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Le magazine

du bien-être et du développement durable

01/2014

Le regain de popularité des denrées alimentaires régionales Les régimes les plus connus sous la loupe de notre expert Les disciplines venues d’Orient pour stimuler notre énergie vitale

L‚upcycling Une deuxième et belle vie


Au rythme de la nature.

Une partie de


Les experts de ce numéro © Roland Tännler, Joschi Herczeg, Keiko Saile, Zukunftsinstitut GmbH Photo de couverture: Katharina Lütscher, Regula Wilson (stylisme), Helve Leal (coiffure et maquillage), Vivien R. (Time Model) est habillée par Pretty Rad, Zurich, Edison K. (Scout Model) est habillé par Hudson Surplus

Dr David Fäh

Physiologiste nutritionniste, il est chercheur et enseignant à l’Institut de médecine sociale et préventive de l’Université de Zurich. Il nous apporte ses conseils pour les sujets ayant trait à la nutrition et à la santé. Christina Daeniker

Spécialiste de l’alimentation et de la santé à la Fédération des coopératives Migros, Christina Daeniker possède de vastes connaissances dans le domaine de la nutrition et connaît bien les préoccupations des consommateurs. Elle nous conseille pour les articles portant sur ces thèmes et en rapport avec des produits Migros. Marianne Botta Diener

Ingénieure en technologie alimentaire, enseignante à l’EPF, elle est mère de huit enfants. Dans ce numéro de Vivai, elle nous explique ce que sont les nutriments, quelles sont leurs fonctions et pourquoi notre organisme en a besoin. Hanni Rützler Analyste de tendances dans le domaine de la nutrition parmi les plus influentes en Europe, Hanni Rützler nous parle de la popularité croissante des produits alimentaires régionaux et de ce besoin de reconquérir une identité, qui passe par notre assiette.

Chère lectrice, cher lecteur, Quand, à l’école maternelle, la maîtresse me collait entre les mains trois rouleaux de papier hygiénique, je bricolais une longue-vue que même la plus adorable des tatas aurait refusé d’exposer sur son buffet. Les autres, eux, fabriquaient des maisons et des personnages. Plus tard, à l’uni, j’étais assise à côté de filles qui portaient des colliers en bouchons de liège ou des bracelets en capsules de bière, reliquats de soirées. C’est ainsi que je pris conscience de ce qu’était le recyclage. A l’époque, c’était plutôt un truc réservé aux «alternatifs». Aujourd’hui le recyclage concerne tout le monde. C’est quasiment une obligation morale. Des précurseurs développent une nouvelle forme de réduction des ordures: la valorisation des déchets. Il ne s’agit plus de simplement recycler, mais d’apporter ce «plus» que je n’ai jadis pas décelé dans les colliers en bouchons. Etant plutôt du genre cérébrale, je suis fascinée par le concept de revalorisation des déchets, par le fait de voir la nouveauté dans l’existant, appelé «upcycling». Il n’y a plus rien à jeter, et une nouvelle vie, encore plus belle, est même offerte à une partie des déchets. Une idée très séduisante au plan philosophique! En ce qui me concerne, l’émerveillement a balayé la moquerie quand j’ai découvert ce que des créatifs pouvaient valoriser. Dans ce numéro de Vivai, nous vous présentons quelques beaux exemples de produits de l’upcylcing – sur la couverture déjà. Vous souhaitant une agréable lecture,

Rédactrice en chef

Vivai fête ses 5 ans en 2014, et nous avons l’intention de vous gâter tout au long de l’année. A commencer par une nouvelle formule de concours, l’Aire de jeux (p. 56). Vivai 1/14

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La nature est dans le prĂŠ.

Une partie de


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10 L’upcycling ou l’art de considérer les déchets comme de précieuses matières premières 18 Des idées pour accommoder les restes en cuisine 20 De l’énergie verte produite à partir d’ordures 22 Interview de l’analyste de tendances Hanni Rützler sur la popularité des denrées alimentaires locales 30 Le comment et le pourquoi des nutriments 34 Notre expert en nutrition évalue les régimes les plus connus

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44 Yoga, tai chi, qi gong… des Européens racontent leur expérience des disciplines asiatiques 50 Comment profiter de l’hiver et de la neige quand on ne fait pas de ski 52 Bien se nettoyer la peau est essentiel. Aperçu des rituels de nettoyage dans d’autres cultures

© Sylvan Müller, Armin Zogbaum, illustration: Tina Berning

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7 9 26 28 38 40 56 58 IMPRESSUM Editeur: Fédération des coopératives Migros Directrice des publications: Monica Glisenti Directeur des médias Migros: Lorenz Bruegger Directeur des éditions: Rolf Hauser ISSN: 1663-716X Tirage total de Vivai: 250 000 D: 173 000, F: 60 000, I: 17 000 exemplaires Adresse de la rédaction: Magazine Vivai, case postale 1766, 8031 Zurich, vivai@mediasmigros.ch www.migros.ch/fr/vivai

Ça fait plaisir On aime En fait, c’est quoi la neutralité carbone? Sain et léger: la bonne soupe Produit culte: les rösti Caddie sous la loupe Aire de jeux: concours Vivai Chronique

Rédactrice en chef: Susanna Heim Adjointe: Christine Kunovits Coordination: Dagmar Madelung Edition allemande: Lukas Hadorn Edition française: Sylvie Castagné Edition italienne: Alda Viviani Directrice artistique: Dora Siegenthaler Rédactrice photo: Cornelia Thalmann Traitement d’images: Reto Mainetti Révision (F): Martine Rivier Imprimerie: Vogt-Schild Druck AG, CH-4552 Derendingen Papier: sans bois, FSC-Mix Emissions de CO2 compensées par un projet au Brésil

Commandez gratuitement Vivai par e-mail à: abonnements.vivai@ mediasmigros.ch ou par téléphone au: 0800 180 180 Vivai 1/14

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La conscience tranquille, l’esprit lÊger.

Une partie de


Une nouvelle année bille en tête

Même sans être d’ardents défenseurs de l’astrologie chinoise, savoir que ce 31 janvier débute l’année du cheval nous met en joie. Notamment parce qu’elle succède à celle du serpent, dont l’image est résolument ingrate. L’année du cheval de bois est la 31e sur les 60 que compte le cycle du calendrier chinois. Selon l’astrologie de l’Empire du Milieu, les personnes nées dans la branche terrestre Wu, associée au signe du cheval, sont de nature expansive et maligne mais légèrement têtue.

© John Hogg, iStockphoto, illustration: Sandro Fabbri

Du plastique pas perdu

Dans le cadre de son programme de développement durable Génération M, Migros s’était fixé comme objectif pour début 2014 de récupérer et de recycler toutes les bouteilles en plastique. Promesse tenue! Pour cela, les points de collecte ont été aménagés dans les magasins. Des sacs pratiques ont également été mis au point pour collecter les bouteilles vides à la maison.

Un cygne peu conventionnel

Les interprétations peu académiques de grands ballets classiques revisités par la danseuse et chorégraphe sud-africaine Dada Masilo font depuis longtemps l’unanimité des passionnés de danse. Il est donc justifié de présenter l’artiste et sa version du «Lac des Cygnes» comme l’un des temps forts de Steps 2014, le Festival de Danse du Pour-cent culturel Migros. A l’affiche du 24 avril au 17 mai: 86 représentations sur 39 scènes dans 35 villes. Billets en prévente dès le 14 janvier.

Des abeilles à protéger

Depuis la fin des années 90, les scientifiques du monde entier planchent sur le déclin des colonies d’abeilles. Ils soupçonnent un lien avec les substances chimiques contenues dans les produits phytosanitaires. Parfaitement consciente de sa responsabilité dans la protection de ces insectes essentiels pour la production agroalimentaire, Migros a décidé de proposer exclusivement des produits insecticides et phytosanitaires inoffensifs pour les abeilles à partir de fin 2014.

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Š 2014 The Coca-Cola Company. Coca-Cola, the Contour Bottle and the Dynamic Ribbon Device are registered trademarks of The Coca-Cola Company.

Le bonheur de partager.

en bouteille de 1 litre


1. Une vie plus légère Les calories superflues aiment se cacher là où on ne les attend pas. Dans les produits allégés notamment, mais aussi dans notre comportement alimentaire ou d’achat. L’application «iTipp Abnehmen» (en allemand) conçue par le Dr David Fäh, expert en nutrition de Vivai, pointe du doigt ces pièges du quotidien et révèle les secrets d’une perte de poids durable. Elle propose bon nombre de conseils relatifs aux aliments et aux nutriments mais aussi à l’activité physique et à la dépense calorique au quotidien. L’application gratuite existe pour Android et iPhone, mot-clé «iTipp».

© Illustrations: Korbinian Aigner, Sandro Fabbri

Une explosion de saveurs

Le label délifit de Migros prouve qu’une alimentation équilibrée peut être vraiment créative et tout à fait savoureuse. Notre coup de cœur: la salade au quinoa, patates douces grillées, brocoli, chou rouge, canneberges, feta et origan frais*. Un mariage totalement explosif d’ingrédients exotiques et locaux. *L’assortiment varie en fonction des régions

Une anthologie de la pomme

„Le monde a atteint une densité telle que nous sommes tous responsables les uns des autres.„

L’analyste de tendances alimentaires, la Viennoise Hanni Rützler, a cité cette phrase mémorable du philosophe allemand Peter Sloterdijk au cours de notre conversation sur le régionalisme dans la production agroalimentaire. Retrouvez l’entretien complet à la page 22 de ce magazine.

A l’époque des généralistes et des multitâches, Äpfel und Birnen (pommes et poires), le livre de 512 pages de Korbinian Aigner paraît étrangement unidimensionnel. C’est justement pour cette raison qu’il nous a plu. Cet homme d’église allemand décédé en 1966 a peint pas moins de 800 aquarelles de variétés de pommes et de poires du monde entier. Son œuvre sert aujourd’hui encore de référence aux dictionnaires de pomologie (éditions Naturkunden).

Une philosophie de la simplification

Il y a des choses qui exigent beaucoup d’énergie, de temps et de nerfs. Même trop parfois. Heureusement, il y a aussi des life hacks. En cherchant sur Google, vous trouverez sous «life hacks» quantité d’astuces pour simplifier le quotidien. Par exemple, une méthode pour plier un T-shirt facilement en cinq secondes (à découvrir sur YouTube, en tapant «Ninja Fold»). Vivai 1/14

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Patrik Ausderau, Salomé Gähwiler, Sandrine Simon et Géraldine Lüdi de Liter of Light Switzerland, Saint-Gall, transforment des bouteilles de PET en lampes. L’idée est littéralement lumineuse: une bouteille en PET remplie d’eau avec un peu d’eau de javel et fixée dans un trou percé dans le toit d’une pièce non éclairée. Les rayons de soleil qui tombent sur la partie de la bouteille émergeant du toit sont diffractés dans la pièce, produisant une lumière équivalente à celle d’une ampoule de 55 watts. Cette technique a été inventée dans un quartier pauvre de Manille, aux Philippines. Les «Liters of Light» y équipent des cabanes en tôle dont les occupants ne peuvent pas s’offrir l’électricité ou seulement en se connectant illégalement au réseau. En 2011, un groupe d’étudiants en mastère de l’Université de Saint-Gall a entrepris de diffuser ce concept. «A l’heure actuelle, des projets sont réalisés entre autres en Inde, en Tanzanie et au Mexique», raconte Salomé Gähwiler, qui travaille dorénavant à temps plein pour Liter of Light Switzerland. «L’impact est énorme, car l’idée est vraiment facile à mettre en œuvre. Et les bouteilles en plastique, on en trouve partout. Dans ce cas-là, l’upcycling représente un gain en termes de qualité de vie.» 10

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L’upcycling

Les déchets ne sont pas des déchets L’upcycling est l’inverse de la tendance actuelle du déchet à outrance. Il s’agit de donner une deuxième vie aux choses au lieu de les jeter. Une tendance qui entraîne, dans son sillage, une nouvelle culture des déchets. Nos sociétés prospères en ont un besoin urgent. Texte: Lukas Hadorn Photos: Sylvan Müller

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ans notre pays où 93 % de tous les emballages pour boissons sont recyclés – voire 96 % pour les bouteilles en verre –, on ne rigole pas avec le recyclage. En ce qui concerne les canettes en aluminium, ce taux n’atteint que 92 %. Peut mieux faire! Au pays de Guillaume Tell, les performances réalisées dans le domaine du recyclage alimentent, à juste titre, la fierté nationale. Il faut dire qu’en matière de valorisation des déchets, la Suisse caracole en tête du classement européen.

Les Suisses sont des champions de la collecte des déchets. Chaque Suisse génère un peu moins de 700 kilogrammes d’ordures par an, dont il rapporte environ la moitié à des points de collecte. Tout bien propre, trié par catégories: bouteilles de lait, capsules de café ou cartons de jus de fruits. Il n’est pas étonnant de constater que nous parlons de déchets et non pas d’ordures. Comme si nous voulions aussi prouver qu’il était tout à fait possible de «trier» au plan morphologique. Mais cela ne suffit pas: ce tri est nécessaire. Il Vivai 1/14

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répond à une loi. Il est mal de ne pas se soumettre à ce tri. Il n’en demeure pas moins que, à l’instar de toutes les autres sociétés prospères modernes, nous avons un problème d’ordures. Au fil du temps, ce qui était un problème d’hygiène est devenu un problème de place, puis un problème d’environnement. Aujourd’hui, le problème se situe davantage au niveau des ressources. Le terme d’ordures implique que des matières précieuses ne retournent pas dans un circuit commercial, qu’elles sont perdues. Au XXIe siècle, les déchets sont avant toute chose un gaspillage géant. De ce point de vue, même le recyclage a ses limites. Certes, il permet de maintenir les matières premières dans le circuit aussi longtemps que possible, mais la création de valeur et la qualité des matériaux diminuent à chaque utilisation. Les experts nomment ce phénomène le «downcycling», car la matière première employée à l’origine ne cesse de perdre de la valeur. Cela influence aussi notre point de vue: «Les produits recyclés pâtissent d’une mauvaise image en termes de qualité», constate Mirjam Hauser de l’Institut Gottlieb Duttweiler. Dans le cadre d’une étude, elle a examiné différents scénarios de valorisation des déchets. Elle en est notamment arrivée à la conclusion que nous devons changer notre façon de concevoir les déchets. «Jusqu’à présent, dans la tête des consommateurs, les ordures sont liées à quelque chose de négatif, souligne-t-elle. Ce qui est usé ou n’est plus utilisé est, la plupart du temps, considéré comme sale, non hygiénique, au mieux peu ragoûtant.» Il nous faut apprendre à concevoir les déchets comme des matières premières, conclut Mirjam Hauser. Après, seulement, pourrons-nous leur accorder une certaine valeur. Dans ce domaine, il y a des précurseurs. Des personnes qui considèrent les déchets comme le début potentiel de quelque chose de nouveau. Transformer des bouteilles de PET en sources lumineuses, confectionner des sacs dans des bâches industrielles de récupération ou créer des bijoux à partir de vieux couverts. L’art d’attribuer aux produits mis au rebut une nouvelle fonction, dans le meilleur des cas même un sens inédit, au lieu de les mettre à la poubelle ou sur le tas de compost, se nomme 12

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l’«upcycling». «Avec l’upcycling, la valeur de l’objet ou du matériau augmente à chaque utilisation. C’est l’inverse du concept de «downcycling», qui voit la valeur du produit baisser en permanence, précise Mirjam Hauser. C’est un changement de perspective.» C’est en cela que résident la valeur sociale et la puissance révolutionnaire de l’upcycling. Il n’a pas moins d’impact qu’une transformation radicale dans la façon de penser notre relation aux déchets. Mais pas plus d’impact non plus. L’upcycling à lui tout seul ne résout pas notre problème d’ordures. Les dépotoirs ne vont pas disparaître uniquement parce que quelques personnes créatives clouent d’anciens bacs à fleurs au mur pour faire des étagères. «L’upcycling ne peut pas s’appliquer partout, et ne se justifie pas partout, commente Mirjam Hauser. Mais il nous permet de réaliser tout ce que l’on peut tirer de positif des déchets.» Une prise de conscience qui a un effet explosif. L’un des quatre scénarios brossés par Mirjam Hauser dans son étude s’intitule «Small is beautiful». Il anticipe une «plus grande sensibilisation de la société aux déchets ainsi qu’au recyclage et à la valorisation des produits». Dans de nombreux domaines, les changements restent minimes, mais pris dans leur ensemble, ils génèrent une nouvelle culture des déchets. Les experts ayant examiné la plausibilité des scénarios de Mirjam Hauser pour l’avenir ont estimé «probable» et «très souhaitable» que nous réussissions à modifier notre approche des déchets en progressant pas à pas. Ainsi serait-il une bonne chose que nous prenions exemple sur les hommes et les femmes présentés sur les pages suivantes. C’est-à-dire que nous privilégions l’upcycling sur le recyclage. Et que nous nous demandions sérieusement, avant de jeter quelque chose à la poubelle, s’il n’y a pas de réintégration dans un circuit commercial possible. Dans le même temps, l’offre doit être reconsidérée. Si, dès le stade de la conception, les produits étaient pensés de façon à pouvoir être réintégrés dans des circuits biologiques ou maintenus dans des circuits techniques à la fin de leur durée d’utilisation, les économies d’échelle seraient maximales. La question de l’élimination des déchets devrait être résolue au début de la chaîne de création de valeur et non pas seulement à la fin. ●

C’est notre anniversaire ! Vivai existe depuis 5 ans déjà! Pour fêter cet anniversaire, nous aimerions vous inviter, chères lectrices et chers lecteurs, à participer à l’élaboration de notre magazine. Faites comme Natalie Kramer (ci-contre), qui nous a proposé de traiter le thème de l’upcycling, et envoyez-nous vos idées à: vivai@ mediasmigros.ch


L’upcycling

Natalie Kramer, Zurich, invente des accessoires et des jouets à partir de déchets ménagers. «Je pourrais également vous construire une maison», lance Natalie Kramer avec un petit sourire. Elle est bien consciente de l’ironie de la situation. Cette diplômée en architecture ne travaille pas avec du plâtre et du béton armé, mais avec des emballages en plastique, des sacs en papier et des bouteilles en PET. En tant que mère responsable de la gestion du ménage, c’est elle qui s’occupe de l’élimination des déchets. Un jour, alors qu’elle cherchait des idées de jeux et de bricolage sur Internet pour son fils, âgé aujourd’hui de 8 ans, elle est tombée sur des infos sur l’«upcycling». «Sur plusieurs blogs, que je trouvais super, une règle stricte était appliquée: il fallait employer uniquement des choses qui, sans cela, allaient être jetées à la poubelle ou apportées à un point de collecte des déchets. L’idée d’utiliser des choses que l’on a de toute façon chez soi me plaisait beaucoup.» Aujourd’hui, Natalie Kramer a son propre blog et livre également des idées de bricolage à différents sites Internet. «Avant de jeter un emballage, je me demande toujours si je ne peux pas en faire quelque chose, raconte-t-elle. La plupart du temps, c’est le cas.» schaeresteipapier.blogspot.com (en allemand)

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L’upcycling

Jeannette et Marco Brändle, Stallikon, convertissent en bijoux des couverts anciens en argent. «Dans ton classement des meilleures idées de création d’entreprise, celle-ci se trouverait à peu près à la 150 e place!» rapporte Marco Brändle en riant. Ces mots sont ceux que sa femme a prononcés il y a environ quatre ans, sur un marché en Allemagne, en découvrant un artiste qui faisait des bijoux avec des couverts. Marco Brändle a toutefois eu envie de faire quelque chose de similaire. «J’ai une formation de mécanicien automobile et suis habitué à bricoler. Alors, j’ai commencé à bidouiller des couverts anciens. Le plus difficile, c’était de courber le métal sans le rayer.» Depuis, Marco Brändle maîtrise l’aspect technique et c’est lui qui fait le boulot le plus difficile, tandis que sa femme Jeannette s’occupe des tâches délicates, c’est-à-dire de la pose des crochets et œillets ainsi que des détails et de la finition. Depuis trois ans, ils présentent leurs collections sur des marchés et salons, et leurs bijoux sont de plus en plus appréciés. «Chez beaucoup de gens, les couverts en argent dorment au fond d’un tiroir. A moins qu’ils ne terminent à la brocante, constate Marco Brändle. C’est dommage. Nous les revalorisons en les transformant en bijoux.» www.besteckverdreher.ch (en allemand)

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Kevin Fries, Winterthour, conçoit des meubles et des accessoires à partir de morceaux de métal et de chutes de bois. Pour Kevin Fries, l’upcycling, c’est l’art de «faire de nécessité vertu», comme l’exprime ce designer industriel. «Dans notre travail, il y a souvent d’importantes quantités de déchets, des chutes de bois ou de métal mises au rebut. La perspective de faire quelque chose de nouveau à partir de ces restes, de trouver une autre utilisation aux choses, me plaît bien.» C’est ainsi que des fils métalliques donnent naissance à des porte-manteaux, des chutes de bois à des tables, des bacs à géraniums à des étagères murales. «Détourner un objet de sa fonction originelle, ça me fascine», commente Kevin Fries, qui a débuté comme décorateur. «Dans ce métier, il n’y a pas d’obligation en termes de fonction. La seule qu’un produit ait à remplir est d’être décoratif. En tant que designer, c’est autre chose. L’utilisation est beaucoup plus centrale. Lorsque l’on approche les choses de cette façon, une infinité de possibilités se présente.» Un caddie Migros devient tout à coup un siège, une couverture au crochet se transforme en corbeille à fruits. Et le designer en upcycler. www.frieszumbuehl.ch (en allemand) Vivai 1/14

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Maria et Serge Meier, Opfikon, créent de la vaisselle et des accessoires à partir de bouteilles en verre. Maria et Serge n’auraient jamais imaginé rapporter de leur voyage de noces aux Etats-Unis autre chose que de beaux souvenirs. Un jour, alors qu’ils étaient au célèbre Fisherman’s Wharf à San Francisco, ils ont vu des bouteilles de verre fondues pour la première fois. Ils sont rentrés en Suisse avec, en tête, l’idée d’essayer de faire quelque chose de semblable. Quatre ans plus tard, ils ont un atelier avec une boutique à Glattpark. Une marque aussi, Just Bottle, sous laquelle ils vendent différents produits d’upcycling. Non seulement leurs propres objets réalisés à partir de bouteilles en verre, mais aussi des colliers en chambre à air de vélo et des besaces en sac de riz et en tuyau d’incendie. Pour en arriver là, Maria et Serge ont dû réaliser quantité d’essais, ils ont fait des erreurs dont ils ont tiré des leçons. «Aujourd’hui, nous savons quelles bouteilles peuvent être transformées, quelles étiquettes laissent des traces collantes et quel verre se brise trop facilement, précise Serge Meier. Mais nous avons dû tout essayer. Pendant un moment, nous avons collecté toutes les bouteilles vides. Nous les mettions dans notre baignoire. Certains de nos invités ont bien cru que nous avions un sacré problème d’alcool.» www.justbottle.com (en allemand) 16

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L’upcycling Nina Raeber, Lausanne, fabrique des sacs à partir d’emballages industriels. «Les objets aussi doivent avoir une personnalité, raconter une histoire, souligne Nina Raeber. C’est nécessaire pour établir une relation émotionnelle avec eux et nous intéresser à eux.» Malheureusement, elle trouve qu’en ces temps de production de masse, c’est rarement le cas. «Parfois, on a l’impression que les objets tombent du ciel. Nous n’avons aucune idée des matériaux avec lesquels ils sont fabriqués et par qui, ni d’où ils viennent.» C’est cette absence d’âme de la production industrielle que Nina Raeber veut contrer avec son label d’upcycling coll.part. Elle fait fabriquer des sacs et des accessoires avec des emballages d’aliments pour poissons cambodgiens, des sacs de riz du Burkina Faso ou des couvertures de l’armée suisse mises au rebut. La plupart du temps, la fabrication se fait sur place. Nina Raeber a vécu dans ces pays et a pu se rendre compte des conditions précaires dans lesquelles vit une partie de la population. «La créativité et le commerce éthiquement responsable sont les piliers soutenant mon entreprise», souligne-t-elle. Nous créons justement des objets qui possèdent une personnalité et racontent une histoire. «Les matériaux avec lesquels je travaille ont déjà une vie derrière eux. Nous leur en donnons une nouvelle. Je trouve cela passionnant.» www.collpart.com (en français et en anglais)

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Revaloriser les aliments

Tout est bon,y a rien à jeter La valorisation des déchets est un concept particulièrement facile à mettre en œuvre en cuisine. Les restes et épluchures, qui finissent habituellement à la poubelle ou sur le tas de compost, peuvent souvent y être utilisés avec créativité. Texte: Lukas Hadorn

... colorer Un grand classique de la revalorisation: conservez les pelures d’oignon rouges ou brunâtres jusqu’à Pâques et plongezles dans une grande casserole d’eau pour colorer vos œufs naturellement. Afin d’obtenir de jolis motifs, placez des feuilles ou des fleurs sur les coquilles d’œuf avant la cuisson et fixez-les en enveloppant les œufs dans de vieux bas. ... cultiver

La couronne de feuilles d’un ananas donne – plus ou moins – facilement une nouvelle plante qui, si tout va bien, produira à son tour un bel ananas. Mais il faut s’armer de patience. Vous trouverez

les instructions détaillées sur Internet. Il en va de même pour les branches de céleri. Un autre classique: la culture d’avocatier à partir d’un noyau d’avocat que l’on fait germer dans un verre d’eau. Ensuite, il suffit de le planter et de surveiller la croissance. ... manger

Une évidence? Pas forcément. Nombreux sont les restes encore comestibles qui atterrissent sur le tas de compost. C’est le cas des épluchures de fruits qui, bien nettoyées, permettent pourtant de faire de très bonnes confitures ou peuvent aussi se manger confites. Pour cela, réduire de petits morceaux de zeste de citron dans de l’eau sucrée jusqu’à évaporation du liquide. Le pain rassis entretient également la grande tradition de la revalorisation. Depuis des siècles, il ne cesse d’être resservi sous diverses formes: pain perdu, panade, tarte au pain ou salade de pain. Sans oublier que les canards en raffolent! ... cuisiner Tout ce qui n’est pas utilisé dans la préparation d’un repas ou n’est pas consommé peut constituer la base d’un nouveau plat. On peut, par exemple, faire revenir les os de poulet finement broyés dans du

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beurre avec quelques légumes (des restes bien sûr!), mouiller avec du vin blanc et de l’eau et laisser réduire jusqu’à obtention d’un savoureux bouillon de poule. Un reste de bouillon (de fondue chinoise par exemple) peut se congeler dans un bac à glaçons, et les cubes seront réutilisés pour des préparations futures. Les restes de vin aussi se congèlent très bien. Inutile alors d’ouvrir une nouvelle bouteille pour la prochaine bolognaise (à moins que ce ne soit votre objectif!).


... soigner et embellir

... jardiner

Le thé noir agit contre la fatigue, c’est connu, mais son deuxième effet l’est moins… Tandis que l’infusion réveille l’esprit de l’intérieur, le sachet de thé, une fois refroidi, fait en effet des miracles en dix minutes chrono sur les yeux fatigués et gonflés. La peau de pêche est particulièrement recommandée pour le soin du visage. Saupoudrée d’un peu de sucre, sa face intérieure charnue permet un gommage tout en douceur. Même les épluchures de pomme de terre se recyclent en produit de beauté: faitesles bouillir dans de l’eau et utilisez le liquide pour rincer votre shampooing. Une solution naturelle pour foncer les cheveux gris!

Si les escargots envahissent votre jardin, ne mettez pas vos coquilles d’œufs ou de noix au compost. Réduites en petits morceaux et dispersées autour des plants ou des fleurs, elles agissent comme répulsif naturel contre les escargots. Vu qu’ils n’apprécient guère de glisser sur des arêtes saillantes, ils feront dorénavant un grand détour autour de vos salades.

... bricoler

© bab.ch, ddp images, GettyImages, iStockphoto, Shutterstock

... nettoyer

Le jus de citron est idéal pour nettoyer le laiton ou le cuivre oxydé. Les restes de vinaigre ou de ketchup – si, si, c’est vrai! – sont également des produits de nettoyage hyper efficaces. Si vous craignez pour votre précieuse poêle en cuivre, faites le test sur une pièce de 5 centimes d’euro. Et ce n’est pas tout: l’intérieur de la peau de banane garantit des résultats impeccables, notamment sur les chaussures en cuir.

Des coques de noix qui deviennent des petits bateaux, des noyaux de cerises qui rembourrent des peluches, des citrouilles évidées qui se muent en effrayantes créatures à Halloween… Nombreux sont les déchets alimentaires qui peuvent servir à bricoler ou à jouer avec les enfants. C’est économique et bon pour la planète. ... conserver

Peaux d’avocat, coquilles d’œuf ou de noix constituent de petits contenants bien pratiques en cuisine, notamment pour faire germer des graines au chaud ou cultiver du cresson. Si vous avez des enfants, utilisez-les pour mener de petites expériences chimiques, par exemple pour faire des cristaux.

... rafraîchir

A la saison froide, qu’il est agréable de se prélasser dans une pièce bien chauffée où flotte un délicat parfum d’agrumes! Pensez donc à ne pas jeter vos pelures d’oranges, de mandarines ou de citrons mais séchez-les et intégrez-les dans un pot-pourri – fait maison ou acheté dans le commerce. Quand l’écorce est encore fraîche, quelques projections de zeste pincé entre les doigts agissent tel un désodorisant d’intérieur. Autre possibilité: placez des morceaux d’écorce dans un humidificateur d’air ou plongez un citron pressé dans un récipient d’eau et laissez évaporer. ●

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La revalorisation des déchets

S‚éclairer à la pomme pourrie A Zurich, Migros exploite une installation qui trie les déchets et les transforme en biomasse productrice d’électricité verte. Un bel exemple d’upcycling. Texte: Lukas Hadorn Infographie: Martin Burgdorff

h

ans Frischknecht n’aime guère parler de déchets. Le terme «ressources» lui convient mieux pour désigner le contenu des containers verts envoyés des quatre coins de la coopérative Migros Zurich qu’il réceptionne chaque jour à la centrale d’exploitation de Herdern, à l’ouest de Zurich. Les containers sont remplis de restes alimentaires et d’épluchures, de denrées périmées et de fleurs fanées. Des déchets organiques ou plutôt des ressources, comme dirait Hans Frischknecht.

100 magasins et 50 restaurants du secteur de la coopérative Migros Zurich collectent leurs déchets et les déversent dans les camions qui livrent chaque jour de nouvelles marchandises.

Il est tout à fait compréhensible que cette subtilité linguistique tienne à cœur à ce gestionnaire des déchets de la coopérative Migros Zurich. Après tout, il est chargé de veiller au bon déroulement et à la rentabilité économique de la revalorisation de tout le rebut du vaste secteur de la coopérative. D’un point de vue logistique, une revalorisation intelligente des déchets est tout aussi importante que la livraison des produits frais. «Comme n’importe quel autre produit, la masse biogène a de la valeur»,

Les déchets organiques peuvent être traités avec leur emballage. Seuls le verre et le métal doivent être extraits. Avant, les emballages étaient retirés à la main.

indique Hans Frischknecht. Toutefois la création de valeur, c’est-à-dire la transformation des déchets organiques en biomasse, n’est pas évidente. Le principal problème concerne l’emballage. De nos jours, la plupart des aliments sont conditionnés dans du plastique et sont donc exclus d’une éventuelle transformation en biomasse. À moins de les déballer. «L’opération a longtemps été réalisée à la main dans les différents magasins», précise Hans Frischknecht. Un travail

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A Zurich, 20 tonnes de déchets organiques en moyenne sont transformées chaque semaine en précieuse biomasse.

4% 20

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sont des résidus d’emballage qui finissent aux ordures.


Pommes pourries et bouquets de fleurs fanées fournissent de l’électricité verte.

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96% sont pressés sur un tamis et récupérés dans une cuve sous forme de biomasse liquide.

tonnes, telle est la capacité de la cuve. Mais dès qu’elle atteint 30 tonnes, un SMS est automatiquement envoyé à la société de valorisation énergétique, invitée à venir aspirer la masse.

démesuré avec ses limites: le déballage des yogourts périmés, par exemple, n’était pas rentable. Ils atterrissaient donc directement aux ordures. C’est là qu’intervient la société Hybag. Implantée dans l’Emmental, elle développe des «systèmes pour la revalorisation des déchets organiques». En d’autres termes, des machines capables de distinguer l’emballage du contenu. «L’idée d’acquérir un tel équipement nous est venue il y a deux ans», ajoute Hans Frischknecht. Les considérations écologiques ont été déterminantes, tout comme la rentabilité économique. Pari gagné: «Les investissements seront amortis en quelques années seulement.» L’installation fonctionne depuis le mois de mai. Les 20 tonnes de ressources acheminées ici chaque jour sont réduites en fragments infimes dans un broyeur à marteaux. Les matières parasites comme le plastique sont soufflées à l’air comprimé et jetées aux ordures. Le reste est mélangé avec un peu d’eau et pressé sur un tamis. Le liquide qui en résulte, semblable à un épais jus de viande, est une matière première très convoitée. Un camion-citerne de la société argovienne Recycling Energie fait le déplacement de Nesselnbach quasiment tous les jours

pour pomper le précieux liquide. La biomasse est ensuite chauffée et libérée de ses germes avant d’être soumise à un processus de fermentation qui donne du biogaz – lequel sert à alimenter des moteurs qui entraînent un générateur producteur d’électricité verte sans CO2. Et en quantité non négligeable: une tonne de restes équivaut à la valeur énergétique d’environ 300 litres de fioul. Ce cercle vertueux fait toute la lumière sur l’utilisation de «ressources», au sens strict du terme. ●

Empreinte écologique Migros est champion Migros tente essentiellement de ne pas générer de déchets et de boucler autant que possible le cycle de vie des matériaux. Elle parvient tout de même à recycler 70 % des déchets d’exploitation encore produits. Dans le cadre de son programme de développement durable Génération M, Migros a réussi au cours des deux dernières années à réduire de 7 % l’empreinte écologique des 250 emballages les plus vendus.

Le camion-citerne pompe la biomasse quasiment tous les jours avant de l’acheminer à la station de biogaz. A la station de biogaz, la biomasse est chauffée puis fermentée pour produire le biogaz.

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Priorité à la région

Un désir de plus en „ plus prononcé pour un mode de vie durable„ Les produits régionaux ont le vent en poupe, car, avec la mondialisation, nous ne perdons pas seulement le contrôle du contenu de nos assiettes, mais aussi notre identité. La nutritionniste et analyste de tendances Hanni Rützler parle de la marche victorieuse des denrées alimentaires de la région. Interview: Lukas Hadorn Photo: Roberto Greco

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récente dans notre espace culturel. Contrairement à d’autres régions du monde, nous n’avons à cet égard aucun «retard à combler» qui nécessiterait d’avoir recours à de la viande artificielle.

Madame Rützler, vous avez récemment testé le «Frankenburger» qui a fait grand bruit dans la presse. Quel goût a une viande synthétique?

Honnêtement, elle est bien meilleure que je ne le pensais. Ça n’a pas été une révélation culinaire, mais avec un peu de sauce et quelques légumes de saison, un cuisinier peut la transformer en bon hamburger. Je pourrais très probablement m’y laisser prendre.

© Zukunftsinstitut Gmbh

C’est donc ce qui nous attend demain dans nos assiettes: de la nourriture in vitro avec un aspect et un goût plus vrais que nature?

Je ne pense pas que la viande synthétique s’imposera de sitôt dans nos régions alpines. Il y a toujours des freins éthiques et moraux, mais aussi culturels, à des avancées de ce type. Et chez nous plus qu’ailleurs. La consommation de viande est une tradition relativement

Même lorsqu’elle est d’origine animale, la viande a de moins en moins bonne presse. Vous prévoyez l’avènement des flexitariens qui mangent principalement végétarien.

Hanni Rützler Nutritionniste et psychologue de la santé, Hanni Rützler, 51 ans, est l’une des analystes de tendances alimentaires les plus connues en Europe. Originaire de Bregenz, elle vit aujourd’hui à Vienne où elle a fondé son futurefoodstudio en 2004.

Nous avons atteint ce que nous appelons un «pic de la viande». En Europe, la consommation de viande a cessé d’augmenter. En tant que flexitariens, nous ne renonçons pas à la viande mais elle ne constitue plus la base de notre alimentation. Plutôt que de consommer toujours plus de viande, l’idée est de mieux manger. Nous remettons en cause la façon dont nos aliments sont fabriqués et souhaitons également nous nourrir plus sainement. Aussi, nous prêtons plus d’attenVivai 1/14

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Priorité à la région

tion à l’origine et à la qualité. Un bienfait pour nous et pour l’environnement!

de 25 ans, la cuisine des minorités ethni­ ques aux accents régionaux et même locaux suscite à nouveau l’intérêt. Aux Etats­Unis aussi: il y a quelques années sont apparus les «locavores», qui ne consomment que des produits locaux.

Cette évolution des mentalités s’inscrit-elle dans la tendance générale qui consiste à privilégier les produits alimentaires régionaux?

Absolument. Aux yeux des consomma­ teurs, les produits régionaux sont plus sains et plus respectueux de l’environne­ ment. Dans l’Europe germanophone, dont le terrain culturel est le principal objet de mes recherches, nous consta­ tons chez les consommateurs un désir de plus en plus prononcé pour un mode de vie durable et responsable. Et les pro­ duits régionaux satisfont cette attente. Les produits régionaux permettent-ils aussi de mieux contrôler l’origine et la composition des aliments?

Même quelque peu surestimée, l’insé­ curité est un thème qu’affectionnent les politiques et les médias dans le but d’alimenter sciemment certaines peurs. Et comme nous vivons dans un monde connecté 24 heures sur 24, nous décou­ vrons chaque scandale en temps réel. Bien que la sécurité alimentaire n’ait jamais été aussi élevée, la mondialisation ébranle naturellement nos certitudes. Lorsque nous dénichons dans les rayons de nos supermarchés une gousse d’ail venue de Chine, il y a de quoi se poser des questions. Nous sommes plus rassurés si c’est le fermier du village qui l’a récoltée…

Ou un agriculteur d’un village voisin. Dans tous les cas, il nous semble de plus en plus absurde d’importer de l’autre bout du monde des produits qui pour­ raient provenir de nos régions. Ces dérives de la mondialisation ont renfor­ cé la tendance à consommer local. Cette tendance au régionalisme estelle mondiale?

Oui, nous l’observons dans le monde entier. En Thaïlande notamment, où l’art de la fusion culinaire est né il y a près

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Et chez nous, depuis quand les gens se concentrent-ils à nouveau sur leur environnement proche?

De la région directement à votre Migros Le bonheur est à portée de main: ce conseil s’applique aussi bien à la recherche de l’âme sœur qu’à celle des bons produits. Les denrées régionales établissent un lien de proximité entre producteurs et consommateurs, un phénomène qui, à l’ère de la mondialisation, ne cesse de prendre de l’ampleur. A cela vient s’ajouter un aspect à ne pas sous-estimer: les produits locaux jouissent souvent d’une meilleure image auprès des clients. Sans oublier qu’acheter régional contribue aussi à promouvoir les producteurs de la région. Un effet secondaire très appréciable! C’est sur cette idée que repose le label Migros «De la région». Le régionalisme est depuis toujours une composante identitaire de la société coopérative Migros. C’est ainsi qu’est née l’idée de créer un label dédié aux régions, qui a vu le jour dans la coopérative Migros Lucerne. Aujourd’hui, chaque coopérative dispose de son propre assortiment régional. Au total, le label «De la région» englobe près de 8000 produits livrés à Migros par environ 7500 producteurs de toute la Suisse. Pour pouvoir arborer le label aux montagnes bleutées et au grand soleil, les producteurs doivent se soumettre à une procédure de certification exigeante. Cette démarche permet notamment de garantir la qualité des produits. Du reste, la clientèle de Migros achète plus volontiers des fruits et légumes de la région.

Depuis un bon moment. Il est intéres­ sant de noter que la nouvelle cuisine avait déjà donné un élan à la cuisine régionale dans les années 1970. Mais à cette époque, les chefs s’intéressaient uniquement aux recettes et aux diffé­ rents modes de préparation régionaux. L’origine des ingrédients était secon­ daire. Ce n’est qu’au fil du temps que ce mouvement s’est étendu aux produits. L’intérêt pour les produits alimentaires régionaux va-t-il s’intensifier?

A priori oui. Nous sommes de plus en plus sensibles à ce qui nous rend heureux et nous fait du bien. C’est­à­ dire à ce qui contribue véritablement à accroître la qualité de la vie. Dans le domaine de l’alimentation, cela implique de connaître l’histoire d’un produit ou celle de son producteur. Et pourquoi pas de mettre nous­mêmes la main à la pâte? Cette nouvelle forme de luxe au quoti­ dien va devenir une nécessité croissante. Vous prônez la compétence nutritionnelle comme dynamique de vie. Pour quelle raison?

Parce que nous consacrons beaucoup de temps à nous procurer de la nourriture, à la préparer et à l’ingérer. Choisir une alimentation plus saine et plus respon­ sable, c’est profiter davantage de la vie. Il est toutefois regrettable que nous soyons devenus si ambivalents en ce qui concerne notre alimentation. Si nous vivons déjà dans l’opulence, nous devrions au moins savoir l’apprécier pleinement tout en agissant de façon res­ ponsable. Une telle démarche suppose une compétence nutritionnelle. l


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Remue le monde.


En fait, c‚est quoi la neutralité carbone? Qui génère des gaz à effet de serre ayant un impact négatif sur le climat doit en assumer la responsabilité et apporter une compensation. Vivai a demandé à des professionnels leur avis sur ce principe du pollueur-payeur. Enquête: Bernhard Raos

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Neutralité carbone

La neutralité carbone se base sur le principe du pollueurpayeur: qui nuit à la planète doit se racheter en menant des projets de protection du climat.

Il s’agit de compenser les émissions inévitables de CO2 par des projets de protection du climat, mis en œuvre de façon durable à l’échelle de la planète. C’est ainsi que nous neutralisons l’impact climatique.

Kathrin Dellantonio, directrice du dépar­ tement Marketing & ventes de myclimate

„Il nous faut tout d’abord assumer la responsabilité de nos propres émissions, puis les éviter là où l’on peut réaliser les économies les plus importantes et, enfin, contribuer à compenser leur impact dans le monde.

Antje Baertschi, chargée de communica­ tion du Secrétariat d’Etat à l’économie SECO

„La neutralité climatique consiste

à limiter au maximum l’impact de nos activités sur le climat. La Poste s’attache à couvrir ses besoins en électricité exclusivement à partir de sources d’énergie renouvelables (naturemade basic) situées en Suisse.

© Mauritius Images

Anne Wolf, responsable Développement durable à La Poste Suisse

„Cela implique d’abord d’éviter

nos propres émissions de CO2 ou, à défaut, de les limiter au maximum tout en nous attachant à les

compenser. L’idéal consisterait bien sûr à les supprimer totalement, mais dans la réalité, une réduction durable constitue déjà un beau succès. Cela fait bien longtemps que Migros s’engage en faveur du respect de l’environnement, tout en assumant pleinement sa responsabilité sociétale.

Lorenz Bruegger, directeur des Médias Migros

„Nous avons épuisé notre budget

carbone. L’empreinte écologique de la Suisse est cinq fois supérieure à sa biocapacité. Une utilisation plus respectueuse de nos ressources ainsi qu’une transition accélérée vers les énergies renouvelables nous permettraient de rééquilibrer les comptes.

Rolf Wüstenhagen, directeur de l’Institut d’économie et d’écologie de l’Université de Saint­Gall

„En produisant une électricité

sans émissions de CO2 grâce à nos centrales hydrauliques et nucléaires, mais aussi grâce aux énergies renouvelables, nous aidons nos clients, les entreprises cantonales, à atteindre leur objectif de neutralité carbone.

Christian Capello, chargé du développe­ ment durable chez Axpo

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Sain et léger

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Mousse de lait vanillée (1)

Chauffer le lait avec la pulpe d’une gousse de vanille, battre au fouet jusqu’à l’obtention d’une mousse. Chips de viande des Grisons (2)

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Faire griller les tranches de viande des Grisons pendant 1/4 h au milieu du four préchauffé à 18O oC. Croutons à l’ail (3)

Faire revenir des dés de pain de mie complet frotté d’ail dans un peu d’huile d’olive, puis les assaisonner de sel aux herbes et de poivre.

Jouez l‚atout soupe! En jouant la carte des potages, vous épaterez vos invités sur le plan culinaire, tout en augmentant leur capital de sympathie à votre égard! Texte: Lukas Hadorn

© iStockphoto (montage photo Vivai)

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Recette: Lina Projer Photo: Ruth Küng

i l’on en croit la sagesse populaire, la soupe a tout de l’aliment miracle. Elle rend fort et fait grandir les enfants, rassasie et permet de retrouver la ligne, procure santé et bien-être… ses vertus variant suivant le destinataire du message. On lui a même découvert un potentiel social. Des chercheurs américains ont en effet mis en lumière que notre sympathie à l’égard d’une personne pouvait fortement varier en fonction de la température de la boisson servie par celle-ci. Le velouté dont nous vous livrons la recette vous permettra donc de régaler vos convives, tout en boostant votre capital de sympathie! Préparé en un tour de main et présenté avec quelques accompagnements bien choisis, il trouvera sa place sur les meilleures tables. D’aucuns

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se demanderont peut-être si les croûtons à l’ail ne risquent pas d’hypothéquer leurs bons points ainsi gagnés auprès de ses invités? Qu’ils se rassurent: le persil est réputé pour être l’allié des haleines fraîches. Ce dernier contient en effet de l’apiol, une huile essentielle qui neutralise les odeurs désagréables. Ingrédients et préparation (4 pers.) 1 oignon, 150 g de pommes de terre à chair farineuse, 600 g de carottes, 2 cs d’huile d’olive, 20 g de gingembre, 1 l de bouillon de légumes, sel, poivre, un peu de persil ciselé.

Tailler l’oignon, les pommes de terre et les carottes en dés. Faire chauffer l’huile et y faire blondir l’oignon environ 5 min.

Ajouter le reste des légumes et une bonne pincée de sel. Poursuivre brièvement la cuisson. Ajouter le gingembre finement râpé, puis le bouillon. Couvrir et laisser mitonner pendant 30 min. Réduire en purée à l’aide d’un mixeur-plongeur (en rajoutant au besoin un peu d’eau ou de bouillon), saler et poivrer. Parsemer de persil ciselé avant de servir. Le plus santé On oublie souvent que les pommes de terre constituent une bonne source de vitamine C, indispensable pour affronter l’hiver. Les carottes fournissent du bêtacarotène, tandis que le gingembre est un puissant anti-infectieux. Ces deux ingrédients sont donc parfaits pour tenir en échec grippes et refroidissements. ●


Près de Chamonix et à 1 h de l’aéroport international de Genève, le hameau des Granges d’en Haut déploie tout son confort avec 12 chalets de luxe, 2 restaurants, le Crystal, restaurant gastronomique et la Table des Granges, restaurant traditionnel, un « Vinothérapie® Spa by Caudalie » et des espaces séminaires avec 2 grands salons de réception, pour séminaires ou mariages.

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Les nutriments

L‚ étoffe du commun des mortels Que sont véritablement ces nutriments qui sont mentionnés sur presque tous les emballages et accompagnent quantité de recettes? De combien de nutriments a-t-on besoin? Lesquels sont les plus importants? Une chose est sûre: nous ne pourrions pas vivre sans eux. Texte: Marianne Botta Diener Photos: Armin Zogbaum

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omment faire le meilleur choix devant un buffet de salades bien garni et très alléchant? Toutes les salades fournissent-elles les nutriments dont nous avons besoin, ces substances nécessaires à notre bien-être et à notre santé? Une petite enquête, menée au débotté dans mon entourage, m’a révélé que peu de gens savent ce que sont vraiment les nutriments. Voici ce qu’en dit le Dr David Fäh, spécialiste de la nutrition qui collabore à Vivai: «L’alimentation humaine comprend des micronutriments et des macronutriments ainsi que de l’eau. Ces substances 30

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remplissent différentes missions.» Les macronutriments sont les glucides et les lipides. Ils fournissent de l’énergie. Les protéines aussi peuvent servir de carburant, mais ce serait dommage. Car comme les vitamines, les minéraux et les oligoéléments, elles sont nécessaires à la croissance et à la formation des tissus. Les micronutriments regroupent les vitamines, les minéraux et les oligoéléments qui ont, eux aussi, des fonctions précises à remplir. Que l’organisme en manque, et des carences se manifestent. Par contre, un excédent de micronutriments peut, dans le pire des cas, provo-


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Les nutriments fournissent des substances essentielles à la santé, notamment des protéines et des vitamines. Une alimentation variée garantit un apport en nutriments suffisant.

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Les nutriments

quer des intoxications, concurrencer l’ab­ sorption d’autres nutriments ou entraîner une surcharge supplémentaire pour les reins. «Il ne faut donc pas avaler des com­ primés de vitamines et de minéraux sans raison», met en garde le Dr Fäh. Dans un pays à un stade de dévelop­ pement aussi élevé que la Suisse, l’apport en macronutriments est en principe suffi­ sant, bien qu’il puisse y avoir certaines carences. Selon le 6e rapport sur la nutri­ tion en Suisse (2012), cela concerne par exemple l’acide folique et la vitamine D durant les mois d’hiver. Par ailleurs, les besoins en nutriments varient d’un indi­ vidu à l’autre et selon l’âge. L’acide foli­ que est important pour les femmes qui souhaitent tomber enceinte. Et les adeptes du véganisme devraient prendre des sup­ pléments de vitamine B12. Quel est alors le meilleur conseil pour assurer un apport quotidien en nu­ triments suffisant? «Plusieurs études ont montré qu’une alimentation riche et va­ riée peut fournir tous les nutriments en quantités suffisantes», précise le Dr Fäh. Il faut manger de tout, mais en quantités raisonnables. C’est­à­dire des aliments crus et d’autres cuits. L’alimentation la plus recommandable est le régime méditerra­ néen. Il comprend de nombreux aliments d’origine végétale (salade, noix et fruits), privilégie l’huile d’olive comme source de matières grasses et limite la viande rouge, lui préférant le poisson et la volaille. La façon de préparer les aliments joue égale­ ment un rôle important pour la conserva­ tion des nutriments (voir encadré). Mais revenons à notre buffet de salades… Une assiette remplie de légumes aux couleurs variées, des noix, un œuf, de la salade de fromage ou une autre source de protéines assure un bon approvision­ nement en nutriments.

1. Les glucides Ils apportent au corps de l’énergie, mais ne sont pas vitaux. Le riz, les pâtes, les pommes de terre, le pain et les sucreries sont des glucides. 32

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Exemple de glucide: le lactose, le sucre naturel du lait, qui fournit de l’énergie à l’organisme et nourrit des bactéries intes­ tinales utiles. On en trouve dans le lait, les yogourts et la crème. Remarque: en Suisse, environ un adulte sur six est intolérant au lactose. La raison? L’absence ou l’insuffisance d’enzymes qui dégradent le lactose dans l’organisme. Heureusement de nombreux produits sans lactose sont proposés dans le commerce. Consommer de petites quantités de pro­ duits laitiers contenant du lactose ne devrait pas poser de problème aux allergiques.

2. Les protéines Elles fournissent à l’organisme huit acides aminés essentiels et sont nécessaires à la formation des enzymes, des tissus, des organes et des hormones ainsi qu’au dé­ veloppement du système immunitaire. La viande, le poisson, les œufs, le lait et les produits laitiers ainsi que les noix sont des sources de protéines. Exemple de protéine: le tryptophane, une substance qui permet de synthétiser la sé­ rotonine, ou hormone du bonheur. Remarque: quand les repas sont très riches en protéines, la quantité de trypto­ phane qui pénètre dans le cerveau est moindre, car il est concurrencé par de nombreux autres acides aminés qui sou­ haitent eux aussi être transportés jusqu’au

cerveau. Toutefois, dès qu’il y a un peu d’insuline dans le sang, comme après une absorption de glucides, les autres acides aminés pénètrent davantage dans la mus­ culature, et le tryptophane peut être trans­ porté sans encombre jusqu’au cerveau.

3. Les lipides Ils fournissent à l’organisme de l’énergie et des acides gras essentiels constituants des cellules. Le beurre, les huiles végétales et animales sont composés de lipides. Exemples de lipides: les acides gras omé­ ga-3 EPA et DHA. Anti-inflammatoires, ce sont des composants indispensables au bon fonctionnement du cerveau et du sys­ tème nerveux et ils protègent des mala­ dies cardiovasculaires. Les aliments qui en fournissent en bonne quantité sont les poissons de mer gras, tels que le saumon, le hareng, le maque­ reau, la sardine, l’anchois, ainsi que la


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Préserver les nutriments Trucs et astuces

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des produits frais régionaux •et Acheter de saison et les consommer le plus

vite possible. Autrement, préférer les légumes surgelés. Lors de l’achat de produits surgelés, veiller à ne pas interrompre la chaîne du froid jusqu’à votre congélateur. Ne pas laisser les produits surgelés décongeler lentement, mais les utiliser tout de suite. Plus le contenu de votre assiette est varié et coloré, mieux vos besoins en nutriments essentiels sont couverts. Légumes crus et légumes cuits se complètent souvent très bien. Des nutriments sensibles, comme la vitamine C des carottes et des tomates, sont détruits lors de la cuisson, tandis que d’autres, la carotène par exemple, sont plus facilement disponibles une fois chauffés. Conserver salades et légumes à l’abri de la lumière, bien emballés, au réfrigérateur ou à la cave. Dans tous les cas, dans un lieu où la température n’excède pas 4 °C. Laver légumes, fruits et salades brièvement, et si possible pas sous l’eau courante. Couper les aliments le plus tard possible, juste avant de les utiliser. Dès que salades et légumes sont coupés, les arroser de vinaigre ou de jus de citron. Cela stoppe la destruction de la vitamine C par les enzymes. Bien couvrir les aliments coupés en morceaux en les protégeant de l’air comme de la lumière. Plus les morceaux de légumes sont gros, moins ils perdent de micronutriments lors de la cuisson. Nombre de nutriments finissent dans l’eau de cuisson. La cuisson à la vapeur, p. ex. dans un steamer, permet de bien conserver les nutriments. Faire cuire les légumes en les gardant croquants. Plus ils cuisent, plus ils perdent de vitamines. La cuisine asiatique ménage les aliments, parce qu’ils sont cuits très rapidement, à haute température, p. ex. au wok.

truite, les légumes verts et les huiles de noix, de lin et de colza. Remarque: l’organisme a besoin d’acides gras oméga-3 et d’acides gras oméga-6. De nos jours, la proportion d’acides gras oméga-6 dans l’alimentation est trop importante. Pour rééquilibrer, il est recommandé de manger du poisson deux fois par semaine ou de privilégier les sources végétales d’oméga-3.

4. Les vitamines Elles sont essentielles et remplissent plusieurs fonctions dans l’organisme. Exemple: la vitamine B 12 ou cobalamine, qui joue un rôle important dans la formation du sang. Une carence en vitamine B 12 peut entraîner une anémie, accompagnée de fatigue et de palpitations. La viande, les abats (p. ex. le foie), le poisson, les huîtres, le jaune d’œuf, le lait et les produits laitiers constituent de bonnes

sources de vitamine B 12, dont on trouve aussi des traces dans les aliments fermentés comme la choucroute et la bière. Remarque: la vitamine B 12 est présente presque exclusivement dans les aliments d’origine animale. Un régime végan ne saurait par conséquent pas couvrir les besoins de l’organisme en vitamine B 12.

5. Les minéraux Les minéraux, qui remplissent les fonctions les plus diverses, sont essentiels à l’organisme. Exemple: l’iode, qui intervient notamment dans le fonctionnement de la thyroïde. Bonnes sources: le sel de cuisine iodé (indication figurant sur le paquet), les poissons et fruits de mer ainsi que les algues. Remarque: la Suisse est naturellement pauvre en iode. C’est pourquoi, le sel de cuisine iodé, qui prévient la formation de goitres, a été introduit en 1922. l

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Les régimes tendance

Diète à mi-temps Chaque nouvelle année, c’est la même chose, on n’entend parler que de régime. Et récemment, de jeûne intermittent. Une pratique qui semble faire des adeptes. Notre expert en nutrition, le Dr David Fäh, nous donne son avis sur cette nouvelle tendance.

à

nouvelle année, nouvelles résolu­ tions! Comme de perdre quelques kilos, par exemple. Mais si les bonnes intentions sont faciles à exprimer, elles ne sont pas toujours évidentes à appliquer. Les régimes sont légion, et les recettes miracle les plus farfelues font régulièrement la une des magazines. Les personnes désireuses de perdre du poids devraient surtout faire preuve de bon sens et miser sur la durée. S’il faut manger et boire régulière­ ment pour survivre, trop – ou mal – consommer peut entraîner un vieillisse­ ment prématuré, un surpoids ou même des maladies. La nouvelle méthode en vogue, prônant un jeûne intermittent, s’appuie sur ces constatations. Au départ, il y a des expériences de laboratoire ayant montré que des animaux dont les quanti­ tés de nourriture étaient limitées vivaient plus longtemps et en meilleure santé que d’autres autorisés à avaler tout ce qu’ils voulaient. Un bénéfice obtenu même quand les animaux étaient privés de nourriture un jour sur deux et pouvaient, dans les intervalles, manger à volonté. Ce type de jeûne intermittent est aussi nommé le régime «un jour sur deux». Les rats ration­ nés ne regrossissaient pas malgré les intermèdes gourmands. Ceux ayant jeûné affichaient de meilleures valeurs san­ guines, et, contrairement à leurs collè­ gues dont l’appétit n’avait pas été bridé, ils ne grossissaient pas. Ces résultats peuvent­ils être transposés à l’être humain? 34

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Peut­être. En tout cas, les valeurs sanguines, telles que la glycémie, l’insu­ line et les valeurs hépatiques, ainsi que les symptômes des maladies qui avaient été constatés auparavant, avaient diminué chez les sujets testés pratiquant le jeûne un jour sur deux. Comment cela fonc­ tionne­t­il? Comme presque tout ce qui fait plaisir, le péché capital de gourman­ dise met notre organisme à l’épreuve. Les calories déclenchent un feu d’artifice de réactions. Tirer profit des lipides, des sucres et des protéines exige du travail de notre corps et stresse nos cellules. L’éner­ gie ne peut pas être détruite – transformée seulement. Qui consomme davantage que nécessaire pour son organisme stocke l’excédent. Et cela ne se fait pas tout seul. D’abord, notre foie doit y croire. Il devient gras et tente désespérément de se débar­ rasser de ce gras par le sang. Nos petits bourrelets s’en réjouissent. Ainsi, ils peuvent accroître leurs réserves. Ce qui

nous amène à une question brûlante: «Le jeûne intermittent aide­t­il à perdre du poids?» C’est bien possible, mais ce n’est aucunement prouvé scientifiquement. Il reste surtout à éclaircir si le poids ainsi perdu ne revient pas au galop. Car à quoi bon perdre 20 kilos si l’impitoyable effet yoyo nous les fait reprendre illico? Les critiques ont raison de douter du succès à long terme de ce régime. Le jeûne n’est en effet pas très facile à pratiquer en famille ou en société. Il exige une organisation stricte. Mardi, jour de jeûne, pas de sor­ tie. Jeudi, ce n’est malheureusement pas possible non plus. Et ainsi de suite… Quand on vise un effet durable, soit un succès à long terme, il vaut mieux choisir un autre type d’alimentation, qui s’appuie sur des bases scientifiques so­ lides: le régime méditerranéen. Une étude a été menée sur plusieurs groupes durant six années, des groupes témoins et un groupe ayant adopté les principes du régime méditerranéen. En moyenne, les membres de ce dernier groupe avaient, à l’issue de l’étude, un poids inférieur. Les personnes des autres groupes, qui avaient adopté une alimentation pauvre en lipides et en glucides, avaient conservé leur poids de départ, ou presque. Logique, car adop­ ter un régime méditerranéen n’implique pas de renoncement. Au contraire, une telle alimentation est synonyme de plaisir et de gain en termes de qualité de vie. Et vous? Que choisiriez­vous entre partager un bon repas et jeûner dans votre coin? l

© GettyImages, iStockphoto (montage photo Vivai), Plainpicture

Texte: David Fäh


Le jeûne intermittent en version soft

Et vice-versa: éviter de manger juste •après avoir fait du sport prolonge le pro-

Faites un «minijeûne» entre le souper et le petit déjeuner. Sans apport de calories durant 10 à 12 heures, votre organisme va se servir dans ses réserves de sucre. Cela implique de souper tôt et de prendre un petit déjeuner pas trop matinal.

cessus de combustion des graisses dans l’organisme. Par ailleurs, il faut se bouger au moins une demi-heure pour impacter les surcharges pondérales.

Le petit déjeuner n’est pas votre truc? •Prenez votre premier repas de la journée

Le dimanche, on se lève tard. La journée •étant plus courte, deux repas suffisent.

Faire du sport avant le petit déjeuner •permet de brûler plus de graisse. Les

Avez-vous déjà essayé d’«annuler le •souper»? En sautant le repas du soir, on

vers 9 h. Mais veillez à ne pas grignoter tout au long de la journée.

réserves de sucre se vidant durant la nuit, les graisses sont utilisées plus rapidement.

Un brunch entre 11 et 12 h et un souper vers 18 h.

peut jeûner jusqu’à 20 heures d’affilée.

Programmez une «journée thé» entre •deux journées de bombance. Dans la mesure du possible, évitez les •grignotages entre les repas. L’idéal est de

rester 5 heures sans absorber de calories entre deux repas, mais on peut sans problème boire du thé ou du café sans sucre. Trop dur? Dans ce cas-là, préférez les •légumes aux fruits en en-cas. Tomates

cherry, concombre, céleri ou fenouil n’ont aucune influence sur le taux d’insuline et n’empêchent ainsi pas l’organisme de puiser dans ses réserves.


Tour d’horizon des régimes

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Comment ça s’appelle

Le jeûne intermittent

Le régime basique

En quoi ça consiste

Cette appellation regroupe diverses formes de jeûne de courte durée, par exemple jeûner un jour sur deux ou faire une pause de 16 heures entre deux repas.

Il s’agit d’éliminer les aliments qui acidifient l’organisme de façon excessive. On parle aussi souvent de «nettoyage de printemps de l’organisme».

L’impact sur la santé

Permet d’améliorer les valeurs sanguines (taux de graisse et de sucre) chez les personnes en bonne santé.

Selon l’alimentation adoptée avant de suivre ce régime, une amélioration des facteurs de risque peut être constatée.

Les risques

D’après des études sur les animaux, il semble que ce régime soit dangereux pour les personnes souffrant de certaines maladies, le diabète notamment.

Il faut renoncer à des aliments et boissons potentiellement bons pour la santé (p. ex. poisson et thé). Aucune donnée disponible sur l’impact à long terme.

L’impact sur le poids

Pour l’heure, aucune étude sur l’impact à long terme de ce régime sur le poids corporel n’a été menée. Ce point reste donc à éclaircir.

Selon les aliments auxquels on renonce, il peut en résulter une diminution du poids corporel. Mais ce phénomène n’a pas fait l’objet d’études.

L’action à long terme

Lorsqu’un régime ne peut pas être intégré au quotidien de façon permanente, les chances de succès à long terme sont minces.

Vraisemblablement faible. Ce régime n’est pas simple à pratiquer en société, vu que des aliments courants (p. ex. pâtes et viande) sont exclus des menus.

La dimension plaisir

Un régime qui n’apporte vraiment aucun plaisir et n’est pas compatible avec la vie en société, car jeûner un jour sur deux, ce n’est pas très convivial.

Le plaisir est clairement absent de ce régime.

Ce à quoi il faut renoncer

Il est évident qu’il faut renoncer à beaucoup de choses. C’est un régime du «tout ou rien». Toutefois, aucun aliment spécifique n’est interdit.

A beaucoup de choses: la viande et ses dérivés, le poisson, les produits laitiers et ceux à base de farine blanche, le sucré, le thé noir et l’alcool.

Preuves d’efficacité

Insuffisantes à ce jour.

Pour ainsi dire aucune preuve scientifique. Ni pour le concept, ni pour son action.

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Notre expert évalue les principaux régimes


Le régime Low Carb

Le régime macrobiotique

Le régime méditerranéen

Low Carb pour «low carbohydrates», soit pauvre en glucides. Ce régime qui prône le renoncement presque total aux aliments contenant des glucides jouit d’une grande popularité.

Ce régime exclut largement les produits d’origine animale et privilégie les aliments naturels et les produits à base de céréales complètes peu transformés. Légumes autorisés, mais fruits en petites quantités seulement.

Fruits, noix et légumes tous les jours, beaucoup de poisson, un peu de volaille. Huile d’olive comme source principale de matières grasses, légumes secs, céréales complètes. Peu de sucreries, régulièrement un peu de vin.

Chez nombre de personnes, amélioration des taux de sucre et de graisse dans le sang ainsi que du taux d’insuline.

Chez les gros consommateurs de viande, amélioration de certains paramètres sanguins (cholestérol).

Diminution des facteurs de risque ainsi que des risques de maladies.

Les personnes suivant ce régime qui compensent par trop de viande rouge voient augmenter leur risque de cancer ou d’infarctus.

Il existe clairement un risque assez élevé de carences.

Aucun risque connu.

Au début, les progrès sont notables, la perte de poids est rapide. Mais attention, le risque de subir l’effet yoyo est important.

Aucune étude sur ce point. Ce régime, qui se caractérise par une part importante de glucides et faible de protéines, devrait peu influencer le poids corporel.

Largement étudié. Les résultats montrent une perte de poids modérée mais durable.

L’effet à long terme est soumis à conditions, car ce type d’alimentation est très restrictif.

Probablement un impact positif chez les personnes considérant ce régime comme une philosophie. Sinon, peu de répercussions à long terme.

L’efficacité de ce type d’alimentation a été démontrée sur une durée de 6 ans.

Cela dépend des goûts personnels, mais apporte au final plutôt peu de plaisir.

Le plaisir n’est pas au rendez-vous, car nombre de produits de notre alimentation sont justement plus savoureux parce qu’ils sont transformés.

Ce régime ne néglige pas le plaisir, un aspect important dans l’alimentation. Il est, de ce fait, facile à suivre.

Long catalogue d’aliments défendus, y compris les fruits, les pâtes, la pizza, le pain, les pommes de terre, etc.

La liste des produits défendus est longue: viande, produits laitiers, œufs, sucre, pommes de terre, alcool, café, denrées en conserve ou surgelées.

Pas d’interdit. Sucreries, beurre et crème ne doivent pas être consommés tous les jours. Viande rouge et charcuterie limitées à 2-3 fois par semaine.

Des études montrent, certes, que les facteurs de risque baissent, mais suivre systématiquement ce régime des années durant augmente probablement le risque de maladies.

Concept dépourvu de toute base scientifique. Possibilités de carences et de dysfonctionnements dans le développement des enfants suivant un tel régime.

Il existe de nombreuses études éloquentes sur les facteurs de risque, les risques de maladies et de décès ainsi que le contrôle du poids.

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Les rösti

A chacun sa mode Comme le cervelas, les rösti sont des éléments phare de la cuisine suisse, même si la question du mode de préparation divise le pays.

a

gria, Charlotte, Urgenta, Lady Christl ou plutôt Bintje? Experts de Suisse romande et de Suisse alémanique sont unanimes quant au choix des meilleures pommes de terre pour des rösti parfaits: toutes les variétés ci-dessus mentionnées sont excellentes. Mais l’entente s’arrête là. Pour la préparation, les Romands ne jurent que par l’utilisation de pommes de terre crues et d’huile, tandis qu’au-delà de la Sarine, on défend mordicus que les pommes de terre doivent être cuites avant de passer à la poêle, où elles sont frites avec de grosses quantités de beurre. La question divise la Suisse depuis plusieurs décennies. A tel point que le Röstigraben est devenu emblématique de la différence de mentalité entre les deux régions linguistiques. N’avons-nous pas tendance à en faire un peu trop? Un coup d’œil à l’étranger révèle deux choses: tout d’abord, les rösti sont considérés bien au-delà de nos frontières comme le symbole de la cuisine authentique du terroir suisse, qu’ils soient cuisinés avec des pommes de terre crues ou cuites, dans du beurre ou de l’huile. Ensuite, les pommes de terre râpées, jadis petit-déjeuner nourrissant des paysans, sont extrêmement appréciées dans le monde entier. Mais au Vietnam, au Canada comme en Angleterre, la question de la recette parfaite, pour des rösti moelleux à l’intérieur et croustillants à l’extérieur, est omniprésente. Felicity Cloake, la bloggeuse britannique du quotidien The Guardian eut un véritable coup de cœur pour ce plat il y a quelques 38

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Pour varier les plaisirs Rösti du monde

Rösti de Suisse orientale

Faire fondre du beurre dans une poêle, saisir 4 ou 5 tranches très fines de lard jusqu’à ce qu’elles soient croustillantes, incorporer une demi-pomme émincée en rondelles, attendre qu’elle caramélise légèrement, ajouter un sachet d’Original Rösti et préparer selon les indications figurant sur l’emballage.

Rösti marocains

Faire revenir de l’ail dans de l’huile d’olive, ajouter 500 g d’épinards, cuire jusqu’à réduction. Assaisonner avec un peu de cumin et de noix de muscade, ajouter un sachet d’Original Rösti et préparer selon les indications figurant sur l’emballage. Agrémenter le tout de yogourt salé ou de crème acidulée et de quelques graines de grenade.

Rösti suédois

Faire rôtir les Original Rösti en suivant les indications figurant sur l’emballage, les accompagner de saumon fumé et d’un soupçon de crème acidulée à l’aneth.

années, lors d’un voyage dans les Alpes suisses. De retour chez elle, ce n’est qu’après de longues recherches et maints essais qu’elle put enfin communiquer à ses lecteurs la recette parfaite – à base de pommes de terre cuites! Quoi qu’il en soit, il est possible de faire simple et rapide. Aujourd’hui, rares sont les personnes qui ont encore le temps et l’envie de préparer des rösti. Surtout quand on peut acheter des Original Rösti en sachets à Migros. Leur recette est inchangée depuis 1967 et, selon Helen Treier, responsable de la communication chez le fabricant Bina S.A., ces galettes de pommes de terre prêtes à rôtir jouissent d’une immense popularité. L’enthousiasme suscité par les Original Rösti dépasse d’ailleurs les frontières du pays. Des collègues étrangers m’ont confié en remplir la moitié de leur valise quand ils vont rendre visite à leurs proches, qui apprécient ces petits cadeaux typiques de la gastronomie helvète. Quant à savoir si la version prête à l’emploi est aussi savoureuse que celle faite maison, Helen Treier répond: «Bien sûr! Mais il faut respecter les instructions. Ouvrir l’emballage, assouplir les rösti et les faire dorer à feu moyen dans une poêle antiadhésive, sans matières grasses.» En tout cas, les visiteurs du salon professionnel Olma 2013 étaient enthousiastes: en 10 jours, Bina S.A. y a distribué quotidiennement près de 3600 portions de rösti. Röstigraben ou pas. l

Illustrations: Christopher Corr

Texte: Monique Rijks Photos: Yves Roth


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„Seules les

variétés de pommes de terre font „ l’unanimité.


L’analyse du psy

Ces grosses courses très colorées ont été faites à la Migros de Marin (NE).

Le mystère du pain Ces achats, qui permettent différentes combinaisons d’aliments pour réaliser des menus rapides ou plus sophistiqués, pourraient avoir été faits pour nourrir une famille comptant de jeunes sportifs. Le lait semble le confirmer. Mais pourquoi y a-t-il si peu de pain? Photos: Nik Hunger

m

a collègue Pamela se tient justement près de l’imprimante tandis que j’imprime la nouvelle photo de caddie. Elle y jette un coup d’œil et lance: «Intéressant, on dirait notre caddie du week-end. Généralement, nous faisons nos courses de manière à avoir différentes options et possibilités d’associations. Dans ce cas, 40

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par exemple, le poulet ou le poisson pourrait être accompagné de fenouil ou d’épinards et de pâtes, de blé ou de riz. Ou alors on pourrait imaginer une soupe de courge avec du pain et du fromage et un yogourt aux fruits en dessert. Selon le temps disponible et nos envies.» Pamela fait ses courses pour un ménage de deux personnes. Je dispose donc

d’une bonne entrée en matière et d’un indice précieux: un couple pourrait être à l’origine de ces achats. Mais des caddies similaires reflètent-ils obligatoirement un style de vie identique? Sûrement pas. Après la parution de la dernière édition de Vivai, j’ai reçu un e-mail d’une autre collègue très amusée par mon analyse des courses d’un jeune couple. Pourquoi?


Selon ses propres termes, elle achète quasiment les mêmes produits pour sa famille de quatre personnes. Des courses structurées de façon similaire ne traduisent donc pas forcément des styles de vie équivalents. Et gare aux conclusions hâtives qui peuvent induire en erreur! J’en tire la leçon et tente d’analyser chaque détail de cette photo pour m’approcher au plus près de la réalité. Six escalopes de poulet et douze litres de lait laissent présager un foyer plus nombreux. Une famille avec deux ou trois enfants conviendrait parfaitement ou alors une colocation bien organisée où les repas sont pris en commun. Quoique l’ensemble fait plutôt pencher la balance du côté de la famille, vraisemblablement avec de jeunes garçons sportifs. Pour moi, les douze litres de lait indiquent qu’il y a plus de garçons que de filles dans le foyer. Je suppose que le soir

„Les douze litres

de lait font penser à une grande famille.„ Le psychologue de la nutrition Le Dr Robert Sempach est responsable du projet Santé pour le Pour-cent culturel Migros. Son projet Tavolata a pour but de réunir des personnes âgées autour d’une table. Infos sur: www.tavolata.net.

et le week-end, les repas sont plus élaborés et partagés – même si quelquefois la famille n’est pas au complet ou que le manque de temps contraint à préparer des menus plus simples. Des situations qui exigent une grande flexibilité et des possibilités d’associations, comme celles évoquées par Pamela. Il reste toutefois un mystère à résoudre: pourquoi n’y a-t-il pas plus de pain? Au vu du «pain fitness aux graines», on imagine des enfants plutôt sportifs. Mais ils doivent aussi avoir un bel appétit. Alors pourquoi n’y a-t-il qu’un pain? Avant de soulever un nouveau doute, je cherche la réponse au plus proche, dans ma famille de cinq personnes, également vivantes et dynamiques. Chez nous, la boîte à pain n’est pas tout à fait vide et, ici non plus, on n’aime pas le pain sec. Qui se cache derrière ce caddie? Découvrez la solution au verso. Vivai 1/14

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La solution C’est Nathalie Jouval, 46 ans, et Ueli Schiess, 38 ans, qui ont rempli ce caddie. Ils étaient accompagnés de leurs fils Antoine, 11 ans, et Hugo, 8 ans. Cette famille de Saint-Blaise partage volontiers des repas simples et rapides certains soirs de semaine. L’essentiel pour eux étant de manger ensemble.

d

e jeunes garçons sportifs? Sur ce point, M. Sempach a vu juste, même s’il s’imaginait sûrement que nos garçons étaient plus âgés. Mais ils ne sont pas les derniers à table: étant les deux plus jeunes de notre famille «patchwork», ils ont dû apprendre très tôt à s’affirmer face aux trois aînés. Entre-temps ceux-ci ont plus ou moins pris leur indépendance et nous ne mangeons généralement plus qu’à quatre. Chez nous, une règle s’impose: ceux qui sont à la maison mangent ensemble. En semaine, nos repas sont plutôt simples, café complet avec une grande salade par exemple. Exact, ce dîner léger est à base de pain mais la plupart du temps nous nous approvisionnons chez le boulanger du village. De toute manière, il n’est pas rare que nous achetions quelques ingrédients qui nous font envie en rentrant du travail. Les courses de la semaine sont donc organisées de sorte à présenter le plus d’options possibles. Ça, la collègue de M. Sempach l’a parfaitement bien compris. Le week-end, nos repas sont plus sophistiqués: tantôt un gigot d’agneau, tantôt une daurade en croûte de sel ou un ceviche bien frais en été. Nathalie aime cuisiner des plats français et méditerranéens, mais de temps en temps nous faisons honneur à la partie suisse alémanique de la famille avec des escalopes à la crème et des knöpfli. L’énorme pack de lait n’était que pur hasard, ç’aurait pu être du jus d’orange! Pour faire simple, nous achetons ce genre de produits en grande quantité. Mais nous serions curieux de savoir pourquoi M. Sempach considère le lait comme un indice révélateur d’une famille principalement masculine. Pourvu qu’il n’ait pas l’image de ces fameux «fils à maman»? Sans quoi nous serions contraints de lui prouver le contraire par la force! ● Propos recueillis par Lukas Hadorn

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Auto-surveillance de la glycémie sans bandelettes réactives grâce à l’Accu-Chek Mobile

« Bien sûr qu’on peut être diabétique et sportif de haut niveau ! » Grâce à l’Accu-Chek Mobile, Jan Neuenschwander, attaquant chez les ZSC Lions, « pète la forme » en compétition et dans sa vie quotidienne. d’adrénaline provoquées par un but par exemple. Cela agit en revanche sur le taux de glycémie et c’est pour ça qu’il est primordial que je sois bien réglé à ce niveau. Qu’est-ce que vous trouvez pratique dans le lecteur de glycémie Accu-Chek Mobile ? Le point fort de l’appareil est sa combinaison « tout en un » et le fait de pouvoir effectuer 50 tests en continu. Ainsi, il n’y a aucun déchet. La mesure se fait par ailleurs très rapidement et discrètement. Où gardez-vous votre Accu-Chek Mobile ? Je le porte toujours dans ma poche de pantalon, car il a la taille parfaite pour cela. Nous, les garçons, on a l’habitude de porter des smartphones dans la poche. Ce n’est pas trop gênant d’y avoir également un lecteur de glycémie. Depuis quand savez-vous que vous êtes diabétique ? Depuis que j’ai quatre ans, c’est à cet âge que j’ai commencé à jouer au hockey par ailleurs. Ça n’était pas contraignant ? J’ai dû bien entendu changer mes habitudes, mais à part ça, ma vie s’est déroulée normalement. Au début, mes parents se faisaient du souci et m’accompagnaient aux matchs, mais on s’est rapidement habitués. Et aujourd’hui comment vous préparez-vous avant une compétition ? Afin d’être à 100 % de mes capacités pendant un match, je dois fournir pas mal d’efforts. Je mesure très souvent mon taux de glycémie afin d’obtenir un taux optimal deux heures avant le match si possible. Je ne peux plus corriger grand-chose pendant le match. Vos co-équipiers font-ils encore attention à votre maladie ? S’ils ne me voyaient pas contrôler ma glycémie pendant l’entraÎnement ou pendant les pauses, ils ne le remarqueraient même pas. Au début, ils étaient curieux et me posaient plein de questions, mais maintenant ils n’y font même plus attention. A quoi devez-vous faire attention pendant un match ? Les hormones subissent des variations pendant un match, à cause des nombreuses décharges

Une initiative de Roche Diabetes Care

L’intégralité de l’interview en vidéo

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Corps et âme

La force est en nous Les Européens stressés en quête de sérénité se tournent volontiers vers l‚Orient. Le yoga, le tai chi ou le qi gong comptent ainsi un nombre croissant d‚adeptes et se pratiquent aussi bien dans les studios huppés des centres urbains que dans les gymnases des campagnes. Stimuler la libre circulation de l‚énergie vitale, tel pourrait être le point commun entre ces trois disciplines, qui ciblent par ailleurs autant le corps que l‚esprit. Et dans la pratique, comment ça marche ? se demande le novice curieux. Trois aficionados livrent leurs réponses. Illustrations: Tina Berning

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Le yoga: tu ne dois pas vouloir

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’ai été happée par la vague yoga il y a une dizaine d’années. Les studios de yoga fleurissaient alors à chaque coin de rue en s’affichant comme les nouveaux temples du bien-être. Spirit to go. Entre-temps, la moitié du monde occidental a rejoint le mouvement, et l’on ne compte plus les stars qui créent leur collection dédiée au yoga pour arrondir leurs fins de mois difficiles. Tout phénomène de mode engendre des dérives. A nous de dénicher les perles rares dissimulées sous la vase qui les recouvre! Cela vaut pour le yoga, soumis aux influences de nombreux courants au cours de son histoire millénaire. Ma relation avec cette discipline mentale et physique avait pourtant débuté sur de mauvaises bases. J’avais en effet de multiples attentes. J’imaginais me lancer dans une activité sportive qui musclerait mon corps, praticable en tous lieux sans équipement ou presque, ludique et accessible à tout âge. Les images de professeurs de yoga souples comme des lianes avaient achevé de me convaincre: tel était exactement le résultat que je visais! Les premières séances m’ont permis de vivre toute la gamme des sentiments humains: désespoir (muscles tétanisés, souffle court), découragement (je n’y arriverai jamais), orgueil (je peux le faire), soulagement (j’ai survécu!), étonnement (j’y suis vraiment arrivée?), lassitude (à la énième répétition de la posture du chien tête en bas), mais aussi joie et euphorie, lorsque tout se débloque et devient fluide. Un peu comme lorsque, transi par le froid, on sent soudain une douce chaleur nous envahir des pieds à la tête. Les perles de sagesse égrenées par le professeur au cours des séances («Il faut être enraciné pour s’élever et s’épanouir» est l’une de mes favorites!) peuvent prêter à Vivai 1/14

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Corps et âme

Susanna Heim, rédactrice en chef de Vivai, pense avoir gagné en souplesse sur les plans physique et mental grâce au yoga. Elle aime commencer la journée par la posture du poirier. Pour voir la vie sous une autre perspective. 46

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Le qi gong: la force se trouve au milieu

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es mouvements exécutés au ralenti m’ont toujours fasciné. La mention de ce fait lors d’un dîner a conduit un ami à me parler du tai chi chuan. Immé­ diatement séduit, je me suis aussitôt inscrit à un cours. La beauté des mouvements m’a transporté, et je me suis mis à pratiquer chaque jour. Plus encore: je me suis formé auprès de différents professeurs pour enseigner moi­même le tai chi. Le tai chi est une forme de qi gong plus axée sur les mouvements de combat. Au cours des dix dernières années, je me suis davantage focalisé sur l’aspect purement énergétique propre au qi gong. Originaire de Chine, le qi gong (de «qi», énergie vitale, et «gong», étude et entretien du qi) s’apparente à une forme de méditation en mouvement, qui vise à réunir l’attention, le souffle et l’exécution du geste à travers le ressenti de la circulation du qi. En quoi cela consiste­t­il dans la pratique? Pour le qi gong, il s’agit toujours de commencer par lâcher prise sur les plans mental, émotionnel et physique. On est alors prêt à exécuter des enchaînements comme le «tir à l’arc» ou «soutenir le ciel». Ce qui paraît simple requiert pourtant une longue pratique: l’esprit, libéré de toute pensée, doit être clair, ouvert et calme. Le siège de notre énergie vitale se situe dans l’abdomen. C’est là que nous pouvons puiser force, équilibre et assurance. Le qi gong renforce notre résistance. Enfin, il permet d’activer la circulation du qi, notre énergie vitale. Cela m’aide énormément dans ma vie quotidienne! Lorsqu’après des années de pratique régulière (indispensable si l’on veut progresser…), on ressent l’énergie jaillir du bassin pour remonter le long de la colonne vertébrale, qui se redresse… et qu’on avance bien plus droit dans la vie, on ne peut plus s’en passer! Le qi gong dynamise, nous rend plus forts et épanouis. Les exercices contribuent à ouvrir la cage thoracique, la respiration est plus profonde. Chaque séance me procure en outre un agréable sentiment de confiance en moi. Le qi gong augmente le bien­être mental, émotionnel et physique. Un bienfait qu’on peut entretenir au quotidien, à condition, bien sûr, d’y prêter suffisamment d’attention! Ronald Haller dirige une école de méditation à Bâle et enseigne le qi gong à l’Ecole-club Migros. Sa pratique s’appuie sur 30 ans d’expérience.

© Roland Tännler

sourire, mais sur le tapis, on en ressent véritablement le sens. A ce stade, on aborde le prochain palier, à savoir la dimension spirituelle. De façon plus imagée, on se rapproche du sommet de la montagne, du haut duquel tous les efforts fournis ne semblent plus former qu’un léger voile au fond de la vallée. Un état qu’on atteint rarement. Dans mon cas pour le moins. Mais je me suis engagée sur un chemin au bout duquel le but visé n’est pas la perfection, mais une prise de conscience. Si je doute que notre esprit occi­ dental nous permette d’appréhender pleinement l’essence spirituelle du yoga, il n’en demeure que sa pratique constitue pour moi bien plus qu’une simple gym­ nastique saupoudrée d’une touche de spiritualité. J’essaye plutôt de me l’ap­ proprier à travers ma propre culture. Le yoga s’apparente ainsi à un réceptacle, où le corps et l’esprit peuvent se réunir. A la fin d’une séance, les participants semblent sereins et détendus. Sans parler de lumière intérieure pour éviter un terme aux consonances un peu ésotéri­ ques, disons simplement que l’apaise­ ment procuré par le yoga permet de pas­ ser les dix minutes qui suivent sans bondir à la première contrariété! Le yoga n’est en aucun cas une compétition, et là réside peut­être le plus grand défi pour l’homo occidentalus. Il n’y a pas de combat à livrer sur le tapis, ni contre les autres, ni même ou surtout contre soi­même. La seule quête valable est celle de l’harmonie, de l’ouverture au monde. Trouver la juste mesure et ce qui nous convient le mieux, voilà sans doute l’un des plus beaux cadeaux que la pra­ tique du yoga puisse offrir.


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Corps et âme

Le tai chi: ou comment libérer les blocages

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orsque je me suis mise au tai chi * il y a cinq ans, j’ignorais alors qu’il s’agissait d’un art martial ancestral. Je connaissais le karaté pour l’avoir pratiqué de façon intense durant mes jeunes années. A 43 ans, il était grand temps que je me remette à une activité physique. J’ai donc emboîté le pas d’une amie tentée par le tai chi. J’ai eu la chance de rencontrer un professeur qui appréhendait cette discipline comme un art martial complet et s’attachait à en transmettre les aspects théoriques. J’ai rapidement réalisé qu’il ne s’agissait pas d’une simple gymnastique destinée à booster un peu sa forme. En revanche, il m’a fallu plus de temps pour comprendre la signification profonde du yin et du yang. Aujourd’hui, il me semble évident que la vie suit ce principe des polarités contraires et complémentaires. Et plus je m’y intéresse, plus je ressens des changements en profondeur. Cette compréhension grandissante me permet de prendre les choses avec plus de légèreté, d’être plus patiente. Je ne vais plus non plus à l’encontre de mes besoins. Le tai chi est bien sûr aussi un entraînement physique, grâce auquel j’ai rapidement retrouvé mobilité et souplesse. Un succès sur toute la ligne! Au fil des séances, j’ai compris qu’il fallait se libérer de toute tension pour que notre énergie vitale puisse circuler librement. Grâce aux corrections de mon professeur, tous mes blocages ont pratiquement disparu! Certes, il faut de la patience et ne pas se

fixer des objectifs trop ambitieux au début. Les bénéfices sont pourtant bien réels, et les crises de migraines qui m’affectaient auparavant se sont pour ainsi dire envolées. Patienter dans une longue file d’attente ne me contrarie plus non plus! Des exercices de base comme la posture de l’arbre m’ont appris à canaliser mon énergie, à me recentrer et à m’ancrer dans le sol. Mon corps et mon esprit s’adaptent plus rapidement aux situations déplaisantes. Pour moi, le tai chi constitue un système holistique, qui m’a aidée à accroître mon bien-être physique et psychique. Chacun fait ce qu’il peut selon ses capacités, il n’y a pas d’obligations de performance. Les jeunes s’intéressent en général davantage à l’aspect martial. Mais tous les aspects de cette discipline sont liés et complémentaires. Et lorsque j’entends des septuagénaires raconter, ravis, comment le tai chi les a libérés de toute faiblesse musculaire, je me dis que je peux aborder les années à venir avec confiance! * La désignation exacte, tai chi chuan ou taiji quan, signifie «boxe de l’ombre». Par souci de simplicité, nous avons opté pour la forme abrégée, qui s’est imposée dans le langage courant. Anita Wetzel est horticul­ trice et vit près de Lucerne. Elle suit une formation en vue de devenir professeur de tai chi et de pouvoir s’adonner pleinement à sa passion.

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La neige autrement

Plaisirs hors piste L’agitation des pistes et des bars après-ski, très peu pour vous? Heureusement, les skieurs ne sont pas les seuls à s’éclater sur les sommets. Il est d’autres activités hivernales hors des pistes. Texte: Petra Koci

Neige et délices d’antan

Balades avec des Saint-Bernard ou des lamas

Sillonner des paysages enneigés de toute beauté en compagnie de ces gros toutous accroît le plaisir de la balade hivernale. A Champex-Lac, de sympathiques Saint-Bernard escortent les promeneurs et tirent les luges sur lesquelles les enfants auront pris place. La famille Bandli propose quant à elle des minitrekkings avec des lamas pour explorer la vallée sauvage du Safiental, avec pause gastro dans une ferme bio. www.fondation-barry.ch ou office du tourisme de Champex-Lac, tél. 027 775 23 83; www.bandli.ch

En patins à travers la forêt et bains thermaux à l’arrivée

Long de trois kilomètres, le chemin de randonnée de l’Albula se transforme l’hiver en une piste de glace spectaculaire, qui enchantera les amateurs de patin à glace un tant soit peu aventureux. Et rien ne vaut une immersion dans les bains d’Alvaneu pour se remettre de ses émotions! www.skateline.ch

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Au début du siècle dernier, les hôtels constituaient des lieux de retraite où l’on pouvait à la fois profiter du bon air de la montagne et se livrer en toute quiétude à l’introspection. On appréciait alors la neige en la regardant par la fenêtre et en savourant un thé sur un canapé douillet du Grand Hôtel Bella Tola. Le voyage dans le temps est également garanti au Hof Zuort, en Basse-Engadine, où les skieurs sont tractés en haut des pistes par des chevaux. Quant au bien nommé Bellevue des Alpes, il défie les ans dans un cadre de toute beauté. www.swiss-historic-hotels.ch

Au pays de Croc-Blanc

L’espace d’une demi-journée, parcourez les vastes étendues enneigées du Jura dans la peau d’un meneur de chiens, ou musher. Les contreforts du Chasseral sont parfaits pour s’initier à la conduite d’un attelage de chiens esquimaux. Le crissement du traîneau sur la neige et le halètement des bêtes sont les seuls bruits qui viendront troubler le silence. Des sorties de ce type sont proposées notamment à Flumserberg, dans la haute vallée de Conches ou dans le Muotathal. www.metairiegleresse.ch Dans les cuisines d’un chef étoilé

Sur des greens blancs

Les mordus de golf peuvent s’adonner à leur passion même lorsque la neige blanchit les greens. Pour cela, il leur suffit de troquer les balles blanches contre des balles fluo. Plus souple, le code vestimentaire autorise moonboots et blousons de ski. Le golf sur neige se pratique notamment à Gstaad et à Saint-Moritz.

Sous l’impulsion de Markus Neff, l’hôtel Fletschhorn s’est vu décerner 18 points GaultMillau et une étoile au Guide Michelin. A certaines périodes de l’année ou à partir de six personnes sur demande, le talentueux chef ouvre les portes de ses cuisines. Les cours ont lieu de 15 h à 18 h, et sont suivis par la dégustation des mets préparés. Les participants ont ensuite tout loisir de découvrir les charmes nocturnes de Saas-Fee. www.fletschhorn.ch


© GettyImages, BlueWaterCom.ch, Jojo Hepfer, Iris Kuerschner

Bains thermaux avec vue

Se prélasser dans l’eau délicieusement chaude de bains thermaux à ciel ouvert tout en profitant de l’air frais des montagnes qui se profilent en toile de fond. On trouve des bassins extérieurs offrant un panorama sublime sur les cimes environnantes au Mineralbad & Spa de Rigi Kaltbad conçu par Mario Botta, au Walliser Alpentherme & Spa de Loèche-les-Bains, aux Bains d’Ovronnaz ou à ceux de la Gruyère à Charmey. Sans oublier le whirlpool de la Diavolezza, à 3000 m d’altitude! www.mineralbad-rigikaltbad.ch www.alpentherme.ch www.thermalp.ch www.bainsdelagruyere.ch www.diavolezza.ch

Dans une auberge accessible en traîneau

„Dans

l‚eau chaude et en plein air, l‚hiver c‚est que du bonheur

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Une peau nickel Les pros de la beauté le savent bien: il est essentiel de se démaquiller et de se nettoyer le visage à fond. C’est en cela que réside le secret d’une belle peau. Vivai vous livre quelques suggestions pour élaborer votre rituel de nettoyage quotidien. Texte: Annette Frisch

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Rituels de nettoyage

© Andrea Diglas

Un peu d’eau peut-il suffire? Pour se réveiller, oui, mais votre peau a besoin d’un peu plus pour paraître rayonnante et saine.

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es Européennes dépensent beaucoup d’argent en crèmes de soin et en maquillage. Et pourtant, pour avoir une belle peau, c’est surtout le nettoyage de l’épiderme qui est primordial. Les professionnels s’accordent à dire que c’est le garant d’une peau saine et rayonnante. Il est vrai que la meilleure des crèmes ne peut développer la totalité de son potentiel actif que sur une peau propre. Et cela de la tête au pied. En matière de nettoyage, cela vaut la peine de s’inspirer des autres cultures. Japonaise notamment. Au pays du soleil levant, le nettoyage du corps et du visage fait l’objet d’un véritable rituel depuis des générations. Matin et soir. Marietta Budiner travaille pour la marque de cosmétiques japonaise Shiseido. Elle raconte: «Le rituel commence avec un double nettoyage. Tout d’abord, on se démaquille avec un coton imbibé de crème, de gel ou de lait. Puis, on s’asperge le visage, le cou et le décolleté d’eau et, avec un gros pinceau, on applique une mousse nettoyante sur la peau. La mousse et la saleté sont ensuite éliminées avec un linge blanc. Oui, blanc. C’est la seule façon de s’assurer que la peau est parfaitement propre! Pour finir, la femme japonaise applique un tonique en tapotant. La lotion tonique a un effet rafraîchissant, et les tapotements stimulent la circulation sanguine.» Jetons encore un œil au-delà des frontières, dans les pays arabes. Les rituels de nettoyage, souvent pratiqués au hammam, y occupent une place de choix. Le hamman est un espace dédié au bienêtre et à la propreté ainsi qu’un lieu de rencontres à fonction sociale. L’un des soins traditionnels du hammam est le bain au rassoul. On commence par enduire son visage et son corps, éventuellement ceux de son ou de sa partenaire, de rassoul, une argile exfoliante contenant de précieux oligo-éléments et minéraux. Puis, on se rend dans une petite pièce où la sueur ruisselle sous l’effet de la vapeur chaude agrémentée d’essences d’herbes aux vertus bienfaisantes. Si l’on ressent ensuite de la fatigue, on renaît peu de Vivai 1/14

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temps après comme le phénix de ses cendres. La peau est bien irriguée, débar­ rassée de ses impuretés et douce comme de la soie. Un rituel plaisir dont nous pouvons également profiter près de chez nous, où les hammams proposant des rituels issus de la culture des bains orien­ tale se sont multipliés. Le secret d’un bon nettoyage Un bon nettoyage doit associer douceur et efficacité. Il est aussi important de choi­ sir des produits qui flattent nos sens et que l’on utilisera ainsi volontiers réguliè­ rement. Actuellement, les femmes privi­ légient les produits qui se rincent à l’eau – lait, crème, huile ou pain dermato­ logique (aussi appelé syndet). «Contraire­ ment aux savons ordinaires, les syndets sont particulièrement doux pour la peau, fait remarquer la pharmacienne Ramona Lehmann, car ils ne modifient pas le pH acide de la peau, lequel fait office de barrière protectrice. Des modifications de ce pH peuvent provoquer des rougeurs, voire des allergies.» Après avoir lavé le visage à l’eau, il est très important de bien le sécher car, paradoxalement, l’eau a un effet déshy­ dratant. Il peut s’ensuivre un désagréable sentiment de tiraillement.

Et le geste fraîcheur final La lotion tonique constitue la dernière étape d’un nettoyage en bonne et due forme. Mais est­elle utile ou pas? C’est assez personnel. Idéalement, le tonique est conçu pour compléter le produit nettoyant et la crème de soin que l’on applique après. Il peut contenir des agents stimulants ou apaisants pour la peau, ou d’autres qui régulent la production de sébum des peaux grasses. Faire peau neuve Qu’apporte l’exfoliation? La peau ne se renouvelle-t-elle pas d’elle-même? Chez les personnes jeunes, ce renouvellement se produit à une fréquence optimale de 28 jours. Lors de ce processus, des cel­ lules sont transportées à la surface de la peau, puis se détachent. A partir de 30 ans, cela se produit plus lentement, et à 50 ans, ce processus peut prendre une quaran­ taine de jours. Des cellules cutanées mortes ternissent alors le teint. Une exfo­ liation hebdomadaire avec un produit contenant des granules, des particules abrasives, des enzymes ou des acides de fruits s’avère efficace et redonne à la peau un éclat uniforme. Peeling du visage ou du corps, il ne doit toutefois jamais pro­ voquer de rougeurs sur l’épiderme. l

Comment le préférezvous? En gel, en mousse, sous forme de savon? Le produit de nettoyage doit être adapté à la peau.

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Elimine délicatement les cellules mortes pour rendre sa douceur à la peau. Peeling douche Milk & Honey de I am, Fr. 4.20.

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s Corinne Bloch est journaliste free-lance. Elle vient de mettre pour 500 francs de produits de beauté à la poubelle et les remplace peu à peu par du bio.

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elon Green Peace et de nombreuses études, les cocktails chimiques auxquels nous nous exposons quotidiennement, notamment par le biais des cosmétiques, auraient un impact dramatique sur notre santé: perturbations hormonales, troubles de la reproduction, affaiblissement du système immunitaire, maladies neurologiques, cancers, etc. Selon l’organisation écologiste, plus de 100 000 substances chimiques industrielles – dont plusieurs centaines contestées − seraient actuellement en libre circulation sur le marché européen. Je n’ai pas compris, en revanche, s’il faut inclure dans cette liste le chrome et le cyanure de nos chaussures en cuir, le nonylphénol polyéthoxylé de nos vêtements, les composés perfluorés et polybromés de nos couettes et oreillers, le polytétrafluoroéthylène de nos casseroles et le bisphénol des moules à cake? Je crois savoir que les pesticides dans les aliments et les particules fines de l’air ne sont pas compris. A ajouter, donc. Ça m’a rappelé le saturnisme, cette intoxication au plomb dont aurait été victime la noblesse romaine à force d’utiliser de la vaisselle fabriquée à base de métal lourd. Le saturnisme est souvent cité parmi les causes probables de l’effondrement de l’empire romain. Comme on n’est jamais trop prudent, j’ai décidé de m’intéresser aux composants de mes cosmétiques. C’est ainsi que j’ai découvert que mon soin du visage contenait un solvant pour les peintures et les colles, que je lavais

mes cheveux avec un agent moussant utilisé dans les produits de nettoyage industriels et que je les démêlais grâce à un émulsifiant fabriqué à partir d’un gaz toxique identique à celui des armes chimiques. Quant à mon démaquillant doux à la rose, il recelait des parabènes ainsi qu’un détergent pour les moteurs de voiture. Plutôt décapant! Quand j’ai eu passé tous mes produits de beauté à la loupe, il n’y avait plus un seul flacon sur les étagères de la salle de bain. Même les tampons hygiéniques, blanchis au chlore, n’ont pas survécu au raz-de-marée. Sans parler des protections solaires, des rouges à lèvres et des vernis à ongles, capables à eux seuls de faire exploser la couche d’ozone ou de rendre stérile la moitié de la population mondiale. «Bon, tant qu’il n’y en a pas dans le dentifrice», m’a rétorqué, goguenard, un ami incrédule à qui je racontais mes récentes découvertes. Du coup, j’ai également vérifié le dentifrice. Un chouette dentifrice d’ailleurs, ramené de mon dernier séjour aux Etats-Unis pour son arôme cannelle et ses promesses de blancheur. J’y ai trouvé bon nombre de substances chimiques répertoriées, ainsi que quelques autres que je ne connaissais pas, mais aussi ce message pour le moins incongru: «Au cas où vous avaleriez accidentellement ce produit, veuillez contacter immédiatement le Centre de Contrôle des Poisons le plus proche». Bienvenue en 2014! ●

© Photo: Nicolas Righetti/REZO

Cocktail Molotov


Le respect d’abord. Le plaisir des papilles en plus.

Une partie de


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