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MAGAZINE #3 ÉDITION I - 2021

DREAMWALL - WALGA - ANIMA 2021 SCAN DE COMPÉTENCES - IMPACT DU PREMIER LOCKDOWN SUR LE SECTEUR - LES FIGURANTS - WAKE UP CALL - PITCHING


PRÉFACE

Matière à réflexion… #3

P All you need to know about the Belgian audiovisual, film and digital industry

ourquoi parlons-nous toujours de l’équilibre vie professionnelle-vie privée et non pas de l’équilibre vie privée-vie professionnelle ? Pourquoi le travail doit-il être en équilibre avec le privé et pourquoi ne cherchons-nous pas à mieux équilibrer notre vie privée avec notre travail ?

Ces questions révèlent-elles que le principal point d’attention dans nos vies penche plutôt du côté de notre travail ? La vie privée est-elle subordonnée à la vie professionnelle ? Devons-nous construire notre vie privée autour du travail, ou bien est-ce possible de faire autrement ? Vivre pour travailler, ou travailler pour vivre, ou les deux options s’imbriquent-elles de plus en plus l’une à l’autre sans que cela soit nécessairement négatif. Cela repose sur la manière dont nous l’envisageons et de comment nous comblons nos besoins. Le coronavirus a-til changé notre vision ou notre position par rapport à cet équilibre entre privé et professionnel ? Le télétravail nous a-t-il apporté un nouvel enseignement ? L’une des choses que le Covid-19 a déjà changé, voire même qu’il nous a imposé, est la notion de travailler indépendamment d’un lieu ou d’une durée... au propre comme au figuré. Qu’on le veuille ou non, nous devons intégrer notre travail dans notre vie privée. Le télétravail est devenu la norme obligatoire et, au moment d’écrire ces lignes, c’est toujours le cas. Le coronavirus a-t-il mis le doigt sur notre fragilité de

JAN VERMOESEN - MEDIARTE

“simple mortel” ? Nous a-t-il rappelé la nécessité de pouvoir être maître de notre temps ? De pouvoir éviter du temps de déplacement inutile ? De savoir nous-mêmes quand nous sommes plus productifs et de le comprendre ? Bien entendu, cela demande les dispositions pratiques nécessaires, mais qui est capable de planifier rapidement une réunion avec tous ses collègues en travaillant dans un cadre horaire de 9 h à 17 h ? Les employeurs et les chefs d’équipe ont également opéré un repositionnement dans leur travail et ils ont dû accorder toute leur confiance et constater que cela ne posait pas de problème. Certainement pas auprès des collaborateurs qui estiment que leur travail a du sens, ceux-là mêmes qui ont conscience que leur travail s’inscrit dans un plus large tout. Puis-je constater avec la nuance qui s’impose que cela pourrait plutôt bien fonctionner, ces nouvelles façons de travailler ? Bien entendu, certaines conditions préalables essentielles doivent être remplies afin de réaliser un télétravail bien rodé. Vous avez besoin d'un bon encadrement technique : de préférence un bon siège qui vous aide à traverser la journée sans douleurs du fait d’être assis, un écran adapté sur lequel vous pouvez lire les

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PRÉFACE

petits caractères importants ; les documents nécessaires à portée de main, pour lesquels dans la plupart des cas une connexion Internet rapide s’avère le facteur primordial, etc. Vous devez être capable de vous concentrer ; avoir un lieu de travail qui n'est pas votre espace de vie et de détente a son importance : pas d'enfants qui pleurent autour de vous. Un travailleur à domicile expérimenté peut lui aussi compléter cette liste. Je reconnais que ce n'est pas toujours possible, ni même facile, mais qui a un lieu de travail idéal au bureau ?

Votre annonce dans notre magazine ? Vous souhaitez présenter votre formation, votre entreprise ou un produit / un service

dans notre magazine, sur notre site web, ou vous voulez proposer un partenariat ? Prenez contact avec jan.vermoesen@mediarte.be

Je crois que lorsque vous avez un travail qui vous convient, dans lequel vous vous sentez dans votre élément, et une vie sociale et familiale vous apportant satisfaction, vous trouverez une réponse adaptée à tous ces «inconvénients». Le coronavirus ne nous invite-t-il pas ainsi à réfléchir à notre travail et à notre vie tout court ? Une invitation que vous acceptez avec gratitude ou que vous rejetez avec colère. Peut-être que rester immobile signifie parfois quand même aller de l'avant ? Suite à notre analyse des Risques Psychosociaux "mediasensor" (2019) et des plans d’action qui en résultent, nous prévoyons un label mediasensor pour les formations qui constituent une des priorités soutenant le plan d’action.

STEM est l'abréviation des termes anglais Science, Technology, Engineering et Mathematics. La société d’aujourd’hui a un besoin accru de personnes avec un profil STEM. Les articles dans ce magazine qui par ex. contiennent un savoir-faire technique sont pourvus d’un logo STEM conformément à notre engagement de stimuler l'alphabétisation STEM dans le secteur audiovisuel.

CREDITS  Image de couverture De gauche à droite: Jean-michel Ballaux, Olivier Auquier, Alice Gorissen © Dreamwall Mise en page Uncompressed / Jonas De Maesschalck & Julie Delvaux

Jan Vermoesen

GENERAL MANAGER MEDIARTE

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 Préface. . ........................................................................... ......03  Inside

the company - Dreamwall. .......................................... 08  ANIMA 2021 - Futuranima - Journées professionnelles. ............ 14

08 - 17 26 - 29 

ANIMA 2021

de compétences - Le scan des compétences................ 20  In the picture - Ingénieur du son............................................. 22  In the picture - Opérateur 3D & motion designer. .................... 26

Dreamwall Futuranima Opérateur 3D & motion designer

 Organisation

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 Scan

du secteur - WALGA........................................ 30

Formation - Quelles sont les mesures de soutien existantes pour apprendre et travailler dans le secteur audiovisuel ? . ...................... 34

the picture - Impact de la crise sanitaire sur l’emploi - point de vue et solutions envisagées........................................................... 38  Point of view - Impact du premier lockdown sur le secteur audiovisuel.. ....................... ...........................................................40

Setting the stage - mediartist................................................ 44

 Point  Point

of view - Tirer le meilleur parti de vos compétences........ 46 of view - Call to action ou wake-up call. ......................... 50

the company - Inside mediarte, at 360°........................ 52

Pitching - L'art de pitcher avec Julie Moraglia. ........................... 56

 Légal

- Le rôle et la rémunération légale des figurants. ............... 60

 Webinar

- Replay. . ................................................................... 63  En coulisse - septembre - décembre 2020. .............................. 65  mediarte..................... ........................................................... 67

Scan de compétences

30 - 33 

Organisation du secteur WALGA

40 - 43 

 Inside

Découvre chaque jeudi un nouveau tutoriel, podcast, keynote, longread, …

Ingénieur du son Opérateur 3D & motion designer

 In

TUTORIAL THURSDAY

Point of view

Impact du premier lockdown sur le secteur audiovisuel

46 - 51 

Point of view

Tirer le meilleur parti de vos compétences Call to action ou wake-up call

52 - 54 

Inside the company

Inside mediarte, at 360°

Plus d'informations

www.mediarte.be/tag/tutorial


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INSIDE THE COMPANY

Pouvez-vous me présenter votre studio d’animation ? Alice: "Le projet Dreamwall est né il y a 14 ans, de la volonté de créer un pôle autour de l’image, en réponse aux besoins de Dupuis et de la RTBF. Aujourd’hui, le studio d’animation s’investit sur de nombreux projets liés à Dupuis au travers de Belvision (producteur), mais sans exclusivité, le studio a plusieurs projets en cours avec d’autres producteurs. D’un autre côté, le pôle Media Solutions de Dreamwall, dirigé vers la réalité augmentée, les décors virtuels, les habillages TV, les vidéomappings, … travaille pour la RTBF et de nombreux clients à l’international."

© J. VAN BELLE - WBI/AWEX

Inside the company - Dreamwall Interview

Alice Gorissen

Directrice de Dreamwall Animation

Olivier Auquier

Directeur artistique de Dreamwall Animation

Inside the company

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lice Gorissen, directrice, et Olivier Auquier, directeur artistique de Dreamwall Animation, nous ont détaillé le fonctionnement du studio, leur politique de projets, la dynamique d’équipe. Et aussi, en filigrane, les valeurs qui sont chères à leur studio, depuis sa création.

Quelle place occupez-vous chez Dreamwall ? Alice: "Olivier, présent depuis le début, est le “garant qualité” de tous nos projets. Il est aussi la pierre angulaire de la constitution des équipes, à l’arrivée d’un nouveau projet. Quand un projet nous est proposé, il évalue le temps qu’il va prendre en termes artistiques, en fonction des premiers éléments reçus : la bible graphique, l’animatique, éventuellement un story-board." Olivier: "Je suis rentré en tant que chef décorateur, nous étions chargés de fabriquer les décors des dessins animés Cédric. Ensuite la société a évolué, les projets se sont diversifiés, de là est né le besoin d’un encadrement artistique au sens plus large. Je suis très présent au début d’un projet, et plus en pointillé quand le projet arrive à son rythme de croisière, nous avons une structure d’équipes leadées par des artistes seniors qui garantissent les enjeux artistiques au quotidien." Alice: "Je suis arrivée il y a un an. J’ai pris la direction du studio d’animation. J’ai un rôle de gestion d’entreprise : gestion des ressources humaines, gestion financière, gestion juridique… mais aussi de suivi général des projets dès leur mise en place. Le studio avait beaucoup grandi et avait déjà de très belles réalisations à son actif. De belles réalisations et une équipe solide avec Olivier, mais aussi Jean-Michel Ballaux qui depuis une dizaine d’années gère et structure toutes les productions avec les chargés et assistants de production. Tout l’enjeu de ma fonction a été d’apporter une couche supplémentaire dans la structuration générale. Le fait de prospecter bien à l’avance, par exemple. En animation, il s’agit de prospecter un an à un an et demi à l’avance." Quels sont les moments charnières d’évolution de la boîte, depuis sa création ? Alice: "Les débuts étaient en mode start-up, Dreamwall occupait des locaux empruntés à la RTBF. On est partis

de cette énergie-là, et puis petit à petit les choses se sont structurées. L’arrivée des longs-métrages a représenté un grand tournant en termes de visibilité, de carte de visite par rapport à l’extérieur. Les longs-métrages circulent dans les Festivals : Loulou l’incroyable secret (2013) aux Césars, La Tortue Rouge (2016) aux Oscars. Cette évolution du studio nous a permis de décrocher des séries de qualité comme Les Smurfs ou Petit Nicolas, tous en vacances, actuellement en production. Le long métrage La Tortue Rouge est plus pointu, la série Les Smurfs plus grand public. Pourtant, bien que d’un style différent, ces projets sont égaux en termes d’exigences artistiques et techniques. "Cette exigence de qualité et les longs-métrages vont nous permettre de constituer des équipes, d’attirer des talents. Un des gros enjeux de notre métier est de pouvoir trouver les bons artistes-techniciens qui vont porter les projets pendant six mois, un an, un an et demi. Plus nos projets sont qualitatifs, plus ces artistes ont envie de venir travailler chez nous. C’est un cercle vertueux." Olivier: "La valeur ajoutée peut être de plusieurs natures: esthétique, technologique, artistique, liée au message, aux valeurs véhiculées."

Un des gros enjeux de notre métier est de pouvoir trouver les bons artistestechniciens qui vont porter les projets pendant six mois, un an, un an et demi. — Alice Gorissen - Dreamwall Travaillez-vous seul ou en coproduction ? Alice: "Dreamwall ne travaille jamais seul, sauf pour des plus petits projets. Par essence, un projet de financement de série ou de long-métrage animé se fait toujours en coproduction avec au moins un autre pays, et c’est souvent la France. Les projets sont importants en termes de financement. Le nombre de jours pour pouvoir produire l’entièreté d’un longmétrage ou d’une série est extrêmement conséquent - et les budgets aussi !"

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INSIDE THE COMPANY

Pour fidéliser ces talents, comment vous y prenezvous ? Olivier: "Nous avons le souci de leur proposer des projets intéressants, challengeants. Nous installons aussi très vite une relation de confiance. Nos collaborateurs ont une mission à accomplir, on les aide à accomplir cette mission, sans être dans le surcontrôle. La seule contrainte est que le travail soit fait." Alice: "On soigne aussi nos accueils, et nos départs. Les nouvelles recrues sont en général intégrées en tant que juniors dans une équipe et encadrées par un lead. On a un livret qui explique comment tout fonctionne chez nous, c’est un vrai confort de pouvoir immédiatement se concentrer sur sa mission. Cela fait partie de cette nouvelle structuration de la société Dreamwall mise en place depuis un an.

niveau des outils. Permettre à un animateur 2D de se former à Maya, ou l’inverse, se former à Toon Boom. On peut mettre ces choses en place, de manière à pouvoir aider les gens à rebondir de projet en projet : alterner projet 2D et 3D... C’est pareil pour le compositing par exemple. Il y a du compositing After Effect ou du compositing 3D. Le but est de ne jamais être freiné par l’outil et de valoriser les compétences."

Nous allons mettre un accent particulier sur la formation dans les trois années à venir. — Alice Gorissen - Dreamwall

Quels métiers sont présents chez Dreamwall ? Alice: "Au plus fort de l’activité, on monte jusqu’à 100 collaborateurs dont une bonne partie est active sur le métier d’animation. L’année prochaine, nous travaillerons avec cinq équipes d’animateurs 3D, et trois à quatre équipes en 2D." Olivier: "Nous réintégrerons aussi cette année au studio certains métiers de la chaîne de fabrication d’un projet d’animation, le rig, le layout, le character design, le décor, le compositing." Comment recrutez-vous vos talents ? Olivier: "On aime bien la mixité au studio: mélanger artistes belges, et collaborateurs étrangers. Pour le recrutement, j’utilise beaucoup les réseaux, sur lesquels je peux faire savoir qu’on est en train de constituer des équipes : les groupes Facebook, LinkedIn, Artstation... On reçoit aussi beaucoup de candidatures spontanées, des jeunes diplômés qui veulent rejoindre nos projets. On choisit les candidats en fonction de leurs compétences, de leur potentiel. Pour un animateur, les éléments clés sont le showreel, et leurs travaux d’études." Comment constituez-vous les équipes ? Comment fonctionnent-elles ? Olivier: "On construit les équipes avec les leads, en fonction des projets, des plannings. Il faut maintenir un équilibre entre les gens expérimentés, d’autres qui le sont moins. Cela crée un processus de formation continue, de passage de témoin

ALICE GORISSEN © J.VAN BELLLE - WBI/Awex

et de savoir-faire. Ensuite les affinités jouent, bien entendu." Alice: "Chaque projet est suivi par un chargé de production. Il fait en sorte que tout soit prêt pour que les équipes puissent travailler dans de bonnes conditions. Il suit aussi les aspects « prod » comme le planning, les jours consommés… Dans une série 3D classique, les quotas de production de l’animation sont de cinq, six, sept secondes par jour par artiste-animateur. Nous sommes sur des gros volumes, et tout peut vite basculer : si on fait en moyenne une seconde de moins sur la totalité du projet, c’est très impactant pour la marge. On doit y être très attentif. Cet indicateur est donc suivi avec attention." Olivier: "Les leads organisent et supervisent artistiquement le travail de leurs équipes. Ils sont également présents au moment des entretiens avec chaque artiste. Ce sont des moments d’échange sur le projet, sur les quotas, sur leur présence au sein du studio, des équipes, s’ils s’y sentent bien." Est-il facile de maintenir un équilibre vie professionnelle-vie privée dans l’animation ? Alice: "Les horaires dans l'animation ne sont pas réellement problématiques. C’est plutôt le fait de changer de studio, être mobile géographiquement, qui est contraignant. Devoir aller en France, au Canada, pour avoir du travail toute l’année. Cela peut décourager certaines personnes."

"Ce qui m’a marquée quand je suis arrivée au studio, c’est cette belle convivialité, cette bienveillance des uns envers les autres. Il y a une énergie présente, tout n’émane pas de la structure - il y a des choses qui se génèrent de l’intérieur. Des petites choses, comme le pot du vendredi, des cadeaux en mode “cacahuète postale”. On a un kicker, et un potager d’entreprise. Des liens se créent. Beaucoup aiment venir travailler chez nous pour cette chaleur-là. Dans les équipes, certains sont là depuis très longtemps. Ils sont les porteurs de ces valeurs. En plus de cette convivialité, il y a un côté très “enfant libre” dans le monde de l’animation, un côté ludique aussi. Les équipes sont très jeunes..." Olivier: "Dans nos critères d’embauche, on recherche des collègues qui ont ce bon esprit, d’être collaboratif, d’être passionné par son métier, y compris dans les missions de lead. On a besoin de cette bienveillance, et de ne pas trop se prendre au sérieux. On ne prend pas de divas, on ne prend pas de tyrans. On recherche cette intelligence “émotionnelle”." Alice: "La majorité de nos équipes travaille sous contrats intérimaires. On essaie de rester en contact avec nos animateurs, on prend le temps de communiquer sur les projets à venir et des métiers qui seront demandés. Notre volonté est d’essayer de fidéliser nos équipes en incitant à la polyvalence. Nous allons mettre un accent particulier sur la formation dans les trois années à venir. En ouvrant leur panel de compétences, nous pourrons proposer à nos animateurs du travail plus régulier." Olivier: "On ne va pas faire d’un modeleur un animateur du jour au lendemain. Le but est plutôt la polyvalence au

Comment envisagez-vous la formation des équipes ? Olivier: "Nous avons un partenariat avec Technocité, qui met en place dans le calendrier de l’année des formations qui nous permettront de mettre à niveau des candidats sur les outils. Nous allons aussi mettre en place un processus interne : des workshops avec nos seniors qui partagent leurs « trucs » avec les juniors. Sinon cela se fait aussi en continu dans les équipes, les leads/seniors accompagnent les juniors au fur et à mesure du projet. Nous jouons aussi un rôle de facilitateur quand c’est possible comme accompagner un artiste qui veut se perfectionner dans un nouveau métier en lui prêtant une licence ou le guidant dans sa progression." Alice: "On prend deux ou trois stagiaires maximum par an, car nous y mettons beaucoup d’énergie. Le stagiaire est encadré par l’équipe qu’il intègre, son stage vise à servir un véritable apprentissage." Pour parler de l’actualité… comment gardez-vous l’équipe motivée en temps de télétravail ? Olivier: "C’est beaucoup de gif animés, tous les jours (rires)." Alice: "Les outils que nous utilisons en télétravail existaient déjà partiellement avant la crise sanitaire : des flux, des chats, un par projet, et puis un chat global pour le studio. C’est maintenant plus structuré, intensifié. Le chat global du studio ressemble à l’arrivée dans notre paysage : certains disent bonjour, d’autres pas, certains arrivent très tôt, d’autres partent tard... ça dépend des personnalités. C’est la zone informelle du studio, recréée virtuellement. Par projet,

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On sait qu’en Belgique, il y a d’excellents artistes pour le design, le modeling, le compositing, le storyboarding. On voudrait pouvoir intégrer ces profilslà en choisissant des projets qui le permettent. — Olivier Auquier - Dreamwall

il y a un espace qui pourrait s’apparenter à un espace réel, où chaque équipe occupe une zone. Certaines équipes travaillent en occupant le salon vocal de leur projet, donc ils entendent leurs collègues comme s’ils étaient dans la même pièce. Le chargé de production peut voir leurs petites icônes. Une équipe a installé un coin pause clope, un autre un coin machine à café. Quand ils veulent faire une petite pause, ils s’y déplacent virtuellement, ils peuvent causer. L’idée est de garder ce sentiment de travailler en équipe et pas tout seul chez soi. "Beaucoup de nos animateurs sont des passionnés, ils ont souvent de bonnes machines à la maison. La bascule vers le télétravail a été relativement naturelle. Le télétravail était dans nos tiroirs depuis longtemps, le confinement nous a obligés à accélérer le processus en créant des environnements techniques dédiés à chaque projet (notre TD et nos IT ont fait un magnifique boulot). C’est un des ‘bénéfices’ de la crise." Olivier: "Le télétravail représente pour nous une solution de flexibilité pour pouvoir recruter. Ça a été longtemps un frein de ne pas pouvoir proposer du télétravail à des gens qui habitent Anvers, Arlon, à des collaborateurs qui doivent aller chercher leurs enfants à l’école. C’est de la souplesse, du bien-être. Ils seront plus engagés sur les projets, car ils se sentiront mieux. C’est du win-win."

En guise de conclusion, quelles sont les grandes ambitions à venir ? Alice: "La réouverture à plus de métiers, dont je parlais plus tôt. Le cœur de notre activité reste et restera l’animation, mais on a envie de pouvoir accueillir d’autres profils d’artistes au studio." Olivier: "On sait qu’en Belgique, il y a d’excellents artistes pour le design, le modeling, le compositing, le storyboarding. On voudrait pouvoir intégrer ces profils-là en choisissant des projets qui le permettent." Alice: "L’autre axe, c’est de rester très agile par rapport aux enjeux du secteur en termes technologiques. Nous avons un directeur technique depuis plus d’un an, dont le rôle est de coder, à longueur de journée, pour améliorer les processus de production de nos artistes, les raccourcir. Cela passe par un gros travail de veille technologique. Actuellement, beaucoup de choses bougent dans le secteur, avec l’arrivée de nouvelles technologies du jeu vidéo. Cela va influencer nos processus de production à court terme. "Le troisième axe est autour de la politique d’équipe. C’est accueillir des talents en ayant des projets à haute valeur ajoutée. Et pouvoir les former en continu. Mettre en place un processus de formation qui les fait grandir, et qui nous fait grandir aussi."

Quels sont vos projets artistiques pour 2021 ? Alice: "On a une belle série à monstres en 2D qui arrive, Monster loving maniacs, une série coproduite avec le Danemark et portée côté belge par Belvision. On aura besoin d’équipes d’encadrement (chargé et lead) bilingues français-anglais, des animateurs et riggers. En 3D, il y a bien sûr la série Les Smurfs toute l’année, Petit Nicolas, tous en vacances jusqu’à l’été suivie par la saison 2 de Famille Blaireau-Renard, l’histoire d’une famille recomposée (3D avec un rendu 2D)." Olivier: "Sur Famille Blaireau-Renard, il n’y aura pas que de l’animation. On va créer du décor, du layout." Alice: "À partir de janvier on accueille aussi un plus petit projet qu’on est extrêmement contents d’héberger, une série documentaire de 30 épisodes pour ARTE, Cherchez la femme, coproduite pour la partie belge par IOTA Production. L’animation en stop motion se fait dans un studio à Lille, nous intervenons sur la phase du compositing. Tous ces projets vont nous permettre d’attirer des métiers moins présents au studio."

interview réalisée par

Virginie Grulois

dreamwall.be OLIVIER AUQUIER © DREAMWALL

PROJECT MANAGER MEDIARTIST

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ANIMA 2021

Une belle occasion de découvrir ce que la Belgique compte comme talents exceptionnels. Regardez des vidéos exclusives depuis votre canapé et participez aux conférences en ligne de Futuranima. Nous vous donnons déjà quelques points forts d'un programme très bien rempli.

lundi 15.02 10h - en ligne INSIDE THE STUDIOS (ENG) Découvrez les coulisses de chez Beast Animation, Dreamwall, l’Enclume et Lunanime ! Quatre studios renommés et inspirants qui vous dévoilent leur organisation et leurs récents projets. Quels sont leurs secrets ? Quelle est leur mission en tant que studio ? Quelles sont les compétences qu’ils recherchent ? Laissezvous surprendre lors de la séance de questions-réponses ! En collaboration avec Amplo, mediarte & screen.brussels RINTJE - BEAST ANIMATION © BEN TESSEUR / STEVEN DE BEUL

Futuranima 2021 Article

Louis Van De Leest Project manager mediarte

In the picture

A

NIMA, c'est aussi Futuranima (du 15 au 20 février 2021), un pôle de rencontres pour les talents belges et internationaux du monde de l’animation. Futuranima met l’animation belge à l’honneur à l’occasion de la 40e édition du festival. Malgré la pandémie actuelle, le secteur continue d’animer notre monde.

14h - en ligne ROUND TABLE Impact of the pandemic: remote work (ENG) Travailler à distance et de chez soi va-t-il devenir la norme ? Comment les entreprises créatives organisent-elles la délocalisation de leur force de travail en temps de pandémie ? Quelles sont les compétences de gestion nécessaires pour motiver les équipes ? Demute, Studio Souza, Cartoonbase et mediarte parlent ensemble des défis actuels et des solutions. Intervenants : Marco Levantaci (Studio Souza), François Fripiat (Demute), Martin Saive (cartoonbase), Louis Van de Leest (mediarte) Modérateur: François-Xavier Kernkamp En collaboration avec Amplo, mediarte & screen.brussels

17h - en ligne ROUND TABLE Embracing the green transition (ENG) Les tournages éco-responsables, on connait, mais qu’en est-il de l’animation et de la post-production ? Face au défi de la réduction de notre impact sur la planète, les nouvelles technologies éco-responsables sont les principaux moteurs d’une industrie de l’animation plus durable. Lors de cette table ronde, des intervenants divers partageront connaissances et pratiques. En collaboration avec Creative Europe MEDIA Desks Wallonie-Bruxelles & Vlaanderen

Futuranima encourage l’échange autour de thèmes d’actualité, nouvelles initiatives, travail des studios et cinéastes, avec ses présentations, questions-réponses, master classes et tables rondes. Comme chaque année, mediarte soutient cet événement du secteur et co-organise une série d'événements en ligne. Ces contenus exclusifs seront disponibles en ligne sur la plateforme Anima Online, pour tous les professionnels et étudiants belges, mais aussi étrangers.

ANIMA 2020 © GILLES MOINS

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ANIMA 2021

© SARAH VAN DIJK

mardi 16.02 10h - en ligne SESSION D'INFO Construire sa carrière dans l'animation (FR) Nous vous invitons à découvrir le cadre juridique d’un parcours professionnel dans l’animation, avec Amplo, mediarte et la SACD. Nous mettrons ici en lumière le beau parcours de Sarah van Dijk, animatrice chez The Fridge. Des stages aux contrats aux droits d’auteur : votre plan de carrière n’aura plus de secret ! En collaboration avec Amplo, mediarte & SACD

14h - en ligne ROUND TABLE Distribution and digitalisation (ENG) Quelle est l’incidence des plateformes ? Comment les créateurs adaptent-ils leur contenu et leur stratégie de diffusion en fonction de cette nouvelle donne ? Quelles sont les attentes des distributeurs et comment fonctionnent-ils ? À partir de quelques études de cas, cette table ronde examinera différents modes de diffusion du cinéma d’animation.

Intervenants: Valentin Grégoire (Squarefish), Maxime Lacroix (Sooner), Adeline Margueron & Gauthier Jacquinet (Le Parc Distribution), Jonas Boets (VRT NU) Modérateur : Marine Haverland (screen.brussels) En collaboration avec Amplo, mediarte & screen.brussels

mercredi 17.02 14h - en ligne MASTERCLASS Q&A Screenwriting with Xavier Vairé (ENG) Xavier Vairé converse avec Eddy Martens et le public autour du métier de scénariste de fiction et de séries d’animation. La session sera introduite par l’Association des Scénaristes de l’Audiovisuel (ASA) et la Scenaristengilde. En collaboration avec l'Association des Scénaristes (ASA) & de Scenaristengilde

© VRT NU

jeudi 18.02 14h - en ligne WEBCRÉATION #10 : FINANCER & DÉVELOPPER UN PROJET D’ÉCRITURE HYBRIDE (FR) Pour la 10e Rencontre de la webcréation, trois artistes seront invités à aborder les étapes qui jalonnent la concrétisation d’un projet d’écriture hybride, réinventant les formes et les usages du livre. Comment se déroulent l’avant, le pendant et l’après de ce type de création ? Quelles aides pour les soutenir ? Quels freins et quels leviers ? En collaboration avec PILEn

vendredi 19.02 14h - en ligne INSIDE THE STUDIOS: VFX (ENG) Faites connaissance avec quatre grands studios d’effets spéciaux: The Fridge, Benuts, TITLES et Umedia. Qu’est-ce qui les motive, quels sont leurs projets pour l’année à venir et quels profils recherchent- ils ? A cette occasion, la nouvelle association belge d’effets spéciaux se présentera aussi. Modérateurs: Aurore Boraczek (screen.brussels) & Louis Van De Leest (mediarte) En collaboration avec Amplo, mediarte & screen.brussel

17h - en ligne Q&A: Belgian Filmmakers (ENG/NL/FR) Futuranima se clôturera avec un apéro en ligne en présence des réalisateurs de cette série d’entretiens vidéo. Posez leur vos questions en compagnie de la présentatrice Stéphanie Coerten. Où en sont ils avec leurs projets et quelle sera la prochaine étape ? article écrit par

Louis Van De Leest

PROJECT MANAGER MEDIARTE

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Vous êtes employeur et vous souhaitez proposer un stage en toute légalité ?

STAGES MÉDIA Donnez une chance aux nouveaux talents diplômés

Le projet “Stages média” est destiné aux jeunes de -26 ans désireux d'acquérir une expérience professionnelle. Par cette initiative, mediarte souhaite bâtir un pont entre la sortie de l'enseignement supérieur et le secteur audiovisuel professionnel. Si les objectifs personnels et la motivation du stagiaire sont compatibles avec les besoins et les attentes du fournisseur de stage, mediarte assure la mise en contact. Infos pratiques

Information & inscription via

www.mediarte.be

• Stage professionnel réalisé dans un cadre légal • Stage de 12 semaines maximum • Tout le monde peut suivre un stage, indépendamment de la fonction, à condition d'avoir moins de 26 ans, d'être inscrit comme demandeur d'emploi (officiellement auprès d'ACTIRIS ou du FOREM) et de ne pas encore recevoir d'allocations. • mediarte assure l'encadrement du stagiaire et veille au contenu et à la qualité du stage • mediarte fait le lien entre les objectifs personnels du stagiaire et l'offre du fournisseur de stage. • La décision finale d’accueillir ou non un stagiaire revient toujours à l’entreprise.

Plus d'infomations sur mediarte.be/fr/dossiers/stages


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SCAN DE COMPÉTENCES

Comment ça fonctionne ? 1 Créez un profil sur mediarte.be. Pendant le processus d'inscription, il vous sera demandé d'indiquer la(les) fonction(s) que vous occupez ou à laquelle/auxquelles vous aspirez. Vous pouvez toujours modifier ces fonctions sur votre page de profil. Des compétences seront automatiquement attribuées à ces fonctions.

2 Faites le Scan de Compétences et évaluez parmi vos compétences celles qui correspondent aux fonctions que vous avez choisies.

3 Vous pouvez partager ce Scan de Compétences sur votre page Talent et toujours la modifier ou en créer une nouvelle. Vous pouvez garder les scans de compétences précédemment effectués afin d'avoir un aperçu de votre évolution.

4 Allez sur la page des offres d'emploi «spécialement pour

Le Scan de Compétences Article

Joost Bevernage Digital Strategist Expert Learning & Development

Scan de Compétences

L

e Scan de Compétences est un outil en ligne qui vous donne un aperçu des compétences requises pour exécuter certaines fonctions et dans quelle mesure vous maîtrisez ces compétences. En outre, le Scan de Compétences est entièrement intégré au site web de mediarte, de sorte que, sur la base des résultats de votre scan, nous pouvons vous proposer des formations et des offres d’emploi adaptées à votre profil.

vous» sur celles des formations «spécialement pour vous» pour avoir un aperçu des offres d'emploi ou des formations correspondant à vos compétences.

Comment avons-nous procédé ? Pour l’attribution des compétences, nous avons utilisé les descriptions de fonctions sectorielles. Celles-ci ont été complétées par des bases de données, comme celle du VDAB, competent.vdab.be, la base de données de compétences ESCO de la Commission européenne et des bases de données de nos collègues internationaux comme par exemple celle de la Commission Paritaire Nationale Emploi et Formation (CPNEF-AV) de l’audiovisuel en France et celle de Screen Skills au Royaume-Uni.

Comment avons-nous déterminé les compétences ? La détermination de quelles compétences appartenaient à quelle fonction a, en premier lieu, consisté en une évaluation de la portée ou de la spécificité vers laquelle nous allions tendre. Il est important que ce Scan de Compétences mène à une offre de formations sur mesure et il était donc

essentiel que la compétence soit déterminée par une aptitude ou un savoir pouvant être développés directement par une formation. Certaines compétences n'ont pas été retenues car elles ne sont ni sectorielles ni spécifiques à une fonction, comme la flexibilité, ou parce qu'elles ne peuvent pas être développées à un niveau individuel, comme le travail d'équipe. Au niveau individuel, il est plus intéressant de déterminer des compétences qui peuvent être associées 1 sur 1 à une formation,comme la communication, le leadership, la planification… Les compétences spécifiques au produit ou au software sont regroupées. Nous ne parlons jamais de softwares de montage spécifiques, de packages 3D ou de langages de programmation. Notre secteur évolue trop rapidement pour pouvoir en donner une image précise.

Quelles sont les prochaines étapes ? Actuellement, toutes les compétences des fonctions au sein des clusters Audio, Image, Post-production et Technique ont été intégrées au Scan des Compétences. Nous aurons ajouté les fonctions du cluster digital d'ici fin 2020. Nous continuerons le travail en 2021 pour le cluster de fonctions Production et Montage & Research, pour aborder ensuite Artistique et MarCom. Bien entendu, notre secteur ne reste pas immobile et les compétences et les fonctions évoluent constamment. Nous suivons donc en permanence ces évolutions et, si nécessaire, nous les ajustons.

Des questions et remarques ? Nous sommes très intéressés par vos remarques et vos constatations sur le terrain. Afin de rendre ce Scan de Compétences le plus exact possible, votre feedback s’avère crucial. N’hésitez donc certainement pas à suggérer des compétences ou à les remettre en question. Pour ce faire, vous pouvez toujours nous joindre à l’adresse suivante : joost.bevernage@mediarte.be

article écrit par

Joost Bevernage

DIGITAL STRATEGIST & EXPERT LEARNING & DEVELOPMENT MEDIARTE

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IN THE PICTURE

commencent à le contacter pour des projets de fiction également. Il a travaillé avec des réalisateurs tels qu’Emmanuel Marre, Eve Duchemin, Clément Cogitore, Antonin Peretjatko, Sarunas Bartas, Fabienne Berthaud, Andy Byatt, Isold Uggadòttir, Guérin Vandevorst ou encore Guillaume Senez et récemment il a tourné avec Ismaël El Iraki ou Julia Ducournau.

FABRICE EN TOURNAGE EN MONGOLIE © CHARLOTTE MARCHAL

Ingénieur du son Interview

Fabrice Osinski Ingénieur du son

Métiers dans le viseur

F

abrice Osinski est ingénieur du son pour le cinéma de fiction et pour des documentaires. ll vit à Bruxelles et exerce son métier le plus souvent à l’étranger. Fabrice a réalisé ses études en France à l’ENSAV, une école publique de cinéma, où il se spécialise avec un master en son.

Après un stage chez Alea Jacta à Bruxelles en 2004, Fabrice trouve du boulot à la RTBF (dans le reportage) et y reste 3 années. Il commence ensuite à travailler sur des documentaires comme preneur de son, ainsi que sur ses propres réalisations radiophoniques. Au milieu de tout ça, il prend part en tant qu’ingénieur du son à un long métrage en Grèce, Xenia de Panos Koutras, qui est sélectionné pour le festival de Cannes. À partir de ce moment-là, les productions belges

Quelles sont, selon vous, les compétences essentielles pour exercer votre métier ? Fabrice: "Il faut d’abord aimer ça. Ingénieur du son, ça peut être beaucoup de métiers différents. Il y a les ingénieurs du son en radio, en musique, en télé, en fiction, ... mais tous ces métiers ont une base commune. En ce qui concerne mon métier à moi, qui est d'enregistrer le son direct des films, il faut avoir, outre les compétences techniques, une certaine méthode de travail ; c’est-à-dire, bien préparer le tournage en amont pour ne pas avoir à penser à tout ce qu’on doit faire sur le plateau. Il faut être plutôt organisé, un peu maniaque. Je considère que le rôle d’un perchman est d’être tout le temps sur le plateau : « à la face ». Il doit assister à la mise en place du plan : des lumières, de la machinerie, il doit dans le même temps réfléchir à l’emplacement idéal pour mettre sa perche et aussi se demander ce qu’il peut attraper comme répliques ou ne qu'il ne pourra pas attraper en fonction de l’agencement du décor, des sources de lumières, des ombres et des reflets, etc. En fonction de ce que j'entends et de ce qu'il me dit, je peux ajouter d'autres microphones, des appoints, une deuxième perche. "Mon rôle en tant qu’ingénieur du son, c’est de penser aux dispositifs globaux. Je dois aussi paramétrer les machines pour que le son soit le mieux possible et le plus clair à l’intérieur de celles-ci. Je dois faire le lien entre le tournage et la post-production. Dans l’équipe son, le perchman a un rôle technique, et l’ingénieur du son a un lien plus étroit avec l’organisation du film, la production et la réalisation. Il est précieux d’avoir une certaine sensibilité sonore au jeu des acteurs. Il faut aussi comprendre les enjeux de réalisation du film, et des scènes en particulier. Il est essentiel d’avoir un point de vue sur le découpage et de comprendre ce qui se joue au moment où on le filme : le rythme et l’énergie des acteurs. Avoir une compréhension des acteurs fait également partie du boulot."

Est-ce différent quand il s’agit de documentaire ? Fabrice: "Sur un documentaire, on est tout seul au son. L’équipe est globalement beaucoup plus légère que sur une fiction. L’équipe fait corps. C’est peut-être moins diplomatique qu’en fiction. En effet, en fiction, chacun a ses urgences, ses missions et on n’a pas une minute à perdre. En même temps, tout le monde doit bosser au même endroit avec les mêmes acteurs, dans les mêmes décors. Il y a une concentration d’énergies qu’il faut absolument comprendre. "C’est utile d’avoir un coup d’avance sur ce qui se joue et de ne pas avoir à poser trop de questions. Tu peux poser des questions, mais c’est encore mieux si tu les résous par toi-même."

La théorie nourrit la pratique et inversement. Si tu as envie de progresser et de faire du meilleur travail, tu te poses des questions et tu as envie d'être meilleur. — Fabrice Osinski Comment faites-vous pour rester à la pointe dans votre fonction ? Fabrice: "Je passe une partie de mon temps à lire, à me documenter, à regarder ce qui sort comme matériel. Il y a aussi pas mal de constructeurs qui nous contactent pour nous informer des nouvelles machines et des évolutions. En fonction de tes besoins, tu vois si elles sont faites pour toi ou pas. Je suis également sur des groupes Facebook où l’on partage nos informations. Si quelqu’un a une galère sur une machine, on va partager nos solutions. "La théorie nourrit la pratique et inversement. Si tu as envie de progresser et de faire du meilleur travail, tu te poses des questions et tu as envie d'être meilleur. D’un tournage à l’autre, on apprend des choses, on discute sur le plateau, on partage nos expériences. "Je regarde aussi pas mal de films et quelques séries, et ce

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Il est essentiel d’avoir un point de vue sur le découpage et de comprendre ce qui se joue au moment où on le filme. — Fabrice Osinski

depuis longtemps. J’en vois des récents et des plus anciens. Un collègue me disait qu’il regardait un film par jour, ce n’est pas mon cas, mais j’en vois tout de même, un certain nombre chaque mois. C’est capital de regarder ce qui se fabrique comme cinéma année après année." Votre travail est-il parfois sous-estimé ou mal compris ? Fabrice: "Mal compris, par les gens en général, certainement. Il faut dire que c’est un peu bizarre comme métier. Un plateau obéit à une logique extrêmement puissante. Si tu n’as pas les codes, c’est comme quelqu’un qui regarderait une course cycliste en pensant que c’est un sport individuel, il ne comprendrait rien. Si tu comprends que c’est un sport collectif, tu comprends déjà mieux les enjeux. Par contre, dans la profession, les gens comprennent mon métier. Même si c’est un métier un peu à part, car on semble parfois focalisés sur des détails qui pour le son sont très importants. Ce sont des enjeux qui peuvent paraître un peu obsessionnels.

"Enfin, le métier d’ingénieur du son n’est pas sous-estimé mais sur un tournage, on peut avoir des contraintes de temps ou d’argent. Les bons réalisateurs font très attention au son. Pour autant, en tournage, ils peuvent être dépassés par l’urgence, le stress, ça peut arriver. Certains, par contre, peuvent saboter leur son. Cela ne m’est quasiment jamais arrivé, peut-être parce que je choisis les projets avec une attention accrue sur cet aspect-là. Les réalisateurs qui ont de l’expérience et de la gamberge remarquent que quand le jeu est bon, le son est bon, et souvent, l’image est bonne et donc la prise est dans la boîte. Il y a un bon « alignement de planètes » dans ces cas-là, et c’est ce qu’on recherche quand on fait un film."

interview réalisée par

Julie Delvaux

COLLABORATRICE COMMUNICATION

Scan de Compétences Ingénieur du son

• Enregistrement sonore • Techniques de montage sonore • Storytelling • Signaux audio

• Normes et techniques de sécurité • Communication • Base en électricité et électronique • Aptitudes organisationnelles

25 FABRICE OSINSKI ©


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IN THE PICTURE

Vous avez commencé à travailler en tant qu'opérateur 3D et motion designer et vous voici déjà chef de projet. Quelles compétences avez-vous pu développer durant ces premières années chez NTTRB ? Anton: "Etant donné que c'est mon premier job, il y a pas mal de compétences que j’ai dû développer. Cela s'est fait assez naturellement. Il s'agit surtout de compétences qui ne sont pas forcément liées au domaine de l'audiovisuel mais plutôt liées au monde de l’emploi comme la rigueur, par exemple. "Du côté des compétences techniques, je me suis rendu compte que, en Belgique surtout, on se devait d'être assez polyvalent dans notre milieu. Même si ma spécialisation en 3D m’ a ouvert des portes, j’ai quand même dû me mettre à niveau sur les autres aspects de l'audiovisuel : le montage, l’habillage, le motion design en 2D, ... J’ai donc développé ces compétences assez rapidement, et c’était nécessaire !"

© SAM MOQADAM

Opérateur 3D et motion designer Interview

Anton Merlin

Chef de projet 3D & motion design

Métiers dans le viseur

A

nton Merlin a suivi une formation en infographie à la HEAJ (Haute Ecole Albert Jacquard) à Namur, avec une spécialisation en image de synthèse 3D. Après une année en tant que freelance, Anton travaille depuis maintenant deux ans chez NTTRB, un studio actif dans l'animation et la visualisation 3D. Au sein de celui-ci, il a récemment évolué dans sa fonction en passant d'opérateur 3D et motion designer à chef de projet.

Comment rester à la pointe dans votre fonction ? Anton: "Se tenir au courant, c’est quelque chose de naturel pour moi, et c’est vraiment une nécessité dans ce milieu-là. J’ai toujours mis en en application ce que je découvre sur internet. Je pense que c’est une de mes principales qualités : mettre en lien et savoir anticiper, ce qui est essentiel avec le monde qui bouge et les nouvelles technologies qui arrivent." De quelles compétences supplémentaires a-t-on besoin en tant que chef de projet ? Anton: "Le travail est très différent au quotidien. Toutes les compétences que j’avais et que j’ai développé en tant que technicien me servent énormément. En effet, ça me permet, en tant que chef de projet, de bien chapeauter le déroulement des productions. Mes compétences de technicien me permettent d’avoir une vision réaliste de ce qu'il est possible de faire et en combien de temps. Ce sont des compétences que je possédais préalablement et qui me sont très utiles. "Pour ce qui est des nouvelles compétences dans ma fonction de chef de projet, c’est surtout le côté relationnel. Je suis sans cesse en contact avec les clients et avec l’équipe en interne. Je me suis rendu compte que c’est un aspect fondamental parce qu’on fait des projets avec des énormes boîtes, qui ont beaucoup de pression, et les relations sont sensibles. L'aspect relationnel va impacter énormément

toute la production. Le chef de projet va induire la relation qu’on va avoir avec la production, qui elle va établir des bases saines et la dynamique de la collaboration. Il faut instaurer une relation de coopération. Le relationnel est donc très important et se retrouve partout. Il a un impact sur la production et sur le produit fini." En regardant vers l'avenir de votre carrière, sur quelles compétences devrez-vous miser ? Anton: "En Belgique, les studios sont souvent petits, et on doit donc être assez polyvalent. Je trouve ça à la fois essentiel et agréable de pouvoir toucher à plusieurs domaines. D’ailleurs, je m’occupe encore un peu de la partie technique en back-up. Ça me tenait à cœur de ne pas être complètement coupé de cet aspect. Pour pouvoir conseiller le client en amont, il est primordial de savoir ce qu'il est possible de faire mais également de se tenir au courant de ce qui se fait dans les plus gros studios." Qu'est-ce qui est le plus sous-estimé dans votre travail ? Anton: "En tant que technicien, les manipulations ont parfois tendance à être sous-estimées. Les clients ne se rendent pas toujours compte du temps que peuvent prendre certaines modifications et cela fausse beaucoup de choses. Ça peut mener à des conflits. Les gens qui ne sont pas du milieu ont du mal à estimer le temps de certaines manipulations : ce qui paraît difficile peut être en fait assez simple grâce à la technologie, et ce qui peut paraître très simple, peut s’avérer très compliqué à modifier dans un projet déjà construit. Une petite modification peut parfois nous prendre beaucoup de temps." Que trouvez-vous le plus intéressant en tant que gestionnaire de projet ? Anton: "À quel point on a encore la possibilité d’être créatif même si on n’est plus derrière un ordinateur. Il y a un côté impactant à se trouver en amont des projets. On a la chance de pouvoir s’investir dedans et de réfléchir avec le client en amont de la production. J’ai été vite rassuré de retrouver le côté créatif, même s’il se trouve désormais à un autre niveau."

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OPLEIDINGEN

Les principales sources d'informations d'Anton Chaine Youtube

Site/blog

Sam and Niko (The Corridor Crew) Daniel Schiffer ponysmasher cinecom.net eyedesyn Greyscalegorilla IanHubert

www.cineversity.com www.motion-cafe.com Salon Websummit (conférences sur les technologies à Lisbonne) ISE (Integrated Systems Europe)

nttrb.com

Le chef de projet va induire la relation qu’on va avoir avec la production, qui elle va établir des bases saines et la dynamique de la collaboration. Il faut instaurer une relation de coopération.

interview réalisée par

Julie Delvaux

COLLABORATRICE COMMUNICATION

Scan de Compétences Opérateur 3D et motion designer

— Anton Merlin

• • • • •

Techniques de montage Motion graphics Signaux vidéo Planning Ergonomie

• • • • •

Gestion de budget Leadership Orienté solutions Aptitudes organisationnelles Communication

29 ANTON MERLIN ©


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ORGANISATION DU SECTEUR

Quel soutien offrez-vous à l'industrie du 'game development' aujourd'hui ? Jean: "Notre but est de représenter le secteur et de fédérer les startups, les freelances, les studios établis, les écoles et centres de formation ainsi que les structures publiques qui s’adressent au gaming, comme Wallimage qui intervient dans l’écosystème en tant que structure publique de financement. On collabore aussi avec des structures existantes de soutien et/ou de développement économique pour la création d’entreprise." Quelles sont les missions de WALGA ? Jean: "Représenter les acteurs du secteur, leur donner de la visibilité et créer des synergies grâce à la dynamisation de l’écosystème. On s’occupe de mettre en relation des freelances ou des demandeurs d’emploi avec les studios lorsque l’un d’entre eux recherche des compétences spécifiques.

© SAMUEL ZELLER

WALGA Interview

Jean Gréban

Coordinateur de WALGA

Organisation du secteur

W

allonia Games Association (WALGA) est l’association sectorielle des développeurs de jeux vidéo en Wallonie. Elle assure la promotion des jeux vidéos wallons et de ses utilisations ainsi que la représentation et le réseautage des acteurs de cet écosystème. Nous avons interviewé Jean Gréban, coordinateur de WALGA.

Comment et quand WALGA a-t-elle été créée ? Jean: "WALGA a été créée en 2015 par les trois studios pionniers en Wallonie (Fishing Cactus à Mons, Appeal à Charleroi et Abrakam Entertainment à Liège). Ces studios ont été à l’initiative de WALGA, avec Technocité , centre de formation du Forem."

"Cette dynamisation se fait aussi au travers d'événements avec les ‘Game Dev café’. Le principe est de réunir des développeurs qui viennent présenter leur création à d’autres développeurs. Ils en discutent autour d’un verre et des connexions se font. Cela peut arriver que, suite à une rencontre, ils commencent un projet ensemble car ils ont des compétences complémentaires et une vision commune. "La promotion du secteur, nationalement et internationalement, via des événements et des salons. En Belgique, Made in Asia et gaming zone aux Ardentes sont des bonnes opportunités pour toucher le public cible. Cela permet aux développeurs d’aller faire tester leur jeu auprès des joueurs en amont du projet et de récolter du feedback pour l'améliorer. Cela amène aussi une communauté de followers qui leur permet par la suite de créer un crowdfunding et, au moment de la commercialisation du jeu, d'avoir une audience qui est déjà prête à acheter le jeu. "À l’international, on travaille sur des salons B to B. Par exemple, Gamescom à Cologne et GDC à San Francisco, qui sont tous les deux soutenus par l’AWEX*. Grâce au soutien financier de l’AWEX, on peut offrir un stand aux startups qui démarrent et qui n’ont pas tout de suite accès à des financements et donc pas les moyens d’aller vers ce genre de salons par eux-mêmes.

"Étendre le Tax Shelter aux jeux vidéo est aussi une de nos missions. C’est une des grandes demandes des studios déjà bien établis. Si on peut obtenir plus de budget grâce au Tax Shelter, cela va également attirer les investisseurs privés. "Le dernier axe, c’est l’accompagnement de porteurs de projet qui ne sont pas encore constitués en société. On leur apporte des compétences supplémentaires qu’ils n’ont pas forcément eu l’occasion de développer à l'école, comment faire un business plan ou démarcher des financiers et des investisseurs. On les assiste dans le développement de leur stratégie commerciale pour positionner leur jeu. Selon la nature de celui-ci, on les aide à choisir le modèle économique le plus adapté pour augmenter leurs chances de réussite." *AWEX = Agence wallonne à l'Exportation et aux Investissements étrangers"

Comment se déroule l'interaction avec vos membres ? Peut-on parler d'une certaine cohésion ? Jean: "L’ASBL est relativement jeune. Au niveau des subsides, jusqu’à l’année passée, c’était assez informel en termes de gouvernance et de communication. Depuis 2020, on a plus de moyens grâce aux subsides. On est passés par une phase de recrutement officiel des membres. Le prix de la cotisation dépend du profil. Chacun paie en fonction de ses moyens. On a pu mettre en place une newsletter, des cafés et des workshops/webinars où on invite des experts à venir parler sur certaines thématiques. "Idéalement, on aimerait encore faire grandir l’ASBL et sa gouvernance vers une vraie représentativité du secteur. La création de collèges (startups, écoles et centres de formation, studios...) est la prochaine étape. L’objectif est que chaque collègue puisse désigner un représentant au conseil d’administration. Comme cela, on est certain que l’ASBL continue d’œuvrer dans l'intérêt de tout le monde." Comment les développeurs de jeux gardent-ils leurs compétences à jour ? Jean: "Avant la crise du coronavirus, via des conférences internationales avec des speakers spécialisés dans leurs domaines de compétences. WALGA co-organise également le Meet & Build à Charleroi. Ces événements représentent une autre forme de formation continue et permettent aux gens du secteur de trouver de nouvelles informations sur les tendances internationales. L’AWEX peut d’ailleurs prendre en

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ORGANISATION DU SECTEUR

pas de soutien politique comme dans d’autres écosystèmes qui se sont construits (par ex. au Canada ou en Finlande). "Si on n’avait pas des écoles comme l’HEAJ ou des centres de formation comme Technocité et Technifutur, et si on n'avait pas cette capacité à créer des gens compétents, ce serait illusoire de vouloir créer une industrie. Mais on possède ces ressources chez nous et c'est donc dommage de les laisser partir. S’ils partent et qu’ils reviennent avec plus d’expérience c’est un plus, mais aujourd’hui on constate qu’ils ne reviennent pas. Il est essentiel de créer un écosystème local. Ensuite, on pourra créer de nouveaux studios et projets, mais également attirer les studios étrangers."

LOGO BELGIAN GAMES © BELGIAN GAMES

charge jusqu’à 50% des coûts pour les entreprises wallonnes qui souhaitent y participer. "Les outils eux-mêmes proposent des mises à jour et parfois aussi des webinars. C’est le cas des moteurs de jeux tels que “Unity” ou “Unreal”. Ils évoluent constamment et offrent aux développeurs la possibilité de continuer à se former par rapport à ces évolutions technologiques." Avez-vous constaté récemment une plus grande convergence entre l'industrie du jeu et le secteur audiovisuel ? Jean: "Selon moi, la convergence se fait surtout sous l’aspect économique, mais pas de manière institutionnelle. Pour le Tax Shelter, on a vu une levée de boucliers de l’industrie du cinéma qui a eu peur qu’on vienne manger leur part du gâteau. Je peux comprendre les craintes de l'industrie, mais il n’y a pas de raisons que les autres industries créatives ne puissent pas bénéficier du Tax Shelter. Il y a quelques années, il a été étendu aux arts de la scène et on a vu l’impact positif que cela a généré sur les projets et les emplois qui en ont découlé. C’est un outil important pour les jeux vidéo également. Beaucoup d'investisseurs souhaitent entrer dans le Tax Shelter si le gaming en fait partie.

"On travaille de plus en plus avec les mêmes outils que le secteur audiovisuel. 90% du film Star Wars est réalisé à partir d'images de synthèse et du travail d’infographie. En ce qui concerne les films d’animation, c’est de l’image de synthèse à 100%, réalisée avec le moteur Unreal. Ce sont les mêmes compétences qu’on retrouve dans les jeux vidéos. On a donc tout intérêt à collaborer et à renforcer nos compétences entre les secteurs. Le jeu vidéo est l'avenir du cinéma d’animation et de l’autre côté, le cinéma peut amener énormément de choses aux jeux vidéo. On peut aller chercher des compétences du secteur audiovisuel pour améliorer l'industrie du jeu en Belgique au niveau des scénarios et de la musique, par exemple. "La frontière entre les deux industries est en train de s'estomper. Cela signifie que les développeurs de jeux auront encore plus de débouchés à l’avenir, ce qui est une bonne chose." Constatez-vous une fuite de talents belges à l'étranger ou les studios belges sont-ils suffisamment attractifs pour les garder ? Jean: "Clairement. C’est plus qu’un constat, c’est la motivation première de la création de WALGA. Personnellement, c’est ce brain drain qui m’a interpellé. En analysant un peu le marché, on se rend compte qu’il n’y a

Il est essentiel de créer un écosystème local. Ensuite, on pourra créer de nouveaux studios et projets, mais également attirer les studios étrangers. — Jean Gréban - WALGA Est-ce que vous collaborez parfois avec votre équivalent néerlandophone, FLEGA ? Jean: "Tout à fait. On organise une réunion hebdomadaire avec FLEGA et screen.brussels. On a énormément de projets communs, comme le Tax Shelter au niveau des compétences fédérales, mais également les salons internationaux. Le stand “BELGIUM GAMES” est co-géré par les trois régions. Au-delà des régions et des barrières linguistiques, vu qu’on est un petit secteur, on doit afficher une étiquette belge à l'international plutôt que de diviser flamands, wallons et bruxellois. Ça paie au niveau de la reconnaissance de la créativité qu’on possède dans les

studios belges. On ose plus de choses en Belgique, et les gens ressentent cette Belgium Touch, même dans le secteur des jeux vidéo." Quelles sont vos projets pour l’année 2021 ? Jean: "Nos projets pour 2021 se font en format hybride avec des curseurs qu’on pourra ajuster en fonction de la situation. On espère pouvoir refaire des événements en présentiel mais on s'adaptera. On continuera certainement à faire une partie en ligne. "Un axe important pour WALGA, ce sera l’élargissement à l’E-sport. La volonté du ministre du numérique et de l’économie qui nous a subsidié est d'englober l’E-sport. Il s’agit d’une autre dimension de l'industrie du jeu vidéo qui a une croissance à deux chiffres et qui a encore été accélérée pendant le confinement. L’E-sport s’est développé car les millenials ne sont plus devant un écran de télévision mais sur Twitch et Youtube. Beaucoup d'événements ont été annulés et remplacés par des compétitions de jeux vidéo simulant des sports physiques tels que le football mais aussi le cyclisme et les sports moteurs. Aujourd’hui, on va devoir professionnaliser le secteur pour qu’il devienne un vrai secteur économique. "En dernier lieu, ça concerne l’usage du jeu vidéo au sens large, comme par exemple avec le jeu pédagogique. On a envie de continuer de mener une mission de sensibilisation en prenant l’initiative d'organiser des conférences pour susciter de nouveaux projets. Tous les axes d'utilisation du jeu vidéo se renforcent mutuellement, c’est donc important que Walga continue à jouer ce rôle moteur de mise en relation d'acteurs et aussi vers d’autres secteurs (sportif , audiovisuel, culturel,...) pour amener plus de projets à être développés en Wallonie."

interview réalisée par

walga.be

Julie Delvaux

COLLABORATRICE COMMUNICATION

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FORMATION

Le PFI est un programme de formation efficace et sur mesure. L’entreprise peut choisir le candidat. Le stagiaire reçoit une indemnité versée par l’employeur au FOREM. L’employeur verse au FOREM une indemnité forfaitaire calculée en fonction des prestations réellement effectuées par le stagiaire et sur base de la future rémunération brute du stagiaire. En cas d’engagement du stagiaire, l’entreprise pourra avoir accès à d’autres aides publiques à l’emploi. Ce dispositif est accessible aux employeurs (personnes physiques ou morales) et à tous les chercheurs d’emploi.

www.leforem.be/entreprises/aides-financieres-planformation-insertion.html

© TIM MOSSHOLDER

Quelles sont les mesures de soutien existantes pour apprendre et travailler dans le secteur audiovisuel ? Un aperçu

Région wallonne

En Wallonie, il existe différentes mesures afin d’obtenir un soutien financier pour suivre une formation en tant qu'entrepreneur ou comme individu. mediarte met l’accent ci-dessous sur quelques-unes des mesures en vigueur. Dans le prochain magazine l’accent sera mis sur les mesures à Bruxelles.

Le PFI (Plan Formation-Insertion), est une mesure par laquelle une entreprise peut former un chercheur d’emploi selon ses besoins. Elle peut ensuite l’engager pour une durée au moins équivalente à la formation. La formation permet au chercheur d’emploi d’acquérir les compétences nécessaires à l’exercice de sa fonction. La formation peut se dérouler dans l’entreprise ou en partie dans un centre de formation. La formation a une durée de 4 à 26 semaines (jusqu’à 52 semaines dans certains cas).

Le Chèque Formation est destiné aux employeurs souhaitant former leurs travailleurs via l’un des centres de formation agréés. D’une valeur de 30 euros, il correspond à une heure de formation par travailleur. Le chèque est accessible à tous les travailleurs, intérimaires et aux indépendants.

heure si l’apprenant est peu qualifié. Le tuteur (ou formateur) doit être âgé de 45 ans ou plus ; être un travailleur ou un gérant indépendant à titre principal ; signer une convention avec l'employeur précisant le temps consacré au transfert de compétences ; démontrer au FOREM sa capacité d'assumer la fonction de tuteur. Le travailleur doit soit être occupé dans l'entreprise depuis maximum 12 mois, soit être déjà occupé dans l'entreprise et avoir besoin de la formation pour accéder à de nouvelles fonctions ; soit être intérimaire au moment de la formation (lié par un contrat d'intérim). La formation est d’une durée minimale de 6 mois et maximale d'un an ; elle peut comprendre un maximum de 300 heures par travailleur formé.

www.leforem.be/entreprises/aides-financieres-creditadaptation-tutorat.html

www.leforem.be/entreprises/aides-financieres-chequeformation.html

Le Congé-éducation payé est un partenariat entre le Service Public de Wallonie et le FOREM. Ce congé payé permet aux travailleurs dans le secteur privé de poursuivre leur formation tout en percevant une indemnité.

Le Crédit-Adaptation sert à soutenir financièrement les formations spécifiques que l’entreprise organise pour ses travailleurs pour les maintenir à niveau ou afin de développer leurs compétences. Les formations doivent être suivies par au moins 3 travailleurs ou intérimaires. Le Crédit-Adaptation est accessible aux entreprises dont les activités sont situées en Wallonie mais pas aux ASBL.

Ces travailleurs reçoivent des congés normalement rémunérés pour des formations suivies pendant ou en dehors des heures normales de travail. Ces congés sont payés par l'employeur. L’employeur, de son côté, peut obtenir le remboursement de ces formations. Il y a deux catégories de formations : les formations professionnelles et les formations générales.

L’entreprise reçoit une intervention forfaitaire horaire par travailleur de 9 euros pour les PME (moins de 250 travailleurs) et dont le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas 50 millions d’euros ou dont le total du bilan annuel n’excède pas 43 millions d’euros ; le montant est de 6 euros pour les autres entreprises.

La formation choisie doit être agréée par le Service Public de Wallonie. La formation peut être suivie durant les heures de travail ou en dehors et avoir une durée totale de minimum 32 heures. Les heures de formation suivies sont directement remboursées à l’employeur par le FOREM. Les heures du congé éducation payé sont payées par l’employeur au travailleur en même temps que sa rémunération. La rémunération remboursable est plafonnée.

www.leforem.be/entreprises/aides-financieres-creditadaptation.html Si l’entreprise souhaite utiliser un travailleur expérimenté pour former un autre travailleur, elle peut faire appel au Crédit Adaptation (Volet Tutorat). L’intervention forfaitaire passe à 10 euros par heure et à 11 euros par

emploi.wallonie.be/home/formation/conge-educationpaye.html

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FORMATION

Spécifique au secteur Via les sociétés de gestion collective des droits d’auteur vous pouvez recevoir un soutien pour participer à une formation de haut niveau grâce à une bourse de maximum € 1000.

www.sabam.be/fr/pour-les-auteurs/oeuvre-audiovisuelle/ bourses/bourse-daide-la-formation Les chanteurs, musiciens et les acteurs peuvent recevoir un soutien auprès de PlayRight s’ils ont suivi une formation.

playright.be/fr/appel-a-projets/

Besoin de quelqu'un pour compléter votre équipe ? Publiez votre offre d'emploi sur mediarte.be

En savoir plus sur le soutien à la formation sur le site web mediarte: mediarte.be/fr/dossiers/formation

En tant que membre de la CP 227 et SCP 303.01, saviez-vous que vous pouvez publier gratuitement des offres d’emploi sur mediarte.be ?

Plus d'information sur

www.mediarte.be 37


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IN THE PICTURE

"C’est regrettable, car le chômage chez les jeunes était en baisse avant la crise. "Nous pouvons donc parler d’un vrai choc, dont nous ne pouvons pas encore voir toute l’ampleur, celle-ci étant atténuée par les différentes mesures temporaires (le droit passerelle et le chômage temporaire notamment)."

Les jeunes sont les premières victimes. — Romain Adam - Actiris

ROMAIN ADAM, PORTE-PAROLE D'ACTIRIS ©

Impact de la crise sanitaire sur l’emploi - point de vue et solutions envisagées Interview

Romain Adam

Porte-parole d’Actiris

In the picture

Nous vivons une époque très instable, notamment en termes d’emploi... Selon vous, quelles seront les principales tendances du marché du travail à court et moyen termes ? Romain: "Il y a une véritable crise de l’emploi due au coronavirus. Celle-ci ne se ressent pas encore pleinement, mais Actiris anticipe un choc du chômage en 2021. Dans le scénario du pire, nous estimons qu’en juin 2021, nous aurons 26.000 demandeurs d’emploi inoccupés en plus par rapport à aujourd’hui, portant le total à 116.000 demandeurs d’emploi , ce qui est un chiffre énorme. "Les jeunes sont les premières victimes. Principalement les jeunes hautement qualifiés ou travaillant dans des secteurs très touchés (HORECA, évènementiel), et avec des contrats flexibles.

Est-il correct de parier que la "requalification" professionnelle sera une stratégie importante pour sortir de cette "crise de l’emploi” due au coronavirus ? Romain: "Chez Actiris, nous pensons indéniablement qu’une requalification vers des métiers en pénurie peut être une partie d’une stratégie cohérente. Nous formons et orientons les jeunes vers des secteurs qui cherchent à recruter. Les soins de santé, l’enseignement et l’IT par exemple, qui sont les priorités. Par exemple, Digitalcity. brussels (une toute nouvelle initiative rassemblant de nombreux partenaires à Bruxelles, dont Actiris), collecte et offre des formations IT. L’objectif est là aussi d’orienter et former les jeunes vers le secteur de l’IT. "Nous avons aussi, pendant la crise, lancé « Je prends soin de Bruxelles ». L’objectif de cette plateforme est de créer un lien entre les chercheurs d'emploi (et les chômeurs temporaires) et les postes vacants dans le secteur des soins de santé en Région de BruxellesCapitale." Est-ce qu’Actiris œuvre à augmenter l’apprentissage en continu sur son territoire d’action ? Romain: "Chez Actiris, on stimule nos chercheurs d’emploi à continuer à se former le plus possible, même - et surtout - pendant une période d’inactivité telle que

celle que nous connaissons. Nous avons différents outils à disposition, notamment Brulingua, pour l’apprentissage des langues. Il est primordial que les chercheurs d’emploi continuent à se former le plus possible pour se donner les meilleures chances." Traditionnellement, le secteur audiovisuel a toujours connu un afflux important de travailleurs. Pour les employeurs, la numérisation du secteur permet un rajeunissement de sa force vive : ses travailleurs. Cela a-t-il un impact sur la rétention et la formation des employés ? Romain: "À Bruxelles, la création de start-ups et petites entreprises dans le domaine des technologies est en constante progression. Depuis 2010, il s’agit de 400 entreprises, générant plus ou moins 3000 emplois. Entre aujourd’hui et 2030, nous pensons que de nombreux Bruxellois devront se reconvertir, la digitalisation aura un impact fort sur chaque secteur. "Nous estimons que 44.000 personnes devront changer de profil d’ici 2030, car la fonction qu’ils exercent aujourd’hui n’existera plus. Il est primordial pour les employeurs de soutenir la formation de leurs employés, notamment au niveau de la digitalisation, afin de conserver leurs talents. Il est également primordial pour les chercheurs d’emploi de se reconvertir dans le secteur de l’IT, au vu de l’énorme demande dans ce secteur. Les trois profils les plus recherchés à Bruxelles en 2020 sont des profils IT : analyste-programmeur (de logiciels et d’applications par exemple), technicien helpdesk, consultant informatique (comme des spécialistes des bases de données et des réseaux)." Chez Actiris, quelle est votre politique d’apprentissage tout au long de la vie, par rapport à vos propres employés ? Romain: "Chez Actiris, nos employés disposent d’un nombre important de jours par an entièrement dédiés à la formation. Tous nos employés ont également accès à la plateforme Actiris Academy, qui dispose d’un large éventail de formations (transversales ou dédiées à des fonctions, des compétences spécifiques). La formation de nos propres employés est au cœur de nos priorités et fait d’ailleurs partie de notre contrat de gestion."

interview réalisée par

Virginie Grulois

PROJECT MANAGER MEDIARTIST

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POINT OF VIEW

Remarques générales 1. Étant donné que nous partons des données de l'ONSS, il s'agit ici uniquement des chiffres de volume de travail des employeurs. Les indépendants sans personnel ne sont donc pas cartographiés. 2. Dans cet article, nous traitons seulement les secteurs cruciaux du secteur audiovisuel. Autrement dit, seulement les employeurs affiliés à la Commission paritaire 227 (audiovisuel) et à la Sous-Commission paritaire 303.01 (film). 3. Une diminution du nombre d'ETP's enregistrés nous en dit peu à propos du nombre de licenciements intervenus. Pour le chômage temporaire, ces ETP's disparaissent tout autant. Nous parlons ici donc du volume de travail et non de mise à l'emploi.

Impact du 1er lockdown sur le secteur audiovisuel Article

Joost Bevernage Digital Strategist Expert Learning & Development

Point of view

Impact sur le volume de travail au niveau sectoriel (ETP's)

De plus, il y a de grandes différences par région : 1. La Région flamande connaît une diminution de 25% 2. La Région de Bruxelles-Capitale connaît une diminution de 34,3% 3. La Région wallonne connaît une diminution de 57,2% On constate donc une différence évidente au niveau régional qui s'explique en partie par les répartitions par région entre la CP 227 et la SCP 303.01. En Région wallonne, 27% des mises à l'emploi se situent dans la SCP 303.01, en Région flamande, il s'agit seulement de 3,3%.

Volume de travail par activité principale

A

u moment d'écrire ces lignes, nous sommes en plein second lockdown (partiel) et nous aspirons, pleins d'espoir, à une amélioration en 2021. Peu auraient pu prévoir à quel point l'année 2020 serait drastique. Elle sera toutefois ressentie différemment en fonction de votre situation. mediarte a cartographié l'impact du tout premier lockdown pour le secteur audiovisuel, sur base des chiffres demandés à l'Office National de la Sécurité Sociale (ONSS) pour le premier (Q1 2020) et le second trimestre (Q2 2020) de 2020. Ces trimestres sont comparés avec le quatrième trimestre de 2019 (Q4 2019).

Ce qui frappe en premier lieu, c'est que le lockdown a eu un effet visible sur le volume de travail du secteur. Au niveau belge, le nombre d'ETP's a diminué de 31,1% en 2020 Q2 en comparaison avec Q4 en 2019. Les commissions paritaires ne sont pas touchées de la même manière. La SCP 303.01 (Films longs métrages) connaît une diminution en ETP's de 66%. Pour la CP 227 (Audiovisuel) cette baisse est “seulement” de 27%. L'explication de cette différence peut être trouvée dans le fait que, durant le 1er lockdown, la CP 227 a été reconnue comme secteur essentiel et pas la SCP 303.01. De plus, il y a des sous-secteurs au sein de la CP 227, comme les entreprises digitales, qui ont pu continuer facilement leurs activités avec l'obligation du télétravail.

Belgique Nous voyons de grandes différences concernant l'impact sur le volume de travail selon l'activité principale des entreprises. Au niveau fédéral, nous constatons les diminutions suivantes:

1. Radiodiffuseurs : diminution de 21,8% 2. Production : diminution de 43,6% 3. Digital : diminution de 31% 4. Facilitaires : diminution de 42,1% 5. Autres: diminution de 25,3%

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POINT OF VIEW

En général, nous pouvons confirmer que le volume de travail des Radiodiffuseurs a connu la plus faible diminution et que la section Production/Facilitaires a expérimenté la plus forte diminution. Les différences régionales sur le plan de la diminution, abordées dans la section précédente, sont aussi visibles ici. Nous voyons toutefois également de grandes différences régionales dans les répartitions des activités principales et un certain nombre de différences spécifiques remarquables en matière d'impact.

disparition de Gaming1 de la CP 227, nous neutralisons cependant ce chiffre et nous nous situons alors à 42%. Gaming1 a mis fin à ses activités le 31 décembre 2019. Les maisons de production sont aussi ici les plus durement touchées avec une baisse de 66,4%.

Le travailleur audiovisuel en chiffres Répartition sur base du sexe

Dans le secteur audiovisuel wallon, il y a très peu de mises à l'emploi chez les radiodiffuseurs.

Répartition sur base de l'âge La plus grande partie des mises à l'emploi se trouve dans la classe d'âge de 25 à 39 ans. Et ce, pour les deux commissions paritaires. Les répartitions en 2020 Q2 se présentent comme suit :

1. <25: 2. 25-39: 3. 40-49: 4. 50-64: 5. 65+:

Région Flamande Comme attendu, nous constatons surtout ici des diminutions se situant à un niveau belge. De ce fait, les radiodiffuseurs de la Région Flamande ont connu une baisse (selon les informations dont nous disposons) de 10,5%. Les entreprises facilitaires constituent une exception avec une diminution qui dépasse la moyenne fédérale. Une explication peut être trouvée dans les 2 gros poids de ce segment au niveau du volume de travail NL, Videohouse et NEP. Les deux sont vraiment très actifs en matière de captation d'événements sportifs et des productions internationales faisant partie de leur portfolio. À cause du lockdown, ces entreprises ont été plus touchées. De plus, nous constatons au niveau flamand que les radiodiffuseurs sont les plus gros employeurs.

Région Bruxelles-Capitale La baisse la plus forte est visible ici dans les entreprises de production, -48,5%. Elles sont également les plus gros employeurs du secteur audiovisuel à Bruxelles. De plus, nous voyons que les autres activités principales restent à un même niveau qui oscille entre 25 et 30%. Cela alors que nous remarquons dans les autres régions encore plus de différences sous-jacentes.

Volume de travail par province Nous constatons une concentration de médias au carrefour Anvers-Brabant flamand-Bruxelles. Les radiodiffuseurs sont concentrés à Anvers (DPG Media), la production à Bruxelles (Umedia & nWave) et les entreprises facilitaires en Brabant flamand (Videohouse & NEP Belgium). Les entreprises digitales sont plus réparties entre les provinces, avec une concentration à Anvers, suivie par Liège.

Les répartitions dans le secteur audiovisuel en 2020 Q2 se situent à 59,7 % pour les hommes et 40,3% pour les femmes. En 2019 Q4, il s'agissait respectivement de 59,2% et de 40,8%. Il y a donc une petite différence dans les répartitions, mais trop minime et nous pouvons donc difficilement l'attribuer avec certitude au lockdown. Nous retrouvons aussi à nouveau le même ordre de grandeur de ces fluctuations que dans les années précédentes. Ces répartitions sont sur base des ETP's. Dans la SCP 303.01, nous constatons une toute autre répartition : 48,6% pour les hommes et 51,4% pour les femmes au 2020 Q2. Cette répartition est conforme à celle des années précédentes, tenant compte des grandes fluctuations en matière de mises à l'emploi typiques de la SCP 303.01.

6,9% 60,2% 19,9% 12,6% 0,7%

L'impact du 1er lockdown se fait sensiblement ressentir sur toutes les tranches d'âge, avec un impact moindre selon l'augmentation en âge. Seuls les <25 ans connaissent une plus forte diminution. La baisse en volume de travail par classe d'âge se présente comme suit (sur la base d'ETP's entre 2019 Q4 et 2020 Q2) :

1. <25: 2. 25-39: 3. 40-49: 4. 50-64: 5. 65+:

une diminution de 35,7% une diminution de 29,9% une diminution de 28% une diminution de 26,2% négligeable

Plus de 50% des mises à l'emploi dans l'audiovisuel en région wallonne se situe à Liège.

Région wallonne Ici les entreprises digitales sont le plus grand employeur du secteur audiovisuel wallon. Elles enregistrent une diminution importante de 63,2%. Si nous neutralisons la

article écrit par

Joost Bevernage

DIGITAL STRATEGIST & EXPERT LEARNING & DEVELOPMENT MEDIARTE

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SETTING THE STAGE

À travers une série d’exercices interactifs en petits groupes, ce premier jalon posé permet de retracer le fil rouge de son parcours, d’esquisser le contour d’une identité professionnelle, et personnelle, unique. On cherche le prisme de la singularité, de l’authenticité, plutôt que celui de la contrefaçon : qu’ai-je à proposer de différent, qu’estce qui me démarque ? Quel est mon « unique selling point » personnel ? L’exercice du WHY-HOW-WHAT, en particulier, laisse émerger les motivations personnelles à exercer telle profession. A travers cet exercice, Fabien Maheu, réalisateur, monteur et motion designer, a relié les différents îlots de son parcours, éloignés en surface, mais au fond tous interconnectés.

faire un CV vidéo pour quelqu’un d’autre, c’est attractif et amusant à faire. Mais quand il s’agit de parler de moi, je ne me sens pas prêt à me vendre comme ça, c’est-à-dire à tout prix et avec une naïveté qui ne me correspond pas. Je suis quelqu’un de plutôt réaliste et distancié. Je veux envoyer un message qui me correspond. Je suis multi-facettes, je me suis aventuré sur différents terrains : réalisation, montage, motion design et art contemporain. Je suis technicien, mais aussi un peu théoricien et artiste. J’ai fait des études de cinéma et de sémiotique. A l’université, mes collègues se tournaient vers moi à chaque fois qu’un magnétoscope ne marchait pas…

Fabien Maheu, réalisateur, monteur et motion designer LE CERCLE D'OR DE SIMON SINEK © MEDIARTE

mediartist - retour sur le webinaire Setting the Stage Article

Virgine Grulois

Project manager mediartist

Interview

Fabien Maheu

Participant au programme mediartist (réalisateur, monteur et motion designer)

Setting the stage

mediarte propose des workshops et webinaires d’accompagnement professionnel tout au long de l’année. Avec pour but de permettre aux participants de développer des opportunités professionnelles dans le secteur du film, de l’audiovisuel, du digital. La première série de webinaires s’appelle Setting the Stage, « planter le décor ». Poser les bases, s’ancrer, pour mieux viser.

Je suis arrivé à Bruxelles en février 2019. Je suis français, je connais très mal le terrain à Bruxelles. J’exerce des métiers qui fonctionnent essentiellement en réseau. Avec le premier confinement, tout s’est arrêté très brutalement. Je cherche des solutions pour avancer et je me suis inscrit à mediartist.

La proposition du WHYHOW-WHAT m’a permis de trouver le lien entre mes différentes facettes, professionnelles et extraprofessionnelles. — Fabien Maheu Avant de commencer mon parcours mediartist, je m’étais intéressé au CV vidéo. Je pense que je pourrais facilement

linkedin.com/in/fabienmaheu www.mediartist.be

FABIEN MAHEU ©

L’exercice du WHY-HOW-WHAT proposé au webinar Setting the Stage m’a permis de structurer ce que je faisais de façon moins artificielle, plus en phase avec la réalité. J’ai pu trouver le lien entre mes différentes facettes, professionnelles et extra-professionnelles. Le monde du travail étant assez cloisonné, je brouillais les pistes en affichant simultanément mes trois facettes. Maintenant, je me sens plus à l’aise de parler de mes études, sans me sentir un extraterrestre. Je vois comment faire le lien avec ce que j’ai à proposer.

interview réalisée par

Virginie Grulois

PROJECT MANAGER MEDIARTIST

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POINT OF VIEW

Exploitation des compétences Quand nous parlons d’exploitation des compétences, cela concerne entre autres l’expérience des opportunités d’apprentissage au travail, le sentiment de ce qu'il est possible d’atteindre et les possibilités offertes par l’emploi en matière de progression personnelle et de développement. Cela porte sur un composant important nommé “travail motivant”.

© K.MITCH HODGE

Tirer le meilleur parti de vos compétences Article

Jan Vermoesen

General manager mediarte

Point of view

En tant qu’employeur, vous pouvez stimuler le niveau d'utilisation des compétences de vos collaborateurs, en renforçant l'offre d’entraînement et de formation et en communiquant à ce propos, en investissant dans la gestion des compétences et en mettant l’accent sur les talents. Un travail complémentaire peut être effectué sur un plan de développement personnel dans lequel, en consultation avec l'employé, vous pouvez définir, étape par étape, ce sur quoi l'employé peut se concentrer. Des initiatives concernant la rotation des postes de travail où les employés alternent entre des tâches spécifiques ou lorsque l'on fait partie d'une équipe mobile multi-déployable. Évidemment, il peut s’avérer bon d'entendre de quoi exactement on a besoin.

Quelles sont les causes d' un manque d'utilisation des compétences ? À quoi ressemble l’attribution des tâches ? Cela correspond-t-il aux compétences et aux parcours d'apprentissage de l'employé ? On peut naturellement organiser cet exercice et le mettre en œuvre pour les collaborateurs de toute l’organisation. mediarte peut et souhaite vous y aider.

Organisation du travail Souhaitez-vous, en tant qu’employeur, utiliser au mieux les compétences de vos employés ? Dans ce cas, cela implique également une bonne organisation du travail. Une organisation du travail inadéquate peut avoir un impact majeur sur l'efficacité de nombreux processus au sein d'une entreprise, y compris la collaboration entre les services, la collaboration au sein des équipes, ainsi que sur l'interprétation et la faisabilité des emplois individuels. 85% des répondants à l'enquête mediasensor mentionnent que l'organisation du travail est problématique.

D

ébut 2019, mediarte a procédé à une enquête sectorielle afin d’évaluer les risques psychosociaux dans notre secteur. Les résultats, qui ont déjà été discutés en détail, ont montré qu’investir dans l’exploitation des compétences pouvait contribuer à plus d’engagement et de plaisir au travail. Parmi les plus de 1.000 répondants, 50% ont mentionné le manque de possibilités d’apprentissage et de chances d’évolution dans leur travail. Autrement dit, il y a du travail.

© AUSTIN DISTEL

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L’organisation du travail concerne plus spécifiquement la manière dont les tâches et les rôles sont répartis et attribués dans l’organisation, comment le fonctionnement interne de l’équipe prend forme et comment se présente la collaboration entre collègues et services. Idéalement, cette organisation du travail est portée par une vision et axée sur la réussite de la mission principale de l’organisation (Que doiton réaliser ? Où se situe la ligne d'arrivée ? Qu’est-ce qu’on considère comme important pour ce faire ?). Au contraire, une organisation du travail inefficace va souvent de pair avec à la fois de l’énergie et une perte de temps, ce qui peut se traduire entre autres par un pression de travail plus élevée et des problèmes de rôle.

Parmi les plus de 1.000 répondants, 50% ont mentionné le manque de possibilités d’apprentissage et de chances d’évolution dans leur travail.

Afin d’avoir une meilleure vue sur l’organisation du travail et de laisser se dérouler le processus de travail plus facilement on peut notamment utiliser un organigramme clair (à quoi ressemble la structure de l’organisation ?), clarifier les procédures internes et les optimaliser, prévoir des moments de discussion afin d’adapter, selon les besoins, les procédés et procédures, les rôles et redéfinir les responsabilités et appliquer des processus transparents de décision auxquels, idéalement, les collaborateurs sont associés ou au moins en sont informés clairement.

Prenez soin de vous

— Jan Vermoesen - mediarte

Un rôle important est évidemment réservé aux employeurs, mais vous avez aussi une responsabilité à prendre en tant qu’employé : celle de prendre soin de vous-même.

Il y a deux manières de s’assurer des carrières durables et de la rétention : jobcarving = la création d’une fonction pour un individu spécifique, connu à l’avance. Le point de départ est un profil personnel de l'employé qui souhaite engager ou fidéliser l'entreprise. Une nouvelle fonction est en cours de développement pour lequel l'accent est mis sur le regroupement des tâches appropriées (à partir de différentes fonctions) avec comme objectif l'employabilité durable de l'individu (et éventuellement, au même moment, la réduction de la charge de travail des membres d'une ou plusieurs équipes). Pour ce faire, on peut simultanément jouer avec/sur la conception de tâches inclusives. Nous pensons ici principalement à la conception de processus, à des flux de travail efficaces, à l'estimation et à la gestion de la charge de travail. jobcrafting = le “bricolage” ou le modelage selon votre propre analyse de votre travail, des tâches appropriées et moins appropriées en fonction des forces, des besoins, des intérêts personnels et du temps à y consacrer («tâches intéressantes» - «tâches à risque» - «tâches à 2 faces» «tâches vides») avec des outils pour y arriver : les tâches (ajustements de tâches ou approche du travail) et les relations (interaction et implication avec les collègues et les autres), ainsi que le contexte (moment, environnement, ...) et la signification/l'expérience (comment vous expérimentez votre travail, plaisir, défi, satisfaction, ...) cela peut se faire au niveau individuel et en équipe.

article écrit par

mediarte.be/mediasensor

Jan Vermoesen

GENERAL MANAGER MEDIARTE

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POINT OF VIEW

sentiment tout à fait mutuel lorsque j'évoque mon langage de thérapeute à la table de notre cuisine. Laissez ce call to action être avant tout un wake-up call, car ces chiffres ne sont pas de bon augure. Nous parlons ici du secteur audiovisuel. Lorsque vous entrez dans ce secteur, vous le faites en premier lieu pour nourrir votre besoin de participer à un processus créatif et pas pour alimenter votre compte d’épargne. Il s'agit d’un secteur pour lequel, vous qui avez 18 ans, que vous vous trouvez face au choix de vos études, choisissez avec votre cœur. Lire qu’un pourcentage si élevé de travailleurs et/ou d’employeurs dans ce secteur se sentent malheureux dans leur job, résonne bien tristement.

Article

Christel Cornelis

Psychothérapeute indépendante

Réaction à l'article ‘Tirer le meilleur parti de vos compétences'

CHRISTEL CORNELIS ©

Call to action ou wake-up call ?

J

e suis mariée à Jan Vermoesen, directeur de mediarte. Et, de temps à autre, il me laisse (re)lire certaines choses afin d’y apporter un regard extérieur. En tant que psychothérapeute, je me situe loin du secteur audiovisuel. Mais, choquée et interpellée, j’ai lu l’article ”Tirer le meilleur parti de vos compétences” dans lequel il est fait référence aux résultats de l'enquête mediasensor de 2019.

50% des répondants indiquent qu'ils ratent leurs défis professionnels, leurs opportunités d'apprentissage et de progression. 85% indiquent que l'organisation du travail est problématique. En d'autres termes, une division inadéquate des tâches, du travail d'équipe et de la collaboration est ressentie et s’y ajoute "à la fois une perte d'énergie et de temps, qui peut se traduire, entre autres, par une charge de travail élevée et des problèmes de rôle", selon l'article. La mission de mediarte est d’envisager ces chiffres avant tout comme un call to action et de faire une proposition à ses employés et employeurs du secteur. Un call to action. Start with the why, une autre phrase que j'ai apprise pendant une période de travail obligé à domicile, avec un certain Jan Vermoesen à la maison. Le genre d'expression que vous n'entendrez pas souvent dans le cercle des thérapeutes. Et je dois le reconnaître, elles arrivent parfois à me faire rouler des yeux. Un

Lire qu’un pourcentage si élevé de travailleurs et/ou d’employeurs dans ce secteur se sentent malheureux dans leur job, résonne bien tristement. — Christel Cornelis

Quand, comme eux, vous faites un choix qui vient du cœur, cela signifie qu’une flamme brûle en vous. Souhaitezvous commencer avec the why ? Alors, le voilà. Et c'est précisément cette flamme, qui ne peut pas toujours être raisonnablement appréhendée, qui menace de s'éteindre. En tant que secteur, comment pouvez-vous veiller sur cette flamme qui menace de s'éteindre ? Je lis volontiers les réponses à cette question dans l’article, jobcarving, jobcrafting. Vous pouvez maintenant penser à mon roulement des yeux. Je me sens aussi un peu fatiguée de ces mots chics. Qu'est-ce que cela ferait de devoir ‘sculpter’ et ‘fabriquer’ un peu moins et de pouvoir rester immobile et de ressentir un peu plus ? En cela, je vois une source importante d'inspiration et de force qui peut raviver la flamme. Réveillez-vous et écoutez à nouveau votre cœur. En renouant avec vos forces et ces bonnes raisons pour lesquelles vous avez choisi ce secteur, avec votre cœur à l'époque. A présent, laissez juste ce cœur être choyé et nourri (maintenant je vois mon mari rouler des yeux à son tour) pour que la flamme ne s'éteigne pas.

article écrit par

Christel Cornelis

PSYCHOTHÉRAPEUTE INDÉPENDANTE

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INSIDE THE COMPANY

Oscillant entre lockdown et déconfinement, entre espoir et désespoir, entre info et intox ; entre devoir mettre la clé sous la porte ou garder la tête hors de l’eau, entre masques et distances sociales dans tous les sens du terme… Le 19 a profondément affecté nos vies professionnelles et privées et il a fallu s’adapter. Depuis neuf mois, pas à pas, chez mediarte comme presque partout ailleurs, nous sommes retournés à l’école. Jamais les concepts d’apprentissage tout au long de la vie et de résilience n’ont été – et restent - aussi indispensables que pertinents.

Chez mediarte comme presque partout ailleurs, nous sommes retournés à l’école.

© MEDIARTE/ SAMANTHA BORGES

Inside mediarte, à 360° Article

Joëlle Dagry

Consultante mediarte

Inside the company

P

lus de doute possible, le coronavirus ne prendra pas de vacances. La violence de cette pandémie reste là cruelle, collante et indélébile. La science n’a pas encore déchiffré tous les codes du numéro 19 qui vient d’ailleurs de s’offrir de nouveaux habits pour l’an neuf.

Passé le premier choc du printemps 2020, beaucoup ont démontré une capacité à traverser cette épreuve de façon solidaire et courageuse, en privé comme au travail. Les forces vives de notre secteur (travailleurs et entreprises) ont beaucoup souffert, c’est indéniable. Certains ne s’en sont pas remis : des travailleurs fragilisés par un chômage inattendu et des entreprises sans bouée de sauvetage. D’autres ont pu affronter les effets de cette crise en saisissant leur mise à l’arrêt forcée comme une opportunité d’innover, de repenser leur trajectoire, et même pour certains d’oser jeter leur parcours à la corbeille pour prendre ce virage à 360° dont ils rêvaient depuis très longtemps. Soutenu par une créativité et une flexibilité propres à ce secteur ; mediarte, le fonds social du secteur audiovisuel, film et digital remplit ses missions en s’appuyant d’abord sur un facteur humain. Flashback sur le 13 février 2020. Après une journée bien remplie, la ‘team’ se réunissait au premier étage. Pas

question de briefing hebdomadaire cette fois ; il s’agissait de prendre l’apéritif pour dire au revoir à notre collègue Jonas, en partance vers de nouvelles aventures et fêter les 50 ans de notre collègue Sabine, qui nous quittera aussi quelques mois plus tard. Bonne humeur et insouciance étaient au rendez-vous. Un mois plus tard, il n’était plus question d’ignorer le virus et notre directeur Jan Vermoesen prenait la juste décision de mettre l’équipe au complet en télétravail. Outre les indispensables outils offerts par la technologie, mediarte a mobilisé son équipe. Actuellement, 7 personnes occupent un poste à temps plein chez mediarte. Leur objectif : des missions à remplir en faveur de plusieurs individus et groupes (à risque). Les moins de 26 ans, les plus de 55 ans, les étudiants, les chercheurs d’emploi, les personnes handicapées, les entreprises, les acteurs, les producteurs, les journalistes... mediarte est là pour tout ce petit monde du secteur audiovisuel. mediarte informe, guide et accompagne sur des questions très différentes qui nécessitent, elles aussi, une approche à 360°. Une telle approche tisse le fil rouge indispensable qui relie compétences et formations, diversité et bienêtre au travail, artistes et donneurs d’ordre, stages et accompagnement de carrière, magazine et guide du débutant, mediaguidance et mediartist,... Le dicton « Charité bien ordonnée commence par soi-même » illustre assez bien la manière dont mediarte envisage chacun de ses projets. Nous sommes conscients que soutenir et accompagner des individus pour les aider à atteindre leur bien-être au travail, ou bien les soutenir pour s’armer contre le burnout, ou encore dans la réorientation dans leur carrière, cela commence avec le respect d’un principe mutuel de bienveillance, les uns envers les autres, au sein de notre propre équipe. Un exemple des personnes faisant partie de notre groupe cible est celui des jeunes diplômés qui arrivent sur le marché du travail. L’attractivité de notre secteur est telle que trop d’entre eux acceptent de travailler en dehors de tout cadre

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INSIDE THE COMPANY

légal. Certaines entreprises commerciales quant à elles n’hésitent pas à utiliser cette attractivité pour engager ces jeunes prêts à tout, largement en dessous des barèmes, voire même à les faire travailler « bénévolement », ce qui est illégal. mediarte remplit pour eux sa mission d’information et de mise en garde. Se laisser éblouir par les « feux de la rampe » réserve parfois de très mauvaises surprises...

Être responsable de soi ne nous autorise pas à négliger notre responsabilité vis-à-vis de ceux qui nous entourent.

Concrètement, pour réaliser chacun de nos projets, nous nous posons avant tout quatre questions essentielles : Pourquoi ? Qui ? Comment ? Quoi ? Pour y répondre, prenons deux exemples de projets dans le cadre de la connexion au marché du travail. mediartist qui vise à (ré)insérer des chercheurs d’emploi dans notre secteur et les stages média qui permettent aux jeunes diplômés de l’enseignement supérieur d’acquérir de l’expérience dans un cadre légal adapté et dont nous assurons le suivi.

Pourquoi ? Car chaque individu doit : • Pouvoir acquérir les compétences dont il a besoin pour entrer sur le marché du travail dans notre secteur. • En accord avec ses ambitions personnelles et professionnelles, rester compétent dans notre secteur en constante évolution. • Pouvoir expérimenter les compétences qu’il possède et qu’il a acquises à l’école dans un cadre légal et supervisé. • Chaque individu et chaque entreprise de notre secteur doivent être informés et respecter les lois et réglementations en vigueur.

Qui ? • Tous les collaborateurs (jeunes diplômés, chercheurs d’emploi, travailleurs expérimentés, débutants) du secteur audiovisuel, film et digital en mettant l’accent sur les groupes à risque. • Toutes les entreprises à la recherche de (nouveaux) talents.

Découvrez l’équipe mediarte en page 67 et sur mediarte.be

Comment ? mediarte pour ses missions de : • Centre de Connaissance (conditions de travail, bien être, diversité) • Identification des besoins (métiers en pénurie), focus sur le numérique, photo sectorielle, métiers de demain. • (Ré)intégration dans le secteur : page Talent, guide du débutant, base de données des offres d’emploi, concertation avec l’enseignement supérieur, stages média, mediaguidance. • Centre de compétences Scan et acquisition des (multi)compétences – (self)learning, base de données des formations.

MEDIARTIST

Tous nos projets optent pour une approche à 360° : Canaux numériques et physiques. Sessions d’information, workshops, CV labs, réseautage, partenariats... Évaluation des résultats des actions et les adapter/compléter en cours de route, apprentissage tout au long de la vie.

Ton accompagnement dans le secteur audiovisuel Information & inscription via

www.mediartist.be

Pour conclure cet article « vu de l’intérieur », un autre fil rouge essentiel qu’il nous faut suivre renvoie au facteur humain et plus particulièrement à notre responsabilité à tous. N’oublions pas en 2021 qu’être responsable de soi ne nous autorise pas à négliger notre responsabilité vis-à-vis de ceux qui nous entourent.

article écrit par

Joëlle Dagry

CONSULTANTE MEDIARTE

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PITCHING

Quel a été ton 1er pitch ? Julie: "Mon 1er pitch, c’était face à France 4. J’étais accompagnée du président de ma boite, une société de production, et d’un producteur star de la société. C'était un saut dans le grand bain, j’étais très intimidée. J’avais beaucoup d’expectatives, il s’agissait d’un programme que j’avais moi-même développé. Globalement, ce n’était pas une réussite… J’étais très consciente de mon âge, de mon inexpérience. En soi, ces éléments-là ne m’ont pas porté préjudice. C’est plutôt la pression qui en a découlé, et qui m’a déforcée. Malgré tout, la directrice de France 4 a été très patiente et aidante. Mon programme n’a pas été vendu, j’étais déçue. Mais j’ai surtout pris l’expérience comme une bonne leçon à retenir pour les prochains pitchs. "En sortant du rendez-vous, le producteur, dans toute sa bienveillance, m’a donné quelques conseils. Conseils que je n’ai pas nécessairement appliqués, étant donné l’écart générationnel dans la façon de pitcher. Il me conseillait notamment de pitcher en donnant plus d’exemples de scènes.

© JAKOB OWENS

L'art de pitcher avec Julie Moraglia Interview

Julie Moraglia

Chargée de développement chez Climax Films et scénariste

Pitching

J

ulie Moraglia, chargée de développement chez Climax Films et scénariste, nous fait part de son expérience et partage ses conseils pour réussir son pitch.

"Aujourd’hui, on ne développe pas en pensant par scènes, surtout en production de télé. Le pitch doit démontrer la durabilité du projet, la densité de la narration: est-ce que le véhicule narratif est en bonne santé, va-t-il tenir la route jusqu’au bout du film ? Les idées de scènes ne sont pas très utiles dans la phase de développement. Selon les profils, elles ont même tendance à témoigner d’un côté papillon dans l’écriture, et ce n’est pas du tout ce qu’on recherche aujourd’hui chez un scénariste, que ce soit en séries, pour tous les modules sériels (podcast etc), et aussi pour certains longs-métrages, surtout les longs-métrages commerciaux. "Certains détails de scènes peuvent être utiles dans le cadre de la discussion, distillés de façon légère pour exprimer la personnalité, l’unicité du projet. Surtout dans les comédies. Dans les genres extrêmement codifiés, comme les thrillers, les polars, c’est beaucoup moins utile." As-tu connu un vrai moment de gloire en tant que pitcheuse ? Julie: "J’en ai eu deux ! La première fois, je pitchais une série que j’avais développée. Mon interlocutrice était Anne Holmes (1), à l’époque directrice de la fiction de

France 3 ! J’étais également accompagnée du président de ma société, et d’un autre producteur phare. Cette fois, j’étais surpréparée. J’avais appris mon pitch par coeur. Pour être précise, je n’ai pas récité, pour garder un peu de spontanéité, mais je savais très exactement les points que je voulais aborder, et dans quel ordre. Je m’étais préparée en pitchant à voix haute, toute seule chez moi. A la fin de mon pitch, Anne Holmes m’a félicitée sur mon pitch, et m’a dit qu’il avait répondu à toutes ses questions. J’étais très fière !

Garder une trame très claire, c’est la meilleure façon d’arriver en confiance au moment du pitch, c’est le meilleur moyen de ne pas se perdre. — Julie Moraglia

"La deuxième fois, c’était au MIP, il y a environ trois ans. J’étais chargée de développement chez Entre Chien et Loup. Je pitchais à deux acheteurs de chez Sky Vision, qui est la branche de distribution du groupe Sky. On avait une petite plaquette des projets en développement chez nous. J’ai pitché chaque projet l’un à la suite de l’autre, en anglais. Les acheteurs ont apprécié mon pitch, l’ont trouvé extrêmement clair. J’avais assuré ! La préparation permet d’arriver extrêmement détendu, de pitcher sans enjeu émotionnel." (1) Anne Holmes est actuellement directrice de la fiction pour France Télévisions.

Que retiens-tu de ces expériences ? Julie: "Préparer à fond la trame, tout en gardant un élément de spontanéité. Garder une trame très claire, c’est la meilleure façon d’arriver en confiance au moment du pitch, c’est le meilleur moyen de ne pas se perdre,

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PITCHING

et de reprendre le fil de sa pensée si la personne vous interrompt. Mais avoir face à soi quelqu’un d’hyper tendu, qui parle sans s’arrêter, c’est très gênant." Répètes-tu seule ou devant un public ? Julie: "Je suis mon propre public. Je parle à voix haute, un peu comme Flaubert (rires). Les bouts de phrase qu’on a dans sa tête ne fonctionnent parfois pas, une fois exprimés à voix haute : les syllabes ne sortent pas, l’intention n’est pas claire. Répéter à voix haute permet de travailler l’élocution, l’articulation, plus encore dans une langue étrangère. S’entraîner pour faire plusieurs versions, cela permet de mobiliser plus de vocabulaire, de synonymes, pour encore une fois avoir un discours qui est naturel, spontané, et vraiment clair, sans bafouillages. Si on commence à chercher un mot, un bout de phrase, on perd vite le fil."

n’étant pas prête. Donc ce premier pitch m’a bien servi de leçon ! "Après, les seuls ratages que j’ai connus, c’était plutôt dans la défense. L’échec venait du projet, pas du pitch. Si on n’est pas convaincu à 100% par le projet, ou que le développement n’est pas assez approfondi, si l’interlocuteur pose une question pour laquelle on n’était pas préparé, ça peut vite devenir le festival de la bafouille, du bluff. Ce sont des situations vraiment désagréables ! C’est pourquoi il ne faut jamais pitcher un projet trop tôt. Quand on n’a pas encore ses tenants et aboutissants. Il y a toujours une personne perspicace qui va renifler les contradictions, les erreurs, les bidouillages, les bouts de scotch mis pour faire tenir la narration. Ça peut faire tomber le château de cartes. "Autre conseil, il ne faut jamais y aller en défaitiste, ni annoncer d’emblée de jeu : “je n’ai pas bien réfléchi à tout, mais…”. Il vaut mieux rétorquer à une question imprévue : “c’est très intéressant, je n’y avais pas pensé, je le note, ça va nourrir ma réflexion”. C’est la meilleure porte de sortie. Toujours montrer de la confiance ! Pitcher un projet dans lequel vous n’avez pas confiance, ça ne fonctionne jamais."

complicité. Ça donne vraiment envie de collaborer. Si on a envie d’aller boire un verre avec toi après le pitch, le pari est réussi. "Pitcher en marché, c’est extrêmement compliqué. Tu enchaines huit à dix rendez-vous sur la journée. Les rendez-vous sont des boulets de canon de 15 minutes. Tu passes ta journée à passer d’un coin du palais du festival à un autre. Dès que tu arrives, tu dis bonjour, et c’est parti. En général, tu as au moins 4 projets différents à pitcher avec l’intention d’assurer une vente. Ou tout au moins, de montrer le mieux possible ce dont tu es capable en tant que producteur : tes ambitions, tes envies pour le futur, tes ouvertures à une collaboration, avec un pays étranger qui peut être le Japon, la Turquie. Le pitch doit être hyper efficace, clair, droit au but. Il faut être en confiance aussi, et à un niveau d’énergie qu’il faut soutenir à 3000%. Ça m'a appris à cibler les informations que je choisis de donner, en fonction de l’interlocuteur.

"C’est bien d’être en duo avec son collègue ou son co-auteur, et de créer une vraie dynamique. Ça permet d’apporter du dynamisme et de la vie dans le pitch, et justement de donner une petite base à la conversation pour que la troisième personne puisse s’y insérer." Comment voudrais-tu conclure ? Julie: "Il faut croire en soi, croire en son projet, être préparé. Se concentrer sur l’anticipation des besoins de l’autre. Quand on pitche à un producteur, il faut donner la fin, c’est hyper important. Quand on pitche devant une assemblée, il faut captiver : faire monter la tension, donner la fin à la fin, utiliser ce petit côté conteur."

Quelles sont les expériences qui ont forgé ton idée actuelle d’un pitch réussi ? Julie: "Ce n’est pas tant mes pitchs, que les pitchs que j’ai reçus. J’en ai reçu beaucoup. J’en ai tiré énormément de leçons sur le pitch, en réalisant à quel point c’était plus agréable d’écouter pitcher une personne à l’aise, qui raconte une histoire, dans laquelle on a envie de rentrer soi-même.

JULIE MORAGLIA ©

As-tu connu de gros ratages en tant que pitcheuse ? Julie: "Les gros ratages, j’ai essayé de ne pas m’en souvenir. Ils n’ont probablement pas eu d’impact énorme. Je n’ai jamais été dans une situation de pitcher devant un groupe de personnes, avec des enjeux extrêmement élevés, en

"Si la personne n’arrête pas de parler, cela témoigne d’un vrai manque de confiance, d’une relation de travail qui risque d’être compliquée : on va être dans le rôle de la baby-sitteuse, de la maman, de devoir rassurer. Même s’il y a toujours cet aspect dans la relation entre un producteur et son auteur, quand c’est exacerbé, c’est très désagréable, Autre cas de figure, une personne qui n’arrête pas de parler, qui a les réponses à tout, vraiment tout, dévoile un manque de place pour la collaboration. Une personne ouverte, qui se laisse interrompre, permet d’engager une conversation : elle rigole à une petite blague, elle fait elle-même une petite blague, on se trouve des références communes, on sent qu’un partenariat peut se créer, une

interview réalisée par

VIRGINIE GRULOIS

PROJECT MANAGER MEDIARTIST

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LÉGAL

Comment rémunérer légalement un figurant ? Rémunération L’intervention de figurants - même ‘accessoire’ et très courte - est soumise aux législations du travail en vigueur en Belgique. Cependant, nous constatons que même si les législations belges sont très claires, il arrive souvent qu’elles ne soient pas respectées quand il s’agit de figurants. Pour rappel seuls trois statuts sont possibles : salarié ou indépendant ou fonctionnaire. Un figurant, engagé par une société, doit être rémunéré sur la base d’un contrat de travail de salarié, ou sur présentation de sa facture, en tant que travailleur indépendant. Fournir une prestation en tant que bénévole pour une entité commerciale est également interdit. © AVEL CHUKLANOV

Le rôle et la rémunération légale des figurants Comme tout travail en Belgique, celui des figurants est soumis aux lois et règles applicables en matière d’emploi. Nous constatons cependant que leurs prestations ne sont pas toujours correctement rémunérées dans le respect des dispositions légales en vigueur.

C’est qui, un figurant ? Un figurant est une personne apparaissant dans une œuvre audiovisuelle. La fonction qu’il (ou elle) occupe est une fonction secondaire et sans dialogue. Un « figurant silhouette », plus visible à l’écran, intervient (parfois en parlant), la plupart du temps dans une seule scène.

Que représente un figurant sur le marché du travail ? Un figurant occupe une place non négligeable sur le marché du travail. La demande de figurants est importante et les agences intermédiaires (agences de casting) s’occupent de les engager à la demande des producteurs.

Il n’est pas permis non plus de rémunérer des figurants uniquement en « défraiements ». Ce type de remboursement de frais ne peut pas être assimilé à une rémunération correcte au sens de la loi belge sur le travail et des conventions collectives de travail applicables dans le secteur audiovisuel. Les figurants ne constituent donc pas une catégorie de travailleurs à part, non soumis aux réglementations du travail au niveau national et sectoriel et aux statuts autorisés dans notre pays.

Prestation artistique, oui ou non ? Un autre constatation que nous pouvons faire est celle que de nombreux figurants sont engagés sous le RPI (Régime des Petites Indemnités), avec une carte artiste. Or, ce régime ne devrait pas s’appliquer aux figurants étant donné qu’ils ne sont pas reconnus en tant qu’artistesinterprètes.

La Commission Artistes est en charge de l’octroi de la carte artiste (RPI), du visa d’artiste et de l’acceptation de la déclaration d’indépendant. La commission reçoit de nombreuses demandes de carte artiste émanant de figurants et elle les examine au cas par cas. Il revient aux demandeurs d’une carte ou d’un visa artiste ou introduisant une déclaration d’indépendant, de fournir à la commission les éléments attestant du caractère artistique de leur activité. Ces éléments sont ceux qu’elle examine pour déterminer si le demandeur peut bénéficier de la carte artiste, du visa artiste ou si sa déclaration d’activité indépendante peut être acceptée. Cependant, il est très rare que les figurants introduisant une demande auprès de la commission artistes puissent démontrer que leurs prestations sont artistiques. D’autre part, la commission ne peut pas s’appuyer sur la loi belge sur le droit d’auteur pour accorder une carte ou un visa artiste. En effet, cette loi stipule qu’un figurant n’est pas reconnu comme artiste-interprète et qu’il fait partie des artistes que le législateur a dénommé ”artistes de complément” et ces derniers ne sont pas éligibles pour percevoir des droits voisins d’interprète. Par contre, nous ne pouvons pas négliger le fait qu’un acteur à part entière ayant obtenu la carte, le visa ou la confirmation de sa déclaration d’indépendant n’aura pas de difficulté à effectuer aussi des activités de figurant sous le régime du RPI, avec le visa d’artiste ou par le biais de sa déclaration d’indépendant... Une rémunération correcte, via un contrat de travail et en respect des barèmes applicables dans notre secteur ou sur présentation d’une facture représentent pour les figurants les seules options légalement disponibles.

Plus d'informations à propos des conditions de travail dans notre secteur sur mediarte.be et pour la Commission Artistes, sur artistatwork.be

article écrit par

Joëlle Dagry

CONSULTANTE MEDIARTE

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REPLAY Webinar mediarte

Dans cette vidéo, nous retrouvons le studio Benuts, spécialisé dans la création d'effets visuels, d'animation 3D et de motion design. Découvrez leurs conseils sur le développement de carrière en tant qu'artiste 2D/3D et VFX.

 47 min.

FORMATIONS Girafeo est une agence belge de créations audiovisuelles et de storytelling, basée à Bruxelles. Elle a été co-fondée par Julien Charpentier et Laurent Dryon, un duo "réalisateur/DOP". Ils réalisent aussi bien des fictions que des documentaires et des pubs.

Information & inscription via

www.mediarte.be

Lors d'un échange au BRIFF 2020, dans le cadre d'un mediarte TALK, ils sont venus nous parler du lancement de leur boîte, de leurs réussites et leurs questionnements. La discussion a porté notamment sur le lancement d'une boîte, le positionnement et l'image, le développement d'un réseau professionnel, et le travail en équipe.

 40 min.

youtube.com/mediartebe 63


EN COULISSE

Septembre - Décembre 2020

En coulisse

Qu'est-ce que mediarte a réalisé ces derniers mois ? Nous vous donnons volontiers un aperçu. Formations •  3 SEPTEMBRE 2020 Session d'info mediarte sur les trajets d'accompagnement FR/NL •  7 OCTOBRE 2020 Webinar "Crowdfunding part II" avec Cinecrowd •  13 OCTOBRE, 17 NOVEMBRE & 26 NOVEMBRE 2020 Webinar “Setting the stage FR" •  15 OCTOBRE 2020 Webinar “Inside the company avec Benuts" •  23 & 27 OCTOBRE 2020 Webinar “CV LAB FR & NL" •  10 NOVEMBRE 2020 Webinar "Muziek in een AV-Productie" avec Playright+, GALM, CTM et Sabam for Culture •  17 NOVEMBRE 2020 Webinar "Het ABC van de arbeidsvoorwaarden" •  4 DÉCEMBRE 2020 Webinar "L'ABC des conditions de travail" •  8 DÉCEMBRE 2020 Webinar "Pitching FR - pratique" •  10 DÉCEMBRE 2020 Webinar "Welzijn: Focus @ home"

Événements •  16 OCTOBRE 2020 - Online Filmfest Gent "Dag van het (diverse) filmberoep" •  27 OCTOBRE 2020 - Online Handleiding non-dicriminatie •  3 DÉCEMBRE 2020 - Online Cérémonie de remise des prix Belgodyssee pour les réseaux sociaux en collaboration avec le Fonds Prince Phillippe

Stages média

• Docwerkers, DPG Media, Eurogrip, Fremantle Media, Geronimo, Hotel Hungaria, O'brother ditribution, Nostalgie, RTL Belgium, Sporthouse, Sputnik, Woestijnvis

Consultations

Consultation sectorielle sur les mesures Covid-19 et sur le guide sectoriel, Plateforme de consultation sur la Charte sociale des médias, Comité 'plan d'action sur le comportement transfrontalier', Comité pour les artistes résilients, Data & organisations des membres en collaboration avec BSAE, Consultation concernant le poursuite du pacte sectoriel & le projet stage média, PC 227, SPC 303.01, Collaboration avec Futuranima, le FIFF et le BRIFF, Commission Artistes, Groupe de travail 'études et choix de carrière', Consultation CEPEGRA, Groupe de travail intersectoriel sur la non-discrimination et l'inclusion, Consultation AP, Arteveldehogeschool & EHB, Réseau d'apprentissage STEM, Enquête VDAB, COMAC Actiris - Iles, ...

Session d'infos •  2 SEPTEMBRE 2020 - Online BSAE - Table ronde "Data & organisations des membres" •  11 SEPTEMBRE 2020 - Bruxelles Sessions d'info au BRIFF sur le branding et le networking •  14 SEPTEMBRE 2020 - Online Session d'info VAF "Summer Crash course" •  25 SEPTEMBRE 2020 - Online Session d'info Technifutur •  26 NOVEMBRE 2020 - Online BSAE - "Communication et campagnes basées sur les données pour les organisations membres », explication du modèle de communication 360° mediarte"

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