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La culture n'a pas de prix

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édito La Ville de Mulhouse organise du 13 au 16 juin 2015, la 11ème édition de l’exposition biennale d’art contemporain « mulhouse 015 ». Cette exposition regroupe une centaine d’artistes issus des écoles supérieures d’art européennes, simultanément à l’organisation de la Foire d’Art de Bâle – Art’Basel, plus grand rassemblement mondial en faveur de l’art contemporain. Mulhouse développe une politique culturelle active et innovante en faveur des disciplines artistiques contemporaines autour notamment de la HEAR (Haute Ecole des arts du Rhin), de la Kunsthalle-centre d’art contemporain de Mulhouse, de la Filature, Scène nationale de Mulhouse, de commandes publiques importantes et plus récemment sur le développement des « cultures urbaines ». Au cœur de ces synergies et de cette mise en réseau des acteurs de l’art contemporain, la biennale mulhouse 015 favorise l’émergence d’une scène artistique contemporaine au sein d’un ensemble européen. mulhouse 015 marque une nouvelle évolution vers d’autres pays et partenaires, la vocation européenne de la manifestation se conforte pour une participation progressive de l’ensemble des écoles d’art européennes. Jean RotTner Maire de Mulhouse Michel SAMUEL-WEIS Adjoint au Maire délégué à la Culture

EN — The city of Mulhouse organizes from 13 to 16 June 2015, the eleventh biennial art contemporary exhibition of “mulhouse 015”. This exhibition will bring together approximately a hundred or so artists from European art schools, at the same time to the organization of the Basel exhibition – Art’Basel, the largest gathering of contemporary art in the world. Mulhouse develop an active and innovative cultural policy for contemporary artistic disciplines in particular on the HEAR (Haute Ecole des arts du Rhin), the Kunsthalle, centre d’art contemporain de Mulhouse, the Filature, Scène nationale de Mulhouse, important commissioning public works and more recently on the “urban cultures” development. At the heart of these synergies and this networking of art contemporary players, the biennal mulhouse 015 encourages the emergence of a contemporary art scene in Europe. Mulhouse 015 is one further evolution towards other countries and partners, the European vocation of the event is reinforced with the progressive participation of all European art schools.

D — Vom 13.bis zum 16.Juni 2015 lädt die Stadt Mulhouse zur 11.Biennale der zeitgenössischen Kunst «mulhouse 015 » ein. Bei dieser Ausstellung, die parallel zu der weltweit größten Kunstmesse Art’Basel stattfindet, zeigen hundert junge Künstler aus europäischen Kunsthochschulen ihre Werke. Die Stadt Mulhouse fördert mit einer aktiven und innovativen Kulturpolitik die verschiedenen Sparten der zeitgenössischen Kunst in Mulhouse an der Kunsthochschule HEAR (Haute Ecole des Arts du Rhin), der Kunsthalle - dem Zentrum für zeitgenössische Kunst Mulhouse-, in der Filature-Scène Nationale Mulhouse – durch bedeutende öffentliche Aufträge und durch die Entwicklung der sogennanten «urbanen Kultur». Mit diesen Kooperationen und der Vernetzung der Akteure der zeitgenössischen Kunst leistet die Biennale mulhouse 015 einen wichtigen Beitrag für die Weiterentwicklung einer modernen Kunstszene auf europäischer Ebene. Mulhouse 015 tut einen weiteren Schritt auf neue europäische Länder und neue Partner zu. Die Veranstaltung wird immer europäischer und strebt für die Zukunft die Teilnahme sämtlicher Kunsthochschulen Europas an.

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Programme

Jeudi 11.06 → 18h30 : Vernissage de l’exposition Made in France, Le papier peint en 2015 au Musée du Papier Peint de Rixheim

Vendredi 12.06 → 18h30 : Inauguration générale de mulhouse 015 au Parc des Expositions → 20h30 : Inauguration de la « Graffiti Art Fair » par l’association BOZAR Bâtiment 63 sur site DMC

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→ 22h30 : Soirée « Punisher Party » organisée en collaboration avec BOZAR et le Château Ephémère (Paris), partenaires de la biennale, Bâtiment 63 sur site DMC

Samedi 13.06

Dimanche 14.06

→ 15h : Vernissage de l’exposition O(ff)15, par l’association Mulhouse Art Contemporain, en salle des adjudications. Exposition dans divers lieux du centre ville de Mulhouse

→ 11h : Vernissage de l’exposition La vie héroïque de B.S. Un opéra en 3 actes d’Hoël Duret, lauréat mulhouse 012, au Musée des Beaux-Arts

Ouverture au public : 10h – 20h

→ 11h-17h : Rencontres professionnelles organisées par Versant Est, le réseau Art Contemporain en Alsace → 18h30 : Vernissages de l’exposition Sous le soleil B50 de Mathilde Barrio Nuevo, lauréate Filature 012, de l’exposition de Nicolas Daubanes et de la projection Kingdoms Rise & Fall de Maxime Piette, Prix du jury du festival .MOV. à la Filature Scène nationale - Mulhouse

Ouverture au public : 10h – 20h

Lundi 15.06

Ouverture au public : 12h – 20h → 11h-17h : Rencontres professionnelles organisées par Versant Est, le réseau Art Contemporain en Alsace → Visites-ateliers proposées par les Ateliers pédagogiques d’Arts Plastiques

Mardi 16.06

Ouverture au public : 12h – 17h → 14h : Remise du prix de la jeune création mulhouse 015 et des différents prix attribués par les structures partenaires. → Visites-ateliers proposées par les Ateliers pédagogiques d’Arts Plastiques

En parallèle

Musée EDF Electropolis Exposition “Street Art” 03 89 32 48 50 electropolis.edf.com


Entretien

Michel SAMUEL-WEIS Adjoint au Maire délégué à la Culture Quand on regarde les cv des artistes de 25-30 ans qui apparaissent dans des expositions importantes et dans des grandes galeries, on se rend compte que beaucoup d’entre eux sont passés par mulhouse 00.

Après l’annulation de la biennale en 2014, certains ont eu très peur que la manifestation disparaisse. J’ai toujours su qu’elle aurait lieu cette année. On a simplement décalé d’une année pour des raisons budgétaires. Ce qui est important, c’est d’avoir la certitude que la manifestation est pérennisée. Que ce soit une biennale ou une triennale ne me paraît pas dramatique, même si je souhaite évidemment que ça reste une biennale.

On a l’impression que la manifestation mulhouse 00 est moins médiatisée que le Salon de Montrouge. C’est parce que Mulhouse est loin de Paris ! Les journalistes vont plus facilement à Montrouge qu’à Mulhouse, alors que mulhouse 00 vaut très largement le Salon de Montrouge. C’est dans la durée qu’on arrivera à s’affirmer. Ce serait peutêtre une bonne idée de médiatiser un dîner auquel on inviterait les dix ou vingt artistes qui ont participé à mulhouse 00 et qui aujourd’hui font Ça n’a pas posé de problème d’avoir une belle carrière. perdu une année ? Le gros souci aurait été que les Quels sont les liens entre Art Basel écoles nous oublient et s’imaginent et mulhouse 00 ? que l’opération avait disparu. Au Ils nous ont mis dans leur procontraire, on a été extrêmement gramme, mais ils se suffisent à euxsurpris par la réaction instantanée mêmes et n’ont pas besoin de nous. des écoles. La quasi totalité des écoles Tout ce qu’on peut leur demander, ce françaises sont représentées ainsi sont des petits coups de main, mais que de nouvelles écoles étrangères. c’est nous qui devons être demanIl y a plutôt eu un trop plein de deurs. candidats cette année. Le travail dans les deux ans qui viennent va être de Est-ce plus facile de faire venir les contacter l’ensemble des écoles d’art galeristes que les journalistes ? européennes pour arriver à faire Oui. Des galeristes comme Michel de mulhouse 00 une manifestation Rein, qui a été plusieurs fois au jury, de toute l’Europe. Aujourd’hui, la ont intégré dans leurs écuries des manifestation est inscrite. Quand artistes issus de mulhouse 00. La on regarde les cv des artistes de 25- manifestation devient un passage 30 ans qui apparaissent dans des obligé pour de nombreux galeristes. expositions importantes et dans des grandes galeries, on se rend compte Il y a beaucoup d’événements autour que beaucoup d’entre eux sont passés de mulhouse 015 cette année. par mulhouse 00. Je ne veux pas citer Oui, il y a deux temps forts imporles plus connus, mais il y en a de tants en dehors de ceux qui exisplus en plus. taient déjà auparavant. L’opération « Graffiti Art Fair » organisée dans le cadre du cluster de cultures urbaines et qui correspond à une volonté du maire. Et aussi l’opération de l’association «  Mulhouse Art Contemporain » qui a choisi cinq artistes qui vont faire des installations en centre-ville. C’est une bonne chose que la manifestation s’intègre à la ville. Par contre, j’ai jusqu’à présent toujours été hostile au transfert de mulhouse 00 dans la friche DMC, mais cela pourrait évoluer.

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jorge Méndez blake

Visuel : Jorge Méndez Blake, The James Joyce Monument, 2012

Projets Pour une Possible littérature

4.06 — — 23.08 2015 —

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faire dépression de yves tenret Une plongée fascinante dans la vie qUotidienne d’Une école d’art, vie pleine de brUit et de fUreUr, de drogUes, de vocations contrariées, de sexe et d’expérimentations artistiqUes

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entrée libre www.kunsthallemulhouse.com

me n°12


Les Prix

Le Jury

Prix de la jeune création

Autres prix décernés pendant mulhouse 015

mulhouse 015 est un concours ouvert aux artistes issus des écoles supérieures d’art.

→ Prix de La Filature, Scène nationale - Mulhouse Décerné par la directrice de la structure, pour la présentation d’une exposition à La Filature à l’occasion de « mulhouse 017 ».

Un jury composé de personnalités du monde de l’art se réunira afin de désigner un lauréat auquel sera attribué, par la Ville de Mulhouse, une bourse d’un montant de 15 000 € pour soutenir un projet d’exposition à Mulhouse (aide à la création et production d’une publication).

→ Prix du Centre Culturel Français de Freiburg Décerné par la directrice du centre et un jury de 3 professionnels pour la présentation d’une exposition à l’occasion de « mulhouse 017 ». → Prix de l’Institut Français de Timisoara Décerné par l’Institut Français pour une résidence et pour l’organisation d’une exposition.

Sylvie Blocher Artiste, présidente du jury Artist, president of the jury Künstler, Vorsitzender der Jury

Patrice Joly Rédacteur en chef revue O2 Chief editor of Revue O2 Chefredaktuer der Revue O2

Henri-François Debailleux Journaliste et critique d’art Journalist and art critic Journalist und Kunstkritiker

Michel Rein Galériste Galerist Gallery owner (sous réserve) …

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Rencontres professionnelles/mulhouse 015 13 + 15.06 -> 11h – 17h Rencontre du réseau VERSANT EST et des artistes de mulhouse 015 Versant Est propose aux artistes de la biennale, des rendez-vous professionnels avec les membres du réseau, directeurs artistiques ou chargés de programmations des différents lieux d’art contemporain de la région Alsace. Ces rencontres se dérouleront samedi 13 et lundi 15 juin de 11h à 17h, en une demie heure et à l’occasion d’un face à face privilégié, la possibilité sera donnée aux artistes de mieux faire connaitre leur travail aux professionnels qui à leur tour pourront découvrir plus longuement la démarche des artistes.

Présentation de VERSANT EST

Organisation des rencontres

Versant Est, réseau d’art contemporain alsacien, rassemble 24 structures de production, diffusion et formation sur l’ensemble du territoire. Musées, centres d’arts, associations, écoles d’art, festivals et galeries sont les acteurs d’une création plastique et visuelle active et diversifiée en Alsace. Versant Est est une plateforme soucieuse de coordonner l’offre artistique de l’ensemble de ses acteurs pour en faire profiter le plus grand nombre à travers des outils et des rendez-vous réguliers. Versant Est est soutenu par la Région Alsace, la DRAC Alsace et les Villes de Strasbourg et Mulhouse.

• Une liste des professionnels (accompagnée de quelques lignes de présentation de la structure et de son représentant), et des créneaux de rendez-vous sont communiqués aux artistes • Les artistes émettent et motivent leurs choix de rencontre. • Le réseau Versant Est transmet les demandes aux professionnels et finalise un planning de rendez-vous.


Née le 28.07.84 à Syktiwkar, Russie +0049 171 572 8456 gala.adam.art@gmail.com Bocca Dela Verità, 2014 Objekt aus Kunstleder, Holz, Metall 130 × 150 × 40 cm Photo : Nadine Bracht

Das Flirren und Wabern der Flächen unterstützt den statisch-diffusen Raum. Eine „Magische Logik“ ist das, was ich in meinen Bildern verfolge. Die Dimensionen in meinen Werken sollen den Betrachter vor neue Seherfahrungen stellen.

Gala Adam kunstAkademie Stuttgart In meiner Arbeit ist mir das Zusammenspiel aus Farbe, Form, Licht und Raum wichtig. Dabei ergeben die einzelnen Komponenten ein Ganzes. Dieses Ganze besteht oft aus mehreren Teilen und diese hängen, so wie auch meine Malerei, Grafik und Objekte, zusammen. Wie einzelne Organe sind sie im Raumkörper da und jedes hat seine eigene Funktion. Die einzelnen Arbeitsbereiche speisen sich durch meinen offenen Blick in die Alltagswelt- so nehme ich Aspekte aus dieser auf, extrahiere sie in der Zeichnung und füge sie dann wieder zusammen, lasse sie klingen. Dabei möchte ich dem Betrachter Gewohntes zeigen, was er so noch nie betrachtet hat und ihn zum Nachdenken und Zusammenfügen, zum sich Erinnern animieren. Dieses Zusammenspiel nenne ich die „Intertextualität“ des visuellen Gedächtnisses. Dabei ist mir wichtig, dass die einzelnen Teile in ihrer Behauptung beweglich bleiben. Da ich im Arbeitsprozess von den einzelnen Teilbereichen hin- und her springe ist es von Bedeutung, dass dem Betrachter dies auch möglich bleibt und er sich so seine subjektive Wahrheit daraus ziehen kann.

Die Inspirationen und Ideen, die einzelnen Elemente forme und verflechte ich in einer neuen Welt. Diese ist nicht isoliert, sondern eine allen zugängliche, da die Impulse aus dem Alltag und dem allgegenwärtigen visuellen Gedächtnis stammen; was sie ergeben ist neu und doch nicht fremd. Meine Objekte sind aus meinem biologisch-anatomisch-botanischen Interesse entstanden. Dabei spiele ich mit der Form und Materialität. Mir ist wichtig, dass die einzelnen Komponenten sich zu etwas Neuem potenzieren. Assoziationen mit Kuscheltier, Design, Couture, Fetisch, Botanik, Insekten, Anatomie- all das und noch mehr kann in meinen Objekten wieder gefunden werden. In der Malerei sind die Elemente im Bild oft Adaptionen aus der realen Welt, die ich jedoch um der Kompositionswillen berechne. So sehen die Bilder homogen und symmetrisch aus, was oft jedoch nur ein trügerisches Bild ist. Dabei spielt die Farbe eine äußerst wichtige Rolle, da sie die Idee, die Konstruktion, wahr werden lässt und zum Schwingen bringt.

8 Né le 23.07.87 à Vouziers 06 09 59 66 26 thomas.auriol@gmx.fr Self Auto Defense Control, 2015 Acrylique sur toile 130 × 108 cm Photo : Thomas Auriol

Une peau de banane synthétique, une capture d’écran d’une séquence tournée dans le métro, un zoom d’une matière fondante qui émerge sur une peau de banane.

Thomas Auriol ESAM Caen Cherbourg Depuis trois ans je me concentre sur une pratique unique, la peinture. Elle me semble être le moyen le plus direct pour fabriquer des images. Le choix des sujets traduit la soudaine prise en compte d’un élément connu : un mot entendu à la radio, un lieu que j’arpente quotidiennement ou une action plutôt commune. Ces « réactions » me semblent régulières mais, peu nombreuses. Ce qui motive mon travail, c’est aussi de compléter la peinture précédente ou d’y faire écho. Dernièrement, ce jeu d’aller-retour a pris place dans la toile même. Je convoque des éléments qui se superposent et se métamorphosent discrètement. Les formes se voilent pour en laisser émerger d’autres, à la manière d’une transition vidéo. Ce qui m’intéresse, c’est le flottement de l’image, la vision de celle-ci dans l’espace, comparable à ces moments ou l’on regarde dans le vide. La peinture permet de faire coïncider éléments tangibles et pensées fictives, elle représente des paysages sans pour autant respecter une unité de lieu. Elle rend compte de certains déplacements, de passages d’un état à un autre, d’une image à une autre.

À partir d’une capture d’écran, d’une vidéo, d’un objet réel, ou d’un souvenir, je prépare une ébauche qui pose des questions de représentations simples. Dois-je garder ce dégradé, cette ombre, ce détail ? Cette ébauche est reprise sur toile à une autre échelle, les différentes nuances sont traitées sans transparences ni empâtements. L’attention est autant portée aux motifs qu’aux rapports qu’ils peuvent entretenir avec la surface. Certains objets, bien qu’ils apparaissent fixes ne sont pas dans un état stationnaire. Je m’empare d’éléments et d’images que j’éprouve, entrelace, coupe de moitié, couvre. Les couleurs d’une boule à facette s’assourdissent, un bouquet de fleur est remplacé par son empreinte, les éclairages s’amollissent, des pierres s’incrustent sur une enveloppe. L’image est parasitée, elle tire doucement vers l’informel, tendant à sa propre disparition.


Anne-Claire Barriga

Née le 09.11.85 à Quimperlé +420 773 04 78 19 cizinka@live.fr

aaad Prague La narration est au centre de mon travail. Elle peut être fluide ou heurtée, selon les besoins d’un projet, selon ceux dont je dispose pour le mener à bien. Le plus souvent elle est brève. J’utilise en priorité le texte et la vidéo : le premier d’instinct et de longue date, et la seconde m’a séduite plus tard, par son insularité (notion découverte dans un texte sur la vidéo, et dont je suis hélas incapable de me rappeler l’auteur...) ainsi que sa liberté d’usage. Le film présenté à l’occasion de mulhouse 015 est une tentative d’unir ces deux versants, verbal et visuel. Le visuel intervient ici comme une variation sur le verbal. Il le sert au même titre que les gestes d’un rituel rappellent le récit dont ils sont issus, c’est-à-dire d’une manière indirecte, tangente.

Medusa est mon premier court-métrage : le recours à la forme filmique a été appelé par un désir d’immersion, voire d’illusionnisme, pour appuyer un récit étrange où le spectateur, à l’instar du personnage féminin principal, ne saura peut-être où il accède. Les textes installés sont issus du film. J’y poursuis les fantômes des acteurs, François et Sophie, ou leurs ombres, et tâche de tenir une note à égale distance de la réalité et de l’irréalité. Ces textes ont été produits dans un espace où le sens peut se disloquer, ou l’allusion peut tour à tour être faible ou forte, où, poussé(e) par la curiosité ou la nécessité, on constate jusqu’où ça tient, et parfois que ça ne tient plus. C’est une petite maison imaginaire que j’ai tâché d’installer ici, le terme de « maison » apparaissant comme une image adéquate du scénario, socle de cette installation ; ce dernier doit être visuel et constructible, et il peut apparaître tour à tour comme plan, cabane, château ou ruines. 

Medusa, 2014 Film, 17’57’’ Backlight Film

Medusa est un court-métrage opaque sur des investissements dans le secteur de l’immobilier. Des espaces imaginaires, un rapport de domination et le trouble infiltrent progressivement une conversation entre un supérieur et son employé.

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Agathe Berthaux W. HEAR Strasbourg J’élabore des logiques fictives où s’entremêlent textes et codifications prétendument scientifiques. Associant langages et raisonnements de sphères différentes, je propose des énoncés, des sens de lecture(s). Je cherche la cohérence, son vertige et son désordre. Mes matériaux sont le Dire et l’Écrire. Mes travaux sont partitions, définitions, protocoles. Ils engendrent nécessairement des explications, de la simple discussion à la performance. C’est à travers leur élaboration que je donne à ces logiques une dimension narrative : quelles représentations graphiques ? quelles images mentales ? quel cadre pour quelle fiction ? Ce dont il s’agit avant tout, c’est de nous raconter des histoires.

Née le 31.08.1989 à Lille +33 6 10 39 72 64 agathe.berthaux.w@orange.fr (histoire(s)), 2015 Installation (activée par une performance) In situ

Les histoires sont dites et entendues, écrites et lues. On entend toujours « quelque chose ». On n’entend pas tout court. De même, on lit toujours « quelque chose », on ne lit pas tout court. Il faut avoir ce « quelque chose » à entendre, ce « quelque chose » à lire. C’est une affaire de C. O. D. .


Née le 01.02.90 à Décines 06 70 29 49 01 clara.blein@gmail.com Los testigos, 2014-2015 Installation et vidéo Variable Photo : Clara Blein-Renaudot

Une menace qui circule sous les rues, envahit les caves et transforme la ville de Madrid en décor. Une enquête où les indices ne se transforment jamais en preuve et où les coïncidences sont trop nombreuses. Des oiseaux en bandes organisées dont le dessein reste à définir.

Clara Blein-Renaudot ESAD Grenoble Des personnages sont parachutés dans des lieux et s’y installent. Ils se déploient et résonnent sur les façades. Entre les allers-retours de ces échos se tissent une vision des lieux. Pour écrire ces rencontres, je passe d’un mouvement que j’appelle « perpendiculaire » dans lequel je cherche à m’approprier une figure comme pour définir ses fondements, à un autre mouvement, « parallèle », qui transpose la figure dans une situation. L’artificialité du tournage cinématographique permet ici de provoquer des situations dans le réel : Klaus Nomi chante à la fenêtre, un groupe d’oiseaux verts fait peser une menace sur Madrid et un roi gouverne l’espace abandonné qui a servi pour une grande exposition à Saragosse. Certaines narrations s’accrochent à des personnages « modules » (Icare, Un roi, Klaus…) qui rencontrent un espace, glissent sur lui ou s’y cognent. J’aime parler de ces figures comme d’êtres autonomes («  régis par leur propres lois ») qui tendent à déconcerter (« lit. : troubler un concert instrumental ou vocal par une voix discordante »).

Dans d’autres cas, les narrations naissent au contraire d’une polyphonie où se croisent des éléments hétérogènes. L’installation Los testigos retrace une enquête que je mène depuis l’année dernière à Madrid en collaboration avec Elsa Chardon. Elle est le fruit du montage entre différentes pièces à conviction, un rapport d’enquête qui pose plus de questions qu’il n’apporte de réponse. Dans l’installation présentée ici comme dans les différentes étapes de la réalisation, les personnes, les lieux et les objets se réunissent pour dessiner une carte qui laisse la place à l’incohérence, la variation fragmentant le regard et le discours.

10 Né le 17.10.88 à St Vallier 07 70 33 54 55 romainbobichon@gmail.com Le masque, 2014 Huile sur tissu 22 x 14 cm

Romain Bobichon EESab Quimper

Le masque est une peinture réalisée à partir du motif d’un tapis. En cadrant ainsi un détail, une forme en est devenu une autre. Le visage qui apparaît est obtenu par un simple report de ce motif

Mon travail se constitue de tableaux, de volumes et de dessins. Majoritairement réalisés à une petite échelle, mes travaux sont facile à manipuler et ils sont comparables à la taille d’un objet. A travers le format, la couleur, le sujet et la matérialité de la peinture, j’ai un ensemble d’œuvres qui contient différentes temporalités, en fonction des techniques utilisées (peinture à l’huile ou à l’acrylique, craie, plâtre, ciment, tissu, bois). Parmi les formes obtenues, j’ajoute ou je retire des éléments, comme un monteur étire ou diminue le temps d’un plan ou d’une séquence d’un film. Afin d’obtenir une langue sans histoires mais cohérente, je détermine une grille de lecture (avec un dessin mural par exemple) qui s’appuie sur le contexte dans lequel mes travaux sont exposés.


Lucian Bran

Né le 18.09.81 à Brasov, Roumanie +40 736 014 102 lucianbran@yahoo.com

National University of Arts Bucharest In my hometown, Brasov - Romania, where the city meets the forest, people meet themselves in an almost ritually circumstance. On the south border, the city is bounded by almost twenty sources of pure water that gathers people from all over the city. The wellheads offer the community the opportunity to relive this sacred gesture of going towards the water. Each source has its messengers, people who speak of its qualities, sometimes proven in laboratory tests. Carried home in large plastic containers, offer those who live in apartment buildings a natural purification. This phenomenon may represent a legacy from past times, when people where brought from their villages to build the new face of the country, and to reshape their identities.

As seen in the pictures, they also brang one of the most primordial instincts with them, and it prevailed. They chose to ignore the indoor facilities, and to reconect with each other and with the nature in this way. The water gains a particular meaning which goes above and beyond its simple material existence. Coming from the mountains, it is always there for the people; it flows and waits to be drunk. As common as it seems for the ones that go there regularly, as strange it looks for the unfamiliar eye. Together with the sources, the water devotees became part of the peripheral scenery of the city.

Back to Weehead, 2012-2013 Ultra giclee print, mounted on foam, boxframed 87,5 x 70 cm Photo : Lucian Bran

The wellheads at the edge of the city offer the community to relive this sacred gesture of going towards the water. Each source has its messengers, people who speak of its qualities, sometimes proven in laboratory tests. Carried home in large plastic containers, offer those who live in apartment building a natural purification.

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Lorenzo Camerlengo adba aquila Transformation Game Structure Perimeter Space Bound Compression Subtraction Surface Contact

The work of Lorenzo Kamerlengo is based on a reconsideration of the real. Structure, Border and Contact become the elements of poetic game that develops between the breath and the history of objects. The luminous matter and the video, become sculptural material in a stream of chewing information and forms, in the continuous need to be approximated to the individual and reshaped through the constant play of metamorphosis and transformation into the future.

Né le 01.06.88 à Pescara, PR , Italie 349 821215 9 lorenzokame@libero.it Orizzonti, 2015 Videoinstallation Dimensions variables Photo : Lorenzo Kamerlengo

Projection Contrast Rotation Stability

The “Orizzonti” in stallation is a visual Dialogue between differents shape of compression: mathematic and poetic. Two different imaginary converge in an abstract close up to recosiderate the gerarchy between. Different moment of suggestion, in front at the similar and leveled final shape of the contemporary visual and popular culture.


Née le 24.11.88 à Paris 06 48 70 90 31 charlotte-caron@live.fr Bleu, 2012 Acrylique sur toile 161,5 x 131,6 cm photo : Charlotte Caron

Les couleurs aseptisées qui définissent le corps dans les livres médicaux sont ici réinterprètées en paysage corporel et vivant. Peinture de fluides et de couches, le paysage s’humanise.

Charlotte Caron EESAB Rennes Mon travail dévoile le corps et son image sous toutes ses facettes, il prend son essence à partir de documents scientifiques, littéraires et artistiques. Je réinterprète l’image et le document, par différents moyens techniques : transformation, mélange, décomposition, recomposition. L’image du corps est cartographiée, imaginée, théâtralisée. J’élabore une nouvelle palette plastique, un nouveau vocabulaire. Ma production révèle différentes thématiques : l’anatomie (où je projette mon corps et l’appréhende), les paysages corporels (contemplatifs et méditatifs), les corps animalisés (où l’homme est habité par l’animal et l’animal devient homme), les mondes délités (où l’environnement exprimé tend à devenir autre). La technique me permet d’appréhender mon rapport à l’image de multiples manières. Graver, broder, sculpter relève d’un acte violent qui me permet de rendre l’image du corps impalpable. En effet, le corps matière, devient une image manipulée, qui ne laisse alors qu’une empreinte, qu’une marque, qu’une trace sur une surface. L’abstrait me permet de créer une perte de repères où l’œil du spectateur entrevoit des éléments figuratifs connus.

La cohabitation de l’ensemble crée une dynamique, un vocabulaire personnel propre à ma représentation de l’image. Mon corps est présent, comme outil, c’est le lien entre ma pensée, ma production et ma sensibilité. Je l’implique de différentes façons, la peinture est exprimée par le geste du bras et du poignet, la broderie par la main alors que la sculpture fait interagir mon corps dans son entièreté. Je matérialise mes créations à travers lui. Mes peintures et sculptures placent les spectateurs face à leur propre image, celle que je leur donne à voir, celle qui les questionnent. Ils suivent mon exploration de l’image qui leur révèle un nouvel univers, une nouvelle vision. Les différents matériaux utilisés, précieux ou précaires, les rapports d’échelles, les techniques de mise en œuvre, les gestes corporels, imprègnent mes œuvres.

12 Né le 09.01.89 à Champigny sur Marne 0770355480 aymeric.caulay@gmail.com Boat, 2012 Bois de palette 2200 × 4500 × 2000 mm Photo : Aymeric Caulay

Prenant comme point de départ deux territoires, j’ai envisagé de créer un lien entre ces deux endroits en le matérialisant par une traversée en mer. Après douze jours de travail, le bateau était terminé.

Aymeric Caulay eesab Brest Ce qui m’intéresse c’est l’idée qu’une œuvre d’art doit s’emparer de l’espace, du lieu et des activités qui y sont liées. Elle doit être une expérience vécue : c’est-àdire sortir de sa condition d’objet isolé que l’on regarde. Mes œuvres ont des formes multiples (sculpture, installation, film, photographie...). Prenant en compte l’importance du contexte dans lequel un artiste évolue et l’impact sur sa production, mes expérimentations ont lieu in situ en abordant une recherche particulière et inhérente aux lieux (architecture, histoire, mémoire,…). A la manière d’un archéologue-anthropologue, je mets en place un processus d’investigation afin de questionner notre environnement, de comprendre les modes de fonctionnement à travers des rencontres et inscrire un geste artistique dans des espaces jouant de la frontière entre réel et fiction pour faire résonner un monde où le réel est bel et bien un processus.

Dans des environnements variables où le collectif prend une place importante, je mets en avant l’idée de réseaux et de collaborations. Cela me permet de rapprocher voire lier des domaines a priori hétérogènes, dissemblables, contradictoires, disparates, divergents dans lesquels je souhaite intervenir afin d’investir de différentes manières les questionnements autour de la sculpture (matériaux, lieux, réplique, dimension performative). Ainsi, une fois activées, les pièces composent des scénarios qui font apparaître à la fois le processus et les différents domaines/architectures/ lieux/situations concernés.


Antoine Château esad saint-etienne Crasse en Surface : ce titre interroge, développe l'idée de parois colorées et de surfaces souterraines, puis progressivement déplacé(es) vers la perception de type biface (bi-faces). Entre-champ. J'essaie de peindre en créant de nouveaux espaces, (des sensations spatiales), par la modulation des couleurs. Comment peindre aujourd'hui ? Peindre pour essayer de voir autrement. Voir ce que je n'ai pas su voir, pas pu voir, pour une nouvelle façon de voir - (peindre autrement pour voir autrement). Je m' intéresse aux traitements de la couleur, aussi à ses textures, qui combinées, striées,transparentes, profondes ou en reflets matérialisent la lumière et ses volumes - images saisissables ayant prises - tactiles, visuelles , spatiales et ou mentales. En résonance, je travaille aussi sur le motif, notamment celui du barbelé : « Tout l'espace est raturé, rayé, entaillé, biffé, écorché par les barbelés. Des horizontales hérissées, mises en place non pour se repérer, comme dans un appareil optique de quadrillage perspectif,

mais pour renoncer à tout. C'est donc un horizon par-delà toute orientation ou désorientation. C'est un horizon menteur, oû l'ouverture vers le lointain se heurte à l'implacable clôture des barbelés. Contrairement à une prison – qui est, théoriquement, un espace juridique, et dont la clôture se matérialise par des murs opaques –, le camp de Birkenau est d'autant plus fermé dans sa négation qu'il est visuellement « ouvert » sur l'extérieur. » P34, extrait de Ecorces, de Georges Didi-Huberman, 2011, aux Editions de Minuit. Est-ce la petite tache-zône considérée qui modélise les motifs environnants sur les mêmes rapports de :motifs matriciels, surfaces (étagées), profondeurs de champs (optiquement souple), unités lumineuses (en lien direct aux autres facteurs formels), répliques codées avec combinaisons multiples, aller-retour dans le milles feuilles des calques successifs ou discriminés, et organisés initialement par la petite tache-zône ?

Né le 06.10.88 à Fontaine-les-Dijon 06 45 10 03 34 chateau.a4@hotmail.fr Plantes Médicinales, janvier 2015 Acrylique sur papier 50 × 65 cm Photo : Antoine Château

Suite à de nombreuses études, le motif évolue vers des recherches essentielles mais aussi vagabondes. Parfois aussi, simplement, sans savoir l ’origine du, le cercle, le rond, le point figurant aussi comme tache, flaque, trace déterminent tous des espaces possibles visuels et mentaux cosmologiques.

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Gaëlle Collet ensa bourges Gaëlle Collet est une peintre sans pinceau. Pour elle la couleur est d’une telle évidence qu’il suffit d’un regard pour qu’elle la trouve et se l’approprier. Le monde entier ne rentre pas dans son vocabulaire, les choix sont souvent intuitifs mais ils sont précis. Le registre des formes provient pour l’essentiel des matériaux, tissus, eaux colorées, pigments... leurs manière de se tenir en définit les contours, l’artiste vient accompagner ces matières-couleurs, elle pousse simplement un peu plus loin leurs caractèristiques. La technique du peintre peut tenir du bricolage, mais le plus souvent c’est une construction qui s’offre aux regards, quand après avoir expérimenté diverses voies, l’artiste décide qu’il faut bâtir une structure pour donner tout son volume à ses couleurs. A regarder de plus près les couleurs, particulièrement les tissus, il s’avère que pour la plus part ce sont des vêtements, des textiles usagés qui ont servis de matière première à l’oeuvre, découpés parfois cousus, agraphés, ils trouvent dans un nouveau contexte, un nouveau statut. Aucun misérabilisme dans cette appropriation, la couleur est plus forte

que ce qu’un vêtement usagé peut porter, l’artiste réussi à déplacer le centre de gravité du vêtement dans son univers en lui donnant une nouvelle dimension. Plis, tensions et souplesses de ces matières prennent place aussi bien dans l’espace public que dans des lieux clos, des lieux d’exposition. Cette qualité est rare de pouvoir passer de l’un à l’autre sans dommage. Chaque pièce est pensée pour un contexte donné, il suffit d’imaginer une pluie d’orage sur un tissu ou une flaque de couleurs, pour savoir que l’artiste a pris en compte les circonstances où l’œuvre se déploie. De l’un à l’autre, de l’intérieur à l’extérieur, un paramètre est constamment présent: la lumière. Elle joue avec la densité des matériaux, elle nuance la couleur d’un tissu révélant sa texture et sa trame, la lumière est ici une présence qui vient accompagner le visiteur dans l’intimité du travail. Didier Mencoboni, artiste Avril 2015

Née le 30.03.89 à St Jean de Braye 06 43 28 22 87 gaelle_collet@yahoo.fr One peace, 2015 In situ, bois textile 250 × 400 × 500 cm Photo : Gaëlle Collet

One Peace est une installation In situ qui explore plusieurs territoires. Le principal axe de recherche porte sur les limites du geste picturale, un processus visant à apporter de nouvelles perceptions de la peinture. Cette pièce est une traversée où le corps passe au sein d’une structure intemporelle inspirée par l’architecture et la peinture. Le corps se confronte à des temporalités multiples, des point de vues divers qui sont autant d’occasion de regarder autrement un lieu, et trouver à un moment, un temps propice à la contemplation.


Né le 18.09.88 à Monaco 06 29 74 73 45 yannickcosso@gmail.com Riley - the Draughtsman, 2014 Vidéo, 11 min Photo : Yannick Cosso

Riley as the Draughtsman est la captation vidéo d’une performance chorégraphique qui s’est déroulée dans le cadre de mon DNSEP dans un vieil appartement à Cap d’Ail. Le corps du danseur (ici Riley Watts, danseur au sein de la Forsythe Company) est utilisé comme outil de dessin, performant contre les murs du salon recouvert de fusain.

Yannick Cosso pavillon bosio, esap monaco [...] Vous m’avez fait former des fantômes qu’il faudra que je réalise. Sade. Dans mon parcours, j’ai développé des interrogations portées sur le corps masculin, à travers les notions de voyeurisme, d’intime, de fantasme et de contemplation, que j’approfondis essentiellement par le biais d’un travail de dessin au fusain et de pièces vidéographiques. Ma formation d’artiste plasticien et de scénographe acquise durant mon cursus au Pavillon Bosio, Ecole Supérieure d’Arts Plastiques de la ville de Monaco m’a permis de collaborer à plusieurs reprises avec des danseurs et des chorégraphes professionnels. J’ai alors commencé à réaliser un travail d’empreintes de performances chorégraphiques dans le fusain où le corps n’apparait plus seulement comme le sujet de représentation mais devient un outil de dessin.

Pour mon projet de DNSEP, j’ai investi un appartement situé dans une vieille maison. Tout d’abord mon lieu de résidence, puis mon atelier, cet espace est devenu le lieu de monstration de mon travail. Au fur et à mesure que les éléments matériels de ma vie ont abandonné ce lieu, les œuvres ont proliféré, dialoguant alors avec le décor (le carrelage, les tapisseries, quelques meubles restants, ainsi que l’architecture typique des vieux appartements). Mon travail dans cet espace s’est articulé autour du fétichisme des traces d’actions passées. De l’interaction des corps ne subsiste que des spectres, des portraits, des trophées et des sensations. L’atmosphère qui émane de cet appartement est celle de l’enfermement, de la prison domestique. Cependant la poésie et la sensualité qui se dégagent des œuvres questionnent le double sens qu’elles peuvent contenir.

14 Né le 05.08.92 à Reggio Calabria, Italie 0965 190777 / 3203017649 antocostantino92@gmail.com Prime, 2012 Scultura, incisione su pietra 23 × 20 × 8 cm

Antonio Constantino adba reggio calabria

La natura è tutto ció che abbiamo intorno. Tuuto asce e deve necessariamente fare ritorno alla natura. Da essa, possiamo aspettarci le più splendide e affascinanti forme, determinate dalla sua libera interpretazione e nessuna regola a cui sottostare. Come nasce un fiore nasce un uomo, e potreberro nascere altre forme indistinte di vita


Emma Cozzani ensba nîmes

Sans titre (Diskret), 2014 Dessin mural, éclairage UV, encre fluorescente blanche Dimensions variables Photo : Emma Cozzani

« Mon travail se construit au croisement de gestes sensibles, interrogeant le savoirfaire technique et artistique, et se double d’une dimension réflexive sur les notions d’espace, d’image et de représentation. Je développe une pratique plurielle dont la méthode de création emprunte ses procédés à des champs tels que la technique, la littérature ou encore le droit. Ainsi, j’opère des glissement sémantiques via des re-contextualisations spatiales, temporelles ou historiques latentes à travers des dispositifs – installations, interventions et éditions. De cette façon, j’extraie du réel une représentation existante ou une situation donnée pour la ré-introduire altérée dans son milieu d’origine ou dans un autre espace, afin d’éprouver son fonctionnement ou son dysfonctionnement. Par des opérations de traduction, de transcription, d’interprétation, d’un médium à un autre, ces formes déplacent l’expérience du référent vers un dispositif qui rejoue les modalités de cette expérience comme un rapport autre au réel. » Emma Cozzani, 2014.

Née le 19.01.89 à Ajaccio 06 98 90 37 94 emmacozzani.contact@gmail.com

Vidéo d’un tissu sur lequel une personne souffle par derrière. Le tissu blanc, se déforme et se froisse, faisant apparaître des motifs au gré de la respiration.

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Laurie Dasnois esad valenciennes Le corps est mon leitmotiv. Très tôt je gravis les planches, pour modeler mon corps et mon esprit. La danse est une épreuve de l’esprit. C’est un travail de longue haleine que façonner et manier son corps à l’image de son âme comme il est difficile de parer à cette distance inéluctable entre l’intention et la réalisation du geste. De cette notion d’ (in)capacité du corps, je mène des ateliers d’expression corporelle en centre de rééducation. La notion de danse exprime pour moi un état de rêve, une transe théâtralisée qui m’a mené à étudier et pratiquer la danse butô. Les arts plastiques m’ont permis de matérialisé ma façon de penser le corps. Comme pour la danse, il s’agit dans ma pratique plastique de faire preuve de discipline, de patience et de mettre mon corps à épreuve. Ainsi, je jongle entre un travail de broderies qui réclame attention et constance, un travail de peintures murales qui réclament un engagement du corps jusqu’à la contorsion ou un travail photographique dans lequel je m’amuse à manipuler et orchestrer le corps et l’espace.

En avril 2012, mon corps subit de fortes lésions au court d’un grave accident. Je suis condamnée à ne plus pouvoir danser. Je ne suis pas gracieuse, mon pas est lourd et mes gestes sont incertains. Alors je danse différemment et sans masque mais je n’ai pas cessé de danser. Le handicap, moindre soit-il, ne doit pas être un frein mais une force. Dans le cadre de ma pratique plastique, je réalise une recherche sur les états du corps en microgravité - j’étudie les comportements de mon corps en immersion sous l’eau. C’est par le biais des arts plastique que j’étudie la phénoménologie du corps en microgravité. Je théorise mes recherches en photographie, dessin et vidéo. Aujourd’hui, les frontières qui séparaient mes pratiques en danse, en arts plastiques et en centre de rééducation ont fusionné. Au-delà du corps se trouve l’imaginaire, le fantasme, la folie, le rêve et le cauchemar. Mon goût prononcé pour le surréalisme et mon sens de la composition quasi picturale créent des univers hyperréalistes où les situations semblent paradoxalement incongrues. Un pied dans le réel et l’autre dans le rêve, je m’amuse à manipuler les corps et les esprits au travers de mes mises en scène.

Née le 29.05.87 à Charleville-Mézières 06 30 58 03 71 lauriedasnois@hotmail.fr Envolée funèbre, 2011 Photographie 93 × 85 cm Photo : Laurie Dasnois

Qui va aux enterrements ? La famille, les amis, les voisins et des inconnus. Quels besoins ont ces étrangers de venir à un événement tragique qui ne les concerne pas ? Ils ne viennent pas par compassion, pour prier et encore moins pour le défunt. Ils viennent s’exhiber, attiser leur soif de curiosité ou boire la tristesse des proches du disparu. Ils sont des voyeurs.


Né le 12.10.87 à Bordeaux 06 61 43 78 04 cyril.debon@gmail.com Il doit y avoir un truc dans l’eau, 2015 Mixed media Various size Photo : Cyril Debon

Il doit y avoir un truc dans l’eau est un ensemble modulaire composé au minimum de deux peintures figuratives et d’une sculpture. La question de l’amour et de ses moyens de manifestations modernes sont les concepts poétiques centrals du discours.

Cyril Debon ebabx Bordeaux « Some people tell me I got great legs Can’t figure out why you make me beg Does not compute, don’t not compute You think you’re special, well so do I Why do special women make me cry? Does not compute, it dont not compute Must be something in the water they drink Its been the same with every girl I’ve had Must be something in the water they drink Cuz why else would a woman wanna treat a man so bad ? Some people think I’m kinda cute But that don’t compute when it comes to you It don’t compute, something, mama does not compute What’s the hangup? What’s the scam? Guess you think I’m just another one, one of your fans I don’t compute, something, honey, does not compute Must be something in the water they drink Its been the same with every girl I’ve had Must be something in the water they drink Cuz why else would a woman wanna treat a man so bad? I’ve got to get to you, baby Some people think I’m kinda smart Why must a fella stop with you before he starts?

It don’t compute, mama, somethin does not compute I’d buy you clothing, buy you fancy cars But you gotta talk to me, baby, tell me who you really are Must be something in the water they drink It’s been the same with every girl I’ve had Must be something in the water you drink Why else would a woman wanna treat a man so bad? Yeaaaaaaah Ouuuuuuu Hi Ouuuuuuuuuuu haaaaaaaaaaaaaa Must be something in the water they drink Must be something in the water they drink Must be something in the water they drink Must be something in the water they drink Must be something in the water they drink Must be something in the water they drink Must be something in the water they drink Must be something in the water they drink Must be something in the water they drink Must be something in the water they drink Why? Why? I do love you, I do Or else I wouldn’t go through all the things I do. »

16 Née le 27.03.86 au Chesnay +41 77 412 59 39 chloedelarue@gmail.com Rêve Zéro Until A-K Lux, 2015 Technique mixte Dimensions variables Photo : ©CDFD

Vue de l’exposition Spunk and the crossing forms, Halle de la Fonderie, Genève

Chloé Delarue head genève L’extension de ces images qui défilent dans un état de premier sommeil, celles qui passent sans emprise. Simulation des sensibles. Affronter le double et ses doubles dans un syndrome universel circulant dans la multitude des câbles d’un data center produisant par ramification ses pointes de réel comme une imprimante figeant chaque nouvel instant de ce rêve zéro. Il y a ce personnage récurrent dans les vidéos qui tente de rendre visible ce qui reste sous-jacent à l’heure de l’hyper communication, un futur proche déjà inauguré où comment comprendre la fabrication d’un monde, plus rapide que nous, par ces ersatz. Il est le concentrateur des problématiques abordées, filtre de simulation qui apparait sous ces vidéos métissées extraites de ce lendemain déjà retransmis par la lanterne des multiplexes, et dont se charge maintenant tout autres médiums, entre mise en garde et prophétie auto-réalisante. Interface mémorielle qui condense, par sa capacité d’absorption, de plus en plus de présent, de futur et de passé au même endroit, dont nos computer sont devenus les gardiens, à la fois empreinte et interfa-

ce, d’une conscience de ce rêve zéro, celui d’une omniconscience dont l’orientation est aussi multiple que les empreintes digitales derrière chaque laptop. Ce sont ces sculptures, décors, comme des extensions permettant un flux constant avec les vidéos sans hiérarchie appliquée mais plutôt comme un ensemble produisant une cosmogonie déracinée. Ce sont ces publicités sans but. C’est cet exotisme falsifié, cette recherche du wellness qui puise dans les mythes anciens et contemporains, exhumés pour devenir l’ère du temps, une raison de prouver son existence dans une instantanéité dépassée. C’est cette quête de symboles et rites dans leur forme syncrétique et artificielle, qui tente à être déjouée pour se réassembler. CDFD


Hélène Delépine ensa limoges Mon travail est un jeu de construction d’images fait d’expériences d’assemblage et de combinaison. Il prend sa source dans des figures géométriques simples prélevées dans les objets, les architectures et les éléments construits issus de mon environnement quotidien. Certains espaces en particulier (atelier, chantier, ville) m’intéressent en tant que lieux où se produisent de multiples interactions et démarcations, qui peuvent être visuelles, matérielles, formelles, rationnelles ou relationnelles et qui ont un rapport à l’ordre et au désordre. Je porte une attention particulière aux petits et moyens décalages du quotidien. S’ils sont presque imperceptibles, je cherche à les souligner. S’ils n’existent pas, je les provoque par le geste. Mon travail fonctionne par déplacement, translation ainsi que par l’usage du signe et de l’indice.

J’instille le doute en révélant ou en créant des petites discordances. Elles sont pour moi des possibilités de basculer vers des états de métamorphose. Cela implique une ambiguïté qui questionne des éléments qui semblent à la fois familiers et éloignés, reconnaissables et inconnus. J’aime l’idée de produire des rencontres inhabituelles et de mettre l’accent sur des formes de cohabitations : elles ouvrent un champ de possibles pour questionner l’expérience du réel et le pouvoir de l’oeuvre comme fiction. Conjointement, je cherche une une forme de cohérence et de collaboration dans le déséquilibre des rapports de confrontation. Les relations entre résistance et fragilité, rigide et dissolu, géométrique et approximatif m’interpellent et je joue avec. La céramique incarne pour moi toutes ces possibilités de croisements et de contradictions, en étant à la fois permissive et contraignante. Sa singularité cultive dans ma démarche de travail la notion d’ambivalence. J’associe souvent un élément avec son opposé. Le processus dialectique au sens philosophique m’intéresse dans sa capacité à produire du sens par un mouvement de tension et de contradiction.

Née le 19.03.87 à Pont-Audemer 06 70 64 17 52 helenedelepine@live.fr Sans Titre I, 2013 moulage et modelage (terre de brique) 2 éléments, 70 × 36 × 100 cm et 73 × 43 × 68 cm Photo : Hélène Delépine

Entre l’empreinte de la matrice et celle de la main, la mutation s’opère par mélange de techniques, changement du matériau plastique vers un matériau céramique, forme partiellement identifiable d’une part et laissée à la charge de l’imaginaire et de l’interprétation d’autre part.

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VOID

Né en 2013 à Bruxelles, Belgique 0032 494 63 79 85 collectivevoid@hotmail.com

arts 2 mons VOID est un collectif de plasticiens sonore créé à Bruxelles en 2013, il réunit les artistes Arnaud Eeckhout (BE) et Mauro Vitturini (IT). Notre recherche se base sur le questionnement de notre perception du réel par détournements. Nous cherchons à créer un court-circuit entre nos expériences personnelles et nos représentations construites culturellement. Dans le but d’analyser les rapports qu’entretient l’Homme avec ses artifices. Les processus que nous développons modifient et décalent la réalité afin de susciter une perception active. Le son occupe une place importante dans notre langage plastique, procédant à un va et vient constant entre la forme musicale et la matière sonore brute. L’étrange pouvoir sensoriel (même cathartique) des formes musicales, régies par des structures strictes et mathématiques dialoguent constamment avec des formes sonores organiques et libres. Le son est un matériaux essentiel dans la question de la représentation par sa capacité d’évoquer un lointain soudain si proche.

De plus, la multiplicité de ses propriétés physiques, mécaniques, sensibles et à la fois immatérielles tendent à repousser les limites des questionnements et des champs d’actions possible. Notre pratique prend le contre-pied de la représentation en se focalisant sur les frontières et interstices plutôt que sur l’événement lui-même. Le vide n’est pas vide. Pour paraphraser John Cage parlant du silence, le vide est un espace inintentionnel, c’està-dire un espace dans lequel les choses se déroulent en dehors de toute intention et de tout contrôle. Le vide est-il alors un médium propice à une expérience plus sauvage et spontanée de la réalité ?

Shaped lines, 2012 Haut-parleur, bandes magnétiques, son Dimensions variables Photo : © Collectif VOID

Shaped lines est un dispositif éphémère dans lequel des bandes magnétiques relient la membrane d’un haut-parleur au plafond de l’espace. Les lignes tendues se déforment sous la pression acoustique du son. Ces déformations matérialisent l’action de l’onde sonore dans l’air ainsi que dans toute matière.


Née le 16.09.88 à Rheda, Allemagne +49 179 8330712 lenafeldmann@gmail.com Arktischer Ozean, 2015 Collage aus Glas ( Lampenglas, Floatglas gesandstrahlt) 100 × 58 × 58 cm Photo : Lena Feldmann

Objektvitrine befüllt mit einer Collage aus unterschiedlich bearbeitetem Glas

Lena Feldmann institut für künstlerische keramik und glas koblentz Lena Feldmann sucht in ihrer Arbeit eher das, was unsere globalisierte Welt verbindet. Sie sucht und findet Strukturen, die sich im Mikro und Makrobereich befinden, die also durch die Lupe oder aus dem Weltall zu sehen sind. Die dort anzutreffenden Systeme haben vielfältiges ästhetisches Potential, welches sich zur künstlerischen Anwendung geradezu anbietet. Zu sehen sind Objektvitrinen, die vielfältige Wahrnehmungsaspekte ausloten und bespielen. Da wird die Welt verbunden, verknüpft, vernetzt - aber nicht durch digitale Signale, die über Satelliten in Kabel eingespeist werden. Hier werden Luftlinien gezogen, zu Orten die die Künstlerin besuchte und zu Orten ihrer Sehnsucht und ihrer Immagination. Tatsächliche und fiktive Verbindungslinien und Netze werden zwei und dreidimensional verknüpft und diese Verknüpfung entziehen sich teilweise einer genauen Zuordnung, da auch immaterielle Schatten und Spiegelungen zum System gehören, die sich wiederum auf verschiedenen Ebenen addieren und anreichern.

Lena Feldmann wendet sich bewusst einem, in heutiger Zeit etwas diskreditierten Schönheitsbegriff in der Kunst zu. Und ja, das soll sie tun, denn wer kümmert sich noch um Schönheit, wenn es die Künstler nicht mehr tun. Jeder kümmert sich um Krise und Krieg - aber das ist nicht unser ganzes Leben. Unser Leben ist nicht nur das, was wir im Spiegel lesen - es ist auch das, was wir im Lächeln eines Kindes finden, was wir am Strand beim Blick auf das Meer empfinden. Prof. Jens Gussek

18 Née le 21.01.90 à Altamura, Italie 34 64 14 79 96 sferra90@gmail.com Forma organica II, 2015 Intaglio diretto su pietra 45 × 35 × 16 cm

La scultura si fa versatile attraverso la sua. messa in atto in varie posizioni. Rappresenta la possibilità di scelta del fruitore e allo stesso tempo una materialità rievocata ma instabile ad ogni cambio di visione e percezione

Silvia Domenica Ferrante adba carrara Silvia Ferrante nasce ad Altamura, in provincia di Bari, il 21-01-1990. Sin dalla fanciullezza dimostra un forte interesse per il disegno e materie affini. Frequenta perciò l’istituto d’arte sezione metalli e oreficeria che terminerà nel 2009. Si iscrive all’Accademia di belle arti di Bari ricevendo una borsa di studio per tre anni che le consentirà di vivere nell’omonima città. Sono i primi anni di mostre collettive ed eventi che la spingeranno ad interessarsi alla scultura in pietra. Si trasferisce a Carrara dove iniziano gli studi sia all’istituto serale “Pietro Tacca”, sia del biennio specialistico all’Accademia, finanziata questa volta dalla borsa di studio della regione Toscana. Termina gli studi nel Febbraio 2015 con il massimo dei voti, scrivendo una tesi inerente al mercato dell’arte contemporanea e alle prospettive attuali per i giovani artisti. Intanto lavora alla scultura, soprattutto in pietra, per proprio conto partecipando a concorsi pubblici e privati. La sua ricerca improntata sullo studio della forma, attraverso i volumi intesi come luci e ombre, pieni e vuoti, riqualifica un materiale antico, indagando su un tema vecchio come il mondo ovvero la capacità dell’uomo di capire la realtà

attraverso la sua ri-manipolazione. La pietra diventa solo uno strumento che consente, grazie ai tempi medio-lunghi di lavorazione, una più attenta analisi. È da tale riflessione che nascono le forme di natura organica o meno che riassumono solo l’inizio del percorso di questa giovane artista.


Aurélie Ferruel Florentine Guédon esba angers Aurélie Ferruel et Florentine Guédon travaillent ensemble depuis 2010. Dans cette collaboration, elles partagent leurs idées, leurs lectures et leurs connaissances techniques en vue de développer exclusivement une production commune. Leurs oeuvres oscillent entre sculpture, vidéo, installation et performance dont l’installation n’est jamais figée. Le lieu, le contexte et l’avancée de leur réflexion influent toujours sur la forme qu’elles prennent lors de leur réinstallation. À la source de ce travail se trouve un intérêt partagé pour la tradition, en tant que lien générationnel, vecteur de transmission de gestes et de savoirs. Les membres de leurs familles jouent un rôle prépondérant dans leur pratique, que ce soit par la transmission de savoir-faire techniques ou en participant directement à leurs performances. Leur but n’est pas de prôner la conservation des traditions, mais d’observer leurs évolutions, leurs formes, leurs réactivations voire leurs réinventions.

Le groupe étant un moyen pour l’individu de se construire une identité, le travail en duo permet de forger ce désir d’appartenance et de développer une représentation du collectif à travers des objets tels que les costumes, les coiffes, les bijoux… autant d’accessoires qui se chargent d’une forte valeur cérémonielle. Outre leurs cultures familiales respectives, leur travail plastique intègre et mêle des codes identitaires de divers groupes tels que des tribus, des confréries locales, des cercles familiaux, que ces deux artistes observent et traversent à la manière d’anthropologues, dont elles s’approprient les cultes et les esthétiques pour en créer de nouveaux.

Nées le 26.06.88 à Mamers et le 23.04.90 à Cholet 06 76 20 27 06 — 06 33 74 98 86 ferruel.guedon@gmail.com Temps Libre, 2013 Tapisserie, sculpture bois et tissus Dimensions variables Photo : AFFG

Empruntant les savoir-faire traditionnels de la tapisserie, le tissage de blason s’effectue comme une actualisation de l’image du duo. La tapisserie est réalisée à partir d’outils spécialement conçus pour cette performance. Une chorégraphie s’invente par des gestes d’un travail en commun.

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Bastien Garinot isba besançon franche comté Le travail de Bastien Garinot interroge les normes du bon goût, notion pernicieuse d’un jugement préconçu qu’on croirait à tort limité à la seule vision populaire. En effet, souvent l’on juge d’une œuvre dans un attendu et aucune « découverte » visuelle n’aurait autant d’impact que quand elle n’est que reconnaissance ou confirmation ; or, cette quasi tautologie n’est pas étrangère aux écoles ou aux centres d’art. Aussi, est ce assez rusé de la part d’un jeune artiste récemment diplômé de l’Institut Supérieur des Beaux Arts de Besançon Franche Comté de jouer ainsi des codes pour mieux brouiller les pistes et nous forcer à voir justement plus qu’à regarder pour reprendre la distinction chère à Castaneda. Ses dessins d’apparence fort sages font à proprement parler « bonne figure » mais ils cachent une référence qui tient plus au septième art qu’au dessin académique : « douze hommes en colère ». L’idée de réinterpréter la situation des jurés par des instances de jugement familial, amical ou scolaire et de se figurer seul et nu au centre de leur débat qui plus est « œuvrant » sur cette forme extrême du dessin qu’est le tatouage, nous installe dans un jeu de renvois de références qui

nous empêche tout repérage tranquille. Cinéma, mais aussi dessin, tatouage, voire l’internet et ses réseaux sociaux si prompts à la vindicte collective autant d’écho à cette situation de l’artiste au centre d’un tir groupé d’appréciations et de sentences. Bastien joue de cette situation centrifuge en essayant d’empêcher qu’on le réduise à un seul médium, à un seul héritage. Lui qui cite volontiers Gary Grant et Dürer, Sidney Lumet et le tatoueur Tintin ou Cocteau et Larry Clark nous perd dans l’incessante variété de son trait. Sans doute il y a-t-il de la stratégie dans ce jeu de miroirs mais aussi de la simplicité, de la naïveté mais au sens que l’ancien français donnait à ce terme de nativus, fidèle à sa nature. Etre soi, rien que soi, et mêler les références de son temps « à sa mode » pour en constituer un patrimoine intime seul capable de nourrir la création la plus personnelle, courir le risque du lynchage plutôt que celui de la respectabilité. Le respectable, cet ennemi par excellence du Vrai chez les Grecs bien plus que l’erreur ou l’ignorance. LD

Né le 14.06.86 à Autun 06 76 15 87 09 babasorhum@gmail.com Juré n°3, Bastien Gavinot, artiste, 2014 Graphite sur papier 43 × 63 cm

Traits pour traits « Voir ce n’est pas une force, mais plutôt une façon de passer au travers des choses. » ( in Voir, les Enseignements d’un sorcier Yaqui de Castaneda)


Née le 02.03.88 au Kosovo 06 76 51 09 47 shqipegashi@hotmail.fr Sans titre, 2015 Technique mixte Dimensions variables Photo : Shqipe Gashi

Shqipe Gashi esad reims La tactique de l’enveloppe. On est presque à l’intérieur de la peinture mais sans pigments. La touche, si on peut la déceler ne se réfère qu’à elle-même. Les aplats sont absents et c’est dans la transparence des couches successives que l’on aperçoit l’essence des sculptures de Shqipe Gashi. On pourrait d’ailleurs les nommer sculptures, peintures ou encore installations mais trouver un mot qui sonne bien reste du domaine du curateur pour les nuls. L’artiste crée une langue plastique à travers ces oeuvres plus ou moins compréhensible, plus ou moins évidente. Sa langue est fleurie de métonymie, de contreparties et accepte, dans le meilleur des cas, sa propre sémiose. Quelle stratégie discursive doit-il suivre pour toucher le visiteur ? Il y a ceux qui partent au front, façon bulldozer, brandissant leurs références et commandant des textes didactiques. Chacun son style.

Shqipe Gashi pratique la tactique de l’enveloppement grâce à un système de filtres référentiels et spatiaux. Ses installations prennent la mesure de l’espace, les pièces sont là comme des annotation qui occultent l’espace d’exposition. Une sorte de douceur électrique en émane et happe le visiteur. Elles jouent avec les archétypes du langage de l’exposition, esquissent une sorte de peinture, effleurent l’architecture ou encore évoquent la sculpture. Il en est difficile de définir les contours car bien souvent les voiles de tissus irisés perturbent l’appréhension de profondeur, Les éléments durs comme le bois gagnent en douceur à l’aide de touches de lavis. On doute de la nature même de la matière de l’objet présent. Tout se fond dans l’espace et semble vaporeux. Ses pièces tentent d’apprivoiser le visiteur. Le regardeur est doucement enveloppé par le langage de l’artiste. Il perçoit sa propre image dans les semblants de reflets et les demi-profondeurs. Il recherche des indices pouvant justifier sa propre présence dans ce brouillard, il pense à l’espace d’exposition. Camille Besson

20 Née le 02.05.85 à Berlin, Allemagne +0049 1522 2894554 mail@evagerth.de Blind Mirror, 2014 Interactive Installation Half-mirror, depth cameras, programmed matrice of 3392 light-emitting diodes 85 × 100 × 20 cm

Eva Gerth Udk Berlin The installation Blind Mirror is a mirror, that erases the specters face from the mirrors surface. Depth cameras mounted to the sealing recognize people in space. Sending their data to a software, that calculates peoples position relative to the mirror in order to hide their faces by a lightning square through an LED-Matrice, which is placed right behind the mirror. The basic principle of a mirror is to create the illusion of the self as a counterpart by reflection. By eliminating the specters face the mirror gets a counterpart itself.


Axel Gouala

Né le 03.08.87 à Paris 06 67 53 24 73 axel.gouala@gmail.com

hear strasbourg Faite de briques alvéolées sculptées, La Falaise est une construction de paysage et un paysage reconstruit, la recherche d’un équilibre par le dessin, d’une harmonie fiable. La construction est autant un élément du sujet que le processus, car sa mise en œuvre, avant l’étape de la sculpture, est une construction de murs. La présence de ces murs signale l’édifice, l’habitat humain, et introduit dans l’œuvre le dialogue entre nature et construction. Ce dialogue se loge au cœur du matériau choisi, la brique, produit dérivé de l’argile, dont on creuse des falaises pour son extraction. Son existence est déjà le fruit – et la cause – d’une sculpture, la carrière d’argile. Ainsi, l’œuvre est un élément tellurique – une falaise – édifiée avec de la terre, mettant en circulation le sujet et son matériau. D’autre part, on peut observer la dichotomie que met en relief La Falaise : l’élévation sous-jacente à son élaboration, et l’érosion qu’elle représente. Cette opposition me ramène aux propos du sociologue et philosophe Simmel, cité par Michel Makarius dans son ouvrage Ruines : « […] cet équilibre unique entre la matière mécanique, qui pèse, qui s’oppose passivement à la poussée, et l’esprit, qui façonne, qui pousse

vers le haut, est détruit à l’instant même où le bâtiment s’écroule ». D’un côté la volonté humaine érige l’édifice selon un principe de verticalité ; d’un autre, le travail de la nature tend à son érosion et à son aplanissement. Dans les choix esthétiques de représentation, j’ai notamment été inspiré par la série des Cascades d’Hokusai, dont les lignes me font penser à des architectures. J’ai également été inspiré par les œuvres et le modus operandi d’Hockney, dans ses paysages du Yorkshire ou du Grand Canyon, dont la peinture est quelque part une construction. Enfin, La Falaise est une vision de voyage, un entrelacs de calanques méditerranéennes, de côtes bretonnes, et de montagnes du Sichuan

La Falaise, 2015 (en cours) Technique mixte 2,55 × 4,5 × 2 m Photo : Alex Gouala

La falaise est une sculpture faite de briques alvéolées. Elle fait vivre un dialogue entre nature et construction, et met en tension élévation et érosion ; sa représentation a notamment été inspirée des oeuvres d’Hockney et Hokusai.

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Lorenz Hildebrand design & kunst Hochschule Luzern In den Tiefen meiner Festplatten, suchte ich nach den Anfängen meiner Videoarbeiten in meinem Arbeitsraum. Welche Entwicklungen und Lernprozesse lassen sich über die Jahre erkennen, wie hat sich der Raum als verändert, wie mein Verhalten mit der Kamera und wie die Interaktion zwischen Raum und Mensch? Anhand dieser Fragen habe ich eine Auswahl an Videoarbeiten getroffen, die in den Jahren zwischen 2011 und 2015 entstanden sind. Diese Analyse meinerseits soll auch ein Versuch sein, Muster zu erkennen und diese in zukünftigen Arbeiten zu theamtisieren, vielleicht indem diese durchbrochen werden oder sonst in irgendeine neue Ordnung gebracht werden. Diese Suche und Analyse meiner Videoarbeiten ist somit auch eine Standortbestimmung und Reflexion, daneben aber auch eine Vorstudie für eine zukünftige Veränderung der Arbeitsmethode.

Né le 03.11.84 à Olten, Suisse 076 426 71 89 lo84@gmx.ch Auswahl Kellervideos, 2011-2015 Bewegt Bilt Videostills der Arbeit Putzen aus dem Jahr 2014

Einsicht in die Entwicklung von im Kellerraum entstandenen Videoarbeiten über mehrere Jahre


Née le 23.10.81 à Tokyo, Japon 06 19 98 46 95 h.yunhui.c@gmail.com Comment je suis devenue une française, 2014 Performance solo Environ 10’ Photo : Ayuko Nishida

Je vais vous raconter comment je suis devenue une française. Je suis née au Japon. J’étais Coréenne pendant 20 ans. " Pendant la performance, je vous raconte ma vie, et comment j’ai obtenu ma nationalité française, en français, et en japonais qui est ma langue "maternelle ".

Yuni Hong ensa paris Cergy LE CONFLIT TRANSPARENT LA LANGUE COMME LE BRUIT DE LA FRICTION Jeter les cerises d’un clafoutis sur le mur. Rendre les mots, puis manger la lettre. La langue ne s’épuise pas de la bouche. Mais est-il possible de manger la langue ? Peut-elle être assimilée comme qualité nutritive ? Yuni Hong fait sa performance Comment je suis devenue une française en japonais. Son choix de la langue est important, car non seulement elle est un outil pour s’exprimer d’une manière la plus naturelle pour l’artiste. Mais aussi parce que, prononcer en japonais pour elle, c’est un acte autobiographique en soi. Autrefois, elle avait un statut qui s’appelle « zainichi korean », qui veut dire « le résident coréen au Japon », mais il est souvent appelée en abrégé, « zainichi », ou « résident au Japon ». Dans sa performance les deux conflits sont importants. L’un c’est le conflit extérieur. La discrimination, qu’elle a vécu au Japon, et ce qui est explicitement déclaré dans la lettre de la Préfecture de police de Paris avec arrêté d’expulsion, malgré sa période de grossesse en France.

Sortie du Japon, maintenant elle n’est plus « zainichi ». Alors, qui est-elle ? Coréenne, et/ou la future française ? D’où je constate l’autre conflit qui s’est créé à l’intérieur de l’artiste avec sa racine coréenne, et sa langue maternelle japonaise. Qu’elle le veuille ou non, elle pense à la façon de sa langue maternelle. La langue maternelle détachée des langues nationales. Ce conflit aurait été transparent dans sa vie au Japon. Mais la transparence ne signifie pas l’inexistence. Plus elle exprime sa colère et la douleur en japonais, plus les conflits deviennent apparents. Son corps est un instrument, et la langue devient le bruit de la friction. Le sentiment brut ne s’exprime qu’en langue maternelle, quelque soit le niveau de maîtrise des langues étrangères. Elle crie en japonais parce qu’elle ne peut faire autrement. Ni le français, ni le coréen ne l’ont choisie. Ayuko Nishida

22 Née le 05.09.90 à Paris 06 31 41 83 91 jeanette.huss@gmail.com Jour 19 (après 18.6.6), 2015 Installation vidéo 2,5 × 5 × 4m Photo : Jeanette Huss

L’installation "Jour 19" est la reconstitution du 19e jour de travail de l’archéologue Arthur Haugio sur la fouille 18.6.6. Il y explore une singulière salle de bain. Jeanette Huss s’inspire du journal de bord du chercheur pour comprendre et représenter ce mystérieux site.

Jeanette Huss-Varnet hear Mulhouse Jour 19 ( après 18.6.6) Le 18 juin 2006, lors d’études préliminaires pour la construction d’une centrale géothermique, l’ouvrier Alain Schmidt découvre en creusant dans un champ proche du village Ritterhoffen une faille dans la terre. L’entrée le mène à une étrange cavité composée de plusieurs pièces. L’entreprise Frères Roquette, société dont émane la construction de la centrale, a engagé le jeune archéologue Arthur Haugio, fraîchement diplômé. Lors de ses recherches, Arthur tient un journal de bord. Il y décrit toutes ses découvertes et ses réflexions face à ce lieu inconnu. L’exploration terminée, la centrale est construite. 2013. Jeanette Huss, originaire d’un village voisin de Ritterhoffen, a toujours connu ce champ où pique-nique en famille/amis, resteront toujours de bons souvenirs. Elle suit donc de près la construction de la centrale, et s’intéresse à la découverte souterraine. Elle lit le journal de bord de l’archéologue avec passion. Cette dernière l’amène à faire une reconstitution de ce lieu maintenant détruit.

L’installation "Jour 19" est la reconstitution du 19e jour de travail de l’archéologue Arthur Haugio sur la fouille 18.6.6. En ce dix-neuvième jour, je vais explorer une nouvelle pièce. Cette dernière m’intrigue particulièrement car lorsque j’y suis rentré pour les croquis lors des premiers jours, je n’arriverais pas à rester longtemps à l’intérieur : je ne me sentais pas bien, comme si quelque chose perturbait mon corps. Extrait du journal de bord d’Arthur Haugio, jour 19 le 23 septembre 2009


Rémi Illig

Né le 13.05.90 à Laxou 07 50 52 67 35 remi.illig@gmail.com

ensa Nancy

Je suis une bille : 4éme Contact, 2013-2015 Vidéo interactive, capture d’écran Photo : Rémi Illig

Je suis une bille. J’ai développé depuis deux ans un corpus d’oeuvres, de la vidéo à la sculpture en passant par la performance, représentant un monde imaginaire où des personnages aux têtes de billes évoluent dans un univers dystopique, standardisé et hostile. Les mondes de l’éducation, du travail, de l’intime, sont évoqués à travers la métaphore de la bille, censée représenter un individu incapable de contrôler sa destinée et ses désirs. Condamné à l’errance, il rebondit sans fin dans un système qui, tel un flipper à l’échelle de la société, ne cesse de le confronter à la solitude des autres billes.

C’est en décomposant la société en 5 pronoms personnels ( Je, Tu, Nous, Vous, Eux) que je redéfinis ma place et ma construction dans l’espace social. Cette recherche identitaire est illustrée par une approche plus intime définie par des parties du corps (la tête, le tronc, le cou, les épaules / hanches, les bras/ jambes) formant des liens entre moi et l’autre.

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Pierre Charles Jaquemin ENSA Limoges Le tour du monde en 7 jours Pierre Charles Jacquemin a développé une pratique qui englobe à la fois l’installation, les médias numériques, la vidéo, le son et la performance. A travers cette pratique, il met en présence des espaces et des temporalités spécifiques : fiction et réel, intérieur et dehors, vivant et non vivant, humain et machine. « le tour du monde en 7 jours » c’est un voyage extraordinaire rendu possible grace aux nouveaux moyens de transport. Jules Verne avait bénéficié en 1872 du nouveau chemin de fer et de la marine à vapeur mais aussi du canal de Suez . Les distances raccourcissent mais surtout le temps nécessaire pour les parcourir. Ce « voyage » pierre charles jacquemin va le réaliser chez lui . L’illusion du voyage n’est pas uniquement une simple tentative d’imiter le réel mais un discours construit à lire et à interpréter . google earth visualise la terre grace à un assemblage de photos aériennes ou satellitaires rassemblées par la NASA. L’artiste survole comme sur un tapis volant les chemins de notre planète appercues de l’espace. Ce tour de planète ne nécéssite pas de frapper aux portes des frontières, de contourner les zones sensibles, militarisées.

L’artiste vous propose son journal de bord et le making off de sa performance. L’artiste nous avait déjà proposé de visualiser ses essaies de drogues virtuelles téléchargeables sur internet : electro choc acoustique (2013). On pouvait observer charles jacquemin le casque sur les oreilles subir les effets de l’une de ces mystérieuses doses. « echelles des univers ». L’artiste présente la maquette de son exposition. Cette représentation sert au parallèle humble et poétique que pierre charles jacquemin établit entre le dérisoire de son espace personnel et celui de notre existence à l’echelle du cosmos. Pierre Charles Jacquemin est aussi un obsedé de la dimension du temps et de l’espace que ce soit des temps passés comme l’époque de la conquête spatiale, du temps présent, ou même futur avec la science fiction. L’espace comme l’espace d’exposition (échelles des univers 2014-2015) l’espace tourné vers les étoiles (space oddity, 2014).

Né le 17.02.88 06 71 53 13 21 pierrecharlesjacquemin@gmail.com Echelles des univers, 2014-2015 Maquette, meteriaux divers, figurine d’astronaute Dimensions variables

Maquette qui représente le lieu où elle est présentée et les pièces qui y sont présentes, la figurine d’astronaute est là pour transformer l’espace d’exposition en ailleurs, une autre planète.


Nés le 19.06.90 à Chambralés-Tour et le 09.12.88 à Coulommiers 06 76 02 59 35 / 06 74 26 34 02 guillaumejezy@live.fr / jeremy.knez@hotmail.fr Maquettes (sélection) 2013-2015 Bois, carton, balsa Dimensions variables, 3D

S’inspirant d’installations et sculptures déjà réalisées ou encore à l’état de projet, ce travail de dessins et de volumes à l’échelle maquette est envisagé comme un prolongement de la recherche formelle.

Guillaume Jezy Jérémy Knez ESBA Nantes Métropole Guillaume Jezy et Jérémy Knez travaillent autour de questions liées aux volumes et au rapport qu’ils entretiennent avec leur environnement, qu’ils deviennent soumis, intermédiaires ou autoritaires. Pour se faire, ils façonnent un matériau brut, peu transformé, issu d’une collecte de palettes industrielles dont ils ne conservent que les planches. Modulaire et inépuisable, cette matière offre la possibilité de créer rapidement des formes dans l’espace tout en liant de manière uniforme leurs deux identités ; deux points de vue et deux réflexions dans une même pratique. Construisant des sculptures et installations éphémères, ils utilisent et ré-utilisent le matériau planches qu’ils considèrent à chaque étape comme partie intégrante de cette démarche. La forme en mutation y cohabite avec son origine, son avenir anticipé et l’instant, sorte d’événement guidant l’un vers l’autre. La préméditation même de ces volumes suit une pensée qui se constitue par association d’idées. Une forme peut en amener une autre.

En parallèle de ces sculptures, un travail de dessins et de maquettes est mené. S’il n’est pas systématique, ces réalisations permettent néanmoins d’étendre et de complexifier ce vocabulaire formel. Concrètement, cette matière se présente comme une matrice qui vient s’adapter à des lieux singuliers. Qu’il s’agisse de considérer sa fonction, son existence passée ou révéler ses détails, le lieu est un élément décisif en vue de ce que sera la création in situe. Parce qu’ils cherchent à questionner notre rapport à l’espace par un jeu d’échelle situé entre le corps et l’architecture, chaque construction a le pouvoir de séparer pour révéler de nouveaux espaces, devenir observatoire ou au contraire, faire abstraction d’un environnement entier. Puisant aussi bien dans le vocabulaire politique que dans la fiction, ils conçoivent, au moyen de lignes minimales, des espaces de projections, des impasses à la réalité s’ouvrant sur l’imaginaire.

24 Né le 18.02.89 à Dijon 06 72 28 02 68 damien.jibert@gmail.com Reflet, 2014-2015 Vidéo, programmation web

Reflet est un village figé, bloqué dans le temps et l’espace. Il est impossible pour ses habitants d’en sortir. Leur quotidien est monotone, répétitif et ennuyeux. Très rapidement, on se rend compte que les villageois de Reflet ne sont pas des personnages comme les autres. Ils ont tous des histoires à raconter, étranges, décalées, absurdes.

Damien Jibert ema Fructidor Chalon-sur-Saône Reflet est un village figé, bloqué dans le temps et l’espace. Il est impossible pour ses habitants d’en sortir. Leur quotidien est monotone, répétitif et ennuyeux. Très rapidement, on se rend compte que les villageois de Reflet ne sont pas des personnages comme les autres. Ils ont tous des histoires à raconter, des histoires étranges, décalées, absurdes. Il semblerait qu’un mystère plane au dessus du village. Le village de Reflet est un espace reconstitué sur un site internet. L’espace est divisé en plans fixes représentants 15 lieux spécifiques. Une interface simple permet au visiteur de se déplacer entre les différents plans fixes qui constituent le village. Chacun de ces tableaux est une vidéo synchronisée avec le temps réel, ainsi si le visiteur se connecte au site la nuit, il découvrira le village endormi. La seule interaction qu’a le visiteur avec ce lieu est ses différents déplacements et horaires de visite. La vie du village se déroule sur un jour complet, c’est-à-dire 24h. Chaque plan qui constitue le site internet est donc en réalité une vidéo de 24h en boucle. Le spectateur devra chercher lui-même où se trouve l’action, quels habitants l’intéressent le plus pour se recréer lui-même une trame narrative

éclatée, non linéaire. Le spectateur devra chercher lui-même où se trouve l’action, quels habitants l’intéressent le plus pour se recréer lui-même une trame narrative éclatée, non linéaire. Parfois, plusieurs actions importantes se dérouleront en même temps et le spectateur devra faire un choix dans la narration. Cela ne l’empêche pas de revenir le lendemain pour revoir la scène qu’il n’a pas pu voir la première fois. L’idée de Reflet nous est venue alors que nous nous promenions dans notre village natal un soir d’été. L’ambiance était pesante, il n’y avait pas âme qui vive et nous avons eu l’envie de retranscrire cette impression. En plus de cela, imprégnés depuis très jeunes de la culture vidéo-ludique et internet, nous voulions depuis un moment créer un film qui rassemblerait à la fois la liberté de déplacement à l’intérieur d’un espace et qui serait une plateforme d’échange, créatrice d’interactions humaines. Nous trouvons important aujourd’hui de diversifier les modes de narration et nous avions envie de créer un dispositif différent du cinéma, plus convivial et dans une temporalité autre que celle à laquelle nous sommes habitués. Damien Jibert et Pablo Albandea


Roméo Julien EESI Angoulème / Poitiers Le monde m’apparaît comme un labyrinthe. Je veux y trouver mon chemin. Et c’est en dessinateur que je veux le faire. Alfred Kubin Roméo Julien évolue dans les champs du dessin, de l’édition et de la bande-dessinée. Sa pratique artistique se développe autour de la thématique du théâtre, de la mise en scène et de l’espace de représentation. A travers ces différentes notions et un travail éditorial, Roméo tente d’expérimenter et d’interroger la narration. Le décor, l’architecture, l’idée de construction et de déconstruction, de sculpture et de structure tiennent une place importante dans ses dessins et l’amènent peu à peu à interroger l’espace et à envisager le champ de l’installation, non plus comme un support au dessin ou à l’image imprimée mais comme une proposition artistique à part entière. L’édition occupe une place centrale dans sa pratique.

En 2010, il crée avec dix jeunes auteurs «Les Machines», structure éditoriale consacrée à la publication de livres de dessin et de bande-dessinée. Entre 2011 et 2013 il y publie Mister Uppercut et Mister Uppercut in Africa, deux fanzines de bande-dessinée. En 2013, il publie Freaky happy cosmic war show, un fanzine de dessin aux éditions FP&CF. Roméo participe régulièrement à des publications collectives. Depuis 2011, il co-organise le FOFF, festival d’édition indépendante situé à Angoulême. Ce festival a pour vocation de mettre en avant la production d’artistes, de collectifs et de musiciens qui empruntent des chemins nouveaux pour produire et diffuser leur travail. Depuis 5 ans le festival est un lieu situé à la croisée des chemins des arts graphiques et visuels, du fanzinat et de l’édition d’art.

Né le 27.11.87 à Montpellier 06 14 54 96 82 romeojulien@live.fr Vestiges, 2015 Moulage, peinture, dessin, sérigraphie Photo : Claire Terral

Il s’agit de théâtre. Il s’agit de décors et d’architectures, de lignes de fuites et de fausses perspectives. Il s’agit de déambulations aléatoires à travers les ruines et les vestiges de civilisations oubliées.

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Franziska Jyrch Hgb Leipzig In a majority of Franziska Jyrch’s installations and sculptural settings canvases and stretcher frames play a rather significant role. She cares equally strongly about establishing a relationship with painting, her reference to a central medium of art history, as about artistically integrating totally different materials, meaning various kinds of everyday and personal objects. The basic approach to her work, which is characterized by coincidence and calculation alike, consists of collecting and selecting, piecing together and dividing up, of arranging and deconstructing these very diverse materials thereby creating complex sculptures as well as installations which can fill entire rooms.

Her way of dealing with these materials resembles an artistic assembly designed to experiment with the objects and sort them out into what should stay and what should go. Everything is and remains material, this also goes for her older pieces of art, which, when put into a new context, can take on an altered physical state and become flexible actors in an ongoing process. Previous pieces such as BONHEUR and ESPLANADE are perfect examples of Franziska Jyrch’s preferred working style: canvases stretched and tacked onto frames are taken apart, supplemented and arranged anew in front of a white wall. It leaves us with the impression that the art of painting has emancipated itself from its central coordinates, with its »assistents« conquering new spaces beyond the narrow square of the frame. Instead the exhibit space now provides the actual framework for a much more complex pictorial narrative, one that integrates many things that are outside of the art context and which thus naturally advance to become an integral part of her art work. Dr. Ralf F. Hartmann

Née en 1980 mail@franziskajyrch.com o.T., 2014 Mixed media Photo : Anna K.O.


Née le 06.02.81 à Milan, Italie +39 333 788 4205 kamilia.kard@gmail.com Empty Delights Garden - Purgatory Installation, 2014 Installation 160 × 200 cm

Kamilia Kard adba brera milano Empty Bosch paintings re-drawn by the artist create new sceneries for a narration formed by little elements of her life between real and virtual. Anatomic figures, glitched images, stickers, emoticons and memes compose a digital collage upon the empty painting which without its original “casts” reveals a weird architectural landscape. Based on a research on the temporal continuity between past and present, the Empty Delights Garden series (2014) explores hybridization between painted images and pictures taken from the web. This concern with the dynamism of an image’s life is emphasized in the analogue / digital dematerialization of the video installation, that combines the analogue/material status of the print with the digital/ephemeral status of the projection. Kamilia Kard is a Hungarian - Italian artist and curator born in Milan, Italy. She holds a MA in Political Economy (CLEP) at Bocconi University, Milan (2003), a BA in Painting (2012) and a MA in Net Art (2014) at the Academy of Fine Arts of Brera, Milan. Her work focuses on the construction of identity in the Internet age, and is manifested through different

media, from painting to video and animated gif, prints and installation. The projects online reflect on how to build an image, a narrative and an identity that interfaces and communicate in a virtual and real space. Since 2009, she exhibited at various venues worldwide, including: Fondazione A. Pomodoro, 2011; Museo del ’900, Milan, 2013; THE WRONG - NEW DIGITAL ART BIENNIALE, 2013 - 2014, online; Kalpany artspace, Milan, 2014; Isimbardi Palace, Milan, 2014; Quartel Galeria Municipal de Arte, Abrantes (Portugal), 2014; Wendy Subway, Brooklyn, NY, 2014; Studio Museo Messina, Milan; Hypersalon, Miami, 2014. Curatorial projects include: Bestwallcover, online, 2012 ongoing; Dashboard, Frigoriferi Milanesi, Milan, 2014; Internet Drones, Space ULTRA / e-flux Italy, Udine, 2015. Her work can be found, loved and reblogged at: http://kamiliakard.tumblr.com/.

26 Né le 20.04.83 à Rendsburg, Allemagne 0162 4983935 s.kloppenburg@hbksaar.de Silver pipe, 2015 Rauminstallation, Zeichnung und Fotografie Größe variabel Photo : Yunsik Ko

Bei der Arbeit silver pipe bediene ich mich der Zeichnung als Hilfsmittel, die zeitliche Veränderung von Raum und Fläche zu Untersuchen.

Simon Kloppenburg HBK Saar Geboren 1983 in Rendsburg, SchleswigHolstein/Deutschland. Studium an der Hochschule der Bildenden Künste Saar, bei Prof. Gabriele Langendorf und Prof. Georg Winter. Meisterstudierender bei Prof. Gabriele Langendorf. Schwerpunkt meiner Arbeit sind Zeichnungen und Rauminstallation, die in den gegebenen Raum und in die vorhandene Architektur eingreifen. Bei aktuellen Projekten forsche ich an der Veränderung der Akustik, Störungen im Bewegungsapparat oder untersuche Materialien, die sich ständig Wandeln. Um unsere Wahrnehmung und Bewegungsabläufe zu verstärken oder zu irritieren, bediene ich mich verschiedener Mittel. Hierbei sind installative, bildhauerische und bildnerische Arbeiten gleichwertig.

Für die Arbeit sequence of movements entstanden verschiedene Raum im Raum-Situationen. sequence of movements, Raum II: Dieser Raum konnte durch eine Tür betreten werden. Beim Betreten der Betonplatten und Steine, sackte der Untergrund zentimeterweise nach unten und erzeugte durch Gewicht und Reibung dumpfe Klänge.


Alexandre Lavet ESA Clermont Métropole Alexandre Lavet craint-il les affres de la page blanche ? Pas vraiment puisque pour lui La page blanche n’existe pas. L’artiste la réserve à l’espace d’exposition, clou à terre et non clou à clou, détail insignifiant mais à relever. Et ce dernier, ce presque rien, sera le seul objet d’intérêt. Cette approche sur le plein du vide touchera bien des registres de la création : photo, vidéo, sculpture, installation, arts graphiques même... tous supports sujets à l’audace de l’opération. Ce qui excitait Marcel Proust chez Flaubert ce n’était ni la phrase ni le style, mais le « blanc », sens invisible entre les mots. L’œuvre, sous son eurythmie visuelle, sous sa formulation austère, conforte les piliers d’une pensée à pratique épurée. C’est sans doute moins le résultat d’une « réduction négative » – telle que l’aurait exprimée le philosophe Jacques Derrida – qu’une réduction positive à la contemplation d’un espace ou d’un petit objet, à retrouver aussi dans le blanc d’un œil attentif.

Mes principaux projets artistiques consistent en des interventions à peine visibles dans l’espace de l’exposition. Que ce soit par des gestes, des actions, ou par des formes sculptées, j’essaie de poser la question de l’apparition de l’art, ce moment où l’on considère qu’une chose est ou non artistique, ce moment où l’on se met à se demander si art ou artiste il y a. C’est précisément en détournant en proposition artistique ces formes singulières, ordinaires ou banales que je convoque du sensible, cela permet ensuite de les considérer puis de questionner notre rapport à l’art et aux différentes formes qui nous entoure.

Né le 29.12.88 à Clermont-Ferrand +33 7 82 43 97 24 alexandre.lavet@live.fr A lunch, 2015 Graphite et crayon de couleur sur papier plié Dimensions variables Photo : Alexandre LAVET.

Je travaille sur différentes formes s’apparentant à celles rencontrées dans les lieux d’expositions. En modifiant les matériaux par exemple je peux supprimer la fonction de l’objet et ainsi l’amener dans le champ de l’art afin de faire de l’apparition de l’art une question concrète et développer une sensibilité sur des formes ordinaires qui nous entourent.

Frédéric Bouglé, décembre 2013 (Texte écrit pour l’exposition Les enfants du sabbat 15)

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Sylvain Le Corre eesab Lorient Je dessine, je fabrique des volumes, j’essaye d’assembler ces productions pour évoquer des « paysages fantastiques » et les donner à voir à d’autres que moi. Ma relation à la nature environnante est un point de départ ; j’y prélève des éléments parfois réels mais qui sont des points de départ de rêveries que j’incarne en cherchant chaque fois un langage, une nouvelle iconographie pour mieux comprendre, mieux analyser ce que j’ai choisi d’avoir sous les yeux. J’ai souvent besoin de me promener, d’explorer la « petite campagne ». L’aventure prend la forme d’expédition naturaliste (j’emporte Jean-Henri Fabre) pour aller méditer, marcher, errer dans des « promenades non lointaines » (jamais loin, pourvu que cela soit dans un semblant de nature).

Ma recherche cependant n’est pas rationnelle. Ma relation au paysage (qui va du jardin au sentier côtier, à la petite forêt entre deux villages ou lotissements) est fantasmée, entre fascination et inquiétude. J’observe le minéral, le végétal, l’animal. A partir de notes, dessins, croquis, relevés de lectures qui s’accumulent sur des morceaux épars, je reconstruis, j’assemble toutes ces sensations sous forme d’univers que je recrée. Cette accumulation de matériaux (prélevés sur place) et d’expériences (photos, dessins, notes), me permet de réinventer des mondes. L’installation me permet de retranscrire ces univers, d’y intégrer plusieurs éléments, comme des informations, des études d’un lieu fantasmé. D’y recréer un parcours, un déplacement. Les objets que je ramasse et déplace lors des installations sont ancrés dans le réel, le déplacement et la collaboration avec une sculpture, un dessin, les projettent dans un monde imaginaire. Ce basculement, j’aime qu’il ne soit pas tout de suite perceptible, garder une tension dans mon travail entre le réel et l’imaginaire, le rationnel et l’irrationnel.

Né le 10.01.88 à Pontivy 06 80 52 60 40 lecorresylvain56@gmail.com Observatoires 2014-2015 Installation (dessins, photographies, volumes) Dimensions variables Photo : Le Corre Sylvain

Je questionne le paysage, à travers l’installation, je fabrique des promenades, parcours imaginaires issus de plusieurs excursions que j’aime faire dans une nature proche. Chacune de mes œuvres possèdent donc un caractère nomade. Elles peuvent être présentées seules, comme elles peuvent dialoguer avec d’autres.


Né le 11.11.91 à Nevers 06 89 62 90 91 lm.maxime@laposte.net

Maxime Le Moing

THE TRUTH ABOUT THE YEAR 2000, 2000-2014 Found-footage, 25’

ESAL Metz

Photo : Maxime Le Moing

L’an 2000 sonnera dans quelques heures, Harry le fêtera tranquillement avec sa femme Wendy. Mais c’est sans compter sur l’arrivée d’un bug informatique dont les conséquences semblent dépasser les lois de la logique. Composé uniquement de plans aériens de villes américaines, ce film de found footage éloigne sa géographie en remplaçant ses acteurs par des buildings à l’accent douteux. L’aura cinématographique française se faufile dans ce continent colossal pour composer un blockbuster qui tente tant bien que mal d’égaler ses collègues hollywoodiens.

Maxime Le Moing est un jeune artiste vidéaste diplômé d’un DNSEP à l’école des beaux arts de Metz. Ses œuvres s’articulent autour de trois médiums : le dessin, le son et la vidéo. Il orchestre dans ses projets vidéo un cinéma plus migratoire que conservatoire. L’aura cinématographique et ses paysages lui servent de source pour produire de nouvelles approches audiovisuelles et des dispositifs autres que ce que la salle de cinéma propose. Dans le projet vidéo THE TRUTH ABOUT THE YEAR 2000, il délivre un thriller contemplatif, un film catastrophe composé uniquement de vues aériennes de villes américaines extraites de blockbusters. Maxime Le Moing recompose une version fictive de New York, hors de repères géographiques et chronologiques. En parallèle de cette déambulation planante se tisse une intrigue dans une succession de discussions téléphoniques. Les protagonistes sont absents de l’écran, dissimulés à l’intérieur des gratte-ciel, eux-mêmes extérieurs à l’action, ne pouvant que la commenter ou échanger des informations.

L’accent des acteurs se révèle douteux. Une émanation française se faufile dans ce continent colossal pour composer un blockbuster qui tente tant bien que mal d’égaler ses collègues hollywoodiens. Le spectateur, quant à lui, flotte au-dessus de la ville, incarne la menace qui place sur les habitants. Maxime Le Moing met ainsi en perspective le bug de l’an 2000, redouté mais finalement inoffensif, et un autre évènement survenu un an plus tard, à la surprise de tous et qui marquera profondément ce début de XXe siècle : les attentats du 11 septembre 2001. Le dessin Please do not sneeze qui accompagne la vidéo n’est qu’un regard intérieur de la catastrophe aérienne. Quelque chose éclate, mais impossible d’y déceler une quelconque figure dans ce jeu de nuance au stylo bic.

28 Né en 1986 à Clermont Ferrand mail@guillaumelegrand.fr Ceylan 552, 2013, Série de 9 sculptures en plâtre Acier et peinture aérosol Dimensions variables. Réalisées pour l’exposition Un futur arrivé à son terme au Centre d’Art le Transpalette, Bourges.

La série Ceylan 552 est le récit d’une généalogie. Cahotantes, trébuchantes, les plus fragiles gisent au sol. D’autres cherchent encore à prendre appui, visant - dans un soubresaut de dignité - un semblant de stature, qu’elles ne parviennent à atteindre. L’une mûre éclate, l’autre flétrie s’effondre. Ceylan 552 est le récit d’une chute, d’une obsolescence et d’une désuétude amorcée.

Guillaume Legrand Esad Valence C’est au travers d’objets que se pose ma pratique. Je les transfigure dans un espace intemporel et inaccoutumé alors que, pourtant, ils revêtent les attributs du quotidien et du familier propres à presque tout homme. Ces objets, je les extirpe de leur milieu naturel au moyen de cet espace – le contenant - isolant son contenu – les objets - du contact extérieur. Le contenu, mis au ban, est ainsi « distingué » de ce qui ne l’est pas ; mis en exergue, il est donné à la vue. Une direction est donnée au regard. Aussi, j’emploie des objets - préhensibles souvent - que l’on peut trouver un peu partout et qui évoquent pour la plupart d’entre nous quelque chose de familier. Dans la pléthore des duplicatas, s’évanouit un peu de leur identité propre ; cet objet que je tiens dans ma main, quelqu’un d’autre pourrait le tenir dans la sienne comme étant le sien.

L’objet est lié à celui qui le tient, ou à l’environnement dans lequel il se trouve. Il n’a donc pas d’autonomie, c’est sa fragilité. Ainsi, ces objets familiers dont l’utilisation n’a plus lieu d’être, me permettent de tisser cet environnement incertain – le contenant – qui leur ôte le statut d’objet et les met résolument en dehors d’un contexte normal et normatif. Transfigurer une chose permet de remettre en cause l’idée que nous avions de celle-ci. Nous pouvons buter sur un mot et le rabâcher sans cesse, à visualiser son orthographe, jusqu’à finir par ne plus savoir quel en est le sens, ni même si nous l’avions rencontré auparavant. C’est cette sensation que je m’efforce de provoquer. Je simule des instants connus, qui nous semblent avoir été vécu mille fois déjà, mais qui ne sont tout compte fait pas si familiers qu’ils paraissent. C’est ainsi que je tente de créer un léger déséquilibre propice à l’interrogation et à l’œuvre d’art. Guillaume Legrand


Mathieu Legrand HEA Perpignan Transmission, temps, espace Chaque savoir, chaque concept, chaque objet est issu d’une longue tradition, philosophique, artistique, scientifique ou utilitaire, de même que nos constituants les plus microscopiques ; nous nous insérons dans des suites amenées par des phénomènes de transmission. Interroger ces notions revient à questionner une des essentialités du réel, est-il un souvenir, un instant ou un devenir ? Le positionnement politique de l’histoire se joue de ces phénomènes, et par cette domination caractéristique tord le temps historique en une forme que la société ne peut plus que difficilement appréhender. C’est cela que rejoint justement le rapport aux sciences qui me passionne, là où la déstabilisation du réel, pourtant dans l’escarcelle de l’hypertangible, est la plus forte. Comment faire, dire ou montrer qu’au cœur du rationnel, l’irrationalité la plus complète agit ? Dans une société du nombre, où la plupart des gestes et actions sont régis dans un espace tridimensionnel accompagné du temps, que deviendrait la représentation des multitudes possibles et infiniment complexes de l’espace nous entourant ?

De la nécessaire existence du fragment La mémoire, comme système de perception du réel, est résultante de ses quantums primordiaux. Une lecture ponctuelle nous informe potentiellement de sa forme globale, et les liens existants façonnent les directions générales tout en indiquant les possibles strates de lectures. Ainsi certains détails arrivent à faire reconsidérer l’ensemble d’une théorie ; nous savons qu’Albert Einstein, par les irrégularités de la planète Mercure, défiât le postulat de Newton, ce qui le conduisit à élaborer une des théories phares de la physique moderne. Warburg, tout comme Benjamin, relevaient dans ces fragments l’ultime accès d’une psycho-histoire dont les réalités dépassaient la question de l’événement. Frances Yates a exhaustivement inventorié les arts de la mémoire qui se sont, à travers les époques, toujours appuyés sur des questions de connexions entre lieux et images, entre systèmes de représentation symbolique et savoirs. Ma pratique artistique reflète donc ces modes de pensées, elle s’inscrit dans une longue histoire, qui au delà d’une histoire familiale rejoint les histoires sociétales, civilisationnelles, par le biais d’un fragment leur appartenant, mon propre réel.

Né le 17.04.81 à Paris 06 70 20 70 07 legrand.m.j@gmail.com Le portrait de Walter Benjamin., 2014 Sculpture, installation 100 × 100 × 50 cm.

Neuf plaques de granit gravées, code informatique d’une photo 220x200 pixel de Walter Benjamin.

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Marion Lemaître Ensa Dijon Marion Lemaître est une artiste française née en 1988. Elle obtient son DNSEP avec les félicitations à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Dijon en juin 2014. Son travail se déploie par le dessin, la sculpture ainsi que par la photographie. Celui-ci vise à constituer les pans d’un monde interstitiel formé de fissures routières et de collines antiatomiques où germent des installations anguleuses énigmatiques. Elle questionne par ces constructions métamorphosées la mise en place de systèmes, jaugeant les anxiétés de nos sociétés. La notion de territoire guide sa manière de reconstruire des infrastructures de songe aux représentations très plausibles. Marion Lemaître nous fourni des pistes miniaturisées pour une évasion mentale et poétique.

Son trait au noir précis organise la rencontre entre architectures planes et sobres avec des condensés minéraux complexes que peut caractériser la montagne ou la rivière. Les sinuosités d’une érosion de terrain se mêlent à la tempérance des lignes de la machine souterraine, appliquée à sa fonction mystérieuse et silencieuse. Son dessin trace la frontière du réel et de l’inexploré, crée une topographie irréelle serpentée de réseaux de routes schématisées, parcellée de satellites bétonnés en rupture d’échelle. Les œuvres dont il est question construisent des issues palliatives face à la dérive extérieure, composant un nouvel alphabet de chimères mécaniques d’acier et de roche. Ces formations naturelles-rationnelles construisent un territoire neuf, des continents organiques introspectifs. Le rapport au sol de ses pièces se juge à leur éloignement perceptible. L’artiste nous invite à parcourir les tréfonds de la tectonique des plaques pour un voyage sensible au cœur de paysages inversés. Son œuvre dévoile la carte de lieux secrets dissimulés entre les lignes de notre monde tangible. Dès lors, nous pouvons nous y projeter, nous y réfugier.

Née le 18.12.88 à Autun 06 26 33 92 90 lemaitremarion@yahoo.fr Les sentinelles, 2014 Moulage de béton et bois peint Dimensions variables, Photo : Marion Lemaître

Réservoirs d’eau enterrés, ces sculptures sont les sentinelles des domaines qu’elles occupent. Une fois arrachées à leurs parcelles de terre, elles perdent leur fonction première pour devenir des sculptures silencieuses, presque humaines.


Né le 15.05.79 à Rastatt, Allemagne 0179 532 99 27 mlorenz@hfg-kalsruhe.de Celestial (aus Celestial Homesick Blues), 2014, 2 kanal, HD-vidéo, 40’ Dimension variable Photo : Tobias Wooton

Doppelprojektion mit sound

Martin Lorenz hfg Karlsruhe Martin Lorenz’ Arbeit CELESTIAL HOMESICK BLUES ist eine raumspezifische Video-Installation, die aus vier unterschiedlich beschaffenen Projektionssituationen besteht. Beim Durchschreiten des Raumes erscheint die Installation zunächst wie eine Präsentation verschiedener Arbeiten, doch fügen sich die einzelnen Teile mit genauer Betrachtung immer mehr zusammen und geben verschiedene Aspekte eines Themas zu erkennen: Die Suche nach der eigenen Position innerhalb der gegenwärtigen – zunächst als himmlisch (celestial) erscheinenden – Utopie einer medialisierten Wirklichkeit und wie in dieser sowohl individuelle als auch kollektive Realitätserfahrungen in Narrationen transformiert werden. Innerhalb der Installation bestimmt der Besucher oder die Besucherin selbst, wie viel Zeit und Aufmerksamkeit er/sie den vier Teilen oder Aspekten widmet, deren Titel sie als Fragmente einer zusammenhängenden Arbeit kenntlich machen. HOME – SICK – CELESTIAL – BLUES.

Die in Mulhouse ausgestellte Doppelprojektion CELESTIAL zeigt einen Roboter und einen futuristisch anmutenden Raum, in dem immer wieder zwei Personen zu sehen sind: Eine trägt eine Brille, die vermuten lässt, dass sie sich in einer virtuellen Welt bewegt. Die zweite Person trägt einen mit der Brille verkabelten Laptop auf dem Rücken und begleitet diese durch den Raum. Des weiteren sind Bilder von Kameras oder Sonden zu sehen, die in diesem Versuchsraum installiert sind und die Bewegungen genau festzuhalten scheinen. Das (doppelte) Kameraauge spiegelt den Versuchsapparat wider. Doch welche Funktion hat der Roboter? Wer hat diesen Versuch angeordnet? Wer leitet hier wen? Die Filmkamera ist hier Beobachter in einer Versuchssituation, deren Sinn und Zweck unbekannt bleibt. Begleitet werden die Bilder von abstrakten atmosphärischen Sounds, die aus Rückkopplungen produziert wurden und die dystopische Atmosphäre der Bilder unterstreichen. Allein die plötzlich von Blau zu Weiß changierenden Screens brechen diese Stimmung und holen den Betrachter zurück in eine Welt, in der Kommunikation noch möglich scheint.

30 Né le 22.02.85 à Sarreguemines 06 42 73 54 06 loic-loutz@hotmail.fr Soutien au Mali., 2013 Bois, polystyrène, béton ciré 200 × 110 × 40 cm Photo : Loïc Loutz.

Il y a quelques années, un peu avant sa crise, j’ai eut l’occasion de découvrir le Mali. Sa situation politico/religieuse m’a instantanément et profondément questionnée. Par cette sculpture, j’ai voulu représenter quelques effets mécaniques facilement identifiable s’exerçant sur cet état. Ces effets inquiètants pour la stabilité et la pérenité de l’objet, comme du pays, sont toujours à l’oeuvre et continuent de détériorer petit à petit la sculpture.

Loïc Loutz esal metz Me nourrissant notamment de mes expériences de voyageur (Maroc, Afrique de l’ouest...), j’ai développé un travail plastique miroitant mes propres interrogations. En me servant du dépaysement et de la rupture avec le quotidien qu’offre la situation de voyage, j’ai pu analyser et me questionner avec un regard plus global sur les spécificités de notre propre civilisation. Ainsi, mon travail repose sur une réflexion portant sur l’articulation politico-religieuse entre l’individuel et le collectif. Je m’interroge sur la manière dont s’accommode la diversité de pensées et de croyances de chaque être avec les pensées uniques prônées par les diverses collectivités, coalisations et communautés. Partager ce questionnement est également une manière de valoriser le doute, les attitudes nuancées et le respect de la diversité de croyance.

Sujets intemporels, la politique et le religieux, prennent aujourd’hui un sens tout particulier. À une époque pas si lointaine, l’éloignement géographique offrait la possibilité de coexister à divers systèmes de pensées. Les avancées technologiques des dernières décennies ont connecté et mis en confrontation les idéaux de la planète entière. Mes réalisations se caractérisent par l’utilisation de nombreux médiums, se rejoignant cependant dans une mise en valeur de l’objet/du volume. Je joue avec la contradiction d’utiliser des supports physiques pour parler d’idées théoriquement métaphysiques. Par ce moyen je m’interroge sur la valeur purement terrestre d’une affiliation à une croyance religieuse.


Giulio Manglaviti Adba reggio calabria

Né le 29.11.82 à Reggio Calabria, Italie +39.329.7320278 sudorino@libero.it Polittico Egoista, 2015 (photographic painting), light impressed through acids over photosensible paper Dimensions variables Photo : Giulio Manglaviti

Giulio Manglaviti, born in 1982 in Reggio Calabria (Italy) where he lives and works. He studied decoration, sculpture and painting at the Academy of Fine Arts of Reggio Calabria. He actively deals with painting, photography and sculpure. Among the exhibitions and competition in wich he took part, the most important are: 2014 – “Small Print”. Academy for graphic arts prize, Urbino (Italy) 2013 – “Paratiasima PIX Art games” MOI ex mercato ortofrutticolo, Turin 2010 – www.premioceleste.it/ita_artista_news/idu:39601/idn:6399/" \l "6399" Caixas pretas sobre cubo branco/Scatola nera”. O Istituto de Arte Contemporanea IAC, intercultural project Italy-Brazil, Madalena, Recife, PE; Brasile. – “Biennale dell’Incisione Città di Monsummano Terme” VI° International prize. 2008 – "EGOISMO come corrente artistica”, Personal exhibition, Florence 2007 – “Free Tale”, Artpoint 222 art gallery, International exhibition Vienna (Austria)

La ripetizione ossessiva è una sorta di rituale inconscio. La replica del simbolo centrale e della cornice sono certezze alle quali non voglio e non posso rinunciare. Il segno centrale è autoritratto, e lo spazio che mi circonda non è altro che una vastità infinita dove poter essere me stesso. Questo spazio altro, è, zona sacra ed invalicabile.

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Analia Martinez Adbk Mûnchen Die Arbeit von Analía Martinez beschäftigt sich mit der Fremdheit in einer vermeintlich intimen Situation. Ausgangspunkt war die Beobachtung, dass alles, was aus dem Kontext gerissen wird, unheimlich wirkt. Speziell, wenn der Kontext im Normalfall freundlich und angenehm ist. Ein ständiger Ortswechsel hilft bei diese Decontextuallisierung und Umstellung der Realität. Jedes neue Land hat Traditionen und Sprache, die von Konventionen und Codes geprägt sind, die man als Fremder nicht versteht, und emotional unverbindlich analysieren kann. Durch verschiedene Medien (Malerei, Druckgraphik, Bücher, Installation), forsche ich was dann übrig bleibt, wenn diese vermeintlich heimlichen Situationen ihrem "Zuhause" entnommen sind, und dessen Präsenz geballt auf einen Besucher einprallt, der mit dieser Flut aus Privatheit und Intimität überfordert ist.Privatsphäre ist anstrengend, sowohl die eigene, als auch die Anderer. Je mehr Leute involviert sein sollen, desto mehr muss das Familiäre, Spezielle und Eigensinnige weichen.Orte die eine Intimität austrahlen wollen, aber diese nicht besitzen, werden zur leeren Hülle,

die das Fehlen dieses Inhalts durch eine Überzeichnung der Äusserlichkeiten zu kompensieren versuchen. Meine Aufgabe ist immer diese Orte zu entdecken, und durch Umwandlung und Wiederholung wieder sichtbar zu machen. Die Motive für die gezeigten Arbeiten stammen aus dem Leipziger "Zeughaus", einem Haus voller alter Stühle, Sofas, Sessel, Schränke, Bücher, Betten - einem Paradies für Nostalgiker. Formales Prinzip ist die Wiederholung eines und desselben Motivs bei seiner gleichzeitigen Abwandlung durch Farbspiele.

Née le 16.08.86 à Buenos Aires, Argentine 0049 017 813 614 51 analia.martinezbarrio@gmail.com Zeughaus, 2015 Malerei und linodruck auf leinwand und papier Verschiedene Grössen Photo : Analia Martinez

Die Arbeiten aus der Serie Zeughaus beschäftigen sich mit der Fremdheit in einer vermeintlich Intimen Situation. Formales Prinzip ist die Wiederholung des Motivs bei seiner gleichzeitigen Abwandlung durch Farbenspiele.


Née le 27.03.88 à Aulnoye Aymeries 06 99 47 02 80 camille-michel@live.fr Les derniers hommes, 2015 Série de photographies et édition. Capture d’écran Photo : © Camille M.

Camille Michel ENSP Arles Depuis mon entrée à l’école Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles il y a trois ans, j’ai fait plusieurs voyages vers le Grand Nord. Je suis partie en Laponie où j’ai découvert la culture Sami puis j’ai vécu sur une île isolée au Nord du Groenland. Je trouve mon inspiration dans ces petits villages à l’écart du monde, plongés bien souvent dans l’ennui et dans l’oubli. Je m’inspire de leurs légendes et de leurs croyances. A travers la photographie et la vidéo j’essaye de recréer l’atmosphère de ces étranges endroits tout en apportant mon propre regard sur le lieu. Je parle souvent de document poétique pour caractériser mon travail. Je considère le photographe comme un poète partant de ses propres expériences pour traduire le monde. Avec le soutien de la fondation d’entreprise Glénat et du comité de jumelage Granville-Uummannaq.

Ma série Les derniers hommes a été réalisé à Uummannaq une petite île au nord du Groenland. Elle raconte l’histoire d’un peuple Inuit tiraillé entre modernisme et tradition, désastre écologique et grandeur, abandon et résistance. Un paysage aussi beau qu’inquiétant !

32 Née le 28.05.81 à Téhéran en Iran 333 480 15 76 mona7_m@yahoo.com Untitled, 2013 Mixed media 7 pieces of 15 x 20 cm Photo : Mona Mohagheghi A map for the waiting times, 2015 Prints on paper, binder clips, wooden frames with glass 2 pieces of 45×70 cm Photo : Mona Mohagheghi

Mona Mohagheghi adba firenze “Untitled” consists of collecting traces of my everyday life (tickets to concerts, museums, cinema, etc) put in relation with the number of civilian deaths in the same days happened due to Syrian conflicts. This work like a historical evidence, puts it’s self in between the personal memory of the artist and the collective memory of the society. “A map for the waiting times” I spent much time last year, in Tuscany, in search of job or to promote my art projects. However, these efforts mostly failed to lead to tangible results and outcomes I had hoped for. I chose five of those days and by using the geographic coordinates of the places I visited, I documented my spatial movements over a period of 5 hours during each day. The time wasted without the sense of productivity, especially if repeating on a regular basis, can provoke a feeling of desperation, anxiety and restlessness. Same chronology of events, same time lapse, if experienced at another part of the world, and under different conditions, may lead to different feelings. I studied the situation of military checkpoints in the occupied Palestinian territories in the West Bank, operated by the

Israeli army, and in particular Check Point 300; the entrance on the side of the separation barrier in Bethlehem, where every morning hundreds of Palestinians pass through. The distance between the entrance and the exit is less than two kilometers, but it takes from 2.5 hours to 5 hours of waiting in the line. The wait time varies based on the number of Israeli soldiers at the gates and how often and for how long they close the gates. According to the UN reports, the humanitarian conditions at the checkpoints are poor and very humiliating. The perception of the time by an average Palestinian who is forced every day to lose hours so he/she can do a simple task, to cross a checkpoint, is not only different, but could inflame feelings of fear, indignity and humiliation; a condition now imposed on the simplest tasks they must do everyday. The project consists of two framed designed maps of my waiting time over a period of five days, and that of a Palestinian over the same interval.


Martin Monchicourt ensba paris Lorsque Martin Monchicourt sculpte des grumes de bois ou de jeunes arbres de futaie, il obtient des formes lisses et précises qui évoquent davantage une découpe numérique qu’un geste manuel. Par ce résultat ambigu, il s’attache à suggérer les logiques qui président au développement des forêts d’exploitation, à anticiper leur devenir marchandise en faisant émerger de la matière brute planches et poutres. Réinvestissant les codes et le vocabulaire du bâtiment et de l’architecture tout en brouillant les frontières entre technique artisanale et facture industrielle, il porte un regard amusé et critique sur les phénomènes de standardisation qui impliquent le « clé en main », les produits en kit ou questionnent le « goût commun », dont les villages témoins constitueraient l’expression la plus archétypale. Ainsi réunit-il sur palettes les différents matériaux nécessaires à la construction d’une maison de 9m² ou conçoit-il un arbre à assembler soi-même. Cette réflexion sur les manières de contraindre et d’orienter les choix et le regard se prolonge vers les codes et usages normatifs liés au musée, en particulier à travers une pièce composée de plusieurs guérites pour surveillants de salle d’exposition qui met en place

un jeu de rôle complexe où le spectateur se retrouve soudain l’objet de toutes les attentions – le regardeur regardé. Tous les composants de l’artifice semblent réunis pour mieux congédier ou déjouer la fonctionnalité des objets et accentuer la prise en charge exagérée de l’usager et de ses gestes.

Né le 11.08.86 à Auch 06 71 59 80 50 martin.monchicourt@gmail.com Mi-bois, 2014 Noyer, boulons, caisse Arbre : 360 × 240 × 240 cm Caisse de transport : 48 × 121 × 58 cm Photo : Martin Monchicourt

Raphaël Brunel

Un arbre, morcelé en petites parties afin d’être contenu dans une caisse de transport. Assemblé pièce par pièce, il a l’apparence d’un arbre mais a perdu ses propriétés naturelles. Mi-bois est une réponse à la demande de standardisation, à un abandon de toute forme de liberté. Cet arbre, composé d’éléments organiques et de liens mécaniques est figé, pérennisé.

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Andrea Morlacchi abda brera milano My work is based on communication, its implications and issues. My attention is attracted by the human’s strive to personalize their reality, by popular forms of communication where the real meaning is hidden or ambiguous. I portray the world as it presents itself to me, with micro-events washed away by time, wich i never edit. A lean aesthetic rules my work, without frills. The concept goes beyond the research for beauty and technic. Photography is the media necessary to freeze my impressions. The symbols across the city; streets and - in a certain manner the private life of people are an endless source of thoughts and feelings. Our glaze is used to select what we want to focus on. The more something stands out, the more important it is. With my work I aim to find again the contemplation and the detail, changing the hierarchies that rule my sight. The end result is a research of symbols, with multiple meanings which are free and open to be interpreted.

Née le 16.09.87 à Seriate (Bergamo), Italie +338 241 53 94 morly87@hotmail.it Jella, 2014 Vidéo - animation 21 × 29,7 cm Photo : Andrea Morlacchi

The game is always considered a feature of human’s nature, purpose of the study by many disciplines. Gambling is one of those, where no skills or special knowledge are needed. Everything is based on luck. The author analyzes the “Lucky Symbols“ found on italian scratch cards (called “Gratta e vinci”) and turned into animations. Bad luck (Jella) is proposed by the author in his personal game.


Née le 11.08.88 à Firenze, Italie 34 72 72 39 27 biancamusameci@gmail.com Untitled, 2015 Embossed copper 60 × 40 cm

The embossed copper plate shows the scarifications that some people, of different ethnic groups, have on the skin. The work shows the incision done on the skin. And the following relief. The only body reference is the mark of the belly button, because it is one of the identification signs.

Bianca Musumeci adba carrara My research started by a trip in Tanzania, where I got in touch with one of the few cultures of Africa. I have been fashinated by the authenticity of every moment of daily life. The old animist religion, diffused in the whole continent, spreads codes which regulate the life rhythms. This method brings to living with authenticity, exalting his own identity, without prevailing on the other people. The foundations of existence are brought by joy of life and the need to witness every day the belonging to a society and a belief. This is also the promoter idea of my work, which tries to show some truths linked to the values of existence that are still present in "primitive society". My attention is focused particularly on scarification. These are indelible marks that any people of any age has on his skin. Scarifications are belonging signs which defines unicity, his own story and the story of ancestors. Regardless of good or bad, no one can camouflage as someone other than himself. "Is the diachronic component of society, which extends in the past for the ancestors and also in the present. This is the only synchrony that constitutes the base of community of present and the members in a future age".

The fulcrum of a scarification drawing is the belly button, which is a scarification itself, because is the first sign marked on a person.

34 Née le 17.04.69 à Kamakura, Japon 06 81 33 19 38 infos@nakadai.fr Jardin, 2014 Bâche plastique, 4 × 5 m pliée, bombe aérosole Dimensions variables, 230 × 200 × 20 cm/unité

Une bâche en plastique est posée sur le sol d’un jardin. Je la parcours pour marquer la trace de mon passage à l’aide d’une bombe aérosol. Pliée et accrochée au mur, le film de plastique devient tableau et volume. Produits de l’industrie, le film contrarie l’harmonie naturelle du jardin.

Maho Nakadaï esba tours Mon travail s’organise autour de deux paradigmes : le tableau comme mode d’habiter le monde et le regard porté sur la peinture du tableau comme naissance d’une relation au monde. Dès mes débuts, je me suis intéressée au nihon-ga, la peinture traditionnelle japonaise, connue pour son usage de la feuille d’or collée sur divers supports, tels les paravents, parois coulissantes ou encore rouleaux. À partir de cet art, j’ai développé une conception du tableau en tant qu’élément de construction de l’espace. La couleur et la texture des peintures utilisées sur leur surface conjuguent les matières traditionnelles de la peinture japonaise, les pigments et la terre avec des matériaux contemporains comme les bombes de peinture et les bâches en plastique. J’ai ensuite pratiqué le sumi-é qui, à partir de la seule couleur de l’encre noire diluée avec l’eau, permet de produire des nuances aux variations infinies. Une trace monochrome et un geste réduit évoquent alors des paysages, des ambiances des émotions. « What you see is what you see » dit Franck Stella, engagé dans un processus de réduction opposé à tout subjectivisme. Ce principe minimal influence ma pratique.

La relation entre le tableau et l’espace est travaillée à partir des éléments constitutifs du tableau lui-même qui deviennent des moyens pour expérimenter les transitions entre différentes dimensions de l’espace. Conjointement, je questionne la manière d’utiliser la couleur sur la surface des tableaux, à partir du regard du public. Mon champ de recherche porte alors sur les actes de regarder du regardeur, afin de percevoir et de comprendre les processus de naissance de la subjectivité de chacun. Il s’agit du contact entre l’œil et la surface colorée produisant la naissance d’un monde et de ses feuilletés d’horizon. En utilisant différents supports faisant le tableau, je tente de saisir les traces de subjectivité à l’œuvre dans le monde qui aboutissent à sa transformation.


Yun Nam

Née le 24.07.91 à Osnabrück, Allemagne +49 (0) 157 39 15 11 38 yunnam91@gmail.com

kh kassel Yun Nam’s arresting artwork turns the concept of highly finished, poised images on its head. Nam, working most recently in watercolor, ink, lithography, and etching, creates highly naturalistic pieces that are also often confrontational, and which draw on the works of the masters of art history. Her body of work can be roughly divided into two types: color paintings, and black­and­white prints adapted from news images and other real­world sources. Both are impeccably realized, with high gloss and an atmospheric scope. But while realistic detail is rendered to an almost unbelievable degree, Nam’s work actually exceeds reality and shoots into a kind of stylized surrealism. She frames disturbing scenes in aggressive close­up or at a skewed angle, to create the feeling of action even in an unmoving tableau. She lights everything in shocking high relief, allowing no ugly particular to be softened. Nam describes her process as “always mediated” with a computer screen between herself and the violent images she depicts. For the viewer, that translates as a veneer of uncanny intensity that at once magnifies and distances us from what we see.

The subject matter itself ranges from large­scale to personal vignettes. One work shows an aerial view of a town devastated by a natural disaster. Another presents a stark, almost­scientifically probing diptych of two flowers. In the paintings, the power and vulnerability of the human body is mercilessly investigated, from surgeries to isolated body parts.

Série Pergamon, 2013 Schablithografie auf Bûttenpapier Dimensions variables Photo : Eigene Aufnahmen

Here we note the tension international to citational mimetics, the polemical polarization between presentation and representation (…) the tension that is the space of the modern subject. Louis Marin

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Charuwan Noprumpha eesab quimper Les souvenirs d’enfant dans la campagne de Thaïlande où je suis née. La nostalgie lumineuse de ce temps et la vie actuelle de tous les jours déterminent le choix des matériaux. Ceux-ci sont alliés à une observation précieuse et précise de la nature. Un art de l’observation… Mon travail se construit à partir de la lumière, de la couleur avec des matériaux de prédilection : papier, laine, verre… Et avec des espaces délimités. Interviennent ensuite des gestes répétés et du temps, transformant ainsi ces matériaux communs en sculpture. J’utilise pour cela diverses techniques, comme l’installation, par exemple à partir de fragments de vitraux délaissés, dont je me sers pour construire des volumes, afin de redonner toute sa noblesse à ce matériel. Puis tout cela est rassemblé, en dessinant sur le papier et dans l’espace même de présentation pour provoquer des sensations, des instants et un temps particulier. Poésie, légèreté et finesse sont les caractéristiques de mon travail.

Née le 28.03.82 à Chonburi, Thaïlande 06 31 14 35 81 mee_naa@hotmail.com Une à une, 2014-2015 Aquarelle sur papier 28 × 38,5 cm Photo : Charuwan Noprumpha

Ce sont les souvenirs, les sentiments et les images qui défilent dans la mémoire plein de couleurs.


Né le 02.07.86 à Lecco, Italie 340 704 94 77 guilio.pace@yahoo.it Team rainbow, 2015 Acrilico su tessuto e zip Dimensioni variabili

Team Rainbow e un installazione di 15 quadri e nasce dai resultati ottenuti nelle precedenti serie, Zip 2013-2014 e Open Work 2014. La disposizione a parete riconduce al modulo caleistico del 4-4-2 ed eventuali riserve. Per la sua policromia e una squadra utopica che non prende parte, ma si apre alle diverse identita e passioni.

Giulio Pace abda brera milano C’era una volta l’arché (acqua, aria, terra e fuoco) e qualcuno scoprì l’Essere: il principio di tutte le cose, ciò che accomuna tutto è l’essere identico nella diversità ossia ogni cosa diversa dall’altra è uguale nel suo essere diversa. “Team Rainbow” è un’installazione di 15 quadri e nasce dai risultati ottenuti nelle precedenti serie, “Zip” 2013/2014 e “Open work” 2014. La disposizione a parete riconduce al modulo calcistico del 4-4-2 ed eventuali riserve. Per la sua policromia è una squadra utopica che non prende parte, ma si apre alle diverse identità e passioni. Le magliette di differenti colori rappresentano le diversità, ma sono tutte uguali nel loro essere magliette. Giulio Pace nasce a Lecco il 2/7/1986 e lavora tra Besana Brianza (MB), dove risiede, e Milano. È laureato in Arti Visive all’Accademia di Belle Arti di Brera di Milano. Parallelamente alla ricerca artistica lavora come docente di tecniche pittoriche e come designer, collaborando con aziende come Tecno Spa e Profilmi srl. Da marzo 2009 a settembre 2011, ha creato e diretto lo studio d’arte contemporanea “Apeiron” sito a Macherio (MB). Tra le principali attività espositive si ricordano: (mostre

personali) “Povere illusioni”, Borgo di Vigoleno (PC), Oratorio di Santa Maria delle Grazie; “Zip. Dialogo tra segno e funzione”, Macherio (MB), Studio Apeiron (2013); “Richiami”, Milano, Biblioteca Valvassori Peroni; “Voli pindarici”, Macherio (MB), Studio Apeiron (2009); (mostre collettive) “Tra Arte e Tecno”, Milano, Caselli di Porta Garibaldi; “Ambiguità dell’immagine. Creare stupore”, Ferrara, Spazio d’Arte L’Altrove (2014); “So-stare”, Lissone (MB), Galleria d’Arte Contemporanea; “Il sistema rischioso dell’arte”, Milano, Twister Group; “Il segno condiviso”, Istanbul, Kücükcekmece Belediyesi CKSM Sergi Salonu (2013).

36 Né le 07.10.86 à Malestroit 06 18 68 86 00 pare.benjamin@gmail.com Attitudes, Faire un, 2014/2015 Programme de performances, éditions, scénographie 4×5

C’est avec des formes multiples et déclinées : gestuelles, textuelles et sonores, que je zone autour des figures de notre société contemporaine. Si les dogmes servent à savoir, comprendre et expliquer, bref à avoir l’esprit tranquille, on peut préférer alors se situer là où ne subsistent que doutes, équilibres et questions. Sauvage, l’absence de : savoir, dire, devoir, faire.

Benjamin Paré isdat toulouse Qu’est-ce qui nous occupe ? Qu’est-ce qui nous préoccupe ? Quelle tâche ? Comment se tuer à la tâche ? L’oisif travailleur, le touriste professionnel, l’actif fatigué. Tout ceci concentre principalement des “formes actives” qui tentent de suggérer, de triturer, de singer des rôles, des postures, des déterminismes auxquels nous sommes confrontés, dans lesquels nous nous fondons et au travers desquels nous tentons des échanges. Parfois il s’agit simplement de pauses, de pointer du doigt ce qui est déjà là. Il en ressort un éventuel plan d’action, de la dérision, du doute et des inventions.

Ainsi l’espace s’investi : on y travaille, on y parle, on y fabrique, on y fait des gestes, on évoque, on singe, on fait rien, on gesticule, onk onk onk. Contemporain. Des actions, du texte (écris, lu, affiché...), des objets fabriqués, du son, de la vacance, des dérives, des substrats, croisés, entassés qui forment. Ce qui est remis en questions, c’est l’essence même d’une chose : l’attente que l’on a de cette chose : qu’elle remplisse sa fonction : le devoir de performance, de maitrise, l’application, en somme les pré-trous, nécessaires mais pas incontournables, nous éloignent et, poussés à l’excès qu’ils sont, apparaissent comme absurdes aux yeux du touriste. Il n’y a plus alors ni temps d’inaction, de vide ou de poésie. Sommé de ne pas céder à la relâche. Le mouvement permanent ou l’inaction, la fonction ou le rien. Le besoin de néant en réponse à l’injonction d’hyperactivité. Plutôt alors une forme ouverte non-définie. Fantasme réel : coller à la réalité, à la représentation de.


Samuel Payet esad Toulon provence méditerranée Mes machines, bien que réalisées avec un certain soin, sont de l’ordre du bricolage. Je suis très intéressé par la notion de « do it yourself » qui permet à l’homme du commun qui se met à l’ouvrage de questionner notre mode de production et de consommation. Dans mon travail cette problématique passe par la réinvention et la découverte de mes propres méthodes d’ingénieries qui serviront à solutionner de façon approximative des problèmes liés à la récupération de matériel usé ou inadapté. Aucune connaissances techniques de la mécanique ne vient appuyer mes réalisations, j’avance par expérimentation dans un joyeux chaos de schémas et d’idées bancales. Le caractère désuet, cliquetant, grinçant et inutile de mes machines les rends étrangement humaines à l’inverse des tentatives d’anthropomorphisme de nombre d’automates et d’androïdes ultra perfectionnés. Certaines saluent, d’autres miment la parole ou jouent avec l’espace d’exposition ; presque toutes tentent d’établir un rapport avec l’autre.

De la métaphore narrative à des problématiques de fonctions plus formel, la question du public auquel l’art est destiné est un des points central de mon travail. Bruno Munari commence son Manifeste du machinisme en disant : « Les machines règnent aujourd’hui sur le monde. Omniprésentes dans le domaine du travail comme dans celui des loisirs, elles assistent chacun de nos gestes. ». Ce texte qui date d’il y a plus de soixante ans est encore plus d’actualité aujourd’hui qu’à l’époque, avec nos répondeurs automatiques, intelligences artificielles, interfaces interactives, la machine est devenue synonyme d’aliénation pour l’homme, dans le monde du travail ainsi que dans toutes les facettes de sa vie privée. A nous donc de les apprivoiser et de maîtriser la rationalité de leurs rouages de façon à ce qu’elles expriment avec sensibilité nos questionnements humains.

Né le 11.02.88 à Paris 06 69 14 89 21 samos.payet@free.fr Sans Titre 4 , 2013 Sculpture cinétique ( Acier, caoutchouc, bois, moteurs ) 280 × 290 × 20 cm Photo : Samuel Payet

La roue est à l’origine des plus grandes avancées technique de l’humanité. Système de représentation du temps, désignation du divin ou symbole d’équilibre le cercle est également une des figures récurrentes de l’ensemble des cultures humaines. Dans ma démarche le cercle est avant tout la base de la translation de mouvement. Je décide donc de revenir sur cet élément et de le mettre en avant en lui donnant des proportions décuplées et en le plaçant au centre de mon dispositif.

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Louis Picard

Né le 13.02.89 à Metz 06 77 45 41 30 pikar.louis@gmail.com

esaL Metz Poète de l’absurde, Louis Picard s’insurge contre la « normalité ». Il renverse les codes du bon sens prêchés par la société actuelle en rejouant et détournant par l’ironie et l’excès certains de nos comportements inconscients et collectifs. Dans ses vidéos, il se met en scène dans des situations aux décors épurés et à la banalité ambigüe. Au contact d’un quotidien désenchanté, sa sensibilité subversive et tranchante émerge progressivement en faisant basculer l’ambiance vers un terrain incertain voir inconnu. Cette sensibilité, il l’assimile au duende, métaphore poétique d’un corps enfoui dans nos entrailles qui se réveillerait subitement pour prendre le dessus sur le corps existant. Des gestes à la répétition exacerbée, jusqu’à des expressions dissonantes, voir paranoïaques, du visage ou de la parole, l’artiste laisse son duende l’envahir.

A travers la performance filmée de cette figure, la perception d’un monde grinçant (le notre) se dessine et l’on ne sait plus s’il nous faut rire, pleurer ou simplement réagir. Entre le bien et le mal, le juste et l’injuste, la logique et l’incongruité, les frontières s’affinent et parfois disparaissent. Débutant par la photographie, L. Picard passe à la vidéo lorsqu’il quitte le monde de l’illustration découvert lors de ses études à l’Ecole Supérieure d’Art d’Epinal. De cette pratique antérieure, il en conserve l’installation dans l’espace, le plan fixe et la présence de son propre corps, toujours mis physiquement à l’épreuve par des objets et des situations. Ce protocole performatif se mêle au vivant et au quotidien pour analyser autant la complexité psychologique de l’individu que les paradoxes sociaux devenus imperceptibles, les deux aspects étant intimement liés. Il en résulte alors une expérimentation qui prend la forme de constellations, où chaque « étoile » découle d’un symptôme invisible de nos névroses personnelles et collectives. Licia Demuro

Motivation mode d’emploi n°1, 2013-2014 Vidéo performance Projection échelle 1 Photo : Louis Picard


Née le 05.09.83 à Mendoza, Argentine 06 51 78 72 24 marilinatania@yahoo.fr Les immortelles, 2014-2015 Installation, sérigraphie sur papier de soie Dimensions variables Installation 160 papiers d’oranges sérigraphiés Photo : Marilina Prigent

Les immortelles, oeuvre produite avec le soutien de la Commune de Cerbère et de l’association Shandynamiques. Les transbordeuses d’oranges de Cerbère ont été les premières femmes de l’histoire à avoir organisé une grève féminine en France. Grâce aux archives de la ville, j’ai pu établir la liste des prénoms de ces anciennes travailleuses. Par cette installation, j’ai voulu faire émerger l’individualité de chacune d’elles au sein du groupe, révéler poétiquement ses anonymes, ses oubliées de l’histoire.

Marilina Prigent esba montpellier agglomération Depuis 2010, je développe un travail de collecte d’archives, lettres, photos et matériaux diverses que j’intègre à des vidéos et des installations. Ces documents réels peuvent alors contribuer à construire des fictions. Ma pratique peut ainsi se situer entre le documentaire et la fiction pour composer une multiplicité de récits. Qui donnent à voir une réalité fragmentée, autant d’angles différents pour saisir le monde. Dans mes travaux la parole est toujours présente, qui dit parole amène une mémoire et une résistance. Résistance à l’oubli. Une sorte de révolte poétique vers un système et des normes imposées. Ainsi, quand la parole nous manque on peut s’interroger. Qu’il s’agisse des lettres d’un détenu en Argentine, ou de « chats en ligne » comment contester une société sans penser les limites que notre langue nous impose ? Ce qu’elle véhicule par son pouvoir en tant que structure grammaticale, ce qu’elle incluse et exclue en même temps ?

Dans ma pratique, la proximité avec autrui témoigne d’une manière d’appréhender le monde. De ce rapport découle des questions liées au langage et au déplacement. C’est aussi l’occasion pour moi d’élaborer des fictions, des histoires visuelles qui nous amènent à des zones de silence, de temps de parole et de résistance.

38 Né le 14.03.87 à Montpellier 06 67 32 03 17 baptiste.rabichon@gmail.com Parce que les fleurs, 2015 épreuve chromogène 175 x 127 cm Photo : Baptiste Rabichon

Tirage de grand format où de petits débris de bonbons acidulés sont agrandis plus de 60 fois. Agrandissement qui évoque aussi bien la représentation d’espaces minéraux étranges et incon­nus que l’imagerie microscopique.

Baptiste Rabichon ensba paris Inexplicablement, quel beau mystère, on ressent des palpitations de plaisir devant la reconduction du geste originel de l’empreinte photographique. Photographic drawings, fantômes de Fox-Talbot, les oeuvres difficilement reproductibles de Baptiste Rabichon sont en partie destinées à augmenter le corpus des sensations photographiques. En cette ère d’ennui et de lubricité imagière, Baptiste Rabichon nous offre une distribution généreuse de couleurs, de lignes et d’objets hétéroclites. C’est une enquête sur les sens, une expérience authentiquement jubilatoire. L’expérimentation nous gratifie rarement de telles étincelles. Tout rentre dans le cadre de ces beaux formats, de cette installation à l’irrévérence élégante, siège d’un intense conflit de matières disparates. L’hétérogénéité est la règle dans ces petits événements, instantanés et échos, qui n’ont d’intérêt que le plaisir pur des rencontres fortuites. François CHEVAL


Jean-Charles Remicourt-Marie esam caen cherbourg Le risque pour tout objet d’archive est la perte d’information. Images dénuées de légendes ou lettres non signées, ces documents se trouvent amputés d’une part de leur histoire. C’est dans ce manque que surgit la possibilité d’un fantasme qui apparaîtrait comme pour combler cette béance. JeanCharles Remicourt-Marie nous apparaît alors sous les traits d’un obscur enquêteur qui assemble des éléments témoignant d’histoires dont la mémoire nous manque  projets utopiques oubliés, légendes locales, théories scientifiques du XVIIIe siècle, prototypes militaires n’ayant jamais vus le jour. Chaque élément surgissant dans son travail nous apparaît alors habité de son spectre et de sa propre mythologie. Explorant les archives de Jacques Derrida conservées à l’Imec au même titre que d’absurdes théories qu’il recueille sur internet, son travail se poste à la limite de l’indicialité et du message secret. Mais alors que nous observons chaque objet dans ses moindres détails

Né le 24.08.90 à Caen 06 72 27 02 39 jc.remicourtmarie@gmail.com Klankstelsel, 2015 Sculpture sur bois 130 × 240 × 260 cm Photo : Michèle Gottstein

survient la question du simulacre, la possibilité d’un parasitage. Car si la part de fantasme et la réalité historique de ce qui nous est montré se confondent, il nous est permis de douter de la nature de ce que nous voyons. Jouant avec ce doute constant, Jean-Charles opère en brouillant les pistes. Et c’est à l’instant où nous abandonnons notre tentative de dissocier le vrai du faux qu’apparaît la poésie d’une telle posture. Et pourtant, si tout ceci n’était qu’un mensonge savamment orchestré ? Klankstelsel prend pour point de départ une série d’images d’archive représentant des dispositifs d’écoute militaires aujourd’hui obsolètes. Exploitant la défaillance technique de l’objet référent, klankstelsel devient une méthode de désarmement du dispositif. La production d’un objet de captation incapable de remplir sa fonction initiale à la perfection nous permet alors d’accéder à un outil produisant sa propre lecture d’un paysage sonore.

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Octave Rimbert-Rivière ensba lyon Le travail d’Octave Rimbert-Rivière est depuis toujours empreint de bricolage, de la récupération de matériaux qu’il agence au gré de ses compétences approximatives mais investies de l’esprit du Do it Yourself punk, avec un soucis porté à l’intervention manuelle et aux accidents créatifs qui souvent en découlent. Tout en s’appliquant à reproduire les objets qu’il moule selon des procédés très anciens, Octave dresse un inventaire du stricte nécessaire et sacralise le plus banal. Dans cette entreprise de transfiguration, les procédés à l’oeuvre sont eux aussi classiques et efficaces : l’accumulation, le changement d’échelle. L’abondance et ce qu’elle peut avoir de risible ou d’ironique est bien au coeur de ses préoccupations : en cela son travail opère également une critique quelque peu grinçante d’une accumulation vaine et applique sur les pompes une couche d’émail qui les rend présentables, certes, mais impraticables. De la même manière, les extensions veineuses de la plante d’intérieur ne lui permettront jamais d’atteindre le sol pourtant si proche.

Placés sur des socles surdimensionnés et fardés de couleurs stéréotypées (Blue Jean, Peau de Pêche, Cerise Exquise et Lait Fraise), ces objets semblent soutenus par un détachement qui frise le mauvais goût. Mais ce qui pourrait passer pour une couche épaisse de maquillage un peu vulgaire est en fait sophistiqué de par la variété des matières et des gestes qu’elle met en œuvre. La peau sensible et multicolore des choses. Visuellement très stimulante, elle nous rappelle que tout contact est impossible. Tout comme l’humour est autant partage que mise à distance. Ce sont deux pieux de métal qui hissent le saucisson de faïence rouge et blanc à la cheville de son voisin sur socle fluo, comme du bout des doigts. On ne touche qu’avec les yeux cette carapace de cailloux luisants, et seul le paquet de chips en son sommet n’en goûtera jamais la douceur un peu froide. Il semble ainsi que les objets soient impliqués dans un ballet sensuel qui nous est refusé. De ces Fêtes Galantes nous devons prendre plaisir à n’être que les témoins oculaires, impuissants mais visuellement stimulés et ainsi invités. Malgré tout. Rosa Joly

Né le 23.08.88 à La Seyne sur Mer 06 13 49 73 66 octave.rimbert.riviere@gmail.com Hauts-reliefs, 2014 Résine polyester granitée avec copeaux d’aluminium, fibre de verre, plâtre teinté, bois 250 × 300 × 200 cm Photo : Octave Rimbert-Rivière

Hauts-reliefs est une série de sculptures qui font écho aux statues artificielles qui se trouvent dans l’espace public, dans les collections des musées archéologiques et dans les monuments partiellement détruits. Octave Rimbert-Rivière réinterprète la structure de présentation des plâtres modèles qui ont permis la réalisation du Monument aux Morts (1895-1899) d’Albert Bartholomé.


Né le 28.01.85 à Oberhaüsen, Allemagne 0171 35 69 858 info@hendrikeroers.de Mültistabiles Neta I, 2015 Laserschneiden 50 × 50 × 3 cm Photo : Hendrike Roers

Mültistabiles Neta I verlebendigt sich dürch den Akt der Wahrnehmüng und fuhrt den Blick des Bedrachters unaufgefordert in mehrdimensionale Raume der Vorstellung. Sich mehrmals überlagernale flächen verstärken den effekt und sorgen für eine verdichtung der mitte.

Hendrike Roers fh potsdam Undurchsichtige Netze! Durch ein selbst entwickeltes Musterbildungsprinzip werden durch Translationen ineinander verwobene, hochkomplexe Netze konstruiert, die unsere Wahrnehmung dazu auffordern immer wieder neue Beziehungen herzustellen und vorherige aufzulösen. Der Betrachter wird in Räume getragen, die gar nicht existieren. Unser Auge jedoch lässt unser Bewusstsein dennoch zwischen diesen der Wirklichkeit fremden Dimensionen hin und her springen. Es besitzt die Fähigkeit sie visuell zu erfassen und zu begreifen. Durch die Verbindung von Figuren entstehen neue Figuren, die sich durch stete Umwandlung der polaren Zustände immer komplexer und größer werdend in die Unendlichkeit fortsetzen. Jede dieser Figuren ist der anderen ähnlich, aber nicht identisch, alle sind sie Ergebnis einer Verwandlung (Metamorphose) aus ein und derselben Urform. Ein endloser Prozess des Werdens und gleichzeitig eine verborgene Schönheit einer der formalsten und strengsten Disziplinen, nämlich der Mathematik.

Auslöser einer tiefen und intensiven Auseinandersetzung mit Mustern war eine Reise nach Andalusien (Spanien), währenddessen sich Hendrike Roers mit der islamischen Ornamentik intensiv auseinander setzte. Diese Eindrücke brannten sich ein in die Erinnerung, hinterließen Spuren und sorgten für einen unvergleichlichen Musterbildungsprozess. Hendrike Roers Ziel ist nie kopierte Muster zu erzeugen oder Muster mit Hilfe von Programmen zu generieren. So sind auch Arbeiten in der dritten Dimension entstanden. Dabei wächst das Ornament als reine Oberflächenverzierung hinaus, wird nicht erst am Ende der gestalterischen Auseinandersetzung hinzugefügt, sondern ist stets Teil des gestalterischen Prozesses. Darüber hinaus sind auch eigene Muster in der Fläche entstanden, die Gemeinsamkeiten mit den Mustern aus der islamischen Kunst aufweisen, aber dennoch andere, komplexere sind und sich erst aus einem „Spiel“ heraus mit einem Fünfeck nach und nach entwickelten.

40 Née le 12.06.87 à Bagnols/céze 06 73 46 42 41 camille.schaeffner@gmail.com GRS 3, 2014 Image numérique , extrait de la performance GRS Dimensions variables Photo : Camille Schaeffner

Camille Schaeffner esa de l’agglomération d’Annecy

Extrait de la performance GRS, qui est une performance de 12 fois 12 minutes, 12 sculptures. La gymnastique rythmique est un sport artistique où le corps est en relation avec un objet, la performance du corps physique, sa souplesse son élasticité et son endurance son mis en avant. Si on renverse cette équilibre avec un corps non athlétique que ce passe-t-il ?

Ce que je propose de voir de mon travail n’a pas valeur de relique, car ce sont des pièces actées et activables, il n’y a pas d’ici et maintenant, mais il y a une notion d’avant, plus tard, ailleurs. En tant que plasticienne j’utilise mon corps pour questionner ce que l’on vit tous. Mon travail qu’il soit performatif, photographique, sculptural ou encore graphique est en relation corporel avec l’espace dans lequel il se trouve. Chacun de mes travaux a un rapport au toucher, au contour et a la collection (famille). Je recherche chaque fois la mise en avant d’une identité. Le corps est en tension avec l’objet et inversement, il réinscrit la question de la limite au sens de l’activité, du faire. Il est question d’épuisement formel et physique. Jusqu’où on se transforme ? Jusqu’où les objets sont capables de nous éprouver ?


Jana Schützendübel Adbk münchen Jana Schützendübel wurde 1987 in München geboren. Bis 2015 studierte sie Bühnenbild und Kostüm an der Akademie der Bildenden Künste München in der Klasse von Prof. Katrin Brack. Während des Studiums beschäftigte sie sich hauptsächlich mit Arbeiten im Zusammenhang von Theater- und Filmausstattung. Seit ihrer Diplomarbeit 2015 nutzt sie installative und performative Mittel um sich mit theatralen Themen im weiteren Sinne zu beschäftigen. Hierbei spielt die ästhetische Ausstattung von Raum und die Kostümierung von Personen kaum noch eine Rolle. In ihrer Diplomarbeit „Abschiedskuss“ betrat der Ausstellungsbesucher einen Raum durch einen Vorhang und stand unerwartet einer im fremden Menge von 30 Personen gegenüber. Diese unterbrachen, sobald der Besucher hinter dem Vorhang hervorgetreten war, schlagartig das Reden und richteten ihre volle Aufmerksamkeit auf den Besucher. Erwartungsvoll blickten sie ihn an, blieben aber körperlich und emotional distanziert. Sobald er den Raum wieder verließ, ging die Menschenmenge ihren Gesprächen wieder nach.

Hier waren der Ausstellungsbesucher und das Statistenpublikum gleichermaßen Beobachter. Die Statisten, die alleine Teil der Arbeit waren, als auch die Besucher wurden zu Darstellern und Dargestellten. Die für die biennale de la jeune création contemporaine konzipierte Arbeit“ leeres Orchester“ ist eine musikalische Installation über Einsamkeit. Die Musik erzielt hier keine gesellige Wirkung. Die Melodie spielt ins Leere und bleibt alleine zurück.

Née le 18.07.87 à Mûnchen, Allemagne 06 72 27 02 39 jana.schuetzenduebel@yahoo.de Leeres Orchester, 2015 Installation Photo : Jana Schützendübel

Die arbeit Leeres Orchester ist eine musikalische installation über einsamkeit. Die musik erzielt hier keine gesellige wirkung die melodie spielt ins leere und bleibt allein zurück.

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Raphaëlle Serre

Née le 30.04.88 à Lyon raphaelleserre@gmail.com

villa arson nice

Pipe & potiche, série Dust Catchers, 2015 Céramique fondue, ciment réfractaire, 3 × 50 × 26 cm

« Raphaëlle Serre écrit dans ses notes : « Je vois le monde, l’artiste et l’œuvre comme la cafetière, le filtre et la tasse à café », mais ses œuvres plutôt que des tasses, sont des taches de café, mais pas accidentelles, ordonnancées au contraire pour « jouer le contraste/ amener le regard/ rendre curieux », « mettre en lumière la part d’ombre », comme elle l’écrit encore. Pour Raphaëlle Serre, l’art n’est « QUE ça », une « RÉVÉLATION ».

Emblématique de sa démarche, l’ensemble Kafka sculpteur (2012) se présente comme un ensemble de mobilier modifié. Toute la panoplie du parfait espace de bureau est convoquée : chaises à roulettes, sellette à tablettes, table de réunion, Raphaëlle Serre fait subir à chaque élément une transformation infime ou radicale visant à révéler sa charge d’aliénation et d’absurdité. Le plateau de la table de réunion est creusé en son centre d’un cercle enfermant un tabouret aux roulettes démultipliées (...), aux roulettes de la chaise de dactylo sont substitués leurs moulages en bronze ou plomb. Raphaëlle Serre reprend bien à son compte le grand projet de Kafka : « Il nous incombe encore de faire le négatif ; le positif nous est déjà donné ». » Texte de Stéphane Corréard, 2013

Les objets sont assemblés en couple, en nature morte puis portés au delà de leur point de fusion. Il ne reste presque rien, de l’informe. Comme écrasé par un poids énorme, victime de la gravité ou du temps, l’objet dans un dernier sursaut se transforme et se fige dans son nouvel état.


Né le 05.03.89 à Paris 19e 06 19 24 06 57 emmanuel.fb.simon@gmail.com Romain Ruiz-Pacouret, 2015 Peinture à l’huile sur toile 130 × 200 cm

Ces trois pièces ont été faites en vue de la biennale de mulhouse 2015. Je les ai réalisées en collaboration avec trois artistes que j’ai invité à peindre directement sur mes toiles, chacun ayant carte blanche.

Emmanuel Simon isdat toulouse Pour cette exposition, j’ai fait appel à trois artistes pour réaliser des peintures participatives. Mon procédé de travail est simple : je réalise trois représentations de mon stand et j’invite des artistes à y intervenir. En l’occurrence Romain Ruiz-Pacouret, Armelle de Sainte Marie et Charuwan Noprumpha, trois peintres que j’ai eu l’occasion de rencontrer lors de mon parcours. Ma pratique est intimement liée à l’« autre », que celui-ci soit modèle, copié, comme dans certains de mes autres travaux ou invité, comme c’est le cas ici. Je ne cherche pas à produire une peinture homogène, cette hétérogénéité vient de mes différents procédés de travail. Souhaitant m’affranchir du «  je  » et de l’occupation personnelle, travailler à plusieurs me permet d’une part, de désacraliser l’œuvre et l’auteur « héroïque », et d’autre part de répondre à ce contexte de crise économique/politique qui tend à créer une concurrence et un individualisme exacerbés. C’est également un moyen de résistance face au système d’expositions qui n’ont de collectives que le nom et où l’aspect individuel est largement mis en avant, de part les modes d’accrochages notamment.

Tentatives de banalisation de la pratique picturale et de distanciation du statut d’auteur créatif, mon travail reste contradictoire dans le sens où il me ramène à une réalité : quand bien même les toiles sont faites à plusieurs, j’en reste l’auteur. Cependant ce côté paradoxal m’intéresse car l’interrogation des codes de la peinture et de l’exposition sont au cœur de mes préoccupations artistiques à travers des questions relatives à l’omniprésence de l’auteur et à l’essence même de l’œuvre.

42 Née le 29.0190 à Lecco, Italie +39 34 05 23 92 81 giuliaspreafico1@gmail.com Un punto muto (a silent spot), 2014 Inkjet print, 7 photographs Variable dimensions (60 × 90, 40 × 60, 30 × 45 cm)

The first pictures taken in the Antartic become the place where I put my sign, the place where unexpected possibilities appear as threads that can take us somewhere else. Sewing is a meaningful and deep action and it is my own way to get in touch with a faraway and unreachable spot, which is more mental than physical.

Giulia Spreafico adba bergamo I am researching the concepts of instabilities and uncertainties which characterise our existence, through both photography and video. In my works I try to find something certain exploring my relation to reality, in a constant attempt to find my own place. An obsessive and accurate gaze on the space surrounding me is what drives me to perform an action on the landscape whose result is always something evanescent. Sometimes my actions take place in a picture or on the pages of a book, as in "Un punto muto". In this work the first pictures taken in the Antarctic become the place where I put my sign, the place where unexpected possibilities appear as threads that can take us somewhere else. The Antarctic is a silent and inhospitable place, which attracts man and at the same time challenges him, escaping every control attempt. The real reason that moves the first explorers to go beyond the coast of the south Pole, is the conquest of the centre of the world’s South: a mathematic point which is the result of precise calculations and measurements. The will of reaching that place, which is more mental than physical, is itself

an artistic action. The so-called South Geographic Pole is indeed a white place surrounded by kilometers of whiteness, which requires unimaginable efforts to be reached. Sewing is a meaningful and deep action which is my own way to get in touch with a faraway and unreachable place. Sewing these bridges means to create a sort of connection, even if it is unreal.


Daniel Stern

Né le 10.02.81 à Diez, Allemagne +49 01577 53 34 33 02 mail@sterndaniel.de

Hfg offenbach am main Der Werkzyklus Kristallpalast beinhaltet eine Serie konstruierter Objekte und Skulpturen, die sich in einem additiven Aufbau aus Gesteinssegmenten und modernen Stoffen wie Plexiglas und Kunstharz zusammensetzen. In einem zweiten subtraktiven Arbeitsprozess werden Oberflächen neu definiert und geschliffen. Die Fugen erscheinen dabei als farbige Striche und die unterschiedlichen Segmente verschmelzen zu einer Form. In einigen Bereichen dominiert die individuelle Eigenschaft der Materialien und rohe Verklebungen und Bruchkanten bleiben sichtbar. Es entstehen Divergenzen, ein Spiel mit der Wahrhaftigkeit der Oberfläche und ihrem Material, die in soziologischen Fragestellungen des Subjektes einer hoch komplexen Gesellschaft gründen.

The flow of work Kristallpalast includes a series of constructed objects and sculptures, which consist in an additive composition of rock segments and modern materials such as Plexiglas and resin. In a second subtractive workingprocess surfaces are redefined and grinded. The joints appear as colored lines and the different items fuse to a mold. In some ranges, dominated the individual property of the material and raw bondings and broken edges remain visible. Divergencies originate, a game with the truthfulness of the surface and its substance which are based on sociological questions of the subject of a highly complex company.

Works from the series Kristallpalast, 2014-2015 Sculptur Different dimensions Photo : Daniel Stern

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Clara Thomine erg bruxelles Clara Thomine se met en scène, improvise et se filme, face à des situations particulières. Elle produit ainsi des «chroniques imprévisibles». Imprévisibles pour elle aussi, car c’est la situation qui génère l’improvisation, qui, elle-même, modifie la situation. elle pratique ce qu’elle appelle «l’autofiction performative». Elle incarne dans ces «chroniques» un personnage extrêmement décidé, engagé dans la réalité, mais résolu, avant tout, à brouiller les pistes. Elle est dans la réalité et elle est dans la fiction. Elle saute à cloche-pied sur les pointillés de cette frontière mouvante. Elle joue à être elle-même qui joue à ne pas jouer. Elle travaille donc la performance et la vidéo de manière entrelacée. La performance est le point de départ, la matière brute, le régime de création aussi. La vidéo vient s’y intégrer, interagir en découpant des moments, en traçant des cadres. Au montage, le processus vidéographique vient densifier la narration et recherche, dans le rythme des plans et des séquences, l’énergie de la présence physique.

Née le 30.12.90 à Nancy 06 76 31 96 80 clara.thomine@gmail.com Installation pour la Biennale, 2015 Vidéo/ performance, monotype

Dans ces "chroniques" filmées, Clara Thomine peut ne rien dire, se contenter de se planter devant telle ou telle situation ou bien partir dans une logorrhée débridée. Elle peut intervenir ou ne rien faire, expliquer ou poser des questions, rire ou critiquer…


Né le 21.05.87 à Aix-en-Provence 06 51 28 24 06 gtrovato@hotmail.fr Trois Ormeaux, 2013 Vidéo

En 1996 Michelangelo Antonnioni et Wim Wenders tournent à Aix-en-Provence Par-delà les nuages. En 1968, François Truffaut y tourne La sirène du Mississippi. Ces deux films comportent des scènes tournées dans le centre d’Aix-en-Provence. Je suis donc retourné sur les lieux exacts de tournage de ces deux séquences, pour capturer, à l’identique, les plans de ces films. J’y ai ensuite intégré les personnages des longmétrages originaux. Tels des spectres de cinéma, ils déambulent librement et secrètement aux cotés des passants du monde présent issus de mes plans, couleurs, et les sons.

Gaëtan Trovato esa aix-en-provence Gaëtan Trovato utilise des techniques mixtes, tel que la récupération de plans sur pellicule 35mm, le found footage, les prises de vues réelles avec le souci d’expérimenter la force visuelle de l’image en mouvement, son pouvoir symbolique, sa sacralité, sa valeur de mémoire. Grâce à celles-ci, le vidéaste recrée des récits, souvent abstraits et matiérés, où des « images errantes » de films anciens viennent rencontrer de nouvelles prises de vue. Il évoque ainsi les reconstitutions mentales propres au fonctionnement de la mémoire humaine. Rien n’est jamais plus exactement comme nous l’avons perçu la première fois. Comment dès lors le souvenir se reconstitue-t-il dans notre mémoire ? Elle n’est jamais purement objective. Le souvenir est toujours imprégné de nos sensations et émotions. Il évolue et change au cours du temps, s’ajuste à notre tolérance, se rejoue dans notre tête jusqu’à ce que nous le figions. Tout comme la séquence d’un film tournée plusieurs fois jusqu’à atteindre la prise parfaite. L’artiste adopte le même angle de vue pour capturer des scènes de films emblématique dans leurs décors actuels.

Cette technique de superposition et de fusion des images perpétue en quelque sorte une longue tradition picturale héritée par la vidéo. L’artiste influencé par la période renaissante et les expressionnistes allemand en peinture, se réapproprie la technique du glacis. Il joue du lien entre les deux mediums en manipulant la matière première de l’image animée : le photogramme. Il révèle ainsi les strates narratives et plastiques de l’image et d’une mémoire en mouvement. Le spectateur est invité à interroger les restes de souvenirs de ces films historiques. Le spectateur est extrait de sa passivité, il doit créer sa propre narration à partir du champ d’interprétation que lui offre l’image. En expérimentant visuellement le passé, Gaëtan Trovato fait parler le présent et convoque une culture jouant sur la redite historique et artistique.

44 Né à Barranquilla, Colombie +41 76 529 23 02 info@varelakunst.ch Basilica elettrica 2 Roma Luminosa Series, 2010 Video-still Komposition Pigmentierte Tinten auf Leinwand 120 × 160 cm

As I wander and observe the streets, switching from my Photo / Video camera mode, I am completely concentrated. I mix in and focus on the light, the architecture and people. I experiment, let the lens react to the light and go with the moment.The camera is my partner and witness recording time with all it’s elements...

Carlos Varela FHNW Basel Carlos Varela ist ein Künstler mit multikulturellem Hintergrund. 1962 in Kolumbien geboren, wuchs der Künstler in New York auf, studierte an der Cooper Union School of Art und an der Domus Academy in Mailand. 1989 kam er nach Basel, wo er 2011 sein Studium an der FHNW Hochschule für Gestaltung und Kunst Basel mit einem Master of Fine Arts abschloss. Seine Kunst spiegelt seine persönliche Realität wider. “Wenn man sich in verschiedenen Welten bewegt, hilft die Kunst, meine Sensibilität zu entdecken und meine Existenz zu schaffen”. “Der kreative Prozess steht für mich im Vordergrund. Ich bewege mich durch Phasen intensiven Suchens und Nachforschens, Konzentrierens und Entdeckens”. Immer wechselnd zwischen dem Video und Photo Modus seiner Kamera sieht man ihn durch die Strassen gehen. Egal ob es sich um New York, Paris, London oder Barcelona handelt. Immer bereit, den Moment zu ergreifen „Antizipation ist alles, du lernst dich auf das Unerwartete vorzubereiten”. Diese instinktive Begabung erlaubt viele Entdeckungen. “Die Video Sequenz enthält alles, was der „Moment“ braucht. Bild, Bewegung, Ton – alles ist vorhanden”, sagt er. Dann setzt

der eigentliche Bearbeitungsprozess ein. Das elektronische Bild braucht nun eine Software zum Analysieren, Aufspalten und neu Zusammenfügen. Assoziationen, Drehungen und Wendungen werden auf diesem Weg ausprobiert. Eine Art “kreatives Surfen” findet statt, immer mit dem Augenmerk aufs Detail, auf das Ungewöhnliche, das Gefühl. Die Arbeit kann so vielfältig sein, weil der Prozess des Sammelns in viele Richtungen weist. “Die digitale Phase in der ich mich im Moment befinde, erlaubt eine solche visuelle Vielfalt. Arbeiten werden zu Daten, welche bearbeitet werden, und die Informationen gelangen zum Druck mit speziellen lichtechten pigmentierten Tinten. Das Druckmaterial bestimmt das Resultat und den Charakter der Kunstarbeit. Eine Arbeit, die auf synthetischem Polyester gedruckt wird, sieht völlig anders aus als eine auf Baumwolle oder Leinwand”.


Dan Visovan

Né le 06.10.88 à Baia Sprie, Roumanie 07 43 68 80 19 danvishu@yahoo.com

FaD timisoara We live in a world of formats and networks. The contents are about to be sublimated or suppressed to the techniques and procedures. The form is gaining more force and public expression in its dealings with the Background. It is the great tension felt by post-postmodernist artists who are pushed to make out of the craftsmanship and the inner experience of Form a good opportunity for Concept or Visual installation. The Sculptor Dan Visovan, acutely feels with plastic acuity need for a different format, a immanent format in which to live immanent ideas and spiritual germs. A recipient of becoming, in which you can link archetypal chains, both initiatory and moral. The aesthetic bet that the artist proposes us is to turn a cultural artifact in an area free from materiality, ideologies, constraints, free of a semantic materialism. The recourse to the vegetal memory is programmatic. Vegetal matter from immemorial time, used to realize woven baskets, has been replaced by superimposed concrete steel wire.

Firele de oțel beton nu cuprind decât ceea ce am putea noi spune lucrând cu imaginarul, cu spiritul, cu ideile. Cele trei sculpturi din fire de oțel beton, fire sudate între ele și împletite ingenios, cu dexteritate de orfevrier, sunt cuprinse într-o instalație vizuală unitară stilistic, cu o construcție conceptualizată despre (non)limitele formatelor, un spațiu necanonic pentru a recicla, din lumea de oțel beton, Spiritul! The steel wires not only covers what we can say working with the imaginary, with spirit, with ideas. The three sculptures in concrete steel wire, wire welded together and ingeniously intertwined, with orfevrier dexterity, are summarized in a stylistically unitary visual installation, with a construction conceptualized about the (non) limits of the formats, an uncanonically space to recycle, from the reinforced steel world, the Spirit! Dan Visovan’s project lies convergent and protean between the discourse of the archetypal visual construction and the plastic discourse formalized from the time of homo Videns. We are thus offered a personal exhibition to which I expect actuallity and certain valuations!

Recycled Spirit, 2013-2014 Welded Metal 350 x 80 x 100 cm, 160 × 50 × 80 cm, 220 × 100 × 70 cm Photo : Mihai Albu

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Ruihan Wang esba le mans Il fallait assumer dans le même temps mon héritage culturel chinois et la découverte de la pratique picturale ici et maintenant en France. Dans la fabrication de la peinture, la couche, même encore porteuse d’une image, était pour moi fascinante. J’ai toujours pensé qu’elle pourrait se définir comme achevée et être considérée pour elle-même, elle est toujours un geste. J’ai donc renoncé d’une certaine manière à l’image dans ma peinture même si celle-ci fait image à certaines références assumées comme celles par exemple de BMPT. "Comme ça, a priori, pour rien.." est un mot d’ordre d’Olivier Mosset définissant l’une de ses peintures que je pourrais presque reprendre à mon compte. Ma peinture a tenté une forme d’autonomie en devenant parfois même un volume. Je l’applique soigneusement sur le support en engageant les questions de temps, d’ordre, de protocole d’actions et de gestualité. Peindre devient un programme. Une peinture c’est aussi de la colle, de l’argile, du tissu, de la pâte ou de la crème, quelque chose qui peut être poncé, tressé, sculpté ou coupé mais surtout quelque chose qui se regarde, c’est un glissement.

Parfois, alors la peinture semble juste hébergée temporairement sur son support. Elle prend une autonomie vis-à-vis de son lieu, migre, quitte le domicile. Jouant des couches, cherchant à les voir toutes, jouant du châssis parfois support, parfois fenêtre, jouant de la couleur dans sa dégradation pigmentaire, sa diffusion lumineuse, je ponce, je peins, je creuse dans la peinture. Il y a beaucoup de jeu dans ces moments avec elle. Je joue aussi des objets et du vocabulaire de la peinture. Par exemple, le papier de verre servant à poncer mes toiles devient à son tour une peinture et hésite entre attaque et défense. Les titres de mes travaux essaient de jouer de ce que l’on voit (faire voir vraiment un morceau de peinture) car il y a dans les mots des objets mais aussi des sujets de peinture. Mon travail est patient, presque tranquille mais j’espère, dans ses aspects migratoires qu’il raconte un peu mon histoire personnelle, et celle aussi de mon rapport à une pratique artistique à la fois légère et ténue.

Né le 28.02.84 à Beijing, Chine 0033 6 01 41 76 03 wangruihan1984@gmail.com Un morceau de peinture, 2014 Peinture acrylique sans support 6 x 7.5 × 4.5 cm Photo : WANG Ruihan

Qu’est ce que vous pensez quand je dis un morceau de peinture ? Je porte cette peinture car elle n’a pas de support elle-même.


Née le 01.03.91 à Pau 06 76 59 01 05 wibaux.del@gmail.com Témoins souples (-555 mètres, année + 3017 ), 2015 Argiles de récolte, encre pigmentaire Cuisson dit en four primitif Dimensions variables Photo : Delphine Wibaux

La ligne de survie sur laquelle sont posés les témoins souples porte la surface des choses. Les témoins souples sont des enveloppes de terre cuite révélant des éléments prélevés dans un paysage urbain contemporain : des constructions dressées par l’être humain servant à extraire des matières souterraines. Des morceaux de textes sont intégrés à l’installation et nous plongent à – 555 mètres sous terre, au milieu de ces matières souterraines, où une vie humaine se développe.

Delphine Wibaux esad marseille-méditerranée La ligne de survie sur laquelle sont posés les témoins souples porte la surface des choses. Les témoins souples, enveloppes de terre cuite, révèlent des éléments prélevés dans un paysage urbain contemporain : des constructions dressées par l’être humain. Certaines de ces constructions ont été envisagées pour extraire des matières souterraines. Quelquesunes sont encore en activité, d’autres ont été abandonnées ou reconverties pour enfouir des déchets ultimes. Le texte intégré à l’installation nous plonge à – 555 mètres sous terre, au milieu de ces matières toxiques, en l’année 3017. C’est la trace possible d’une vie humaine sous la surface de ces constructions, en un temps ultérieur qui nous est étranger. Cette installation a été pensée pour cette Biennale, en relation avec l’usine Stocamine qui a fermé ses portes dans la banlieue de Mulhouse en 2004 suite à un incendie de déchets toxiques maîtrisé au bout de deux mois. Cette ancienne mine de sel a été reconvertie en centre de stockage souterrain de déchets ultimes en couches géologiques profondes. Une vingtaine de mineurs polonais travaillent depuis 2006 à l’entretien des puits et des galeries d’accès au stockage.

En 10 ans, la roche dans laquelle ont été creusées les galeries et où ont été stockés les déchets s’est déjà fortement déformée. Depuis 2009, des experts comparent des scenarios relativement extrêmes sur le devenir des déchets. Fin 2012, un déstockage partiel a été voté, ainsi qu’un enfouissement des autres déchets dangereux. Mon travail d’écriture s’inscrit comme un prolongement d’un scénario potentiel. Cette nouvelle ouvre sur une réalité souterraine possible en puissance où les frontières sont impalpables. Les enveloppes de terre cuite sont, elles, imprégnées de réel, de relevés photographiques qui s’inscrivent dans un paysage défini, structuré par l’être humain et contemporain bien que les teintes rouillées évoquent une période déjà révolue. L’argile utilisée a été récoltée par mes soins : elle prend part à cette chaine d’extraction, d’assimilation et d’utilisation de matières par l’être humain.

46 Née le 14.12.80 à Nice 06 78 70 44 00 evewoda@yahoo.fr 19 Flux, 2015 Vidéo Projection sur mur de 2,5x 4 m

19 Flux est une vidéo qui réunit 19 captations vidéo de performances web qui se sont déroulées du 20 novembre 2014 au 20 décembre 2014 entre Capstang et Marseille. Cette vidéo propose une nouvelle lecture de cette expérience.

Eve Woda ESA AVIGNON Diplômée de l’Ecole Supérieure d’Art d’Avignon en juin 2014, depuis plusieurs années, j’explore et pratique la performance à travers la réalisation de vidéos. Mon interrogation artistique porte sur l’image, le corps ainsi que sur le rapport au monde. Je crée des situations d’expérience grâce à des gestes décalés, des circonstances particulières que je filme. Mes actions sont pratiquement toutes envisagées comme une manière « autre » de dessiner ; dans tous les cas, elles tentent toujours d’interroger l’acte de création. Mon univers se voit fortement influencé par la philosophie, notamment le courant de la phénoménologie, par ma pratique de la sophrologie et par mon intérêt pour la danse. Par conséquent, j’envisage mes réalisations comme la matérialisation de « voyages intérieurs » durant lesquels s’opère un parallèle entre expérience de la pensée et processus de création. Aussi le corps en action dans le réel révèle-t-il un dialogue intérieur, un mouvement, un cheminement, un processus.

En septembre 2014 je participe à la résidence de l’Obs/IN sur le thème : « Images et temps réel ». Je m’interroge alors sur le médium internet ainsi que sur le dispositif de monstration de mes vidéos performances. Pendant un mois je performe devant une webcam depuis mon domicile, tous les soirs à 18h30. Les performances sont accessibles en temps réel en se connectant sur une web-tv grâce à un hyperlien, ou en se rendant à la galerie « La compagnie, lieu de création » à Marseille. La vidéo « 19 Flux » réunit les 19 captations vidéo de ces performances web. « […] Je commence à prendre conscience que les autres me voient et de cet aspect « voyeur ». Ma chambre est-elle devenue une scène ? Performer peut-il devenir un acte quotidien ? […]» Extrait du journal de performances web « Flux », le 21/11/2014. Je poursuis actuellement mes recherches dans le cadre du DSRA mention Création à l’Ecole Supérieure d’Art d’Avignon.


Pei Zhang & Weijie Song esa nord pas-de-calais site de dunkerque Nous somme un couple d’artistes qui explore la performance depuis 2010. Dans notre vie quotidienne, nous partageons souvent des idées et des références. L’idée d’un travail commun est venue naturellement. Même si de l’extérieur, nos univers peuvent paraître assez éloignés, il y a toujours beaucoup de connexions entre nous deux. Nous avons effectué des recherches artistiques en partant de l’esprit qui nous anime jusqu’à une prise de conscience très physique, de l’intérieur à l’extérieur, depuis nous-même jusqu’au monde externe. C’est le processus d’une relation à priori superficielle à une relation profonde, d’une relation simple à une relation complexe, afin de trouver une issue plurielle dans des relations complexes.

C’est aussi un travail d’échange, une sorte d’aller-retour, un dialogue qui oblige à aller voir ailleurs, à être à l’écoute d’autres formes de sensibilité ; que ce soit avec le discours entre nous (dans notre couple), ou avec un autre couple d’artistes, ou avec le public, ou avec une lecture, etc. Puis quelque chose va venir transformer les idées que nous avons en tête et redonner du champ, du jeu, de l’espace pour sortir du quotidien et laisser place à quelque chose de nouveau, à une tension performative inattendue.

Nés le 20.08.83 et le 27.02.81 à Zheng Zhou, Chine 03 28 24 26 04 / 06 68 25 11 04 peietweijie@gmail.com Le choc au tas de sable, Dunkerque 2012 La performance en live Photo : Zhang Pei et Song Weijie

Zhang Pei & Song Weijie

Deux personnages marchent face à face de plus en plus vite, jusqu’à se heurter. C’est le choc entre nous, entre nos deux personnalités. Le choc indique une limite entre les deux êtres. Mais cette limite n’est pas une barrière. Le choc peut abattre cette limite et produire une rencontre, un échange. C’est un événement incertain, un hasard.

Les participants Adam Gala ~ Kunstakademie Stuttgart Auriol Thomas ~ ESAM Caen Cherbourg Barriga Anne-Claire ~ AAAD Prague Berthaux W. Agathe ~ HEAR Strasbourg Blein-Renaudot Clara ~ ESAD Grenoble Bobichon Romain ~ EESAB Quimper Bran Lucian ~ National University of Arts Bucharest Camerlengo Lorenzo ~ ADBA Aquila Caron Charlotte ~ EESAB Rennes Caulay Aymeric ~ EESAB Brest Château Antoine ~ ESAD Saint-Etienne Collet Gaelle ~ ENSA Bourges Cosso Yannick ~ Pavillon Bosio, ESAP Monaco Costantino Antonio ~ ADBA Reggio Calabria Cozzani Emma ~ ESBA Nîmes Dasnois Laurie ~ ESAD Valenciennes Debon Cyril ~ EBABX Bordeaux Delarue Chloé ~ HEAD Genève Delépine Hélène ~ ENSA Limoges Eeckhout Arnaud (VOID) ~ Arts² Mons Belgique Feldmann Lena Institut für Künstlerische Keramik und Glas Koblenz

Ferrante Silvia ~ ADBA Carrara Ferruel Aurélie & Guédon Florentine ~ ESBA Angers Garinot Bastien ~ ISBA Besançon Franche-Comté Gashi Shqipe ~ ESAD Reims Gerth Eva ~ UdK Berlin Gouala Axel ~ HEAR Strasbourg

Hildebrand Lorenz

Design & Kunst Hochschule Luzern

Hong Yuni ~ ENSA Paris Cergy Huss-Varnet Jeanette ~ HEAR Mulhouse Illig Rémi ~ ENSA Nancy Jacquemin Pierre-Charles ~ ENSA Limoges Jezy Guillaume et Knez Jérémy ESBA Nantes Métropole

Jibert Damien ~ EMA Fructidor Chalon-sur-Saône Julien Roméo ~ EESI Angoulême/Poitiers Jyrch Franziska ~ HGB Leipzig Kard Kamilia ~ ADBA Brera Milan Kloppenburg Simon ~ HBK Saar Lavet Alexandre ~ ESA Clermont Métropole Le Corre Sylvain ~ EESAB Lorient Le Moing Maxime ~ ESAL Metz Legrand Guillaume ~ ESAD Valence Legrand Mathieu ~ HEA Perpignan Lemaître Marion ~ ENSA Dijon Lococo Guiseppe ~ ADBA Reggio Calabria Lorenz Martin ~ HFG Karlsruhe Loutz Loïc ~ ESAL Metz Manglaviti Giulio ~ ADBA Reggio Calabria Martinez Analia ~ ADBK München Michel Camille ~ ENSP Arles Mohagheghi Mona ~ ADBA Firenze Monchicourt Martin ~ ENSBA Paris Morlacchi Andrea ~ ADBA Brera Milan Musumeci Bianca ~ ADBA Carrara Nakadaï Maho ~ ESBA Tours

Nam Yun ~ KH Kassel Noprumpha Charuwan ~ EESAB Quimper Pace Giulio ~ ADBA Brera Milan Paré Benjamin ~ ISDAT Toulouse Payet Samuel ~ ESAD Toulon Provence Méditerranée Picard Louis ~ ESAL Metz Prigent Marilina ~ ESBA Montpellier Agglomération Rabichon Baptiste ~ ENSBA Paris Remicourt-Marie Jean-Charles ESAM Caen Cherbourg

Rimbert-Rivière Octave ~ ENSBA Lyon Roers Hendrike ~ FH Potsdam Schaeffner Camille ~ ESA de l’agglomération d’Annecy Schützendübel Jana ~ ADBK München Scopelliti Luigi ~ ADBA Reggio Calabria Serre Raphaëlle ~ Villa Arson ENSA Nice Simon Emmanuel ~ ISDAT Toulouse Spreafico Giulia ~ ADBA Bergamo Stern Daniel ~ HFG Offenbach am Main Thomine Clara ~ ERG Bruxelles Trovato Gaëtan ~ ESA Aix-en-Provence Varela Carlos ~ FHNW Bâle Visovan Dan ~ FAD Timisoara Wang Ruihan ~ ESBA Le Mans Wibaux Delphine ~ ESAD Marseille-Méditerranée Woda Eve ~ ESA Avignon Zhang Pei & Song Weijie ESA Nord Pas-de-Calais Dunkerque

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Bilingual 9.50 €

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n°37

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Lauréat mulhouse 012

La vie héroïque de B.S. Acte II – Le dilemme de l'œuf, 2015, © Hoël Duret

Hoël Duret La vie héroïque de B.S. Un opéra en 3 actes 14.06 — 20.09 Les notions de production et de construction sont centrales dans le travail d’Hoël Duret. Ce qui l’intéresse dans ces processus n’est pas tant les esthétiques qu’ils véhiculent mais bien de trouver, montrer et démontrer les mécanismes et idéologies qui les animent en évacuant toute fascination pour les formes du moderne. Au contraire, c’est dans le jeu critique qu’il s’en saisit, les ausculte, les amende, les bouscule, au risque de les mettre en danger. On pourrait voir, en somme, son travail comme un lieu de test de la résistance de ces formes.Pour son exposition personnelle au Musée des Beaux-Arts de Mulhouse, l’artiste projette pour la première fois ses obsessions dans le champ fictionnel et se lance dans l’écriture et la création d’un opéra en trois actes. La vie héroique de B.S. - Un opéra en trois actes, 2013-2015 est un récit épique qui met en scène l’histoire de B.S., mystérieux designer dont les certitudes héritées de la pensée moderniste le confinent à l’absurde et au désenchantement. Dans le premier acte As a tribute…, le personnage fictionnel B.S., passionné et fasciné par les formes innovantes emblématiques du XXe siècle, se lance dans la folle entreprise de réussir une

synthèse opérante de celles-ci. Comme un facteur-cheval un peu loufoque au pays du design, B.S. marie tant bien que mal les recettes des Marcel Bauer, Mies van der Rohe, Eileen Gray, des époux Eames ou encore Enzo Mari et saupoudre ses mets des ingrédients typiques du dernier siècle, du plan de travail en Formica, à la chaise longue tubulaire en passant par la caisse de marché en plastique. Dans le deuxième acte Le dilemme de l’oeuf, B.S. reçoit l’absurde commande de redessiner un œuf de poule pour en optimiser le conditionnement et le transport. Il se retrouve alors à contredire les lois de la nature en tentant de parfaire une forme naturellement idéale. L’enchainement des scènes, quelque part entre les réclames industrielles d’après-guerre, les magazines télévisuels de vulgarisation scientifique et Les Aventures de Tintin, illustrent ses multiples tentatives pour parvenir à un impossible résultat. Mais c’est dans le troisième et dernier acte Les sirènes de Corinthe que se joue de façon explicite l’enjeu jusqu’ici sous-entendu de ce projet. Ayant définitivement perdu ses certitudes modernes sur l’usage et la provenance des formes, B.S., devenu mystique, s’embarque dans un voyage

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initiatique en Grèce pour comprendre les conditions d’apparition et de conceptualisation d’une forme manufacturée première : la colonne dorique. Comment dans cette région aride, de pierre et de poussière, a-t-on pu conceptualiser une forme aussi pure ? Errant dans ces paysages désertiques, la folie et le mysticisme le gagnent. Il délaisse définitivement les outils techniques et la rigueur de l’ingénierie de la production industrielle des formes pour désormais travailler seul avec ce qu’il trouve sur place, se lançant alors désespérément dans l’expérience de la sculpture, pensant que ce contexte lui sera propice et lui apparaîtra la vérité transcendantale et universelle de toute forme. Dimanche 14 juin à 11h Vernissage en présence de l’artiste Musée des Beaux-Arts 4, place Guillaume Tell 68100 Mulhouse Tél : 03 89 33 78 11 → Entrée libre tous les jours sauf mardis et jours fériés. Juin : 13h – 18h30. Juillet et août : 10h – 12h et 13h – 18h30 Septembre : 13h – 18h30


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Lauréat Filature 012

Nicolas Daubanes 13 — 28.06 Dessins réalisés dans le cadre de la résidence de l’artiste à la Centrale d’Ensisheim et la Maison d’Arrêt de Mulhouse, produite par La Filature, Scène nationale. Vernissage samedi 13 juin à 18h30 Hall de la Filature

Maxime Piette Kingdoms Rise & Fall  13 — 28.06 Prix du jury du festival .MOV, 6e rencontres des écoles d’art du Grand Est Vernissage samedi 13 juin à 18h30 Ecrans du hall de La Filature

Antoine Schmitt Carte blanche 27.05 — 07.07

Sous le soleil B50, 2015 © Mathilde Barrio Nuevo

Mathilde Barrio Nuevo Sous le soleil B50 13 — 28.06 Entre rituel de sorcellerie et laboratoire clandestin destiné à des fins douteuses, l’exposition Sous le soleil B50 se développe comme un rébus où l’histoire, s’il y en a une, est à reconstituer d’indice en indice. Passant de sculptures en installations, on est immergé dans la quasi-obscurité du lieu d’exposition : théâtre d’un évènement mystique. Vernissage samedi 13 juin à 18h30 Chambre noire des Studios

Artiste plasticien, Antoine Schmitt crée des œuvres sous forme d’objets, d’installations et de situations pour traiter des processus du mouvement et en questionner les problématiques intrinsèques, de nature plastique, philosophique ou sociale. Héritier de l’art cinétique et de l’art cybernétique, nourri de science-fiction métaphysique, il interroge inlassablement les interactions dynamiques entre nature humaine et nature de la réalité. À l’origine ingénieur programmeur en relations homme-machine et en intelligence artificielle, il place maintenant le programme, matériau artistique contemporain et unique par sa qualité active, au cœur de ses créations pour révéler et littéralement manipuler les forces à l’œuvre. Avec une esthétique précise et minimale, il pose la question du mouvement, de ses causes et de ses formes. Son exposition à La Filature présentera sa dernière création, la série War qui met en place des tableaux génératifs infinis de situations de guerre. Ce sont de vraies guerres entre des armées inépuisables de pixels programmés pour se battre et se tuer les uns les autres. Ce sont des carnages (de pixels), de grandes fresques guerrières abstraites, de grande violence, au pouvoir cathartique. Au regard de cette récente création, seront présentées des pièces emblématiques de l’artiste, qui explore le champ de l’art programmé depuis plus de vingt ans. Vernissage mercredi 27 mai à 19h Galerie de la Filature LA FILATURE, Scène nationale, Mulhouse 20, allée Nathan Katz - 68100 Mulhouse Tél : 03 89 36 28 28 www.lafilature.org → Entrée libre Du mardi au samedi : 11h – 18h30 Dimanche : 14h – 18h & soirs de spectacles

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Expositions

O(ff)15 12 — 21.06

Capucine Vandebrouck, Camera Obscura, 2014 installation, vidéo projecteur, lentille, châssis, lumière projetée © Capucine Vandebrouck

Avec O(ff)15, « Mulhouse Art Contemporain » propose un prolongement urbain à mulhouse 015, l’exposition de jeunes artistes diplômés des écoles d’art européennes au cours des deux années écoulées, qui se déroule au parc des expositions du 13 au 16 juin 2015. L’intention est claire. Donner à voir au cœur même de la ville des propositions artistiques imaginées par des créateurs issus du creuset des écoles alsaciennes, ayant déjà quelques années de pratique. Mais aussi tisser un lien entre l’événement organisé par la Ville de Mulhouse en périphérie et l’espace public mulhousien. Les lieux choisis croisent le quotidien de la ville, places et parcs, locaux inoccupés, vitrines en friche commerciale… Cinq artistes lauréats de l’appel à projet lancé par MAC investiront ainsi le centre-ville, proposant aux Mulhousiens rencontres inédites, confrontations voire questionnements. à travers cette initiative, « Mulhouse Art Contemporain » poursuit son travail de promotion de l’art contemporain avec la conviction qu’il faut donner à voir, à partager pour mieux comprendre… C’est dans la ville que cela se passe. « Mulhouse Art Contemporain » a lancé un appel à projet à l’attention d’artistes sortis d’une école d’art alsacienne entre 2005 et 2012. Lauréats de l’appel à projet pour l’exposition O(ff)15 : Robin Godde ; Gaëlle Cressent ; Mathias Zieba ; Capucine Vandebrouck ; Ahmet Dogan ; Overblitz

Exposition O(ff)15 Dans différents lieux du centre-ville Tél : +33(0)6 71 52 30 53 www.mulhouse-art-contemporain.fr Les rendez-vous autour de l'exposition : → Jeudi 11 à 18h30 Table ronde en compagnie des artistes, galerie Engelmann → Samedi 13 à 14h Parcours inaugural, au départ de la place Lambert suivi du vernissage, salle des adjudications (15h) → Mercredi 17 & samedi 2 à 17h : Parcours guidés, au départ de la place Lambert Visites guidées sur demande : evenements.mac@gmail.com Les lieux : → Vitrine (anciennement Plein Ciel) Angle rue de la Moselle et rue Engelmann Accès extérieur 24h/24 Gaëlle Cressent → Salle des adjudications Rue des Archives De 15h à 19h (sauf lundi 15.06) Robin Godde →M  aison Lambert 5 place Lambert De 15h à 19h (sauf lundi 15.06) Mathias Zieba → Maison Engelmann 15 rue de la Moselle Lundi : 14h - 19h30 Mardi — vendredi : 9h - 19h30 Samedi : 9h - 19h Ahmet Dogan → Vitrine ancienne boucherie 27 rue de l’Arsenal Accès extérieur 24h/24 Capucine Vandebrouck → I nterventions éphémères au centre-ville Ahmet Dogan

The James Joyce Monument, 2012 - Plexiglas, métal, miroir – 140 × 80 × 75 cm © l’artiste et les galeries Meessen de Clercq, OMR, Travesia Cuatro et 1301PE.

Jorge Méndez Blake Projets pour une Possible Littérature 04.06 — 23.08 Par le dessin, l’installation ou des interventions environnementales, Jorge Méndez Blake rapproche la littérature de l’art. Dans son travail, les textes font sens et ce sens il le traduit en formes ou en images. Il l’amplifie dans un langage conceptuel savamment construit et s’implique dans des jeux de réécritures. Aussi bien dans ses installations monumentales que dans ses gestes les plus simples, il installe dans ses œuvres un rapport physique entre les écrits choisis et le lecteur devenu regardeur. Son travail crée de nouvelles connexions entre littérature et architecture. Ses œuvres élargissent les lectures possibles entre auteurs, textes et architecture en les plaçant dans de nouveaux contextes. Jorge Méndez Blake est né en 1974 à Guadalajara où il vit et travaille. La Kunsthalle Mulhouse Centre d’art contemporain La Fonderie 16, rue de la Fonderie 68093 Mulhouse Cedex Tél : 03 69 77 66 47 www.kunsthallemulhouse.fr → Mercredi - Vendredi : 12h – 18h → Samedi & dimanche : 14h – 18h →V  isites guidées : dimanches à 15h → Nocturne en juin : jusqu’à 20h

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Livre disponible en librairie 49€

Olivier Roller Regards sur 20 ans de portraits

Visage 200 portraits | 300 pages chicmedias éditions

Avec la participation de Rodolphe Burger, Jean-Claude Brisseau, Daniel Cohn-Bendit, Christophe Donner, Clara Dupont-Monod, Mike Hodges, Julia Kerninon, André S. Labarthe, Jean-Luc Nancy, Nathalie Quintane…

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mis à nu


Expositions

© BOND - Truluv (Allemagne)

Graffiti Art Fair 13 + 14.06 L’art urbain et plus précisément le Graffiti prennent place dans l’espace public. Il se veulent novateurs, parfois sauvages, surtout sur-prolifiques et en dehors des circuits conventionnels d’approche de l’Art. Néanmoins depuis plus de 30 ans, en parallèle de la volonté d’utiliser nos rues comme toile de fond d’une expression artistique, les artistes graffeurs ont développés différentes formes d’art en atelier. Dans cette optique nous accueillerons, à la Graffiti Art Fair, 50 artistes façonnant le graffiti contemporain dans le but qu’ils puissent en exprimer leur conception, et permettre ainsi la création d’une exposition unique. La Graffiti Art Fair est l’occasion de mettre en avant ce travail de recherche et de valoriser cet art. L’évènement se veut comme état des lieux de la recherche artistique et des propositions plastiques qui composent le Graffiti actuel.

L’exposition sera construite en permettant à chaque domaine de bénéficier d’un espace de liberté, de création insitu, et de représentation au sein d’un lieu à l’architecture unique et donnera au public la possibilité de progresser dans les différents courants composant le Graffiti et ainsi appréhender les sous-ensembles composant ce mode d’expression.La GRAFFITI ART FAIR prend place en parallèle et complément de mulhouse 015, la biennale de la jeune création contemporaine issue des écoles d’art, et son ouverture intervient 3 jours avant l’ouverture d’Art Basel, une des plus grande foire d’Art Contemporain d’Europe. Friche DMC Bâtiment 63 Rue de Pfastatt ~ 68100 Mulhouse Vernissage vendredi 12 juin à 20h30 → Exposition ouverte les 13 et 14 juin Samedi 13 : 10h – 2h Dimanche 14 : 11h – 19h Tél : +33 (0)6 61 31 96 34 graffitiartfair@gmail.com

Alexandre Poulaillon, dominotier à Mulhouse

Made in France Le papier peint en 2015 12.06.2015 — 31.10.2016 La production de papier peint en France semble aujourd’hui à un tournant de son histoire. La plupart des grandes entreprises du secteur ont fermé pendant les trente dernières années. Pourtant, profitant d’un renouveau spectaculaire de la décoration, des fabricants et éditeurs français s’imposent avec dynamisme sur le marché. Ils explorent de nouvelles techniques, misent sur des designers créatifs qui réinventent le motif et intègrent les dernières tendances internationales. L’exposition offrira à chacun des protagonistes actuels du marché du papier peint en France (fabricants, éditeurs, designers, artisans, échantillonneur) un espace pour présenter l’historique de son entreprise et pour montrer ses collections contemporaines. Musée du papier peint La Commanderie, 28 rue Zuber B.P. 41 ~ 68171 Rixheim Tél : 03 89 64 24 56 www.museepapierpeint.org → 2 mai — 31 octobre : 10h – 12h & 14h – 18h

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J’ai rencontré Rolande à mon dernier cours de tennis. A force de me prendre des raclées au tennis tout l’hiver Rolande nous fera danser à coup de revers slicés, de coups droit bien placés. Une bonne entrée en matière pour le 8éme match de la Punisher Party. mmodemm.com

KG Deutsch Music

Dat Politics

Punisher VIII, un mont d’éclectisme, de pluralité musicale, de diversité de swing, une somme d’amour vibratoire. Dans le cœur de Mulhouse, la friche DMC sera l’écrin d’une nuit éphémère sautillante. Electro décalée, Shoegazing, Dubstep… agiteront vos sens rythmiques les plus aigus. Cette année la Punisher sera une belle et tendre caresse sonore, alors Viendez !

Dat Politics Electro

Dat Politics parcours depuis des années les dancefloors de la planète terre, il fallait bien, à un moment, qu'ils s'arrêtent à Mulhouse pour nous distiller quelques cocktails musicaux de leur dernier cru « NO VOID ». Point d'alcool de serpent,

Douze ans que le Duc de Sausheim n’aura certes pas passé sous la couette, multipliant en sous-main d’autres projets (Sun Plexus, Ich Bin, Einkaufen). Mais le Duc est de retour chevauchant son fier album « Passage secret ». KG déroule aux kilomètres un savant mélange de shoegaze et d’électronique. Shoegaze ?? Was esh meussieux le Tuc ? www.hrzfld.com

Von Dizzle Dubstep

C’est bien simple Von Dizzle a fait le tour du monde avec sa Dubstep léchée. Von D sous son nouvel alias Von Dizzle a produit au Château Éphémère son dernier Opus « Castel Life » – (sortie septembre 15 sur Label Château Bruyant - Ep en juin 15). Vous avez bien compris que nous pourrons nous trémousser allègrement sur des primeurs dubstepienne bien ciselées. Distillé au long du dernier hiver, dans les caves du Château Éphémère

Rien ne va plus Biennale de la Photographie de Mulhouse 13 — 16.06 La Biennale de la Photographie de Mulhouse présente un programme de films photographiques ou vidéographiques en lien avec la thématique de l'édition de 2013, qui était Play & Replay. Les jeunes artistes y envisagent l’évolution des sociétés contemporaines, montrant des territoires en mutation, à partir de pratiques personnelles, mais qui peuvent aussi puiser dans le flux des images existantes, pouvant procéder par emprunts, détournement ou par jeux de montage. Certains photographes jouent et rejouent l’instant photographique car Play & Replay implique la notion de répétition, de différé et d’anachronisme. La vidéo Monument (2015) de Jaques Lopez sera présentée pour la première fois. Le programme présente des films photographiques de

ou Quand la vie de château devient planche à danser ! facebook.com/Vondmusic

Le Château Ephémère

Lieu de création artistique pour les arts sonores et numériques. Lieu de vie et de rencontres pour le développement culturel dans les Yvelines (78) et ailleurs ! Ce projet sur Mulhouse en est la preuve !! Carrières-sous-Poissy accueille dans l’ancienne demeure anglo-normande de William K. Vanderbilt un lieu de résidence d’artistes articulé autour d’un ambitieux projet numérique et sonore. À l’origine du sauvetage de ce bâtiment centenaire abandonné depuis une dizaine d’années, l’Établissement Public d’Aménagement du Mantois-Seine-Aval, la Communauté d’Agglomération 2 Rives de Seine et la Mairie de Carrières-sous-Poissy, tous trois engagés dans un vaste plan de valorisation du territoire.  Suite à une phase d’étude de site et de réflexions, l’association Caserne Éphémère, qui a développé depuis 1987 un réel savoir faire dans l’animation de friches culturelles, s’est vue attribuer la délégation de maîtrise d’ouvrage du programme et l’écriture de son projet artistique. A son inauguration en juin 2014, le lieu héberge 4 studios de musique, 4 ateliers d’artistes, une salle multimédia, un grand studio de danse et de diffusion, un atelier-logement d’écrivain, une résidence logement de trois chambres individuelles, un projet de potager expérimental et projets “Land-art” et accueillera dès le printemps 2015 un bar/ restaurant. Point d’entrée principal du Château Éphémère : le ’’Vanderlab’’ - Fabrique numérique du château. Un espace doté d’équipements de pointe dédiés à la création numérique et aux valeurs contributives. chateauephemere.org Friche DMC Bâtiment 63 Rue de Pfastatt ~ 68100 Mulhouse En partenariat avec BOZAR Graffiti Art Fair et Le Château éphémère Renseignements : Service développement culturel Tél : 03 69 77 77 50

Transbazar Motoco 01 — 20.06

Jacques Lopez, Monument, 2015

Jacques Lopez, Moussa Moussa, Emilie Saccoccio, Bruno Grasser, Baptiste Perrin (HEAR - Haute école des arts du Rhin), Marine Lanier, Sylvain Couzinet-Jacques (ENSP Arles), Lana Mesic (MFA, St.Joost Academy of Arts and Design, Breda, NL), Jacynthe Carrier (MFA, Univ. Concordia, Montréal), Janine Bächle (Hochschule für Gestaltung,Offenbach DE). Parc Expo Exposition ouverte du 13 au 16 juin 2015 Samedi & Dimanche : 10h – 20h Lundi : 12h – 20h, mardi : 12h – 17h www.biennale-photo-mulhouse.com

Inventer, démontrer et explorer de nouvelles formes de travail dans des boutiques permet de réfléchir différemment à l’adresse d’un public qui est le plus souvent éloigné des technologies contemporaines de production. Dans ces boutiques, "vendeurs et clients" agiront et interagiront comme concepteurs et fabricants. Les propositions des étudiants de 4 écoles d’art et de design françaises et étrangères et de l’association Openfab, issue de la dynamique du projet Openparc, sont pensées comme des installations de nature spectaculaire, magique, technoïde, instantanées. Aussi ces innovations et expérimentations à l’initiative des métiers créatifs, des arts, de d’ingénierie et du design seront-elles garantes d’une nouvelle approche de la relation production/consommation, pensée sous l’angle interactif et social. écoles et associations impliquées Hyperwerk - Bâle ; Kingston University HEAR -Strasbourg/Mulhouse ; Les Arts Déco - Paris ; Association Openfab. Divers lieux, Avenue Aristide Briand www.motoco.me

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Organisation M. Jean ROTTNER Maire de Mulhouse

Coordination générale mulhouse 015

Gestion de l’exposition du lauréat mulhouse 012

M. Michel SAMUEL-WEIS Adjoint au Maire Délégué à la Culture de la Ville de Mulhouse

M. Eric VINCENT, Chef du Service du Développement culturel – Ville de Mulhouse

M. Jean WILLME Directeur Général Adjoint des Services Ville de Mulhouse

Chargés de projet pour la coordination mulhouse 015

Direction des Musées Municipaux de la Ville de Mulhouse / Musée des Beaux-Arts M. Joël DELAINE, Conservateur en Chef Et l’ensemble des équipes du Musée

M. Eric VINCENT Chef du Service du Développement culturel – Ville de Mulhouse Et l’ensemble de Service Développement culturel de la Ville de Mulhouse

Mlle Elodie MOSNIER, Chargée de mission Arts Plastiques Et l’équipe du Service du Développement culturel de la Ville de Mulhouse

Organisation des rencontres professionnelles

Organisation et Gestion des visites scolaires pendant mulhouse 015 Les Ateliers Pédagogiques d’Arts Plastiques – Fonderie/Ville de Mulhouse M. Cyrille SAINT-CRICQ, Responsable Et l’ensemble de son équipe.

Versant Est Mme Nathalie LE BERRE, Chargée de coordination et de projets

Remerciements

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mulhouse 015 est soutenu par

Ont collaboré à cette manifestation

Mme Fleur PELLERIN, Ministre de la Culture et de la Communication

La Filature, Scène nationale de Mulhouse M. Bertrand JACOBERGER, Président Mme Monica GUILLOUET-GELYS, Directrice Générale Mme Emmanuelle WALTER, Conseillère artistique arts visuels et numériques

La Direction Générale de la Création Artistique Direction Régionale des Affaires Culturelles Mme Anne MISTLER, Directrice Régionale M. Bernard GOY, Conseiller Arts Plastiques Conseil Régional d’Alsace M. Philippe RICHERT, Président du Conseil Régional M. Pascal MANGIN, Président de la Commission Culture, identité régionale et bilinguisme du Conseil Régional d’Alsace

La Kunsthalle Mulhouse, centre d’art contemporain Mme Sandrine WYMANN, Directrice Et l’ensemble de son équipe Le Musée du Papier Peint de Rixheim M. Emile INTONDI, Président M. Philippe DE FABRY, Directeur Mme Isabelle DUBOIS-BRINCKMANN, Conservatrice La Haute Ecole des Arts du Rhin Mme Souad EL MAYSOUR, Présidente M. David CASCARO, Directeur Versant Est, réseau art contemporain en Alsace Mme Sandrine WYMANN, Présidente Mme Nathalie LE BERRE, Chargée de coordination et de projets Mulhouse Art Contemporain M. Dominique BANNWARTH, Président Et l’ensemble des membres de l’association

L’association BOZAR M. Sébastien LAOPE, Directeur artistique Et l’ensemble des membres de l’association Château éphémère – Fabrique Sonore et Numérique Mme Frédérique MAGAL, Présidente M. Sébastien CAMPOS, Coordinateur général M. Charly SICARD, Responsable « Vanderlab » L’Istituto Italiano di Cultura de Strasbourg M. Raffaello BARBIERI, Directeur Mme Pina CHIAI, Bibliothécaire L’institut Français de Timisoara M. Daniel MALBERT, Directeur Mme Ingrid DIAC, Chargée de mission Culture et Communication Le Centre Culturel Français de Freiburg Mme Martine CHANTREL, Directrice Et l’ensemble de son équipe L’Office de Tourisme et des Congrès de Mulhouse et sa région M. Jean-Pierre WALTER, Président Délégué

Directeur de la publication : Philippe Schweyer ~ Siret 507 961 001 00017 Création graphique pour mulhouse 015 : + starHlight Secrétariat de rédaction : Service du Développement culturel – Ville de Mulhouse Impression : PubliVal — Dépôt légal : juin 2015 ~ ISBN : 978-2-918932-38-3 — © médiapop 2015 Ce catalogue est édité par médiapop ~ www.mediapop.fr — En partenariat avec le magazine novo ~ www.novomag.fr


mulhouse 015

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1

Parc Expo de Mulhouse 120, rue Lefebvre Tél. 03-89-46-80-00 www.parcexpo.fr

2

La Filature, Scène nationale

20 allée Nathan Katz Tél. 03 89 36 28 28 www.lafilature.org

3

La Kunsthalle Mulhouse Centre d’art contemporain La Fonderie

16 rue de la Fonderie Tél. 03 69 77 66 47 www.kunsthallemulhouse.com

4

Musée des Beaux-Arts

4 place Guillaume Tell Tél. 03 89 33 78 11 www.musees-mulhouse.fr

5

Musée du Papier Peint

La Commanderie 28 rue Zuber à Rixheim Tél. 03 89 64 24 56 www.musees-mulhouse.fr

6

Friche DMC

Bâtiment 63 Rue de Pfastatt

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Exposition Du vendredi 26 au dimanche 28 juin, 1, rue de l’Académie Vidéos / projections Samedi 27 juin, Cinéma Star Saint-Exupéry

hear.fr

Strasbourg 26 — 28 juin

Concerts-examens Du lundi 8 juin au jeudi 2 juillet, Cité de la musique et de la danse

diplômes 2015

Haute école des arts du Rhin

Spectacles / festival Scénopolis Vendredi 26, samedi 27 et dimanche 28 juin, Hall des chars

Catalogue mulhouse 015  

Catalogue de mulhouse 015, la biennale de la jeune création contemporaine

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