que leur famille ait de quoi manger et pour que leurs enfants puissent aller à l’école. Mais Fabrice (10 ans), Adimadje (9 ans), Fortune (7 ans) et la petite Macaine (2 ans) ne devront plus vivre au jour le jour comme leurs parents. Rosalie est consciente qu’un modeste bien-être ne peut être atteint que si toute la communauté le veut. Faire cavalier seul ne fait pas avancer le village. Pour cette raison, Rosalie est membre d’une organisation de femmes soutenue par Caritas. Ces femmes s’unissent pour améliorer la commercialisation du beurre et de l’huile de karité. L’objectif est d’obtenir un revenu sûr. Les chances sont bonnes, car la demande en beurre de karité des entreprises cosmétiques internationales, comme alternative à l’huile de palme, augmente. Ce projet est soutenu par la Direction du développement et de la coopération (DDC) et par le gouvernement tchadien. Il est réalisé avec la collaboration de Swissaid.

Une vie au jour le jour – c’est l’amère réalité de la plupart des familles paysannes du Tchad. Manquant de moyens pour investir dans leurs exploitations, elles restent prisonnières de la pauvreté. Caritas aide les petits paysans à réaliser de meilleures récoltes par des semences adaptées et un meilleur savoir-faire. Nous misons sur la commercialisation des produits à base de karité et sur les cultures d’arachides. Nous encourageons la fondation de coopératives. Nous aidons les communautés à construire des greniers pour stocker correctement les récoltes.

Nous veillons à une bonne collaboration entre les coopératives et la banque agricole pour obtenir des crédits équitables. Nous négocions avec les autorités et l’industrie pour des conditions de production et de marché optimales. Ce projet concerne 450 000 personnes. Compte postal : 60-7000-4 Pour les dons en ligne : www.caritas.ch/tchad


ENFANT MIGROS

Contre vents et marées Tilly Egger-Winkler a 88 ans. Jusqu’à 33 ans, elle a dû se cacher pour faire ses courses chez Migros, car les commerçants du village considéraient cela comme une trahison. Quand ce n’était pas interdit par l’employeur. Texte: Stephanie Rebonati Photo: Michael Sieber (montage: Vivai)

Vous souvenez-vous de quand datent vos premiers achats à Migros, Madame Egger?

Oui, bien sûr. C’était en 1938, à Bad Ragaz. Je rentrais de l’école avec une camarade de classe lorsque nous avons aperçu le camion Migros, dans la rue qui mène à la gare. La patronne d’une auberge voisine nous a alors demandé si l’une de nous pouvait lui acheter deux bouteilles d’huile. J’ai sauté sur l’occasion! Elle m’a offert deux Läckerli pour me remercier. Lorsque j’ai raconté ça à la maison, ma mère n’a pas partagé mon enthousiasme. Et pourquoi donc?

Pendant le repas de midi, j’ai raconté avec fierté comment j’avais «gagné» mes Läckerli. Ma mère m’a donné une petite tape en me disant: «Tu sais très bien que nous n’achetons rien à Migros. J’espère que personne ne t’a vue!» Il vous était interdit d’acheter des produits Migros?

A cette époque, c’était très mal vu. Mes parents avaient un atelier de serrurerie et d’installation sanitaire, et par loyauté envers les épiceries du village, on n’achetait rien à Migros. Mais j’arrivais toujours à me procurer les bonbons à la crème Micamu que j’aimais tant. Par quel stratagème?

Grâce à une tante, qui habitait tout près

de chez nous et qui n’avait pas non plus le droit de faire ses courses à Migros. L’une de ses amies bravait cet interdit pour elle et lui apportait les denrées défendues le soir, à la nuit tombée. Elle me lançait les bonbons par la fenêtre, que j’avais pris soin d’ouvrir discrètement auparavant. Mes parents ne devaient évidemment rien savoir!

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mange presque tous les jours.

L’enfant Migros Tilly Egger-Winkler savoure un yogourt Bifidus à la mangue presque tous les soirs, mais avant de passer à table.

C’est à l’âge adulte que vous avez pu vous affranchir de cette règle?

Non, il m’a fallu m’y plier pendant quelque temps encore. Mon mari occupait un poste d’ingénieur chimiste dans une fabrique de savon. Nous avions reçu une lettre de la direction précisant qu’il était interdit de faire des achats à Migros! Plus tard, mon mari a travaillé dans une grande entreprise. Et là aussi, cette interdiction avait force de loi. Dans les années 1950, on ne transigeait pas avec ce diktat! Lorsque je me trouvais en dehors de notre lieu de résidence, j’en profitais souvent pour faire une petite incursion dans un magasin Migros. Il y a 55 ans, mon mari a une nouvelle fois changé d’employeur, et j’ai enfin pu faire des courses à Migros sans mauvaise conscience. Et quel est votre produit Migros préféré?

J’adore les yogourts Bifidus à la mangue. J’en mange un presque tous les soirs avant de passer à table. l

Etes-vous aussi un enfant Migros? Ecrivez-nous à: vivai@mediasmigros.ch

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” J‚en

Faits

& chiffres

Dans la gamme des yogourts Bifidus aux fruits proposés dans les magasins Migros, celui à la mangue est le plus apprécié. Plus de 2,3 millions de pots s’en sont écoulés en 2015. Bifidus Mangue existe aussi en yogourt à boire, mais sans morceaux de fruit.


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NUTRITION

POUR SPORTIFS

Avant le sport riz

banane

galettes de riz

pâtes

pain

La victoire en mangeant Une activité physique intense impose des efforts accrus à l’organisme, auquel il s’agit donc de fournir tous les nutriments essentiels. Une bonne hydratation et un apport suffisant en glucides sont essentiels.

c

ourse à pied, natation ou cyclisme, peu importe la discipline prati­ quée, une activité physique intense et prolongée confronte notre corps à un dilemme. Nous lui demandons de fournir un effort soutenu et de s’adapter en consé­ quence. Les voies respiratoires doivent apporter à l’organisme plus d’air dans les poumons pour assurer un apport suffisant en oxygène, tandis que les vaisseaux san­ guins des muscles doivent se dilater pour assurer un meilleur approvisionnement en sang et, in fine, en dioxygène et nutri­ ments. De surcroît, le besoin en énergie et en liquide augmente. Et c’est là que le bât blesse. Un effort physique intense induit une sorte d’état de stress qui, par le biais du système nerveux végétatif, agit de manière paralysante: l’appareil diges­ tif fonctionne au ralenti, les vaisseaux de l’estomac et de l’intestin se contractent et l’approvisionnement en sang ralentit. Il s’agit d’un phénomène sur lequel nous ne pouvons influer. 30

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C’est pourquoi bien s’alimenter avant un effort physique intense s’avère tout un art. En cas de repas trop copieux, l’esto­ mac risque de se rebeller et de restituer promptement son contenu. Une quantité d’eau trop importante dans l’estomac peut aussi provoquer une sensation d’incon­ fort, car le transport de liquide de l’esto­ mac à l’intestin s’effectue beaucoup plus lentement lors d’une activité physique. A l’inverse, en cas d’apports alimentaire et hydrique insuffisants, c’est le coup de pompe assuré peu après le départ. Il est donc capital de constituer de bonnes réserves avant l’effort. En ce qui concerne les aliments solides, il convient de privilégier les glucides qui se trans­ forment en glucose, le carburant du sportif. Cela peut sembler paradoxal dans la mesure où la capacité de stockage du glycogène dans les muscles et le foie est limitée – contrairement à nos réserves de graisses, à même de fournir de l’énergie pour cent kilomètres. Pour l’organisme, le

glycogène est toutefois plus facile à trans­ former en énergie que les graisses. De bonnes réserves énergétiques permettent donc d’optimiser les performances, de ré­ duire les fringales et de fournir l’énergie nécessaire lors des pics d’efforts. Particulièrement dans le cas d’efforts physiques intenses fournis pendant plus de 90 minutes, l’optimisation du stock de glycogène revêt une importance de premier plan et ce, tant au niveau des per­ formances que du bien­être. Le carboloading, telle est la formule magique, qui consiste à faire le plein de glucides trois jours avant une compétition. Il faut alors privilégier les féculents comme les pâtes, les pommes de terre, le riz, les muesli et le pain, mais aussi les boissons sucrées, en augmentant constamment la part de glucides par rapport à la quantité de lipides. Les céréales complètes sont à évi­ ter, car elles sont trop riches en fibres lon­ gues à digérer. Il convient aussi de limi­ ter les entraînements. l

© Getty Images, iStock

Texte: David Fäh


Pendant le sport muesli aux fruits

L채ckerli

pommes de terre

eau

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NUTRITION

POUR SPORTIFS

Après le sport

Il est encore possible d’augmenter ses réserves énergétiques trois heures avant le début de l’épreuve en consommant une assiette de pâtes, de riz ou de flocons à base de maïs ou de riz. Une heure avant le départ, on peut encore s’accorder une barre de céréales faible en graisse, quelques Läckerli, une tranche de pain d’épices, des galettes de riz ou de maïs, à condition d’accompagner cet en-cas d’un apport suffisant en liquide. Chaque gramme de glucose nécessite deux à trois grammes d’eau pour être stocké. Ce qui est une aubaine, puisque l’eau ainsi stockée pourra contribuer à l’hydratation du corps durant l’effort. Une bonne hydratation est donc cruciale en cas d’effort intense pour éviter la surchauffe ou une chute de tension. Faire des réserves, comme avec les glucides, ne suffit en principe pas. Or il est souvent difficile de boire durant une compétition, et la boisson peut rester sur l’estomac. En particulier lors d’efforts prolongés, il est judicieux de recourir aux boissons isotoniques, qui se distinguent par une absorption optimale au niveau de l’intestin et garantissent une hydratation efficace. l

poisson

frappé

œuf au plat

Règles de base pour une alimentation et une hydratation optimales Alimentation

● Faire le plein de glucides (carboloading) avant une activité physique soutenue contribue à l’hydratation et à l’amélioration des performances, tout en permettant d’éviter les baisses de régime et les coups de pompe durant l’effort. ● Si la performance est accessoire et que la durée de l’effort n’excède pas 90 minutes, l’eau suffit à combler les pertes hydriques, un avantage pour les personnes surveillant leur poids. ● Les boissons ou gels sucrés four­ nissent de l’énergie durant l’effort. ● Après l’effort, les muscles ont be­ soin de protéines pour se régénérer. Les produits laitiers constituent à cet égard une source idéale. ● Les coureurs de fond ont souvent un apport en fer insuffisant, alors que cet élément est essentiel à la formation des globules rouges dans le sang. Pour assurer l’hématopoïèse, l’organisme a besoin d’une alimen­ tation riche en fruits et légumes,

produits céréaliers, fruits à coque et légumineuses. La consommation de viande seule ne suffit pas. Hydratation

● Suivant les conditions climatiques et l’intensité de l’effort fourni, il est conseillé de boire un demi­litre à un litre de liquide par heure en prises fractionnées de 2 dl au maximum. ● La présence de sucre et de miné­ raux dans une boisson accélère la vidange gastrique et facilite le pas­ sage de l’eau dans le sang. L’adjonc­ tion de magnésium peut contribuer à atténuer les crampes d’estomac. ● Les urines de couleur claire attes­ tent d’une bonne hydratation. ● La température des boissons doit se situer entre 20 et 30 °C. Eviter de préférence les boissons gazeuses, acides, amères ou trop sucrées. ● Pendant la compétition, on peut rafraîchir le corps de l’extérieur, par exemple avec une éponge impré­ gnée d’eau.

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cottage cheese


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Elle a un look rétro et un parfum de prairie à la belle saison: la crème Herbes des prés contient entre autres des extraits de pâquerette, de calendula, de camomille et d’hamamélis.

Elle fleure bon l’été provençal: la douche active à l’huile naturelle et précieuse de lavande.

Elle a un effet vivifiant: la douche active aux huiles naturelles de menthe et d’eucalyptus.

© Shutterstock

Des cadeaux de la nature Affusions, bains alternés et pouvoir des plantes – aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui associent ces mots-clés au nom de Sebastian Kneipp. Et pour cause: le prêtre bavarois est considéré comme l’un des pères fondateurs de la naturopathie. Il dédia sa vie entière à l’étude des effets thérapeutiques des plantes et de l’eau. Son enseignement garde aujourd’hui toute son actualité, preuve en est que l’entreprise portant son nom célèbre cette année ses 125 ans. Elle aussi fait figure de pionnière, notamment dans le domaine des cosmétiques naturels. La pensée holistique de

Sebastian Kneipp imprègne toujours la philosophie de la maison Kneipp. Placées sous le signe du développement durable, ses activités ont été récompensées par le label Green Brand. Kneipp renonce aux agents conservateurs nocifs et utilise exclusivement des huiles naturelles pour créer des soins performants. Cette foi dans les bienfaits de la nature fait tout le succès de l’entreprise, et ce depuis des décennies. Pour son 125e anniversaire, Kneipp a édité des produits enchanteurs. Pour chaque produit vendu, 15 centimes sont versés à un projet de protection de la nature lancé en collaboration avec le WWF.


NUTRITION

LA VITAMINE B12

Un cerveau vitaminé De nos jours, les carences en vitamines sont plutôt rares. Exception faite de la vitamine B12, un micronutriment essentiel à la santé. Les adeptes d’un régime végane sont particulièrement concernés. Texte: Marianne Botta Photo: Roth + Schmid

l

a vitamine B12 est la dernière des vitamines à avoir été découverte. C’était à l’occasion de recherches sur les causes de l’anémie pernicieuse et les moyens de traiter cette affection mortelle. En 1926, des médecins annoncèrent fièrement qu’une consommation quotidienne de 500 g de foie de bœuf permettait d’enrayer cette forme d’anémie. Les études ayant conduit à la découverte de cette vitamine jusqu’alors inconnue valurent plus tard un prix Nobel à leurs auteurs. Cette vitamine hydrosoluble joue un rôle essentiel dans la formation du sang, ainsi que pour le bon fonctionnement du cerveau et du système nerveux. On sait aujourd’hui qu’un déficit en vitamine B12 peut entraîner de graves troubles psychiques et neurologiques. Notre organisme ne peut synthétiser lui-même cet élément vital produit par des micro-organismes que l’on trouve dans l’appareil digestif des animaux. La vitamine B12 passe ensuite dans les organes internes, le lait et la masse musculaire. Et de la sorte dans nos assiettes. On en trouve aussi dans les produits alimentaires enrichis, comme les céréales pour le petit-déjeuner. Les aliments d’origine végétale n’en contiennent pas. Seuls des produits fermentés, tels que le tempeh, la choucroute et la bière, en renferment des traces. Il s’agit toutefois d’analogues de la B12, soit des molécules très similaires 34

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sur le plan structurel, mais qui s’avèrent inactives dans le corps humain. Les algues comme la spiruline ne constituent pas non plus une source fiable. Un œuf, 60 g de truite ou 100 g de fromage à pâte dure suffisent à fournir les trois microgrammes de vitamine B12 requis quotidiennement. Cette vitamine pouvant toutefois être stockée pendant une longue période par le foie, les troubles carentiels ne se manifestent souvent chez l’adulte qu’après plusieurs années d’apports déficitaires. L’organisme des nourrissons et des enfants n’est en revanche pas en mesure de constituer des réserves. Il faut donc leur assurer dès la naissance un apport en vitamine B12 suffisant. La déficience en vitamine B12 figure parmi les carences les plus courantes dans les pays occidentaux. «Des études démontrent que l’apport journalier recommandé n’est pas atteint chez près d’un homme sur dix et une femme sur quatre et ce, pour toutes les tranches d’âge», fait remarquer la nutritionniste Elisabeth Bührer-Astfalk. Les plus menacés sont les adeptes d’un régime végane. Dans notre pays, la Société végane suisse (VGS) estime leur nombre actuel à 80 000, soit quatre fois plus qu’il y a dix ans. «La VGS leur recommande de veiller à un apport suffisant en vitamine B12 et de demander à leur médecin de vérifier son taux au moyen d’un test sanguin», déclare Cristina Roduner,

porte-parole de l’association. Selon elle, une complémentation en vitamine B12 sous une forme concentrée constitue le moyen le plus simple et le plus sûr de s’assurer un apport optimal. Les consommateurs de viande ne sont pas non plus à l’abri d’une carence en vitamine B12, qui peut se manifester en cas de gastrite, d’infections bactériennes ou de maladies inflammatoires chroni­ ques de l’intestin. Les personnes de plus de 50 ans sont également plus souvent carencées, la capacité d’assimilation de la vitamine B12 se réduisant avec l’âge. Fourmillements et sensation de froid dans les pieds et les mains, fatigue ou troubles de la concentration peuvent être les premiers symptômes d’une carence. En cas de déficit avéré suite à un diagnostic médical, la prise d’un complément de vitamine B12 – sous forme de comprimés ou d’injections suivant la cause – permet d’y remédier. Il importe d’agir rapidement, une carence sévère pouvant entraîner des troubles psychiques et une dégradation du système nerveux avec des séquelles irréversibles. Inutile toutefois de céder à la panique. Chez une personne ayant une alimentation équilibrée et en l’absence de suspicion fondée, il n’est pas nécessaire de recourir à des compléments. Elisabeth Bührer-Astfalk préconise plutôt de faire vérifier régulièrement son taux de vitamine B12. l


” Bien

se nourrir pour éviter les carences. ”

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DÉVELOPPEMENT DURABLE

LE COTON BIO

Cornel, le buffle

Anouk,

Eywa,

le lapin

le paon

Migros propose un vaste assortiment de vêtements pour bébé et enfant en coton bio. La collection standard est enrichie, à chaque saison, de nouveaux modèles disponibles pour une courte période.

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Bon pour la peau Les épidermes sensibles, et particulièrement ceux d es enfants, apprécient les vêtements en coton bio. Surtout lorsqu’il s’agit de vêtements portés à même la peau. Texte: Imelda Stalder Photos: Ornella Cacace Illustrations: Daniel Müller (montage Vivai)

Thy,

Elu,

la coccinelle

le dragon

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DÉVELOPPEMENT DURABLE

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n trouve du coton partout, d’un bout à l’autre de la planète. Et nous sommes presque en perma­ nence en contact avec cette fibre textile. Par an, quelque 26 millions de tonnes de coton sont produites à l’échelle mondiale, dont 260 000 tonnes seulement en qualité bio. Utilisé surtout dans l’habillement, le coton sert aussi à fabriquer des chiffons, des bandages, des tapis et d’autres objets appartenant à notre quotidien. Pour se développer, les cotonniers ont besoin d’humidité et, au stade de la ma­ turité, de beaucoup de chaleur. Le coton se cultive donc dans les zones tropicales et subtropicales du globe, entre autres en Inde, en Chine ou dans certaines régions d’Afrique. Mais la majeure partie des vêtements en coton importés en Suisse provient des pays asiatiques. Du fumier au lieu des pesticides

Des semis à la distribution des produits finis dans le monde entier, en passant par la cueillette et le tissage, nombreuses sont les étapes jalonnant la transformation de la fibre textile et le parcours des articles en coton jusqu’à nous. Au lieu d’avoir recours à des quantités industrielles de produits chimiques oné­ reux, dans les champs de coton bio, les nuisibles sont combattus avec des extraits naturels de plantes. Non seulement cela permet de préserver la qualité des sols, mais c’est tout bénéfice pour les paysans, en termes de santé comme d’économies réalisées sur l’achat de pesticides. Les champs bio sont fertilisés avec du fumier naturel et du compost. La rotation des cultures qui y est pratiquée ménage les sols et garantit des récoltes à long terme. Du bio à tous les rayons

En Suisse, aux rayons alimentation, cos­ métiques ou habillement, les consomma­ teurs se laissent de plus en plus tenter par la qualité bio. Pour satisfaire la demande, Migros élargit continuellement ses gam­ mes de produits bio. Les labels Bio Cotton Migros et Eco (v. encadré ci­contre), dis­ tinguent les vêtements bio. l 38

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LE COTON BIO

Pour veiller au Coton bio & standard Eco Toute la collection de base de vêtements pour bébé Migros est en coton bio. Une partie est même fabriquée selon les critères stricts Bio Cotton Migros. Ce label est le garant d’une marchandise produite exclusivement avec du coton issu de cultures biologiques contrôlées. La traçabilité de toutes les étapes de travail est en outre assurée, de la culture au produit fini. Et comme Migros fait vérifier l’intégralité de la chaîne de valeur par un organisme indépendant, on a l’assurance que le coton bio n’est pas mélangé à des cotons ordinaires. Les articles en coton bio répondent en outre aux exigences du standard Eco de Migros. Il s’agit d’une série de directives qui garantissent non seulement une production respectueuse de l’environnement et des conditions de travail stables, mais aussi qu’aucune substance nocive n’est utilisée dans les processus de fabrication des vêtements. Les différents stades de production sont par ailleurs entièrement traçables par Migros elle-même.

bien-être des générations futures

Traiter avec respect

"

Je tiens à ce que mon fils comprenne qu’il n’est pas tout naturel de grandir dans la surabondance, qu’il faut appré­ cier la nourriture, les biens matériels et la nature à leur juste valeur et les traiter avec respect.

Liv Christensen et Thy, 11 mois

Penser globalement

"

Lorsque je fais mes courses, je privilégie les produits de saison, bio, estampillés de la région ou issus du commerce équitable. Ces critères glo­ baux déterminent le contenu de mon caddie. Les facteurs de production éco­ nomiques et écologiques en font aussi partie.

Barbara Wetzel et Elu, 5 ans


Du naturel,rien que du naturel

Accorder de la valeur

"

J’attache une grande importance aux produits bio, dans tous les domaines. Mais ils sont parfois trop chers pour moi. Alors lorsqu’ils sont en action, j’en profite. Surtout les vêtements et les articles pour enfants.

Doux pour la peau Crème pour le visage et le corps de bébé Milette Naturals, Fr. 5.90

Bien au sec Milette Midi 3, 5–9 kg, 48 couches., Fr. 11.80

Ceklin Varis et Eywa, 3 ans

© Photos vêtements: Philip Frowein, stylisme: Filipa Fernandes, coiffure et maquillage: Najat Zinbi, prises de vues réalisées au g27, à Zurich

2 Faire attention

"

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1

Nous regardons toujours la provenance des aliments. Quant aux habits, nous avons des amis qui nous en donnent, mais si nous en achetons, c’est bio ou Fairtrade.

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Brian et Anouk, 2 ans

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Préserver la nature

"

Lorsque j’ai eu mon enfant, j’ai réalisé combien il était essentiel d’œuvrer à la sauvegarde de l’environnement que nous laissons en héritage. Il est important pour moi que mon fils sache se montrer prévenant, secourable et tolérant envers ses camarades.

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7

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Tous ces articles sont dotés du label Bio Cotton Migros. 1. Combinaison courte garçon, nouveau-né, pack de 2, Fr. 19.–. 2. T-shirt à manches courtes garçon, bébé, blanc, Fr. 7.–. 3. Short garçon, pack de 2, Fr. 15.–. 4. Pyjama nouveau-né unisexe, long ou court, lange incl., Fr. 25.–. 5. T-shirt à manches courtes garçon, bébé, bleu, Fr. 7.–. 6. T-shirt à manches longues fille, bébé, rose, Fr. 7.–. 7. Culottes garçon, pack de 5, Fr. 14.–. 8. Ensemble fille, culotte pack de 3 et T-shirt pack de 2, Fr. 19.–.

Mirjam Knecht Wäger et Cornel, 4 ans Vivai 3/16

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Cuire Ă la vapeur et manger sain


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Une cuisine simple et rapide n’exclut pas des plats sains et goûteux. Un défi relevé haut la main par les fours vapeur dernière génération.

à

l’époque de la Chine impériale, les aliments étaient cuits à la vapeur pour les rendre plus digestes et préserver couleurs, goûts et textures. Aujourd’hui, cette méthode de cuisson à la vapeur retrouve ses lettres de noblesse. Effectuée à chaleur douce, elle s’inscrit dans un mode de vie sain, car elle permet de préserver tout à la fois les nutriments, les vitamines et les arômes des ingrédients. Cuits à la vapeur, les haricots verts contien­ nent ainsi 20 % de vitamine C de plus que lorsqu’ils sont bouillis. Les carottes conservent un bel orange lumineux, tandis que les brocolis offrent une saveur incomparable. Enfin, autre avantage et non des moindres, tout ajout de matières grasses s’avère superflu. La vie moderne s’accompagne souvent d’un quotidien trépidant, synonyme de course contre la montre. La préparation des repas doit être simple et rapide, ce qui n’exclut pas des plats sains, bons et variés. Un défi que relèvent haut la main les fours combinés vapeur comme le Combi­Steam de V­ZUG. Ces appareils associant four traditionnel et cuisson à la vapeur ouvrent les portes d’un nouvel univers culinaire riche en saveurs. Les fours combinés vapeur sont résolument poly­ valents. Outre les légumes, ils cuisent aussi les viandes, le pain, les œufs ou des frites à la perfection. Ils per­ mettent également de préparer un menu complet. Riz,

légumes et poulet peuvent être cuits simultanément, sans mélange de goûts ni d’odeurs. Autant de temps gagné pour apprécier la compagnie de ses convives. Le secret du Combi­Steam de V­ZUG réside dans plusieurs années de travail intense en recherche et développement. V­ZUG collabore étroitement avec des cuisiniers professionnels et intègre leur précieux savoir­ faire dans la conception de ses appareils. Bien que conçu pour un usage domestique, le Combi­Steam a séduit de grands chefs cuisiniers: «Ce four combiné offre un confort d’utilisation optimal et il atteint rapi­ dement la bonne température au degré près. Il autorise même le stockage de nos propres recettes, c’est tout simplement génial!», s’émerveille Nenad Mlinarevic, couronné «Cuisinier de l’année 2016» par le Gault & Millau Suisse. Parions que les cuisiniers de la cour impériale dans la Chine ancienne auraient eux aussi plébiscité le Combi­Steam de V­ZUG.

© Getty Images

And «last but not least», tous les fours Combi-Steam de V-ZUG sont développés et fabriqués à Zoug par le leader du marché suisse. De quoi réjouir les adeptes d’un mode de vie responsable et durable. Informations complémentaires sur www.vzug.com.


CADDIE SOUS LA LOUPE

L‚ ANALYSE DU PSY

Ces achats ont été déposés sur le tapis roulant à Migros Tivoli, à Spreitenbach.

Mais pourquoi deux shakers ? Derrière ces achats, notre expert verrait bien une femme dans la trentaine, d’origine étrangère. Mais il a du mal à s’expliquer pourquoi elle achète deux shakers? Photos: Nik Hunger

m

a première impression est que notre client ou cliente mystère se nourrit selon un schéma précis et savait à l’avance ce qu’il ou elle allait acheter, à l’exception peutêtre des deux shakers. Intuitivement, je pense à une jeune femme d’origine étrangère qui veille à mener un style de vie sain et couvre principalement ses besoins en vitamines et 42

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en éléments nutritifs avec des fruits. Elle n’a que peu de temps pour cuisiner, car elle travaille et promène son chien durant ses loisirs. Mais peut-être que tout cela n’est pas aussi limpide qu’il y paraît au premier coup d’œil. Un bon jugement repose sur le juste équilibre entre l’intuition et l’analyse critique. Je vais donc me pencher sur la composition de ce caddie qui soulève

plusieurs questions. Pourquoi acheter deux shakers? Et pourquoi n’y a-t-il pas de légume, ni de pain, ni d’autre féculent dans ce caddie? A quoi serviront le lait de noix de coco et les tapenades? Pour les deux shakers, la réponse me paraît simple. L’un pourrait être pour les sauces à salade et l’autre, pour les jus de fruits. Je suis presque sûr que certains fruits seront transformés en frappés. On


peut réaliser de délicieux smoothies avec des papayes, de l’ananas, des kiwis ou des mangues mixés avec du lait de noix de coco, du yogourt au soja, de la menthe et un peu de gingembre. Faciles à emporter dans leur gobelet, ces boissons riches en vitamines sont une collation idéale pour le bureau. Cette personne, dans la trentaine selon moi, fait sûrement ses courses plusieurs fois par semaine, car elle privilégie les fruits frais. Au petit-déjeuner, elle mange un muesli avec des myrtilles ou de la mangue. Si la balade matinale avec son chien dure plus longtemps que prévu, elle se contentera d’un yogourt moka et d’un fruit. A midi, elle se nourrit d’un jus de fruits maison et d’une part de pizza. Le soir, salade verte, fromage doré au four et fruits composent son menu. En fin de journée, le chien veut sûrement ressortir. Il doit manifester son impatience jusqu’à

Il y a très probablement du muesli aux fruits au petit-déjeuner.

Le psychologue de la nutrition Robert Sempach est responsable du projet Santé pour le Pour-cent culturel Migros. Son projet Tavolata a pour but de réunir des personnes âgées autour d’une table. Infos sur: www.tavolata.net.

ce que sa maîtresse l’emmène une nouvelle fois en balade. Mais ne pourrait-il pas s’agir d’un acheteur mystère? Cette question me tracasse. Je vais me procurer les articles que je ne connais pas à la Migros de mon quartier. La seule information pertinente que j’y récolte est que le fromage au four n’est en vente que dans les MMM. En payant, je demande son avis à la caissière. Diplomate, elle me répond: «Les hommes assurent de plus en plus en cuisine.» Pour elle, il est tout à fait possible qu’un homme ait fait ces achats. De retour chez moi, mon fils me livre le plus convaincant des arguments: «Les fruits, il faut les éplucher. Et là, les hommes n’assurent pas.» Je maintiens donc qu’il s’agit d’une femme. Et je suis quasi certain qu’elle habite dans la région zurichoise. Pour savoir qui a fait ces achats, tournez la page.

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CADDIE SOUS LA LOUPE

La solution Bea Frei, comptable de 50 ans, préfère balader ses chiens que cuisiner. Elle se nourrit de «convenience food» et de smoothies.

n

’ayant pas le temps de cuisiner, j’achète des plats tout prêts, et j’équilibre mon alimentation avec des smoothies. J’en emporte également au bureau dans un shaker. Je suis comptable et, à côté, je fabrique aussi des accessoires pour chiens que je vends en ligne. Au bureau, je me contente de fastfood, et le soir, je mange du pain et du fromage. Et puis je bois des smoothies avec des fruits et des légumes, pour les vitamines, du lait de noix de coco et du gingembre pour le goût. Je consacre mon temps libre à mes quatre bergers australiens, et je passe plus de temps aux fourneaux pour eux que pour moi. Je leur donne de la viande crue et des abats, accompagnés de flocons d’avoine, avec des œufs, des herbes et des légumes crus, et aussi un peu de mes smoothies. l Propos recueillis par Ueli Bischof

© Antistress AG

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L ‚ ALLEMAGNE DU NORD

L’Allemagne du Nord possède des plages immenses, comme celle de St. PeterOrding (photo). Et puis, le risque d’y attraper un coup de soleil est minime. Au mois d’août, la lande de Lunebourg est couverte de bruyère mauve. Ses étendues sauvages s’explorent à pied ou à vélo.

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Embruns et bruyère Au nord de l ‚ Allemagne, le vent et la mer ont forgé les paysages du littoral. Et la nature a gardé son caractère sauvage. En été, la lande où fleurit la bruyère séduit les randonneurs et les cyclistes. Texte: Harald Braun Photos: Sabine Braun

Illustrations: Orlando Hoetzel


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L ‚ALLEMAGNE DU NORD

n Allemagne comme dans de nombreux pays, les habitants des régions septentrionales sont très différents de ceux des régions méridionales. L’allégation n’est certes pas très originale, mais les Allemands du Sud sont plus proches des Suisses, et pas uniquement d’un point de vue géographique. D’ailleurs, il y a autant de clichés qui circulent en Suisse sur les habitants d’outre-Rhin qu’en Allemagne du Sud sur ceux des régions du Nord du pays. L’Allemand du Nord est volontiers décrit comme un gars rude, insensible aux intempéries et très carré. Et les blagues sur son caractère taciturne sont légion. Notamment celle des deux pêcheurs assis au bord d’un étang sous une bruine persistante. Quelques heures s’écoulent ainsi, sans qu’ils n’échangent un mot, quand soudain, ils entendent un appel à l’aide: «Help! Help!». Aucun des deux compères ne réagit. Les minutes passent, et l’un des pêcheurs confesse qu’il parle des langues étrangères. L’autre lui fait remarquer que cela n’a pas servi à grand-chose. Tel est le genre d’humour que l’on apprécie sur le littoral septen48

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trional. Au Nord, le littoral totalise des centaines de kilomètres. De peu de relief et battu par les vents, il compte également de grandes villes, comme Hambourg, Brême ou Kiel, toutes situées à proximité de la côte. En dehors de ces centres urbains, les paysages sont très verdoyants et peu peuplés. De tous temps, des marins en provenance des quatre coins de la planète ont débarqué dans les ports d’Allemagne du Nord. Ils ont dû se familiariser avec l’architecture gothique en briques rouges, la sobriété du protestantisme et le très chic «vison jaune des Frisons» (en référence au tissu enduit des imperméables). Grâce à ces apports de l’étranger, les autochtones ont acquis une certaine tolérance et une ouverture d’esprit. Quant aux nouveaux venus, ils ont gagné en termes de culture générale. Ils ont en outre appris que la spécialité locale, le Labskaus, est tout à fait mangeable, à condition d’y mettre de la bonne volonté. Mais aussi que «Moin Moin!» est une formule de salutation utilisée tout au long de la journée et que, contrairement aux préjugés, on peut très bien se lier

d’amitié avec un Allemand du Nord. Certes, cela exige souvent davantage de patience qu’ailleurs, mais quand c’est fait, c’est pour la vie. Ce n’est pas par hasard que le célèbre pirate Klaus Störtebeker et l’ancien chancelier Helmut Schmidt sont vénérés comme des icônes de l’art de vivre local. En Allemagne du Nord, on s’identifie plus facilement au baroudeur qui ne se laisse pas dicter sa conduite et a toujours une flasque de rhum dans la poche. C’est d’ailleurs à sa résistance à l’alcool que Klaus Störtebeker doit son surnom, qui dérive de l’expression «Stürz den Becher» (Fais cul sec). L’apparente rudesse de l’Allemand du Nord dissimule toutefois souvent une âme douce et sensible, tiraillée entre son amour pour la patrie et l’appel du large. Le chanteur hambourgeois Hans Albers a merveilleusement capturé cette ambivalence dans les paroles mélancoliques de sa chanson Das Herz von St. Pauli. Il y dit à peu près ceci: «Le port, les lumières, le navire s’en va au loin, la nostalgie pour compagne. Le cœur de St. Pauli t’implore, reviens, car là sur les rives de l’Elbe, là t’attend le bonheur.»


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REISEN

Des phoques paressent au soleil sur un banc de sable face à l’île de Langeness. Séjourner sur cette bande de terre qui ne compte que 136 habitants est tout aussi relaxant. Le soir venu, un chien et son maître profitent du grand air à Langeness. Les Allemands du Nord sont réputés pour leur rudesse, mais celle-ci cache souvent un cœur tendre et une tendance à la mélancolie.

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L ‚ALLEMAGNE DU NORD

Battu par les vents, baigné par les flots

Ce n’est pas par hasard que la célèbre série télévisée Contre vents et marées a été tournée à Sankt Peter-Ording. Car ce dont cette petite ville balnéaire de la mer du Nord ne manque pas, c’est bien de bise. Une bise soutenue qui rafraîchit l’atmos­ phère tout au long de l’année. Le vent ne gâche toutefois pas le plaisir de la baignade. Les vacanciers qui optent pour cette station thermale du parc national de la Mer des Wadden de Schleswig­Holstein savent en principe ce qui les attend: douze kilomètres de plage jusqu’à deux kilomètres de large – et rarement un coup de soleil! Parcourir la distance entre la promenade du bord de mer et le rivage léché par les vagues est déjà un bon exercice. Si après, c’est tou­ jours la grande forme, on peut encore pousser jusqu’à la Magdalenenspitze, ou Maleens Knoll, et gravir la dune de sable de 16 mètres de haut pour admirer la vue. C’est le promontoire naturel le plus élevé de toute la région. Vu que le vent souffle pratiquement en permanence, on peut aussi attraper une planche pour aller chevaucher les vagues. Les conditions sont idéales. Par contre, les hôtels, restaurants et lieux de divertis­ sement ont un peu perdu de leur superbe au fil des ans. Sankt Peter-Ording, une station balnéaire jadis réputée pour son ambiance très cool, semble toutefois ne pas avoir dit son dernier mot. Des hôtels du front de mer, comme le Beach Motel ou le Strandgut, accueillent les moins de 60 ans. Quant au restaurant Arche Noah, filiale du fameux Sansibar de Sylt, il mise sur une clientèle de jeunes aux bonnets multicolores et à la barbe soignée. Même le sympathique cinéma Nordlicht a rou­ vert ses portes et propose un programme pour tous publics. Sankt Peter-Ording serait-elle en train de redevenir hype?

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Voilà une ques­ tion que la petite station thermale de Wangerooge, une île de la Frise orientale, n’a pas pour habitude de se poser. De par sa nature, le Frison de l’Est éprouve une grande méfiance envers des termes du genre «trendy» ou «hype». Il raserait plutôt sa barbe blanche que de se laisser accaparer par de telles considérations. Ce qu’il aime en revanche, ce sont les vagues et le vent. L’île est l’un des meilleurs spots de surf en Europe, et ce ne sont pas uni­ quement les autochtones qui l’affirment. Au nord, une plage de sable fin ourle la mer houleuse, et au sud, la mer des Wad­ den, peu profonde, offre des conditions optimales pour s’initier au surf. Sinon, Wangerooge est plutôt du genre paisible. Il y règne presque une atmosphère de recueillement. Dès que l’on pose le pied sur le débarcadère, on peut lire l’inscrip­ tion suivante: «Gott schuf die Zeit, von Eile hat er nichts gesagt» (Dieu créa le temps, mais n’a jamais dit de se presser). Le fait qu’aucune – vraiment aucune – voiture ne circule sur l’île ajoute encore à son charme. Rien ne trouble la sérénité des lieux. Enfin, plus maintenant. Jusqu’en 2015, le chœur De Wangerooger tirait parfois l’île de sa torpeur avec ses chan­ sons de marin, en entonnant notamment Ein Wind, le plus beau titre de son réper­ toire. Cette formation s’est dissoute après 45 ans d’existence, mais le vent, lui, continue de souffler sur Wangerooge. On a vite fait le tour de Norder­ ney, et l’ambiance sur Wangerooge a quelque chose de plutôt intime. Que dire de Spiekeroog? Cette langue de terre d’à peine 10 kilo­ mètres de long et 2,5 de large, station bal­ néaire depuis 1846, apparaît encore plus solitaire, plus paisible. Osons dire plus décontractée que les autres îles de la Frise

orientale. D’abord, il n’y a pas d’aéroport. Pour rallier le continent, les visiteurs dépendent des allées et venues du ferry qui adapte ses horaires en fonction des marées. Et qui est donc difficilement prévisible. Qui plus est, les voitures sont interdites sur l’île. Quant aux cyclistes, ils y sont tout juste tolérés. Certes, les vélos ne sont pas interdits, mais on ne vous en louera aucun sur Spiekeroog. (Selon l’an­ nonce officielle de l’office du tourisme local, faire un tour à vélo sur l’île ne rime de toute façon à rien…) En revanche, Spiekeroog propose un service qui donne définitivement à cette île, qui ne compte que quelque 750 habitants, l’air d’un musée nostalgique à ciel ouvert: on peut y emprunter des chariots pour tirer ses enfants. Mieux encore, l’île possède une voie hippomobile historique. Sur Spieke­ roog circule en effet le seul et unique train d’Allemagne encore tracté par des che­ vaux. Les visiteurs désireux d’effectuer le trajet jusqu’à la pointe occidentale de l’île

Spécificités linguistiques de l’Allemagne du Nord Lorsque l’on s’aventure en Alle­ magne du Nord, que l’on parle ou non la langue de Goethe, il vaut mieux avoir quelques connais­ sances du vocabulaire local. Dans la région, on ne dit pas Guten Tag (bonjour) mais Moin Moin. Cette formule de salutation issue du bas­allemand s’emploie tout au long de la journée. Autres expres­ sions méritant traduction pour le reste du monde: Bagalut (voyou), bannig (très, beaucoup), Bangbüx (froussard), Buddel (bouteille), Butter bei die Fische (expression uti­ lisée pour exhorter quelqu’un à en venir au fait), butschern (vadrouiller), Deern (fille), dödeln (traînailler), Dölmer (imbécile), Dösbaddel (idiot, lourdaud), Fiesematenten (difficultés), plietsch (futé, rusé).


depuis l’ancienne gare doivent prévoir 25 minutes, retour compris. Et s’acquitter du montant de la course de quatre euros. Sans verser un centime d’euro, on peut profiter de la plage de Spiekeroog, qui s’étend sur 15 kilomètres. Un ruban de sable digne des Caraïbes. Le cœur historique de la commune de Spiekeroog est, quant à lui, blotti à l’ombre de grands arbres – ce qui est assez surprenant pour une île de la Frise orientale. C’est l’héritage d’un forestier venu de la lointaine Hanovre au XIXe siècle et qui a séjourné quelque temps sur l’île.

Sur Langeness, devant l’hôtel Ankers Hörn et face à la mer, un fauteuil de plage invite le visiteur à se livrer à la contemplation. Pour découvrir les paysages de l’Ammerland, l’idéal est le vélo. Des familles d’agriculteurs accueillent les vacanciers affamés et assoiffés à la ferme, proposant entre autres de succulentes gaufres maison.

Pour utiliser une image poétique, on peut dire que l’eau étreint amoureusement Langeness. Les 136 insulaires vivant à l’année sur ce morceau de terre marécageux de la mer du Nord, au large des côtes du Schleswig-Holstein, voient toutefois les choses un peu différemment. Pas étonnant si l’on considère la vingtaine d’inondations, s’apparentant parfois à de véritables raz-de-marée, qui submergent l’île chaque année. Lorsque la tempête Xaver a déferlé sur la région en 2013, les habitants ont vraiment craint pour leur petite île, dont on peut faire le tour en une demi-heure à vélo. A condition, bien sûr, d’avoir la force nécessaire pour lutter contre les vents contraires. La vie sur une île de l’archipel des Hallig, y compris les îles voisines de Hooge et Oland, n’est pas toujours une partie de plaisir. Pour de nombreux visiteurs, c’est justement là que réside tout l’attrait de Langeness. C’est un endroit idéal pour s’évader d’un monde au rythme infernal. L’hôtel Ankers Hörn offre un cadre pittoresque où se ressourcer en écoutant les histoires des gens du cru et en savourant un gâteau maison. Et sans savoir si, le lendemain, les flots déchaînés n’empêcheront pas tout départ de l’île. Aux dires des insulaires, les personnes en harmonie avec elles-mêmes apprécient particulièrement l’expérience. Vivai 3/16

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VOYAGER

L ‚ALLEMAGNE DU NORD

La nature à perte de vue Même sans consi­ dérer Hermann Löns comme un grand écrivain, et en dépit de sa passion pour le kitsch, ce séducteur et alcoolique notoire avait raison sur un point: la lande de Lunebourg est une merveille de la nature. En automne, la plus ancienne réserve naturelle d’Alle­ magne, qui s’étend entre l’Elbe, la Wümme et l’Aller, offre un spectacle extraordinaire: des étendues tapissées de bruyère, avec ici et là, des bouleaux pointant vers le ciel et des moutons qui paissent en toute liberté. Un tableau digne d’un film fantastique hollywoodien. Mais les charmes naturels de la lande ne sont

pas les seuls à attirer dans la région des visiteurs du monde entier. Dans le triangle formé par Hanovre, Hambourg et Brême, des villes de moyenne envergure, comme par exemple la vibrante cité universitaire de Lunebourg ou la jolie bourgade de Celle avec ses maisons à colombages, se sont métamorphosées en attrayantes des­ tinations touristiques. Même les férus de culture sont sous le charme. Ils y décou­ vrent de belles églises, des monastères et des dômes impressionnants, comme à Bardowick ou à Verden. Les villages cir­ culaires typiques du Wendland ont aussi un intérêt historique aux yeux des ama­ teurs avertis. Au terme d’une journée sur la lande, les spécialités locales servies copieusement sont particulièrement bien­ venues. Le Salzkorn, dans la vieille ville de Lunebourg, est une bonne adresse.

Il n’est pas facile de tran­ cher sur cette question: l’Ammerland, au nord­ ouest de la Basse­Saxe, est­il un domaine de ran­ données pédestres, le plus beau parc paysager du nord de l’Allemagne ou plutôt un haut­lieu pour les balades à vélo? Chacune de ces allégations est juste. Le tour du lac de Bad Zwischenahn, très populaire, fait pencher la balance du côté de la randonnée, tandis que les vingt itinéraires thématiques pour cyclistes parlent en faveur de la petite reine. Mais le Park der Gärten de Bad Zwischenahn, qui comprend plus d’une quarantaine de jardins ouverts au public, ainsi que les in­ nombrables et somptueux parcs (parfois privés) de la région alignent eux aussi des

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arguments de poids. Quelles que soient les attentes qu’il satisfait le mieux, l’Ammerland faiblement peuplé (on n’y répertoriait aucune ville avant 1977) invite avant tout à se mettre au vert et à prendre une bonne bouffée d’air frais. Marais, landes, forêts et prairies y composent un joli décor émaillé des emblématiques rhododendrons. Le Weserbergland est un domaine de randonnées encore peu connu. Les 225 kilomètres de sentiers pittoresques se perdant parfois dans les sous-bois, cheminant souvent le long de la Weser, mais toujours ponctués de superbes points de vue et d’auberges accueillantes devraient bientôt changer cet état des faits. Celui

qui souhaite parcourir le trekking du Weserbergland dans son intégralité a 13 étapes à effectuer, entre Hannoversch Münden et Porta Westfalica. On peut, bien sûr, se contenter de parcourir une seule étape. Aménagés il y a seulement trois ans, les sentiers sont en principe bien balisés. Pas besoin non plus d’être un alpiniste pour s’attaquer à la vallée. Les gens du coin ont par ailleurs de l’empathie pour les marcheurs, qui découvrent parfois sur le pas d’une porte des boissons et un casse-croûte déposés à leur intention. Et pas de souci, on peut flancher en cours de route et prendre discrètement le bus jusqu’à la prochaine étape sans avoir à avouer son méfait. Dans la région de Bodenwerder, patrie du fameux baron de Münchhausen, on prend parfois quelques libertés avec la vérité… l

Spécialités culinaires d’Allemagne du Nord Le plat le plus célèbre de la cuisine du nord de l’Allemagne, le Labskaus, a été créé par des marins. Il s’agit en fait d’une bouillie de pommes de terre, de betteraves rouges et de viande en boîte. Serait-ce pour répondre à la nécessité de nourrir un équipage avec les maigres vivres d’une cambuse? Les plats à base de poisson, le Matjes ou le Pannfisch, figurent parmi les spécialités du littoral. Nous vous conseillons le Finkenwerder Scholle, un poisson farci de lard, d’oignons et de crevettes de la mer du Nord. A la fin de l’automne et en hiver, on opte pour le chou avec des Pinkel (saucisses au gruau).

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MON COIN À MOI

JAKE BROWN

« Au début, on se retrouvait simplement pour passer du bon temps ensemble, puis la musique a pris le dessus. »

Après une année de gymnase, Jake Brown, 18 ans, a bifurqué vers un apprentissage de réalisateur publicitaire. Ce choix lui permet de s’adonner plus librement à sa passion, la musique. Son univers musical est le punk rock. Adepte de BMX et joueur de squash, il aime aussi le cinéma.

Notre salle de répète

u

ne cave louée à Zurich nous sert de salle de répétition. Avec les deux autres membres de notre groupe, Killjoy, nous nous y retrouvons une fois par semaine. Au début, nous nous réunissions simplement pour passer du bon temps ensemble, puis la musique a pris le dessus. Notre style musical associe le punk rock à des éléments de blues, ce qui donne un son assez unique. Alessandro est à la batterie, et Max, à la basse. Il chante aussi, et il est excellent dans le registre du blues à la Jimi Hendrix. Quant à moi, je suis compositeur, guita58

Vivai 3/16

riste et chanteur. J’ai été particulièrement influencé par le groupe Green Day. Ce qui me plaît, c’est l’esprit punk, son côté trash et rebelle, et c’est à travers la musique que je peux le mieux l’exprimer. Lorsque j’ai terminé la composition d’une chanson, je la présente aux deux autres membres du groupe. Si ça leur plaît, nous poursuivons l’arrangement musical tous ensemble. Nous aimons bien aussi faire des impros. Quand le résultat sonne bien, je rentre à la maison avec l’enregistrement pour composer un texte sur la musique. Bien sûr, en dehors des répètes, il

nous arrive de nous retrouver tous les trois pour aller à un concert ou boire un verre. Mais en général, on a plutôt envie de prendre nos instruments et de se mettre à jouer ensemble. Notre salle de répète est devenue pour moi une sorte de port d’attache. Parfois, j’y viens aussi avec d’autres potes. Nous buvons quelques bières, nous discutons et écoutons de la musique. Donner un concert dans ce lieu serait top, mais comme il ne s’y prête pas trop, pour l’heure, nous nous produisons sur d’autres scènes. l Propos recueillis par Petra Koci.


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