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Le magazine

du bien-être et du développement durable

04/2015

NUTRITION Venue de Scandinavie, la nouvelle cuisine nordique part à la conquête de nos assiettes.

BOUGEZ ! La natation est l’un des meilleurs sports pour l’organisme. A condition de maîtriser la technique.

Magie de la forêt Ecosystème,espace de détente,lieu de travail,la forêt vit et,plus que jamais, a sur nous un effet presque magique.


oekom Rating 2015: Migros n° 1 mondial des détaillants durables.

Nous promettons à Jay d’appliquer également les normes suisses à l’ensemble de nos produits en provenance de l’étranger. En collaboration avec des partenaires, tels que la Protection Suisse des Animaux PSA, nous nous assurerons que tous nos animaux (y compris à l’étranger) soient élevés dans le respect de leur espèce, et ce d’ici 2020 au plus tard.

Plus sur generation-m.ch


ÉDITORIAL

Chère lectrice,cher lecteur, Je dois dire aussi… Sur la forêt

Photo de couverture: Getty Images, © Roland Tännler, Shutterstock

Je n’avais plus de place dans mon éditorial, mais je voulais encore mentionner la forêt de bambous du parc Arashi­ yama, près de Kyoto. Pour voir des photos de cet en­ droit de rêve, tapez «bam­ bous+Arashiyama» dans le champ de votre moteur de recherche ou rendez vous sur www.tumblr.com. Une beauté en filigrane! Intéres­ sants aussi, les écrits sur la forêt du biologiste autrichien Clemens Arvay, pour qui la forêt est une panacée. Son dernier livre, Der BiophiliaEffekt (non traduit à ce jour), est un plaidoyer pour la forêt et son impact bienfaisant sur l’être humain, preuves scientifiques à l’appui.

Sources pour gourmets

On ne peut pas dire que je sois un cordon­bleu, mais j’apprécie la bonne cuisine. Et je consulte volontiers des blogs culinaires à la recher­ che d’idées originales, p. ex. www.dastrueffelschwein.ch (en allemand) des Médias Migros. Le site de Cuisine de saison – www.saison.ch/fr – est également une mine!

Je dois avouer que je ne suis pas très téméraire, surtout dans les situations où les belles paroles ne suffisent pas. Lorsque je me retrouve seule en forêt, par exemple, je suis toujours en proie à l’anxiété. Cela ne m’empêche toutefois pas de faire mon jogging sur les versants boisés du Züriberg. Par un beau matin d’été, tandis que je courais sur un chemin ombragé, j’ai entendu ce qui ressemblait à une respiration régulière. (Les arbres? Un animal sauvage?) J’aurais dû avoir peur, mais, c’était étrangement beau. Et puis, j’ai aperçu deux chiens. L’un, campé à gauche du chemin, l’autre, à droite. Ils se fixaient en émettant des grogrements, tandis que leurs maîtresses conversaient une vingtaine de mètres plus loin. Or, j’ai plus peur des chiens que de la forêt. Pour me donner du courage, je me suis dit: «Ces chiens ne s’intéressent pas à toi.» Exact, sauf que je me trouvais juste au milieu quand ils se sont jetés l’un sur l’autre. Huit pattes entremêlées m’ont fait tomber à terre. Heureusement, je m’en suis sortie indemne – et riche d’une nouvelle expérience. La morale de l’histoire: le danger d’une forêt ne vient pas de ses habitants, mais de ses visiteurs. Mais regardons un peu au-delà de nos forêts, en direction du pays du Soleil-Levant. Les Japonais vénèrent les arbres et étudient les bienfaits qu’ils prodiguent. Le shinrin-yoku ou «bain de forêt» est, chez eux, une thérapie reconnue. Des études ont d’ailleurs prouvé qu’un séjour en forêt influait positivement sur les systèmes nerveux et immunitaire. Le Japon compte plus de 70 forêts certifiées «centre de thérapie sylvestre». Méditer en forêt au lieu de se plaindre en salle d’attente! Je vous souhaite une bonne lecture de ce numéro très vert, en espérant que la forêt ne vous cachera pas les arbres…

Rédactrice en chef Vivai 4/15

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e u q s Pre its, ça parfaaussi. va

Les produits bio Alnatura pour bébés et jeunes enfants sont disponibles à votre Migros et sur LeShop.ch


APERÇU

dable ! C’est formi tenu la Vivai a obd’argent médaille s européen au concourications des publ se, dans d’entrepri rie Biens la catégo mation. de consom

Impressum Editeur: Fédération des coopératives Migros Directeur des médias Migros: Lorenz Bruegger Directeur des éditions: Rolf Hauser Directrice des publications: Monica Glisenti Rédactrice en chef: Susanna Heim Adjointe: Christine Kunovits Coordination: Imelda Stalder Edition allemande: Lukas Hadorn Edition française: Sylvie Castagné Edition italienne: Lino Bianchi Directrice artistique: Dora Siegenthaler Rédactrice photo: Cornelia Thalmann Traitement d’images: Reto Mainetti Révision (F): Micheline Fontolliet Adresse de la rédaction: Magazine Vivai, case postale 1766, 8031 Zurich, vivai@mediasmigros.ch www.migros.ch/fr/vivai

De g. à dr.: Andrea Schlenker (FCM), Susanna Heim (rédactrice en chef de Vivai) et Dora Siegenthaler (directrice artistique de Vivai) à la remise des prix du concours Best Corporate Publishing 2015.

Imprimerie: Vogt-Schild Druck AG, CH-4552 Derendingen Papier: sans bois, FSC-Mix Emissions de CO2 compensées par un projet au Brésil ISSN: 1663-716X Tirage total de Vivai: 250 000 D: 173 000, F: 60 000, I: 17 000 exemplaires

Le photographe Nik Hunger en pleine prise de vue pour la rubrique «Caddie sous la loupe». Mieux vaut ne pas avoir le vertige…

© Marion Nitsch, Ueli Bischof

Les experts

Commandez gratuitement Vivai par e-mail à: abonnements.vivai@ mediasmigros.ch ou par téléphone au: 0800 180 180

Fabio Capraro donne des cours sur la natation à l’Université de Bâle. Il nous explique en quoi consiste un bon entraînement dans l’eau (p. 52).

Pour les articles sur la nutrition, nous faisons appel à David Fäh, physiologiste nutritionniste et enseignant à l’Université de Zurich.

Ingénieure en technologie alimentaire et auteure d’ouvrages spécialisés, Marianne Botta Diener s’intéresse ici à la cuisine nordique (p. 42).

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Publireportage

Daner, 4 ans, a enfin recouvré la santé Daner revient de loin. Des diarrhées à répétition ont entravé la croissance de ce petit Bolivien de 4 ans. Aujourd’hui, c’est du passé : des dons de Suisse ont rendu possible la construction d’un système d’alimentation en eau potable dans le village de Daner. Daner est petit et chétif pour son âge, mais c’est un galopin turbulent aux yeux pétillants. « Depuis que nous avons de l’eau potable, Daner se porte bien », relève sa mère Graciela Flores, 35 ans. « Avant, nous souffrions beaucoup, rapporte-t-elle. Comme les autres familles, nous utilisions l’eau du fleuve pour la lessive et la vaisselle. Les enfants tombaient malades quand nous les lavions. Et souvent, nous n’avions pas d’autre choix que de boire l’eau du fleuve. » Graciela

Flores laissait alors l’eau sale décanter une demi-heure dans un seau avec quelques feuilles de pêcher, pour que le gros des impuretés coule au fond. Le village de Candial se trouve dans une vallée fertile, entourée de rochers arides et de hautes montagnes. L’eau du fleuve suffit à irriguer les champs, mais elle est trop polluée pour que les gens puissent la boire. Il y a bien une petite source d’eau potable au village, mais son débit n’était pas suffisant et elle tarissait sans cesse. Maintenant, c’est du passé : avec le soutien de Caritas, les villageois ont aménagé un système d’eau potable qui fournit un raccordement à 64 familles.

« Aujourd’hui, nous avons suffisamment d’eau pour boire, cuisiner et faire la lessive. Daner peut se laver avant d’aller à l’école », explique la mère de l’enfant. Fiers de montrer la quantité d’eau que Apprenez-en plus sur le bonheur de Daner : donne le nouveau point d’eau, les agirtoutsimplement.caritas.ch/daner enfants s’aspergent joyeusement.

Bolivie : de l’eau potable pour les plus pauvres Dans le district de Sapahaqui, au sud-ouest de La Paz, plus de 95 % de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté. Un quart seulement des communes disposent d’un système d’eau potable avec raccordement à domicile. La situation précaire et le fait que les gens n’ont pas l’habitude de prendre des mesures d’hygiène favorisent la propagation de maladies graves et entravent le développement des villages. Depuis 2013, Caritas Suisse soutient sa partenaire Caritas Corocoro dans la construction de systèmes d’approvisionnement en eau et le développement communal des villages du district de Sapahaqui. Avec l’argent des donateurs de Suisse, Caritas assure l’accès à l’eau potable et améliore les installations sanitaires dans les écoles. La population est en outre informée des questions d’hygiène et des comités locaux sont constitués. Ils assumeront par la suite la responsabilité de l’entretien et de la gestion des installations. Compte postal : 60-7000-4 Pour les dons en ligne : agirtoutsimplement.caritas.ch/ bolivie


ÇA FAIT PLAISIR

Beauté pour tous Le magazine des consommateurs Saldo a testé des crèmes pour le visage. Zoé Aqua Detox Crème de jour de Migros a été désignée meilleur produit dans ce domaine, car elle allie pouvoir hydratant et protection UV au prix imbattable de Fr. 15.80. Ce qui est en effet très raisonnable par rapport aux autres crèmes testées, vendues jusqu’à 80 francs pour la même quantité!

GOLDEN EGGS

Au plan mondial, 60 % des œufs vendus proviennent encore de poules vivant en cage. Un constat bien triste, régulièrement décrié par les défenseurs des animaux, notamment par Compassion in World Farming. Cette organisation décerne des Œufs d’Or aux entreprises qui s’engagent à améliorer le bien-être des animaux dans l’industrie agroalimentaire. En 2015, c’est Migros qui a ainsi été distinguée. Il faut dire que, depuis 2011, une directive est appliquée dans tout le groupe Migros: aucun œuf issu d’un élevage en cage n’est vendu dans les magasins ni utilisé sur les sites de production.

© Getty Images, iStockphoto

Microbilles naturelles En ce moment, on parle beaucoup des billes de plastique ajoutées aux produits exfoliants ou aux dentifrices. Ces microbilles sont souvent trop petites pour être filtrées dans les eaux usées, aux stations d’épuration, et elles finissent dans la mer. Dès que les dommages environnementaux engendrés par ces microbilles ont été mis en évidence, la société Mibelle a réagi en décidant de ne plus fabriquer que des produits qui en sont exempts. La Fédération des coopératives Migros a suivi et appliqué ce principe à tous ses produits de marque propre. Dorénavant, des composants naturels sont utilisés dans la fabrication, des particules noyau-enveloppe, ou à base de pierre de lave ou de pierre ponce.

Le

V

de la victoire

Bonnes nouvelles pour les adeptes du végétarisme et du véganisme: Migros a tenu la promesse qui leur a été faite dans le cadre de son programme Génération M, soit offrir au moins 120 produits transformés avec le label végétarien européen, un «V» vert et jaune. En fait, cet objectif avait même été atteint fin 2012. Depuis, de nouveaux produits viennent régulièrement compléter la gamme. Fin juin 2015, 200 produits étaient dotés de ce label, dont diverses spécialités Anna’s Best, qui rencontrent un franc succès. Vivai 4/15

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Quelle

taille fait votre

empreinte écologique? Découvrez-le sur wwf.ch/footprint Scannez le code QR et installez gratuitement l’application Guide du WWF.


ON AIME

La gym sous les arbres Après avoir lu notre dossier sur la forêt (p. 10), il se pourrait que vous ayez une folle envie d’aller faire un peu de sport à l’ombre bienfaisante des grands arbres. En Suisse, quelque 500 itinéraires Zurich parcoursvita, répartis dans tout le pays, vous invitent à entretenir votre forme en été sans risque de surchauffe. Recommandés surtout aux premières heures du jour ou le soir, à la fraîche, pour en profiter en toute tranquillité. www.zurichvitaparcours.ch

© Illustration: Christopher Corr, photo: Pour-cent culturel Migros Aar/Thomas Baumann

Des jardins pour enfants

Une aide à l‚intégration L’intégration des enfants commence par un apprentissage précoce. Partant de ce principe, le Pour-cent culturel Migros a conçu le site conTAKT-kind.ch (en allemand), lequel traite de l’éducation et de l’encouragement des enfants dès le plus jeune âge. Ce site vise à sensibiliser les personnes socialement désavantagées et les familles immigrées en Suisse. Il s’adresse aux parents, aux enseignants ainsi qu’aux responsables de forums sur la migration. www.contakt-kind.ch

L’an dernier, infoclic.ch, la plate-forme Internet de la Promotion de l’enfance et de la jeunesse en Suisse, a lancé le projet Enfants du jardin. L’idée est de fournir à des élèves de primaire l’occasion de se familiariser de manière ludique avec l’écologie, en entretenant leurs propres carrés de légumes, et ce,

jusqu’à la récolte. Le Pour-cent culturel de la Coopérative Migros Aar est partenaire principal de ce projet. Projet qui a démarré avec dix jardins en 2014. Actuellement, 25 à 30 nouveaux jardins, dans toutes les régions linguistiques du pays, y participent. www.infoclic.ch/enfants-du-jardin

DES EN-CAS AHA !

Il y a longtemps que les barres de céréales Farmer Nuts & Fruits viennent calmer nos fringales. A présent, elles existent aussi sans gluten, pour les personnes allergiques à cette protéine, et labellisées aha!. Rassurez-vous, même les Farmer aha! Nuts & Fruits Cranberry contiennent plus de 30 % de noix et quantité de céréales et de fruits secs. Des snacks sains et safe! Vivai 4/15

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© mauritius images, iStockimages (branche; montage Vivai)

DOSSIER LA FORÊT

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ÉCOSYSTÈME


Promenonsnous… Protectrice et nourricière, la forêt nous permet de trouver la paix et stimule notre imagination. Elle est à la fois un espace mythique peuplé de créatures fantastiques et un lieu sauvage où la nature règne en maître. Quelle place occupet-elle dans notre société ? Illustrations: Martin Burgdorff

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DOSSIER LA FORÊT

ÉCOSYSTÈME

Un trésor vivant Circonscrite, entretenue et protégée par la loi, notre forêt est importante au plan environnemental et économique. Une valeur en francs lui a même été attribuée.

La forêt, c’est la vie. Il suffit de se tenir quelques instants en silence au milieu des arbres pour en avoir la confirmation visuelle et auditive. Au loin retentissent les coups de bec du pic épeiche qui martèle une souche. Juste à côté, sur un épicéa, un écureuil fait des cabrioles. Il construit son nid en haut de l’arbre. Sur le sol, ça grouille. Des fourmis forestières courent dans tous les sens en quête de nourriture ou de matériel de construction. En Suisse, 40 % de toutes les espèces animales et végétales ont la forêt pour habitat. Pour nous autres, êtres humains, la forêt est aussi le lieu idéal pour décompresser, se promener, courir ou observer la nature. En tant qu’espace voué à la détente, la forêt représente une valeur d’environ 440 francs par an et par personne, selon les calculs de l’Office fédéral de l’environnement (OFEV). Un montant établi sur la base d’une enquête menée en 2012 auprès de trois mille personnes, prenant en compte des critères comme le nombre de sorties hebdomadaires en forêt, la durée du trajet pour s’y rendre et le coût des transports. En extrapolant, la valeur globale de la forêt pour l’ensemble de la population peut ainsi être estimée à environ trois milliards de francs par an. Nous aimons tant la forêt que nous avons rédigé à son sujet l’un des meilleurs 12

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textes de loi au monde: la loi fédérale sur les forêts (LFo), qui prévoit notamment que toutes les forêts doivent être accessibles au public. En d’autres termes, pour les Suisses et Suissesses, la forêt est un droit. Raison pour laquelle il est interdit de la défricher. Qui ne respecte pas cette interdiction risque la prison. Pour se persuader des conséquences de cette implacable législation, il suffit de comparer une vieille carte de randonnée de grand-père avec une édition actuelle. Les zones urbanisées se sont beaucoup agrandies, des terres cultivables ont disparu, des lignes de chemin de fer et des autoroutes traversent le paysage en tous sens, mais la forêt occupe exactement l’espace qu’elle occupait il y a 50 ans. Elle représente une valeur inaltérable au sein de notre société. La forêt n’a toutefois pas toujours été en si bonne forme qu’aujourd’hui. Dans les années 1980, la pollution de l’air par les gaz d’échappement à forte teneur en soufre avait atteint un niveau très élevé. Cette pollution, entraînée par les eaux de pluie, pénétrait dans le sol sous la forme d’acide sulfurique. Il en a résulté une acidification du sol qui a perturbé l’absorption des nutriments par les arbres et, dans les cas extrêmes, a entraîné leur dépérissement. En Allemagne, de vastes territoires boisés se sont ainsi étiolés.

© Keystone, iStockphoto

Texte: Atlant Bieri


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DOSSIER LA FORÊT

ÉCOSYSTÈME

Des forêts suisses

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quatre cents fontaines sont alimentées par de l’eau venant directement des col­ lines boisées alentour. La pluie est filtrée naturellement dans le sol de la forêt, puis collectée dans les stations de captage, avant de poursuivre son chemin jusqu’en ville, prête à être bue, mue par la simple force de gravitation. Afin que la forêt puisse remplir toutes ses fonctions, elle doit être soigneusement entretenue. Chaque canton applique un plan de dé­ veloppement forestier qui prévoit, entre autres, où et comment des espèces rares doivent être encouragées, quelle quantité de bois utiliser, ainsi que les endroits et la manière dont le bois mort doit être laissé sur place. La forêt n’est cependant pas à l’abri de nouveaux dangers. Ac­ tuellement, ce sont surtout les espèces étrangères à la région qui causent du souci aux ingénieurs forestiers. «Avec les échanges mondiaux, il y a de plus en plus d’organismes étrangers dans nos forêts», déplore Andreas Rigling. Par exemple, un champignon venu d’Asie qui cause le flétrissement du frêne. «Cette situation a entraîné une baisse d’intérêt pour le frêne en termes d’éco­ nomie forestière», ajoute Andreas Rigling. De nouvelles espèces d’arbres s’introduisent aussi dans nos forêts. C’est le cas notamment de l’ailante, également originaire d’Asie, qui ressemble un peu à un noyer. En Chine, ses feuilles servent de nourriture aux vers à soie. Débarqué en Europe au XVIIIe siècle comme arbre d’ornement, il a aujourd’hui conquis le monde entier. L’ailante croît très rapidement, même sur des sols ingrats, comme des éboulis. Actuellement, il se répand à grande vitesse au Tessin. «Nous ignorons à ce jour quelles conséquences cela peut avoir sur la forêt protectrice», précise Andreas Rigling. L’ailante peut­ elle prévenir une chute de pierres aussi bien qu’un hêtre suisse? Le spécialiste de la forêt est sûr d’une chose: «La forêt va changer, mais elle ne va pas disparaître. Elle est bien trop forte, et sa capacité d’adaptation, bien trop grande.» l

La God da Tamangur, en Basse-Engadine : la plus haute forêt d‚aroles.

© Bruno Augsburger, Daniel Fleuti, Keystone, LOOK/age-fotostock, iStockimages

Les médias ont alors parlé de «mort de la forêt». En Suisse, cette nouvelle a fait l’effet d’une bombe, bien que seuls quel­ ques arbres isolés y aient souffert de l’acidification. «Cela a marqué le début d’une politique environnementale moderne en Suisse», commente Andreas Rigling, ingénieur forestier à l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage WSL. Dans la foulée, les va­ leurs limites des gaz d’échappement ont été rabaissées, et les sites de production ont dû s’équiper de systèmes de désulfu­ ration et de filtration. Peu après, l’essence sans plomb et les catalyseurs pour véhi­ cules motorisés ont fait leur apparition. Avant l’ère des polluants atmosphériques, le problème le plus grave était l’abattage des arbres. L’exploitation forestière a atteint son niveau maximum en Suisse au XIXe siècle. «A l’époque, il y avait des coupes rases et des brûlis», précise Andreas Rigling. Cette surexploitation a eu des consé­ quences. Le sol des collines pelées était entraîné par la pluie. La forêt absorbe l’eau comme une éponge. Sans la forêt pour les stopper, les masses d’eau ont dégringolé dans les vallées, où elles ont déclenché des coulées de boue et des inondations, engrendrant des millions de francs de dommages. «La réflexion qui s’ensuivit a débouché sur la législation sur les forêts en vigueur actuellement», complète l’ingénieur forestier. Cela a également permis de mettre en avant un fait important: le service que la forêt rend à la société. Aujourd’hui, 5820 kilomètres carrés sont déclarés forêts protectrices, contre les avalanches et les coulées de boue, les chutes de pierre et les glissements de terrain. Un quart de l’ensemble du réseau routier et ferré, et une habitation sur six profitent de cette protection. Selon l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), la valeur de l’infrastructure et des biens ainsi proté­ gés est évaluée à 200 milliards de francs. La forêt purifie aussi une partie de notre eau potable. Dans la ville de Zurich,

La Toppwald, dans l‚Emmental : elle abrite des sapins blancs parmi les plus hauts.


hors du commun

La Sihlwald,

Le Pied sud

près de Zurich :

du Jura :

une impression­

forêt mixte

nante forêt de

avec une belle

hêtres.

biodiversité.

La forêt de Böd­

La Tösswald dans

meren, dans la

la région du

vallée de la Muota :

Tössstock : riche en

la dernière forêt

plantes alpines et

d‚épicéas primitive.

orchidées. Vivai 4/15

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DOSSIER LA FORÊT

EN CHIFFRES

du territoire suisse sont couverts 30 % de forêts (1,26 mio ha)

des forêts suisses sont 71 % publiques

des 29 % sont propriétés

Inventaire Nous l‚aimons notre forêt. Mais que savons-nous exactement d‚elle ? Quelques faits et chiffres pour éclairer un peu les sous-bois. Texte: Lukas Hadorn Infographie: Martin Burgdorf

La Su isse Les rég io plus /les ns les boisées moins

47 %

13

%

le V il

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S c h af

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Un territoire plein de vie En Suisse, 120 types de forêts, dans lesquelles poussent plus de 50 espèces d’arbres, ont été identifiés. Ces forêts servent d’habitat à 30 000 espèces animales et végétales, dont environ un tiers est menacé.

7000 espèces de champignons environ ont été répertoriées dans les forêts suisses, sur un total estimé à 15 000 espèces. Environ 200 sont vénéneuses pour l’être humain, certaines mêmes mortelles.

Minuscules, mais très utiles Les fourmis forestières jouent un rôle clé. Elles mangent les parasites, servent de nourriture aux oiseaux et transportent des graines.

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privées (mais restent accessibles au public)


2

1

chênes

3

3

pins

érables

châtaignier

44 épicéas AIG

UI

D LLE

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A ICÉ

ET

DE

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PIN

Epicéa ou sapin ? L’épicéa diffère tout d’abord du sapin par ses aiguilles: celles de l’épicéa sont pointues et piquent, tandis que celles du sapin sont arrondies au bout et souples. Et puis les cônes de l’épicéa pendent de l’arbre, alors que ceux du sapin pointent vers le ciel.

4 frênes

En Suisse, sur

100

5

arbres,

autres

19 sont des hêtres. Au total, il y a environ 500 millions d’arbres. Chaque année, environ 1,1 million d’arbres sont plantés.

19

14

5

hêtres

sapins

mélèzes

Sauvages et discrets

42 000

Dans les forêts suisses, vivent aussi des loups. En 2013 et 2014, 23 individus au total ont été génétiquement identifiés. De rares ours ont également été aperçus sur le territoire national. La dernière fois, c’était en mai, dans le Val Poschiavo, au pied du col de la Bernina.

chevreuils

15 100 renards

Tableau de chasse En 2013, la Suisse comptait près de 30 000 chasseurs et chasseuses actifs, qui ont tué:

10 400 cerfs rouges

5 700 sangliers

3 000 lièvres Vivai 4/15

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DOSSIER LA FORÊT

GARDE-MANGER

Goûteuses et vertueuses La forêt recèle quantité de plantes comestibles et bienfaisantes. De bonnes connaissances et le respect de quelques règles de base s ‚ imposent toutefois pour partir en cueillette. Texte: Simone Ott

a

uteur d’un livre de cuisine* et expert en plantes sauvages, Maurice Maggi est le père du guerilla gardening en Suisse. Depuis des décennies, il récolte dans la nature des végétaux qu’il utilise en cuisine. Et depuis peu, il se rend de plus en plus souvent dans la forêt. «C’est un fabuleux gardemanger», commente-t-il. Il s’étonne chaque fois qu’on lui demande si les plantes sauvages n’ont pas un goût désagréable. «Elles sont délicieuses. Et bonnes pour la santé en plus», complètet-il, sûr de son fait. «Il n’y a quasiment rien de mauvais. On peut même manger les baies du sorbier des oiseaux, pourtant réputées non comestibles. Crues, il ne faut toutefois pas en abuser, car elles sont indigestes.» En principe, les plantes sylvestres sont consommées en petites quantités. Ce n’est pas à cause de leur toxicité, mais parce qu’elles sont plus puissantes et plus intenses que les légumes achetés dans le commerce. Et cela, non seulement au niveau du goût: les végétaux sauvages comestibles ont également une forte concentration en précieuses substances bioactives, bénéfiques pour la santé. Les espèces de légumes cultivées actuellement sont sélectionnées sur des critères de taille, d’apparence, de capacité de stockage et de résistance aux parasites. «En quelque sorte, nous cultivons ainsi la valeur nutritive de nos aliments», ex18

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plique Sonja Wunderlin, naturopathe du Fricktal, spécialiste des plantes sauvages thérapeutiques et comestibles. «Les plantes sauvages contiennent plus d’oligoéléments, de vitamines, de substances amères et de tanins que les légumes en vente dans le commerce.» C’est le cas par exemple de la petite angélique ou égopode, également appelée «herbe aux goutteux». Préparée comme des épinards, elle est riche en vitamine C et en minéraux. Cultivée comme légume et plante médicinale au Moyen Age, elle est redécouverte aujourd’hui. Il y a aussi les baies de sureau, un arbre qui pousse de préférence dans les clairières et en bordure de forêt. Elles ont une forte teneur en vitamine C, en potassium et en différents flavonoïdes. Les plantes sauvages sont également riches en substances amères et en tanins, des composants bénéfiques pour l’organisme qui sont présents dans bien peu de légumes et salades vendus dans le commerce aujourd’hui. Les substances amères facilitent la digestion et optimisent l’absorption des substances vitales et des nutriments, car elles allongent notamment la durée du séjour des aliments dans l’estomac. Les tanins ont des vertus antioxydantes, c’est-à-dire qu’ils atténuent l’action des radicaux libres, tenus pour responsables du développement de certains cancers et de l’artériosclérose. «Les plantes sylvestres sont loin d’être

simplement belles, fait remarquer Sonja Wunderlin, elles sont bonnes pour la santé, pleines d’énergie vitale et, avant toute chose, délicieuses.» Il y a seulement un siècle, les plantes sauvages, dont celles de la forêt, constituaient la première source de vitamines après l’hiver, bien avant que les espèces végétales cultivées ne puissent être récoltées. Dans les forêts de feuillus, après de longs mois d’hiver, les jeunes feuilles commencent à poindre, en laissant toutefois passer encore beaucoup de lumière jusqu’au sol. Des végétaux, tels que l’ail des ours ou l’oseille des bois ainsi que des pousses de hêtre, de chêne, d’orme ou de tilleul s’y développent alors. Ces plantes sont délicieuses lorsqu’elles sont encore jeunes. Tout comme les pousses d’épilobe en épi, également appelé laurier de Saint-Antoine, qui se cuisinent comme des asperges. Quant aux jeunes feuilles de Phyteuma spicatum, ou raiponce en épi, une sorte d’«épinards des bois», elles sont aussi très goûteuses. Riches en vitamine C, le mouron des oiseaux et la ficaire, ou fausse renoncule, ont des vertus fortifiantes. Au printemps, les arbres à feuilles caduques offrent également de savoureux ingrédients. Les jeunes feuilles, consommées quand elles sont encore tendres, et seulement à ce moment-là, ont un goût délicat qui ravit les papilles. Les feuilles adultes sont trop dures; elles


Getty Images, Dorling Kindersley ltd, Keystone, iStockphoto, Shutterstock, Zoonar.com

Jeune pousse

Oseille des bois

Ortie

Bourgeons de sapin

Baies de sorbier des oiseaux

Mouron des oiseaux

Baies d‚alisier

Petite angélique

Baies de sureau

Raiponce en épi

Baies de cornouiller

Epilobe en épi

Ail des ours

Fraises des bois

Ficaire

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GARDE-MANGER

ne sont plus bonnes à manger. Quant aux petites feuilles toutes fines, elles se font en salade. Les néophytes les mélan­ gent avec leur salade habituelle ou les cuisent à la vapeur, mais on peut aussi en garnir une tartine de pain beurré ou un sandwich. Comme les feuilles de vignes, elles conviennent également pour faire des petits rouleaux farcis. Et elles contribuent à notre bien-être, car elles contiennent des fibres alimentaires qui facilitent la digestion. La liste de leurs vertus ne s’arrête pas là. Selon Sonja Wunderlin, les jeunes feuilles de tilleul ont un effet stimulant et fortifiant. Les bourgeons de sapin, qui sont riches en vitamine C et calment la toux, constituent un mets délicat, ainsi que les graines d’orme et de hêtre, qui se consomment comme des noix. La star parmi les plantes sylvestres, c’est l’ortie. Elle a une forte teneur en flavonoïdes et renferme également des minéraux, tels que du magnésium, du calcium, du silicium et du fer, ainsi que des vitamines A et C. Les orties illus­ trent la puissance que les plantes sauvages peuvent développer. En effet, elles contiennent treize fois plus de calcium, deux fois plus de fer et quatre fois plus de magnésium que la laitue. Elles s’ap­ prêtent de différentes façons: on peut les faire cuire à la vapeur «avec les poils», en faire une soupe ou faire frire les feuilles, après les avoir trempées dans une pâte à la bière. Afin d’éviter les piqûres d’ortie lors de la préparation, bien laver les feuilles sous le robinet et les essorer. Les feuilles séchées servent à faire de la tisane. «Même les fleurs et les graines d’ortie peuvent être employées en cuisine», ajoute Sonja Wunderlin. La forêt est aussi un endroit idéal pour récolter de savoureuses baies sauvages. Framboises, fraises, mûres, et myrtilles, ainsi que d’autres espèces moins connues, telles que les baies de cornouiller et d’alisier (dit «sorbier des Alpes»). Cueillies en forêt, les baies ont une saveur particulièrement prononcée. On peut les surgeler, les faire sécher, en 20

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Ce à quoi il faut absolument veiller Avant d’employer des plantes sylvestres en cuisine, il faut les identifier correctement. Bien que la plupart soient bien tolérées par l’organisme, surtout cuites, certaines échappent justement à la règle. En tant que néophyte, il vaut mieux se faire accompagner par un spécialiste lors de la cueil­ lette ou participer à un cours sur les plantes de la forêt. La plus grande prudence est en outre de mise: ne pas cueillir les plantes sauvages destinées à la consommation au bord des chemins ou à proximité d’emprein­ tes d’animaux, et récolter aussi de préférence les végétaux poussant au­dessus de la hauteur du genou. Bien laver les plantes récoltées et se laver soigneusement les mains après la cueillette. Cette mesure simple permet de quasiment élimi­ ner les dangereux parasites du chien et du renard, qui ne résistent de toute façon pas à la cuisson.

extraire le jus ou les faire cuire. Nom­ breux sont les petits fruits riches en substances utilisées en phytothérapie, par exemple des anthocyanes. Ces pig­ ments végétaux protègent les cellules des radicaux libres. Pouvoir associer plaisir et vertus thérapeutiques, c’est un beau cadeau que nous fait la nature. Il suffit de se servir. En respectant toutefois quelques règles de prudence. Les plantes sauvages destinées à la consommation ne devraient pas être récoltées au bord des chemins ou à proximité d’empreintes d’animaux. Et elles devraient être cueillies, tant que faire se peut, au moins à hauteur du genou. Après la récolte, il faut toujours laver les plantes et se laver les mains soigneu­ sement. Cela permet d’éliminer pratique­ ment tout risque d’infection par l’Echinococcus multilocularis, un parasite que l’on trouve dans l’intestin des chiens ou des renards et qui peut provoquer une maladie potentiellement grave bien que très rare, l’échinococcose. Faire cuire le fruit de sa cueillette permet toutefois d’écarter tout danger. C’est radical pour éliminer l’Echinococcus multilocularis. L’intérêt pour les plantes sauvages et la forêt, qui avait quasiment disparu depuis longtemps, connaît une renais­ sance: «Il y a un retour à la culture, aux traditions», fait remarquer Maurice Maggi, le cueilleur de plantes sauvages de la ville. Aujourd’hui, il initie de plus en plus d’évènements culinaires mettant les plantes sylvestres à l’honneur. Les cours de Sonja Wunderlin également attirent un nombre croissant de parti­ cipants désireux de découvrir la flore de la forêt. Dans le Lötschental, des res­ taurateurs et hôteliers se mobilisent pour organiser le «Wald Kulinarium», une randonnée culinaire dans les forêts des environs. Et le succès est au rendezvous. Car rien ne fait plus de bien qu’un retour aux sources. C’est en effet de cela qu’il s’agit quand on parle de forêt. l * Essbare Stadt: Wildwuchs auf dem Teller. Rezepte mit Pflanzen aus der Stadt (en allemand, non traduit à ce jour)

© iStockphoto

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Un monde fantastique La forêt inspire autant les poètes que les créateurs de l‚univers Disney. Dans les livres et les films, elle est peuplée de dieux,de chevaliers ou d‚animaux sauvages. Immersion dans un monde à part… Texte: Nina Toepfer Illustrations: Martin Burgdorff

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© Corbis/Dukas

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ans la forêt, on voit d’autres choses. Et on voit les choses autrement. Les troncs des arbres dessinent des lignes verticales entre lesquelles la lumière et l’ombre jouent l’une avec l’autre. Les couronnes des arbres repoussent le ciel au loin. Si la vue est limitée, l’œil se concentre sur ce qui se trouve à proximité, sur ce que l’on ne voit pas quand on est «dehors». Dans la forêt, on apprend de nouvelles choses. Quand on en sort, on est dif­ férent de ce que l’on était en y entrant. «On ne pouvait appréhender la forêt que de l’intérieur. Ce qui la rendait si exceptionnelle, c’était justement qu’on puisse y entrer comme dans une pièce et qu’alors seulement on la saisis­ sait comme on était saisi par elle.» Dans la nouvelle intitulée Dans la forêt, de l’auteur suisse Peter Stamm, la jeune héroïne Anja part à l’école, comme d’habitude, mais elle va se cacher dans les arbres et elle y restera trois ans. «Personne ne comprenait qu’elle n’avait pas fui, mais était tout simplement allée vers quelque chose.» Vivai 4/15

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INSPIRATION

Un petit tour dans la forêt enchantée de la littérature permet de rencontrer toutes sortes de créatures. Notamment Dionysos, dieu de la vigne et du vin, de la débauche et de l’extase. Il y trouve refuge, quand il ne sème pas le chaos «dehors». Dans les contes de Grimm, la forêt profonde cache des pratiques épouvantables. Outroupis­ tache caracole avec un air de défi et veut voler le nouveau­né de la reine. Le loup avale la grand­mère du Chaperon Rouge. Tapie dans l’ombre, la vilaine sorcière se réjouit de l’arrivée de Hansel et Gretel, les personnages les plus célèbres jamais égarés dans une forêt. Un monde à part

Aériens, elfes et fées parcourent leur domaine en voletant. La forêt est un lieu où l’amour semble facile. C’est le cas dans Comme il vous plaira de William Shakespeare: «Cette forêt n’est­elle pas plus exempte de dangers qu’une cour envieuse? […] Cette vie est joviale.» La forêt offre un cadre à l’idylle, au désir et à l’affranchissement des corsets et des conventions. Tandis que dans Peter Pan de Disney, la fée Clochette, personnification du monde merveilleux et de la force de l’imagination, répand sa poudre ma­ gique avec sa baguette de dessin animé. La forêt est également un terrain de manœuvre pour les héros; ils y fomen­ tent des révoltes, comme Robin des Bois dans la forêt de Sherwood, Merlin dans celle de Brocéliande ou les chevaliers de la Table ronde du roi Arthur. Des siècles plus tard, les aventures de Harry Potter en lutte contre les forces obscures se déroulent aussi dans la forêt. Dans la forêt, ce sont l’intuition, l’imagination et la passion qui gouver­ nent. «Dehors», c’est le royaume de la raison, de la civilisation, de l’ordre, de l’économie et de la ville. Plus l’humanité se modernise et maîtrise la technique, plus sa vision de la nature est mythifiée. Les romantiques, comme Joseph Eichen­ dorff et notre cher Gottfried Keller, ont abondamment loué la forêt et le senti­ ment de solitude que l’on peut y éprouver. 24

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Rapidement, les forêts ont été vues comme des pourvoyeuses de bois, avec un rôle économique à jouer. Le dévelop­ pement durable était déjà dans les esprits, mais il ne portait pas encore ce nom. Dans Le Déluge en Emmental, Jeremias Gotthelf dénonce l’abattage inconsidéré des arbres et le flottage du bois. Quant à Gottfried Keller, il dépeint, dans Les Gens de Seldwyla, une population joyeuse et futée, mais peu laborieuse, qui se prive elle­même de son bonheur. Les villageois, qui vivaient sans souci en exploitant l’immense forêt, se sont mis, un jour, à abattre plus d’arbres que nécessaire. Comment cela s’est­il terminé? Il faudrait relire le livre. l

Des bois et des peurs

Une forêt « arty » Une bibliothèque pousse près d’Olso. Plus précisément: des arbres ont été plantés en vue d’en faire des livres d’ici un siècle. L’auteure Margaret Atwood a rédigé le premier ouvrage de cette bibliothèque, dont l’ouverture est prévue en 2114. Les histoires écrites spécialement pour cette bibliothèque devraient alors être disponibles sous forme de livres. Activiste de l’environnement et lauréate de plusieurs prix, Margaret Atwood donne ainsi un premier élan littéraire à cette démarche artistique. Chaque année, un nouvel auteur écrira un texte. Avec ce projet intitulé Future Library, l’artiste écossaise Katie Paterson rend hommage à la bibliothèque en tant que lieu dédié aux livres. Que peut-on en voir aujourd’hui? Une forêt composée de mille arbres, plantés en honneur de la littérature.

© Heinrich Gohl

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Même si la forêt est un endroit où nous allons nous ressourcer, même si nous glorifions sa flore préservée et sa faune, avant toute chose,elle nous inspire la peur. Texte: Lukas Hadorn


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onnêtement, quand la nuit tombe sur la forêt, qu’un vent frais nous fait frissonner, que moult bruissements et craquements emplissent l’espace, nous n’avons qu’une envie: fuir! Par une belle journée d’été, la forêt, traversée par les rayons du soleil, est si belle, calme et paisible, mais dès que l’obscurité s’installe, elle devient sinistre. On imagine alors des êtres maléfiques, des bêtes sauvages, voire des créatures fantastiques, tapies dans le noir, en train de nous observer. D’un point de vue psychologique, il n’est guère étonnant que nous ne nous attardions pas dans la forêt la nuit, à moins d’y être contraints et forcés. «L’être humain se fie à la perception qu’il a de son environnement afin de s’orienter et d’agir de façon adaptée», explique Annette Braun, titulaire d’un doctorat en sciences forestières. La vue est un élément essentiel pour le sens de l’orientation. Les lieux où la visibilité est limitée – comme une forêt sombre – sont générateurs de stress, et nous cher­ chons donc à les éviter. «S’il est impos­ sible d’échapper au stress en quittant la forêt, les informations qui nous font défaut du fait du manque de visibilité doivent être compensées par d’autres formes de perception», complète l’ex­ perte. En d’autres termes, nous plissons les yeux et ouvrons grand les oreilles, nos poils se dressent. Soudain, la forêt semble être peuplée de sombres silhouet­

tes et de sons inquiétants. «L’identifica­ tion des bruits est moins fiable que la perception visuelle. L’insécurité que cela engendre amplifie la peur.» Tout n’est­il donc que le fruit de notre imagination? Avons­nous peur dans la forêt parce que nous ne sommes pas capables d’identifier clairement ses sons et ses odeurs, ses habitants et visiteurs? C’est en grande partie vrai, affirme la psychologue Katharina Gaudlitz, du centre zurichois spécialisé dans le traite­ ment de l’anxiété et de la dépression (ZADZ). «Pour le système d’alarme de notre corps, des signaux inconnus signi­ fient la présence d’un danger potentiel. Etant donné que nous passons de moins en moins de temps dans la forêt, elle est devenue pour nous un lieu étranger.» Mais il y a également une déformation cognitive qui influe sur la façon dont on ressent le danger, précise Katharina Gaudlitz: «Dans de nombreux récits et films, la forêt est un endroit obscur, lugubre, où errent des créatures sombres et sinistres. Cette information est enre­ gistrée dans notre cerveau. Elle remonte à la surface lorsque nous sommes dans la forêt et que l’inquiétude nous gagne.» La spécialiste en sciences forestières Annette Braun écrit même que la forêt est vue comme «un espace en dehors de la société», où, par conséquent, «les règles de la société n’ont aucune validité.» Tout compte rendu de crime ou de délit com­ mis dans la forêt confirme nos préjugés

sur cette zone de non­droit. «Ainsi, la peur que nous inspire la forêt est condi­ tionnée par des informations génétiques et d’autres recueillies directement», pré­ cise Annette Braun. Pour la psychologue Katharina Gaudlitz, il existe des raisons objectives d’éviter la forêt ou de n’y pénétrer qu’ac­ compagné. Le fait que la forêt est un territoire difficile d’accès, où peu d’êtres humains séjournent, est à lui seul une injonction à la prudence. Il s’agit de faire attention à ce que le danger, ap­ paremment confirmé par les médias, ne devienne une prophétie qui se réalise. «Si nous entendions plus souvent dire que la forêt est belle, sûre et reposante, nous nous en ferions probablement une idée bien différente.» Selon la police, la forêt n’est pour­ tant pas privilégiée en tant que scène de crime. Même si Daniel Schnyder, porte­parole de la police cantonale zurichoise, doit concéder l’existence de groupuscules qui utilisent des parcelles de forêt pour cacher de la drogue. «Mais ces gens­là ne présentent en principe aucun danger pour les personnes qui voient dans la forêt un espace de loisir.» Ni les infractions contre la vie et l’in­ tégrité corporelle n’ont été, par le passé, des délits explicitement perpétrés dans la forêt, précise Daniel Schnyder. «En tant qu’espace récréatif pour les humains et les animaux, la forêt est donc considérée comme sûre.» Vivai 4/15

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DOSSIER LA FORÊT

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Le logo FSC FSC est le sigle de Forest Stewardship Council. Le logo ci-contre distingue des produits en bois issu de forêts exploitées de façon durable. Membre fondateur de FSC Suisse, Migros a largement participé à la diffusion du bois et du papier FSC dans notre pays.

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c‚ est-à-dire fabriqués avec du bois issu de forêts gérées de façon durable.

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PORTRAITS

Les gens de la forêt Nous avons rencontré six personnes pour qui la forêt représente davantage qu ‚ un espace dédié aux loisirs. Texte: Petra Koci Photos: Roland Tännler

Qu‚est-ce qui vous plaît dans la chasse, Karin Muggli ? En suivant la formation pour devenir chasseuse, j’ai beaucoup appris. Maintenant, lorsque je marche dans la forêt, je vois la nature sous une tout autre perspective. La chasse en elle-même, le fait de tuer du gibier, ne représente qu’une petite partie de l’activité du chasseur. Notre société de chasse assure le suivi de plusieurs projets, tels que, par exemple, un parcours botanique ou la renaturation de trois nouveaux étangs. Ce qui me plaît dans la chasse, c’est l’observation des animaux sauvages et la montée de la tension lorsque la possibilité de tirer se présente. C’est un sentiment très particulier. Karin Muggli, employée de commerce à Lucerne, a obtenu son permis de chasse au printemps 2015.

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Comment se passe un enterrement dans la forêt, Monsieur Sauter? En Suisse, on ne peut pas enterrer les cendres de défunts n’importe comment. Il y a des «forêts du souvenir», dans lesquelles on peut choisir «son» arbre et acquérir un droit d’utilisation pour une durée allant jusqu’à 99 ans. L’arbre sera alors marqué de deux lettres. Les forêts du souvenir gardent leur statut de forêt publique et sont donc accessibles à tous. Quant à l’entretien des lieux de sépulture, il est confié à la nature.* Ueli Sauter, Mammern (TG), a créé il y a 20 ans Friedwald GmbH, la première société d’enterrements dans la forêt.

Comment devient-on propriétaire d ‚ une forêt privée,Madame Markart ? On peut en acheter une ou en recevoir une en héritage. J’ai acheté ma parcelle à mon père. Avec le forestier, nous avons convenus que j’avais le droit de couper et de planter des arbres. La sécurité est primordiale: je dois faire enlever tout de suite les arbres qui menacent de tomber. Je pourrais laisser la nature reprendre le dessus, mais j’ai envie de partager la joie que ma forêt m’apporte, et projette des espaces à thème, tels qu’une clairière ou un îlot de vieux bois. Ingrid Markart, Oberuzwil (SG), a acheté la parcelle de forêt dans laquelle elle a passé du temps en compagnie de son grand-père.

Qu ‚ est-ce donc qu ‚une corporation forestière, Monsieur Andermatt ? C’est une organisation constituée d’un comité élu et de citoyens corporatifs. Chez nous, ces derniers sont des descen­ dants de quatorze familles de Baar, toutes propriétaires terriennes établies ici depuis longtemps. Notre objectif est de gérer en commun les forêts de nos membres, de les exploiter de façon

durable et de les entretenir. Nos forestiers exploitent la forêt de la corporation, qui comprend des zones de loisirs, des réser­ ves naturelles, et des forêts de protection et de production. Nous fonctionnons comme une PME et devons réaliser des recettes, grâce au bois de construction et à l’énergie­bois. Nous exploitons éga­ lement trois centrales de chauffage au bois. Nous soutenons aussi la protection de la nature et la biodiversité et luttons contre les espèces invasives et les végé­ taux non indigènes. Walter W. Andermatt, Baar (ZG), président de la corporation forestière Baar-Dorf

* La loi sur les sépultures est cantonale. Il faut parfois une autorisation pour répandre des cendres dans la forêt.


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PORTRAITS

Professeur Krech, les tiques nous gâchent l‚envie de nous balader en forêt. Que faire ? Les tiques semblent progresser avec le réchauffement de la planète. Ainsi que les maladies qu’elles transmettent: la borréliose de Lyme et la méningoencéphalite verno-estivale (MEVE). Il existe un vaccin efficace, que je recommande à toutes les personnes qui se trouvent dans les zones où il y a un danger de MEVE: le Plateau, la vallée du Rhin, les environs du lac des Quatre-Cantons et le Valais. Et il faut toujours bien inspecter son corps après une promenade en forêt ou dans les prés. La plupart du temps, les tiques ne sont encore que des larves d’environ un millimètre, et on les sent davantage qu’on ne les voit. Elles injectent de surcroît une substance anesthésiante, et beaucoup de morsures passent inaperçues. Il faut enlever les tiques tout de suite, car elles commencent à se nourrir du sang de leur victime après deux ou trois jours. Et en cas de rougeur ou de fièvre, rendez-vous chez le médecin! Professeur Thomas Krech, spécialiste en analyse médicale FAMH et en diagnostic des maladies infectieuses.

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Peut-on survivre dans la forêt, Gion Saluz de Salugo? Oui, à partir du moment où il y a de l’eau. Pour survivre, il faut établir des priorités. Dans cet ordre: premièrement, nous avons besoin de chaleur, donc de feu, et d’un abri, fait de branches et de feuillages; deuxièmement, il faut de l’eau; et troisièmement, de la nourriture, plantes sauvages comestibles, baies et noix. Et en hiver, on doit aussi se nourrir d’animaux. Il est certes permis de poser des pièges dans des situations d’urgence, mais les non-initiés ont intérêt à chercher des insectes, des asticots, des escargots ou des grenouilles. Gion Saluz de Salugo, Stäfa (ZH), propose des entraînements à la survie en forêt et dans des environnements sauvages.


Du soleil pour faire des glaces? Chez nous, c’est possible. Découvrez comment dans nos centres d’information. Visitez l’un de nos sept centres d’information. Nous vous montrons comment le courant est produit à partir de l’énergie solaire, éolienne, hydraulique et nucléaire. Plus d’informations et inscription sur www.bkw.ch/visiteurs


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La forêt berlinoise de Grunewald s’étend sur 3000 hectares.

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Il y a, non loin, une forêt qui échappe à la logique économique et ne se plie qu’aux lois de la nature. En Bavière orientale. Avec ses 25 000 hectares, le parc national de la forêt bavaroise est l’un des derniers grands espaces sauvages d’Europe centrale.

A pied au pays vert Que de nombreux contes des frères Grimm aient pour cadre la forêt n‚est guère étonnant, car l‚Allemagne possède de vastes territoires boisés. Nous en avons exploré deux. Texte / Photos: Harald Braun / Malte Jäger (Grunewald) et Lukas Hadorn (forêt bavaroise) Illustrations: Martin Burgdorff

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Plaisirs sylvestres pour citadins

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u haut du Teufelsberg, la «montagne du diable», alors que j’admire le fantastique panorama sur Berlin, je sens un plaisir silencieux m’envahir. La forêt de Grune­ wald s’étend sur un vaste territoire, comme on peut le constater d’ici. Le chemin peut être long, difficile. Mais d’où je suis, je vois très bien aussi que cet espace de verdure de 3000 hectares s’est immiscé dans le paysage urbain discontinu. La nature y a disparu uniquement à quel­ ques endroits. Il y a même une autoroute qui traverse la forêt! Cette vision correspond aux informations fournies par mes amis berlinois avant ma randonnée d’une journée à travers la Grunewald, la plus grande forêt de la ville. Aucun d’eux ne m’a indiqué d’endroits enchanteurs, ne connaissait de vallée profonde ou de danger caché. Au lieu de cela, l’un m’a demandé: «A quel lac veux­tu aller?» «Tu dois absolument monter en haut de la tour d’observation, la Grunewaldturm!», m’a conseillé un autre. Et le dernier d’entre eux m’a dit avec enthousiasme: «Les villas valent vraiment le coup d’œil!» Il semble donc que la Grunewald séduit avant tout par ses attractions touristiques, qui n’ont qu’un rapport indirect avec les qualités originelles d’une forêt. En tout cas, selon la description qui m’en avait été faite, la Grunewald n’avait rien d’un paradis de pacotille, avec des arbres, des prés et des petits animaux. Cela res­ semblait plutôt à un espace de «nature reconstituée» assez réussi pour les gens comme moi, avides de nouveaux stimuli toutes les 15 minutes. Ce caractère animé latent de la Grunewald offre peut­être un début d’explication au fait que la fédération des forestiers allemands l’ait élue «zone forestière 2015». Ma randonnée démarre aux premières heures du jour, au pied du 34

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Drachenberg, au sud de la Heerstrasse. Sans carte ni GPS. On ne peut vraisem­ blablement pas se perdre dans la Grune­ wald. Après 30 minutes de marche sur un petit chemin forestier, un bâtiment d’allure futuriste, bien qu’un peu délabré, se dresse devant moi. Une ancienne station d’espionnage érigée par la NSA. On dirait un croisement entre l’Atomium de Bruxelles et une mosquée. En tout cas, une attraction touristique à visiter à tout prix. Une association a pris le site à bail et cherche à sauver la station du délabrement en la transformant en une plate­forme d’échanges moderne, avec une influence suprarégionale, qui soit un laboratoire d’idées pour la culture, l’art, l’histoire, la technique, la nature et les nouveaux modèles économiques. Les premiers signes de la conver­ sion du site sont déjà visibles. A mon passage, le designer industriel Sebastian Müllauer descend justement de la cabane perchée qu’il y a lui­même construite. Il m’explique qu’il appartient au groupe d’activistes écologiques What Everest, lequel a installé un atelier dans l’enceinte de l’ancienne station d’espionnage. Je réussis à grimper jusqu’à la deuxième coupole de l’édifice. De là, le panorama sur Berlin (voir ci­dessus) et sur la Grunewald est littéralement inoubliable. Après cette petite excursion sur le Teufelsberg, je continue à progresser à petite allure. Partout, des lacs, des stands de location de bateaux, des bistrots et des îlots urbains: autant de distractions qui empêchent à coup sûr de pénétrer plus profondément dans la forêt. Les tentations de la civilisation sont partout. Je rencontre le guide touristique Jean Schöneberger, qui est en train d’expliquer à des élèves pourquoi la Grunewald est si passionnante. Je lui demande quel est le plus beau chemin de randonnée de toute la forêt. «Ça pourrait bien être le

Havelhöhenweg…», avance­t­il en se grattant le menton. Il est en outre possible de commencer cette randonnée, longue d’environ 10 kilomètres, à la gare RER de Pichelsberg et de reprendre le train à l’arrivée, à Nikolassee. Il me rassure en ajoutant que, sur le Havel­ höhenweg, il était très peu probable de croiser des sangliers – qui sont nombreux dans la Grunewald, m’avait­on prévenu. Par contre, il y avait quantité de reli­ ques d’un glamour désuet, qu’à Berlin, on associe depuis toujours à la Grunewald. «Il faut absolument voir les villas de la Normannenstrasse ou de la Gerkrath­ strasse, de splendides villégiatures qui appartiennent à de vieilles familles.» Après avoir marché tranquillement durant une heure, je décide de parcourir la Grunewald en sens inverse. Je prends le RER pour Nikolassee, d’où je repars gaillardement à pied. J’admire les villas, marche encore quelques minutes, et me voici déjà de retour à la civilisation. La prochaine attraction à même de distraire de son chemin un randonneur curieux comme moi se situe quelques kilomètres plus loin, au sud de la coquette presqu’île de Schwanenwerder. Cette langue de terre est réputée pour sa plage, Wannsee, la «baignoire des Berlinois». J’arrive avec peine à me débarrasser d’un passeur qui veut me conduire en bateau sur l’île de Lindwerder, où, me promet­il, le restaurant sert une cuisine gastronomique. Au lieu des plaisirs du palais, j’opte pour une visite de la Grunewaldturm, un drôle de monument surmonté d’une tour en briques et un but d’excursion sur la rivière Havel. Cette journée riche en événements ne s’est pas tout à fait déroulée comme je l’avais imaginé. La Grunewald serait­ elle l’endroit idéal pour les gens qui n’aiment pas la solitude en forêt? Quant à moi, j’y reviendrai.


Une forêt dans la ville ou une ville dans la forêt? Une chose est sûre: la vue est splendide.

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La Grunewald, c’est aussi des villas au glamour désuet.

OÙ MANGER ET BOIRE? Cuisine gastronomique

Reinhards Landhaus, Koenigsallee 56 14193 Berlin-Wilmersdorf Spécialités maison, cuisine bourgeoise

Scheune, Eichkampstrasse 155 14055 Berlin Cuisine bourgeoise, sur une île

Gaststätte Insel Lindwerder Havelchaussee 14193 Berlin-Wilmersdorf Plats de brasserie

Restaurant im Grunewaldturm Havelchaussee 61 14193 Berlin Le Wannsee est surnommé la «baignoire des Berlinois».

La forêt de Grunewald La forêt de Grunewald, qui s’étend sur environ 3000 hectares, est la plus vaste zone arborisée de Berlin-Ouest. Bordée par la rivière Havel à l’ouest, elle est barrée d’un chapelet de petits lacs. La ville de Berlin l’a achetée à la maison royale de Prusse il y a 100 ans, à la condition d’éviter la multiplication des résidences qui morcelleraient le paysage. Chaque année, quelque 100 millions de personnes se rendent dans la Grunewald, dont les emblèmes sont la Grunewaldturm, érigée en 1899, ainsi que le Teufelsberg, la deuxième «montagne» de Berlin, qui culmine à 121 mètres. Parmi les plantes rares qui y poussent, on trouve la koelérie bleue et le petit pigamon. Côté faune, des animaux protégés, notamment diverses espèces de chauves-souris, 36

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des chiens viverrins et des bondrées apivores, dont il n’existe que de rares spécimens. Informations touristiques sur www.visitberlin.de/fr, tapez «Grunewald» dans le champ de recherche. Les principales informations sur la fortêt de Grunewald et ses curiosités sont sur le site officiel de l’office du tourisme de la capitale. Etant donné que la Grunewald s’étend sur 3000 hectares, il vaut mieux savoir au préalable quelle partie de la forêt on souhaite explorer. A partir de la gare RER Nikolassee, par exemple, un beau chemin de randonnée mène jusqu’à la Grunewaldturm, d’où on peut reprendre le RER à la station Wannsee. Distance: 8 kilomètres, durée: 3-4 heures.

Cuisine rapide, originale et de qualité

Easy Rider, Rosemeyerweg 14129 Berlin VISITES GUIDÉES

Pour réserver une visite guidée en français, contacter Stadtnavigator Berlin à: Info@Stadtnavigator-Berlin.de, qui propose notamment un tour des villas de la Grunewald. Programme personnalisé sur demande. Des visites à thème, p. ex. «randonnée» ou «histoire», sont aussi organisées par l’association qui gère l’ancienne station d’espionnage du Teufelsberg. Infos sur: www.berliner-teufelsberg.com rubrique Führungen/Tours (en allemand et en anglais). À VÉLO

De nombreuses pistes cyclables traversent le parc. Les plus beaux itinéraires sont décrits sur le site de Route You, qui fournit aussi des cartes. Rendez-vous sur: www.routeyou.com et tapez «Grunewald» dans le champ de recherche.


Ni les bostryches ni les frontières ne perturbent le calme de cette forêt.

Sauvage et sereine

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e me suis rarement senti si seul qu’au sommet du Lusen, à 1373 mètres audessus du niveau de la mer. A part un crucifix géant, il n’y avait effectivement que moi sur cette montagne bizarre, qui est en fait un gigantesque tas de blocs de granit envahi par les lichens. Ce doit être le diable qui les a empilés pour dissimuler en dessous les trésors du monde. Un brouillard froid emplit l’air. Devant moi, la République tchèque, l’immensité verdoyante de la forêt de Bohème. Par là-bas se trouve la source de la Vltava. Pour arriver ici, j’ai traversé des forêts mixtes de feuillus et de conifères,

pleines de bruits, fumantes. J’ai marché seul, des heures durant. Plus je montais, plus le paysage devenait austère. La dernière demi-heure, l’étroit chemin menant au sommet du Lusen traverse un plateau désertique. Des arbres morts à perte de vue. Des troncs gris et lisses, des souches arrachées, sur un fond de mousse et de boue. Jusque dans les années 1990, des épicéas des montagnes poussaient ici. Il y a tout d’abord eu des tempêtes, puis une invasion de bostryches a ravagé les arbres. Mais voilà, c’est comme ça dans le parc national de la forêt bavaroise, le plus

ancien parc national d’Allemagne, dont la devise est «Laisser la nature nature». Environ deux tiers de cet immense territoire situé au sud-est du pays sont laissés tels quels. Le parc est l’un des derniers refuges d’Europe centrale pour la faune et la flore ne pouvant survivre qu’à l’écart de la civilisation. De grands coqs de bruyère se dandinent dans les sous-bois, des lynx filent à travers les versants de montagne et, dans les clairières, fleurissent des trientales et des doronics. La beauté de la forêt n’est pas partout visible au premier coup d’œil. Parfois, il faut un peu de temps pour Vivai 4/15

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DOSSIER LA FORÊT

VOYAGER

Le centre d’information de Falkenstein, au parc national.

Une passerelle suspendue permet de découvrir la forêt sous une tout autre perspective.

La forêt bavaroise La forêt bavaroise est située en Ba­ vière orientale, aux frontières de la République tchèque et de l’Autriche. Elle est bordée par le Danube au sud. Les principales villes de la région sont Straubing, Deggendorf et Passau. La forêt s’étend sur quelque 6000 kilo­ mètres carrés, dont environ 250 sont situés sur le territoire du parc national. Le parc, qui compte environ 1,3 million de visiteurs par an, abrite près d’un quart des espèces recensées en Allemagne. www.baviere­tourisme.fr En allemand, anglais et tchèque: www.bayerischer­wald.de www.nationalpark­bayerischer­wald.de En français: www.destination­baviere.fr Pour s’y rendre, nous vous conseillons la voiture à partir de Munich ou bien de Deggendorf, ou le train jusqu’à Passau ou Regensburg, puis la Waldbahn ou l’llztalbahn. La région est également desservie par l’Igelbus, qui mène les visiteurs aux principaux lieux de randonnée et centres d’intérêt du parc national. www.bayerwald­ticket.com (en allemand)

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Deux centres d’information des visi­ teurs, avec musées et expositions, permettent d’avoir un premier aperçu du parc national. Des visites guidées sont proposées chaque jour, toute l’an­ née. A ne pas manquer: la passerelle de bois Baumwipfelpfad, près du centre d’information du mont Lusen. Une appli gratuite, Nationalpark Baye­ rischer Wald, est également disponible pour iPhone/Android (en allemand). La région de la forêt bavaroise compte quelque 10 000 kilomètres de pistes cyclables et de chemins de randonnée, dont 660 sont dotés du label de qualité Goldsteig. En hiver, les pistes de ski de fond et les itinéraires de randon­ nées en raquettes attirent les sportifs. HÔTELS ET RESTAURANTS

A Sankt Oswald, le Biohotel Pausnhof, premier hôtel certifié bio d’Allemagne, séduit par son design sobre et élégant. Il est basé sur un concept écologique et durable, mis en œuvre dans les cuisines comme dans l’aménagement de l’établissement et dans son appro­ visionnement en énergie. Le musée Waldgeschichtliche Museum, à deux pas de là, vaut vraiment le détour. www.pausnhof.de Autre bonne adresse: le Landhotel Koller, un sympathique hôtel situé à Ringelai. C’est aussi un point de départ de la randonnée dans la gorge Buchberger Leite. Le village, qui jouit d’un climat particulièrement agréable, est surnommé le «Merano de la forêt bavaroise». www.landhotel­koller.de Le restaurant Wirtshaus Hafner, à Perlesreut, régale ses clients avec des produits régionaux et de saison. On y sert le gibier des chasseurs de Perlesreut, la viande de bison de Max Kölbl d’Oberhüttensölden, et le pain frais du village voisin, Kumpfmühle. Le résultat est tout à fait savoureux. Les papilles ne s’y trompent pas!

qu’elle se livre, comme dans les forêts du Lusen dévastées par les bostryches. Tout à coup, on remarque la vie nouvelle qui naît sous le bois mort. Et on comprend que la forêt ne meurt pas. Seuls meurent les spécimens qui la peuplent. «Le bos­ tryche ne détruit pas, il renouvelle», commente Siegfried Schreib, le gardien qui veille sur la réserve naturelle. Il est clair qu’il a déjà eu cette discussion un bon nombre de fois. Avec des randon­ neurs et des activistes pour qui la mort des arbres était une catastrophe environ­ nementale, et non pas un processus naturel de production et de destruction. Siegfried Schreib m’avait accueilli au centre d’information des visiteurs, à l’entrée du parc national. De là, la forêt apparaît dans toute sa majesté. Une passerelle de bois de 1300 mètres de long, le Baumwipfelpfad, permet de se balader à hauteur des couronnes des arbres, offrant une tout autre perspective. La forêt bavaroise et le parc national Šumava, côté tchèque, composent le plus grand territoire arboré naturel d’un seul tenant en Europe. Au Moyen Age, cette région entre le duché de Bavière et le royaume de Bohême était appelée la «forêt de Bohême». Depuis le début du XIXe siècle, côté allemand, elle a pris le nom de «forêt bavaroise». Pour en savoir plus, on peut visiter le musée de Wolfgang Bäuml, le Wald­ geschichtliche Museum, à Sankt Oswald. D’apparence solide comme un chêne et le regard espiègle, Wolfgang Bäuml parle sans s’arrêter. Si, une fois, lorsque deux promeneurs lui ont rapporté avoir vu un gros champignon très curieux, qu’ils n’avaient pas trouvé dans leur guide. Le spécialiste de la forêt leur a promis d’aller voir ça après sa journée de travail. Et on se doute qu’il saura nommer ledit champignon sans devoir consulter d’ouvrage spécialisé. Le jour suivant, je prends la route pour m’enfoncer dans l’intérieur des terres, en m’éloignant de la frontière. La région nommée «forêt bavaroise» comprend, dans le Haut­Palatinat et la


Siegfried Schreib, gardien du parc national (à g.), et Erwin Pauli, garde forestier (à dr.).

Basse-Bavière, six arrondissements au total. Le paysage s’ouvre vers l’ouest. Je traverse de petits villages portant de drôles de noms, où se dressent des églises et encore des arbres de mai. On y croise des vieillards à barbe blanche qui semblent sortis d’un conte de fée, on y mange des Riesenwindbeutel débordant de crème fouettée, on passe devant un Biergarten. On évoque Dieu en se saluant: Grüss Gott. Ou Pfiat di, en dialecte local. Les Waidla, comme se désignent eux-mêmes les habitants de la

forêt bavaroise, sont tranquilles, gentils et directs. Tels les Koller, qui m’accueillent dans leur auberge à Ringelai. Avant que je n’entreprenne ma prochaine randonnée, à travers la gorge Buchberger Leite, Madame Koller me prépare encore vite fait deux petits pains avec de la terrine. Erwin Pauli, un sympathique forestier qui connaît bien la faune et la flore locales ainsi que l’histoire du village, m’accompagne sur les premiers kilomètres. Il me parle des Celtes, qui se sont installés ici jadis, du flottage du bois, qui pouvait s’avérer mortel. Les torrents étaient endigués en vue de créer des inondations, afin que les troncs d’arbres puissent être transportés en direction du Danube. Tandis que je traverse la gorge et me dirige vers Freyung, un orage

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éclate au-dessus de ma tête. Il y a des bruissements et des craquements; la forêt transpire et respire, et une fois de plus, je marche seul, sur des pierres couvertes de mousse, des racines luisantes et des feuilles mouillées. Après trois jours dans la forêt bavaroise, je suis agréablement détendu. Le sentiment de parcourir une région que ni le tonnerre ni les bostryches ne semblent ébranler, sans parler de la question de son appartenance à la Bavière ou à la Bohême, envahit le corps et l’esprit. Ce qui permet de se déconnecter instantanément du quotidien. La forêt bavaroise possède ce qui nous fait défaut aujourd’hui: le temps. Et elle en a beaucoup. Tant, qu’un jour ou l’autre, sur le mont Lusen, les épicéas se balanceront à nouveau dans le vent. l


ENFANT MIGROS

Les gens sont si gentils ! Il y a aussi des «enfants Migros» de l’autre côté de la frontière. Par exemple Patricia Schmidt, 21 ans, de Lauchringen, un village allemand proche de Bad Zurzarch (AG). Une branche de chocolat suffit à l’attirer en Suisse. Texte: Lukas Hadorn Photo: Christian Schnur (Montage: Vivai)

Depuis quand êtes-vous une enfant Migros, Madame Schmidt?

Je ne me souviens pas exactement, mais j’étais toute petite. Le samedi, ma grandmère et ma mère allaient toujours à Migros Zurzach. Ma sœur et moi avions la permission de les accompagner. La permission? Voulez-vous dire que vous étiez contentes de les accompagner au supermarché!

Le fait que nous étions toujours récompensées par un croissant et une branche de chocolat n’y est pas étranger…

En Suisse, avec la branche de chocolat, nous mangeons un petit pain, pas un croissant.

Je vois, l’un de ces petits pains au beurre, les weggli, c’est ça? Je les aime beaucoup aussi. En Allemagne, nous n’avons rien de similaire. En tout cas, pour ma sœur et moi, c’était un croissant. Je vous recommande d’essayer.

Pourquoi votre mère et votre grandmère allaient-elles faire leurs courses en Suisse? Que trouvaient-elles à Migros Zurzach qu’il n ’y avait pas chez Edeka, à Lauchringen?

Nous n’allions pas à Migros pour faire les grosses courses pour la semaine. La plupart du temps, nous allions acheter des produits bien précis, qui sont meilleurs ou différents en Suisse. Le choco-

lat, par exemple. Ou les pâtes. Je me souviens particulièrement bien du chocolat. Je ne me lassais pas de regarder toutes ces variétés de chocolat, joliment alignées sur les étagères. Lequel préférez-vous?

Le chocolat au lait de Chocolat Frey, avec un bidon de lait sur l’emballage.

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les

répétitions

L’enfant Migros Patricia Schmidt est saxophoniste et joue dans deux orchestres. Lorsqu’elle n’a pas le temps de manger entre les répétitions, elle grignote des Blévita.

Maintenant que vous gérez vousmême votre ménage, faites-vous toujours des courses à Migros?

J’habite dorénavant Fribourg-en-Brisgau. C’est un peu loin pour aller faire ses courses en Suisse. Mais quand je suis en week-end chez mes parents, j’emprunte régulièrement la voiture pour m’y rendre. Et qu’est-ce qui figure alors sur la liste des courses?

Tout en haut: Blévita. J’ai pris l’habitude d’en manger en en-cas. J’en fais toujours des réserves. J’aime les jaunes, classiques, et ceux au sel marin et au thym également, dans un emballage bleu foncé. Et des branches de chocolat!

(Rires) Bien sûr! Encore aujourd’hui. Je dois toutefois avouer que je ne fais pas la route uniquement pour les produits. J’aime faire mes courses en Suisse, car les gens sont si gentils. Aux caisses également, les employés sont toujours très aimables. l

Etes-vous aussi un enfant Migros? Ecrivez-nous à: vivai@mediasmigros.ch

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” Entre

Facts

& Figures

Les Blévita ont été mis au point par Midor, une société de M-Industrie sise à Meilen, à la fin des années soixante, alors que les produits de régime faisaient leur apparition dans les rayons. Sans sucre, mais riches en vitamines et en fibres alimentaires, ces biscuits ont connu un succès immédiat. Et les ventes ne cessent de croître.


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Les baies contiennent des substances bioactives qui protègent les cellules.

Le pain de seigle est plus riche en fibres que celui à la farine de blé et il rassasie plus longtemps.

De « bons » acides gras et une forte teneur en protéines : le poisson remplace avantageusement la viande. 42

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LA CUISINE NORDIQUE

NUTRITION

Sur la table du Viking Les Méditerranéens n’ont pas le monopole de l’alimentation saine. La science découvre les bienfaits de la cuisine venue du Nord. Texte: Marianne Botta Diener Photos: Claudia Linsi Stylisme: Monika Hansen

l

a nouvelle cuisine nordique suscite l’enthousiasme. Elle compterait parmi les meilleures du monde, et aussi parmi les plus saines. En 2004 déjà, des chefs cuisiniers de renom s’étaient réunis pour définir le Manifeste de la nouvelle cuisine nordique. Repris par des scientifiques et le Conseil nordique des minis­ tres, ce programme vise autant à freiner la tendance au surpoids qu’à protéger l’environnement. Il s’inspire des cuisines de Suède, de Norvège, de Finlande, du Danemark et d’Islande, des pays qui partagent nombre de similitudes culinaires. La nouvelle cuisine nordique peut presque être qualifiée de radicalement régionale. Le Manifeste appelle à rendre visible le changement des saisons dans l’assiette. Au menu: poisson, gibier (p. ex. élan, sanglier ou renne), baies, lichens, foin, bourgeons de sapin, pousses de fougères et autres plantes sauvages cueillies dans la nature, sans oublier les algues marines. Les pays du Nord reconnaissent à tout un chacun le droit de profiter de la nature et de ses richesses, quel que soit le

propriétaire du terrain. Aussi, la cueillette des champignons et des baies est-elle un passe­temps très populaire. «Chez nous, les plantes et leurs fruits poussent et mûrissent tout doucement. D’où leur goût d’une intensité exceptionnelle», explique la Suédoise Margareta Schildt Landgren, auteure de livres de recettes. «Ces subs­ tances gustatives végétales font partie des substances bioactives, qui ont le plus souvent un effet protecteur pour les cellules», renchérit Dominique Rémy, diététicienne diplômée ES. Margareta Schildt Landgren souligne aussi le rôle des modes de préparation traditionnels, comme la mise en bocaux, l’extraction de jus, le séchage, le fumage au foin, la fermentation lactique ou la cuisson à basse température. Entre-temps, les principes de la New Nordic Diet ont été clairement définis (lire encadré). Comparé à l’alimentation occidentale classique, ce régime fournit moins de sucre, moins de graisses et deux fois plus de fibres. Il comprend aussi deux fois plus de poisson et de fruits de mer. De nombreuses études ont indiqué qu’il Vivai 4/15

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NUTRITION

LA CUISINE NORDIQUE

favorisait la perte de poids et réduisait le risque de cancer et de maladies cardiovasculaires. Une étude a été réalisée auprès de 57 000 Danois de poids normal, répartis en deux groupes. Ceux qui avaient conservé une alimentation traditionnelle riche en baies, fruits à noyau, choux, légumes-racines, avoine, seigle, poisson et huile de colza, en limitant leur consommation de beurre, de laitages gras et de sucre, étaient au final en bien meilleure santé que ceux qui avaient adopté une cuisine occidentale moderne. Leur espérance de vie s’est par ailleurs avérée plus élevée. Le nouveau régime nordique n’est toutefois pas une panacée. «Il fonctionne car il privilégie les aliments complets, frais et naturels, plutôt que les plats tout prêts», précise Dominique Rémy. Plusieurs pays ont renoué dernièrement avec leur propre cuisine du terroir. Un retour aux sources qui mise sur des ingrédients locaux produits de façon durable, des fruits et des légumes mûris sur pied et de la viande d’animaux élevés avec respect. Nous aussi, en Suisse, pouvons limiter notre consommation de sucre, de produits finis et de charcuterie. Et helvétiser la cuisine nordique, en remplaçant le renne et l’élan par du cerf et du chevreuil, le maquereau par de la truite, les baies de ronces des tourbières par des fraises et des framboises, le lait fermenté par du yogourt, le knäckebröd par du pain de seigle valaisan. l

Manger comme un Viking L’essentiel de la nouvelle cuisine nordique A consommer souvent: fruits, baies (myrtilles, airelles), légumes (légumes-racines, choux), salade, champignons, légumineuses, pommes de terre, pain et mets complets (seigle, avoine), noix, graines, poisson et fruits de mer, laitages maigres, herbes aromatiques, épices, huile de colza. A consommer avec modération: renne/gibier, volaille/ porc d’élevage respectueux, œufs de poules élevées en plein air, fromage, yogourt. A consommer rarement: autres viandes rouges, telles que le bœuf, et graisses animales. A éviter: boissons sucrées, sucre, plats cuisinés, additifs, fast-food. Pain de seigle: contrairement au pain blanc issu de blé industriel ultrasélectionné, il fournit bien plus de fibres, de minéraux et de substances végétales secondaires. Très rassasiant. Retarde la hausse de la glycémie. Contient des bactéries lactiques probiotiques. Gibier, p. ex. renne: la viande d’animaux qui vivent à l’état

sauvage présente de meilleures valeurs nutritives que celle de leurs cousins domestiqués. Le gibier est plus pauvre en graisse et en acides gras saturés, mais plus riche en acides gras (poly)insaturés, en protéines de meilleure composition et en micronutriments (fer, zinc, vitamines, etc.). Baies: elles sont riches en substances bioactives cytoprotectrices et, à l’inverse des autres fruits, elles n’élèvent que faiblement la glycémie. Elles s’avèrent efficaces dans la prévention du cancer.

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Pain de seigle, lÊgumes, fruits de mer : la nouvelle cuisine nordique n‚est pas seulement bonne, elle est belle !

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CADDIE SOUS LA LOUPE

L‚ANALYSE DU PSY

Ces achats ont été faits à Lucerne, dans le centre commercial Schönbühl.

Un festival de saveurs S’il semble évident que ces achats ont été réalisés pour un ménage avec un bébé, ils ne livrent pas facilement leurs secrets. Notre psychologue de la nutrition tâtonne… Photos: Nik Hunger

c

omme j’ai souvent un peu de mal à démarrer mon analyse, je montre la photo des achats déposés sur le tapis roulant à notre fils Dominik. Il répond du tac au tac: «Mais Papa, t’es aveugle ou quoi? C’est les courses d’un couple avec un bébé. Y’a un biberon, une tétine et du Nivea Baby!» Il n’en dira pas plus, car il y a un super match de foot à la télé. J’adhère aux suggestions de notre benjamin: le ménage mystère comprend 48

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sans aucun doute un nourrisson. De nos jours, il y a toutefois diverses situations et types de famille dans lesquels un enfant en bas âge peut être élevé. Je dois approfondir mon analyse pour déceler des modèles alimentaires. Malgré le super match de foot à la télé… D’abord, il y a toutes ces épices… C’est intéressant. Pourquoi en acheter neuf d’un coup? Dans un ménage bien rodé, on en achète plutôt deux ou trois

maximum à la fois. En rachetant une épice dont on a besoin, on peut en prendre une autre, comme ça, spontanément. Mais une demi-douzaine… Cette palette d’épices me semble donc être un indice, signifiant que ces achats sont ceux d’un jeune couple ou d’une personne qui vient d’emménager et qui aime cuisiner. D’où ce souci d’élargir l’éventail des épices disponibles. Une personne qui sait comment utiliser la cardamome ou les clous de


girofle et, probablement, cuisiner le boulgour et les lentilles vertes ou rouges. Les produits choisis composent une alimentation très équilibrée, satisfaisant parfaitement aux exigences de la pyramide alimentaire. Il est toutefois curieux qu’il n’y ait pas un seul aliment plaisir. Pourquoi? On peut spéculer, mais… peutêtre que la consommation de sucreries est volontairement limitée. Ou alors, les stocks de sucreries ne sont pas épuisés. Il est possible aussi qu’elles soient achetées ailleurs. Globalement, je constate qu’il y a une intéressante combinaison de différents styles d’alimentation et de préférences gustatives. Dans ce ménage, une personne préfère les plats corsés et épicés, assaisonnés de Tabasco, et apprécie les petits poivrons farcis et le gruyère. Une autre boit volontiers de l’infusion mûre-argousier et aime les fraises et les

„La pyramide

alimentaire est respectée, mais il n’y a pas un seul aliment plaisir.

Le psychologue de la nutrition Robert Sempach est responsable du projet Santé pour le Pour-cent culturel Migros. Son projet Tavolata a pour but de réunir des personnes âgées autour d’une table. Infos sur: www.tavolata.net.

légumes frais. Il est probable que les repas varient beaucoup en fonction de la personne aux fourneaux et du temps disponible. Quand ça doit aller vite, on glisse dans le four des délices au fromage ou des cuisses de poulet marinées pour le gril. Mais quand rien ne presse, les légumes frais et les produits au blé complet permettent de composer des menus plus élaborés. Si je prends tout cela en considération, ces produits divers et variés ont été achetés pour nourrir un couple de jeunes actifs qui ont dans les 35 ans et viennent d’emménager dans un nouvel appartement avec leur bébé. Evaluer l’âge est, comme à chaque fois, quelque chose de très délicat. Dans ce cas, je peux cependant affirmer sans risque que la mère a les cheveux bruns. Et cela n’a rien à voir avec ses habitudes alimentaires, mais il y a un indice très éloquent. Pour savoir qui a fait ces achats, tournez la page. Vivai 4/15

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CADDIE SOUS LA LOUPE

n

La solution C’est Mignote Haile qui a fait ces achats. Elle vit à Lucerne avec son mari Wondante, qui travaille dans la restauration, et leur fils de 4 mois, Amron. Ces Suisses d’origine éthiopienne aiment les plats épicés.

ous sommes arrivés en Suisse il y a 15 ans et vivons dans cet appartement depuis six ans. En semaine, nous cuisinons européen, mais nous rajoutons toujours des épices. J’ai appris à apprécier la cuisine suisse à l’adolescence, aux cours d’arts ménagers. Mon mari, lui, découvre plein de recettes au travail et il les refait à la maison. J’emploie les lentilles rouges et les tomates pelées pour faire du meser wet, un ragoût éthiopien avec de l’émincé de bœuf. Le boulgour, c’est pour notre brunch dominical. Je le fais cuire, puis revenir dans un beurre aux herbes. Nous utilisons le thym, les clous de girofle, la cannelle et la cardamome pour parfumer le thé, dont nous buvons des quantités chaque jour. En fin de grossesse, j’ai aussi bu ce thé pour déclencher les contractions. Nous veillons à nous alimenter sainement, même lorsque les repas sont chronométrés, et n’achetons pas de sucreries, car je les mangerais toutes en une seule fois. Pour ce qui est de mes cheveux, on aurait bien voulu donner raison à Monsieur Sempach, mais j’ai les cheveux noirs. La teinture marron permet d’atténuer le contraste avec mes racines grises. l Propos recueillis par Ueli Bischof

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© iStockphoto

Mais toutes les odeurs que dégage le corps humain ne sont pas pareillement agréables. Celles des mets épicés, comme celles dues au tabagisme ou à une forte consommation d’alcool passent au travers des pores de la peau et se répandent dans l’air ambiant. Cela peut s’avérer gênant, que l’on soit en compagnie d’une personne chère, dans un environnement professionnel ou en société. Et les conséquences peuvent être néfastes en termes d’image. Dans ce genre de situations, les comprimés et dragées 1001 Chlorophylle® vous apportent une aide précieuse. Ils contiennent de la chloro-

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LA NATATION

Bien dans l‚eau La natation est considérée comme le sport d’endurance le plus exigeant au plan technique. Et le plus bénéfique pour le corps, qui est comme en apesanteur dans l’eau. Texte: Petra Koci

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a saison des baignades en plein air est bientôt terminée. Quand on connaît les bienfaits de la natation, on a toutefois à cœur de poursuivre son entraînement dans un bassin couvert. Nager ménage les articulations. «Dans l’eau, nous ne pesons plus qu’environ un dixième de notre poids habituel. Une légèreté résultant de la flottabilité. Contrairement à la course, par exemple, la natation ne représente pratiquement aucune charge sur l’organisme», explique Sabine Schnurrenberger, professeure de sport. Et elle fait appel à des groupes musculaires dans tout le corps. Avec les bras, on effectue un mouvement de traction, tandis que les jambes jouent principalement un rôle stabilisateur. «La natation est un entraînement relativement complet qui permet de se muscler en douceur. Pour autant que les mouvements soient correctement exécutés.» L’eau exerçant une résistance, les mouvements sont plus lents, mais plus intenses que dans un milieu non aquatique. Nager renforce en premier lieu le dos, les épaules et les bras. Les pros de la 52

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natation sont souvent reconnaissables à leur silhouette en «V», car leurs muscles en trapèze et leurs grands dorsaux, dans la partie supérieure du dos, sont très développés. «La température et la pression exercées par l’eau influencent l’activité du système cardiovasculaire et la respiration. A charge égale, la fréquence cardiaque est plus basse dans l’eau qu’en dehors. Les muscles impliqués dans la respiration doivent également travailler davantage, compte tenu de la pression», fait remarquer Fabio Capraro, professeur de natation à l’Université de Bâle. Mais attention aux plongeons dans l’eau fraîche. «Un plongeon dans l’eau froide entraîne une augmentation à court terme de la pression sanguine», met en garde le spécialiste. L’organisme doit pouvoir s’habituer lentement à la température. De même, il ne faut pas sortir précipitamment de l’eau afin d’éviter une interruption de la circulation sanguine au moment où les vaisseaux se dilatent à nouveau. Pour de longues séances d’entraînement, l’idéal est une température com-

prise entre 24 et 26 degrés. A 26 degrés, le transfert thermique entre le corps et l’eau est équilibré. Dans une eau plus froide ou plus chaude, le corps doit mobiliser davantage d’énergie pour réguler la température corporelle. Il brûle alors des calories en puisant dans les dépôts graisseux. «Théoriquement, la dépense calorique du nageur est comprise entre celle du coureur et celle du cycliste, précise Fabio Capraro, et elle varie moins en fonction du style de nage pratiqué que du niveau technique et de l’intensité du mouvement.» La natation est considérée comme le sport d’endurance le plus exigeant au plan technique. Une personne qui souhaite la pratiquer dans le but de modeler sa silhouette ou pour se détendre, comme une forme de méditation, doit maîtriser la technique. «Il faut également apprendre à sentir l’eau de façon intuitive, ajoute Sabine Schnurrenberger, soit à prendre conscience de sa résistance, et à effectuer les mouvements de traction. Il est nécessaire de travailler avec l’eau. Elle est notre partenaire d’entraînement.» l


Les styles de nage

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La brasse

Pour nager correctement la brasse, il faut mettre le visage sous l’eau et expirer en effectuant le mouvement de traction vers l’avant. Maintenir la tête hors de l’eau oblige à étirer excessivement la nuque vers l’arrière. La brasse exige une bonne coordination, car les mouvements des bras et des jambes sont effectués en léger décalage. Techniquement, le mouvement des jambes, qui doit être symétrique, est l’un des plus difficiles à réussir en natation.

Le crawl

Le plus difficile est de coordonner les mouvements des bras et la respiration. Tous les deux à trois mouvements de bras, on tourne la tête, alternativement à droite et à gauche, pour permettre une aspiration latérale. Et on expire sous l’eau. Le mouvement des bras est coordonné afin que la résistance de l’eau soit utilisée de façon optimale pour assurer la progression. Les battements de jambes effectuent une légère poussée et stabilisent le corps, minimisant les oscillations des hanches.

Le dos crawlé

L’avantage de cette nage est que la bouche et le nez restent au-dessus de la surface de l’eau. Cette technique renforce surtout la musculature de la partie supérieure du dos, car elle sollicite davantage l’arrière du corps. Les battements de jambes jouent un rôle stabilisateur, tout en propulsant le nageur ou la nageuse vers l’avant. Certaines personnes, qui ont des difficultés à abandonner le contrôle, n’apprécient toutefois pas de ne pas voir où elles vont.

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CORPS ET ÂME

NETTOYAGE DE LA PEAU

Objectif pureté Pour avoir un teint impeccable, un petit peu de discipline est nécessaire. Les soins doivent être quotidiens et parfaitement adaptés au type de peau. Texte: Gisela Femppel

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des substances restituant les lipides perdus: préférer dès lors les crèmes, huiles ou laits nettoyants – textures également indiquées pour les peaux sensibles et matures. Quant à la zone sensible des yeux: un produit de démaquillage spécifique, biphasé pour les mascaras waterproofs, s’impose. Pour ce qui est de la toilette du matin, certains dermatologues estiment qu’un nettoyage rudimentaire est suffisant, à condition bien sûr que la peau ait été lavée avec soin la veille au soir. D’autres experts recommandent d’appliquer simplement une lotion ou un tonique à l’aide d’un coton. Le mieux est d’essayer soimême quelle méthode convient à sa peau. Les femmes ont cependant parfois besoin d’une solution rapide. Les eaux micellaires sont alors idéales. Véritables multitalents, elles nettoient, tout en hydratant. Les lingettes et pads démaquillants offrent également une alternative pratique. L’épiderme réclame de temps à autre des soins plus ciblés. Un nettoyage intensif comprenant un peeling est conseillé une à deux fois par semaine, surtout pour les peaux grasses. Produits complémentaires, les masques éliminent également les excès de sébum et les impuretés résiduelles. Les peaux sensibles préfèreront les peelings enzymatiques en poudre, par exemple celui de Kneipp, qui affine le grain de peau tout en douceur. l

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© Getty Images

s

ans nettoyage minutieux et quotidien du visage, inutile d’investir dans une crème onéreuse ou de s’offrir un soin exclusif en institut. Pour obtenir une mine resplendissante, pas de miracle, la discipline est de mise. Maquillée ou pas, afin de s’oxygéner, la peau doit être libérée de ses impuretés. Or, le démaquillage permet aussi d’éliminer les particules de poussière ainsi que les dépôts de sébum et de sueur – et de contrecarrer la prolifération des bactéries responsables de l’apparition des boutons. Mais attention aux soins trop agressifs! Il y a des règles de base à respecter, dont celle de se laver le visage en principe deux fois par jour avec de l’eau tempérée. Trop chaude, l’eau dessèche l’épiderme. Prenez le temps de masser le produit lavant sur le visage en effectuant de petits mouvements rotatifs. Très tendance en ce moment, la brosse nettoyante électrique élimine efficacement les impuretés et les cellules mortes, en stimulant par la même occasion la circulation sanguine. Le teint apparaît plus frais et unifié. Mais il est déconseillé de l’utiliser tous les jours. Que l’on utilise un gel, un lait, une lotion ou une mousse, une crème, des pads exfoliants ou un baume lavant, le produit doit toujours être adapté au type de peau et présenter un pH si possible neutre. Si on a la peau sèche, il est primordial de veiller à ce que le soin lavant renferme


” Il faut avant tout tenir compte du type de peau. ” S.O.S. beauté L’huile d’olive Les stars d’Hollywood comme les blogeuses beauté ne jurent actuellement que par une méthode de nettoyage naturelle, efficace également dans les situations d’urgence: le lavage à l’huile d’olive! Oups, plus de produit nettoyant sous la main? Zéro problème, on a toujours de l’huile d’olive chez soi. Il suffit d’en verser une généreuse portion dans le creux de la main, de la répartir sur la peau sèche, puis de se mouiller les mains et d’émulsionner l’huile sur le visage. Masser délicatement, rincer, de préférence avec une serviette chaude et humide, le tour est joué!

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Par carte postale (courrier A): Editions Vivai, concours 4/15, case postale, 8074 Zürich Date limite de participation: 4 septembre 2015 Solution du précédent numéro: repos Nom de la gagnante: Maria Valentini, Chavannes-près-Renens

Les gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses des éditions de Vivai dans les trois langues et avisés par écrit. Les prix ne peuvent pas être convertis en espèces. La voie juridique est exclue. Aucune correspondance ne sera échangée au sujet du concours. Les gains n’ayant pas été retirés dans les trois mois suivant le tirage au sort sont considérés comme caducs. Ils ne donnent lieu à aucune contrepartie. Les collaborateurs de la Fédération des coopératives Migros ne sont pas autorisés à participer au concours. Le mot mystère ainsi que le nom du gagnant ou de la gagnante seront publiés dans le numéro 05/15 de Vivai.

Abonnez-vous gratuitement à Vivai sur: www.migros.ch/fr/vivai ou par e-mail à: abonnements.vivai@ mediasmigros.ch ou par téléphone au: 0800 180 180.

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MON COIN À MOI

LENA-LISA WÜSTENDÖRFER

«La scène est un lieu chargé d’énergie. Elle se situe au centre.» Lena-Lisa Wüstendörfer dirige le Uniorchester Bern, le Junge Orchester Basel, le Berner BachChor et le MessiasChor Zürich. Elle est également cheffe d’orchestre invitée de l’Orchestre symphonique de Lucerne.

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’endroit que je préfère est en fait mon

lieu de travail. Je ne sépare pas vrai­ ment le travail et les loisirs. La musi­ que est ma passion. C’est ma vie. Au plan musical, mon horizon est très vaste. Je m’intéresse à tous les genres, du baroque aux compositions contemporaines. Mon morceau favori change tout le temps: c’est celui qui m’occupe sur le moment. Parce que je le «vis», je le fais mien. La scène est un lieu chargé d’énergie. Elle se situe au centre. Je n’ai pas le trac quand je suis debout sur scène, je ne 58

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pense pas au public. Je fais abstraction de ce qui m’entoure. Mon travail consiste à me concentrer. Pour les musiciens comme pour moi, il est important que je «vive» la musique. Parfois, avant la représenta­ tion, je traverse la salle et je ressens la puissance du lieu, qui est déjà fort en lui­ même. Quand la salle est remplie de spec­ tateurs, le sentiment est complètement différent. Ici, à la Tonhalle de Zurich, j’ai dirigé Le Messie de Haendel l’an dernier. Toutes les places étaient déjà vendues des semaines avant le concert. L’espace réser­ vé aux spectateurs a même été agrandi

vers l’arrière. Il y avait tellement de monde dans la salle; ce fut une expérience émouvante, magique. De toute façon, je n’ai que des bons souvenirs de la Tonhalle, et je me réjouis à chaque fois que je dois y jouer. Je n’ai pas de scène préférée ou de scène «de rêve». Chaque salle a son charme particulier, son style. J’adore les belles salles de concert. J’aimerais en voir le plus possible, vivre de nombreux mo­ ments dans ce qui est «mon coin à moi», au bord de la scène. l Propos recueillis par Petra Koci

© Ornella Cacace

Chez moi sur scène


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