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ÉVÉNEMENT DU 15/11/13 AU 16/02/14 1


« Quand j’étais petit je n’étais pas grand et il y avait la guerre partout. Les circonstances de la vie firent de moi un enfant solitaire dans une campagne désertique et par la suite un individu halluciné dans un monde de martiens. Peu importent les péripéties, il en résulte que l’imagination reste pour moi la fonction cérébrale la plus séduisante. Il se trouve par ailleurs que je suis depuis toujours poussé à traduire en langage artistique les émotions qui me bouleversent. Et c’est pour cela que j’ai sans cesse tenté de dessiner, peindre, écrire, jouer de la musique, transformer des maisons, créer des jardins, tourner des films, mettre en scène des spectacles, bref organiser le monde en fonction de ma sensibilité esthétique. Et j’ai vite compris que je ne pouvais rien faire de bon si je n’étais poussé par une passion, d’amour, d’amitié, de révolte ou d’ailleurs. » Nino Ferrer, Textes, 1996

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« Quand j’étais petit je n’étais pas grand et il y avait la guerre partout. Les circonstances de la vie firent de moi un enfant solitaire dans une campagne désertique et par la suite un individu halluciné dans un monde de martiens. Peu importent les péripéties, il en résulte que l’imagination reste pour moi la fonction cérébrale la plus séduisante. Il se trouve par ailleurs que je suis depuis toujours poussé à traduire en langage artistique les émotions qui me bouleversent. Et c’est pour cela que j’ai sans cesse tenté de dessiner, peindre, écrire, jouer de la musique, transformer des maisons, créer des jardins, tourner des films, mettre en scène des spectacles, bref organiser le monde en fonction de ma sensibilité esthétique. Et j’ai vite compris que je ne pouvais rien faire de bon si je n’étais poussé par une passion, d’amour, d’amitié, de révolte ou d’ailleurs. » Nino Ferrer, Textes, 1996

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«  L’exposition Nino Ferrer, il était une fois l’homme entend célébrer un artiste sensible, intelligent et droit, qui a toujours combattu la futilité du show-business pour se consacrer pleinement à l’expression artistique. Tout le monde a chantonné un jour Mirza, Le Téléfon, La Rua Madureira, Le Sud… L’homme est installé dans la mémoire collective avec l’image parfois d’un chanteur dandy à l’humour décalé. Mais que sait-on vraiment de l’Homme, de son histoire ? Il est temps de découvrir que derrière la figure du chanteur, se cache un individu rare, hautement cultivé, un grand timide, un peintre, un formidable musicien pétri du swing et amoureux de jazz, un libertaire qui choisira une voie individuelle, loin du show-biz parisien, pour s’installer dans le Lot afin de produire

À l’occasion des 15 ans de la disparition de Nino Ferrer, la Bibliothèque de Toulouse propose un événement majeur autour de l’artiste, de novembre 2013 à février 2014. Découvrez l'exposition principale Nino Ferrer, il était une fois l'homme à la Médiathèque José Cabanis, ainsi 4

lui-même ses albums, s’opposant à la morale bien-pensante, une force tranquille mais fragile dans le tourbillon du succès, qui n’a jamais suivi que sa musique intérieure. L’exposition réunit un nombre considérable de documents qui illustrent les différentes étapes du parcours de l’artiste : enfance, adolescence, le voyage, le jazz ; Paris, les succès, le show-biz, Le Sud ; qui m’aime me suive, le Lot, la peinture, les derniers albums. Une découverte à travers une déambulation entre documents inédits, manuscrits, objets de curiosités, tableaux, gravures, affiches, costumes de scène, des guitares et également des archives audiovisuelles et radiophoniques, des photographies… » Pierre Ferrari

que l'exposition Z’avez pas vu Nino ? à la Médiathèque Saint-Cyprien et de nombreuses autres animations : concerts, ateliers, projections dans les médiathèques José Cabanis, Grand M et Saint-Cyprien.

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«  L’exposition Nino Ferrer, il était une fois l’homme entend célébrer un artiste sensible, intelligent et droit, qui a toujours combattu la futilité du show-business pour se consacrer pleinement à l’expression artistique. Tout le monde a chantonné un jour Mirza, Le Téléfon, La Rua Madureira, Le Sud… L’homme est installé dans la mémoire collective avec l’image parfois d’un chanteur dandy à l’humour décalé. Mais que sait-on vraiment de l’Homme, de son histoire ? Il est temps de découvrir que derrière la figure du chanteur, se cache un individu rare, hautement cultivé, un grand timide, un peintre, un formidable musicien pétri du swing et amoureux de jazz, un libertaire qui choisira une voie individuelle, loin du show-biz parisien, pour s’installer dans le Lot afin de produire

À l’occasion des 15 ans de la disparition de Nino Ferrer, la Bibliothèque de Toulouse propose un événement majeur autour de l’artiste, de novembre 2013 à février 2014. Découvrez l'exposition principale Nino Ferrer, il était une fois l'homme à la Médiathèque José Cabanis, ainsi 4

lui-même ses albums, s’opposant à la morale bien-pensante, une force tranquille mais fragile dans le tourbillon du succès, qui n’a jamais suivi que sa musique intérieure. L’exposition réunit un nombre considérable de documents qui illustrent les différentes étapes du parcours de l’artiste : enfance, adolescence, le voyage, le jazz ; Paris, les succès, le show-biz, Le Sud ; qui m’aime me suive, le Lot, la peinture, les derniers albums. Une découverte à travers une déambulation entre documents inédits, manuscrits, objets de curiosités, tableaux, gravures, affiches, costumes de scène, des guitares et également des archives audiovisuelles et radiophoniques, des photographies… » Pierre Ferrari

que l'exposition Z’avez pas vu Nino ? à la Médiathèque Saint-Cyprien et de nombreuses autres animations : concerts, ateliers, projections dans les médiathèques José Cabanis, Grand M et Saint-Cyprien.

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introduction

> p.8

par didier varrod

quelques dates clés

> p.14

interview croisée de kinou, pierre et arthur ferrari, propos recueillis par olivier souchard

> p.19

programmation abécédaire

par pierre ferrari

> p.30

> p.40

pour aller plus loin

6

> p.42

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introduction

> p.8

par didier varrod

quelques dates clés

> p.14

interview croisée de kinou, pierre et arthur ferrari, propos recueillis par olivier souchard

> p.19

programmation abécédaire

par pierre ferrari

> p.30

> p.40

pour aller plus loin

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> p.42

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introduction par didier varrod* 8

C’est un soleil noir. Un garçon d’Italie qui s’est laissé brûler par la mélancolie d’un blues désespérément blanc. Nino Ferrer. Ce nom chante mezzo, sans frime, témoin qu’il n’est pas aisé d’être né Italien dans la douce France d’après-guerre. Une gueule à angles droits, et pourtant parfaitement sauvage, comme un ragazzo à faire pâlir Pasolini, Nino Ferrer c’est d’abord une présence. Celle d’Agostino Ferrari, né à Gênes le 15 août 1934, qui à l’aube des années 1960 va inventer un double maléfique, Nino Ferrer, né en 1966 en France d’une matrice qui s’appelait Mirza, ensemencée par de joyeux et tenaces cornichons. Ceci est une bioNino Ferrer c'est graphie absurde d'abord une présence. q u i re s s e m b l e assez bien à l’arrivée de Nino Ferrer chanteur fantaisiste et acide dans le tourbillon yéyé. Sans réellement le préméditer, à 32 ans, le « macaroni », celui que l’on désigne comme l’étranger vient de semer la pagaille au royaume des copains. Il fait des tubes qui flinguent la révolution de velours yéyé. On écrit sur lui « il nous vient d’Italie, il est né sous le signe du lion. Grand blond comme on l’est souvent à Gênes, il repousse ses mèches rebelles sans s’énerver. Il a plutôt l’air d’un Anglais avec sa longue silhouette de nordique timide au regard clair. Il préfère la chanson poétique, la chanson d’amour ou le jazz aux onomatopées du rock ». Nino Ferrer, de sa voix rocailleuse et blême, exécute alors toute une génération bondissante élevée aux mirages de l’Oncle Sam. C’est une histoire pas

banale, celle d’un petit blanc-bec qui aurait voulu être noir. À la fois par dandysme (mémoire d’une aristocratique famille du nord de l’Italie) et surtout par nécessité. Il en fait un succès Je veux être noir et pourtant lui n’a pas fait un rêve. Nino n’est pas un prédicateur, ni même un enragé. Simplement un utopiste qui aime les femmes, les voyages, les belles voitures et la grande vie. En clair, des stigmates de show-business qui pourraient lui convenir et qui pourtant le dégoutent. Nino Ferrer a choisi d’être artiste parce qu’il ne pouvait pas en être autrement. C’est la condition humaine pour vivre au plus près de sa propre liberté. Et par conséquent de sa vérité. Il eut été peut être plus prudent d’écouter avec attention son étrange profession de foi Ma vie pour rien. L’histoire d’un homme à contretemps, jamais heureux au bon moment. Malgré le succès et l’argent. Un être douloureux de partout, mais presque entièrement à l’intérieur. Un corps de malentendus dont les refrains qui ont collé au corps et au cœur d’une génération n’offraient pas les clés pour s’ouvrir à un autre répertoire plus glissant . L’histoire d’un homme à Nino Ferrer, blanc contretemps, jamais qui voulait être heureux au bon moment. noir, chanteur de charme qui voulait être pop. Dès le début des années 1970, il se libère du grand capital « show-biztique ». Il prend le maquis en achetant des maisons qui lui ressemblent et qui le transfigurent en artisan, bientôt en auto-entrepreneur artistique. Il enregistre ses 9


introduction par didier varrod* 8

C’est un soleil noir. Un garçon d’Italie qui s’est laissé brûler par la mélancolie d’un blues désespérément blanc. Nino Ferrer. Ce nom chante mezzo, sans frime, témoin qu’il n’est pas aisé d’être né Italien dans la douce France d’après-guerre. Une gueule à angles droits, et pourtant parfaitement sauvage, comme un ragazzo à faire pâlir Pasolini, Nino Ferrer c’est d’abord une présence. Celle d’Agostino Ferrari, né à Gênes le 15 août 1934, qui à l’aube des années 1960 va inventer un double maléfique, Nino Ferrer, né en 1966 en France d’une matrice qui s’appelait Mirza, ensemencée par de joyeux et tenaces cornichons. Ceci est une bioNino Ferrer c'est graphie absurde d'abord une présence. q u i re s s e m b l e assez bien à l’arrivée de Nino Ferrer chanteur fantaisiste et acide dans le tourbillon yéyé. Sans réellement le préméditer, à 32 ans, le « macaroni », celui que l’on désigne comme l’étranger vient de semer la pagaille au royaume des copains. Il fait des tubes qui flinguent la révolution de velours yéyé. On écrit sur lui « il nous vient d’Italie, il est né sous le signe du lion. Grand blond comme on l’est souvent à Gênes, il repousse ses mèches rebelles sans s’énerver. Il a plutôt l’air d’un Anglais avec sa longue silhouette de nordique timide au regard clair. Il préfère la chanson poétique, la chanson d’amour ou le jazz aux onomatopées du rock ». Nino Ferrer, de sa voix rocailleuse et blême, exécute alors toute une génération bondissante élevée aux mirages de l’Oncle Sam. C’est une histoire pas

banale, celle d’un petit blanc-bec qui aurait voulu être noir. À la fois par dandysme (mémoire d’une aristocratique famille du nord de l’Italie) et surtout par nécessité. Il en fait un succès Je veux être noir et pourtant lui n’a pas fait un rêve. Nino n’est pas un prédicateur, ni même un enragé. Simplement un utopiste qui aime les femmes, les voyages, les belles voitures et la grande vie. En clair, des stigmates de show-business qui pourraient lui convenir et qui pourtant le dégoutent. Nino Ferrer a choisi d’être artiste parce qu’il ne pouvait pas en être autrement. C’est la condition humaine pour vivre au plus près de sa propre liberté. Et par conséquent de sa vérité. Il eut été peut être plus prudent d’écouter avec attention son étrange profession de foi Ma vie pour rien. L’histoire d’un homme à contretemps, jamais heureux au bon moment. Malgré le succès et l’argent. Un être douloureux de partout, mais presque entièrement à l’intérieur. Un corps de malentendus dont les refrains qui ont collé au corps et au cœur d’une génération n’offraient pas les clés pour s’ouvrir à un autre répertoire plus glissant . L’histoire d’un homme à Nino Ferrer, blanc contretemps, jamais qui voulait être heureux au bon moment. noir, chanteur de charme qui voulait être pop. Dès le début des années 1970, il se libère du grand capital « show-biztique ». Il prend le maquis en achetant des maisons qui lui ressemblent et qui le transfigurent en artisan, bientôt en auto-entrepreneur artistique. Il enregistre ses 9


disques pour les transformer en expériences exploratoires. Pop, rock progressif, jazz déviant, il faut que le rock blanc puise dans ses racines noires pour être en déséquilibre constant. Nino Ferrer, amoureux de Rachmaninov, aurait dû être compositeur de symphonies psychédéliques. Il est devenu chanteur populaire. Malgré tout. Malgré lui. Dans l’industrie impitoyable des sentiments, il est considéré comme son propre et meilleur ennemi, comme un outsider tout de même capable d’échappées belles qui laissent alors sur place tous ces camarades chanteurs les plus indisciplinés. C’est ainsi. Lorsque Nino Ferrer « fait » un succès, il compose de fait un classique. Un standard instantané avant même d’avoir été un tube. La Maison Nino Ferrer, près de la fontaine ou amoureux Le Sud sont comme des de Rachmaninov, chansons élues, bénies par la grâce de l’intemaurait dû être poralité, donc de l’univercompositeur sel. Des immenses objets de symphonies de désir qui cachent de psychédéliques. grandes et belles plages splendides et désertées. Pas fréquentables par le tout venant. De véritables variétés verdâtres qui étourdissent. Élucubrations visionnaires, désir d’un alter monde, Nino Ferrer a eu le sens de la rencontre pour structurer sa solitude. Un guitariste irlandais, Micky Finn ouvre les veines d’un rock de desesperado dans lequel il irradie tout ce qu’il chante. C’est ici que l’on fait réellement connaissance avec cet individu « halluciné dans un monde de martiens » comme il se plaira à se définir 10

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disques pour les transformer en expériences exploratoires. Pop, rock progressif, jazz déviant, il faut que le rock blanc puise dans ses racines noires pour être en déséquilibre constant. Nino Ferrer, amoureux de Rachmaninov, aurait dû être compositeur de symphonies psychédéliques. Il est devenu chanteur populaire. Malgré tout. Malgré lui. Dans l’industrie impitoyable des sentiments, il est considéré comme son propre et meilleur ennemi, comme un outsider tout de même capable d’échappées belles qui laissent alors sur place tous ces camarades chanteurs les plus indisciplinés. C’est ainsi. Lorsque Nino Ferrer « fait » un succès, il compose de fait un classique. Un standard instantané avant même d’avoir été un tube. La Maison Nino Ferrer, près de la fontaine ou amoureux Le Sud sont comme des de Rachmaninov, chansons élues, bénies par la grâce de l’intemaurait dû être poralité, donc de l’univercompositeur sel. Des immenses objets de symphonies de désir qui cachent de psychédéliques. grandes et belles plages splendides et désertées. Pas fréquentables par le tout venant. De véritables variétés verdâtres qui étourdissent. Élucubrations visionnaires, désir d’un alter monde, Nino Ferrer a eu le sens de la rencontre pour structurer sa solitude. Un guitariste irlandais, Micky Finn ouvre les veines d’un rock de desesperado dans lequel il irradie tout ce qu’il chante. C’est ici que l’on fait réellement connaissance avec cet individu « halluciné dans un monde de martiens » comme il se plaira à se définir 10

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lui-même. Musicien « analphabetik », Nino Ferrer est aussi un redoutable homme son, auquel on mord pour approcher la divine modernité de la musique. De la musique entière, jamais sucrée, qui saigne les tympans toujours pour le meilleur. La beauté du blues, la verdeur du rock, la puissance du rythm and blues, la malice du psychédélisme, la grandeur de la variété. Nino Ferrer n’a qu’un territoire, celui de l’imaginaire qui lui donne envie d’écrire, de composer, de dessiner et de peindre. C’est un rendez-vous permanent avec son paradis perdu. Celui de son enfance en fuite. Peuplée du rêve en grand de Stevenson, où sur son île au trésor on peut imaginer croiser les humeurs aventurières de Corto Maltese. Au 20e siècle des marchands, il se trouve que Nino Ferrer ne pouvait pas être tout à fait à son aise. La nature dans ce qu’elle a de plus vibrante sera donc sa muse pour l’abriter des outrages d’un caractère ombrageux. Protégé du fracas du monde, l’enfant blond de Gênes entretient aussi sa belle Nino Ferrer mélancolie. Cela fait des chansons n’a qu’un qui ne passent pas à la radio. Alcina territoire, de Jesus, Chanson pour Nathalie, Les Celui de morceaux de fer se perdent en chel’imaginaire min. Il faut être courageux pour ne pas se sentir blessé. Mais comment qui lui faire lorsqu’on refuse avec la même donne envie intensité le succès et l’échec ? Vivre d’écrire, ou survivre  ? Un tel déséquilibre de composer, engendre une maladie qui sera de dessiner celle de la fin de siècle : la désabuet de peindre. sion. Tout est dit dans cette invention réaliste de signor Ferrari. Une 12

lassitude latine, un sen- Mais comment timent et un caractère, faire lorsqu’on qui ne vont finalement refuse avec la même pas si bien ensemble. intensité le succès Qui finit par produire et l’échec ? l’irréparable. Un coup de pistolet en plein cœur, Vivre ou survivre ? dans un champ de blé, au moment où l’été se meurt peu à peu. « Tant pis pour le sud, c’était pourtant bien, on aurait pu vivre plus d’un million d’année, et toujours en été ». Il faut toujours prendre ses classiques au sérieux.

* Didier Varrod, Directeur artistique et de la musique de France Inter

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lui-même. Musicien « analphabetik », Nino Ferrer est aussi un redoutable homme son, auquel on mord pour approcher la divine modernité de la musique. De la musique entière, jamais sucrée, qui saigne les tympans toujours pour le meilleur. La beauté du blues, la verdeur du rock, la puissance du rythm and blues, la malice du psychédélisme, la grandeur de la variété. Nino Ferrer n’a qu’un territoire, celui de l’imaginaire qui lui donne envie d’écrire, de composer, de dessiner et de peindre. C’est un rendez-vous permanent avec son paradis perdu. Celui de son enfance en fuite. Peuplée du rêve en grand de Stevenson, où sur son île au trésor on peut imaginer croiser les humeurs aventurières de Corto Maltese. Au 20e siècle des marchands, il se trouve que Nino Ferrer ne pouvait pas être tout à fait à son aise. La nature dans ce qu’elle a de plus vibrante sera donc sa muse pour l’abriter des outrages d’un caractère ombrageux. Protégé du fracas du monde, l’enfant blond de Gênes entretient aussi sa belle Nino Ferrer mélancolie. Cela fait des chansons n’a qu’un qui ne passent pas à la radio. Alcina territoire, de Jesus, Chanson pour Nathalie, Les Celui de morceaux de fer se perdent en chel’imaginaire min. Il faut être courageux pour ne pas se sentir blessé. Mais comment qui lui faire lorsqu’on refuse avec la même donne envie intensité le succès et l’échec ? Vivre d’écrire, ou survivre  ? Un tel déséquilibre de composer, engendre une maladie qui sera de dessiner celle de la fin de siècle : la désabuet de peindre. sion. Tout est dit dans cette invention réaliste de signor Ferrari. Une 12

lassitude latine, un sen- Mais comment timent et un caractère, faire lorsqu’on qui ne vont finalement refuse avec la même pas si bien ensemble. intensité le succès Qui finit par produire et l’échec ? l’irréparable. Un coup de pistolet en plein cœur, Vivre ou survivre ? dans un champ de blé, au moment où l’été se meurt peu à peu. « Tant pis pour le sud, c’était pourtant bien, on aurait pu vivre plus d’un million d’année, et toujours en été ». Il faut toujours prendre ses classiques au sérieux.

* Didier Varrod, Directeur artistique et de la musique de France Inter

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quelques dates clés

1939

1934

1966

Retour en Italie.

15 août : Naissance

Mirza, Les Cornichons / Il me faudra... Natacha, Ma vie pour rien.

septembre : la guerre

est déclarée, le retour à Nouméa est annulé.

à Gênes, Italie. décembre : Départ pour la Nouvelle-Calédonie.

1967

1965 Viens je t'attends, Au bout de mes vingt ans / Jennifer James, Tchouk-ou-tchouk.

1942 Écrit sa première poésie pour les 30 ans de sa mère.

1953

1959 Fin de ses études. Voyages en Nouvelle Calédonie et à Tahiti.

Lors d'une jam session, il rencontre Claire, une jeune femme blonde aux yeux bleus pour laquelle il écrira une chanson éponyme. Entre à la Sorbonne pour étudier l’ethnologie et l’archéologie préhistorique.

1968 Séries de concerts à San Remo, Londres et Paris. Félix Marouani, célèbre imprésario, devient son agent. Emménage à La Martinière.

1947

1971

Installation à Paris, rue du Moulin Vert.

1963 Signe un contrat chez Bel Air. Premier 45 tours : Pour oublier qu'on s'est aimé, Souviens-toi / C'est irréparable, 5 bougies bleues.

1960 Paris, il devient bassiste et joue dans plusieurs formations dont celles de Richard Bennett et Bill Coleman.

14

Le téléfon, Je cherche une petite fille / Madame Robert, Le millionnaire Mao et Moa, Je vous dis bonne chance / Mon copain Bismarck, N-F in trouble. Enchaîne les représentations en France, en Italie, en Belgique, en Espagne, en Allemagne et en Suisse. Rencontre Kinou Monestier.

1970

1969

1964 Ferme la porte, Je reviendrai / Oh ! Ne t'en va pas, Ce que tu as fait de moi (Nino Ferrer et les Jubilées).

Sortie de Métronomie (version française de Rats and Rolls). Nino construit beaucoup de maquettes : bateaux, avions, hélicoptères…

juillet

/ août : tournée

en Italie. Je vends des robes, La Rua Madureira / Tchouk-ou-tchouk, Le show-boat de nos amours.

Enregistre Rats and Rolls en Italie. Le morceau Povero Cristo est interdit de radio et de télévision à la suite des plaintes du Vatican. Il ré enregistrera une autre version qui deviendra La Maison près de la fontaine. Chante de grands succès en italien et gagne en notoriété grâce une émission de télévision italienne qu’il anime, Io, Agata e tu. 15


quelques dates clés

1939

1934

1966

Retour en Italie.

15 août : Naissance

Mirza, Les Cornichons / Il me faudra... Natacha, Ma vie pour rien.

septembre : la guerre

est déclarée, le retour à Nouméa est annulé.

à Gênes, Italie. décembre : Départ pour la Nouvelle-Calédonie.

1967

1965 Viens je t'attends, Au bout de mes vingt ans / Jennifer James, Tchouk-ou-tchouk.

1942 Écrit sa première poésie pour les 30 ans de sa mère.

1953

1959 Fin de ses études. Voyages en Nouvelle Calédonie et à Tahiti.

Lors d'une jam session, il rencontre Claire, une jeune femme blonde aux yeux bleus pour laquelle il écrira une chanson éponyme. Entre à la Sorbonne pour étudier l’ethnologie et l’archéologie préhistorique.

1968 Séries de concerts à San Remo, Londres et Paris. Félix Marouani, célèbre imprésario, devient son agent. Emménage à La Martinière.

1947

1971

Installation à Paris, rue du Moulin Vert.

1963 Signe un contrat chez Bel Air. Premier 45 tours : Pour oublier qu'on s'est aimé, Souviens-toi / C'est irréparable, 5 bougies bleues.

1960 Paris, il devient bassiste et joue dans plusieurs formations dont celles de Richard Bennett et Bill Coleman.

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Le téléfon, Je cherche une petite fille / Madame Robert, Le millionnaire Mao et Moa, Je vous dis bonne chance / Mon copain Bismarck, N-F in trouble. Enchaîne les représentations en France, en Italie, en Belgique, en Espagne, en Allemagne et en Suisse. Rencontre Kinou Monestier.

1970

1969

1964 Ferme la porte, Je reviendrai / Oh ! Ne t'en va pas, Ce que tu as fait de moi (Nino Ferrer et les Jubilées).

Sortie de Métronomie (version française de Rats and Rolls). Nino construit beaucoup de maquettes : bateaux, avions, hélicoptères…

juillet

/ août : tournée

en Italie. Je vends des robes, La Rua Madureira / Tchouk-ou-tchouk, Le show-boat de nos amours.

Enregistre Rats and Rolls en Italie. Le morceau Povero Cristo est interdit de radio et de télévision à la suite des plaintes du Vatican. Il ré enregistrera une autre version qui deviendra La Maison près de la fontaine. Chante de grands succès en italien et gagne en notoriété grâce une émission de télévision italienne qu’il anime, Io, Agata e tu. 15


1973 Naissance de Pierre, premier fils de Kinou et Nino. Élu l’homme idéal de la femme allemande dans le journal Petra. Nino décide dorénavant d’être son propre producteur et signe chez CBS pour trois albums. Rencontre la mannequin Radiah chez Castel et enregistre en anglais Nino and Radiah.

1972 Rencontre le guitariste Micky Finn et son groupe : The Heavy métal Kid à Saint-Tropez. Ils forment ensemble les Leggs et enregistrent au studio d’Hérouville : Nino Ferrer and Leggs (Barclay).

1974 Réenregistre dans son studio de la Martinière Nino and Radiah avec un autre groupe.

1982 Nino joue dans le film de Jean-Pierre Mocky : Litan : La cité des spectres verts dont il compose la musique.

Sortie de Che fine ha fatto Nino Ferrer.

Sortie en 45 tours : Le Sud / The Garden. Gros succès et disque d’or. Reçoit le Prix Rolf Marbot (Sacem). Rencontre Hugo Pratt, célèbre auteur des Corto Maltese qui dessinera Nino sous les traits du capitaine russe Nino dans Corto Maltese en Sibérie.

1980 Sortie de La Carmencita avec de nouvelles versions de : Je voudrais être noir, Les Cornichons, et deux nouveautés : La Carmencita et La maison Tontaine et tonton.

1976

16

Emménage à La Taillade et fait construire immédiatement le studio afin de mixer Véritables Variétés Verdâtres et dans la foulée Blanat.

Sortie de Rock n’roll cow-boy (Vogue) enregistré et mixé à la Taillade.

1993 Sortie de La Désabusion. Prix Sacem. La vie chez les automobiles. Son fils Arthur, participe à l’album.

1986

1997

Sortie de 13e Album avec la collaboration de Diane Veret. Spectacle : L’arche de Noé où il joue Dieu le Père. Concert chez Harry sort au Canada. Rencontre Caroline Bouyer, artiste graveur, et se passionne pour la gravure.

1996

1979

1977

1983

1989

1975

Sortie de Suite en œuf (CBS) enregistré au studio de La Martinière. Enregistrement de l’album Blanat au château de Blanat. Nino et Kinou découvrent La Taillade et l’achètent.

Sortie d'Ex-Libris enregistré à la Taillade. Réédition de l’album : Nino & Radiah avec cette fois Le Sud.

1981

Nino signe avec le petit label Free Bird avec lequel sortira l’album: Blanat. La presse dira de cet album : C’est une suite de diamants bruts. Naissance d’Arthur, le jour de la Saint-Valentin.

Sortie de Concert chez Harry. Tournée 1995 avec les Leggs et Diane Veret. La pochette est un dessin d'Hugo Pratt. Officier des Arts et des Lettres.

1998 juin : Mort de Mounette, sa mère.

13 août : Mort de Nino.

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1973 Naissance de Pierre, premier fils de Kinou et Nino. Élu l’homme idéal de la femme allemande dans le journal Petra. Nino décide dorénavant d’être son propre producteur et signe chez CBS pour trois albums. Rencontre la mannequin Radiah chez Castel et enregistre en anglais Nino and Radiah.

1972 Rencontre le guitariste Micky Finn et son groupe : The Heavy métal Kid à Saint-Tropez. Ils forment ensemble les Leggs et enregistrent au studio d’Hérouville : Nino Ferrer and Leggs (Barclay).

1974 Réenregistre dans son studio de la Martinière Nino and Radiah avec un autre groupe.

1982 Nino joue dans le film de Jean-Pierre Mocky : Litan : La cité des spectres verts dont il compose la musique.

Sortie de Che fine ha fatto Nino Ferrer.

Sortie en 45 tours : Le Sud / The Garden. Gros succès et disque d’or. Reçoit le Prix Rolf Marbot (Sacem). Rencontre Hugo Pratt, célèbre auteur des Corto Maltese qui dessinera Nino sous les traits du capitaine russe Nino dans Corto Maltese en Sibérie.

1980 Sortie de La Carmencita avec de nouvelles versions de : Je voudrais être noir, Les Cornichons, et deux nouveautés : La Carmencita et La maison Tontaine et tonton.

1976

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Emménage à La Taillade et fait construire immédiatement le studio afin de mixer Véritables Variétés Verdâtres et dans la foulée Blanat.

Sortie de Rock n’roll cow-boy (Vogue) enregistré et mixé à la Taillade.

1993 Sortie de La Désabusion. Prix Sacem. La vie chez les automobiles. Son fils Arthur, participe à l’album.

1986

1997

Sortie de 13e Album avec la collaboration de Diane Veret. Spectacle : L’arche de Noé où il joue Dieu le Père. Concert chez Harry sort au Canada. Rencontre Caroline Bouyer, artiste graveur, et se passionne pour la gravure.

1996

1979

1977

1983

1989

1975

Sortie de Suite en œuf (CBS) enregistré au studio de La Martinière. Enregistrement de l’album Blanat au château de Blanat. Nino et Kinou découvrent La Taillade et l’achètent.

Sortie d'Ex-Libris enregistré à la Taillade. Réédition de l’album : Nino & Radiah avec cette fois Le Sud.

1981

Nino signe avec le petit label Free Bird avec lequel sortira l’album: Blanat. La presse dira de cet album : C’est une suite de diamants bruts. Naissance d’Arthur, le jour de la Saint-Valentin.

Sortie de Concert chez Harry. Tournée 1995 avec les Leggs et Diane Veret. La pochette est un dessin d'Hugo Pratt. Officier des Arts et des Lettres.

1998 juin : Mort de Mounette, sa mère.

13 août : Mort de Nino.

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interview croisÊe kinou ferrari, pierre ferrari, arthur ferrari, commissaires d’exposition Propos recueillis par Olivier Souchard

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interview croisÊe kinou ferrari, pierre ferrari, arthur ferrari, commissaires d’exposition Propos recueillis par Olivier Souchard

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Comment vous êtes-vous partagé le travail au sein de votre trio familial, pour mettre en scène l’exposition Nino Ferrer : il était une fois l’homme, à la Bibliothèque de Toulouse ? Pierre On ne s’est pas partagé le travail, tout s’est déroulé normalement. Kinou a initié le projet d'une exposition autour de Nino. Arthur et son amie Perrine ont rencontré les gens de la Médiathèque José Cabanis avec qui le courant est extrêmement bien passé... Kinou Nino fait partie de l’histoire de la chanson française. Son patrimoine musical est conséquent, comme celui du peintre, graveur et surtout de l’homme. Depuis plus d’une quinzaine d’années, j’archive de manière méthodique. Je me suis mise tout naturellement à la disposition de Pierre afin qu’il puisse réunir tout ce dont il avait besoin. Pierre Arthur a beaucoup travaillé sur les archives, les films et les vidéos de Nino et de nos grandsparents. Il a également restauré les instruments dont il se sert quotidiennement. Arthur Je suis très attaché à son patrimoine musical et à son univers artistique. J’aime que le public puisse découvrir plus largement l’œuvre de Nino en participant aux différents projets qui lui rendent hommage. Pierre Ce qui m’a intéressé dans ce projet, c’était de reconstruire l’univers de Nino, mais en tant qu’Homme, pas seulement en tant qu’artiste, musicien, peintre ou personnage célèbre. Je voulais rendre un hommage à mon père en retraçant toute son histoire, afin de faire ressortir sa personnalité. Je voulais montrer la période avant le personnage célèbre : la somme d’événements qui l’ont amené jusque-là. 20

Comment s’est fait le choix de présenter beaucoup d’objets inédits ? Pierre Ne serait-ce qu’en partant de la chronologie : les objets de sa naissance, de son enfance, quand il était étudiant, quand il a commencé la scène, ses instruments de musique, ses objets personnels. Arthur Beaucoup d’objets racontent son parcours. Ils laissent des traces, l’impact d’une époque, d’une vie... Ces objets maintenant vivent autour de nous. Je prends beaucoup de plaisir à regarder la bouteille de Dom Pérignon signée de la main de Louis Armstrong ou à utiliser la console son de Nino installée dans le studio et en faire profiter d’autres musiciens. Pierre C’est aussi un choix de cohérence esthétique, je dois composer avec des objets pour raconter le personnage. La Taillade est un véritable cabinet de curiosités, d’où proviennent tous ces objets ? Kinou Cela a commencé avec sa maman, ensuite c’était plutôt moi qui archivais.... Arthur Sa mère conservait tout ! Elle notait, référençait et rangeait chaque objet dans des cantines en faisant des listes collées sur les couvercles. Bibelots, cahiers, journaux intimes, correspondances, timbres, films, photos... Tout était soigneusement stocké. Mon grand-père et Nino entassaient beaucoup de choses. Pierre Ils étaient très méticuleux et cela nous aide énormément, car tout est bien organisé et Kinou nous aide beaucoup, elle sait où se trouve ce dont nous avons besoin. 21


Comment vous êtes-vous partagé le travail au sein de votre trio familial, pour mettre en scène l’exposition Nino Ferrer : il était une fois l’homme, à la Bibliothèque de Toulouse ? Pierre On ne s’est pas partagé le travail, tout s’est déroulé normalement. Kinou a initié le projet d'une exposition autour de Nino. Arthur et son amie Perrine ont rencontré les gens de la Médiathèque José Cabanis avec qui le courant est extrêmement bien passé... Kinou Nino fait partie de l’histoire de la chanson française. Son patrimoine musical est conséquent, comme celui du peintre, graveur et surtout de l’homme. Depuis plus d’une quinzaine d’années, j’archive de manière méthodique. Je me suis mise tout naturellement à la disposition de Pierre afin qu’il puisse réunir tout ce dont il avait besoin. Pierre Arthur a beaucoup travaillé sur les archives, les films et les vidéos de Nino et de nos grandsparents. Il a également restauré les instruments dont il se sert quotidiennement. Arthur Je suis très attaché à son patrimoine musical et à son univers artistique. J’aime que le public puisse découvrir plus largement l’œuvre de Nino en participant aux différents projets qui lui rendent hommage. Pierre Ce qui m’a intéressé dans ce projet, c’était de reconstruire l’univers de Nino, mais en tant qu’Homme, pas seulement en tant qu’artiste, musicien, peintre ou personnage célèbre. Je voulais rendre un hommage à mon père en retraçant toute son histoire, afin de faire ressortir sa personnalité. Je voulais montrer la période avant le personnage célèbre : la somme d’événements qui l’ont amené jusque-là. 20

Comment s’est fait le choix de présenter beaucoup d’objets inédits ? Pierre Ne serait-ce qu’en partant de la chronologie : les objets de sa naissance, de son enfance, quand il était étudiant, quand il a commencé la scène, ses instruments de musique, ses objets personnels. Arthur Beaucoup d’objets racontent son parcours. Ils laissent des traces, l’impact d’une époque, d’une vie... Ces objets maintenant vivent autour de nous. Je prends beaucoup de plaisir à regarder la bouteille de Dom Pérignon signée de la main de Louis Armstrong ou à utiliser la console son de Nino installée dans le studio et en faire profiter d’autres musiciens. Pierre C’est aussi un choix de cohérence esthétique, je dois composer avec des objets pour raconter le personnage. La Taillade est un véritable cabinet de curiosités, d’où proviennent tous ces objets ? Kinou Cela a commencé avec sa maman, ensuite c’était plutôt moi qui archivais.... Arthur Sa mère conservait tout ! Elle notait, référençait et rangeait chaque objet dans des cantines en faisant des listes collées sur les couvercles. Bibelots, cahiers, journaux intimes, correspondances, timbres, films, photos... Tout était soigneusement stocké. Mon grand-père et Nino entassaient beaucoup de choses. Pierre Ils étaient très méticuleux et cela nous aide énormément, car tout est bien organisé et Kinou nous aide beaucoup, elle sait où se trouve ce dont nous avons besoin. 21


Kinou Oui, j’ai fait des vitrines dans la maison où beaucoup de « souvenirs » sont exposés... Pierre La Taillade est comme un supermarché de la mémoire familiale, tu te balades dans les rayons, tu prends des objets et tu les assembles. Pour cette exposition, je prends l’essence des vitrines de La Taillade qui partent un peu dans tous les sens et je les mets en scène pour raconter une histoire. Quand a-t-il commencé la musique ? Arthur Très tôt. À l’adolescence, il avait déjà la musique dans la peau. Un instinct poétique de créer des chansons d’amour coulait dans ses veines. Sa première chanson était Un an d’amour, il l’a créée à 17 ans. Tout ça mêlé à son amour pour le blues, le swing, le jazz, Les Messengers, Otis Redding, la musique black chantée. Kinou Je me souviens que la mort d’Otis Redding a été un choc pour lui, il a beaucoup pleuré. Dès l’adolescence, Nino se passionne pour le jazz. Plus tard, il accompagnera quelques musiciens… Kinou Il a commencé sa vie de musicien comme contrebassiste dans des formations de jazz. Il a notamment travaillé avec Richard Bennett et Les Gottamou, Les Dixie Cats, puis il a accompagné Bill Collman et Nancy Holloway. Quel a été son premier succès ? Kinou C’est Mirza, en 1965. Et Un an d’amour qui a été un gros succès en Italie, chanté par Mina. 22

Au tout début de ses succès, où habitait Nino ? Kinou Il avait un studio rue Édouard Detaille, à Paris, mais tous les jours, il allait chez ses parents pour déjeuner et lire son courrier. Ses parents s’occupaient de tout. Après, il a acheté une maison, La Martinière. Kinou, comment avez-vous rencontré Nino ? Kinou Un jour, je prenais un verre avec un ami qui travaillait à Europe 1. Il m’a dit que Nino Ferrer cherchait quelqu’un pour l’assister. J’ai donc appelé son impresario, Jacques Hellman, qui m’a auditionnée puis il a fixé un rendez-vous chez Nino. C’est alors que je me suis retrouvée en face de sa mère, de son père et de Nino. J’ai trouvé ça dingue ! J’ai parlé deux heures avec eux pendant lesquelles ils m’ont posé beaucoup de questions. Puis ils m’ont dit que je pouvais commencer le lendemain. La maman de Nino m’a donc expliqué ce qu’il fallait faire. En quoi consistait votre travail avec Nino ? Kinou Je m’occupais de gérer les rendez-vous avec les journalistes, les plateaux télé, les radios, le courrier avec les fans... Pierre Quand as-tu commencé à avoir une relation avec lui ? Kinou Pas tout de suite. À l’époque, j’étais avec quelqu’un d’autre qui était directeur artistique d’une boîte de nuit parisienne. Je passais presque tous les soirs dans ce club. De temps en temps, Monique, qui s’occupait de l’entrée, me prévenait de 23


Kinou Oui, j’ai fait des vitrines dans la maison où beaucoup de « souvenirs » sont exposés... Pierre La Taillade est comme un supermarché de la mémoire familiale, tu te balades dans les rayons, tu prends des objets et tu les assembles. Pour cette exposition, je prends l’essence des vitrines de La Taillade qui partent un peu dans tous les sens et je les mets en scène pour raconter une histoire. Quand a-t-il commencé la musique ? Arthur Très tôt. À l’adolescence, il avait déjà la musique dans la peau. Un instinct poétique de créer des chansons d’amour coulait dans ses veines. Sa première chanson était Un an d’amour, il l’a créée à 17 ans. Tout ça mêlé à son amour pour le blues, le swing, le jazz, Les Messengers, Otis Redding, la musique black chantée. Kinou Je me souviens que la mort d’Otis Redding a été un choc pour lui, il a beaucoup pleuré. Dès l’adolescence, Nino se passionne pour le jazz. Plus tard, il accompagnera quelques musiciens… Kinou Il a commencé sa vie de musicien comme contrebassiste dans des formations de jazz. Il a notamment travaillé avec Richard Bennett et Les Gottamou, Les Dixie Cats, puis il a accompagné Bill Collman et Nancy Holloway. Quel a été son premier succès ? Kinou C’est Mirza, en 1965. Et Un an d’amour qui a été un gros succès en Italie, chanté par Mina. 22

Au tout début de ses succès, où habitait Nino ? Kinou Il avait un studio rue Édouard Detaille, à Paris, mais tous les jours, il allait chez ses parents pour déjeuner et lire son courrier. Ses parents s’occupaient de tout. Après, il a acheté une maison, La Martinière. Kinou, comment avez-vous rencontré Nino ? Kinou Un jour, je prenais un verre avec un ami qui travaillait à Europe 1. Il m’a dit que Nino Ferrer cherchait quelqu’un pour l’assister. J’ai donc appelé son impresario, Jacques Hellman, qui m’a auditionnée puis il a fixé un rendez-vous chez Nino. C’est alors que je me suis retrouvée en face de sa mère, de son père et de Nino. J’ai trouvé ça dingue ! J’ai parlé deux heures avec eux pendant lesquelles ils m’ont posé beaucoup de questions. Puis ils m’ont dit que je pouvais commencer le lendemain. La maman de Nino m’a donc expliqué ce qu’il fallait faire. En quoi consistait votre travail avec Nino ? Kinou Je m’occupais de gérer les rendez-vous avec les journalistes, les plateaux télé, les radios, le courrier avec les fans... Pierre Quand as-tu commencé à avoir une relation avec lui ? Kinou Pas tout de suite. À l’époque, j’étais avec quelqu’un d’autre qui était directeur artistique d’une boîte de nuit parisienne. Je passais presque tous les soirs dans ce club. De temps en temps, Monique, qui s’occupait de l’entrée, me prévenait de 23


la présence de Nino Ferrer. Je me demandais ce qu’il faisait là, c’était tout de même mon patron... Peu de temps après, il a décidé d’acheter La Martinière. Il m’a dit : « Si tu ne viens pas habiter avec moi, je ne l’achète pas ». J’habitais encore chez mes parents, alors je lui ai dit que j’étais d’accord. Pendant deux ans, il ne s’est rien passé, j’avais ma chambre dans cette magnifique demeure et cela restait strictement professionnel. Puis en 1969, nous sommes sortis ensemble. Nino était compositeur et interprète, mais aussi auteur. Prenait-il son temps à écrire ses textes ? Kinou Non, il écrivait vite et les interprétait rapidement. Il écrivit Je vends des robes à une vitesse hallucinante. Je me demandais comment sur scène il pouvait chanter une chanson comme celle-ci, avec un tel débit de mots... Arthur Il avait une facilité déconcertante à chanter avec un débit très rapide et à monter dans les aigus rocailleux. Comme avec la chanson Les Cornichons. Il montait à la limite de la saturation, sur le tranchant de la lame... Tout près de dérailler sa voix. Manu Dibango me disait que Nino était le seul chanteur blanc qu’il aimait et respectait, car le seul à chanter comme les grands interprètes noirs américains. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Manu Dibango a accompagné Nino pendant plusieurs années. Nino était aussi le seul artiste blanc à proposer, aux arrangements de cuivres, un noir. En France, cela ne se faisait pas, surtout à cette époque.

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Il a sorti beaucoup de tubes en un temps record. Arthur Nino était un faiseur de tubes. Quand d’autres artistes de son envergure créaient un, voire deux tubes, Nino en faisait six ou sept. Pierre En plus, il était auteur, compositeur, interprète, il n’avait pas de parolier derrière lui. Il faisait vraiment tout, tout seul. Arthur Il a été propulsé dans une sphère colossale de notoriété, amusante au début, mais au bout d’un moment, il en pouvait plus. Il était saturé ! Vous partez vivre à Rome, en Italie où Nino entame une belle carrière en 1969. Kinou Oui, en 1969-1970, nous partons vivre à Rome. Au départ, il voulait quitter la France, car il en avait marre de jouer tout le temps les mêmes morceaux. Il ne reniait pas ses succès comme Le Téléfon, mais il en avait assez de jouer toujours les mêmes. En Italie, Nino chante de grands succès en italien et gagne en notoriété grâce une émission italienne qu’il anime, Io, Agata e tu. Mais c’était pire qu’en France. Les gens voulaient toujours entendre les mêmes tubes. Quand il a sorti l’album Rats and Roll's, il a eu un morceau interdit à la radio, Povero Cristo, qui est devenu ensuite La Maison près de la fontaine.

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la présence de Nino Ferrer. Je me demandais ce qu’il faisait là, c’était tout de même mon patron... Peu de temps après, il a décidé d’acheter La Martinière. Il m’a dit : « Si tu ne viens pas habiter avec moi, je ne l’achète pas ». J’habitais encore chez mes parents, alors je lui ai dit que j’étais d’accord. Pendant deux ans, il ne s’est rien passé, j’avais ma chambre dans cette magnifique demeure et cela restait strictement professionnel. Puis en 1969, nous sommes sortis ensemble. Nino était compositeur et interprète, mais aussi auteur. Prenait-il son temps à écrire ses textes ? Kinou Non, il écrivait vite et les interprétait rapidement. Il écrivit Je vends des robes à une vitesse hallucinante. Je me demandais comment sur scène il pouvait chanter une chanson comme celle-ci, avec un tel débit de mots... Arthur Il avait une facilité déconcertante à chanter avec un débit très rapide et à monter dans les aigus rocailleux. Comme avec la chanson Les Cornichons. Il montait à la limite de la saturation, sur le tranchant de la lame... Tout près de dérailler sa voix. Manu Dibango me disait que Nino était le seul chanteur blanc qu’il aimait et respectait, car le seul à chanter comme les grands interprètes noirs américains. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Manu Dibango a accompagné Nino pendant plusieurs années. Nino était aussi le seul artiste blanc à proposer, aux arrangements de cuivres, un noir. En France, cela ne se faisait pas, surtout à cette époque.

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Il a sorti beaucoup de tubes en un temps record. Arthur Nino était un faiseur de tubes. Quand d’autres artistes de son envergure créaient un, voire deux tubes, Nino en faisait six ou sept. Pierre En plus, il était auteur, compositeur, interprète, il n’avait pas de parolier derrière lui. Il faisait vraiment tout, tout seul. Arthur Il a été propulsé dans une sphère colossale de notoriété, amusante au début, mais au bout d’un moment, il en pouvait plus. Il était saturé ! Vous partez vivre à Rome, en Italie où Nino entame une belle carrière en 1969. Kinou Oui, en 1969-1970, nous partons vivre à Rome. Au départ, il voulait quitter la France, car il en avait marre de jouer tout le temps les mêmes morceaux. Il ne reniait pas ses succès comme Le Téléfon, mais il en avait assez de jouer toujours les mêmes. En Italie, Nino chante de grands succès en italien et gagne en notoriété grâce une émission italienne qu’il anime, Io, Agata e tu. Mais c’était pire qu’en France. Les gens voulaient toujours entendre les mêmes tubes. Quand il a sorti l’album Rats and Roll's, il a eu un morceau interdit à la radio, Povero Cristo, qui est devenu ensuite La Maison près de la fontaine.

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De 1968 à 1977, vous vivez dans une superbe maison de Rueil-Malmaison, une demeure d’apparence coloniale, La Martinière. Une maison du vieux sud à l’américaine. Comment vivait-on dans cette demeure ?

albums. Après Nino and Radiah et Suite en œuf, il préféra donc enregistrer et mixer Véritables variétés verdâtres afin d’honorer son contrat. L’album Blanat, lui aussi mixé à La Taillade, n’est sorti que deux ans plus tard, en 1979, sur un autre label, Free Bird.

Kinou C’était une maison de rêve ! Un endroit merveilleux. La grande vie, une espèce de bulle. Nino y avait fait installer un studio d’enregistrement. Il y avait tout le temps du monde, des musiciens, des dîners, des fêtes, des enfants, des animaux, la Rolls et la Bentley... Arthur C’est aussi dans cette maison que Nino a su rebondir avec d’autres tubes mais produits d’une autre façon, comme La Maison près de la fontaine… Kinou Oui, Le Sud a été écrit à La Martinière. « Le linge est étendu sur la terrasse et c’est joli », ce sont les couches de mon fils Pierre !

Nino voulait-il s’installer loin du show-business parisien ?

Pourquoi quittez-vous La Martinière en 1977 ? Kinou En 1976, nous avons loué pendant trois mois le château Blanat dans le Lot. Nous y avons emmené le matériel pour enregistrer le disque Blanat. Nino termine l’enregistrement en deux mois et demi alors nous en avons profité pour nous promener dans la région et nous avons trouvé La Taillade. Nous voulions quitter Paris, nous aspirions à d’autres inspirations, à la campagne, la paix, la tranquillité. Nous avions envie de plus grand, de nature. Nous avons tout simplement « flashé » sur La Taillade. On emménage en septembre 1977. Très vite, Nino fait construire son studio. Il ne voulait surtout pas donner l’album Blanat à CBS, avec lesquels il était en contrat pour trois 26

Kinou Non, la presse a raconté cela. Ce n’est pas du tout vrai. Nous voulions vraiment vivre au grand air. Nino a-t-il été le premier artiste à s’auto-produire ? Pierre Oui, c’est le premier artiste en France à s’auto-produire et à être son propre éditeur. À cette époque, c’était très difficile. Mais il a ouvert une voie considérable pour l’industrie de la musique. Beaucoup d’artistes maintenant se produisent euxmêmes. Mais il en a payé le prix... Quand il est devenu son propre producteur, il est passé sous contrat de licence et a perdu l’appui de sa maison de disques. Pour lui faire payer cette infidélité, le label ne faisait que le strict minimum. Pas de promo, moins de dates de concert, moins d’argent... C’était une galère, mais musicalement il faisait ce qu’il voulait. Pas de soutien mais une liberté totale ! L’artiste jouissait d’une grande liberté mais l’homme souffrait-il de ne plus être soutenu ? Pierre Oui, je pense qu’il en souffrait... Arthur Il s’est mis réellement à l’écart et cela s’en ressent dans la couleur de certaines productions de ses 27


De 1968 à 1977, vous vivez dans une superbe maison de Rueil-Malmaison, une demeure d’apparence coloniale, La Martinière. Une maison du vieux sud à l’américaine. Comment vivait-on dans cette demeure ?

albums. Après Nino and Radiah et Suite en œuf, il préféra donc enregistrer et mixer Véritables variétés verdâtres afin d’honorer son contrat. L’album Blanat, lui aussi mixé à La Taillade, n’est sorti que deux ans plus tard, en 1979, sur un autre label, Free Bird.

Kinou C’était une maison de rêve ! Un endroit merveilleux. La grande vie, une espèce de bulle. Nino y avait fait installer un studio d’enregistrement. Il y avait tout le temps du monde, des musiciens, des dîners, des fêtes, des enfants, des animaux, la Rolls et la Bentley... Arthur C’est aussi dans cette maison que Nino a su rebondir avec d’autres tubes mais produits d’une autre façon, comme La Maison près de la fontaine… Kinou Oui, Le Sud a été écrit à La Martinière. « Le linge est étendu sur la terrasse et c’est joli », ce sont les couches de mon fils Pierre !

Nino voulait-il s’installer loin du show-business parisien ?

Pourquoi quittez-vous La Martinière en 1977 ? Kinou En 1976, nous avons loué pendant trois mois le château Blanat dans le Lot. Nous y avons emmené le matériel pour enregistrer le disque Blanat. Nino termine l’enregistrement en deux mois et demi alors nous en avons profité pour nous promener dans la région et nous avons trouvé La Taillade. Nous voulions quitter Paris, nous aspirions à d’autres inspirations, à la campagne, la paix, la tranquillité. Nous avions envie de plus grand, de nature. Nous avons tout simplement « flashé » sur La Taillade. On emménage en septembre 1977. Très vite, Nino fait construire son studio. Il ne voulait surtout pas donner l’album Blanat à CBS, avec lesquels il était en contrat pour trois 26

Kinou Non, la presse a raconté cela. Ce n’est pas du tout vrai. Nous voulions vraiment vivre au grand air. Nino a-t-il été le premier artiste à s’auto-produire ? Pierre Oui, c’est le premier artiste en France à s’auto-produire et à être son propre éditeur. À cette époque, c’était très difficile. Mais il a ouvert une voie considérable pour l’industrie de la musique. Beaucoup d’artistes maintenant se produisent euxmêmes. Mais il en a payé le prix... Quand il est devenu son propre producteur, il est passé sous contrat de licence et a perdu l’appui de sa maison de disques. Pour lui faire payer cette infidélité, le label ne faisait que le strict minimum. Pas de promo, moins de dates de concert, moins d’argent... C’était une galère, mais musicalement il faisait ce qu’il voulait. Pas de soutien mais une liberté totale ! L’artiste jouissait d’une grande liberté mais l’homme souffrait-il de ne plus être soutenu ? Pierre Oui, je pense qu’il en souffrait... Arthur Il s’est mis réellement à l’écart et cela s’en ressent dans la couleur de certaines productions de ses 27


albums des années 1980-1990. Il aurait du être accompagné par un arrangeur, un producteur associé... Pierre Très clairement, il y a eu une grosse déception, plus qu’une amertume. Il en voulait à ce qu’il appelait le système. Il a très mal vécu d’être isolé, rejeté. Ça se comprend et c’est dommage. Cette déception se retrouve dans ses textes, dans les années 1980 avec des chansons plus engagées, plus pessimistes, remplies de rage contre ce système, comme Télé libre. Arthur Il s’en voulait peut-être aussi à lui-même, mais en même temps, il a construit avec l’aide de Kinou un quotidien familial, une bulle qui le protégeait de tout cela. Kinou Il aimait ses enfants, ses animaux... Il adorait bricoler, construire de ses mains... Ce quotidien était son rempart, sa forteresse. Cette solitude l’amène-t-elle à épouser d’autres formes artistiques comme la peinture, la gravure ? Pierre Non, Nino dessinait déjà depuis son enfance... Kinou Il a commencé à peindre quand il est parti, bachelier, à Tahiti et à Nouméa. Il s’y est mis plus assidûment en 1982-1983. La peinture l’apaisait, il aimait beaucoup être seul devant sa toile avec ses pinceaux et ses couleurs. Une sorte d’antithèse à la musique où l’organisation plus lourde nécessite du matériel, de la technique, des musiciens et beaucoup d’argent. La gravure est arrivée plus tard avec Caroline Bouyer, qui l’a initié à cet art et avec laquelle il a fait son Traité de la navigation.

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Pierre et Arthur, vous avez des souvenirs de séances d’enregistrement, ici à La Taillade ? Pierre Bien sûr, c’était notre quotidien. Arthur Il y a eu cinq albums entièrement réalisés à La Taillade, des répétitions à l’enregistrement en passant par le mixage. Je me souviens de câbles tirés dans toutes les pièces de la maison, d’une cabine batterie installée dans le salon... Dans le studio, nous étions évidemment libres de venir voir les musiciens, de nous asseoir dans un coin pour les écouter et suivre toutes les étapes de la réalisation d’un disque. Pierre Il y avait le guitariste Micky Finn, qui a notamment joué avec Jimmy Page, Murray Head. Il jouait jusqu’à très tard le soir sans le studio. Arthur Oui, et au réveil, il était toujours là à jouer sur sa guitare. Nino lui criait : «  Micky, out of my house ! ». Pierre Sur la chanson L’Année Mozart, Nino chante : « Si Mozart avait connu Micky, ils auraient bu beaucoup de whisky, moi j’aurais conduit l’automobile car je suis le seul qui a son permis ». Kinou, de tous vos souvenirs avec Nino, lequel est le plus marquant ? Kinou Il y en a beaucoup... Un jour, Nino et moi étions assis sur le banc dans la cour, à La Taillade, et il m’a dit : « Je ne sais pas ce que je t’ai apporté, mais toi, tu m’as apporté le bonheur. » Ensuite, il a écrit la chanson Le Bonheur qui sortira sur l’album La Désabusion.

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albums des années 1980-1990. Il aurait du être accompagné par un arrangeur, un producteur associé... Pierre Très clairement, il y a eu une grosse déception, plus qu’une amertume. Il en voulait à ce qu’il appelait le système. Il a très mal vécu d’être isolé, rejeté. Ça se comprend et c’est dommage. Cette déception se retrouve dans ses textes, dans les années 1980 avec des chansons plus engagées, plus pessimistes, remplies de rage contre ce système, comme Télé libre. Arthur Il s’en voulait peut-être aussi à lui-même, mais en même temps, il a construit avec l’aide de Kinou un quotidien familial, une bulle qui le protégeait de tout cela. Kinou Il aimait ses enfants, ses animaux... Il adorait bricoler, construire de ses mains... Ce quotidien était son rempart, sa forteresse. Cette solitude l’amène-t-elle à épouser d’autres formes artistiques comme la peinture, la gravure ? Pierre Non, Nino dessinait déjà depuis son enfance... Kinou Il a commencé à peindre quand il est parti, bachelier, à Tahiti et à Nouméa. Il s’y est mis plus assidûment en 1982-1983. La peinture l’apaisait, il aimait beaucoup être seul devant sa toile avec ses pinceaux et ses couleurs. Une sorte d’antithèse à la musique où l’organisation plus lourde nécessite du matériel, de la technique, des musiciens et beaucoup d’argent. La gravure est arrivée plus tard avec Caroline Bouyer, qui l’a initié à cet art et avec laquelle il a fait son Traité de la navigation.

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Pierre et Arthur, vous avez des souvenirs de séances d’enregistrement, ici à La Taillade ? Pierre Bien sûr, c’était notre quotidien. Arthur Il y a eu cinq albums entièrement réalisés à La Taillade, des répétitions à l’enregistrement en passant par le mixage. Je me souviens de câbles tirés dans toutes les pièces de la maison, d’une cabine batterie installée dans le salon... Dans le studio, nous étions évidemment libres de venir voir les musiciens, de nous asseoir dans un coin pour les écouter et suivre toutes les étapes de la réalisation d’un disque. Pierre Il y avait le guitariste Micky Finn, qui a notamment joué avec Jimmy Page, Murray Head. Il jouait jusqu’à très tard le soir sans le studio. Arthur Oui, et au réveil, il était toujours là à jouer sur sa guitare. Nino lui criait : «  Micky, out of my house ! ». Pierre Sur la chanson L’Année Mozart, Nino chante : « Si Mozart avait connu Micky, ils auraient bu beaucoup de whisky, moi j’aurais conduit l’automobile car je suis le seul qui a son permis ». Kinou, de tous vos souvenirs avec Nino, lequel est le plus marquant ? Kinou Il y en a beaucoup... Un jour, Nino et moi étions assis sur le banc dans la cour, à La Taillade, et il m’a dit : « Je ne sais pas ce que je t’ai apporté, mais toi, tu m’as apporté le bonheur. » Ensuite, il a écrit la chanson Le Bonheur qui sortira sur l’album La Désabusion.

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programmation

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EXPOSITION

nino ferrer, il était une fois l'homme Du 15 novembre au 16 février Médiathèque josé cabanis L’exposition Nino Ferrer, il était une fois l’homme propose au public de découvrir Nino Ferrer, artiste multi-facette, à travers un parcours à la fois ludique et didactique. Vous pourrez découvrir des documents inédits exceptionnellement confiés par la famille et les proches du chanteur, mais aussi des archives audiovisuelles et radiophoniques, des photographies, des guitares… Un travail possible grâce à la complicité et la générosité des commissaires d’exposition que sont Kinou, Arthur et Pierre Ferrari, la femme et les enfants de Nino Ferrer, qui ont permis d’accéder aux archives de l’artiste et de construire cette véritable malle aux trésors.

Nino Ferrer raconté par ses souvenirs et ses objets personnels

Traité de la navigation, série de 9 gravures

C’est devant une longue vitrine, comme une frise chronologique, que le public découvre Nino Ferrer comme dans un travelling de cinéma. Le visiteur avance à son rythme, cherche des détails comme une fouille archéologique. Un clin d’œil à Nino qui voulut adolescent être archéologue et collabora avec le professeur Leroi-Gourhan. Ses affiches de concerts et de disques restaurées rythment les époques et sont ponctuées par des vitrines qui marquent les temps clés de sa carrière à travers des costumes de scène, instruments et objets personnels.

«  En 1997, Nino avait envie d’explorer de nouveaux modes d’expression, nous nous sommes rencontrés et c’est tout naturellement que je l’ai initié à la gravure dans mon atelier. Nino a tout de suite aimé la gravure. En explorant cette technique rigoureuse, en multipliant les expériences avec passion et détermination, il a construit une œuvre emprunte de force et de sensibilité, à l’image de sa personnalité. » Caroline Bouyer, graveur.

salle d’exposition

Atrium Un film inédit qui retrace la vie de Nino réalisé à partir d’archives familiales d’une grande qualité, de scopitones des années 1960, d’interviews et de concerts, à découvrir dans une cabine de projection, sous le regard de Nino representé par un buste du sculpteur Cartel. En partenariat avec l'Ina. (Voir page 36 : Projection continue)

Coursive 1er étage

Écrits et partitions Coursive 2e étage

Les commissaires de l’exposition nous entraînent de l’autre côté des notes, dans l’intimité de l’homme, homme de lettres et musicien, passionné par les livres et l’écriture, Nino Ferrer écrivait, romançait, créait. Des cahiers intimes, où il s’amusait à illustrer ses écrits par ses photos, aux partitions musicales originales de ses succès internationaux, le public est invité à regarder, lire et déchiffrer des traversées de vie du jeune homme, du musicien, de l’artiste.

Pochettes de disques Coursive 3e étage

Nino a toujours cherché une grande créativité dans les visuels de ses disques, faisant partie intégrante de son œuvre, en collaborant avec de grands artistes, comme Charles Maton (Suite en œuf), Franck Margerin (Rock'n'roll Cowboy), Claude Verlinde (Metronomie), Hugo Pratt… avant d’illustrer ses disques avec ses propres peintures. 32

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EXPOSITION

nino ferrer, il était une fois l'homme Du 15 novembre au 16 février Médiathèque josé cabanis L’exposition Nino Ferrer, il était une fois l’homme propose au public de découvrir Nino Ferrer, artiste multi-facette, à travers un parcours à la fois ludique et didactique. Vous pourrez découvrir des documents inédits exceptionnellement confiés par la famille et les proches du chanteur, mais aussi des archives audiovisuelles et radiophoniques, des photographies, des guitares… Un travail possible grâce à la complicité et la générosité des commissaires d’exposition que sont Kinou, Arthur et Pierre Ferrari, la femme et les enfants de Nino Ferrer, qui ont permis d’accéder aux archives de l’artiste et de construire cette véritable malle aux trésors.

Nino Ferrer raconté par ses souvenirs et ses objets personnels

Traité de la navigation, série de 9 gravures

C’est devant une longue vitrine, comme une frise chronologique, que le public découvre Nino Ferrer comme dans un travelling de cinéma. Le visiteur avance à son rythme, cherche des détails comme une fouille archéologique. Un clin d’œil à Nino qui voulut adolescent être archéologue et collabora avec le professeur Leroi-Gourhan. Ses affiches de concerts et de disques restaurées rythment les époques et sont ponctuées par des vitrines qui marquent les temps clés de sa carrière à travers des costumes de scène, instruments et objets personnels.

«  En 1997, Nino avait envie d’explorer de nouveaux modes d’expression, nous nous sommes rencontrés et c’est tout naturellement que je l’ai initié à la gravure dans mon atelier. Nino a tout de suite aimé la gravure. En explorant cette technique rigoureuse, en multipliant les expériences avec passion et détermination, il a construit une œuvre emprunte de force et de sensibilité, à l’image de sa personnalité. » Caroline Bouyer, graveur.

salle d’exposition

Atrium Un film inédit qui retrace la vie de Nino réalisé à partir d’archives familiales d’une grande qualité, de scopitones des années 1960, d’interviews et de concerts, à découvrir dans une cabine de projection, sous le regard de Nino representé par un buste du sculpteur Cartel. En partenariat avec l'Ina. (Voir page 36 : Projection continue)

Coursive 1er étage

Écrits et partitions Coursive 2e étage

Les commissaires de l’exposition nous entraînent de l’autre côté des notes, dans l’intimité de l’homme, homme de lettres et musicien, passionné par les livres et l’écriture, Nino Ferrer écrivait, romançait, créait. Des cahiers intimes, où il s’amusait à illustrer ses écrits par ses photos, aux partitions musicales originales de ses succès internationaux, le public est invité à regarder, lire et déchiffrer des traversées de vie du jeune homme, du musicien, de l’artiste.

Pochettes de disques Coursive 3e étage

Nino a toujours cherché une grande créativité dans les visuels de ses disques, faisant partie intégrante de son œuvre, en collaborant avec de grands artistes, comme Charles Maton (Suite en œuf), Franck Margerin (Rock'n'roll Cowboy), Claude Verlinde (Metronomie), Hugo Pratt… avant d’illustrer ses disques avec ses propres peintures. 32

33


vernissage

Nino, il était une fois l’homme Jeudi 14 novembre à partir de 18h Médiathèque JOSÉ CABANIS

CONCERT

Univers Nino

Jeudi 14 novembre à partir de 18h Médiathèque JOSÉ CABANIS

34

© DR

© Ina

Avec la participation de Denis Colin et Ornette. Denis Colin et Nino Ferrer ne se sont jamais croisés, n’ont jamais échangé un mot ni une note. Mais c’est comme si, tapis au creux de l’âme de Denis Colin, le chanteur avait en quelque sorte toujours été là… Par une sorte d’écho qui traverserait à la fois le temps et les genres, Denis Colin, tel un « chanteur aphone qui jouerait de la clarinette basse », rend hommage au créateur qu’était Nino, cet homme refusant la routine et la facilité, bouillonnant, casse-cou et finalement méconnu. Accompagné par la chanteuse et claviériste Bettina Kee, alias Ornette, il nous livre une véritable aventure musicale, un défi poétique individuel et collectif, un fructueux échange de fluides et d’énergies entre passé et présent.

ATELIERs écriture de chanson avec valérian renault Samedi 23 novembre de 10h à 17h Médiathèque Saint-Cyprien

Une plume de caractère, un charisme de plomb, Valérian Renault s'immisce en scène, sincère, intime et poétique… Il n'a de cesse de bonifier ses aspérités d'artiste, alternances d'amertume et de douces saveurs. Son inspiration vient d'un voyage initiatique entre la France, l'Italie et le Québec. Ce voyage se poursuit maintenant sur scène, tour à tour chanteur ou poète, il s'invite sous un nouveau jour au creux de votre oreille au plus près de votre écoute… Tout reste prétexte à échanger sur la Vie, l'Amour et sous les projecteurs c'est comme si vous étiez fait pour le rencontrer, lui, Valérian Renault ! Amateurs de Chanson Française et de Poésie : vous y serez très bien lotis ! Inscriptions au 05 62 27 63 30

écriture de chanson avec Éric lareine

Mercredis 4 et 18 décembre de 15h à 17h Samedi 21 décembre de 14h à 18h Médiathèque Grand M Imaginons ensemble l'album Nino chante Noël. À peine son nom est-il prononcé qu’apparaît déjà une folle association d’idées. Imaginer Nino avec sur la tête un bonnet rouge, souriant un peu, sous une tempête de neige. Pourtant ils sont nombreux les chanteurs d’Amérique du Nord qu’il appréciait, qui se sont pliés à cet exercice de ferveur pâtissière. Elvis Presley, The Platters, Nat King Cole, Johny Cash et même Henri Salvador. Jusqu’à Bob Dylan dans la catégorie sarcasme, ironie et dinde aux marrons. Imaginons ensemble l’album Nino chante Noël. On peut penser que ce disque serait nostalgique, surréaliste et empreint de romance et bourré d’accumulations. Nous pourrons écrire, décrire un long paysage, une Italie de rêve sous un climat sibérien, les tempêtes d’équinoxe approchant les plages de la Riviera, les Dolomites qui guettent, silencieuses, l’arrivée d’une prochaine avalanche, avec, ici ou là, quelques calembours, bien sentis. La pochette ? Une image de Nino dans le reflet d’une vitrine de Noël, pleine de petites bagnoles. Inscriptions au 05 81 91 79 40 35


vernissage

Nino, il était une fois l’homme Jeudi 14 novembre à partir de 18h Médiathèque JOSÉ CABANIS

CONCERT

Univers Nino

Jeudi 14 novembre à partir de 18h Médiathèque JOSÉ CABANIS

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© DR

© Ina

Avec la participation de Denis Colin et Ornette. Denis Colin et Nino Ferrer ne se sont jamais croisés, n’ont jamais échangé un mot ni une note. Mais c’est comme si, tapis au creux de l’âme de Denis Colin, le chanteur avait en quelque sorte toujours été là… Par une sorte d’écho qui traverserait à la fois le temps et les genres, Denis Colin, tel un « chanteur aphone qui jouerait de la clarinette basse », rend hommage au créateur qu’était Nino, cet homme refusant la routine et la facilité, bouillonnant, casse-cou et finalement méconnu. Accompagné par la chanteuse et claviériste Bettina Kee, alias Ornette, il nous livre une véritable aventure musicale, un défi poétique individuel et collectif, un fructueux échange de fluides et d’énergies entre passé et présent.

ATELIERs écriture de chanson avec valérian renault Samedi 23 novembre de 10h à 17h Médiathèque Saint-Cyprien

Une plume de caractère, un charisme de plomb, Valérian Renault s'immisce en scène, sincère, intime et poétique… Il n'a de cesse de bonifier ses aspérités d'artiste, alternances d'amertume et de douces saveurs. Son inspiration vient d'un voyage initiatique entre la France, l'Italie et le Québec. Ce voyage se poursuit maintenant sur scène, tour à tour chanteur ou poète, il s'invite sous un nouveau jour au creux de votre oreille au plus près de votre écoute… Tout reste prétexte à échanger sur la Vie, l'Amour et sous les projecteurs c'est comme si vous étiez fait pour le rencontrer, lui, Valérian Renault ! Amateurs de Chanson Française et de Poésie : vous y serez très bien lotis ! Inscriptions au 05 62 27 63 30

écriture de chanson avec Éric lareine

Mercredis 4 et 18 décembre de 15h à 17h Samedi 21 décembre de 14h à 18h Médiathèque Grand M Imaginons ensemble l'album Nino chante Noël. À peine son nom est-il prononcé qu’apparaît déjà une folle association d’idées. Imaginer Nino avec sur la tête un bonnet rouge, souriant un peu, sous une tempête de neige. Pourtant ils sont nombreux les chanteurs d’Amérique du Nord qu’il appréciait, qui se sont pliés à cet exercice de ferveur pâtissière. Elvis Presley, The Platters, Nat King Cole, Johny Cash et même Henri Salvador. Jusqu’à Bob Dylan dans la catégorie sarcasme, ironie et dinde aux marrons. Imaginons ensemble l’album Nino chante Noël. On peut penser que ce disque serait nostalgique, surréaliste et empreint de romance et bourré d’accumulations. Nous pourrons écrire, décrire un long paysage, une Italie de rêve sous un climat sibérien, les tempêtes d’équinoxe approchant les plages de la Riviera, les Dolomites qui guettent, silencieuses, l’arrivée d’une prochaine avalanche, avec, ici ou là, quelques calembours, bien sentis. La pochette ? Une image de Nino dans le reflet d’une vitrine de Noël, pleine de petites bagnoles. Inscriptions au 05 81 91 79 40 35


projection continue

EXPOSITION

Du 15 novembre au 12 janvier médiathèque grand m

Du 2 janvier au 16 février Médiathèque josé cabanis

Du 15 novembre au 16 février Médiathèque josé cabanis

© Ina

Du 15 novembre au 21 décembre Médiathèque Saint-Cyprien

36

La délégation régionale d’Ina Pyrénées propose de retracer la vie artistique de Nino Ferrer à travers un choix d’œuvres audiovisuelles et de photographies sélectionnées par Arthur Ferrari dans les archives de la télévision française depuis 1962. Un montage d’archives, issues des grandes collections de l’ORTF et des programmes des chaînes de diffusion nationales et régionales, dresse le portrait de cet artiste profondément amoureux du jazz, peintre, travaillant avec des proches et prenant ses distances avec le show-biz. Ce choix est l’occasion de retrouver Discorama, Le Palmarès des chansons, Formule trois, Taratata, Studio Gabriel, de revoir aussi les interviews et entretiens menés dans divers magazines et journaux télévisés. Autant de genres télévisuels dans lesquels l’artiste s’est exprimé. Avec une toute première apparition en 1962 de Nino Ferrer sur le petit écran, alors contrebassiste du Dixie Cats de Richard Bennett et une séquence de tournage où Nino Ferrer est l’interprète et l’auteur de musique d’un film de Jean Pierre Mocky en 1982. Ces archives s’offrent comme des perles rares sauvegardées par l’Ina…

PROJECTION

z'avez pas vu nino ?

Mardis de l’INA Cycle Chansons françaises "On dirait Nino Ferrer»"

Du 2 novembre au 18 décembre Médiathèque Saint-Cyprien

Mardi 19 novembre à 18h30 Médiathèque JOSÉ CABANIS

Cette exposition est l’occasion de découvrir 24 photos inédites du fonds photographique de l’Ina, témoignant de l’immense succès, dès 1965, de l’auteur de Mirza, La Maison près de la fontaine… D’abord présentée à la Médiathèque Saint-Cyprien, du 2 novembre au 18 décembre, l’exposition sera ensuite déplacée sur le pôle musique de la Médiathèque José Cabanis, du 2 janvier au 16 février. Retrouvez les archives audiovisuelles autour de Nino Ferrer sur www.ina.fr.

Réalisation : Caterina Profili | Durée : 53 minutes Producteurs : Institut national de l’audiovisuel, Ina Entreprise (INAEN), Zeugma Films (ZEUGM) Peintre, musicien, personnage bien singulier aux multiples facettes, Nino Ferrer a eu plusieurs vies : des tubes qui l’ont rendu célèbre, une période sombre mais féconde sur le plan artistique, une vie cachée – de son propre fait – en rupture avec le show-biz. Toutes ces facettes se concentrent en un personnage brillant, complexe, écorché vif. Ce documentaire alterne les témoignages des proches collaborateurs et des intimes de l’artiste et les très riches séquences d’archives nationales, internationales (TSR, TSI, RAI…), documents rares (films familiaux). Le film est aussi rythmé par le souvenir de musiciens célèbres comme Manu Dibango, Paul Personne, Zebda… avec les apparitions de Juliette Gréco, Serge Gainsbourg, Sylvie Vartan, Brigitte Bardot…

© Ina

L'Ina rend hommage à Nino Ferrer

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projection continue

EXPOSITION

Du 15 novembre au 12 janvier médiathèque grand m

Du 2 janvier au 16 février Médiathèque josé cabanis

Du 15 novembre au 16 février Médiathèque josé cabanis

© Ina

Du 15 novembre au 21 décembre Médiathèque Saint-Cyprien

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La délégation régionale d’Ina Pyrénées propose de retracer la vie artistique de Nino Ferrer à travers un choix d’œuvres audiovisuelles et de photographies sélectionnées par Arthur Ferrari dans les archives de la télévision française depuis 1962. Un montage d’archives, issues des grandes collections de l’ORTF et des programmes des chaînes de diffusion nationales et régionales, dresse le portrait de cet artiste profondément amoureux du jazz, peintre, travaillant avec des proches et prenant ses distances avec le show-biz. Ce choix est l’occasion de retrouver Discorama, Le Palmarès des chansons, Formule trois, Taratata, Studio Gabriel, de revoir aussi les interviews et entretiens menés dans divers magazines et journaux télévisés. Autant de genres télévisuels dans lesquels l’artiste s’est exprimé. Avec une toute première apparition en 1962 de Nino Ferrer sur le petit écran, alors contrebassiste du Dixie Cats de Richard Bennett et une séquence de tournage où Nino Ferrer est l’interprète et l’auteur de musique d’un film de Jean Pierre Mocky en 1982. Ces archives s’offrent comme des perles rares sauvegardées par l’Ina…

PROJECTION

z'avez pas vu nino ?

Mardis de l’INA Cycle Chansons françaises "On dirait Nino Ferrer»"

Du 2 novembre au 18 décembre Médiathèque Saint-Cyprien

Mardi 19 novembre à 18h30 Médiathèque JOSÉ CABANIS

Cette exposition est l’occasion de découvrir 24 photos inédites du fonds photographique de l’Ina, témoignant de l’immense succès, dès 1965, de l’auteur de Mirza, La Maison près de la fontaine… D’abord présentée à la Médiathèque Saint-Cyprien, du 2 novembre au 18 décembre, l’exposition sera ensuite déplacée sur le pôle musique de la Médiathèque José Cabanis, du 2 janvier au 16 février. Retrouvez les archives audiovisuelles autour de Nino Ferrer sur www.ina.fr.

Réalisation : Caterina Profili | Durée : 53 minutes Producteurs : Institut national de l’audiovisuel, Ina Entreprise (INAEN), Zeugma Films (ZEUGM) Peintre, musicien, personnage bien singulier aux multiples facettes, Nino Ferrer a eu plusieurs vies : des tubes qui l’ont rendu célèbre, une période sombre mais féconde sur le plan artistique, une vie cachée – de son propre fait – en rupture avec le show-biz. Toutes ces facettes se concentrent en un personnage brillant, complexe, écorché vif. Ce documentaire alterne les témoignages des proches collaborateurs et des intimes de l’artiste et les très riches séquences d’archives nationales, internationales (TSR, TSI, RAI…), documents rares (films familiaux). Le film est aussi rythmé par le souvenir de musiciens célèbres comme Manu Dibango, Paul Personne, Zebda… avec les apparitions de Juliette Gréco, Serge Gainsbourg, Sylvie Vartan, Brigitte Bardot…

© Ina

L'Ina rend hommage à Nino Ferrer

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CONCERT

Samedi 18 janvier à 17h Médiathèque JOSÉ CABANIS

Dimanche 2 février à 16h Médiathèque JOSÉ CABANIS

© Fred Bernard

Fred Bernard avait une vingtaine d’années quand il a rencontré Nino Ferrer, après lui avoir écrit une lettre avec sa bande d’amis. Fred venait d’entrer aux beaux-arts et ils ont tous débarqué dans le Lot à moto suite à l’invitation lancée par Nino. Très vite, ils se sont trouvé des passions communes et des liens forts ont commencé à les unir au fil des années. Auteur et illustrateur de nombreux livres jeunesse et de bandes dessinées pour les plus grands, (Albin Michel, Casterman, Delcourt, Glénat…) Fred a réalisé un livre-CD aux éditions du Seuil avec Nino et plusieurs autres collaborations qui ont vu le jour, ou pas, ainsi qu’avec Kinou, Arthur et Pierre Ferrari. Des collaborations et des amitiés très précieuses !

38

Arthur Ferrari

Dans le cadre du festival Détours de chant. Arthur Ferrari et ses musiciens nous font découvrir un univers dandy et décalé à la croisée des chemins du jazz, de la chanson française et de la pop parfois rock. Arthur Ferrari a composé sa propre couleur, faite de poésie et de mélodies envoûtantes, qui se prolongent sans complexe pour le simple plaisir de la partie instrumentale. C’est une ballade onirique à laquelle il nous convie, si l’on se retrouve dans un bain à bulles de mots entre une chambre à air et un cowboy, il ne faut pas s’étonner, il faut juste se laisser aller… La composition est inspirée par la douceur de vivre de l’enfance et les méandres de l’amour. Avec Arthur Ferrari : guitare, chant et Étienne Choquet : guitare, chœurs.

© Julien Weber

Fred Bernard

PROJECTION RENCONTRE

Nino, une adolescence imaginaire de Nino Ferrer Samedi 15 février à 17h Médiathèque JOSÉ CABANIS

Film de Thomas Bardinet | 1h15 | 2012 Nino a 16 ans, les vacances commencent et son cœur balance entre Natacha, une très belle fille, comédienne au théâtre comme dans la vie, et la délicieuse Nathalie qu’il connait depuis toujours. Celleci refuse que « l’homme de sa vie » s’éloigne d’elle aussi inexorablement que son enfance… Rencontre avec le réalisateur Thomas Bardinet à l’issue de la projection.

© Thomas Bardinet / NiZ !

RENCONTRE

CONCERT

Nino et nous

Dimanche 16 février à 16h Médiathèque JOSÉ CABANIS NINO c’est, bien sûr, le grand Nino Ferrer, artiste aux multiples facettes, ayant produit, au fil de 4 décennies (des années 1960 aux années 1990), une œuvre originale et audacieuse. NOUS, c’est cette nouvelle génération de musiciens, qui a connu Nino dès le biberon et qui, plus ou moins régulièrement, a remis le nez dans son œuvre, comme on retourne à des plaisirs évidents. Nino, pour nous, c’est un peu comme le bonheur qu’il nous raconte dans son ultime album : « Il est juste à côté, là tout près, (…) à portée de ta main ». Il ne s’agit pas ici de dérouler une galerie de célébrités, mais de créer un spectacle où l’œuvre est au cœur. Et c’est bien une visite des aspects variés et méconnus de sa discographie que nous proposons. Avec la participation de Zedrine, chanteur, poète slameur, qui a fondé en 2007 le collectif slam/rock Enterré sous X. Alima Hamel, chanteuse du groupe Monkomarok (1998 à 2008) a joué plus de 400 concerts, passant par les scènes de nombreux festivals jazz, world, rock. Nicolas Scharff, chanteur et percussionniste dans les groupes Partido Bom, Madrugada et Samba Funk Expérience est une figure toulousaine des musiques brésiliennes.

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CONCERT

Samedi 18 janvier à 17h Médiathèque JOSÉ CABANIS

Dimanche 2 février à 16h Médiathèque JOSÉ CABANIS

© Fred Bernard

Fred Bernard avait une vingtaine d’années quand il a rencontré Nino Ferrer, après lui avoir écrit une lettre avec sa bande d’amis. Fred venait d’entrer aux beaux-arts et ils ont tous débarqué dans le Lot à moto suite à l’invitation lancée par Nino. Très vite, ils se sont trouvé des passions communes et des liens forts ont commencé à les unir au fil des années. Auteur et illustrateur de nombreux livres jeunesse et de bandes dessinées pour les plus grands, (Albin Michel, Casterman, Delcourt, Glénat…) Fred a réalisé un livre-CD aux éditions du Seuil avec Nino et plusieurs autres collaborations qui ont vu le jour, ou pas, ainsi qu’avec Kinou, Arthur et Pierre Ferrari. Des collaborations et des amitiés très précieuses !

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Arthur Ferrari

Dans le cadre du festival Détours de chant. Arthur Ferrari et ses musiciens nous font découvrir un univers dandy et décalé à la croisée des chemins du jazz, de la chanson française et de la pop parfois rock. Arthur Ferrari a composé sa propre couleur, faite de poésie et de mélodies envoûtantes, qui se prolongent sans complexe pour le simple plaisir de la partie instrumentale. C’est une ballade onirique à laquelle il nous convie, si l’on se retrouve dans un bain à bulles de mots entre une chambre à air et un cowboy, il ne faut pas s’étonner, il faut juste se laisser aller… La composition est inspirée par la douceur de vivre de l’enfance et les méandres de l’amour. Avec Arthur Ferrari : guitare, chant et Étienne Choquet : guitare, chœurs.

© Julien Weber

Fred Bernard

PROJECTION RENCONTRE

Nino, une adolescence imaginaire de Nino Ferrer Samedi 15 février à 17h Médiathèque JOSÉ CABANIS

Film de Thomas Bardinet | 1h15 | 2012 Nino a 16 ans, les vacances commencent et son cœur balance entre Natacha, une très belle fille, comédienne au théâtre comme dans la vie, et la délicieuse Nathalie qu’il connait depuis toujours. Celleci refuse que « l’homme de sa vie » s’éloigne d’elle aussi inexorablement que son enfance… Rencontre avec le réalisateur Thomas Bardinet à l’issue de la projection.

© Thomas Bardinet / NiZ !

RENCONTRE

CONCERT

Nino et nous

Dimanche 16 février à 16h Médiathèque JOSÉ CABANIS NINO c’est, bien sûr, le grand Nino Ferrer, artiste aux multiples facettes, ayant produit, au fil de 4 décennies (des années 1960 aux années 1990), une œuvre originale et audacieuse. NOUS, c’est cette nouvelle génération de musiciens, qui a connu Nino dès le biberon et qui, plus ou moins régulièrement, a remis le nez dans son œuvre, comme on retourne à des plaisirs évidents. Nino, pour nous, c’est un peu comme le bonheur qu’il nous raconte dans son ultime album : « Il est juste à côté, là tout près, (…) à portée de ta main ». Il ne s’agit pas ici de dérouler une galerie de célébrités, mais de créer un spectacle où l’œuvre est au cœur. Et c’est bien une visite des aspects variés et méconnus de sa discographie que nous proposons. Avec la participation de Zedrine, chanteur, poète slameur, qui a fondé en 2007 le collectif slam/rock Enterré sous X. Alima Hamel, chanteuse du groupe Monkomarok (1998 à 2008) a joué plus de 400 concerts, passant par les scènes de nombreux festivals jazz, world, rock. Nicolas Scharff, chanteur et percussionniste dans les groupes Partido Bom, Madrugada et Samba Funk Expérience est une figure toulousaine des musiques brésiliennes.

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abécédaire

par pierre ferrari Alfred Dunhill, l' Bateau radiocommandé construit à la Martinière par Nino dont les roues à aubes sont en boîtes de tabac, les pâles en morceaux de cintres et la cheminée en tube d’aspirateur. Arthur Ferrari Auteur-compositeur-interprète, fils cadet de Nino, talentueux dandy, pincesans-rire et flegmatique, né à Cahors en 1979, papa de Marcus. Barberine Barberine est un être tout à fait imaginaire 1. Barberine production  Créée par Pierre et Arthur en 2007, décoration, édition musicale, production mais aussi studio d’enregistrement originellement créé par Nino en 1977 où il enregistre ses albums. Arthur remet le studio en activité pour y enregistrer son album et l’ouvrir aux artistes. Blanat Album autoproduit dans le château du même nom en 1976.

40

Blanat, Château de Château du Lot où Nino a enregistré son album éponyme en 1976.

Caroline Bouyer Artiste graveur, elle initie Nino à cet art en 1997 et ils deviennent très vite amis. Crosio, il Maison de la famille Ferrari à Stazzano dans le Piémont où Nino a passé une grande partie de son enfance pendant la guerre. Diane Veret De Montrouge, artiste céramiste, musicienne, ingénieur du son, compositeur, muse et amie. Estardy, Bernard Dit le Baron, musicien, ami et faiseur de tubes, il crée le studio CBE en 1966. Fiat Balilla Mille Automobile acquise par Nino dans les années 1950, laissée chez M. Tenconi à Milan en restauration pendant 30 ans. Fred Bernard Dessinateur, illustrateur, artiste, ami de Nino, bourguignon et motard. Gottamou Trio composé par Nino Ferrer, Bernard Estardy et Richard Hertel en 1966. Higelin, Jacques Nino l’adorait. Micky a joué avec lui.

Hugo Pratt Ami de Nino. Rencontre en 1975, ils se laissent des messages au Caffè Florian à Venise. Il donnera les traits de Nino au capitaine romantique de Corto Maltese en Sibérie. Italie Pays natal de Nino, spécialité de pâtes, entre autres. Jubilées, les Choristes du 1er groupe de Nino. Kinou Ferrari Figure majeure des 20 e et 21e siècles, épouse de Nino, mère de Pierre et Arthur. Productrice, photographe, cuisinière, attentive et prévenante, généreuse et sans concession. Indispensable. Leggs Groupe britannique composé de Keith Boyce, Ron Thomas, Brian Johnston, Micky Finn (les Heavy Metal Kids) qui accompagna Nino sur Nino Ferrer & Leggs, Blanat et Concert chez Harry. Lion Signe astrologique de Nino, il s'est inspiré d'une bague à tête de lion qu'il portait pour dessiner l'emblème qui orne sa basse Favino et la pochette de Rats and Roll's. Manu Dibango Musicien et artiste, accompagnateur de Nino en 1967 à qui il confie la direction de son orchestre en 1967 et 1968.

Martinière, la Maison du vieux sud à l’américaine dans le hameau de la Jonchère à Rueil Malmaison où Nino et Kinou s’installent en 1968. Matton, Charles Grand artiste, il réalise la pochette de l’album Suite en œuf. Radiah a présenté Charles à Nino en 1972. Mirza Nom du chien qu’une dame avait perdu lors d’une soirée à Juan les Pins en 1964 qui a inspiré à Nino son célèbre tube. Micky Finn Guitariste de génie et grand ami de Nino, disparu en 2013. « Si Mozart avait connu Micky ils auraient bu beaucoup de whisky. »2 Montecristo Cigares préférés de Nino. Montcuq 46800, chef lieu de canton dans le Lot. Nino se voit remettre les clés de la ville en 1991. Célèbre pour sa tour et son facteur. Mounette Mère de Nino, lectrice invétérée, amoureuse des arts et des lettres, romantique apolitique, cuisinière de talent, conteuse. Lors d'un voyage en avion en 1934, un moteur prend feu, l’avion se pose en catastrophe et lui cause une peur terrible  : Nino a toujours voyagé en voiture ou en bateau.

Nino Ferrer 1934-1998, auteur, compositeur, interprète, peintre, graveur, mari, père, ami, bâtisseur et amoureux de la vie...

Philippe Seiller Éditeur et grand ami de Nino, il reprend la suite de Roger Seiller à la tête des éditions Paul Beuscher.

Noé, l'arche de Spectacle mêlant cirque et théâtre avec le Théâtre de l’Unité, à Pantin en 1986, Nino écrit et compose la musique, il interprète Dieu le père.

Pipe Objet servant principalement à fumer. Nino est élu 1 er fumeur de pipe par la confrérie des maîtres pipiers de Saint-Claude en 1993.

Nouvelle-Calédonie île du Pacifique, terre natale et paradis de Mounette, maman de Nino.

Perrine Crubilé Maman de Louise, compagne d'Arthur et attachée de presse.

Oscar, Milton, Ity, Roddy, Batou, Ugêne, Vanille, Victor, Tapotam, Ragnagna, « Vania, Pompon, Siam et Valentin » 3  Beloved fury companions, bêtes à poils qui de tout temps ont accompagné Nino.

Quinou voir Kinou

Pierre Ferrari Pietro Luigi Marcello Maria 3-12-1901 / 1-8-1981 Père de Nino, poète, ingénieur pour le nickel, inventeur, relieur, électronicien, spécialiste en fabliaux médiévaux, grand ami de Carlo Mollino qui dessina l’ex-libris de la famille Ferrari. Pierre Ferrari Fils ainé de Nino, chef décorateur, scénographe et directeur artistique. «  Le linge étendu sur la terrasse ce sont ses couches… »

Radiah Mannequin, artiste, chanteuse, muse, le sud, le bonheur. Kinou : « Radiah, c'est la famille ! ». Robert, Madame Chanson de 1967 et institutrice. Rockenbol Groupe composé en 1980 de Magali Pietri, Philippe Rigal, Joël Segura, Alain Lecocq et Michel Salvagniac. Magali aux chœurs, Philippe à la guitare, Joël à la basse et Alain à la batterie, basse, clavier, et ingénieur du son, accompagneront Nino sur les albums la Carmencita (Magali), Ex Libris, Rock’n roll cowboy, et 13e album (Alain).

Richard Bennett Musicien de jazz ayant monté sa formation  : Les Dixie Cats, il a été directeur artistique chez CBS, voyant extralucide, tout de blanc vêtu, un ami de longue date… Souchard, Olivier Réalisateur multi-talent, soutien et grand ami de Pierre et de la famille Ferrari. Sud, le C’est un endroit qui ressemble à la Louisiane, à l’Italie, le temps dure longtemps et c’est joli. Taillade, la Maison forte de 1430 dans le Lot, près de Montcuq, où Nino s’installe avec sa tribu à la fin de l’été 1977. Taillade, le studio Studio d’enregistrement crée par Nino en 1977, voir Barberine production. Thérèse Chasseguet Chef de produit chez Barclay, unique et irremplaçable. Ugêne voir Oscar Verlinde, Claude Peintre. Kinou et Nino se promènent rue de l’Université en 1970 et tombent en amour de sa toile qui deviendra la pochette de Métronomie.

Voitures Une de ses passions, Rosengart, Fiat 508 S Balilla sport « Coppa d’Oro », Roll’s Royce Silver Wraith, Bentley Continental S2, Austin Healey, Jaguar MKII, Maserati, Austin mini break countryman, Range Rover, 205 GTI, 4L… Whisky Avec ses Montecristo, Nino préfère un armagnac. Xlr Connecteur utilisé pour relier différents appareils professionnels appartenant au domaine du spectacle, Nino en utilisait couramment. Au studio de la Taillade : « Arthur, passe moi un jack xlr s'il te plaît ». Yeux Bleus, taille 1m79, 70 kg, nom Ferrari, prénoms Nino Agostino Arturo Maria. Zanzibar « … Et puis chez un Monsieur de Zanzibar qui s’appelle Milton Édouard, Je l’ai cherché à Marcq-en-Bareuil, à la porte d’Auteuil, à Gallipoli, aux États-Unis, Je n’ai jamais pu savoir où est-ce qu’il était, et pourtant je l’ai vraiment bien cherché. »4 1 : Barberine, La Carmencita, 1985 2 : L’année Mozart, La Désabusion, 1993 3 : Chanson pour petit bout, Suite en œuf, 1975 4 : Mon copain Bismark, 1967

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abécédaire

par pierre ferrari Alfred Dunhill, l' Bateau radiocommandé construit à la Martinière par Nino dont les roues à aubes sont en boîtes de tabac, les pâles en morceaux de cintres et la cheminée en tube d’aspirateur. Arthur Ferrari Auteur-compositeur-interprète, fils cadet de Nino, talentueux dandy, pincesans-rire et flegmatique, né à Cahors en 1979, papa de Marcus. Barberine Barberine est un être tout à fait imaginaire 1. Barberine production  Créée par Pierre et Arthur en 2007, décoration, édition musicale, production mais aussi studio d’enregistrement originellement créé par Nino en 1977 où il enregistre ses albums. Arthur remet le studio en activité pour y enregistrer son album et l’ouvrir aux artistes. Blanat Album autoproduit dans le château du même nom en 1976.

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Blanat, Château de Château du Lot où Nino a enregistré son album éponyme en 1976.

Caroline Bouyer Artiste graveur, elle initie Nino à cet art en 1997 et ils deviennent très vite amis. Crosio, il Maison de la famille Ferrari à Stazzano dans le Piémont où Nino a passé une grande partie de son enfance pendant la guerre. Diane Veret De Montrouge, artiste céramiste, musicienne, ingénieur du son, compositeur, muse et amie. Estardy, Bernard Dit le Baron, musicien, ami et faiseur de tubes, il crée le studio CBE en 1966. Fiat Balilla Mille Automobile acquise par Nino dans les années 1950, laissée chez M. Tenconi à Milan en restauration pendant 30 ans. Fred Bernard Dessinateur, illustrateur, artiste, ami de Nino, bourguignon et motard. Gottamou Trio composé par Nino Ferrer, Bernard Estardy et Richard Hertel en 1966. Higelin, Jacques Nino l’adorait. Micky a joué avec lui.

Hugo Pratt Ami de Nino. Rencontre en 1975, ils se laissent des messages au Caffè Florian à Venise. Il donnera les traits de Nino au capitaine romantique de Corto Maltese en Sibérie. Italie Pays natal de Nino, spécialité de pâtes, entre autres. Jubilées, les Choristes du 1er groupe de Nino. Kinou Ferrari Figure majeure des 20 e et 21e siècles, épouse de Nino, mère de Pierre et Arthur. Productrice, photographe, cuisinière, attentive et prévenante, généreuse et sans concession. Indispensable. Leggs Groupe britannique composé de Keith Boyce, Ron Thomas, Brian Johnston, Micky Finn (les Heavy Metal Kids) qui accompagna Nino sur Nino Ferrer & Leggs, Blanat et Concert chez Harry. Lion Signe astrologique de Nino, il s'est inspiré d'une bague à tête de lion qu'il portait pour dessiner l'emblème qui orne sa basse Favino et la pochette de Rats and Roll's. Manu Dibango Musicien et artiste, accompagnateur de Nino en 1967 à qui il confie la direction de son orchestre en 1967 et 1968.

Martinière, la Maison du vieux sud à l’américaine dans le hameau de la Jonchère à Rueil Malmaison où Nino et Kinou s’installent en 1968. Matton, Charles Grand artiste, il réalise la pochette de l’album Suite en œuf. Radiah a présenté Charles à Nino en 1972. Mirza Nom du chien qu’une dame avait perdu lors d’une soirée à Juan les Pins en 1964 qui a inspiré à Nino son célèbre tube. Micky Finn Guitariste de génie et grand ami de Nino, disparu en 2013. « Si Mozart avait connu Micky ils auraient bu beaucoup de whisky. »2 Montecristo Cigares préférés de Nino. Montcuq 46800, chef lieu de canton dans le Lot. Nino se voit remettre les clés de la ville en 1991. Célèbre pour sa tour et son facteur. Mounette Mère de Nino, lectrice invétérée, amoureuse des arts et des lettres, romantique apolitique, cuisinière de talent, conteuse. Lors d'un voyage en avion en 1934, un moteur prend feu, l’avion se pose en catastrophe et lui cause une peur terrible  : Nino a toujours voyagé en voiture ou en bateau.

Nino Ferrer 1934-1998, auteur, compositeur, interprète, peintre, graveur, mari, père, ami, bâtisseur et amoureux de la vie...

Philippe Seiller Éditeur et grand ami de Nino, il reprend la suite de Roger Seiller à la tête des éditions Paul Beuscher.

Noé, l'arche de Spectacle mêlant cirque et théâtre avec le Théâtre de l’Unité, à Pantin en 1986, Nino écrit et compose la musique, il interprète Dieu le père.

Pipe Objet servant principalement à fumer. Nino est élu 1 er fumeur de pipe par la confrérie des maîtres pipiers de Saint-Claude en 1993.

Nouvelle-Calédonie île du Pacifique, terre natale et paradis de Mounette, maman de Nino.

Perrine Crubilé Maman de Louise, compagne d'Arthur et attachée de presse.

Oscar, Milton, Ity, Roddy, Batou, Ugêne, Vanille, Victor, Tapotam, Ragnagna, « Vania, Pompon, Siam et Valentin » 3  Beloved fury companions, bêtes à poils qui de tout temps ont accompagné Nino.

Quinou voir Kinou

Pierre Ferrari Pietro Luigi Marcello Maria 3-12-1901 / 1-8-1981 Père de Nino, poète, ingénieur pour le nickel, inventeur, relieur, électronicien, spécialiste en fabliaux médiévaux, grand ami de Carlo Mollino qui dessina l’ex-libris de la famille Ferrari. Pierre Ferrari Fils ainé de Nino, chef décorateur, scénographe et directeur artistique. «  Le linge étendu sur la terrasse ce sont ses couches… »

Radiah Mannequin, artiste, chanteuse, muse, le sud, le bonheur. Kinou : « Radiah, c'est la famille ! ». Robert, Madame Chanson de 1967 et institutrice. Rockenbol Groupe composé en 1980 de Magali Pietri, Philippe Rigal, Joël Segura, Alain Lecocq et Michel Salvagniac. Magali aux chœurs, Philippe à la guitare, Joël à la basse et Alain à la batterie, basse, clavier, et ingénieur du son, accompagneront Nino sur les albums la Carmencita (Magali), Ex Libris, Rock’n roll cowboy, et 13e album (Alain).

Richard Bennett Musicien de jazz ayant monté sa formation  : Les Dixie Cats, il a été directeur artistique chez CBS, voyant extralucide, tout de blanc vêtu, un ami de longue date… Souchard, Olivier Réalisateur multi-talent, soutien et grand ami de Pierre et de la famille Ferrari. Sud, le C’est un endroit qui ressemble à la Louisiane, à l’Italie, le temps dure longtemps et c’est joli. Taillade, la Maison forte de 1430 dans le Lot, près de Montcuq, où Nino s’installe avec sa tribu à la fin de l’été 1977. Taillade, le studio Studio d’enregistrement crée par Nino en 1977, voir Barberine production. Thérèse Chasseguet Chef de produit chez Barclay, unique et irremplaçable. Ugêne voir Oscar Verlinde, Claude Peintre. Kinou et Nino se promènent rue de l’Université en 1970 et tombent en amour de sa toile qui deviendra la pochette de Métronomie.

Voitures Une de ses passions, Rosengart, Fiat 508 S Balilla sport « Coppa d’Oro », Roll’s Royce Silver Wraith, Bentley Continental S2, Austin Healey, Jaguar MKII, Maserati, Austin mini break countryman, Range Rover, 205 GTI, 4L… Whisky Avec ses Montecristo, Nino préfère un armagnac. Xlr Connecteur utilisé pour relier différents appareils professionnels appartenant au domaine du spectacle, Nino en utilisait couramment. Au studio de la Taillade : « Arthur, passe moi un jack xlr s'il te plaît ». Yeux Bleus, taille 1m79, 70 kg, nom Ferrari, prénoms Nino Agostino Arturo Maria. Zanzibar « … Et puis chez un Monsieur de Zanzibar qui s’appelle Milton Édouard, Je l’ai cherché à Marcq-en-Bareuil, à la porte d’Auteuil, à Gallipoli, aux États-Unis, Je n’ai jamais pu savoir où est-ce qu’il était, et pourtant je l’ai vraiment bien cherché. »4 1 : Barberine, La Carmencita, 1985 2 : L’année Mozart, La Désabusion, 1993 3 : Chanson pour petit bout, Suite en œuf, 1975 4 : Mon copain Bismark, 1967

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Pour aller plus loin

* Les documents suivants sont disponibles à la Bibliothèque de Toulouse.

Livres

Albums

La mélancolie de Nino *

Enregistrement public *

Franck Maubert | Scali | 2006 C’est irréparable *

Henry Chartier | Le Bord de l’eau | 2007 Chansons de Nino Ferrer en bandes dessinées *

Petit à Petit | 2007 Du noir au sud *

Christophe Conte | Éditions n°1 | 2005 Le téléfon *

Nino Ferrer | Didier jeunesse | 2001

1966

Nino Ferrer

1967

Nino Ferrer

1969

rats and roll’s

1970

Metronomie *

1972

L’indispensable *

Rock and roll cow-boy *

Nino Ferrer *

13e album *

le téléfon

la désabusion

tendres années

Nino Ferrer & compagnie

Nino Ferrer *

Concert chez Harry *

Nino Ferrer « Intégrale »

1982 1983

1986 1993 1993

2002

1991

2001 2001

2003

2004 2004

Je chante Nino Ferrer *

Nino ferrer and leggs *

1973

compilations

les 50 plus belles chansons *

Top Nino Ferrer *

Nino and Radiah et le sud *

On dirait le sud

L’intégrale *

Paul Beuscher | 1994 (partition) Paul Beuscher | 1999 (partition) On dirait Nino *

Paul Beuscher | 2005 (partition) L’arche de Nino *

Frédéric Bernard | Seuil jeunesse | 2000 Textes *

Nino Ferrer | Belles lettres | 1994

1974

Suite en œuf *

1975

Véritable variétés verdâtres *

1977

Blanat *

1987

Satanée Mirza *

1989

je veux être noir

1998

1979

Sacré Nino *

la carmencita

Mamadou mémé *

1981 42

Ex-libris

2007 2013

Nino swing *

2013

Nino kids *

2013

1998

2000

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Pour aller plus loin

* Les documents suivants sont disponibles à la Bibliothèque de Toulouse.

Livres

Albums

La mélancolie de Nino *

Enregistrement public *

Franck Maubert | Scali | 2006 C’est irréparable *

Henry Chartier | Le Bord de l’eau | 2007 Chansons de Nino Ferrer en bandes dessinées *

Petit à Petit | 2007 Du noir au sud *

Christophe Conte | Éditions n°1 | 2005 Le téléfon *

Nino Ferrer | Didier jeunesse | 2001

1966

Nino Ferrer

1967

Nino Ferrer

1969

rats and roll’s

1970

Metronomie *

1972

L’indispensable *

Rock and roll cow-boy *

Nino Ferrer *

13e album *

le téléfon

la désabusion

tendres années

Nino Ferrer & compagnie

Nino Ferrer *

Concert chez Harry *

Nino Ferrer « Intégrale »

1982 1983

1986 1993 1993

2002

1991

2001 2001

2003

2004 2004

Je chante Nino Ferrer *

Nino ferrer and leggs *

1973

compilations

les 50 plus belles chansons *

Top Nino Ferrer *

Nino and Radiah et le sud *

On dirait le sud

L’intégrale *

Paul Beuscher | 1994 (partition) Paul Beuscher | 1999 (partition) On dirait Nino *

Paul Beuscher | 2005 (partition) L’arche de Nino *

Frédéric Bernard | Seuil jeunesse | 2000 Textes *

Nino Ferrer | Belles lettres | 1994

1974

Suite en œuf *

1975

Véritable variétés verdâtres *

1977

Blanat *

1987

Satanée Mirza *

1989

je veux être noir

1998

1979

Sacré Nino *

la carmencita

Mamadou mémé *

1981 42

Ex-libris

2007 2013

Nino swing *

2013

Nino kids *

2013

1998

2000

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exposition

Livret

Cette exposition qui voit le jour grâce au soutien de la Bibliothèque de Toulouse, est coproduite par Production Nino Ferrer et Barberine Production, en partenariat avec les éditions Paul Beuscher / Arpège, l'Ina, France Bleu et France 3.

Photo de couveture © Pietro Pascuttini Photos pages 2, 8, 10, 13, 14, 16, 18, 20, 23, 24, 27, 28, 30, 32 © Mirela Popa Photos pages 4, 6 © Kinou Ferrari

Commissariat d'exposition : Pierre Ferrari Co-commissaires : Kinou Ferrari, Arthur Ferrari Commissaire associé : Olivier Souchard Coordinatrice : Perrine Crubilé Scénographie : Pierre Ferrari www.nino-ferrer.com www.barberine.com

Rédaction : Pierre Ferrari, Olivier Souchard, Bibliothèque de Toulouse Graphisme : Amélie Castan-Roi Remerciements : Caroline Bouyer, Fred Bernard, Mirela Popa, Arianna Pascuttini, Didier Varrod, Perrine Crubilé, Kinou Ferrari, Chloé Demey, Olivier Souchard

Communication : Marie Mortier Suivi de communication : Claire Gramont Graphisme : Amélie Castan-Roi Espace web : Fleur Bouillanne, Sébastien Gueux Coordination générale : Laurie Araguas, Claire Ramon Assistante et programmation : Adeline Pinet Chargée d'administration : Gégé Borrego Régisseurs : Alexandre Linares, Fabrice Rastoul, Jonathan Rubio Ressources bibliographiques : Danièle Fumat, Amandine Minnard, Mouna Nasser Ina : Héléne Bettembourg, Chantal Delmont

de Toulouse Bibliothèque .fr eque.toulouse www.biblioth 44

Livret • Impression : Imprimerie Toulouse Métropole Pochette • Impression : Imprimerie Amadio / Visuel © Nino Ferrer (voir Lion p. 40)

Événement Nino Ferrer


Nino Ferrer livret d'exposition  

Nino Ferrer - il était une fois l'homme

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