Situation de la femme africaine: Des bas et du moins-bas

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«Les Criseroyaumes Libyenne de : Savannah», une Les manifestations histoire acculentsinistre les au cœurrivaux d’uneau ville camps surréaliste dialogue

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La plus grande exposition jamais organisée sur la mode africaine vient d’ouvrir à Londres

Issue Issue 1822 1822 -- Aout Aout 01/08/2022 01/08/2022

Situation de la femme africaine: Des bas et du moins-bas

Situation de la femme africaine: Des bas et du moins-bas

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Bassam Rady.. De la classe et de la distinction


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Issue 1822 - Aout 01/08/2022

Ons Jabeur à La «Majalla»: Je compte remporter plus d’un titre ٦٧

La ruée des touristes algériens sur la Tunisie: Du business certainement, mais racines aussi ٢٣

La violence intercommunautaire domine les rues soudanaises Éditeur en chef

HH Saudi Research and Marketing (UK) Ltd

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Fortes pluies à Fujairah Vue générale des eaux de crue après une journée de fortes pluies à Fujairah, Émirats arabes unis, le 28 juillet 2022. (Reuters)

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Miss Liban

Miss Liban nouvellement couronnée, Yasmina Zaitoun, au centre, réagit après avoir remporté le titre à Beyrouth, au Liban, tard le dimanche 24 juillet 2022. Le concours de beauté a eu lieu à Beyrouth, après une interruption de trois ans, en raison de la crise économique du pays et la pandémie de Coronavirus. (PA) 05

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Encouverture Situation de la femme africaine: Des bas et du moins-bas Les femmes d’Afrique.. Victimes à tout jamais Par : Nasreddine Ben Hadid A lire les médias aussi bien en Afrique qu’à travers le monde, et chercher à dresser une imagetype de la femme africaine, on trouverait bien celles des femmes pauvres, pleines de misères, de désolations, et surtout de résignation. Aussi, on trouverait bien des images moins tristes, et même de réussites, de femmes qui ont pu aussi, chacune dans son pays, à travers le continent, ou même à travers le monde, réussir, et présenter une

Joyce Banda, l’ancienne présidente du Malawi

image plus que positive de la femme africaine. Il faut avouer trois choses : * L’impossibilité de réduire la femme africaine, en une image et une seule. * Il serait fort réducteur d’oublier que depuis la vague des indépendances, l’Afrique, concernant le sujet de la femme, et même d’autres, n’a pas marché du même pied. A savoir, des décalages énormes entre pays, mais aussi à l’intérieur de certains pays. * Réduire la femme africaine, serait inefficace, car une forte diaspora, en Europe surtout, même si elle est géographiquement hors du continent, reste viscéralement très attachée à ses origines. Delà, tout en prenant en considération cette singularité géographique, qu’on doit nuancer, on ne doit omettre cette dimension. Néanmoins, qu’il s’agisse de femmes aussi célèbres que Miriam Makeba, la Reine Nzinga, ou Angélique Kidjo, et bien d’autres, ou des ces inconnues, dont les images ont été rapportées par des photographes surtout, la pesanteur de la colonisation reste encore très grand, et même pesant, pour ne pas dire déterminant, même après

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Miriam Makeba

des décennies d’indépendance. Il faut reconnaitre, que l’image de la femme africaine, est plus portée vers la misère urbaine, ainsi que la sécheresse porteuse de la mort. Bien que l’Afrique compte à la fois des pays à bas et à moyens revenus, le taux de pauvreté y est encore élevé. La majorité des femmes travaillent dans des conditions précaires, sont mal payées, et ont très peu de possibilités de promotion. Sur le plan purement politique, le continent africain a fait preuve de son engagement à promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. Les pays africains ont presque tous ratifié la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, et plus de la moitié d’entre eux ont ratifié le Protocole sur les droits des femmes en Afrique de l’Union africaine. La déclaration de l’Union africaine faisant de 2010-2020 la décennie de la femme africaine constitue une autre étape importante de cet engagement. Les élections démocratiques se multiplient, et un nombre record de femmes s’y présentent avec succès. Cependant, la violence électorale est un souci croissant.

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La pesanteur de la colonisation reste encore très grand, et même pesant, pour ne pas dire déterminant, même après des décennies d’indépendance. Femme, éternelle victime ? «L’OMS estime à des millions le nombre de femmes africaines violentées, surtout dans le milieu conjugal, avec un taux de 41,6% en Afrique subsaharienne et 65,5% en Afrique centrale». Fléau de portée mondiale, les violences à l’égard des femmes ne connaissent a priori aucune frontière géographique. Amnesty international rapporte pour sa part qu’en Afrique du Sud, par exemple, tous les six heures, une femme est tuée par son compagnon.


Encouverture

Au Kenya, le Procureur général déclare que la violence conjugale était à l’origine de 47% des homicides ; et au Maroc, le Haut-commissariat au Plan (HCP) note un taux de prévalence de ces violences dépassant les 50%. Autant de chiffres qui mettent à mal les efforts mobilisés dans la lutte contre les violences faites aux femmes dont le bilan reste in fine mitigé. Cela témoigne du grand paradoxe de l’Afrique du 21ème siècle, qui a vu naître d’importants instruments internationaux pour la protection des droits humains, en même temps qu’on continue à y déplorer la violence faite à la gente féminine.

L’image de la femme africaine, est plus portée vers la misère urbaine, ainsi que la sécheresse porteuse de la mort.

Aux pesanteurs sociaux-culturelles, s’ajoute le sous-développement économique du continent, lequel aggrave la situation des femmes, spécialement en milieu rural où elles sont généralement analphabètes, placées en position de dépendance économique, ce qui ne leur laisse d’autre option que de rester avec un mari qui les violente, mais qui peut tout au moins leur fournir un toit et de la nourriture. Alors que la plupart des gouvernements africains reconnaissent l’émancipation des femmes comme un facteur essentiel de développement économique, la transition démographique sur le continent a été cependant plus lente que dans d’autres régions du monde. Or, on sait que l’accès des jeunes femmes aux services de planification familiale et de santé maternelle ainsi qu’à l’éducation crée des opportunités économiques. Certains pays africains ont d’ailleurs mis en place des initiatives innovantes pour accélérer cette transition démographique. Au Niger, pays dont le taux de fertilité est l’un des plus élevés de la planète (7,6 enfants par femme), «les écoles des maris», espaces de dialogue et de réflexion animés

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La Reine Nzinga


Angélique Kidjo

par des chefs traditionnels, respectés par leur communauté, visent par exemple à sensibiliser les hommes à l’importance du planning familial et de la santé maternelle. La femme est l’avenir du continent ? «Les femmes dirigent l’Afrique et elles devraient diriger l’Afrique», a indiqué le Dr Akinwumi A. Adesina, en présence du président Emmanuel Macron, de l’ex-secrétaire d’État américaine Hillary Clinton et d’autres participants des secteurs du gouvernement, du développement, du genre, de la société civile et des petites et moyennes entreprises (PME), lors du forum Génération Égalité qui s’est tenu fin juin à Paris. «Elles créent plus d’entreprises que les hommes – mais le problème qu’elles ont, c’est qu’elles n’ont pas accès au financement», a-t-il poursuivi, introduisant l’initiative panafricaine de la Banque africaine de développement pour combler le déficit de financement qui affecte les femmes entrepreneures en Afrique. Baptisée de l’acronyme AFAWA pour Affirmative finance Action for Women in Africa, cette initiative se veut une Action de financement positif pour les femmes en Afrique. Coordonnatrice pour

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la Banque africaine de développement de ce programme central du Département Genre, Femmes et Société civile. Faut-il encourager la participation des femmes en politique pour renforcer la démocratie sur le continent? C’est l’une des hypothèses qui a été discutée lors de la deuxième journée du sommet pour le constitutionnalisme et la consolidation

La majorité des femmes travaillent dans des conditions précaires, sont mal payées, et ont très peu de possibilités de promotion.


Encouverture

de la démocratie en Afrique. Ce sommet qui s’est réuni, au début du mois de juillet 2022, à Gaborone, la capitale du Botswana, d’anciens chefs d’État, des dirigeants en exercice et des acteurs de la société civile. Et pour des participants, les femmes en politique seraient le meilleur rempart contre les tripatouillages constitutionnels. La démocratie ne peut pas vivre si un président reste au pouvoir pendant 40 ans: c’est le plaidoyer lancé par ce parterre de femmes, dirigeantes et intellectuelles. Parmi elles Oby Ezekwesili, ancienne vice-présidente de la division Afrique de la banque mondiale et co-fondatrice de l’ONG Transparency International.

Les élections démocratiques se multiplient, et un nombre record de femmes s’y présentent avec succès. Cependant, la violence électorale est un souci croissant.

«Si nous avons constaté un recul démocratique sur le continent, il faut regarder en direction des hommes qui sont au pouvoir et leur dire «vous n’avez pas bien fait votre travail». Dans les cas où les femmes ont été aux manettes, est-ce qu’elles ont mieux dirigé ? Les données récentes montrent que oui». En visioconférence, Joyce Banda, l’ancienne présidente du Malawi a partagé son expérience d’outsider avant de prendre les rênes du pouvoir. Un parcours inhabituel. Pour pérenniser l’implication des femmes en politique, Tlotlego Chabalala, participante du Botswana, plaide pour leur sensibilisation. «Il faut une éducation citoyenne des femmes, surtout les plus jeunes. Elles doivent apprendre la politique au niveau local, que ce soit à l’école primaire ou secondaire, pour qu’elles aient envie de briguer des postes de leaders politiques». Si la sous-représentation des femmes n’est pas propre à l’Afrique, elle est plus importante qu’ailleurs dans le monde. Lors de la réunion, les participants ont plaidé pour une meilleure scolarisation des filles pour, à terme, favoriser

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La malnutrition, menace permanente


Éternelle pauvreté

une plus grande implication en politique. Bien que le continent recense l’un des plus forts taux de participation des femmes à la vie active (derrière l’Asie), les emplois précaires demeurent cependant la norme. Les femmes africaines travaillent bien souvent plus que les hommes et assument la plupart des tâches ménagères (non rémunérées). Des études réalisées dans quatre pays d’Afrique subsaharienne ont ainsi révélé que les agricultrices travaillaient en moyenne 467 minutes par jours contre 371 minutes pour les agriculteurs. La femme africaine, et l’argent ? Pourtant, bien que les femmes représentent près de la moitié de la population active agricole du continent, leur productivité est plus faible que celle de leurs homologues masculins. Au Malawi par exemple, une étude récente a révélé que les parcelles exploitées par des femmes avaient un rendement inférieur de 25% à celui des parcelles exploitées par des hommes. Pourtant, on estime que si les femmes avaient le même accès que les hommes aux intrants agricoles (semences, engrais etc.), chaque jour, dans le monde, entre 100 et

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150 millions de personnes cesseraient de souffrir de la faim. On oublie trop souvent que les femmes, en Afrique, contribuent énormément au commerce régional en traversant les frontières pour aller vendre leurs produits, pour fournir leurs services et apporter leurs compétences afin de répondre aux besoins économiques locaux. Les femmes représentent 70% des échanges informels transfrontaliers et génèrent ainsi 17,7 milliards de dollars par an en moyenne dans les 15 États membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe. Mais des obstacles tels que les barrières non tarifaires qui limitent les importations les empêchent de contribuer pleinement à la vie économique, tant au niveau régional que mondial. Dans les secteurs non agricoles, la majorité des femmes travaillent à leur compte dans le secteur informel. Mais elles ne peuvent développer leur entreprise à cause du manque d’accès au financement. De plus, dans le monde du travail, les femmes sont souvent reléguées à des secteurs moins productifs. Une récente étude réalisée en Ouganda a pourtant démontré que les femmes qui


Encouverture travaillent dans des secteurs à forte dominante masculine gagnent trois fois plus d’argent que celles qui occupent des emplois traditionnellement réservés aux femmes. Encore de l’espoir ? La parité homme-femme est l’une des principales priorités de la Banque mondiale. En 2013, nous avons lancé un Laboratoire d’innovation consacré à l’égalité des genres qui s’appuie sur des méthodes rigoureuses d’évaluation d’impacts pour identifier les causes de l’inégalité hommefemme. Et à trouver des solutions afin d’y remédier. Ces évaluations ont démontré par exemple qu’en Ouganda, un programme de formation permettant aux filles d’acquérir des compétences essentielles tant sur le plan personnel («life skills» en anglais) que professionnel, améliorait considérablement les conditions de vie des adolescentes. Nos chercheurs ont également constaté qu’au Burkina Faso, l’émancipation économique des adolescentes et de leurs familles avait un impact très positif sur leurs comportements sexuels et leur santé. Le président du Groupe de la Banque mondiale Jim Yong Kim a annoncé en mai 2013 une aide financière d’un milliard de dollars en faveur de l’Afrique des Grands lacs avec une attention particulière donnée aux femmes, catégorie de la population particulièrement vulnérable. Dans le cadre de cet engagement, la Banque a débloqué 107 millions de dollars pour lutter contre les violences basées sur le genre au Burundi, en République Démocratique du Congo et au Rwanda. Ce projet, unique en son genre en Afrique, compte offrir de nouvelles opportunités économiques aux survivantes de violences sexuelles en leur apportant des services intégrés de santé, de conseil et d’assistance juridique. Dans la région du Sahel, nous portons également une attention particulière aux femmes et aux filles comme l’illustre notre appui financier de 170 millions de dollars dans le cadre du projet Sahel Women’s Empowerment and Demographics

(projet d’autonomisation des femmes et de transition démographique). Cette aide vient s’ajouter aux millions de dollars déjà engagés par la Banque mondiale pour financer un programme en faveur de la santé maternelle et infantile au Sahel. Ce financement permettra d’améliorer les services de gynécologie-obstétrique et de médecine reproductive dans la région en les rendant plus accessibles et plus abordables. Il financera également la formation des sages-femmes et des infirmières en zones rurales et des initiatives en faveur des adolescentes, en soutenant notamment le développement de centres de formation. Si l’on veut mettre fin à la pauvreté dans le monde, misons sur les femmes. Cela est d’autant plus vrai en Afrique subsaharienne. Permettre à davantage de femmes d’accéder à de hautes responsabilités, leur donner la possibilité d’entreprendre, de consommer et de faire partie intégrante de la vie économique transformera le continent. Pour le meilleur.

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La violence intercommunautaire domine les rues soudanaises Le Soudan connaîtra-t-il jamais la paix ? Par : Jana Francis Trois ans après le renversement d’Omar AlBachir et le Soudan est toujours plongé dans l’instabilité. Il passe d’un coup d’État militaire à un autre et les Soudanais appelant à la démocratie maintiennent leur résistance plus que jamais. La capitale a connu beaucoup de manifestations depuis que le chef militaire, Abdel Fattah al-Burhan a lancé une prise de pouvoir en octobre dernier ce qui a fait dérailler la transition vers un régime civil. Des manifestations dans tout le pays Les manifestants continuent de descendre dans les rues pour s’opposer au régime militaire et tenter de se rapprocher du palais présidentiel sous les tirs de grenades lacrymogènes des forces de sécurités. En parallèle, le Soudan souffre aussi des affrontements tribaux meurtriers dans l’Etat du Nil Bleu où au moins 65 personnes sont mortes et des centaines blessées. Les autorités ont déployé les Forces de soutien rapide militaires et paramilitaires pour apporter la stabilité dans la région. Ils ont également imposé un couvre-feu nocturne et interdit les rassemblements dans les villes de Roseires

et d’Al-Damazin, la capitale de l’État, où les affrontements ont eu lieu. Alors que les membres de la tribu haoussa trouvent que la violence a éclaté après que les Birtas ont rejeté une demande haoussa de créer une«autorité civile pour superviser l’accès à la terre», les membres de la tribu Birta ont déclaré que la tribu répondait à une «violation» de ses terres par les Haoussas. Le coup d’Etat organisé par al Burhan a favorisé l’augmentation des violences tribales vu le vide sécuritaire établi dans un pays habitué à des affrontements brutaux à cause de la terre, l’eau... La question qui se pose dans ce contexte est alors : Qu’est-ce qui a mené à cette instabilité politique ? Omar Al-Bachir a pris le pouvoir suite à un coup d’État militaire en 1989 et a dirigé le Soudan pendant les 30 années suivantes. Après le renversement de son régime, un conseil militaire de transition a pris control ce qui signifia que le pouvoir militaire n’a pas fini et de même pour la révolution. Suite au massacre de Khartoum en 2019, le conseil militaire a accepté de partager le pouvoir

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Les mobilisations soudanaises contre le régime militaire continuent…

avec les manifestants pro-démocratie. Il a conclu un accord avec un groupe représentant les manifestants, c’est les Forces de la liberté et du changement. Ils ont accepté de partager le pouvoir pendant 39 mois dans un nouveau gouvernement de transition, puis d’organiser des élections en 2023. Ils avaient tous deux des sièges dans un comité mixte appelé le Conseil souverain dirigé par le général Abdul Fattah al Burhan. Il y avait aussi un cabinet civil dirigé par le Premier ministre Abdullah Hamdok. Cependant, cette transition a déraillé lorsque le général a décidé de prendre le pouvoir. Il a dissous le Conseil Souverain, a chassé le Premier ministre et a déclaré l’état d’urgence. Al-Burhan a décidé de renverser la situation contre tout le monde quatre semaines avant qu’il fût censé céder sa place à un civil. L’armée n’a jamais voulu partager le pouvoir avec les civils. En fait, les deux n’étaient jamais d’accord sur leurs buts et leurs visions pour le futur du Soudan.

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Au Soudan, on a l’impression que 2019 est de retour. Les généraux, dont le numéro deux de Burhan, le général Hemeti, ont pris le pouvoir de peur que si des civils prenaient le pouvoir, les chefs militaires seraient enfin tenus responsables des atrocités incontrôlées remontant au génocide du Darfour jusqu’au massacre du 3 juin 2019. Mais leur peur ne les pas les empêcher de déchaîner une vio-


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lence brutale contre les civils. Depuis octobre 2021, les Soudanais descendent dans la rue dans différentes régions du Soudan pour s’opposer au régime militaire et appeler à un pouvoir civil qui mettra fin à la crise humanitaire actuelle. Situation économique Le coup d’État militaire a aggravé la longue crise économique dans le pays qui a déclenché des troubles intercommunautaires dans des régions du pays. Le Soudan était en passe d’obtenir 50 millions de dollars d’allégement de sa dette. Il y avait aussi des promesses d’encore plus d’aide internationale. Cependant, la plus grande partie de cela était liée à la transition démocratique du Soudan, et maintenant cela est mis en doute, tout comme l’argent. Il n’y a aucune chance par exemple que les États-Unis, l’Union européenne, la Banque mondiale accepteront la défaite de la transition démocratique et décideront d’aider le Soudan financièrement. Au Soudan, on a l’impression que 2019 est de retour.

Les Soudanais réclamant la démocratie ont pu maintenir des manifestations hebdomadaires depuis Octobre ٢٠٢١ pour exprimer leur opposition

Pays dans un abîme Le Soudan a connu beaucoup de guerres civiles depuis son indépendance, en plus du manque d’unité, et l’implication de plusieurs superpuissances. Ainsi, il est évident de mentionner l’intervention étrangère. Le Soudan a été toujours contrôlé par des forces étrangères commençant par l’empire britannique qui a divisé le pays en deux territoires, le nord où il a modernisé les écoles et a encouragé l’islam, et le sud où les forces britanniques ont distribué le pouvoir entre les chefs tribaux, et les missionnaires chrétiens dirigeaient le système éducatif. Cela nous mène à constater que les tensions socioéconomiques ont commencé depuis le tournant du 20ème siècle. Vu son importance géopolitique, le pays a aussi formé une scène pour l’injection des armes des superpuissances mondiales ce qui a aggravé les tensions ethniques et religieuses. Durant la guerre froide, les Etats Unis et l’Union soviétique ont aussi intervenu dans le Soudan en déclenchant des guerres à travers des mandataires locaux . L’Union Africaine La position de l’union africaine est claire envers la situation au Soudan. Elle a annoncé en 2019 la suspension du Soudan de toutes ses activités«jusqu’à la restauration effective de l’Autorité de transition dirigée par des civils». Elle «condamne fermement la prise du pouvoir par l’armée soudanaise (...) et la dissolution du Gouvernement de Transition, et rejette totalement le changement anticonstitutionnel de gouvernement, qualifié d’inacceptable et d’affront aux valeurs partagées et aux normes démocratiques de l’UA». Les affrontements tribaux Nous avons précédemment mentionné les tensions internes qui ont toujours eu un im-

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Le Général Abdel Fattah Al-Burhan (Getty)

pact sur la situation économique et sociale du Soudan. Récemment, les affrontements tribaux ont éclaté dans plusieurs régions soudanaises notamment dans l’Etat du Nil Bleu, frontalier de l’Ethiopie. Cela nous mène à questionner qu’est ce qui mène à ces mauvaises relations entre les tribus. Gillian Musk, une analyste du Soudan, présidente de société pour l’étude des Soudans, Royaume-Uni, a déclaré que beaucoup de gens associent l’instabilité actuelle au gouvernement, et que la force militaire veut les attiser. Il convient peut-être au régime d’avoir une instabilité politique et sociale. Cela pousse les Soudanais à se sentir en insécurité et à penser que se tourner vers l’armée est une nécessité, mais cela les empêche également de se mobiliser contre le manque de démocratie en appelant aux droits de l’homme, à la justice, à la paix, et à toutes les demandes de la révolution de l’année 2019. Le régime militaire pourrait ne pas vouloir régler la question, donc la tension pourrait s’étendre à différentes parties du Soudan.

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C’est une phase où se façonnent les relations entre les élites politiques et les dirigeants locaux eux-mêmes. Etant donné qu’après le coup d’État, il y a eu une large politisation

Il est évident que la guerre russoukrainienne a affecté la plupart des pays africains, qu’en est -il alors d’un pays qui lutte déjà contre ses crises continues ?


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des dirigeants locaux, ainsi le conflit saute d’un endroit à un autre à cause de la concurrence du pouvoir et de la façon de dessiner l’avenir du Soudan. Ce qui se passe actuellement au Soudan n’est pas un cycle normal de violence tribale traditionnelle, mais les forces du régime militaire y jouent un rôle essentiel. Le basculement des rapports de force après Al Bachir a poussé les élites des groupes à se disputer sur le pouvoir et les ressources. Les manifestants pro-démocratie Les soudanais réclamant la démocratie ont pu maintenir des manifestations hebdomadaires depuis Octobre 2021 pour exprimer leur refus. Cette longévité et cette capacité de maintenir une manifestation pour une telle durée montrent qu’il y a un grand soutien pour la démocratie. Les manifestants essayent toujours d’être unis malgré les divisions qui peuvent apparaître contrairement à la politique de division aperçue chez les élites militaires. La guerre en Ukraine durcit la situation au Soudan Il est évident que la guerre russo-ukrainienne a affecté la plupart des pays africains, qu’en est -il alors d’un pays qui lutte déjà contre ses crises continues ? Beaucoup de facteurs économiques pourraient également restreindre la portée de la coopération russo-soudanaise. La situation alimentaire actuelle au Soudan pourrait plonger 20 millions de Soudanais dans l’insécurité alimentaire étant donné que le pays importe plus d’un tiers de son blé (86 à 87% de ses importations) de la Russie et de l’Ukraine. De plus, l’impact de la guerre, du coup d’État et des mauvaises récoltes aggravent la situation. La hausse des prix des denrées alimentaires a déclenché des protestations contre Burhan et Hemeti, tout comme ils l’ont fait contre le

président qui a gouverné pour 30 ans, Omar al-Bachir en 2019.En outre, les sentiments opposant à la Russie pourraient augmenter si la dernière ne fournit pas de blé supplémentaire au Soudan. Jusqu’à 250 entreprises soudanaises contrôlées par l’armée qui ont des relations avec la Russie pourraient faire face à des sanctions secondaires. Les exportations de la Russie ont entre-temps été gelées par des sanctions internationales radicales, limitant l’approvisionnement mondial en denrées alimentaires de base telles que le blé, l’orge et le maïs ainsi que les engrais Une paix inaccessible ? Suite à la présentation de la situation économique, sociale et politique actuelle du Soudan. Il apparaît clairement qu’aucun citoyen soudanais ne détient pas la clé de la paix et de la stabilité du pays. Seul le régime militaire peut mettre fin aux atrocités continues exercées contre les Soudanais. En plus du virus corona qui a pesé sur le pays en souffrance, la guerre en Ukraine aggrave la crise économique et humanitaire. Cependant, parvenir à la paix et à la démocratie n’est pas un chemin facile, ce qui pousse le peuple à constater que la division peut toujours frapper à la porte, mais dans l’unité et la connaissance, tout peut être réalisé. C’est ce que le peuple soudanais essaye de réaliser aujourd’hui. Malgré l’augmentation des affrontements tribaux et les enjeux quotidiens, les Soudanais tentent de se ressembler autour de leur objectif commun, celui de l’Etat civil et démocratique. La situation nous pousse à reconnaître que pendant les guerres politiques et économiques, qu’elles soient froides ou chaudes, seul le peuple paie le prix fort.

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Israël : Des élections anticipées pour éviter les échéances de la paix Par: Abdelkader Al-Zawi

Par: Abdelkader Zaoui

Le Knesset (Parlement israélien) a récemment adopté une loi d’autodissolution, pour permettre la tenue de nouvelles élections législatives début novembre prochain, soit la cinquième en trois ans et demi. Comme d’habitude, les raisons du recours à la dissolution du Knesset et à l’appel à un scrutin anticipé sont toujours dues à la fragilité des coalitions gouvernementales, principalement causée par l’écart étroit des résultats de vote des partis qui perdure depuis 1977 lorsque le parti Likoud a pu mettre fin à la domination du parti travailliste israélien sur la vie politique israélienne depuis sa création. Il est facile de constater que la situation actuelle ne fait pas exception à la règle, puisque le gouvernement a été contraint de dissoudre la Knesset après avoir perdu sa faible majorité (61 députés sur 120) et ce suite à la défection de deux députés du parti du premier ministre et d’un autre élu et leur refus de voter les projets de loi soumis au Knesset. Bien que les médias hébreux aient commencé à évoquer la férocité des élections à venir, les données actuelles qui émanent de l’arène politique israélienne ne laissent pas entendre l’avènement d’un changement majeur dans le paysage politique de la représentation de la société israélienne ou dans les propensions des électeurs, car on s’attend à ce que la domination des forces politiques d’extrême droite se poursuive avec des différences mineures dans la majorité de tel ou tel laissant envisager un possible retour du parti du Likoud sur le devant de la scène, mais toutefois être sûr de s’arroger la présidence du gouvernement.

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Ces prévisions données en faveur des forces de droite, tant laïques que religieuses, reposent sur le fait que les partis qui leur sont opposés demeurent encore dissociés et incapables de formuler un programme économique et social qui convaincrait et rassurerait l’opinion publique, sans oublier leur incapacité à formuler avec courage leurs idées sur l’avenir du processus de paix dans la région, qui, selon eux, n’évoluera jamais tant que la politique d’expansion des colonies se poursuivra. Les partis affiliés à la gauche (Travail et Meretz), en raison de la vague d’extrémisme qui prévaut sur le plan interne, ne continueront de résister que pour atteindre le seuil de représentation minimum (3,25 %) qui leur permettrait de survivre d’autant plus que les partis arabes n’arrivent pas à surmonter leurs clivages et demeurent incapables de rallier leurs forces pour obtenir 15 sièges au lieu de 10 maintenant. D’ailleurs, les déclarations du leader du mouvement islamique apportent la preuve la plus frappante de la poursuite de ces divisions, puisqu’il a affirmé que son mouvement préfère participer aux coalitions gouvernementales, quelles que soient leurs orientations, afin d’obtenir des « résultats concrets» pour son électorat au lieu de se placer sur le banc des observateurs figurants. Selon ces données, il est probable que l’état d’instabilité gouvernementale perdurera à l’avenir, notamment avec la persistance des différends personnels entre les dirigeants des partis de droite désignés pour former la prochaine coalition gouvernementale, lesquels différends alimentés par des accusations mutuelles sur un manque de propreté des comptes financiers pour


certains d’entre eux, et un manque de caractère pour les autres. Ce genre d’accusations est familier dans l’État hébreu et ne peut donc pas détourner l’attention d’un phénomène politique devenu étroitement lié à la vie parlementaire israélienne, qui trouve son origine dans l’implication des forces politiques dans tout conflit interne avec le recours à la dissolution du Knesset et l’organisation de nouvelles élections au lieu de penser à changer les règles électorales pour éviter la récurrence des changements politiques et mettre un terme à l’instabilité gouvernementale, qui est devenue une caractéristique permanente. Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas eu de tentatives de changement et de réforme du système électoral en Israël, qui est basé sur la représentation proportionnelle des listes, considérant l’ensemble du pays comme une seule circonscription. Mais la plupart d’entre eux ont échoué, à l’exception de la proposition de relever le seuil de voix obtenues pour entrer à la Knesset de 1 % auparavant à 3,25 % aujourd’hui. Les raisons de l’échec de ces tentatives sont liées à la conviction des institutions régaliennes de l’État hébreu (l’armée et la sécurité) que le système de représentation proportionnelle sur la liste fournit des résultats qui reflètent la force numérique réelle et effective des partis appelés à mettre leurs meilleurs éléments en haut de leurs listes, et offre également l’occasion de représenter les différentes composantes de la société israélienne multiraciale et pluri- ethnique et religieuse, en plus de ses disparités idéologiques. Mais finalement, ce ne sont que de simples prétextes, car même à la lumière de ce système électoral complexe, la dissolution du Knesset peut être évitée en reformant des alliances de partis, soit en les élargissant, soit en remplaçant l’un de leurs partis. Cependant, il semble que les institutions de référence de l’État hébreu préfèrent ordonner la dissolution du Knesset afin d’éviter les pressions internationales et

régionales concernant la mise en œuvre de ses obligations en vertu des accords de paix avec la partie palestinienne exigeant le retrait des territoires occupés, que l’Etat hébreu cherche à annexer. Et c’est exactement ce que les autorités israéliennes craignent avec la prochaine visite du président américain dans la région, car ils sont conscients que le président Biden soulèvera certainement la question de la reprise du processus de paix, dans le cadre de ses efforts pour promouvoir l’idée de l’intégration régionale au Moyen-Orient. Afin d’éviter toute pression, même molle, de sa part, et par peur de devoir s’engager, le Knesset a été dissout afin que le gouvernement se transforme automatiquement en un gouvernement de gestion des affaires courantes qui n’est pas habilité à décider des questions cruciales. Une analyse de l’évolution de la vie parlementaire israélienne révèle que la fréquence du recours à la dissolution de la Knesset et au retour aux urnes a fortement augmenté depuis 1996, c’est-à-dire depuis qu’Israël est devenu théoriquement lié par des traités de paix avec les Palestiniens et la plupart de ses voisins arabes. L’exemple le plus frappant de fuite en avant par la dissolution de la Knesset est ce qui est arrivé au gouvernement Barak, qui a pris le pouvoir à la mi-1999, mais après le déclenchement de l’Intifadha de septembre 2000, au lieu de donner satisfaction aux demandes palestiniennes et internationales et aux appels régionaux, il s’est précipité de dissoudre la Knesset et se diriger vers des élections anticipées qui ont conduit au pouvoir le radical Ariel Sharon, en 2001. Il semble qu’Israël est devenu maître dans l’art de gagner du temps... Mais jusqu’à quand continuera-t-il à adopter la politique de l’autruche notamment après la disposition d’une ouverture arabe à son égard, qui conditionne la volonté de coopération globale au succès du processus de paix avec la partie palestinienne.

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Il semble qu’Israël est devenu maître dans l’art de gagner du temps... Mais jusqu’à quand continuera-t-il à adopter la politique de l’autruche notamment après la disposition d’une ouverture arabe à son égard, qui conditionne la volonté de coopération globale au succès du processus de paix avec la partie palestinienne


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La ruée des touristes algériens sur la Tunisie: Du business certainement, mais racines aussi Pourquoi la Tunisie est la destination favorite des Algériens ? Par: Nasreddine Ben Hadid La visite effectuée par le président Tunisien Kaïs Saïed en Algérie, pour assister à la célébration de le soixantième anniversaire de l’indépendance de pays, le 5 juillet dernier, a constitué certainement l’occasion propice pour traiter maints dossiers avec son homologue Algérien. Reste le plus important pour les populations des deux pays, celui de l’ouverture des frontières terrestres, et permettre aux citoyens des deux côtés, dans les deux sens, de voyager librement et sans entraves. Car, il faut le rappeler, selon Foued Eloued, représentant de l’Office National du Tourisme Tunisien (ONTT), en Algérie, 94% des entrées algériennes en Tunisie, se fait par voie terrestre. Les Algériens aiment bien circuler en Tunisie dans leurs véhicules. Une décision tant espérée Dès l’annonce par le président Algérien Abdelmadjid Tebboune, que les frontières seront ouvertes à partir du 15 du même mois, une très grosse machine s’est mise en branle. Une vraie et réelle course contre la montre, entre les agences

de voyages. D’un côté, amasser un maximum de réservations, et de l’autre, disposer des prix les plus bas de la part des hôteliers tunisiens. Pour bien saisir l’importance de cette activité, les chiffres de 2019, sont d’une éloquence totale, et peuvent se passer de tout commentaire : La Tunisie a accueilli environ 3 millions de touristes algériens sur un total de 9 millions de touristes de diverses nationalités. La crise sanitaire a constitué une parenthèse qui a duré deux ans (2020 et 2021), privant la Tunisie des visiteurs algériens. Les frontières ont été fermées, et les vols suspendus entre les deux pays voisins. Le syndicat algérien des agences de voyage a révélé que pas moins d’un million d’Algériens visiteraient la Tunisie pendant cette saison estivale, après la récente décision des deux chefs d’État de rouvrir les frontières terrestres entre les deux pays le 15 juillet. La vice-présidente de la Fédération Tunisienne de l’Hôtellerie, Narjes Bouasker a annoncé, que les touristes algériens sont attendus en Tunisie, à partir du 20 juillet 2022.

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Les ministres, tunisien et algérien, de l’Intérieur en visite au poste frontière de Melloula

Dans une déclarationjournalière, la responsable a fait savoir que le nombre des demandes de renseignement formulées par les agences de voyage algériennes sur la destination tunisienne ont connu une augmentation après l’annonce de l’ouverture des frontières terrestres algérotunisiennes.

94% des entrées algériennes en Tunisie, se font par voie terrestre.

Selon Bouasker, cette décision est un «pas important» vers la relance de la saison touristique, ajoutant que les régions du Cap Bon et de Hammamet sont prêtes à accueillir les touristes algériens qui restent, selon elle, attirés par cette région du pays . Le tourisme reprend ses souffles… La Tunisie a accueilli, jusqu’au 30 juin courant, plus de 2 millions 102 mille 321 touristes de différentes nationalités, soit une hausse de 104% par rapport à la même période de l’année 2021, selon le directeur général de l’ONTT, Nizar Slimane.

progression de plus de 100% par rapport l’année écoulée.

Plus de 4 millions 750 mille touristes sont attendus au cours de l’année 2022, soit une

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Côté algérien, le président du Syndicat national des agences de voyages, Nadir Belhadj confirme, qu’il n’y a pas de rush sur la destination tunisienne pour des raisons pratiques, la période de la réouverture intervenant la veille de l’annonce des résultats du Baccalauréat 2022 en Algérie. «Pratiquement toute la population attendait les résultats des examens scolaires. Ce pourquoi il n’y a pas de rush», affirme Nadir Belhadj.

Pas moins d’un million d’Algériens visiteraient la Tunisie pendant cette saison estivale.

En revanche, le président du SNAV prévoit une hausse des départs de touristes algériens dans les tout prochains jours. «Il va y avoir un grand rush (vers la destination tunisienne) à partir du 23-24 juillet. Les gens vont se libérer des examens», prévoit-il, ajoutant que la «ruée» sera sur toutes les destinations, «pas uniquement la Tunisie». Selon Nadir Belhadj, cette tendance est observée chaque année, en dehors de la parenthèse de la Covid durant laquelle les frontières terrestres et aériennes étaient fermées ou partiellement fermées. «Aujourd’hui, les échos sont très favorables pour les agences de voyages qui veulent opérer sur la destination Tunisie», dit-il, ajoutant qu’il y aura un «grand boom» des vacanciers algériens. Le président du SNAV confirme la récente hausse des tarifs dans les hôtels tunisiens qui ont profité de la réouverture des frontières pour surenchérir. «La spéculation y est à 100 %. Quand les Tunisiens ont appris qu’il va y avoir la réouverture des frontières, les tarifs ont augmenté de 25-30 %», dévoile M. Belhadj.

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« Après avoir vu qu’il n’y a pas eu de rush, les hôtels ont repris leurs tarifs initiaux », relève-t-il. Une «aubaine» et «une très bonne opportunité» pour les agences de voyages algériennes, se félicite-t-il. Pour éviter la surenchère lors du prochain rush des vacanciers algériens, les agences de voyages ont d’ores et déjà pris les devants en réservant dans les hôtels et pris option sur des dates, des contrats ont été signés, etc. Ce qui exclut toute augmentation des tarifs, assure Nadir Belhadj. Mais il estime que pour les prochaines réservations, les augmentations seront inévitables, sous l’effet mécanique de la hausse de la demande. Prix concurrentiels Concernant les prix des nuitées en Tunisie, le président du SNAV confirme que la politique des tarifs qui est pratiquée par les hôteliers tunisiens est des plus alléchantes, d’où l’engouement que suscite cette destination chez les vacanciers algériens.

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«En prenant en compte les tarifs normaux hors inflation, un hôtel 4 étoiles en all inclusive (pension complète) le tarif est de 5 000 DA (34 dollars) par journée et par personne. Vous pouvez trouver des hôtels 3 étoiles à 3000 (20 dollars) -3 500 DA (34 dollars) (la nuitée). Ce sont les tarifs actuels», dévoile Nadir Belhadj. «Ces tarifs peuvent augmenter de 30 à 40 % » avec le rush attendu des vacanciers algériens,

Les Algériens aiment bien circuler en Tunisie dans leurs véhicules.


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fait-il observer. Hammamet, Nabeul, Sousse et Monastir restent les destinations tunisiennes les plus prisées par les Algériens, note le président du SNAV. Interrogé sur l’engouement que suscite la destination tunisienne auprès des Algériens qui sont des centaines de milliers à s’y rendre chaque année pour leurs vacances, Nadir Belhadj cite en premier lieu le facteur lié à la qualité/prix plus avantageux par rapport à ce qui se pratique en Algérie. «La formule all inclusive (en Tunisie) ce n’est même pas le petit-déj ici en Algérie», illustre-t-il. En plus des tarifs attractifs, il y a aussi les commodités, les attractions et l’ensemble des prestations proposées, ajoute-t-il.

A qui sert la manne financière ? Des experts, des deux côtés des frontières, s’accordent pour dire qu’une famille algérienne moyenne (deux adultes et deux enfants) dépenserait, pendant son séjour en Tunisie, pas moins de 100 euros par jour.

La faiblesse de l’offre touristique locale est dans une large mesure la cause qui pousse les vacanciers algériens à se tourner vers d’autres destinations touristiques, moins chères, mais aussi plus intéressantes en matière d’accueil et de prestations.

Au-delà du touriste algérien, qui séjourne en Tunisie lors de la saison touristique, pour rentrer chez, et repenser pour la saison suivante, à réviser la même destination, ou aller voir ailleurs, existe une frange d’Algériens, pour qui la Tunisie est une «seconde patrie», et même une patrie dans le vrai sens du mot.

Le tourisme «hors la loi» : Aussi important que puisse représenter le tourisme hôtelier algérien en Tunisie, une frange assez consistante des Algériens, préfèrent les appartements meublés, qu’ils louent chez des privés. L’axe côtier entre Nabeul et Kélibia au Nord, ainsi que celui entre Sousse et Mahdia au Centre, représentent les premiers choix des familles algériennes, qui ont pu, au long des années, tisser des liens solides avec les propriétaires. Des spécialistes du secteur estiment que plus de la moitié des Algériens, préfèrent séjourner hors des hôtels. D’où un «marché parallèle» que les autorités tunisiennes laissent faire, et même enfreindre la loi, car la majorité écrasante des locations des villas et appartements, meublés, se font sans «contrats». Même plus, existent des agences de voyages «parallèles» qui louent ces demeures, pour la saison estivale, et procèdent à la sous-louer selon une répartition préétablie.

Certes, cette masse financière va faire office de «bouffée d’oxygène» dans le vrai sens du mot, pour tous les opérateurs qui s’activent dans ce secteur, mais va profiter directement, moins, à l’économie, tant la majeure partie de ce tourisme se fait hors, et même loin des circuits bancaires. Des touristes… Mais pas uniquement

A commencer par les binationaux, issus de mariages mixtes, ou ayant obtenu l’autre nationalité suite à un mariage avec une personne de l’autre pays. Cette «population», pour qui le voyage, dans un

En 2019, la Tunisie a accueilli environ 3 millions de touristes algériens sur un total de 9 millions de touristes de diverses nationalités. 27 01/08/22


sens comme dans l’autre, n’a rien de «touristique» (dans le sens classique du mot). Il n’existe pas de statistiques officielles, mais certains évaluent leur nombre entre 300 milles et 350 milles, qui disposeraient d’un «lien de sang» dans le pays voisin. Et où la visite, dans un sens ou dans un autre, est loin d’une visite touristique. Nacer Djoudi, un jeune algérien, à l’instar de la majorité écrasante de compatriotes, pense à ses vacances. Reste, qu’il pense les passer en Tunisie, non pas dans un hôtel, ou dans «du meublé», mais plutôt dans la maison familiale à Tunis. Car, de mère Tunisienne, il a toujours pris la Tunisie pour une seconde patrie, où il se rend chaque année ou presque, à l’image d’un oiseau migrateur, qui doit accomplir un parcours annuel, plus que sacré. Cette «population» de personnes doublement liées, a le plus souffert tout au long de la période de fermeture des frontières.

Beaucoup n’ont pas pu assister au mariage d’un parent proche, ou être présent aux funérailles d’un autre parent. Nacer compte bien disposer de son congé pour accomplir une visite de retrouvailles, avec ses cousins, tantes et oncles, ainsi que tous ceux qui comptent pour lui. Il peut même se permettre un luxe jamais savouré : Stationner sa voiture à sa guise, surtout au centre-ville ainsi que sur les lieux touristiques, sans aucune peur du fameux «sabot», qui, tel un chasseur aguerri, prend un énorme plaisir à marquer ceux qui s’aventurent à garer leurs véhicules hors des parkings…. Tel est le cadeau offert aux touristes algériens par le ministre de l’Intérieur Tunisien, Taoufik Charfeddine.

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Ennahdha sur le banc des accusés

Rached Ghannouchi comparaît devant le Pôle antiterroriste Tunis – La Majalla En Tunisie, l’actualité ne tourne pas au ralenti. On y carbure à plein gaz au rythme d’évènements et d’incidents et chaque jour apporte son lot de surprises. Au pouvoir depuis 2011, alors qu’il veut surtout continuer à être un parti pivot, Ennahdha, le parti islamiste tunisien est pour la première fois confronté à un désaveu juridique, politique et social houleux, qui a poussé le président Tunisien Kaïs Saïed à prendre des mesures draconiennes en vue d’écarter définitivement les islamistes des arcanes des pouvoirs, politiques, civils et économiques, dans un pays où les caisses de l’Etat sont vides. Nul ne pensait que quelques mois après les mesures du 25 juillet, qu’Ennahdha allait connaître des déboires pouvant mettre un terme à l’expérience islamiste dans le pays. Tout a commencé il y a un an, le 25 juillet 2021, lors de la fête de commémoration de la République. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre le gouvernement appuyé par Ennahdha. Sur fond d’une crise sociale et sanitaire grave où le pays déplore plus de vingt cinq mille morts par Covid, les manifestants avaient pris à partie les locaux du parti islamiste et les ont incendiés. La colère populaire montait

d’un cran et des affrontements ont eu lieu entre les sympathisants du parti islamiste et des citoyens. Les manifestants ont scandé «Dégage» à l’encontre du gouvernement et du président de l’ARP, Rached Ghannouchi et appelé à la dissolution du Parlement. Anticipant une dégradation de la situation sécuritaire dans le pays, le chef de l’État Tunisien, Kaïs Saïed, a, dans la soirée du 25 juillet 2021 annoncé le gel du Parlement et le limogeage du chef du gouvernement. Il a avait aussi pris des mesures exceptionnelles tels que la levée de l’immunité des députés et l’interdiction de voyage à l’encontre de plusieurs hommes politiques et d’affaires. Saïed a aussi pris les commandes de l’exécutif et des forces de l’ordre. Les affaires se succèdent Privé de la complicité de la justice, Rached Ghannouchi, président du mouvement Ennahdha et président du Parlement dissous, a été convoqué, le mardi 19 juillet 2022, par le juge d’instruction. Il a à cet effet, comparu devant le Pôle antiterroriste en vue de son audition dans l’affaire dite de l’association caritative «Namaa» où il est accusé de «blanchiment d’argent» et de «financement d’activités terroristes». Plusieurs individus font actuellement l’objet d’enquête dans le cadre de

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Ghannouchi comparaît devant le Pôle antiterroriste

l’affaire «Namaa», avait souligné le département de l’Intérieur, précisant que ceux qui ont un domicile élu et légal en Tunisie ont été convoquées. En se basant sur les résultats d’investigations menées par la brigade antiterroriste de Bouchoucha (Tunis), contre d’anciens et actuels responsables de l’association caritative «Nama Tounes», pour blanchiment d’argent, des soupçons de financement de personnes ou d’organisations liées au terrorisme, à l’intérieur ou à l’extérieur du territoire tunisien, le ministère public relevant du Pôle de lutte contre le terrorisme a décidé d’ouvrir une enquête. Huit accusés sont actuellement en garde à vue, parmi une trentaine de suspects recherchés dont le fils de Rached Ghannouchi, Mouadh Ghannouchi, l’ancien chef du gouvernement islamiste Hammadi Jebali et l’ancien dirigeant du Mouvement Ennahdha Adel Daâdaâ. Toutes ces personnes ont été interdites de voyages et leurs avoirs en banque ont été gelés, suite à une décision du ministère public.

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Nul ne pensait que quelques mois après les mesures du 25 juillet, qu’Ennahdha allait connaître des déboires pouvant mettre un terme à l’expérience islamiste dans le pays. La justice enfin libérée Me Koutheir Bouallègue, membre du collectif de défense des martyrs Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, s’est félicité dans une déclaration à Majallah, de voir le procureur général près la cour d’appel de Tunis convoquer Rached Ghannouchi qui est soupçonné d’être «à la tête de l’appareil secret du mouvement Ennahdha».


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«La justice a finalement décidé de poursuivre en justice le chef d’Ennahdha», a-t-il asséné. Pour lui, «les criminels, les commanditaires et les personnes impliquées dans les assassinats politiques et le blanchiment d’argent seront démasqués quels que soient leur rang». Me Ridha Raddaoui, membre du collectif de défense de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, abonde dans le même sillage dans une déclaration à la «Majalla». Il a indiqué que les procédures judiciaires sont engagées et ce, à la suite de la décision de la ministre de la Justice d’ouvrir une enquête administrative contre Rached Ghannouchi souligne la fin de l’impunité. Il a indiqué à la «Majalla» que ce dernier a été auditionné pour ses liens avec «l’appareil secret» du mouvement Ennahdha et «la chambre noire» du ministère de l’Intérieur. Il a ajouté que «la justice n’est plus sous la domination du mouvement Ennahdha et des lobbies de la corruption qui gangrènent la Tunisie depuis dix ans». Il a par ailleurs encouragé l’Exécutif à l’urgence de prendre

des mesures contre Rached Ghannouchi, président du mouvement Ennahdha, parallèlement aux poursuites judiciaires engagées. Affaire Instalingo Sur le même plan, le juge d’instruction du deuxième bureau du Tribunal de première instance Sousse 2 en charge d’une autre affaire dite «Instalingo» où des responsables islamistes de premier rang y sont inculpés, a mandaté la direction des enquêtes dans les affaires criminelles de Gorjani (Tunis), afin de mener les investigations spécifiques complémentaires nécessaires dans cette affaire. Cette décision du juge d’instruction vient suite à de nouvelles données résultant des examens effectués. Le nombre de personnes concernées par l’enquête dans cette affaire s’est élevé à 33. Treize mandats de dépôt ont été émis (10 par le juge d’instruction ont été exécutés, alors que trois autres émis par la Chambre

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Gahnnouchi en direction du Pôle antiterroriste en vue de son audition dans l’affaire dite de l’association caritative «Namaa».


L’ancien chef du gouvernement islamiste Hammadi Jebali est lui aussi sous le coup de la loi dans l’affaire «Instalingo»

d’accusation auprès de la Cour d’appel ne l’ont pas été encore).Le procureur de la République Rochdi Ben Romdhane a affirmé que le nombre pourrait augmenter au fur et à mesure que l’enquête progresse. Il est à signaler que le comité de défense de Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi, assassinés en février et juillet 2013, a révélé au cours d’une conférence de presse, au mois de février 2022, «l’existence de données prouvant l’implication du président d’Ennahdha Rached Ghannouchi dans des affaires de blanchiment d’argent, d’intelligence avec des parties étrangères et d’espionnage sur des personnalités politiques et des responsables de l’Etat» . Il est à rappeler que Me Imène Gzara, membre du comité de défense dans l’affaire des deux martyrs, Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, a annoncé que 33 individus, dont le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, sont «officiellement accusés d’appartenance à une organisation terroriste.»

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Me Gzara, a annoncé que «le premier juge d’instruction au Bureau 23 du Pôle judiciaire antiterroriste a prononcé 17 chefs d’accusation contre 33 suspects, dont notamment l’appartenance à une organisation terroriste et le blanchiment d’argent.» Le comité de défense des martyrs Belaïd et Brahmi, avait annoncé que l’affaire dite de «l’appareil secret» du mouvement Ennahdha concerne plusieurs accusés, dont Rached Ghannouchi, et que ces derniers ont été interdits de voyager.

Privé de la complicité de la justice, Rached Ghannouchi, président du mouvement Ennahdha et président du Parlement dissous, a été convoqué, le mardi ١٩ juillet ٢٠٢٢, par le juge d’instruction.


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Crise Libyenne : Les manifestations acculent les camps rivaux au dialogue La Libye va-t-elle pouvoir sortir de la crise politique

Tunis- La Majalla Les multiples fermetures qu’ont connues les champs pétroliers en Libye sur fond de la crise politique et des tiraillements au sommet par des groupes tribaux dans le sud, le centre, le sud-ouest et l’est, ont fini par alimenter la colère des citoyens puisque la continuité des services publique n’est plus assurée qui ont provoqué des coupures d’électricité chroniques en pleine canicule. D’où la colère sans cesse montante poussant ainsi des milliers de libyens à protester dans la rue. Les manifestants, dont certains sont allés jusqu’à brandir le drapeau vert de l’ancien régime de Mouammar Kadhafi, ont crié leur colère contre l’incurie de leurs dirigeants et la détérioration des conditions de vie dans un pays pourtant doté des réserves pétrolières les plus abondantes d’Afrique. Selon eux, il est inacceptable que la Libye, qui est un producteur de pétrole brut et membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) avec une production quotidienne moyenne de 1,4 million de barils par jour, se trouve sans électricité.

C’est ainsi que le 1er juillet dernier, les manifestants ont forcé l’entrée du Parlement à l’aide d’un bulldozer avant d’y mettre le feu, à Tobrouk, dans l’extrême est du pays. Ils se sont attaqué à l’un des symboles de la division du pays qui entre un camp basé en Cyrénaïque (est du pays), dont le chef de file est le maréchal Haftar et un gouvernement basé à Tripoli (ouest), dirigé depuis 2021 par Abdel Hamid Dbeibah. D’autres manifestants ont bloqué des routes dans la cité portuaire de Misrata (ouest), après avoir saccagé et incendié la veille le siège du Conseil municipal. La nuit tombée, des manifestants se sont rassemblés à plusieurs points de Tripoli, fermant des routes et brûlant des pneus. Ils réclament la lumière du courant électrique produite par le gaz. Des milliers de personnes ont battu le pavé à travers le pays, de Benghazi (est) à Tripoli, en passant par les villes orientales de Tobrouk et El Beïda, ainsi qu’à Sebha, dans le Sud désertique. La crise A l’origine de la crise, le changement du PDG et des membres du Conseil d’administration de la Compagnie nationale du pétrole (NOC) 33

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Les coupures d’électricité ont poussé des milliers de manifestants dans la rue.

entrainant les blocus pétroliers qui ont engendré une baisse de la production de gaz nécessaire à l’approvisionnement du réseau électrique. Il est à noter que le camp Haftar appuie un gouvernement rival formé en mars dernier et dirigé par Fathi Bashagha. Ce sont ses partisans qui bloquent depuis mi-avril des installations pétrolières clés comme moyen de pression pour déloger l’exécutif de Tripoli. Cependant, bien que l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar a affirmé dans un communiqué «soutenir les revendications de citoyens», tout en appelant les manifestants à «préserver les biens publics», il n’en demeure pas moins que le litige politique, outre la gestion des champs pétroliers, tourne autour de sept postes clés : le gouverneur de la Banque centrale, le chef du Bureau des comptes, le chef de l’Autorité de contrôle administratif, le chef de l’Autorité anti-corruption, le chef et les membres de la Haute Commission électorale, le président de la Cour suprême et le poste de procureur général. 34

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Des manifestants se sont rassemblés à plusieurs points de Tripoli, fermant des routes et brûlant des pneus. Tandis que le Premier ministre désigné de la Chambre des représentants libyenne, Fathi Bachagha, a appelé pour le retrait des institutions souveraines, dirigées par la Oil Corporation, du conflit politique dans le pays, le chef du gouvernement d’union nationale


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en Libye, Abdel Hamid Dbeibah, a déclaré n’ont aucune validité.«Nous sommes avec qu’il n’accepterait pas le partage du pouvoir l’Etat civil et la vraie réconciliation, et je avec d’autres partis. n’accepterai pas les accords suspects, et le gouvernement libyen est prêt à organiser les Dbeibah a accusé les parties «perdantes» de élections dès que la Commission électorale répandre des rumeurs l’accusant d’interférer l’annoncera», a-t-il ajouté. dans les accords de partage du pouvoir avec d’autres parties, décrivant ces nouvelles Il a à cet effet indiqué que la décision de comme des rumeurs et des illusions qui changer le conseil d’administration de la National Oil Corporation «était nécessaire, car la société était sous contrôle individuel». Pour lui, les changements intervenus dans la direction de la direction des institutions pétrolières libyennes étaient «une solution à un problème qui s’est produit, à savoir la suspension des exportations de pétrole».

Les manifestants ont crié leur colère contre l’incurie de leurs dirigeants et la détérioration des conditions de vie.

Brahim Fridhi, ancien consul de Tunis à Tripoli, a indiqué à La «Majalla» que «La désignation à la tête des positions souveraines en Libye est l’une des questions en suspens et épineuses dans le pays, qui a constitué un obstacle à la restructuration des institutions de l’État». Il a expliqué que bien que le gouvernement libyen a le droit de nommer le PDG et les membres du Conseil d’administration de la National 35

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Le blocage des sites pétroliers a engendré une cessation de la continuité des services publics


Oil Corporation, le clivage puise son origine proche de la solution selon une déclaration dans les tiraillements entre les deux camps conjointe des dirigeants de l’armée libyenne, rivaux à l’Est et à l’Ouest du pays. qui a été publiée sur la page Facebook de l’état-major de l’armée du gouvernement Le porte-parole du gouvernement d’unité national Unité dirigée par Abdel Hamid nationale, Mohammad Hammouda, a déclaré Dbeibah. que la vision du gouvernement est claire sur Les participants qui mènent un dialogue depuis les moyens de mettre fin à la crise libyenne, en deux ans pour unifier l’institution militaire unifiant l’institution militaire et en organisant sous les auspices de la Mission d’appui des des élections législatives et présidentielles Nations Unies en Libye, ont souligné leur conformément à la constitution. refus total et absolu de reprendre les combats entre les fils d’un même pays et ont exprimé Il a ajouté que la réunion du Comité militaire leur rejet de la violence, manifestant leur conjoint, qui s’est tenue récemment à Tripoli, plein soutien à l’unité de l’État et à la non est une «réunion ordinaire qui ne relève pas implication retrait des militaires dans les de la coordination du Premier ministre qui querelles politiques. Ils ont à cet effet réitéré n’y a pas participé». la nécessité de la sortie des mercenaires, des combattants étrangers et des forces étrangères De son côté, le Premier ministre désigné du pays. de la Chambre des représentants libyenne, Selon Brahim Fridhi, ce consensus bien Fathi Bachagha, a souligné la nécessité que fragile représente un pas vers «la pour les institutions souveraines d’épargner définition des étapes réalistes pour unifier toute forme de conflit politique, appelant à l’institution militaire, et pour discuter de la maintenir l’impartialité et la transparence nécessité de nommer un chef d’état-major dans la gestion de la richesse pétrolière pour l’institution militaire». Pour sa part, la au profit de la Libye. Pendant ce temps, le Mission d’appui des Nations Unies en Libye Parlement se prépare à tenir une plénière a salué la réunion du Comité militaire et la sur les positions souveraines mais le chef du pleine mise en œuvre de l’accord de cessezComité de suivi des organes de surveillance le-feu. au Parlement, Zayed Hadiya, a précisé que le Conseil suprême d’État n’a pas communiquéau Parlement sa position sur «les consultations des positions régaliennes». Il n’empêche, cette secousse de la rue semble exhorter les parties rivales à prendre au sérieux la menace populaire en envoyant des messages de temporisation. A cet effet, lors d’une réunion du comité dans la capitale le comité militaire conjoint «5 + 5», qui comprend 5 membres de l’institution militaire du gouvernement d’unité dans l’ouest du pays et 5 des forces libyennes orientales dirigées par le général de division à la retraite Khalifa Haftar, est un consensus sur la voie de l’unification de l’institution militaire dans le cadre des efforts visant à mettre fin au conflit dans le pays, semble être

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Le changement du PDG et des membres du Conseil d’administration de la (NOC) entrainant les blocus pétroliers qui ont engendré une baisse de la production de gaz nécessaire à l’approvisionnement du réseau électrique.


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Assad : Récits d’une oppression On dit que le criminel revient sur les lieux de son crime pour s’assurer qu’il n’a laissé aucune trace qui mène à lui, ou parce qu’il éprouve des remords, mais il est certain que Bachar Assad retourne sur les lieux de ses interminables crimes, pour ajouter celui d’opprimer ceux qui ont échappé à la mort. Par : Alia Mansour

Par : Alia Mansour

En 2008, le Haut Comité central du 11e Festival du printemps de Hama, a décidé de la date d’ouverture du festival. Parmi les activités approuvées, figurait «un message des masses du gouvernorat de Hama au président Bachar Assad, d’une longueur de 1.000 mètres, et une largeur de 25 cm. Ce message, le plus long du monde, va figurer dans le Livre Guinness des Records. Chaque citoyen pourra y exprimer dans une demi-page et dans son propre style, son amour et sa loyauté envers le président Assad, avec la signature du citoyen et la mention de son nom et de sa qualité. Il sera élevé à Son Excellence lors de la cérémonie d’ouverture de la 11e Fête du Printemps. Ce message sera diffusé à toutes les organisations populaires, syndicats professionnels, départements et conseils officiels, Villes, bourgades, et villages pour le partager», a déclaré le comité ce jour-là dans l’annonce, et que l’information a été rapportée par les médias officiels syriens. Je me souviens à l’époque que la nouvelle ait suscité l’indignation de nombreux Syriens, mais le ressentiment se murmurait ce jour-là, avant le déclenchement de la révolution syrienne. Pourquoi le choix s’est-il porté spécifiquement sur une ville qui ait payé un prix très élevé, par le sang de ses enfants, parce qu’elle s’est opposée au règne d’Assad le père, et envoyer par la suite, la plus longue lettre d’amour du monde à Assad fils ? Le premier jour de l’Aïd al-Adha, il y a environ une semaine, le président du régime syrien et sa famille se sont rendus dans la ville d’Alep, sa première visite depuis le déclenchement de la révolution syrienne, il y a 11 ans. Une photo dans laquelle Bachar Assad et sa famille apparaissent dans l’une des anciennes ruelles «détruites» de la ville. Au-delà de toutes les opinions et analyses concernant la raison de cette visite, des années après que le régime en a

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repris le contrôle par la force des armes russes, l’image m’a rappelé le prétendu message de Hama. Et pas seulement, il y a un peu plus d’un an, des élections présidentielles se sont tenues en Syrie avec des résultats prédéterminés. Ce jour-là, Assad a choisi la ville de Douma, dans la campagne de Damas, pour voter, avec sa femme, Asma Assad. On ne peut oublier qu’Assad luimême et son régime aient frappé cette ville avec du chlore, et y en a lancé une attaque chimique, tuant des centaines de ses habitants par asphyxie. Ce jour-là, aussi, la photo a provoqué l’émotion de millions de Syriens chassés par Assad, qui a tué leurs enfants, les a arrêtés et les a torturés. Après l’annonce du meurtre de l’enfant Hamza al-Khatib sous la torture dans les premiers mois de la révolution syrienne, et suite à des images du corps mutilé de l’enfant, portant des traces de torture, insupportables à voir, Bachar Assad a reçu la famille de l’enfant Hamza. Le père a déclaré : «Le président Assad nous a comblés de sa gentillesse, et nous a promis de répondre aux requêtes formulées par le peuple», notant que c’est le président Assad qui ait demandé cette rencontre, pour les écouter concernant la mort de leur fils, avant d’ajouter : «Le président Assad nous a promis de mener des réformes dans le pays, qui seront mises en œuvre dans l’immédiat, dans l’intérêt des citoyens. On dit que le criminel revient sur les lieux de son crime pour s’assurer qu’il n’a laissé aucune trace qui mène à lui, ou parce qu’il éprouve des remords, mais il est certain que Bachar Assad revient sur les scènes de son interminable crime, dans le but de subjuguer ceux qui ont échappé à la mort, de prendre des photos, que ses médias diffusent. Et essentiellement, dire que les crimes resteront impunis, et dont il est fier, dire aux Syriens que la justice qui leur a été promise n’est qu’une illusion, même si le crime a été documenté, et même si l’auteur est revenu sur les lieux, en se moquant des douleurs des Syriens, de leurs larmes et de leur sang.


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Économiste guinéen : La parité dollar/ euro touche la zone CFA, Mais pas que Chute de l’Euro : l’Afrique devrait-elle s’inquiéter ? Par : Nasreddine Ben Hadid En un an, l’euro et son sous-produit le franc CFA ont perdu 19% de leur valeur face au dollar. Dépréciation à la saveur d’une dévaluation : hausse mécanique des revenus d’exportations, mais alourdissement de la dette externe et des importations… Depuis le 12 juillet, l’euro vaut environ un dollar, et est même brièvement passé sous cette barre le lendemain. Une dépréciation inédite depuis 2002, qui s’accompagne d’inflation et de perte d’attractivité pour la zone.

Aucune monnaie africaine n’est une «monnaie forte», à savoir qu’elle sert aux échanges entre deux pays. Afin de comprendre les répercussions de cette nouvelle situation, La «Majalla» a interviewé l’économiste guinéen, basé à Bruxelles, Elhadj Madiou Kouadio, Quelles sont les conséquences de la chute de l’euro face au dollar, au point d’être à la même valeur, sur l’économie des pays africains ? Vous avez bien fait de poser la question concernant les pays africains, et non le continent dans sa totalité, car chaque pays est un cas à part. Il faut noter qu’aucune monnaie africaine n’est une

«monnaie forte», à savoir qu’elle sert aux échanges entre deux pays. Hormis le franc CFA, que partagent quatorze pays, tout le commerce interétatique se fait par le biais d’une monnaie forte, le dollar, et l’euro en second lieu. A ce niveau, j’aime préciser deux choses : Premièrement : Il est vrai que le franc CFA, concerne quatorze pays, mais ceci n’en fait pas une «monnaie forte», essentiellement du fait qu’il reste un «auxiliaire» de l’eau. Deuxièmement : La contrebande reste, malgré son caractère informel, une manière de contourner la dépendance à ces devises (dollar / euro). Les contrebandiers de carburants, ou de produits alimentaires, utilisent les monnaies locales, passent par le troc, dans le but de réduire le cout, et gagner du temps. Vous voulez dire, que les contrebandiers servent mieux les économies nationales, que les pouvoirs en place ?

La contrebande reste, malgré son caractère informel, une manière de contourner la dépendance à ces devises. 39

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L’économiste guinéen, Elhadj Madiou Kouadio

Pas exactement, ou du moins, ils ne le font pas d’une manière intentionnée. Néanmoins, en délaissant l’euro et le dollar, ils servent, parfois, l’économie d’un tel pays, mais tout en préjudice à un autre. La contrebande de carburant entre deux pays limitrophes, qui se fait dans l’une ou de l’autre des monnaies, sert le pays importateur, qui honore une part non-négligeable de sa facture sans débourser un dollar ou un euro. Par contre le pays exportateur, qui a intérêt à exporter son carburant contre des devises, le fait contre l’une ou l’autre des monnaies locales. Encore pire, si la marchandise est subventionnée. L’hémorragie serait plus forte. Tout ceci, dénote de la fragilité des monnaies locales. Les monnaies africaines vont subir cette parité ? D’une manière indirecte, d’abord. Les économies africaines sont viscéralement liées aux devises étrangères. La chute de l’euro, constitue le prélude d’une crise économique qui commence à toucher l’Europe. Un grand nombre de pays africains commercent d’une manière significative avec les pays de l’Union

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Les pays de la zone du franc CFA, indexé directement sur l’euro, vont subir, les mêmes effets que connait la zone euro, essentiellement, l’inflation et la perte d’attractivité. Européennes. Les Investissement Étrangères Directes (IED), émanant du «Vieux Continent»,vont connaitre une baisse, sans oublier les aides. D’une manière plus directe, les pays de la zone du franc CFA, indexé directement sur l’euro, vont subir, les mêmes effets que connait la zone euro, essentiellement, l’inflation et la perte d’attractivité. Tout simplement, avec un euro plus faible qu’avant, les importations des pays de la zone du franc CFA, qui se font en dollar, pèseront plus lourd sur des économies déjà affaiblies par la crise du Covid 19, et sans nulle exagération, sont pris à la gorge, avec


la crise ukrainienne, et la hausse (en dollar) des prix des produits alimentaires, essentiellement. De graves conséquences, alors ? Les méfaits de la parité entre le dollar et l’euro, sur les pays de la zone du franc CFA, émanent plus de la faiblesse, pour ne pas dire la fragilité des économies concernées, plus que par l’effet en soi, qu’on ne peut négliger. Une soixantaine d’années après la vague des indépendances, l’autosuffisance alimentaire, reste,pour la majorité écrasante des pays africains, un slogan que les politiciens utilisent lors des meetings politiques. Encore plus, le tissu, aussi bien industriel qu’agricole, est dans la majorité écrasante des pays africains, est fragile, et même délabrée.

Les pays de la zone du franc CFA, n’exportent que de la matière première, dont les recettes ne suffisent pas à subvenir aux besoins du pays.

Sans oublier la sécheresse, et la menace de la famine, qui menace environ vingt millions de personnes dans le continent. Généralement, une baisse de la valeur de la monnaie, booste de facto, les exportations Ceci en théorie. Mais il faut avoir une marchandise ou un service, que la baisse de la valeur de la monnaie peut rendre plus compétitif. D’une manière générale, les pays de la zone du franc CFA, n’exportent que de la matière première, dont les recettes ne suffisent pas à subvenir aux besoins du pays. Une chose plus dangereuse, les crédits contractés en dollar, vont coûter plus cher. Concrètement, que faire ? La dépréciation de l’euro ravive les débats sur le franc CFA, que ses critiques qualifient de monnaie coloniale. Certains proposent d’indexer le franc CFA sur un panier de devises plus large, incluant notamment le dollar, pour réduire la dépendance unique vis-à-vis de l’euro et du Vieux Continent. Ils arguent que les échanges ne se font pas qu’avec la zone euro, et que le dollar reste la principale valeur refuge à l’échelle mondiale.

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Chute de l›Euro : l›Afrique devrait-elle ? s›inquiéter



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La plus grande exposition jamais organisée sur la mode africaine vient d’ouvrir à Londres Par : Emna Drawazi L’influence de l’Afrique a redéfini la géographie de l’industrie de la mode ces dernières années, brisant les barrières avec sa vitalité et sa réinvention de ce que peut être la créativité. Un continent dont la mode a souvent été imitée, mais largement sous-reconnue par l’Occident, connaît un moment attendu depuis longtemps sous les projecteurs. Des éditeurs de magazines et des stylistes comme Edward Enninful et Ibrahim Kamara ont contribué à stimuler sa célébration, ainsi que des explorations acclamées par la critique de la diaspora africaine par des designers comme Grace Wales Bonner et feu Virgil Abloh. L’émergence d’une nouvelle génération de designers locaux comme Thebe Magugu, Mowalola Ogunlesi et Kenneth Ize a également joué un rôle clé. À un moment où de nombreux musées aux héritages coloniaux réévaluent la représentation dans leurs collections eurocentriques, le Victoria and Albert Museum de Londres a ouvert une exposition dynamique présentant la mode et les textiles africains, la

première de ses 170 ans d’histoire. L’exposition «Africa Fashion» qui n’essaie pas d’examiner la mode des 54 pays qui composent le deuxième plus grand continent du monde, qui abrite 1,3 milliard d’habitants. Au lieu de cela, il réfléchit sur ce qui unit un groupe de pionniers africains contemporains pour qui la mode s’est avérée à la fois une forme d’art qui se définit et un prisme à travers lequel explorer des idées sur la myriade de cultures et l’histoire complexe du continent. «Il n’y a pas une esthétique africaine unique, et la mode africaine n’est pas non plus une monoculture qui puisse être définie», a déclaré Christine Checinska, la première conservatrice du musée de la mode africaine et de la diaspora africaine. Au lieu de cela, le spectacle se concentre sur la philosophie du panafricanisme adopté par de nombreux designers et artistes du continent. «Ce défilé est une sorte d’activisme discret et élégant car c’est une célébration sans limite de la mode en Afrique», a déclaré Checinska. «Il se concentre sur l’abondance, pas sur le manque.» Répartie sur deux étages, l’exposition dont le coup

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Victoria and Albert Museum, Londres

d’envoi a eu lieu le 2 juillet commence par un aperçu historique des années d’indépendance et de libération de l’Afrique, de la fin des années 1950 à 1994, et de la renaissance culturelle stimulée par la réorganisation sociale et politique à travers le continent. L’expo explore la puissance du tissu et son rôle dans la formation de l’identité nationale notamment dans les actes politiques stratégiques, comme lorsque Kwame Nkrumah,

Mettant en avant les voix et les perspectives africaines individuelles, l’exposition présente la mode africaine comme une forme d’art qui se définit elle-même et qui révèle la richesse et la diversité des histoires et des cultures africaines. 44

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le Premier ministre ghanéen, a évité un costume pour le tissu kente pour annoncer l’indépendance de son pays de la domination britannique en 1957. L’exposition souligne également l’importance de photographes comme Sanlé Sory du Burkina Faso, dont le travail est présenté à côté d’une section consacrée aux portraits de famille et aux films personnels qui reflètent les tendances de la mode de l’époque. D’autres œuvres comprennent des vêtements de créateurs du XXe siècle qui ont rapproché les cultures pour mettre la mode africaine contemporaine sur la carte, mais dont les noms sont restés largement inconnus en dehors du continent. L’un d’eux est Shade Thomas-Fahm, souvent considérée comme première designer moderne du Nigeria, à la fin des années 1960. Ancienne infirmière à Londres dans les années 1950, elle a créé des réinterprétations cosmopolites de tissus et de formes portés par l’élite de Lagos dans les années 1970. Une robe et un chapeau rouge framboise en velours synthétique à manches cannelées en Lurex sont exposés au musée. Chris Seydou, un autre designer de l’émission, s’est fait un nom dans les an-


nées 1980 en utilisant des textiles africains comme le bògòlanfini, un tissu de coton malien fait à la main traditionnellement teint avec de la boue fermentée, pour des tendances occidentales sur mesure comme les pantalons pattes d’éléphant, les vestes de moto et les minijupes. Une galerie mezzanine accueille une collection

Une exposition historique clairement créée avec dévouement au Victoria and Albert Museum retrace l’influence de la scène de la mode africaine.

d’œuvres d’une nouvelle génération de designers africains. Les vêtements sont présentés sur des mannequins spécialement créés avec différents tons de peau noire, des styles de cheveux qui incluent des nœuds bantous et des tresses de boîte et un visage inspiré par Adhel Bol, un modèle sud-soudanais. Tous les designers, qui ont été sélectionnés par les conservateurs du musée, des experts et un groupe de jeunes de la diaspora africaine, ont été impliqués dans le processus d’exposition, a indiqué le musée. «Maintenant plus que jamais, les créateurs africains prennent en charge leur propre récit et racontent aux gens des histoires authentiques, et non des utopies imaginées», a déclaré Thebe Magugu, originaire d’Afrique du Sud et lauréat du prestigieux prix LVMH en 2019. Une élégante veste saharienne ceinturée ensemble de sa collection Alchemy 2021, qui a exploré le visage changeant de la spiritualité africaine, présente une impression des outils de divination d’un guérisseur traditionnel, y compris des pièces de monnaie et un sifflet de police.

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Victoria and Albert Museum, Londres


Victoria and Albert Museum, Londres

«J’ai l’impression qu’il y a tellement de facettes de ce que nous avons traversé en tant que continent que les gens ne comprennent pas vraiment», a déclaré M. Magugu. Le désir d’utiliser la mode comme vecteur de chan-

Le désir d’utiliser la mode comme vecteur de changement est ce qui unit de nombreux créateurs et photographes de toute l’Afrique, qui repensent à quoi pourrait ressembler une industrie de la mode plus équitable. 46

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gement est ce qui unit de nombreux créateurs et photographes de toute l’Afrique, qui repensent à quoi pourrait ressembler une industrie de la mode plus équitable. Considérez le questionnement des identités binaires d’ Amine Bendriouich , avec sa djellaba en lin rouge croisée avec un trench-coat ; le remodelage des normes de genre par Nao Serati, qui a utilisé du lurex rose pour des fusées unisexes, une veste et un bob ; et l’élégant minimalisme sculptural des pièces de marques comme M oshions et Lukhanyo Mdingi qui emploient des traditions matérielles de longue date tout en renversant le stéréotype selon lequel la mode africaine doit toujours être bruyante et à motifs. Au cœur de nombreuses marques se trouve un accent opportun sur la durabilité… «Les créatifs africains ont presque été exclus des discussions sur l’avenir de la mode, et je pense qu’il est temps que le Nord mondial regarde et ap-


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prenne des leaders de l’industrie et des designers du continent», a déclaré Checinska. «Ils finissent les vêtements en faisant appel à des artisans locaux et perpétuent les traditions locales». C’est une mode lente — et durable de bout en bout. À la suite de l’exposition, le Victoria and Albert Museum a acquis plus de 70 pièces pour ses collections permanentes. Mais le pouvoir plus large de «Africa Fashion» réside peut-être dans la façon dont il laisse les visiteurs désireux d’en savoir plus sur l’éblouissante scène panafricaine et d’investir davantage dans son avenir. «C’est une étape si importante pour nous, car cela cimente notre place dans l’histoire», a déclaré Aisha Ayensu, la fondatrice de Christie Brown, une marque ghanéenne de vêtements pour femmes. «Cela nous place devant les bonnes personnes, crée

une notoriété pour la marque et pique la curiosité des gens du monde entier – non seulement pour chercher des marques africaines, mais aussi pour les

À la suite de l’exposition, le Victoria and Albert Museum a acquis plus de 70 pièces pour ses collections permanentes. Mais le pouvoir plus large de «Africa Fashion» réside peutêtre dans la façon dont il laisse les visiteurs désireux d’en savoir plus sur l’éblouissante scène panafricaine et d’investir davantage dans son avenir.

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La créatrice nigériane Shade Thomas-Fahm (née en 1933) est l’une des pionnières de la mode africaine moderne


fréquenter aussi».

Igor Delanoe, directeur adjoint de l’Observatoire franco-russe à Moscou

La France n’a plus les moyens financiers qui peuvent lui assurer «les années glorieuses». 40 01/07 22


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Un médicament anticancéreux réduit considérablement le nombre de décès chez les patients Covid Par : Emna Darwazi Un médicament expérimental initialement développé pour lutter contre le cancer a réduit de moitié le risque de décès des personnes hospitalisées pour le Covid, selon une étude récemment publiée qui a révélé que la sabizabuline réduisait le risque de décès de 55%, mais certains experts se sont montrés prudents quant à la surinterprétation des résultats. En effet, l’essai clinique de stade avancé pour la sabizabuline a fait appel à des volontaires qui étaient déjà à l’hôpital pour Covid.

La sabizabuline, semble être plus efficace que d’autres qui ont été autorisés pour les patients gravement malades de Covid. Veru, la société de Miami qui a développé le médicament, a demandé à la Food and Drug Administration une autorisation d’urgence pour son utilisation. Cela ajouterait potentiellement une nouvelle arme au modeste arsenal disponible pour les patients hospitalisés, ont déclaré des experts. «Cela a l’air super impressionnant», a déclaré Dr Ilan Schwartz, un expert en maladies infectieuses à l’Université de l’Alberta

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qui n’a pas participé à l’étude. «Nous avons un petit nombre de traitements pour les patients atteints d’une maladie grave qui améliorent la mortalité, mais un autre traitement qui peut réduire davantage les décès serait le bienvenu». Dr Schwartz a toutefois averti que l’essai était relativement limité, avec seulement 134 patients recevant le médicament. «Dans l’ensemble, je pense que c’est prometteur, même si j’accueillerais favorablement des études de confirmation plus importantes et indépendantes», a-t-il déclaré. Comment fonctionne la sabizabuline ? La sabizabuline empêche les cellules de construire des microtubules, des câbles moléculaires critiques qui transportent le matériel d’une partie de l’intérieur de la cellule à une autre. Le médicament a été développé à l’origine par des chercheurs de l’Université du Tennessee pour lutter contre le cancer, car les cellules tumorales à croissance rapide dépendent des microtubules pour leur croissance rapide. Il y a deux ans, des chercheurs de Veru ont essayé la sabizabuline sur Covid. Ils soupçonnaient que le médicament pourrait empêcher la réplication virale, qui dépend du réseau de microtubules pour rassembler les morceaux de nouveaux virus. Ils ont également émis l’hypothèse que le médicament aiderait les patients Covid à combattre une inflammation pulmonaire potentiellement mortelle. Cette réponse immunitaire commence lorsque les cellules reconnaissent qu’elles sont infectées et libèrent des protéines de signal d’alarme dans leur environnement. Les cellules doivent pousser les molécules d’alarme le long de leurs microtubules pour faire passer le message . Début 2020, des chercheurs du Centre des sciences de la santé de l’Université du Ten-

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La sabizabuline empêche les cellules de construire des microtubules, des câbles moléculaires critiques qui transportent le matériel d’une partie de l’intérieur de la cellule à une autre. nessee ont découvert que la sabizabuline atténue ces signaux d’alarme dans les cellules de souris. Quelques mois plus tard, Veru a commencé à tester le médicament, qui se prend sous forme de pilule, chez l’homme. En mai 2021, il est passé à un procès de stade avancé. L’entreprise a recherché des volontaires qui étaient déjà à l’hôpital pour Covid. Pour être éligibles à l’essai, les patients devaient recevoir de l’oxygène ou compter sur un ventilateur. Ils devaient aussi être à haut risque de mourir du Covid, avec des facteurs de risque comme l’hypertension, l’âge avancé ou l’obésité. Les patients ont été autorisés à recevoir simultanément d’autres traitements qui se sont révélés efficaces pour sauver la vie des patients Covid hospitalisés. Un stéroïde appelé dexaméthasone, par exemple, réduit le risque de décès d’un tiers.


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Des essais cliniques limités… Dans le dernier essai, 134 volontaires ont reçu de la sabizabuline et 70 un placebo. Au cours de 60 jours, les taux de mortalité des deux groupes étaient significativement différents : 45,1 % du groupe placebo sont

Un certain nombre de médicaments antiviraux se sont révélés efficaces pour garder les patients Covid hors de l’hôpital, mais seulement s’ils sont administrés au début de leur maladie.

décédés, contre seulement 20,2 % de ceux qui ont reçu le nouveau médicament. Cette différence s’est traduite par une réduction de 55,2 % du risque de décès. Dr David Boulware, un expert en maladies infectieuses à l’Université du Minnesota, a averti que le grand nombre de décès dans le groupe placebo pourrait être un signe que l’étude était trop petite pour tirer des conclusions définitives. «Le taux de mortalité de 45% dans le groupe témoin est plutôt élevé», a-t-il déclaré. En revanche, dans un essai d’un médicament contre l’arthrite appelé baricitinib, les chercheurs ont administré le médicament à 515 patients Covid tandis que 518 ont reçu un placebo. Seuls 7,8% du groupe placebo sont décédés. Un certain nombre de médicaments antiviraux se sont révélés efficaces pour garder les patients Covid hors de l’hôpital, mais seulement s’ils sont administrés au début de leur maladie. Paxlovid, par exemple, peut réduire d’environ 90 % le risque d’hospitalisation des personnes non vaccinées présentant des

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Un médicament anticancéreux réduit considérablement le nombre de décès chez les patients hospitalisés de Covid


facteurs de risque Covid. Ces médicaments ne fonctionnent pas bien, cependant, sur les patients hospitalisés atteints de Covid modéré à sévère. C’est parce qu’ils ne font que bloquer les virus, plutôt que de freiner la réponse du système immunitaire incontrôlable. Pour les patients hospitalisés, les médecins ont moins de médicaments parmi lesquels choisir. En plus de la dexaméthasone et du baricitinib, un autre médicament anti-inflammatoire appelé tocilizumab s’est avéré efficace. Lorsque Veru a initialement annoncé ses résultats en avril, la société a déclaré qu’elle avait interrompu l’essai prématurément parce qu’un comité consultatif indépendant avait constaté que les avantages de la sabizabuline étaient déjà clairs à partir des données ; il serait contraire à l’éthique, ont-ils décidé, de continuer à donner un placebo à certains patients. Bien que Dr Boulware ait reconnu les exigences éthiques de la situation, il a également prédit que si l’essai avait duré plus longtemps, les avantages du médicament auraient pu apparaître plus modestes.

«Les essais qui sont arrêtés tôt surestiment systématiquement l’effet», a-t-il déclaré. Le scientifique a noté que le médicament Covid molnupiravir semblait initialement réduire le risque d’hospitalisation à cause de Covid de 50 %. Mais ce chiffre est tombé à 30% en dernière analyse. Il a prédit un sort similaire pour la sabizabuline. «Je serais sceptique que l’effet soit de 55%», a-t-il souligné.

En plus de la dexaméthasone et du baricitinib, un autre médicament anti-inflammatoire appelé tocilizumab s’est avéré efficace. 51

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L’OMS s’inquiète du retour du Covid-19 cet été


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Des obstacles entravent l’implantation des voitures électriques dans le Monde Arabe... Mais l’espoir reste

L’Arabie Saoudite et le Maroc s’orientent fortement vers la fabrication des véhicules du futur Le Caire : Mohamed Al-Hadi Les pays arabes sont actuellement en compétition pour diffuser la culture d’une automobile moins polluante pour l’environnement, et ainsi se frayer un chemin vers la production de véhicules électriques, dans le cadre de plans de localisation de l’industrie, et d’orientation vers l’exportation. Ainsi que l’exploitation de l’intérêt global local à faire face au changement climatique et à réduire les émissions polluantes de l’environnement. Parmi les pays qui ont parcouru un long chemin, à ce niveau, figure le Royaume d’Arabie Saoudite, qu’y figurent grâce au Fond d’investissement public, qui détient actuellement environ 67% des actions de la société américaine «Lucid», et a également créé une entreprise locale pour fabriquer des voitures électriques. Le Maroc, qui occupe une position plus qu’importante dans l’industrie automobile mondiale, a également pris un excellent départ après que Riyad Mazour, ministre de l’Industrie et du Commerce, a annoncé que son pays a commencé à produire 40.000 voitures

électriques, et que ce nombre doublera dans les mois à venir. Soulignant que le Maroc dispose d’une plateforme capable de produire 700.000 voitures par an, toutes ces voitures peuvent être converties à l’électrique. L’émirat de Dubaï a également lancé sa première voiture électrique (Al-Damani) portant le titre «Made in Émirats», produite par la société émiratie «M Glory», dispose d’une autonomie de 405 kilomètres, pour une seule charge, avec un prix de 127.500 dirhams. L’Égypte a également développé une stratégie de fabrication de voitures électriques et d’incitations de son usage. La société publique «Al-Nasr Automotive Company» a accompli beaucoup de chemin, grâce à des accords de partenariat avec une usine chinoise en vue de faire démarrer la production. Des efforts qui dépendent de la situation internationale Reste qu’Alaa Al-Saba, membre du conseil d’administration de la division automobile de la Fédération des chambres de commerce et chef de la société automobile Al-Saba, affirme que les efforts des pays arabes pour localiser 52

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L’Arabie saoudite prendra des mesures plus rapides concernant la localisation des voitures électriques.

l’industrie de la voiture électrique et l’implanter localement, fait face à des défis liés aux conditions de l’industrie à l’échelle mondiale. Il ajoute que le timing constitue le premier obstacle, à savoir la crise des puces et la pénurie de semi-conducteurs, en plus des complications dans les opérations d’expédition, ainsi que les coûts élevés. D’où un ralentissement des activités des sociétés-mères avec lesquelles les Arabes cherchent à coopérer. Il a ajouté que la stratégie de développement de l’industrie automobile, est un sujet qu’on traite depuis un moment, et que l’objectif est de localiser l’industrie par une stimulation progressive selon plusieurs axes ciblés, à savoir le nombre de voitures produites, la proportion de la composante locale dans celles-ci, et le volume des investissements totaux, en plus des incitations spéciales pour les voitures électriques, respectueuses de l’environnement. Al-Saba a déclaré que la zone industrielle de l’Est de Port Saïd bénéficie d’avantages exceptionnels, dont le premier est sa position

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géographique dans le canal de Suez, qui la rend proche des zones logistiques et des ports, facilitant l’implantation d’usines dans la région, et la circulation des marchandises et les exigences de production vers et depuis celui-ci. Particulièrement idéal pour les entreprises ayant une longue expérience dans la fabrication. Trois constructeurs automobiles internationaux ont participé à la préparation de la stratégie nationale pour l’industrie automobile en Égypte, qui a pris 6 mois, et ont exprimé leur intérêt à passer du stade des études à une participation sérieuse au projet qui se déroule actuellement dans le canal de Suez région, qui est l’établissement d’un complexe industriel pour l’automobile qui comprend plus d’une entreprise. Al-Saba affirme que les conditions nécessaires au succès, que nous espérons atteindre pour l’Égypte et les pays arabes, comprennent une mise en œuvre rapide sur le terrain sans bureaucratie, la suppression de tous les obstacles qui empêchent la mise en œuvre des incitations et


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conomie

Le Maroc a commencé à produire 40 000 voitures électriques, et le nombre va doubler dans les mois à venir. la résolution des défis auxquels est confronté le monde l’industrie automobile, notamment la disponibilité des puces et les frais d’expédition, et la disponibilité des composants automobiles. Les défis de l’industrie automobile Les pays du monde souffrent actuellement des influences extérieures de l’industrie automobile, à commencer par le Coronavirus,

l’absence des puces, et enfin la guerre russoukrainienne, mais en Égypte, quelques défis s’y ajoutent, à savoir l’ouverture de crédits dans le secteur bancaire. Al-Saba s’attend à ce que le marché égyptien souffre d’une pénurie de voitures importées jusqu’aux prochains mois de novembre et décembre. Les voitures représentent un bien secondaire, et ne sont pas essentielles pour les priorités d’ouverture des crédits, nécessaires jusqu’à la stabilité de l’industrie automobile au niveau mondial. Depuis la sortie d’un secteur d’investisseurs étrangers ou de ce que l’on appelle l’argent spéculatif du marché des instruments de la dette publique (bons du Trésor et obligations), qui s’élevait à 20 milliards de dollars, la réserve de liquidités de l’Égypte s’est exposée à une nette baisse, et l’État a commencé à réduire les importations et à les limiter aux produits alimentaires, aux matières premières et aux biens intermédiaires, et par conséquent au volume des importations, ce qui a affecté la disponibilité des voitures importées sur le marché. Quant à la situation dans le Golfe, Al-Saba con 54

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Le concurrent Lucid de Tesla, qui commencera à fabriquer ses voitures électriques en Arabie Saoudite en 2024 - Reuters


Des voitures électriques artisanales sillonnent les routes du Maroc pour distribuer le courrier

L’émirat de Dubaï a également lancé sa première voiture électrique (Al-Damani) portant le titre «Made in Émirats», produite par la société émiratie «M Glory». sidère que la situation dans chaque pays dépend de la rapidité des mesures prises localement pour faire avancer l’industrialisation. Reste que le problème est dans le cas d’un ralentissement de la fabrication se situe à l’échelle mondiale au niveau des sociétés mères. La taille des défis varie en fonction de la situation sur le terrain, ce qui signifie que chaque fois que le pays part 55

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de zéro pour fournir des infrastructures, les défis sont plus grands. Le marché saoudien Al-Saba s’attendait à ce que le marché saoudien prenne des mesures plus rapides concernant la localisation des voitures électriques au niveau de l’usage et de la fabrication, mais il serait également confronté à un défi lié au ralentissement mondial, ajoutant que les pays arabes cherchent à localiser l’énergie électrique maintenant parce que l’hydrogène vert est encore une technologie nouvelle en ce qui concerne sa production et son utilisation dans les voitures, et que l’Égypte, par exemple, a signé des protocoles d’accord sur des projets à cet égard, et qu’il faut du temps pour juger la rapidité de conversion de ces protocoles en des contrats comprenant un calendrier de mise en œuvre, des procédures, des contrats et une inauguration sur le terrain. L’économiste Nadi Azzam affirme que les pays les plus proches d’un bon démarrage sur le marché de la voiture électrique sont le Ma-


roc, l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis, car ils ont accompli des progrès rapides dans ce domaine, en plus de la disponibilité d’importants excédents financiers à la suite à la hausse des prix du pétrole, ce qui aide notamment le Royaume à accomplir de grands pas vers le lancement des voitures du futur. Malgré la pandémie du Coronavirus, le Maroc a pu produire plus de 700.000 voitures en 2020 et l’industrie a fourni plus de 180.000 emplois. Mais, comme le reste du monde, il fait face à des défis avec les semi-conducteurs. Azzam affirme que les rapports internationaux indiquent que l’avenir est prometteur pour les constructeurs de voitures électriques, avec environ un million de véhicules par mois au cours du second semestre 2022, et cela équivaut à environ un véhicule toutes les 3 secondes, alors que le mois de juin dernier, a vu le mouvement de 20 millions de véhicules électriques sur les routes. Dans le monde, il n’y avait que 1 million de véhicules électriques en 2016. La hausse des prix du pétrole depuis le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne, a contribué à une augmentation de la demande de voitures électriques, et les entreprises internationales se tournent fortement vers cette industrie, d’autant plus que 66% des produits pétroliers sont consommés par le secteur des

transports, et près de la moitié par le transport routier, c’est-à-dire les voitures et les véhicules qui circulent sur les routes du monde. Le général Hussein Mostafa, expert automobile et ancien directeur exécutif de l’Association des constructeurs automobiles, affirme que le gouvernement égyptien soutient les voitures électriques sur le marché local grâce à l’absence de taxes douanières, en plus d’une impositions réduites sur les composants des bornes de recharge qui ne pas dépasser 2%, ainsi que l’annulation de la taxe d’immatriculation sur les voitures électriques avec une incitation verte pour les voitures produites localement. 100 milles voitures annuellement L’Égypte produit environ 100.000 voitures par an, tant il existe environ 18 usines automobiles, 80 usines principales pour les industries d’alimentation et 300 usines subsidiaires pour les industries auxiliaires des industries d’alimentation, et une partie de leurs produits est exportée. Aussi, un protocole d’accord a également été signé concernant la création d’un complexe de fabrication automobile commun dans la zone industrielle de l’Est de Port-Saïd, avec une capacité de fabrication de 75.000

Le marché égyptien souffre d’une pénurie de voitures importées jusqu’aux prochains mois de novembre et décembre. Les voitures représentent un bien secondaire, et ne sont pas essentielles pour les priorités d’ouverture des crédits.

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De la cérémonie de signature officielle d’un ensemble d’accords pour lancer la construction de l’usine AMP-2 pour fabriquer des véhicules électriques de classe mondiale «Lucid» à l’intérieur du Royaume


La société égyptienne «Mansour» Automotive Company a annoncé la conclusion d’un accord avec la société américaine «General Motors» sur l’étude de la fabrication en commun de voitures électriques en Égypte - Reuters

véhicules par an dans un premier temps. Mostafa ajoute que l’industrie de la voiture électrique devrait démarrer en 2023, que ce soit à Nasr Auto ou dans les usines du secteur privé, d’autant plus que l’importation de voitures hybrides et d’occasion, est également arrêtée depuis longtemps, en attendant les voitures fabriquées localement, avec l’espoir de pouvoir fabriquer une voiture électrique en 2023, et renforcer de la sorte l’infrastructure de ses propres centres de service. Il a souligné que la récente réunion tenue par le gouvernement égyptien avec des représentants des principales banques et sociétés automobiles en Égypte, a abouti à la création d’un comité permanent au sein du cabinet pour faciliter la libération des voitures dans les ports et la formation de comités similaires dans les ministères concernés, dans le but mettre en œuvre les instructions, ce qui compense la grave pénurie de l’offre de voitures sur le marché et répondre à la demande qui dépasse l’offre et a entraîné une hausse des prix à un degré sans précédent. Il a déclaré que l’État tient à localiser l’industrie automobile, en particulier celle qui ne pollue 57 01/08/22

pas l’environnement, et à augmenter la proportion de la composante locale dans la fabrication, de manière à réduire les importations de l’étranger et à répondre aux besoins des citoyens et à résoudre les problèmes du secteur automobile, qui a connu de nombreuses difficultés ces dernières années, à commencer par la pandémie du Coronavirus, puis une crise de pénurie de puces électroniques, et enfin la guerre russo-ukrainienne, qui a provoqué une pénurie de la production mondiale de voitures complètes.

Le marché saoudien peut prendre des mesures plus rapides concernant la localisation des voitures électriques au niveau de l’usage et de la fabrication, mais il serait également confronté à un défi lié au ralentissement mondial.


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Tunisie : Retour du Festival International de Carthage après 2 ans d’interruption Par : Emna Darwazi Le Festival international de Carthage (FIC) dans sa 56e édition est de retour en Tunisie après une interruption de deux ans en raison de la pandémie de COVID, alors qu’une nouvelle vague d’infections frappe le pays. Le FIC est un événement musical bien connu

organisé en Tunisie depuis 1964. Il a lieu chaque année en juillet et août, offrant un bouquet de spectacles joués dans le théâtre romain de Carthage, un théâtre antique restauré situé à la périphérie de la capitale. Une sélection de 33 spectacles est prévue du 14 juillet au 20 août, et la Tunisie se taillera la part du lion avec 15 spectacles, en plus de 18 spectacles

Des artistes se produisent lors de la cérémonie d›ouverture du Festival international de Carthage à Tunis, en Tunisie, le ١٤ juillet ٢٠٢٢. Xinhua.

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Un spectacle d’ampleur en ouverture du Festival de Carthage | © Imen Trabelsi

Une sélection de 33 spectacles est prévue du 14 juillet au 20 août, et la Tunisie se taillera la part du lion avec 15 spectacles. du Liban, de Corée du Sud, de Suisse et de bien d’autres pays, a déclaré le directeur artistique du FIC, Kamel Ferjani, lors d’une conférence de presse. Le spectacle d’ouverture a vu l’auditorium plein de spectateurs, mais presque aucun d’entre eux ne

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portait de masque facial. La Tunisie peine à faire revenir les touristes, mais avec la réouverture des frontières et la reprise de divers festivals, la situation sanitaire du pays est préoccupante. Au cours de la semaine du 4 au 10 juillet, la Tunisie a signalé 21 872 infections et 56 décès, portant le nombre total de cas à 1 087 030 et le nombre de morts à 28 823 dans ce pays d’Afrique du Nord, a indiqué le ministère tunisien de la Santé dans un communiqué. Pendant ce temps, le taux de positivité des tests en Tunisie, ou le pourcentage de tests produisant un résultat positif, est passé à 52%, indique le communiqué. Les cas hebdomadaires de COVID-19 en Afrique du Nord sont en augmentation depuis huit semaines consécutives, principalement en provenance du Maroc et de la Tunisie, a déclaré le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Matshidiso Moeti, lors d’une conférence de presse en ligne. En pleine crise économique prolongée, la Tunisie hésite à prendre des mesures restrictives qui pourraient faire fuir les touristes étrangers.


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Les visiteurs algériens devraient affluer en Tunisie suite à la décision annoncée le 5 juillet par les présidents des deux pays de rouvrir leurs frontières après deux ans de fermeture. «Nous avons rencontré des difficultés et des défis dans l’organisation d’un festival distingué au niveau national et régional aux niveaux africain, méditerranéen et international, en un espace temporel étroit, et ajustant une programmation artistique riche et variée proche du cœur d’un public de différents pays et générations», a indiqué Kamel Ferjani, directeur du FIC. «Le deuxième défi est l’énorme augmentation du coût des performances musicales. Nous vivons dans une situation financière publique difficile et tous les domaines sont touchés, y compris le domaine culturel. Nous avons donc choisi de fixer un plafond qu’il ne faut pas dépasser», a-t-il expliqué. Programme du Festival Carthage 2022 du 14 juillet au 20 août : Le festival consacre un spectacle artistique intitulé «Rythmes en mémoire» pour honorer les artistes et musiciens tunisiens Soulaf, Mohamed Ridha, Ahmed Zawiya et Bachir Selmi. A l’étranger, le festival accueillera le groupe sudcoréen Big, la chanteuse française Zaz et la star du reggae Alpha Blondie de Côte d’Ivoire.

La Tunisie peine à faire revenir les touristes, mais avec la réouverture des frontières et la reprise de divers festivals, la situation sanitaire du pays est préoccupante.

«Nous vivons dans une situation financière publique difficile et tous les domaines sont touchés, y compris le domaine culturel. Nous avons donc choisi de fixer un plafond qu’il ne faut pas dépasser». Au programme également, la pièce de théâtre «We Die Against You» du comédien tunisien Lamine Nahdi, en plus du spectacle soufi «Hadhra» de Fadhel Jaaibi, avec la participation de la star tunisienne Balti. Voici le programme complet : -Jeudi 14 et vendredi 15 juillet : Comédie musicale ‘’Ocheg Eddenya’’ d’Abdelhamid -Bouchenak avec plusieurs artistes Tunisiens(Tunisie) -Samedi 16 juillet : Groupe B.I.G (Corée du Sud) -Lundi 18 juillet : Comédie musicale «Alice» (Tunisie) -Mardi 19 juillet : Groupe «Adonis» (Liban) & le chanteur Hayder Hamdi (Tunisie) -Jeudi 21 juillet : Le chanteur Nour Mhanna (Syrie) -Vendredi 22 juillet : Spectacle «Chants mémorables» sous la houlette du maestro -Abderrahmen Ayadi (Tunisie) -Samedi 23 juillet : La chanteuse Nocembo Zikode (Afrique du Sud) & le groupe -Kadebostany (Suisse) -Mardi 26 juillet : La chanteuse Zaz (France) -Mercredi 27 juillet : Le chanteur Faraj Suleiman (Palestine) & le duo Noor et Selim -Arjoun (Tunisie) -Vendredi 29 juillet : One man show «Nmout 3alik» de Lamine Nahdi (Tunisie) -Samedi 30 juillet : Le chanteur Ragheb Alema (Liban) -Dimanche 31 juillet : Le rappeur Balti (Tunisie) -Mardi 02 août : Spectacle «Festival Mondial de la magic» (artistes de plusieurs pays)

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Parmi les réalisateurs en lice pour la prestigieuse Palme d’Or, il y aura plusieurs anciens lauréats de Cannes, dont l’acerbe satiriste social suédois Ruben Östlund.


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Bassam Rady.. De la classe et de la distinction

Porte-parole de la présidence égyptienne : qui est Rady? Par : La Majalla - Bassam EssamRady, est parti sur les traces de son père, EssamRady, ministre de l’Irrigation dans le gouvernement du Dr AtefSedky. - Du premier regard, ce jeune homme,qui a fait ses études à l’école anglaise d’Héliopolis, s’engager dans l’administration de son pays ? - Surtout avec une Licence en Sciences, Université Ain Shams, 1990, spécialité Informatique et Physique Nucléaire. - Ce trilingue, en plus sa langue maternelle, l’Arabe (anglais /italien / français), a été nommé au ministère des Affaires étrangères, en novembre 1991. - Ambassadeur d’Égypte aux Émirats Arabes Unis, en Italie. - Ambassadeur adjoint d’Égypte au Japon, et Consul général d’Égypte à Istanbul. - De retour au Caire, il a occupé, au ministère des Affaires étrangères, les postes du Directeur du Département International Anti-Terrorisme.

-Directeur des Affaires des Nations Unies. - Directeur du Cabinet du Ministre adjoint chargé des relations multilatérales et des Nations Unies. - Directeur des Affaires de Coopération Islamique. - Gestion des informations et des estimations. - Directeur Adjoint du Département Afrique. - Bassam EssamRady est titulaire d’une bourse en gestion de crise et négociation de l’Académie militaire Nasser, session 15, en 2005. -Membre du Comité national de préparation de la nouvelle loi antiterroriste en 2015. -Membre du Comité suprême de sécurité pour la lutte contre le terrorisme, dirigé par le conseiller du président pour la lutte contre le terrorisme, en 2015. -Il a dirigé la délégation égyptienne participant à toutes les réunions internationales liées à la lutte contre le terrorisme international. 62

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-En particulier, la coalition internationale contre l’État islamique, en 2015/2014. -Spécialiste dans la surveillance de l’activité des groupes extrémistes. -Actuellement, Porte-parole officiel de la Présidence de la République. -Radya commencé ses nouvelles fonctions en octobre. - Poste qu’il doit à un curriculum vitae solide qui a fait de lui le plus apte à jouer ce rôle... - Le site «Africa Intelligence» spécialisé dans les affaires africaines a nommé l’ambassadeur Bassam Rady, porte-parole officiel de la présidence de la République, parmi les personnalités diplomatiques africaines les plus en vue et les plus influentes. - Ce choix concerne un certain nombre de personnalités et de responsables de certains pays africains du Sénégal, du Cameroun, et du Ghana, qui ont une crédibilité et une interaction remarquable et influente avec l’opinion publique.



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«Les royaumes de Savannah», une histoire sinistre au cœur d’une ville surréaliste Par : Emna Darwazi Savannah peut sembler être «une ville sortie d’une fable», avec ses fleurs de vigne, ses manoirs à tourelles et ses visites fantômes qui romantisent l’histoire de la ville. Mais regardez plus profondément et vous découvrirez des secrets qui racontent une histoire plus sinistre. C’est l’histoire au cœur du nouveau roman effrayant de George Dawes Green, «Les Royaumes de Savannah». A la suite d’une mort tragique et d’un enlèvement, une famille dysfonctionnelle au centre de la haute société géorgienne découvre des vérités douloureuses dans l’ombre juste au-delà des lampes à gaz et des sites historiques de Savannah. Lorsque l’impitoyable promoteur immobilier Archibald Guzman est arrêté pour la mort par incendie criminel d’un ivrogne local, il tente d’acheter le soutien de la famille Musgrove, une pierre angulaire en ruine mais toujours influente de l’élite de Savannah. Morgana, la matriarche têtue et, maintenant que son mari est mort, propriétaire de l’agence d’enquête qui est l’une des entreprises de la famille, accepte l’affaire controversée en échange de la promesse d’une aubaine qui, espère-t-elle, ralentira l’érosion de leurs

finances. Elle sait que le scandale qui l’accompagne mettra encore plus à rude épreuve sa famille déjà assiégée, et bientôt ils travaillent tous à contre-courant. Ransom, son fils rebelle et vagabond par choix, considère Guzman comme un ennemi des sans-abri, et Jaq, sa petite-fille cinéaste en herbe, veut la justice sociale pour son amie immolée. Le reste de la famille est entraîné à contrecœur, à se préparer aux retombées sociales imminentes. Les menaces anonymes se transforment en actes de violence réelle au fur et à mesure que les détectives amateurs se rapprochent de la découverte d’horribles vérités sur le présent et le passé racistes de Savannah, certains bien trop près de chez eux. La famille doit décider de s’unir contre ses adversaires désespérés ou d’accepter des compromis dangereux qui pourraient les déchirer. Dans roman, Green, lauréat du prix Edgar, livre un thriller littéraire sudiste captivant et savamment documenté. Grâce à une narration magistrale, l’écrivain

«Les royaumes de Savannah» est saturé de détails et parsemé d’excentriques, il a la saveur du gothique méridional sans arrière-goût amer. 64

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«Les royaumes de Savannah», dernier roman de George Dawes Green, paru le 22 juillet 2022.


a pu explorer en profondeur des problèmes sociaux contemporains tels que les privilèges et les héritages familiaux construits à partir de l’esclavage. George Dawes Green est une comète périodique. Son dernier roman, «Ravens», est sorti au début du premier mandat de Barack Obama. Il est mieux connu pour «The Juror», publié en 1995, lorsque Bill Clinton était président et John Grisham le roi des best-sellers. Green ne manquait pas d’inspiration, mais fut juste oc-

Il s’agit d’un mystère sur le meurtre d’un jeune homme bipolaire, Luke Kitchens. cupé en tant que fondateur de The Moth, l’organisation à but non lucratif de narration qui déployait ses ailes lorsque les podcasts étaient encore dans la chrysalide. Certes, son nouveau roman, «Les royaumes de Savannah» est saturé de détails et parsemé d’excentriques, il a la saveur du gothique méridional sans arrière-goût amer. Morgane Musgrove, un personnage principal du roman, est difficile, voire même cruelle. Lorsque l’un de ses quatre enfants adultes, Ransom, avait 13 ans, elle lui a dit qu’il était «destiné à être un vagabond». Mais comme ces doyennes d’autrefois, elle est un peu fabuleuse. Elle déteste la climatisation, était admirée par le chanteur Johnny Mercer en son temps, porte le parfum Iris Poudre (pas cher !), a des serviettes luxueuses et un jardin luxuriant, et entretient une soi-disant chambre turque, «pour les conversations intimes, tu sais?» Les enfants n’étaient «jamais autorisés à y entrer», se souvient Bebe, la sœur de Ransom, de cette pièce spéciale, dont les murs sont ornés de lampes Aladdin. Quelque chose d’étrange se passe à Savannah, une ville que Green rend dans une sorte de détail conscient peut-être pas vu depuis «Midnight in the Garden of Good and Evil», de John Berendt. Une gamme complète de dialectes est promulguée, en noir et blanc : le «vieil accent pur de la région : riche et hautain,

avec une saveur de malheur». Il y a une bouffée de Tom Wolfe dans certains des passages les plus libres («buh-blink, buh-blink, buh-blink»), ainsi que dans la mise en scène de classe urbaine et de conflit racial de Green. Il emmène les lecteurs au manoir néo-roman que Morgana occupe de manière éclatante et des soirées qu’elle organise dans les centres commerciaux et les champs de foire pourris. À première vue, il s’agit d’un mystère sur le meurtre d’un jeune homme bipolaire, Luke Kitchens, vu vivant pour la dernière fois en compagnie d’une archéologue d’âge moyen nommée Matilda Stone – «Stony». Morgana, dont les multiples entreprises héritées comprennent une agence de détective en jachère, a été attirée par des frais énormes pour aider à enquêter. Mais le mystère le plus profond est le suivant : quel est le «royaume» paradisiaque dans lequel Stony, qui a été kidnappée, ne cesse de s’aventurer dans son esprit ? Est-ce que c’est réel? Green veut marteler que la beauté de Savannah toutes les fleurs, la mode et la convivialité - est une laideur indescriptible qui doit être exprimée. Pour aider à accomplir cela, Morgana a une petite-fille noire, Jaq, un documentariste qui tourne un film intitulé «Some Town Out of a Fable». Jaq visite la Georgia Historical Society, où «trois petites vieilles femmes blanches rongeurs» font des recherches sur leurs dynasties. Si l’histoire est faite de romans policiers, semble proposer l’auteur, alors pourquoi pas un roman policier pour aider à repenser l’histoire ?

Si l’histoire est faite de romans policiers, semble proposer l’auteur, alors pourquoi pas un roman policier pour aider à repenser l’histoire ? 65

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Ons Jabeur à La «Majalla»: Je compte remporter plus d’un titre Ons Jabeur.. La saga d’une tenniswomen Tunis- La Majalla

Cette fille de Ksar Hellal, est déjà, sur les traces d’autres grands champions tunisiens qui ont L’ouverture de la 56ème édition du Festival inter- porté haut et fort le drapeau tunisien, dans de national de Carthage le 14 juillet 2022, fut assez exceptionnelle avec la montée sur scène pour la première fois de la championne tunisienne Ons Jabeur dans un hommage bien émouvant, en présence de la ministre des Affaires Culturelles, du ministre de la jeunesse et des sports et du directeur du FIC, Kalel Ferjnai, devant un public qui a été doublement comblé. Décorée dans la matinée des insignes de Grand officier de l’ordre national du mérite sportif par le président tunisien, Kaïs Saïed, Ons Jabeur plébiscitée par ses fans en «la ministre du bonheur » en Tunisie et dans le monde arabe, a exprimé sa grande joie de partager avec tous les tunisiens et tunisiennes ce moment tant attendu, celui des retrouvailles. La Tunisie a besoin de ses champions Plus que jamais la Tunisie a besoin, en cette période de ses champions. Elle est déjà sur le toit du monde, elle est le croissant et l’étoile du drapeau tunisien.

Elle est déjà sur le toit du monde, elle est le croissant et l’étoile du drapeau tunisien 66

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Ons Jabeur décorée des insignes de Grand Officier de l’Ordre national du mérite sportif par le président tunisien, Kaïs Saïed

Finaliste du tournoi de Wimbledon 2022, Ons Jabeur a conservé son 5e rang au classement WTA publié lundi dernier après avoir été 2e mondiale il y a deux semaines de cela grands événements olympiques et mondiaux, Mohamed Gammoudi, Habiba Ghribi, Fathi Missaoui, Oussama Mellouli, Habib Ghalia, Taoufik Balbouli, Kamel Bouali, Moez Fhima, Victor Young Perez, Simon Bellaiche, Ahmed Hafnaoui, Inès Boubakri, Oussama Oueslati, Mohamed Jendoubi, Anis Lounifi, Imed Mathlouthi, Wided Younsi, Ahlem Grisset. Dans une déclaration à La «Majalla», Ons Jabeur a indiqué que c’est «pour la première fois

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qu’elle monte sur scène et rencontre de milliers de fans». Elle a ajouté que par ses victoires, elle aspire à «encourager la jeunesse tunisienne à pratiquer le sport individuel et surtout le tennis et lui insuffler l’espoir en des lendemains meilleurs». Commentant sa défaite devant la méritante et valeureuse kazakhe, Irina Rybakina, elle indiqué à La «Majalla» que d’autres compétitions sont à son agenda et qu’elle compte remporter plus d’un titre. En effet, à chaque fois qu’elle se présente sur un court de tennis, des millions de Tunisiens, d’Africains et d’Arabes, sont derrière Ons Jabeur. La «guerrière» Surnommée dès ses premières victoires «La guerrière», Ons Jabeur est considérée comme la meilleure joueuse de tennis arabe de l’histoire. Finaliste de Roland-Garros juniors en 2010, Ons Jabeur a remporté le Grand Chelem parisien, toujours chez les juniors, l’année suivante. Une première pour une joueuse africaine depuis 55 ans. Elle s’est lancée sur le circuit professionnel à Doha en 2012, où elle a chuté au premier tour contre Virginie Razzano. Ons Jabeur a remporté son premier match WTA en 2014


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lors du tournoi d’Oeiras, au Portugal. Un succès face à la locale Maria Joao Koehler. Elle a obtenu les meilleurs résultats en Grand Chelem et a été la première joueuse arabe à

Dans une déclaration à La «Majalla», Ons Jabeur a indiqué que par ses victoires, elle aspire à «encourager la jeunesse tunisienne à pratiquer le sport individuel».

remporter un titre WTA en juin 2021, à Birmingham. Fin novembre 2019, elle a également été élue meilleure athlète arabe de l’année en remportant le prix ArabWomen of the Year, attribué par la London Arabia organisation. Finaliste du tournoi de Wimbledon 2022, Ons Jabeur a conservé son 5e rang au classement WTA publié lundi dernier après avoir été 2e mondiale il y a deux semaines de cela. Aucun point, rappelle-t-on, n’avait été attribué dans l’édition 2022 du prestigieux tournoi sur gazon. Jabeur avait, également, perdu donc les 430 points de son quart de finale à Wimbledon en 2021, sans en gagner aucun. A noter, en outre, que le classement mondial est dominé par l’intouchable Polonaise Iga Swiatek. Il est à signaler qu’il n’y a pas de grands changements dans le top 10 avec notamment l’Américaine.

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Hommage à Ons Jabeur à l’ouverture du festival international de Carthage.


Finaliste du tournoi de Wimbledon 2022, Ons Jabeur a conservé son 5e rang au classement WTA

Jessica Pegula qui monte d’un cran, de la 8e à la 7e place, le meilleur classement de sa carrière. Les gros changements interviennent plus loin, avec la Croate Petra Martic qui, à la faveur de son titre à Lausanne, bondit de 30 places et se retrouve 55e mondiale, et l’Américaine Bernarda Pera qui, lauréate du tournoi de Budapest, gagne 49 places et entre dans le Top 100 (81e).

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Classement WTA: 1. Iga Swiatek (POL) 8336 pts 2. Anett Kontaveit (EST) 4326 3. Maria Sakkari (GRE) 4190 4. Paula Badosa (ESP) 4030 5. Ons Jabeur (TUN) 4010 6. Aryna Sabalenka (BLR) 3267 7. Jessica Pegula (USA) 3087 (+1) 8. Danielle Collins (USA) 3022 (-1) 9. Garbine Muguruza (ESP) 2886 10. Emma Raducanu (GBR) 2717