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Un an après l’Accord abrahamique : changement de paradigme au Moyen-Orient

Un magazine politique Mensuel

Kuzmanovic annonce sa candidature à l’élection présidentielle française

Un magazine politique Mensuel

Issue 1814 - Octobre 01/10/2021

Flash-back sur la Mostra de Venise 2021

Issue 1814 - Octobre 01/10/2021

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L’affaire des sous-marins: Pour la France c’est être ou ne pas être ! www.majalla.com



Un magazine politique Mensuel

Issue 1814 - Octobre 01/10/2021

Maghzaoui à «La Majalla» : Ghannouchi dirige le Bureau du parlement, à la manière d’un gang 38

Crise politique en Libye : Le flou persiste sur la tenue 18 des élections

La casa de papel dans sa 5e saison... ses 60 points forts et ses points faibles Éditeur en chef

HH Saudi Research and Marketing (UK) Ltd

Secrétaire de Rédaction

10th Floor Building 7 Chiswick Business Park 566 Chiswick High Road London W4 5YG

Ghassan Charbel Un magazine politique Mensuel

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L’Afrique entre coups d’Etat et démocratie :Sirocco et blizzard 30

Mostafa El-Dessouki

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Tel : +44 207 831 8181 - Fax: +44 207 831 2310


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Une marionnette géante créée par Handspring Puppet Company à l’image d’une jeune fille réfugiée La marionnette géante Amal, créée par Handspring Puppet Company symbolisant une jeune fille réfugiée, marche en soutien aux réfugiés sous la chaise brisée sur la place des Nations Unies, à Genève, en Suisse, le 28 septembre 2021. La Petite Amal, une marionnette géante (3,5 mètre de haut) d’une jeune fille réfugiée syrienne fait partie de ‘The Walk’, une initiative artistique qui parcourra 8 000 kilomètres de la Syrie au Royaume-Uni à travers la Turquie, la Grèce, l’Italie, la France, la Suisse, l’Allemagne et la Belgique pour attirer l’attention sur les besoins urgents des jeunes réfugiés )EPA Photos(

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Maroc Culture Art L’artiste de rue marocaine Imane Droby travaille sur une peinture murale lors du festival d’art de rue « Jidar » dans la capitale Rabat, le 20 septembre 2021. Une promenade dans les avenues et ruelles de Rabat révèle un éventail d’œuvres fraîchement peintes, dans lesquelles les créatures fantastiques de la vie cohabitent avec des portraits réalistes et des scènes de la vie quotidienne. Leurs créateurs ont afflué de tout le royaume d’Afrique du Nord et au-delà à Rabat la semaine dernière pour Jidar (“mur” en arabe), un festival dédié au street art )AFP Photos(

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Encouverture L’affaire des sous-marins: Pour la France c’est être ou ne pas être ! Paris : Khaled Saad Zaghloul La France est loin d’être petite. En raison de ses départements et régions d’outre-mer dispersés dans tous les océans de la Terre, elle possède la plus grande zone économique exclusive du monde, dépassant celle des États-Unis. La ZEE totale de la France est de 12 millionskm², dont 93% sont située dans les océans Indien et Pacifique et couvre environ 8% de la surface de toutes les ZEE du monde.L’Indopacifique s’impose de plus en plus comme l’espace stratégique du XXIème siècle.Le centre de gravité de l’économie mondiale devenu une priorité pour la France.Les principales réserves de croissance mondiales se trouvent dans l’Indopacifique, qui contribuera d’ici 2030 à environ 60% du PIB mondial. Le contrat du siècle devenu la gifle du siècle La naïveté est une sorte de pureté, les français étaient trop naïfs de faire confiance à leurs grandes alliées américaines. Personnes n’imaginait un tel scénario ! La signature d’un contrat est une promesse portée par la confiance. maisles français ont oublié que dans l’océan Pacifique, il y a des gros poissons qui volent la nourriture des petits poissons, ou bien ils les mangent. Joe Biden,qui avait pourtant fait la joie des Français et des Européens lors de son élection,a décidé de jeter dans l’océan,le «contrat du siècle» Signé en 2016 avec l’île- continent (d’une valeur de 56 milliards d’euros). L’Australie s’était engagée à acquérir auprès du constructeur hexagonal Naval Group, douze sousmarins conventionnels d’attaque dérivés des futurs sous-marins nucléaires Barracuda, de supériorité régionale avec des performances exceptionnelles. Les sous-marins devaient être construits en Australie et devaient créer des milliers d’emplois dans les deux pays au cours des prochaines années. Les coïncidences sont nombreuses, le 15 septembre, tandis que

la Présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, prononçait un discours évoquant la nécessité d’accélérer la construction d’une « Union de la défense », ses paroles étaient balayées par l’annonce de la Maison-Blanche d’un partenariat stratégique de sécurité, « AUKUS », dans la zone Indo-Pacifique. Conclu entre les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni. Cela a provoqué la colère de Paris qui a suscité l’inquiétude de l’OTAN. Un camouflet à triple détente pour les Européens. Canberra a choisi de se placer sous la protection de l’Amérique, pas sous celle de la France.Le gouvernement australien notifie officiellement au gouvernement français - quelques heures seulement avant l’annonce officielle coordonnée avec Washington et Londres - de la rupture du contrat en faveur d’un nouvel accord avec les États-Unis et le Royaume-Uni. Humiliation supplémentaire, le Premier ministre britannique Boris Johnson, après avoir sorti le Royaume-Uni de l’Union européenne avec le Brexit, apparaît comme le grand gagnant de cette séquence. Le partenariat du « Commonwealth » dans le Pacifique serait le théâtre d’une course folle à l’armement nucléaire, puisqu’il inclut la fourniture de sous-marins américains à propulsion nucléaire à l’Australie, laquelle souhaitait en acquérir, excluant de fait la France du jeu. Pour l’industriel français, c’est également une «grande déception». Le coup est rude mais pas mortel. « Depuis cinq ans, les équipes de Naval Group en France comme en Australie, et celles de nos partenaires, se sont pleinement mobilisées. Elles ont donné le meilleur d’elles-mêmes et Naval Group a honoré tous ses engagements », a affirmé le groupe français. Mais la France trouvera sûrement des acheteurs à ses sousmarins. Le groupe français devrait pouvoir se relever,son carnet

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de commandes étant loin d’être vide, avec notamment cinq sousmarins Barracuda à construire d’ici 2030, la préparation de la conception de sous-marins lanceurs d’engins et du futur porteavions nucléaire français. Dix sous-marins conventionnels sont également à livrer (six pour l’Inde et quatre pour le Brésil) et le groupe garde l’espoir de nouveaux contrats avec les Pays-Bas, l’Inde, et peut-être l’Egypte, les Emirats arabes unis et l’Arabie Saoudite. Toutefois, la France doitdésormais se méfier de ses alliés, et notamment de « Big Brother ».

Réaction de Paris

La France voit rouge,le Sénat s’est aussi inquiété sur la nature des relations et « l’attitude récente de certains des alliés de la France ».L’enjeu pour la France était double. Il est d’abord diplomatique et géopolitique : Emmanuel Macron tentait avec cette opération de renforcer la présence française dans cette même zone IndoPacifique, à travers des partenariats avec l’Inde et l’Australie et dont ce contrat constituait la pierre angulaire face aux ambitions chinoises dans la région. Il est ensuite économique : l’accordcadre prévoyait la construction, par Naval Group (implantée dans une dizaine de villes françaises), de ces sous-marins. La France ne semble pas prête à pardonner. Le soir même, un gala prévu à la résidence de l’ambassadeur de France dans la capitale américaine, a été annulé. Cette réception devait célébrer l’anniversaire d’une bataille navale décisive pour la guerre d’indépendance des Etats-Unis, qui s’est conclue le 5 septembre 1781 par une victoire de la flotte française sur la flotte britannique. Tout un symbole.

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Le centre de gravité de l’économie mondiale s’est déplacé vers l’IndoPacifique. Florence Parly, ministre des Armées, apour sa partdénoncé une décision «grave» et une «très mauvaise nouvelle pour le respect de la parole donnée». Son collègue le ministre des Affaires étrangères a demandé des « clarifications, que les Australiens nous disent comment ils s’en sortent ». Il est rare dans le monde de la diplomatie qu’un ministre ne mâche pas ses mots. « C’est un coup dans le dos », « une trahison », « un mensonge » entre alliés estime Jean-Yves Le Drian.« Il y a eu mensonge, il y a eu duplicité, il y a eu rupture majeure de confiance, il y a eu mépris donc ça ne va pas entre nous ». Le ministre français a du mal à avaler la rupture par l’Australie de ce contrat colossal. La déception et la colère du ministresont immenses et légitimes,non seulement parce que cela ne se fait pas entre pays amis, mais aussi parce qu’il avait déjà participé à la négociation puis à la conclusion de ce contrat avec l’Australie lorsqu’il occupait le poste de ministre de la Défense sous la présidence de François Hollande. « Nous avions établi une relation de confiance avec l’Australie - cette confiance est trahie » s’est-il ému. « Je suis aujourd’hui en colère, avec beaucoup d’amertume


Encouverture

sur cette rupture, d’autant plus que cela ne se fait pas entre alliés et en plus quand il y a eu d’abord deux ans de négociations […] Cette décision unilatérale, brutale, imprévisible ressemble beaucoup à ce que faisait monsieur Trump », a-t-il renchéri en s’en prenant à Joe Biden.

Crise diplomatique...Les Ambassadeurs rappelés

« L’histoire n’est pas franco-américaine, c’est l’Europe qu’on a piétinée ici! », fait-on valoir au Quai d’Orsay.Cette affaire a enflammé les relations diplomatiques entre les trois pays comme rarement. La France a rappelé ses ambassadeurs aux États-Unis et en Australie, une première depuis deux siècles et sans précédent vis-à-vis de ces deux alliés historiques. Une décision que Washington dit regretter. « À la demande du président de la République, j’ai décidé du rappel immédiat à Paris pour consultations de nos deux ambassadeurs », a annoncé le chef de la diplomatie française. « Cette décision exceptionnelle est justifiée par la gravité exceptionnelle des annonces effectuées par

l’Australie et les États-Unis », a-t-il ajouté.

L’Australie assume

Pendant que Paris crie à la « trahison », les Australiens estiment que la décision de Canberra est avant tout liée à l’évolution de la menace chinoise, ainsi qu’à la position de la France vis-à-vis de Pékin, perçue comme trop ambiguë côté anglo-saxon.Le Premier ministre australien Scott Morrison a répliqué aux accusations de la France. « Je pense qu’ils auraient eu toutes les raisons de savoir que nous avions de profondes et graves réserves quant au fait que les capacités du sous-marin de classe Attack ne répondaient pas à nos intérêts stratégiques et nous avions clairement indiqué que nous prendrions une décision basée sur notre intérêt stratégique

Emmanuel Macron et l’ancien Premier ministre australien Malcolm Turnbull sur le pont d’un sous-marin de la marine australienne, à Sydney le 2 mai 2018.

Le partenariat du «Commonwealth» dans le Pacifique serait le théâtre d’une course folle à l’armement nucléaire. Scott Morrison

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national », a déclaré Scott Morrison .

Biden rectifie le tir

Pourrétablir la confiance avec Paris, Joe Biden a assuré ne pas « vouloir de nouvelle guerre froide et d’un monde divisé en blocs rigides ». Pour lui, le recours aux armes doit être « une solution de dernier recours, pas de premier recours ». Une façon de répondre aux inquiétudes de la France et de l’Europe, qui se méfient de son approche « confrontationnelle» avec Pékin. Une semaine après la crise entre la France et les Etats-Unis, Emmanuel Macron et Joe Biden se sont entretenus le 22 septembre, à la demande de ce dernier, pour examiner les conséquences

Jean Yves le Drian

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« L’histoire n’est pas francoaméricaine, c’est l’Europe qu’on a piétinée ici ! », fait-on valoir au Quai d’Orsay. de l’annonce faite le 15 septembre dernier. Ils ont convenu que des consultations ouvertes entre alliés sur les questions d’intérêt stratégique pour la France et les partenaires européens auraient permis d’éviter cette situation. Le Président Biden a fait part de son engagement durable à ce sujet. Les deux chefs d’État ont décidé de lancer un processus de consultations approfondies, visant à mettre en place les conditions garantissant la confiance et à proposer des mesures concrètes pour atteindre des objectifs communs. Ils se rencontreront en Europe à la fin du mois d’octobre pour parvenir à des points d’accord et conserver à ce processus tout son dynamisme. Dans ce contexte, le président Macron a décidé que l’Ambassadeur de France retournerait à Washington. Celui-ci travaillera alors en lien étroit avec des hauts fonctionnaires américains. Les États-Unis ont réaffirmé que l’engagement de la France et de l’Union européenne dans la région Indo-Pacifique revêt une importance stratégique, notamment dans le cadre de la stratégie de l’Union européenne pour la coopération dans la région Indo-Pacifique. Les États-Unis reconnaissent également l’importance d’une défense européenne plus forte et plus capable, qui contribue positivement à la sécurité globale et transatlantique,


Encouverture en subordination à l’OTAN. Un seul point concret, les États-Unis s’engagent à renforcer leur appui aux opérations antiterroristes conduites par les États européens dans la région du Sahel, dans le cadre de leur lutte commune contre le terrorisme.

Arrêtons d’être naïfs

Le 28 septembre,Emmanuel Macron affirme que les Etats-Unis resteront de grands alliés historiques mais« Nous serions naïfs, et même, nous commettrions une terrible erreur, à ne pas vouloir en tirer toutes les conséquences et le constater pour nous-mêmes », a-t-il estimé. « Les Européens doivent sortir de la naïveté. Lorsque nous sommes sous l’effet de pressions, de puissances qui parfois se durcissent : réagir, montrer que nous avons avec nous aussi la puissance et la capacité à nous défendre ». « Nous sommes obligés de constater que depuis maintenant un peu plus de 10 ans, les Etats-Unis se concentrent beaucoup sur eux-mêmes, et ont des intérêts stratégiques qui se réorientent vers la Chine et le Pacifique », a poursuivi Emmanuel Macron. Le président français espère sortir par le haut de la crise en remettant de façon opportune l’accent sur son agenda européen. Parisrêve de relancer la machine européenne. A un peu plus de trois mois de la présidence française de l’Union. Macron entend pousser les feux de « l’autonomie stratégique » des Vingt-sept, voire de leur défense collective« C’est avec le même pragmatisme et la même lucidité pour notre indépendance que nous devons, en tant qu’Européens, prendre notre part dans notre propre protection ». Cette crise a suscité une vague de colère, plusieurs candidats à l’Elysée, de Jean-Luc Mélenchon (LFI) à Marine Le Pen (RN), en passant par Éric Ciotti (LR), appellent à revoir les liens avec l’Otan, certains voulant mettre sur la table la question de la participation de la France au commandement intégré de l’organisation transatlantique.La France y avait fait son retour en 2009 sous Nicolas Sarkozy, 43 ans après l’avoir quittée à la demande du général de Gaulle. Le Patron de l’Elysée, a laissé entendre que l’affaire des sousmarins pèserait sur l’avenir de l’OTAN et sur la participation française à l’alliance avec uneautre définition d’un nouveau concept stratégique pour l’Organisation Atlantique.

Yassine B

La question est de savoir quel rôle l’Europe va pouvoir jouer. Quand on écoute l’Élysée, il y aurait une carte à jouer. Une sorte de troisième voie qui serait capable de sortir son épingle du jeu en dialoguant avec les deux camps. Macron parviendra-t-il à faire sortir la France et ses voisins de l’OTAN ? Construira –t- l’armée européenne ? Quoi qu’il arrive, la France indépendante est de retour, une nouvelle guerre froide est déjà annoncée.

La crise des sous-marins selon les académiques

Yassine B : Seule une Europe unie peut se faire respecter par les américains Yacine B, chercheur à l’institut supérieur de l’armement et de la défense à Paris nous livre son point de vue. Thucydide écrivait : « le fort fait ce qu’il peut faire, le faible subit ce qu’il doit subir ». Cette situation résume assez bien la crise actuelle. Rien de nouveau, avec l’Australie sous Trump et l’Arabie saoudite sous Obama, la France a espéré tirer profit d’une détérioration des relations entre ces pays et Washington pour obtenir d’importants contrats qui ne se seront donc pas concrétisés. Cet « opportunisme stratégique » ne tient pas sur le long terme car, partout dans le monde, seul l’arsenal américain offre une garantie crédible face aux menaces. Des lors, il appartient à la France de poser ouvertement les questions qui fâchent lors de la présidence française de

Dans l’océan, les gros poissons volent la nourriture des petits poissons, ou bien ils les mangent directement. Hall Gardner

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Emmanuel Macron et Joe Biden ont annoncé des «engagements» pour rétablir une confiance durement éprouvée entre Paris et Washington

l’UE. Seule une Europe unie et désireuse d’avancer sur la question de l’autonomie stratégique européenne fera d’elle une puissance respectée aux yeux de Washington. David Ledure :»Pour retrouver une crédibilité sur la scène internationale, il est temps que la France renoue avec sa politique gaullienne d’indépendance nationale». David Ledureest un brillant étudiant français en khâgne BL, (deuxième année de prépa pour entrer dans les Grandes écoles). Il nous donne son point de vue : « Je pense qu’il faut dissocier le court terme du long terme. A courte échéance, et après le rappel des ambassadeurs, il faut que l’Elysée mette en application des mesures fortes comme l’organisation d’une réunion de crise pour fixer les rétorsions contre les USA et l’Australie. Nous pourrions lancer des actions de droit sur les pénalités financières résultant de la rupture unilatérale du contrat. Il faudrait également ouvrir une requête auprès d’Interpol et Tracfin pour repérer les éventuels mouvements financiers

Les Européens doivent sortir de la naïveté suspects entre tous les protagonistes du dossier. Ensuite, à long terme, il faut que la France mette en application l’article 13 du TAN prévoyant la sortie de l’OTAN. On s’extirperait ainsi d’une organisation agressive qui nous met en péril de guerre généralisée via l’article 5 du TAN. Ma vision de notre politique étrangère est-elle du général de Gaulle lorsqu’il incarnait l’indépendance de la France en Iran, en Chine, au Mexique ou au Cambodge. Rien à voir avec une France vassale des Etats-Unis. »

Hall Gardner : l’administration Biden, devra faire des concessions à la France à l’avenir

Hall Gardner, Professeur titulaire américain à l’Université américaine de Paris, nous livre son opinion : « La décision de l’Australie d’acheter des sous-marins américains à propulsion nucléaire, au lieu d’acheter 12 sous-marins diesel français sous contrat d’une valeur de plus de 56 milliards d’euros, a provoqué un choc important à Paris qui mettra quelques années à se résorber. A la suite de cette action unilatérale américaine, prise sans consultation significative avec Paris, un certain nombre de politiciens français ont appelé la France à quitter l’OTAN. Il est certain que l’administration Biden, qui a promis de s’engager dans un nouveau multilatéralisme, et de ne pas agir unilatéralement comme l’administration Trump, devra faire quelques concessions à la France à l’avenir pour compenser à la fois la perte d’argent et de prestige de la France. »

David Ledure, étudiant en khâgne

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Haiat à la Majalla: L’accord de paix est très profond dans la région arabe

Un an après l’Accord abrahamique : changement de paradigme au Moyen-Orient Par : Sami Elsalah

unis, Cheikh Abdullah bin Zayed Al Nahyan, en déclarant : « Nous parlons d’un problème lié à Le 15 septembre 2020, les Émirats arabes unis l’histoire, la culture et la religion, il pourrait donc et le Royaume de Bahreïn ont signé un accord faire partie de la solution (parvenir à un accord) pour établir des relations officielles avec Israël qui combine l’histoire, la culture et la religion. sous les auspices et avec le soutien de l’ancien président américain Donald Trump. Les Émirats On peut dire qu’un an après la signature des arabes unis ont été le premier pays du Golfe à accords abrahamiques, ce fut l’une des décisions annoncer l’établissement de relations officielles transformationnelles qui ont commencé à avec Israël. Après cela, Bahreïn a annoncé un contribuer à remodeler certaines caractéristiques accord avec Israël, puis le Soudan et le Maroc. du Moyen-Orient et de la région. Malgré les L’entrée directe des Émirats dans la signature défis auxquels il est confronté, les accords ont su de ce qui est devenu connu sous le nom de « donner une impulsion transformationnelle à cet Accord abrahamique » était pour Israël de geler événement. le « plan d’annexion » qui a été adopté par le Parmi les bénéfices que les accords de paix Premier ministre israélien de l’époque, Benjamin ont obtenus il y a un an, depuis qu’ils ont été annoncés à la Maison Blanche. Netanyahu. Les Émirats arabes unis ont exprimé leur encouragement à appeler le traité de paix « l’Accord abrahamique » et l’ont expliqué dans les mots du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale des Émirats arabes

Anti-terrorisme L’établissement de relations entre Israël, les Emirats, Bahreïn, le Soudan et le Maroc est une véritable réussite pour les Israéliens, car ils

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Les Émirats, Bahreïn et Israël signent leur accord à Washington

n’aiment pas vivre isolés au Moyen-Orient. Au niveau régional, cet accord entre les Emirats Arabes Unis et Israël renforcera leur alliance contre le terrorisme. Cet accord entre les deux pays permet également une partie du rapprochement soutenu par les États-Unis dans le domaine de la coopération militaire, de sécurité et de défense. Grâce à la signature par les Émirats arabes unis à la mi-septembre d’un accord avec Israël, le parapluie de la paix dans la région arabe s’est élargi, sur la même voie émirienne pour parvenir à la paix, la tolérance et la coexistence et pour renforcer la sécurité et la stabilité dans la région et dans le monde.

Soutenir la Palestine.. Un engagement éternel L’anniversaire intervient après des développements successifs, dans lesquels les pays qui ont annoncé des relations avec Israël ont prouvé ce qu’ils ont souligné à plusieurs reprises que cet accord n’était pas et ne sera pas au détriment de la cause

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Haiat à la Majalla : Les accords d’Abraham, signés entre Israël et plusieurs Etats arabes, doivent être préservés. palestinienne. Depuis la démarche courageuse et audacieuse de signer un traité de paix avec Israël, les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan ont toujours affirmé que ce traité ne se fera pas au détriment de la cause palestinienne, mais le soutiendra plutôt pour réaliser les souhaits des Palestiniens. Les peuples et le monde arabe et islamique à établir un État palestinien, sur la base de leur vision de la possibilité que la langue du dialogue réussisse à réaliser ce qui n’a pas abouti aux contrats d’aliénation et au boycott.

Tolérance et dialogue Les observateurs estiment que ce traité historique


a contribué à approfondir l’interaction entre les parties arabes et Israël, car c’est le principal point d’entrée pour parvenir à la paix et à la stabilité dans la région, ce qui a conduit à une diminution des risques d’affrontement et à la diffusion d’une culture de tolérance et de dialogue. La célébration du premier anniversaire de l’accord de paix intervient quelques semaines après l’ouverture de l’ambassade des Émirats arabes unis à Tel Aviv, avec la participation du président israélien Isaac Herzog et de la ministre d’État des Émirats arabes unis pour la sécurité alimentaire et hydrique Maryam Al Muhairi.

Une nouvelle politique dans la région Le porte-parole du ministère israélien des

Grâce à la signature par les Émirats arabes unis à la miseptembre d›un accord avec Israël, le parapluie de la paix dans la région arabe s›est élargie.

Affaires étrangères, Lior Hayat, a souligné que « l’accord de paix signé par les Émirats arabes unis et Bahreïn avec Israël il y a un an est très profond dans la région, contrairement à ce que certains ont promu comme un accord fragile et pourrait disparaître, en particulier avec les nouveaux États-Unis. Lior a confirmé dans une interview à Al-Majalla que l’administration du président américain Joe Biden « est désireuse de fournir des moyens de soutien et de créer un climat pour le succès des accords de paix, et la preuve en est la réunion que Blinken tiendra dans quelques jours ; avec les ministres des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Maroc et d’Israël, pour confirmer que l’accord d’Ibrahim constituera la base de relations normales et positives dans la région». Il a ajouté : « Un an plus tard, beaucoup de gens dans la région arabe et en Israël sont convaincus que la paix entre les peuples devrait être la base des relations futures dans la région, car cet accord entre les Émirats arabes unis et Israël et les accords ultérieurs avec Bahreïn, le Maroc et le Soudan ont contribué à diffuser la politique d’Une nouvelle ère dans la région basée sur l’idée de refroidir et de mettre fin aux conflits et aux

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Une visioconférence entre le secrétaire d’État américain Blinkin à l’occasion du premier anniversaire des accords de paix d’Ibrahim.


Porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères dans une déclaration à la Majalla.

tensions, et d’entamer une nouvelle phase basée sur la coopération, en fournissant la langue du dialogue et en négociant d’autres langues basées en plomb». Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a souligné que « cet accord a établi un nouvel ordre régional basé sur

«L’accord de paix est très profond dans la région, contrairement à ce que certains ont promu comme un accord fragile». l’exploration des opportunités de coopération conjointe et face aux défis et obstacles, après des années de conflit et de guerres dans la région arabe et au Moyen-Orient». Lior a déclaré : « Le gain le plus important de cet accord est qu’il a créé une atmosphère positive dont nous pouvons récolter plus de fruits dans les années à venir. Il y a un sentiment général que les conflits, les problèmes et les guerres ont pris beaucoup de temps et épuisé les capacités des peuples du Moyen-Orient, et donc l’heure de la paix est venue». Il a également souligné que«le traité de paix a créé un nouveau cadre basé sur l’équilibre dans les relations, pour maximiser les gains et récolter les bénéfices pour tous de manière équitable, sans exclure une partie au détriment de l’autre».

Lior Haiat, porte parole du ministère israélien des affaires étrangères

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Crise politique en Libye : Le flou persiste sur la tenue des élections Tunis- La Majalla Les élections présidentielle et législatives en Libye devraient avoir lieu le 24 décembre. Ces élections ont été convenues dans le cadre d’une feuille de route politique découlant du cessez-le-feu historique d’octobre 2020 entre les autorités rivales de la Libye et de la mise en place d’un gouvernement d’unité nationale (GNU) plus tôt cette année. Mais les divergences entre les deux camps rivaux éclatent au grand jour. Ce ne serait pas le premier rendez-vous manqué. Plusieurs accords sur la tenue de scrutins avaient été conclus ces dernières années mais ils sont restés lettre morte. Mais ceux qui ont cru à un nouveau départ en Libye vont devoir s’armer de patience. Les élections législatives et présidentielle fixées au 24 décembre prochain semblent compromises en raison de nouvelles divisions entre camps rivaux. En effet, le Parlement libyen a voté le 21 septembre 2021 une motion de censure contre le gouvernement de transition du Premier ministre Abdel Hamid Dbeibah, replongeant le pays dans une nouvelle crise politique à trois mois d’élections censées mettre fin à une décennie de chaos.

Rebondissement

En effet, le vote de confiance accordé au gouvernement d’Abdel Hamid Dbeibah, en mars dernier est tombé à l’eau quand Aguila Saleh qui dirige le Parlement, semble déterminé à se désengager du processus politique en cours. Il se veut soudain plus regardant sur l’action du

gouvernement dans l’expédition des affaires courantes du pays, ses nominations, ses dépenses et va jusqu’ à voter une motion de censure. Ce rebondissement intervient quelques jours après la ratification d’une loi électorale en prévision du double scrutin présidentiel et législatif fixé au 24 décembre. La loi controversée, à l’origine de cette crise, semble taillée sur mesure pour le maréchal Khalifa Haftar. Elle permet à un militaire de se présenter à la présidentielle, à condition d’abandonner «ses fonctions trois mois avant le scrutin». En somme, l’homme fort de l’Est qui n’a pas pu s’emparer de Tripoli a désormais la voie grande ouverte pour arriver à la tête du pays d’une manière démocratique.

Une loi controversée

La méfiance du Parlement vis-à-vis du Premier ministre et du gouvernement est peut-être légitime et le pouvoir législatif a tout à fait le droit de contrôler le pouvoir exécutif. Pour sa part, Abdel Hamid Dbeibah, le chef du gouvernement de transition a fait l’objet d’enquêtes pour des malversations tant en Libye qu’à l’étranger. C’était néanmoins l’homme-clé de la transition, validé par tous en Libye pour préparer les élections. Ces nouvelles divisions qui éclatent au grand jour risquent de saper le processus mis en place par l’ONU pour ouvrir une nouvelle page en Libye. De ce fait, le flou persiste quant à leur tenu bien que la Chambre des représentants libyenne ait adopté une loi sur l’élection présidentielle, tandis que la législation

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Seif El Islam Kaddafi prépare son retour politique.

pour les élections législatives est en cours de finalisation et pourrait être examinée et approuvée dans les semaines à venir. Bien que la Haute Commission électorale nationale ait reçu la loi sur les élections présidentielles, un autre organe, le Haut Conseil d’État, s’est plaint qu’elle avait été adoptée sans consultation. En effet, le président de la Haute Commission électorale a déclaré qu’il serait prêt à commencer la mise en œuvre une fois les lois reçues et qu’il ferait tout son possible pour respecter l’échéance du 24 décembre. « Il appartient à la Haute Commission électorale nationale d’établir un calendrier électoral clair pour conduire le pays aux élections, avec le soutien de la communauté internationale. Il appartient au Gouvernement d’unité nationale et à toutes les autorités et institutions de faire en sorte que les élections soient aussi libres, justes, inclusives et crédibles que possible dans des conditions et des contraintes exigeantes et difficiles », a déclaré M. Kubiš, l’émissaire spécial de l’ONU en Libye. Jusqu’à présent, plus de 2,8 millions de Libyens se sont inscrits sur les listes électorales, dont 40% de femmes. De plus, plus d’un demi-million de nouveaux électeurs voteront également.« La plupart des nouveaux inscrits ont moins de 30 ans, ce qui témoigne clairement de l’empressement de la jeune génération à participer à la détermination du sort de son pays par le biais d’un processus démocratique. Les autorités et les dirigeants libyens ne doivent pas les laisser tomber », a déclaré M. Kubiš. Et d’ajouter que « Ne pas organiser d’élections pourrait gravement détériorer la situation dans le pays, pourrait entraîner des divisions et des conflits », a-t-il averti.

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Une possible candidature de Seif el Islam Kadhafi brouille les cartes. « J’exhorte les acteurs libyens à unir leurs forces et à garantir des élections parlementaires et présidentielles inclusives, libres et équitables, qui doivent être considérées comme une étape essentielle pour stabiliser et unir davantage la Libye», a-t-il asséné.

Dans candidats dans la course ?

Si à ce jour, aucune candidature n’a encore été officialisée, Les Kadhafistes, expriment également leur volonté de revenir sur la scène politique, et Saif al-Islam Kadhafi, le fils de l’ancien dirigent, n’a pas caché non plus son désir à se porter candidat à la magistrature suprême. Cette annonce par Seïf al-Islam Kadhafi de sa candidature à la présidence, lors de l’anniversaire du « Fatah de septembre », notamment après plusieurs déclarations de plusieurs partis, dont le porte-parole du parlement, et le gouvernement Dabaiba sur l’éligibilité de Kadhafi à se présenter aux élections si les conditions étaient remplies brouille les cartes. Car, l’évocation de cette intention, annoncée par des proches de Seïf al-Islam à un moment charnière, peut être liée à l’annonce de négociations secrètes en cours entre Seïf et les ÉtatsUnis d’Amérique concernant l’annulation de la décision du Cour pénale internationale et faciliter sa candidature en échange de permettre aux États-Unis d’Amérique de rétablir la plupart de leurs intérêts en Libye, qui ont été


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annulés à l’issue de la révolution de septembre, et si ces négociations ont eu lieu et ont abouti, de grandes concessions sur les droits libyens en faveur de l’Amérique serait le prix de cet accord... Il faut noter ici que nous sommes toujours devant un exemple similaire, celui des États-Unis d’Amérique expulsant Al-Afghani (Mollah Abd Al-GhaniBaradar), qui a été détenu dans les prisons pakistanaises pour de multiples accusations graves, et son installation à la tête de l’Afghanistan aujourd’hui, en récompense de ses efforts pour pousser les talibans à accepter les conditions américaines qui ont abouti au retrait de l’armée américaine et des forces de la coalition d’Afghanistan, compte tenu compte des intérêts américains dans la région, s’engageant à ne pas les attaquer et acceptant la coordination du renseignement entre les deux parties.

Négociations américaines

Il semble que les négociations américainessous formede pression exercée sur Seïf al-Islam en raison de sa

Ce ne serait pas le premier rendezvous manqué. Plusieurs accords sur la tenue de scrutins avaient été conclus ces dernières années mais ils sont restés lettre morte.

réticence à faire certaines concessions à l’Amérique en Libye, en plus d’accorder aux USA le droit de transférer le centre de commandement des forces d’AFRICOM de Stuttgart en Libye et d’obtenir une base militaire dans le sud. Et ce sont deux outils que la stratégie américaine à moyen et long terme envisage pour conditionner son soutien à tout candidat aux élections libyennes, afin de les utiliser pour contrecarrer la pénétration chinoise sur le continent africain et entraver la route de la soie. Cependant, le vrai problème de Seif al-Islam n’est pas dans la taille de ses chances de gagner, mais plutôt dans l’étendue de son succès à persuader les parties concernées au Conseil de sécurité de desserrer les chaînes de la Cour pénale internationale de ses poignets. Car, si Seif réussissait à supprimer cette restriction avec l’aide de l’Amérique en collaboration avec la Grande-Bretagne, les chances de son succès aux élections deviendraient inévitables puisqueces deux pays seront prêts à profiter des circonstances libyennes pour saboter mille fois les élections... jusqu’à la victoire de leur candidat, en plus des méthodes sournoises qu’on connaît d’eux. Quant à l’homme fort de l’est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, il a déjà troqué sa tenue militaire pour un costume civil depuis quelques semaines et redouble d’activités publiques. Ses proches affirment qu’il se prépare à annoncer sa candidature, après s’être mis en retrait pour trois mois de ses fonctions militaires en tant que dirigeant de l’arme nationale libyenne.Pour sa part, le président du Parlement Aguila Saleh, figure également parmi les noms qui circulent pour briguer la présidence... ou devenir vice-président, voire le chef du prochain gouvernement élu. Réunion interministérielle africaine sur la Libye Il est à noter que le ministre des Affaires étrangères,

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Le ministre des Affaires étrangères tunisien participant à la réunion africaine sur la Libye à New York.


Haftar prépare sa candidature à la présidentielle

de la Migration et des Tunisiens à l’étranger Othman Jerandi a pris part, vendredi, à la réunion interministérielle africaine sur la Libye, organisée à l’invitation du président du Conseil présidentiel libyen Mohamed el-Menfi. La réunion a enregistré la participation des ministres des Affaires étrangères des pays Africains membres du Conseil de sécurité, des pays membres de la commission africaine de haut niveau sur la Libye et de la représentante de l’Union africaine à l’ONU et entre dans le cadre des travaux de haut niveau de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) qui se tient du

Le président du Parlement Libyen serait dans la course

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Les divergences entre les deux camps rivaux éclatent au grand jour. 21 au 27 septembre à New-York. Dans une déclaration à Majalla, Othman Jerandi a expliqué que « l’accent a été mis sur le processus politique en Libye et les échéances à venir, notamment les élections présidentielle et législatives de décembre 2021 ». Jerandi a réaffirmé à Majalla « le souci de la Tunisie de poursuivre son adhésion constructive aux efforts onusiens, internationaux et régionaux pour soutenir le processus pacifique en Libye de manière à réaliser la paix et la stabilité dans ce pays frère ». Il a mis l’accent sur le rôle important de l’Union africaine et des pays du voisinage dans l’appui du processus de réconciliation nationale et du dialogue inter-libyen, dans le respect de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale de la Libye. El-Menfi a, pour sa part, insisté sur l’impératif de poursuivre toutes les étapes pour renforcer l’unité libyenne et les fondements de la paix et de la stabilité. Il a également souligné l’importance du rôle des pays voisins et de l’Union africaine pour soutenir le processus politique global. Les délégations participantes ont abordé la question du départ impératif et sans délai des combattants étrangers et des mercenaires ainsi que du renforcement de la coopération et de la coordination entre les pays du voisinage pour faire face aux défis régionaux communs.


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L’ambassadeur d’Israël à Bahreïn porte un message d’optimisme et d’espoir

Eitan Na’eh : « Notre promesse est de réaliser la paix pour les générations futures « Londres : Mostafa El Desouky

Le diplomate Eitan Na’eh se distingue des autres personnalités politiques en étant ambassadeur d’Israël auprès de deux membres du Conseil de coopération du Golfe - les Émirats arabes unis et Bahreïn - qui ont récemment changé le cours du conflit israéloarabe en signant les accords d’Abraham. Eitan a été le premier diplomate israélien à être nommé après les accords d’Abraham, et il occupe le poste de chargé d’affaires à l’ambassade d’Israël à Abu Dhabi depuis janvier dernier. Il a été nommé il y a quelques jours ambassadeur d’Israël à Bahreïn, parallèlement à la présentation de ses lettres de créance en tant que nouvel envoyé au Bahreïn au ministre des Affaires étrangères Yair Lapid. L’ambassadeur d’Israël a souligné que sa mission de développement des relations avait commencé par la signature des accords d’Abraham le 15 septembre 2020, qui vient de boucler sa première année cette année. «Je pense que nous avons assisté à un afflux de nombreux hommes d’affaires et entrepreneurs israéliens, et l’émergence de relations n’est plus nouvelle et est devenue une réalité quotidienne», a déclaré le diplomate. Les Israéliens communiquent régulièrement avec leurs collègues émiratis, tout comme les responsables gouvernementaux et les diplomates qui coopèrent ou mènent des pourparlers à plusieurs niveaux. Nous avons donc des relations au niveau des gouvernements, des entrepreneurs et des particuliers et le tableau commence à se compléter. Nous nous connaissons mieux maintenant et la scène commence à devenir plus réaliste, quoique lentement, en raison de l’épidémie, qui a rendu les déplacements difficiles. »

Dans le cadre de l’entente et de la communication, les Émirats arabes unis et Israël ont signé neuf accords, tandis que les négociations se poursuivent sur d’autres accords à signer dans un proche avenir. Na’eh souligne la nécessité de découvrir la vraie vie en Israël loin de ce qui est rapporté par les médias. Dans ce contexte, l’ambassadeur a déclaré : « Sans l’épidémie, nous aurions assisté à plus de contacts avec les Émiratis qui visitent Israël et retournent dans leur pays alors qu’ils sont conscients de la réalité sur le terrain. Ce que vous voyez habituellement dans certains médias et journaux arabes n’est pas exact, mais plutôt une image figée pour des faits plus complexes qui surviennent habituellement dans n’importe quel pays. En Israël les gens se lèvent le matin, emmènent leurs enfants à l’école et à la crèche, vont au travail, achètent et vendent des maisons, voyagent et étudient. Ils mènent une vie normale, mais ce que les gens perçoivent en réalité, c’est l’impression qu’ils ont de la fumée noire, des soldats et de la guerre qu’ils voient sur les écrans. L’ambassadeur observe avec optimisme le pavillon israélien à l’Expo 2020, qui contribuera à changer les points de vue existants sur Israël grâce à un cadrage dramatique de ce qu’il a appelé «l’esprit israélien et sa vision pour l’avenir», et à travers la culture israélienne qui sera reflétée dans les différents spectacles. Il ajoute : « La culture israélienne sera présente à l’Expo 2020, où le pavillon israélien sera un lieu de rencontre non seulement pour les Émiratis et les Israéliens, mais aussi, espérons-le, nous réunirons avec des gens de toute la région. De plus, la culture israélienne sera présente chaque semaine dans 25 nouveaux spectacles. Le pavillon israélien est similaire à la tente abrahamique

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Le pavillon israélien à l’Expo 2020 sera un lieu de rencontre non seulement pour les Émiratis et les Israéliens, mais il nous réunira aussi avec des gens de toute la région.

Eitan Na’eh, ambassadeur d’Israël au Bahreïn.

avec son design ouvert qui met en valeur l’innovation de l’esprit israélien et sa vision de demain. Je pense que cet évènement récoltera beaucoup de communication au niveau des personnes, en plus du fait qu’une importante délégation commerciale comprenant 250 individus, dont des ministres et des entrepreneurs, se rendra aux EAU en octobre prochain. Et il a ajouté : « La signature d’accords commerciaux et d’investissements a déjà commencé pour le secteur énergétique israélien, dans les secteurs de l’industrie alimentaire, de l’agriculture, des fonds de projets et des technologies de l’eau pour produire cette dernière à partir de l’air, et plus encore qui nous attend. »

Coopération dans le transfert de la technologie eau-air

L’ambassadeur décrit cette affaire comme «un miracle qui relève dela science-fiction» et estime que le projet est d’une grande importance à la lumière des guerres de l’eau qui sont sur le devant de la scène dans le monde et la région, en particulier à l’origine de la crise actuelle entre l’Égypte et l’Éthiopie concernant le barrage du Nil. « Ce projet d’eau est développé par une société israélienne privée appelée (Water Gene), et il est prévu que les Émirats arabes unis assisteront à l’ouverture de la première usine qui produit de l’eau à partir de l’air. L’eau fabriquée avec cette technologie deviendra disponible d’ici peu et cela peut s’étendre pour inclure d’autres pays comme l’Égypte, et ce n’est qu’un simple exemple de ce qui pourrait arriver si nous coopérions. En plus du transfert de cette technologie, nous pouvons également mener des recherches conjointes avec des experts locaux car la technologie doit encore être mieux développée. C’est le fruit d’une coopération et prouvera à tous que créer ce type de projet peut changer les équations pour que le résultat de 1 + 1 = 3, 4 ou 5 et non 2. Dans une explication simple du projet, l’ambassadeur a déclaré : « La technologie utilise une boîte qui est dimensionnée en fonc-

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tion de la quantité d’eau requise, que ce soit pour une maison privée ou un groupe d’appartements ou pour un usage public dans les parcs, la plage ou au cœur du désert. La technologie aspire l’air dans l’unité, sépare l’oxygène de l’hydrogène, le mélange avec des minéraux, puis le refroidit pour être prêt à être bu. Et vous n’avez besoin d’aucune infrastructure, canalisation ou équipement, juste une unité de production d’eau. Les technologies actuellement utilisées utilisent du carburant diesel, mais les technologies futures reposeront sur des panneaux solaires et d’autres sources d’énergie alternatives. Le développement de la nouvelle technologie n’est pas encore terminé et elle nécessite encore plus de recherches et de modifications pour s’adapter aux conditions locales, pour lesquelles nous travaillons actuellement afin de dresser une idée complète de celle-ci. L’ambassadeur est également optimiste quant à l’élargissement de cette coopération aux technologies alimentaires qui utilisent des méthodes scientifiques avancées garantissant des méthodes de production durables pour la viande et les produits alimentaires fabriqués à partir de plantes dans des conditions de laboratoire, en plus de la recherche scientifique et médicale conjointe dans divers domaines, notamment la génomique et les sciences spatiales. Na’eh souligne que « malgré l’existence de certaines différences, nous pouvons travailler ensemble dans tous les domaines pour améliorer la sécurité et la durabilité alimentaires et hydriques, ainsi que la coopération dans le domaine du changement climatique. Alors oui, cela indique que nous sommes ouverts à la normalisation, et donc à plus de coopération. C’est une courbe d’apprentissage, mais en fait, elle est conçue pour améliorer la vie des habitants de notre région grâce à la coopération, la technologie et la compréhension mutuelle. Pour l’ambassadeur, les accords d’Abraham reflètent le désir de paix et de vie meilleure de chacun, notant à cet effet avec satisfaction la signature d’accords de normalisation avec les Émirats Arabes Unis et le Bahreïn, l’accord de renouvellement des relations diplomatiques avec le Maroc, et l’annonce de la normalisation des relations avec le Soudan. Il pense que plus il y ade pays impliqués dans la paix, plus grandes sont les chances de résoudre facilement les différends. Na’eh a estimé que « le club des accords de normalisation n’est pas fermé et ses portes sont toujours ouvertes. Je me rends compte que certains ne sont pas d’accord avec nous et ne sont


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pas satisfaits des accords. Nous pouvons continuer à nous battre pendant encore cent ans ou nous pouvons chercher à résoudre les problèmes de manière pacifique et ouvrir la voie à une vie meilleure avec des normes plus élevées pour les habitants de notre région mais cela dépend d’eux. » Il a ajouté fermement : « Israël est une entité réelle, existe et bénéficie de nombreux avantages comme d’autres pays. Le Moyen-Orient contient beaucoup de connaissances et d’énergies humaines, je préfère donc, en tant que diplomate, diriger cette énergie dans une direction positive pour améliorer le niveau de vie et exploiter le pouvoir de la technologie, de l’optimisme, des ressources et de la jeune génération pour créer un futur commun. J’espère que lorsque les gens examineront la normalisation des relations, ils verront les fruits de la paix et imiteront ce modèle d’une manière ou d’une autre, non seulement pour notre bien, mais pour le bien de tous. Je reçois des appels et des messages de personnes d’Irak, du Maroc, du Pakistan, de l’Égypte, de la Jordanie, du Liban et de la Palestine où les gens sont fatigués de la guerre et de la violence. Mais cela dépend de nous : soit nous croyons en une alternative, soit nous continuons à nous battre et à verser le sang pendant encore cent ans. Cela dépend de nous et de la nouvelle génération au Moyen-Orient.

Se sentir en sécurité et bienvenu aux Émirats

«Bien sûr, je me sens en sécurité et le bienvenu parmi les Émiratis», a-t-il ajouté. Ici, je vis la tolérance, la curiosité et l’amitié, et ne vois que l’hospitalité et le désir de dialoguer avec ceux qui sont d’accord et en désaccord avec nous. On peut ne pas être d’accord sur quoi que ce soit mais on peut au moins accepter de s’écouter car l’incompréhension peut se transformer en violence. Nous pouvons essayer de nous convaincre les uns les autres ou de nous donner un meilleur moyen de communiquer et de nous montrer le chemin positif. Alors je dis que je me sens en sécurité et bienvenu et que je ne souffre d’aucun mot de discrimination aux Émirats. J’ai peu entendu parler de Bahreïn jusqu’à présent, mais les sentiments que j’ai positifs avant même de m’y rendre bientôt. »

La mission du diplomate est d’inspirer optimisme, espoir et le désir d’apprendre

«Je ressens de l’optimisme et de l’espoir et j’en suis armé. Oui, j’ai suffisamment d’expérience diplomatique et d’optimisme pour me rendre compte que nous pouvons changer. Une personne peut réaliser ce qu’elle veut, et quand elle le fera, le ciel ne tombera pas sur vous et le soleil ne se rapprochera pas, mais le monde qui l’entoure changera soudainement à la suite de ses actions. Je crois fermement que l’optimisme est un facteur très important lorsque l’on occupe un poste diplomatique, car l’autre option est la guerre

et l’absence de communication et de coopération construira un mur entre nous. Cette alternative a beaucoup de négativité mais je crois au pouvoir de changer. Les diplomates peuvent faire la différence en suivant les traces des dirigeants et des politiciens, car nous sommes là pour faciliter les choses.» L’ambassadeur a également souligné la nécessité de comprendre la vision des dirigeants et de prendre en compte les sensibilités locales car les diplomates «construisent des ponts entre les cultures». Il ajoute que «le courage et la vision des dirigeants sont capables d’obtenir des résultats, et moi, en tant que diplomate, j’ai l’expérience nécessaire pour faciliter les choses et atteindre l’objectif assigné». L’ambassadeur d’Israël insiste sur l’importance pour les diplomates de développer une volonté d’apprendre, ce qu’il fait personnellement en se familiarisant avec la culture locale et les sensibilités du pays et en apprenant à rassembler les gens. À cet égard, Na’eh pense qu’apprendre la langue locale n’est pas suffisant, mais nous devons comprendre que chaque langue cache une culture complète derrière elle. Il a également évoqué sa nomination en tant qu’ambassadeur d’Israël à Bahreïn et les défis auxquels il s’attend, déclarant : « Je veux construire des ponts de compréhension, car ce n’est un secret pour personne que la position des Bahreïnis sur la paix n’est pas unifiée. Je pense qu’accroître le dialogue, la compréhension et la coopération et révéler les fruits de la normalisation rendra l’idée de paix plus acceptable. Nous avons fait si peu jusqu’à aujourd’hui, et nous avons une ambassade à Manama. J’espère donc vraiment que nous établirons plus de relations, que nous les améliorons et les élargissons pour répandre l’espoir, d’autant plus que nous cherchons à établir de bonnes relations, des amitiés et une meilleure compréhension entre les deux pays. L’ambassadeur a également exprimé son espoir de communiquer avec «tous les Bahreïnis», en faisant clairement référence aux opposants à l’accord de paix avec Israël.

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L’ancien président américain Donald Trump, le ministre bahreïni des Affaires étrangères Dr Abdullatif bin Rashid Al-Zayani, l’ancien Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis Abdullah bin Zayed Al Nahyan lors de leur signature des accords d’Abraham, le mardi 15 septembre 2020, à la Maison Blanche.


Il ajoute : « Je ne considère pas l’opposition comme un problème, mais le défi consiste à communiquer avec tous les Bahreïnis de toutes affiliations, parler avec les gens, avec les entités commerciales, avec le gouvernement et les dirigeants, bien sûr, parce que nous voulons améliorer notre vie et la vie de nos voisins. Beaucoup de travail nous attend, mais je travaillerai dur pour rapprocher les gens les uns des autres, et pour rapprocher les gens qui sont d’accord avec nous et ceux qui ne sont pas d’accord avec nous, afin que je puisse réussir à réduire les désaccords et promouvoir le consensus, et c’est ce que je cherche à atteindre car c’est l’objectif principal. Nous voulons construire un exemple à suivre pour les autres et appeler nos voisins avec lesquels nous entretenons de bonnes relations à se joindre à ce processus qui, à certains égards, demandera plus de temps que d’autres et ne se fera pas sans difficultés. L’ambassadeur a souligné que sa nomination à ce poste est très récente et qu’il doit encore se rendre à Bahreïn, présenter ses lettres de créance et se présenter aux Bahreïnis, et qu’«il a beaucoup à apprendre sur Bahreïn avant de communiquer avec un organisme officiel. » Na’eh ajoute : « Je peux parler d’espoir et d’objectifs, et bien sûr, j’ai une connaissance approfondie de l’histoire des Juifs à Bahreïn. Je pense que Houda Nounou, l’ancienne ambassadrice de Bahreïn aux États-Unis qui est fière d’être membre de la communauté juive de Bahreïn et du Golfe, fait un travail formidable pour rassembler les Juifs de Bahreïn et du Golfe. Mais bien sûr, je suis conscient que je vais à Bahreïn en tant qu’ambassadeur de l’État d’Israël, c’est-à-dire l’ambassadeur de tous les Israéliens, et j’espère réussir ma mission. Dans ce contexte, il déclare : « Bien sûr, j’espère participer à la vie juive à Bahreïn. Si nous remontons dans l’histoire à l’époque où juifs et musulmans vivaient ensemble et s’influençaient mutuellement dans les domaines de la culture, de la poésie et de la science, nous serions sans aucun doute d’accord pour dire que ces jours constituaient un âge d’or pour le pays. Je veux vraiment renouveler et reprendre cette ère et aider à établir de bonnes relations entre Israël et Bahreïn et entre les peuples des deux pays. Bien sûr, je me rends compte que les Juifs du monde entier comprennent cet objectif et participent à sa réalisation pour améliorer la compréhension entre musulmans et juifs. L’ambassadeur se concentre actuellement sur la construction de ponts de communication aux Émirats arabes unis, et bientôt à Bahreïn. On croit que ceux qui suivent ces relations réaliseront la vérité. Il ajoute : «Je crois qu’apprendre de l’histoire européenne, de construire des ponts de communication, de créer et faciliter la coopération économique et les échanges par le commerce, conduira à la construction d’un avenir meilleur… C’est l’objectif principal.» Les accords d’Abraham ont contribué au lancement d’une recherche contemporaine de la paix au Moyen-Orient. L’ambassadeur a déclaré que «la signature d’accords de paix est le début d’une coopération pour arrêter les combats, dans le but d’atteindre la prospérité économique résultant de la stabilité sécu-

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Les EAU assisteront à l’ouverture de la première usine qui produit de l’eau à partir de l’air… Ce projet d’eau est un miracle qui relève de la science-fiction, et il est important, à la lumière des guerres de l’eau qui sont au premier plan de la scène dans le monde. ritaire qui a été réalisée dans la paix. C’est pourquoi nous devons construire des relations stables et utiliser le maximum de personnes de différents pays qui croient en la création d’un modèle dans lequel les autres, y compris les Palestiniens, se sentent bénéficier de la paix. ». Les gens devraient vouloir participer à cette marche, pas à la violence. Je crois que les accords d’Abraham contribuent à faire la paix au Moyen-Orient et qu’ils aideront à changer les idées des gens et le cours de l’histoire, tout en fournissant un modèle pour des relations pacifiques qui auront un grand pouvoir de persuasion qui surpasse les capacités de ceux qui cherchent la guerre et plus de sang. L’ambassadeur considère les accords d’Abraham comme la continuation des fameux traités de paix au Moyen-Orient. Dans son discours, il rappelle la visite exceptionnelle d’Anouar Sadate à Jérusalem en 1977, révélant qu’il se sentait très excité à l’époque, même s’il n’avait que quatorze ans à l’époque. Na’eh explique : « Sadate a visité Jérusalem en 1977 pour la première fois. J’avais quatorze ans et j’étais très excité. J’ai grandi en Israël et j’ai été témoin d’une guerre alors que je n’avais que quatre ans et quej’étais au collège et d’une autre à l’âge de dix ans en 1973. Quatre ans plus tard, Sadate est venu en Israël et j’ai senti que le pays était très heureux. Lorsque nous avons signé les accords de Camp David en 1979, tout le monde l’a accueilli avec optimisme et nous nous attendions à ce que d’autres pays suivent le même chemin afin que nous puissions enfin transférer notre énergie vers la construction, le développement et la prospérité économique. Il a ajouté : « J’ai ressenti le même espoir lorsque nous avons signé les accords d’Oslo en 1993, et j’étais très heureux lorsque nous avons signé l’accord de paix avec le Royaume de Jordanie l’année suivante. Et l’ambassadeur de poursuivre : « J’ai personnellement souhaité, en tant que citoyen majeur et en tant que diplomate, participer aux accords d’Abraham, et je suis heureux et fier car je le fais maintenant sur la terre des pays signataires de ces accords, c’està-dire les Émirats arabes unis et bientôt le Bahreïn.»


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La paix est une situation gagnant-gagnant pour toutes les parties

Il ajoute : « Ce n’est un secret de dire que les Israéliens et les Palestiniens vivent en conflit, et j’espère que des négociations directes et l’instauration de plus de stabilité et de sécurité conduiront à un moyen de dialogue les uns avec les autres. Ce ne sera pas facile après 100 ans de tentatives infructueuses, mais nous essayons aujourd’hui une nouvelle méthode. Je pense que plus de gens se rendront compte que coopérer avec Israël et établir une relation et un dialogue normaux avec lui conduira à des gains bien plus importants que de se battre avec lui, d’autant plus qu’intimider les Israéliens et causer de la douleur et de la souffrance à nos deux peuples n’aboutira à rien. Pousser Israël vers plus de souffrance ne fera pas la paix. Au contraire, nous devons prendre soin de notre peuple, permettre à nos enfants d’apprendre dans les universités, rechercher des opportunités d’emploi et exploiter les économies basées sur la connaissance pour créer une vie meilleure pour les gens, parce que ces choses nous conduiront à renforcer la stabilité et la sécurité. Nous avons eu assez de guerres et espérons qu’il est temps de voir la paix au lieu de la guerre et du sang. Lorsque vous vous lancerez dans le processus de paix, vous participerez à un projet où gagnera tout le monde à la fin. Tout le monde sait que la compétition sportive se termine toujours par une victoire d’un côté et une défaite par l’autre, mais ce projet est meilleur que la compétition sportive. La participation est considérée comme le facteur le plus important dans une compétition sportive comme les Jeux Olympiques. Mais la chose est différente dans le projet de paix parce que l’élément le plus important dans ce processus est que tout le monde gagne et que personne ne perd. Je pense que cette idée fait un joli titre : tout le monde gagne quand on fait la paix. Mais le nouvel ambassadeur est suffisamment flexible pour admettre que parvenir à la paix ne sera pas facile. Dans ce contexte, il déclare : « Ce ne sera pas facile, mais ce sera plus facile que de se battre, et nous avons l‘expérience des pays dont les peuples ont cessé de se battre. Ces peuples ne se sont pas réconciliés d’un seul coup, mais ils ont compris au moins que le

Pour l’ambassadeur israélien, les accords d’Abraham reflètent le désir de paix et d’une vie meilleure pour chacun.

dialogue et la coopération valent mieux que les luttes. Je n’ai pas de meilleure réponse que celle-ci ». L’ambassadeur est très positif quant au vent de changement qui souffle sur le Royaume d’Arabie saoudite et estime que les réformes entreprises par le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane profiteront à la vitalité et à l’énergie de la jeunesse pour créer un avenir meilleur. Il dit à ce propos : «Je pense que le changement dans le Royaume est positif, d’autant plus que c’est un grand pays très important, et il ne fait aucun doute que ce qui s’y passe aura un impact significatif sur toute la région. Bref, tout développement positif sera bénéfique pour nous tous. Les réformes sont très importantes parce qu’elles sont le moyen d’offrir une vie meilleure aux gens et de permettre à plus de gens de participer à l’économie. Je crois en l’importance du rôle des femmes dans l’économie, et je crois que cette voie et ces réformes contribueront à améliorer la vie dans le Royaume et partout. Les jeunes ont de l’énergie et de la vitalité et je pense qu’apprécier leur rôle ne devrait pas être limité aux Saoudiens, mais devrait inclure tous les peuples du Moyen-Orient. L’ambassadeur Na’eh a fait preuve d’un grand professionnalisme diplomatique en mettant derrière son dos l’incident de son expulsion d’Ankara par le gouvernement turc sur fond de manifestation rejetant les attaques d’Israël contre les Palestiniens. Dans ce contexte, il a déclaré avec fermeté : « Je préfère ne pas parler du passé, d’autant plus que ce que j’ai vécu à Ankara est documenté sur la plateforme YouTube. Je pense que les relations étroites avec la Turquie que j’ai vécues dans les années 90 reprendront et que les deux pays entretiendront des relations plus amicales, mais cela dépend des gouvernements turc et israélien. L’ambassadeur parle assez franchement des capacités de la Turquie et déclare : « La Turquie est un pays important et vaste, riche en ressources et en énergie juvénile, capable de changer le pays rapidement, comme cela s’est produit dans le passé. Ce pays jouit d’une grande prospérité et je crois que l’amélioration des relations est possible mais ce n’est qu’une question de temps

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L’ambassadeur du Bahreïn en Israël Khaled Yousef AlJalahma avec le ministre israélien des Affaires étrangères Yair Lapid.


et cela nécessite de privilégier les bons intérêts et de travailler à les concrétiser, en espérant que cet objectif sera bientôt atteint ». L’ambassadeur Na’eh a appelé à multiplier les efforts sincères pour identifier des domaines de coopération pour le bien de nos enfants et petits-enfants, qui représentent l’avenir. « Nous devons essayer d’apprendre à vivre avec nos différences et de trouver des points communs et des domaines de coopération pour améliorer notre vie et de préparer celle de nos enfants et de nos petits-enfants à l’avenir », a-t-il déclaré. Nous devons comprendre que la paix est une situation gagnant-gagnant pour tous, et j’insiste làdessus. La coopération et la paix changent les équations, et si nous pouvons exploiter le pouvoir et les énergies positives des peuples de la région pour atteindre ces objectifs, nous réussirons, mais nous devons mettre nos différences de côté. Je ne veux pas dire, bien sûr, que nous oublions ces différences ou négligeons le passé, le patrimoine et la

religion, mais nous devons trouver un moyen de rassembler ces choses et de vivre ensemble malgré leur existence car nous le devons aux générations futures. L’ambassadeur a conclu son discours par une note patriotique dans laquelle il a déclaré : « J’ai grandi avec l’idée que ce qui est arrivé aux Juifs en Europe pendant l’Holocauste ne doit pas se répéter et que nous ne devons plus jamais permettre que cela se reproduise et nous devons être sûrs d’éviter sa répétition. Je porte cette conviction en moi en tant que citoyen et en tant que diplomate afin d’être sûr d’assurer notre existence, la sûreté et la sécurité de mon peuple et de mon pays et d’y parvenir en établissant de bonnes relations avec d’autres pays et d’autres voisins. Mais assurer notre existence comporte plusieurs aspects, notamment la prospérité économique, la sécurité et la sûreté, la défense et la stabilité avant tout. J’ai hâte de vivre dans un monde sans discrimination ».

Eitan Na’eh : l’ambassadeur de la paix mandaté dans le Golfe < Alors que le premier anniversaire de l’accord de paix signé entre Israël, Bahreïn et les Émirats arabes unis sera célébré à la mi-septembre, le premier ambassadeur israélien envoyé aux Émirats arabes unis et au Bahreïn à la suite de cet accord, est sous le feu des projecteurs. Eitan Na’eh a été le premier diplomate israélien à prendre ses fonctions aux Émirats arabes unis à la suite de son accord de normalisation avec Israël, en tant que chargé d’affaires de l’ambassade d’Israël à Abou Dhabi, poste qu’il occupe depuis janvier. La semaine dernière, il a été nommé premier ambassadeur d’Israël au Bahreïn, le jour même où le nouvel envoyé du Bahreïn en Israël a présenté ses lettres de créance au ministre des Affaires étrangères Yair Lapid. En septembre 2020, l’ancien président américain Donald Trump a annoncé que le Bahreïn et Israël avaient conclu un accord de paix, le qualifiant de «réalisation historique». Khaled Yousef al-Jalahmah, le premier ambassadeur du Bahreïn en Israël, a rencontré la semaine dernière Lapid à la Knesset et lui a remis une copie de ses lettres de créance diplomatiques. « L’ouverture de l’ambassade du Royaume du Bahreïn en Israël est une autre étape vers une véritable paix au Moyen-Orient », a déclaré YairLapid, ministre israélien des Affaires étrangères, dans un communiqué à l’issue de la réunion. « De nombreux pays de la région voient les liens étroits qui se tissent entre nous et les Bahreïnis, ainsi que la décision courageuse prise par le roi de Bahreïn, Sa Majesté Hamad bin Isa Al Khalifa, d’établir la paix avec Israël. À l’avenir, d’autres pays qui changeront le visage du MoyenOrient rejoindront également le cercle de la paix. » Na’eh a travaillé à Abu Dhabi pendant huit mois et sa première tâche a été de renforcer les rapports entre les deux pays à tous les niveaux et d’étendre les relations avec le gouvernement des Émirats arabes unis, les entités économiques, le secteur privé, les universités, les médias et autres.

L’agence de presse officielle bahreïnie avait qualifié l’arrivée de l’ambassadeur et l’ouverture officielle prochaine de l’ambassade du Royaume de Bahreïn à Tel Aviv, comme une étape importante pour le développement des relations bilatérales entre les deux pays et leurs peuples. L’acceptation des lettres de créance était une priorité pour Abdul Latif bin Rashid Al Zayani, ministre des Affaires étrangères du Bahreïn, pour Yair Lapid, ministre des Affaires étrangères d’Israël. Na’eh est né et a grandi à Kiriat Bialik, au nord de Haïfa. Il a étudié les sciences politiques et l’histoire du Moyen-Orient à l’université de Tel-Aviv. Il a dirigé le département de Turquie, de Grèce et de Chypre au ministère et a été ambassadeur à Bakou/Azerbaïdjan de 2001 à 2005. Il a travaillé au Conseil national de sécurité comme chef du secrétariat diplomatique à la Primature puis envoyé à Londres en 2013-2016, et comme ambassadeur à Ankara jusqu’en mai 2018. Na’eh a continué à occuper des postes politiques et diplomatiques au début du millénaire actuel, lorsqu’il a été nommé ambassadeur d’Israël en Azerbaïdjan en 2001, puis directeur du département de politique étrangère à Erzdarjan au siège de la sécurité nationale en 2005. Il a continué à occuper des postes parmi les sièges diplomatiques d’Israël, puisqu’il a également occupé le poste d’ambassadeur adjoint et par intérim à l’ambassade d’Israël au Royaume-Uni en tant que responsable des relations avec le Royaume-Uni. De 2016 à 2018, après près de cinq ans sans envoyé israélien en Turquie, Na’eh a été accrédité représentant d’Israël en Turquie jusqu’à ce qu’il soit expulsé par Ankara en signe de protestation contre la mort de dizaines de Palestiniens lors de violents affrontements avec les forces israéliennes à la frontière dans la bande de Gaza. Avec le début de l’année 2021 en cours, Na’eh a occupé le poste d’ambassadeur d’Israël aux Émirats arabes unis, avant de devenir le premier ambassadeur d’Israël au Bahreïn où il y a été nommé ces derniers jours.

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L’Afrique entre coups d’Etat et démocratie: Sirocco et blizzard TUNIS : Nasreddine Ben Hadid

nus mettre de l’ordre dans unesphère politique, complétement désordonnée. Mieux encore, chacun se présente toujours en défendeur des Droits Après le vent de démocraties, qui a soufflé sur de l’Homme. Encore plus frappant, il exprime la l’Afrique, les années quatre-vingt-dix, les ob- ferme intention d’instaurer la démocratie pour le servateurs ont pensé que les pays du continent, bien du peuple. Avec une différence de taille : ont rompu avec ces renversements, qui se sont Pour le Mali, le colonel Assimi a rassuré rendre déroulés rarement sans effusion de sang… Mais le pouvoir aux civils, en ce qui concerne le Lieutenant-colonelMamady, rien n’est encore décidé. certainement avec le même lot de répression. Depuis, les putschs et les coups d’Etats se suivent Chose plus étrange encore : Le colonel Assimi, et ne se ressemble pas. Mieux (ou pire) encore, la définition de cet acte est sujet à des polémiques sas fins.

Des militaires… Et des putschs…

Le Guinée Conakry vient de défier la chronique. Un nième putsch qui vient renverser un président. Des questions à posteriori se posent et s’imposent : Est-il si facile pour le cas guinéen, à quiconque, le Lieutenant-colonel Mamady Doumbouya plus précisément, de renverser le 5 septembre dernier, le président Alpha Condé, qui semblaient tenir le pays, non pas d’une main de fer, mais plutôt d’acier. Et ce, suite à des élections présidentielles plus que contestées. De même pour le colonel AssimiGoïta au Mali. Il a renversé Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), le18 août 2020 avec une aisance pareille. Même si la rue était plus active contre le président. Une analogie entre les deux cas plus que frappante : Les des deux «putschistes» estiment chacun, avoir renversé un pouvoir corrompu, et ve-

Alexe Kitio Kenfack, chercheur à l’Institut des sciences sociales, université de Gazi.

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en plus du putsch opéré contre IBK, a récidivéen renversant (bis) Bah N’Daw et Moctar Ouane, respectivement Président et Premier ministre de transition du 28 septembre 2020 au 24 mai 2021, date du (second) coup d’État militaire. Reste le cas tchadien, où le litige divise encore : Le Maréchal Idriss DébyItno, qui est resté 30 de pouvoir dans un pays qui compte 60 ans d’indépendance, est mort le 20 avril 2021, à 69 ans au combat, a laissé la place à son fils, à savoir Mahamat Idriss DébyItno. Unique bémol, la Constitution du pays, prévoyait autrement. Un coup d’Etat certes, mais «constitutionnel». Aucun coup de feu, et surtout aucun président n’a été destitué.

Genèse et Causes… Et conséquences

L’Afrique est-elle impropre à la démocratie. Les putschs à répétition, sont-ils une fatalité que le continent, ne peut dépasser ? Alioune Tine, Sénégalais, fondateur du centre de réflexion Afrikajom Center, et spécialiste des organisations et les institutions en Afrique, considère que «la démocratisation de l’Afrique de l’Ouest, est totalement en panne à l’heure actuelle, à savoir, nous vivons vraiment des situations, où nous avons des fraudes électorales. Ce sont des formes, également, de coups d’État dont on parle très peu, sur lesquelles, effectivement, ni l’Union africaine ni la Cédéao ni également la communauté internationale ne disent mot. Nous avons également des formes de coups d’État constitutionnels, on change la Constitution pour

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Est-il si facile pour à militaire, de renverser le président en exercice ? rester au pouvoir et maintenant, nous avons des coups d’État militaires», avant d’ajouter que «les coups d’État militaires, c’est bruyant, c’est les galons, ça se voit tout de suite. Maintenant, un coup d’État militaire, c’est le symptôme des dysfonctionnements démocratiques, ce sont les symptômes des pathologies démocratiques. Les gens les prennent comme des remèdes, mais ce ne sont pas les bonnes réponses ! Il faut qu’on fasse attention, pour qu’on ait des institutions qui soient des institutions fortes, parce que nous avons un hyper présidentialisme, des pouvoirs absolus, des pouvoirs qu’absolument rien ne limite. C’était le cas effectivement en Guinée et résultat, c’est ce qu’on vient de voir». A l’inverse, de nombreux dirigeants africains s’accrochent au pouvoir désespérément, on a parfois l’impression que seul un putsch peut libérer les populations de la prison qu’est leur pays enserré dans la mauvaise gouvernance. Alexe Kitio Kenfack, chercheur à l’Institut des sciences sociales, université de Gazi, explique que «les putschistes sont très rarement animés d’une mission en faveur du bien commun. Le pouvoir arraché, ils en font ce que les prédécesseurs en


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avaient fait, et souvent pire». Aussi, propose d’«ouvrir la voie à une parlementarisation de la vie politique africaine à même de construire «le minimum de consensus social» qui manque souvent aux sociétés africaines. La dernière tentative de coup d’état en date du 7 janvier 2019 au Gabon a ressuscité le débat sur une pratique qui pendant toute la seconde moitié du XXe siècle s’était presque imposée comme «mode normal» d’accession au pouvoir en Afrique», avant d’que «l que «l’Afrique serait-elle toujours en proie à la «putsch-thérapie» ? Entendue l’illusion même du putsch comme forme de thérapie et donc de solution au blocage des institutions dans un environnement africain où la démocratie et l’alternance peinent encore à s’imposer comme règles indiscutables du jeu politique. La présente réflexion vise à revisiter et à questionner cette posture pour s’en distancer en ouvrant sur des transformations politiques vertueuses à même de construire le minimum de consensus entre acteurs, seul gage de la pacification de la vie politique en Afrique. Le putsch comme arbitre institutionnel du jeu politique africain De manière générale le coup d’état ou putsch s’entend de l’usage de la force dans l’accession au pouvoir politique au sein d’un Etat, soit par action militaire, soit par une action populaire civile, entrainant le renversement illégal des dirigeants en place».

avait connu l’expérience d’un coup d’Etat, faisant pratiquement de celui-ci un véritable mécanisme institutionnel d’alternance politique. De 1960 à 1999, il y a eu entre 39 et 42 coups d’état par décennie. Tandis que la décennie 2000 est seulement marquée par 22 putschs en Afrique, et que pour la décade 2010 seuls 16 sont enregistrés. La dernière tentative au Gabon au même titre que ses devancières dans la même décennie, rappelle donc au bon vieux souvenir des velléités tapies dans l’ombre».

Alioune Tine, Sénégalais, fondateur du centre de réflexion Afrikajom Center.

Quelle(s) démocratie(s)…

A la question de savoir, si l’équation entre «putschs» et «démocraties», permette de résumer la situation, Alioune Tine répond : «Exactement Mahamat Idriss DébyItno

Selon ce même chercheur, «les études des auteurs Jonathan Powell et Clayton Thyne recensent 475 coups d’état dans le monde, dont un plus grand nombre en Afrique. Depuis 1950, l’Afrique aura été le théâtre d’un total de 204 putschs, dont 104 échoués, 100 réussis, et 139 complots en vue de coup d’état. Déjà, entre 1960 et 1982 près de 90% des 45 Etats indépendants d’Afrique noire

Le «putschiste» estime avoir renversé un pouvoir corrompu, et venu mettre de l’ordre dans une sphère politique, complètement désordonnée. 30

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On a parfois l’impression que seul un putsch peut libérer les populations de la prison qu’est leur pays enserré dans la mauvaise gouvernance. les institutions législatives qui sont de plus en plus faibles».

Action contraire… Effet identique ?

Le Maréchal Idriss DébyItno

Le colonel AssimiGoïta

! Parce qu’aujourd’hui, quand je parle du Mali, parce que je suis expert indépendant, je dis que le Mali, c’est le miroir de tous les pays, pratiquement, de l’Afrique de l’Ouest, mais c’est un miroir déformant. En réalité, ce sont des degrés totalement différents dans la crise. Il y en a qui sont très exacerbés, les autres moins… Et des crises, à la fois de la démocratie, de la sécurité, ce sont des crises régionales, qui appellent des réponses régionales qui ne sont pas encore là. Maintenant, dans le domaine de la gouvernance, franchement, les problèmes et les crises sont partout, avec la corruption qui est là, dans tous les pays, avec également une faiblesse de l’ensemble des institutions, les institutions judiciaires qui sont sur le contrôle également du pouvoir exécutif et

Pourquoi les coups d’Etat, malgré les discours louables des putschistes, n’arrivent pas à concrétiser leurs promesses ? Alexe Kitio Kenfack considère que : «traditionnellement, les coups d’état n’ont conduit qu’à une appropriation privée (famille, clan, ethnie, parti unique) et rentière du pouvoir. Les promesses révolutionnaires de transformation et de rupture ayant motivé l’action initiale s’effondrent rapidement. C’est la théorisation de « l’Etat butin de guerre » dont l’avenir s’articule entre dépeçage et déliquescence», avant d’ajouter que «de manière générale, le sous-développement de l’Afrique, l’absence de diversification des économies, sont dus aux coups d’Etat. La spécialisation rentière dans les matières premières ou les ressources extractives a rapidement été érigé en modèle entre les mains de seigneurs de guerre au Libéria, en Sierra Leone, au Nigeria sous Sani Abacha, au Burkina Faso, en Guinée, en Libye, en Somalie et en RDC».

Comment éviter un coup d’Etat ?

Partout en Afrique, et surtout dans les pays à «tradition putschiste», une seule et unique question, intéresse la classe politique, le pouvoir essentiellement, la société civile, les intellectuels : Comment mettre fin aux coups d’Etat. Il faut remarquer, que même la même question est posée partout, elle n’exprime guère la même volonté. Car les pouvoirs veulent mettre fin à cette pratique pour pouvoir jouir des richesses du pays sans concurrence. Et de ce fait, la nécessité de «contre-putsch » est nécessaire, à savoir éliminer tout responsable qui semblerait «douteux»… Tandis d’autres partent du principe que seule un élargissement du champ de la concertation dans le pays.

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Encouverture Kuzmanovic: Je mènerai une politique internationale visant à la dissolution de l’OTAN

Kuzmanovic annonce sa candidature à l’élection présidentielle française Paris : Khaled Saad Zaghloul Fondateur et président depuis mars 2019 du parti « République souveraine » en France, qui propose de « dépasser le clivage gauche-droite sous sa forme classique, en retrouvant la logique du Conseil national de la Résistance » et de s’opposer au « bloc ultralibéral, européiste et atlantiste », Georges Kuzmanovic, (48 ans) est un lieutenant de réserve de l’armée de terre, enseignant et homme politique français, né à Belgrade en Serbie (alors partie de la RFS de Yougoslavie). Arrivé en France à sept ans, il milite à Lutte ouvrière durant son adolescence. Il passe en 1999 son diplôme d’études approfondies en sciences politiques à l’université Panthéon-Sorbonne. Il étudie ensuite au Centre for Strategic and Diplomatic Studies au Massachusetts Institute of Technology à Cambridge aux ÉtatsUnis. Il est membre du Parti de gauche dès sa création et siège à son bureau national. Il rejoint ensuite « La France insoumise » et devient conseiller de Jean-Luc Mélenchon durant la campagne présidentielle de 2017. Invoquant des divergences de programme, il quitte les deux organisations en 2018 puis fonde son propre parti, République souveraine, l’année suivante. Il annonce en septembre 2021 sa candidature à l’élection présidentielle de 2022. La Majalla: Quel est votre avis sur la crise des sous-

marins français ? Georges Kuzmanovic : L’échec de la vente des sousmarins français à l’Australie est le commencement d’un tournant géopolitique majeur pour la France, et j’espère que, en tant que pays et en tant que peuple, nous saurons nous saisir de cet évènement pour refonder l’indépendance et la grandeur de la France – bien évidemment après l’élection présidentielle, car l’actuel président, Emmanuel Macron, ne fera rien. Cette affaire est un scandale d’État majeur qui illustre le déséquilibre de la relation franco-américaine, qui est plus celle d’une relation de suzerain à vassal qu’une relation entre alliés qui se respectent. Le Général de Gaulle doit se retourner (une fois de plus) dans sa tombe : plus de 70 ans après qu’il eut rendu à la France son statut de grande puissance, celle-ci se soumet, principalement en raison de la faiblesse de ses élites à défendre ses intérêts, au projet qu’avaient alors les Etats-Unis : après la victoire contre l’Allemagne nazie, installer un « gouvernement d’occupation en France » (AMGOT – American Government on Occupied Territories). Aujourd’hui, la France est formellement indépendante, mais ses présidents successifs depuis Nicolas Sarkozy ressemblent plus à des proconsuls de l’empire américain qu’à des chefs d’une République Française souveraine et forte. Je crois que cette affaire du « sous-marins gate », qui n’est

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Georges Kuzmanovic

finalement que la plus grave d’une succession d’affaires similaires, est le révélateur de cet état de fait pour une grande partie de la population française. Les thématiques de l’indépendance de la France, de son statut géopolitique, les questions de défense deviennent dès lors importantes dans le débat politique qui s’engage dans le cadre de l’élection présidentielle. Emmanuel Macron est durablement fragilisé. Pour revenir plus concrètement à l’affaire elle-même, la nouvelle est tombée comme la foudre : Naval Group, dont les arsenaux ont été fondés par le Cardinal de Richelieu, perd l’historique et colossal contrat de 56 milliards d’euros relatif à la vente à l’Australie de douze sous-marins à propulsion conventionnelle. C’est un coup dur pour l’industrie navale française, même s’il est vrai que le projet vendu à l’Australie par Naval Group était bancal : il s’agissait de vendre des sous-marins conventionnels à partir d’un modèle de sous-marins nucléaires (Barracuda) ; le contrat dérapait, et le risque de pénalités de retard très lourdes était réel. La Majalla : Quelle est la raison de cet échec ? Georges Kuzmanovic : La raison de cet échec est bien plus profonde. Elle illustre le manque de vision stratégique industrielle au sommet de l’État et l’incapacité des gouvernants à défendre les intérêts de la France dans un contexte international où seuls les naïfs peuvent encore croire que nos partenaires de l’OTAN ou de l’Union

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Le sommet de l’OTAN à Madrid serait l’occasion de remettre sur la table, la question de l’autonomie stratégique européenne. européenne auraient des égards à notre encontre. Ainsi, alors que le contrat Naval Group-Australie était annulé, on apprenait que les États-Unis d’Amérique, le Royaume-Uni et l’Australie concluaient un accord trilatéral stratégique, appelé AUKUS, dans la zone IndoPacifique, conforme au redéploiement stratégique des forces armées étasuniennes dans cette partie du monde pour contrer l’influence grandissante d’une Chine menaçant son hégémonie. Et ce partenariat s’accompagne de la livraison de sous-marins à propulsion nucléaire à l’Australie. Tout cela est annoncé en visioconférence, dans une bonne humeur tout anglo-saxonne, par le Premier ministre australien Scott Morrison, le Premier ministre britannique Boris Johnson et le président Joe Biden. Ce


dernier, présidant l’événement à la Maison blanche, s’autorise une ultime humiliation envers la France en déclarant « qu’elle est importante pour la sécurité dans le Pacifique ». Encore une fois, on voit confirmé le célèbre adage du général de Gaulle selon lequel « les pays n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts. » Bien sûr, de telles évolutions stratégiques et de tels contrats d’armement ne se décident pas sur un coin de table, la veille pour le lendemain. Soit nos services de renseignement et de guerre économique sont ineptes et ont été incapables d’informer le Président de la République, et celui-ci doit remédier à cette situation de faiblesse, soit le Gouvernement était au courant de longue date, mais est incapable de faire front face aux États-Unis quand ceuxci défendent leurs intérêts. Je pense qu’Emmanuel Macron est le dindon – sûrement informé et consentant – de cette farce dont est victime la France. En juin, il visitait l’Australie et se gargarisait du succès de Naval Group,

La France est indépendante, mais ses présidents depuis Nicolas Sarkozy ressemblent plus à des proconsuls de l’empire américain qu’à des chefs d’une République Française souveraine et forte.

alors que plusieurs observateurs avertis déclaraient qu’il était déjà au courant du retournement de ses hôtes. Il a donc au mieux fait preuve de désinvolture – alors que ce genre de contrat d’armement doit être surveillé comme le lait sur le feu –, au pire il a sciemment privilégié les intérêts étasuniens plutôt que français, comme il l’avait déjà fait à plusieurs reprises. De toute façon, Emmanuel Macron a pour projet de long terme de saborder Naval Group avec le projet «Poséidon» que nous dénoncions dès 2019 avec quelques personnalités françaises attachées à la défense de l’indépendance de notre pays La Majalla : Comment voyez-vous la solution pour rendre à la France son honneur ? Georges Kuzmanovic : Un gouvernement digne de ce nom, ayant à cœur de défendre les intérêts de la France et de son peuple, riposterait immédiatement. Le général de Gaulle, qui connaissait bien nos amis américains, savait qu’ils ne respectent que ceux qui ont le courage de leur tenir tête, et il n’a pas hésité à le faire à maintes reprises. C’est ainsi qu’il faudrait réagir à cette provocation : en signifiant à nos partenaires américains que le pillage doit cesser. La meilleure riposte serait de sortir immédiatement du commandement intégré de l’OTAN, pour montrer que la France est de retour et ne se laissera plus faire. Il faut mettre un terme à cette relation humiliante de vassalisation. D’autant que cet affront n’est que le dernier d’une longue série d’humiliations et d’attaques des États-Unis qui font à la France une véritable guerre économique de long terme, dont notre pays sort pour le moment largement vaincu. Le scandale d’État sur les sous-marins, en

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Le Royaume-Uni, les Etats-Unis et l’Australie lancent un partenariat trilatéral


Crise des sous-marins

effet, n’est pas une exception, comme le prétend Emmanuel Macron, mais une norme. Wikileaks rappelle ainsi les États-Unis ont mené une politique d’espionnage économique contre la France, y compris l’interception de tous les contrats et négociations d’entreprises française évalués à plus de 200 millions de dollars. Et effectivement, la liste est longue ! Certes, l’envergure de l’échec français dans ce cas précis est immense, mais cette méthode a été appliquée maintes fois déjà et c’est parce qu’elle a été acceptée par les dirigeants français de gauche et de droite sans broncher que les États-Unis ont continué à monter les enchères à notre détriment. Permettez-moi de rappeler quelques cas emblématiques - les citer tous nécessiterait au moins un livre entier : On pense évidemment à l’imbroglio de la non-vente des navires Mistral à la Russie, sous pression américaine, vendu à l’Égypte en échange d’un soi-disant juteux contrat de cinquante hélicoptères Caracal à la Pologne… laquelle achètera finalement des hélicoptères étasuniens Sikorsky Black Hawk. On pense aussi aux écoutes du président François Hollande par la NSA, sanctionnées par... l’injonction faite à nos militaires de se doter d’ordinateurs sous système Windows pour le nouveau ministère de la défense de Balard ! Que dire des entreprises stratégiques abandonnées, comme Technip, Alcatel ou plus récemment Latécoère, leader mondial du Lifi. Les fleurons de notre industrie de défense sont mis à mal. Enfin, je pense à la vente d’Alstom – qui ne produit pas moins que les turbines de nos sous-marins à propulsion nucléaire – à General Electric ; dans ce cas la France a carrément été rackettée par les USA qui ont usé de l’ahurissante « extraterritorialité du droit étasu-

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nien » avec la complicité toute volontaire d’Emmanuel Macron, comme le montre clairement le rapport parlementaire du député LR Olivier Marleix, ce qui montre la complicité au plus haut sommet de l’État français dans cette étrange défaite. Pourquoi les États-Unis se priveraient-ils d’accroître leur avantage face à des dirigeants français aussi mous ? Ainsi, dès qu’un pays annonce vouloir acheter le Rafale – qui est le meilleur avion de combat polyvalent au monde – les USA imposent par tous les moyens possibles leur avions F35, comme cela a encore été le cas il y a quelques jours avec la Suisse. La Majalla : Mais le président Macron a réagi fermement sur cette affaire : il a rappelé les ambassadeurs à Canberra et Washington. Une première «symbolique» dans l’histoire des relations entre Paris et Washington, une première depuis deux siècles. Il n’a pas voulu partir à l’ONU, préférant étudier la crise avec les hauts cadres de l’Etat. Georges Kuzmanovic : Bien sûr, Emmanuel Macron est un peu vexé par le retentissement de cette affaire et le fait qu’elle révèle au grand jour qu’il ne contrôle rien au niveau géostratégique. Le rappel de l’ambassadeur français à Washington à la suite de la «crise des sous-marins» s’inscrit dans une logique de désamorçage médiatique. Joe Biden lui permet de faire un peu de bruit pour qu’il sauve la face, mais toutes ces déclarations, ce sont des ronds dans l’eau afin de maintenir médiatiquement à flot le chef de l’État à la veille de la présidence française de l’Union européenne et dans un contexte de lancement de campagne électorale. Mais la vérité c’est qu’Emmanuel Macron rentre dans le rang et accepte l’humiliation de la


Encouverture France. Il faut mettre un terme à cette situation. Il faut mettre un terme à la trahison de certaines de nos élites.

A l’OTAN, il ne s’agit pas de coopération, les Etats-Unis décident, les autres obéissent La Majalla : Si vous êtes élu président, sortez-vous de l’OTAN ? Georges Kuzmanovic : Après l’humiliation par ses alliés anglo-saxons et son éviction du «contrat du siècle» avec l’Australie, Paris a voulu se montrer déterminé. La ministre des Armées prône la révision du «concept stratégique» de l’Alliance atlantique. C’est une chimère permettant à Emmanuel Macron de ne pas perdre totalement la face. Il suffit d’assister à un sommet de l’OTAN pour comprendre tout de suite qu’il ne s’agit pas de coopération : les États-Unis décident, les autres obéissent. Si je suis élu Président de la République française, après être sorti du commandement intégré, j’engagerai un processus de sortie de l’OTAN – mieux : je mènerai une politique internationale visant à la dissolution de cette organisation qui n’a plus lieu d’être. La Majalla : pourquoi ? Grorges Kuzmanovic : parce que l’OTAN est, en effet, une organisation qui aurait dû s’auto-dissoudre en 1991, après l’effondrement de l’URSS et du Pacte de Varsovie. L’OTAN est devenue le bras armé, d’une part de la volonté hégémonique des USA sur le monde, d’autre part de l’asservissement de ses « alliés » européens. De plus, l’OTAN a montré son impuissance réelle à être autre chose qu’un outil de contrôle de ses alliés. La récente défaite des USA et de l’OTAN en Afghanistan après 20 ans de guerre et le déploiement de moyens militaires titanesques en est le tragique révélateur. Cela

La meilleure riposte serait de sortir immédiatement du commandement intégré de l’OTAN, pour montrer que la France est de retour et ne se laissera plus faire.

nous fragilise en tant que membre de l’OTAN. Je crois plus à une coopération entre nations souveraines dans le cadre d’une géopolitique multilatérales où il n’y aurait pas d’alliances militaires pérennes et dangereuses pour la sécurité mondiale comme l’est l’OTAN.

La sortie de l’OTAN nous permettra de renouer des liens distendus avec le « monde arabe » La Majalla : et le monde arabe alors ! Georges Kuzmanovic: Une sortie de l’OTAN permettra à la France d’avoir une géopolitique indépendante et de redevenir cette puissance pivot dans le monde. Très concrètement, concernant le « monde arabe », cela nous permettra de renouer des liens distendus, sinon parfois malheureusement rompus. En 2003, Dominique de Villepin eu la bonne attitude en tenant tête aux USA lors de son formidable discours à l’ONU, refusant que la France participe à l’absurde et criminelle guerre d’Irak, dont les conséquences furent tragiques tant pour ce pays que pour tout le Proche-Orient. Ce fut malheureusement le chant du cygne de l’indépendance française. Moi, je la restaurerai. La Majalla : Croyez-vous que la France puisse construire avec ses alliés européens une armée européenne forte et unie ? Georges Kuzmanovic: En réponse à la crise diplomatique qui a opposé Paris et Washington, les Européens s’apprêteraient, à l’initiative de la France et de l’Allemagne, à repenser l’Alliance atlantique. À en croire le Gouvernement français, de réelles mesures seront prises : le sommet de l’OTAN à Madrid serait l’occasion de remettre sur la table, avec les partenaires européens de la France, la question de l’autonomie stratégique européenne – principe « largement partagé entre les Vingt-Sept », selon le porte-parole du Gouvernement Gabriel Attal... Bon, là, on rentre carrément dans le registre de la commedia del arte, sinon de la bouffonnerie ! Mais de moins en moins de Français en sont dupes. Ces propos ne sont qu’une nouvelle illusion. En effet, AUCUN texte européen traitant de « défense européenne » ne le fait hors du cadre de l’OTAN. Tout est pensé dans le cadre de l’OTAN. Par ailleurs, depuis plus de dix ans, les USA ont imposé à l’Union européenne, justement par le truchement de l’OTAN, le concept de « smart defence », un système de mutualisation des industries de défense européenne et d’interopérabilité des armées

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Georges Kuzmanovic

européennes, mais dans le cadre de l’OTAN. Selon les termes mêmes de l’alliance, ce programme entend « harmoniser les besoins, mutualiser et partager les capacités, définir des priorités et mieux coordonner les efforts de chacun ». C’est un boulet qui inféode éternellement les Européens aux États-Unis. La situation actuelle de l’Europe est équivalente à ce que les USA voulaient en 1954 et dont le général de Gaulle nous a protégés : une Communauté Européenne de Défense (CED) vassalisée, dans laquelle l’Allemagne est renforcée. La Majalla : mais la « Smart Defence » est un tel succès que maintenant tout est sous la coupe de l’OTAN ! Georges Kuzmanovic : C’est aussi la raison pour laquelle une sortie de l’OTAN sera un processus qui prendra le temps d’un quinquennat. Mais plus profondément, une armée européenne présuppose une géopolitique européenne aux intérêts unifiés et un peuple politique européen. Ce peuple n’existe pas, en tout cas aucune souveraineté populaire européenne ne s’exprime au sens où on l’entend dans la Constitution française, qui découle des Lumières et des grands principes de la Révolution française, moment historique où justement le peuple s’est constitué en acteur politique et est devenu « souverain ». Quant à l’indépendance géopolitique, c’est bien évidemment une utopie complète. L’Allemagne a des intérêts géopolitiques particuliers qui ne sont pas ceux de la France. Les pays du groupe de Visegrád ont les leurs, qui ne sont pas ceux de l’Espagne, et ainsi de suite. Une armée sans objectif communs et coordonnés n’a aucun sens. Par ailleurs, en tant que Français, on peut largement

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douter même de la loyauté de l’Allemagne, qui serait également à l’initiative de cette révision du « concept stratégique de l’alliance ». En effet, l’Allemagne a reçu un immense cadeau de la part de Joe Biden, à savoir le blanc-seing américain pour la finalisation de NordStream 2. Ils ont extrêmement besoin de ce gaz, par conséquent, l’Allemagne ne fera rien qui puisse remettre en cause l’équilibre actuel au sein de l’OTAN, d’autant plus que l’Allemagne est le fer de lance des États-Unis dans l’Union européenne. D’autant que ces mêmes voisins d’outre-Rhin n’ont pas hésité à signer le 20 septembre, en pleine tempête diplomatique, un accord d’alliance militaire spatiale avec… l’Australie. Alors que le pays « down under » venait de trahir la France. La vérité c’est que nos plus proches alliés traitent la France comme un paillasson. Il faut bien avoir en vue que l’objectif des États-Unis est de saborder l’autonomie stratégique de la France, seule nation européenne à la posséder encore, et que l’objectif de l’Allemagne est d’affaiblir la France. Pour le moment, dans les deux cas, c’est malheureusement un succès. La Majalla : croyez-vous au sursaut de la France ? Georges Kuzmanovic: Bien sûr, je crois pour ma part au sursaut de la France. Elle en a les moyens et c’est une nécessité pour la paix et l’équilibre géopolitique du monde. C’est pourquoi, reprenant la célèbre formule de Danton alors que la France était attaquée « Pour vaincre les ennemis de la Patrie, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, et la France sera sauvée ! », mon slogan de campagne pour l’élection présidentielle de 2022 est « De l’audace ! Reprenons le contrôle !».


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nterview

»Le Président n’a eu d’autres choix que d’agir selon la Constitution«

Maghzaoui à «La Majalla» : Ghannouchi dirige le Bureau du parlement, à la manière d’un gang Tunis : Nasreddine Ben Hadid

le président Kais Saeid pour activer le chapitre 80 ? Entre la certitude de l’impossibilité du retour au En un mot, nous étions devant la loque d’un État point d’avant le 25 juillet, et le flou qui carac- soumis aux formes les plus horribles d’abus de la térise son champ politique, la Tunisie est dans part d’Ennahdha et de ses alliés, dans ce qu’on l’incertitude. Mais restent encore des certitudes : appelle la «Ceinture parlementaire» soutenant le En premier, on ne peut parler d’un «front anti- gouvernement Méchichi : Saeid», plutôt une nébuleuse, qui ne peut dispos- - Echec à répétition, atteinte à la sécurité du citer d’une vision stratégique commune, et encore oyen, et mise en danger de sa vie. moins d’un plan directeur et surtout stratégique. - Chaos sans précédent au niveau économique. De deux, l’activation de l’article 80 a certes - Détérioration continue de la situation sociale. permis au président de la République de court- - Horrible propagation de la corruption et du nécircuiter l’institution législative (le Parlement), potisme. et aussi les partis politiques, mais a aussi mon- Un état de faillite totale dont souffrent les financtré combien cette institution était fragile, et com- es publiques, et un blocage de tout l’horizon de bien ces partis étaient éphémères. D’où une ex- mobilisation par les moyens usuels. plication (lire ci-dessous) la facilité qu’a trouvé Une propagation effrayante de la pandémie du le président, et aussi la nécessité, selon le «clan Coronavirus, en l’absence d’une stratégie efficace pour y faire face. Ce qui a fait monter en flèche le Sied», de sauver le pays. Une rencontre avec Zouhair Maghzaoui, un des nombre d’infections et de décès... leaders du Mouvement «Chaâb», a permis de dé- Un ternissement systématique de la vie parlementailler ces points, et bien d’autres, d’où cette in- taire, tant l’institution législative s’est convertie en lieu d’attaque de l’État, dans le but d’instaurer terview : le désespoir des citoyens de tout processus poli* Quelle lecture portez-vous concernant la situ- tique. Pour ces raisons, le mouvement «Echaâb» ation qui prévalait en Tunisie avant le 25 juillet a préféré lors des dernières semaines qui ont 2021, ainsi que les justifications adoptées par précédé le 25 juillet, boycotter les travaux parle-

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Zouhair Maghzaoui, secrétaire général du Mouvement Echaâb

mentaires, notamment le Bureau du parlement, qui était dirigé par son président, Rached Ghannouchi, selon la logique du gang qui s’est emparé d’un butin. Bref, nous étions face à un réel danger menaçant le présent et l’avenir des Tunisiens. Tout porte à croire que nous étions dans un abîme et non au bord du gouffre. Dès lors, le Président de la République, à qui est confiée l’unité du pays et la sécurité des citoyens, n’a eu d’autres choix que d’agir selon les pouvoirs que lui confère la Constitution, et les obligations qui en découlent, pour mettre fin à une situation périlleuse, qui n’est autre que la résultante des choix opérés par le gouvernement, soutenu par Ennahdha et ses alliés. * Existe une polémique entre les différents protagonistes : Entre ceux qu’y voient un «coup d’Etat contre la légitimité», à l’inverse de ceux qui clament «un acte d’ajustement révolutionnaire». Comment trancher cette confusion ? Il faut réellement se demander : De quelle légitimité parlent-ils ? Aussi, qui a eu recours au coup d’Etat ?

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Un état de faillite totale dont souffrent les finances publiques, et un blocage de tout l’horizon de mobilisation par les moyens usuels. Le président de la République a agi dans le cadre de la Constitution de 2014. Il n’a fait qu’activer l’article 80. Ceux qui évoquent un «coup d’Etat» sont ceux qui comprennent la démocratie et la légitimité du point de vue de l’intérêt personnel, pas de l’intérêt de la société. Il est bien clair depuis 2011, que le président rejette tout le système en place, car il le considère responsable d’un coup d’État contre la révolution du 17 Décembre, ainsi que de l’usurpation des aspirations et des attentes des citoyens. Le concept de légalité est ici très flou. Je ne pense pas qu’il y ait quelqu’un en Tunisie, après les élections de 2019, qui dispose de la légitimité de Kaïs Saeid, qui a été plébiscité par une majorité écrasante. Cette majorité est sortie dans la rue


le 25 juillet pour le prier d’assumer sa responsabilité, et sauver le pays du danger imminent qui le menace. L’activation de l’article 80, s’inscrit strictement dans cette logique. * Personne ne nie le large écho, dont a bénéficié l’activation de l’article 80 parmi une large franche de la population tunisienne. Reste, que nous ne pouvons occulter aussi, que de nombreuses questions restent sans réponse claire concernant l’avenir, ou ce que les élites appellent l’absence de «feuille de route». Quelles explications portez-vous ? Je pense que l’ambiguïté dont vous parlez est une conséquence naturelle de la profondeur de la crise qu’a vécue la Tunisie à la veille du 25 juillet 2021.

Un ternissement systématique de la vie parlementaire, tant l’institution législative s’est convertie en lieu d’attaque de l’État, dans le but d’instaurer le désespoir des citoyens de tout processus politique.

Il serait absurde dans ce cas, de demander des mesures rapides et des solutions de manière urgente. La lenteur que certains reprochent est quelque chose qui joue en faveur du président, pas contre lui. Car l’expérience des années précédentes nous a appris que la catastrophe commence au moment d’accorder la confiance à ceux qui ne la méritent pas. Nous avons également besoin d’un diagnostic précis de la situation sous toutes ses dimensions avant d’annoncer le plan d’action requis. Il n’y a pas d’alternative aujourd’hui à l’annonce de la dissolution du Parlement, la suspension de la Constitution, et l’adoption d’un régime temporaire régissant les pouvoirs publics. Et ce, jusqu’à l’achèvement de la révision de la Constitution actuelle. Ainsi que le recours au mécanisme de dispense. Vient ensuite la tenue d’élections anticipées. Ceci au niveau législatif. Quant au niveau procédural et exécutif, je pense qu’il est temps d’annoncer l’équipe gouvernementale, qui va porter le pays de l’état de crise actuel à une situation que sera meilleure. Ceci, sous la tutelle directe, et pleine responsabilité, du président de la République. Des délégations étrangères, dont la plus importante est l’américaine qui s’est rendue en Tunisie, insistent pour «revenir sur la voie démocratique» et «réactiver la vie parlementaire». D’une part, quelles sont les frontières entre «l’ingérence dans les affaires intérieures», et l’interaction politique naturelle entre les États. Aussi, quelle est votre

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Crise politique en .Tunisie


.Le président Kais Saeid

position envers ceux qui ont accepté l’invitation à une rencontre avec cette délégation ? D’abord, ces délégations ont insisté concernant le retour à UNE voie parlementaire et à UNE vie constitutionnelle, et non à LA voie parlementaire et à LA vie constitutionnelle. S’il s’agissait de pressions pour revenir à la situation d’avant le 25 juillet, on aurait dit qu’il s’agit d’une violation de la souveraineté nationale et d’une atteinte au libre arbitre du peuple exprimé par le Président de la République. Le Mouvement «Chaâb» a été et reste à l’avant-garde de ceux qui s’opposent à toute ingérence dans les affaires internes du pays, car notre programme reste la défense de la souveraineté nationale, et faire face à toute atteinte possible. Nous, au Mouvement «Chaâb», notre choix, et restera toujours, de ne jamais traiter avec aucun étranger, concernant tout ce qui touche aux affaires nationales. Quant à ceux qui ont accepté de s’asseoir avec les Américains et leur ont répété, ainsi qu’à d’autres, l’appel à faire pression sur le président pour qu’il revienne sur ce qu’il avait annoncé le 25 juillet, ils ne font que se comporter en public, comme ils le faisaient en secret. * Le président Kais Saeid mène une campagne contre les monopoles et, comme il l’a dit, «ceux qui menacent le pouvoir d’achat» des citoyens. Quelles sont ses chances à ce niveau ? Surtout que la population espère une concrétisation au niveau des prix ?

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Ceux qui évoquent un «coup d’Etat» sont ceux qui comprennent la démocratie et la légitimité du point de vue de l’intérêt personnel, pas de l’intérêt de la société. L’un des principaux titres de la crise que traverse la Tunisie est le monopole endémique, qui représente l’une des raisons les plus importantes de la détérioration du pouvoir d’achat du citoyen, de la propagation de la pauvreté, et de l’accumulation de richesses au sein d’un groupe réduit de pillards, de courtiers et de corrompus, connectés à l’élite politique. Kaïs Saeid n’a eu de choix que de suivre les principes qu’il a toujours annoncés, et au même temps répondre aux aspirations des citoyens, qu’ils ont clairement exprimées le 25 juillet. Mais je crois que le succès de cette bataille et l’amorce d’une amélioration du pouvoir d’achat du citoyen, sont conditionnés par la mise en place d’une équipe gouvernementale cohérente, qui travaille selon un plan clair qui combine l’économique, le financier et le judiciaire. Car l’affaire ne se détermine pas uniquement par la sincérité des intentions du Président, dont personne ne doute.


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Crise migratoire : La France réduira le nombre de visas accordés aux maghrébins Par Emna Darwazi La migration africaine vers l’Europe est généralement considérée comme un raz-de-marée de personnes désespérées fuyant la pauvreté et la guerre dans leur pays et essayant d’entrer dans l’insaisissable eldorado européen. Les « solutions » typiques proposées par les politiciens incluent l’augmentation des contrôles aux frontières. Cependant, de telles mesures sont basées sur des hypothèses fondamentalement erronées sur l’ampleur (limitée), l’historicité, la nature et les causes de cette migration. La migration africaine vers l’Europe est alimentée par une demande structurelle de main-d’œuvre migrante, bon marché dans les secteurs informels. Cela explique pourquoi les politiques d’immigration restrictives n’ont invariablement pas réussi à arrêter la migration. Il est également peu probable que le développement de l’Afrique freine la migration car il permettra et inspirera davantage de personnes à migrer. Bien qu’il s’agisse de « lutte contre la migration illégale » pour des raisons politiques et diplomatiques, ni les États européens ni les États africains n’ont vraiment intérêt à arrêter la migration. Selon les autorités italiennes, la nationalité la plus représentée dans les arrivées clandestines en février 2021 est la tunisienne avec 334 personnes, soit %14 des migrants comptabilisés depuis le début de cette année. Les autres nationalités se repartissent comme suit : les Guinéens au nombre de %11( 254), les Ivoiriens au nombre de %11( 249), les Erythréens %9( 217), les Maliens %5( 129), les Algériens 125 %5(), les Soudanais %4( 94), les Bengalis %4( 83), les Afghans %3( 76) et les Camerounais %3( 64). Pour toutes ces raisons, plusieurs pays européens ont décidé de

faire face à cette crise. La France a décidé de réduire le nombre de visas délivrés aux pays du Maghreb parce que les gouvernements refusent d’accueillir les migrants expulsés de France. La décision annoncée, mardi 28 septembre 2021, intervient alors que des politiciens d’extrême droite exercent des pressions sur le président centriste Emmanuel Macron, qui devrait annoncer une candidature à la réélection, pour qu’il mette en œuvre des règles d’immigration plus strictes, ce qui a engendré de nouvelles tensions entre la France et ses voisins nord-africains. Dans quelques semaines, le gouvernement français prévoit de réduire de moitié le nombre de visas accordés aux Algériens et aux Marocains et de %30 aux Tunisiens, selon des responsables gouvernementaux. Les trois pays faisaient partie de l’empire colonial français, et de nombreux migrants à destination de l’Europe et visiteurs en provenance de ces pays d’Afrique du Nord ont des liens familiaux ou autres en France. Le porte-parole français Gabriel Attal a déclaré aux médias que la France avait décidé d’agir parce que l’Algérie, le Maroc et la Tunisie ont récemment refusé de fournir des documents consulaires à leurs citoyens expulsés de France après leur arrivée illégale. Les restrictions de voyage liées au Coronavirus ont également compliqué ces efforts de retour. Un haut responsable de la présidence française a déclaré que la France souhaitait notamment que les pays d’Afrique du Nord reprennent les personnes signalées pour extrémisme, et a exprimé l’espoir qu’une solution puisse être trouvée rapidement. Attal a déclaré que la France tentait de trouver une solution diplomatique depuis qu’elle avait adopté une loi sur l’immigration en 2018. Entre janvier et juillet, les autorités judiciaires françaises

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Le président français, Emmanuel Macron

La France réduit le : nombre de visas

ont ordonné à 731 7 Algériens de quitter le territoire français parce qu’ils n’avaient pas d’autorisation de séjour, mais seulement 22 sont partis. La candidate d’extrême droite à la présidentielle, Marine Le Pen, a apporté un soutien nuancé à la réduction du nombre de visas, mais a estimé que le gouvernement d’Emmanuel Macron avait attendu trop longtemps avant d’agir. Le Pen était la principale rivale de Macron aux élections de 2017 et sera considérée comme son principale adversaire s’il se présente à nouveau. «Depuis longtemps, très longtemps, très longtemps, je demande que des mesures soient prises pour obliger certains pays à respecter le droit international», a-t-elle déclaré, citant l’Algérie et la Tunisie. Le Pen s’est exprimée lors d’une conférence de presse sur ses projets, et de la «réduction drastique» de l’immigration, une fois élue présidente de la République. «Ma première décision sera de maîtriser l’immigration par la

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La crise migratoire est avant tout une crise humanitaire. reprise en main de nos frontières, de notre politique de visas », a déclaré la présidente du Rassemblement national. « J’irai voir les pays dont sont issus les immigrés pour leur dire qu’ils doivent reprendre leurs compatriotes lorsque ceux-ci sont en situation irrégulière », a ajouté la dirigeante.

Les pays concernés par ces mesures réagissent… Le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a qualifié la décision d’«injustifiée». Il a déclaré que son pays avait délivré 400 documents consulaires aux Marocains expulsés de France, mais le nombre était limité car beaucoup d’entre eux ont refusé de passer un test de dépistage du virus SARS-CoV2-, qui est nécessaire pour rentrer au Maroc. C’est «le problème de la France, qui doit y faire face», a déclaré Bourita lors d’une conférence de presse tenue à Rabat. « Le Maroc a toujours géré la question migratoire et le flux des personnes, avec une logique de responsabilité et d’équilibre entre la facilitation des déplacements des personnes (...) et la lutte contre la migration clandestine», a souligné le diplomate. De son côté, la Tunisie a adopté une position publique plus conciliante. « Nous faisons partie des pays qui coopèrent dans ce domaine et nous avons d’excellentes relations avec la France», a déclaré le bureau du président tunisien Kais Saied.


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Le Covid-19, le dernier des soucis

L’Afrique et les maladies infectieuses TUNIS : Nasreddine Ben Hadid Nul besoin d’une étude académique, le terme «Coronavirus» ou «Covid-19», connait un usage plus que courant, au point de faire de cette pandémie la plus importante hantise de l’humanité. Toute l’humanité ? Pas aussi certain, qu’on puisse l’imaginer. Certes, les médias dominants, n’ont de mots que pour le Coronavirus et le Covid-19, essentiellement dans les sphères occidentales, avec un effet d’entrainement, qui prend dans ses sillages les médias du tiers-monde, mais reste qu’un ensemble de pays, en Afrique essentiellement, pour qui le Coronavirus ou Covid-19, ne constituent que des mots vagues, que véhiculent les médias, concernant un monde si lointain géographiquement.

Une carte à part :

Il suffit de dresser la carte épidémiologique du monde, pour constater que la couleur affectée au Covid-19 est de loin prédominante, mais faut-il nuancer quatre points : A. D’autres épidémies existent bien, et sont assez présentes dans plusieurs pays, toutes dans les pays du Sud, à savoir l’Asie, mais essentiellement en Afrique. B. Ces épidémies disposent d’une capacité de contagion de loin plus dangereuse que celle du coronavirus. C. Plusieurs facteurs scientifiques, font que ces épidémies restent «prisonnières» de quelques conclaves qui ne bougent peu ou pas, d’une année à l’autre. D. Certaines épidémies sont omniprésentes (Ebola) et ne disparaissent que pour mieux réapparaitre, tandis que d’autres (Choléra) semblent venir de la nuit des temps. Les systèmes de santé du continent africain sont toujours mis à rude épreuve, par les infections mortelles,

comme l’infection à VIH, le paludisme, la tuberculose, le choléra, la dysenterie et les fièvres hémorragiques comme celles d’Ebola et la fièvre jaune. En 2015, les conditions d’infections en Afrique représentaient 5,2 millions de décès (56,4%), contre 5,7 millions en 2010 (61,4%). Même si les chiffres semblent reculer, de nombreux efforts restent à faire pour continuer à lutter contre les maladies infectieuses.

Triste palmarès : Le paludisme :

C’est la première cause de mortalité infantile en Afrique, notamment dans la région subsaharienne, particulièrement touchée. Le paludisme, aussi appelé malaria, tue entre 1 et 3 millions de personnes chaque année.

Le SIDA

Cette maladie infectieuse est à l’origine de plusieurs millions de décès chaque année en Afrique. Contenue dans les pays développés, elle touche aujourd’hui environ 35 millions de personnes dans le monde, dont 24 millions, soit presque 70%, sur le territoire Africain. Le SIDA se transmettant par les liquides corporel (sauf salive), il se répand particulièrement dans les régions où les moyens de protection sexuelle sont limités voire inexistants. De même, il est virulent dans les milieux où l’usage de seringues non-stériles est répandu. Activé, le virus affecte ensuite le système immunitaire qui devient déficient, rendant le malade particulièrement vulnérable.

L’Ebola

Le virus d’Ebola, aussi baptisé FHV pour Fièvre hémorragique virale, a fait la une des médias en 2014. Ce-

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La vaccination en Afrique.

tte maladie meurtrière d’Afrique est particulièrement virulente et contagieuse. 5 formes de ce virus existent, dont la dernière dite «Zaïre» a été responsable de milliers de décès. Les symptômes peuvent être confondus avec ceux du paludisme ou du choléra, mais évoluent parfois en délires, convulsions, hémorragies et coma quand ça n’est pas la mort.

Les maladies respiratoires

L’OMS indique que les bronchites et pneumonies sont la cause la plus fréquente de décès d’enfants en Afrique. Comme quoi, ce ne sont pas forcément les affections les plus rares qui sont les moins graves…

Les maladies diarrhéiques

Dues à des conditions sanitaires insuffisantes, les personnes contractent des infections bactériennes, virales ou parasitaires, notamment les enfants. Ces infections causent tout type de maladies diarrhéiques responsables d’une grave déshydratation pouvant entraîner la mort. C’est la seconde cause de mortalité infantile en Afrique. On remarque, dans ce triste palmarès, une absence totale du Covid-19. Certes. Ce virus a déjà fait des victimes, et fait encore, mais l’attention en Afrique subsaharienne surtout, reste concentrée sur les infections «ancestrales» qui font encore des dégâts énormes. Surtout le paludisme.

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Les systèmes de santé du continent africain sont toujours mis à rude épreuve. Contraintes multiples.

En plus d’un système sanitaire vétuste, pour ne pas dire inexistant, dans plusieurs pays, l’arrivée du Covid-19, sous tous ses variants, et constituer un vrai danger et une réelle menace, n’est qu’une affaire de temps, des mois pour certains. Sans oublier que le continent commence à «attraper» les maladies chroniques, diffuses dans les pays riches. En guise de mise en garde, le professeur Lamine Gueye, recteur de l’université Alioune-Diop de Bambey, a déclaré :«Au Sénégal, les maladies cardiovasculaires sont devenues un véritable problème de santé publique. Un quart des personnes de plus de 20 ans souffrent d’hypertension, tandis que le paludisme concerne désormais seulement 1 % de la population. L’hypertension est d’autant plus préoccupante qu’elle est méconnue par la population et rarement dépistée. Elle est diagnostiquée trop tard, lorsque des complications comme les attaques cérébrales sont déjà là» Le professeur Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale à l’université de Genève, résume la situa-


tion autrement : «L’Afrique doit faire face à un double fardeau : les maladies infectieuses ne sont pas encore totalement éliminées, tandis que les maladies chroniques représentent un poids de plus en plus important», avant de souligner que cette montée en puissance des maladies chroniques peut aussi être analysée positivement, «car elle est un signe de développement et de vieillissement de la population».

Un vaccin en quelques mois… D’autres attendent encore… Les annales des laboratoires attestent que la mise d’un vaccin sur le marché, n’est guère et ne peut être limitée à une dimension purement scientifique. L’invention est un premier pas. Reste une batterie de tests in vitro en premier, ensuite sur des animaux. A la fin, l’essai sur des humains, sur la base d’un protocole sanitaire draconien. Ensuite vient le tour des autorités sanitaires compétentes, qui sont les seules à accorder ou non, l’autorisation de mise sur le marché. Un parcourt qui prenait jadis, entre dix à quinze ans. Toutefois, ce délai a été écourté à quelques mois. Une année dans les meilleurs des cas, pour la mise en circulation du vaccin du Covid-19.

Le paludisme, aussi appelé malaria, tue entre 1 et 3 millions de personnes chaque année.

Les élites africaines se demandent encore et toujours : - Pourquoi la communauté internationale a investi des sommes aussi colossales, uniquement pour trouver un vaccin contre le Covid-19 ? - Les maladies infectieuses (propres à l’Afrique) doivent-elles toucher le monde entier, en premier l’Occident. Plusieurs autres maladies infectieuses n’ont pas cette chance. Les investissements se chiffrent en milliards de dollars. Tous les laboratoires sont entrés en une course folle. Un effort plus que soutenu.

Ne plus jamais compter que sur soi-même.

Certaines élitesafricainesconsidèrent que le temps des utopies est révolu. Leur continent doit bien se réveiller, et se prendre en charge. Révolu le temps des espérances candides, à savoir la prise en charge des défis que rencontre l’Afrique par autrui. Un paradoxe : Le continent noir, est, à la fois, le moins touché par le Covid-19, mais aussi à la traîne en matière de vaccinations. Face à cette situation, l’Union africaine (UA) a annoncé le lancement d’un«partenariat pour la fabrication de vaccins africains». Mais faut-il ce genre d’engagements, tant des dizaines sont restés vaines paroles ? Les chiffres sont d’une éloquence plus que parfaite : L’Afrique a reçu «moins de 2% des 690 millions de doses» de vaccins anti-Covid injectées dans le monde. L’Union Africaine (UA) multiplie ses efforts pour rattraper le retard du continent. Elle vient d’annoncer le lancement d’un«partenariat pour la fabrication de vaccins africains» (PAVM) avec pour

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la pandémie ,19-COVID la plus importante hantise de l’humanité


L’OMS indique que les bronchites et pneumonies sont la cause la plus fréquente de décès d’enfants en Afrique

Le virus Ebola se répand en Afrique de l’Ouest

objectif de créer cinq pôles de recherche et de fabrication de vaccins sur le continent. Une bonne nouvelle, à l’heure où les chercheurs africains se font rares dans les prestigieuses revues médicales. Selon John Nkengasong, directeur du Centre de contrôle et de prévention des maladies en Afrique (Africa CDC), qui dépend de l’UA «Ces cinq pôles de recherche et de fabrication de vaccins seront développés dans les «dix à quinze prochaines années», dans chacune des cinq grandes régions du continent (Afrique du Nord, Afrique occidentale, Afrique centrale, Afrique australe, Afrique de l’Est)» avant de préciser que «l’objectif est de fabriquer localement, d’ici 20

Certaines élites Africaines considèrent que le temps de utopies est révolu. ans, 60% des vaccins utilisés sur le continent, contre 1% actuellement». En clôture de deux jours de sommet virtuel sur ce thème. Nkengasong a souligné : «Nous avons conscience qu’il s’agit d’un vrai défi», mais «si l’Afrique ne prévoit pas aujourd’hui de répondre à ses besoins en matière de sécurité vaccinale, alors nous nous préparons définitivement à l’échec», a-t-il ajouté. Il a souligné l’importance «de faire un bond en avant en s’appuyant sur la technologie de l’ARN messager», et a évoqué l’intérêt du Sénégal, de l’Afrique du Sud et du Rwanda de s’engager dans cette voie. Le président en exercice de l’Union africaine, Félix Tshisekedi, reconnait : «Il faudra des ressources financières suffisantes, des législations harmonisées en Afrique et des incitatifs», en appelant «solennellement la diaspora africaine à travers le monde pour aider aux renforcements des capacités de fabrication de médicaments et de vaccins en Afrique». Avant d’ajouter que ce projet «ne se contentera pas de se battre contre la Covid-19, mais permettra d’implanter une fabrication de vaccins pour les maladies connues et de se préparer pour les épidémies et pandémies à venir».

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Nous ne disposons que d’une petite fenêtre pour agir

Biodiversité-Clôture du Congrès mondial pour la Nature à Marseille

Marseille: La Majalla Nous ne disposons que d’une petite fenêtre pour agir, deux ou trois décennies au maximum pour rééquilibrer nos écosystèmes, préviennent les scientifiques. C’est pourquoi le congrès mondial pour la nature qui a clôturé ses travaux, le 11 septembre dernier, à Marseille, fut une occasion unique de s’unir derrière la protection de la nature et son rôle dans la stabilisation de l’urgence climatique et l’arrêt de la sixième extinction de masse. Pendant une dizaine de jours, tous les acteurs de la biodiversité, réunis en conclave à Marseille pour échanger en vue de tracer les contours de la prochaine décennie, ont discuté sans détour sur les raisons de l’échec collectif à remplir les engagements pris en matière de préservation de la biodiversité à l’horizon 2020 puisque la nouvelle liste rouge de L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), montre que près de 30% des espèces existant sur terre sont désormais en voie d’extinction et que si nous ne agissons pas la Terra sera bientôt confrontée à une dégradation difficile voire impossible à éviter. Le Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui a réuni Etats, gouvernements, acteurs de la société civile, organisations internationales, bailleurs de fonds, entreprises et citoyens, tous mobilisés en soutien à la préservation de la biodiversité et pour inscrire la nature au sommet des priorités internationales, car planète, climat, nature, espèces et communautés humaines, ont les destins intrinsèquement liés, estiment avoir jeté les premières bases du cadre stratégique mondial pour la biodiversité, construit collectivement, qui sera définitivement adopté lors de la COP15 qui se déroulera en 2022, ont été identifiées lors du Congrès mondial pour la nature qui a été clôturé hier à Marseille. Il fallait être à la hauteur des enjeux et de l’urgence à agir pour la planète et pour l’avenir des générations futures.

Une richesse précaire

Le bassin méditerranéen est le deuxième lieu au monde des plus riches en termes de biodiversité a expliqué à La Majalla, M.Hedi Chebili, directeur général de l’environnement et de la qualité de vie au ministère de l’Environnement tunisien. « Riche en diversité végétale avec plus de 25 000 espèces de plantes. Les forêts méditerranéennes et les autres terres boisées de la région apportent une contribution vitale au développement rural, à la réduction de la pauvreté et à la sécurité alimentaire, ainsi qu’aux secteurs de l’agriculture, de l’eau, du tourisme et de l’énergie. Cependant, les espaces protégées ne couvrent que 9 millions d’hectares, soit 4,3% de la superficie totale de la région », a-t-il souligné. Mais les crimes contre la biodiversité sont commis depuis des siècles en mer ou sur terre. En effet, en parcourant les pavillons de l’exposition du Congrès mondial de la nature de l’UICN, on constate certes l’ampleur des dégâts causée à notre planète mais on ressent aussi cette forte énergie qui émane des acteurs de la société civile et de l’engagement des gouvernements, des peuples autochtones et des bailleurs de fonds, à changer la donne et renverser la vapeur. Le Congrès de l’UICN qui aspire à orienter les actions futures en matière de biodiversité, de reprise fondée sur la nature et de changement climatique, définira l’agenda mondial de conservation de la nature à un moment où les liens entre la biodiversité et le bien-être humain sont mis de plus en plus nettement en relief par la pandémie de la COVID-19.

Pollution plastique

Une cigarette fumée, un mégot jeté par terre et écrasé par la chaussure. Un geste récurrent, fortement banalisé commis par de simples citoyens ou même des médecins, des universitaires, des chercheurs. Hommes, femmes ou jeunes fumeurs, ne savent pas que 60% des mégots jetés par terre finissent en mer. Résultat

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L’homme est responsable à %75 de la dégradation de l’écosystème terrestre. de la disparition de 85% des zones humides, il est la cause de la disparition de 32 millions d’hectares de forêt tropicale entre 2010 et 2015. Le continent africain qui subit de plein fouet la grande sécheresse et ses conséquences environnementales, connaît mieux que quiconque les effets néfastes des changements climatiques : déforestation, disparition du couvert végétal et des espèces rares, avancées à grands pas du désert, assèchement des plaines, le tout corroboré par la réduction paradoxale du lac Tchad dont la superficie est passée de 25000 Km2 dans les années 60 à moins de 3000 Km2 actuellement.

Espèces menacées d’extinction

Razan Al Mubarak a été élue nouvelle présidente de l’Union

: contamination chimique instantanée. Le mégot contient 4000 agents chimiques. Composés à 95% d’acétate de cellulose (plastique), il se décompose entre 2 à 5 ans. Il sera ensuite ingéré les animaux marins pour réintégrer la chaine alimentaire et revenir dans nos assiettes. Chaque minute, ce sont 17 tonnes de déchets plastiques, soit l’équivalent d’un camion poubelle qui sont déversés dans la mer. La pollution plastique c’est 9 à 12 millions de tonnes de déchets plastiques chaque année. Chaque année 1,5 million d’animaux marins meurent à cause du plastique. L’on recense 1400 espèces affectées. En 2050, si nous n’agissons pas, la mer contiendra plus de plastiques que du poisson.

Une méga-poubelle sous l’eau

Un bateau de plaisance jette l’ancre le long des côtes, c’est comme couper quatre arbres dans une forêt pour garer sa voiture. Alors que dans huit cas sur dix on peut mouiller à côté sur sable. L’ancre jeté arrache les posidonies sur des kilomètres. Pourtant, les vastes forêts sous-marines que forme cette plante à fleurs-les herbiers de posidonie, fournissent des services écosystémiques d’une valeur inestimable. Elles constituent en premier lieu une source de nourriture ; de nombreuses espèces de poissons et de crustacés viennent s’y nourrir et s’y reproduire. Poumons de la Méditerranée, les posidonies produisent de l’oxygène permettent la vie aquatique et une bonne qualité des eaux littorales. Ils sont en même temps une arme contre le réchauffement climatique. Des dauphins sont péchés par milliers accidentellement, des tortues de mer échouent dans les filets. L’homme est responsable à 75% de la dégradation de l’écosystème terrestre. Il est à l’origine

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Dragon de Komodo (le plus grand lézard au monde), éléphants, félins, requins, mais aussi arbres, maïs, pommes de terre, haricots, courges et piments. Autant d’espèces animales et végétales fortement menacés de disparition, sont mise en avant durant chaque sommet de l’UINC. Dégradation des habitats au profit de l’activité humaine, le braconnage ou l’accroissement des espèces invasives, mettent en danger ces ressources naturelles.

Liste rouge

Sur la Liste rouge de l’UICN qui comprend désormais 138 374 espèces marines, 38 543 parmi elles sont menacées d’extinction. Dans cette mise à jour 37% d’entre elles sont désormais menacées d’extinction. L’ensemble des espèces menacées de requins et de raies sont surexploitées, 31% étant en plus affectées par la perte et la dégradation des habitats et 10% par les changements climatiques. Pour focaliser le halo des projecteurs sur l’état de ces espèces animales et végétales, la liste rouge de l’UICN trace un aperçu, un portrait utile de ce qui arrive aux espèces à l’heure actuelle et souligne le besoin urgent de prendre des mesures de conservation. Cette année l’éléphant de savane d’Afrique et l’éléphant de forêt d’Afrique ont été respectivement classés«espèce en danger» et «espèce en danger critique d’extinction» sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Lors de la publication de la première liste, en 1986, tous les éléphants d’Afrique étaient classés dans une seule et même espèce, considérée comme vulnérable par l’UICN. La détérioration de la situation de ces animaux est due en partie au fait que l’ivoire de l’éléphant de forêt est plus prisé que celui de l’éléphant de savane. Etant plus dur, il permet aux artisans japonais de sculpter des détails plus fins. Outre la pression du marché international de l’ivoire, les éléphants de forêt font aussi face à la raréfaction des fruits dont ils se nourrissent. D’après une étude publiée en septembre 2020, il apparaît que sur les trente dernières années (1986-2018), le changement climatique a fait


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chuter la production de fruits de 81% dans le Parc national de Lope – où des études de longue durée sont menées – au centre du Gabon. La masse corporelle des éléphants a ainsi chuté de 11% entre 2008 et 2018. Comme tous les prédateurs, les félins figurent parmi les plus fragiles des écosystèmes. Ce n’est hélas pas un hasard si, parmi les 37 espèces de félins sauvages, 25 se trouvent sur la liste rouge des espèces menacées de l’UICN. Répartis des forêts tropicales aux toundras, des côtes aux mon¬tagnes, les félins se rencontrent sur quatre des cinq continents : l’Europe (chat forestier, lynx boréal et lynx pardelle, etc.), l’Asie (tigre et léopard de l’amour, panthère nébuleuse, l’Afrique (guépard, lion, etc.) et l’Amérique (lynx roux, jaguar, puma, etc.), la plupart de ces félins vivent dans des habitats modifiés par l’homme et malheureusement les aires protégées ne couvrent qu’une petite partie de leur habitat. Recherchés pour leurs peaux mais aussi pour diverses parties de leur corps, notamment leurs os, supposées soigner diverses pathologies dans la médecine traditionnelle chinoise, les félins sont victimes d’un trafic international, exercé par de puissantes mafias. Aujourd’hui, personne ne peut dire s’il y aura encore des tigres sauvages dans 50 ans. Avec la dégradation et la disparition de son habitat au profit de l’activité humaine, le braconnage et l’accroissement des conflits avec les communautés locales, la population du félin a décliné de plus de 20% ces 20 dernières années. On estime sa population entre 4 000 et 6 500 individus.

Le dragon de Komodo

Le plus grand lézard vivant du monde, le dragon de Komodo (Varanus komodoensis), est passé de « Vulnérable » à « En danger » sur la Liste rouge de l’UICN. L’espèce, endémique d’Indonésie et présente uniquement dans le parc national de Komodo, classé au Patrimoine mondial, et sur l’île voisine de Flores, est de plus en plus menacée par les impacts des changements climatiques. La hausse des températures mondiales, et donc du niveau de la mer, devrait réduire l’habitat favorable au dragon de Komodo d’au moins 30% au cours des 45 prochaines années. Le document a également passé au crible 224 plantes étroitement liées aux cultures de maïs, des pommes de terre, de haricots, de courges, de piments, de vanille, d’avocats, de tomatille et de

Il est à l’origine de la disparition de %85 des zones humides, il est la cause de la disparition de 32 millions d’hectares de forêt tropicale entre 2010 et 2015.

coton. L’étude a révélé que 35% de ces espèces sauvages sont menacées d’extinction, car les habitats sauvages ont été convertis pour l’usage humain, combiné au passage des systèmes agricoles traditionnels à la mécanisation et l’utilisation généralisée d’herbicides et de pesticides. Les espèces envahissantes et les parasites, la contamination par des cultures génétiquement modifiées, les prélèvements excessifs et l’exploitation forestière constituent d’autres menaces. Les groupes de plantes sauvages les menacées d’extinction sont les Vanilla, dont les huit espèces de la région sont classées « En danger » ou « En danger critique d’extinction » sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICNTM, suivies par 92% des espèces de coton (Gossypium) et 60% des espèces d’avocat (Persea). Deux groupes liés au maïs, Zea et Tripsacum, sont menacés à 44% et 33% respectivement. 31% des espèces de haricots, une espèce de piment sur quatre, 23% des espèces de pommes de terre, 12% des espèces de tomatille et 9% des espèces de courges sont également menacées d’extinction. Ces résultats ont des implications potentiellement critiques pour les moyens d’existence et la sécurité alimentaire. Protéger la moitié des terres et des mers Les scientifiques ont recommandé vivement de protéger au moins la moitié des terres et des mers de la Terre afin de préserver des dizaines de milliers d’espèces ainsi que pour maintenir les connaissances traditionnelles des peuples autochtones qui nous obligent également à partager la Terre à égalité avec la nature. En effet, sans des quantités suffisantes de nature sauvage, nous ne pouvons pas maintenir la température en dessous de 2°C. Les forêts, les prairies et les tourbières stockent plus de 100 parties par million (ppm) de carbone dans les plantes et les sols, carbone qui doit rester dans le sol pour résister au changement climatique et éviter ses effets catastrophiques. Perdre ne serait-ce qu’un quart de nos zones sauvages restantes supprimerait un puits de carbone essentiel qui, sans aucun coût pour la société, nous aide à éviter les pires effets du changement climatique incontrôlable. Mais les données sont claires aussi à propos de la destruction des écosystèmes. La principale cause d’extinction des espèces est la perte d’habitat dont résulte la destruction des espaces sauvages

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Session de clôture du congrès


Animation pour sensibiliser à l’importance du rôle des .abeilles

de la Terre, la menace la plus grave pour la vie. La faune remplit des fonctions vitales pour toute la vie. Les baleines et les requins nourrissent le phytoplancton qui émet la moitié de l’oxygène de la Terre. Les rhinocéros et les chauves-souris plantent les arbres et arbustes qui stabilisent les climats régionaux et produisent un air sain. Pour protéger les alliés de la vie, nous devons leur réserver suffisamment d’espace pour vivre. La nature sauvage est leur maison.

Enjeux et recommandations

À la suite de la clôture officielle du congrès, les participants ont expliqué le rapport sur les enjeux de 2021 et les recommandations politiques se concentrent sur la transition vers une nouvelle ère à faible émission de carbone. Le Président sortant de l’UICN Zhang Xinsheng a déclaré à Majalla que « les discussions et les résultats des recherches du congrès alimenteraient les prochains processus de gouvernance environnementale mondiale ». Il a expliqué que les groupes de travail ont produit des études politiques spéciales portant sur différents aspects : des écosystèmes mondiaux, y compris le changement climatique, la biodiversité et le contrôle de la pollution ; urbanisation verte; production et consommation durables; et objectifs nationaux/gouvernance mondiale. Il a brièvement décrit les recommandations politiques de l’UICN, soulignant un large soutien pour une transformation verte holistique et collaborative, une transition équitable et pour la création de nouvelles alternatives avant que les anciennes pratiques ne soient éliminées.

Défis et complexités

Les thèmes clés discutés au cours de la semaine, ont notamment porté sur le défi et la complexité de la mise en œuvre de politiques intégrées ; comment parvenir à un développement de haute qualité, comment concevoir des systèmes de technologie verte et comment appliquer une optique de genre et d’équité à l’élaboration des politiques. Il a déclaré que les experts internationaux étaient«profondément enthousiasmés», et ont exprimé leur énorme appréciation pour l’engament de plusieurs pays en matière d’environnement et de développement durable.

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Il est à noter que les résultats de recherche et leurs recommandations ont porté sur la gouvernance climatique mondiale ; le futur cadre mondial de la biodiversité; la gouvernance des océans ; l’urbanisation verte; la gouvernance sociale durable; l’innovation technologique verte; la durabilité de l’initiative «la Ceinture et la Route» (BRI) ; les chaînes de valeur vertes mondiales; la finance verte; et la gestion des zones fluviales. Un autre projet sur l’intégration du genre s’est penché sur des éléments qui recoupent tous les sujets, dans le but de s’assurer que le genre est pris en compte de manière exhaustive dans les recherches et les recommandations.

Réalisations scientifiques

Les participants ont salué les réalisations des équipes de recherche qui ont produit ces études politiques spéciales et mis en avant les collaborations internationales au sein des équipes et ont exprimé leur appréciation pour la diversité des sujets abordés dans le cadre du programme du congrès. Le Congrès de l’UICN a instamment appelé les gouvernements à mettre en œuvre une reprise post-pandémie fondée sur la nature, en investissant au moins 10% des fonds mondiaux pour la reprise dans des projets liés à la nature, et a adopté une série de résolutions et d’engagements visant à lutter de manière urgente contre les crises interconnectées du climat et de la biodiversité. Lors de la séance de clôture du Congrès de l’UICN, les Etats, ONG, et Organisations des Peuples autochtones Membres de l’Union ont adopté le Manifeste de Marseille, où figure notamment l’engagement à mettre en œuvre le premier plan d’action mondial autodéterminé des Peuples autochtones. « Nos objectifs mondiaux de protection de la planète et de conservation de la biodiversité ne peuvent être atteints sans le rôle directeur, l’appui et le partenariat des peuples autochtones, » a indiqué à La Majalla, Bruno Oberle, Directeur général de l’UICN. Pour lui « Le programme autochtone mondial présenté marque une nouvelle voie pour l’autodétermination des peuples autochtones en matière de conservation de la nature et de gouvernance des ressources naturelles. Il a été rendu possible par le pouvoir exceptionnel de rassemblement de l’UICN en tant qu’union des peuples autochtones, des gouvernements et de la société civile. »


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anté

Toutes les astuces pour retrouver très vite le sommeil

Voici comment mieux dormir ! Par Emna Darwazi

Bon sommeil ? Un rythme de sommeil régulier ? Se réveiller en forme ? Tout le monde rêve d’avoir un bon sommeil. Selon plusieurs recherches sur le manque de sommeil, il s’est avéré que les mauvaises habitudes vous empêchent de bien dormir. Maints comportements sont susceptibles de nuire à la qualité de votre sommeil. Voici quelques solutions pour retrouver le plaisir d’une bonne nuit. Environnement de sommeil – Lumière, bruit et température pour un bon sommeil Vous avez sans doute beaucoup entendu parler du mythe des huit heures et de l’impact des exercices de sophrologie, mais nous allons commencer par ce qui est souvent le plus négligé : votre environnement de sommeil. Cela concerne le mode de votre vie, de votre matelas à la lumière de votre chambre. La quantité de lumière, de bruit et de chaleur dans votre chambre à coucher joue un rôle important pour que vous passiez une bonne nuit de sommeil. En gros, il faut s’assurer que votre chambre soit reposante. Pour vous aider à bien dormir, votre chambre doit être fraîche, calme et sombre. Ces conditions envoient les bons signaux à votre corps. Un autre facteur important pour obtenir la bonne quantité de sommeil est la façon dont vous gardez votre chambre bien rangée. Les chambres désencombrées favorisent le

La lumière blanche et bleue - causée par les appareils électroniques - empêche le corps de produire de la mélatonine.

sommeil car elles offrent moins de distractions et vous aident à vous détendre. Ceci est particulièrement important si vous aimez passer du temps au lit avant d’aller vous coucher. Si c’est le cas, vous devrez vous assurer que votre chambre est aménagée de manière à vous bercer doucement vers un état de relaxation. Assurez-vous que l’éclairage et le bruit sont faibles, et que les écrans sont éteints, y compris votre téléphone. Si vous pensez déjà que votre chambre est conçue pour favoriser une bonne nuit de sommeil, envisagez d’investir dans une technologie de sommeil. Ces produits comprennent des lampes enfichables qui projettent une lumière qui a un effet positif sur votre rythme de sommeil. La lumière blanche et bleue - causée par les appareils électroniques - empêche le corps de produire de la mélatonine, une hormone directement liée à votre cycle veille-sommeil. Vous pouvez également investir dans d’autres somnifères tels que des diffuseurs de parfum et des trackers de sommeil qui peuvent vous aider à créer l’atmosphère parfaite et à analyser les résultats. Enfin, si vous avez encore du mal à dormir, il est peut-être temps de changer de matelas.

Meilleures astuces: *Utilisez des rideaux occultants si vous vous réveillez trop tôt pendant les mois d’été. *Investissez dans les lumières de la technologie du sommeil pour aider votre corps à reconnaître qu’il est temps de dormir. *Gardez votre chambre bien rangée, désencombrée et utilisez des tons chauds et relaxants pour votre décor. Comportement et alimentation pour un bon sommeil La façon dont vous vous comportez au cours de la journée a un impact sur votre sommeil. Si vous buvez beaucoup de caféine, mangez des aliments riches en sucre, faites beaucoup de siestes ou ne faites pas d’exercice régulièrement, vous aurez probablement du mal à faire du sommeil une bonne habitude. La bonne nouvelle est que vous n’avez pas besoin d’éliminer tous les plaisirs de la vie juste pour obtenir un

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solutions pour retrouver le plaisir d’une bonne nuit

bon sommeil. Au lieu de cela, il s’agit de quantité. Réduire votre consommation de caféine et la durée de vos siestes vous aidera rapidement à mieux dormir. Améliorer votre alimentation aura également un impact positif. Ne pensez pas que cela signifie que vous devez supprimer toutes les friandises et faire de l’exercice chaque jour – vous verrez des améliorations avec de petits changements, tant qu’ils sont réguliers. L’un des éléments les plus importants d’une bonne habitude de sommeil est le même rythme de coucher-lever. Se réveiller et s’endormir à la même heure chaque jour aide le corps à réguler son rythme de sommeil. Après seulement quelques jours à forcer l’habitude, votre corps commencera à réagir - en améliorant votre humeur lorsque vous vous réveillez et en relaxant votre corps la nuit. Il est également important d’essayer d’éviter de répéter votre réveil – cela perturbe votre corps et ne vous aidera pas à développer un rythme de sommeil régulier. Pour favoriser un bon endormissement… *Evitez la caféine après 18 heures. Si vous aimez les boissons chaudes, prenez des infusions relaxantes à base de plantes comme la camomille. *Régulez votre alimentation et mangez à la même heure chaque jour, sans collations riches en sucre avant de vous coucher. *Fixez-vous une heure pour vous réveiller et respectez-la. Comment passer une bonne nuit de sommeil chaque nuit ? Selon un rapport du NHLBI, perdre une heure ou deux de

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Maints comportements sont susceptibles de nuire à la qualité de votre sommeil. sommeil sur plusieurs nuits peut avoir un impact sur vos capacités cognitives. Et avec 38% du pays déclarant qu’ils n’atteignent jamais les 8 heures recommandées, il est clair que c’est un problème. Selon les scientifiques, il faut s’endormir et se réveiller à la même heure chaque jour. Bien sûr, ce n’est pas toujours possible, mais en faisant un effort pour réguler votre rythme de sommeil, vous en constaterez rapidement les bienfaits. Retrouvez une bonne hygiène de sommeil ! *Fixez-vous une heure pour vous coucher et respectez-la au moins 6 jours par semaine. *Éteignez tous les écrans et posez votre téléphone une heure avant de vous endormir. *Mangez équilibré en évitant le sucre et la caféine après 18h. *Réglez votre réveil à la même heure chaque matin. *Faites de l’exercice au moins 3 fois par semaine, en laissant quelques heures pour vous détendre avant de dormir.


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ulture

Un livre américain : «Feuilles d’Afghanistan» Par: Mohamed Ali Salah Washington : Un mois avant la publication de ce livre le 31 août, le Washington Post en a publié des extraits, car l’auteur, Craig Whitlock, est l’un de ses éminents journalistes. La publication des extraits a précédé la chute de Kaboul aux mains des talibans. Il va de soi, après la chute, la demande des extraits a augmenté. Idem concernant le livre. Les lecteurs n’ont pas manqué de comparer entre cette chute et une autre : Premièrement, le titre du livre est «Feuilles d’Afghanistan», par analogie à «Feuilles du Pentagone», à savoir «Histoire secrète » d’une autre guerre : la guerre du Viêtnam (1965 – 1975). Deuxièmement, le livre traite de la guerre du Viêtnam, parce qu’elle a coûté lourdement, en vies humaines et en argent, et parce qu’elle a duré des années, et parce qu’elle s’est soldée par un échec. Avant que le journaliste Whitlock ne publie ce livre, il avait couvert la guerre mondiale contre le terrorisme que l’ancien président George W. Bush ait déclarée en 2001, après les attentats du 11 Septembre. Avant trois ans, il a reçu plusieurs prix, dont : «Le prix Robert Kennedy pour le reportage international». Lorsqu’il publie dans le Washington Post les documents de l’inspecteur américain pour la re-

construction de l’Afghanistan. Il s’agissait de documents classifiés, mais les avocats du journal ont déposé une plainte pour avoir accès à ces documents, conformément à la loi sur la liberté d’information. Les documents ont révélé que de hauts responsables américains, civils et militaires, en Afghanistan, étaient convaincus, il y a près de dix ans, que la guerre en Afghanistan ne pouvait être gagnée. Dans son livre, l’auteur détaille des documents et des entretiens avec des hauts fonctionnaires. Il compare ces documents avec les «Feuilles du Pentagone» vietnamiennes, et est arrivé à la conclusion de l’existence «d’un effort franc et continu du gouvernement des États-Unis (sous trois présidents, George W. Bush, Barack Obama et Donald Trump) pour tromper délibérément les Américains citoyens». Contrairement aux guerres au Vietnam et en Irak, l’invasion américaine de l’Afghanistan en Livre : «Papiers de l’Afghanistan : L’histoire secrète de la guerre». Auteur: Craig Whitlock Editeur: New Press, New York. Nombre de pages ; version papier : 346 Prix: Version papier : 30 dollars. Version électronique : 15 dollars.

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2001 a recueilli un soutien populaire quasiunanime. Au début, les objectifs de la guerre en Afghanistan étaient simples : Vaincre al-Qaïda et empêcher une répétition des attentats du 11 septembre. Cependant, peu de temps après la victoire des États-Unis et de leurs alliés sur les talibans et leur expulsion de la capitale Kaboul, «la mission a déraillé. Les responsables américains ont déraillé de leurs objectifs initiaux». Les entretiens de l’auteur ont été variés : Des hauts responsables de la Maison Blanche, aux généraux et soldats du Pentagone, en passant par les travailleurs humanitaires internationaux, les civils et lesmilitaires, afghans. L’auteur a conclu : «Les stratégies du gouvernement des États-Unis ont été chaotiques. Le projet d’édification de la nation a lamentablement échoué. La drogue et la corruption ont pris le contrôle total de leurs alliés au sein du gouvernement afghan». Voici quelques-unes des révélations du livre : 1. L’ancien président Bush a parfois refusé de rencontrer les généraux du Pentagone qui menaient la guerre en Afghanistan, car il savait qu’ils demanderaient plus d’argent et plus de troupes.

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2. Le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld a admis qu’il «ne sait pas qui sont les méchants, et qui ne sont pas les méchants (en Afghanistan)». 3. Robert Gates, un autre secrétaire à la Défense, a déclaré : «Nous ne savions rien d’Al-Qaïda » (il a utilisé un juron). 4. En 2007, un kamikaze a failli tuer le viceprésident Dick Cheney sur la base aérienne de Bagram. Toutefois, la Maison Blanche a menti, affirmant que le kamikaze était loin de Cheney. 5. En 2014, le président Obama a menti en déclarant la fin de la guerre. Aussi, en disant que les forces américaines n’entreraient plus en conflit direct avec leurs ennemis. 6. La responsabilité des institutions américaines d’aide, anti-drogue, de lutte contre la corruption, et de l’édification des institutions, ont transité d’un ministère à un autre, de peur d’être tenus pour responsables d’un échec. Le personnage le plus controversé du livre est peut-être Rumsfeld, secrétaire à la Défense pendant les guerres en Afghanistan et en Irak : • Premièrement : il a convenu avec le président Bush que les talibans et Al-Qaïda, ne sont pas différents les uns des autres, en tant qu’organisations islamistes, extrémistes et violentes. • Deuxièmement : Cependant, d’un autre côté, Rumsfeld était plus préoccupé que Bush par les coûts de la guerre, et son étendue. • Troisièmement: lors de la guerre en Irak, Rumsfeld a encouragé Bush à envahir ce pays. Mais il est devenu préoccupé par les coûts et l’étendue de la guerre. • Quatrièmement : Rumsfeld était polémiste, sans être sûr de tout ce qu’il disait. Par exemple : sa fameuse réponse à une question d’un journaliste sur les preuves d’une alliance entre al-Qaïda et l’Irak (principale raison de l’invasion de l’Irak). Il a dit: «Jene me sens pas toujours à l’aise, devant les informations selon lesquelles rien ne s’est passé ; Premièrement, il y a des choses dont nous savions l’existence. Deuxièmement, il y a des choses, dont nous ne savions pas l’existence. Troisièmement : Il y a des choses, dont nous ne savions pas, si elles existeraient même. Et si vous parcourez l’histoire des États-Unis, vous constaterez que le troisième type (Ne pas savoir si la chose pouvait exister même), est le plus difficile à connaître.


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La région du Moyen-Orient a-t-elle été attribuée à l’ Iran ? ’

Par : Alia Mansour

L’Iran perse contrôle désormais toute la ligne de Téhéran à la Méditerranée et dispose d’un centre d’influence dans chaque ville et village face à une absence de toute stratégie ou plan arabe assimilé même à un repli complet des principaux dossiers du Moyen-Orient avec la bénédiction américaine

Entre ce qui se passe en Irak et au Liban et ce qui se passe en Syrie, on peut voir des signes avantcoureurs de confier la région à l’Iran avant le retrait total américain de la région. Malgré l’échange d’accusations entre Washington et Téhéran de perturber les négociations de Vienne portant sur un retour à l’accord nucléaire, l’ambiance ne semble pas laisser penser qu’il existe des divergences entre les deux parties, notamment en ce qui concerne les dossiers de la région. Au contraire, l’observateur peut voir que l’administration américaine est soucieuse de faciliter les négociations sur les dossiers bloqués par la précédente administration américaine dans le but de limiter l’expansion iranienne dans la région. Au Liban, si certains ont tenté de suggérer que le troisième gouvernement du Premier ministre Najib Mikati est né après un accord franco-iranien et un contact entre le président iranien Ibrahim Raisi et le français Emmanuel Macron, la réalité est qu’un feu vert américain a été donné à la naissance du gouvernement libanais, aux termes des conditions du Hezbollah et de son allié, le Mouvement patriotique libre. Quelques jours après que Macron ait annoncé son initiative concernant la formation du gouvernement libanais, il y a environ 13 mois, peu après l’explosion du port de Beyrouth, la précédente administration a annoncé des sanctions contre des personnalités libanaises proches du Hezbollah pour tenter ce jour-là de mettre fin à la participation du parti au gouvernement, alors qu’aujourd’hui nous voyons le Hezbollah comme le partenaire le plus fort du gouvernement du Premier ministre Mikati, et il ne s’agit pas d’un nom ou deux, mais plutôt d’une voie aux différents partis participants qui accorde le tiers de blocage, et un « grain de musc » à l’allié du parti, Son Excellence le président Michel Aoun et son gendre, GebranBassil. Quant à l’Irak, certains ont parié sur le Premier ministre Mustafa Al-Kazemi pour qu’il renvoie l’Irak dans son giron arabe, et plus d’un an après sa nomination à son poste, voici son rôle qui se précise de plus en plus, et au lieu de remettre l’Irak dans son périmètre arabe, il fait entrer l’Iran au cœur des pays arabes par la voie diplomatique sous prétexte du dialogue, de projets économiques et du gazoduc arabe, sans remarquer aucun changement, même un léger changement, dans le mauvais rôle joué par l’Iran dans les pays arabes voisins. En effet, les Houthis n’ont pas arrêté leurs attaques contre le Royaume d’Arabie saoudite, ni ne sont devenus de véritables partenaires pour résoudre la situation tragique dont souffre le Yémen. Certes, le Hezbollah n’est pas revenu au Liban et n’a même pas annoncé son intention de se retirer des combats hors du Liban en faveur de l’Iran et même les milices iraniennes légitimisées enIrak - c’est-à-dire les milices de la mobilisation populaire - ne se sont pas retirées de Syrie. Cependant, tout cela ne serait pas arrivé sans le soutien américain apporté à AlKazemi et à son gouvernement. Quant à la Syrie, la tragédie en cours, dont Daraaen a été témoin récemment, n’est que la preuve la plus évidente du changement non seulement de la politique américaine mais aussi de la politique israélienne. Après des années, nous avons entendu parler des accords russo-israéliens interdisant l’Iran et ses milices d’approcher les frontières syro-israéliennes et l’échec de la Russie dans ses engagements de supprimant ces milices, l’Iran y est présent avec l’approbation de tous, y compris le Royaume hachémite de Jordanie, le premier pourtant à avoir mis en garde contre le croissant chiite, il y a plus de 20 ans. Et là, on entend parler de l’intention des États-Unis de se retirer de l’est de l’Euphrate, et si cette information est correcte, le premier bénéficiaire ne sera autre que l’Iran, qui a construit et construit des bases et des centres depuis des années en vue de consolider son contrôle sur la Syrie et sur les frontières syro-irakiennes. L’Iran perse a fini par dominer toute la ligne de Téhéran à la Méditerranée, et dans chaque ville et village, il a un centre d’influence, face à l’absence de toute stratégie ou plan arabe voire un repli arabe complet des dossiers du Moyen-Orient avec la bénédiction déclarée et non déclarée de l’Amérique comme si confier cette région à l’Iran devait arrêter son mal et le pousser à renoncer à son expansion aux confins de la Méditerranée. Tiré de «Des femmes Afghanes au monde entier : Shame on you».

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Un magazine politique Mensuel

Issue 1814 - Octobre 01/10/2021

Flash-back sur la Mostra de Venise 2021 www.majalla.com



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Le coup de génie cette fois n’est pas l’œuvre en soi, mais la façon dont le travail a été élaboré !

La casa de papel dans sa 5e saison... ses points forts et ses points faibles Par: Imane Ibrahim Quand on regarde le premier épisode, de la cinquième et dernière saison de la série La casa de papel (Money Heist), dont cinq épisodes ont été diffusés sur «Netflix», il y a quelques jours, les cinq derniers étant diffusés à la fin de cette année, on sent qu›il y a un chaînon manquant dans l›histoire, et que le rythme du travail, a subi un ralentissement. Et ce, malgré la quantité d›actions, qui a métamorphosé l’œuvre d’une intrigue basée sur l›intelligence du Professeur, et de sa bande, à un film hollywoodien d›autrefois. Mais ce sentiment s›estompe lorsqu’on revient et on regarde le documentaire préparé par la plate-forme, dans lequel l›équipe de travail évoque ses scènes et la façon dont elles ont été filmées, car chacune a un caractère dramatique justificatif, même si cela semble hors contexte à l›écran.

La scène d›action a été tournée pendant trois semaines

Le spectateur n›est pas obligé de suivre l›actualité des coulisses pour se rendre compte que ce qu›il a vu à l›écran mérite des excuses mitigées. Cependant, l›attachement des fans de cette série à ses héros, rend la plongée dans ses scènes plus qu’amusante que de regarder ses dernières saisons, qui surviennent un an et demi après la quatrième saison. Surtout que la pandémie du Coronavirus a envahi le monde, et que l›Espagne a été pleinement touchée, avec un arrêt du tournage. Lorsque les acteurs sont revenus, ils portaient des masques, tant la campagne de vaccination n›avait pas encore commencé. Revenant aux événements de la saison dernière. Elle a commencé là où la quatrième saison s›est terminée, la première scène était une suite de la dernière scène, une tâche ardue pour les scènes basées sur les détails dans le butde reprendre les événements de la saison précédente, et même avant, alors que le braquage de la banque centrale débute dans la troisième saison, présentée à l›été 2019, avec la bande du Professeur, se lançant dans une nouvelle aventure pour sauver leur collègue Ryo.

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La casa de papel dans sa 5e saison.

Le gang semble dépourvu de toute ruse, le professeur n’est plus le fourbe qu’il était, au point d’être encerclé chez lui par la détective Alethia (NajwaNimri). Soudain, la série passe d›un gang, qui outrepasse les dispositifs policiers, à un champ de bataille, où des forces spéciales prennent d›assaut une banque, et entament des tirs sporadiques. De quoi faire sentir que les événements ont bien échappé aux créateurs de l’œuvre. Est-ce un acte délibéré, qui cherche à dire que les horsla-loi ne sortent pas toujours victorieux ? Ou bien les personnes en charge du travail ont-elles épuisé toutes leurs idées et il n›y a plus rien à offrir ? Ou voulaient-ils, comme ils le disaient dans le documentaire, présenter une nouvelle vision, à savoir une guerre à la manière des films commerciaux américains, dont seul le sifflement des balles reste gravé dans la mémoire ? Même remarqueconcernant les scènes de flashback, l’approche de l’actuelle saison n›a pas été couronnée de succès, car elle a fait appel au personnage de Berlin, qui a été tué à la fin de la deuxième saison, et qui est réapparu dans les deux saisons précédentes à la manière de flashback, reprenant l’idée du braquage de la Banque centrale d›Espagne, qui sera exécuté, bien avant sa mort, par le gang du Professeur.

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L’apparition de Berlin dans le flashback était hors contexte, le héros semble superflu. Le plan n›a plus d›importance, tant l’imprévu est arrivé, et Berlin a dévoilé tout ce qu›il savait, sauf que dans les saisons précédentes, il était un des plus importants personnages de la série. Alors que les créateurs ont décidé de le ramener à travers des scènes de flashback cela semblait hors du contexte de l›histoire, et injustifié, et sans aucun lien avec le cours des événements. Soudain, apparait un fils à Berlin, à qui il a appris à voler intelligemment. Ce fils n›est pas apparu dans la nouvelle saison, et nous ne savons pas s›il apparaîtra à la fin, mais son apparence, dans son ensemble semble plutôt parachutée. Une incrustation de la part des créateurs, qui semblent demander aux téléspectateurs : «vous aimez Berlin ? Le voilà présent malgré son absence». Une présence que ni l›acteur populaire Pedro Alonso ni la série n›ont pu faire oublier. Le héros est donc devenu insupportable. Tout comme les scènes de flash-back de «Tokyo» (Ursula Corbero) qui manquaient d›éclat, il suffit de visionner la première scène pour que le


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spectateur se rende compte du sort qui l›attendait. Les scènes émouvantes étaient les plus belles de cette saison, peut-être la plus belle, est l’accouchement de la détective Alethia, avec l’aide du Professeur. Le pire de la saison, qui lui a fait perdre beaucoup de logique, est le personnage de Gandia, le chef des gardes de la banque, qui est battu et traîné, et jeté du balcon, touché par une bombe et des gaz suffocants, mais se relève ensuite comme un phénix à nouveau, pour reprendre le combat, avec une capacité digne d’un Superman.

une chaîne locale en Espagne, sans connaitre un succès notoire. Elle a même été oubliée par les acteurs. Puis a été achetée Netflix. Un succès à l’échelle mondiale, qui a surpris les créateurs mêmes. Pour devenir la série non-anglophone la plus vue à travers le monde. La plate-forme a repris, et en a produit trois saisons. Il faut remarquer peut-être que la scène d›action, qui semblait s›écarter du contexte des plans du Professeur, ait été filmée pendant trois semaines, au cours desquelles les acteurs ont répété le même plan des centaines de fois.

Le documentaire présenté par «Netflix» sur la cinquième saison, est venu après le documentaire de l›année précédente, qui a présenté aux téléspectateurs les scènes des coulisses pour la première fois.

Les présents racontent à quel point était ennuyeux et épuisant d’être sur ses gardes, pendant trois semaines entières et de filmer la même scène. Et comment ils ont étouffé avec la fumée qui s›élevait autour d›eux, et leurs vêtements étaient tachés de sang et de saleté, et comment l›un des acteurs a blessé par inadvertance son collègue, et du vrai sang a coulé.

La série a été, pour deux saisons, diffusée sur

La scène de la destruction de la salle était gouffre financier, et une perte d’efforts

Quant au réalisateur et producteur, ils avouent n›avoir jamais présenté de scènes d›action auparavant, et que c›était la première fois qu›ils essayent le tournage de ce genre de scènes, et que les acteurs eux-mêmes n›avaient jamais joué ce genre de rôles auparavant. Les créateurs de l›œuvre ont voulu présenter une

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Le réalisateur avoue que cette scène ne pouvait pas se répéter : on réussit, ou on échoue.

nouvelle vision, ils se sont rendu compte qu›ils ont tout donné, et qu›ils pouvaient proposer quelque chose de nouveau, ce qui explique que malgré le professionnalisme, cela ne ressemble pas à l›esprit de l›œuvre dans son ensemble. La scène qui passe inaperçue dans la série, quand vous regardez le documentaire, vous voulez la répéter dans ses détails, est la scène de la salle que les policiers ont prise d›assaut après avoir fait exploser le plafond et brisé tout son contenu. Le spectateur pense qu›il s›agit d›illusions d›optique, mais la guerre était réelle. La salle a été inspirée par la Banque d›Espagne, et elle contenait des statues de bronze, d›énormes colonnes et des vases précieux, entièrement repensés comme à la Banque centrale. Cinquante ouvriers y ont travaillé sur une période de 180 jours, et il n›est apparu dans la série qu›une minute et demie, avant que le toit n›explose et ne s›effondre complètement.

La plus émouvante scène de cette saison est l’accouchement de la détective, aidée par le Professeur je le voulais, comment le personnel l›aurait-il recréé ? Une possibilité à laquelle le réalisateur et producteur n›ont pas voulu penser, car l›échec signifie forcément l›arrêt de tout le projet.

Les acteurs n›ont pas caché leur mécontentement, car cette scène est un véritable gouffre financier, pour fabriquer des artefacts de valeur qui n›apparaissent à l›écran que pendant une courte période, puis les faire exploser sans que le spectateur ne prête attention aux détails qui nécessitent un documentaire comme celuici nous, disant que la série n›est pas devenue mondiale à partir du vide, et que le vide de l›histoire est compensé par un savoir-faire, et Le réalisateur avoue que cette scène ne pouvait que travailler les détails est un respect pour le spectateur qui, après ses scènes documentaires, pas se répéter : on réussit, ou on échoue. Le plafond a explosé et tout le contenu de ne peut qu›exprimer sa fascination, cette fois par la pièce a été brisé, si l›explosion n›était pas la manière dont le travail est réalisé et non par le énorme, si les outils ne se sont pas brisés comme travail en soi.

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Tous les looks du tapis rouge à la Mostra de Venise 2021

Flash-back sur la Mostra de Venise 2021 Par Emna Darwazi

Le Festival du film de Venise 2021 a réuni les plus grands acteurs et actrices au célèbre Lido de la ville italienne. La 78e édition du festival s’est déroulée du 1er au 11 septembre et a présenté certains des films les plus attendus de l›année, tels que le drame biographique américano-britannico-germano-chilien sur la princesse Diana, «Spencer», l’épopée cosmique «Dune» et le film d›horreur psychologique «Last Night in Soho». La soirée d›ouverture de la Mostra de Venise a eu lieu, mercredi 1er septembre 2021, avec la première du film espagnol «Parallel Mothers», réunissant le président du jury Bong Joon Ho, Cynthia Erivo, Helen Mirren et Penélope Cruz. Le Festival international du film de Venise, qui se déroule dans l›une des villes les plus anciennes et les plus belles du monde, occupe aujourd›hui une immense place dans le monde de l›art. C›est le moment idéal après la clôture officielle du festival, pour revenir sur les deux looks les plus mémorables de cet événement. Les stars ont profité de la soirée d›ouverture pour dévoiler leurs robes haute couture sur le fameux tapis rouge. Une apparition féérique d›Erivo, membre du jury du festival, par exemple. Erivo est arrivée vêtue d›une robe Versace en maille de cristal personnalisée agrémentée de bretelles en cristal. Elle a associé le look à des bijoux Roberto Coin. D›autres stars se sont tournées vers les anciennes collections d›Armani Privé pour leurs looks de tapis rouge, notamment l›actrice française Isabelle Huppert, qui portait une robe moulante à bijoux de la collection couture automne 2005, et le mannequin Sara Sampaio, qui était magnifique dans sa robe noire à bijoux de l›automne, Collection couture 2008. Penélope Cruz, une ambassadrice de Chanel, portait

une robe noire et blanche rehaussée de nœuds et de détails à plumes de la collection couture automne 2021 de la maison de création qui a fait ses débuts en juillet. Membre du jury de cette 78e édition, l’actrice francobelge, Virginie Efira, a fait, également, une apparition remarquée lors de la cérémonie d’ouverture du festival. Toute de blanc vêtue, l›actrice de 44 ans coiffée d›un chignon était angélique dans une robe longue très ajustée. En effet, cette pièce en crêpe de soie était particulièrement sexy sur Virginie Efira avec un dos

Virginie Efira sur le tapis rouge de Venise, le 1er septembre 2021. Marechal Aurore/ ABACA

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Penélope Cruz en Chanel à la première de «Parallel Mothers» le 1er septembre.

nu lacé et une fente large sur le devant qui dévoilait la cuisse. Quant à Leonie Hanne, influenceuse allemande connue pour ses looks époustouflants, elle a porté une robe longue de soirée surdimensionnée à volants en dentelle jaune à col roulé et épaules dénudées. La couleur vive a sans aucun doute «contesté» les flashs des photographes en matière de luminosité. Concernant les bijoux, l›influenceuse a gardé quelques maxis exceptionnels de Bulgari pour que la tenue ne soit pas trop chargée. Le palmarès complet de la Mostra de Venise 2021 : Lion d’or du meilleur film : L›Évènement d›Audrey Diwan Lion d’argent, grand prix du jury : É Stata la Mano di Dio (The Hand of God) de Paolo Sorrentino Lion d’argent de la meilleure réalisation : Jane Campion pour The Power of the Dog Coupe Volpi de la meilleure actrice : Penélope Cruz dans Madres Paralelas (Parallel Mothers) de Pedro Almodóvar Coupe Volpi du meilleur acteur : John Arcilla dans On the Job : Missing 8 d›Erik Matti Prix du meilleur scénario : Maggie Gyllenhaal pour The Lost Daughter Prix spécial du jury  : Il Buco de Michelangelo Frammartino Prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir : Filippo

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La Mostra de Venise, le plus ancien festival de cinéma, a célébré sa 78ème édition, du 1er au 11 septembre. Scotti dans The Hand of God de Paolo Sorrentino

Section Orizzonti : Prix du meilleur film  : Piligrimai (Piligrims) de Laurynas Bareiša Prix du meilleur réalisateur : Éric Gravel pour À Plein Temps Prix spécial du jury : El Gran Movimiento de Kiro Russo Prix de la meilleure actrice : Laure Calamy dans À Plein Temps d’Éric Gravel Prix du meilleur acteur : Piseth Chhun dans Bodeng Sar (White Building) de Kavich Neang Prix du meilleur scénario  : Peter Kerekéš, Ivan Ostrochovský pour Cenzorka (107 mothers) de Peter Kerekéš Prix du meilleur court métrage : Los Huesos (The Bones) de Cristóbal León, Joaquín Cociña


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Ligue des champions d’Europe : Un match choc dans le Groupe A Tunis- La Majalla La phase de groupes de l’UEFA Champions League est désormais lancée, et la deuxième journée s’annonce prometteuse, avec, au programme, un remake de demi-finale pour Paris et un record à battre pour Cristiano Ronaldo à 36 ans. L’immense attrait de l’UEFA Champions League se reflète dans sa portée de sa diffusion au travers de partenaires en Europe et dans le monde entier, couvrant des territoires en Afrique, en Asie, en Amérique latine, en Amérique du Nord, au Moyen-Orient et en Océanie. Le choc de la deuxième journée dans le Groupe A nous offre une revanche de la demi-finale de la saison dernière entre le Paris Saint-Germain et Manchester City. Le Paris Saint-Germain vise une première victoire dans le Groupe A à l’occasion de la réception de Manchester City, l’équipe qui avait éliminé les Parisiens de l’UEFA Champions League 2020/21.

Un remake de la demi-finale

Manchester City a éliminé Paris en demi-finale la saison dernière, mais le match ne s’annonce pas facile au Parc des Princes. En effet, City s’était imposé 2-1 à Paris et 2-0 à Manchester en demi-finale la saison dernière, portant son total à trois succès de rang face au club français ; City est invaincu en cinq matches face à Paris (3 v., 2 n.). Elle avait atteint sa première finale de l’UEFA Champions League la saison dernière grâce à un succès 4-1 sur l’ensemble des deux matches face à Paris, qui avait frappé en premier lors de la demi-finale aller au Parc des Princes le 28 avril par Marquinhos (15e). Kevin De Bruyne égalisait quatre minutes après l’heure de jeu avant que Riyad Mahrez ne donne l’avantage à City, Paris terminant à dix après l’expulsion d’Idrissa Gueye pour une faute sur İlkayGündoğan.Deux autres buts de Mahrez (11e, 63e) assuraient la qualification de City le 4 mai au retour à Manchester. Paris terminait une nouvelle fois à dix, suite au carton rouge d’Ángel Di María, coupable d’un coup sur Fernandinho.« C’est toujours spécial [d’affronter City] car c’est une des meilleures équipes d’Europe. » Tels sont les mots de Mauricio Pochettino, l’entraîneur de Paris. Pour Lionel Messi, le match sera l’occasion de retrouvailles avec Josep Guardiola. « Il y a quelque chose de particulier avec lui »,

avait un jour déclaré Messi de son ancien coach, avec qui il a gagné deux fois l’UEFA Champions League. Milan contre l’Atlético Pour son premier match d’UEFA Champions League à domicile en plus de sept ans, l’AC Milan accueillera l’Atlético, la dernière équipe qu’elle a affrontée dans la compétition à San Siro. Les Rossoneri comptaient alors dans leur rang Kaká, Mario Balotelli, Adel Taarabt et Michael Essien et avaient perdu en 8e de finale aller en février 2014 sur un but de Diego Costa, s’inclinant 5-1 sur l’ensemble des deux matches. Une identité visuelle Dans un style abstrait, venu de l’univers des artistes russes Vassily Kandinsky et Kasimir Malevitch, l’identité visuelle de la finale de l’UEFA Champions League 2022 à Saint-Pétersbourg s’inspire d’un célèbre courant artistique russe. Elle nous plonge dans l’ambiance animée et les célébrations qui accompagnent le festival des Nuits blanches, qui sera en cours au moment de la finale. Le visuel clé fait référence aux ponts emblématiques de SaintPétersbourg, qui traversent la rivière Neva. Les voiles écarlates, célèbres dans le cadre du festival des Nuits blanches de Saint-Pétersbourg, sont également représentées. Enfin, la tour du Lakhta Center, le plus haut bâtiment d’Europe qui surplombe la Gazprom Arena, où se jouera la finale de l’UEFA Champions League en 2022, complète cette œuvre. Elle a été créée par le célèbre artiste local MaksimZhestkov. Ce dernier a eu recours aux techniques du Suprématisme, un mouvement artistique axé sur les formes géométriques de base, qui a été développé par Malevitch il y a plus d’un siècle.

Encadré

Nouveau record en vue pour Cristiano Ronaldo peut devenir le plus grand joueur de la ligue. Le joueur de 36 ans est revenu à hauteur de Casillas et ses 177 matches lors de la première journée. Pour sa part, Sébastien Haller a pris la tête des buteurs 2021/22 en UEFA Champions League après la première journée grâce à son quadruplé lors de la victoire de l’Ajax 5-1 sur le terrain du Sporting CP.

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Pep Guardiola varetrouver Lionel Messi Corbis via Getty Images


L’identité visuelle révélée

Le buteur de l’Ajax, devenu le premier joueur à signer un quadruplé pour ses débuts en Champions League depuis Marco van Basten en 1992, est suivi de près par Christopher Nkunku, auteur des trois buts de Leipzig lors du revers 6-3 du club de Bundesliga à Manchester City. Dans le même sillage, Robert Lewandowski est le seul autre joueur à plus d’un but après son doublé lors de l’impressionnant succès 3-0 du Bayern à Barcelone, marquant lors de son 18e match consécutif en compétitions de clubs. Encadré Meilleurs buteurs de l’UEFA Champions League 2021/22 4 Sébastien Haller (Ajax) 3 Christopher Nkunku (Leipzig) 2 Robert Lewandowski (Bayern)

Encadré

Le programme de la deuxième journée Ci-joint leprogramme des matches de la 2e journée de la phase de groupes de Ligue des champions qui sera disputée les mardi 28 septembre et mercredi 29 septembre:

Mardi 28 septembre

Groupe A (21h00) RB Leipzig (GER) - Club Bruges (BEL) Paris SG (FRA) - Manchester City (ENG) Groupe B AC Milan (ITA) - Atlético Madrid (ESP) Porto (POR) - Liverpool (ENG) Groupe C

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Le choc de la deuxième journée dans le Groupe A nous offre une revanche de la demi-finale de la saison dernière entre le Paris Saint-Germain et Manchester City (18h45) Ajax Amsterdam (NED) - Besiktas (TUR) (21h00) Dortmund (GER) - Sporting Portugal (POR) Groupe D (18h45) Shakhtar Donetsk (UKR) - Inter Milan (ITA) (21h00) Real Madrid (ESP) - FC Sheriff (MDA) Mercredi 29 septembre Groupe E (21h00) Bayern Munich (GER) - Dynamo Kiev (UKR) Benfica (POR) - FC Barcelone (ESP) Groupe F (18h45) Atalanta Bergame (ITA) - Young Boys (SUI) (21h00) Manchester United (ENG) - Villarreal (ESP) Groupe G Wolfsburg (GER) - Séville FC (ESP) RB Salzbourg (AUT) - Lille (FRA) Groupe H (18h45) Zenit Saint-Pétersbourg (RUS) - Malm? (SWE) (21h00) Juventus Turin (ITA) - Chelsea (ENG).


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Résultats des élections marocaines : l’Islam politique de l’éclat à l’éclipse

Par : Abdelkader Zaoui

Chambre des représentants, composée de 395 membres. Après avoir été la première force politique pendant dix ans avec un total de 125 sièges lors de la dernière session (2021/2016), il n’a remporté que 13 sièges lors de ces élections. La plupartgrâce au nouveau quotient électoral pour calculer les plus gros votes, par rapport au nombre d’inscrits et non d’électeurs. Paradoxalement, le Parti de la«Justice et du Développement»fut le seul à refuser Pourtant, personne ne s’attendait ce procédé à ce que la défaite soit une chute retentissante lors des trois élections. En quête de raisons objectives Bien que le renouvellement des conseils pouvant expliquer ce terrible échec, communaux et villageois, et l’élection beaucoup ont évoqué un vote de de nouveaux conseils pour les régions sanction contre ledit parti, à la suite (12 régions) soient de nature locale, liés d’un ensemble de politiques menées à des conseils ayant des pouvoirs de par les gouvernements successifs qu’il servicesaccordés aux citoyens, limités a présidés. Ces politiques ont réduit à un espace géographique spécifique économiquement et financièrement (ville, village ou région), la perte en elle- un certain nombre d’acquis sociaux mêmefut grave. Elle concerne la mairie citoyens, en particulier la classe de grandes villes comme Casablanca, moyenne. Au niveau des droits, une Rabat, Fès et Marrakech, en plus de régression a été constitué, au lieu d’un l’impossibilité d’en présiderune. Cela élargissement des marges des liberté et revient à priver le parti,de faire usage de la démocratie. des services publics destinés à la population, pour attirer de nouveaux Malgré les raisons de cette défaite cuisante, elle n’est pas due à un vote partisans et adeptes. sanction, concernant la politique Bien entendu, l’échec qui a retenu adoptée par le parti et les décisions l’attention des observateurs locaux qu’il a prises, uniquement, car une et internationaux, et qui fait couler telle punition était censée avoir lieu en beaucoup d’encre dans l’analyse de 2016. Ce type de politique a commencé ses causes, et de ses répercussions avec le gouvernement de M. Benkirane internes et externes, fut ce que ce parti a (2016/2012). Mais à cette époque, récolté lors de l’élection de la nouvelle le parti a pu faire passer ses sièges La défaite du Parti islamiste «Justice et du Développement», aux élections tridimensionnelles qui ont eu lieu au Maroc le 8 septembre, était attendue. Même sa direction s’attendait à une régression des résultats, malgré des déclarations contraires, visant uniquement à rassurer les membres et les sympathisants. Aussi, à essayer de gonfler le pourcentage de l’abstention, dans le but de réduire les résultats des concurrents.

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parlementaires de 107 à 125. La sanction devait également inclure les alliés du parti au sein du gouvernement, dont le premier est le Rassemblement national des indépendants, qui au contraire a réussi à remporter la première place, faisant passer ses sièges de 37 en 2016 à 102 actuellement.

des slogans brandis...».

L’observateur des mouvements politiques religieux au Maroc, ne peut considérer cette position extrémiste, sous un angle local uniquement, sans se demander et, rechercher les extensions qu’elle pourrait avoir, et les connexions externes, d’autant plus que la chute du Parti de la «Justice et Pour cette raison, on pe nse que le parti «Justice et du du Développement» coïncide avec ce Développement» a subi des sanctions que connaît le mouvement Ennahdha de deux côtés opposés, et de deux en Tunisie, parti islamiste, lui aussi, de tentatives pour l’éloigner du pouvoir, et manières différentes : de la chute du nombre de ses partisans. Le premier aspect est populaire Sachant qu’ensemble, ils représentent et spontané, à savoir, une large les derniers partis islamistes au pouvoir. participation aux votes, des couches Hormis le Hamas qui gère les affaires sociales insatisfaites du parti, réticentes de la bande de Gaza. au vote auparavant. Ce qui a porté le taux de participation cette fois à 50,18 Au cours d’une longue discussion, %, sachant qu’il ait été de 42,29 % lors avec un spécialiste Occidental de de la session précédente. l’islam politique, au sujet du déclin des mouvements islamistes modérés Quant au deuxième, il concerne populaires, il a attiré mon attention sur des forces organisées, sous couvert le fait qu’en contrepartie de ce recul, religieux, en particulier le groupe l’Afghanistan était remis sur un plateau Justice et Charité, qui a adressé un d’or aux talibans, qui représententune message négatif au parti. Car il le vision dure et violente de la religion, tout considérait comme étant une branche comme les extrémistes, et plus lourdement de la mouvance islamiste marocaine, armés, qui se sont emparés de l’islam la plus proche sur les plans, politiques, politique dans sa version chiite, à savoir idéologiques, et même de classe. les Houthis au Yémen et le Hezbollah au Liban, sans omettre les milices chiites Il est vrai que la position de ce groupe actives en Irak et en Syrie. sur le principe même des élections n’a pas changé, car il s’est toujours Y a-t-il une tendance à pousser les interrogé sur l’utilité d’une telle extrémistes à occuper le devant de pratique, doutant qu’elle puisse refléter la représentation de l’islam politique la volonté populaire. Sauf cette fois, il a sunnite, après l’échec de ce que cet d’une manière implicite, appelé sa base expert a appelé les mouvements au boycott, de la bouche de l’un de ses islamistes lights ? Il est trop tôt pour le leaders, qui a déclaré : «D’une élection dire avec certitude. Pour l’instant, il est à une autre, le taux de boycott ne fait certain qu’il existe une volonté quelque que grandir, car à chaque occasion, une part de maintenir la région arabe et frange du peuple est porteuse de bons islamique dans une tension forte et espoirs. Mais à chaque fois, le désespoir continue, et dans un état d’instabilité ne fait que grandir, au gré de la faillite continue.

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Y a-t-il une tendance à pousser les extrémistes à occuper le devant de la représentation de l’islam politique sunnite, après l’échec des mouvements islamistes lights Il est trop tôt? pour le dire avec certitude