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Le député Hichem Ajbouni: Ennahdha a consacré la corruption pour contrôler la Tunisie

Un magazine politique Mensuel

Majed Nehmé : Faute de célébrer le centenaire du Liban, Macron assiste impuissant à son naufrage

Issue 1813 - Septembre 01/09/2021

Un magazine politique Mensuel

Issue 1813 - Septembre 01/09/2021

Kais Saïed, un président tunisien exceptionnel, et initiateur du slogan «Le peuple le veut« www.majalla.com

Saida AGREBI : Les Droits des Femmes sont les Droits Humains

www.majalla.com


Un magazine politique Mensuel

Issue 1813 - Septembre 01/09/2021

La fin de l’islam politique en Tunisie 20

L’Algérie éteint ses feux et accuse des «mains criminelles» : Y a-t-il un complot? 36

Princesse Diana, une légende qui ne meurt jamais ! Éditeur en chef

HH Saudi Research and Marketing (UK) Ltd

Secrétaire de Rédaction

10th Floor Building 7 Chiswick Business Park 566 Chiswick High Road London W4 5YG

Ghassan Charbel Un magazine politique Mensuel

www.majalla.com/eng

Pour la future astronaute 48 Rania Toukebri, viser la lune ne lui fait pas peur ! 46

Mostafa El-Dessouki

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Tel : +44 207 831 8181 - Fax: +44 207 831 2310


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Vaccination contre le Covid-19 en Tunisie

Des jeunes attendent de recevoir une dose de vaccin Covid-19 lors des journées nationales de vaccination intensive contre le Covid-19, dans une maison de jeunes à Tunis, Tunisie, le 29 août 2021. L’objectif est d’accélérer la vaccination Covid-19 dans un contexte d’épidémie de coronavirus à la campagne. Cette troisième journée nationale est destinée aux personnes âgées de 15 à 17 ans et de 40 ans et plus n’ayant reçu aucune dose auparavant )EPA Photos(

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Des évacués d’Afghanistan sont vus dans leur abri temporaire à l’intérieur de l’armée américaine à Kaiserslautern Des évacués d’Afghanistan sont vus dans leur abri temporaire à l’intérieur de la caserne Rhin Ordonanz de l’armée américaine à Kaiserslautern, en Allemagne, le 30 août 2021 )Reuters Photos(

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Encouverture Les femmes privées de leur liberté doivent se battre

Saida AGREBI à «La Majalla»: Les Droits des Femmes sont les Droits Humains Paris – Par : Khaled Saad Zaghloul Madame Saida AGREBI présidente de l’OISAT/WASAT, ONG internationale reconnue par l’ONU, qui a pour objectifs la Solidarité, l’Amitié et la Tolérance pour la Paix, qu’elle a créée il y a une dizaine d’années à Paris, affiliée à une vingtaine d’organisations onusiennes à travers le monde. Elle est une militante hors pair des droits Humains des femmes et de l’égalité des sexes. Première lauréate des universités américaines des années soixantedix, elle s’est consacrée pour faire prévaloir l’émancipation des femmes d’abord par le lancement des caravanes de santé et de solidarité qui ont sillonné la République Tunisienne pour instaurer des plans de communication et d’actions au profit de la santé reproductive et du planning familial, ensuite en créant la 1ère ONG Nationale ATM Association Tunisienne des Mères reconnue par l’ONU et servant les Mères Magrébines OMMA. Elle est également pionnière dans le renforcement du tissu associatif pour la construction de la Société Civile à travers l’Afrique en les initiant à obtenir le Statut Consultatif auprès de l’ECOSOC/ONU. Journaliste Trilingue, Ecrivain et auteur de plu-

sieurs publications, Saida AGREBI reconnue par ses compétences associatives et citoyennes au niveau des droits des femmes et qui a coordonné la participation des ONG féminines af-

Saida AGREBI devant le siège de l’ONU à Genève 13 août 2021.

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Saida Agrebi au Parlement tunisien

ricaines aux Sommets de l’ONU des femmes à Pékin 1995. Profitant des trois événements phares de cette année 2021. Le Forum Egalité des générations de Paris le 29 juin, la fête des femmes Tunisiennes le 13 août et la publication du livre de son livre «Destin d’une Mère, Légende Vivante», qui relate son parcours de combattante de 75 ans de vie militante et citoyenne (ayant l’âge des Nations unies) publié le 9 avril 2021. À cette occasion et dans ce même contexte, nous avons eu l’honneur de la rencontrer à Paris, capitale des lumières Hôte du Forum Égalité des Générations des Nations Unies, dans le cadre du suivi des résolutions du Sommet Onusien Beiging+25 et de l’application de la CEDAW/CEDEF Convention sur l’Élimination de toutes formes de Discrimination à l’égard des Femmes .C’est précisément à cette occasion particulière que la Majalla a interviewé cette légende vivante d’origine tunisienne de résidence française et d’appartenance citoyenne du monde. La Majalla : L’ONU célèbre la journée internationale des femmes le 8 mars de chaque année, pourquoi la Tunisie célèbre deux fois la fête des femmes ? Saida AGREBI : La Tunisie est l’un des pre-

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La Tunisie est l’un des premiers pays Afro-arabo- musulmans à promulguer des lois pour la promotion des droits des femmes et de la famille. miers pays Afro-arabo- musulmans à promulguer des lois pour la promotion des droits des femmes et de la famille. C’est à l’aube de l’indépendance de 1956 que le combattant suprême Habib BOURGUIBA a décrété des lois régissant le développement humain durable de la société Tunisienne. C’est ainsi que le 13 août 1956 date historique de la promulgation du CPS, le Code du Statut Personnel qui légifère les droits fondamentaux de la femme tunisienne dont notamment le droit à l’éducation, le droit à la santé reproductive, droit à la formation professionnelle et à l’emploi, l’accès aux postes de décision ainsi qu’aux droits civiques, économiques, culturels


Encouverture

et sociaux en respectant l’égalité des sexes et l’autonomie des femmes. Depuis cette date, la Tunisie célèbre la fête nationale de la femme tous les 13 août de chaque année, cette date historique qui marque l’émancipation de la femme tunisienne à tous les niveaux de la vie. En ce jour du 13 Août 2021, date commémorative de la fête nationale de la femme tunisienne, j’ai le plaisir de mémoriser quelques événements historiques de 1956 à 2011 concernant l’avancement des droits des femmes Tunisiennes, grâce à l’initiateur du Code du Statut Personnel CSP promulgué par le président Habib Bourguiba et qui ont été renforcés par les réformes du Président Zine El Abidine Ben Ali du 13 Août 1993. Ayant l’âge des Na-

Les femmes privées de liberté d’expression ou de liberté de vote doivent se battre pour leurs droits et savoir que les États-Unis se tiennent à leurs côtés.

tions Unies, je suis fière d’avoir milité pendant les ères de prospérité de liberté et de sécurité et de la laïcité des présidents Bourguiba et Ben Ali. La Majalla : Quel bilan tirez-vous de votre longue et exceptionnel parcours dans le domaine les droits des femmes pour qui vous avez tant milité durant toute votre vie? SAIDA AGREBI: Je dois reconnaître que le rôle des Nations unies a été remarquable depuis la décision d’organiser des Sommets onusiens pour les droits des femmes par continent, à savoir, pour le continent américain le Sommet de l’ONU des femmes au Mexique en 1975 qui fut déclaré Année Mondiale de la Femme. Pour l’Europe, le Sommet des femmes a eu lieu à Copenhague en 1980, pour l’Afrique à Nairobi en 1985 présidé par la première dame de l’Égypte madame Suzanne Moubarak. Et pour l’Asie, c’était à Pékin en 1995 qui a abouti par la plate-forme d’actions et la ratification de la fameuse déclaration du CEDAW-CEDEF. Des progrès réalisés au profit de l’avancement des droits des femmes à travers la planète. Il est évident qu’il reste beaucoup à faire à tous les niveaux du développement durable. C’est ainsi qu’au Sommet des Chefs d’Etats tenu au siège de l’ONU en 2015 les 17 Objectifs de Développement Durable (ODD), devraient être appliquées en 15 ans (2015- 2030) l’objectif numéro 5 concerne l’égalité du genre et des droits des femmes et consacre la lutte contre la

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Saida Agrebi Avec Paola Sandoval Presidente De l’association De la Presse Internationale et Khaled Saad Zaghloul et Des Membres DE L’ape

Le dernier livre de Saida Agrebi.

violence à l’égard des femmes. La Majalla: sachant votre participation effective pour contribuer à l’avancement des droits des femmes notamment dans les pays arabo africains, de par vos responsabilités à la ligue des Etats Arabes et à l’Union Africaine en tant que Parlementaire Tunisienne, Maghrébine, Arabe et Panafricaine, ainsi qu’activiste au niveau de la société civile, comment expliquez-vous les faibles résultats enregistrés? SAIDA AGREBI: Comme vous le savez, la

volonté politique des leaders de chaque pays est primordiale pour faire avancer l’application des législations et des conventions, comme vous le savez aussi, il faut une année pour ratifier une convention et 10 ans pour l’appliquer mais hélas, dans plusieurs pays la ratification prend plus de 10 ans. La Majalla : Pourquoi d’après vous? Saida AGREBI : d’après mon expérience sur le terrain, le rôle des acteurs de la société civile a beaucoup contribué à l’amélioration du processus de ratification et d’application des conventions. Certaines mentalités et pratiques se basant sur des traditions, des confessions ou d’autres freinent fortement le déroulement de la vie égalitaire entre hommes et femmes. Prenons par exemple, la Violence Basée sur le Genre, (VBG :Campagne Orangez Vous contre les violences) nous constatons avec tristesse que le taux de féminicide augmente d’une manière drastique d’année en année partout dans le monde. D’autre part certaines pratiques barbares telles que l’excision féminine, le harcèlement sexuel, les femmes battues, la polygamie, la violence sur toutes ses formes à l’égard des femmes freinent les efforts de tout et chacun influençant les résultats du bilan actuel. Je voudrai rendre un vibrant Hommage aux

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Encouverture Femmes et aux Mères qui militent pour le bien être des membres de leur famille malgré les conditions difficiles de leur existence telles que les femmes rurales, les ouvrières, les infirmières, les aides à domicile, les mères d’enfants porteurs d’handicap, les femmes aux besoins spécifiques qui réussissent malgré tout à éduquer et protéger les membres de leur famille. Je citerai également leur rôle préventif important durant la crise sanitaire de la pandémie du Covid-19, le rôle encadrant leurs personnes âgées et leurs enfants en prévenant l’accentuation de la pandémie et encourageant le respect des mesures barrières et la vaccination collective pour un mieux vivre en meilleure santé. La Majalla : A l’occasion de la semaine de l’égalité en France, Emmanuel Macron, Président de la République française, s’est entretenu avec Phumzile Mlambo-Ngcuka, directrice exécutive de l’ONU Femmes. Cette réunion a permis de faire le point sur les progrès réalisés dans la préparation du Forum Génération Egalité, le principal rendez-vous international pour l’égalité entre les femmes et les hommes de l’année. Organisé par ONU Femmes et coprésidé par la France et le Mexique, en partenariat de la société civile, il a été lancé les 7 et 8 mai 2021 à Mexico, culminé à Paris juillet 2021. Saida AGREBI : En donnant le coup d’envoi du Forum Égalité des Générations le 29 Juin à Paris, le Président français Emmanuel Macron

D’autre part, certaines pratiques barbares telles que l’excision féminine, le harcèlement sexuel, les femmes battues, freinent les efforts de tout.

a souligné la pleine mobilisation de la France pour assurer le succès de ce rassemblement, qui s’inscrit dans son engagement en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes dont il a fait la grande cause nationale et mondiale de son quinquennat, cet engagement se traduit au quotidien par la diplomatie féministe que porte la France auprès de tous ses partenaires et toutes les enceintes multilatérales. Macron a ainsi annoncé que la France souhaitait porter la coalition d’actions sur les droits humains de santé reproductive. Les coalitions d’actions sont des partenariats multiacteurs rassemblant gouvernements, société civile, organisations internationales et secteur privé et menées par des « champions » qui initieront des actions concrètes, à grande échelle et mesurables, destinées à faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes partout dans le monde. La France poursuivra également dans le cadre du Forum ses efforts en faveur de l’éducation des jeunes filles, dans la continuité de son investissement pour le Partenariat mondial pour l’éducation. La Majalla : Quelle est votre conclusion de ce Forum Onusien de Paris dans lequel vous avez participé avec des milliers des femmes militantes féministes du monde entier en présence et à distance? Saida AGREBI : En conclusion, tel que présen-

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Photo prise le 13 août 1956 au Palais de Carthage.


Extrait de la presse tunisienne, Palais de Carthage, le 13 août 1997.

té officiellement le Forum Génération Egalité a offert une opportunité unique de montrer un soutien fort aux mouvements féministes, de les développer et d’approfondir leur action. L’inclusion de toutes les parties prenantes qui se sont réunies, notamment les gouvernements, la société civile, les entreprises, les institutions internationales, les médias, ainsi que tous les autres acteurs, était essentielle pour démontrer le soutien de l’ensemble de la société à l’égalité entre les femmes et les hommes. Je salue le leadership de la France dans l’effort mondial pour atteindre cet objectif. Nous sommes tous fiers de compter sur la France, comme a soulevé le président Macron lors de l’ouverture du Sommet d’Egalité les Droits des Femmes sont les Droits Humains et la participation effective de madame Kamala Harris, Première Femme Vice-Présidente des États- Unis d’Amérique dans son message en visio-conférence a rappelé «Tant que les droits humains sont respectés à la base , la femme pourrait accéder et réussir dans toutes les positions sociales économiques, politiques, sportives, culturelles, et même spéciales». Elle a déclaré que «Les femmes privées de liberté d’expression ou de liberté de vote doivent se battre pour leurs droits et savoir que les ÉtatsUnis se tiennent à leurs côtés.» J’ai surtout apprécié son message adressé aux femmes : « Utilisez les outils de la démocratie, qu’il s’agisse

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de liberté d’expression ou de liberté de vote. Et si vous n’avez pas encore ces libertés, battezvous pour elles et sachez que nous nous battrons à vos côtés», et «Si nous voulons renforcer la démocratie, nous devons lutter pour l’égalité des sexes. Car voici la vérité : la démocratie est plus forte lorsque tout le monde participe et elle est plus faible lorsque les gens en sont exclus». La Majalla : êtes-vous optimiste ? Saida AGREBI : Tout à fait, je suis optimiste quant à l’avenir prometteur de nos jeunes générations qui prendront la relève pour assurer une meilleure vie dans un monde meilleur sans crises ni guerres ,ni pandémie, ni injustice, ni racisme, ni sexisme, ni analphabétisme et sans terrorisme… parce que je suis convaincue que l’égalité des chances du genre humain ne peut se réaliser qu’avec le respect mutuel des femmes et des hommes en complémentarité et en partenariat assurant la place de chacun en toute tolérance et solidarité, tout en regardant dans le même direction en toute sérénité, avec amour et entente mutuelle. C’est avec tristesse que je me rappelle ces belles qualités chez mon défunt et regretté fils unique Ahmed arraché très tôt à la vie, la manière dont il traitait sa mère, son épouse, ses petites filles, ses collègues et ses amies, en fait il vénérait toutes celles qui l’entouraient avec respect et tendresse. Paix à son âme !


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Discours religieux : début, maturité et ce qui doit être

Par : Jamal Abdul-Maboud

Au départ c’était le mot. L’univers a été créé à partir de la volonté de Dieu, qui quand Il veut une chose, Son commandement consiste à dire : « Sois », et c›est chose faite. Sinon, le reste est détails et les propos ne sont qu’un moyen pour que parvienne le message entre le commandement divin et celui qui ne l’est pas. Il n’y a pas de changement dans les paroles de Dieu. Les méthodes de discours variaient dans ce qui relève des choses de la vie et qui ne concernent pas la religion et les messages divins, mais plutôt l’apparition de nombreux genres littéraires pour exprimer des idées humaines. Mais le langage du Seigneur n’est pas soumis à ces normes et lorsque les êtres humains y entrent librement et les messages célestes sont altérés au moyen de l’apostat sous prétexte de se rapprocher de Dieu mais ce qui nous préoccupe est le discours religieux islamique dans ses deux volets à savoir le discours divin et la compréhension qu’en font les êtres humains. Quant au discours divin, c’est le Saint Coran, donc il n’est pas admissible et ne devrait pas être approché, c’est la révélation divine qui a envoyé l’esprit fidèle au maître de la création, Notre Maître Muhammad, la paix soit sur lui, et quiconque a essayé de philosopher en elle a été brûlé par le feu de l’accusation de blasphème injustement ou justement.

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Et l’histoire du Dr Hamed Abu Zeid n’est pas loin de nous, quand l’hommea été acculé à fuir et à s’exiler parce qu’il a philosophé et utilisé des méthodes de recherche linguistique dans ce qui n’est pas humain et a donc commis une erreur là si on lui prête la bonne foi ou a été traversé par le doute là où le doute n’est pas permis, si on doute de ses intentions. Dans les deux cas, il n’a pas atteint le bon port pour la bonne raison qu’il a complètement oublié cette croyance spirituelle et la voix du cœur qui se placent audessus de la quête scientifique qui n’est pas la bonne voie même si elle mène sans aucun doute à l’obtention d’un diplôme pour l’étendue des connaissances académiques. Mais loin de la révélation divine, le Coran contient des secrets divins et des codes célestes qui consumeront la vie humaine jusqu’à ce que Dieu hérite de la terre et de ceux qui y vivent, et c’est le miracle du Coran, qui le rend valable pour tous les temps et tous les lieux. C’est une doctrine, une sociologie, une philosophie, une éducation et des sciences de la vie, que nous trouverons dans le Coran, et avec les progrès de la science, nous comprendrons plus, et pour tout cela, et nous avons reconnu dans nos consciences que le Livre de Dieu n’est pas fait par l’homme. Laissons le Livre de Dieu et ne parlons que des êtres humains


à partir du discours religieux, qui est ce que nous comprenonsdes paroles de Dieu ou des paroles du Saint Prophète que la paix soit sur lui et surtout les moyens par lesquels les érudits religieux expliquent ce message aux êtres humains à la différence de leurs origines, de leurs doctrines et de leurs connaissances. Il y a le musulman analphabète et il y a le semiapprenant et il y a celui qui possède un degré scientifique, ce qui fait qu’il n’y a pas de compréhension égale du discours religieux humain au même degré par tous. Dieu soit loué, tout ce qui doit être appris de la religion facilite nécessairement son assimilation par tous.Tout le monde sait où se trouve la qibla, le nombre de prières, le nombre d’unités de prosternation, ce qui est halal de ce qui absolument interdit, et Dieu merci que les similitudes sont peu nombreuses, et tout le monde s’en prévaut, afin que nous ne tombions pas dans l’interdit. Les érudits religieux ont la tâche la plus difficile et la plus importante, celle d’adapter le discours religieux à son époque. La jurisprudence humaine qui a été écrite par les érudits et diffusée par les érudits pendant de nombreux siècles est devenue inadaptée. Personne n’en doute. Notre propos est de remercier tous les adeptes des sectes pour leur loyauté et leurs grands efforts pour installer la religion et ses dispositions légitimes dans le cœur des musulmans avec leurs conseils et leur profonde compréhension des objectifs de l’Islam dans la préservation de la vie et des biens, l’argent, de l’honneur, de la raison et de l’argent, donc ils ont travaillé dur pour ne pas échouer et ne pas envisager de blâmer les blâmeurs tant qu’il est pur à Dieu Tout-Puissant jusqu’à ce qu’un temps soit venu pour les musulmans lorsque le califat islamique a déménagé en Turquie et en particulier à l’époque de Soliman le constitutionnaliste, qui a nié l’ijtihad motivé par la bonne foi lorsque l’hégémonie turque a atteint son apogée sur le monde islamique et que par

peur de la différence, il a fermé la porte de la diligence et a donné libre cours à la doctrine hanafite seulement dans toute la législation gouvernementale, et la voie de la raison a été laissée derrière pour le simple fait que les dispositions de la jurisprudence sont limitées, oubliant que les évènements sont illimités, de sorte que notre maître Abu Hanifa alNuman ne connaissait pas l’ordinateur, la transplantation d’organes, codes génétiques, ou autres innovations jusqu’au jour de la résurrection, de sorte que les érudits de la nation avaient un devoir de diligence conformément à l’ordre de Dieu d’aliéner un groupe de musulmans et non tous les musulmans d’être d’accord avec elle à propos de la religion de Dieu. Ceuxci sont retournés à leur peuple pour leur enseigner leur religion, mais la paresse des érudits a fait émerger à la surface ces ignorants qui ont fait perdre la boussole au peuple. Leurs mœurs se sont éparpillées et il n’est plus utile de projeter le passé dans une fragmentation après avoir éludé les pages glorieuses de l’histoire islamique et nous sommes ainsi séparés dans son essence et dans sa forme. En termes de forme, les musulmans ne sont plus aussi prospères et sans importance, ni ne savent plus comment sortir de cette situation, et nos ennemis sont aussi nombreux que les mouches dans une assiette de miel et objectivement la communauté musulmane est devenue faible et ses scientifiques ont déçu, de sorte que la boussole a été perdue et nous ne savons plus comment sortir de cela et nous nous sommes tournés vers la paresse de la jurisprudence et de la méfiance en appelant la théorie du complot, qui est une astuce fallacieuse qui n’a plus d’écho car nous avons oublié la chose la plus importante qu’au début fut le mot. À suivre… * Écrivain et chercheur égyptien en histoire des religions et

philosophie des doctrines.

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France : Mission de sauvetage au Liban

Majed Nehmé : Faute de célébrer le centenaire du Liban, Macron assiste impuissant à son naufrage Propos recueillis à Paris par : Khaled Saad Zaghloul

Depuis 2019, le pays du Cèdre s’enfonce dans une crise économique et financière et politique qui a fait augmenter la pauvreté, une situation encore aggravée par la double explosion du port de Beyrouth survenue le 4 août 2020, il ya juste un an. La grande majorité de la population ne survit désormais que grâce à l’entraide, la débrouille et l’aide humanitaire.

2004, il a dirigé la section arabe du Petit Robert des noms propres. Chroniqueur dans de nombreux médias arabes et français, il a publié plusieurs dizaines d’études et participé à de nombreux ouvrages collectifs.

La Majalla : Quel est le rôle de la France au Liban sous Macron et pourquoi a-t-il jusqu’ici échoué deux fois dans sa mission de « sauvetage » ?

Une nouvelle conférence internationale, organisée par la France avec l’appui des Nations unies, se tenue le 4 août 2021 à Paris destinée à répondre aux besoins des Libanais dont la situation se détériore de jour en jour au grand désespoir des Libanais. Pour comprendre la situation libanaise on a rencontré, le politologue et spécialiste du monde arabe et de l’Afrique, chercheur en relations internationales, Majed Nehmé qui a dirigé la revue Afrique Asie depuis 2005 après en avoir assumé la fonction de rédacteur en chef de 1989 à 2004. Il dirige actuellement la rédaction du site afrique-asie.fr. Il a exercé entre 1975- 1985 la fonction de Directeur de rédaction et rédacteur principal de l’Encyclopédie de politique (7 volumes, en arabe - Beyrouth/Paris.). De 1998 à

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Macron à Beyrouth : «Le Liban n’est pas seul».

Majed Nehmé : Le président Emmanuel Macron en faisant de la résolution de la crise systémique qui frappe aujourd’hui le Liban une affaire personnelle s’inscrit dans une longue tradition diplomatique de la France qui remonte à très loin, bien avant la création du Liban en 1920 dans ses frontières actuelles. Il emboite le pas à tous les présidents de la Vème République pour qui le Liban est aussi une affaire de politique intérieure française. Candidat à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron est passé par le Liban pour confirmer sa stature de futur homme d’État, s’imposer sur la scène internationale, confirmer et au passage récolter des dons pour sa campagne. Il gardera de cette étape un souvenir inoubliable d’autant qu’il était concurrencé par un autre candidat, François Fillon, qui faisait de la défense des chrétiens d’Orient son cheval de bataille. Mais au-delà de la politique politicienne, le rôle de la France au Liban sous Macron n’est plus qu’une copie pâle du rôle protecteur qu’incarna par exemple Charles de Gaulle, le fondateur de la Vème République vis-à-vis du pays du Cèdre. En 1968, quand Israël attaqua l’aéroport international de Beyrouth détruisant au sol toute la flotte civile libanaise, soit 13 avions de ligne, en représailles à une opération d’un commando palestinien d’un appareil d’El Al à Athènes, la réaction de la France fut foudroyante : condam-

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Macron emboite le pas à tous les présidents de la Vème République pour qui le Liban est aussi une affaire de politique intérieure française. nation sans nuance de ce terrorisme d’état. La France déclara que le principe des « représailles » était inacceptable et le général de Gaulle décréta l’embargo sur les armes à destination d’Israël, refusant de livrer 50 Mirages qu’Israël avait déjà payés ainsi que cinq vedettes égalementvendues à la marine israélienne et cantonnées au port de Cherbourg. Cet embargo était un signe fort de la France gaulliste pour signifier à Israël sa disposition à défendre le Liban contre toute agression extérieure. Mais cette « politique arabe de la France » avait pris fin avec l’élection de François Mitterrand en mai 1981. Rolland Dumas, son ministre des Affaires étrangères le dira sans détour : évoquer une « politique arabe » ou parler de « monde arabe » relève du mythe et « la politique arabe du général de Gaulle n’était qu’une succession d’illusions » ! C’est cette conception du rôle de la France dans le monde arabe en général et vis-à-vis du Liban qui


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Il faut rappeler que le Liban enfanté en 1920 par le Général Gouraud, premier haut-commissaire de la France mandataire, a vécu. Le président Macron n’y peut rien. La double explosion du port de Beyrouth, survenu le 4 août 2020, à quelques semaines de la célébration de la création du Grand Liban (20 septembre 1920) a mis en lumière les dysfonctionnements structurels inhérents à cet État. Le Liban portait les gènes de l’instabilité et du chaos depuis sa création par la France coloniale, passant d’une crise à une autre La France est-elle capable de gérer la situation jusqu’à ces derniers développement tragiques qui avaient conduit à l’effondrement du système banau Liban? Peut-elle sauver le Liban? caire libanais et la vacance de pouvoir. Une situation pouvant déboucher sur la reproduction d’une énième guerre civile susceptible de conduire à son éclatement. Ce triste constat a amené JeanYves Le Drian, le ministre français des affaires étrangères, à comparer le Liban, sur les colonnes du Figaro, à Titanic : « Les Libanais, écrit-il, sont dans le déni total ; alors qu’il coule il y a même pas de musique ! » La France, faute de participer à la célébration du centenaire du Liban, assiste impuissante à son naufrage. Pour être plus précis, elle assiste plutôt au naufrage du modèle communautaire vanté tout un temps par l’Occident comme modèle de cohabitation et qui a tragiques’applique aujourd’hui à la diplomatie française de plus en plus inefficace et contreproductive. La France atlantiste est plus soucieuse d’assurer, depuis l’ère Mitterrand, ce qu’elle appelle « la sécurité de l’État d’Israël » que de protéger le Liban ou les droits des Palestiniens. Son échec à sauver le Liban de ses démons s’explique par son effacement au profit des États-Unis qui lui dicte, à travers des gesticulations et des déclarations lénifiantes, mais creuses, sa ligne de conduite.

*Les déclarations martiales de Macron à Beyrouth, appelant à une nouvelle Constitution, sonnent comme un aveu d’échec de ce modèle que la France, ancienne puissance mandatrice, avait parrainé depuis cent ans.

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Emmanuel Macron en visite à Beyrouth le 6 août 2020 après l’explosion qui a ravagé l’est de la ville.


Un jeune libanais embrasse le Président français lors d’une visite au quartier de Gemmayzeh, qui a subi d’énormes dégâts à cause d’une explosion massive dans la capitale libanaise, le 6 août 2020. [AFP]

ment montré ses limites. Comment en est-on arrivé là ? Pourquoi la France républicaine et laïque a pu enfanter un tel modèle confessionnel contraire à ses propres principes en vigueur chez elle ? Selon vous quelle serait la solution de sortie de cette crise ? Il n’y a pas de solution miracle dans l’état de pourrissement actuel, car il ne fait plus de doute que le modèle libanais, qui organisait le chaos et l’immobilisme et tendait à empêcher l’avènement d’un véritable État-nation au Liban, ne sert plus les intérêts des puissances occidentales. Les déclarations martiales d’Emmanuel Macron à Beyrouth, appelant à une nouvelle Constitution, sonnent comme un aveu d’échec de ce modèle que la France, ancienne puissance mandatrice, avait parrainé depuis cent ans. Le président français est même allé jusqu’à proférer des menaces contre les représentants des partis politiques qu’il avait rencontrés lors de sa visite, les sommant d’accepter les réformes indispensables du système. Sinon, a-t-il menacé, ils seront interdits d’entrée dans tous les pays occidentaux et leurs avoirs seront saisis. La faillite politique, mais

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Le Liban portait les gènes de l’instabilité et du chaos depuis sa création par la France coloniale. surtout économique, de ce modèle inopérant, doublée d’une contestation de plus en plus violente de la rue, voire de leurs bases confessionnelles, ne leur laisse plus de choix. Désormais, la seule issue de secours c’est sortir de ce modèle confessionnel, adopter une Constitution républicaine citoyenne, amender la loi électorale, instaurer le suffrage universel pour l’élection du président de la République par le peuple directement et non par les députés. Bref, construire une démocratie sociale, basée sur une économie productive, diversifiée et renouer avec la politique de bon voisinage avec la Syrie. Une alternative combattue jusqu’ici par certaines forces à l’intérieur même du Liban mais aussi par des acteurs régionaux comme Israël et des puissances occidentales qui ne s’impliquent pas dans la recherche d’une solution juste et pérenne au Moyen-Orient.


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Ennahdha s’écroule

La fin de l’islam politique en Tunisie Tunis-La Majalla Au pouvoir depuis 2011, alors qu›il veut surtout continuer à être un parti pivot, Ennahdha a le seul parti islamiste du monde arabe est pour la première fois confronté à un désaveu politique et social houleux, qui a poussé le président Tunisien Kaïs Saïed à prendre des mesures draconiennes en vue d’écarter définitivement les islamistes des arcanes des pouvoirs, politiques, civils et économiques, dans un pays sous assistance internationale. Au mois de février 2021, les sympathisants du Mouvement Ennahdha ont organisé une marche millionnaire sur l›avenue Mohamed V et sur les artères environnantes. Cette démonstration de force avait permis au parti islamiste de hausser le ton envers le président de la République et de leurs adversaires politiques. Nul ne pensait que quelques mois après ce même parti allait connaître des déboires pouvant mettre un terme à l’expérience islamiste dans le pays. Tout a commencé le 25 juillet dernier, lors de la fête de commémoration de la République. Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté contre le gouvernement appuyé par Ennahdha. Sur fond d’une crise sociale et sanitaire grave où le pays déplore plus de vingt mille morts par Covid, les manifestants

avaient pris à partie les locaux du parti islamiste et les ont incendiés. La colère populaire montait d’un cran et des affrontements ont eu lieu entre les sympathisants du parti islamiste et des citoyens. Les manifestants ont scandé «Dégage» à l’encontre du gouvernement et du président de l’ARP, Rached Ghannouchi et appelé à la dissolution du Parlement. Anticipant une dégradation de la situation sécuritaire dans le pays, le chef de l’État, a, dans la soirée du 25 juillet annoncé le gel du Parlement et le limogeage du chef du gouvernement. Il a avait aussi pris des mesures exceptionnelles tels que la levée de l’immunité des députés et l’interdiction de voyage à l’encontre de plusieurs hommes politiques et d’affaires. Saïed a aussi pris les commandes de l’exécutif et des forces de l’ordre. Le soir même, Rached Ghannouchi se présente devant le parlement dont les portes ont été cadenassées par l’armée, revendiquant le droit d’entrer. Il avait qualifié les mesures prises par Saïed dans le cadre de l’article 80 de la Constitution, comme un « coup d’État » et a appelé les adhérents d’Ennahdha à protester dans la rue. Mais personne n’est venu à part quelques députés de sa propre coalition. Vingt-quatre heures après, le président du mouvement Ennahdha et de l’Assemblée des représentants du peuple, Rached Ghannouchi, a indiqué, lors d’une interview accordée à l’Agence France Presse, que

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Le Chef de l’Etat, Kaïs Saïed annonce des mesures exceptionnelles le 25 juillet à Carthage.

son parti est prêt à faire toutes les concessions pour restaurer la démocratie. «Pour nous, la Constitution est plus importante que le pouvoir», a-t-il indiqué. Ghannouchi a estimé qu’un dialogue national permettra au pays de sortir de cette crise. «Si aucun accord n’est trouvé sur le prochain gouvernement, j’appellerai le peuple à défendre sa liberté et à rouvrir les portes du Parlement», a-t-il souligné. Mais c’était sans compter sur la détermination de kaïs Saïed de mettre une croix sur ce parti en rouvrant les dossiers brûlants comme les assassinats politiques ou l’envoi au jihad en Syrie et en Libye de plusieurs milliers de jeunes Tunisiens grâce à l’appareil sécuritaire secret d’Ennahdha. Pris de panique Ghannouchi cherche l’appui des pays étrangers pour faire pression sur Saïed pour permettre le retour du parlement et de la démocratie en Tunisie. Mais dans cette course à l’appui de la communauté internationale, Ennahdha s’enlise dans une autre affaire. En effet, le porte-parole du Tribunal de première instance de Tunis, Mohsen Deli, a indiqué, dans une déclaration accordée à la Majalla, que le Parquet a ordonné à une unité spécialisée d’entamer une enquête sur un document publié par le site du Département de la Justice des États-Unis sur un contrat de lobbying attribué au mouvement Ennahdha.

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Nul ne pensait que quelques mois après ce même parti allait connaître des déboires pouvant mettre un terme à l’expérience islamiste dans le pays. D’autre part, il a ajouté que « Quatre personnes relevant du mouvement Ennahdha comparaissent, actuellement, devant le juge d›instruction auprès du Tribunal de première instance de Tunis 2, pour «tentative de violence» devant le Parlement, après l›annonce des mesures présidentielles, le 25 juillet au soir. Parmi ces quatre personnes, figurent un membre du conseil de la Choura, un membre du protocole du président du parti et un ancien agent de la protection rapprochée de Rached Ghannouchi. Par ailleurs, il a été décidé, de garder à vue l›ancien garde du corps de Ghannouchi ainsi que le membre du conseil de la Choura. Ils ont été interrogés par la brigade anticriminelle. Les deux autres comparaissent


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en état de liberté. Leur interrogatoire se poursuit encore, a précisé la même source, qui a affirmé que des plaintes ont été déposées auprès de la brigade anticriminelle, selon lesquelles les quatre personnes en question «tentaient de mener des actes de violence». «Ils cherchaient à s›assurer la complicité de certains habitants de la cité Ennour, un quartier populaire du Bardo, en leur demandant d›effectuer, munis de bâtons, des actes de violence devant le Parlement le lundi 26 et mardi 27 juillet», a ajouté la même source. Dans le même sillage, des unités de la sécurité nationale ont réussi, en coordination avec la Garde et l’Armée nationales, à arrêter Ridha Radia, un dirigeant du bureau régional du mouvement Ennahdha et ce, pour avoir publié des vidéos

Sur fond d’une crise sociale et sanitaire grave où le pays déplore plus de vingt mille morts par Covid, les manifestants avaient pris à partie les locaux du parti islamiste et les ont incendiés.

«incitant à la violence et à la discorde» et contenant des «insultes contre le président de la République». Pour sa part, le secrétaire général régional du mouvement Ennahdha à Mahdia, Mohamed EzzeddineGhrad, a indiqué, lors d’une déclaration accordée à la Majalla, que Ridha Radia, qui a été arrêté, n’appartient pas à Ennahdha et que cette personne a même travaillé pour la campagne électorale d’un parti rival. Cependant, des sources sécuritaires ont confié à la Majalla que Ridha Radia appartient bel et bien à Ennahdha et qu’il a bénéficié de l’amnistie générale en 2011. Certes, certains hommes politiques qui ont été des alliés à Ennahdha durant ces dix dernières années ont demandé au président de la République de mettre un terme aux mesures exceptionnelles qui forment une « dérive du processus démocratique ». Cependant, l’UGTT, cette centrale ouvrière l’organisation la plus forte du pays a publié, un communiqué, à l’issue d’une réunion d’urgence de son comité de direction où elle a exprimé son refus de toute ingérence étrangère dans les affaires de la Tunisie et a dénoncé le recours de certains dirigeants du mouvement Ennahdha à des parties étrangères pour les appeler à ne plus envoyer des doses de vaccins à notre pays, en cette conjoncture sanitaire marquée par la pandémie du coronavirus. «Nous dénonçons, également, les menaces du chef d’Ennahdha qui représentent un danger pour les

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Le président tunisien acclamé par la foule après l’annonce des mesures d’exception.


L’armée nationale a fermé le Parlement.

intérêts de la Tunisie. Dans ce contexte, nous soulignons l’indépendance des décisions nationales et affirmons notre confiance en la capacité des Tunisiens et des Tunisiennes à résoudre leurs problèmes sans dépendre d’aucune partie», lit-on dans le communiqué de l›UGTT. Contacté par la Majalla, Hichem Ajbouni, dirigeant au Courant démocrate, a estimé, que les mesures exceptionnelles prises par le président de la République, le 25 juillet dernier, ont sauvé le mouvement Ennahdha d’une colère populaire. «Le Courant démocrate a lancé auparavant des avertissements sur une chute imminente du système exploité par Ennahdha. Les citoyens attendaient un changement de la situation et l›application de l›article 80 a répondu à ce besoin. Le chef de l’État a sauvé Ennahdha d›une colère populaire. Il est maintenant temps pour ce parti de passer du côté de l›opposition, car il fait partie du problème», a-t-il appelé. Le dirigeant au Courant démocrate a expliqué que les derniers efforts d›Ennahdha avaient pour but de préserver la place de Rached Ghannouchi, malgré les multiples appels à son départ. «Ce dernier a choisi de sortir par la petite fenêtre. Il a fait un effort pour respecter la démocratie qu›il n’a jamais pratiquée au sein de son parti», a-t-il conclu. Pour sa part, le dirigeant du Courant démocratique,

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La colère populaire montait d’un cran et des affrontements ont eu lieu entre les sympathisants du parti islamiste et des citoyens. Mohamed Abbou, a critiqué la situation à laquelle est arrivé le pays sous le parti islamiste. «Auparavant on disait que Ben Ali nous empêchait de devenir un pays développé, mais depuis la Révolution, on n’a pas évolué bien au contraire. Cela prouve qu’il y a quelque chose qui cloche», a-t-il déploré. Abbou a, par ailleurs, critiqué le mouvement Ennahdha, accusant ses dirigeants d’enfreindre la Constitution et de ruiner le pays. «Ennahdha est une catastrophe. Ce mouvement a suivi les pas de Ben Ali», a-t-il martelé, considérant que ce mouvement représente la pire partie politique en Tunisie. Et d’ajouter que les jeunes Tunisiens se sont éloignés de la religion à cause de ce parti islamiste. «Le taux d’athéisme s’est élevé, depuis qu’Ennahdha gouverne», a encore dit Abbou.


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La Révolution a chassé une mafia ..une autre a pris sa place

Le député Hichem Ajbouni : Ennahdha a consacré la corruption pour contrôler la Tunisie Tunis - Par : Nasreddine Ben Hadid Tous les Tunisiens, en discutant de politique, finissent par évoquer la corruption, et maudire les corrompus. Mais rarement, la convenance est de mise, concernant le genre de corruption, et encore moins des corrompus… De ce fait, tous les Chefs du gouvernement, ont juré devant l’Assemblée des Représentants du Peuple, de mettre le combat contre la corruption, comme étant une priorité première. Le même scénario se joue : Une intention plus que louable, secondée une éloquence verbale. Reste que sur le plan des résultats, le butin est toujours maigre. Une personne ou deux, mis en prison, sans qu’aucun gouvernement n’ose ouvrir les dossiers qui pèsent lourd, ou même très lourd. La corruption, à la fois, glaive et bouclier. Sur les plateaux de télévision, à travers les émissions consacrées à la politique, la première accusation, prête à l’emploi est la corruption. Qu’il soit directement en citant des noms et offrant des accusations, ou encore annoncer disposer de «dossiers» concernant

certaines personnes, certains hommes d’affaires, ou encore certains partis politiques, et même des associations de la société civile. Dans le but d’éclairer ce dossier, «Majalla» a rencontré Hichem Ajbouni, membre du Bureau Politique du «Courant Démocratique » (Ettayar), député à l’ARP, vice-reporteur à la commission des finances à l’Assemblée. En plus, il est expert-comptable : L’image apparente, laisse voir une corruption plus forte, que celle d’avant le 14 janvier 2011. Comment voyez-vous la chose ? La corruption du régime de Ben Ali constitue l’une des raisons du déclenchement de la révolution du 17 octobre, lorsque les manifestants et les jeunes en particulier ont brandi le slogan «L’emploi est un mérite, bande de voleurs», car une minorité a pris le contrôle des richesses du pays. Chose qui a conduit à une dégradation du climat des affaires et à une absence de réelle concurrence et de paritéentre tous les acteurs économiques. Aussi, le modèle de développement, a atteint ses limites, et n’est plus capable de créer de la richesse, et n’a subi aucune révision. Tout cela a aggravé la marginalisation des régions de

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Le modèle de développement a atteint ses limites, et n’est plus capable de créer de la richesse, et n’a subi aucune révision.

Le député tunisien Hichem Ajbouni

l’intérieur en premier lieu, et a augmenté les taux de chômage et de de pauvreté. Après dix ans de la «Révolution», les jeunes en particulier, n’ont cessé de répéter les slogans qu’ils avaient soulevés auparavant, face aux groupes influents du pays. Une certitude est bien ancrée actuellement : Le peuple s’est débarrassé de la mafia d’avant, pour s’y trouver face à une autre. Sachant qu’il n’y avait pas eu vraiment de poursuites contre l’ancienne mafia. Sans oublier la marginalisation du processus de la justice transitionnelle. Le mouvement Ennahdha vainqueur aux élections de 2011 n’a pas rompu avec le système de corruption. Au contraire, il a cherché à rétablir un système similaire, avec toutes ses pratiques (népotisme, clientélisme, nomination au gré de la loyauté, corruption financière, rachat des allégeances, alliance avec de puissants pôles économiques, infiltration de toutes les institutions de l’Etat, asservissement de la justice et des médias…) dans le but de contrôler le pouvoir. Cela a contribué à la propagation de la corruption après le 14 janvier. Certains évoquent, dossiers à l’appui, une interdépendance entre corruption et politique. Qu’en pensez-vous ? Bien sûr, cette interdépendance est bien réelle, je l’ai nommée «rente politique», à savoir une forte alliance en le pouvoir politique en place, avec les

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pôles du pouvoir économique. A savoir garantir à ces pôles la protection nécessaire. En contrepartie, ces derniers assurent aux partis le financement et la pérennité au pouvoir. Les Tunisiens ont toujours en tête «la Loi de la réconciliation», qui n’était d’autre qu’une «La Loi des intérêts». Comprendre les intérêts de ceux qui l’ont proposé. Sachant qu’Ennahdha a soutenu ce projet, dans le cadre de sa politique de concordance, à travers laquelle le processus de la justice transitionnelle fut sapé. Sous l’effet de l’opposition acharnée, de certains partis, de la société civile, et surtout de l’association «Je ne pardonnerai jamais», à savoir qu’Ettayar en a fait partie, le projet fut retiré, pour n’en garder que la partie «administrative», à savoir déresponsabiliser les fonctionnaires, qui ont exécuté des ordres ayant un lien avec un acte de corruption, sans pour autant, en bénéficier. Tous les Chefs du gouvernement ont juré combattre la corruption. Comment évaluez-vous le rendement de chacun ? Uniquement, le gouvernement d’Elyes Fakhfakh, avait pour slogan «un Etat fort et juste», et était bien déterminé à combattre la corruption. Dans ce sens, il a commencé à instruire un ensemble de dossiers. Certains étaient des gros mêmes. Les autres n’avaient aucun sérieux et n’ont pas eu le courage pour s’approcher de certains dossiers. Uniquement, des arrestations pour la parade, pas plus. Je peux avancer avec une certitude absolue, que les partis politiques, qui ont accepté et ont bénéficié d’un financement malsain, et ont eu recours à la manipulation de la société civile, essentiellement les associations caritatives, et ont cherché à mettre la main sur les médias, ne peuvent, d’aucune manière combattre la corruption, une fois au pouvoir. Les Tunisiens ne peuvent oublier le communiqué publié par le Bureau exécutif d’Ennahdha, qui dénonçait ce qu’il considère comme «acharnement contre le capital national». Ceci suite à l’ouverture par deux ministres du gouvernement Fakhfakh, d’un des plus importants dossiers de corruption.


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Le gouvernement Fakhfakh est le seul, à avoir autorisé l’instruction des dossiers de corruption, ayant concerné même ses propres ministres. Aussi, pour la première fois de l’histoire du pays, les rapports des instances publiques d’audit, furent publiés. Le gouvernement Mechichi a toujours porté l’image de la corruption, ou du moins de laxisme dans le combat de ce fléau. D’où la dégradation de sa popularité. Vous en pensez quoi ? Le gouvernement Méchichi est un mort-né, il n’a jamais eu de popularité pour la perdre. Il est soutenu, essentiellement par Ennahdha et Qalb Tounes. Les deux sont impliqués dans des affaires de corruption. De ce fait, les deux n’ont ni l’envie ni l’intérêt à combattre ce fléau. Donc, on ne peut s’attendre à rien de la part de ces deux partis. La preuve, réside dans le projet de «Loi de relance économique et de régularisation des infractions de change», qui a été confectionné sur-mesure, pour servir les intérêts de Nabil Karoui (Président de QalbTounes), mais aussi ceux qui financent ces deux partis. Une garantie d’une amnistie pour les délits de change, une amnistie fiscale, une amnistie cash et des délits de blanchiment d’argent. Hichem Méchichi a aboli le «Ministère de la Gouvernance et de la Lutte contre la corruption», qui était supervisé par Mohamed Abbou, dans le gouvernement Fakhfakh. Les investigations concernant plusieurs dossiers sous le gouvernement Fakhfakh ont également été suspendues. Depuis l’activation de l’Article 80, plusieurs dossiers ont été réactivés. Qu’en pensez-vous ?

Le mouvement Ennahdha vainqueur aux élections de 2011 n’a pas rompu avec le système de corruption. Au contraire, il a cherché à rétablir un système similaire.

En fait, jusqu’à présent, nous n’avons pas vu d’instruction de dossiers majeurs de corruption. Uniquement, des dossiers concernant certains parlementaires et politiciens, qui étaient suspendus. Cela soulève de nombreuses questions concernant l’indépendance de la justice, dont la plus importante est : Pourquoi la justice n’a-t-elle pas agi avant le 25 juillet ? Pourquoi et comment, ces dossiers ont bénéficié de cette protection ? Pourquoi les députés, les politiciens, et les partis concernés, ontils bénéficié d’une telle protection judiciaire ? Nous nous attendions à un rythme plus soutenu, au niveau de l’instruction des dossiers de corruption politique. Principalement, dans le but de purifier la vie politique. Je demande également que les juges chargés des dossiers de corruption financière et du terrorisme, ne prennent guère de vacances, pour que ces affaires soient traitées dans les plus brefs délais. Un des plus importants dossiers, que le Président Kaïs Saeid s’est engagé à ouvrir, est celui de la corruption, essentiellement l’affaire des 406 hommes d’affaires. Quelle est votre position ? Le président de la République a suggéré de conclure une réconciliation pénale avec des «hommes d’affaires» impliqués dans des opérations de corruption financière. Ceci sur la base de l’excellent élaboré par feu Abdelfattah Omar, Président de la Commission nationale d’investigation sur les affaires de corruption et de malversation. À ce jour, on ne connaît pas le destin de ces dossiers, il semble plutôt que les personnes concernées aient fait l’objet d’un chantage de la part des partis politiques. Principalement, le mouvement Ennahdha, NidaaTounes, et les ramifications de dernier, en échange protection.

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La Tunisie est passée d’une dictature corrompue, à une pseudo-démocratie corrompue


Le député tunisien Hichem Ajbouni

Vous avez évoqué le financement étranger des dernières élections. Certains ont pris la chose pour un règlement de comptes ? Tout le monde est au courant de l’afflux de fonds de l’étranger vers certains partis depuis les élections de 2011, principalement le mouvement Ennahdha en provenance de certaines puissances régionales qui lui sont proches. Rien n’a changé par rapport aux élections de 2004. Un homme politique a présenté des chiffres et plusieurs autres détails sur l’une des chaînes de télévision, sans que le ministère public ne bouge, à ma connaissance, ni n’ouvre une enquête. Les élections de 2019 n’ont pas fait exception. L’argent étranger a afflué sans limites. Il est certain que l’affaire ne se fait pas par virements bancaires, mais par des intermédiaires et des valises pleines d’argent liquide. Il suffit de constater les dépenses électorales, ou la richesse extravagante de nombreux politiciens, parlementaires et certains partis. Idem, concernant les élections de 2019, où l’argent politique a joué un rôle majeur au niveau des résultats. Des fonds énormes ont été injectés pour acheter les allégeances, et s’offrir de la promotion politique. Le 3 octobre 2019, le Courant Démocratique a déposé une plainte contre Qalb Tounes, le mouvement Ennahdha et l’association «Aich Tounsi», en lien avec des sommes d’argent dépensées dans des opérations de «lobbying», pour des montants

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Les partis garantissent aux pôles d’influence la protection nécessaire. En contrepartie, ces derniers assurent aux partis le financement et la pérennité au pouvoir. importants. Nous avons été entendus le 4 octobre et nous avons présenté les données dont nous disposions. Etrangement, le dossier a été «oublié» et n’est revenu sur la sellette, que suite à la publication du rapport de la Cour des comptes, qui a confirmé toutes les données, que nous avions présentées à la justice. Après le 25 juillet, le porte-parole du tribunal de première instance de Tunis a déclaré qu’une enquête avait été ouverte à ce sujet contre le mouvement Ennahdha, QalbTounes et «Aich Tounsi» sur la base de la plainte que nous avions déposée. Il est naturel de se poser une question au sujet du laps du temps nécessaire pour instaurer un dossier de cette importance. Un dossier qui participe d’une manière directe, à la pourriture de la scène politique ? La corruption, est-elle un destin pour la Tunisie ? Certainement pas. La démocratie et la corruption constituent deux lignes droites qui se repulsent, sans jamais se croiser. En vérité, la Tunisie est passée d’une dictature corrompue, à une pseudo-démocratie corrompue. Les deux ne différent nullement l’un de l’autre, au niveau des résultats. Il n’est guère possible d’établir un Etat de droit et des institutions, et il ne peut y avoir de développement, de justice sociale et de prospérité économique, en présence d’une corruption généralisée, et une économie rentière, dans laquelle le contrôle de la richesse du pays est entre les mains d’un petit groupe bénéficiant d’une protection politique et judiciaire. Ce qui s’est passé le 25 juillet peut représenter une excellente occasion pour libérer de l’autorité politique corrompue, libérer le pouvoir judiciaire, et aussi consolider la scène politique de la corruption. Ceci ne peut voir le jour que grâce à un système judiciaire fort, efficace et performant, et à travers la mise-en-place d’institutions fortes, non-soumises aux partis politiques ou plutôt aux gangs politiques. Sans oublier la sensibilisation des électeurs.


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Le député Abdeslam Nssaïa : Audition du gouvernement libyen, 1ère étape avant la décision de retrait de confiance Tunis : Noura Hfaïdh Le Parlement libyen a décidé de convoquer le Gouvernement d’Union Nationale, suite à la demande d’un certain nombre de députés, pour discuter de la performance du gouvernement. Il a décidé de convoquer le gouvernement pour une séance d’interrogation lundi après-midi à son siège à Tobrouk. Dabaiba a reçu une convocation officielle pour assister à la session. Ces développements sont intervenus après que 11 députés ont demandé, il y a quelques jours à la présidence du Parlement libyen, le retrait de la confiance du Gouvernement d’Union Nationale, dirigé par Abdelhamid Dabaiba, pour cause de dilapidation de l’argent public à l’étranger, l’incapacité à tenir ses engagements concernant l’amélioration des services publics en Libye, en plus d’outrepasser ses pouvoirs et de s’ingérer dans des questions militaires, selon ces députés. Ces sujets ont été débattus lors de l’interview qui nous a accordé le député Abdeslam Nssaïa : * Le président du parlement libyen convoque Dabaiba à assister à la séance de questionnement du Gouvernement. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à prendre cette décision ? - Convoquer le gouvernement, le questionner, et

l’interroger constituent une procédure normale, qui vise l’évaluation, de temps à l’autre, de son rendement. Cependant, les raisons s’inscrivent dans le cadre d’une demande formulée par un groupe de parlementaires, qui ont évoqué un rendement médiocre, au niveau des tâches qui lui sont confiées. On sait parfaitement que les Accords de Genève ont confié au Gouvernement d’Union Nationale certains dossiers : Celui de l’électricité, de la pandémie Coronavirus, l’unification des institutions, ainsi que la préparation des élections. Ce sont les dossiers les plus importants. Quatre ou cinq mois sont passés, et le Gouvernement n’a pas obtenu de résultats dans aucun de ces dossiers. L’électricité est encore coupée pendant de longues heures. Sachant que de nombreux contrats, dans ce secteur ont été sujets à de nombreuses critiques. Une opacité totale. Sans oublier la propagation de la pandémie, et les centres de soins qui souffrent de nombreux problèmes, et d’une grave carence d’oxygène. On évoque aussi des affaires de corruptions financières… - Bien sûr, on en parle beaucoup. De ce fait, il est nécessaire de convoquer le Gouvernement, et de le questionner concernant ces dossiers et ces responsabilités. Car ces dossiers sont d’une importance cruciale. Malheureusement, le gouvernement s’est chargé d’autres tâches qui ne sont pas de son ressort. On a vu le Chef du Gouvernement, se comporter tel un maire, adoptant aussi un discours populiste, et prenant des décisions, sans nul lien avec les dossiers en charge de son gouvernement.

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Le député Abdeslam Nssaïa

Tout ceci a éveillé les soupçons des députés, et a entrainé une tension de la rue. Il faut bien remettre les choses à leurs places, et de ce fait questionner le Gouvernement, concernant ces importants dossiers, qui n’ont vu aucune réalisation.

train de promulguer cette loi. Toutefois, je crains que certains viennent perturber l’application de cette loi, sans lien avec la question électorale. Nous sommes maintenant en train d’activer la loi de l’autorité législative du prochain Parlement.

* Attendons-nous à d’autres procédures, suite à cette session ? - Effectivement, lors du questionnement, si le Gouvernement, à travers ses réponses, prouve son échec concernant certains dossiers, d’autres procédures sont prévues. De nombreux députés demandent le retrait de la confiance du Gouvernement. C’est une mesure possible. En premier, il faut bien passer par le questionnement. Si le Gouvernement peut porter des réponses convaincantes, nous serons heureux de le constater. Mais, si au contraire, nous constations des lacunes, le retrait de la confiance serait inévitable.

* Ne considériez-vous pas que cette décision est porteuse de solutions, vers un consensus entre la plupart des parties politiques et les partis politiques, au pouvoir sur des bases constitutionnelles, dans le but d’avancer vers un consensus qui permettra au pays de réaliser ses élections en décembre prochain ? - Bien sûr, la décision de questionner le Gouvernement porte le pays vers le bon sens. Les questions porteront sur des dossiers qui concernent le citoyen, dans un but d’évaluation. Cette question se fera sous le regard du peuple libyen. Ce comportement est légitime, et le fait de ne pas questionner est inacceptable. Cette inertie, est sans aucun lien avec tout autre différent politique dans le pays. La confrontation concerne la question des armes. Le questionnement peut enraciner une certaine confiance entre les différentes parties, rassurera toutes les parties libyennes, et empêchera également les sentiments d’injustice et de marginalisation. Le questionnement dissipera les doutes, concernant toute impartialité probable du Gouvernement. Cette action empêchera également le sentiment d’injustice, car certains pensent que le Gouvernement est impartial. De ce fait, le questionnement élucidera la situation, et dévoilera si le Gouvernement est impliqué dans une quelconque corruption. Dans le cas contraire, les Libyens se sentiront plus proches, l’un de l’autre.

* Il y a ceux qui prétendent que «le questionnement n’est autre qu’une manœuvre de la part du Président du Parlement Aguila Saleh pour faire obstacle à la publication et à la discussion de la règle constitutionnelle et du Code électoral en raison du différend au sujet des conditions de candidature à la présidence». Votre commentaire là-dessus ? - Non, celui qui évoque ces dires, n’est nullement au courant de la réalité libyenne. Au contraire, nous avons conclu le mode d’élection du Président, lors de la séance écoulée. Dans une étape sans précédent et très avancée, le Parlement a pu se mettre d’accord concernant ce point. Une étape qui a été accomplie et nous sommes en

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Des femmes Afghanes au monde entier

Par : Alia Mansour

Après le contrôle de l›Afghanistan par les talibans, et leur entrée dans la capitale, Kaboul, plusieurs voix se sont levées pour exprimer des craintes concernant les violations auxquelles les femmes pourraient être exposées dans le futur. Surtout à la lumière de l’expérience très amère sous ce régime, à la prise du contrôle de la capitale afghane, Kaboul, le 27 septembre 1996, en instaurant l›Émirat islamique d›Afghanistan, qui a continué à régner jusqu›en 2001. Sous le régime des talibans, les femmes et les filles de plus de huit ans ont été déjà empêchées d›aller à l›école, de travailler, et de quitter la maison sans mahram (mari ou parent mâle de premier degré). Avec des mariages forcés, et port de la burqa (un voile qui dissimule même le visage et les yeux). Elles ont subi les coups de fouet, et ont été victimes de lapidations et de viols. Une époque, où le pays était converti en prison, avec torture constante des femmes, mais aussi la confiscation de leurs droits les plus élémentaires. Aujourd›hui, avec le retour des talibans au pouvoir, de nombreux pays et organisations de défense des droits de l’Homme, se sont empressés d’exprimer leurs inquiétudes quant à ce qui attend les Afghans, en particulier les femmes. Tous ont exprimé des craintes quant à ce à quoi les femmes pourraient être exposées, surtout après l›amélioration qualitative de leurs vies pendant la période allant de la chute du régime taliban en 2001, à nos jours, à savoir le retour des talibans au pouvoir. Par exemple, en 2009, le gouvernement afghan a adopté une loi sur l›élimination de la violence à l›égard des femmes, qui interdit 22 violations contre les femmes, y compris le viol, les coups et le mariage forcé, en plus d›établir des tribunaux spéciaux avec des juges femmes. Les femmes ont également joué un rôle majeur en politique : La chirurgienne Suhaila Siddiq est devenue ministre de la Santé en 2001. Aussi, 417 candidates se sont présentées aux élections législatives à travers le pays en 2018. Les femmes ont récolté 27 % des sièges au Parlement afghan. Tous ces acquis, et bien d’autres, semblent s’évaporer avec le retour des talibans au pouvoir, sachant que ces derniers, essayent de convaincre qu’ils n’ont plus de liens, avec les talibans d’antan. Plutôt pragmatiques selon leurs dires, en multipliant les messages positifs dans plusieurs directions. Des messages rassurants, notamment concernant la question des femmes, qui occupe le centre des préoccupations. Dans une déclaration aux médias, un membre du comité culturel des talibans, Inamullah Semanghani, a exhorté les femmes à rejoindre le nouveau gouvernement, déclarant : «Tous les partis doivent adhérer au prochain gouvernement. L›Émirat islamique (la nomination admise par les talibans) ne veut pas que les femmes soient des victimes». Cependant, les talibans ne vont pas respecter leurs engagements, à l›égard des femmes en particulier. Même s›ils respecteront leurs engagements en dehors des frontières de l›Afghanistan, concernant les relations avec les autres pays, et le terrorisme. Les premières victimes de ce genre de mouvements sont souvent la population du pays même, en particuliers les plus faibles, à savoir les femmes et les enfants. Aujourd›hui, environ 20 millions de femmes et de filles en Afghanistan sont menacées de perdre leurs droits fondamentaux, tels que l›éducation, le travail, le choix du partenaire, et même le droit de choisir leurs tenues vestimentaires. Certaines de ces femmes n›ont pas caché leurs craintes et se sont exprimées face aux médias internationaux, envoyant des messages à toutes les parties, au sujet de leur déception, de voir le monde les abandonner. Car, elles n›abandonneraient pas leurs droits et continueraient leur chemin pour le bien des femmes et des filles d›Afghanistan. Mais ceci ne veut pas dire que la bataille sera facile, et même ces femmes militantes n›ont pas caché leurs craintes pour l›avenir face au retour des talibans. Par exemple, la directrice de la Policy Research and Development Studies Organization à Kaboul, Maryam Safi, a fait référence à une enquête menée par l›organisation «Voices of Women for Peace». Comprehensive and Sustainable» en juillet 2021 à laquelle 3.480 femmes afghanes de 16 provinces ont participé, a révélé que 69 % des femmes seront soumises à un mariage forcé, les règles du mahram, port obligatoire de la burqa, et interdiction de travailler, sous le régime taliban. C›est malheureux, triste et troublant ce qui attend les femmes et les filles en Afghanistan après une lutte qui a duré de nombreuses années. Des «accords crasseux» peuvent les ramener au néant. Encore plus regrettable est la réaction de la rue arabe et musulmane, dont une frange n’a pas caché sa joie, de constater la victoire des talibans «musulmans» sur l›Occident «laïc et infidèle». Il est malheureux de constater que les réactions d’un grand nombre de jeunes Arabes, et certains journalistes et écrivains, se sont limités, en évoquant le devenir de la femme afghane, à son corps, sa tenue, et comme étant objet sexuel. Comme si la femme était le diable, et devait être enchaînée. Tiré de «Des femmes Afghanes au monde entier : Shame on you».

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Tarek Mami à «La Majalla» : Macron marche sur les pas de Hollande en Tunisie Paris par notre correspondant : Khaled Saad Zaghloul La connaissance et l’analyse de l’univers mental tunisien est la clé de voûte de la compréhension des soubresauts de la « démocratie tunisienne », et des décisions du Président Kaïs Saïed. En réalité, Depuis le printemps arabe de 2011, la Tunisie est la cible régulière d’actions terroristes et d’entreprises de déstabilisation politique, d’origine tant intérieure qu’extérieure. Une bataille politico-religieuse oppose les « modernistes et progressistes » dispersés aux « conservateurs » représentés les Frères Musulmans incarné en Tunisie par le parti (Ennahdha), au pouvoir depuis 2011. De son côté, la France après avoir tenté de voler au secours du régime de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali, décédé et enterré en Arabie saoudite), s’est accommodé de l’arrivée au pouvoir des Frères musulmans. Par la suite le Président Hollande a reconduit cet « accommodement » mais a surtout travaillé avec le Président libéral BéjiCaidEssebsi. Le Président Macron, quant à lui, marche sur les pas du Président Hollande, et soutient la démarche du Président Tunisien, KaïsSaïed. Ce dernier a adopté des positions fortes contre les Frères musulmans, le 25 juillet, date anniversaire de l’indépendance de la Tunisie. Il a limogé le chef du gouvernement, allié des Frères musulmans, et suspendu le Parlement dominé aussi par ces derniers, en invoquant l’article 80 de la Constitution. « Un coup d’état constitutionnel », entrepris, certes, pour répondre à une forte demande populaire, et visant le sauvetage de son pays face aux menaces des islamistes et une nouvelle exigence de

paiement des indemnités compensatoires, aux militants du parti Ennahdha emprisonnés sous le régime du président Ben Ali pour « activités séditieuses. Ces décisions ont suscité plusieurs polémiques entre les supporters du président Tunisien et ses détracteurs. Les premiers les considèrent comme « un acte de salut national », et « une » rectification du processus démocratique. Les seconds les considèrent comme « un coup d’État » et « un retour vers la dictature’’. En tout cas, cette décision a été saluée par plus de 90% des Tunisiens selon les sondages. Des milliers de Tunisiens ont bravé, dans la foulée de l’annonce des décisions du président, le couvre-feu et pris d’assaut les principales places pour manifester leur joie. Pour comprendre cet imbroglio politico-constitutionnel, la Majalla a rencontré l’intellectuel franco-tunisien Tarek Mami pour éclairer nos lecteurs. Tarek Mami est connu, à Tunis comme à Paris, pour être un fin connaisseur de la vie politique en France, en Tunisie et au Maghreb. Après des études de droit (avocat de formation) de sciences politiques, et d’islamologie (avec sa participation à la traduction du livre de Shahrastani al milalwalnihal), il a fait le choix du journalisme, et la création, puis la direction de la radio nationale française France MAGHREB 2, qui diffuse sur toutes les grandes villes françaises. La Majalla : Comment évaluez-vous la position française du printemps arabe qui a débuté en Tunisie la première fois sous le président Sarkozy puis maintenant sous le président Macron ? Tarek Mami : La France est un pays pragmatique, s’adapte aux

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L’intellectuel francotunisien Tarek Mami

rapports de forces. Fin 2010, et début 2011, lors de ce que les français auraient appelés « des évènements », comme ils l’ont fait pour l’Algérie, en novembre 1954, (et on connait la suite), c’est-à-dire la contestation du régime de l’ancien Zine El Abidine Ben Ali, le président français Nicolas Sarkozy et sa ministre des affaires étrangères Michèle Alliot-Marie avaient proposé leur soutien et « compétences techniques », c’est-àdire policières et du maintien de l’ordre, au président déchu. La phrase de la ministre des affaires étrangères restera dans les annales de l’aveuglement politique français. La ministre avait alors, proposé, à l’Assemblée nationale, le 11 janvier 2011, soit 3 jours avant la chute du régime et le départ-fuite du président Ben Ali, de mettre à la disposition du gouvernement tunisien «le savoir-faire reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité [pour régler] les situations sécuritaires de ce type». Avant d’ajouter. «On ne doit pas s’ériger en donneurs de leçons» face à une situation complexe». Mais si les mémoires ont retenu cette phrase à contre-sens historique, elle n’a pas été la seule ministre à tenir ce discours et à défendre cette position. Le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire avait déjà estimé, avant elle, que le président tunisien Ben Ali «a souvent été mal jugé », alors qu’il avait «fait beaucoup de choses». «Avant d’ajouter » «Je n’ai pas à qualifier le régime tunisien». De son côté, le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand avait quant à lui pris la défense du régime du président Ben Ali. «En Tunisie, la condition des femmes est tout à fait remarquable. Il y a une opposition politique qui ne s’exprime pas comme elle pourrait s’exprimer en Europe. Mais dire que la Tunisie est une

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Le président Kaïs Saïed jouit d’un soutien populaire indéniable. dictature univoque, comme on le fait si souvent, me semble tout à fait exagéré». En réalité, en décembre 2010 et janvier 2011, il s’agissait en Tunisie d’un soulèvement populaire contre le régime de l’ancien Zine El Abidine, soulèvement baptisé, par emphase romantique, « révolution » et « printemps arabe », transformé dans les bouches et sous les plumes par « hiver arabe ». Depuis, la France a tourné la page du président Sarkozy. Les présidents Hollande et Macron ont entretenus d’excellentes relations avec la Tunisie, surtout sous la présidence de feu Béji Caid Essebsi (2014-2019). Cette excellence de relations diplomatiques, se continue entre les deux présidents en place, Macron et Saïed. La France s’est donc accommodée avec le parti Ennahdha, comme premier parti parlementaire et dirigeant de fait de la Tunisie, depuis une décennie et elle s’accommode, aujourd’hui, des décisions fortes prises le 25 juillet dernier, par le président Kaïs Saïed, entre révocation du premier ministre, gel des activités du parlement et levée de l’immunité parlementaire de l’ensemble des députés. La France préserve, ainsi, ses intérêts globaux, en Tunisie, qui sont d’ordre économique, sécuritaire, et humain. Ces derniers sont supérieurs aux décisions d’un gouvernement, ponctuel, quel qu’il soit. La France agit ainsi, ce dans la droite ligne de


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la position du président Charles De Gaulle, qui dit « Les états n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ». La Majalla : Comment qualifiez-vous ce qui se passe actuellement en Tunisie ? -Ce qui se passe aujourd’hui est la conséquence des décisions fortes adoptées par le président Kaïs Saïed le 25 juillet dernier, de mettre fin au mandat du premier ministre, de suspendre les travaux de l’assemblée nationale et la levée de l’immunité des tous les députés. Ces décisions sont adoptées dans le cadre de l’article 80 de la constitution tunisienne de 2014, l’équivalent de l’article 16 de la constitution française, qui est cependant plus clair et mieux écrit. Cependant, donner une réponse tranchée serait prétentieux de ma part. Car toute qualification suppose une prise de position, pour ou contre l’adoption de ces décisions, et surtout choisir la lecture interprétative de l’article 80 de la constitution tunisienne de 2014. Mais les qualificatifs ne manquent pas. « Coup d’État ». « Coup d’État constitutionnel ». « Coup d’éclat ». « Action de redressement national ».« Rectification du processus démocratique ». Formellement, l’application de l’article 80 suppose un objectif, celui de faire face à un « danger imminent », et des modalités pratiques. Ceux qui contestent l’existence d’un « danger imminent » sont d’une particulière mauvaise foi, motivée par la perte immédiate de privilèges et d’acquis, très souvent mal acquis. Entre hommes politiques, hommes d’affaires, agents de l’administration et autres contrebandiers dit « knatriaa », en tunisien dialectal. Ceux qui contestent l’application de l’article 80 de la constitution tunisienne de 2014, pour défaut de modalités indiquées par la loi, sont dans la casuistique, et dans la discussion sur le sexe des anges. En effet, l’application prévoit l’information des membres du conseil constitutionnel. Ce dernier est prévu par la constitution tunisienne de 2014, et devait être mis en place au plus tard le 31 décembre 2015. Ce ne fut pas le cas, alors que le parti Ennahdha, d’obédience religieuse islamique, faisait partie du pouvoir comme deuxième parti politique parlementaire, puis comme premier parti politique après la dislocation et l’émiettement du premier parti parlementaire, Nidaa Tounes. Ennahdha a eu cinq années pour cette mise en place. Il n’en fut rien. A son élection en octobre 2019, le Président tunisien s’est

La France est un pays pragmatique qui s’adapte aux rapports de forces en Tunisie.

trouvé avec une constitution hybride, qui morcelle le pouvoir à travers la création de trois présidences. Président de la République. Président du gouvernement. Président de l’assemblée des représentants du peuple (ARP). Mais sans Conseil Constitutionnel. Pour moi, c‘est l’existence du « danger imminent » qui prime sur les modalités formelles. Question de lecture politique et non d’attachement au texte. Aucun texte ne peut se comprendre sans son contexte de création, puis celui de son application. La question de l’islam politique est vieux serpent de mer en Tunisie, avant d’être un problème de politique… Pensez-vous que les frères musulmans sont finis définitivement en Tunisie ou Biden a son mot à dire comme son prédécesseur Obama ? -La question de l’islam politique est vieux serpent de mer en Tunisie, avant d’être un problème de politique étrangère ou des relations internationales avec l’étranger et des pays comme la France dont nous venons de parler, ou les états unis. Les membres du parti tunisien Ennahdha sont généralement appelés par leurs adversaires politiques et culturels tunisiens de Kwanjiyas et ikwans c’est-à-dire frères musulmans, alors qu’ils se qualifient eux même de Nahdaouis, mais ne reconnaissent, cependant pas, le fait qu’ils soient membres de la confrérie internationale des frères musulmans, même si tous les indices tendent à prouver le contraire. Cette question ne peut se comprendre qu’à travers la connaissance de « l’univers mental » des tunisiens, et de ce que l’on appelle en occident « le récit national », qui change d’un pays à l’autre, y compris dans la sphère culturelle islamique. Le récit national tunisien n’a rien à voir avec celui de l’Afghanistan (grand sujet d’actualité), de l’Arabie saoudite et même de l’Égypte. Mais il est plus proche de celui des Marocains et des Algériens. Pour la Tunisie la bataille entre traditionalistes et modernistes peut être fixée, arbitrairement, à 1810, date du rejet par les jurisconsultes tunisiens, et à leur tête Sidi Ali Riahi, du wahhabisme inaugural, qui ne correspondait pas à la culture tunisienne. Il ne faut pas oublier par exemple que l’empire fatimide, d’obédience chiite, est né en Tunisie, avant d’aller s’implanter et prospérer au Caire, en Égypte. Après le départ des fatimides, les Tunisiens de l’époque, ont commis, pour faire un jeu de mot de circonstance, un « coup d’État national » contre cette obédience, pour revenir au sunnisme. Par la suite, et tout au long du 19eme, de nombreux jurisconsultes et intellectuels tunisiens ont donné une lecture progressiste du coran, texte sacré de tous les musulmans. On peut citer à titre d’exemples non limitatifs, les Thaalbi, Haddad, Ben Achour, Djait, et autres Talbi et Seddik. Tous ensemble et chacun à sa manière ont défendu les droits des femmes en islam et une lecture éclairée du texte coranique, dite Tafsir, ou

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Macron assure Kaïs Saïed du soutien de la France à la Tunisie


La majorité des Tunisiens ne considère pas cette Constitution comme un texte sacré mais une production humaine.

interprétation et exégèse. Une anecdote, qui marque cet univers mental tunisien. A l’annonce de la sortie du livre du « moderniste » Tahar Haddad : « notre femme dans la religion et la jurisprudence », un religieux « conservateur » lui consacre une tribune critique d’une pleine page d’un journal. Cette tribune se termine par cette sentence : « Ceci est un acompte, avant la parution de ton livre ». Et les Nahdhaouis alors ! - Les Nahdhaouis et la frange intellectuelle qui les rejoint dans la défense bec et ongle du texte de la constitution de 2014, et de son texte formel, prise hors contexte, que je qualifie de pèresparrains de cette constitution, omettent par mauvaise foi ou par calcul, parce qu’ils viennent de perdre leur pari, de faire vivre cette constitution, « la meilleure du monde », selon leur expression, « pendant 50 ans », renchérissent d’autres, et refusent de de regarder l’histoire constitutionnelle de la Tunisie. Pour la majorité des tunisiens cette constitution n’est pas un texte sacré mais une production humaine. La Tunisie a d’abord connu, bien avant l’avènement de l’Islam, « la constitution de Carthage » que Socrate qualifie de « meilleure constitution », en comparaison des constitutions de Rome et d’Athènes. Depuis l’arrivée de l’Islam en Tunisie, ce pays est à sa troisième constitution, après celle de 1861 (la première de sa sphère culturelle après l’abolition de l’esclavage en 1846), et celle de 1959. Les parrains de la constitution de 2014, oublient que la lecture plurielle des textes fait partie de l’ADN des tunisiens. S’ils l’ont fait pour le texte sacré de la tradition musulmane avec les « Tafsir Al Quoraan », ils ne peuvent pas ne pas le faire pour l’article 80 de la constitution de 2014. A ce titre je fais appel au cheikh Mohamed Tahar Ben Achour. Ce dernier a produit son grandiose « Al Tahrîrwa al Tanwîr », (la libération – de l’esprit – et son éclairage – par la raison) une lecture tunisienne du texte sacré des musulman, qui donne la primauté à la raison avec sa notion de « tanwîr al ‘aql » (éclairage de la raison), par opposition à la reproduction annonnante par simple répétition et imitation. A cette œuvre magistrale, cheikh Mohamed Tahar Ben Achour ajoute une seconde « Maqâsid al Charîa », (les objectifs de la jurisprudence musulmane). Si comparaison n’est pas rai-

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son, je renvoie ces parrains à comparer leur lecture dudit article 80 à celle du président Kaïs Saïed, à l’instar de la lecture faite par Tahar Ben Achour en comparaison de celles ses contemporains religieux à propos du verset 34, IV relatif à la permission donnée aux maris dont les épouses font preuve « d’indocilité » de les tenir isolées et de les frapper. Le cheikh tunisien en appelle à la raison pour justifier sa lecture du rejet de la peine corporelle. Il rappelle, tout d’abord, la part du contexte historique dans la révélation du verset. Il donne, ensuite, son opinion personnelle et manifeste ses réserves à l’égard de ce châtiment corporel qui, dit-il, « a pu, en des temps reculés, ne pas faire figure de comportement dégradant, mais ce n’est plus le cas de nos jours. Aussi l’autorité publique est-elle, aujourd’hui, habilitée à interdire cet usage et à punir les maris contrevenants. » C’est donc à l’aune de ces lectures et de cet univers mental tunisien qu’il faut réponde à votre question sur la pérennité de l’islam politique en Tunisie, son acception ou son rejet à moyen et long terme par la société tunisienne. Quant au volet américain de votre question, l’ensemble des partis tunisiens, sauf Ennahdha y ont répondu dans les 24 heures de la visite de la délégation américaine. Une réponse claire et massive. « Nous rejetons toute intervention extérieure dans nos affaires intérieures ». Ennahdha a beau avoir sollicité l’intervention de ses partenaires et soutiens étrangers Qatari, Turc et Américains. La réponse a été rapide et cinglante. Tournez la page. Circulez ! Il n’y a rien à voir. Pensez-vous que Kaïs Saïed va réussir ? - Je préfère répondre par un «wait and see» ! Plusieurs paramètres, politiques, sécuritaires et économiques sont en jeu. Deux certitudes, cependant. La première, le président KaïsSaïed jouit d’un soutien populaire indéniable, selon les impressions recueillies dans la rue tunisienne, mais aussi, selon les derniers sondages qui attribuent au président un soutien de l’ordre de 90%. La seconde. Les Tunisiens ont conquis et acquis des libertés individuelles et publiques, d’expression et de presse. Ils refuseront donc tout recul dans ces domaines. Il reste au président tunisien de continuer à manœuvrer, sans brutalité, ni vexation inutile à l’égard de l’ensemble de ses adversaires politiques, surtout qu’il vient de prolonger sine-die la durée des mesures d’exception, et qu’il n’existe pas de conseil constitutionnel, que ses opposants pourraient saisir, comme organisme de contrôle de la constitutionnalité et de la légalité de ses décisions du 25 juillet, et de cette prolongation pour une durée illimitée.


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Les grands incendies dans les montagnes de Tizi Ouzou dévorent le vert et le sec.

L’Algérie éteint ses feux et accuse des «mains criminelles» : Y a-t-il un complot? Alger - Par - Sami Elsalah

avoir allumé des incendies dans plusieurs États, dont le plus dangereux à Tizi Ouzou.

Au fil des jours, vingt États algériens ont connu des incendies de forêt sans précédent, accompagnés d’une canicule record et de forts vents du sud. Les incendies de forêt ont fait 90 morts - dont 33 militaires - selon les données officielles, la plupart dans la province de Tizi Ouzou en Kabylie (Est algérien). Jeudi dernier, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a annoncé que la plupart des incendies dans son pays étaient «aux mains de criminels», et a annoncé l’arrestation de plus de 100 suspects pour

Une centaine d’incendies à travers le pays En l’absence d’un nouveau bilan officiel, le nombre total de décès signalés par les autorités locales, la protection civile et le ministère de la Défense était d’environ de 75 victimes et le dernier bilan officiel vendredi était de 90 morts. Selon un communiqué, «les équipes de protection civile travaillent actuellement à éteindre 29 incendies dans 13 provinces», notamment à Tizi Ouzou, Jijel et Bejaia en Kabylie.

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L’incendie s’est rapidement propagé dans les forêts d’Azazqa

Annonce du premier «bilan» des pertes des incendies Les incendies qui ont balayé le nord de l’Algérie à la mi-août ont détruit plus de 000 5 hectares d’arbres fruitiers, notamment des oliviers à Tizi Ouzou, en plus de 000 19 têtes de bétail, selon un bilan préliminaire publié dimanche par l’Agence de presse algérienne.

Les incendies de forêt ont fait 90 morts, dont 33 militaires, selon les données officielles.

Des associations ont lancé une initiative via les réseaux sociaux pour planter 1,5 million d’arbres pour remplacer les forêts en feu, mais le Service forestier a appelé à attendre début octobre et à planter des arbres dans les forêts qui ont brûlé en 2020 et non en 2021.

«la personne qui a poignardé la victime», qui a été arrêtée alors qu’elle tentait de fuir au Maroc, s’attendant à ce que «des enquêtes soient toujours en cours sur quelqu’un après qu’un rapport sur le crime a été publié».

Plus de 100 suspects arrêtés dans le meurtre algérien d’un jeune homme

Les causes des feux de forêt en Algérie : une accusation officielle de «mains criminelles»

Dimanche, la police algérienne a annoncé l’arrestation de plus de 100 personnes soupçonnées d’avoir participé aux mauvais traitements infligés à un jeune homme et brûlé son corps, après avoir été accusé d’avoir déclenché des incendies en Kabylie.

Un responsable du gouvernement algérien a accusé ce qu’il a appelé «les principaux criminels» d’être à l’origine des récents incendies dans le pays. Le Premier ministre et ministre des Finances Ayman Ben Abdel Rahman a déclaré à la télévision algérienne que les enquêtes préliminaires ont prouvé que les incendies étaient un acte criminel qui a touché 18 États et 71 États.

Le directeur de la police judiciaire, Mohamed Chakour, a indiqué dans une déclaration exclusive à la Majalla que la victime, Jamal ben Ismail, 38 ans, s’était rendue à la police après avoir appris qu’il était soupçonné d’avoir mis le feu à une forêt. Shakour a indiqué que parmi les 36 détenus figurait

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L’Algérie éteint ses feux : La polémique autour de l’assassinat de Jamal bin Ismail va-t-elle s’apaiser ? L’Algérie a annoncé sa maîtrise des incendies


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massifs qui ont causé d’importants dégâts humains et matériels, mais la polémique sur le contexte de ces incendies et l’assassinat du jeune Jamal bin Abi Ismailia ne semble pas réelle. Les feux de forêt en Algérie ont été éteints, mais le débat sur leur intention ou non ne s’est pas encore apaisé. Elle a qualifié les incendies qui ont causé des dégâts humains et matériels dans plusieurs gouvernorats, notamment à Tizi Ouzou, dans la région de Kabylie, à l’est de la capitale algérienne, de «salaires exorbitants». Malgré l’ampleur de la catastrophe, l’assassinat d’un jeune homme soupçonné d’avoir contribué au déclenchement des incendies en Kabylie, la région la plus touchée, a dominé les interactions et les réseaux sociaux. Les scènes du meurtre du jeune homme et de l’agression sur son corps en plein jour, soupçonné d’avoir mis le feu à la rue algérienne, ont choqué la rue algérienne,

Le président algérien a annoncé que la plupart des incendies dans son pays étaient «aux mains de criminels».

surtout après que sa présence a été révélée par peur de paris forts et pour aider à éteindre les incendies, selon des clips vidéo largement sur les réseaux sociaux. Le jeune algérien Jamal bin Ismail, à travers ses déclarations avant son assassinat, a appelé les Algériens à faire preuve de solidarité avec l’État de Tizi Ouzou et à fournir de la nourriture et de l’eau aux personnes touchées.

Incendies en Tunisie Aux alentours de l’Algérie, une trentaine d’incendies se sont déclarés dans des zones montagneuses disséminées au nord, à l’ouest et au centre de la Tunisie, où de nombreuses familles ont été évacuées, selon la Défense civile tunisienne, qui a indiqué que des températures élevées ont entraîné le déclenchement d’incendies. Les zones montagneuses du gouvernorat de Jendouba, au nord-ouest du pays, ont connu 28 incendies, dont huit sont toujours actifs jeudi. «Certaines poches d’incendie sont actives, mais la plupart des incendies sont sous contrôle», a déclaré le porte-parole de la défense civile, Moataz Teraa. Tara a indiqué que 19 familles ont été évacuées de la région du «Jebel Serj» dans la province centrale de Kairouan, et neuf autres familles ont été évacuées de la région de Fernana, dans le nord-ouest de la Tunisie.

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Des agents de la protection civile sont intervenus pour éteindre l’incendie


Des éléments de l’Armée nationale populaire contribuent au processus d’extinction des incendies et au sauvetage des citoyens

Citoyens essayant de contrôler le feu de manière traditionnelle

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Épargnez-vous les relations toxiques grâce à des pas faciles à exécuter

Le stress dû aux relations personnelles est source de problèmes de santé Par : Kelly Bilodo Par exemple, une étude publiée le 2 mars 2021 dans le Journal of the American Heart Association, a révélé que les femmes qui ont déclaré avoir subi un stress important figuraient dans le groupe le plus susceptible d’avoir une crise cardiaque ou de mourir d’une maladie cardiaque lors d’une période de 15 ans par rapport aux femmes qui n’ont pas été soumises à de telles pressions. Afin de déterminer ces résultats, les chercheurs ont demandé aux femmes combien de personnes étaient stressantes, ou ont transmis une forme de surmenage ou avaient essayé de les « contraindre » à faire quelque chose dans leur vie quotidienne. Sur la base des réponses, les femmesont été classées en trois catégories en termes de stress social léger, modéré et sévère. Le résultat était que les femmes du groupe de stress sévère avaient un risque de maladie cardiaque 9 pour cent plus élevé que les femmes du groupe de stress léger. Une autre étude de 2019, publiée dans le Journal of Epidemiology and Community Health, a révélé que les femmes qui déclaraient avoir subi des niveaux élevés de stress sociétal avaient une densité osseuse plus faible après six ans. Les auteurs de l’étude ont

émis l’hypothèse que le stress pouvait nuire à la santé des os, car le stress augmente les niveaux de cortisol dans le sang et est lié à une densité osseuse plus faible. Les relations troublées peuvent également entraîner d’autres problèmes de santé physiques ou psychologiques.

Définir les relations difficiles Les relations stressantes peuvent survenir avec un partenaire, un membre de la famille, un ami ou un collègue, et les gens peuvent se retrouver dans une mauvaise relation avec les autres pour de nombreuses raisons. La propagation de la pandémie et la polarisation politique ces dernières années pourraient être parmi les facteurs qui ont aggravé les problèmes pour certains, a déclaré Gatesell. Le stress relationnel est également souvent particulièrement difficile pour les personnes qui s’occupent d’un parent ou d’un partenaire adulte malade. En effet, les relations stressantes peuvent survenir à cause d’un partenaire, un membre de la famille, un ami ou un collègue, et les gens peuvent se retrouver dans une mauvaise relation avec les autres pour de nombreuses raisons. « S’occuper d’un partenaire ou d’un proche augmente

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Écoutez avec aisance

le stress, ce qui expose l’assistant à un risque de dépression ou de problèmes de santé physique si la personne ne se sent pas soutenue », dit Gachelle. Pour éviter ce risque l’amabilité entre les deux partenaires est le meilleur moyen de redresser la relation Définition de la tendance nuisible Le Dr Gatchell explique que même si vos relations avec les autres peuvent sembler hors de votre contrôle, vous pouvez faire certaines choses pour placer votre relation sur une voie plus positive. La première étape consiste à identifier la dynamique problématique. Il existe généralement des signes avantcoureurs dans toute relation stressante, notamment : -Se sentir épuisé ou stressé après avoir interagi avec la personne. -Avoir des pensées négatives dues à la relation. -Sentir que la relation est déséquilibrée - qu’une personne donne plus qu’elle ne prend de l’autre. -Sentir que vous n’êtes pas valorisé ou respecté par l’autre personne.

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«De bonnes relations aident à maintenir la santé mentale et la santé générale du cerveau», explique le Dr Jennifer Gatchell, professeur adjoint de psychiatrie à la Harvard Medical School. Conseils pour des relations plus saines Dr Gatchell vous recommande de faire plus d’effort pour établir des relations saines avec les autres grâce à des pratiques bénéfiques.


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-Écoutez avec aisance. Prenez l’habitude de montrer de l’intérêt lorsque quelqu’un vous parle et prenez le temps d’assimiler ce que la personne dit. «Vous pouvez parfois le faire en répétant certaines de leurs déclarations, pour confirmer que vous comprenez leur idée et qu’ils sont entendus», explique Gatchell. -Restez dans le cercle de lumière. Lorsque quelqu’un vous parle d’un problème, concentrez-vous sur lui et évitez de transformer la discussion en une polémique inutile que vous pourriez facilement contourner. -Restez calme autant que possible pendant la conversation pour vous assurer que la discussion est constructive et non destructrice. Si vous n’arrivez pas à rester calme à ce moment-là, prenez du recul et demandez à reprendre la conversation plus tard lorsque vous vous sentirez mieux. -Passez nous voir pour répondre à vos besoins. HALT (qui signifie arrêter) est un acronyme pour Hungry, Angry, Lonely, Weary en anglais. Lorsque vous vous sentez contrarié par quelque chose, demandez-vous si vous avez faim, si vous êtes en colère, seul ou fatigué. Et si vous ressentez l’un d’entre eux, arrêtezvous pour répondre à ces besoins, puis recommencez à résoudre le problème. -Traitez en face à face. Parfois, une situation relationnelle stressante est aggravée par les médias sociaux. Les gens peuvent avoir des confrontations plus

Si la pandémie de Coronavirus, nous a appris des choses, c’est bien l’importance des liens sociaux et des relations humaines. Non seulement ces rapports améliorent notre moral, mais cela peut aussi nous apporter des bienfaits physiques.

hostiles en ligne qu’en face à face. «Je préfère généralement limiter l’exposition aux médias sociaux», explique le Dr Gatchell. Limiter le temps que vous passez en ligne encourage à plus de communication en direct, qu’elle soit physique, par téléphone ou même par vidéo, provoquant parfois beaucoup moins de conflits que les mots que vous tapez sur votre clavier. -Concentrez-vous sur l’aspect positif. «La recherche se développe à l’appui de l’idée qu’il existe un lien entre la pratique de la gratitude intentionnelle et l’amélioration de la santé mentale, qui peut s’étendre à l’amélioration des relations», explique le psychiatre. De telles pratiques peuvent inclure l’habitude d’écrire deux ou trois choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant chaque jour. «Cela pourrait inclure tout, y compris une attitude positive avec un partenaire ou un ami», explique le médecin. Et d’ajouter:«Si vous le faites, n’ayez pas honte de partager ce que vous avez écrit ou d’exprimer votre appréciation pour cette personne.»

Changer pour le mieux Si vous décidez qu’une relation est abusive, cela ne signifie pas que vous devez la couper complètement, mais vous devrez faire quelques changements. N’oubliez pas qu’une relation difficile avec un partenaire entraîne de graves problèmes de santé.

Fixer des limites Si vous avez une personne difficile dans votre vie, fixez des limites qui peuvent aider à remettre la relation sur les rails. Vous pouvez être avec quelqu’un et fixer des limites pour que la relation ne devienne pas stressante. Si l’épuisement professionnel est courant dans les relations avec les assistants, il est également courant dans d’autres relations. Par exemple, une amitié avec quelqu’un qui demande toujours un soutien moral peut entraîner un sentiment d’épuisement. Ce problème peut être résolu en fixant des limites claires. Si cet ami appelle pour parler d’un problème, prévoyez un moment pour en parler, plutôt que de toujours vous précipiter pour répondre à sa demande. Dr Gatchell suggère d’exprimer votre inquiétude en disant : « Je suis désolé d’entendre parler de cela et de ce que vous vivez. Je ne peux pas parler pour le moment, mais je peux vous appeler ce soir ou ce week-

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Concentrez-vous sur l’aspect positif.


end pour en parler.» Ces stratégies peuvent aider à améliorer de nombreuses relations et vous protéger du stress qui peut vous causer des problèmes de santé Si vous avez des désaccords avec quelqu’un, fixer des limites vous assurera de ne pas être forcé de sortir de votre zone de confort. Cela peut arriver lorsqu’un ami vous appelle et vous demande une faveur que vous ne vous sentez pas à l’aise de faire. «Vous devrez évaluer si vous vous sentez en sécurité et à l’aise pour faire cela», explique le Dr Gatchell. Si ce n’est pas le cas, dites clairement que vous aimeriez les aider, mais que vous devrez le faire d’une autre manière. Il s’agit de mettre votre bien-être en premier. Fixer des limites avec un fils, un petit-enfant, un conjoint ou un autre membre de la famille peut être plus difficile que de fixer des limites avec un ami. Dans ces cas, il peut s’agir de se faire de la place pour se ressourcer et se remettre sur les rails. C’est quelque chose que beaucoup n’ont pas réussi à faire à l’ère de la pandémie. «Les gens sont devenus obligés de faire plus qu’ils ne le faisaient et devaient continuer à un rythme

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rapide comme s’ils couraient un marathon depuis très longtemps», explique le médecin de Harvard. Pour obtenir les pauses nécessaires, demandez l’aide de fournisseurs de services de garde d’enfants ou demandez l’aide d’un professionnel, d’un ami ou d’un membre de votre famille. Et ne sous-estimez pas l’importance du besoin de recharger votre énergie. Selon le médecin, c’est bien de demander de l’aide. C’est comme ce que les agents de bord vous disent avant de décoller : en cas d’urgence, mettez un masque à oxygène sur votre visage avant d’aider quelqu’un d’autre à mettre son masque. Il est très important de prendre soin de sa propre santé. Vous devriez prendre des mesures pour réduire le stress que vous ressentez à la suite de relations abusives avec les autres. Pratiquez les soins personnels. Prenez le temps de faire de l’activité physique, des exercices de concentration, de relaxation et des activités que vous aimez. Parfois, des activités qui sollicitent les sens, comme le jardinage, la peinture ou le dessin, ou même quelque chose d’aussi simple que l’assemblage de perles, peuvent vous aider à vous détendre, explique le Dr Gatesell.


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Assurez-vous également de donner du temps à de bons amis qui sont une source de réconfort pour vous. Et prenez soin de vos besoins physiques. Essayez de dormir suffisamment. «Le sommeil est très important pour l’humeur, ainsi que pour calmer l’anxiété et de régler les niveaux d’énergie», explique Gatchell. Il en va de même pour une alimentation saine et une activité physique adéquate. Gardez une certaine distance. Lorsque la relation n’est pas sur la voie positive, prendre du recul peut aider. Par exemple, si vous avez un ami sous-estimant, critique ou négatif, vous voudrez peut-être que l’amitié se poursuive, mais faites attention à l’idée de donner moins de temps à la relation.

Mais si des relations positives peuvent améliorer la santé, parfois le contraire est vrai aussi pour les relations toxiques. Le stress émotionnel chronique peut augmenter le risque de développer un certain nombre de problèmes de santé.

« Les amis, les relations et les circonstances changent », affirme le Dr Gatchell. Réduire le degré d’intérêt dans certaines relations est normal, même si vous n’expliquez pas pourquoi il y a des sentiments négatifs envers cette personne. Ouvrez les canaux de communication. Selon la forme de la relation, vous pouvez parfois régler les problèmes directement. «Soyez clair avec eux au sujet de la relation», explique le Dr Gatchell. Par exemple, si vous avez un parent qui n’est pas convaincu de l’importance des vaccinations et que vous n’êtes pas d’accord avec lui, cela peut valoir la peine d’en discuter. Alors ce n’est peut-être pas la relation en soi qui est le problème, mais les questions qui sont controversées. Si vous n’êtes toujours pas d’accord, fixez des limites à ce dont vous pouvez parler et à ce que vous ne pouvez pas. C’est une façon de résoudre les conflits. Lorsque vous parlez à quelqu’un d’un sujet épineux, assurez-vous d’utiliser des stratégies de communication positives. Le médecin l’explique en disant : « Utilisez des phrases à la première personne. Par exemple : J’ai remarqué que lorsque nous parlons, les choses s’enveniment entre nous. Évitez les déclarations « vous » qui semblent accusatrices, telles que : Vous voulez toujours vous disputer à ce sujet. En fin de compte, ces stratégies peuvent aider à améliorer de nombreuses relations et vous protéger des facteurs de stress qui pourraient vous causer des problèmes de santé.

* Rapport sur la santé des femmes de Harvard.

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Rania Toukebri, 1ère astronaute tunisienne arabe et africaine

Pour la future astronaute Rania Toukebri, viser la lune ne lui fait pas peur ! Par Emna Darwazi

Advisory Council en support des Nations Unies en 2021.

L’ingénieur aérospatial et première astronaute tunisienne, arabe et africaine, Rania Toukebri alias «Miss Space Dragon Queen», a été sélectionnée pour une pré-mission. Il s’agit de la première phase de la mission lunaire. Dans une interview accordée à «La Majalla», madame Toukebri nous livre quelques détails concernant sa mission et ses futurs objectifs.

Quelle est la personne qui vous inspire dans votre travail et vie quotidienne ? Les grandes personnes qui ont pu changer le destin de l’humanité malgré les obstacles; Ghandi, Luther King, ainsi que Valentina Terechkova qui a été la première femme cosmonaute et la première et la plus jeune femme à avoir volé dans l’espace.

Un parcours professionnel honorable…

I ngénieur en aérospatial, Rania Toukebri travaille sur la conception et l’intégration des vaisseaux spatiaux: Satellites, Lanceurs. Elle a travaillé sur plusieurs projets d’exploration de l’espace (télescope PLATO, Satellite Jupiter Icy Moons de L’ESA), défense planétaire (Projet AIM entre la NASA et ESA qui a pour objectif protéger la terre des astéroïdes) etc. Elle est experte dans les cryptounités, et la sécurisation des informations satellitaires, elle fait des recherches sur la technologie Quantum pour la communication satellitaire. Elle est mentor pour le programme «Space for Women» des Nations unies, elle encadre des femmes du monde entier pour travailler dans le spatial. Elle est aussi coordinatrice régionale de l’Afrique au Space Advisory Council en support des Nations unies. Elle travaille à lancer les programmes spatiaux nationaux et gérer un programme pour l’éducation spatiale pour les africains. Elle a été déléguée au Comité des Nations Unies sur les utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique et donne des recommandations pour les sous-comités techniques et légales. Elle a été parmi les meilleurs experts dans l´industrie spatiale en Afrique en 2019 et a reçu le prix pionnier de la part de Space

La conquête de la lune semble être inégale. Sur des centaines d’astronautes que le monde compte aujourd’hui, seulement quelques dizaines sont des femmes dont la moitié sont américaines et russes. Pourquoi sont-elles si peu nombreuses ? L’accès des femmes à l’espace, non seulement en tant qu’astronautes mais en tant qu’utilisatrices et créatrices de services spatiaux comme l’observation de la Terre et les télécommunications par satellite, est encore loin d’être égal. Mais il y a des signes de progrès. L’un est le programme Space4Women géré par le Bureau des affaires spatiales des Nations Unies (UNOOSA), qui vise à garantir les avantages de l’espace atteignent les femmes et les filles et que les femmes et les filles jouent un rôle actif et égal dans la science, la technologie, l’innovation et l’exploration spatiales. On m’a désignée comme Mentor dans ce programme en Juin 2021. Est-il vrai que les femmes astronautes résistent mieux ?

C´est correct. • La petite taille est un avantage dans les engins spatiaux. Les femmes ont besoin de moins d’espace pour se déplacer et consomment moins d’oxygène, de nourriture et de carburant que les hommes.

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Je vais d’abord m’entraîner avec une équipe internationale pour une mission de retour sur la lune. pe internationale pour une mission de retour sur la lune. Ma sélection pour ma mission a été confirmée le 12 août 2021, et c’était le même jour que la cérémonie de signature entre, Roscosmos et Telnet. Bien qu’il n’y ait pas de relation entre les deux missions. La conquête spatiale est devenue notre prochain objectif, et les missions à venir verront plus d’astronautes travailler pour ouvrir une nouvelle ère pour les humains dans l’espace. Pouvez-vous nous décrire vos sentiments à l’annonce de cette sélection ? J’étais extrêmement excitée, ça paraissait surréaliste !

Rania Toukebri, ingénieur aérospatial et future astronaute.

• Dans les vols spatiaux simulés, les femmes ont surpassé les hommes dans les commandes d’exploitation pour les rendezvous dans l’espace. • Les femmes avaient également certains avantages médicaux par rapport aux hommes. Les futures astronautes avaient surpassé les hommes dans les tests d’isolement. Les femmes étaient moins sujettes aux crises cardiaques. Les preuves scientifiques de l’époque suggèrent que les femmes étaient également moins sensibles que les hommes aux radiations, à la solitude, à la monotonie, à la solitude, à la chaleur, au froid, à la douleur et au bruit que les hommes. (Les recherches d’aujourd’hui ne concordent pas nécessairement avec tout cela, en particulier en ce qui concerne la sensibilité aux rayonnements. D’un autre côté, les données modernes indiquent que les femmes dans l’espace présentent de meilleurs seuils auditifs que les hommes.) Vous avez été sélectionnée pour vous former et vous envoyer vers la Station spatiale internationale (ISS). Comment avezvous reçu l’offre ? Je veux juste préciser que je ne pars pas en mission ISS avec Telnet. Je pourrai être contactée sur des missions à venir sous pavillon tunisien, que ce soit auprès d’entreprises privées ou au sein d’une agence spatiale tunisienne à l’avenir. Mais pour l’instant, je vais d’abord m’entraîner avec une équi-

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Pouvez-vous nous fournir plus de détails sur votre mission ? Je vais commencer par des pré-missions, commençant par une première simulation le mois prochain. Je vais participer à un projet scientifique international, basé sur la réalisation d’une simulation de mission lunaire analogique dans un laboratoire de recherche spécialisé isolé du temps et de la lumière naturelle. Le projet a été organisé par des scientifiques et des ingénieurs de l’ESA en tant que Centre de formation des astronautes analogiques. La simulation analogique sera réalisée en Pologne. Le projet sera mis en œuvre à partir du 27 septembre 2021. Au cours de cette mission scientifique, je participerai à des expériences interdisciplinaires liées à la robotique, l’interaction homme-machine, l’aquaponie, la géologie, la biologie spatiale et la médecine. J’apprendrai également les procédures requises pour la santé, la sécurité et l’efficacité tout en travaillant dans un environnement isolé et difficile pour me qualifier pour les prochaines missions spatiales. Conquérir l’espace, est-ce votre rêve ultime ou bien avez-vous d’autres projets en tête ? Mon plus grand projet c’est de pouvoir utiliser les applications spatiales pour le progrès de l’humanité sur terre ou dans l’espace extra atmosphérique. Principalement, je travaille à éduquer les jeunes africains et à lancer des programmes spatiaux en Afrique pour qu’on puisse résoudre les problèmes majeurs du manque d’eau, nourriture, catastrophes naturelles etc. 40% des cibles des objectifs de développement durable de l’ONU reposent sur l’utilisation de la science et de la technologie spatiales. On est capable de changer les conditions actuelles dans la région africaine qui est bien plus riche qu’on ne l’imagine et avec des capacités humaines extraordinaires.


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Les dernières heures de Lady D : le yacht de Dodi, une bague et des photographes affolés

Princesse Diana, une légende qui ne meurt jamais ! Par Emna Darwazi Il y a 24 ans, la princesse Diana est décédée tragiquement dans un accident de voiture à Paris le 31 août 1997. Beaucoup se souviennent encore d’elle comme d’une mère affectueuse, d’une icône de la mode et d’une humanitaire généreuse et engagée. Le dernier jour de la vie de la princesse des cœurs a commencé sur le pont supérieur du yacht de son amant, où le petit-déjeuner est servi : des croissants et des confitures fraîches. Diana et son petit ami, Dodi Al Fayed, ont siroté leur café devant la magnifique côte d’Emeraude en Sardaigne. «Ils étaient de bonne humeur», se souvint plus tard le majordome. «Ils riaient, se tenant la main.» Leur romance était un tourbillon - passionné, passionnant, scandaleux pour certains. Fayed, le fils du propriétaire du grand magasin Harrod’s Mohamed Al-Fayed, était un riche playboy. Diana, divorcée du prince Charles après l’avoir trompée, était la mère du futur roi d’Angleterre

et la femme la plus photographiée au monde. Le samedi 30 août 1997, promettait d’être un moment de changement. La princesse le savait. Elle a passé un coup de fil à Richard Kay, un ami qui couvrait la vie de la famille royale pour le Daily Mail, et lui a dit «qu’elle avait décidé de changer radicalement de vie». «Elle allait remplir ses obligations envers ses œuvres caritative», a poursuivi Kay, «et puis, vers novembre, se retirerait complètement de sa vie publique formelle.» Diana n’avait pas dit à Kay pourquoi, mais il avait une intuition : «Ils étaient parfaitement heureux. Je ne peux pas dire avec certitude qu’ils se seraient mariés, mais à mon avis, c’était probable.» Fayed voulait demander officiellement la main de la princesse, alors qu’ils étaient en vacances. Une période de tension à l’échelle internationale : la Grande-Bretagne a annoncé son intention d’inviter l’armée républicaine irlandaise pour des pourparlers de paix. Les théories de complot sur le suicide de Vincent Foster, l’avocat du président Bill Clinton, se répandaient. Israël et le Liban s’affrontaient. La principale préoccupation de Fayed était la

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Lady Di en Sicile en 1985 dans une robe Catherine Walker et un chapeau John Boyd.

bague diamant à six chiffres en attente à Paris. Des proches de Fayed ont déclaré que le couple l’avait choisie une semaine plus tôt, même s’ils sortaient ensemble depuis moins d’un mois. Pour certains observateurs royaux et tabloïds britanniques, ce qui menaçait ce couple était une grossesse imprévue. «Pour la mère du futur roi d’Angleterre, porter l’enfant d’un Arabe musulman, un enfant qui serait le demi-frère de l’héritier du trône, serait embarrassant aux yeux de la famille royale», a ajouté la même source. Ce jour-là, Dodi devait récupérer, à 18h30, la bague dans un magasin près de l’hôtel de son père à Paris, le Ritz. Ils ont quitté le bateau pour prendre l’avion de Fayed vers

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La mort de la princesse Diana a fait l›objet de longues enquêtes et d’interminables théories de complot. 11h30. Dès leur arrivée à Paris, Fayed a vu les paparazzis. «Dodi ne voulait pas que cette occasion spéciale soit gâchée»’, ont écrit les exjournalistes du Time. «Dès que la porte s’est ouverte, les caméras ont commencé à flasher.» L’agressivité des photographes


- et leur nombre - augmentaient au fur et à mesure que la journée avançait. Diana et Fayed sont arrivés au Ritz en fin d’après-midi. Elle est allée à un salon de coiffure, lui chez le bijoutier. Le couple s’est ensuite reposé dans la suite impériale de l’hôtel avant de se rendre à l’appartement de Fayed pour s’habiller pour le dîner. «Ce samedi soir, Diana était aussi heureuse que je ne l’aie jamais connue», a écrit son ami Kay dans le Daily Mail. «Pour la première

Elle s’est éteinte à l’âge de 36 ans, alors que ses enfants étaient en Écosse avec le prince Charles et la reine.

fois depuis des années, tout allait bien dans son monde.» Ils sont partis pour l’appartement de Fayed vers 19 heures, suivis par des photographes. D’autres les attendaient à la porte d’entrée du bâtiment. «La bague était sur la table de chevet de sa chambre», a écrit l’auteur Christopher Anderson «dans Le jour où Diana est décédée».

Mais le dîner était un échec… Le premier restaurant qu’ils ont essayé - Chez Benoit, un bistrot confortable et décontracté non loin du centre-ville - a été rapidement envahi par les photographes. Ils se séparèrent et se dirigèrent vers le Ritz, plongeant dans la salle à manger dans l’espoir d’être laissés seuls. La princesse a commandé du tempura de

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Lady Diana avec Prince William et Prince Harry à Kensington Palace, GETTY IMAGES.


Lady Diana et Dodo Al Fayed en vacances à Saint Tropez, © Agence / Bestimage.

légumes. Fayed a commandé du turbot grillé. «À peine avaient-ils commandé», ont écrit les anciens journalistes de Time, «ils ont commencé à ressentir les regards indiscrets des convives.» Le couple est parti et a fait livrer la nourriture à la suite impériale. Le plan de Fayed était en ruine. Ils ont dû retourner à l’appartement. Mais comment? L’hôtel grouillait de photographes. Fayed a conçu un plan : le chauffeur et les gardes du corps du couple feraient un grand spectacle devant l’hôtel, semblant préparer leur caravane de berlines Mercedes pour partir. Pendant ce temps, la princesse et Fayed se faufilaient par la porte arrière, dans une Mercedes S 280 empruntée conduite par un agent de sécurité de l’hôtel, Trevor Rees-Jones. Ce qui s’est passé ensuite a fait l’objet de longues enquêtes et d’interminables théories

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Beaucoup se souviennent encore d’elle comme d’une mère affectueuse, d’une icône de la mode et d’une humanitaire généreuse et engagée. de complot. Pour échapper aux paparazzis qui les pourchassaient, le chauffeur roulait vite, mais une fois sous le pont de l’Alma, près de la Tour Eiffel, il perdit le contrôle du véhicule. Fayed est mort sur le coup. Diana est décédée à l’hôpital. Sa mort a choqué le monde entier. Elle s’est éteinte à l’âge de 36 ans, alors que ses enfants étaient en Écosse avec le prince Charles et la reine.


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Comment avoir une peau tonique en été ?

Toutes les astuces pour une peau ferme ! Par Emna Darwazi

La chaleur estivale peut endommager la peau et entraîner des problèmes tels que le bronzage, les coups de soleil, les lésions et les éruptions cutanées. Il existe plusieurs remèdes maison qui peuvent vous aider à sauver votre peau. Nous vous proposons une liste de soins faciles à appliquer pour protéger votre peau des effets de la chaleur. Essayez ces remèdes maison simples pour faire briller votre peau en été : *Le gommage anti-bronzage parfait Ajouter une cuillère à café de lait à deux cuillères à soupe de flocons d’avoine. Ajoutez ensuite deux cuillères à soupe de jus de tomate, un peu de pulpe d’orange et quelques pincées de graines de pavot. Mélangez le tout pour former un masque facial. Appliquez-le sur tout le visage et le cou, laissez agir jusqu’à ce qu’il sèche et frottez tout en rinçant. Les extraits de tomate et d’orange illumineront votre teint, tandis que le lait ajoutera de l’éclat.

Faites mijoter une poignée de feuilles de neem à feu doux dans quatre tasses d’eau pendant une heure. Laissez-le pendant la nuit. Le lendemain matin, filtrez l’eau et faites une pâte de feuilles. L’eau peut être utilisée pour rincer le visage. Le Neem contient des composés organiques soufrés, avec des actions curatives polyvalentes qui sont particulièrement bénéfiques pour la peau.

*Aloe vera contre les coups de soleil L’application de gel d’aloe vera frais sur la peau aide à apaiser et à guérir les coups de soleil. L’aloe vera contient du zinc, qui est anti-inflammatoire. *Tonique pastèque

*Le masque de beauté des peaux fatiguées Pour donner un effet éclat aux peaux fatiguées, le masque au lait serait parfait. Il suffit d’appliquer du lait mélangé à de la glycérine sur tout le visage. Détendez-vous pendant 15 minutes et rincez à l’eau. Le traitement adoucit, rajeunit et restaure un équilibre naturel du PH, protégeant ainsi la peau des effets négatifs du soleil. *Soins de la peau après exposition au soleil Appliquez le babeurre après une exposition prolongée au soleil. Cela soulagera non seulement les brûlures, mais éclaircira le bronzage car le caillé a des propriétés de blanchiment naturelles. *La cure de Neem Les feuilles de neem sont également un excellent ingrédient.

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Prendre soin de sa peau au naturel à la maison


Remèdes naturels pour l’éclat de la peau

Le jus de pastèque est également un bon tonique pour la peau et soulage également la sécheresse estivale. Il rafraîchit et adoucit la peau. *Masque Papaye La pulpe de papaye peut être appliquée sur la peau comme un masque à laver après 20 minutes. La papaye contient des enzymes qui aident à éliminer les cellules mortes de la peau. Ajoutez du caillé ou du jus de citron à la pulpe pour éliminer naturellement le bronzage. *Masque aux fruits mélangés Des fruits comme la banane, la pomme, la papaye, l’orange peuvent être mélangés et appliqués sur le visage. Appliquez le masque pendant 20 à 30 minutes. La papaye aide à nettoyer les cellules mortes de la peau. La banane raffermit la peau. La pomme contient de la pectine et tonifie également la peau. L’orange est riche en vitamine C. Elle rétablit l’équilibre acidobasique normal. *Masque rafraîchissant au concombre Le jus de concombre ou sa pulpe peut être mélangé avec deux cuillères à café de lait en poudre et un blanc d’œuf. Vous pouvez mettre les ingrédients dans un mixeur, pour une pâte lisse. Appliquez sur le visage et le cou et rincez à l’eau après une demi-

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En été, les jours sont plus longs et les températures sont maximales. Résultat : on transpire et des imperfections apparaissent. heure. Pour les peaux grasses, omettez le lait en poudre. *Masque à la terre à foulon pour peau grasse Pour réduire l’onctuosité, mélangez une cuillère à soupe de terre à foulon (multani mitti) avec de l’eau de rose. Appliquez la pâte sur le visage et rincez quand elle sèche. Ce masque rétrécit également les pores et garde la peau nette. *Soins avant le bain Pour nourrir votre peau par ce temps rigoureux, mélangez deux cuillères à café de sel, une cuillère et demie d’huile d’amande et une demi cuillère à café de vinaigre de malt. Appliquez ceci sur votre corps avant le bain.


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Livre américain : L’éveil de la gauche arabo-américaine Par Muhammad Ali Saleh Washington-Récemment, l’Université de la caroline du Nord Press a organisé une exposition des livres qu’elle avait publiés sur les Arabes et les musulmans. De plus, des exemplaires de ces livres en copies numériques ont été édités. L’un de ces livres, publié pour la première fois il y a quelques années, est consacré à la montée de la gauche arabo-américaine. Il a été écrit par Pamela Pinnock, professeur d’histoire à la section de l’Université du Michigan à Dearborn, qui abrite la plus grande communauté arabe et musulmane des États-Unis.

Quelques chapitres du livre :

L’activisme progressiste après la guerre de 1967. Les étudiants et la Palestine. Sarhan Sarhan. Les ennemis sont à l’intérieur. Les syndicats arabes ouvriers. Les organisations politiques arabes dans les années soixante. Le chapitre du livre, « Les activistes, les alliés et leur guerre contre l’impérialisme et le racisme, des années 60 aux années 80 », indique clairement que ce sujet pourrait faire partie du débat actuel sur la redevabilité aux États-Unis. Bien sûr, la « responsabilité » pour les erreurs passées ne devrait pas être limitée aux seuls Noirs, mais devrait également inclure d’autres minorités. Cependant, dans la mesure où la question des Noirs est concernée par l’esclavage et la discrimination raciale, la question des Arabes américains est liée aux deux : « le racisme et l’impérialisme ». Ainsi, les Arabes américains ajoutent une dimension mondiale au débat. D’ailleurs, le livre fait le lien entre des cas de colonialisme occidental, d’impérialisme et de sionisme, et ceux des militants arabo-américains, en évoquant les plaidoyers dansdes affaires les concernant devant les tribunaux américains. Ainsi, un caractère passionnant apparaît dans la lutte des Ar-

abes d’Amérique en tant que minorité aux États-Unis, et ce à plus d’un titre : Premièrement, ils ont été actifs au sein de leur communauté arabo-américaine et, en même temps dans leurs pays d’origine au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Deuxièmement, ils ont coopéré avec d’autres groupes raciaux et idéologiques américains, tels que les groupes de défense des droits civiques des Noirs, les organisations américaines de défense des droits de l’homme et la Nouvelle Gauche (NewLeft). Cependant, malgré la présence du mot « gauche » dans le titre du livre, il alterne entre les mots « gauchistes », « progressistes » et « militants ». Mais il n’emploie pas le mot « révolutionnaires », et relie les Arabes d’Amérique à leurs frères des pays arabes. Le livre note que, dans le même temps, les organisations de gauche américaines se sont ouvertes aux problèmes mondiaux, tels que le soutien aux peuples opprimés et la condamnation des invasions et des interventions occidentales dans les pays du tiers monde. Cependant, le livre signale que les Arabes de gauche en Amérique « évitent de collaborer avec les mouvements marxistes, révolutionnaires et nationalistes aux États-Unis et dans le monde ». En effet, les mouvements politiques arabo-américains ne sont pas mentionnés, mais trois leaders d’entre eux qui ont immigré aux USA après avoir été choqués par la défaite humiliante des États arabes dans leur guerre de 1967 avec Israël, à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix.

La vie d’Edward Said

Les trois sont: Iqbal Ahmed, Ibrahim Abu-Lughod, Edward Said Fait pertinent, Iqbal Ahmed était un musulman du Pakistan. Il a immigré en Amérique, a obtenu son doctorat à

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Couverture du livre «La montée de la gauche araboaméricaine».

l’Université de Princeton et est devenu un militant majeur contre les politiques et interventions américaines à Cuba, au Vietnam, en Amérique latine et au Moyen-Orient en faveur d’Israël. Son rôle a été reconnu par Edward Said lui-même, auteur de «La question de Palestine», «Orientalisme» et d’autres livres. Said a également reconnu le rôle d’Ibrahim Abu-Lughod, un Palestinien qui a écrit «L’évolution du sens du nationalisme » et d’autres livres. Said a déclaré que les deux hommes, qui étaient tous deux plus âgés que lui, «ont ouvert ma voie». * Les militants arabo-américains continuent de condamner le terrorisme (et veillent à n’éveiller aucun soupçon). D’un autre côté, ils continuent d’essayer de sensibiliser les Américains sur la situation dans ces pays. Les trois ont joué un rôle majeur à la fin des années 1960 en fondant l’Association des Anciens Arabes des universités américaines (AAUG) qui elle-même était une pionnière qui a précédé le Comité arabo-américain contre la discrimination (ADC), l’Institut arabo-américain (AAI) et d’autres organisations actives aujourd’hui. Cependant, ce livre ne se limite pas aux intellectuels. Il s’intéresse plutôt aux activités des ouvriers arabo-américains dans les usines automobiles de Détroit (État du Michigan). Il détaille des événements, tels que la grève de 1973, pour protester contre l’investissement de l’UAW dans les obligations bancaires israéliennes. Un jour mémorable où plus d’un millier de travailleurs ar-

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abes se sont mis en grève à l’usine d’assemblage de Dodge et Chrysler. La production s’est complètement arrêtée. La grève était inhabituelle pour plus d’une raison : Premièrement, la direction ne l’approuvait pas. Deuxièmement, il était organisé par de nouveaux immigrants que les responsables de l’entreprise considéraient comme des « idiots ». Troisièmement : Il s’est opposé au rôle du syndicat dans le soutien au sionisme, au racisme et à l’exploitation quotidienne. À l’époque, environ 15 000 Arabes travaillaient dans des usines automobiles, dont le Palestinien Harbi al-Abed, père de l’actuelle députée Rashida Tlaib. Au cours de la même année 1973, des milliers d’Arabes ont manifesté à Dearborn pour protester contre le meurtre par la police de Naji Dhaifallah, un immigrant du Yémen et dirigeant de l’American FarmWorkers Union. Cette année là, une grande manifestation a eu lieu à Dearborn contre le syndicat pour son achat d’obligations israéliennes. Des banderoles ont été brandies : « Non au terrorisme américano-israélien contre les peuples arabes », « Non aux obligations israéliennes » et « Non au sionisme, oui au judaïsme ». Cependant, le syndicat a publié une déclaration attaquant la manifestation, affirmant qu’il s’agissait d’un « complot communiste ». Le livre détaille ces événements et d’autres jusqu’au début du XXIe siècle. Comme cela s’est produit à New York en 2004, lorsque deux organisations ont coopéré : « Action contre la guerre » et « Action pour la Palestine ». La première était une référence à l’invasion de l’Irak menée par les États-Unis (2003). La seconde était une référence au mouvement BDS (boycott, sanction et arrêt des investissements en Israël). Le livre retrace également les activités de l’Organisation des étudiants arabes (OEA) aux États-Unis qui a trouvé une forte opposition menée par la Ligue juive anti-diffamation (ADL) et qui réussit à infiltrer son comité exécutif par le biais d’agents arabes. Le livre fait référence au palestino-américain SarhanSarhan, qui a tué le candidat présidentiel Robert Kennedy en 1968. Le livre disait que Sarhan avait causé un tort aux militants arabo-américains. Ils ont dénoncé son acte « solitaire, isolé et politiquement violent ». Ils l’ont décrit comme «une personne troublée, pas un martyr». Cependant, en même temps, et indirectement, ils ont essayé de confronter l’ignorance des Américains sur la question palestinienne. Enfin, c’est ainsi que le dilemme perdure jusqu’à aujourd’hui. Par exemple, concernant les attaques terroristes du 11 septembre contre l’Amérique ou encore pour la guerre mondiale contre le terrorisme (GWOT) menée par les États-Unis. D’un côté, les militants arabo-américains continuent de condamner le terrorisme (et se gardent bien d’éveiller les soupçons). D’un autre côté, ils continuent de sensibiliser les Américains sur la situation dans son ensemble.


Un magazine politique Mensuel

Issue 1813 - Septembre 01/09/2021

Kais Saïed, un président tunisien exceptionnel, et initiateur du slogan «Le peuple le veut « www.majalla.com


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L’histoire d’Ibra, l’icône du football international, au cinéma…

« I Am Zlatan » : Un film sur Ibrahimovic sera au cinéma dès le 10 septembre Par Emna Darwazi

Il y a tout de suite un dialogue dans lequel la force de caractère d’Ibra dès son plus jeune âge est mise en Il n’est pas surprenant que l’un des plus grands joueurs relief. «Zlatan, as-tu compris ce que je t’ai dit ?», dit de football suédois, Zlatan Ibrahimovic, finisse par une voix. Et il répond : «On veut parler ou jouer au foot sortir bientôt un film ou un biopic sur sa vie. Lundi ?». Puis on montre la rencontre avec Mino, l’arrivée en 28 juin 2021, les fans du monde entier ont eu un Serie A et les premiers buts en Hollande. aperçu du biopic après la sortie de la bande-annonce et cela ressemble à tout un voyage pour Ibrahimovic. Un voyage vers le succès… Le film était en préparation depuis 2018, basé sur Basé sur l’autobiographie de la star suédoise d’origine l’autobiographie du joueur, «Moi, Ibra», que le bosnienne, l’histoire du film est co-écrite par Jakob footballeur a écrite avec David Lagercrantz. Les fans pourront désormais voir l’histoire du gitan sur grand écran. Comme le montre la bande-annonce, le film raconte le voyage du géant suédois vers le sommet et se concentre sur son éducation et ses succès à l’Ajax FC. Voici les coulisses du film… Cela a été annoncé par le Suédois sur les réseaux sociaux. C’est l’histoire de ses débuts de footballeur : d’une enfance difficile à la rencontre avec Raiola. Le 10 septembre 2021 sortira le film consacré au champion suédois, «I Am Zlatan». Il l’a annoncé luimême sur les réseaux sociaux. Un trailer d’une minute montre quelques extraits : l’enfance difficile dans le ghetto de Rosengard, les débuts à Malmoe, Ajax, la première rencontre avec Mino Raiola dans un restaurant de sushis et bien sûr l’Italie, Juventus et l’Inter Milan.

Affiche du film «I Am Zlatan» qui sort au ci.néma le 10 septembre

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Le footballeur international suédois Zlatan Ibrahimovic.

Beckman et David Lagercrantz, «I Am Zlatan» a été réalisé par Jens Sjogren, 44 ans, un réalisateur suédois. Ce sera le premier film sur l’attaquant après «Devenir Zlatan», un documentaire réalisé en 2015. Le tournage s’est déroulé dans les lieux emblématiques de la pointe des Rossoneri, d’Amsterdam à Malmoe, jusqu’à son arrivée en Italie. Les acteurs qui incarneront le rôle du joueur suédois sont au nombre de deux : le premier est Dominic Bajraktari Andersson, présent dans la version «jeune» entre 11 et 13 ans (dans la vidéo on peut déjà voir quelques scènes avec les parents). Le second est Granit Rushiti (né en 2000). Il jouera le rôle d’Ibrahimovic adulte, celui entre 17 et 23 ans. Il suffit de jeter un œil à son profil Instagram pour voir quelques photos des coulisses. Curiosité: Rushiti a joué pendant plusieurs années à l’académie des jeunes de Malmoe, le club où Thor a grandi, et rêve de devenir footballeur.

Déjà l’objet de plusieurs documentaires et livres, l’histoire d’Ibrahimovic sera racontée dans un film coproduit par Nordisk Film et BR•F. Samurai (Francesco Acquaroli) et Amedeo Cinaglia (Filippo Nigro). Parmi ses films, on note, également : «My Godard» (2016), «La Prova» (2017), «Taranta On the Road» (2017) et «L’Allieva». Le film sera distribué en Italie par Lucky Red.

Ibracadabra a commencé sa carrière de footballeur professionnel avec Malmö en 1999. Il a marqué 18 fois en 47 matchs, ce qui lui a valu un transfert de 8,7 C’est l’Italie… millions d’euros à l’Ajax deux ans plus tard. Depuis Il y a une pincée d’Italie : le personnage de Mino lors, la carrière de Zlatan n’a cessé de se renforcer. Raiola, le procureur historique d’Ibra, sera interprété Il a joué dans les plus grands clubs du monde, dont par Emmanuele Aita, 37 ans, né à Palerme. Ferdinando Barcelone, l’Inter Milan, le Paris Saint-Germain et Badali de «Suburra – La Serie» (pour ceux qui l’ont Manchester United. Aujourd’hui âgé de 39 ans, Zlatan vu). Le fils du patron de la mafia qui fait affaire avec continue de rayonner en Serie A avec l’AC Milan.

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Coupe d’Afrique des Nations, Cameroun 2021 : Des frissons en vue Tunis - La Majalla La Coupe d’Afrique des Nations, Cameroun 2 021 aura lieu du 9 janvier au 6 février 2022. Initialement programmée en janvier 2021 au Cameroun, elle se tiendra finalement un an plus tard. Comme pour l’Euro et les Jeux olympiques, le calendrier original de la CAN-2021 n’aura pas résisté à la crise sanitaire liée au Covid-19. Malgré des rapports qui signalent le retard de la construction du stade et le fait que le Cameroun soit également confronté à des problèmes économiques, des problèmes de sécurité, des crises sociales, le gouvernement et le président Paul Biya sont totalement engagés pour la réussite de la compétition. Au même titre que l’Euro, la Copa America ou encore les Jeux olympiques, la Coupe d’Afrique des nations se déroulera au Cameroun dans cinq villesdontLimbé. Elle aurait été ajoutée aux quatre sites mentionnés dans la première offre du Cameroun : Bafoussam, Douala, Garoua et la capitale Yaoundé. Selon le tirage au sort du calendrier qui a eu lieu la semaine dernière dans la capitale camerounaise, Yaoundé, vingt-quatre équipes s’affronteront selon les groupes suivants :

Groupe A : Cameroun, Burkina Faso, Éthiopie, Cap-Vert.

Groupe B : Sénégal, Zimbabwe, Guinée, Malawi. Groupe C : Maroc, Ghana, Comores, Gabon.

Groupe D : Nigeria, Égypte, Soudan, Guinée Bissau. Groupe E : Algérie, Sierra Leone, Guinée Équatoriale, Côte d’Ivoire. Groupe F : Tunisie, Mali, Mauritanie, Gambie. Logé dans le groupe A, le Cameroun, en tant que payshôte, était qualifié d’office pour la compétition. On retrouve dans le même groupe, le Burkina Faso qui est de retour après leur échec en 2019. Il y a aussi L’Éthiopie qui s’est qualifiée pour sa première coupe d’Afrique des nations depuis 2013. Enfin le Cap-Vert évoluera dans la même poule après avoir su écarter le Rwanda et le Mozambique pour aller disputer la deuxième CAN de leur histoire. Dans le groupe B on retrouve le Sénégal : en 2019, ces «Lions de la Teranga» qui s’étaient hissés jusqu’en finale de la CAN en Égypte et ont réussi leur qualification en terminant premiers de leur groupe. Cependant, le Zimbabwe qui signe sa troisième qualification consécutive s’impose petit à petit dans le paysage footballistique africain. Il sera dans ce groupe aux côtés de la Guinée et du Malawi qui fait son retour en Coupe d’Afrique des nations. Pour le groupe C, le Maroc, fidèle à sa réputation, ira au Cameroun avec l’intention de briller. À ses côtés, le Ghana, autre grand habitué de la compétition, dont les«Black Stars» vivront bien leur 23e phase finale de CAN. Enfin, le Gabon, qui après avoir manqué le rendez-vous, sera cette fois bien présent au Cameroun. Une qualification qui s’est faite au détriment de

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Les 24 équipes qualifiées

la RD Congo. Pour sa part, les Comores, ce petit archipel va vivre sa première phase finale de Coupe d’Afrique des Nations. Pour le groupe D, on retrouve le Nigeria, trois fois champions d’Afrique (1980, 1994, 2013), et seule équipe africaine championne olympique (1 996). Mais il sera flanqué aussi par l’Égypte, la nation la plus titrée du continent (sept couronnes à elle seule, dont trois consécutives en 2006, 2 008 et 2 010) qui vivra sa 25e participation en 33 éditions. Mais il y a aussi le Soudan qui a chipé au dernier moment son ticket qualificatif aux «Bafana Bafana» et la GuinéeBissau qui s’est qualifiée sur le fil au détriment du Congo, qu’elle a battu à domicile lors de la dernière journée. Avec cette troisième phase finale consécutive, la Guinée-Bissau montre qu’elle devient petit à petit une valeur sûre du football africain. Quant au groupe E, l’Algérie, tenant du titre en est à 24 matches consécutifs sans défaite, pas loin du record africain en la matière, la Côte d’Ivoire et ses 26 matches sans défaite entre 2011 et 2013. Pour sa part, la Sierra Leone qui a dépassé in extremis le Bénin au classement du groupe L, est devenue le 24e pays qualifié pour la CAN. Cependant, la Guinée équatoriale va disputer la troisième CAN de son histoire mais c’est la première fois qu’ils décrochent la qualification sur le terrain. En effet jusque-là, ils

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Malgré des rapports qui signalent le retard de la construction du stade et le fait que le Cameroun soit également confronté à des problèmes économiques, des problèmes de sécurité, des crises sociales, le gouvernement et le président Paul Biya sont totalement engagés pour la réussite de la compétition n’avaient été qualifiés qu’à la faveur du statut de payshôte de la Guinée équatoriale, en 2012 et 2015. Le dernier groupe F regroupe la Tunisie, le Mali, la Mauritanie et la Gambie. Le Mali, pour une des équipes frissons de la dernière compétition, s’est qualifié dès la quatrième journée. Il aura à affronter la Tunisie, quatrième lors de la dernière CAN et qui voudront viser plus haut au Cameroun en profitant de cette lancée. Mais il y a aussi la Gambie, qui comme les Comores, découvrira la CAN en janvier


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prochain. Elle a écarté la RD Congo et l’Angola, pourtant présents lors de la dernière édition en date. Une consécration pour le football gambien, qui confirme sa progression. Trois ans après sa première CAN, la Mauritanie est déjà de retour. Une consécration pour le travail patient du sélectionneur Corentin Martins, à la tête de l’équipe depuis 2014. Au sortir du tirage au sort du 17 août dernier à Yaoundé, le sélectionneur national de la Guinée, Didier Six, a assuré que « Les 24 équipes sont toutes de haut niveau. Elles ne sont pas là par hasard, donc il faut penser que tous les matchs seront difficiles. » Dans le même sillage, le sélectionneur algérien Djamel Belmad, a indiqué qu’il faut savoir « qu’il n’y a plus de petites équipes en Afrique. Il ya toujours une surprise. Nous devons être prêts et vigilants. On ne doit pas prendre les choses à la légère, sinon on risque de passer à la trappe. On doit bien se préparer pour aborder cette CAN comme il se doit et

essayer de réaliser le meilleur résultat possible ». La légende de la Sierra Léone et ancien capitaine des Léone Stars Mohamed Kallon, a pour sa part commenté ce tirage au sort en disant que « La présence d’équipes fortes rend la compétition plus intéressante. Car jouer contre les meilleurs fait de vous le meilleur. » Pour sa part, le sélectionneur de la Gambie, Tom Saintfiet a expliqué qu’«Avant le tirage au sort, j’avais des combinaisons rêvées et je pense que le tirage s’en est approché. Nous ne devons sous-estimer aucune équipe car à la CAN, chaque pays est fort». «Chaque équipe qui s’est qualifiée a de la qualité », ajoute Saintfiet.

Quant au groupe E, l’Algérie, tenant du titre en est à 24 matches consécutifs sans défaite, pas loin du record africain en la matière, la Côte d’Ivoire et ses 26 matches sans défaite entre 2011 et 2013. 62 01/09/21

Les fennecs d’Algérie visent le podium.

Les « bafana-bafana » voudront honorer leur pays.


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Kais Saïed, un président tunisien exceptionnel, et initiateur du slogan «Le peuple le veut« Par: La Majalla Kaïs Ben Moncef Ben Mohamed Saïed, septième président de la République tunisienne, homme politique et professeur d’université, en droit constitutionnel.

Parcours professionnel

Kais Saïed a exercé comme professeur à l’Université de Tunis, Secrétaire général de l’Association tunisienne de droit constitutionnel entre 1990 et 1995, et vice-président depuis 1995. Il a occupé le poste de chef du département de droit à l’Université de Sousse, et expert juridique auprès de la Ligue des États arabes, et l’Institut arabe des droits de l’Homme. Saïed a été, également, membre du comité d’experts qui a été invité à commenter le projet de la Constitution tunisienne en 2014.

Présidence de la Tunisie.

Saïed, né en février 1958, est connu pour ses interventions académiques distinguées, qui tranchent concernant toute question juridique liée à la rédaction de la Constitution tunisienne après la Révolution.

Il s’est présenté aux élections présidentielles, en 2019, et est passé au second tour, pour l’emporter contre Nabil Karoui. Une situation taxée de «séisme électoral». Saïed s’est fait connaître en tant qu’homme politique hors du commun, par son refus de bénéficier de l’allocation fournie par l’Etat pour financer la campagne électorale de chaque candidat. Il a collecté la caution de 10.000 dinars (environ 3.000 euros), nécessaire pour s’inscrire à la liste des candidats, en faisant appel aux membres de sa famille. Le passage de Kaïs au second tour, et surtout sa victoire, ont constitué un choc dans le sens positif, et sont considérés comme exceptionnels, car il s’est présenté aux élections, ne comptant que sur ses propres moyens. Sa campagne électorale a compté sur de jeunes volontaires, et a pu remporter une écrasante majorité au second tour. Kaïs Saïed fait partie de la famille politique révolutionnaire en Tunisie, puisque son slogan de campagne est «Le peuple le veut». Sa campagne électorale ne fut pas du genre classique. Il ne faisait pas de promesses, et ne disposait guère de programme clair. Au contraire, il se promenait dans les cafés populaires, écoutant surtout les jeunes, en leur promettant de leur fournir des

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mécanismes légaux pour réaliser leurs demandes et programmes.

Exécution de son slogan de campagne

Il apparaît que «Le peuple le veut» n’est pas seulement un slogan pour se présenter aux élections présidentielles. Deux ans après l’accession à la présidence, et constatant que la situation en Tunisie a atteint «une ampleur qui n’est plus acceptable», Saïed a pris la décision que la volonté du peuple soit exaucée. Quelques heures après la descente du peuple tunisien dans la rue pour protester contre la mauvaise condition économique et sanitaire que vit le pays, le président Saeïd a annoncé aux Tunisiens que des mesures exceptionnelles étaient prises : Le limogeage du chef du gouvernement Hichem Méchichi, la suspension du Parlement, la levée de l’immunité de ses membres et la destitution du gouvernement. Avec l’engagement de poursuivre les corrompus et les criminels, et préserver l’État et les intérêts du peuple. Ces décisions ont été largement saluées par la rue tunisienne, qui est sortie le même soir pour célébrer les décisions du président, qui a répondu aux demandes de destitution du système en place.


Saida AGREBI à «La Majalla»: Les Droits des Femmes sont les Droits Humains  

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