« Depuis 2022, on n’a jamais eu d’équipe complète [de sept opérateurs qualifiés] à l’usine de filtration. Il y a eu des années très difficiles. » 6
— Patrick Gélinas, chef de la division du traitement des eaux à la Ville de Victoriaville
TRAITEMENT DES EAUX TENDANCES DANS LE TRAITEMENT PRIMAIRE DES EAUX USÉES
CERIU PORTRAIT DES INFRASTRUCTURES EN EAU DES MUNICIPALITÉS DU QUÉBEC 2025 : CE QUE RÉVÈLENT LES DONNÉES
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LES MÉTIERS DE L’EAU MANQUENT DE RELÈVE
Pour la plupart d’entre nous, ouvrir un robinet et remplir un verre d’eau compte parmi les gestes les plus banals qui soient. On oublie pourtant trop souvent que cette facilité n’existe que grâce au travail de milliers de personnes qualifiées qui veillent, aux quatre coins de la province, à la qualité et au traitement de cette ressource que l’on tient pour acquise.
Mais dans le monde de l’or bleu, tout n’est pas rose. Une préoccupante pénurie de main-d’œuvre perdure au sein des métiers de l’eau, comme le rapporte le reportage principal de cette parution du magazine Source.
Selon Dominique Dodier, directrice générale d’EnviroCompétences, comité sectoriel de main-d’œuvre de l’environnement, quelque 2000 travailleurs de l’eau partiront à la retraite au cours des prochaines années. Le hic , c’est que la relève ne se bouscule pas au portillon : les formations en traitement de l’eau au Québec – une dizaine au total – ne produisent qu’environ 150 diplômés par année.
Ces chiffres sont inquiétants, d’autant plus que la situation n’est pas nouvelle. Elle est connue depuis longtemps. Pour pallier le manque, certaines entreprises, comme Hélios et Nordikeau, se sont tournées vers la France, où un arrangement de reconnaissance mutuelle des qualifications facilite les démarches de recrutement.
Nouvelle ombre au tableau, la révision du Programme de travailleurs étrangers temporaires (PTET) a fait passer la durée des permis de travail de deux ans à un an au renouvellement, tout en haussant les seuils de salaires d’environ 20 %. Un véritable cauchemar pour les employeurs.
Le président fondateur de
André Dumouchel adumouchel@maya.cc
pour que le secteur soit exempté de ces nouvelles dispositions. Le gouvernement aurait tort de continuer à faire la sourde oreille.
Faut-il vraiment rappeler la tragédie de Walkerton, en Ontario, survenue en 2000 ? La contamination du réseau municipal d’eau potable par la bactérie E. coli avait causé la mort de sept personnes et en avait rendu malades plus de 2000 autres. Cela s’est produit dans la province voisine, pas dans un pays du TiersMonde, et pourrait très bien arriver dans une municipalité près de chez vous.
Modèles porteurs
Heureusement, certaines initiatives – du milieu de l’éducation en particulier –commencent à porter leurs fruits. Le centre de services scolaire des Trois-Lacs, qui offre le seul diplôme d’études professionnelles (DEP) en traitement de l’eau au Québec, a innové en « délocalisant » sa formation.
Lancée à Vaudreuil-Dorion, où elle était jusqu’ici exclusivement offerte, la formation est désormais accessible à Québec, Victoriaville et Gatineau, en collaboration avec certaines municipalités. Cela répond à un besoin réel, comme en témoigne le chef de la division du traitement des eaux de Victoriaville.
Saluons également l’audace du Cégep de Shawinigan, qui a su adapter son programme d’attestation d’études collégiales Techniques de gestion des eaux aux réalités d’aujourd’hui en développant une formule hybride, qui amalgame cours en ligne et cours en présentiel. Résultat : davantage de candidats, venus de toutes les régions.
Mais, dans la foulée, un autre constat s’impose. Si le taux de chômage tend à augmenter au Québec et que la hausse des inscriptions aux différentes formations offertes demeure timide, peut-être faut-il y voir un cruel manque de notoriété pour les métiers de l’eau.
Chose certaine, la sonnette d’alarme résonne depuis trop longtemps. Il faut impérativement que le nombre d’opérateurs et de techniciens qualifiés augmente dans les usines de traitement et d’épuration d’eau. Et vite ! Les besoins sont criants, et la pression demeure forte pour ceux et celles qui gardent le fort et s’assurent chaque jour de nous offrir une eau potable de qualité.
Le reportage « Recherché : relève pour les métiers de l’eau » publié dans nos pages présente des pistes de solutions. Les idées ne manquent pas. Il ne reste qu’à ouvrir les vannes. n
RECHERCHÉ RELÈVE POUR LES MÉTIERS DE L’EAU
Par Marie-France Létourneau Collaboration spéciale
Alors que le taux de chômage tend à augmenter au Québec, les métiers liés à la filière de l’eau font figure d’exception. La pénurie de main-d’œuvre y demeure criante, malgré les différentes mesures mises en place par les acteurs du secteur au cours des dernières années pour renverser la tendance. État de la situation.
« Il y a peu d’écoles qui offrent la formation, peu de finissants et une grande demande pour des travailleurs qualifiés parce qu’il y a un nombre élevé de départs à la retraite », résume la directrice générale d’EnviroCompétences, Dominique Dodier.
Selon elle, quelque 2000 départs de travailleurs sont à prévoir au cours des prochaines années, tandis que le nombre de diplômés des différentes
formations en traitement de l’eau s’élève annuellement à environ 150.
« Il y a un gros déficit, même si ça s’est amélioré un peu », fait valoir Mme Dodier.
« Depuis 2020, c’est très tendu. La pénurie est toujours bien présente », confirme Jean-François Bergeron, président fondateur de Nordikeau, une
entreprise de Joliette spécialisée dans la gestion des infrastructures d’eau. La PME de 200 employés travaille avec 460 municipalités québécoises, de même qu’avec des entreprises du secteur industriel et des entreprises minières.
Même son de cloche dans le secteur municipal. C’est notamment le cas à Victoriaville. « Depuis 2022, on n’a jamais eu d’équipe complète [de sept
« Il y a un gros déficit, même si ça s’est amélioré un peu. »
opérateurs qualifiés] à l’usine de filtration, témoigne pour sa part le chef de la division du traitement des eaux, Patrick Gélinas. Il y a eu des années très difficiles. »
« On s’est donc organisés pour avoir de l’aide à l’interne, avec des opérateurs de la station d’épuration des eaux usées, qui ont aussi leurs cartes de compétence », explique-t-il.
« Le secteur de l’environnement est porteur de croissance », relève Dominique Dodier.
« Une écharde dans le pied »
Au cours des dernières années, pour s’assurer d’avoir la main-d’œuvre nécessaire, certaines entreprises et municipalités se sont tournées vers la
Le magazine Source avait déjà rapporté la situation en 2023. Les données étaient similaires à cette époque. Force est de constater qu’il reste du travail à faire pour combler la demande de main-d’œuvre dans les métiers de l’eau. Le défi est d’autant plus grand que le secteur de l’environnement, dont l’eau est un sous-secteur, connaît une croissance annuelle du taux d’emploi de 8 à 10 %, souligne la directrice générale d’EnviroCompétences.
France. La conclusion d’un arrangement de reconnaissance mutuelle (ARM) des qualifications professionnelles entre le Québec et la France facilite le recrutement de travailleurs francophones qualifiés dans les métiers de l’eau.
Or, les modifications apportées en 2024 par le gouvernement du Canada au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) compliquent la donne. « C’est une écharde de plus dans le pied des entreprises », laisse tomber Mme Dodier.
« Il y a de nouvelles contraintes au PTET, explique Jean-François Bergeron, qui recrute en France depuis
2019. La durée des permis de travail est passé de deux ans à un an lors de leurs renouvellements et les salaires et leurs seuils à respecter ont quant à eux augmentés d’environ 20 %. »
« Certains secteurs d’activité sont exclus de ces nouvelles dispositions. Et c’est ce qu’on demande aussi, ajoute-t-il. Les services d’eau sont quand même essentiels. Mais notre demande n’a pas été acceptée, à ce jour. »
Nordikeau dit avoir préparé quelque 80 dossiers d’immigration depuis 2020. Une cinquantaine de travailleurs sont toujours en poste au Québec. Malgré tout, l'apport de travailleurs étrangers ne suffit pas à répondre à la croissance annuelle de 15 à 20% de la PME qui souhaite également pouvoir compter sur une relève locale. « Ce sont des coûts importants pour l’entreprise », dit Jean-François Bergeron.
La concurrence, un enjeu
Selon Dominique Dodier, la concurrence que se livrent les municipalités et les entreprises privées pour attirer et retenir les opérateurs et techniciens qualifiés représente par ailleurs un enjeu important. « Souvent, les entreprises privées forment les jeunes, qui sont ensuite attirés par les villes, car les conditions de travail et les avantages sociaux y sont très intéressants, fait-elle valoir. L’attraction et la rétention ne sont pas faciles pour les entreprises privées. »
Ces dernières jouent pourtant un rôle « nécessaire et stratégique » pour les services de traitement et d’épuration des eaux, particulièrement dans les plus petites municipalités.
Et, faut-il le rappeler, la qualité de l’eau potable est aussi une question de santé publique. La tragédie de Walkerton, en Ontario, en est un triste rappel, souligne Mme Dodier. En 2000, sept personnes sont décédées et plus de 2000 personnes ont été malades à la suite de la contamination du réseau d’eau potable par la bactérie E. coli.
Dominique Dodier croit que, peu importe le secteur d’activité, les entreprises doivent savoir se remettre en question dans un contexte de « déséquilibre entre l’offre et la demande ». Les aspects salariaux (y compris les vacances, les assurances collectives, les programmes d’aide aux employés, etc.), de même que les aspects organisationnels doivent être analysés.
Comme pour toutes les entreprises du secteur, Nordikeau compose avec un certain taux de roulement. L’entreprise s’assure toutefois de bien faire les choses
et a su se remettre en question au fil du temps. « Bien que Nordikeau soit un employeur de choix, les taux de roulement ont augmenté légèrement compte tenu de la forte demande pour les professionnels de l'eau »,estime Monsieur Bergeron.
Formations délocalisées
Les établissements de formation qui offrent des programmes menant à l’obtention des accréditations nécessaires pour le traitement de l’eau ont également fait preuve d’agilité.
C’est notamment le cas du centre de services scolaire des Trois-Lacs, qui offre le seul programme –Conduite de procédés de traitement de l’eau –permettant d’obtenir un diplôme d’études professionnelles (DEP) dans ce domaine.
Auparavant offerte exclusivement au Centre de formation professionnelle Paul-Gérin-Lajoie, à Vaudreuil-Dorion, la formation peut désormais être suivie à Québec, à Victoriaville et, depuis cette année, à Gatineau. Preuve de la popularité de l’initiative, des listes d’attente ont dû être mises en place pour certaines cohortes. Mais elles tendent à se résorber rapidement, précise la coordonnatrice du multicentre des Trois-Lacs, Anik Savoie.
« On travaille avec les municipalités, souligne pour sa part le coordonnateur des services de l’éducation des adultes et de la formation professionnelle, Sébastien Roy. Les élèves sont dans le milieu de travail, souvent dans les usines d’eau potable. Ils ont une salle de classe et peuvent circuler dans l’usine. Ça leur permet de vivre la réalité du milieu de travail et de vivre les alarmes, par exemple s’il y a 40 mm de pluie qui tombent d’un coup ! »
Pour combler les différents besoins des étudiants, des cohortes de soir, entre autres, ont été formées.
Pour la Ville de Victoriaville, cette délocalisation a d’ailleurs eu l’effet d’une bénédiction. Elle a recruté deux opérateurs parmi les candidats de la première cohorte en 2024-2025. Cela lui a permis de faire grimper à six le nombre d’opérateurs à son usine de traitement d’eau. « Ça n’est pas arrivé depuis très longtemps, dit Patrick Gélinas. On est vraiment contents. »
Mais, comme des départs sont à prévoir, tant à l’usine de traitement qu'à l'usine d’épuration des eaux usées, les efforts de recrutement se poursuivent, dit-il. À Victoriaville, la rémunération d’un opérateur, à l’entrée, est de 35,08 $ l’heure. Le taux maximal de 43,84 $ est atteint après deux ans.
Formule hybride
Le Cégep de Shawinigan, qui offre l’attestation d’études collégiales (AEC) Techniques de gestion des eaux, a également revu sa formule pour attirer davantage d’étudiants. Depuis trois ans, la formation est proposée en mode hybride : 80 % des cours en ligne et 20 % en présentiel, à Shawinigan, à raison de trois jours par mois.
Les semaines de cours sont concentrées sur trois jours et permettent une meilleure conciliation travailétudes (et famille dans certains cas). Les résultats ne se sont pas fait attendre, affirme le responsable du programme, Alain Tousignant. Le nombre d’inscriptions a augmenté et les étudiants proviennent de différentes régions du Québec.
« Avant, on avait plus de difficulté à partir nos cohortes, qui ont un seuil minimal de 15 personnes, dit M. Tousignant. Là, ça va plus vite. Les gens voient que c’est un projet qu’ils peuvent réaliser. On travaille fort pour mettre différentes choses en place pour aider le domaine. »
Un seul cégep, celui de Saint-Laurent, offre un diplôme d’études collégiales (DEC) en technologie de l’eau.
Au total, au Québec, une dizaine de formations postsecondaires permettent d’obtenir la reconnaissance requise par le Règlement sur la qualité de l’eau potable pour faire fonctionner une usine de traitement de l’eau.
Édicté en 2001, ce règlement a d’ailleurs ajouté différentes « barrières de sécurité » pour s’assurer de la qualité du traitement de l’eau potable « de la source au robinet ». « Un des éléments essentiels de cette approche, c’est la qualification des opérateurs qui gèrent tous ces équipements et veillent aux différents suivis », explique Donald Ellis, ingénieur spécialisé en traitement et en distribution d’eau au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques de la Faune et des Parcs (MELCCFP).
De nouvelles obligations de qualifications ont ainsi été ajoutées par le ministère pour les personnes qui font fonctionner les équipements de traitement et de distribution d’eau potable. Pour l’heure, explique M. Ellis, deux voies permettent d’obtenir les exigences requises : la formation scolaire (par un DEP, un DEC ou une AEC) et la formation en milieu de travail.
Détail : le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale est responsable d’accorder les certifications de qualification.
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Des métiers à faire connaître
Pour le grand patron de Nordikeau, JeanFrançois Bergeron, la méconnaissance des métiers de l’eau est responsable en bonne partie de la pénurie de main-d’œuvre. Et, comme il le répète depuis plusieurs années, il continue de croire qu’une campagne nationale de promotion contribuerait à renverser la tendance.
Jean-François Bergeron semble d’ailleurs déterminé à ce que ce projet se concrétise. « On prend le lead , et on avance avec ça », lance-t-il. Des démarches sont en cours avec une firme de communication, qui compte déjà à son actif des campagnes similaires pour les métiers de la forêt et de la construction.
Selon l’entrepreneur, un « collectif restreint » d’acteurs du secteur de l’eau devrait être formé à court terme afin d’établir un plan de match et boucler le financement nécessaire.
« Le milieu est déjà très actif et mobilisé, mais il faut faire connaître plus largement ces métiers essentiels », déclare-t-il.
Une conviction que partagent ses pairs. « C’est tellement instinctif d’ouvrir un robinet et d’avoir de l’eau potable qu’on oublie qu’il y a des gens qui travaillent derrière ça », renchérit Jean-François Audet, vice-président aux ventes et aux projets spéciaux à Nordikeau.
« Les gens qui sont dans ce domaine-là sont passionnés et ont leur travail à cœur, ajoute pour sa part Donald Ellis, du MELCCFP. Ce n’est pas juste un emploi. Ils ont à cœur de contribuer au bien-être de la société. Et ça, on l’oublie souvent. »
Dominique Dodier souligne que différentes initiatives de promotion des métiers de l’eau auprès des jeunes, entre autres, ont porté leurs fruits au cours des dernières années. Le jeu vidéo éducatif gratuit Eau Poste , lancé l’an dernier par EnviroCompétences, en fait partie.
« Ça a donné de bons résultats auprès des jeunes, se réjouit la directrice générale du comité sectoriel de main-d’œuvre de l’environnement. On espère influencer les prochains opérateurs ou techniciens en traitement de l’eau. »
EnviroCompétences a également lancé Vert ton avenir, une campagne de valorisation des « métiers verts », visant à mettre en lumière les différents emplois méconnus dans le secteur de l’environnement.
Même chose pour la campagne Pensez Bleu , propulsée par Réseau Environnement, afin de sensibiliser la population à l’importance d’économiser et de protéger l’eau. Elle fait aussi la promotion des métiers de l’eau.
« Tout le monde se serre les coudes dans le secteur de l’eau pour avoir de la main-d’œuvre qualifiée, en quantité et en qualité », assure Dominique Dodier.
De l’avis des personnes sondées pour ce reportage, le travail d’opérateur ou de technicien dans les installations d’eau potable a tout pour combler les personnes manuelles, dotées d’un esprit analytique, voire scientifique, capables de prendre des décisions et qui n’aiment pas la routine.
« Ça prend des gens motivés, curieux et qui ont le goût d’apprendre, affirme Patrick Gélinas, de la Ville de Victoriaville. C’est ce qui va leur permettre de devenir de bons opérateurs. »
« Au total, au Québec, une dizaine de formations postsecondaires permettent d’obtenir la reconnaissance requise par le Règlement sur la qualité de l’eau potable pour faire fonctionner une usine de traitement de l’eau. »
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Croître dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre n’est pas une sinécure. Mais l’entreprise Nordikeau réussit à relever ce défi. Ses atouts ? Son sens de l’innovation et son équipe « tissée serrée » de quelque 200 travailleurs répartis aux quatre coins de la province.
« La force du nombre nous permet d’être présents pour nos clients », fait valoir Kaëla ÉthierBergeron, adjointe au développement stratégique, également responsable des communications chez Nordikeau.
Spécialisée dans la gestion des infrastructures d’eau, la PME de Joliette accompagne près de 460 municipalités de différentes tailles, réparties dans différentes régions du Québec. Ses services couvrent l’ensemble du cycle de l’eau (captage, traitement, stockage, distribution, collecte, assainissement, retour au milieu naturel) et se déclinent de différentes façons.
« On fait autant du soutien opérationnel que de l’accompagnement technique et des interventions d’urgence, relève Mme Éthier-Bergeron. Comme nos experts sont présents partout au Québec, ça nous permet de nous mobiliser rapidement, par exemple s’il y a une urgence. »
Concrètement, des duos d’opérateurs et de techniciens en traitement de l’eau sont déployés — et à l’œuvre — dans les différentes régions, allant de l’Abitibi à la Gaspésie et du Nord-du-Québec à l’Estrie, explique le vice-président ventes et projets spéciaux, Jean-François Audet.
« Un opérateur et un technicien qualifiés peuvent, par exemple, couvrir plusieurs municipalités, ajoutet-il. Ça nous permet de regrouper les forces. Pour nos clients, ça veut dire qu’il n’y a jamais de bris de service, qu’il y a toujours quelqu’un capable de répondre à la situation. »
Ce travail de synergie n’est pas nouveau, précise M. Audet. « Ça a toujours été une solution mise de l’avant dans les régions éloignées, dit-il. C’est ce qui nous permet de rendre ce service essentiel à un coût raisonnable, avec la main-d’œuvre disponible. »
Les équipes de Nordikeau travaillent de façon régulière ou ponctuelle au fonctionnement des infrastructures de traitement d’eau, par exemple pour le remplacement du personnel municipal. Elles veillent également au respect des différentes exigences réglementaires, de même qu’aux travaux d’inspection, de diagnostic et d’entretien de réseaux de distribution d’eau potable.
En situation de crise, causée, par exemple, par une fuite d'eau importante, la force du nombre est également mise à profit. Différentes équipes d’une région donnée peuvent alors être appelées en renfort pour minimiser les répercussions sur les infrastructures d’eau.
Outre les municipalités, Nordikeau est active dans les secteurs industriel et minier.
Recrutement actif
Les besoins de services en eau étant importants, Nordikeau enregistre une croissance annuelle de 15 à 20 %, affirme le président et fondateur de l’entreprise, Jean-François Bergeron.
La PME, en activité depuis 1994, comble une partie de ses besoins de main-d’œuvre en France depuis 2019. Un arrangement de reconnaissance mutuelle (ARM) des qualifications professionnelles des travailleurs des métiers de l’eau entre le Québec et la France facilite le recrutement.
« Cette reconnaissance mutuelle veut dire qu’un technicien français qui arrive chez nous a automatiquement les cartes de qualification exigées au Québec », relève M. Bergeron.
Selon lui, une partie du développement de Nordikeau passera d’ailleurs par la France, où elle s’est implantée en 2024. L’an dernier, la PME québécoise a également acquis Futureau, la société française chargée de son recrutement dans l’Hexagone.
Mais, au Québec, tout ne doit pas reposer sur l’embauche de travailleurs issus de l’immigration, estime Jean-François Bergeron.
Nordikeau va ainsi à la rencontre de futurs diplômés des différents programmes et accueille bon nombre de stagiaires. « On va même dans les écoles secondaires pour expliquer les métiers de l’eau, avance Kaëla Éthier-Bergeron. C’est tellement méconnu. »
« Il faut rester très actif sur le marché du travail parce que c’est tendu, renchérit Jean-François Audet. Il y a peu de joueurs disponibles pour les besoins. »
« Le taux de chômage augmente chez les jeunes, mais le taux de placement est de 100 % dans les métiers de l’eau, ajoute-t-il. Ce sont donc des métiers d’avenir! »
Partager son expertise
Ces circonstances ont d’ailleurs incité Nordikeau à jeter les bases de son tout nouveau centre de perfectionnement des métiers de l’eau, à la fin de 2025. Les activités de la nouvelle entité se mettent en place, précise Jean-François Audet.
Bonifier la formation des employés, afin entre autres de s’assurer qu’ils ont les compétences techniques requises pour mener à bien le travail à effectuer, est l’un des objectifs de cette initiative, explique le vice-président aux ventes et projets spéciaux.
Mais le centre de perfectionnement rayonnera plus largement auprès de la clientèle de Nordikeau. Ses activités seront également accessibles aux employés municipaux qui souhaitent parfaire leurs connaissances, note Kaëla Éthier-Bergeron.
« Certaines municipalités avec lesquelles on travaille ont des employés qui s’occupent des usines [d’eau potable et d’eaux usées]. On peut leur offrir des formations pour les mettre à jour sur les nouvelles réglementations ou sur les nouveautés du secteur », illustre-t-elle.
Selon elle, la mise sur pied de ce centre de perfectionnement s’inscrit d’ailleurs dans une « suite logique », car l’entreprise a toujours été active dans l’assistance technique et le « compagnonnage » auprès de sa clientèle.
« C’est une autre façon pour nous de partager notre expertise », estime la représentante de l’entreprise, en précisant que Nordikeau offre déjà de façon ponctuelle différents webinaires et conférences techniques.
L’entreprise fait également le pari que son centre de perfectionnement des métiers de l’eau exercera un effet d’attraction, voire de rétention, auprès de la main-d’œuvre.
« On sait que le fait de pouvoir se former au sein d’une entreprise, d’y poursuivre son cheminement et d’y acquérir de nouvelles compétences est de plus en plus recherché par ceux et celles qui sont sur le marché du travail », affirme M me Éthier-Bergeron.
Innover avec le numérique
La mise au point de solutions numériques, propulsées par le secteur d’innovation de Nordikeau, a par ailleurs pris de l’ampleur au cours des dernières années. De nouveaux outils ont été développés et mis de l’avant pour faciliter les différentes facettes de la gestion des infrastructures d’eau.
C’est notamment le cas de la plateforme Nordicité, alimentée par l’intelligence artificielle (IA). Déployée depuis 2022, elle permet aux municipalités d’optimiser la gestion de leurs services d’eau et d’assainissement en recueillant différents indicateurs et en croisant des données.
« Nordicité offre une meilleure visibilité de l’ensemble des données disponibles pour permettre à un opérateur ou à un technicien de mieux faire son travail, souligne Jean-François Audet. C’est un système d’aide à la décision. »
« Le taux de chômage augmente chez les jeunes, mais le taux de placement est de 100 % dans les métiers de l’eau. »
Jean-François Audet, vice-président aux ventes et projets spéciaux chez Nordikeau
De nouvelles phases de développement de l’outil sont par ailleurs en cours afin d’intégrer l’IA à certains volets pour anticiper diverses situations, tel un éventuel problème à un puits d’eau potable, avant qu’elles ne surviennent.
Avec l’augmentation de la récurrence des événements météo extrêmes, il est essentiel d’être en mesure d’optimiser l’opération des puits, selon leurs critères de conception, ajoute JeanFrançois Audet. L’analyse des données permettra ainsi de réagir en amont, par exemple pour éviter qu’ils se retrouvent à sec, dit-il.
Autre avantage, selon Kaëla Éthier-Bergeron : cette capacité d’anticiper certaines situations permettra d’éviter la réalisation de travaux d’urgence de même que l’importante facture qui, bien souvent, les accompagne.
Une aide au maintien des actifs
Nordikeau a également pris une participation, dans la firme EIM7, qui a développé la plateforme numérique, Citadel, spécialisée dans la gestion des actifs municipaux.
Si elle permet d’inventorier les infrastructures d’eau potable et d’eaux usées, la plateforme
Citadel remplit toutefois un mandat plus large, car elle inclut l’ensemble des actifs municipaux de différentes natures, allant des équipements d’entretien aux parcs et autres infrastructures.
De façon pratique, Citadel facilite l’élaboration de plans d’entretien des actifs pour les équipes municipales. Un avantage de taille, alors que les municipalités doivent désormais répondre à des exigences accrues en matière de gestion des actifs de la part de différents paliers de gouvernement.
Selon un portrait réalisé par le Centre d’expertise et de recherche en infrastructure urbaine (CERIU), les infrastructures en eau du Québec (en incluant la chaussée qui les recouvre) accusaient, à elles seules, un déficit de maintien des actifs de 49 milliards de dollars en 2025. Et ce, uniquement pour celles à risque élevé ou très élevé de défaillance.
« Les retards d’entretien viennent souvent du fait qu’on n’a pas de plan », fait valoir JeanFrançois Audet.
Dans les circonstances, Nordikeau affirme être en mode solutions. Et ce défi mobilise l’ensemble de ses équipes n
Grégory Pratte
Vulgarisateur, expert ISÉ et co-animateur de Ça Va Mieux Qu’on Pense greg.pratte@videotron.ca
n est hot, au Québec. Je le répète souvent. On est chanceux, on a de l’eau partout. Elle est tellement accessible que, parfois, on a tendance à en oublier la valeur.
On vit un paradoxe. On fait partie des endroits les plus riches en eau douce au monde, avec 20 % des réserves mondiales. C’est tout un privilège que d’être né au bon endroit. Pourtant, on agit collectivement comme si cette ressource était inépuisable. Pourquoi ? Analysons les efforts d’ISÉ (information, sensibilisation et éducation) qu’on fait depuis des décennies. On lance des chiffres, on conçoit des messages et on produit des outils. Bravo pour ça ! Mais, sur le terrain, on dirait que les comportements changent peu. Et si c’était une belle occasion de revoir nos stratégies en matière d’ISÉ ?
LE MYTHE DE L’ABONDANCE ET DE L’ÉQUITÉ
Une proportion importante de citoyens croit dur comme fer à l’accès équitable et abondant à l’eau. Cette perception est rassurante – et fausse. Pendant que j’écris ces lignes, des communautés autochtones manquent d’eau depuis des semaines, voire des mois pour certaines. Ce manque n’est pas dû à de la négligence individuelle, mais à des infrastructures inadéquates. Saviez-vous qu’on envoie régulièrement des bouteilles d’eau par avion ?
Ça coûte une fortune, en argent comme en conséquences sur l’environnement. Il faut savoir qu’historiquement, les infrastructures sont sous-financées. C’est le cas autant au nord qu’au sud, mais, au nord, les communautés autochtones ont soif.
Il est temps de revoir notre façon de raconter l’eau et de mettre davantage en lumière notre rapport collectif à cette ressource précieuse.
INFORMER NE SUFFIT PAS POUR AGIR
Ça fait des décennies qu’on informe. On explique notamment le cycle de l’eau, les volumes consommés par citoyen et les répercussions d’une douche trop longue. Oui, ces informations sont nécessaires, essentielles même. Mais, il faut avouer qu’elles ne sont pas suffisantes – pas pantoute. Le savoir, et même le voir, ne mène pas automatiquement à un changement de comportement.
La bonne ISÉ ne cherche pas à faire peur ni à culpabiliser. Elle cherche à rendre le changement désirable, facile et accessible. Elle part du quotidien des gens, de leurs valeurs, de leurs préoccupations concrètes, bref, de la vraie vie. Elle reconnaît aussi une réalité fondamentale : la protection de l’eau n’est pas un enjeu exclusivement individuel. C’est un projet collectif. Oui, un vrai projet de société.
DONNER DU SENS
Un des besoins les plus profonds de l’humanité, c’est de bien faire. On veut tous bien faire. Et un des leviers les plus puissants de l’ISÉ, c’est le sentiment d’être utile. On change plus facilement nos comportements quand on comprend pourquoi, et surtout, à quoi servent nos efforts. Le fameux
« pour sauver la planète », ça ne fonctionne plus vraiment en 2026. On le sait, tout coûte cher, et les gens sont bien tannés de payer. Alors, économisons en prolongeant la durée de vie des infrastructures municipales. Chaque fois qu’on jette une lingette dans la toilette, combien ça coûte à la collectivité ? Il faut rendre visible ce qui est habituellement invisible. Revenir à l’essentiel. Démontrons que prendre soin de ce qu’on a, c’est une responsabilité collective.
MISER SUR LA FIERTÉ
J’aime bien cette phrase du chanteur Daniel Boucher : « fier, même la tête baissée ». À mon avis, la fierté est un levier de changement sous-utilisé. Valorisons nos bons coups, autant ceux des citoyens que ceux des municipalités et des entreprises. Créons collectivement un effet d’entraînement.
Quand on fait découvrir les changements en cours, les solutions qui existent et le fait que nos actions portent leurs fruits, on sort doucement du discours anxiogène du « on va tous crever de soif » pour entrer dans une réelle mobilisation.
REPENSER À L’ISÉ DE L’EAU
Faire de la bonne ISÉ, ce n’est pas poser des affiches sur des panneaux-réclames en bordure des autoroutes, tapisser des abribus et acheter du temps d’antenne à la télé. C’est communiquer mieux, c’est accepter que le changement de comportement est un processus. Je comprends l’urgence d’agir, mais ça prend du temps. Je le répète régulièrement : il faut écouter, tester et s’ajuster. L’ISÉ, c’est un éternel recommencement. Tant qu’il y aura de nouveaux citoyens qui naîtront, on doit investir massivement en ISÉ.
La protéger, en prendre soin, ce n’est pas renoncer à son confort. C’est investir dans notre avenir collectif. Et ce message-là, il mérite assurément d’être bien raconté. n
Le défi, c’est de redonner à l’eau ses lettres de noblesse, toute sa valeur collective.
Le balado qui fait du bien
Animé par Bianca Bernard et Grégory Pratte
Des technologies innovantes pour un environnement propre:
LClément Cartier
Ing., Ph. D.
Directeur des ventes chez Brault Maxtech inc. clement.cartier@braultmaxtech.com
e traitement primaire des eaux usées vise à éliminer les solides en suspension ou flottants ainsi qu’une partie notable de la pollution organique. Plus il est efficace, plus la charge sur le traitement biologique diminue, ce qui réduit la consommation d’énergie et la production de boues, tout en améliorant la performance globale de la station de récupération des ressources de l’eau (StaRRE).
Plusieurs grandes municipalités québécoises ne disposent encore que d'un dispositif de traitement primaire pour éliminer la pollution organique. L’obligation réglementaire d’installer des traitements biologiques avancés est un enjeu complexe pour la mise à niveau de ces StaRRE, souvent situées dans des zones urbaines denses où l’espace est limité.
Face à l’augmentation des débits, à la variabilité des pluies et aux contraintes d’espace, les traitements primaires avancés permettent d’atteindre des performances supérieures dans une emprise réduite, s’imposant comme une solution particulièrement adaptée aux StaRRE urbaines du Québec.
TRAITEMENT PRIMAIRE CLASSIQUE
Les systèmes de décantation primaire classiques reposent sur la séparation gravitaire, qui permet aux particules lourdes de se déposer au fond et aux matières flottantes d’être évacuées en surface. Des produits chimiques sont ajoutés pour améliorer la séparation des matières.
Typiquement, ces procédés permettent de réduire les matières en suspension (MES) de 50 à 70 % et la demande biochimique en oxygène sur 5 jours (DBO5) de 25 à 40 %. Malgré des résultats appréciables, ils présentent plusieurs limites : faible efficacité sur les particules fines et colloïdales, emprise au sol importante, coûts d’exploitation élevés liés à l’utilisation de produits chimiques et performances souvent insuffisantes pour satisfaire aux normes environnementales québécoises actuelles.
TRAITEMENT PRIMAIRE AVANCÉ
Pour dépasser les limites du traitement classique, diverses technologies avancées ont été mises au point, offrant un meilleur enlèvement, une plus grande compacité et une adaptation accrue aux variations de charge, tout en étant plus efficaces sur le plan énergétique.
En effet, une meilleure capture du carbone permet de réduire l’énergie d’aération requise au traitement biologique subséquent. De plus, en augmentant la fraction de matière organique dirigée vers la digestion anaérobie, ces systèmes favorisent la production de biogaz. Ces technologies incluent la décantation avec floculation lestée, le tamisage fin et la filtration primaire sur média.
DÉCANTATION AVEC FLOCULATION LESTÉE
Le procédé de la décantation avec flocs lestés consiste à ajouter un agent lestant, plus dense, combiné à un conditionnement chimique (coagulants et/ou polymères) afin de former des flocs lourds à décantation rapide. Associée à la décantation lamellaire, cette technologie permet d’atteindre des charges superficielles de 5 à 10 fois supérieures à celles des décanteurs traditionnels. Plusieurs agents de lestage peuvent être utilisés, notamment les boues recirculées, le microsable et la magnétite.
Ses principaux atouts sont sa compacité élevée, sa mise en régime rapide et la qualité élevée de l’effluent produit. Il s’agit aussi d’un procédé qui tolère
Installations au Québec : Sherbrooke, Mascouche-Terrebonne, Repentigny, Le Gardeur, Prévost, Ste-Marianne, L’Assomption, Magog, Ste-Sophie, L’Epiphanie, Asbestos, Ste-Julienne, St-Zotique, Valleyfield, RAEVR, St-Placid. + de 2 000 installations à travers le monde.
mieux les pointes de turbidité que le tamisage fin. En revanche, il requiert un dosage accru de réactifs chimiques, une exploitation plus exigeante et une instrumentation complexe. La perte d’agent de lestage (sable, magnétite) peut en outre engendrer des coûts d’exploitation et accélérer l’usure des équipements en aval.
Au Québec, quelques StaRRE exploitent déjà avec succès des décanteurs primaires en utilisant des boues recirculées comme agent de lestage.
TAMISAGE FIN
Différentes technologies de tamisage fin peuvent être utilisées comme traitement primaire, y compris : = les tambours rotatifs ; = les bandes filtrantes ; = les filtres à disques.
Ces technologies fonctionnent toutes par tamisage de l’eau, retenant efficacement les MES, les débris et une partie de la charge organique. Cette approche crée une barrière systématique fixée par la taille des mailles du tamis. Il s’agit également d’un procédé modulaire, composé de plusieurs unités autonomes, ce qui facilite l’entretien et assure la redondance. En contrepartie, le tamisage est plus vulnérable aux pointes de MES et nécessite une maintenance accrue, surtout lorsqu’il est combiné à un dosage chimique important.
FILTRATION PRIMAIRE SUR MÉDIA
La biofiltration, développée dans les années 1970, combine la filtration physique et l’activité biologique d’un biofilm fixé sur un média (voir article de Marc-André Labelle, « Vers un renouveau en matière de biofiltration au Québec, » publié dans le magazine Source en mars 2023). L’évolution du média vers les garnissages plastiques – en ce qui a trait à la composition, à la surface spécifique et à la géométrie – a permis de faire progresser la technologie vers un procédé de filtration primaire performant, sans aération
ni recours à des produits chimiques. Son fonctionnement repose simplement sur des lavages à contre-courant pour éviter le colmatage et maintenir les performances hydrauliques.
La filtration primaire permet des enlèvements de l’ordre de 70 à 80 % pour les MES et de 35 à 60 % pour la DBO5 , soit un gain substantiel comparativement à la décantation classique. Ce procédé très compact peut également être intégré à un biofiltre secondaire au sein d’un seul ouvrage, sans recours systématique à des coagulants ou floculants, ce qui réduit de façon marquée les coûts de fonctionnement.
Certaines installations en activité depuis près de 10 ans traitent jusqu’à 250 000 m³/jour par temps sec et 500 000 m³/jour en période pluvieuse, avec une réduction d’emprise de 85 % par rapport au traitement primaire classique.
UNE NOUVELLE ÈRE POUR LE TRAITEMENT PRIMAIRE
L’intégration de traitements primaires avancés représente une évolution structurante pour les infrastructures québécoises. Au-delà de la conformité réglementaire, ces technologies s’inscrivent dans une vision moderne de la gestion de l’eau : optimisation énergétique, récupération des ressources et adaptation aux contraintes urbaines.
Les investissements associés étant significatifs, il est essentiel que les choix technologiques soient faits de façon éclairée, en s’appuyant sur des essais pilotes sur le terrain et des visites de sites permettant de s’inspirer des réalisations à l’étranger.
À terme, ces solutions joueront également un rôle déterminant dans l’amélioration de la gestion des surverses et dans l’atteinte des objectifs de protection des milieux récepteurs. Le traitement primaire ne sera plus seulement une étape préliminaire : il deviendra un outil clé de la performance environnementale et énergétique des StaRRE du Québec. n
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PORTRAIT DES INFRASTRUCTURES EN EAU DES MUNICIPALITÉS DU QUÉBEC 2025 : CE QUE RÉVÈLENT LES DONNÉES
Jérémy Diaz Ph. D.
Directeur adjoint
Données et informations - CERIU
jeremy.diaz@ceriu.qc.ca.
epuis 2017, le Centre d’expertise et de recherche en infrastructures urbaines (CERIU) publie chaque année le Portrait des infrastructures eneaudesmunicipalitésduQuébec(PIEMQ) . Pour produire ce portrait en 2025, il a compilé les données provenant de 938 municipalités, soit 85 % des municipalités québécoises, qui représentent 99 % de la population totale.
La production d’une représentation précise des réseaux d'eau potable et usées du Québec repose sur un processus rigoureux d’extraction, de nettoyage, de standardisation et de validation des données issues des documents municipaux. Ces informations relatives aux inventaires, aux états et aux valeurs de remplacement, sont diffusées à tous les échelons pour guider les investissements, qu’il s’agisse d’entretenir le réseau actuel ou de planifier son renouvellement.
C’est un travail collectif essentiel qui nécessite l’engagement continu de tous les acteurs de la chaîne de production de l’information - de l’opérateur à l’ingénieur municipal, en passant par les inspecteurs et, lorsque la municipalité en dispose, les géomaticiens - pour garantir la fiabilité des données sur notre réseau.
QUELQUES CHIFFRES CLÉS SUR L’ÉTAT DES INFRASTRUCTURES EN EAU EN 2025
= 101 105 km de conduites (eau potable, eaux usées et eaux pluviales)
= 10 659 ouvrages (stations de traitement, réservoirs, etc.)
= 197,6 milliards de dollars : valeur de remplacement (coût pour reconstruire le réseau à neuf, y compris la tranchée au-dessus des conduites)
= 67 % des infrastructures en bon ou en très bon état
= 20,6 milliards de dollars : investissement théorique pour remplacer les infrastructures les plus critiques (considérées en mauvais ou très mauvais état)
COMPRENDRE L’ÉVOLUTION : AU-DELÀ DE L’INFLATION
À ce stade, il est légitime de se demander comment ce montant évalué pour la réfection des infrastructures les plus critiques, soit 20,6 milliards de dollars, évolue réellement au fil du temps.
Extrait du nouveau PIEMQ de 2025, le graphique suivant illustre l’évolution de la valeur des infrastructures considérées en mauvais ou très mauvais état (classées D ou E) entre 2021 et 2025.
Pour isoler l’effet de l’inflation, ces chiffres sont présentés de deux manières : en dollars courants et en dollars constants de 2025. Cette approche permet de distinguer l’augmentation des coûts de construction de l’évolution réelle de l’état des infrastructures depuis 2021.
Variation de la valeur des infrastructures en eau classées D ou E de 2021 à 2025 (en G$)
En dollars constants de 2025, la valeur des infrastructures classées D ou E montre une progression constante. Trois facteurs expliquent cette tendance : des inspections plus approfondies identifiant des défectuosités auparavant invisibles, la dégradation naturelle des infrastructures, et l'augmentation du nombre de municipalités considérées annuellement.
À noter que, malgré l’augmentation de la valeur de remplacement des infrastructures classées D ou E, leur proportion par rapport à la valeur globale du réseau demeure stable depuis 2021. Cette stabilité est un indicateur clé : elle révèle un certain équilibre entre la découverte de nouvelles défectuosités et les efforts constants de renouvellement des infrastructures. Mais pour maintenir cet équilibre, il faut d’abord comprendre où concentrer les efforts. C’est là que la qualité de l’information devient essentielle.
UNE CONNAISSANCE DES INFRASTRUCTURES
MUNICIPALES EN EAU QUI GAGNE EN PRÉCISION
Depuis 2017, le portrait que produit le CERIU fait bien plus que décrire l’état des infrastructures, il témoigne de l’évolution des pratiques de gestion des données au sein des municipalités. Aujourd’hui, grâce à une base de données enrichie année après année, la vision obtenue est beaucoup plus fidèle à la réalité provinciale.
Le progrès est tout aussi tangible à l’échelle locale. Les municipalités maîtrisent désormais mieux l’inventaire et l’état de leurs réseaux, soutenues par les aides financières liées aux plans d’intervention. Ces connaissances seront renforcées par la réalisation des plans de gestion des actifs d'eau dans les années à venir.
INVESTIR DANS LA QUALITÉ DES DONNÉES
Cependant, une part d’incertitude persiste dans l’état déclaré de certaines infrastructures. Cette marge d’erreur influe sur leur classification finale (de A – en très bon état – à E – en très mauvais état) ainsi que sur l’estimation de leur valeur de remplacement.
Comme le montre le schéma suivant, 75 % des infrastructures (soit 147,9 milliards de dollars) sont encore évaluées selon leur âge ou le jugement professionnel plutôt que sur la base d’une inspection physique.
S’il est techniquement impossible d’inspecter l’ensemble du réseau chaque année, l’effort doit se concentrer sur les infrastructures les plus décrépites (D et E). Or, en 2025, 43 % de ces infrastructures (soit 8,8 milliards de dollars) sont encore évaluées selon des critères subjectifs.
Répartition de la valeur de remplacement selon l’état et la source d’évaluation
EN EAU
G$ (67%) en bon état (classes A et B)
G$ évaluées selon l’âge ou le jugement
G$ évaluées selon un indicateur
G$ (23%) en état acceptable (classe C)
G$ évaluées selon l’âge ou le jugement
G$ (10%) en mauvais état (classes D et E)
évaluées selon un indicateur
Cette incertitude devrait diminuer au fur et à mesure que les inspections progressent. Toutefois, le véritable levier réside dans une stratégie de données cohérente. Il est donc nécessaire que les municipalités se dotent de ressource – ou les mutualisent – pour mieux récupérer, centraliser et analyser leurs données. Elles pourraient ainsi passer d’une vision fragmentée à une connaissance historique de l’évolution de l’état physique et fonctionnel de leurs réseaux. n
Pour aller plus loin
Centre d’expertise et de recherche en infrastructures urbaines (CERIU) (2025). Portrait des infrastructures en eau des municipalités du Québec(PIEMQ).
Ce projet est réalisé avec le soutien du gouvernement du Québec dans le cadre du Programme d’infrastructures municipales d’eau 2023-2033.
RISQUES JURIDIQUES LIÉS À LA PÉNURIE
DANS LE SECTEUR DE L’EAU
LMe Thibaud Daoust Avocat associé, LL.
B. Daigneault, avocats inc. thibaud.daoust@daigneaultinc.com
a pénurie de main-d’œuvre dans les métiers de l’eau n’est pas nouvelle. Depuis plusieurs années, les organismes et entreprises du secteur dressent le même constat : trop peu de personnes sont formées chaque année pour répondre aux besoins des nombreuses infrastructures de traitement et de distribution d’eau du Québec.
Ce constat a notamment mené, en 2024, à la création du Plan d’action pour les métiers de l’eau par la Commission des partenaires du marché du travail, en partenariat avec six différents ministères québécois1. Les principales mesures visent à élargir l’offre de formation, à encourager le recrutement à l’étranger de personnes qualifiées et à assouplir certaines exigences pour permettre à un plus grand nombre de personnes d’exercer les responsabilités liées à la gestion d’infrastructures de traitement et de distribution de l’eau. Dans l’attente des effets de ces stratégies et plans d’action, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée engendre de nombreuses difficultés pour la gestion des infrastructures existantes. La situation peut entraîner des risques juridiques pour les municipalités, les entreprises et les personnes qui les exploitent, notamment lors de la reprise de systèmes auparavant gérés par des entreprises privées et en cas de contamination de l’eau distribuée.
MANQUE DE RELÈVE POUR LES SYSTÈMES PRIVÉS
Le régime réglementaire québécois encadre, depuis les années 1980, les aqueducs et égouts gérés par des entreprises privées. Ces installations ne sont pas épargnées par la pénurie de main-d’œuvre ni par l’absence de repreneurs. Ainsi, dans de nombreux cas, lorsque l’exploitant principal d’un système privé doit cesser ses activités, aucun successeur n’est d’emblée identifié pour reprendre la responsabilité des aqueducs et égouts sous sa gestion.
Ne pouvant laisser de telles situations perdurer, puisque l’absence de gestionnaire pour ces systèmes entraîne un risque important de santé publique, le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs a, depuis une quinzaine d’années, ordonné à une vingtaine de municipalités locales de reprendre la gestion de systèmes devenus orphelins.
On peut notamment penser au récent cas de l’entreprise Aqua-Gestion inc. À la suite d’une maladie grave de son unique actionnaire et administrateur, et en l’absence de relève, la dizaine d’aqueducs et égouts privés qu’elle exploitait a été confiée à différentes municipalités des Laurentides2
De telles reprises par les municipalités ne sont toutefois pas sans risque. Les systèmes privés d’aqueduc et d’égout manquent généralement cruellement d’entretien, ce qui place les usagères et usagers dans des situations précaires. Or, en raison d’enjeux techniques ou financiers, la municipalité appelée à en reprendre la responsabilité ne peut régler immédiatement tous les problèmes de ces systèmes. Les risques pour la santé et le bien-être des utilisateurs persistent donc, et les municipalités doivent en assumer les risques juridiques, notamment en cas de contamination des eaux.
RISQUES EN CAS DE CONTAMINATION
Le Règlement sur la qualité de l’eau potable vise à assurer une eau potable de qualité à la population québécoise. Il impose des exigences aux responsables des systèmes de distribution d’eau potable, qu’il s’agisse de
municipalités, d’entreprises d’aqueduc ou d’établissements d’enseignement, de santé et services sociaux ou touristiques. Ces exigences sont essentielles à la protection de la santé des personnes qui consomment cette eau.
Lorsque ces obligations ne sont pas respectées, les conséquences peuvent être importantes, comme l’illustre le cas maintenant connu de la municipalité de Walkerton. Au début des années 2000, une éclosion de la bactérie Escherichia coli s’est propagée dans le système de distribution de l’eau potable de la municipalité. Cette contamination a rendu malades plusieurs milliers de personnes et causé le décès de sept d’entre elles. L’enquête subséquente a permis de conclure que l’ampleur de cette contamination, et des conséquences en découlant, était principalement attribuable au manque d’entretien et de suivi du système de distribution. Les deux responsables en poste depuis une trentaine d’années n’avaient aucune formation en traitement des eaux et leurs connaissances étaient, au mieux, partielles. Ils ont été reconnus coupables d’infractions criminelles pour négligence ayant mis en danger la santé, la sécurité et la vie du public. L’un a été condamné à une peine d’un an de prison et l’autre, à neuf mois d’assignation à domicile3.
De telles condamnations pourraient-elles être imposées aujourd’hui au Québec ? Les décisions rendues dans l’affaire Walkerton reposaient sur le Code criminel . Il est donc tout à fait possible que des accusations similaires soient portées au Québec si des omissions ou des négligences des responsables de systèmes de traitement et de distribution des eaux mettaient en danger la santé ou la vie du public.
Au-delà des condamnations criminelles, d’importantes sanctions pénales sont également prévues aux articles 45 à 49.3 du Règlement sur la qualité de l’eau potable4. Des amendes pouvant s’élever jusqu’à 6 millions de dollars peuvent être imposées ainsi qu’une peine d’emprisonnement jusqu’à trois ans pour certaines infractions, dont la mise à la disposition du public d’une eau non conforme aux normes de qualité.
Finalement, la responsabilité civile des exploitants et gestionnaires peut aussi être engagée. S’ils commettent des fautes ou des négligences causant des dommages, qu’ils soient matériels, psychologiques ou corporels, les personnes touchées peuvent réclamer des indemnités substantielles. Par exemple, des personnes qui seraient rendues malades par la consommation d’eau contaminée distribuée par leur municipalité pourraient intenter un recours afin d’obtenir des compensations financières pour le préjudice subi.
Ces risques criminels, pénaux, financiers et civils représentent un poids considérable pour les municipalités, particulièrement pour les plus petites d’entre elles, qui sont davantage exposées aux effets du manque de main-d’œuvre qualifiée. Mais, ils reflètent l’importance de l’enjeu : l’accès à l’eau potable est à la base des avancées en santé publique du dernier siècle. Les erreurs dans la gestion de ces systèmes peuvent entraîner une dégradation de la santé des utilisateurs. Dans ce contexte, la pénurie de personnel qualifié amplifie à la fois les risques pour la santé publique et les risques juridiques pour les exploitants et responsables des systèmes de traitement et de distribution de l’eau.
Nous espérons sincèrement que le Plan d’action pour les métiers de l’eau et les autres stratégies du gouvernement permettront de combler les besoins de main-d’œuvre qualifiée dans le secteur. À défaut, un incident comparable à celui de Walkerton pourrait survenir plus rapidement qu’on le croit, entraînant l’engagement de la responsabilité criminelle, pénale ou civile des exploitants et gestionnaires de systèmes de traitement et de distribution de l’eau. n
1 Gouvernement du Québec (2024). Plan d’action pour les métiers de l’eau. https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/emploi-solidaritesociale/publications-adm/plan-strategique/NAP_PA-MetiersEau_Externe.pdf
2 Ordonnances 744 à 755 du ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.
3 R. c. Koebel, 2004, CanLII 48879 (ON SC).
4 RLRQ, c. Q-2, r. 40.
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