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édito Michèle LUTZ Maire de Mulhouse

Michel SAMUEL-WEIS Adjoint au Maire Délégué à la Culture

La Ville de Mulhouse organise du 8 au 11 juin 2019, la 13ème édition de l’exposition biennale d’art contemporain « mulhouse 019 ». Cette exposition regroupe une centaine d’artistes issus des écoles supérieures d’art européennes, simultanément à l’organisation de la Foire d’Art de Bâle–Art’Basel, plus grand rassemblement mondial en faveur de l’art contemporain. La politique culturelle en faveur des Arts Plastiques à Mulhouse s’est développée dans les années 1990 avec l’Ecole Supérieure d’art du Quai devenue la Haute Ecole des Arts du Rhin, établissement culturel de coopération culturelle créé en 2010, établissement d’enseignement supérieur et artistique d’excellence implanté sur 3 sites à Strasbourg et Mulhouse. Après l’enseignement la Ville de Mulhouse s’est attachée à développer une politique d’exposition reposant sur les équipements culturels existants (Musée des Beaux-Arts et Galerie Photo de la Filature, Scène nationale de Mulhouse) ainsi qu’avec la création de la Kunsthalle, centre d’art contemporain de Mulhouse ouvert en 2009. Une politique d’exposition qui sera aussi développée au travers de la commande publique auprès d’artistes internationaux ou avec des artistes vivant et travaillant dans la région. Une politique culturelle dont la biennale est aujourd’hui l’un des symboles importants. Au cœur de ces synergies et de cette mise en réseau des acteurs de l’art contemporain, la biennale mulhouse 019 favorise l’émergence d’une scène artistique contemporaine au sein d’un ensemble européen. Mulhouse 019 marque une nouvelle évolution vers d’autres pays et partenaires, la vocation européenne de la manifestation se conforte pour une participation progressive de l’ensemble des écoles d’art européennes, au cœur d’un environnement culturel et transfrontalier véritablement privilégié.

The city of Mulhouse organizes from 8 to 11 June 2019, the thirtheenth biennial art contemporary exhibition of “mulhouse 019”. This exhibition will bring together approximately a hundred or so artists from European art schools, at the same time to the organization of the Basel exhibition – Art’Basel, the largest gathering of contemporary art in the world. The cultural policy for contemporary artistic disciplines in Mulhouse was developed in the 1990s with the High School of Art Le Quai, become the Haute Ecole des Arts du Rhin in 2010, higher education institution implanted on three sites, in Strasbourg and Mulhouse. After the education policy, the city of Mulhouse has developed an exhibition policy base on existing cultural facilities (Museum of Fine arts, photo gallery of the Filature, Scène nationale de Mulhouse), and with the creation of the Kunsthalle, contemporary art center, open in 2009. This exhibition policy was developed with an important commissioning public works from international and local artists. The biennale mulhouse 019 is today an important symbol of this policy. At the core of these synergies and the networking of art contemporary actor, the biennale mulhouse 019 encourages the emergence of a contemporary art scene in Europe. Mulhouse 019 is one further evolution towards other countries and partners, the European vocation of the event is reinforced with the progressive participation of all European art schools, in the heart of a cultural and cross-border environment truly privileged.

Die Stadt Mulhouse organisiert vom 8. bis zum 11. Juni 2019 die 13. Auflage der Biennale für moderne Kunst, « mulhouse 019 ». Im Rahmen dieser Ausstellung präsentieren an die Hundert junge Künstler, alle Studienabgänger europäischer Kunsthochschulen, ihre Werke zeitgleich zur Kunstausstellung Art’Basel, dem weltweit größten Event der zeitgenössischen Kunst.  Die Kulturpolitik zugunsten der bildenden Künste entwickelte sich in den neunziger Jahren mit der Gründung der Ecole Supérieure d’art du Quai, der  Kunsthochschule, die 2010 in die Haute Ecole des Arts du Rhin (HEAR) integriert wurde, einer Kultureinrichtung und Elite-Kunsthochschule, die sich die Aktivitäten zwischen Strasbourg und Mulhouse aufteilt.   In diesem Zusammenhang bemühte sich die Stadt Mulhouse auch, neben der Lehre die Politik der Ausstellungen in Zusammenarbeit mit den lokalen Kultureinrichtungen weiter zu fördern (Kunstmuseum und Fotogalerie der „Filature“, Nationalbühne von Mulhouse) und gründete die „la Kunsthalle“, das Zentrum für zeitgenössische Kunst von Mulhouse, das 2009 eröffnet wurde. Eine Ausstellungspolitik, die auch Auftragsarbeiten beinhaltet, sei es von internationalen Künstlern, oder solchen, die in der Region leben und arbeiten. Die Biennale ist heute fester Bestandteil dieser Kulturlandschaft.                                                                        Im Zentrum dieses Zusammenwirkens und dieser Vernetzung der Kunstschaffenden fördert die Biennale « mulhouse 019 » die zeitgenössische Kunstscene in ihrer europäischen Gesamtheit. « Mulhouse 019 » unterstricht eine neue Entwicklung hin zu neuen Ländern und Partnern, die europäische Bestimmung der Veranstaltung wird bestärkt durch eine immer stärkere Teilnahme von Kunsthochschulen aus ganz Europa, und das im Herzen eines privilegierten kulturellen und grenzüberschreitenden Umfelds.

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Programme

Vendredi 07.06 :

Dimanche 09.06

➞ 1 8 30 : Inauguration générale de mulhouse 019 au Parc des Expositions

Ouverture au public : 12h – 20h

h

➞2  0h - minuit : Festival Mécaniques Urbaines Graffiti Jam (Association Fox Camp) - Noumatrouff ➞2  1h15 : Soirée « Punisher Party X » Noumattrouff (5€).

Samedi 08.06 : Ouverture au public : 12h – 20h ➞ 1 1h : Vernissage de l’exposition Glissements progressifs du récit par Maria Malmberg (lauréate du Prix Filature de la biennale de la jeune création contemporaine mulhouse 017), Lisa Lurati, I II III (Tim Bohlender, Uta Pütz, Claudia de la Torre), Le Ministètre de l’impression et les étudiants de la HEAR (Année 1). La Filature, Scène nationale – Mulhouse 4

➞ 1 4h - minuit : Festival Mécaniques Urbaines Graffiti Jam (Association Fox Camp) - Noumatrouff ➞ 1 8h : Vernissage de l’exposition Discipline, exposition collective curatorée par des élèves de la HEAR avec des jeunes artistes encore étudiants ou diplômés. Le Séchoir ➞2  2h : Concert de Napoleon Da Legend / Mulhouse 2 Brooklyn + Freez au Noumatrouff (10€) En journée : exposition O(ff)019, par l’association Mulhouse Art Contemporain. Les œuvres seront visibles à Mulhouse du 8 au 18 juin 2019 sur les 15 panneaux d’affichage numérique, au milieu des annonces publicitaires.

➞ 11h : Vernissage de l’exposition Mutuus, par Boryana Petkova et Cédric Esturillo Cacciarella, lauréats de la biennale mulhouse 017, Musée des Beaux-Arts ➞ 12h – 17h : Festival Mécaniques Urbaines Graffiti Jam (Association Fox Camp) - Noumatrouff En journée : exposition O(ff)019, par l’association Mulhouse Art Contemporain. Les œuvres seront visibles à Mulhouse du 8 au 18 juin 2019 sur les 15 panneaux d’affichage numérique, au milieu des annonces publicitaires.

Lundi 10.06 Ouverture au public : 12h – 20h ➞ 10h30 – 12h : Rencontre organisée par le Réseau Like : "La mobilité des artistes et créateurs en Europe Regards croisés" En journée : exposition O(ff)019, par l’association Mulhouse Art Contemporain. Les œuvres seront visibles à Mulhouse du 8 au 18 juin 2019 sur les 15 panneaux d’affichage numérique, au milieu des annonces publicitaires.

Mardi 11.06 Ouverture au public : 12h – 17h ➞ 1 4h : Remise du prix de la jeune création mulhouse 019 et des différents prix attribués par les structures partenaires.


Entretien

Michel Samuel-Weis Adjoint au Maire Délégué à la Culture Comment est née l'idée d'une manifestation mulhousienne dédiée à la jeune création dans l'art contemporain ? Lors de mes premières années à la Mairie de Mulhouse, je vivais mal l'existence à Sélestat d'une manifestation d'art contemporain qui s'appelait Sélest'art alors que, malgré la présence d'une école d'art, il n'y avait pas de manifestation à Mulhouse pour conforter l'image de la ville dans le monde des arts plastiques. J'avais l'idée de monter une manifestation depuis longtemps et il a fallu que l'occasion se présente enfin en 2001. Selon moi, cette manifestation devait reposer sur deux axes. D'abord l'existence d'une école d'art qui depuis a bien grandi puisqu'elle est devenue la troisième école d'art française en fusionnant avec Strasbourg (la Hear). Ensuite, la proximité de Bâle, où se tient chaque année au mois de juin la plus grande manifestation mondiale d'art contemporain, Art Basel. C'est à partir de ces deux données que l'on a imaginé de créer une manifestation rassemblant des jeunes artistes sortis des écoles depuis moins de deux ans. Au départ, on a ouvert à toutes les écoles d'art françaises et petit à petit on ouvre la biennale à l'ensemble des écoles d'art européennes. Quel est le bilan après douze éditions de cette manifestation transformée en biennale en 2008 ? Le premier point positif est que l'existence de la manifestation n'est plus remise en cause, ce qui n'était pas gagné au départ. La biennale a acquis un public, même s'il est peut-être encore trop restreint. Cela me chagrine que l'on ne parvienne pas à attirer davantage le grand public. Il y a pourtant l'opportunité d'acheter des œuvres très abordables à des jeunes artistes dont la cote a de fortes probabilités de monter. Le deuxième point positif, c'est que la manifestation est désormais reconnue dans le monde de l'art. De nombreux

artistes français qui aujourd'hui ont une vraie notoriété sont passés par Mulhouse. Certains ont même réussi brillamment dans le domaine de la chanson (Julien Doré a participé à la première édition après avoir fait une école d'art). Le troisième point positif est que les galeries viennent de plus en plus nombreuses et font même un peu leur marché. Mais ma plus grande satisfaction, c'est qu'avec la Kunsthalle, les ateliers d'artistes et les sculptures dans la ville, Mulhouse a désormais une vraie notoriété dans le domaine des arts plastiques. Comment imaginez-vous l’avenir de la biennale ? Je rends hommage à l'équipe qui organise la manifestation, mais je crois qu'il faut passer à l'étape suivante. J'ai déjà pris des contacts pour trouver une personne capable de prendre en charge le concept de la manifestation afin de la professionnaliser davantage et d'améliorer son rayonnement. C'est un peu ce que nous avons fait il y a quelques années en recrutant un directeur artistique pour le festival Scènes de Rue. Il faudra sans doute compléter le concept de la manifestation pour la rendre encore plus intéressante et attrayante. Ce travail artistique et de médiatisation est un travail de professionnel. C'est sans doute la prochaine étape. Un regret ? Non, j'ai une certaine fierté d'avoir lancé la manifestation et surtout l'envie qu'elle soit pérennisée. Certains voudraient déplacer la biennale dans les anciennes usines DMC. C'est une hypothèse qui devra être étudiée et l'avenir nous dira si c'est une bonne idée.

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www.novomag.fr


Les Prix

Le jury

Prix de la jeune création

Fabrice Bousteau

Mulhouse 019 est un concours ouvert aux artistes issus des écoles supérieures d’art. Un jury composé de personnalités du monde de l’art se réunira afin de désigner un lauréat auquel sera attribué, par la Ville de Mulhouse, une bourse d’un montant de 15 000 € pour soutenir un projet d’exposition à Mulhouse (aide à la création et production d’une publication).

Critique d’art et Directeur de la rédaction de Beaux Arts Magazine

Autres prix décernés pendant mulhouse 019 — Prix de La Filature, Scène nationale – Mulhouse Décerné par la directrice de la structure, pour la présentation d’une exposition à La Filature à l’occasion de la prochaine édition de la biennale. — Prix du Centre Culturel Français de Freiburg Décerné par la directrice du centre et un jury de professionnels pour la présentation d’une exposition à l’occasion de la prochaine biennale. — Prix de l’Institut Français de Timisoara Décerné par l’Institut Français pour une résidence et pour l’organisation d’une exposition. — Prix NOVO Décerné par l’équipe de la maison d’édition Médiapop pour une publication d’une double page dans le magazine NOVO.

Rencontre 10.06 • 10h30 – 12h

Président du jury

Eric Dereumaux Galeriste - Galerie RX

Anne Pontet Artiste

Sandrine Mahieu Inspectrice de la création artistique (arts plastiques) à la Direction générale de la création artistique du Ministère de la Culture et de la Communication

La mobilité des artistes et créateurs en Europe - Regards croisés

Avec Rudolf Godesar, Association des Régions Frontalières Européennes, Responsable de la Task Force Cross-Border Culture ; Sheila Deegan, Responsable de la culture et des arts et coordinatrice du programme Creative Ireland Limerick, Municipalité de Limerick ; et Imanol Galdos, Directeur adjoint, Donostia Kultura, Le réseau « LIKE – villes et régions européennes pour la Municipalité de San Sebastian. culture », dont la Ville de Mulhouse est membre, organise La mobilité fait partie intégrante de la pratique artistique qui se développe lors de la biennale mulhouse 019 une table ronde sur les ainsi de plus en plus dans un contexte international. La mobilité contribue à questions européennes, les échanges et collaborations l’élargissement des champs d’action des artistes, leur permet de trouver de artistiques entre pays et artistes de l’Union Européenne. nouveaux lieux où présenter /pratiquer leur travail, ou encore est un moyen pour rencontrer de nouveaux publics ou partenaires. Les artistes y puisent de nouvelles Cette rencontre destinée en premier lieu aux artistes sources d’inspiration, nécessaire à leur enrichissement personnel et artistique. exposants de la biennale mais également ouverte à Enfin, échanger des expériences, créer des réseaux et apprendre de ses pairs à tous les acteurs du monde des arts visuels et au grand l’étranger contribue à développer leur carrière. public questionne la mobilité des artistes et créateurs N’oublions pas que la mobilité des artistes renforce la diversité culturelle en en Europe. Europe en rendant possible le dialogue entre les cultures. Les artistes qui travaillent dans un contexte transnational rencontrent cependant Intervention d’Imanol Galdos de la Ville de San Sebastian des entraves à leur circulation que nous aborderons lors d’un échange avec en Espagne, de Sheila Deegan de la Ville de Limerick en Rudolf Godesar. Sécurité sociale, statut juridique des artistes, règles fiscales sont Irlande et de Rudolf Godesar de l’Euregio Meuse-Rhin. autant de freins à la mobilité des artistes et des créateurs en Europe que la Task Force Cross-Border Culture (T4CBC) de l’Association des Régions Frontalières Européennes propose de lever grâce à neuf recommandations. Les collectivités territoriales s’investissent elles aussi pour la mobilité des artistes Entrée libre sur inscription : en Europe. Elles y trouvent un moyen de valoriser les talents locaux à l’étranger, elodie.mosnier@mulhouse-alsace.fr de développer l’attractivité des cultures locales, de promouvoir le dialogue Tél. 03 69 77 77 50 interculturel, d’enrichir les propositions artistiques locales et de construire des Parc des Expositions partenariats artistiques. Des alliances peuvent aussi, grâce à la culture, se 120, rue Lefebvre – 68100 Mulhouse renforcer en dehors du domaine culturel et créer de nouvelles dynamiques politiques mais aussi pour l’économie locale. Avec Sheila Deegan de la ville de Limerick et Imanol Galdos de la ville de San Sebastian, nous verrons comment les collectivités créent un environnement favorable à la mobilité des artistes et comment leurs programmes sont complémentaires des programmes nationaux. Organisée en partenariat avec le réseau LIKE villes et régions européennes pour la culture

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Née le 29.11.93 à Vichy 06 29 39 10 89 beauboislea@gmail.com Cloves and Covers, 2019 Sérigraphie, gouache 1600 x 1100 x 25 mm Photo : Nicolas Valckenaere

Cloves and Covers est une série de couverture de romans, à partir de la même histoire déclinée en différentes versions graphiques, complètes et noncensurées. Auteur des peintures originales, Bulat Gilvanov (1972) devient écrivain à succès de portraits de princesses, cavalières, guerrières, légendes du peuple Tartare, de fresques de vies fracassées, y mêlant la diagonale du Vide, la Route Nationale 79 dans un genre littéraire anxiogène et de périphérie.

Léa Beaubois ERG Bruxelles Horses, horses, horses, horses Coming in in all directions White shining, silver studs with their nose in flames, He saw horses, horses, horses, horses, horses, horses, horses, horses. Patti Smith, « horses », 1976

De la neige et de la terre et du café et des aboiements de chiens au loin. La possibilité que ce travail soit interdit aux mineurs. Des paillettes et des choses qui montent. La foudre qui couine dans une bouteille, des lapins torrides qui courent sur sa peau. Des cieux qui se jettent dans la soupe, des fleurs qui sifflent, l’orgasme des biches, des carapaces de tortues, des fraises, des dents, des parures, des chansons trainantes comme des bulles de verre qui éclatent dans le feu. Des piles de livres et d’assiettes cassées et des morceaux d’animaux qui trainent dans la vaisselle et avancent. La même chose, encore, et en mieux.

Snow and earth and coffee, dogs barking faraway. The possibility that the work can be X rated. Sequins and things growing. Lightning whirring in a bottle, hot rabbits running on its skin. Heavens throwing into the soup, flowers whistling, a deer orgasm, turtle shells, strawberries, teeth, adornments, lingering songs as glass bubbles bursting into the fire. Stacks of broken books and plates and pieces of animals lying around in the dishes and moving forward. The same thing, again, and better. David Evrard

David Evrard

8 Né le 07.11.93 à Strasbourg +3816 77015169 bedel.clement1@gmail.com Everything is alright, 2019 Huile sur toile 100 x 80 x 4 cm Photo : Clément Bedel

Ici les déchets prennent des allures abstraites, acidulées et aériennes. Victimes de distortion, ils redeviennent semblables à des emballages, créant ainsi une boucle de la consommation ironniquement glamour.

Clément Bedel école Nationale Supérieure d'Art et de Design Nancy La série de peintures «Shimmering through reality» initiée en 2017 propose des environnements hybrides. La juxtaposition des éléments, le traitement pictural des matières, créent des espaces hybrides, un univers rhizomique (s’opposant à la hiérarchie pyramidale cf. Gilles Deleuze et Félix Guattari). Ainsi les priorités sont multiples, les textures cohabitent, la gravité et les échelles sont parfois altérées. Ces paysages ruinés aux tons sombres dessinent un univers qui n’est pas post-apocalyptique mais fait état de notre empreinte sur terre. Cependant, il ne faudrait pas avoir une lecture trop hâtive de ces peintures et y voir le simple reflet d’une désolation dystopique face au monde. La nature et les couleurs sont toujours présentes, en infériorité certes mais poussant malgré tout, bataillant pour leur survie.

The painting series « Shimmering through reality » initiatied in 2017 invites the spectator to immerse himself in hybrids environnements. The dithering of elements, the change of forms and functions, are creating hybrid shapes, a rhizomic universe (the opposite of a pyramidal hierarchy according to Gilles Deleuze and Félix Guattari’s theory). Therefore priorities are multiple, the architecture and the abyssal depths are merging; gravity, perspective and scales are often altered. Those environments, ruined, polluted landscapes made of dark shades and earth tons are depicting our time. Not post-apocalyptic, but contemporary proof of our trace in the world. Seemingly dystopian these paintings shouldn’t be analyzed to hastily. Nature and colors are always present, growing against all odds, fighting for survival.


Née le 16.06.95 à Zoetermeer, Pays-Bas 06 26 15 78 39 delphine.bertrand1606@gmail.com Le chercheur d'or, 2018 5x7x5m Photo : Virginie Barré

Delphine Bertrand école Européenne Supérieure d'Art de Bretagne - site de Quimper À la manière d’un chercheur d’or, je cherche, découvre des éléments au cours de mes voyages. Je réalise une collecte de matières et de matériaux. Branches, coquillages, sable, terre, fleurs, confettis, mousses polyuréthane, lichens sauvages, pigeons... Ces matières premières sont choisies pour des caractéristiques esthétiques autant que pour leurs histoires. Le lichen par exemple est le seul élément de la nature qui soit une symbiose. Une association entre algue et champignon.

Fleurs fraiches, plâtre, tissus, or en paillettes

Dans mes installations, je cherche à faire voir des éléments hors de leur contexte, dans des environnements immersifs composés de moulages en plâtre, de tissus drapés, de sol en plâtre ou en sels colorés. Le spectateur déambule dans ces compositions qui sont comme des peintures se déployant dans l’espace.

As a gold digger, I am looking for, discovering elements along trips. I collect contents and materials : plugged, shells, sand, soil, flowers, confetti, polyurethan foam, wild lichens, pigeons… These raw materials are chosen for their aestetics as much as their stories. Lichen for example is the only element of nature that is a symbiosis. An association between seaweed and mushroom. In my installation, I try to show elements out of their context, in immersives environments composed of plaster casts, drapped fabrics, floor of plaster dust or colored salt. The spectator wanders through these compositions which are like paintings unfolding in space.

9 Née le 07. 12.64 à Lucerne, Suisse +41 79 691 25 72 nicole.billeter@gmx.ch Le Flux de l’âme, 2016 Installation constituée de robinetterie, conduit de lumière, LED, Arduino 200 x 40 x 50 cm Photo : Nicole Billeter Mischler

L’installation Le flux de l’âme est une réflexion sur “l’uniomystica” que l’on trouve dans l’œuvre mystique de Mechthild de Magdeburg (vers 1207-1282). Une ancienne installation sanitaire est combinée avec des fils synthétiques qui sortent d’un pommeau de douche et qui finissent dans un robinet de bain. Les courants électriques programmés, qui passent à travers les fils synthétiques, donnent l’impression d’un écoulement ininterrompu de liquide dont la direction de circulation reste cependant indéterminée.

Nicole Billeter Mischler Haute école d'Art et de Design Lucerne Dans mon travail je m’intéresse tout particulièrement à la nature humaine et aux comportements en systèmes. Une interprétation en est effectuée dans une installation corporelle qui laisse la place à une expérimentation par les différents sens. Le matériel utilisé est une combinaison de machines anciennes, d’appareils usagés et de médias modernes. A côté des médias comme l’audio, la vidéo ou l’éléctricité j’utilise aussi des matériaux corporels comme le fil de fer, des tuyaus en caoutchouc, métal, fils synthétiques, etc. A cause de l’atmosphère sombre, l’installation est appréhensible par tous les sens.

In my work, I’m interested especially in human nature and the behaving in systems. To allow a physical and sensual experience to the visitor, the utilised material is a combination of anterior machinery or used equipment mixed with new media. Beside the new mediai utilize also corporal materials like wire, bycicle tubes, metal, nylon thread etc. The somber atmosphere enhances further perception.


Né le 04.08.92 à Paris 06 27 13 85 97 hugo.bonnifait@gmail.com 10h, balayage optique du coup d'envoi, 2018 Techniques mixtes 150 × 160 × 160 Photo : Hugo Bonnifait

Pièce contenant un scan de sol de terrain de basket réalisé à Hong Kong.

Hugo Bonnifait Haute école des Arts du Rhin - site de Strasbourg Je pense qu’un lieu est une étrange combinaison de matériaux et mon activité une affaire d’itinéraires. Je produis des objets comme des récits d’égarements conçus dans l'idée d'un évanouissement qui se représente, celui d’un lieu arpenté et celui de ma propre action dans son contexte. Il m’arrive d’utiliser des plastiques et autres synthétiques. Je pense que ces matériaux sont une sorte de crasse dans laquelle nos corps se serrent comme dans une interface.
Tout ce que je produis de matériel n’est autre chose qu’un encombrement cherchant à se doter de qualités signalétiques. Un peu comme ces nébuleuses d’enseignes clinquantes et muettes occupant les rues de certaines métropoles. Être assailli de signalétique et être incapable de se situer par surplus de situations - cela m’intéresse.

I think that a place is a strange combination of materials and my activity a matter of itineraries. I produce objects as stories of misguidedness conceived in the idea of a fainting that is represented, that of a surveyed place and that of my own action in its context. I sometimes use plastics and other synthetic materials. I think these materials are a kind of dirt in which our bodies are tightened as if in an interface. All I produce in terms of material is nothing more than a clutter seeking to acquire signage qualities. A bit like these nebulae of flashy and mute signs occupying the streets of certain metropolises. Being besieged by signage and being unable to locate oneself by excess of situations - that interests me.

10 Né le 31.03.89 à Quimper 06 89 22 59 43 bouchereau.merryl@orange.fr Au détours, 2017 Installation, plâtre, acrylique sur bois, acrylique sur carton, carton contrecollé sur bois. Photo : Sandrine Binoux

Merryl Bouchereau école Supérieure d'Art et de Design Saint Etienne Une exposition est une situation faite d’objets et de murs. Leur reproduction et leur manipulation posent un problème d’attention. Mes objets se manifestent sous formes d’images en volume et de photographies, mais il est aussi question de duplication de formes discrètes, tel du mobilier, par un changement de matériaux ou par des déréglages formels. Il s’agit de créer des formes qui apparaissent tout d’abord sans qualités remarquables, une forme de tromperie où l’exposition oscille entre un espace de stockage et un travail en cours. À travers la fabrication de ces aberrations d’objets et de certaines modifications de l’espace où ils sont disposés, je cherche à produire une exposition comparable à un décor qui se présente comme une nature morte à l’échelle d’un lieu. Il s’agit également de ré-injecter un objet devenu sculpture dans l’espace quotidien et se faisant, de considérer à nouveau l’objet artistique dans le circuit des autres objets.

An exhibition is made of objects and walls. Their representation questions the attention one dedicates to them. It increases with the use of this representation. The objects that I make are volumes made of pictures and photographies. It is also a matter of replication of discret objects, like furnitures. I play with the physical qualities of the objects. The aim is to organize an exhibition as a stock and a site in progress. Thanks to this malajusted objects and spaces, I’m looking for a situation that one could compare to a set and a still life painting. A second aspect of my work consists in reintroducing the replicated object in a day to day situation and to experiment a sculupture as a usual object. I want to see how a malajusted object can genereate disorder in a common situation.


Née le 28.03.94 à Montélimar 07 83 87 51 23 m.brauer@hotmail.com L’Odyssée de Pénélope, 2018-2019 Tissage 160 × 200 cm Photo : Clément Gérardin

Ma Maman fait des pompons, et moi aussi, du coup. Ma maman attends les APL, et moi aussi, du coup. Le dossier est en attente, et nous aussi, du coup. Alors en attendant on fait comme les mecs qui croient à l’apocalypse. Dans leur bunker en Arizona. On attend et on rationne. ATTENDS RATIONNE.

Mégane Brauer Institut Supérieur des Beaux Arts Besançon Mégane Brauer est artiste, son travail se base sur sa culture, celle des classes populaires, l'artiste en retient leur force et leur beauté, celle de la rage ou de l'autodérision et cela même dans les mécanismes qui sont sensés les opprimer. Un travail sur le poor power, voire le poor spreading. «La France du n’importe quoi qui sait pas remplir un dossier parce qu’elle a peur de se tromper, celle qui parle plusieurs langues mais «pas les bonnes», celle à qui on demande des comptes pour avoir deux litres de lait, celles qui sait pas lire, celle qui veut pas travailler, celles qu’on veut pas travailler, celle qui peut plus travailler tellement elle est cassée. Celle à qui on donne gentiment des thunes qu’elle sait pas dépenser même quand on lui explique dix fois. On déteste cet air, qui dit qu’on est n’importe quoi et qui donne des vertiges.»

Mégane Brauer is an artist, her work is based on his own culture, working classes, the artist retains their strength and beauty, the rage or self-derision and this even in the mechanisms that are supposed to oppress them. A work on poor power, even poor spreading. «That France of anything that does not know how to fill out a file because it is afraid of making a mistake, the one that speaks several languages but «not the right ones», the one that is asked for bank account to have two liters of milk, the one that does not know how to read, the one that does not want to work, the one that does not want they work, that one that can no longer work because that is broken. The one who is kindly given money that she can’t spend even when you explain it to it ten times. We hate this tune, which says we’re anything and makes us dizzy.»

11 Née le 26.02.93 à Suresnes 06 22 20 51 95 rebeccabrueder@outlook.fr Plastiglomérat, 2018 Brique, mortier, verre, eau, fer 215 x 50 x 50 cm Photo : Cyril Boixel

Entre l'anthropocène et le fantastique, la pierre devient une masse étrange qui flotte, dérive, stagne et coule à la fois. Cette sculpture est issue de la réinterprétation du plastigomérat, qui est la rencontre de nos déchets plastique avec la lave volcanique sous-marine. Suggérer ce minéral contemporain est pour Rebecca Brueder une façon d'évoquer l'appropriation de nos scories par la nature.

Rebecca Brueder école Supérieure d'Art des Pyrénées - site de Tarbes Rebecca Brueder s’inspire d’un univers minéral afin de réaliser des sculptures issues de la formation et composition étrange de certaines pierres. Ces sculptures se composent généralement de matériaux proches du naturel tel que la céramique, ou même parfois à l’opposé, de matériaux radicalement industriels. Elle s’y intéresse dans ce que le minéral représente, un monde muet, une indifférence et un corps qui nous subsiste, qui attend. Elle aborde des formes ou même de l’informe, fait immerger d’un matériau inerte l’idée d’un déplacement ou d’une volonté. Elle rattache cet attrait de la pierre à ce qui disparaît, le rapport à la ruine, ce qui est préservé ou volontairement détruit. À la limite du fantastique Rebecca Brueder crée des « pierres » étranges qui sont réinterprétées dans leurs matériaux et dans les messages qu’elles peuvent évoquer.

Rebecca Brueder is inspired by a mineral universe in order to realize sculptures connected to the weird formation and composition of particular stones. Those sculptures are generally use either materials close to nature such as ceramic or conversely with radical industrial materials. She pays attention to the reading of mineral : a silent world, an indifference and a body that remains, out lives us, that is waiting. She approaches shapes or even shapeless forms, put out the idea of a movement or a will from aninert material. Her attachement to the stones is linked to what is disappearing, to her relationship to the ruins, what is preserverd or deliberately destroyed. On the border of fantasy she creates strange « stones » which are reinterpreted with their composition and within the message they may raised.


Née le 14.11.91 à Versailles zoebrunetjailly@outlook.com ABIGAIL, 2019 Vidéo couleur Dimensions variables Photo : Zoé Brunet-Jailly

Zoé Brunet-Jailly école Supérieure d'Art du Nord-Pas-de-Calais - site de Tourcoing Une intelligence artificielle est en train d’apprendre à « filmer » nos rêves, peut-être pourra-t-on un jour disposer de nos propres backups oniriques remplis de films aux montages particuliers et inconscients faits de trous et d’ellipses insensées. ABIGAIL (2019) est une vidéo où tout est fusion. Elle est faite comme on rêve, où tout se perd et se transforme. Je travaille à partir de « bases » d’images brutes (que j’ai prises ou que j’ai trouvées) que je mélange pour créer des espaces virtuels où me promener. ABIGAIL est un de ces passages de l’autre côté de l’écran. C’est une image parmi tant d’autres, celle d’une fuite ; et à la manière d’une fugue, d’un rêve, cette vidéo est contrapuntique; un visage en est plusieurs, les arbres se répètent et les dissonances passagères sont admises pour composer ce « monde » presque impossible.

An artificial intelligence is learning to «film» our dreams, maybe one day we will be able to have our own dream backups filled with movies with particular and unconscious editings made of insensate holes and ellipses. ABIGAIL (2019) is a video where everything is fusion. It is made as one dreams, where everything is lost and transformed. I work from a «mass» of raw images (which I have taken or found) that I mix to create virtual spaces where I can wander. ABIGAIL is one of those passages on the other side of the screen. It is an image among many others, that of a fleeing; and like a fugue, a dream, this video is contrapuntal; a face is made by several, trees are repeated and transient dissonances are allowed to compose this «world» almost impossible.

12 Né le 30.11.91 à Montauban 06 73 10 10 91 victor.brustet@gmail.com Comment faire oeuvre en 2019, 2019 2 à 5 personnes Photo : Camille Olivieri - Magasin des Horizons CNAC

L’artiste propose un protocole de discussion et de rencontre avec le public. Il sera question d’énoncer des possibles, de rapports au monde, de décider quant à leur actualisation et d’interroger la situation de l’œuvre d’art aujourd’hui. Une manière de désœuvrer ensemble.

Victor Brustet école Supérieure d'Art et de Design Grenoble Valence Le travail de Victor Brustet s’origine dans un désoeuvrement :  «Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?». Les Aventures de Julie, Nils et Victor (2016/2017) et les travaux découlant, partent de protocoles de dérives sensibles dans des espaces habités. Ils font surgir l'action et le sens du monde vécu, de l'état présent. Les dérives sensibles, ces «irruptions inattendues de vitalité» (Dona Haraway), deviennent de nouvelles formes de narration dans des conférences performées. Les pratiques de «rendez-vous» initiées avec la Nuit des idées au Magasin des horizons CNAC (Grenoble), posent la question «qu’est-ce que ça fait maintenant?», revers de la première. Ces échanges avec le public mettent en jeu la place de l’œuvre dans le monde qu’elle éprouve et conte. Les dérives discursives interrogent le «quoi faire?» dans le «pour qui/avec qui ?».

Victor Brustet’s work originates in idleness, asking “what do we do now?”.  The Adventures of Julie, Nils and Victor (20162017) and the works emanating from The Adventures, use protocols of sensitive drifts in inhabited spaces. They make action in and the meaning of the lived world and its present state emerge. The sensitive drifts, these «unexpected eruptions of vitality» (Dona Haraway), transform into new narrative forms as performative lectures. Via the practice of “encounters” initiated with the Night of Ideas at the Magasin des horizons CNAC (National Center of  Contemporary Art -Grenoble), the question is asked “what does it do now?”, reversing the first one. These exchanges with the public put into play the work of art’s place in the world ; the world that the work experiences and that it narrates. These discursive drifts question the “what to do?” along with the “for whom / with whom?”.


Née le 19.03.95 à Göttingen, Allemagne +49 1638814296 dorobruebach@posteo.de Extreme Load Test: Stoneware, 2019 Céramique cuite (grès) 2,20 × 2 × 2,20 m Photo : Dorothee Brübach

Pendant environ trois ans, j'ai travaillé avec des bâtons de série fabriqués en grès cuit. Ces bâtons sont juste placés les uns sur les autres, sans aucune fixation, selon un schéma régulier. Comme test final, je voulais prouver la stabilité de mes modules en série lors d’une performance en direct.

Dorothee Brübach Muthesius Kunsthochschule Kiel Mes œuvres consistent en des tests matériels. Le matériau que je teste est fait de barres céramiques qui sont fait à la main en série. J’arrange les modules de manière régulière en les plaçant les uns sur les autres sans aucune fixation. Cette pratique me permet de construire des installations spatiales modifiables dans presque toutes les situations et dépassant la taille du four dans lequel les modules ont cuit. Avec cette installation, j’avais l’intention de combiner deux extrêmes, deux limites de stabilité : la hauteur extraordinaire du travail et l’ajout de mon propre poids et mouvement. Lors d’une performance, je monte l’installation en forme d’un escalier, provoquant d’énormes bruits de casse, et de brisure de céramique ainsi que le mouvement constant de l’installation. Est-ce que l’installation supportera le stress auquel elle est exposée ?

I regard my artworks as material tests. The material I am testing are self-produced, serial ceramic sticks. These modules I loosely place on top of each other in a regular pattern without any fixation. This practice allows me to build space-related installations, which on one hand are modifiable to nearly any situation and on the other hand exceed the size of the kiln, in which the modules were fired. Especially in this installation, I intended to combine two extremes, two stability limits: the extraordinary height of the work and the load of my own bodyweight and movement. In a performance, I climb the stair-like installation, causing enormous background noises of breaking and falling ceramic sticks and the steady movement of the installation. Will the installation stand the stress it is exposed to?

13 Née le 30.05.90 à Paris 06 72 90 51 46 cardinaljeanne@gmail.com Mariage d'inclination, 2018 Installation 113 x 55 x 40 cm

Et s'il suffisait d'y croire coûte que coûte, de le vouloir ardemment, pour qu'enfin puissent s'unir les amants séparés ?

Jeanne Cardinal école Nationale Supérieure d'Art Limoges Si l’objet est passé par là, il n’en reste que le souvenir. Si l’objet n’y est pas passé, il y a pourtant laissé sa trace. Sur les traces de l’objet, Jeanne Cardinal s’intéresse à la manière dont nos perceptions du monde viennent à structurer celui-ci. Mutations, translations de formes, rapprochements analogiques, rendent apparentes de surprenantes interactions entre objets. Formes et contre-formes, suscitées par de minutieux protocoles d’assemblages, abondent dans l’espace. Et tandis que la fonction première des objets paraît abolie, une conversation s’établit entre les images et les volumes. Suivant la logique du collage, voire du décalage, l’artiste conçoit des jeux d’allusions : superposant le réel à l’imaginaire, elle use du potentiel d’évocation que les objets possèdent pour jouer avec ses lubies.

If the object went that way, we are left with only its souvenir. If it did not, it left its trace anyhow. Jeanne Cardinal follows the traces of the objects through her interest for the manner in which our perceptions of the world do structure the world. Mutations, translations of forms, similarities disclose remarkable interactions between objects. When objects have their primary function abolished, exchanges are established between images and volumes. According to the logic of collage, whilst creating gaps, and inventing games, the artist plays with the potential evocative power of the objects to unleash her own fantasies.


Né le 16.08.95 à Saint Sebastien sur Loire 07 86 10 43 30 chevreau.maxence@gmail.com L"habitude du hasard, 2019 Tressage Dimensions variables Photo : Maxence Chevreau

Cette corde en polyester est tressée artisanalement, elle est composé de 7 couleurs et 28 brins. Cette séquence colorée et pixellisée forme une ligne et devient une image du lien et de la multiplicité.

Maxence Chevreau école Européenne Supérieure d'Art de Bretagne - site de Quimper Lire un livre et penser à une sculpture, voir une image et penser à un film, isoler une case de bande dessinée, relever une anecdote, sont autant d’éléments que je saisis pour les faire se rencontrer. Je capte des formes par focus, comme des détails. Une chose en amène une autre. Je construis des groupes de sculptures par série ou séquence, comme des digressions successives. Ces groupes composent un langage sur un mode musical avec ses variations, ses rythmes, ses propres niveaux d’incertitude, ses redondances, ses accents. La mise en relation d’éléments disparates me permet de mettre en dialogue des univers variés pour devenir sensible à la structure qui relie. Les sculptures se prolongent entre elles et évoquent la possibilité d’une lecture dans une langue inconnue, une écriture qui fonctionne par rebond et fuites successives.

Reading a book and thinking of a sculpture, looking at an image and thinking of a movie, isolate a cartoon box, picking up an anecdote, are elements I try to bring together. I focus on forms like a zoom, like details. As a trundle form, a sculpture leads to an other. I make groups of small sculpture as series or sequences, like successive sidetrack. Thereby, designed objects can meet, found object, casts, negatives forms in various materials… This groups compose a language, on a musical way, with is own variations, repetitions of pattern, a levels of doubt, accents and tones. Linking this elements allows me to dialogue between difference world to be become sensitive to the structures that connect. This work evokes the possibility of a reading in an unknown language, a writing that works by leaks and digressions.

14 Né le 03.05.90 à Bagnères-de-Bigorre 06 84 97 45 96 pierrelcombelles@gmail.com Cimes (go climb a tree), 2019 Pièce in situ, matériaux de récupération 160 x 500 x 400 cm Photo : Pierre Combelles

Installation éphémère, praticable et immersive, réalisée in situ à partir de matériaux de récupération.

Pierre Combelles école Supérieure d'Art Aix-en-Provence Les installations praticables de Pierre Combelles sont conçues pour des espaces et des architectures dont elles donnent à voir l’essentiel. Culminantes et stables, telles des vigies, elles ouvrent le lieu et permettent de l’appréhender avec un regard neuf. À l’inverse, posés sur le sol et bancals, les éléments de mobilier et les planchers mouvants attirent, trompent les utilisateurs et les font dériver. Enfin, les passerelles ou les cimaises qu’il construit modifient les flux de circulation dans un environnement donné. Une économie du geste qui engendre des déplacements : se mouvoir, regarder, être présent à des lieux réinventés. Une économie de la production surtout : toutes les pièces sont réalisées en matériaux de réemploi et, dès lors qu’elles sont démontées, renaissent ailleurs et autrement. Habiter, simplement.

Pierre Combelles’ practical installations are designed for spaces and architectures where they reveal the essential. In height and safely erected, like watchtowers, they open the space and allow us to see it with a fresh perspective. On the other hand, when placed on the ground, the wobbly furniture and moving floors attract and deceive the viewer, making them almost drift around. Finally, the walkways and barriers built by the artist can also shift the flow of people in a given environment. An economy of gesture that leads us to displacement: to move, to look, to be present in reinvented places. Last but not least, an economy of production : all the art works are made with recycled materials, which as soon as they are dismantled, are reborn elsewhere. Simply, living.


Né le 17.04.91 à Madrid, Espagne 06 66 37 78 50 degrange.nico@gmail.com B2-01 / B2-02, 2019 Peintures acrylique sur toile, autoradio, enceinte Deux toiles de 110 x 140 x 6 cm Photo : Maxence Chevreau

B2-01 et B2-02 est un travail réalisé avec l'artiste Maintenance Tank, artiste musicien travaillant à Paris. Depuis maintenant 3 ans, Nicolas favorise les projets en collaboration et incorpore dans son travail pictural le travail et les formes d'autres artistes. Il est co-fondateur du collectif after affect et co-fondateur de l'association LA Carrosserie.

Nicolas Degrange école Supérieure des Beaux-Arts Bordeaux Diplôme de l'Ecal (Lausanne-CH) et de l'Ebabx (Bordeaux), Nicolas travaille à Paris depuis 2017. La pratique de la peinture et du shapedcanvas de Nicolas se fixe, se greffe, s'incorpore et se contorsionne pour correspondre et s'associer avec des objets peuplant nos intérieurs domestiques. Un cadre de téléviseur, une enceinte, un mobilier en bois se transforment en motif flottant dans une toile monochrome. Les contours d'un objet viennent troubler la surface de la toile et la couleur mate et plastique de la peinture rencontre les textures plus aléatoires de l'objet. L'ensemble du travail de l'artiste est une accumulation d'objets hybrides (peintures, volumes, objets récupérés, son, photographies) et questionnent les formes environnant notre quotidien.

Graduate from Ecal (Lausanne -CH) and Ebabx (Bordeaux), Nicolas has been working in Paris since 2017. The practice of Nicolas’s paintings and shaped-canvas is fixed, grafted, incorporated and contorted to match and associate with objects inhabiting our domestic interiors. A television frame, a speaker, a wooden furniture are transformed into a floating pattern in a monochrome canvas. The outline of an object disturb the surface of the canvas and the matte and plastic color of the painting meets the more random textures of the object. The entire work of the artist is an accumulation of hybrid objects (paintings, volumes, recovered objects, sound, photographs) and question the forms surrounding our daily life.

15 Né le 21.04.93 à Decize 06 11 54 79 47 desbouis.kevin@gmail.com

Kevin Desbouis école Supérieure d'Art Clermont Métropole alors après tout ce qu’ils avaient bu la sève des arbres de la forêt noire tournée en alcool l’eau de la rivière remontée à la surface de la rivière oui - s’écrivant dans le ciel par douze oiseaux ainsi réunis il faisait bon vivre purgé peu après que la bile noire toute entière ait coulé impatiente sombre depuis la bouche ivre et les lèvres tremblantes la bile tournée en coca-cola la foie vide, le vent devenu un autre nom comme c’était bien comme c’était bon de sentir que la solution était introuvable

so after all that they had drunk the sap of the black forest’s trees turned into alcohol the river water rised to the surface of the river yes - written in the sky by twelve gathered birds it was good to live purged shortly after that the whole black bile sank impatiently dark from drunk mouth and trembling lips the bile turned into coca-cola the empty liver, the wind turned another name as it was well as it was good to feel that the solution cannot be found


Née le 03.10.92 en Chine 06 05 62 79 72 ding.jie@esa-n.info Propriétaire, 2018 Vidéo 8 mins Photo : Jie Ding

Une longue conversation s'installe entre moi (on ne me voit pas mais on m’entend) et mes propriétaires. Nous réfléchissons ensemble à comment faire une vidéo. Peu à peu, une mise en scène improvisée se met en place. Peu à peu, un film arrive.

Jie Ding école Supérieure d'Art Nord-Pas-de-Calais - site de Dunkerque Je m’intéresse beaucoup au processus dialogue ; et ce qui m’intéresse plus précisément là-dedans, ce sont ses interruptions, les questions qui le relancent, la manière dont la voix s’y pose et s’y module, et la façon dont les autres nous y apparaissent. Le médium que j’utilise le plus souvent est la vidéo, parce qu’elle s’accorde bien à ma façon de penser : quand une idée me vient, elle prend souvent la forme d’une image en mouvement dans ma tête. Et mon travail brosse aussi un portrait de ceux que je prends pour interlocuteurs, un portrait qui peut parler ; ç’est un portrait plus vivant. La vidéo nous donne le temps d’obverser ces portraits ; elle fixe une durée d’observer ces portraits. La vidéo n’est pas matérielle ou substantielle ; lorsque nous éteignons le projecteur, il semble que l’interlocuteur soit parti et que les paroles s’evanouissent dans les airs sans laisser de traces. Et je m’engage souvent dans ma vidéo, comme dans un écho du présent ou comme dans un miroir.

I am very interested in the dialogue process; and what interests me more precisely in this is its interruptions, the questions that revive it, the way the voice arises and modulates itself, and the way others appear to us. The medium that I use most often is video, because it goes well with my way of thinking: when an idea comes to me, it often takes the form of a moving image in my head. And my work also paints a portrait of those I take for interlocutors, a portrait that can speak; it is a more alive portrait. The video gives us time to shoot these portraits; she sets a duration to observe these portraits. The video is not material or substantial; when we turn off the projector, it seems that the interlocutor is gone and that the words vanish in the air without leaving a trace. And I often engage in my video, as in an echo of the present or as in a mirror.

16 Née le 06.02.94 au Havre 06 33 49 79 47 contact.mariedubois@gmail.com Les Liseuses (ou la collision malheureuse), 2017 Installation Dimensions variables Photo : Marie Dubois

La lumière traversant une seule page de journal révèle le recto et le verso, qui, se chevauchant, provoquent des collisions à la fois dans les images, mais aussi dans les textes, brouillant ainsi l'information même et rendant la lecture absurde.

Marie Dubois école Supérieure d'Art et de Design TALM - site de Tours Vit et travaille à Tours.

Lives and works in Tours.

Je mène une étude des images d’actualité que je collecte et trie en diverses catégories. À partir de celles-ci, je mets en place des dispositifs qui transforment le discours implicite des images et leur offre la possibilité de raconter d’autres histoires. J’opère sans cesse un va et vient entre l’actualité et les images qu’elle produit et me questionne sur leur résonance avec d’autres évènements médiatiques. Je combine l’actualité immédiate avec celle du passé, mais aussi avec la littérature, des dispositifs scénographiques inspirés du théâtre ou des médias contemporains.

My work involves the study of images culled from media treating current affairs, categorising them and creating the means of transforming their implicit discourses into other stories. The back and forth between the news sources and the images produced by them gives me pause to think about their resonance with other events covered in the media. I combine today’s events with those of the past, but also with literature, theatre based scenography and diverse contemporary media.


Né le 11.07.95 à Caen 06 52 59 08 95 aduchenet@gmail.com Sans titre, 2017 Particules de calage en polystyrène, housse pour linge délicat en machine. Photo : Michèle Gottstein

Antoine Duchenet École Supérieure d’Art et Médias Caen

La promesse d'une matinée tonique aux notes acidulées. Chaque gorgée est un concentré de fraîcheur.

The promise of a tonic morning with tangy notes. Each sip is a concentrate of freshness.

Elements modulables jusque dans leur statut : tantôt assise, display, sculpture allégée, etc…

17 Née le 21.05.94 à Mons, Belgique + 32498409657 maelledufour1994@gmail.com Les mondes inversés, 2017 Plaques de plomb sérigraphiées ou ancrées. 27 x 20 x 10 cm Photo : Ithier Held

17 plaques de plomb, chacune inscrite d’une image ou d’une phrase, marquent des traces d’un temps vécu. Laissant une impression de disparition, chaque plaque nous questionne sur son origine. S’agit-il de la destruction de la nature elle-même ou de ces sols que l’on se dispute ?

Maëlle Dufour École Nationale Supérieure des Arts Visuels La Cambre Bruxelles Maëlle Dufour sculpte avec le vertige que lui procure chaque lieu d’exposition. Ses monuments de bois ou de terre, à l’échelle de la démesure, étourdissent le spectateur et le mènent vers des chemins à la dérive. Fascinée par la hauteur et la charge des concepts, Maëlle Dufour défie, dans son œuvre, les perspectives et la symbolique que leur gigantisme projette. L’oeuvre «Sociétés dissoutes» invite à une ascension, ce que nous éprouvons, c’est le déséquilibre d’une vie sous surveillance et claustrée. Posée au plus haut de son mirador, une vidéo réduit notre dernier souffle et avec lui, l’espoir de mieux nous mouvoir. Sur des plaques de plomb, on y croise des matières, des textures, des formes gravées et ancrées qui semblent disparaître et rappellent que la notion du territoire est bien confuse. Adèle Santocono

Maëlle Dufour sculpts with the vertigo that each exhibition space gives her. Her monuments of wood or earth, built on a scale of excess, stun the viewer and lead him on drifting paths. Fascinated by the height and the load of the concepts, Maëlle Dufour defies, in her work, the perspectives and the symbolism that the gigantism of these monuments projects. The work «Sociétés dissoutes» invites an ascent. What we experience is the imbalance of a life under surveillance and cloistered. Posed at the top of her watchtower, a video reduces our last breath and with it, the hope to move freely. One observes there, on lead plates, materials, textures as well as engraved and anchored forms which seem to disappear and remind us that the notion of territory is a very confused one. Adèle Santocono


Né le 26.10.91 à Gjilan, Kosovo 06 14 28 61 28 naserdushica@gmail.com Ballon, 2017 Huile sur bois 21 x 29,7 cm

Naser Dushica école Supérieure d'Art Clermont Métropole La démarche de Naser Dushica se comprend en réaction à une société très visuelle dans sa communication, usant et abusant du symbolique et de la métaphore, saturée d’images chargées d’une telle multiplicité de sens que celui-ci souvent se fourvoie et se perd. Pourtant son travail ne se construit pas en opposition frontale à cette prolifération. Il la met à distance au moyen d’emprunts allusifs et vagabonds, grappillant ses sujets aussi bien dans l’espace réel que dans des univers fictifs. Comme si l’artiste feuilletant les strates de la société qui l’entourent, d’un œil curieux, sans a priori ou tropisme, captant ici un détail, s’emparait là d’une scène pour le plaisir de les reproduire, neutralisés, sans affect (en ce sens que ces images ne parlent que d’elles-mêmes). La principale référence qu’il se donne pour cet exercice de peinture est l’histoire de l’art.

Naser Dushica’s approach is understood in reaction to a very visual society in its communication, using and abusing the symbolic and metaphor, saturated with images loaded with such a multiplicity of meanings that it often has strayed and gets lost. Yet his work is not built in frontal opposition to this proliferation. He puts it at a distance by means of allusive and vagabond borrowings, grappling his subjects as well in real space as in fictional universes. As if the artist leafing through the strata of society around him, with a curiouseye, without a priori or tropism, capturing here a detail, took hold of a scene for the pleasure of reproducing, neutralized, without affect (in the sense that these images speak only of themselves). The main reference he gives himself for this painting exercise is the history of art.

18 Né en 1994 à Mulhouse 06 98 97 57 63 aurelien.finance@orange.fr absence de soit, 2018 Technique mixte, fils de coton Dimensions variables Photo : Aurélien Finance

Installation immersive questionnant notre rapport aux phobies les plus courantes. Photo prise pendant la répétition.

Aurélien Finance Haute école des Arts du Rhin - site de Mulhouse

absence de soit

absence of either

absence de soit, est un projet pluridisciplinaire autour de la confrontation entre monde réel et onirique. Le passage d'un état à l'autre, plongé dans une forêt imaginaire. L'installation est animée par une performance de 4 minutes, basée sur les phobies les plus courantes : araignée, serpent, oiseau. Trois personnages aux allures pelucheuses traversent les étapes entre peur, faire peur et faire rire.

absence of either, is a multidisciplinary project around the confrontation between the real and dream world. The passage from one state to another, immersed in an imaginary forest. The installation is animated by a 4-minute performance, based on the most common phobias: spider, snake, bird. Three fluffy characters go through the stages between fear, frightening and making people laugh.


Née le 02.12.92 à Chartres 06 15 63 13 66 cassandre.fournet31@gmail.com American Dream, 2019 Aquarelle sur papier 78 × 104 cm Photo : Cassandre Fournet

Cette oeuvre interroge l'impact de communication publicitaire comme étant un réducteur idéologique. En voulant montrer la réalisation d'un rêve, en le cloîtrant dans un espace défini et fermé, et en se référant à des codes dictés, on tue l'essence même du rêve qui est d'être sans limite et sans frontière car au-delà de l'imaginaire et donc de la capacité humaine.

Cassandre Fournet Institut Supérieur des Arts Toulouse Les lieux que peint Cassandre Fournet sont singuliers. Elle aborde des thèmes axés sur le paysage. Marcher, voyager, lui permet de collecter des photographies qui deviennent ses documents de travail ; un processus important lui permettant de s'immerger dans la totalité du paysage et ainsi rencontrer tous les détails qui le bordent. La question de la ruine, de l'évolution d'un endroit, mais également de son histoire l'intéressent. Cassandre Fournet aime particulièrement donner de l'importance à des lieux dont personne ne se préoccupe, elle redonne vie aux lieux abandonnés, délaissés par l'Homme en leur apportant une seconde attention par l'intermédiaire de la peinture. De ses productions, elle garde une trace de l'avancée du temps.

The places painted by Cassandre Fournet are singular. She addresses landscape theme. Walk and travel  allow her to collect photographs that become working documents, an important process allowing her to immerse herself in the entire landscape and thus to meet all the details that border it. The question of the ruin, the evolution of a place, but also of its history interest her. Cassandre Fournet particularly likes to give importance to places that no one cares, she gives new life to abandoned places, neglected by humans by giving them a second attention through painting. From her productions, she keeps track of the progress of time.

19 Né le 11.06.92 à Paris +337 84 30 98 90 studio@fredjmoussa.com Ornements, 2019 Techniques mixtes Dimensions variables Photo : Fredj Moussa

Ce projet revient sur le Lac de Triton, cadre d'un chant de l'épopée d'Appolonios de Rhodes : les Argonautiques.

Moussa Fredj école Nationale Supérieure des Arts Décoratifs Paris Le travail de Fredj Moussa conjugue vidéo et sculpture. Paysages étrangers, figures errantes et situations elliptiques traversent ses films. Fiction ou documentaire, la question est mise en suspens. Ses vidéos consistent en des captations de situations dans lesquelles un geste simple perturbe l’interprétation. Plus qu’observateur, Fredj Moussa cherche à susciter l’intrigue. Les situations sont recoupées, passées sous silence. En demeure une image ambiguë, structurée par une intervention dont il constate l’effet plus qu’il ne le prévoit. Ses dispositifs de présentation sculpturaux participent du déplacement qu’il fait subir à ses images. Hommes fleurs, moutons étoilés et agneau bêlant dans l’ossature d’une voiture en sont les figures. Que nous racontent-elles, on ne sait, et là est précisément son travail : rendre possible la narration.

The work of Fredj Moussa combines video and sculpture. Foreign landscapes, wandering figures and elliptical situations pass through his films. Whether it is fiction or documentary, the question is put in suspense. His videos consist of situations in which a simple gesture disrupts interpretation. More than observing, Fredj Moussa seeks to create a plot. Situations are cut and passed over in silence. What remains is an ambiguous image, structured by an intervention which effect he aims to witness, rather than predict. His sculptural of presentations enhance the twist his images undergo. Flowermen, starry sheeps, lambs bleating in the skeletal structure of a car are the resulting figures. What do they tell us? We do not know, and that is precisely his goal: to make narration possible.


Né le 21.05.94 à Strasbourg 07 61 98 51 61 louisfrehring@gmail.com STRANGEST VIDEO EVER !!!! WATCH TILL THE END !!!, 2019 Impression jet d'encre contrecollée sur MDF, dispositif électronique 60 x 90 cm Photo : Louis Frehring

En matérialisant une situation insupportable, celle du chargement venant interrompre, ne serait-ce qu'un instant l'écoulement du flux, STRANGEST VIDEO EVER !!!! WATCH TILL THE END !!! propose que la promesse faite par son titre même ne sera jamais tenue et invite le spectateur à se contenter de l'attente quasi hypnotique du chargement infini. Mais de toute façon, ne dit-on pas que tout vient à point à qui sait attendre ?

Louis Frehring École Européenne Supérieure d'Art de Bretagne - site de Brest Le travail de Louis Frehring traite en premier lieu de la place des nouvelles technologies dans nos vies quotidiennes et l'influence qu'elles ont dans nos sociétés. Mais si la technologie se place comme principal sujet dans sa pratique il trouve aussi dans celle-ci une source d'inspiration qui vient irriguer de nombreux autres aspects de ses recherches qui n'incluent pas nécessairement cette dernière. Ainsi, Louis Frehring propose des installations et des objets tantôt physiques tantôt virtuels qui invitent le spectateur à regarder sous un autre jour des formes et des objets libérés de leurs contraintes habituelles et qui se révèlent alors plus avenant et bavards que jamais.

Louis Frehring's work deals in main place with the role new technologies play in our daily lives and the influence they have on our societies. But if technology is the central point of his practice, he also finds in it a source of inspiration that irrigates numerous other aspects of his researches not necessarily including technology in their focus. So, Louis Frehring proposes installations and objects sometimes physical, sometimes virtual that invite the audience to look in a new light at forms and objects freed from their usual constraints and then revealing themselves more appealing and verbose than ever.

20 Né le 08.12.91 à Brétigny-sur-Orge 06 44 16 52 87 vincent.a.s.gallais@gmail.com Point de fuite, 2019 Installation, photographie 5ème dimension, 250 x 400 x 500cm Photo : Vincent Gallais

Point de fuite est une installation qui donne à voir divers actes abandonnés. De l’ordre du bâtit ou de l’aménagement ces actions habitent le stand comme les traces d’un passage succinct.

Vincent Gallais Haute école des Arts du Rhin - site de Strasbourg Le travail de Vincent Gallais met en exergue des temps différés, des directions, des mouvements arrêtés. Ces temporalités et processus peuvent s’observer dans notre environnement par la constitution ou la déstructuration des objets et des espaces. Sa pratique reste perméable, ouverte et réactive aux variables extérieures. Néanmoins, elle puise dans la machinerie de la production humaine une grande inspiration, passant ainsi de l’objet industriel ou artisanal à l’habitat, de l’architecture à l’espace urbain. Il les considère au même titre que le dessin et l’installation comme des médiums à part entière. Les formes qui résultent de cette recherche interrogent l’acte de fabrication lui même, le geste « en train de se faire », et en développe les potentiels plastiques et critiques. Extrait du texte de Alice Bidault

The work of Vincent Gallais related to different times, directions and stopped mouvements. These temporalities and processes can be observed in our environnement by the construction or the destructuration of objects and spaces. His practice remains permeable, open and responsive to external variables. Nevertheless it borrows a lot from human production, from industrial to artisanal objets, between housing and urban, interior or exterior spaces. He considers them as a medium like drawing or installation. The forms that result from this research questioned the act of manufacturing itself - the gesture « being made » - and is developping the plastic and critical potentials of it. Excerpt from Alice Bidault’s text


Né le 26.11.93 à Nancy 06 69 36 59 77 contact@jeanbaptistegrangier.earth Flag of Earth 1970, 2018 Drapeau de l’utopiste James W. Cadle 400 × 300 cm, production la BF15 Photo : Jean-Baptiste Grangier

Jean-Baptiste Grangier école Supérieure d’Art de Lorraine - site de Metz (...) un paradoxe constant entre l’émerveillement et les fantasmes que font naître la conquête spatiale et la crainte pour l’avenir de notre propre planète.(...) - « Ne rêvons pas d’un autre monde » Extrait d’un article de Caroline Sicard paru dans le journal La Tribune de Lyon Les oeuvres deviennent alors autant d’objets témoins, de photographies et d’installations témoignant de cette tension mystérieuse entre croyance utopique et réalité d’un discours écologique.

(…) a constant paradox between the wonder and the fantasies generated by the conquest of space and the fear for the future of our own planet. (…) - Let Us Not Dream Of An Other World excerpt of an article by Caroline Sicard published in La Tribune de Lyon. Those works, installations, photographies thus become evidences of this unfathomable tension between utopian belief and the reality of an ecological discourse.

Une sculpture, un lâcher non contrôlé prenant l’apparence d’un drapé . Il suggère alors une sorte d’«effondrement» qui essaye de nous interroger sur ce qu’il reste aujourd’hui de son rêve et de sa portée symbolique : faire flotter un étendard à la Terre.

21 Née le 26.04.93 à Beauvais 06 45 58 33 93 klr.guetta@gmail.com Crystal et Claire Voyance, 2019 Photographie numérique imprimée sur tapis 120x180 cm Photo : Claire Guetta

Claire Guetta, devenue Claire Voyance, pose avec son chat Crystal. L’image invite le spectateur à venir s’allonger au coeur de l’étreinte mystique.

Claire Guetta école Européenne Supérieure d'Art de Bretagne - site de Rennes « We’re born naked, and the rest is drag. » RuPaul La culture populaire m’aide à aborder des questionnements liés aux relations entre monde fantasmagorique et réalité. Je m’approprie le thème de la construction sociale des genres que je détourne et met en scène pour mieux me les accaparer et en tirer ma propre interprétation. Grâce à cela, je soulève des questions liées à l’identité, au mythe de la virilité et à la culture Queer. Je mets en place des mondes parfaits où « Claire Guetta » change de figure : sorcière, sirène, voyante, Drag Queen… Outrepassant le « je », Claire Guetta devient une image d’un double fantasmé que chacun peut s’approprier. En employant le même système d’identité construite qu’utilisent les Drag Queen, Claire Guetta me permet de proposer une autre vérité.

«We’re born naked, the rest is drag» RuPaul Popular culture helps me to formulate questions related to issues revolving around phantastmagorical world and reality. I embrace the social construction of genres that I divert and stage to better cover them and draw my own interpretation of them. Meanwhile, I rise questions linked to identity, virility’s myth and queer culture. I stage worlds in which «Claire Guetta’s» face is a changing figure : witch, mermaid, fortune teller, drag queen… Exceeding «I», this Claire Guetta becomes a fantasize double’s image which everyone can embrace. Using the same identity construction system used by drag queens, «Claire Guetta» is my way to offer an other reality.


Né en 1992 à Berne, Suisse 0041 79 281 39 06 sebastian.haas@stud.hslu.ch Gesamt, 2018 - 2019 Huile et peinture en spray sous verre 119 x 84 cm Photo : Nico Kurzen

La série d’oeuvres “Gesamt” capture le champ de tension entre la représentation figurative et la représentation abstraite. Dans le dialogue avec l’horizon, une réalité spatiale résulte de la peinture sur verre, qui fait de la surface réfléchissante un élément essentiel et de premier plan. Ainsi, la recherche de l’effet métaphysique et immaginatif, au sens d’une réalité, devient urgente.

Sebastian Haas Haute école d'Art et de Design Lucerne Son oeuvre "Gesamt", qui se traduit par « Total », est une série de peinture à l'huile et de vernis en aérosol dont le support est le verso de vitres de verre. Ses tableaux sont de couleurs réduites et font preuve d'un rapport décontracté et subtil avec la technique. Sebastian Haas s'intéresse à l'ambivalence entre l’abstraction et la figuration. Dans son approche, il cherche le moment de basculement de la réduction, dans lequel soudain l'observateur est en mesure de reconnaître des choses concrètes. L'artiste a un intérêt particulier pour les espaces scéniques, dont la perception se fait au travers d'une ligne d'horizon qui s'étend sur toute la série.

His work "Gesamt" which means ‘total’ is a series of paintings on the reverse side of glass panes. The artist uses oil and spray paint to create images of reduced colour and is deliberately casually in his work method. Sebastian Haas is interested in the ambivalence between abstraction and figuration. He experiments with a reduced mode of representation in which the observer, in an element of surprise, recognizes concrete things. The artist is interested in stage-like settings, perceived through the visible horizon created in the paintings. Gioia dal Molin, art historian and curator

Gioia dal Molin, historienne de l'art et commissaire d’exposition

22 Née le 05.09.94 à Talence 06 69 17 20 18 emhaeck@gmail.com La pluie et le beau temps, 2018 Vidéo 17 min 25 sec

Une collection de cartes postales de paysages vacanciers défile, une voix de synthèse lit les versos manuscrits qui se ressemblent et se répètent, comme un refrain : « Meilleurs souvenirs de vacances. Le coin est très joli. Il fait beau. Bons baisers. »

Emma Haëck Haute école des Arts du Rhin - site de Mulhouse La persistance des images est un des enjeux de ma pratique et je m’interroge sur leur capacité à s’encrer dans notre mémoire photographique. À travers le prisme du jeu et en utilisant un vocabulaire plastique issu de notre quotidien, j’explore les techniques ludiques de reproduction des images. La collection et l’archive me permettent d’extraire ces images d’ouvrages encyclopédiques, de dictionnaires, des réseaux sociaux et des moteurs de recherche. Il s’agit de mettre en évidence la prise d’autonomie des images face au texte. Je tente ainsi d’établir des connexions entre ces différents moyens de représentation du monde en procédant à des manipulations telles que la reproduction, l’appropriation, la soustraction ou encore la mise en mouvement.

The persistence of images is one issue of my practice and I wonder about their capacity to enter our photographic memory. Through the game and using a plastic vocabulary from our daily life, I explore the playful techniques of image reproduction. The collection and archive allow me to extract these images from encyclopedic books, dictionaries, social networks and search engines. It shows the autonomy of images regarding the text. I try to establish connections between these different representation of the world by carrying out manipulations such as reproduction, appropriation, subtraction or setting in motion.


Née le 23.05.89 à Rabat, Maroc 06 37 93 40 06 photo.nalim@gmail.com Hebron, 2017 Photographie 100 × 150 cm, Photo : Nabila Halim

Hébron – Cisjordanie, est une ville palestinienne située au sud de Jérusalem. Elle est également le théâtre de tensions religieuses et politiques principalement à cause des colons israéliens installés au coeur de la ville. Parmi toutes les villes palestiniennes, Hébron était celle où les femmes avaient le moins de place dans l’espace publique. D’une ville à l’autre, et proportionnellement aux tensions politiques, la posture, la démarche, et les habits des femmes changeaient.

Née le 05.06.93 à Metz 06 32 33 91 08 louise.hallou@gmail.com 413 Soleil en réserve, 2018 installation, photographie Dimensions variables Photo : Louise Hallou

Vue de l’exposition de diplôme « 413 Soleil en réserve »

Nabila Halim école Nationale Supérieure d'Art et de Design Nancy Nabila Halim, née au Maroc en 1989, vit et travaille à Nancy, France. Après un parcours étudiant et professionnel varié, elle intègre l’Ecole Nationale Supérieure d’Art et de Design de Nancy et y obtient en 2018 le Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique (DNSEP) en Art. À travers un travail autobiographique engagé en 2014, Nabila Halim exploite le sujet de son cancer; catalyseur important de sa création plastique, dont découleront de nombreuses thématiques. Ses réalisations, riches de nombreux médiums (photographie, vidéo, installation…), abordent le corps, sa mécanique, son altération, sa place dans le(s) territoire(s), physiques ou mentaux. Ces notions sont développées dans différents contextes, qui oscillent entre intimité frontale et métaphores.

Born in Morocco in 1989, Nabila Halim currently lives and works in Nancy, France. After a multi-disciplinary background (architecture, industrial design,…) and rich professional career, she integrated a Master degree at the Fine Arts Academy of Nancy (ENSAD) and graduated with honors. Since 2014, most of Mrs. Nabila’s work is autobiographical, focused mainly on her experience with cancer that she uses as a catalyst to her artistic creations. In her work, Mrs. Nabila uses different mediums (photography, video, installation,...) to adress the body, its mecanics, alterations and where it stands physically and mentally. Mrs. Nabila gets her inspirations from different contexts and elaborates her work with a bold yet intimate way.

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Louise Hallou école Nationale Supérieure des Arts Décoratifs Paris Au germe de la narration, les vidéos, installations et performances de Louise Hallou révèlent une attention pour ce qui se trame de sauvage, d’étrange, d’indomptable. Nous nous situons dans le moment où les choses changent, prennent de l’ampleur, grandissent, dessinent des possibilités. Les matériaux précaires (marc de café, débris d’objets, couvertures de survie, terre sèche, poussière) forment paysages et contextes, habités par de possibles personnages. En juin 2018 elle présente son exposition de fin d’étude intitulée « 413 Soleil en réserve » qui se base sur ses impressions d’une résidence d’un mois dans la petite ville de M’Saken en Tunisie et plus récemment sa première pièce performative Solo Semi Integral représentée au TU Nantes.

At the beginning of fiction, Louise Hallou’s videos, installations and performances reveal an attention for what is wild, strange, untameable. We find ourselves at a moment where things are changing, growing, outlining possibilities. The precarious materials (coffee grounds, debris, insulation material, dry clay, dust) shape landscapes and contexts which are occupied by possible characters. In June 2018 she presented her graduation exhibition entitled « 413 Soleil en réserve » inspired by the month she spent at an art residency in M’Saken (Tunisia). She also presented her first play Solo Semi Integral in a theater in Nantes.


Née le 22.05.91 à Strasbourg 06 33 21 50 05 heinrichnaomi@gmail.com NEON VISION, 2019 Installation vidéo Dimensions variables

Naomi Heinrich École Supérieure des Beaux Arts MoCo Montpellier Contemporain Le travail de Naomi Heinrich pose la question de compréhension des espaces, volontairement retravaillés, jusqu’à être brouillés. Elle allie une image, captation ou création 3D, avec une structure élaborée en fonction de celle-ci, de sorte à créer un environnement dans lequel les frontières entre volumes et images s’effacent et se confondent. Son travail interroge alors la perception et le point de vue. En travaillant au préalable ses installations en 3D, elle situe son intérêt dans le passage entre la 3D et sa réalisation manuelle, le point de rupture entre la perfection et l’accidentel. Son traitement récurrent des notions de paysage et d’architecture, d’artifice et de stéréotype, de lumière et d’écran, s’articule autour de l’idée de mirage évoquée dans chacune de ses pièces.

In her work, Naomi Heinrich modifies spaces so they become blurred. She combines images (shot or created in 3D) with structures that are made according to these images. She creates environments in which borders between volumes and images disappear and merge. Her work questions perception and point of view. By modeling her installations in 3D first, she is interested in the passage between 3d work and its handmade production, in the breaking point between perfection and unexpectation. Her work, that evokes the idea of mirage, revolves around the notions of landscape and architecture, stereotype and artifice, screen and light.

Chaque élément de cette installation est pensé de sorte à avoir une influence sur le reste ; il peut soutenir, éclairer, révéler ou même dissimuler. Comme eux, notre position détermine ce que nous pouvons voir.

24 Née le 16.12.94 à L'isle d'Espagnac 07 87 86 73 72 brbr.kairos@gmail.com Mikado, 2019 PVC, fer à béton, plâtre, béton, poussières. 5 x 200 cm

L'installation inspirée du jeu au lancé aléatoire évoque en même temps le carrotage archéologique. Les matériaux sont des indices pour l'archéologue qui lui permettent de faire émerger des histoires. Ici ils représentent l'environnement de l'atelier.

Barbara Kairos école supérieure d'Art et de Design TALM - site d'Angers Le jeu comme la sérendipité illustrent le processus de création de Barbara Kairos. La façon de faire oscille entre la posture sérieuse du joueur et l’absurdité des situations qui peuvent être propices à la découverte. L’erreur, l’ennui, l’inattention ou l’oubli deviennent eux aussi, dans l’espace de son atelier, favorables au faire et à la trouvaille.

The game and the serendipity illustrate the process of creation of Barbara Kairos. The Way of Making Oscillates between the serious posture of the player and the absurdity of situations that may be conductive to discovery. Error, boredom, inattention or forgetfulness becomes in the space of his workshop, favourable to the making and finding.


Née le 26.02.88 à Taïpei, Chine 06 52 96 55 55 tzuchun.ku@gmail.com Aubes, 2017 Vidéo Dimensions variables

Petit à petit l’aube se lève. La lumière naturelle envahit lentement la scène, tandis que le projecteur continue à éclairer, en vain. Puis, la lumière naturelle se retire à nouveau. On est face à un perpétuel commencement. En parallèle, sur le mur opposé à celui de la projection, un petit dispositif lumineux constitué d’une led blanche, diffuse, à intervalle régulier une lumière blafarde contre le mur.

Tzu-chun Ku école Supérieure d'Art et de Design Marseille Méditerranée Mon travail est principalement constitué d’installations, où differents objets entrent en dialogue, entre eux, et avec l’espace dans lequel ils se trouvent. Parmi ces differents objets, on trouve des photos, des vidéos, des sculptures en forme de ready made, réalisées à partir d’objets trouvés. Parfois, l’installation peut être plus concentrée sur un geste, une action discrète dans l’espace, qui, presque imperceptiblement le modifie, ou vient en souligner un aspect.
 Il s’agit pour moi, dans ma pratique, d’observer un lieu ou un objet, ses caractéristiques, d’y prélever des éléments, puis les réagencer, afin de les présenter, les re-présenter, les donner à voir. Pointer leur existence en les extrayant de leur environnement habituel, ou bien mettre en place les conditions d’apparition de ces choses préexistantes. Ainsi je pointe l’espace, le mettant au cœur de l’attention – mon action pourrait s’apparenter à la fabrication, à la mise en œuvre d’un courant d’air.

My work mainly consists of installations, where different objects enter into dialogue with each other and with the space in which they are located. Among these different objects, we find photos, videos, and sculptures in their original shape, as they were manufacture and found. Sometimes, the installation can be more focused on a gesture, a discreet action in the space, which, almost imperceptibly modifies it, or underlines an aspect of it. For me, in my practice, it is a matter of observing a place or an object, its characteristics, taking elements from it, then rearranging them, in order to present them, re-present them, show them in the way I want them to be seen. Point out their existence by extracting them from their usual environment, or set up the conditions for the appearance of these pre-existing things. Thus I point the space, putting it at the heart of attention - my action could be similar to the manufacture, the implementation of an air current.

25 Née le 11.05.80 à Liechtenstein 0041 79 6263200 celia.laengle@gmx.net Venus transited - q.E.d., 2019 Installation vidéo dans une pièce de 4x5x2,5m Crédit : Standbild aus video Sequenz

Venus transited – q.E.d. investit subjectivement des structures de performances virtuelles et culturelles qui ont formé mon propre chemin

Célia Längle F+F Schule für Kunst und Design Zurich Le projet porte sur les structures performatives, à la fois visuelles et culturelles, qui sous-tendent une lutte personnelle afin de trouver ma place dans la société. J’explore subjectivement la question du pouvoir, des images répétées, et des vérités supposées. « Venus transited » part de l’hypothèse selon laquelle il y aurait une relation d’association entre la tonalité en E minor et la figure archétypale d’Ève. En effet, dans Ideen zu einer Ästhetik der Tonkunst (1806), F.D. Schubart caractérise la tonalité E minor comme une « déclaration d’amour naïve, féminine et innocente, une plainte sans grogne ; (…) [Que] par nature (…) n’a qu’une couleur ». Une sélection de mes découvertes scientifiques, visuelles et personnelles est juxtaposée au sein d’une installation. Elles soulignent le pouvoir des images répétées et des vérités supposées. En outre, ces images expriment également le pouvoir d’une voix singulière, qui n’est pas réduite au silence.

The project deals with visual and cultural performative structures underlying my personal struggle to position myself in society. I am subjectively investigating the field of power, repeated images, and putative truths generate - all limiting and shaping the understanding of subjectivity and objectivity, reality and projection, even gender stereotypes. „Venus transited“ started on a associative hypothesis that the tonality E minor and the archetype of Eve are performatively connected. I discovered that F. D. Schubart characterizes E minor in “Ideen zu einer Ästhetik der Tonkunst (1806)” as a „naïve, womanly, innocent declaration of love, lament without grumbling; (…) [that] by nature (…) has only one colour“.   A selection of my scientific, visual and highly personal findings are juxtaposed in an installation setting. They not only show the power of repeated images and putative objectivism, but also the power of a personal voice that is not silenced nor varnished.


Né le 27.09.94 à Montivilliers 06 27 57 27 58 alexandre.le.bourgeois@hotmail.fr étude solaire #6 : Prendre le temps, 2018 Vidéo en boucle, 2.30min Dimensions variables Photo : Alexandre Le Bourgeois

Photographies successives du passage du soleil durant six heures. Cette architecture est un observatoire solaire. La couleur bleue à l'intérieur de cet espace est celle d'une encre photo sensible réagissant aux rayons ultraviolets, sorte de cyanotype ne se fixant jamais, gardant les empreintes de la lumière seulement quelques secondes. Les jeux d’ombres et de lumières sont multiples : on ne peut tous les voir en même temps, on en suit un, puis un autre. C’est pour moi une sorte de spectacle dans lequel chaque morceau de bâtiment est un acteur dont le rôle diffère par son exposition et son emplacement, la lumière s’apposant différemment sur chaque partie. Parfois, laisser le temps faire, laisser l’existant agir, simplement capturer ces moments singuliers.

Alexandre Le Bourgeois école Supérieure d'Art et de Design Le Havre/Rouen - site du Havre Je suis influencé et intéressé par l’architecture dans laquelle je puise un répertoire formel et géométrique, qui me permet d’établir un dialogue avec l’espace urbain. J’ai nommé la série de recherches en cours Etudes solaires : la lumière du soleil est le premier vecteur de ces travaux oscillants entre art et science. Je cherche par diverses expériences à matérialiser le temps par les faisceaux lumineux et leurs déplacements à travers l’architecture de bâtiments existants ou fictifs sous la forme de maquettes, qui permettent un dialogue entre l’espace, l’architecture, la peinture, la lumière et le temps. Comment matérialiser la lumière et son passage ? Ce sujet m’intéresse car c’est un phénomène naturel avec sa propre temporalité auxquels nous sommes tous confrontés mais que nous percevons chacun de façon singulière.

I am influenced and interested in architecture, from which I draw a formal and geometric directory, which allows me to establish a dialogue with the urban space. I have named the current research series “Etudes solaires”(Solar Studies) : Sunlight is the first vector of this work, which oscillates between art and science. Through various experiments, I seek to materialize time through light beams and their movement across the architecture of existing or fictional buildings in the form of models, which allow a dialogue between space, architecture, painting, light and time. How to materialize light and its propagation? This subject interests me because it is a natural phenomenon with its own temporality that we are all confronted with but that we each perceive in a unique way.

26 Née le 09.04.87 à Angers 06 26 93 17 15 elsa.leroy@hotmail.fr Memorandum, 2017 Installation Dimensions variables Photo : Elsa Leroy

Dans cette installation, le geste est très présent, et chaque objet semble déposé presque encore tendu de l’agitation qui l’a fait naître. Ainsi dressées sur leur stratification ils semblent nous observer tout autant qu’on les regarde. Cet espace à explorer a été pour moi l’occasion de poser l’ordre de la connaissance, comme un savoir fait par appropriation et manipulation des formes. Dans cet éclatement des formes et de la sculpture se pose la question du rhizome comme “forme” et structuration.

Elsa Leroy école Européenne Supérieure d'Art de Bretagne - site de Rennes Si le travail d’Elsa Leroy trouve ses racines dans l’étude du champs élargi de la peinture, l’expansion du champs pictural s’accompagne alors d’une hybridation des médiums, et rassemble à présent peintures, sculptures, assemblages, photographies et vidéos. Constituée d’objets et de matériaux pauvres, la composition joue une mise en espace où les couleurs sont le plus souvent liées aux objets eux-même. Ces installations déploient une multitude d’événements formels et rapportent la migration de gestes, de matières, de couleurs et d’informations d’une forme à l’autre. Une systémique au cœur de laquelle se trouve le corps et ses affects. Une intranquillité faisant face à l’éclatement des corps, la dématérialisation et l’ubiquité de notre époque.

If Elsa Leroy’s work takes its roots on the extanded field of painting, The expansion of the pictorial field is then accompanied by a hybridization of media and gathers now paintings, sculptures, assemblies, photographs and videos. Composed by objects and poor materials, the composition organize a spatialisation in which colors are manly linked to the objects themselfs. Those installations deploys in space a multitude of formal events and reports the migration of gestures, materials, colors and informations from a form to the other. A systems reflexion in which the body and its affects are the central point. An unquietness facing the bursting of bodys, the dematerialization and the ubiquity of our epoch.


Né le 30.09.93 à Crema, Italie +39 3452391801 lorenzo.lunghi@icloud.com Falò, 2019 Sculpture 90 x 40 x 60 Photo : Lorenzo Lunghi

Lorenzo Lunghi Accademia di belle arti G. Carrara Bergamo Des concrétions cristallines fleurissent sur des branches d’aluminium : les restes des fragments brûlés de lithium extraits des batteries. Le travail apparaît comme les restes d’un rituel incendiaire qui a eu lieu ailleurs. Une reprise des feux de printemps menés par les communautés agricoles ancestrales pour purifier leurs terres. Le projet s’inspire du vaste monde des pratiques de bricolage (doit-yourself) qui prolifèrent sur le Web, avec une référence spécifique à une série de vidéos dans lesquelles les utilisateurs déclenchent des réactions chimiques en décomposant, en brûlant et en trempant les piles au lithium. Nouvelles possibilités collectives pour un rituel apparemment absurde, exprimant la complexité insaisissable de la contemporanéité dans laquelle nous vivons.

Crystalline concretions blossom on aluminium branches: the residues of burnt lithium fragments, extracted from batteries. The work appears as the rests of an incendiary ritual that took place elsewhere. A revisit of the Spring pyres, that was carried out by ancestral farming communities to purify their lands. The project is inspired by the vast world of the Do-It-Yourself practices, that proliferate on the web, with specific reference to a series of videos in which users trigger chemical reactions by breaking down, burning and soaking lithium batteries. New possibilities for an apparently nonsense collective ritual, expressing the elusive complexity of the contemporaneity we live.

27 Née le 18.06.91 à Gehreden, Allemagne +4917620075467 art@gretamagyar.com untitled (cell movement), 2016-2017 Taille-douce sur carton, papier d’aluminium, plastique et ruban 70 x100 cm Photo : Greta Magyar

Les formes dans l’image semblent grandir ou se contracter à cause de leur irrégularité. La consistance des formes semblent être un instantané fragile, comme si elles pouvaient voler ailleurs ou se connecter dans les prochaines secondes. Elles suggèrent un processus temporel, lequel peut être lu comme un moyen de mouvement ou de changement de forme.

Greta Magyar Muthesius Kunsthochschule Kiel Comment est-il possible de donner à voir le processus d’une forme visuelle ? Comment une forme artistique peut-elle aider à faire émerger la suggestion d’un mouvement et d’une temporalité ? Le mouvement peut-il devenir une œuvre en 2D ? Mon intention est de transformer mes expériences temporelles dans des œuvres et créer une surface lisible qui permet au spectateur de réfléchir à une autre temporalité. Mes œuvres imprimées sont souvent faites de déchets comme du carton, du plastique ou des matériaux d’emballage. Grâce au processus d’impression, ces plaques changent ou sont parfois détruites par la pression du cylindre, ainsi chaque impression est unique. Il y a un écart entre la façon de travailler, longuement, sur des plaques fragiles pour une seule impression et l’utilisation originale de l’impression pour obtenir une reproduction rapide des images.

How is it possible to give the process a visual form? How can a special artistic form help to emerge the suggestion of movement and temporality? Can movement rise in a two-dimensional artwork? My intention is to transform my experiences of time into the artwork and create a readable surface which enables the viewer a reflection to another and his/ her own temporality. My printing plates are often made of garbage like cardboard, plastic or other packaging materials. Through the printing process these plates are changing or sometimes get destroyed by the pressure of the cylinder, so every print is unique. There is a huge gap between the way of working a long time on fragile plates for only one print and the original use of printmaking to have a fast reproduction of images.


Née le 30.10.90 à Nerungri, Russie 07 83 38 80 65 valmalinova@gmail.com Autres chemins, 2019 impression sur papier peint, montage vidéo (found footage) 2m x 2,66 m, 4/3, 15min

«...Comment l’image devient une intermédiaire entre l’imagination et le réel ? Des souvenirs qui sont construits par autrui. Cependant, ici, l’absence fait corps lorsque les enregistrements VHS (technologie visuelle chargé de souvenirs) faits par un père, composent le passé de sa fille. Ce n’est pas par hasard, peut-être, que les vidéos portaient sur des paysages, des forêts, des montagnes, comme si un papier peint sur le mur dans la maison de notre enfance, venant construire notre arrière-plan. On se trouve là, lorsqu’on voit ces paysages. Mais là ce n’est pas ici et là-bas non plus. Ni de acá ni de allá, como quien dice...Étrange modalité de l’absence qui nous constitue...» extrait de la lettre de J. S.

Valeriya Malinova école Media Art du Grand Chalon - Chalon-sur-Saône Parler de temps, parler de l’éphémère, de voyage dans toutes ses formes ; voyage comme déplacement dans l’espace, comme un mouvement de caméra ; voyage des langues, leur co-existence pour raconter des histoires : sur la vie qui passe, avec ses petits événements quotidiens, presque invisibles, ou avec ses feux d’artifices, rencontres, la vitesse et les arrêts. La magie du Temps dans l’image prend une place importante : il devient souple, palpable, modifiable ; l’outil de montage donne la possibilité de faire rencontrer les choses qui a priori ne doivent pas se rencontrer. Comme sur une caméra VHS : une ligne pour «recording»  deux lignes pour «pause»  et trois lignes pour «play» et «rewind» qui permettent ce déplacement dans le temps et dans l’image.

Speak about time, speak about ephemeral, about travel in all its forms; travel - as a displacement in the space, as a movement of camera; travel in languages, their coexistence and potential to tell stories : about the life which goes on, with its daily events, almost invisible, or with its fireworks, encounters, speed and stops. The magic of Time inside the image takes an important place : it starts to be flexible, palpable, modifiable ; the editing tool gives an opportunity to make a meeting of things that a priori should not meet. As on a VHS camera : one line to record two lines to put on pause three lines to play and rewind what gives a possibility of this travel in image and time.

28 Née le 27.09.92 à Vénissieux 06 49 86 36 80 maite.marra@gmail.com Monument Raynox, 2018 Installation Dimensions variables Photo : Maïté Marra

Détail de l’installation. Diapositive anonyme de la fontaine de Trevi.

Maïté Marra école Supérieure des Beaux Arts Lyon J’interroge le regard et ses formes d’enregistrement, les images. Elles portent l’expression des pouvoirs et des violences exercés sur les individus, les corps, le langage, les paysages et les lieux. Je questionne le détail et ses dispositifs d’agrandissement. Regarder le détail est une construction du regard qui l’énonce comme expression du tout au risque de le déformer. Je regarde la complexité du réel. Mon travail de montage et de horschamp crée des images tension entre le temps de l’œuvre et l’immédiat. J’ai le désir d’aller toujours au plus près des objets et sujets à regarder. Mes images, ambivalentes et multiples, oscillent entre froideur et sensualité, frontalité et non-dit. Au-delà de la forme documentaire, l’image est bouleversée par le point de vue qui fait émerger le singulier et le sensible.

I question seeing and its forms of recording; images. They carry within them the forces and violences exercised upon individuals, bodies, language, landscapes and places. I question the detail and devices used to enlarge. To look at the detail is to structure a way of seeing which announces it as the expression of everything, risking its deformation. I look at the complexity of the real. My work with editing and the hors-champ, creates images in tension with the time of the work and the immediate present. I wish to get as close as possible to objects and subjects to be looked at. My images, ambivalent and multiple, oscillate between coldness and sensuality, that which is frontal and that which remains unsaid. Beyond its documentary form, the image is unsettled by the point of view which helps the singular and the sensitive to emerge.


Née le 05.03.89 à Creil 06 98 57 49 80 leamartin.p@gmail.com Sur mes épaules, 2019 Plâtre, dessin : formes issues d'une performance Dimesions variables Photo : Léa Martin-Habif

La matière enveloppe le corps, elle devient objet grâce à lui, en contrepartie elle lui fait subir des particularités physiques, son poids, son temps de prise... La forme se crée par l'impact du corps, son volume... Le corps adopte des postures, des attitudes par l'impact de la matière.

Léa Martin-Habif école Supérieure d'Art et de Design TALM - site de Tours C’est en se servant de son propre corps comme un outil de mesure, une référence et une base de données, que Léa Martin-Habif produit des œuvres. Chaque enveloppe corporelle est déterminée par des caractéristiques physiques et motrices qui produisent des gestes, des attitudes et dans le cas de l’artiste ; un travail plastique, des formes et des structures. C’est une pratique pluridisciplinaire, en relation avec le corps habitant, son contexte, sa dimension, ses mouvements, son empreinte. Alliant des formes minimales et la simplicité de matériaux, elle invite le spectateur à revisiter des espaces et à interroger sa propre présence et sa perception. Léa M-H. produit à l’intérieur de moments de travail performés ; des pièces pérennes, des sculptures, peintures … qui témoignent du passage d’un corps, de son dialogue avec l’espace et la matière.

Through the use of her own body as a measurement tool, a reference and a database, Léa Martin-Habif produces art. Each bodily form is determined by the physical and motor characteristics that also produce gestures and attitudes and in her case : the shapes and structures of her art work. This multidisciplinary practice takes the living body in a given context, its dimensions, movements and imprint to combine to produce minimal forms, made of simple materials, then invites the viewer to revisit spaces and to question his or her own presence and perception. Léa Martin-Habif produces during performed work ; leaving sculptures, drawings and paintings that testify to the passage of a body, its dialogue with space, architecture and materials.

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Party with useless objects, 2019 Installation, techniques mixtes Dimensions variables Photo : Bogdan-Ștefan Matei

Bogdan-Stefan Matei '

Né le 23.09.95 à Ploiesti, Roumanie 0040724122078 bogdan.matei@e-uvt.ro

West University of Timisoara Faculty of Fine Arts and Design L’époque dans laquelle Bogdan Matei vit et peint est agressive, hypocrite et violente. C’est pour cette raison-là que sa peinture peut paraître fonctionnelle et froide. Avec une palette limitée et de la couleur juste dans les formes il est obligé de quitter la peinture. Pressé par les contraintes du temps, Bogdan Matei désintègre la peinture. En réalité, sa peinture est sophistiquée et profondément intellectuelle : avec des personnages qui méditent sur la situation, avec des objets qui vous aident à comprendre les limites et une couleur qui rend l’espoir possible. C’est une peinture urbaine puissante, où même le souffle d’une fumée industrielle devient rationnel. Liviana Dan

The time in which Bogdan Matei lives and paints is aggressive, hypocritical, and violent. For that reason his painting may appear functional and cold. With a restraint palette and colour only in the forms he obliges to leave the painting. Compelled by time Bogdan Matei disintegrates painting. His painting is actually sophisticated and profoundly intellectual. With characters meditating on context, with objects that help you understand the margins and with a colour that makes hope possible. It is a powerful urban painting, where even the breeze of the industrial smoke becomes rational. Liviana Dan


Née le 22.12.92 à Stadt Rottenmann, Autriche +43664 441 32 87 smile@caromico.com ONE, 2019 Installation, animation, son min. 3 × 3 × 3 cm Photo : Magdalena Micoloi

ONE fait partie de MONA, un projet de recherche qui traite de la simplicité dans la complexité et étudie différents sujets tels que les systèmes, l’interconnectivité, les (cor)relations, l’identité, etc. L’œuvre qui en résulte invite le spectateur à s’immerger dans cette expérience holistique.

Caroline Micoloi Université des Arts Appliqués Vienne ONE est le titre de l’installation où l’animation, la sculpture et le son interagissent. ONE a beaucoup de questions. Son récit est divers et contient tout ce que l’on peut imaginer. Avec sa singularité, il centre au milieu de dynamiques colorées tout en étant à la fois leur scène et l’acteur principal qui les unit. ONE est une entité : un individu, un collectif, un système, le monde. Avec son immense complexité, ONE se souvient de l’interconnectivité qui connecte et est connectée en permanence. L’individu est intégré dans un environnement fluide. Les changements qui se produisent à l’extérieur influencent l’intérieur et vice versa. Par conséquent, son développement est un va-et-vient éternel, un cercle qui se répète, une sphère qui contient tout et qui est tout. ONE grandit, se développe et change. Quel rôle joue-t-on(e)?

One is the title of the installation where animation, sculpture and sound interact with each other. One has many questions. Its narrative is diverse and contains everything one can imagine. With its singularity it centers itself in the middle of colourful dynamics while being both their stage as well as the main actor that unites them. One is an entity: an individual, a collective, a system, the world. With its immense complexity, one remembers of interconnectivity that connects and is constantly connected. The individuum is embedded in a fluid environment. The changes that happen outside influence the inside and vice versa. Therefore its development is an everlasting back and forth, a circle that repeats itself, a sphere that contains everything and is everything. One grows, develops and changes. Which role does one play?

30 Née le 06.01.92 à Saint Gaudens 06 99 13 23 54 mounic.marion@gmail.com Propre cuisine , 2018 Techniques mixtes 40 x 10 x 30 cm Photo : Cyril Boixel

Dans un plateau métallique de cuisine, une version du Coran nage dans un bain d’huile d’olive, associant ainsi physiquement tradition et religion. Imbibant les pages du livre devenues transparentes, le corps gras fait affleurer le texte à la surface, dans une oscillation entre lisibilité et illisibilité du fait des superpositions et inversions ainsi occasionnées.

Marion Mounic école Supérieure d'Art des Pyrénées - site de Tarbes Marion Mounic travaille l’espace, la lumière, le temps et la mémoire. Ses installations, qui relèvent toujours de la sculpture, engagent une résistance face à l’oubli et l’obscurité. La résistance est activée par l’expérience physique et sensorielle. Elle poursuit différentes sources : celle de sa mère, atteinte d’une maladie oculaire, ainsi que celle de ses origines, qui par son père, sont intimement liées au Maroc. Il s’agit alors de prendre la mémoire à bras le corps, de nous la faire voir, sentir, toucher, entendre. L’artiste recherche les sources de cette mémoire, la sienne, celle de sa famille et par extension des nôtres. Ses œuvres manifestent autant une mélancolie de l’impuissance vis-à-vis d’une disparition inéluctable, qu’un élan vital, un empressement poétique s’attachant à retenir tout ce qui s’enfuit. Julie Crenn

Marion Mounic work’s about space, light, time and memory. Her installations, always related to sculpture, advise a resistance face to forgetfulness and darkness. This resistance is stimulated by physical and sensorial experiences. Her inspiration arise from several sources : her mother, affected by an eye sickness, as well as her origins, on her fathers side, closely linked to Morocco. The idea is to hold on to the memory itself, in order to see, feel, touch and heard it. The artist is looking for the sources of this memory, herself, her family’s and further on, ours. Her pieces describe as much a melancholy of helplessness face to an inevitable loss, as an impetus to life, a poetic rush trying to keep every things running away. Julie Crenn


Né le 15.03.94 à Moulins 06 69 44 93 46 norman.nedellec@hotmail.fr Récits posthumes et fragments, 2017 Livre passé à la machine à laver puis seché 18 x 11 x 6 cm Photo : Norman Nedellec

Passées accidentellement à la machine à laver, les pages collées et déformées rappellent les veinures d’un bois, matière originelle de l’objet, dans une texture proche du plâtre qui renvoie faussement à l’hypothèse d’un geste sculptural intentionnel.

Norman Nedellec école Supérieure d'Art Clermont Métropole C’est à partir de la cabane qu’il a construite entre une forêt et une ferme, il y a quelques années, que Norman Nedellec développe son travail. Dans cette architecture, perchée au milieu des arbres, il a observé, dormi, écrit et filmé, conjointement aux rencontres qui s’y produisirent. Elles furent multiples : humaines, non-humaines, provoquées, accidentelles, imaginées. Le tissu social de ce territoire s’est alors élargi. Les sentiers de la cosmologie en place dans ce paysage, à demi-exploité, s’estompèrent dans la profondeur de la forêt, le regard de sa chienne Adri, le lit de la rivière et le récit des rêves. Depuis, détruite par le vent, la cabane a muté, disséminée ci et là dans ses travaux plus récents. Les rencontres, motrices de formes, se renouvellent et se déplacent dans de nouveaux espaces, plus urbanisés et manufacturés.

A few years ago Norman built a hut between a forest and a farm. This was to become the foundation of his work. Within this space, perched in the treetops, he slept, wrote, filmed and observed. This lived experience led to encounters of many kinds: human, non-human, caused, accidental, imagined. But then, the social fabric of this environment grew. The structure of the cosmology settled in this half-exploited landscape and faded into the depths of the forest, the view of his dog Adri, the riverbed and the tellings of dreams. Since then, destroyed by the wind, the hut mutated throughout his latest pieces of work. His encounters, drivers of creative form, continue to renew themselves and move within new spaces, more urbanised and manufactured.

31 Né en 89 à Paderborn, Allemagne +49 (0) 160 547 5876 info@hannesnienhueser.com Buen Appetito , 2019 Acrylique sur toile Dimension variable Photo : Anna Raczynska

Hannes Nienhüser Muthesius Kunsthochschule Kiel «Buen appetito» est une série de sept peintures qui dépeignent certains des dessins les plus utilisés sur les boîtes à pizza. Les dimensions de la toile étant similaires aux dimensions des boîtes à pizza, les peintures évoquent, comme un trompe l›œil, l’illusion d’être réellement ce qu’elles représentent. C’est seulement en les étudiant de plus près que leur statut est révélé.

FRESH HOT DELICIOUS

En reproduisant ces dessins d’une façon artistique, l’œuvre ne traite pas seulement du changement constant entre une image et sa représentation, mais célèbre en même temps ces compositions soigneusement arrangées montrant des boulangers enjoués, des ingrédients frais et des couleurs nationales italiennes, qui pourraient souvent passer inaperçues en raison de leur nature triviale, fonctionnelle et jetable.

«Buen appetito» is a series of seven paintings that depict some of the most widespread designs used on pizza boxes. As the dimensions of the canvas are also chosen in accordance to the actual cartons sizes, the paintings evoke the illusion of actually being the very thing they represent. Only upon closer examination their object-like status is revealed. By reproducing those designs in an artistic manner, the work does not only deal with the ever-changing relation between an image and its representation, but at the same time celebrates these carefully arranged compositions of cheerful bakers, fresh ingredients and the Italian national colours, that will often go unnoticed due to their trivial, functional and single-use nature.


Née le 14.10.94 06 73 07 00 37 marine.nouvel@gmail.com Mycellanée, 2018 Video - Animation Format Video 1920 x 1080 Photo : Marine Nouvel

Un champignon habite un corps humain. Lentement, le mycellium grandit, fait corps avec son hôte, devient sa seconde peau.

Marine Nouvel école Supérieure d'Art et de Design Le Havre /Rouen - site de Rouen Mon travail s’oriente autour d’une exploration du corps, d’abord comme repère charnel et hybride végétal/humain, fait de chair, mais aussi, comme hétérotopie, comme espace où se greffe l’imaginaire. J’exprime ces pélerinages interieurs à travers des vidéos, médiums de choix pour démontrer le contrôle ou l’absence de contrôle sur l’image de soi, mais pas seulement. J’allie à cette pratique l’installation et la performance, une manière de formuler dans l’espace les énigmes que mes explorations posent. Cette transition entre l’immateriel de la vidéo, et la tangibilité de la matière rejoint à mon sens, ce désir d’hybridation. Faire pousser la chair, à travers le champignon ou la tumeur en 3d, la greffer à la peau ou au mobilier, la faire sortir du corps, mélanger le végétal et l’animal, fusionner le corps étranger et le corps qu’il habite.

My work is an exploration of the body, first as a carnal and hybrid landmark, between human and nature, and also as an heterotopy, a space where the imagination can grow. Through the video medium, I tend to demonstrate the control or lack of control of the self-image, and other subjects. I associate this medium with installation and performance, a way to draw in space my answers to the questions I asked myself. This transition between the immaterial of the video, and the tangibility of the materials joins in my opinion, this desire of hybridization. Grow the flesh, through the fungus or the tumor in 3d, graft it to the skin or furniture, take it out of the body, mix the plant and the animal, fuse the foreign body and its host.

32 Né le 10.02.92 à Creil 06 71 75 41 68 osman.raphael@gmail.com Studio Bretzel , 2018 Huile sur toile 92 x 75 cm Photo : Raphaël-Bachir Osman

Raphaël-Bachir Osman Haute école des Arts du Rhin - site de Mulhouse La question de la peinture et de sa forme d’exposition sont les enjeux principaux de ma pratique. Espiègle, je joue avec ses sujets, son histoire et ses codes en y intégrant une certaine magie de l’ordinaire et du banal. J’essaie de faire rire la peinture ellemême. J’extirpe des éléments, des fragments, des détails de mon quotidien qui attirent mon regard : objets, outils, photo d’objets, images de publicité alimentaire, pour les mettre ensuite en peinture. J’utilise à la fois une matière épaisse et lisse afin de mélanger les écritures. J’aime bien être dans l’entre deux, à la limite du mauvais goût et de l’objet kitsch. De l’insignifiance du sujet, à son absurdité.

The question of painting and its form of exhibition are the main issues of my practice. Mischievous, I play with paintings subjects, its history and codes by incorporating a certain magic of the ordinary and the banal. I try to make painting itself laugh. I extract elements, fragments and details of my daily life that catch my eye : objects, tools, pictures of objects, images of food advertising, to then put them in painting. I use both a thick and smooth material/ painting to mix different effects. I like being at the limit between bad taste and kitsch formes. From the insignificance of the subject to his absurdity.


Née le 24.01.87 à Petrov-Val, Russie 0049 17634483818 helenaotto@hotmail.com evolvere I (365 days), 2019 video, smartphone, 1’04’’ Crédit photo : video still

Helena Otto Hochschule für Künste Bremen L’espace devient processus, matériel, souvenir. Une histoire offre une orientation et une dislocation. Conter des histoires est un processus de tarer différentiation et répétition. C’est transculturel et épistémologique. L’observateur et moi partageons une mémoire collective où un geste devient une métaphore. Quand je bois mon café, je décide de devenir politique. Peut-être pas pour la tasse de café, sinon pour la main tenant la tasse. La révolution veut la caresse d’une main suivant le mouvement. La révolution n’est pas seulement une cafetière à piston, c’est un geste d’une rotation. Tout le monde dit que je ressemble à la pleine lune, que c’est la physionomie typique russe. Je ne suis jamais d’accord avec cette théorie. À mon avis si la forme de mon visage tient de la lune ça serait la lune croissante, comme un mouvement continu.

Space transfers into a process, a material, a remembrance. A story provides an orientation and dislocation. Storytelling is a taring process of differentiation and repetition. It is trans-cultural and epistemological in its resonance. The observer and myself share a collective memory where a gesture becomes a metaphor. While drinking my coffee I decide that I wanted to become political. Maybe not about the cup of coffee, but about the hand holding the cup. A revolution wants the caress follows the movement. The revolution is not just a french press, it’s in the gesture of a turn. Everybody tells me that I have a moon shaped face, as a typical Russian physiognomy. I never agree to that theory. In my opinion if the form of my face corresponds to any form of the moon, it would be a crescent which offers the idea of an enduring movement.

33 Né le 12.09.94 à Le Mans 06 34 77 08 42 lucas.pastor.mail@gmail.com Système anti-masturbation, 2018 Céramique, acrylique, bois et tissus 150x130x50cm Photo : Lucas Pastor

Lucas Pastor école Supérieure d'Art et Design TALM - site de Le Mans La pratique artistique de Lucas Pastor est, pour lui, comme un exutoire. Plutôt que par des mots, l’artiste met en image ses émotions (ses angoisses, ses frustrations, etc …) grâce à ses dessins, sculptures ou vidéos pour les exorciser, à travers le prisme de sa réalité, que ce soit son quotidien, le cinéma, internet ou la pop culture. Souvent satirique et provocante, l’ambiguïté de chacune de ses pièces se révèle à la hauteur du temps qu'on leur consacre, de l'attention qu'on leur porte, passant du drôle au tragique, de l’absurde au vraisemblable, ou inversement, à mesure que l’on prend conscience de ce qui nous est montré.

Sculpture représentant un enfant sur un système molletonné visant à l’empêcher de se masturber.

The Lucas Pastor’s artistic practiceis, for him, like an outlet. Rather than words, the artist puts his emotions (anxieties, frustrations, etc ...) in the frame of his drawings, sculptures or videos to exorcise them, inspired by reality, like his daily life, cinema, internet or pop culture. Often satirical and provocative, the ambiguity of each works is revealed at the height of the time devoted to them, the attention paid to them, passing from funny to tragic, from absurd to probable, or conversely, as one becomes aware of what is shown to us.


Née le 02.10.94 à Besançon 06 37 98 39 42 elodie.paupe@mail.ensa-nancy.fr Je meurs de soif auprès de la fontaine, 2016 Impression numérique Photo : Elodie Paupe

Les élites y trouvent des marchandises toujours plus juteuses. Pour les autres, il reste la frustration. La provinciale, à quatre pattes, armée de son filtre Snapchat le plus tendance, a parlé : Oui, elle se soumet à la visite des musées; mais elle montrera aussi son derrière aux institutions. Cette irrévérence est de bonne guerre; le musée lui aussi nous tourne le dos.

Elodie Paupe école Nationale Supérieure d'Art et de Design Nancy C’est en s’inspirant du monde qui l’entoure, ses contradictions et absurdités charmantes, que le travail d’Elodie Paupe prend sa source. Les émotions, la politique et la nature humaine sont alors passées au crible de son œil parfois cynique, parfois naïf mais toujours empli d’une volonté féroce. Le contraste qui peut s’opérer entre le «beau» et le «laid», les matières pauvres et nobles, la crudité et la poésie... Du sexe à la rue, de la figure de l’artiste à la contestation du système artistique actuel, le point de départ de ses travaux vient très souvent du trottoir, de la surprise, de la vie et sa manichéenne réalité constante. Tout est en équilibre. L’équilibre entre le bien et le mal, l’accepté et l’inacceptable. Tout est en mouvance.

Inspired by the world around her, her charming contradictions and absurdities, Elodie Paupe’s work takes its source. Emotions, politics and human nature are then scrutinized by his sometimes cynical eye, sometimes naive but always filled with a fierce will. The contrast that can occur between the “beautiful” and the “ugly”, the poor and noble materials, crudeness and poetry ... From sex to the street, from the figure of the artist to the challenge of the system artistic current, the starting point of his work comes very often from the sidewalk, surprise, life and his Manichean constant reality. Everything is in balance. The balance between good and bad, accepted and unacceptable. Everything is in motion. The extremes do not attract me. I want to play it. To revel in it, to make fun of it. Crush them.

Les extrêmes ne m’attirent pas. Je veux en jouer. M’en délecter, me moquer. Les triturer. Texte de Félix Klajnerman

34 Née le 19.08.94 à Douai 06 65 69 90 47 justine.pillon@gmail.com Collection: Sans utilité , 2017 Installation Dimensions variables Photo : Justine Pillon

PLATEAUX-MIROIRS. 12 pièces. Plateaux en inox. CHAISE-PANIER. Dossier et piètement arrière en hêtre massif teinté rustique verni. Assise et piètement en osier véritable tressé. FAUTEUIL-PARC. Hêtre teinté, noyer verni. Patine dorée. Assise mousse polyester, velours marron motif points, 100% acrylique.

Justine Pillon école Supérieure d'Art et Design Valenciennes Plateaux-miroirs, chaise-panier, fauteuil-parc… mots-valises pour une collection d’assemblage et d’hybridation d’objets trouvés ou de seconde main. Ces trompe-l’œil se jouent avec humour des processus artistiques d’appropriation (de la vie) et de réappropriation (à l’art). Par la mise en scène, qu’elle soit pensée pour l’exposition ou la prise de vue, Justine Pillon construit des simulacres d’espaces domestiques où le corps du spectateur est mis à distance tandis que la perception est résolument étonnée, amusée, active. Riche d’une double formation en art et en design d’espace, la pratique de Justine Pillon laisse le champ libre à l’installation depuis 2017. Objet ou sculpture, leur unique fonction est de générer un sentiment de familiarité et une somme d’associations libres. Des artistes qu’elle affectionne (Franz West, Fischli & Weiss, Boltanski…), Justine Pillon retient un certain rapport au réel et puise dans sa mythologie personnelle des situations, des motifs, et un goût immodéré pour l’insolite.

Mirror-trays, a basket-chair, a playpenarmchair: these are portmanteau words for a collection made of assembled and hybridized objects, either found or second hand. Such trompe l’oeil humorously play with artistic processes of appropriating (life) and reappropriating (art). By staging exhibitions or shootings, Justine Pillon builds mock domestic spaces, where the spectator’s body is self-distanced, while one’s perception is decidedly amazed, amused, active. Trained in Art and Design, Justine Pillon’s practice has left the door open to installation since 2017. Either object or sculpture, their only function is to generate a sense of intimacy and a sum of free associations. Justine Pillon has a fondness for artists such as Franz West, Fischli & Weiss, Boltanski,… from whom she retains a certain relationship with the real, and draws on her personal mythology situations, motives and an unquenchable thirst for the unfamiliar.


Née le 08.05.95 à Paris XIe 06 67 81 18 89 arseneprat@gmail.com Fool Screen, 2018 Multimédia 2,25 x 3,6 x 0,3 m Photo : Arsène Prat

Arsène Prat école Européenne Supérieure de l'Image Angoulême Je travaille principalement avec la vidéo, le cinéma, la peinture et l’installation. Je m’intéresse au statut qu’acquiert une image lorsqu’on la regarde. J’essaye de jouer entre ce que l’on voit et ce qui nous est donné à voir. Au travers de cela, je m’interroge sur les liens que nous entretenons avec nos images dans nos rapports sociaux. Des échanges qui prennent place dans des espaces flottants, matériels et immatériels, composés de flux d’informations.

I work mainly with video, cinema, painting and installation. What interests me is the status an image acquires when it’s looked at. I try to challenge the difference between what we see and what is given to see. By doing so, I reflect upon the relationships that link us the images we use in our social interactions. Thus resulting in exchanges that take place in material and immaterial undetermined spaces, made of information flows.

Cette installation est un mur/écran, entre le cadre du cinéma et celui qui sépare ou contient l’espace public. Sur ce dispositif est projetée une vidéo dans laquelle il ne reste plus que ses composantes primaires. La dualité entre le mobilier urbain et le flux lumineux ouvre un paysage, c’est-à-dire un objet qui ouvre sur un temps, un espace, que l’on contemple.

35 Née le 12.10.93 à Mulhouse 06 88 37 71 18 celesterichardzimmermann@hotmail.fr Rusty Blue, 2017 Métal, néons, plexiglas 200 x 80 x 90 m Photo : Petiau Gabrielle

« Rusty Blue » est un objet hybride, il convoque plusieurs formes, celle d’une benne, d’un cercueil, d’une auge, d’un objet de science fiction... Son essence se résume certainement par son échelle : celle d’un porc et d’un homme en même temps. A l’image d’un barbecue qui dore la viande ; celui ci rougit la peau.

Céleste Richard Zimmermann école Supérieure des Beaux Arts Nantes L’artiste s’approprie les codes, mythes et croyances de la culture populaire, du quotidien et des images par le biais de la sculpture, la peinture ou l’installation. Certaines de ces réalités esthétiques la captivent, comme le grotesque et l’excès. Ce sujet met en exergue une humanité perpétuellement actrice dans des rapports de force et de contradiction. Celle-ci est cristallisée dans des figures animales au caractère ambigu comme le porc ou le rat, qui dans certaines sociétés incarnent un malaise social. Ses propositions jouent avec la notion d’entrevision, dans un entre-deux d’images latentes. De ces formes émergent des situations renversées, métamorphosées tiraillées entre tragique et comique, horreur et divertissement. Un espace ambivalent où la frontière entre l’acceptable et l’intolérable semble brouillée, dissimulée sous un rire léger.

The artist appropriates the codes myths and beliefs of popular culture whether by sculpture painting or installation. Some of these aesthetic realities captivate her, like grotesque and excess. This subject highlights a humanity perpetually actress in relations of force and contradiction. She questions ambiguous animal figures such as pigs and rats, which in some societies embody social malaise. His propositions play with the notion of entrevision, in a between-two latent images. From these forms emerge situations reversed, metamorphosed torn between tragic and comic, horror and entertainment. The boundary between acceptable and unacceptable is blurred, so masked by a grim laugh.


Clara Rivault

Née le 01.06.91 à Paris 06 24 31 20 29 crivault17@gmail.com

école Nationale Supérieure des Arts Visuels La Cambre Bruxelles

La Promesse d'une Promesse, 2018 Bronze Dimensions variables

La Promesse d’une Promesse est une sculpture de poche, une «pocket piece». Les doigts se délient et se lient. Une promesse tangible et mobile. Passant de main en main, de poche en poche ; Le poids du bronze représente le poids d’une promesse que l’on porte chaque jour. Chez les Yakusa se couper les doigts est un moyen de paiement ou de réconciliation.

Le travail de Clara Rivault est éminemment personnel, il s’appuie sur des souvenirs d’aïeux, des rencontres fortuites; il s’immisce en nous en prenant des airs de récits collectifs, de poèmes. Dans « La Main » on découvre la voix chevrotante d’une femme âgée atteinte d’Alzheimer. Elle tâtonne dans un esprit vaporeux où les souvenirs se cachent derrière la maladie. Il est question des débris d’une maison causés par des bombardements ; d’une main que les vestiges ont laissée intacte mais dont le reste du corps est enfoui sous les décombres. Et la voix conclut : « Maman avait des mains magnifiques, de très belles mains. » De cet amoncellement de pierres assassines il reste un souvenir et une photographie qu’il nous faut traverser, piétiner cette main devenue sculpture mentale, fouler ces gravats parents des ruines d’Alep et d’ailleurs.

The work of Clara Rivault is eminently personal, it is based on memories of ancestors, fortuitous meetings; but it interferes in us by taking the air of collective stories, poems. With The Hand, the artist lets us go into the intimacy of a conversation she shares with an old woman. A soundwork in which we discover the tremulous voice of an elderly woman affected by Alzheimer. She fumbles in a vaporous spirit where memories are hidden behind the disease. To discover it, we must listen, approachan imposing enclosure that delivers only a whisper. There is talk of debris caused by Allied bombing. A collateral damage from a conflict that was coming to an end and destroyed his house. It is about a hand whose beauty is very special, a hand that the remains have left intact but the rest of the body is buried under the rubble. And the voice concludes: «Mom had beautiful hands, very beautiful hands.»

Camille Bardin / Jeunes Critiques d’Art

36 Née le 04.10.87 à Lyon 8 06 21 36 00 81 isabellerodriguezfr@yahoo.fr Sans titre, 2019 Impressions numériques Dimensions variables Photo : Isabelle Rodriguez

Assemblage texte-image

Isabelle Rodriguez école Supérieure des Beaux Arts Nimes Isabelle Rodriguez obtient son Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique en juin 2017 à l’école supérieure des beauxarts de Nîmes. Elle construit des récits, présentant des archives — photographies, films, actes d’états civils ou judiciaires — et racontant ses expéditions à travers l’Europe à la recherche des personnages oubliés de l’Histoire. Elle choisit d’explorer plus en avant son rapport à l’écriture en intégrant le Master de Création Littéraire du Havre, cohabilité par l’Université et l’ESADHaR. Aujourd’hui et dans ce cadre, elle travaille à l’écriture d’un roman qui raconte, entre autre, comment un orphelinat a été complètement décimé par la grippe espagnole.

Isabelle Rodriguez passed a National Post graduate degree in Graphic Arts in June 2017 at the Nîmes’ Art School. She develops stories, presenting archives - photographs, films, acts of civil or judicial registry - and relating her expeditions across Europe in search of history’sforgotten figures. She chooses to explore further her link to writing by integrating the Master’sdegree of literature creation in Le Havre, jointly offered by the University and ESADHaR. Today and in this context, she works on writing a novel that tells, among other things, how an orphanage was completely decimated by the Spanishflu.


Née le 12.12.94 à Dole 06 37 43 50 86 jade.rousset.pro@gmail.com D469, 2018 Huile, pigments sur panneau de bois 129,6 x 109,5 cm Photo : Jade Rousset

Lors de mes parcours, je conserve des images et du temps. Un mélange s'opère entre ma mémoire interne et physique. Faire ressortir ces abstractions de souvenirs. Je ne peins pas ce que je vois, je peins ce que j'ai vu. Je ne représente pas, je présente.

Jade Rousset Haute école des Arts du Rhin - site de Strasbourg Tout est une question de dualité, ou plutôt d’allers-retours. Mon travail de peintre me permet de prendre conscience que mon corps évolue dans une atmosphère. Je retranscris ces moments où corps et espace se rencontrent. Je ne suis pas dans la représentation. C’est une suite de couches et d’additions qui se met en mouvement sur ma toile, nourrit des éléments qui m’entourent. Tout devient impressions. Trop imprécis pour être un paysage mais trop évocateur pour n’être que de l’abstrait. Je me détache naturellement d’un possible objectif de départ. C’est un vide dans lequel je continue sans cesse de creuser. Il me nourrit. Puis, ma peinture m’échappe dans d’autres regards. Elle devient autonome. J’apprends alors que peindre c’est être solitaire, mais ça ne prend pas vie dans la solitude. 

Everything is a question of duality, or rather comings and goings. My work as a painter allows me to become aware that my body evolves in an atmosphere. I retranscribe these moments where body and space meet. I am not in the representation. It’s a series of layers and additions that is activated in my painting, drawing from elements around me. Everything becomes impressions. Too indistinct to be a landscape but too suggestive to be only abstract. I move away naturally from a possible objective of departure. It’s a space in which I continue ceaselessly to dig. It feeds me. Then my paint escapes me in other visions. It becomes autonomous. I learn that to paint is to be solitary, but that does not grow out of solitude.

37 Née le 20.03.95 à Carrara, Italie +393290375357 irene.rovani@gmail.com Senza Titolo, 2018 Gravure sur charbon de bois Dimensions variables

Irene Rovani Accademia di Bella Arti di Firenze “Senza Titolo” Dans mon travail, je m’inspire toujours de la nature. Je travaille avec du charbon de bois sur bois et en général mon attention se porte sur les nervures des feuilles. Dans ce cas, je me suis plutôt concentrée sur leur forme, découpée sur des panneaux de bois qui s’assemblent pour former une structure et une forme qui varient selon l’espace et l’assembleur. C’est un travail en évolution continue comme la croissance des plantes. “Bucranio” Je voulais citer les travaux de Georgia O’Keeffee. J’ai fait Bucranio à travers ces «veines» qui répandent toute la sève nécessaire à la vie. Ce flux lent et fébrile de la vie permet en même temps le renouvellement continu qui passe aussi par la mort, ou plutôt par la transmigration d’une forme de vie à une autre.

“Senza Titolo” In my work I always take inspiration from nature. I work with charcoal on wood and usually my attention is focused on the veins of the leaves. In this case, instead, I concentrated on their shape, cut out on wooden panels that fit together to form a structure and a shape that will very depending on the space and the assembler. It is a work in continuous evolution like the growth of plants. “Bucranio” I wanted to quote Georgia O’Keeffee’s work. I made Bucranio through those «veins» that spread all the sap necessary for life. This slow and febrile flow of life at the same time allows the continuous renewalthatal so passes through death, or rather through the transmigration from one form of life to another.


Née le 19.05.87 à Pertuis 06 38 05 96 33 floresaunois@hotmail.fr L'intervalle (présent continu), 2019 Vidéo, son, 1’30, projetée en boucle, savon Dimensions variables

Vidéo d’un filet d’eau se déversant dans un récipient, projetée en boucle sur un bol en savon. Des paradoxes physiques et temporels se trouvent ici conciliés : le bol en savon se trouve rempli de l’eau immatérielle issue d’une vidéo, qui se déverse, à l’infini, en son sein. Le potentiel de désintégration, de disparition de la forme que la situation suggère ne se réalise jamais. Ainsi, comme constamment “sur le point de”, l’objet est plongé dans un état d’immédiateté, réceptacle d’un présent sans cesse recommencé.

Flore Saunois École Supérieure d’art et de Design Marseille Méditerranée Située au croisement de l’écriture et des arts plastiques, ma pratique s’inscrit dans une recherche sur le langage, sa matérialité, ses possibles traductions dans des formes, et son influence –réciproque– sur le réel. En résulte un travail constitué d’installations, vidéos, pièces sonores, performances ou éditions. Dans une relecture des principes de l’art conceptuel, des formes d’écriture pouvant s’apparenter à une certaine poésie contemporaine se frottent à un langage plastique, propre aux arts visuels. Souvent discrets, ténus, et d’une apparente simplicité, mes travaux invitent à une certaine qualité d’attention. Leur concision et sobriété plastique se trouve sans cesse contrecarrée par une ironie joueuse – poésie latente, sur la brèche toujours, entre dérisoire et existentiel, entre pérenne et fugace.

At the boundaries of writing and fine arts, my practice is a form of research on language, its materiality, its possible translations into forms, and its influence – reciprocal – on reality. The results of my research take on various media, comprising installations, videos, sound pieces, editions or performances. My work is situated in a re-reading of the principles of conceptual art. I use forms of writing associated with contemporary poetry and visual art writting, emphasising the plastic qualities of language. Often of discreet and modest appearance, the works invite a certain sort of attentiveness. Their deceptive simplicity is continuously thwarted by a playful irony – latent poetry, on the verge always, between derisory and existential, between ephemeral and longevity.

38 Né le 29.03.91 à Châtel-Saint-Denis, Suisse 00 41 79 488 59 98 bruno.schaubb@gmail.com TRAP, 2017 Sculpture digitale Photo : Bruno Schaub

Une sculpture digitale aux modalités d'apparition variées.

Bruno Schaub Haute école d'Art et de Design Genève Une large part du travail de Bruno Schaub découle de l’expérience de la technologie digitale, ses mutations et ses incidences sur nos vies et notre imagination. Les design d’interfaces, les jeux de puzzle sur smartphone, les plateformes sociales constituent une expérience continue qui infiltre chaque interstice de la vie quotidienne. Les humains et leurs appareils entretiennent des relations où la distinction entre la conscience et le monde algorithmique devient floue. La subjectivité se dilue et se transfère dans l’altérité digitale. Cette dissolution est à la fois un déni de nos sens et un retour à ceux-ci. Ainsi, l’imaginaire visuel du digital est à la fois éthéré et matériel. La nature et la technologie se confondent et un étrange folklore peut émerger. Bruno Schaub explore ce territoire à la manière d’un archéologue moderne ou d’un anthropologue du digital. Il cite ses découvertes tout en les incorporant à son propre langage visuel.

Much of Bruno Schaub’s work arises from the experience of digital technology, it’s mutations and the way it affects our life and imagination. Interface designs, smartphone puzzle games, social network platforms, constitute a continuous experience that infiltrates every space of every day life. Humans and their devices build a relationship where the distinction between consciousness and the algorithmic world blurs. Subjectivity is diluted and transfered to the digital otherness. This dissolution of the self is simultaneously a denial of our senses and a return to them. Thus, digital visual imaginary is both ethereal and material. Nature and technology blends with one another and a strange folklore emerges Bruno Schaub explore this territory as a modern archaelogist and digital anthropologist, quoting his finds while recycling it into his own visual language.


Né le 22.02.94 à Annecy 06 59 08 13 86 thomas.schmahl@me.com La coupe de rien, 2019 Techniques mixtes 200 x 900 x 650 cm Photo : Thomas Schmahl

La coupe de rien est un évènement non sportif qui détient son stade; dans lequel se déroule des chorégraphies, performances sonores. La durée totale de ces actions morcelées sur la période d’exposition est de 90 minutes, soit le temps d’une partie de football.

Thomas Schmahl école Supérieure d'Art et Design Reims La pratique de Thomas Schmahl se construit par assemblage, hybridation, elle est inhérente au montage d’éléments minutieusement choisis. Un médium en active un autre, et toutes ses productions se développent autour de cette problématique. Le statut des pièces est aussi flottant que la temporalité dans laquelle il nous plonge. D’une sculpture on glisse facilement au décor, un décor propice au tournage d’un film ou au développement d’une performance. C’est un travail du contenant qui sous-entend des contenus, un travail de l’enveloppe, du décor qui enrobe toute chose. Il n’y a pas de barrières. Les pièces versatiles créent un univers singulier qui n’appartient à aucune classification, dans lequel le temps douteux et la perception non linéaire ouvrent le champs des possibles.

Thomas Schmahl’s work is built by assembly, hybridization, and it is inherent in the assembly of carefully selected elements. One medium activates another, and all its productions develop around this issue. The status of the pieces is as floating as the temporality in which it plunges us. From a sculpture one slides easily to the scenery, a setting favorable to the shooting of a film or to the development of a performance. It is a work of the container which implies contents, a work of the envelope, of the decoration which coats everything. There are no barriers. The versatile pieces create a singular universe that does not belong to any classification, in which dubious time and nonlinear perception open the field of possibilities. Zoé Cosson

Zoé Cosson

39 Né le 30.05.92 à Nantua +32 476 27 56 02 selva.emmanuel@gmail.com Ensemble pictural #23 «Les montagnes bougent», 2018 Acrylique sur toiles et châssis assemblés, moteurs électriques, bois et visserie. 270 x 80 x 30 cm Photo : Emmanuel Selva

Ensemble pictural #23 «Les montagnes bougent» est entièrement créé sur base d’un enregistrement audio. L’onde sonore de la phrase «Les montagnes bougent» se voit ici transformée et interprétée. La toile devient alors son, l’onde est palpable, elle est visible. Le son devient alors toile, la peinture oscille, elle n’est plus statique. Avec l’aide du Secteur des Arts plastiques de Hainaut Culture Tourisme.

Emmanuel Selva école Supérieure des Arts Mons ARTS 2 Emmanuel Selva est un artiste plasticien pluridisciplinaire originaire de France, résidant et travaillant à Mons en Belgique. Il utilise la création plastique à des fins lui étant thérapeutiques, il analyse et mets en situation ses réflexions et malaises afin de s’en dissocier. Son travail mêle art abstrait et art conceptuel. L’écriture et le son se voient parfois intégrés en tant qu’acteurs principaux de ses recherches artistiques. Une certaine division entre les médiums lui permet de trouver le juste milieu entre ce qui sera exprimé et ce qui sera compris. La superposition de couche et l’annulation d’un procédé par un autre sont des gestes chroniques qu’il applique au sein de son travail, comme si le refus de ses émotions était un processus de création à part entière.

Emmanuel Selva is a multidisciplinary artist from France, living and working in Mons, Belgium. He uses artistic creation for therapeutic purposes, he analyzes and puts in situation his reflections and discomforts in order to dissociate himself from them. His work mixes abstract and conceptual art. Writing and sounds are sometimes integrated as the main actors of his artistic research. A division between the mediums allows him to find the right balance between what will be expressed and what will be understood. Layer superposition and cancellation of a process by another one are chronic gestures he applies in his work as if the rejection of his emotions was a creative process.


Né le 21.02.69 à Villeneuve sur Lot 06 41 40 91 46 thomasstefanello@orange.fr Résurgences, 2017 Sculpture 250 x 200 x 140 cm Photo : Thomas Stefanello

Thomas Stefanello école Supérieure d'Art des Pyrénées - site de Tarbes Mon regard porte sur l’entre deux. Je tente de donner à voir la mobilité dans les choses. Je réalise des œuvres qui proposent une réflexion autour de notre relation intime et sensible à l’existence. À travers la sculpture, la photo, la vidéo et l’installation, ma recherche est en relation directe avec la matière et prend essence dans les rencontres, les gestes, les traces et les objets d’usage quotidien. Elle consiste à interroger des vécus que je cherche à mettre en tension avec des notions a priori contradictoires où il est question de visibilité et d’absence, d’histoire et de mémoire.

The central concern in my work of sculpture, photography, vidéo and installation, is to propose a reflection around our intimate and sensitive relationship to existence. My artistic research begins in exchanges, gestures, traces and objets of daily use. It consists in questioning expériences that i confront with contradictory notions : visibility / absence - historical / current .

J’ai voulu représenter un objet trivial, un cageot. Le titre de l’œuvre, « résurgences », fait référence aux branches qui envahissent l’objet et s’en échappent en même temps qu’elles le constituent. C’est pour moi une manière de révéler l’objet inanimé, les gestes et le déplacement.

40 Née le 14.04.93 à Valence, Espagne +34 655592027 alicia.torres.simon@gmail.com 10 m of Gold, detail, 2017 Papier d'or résine et papier 120 x 1000 cm

10m of Gold est une pièce qui peut être pliée, roulée, plissées. Elle mesure 10m de long mais elle peut être adapté à l'espace d'exposition, dans ce cas au stand, parce qu'elle est très flexible. L'oeuvre est faite avec l'effet d'oxydation du papier d'or et de la résine acrylique.

Alicia Torres Simón Université polytechnique Valence Les œuvres présentées essayent de briser le concept traditionnel de « peinture » pour s’adapter au contexte contemporain. Je crée des « installations de peinture », créant un dialogue entre le spectateur et le contexte. Nous ne pouvons comprendre ces pièces sans l’espace où elles sont exposées. Les oeuvres semblent s’étendre dans l’espace et invitent les spectateurs à prendre part à l’œuvre, l’installation faisant partie intégrante de l’œuvre. Ces œuvres ont été créées en mixant de la feuille d’or et de la résine acrylique, cela donne un effet de peinture abstraite. Ces œuvres peuvent être pliées, roulées, plissées, etc. Les effets d’oxydation créent des pièces vertes et bleues causées par l’oxyde de l’or du matériau. Nous pouvons parler de peinture déconstruite.

The work that here we show tries to broken the traditional concept of “painting” to adapt in to the current Contemporary context. In the past, this works has been made from the painting on canvas that has been expanded to the art space. I create “painting on installation”, making a dialogue with the spectator and the context. We can´t understand these pieces without the space where they are exhibited. The pieces looks for expand themselves in the space to invite to the spectator to take part of the artwork, making the installation that it forms part of the piece. These woks have been created mixing golden paper and acrylic resin, and it give us the result of abstract painting. These works can be folded, rolled, wrinkle, and so on. And the works create the oxidation effects that makes the green and blue pieces caused by the oxide of gold of the material. We can talk about the painting of the dis-painting


Née le 24.12.94 à La Louvière, Belgique +32 474 706247 gaetane.verbruggen@laposte.net Sans titre 1, 2017 Huile sur bois préparé 15,5 x 21,2 x 4 cm

Gaëtane Verbruggen école Supérieure d'Art - Académie royale des beaux arts de Liège Mes travaux sont le témoignage de diverses sensations restées gravées dans mon esprit, qu’elles soient dupées par le temps ou non. Au cours de la recherche sur mes souvenirs, je me suis intéressée aux lieux oubliés. Ces sites remplis d’histoires, auxquelles personne ne prête attention. Ces lieux sans figure, dotés d’une lumière diffuse et intime, capables de nous rappeler une anecdote. Nous avons les moyens d’imaginer un passé, une histoire fictive en quelques secondes. Où se trouverait donc, si seulement elle existait, la limite entre la réalité et l’imaginaire ? Inconsciemment, nous sommes généralement en mesure de construire une image mentale cachée derrière les ouvertures de ces paysages d’intérieur. J’ai choisi d’utiliser la fenêtre pour révéler plusieurs propositions contradictoires ; l’intime et le public, le perceptible et l’imperceptible.

My works are the testimony of various sensations that remain etched in my mind, whether they are fooled by time or not. My works are the testimony of various sensations that have remained in my mind, whether or not they are fooled by time. During the research done on my memories, I became interested in forgotten places. These sites filled with stories, to which nobody pays attention. These places without figure, endowed with diffuse and intimate light, able to remind us an anecdote. We have the means to imagine a past, a fictitious history in a few seconds. Where would there be, if only it exists, the limit between reality and imagination ? Unconsciously, we are usually able to construct a mental image hiddenbehind the openings of these landscapes of interiors. I chose to use the window here to reveal several conflicting propositions; the intimate and the public, the perceptible and the imperceptible.

41 Née le 06.08.87 à Mexico, Mexique 07 82 59 61 31 Info.hafilms@gmail.com La création de Dieu, 2017 Installation sculpturale, réalisée en acier, plexiglas, filtres dichroïques et quatre-vingt LEDs programmés 150 x 150 x 150 cm Crédit photo : Marissa Viani

La lumière, comme point de départ à la création. L'illumination, qu'elle soit mystique ou physique, mène à la mise en forme de l'âme ou des matières. Produire une image de la création de Dieu, c'est le projet de Marissa Viani. L'œuvre produit une lumière singulière, qui rappelle celle des aurores boréales et des arcs-en-ciel. Flottante et translucide, l'œuvre reprend les formes d'une planète en construction, non encore (de)formée par sa rotation, géométrique, sortant à peine du chaos.

Marissa Viani Serrano Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains - Tourcoing L’univers est-il le chiffre parfait de Dieu ? Quand on s’approche de La Création de Dieu on comprend que la géométrie n'est qu'une approche du chaos originel : les hommes l'ont inventée, comme ils ont inventé Dieu, afin de retrouver l'intelligence de l’origine. On comprend que l'origine est une lumière en avant : elle ne cesse à chaque instant de faire tourner sur elles-mêmes les planètes, les corps, le sommeil et la veille, l'amour et la mort. Ça commence avec des points qui s'allument dans la nuit, on tourne autour, on croit voir la lumière, mais on n'en perçoit que les reflets sur les parois : on est dans la caverne que Platon a imaginé pour nous faire comprendre à quel point notre perception de l’univers n’est qu’illusoire : nous fraternisons dans l’inessentiel, nous croyons voir et vivre, peut-être même aimer. Yannick Haenel

Is the universe the perfect cipher of God? When we approach The creation of God we understand that geometry is merely an approach to the original chaos: men invented it, as they invented God, in order to regain the sense of the origin. We understand that the origin is a light put forward: at every moment it’s constantly sending spinning planets, bodies, sleep and waking, and love and death. It starts with little dots that light up in the night, we walk around, we think we can see light, but we perceive only the reflections on the walls: we are in the cave imagined by Plato as a way of conveying the extent to which our perception of the universe, and of any phenomenon, is merely illusory: we fraternize in the inessential, we think we see, we thing we live, and perhaps we even think we love. Yannick Haenel


Né le 17.01.90 à Ning Bo, Chine +49 17655438421 wanghailin130@gmail.com Grünes Leuchten, 2017 Huile et acrylique sur toile 150 × 175 cm Photo : Dennis Wendlinger

Les émoitions s'appuient sur les couleurs en constante évolution, et c’est un danseur qui se détache de votre corps et est capable de danser aussi librement que possible.

Hailin Wang Staatliche Akademie der Bildenden Künste Karlsruhe Hailin Wang s’inspire souvent du hasard de la vie, de paysages ou d’objets ordinaires. L’image se compose spontanément de figures inspirées à la fois du souvenir et de l’imagination, mêlant couleurs, effets de lumière et ombres fantastiques, se jouant des angles de perspective désaccordés et des techniques traditionnelles de la peinture. La lumière bigarrée, des bois floutés, des lampes, des herbes, des maisons dans l’image sont toutes des choses familières. Mais combinées ensemble, elles créent un sentiment étrange, de sorte qu’on se sent interpelé et aspiré en les regardant. Et cette rêverie instantanée est renforcée par la couleur non réaliste appliquée dans la peinture.

Most of Hailin Wang inspirations come from the most common scenery items that she meets in life, and the pictures are the image between memory and imagination. There is unique color and effects of light and shadow and the uncoordinated perspective and traditional skills of painting are integrated in the pictures. The mottled light, blurred trees, lamps, grasses and houses in the pictures are familiar things, but there is a sense of strangeness when all of these are mixed up, so that people will be confused in the moment of observation. The imagination of that moment is put to the maximum by the nonrealistic colors (used in the pictures).

42 Née le 11.07.91 à Gujiao, Chine 06 58 32 93 19 wuhuimin1991@gmail.com Divination de la carrière, 2019 Animation 3D, stéréo, 3’30" Photo : Huimin Wu

L’artiste considère sa première exposition personnelle comme la cérémonie d’inauguration de sa carrière. Elle essaie d’utiliser la divination pour se guider vers la construction d’une vie parfaite et brillante. L'exposition est donc analysée comme un objet de divination. Huimin WU associe ce modèle d'orientation comportementale singulier à la création, et utilise pour ce faire l'espace de la galerie Incognito à Paris.

Huimin Wu Pavillon Bosio - école Supérieure d'Arts Plastiques - Monaco En raison d’une certaine méprise, je suis née en 1989 et en 1991 (une date est authentique, l’autre est officielle). L’année de ma naissance dépend de la circonstance à laquelle je suis confrontée. Cette ambiguïté m’a amenée à considérer les choses depuis plusieurs points de vue, de façon mouvante. Dans une société normative, chaque individu peut évoluer vers un point nodal où se situe sa variance. En ce sens, je considère mes créations comme une réaction aiguë au stress pour représenter un état à un moment donné de manière ludique et modérée. La précision - l’imprécision, l’entente - le malentendu, le visible l’invisible, peuvent être simultanés. Au travers du récit d’un état instable, empruntant des chemins relationnels différents, je questionne la construction de l’individu, dans un monde qui tend à assimiler et dissoudre l’ego.

Because of some misunderstanding, I was born in both 1989 and 1991 (one of those dates is the real one, the other is the official one). My birth year depends on the circumstances I’m confronted with. This ambiguity led me to consider things from different points of view in a moving way. In a normative society, each individual can evolve toward a nodal point where their variance is situated. Accordingly, I considering my creations like an acute reaction to stress in order to represent a state at a given moment in a playful and moderate way. Precision - imprecision, understanding - misunderstanding, visible - invisible - both elements of each pair can be simultaneous. Through the tale of an unstable state, following different interpersonal paths, I question the construction of individual, in a world that tends to assimilate and dissolve the ego.


Collectif Née le 20.11.84 à Brescia, Italie +39 573 7040 ilazim.facchi@gmail.com Spider's Anasyrma, 2019 Installation vidéo 90 cm Photo : Ilaria "ZIM" Facchi

Née le 04.02.93 à Jiang Su, Chine +39 366 100 9331 quinziacigliessi@gmail.com

Accademia di Belle Arti di Brera

+ Ilaria "ZIM" Facchi + Xia Shuyu L’araignée soulève sa toile. C’est le geste de l’Anasyrma, il nous dévoile ce qui était invisible auparavant. Ce sont ses organes génitaux, masculins et féminins, parce que dans ce nouveau corps artificiel le sexe, le genre, il n’a aucune importance. Ce qui, au debut, servait à la reproduction est maintenant confié aux machines, au corps-berceau synthétique et amputé. Ce n’est pas un ventre de chair qui berce cet embryon, il est nourri et soutenu par un entrelacement des cables. Insolites sont aussi les personnages qui se bougent, qui luttent, qui interagissent entre eux sur un fond noir, le corps du foetus moderne. Ce sont des reliques, un ancien héritage du genre, appartenues à une réalité differente, plus intérieure et viscérale, primitive encore, où l’Araignée Vagin et le Fleur Pénis s’affrontent sur le sexe et la dominance.

The spider raises it’s web. It’s the Anasyrma gesture, it’s revealing to us what before was invisible. They are it’s genitals, masculine and feminine, because in this new artificial body the sex and the gender have no importance anymore. What originally was needed for reproduction is now entrusted to machines, to a synthetic and mutilated body-cot. There’s no womb of flesh to cradle this embryo, it’s nourished and sustained by a braid of wires. Also unusual are the strange figures that move, fight and interact with each other against a black background, the body of the modern fetus. They are relics, an antique heritage of the kind, belonging to another reality, more internal and visceral, relatively primitive, in which the vagina spider and the penis flower compete about sex and dominance.

Le mot “sexe” fait exclusivement référence à l’anatomie d’une personne, alors que “genre” désigne la perception que chaque personne a de soi-même en tant qu’homme ou femme (c’est-àdire l’identité de genre). Le mannequin hermaphrodite est positionné dans un coin de l’espace plongé dans le noir. Le texte rougeoyant apparaît dessus. Ces mots proviennent des réseaux sociaux. Ils retranscrivent la perception des homosexuels et des transgenres en exprimant la peur des gens, tant positive que négative. Sur le sol, une image B-échographique du ventre de la mère, et deux voix discutent du sexe du bébé. Tout le monde est confus et nourrit des doutes sur les comportements et les caractéristiques de l’identité de genre. Il n’y a pas de pure «femme» ou de pur «homme», la «vision» personnelle de son propre sexe est une nouvelle vision de soi.

The word “sex” refers exclusively to the anatomy of a person, while “gender” refers to the perception that each person has of himself a male or a female(ie gender identity). The hermaphrodite mannequin is positioned in the corner of the space, the dark spotlight makes the words slowly flow the text through the body of the sculpture and illuminates the statue. These words derive from the perception and evaluation of the masses of LGBTon the Internet and in various media. On the ground is a B-ultrasound image of the mother’s womb, and two voices discuss the gender of the baby. Everyone is confused and has doubts about the behaviors and characteristics of gender identity. There are no “pure” female or “pure” male , the personal “vision” of one’s own gender is a new vision of the self.

Are you sure, 2019 Installation vidéo 180 cm Photo : Shuyu Xia

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Collectif ok Né en 2017 à Caen 06 35 40 41 74 collectifok@gmail.com OK 20m², 2019 Diverses techniques 20m² Photo : OK CREDIT PHOTO

école Supérieure d'Art et Médias Caen/Cherbourg

+ Paul Lepetit + Marianne Dupain + Mathilde Sevaux + Amalia Vargas

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Comme pour chaque événement/exposition que nous organisons, nous invitons des artistes à travailler avec nous. Pour mulhouse 019, nous avons eu l’idée d’inviter tous les candidats de l’ESAM Caen/Cherbourg ayant postulé en candidats libres, afin de représenter au mieux les différentes pratiques qu’on vu passer notre école. Dans un paysage de carton seront présentées les oeuvres de 15 jeunes artistes : Pierre Casas, Jonathan Cypres et Célile Gallo, Clément Davoux, Antoine Duchenenet, Rudy Dumas, Marianne Dupain, Léo Fourdrinier, Jung Huh, Paul Lepetit, Leticia MartinezPerez, Tom Nadam, Lou Parisot, Alexie Turgis, Mathilde Sevaux et Amalia Vargas.

Le collectif OK, créé en 2017, se compose de jeunes artistes issus de l’école supérieure d’arts et médias de Caen/Cherbourg. Collectivement nous travaillons sur des projets d’expositions par l’occupation d’espaces singuliers. Appartements, garage, backstages de salle de concert, église désacralisée ou encore Frac show, nous pensons la relation des oeuvres à l’endroit qui les accueille, détournant les codes des lieux d’exposition traditionnels. Mettant en dialogue diverses pratiques et médiums, nous voulons interpeler un public large et leur donner des ouvertures sur nos pratiques. Notre volonté est de dynamiser notre visibilité, de proposer de nouveaux paysages artistiques mettant en avant la jeune création émergente.

The OK collective was created in 2017 by young artists from the College of Arts and Media of Caen/Cherbourg. We work collectively on exhibition projects, investing singular spaces. Apartments, garage, concert hall backstage, desecrated church or Frac show, we rethink the relationship between the works and the place which receives them, hijacking the codes of the traditional exhibition places. By putting into dialogue various practices and mediums we want to reach a wide audience and give them openings on our practices. Our desire is to increase our visibility, to propose new artistic landscape highlighting the young emerging creation.


Collectif t.v.a Nés les 28.10.93 et 22.09.94 à Paris, Créteil 06 73 17 88 90 / 06 37 06 34 98 dourneauambre@gmail.com theo.bed.th@gmail.com Capital Universel, 2019 Installation Dimensions variables Photo : T.V.A

école Nationale Supérieure d'Art Bourges

+ Ambre Dourneau + Théo Bédard

45 Pour la biennale de la jeune création de mulhouse 019, le collectif T.V.A développe une pharmacopée à partir du concept rhizomique de l’arbre-phylogénétique. Sur cette base de données, il.elle. confectionne des « fables-antidotes» démystifiants les signes sociétaux et environnementaux

« T.V.A » (Thérapie sur Valeur Allégorique), est un collectif d’artistes, chercheurs et thérapeutes. Il recherche l’information par data transmission. Devenir-fiction, comme moyen de subversion des normes. « T.V.A » transforme la notion de Taxe sur la Valeur Ajoutée basée sur une estimation économique rationnelle, en Thérapie sur Valeur Allégorique qui pense un capital terrestre via la fable. Outre l’idée d’une utopie, « T.V.A » construit une histoire du mystère, de l’anonyme. Il propose une ré-interprétation des croyances contemporaines affectants les quotidiens, vers un témoignage écologique. Quel héritage à nos successeurs terriens ? Comment rendre conte de la complexité du monde ?

« T. V. A » (Therapy on Allegorical Value), is a collective of artists, researchers and therapists. It’s looking for information by data transmission. Become-fiction, as a means of subverting standards. « T.V.A » transforms the notion of Value Added Tax based on a rational economic estimation, into Therapy on Allegorical Value that thinks of a land capital through fable. Beyond the idea of a utopia, « T. V. A » creates a history of the mystery, the anonymous. It proposes an ré-interpretation of contemporary beliefs affecting daily life, for an ecological testimony. What legacy for our Earth successors? How can we transcribe the complexity of the world?


Collectif Nés le 21.01.93 et 20.10.90 à Paris et Cognac 06 62 34 56 22 et 06 37 46 57 98 garance.poupon.joyeux@gmail.com et alexandre.arbouin@gmail.com Satisfying Art (Composition 1), 2019 Impression numérique 200 x 112 x 0,1 cm Photo : Garance Poupon-Joyeux & Alexandre Arbouin

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Entre le phénomène buzz des chats sur le web et les vidéos satisfaisantes, revisite ces pratiques sociales du numérique en proposant de nouveaux paysages fictifs au format de fonds d'écran pour smartphone où les arbres à chat remplacent les arbres traditionnels et se présentent comme de véritables sculptures contemporaines.

école supérieure d'art et design Le Havre/Rouen - site de Rouen

+ Garance Poupon-Joyeux + Alexandre Arbouin À l’ère du post-internet, de nouvelles pratiques sociales en ligne - ou non - émergent. Le travail du duo interroge ces nouvelles habitudes de perception et de communication. Reprenant le buzz des chats sur la toile, les meme, les fan-fictions, le cosplay, le surdéveloppement du personal branding, le duo joue des formes et usages actuels qu’il pousse aux confins de la superficialité. Une superficialité extrême pour nous renvoyer, paradoxalement, au gouffre des questions qu’elle semble pourtant écarter. Comment penser notre rapport à l’image et à la mise en scène de la vie quotidienne ? Quel recul prendre vis-à-vis de nos nouvelles possibilités de communication ? Un trop plein de sucreries pour nous rappeler une évidence : si l’art peut être le terrain de l’artifice, il n’en est pas moins le miroir de la société dans laquelle il se développe.

In the post-internet age, new social practices online - or not - are emerging. The duo’s work questions these new habits of perception and communication. Embracing the buzz of cats on the web, the meme, the fan-fictions, the cosplay, the overdevelopment of the personal branding, the duo plays with forms and current uses that they push to the edge of superficiality. An extreme superficiality to send us back, paradoxically, to the abyss of questions that it seems to dismiss. How to think our relationship to the image and staging of everyday life? What step back to take from our new communication possibilities? An overflow of sweetness to remind us an obviousness: if art can be the place of artifice, it is nonetheless the mirror of the society in which it develops.


Les participants Léa Beaubois / ERG Bruxelles

Lorenzo Lunghi / ADBA Carrara Bergame

Clément Bedel / ENSAD Nancy

Greta Magyar / Muthesius Kunsthochschule Kiel

Delphine Bertrand / EESAB Quimper

Valeriya Malinova / EMA du Grand Chalon

Nicole Billeter Mischler / Hochschule Luzern Design & Kunst

Maïté Marra / ENSBA Lyon

Hugo Bonnifait / HEAR Strasbourg

Léa Martin-Habif / ESBA TALM Tours

Merryl Bouchereau / ESAD Saint-Etienne

Bogdan-Ștefan Matei / Faculty of Arts and Design, West University of Timisoara

Mégane Brauer / ISBA Besançon

Caroline Micoloi / University of Applied Arts Vienna

Rebecca Brueder / ESA Pyrénées Tarbes

Marion Mounic / ESA Pyrénées Tarbes

Zoé Brunet-Jailly / ESA Nord-Pas-de-Calais Tourcoing

Norman Nedellec / ESA Clermont Métropole

Victor Brustet / ESAD Grenoble Valence

Hannes Nienhüser / Muthesius Kunsthochschule Kiel

Dorothee Brübach / Muthesius Kunsthochschule Kiel

Marine Nouvel / ESADHaR Rouen

Jeanne Cardinal / ENSA Limoges

Raphaël-Bachir Osman / HEAR Mulhouse

Maxence Chevreau / EESAB Quimper

Helena Otto / Hochschule für Kunst Bremen

Pierre Combelles / ESA Aix-en-Provence

Lucas Pastor / ESBA TALM Le Mans

Nicolas Degrange / ESBA Bordeaux

Elodie Paupe / ENSAD Nancy

Kevin Desbouis / ESA Clermont Métropole

Justine Pillon / ESAD Valenciennes

Jie Ding / ESA Nord-Pas-de-Calais Dunkerque

Arsène Prat / EESI Angoulême

Marie Dubois / ESBA TALM Tours

Céleste Richard Zimmermann / ESBA Nantes Métropole

Antoine Duchenet / ESAM Caen

Clara Rivault / ENSAV La Cambre Bruxelles

Maëlle Dufour / ENSAV La Cambre Bruxelles

Isabelle Rodriguez / ESBA Nîmes

Naser Dushica / ESA Clermont Métropole

Jade Rousset / HEAR Strasbourg

Aurélien Finance / HEAR Mulhouse

Irene Rovani / ADBA Firenze

Cassandre Fournet / isdaT Toulouse

Flore Saunois / ESAD Marseille Méditerranée

Moussa Fredj / ENSAD Paris

Bruno Schaub / HEAD Genève

Louis Frehring / EESAB Brest

Thomas Schmahl / ESAD Reims

Vincent Gallais / HEAR Strasbourg

Emmanuel Selva / ESA ARTS² Mons

Jean-Baptiste Grangier / ESAL Metz

Thomas Stefanello / ESA Pyrénées Tarbes

Claire Guetta / EESAB Rennes

Alicia Torres / Polytechnic University of Valencia

Sebastian Haas / Hochschule Luzern Design & Kunst

Gaëtane Verbruggen / ESA Ville de Liège - Académie Royale des Beaux Arts de Liège

Emma Haëck / HEAR Mulhouse

Marissa Viani Serrano / Le Fresnoy Tourcoing

Nabila Halim / ENSAD Nancy

Hailin Wang / Staatliche Akademie der Bildenden Künste Karlsruhe

Louise Hallou / ENSAD Paris

Huimin Wu / Pavillon Bosio-ESAP Ville de Monaco

Naomi Heinrich / ESBA MoCo – Montpellier Contemporain

Ilaria ZIM Facchi / ADBA Brera & Shuyu Xia / ADBA Brera

Barbara Kairos / ESBA TALM Angers

Garance Poupon-Joyeux & Alexandre Arbouin / ESADHaR Rouen

Tzu-chun Ku / ESAD Marseille Méditerranée

Collectif Ok (Paul Lepetit, Marianne Dupain, Mathilde Sevaux & Amalia Vargas)

Celia Längle / F+F Schule für Kunst und Design Zürich

ESAM Caen/Cherbourg

Alexandre Le Bourgeois / ESADHaR Le Havre

Collectif T.V.A. (Ambre Dourneau, Théo Bédard) / ENSA Bourges

Elsa Leroy / EESAB Rennes

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Lauréats mulhouse 017

Mutuus 10.06 — 01.09 Boryana Petkova et Cédric Esturillo Cacciarella

Musée des Beaux-Arts 4, Place Guillaume Tell - 68100 Mulhouse Tél : 03 89 33 78 11 Exposition ouverte du 10 juin au 1er septembre 2019 Entrée libre tous les jours sauf les mardis et jours fériés Juin : 13h – 18h30 Juillet et août : 10h – 12h & 13h – 18h30 Septembre : 13h – 18h30

Photographie percée, anneau, 2019 – Tirage numérique Crédit photo : Boryana Petkova

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Les œuvres de Boryana Petkova proposent une nouvelle perception de l’espace si subtile qu’elles interrogent notre capacité à y prêter attention. Elles convoquent les liens entre les êtres et nos possibilités d’aller plus haut, d’avancer, pas à pas. Une vidéo montre des mains qui se rencontrent en dessinant. Une tension émane de ses sculptures, entre force et fragilité, une envie de toucher dont il faudrait se méfier. Elles renvoient aux relations qui peuvent si facilement se détendre ou se briser, suggèrent la distance et la proximité. L’artiste intervient dans l’architecture pour donner la sensation d’une ascension poétique, d’un certain trouble et en même temps quasi imperceptible. Ses dessins de mains, à différentes hauteurs, surgissent comme des présences, fantômes de ces premières pièces. Boryana Petkova invite à prendre conscience de chaque geste, comme une étape pour accéder plus loin et toucher nos limites. Ses œuvres contiennent du temps, un potentiel changement. Ses installations in situ, qui surélèvent l’espace, provoquent un basculement de nos points de repères. Par ces insertions quasi invisibles dans l’architecture, intérieure et extérieure, l’artiste nous amène à prendre le temps de regarder : une métaphore du soin qu’on peut apporter à chaque moment de la vie pour leur donner toute leur importance. En nous mesurant à l’espace, nous nous mesurons à l’autre. Ses œuvres se relient ensemble par leur transparence, finesse et préciosité et nous convient à des allers-retours, du sol jusqu’au plafond. Pauline Lisowski

Palazzo Mutation #1, 2019 – 21 x 29, 7 cm – Aérographe Crédit photo : Cédric Esturillo Cacciarella

Le voyage commence avec une impression d’éblouissement ; l’œil est saturé de couleurs et de formes. C’est une île volcanique, mythologique, ancestrale. Nous sommes en Sicile. Cédric Esturillo Cacciarella remonte le fil de sa propre histoire. C’est une île fantasmée, presque irréelle. En s’approchant, les sensations deviennent plus douces. Nous nous laissons hypnotiser par des surfaces laquées encadrées de roches factices, happer par une coulée de papiers colorés. La peinture et la sculpture en trompel’œil nous emmènent en promenade dans un jardin baroque. Nous nous surprenons à rêver à la fraicheur des marbres italiens. Puis soudain surgit une pièce de la collection du musée de Mulhouse. Les époques se confondent : dans quel passé ou quel futur sommes-nous tombé.e.s ? Le voyage se terminera peut-être avec un détail. Une perle irrégulière. Ces petits objets qu’on glisse dans les poches, qui semblent insignifiants et qui pourtant évoquent l’excursion mieux qu’une photo : c’est la cuillère en plastique de la glace dégustée ou le cure-dent emballé dans le papier décoré du restaurant dont on a oublié le nom. C’est le souvenir d’un moment heureux, partagé. Cette idée du partage est au cœur du travail de Cédric Esturillo Cacciarella. Elle prend tout son sens dans l’exposition Mutuus, pensée en dialogue, en réciprocité. Elise Bonnard


Expositions

O(ff)19 08 — 18.06 Pour la 5ème année consécutive, Mulhouse Art Contemporain (MAC) présente 0(FF), un événement en marge des biennales artistiques organisées à Mulhouse. Cette année, à l’occasion de mulhouse 019 l’appel à projets est lancé pour une œuvre numérique, inscrite dans le champ de l’art contemporain. Elle sera déployée à Mulhouse sur le mobilier urbain - panneaux d’affichage numérique JC Decaux - de Mulhouse, au moment de la biennale de la jeune création contemporaine et de la Basel Art Fair. Ce projet est réalisé en partenariat avec le Service communication de la Ville de Mulhouse. Avec 0(FF)19, MAC renouvelle sa volonté d’aller à la rencontre d’un public qui ne s’y attend pas, en faisant irruption dans l’univers publicitaire urbain. MAC, créée en 1982, a pour but de promouvoir l’art contemporain à Mulhouse et dans la région des 3 frontières, en développant divers événements et projets, avec une volonté de transmission à tous les publics.

Mulhouse Art Contemporain Cour des Chaînes 15 rue des Franciscains - 68100 Mulhouse stephanie.fischer@laposte.net / mulhouseartcontemporain@yahoo.fr www.mulhouse-art-contemporain.fr

Confrontations L’espace public constitue un défi. L’information visuelle y est de plus en plus présente, comme autant d’interpellations de l’attention et du regard qui se démultiplient sur tous les écrans possibles. L’irruption d’un discours artistique dans un contexte où prédomine une communication commerciale ou urbaine relève d’un défi proposé aujourd’hui dans le cadre de l’appel à projet de 0(FF)19. Au contexte urbain et publicitaire du mode de diffusion choisi – les panneaux électroniques Decaux – s’ajoute la contrainte du format vertical qui renvoie aujourd’hui très fortement aux nouveaux usages de consommation sur écran de smartphone ou aux stories des réseaux sociaux. A une époque où la vitesse impose sa loi, où l’accélération constante de la communication et des échanges crée une sorte de « all over » ininterrompu d’informations et de sollicitations, comment un artiste peut-il, en une poignée de 10 petites secondes, délivrer sa parole, fixer l’intérêt, la curiosité, la surprise, la réaction de son spectateur, passant de la rue, automobiliste arrêté au feu rouge ? Comment peut-il installer sa démarche dans cette dialectique qui voit d’affronter le réel vernaculaire et l’imaginaire ? Dominique Bannwarth, président de MAC

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Un Paon et un Hippopotame se lancent dans un Débat Existentiel 06.06 – 25.08

Expositions

Exposition de Basim Magdy L’exposition bénéficie du soutien de Pro Helvetia et du Département Culturel de la Ville de Bâle. Mulhouse Art Contemporain est partenaire de La Kunsthalle.

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Attiré par les sciences, l’inexplicable, l’impressionnant, Basim Magdy reconnait par ailleurs un attrait pour la beauté des mots, la musicalité d’un son ou l’harmonie d’une gamme colorée. Artiste d’origine égyptienne, il a gardé de ses ancêtres le goût des grands projets. Que ce soit en peinture, en photographie ou en images filmées, Basim Magdy compose à partir de prélèvements du monde qu’il observe. Il extrait des images, il les façonne, les détourne comme un scientifique tente des expériences à partir du réel pour obtenir une réalité secondaire. Il obtient alors une nouvelle matière avec laquelle il questionne l’existentiel ou raconte une histoire plus personnelle. A Peacock and a Hippo Walk Into an Existential Debate est avant tout le titre du nouveau film écrit et réalisé par Basim Magdy. Produit par La Kunsthalle Mulhouse, il sera présenté pour la première fois à l’occasion de l’exposition éponyme. Autour de ce film, une sélection de photographies inédites, de peintures, de vidéos, d’installations trouveront place dans un espace entièrement peint selon les instructions de l’artiste. L’exposition fonctionnera comme une œuvre globale dans laquelle le spectateur sera accueilli et invité à trouver sa propre place.

La Kunsthalle Mulhouse, centre d’art contemporain La Fonderie 16, rue de la Fonderie 68093 Mulhouse Cedex Tél. +33 (0)3 69 77 66 47 kunsthalle@mulhouse.fr www.kunsthallemulhouse.com Exposition du 6 juin au 25 août 2019 Samedi au mardi : 14h — 18h Mercredi au vendredi : 12h —18h Lors de la Foire de Bâle, La Kunsthalle vous accueille du 11 au 13 juin de 10h à 18h et le 14 juin de 10h à 22h Fermé les lundis et mardis en juillet et août, les 10 juin, 14 juillet & 15 août

Basim Magdy, New Acid Production en cours, 2019 ©Basim Magdy


Glissements progressifs du récit 21.05 — 07.07

Expositions

Maria Malmberg, Lisa Lurati, I II III (Tim Bohlender, Uta Pütz, Claudia de la Torre), le Ministère de l'impression et les étudiants de la HEAR (Année 1) Maria Malmberg (lauréate du Prix Filature de la biennale de la jeune création contemporaine mulhouse 017), Lisa Lurati, Tim Bohlender, Uta Pütz, Claudia de la Torre, Le Ministère de l’impression et les étudiants de première année de la Haute école des arts du Rhin (HEAR) façonnent individuellement ou en groupes des univers visuels singuliers où la photographie est utilisée comme matériau brut. Les provenances, les supports et les textures des images, la façon dont elles sont recyclées, détournées, mises en scène, encadrées, scannées, sérigraphiées, imprimées - sur papier, tissu, miroir, polyester transparent - créent des univers particuliers où le jeu graphique ou d’écriture collectif tient un rôle important.

— Exposition du 21 mai au 7 juillet Vernissage samedi 8 juin 11h Dans le cadre de mulhouse 019, biennale de la jeune création dans l’art contemporain — Club sandwich jeudi 23 mai 12h30 — APÉRO PHOTO vendredi 21 juin 19h15 LA FILATURE, SCÈNE NATIONALE – MULHOUSE 20 allée Nathan Katz – 68100 Mulhouse Tél. +33 (0)3 89 36 28 28 / www.lafilature.org Du mardi au samedi : 11h — 18h30 Soirs de spectacle et dimanches : 14h — 18h Membre de Versant Est et de La Régionale

Scent of Light I © Maria Malmberg

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Expositions

DISCIPLINE 07.06 — 07.07 Exposition collective au Séchoir Le SECHOIR 25 rue Josué Hofer - 68100 Mulhouse www.lesechoir.fr Exposition collective du 8 juin au 7 juillet 2019 Samedi et Dimanche 14h – 18h Vernissage le samedi 8 juin à 18h

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La programmation du Séchoir est organisée en cycles pour permettre une grande prise en compte des pratiques artistiques actuelles. Elle s’appuie à la fois sur les artistes résidants du Séchoir, sur les artistes ayant un ancrage dans la région mulhousienne et plus largement GRAND EST mais aussi sur les coups de cœur de l’équipe. POSTURES est un cycle d’expositions collectives autour de thématiques choisies par les artistes du Séchoir. L’idée est de proposer un panorama large de la création actuelle en accueillant des artistes qui ne sont pas forcément résidents du lieu. Les oeuvres exposées sont autant des postures individuelles - qui répondent à des questionnements plastiques mais aussi sociaux - qu’un corpus pouvant avoir valeur universelle. A l’occasion de la biennale mulhouse 019, le Séchoir a proposé à deux jeunes diplômés de la HEAR, Pablo STAHL et Vincent Lo BRUTTO, une carte blanche avec comme seule contrainte que tous les artistes exposés soient issus de cette école. Ils ont imaginé et construit “DISCIPLINE”.

Discipline. Une œuvre d’art doit-elle prendre place dans un univers à contrainte ? Dans le cadre de mulhouse 019, Pablo Stahl et Vincent Lo Brutto, étudiants à la HEAR Mulhouse, proposent l’exposition « Discipline ». Cette exposition réunit au Séchoir douze étudiants, tous ayant un lien avec la HEAR Mulhouse (actuels ou anciens étudiants). L’exposition « Discipline » rend compte des différentes propositions d’artistes à la problématique : « une oeuvre doit-elle prendre place dans un univers à contraintes ? » Cette question a pu être abordée de plusieurs manières : la définition de « contrainte » est d’autant plus large qu’elle apporte des pistes de réflexions infinies. Le terme « Discipline » se veut autoritaire et cherche à définir la justesse propre à tout artiste. Qu’elle soit artistique, formelle, théorique, plastique, thématique, politique, ... Il semblerait que la contrainte soit le moteur de la création. Les artistes invités sont : Neckar Doll, Léa Kreitmann, Nahrae Lee, Nina Savey, Emmanuel Michaud, Julia Mancini, Gilda Laucher, Katarina Lanier, Vincent Lo Brutto, Lena Beckerich, Ange-frederic Koffi et Pablo Stahl.


Shot reverse shot 06.06 — 02.08

Expositions

Julie Deutsch

Avec le soutien de l’Ensad-Nancy. L’Ensad-Nancy finance en partie la production de l’exposition Julie Deutsch (Strasbourg, 1991) vit et travaille entre Strasbourg et Bruxelles. Diplômée en 2016 de l’Ecole nationale supérieure d’art et de design de Nancy, elle est lauréate du Prix du Centre Culturel Français, à la biennale de mulhouse 017. En se confrontant aux réalités des lieux à l’intérieur desquels elle souhaite agir, Julie Deutsch développe une œuvre où se déploie un ensemble de paysages politiques, de détails significatifs, de traces où cohabitent la brutalité du présent et la nécessité d’une mémoire préservée. 
En prenant le temps et la distance nécessaires à sa démarche plastique, l’artiste avance, pas à pas, dans une réflexion visuelle et critique portée sur les mécanismes de domination, de contrôle et de surveillance. La Palestine, ou le monde arabe dans son ensemble, constituent à ce jour un terrain de recherche et d’expérimentations permettant de mettre en lumière une humanité complexe, des histoires empêchées, des corps contraints, restreints, assignés à un territoire.

Prendre la Mesure (extrait),

— Exposition jusqu’au 2 août 2019 Vernissage jeudi 6 juin 19h Julie Deutsch : juliedeutsch.net Centre Culturel Français Freiburg Münsterplatz 11 – im Kornhaus 79098 Freiburg im Breisgau https://ccf-fr.de Horaires d’ouverture Lundi jeudi 9h — 17h30 Vendredi 9h — 14h Samedi 11h — 14h Aucun samedi d’ouvert en juin

Julie Crenn, septembre 2018

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Champ, contrechamp, Julie Deutsch. 2018


Dans le cadre de mulhouse 019 et en partenariat avec le Noumatrouff, Punisher présente

Concert

La Punisher Party X 07.06 • 21h15

Vendredi 7 juin au Noumatrouff - Ouverture du site : 20h - Tarif : 5 euros

Choolers Division Be

Hip Hop/Tip Top

Ce duo de rappeurs ont déjà un palmarès impressionnant, entre les Transmusicales, les Eurockéennes, Sonic Protest, n’en jetez plus… Rappeurs trisomique avant-gardistes, amateurs de flow azimutés, accompagnés d’une musique ciselée. Dignes fils d’Arthur Cravan, Choolers Division en sont les héritiers. Gardiens du temple, avant-garde du Hip Hop, faisant passer certains rappeurs pour des chanteurs de comptine. Bref vous aurez compris que Choolers Division vous propulse plus loin que le futur. C’est l’avenir de l’avenir. www.thechoolers.org www.hoolersdivision.bandcamp.com www.facebook.com/TheChoolers

Punisher

Mélangeons nos oreilles ! Dans un siècle qui nous pousse à s’agglomérer comme des matriochkas éliminant la différence, Punisher vous propose de vous mélanger, de se permettre un grand écart, de se rassembler autour de la musique en oubliant un instant qui nous sommes pour aller vers l’inconnu, de prendre de la hauteur, d’accepter le décalage, d’accepter de perdre ses repères. Cette édition est placée sous l’angle de l’ouverture à 360°, de l’acceptation de la différence, du droit à ne pas rester dans une musique restreinte que d’une décennie d’algorithmes étriqués nous poussent à écouter. Donc quoi de plus naturel que d’aller vers le handicap, de se dire que chacun à droit à sa place et à être créateur d’émotions. Choolers Division, emmené par 2 chanteurs trisomiques, est LE groupe pour ouvrir le bal et nettoyer nos oreilles à travers leurs flow. A-WA nous permettra ensuite d’exécuter une quintuple pirouette, ce qui nous amènera à découvrir notamment des chants yéménites traditionnellement réservés aux hommes. Il va falloir être agile de vos pieds mais aussi être pratiquant d’une gymnastique musicale certaine.

Fr

Electro de partout d’où tu viens Mauvais DJ depuis des années, il ne fera pas mieux cette fois-ci. Pour lui, savoir caler 2 morceaux entre eux est accessoire, faire des breaks en criant «ça va Mulhouse ?» est une escroquerie intellectuelle. Punisher reste un expert question perle sonore, amateur éclairé de musiques décalées et percutantes. Une bonne mixture que l’on retrouve dans la programmation de la Punisher party qu’il concocte, seul ou à plusieurs, depuis 2003. Son objectif ultime est de provoquer une «peste dansante» qui vous tiendra jusqu’à ce que vos jambes en tombent. www.nocarly.org

A-WA Isr

Electro/Sucrée Le rêve de pouvoir recevoir ces 3 sœurs israéliennes qui chantent des chants traditionnels yéménites sur fond d’électro, une vraie mixité et ouverture. Foi de Punisher, A-WA rassemble toutes les différences dans leur besace, elles sont notre point commun. Des traditions musicales qu’elles nous renvoient à la sauce d’aujourd’hui. Sauce qui n’a aucune amertume, et qui nous pousse à profiter de l’instant en pensant le moins possible au lendemain. C’est une vraie leçon de vie et d’intelligence, qui nous fait relativiser le présent et nous dire que c’est bien d’être vivant. Mais comment peut-on voir autant de chose dans leurs musiques ? Il suffit d’écouter et danser. J’ai hâte, pas vous ? www.a-wamusic.com

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www.mediapop-editions.fr

La liste

La collection Samuel-Weis d’art contemporain David Cascaro

Les Grands Turbulents

Chroniques des années d’amour et d’imposture

Portraits de groupes 1880 – 1980

Christophe Fourvel

Présenté par Nicole Marchand-Zañartu

NICOLAS COMMENT Rose planète MPR010 Vinyle 33T

MOUSE DTC

Dead The Cat MPR023 CD / Vinyle

L’école de rame

Let go

Nicolas Decoud

Chloé Mons

FRED POULET The Soleil MPR020 Vinyle 33T

DEEJAY SCRIBE PRESENTS NAPOLEON DA LEGEND Mulhouse 2 Brooklyn MPR022 / Vinyle

www.mediapop-records.fr


Concert et Festival

Graffiti Jam 07.06 — 09.06

Dans le cadre du festival Mécaniques Urbaines Vendredi : 20h-minuit / Samedi : 14h-minuit / Dimanche : 12h-17h

La 4ème édition de ce festival se déroulera au Noumatrouff, Scène de Musiques actuelles de Mulhouse, du 07 au 09 juin 2019, elle est coorganisée par l’association FOX CAMP en lien avec l’association Filament, le Noumatrouff et DJ Punisher avec le partenariat de la Ville de Mulhouse et de l’association Saïmiri Parkours. La « Graffiti Jam » est prévu sur les murs du Noumatrouff (sur la fresque actuelle) et dans son prolongement rue Alain Bashung sur le mur d’enceinte des Ateliers Municipaux de la Ville de Mulhouse. Les graffeurs travaillent devant le public pour la réalisation d’une fresque évolutive et collective associée à un travail de mapping et de vidéo projection sur les façades à la nuit tombée. En juin 2016 a eu lieu l’organisation de la 1ere édition des « Mécaniques Urbaines » autour d’une programmation ouverte et pluridisciplinaire associant street art, graff, musiques actuelles autour des esthétiques hip-hop et électro. Cette programmation révisée s’inscrit dans la continuité des manifestations organisées depuis 2012 au Quai des pêcheurs. Elle concrétise et poursuit le travail engagé de longue date par les artistes mulhousiens pour la promotion des cultures urbaines. Dès la deuxième édition des « Mécaniques Urbaines » en 2017, les porteurs de projets : l’association FOX CAMP ont eu le souhait de trouver de nouveaux lieux d’expression. C’est donc en partenariat avec la biennale d’art contemporain « mulhouse 017 », qu’un premier évènement graff a vu le jour dans un des bâtiments du site DMC.

Le Géant des Beaux-Arts partenaire de mulhouse 019

Le Géant des Beaux-Arts, société connue auprès des artistes professionnels comme une référence de sérieux tant au niveau national qu'international, est partenaire de la biennale mulhouse 019 en offrant du matériel à chaque artiste participant. Le Géant des Beaux-Arts est également heureux de remettre quatre chèques cadeaux pour les lauréats des quatre prix attribués lors de la biennale. www.geant-beaux-arts.fr

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Organisation Mme Michèle LUTZ Maire de Mulhouse

Coordination générale mulhouse 019

Organisation de la rencontre professionnelle

M. Michel SAMUEL-WEIS Adjoint au Maire Délégué à la Culture

M. Eric VINCENT, Chef du Service du Développement culturel – Ville de Mulhouse

LIKE villes et régions européennes pour la culture M. Michael Moglia, Président Mme Laétitia BRION, Coordinatrice

Mme Anne-Claire BOYARD Directrice des Affaires Culturelles

Mlle Elodie MOSNIER, Chargée de projets culturels Et l'équipe du Service du Développement culturel de la Ville de Mulhouse

Gestion de l’exposition des lauréats mulhouse 017 Direction des Musées Municipaux de la Ville de Mulhouse / Musée des BeauxArts M. Joël DELAINE, Conservateur en chef M. Lionel PINERO, Régisseur technique Et l'ensemble des équipes du musée.

Exploitation du site d’exposition mulhouse 019 Parc des Expositions de Mulhouse M. Laurent GRAIN, Directeur Général M. Arnaud ROLLIN, Directeur Technique Mme Claire PERRIN, Chargée d'affaires M. Jean-David GERBER, Chargé d’affaires M. Johnny LENAIN, Technicien principal Et l'ensemble des équipes du Parc Expo

Remerciements

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mulhouse 019 est soutenu par

Ont collaboré à cette manifestation

M. Franck RIESTER

La Filature, Scène nationale M. Bertrand JACOBERGER, Président Mme Monica GUILLOUET-GELYS, Directrice Générale Mme Emmanuelle WALTER, Conseillère artistique arts visuels et numériques

Ministre de la Culture et de la Communication Direction Régionale des Affaires Culturelles Grand Est Mme Christelle CREFF, Directrice Régionale M. Bernard GOY, Conseiller Arts Plastiques M. Charles DESSERVY, Directeur du pôle Création

La Kunsthalle Mulhouse, centre d’art contemporain Mme Sandrine WYMANN, Directrice Et l'ensemble de son équipe

Conseil Régional d'Alsace

Le Séchoir Mme Sandrine STAHL, Présidente Et l'ensemble de son équipe

M. Jean ROTTNER, Président du Conseil Régional M. Pascal MANGIN, Président de la Commission Culture, identité régionale et bilinguisme du Conseil Régional d'Alsace

La Haute Ecole des Arts du Rhin M. Alain FONTANEL, Président M. David CASCARO, Directeur Mulhouse Art Contemporain M. Dominique BANNWARTH, Président Et l’ensemble des membres de l’association L’association Fox Camp Mme Fanny PAPA CHRISTODULU, Présidente Et l’ensemble des membres de l’association

Directeur de la publication : Philippe Schweyer Siret 507 961 001 00017 Création graphique pour mulhouse 019 : Secrétariat de rédaction : Service du Développement culturel – Ville de Mulhouse Impression : PubliVal — Dépôt légal : juin 2019 ISBN : 978-2-918932-92-5 — © Médiapop 2019 Ce catalogue est édité par Médiapop – www.mediapop.fr En partenariat avec le magazine Novo – www.novomag.fr Le Géant des Beaux-Arts et Réseau Like, villes et régions européennes pour la culture sont partenaires de la biennale mulhouse 019

Le Noumatrouff Scène de Musiques Actuelles Mulhouse M. Olivier DIETERLEN, Directeur Et l'ensemble de son équipe

Pour la Punisher Party Punisher L'institut Français de Timisoara M. Cyrille FIEROBE, Directeur Mme Delia CRĂCIUN, Chargée de projets culturels Et l’ensemble de l’équipe de l’Institut Le Centre Culturel Français de Freiburg Mme Martine CHANTREL, Directrice Et l’ensemble de son équipe L’Office de Tourisme et des Congrès de Mulhouse et sa région M. Jean-Pierre WALTER, Président Mme Marie GARCIN-ZAITER, Directrice Les hôtels Kyriad Mulhouse Centre et l'Appart city de Mulhouse Le Géant des Beaux-Arts


mulhouse 019

Se repérer…

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Parc Expo de Mulhouse 120, rue Lefebvre Tél. 03 89 46 80 00 www.parcexpo.fr

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La Filature, Scène nationale

20 allée Nathan Katz Tél. 03 89 36 28 28 www.lafilature.org

3

La Kunsthalle Mulhouse Centre d’art contemporain La Fonderie 16 rue de la Fonderie Tél. 03 69 77 66 47 www.kunsthallemulhouse.com

4

Le Séchoir Salle d'expositions et atelier (Programmation en parallèle) 25 rue Josué Hofer Tél. 03 89 46 06 37 www.lesechoir.fr

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Musée des Beaux-Arts

4 place Guillaume Tell Tél. 03 89 33 78 11 www.musees-mulhouse.fr

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Noumatrouff, Scène de Musiques Actuelles Fédération Hiéro Mulhouse Rue Alain Bashung Tél. 03 89 32 94 10 www.noumatrouff.fr

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Un Paon et Un HiPPoPotaMe se LanCent Dans Un DéBat existentieL

06.06 —— 25.08 2019 entrée LiBre L’exposition bénéficie du soutien de Prohelvetia, du Département Culturel de la Ville de Bâle.

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Basim Magdy, New Acid, 2019 © Basim Magdy

Basim Magdy

Profile for MÉDIAPOP

MULHOUSE 019  

Catalogue de la Biennale Mulhouse 019

MULHOUSE 019  

Catalogue de la Biennale Mulhouse 019

Profile for media.pop
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