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www.paperjam.lu

Économie Politique Entreprises Place financière

mai 2013

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5€

L’État r e i p pom

Politique

Nation : l’État des lieux, vu du locataire

Économie

Partenaires US : vers un nouveau Plan Marshall

Entreprises

Ambitions internationales en 4G

Place financière

L’après-Chypre, secret (bancaire) story


D E C O U V R E Z B L A C K B E R R Y

W W W. L U X G S M . L U / B L A C K B E R R Y

Z 1 0


éDITO

mai 2013

par Alain Ducat, secrétaire de rédaction – paperJam

De r

n n’a sans doute jamais autant parlé d’Europe, en parlant autant d’États. Il y a eu la Grèce et ses tourments, dans une moindre mesure l’Espagne ou l’Italie. Puis Chypre ! En attendant d’autres rebonds, du côté de la Slovénie peut-être, le Luxembourg, pas vraiment touché, a cependant eu son heure de gloire médiatique. Le pays s’en serait bien passé. Et pourtant, il fallait que le Grand-Duché tire son épingle du jeu. Provisoirement, c’est fait. Mais la pièce n’est pas finie. Sur la scène luxembourgeoise, les acteurs ne manquent pas de texte. Chacun y va même parfois de sa tirade. Comme dans un opéra, il y a les ténors qui attirent les lumières. Il y a l’une ou l’autre voix de tête. Et il y a le chœur. C’est que la

O

e t c a r e i n

partition prévoit une fin ouverte : les élections de 2014. Dans cet opéra de verdict, les urnes auront aussi leurs voix à faire entendre. Alors, dans les vents de crise, le discours doit porter. Il s’agit, pour les gouvernants du pays, à la tête duquel s’époumone encore Jean-Claude Juncker, d’être présents sur tous les fronts. Il faut en dire juste assez, pour ne pas prêter le flanc à la critique extérieure, tant il est vrai que la souveraineté du pays ne saurait se passer des regards du monde, et ne pourrait tenir longtemps sous les gros yeux courroucés. Il ne faut pas en dire trop, pour ne pas froisser l’électeur national, la fondation de toute œuvre politique. L’exercice est délicat : le ténor doit se faire équilibriste, aussi. Avec un discours sur l’état de la Nation suivi comme rarement, de l’étranger

compris, le Premier ministre a montré qu’il était capable de marcher sur un fil. Il est rompu à l’exercice. Et il semble se préparer au suivant. Le dramaturge le plus avisé maîtrise son art. Il sait comment faire avancer la trame sans tout dévoiler, en profitant au mieux du climax. Mais perdre du temps pour en gagner, cela ne marche pas nécessairement à tous les coups Comme il y aura des élections en 2014, il n’y aura pas, selon la tradition et l’éthique politique, de discours l’an prochain à pareille époque. Étant entendu que les envolées lyriques ne valent que lorsqu’elles sont suivies d’actions concrètes, on peut raisonnablement penser que le dernier discours prépare le dernier acte. Il pourrait s’intituler : la sortie de crise, par le haut. C’est là qu’il va falloir le démontrer. Mai 2013 —

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WEDNESDAY, 19 JUNE 2013 PHILHARMONIE LUXEMBOURG 8.00 a.m. - 1.30 p.m.

Looking into the future of financial services in Luxembourg The Horizon conference is honoured to once again have Minister Luc Frieden deliver the opening speech at the third edition of this annual gathering. This year's conference is dedicated to the outlook of the financial services industry in Luxembourg: • The future of the distribution of Luxembourg's financial products • Impact of the Luxembourg Freeport • Potential diversification of pension funding

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sommaire

05/ Sommaire 2013 www.paperjam.lu

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On en parle

12

12 Jean-Claude Juncker

Le point de vue du locataire

Dans son dernier discours sur l’état de la Nation avant les élections, le Premier ministre a surtout essayé d’embellir le bilan de la dernière législature. L’État des lieux a peut-être oublié les vrais défis de demain. & politiqu

économie 

e

24 Recherche et innovation

Matière grise

La recherche publique a 25 ans et va vers une réforme de son cadre légal. Le secteur privé subit plus lourdement la crise. Dans un contexte international concurrentiel, le Luxembourg de l'excellence est-il au rendez-vous ?

30 Les dix vérités de

Nicolas Schmit

Le ministre du Travail et de l’Emploi, interviewé sur paperJam.TV, regrette le manque de courage politique qui constitue un frein à la sortie de crise.

32 Diversification économique

Vers un nouveau Plan Marshall La recherche de capitaux dans de nouvelles régions en développement ne doit pas occulter la poursuite de relations privilégiées avec les partenaires historiques, États-Unis en tête.

38 COVERSTORY

38 Gestion des participations

L'État pompier

Quel rôle doit (peut) jouer l'État dans l'économie luxembourgeoise ? Le gouvernement a-t-il une stratégie particulière en la matière ? Les faits démontrent que, surtout dans le contexte socioéconomique qui perdure, l'intervention de l'État actionnaire a souvent pour vocation d'éteindre le feu. Sur quels leviers agir ? Dans quelles proportions ? Pour laisser faire ou garder la main ? En tout cas, l'État luxembourgeois est très actif par le biais de ses participations. Et par l'influence de ses représentants dans les acteurs économiques.

40 Philosophie

Affaires d’État

Intérêt national, soutien temporaire ou systémique, visées stratégiques... Il y a plusieurs facettes au rôle de l’État qui participe activement à la vie économique et sociale, par le biais des billes déposées dans des entreprises luxembourgeoises.

52 Fonds

Un long serpent de mer

Faut-il développer une structure dédiée à la gestion des participations de l’État ? Ou un fonds souverain ? Le sujet n’a jamais été concrètement abordé par le gouvernement, en dépit de bonnes intentions affichées en… 2004.

56 Contrôle et utilisation

Contexte et stratégies variables

Les interventions étatiques n’échappent pas au contrôle européen. Les participations restent souvent réparties sous différents girons, au gré des échéances politiques. Les pays émergents les utilisent, eux, dans leur expansion mondiale. Mai 2013 —

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sommaire

05/ Sommaire 2013

66

70 84

ENTREPRISE

S

78 Commerce en Grande région

66 Télécoms Briller dans la constellation

Ambitions internationales en 4G

Trois entrepreneurs luxembourgeois, experts en IT et en télécommunications, se sont associés pour développer, à partir du Luxembourg, un tout nouvel opérateur de type 3.0, à vocation internationale, et ciblant en premier lieu le marché des PME.

70 Ice-Watch

Une image de marque à l’heure luxembourgeoise

L’effet de marque de la montre colorée, portée par un marketing intelligent, joue aussi sur la propriété intellectuelle luxembourgeoise. Et ce n’est sans doute pas fini.

76+82 Picture reports

Presque 40 ans après leur apparition, les centres commerciaux au Luxembourg – et en Grande Région – n’ont jamais été aussi nombreux. Tous consentent régulièrement à d’importants investissements pour capter une clientèle toujours plus mobile.

84 Start-Up

Le luxe sur-mesure

Via sa marque Shebusa, AAA Fashion offre des vêtements haut de gamme customisés sur une plateforme en ligne. i À Lire auss

10 Agenda

À suivre...

Événements et invitations, à toutes fins utiles.

RSE et anniversaire 114 Opinion Les bouchées doubles

Alors qu’étaient remis les tout premiers European CSR Awards, le groupe Chaux de Contern soufflait 90 bougies.

Par Anouk Agnes, deputy director general et director communications & business development à l'Alfi.

Mai 2013 —

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PARUTION AUTOMNE 2013

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sommaire

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103 92

106 114 PLACE FINANCI

ère

92 Mise au point

Le Luxembourg n’est pas une île (méditerranéenne)

Désigné comme une prochaine menace pour la stabilité DÉSIRS de la zone euro pour sa prétendue similarité avec l’économie chypriote, le Grand-Duché a dû se défendre. Pourtant son 103 Culture modèle économique est très différent.

98 Fiscalité

Secret story

Histoire de la disparition du secret bancaire luxembourgeois. Feuilleton, en version courte.

Pour ne rien manquer

Les personnalités qui font l’actualité, les rendez-vous à ne pas rater, les films et les expositions à voir… Zoom sur la restauratrice Élisabeth Koltz.

106 Design

Retour de Milan Tosples5plus lus

cle des arti perJam.lu sur pa 18 avril 2013 ars au  » du 2 m r savait

financie monde ire : « Le s t banca lu 2.142 fois re c x propo e S 1/ ons au s réacti le  : e ir t banca e Frieden d 2/ Secre fois cker lu 2.135 de Jun ourage c u a l e 3/ L’app lu 2.046 fois mbourg le Luxe ouillent eaks m L re o is fo ffsh lu 1.888 h alarmiste 4/ Les O esc on Rein 5/ Gast lu 1.627 fois

Nos coups de cœur et sélection après l’événement phare du design : le Salon du meuble de Milan. Lire aussi l’interview du designer Philippe Nigro en page 112.

108 Gastronomie et commerce

Pour ne manquer de rien

Comment déguster de l’autruche, où (très) bien manger en Grande-Région, qu’acheter à la nouvelle boutique Montblanc… Utile ou futile : on vous dit tout.

114

30 ans au Casino 2000

Style Watch

Un événement passé à la loupe des chasseurs de style.

Mai 2013 —


agenda

À suivre 08/0

5

Entreprises cotées

Le printemps est généralement riche en assemblées générales des sociétés. Outre celle de Luxempart (lire par ailleurs), il convient de noter, le 8 mai (à 10 h 30), celle d’ArcelorMittal, en pleine débâcle boursière (le titre a perdu 30 % depuis le début de l’année) qui se tiendra à l’Hôtel Le Royal. Puis, deux jours plus tard, auront lieu les AG, a priori plus paisibles, de BIP et de SEO (à 11 h).

07- 5 08/0

de 12 h45 à 14

Forum

Conférence

Business meets Research

Échange automatique de données bancaires

Quelques jours après l’annonce, par le ministre des Finances Luc Frieden, de l’introduction de l’échange automatique des données bancaires, l’avocat Alain Steichen (Bonn Steichen & Partners) analysera la situation à l’invitation de Meetincs. Lieu : Hôtel Le Royal Organisateur : Meetincs Infos et inscriptions : www.meetincs.lu

4 30/0 00 11h

Entreprise cotée

AGO de Luxempart L’assemblée générale ordinaire de Luxempart ne manquera pas d’un certain intérêt, cette année, en plein cœur de « l’affaire » Pescanova (lire en page 87).

— Mai 2013

Édition 2013 de ce forum organisé par Luxinnovation pour découvrir le savoir-faire, les capacités et les solutions innovantes en matière de recherche et développement dans la Grande Région (voir aussi l’article page 24) Lieu : Chambre de commerce Organisateur : Luxinnovation Infos et inscriptions : www.business-meets-research.lu

5 10/0 Finances

Résultats T1 d’ArcelorMittal Deux jours après la tenue de son assemblée générale annuelle, le numéro un mondial de la sidérurgie publie ses résultats pour le compte du 1er trimestre 2013.

5 15/000

de 9h 30 à 17h

Fonds d'investissement

Responsible investing conference

Les investissements dits « responsables » sont de plus en plus prisés par les investisseurs. L’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement mise beaucoup sur le développement de ces véhicules et consacre une journée entière de conférences et tables rondes à cette thématique. Un événement organisé en association avec LuxFlag, sous le patronage de la Grande-Duchesse Maria Teresa. Lieu : Centre de conférences du Kirchberg Organisateur : Alfi Infos et inscriptions : www.alfi.lu

21/0

5

Publication

Note de conjoncture

Photo : archives paperJam

4 29/0 h00

Tour d’horizon des événements à ne pas manquer dans les prochaines semaines au Luxembourg. Séminaires, conférences, séances académiques…

Assemblées générales

Photo : Étienne Delorme (archives)

10

Quelques semaines après avoir communiqué sa première estimation du PIB en volume pour l’année 2012, le Statec publiera sa première note de conjoncture pour l’année 2013. Un rendez-vous quadrimestriel qui analyse la situation et les perspectives à court terme de l’économie luxembourgeoise et de l’environnement international.

215 23/0 Mission économique et financière

Cap sur la Scandinavie Organisée conjointement par Luxembourg for Finance et la Chambre de commerce, cette mission emmènera la délégation luxembourgeoise, menée par le ministre des Finances Luc Frieden, en Suède (à Stockholm) et en Norvège (Oslo). Il y sera principalement question de fonds d’investissement et de gestion de fortune pour ce qui est du volet financier, et de ICT, logistique, cleantech et biotech pour le reste.


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12

actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

n on ele par

La curiosité médiatique autour du discours annuel du Premier ministre était pour beaucoup suscitée par l’annonce, distillée par Luc Frieden, de changements dans l’approche du secret bancaire.

Jean-Claude Juncker

Le point de vue du locataire

Dans son dernier discours sur l’état de la Nation avant les élections, et sur fond de remaniement de son gouvernement, le Premier ministre a surtout essayé d’embellir le bilan de la dernière législature. L’État des lieux a peut-être oublié les vrais défis de demain. Texte Marce Gerges Photo Luc Deflorenne

— Mai 2013


13

actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

Prévisions de croissance 3,8 %

PIB Luxembourg

Emploi Luxembourg

4

4 2,3 %

2 %

3

1,6 %

1,4 %

2

1,9 %

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3

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0,3 %

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2013

ournée découverte pour les très nombreux journalistes étrangers ! Ils étaient venus enten­ dre l’ex-Monsieur Euro au sujet de l’abandon du secret bancaire par le Luxembourg. Ont-ils été déçus du voyage ? Découverte d’une langue – un discours op lëtzebuergesch wann ech gelift – inconnue et incompréhensible pour nombre d’envoyés spéciaux ahuris. Découverte d’un Luxembourg paradisiaque qui fait tellement mieux que ses compères européens en termes de croissance et d’endettement public. Et, finalement, la découverte d’un rituel qui veut que, à chaque printemps, tout un pays soit suspendu aux lèvres du Premier ministre, pour son pensum sur l’état de la Nation. En ce grand jour, à considérer les attentes des médias nationaux et autres « forces vives » du pays, Jean-Claude Juncker fait carrément figure d’oracle. L’oracle est cependant resté muet cette année… Point de surprise pour les « locaux ». En lieu et place d’une vision pour le futur, ils ont eu droit à une multitude de statistiques diverses et de fausses annonces choisies de manière discrétionnaire. L’abandon partiel du secret bancaire ? Le ministre des Finances l’avait annoncé quelques jours auparavant (lire page 98), dans un entretien accordé à un journal dominical allemand. Le manque à gagner annuel à hauteur de quel­ que 700 millions d’euros, par l’application de la directive européenne sur le commerce électronique en 2015 ? Un trou budgétaire qui est discuté depuis plus d’un an. La hausse du taux de la TVA en 2015 ? Tout le monde s’y attendait. La litanie du « Rien n’est plus comme auparavant », pour repren­ dre le fil rouge de l’entame du discours ? Un lieu commun. La difficulté pour les gouvernants de gérer le pays malgré des « prévisions de croissance erratiques qui sont de nature à provoquer le vertige » ? Tiens, voilà une excuse qui n’avait pas cours jusque-là et qui sonne, à vrai dire, un peu comme un aveu, comme un « Nous n’y sommes pour rien, nous faisons de notre mieux » à lire entre les lignes. D’ailleurs, plus en amont dans son discours, Juncker avait déjà enfoncé le clou : « Il n’est jamais facile de gouverner, surtout en temps de crise. » Le discours sur l’état de la Nation, version 2013 – qui a été

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préparé lors d’une journée de réflexion avec le gouver­ nement au complet – fait dès lors penser à un état des lieux rempli par le locataire : pour le propriétaire, tout est pour le mieux, à part des petites usures du temps ou quelques menus dommages qui restent des cas fortuits ou la consé­ quence d’événements imprévisibles et imparables. Un an avant les élections législatives, Jean-Claude Juncker s’est ainsi appliqué à dresser un bilan très positif de l’action gouvernementale depuis 2009. Et si jamais des passages de son discours avaient été mal compris ou avaient donné lieu à des interprétations malencontreuses, Juncker a eu tout loisir d’interpréter son propre discours lors d’une interview exclusive, diffusée sur RTL Radio immédiatement après la fin de son allocution devant le Parlement.

J

« Il n’est jamais facile de gouverner, surtout en temps de crise. » Jean-Claude Juncker

Un an avant les élections, la rigueur n’a plus lieu d’être

Lors de cet entretien, le Premier ministre a de surcroît appuyé le trait, en expliquant de manière implicite pourquoi il a refusé de donner une vision du Luxembourg futur. Il s’est en effet longuement penché sur le fait qu’il a « anticipé les décisions du futur gouvernement » en annonçant la hausse de la TVA dès 2015. S’il a dû faire cela, c’est d’abord parce que « le gouvernement devra soumettre l’actualisation de son programme de stabilité pour les années 2014-2016 à la Commission européenne : ce programme ne devra pas seulement tracer la voie vers un retour à l’équilibre global, mais devra également fixer les objectifs annuels à atteindre. » Pour ce qui est des concepts politiques pour le futur, il appartiendra au prochain gouvernement de les décider. À croire que le gouvernement en place a déjà abdiqué et n’envisage pas sa reconduction aux affaires du pays… Le Premier ministre a en tout cas réussi à passer sous silence les zones d’ombre du bilan gouvernemental – par exemple, la promesse de retrouver l’équilibre budgétaire en 2014 – tout en restant très vague en ce qui concerne les mesures pour « combattre la crise ». L’année dernière, les chefs des groupes parlementaires du CSV et du LSAP – possédant tous les deux un passé Mai 2013 —

Source : discours sur l’état de la Nation

PIB zone euro 4


actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

Déficits Finances publiques 400

300

-700 Mios d’euros L’État aura un manque à gagner de 700 millions d’euros par an en recettes de TVA sur le commerce électronique.

200

11,4 Mds d’euros C’est l’estimation de la dette publique du Luxembourg en 2014, soit 25 % du PIB. Cette dette était de 2,5 milliards en 2007 (6,7 % du PIB).

100

0 en millions d’euros

Administration centrale 2

1

2006 : 8.700 2012 : 11.300

0.5

0 en milliards d’euros

— Mai 2013

2013

1.5

Bénéficiaires RMG

syndical – avaient encore mené la fronde contre le gouver­ nement et imposé presque 1 milliard d’économies supplé­ mentaires. Un an avant les élections, pareilles mesures, qui passeraient aussi par une hausse de certains impôts, ne sont plus envisageables. Et alors que l’année dernière, le discours de circonstance déclinait les synonymes du terme rigueur, il n’en est plus question aujourd’hui : « Après le paquet de consolidation de 900 millions d’euros en 2013, des mesures d’assainissement budgétaire de l’ordre de 1 milliard d’euros pour 2014 seraient contreproductives pour la croissance, l’évolution du chômage et la consommation intérieure. L’actuel cycle conjoncturel ne permet pas de consolider le budget au-delà de 300 millions d’euros en 2014. » On peut être d’accord ou non sur le fond de cette déclaration, mais la volte-face d’une année à l’autre au sujet de la « consolidation nécessaire du budget » a de quoi surprendre. Selon le discours de Juncker, le Luxembourg est aussi un des seuls pays qui investit malgré la crise – 62 milliards d’euros entre 2009 et 2013 –, un pays qui a une croissance bien supérieure et un taux d’endettement bien inférieur aux autres pays européens, un pays qui a les reins assez solides pour sauver les banques et même en tirer profit, un pays qui pratique une politique sociale devant aboutir à une société plus équitable, etc. À force de creuser, cette devanture se révèle rapidement digne de Potemkine, car elle ne tient pas compte des

2012

Source : discours sur l’état de la Nation

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véritables enjeux de demain. Des enjeux qui ne sont pas de circonstance avant des élections, car ils risquent de provoquer des débats ainsi que de… fâcher l’électeur. La cohésion sociale n’a pas le doit de vote

À force de focaliser la discussion au sujet du futur du pays sur les seuls aspects financiers et économiques, les débats et visions sont voués à être biaisés d’avance. D’ailleurs, la faute n’en revient pas au seul Premier ministre ou au gouvernement, mais à l’ensemble des acteurs politiques ou politisés, syndicats, patronat, groupes de pression compris. Plus personne ne sait plus se défaire de l’immédiateté et donc de l’empreinte de la crise économique. Les sujets dont ni Juncker ni ceux qui ont réagi à son discours n’ont parlé, mais qui sont cruciaux pour l’avenir du pays, touchent tous à la cohésion sociale. Il s’agit d’enjeux fondamentaux, avec des conséquences directes, à court, moyen et long termes, sur la situation politique et économique du Grand-Duché. Jean-Claude Juncker n’a pas donné de pistes pour améliorer l’intégration des étrangers au Luxembourg, et les faire participer au processus démocratique. Or, il est le premier à savoir – c’est lui qui a mis en garde devant le fameux mur des 700.000 habitants il y a quelques années – qu’à brève échéance, les Luxembourgeois seront minoritaires dans

2012

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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

Gouvernement

Démissions, des missions Plusieurs fois annoncé partant, le ministre de la Justice, de la Fonction publique et de la Réforme administrative, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, des Communications et des Médias et des Cultes – excusez du peu –, François Biltgen, a finalement officialisé sa volonté de devenir juge auprès de la Cour de justice européenne. Il appartient désormais au Grand-Duc d’accepter sa démission, ou plutôt, il appartient au Premier ministre d’en définir la date. Car d’aucuns parlent d’un remaniement gouvernemental plus large du côté du CSV, pour mieux préparer les élections. Plusieurs ministres seraient ainsi sur le départ, soit par choix personnel – Marie-Josée Jacobs, ministre de la Famille et de l’Intégration, de la Coopération et de l’Action humanitaire en fait partie –, soit poussés par leur parti, à l’image d’Octavie Modert, ministre de la Culture, ministre aux Relations avec le Parlement, à la Simplification administrative auprès du Premier ministre et ministre déléguée à la Fonction publique et à la Réforme administrative. Reste à savoir qui des jeunes espoirs en lice le CSV va lancer pour qu’ils puissent bénéficier du bonus ministrable lors du rendez-vous électoral de l’année prochaine. Quant à Luc Frieden, le ministre des Finances qui avait été éconduit par les chefs de groupes parlementaires du LSAP et du CSV lors du dépôt du budget 2013, il aurait mis de côté son dépit et résisté aux sirènes de postes copieusement rémunérés au sein de multinationales (comme le pétrolier Shell) pour rempiler à son poste. Il reste porté, aussi, par l’éternel espoir de quand même un jour succéder à Jean-Claude Juncker, comme chef de gouvernement. Chez les socialistes, deux ministres seraient non partants lors des prochaines élections, à savoir Mady Delvaux-Stehres, ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, et Nicolas Schmit, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Immigration. Une démission s’annonce toutefois compliquée : tous deux sont englués dans des réformes combattues soit par les syndicats soit par les premiers concernés – l’enseignement, l’Adem – et un abandon avant l’heure risquerait d’être interprété comme une déclaration d’échec. M. G..

— Mai 2013

leur pays. Étant donné que l’histoire nous apprend qu’il est très dangereux pour la démo­ cratie qu’une majorité soit gouvernée par une minorité, le peuple est en droit de connaître la feuille de route du gouvernement à ce sujet. Le Premier ministre n’a pas non plus abordé la discussion sur la fonction publique. Actuellement, son fonctionnement stimule la séparation de la société luxembourgeoise en deux camps antagonistes : les fonctionnaires majoritairement luxembourgeois et électeurs d’un côté, les employés majoritairement étrangers, résidents ou frontaliers et, surtout, non électeurs, de l’autre. La discussion devrait donc porter, pas seulement sur le seul statut du fonctionnaire ou sur l’accord salarial – pour reprendre les deux sujets dominant l’actualité – mais plutôt sur l’ouverture de la fonction publique à une société culturellement hété­ro­ clite et son adaptation à celle-ci. M. Juncker a très sommairement abordé la question de l’enseignement en citant les « investissements massifs » de 9,6 milliards d’euros entre 2009 à 2013 et en annonçant le dépôt du projet de loi pour la réforme de l’enseigne­ ment au printemps. C’est un peu court comme développement, si on considère l’école publique comme garante de la prospérité et de la cohé­ sion sociale. À un moment où la ministre du ressort semble isolée au sein même du gou­ vernement à cause de la levée des boucliers des syndicats des enseignants, le discours sur l’état de la Nation aurait été le moment idéal pour lui apporter un soutien sans appel, pour affronter le corporatisme des enseignants incapables de se remettre en question : ne sachant reproduire que leur propre vécu, ils vivent en complète méconnaissance de la réalité sociale et sociétale luxembourgeoise. Un échec de la réforme de l’enseignement aboutirait à une fracture ouverte au sein de la société. Coup de fatigue

Si le Premier ministre a abordé plusieurs fois l’endettement, il ne s’est jamais vraiment prononcé à ce sujet, mis à part l’annonce de retrouver l’équilibre financier, promis pour 2014, 2016 ou 2017. Il a dressé l’état des lieux des finances publiques, insisté sur le danger de l’accroissement de la dette pour ensuite déclarer que celle-ci était sous contrôle,

« Les classes moyennes seront exemptées des hausses d'impôts. » Jean-Claude Juncker

et qu’elle ne posait en fin de compte aucun problème. Pas à une contradiction près, Jean-Claude Juncker a évoqué une réforme fiscale, nécessaire pour subvenir aux dépenses croissantes de l’État, pour déclarer dans la foulée que les « classes moyennes seront exemptes des hausses d’impôts » et que le taux maximal d’imposition pour les personnes physiques ne sera pas augmenté à cause du « besoin du pays d’attirer des travailleurs à très haute qualification ». Pour préserver la compétitivité, il n’est pas question non plus de confronter les entre­ prises avec une hausse d’impôts ou de nouvelles taxes. Finalement, Juncker en appelle aussi à la solidarité avec les classes sociales nécessiteuses. Reste donc à savoir qui, en fin de compte, sera forcé de mettre la main à la poche dans le cadre de la réforme fiscale qui aura pour but de générer davantage de revenus à l’État. En finalité, dans son discours si attendu, le Premier ministre n’a rien raconté de neuf ou de bien palpitant. Il s’est limité à énumérer les actions positives de son gouvernement. Moralisateur, il a plaidé pour la fin des corporatismes, en évitant de citer syndicats, fonctionnaires ou enseignants. Prévoyant, il a mis en garde devant l’augmentation des dettes et annoncé une réforme fiscale pour générer plus de revenus. Social, il a promis à tout le monde de ne pas devoir payer plus d’impôts. La fatigue semble avoir envahi le gouvernement. A-t-elle aussi atteint le Premier ministre ? Jadis, le même Jean-Claude Juncker s’enflam­ mait lors de ses discours, il était convaincant en étant convaincu de sa cause. Une cause qu’on cherche en vain dans son 19e discours. Le dernier avant les élections de 2014, qui en ont conditionné le contenu : il s’agit de renouveler le bail…


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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

économie  & Politique

— Mai 2013


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Cour de Justice de l’UE

Biltgen, au nom du rêve

Photo : Olivier Minaire (archives)

Comme nous l’avions déjà indiqué dans notre précédente édition, François Biltgen est bel et bien candidat (comme 12 autres personnes) à la succession de Jean-Jacques Kasel en tant que membre luxembourgeois de la Cour de Justice de l’Union européenne. Conséquence directe : le ministre multi-maroquin a présenté, au Premier ministre, sa démission du gouvernement. À l’heure où nous clôturions cette édition, Jean-Claude Juncker ne l’avait pas encore officiellement acceptée. « J’ai toujours voulu faire de la politique, mais cela a toujours, aussi, été mon rêve d’être juge au sein de la Cour de Justice de l’Union européenne », a expliqué M. Biltgen lors de sa déclaration à la Chambre des députés. Son départ du gouvernement constituera ensuite un casse-tête, puisque M. Biltgen est ministre de la Justice (on parle de Gilles Roth pour lui succéder), de la Fonction publique et de la Réforme administrative ; de l’Enseignement supérieur et de la Recherche ; des Communications et des Médias ; et des Cultes.

Au 1er janvier 2013, le Luxembourg comptait 537.039 habitants, soit 12.186 de plus

SH

(+2,3 %) en un an. | Entre 2008 et 2010, les coûts de l’enseignement fondamental ont augmenté de 62 % à 20.821 euros, en raison du reclassement de carrières des enseignants du cycle primaire.

Commission européenne

Infrastructures

Les experts, Luxembourg

La plateforme multimodale enfin chiffrée

Le 11 avril, dans le bâtiment Jean Monnet, au Kirchberg, a eu lieu la première séance plénière de trois comités scientifiques de la DG Santé et Consommateurs de la Commission européenne. Basés jusque-là à Bruxelles, désormais installés à Luxembourg, ces 41 experts composent les comités scientifiques sur la protection du consommateur, sur la santé et les risques environnementaux, et sur des risques pour la santé nouvellement identifiés ou émergents.

Le Conseil de gouvernement a adopté le projet de loi relative à la gestion de l’infrastructure ferroviaire, donnant un cadre financier au futur site Eurohub Sud. Un montant de 210 millions d’euros HTVA sera investi en deux étapes. Une première tranche (182 millions) pour les travaux préparatoires et une seconde (28 millions) qui sera dédiée aux équipements techniques et au bâtiment administratif. 30 millions supplémentaires pourraient être débloqués en cas d’insuffisance des capacités de stockage envisagées.

Photo : archives paperJam

FRE

« Une participation du Luxembourg à l’expo universelle de Milan en 2015 pourrait être bénéfique. » Stefano Maria Cacciaguerra Ranghieri, ambassadeur d’Italie au Luxembourg, au sujet des « best practices » de la coopération luxembourgeoise qui pourraient être présentées durant l’événement.

Mai 2013—


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Administration centrale

2 milliards de trou en 2016 Le trou de l’administration centrale de l’État devrait se creuser au-delà du milliard d’euros pour 2013. Et les prévisions font état d’un déficit porté à quelque 2 milliards en 2016. Les estimations du gouvernement mesurent notamment une baisse de recettes fiscales, face à des dépenses difficiles à maîtriser.

Régions riches

Luxembourg, derrière Londres, avant Bruxelles Selon un rapport de l’office européen de statistique (Eurostat), le GrandDuché est la 2e région la plus riche de l’UE 27. Le centre de Londres (avec la City) se classe premier et la Région de BruxellesCapitale occupe la 3e place. Eurostat s’est appuyé sur les données du PIB de 2010, ramené par habitant. Cette donnée est évidemment influencée par les pôles d’attraction économique sur les régions frontalières.

Photo : archives paperjam

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160 exposants et 1.650 visiteurs avaient été recensés lors de la 1e édition du salon, en 2012.

GR Business Days 2013

Montée en puissance

Publication

Annuaire statistique L’annuaire statistique vient de paraître. Il s’agit d’une vaste documentation chiffrée sur le Luxembourg. Il contient plus de 500 tableaux, ainsi que 50 cartes et graphiques sur 550 pages, établis et mis à jour par le Statec. La publication intègre aussi une multitude de données récoltées ou produites par les autres organismes faisant partie du système statistique luxembourgeois. Son prix : 29 euros.

PIB

Stagnation Dans sa première estimation du PIB 2012, le Statec a évalué la croissance à 0,3 %, soit moins que les dernières prévisions publiées (0,5 %). Alors que la prochaine note de conjoncture sera publiée le 21 mai, l’institut de la statistique maintient sa prévision de croissance de 1 % pour 2013 sur fond de dégradation de la situation en zone euro. Une récession technique avait été traversée entre le quatrième trimestre 2011 (-0,4 %) et le premier trimestre 2012 (-0,3 %).

— Mai 2013

La préparation de l’édition 2013 des GR Business Days (les 12 et 13 juin) bat son plein. Fort du succès (160 exposants et 1.650 visiteurs) de l’édition précédente (qui fut aussi la première), la Chambre de commerce mise sur le côté « interactif » de l’événement pour faire au moins aussi bien cette année. « Le visiteur ne vient pas seulement pour voir des stands. Il joue un rôle actif en tant qu’acteur B2B. C’est une nouvelle culture de salon que nous avons introduite », explique Sabrina Sagramola, en charge de la coordination de ce salon. Parmi les nouveautés de l’année, la possibilité, d’ici à fin avril, pour les exposants déjà inscrits, d’enregistrer un « elevator pitch » d’une minute en vidéo, qui sera diffusé sur le site du salon (www.gr-businessdays.com) avant l’événement, afin que chacun puisse préparer au mieux les rendezvous d’affaires qui se tiendront sur place (il y en a eu 3.000 l’année dernière). À noter également la tenue de deux « événements dans l’événement » : une première journée dédiée au e-commerce et la seconde aux décideurs MarkCom.

Fonds de compensation

Ban de Gasperich

Un peu de tabac pour la retraite

Déblocage en vue

Le fonds de compensation commun au régime général de pension (FDC) gère des actifs financiers servant à garantir la pérennité du système des retraites. Il avait 10,5 milliards d’euros sous gestion fin 2011. 4,73 % des fonds sont investis, par l’État, dans l’industrie du tabac. Le ministre de la Santé a été interpellé à la Chambre sur ce point curieux, mais pas contraire aux règles en vigueur.

Xavier Bettel n’a pas caché sa satisfaction en annonçant qu’un accord avait été trouvé avec le propriétaire d’un terrain sur le Ban de Gasperich dont l’acquisition était nécessaire pour l’aménagement, par les pouvoirs publics, du boulevard Raffeisen, l’un des deux boulevards du futur site. Cela évite donc à la Ville de recourir à une expropriation – synonyme de délais supplémentaires – et marque un pas concret vers la réalisation des infrastructures.


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Enquête sur le SREL

Adem

C’est flou !

Même cap, autre direction

La Commission d’enquête parlementaire dédiée au fonctionnement du SREL (les services secrets luxembourgeois) avance dans le flou. Son président, le socialiste Alex Bodry, se pose des questions, notamment sur la véracité des informations récoltées au cours des derniers mois. « Les disparités dans les témoignages des personnes entendues deviennent de plus en plus manifestes. Il est probable qu’au moins un des témoins ait menti », a-t-il indiqué. En outre, l’audition du Premier ministre Jean-Claude Juncker, prévue le 17 avril, a été reportée au 7 mai. Elle devrait aborder la réforme de l’organisation même du SREL, ce qui constitue une des principales perspectives de la commission d’enquête.

Exit Géry Meyers. Arrivé six mois plus tôt à la direction de l’Adem, il a jeté l’éponge pour raisons personnelles. Il est remplacé par Isabelle Schlesser, qui faisait partie de la nouvelle direction tricéphale (en place depuis septembre 2012) voulue par le ministère du Travail pour mener la réforme de l’agence. Ian Tewes devient directeur adjoint en charge des services internes et Gaby Wagner, directrice adjointe, reste en charge du développement de l’emploi et de la formation. « La nouvelle direction entend poursuivre de manière sereine et résolue les actions entreprises dans le cadre de la réforme de l’Adem », rassurait le gouvernement.

Photo : Charles Caratini

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« L’aéroport du Luxembourg a atteint son rythme de croisière. » Fernand Brisbois, directeur de lux-Airport, récompensé du prix « Man of the Year » à l’occasion des TM Travel Awards 2013.

Fonction publique

Photo : Étienne Delorme (archives)

Vers une grève dans l’enseignement ? Les représentants du corps enseignant ont fait savoir dernièrement leur mécontentement à l’égard de la réforme de la fonction publique appliquée à leur profession. Faute de pouvoir être entendus par la ministre de tutelle, Mady DelvauxStehres, notamment sur la mise en place d’un système d’évaluation des enseignants, le syndicat SEW (OGBL) et l’Association des professeurs de l’enseignement secondaire et supérieur ont menacé de faire grève prochainement. Des consultations de leurs membres sont en cours pour confirmer ces actions.

Mai 2013—


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Salaires

Indexation automatique

L’écart sous la loupe

Un plafond à 23,6 millions

10 

%

L’écart salarial de genre se situerait entre 10 et 12 %, selon Françoise Hetto-Gaasch. La ministre de l’Égalité des chances établit ce constat, alors qu’elle envisage l’instauration obligatoire d’un logiciel d’analyse du phénomène auprès des entreprises luxembourgeoises. Indice

Confiance stabilisée

-7

La confiance des consommateurs affichait un niveau identique de -7 en février et en mars. On est loin des chiffres historiquement hauts (+15 en février 2012), mais les personnes interrogées retrouvent la confiance… sauf sur la situation économique du pays qui incite à plus de réserve.

Chômage

Toujours plus nombreux

6 4 1 . 6 1

En données corrigées des variations saisonnières, le nombre de chômeurs a augmenté de 1,2 % en février à 16.146 demandeurs d’emploi, contre 15.959 le mois précédent et 14.366 un an plus tôt. D’un mois sur l’autre, le taux de chômage établi par l’Adem est resté stable à 6,4 % de la population active. Il s’établissait à 5,9 % en février 2012.

Inflation

Sous le 2 %

1,96 

%

Selon le Statec, le taux de variation de l’inflation sur 12 mois passe sous les 2 % pour la première fois depuis mi-2010.

— Mai 2013

Photo : Olivier Minaire

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Selon Octavie Modert, ministre déléguée à la Fonction publique et à la Réforme administrative, « un plafonnement d’une tranche d’indice de 2,5 % à deux fois le salaire social minimum, appliqué sur l’indemnité barémique et l’allocation de fin d’année des agents de l’État, ainsi que sur la pension des retraités de l’État, réduirait les dépenses annuelles de personnel de l’ordre de 23,6 millions d’euros ». Mme Modert répondait à une question parlementaire du député ADR Gast Gybérien,

Bommeleeër

qui voulait connaître les répercussions en valeur sur la somme des traitements versés aux fonctionnaires d’un système de plafonnement de tranche indiciaire… Dans le même ordre d’idées, selon un calcul effectué par les services ministériels, dans l’hypothèse d’un plafonnement d’indexation à trois fois le salaire social minimum, l’État réduirait ses dépenses en personnel de quelque 11,8 millions d’euros.

Tourisme 

La capitale toujours Juncker et Frieden sommés de s’expliquer plus visitée Suite aux informations de RTL, selon lesquelles le réseau clandestin StayBehind aurait été responsable des attentats perpétrés dans les années 80 au Luxembourg, Déi Gréng demande des comptes à Jean-Claude Juncker et à Luc Frieden (alors ministre de la Justice), censés avoir été informés dès janvier 2006. Un enregistrement clandestin attesterait même de cette rencontre entre les deux membres du gouvernement et trois agents spéciaux du SREL. Or, aucune de ces informations n’avait à l’époque été transmise à la Justice.

Le tourisme a le vent en poupe à Luxembourg-ville : les résultats 2012 du Luxembourg City Tourist Office (LCTO) rassurent quant à l’attractivité de la capitale : ils révèlent une hausse de 2,77 % par rapport à 2011, ce qui constitue la troisième progression consécutive. Dirigé depuis le 15 avril dernier par Tom Bellion, en remplacement de Roland Pinnel parti à la retraite, le LCTO annonce également une augmentation du tourisme d’affaires (+59 %) via les demandes adressées au Luxembourg Convention Bureau (LCB).


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INVESTIGATING FUTURE CHALLENGES

17/04/13 17:41


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Recherche et innovation

Matière grise

Alors que la recherche publique a fêté ses 25 ans il y a quelques mois, et va vers une réforme de son cadre légal, le secteur privé subit plus lourdement la crise. Dans un contexte international concurrentiel, le Luxembourg est-il sur la carte de la recherche ? L’excellence est-elle au rendez-vous ? Les questions ont été posées aux acteurs du milieu. Texte France Clarinval

Photo : Olivier Minaire (archives)

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I

l aura été un des plus grands défenseurs de la recherche publique au Luxembourg et aura mis toute son énergie à faire en sorte que le GrandDuché puisse devenir un « centre d’excellence » (selon ses propres termes) dans le domaine. François Biltgen a annoncé qu’il quittait la vie politique en plein dans le chantier de la réforme des institutions de recherche. Mais le ministre qui a ce ressort quitte un navire très bien paré pour l’avenir. « Tout est en place et la recherche est sur de bons rails », affirmait ainsi François Biltgen. La recherche publique entre en effet dans un âge adulte en ayant fêté ses 25 ans en novembre dernier, célébrant ainsi la création des premiers — Mai 2013

centres de recherche publics (CRP Gabriel Lippmann et Henri Tudor). De leur côté, l’Université affiche 10 printemps alors que le Fonds national de la recherche (FNR) est un adolescent sérieux de 14 ans. Budget croissant

Il faut reconnaître que le Luxembourg a su mettre à profit ces 25 années pour développer un secteur qui était totalement inexistant, du moins au niveau de l’investissement public. Intégrer la recherche dans une loi-cadre (31 mars 1987), soutenir son financement en augmentant progressivement mais massivement sa part dans

le budget (l’objectif de 1999 était d’atteindre 0,3 % du PIB alors que celui de 2004 a été revu à 1 %), était plutôt osé à l’époque. Après les années de travail de pionnier, la recherche publique a dû aller de l’avant et, sous l’impulsion du rapport de l’OCDE en 2006, recadrer sa stratégie, mettre en œuvre des priorités, s’ouvrir à l’international, établir des contrats de performance, poser les bases d’une gouvernance, renforcer la collaboration publicprivé. Ces évolutions ayant pris effet et étant en grande partie digérées, la phase suivante va pouvoir être mise en place. « Les nouvelles réformes concernent surtout la gouvernance de la recherche. Je ne veux plus de fonctionnaires dans les conseils


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4.711

C’est l’ensemble du personnel en R & D au Luxembourg en 2009. Parmi eux, 2.396 sont des chercheurs (1.371 dans les entreprises et 1.025 dans la recherche publique).

2.592

52 Mios

C’est le montant en euros du crédit budgétaire du Fonds national de la recherche en 2013. Cela représente 0,12 % du PIB.

Les chiffres clés de la recherche au Luxembourg

C’est le nombre de publications scientifiques publiées dans des journaux internationaux à comité de lecture entre 2000 et 2010.

d’administration pour garantir plus d’autonomie aux institutions. Il faut aussi clarifier les relations entre les conseils d’administration qui déterminent la politique, les directeurs qui doivent mener les équipes et leurs travaux… La réforme de l’Université et celle du FNR seront certainement votées avant l’été. Celle des CRP le sera au mieux pour l’automne », affirmait le ministre Biltgen avant qu’il ait annoncé son départ du gouvernement. Le Luxembourg Institute for Science and Technology (LIST), l’entité qui coordonne le processus de fusion entre les CRP Henri Tudor et Gabriel Lippmann, qui mènera vers un seul établissement public, a vu le jour en janvier dernier. Il y a donc matière à se réjouir, et les acteurs du milieu le font. Il faut cependant

être prudent et analyser les points forts et les possibilités d’évolution du secteur. Au rang des satisfecit, chacun souligne l’importance du soutien politique à la cause de la recherche. Rolf Tarrach, recteur de l’Université, souligne « l’importance croissante de la dépense publique et l’effort qui continue à être consenti », alors que Yves Elsen, le président du FNR, parle « d’implication politique forte qui fait des économies intelligentes et garde de l’argent pour la recherche et l’innovation ». Les chiffres confirment ces constats puisqu’on est passé d’un budget de 28 millions d’euros en 2000 (correspondant à 0,13 % du PIB) à 277,7 millions d’euros en 2012 (correspondant à 0,66 % du PIB).

« Certes, on n’est pas encore arrivé au fameux 1 % , constate François Biltgen,  mais la croissance du PIB explique en partie ce ratio puisqu’en chiffres absolus, on a multiplié les investissements presque par 10 pendant que le taux ne grossissait que cinq fois. » Performance et évaluation

Un des autres points forts de la recherche luxembourgeoise est d’avoir eu la bonne idée – et le courage politique – de se concentrer sur des domaines ciblés et des créneaux de niche. « Il est impossible d’exceller partout, surtout quand on part de rien. Les domaines prioritaires découlent logiquement des points forts du pays », explique Rolf Tarrach. Au sein de l’Université, ces niches de recherche sont le droit européen « lié à la présence de la Cour de justice européenne et à celle de nombreux cabinets d’avocats internationaux » et la recherche en finance internationale, « car il est indispensable de soutenir ce pan de l’économie avec une recherche académique ». Les questions de sécurité, fiabilité et confiance dans le domaine des technologies de l’information sont un secteur en plein essor. « Après seulement trois ans, nous avons signé des conventions avec 20 entreprises et nous sommes financés à 70 % par des moyens externes (privés ou européens). » Autre domaine récent, la recherche en biomédecine était, toujours selon le recteur, « un pari courageux qui n’était pas lié à une compétence spécifique du Luxembourg et qu’il faudra soutenir de façon durable avant d’en voir les résultats ». Enfin, dans le domaine des sciences humaines, les questions autour des identités et de l’éducation dans un environnement multiculturel sont « évidentes et cruciales dans le cadre luxembourgeois et peuvent servir de modèle pour d’autres pays et régions ». Un des points marquants du rapport de l’OCDE visait l’amélioration de la gouvernance de la recherche publique. « Nous devons travailler à la fois sur l’autonomie et sur la responsabilité », précise le ministre de la Recherche. La réponse apportée par le Luxembourg a été d’introduire, dès 2008, les contrats de performance. Ces contrats pluriannuels courent actuellement sur trois ans pour les CRP, le FNR et Luxinnovation et sur quatre ans pour l’Université, qui voyait déjà cette obligation inscrite dans sa loi de constitution en 2003. Selon la philosophie de ces contrats, les institutions de recherche s’engagent à atteindre un nombre d’objectifs concrétisés par des indicateurs et des résultats en contrepartie de la dotation financière de Mai 2013 —

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l’État. Ainsi, les activités de recherche sont mises en relation avec les résultats aux niveaux scientifique, économique et social. Les retombées peuvent être des recettes par le biais des contrats de recherche (recherche contractuelle) ou issues de programmes de recherche à caractère compétitif (comme les programmes pluriannuels du FNR). D’autre part, les résultats, comme des publications scientifiques, un certain nombre de doctorants ou de thèses, des spinoffs, des brevets, etc., sont valorisés par les évaluateurs. « Avoir une approche qualitative de nos programmes de recherche nous permet d’avoir une plus grande crédibilité. Il ne s’agit pas seulement de dépenser de l’argent public, mais de l’investir », souligne le ministre de la Recherche. Dans le même ordre d’idées, le ministère a présenté récemment la deuxième évaluation externe de l’Université du Luxembourg à laquelle il avait fait procéder entre mai et octobre 2012. L’évaluation montre des progrès dans plusieurs domaines. En particulier, la recherche en droit s’est vu attribuer la note « excellent ». La Luxembourg School of Finance, les centres interdisciplinaires en biomédecine et en security, reliability and trust – SnT reçoivent la note « très bien ». Par contre, les sciences de l’éducation et les aspects multiculturels ne bénéficient que d’une note « bien ». « J’espère qu’avec le prochain programme quadriennal, nous pourrons faire un effort sur ce secteur. Il manque un projet fédérateur, un fil rouge », appelle de ses vœux François Biltgen, tout en se réjouissant de l’arrivée du professeur de sociologie Louis Chauvel, venu de l’Institut d’études politiques de Paris, dans le cadre du programme PEARL. Collaborations internationales

Car le Luxembourg a depuis longtemps compris que les voies du succès passent forcément par des collaborations internationales. « Une des missions du FNR est de garantir la qualité de la recherche et cela passe par la participation à des projets internationaux et des évaluations internationales », souligne son président Yves Elsen. De nombreux accords de coopération ont été mis en place avec diverses institutions de recherche en Allemagne, en Suisse, en France, en Belgique, en Autriche, en Pologne et même aux États-Unis. Des chercheurs luxembourgeois peuvent ainsi être amenés à travailler avec des laboratoires étrangers et vice-versa. Dans toutes les institutions de recherche, les chercheurs étrangers sont nombreux et généralement majoritaires (comme dans l’essentiel de la vie économique du pays). Ainsi, les CRP Tudor et Lippmann comptent moins de 15 % de Luxembourgeois, alors que le CRP Santé et le CEPS n’atteignent pas les 25 %. On sait qu’il fait bon vivre au Luxembourg et que les salaires y sont généreux. Mais ce n’est pas le seul facteur qui attire ces chercheurs — Mai 2013

Public vs privé

évolution des dépenses dans la recherche en Mios d’€

en % 2

700

1,8 600 1,6 1,4

500

1,2 400 1 300

0,8 0,6

200

0,4 100 0,2 0

2000

2005

2006

2007

Recherche publique (en millions d’euros)

2008

2009

2010

0

Recherche privée (en millions d’euros)

Intensité de recherche par rapport au PIB (en %)

internationaux. « Le fait que le secteur soit jeune et qu’il y ait une grande liberté d’action plaît à beaucoup de gens, qui voient ici des chances et des possibilités de développer un futur », suppose François Biltgen. « L’aspect international des équipes, l’environnement de recherche et la qualité de vie sont des adjuvants », ajoute Rolf Tarrach. Les programmes ATTRACT pour les jeunes doctorants et PEARL pour les professeurs font partie des outils du FNR pour attirer des chercheurs internationaux. « L’enjeu est de mettre en place une politique de ressources humaines pour les garder une fois le programme terminé », constate Yves Elsen. La recherche privée stagne

Très tournée vers l’international, la recherche initiée et financée par le secteur privé a été à la base de ce secteur au Luxembourg. Plusieurs entreprises privées, principalement dans le domaine industriel, avaient en effet déjà mis en place leurs propres services de R & D sans attendre les aides de l’État. « Goodyear, Arbed à l’époque ou Delphi investissent dans la recherche depuis 40 ans », se souvient Yves Elsen. La recherche exécutée dans le secteur privé représente plus de deux tiers de l’ensemble des dépenses de la recherche mise en œuvre au niveau national (soit 466 millions d’euros sur un total de 658 en 2010, derniers chiffres

disponibles). Il convient pourtant de noter que la proportion de la recherche publique n’a pas cessé de croître au cours de la décennie passée, en passant de 7,5 % de la totalité des dépenses de recherche en 2000 à environ 30 % de la totalité des dépenses de recherche effectuée sur le territoire national en 2010. « Cela montre qu’on ne peut plus se passer des acteurs publics, mais aussi qu’il faut renforcer les liens et les partenariats entre le public et le privé », estime Yves Elsen. De son côté, François Biltgen considère non comme un handicap, mais comme une force d’avoir « deux frères siamois », dans deux ministères qui œuvrent l’un pour la recherche, l’autre pour l’innovation (ressort du ministère de l’Économie). « La recherche, c’est l’art de transformer l’argent en connaissances alors que l’innovation, c’est l’inverse. » Il n’empêche que si le Luxembourg se classe 6e du tableau de bord de l’innovation, publié par la Commission européenne, entre les Pays-Bas et la Belgique dans le groupe des « suiveurs de l’innovation », il affiche le taux de progression parmi les plus faibles de sa catégorie pour la période allant de 2008 à 2012, soit 0,7 %. La croissance moyenne de la période 2006-2010 du Grand-Duché était deux fois supérieure (+1,4 %). Comme le note Europaforum, « ce qui fait la force du Luxembourg, en matière d’innovation, c’est l’excellence et l’attractivité de

Source : ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche

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Workshops et Matchmaking

Photo : Étienne Delorme (archives)

Business meets Research

Événement annuel organisé par Luxinnovation, le forum Business meets Research est l’occasion de découvrir le savoir-faire, des compétences et des solutions innovantes de la recherche publique et de la recherche privée au Luxembourg et dans la Grande Région. L’invité d’honneur J.H.J. Mengelers (photo), président de EARTO – European Association of Research and Technology Organisations, donnera une présentation intitulée « Le pouvoir de l’innovation en Europe – la concurrence des marchés émergents ». La Wallonie, avec ses acteurs de la recherche, est la région partenaire de l’événement. La première journée de cet événement sera consacrée à des ateliers, organisés par le Luxembourg Cluster Initiative dont le but est de favoriser la discussion et l’échange entre les acteurs de la recherche et ceux de l’innovation. Les thématiques abordées par ces différents ateliers s’intéresseront aux matériaux intelligents, aux matériaux durables et recyclables, à l’e-santé, aux innovations vertes dans la logistique, aux questions de performance des laboratoires virtuels ou à la valeur des banques de données. La deuxième journée est placée sous le sceau du Innovation Matchmaking et offre une occasion d’organiser des réunions en face à face avec des représentants des entreprises et des laboratoires de recherche publics, d’en apprendre davantage sur leurs compétences et de discuter les possibilités de coopération. Les 7 et 8 mai à la Chambre de commerce de Luxembourg www.business-meets-research.lu

— Mai 2013

Photo : Luc Deflorenne (archives)

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ses systèmes de recherche, et notamment le nombre de publications scientifiques réalisées en coopération avec des partenaires internationaux. Les dépenses de R & D sont parmi les plus élevées ». À l’inverse, le rapport dénonce : « La plus grande faiblesse du Luxembourg, ce sont les investissements privés dans la R & D et l’innovation, qui sont bien en deçà de la moyenne européenne. Et à ce titre, il faut noter que les dépenses en faveur de l’innovation ne relevant pas de la R & D ont connu un fort déclin dans le secteur privé (-32,6 %). » Conventions avec Luxinnovation pour mettre en œuvre des coopérations et un travail conjoint, AFR (aide formation recherche) pour placer des étudiants chercheurs dans les entreprises, investissements dans des secteurs porteurs et nouveaux de l’économie (biomédical, TIC, matériaux), présence des chercheurs lors des missions économiques… les pistes pour renforcer les liens entre la recherche et l’économie réelle existent et sont en cours de développement.

+

Les points forts  - B  udget public croissant malgré la crise - Priorités et niches définies - Évaluation constante - Collaborations internationales

Les points à améliorer - R  enforcer les partenariats entre le public et le privé - Rapprocher la recherche de l’économie réelle - Soigner la recherche fondamentale - Renforcer l’autonomie des instituts de recherche


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SCIENCE ET ANALYSE DES MATERIAUX

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PAPERJAM TV

eà fac ce fa

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Regardez la vidéo de Nicolas Schmit sur paperJam.TV

Les dix vérités de

Nicolas Schmit Le ministre du Travail et de l’Emploi, interviewé sur paperJam.TV, regrette le manque de courage politique qui prévaut en Europe et qui constitue un frein à la sortie de crise.

« Il ne faut pas faire peur aux gens. Il faut avoir un discours de vérité, mais en même temps ouvrir des perspectives. C’est ce qu’on demande à la 3 politique : de l’engagement et des solutions. » « L’OCDE a publié les chiffres relatifs au coût du travail. Le Luxembourg tient absolument la route. Nous sommes en dessous des chiffres de la France, de la Belgique, mais aussi de l’Allemagne. »

Interview Jean-Michel Gaudron

2

« Nous allons présenter dans les prochaines semaines un plan senior pour qu’il y ait une mobilisation dans les entreprises. Il serait totalement irresponsable de laisser de côté ces gens qui ont souvent beaucoup de talents et de compétences. »

— Mai 2013

4

« Nous ne pouvons pas nous permettre de tomber dans une forme d’attentisme, d’immobilisme, à l’approche des élections. Il faut débureaucratiser notre pays, moderniser l’État, et assouplir et simplifier les procédures. Il y a encore de la marge. »


PAPERJAM TV

7

« On ne peut pas imposer d’en haut la question du droit de vote des étrangers. Il faut un vrai débat dans le pays avec les citoyens. »

5

« Le chemin qui a été choisi et imposé en Europe pour sortir de cette crise n’est pas le bon. »

6

« La question de la qualification des salariés est plus importante que celle du coût du travail. »

9

« Il faut réinventer la démocratie et la transparence dans ce pays. »

10

8

« Est-ce qu’il y a une alternative à l’Europe ? Non. Est-ce qu’il y a une alternative à l’Europe telle qu’elle évolue aujourd’hui ? Je pense que oui. C’est une question de courage politique. »

« Des Robert Schuman, on en manque. Il n’y a plus de dirigeants politiques qui ont le courage de la rupture, du discours vrai, du discours engagé comme lui l’avait. L’Europe aurait besoin de personnalités de ce calibre. »

Mai 2013 —

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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

Diversification économique

Vers un nouveau Plan Marshall La recherche de capitaux dans de nouvelles régions du monde en développement, comme le Moyen-Orient, ne doit pas occulter la poursuite de relations privilégiées avec les partenaires économiques historiques. Les États-Unis figurent, à ce titre, très haut sur l’agenda politique luxembourgeois.

Photo : Olivier Minaire (archives)

Photo : David Laurent/Wili (archives)

Texte Pierre Sorlut

km. C’est la distance parcourue par Luc Frieden, au début du mois de mars, pour se rendre au chevet d’une entreprise malade… malade d’inquiétude. Cette entreprise, c’est Amazon, le leader mondial du e-commerce qui voit sa tête de pont européenne, à Luxembourg, fragilisée par les coups de boutoir des gouvernements du G20, désireux de mettre fin – en tout cas en apparence – aux procédés d’optimisation fiscale utilisés par les firmes multinationales (FMN). Le ministre des Finances s’est donc déplacé, luimême, pour rencontrer les dirigeants d’Amazon et leur indiquer que le Luxembourg comptait faire entendre sa voix lors des discussions relatives à la fiscalité des FMN qui auront lieu lors des prochains mois dans les arènes internationales, sachant que la société américaine va en sus perdre, en 2015 au Grand-Duché, le bénéfice de la TVA favorable aux revenus du e-commerce et celui du taux réduit appliqué aux livres numériques. Et Luc Frieden n’a pas menti. Il s’est présenté ce 15 avril au siège de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) à Paris pour

16.300

— Mai 2013

Les États-Unis font travailler 15.300 personnes au GrandDuché.

s’entretenir avec son secrétaire général, José Angel Gurria, et voir quelle marge de manœuvre serait laissée aux petits États afin qu’ils puissent continuer d’attirer des entreprises étrangères. Car le Luxembourg, économie ouverte par excellence, fait son beurre des investissements étrangers, qu’ils soient en transit ou domiciliés. Pour ce qui concerne les premiers, signalons simplement que les principaux promoteurs de fonds luxembourgeois sont américains. Avec 558 milliards d’euros d’actifs nets, ils représentent 23,4 % de parts de marché de l’industrie des fonds d’investissement. Pour ce qui touche aux montants investis directement dans le tissu économique luxembourgeois, éh bien le principal pays émetteur (hors juridictions frontalières) de ces IDE, ce sont les États-Unis (voir graphique). Leurs entreprises, comme Amazon, Citibank ou GoodYear, emploient directement 15.300 personnes au Grand-Duché. Mais attention ! Si les États-Unis sont effectivement le premier partenaire commercial du Luxembourg hors UE, les filiales de sociétés américaines au Grand-Duché n’emploient que 0,38 % de leur volume total d’employés sur le Vieux Continent. Selon des chiffres publiés dans une étude du


actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

Photo : Charles Caratini (archives)

Du Plan Marshall à l’ère des technologies de l’information et de la communication, en passant par l’avènement de la place financière luxembourgeoise, les trois vagues d’implantation d’entreprises américaines divisent en autant de parties l’histoire économique entre les ÉtatsUnis et le Grand-Duché. On saura bientôt si l’avènement du Pacte économique et commercial transatlantique constitue un nouvel événement charnière.

Congrès, le stock d’investissements directs américains au Luxembourg à la fin 2011 (335,3 milliards de dollars) représente 14,5 % des montants investis dans toute l’Europe, mais 77 % de cette valeur, soit 258,3 milliards de dollars, seraient placés dans des sociétés de détention de participations (holdings) et n’auraient donc pas d’impact sur le tissu économique luxembourgeois, exception faite des cabinets d’avocats… qui pèsent tout de même un certain poids. Une présence bien réelle

Il n’empêche. Les investissements dans l’économie réelle restent significatifs à l’échelle luxembourgeoise. Ces implantations sont le fruit de plus de 60 années de relations économiques. Elles ont débuté avec la participation du Luxembourg, dès 1948, au Plan Marshall (European Recovery Program). Elles se sont ensuite fructifiées au gré des implantations industrielles, au coup par coup, elles-mêmes favorisées par l’émergence d’une place financière innovante exploitant au mieux l’abondance de dollars. Aujourd’hui, les intérêts américains au Luxembourg sont nombreux (voir encadré) et jouissent d’une attention

Catalogue non exhaustif

Principales entreprises américaines au GDL Industrie : Ampacet : Avery Dennison : Delphi : DuPont : Goodyear : Guardian : Harsco : Husky : John Zink International : Moog : Services financiers : Brown Brothers Harriman : Citibank : Franklin Templeton : J.P. Morgan : State Street : e-Commerce : Amazon :  Paypal :  Mais aussi Apple iTunes, Digital River et Rovi.

110 employés 410 610 1.160 3.190 1.230 140 810 240 100

450 220 140 580 690

400 44

toute particulière de la part des politiques luxembourgeois. Le 30 janvier, Étienne Schneider participait par exemple à l’inauguration du nouveau siège d’Ampacet à Dudelange. Le ministre de l’Économie et du Commerce extérieur s’y félicitait que le groupe américain spécialisé dans la fabrication de billes de plastique ait investi 25 millions d’euros pour accroître ses capacités de production au Grand-Duché, où l’industrie du plastique profite déjà de la présence de deux autres acteurs US), Dupont et AirTech. Ce redoublement d’efforts dans le soutien symbolique, accordé aux entreprises battant le pavillon aux 50 étoiles, traduit aussi une volonté de continuer à en attirer de nouvelles sur le Vieux Continent. L’agence de promotion commerciale, Luxembourg for Business (héritière du Board of Industrial Development créée en 1959 pour attirer les investissements US), et les deux Trade and Investment Offices aux États-Unis, l’un à New York et l’autre à San Francisco, battent le pavé américain pour susciter l’intérêt d’une implantation au Grand-Duché. Pour mieux convaincre leurs interlocuteurs qui auraient déjà lancé les appels d’offres pour une expansion au-delà des océans, Georges Schmit, consul général du Luxembourg et directeur Mai 2013 —

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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

Parts relatives (en %) des encours IDE par principaux pays de provenance*

Sociétés luxembourgeoises contrôlées par des firmes multinationales américaines en 2010 par activités

*Chiffres révisés pour 2009 et provisoires pour 2010 40 2009

(En milliers d’employés)

33,2

2010 30,4 30

25,9

25,4

6,9

Chimie

0,8

Sidérurgie

0,2

Équipements industriels

0,2

Électronique et informatique

0,1

Commerce de gros

20

*

* Moins de 50 employés

Commerce de détail

12,8 10.4

Information 2,4

10,9

9,3

Finance et assurance

3

Services

10 4,5 3,1

2,2

2,7

0,8

Autres 2

3,8

0,9

Toutes industries confondues

15,3

exécutif du bureau de la côte ouest, fait traditionnellement valoir quelques arguments chocs, à commencer par celui selon lequel « le Luxembourg fonctionne bien en tant que porte d’entrée stable, neutre et expérimentée dans les relations économiques internationales vers l’Europe. Le GrandDuché est un pays multilingue, dit-il, mais aussi multiculturel. Il peut parler la langue et la culture des différents marchés européens sur lesquels on peut rayonner, depuis une seule implantation. » Après, c’est du cas par cas. « On cherche toujours à se distinguer des concurrents », poursuit-il. Par exemple, les sociétés des technologies de l’information et de la communication, visées par la stratégie de diversification gouvernementale, regarderont davantage les infrastructures, non seulement en centre de données, mais aussi en connectivité. « Nous comptons 18 lignes de communication redondantes vers les marchés étrangers et pouvons garantir la sécurité des communications. Car, pour une entreprise de jeu, indique l’émissaire du gouvernement, il faut que les communications soient stables et rapides, sinon on est mort. » Et cela semble marcher. « Depuis mon arrivée en 2009, on a réussi à augmenter la visibilité du Luxembourg comme porte d’entrée en Europe dans ce domaine. » Dans le secteur du gaming, Big Fish Games, Valve software, Zynga ont répondu favorablement à l’invitation du gouvernement. Le secteur de la santé s’étoffe lui aussi grâce à des entreprises américaines. WaferGen Bio-Systems a ainsi installé ses headquarters européens en bénéficiant d’une subvention d’un million d’euros de la part de l’État. Il n’est pas non plus inintéressant de constater que les qualités mises en avant par les VRP luxembourgeois sont — Mai 2013

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Les États-Unis et l’Union européenne demeurent deux marchés de consommation majeurs. Le PIB de l’UE reste d’ailleurs toujours un peu supérieur.

Comparaison

Évolution du PIB* en billions de dollars

États-Unis Union européenne

*calcul du PIB en dollars constants et basé sur la parité de pouvoir d’achat 20

15

10

5

0 2000

2001

2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009

2010

2011

2012 (est.)

Source :  Fonds monétaire international

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0,2 Source : Fonds monétaire international

13,8

Source : Statec

Manufacture


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Comparaison

Les Pays-Bas et le Luxembourg concentrent une large part des actifs américains en Europe du fait de leurs activités respectives de holding. Le nombre d’employés (supérieur à 15.300, car les sociétés considérées ici ne sont pas majoritairement détenues par des groupes américains) au Luxembourg reste lui très faible en comparaison des revenus générés.

Activité des sociétés étrangères affiliées à des FMN américaines en 2010 En millions de dollars Localisation

Source: Bureau of Economic Analysis

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Nombre de sociétés affiliées dotées d’actifs, ventes ou revenus nets supérieurs à 25 millions de dollars

Total actifs

Ventes

Revenu net

Rémunération des employés

Nombre d’employés (en milliers)

Tous les pays

26.791

23.277.276

6.034.813

1.138.435

552.627

13.255,8

Europe

13.696

12.395.013

2.796.174

637.702

284.110

4.593,5

Belgique

539

NC

130.869

NC

12.167

143,4

NC

France

1.191

394.337

213.885

8.794

35.058

569,8

3,2%

Allemagne

1.535

886.101

358.732

12.293

49.898

645,8

7,1%

Luxembourg

585

1.265.618

28.642

94.232

NC

16,2

10,2%

Pays-Bas

1.731

1.844.794

249.844

168.808

17.580

232,3

14,9%

partagées par leurs contreparties outreAtlantique. Dans un rapport destiné aux investisseurs américains, le département d’État loue la stabilité politique luxembourgeoise, la disposition de ses gouvernements successifs à continuellement optimiser le cadre d’affaires, « une politique qui pourrait être qualifiée d’unique en Europe », précise le très officiel site gouvernemental. En somme, pour l’équivalent américain du ministère des Affaires étrangères, « le Luxembourg reste la localisation potentielle la plus prometteuse pour des investissements en Europe, avec la Suisse, sur qui elle a l’avantage d’être membre de l’Union européenne ». Écho positif sur place

La politique de diversification semble donc prendre aux États-Unis où le Luxembourg s’impose assurément comme gateway to Europe et comme une économie de transformation. « Ce n’est pas les 500.000 consommateurs luxembourgeois qui intéressent les entreprises américaines, mais les 500 millions de consommateurs européens », témoigne M. Schmit depuis le terrain. Oui, mais voilà. Si quelques entreprises, comme Verizon, souhaitent toujours y étendre leurs activités pour profiter d’un marché qui reste juteux (voir graphique page 24), le Vieux Continent ne présente plus tant d’intérêt aux yeux des investisseurs du Nouveau Monde. La crise de la dette et la course à l’austérité dans la zone euro ont quelque peu douché les espoirs d’un retour imminent à la croissance et en même temps les potentielles velléités de placement dans la région. Paul Schonenberg, président et CEO de l’Amcham Luxembourg, concède que « l’Europe n’est pas au plus haut dans l’agenda ». — Mai 2013

« Envisager à nouveau une expansion vers l’Union européenne » Paul Schonenberg (Amcham)

Proportion des actifs en Europe

Et à l’aléa conjoncturel viennent s’ajouter des aléas structurels. Les barrières non tarifaires constituent d’importants frottements nuisibles aux relations économiques entre les deux zones. Il faut, par exemple, souvent à une entreprise américaine homologuer à nouveau son produit avant de pouvoir le faire rentrer sur le marché européen, et réciproquement. Pour pallier à ce type de déficit, la Commission européenne négocie depuis le mois de mars avec l’administration Obama un « Pacte économique et commercial transatlantique ». L’idée d’une nouvelle zone de libre-échange flottait dans l’air depuis 1997, mais elle commence à prendre corps. Ainsi, l’Amcham a bien souligné au gouvernement – via une lettre ouverte – l’intérêt de l’initiative. « Cela va donner l’occasion aux entreprises américaines d’envisager à nouveau une expansion vers l’Union européenne », indique Paul Schonenberg… en d’autres termes, l’occasion pour le Luxembourg de bénéficier d’un nouvel apport d’argent frais en provenance des États-Unis, tel un nouveau Plan Marshall censé redonner un nouvel élan à l’UE. En attendant, et pour être prêts le moment venu, il faudra travailler sur certains points au GrandDuché. L’Amcham propose ainsi, de manière très pragmatique, de simplifier les démarches pour l’obtention de permis de travail (des procédures accélérées comme elles existaient déjà à Londres ou à Bruxelles), de continuer les efforts sur les infrastructures et de veiller à ce que les écoles anglophones puissent accueillir l’ensemble des enfants d’expatriés déjà scolarisés en langue anglaise. Des demandes, semble-t-il, entendues par le Premier ministre, Jean-Claude Juncker, qui rencontrera sous peu les représentants des entreprises américaines au Luxembourg pour en discuter plus en avant.


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Retrouvez toutes les photos sur www.paperjam.lu/TMAwards16042013 Tourisme

TM Travel Awards Luxembourg Près de 200 personnes ont assisté, le 16 avril, au Château de Septfontaines, à la remise des prix décernés par le magazine belge Travel Magazine. Photos Charles Caratini

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06 01. Fernand Brisbois (lux-Airport) a reçu le trophée « Man of the Year » 02. Le prix « Best Innovation 2012 » remis à Sales-Lentz Experts 03. Le prix « Best Leisure Hotel 2012 » pour Le Place d’Armes Luxembourg 04. Le prix « Best Business Hotel 2012 » décerné à l’hôtel Meliá Luxembourg

06. Robrecht Willaert (Travel Magazine) 07. Le prix « Leisure Travel Agency 2012 » décerné à Voyages SalesLentz (Christiane Leches) et Jerrytravel (Jerry Geimer) 08. Le prix « Business Travel Agency 2012 » a été remis à BCD Travel BeLux 09. Luxair Tours récompensé du prix « Best Touroperator 2012 »

05. Le prix « Cruise Travel Agency 2012 » pour Neptun Cruises

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Dans tous ses États

Textes Alain Ducat, Jean-Michel Gaudron, Thierry Raizer Illustrations et infographies Bernard Gissinger, Maxime Pintadu

Quel doit être le rôle de l’État dans une économie ? Celui de pompier ou de détecteur de fumée ? La littérature ne manque pas de références en la matière. Elles concernent même parfois directement le Luxembourg : il y a tout juste 10 ans, en juin 2003, deux professeurs de droit constitutionnel à l’Université d’Aix-Marseille III, André Roux et Guy Scoffoni, avaient ainsi remis au gouvernement un volumineux rapport sur « le rôle de l’État au Luxembourg ». Il y était question, non pas de se cantonner à savoir s’il fallait « plus » ou « moins » d’État, mais plutôt d’explorer les pistes d’un « mieux d’État » et d’engager une réflexion en profondeur sur la nature et l’orientation générale de ses modes d’organisation et d’action, pour aboutir à la mise en place d’une grille de critères et de paramètres devant inspirer sa manière de procéder. « Le Luxembourg, par-delà les politiques qu’il a connues, n’a versé ni dans les excès de l’intervention et de l’étatisme à outrance, ni dans ceux de l’ultralibéralisation avec son cortège de dérégulations et de privatisations. (…) Il existe donc un consensus minimal (…) sur la nécessité d’un État fort et dynamique » pouvait-on lire dans ce rapport, qui n’est hélas plus disponible en téléchargement sur le site Internet du ministère de la Fonction publique. Il y a 10 ans, le contexte économique mondial était un peu plus paisible qu’aujourd’hui et l’État n’avait guère eu l’occasion de sortir la lance à incendie pour jouer le rôle de pompier qui lui sied aujourd’hui. Les dossiers Dexia Bil, BGL Fortis ou Cargolux ont, depuis, montré à quel point ce que d’aucuns pourraient considérer comme de l’hyperinterventionnisme n’en a pas moins été décisif pour l’équilibre économique national. Les temps ont bien changé depuis « L’État, c’est moi ! » du roi Louis XIV. Providence, pompier, veilleur de nuit, mais aussi développeur, régulateur, dirigiste, planificateur, incitateur ou encore libéral – pour reprendre la nomenclature établie par un autre économiste français, Cédric Durand – le rôle de l’État est protéiforme, au gré des circonstances et du contexte général. Jusqu’à quel point faut-il regretter que l’État soit plus efficace à éteindre des incendies qu’à éviter qu’ils ne se produisent ? La façon de gérer son action, en particulier les participations détenues dans des entreprises privées et, à plus forte raison, publiques, est-elle optimale ? « Contribuer à l’obtention et au maintien d’une qualité de vie soutenable et élevée de la population du pays » et ce, en poursuivant des objectifs économiques et sociaux : tel était le rôle que le Conseil économique et social (CES) luxembourgeois attribuait à l’État dans un avis publié en 2001. Le CES y regrettait néanmoins l’absence de bilan consolidé comprenant les établissements publics et des entreprises à participation publique (y compris dans le secteur communal), ou de bilan de la situation patrimoniale consolidée des biens appartenant à l’État, ou encore d’évaluation, en termes de coûts / bénéfices des aides, des mesures fiscales et de la réglementation publique. Alors qu’en 2013, la crise économique n’en finit plus de finir, l’heure est peutêtre venue de mener à bien, une fois pour toutes, cette « réflexion en profondeur sur la nature et l’orientation générale des modes d’organisation et d’action de l’État », avant que l’eau ne vienne à manquer pour éteindre les incendies.

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Affaires d’État

Philosophie politique

Intérêt national, jeu d’influences, quête de rendement, gestion de « bijoux de famille », soutien temporaire qui peut durer, visées stratégiques ou soutien systémique : il y a plusieurs facettes au rôle de l’État qui participe activement à la vie économique et sociale, par le biais des billes déposées dans des entreprises luxembourgeoises. Texte Alain Ducat

Petit florilège de titres parus sur paperJam.lu : « État : le dividende BGL paie la Bil » ; « L’État protégera les employés de la Bil » ; « Cargolux : l’État reprend les parts qataries » ; « Cargolux : les ministres devant les députés » ; « Luxair : l’État supplée Panalpina » ; « ArcelorMittal : l’État a perdu 2 milliards en cinq ans »… Il pourrait y en avoir beaucoup d’autres. Tous viendraient confirmer que, dans les rouages économiques du pays, l’État est tout sauf un maillon faible. Les exemples en la matière ne manquent pas, et certains s’avèrent particulièrement éclairants. Comme la participation dans le sauvetage de Dexia, puis de la Bil : un cas d’école, voire un symbole. Le ministre des Finances, Luc Frieden, s’en était expliqué, face aux députés notamment, en janvier 2012. En réponse à l’opposition, sur la prise de participation de l’État (10 %, 90 % étant repris par le fonds qatari Precision Capital) dans le capital de la Banque internationale à Luxembourg, il avait d’abord joué la carte d’un certain catastrophisme, pour mieux légitimer l’intervention de l’État. Il avait rappelé la tempête traversée par le groupe Dexia. Puis la nécessité de trouver un repreneur en urgence pour cette banque à la « dimension systémique », selon les termes consacrés et récurrents dans le vocabulaire officiel. « Afin d’éviter une catastrophe économique et sociale au Luxembourg suite à une éventuelle disparition du groupe bancaire, il a été jugé inévitable de rapidement sortir la Bil du groupe et de lui permettre un développement autonome », avait notamment appuyé le ministre.

La fierté nationale, le sens des affaires

Ainsi, « à l’instar de ce que l’État a fait dans le cas de BGL en 2008 », comme l’avait souligné M. Frieden (la Banque générale de Luxembourg avait été embarquée dans le giron de la belge Fortis, puis sauvée avec l’appui de l’État, avant de tomber dans l’escarcelle du groupe français BNP Paribas), le gouvernement avait donc décidé d’acquérir une participation minoritaire dans la Bil. À l’époque, la hauteur de la participation (10 %) avait été fixée avant même de connaître la « valeur marchande » de la

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banque, négociée par Precision Capital ! Dans ses prises de position initiales, Luc Frieden avait évoqué un possible investissement de 100 millions d’euros pour l’État. Lequel a donc fait une affaire, en quelque sorte : l’addition s’est montée à 73 millions. On peut, à ce stade, ouvrir une parenthèse et jeter un œil calculateur sur le cas de la BGL. Dans son discours 2013 sur l’état de la Nation (lire en page 12), Jean-Claude Juncker a indiqué que l’État, dont le prêt accordé à la BGL se termine en décembre 2013, est disposé à se retirer en tant qu’actionnaire de la banque si les conditions de retrait lui semblent appropriées. La somme qu’il compte récupérer servirait alors à réduire le montant de la dette publique. Cela étant, être dans BGL BNP Paribas aujour­ d’hui n’est pas un mauvais placement : pour 2012, l’État actionnaire a touché près de 64,5 millions d’euros en dividendes… Pour la Bil, le pied étatique dans la porte du rachat trouvait certes sa justification dans une politique de soutien à l’économie locale et à la paix sociale. Le ministre des Finances avait d’entrée de jeu admis vouloir impliquer l’État au maximum dans les discussions « sur le projet industriel de la Bil » afin de veiller « à ce que les droits des salariés soient respectés et à ce qu’il n’y ait pas de plan social ». Ainsi, l’État pouvait gagner sur plusieurs tableaux. Il jouait au pompier sur l’affaire Dexia, au cœur d’une crise qui espérait encore trouver une sortie rapide, malgré le prix de l’extinction (en échange de la sortie de la Bil, le Luxembourg a dû participer à la garantie de refinancement de la banque résiduelle de Dexia). L’État, sauveteur providentiel, se montrait aussi garant de la libre concurrence bancaire entre les principaux établissements luxembourgeois… Précisément, en gardant une main sur la Bil, il préservait l’ancrage grand-ducal. Car, systémique ou pas, la Bil fait partie de l’histoire (voire de la préhistoire) de la Place. C’était donc un morceau de Luxembourg – malmené en 1991 en passant aux Belges du Crédit communal, puis en 1999 avec une OPE happant la banque dans le groupe bancaire paneuropéen Dexia – que le pays récupérait en sortant la Bil d’un groupe en déconfiture. En contribuant à remettre les trois lettres, seules, au fronton des


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trophe s a t a c e n viter u embourg x u L u « Afin d’é a e l u groupe e et socia d u n q i o i t m i r o a n p éco tuelle dis évitable de n e v é e n n suite à u été jugé i a l i upe et , e o r r i g a c u n d a l i b B t sortir la n e pement p m o e l d e i v é rap d n mettre u r e p i u l e e. » d autonom nces)

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immeubles de la banque, l’État participait sans doute à la fierté nationale… quitte à jouer la carte d’un allié qatari qui n’avait pas fini de faire jaser… Cargolux reste un exemple de l’influence économique, par actions (et réactions) interposées, et de la stratégie de l’État. On ne refera pas ici toute la saga, mais un des épisodes les plus récents résume assez bien la tendance. Les gros porteurs qataris ayant jeté l’éponge, l’État luxembourgeois devait, à la fois, prendre la succession (en principe provisoirement), reprendre la main et booster un capital en manque. La compagnie de fret a dû procéder à une première tranche d’augmentation de capital, à hauteur de 100 millions de dollars, via une émission d’obli­ gations convertibles en actions. Il fallait boucler, fin mars dernier, ce premier volet d’une recapitalisation de 275 millions de dollars, nécessaire pour que l’entreprise assure sa survie. Comment faire, alors que l’actionnaire à 35 % (l’État, en remplace­ment de Qatar Airways) ne pouvait y souscrire lui-même, bloqué par les règles européennes de concurrence ? Agir via une autre entreprise publique, peut-être ?

Les parts portées et ciblées La BCEE (Banque et Caisse d’Épargne de l’État), déjà actionnaire dans Cargolux, n’avait pas souhaité hausser sa quote-part (à 10,9 %), pour préserver son triple A et ses fonds propres dans la ligne de Bâle III. C’était, aussi, dans l’intérêt de l’État luxembourgeois de conserver ce maillon fort dans une place forte. Cependant, il a fallu trancher sur le rôle de l’État, entrepreneur et actionnaire, avec l’intérêt national en filigrane. La banque publique a cédé : elle est mise à contribution pour donner un coup de pouce à Cargolux, à hauteur de 17,6 millions de dollars. « Je pense que c’est une belle démonstration de solidarité en ces moments très difficiles », a commenté, un brin angélique, sur paperJam.lu, Paul Helminger, président du conseil d’adminis­tra­ tion de Cargolux et de Luxair. Précisément, Luxair, qui embarque aussi des valises de capitaux étatiques dans ses soutes, et la SNCI, autre moteur propulsé par le carburant public, sont sollicitées derechef pour boucler la transaction. À hauteur de 64,9 millions de dollars pour Luxair, de 17,6 millions de dollars pour la SNCI. L’astuce évite la contribution directe de l’État, alors que trois de ses lieutenants historiques montent en régime dans Cargolux, de manière virtuelle. Tant que les obligations ne sont pas converties, le capital réel reste inchangé et l’État garde la main sur 35 % des parts (sa participation, si ce montage devenait réalité, serait diluée à 25 %), celles reprises aux Qataris et négociables auprès d’un potentiel repreneur. L’histoire ne dit pas encore d’où viendront les fonds de la deuxième tranche de 175 millions de dollars, qui doit intervenir en 2014. La compagnie de fret luxembourgeoise devra s’être trouvé un nouvel actionnaire de référence. Sans doute hors du pays. Mais l’État ne devrait pas rester les bras ballants, pour l’y aider… et veiller au grain. L’actualité et l’économie, à l’image de l’histoire, peuvent faire des boucles facétieuses. ArcelorMittal est sans doute un très bel exemple de participation de l’État qui pose question. Pas seulement pour les pertes enregistrées, au fil des mois de crise

— Mai 2013


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Même sans la contribution directe de l’État, trois de ses lieutenants historiques montent en régime dans Cargolux, de façon virtuelle en tout cas. La part de l’État en direct (35 %) reste négociable auprès d'un actionnaire de référence à trouver...

actuelle, par le grand argentier luxembourgeois sur la valeur des actions du géant sidérurgique… Pas seulement pour ce que l’État pourrait réclamer en retour à une entreprise qu’il soutient en tant qu’actionnaire et qu’il a aidée à ne pas licencier sèchement des salariés par dizaines. On peut remonter aux origines de l’OPA du groupe Mittal Steel sur Arcelor, début 2006 : la notion de « patriotisme économique » s’était invitée dans le débat. L’idée de voir une entreprise, un centre de décision et une mémoire collective passer dans des mains étrangères – d’un autre continent ! –, perturbait beaucoup… C’est pour ça, surtout, que l’État a activé les leviers de l’actionnariat et de la négociation autour du centre européen cohérent pour un groupe mondial. Sans ça, ArcelorMittal aurait peut-être amorcé plus tôt le démantèlement européen… aujourd’hui redouté jusqu’au Luxembourg.

Dans des secteurs stratégiques Un avatar sidérurgique rebondit dans l’actualité récente. À la fin des années 80, frappée par la crise, l’Arbed (encore monolithique, bien avant Arcelor, bien avant Mittal) réfléchissait à de nouveaux débouchés. Avec le soutien de la SNCI (mue par l’État donc), et avec l’appui d’une entreprise américaine prête à céder une licence de ses produits pour le continent européen, naissait Interlinks Electronics Europe (IEE). Arbed et SNCI y étaient paritaires. Au fil du temps, la SNCI s’est peu à peu désengagée, laissant 64 % au sidérurgiste luxembourgeois. En 2004, IEE, devenue très intéressante pour ses clients automobiles internationaux notamment, pour son millier de salariés aussi, changeait d’actionnaires. La SNCI se retirait, Arcelor (ayant naturellement succédé à l’Arbed) aussi. Les investisseurs professionnels prenaient le relais : le fonds de private equity Apax Partners (70 %) pour le volet international, Luxempart (10 %), BIP Investment Partners (10 %) et le management (10 %) assurant l’ancrage financier national. Avec 125 millions d’euros encaissés, les actionnaires d’origine encaissaient une plus-value non négligeable. IEE a continué à croître, est montée en Bourse, a pris pied, depuis le siège social et technologique luxembourgeois, aux ÉtatsUnis, en Chine, au Japon, en Corée du Sud et en Slovaquie. Et aujourd’hui, IEE est entre des mains chinoises. En ce début avril 2013, l’identité des investisseurs était révélée, en même temps que se confirmait le bouclage de l’opération de rachat. Le consortium qui prend la totalité du capital se compose de deux investisseurs stratégiques, HiWing (groupe industriel) et SAIC Luxembourg, filiale de SAIC Hong Kong (une entreprise du secteur automobile), et d’un investisseur financier Ascend Capital Management. Trois acquéreurs chinois, investisseurs privés, pour un fleuron luxembourgeois créé par un sidérurgiste historique et le bras armé financier de l’État grand-ducal : pour le coup, les temps changent… Cela peut faire réfléchir sur la justesse de ton que doit adopter l’État, actionnaire, instigateur, propulseur d’économie, quitte à, parfois, risquer d’aller trop loin. Il lui faut garder un cap et une cohérence dans la stratégie, pour qu’elle colle au discours. L’État cherche donc aussi à se positionner clairement sur des créneaux qu’il identifie dans sa politique comme porteurs d’avenir ou comme structurellement vitaux pour le pays. Outre les banques ou le secteur aérien (voir aussi l’infographie page 46), c’est

Mai 2013 —

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L’État pourrait se retirer du capital de BGL BNP Paribas. Mais être dans cette banque aujourd’hui n’est pas un mauvais placement : pour 2012, l’État actionnaire a touché près de 64,5 millions d’euros en dividendes….

évidemment le cas, notamment, pour l’énergie (Enovos, Creos…), pour l’IT et la connectivité (Entreprise des P&T, Luxconnect, Luxtrust…), pour la logistique et les transports (CFL-Cargo, Port de Mertert…). Et quand l’État n’est pas directement dans le capital de ces vecteurs de stratégie de développement, il l’est via des incubateurs, via des organismes de financement (SNCI, BCEE ou, à un degré moindre, Eurefi…), via des entreprises qui, comme les P&T ou Enovos entre autres, investissent elles-mêmes dans quantité de projets et opérateurs.

Intérêts particuliers L’intérêt national, on l’a vu, revient comme un leitmotiv, dans la transversalité des dossiers. D’aucuns y ajouteront l’intérêt de quelques-uns. Car, sans verser dans le poujadisme, on peut aisément percevoir que, à chaque participation de l’État, il y a des responsabilités dans les conseils d’administration à exercer, et donc des postes, parfois très généreusement rémunérés, à pourvoir. Le tableau des représentants divers de l’État (voir pages 48-51) montre bien, d’une part, l’influence que l’État peut exercer sur les entreprises dans lesquelles il intervient et, d’autre part, le pouvoir et l’influence que peuvent glaner les représentants de l’État lorsqu’ils exercent – et cumulent souvent – des mandats pour le compte de l’État. « Pour le compte » n’est d’ailleurs pas tout à fait exact, puisque, sauf si c’est un ministre en exercice qui occupe le mandat d’administrateur (auquel cas le « jeton » va à l’État actionnaire), le fruit du travail d’administrateur tombe dans la poche du mandataire.

— Mai 2013

On comprend aussi, dès lors, que quelques hauts fonction­ naires, habituellement bien placés dans les couloirs de décision du gouvernement, et bien placés dans divers conseils d’administra­ tion, rechignent à voir l’État perdre de son emprise sur quelques entreprises emblématiques… Si le Luxembourg s’est taillé une solide réputation en matière de soparfi (société de participations financières), l’État n’est-il pas, à sa façon, un régulateur de société en jouant la carte de participations financières dans des entreprises le plus souvent emblématiques ? Tout dépend de la façon de voir (et, surtout, de penser) les raisons qui font que l’État intervienne. Cela peut dépendre, aussi, du fil de l’histoire, du contexte socioéconomique ou de la conjoncture. L’État n’exerce pas son rôle de la même façon en temps de crise qu’en temps plus dégagés. Parmi les exemples cités plus haut, il en est plusieurs où la tête du pays n’a pas eu beaucoup d’autres choix que d’éteindre le feu en jetant une couverture mouillée. On est assez loin, dans un scénario de crise, d’un État deus ex machina. Et parfois, l’action publique surjoue, parce que personne, dans le privé, ne veut accepter le rôle du pompier, encore moins celui du pyromane. Or l’État luxembourgeois, comme la plupart des acteurs, n’a pas eu l’habitude de traverser autant de contre-feux que ces dernières années. Cela peut valoir quelques écrans de fumée. De la sortie de crise ou de l’issue des dossiers en cours, viendront peut-être des réponses.


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COVERSTORY

Luxconnect

Agence de transfert des technologies financières

LuxAirport

51,35%

99,9%

99,9% TNT Express 50% Victor Buck Services

ebrc 100%

100% Office du Ducroire

100%

49%

100% P&T Consulting

Entreprise des P&T

État 40,31%

Poweo

Netcore

10,1%

Foyer

100% Visual Online

2,5%

89,92%

90%

P&T Lux GSM 100%

Infomail

100%

Luxembourg Congrès

Editus

Eltrona

55%

Aperam

45,22%

84%

34%

Hotcity

Alsa

LuxTrust

4,46%

5,4%

5,50%

51%

Société électrique de l'Our

60% 34%

0,80%

Michel Greco

Luxembourg e-archiving

RTL Group

9,95% Luxempart

10,4%

Bil

Atenor

9,99%

34% BGL BNP Paribas

18,2% 11%

Foyer Finance

5,50%

Lux Development

Cetrel

Regify

98,25%

3,21% 14,67% 1,75% 9,22% 14,99%

Luxexpo

43,42%

35%

10,9%

21,81% 13,14% 39,05%

10,67%

Cargolux

Luxair

75%

7,7%

20%

Société Nationale de contrôle technique 35,46%

Société nationale des 51,1% habitations à bon marché

Visalux

Europay 27,90% Luxembourg

11% Société de la Bourse de Luxembourg

BCEE

20,54%

21,5% 12,39%

21,41%

EFA Partners 26% 11,06% EFA

40% La Luxembourgeoise

90% BCEE Asset Management

15,2% 40%

La Luxembourgeoise Vie — Mai 2013

Fonds européen d'investissement

(sources : rapports annuels, publications officielles, …)

46


COVERSTORY

CFL Cargo

BNP Paribas Agora

1,08%

50%

50%

33,3% 66,7% ArcelorMittal 2,50%

Port de Mertert CFL

50%

94%

100% Société de l'aéroport de Luxembourg

SES 11,58% (act B) 10,19% 1,43% (FDR) (act. B) 3,21%

10,98% 18,82%

Energie agence

Paul Wurth

40%

50% Creos Luxembourg 2,28% 75,43%

100%

60,35% 4,02%

Enovos Luxembourg

Cegecom

LuxEnergie

100% Ceduco

36,95%

50%

Artelis

Enovos International 25,4%

10,04%

50% 50% Soler

Société de promotion et de développement de l'aéroport de 24% Luxembourg

40%

17,5% 17,5% Twinerg

100% Leo 50%

9,91% DI

Cegyco 30,18%

Économie

BioTechCube 50% Luxembourg

Airport Energy

Les participations de l’État

12,2% LuxTrust

SNCI

Que ce soit en direct, ou via des établissements financiers publics (BCEE, SNCI), l’État est financièrement présent, de manière plus ou moins stratégique, plus ou moins symbolique. Voici un aperçu du tentaculaire réseau de participations de l’État luxembourgeois. texte jean-michel gaudron

9,15% Eurefi

3,66% Lumension Security 10%

50%

CD-PME

50% Investar

Mai 2013 —

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COVERSTORY

Les sièges de l’État

Gouvernance

Sociétés privées ou pas, cotées en Bourse ou non, établissements publics : si l’État est bien souvent présent en tant qu’actionnaire (voir pages 46 et 47), il l’est aussi au sein des conseils d’administration. Démonstration… Présent en tant qu’actionnaire à différents niveaux, l’État l’est aussi, de manière beaucoup plus concrète, dans la gouvernance des entreprises où il détient des intérêts. Les quatre pages qui suivent le montrent de façon particulièrement visible. Elles permettent également de se rendre compte de la « décentralisation » à l’extrême de la gestion de ces participations de l’État, en considérant qu’une présence au sein d’un conseil d’administration constitue un élément de ladite gestion. Clairement, pour les principaux ministères du pays (en particulier ceux du Développement durable et des Infrastructures, de l’Économie et du Commerce extérieur, ainsi que des Finances), l’enjeu est de taille, à la hauteur de la mainmise que possède chacune de ces administrations

Ce document a été réalisé sur la base des rapports annuels, publications officielles et autres informations communiquées directement par les organisations concernées.

Sociétés cotées en Bourse Sociétés non cotées en Bourse Établissements publics touchant une contribution annuelle à travers le budget de l’État Établissements publics ne touchant pas de contribution annuelle à travers le budget de l’État

sur le bon fonctionnement de ces entreprises ou établissements publics. Pour les titulaires de ces sièges d’administrateur, l’enjeu n’est pas négligeable non plus, en particulier pour ceux qui cumulent plusieurs mandats. Il n’est évidemment pas question, à chaque fois, de 185.000 dollars annuels, comme ce qu’a touché Jeannot Krecké en tant qu’administrateur d’ArcelorMittal. Mais les « jetons de présence » au sein de tous ces conseils permettent bien souvent d’arrondir considérablement certaines fins de mois, étant entendu que les traitements des hauts fonctionnaires ne sont que rarement concurrentiels avec les émoluments des dirigeants du secteur privé. J.-M. G.

Administrateurs de la société civile désignés par l’État

Léon Delvaux

Lux Development

Betty Fontaine

BCL

Alex Diederich

Lux Development

Prince Guillaume

ArcelorMittal Lux Development, président d’honneur

Roland Engeldinger

Lux Development

Josée Hansen

Centre de mus. ampl. (Rockhal), présidente

Georges Faber

SEO

Paul Helminger

Luxair, président | Cargolux, président

Malou Faber

Fonds national de solidarité

Pit Hentgen

BCL

Jean Graff

Marc Jaeger

Université du Luxembourg

Jeannot Krecké

ArcelorMittal

Paul Mousel

Luxair

Jacques F. Poos

BCL

Luxair Agence de transfert des technologies financières Office du Ducroire SNCI Société de promotion et de développement de l’aéroport de Luxembourg

Romain Schintgen

BCL

Laure Huberty

Centre virtuel de la connaissance sur l’Europe

Michel Wurth

BCL

Martine Schommer

Claude Zimmer

BCL

Agence de transfert des technologies financières Lux Development

Jean-Paul Senninger

Entreprise des P&T

Manuel Tonnar

Lux Development

Claude Zimmer

BCL

Ministère de la Famille et de l’Intégration

— Mai 2013

Ministère des Affaires étrangères

Serge Eberhard

Fonds du logement

Pierre Jaeger

Fonds national de solidarité

Brigitte Weinandy

Fonds national de solidarité


COVERSTORY

Ministère de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural

Ministère du Développement durable et des Infrastructures Guy Besch

Communauté des transports (Verkéiersverbond) Fonds Belval | LuxTram GIE

René Biwer

Société de l’aéroport de Luxembourg (Lux-airport) Fonds Belval | Fonds Kirchberg

Jean-Michel Delval

Agence luxembourgeoise pour la sécurité aérienne

Luc Dhamen

Fonds de rénovation de la vieille ville

Romain Diederich

Société de développement Agora Communauté des transports (Verkéiersverbond), président CFL | LuxTram GIE

Georges Gehl

Lux Development | myEnergy GIE

Luxembourg-Congrès SNCI

Claude Geimer

ILR

Patrick Gillen

Luxembourg-Congrès | Fonds Kirchberg | LuxTram GIE

Diane Dupont

SNHBM Fonds de rénovation de la vieille ville

Henri Haine

SNHBM myEnergy GIE, vice-président

Constant Kiffer

Fonds du logement Fonds national de solidarité

Tom Juttel

LuxTram GIE

Robert Kieffer

Fonds national de solidarité

Alex Kies

Communauté des transports (Verkéiersverbond)

Fränk Kraus

Agence luxembourgeoise pour la sécurité aérienne

Charles Konnen

Office national du remembrement

Pia Nick

Office national du remembrement

Léon Wietor

CRP Gabriel Lippmann CRP Henri Tudor Office national du remembrement

Ministère des Classes moyennes et du Tourisme Pierre Barthelmé

Marc Lemal

INFPC

Daniel Miltgen

Fonds Belval Fonds du logement

Gilles Scholtus

Luxembourg-Congrès Lux Development

Charles Klein

Société de l’aéroport de Luxembourg (Lux-airport) Société de promotion et de développement de l’aéroport de Luxembourg

Jeanne Tonnar

Luxembourg-Congrès

Françoise Kuth

Société de l’aéroport de Luxembourg (Lux-airport) | Fonds Belval

Jean Leyder

Centre culturel de rencontre Abbaye de Neumünster Fondation Henri Pensis (Philharmonie) Fonds Belval | Fonds Kirchberg

Armand Loesch (e. r.)

Centre national sportif et culturel d’Coque | Fonds du logement

Paul Mangen

Communauté des transports (Verkéiersverbond)

Georges Molitor

LuxTram GIE

Max Nilles

Luxair, commissaire Société du port de Mertert Société de promotion et de développement de l’aéroport de Luxembourg

Fernand Otto

Fonds de rénovation de la vieille ville

Jeannot Poeker

Société du port de Mertert, président CFL

Frank Reimen

LuxTram GIE

Gilbert Schmit

Fonds de rénovation de la vieille ville

Paul Schmit

CFL | Société nationale de contrôle technique

Robert Schmit

Société de développement Agora

Maryse Scholtes

LuxTram GIE

Georges Simon

SEO

Jean-Claude Sinner

Fonds Belval

Guy Toussin

Société du port de Mertert

Ender Ülçun

Fonds Belval

Claude Wagener

Société de l’aéroport de Luxembourg (Lux-airport) Agence luxembourgeoise pour la sécurité aérienne

Claude Waltzing

Agence luxembourgeoise pour la sécurité aérienne

Marcel Watry

Fonds Kirchberg

Tom Weisgerber

SEO | Luxair | Cargolux | Société de l’aéroport de Luxembourg (Lux-airport) Fonds Belval | Société de promotion et de développement de l’aéroport de Luxembourg

Félicie Weycker

Société de l’aéroport de Luxembourg (Lux-airport) Communauté des transports (Verkéiersverbond) CFL | Société de promotion et de développement de l’aéroport de Luxembourg

Ricky Wohl

Luxembourg-Congrès

Ministère de la Culture Marco Battistella

Centre de musiques amplifiées (Rockhal) Centre national sportif et culturel d’Coque

Guy Dockendorf (e. r.)

Centre culturel de rencontre Abbaye de Neumünster

Luc Eicher

Centre de musiques amplifiées (Rockhal), vice-président

Tom Gantenbein

Fondation Mudam

Danièle Kohn-Stoffels

Fonds culturel national

Bob Krieps

Centre culturel de rencontre Abbaye de Neumünster Fondation Henri Pensis (Philharmonie) Fondation Mudam Fonspa

Michel Polfer

Fonds de rénovation de la vieille ville

Françoise Poos

Radio socioculturelle 100,7, présidente

Patrick Sanavia

Centre culturel de rencontre Abbaye de Neumünster Fonds de rénovation de la vieille ville

Ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative Pierre Schilling

Centre virtuel de la connaissance sur l’Europe

Pierre Zimmer

LuxTrust

Mai 2013 —

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50

COVERSTORY

Ministère de l’Économie et du commerce extérieur Serge Allegrezza

SES | Entreprise des P&T, président LuxTrust | CEPS

Guy Arend

Creos Luxembourg | Société du port de Mertert

Robert Biwer

CFL

Luc Decker

LuxConnect

Marco Estanqueiro

ILR

Tom Eischen

SEO | myEnergy GIE, vice-président

Raymond Faber

LuxTrust

Romain Fouarge

Entreprise des P&T

Pierre Franck

Agence de transfert des technologies financières Lux Development

Mario Grotz

Creos Luxembourg | CRP-Santé Fonds Belval | CD-PME

Marco Hoffman

Enovos International

Marc Hübsch

Office du Ducroire

Lex Kaufhold

ILR

Jean-Claude Knebeler

Enovos International

Daniel Liebermann

Société de promotion et de développement de l’aéroport de Luxembourg

Patrizia Luchetta

Enovos International BCEE

Elisabeth Mannes-Kieffer

Société de développement Agora | BCEE

Patrick Nickels

SNCI CD-PME

Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle Antonio De Carolis

INFPC

Carlo Hastert

Centre national sportif et culturel d’Coque

Michel Lanners

INFPC

Marc Mathekowitsch

Centre national sportif et culturel d’Coque

Robert Schuler

Centre national sportif et culturel d’Coque

Raymond Straus

Fondation Restena Fonds Belval INFPC, commissaire

Ministère d’État Yuriko Backes

Commissariat aux assurances

Michèle Bram

ILR Fonspa

Marc Colas

SES

Manuel Dillmann

Luxembourg-Congrès CEPS

Jeff Fettes

SNHBM

Pierre Goerens

ILR

Tom Kettels

LuxConnect

Anne-Catherine Ries

Entreprise des P&T Centre virtuel de la connaissance sur l’Europe

Gregory Saeul

CRP Gabriel Lippmann CRP Henri Tudor

Jean-Lou Siweck

SEO BGL BNP Paribas Fondation de Luxembourg

Jean Offermann

myEnergy GIE

Pierre Rauchs

Fonspa

Georges Reding

SEO

Marie-José Ries

Entreprise des P&T

Tom Theves

BGL BNP Paribas Enovos International, vice-président

Christophe Thirriard

INFPC

François Thill

LuxTrust

Michel Trauffler

myEnergy GIE

Jean Zahlen

Marco Walentiny

Paul Wurth Fonds national de la recherche

Fonds du logement CFL

Jean-Paul Zens

Romain Weisen

SEO

SES Entreprise des P&T

Paul Zimmer

SNCI

Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Pierre Decker

Centre virtuel de la connaissance sur l’Europe, commissaire CEPS, commissaire CRP-Santé CRP Henri Tudor CRP Gabriel Lippmann, commissaire

Léon Diederich

CRP Gabriel Lippmann CRP Henri Tudor

Germain Dondelinger

Fonds Belval

Josiane Entringer

CEPS

Jerry Lenert

Fonds national de la Recherche

Robert Kerger

Centre virtuel de la connaissance sur l’Europe Fondation Restena, vice-président Fonds national de la Recherche

Ministère du Travail et de l’Emploi Mariette Scholtus

Fonds national de solidarité

Nadine Welter

INFPC

Ministère de l’Intérieur et à la Grande région Marc Leonhard

Fonds du logement

Ministère de la Santé Fränk Gansen

— Mai 2013

Fonds national de la recherche


COVERSTORY

Ministère des Finances Luc Frieden

Fondation de Luxembourg, président

Anouk Agnès (ex-)

Fondation Mudam

Raymond Bausch

Fonds culturel national

Alphonse Berns

Cargolux

Sandra Denis

SEO

Raymond Dhur

Office national du remembrement

Luc Friederich

Fonspa

Patrick Gillen

BCEE

Isabelle Goubin

Société de la Bourse de Luxembourg Agence de transfert des technologies financières CSSF | Commissariat aux assurances, présidente

Jean-Marie Haensel

Centre virtuel de la connaissance sur l’Europe CRP Gabriel Lippmann Centre de musiques amplifiées (Rockhal) Centre national sportif et culturel d’Coque CRP Henri Tudor Fondation Henri Pensis (Philharmonie) Fondation Restena Fonds national de la recherche INFPC

Romain Heinen

Fonds national de solidarité

Georges Heinrich

BGL BNP Paribas, président Entreprise des P&T | BCEE | CEPS

Arsène Jacoby

BEI Agence de transfert des technologies financières Lux Development

Jean-Luc Kamphaus

SNHBM Société du port de Mertert Entreprise des P&T

Sarah Khabirpour

Bil Société de la Bourse de Luxembourg CSSF

Serge Hoffmann

CRP-Santé Communauté des Transports (Verkéiersverbond) Fonds de rénovation de la vieille ville, président Fonds national de solidarité

Michel Linden

Fonspa

Miguel Marques

Agence de transfert des technologies financières

Ernest Mousel

Office national du remembrement

Jean Olinger

Luxembourg-Congrès

Étienne Reuter

Bil Luxair Société de développement Agora Office du Ducroire, président Fonds Kirchberg SNCI, vice-président

Betty Sandt

BCEE

Michelle Steichen

Agence luxembourgeoise pour la sécurité aérienne LuxTram GIE

Pascale Toussing

Commissariat aux assurances

Marc Vanolst

Fonds Belval

Jeannot Waringo

SEO Société de l’aéroport de Luxembourg (Lux-airport) Lux Development Centre culturel de rencontre Abbaye de Neumünster Fonds du logement CFL, président

Ministère de la Sécurité sociale Raymond Wagener

CEPS

Administrateurs représentant la BCEE Michel Birel

Luxair Société de la Bourse de Luxembourg La Luxembourgeoise

Gilbert Ernst

La Luxembourgeoise La Luxembourgeoise-Vie Société nationale de contrôle technique

Jean-Claude Finck

SES Luxair Cargolux Paul Wurth Société de la Bourse de Luxembourg La Luxembourgeoise La Luxembourgeoise-Vie

Victor Rod

SES

Guy Rosseljong

La Luxembourgeoise-Vie Eurefi

Françoise Thoma

Cargolux

Romain Wehles

SNHBM

Administrateurs représentant le Commissariat aux Assurances Claude Wirion

Office du Ducroire

Victor Rod

BCEE

Administrateurs représentant la SNCI Emmanuel Baumann

ILR CD-PME

Marco Goeler

Regify LuxTrust

Eva Kremer

Paul Wurth Eurefi CD-PME

Patrick Nickels

Cargolux Paul Wurth

Geneviève Schlinck

Enovos International

Administrateurs représentant l’Entreprise des P&T

Administrateurs représentant la CSSF Andrée Billon

Fonds national de la recherche

Jean Guill

Office du Ducroire

Marc Weitzel

Agence de transfert des technologies financières

Marco Barnig

Visual online

Fernand Bichel

Netcore

Joseph Glod

Regify Netcore, président

Marcel Gross (e. r.)

Fondation Henri Pensis (Philharmonie)

Jean-Marie Spaus

Netcore Visual Online

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Un long serpent de mer

Participations

Faut-il développer une structure dédiée à la gestion de l’ensemble des participations de l’État ? Le développement d’un fonds souverain est-il pertinent au Luxembourg ? Les avis sont partagés, mais le sujet n’a jamais été concrètement abordé par le gouvernement, en dépit de bonnes intentions affichées en… 2004. Texte jean-michel gaudron

C’était le 19 janvier 2012. Le ministre des Finances, Luc Frieden, et le futur ex-ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké, à moins de deux semaines de son départ, avaient présenté en grandes pompes le Luxembourg Future Fund, un tout nouveau véhicule d’investissement ayant comme objet « de soutenir la diversification et le développement durables de l’économie luxembourgeoise en contribuant à attirer au Luxembourg, directement ou indirectement, des activités entrepreneuriales en phase de démarrage / développement / croissance ou des activités contribuant à l’innovation ». Un fonds porté essentiellement par la Société nationale de crédit et d’investissement (SNCI), à hauteur de 120 millions d’euros, et par le Fonds européen d’investissement (FEI) pour 30 millions, ce même FEI étant en charge de la gestion de ce fonds qui constituera, selon les termes employés lors de sa présentation, « un nouvel instrument complémentaire et d’importance de la politique de diversification et de développement durables de l’économie luxembourgeoise ». Le futur est de rigueur, et pas seulement sur un plan purement sémantique. Car même si le closing de ce fonds était prévu, de manière assez optimiste, pour le 1er semestre 2012, le Luxembourg Future Fund est toujours en phase de gestation. « Un nombre important de détails doivent être réglés, précise Emmanuel Baumann, le directeur de la SNCI.  Par ailleurs, de nombreuses concertations entre les partenaires du Luxembourg Future Fund ont été nécessaires. Cette phase de consultation et de négociation avec les différents partenaires a pris un certain temps. » Rien n’est annoncé, en tous les cas, avant « quelques mois », même si Jean-Claude Juncker, dans

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son dernier discours sur l’état de la Nation, a clairement dit que le Luxembourg Future Fund « p rend son envol » . Proche, dans l’esprit, de ce que peut faire un fonds de private equity ou de capital-risque privé traditionnel, ce Luxembourg Future Fund aura le mérite d’exister lorsqu’il entrera enfin en action et permettra certainement l’éclosion de nouveaux projets pour le moins intéressants, avec en ligne de mire des investissements – directement ou indirectement – dans des projets à l’étranger, avec des perspectives de valeur ajoutée future (d’où le nom…) pour l’économie luxembourgeoise. Mais ce nouvel instrument n’apporte en rien une réponse à la problématique que se posent bon nombre d’acteurs économiques dans le pays : celui de la gestion globale des participations détenues par l’État, au travers d’un véhicule financier parfaitement défini.

Des compétences différentes pour des enjeux différents

Actuellement, et depuis une loi datant de 1999, c’est la Trésorerie de l’État qui centralise l’information financière liée aux participations et en assure la gestion comptable. « Chaque participation dépend politiquement du ministre de tutelle », précise Georges Heinrich, l’actuel directeur du Trésor. Il n’y a donc pas à proprement parler de véritable gestion « structurée ». Celle-ci est plutôt décentralisée, même si, parallèlement, le gouvernement est susceptible de mener les arbitrages nécessaires lorsque la situation l’exige. « Ce qui n’arrive pas aussi souvent que cela, particulièrement quand il faut arbitrer entre deux sociétés », précise M. Heinrich.


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Lorsque la première coalition CSV-LSAP fut élue, en 2004, le programme gouvernemental avait soulevé la question d’une telle « gestion modernisée des participations de l’État ». Il était ainsi prévu que le président de la SNCI (qui était alors Gaston Reinesch, aujourd’hui directeur général de la Banque centrale du Luxembourg) soit mandaté pour la réalisation d’un rapport d’analyse et des propositions concernant, outre une extension des activités de la SNCI en tant qu’instrument de développement et de diversification de l’économie luxembourgeoise, la mise en place d’une telle gestion. L’ambition était là. Le calendrier aussi. « Ce rapport, qui sera établi dans le cadre d’une large consultation de toutes les parties concernées et qui s’inspirera des meilleures pratiques étrangères en la matière, tout en tenant dûment compte des contraintes communautaires existantes, sera soumis au gouvernement début 2006. Le gouvernement en délibèrera et proposera, le cas échéant et là où nécessaire, les modifications législatives appropriées », peut-on lire dans la déclaration gouvernementale du 4 août 2004. Problème : jamais Gaston Reinesch n’a été mandaté pour mener à bien une telle étude et établir de telles propositions. À croire que l’idée même d’une telle structure dédiée est déjà condamnée à l’avance. Les arguments sont variables. « Créer une telle structure impliquerait de la doter du personnel compétent, explique M. Heinrich. La question a été évoquée à plusieurs reprises, mais les contraintes en matière de ressources humaines font que cette approche n’a pas été retenue. Il faut en effet trouver les compétences différentes qui peuvent maîtriser des enjeux différents. La situation actuelle permet en revanche de bénéficier des différentes compétences présentes dans les ministères et de gérer efficacement les participations. »

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SES fait partie de ces entreprises dans lesquelles l’État s’est investi, stratégiquement et financièrement. L’aura mondiale de l’opérateur de satellites donne un bon point aux argentiers publics.

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Fonds souverains

Un pivot de l’économie mondiale

Les fonds souverains, « pivots de l’économie mondiale » tels que les définit Raymond Krawczykowski (Deloitte) gagnent en importance de manière vertigineuse. En 2006, l’estimation du total d’actifs géré par les 20 principaux fonds souverains dans le monde était d’un peu plus de 2.000 milliards de dollars. En 2013, il est de 4.200 milliards. Ces fonds d’investissement publics répondent à trois critères : ils sont possédés ou contrôlés par un gouvernement national ; ils gèrent des actifs financiers dans une logique de long terme ; et enfin, leur politique d’investissement vise à atteindre des objectifs macroéconomiques précis : épargne intergénérationnelle, diversification du PIB national, lissage de l’activité… Leurs ressources résultent de l’accumulation d’excédent de la balance courante, dont l’origine varie selon la structure économique du pays détenteur. Selon les dernières statistiques émanant du Sovereign Wealth Fund Institute, c’est le Government Pension Fund–Global norvégien (créé en 1990) qui constitue le plus gros fonds souverain au monde, d’une taille de 715,9 milliards (contre 174 milliards en 2006). Il devance l’Abu Dhabi Investment Authority (1976), qui était largement en tête du classement en 2006, et qui a stagné à 627 milliards. Le podium est complété par le SAFE Investment Company chinois (1997), dont la taille est estimée à 567,9 milliards de dollars. L’une des plus médiatiques ces derniers mois, la Qatar Investment Authority, auteur de quelques acquisitions spectaculaires (Hôtel Martinez à Cannes, Hôtel du Louvre à Paris, Lagardère, mais aussi le club de football du Paris Saint-Germain…), n’émarge « que » à 115 milliards de dollars. J.-M. G.


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La question de la création d’un « fonds souverain », susceptible de gérer les excédents budgétaires, a également été régulièrement mise sur le tapis. La Chambre de commerce avait même consacré à ce sujet le numéro 4 de son bulletin économique Actualités & Tendances, évoquant pour le pays « une solution d’avenir ». Il s’agissait notamment d’imaginer un mécanisme permettant à la fois d’absorber au mieux les chocs conjoncturels et / ou les disparitions programmées de certaines recettes fiscales (la TVA sur les revenus du commerce électronique à l’horizon 2015 est, aujourd’hui, un exemple « type ») et, par ailleurs, de gérer de manière optimale les fonds de réserve des pensions.

Pas assez de recettes pour un fonds souverain ?

C’était au printemps 2008, et Lehman Brothers était encore une banque solide, « too big too fail »… L’enthousiasme de la Chambre de commerce était pourtant loin d’être partagé par la classe politique, à commencer par le ministre du Trésor et du Budget de l’époque, Luc Frieden, qui ne voyait pas comment transposer, au Grand-Duché, la situation de ces États bénéficiant de revenus élevés apportés par des ressources naturelles telles que le pétrole – l’exemple norvégien, le plus gros fonds souverain actuellement existant (voir encadré), est régulièrement mis en exergue. « Le gouvernement n’a jamais eu comme objectif, tout comme c’est normalement le cas pour les fonds souverains, de chercher à maximiser les revenus en prenant des positions spéculatives, mettant en risque le capital investi ou de chercher à investir dans des entreprises stratégiques à l’étranger, expliqua-til en mars 2008. En effet, si la politique budgétaire menée conduit parfois à des excédents de recettes, ceux-ci sont nécessairement utilisés pour financer les nombreux projets d’infrastructures prévus au programme pluriannuel des dépenses d’investissement. À moins de réduire substantiellement les projets d’investissements prévus, le niveau des recettes ne permet pas au Luxembourg de constituer un fonds souverain à l’instar de pays pétroliers par exemple. » Si le sujet revient régulièrement dans les conversations, il n’a en tous les cas jamais dépassé ce stade. La déclaration gouvernementale de 2009 ne faisait, du reste, absolument plus mention de cette « mission » à confier à la SNCI. « Pour qu’un tel instrument voie le jour, il faudrait fondamentalement changer d’architecture et de gouvernance budgétaire et financière, estime le chef économiste de la Chambre de commerce, Carlo Thelen. Actuellement, on ne parle pas de dégager des surplus, mais plutôt d’augmenter les imports pour diminuer le déficit. La question reste toujours hautement politique. Pour beaucoup, une telle gestion des participations publiques ne doit être du ressort que des fonctionnaires et des ministères concernés. »

Ainsi fond, fond, fond… N’y aura-t-il donc jamais, au Luxembourg, un tel véhicule financier, qui allie gestion en bon père de famille et recherche de profits financiers ? L’État doit-il (et si oui, comment ?) faire le grand écart entre sa mission de service public, de développeur d’infrastructures d’intérêt général et, d’autre part, une démarche davantage orientée « investisseur », en vue de constituer des réserves financières à moyen et surtout long termes ?

Les interrogations ne manquent donc pas, mais aux yeux de Serge Allegrezza, directeur du Statec et de l’Observatoire de la Compétitivité, elles ne sont pas toujours celles qu’il faudrait. « La question n’est pas tellement celle du véhicule. On réfléchit d’ailleurs trop souvent d’abord au contenant plutôt qu’au contenu, regrette-t-il. Il faudrait, à l’inverse, réfléchir aux objectifs et assurer une cohérence de toutes les stratégies d’investissement de l’État. La gestion actuelle est trop horizontale, il n’y a pas de synthèse globale qui pourrait se réaliser, par exemple, via une cellule de réflexion, d’analyser et d’échanger au niveau de la SNCI. » Peut-être la solution existe-t-elle déjà finalement, au travers de cette Société nationale de crédit et d’investissement ? Le récent changement à la direction, suite au départ de Gaston Reinesch (Patrick Nickels nommé président et Emmanuel Baumann directeur) donnera-t-il un élan nouveau à cet établissement bancaire de droit public (lire encadré) ? En attendant, c’est donc le Trésor public qui veille sur les participations de l’État et qui assiste, impuissant, à une certaine « dilapidation » de ce capital. Au 31 décembre 2010, la valeur de marché des participations cotées de l’État (ArcelorMittal, BNP Paribas, SES et SEO) s’élevait à 2,31 milliards d’euros. Au 28 février 2013, avec Aperam en sus, cette valeur avait fondu à 1,78 milliard (-23 %).

SNCI

« Prêt à jouer un rôle plus important »

Créée en 1977, la Société nationale de crédit et d’investissement (SNCI) est un établissement bancaire de droit public spécialisé dans le financement à moyen et à long termes des entreprises luxembourgeoises : prêts à la création, à l’investissement ou à l’innovation ; crédits à l’exportation ; prises de participations ou prêts participatifs : la gamme de ses instruments est assez vaste. « Nous sommes une banque de développement visant la diversification économique et la consolidation du tissu économique, résume Emmanuel Baumann, le directeur de la SNCI. Nous sommes évidemment disposés, à l’avenir, à jouer un rôle encore plus important, par exemple au niveau des participations de l’État. » Actuellement, la SNCI dispose d’un certain nombre de participations dans des sociétés cotées et non cotées (voir infographie pages 46-47) et est susceptible de servir de relais lorsque l’État ne peut (ou ne veut) pas intervenir en direct dans une prise de participation. « ll est naturel, étant donné qu’il s’agit de l’argent du contribuable, que l’État, directement ou indirectement, garde une mainmise forte sur ses participations, notamment ses participations stratégiques », estime M. Baumann, qui ne ferme pas la porte à l’idée d’une structure de gestion unifiée. « La création d’un fonds souverain et le regroupement de l’ensemble des participations publiques dans une seule entité devraient être précédées d’une étude approfondie, analysant le pour et le contre d’un tel regroupement », estime-t-il. Il ne reste plus qu’à la volonté politique de faire le reste. J.-M. G.

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Contrôle et utilisation

Contexte et stratégies variables

Les interventions étatiques n’échappent pas au contrôle des instances européennes qui ont assoupli leurs positions, crise oblige, à l’égard du sauvetage de fleurons nationaux, en particulier dans le secteur financier. À l’heure où certains évoquent un besoin de gestion publique transversale, les participations étatiques restent souvent réparties sous différents girons, au gré des échéances politiques. Tandis que les pays émergents les utilisent pour soutenir leur expansion mondiale. Texte Thierry Raizer

La Spuerkeess, Banque et Caisse d’Épargne de l’État, est l’acteur incontournable par excellence, dans le paysage des deniers publics placés stratégiquement. En amont, elle soutient les projets chéris par l’État et par le secteur privé. Et en aval, elle rapporte à ses actionnaires.

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Selon la Commission européenne, est considérée comme entreprise publique « toute entreprise sur laquelle les pouvoirs publics peuvent exercer directement ou indirectement une influence dominante du fait de la propriété, de la participation financière ou des règles qui la régissent ». Qu’elles soient détenues ou contrôlées par l’État luxembourgeois, de nombreuses entités du pays tombent donc sous le coup de cette définition. S’il ne contrôle pas la totalité du capital d’une société, il possède en effet souvent des postes clés qui lui permettent d’influer sur le fonctionnement de l’entreprise. « Les participations que l’État détient sont à finalité stratégique et pas nécessairement pour maximiser un rendement », déclare Georges Heinrich, le directeur du Trésor qui connaît bien le sujet de l’État pompier puisqu’il préside, depuis janvier 2013, le conseil d’administration de BGL BNP Paribas (voir page 40). « L’État se comporte comme un actionnaire privé autant que possible et ne va pas imposer des choix stratégiques qui auraient un impact négatif sur la croissance à long terme de la société », ajoute-t-il pour résumer la représentation publique au sein d’une structure privée luxembourgeoise. Un point de vue qui renvoie au regard plus qu’attentif que garde la Commission européenne, en tant que gardienne de la libre concurrence au sein du marché intérieur, sur les aides et les participations que les États de l’Union déploient au sein de leur économie locale. Théoriquement, les entreprises publiques sont soumises aux mêmes règles de concurrence que leurs homologues privés. Concernant les participations des États, le critère de l’investisseur privé en économie de marché montre que les règles relatives aux aides d’État ne s’opposent pas nécessairement à la capacité de l’État à intervenir directement dans l’économie. En


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« L’État se comporte comme un actionnaire privé autant que possible. » Georges Heinrich (Trésor) 

« L’État stratège doit se donner les moyens de rester un stratège. » Serge Allegrezza (Statec)

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d’autres termes, la participation, directe ou indirecte, d’un État à des conditions normales de marché et dans un esprit proche des décisions qu’aurait prises un actionnaire privé, n’est pas forcément qualifiée d’aide étatique.

Bras armés et politisés Au Luxembourg, les participations indirectes sont coordonnées, notamment, par la Société nationale de crédit et d’investissement (SNCI). Ce type de structure se retrouve aussi à l’étranger, dont en France, où l’Agence des participations de l’État (APE), créée en 2004, représente l’État auprès d’environ 70 sociétés aux noms aussi importants qu’EDF, France Telecom ou la SNCF. Au 26 mars dernier, la valeur des participations gérées par l’agence – dont les dirigeants fluctuent en fonction des alternances politiques – s’élevait à plus de 5 milliards d’euros. D’autres organes publics, la Caisse des dépôts et consignations et le Fonds stratégique d’investissement, interviennent également dans ce domaine, ce qui conduit à une vision des compétences (l’APE dépend du gouvernement alors que la CDC est sous tutelle de l’Assemblée nationale) rappelant la coordination horizontale qui existe aussi au Luxembourg. Chaque participation est en effet rattachée directement au ministère concerné, alors que d’autres voies sont, plus ou moins régulièrement, évoquées pour changer de paradigme. « Les participations de l’État s’effectuent sans vision industrielle, relève un observateur avisé de l’économie locale. Le gouvernement a toujours hésité à se doter d’une structure dédiée à la gestion de ses participations, par exemple de type holding, et qui serait mieux équipée pour les gérer. La situation actuelle pousse certains à s’inventer experts dans une société liée à leur ministère, sans continuité ni profondeur. » Début avril, la Cour des comptes française abondait dans ce sens au sujet du secteur de la défense : « L’État ne doit plus agir au coup par coup, mais adopter une stratégie d’ensemble, préparer les décisions futures et dire ce qu’il attend de ses partenaires industriels. » En Belgique, le gouvernement a créé en 2006 la Société fédérale de participations et d’investissement, sur base de deux holdings préexistantes. La nouvelle entité a été mandatée pour conduire la gestion centralisée des participations des autorités fédérales, mais aussi mener des activités pour compte propre. Sa gouvernance reste majoritairement sous influence politique via des représentants ou proches de ministères, même si des spécialistes du droit ou de la fiscalité apportent leur éclairage. Souvent mise en avant dans les argumentaires déployés pour attirer de nouveaux acteurs économiques sur le sol grand-ducal, la stabilité politique du pays s’appliquerait aussi dans le cas des participations de l’État. « Il y a plusieurs avantages liés à une participation de l’État, dont sa capacité à donner de l’horizon au projet et des objectifs à long terme, déclare Serge Allegrezza, directeur du Statec et représentant de l’État, entre autres, au conseil d’administration des P&T dont il assure la présidence. L’État fait aussi preuve de patience, donne une vision et a les assises financières solides pour supporter les pertes. » Ce soutien financier a permis de voir l’émergence d’aventures telles que Luxtrust ou encore SES, pour laquelle l’État a misé gros à une période où d’aucuns pensaient que le défi satellitaire était voué à l’échec. À l’heure

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du bilan de l’influence globale, force est de constater que l’État est présent à la fois tant pour des raisons historiques, au gré des crises industrielles, que pour des raisons d’investissements en infrastructure relativement lourds. « L’État est actionnaire d’entreprises qui font partie des industries de réseau comme les télécommunications, l’énergie ou les transports dans lesquelles il y a une justification économique de cette participation. Étant donné que ces secteurs nécessitent des investissements lourds avec des rendements faibles, l’acteur en cas de ‘monopole naturel’, c’est l’État qui a investi depuis de nombreuses années dans les infrastructures », ajoute Serge Allegrezza. Cette omniprésence étatique dans l’économie pose par ailleurs la question d’une éventuelle baisse de la participation et de l’investissement dans d’autres voies de développement. « C’est justement l’objet du Luxembourg Future Fund dont l’idée est de contribuer à l’essor de PME des secteurs innovants. Il s’agit d’une réflexion en cours, nous travaillons sur le concept à mettre en œuvre, relève Georges Heinrich. L’État est d’une manière générale engagé dans tous les secteurs, la question est plutôt de savoir s’il doit se désengager de certains d’entre eux. » Cette dernière hypothèse a été envisagée dernièrement par Jean-Claude Juncker dans son discours sur l’état de la Nation, s’agissant de BGL BNP Paribas. Mais une sortie de plus grande ampleur n’est que peu probable, tant pour des raisons stratégiques que politiques. « La distribution de postes d’administrateur à des hauts fonctionnaires représente une récompense pour ces collaborateurs, ajoute notre observateur. Or la mission de ces représentants n’est pas vraiment claire. Il faudrait pouvoir détacher leur action de visions politiques qui peuvent parfois influer négativement sur les entreprises. » À la lecture des sièges de représentation auprès des sociétés (voir page 48), on remarque, que trois ministères se dégagent, logiquement, du lot : l’Économie et le Commerce extérieur, les Finances ainsi que le Développement durable et les Infrastructures.

Les États stratèges Le désengagement financier de l’État de BGL BNP Paribas générerait une plus-value et ferait écho à l’utilisation que font des gouvernements étrangers de leur lot d’actions. Ou comment ce patrimoine peut servir à boucler des budgets bancals, comme en France ou en Belgique où les dirigeants envisagent actuellement de léguer des participations pour tenter de maîtriser leurs comptes publics. Fin d’année dernière, le gouvernement allemand annonçait, pour sa part, vouloir accélérer le rythme de privatisation pour atteindre l’équilibre budgétaire. À l’inverse, la stratégie opérée par le Qatar, dont la situation financière n’est pas comparable, montre que les prises de participation peuvent, aussi, être de véritables cartes de visite sur l’échiquier mondial. Le fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA), dirigé par l’émir héritier Ben Hamad Al Thani, a en effet marqué une rupture avec d’autres fonds souverains du Golfe persique, plus discrets mais pourtant plus dotés. L’histoire de l’acquisition du PSG ou de l’entrée au capital d’hôtels de luxe en France par QIA fait partie d’une expansion internationale – basée en partie sur des « coups » de communication – que le fonds avait estimée à 30 milliards de dollars pour 2012. Un cas d’étude, toutes propor-


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Aides étatiques

Coordination et souplesse

Il n’était pas question de faire n’importe quoi. Le dossier Dexia relevait de trois pays, sous le coup de réglementations européennes. Mais, en son temps comme happée hors du giron luxembourgo-luxembourgeois, la banque systémique y est revenue. Avec la bénédiction de l’Europe. Et avec l’aide de l’État, qui y porte 10 % utiles, aux côtés des Qataris.

tions gardées, qui fait réfléchir aux moyens que veulent se donner les différents pays. « L’État stratège doit se donner les moyens de rester un stratège, notamment par rapport à de nouvelles activités prometteuses, comme les biotechnologies qui sont un secteur à haut risque dans lequel l’État a accepté d’investir à long terme », note Serge Allegrezza. Tour à tour intervenant sur le front d’incendies systémiques ou d’un départ de feu lié au lancement d’une activité, l’État apparaît indispensable à cet égard. Entre un secteur privé qui verrait d’un bon œil sa sortie du capital de certaines sociétés et sa volonté de maintenir son influence stratégique, la vérité est peut-être dans un compromis dont le Luxembourg a le secret. La piste de la formation des administrateurs publics pourrait ainsi représenter un premier pas vers la professionnalisation d’une fonction qui est appelée à prendre de l’ampleur. Dans un contexte où les participations ne doivent pas uniquement rimer avec urgence, mais bien source de nouvelle croissance, de préférence durable, comme le rappelait une certaine Commission européenne.

La Commission européenne entend faire aboutir, d’ici fin 2013, de nouvelles règles de modernisation du contrôle des aides d’État pour, d’une part, mieux contrôler – et plus rapidement – celles qui ont une forte influence sur le marché intérieur et, d’autre part, soutenir les aides stimulant la croissance sur un mode durable. « L’Europe doit exploiter pleinement le potentiel qu’offre un marché intérieur concurrentiel et (…) les pouvoirs publics doivent concentrer leurs dépenses sur des priorités de nature à renforcer la croissance », indiquait à ce sujet Joaquín Almunia, vice-président de la Commission, chargé de la concurrence. Mais l’instance supranationale est bien consciente de l’importance des interventions des États en temps de crise, particulièrement dans le sauvetage d’institutions financières d’importance systémique pour un marché donné. Une situation exceptionnelle qui l’a poussée à prendre de nombreuses décisions, pays par pays, au sujet des mesures de sauvetage, le tout dans un cadre réglementaire adapté dès 2008. Celui-ci est théoriquement revenu à la normale depuis décembre 2011, mais la Commission continue d’afficher une certaine souplesse en la matière, afin de faire coïncider respect du droit de la concurrence et pérennité des emplois. T. R.

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La tactique étatique Postscriptum

Texte jean-Michel Gaudron

« Lorsque j’étais ministre de l’Économie, je me suis évertué à gérer les participations de l’État comme s’il s’agissait de mes propres deniers. Cela ne m’a d’ailleurs pas valu que des amitiés auprès de certains financiers. » Henri Grethen, aujourd’hui éloigné des affaires courantes luxembourgeoises, se rappelle de l’état d’esprit qui prévalait « de son temps » (entre 1999 et 2004) sur la question. En dépit du coup de frein post-11 septembre 2001, l’économie surfait globalement sur une vague de croissance, et personne ne semblait trop se soucier d’éventuels lendemains qui pouvaient déchanter. Luxair et Cargolux ne se portaient pas trop mal, aucun séisme systémique ne menaçait la place financière et la Société européenne de satellites avalait GE Americom pour devenir le premier opérateur mondial… On le sait : ces temps appartiennent à un passé définitivement révolu. En 2007, lors d’une profonde réflexion menée sur le rôle de l’État dans l’économie nationale, relayée par paperJam, le Cepros, alors présidé par le regretté Edmond Israël, avait déjà soulevé quelques pistes de réflexion. Parmi elles, l’établissement d’un plan de gestion des revenus générés par les participations détenues par l’État, permettant d’en assurer la gestion dans une optique d’optimisation du portefeuille. Il était, aussi, question de réfléchir sur une redéfinition du statut d’administrateur public via des critères de sélection objectifs des représentants de l’État dans les entreprises, de clarifier par écrit leur mandat et de le rendre public, ou encore de revoir le mode de gestion des réserves de la Sécurité sociale, en les confiant à des professionnels ayant reçu une mission précise. Que serait-il advenu, aujourd’hui, de cette dernière idée si elle avait été mise en œuvre en plein cœur de la crise économique actuelle ? La vérité qui semblait prévaloir en toute logique, il y a cinq ans, et qui était déjà différente de celle de 2001, n’aurait plus vraiment de pertinence aujourd’hui.

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Si la question du rôle de l’État dans la gestion privée des sociétés, elle, traverse les époques sans prendre la moindre ride, il ne semble pas exister de réponse unique. Tout dépend du contexte. Non, bien sûr, l’État n’a pas vocation à prendre des participations dans plusieurs banques privées de la Place. Mais on n’ose imaginer le séisme qu’aurait représenté la disparition pure et simple de la Bil et de la BGL (quel que soit le nom qui était alors le leur) sans cette intervention décisive. L’État doit-il s’aventurer sur le terrain d’une démarche résolument capitaliste, à la recherche de profits ? Ou bien privilégier son rôle de régulateur national ? Doit-il laisser les marchés s’autoréguler en se contentant de les observer, comme le préconisait Adam Smith, ou bien doit-il soutenir la croissance et stimuler l’économie, selon les préceptes de John Keynes ? À l’heure de la mondialisation et de la disparition progressive de bon nombre de niches de souveraineté emportées par les élans d’harmonisations voulues au sein de l’Union européenne, un État a, certes, de moins en moins de marges de manœuvre. Mais c’est lorsqu’il n’en a plus aucune, comme cela est aujourd’hui le cas du côté de Chypre ou de la Grèce, que l’on se rend compte combien il est essentiel qu’il puisse encore agir, à son échelle, avec une certaine autonomie doublée d’une bonne dose de bon sens. Ce dernier point peut évidemment largement prêter le flanc aux discussions et/ou aux critiques. Mais lorsque, dans son discours sur l’état de la Nation, début avril, Jean-Claude Juncker annonce que l’investissement des entreprises publiques et de celles dont l’État est un important actionnaire, voire l’actionnaire majoritaire, s’élèvera entre 2013 et 2018 à plus de 2 milliards d’euros, il y a, a priori, de quoi être rassuré en la matière. À condition, évidemment, que cela ne soit pas source de distorsion de concurrence, comme cela est régulièrement reproché dans certains secteurs, par exemple celui des télécoms.


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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

entreprises

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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

Cession d'actions RTL Group

Bertelsmann espère 1,6 milliard d'euros

Photo : David Laurent / Wili (archives)

Comme annoncé en début d’année, le groupe de médias allemand Bertelsmann a lancé son opération « d’allègement », avec la vente programmée de 23,2 millions de titres (et une option de 2,3 millions supplémentaires en fonction de la demande) détenus dans le capital de RTL Group. Bertelsmann table, ainsi, sur un montant levé de quelque 1,6 milliard d’euros, destinés à financer les projets de croissance du groupe, via d'importantes acquisitions et le développement de partenariats stratégiques. Sa participation dans RTL Group serait ainsi ramenée de 92,3 % à environ 76 %. L’opération lancée le 18 avril dernier, et pilotée par Deutsche Bank et Morgan Stanley, est censée prendre fin le 29 avril, avec une cotation des nouveaux titres le 30 avril.

Un tribunal de Milan a condamné les deux stylistes Domenico Dolce et Stefano

FRE

SH

Gabbana à payer 343,5 millions d’euros pour une affaire de fraude fiscale impliquant le Luxembourg. | Michel Bradtke et son frère Jacques ont décidé de reprendre l’entreprise de vitrerie familiale Vitralux Bradtke, créée en 1865.

Start-up

Infrastructures

Un vent coréen sur le Luxembourg

Le pharmaceutique et sa logistique

Tassement sur les « traditionnels »

Moyasoft, une société coréenne développant et commercialisant des jeux pour téléphones mobiles, pose ses valises au Grand-Duché, où elle établit son quartier général européen. Pour l’instant, sa stratégie de développement demeure inconnue, mais elle rejoint en tout cas une autre entreprise d’origine coréenne (aujourd’hui japonaise), Nexon, qui détient 19,99 % des parts de Moyasoft. Le CEO de Moyasoft, Hyun Chul Lim, avait découvert le Luxembourg à l’occasion de l’ICT Spring de juin 2012. Il y avait notamment entendu parler des multiples initiatives visant à accueillir les start-up étrangères.

LuxairCargo mise beaucoup sur le secteur pharmaceutique, via les installations du « Pharma & Helthacare Hub » inaugurées le 8 avril. 3.000 m² ont été aménagés au sein des installations existantes pour répondre aux besoins des géants pharmaceutiques. On notera l’importance du maintien de la température propre aux médicaments dans ce projet. LuxairCargo compte à cet égard sur ses entrepôts climatisés et frigorifiques ainsi que sur un temps de latence très court (6 à 8 minutes) entre l’arrivée sur le tarmac et l’entreposage.

Selon la pige publicitaire annuelle réalisée par Mediaxim, les investissements publicitaires bruts au Luxembourg se sont élevés, en 2012, à un total de 164,3 millions d’euros, en repli de 2,4 % par rapport aux 168,4 millions de 2011. Un chiffre qui ne concerne que la presse écrite, la radio, la TV, le cinéma et l’affichage. Les données de la publicité « online » (Internet et supports mobiles), basées sur des déclarations volontaires, ne sont toujours pas intégrées dans l’étude. Impossible, donc, de savoir si tout ou une partie du recul enregistré se reporte sur les médias électroniques. Tout comme en 2011, Cactus, De Miwwel & Kichechef et LuxGSM sont les trois annonceurs qui ont le plus investi sur le marché national.

Investissements publicitaires

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Photo : Fikip Van Koot

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paperJam

Pierre Sorlut primé !

Photo : David Laurent / Wili (archives)

Quatre repreneurs sur les rangs Le ministre du Développement durable et des Infrastructures, Claude Wiseler, a indiqué devant les députés que quatre candidats potentiels issus de trois pays différents (États-Unis, Russie, Chine) étaient sur les rangs pour le rachat des 35 % d’actions actuellement portées par l’État suite au retrait de Qatar Airways. Les noms n’ont pas été dévoilés, mais compte tenu des marques d'intérêt déjà exprimées il y a plusieurs mois,

on peut supposer que la chinoise HNA et la russe Volga-Dnepr figurent parmi ces éventuels repreneurs. L'hypothèse Miami Centurion Air Cargo a également été évoquée. Alors que les discussions pour le renouvellement de la convention collective continuent, la compagnie devait publier, le 24 avril, ses résultats, marqués par une perte de quelque 30 millions de dollars, moins importantes que prévues.

Travail temporaire

Villeroy & Boch

Randstad avale Start People

L'État demande des comptes

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Capital

IEE chinoise

Cargolux

Le groupe néerlandais Randstad met 20 millions d’euros sur la table pour acquérir une partie du groupe USG People, en l’occurrence le portefeuille « dotation de personnel » pour l’Espagne, l’Italie, la Pologne, la Suisse, l’Autriche et le Grand-Duché de Luxembourg. Randstad pourrait devenir le numéro un du travail temporaire au Luxembourg, où le groupe USG détient Start People.

Finaliste malheureux en 2012, Pierre Sorlut, journaliste de paperJam, a remporté le Citi Journalistic Excellence Award 2013. Il a été récompensé pour son article « Les inquiétudes nées du travail », paru dans notre édition de novembre, dans le cadre de la coverstory consacrée au marché du travail. À noter que paperJam était bien représenté cette année pour cet Award, puisque Nicolas Raulot, rédacteur en chef de paperJam.lu, était également finaliste pour son article « In Vino Piratas ».

Le ministre de l’Économie et du Commerce extérieur Étienne Schneider a demandé à Villeroy & Boch de lui rendre les subventions qui lui ont été versées par le gouvernement luxembourgeois. Une somme de plusieurs centaines de milliers d’euros accordée pour développer une production qui, au final, a été interrompue en juin 2010. Le ministre a laissé entendre qu’une telle démarche pourrait être menée auprès d’autres entreprises subventionnées. On pense évidemment à ArcelorMittal...

La vente de l’équipementier automobile grand-ducal IEE est finalisée. Apax Partners et les actionnaires luxembourgeois passent la main à un consortium chinois, composé de HiWing, SAIC Luxembourg et Ascend Capital Management. Le montant de l’opération et la nouvelle répartition du capital ne sont pas rendus publics.

Photo : David Laurent / Wili (archives)

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e-commerce

Pixmania offline Carnet noir

Les clients du site de vente, qu’ils soient particuliers ou professionnels, ont appris que « Pixmania cesse ses activités à » et « arrête ses livraisons à destination du » Luxembourg. Un communiqué en ligne du PDG du groupe, Phil Birbeck, précise que les marchés difficiles ont obligé la firme à revoir ses ambitions. Aucune société de Pixmania n’était toutefois physiquement active au Grand-Duché.

Adieu Charles Kieffer Le directeur général et fondateur du groupe CK, Charles Kieffer, est mort dans la nuit du 3 au 4 avril, à l’âge de 91 ans. Il avait créé la société en 1946. Celle-ci opère dans la photographie, l’imprimerie, l’audiovisuel, mais aussi le sport. Charles Kieffer avait notamment ouvert le CK Sport Center de Kockelscheuer et les Thermes de Bertrange-Strassen.


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Satellites

7 pour 5

Photo : Jessica Theis / jess.lu (archives)

s o i M 7 

Propriété intellectuelle

Les cinq membres du comité de direction de SES se sont partagé une rémunération de 7 millions d’euros en 2012. La rémunération brute globale allouée à Romain Bausch (CEO), Andrew Browne (directeur financier), Martin Halliwell (technologie), Gerson Souto (développement) et Ferdinand Kayser (commercial) s’est élevée à 6.974.760,57 euros, contre 7,7 millions d’euros l’année précédente.

Émission

Emprunt yankee

Lancement du Prix Freylinger 2013 Maison Moderne et l’Office Freylinger organisent le Prix Office Freylinger de la Propriété Intellectuelle. « L’objectif est de récompenser la meilleure pratique en matière de protection par la propriété intellectuelle d’un projet de communication ou marketing », explique Olivier Laidebeur (Office Freylinger, photo). Jusqu’au 14 juin, les entreprises souhaitant participer peuvent remplir un questionnaire

disponible sur www.freylinger.com, qui permettra de déterminer le niveau de recherche et de protection atteint par les différents projets. Le nom des lauréats sera dévoilé le 18 septembre à l’occasion du Maison Moderne Show à Utopolis. Avec, comme prix, des dépôts de marque offerts pour une valeur globale de plus de 3.200 euros.

European CSR Awards 2013 Photo : Christophe Olinger

Premiers lauréats La PME Ketterthill (avec l’Association Don de Moelle) et la grande entreprise ALD Automotive (avec myClimateLux) sont les grands gagnants de la première édition des European CSR Awards, le 15 avril dernier, destinés à récompenser les meilleurs partenariats entre entreprises et organisations non gouvernementales. Tous participeront à la finale européenne du 25 juin prochain, à Bruxelles.

Sécurité

Leetchi.com

Prosegur rachète GRP Security

Luxembourg pour tremplin

Le groupe espagnol Prosegur, spécialisé dans les services de gardiennage, le transport de fonds et les systèmes électroniques de sécurité, a procédé en mars à l’acquisition de la société GRP Security établie à Bertrange et active dans le même secteur. Celle-ci emploie 76 salariés.

Leetchi.com, start-up d’origine parisienne en plein boom dans le « social payment », prend pied à Luxembourg. Plateforme de cagnottes et partenariats commerciaux, elle est reconnue comme établissement de monnaie électronique au Grand-Duché. La société Leetchi Corp entend se développer à l’international. « Nous avons travaillé environ un an sur le montage du dossier pour le GrandDuché, souligne Céline Lazorthes, sa fondatrice et CEO. C’était un élément vital pour nous. Et nous avons reçu un accueil très professionnel. »

1 Mrd L'opérateur de satellites SES vient de boucler une émission obligataire de 1 milliard de dollars aux États-Unis, en deux tranches de maturités 10 et 30 ans.

Brasserie de Luxembourg

Part de marché en hausse

53 

%

Peu de chiffres diffusés par la Brasserie de Luxembourg-Diekirch-Mousel, à l’occasion de la présentation de ses résultats 2012, hormis celui de sa part de marché nationale, qui passe de 51 % à 53 %, dans un marché où les volumes de ventes ont décliné de 2 % au Luxembourg. L’entreprise tient compte de toutes les marques commercialisées au GrandDuché par la maison mère AB InBev.

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Télécoms

Ambitions internationales en 4G Trois entrepreneurs luxembourgeois, experts en IT et en télécommunications, se sont associés pour développer, à partir du Luxembourg, un tout nouvel opérateur de type 3.0, à vocation internationale, et ciblant en premier lieu le marché des PME. Le projet, que paperJam vous présente en exclusivité, est sur la rampe de lancement. Texte Jean-Michel Gaudron Photos Laurent Antonelli (Blitz)

L

’histoire n’est parfois qu’un éternel recommencement. Après avoir été un des dirigeants historiques de l’opérateur mobile luxembourgeois Tango (entre 1999 et 2003), puis un des cofondateurs (avec Jean-Claude Bintz) d’un autre opérateur, Voxmobile, devenu Orange depuis, Pascal Koster n’a pas attendu bien longtemps pour se laisser de nouveau entraîner dans une aventure entrepreneuriale d’envergure. À la différence près que, cette fois-ci, l’opérateur de télécommunications qu’il est en train de mettre sur pied n’est pas seulement « un de plus ». Il s’agit du premier de type « 3 .0 », cette nouvelle « race » d’opérateurs qui intègrent directement et simultanément les volets télécoms et IT. Une dualité qui justifie directement le profil des deux partenaires que Pascal Koster a choisi de réunir autour de ce projet : Claude Lüscher et Frank Fischer, deux vieux briscards sur la Place (lire encadré). Tous trois se sont associés à parité dans la société Join Wireless, créée début avril. « Après le rachat de Voxmobile par Mobistar, j’ai rejoint le comité de direction de l’opérateur belge et j’avais prévu d’y rester trois ans. Je suis finalement resté deux années de plus, explique Pascal Koster, qui a commencé à sentir pousser en lui de nouveaux élans d’entrepreneur dans le courant de l’année dernière. J’ai eu envie de refaire quelque chose à partir du Luxembourg, mais pas à destination du seul marché national. Plutôt quelque chose d’international, sachant qu’aucun des grands groupes de télécommunications ne considère le Luxembourg comme une plateforme intéressante pour y développer un projet en premier. » Évolutions technologiques et réglementaires

Les réflexions de M. Koster ont également été alimentées par les évolutions technologiques, — Mai 2013

d’une part, et réglementaires, d’autre part. Car si la libéralisation à outrance voulue par la commissaire européenne Viviane Reding ne lui a pas valu que des amitiés chez les opérateurs de téléphonie luxembourgeois, soucieux notamment de voir tirés à la baisse des tarifs de roaming (lesquels représentent, en moyenne, près d’un tiers de leurs revenus), elle a débouché, aujourd’hui, sur une situation qui offre de nouvelles perspectives pour des projets en développement. Par ailleurs, le marché du roaming de données pour l’accès à l’internet mobile va s’ouvrir à la concurrence le 1er juillet 2014, de sorte qu’un client d’un opérateur dans un pays qui se rend dans un autre pays pourra choisir les tarifs proposés par un opérateur local de ce pays, sans avoir besoin de changer de numéro. De même, les coûts d’interconnexion, qui sont facturés lors d’appels d’un opérateur vers un autre opérateur, ont été drastiquement revus à la baisse, ce qui offre de nouvelles perspectives. « Il est désormais possible de regrouper un certain nombre de services à partir du Luxembourg, ce qui n’était pas possible avant, car le marché était trop petit et les coûts de gestion trop élevés », explique Pascal Koster. Et lorsque le tout s’appuie sur une technologie basée sur des réseaux de télécommunications de 4e génération, portés par des services cloud qui se généralisent et se démocratisent (avec un cadre juridique unique au Luxembourg, qui prévoit la préservation des données en cas de faillite d’un hébergeur cloud), on en vient tout naturellement à cette notion de convergence télécoms / IT, déjà mise en œuvre par bon nombre d’acteurs issus de l’un de ces deux univers, mais toujours en ajoutant des briques supplémentaires à une base existante. Dans le cas présent, cette intégration constitue l’essence même du projet.


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Pascal Koster, Frank Fischer, Claude Lüscher : un trio complémentaire aux ambitions internationales.

« J’ai déjà eu l’occasion de conseiller bon nombre de sociétés qui se sont installées au Luxembourg, témoigne Claude Lüscher. À chaque fois, dans les visions des uns et des autres, apparaît clairement cette combinaison entre IT et Telco. C’est un critère important, dans une approche de consommation de ce genre de services uniquement en fonction de ce qui est réellement consommé, comme pour des ressources plus primaires telles que l’électricité. À travers ce projet de nouvel opérateur, nous nous positionnons surtout comme un fournisseur de services et non un simple vendeur de cartes SIM. » Ce n’est donc pas un « énième » opérateur traditionnel (en l’occurrence un quatrième) qui est en train de fourbir ses armes pour attaquer

Le marché du roaming « pèse » 60 milliards d’euros en Europe.

le marché. La cible est clairement B2B, plus spécifiquement les petites et moyennes entreprises et les indépendants, généralement considérés par les opérateurs comme des clients retail, car n’ayant pas la taille critique suffisante susceptible de les faire basculer dans une logique de traitement de « grands comptes ». « Nous voulons dire à ces PME et ces indépendants : ‘confiez-nous votre IT et votre Telco, et on s’occupe de tout’ », résume Pascal Koster. Au démarrage, ce seront le marché luxembourgeois et, pratiquement dans le même temps, le marché belge qui seront couverts. Des développements en France et en Allemagne sont ensuite envisagés dans une deuxième étape très rapprochée. Mai 2013 —

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« Nous nous positionnons surtout comme un fournisseur de services et non un simple vendeur de cartes SIM. » Claude Lüscher (Join Wireless)

Join Wireless

Trois garçons dans le vent Les trois associés dans le projet Join Wireless cumulent près de 75 années d’expérience sur le marché IT et Telco, au Luxembourg et ailleurs. Pascal Koster (45 ans) a commencé sa carrière au service commercial de Cegedel et fut en charge, pendant cinq ans, du lancement des premières activités commerciales de l’opérateur fixe Cegecom. En 1999, il rejoignit le groupe Tele2 et prit notamment, aux côtés de Jean-Claude Bintz, la direction de l’opérateur mobile Tango. Les deux hommes créèrent ensuite un autre opérateur mobile, Vox, lancé en 2004 et racheté en 2008 par Mobistar. Si M. Bintz quitta complètement la structure, Pascal Koster, lui, resta au sein du groupe où il fut promu chief technical officer. Claude Lüscher (49 ans), Suisse né au Luxembourg, a commencé sa carrière en 1988 chez JB Wagner (devenue Real Software depuis), avant de rejoindre la Bil en tant que project manager. En 1994, il devint associé chez Tecsys, société créée par deux de ses anciens supérieurs. Devenu CEO en 2004, il partit en 2006 juste après le rachat de Tecsys par Global Interface. Il créa alors une autre société de services et de conseils, Exigo (avec Frank Fischer), puis deux autres structures : Orgavision et Tecsys-IT Haus. « Lorsque Vox fut créée il y a 10 ans, j’étais déjà impliqué, se rappelle-t-il. Mais pour des raisons liées à des actionnaires communs, je n’avais pas été au bout de l’aventure. J’ai en revanche accompagné le développement de la société en tant que fournisseur. Je connais bien ce marché des télécoms. » Frank Fischer (51 ans) est également un « serial entrepreneur ». Après trois années passées dans le business development chez Centre de Gestion, il créa Computer Business Center. Une société qui joua un rôle majeur sur le marché IT au Luxembourg, surtout après l’acquisition, en 1996, d’Eurodata, qui devint trois ans plus tard Deloitte Consulting. M. Fischer occupa ensuite la fonction de senior partner au sein de la firme, puis créa, avec deux de ses collègues, IT Works, puis d’autres sociétés, parmi lesquelles Exigo – avec Claude Luscher – et Cartrust, qui loge, dans ses locaux, Join Wireless. « Au cours de ma carrière, j’ai travaillé un peu partout en Europe et j’ai vu la complexité du potentiel de développement qui y existe, témoigne-t-il. Quand on a goûté à cela, et quand on est toujours nourri de cette ambition de grandir, on ne peut qu’adhérer à un projet comme celui-là, qui cadre exactement avec tout ce potentiel que j’ai pu observer. » J.-M. G.

— Mai 2013

« J’ai toujours rêvé de pouvoir un jour démarrer une activité à partir d’ici, mais s’adressant à des clients professionnels qui ne sont pas uniquement luxembourgeois, se réjouit Frank Fischer. Ces dernières années, dans les contacts que j’ai pu avoir avec des professionnels étrangers, j’ai toujours senti une excellente perception du Luxembourg, en tant que place sérieuse, bien au centre de l’Europe, et donnant des gages de sécurité. Cette image joue beaucoup dans une relation business. » Avec ou sans réseau propre

Qui dit « opérateur » dit, forcément, « Institut luxembourgeois de régulation » (ILR), organe de surveillance de contrôle des acteurs du marché. En mars dernier, l’ILR a procédé à une consultation publique concernant les critères de sélection et la procédure d’octroi de licences pour les bandes de fréquence des 2,6 GHz. Une consultation clôturée le 8 avril dernier et à laquelle a participé Join Wireless, avec un espoir jugé légitime d’être retenue, au final, pour l’octroi d’une licence. Surtout qu’une décision du Parlement et du Conseil européens datant de mars 2012 précise explicitement que dans le cadre de l’établissement du programme pluriannuel en matière de politique du spectre radioélectrique, il est envisagé de donner préférence à la requête d’un nouvel entrant pour la partie de spectre concernée. La désignation du (ou des) heureux lauréat(s) pour ces nouvelles licences est attendue fin avril-début mai. Mais si, au final, l’ILR ne retenait pas Join Wireless parmi les opérateurs, cela ne remettrait nullement en cause le projet tel qu’il est lancé. Tout juste cela le rendrait-il un peu plus laborieux dans son développement. « Pouvoir exploiter ce spectre de fréquences constituerait évidemment un atout, mais ce n’est pas non plus indispensable, assure M. Koster. Notre objectif est d’avoir accès à un réseau et d’avoir la possibilité d’y déployer des ‘small cells’ (des antennes de toute petite taille principalement destinées à être déployées dans des locaux


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« Aucun des grands groupes de télécommunications ne considère le Luxembourg comme une plateforme intéressante pour y développer un projet en premier. » Pascal Koster fermés, ndlr). Que ce soit dans notre propre spectre ou celui d’un (Join Wireless) autre, peu importe, même si, évidemment, cela simplifierait les choses que ce soit le nôtre. » Derrière cette première cible des PME et des indépendants se cachent deux autres axes de développement visés par Join Wireless et par Blue Communication, la structure dédiée à la commercialisation des services, en cours de création (le nom du réseau tel qu’il sera finalement utilisé, lui, n’a pas encore été arrêté). En premier lieu, il y a le segment « Machine-to-Machine » (M2M, des appareils capables de communiquer entre eux sans intervention humaine, à partir de réseaux de communication sans fil), au potentiel de développement qui semble illimité. Les prévisions tablent, à l’horizon 2015, sur un marché qui représentera quelque 100 millions pour le volet commercialisation. La recherche de la de « machines » de ce type. Et là encore, la flexibilité d’une moitié du financement vise une (ou plusieurs) banque(s) structure de petite taille peut constituer un atout. luxembourgeoise(s), la SNCI en tête. Pour l’autre moitié, « Les principaux acteurs se concentrent sur de très gros clients, des discussions sont indiquées comme étant très avancées avec des parcs de 150.000-200.000 machines. En disposant d’une structure de coûts efficiente, il est possible de très facilement avec des partenaires potentiels ayant le même dynamisme, le même esprit d'entreprise, la même approche intégrée et servir des réseaux bien plus petits », assure M. Koster. la même vision d’un développement international piloté Là aussi, les développements technologiques depuis le Luxembourg. et logiciels récents permettent à Join Wireless d’envisager D’autres négociations sont également menées tous en la matière une infrastructure qui était totalement azimuts pour développer des partenariats technologiques impensable il y a encore quelques années. avec des acteurs du cloud, de la distribution, du billing… Le troisième axe, lui, consistera, à partir de mi-2014 – Quant à l’infrastructure d’hébergement proprement lorsque la législation européenne le permettra –, à dite, elle fera l’objet d’un appel d’offres lancé dans être parmi les premiers opérateurs à offrir, à la fois les prochains jours, et qui ciblera les grands data sur le plan technique et de la facturation, des centres du pays. « Nous espérons pouvoir finaliser solutions de roaming alternatif, portées par toutes ces discussions dans les prochaines une plateforme de paiement électronique. et avoir, d’ici à la fin de l’année, Le marché du roaming « pèse » « L’image de sérieux semaines une offre commerciale bien ficelée », 60 milliards d’euros en Europe. véhiculée par annonce Pascal Koster. « Si nous prenons ne serait-ce que 0,1 % Une dizaine de personnes, toutes de ce marché, cela fera déjà 60 millions le Luxembourg expérimentées en ICT et / ou d’euros, ce qui est énorme vu notre joue beaucoup dans Telco, sont déjà à pied d’œuvre. taille », calcule M. Koster. une relation business. » Le business model, pourtant jugé 15 millions d’investissement très conservateur, prévoit un pour commencer premier développement jusque Frank Fischer (Join Wireless) 200 personnes. Tous les ingrédients Les ambitions ne manquent donc pas. semblent donc réunis pour une vraie Avec quels moyens ? Une première success story. Mais c’est évidemment enveloppe de 15 millions d’euros est envisagée du terrain que sortira la vérité…

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Ice-Watch

Une image de marque à l’heure luxembourgeoise Produite en Chine, mais identifiée à Bastogne, à deux pas du Grand-Duché, la montre colorée est devenue un must-have mondial par le biais d’un marketing intelligent. L’effet de marque joue aussi sur la propriété intellectuelle luxembourgeoise. Et ce n’est sans doute pas fini. Texte Alain Ducat Photo Jessica Theis / jess.lu

I

l se passe toujours quelque chose avec Ice-Watch. C’est même ce qui a rendu célèbre cette montre qui, en quelques années à peine, est passée du statut de toquante made in China à celui d’accessoire de mode indispensable au poignet d’icônes pop et autres VIP. La montre aux couleurs vives a déployé un marché énorme… Si tout ce qui tourne autour de cette marque forte, qui a conquis une envergure planétaire, revient sans cesse sur le Luxembourg belge – la cité ardennaise de Bastogne –, le Grand-Duché n’est jamais très éloigné. Et pas seulement sur un plan géographique. La belle histoire est, et reste, liée à un homme, Jean-Pierre Lutgen. Il est le descendant en ligne directe d’un citoyen grand-ducal (il pourrait donc porter la nationalité luxembourgeoise par filiation), fils d’un ancien ministre (Guy Lutgen) qui fut longtemps le premier citoyen de Bastogne, et frère de l’actuel bourgmestre de cette ville (Benoît Lutgen), ex-ministre wallon aujourd’hui à la tête du parti centriste, démocrate et humaniste francophone (le CDH). Jean-Pierre Lutgen (48 ans en septembre prochain) aurait pu faire de la politique, tout simplement. Sa formation en sciences po, à l’Université catholique de Louvain, l’y prédestinait plutôt. Mais il s’est construit une autre image, à coups d’idées. L’âge de glace, à Rombach

On ne refera pas ici toute la saga, celle d’un homme, doué pour le marketing, et d’un produit, sur lequel peu auraient misé. Les premières montres – pas vraiment au top de l’horlogerie, mais repérées pour leur potentiel dans un bureau de Hong Kong – se sont vendues dans quelques salons ardennais. Puis Jean-Pierre Lutgen a démarché les distributeurs, leur offrant quelques points de marge de plus que les concurrents, en échange d’avances sur une partie de la commande pour financer la production. Cette pompe amorcée — Mai 2013

a permis de récolter rapidement les dollars par paquets. Aujourd’hui, les multiples versions de la montre devenue culte font un malheur dans une centaine de pays… Mais un peu d’histoire permet néanmoins de voir à quel point IceWatch et le Grand-Duché de Luxembourg ont une communauté de destins, dont les développements probables seront à suivre. IceWatch a ses origines incontestables... à Hong Kong, en 2006, sous la houlette de Bewatch Ltd (devenue Ice Universal Ltd), société de Lutgen, comme TKS en Belgique. Aujourd’hui, c’est la – toujours familiale – Ice Universal qui, de Hong Kong, est encore la tête du pont du petit empire Ice-Watch. L’ancrage belge ? Ice (marque qui va plus loin que le concept de montres) fait émerger une nouvelle ère. La dénomination a, il y a juste un an, remplacé Orotime, née en septembre 2006. Pour être (presque) complet, on doit signaler que TKS, devenue Ice s.a., avait pris la suite d’une première entreprise, Tontonlulu (spécialisée notamment dans les gadgets publicitaires) créée en 1991. Les relations commerciales avec la Chine et le Luxembourg remontent à ces années pionnières… Jean-Pierre Lutgen, à l’époque, n’a pas raté le clin d’œil débridé, en baptisant sa société grand-ducale originelle Chinalux. C’était en mars 2006 déjà, et Chinalux prenait souche à Bonnevoie. La société a ensuite migré (en janvier 2011) vers la route d’Esch, avec l’appui d’une fiduciaire. Très récemment, la griffe Ice déboulait aussi au grand jour (quoique très discrètement) pour le Luxembourg : en juillet 2012, Chinalux changeait d’adresse (désormais, le siège est à Rombach-Martelange) et surtout, en octobre 2012, elle changeait de nom, devenant Ice s.a. puis Ice IP. IP comme intellectual property bien entendu. Depuis ce petit bureau grand-ducal jouxtant la frontière belge, Ice IP détient une flopée de marques enregistrées, dont le terme « Ice » est le dénominateur commun. Icewatch a été déposé dès décembre 2006, en Belgique au départ. Toutes les déclinaisons (Ice Watch

ou Ice-Watch) ont suivi, de même qu’une série de concepts, le plus souvent accompagnés du logo afférent, comme Ice Color, Ice Planet ou Ice Game entre autres. Ice tout court est le petit dernier en date, depuis février 2013. De facto, toutes ces marques déposées, pour le marché européen ou mondial, sont déjà luxembourgeoises, même s’il en existe encore bien d’autres (plusieurs centaines en tout) qui ne sont pas (encore) dans le giron grand-ducal. Ce qui est sûr, c’est que, pour que la notion de marketing prenne tout son sens, la propriété intellectuelle est un moteur puissant. Cela se joue sur un terrain juridico-économique, dont le territoire grand-ducal est devenu un maillon spécialisé et accueillant. Stratégie dynamique et association d’idées

Car Ice-Watch est à la fois la cible de contrefacteurs et la cible de marques qui se sentent lésées. La suisse Swatch est un « ennemi » récurrent. Il y a, malgré un agreement scellé, toujours des blocages commerciaux et des freins de procédure juridique, dans l’un ou l’autre coin du monde. Ces deux-là n’ont d’ailleurs pas fini d’en découdre : Ice-Watch s’enhardit sur le terrain de l’horlogerie suisse de tradition et de luxe, alors que le pionnier Swatch semble préparer une génération de « montres intelligentes », qui pourrait se voir baptisée… I-Swatch. Lego, par exemple, a gagné face à Ice-Watch, dont le packaging (les Becubic, boîtes empilables grâce aux plots ronds sur le couvercle) ressemblait trop au design des célèbres briques du créateur de jouets danois. Du coup, les objets sont devenus collectors pour ceux qui en possédaient… On se souvient que, en mai 2011, Ice-Watch avait marqué le coup et les esprits, en organisant dans son fief de Bastogne une médiatique destruction massive de copies de ses montres exclusives. Un char d’assaut (un symbole pour cette cité, haut lieu de la


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Ice-Watch est la marque la plus « likée » au Luxembourg. Mais les montres sino-belges, en IP luxembourgeoise, font un tabac dans le monde entier !

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Photo : BMW / Ice-Watch

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Ice-Watch s’affiche, un peu partout et avec des marques fortes, en version internationale. Par exemple aux côtés de BMW pour des séries spéciales très vrombissantes.

Bataille des Ardennes) avait écrasé plus de 2.500 montres et 5.000 fausses Becubic. À l’époque, Jean-Pierre Lutgen avait commenté : « La marque a ainsi voulu affirmer sa détermination à continuer son développement et, surtout, marquer sa farouche volonté de ne diffuser sur le marché que les seules vraies montres griffées Ice-Watch. » La société belge précisait également que « la majorité des cas de copies, plagiats et contrefaçons ont été résolus par des conciliations et accords juridiques, dans lesquels l’anonymat des contrefacteurs est requis ». C’est pourquoi aucune des « marques » de copies n’avait été montrée… Cette dynamique de marque est au cœur même de la stratégie d’Ice-Watch. En janvier dernier, l’entreprise annonçait, avec le teasing d’usage, la sortie d’un tout nouveau modèle, plus discret, plus plat, plus souple, la « Ice », précisément. Une nouvelle opération de communication bien dosée annonçait, fin février, la signature de deux contrats emblématiques avec BMW. Ainsi, un prototype de la marque allemande roulera dans le prochain championnat DTM, très populaire — Mai 2013

outre-Moselle, aux couleurs d’Ice-Watch. Et le faiseur de montres a décroché une licence, pour trois ans, histoire de créer et diffuser des Ice-Watch « série spéciale » BMW. Des partenariats viennent fréquemment enrichir la gamme, comme encore dernièrement avec le spécialiste des couleurs Pantone. Plus de 4 millions d’amis

Ce ne sont que quelques exemples, tout récents, parmi d’autres, grâce auxquels la marque a assis la notoriété de ses produits. D’astucieux contrats ciblés ont pu, au fil des années, associer à la marque de montres des stars comme les Black Eyed Peas, Katy Perry, David Guetta (tous ont contribué à l’œuvre en arborant les accessoires mode dans des clips vus des millions de fois) ou Cathy Guetta. Cette dernière, en signant le design de quelques modèles, a aussi associé son image et sa marque d’organisatrice d’événements, à Ibiza et autres repaires festifs, via les séries « Ice-Watch F*** Me I’m Famous ».

En juin 2010, lors de la cérémonie de remise du Cyel Award récompensant le jeune entrepreneur le plus créatif au Luxembourg, Jean-Pierre Lutgen, dans une intervention qui s’apparentait alors à un tutorat, avait insisté sur l’importance des réseaux sociaux comme outil marketing. En juillet 2012, Ice-Watch passait le cap du million de « likers » sur sa page officielle Facebook. Le 15 avril dernier, la même page arborait 4.163.035 « J’aime », alors que près de 150.000 utilisateurs du réseau étaient identifiés comme parlant de la marque au moment de la consultation. Tout cela sans compter qu’il y a d’autres pages Facebook estampillées Ice-Watch, certaines pour des réseaux de distribution nationaux, certaines entretenues par des fans de la marque, mais aussi d’autres pages officielles « Ice », sur les produits dérivés comme IcePhone ou Ice-Clock. C’est ainsi un impressionnant aréopage – beaucoup de jeunes manifestement – qui passe par le réseau pour « c onsommer » de la marque, via des jeux en ligne, des cadeaux, des interactions permanentes et, par ailleurs, se retrouve dans


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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

Jean-Pierre Lutgen mise aussi sur le Luxembourg de la propriété intellectuelle. Et dans son fief de Bastogne, le patron de la marque a fait le feuilleton local de l’hiver.

Photos : DR et Charles Caratini (archives)

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des événements, musicaux ou sportifs, sponsorisés. et forcé », déclarait Jean-Pierre Lutgen dans une récente A priori, cet engouement mondial pour la marque, une des interview distillée dans l’édition belge de Paris-Match plus exposées au monde, est loin du Luxembourg. Le réseau (La Libre-Match). Il continuait, pas avare de compliments de vente y fonctionne pourtant très bien dit-on. La marque envers le Grand-Duché : « J’aime et connais bien ce pays. n’y a pas de « Ice-Store » ou de flagship direct, mais un réseau Les Grand-Ducaux ont toujours eu l’intelligence de choisir de magasins indépendants et de groupements de magasins, des Premiers ministres d’une grande valeur intellectuelle et une trentaine de points de vente au total. Et bien sûr la vente multilingue. Pierre Werner, Gaston Thorn, Jacques Santer et « airlines », sur Luxair. Jean-Claude Junker ont fait d’un petit pays sans atout une réelle Tout cela relativise aussi la polémique qui, il y a quelques place économique et financière. Comme quoi la politique est semaines, a secoué l’hiver belge, autour de l’épicentre de importante pour le devenir des autres. » Bastogne. Jean-Pierre Lutgen souhaitait implanter ses bureaux In fine, le cœur d’Ice-Watch continuera à battre à Bastogne, Place McAuliffe, au cœur de la cité, plutôt qu’à l’avenue où se tient une petite équipe de support. Le gros de l’activité, Mathieu où il est depuis les débuts. Il avait investi, acheté de la production et de la distribution mondiale, se concentre plusieurs immeubles. Mais l’urbanisme et la commune de sur Hong Kong. Les flux financiers, plutôt conséquents, ont Bastogne lui ont mis des bâtons dans les rouages. Alors, la tendance à regarder vers Bruxelles, car la holding belge sauce médiatique avait pris, l’homme placardant des (Ice-Holding attend son heure) ne manque pas de charme affiches « à vendre » sur ses immeubles et « menaçant » pour une structure internationale. de se délocaliser… dans un grand centre Et le Luxembourg ? Proche et bien doté pour la commercial de Pommerloch, côté grand-ducal, propriété intellectuelle, il se renforce bel et bien « J'aime à une quinzaine de kilomètres de Bastogne. comme maillon de la chaîne. On n’est pas, ici, et je connais L’affaire a rebondi, d’écho en écho, dans tous dans une logique de concentration virtuelle les médias du Royaume et par-delà. ou de montage financier opaque. Mais dans bien le Grand« Si nous devions déménager à Luxembourg-ville une niche bien réelle : le Luxembourg, pour Duché ! » ou à Bruxelles, je perdrais la moitié de mon le développement de Ice et cie, continuera équipe et tout l’esprit qui anime Ice-Watch. Je à être un atout, connu depuis longtemps par Jean-Pierre Lutgen l’aurais fait si cela avait été nécessaire et puisqu’on l’homme d’affaires qui a su y trouver ses semblait m’y pousser, mais je l’aurais fait contraint marques. — Mai 2013


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Retrouvez toutes les photos sur www.paperjam.lu/csr15042013 RSE

1ers European CSR Awards Initiative européenne coordonnée au Grand-Duché par IMS Luxembourg et récompensant les meilleurs partenariats entre entreprises et associations à but non lucratif. 06

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Photos Christophe Olinger 01. Le ministre du Travail et de l’Emploi, Nicolas Schmit, entouré par les lauréats : ALD Automotive / myClimateLux et Ketterthill / Association Don de Moelle

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02. Laurent Schonckert (Cactus) et Christian Scharff (président IMS Luxembourg), membres du jury 03. Marine de Bazelaire (HSBC France) 04. Yannick Wellenreiter (Cabinet Walter) et Louis Lang (Recarbon) 05. Guillaume Ternynck (PwC) et Émilie Oswald (Indiact)

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06. Gérard Lecuit et Patrick Bilbault (SOS Faim) 07. Pierre Bley (UEL) et Diane Muller-Kneip (Kneip), membres du jury 08. Nicolas Schmit (ministre du Travail et de l’Emploi, président du jury), Françoise Thoma (BCEE, membre du jury) et Denis Fellens (InterLycées) 09. Luisa Ferreira (Institut BEI) 10. Jeannot André (Europa Donna), Lucie Gautier et Christian Zeyen (ArcelorMittal)


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Briller dans la Commerce en Grande Région

Presque 40 ans après leur apparition, les centres commerciaux au Luxembourg – et en Grande Région – n’ont jamais été aussi nombreux. Tous consentent r­ égulièrement à d’importants investissements, en premier lieu dans l’immobilier, pour capter une clientèle toujours plus mobile. Texte Thierry Raizer Photos Jessica Theis / jess.lu

constellation A

u commencement, il n’y avait que des prés. C’est en effet sur un terrain vierge de toute infrastructure commerciale que la Belle Étoile a vu le jour en 1974. Deux extensions plus tard (en 1988 et 1996), le centre s’apprête à inaugurer, le 23 mai prochain, une nouvelle aile de 10.000 m2 qui portera à près de 40.000 m2 son espace commercial total. « D’un bout à l’autre du site, il s’étend sur 400 mètres », précise Laurent Schonckert, administrateur délégué du groupe Cactus qui possède le site de 18 hectares. Les responsables de ce chantier déclarent avoir débloqué 50 millions d’euros, sur fonds propres, pour réaliser la structure qui accueillera 35 enseignes supplémentaires, portant le nombre de boutiques à 105, avec une attention particulière sur l’offre textile qui va doubler via l’arrivée de 21 enseignes. « Notre offre textile n’était pas assez développée, bien malgré nous. Les possibilités étaient réduites, surtout sur les grandes localisations. Nous voulions donc attirer des enseignes de renom qui constituent à eux seuls une offre individuelle. » Le textile est ancré dans l’ADN des centres commerciaux qui misent sur les griffes pour attirer le chaland. Autre point commun, ils hébergent tous une « locomotive » alimentaire, en l’occurrence un supermarché. Ouvert également en 1974, quelques semaines avant la Belle Étoile, le City Concorde (voisin de quelques centaines de mètres) voit justement son origine dans la boutique de mode Bram et compte sur l’enseigne Cora. La famille du créateur, Jean Bram, qui a impulsé les premières extensions du centre, est toujours aux commandes. Son beau-fils, Romain Koster, directeur actuel, passe d’ailleurs, progressivement, la main à la troisième génération, en la personne de son fils Max, âgé de 23 ans : « J’ai grandi avec le centre commercial et lorsque mon père a recherché, il y a trois ans, un bras droit, j’ai choisi de relever le défi. » — Mai 2013

« La succession est un travail de tous les jours, et si l’on veut faire avancer l’aventure, il faut remettre l’entreprise aux jeunes », observe pour sa part Romain Koster. Avec ces deux paquebots de la distribution qui emploient, à eux seuls, quelque 2.500 personnes, il n’est pas étonnant que la commune de Bertrange, proche de la frontière, soit citée comme le deuxième lieu de destination des clients belges au Luxembourg, derrière la capitale et devant Pommerloch, selon une enquête de la Confédération luxembourgeoise du commerce (CLC) présentée en juillet 2012. L’un et l’autre ont dû développer en permanence leurs atouts pour se démarquer d’une concurrence qui, depuis leur ouverture, s’est démultipliée. Le tout dans un contexte économique qui s’est dégradé. « Le panier n’a pas beaucoup souffert, il est resté constant », estime Manu Konsbruck, le futur directeur de la Belle Étoile, dès la fin du mois de mai, succédant à Alain Lauff, en poste depuis 1974. Sa promotion est le prolongement d’un long parcours au sein du groupe Cactus, depuis son arrivée en 1998 « en tant qu’acheteur en articles de parfumerie et de cigarette », se souvient-il. Il a ensuite rejoint le service marketing du groupe (au Windhof ) en tant qu’adjoint de direction avant de devenir responsable d’équipe à la Belle Étoile depuis début 2013. « Il faut avoir un esprit commercial et connaître les ramifications de notre groupe pour occuper cette fonction, ajoute Laurent Schonckert. Il devra défendre à la fois Cactus et les commerçants de la galerie. » Une association regroupant les commerçants de cette dernière sert d'ailleurs de lieu d'échange autour des questions communes comme l’ouverture tardive éventuelle des boutiques. Le futur directeur entend également poursuivre la politique d’animation du centre. « Nous voulons nous différencier par de vraies expositions qui représentent un investissement important. Nous

consacrons beaucoup de temps à sélectionner les sujets pour veiller à la qualité de ce que nous exposons. » Intégrer la Grande Région

L’exemple des expositions montre bien que les centres commerciaux se battent sur plusieurs fronts et bien au-delà des frontières. Les données du Statec montrent d’ailleurs que les dépenses substituables courantes (alimentation, restauration, équipement du ménage, loisirs…) des frontaliers ne sont pas négligeables (voir page 81). Dans une étude consacrée au travail frontalier, publiée en mars dernier, les universités du Luxembourg et de Lorraine ajoutent que plus la dépense du frontalier est diversifiée, entre des dépenses contraintes, des achats soumis à accises ou des dépenses substituables (courantes ou non), plus les montants dépensés sont élevés : 13.217 euros, en moyenne, par an. Entre les habitudes des résidents et la consommation des frontaliers, le marketing mix adapté à la réalité du pays s’avère compliqué à théoriser. « C’est difficile de s’adresser à tout le monde, note Manu Konsbruck. C’est un défi d’ajuster la communication dans différents supports sans trop diluer les moyens. » Une réalité commerciale qui doit aussi être assimilée et traduite dans l’offre de produits. « Les clients n’hésitent plus à se rendre d’un pays à un autre pour avoir accès à une offre », déclare François Remy, directeur général d’Auchan, la filiale du groupe français qui compte sur une gestion décentralisée pour correspondre aux besoins spécifiques du marché local. Ce n’est pas évident de s’adresser à 151 nationalités, nous devons donc adapter les achats que nous effectuons pour 50 % auprès de notre centrale en France et pour 50 % au départ de Luxembourg pour permettre aux communautés de trouver le produit qui leur convient. » Reste que faire revenir les


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Les dépenses des ménages diminuent Dépenses annuelles des ménages résidents pour des produits relevant du commerce de détail (sans horeca, ni transport)

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Source : Enquêtes budgets des ménages (Statec) et CLC

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nombreux frontaliers qui travaillent autour d’Auchan durant le week-end n’est pas si simple, malgré d’éventuelles actions promotionnelles. « Le coût de transport est devenu un facteur important, il faut donc que la destination soit envisagée sur la journée, au-delà des seuls achats. » Or, les destinations d’achats ne manquent pas. En périphérie de Thionville, par exemple, le centre Geric a été fondé en 1971 au départ du regroupement de 60 commerçants qui géraient à l’époque leur propre rayon dans un espace commun. Aujourd’hui, le centre s’agrandit également pour atteindre, d’ici à la fin de l’année, une surface commerciale de 38.000 m2 où la mode occupera, ici aussi, une place importante. « Les consommateurs sont demandeurs de nouveauté, il faut les surprendre. Je suis convaincu que l’ADN de Geric requérait cette évolution qui suit une tendance lourde, déclare Jean-Daniel Hamet, administrateur délégué du GIE Geric. Même si le textile subit des difficultés saisonnières ou liées au pouvoir d’achat, nous remarquons qu’il y a une appétence pour les marques dont les enseignes étaient demandeuses pour des agrandissements. » Si les informations relatives aux portraits-robots des consommateurs des centres commerciaux

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« Le panier n’a pas ­beaucoup souffert, il est resté constant. »

« Les clients n’hésitent plus à se rendre d’un pays à un autre pour avoir ­accès à une offre. »

Manu Konsbruck (Belle Étoile)

François Remy (Auchan)

« J’ai grandi avec le centre commercial et lorsque mon père a recherché un bras droit, j’ai choisi de relever le défi. »

« Les consommateurs sont demandeurs de ­nouveauté, il faut les surprendre. » Jean-Daniel Hamet (Geric)

Max Koster (Bram)

Sur la carte

Les principaux centres commerciaux Schmiede Knauf Shopping Center Ouverture : il y a une trentaine d’années, en tant que station-service. 31.000 m2 Salariés : 500

Wemperhardt – Shopping Center Massen Ouverture : 1968 10.050 m² Salariés : 270 Ces centres multibranche, dont un magasin à prédominance alimentaire, de plus de 10.000 m² (surface commerciale) devraient être rejoints à l’avenir par trois autres infrastructures : le Centre Hamilius (Luxembourg-ville), Auchan (Ban de Gasperich) et un Cactus (Esch / Lallange) attendu pour mi-2016.

Vers des investissements 2.0

Pommerloch Knauf Shopping Center Ouverture : il y a une trentaine d’années, en tant que station-service. 28.000 m2 Salariés : 500

Mersch Topaz shopping center Ouverture : 1994 17.000 m2 Salariés : 305 Walferdange Walfer Shopping center Ouverture : 2008 11.000 m² Salariés : 150

Bertrange Belle Étoile Ouverture : 1974 39.000 m2 Salariés : 1.550

Messancy (B) Cora Ouverture : 1974 24.500 m² (supermarché) Salariés : 300 (supermarché)

Mont St-Martin (F) Auchan Ouverture : 2003 19.000 m² Salariés : 450

Bertrange City Concorde Ouverture : 1974 35.000 m² Salariés : 1.000

Kirchberg Auchan Ouverture : 1996 23.500 m 2 Salariés : 750

Bascharage Cactus Ouverture : 2001 20.000 m² Salariés : 350 Foetz Cora Ouverture : 2002 10.000 m² Salariés : 300 Esch / Belval Belval Plaza Ouverture : 2008 36.000 m² Salariés : 500

Thionville (F) Geric Ouverture : 1971 38.000 m² Salariés : 1.200

Sources : CLC et centres commerciaux. Le nombre de salariés est fourni par les centres commerciaux à titre indicatif, tenant compte des salariés en CDD et en CDI.

— Mai 2013

ne sont pas publiques, les performances de certaines boutiques haut de gamme dans le cas de Geric indiquent que le pouvoir d’achat des habitants du bassin nord-mosellan, dont de nombreux frontaliers, aide certainement à la performance du centre. On connaît en revanche l’origine géographique des clients entrant au Luxembourg qui sont, selon la CLC, 1,5 million à habiter dans une zone de 30 kilomètres autour du pays. Les Allemands sont les plus fidèles puisqu’ils seraient 53 % dans cette zone à faire leurs courses au moins une fois par mois au Grand-Duché, contre 47 % de Belges et 39 % de Français.

L’accent mis sur les vêtements permet de miser sur toutes les tranches d’âge, via une offre multimarque, des plus âgés aux plus jeunes. Mais les habitudes de communication de ces derniers ne semblent pas encore totalement intégrées par les centres commerciaux qui sont encore peu nombreux à avoir embrayé vers la vague 2.0, celle des réseaux sociaux. 46 % des personnes interrogées dans le cadre de l’enquête « Digital Life » (2011) de TNS Ilres indiquaient cependant que les commentaires en ligne permettent de se faire une opinion rapide sur les marques et les produits. Un autre avantage majeur des réseaux sociaux est de pouvoir construire une relation de proximité, même virtuelle, avec le client. « La réalisation d’un hub digital déployant une stratégie regroupant les sites web, les applications mobiles, les réseaux sociaux et les points de vente digitaux apparaît de plus en plus indispensable, déclare André Hesse, directeur de l’agence Vous. Actuellement, les promotions en ligne via des banners ne proposent pas souvent de pénétrer dans un univers ou une histoire que pourrait vivre le client via le produit. » Les centres commerciaux pourraient par ailleurs considérer certaines fonctionnalités des outils électroniques comme une application « GPS indoor », une distribution de coupons en ligne ou une webcam pour


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Dépenses frontalières par pays de résidence En euros

France dépenses substituables courantes

Belgique

Lieux de vie

Un maillage important

Allemagne

4.000

 3.500

3.000

accises

dépenses substituables non courantes

2.500

2.000 dépenses contraintes

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0 Source : enquête “Dépenses des frontaliers” – Statec – CEPS / Instead 2007

visualiser l’encombrement du parking… Un ensemble de démarches qui amène, in fine, sur des résultats marketing. « Un bon site Internet permet de référencer des groupes d’acheteurs et de mesurer les besoins de la clientèle et de lui proposer, sans être intrusif, ce dont elle a besoin. » Seuls les achats en ligne sont, pour l'instant, plébiscités par les centres qui y trouvent leur compte. Auchan prévoit ainsi d’ouvrir prochainement un deuxième point de retrait de courses effectuées en ligne, avant un troisième en 2014. « Le concept est né au Luxembourg avant d’avoir été exploité par nos collègues du groupe en France », relève avec fierté M. Remy. En attendant d’autres projets dans le monde virtuel, les patrons se montrent pragmatiques et ambitieux pour 2013 et les prochaines années, toutes expansions dehors. Ainsi, si le vaisseau amiral d’Auchan continuera à rester au Kirchberg, l’enseigne prévoit d’ouvrir des centres commerciaux d’une taille de 3.500 à 4.000 m2 dans le pays, dont le premier sera situé à Differdange sur le site d’une ancienne friche industrielle. En attendant, bien sûr, les 25.000 m2 prévus au Ban de Gasperich. Vieux débat

Presque 40 ans après les premières ouvertures, les centres commerciaux restent d’importants créateurs d’emploi, notamment à destination des moins qualifiés qui y trouvent des formations internes. « La notion de

développement durable comprend aussi le fait de faire vivre 1.000 travailleurs et leurs familles, sans oublier nos fournisseurs et prestataires », relève pour sa part Romain Koster du City Concorde. La Belle Étoile estime à 300 le nombre de nouveaux postes créés via sa nouvelle aile. Mais la croissance du secteur, tablant sur des perspectives démographiques toujours positives, dépend désormais d'un horizon économique incertain. La concurrence frontalière n’arrangeant rien au constat. À la question de la concordance entre la zone de chalandise et l’offre commerciale, autrement dit du nombre trop important de centres et de la menace qu’ils peuvent représenter les uns envers les autres, les pronostics ne sont pas tangibles, mais une tendance se dégage. « Le problème dans la Grande Région est que si l’offre continue d’évoluer, et ce sera le cas, l’offre globale va probablement entraîner des dégâts collatéraux, mais on ne sait pas encore de quel côté de la frontière », relève Thierry Nothum, directeur de la CLC. Le prix reste l’élément central de décision pour choisir le lieu d’achat. Il faudra essayer d’affaiblir cet argument en proposant, sur base d’une offre similaire, une différenciation sur le service et la qualité. » Chacun sera donc appelé à jouer son rôle, tant au niveau fédératif qu’individuel, pour fidéliser le client, sachant que son pouvoir d’achat n’est pas appelé à s’étendre indéfiniment. Pour que toutes les étoiles de l’espace commercial puissent briller durablement, et que certaines ne deviennent pas… filantes.

Lieux de vie, endroits de passage, les centres commerciaux sont tour à tour utilisés différemment en fonction du besoin du moment. Sans compter les surfaces de tailles moyennes dont certaines ont développé des positionnements spécifiques, à l’instar du Pall Center (7.500 m2) dirigé par Christiane Wickler et qui s’est mué depuis 1982 en un concept de « village », au départ d’une station-essence. Stations qui proposent d’ailleurs une offre alimentaire de plus en plus étendue. Idéalement complémentaires des commerces de centre-ville, dont beaucoup y possèdent un second point de vente, les grands centres apparaissent comme indissociables de notre mode de consommation. Hautement demandeurs d’espaces fonciers, les promoteurs d’extensions ou de nouveaux chantiers cherchent d’ores et déjà des terrains pour réaliser leurs prochains projets. Ou attendent des autorisations. L’instantanéité des besoins du marché reste parfois, dans ce cas, opposée à la lenteur de certaines procédures, en fonction des particularités éventuelles du site choisi. Que l’on en soit propriétaire ou non. T. R.

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Retrouvez toutes les photos sur www.paperjam.lu/contern12042013 Anniversaire

Les 90 ans de Chaux de Contern Plusieurs ministres et le couple grand-ducal ont assisté, le 12 avril, à la séance académique pour l’anniversaire du groupe de ciments.

01. Robert Dennewald (Chaux de Contern) 02. Jean-Paul Proth (Cimalux) et Joseph Kinsch (Fondation ArcelorMittal)

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03. Michèle Detaille (No-Nail Boxes) et Charles-Louis Ackermann (Accumalux) 04. Danièle Fonck (Editpress) 05. Victor Gillen (président du Conseil d'État) 06. Marco Lise (Lise) 07. Jean-Paul Neu (Dussmann Group)

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08. François Valentiny (Valentiny HVP Architects)

Photos Jessica Theis / jess.lu

09. Jean Lucius (Enovos)

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Shebusa

rta t s up

Du luxe sur mesure Via sa marque Shebusa, AAA Fashion offre sur une plateforme en ligne des vêtements haut de gamme customisés. Le modèle est novateur, le potentiel majeur. Le succès du marketing s’avérera déterminant. Texte Pierre Sorlut Photos Olivier Minaire

Chaque mois, paperJam propose un gros plan sur une start-up luxembourgeoise qui sera peut-être un fleuron de l’économie de demain. Ce mois-ci : AAA Fashion

Fiche technique

CV

Hébergement

AAA Fashion

Femme d’affaires

Lux future lab

Objet : Société commercialisant en ligne des habits haut de gamme pour les femmes Création : janvier 2012 Chiffre d’affaires 2013 (prévisionnel) : 350.000 euros 2 salariés Siège : Luxembourg

Anne Canel est une femme d’affaires accomplie. À 40 ans, elle a déjà fait un bon tour des métiers de la finance. Alternativement dans l’audit et dans le conseil chez KPMG puis chez PwC, elle a également exercé en tant que CFO à la Fondation de France ainsi que chez Vanksen. En 2011, elle a décidé de compléter sa formation (IEP Strasbourg et Chartered Accountant) par un diplôme du London College of Fashion.

L’incubateur de BGL BNP Paribas accueille une dizaine d’entreprises en centre-ville de Luxembourg. Parmi elles, At Noon, Excellium Services, Fidely Street, Flashiz, Global Compliance, Greenearn, IMS Luxembourg, AAA Fashion, Trendiction. Anne Canel apprécie le lieu, qui met à disposition des ressources de la banque (notamment du conseil juridique), ainsi qu’un réseau d’entrepreneurs.

Des concurrents eShakti Sur-mesure femmes en ligne États-Unis, 1999

— Mai 2013

J.Hilburn Sur-mesure hommes haut de gamme États-Unis, 2007

ITailor Sur-mesure hommes en ligne (depuis 2000) Thaïlande, 1971

Bivolino Sur-mesure hommes en ligne (depuis 1997) Belgique, 1954

Yoox.com Plateforme de vente en ligne d’objets mode & design Italie, 2000


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ans la culture populaire, les références à la femme accro au shopping ne manquent pas. Par exemple, les séries télévisées américaines Sex and the City et Desperate Housewives mettent respectivement en scène des personnages hauts en couleur, en l’occurrence Carrie Bradshaw et Gabrielle Solis, pour faire valoir ces frénésies liées à la consommation et au paraître. Des pans entiers de l’économie sont d’ailleurs tournés vers cette clientèle. Pour Anne Canel (voir encadré), si cette image du « shopaholism » n’est pas éculée, elle ne doit en tout cas pas occulter une nouvelle manière de consommer la mode. Cette néo-entrepreneuse a décelé l’émergence d’une demande pour des produits haut de gamme, « de luxe » selon ses termes, qu’il est possible de se procurer en restant chez soi. « Notre cliente est une femme d’affaires de plus de 30 ans qui gagne environ 100.000 euros par an. Souhaitant gérer sa carrière, sortir avec ses amis et prendre soin de sa famille, elle n’a plus de temps pour renouveler sa garde-robe, elle-même censée refléter son statut professionnel. » Shebusa – la marque exploitée par AAA Fashion désigne la beauté intemporelle en japonais – offre ainsi à ses clientes, des femmes actives, « des biens de luxe uniques et sur mesure, tels que des habits ou des accessoires ». A priori rien de bien révolutionnaire. Eh bien si, en fait. Car l’entrepreneuse se focalise sur un créneau – le dégriffé sur mesure vendu en ligne exclusivement aux femmes – qui n’est que peu exploité. La jeune directrice de société voit même en Shebusa le potentiel « leader mondial sur ce marché destiné aux femmes d’affaires ». On trouve effectivement des portails pour hommes. Beaucoup (voir infographie). Des sites de vente pour femmes existent, certes, mais ils visent généralement le luxe griffé ou des niches (grandes tailles ou bon marché). Anne Canel emprunte également cette voie de la différenciation en promouvant un produit unique, bien fini (avec les initiales de la cliente, par exemple) et conçu par des artisans européens. « Le luxe aujourd’hui, dit-elle, c’est aussi l’exception. » En tout cas, le potentiel est là. Au niveau macroéconomique, le marché des biens personnels de luxe représentait en 2011, selon le cabinet de conseil PwC, quelque 53 milliards d’euros. À un niveau plus microéconomique, AAA Fashion essaie de l’exploiter et échelonne ses prix entre 80 euros pour une ceinture et 15.500 euros pour un manteau en renard avec vison. La moyenne du panier tourne, elle, autour de 500 euros. Après quelques mois d’existence, la société n’enchaîne bien sûr que ses premières ventes. Mais son avenir pourrait s’avérer radieux si elle arrivait à prendre un élan décisif au cours des prochains mois. Pour décoller, elle privilégie une base de coûts fixes réduite à sa portion la plus congrue. La start-up ne compte que deux employés

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Analyse SWOT Strengths (= forces)

Weaknesses (= faiblesses)

- Cible bien identifiée - Faibles charges récurrentes

- Manque de fonds pour un démarrage éclair - Manque d’experts en logistique du luxe

- Diversification géographique de la clientèle - Faible adaptabilité de l’industrie du luxe à l’ICT

- Effondrement du marché européen - Explosion du prix des matières premières

Opportunities (= opportunités)

Threats (= menaces)

« Le luxe aujourd’hui, c’est l’exception. » Anne Canel

Focus

Femmes, mode d’emploi En Union européenne, il y a 70 % de plus d’entrepreneurs hommes que d’entrepreneurs femmes. Au Luxembourg, elles ne représentent que 18 % de l’entrepreneuriat. Pas étonnant donc qu’elles se mettent en réseau(x). Anne Canel est ainsi membre de Luxembourg Pionnières et du Female Board Pool, deux initiatives lancées par Rita Knott pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin à l’échelle grand-ducale et européenne. P. S.

à temps plein, n’a pas de coûts d’inventaire, et n’engage pas d’investissements en R&D puisqu’elle n’est pas propriétaire des technologies de prise de mesures en ligne, via webcam notamment (ce qui l’empêche cependant de protéger l’accès au marché par un brevet). Pour générer le profit, elle prend une marge moyenne conséquente (50-60 %) sur la vente de ses produits. Et la direction compte en vendre internationalement… et en quantité. Elle vise ainsi une production de 100.000 pièces par an pour générer 50 millions d’euros de revenu annuel. À moyen terme, l’objectif 2013 se limite à 700 commandes dans les zones francophones et anglophones. En 2014, les ventes pourraient s’élever à 3.600 unités en attaquant les marchés américain et asiatique. Pour la distribution, une méthode multicanal est privilégiée. AAA Fashion opère via Internet et un réseau de conseillers, et envisage des concept stores. Le premier est en cours d’élaboration au Grand-Duché. D’autres pourraient voir le jour à Bruxelles ou à Paris. La start-up cherche en ce moment à toucher de nouveaux marchés. Le Luxembourg ne constitue qu’un marché éprouvette et une base de lancement, idéale pour sa neutralité. Il ne permet cependant pas d’atteindre les objectifs fixés par l’ambitieuse direction. Reste à faire connaître Shebusa. Le mari d’Anne Canel, Chris Marcilla, a rejoint l’aventure en tant que COO et pourrait être de bon conseil. Il exerce actuellement d’autres activités professionnelles auprès de Seezam (une société de stockage sécurisé de données) et bénéficie d’une expérience concluante dans l’entrepreneuriat. Pour mieux faire connaître et vendre le produit, Anne Canel étoffe le réseau de revendeurs-stylistes. Pour mieux les motiver, chacun perçoit de 15 à 25 % sur les ventes. Enfin, selon une logique de marketing éprouvée, elle fait valoir une stratégie SEO (search engine optimization) passant par l’exploitation d’un maximum de noms de domaine comme tailleurs.fr ou chemisiers.fr. Un domaine, justement, où un entrepreneur luxembourgeois les conseille, Xavier Buck (président de DCL Group et d’Euro DNS). Il a rejoint Shebusa en janvier 2013 après avoir évalué le projet et l’équipe qui le porte. « Quand ces facteurs sont positifs, dit-il, j’analyse ensuite la capacité à percer sur le web. C’est le point le plus difficile pour toute start-up Internet. » Mais le bât blesse généralement aussi au niveau du financement. Car le modèle du family, friends and fools – qu’a suivi AAA Fashion – va un temps. La jeune pousse cherche dorénavant à être arrosée par des particuliers, via la méthode du crowdfunding. AAA Fashion et Shebusa passent ainsi par la plateforme Wiseed pour lever quelque 200.000 euros. Un acte pionnier au Luxembourg qui offre, du même coup, un beau coup de pub, car faisant valoir le financement participatif pour développer ses projets. Un gage de crédibilité. Mai 2013 —

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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

place financière

— Mai 2013


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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

KBL

Acquisitions en vue

Photo : Charles Caratini

Les ambitions de KBL et de son actionnaire qatari sont grandes. La banque vise désormais des acquisitions majeures en Europe, en particulier en France, en Espagne et aux Pays-Bas. Une enveloppe de quelque 500 millions d’euros sera mise au service de cette stratégie de conquête, via augmentation de capital. Après avoir déboursé 1,05 milliard d’euros pour acheter KBL European Private Bankers, l’objectif de Precision Capital est désormais d’atteindre une taille critique sur les principaux marchés où opère le groupe. La banque du boulevard Royal vient d’ailleurs de recruter un nouveau directeur juridique, spécialiste des opérations de fusion et acquisition, en la personne de Hanif Mohamed (voir aussi en pages « Carrières » du cahier Management). Tournée vers l’avenir, KBL ne prévoit plus de plan social, après les deux vagues de décembre 2010 et de décembre 2012. En revanche, l’établissement a enregistré de lourdes pertes en 2012 : 251,1 millions d’euros, après des profits de 20,1 millions d’euros en 2011 et de 67,7 millions en 2010. La banque a souhaité faire table rase du passé, avec des corrections de valeur et des cessions.

Installé depuis juin 2011 au Luxembourg, le cabinet d’avocats Speechly Bircham s’agrandit et recrute François Lerusse comme troisième associé. | Selon les autorités belges, l’« amnistie fiscale » en cours a permis, depuis le début de l’année, le rapatriement de 187 millions d’euros placés à l’étranger.

Luxempart

Menace

Pescanova : mauvaise pêche

Le Luxembourg fait face à la taxe

Luxempart détenait 5,83 % dans Pescanova (spécialiste espagnol de la filière pêche), et avait souscrit à une émission d’obligations convertibles. Pescanova en déroute (procédure de dépôt de bilan, cours stoppé depuis mars), Luxempart a réduit son exposition : impairment correspondant à une mise à zéro et réduction de valeur sur les obligations convertibles. L’impact sur le résultat consolidé serait de 48,22 millions, celui sur les obligations réduit de 4 millions d’euros. Reste à attendre les derniers décomptes venant d’Espagne.

Alphonse Berns, directeur chargé des questions de fiscalité au ministère des Finances, a réagi aux rumeurs émanant des médias allemands. Celles-ci faisaient état de l’engagement d’un recours du Luxembourg contre le mécanisme de coopération renforcée signé par 11 États membres de l’UE pour appliquer une taxe sur les transactions financières. Une telle possibilité existe. Mais elle n’est pas engagée. « Nous avons fait part de nos craintes à la Commission européenne », indiquait le diplomate. Le Luxembourg tente de peser de tout son poids (financier) dans les discussions menant à l’élaboration du texte final.

« Luc Frieden s’est mal exprimé en disant une phrase de trop. Juste avant la visite d’État, c’était un moment malheureux, voire raté. » Le ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, Étienne Schneider, pendant la visite d’État en Autriche, regrette les propos tenus quelques jours auparavant par son collègue des Finances.

Mai 2013 —

Photo : (c) 2013 SIP / Luc Deflorenne, tous droits réservés

FR

ES H


actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

IWI

Clearstream

Seignert nouveau président

Un oscar assurance vie

Supprimer les suppressions

Lombard International Assurance, qui vise la suppression de près de 25 % de ses effectifs d’ici à 2014, fait savoir qu’elle enregistre de bons résultats « dans un environnement difficile ». Le résultat opérationnel a toutefois reculé à 34 millions d’euros, contre 43 en 2011, en raison des coûts exceptionnels de restructuration.

L’Association des PSF de support (APSFS) compte un nouveau président en la personne de Thierry Seignert, le directeur d’IBM Services Financial Sector. Il succède à Charles Mandica (ex-Steria PSF) avec l’ambition de mener une profonde réflexion quant à l’avenir même du statut de PSF de support dans le contexte des changements économiques, légaux et réglementaires sur le plan européen et international, ainsi que sur la manière de développer et diversifier l’activité de ce centre de compétence.

IWI (ex-Dexia Life & Pensions) s’est vu décerner un prix lors de la 28e Cérémonie des Oscars de l’assurance vie organisée par le magazine Gestion de Fortune à Paris, le 4 avril. Le contrat 4 Life France a ainsi remporté l’Oscar 2013 du meilleur contrat d’assurance vie de droit luxembourgeois.

Lombard International Assurance

Photo : archives paperJam

PSF de support

Environnement difficile

Début février, à l’occasion de la publication de ses résultats annuels, la maison mère Deutsche Börse avait annoncé un programme de réduction des coûts (de 70 millions d’euros) qui passait par 250 suppressions de postes, dont la moitié devaient concerner Cleastream Luxembourg. Depuis, la direction et les syndicats ont engagé un dialogue qui s’avère constructif. L’objectif de la direction est de limiter au maximum les réductions de postes, voire de les réduire à néant.

Nouveaux critères

Carlo Thill est désormais seul aux commandes de BGL BNP Paribas, suite au retour d’Éric Martin en France.

— Mai 2013

BGL BNP Paribas

L’avenir en marche La plus grande banque du pays, qui a présenté ses résultats 2012 début avril, a affiché un résultat net consolidé de 266,8 millions d’euros (contre 297,8 millions en 2011). Une performance en partie grevée par l’augmentation de participation dans la branche leasing du groupe BNP Paribas (50 % + 1 action). En vue de mieux asseoir sa forte présence nationale, la banque, désormais pilotée par le seul Carlo Thill, va, à l’automne prochain, entamer un grand chantier de regroupement de ses équipes au Kirchberg, via deux bâtiments. 3.600 postes de travail devraient y être créés d’ici au deuxième semestre 2016. Coût de l’opération : 200 millions d’euros. Une opération que la banque a certainement décidé de mener eu égard à sa capitalisation qu’elle aime à préciser : « Nous sommes la banque la plus capitalisée au Luxembourg », indique Carlo Thill. Au 31 décembre 2012, BGL BNP Paribas présentait des fonds propres de 5,8 milliards d’euros.

Le comité de direction de la Bourse de Luxembourg a décidé, le 18 mars, de modifier les critères servant à la composition de l’indice LuxX. Depuis le 1er avril, la distinction entre actions luxembourgeoises et étrangères n’a, ainsi, plus cours.

Cardif Lux Vie

Une fusion payante Née de la fusion des compagnies Cardif Lux International et Fortis Luxembourg Vie, Cardif Lux Vie, propriété de BNP Paribas au Luxembourg, annonce totaliser plus de 2,15 milliards d’euros de primes en 2012, en croissance de plus de 20 % par rapport à l’activité des deux compagnies en 2011.

Photo : Charles Caratini (archives)

Indice LuxX

Photo : archives paperJam

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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

RBC

Plan social signé

210

Fonds

La City veut concurrencer Luxembourg

Les syndicats et la direction de RBC Investor Services Luxembourg ont signé le plan social. 210 personnes salariées de RBC sont concernées. En tout, 288 postes sont supprimés.

OPC

Toujours plus haut

2.468 mrds Pour la sixième fois d’affilée, le patrimoine global net des organismes de placement collectif et des fonds d’investissement spécialisés s’affiche en hausse : au 28 février, selon les données publiées par la CSSF, il s’est établi à 2.468,1 milliards. Soit 2,58 % de mieux en un mois et 12,02 % sur 12 mois.

Plans sociaux

Le secteur financier trinque

42

Selon l’Adem, pas moins de 42 plans sociaux ont affecté directement le secteur financier luxembourgeois ces cinq dernières années. Ils ont concerné quelque 1.931 personnes entre 2008 et 2012.

— Mai 2013

Photo : Olivier Minaire

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Ces dernières années, la part de marché du ­Royaume-Uni dans les fonds a fortement diminué.

George Osborne, chancelier de l’Échiquier britannique, a annoncé la suppression du droit de timbre sur les fonds d’investissement. Cette initiative vise à permettre à la City de rattraper le retard perdu ces dernières années dans ce domaine et de concurrencer Luxembourg et Dublin. En 2011, le Royaume-Uni n’hébergeait plus que 20 % des fonds établis dans l’Union européenne, contre 34 % en 2000. « Londres est déjà bien positionnée dans la gestion proprement dite. Un papier de réflexion a été rédigé afin de diversifier les activités vers la domiciliation. Cela prouve que la compétition continue de s’accroître et que nous devons rester vigilants », commente Camille Thommes, le directeur général de l’Association des fonds d’investissement.

Julius Baer

Justice

Renforts au Grand-Duché

H CTG dans la tourmente

Depuis le 1er avril, la banque privée suisse Julius Baer a digéré l’acquisition de Merrill Lynch International Wealth Management. Au Luxembourg, cela se matérialise par une implantation rue Albert Borschette et un positionnement « pour bénéficier du changement d’environnement en Europe », dixit les termes du groupe. Celui-ci a été créé en 1890, est actif dans 25 pays et avait au 1er février 200 milliards de francs suisses sous gestion.

À la fin du mois de mars, le tribunal d’arrondissement de Luxembourg a placé l’entreprise d’investissement luxembourgo-helvétique sous le régime du sursis de paiement. L’un de ses associés, Fabien Gaglio, est accusé de détournement de fonds en Suisse. Une centaine de millions de francs suisses (82 millions d’euros) sont évoqués. H CTG emploie huit personnes au Luxembourg.


TALENT MANAGEMENT Mercredi 22 mai 2013

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ÉVÉNEMENT SOUS LE PARRAINAGE DE : MONSIEUR NICOLAS SCHMIT, MINISTRE DU TRAVAIL ET DE L’EMPLOI Si la situation économique a fait évoluer les rapports de force entre employeurs et employés au profit des premiers, certains collaborateurs ne sont pas concernés. Ils ont un profil particulier, des compétences pointues et rares, un carnet d’adresses unique… Bref, ce sont des « talents ». Pour les dirigeants d’entreprise et les responsables des ressources humaines, ce sont des perles rares à choyer. Comment gérer ces profils atypiques qui intéressent la concurrence ? Une présentation des approches les plus pertinentes et des exemples à suivre.

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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

Mise au point

Le Luxembourg n’est pas une île (méditerranéenne) Désigné comme une prochaine menace pour la stabilité de la zone euro pour sa prétendue similarité avec l’économie chypriote, le Grand-Duché doit se défendre. Pourtant son modèle économique n’a que peu de points communs avec l’île de la Méditerranée. Texte Pierre Sorlut Photo Luc Deflorenne

I

nvités à réagir sur des événements ponctuels affectant la finance internationale, les professionnels de la Place luxembourgeoise ne se lassent pas de répéter que le Luxembourg n’est pas une île, qu’un événement économique ou para-économique majeur aura inévitablement des conséquences sur le Grand-Duché. Qu’il s’agisse d’une régulation américaine concernant l’échange d’informations fiscales (Fatca) ou de l’application d’une taxe sur les transactions financières appliquée dans plusieurs pays partenaires de l’Union européenne, le Grand-Duché devra en supporter un certain coût. Cette règle n’a pas dérogé au cours des mois de mars et d’avril, quand la Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) a dû plancher pour trouver les 17 puis 23 milliards d’euros nécessaires au refinancement de l’île méditerranéenne, lourdement affectée par la crise grecque du fait de la surexposition de ses banques aux obligations de l’État hellénique, ainsi qu’aux crédits accordés à ses ménages et entreprises. Devant la fragilité du secteur bancaire chypriote, l’aide (de 10 milliards) passe par une recapitalisation (bail-in) de la principale banque nationale, Bank of Cyprus, et un assainissement (resolution) de la seconde, Laiki. Après ce naufrage, l’économie luxembourgeoise a plusieurs fois été comparée dans la presse internationale à sa contrepartie méditerranéenne pour la taille de son secteur financier. La presse allemande a dégainé la première. Die Welt, en associant le poids des dépôts bancaires au produit intérieur brut (PIB), jetait le pavé dans la mare en partant du postulat qu’une hypertrophie du secteur bancaire rendait, de toute façon, une économie vulnérable. À Chypre, les dépôts bancaires équivalent à 2,6 fois le produit intérieur brut (voir tableau). Au Luxembourg, ils représentent cinq fois la valeur du PIB national. — Mai 2013

Mais ce n’est pas tout. Le 28 mars, l’hebdomadaire de référence The Economist en rajoutait une couche en publiant une interview d’Athanasios Orphanides, gouverneur de la Banque centrale chypriote de 2007 à 2012. Celui-ci y comparait les modèles économiques des places financières chypriote et luxembourgeoise, qui contribuent pour plus de 40 % et 30 % aux PIB respectifs des deux États. Pis encore, selon l’ancien gouverneur, «  i l y a encore plus d’intérêts russes au Luxembourg qu’à Chypre ». Si Chypre menace l’euro à cause d’un secteur financier trop important qui bat de l’aile, quelle menace représenterait le Grand-Duché en cas de coup dur ? Les médias internationaux ont ainsi copié-collé cette logique sans trop se creuser la tête – on pouvait, par exemple, lire dans Bloomberg business week que le Luxembourg constituait un « Chypre sous stéroïde », car doté d’une « p opulation plus petite et un secteur bancaire plus grand encore » – encouragés qu’ils étaient par les (parfois malheureuses) interventions de la classe politique européenne. Pour n’en citer qu’une, dans une interview accordée au Financial Times et à Reuter le lendemain de l’annonce du plan de sauvetage de Chypre, le 25 mars, le nouveau « Monsieur euro », Jeroen Dijsselbloem, indiquait que les pays comme Luxembourg ou Malte devaient gérer la question du surendettement de leurs secteurs bancaires avant qu’ils ne rencontrent des problèmes. « Renforcez vos banques, ajustez les comptes et réalisez que si une banque rencontre des difficultés, la réponse ne sera pas automatiquement ‘nous (l’Union européenne, la BCE et le FMI, ndlr.) venons et éteignons l’incendie’ », claironnait-il. Réactions, action

On s’offusquait alors dans les rangs du gouvernement luxembourgeois. Le ministère des Finances se fendait d’un communiqué – fait rarissime – envoyé à la presse du pays et

d’ailleurs. « La taille appropriée d’un secteur financier ne saurait se déterminer en fonction de son rapport avec le PIB. Sont, au contraire, d’une importance primordiale (1) la qualité et la stabilité du secteur et (2) sa taille par rapport non-pas à l’économie nationale, mais bien par rapport à la zone euro et au marché intérieur dans leur ensemble. » Telles en étaient les meilleures lignes. Car la comparaison devait s’arrêter là. La structure des secteurs financiers des deux pays diffère substantiellement. D’abord, quand la place financière luxembourgeoise s’appuie sur différents piliers (fonds d’investissement, assurances et banque privée), sa contrepartie chypriote repose essentiellement sur l’activité


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Les dépôts bancaires dans la zone euro

Pays

Le Mécanisme européen de stabilité. Voilà ce qui lie le plus le Luxembourg à Chypre. Le dispositif européen de gestion de crise financière basé au Kirchberg doit verser 9 milliards d’euros à Nicosie dans le cadre du plan de sauvetage décidé dans les premières heures du 25 mars.

Volume des dépôts par rapport au PIB (en %)

Dépôts des clients privés et des sociétés (en milliards d’euros)

PIB en 2012 (en milliards d’euros)

Luxembourg

516,8

227,37

44

Chypre

263,3

47,39

18

Malte

166,9

11,68

7

Pays-Bas

151,7

911,93

601

Espagne

145

1.519,88

1.048

Belgique

134,7

508,01

377

Portugal

26,5

208,77

165

Irlande

121,2

197,54

163

Allemagne

118,9

3.143,39

2.644

Moyenne et somme

114,6

10.868,44

9.485

Autriche

103,1

319,7

310

France

95,1

1.930,85

2.030

Italie

93,6

1.465,98

1.566

Grèce

86,4

167,7

194

Finlande

70,4

137,3

195

Slovénie

60,1

21,03

35

Estonie

57,3

9,75

17

Slovaquie

56,6

40,17

71

Sources : Bloomberg, Eurostat, Goldman Sachs Research

Mai 2013 —

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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

Résultats financiers

Bank of Cyprus

Chiffres clés des cinq principales banques chypriotes au 31 décembre 2011

Marfin Laiki Popular Bank Public (MPB) Hellenic Bank Alpha Bank

37,45 Mrds

Cooperative Central Bank

33,70 Mrds

8,26 Mrds

6,25 Mrds

4,60 Mrds

Actifs (en milliards d’euros)

bancaire. Or les principales banques chypriotes se sont-elles trouvées dans une situation critique du fait d’une conjoncture internationale problématique et d’une surexposition aux obligations grecques. Face à l’impossibilité d’Athènes d’honorer ses dettes, les banques chypriotes ont dû tirer un trait sur 4 à 5 milliards de revenus (voir tableau), une décote directement liée à la restructuration de la dette grecque négociée avec l’Union européenne en 2012. Luc Frieden, ministre des Finances luxembourgeois, fait, lui, valoir la diversité du système bancaire sur lequel il exerce sa tutelle : « Chypre compte quatre banques chypriotes. Nous avons 140 établissements, filiales de grands groupes étrangers (141 banques de 26 pays différents, selon les dernières données publiées par la Commission de surveillance du secteur financier, ndlr.). À Chypre, un très grand nombre de clients viennent d’un seul pays, en l’occurrence la Russie. Au Luxembourg, les clients proviennent de très nombreuses régions. » Jean Guill, directeur général de la CSSF, attire en sus l’attention sur une régulation et une surveillance strictes. « Le régulateur luxembourgeois impose aux banques de la Place des exigences en fonds propres qui dépassent les normes requises par les règles internationales. En fait, le ratio de solvabilité des banques à Luxembourg se situe, avec près de 18 %, à plus du double de ce qui serait requis. En outre, poursuit-il, le système bancaire luxembourgeois bénéficie d’un degré élevé de liquidité, puisqu’il sert en grande partie à collecter de la liquidité pour les groupes internationaux auxquels les entités luxembourgeoises appartiennent. »

6,2

Mios

Profit avant impôts (en millions d’euros)

-33,2

-86,5

Mios

Mios

-1.350,6 Mios

-4.097,3 Mios

0,10 % Rendement des actifs (en %)

-0,70 %

-1,10 % -3,60 %

-12,20 %

1,10 % Rendement du capital (en %)

-16 % -67,30 %

-161,60 %

— Mai 2013

-18,50 % Source : The Banker Database

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Prophétie auto-réalisatrice ?

Mais le mal était fait, ou en tout cas l’opprobre jeté sur le Luxembourg. L’Union européenne souhaite dorénavant ne plus faire reposer le problème de recapitalisation des banques sur les épaules des contribuables. Le but est en fait de mettre fin à l’aléa moral selon lequel


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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

La CSSF et son directeur général, Jean Guill, veillent à la qualité des bilans des banques.

Les dix principales banques au Luxembourg (en 2011) Nom

Actifs (en millions d’euros)

Profit

Staff

Deutsche Bank Luxembourg

95.594

177

330

Société Générale Bank & Trust

49.410

258

837

BCEE

39.763

187

1.786

Caceis Bank Luxembourg

36.762

96

907

BGL BNP Paribas

33.776

252

2.774

UniCredit Luxembourg

25.949

214

188

Eurohypo Europäische Hypothekenbank

24.502

-238

34

Banque internationale à Luxembourg

24.014

-1.704

1.802

Banque de Luxembourg

17.599

57

762

DZ Privatbank

16.492

0

760

Sources : CSSF, Luxemburger Wort, KPMG

— Mai 2013

les actionnaires des établissements de crédit prennent des risques inconsidérés dans le but d’engranger des profits à court terme, sachant que l’État déploiera le filet de sécurité. Mais l’argument faisant valoir que le gouvernement n’arriverait pas à rembourser les dépôts en cas de faillite bancaire généralisée est éminemment fallacieux. Quel pays européen y parviendrait ? Le ratio des dépôts par rapport au PIB de la zone euro atteint 114,6 % (voir tableau). En cas d’insolvabilité d’un établissement, au Luxembourg comme théoriquement dans toute l’Union européenne, l’association de garantie des dépôts « protège tous les déposants en argent en leur garantissant le remboursement de leurs dépôts jusqu’à 100.000 euros par personne et par établissement », explique Joseph Delhaye, président de l’AGDL. Cette garantie est financée ex ante par la constitution de provisions dans les bilans des banques. « Le volume de ces provisions se chiffre à 660 millions d’euros à la fin 2012 », indique la CSSF. Quels dangers demeurent alors pour le secteur bancaire luxembourgeois ? A priori, aucun risque à court terme ne menace le GrandDuché et ses banques. Le pays est un des seuls à être encore noté AAA et on aurait plutôt tendance à croire que si la place financière luxembourgeoise tombait, cela signifierait que tous les établissements qui y sont directement liés auraient chuté au préalable. Et nous n’en sommes pas là. L’incertitude concerne davantage le niveau des dépenses publiques à long terme. Comme Chypre durant ses années fastes, le Luxembourg pourrait s’être engagé sur un rythme de dépenses trop généreux. Le mur des retraites et le coût de la fonction publique font figure de menaces planant sur la notation et l’avenir du pays. Ainsi, les cas chypriote et luxembourgeois ne sont-ils pas tant comparables parce que le poids de leur secteur financier peuvent potentiellement les mener à la banqueroute, mais plutôt parce que l’un comme l’autre doivent ou auraient dû veiller à ce que leurs engagements financiers en période de croissance ne nuisent pas à l’ensemble de l’économie en des périodes plus sombres.


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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

Fiscalité

Secret story Ou une version (courte) de l’histoire de la disparition du secret bancaire luxembourgeois. Depuis plus d’une décennie, le gouvernement luttait, avec l’Autriche, contre le sens de l’Histoire et l’introduction de l’échange automatique d’informations fiscales. Puis les événements se sont multipliés et le Luxembourg a rompu peut-être plus vite que prévu. Texte Pierre Sorlut

Photo : SIP / Jock Fistick

Blocage

Back to the routine

Il y a moins d’un an, le Premier ministre luxembourgeois, alors président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, avait indiqué la marche à suivre. Maria Fekter et Luc Frieden, ministres des Finances de l’Autriche et du Luxembourg, refusaient alors de permettre à l’Union européenne d’ouvrir de nouvelles négociations avec la Suisse, le Liechtenstein, Andorre, Saint-Marin et Monaco en vue d’une révision de la directive « fiscalité de l’épargne ». Adoptée en 2003, celle-ci prévoit que les revenus de l’épargne placés à l’étranger par des ressortissants des États membres soient imposés conformément aux dispositions législatives de l’État de résidence du bénéficiaire économique. Courroucé par ce refus, le commissaire européen en charge des questions de fiscalité, Algirdas Šemeta, avait vivement réagi : « Je suis extrêmement frustré que nous ne soyons pas parvenus à un accord sur l’obtention de mandats de négociation avec la Suisse et quatre autres pays tiers. Cela nous aurait donné une chance de renforcer notre arsenal contre l’évasion fiscale. (…) Le Luxembourg et l’Autriche entravent la volonté des 25 autres États membres d’améliorer le respect des règles fiscales et de trouver des sources additionnelles de revenus. » Le ton était donné. Luc Frieden cherchait, lui, à gagner du temps pour voir si la voie de la retenue à la source (alternative à l’échange automatique d’informations introduit par la directive « épargne »), empruntée par les deux pays réticents de l’UE et également envisagée dans des discussions germano-helvétiques (dans le cadre de l’accord Rubik), n’allait pas devenir une solution durable.

Presqu’un an plus tard. Jean-Claude Juncker, en compagnie de Werner Faymann, chancelier autrichien, plaisante avec Martin Schulz, président (social-démocrate) du Parlement européen. Le secret bancaire n’est pas à l’ordre du jour de ce conseil européen. On s’est réuni à Bruxelles pour parler austérité et assainissement budgétaire, deux sujets qui ne prêtent pas à une franche rigolade, mais qui ont le mérite de relâcher un peu la pression sur le couple austro-luxembourgeois. Dans ce cadre cependant, on évoque aussi la fiscalité, mais pour ce qui concerne l’imposition des firmes multinationales. Un sujet sur lequel l’UE souhaite faire converger sa position vers celle d’autres instances internationales. Le Premier ministre luxembourgeois a néanmoins indiqué que le Luxembourg « avait exigé que les conclusions du conseil européen précisent que tout ce qui sera décidé dans le cadre de l’OCDE ou du G20 devra d’abord faire l’objet d’une concertation au niveau de l’Union européenne qui déterminera une position commune consolidée ». Cinq jours plus tôt, Luc Frieden s’était rendu au siège d’Amazon à Seattle pour indiquer au leader mondial du e-commerce, ayant son siège européen à Luxembourg, que le gouvernement pèserait de tout son poids sur les discussions ayant trait à la fiscalité des multinationales. Le ministre des Finances a même promis à cette occasion d’en parler avec le secrétaire général de l’OCDE.

— Mai 2013

Le 18 mars 2013, à Vienne

Photo : SIP / Charles Caratini, tous droits réservés

Le 14 mars 2013, à Bruxelles

Photo : SIP  / Jock Fistick

Le 15 mai 2012, à Bruxelles

Les regards tournés vers Chypre Jean-Claude Juncker parlait aux médias depuis la capitale autrichienne. La réaction de celui qui a présidé l’Eurogroupe de 2005 à la fin 2012 était attendue sur le dossier chypriote. La Troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) venait de négocier la veille avec le président de Chypre, Nicos Anastasiades, un plan d’aide qui passerait par une taxation des dépôts bancaires chypriotes. Les regards étaient donc tournés vers l’île méditerranéenne en faillite et le devenir de la zone euro préoccupait alors davantage que le secret bancaire. Quoique… la présence de 31 milliards de dollars d’actifs (selon une estimation de l’agence de notation Moody’s) d’origine russe dans les coffres des banques chypriotes et l’opacité des centres financiers internationaux commençaient à délier les langues. On a en tout cas profité de l’occasion pour évoquer le passage progressif à l’échange automatique d’informations dans le cadre de la directive sur la fiscalité de l’épargne. À cette date, les jours du secret bancaire semblaient comptés. Parallèlement, se mettait en place Fatca (Foreign account tax compliance act), une loi américaine visant à introduire un échange d’informations automatique avec l’IRS (Internal Revenue Services). Celle-ci devrait être d’application partielle au 1er janvier 2015. Il aura fallu au préalable signer des accords bilatéraux, pays par pays.


actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

Le 4 avril 2013

Le 9 avril 2013, à Londres

Photo : MFIN

Photo : DR

Photo : Licence C.C .

Le 2 avril 2013, à Villeneuve-sur-Lot

Première secousse

Deuxième secousse

Le très rural département du Lot-et-Garonne (en France) est devenu le mardi 2 avril l’épicentre d’un séisme affectant l’ensemble de la planète finance. Bien sûr, le Luxembourg n’a pas été épargné. Mais rembobinons. Le 4 décembre 2012, le site d’information Mediapart indiquait que le ministre du Budget français possédait un compte bancaire en Suisse. L’intéressé démentait alors avec véhémence. Mais trois mois plus tard, devant l’avancée de l’enquête, il devait, depuis son fief électorat de Villeneuve-sur-Lot, finalement admettre l’existence de ce compte à l’étranger (il aurait en fait été déplacé de la Suisse à Singapour). « J’ai informé les deux juges que j’avais d’ores et déjà donné les instructions nécessaires pour que l’intégralité des actifs déposés sur ce compte, soit environ 600.000 euros, soit rapatriée sur mon compte bancaire à Paris. » Il n’en fallait pas plus pour que médias et politiques de tout poil – à Paris bien évidemment, mais aussi à Bruxelles – se déchaînent sur le secret bancaire. Le Luxembourg devenait ainsi victime collatérale de la polémique. Un brin d’ironie pour le Grand-Duché : la dernière fois que Jérôme Cahuzac y a fait le buzz – c’était en octobre 2010 –, il était question de son amendement au projet de budget 2011 pour proposer un impôt sur le revenu des Français de l’étranger.

Deux jours à peine après les révélations de Jérôme Cahuzac, un consortium américain de journalistes d’investigation et 36 médias internationaux annonçaient à grand fracas avoir débusqué de vastes réseaux de transactions internationales opaques passant par des prétendus paradis fiscaux. Des noms allaient être cités et des têtes coupées. Au jour où nous partons sous presse (19 avril), les Offshore Leaks (appellation donnée en référence aux documents officiels américains partagés en ligne à partir de 2006) n’ont toutefois pas vraiment fait de vagues pour ce qui concerne les personnes physiques ou morales. Mais dans un contexte de recherche de sources de recettes publiques, de lutte contre l’évasion fiscale et après l’affaire Cahuzac, le feu a vite pris et les regards se sont vite tournés vers les centres financiers internationaux, parmi lesquels figure le Luxembourg évidemment. Le débat sur le secret bancaire et les paradis fiscaux en Europe refaisait alors surface dans la presse européenne. À Bruxelles, à la question de savoir si le Luxembourg était, oui ou non, un paradis fiscal, le porte-parole de la Commission européenne, Olivier Bailly, répondait que les règles d’échange d’informations sur les comptes bancaires des clients des banques devaient s’appliquer dans tous les États membres. « Nous essayons plus de définir des pratiques qui seraient illégales qu’un terme qui cristallise les tensions et les incompréhensions. » La pression sur le gouvernement luxembourgeois était de plus en plus palpable.

Le secret va tomber, c’est dit Luc Frieden ouvrait ce mardi 9 avril une conférence de l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement (Alfi). Le sujet du jour : la stratégie de la place financière en Europe et dans le monde. Mais personne n’entendait vraiment ce qu’il disait. Tout l’auditoire pensait alors à l’interview du ministre, publiée dans l’édition dominicale du Frankfurter Allgemeine Zeitung, et en particulier à une phrase : « La tendance internationale va vers un échange automatique d’informations bancaires. Nous n’y sommes plus strictement opposés. » La brèche était ouverte. Les médias et les politiques européens s’y engouffraient. C’était dit. Le secret bancaire luxembourgeois disparaîtra sous peu. Ne reste plus que l’Autriche à faire de la résistance. À cette date cependant, les modalités et l’agenda du passage à l’échange automatique d’informations fiscales n’étaient pas connus. On apprenait néanmoins que l’interview accordée au journal allemand avait été réalisée le 2 avril, soit avant l’affaire Cahuzac et le feu de paille des Offshore Leaks. Le ministère des Finances n’aurait donc pas succombé directement à la pression consécutive à ces deux événements, mais commençait simplement à lâcher du lest parallèlement au commencement des négociations avec l’IRS sur Fatca et face à l’échec de l’accord Rubik qui coupait court à l’éventualité d’un réseau de traités bilatéraux d’accords fiscaux. Mai 2013 —

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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière

La stratégie de sortie mise à nu Le chef du gouvernement et son ministre se retrouvaient sur les bancs de la Chambre des députés avant le traditionnel discours annuel sur l’état de la Nation. Les deux hommes donnaient ce jour une impression de cohésion alors que tous les observateurs voyaient en l’abandon du secret bancaire la soumission à une pression médiatico-politique exacerbée. C’est donc pour tordre le cou à ce préjugé de bataille en retraite désordonnée que le service de communication du ministère des Finances envoyait aux rédactions un communiqué expliquant les modalités du passage à l’échange automatique d’informations, alors même que Jean-Claude Juncker s’exprimait à ce sujet. On y lisait : « Suite aux récents développements internationaux, à savoir Fatca, mais aussi l’échec de l’accord Rubik entre l’Allemagne et la Suisse, et 10 ans après la finalisation par le Conseil de l’Union européenne de la directive 2003/48/CE sur la fiscalité de l’épargne, le moment est venu de faire le point sur la coexistence transitoire entre échange automatique d’informations et retenue à la source. Aux yeux du gouvernement luxembourgeois, cette dernière offre un équilibre optimal entre protection de la vie privée et un niveau d’imposition effective des revenus de l’épargne. Cela étant, les développements internationaux indiquent clairement que la tendance évolue vers l’échange automatique. »

— Mai 2013

Le 16 avril 2013, à Vienne

Photo : SIP / Luc Deflorenne, tous droits réservés

Le 15 avril 2013, à Paris

Photo : OCDE

Photo : Luc Deflorenne

Le 10 avril 2013, à Luxembourg

Une main tendue

Une stratégie critiquée

Conformément à ce qu’il avait promis à la direction d’Amazon, Luc Frieden rencontrait José Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE, organisation jouant depuis quelques années le rôle de fer de lance de la lutte contre l’évasion fiscale. On savait alors que le gouvernement luxembourgeois introduirait à partir du 1er janvier 2015 un échange automatique d’informations dans le cadre de la directive européenne sur la fiscalité de l’épargne. Cet échange concernera les paiements d’intérêts que des agents payeurs établis au Luxembourg effectueront en faveur des personnes physiques de sorte que les bénéficiaires soient imposés conformément aux dispositions législatives de leur État de résidence. Dans le jeu de la négociation politique, cette concession devait pouvoir se monnayer dans le cadre de discussions connexes. L’OCDE n’a pas d’autorité en tant que telle, mais elle guide le débat. Ainsi, Luc Frieden pensait-il avoir montré patte blanche pour accéder au cercle des pays coopérant en matière fiscale. Il lui fallait cependant savoir comment se positionner sur le terrain de l’imposition des firmes multinationales. Celles-ci n’apprécient pas particulièrement l’instabilité fiscale et l’imprévisibilité en général. Et d’aucuns s’amuseront sans doute que le ministre des Finances fasse désormais la promotion de l’échange automatique d’informations. À Paris avec M. Gurria, à Dublin dans le cadre de la réunion Ecofin du 15 avril ou encore à Washington les 19 et 20 avril, Luc Frieden lance un appel aux États membres du G20 afin que cette instance fasse de l’échange automatique d’informations la norme internationale.

Dire que la stratégie de communication du ministère des Finances n’a pas été comprise par tous les professionnels de la place financière est un euphémisme. Beaucoup y ont vu une approche réactive alors qu’ils auraient préféré plus de prise initiative. Selon ces personnes, le gouvernement aurait laissé croire que le Luxembourg succombait à la pression internationale. Mais à y regarder de plus près, on s’aperçoit que, pris dans la tempête, le cabinet du ministre Frieden n’avait que deux alternatives : se cacher, façon politique de l’autruche (ou de l’Autriche, c’est selon), ou bien prendre les devants. La deuxième voie a été choisie. Le cabinet a tenté de faire comprendre que l’abandon du secret bancaire n’était pas lié aux multiples affaires médiatiques, mais programmé, car étant la seule issue possible. La place financière luxembourgeoise ne saurait en effet sacrifier ses contreparties américaines (en ne s’alignant pas sur Fatca) sur l’autel du secret bancaire. Ensuite, le ministre a lié cette problématique à d’autres sujets fiscaux pour tenter de récupérer la monnaie de sa pièce. L’histoire dira si cela a fonctionné. On considérera donc la charge viennoise du ministre de l’Économie, Étienne Schneider (LSAP), à l’encontre de son partenaire de coalition (CSV) comme une tentative de récupération politique avant les élections législatives de 2014. Depuis l’autre pays européen du secret bancaire, il avait lâché : « Normalement, on se serait concertés avec l’Autriche, mais il y a eu l’interview de Luc Frieden dans laquelle ce dernier s’est mal exprimé en disant une phrase de trop, déclenchant ainsi une avalanche. » Ambiance. Une chose est sûre, avec les discussions sur l’élargissement de l’assiette de la directive sur la fiscalité de l’épargne, l’histoire du secret bancaire luxembourgeois n’a pas fini d’être écrite.


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DÉSIRS

Désirs

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Les immanquables Chaque mois, nos coups de cœur parmi les sorties culturelles. Sasha

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Julien

Photo : Benoît Peverelli

Sasha Waltz revient à Luxembourg en compagnie de Mark Andre pour un concert chorégraphié. Elle y expérimente le principe de « convolution » hérité de la musique électronique et transposé à la danse. Les 3 et 4 mai au Grand Théâtre de Luxembourg

Clerc

Connu pour ses mélodies incomparables, Julien Clerc fait une halte à Mondorf avec sa tournée Pianistic pour un récital intime à deux pianos. Le 25 mai au Chapito du Casino 2000 à Mondorf

Photo : Julien Becker

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Comme chaque année, les musées du pays ouvrent largement leurs portes pour un week-end festif, plein d’animations et de découvertes. Les 18 et 19 mai dans tous les musées

zoom sur

Élisabeth Koltz Quand on naît dans une famille d’artistes, l’art devient forcément un pillier de sa vie. Élisabeth Koltz en est un bon exemple : autour d’elle, tout le monde a plus ou moins à voir avec une pratique artistique, que ce soit dans le cinéma (sa sœur Beryl), la poésie (ses grands-mères Anise Koltz et Andrée Chedid), la musique (son oncle Louis Chedid et son cousin Mathieu) ou la peinture (sa mère Michèle est peintre et son père Jean-Luc a été longtemps conservateur au MNHA)… C’est justement à la faveur d’un stage auprès des restauratrices du musée national qu’elle découvre ce métier. « Quand on m’a laissé toucher la matière et faire une retouche, ça a été une révélation. » Elle avait 16 ans et a fait en sorte que cela devienne son métier : formation à La Cambre à Bruxelles, bourse pour l’Égypte où elle travaille à Louxor, puis Palais de Chaillot au musée des monuments français. Installée à son compte depuis plusieurs années, Élisabeth Koltz a pu travailler sur des dizaines de tableaux, sur bois et sur toile, ainsi que sur des www.elisabeth-koltz.com

peintures murales depuis des œuvres du 16e siècle jusqu’au milieu du 20e siècle (« L’art contemporain fait appel à des techniques et des matiériaux totalement différents. »). Ce qui la passionne, c’est à la fois la diversité des œuvres qu’on lui confie et l’extrême rigueur indispensable dans sa pratique. « Chaque geste suppose des questions et chaque cas est unique. » La plupart du temps, avant même de restaurer, il faut conserver, c’est-à-dire nettoyer les anciens vernis, fixer la peinture sur la toile qui a subi les outrages du temps (déchirures, humidité, insectes…). Adoptant une approche muséale, même pour les œuvres que les particuliers lui confient, Élisabeth Koltz n’invente jamais une partie manquante, et utilise des matériaux réversibles, des solvants légers. « On repousse le temps avant la prochaine restauration, mais on ne recrée pas une œuvre. » Il y a une part de magie dans ce travail et quand, sur une œuvre de 1550 appartenant au MNHA, elle découvre une signature, c’est aussi un travail de détective qui s’ouvre pour elle.

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La semaine du cirque sous chapiteau est l’occasion pour les petits et les grands de découvrir des artistes luxembourgeois et internationaux du cirque moderne. Du 4 au 11 mai au Kirchberg (à côté de la Coque)

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Pour avoir un avant-goût de Méditerranée avant les congés d’été, la semaine culturelle marocaine vous fera découvrir toutes les facettes de la culture contemporaine de ce beau pays. Du 10 au 17 mai à l’Abbaye de Neumünster Mai 2013 —


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SÉLECTION

On y danse

La neuvième édition du Danz Festival Lëtzebuerg sera l’occasion de découvrir des pièces inédites de chorégraphes locaux et internationaux. Le programme est complété par une offre de stages qui permettront aux danseurs d’évoluer aux côtés de chorégraphes de renommée internationale. Un autre événement phare le ponctuera : la remise du deuxième Lëtzebuerger Danzpräis, qui récompensera les mérites artistiques d’un ou d’une jeune chorégraphe luxembourgeois(e). Trois coups de cœur parmi les créations. Du 23 au 26 mai au CarréRotondes et à la Banannefabrik – estigations han Inv K i a il b Ku right rning B iger Bu Tiger T

Un regard sur la vie des villes et ses chantiers, avec la vitesse comme fil conducteur : évasion, transmission, vertige, virtuosité sont autant de points d’abîme. Cette pièce questionne la place de nos corps, de nos consciences et de nos désirs dans le tissu social et urbain.

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www.danse.lu

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Tabea Martin – Duet for two dancers

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L’artiste Boost du Trois C-L présentera l’aboutissement de son travail de recherche, mené dans le cadre des nombreuses résidences de création effectuées aux quatre coins du monde pendant plus d’un an. Sa pièce est une véritable ode à la danse et au plaisir de danser.

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Que signifie « être danseur » ? Danser signifie-t-il uniquement danser ? Les questions sociologiques sont au cœur du travail de la chorégraphe suisse qui s’intéresse particulièrement au choix de la profession exercée et aux identités construites en fonction de ce choix.

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SÉLECTION

Le meilleur des BD du moment

Envie de vous détendre et de plonger dans un tout autre univers que celui de votre quotidien ? Georges Behm, responsable de la librairie spécialisée Fantasy Box, a sélectionné cinq bandes dessinées qui ont actuellement ses faveurs. 140, avenue du X Septembre à Luxembourg

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Ainsi se tut Zarathoustra par Nicolas Wild Nicolas Wild, l’auteur du remarquable Kaboul Disco, nous livre ici un thriller humoristique qui se base sur l’assassinat de Cyrus Yazdani, figure emblématique de la culture zoroastrienne. Éd. La boîte à bulles, Arte Éditions

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Animal Lecteur, tome 4 par Salma et Libon Il y a bien des questions que le lecteur de B.D. ne se pose jamais. Avec cette série à gags d’une page, les auteurs répondent à ces questions. Drôle et malheureusement, presque toujours, tellement vrai.

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Ratafia, tome 6 par Pilet et Pothier Une fois de plus, nos pirates favoris se laissent convaincre de partir à une chasse au trésor. Un chanteur veut construire un opéra en pleine jungle et en échange, ce dernier leur promet une carte qui mène au fabuleux trésor d’Eldorado. Aventure et humour sont au rendezvous. Éd. Treize étrange

4 Allan Mac Bride

par Dumas et Brouard Ce quatrième album clôt cette grande aventure de l’archéologue Mac Bride à la recherche de civilisations anciennes. Dessin ligne claire et scénario rétro pour cette aventure qui flaire bon les histoires de l’âge d’or du Journal de Tintin.

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Éd. JYB

Karma Salsa, tome 2 par Charlot et Callède En sortant de prison, Ange n’est plus le même homme, la méditation l’a changé. Par contre, ceux qui l’attendent dehors, eux, n’ont pas changé… Ce qui les intéresse, ce sont les deux millions qu’il a planqués avant de se faire prendre. Série d’action pure en trois volumes. Éd. Dargaud


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Koo

Inspiré par ses jeunes années à la campagne, Stephan Lanez a créé Koo, un ensemble de tabourets et tables basses qui rappelle les tabourets à traire des fermes d’antan. Le bois reste une matière de prédilection et un choix économique raisonnable. www.marcelby.fr

Photo : Julie Ansiau

Traffic

Konstantin Grcic rend un bel hommage à Marcel Breuer et sa chaise tubulaire Wassily ainsi qu’à Le Corbusier et sa mythique LC1 en fusionnant les deux. Le résultat est élégant, graphique et se combine en une série d’assises confortables . www .magisdesign .com

Design

Retour de Milan

Le Salon du meuble de Milan est l’incontournable événement design de l’année. Malgré la crise, certains éditeurs continuent à pousser les designers à plus d’inventivité, de créativité et leur apportent des solutions technologiques innovantes. Quelques coups de cœur repérés dans les allées de la Foire aussi bien que dans les événements collatéraux.

Labyrinth Chair

Le fauteuil Labyrinth a été conçu par Studio Job comme un puzzle dont les pièces (dossier, assise, accoudoirs) s’emboitent pour former une chauffeuse confortable. Le tissu Bugs apporte une touche d’humour propre au duo belge. www.moooi.com

Sélection France Clarinval

Pisolotta

Fidèle à l’humour et à la praticité de la marque, Denis Santachiara a conçu ce fauteuil qui contient un pouf pour accueillir un invité supplémentaire. Si l’invité veut rester, le pouf se transforme lui-même en matelas d’à point. www.campeggisrl.it

Job Desk Lamp

C’est pour l’éditeur de mobilier de bureau Lensvelt que Job Smeets et Nynke Tynagel ont imaginé cette lampe qui reprend les codes classiques du genre en ajoutant un interrupteur doré surdimensionné. Disponible en blanc, vert, gris, noir, rouge et bleu. www.lensvelt.nl www.studiojob.be

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Leaves

C’est au Suédois Johan Lindstén que l’on doit ces panneaux muraux qui absorbent les bruits et les voix. La parure de feuillage et les différents coloris permettent un jeu décoratif intéressant. Facile à monter grâce à un système magnétique. www.johansondesign.se

Yoko

Photo : Magnus Malmberg

La lampe de table signée Anderssen & Voll évoque la légèreté d’une bulle de savon, délicate et impalpable, qui frémit dans l’espace, tout en le baignant d’une lumière blanche typiquement nordique. De nombreuses recherches ont été nécessaires sur les matériaux et la forme. www.foscarini.com

Anita

OVNI à l’air de méduse, Anita est en fait un porte-manteau ou, dans sa plus petite version, un porteparapluie. Caractérisée par une séquence d’espaces pleins et vides, cette pièce joue des effets d’optique en s’inspirant du verre soufflé.

Wood Bikini

Werner Aisslinger s’est inspiré de la tradition des menuisiers italiens pour créer cette chaise en bois. À mi-chemin entre la chaise de restaurant et celle de la maison, elle offre un dégradé de couleurs des plus séduisants.

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Uncle Jack

Philippe Starck présente une nouvelle famille surprenante, Aunts and Uncles, qui peut vivre à l’intérieur comme à l’extérieur et qui comprend des assises et des tables. En polycarbonate transparent injecté, Uncle Jack est un exemple de l’audace technologique de Kartell. www.kartell.it

Come as you are

Pour la collection Admit a Gentleman, Dante a convié le célèbre barman de Munich Charles Schumann et a conçu diverses pièces pour et avec lui. Christophe de la Fontaine propose cette desserte en métal et verre qui fait écho aux gobelets en argent de la collection. www.dante.lu

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Gastronomie

L a re c ette fa rm de l a Str ausse ssefarm est un

nre, la Strau Unique en son ge g. Chaque es au Luxembour ch élevage d’autru s permet rte ve ou s rte d de po année, le week-en les autres, e m animaux pas com de découvrir ces produits les r ete ch viande et d’a de déguster leur liv us rent Nicole Wildgen no dérivés. Marcel et êlée Etoscha. la recette de la po beurrée, . Dans une poêle ciselées à la poêle s de poivre, an l, m se d’a de 0 g e r 10 es. On assaisonn lement fait grille e d’ail é en fines lamell têt up On aura préalab e co un e et ch ru és ut ch 0 g de filet d’a ir trois oignons ha en rev t sse fai lai on fait revenir 50 on On . du feu és en lamelles et curry et on retire ns de Paris coup e le no ss pig lai paprika doux et am on ch et e de l de crème fraîch On y ajoute 250 g Cognac re ensuite 250 m dans du beurre. de po e or up inc so à On . res tes e de minu ute deux cuillè des mijoter une dizain assaisonner, on ajo sauce, avec 2/3 q minutes. Pour cin re utruche dans la co d’a en e ire nd r via rvi la se tout cu ite ut su pe en on et e, e soya. On rem uffé et homogèn ha réc n bie t es et un trait de sauc semble servir avec du riz . Une fois que l’en ic haché. On peut amandes grillées andes et de basil am s de te res du en saupoudrant de terre. ou des pommes . Tél. : 23 66 am Eck à Filsdorf Straussefarm – 9, i ma 12 et 11 les Portes ouvertes m.lu www.straussefar

NouveautÉ

Entre deux tranches Quel est le point commun entre De Gaule, Baudelaire, Marx, Darwin, Quint, Chaplin, Brown… ? Ils se prénomment tous Charles, comme Charles Delvaux, qui est l’initiateur d’un restaurant à la formule originale : tout est servi entre deux tranches de pain. Chez Charles, le sandwich est roi. Pas le vulgaire jambon beurre ou l’écœurant thon-mayo, mais de vrais plats cuisinés avec de bons produits. À tester le « Union Jack » (lard fumé rôti, fromage Cheddar râpé et sauce anglaise), le « Citrus Veal » (escalope de veau, parmesan râpé et filet de jus de citron) ou pour les plus audacieux, le « Decadent One » (foie gras de canard sauté, Gruyère de Grotte suisse, lard fumé rôti et sirop d’érable). Également des petits déjeuners, des soupes et des salades.

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Charles – 19, rue de Chimay à Luxembourg (Centre-ville). Tél. : 27 99 38 38

Destination

ILS MÉRITENT LE DÉTOUR Le Luxembourg connaît de nombreuses perles gastronomiques, mais l’offre s’élargit considérablement quand on passe la frontière. Les restaurants de la Grande Région feront d’ailleurs l’objet de plusieurs pages dans la prochaine édition du guide Explorator (à paraître à l’automne). Petit avant-goût en guise d’apéritif : une, deux et trois étoiles. Olew

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Cela s’appelle la constance : depuis 50 ans, ce restaurant affiche une étoile et l’établissement fut, en 1960, le premier Relais & Château hors de France. Le fils de la famille, Julien Lahire, en cuisine depuis 2005, a repris les rênes en 2009. Fort de son expérience acquise en France, en Italie et aux Pays-Bas, il revisite avec jeunesse les classiques de la maison : gibier en saison, truite, pigeonneau ou agneau. Havre de paix situé dans la nature, l’endroit sied à un séjour romantique et aux promenades champêtres. www.moulinhideux.be

Né dans le commerce viticole de ses parents, Wolfgang Becker a tôt fait de s’intéresser à la cuisine et s’est formé en France. Il livre une cuisine créative, à la présentation épurée et toujours avec la bonne dose d’enracinement régional, à laquelle s’associent parfaitement les vins maison et qui s’accorde avec le cadre design radical, lui valant d’afficher deux étoiles depuis 2010. Sans négliger le gibier des forêts, la carte du Becker’s met régulièrement l’accent sur les poissons et fruits de mer. Le chef sillonne la région à la recherche des meilleurs produits et producteurs. Un hôtel au luxe moderne fait partie de l’établissement. www.beckers-trier.de

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Photo : A. Dehez

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Depuis les années 1900, c’est la famille de Jean-Georges Klein, en place depuis 1970, qui officie aux destinées de ce qui n’était au départ qu’un relais pour bûcherons. C’est en 1989 qu’est salué le travail du chef par une première étoile, suivie d’une deuxième en 1998 et d’une troisième – la seule en Lorraine – en 2002. Auteur de centaines de préparations, ce chef discret propose une palette d’une incroyable diversité, témoignant d’un rare travail sur les textures, jouant l’alternance entre tradition et modernité, matières, couleurs et saveurs. En 2006, un hôtel au design contemporain est venu se greffer au restaurant. www.arnsbourg.com


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Accessoires

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La boutique Tom Cat, reconnue pour son large choix en prêt-àporter et chaussures pour hommes actifs, élargit son offre et accueille désormais dans ses rayons la marque Paul Smith. Connues à travers le monde pour ses rayures colorées, les collections Paul Smith ne manquent pas non plus d’humour. On aime les grandes photos reproduites sur les accessoires ou les touches colorées qui twistent les pièces classiques. 155 A, route d’Arlon à Strassen

Loisirs

Un tour en segway

Commerce

Authencité et artisanat

Photo : Luc Deflorenne

C’est dans la pittoresque rue du Nord que Frédérique Buck a choisi d’ouvrir sa nouvelle boutique Maâlem. Elle y propose une sélection d’objets trouvés au gré de ses voyages et réalisés par des artisans, dans le respect des traditions et des coutumes : d’authentiques Azilal, tapis de tribus du Haut Atlas marocain, de la vaisselle en bois de citronnier, des terres cuites de Tamgrout, des Kramas (écharpes) cambodgiennes, des « massacres » camarguais, ou encore des foutas tunisiennes. Des objets remplis de charmantes « imperfections », à côté du design industriel. 3, rue du Nord à Luxembourg

— Mai 2013

www.maalem.lu

Mobilboard organise des tours originaux pour découvrir Luxembourg puisqu’il s’agit de se déplacer en Segway®. Après une brève formation avec un instructeur, les participants partent à la découverte d’un circuit qui peut être commenté par un guide officiel de la Ville de Luxembourg. Le circuit dure environ 1 h 30 et permet de parcourir plus ou moins 10 km en passant par les parcs du centre-ville, le Kirchberg, le Grund… D’autres parcours sont aussi proposés à Remich, Rumelange et Schengen. À partir de 14 ans. www.mobilboard.lu

www.lcto.lu


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DÉSIRS

interview

Valoriser le savoir-faire Designer indépendant depuis 1999, Philippe Nigro travaille entre la France et l’Italie. Il a collaboré avec de nombreuses maisons de prestige (Artemide, Alias, Baccarat ou Ligne Roset…) et signe la ligne de mobilier Les Nécessaires d’Hermès. Rencontre au Salon du Meuble de Milan. Interview  France Clarinval

Photo : Philippe Lacombe

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La collection Les Nécessaires d'Hermès correspond parfaitement à l'identité de la marque.

Comment avez-vous réagi quand Hermès a fait appel à vous pour créer cette collection ? « J’ai été à la fois flatté et impressionné. C’est une maison de grande tradition, de créativité et de savoir-faire artisanal. Cela plaçait la barre très haut. Il s’agissait de créer une ligne qui allait pouvoir s’intégrer aux collections existantes (signées d'Enzo Mari et Antonio Citterio ou de Jean-Michel Frank, ndlr), tout en apportant de la plusvalue et en ajoutant ma patte. C’est pour cela que j’ai utilisé des matériaux qui étaient déjà présents : le noyer Canaletto aux teintes chaudes, de l’acier brossé, et bien sûr du cuir et des tissus Hermès. Avez-vous eu des directives, des contraintes ? « Même si la maison ne vient pas de l’univers du meuble, mais de la mode et la maroquinerie, elle mène un vrai travail d’éditeur avec un sens aigu de l’objet, de son utilité, de sa place dans la maison. Travailler pour une maison comme Hermès est très enthousiasmant. J’ai pu profiter non seulement du savoir-faire des ateliers, mais aussi d’un pôle de Recherche et Développement très riche. Ma liberté était totale et sans limites. La technique ne se voit pas, mais elle — Mai 2013

est bien présente. C’est le cas pour Groom, une sorte de valet amélioré : la structure métallique a nécessité un gros travail d’ingénierie, mais elle est cachée sous le bois. Vous avez appelé la collection que vous signez pour Hermès Les Nécessaires. Expliquez-moi ce titre ? « C’est un nom que j’ai trouvé en collaboration avec la Maison Hermès. Il fait référence aux meubles d’usage qui, jusqu’au 19e siècle, abritaient des ustensiles permettant de répondre aux différents besoins de la vie quotidienne (comme le ‘nécessaire de couture’) et requéraient la collaboration d’artisans d’exception. La collection comprend neuf pièces de mobilier, qui combinent tous plusieurs fonctions : s’asseoir, se détendre, ranger ou dissimuler des objets. Certains d’entre eux disposent de tiroirs dissimulés ou coulissants, surprises qui réenchantent le quotidien et répondent à la recherche permanente de confort et d’usage. L’humour et l’ironie font aussi partie de l’ADN de la maison et je ne me suis pas privé de glisser divers clins d’œil dans chacune des pièces.


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DÉSIRS

«Le défi du designer est de comprendre l’esprit de la marque tout en gardant sa personnalité. » Le détail du valet Groom montre

Photo : Philippe Lacombe

Photo : Mercedes Jaen Ruiz

l'excellence du travail artisanal.

Pouvez-vous détailler ces pièces ? « Le Carré d’assise s’inspire du fameux foulard, le Carré d’Hermès. Il en a les mêmes dimensions. Il existe en trois niveaux de hauteur, ce qui permet de jouer sur la composition et servir d’assise ponctuelle ou de table d’appoint. Le Cabriolet est sans doute la pièce la plus classique : un fauteuil compact. L’assise et le dossier sont gainés de cuir, avec un travail remarquable sur le passepoil, et le piètement est en noyer. C’est dans ce piètement que l’on reconnaît ma signature avec un entrecroisement où les tiges de bois ne se touchent pas. Le Groom et le Vestiaire sont destinés à porter des vêtements, des accessoires ou des manteaux. Ils comprennent plusieurs astuces cachées, comme les crochets en inox brossé ou les vide-poches amovibles. Le petit guéridon porte le nom de Table à cachette parce que le plateau contient un tiroir pivotant. C’est aussi le cas de la petite assise Ottoman, qui est en fait un coffre, du banc Cheval d’Arçons, avec ses tiroirs ou du bureau Lutrin qui s’ouvre comme une malle. Enfin, le paravent Partition est l’occasion de faire honneur aux tissus Hermès. Vous avez créé des pièces pour divers éditeurs, comme Ligne Roset, Baccarat, Alias ou Poltrona Frau. Peut-on y trouver une signature commune ? Quelle serait votre marque de fabrique ? « Pour un designer, le défi est de comprendre l’esprit et l’ADN de la marque avec laquelle il collabore, tout en gardant sa personnalité. Je pense que mes objets et meubles ont en commun une certaine élégance et une touche d’ironie qui surprend. Mais je ne suis pas pour l’idée d’un style qui serait reconnaissable avant tout. La signature est secondaire, on n’a pas besoin que cela saute aux yeux.

Quand vous imaginez une pièce, qu’est-ce qui vient d’abord ? « C’est la fonction du meuble ou de l’objet qui va déterminer sa forme. De là, le choix des matériaux coulera de lui-même. Même si, pour Les Nécessaires d’Hermès, je me suis beaucoup inspiré de l’univers de la maison – voyage, équitation –, des qualités des artisans et de leur maîtrise de certains matériaux et techniques. Vous avez été formé à l’École Boulle et avez commencé votre carrière avec Michele de Lucchi. Cela vous a marqué ? « Très certainement. Michele de Lucchi est un personnage riche, profond dont la manière de travailler m’a profondément marqué pour la suite de mon travail. C’est lui qui m’a appris l’importance de se remettre en question en permanence, d’expérimenter, de rechercher, de toujours aller plus loin. À votre avis, le designer est-il plus proche de l’artiste ou de l’archi­ tecte ? « Je pense que les deux existent. Il y a des designers qui créent des pièces de galerie, des œuvres très conceptuelles. De mon côté, je me sens plus proche des architectes. C’est l’approche italienne du métier, parce qu’il n’y a pas réellement d’études de design. Tous les designers sont d’abord des architectes et ça ne choque personne qu’un architecte dessine une fourchette. Bien au contraire. »

www.hermes.com

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DÉSIRS

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Alain porte une chemise Dsquared et un pantalon Tom Ford

— Mai 2013


Photos : Olivier Minaire

DÉSIRS

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DÉSIRS

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DÉSIRS

Joëlle, Claude et Maryvonne : trois sœurs pour un événement

Tenues colorées pour Charlotte, Fernande et Candida

Aux côtés de Paul, Sylvia porte un ensemble Escada

Aline aime le rouge de sa veste Mango et de la cravate Roy Robson de Bob

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WWW.PAPERJAM.LU

AVRIL 2013 Paru le 28 mars 2013

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Économie Politique Entreprises Place financière

MAI 2013

L’État pompier

Management

MAI 2013

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Politique

Nation : l’État des lieux, vu du locataire

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L’après-Chypre, secret (bancaire) story

Dossier : FONDS D’INVESTISSEMENT

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Cahier « Économie & Finance » Directeur de la publication Mike Koedinger Directeur de la rédaction, rédacteur en chef Jean-Michel Gaudron Conseiller éditorial Marc Gerges Directeur artistique Maxime Pintadu ISSN 1992-4275

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Cahier « Management »

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— Avril 2013

Impression Imprimerie Centrale, Techprint

Prochain numéro : 30 MAI 2013

EU Ecolabel : FI/11/001

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PROCHAIN DOSSIER Outsourcing Parfois mal perçue en raison de ses implications sociales, l'externalisation des services répond pourtant à une certaine logique économique. À manipuler avec précaution...


INDEX

Index A AB InBev 65 Abu Dhabi Investment Authority 52 Accumalux 82 Ackermann Charles-Louis 82 AD Vivre 45 Adem 21, 22, 90 ADR 22 AGDL 96 Agence des participations de l’État 56 Al Thani Hamad Ben Khalifa 56 ALD Automotive 65, 76 Alfi 90, 98 Allegrezza Serge 52, 56 Almunia Joaquín 56 Alpha Bank 96 Amazon 32, 98 Amcham 32 Ampacet 32 Anastasiades Nicos 98 André Jeannot 76 Apax Partners 40 Aperam 52 Apple iTunes 32 ArcelorMittal 40, 52, 64, 76 Ascend Capital Management 40, 64 Association des professeurs de l’enseignement secondaire et supérieur 21 Association des PSF de support 88 Association Don de Moelle 65, 76 Auchan 80 Avery Dennison 32

B B Immobilier 95 Bailly Olivier 98 Bank of Cyprus 96 Banque de Luxembourg 96 Baumann Emmanuel 52 Bausch Romain 65 BCD Travel BeLux 37 BCEE 40, 76, 96 BCL 52 Belle Étoile 80 Bellion Tom 22 Berns Alphonse 87 Bertelsmann 63 Bettel Xavier 20 BGL 35 BGL BNP Paribas 40, 56, 84, 88, 96 Big Fish Games 32 Bil 17, 40, 66, 96 Bilbault Patrick 76 Biltgen François 12, 19, 28 Bintz Jean-Claude 66 BIP Investment Partners 40 Birbeck Phil 64 Bivolino 84 Bley Pierre 76

Bloomberg Businessweek 96 Blue Communication 66 BMW 70 BNP Paribas 52 Bodry Alex 21 Bourse de Luxembourg 88 Bradtke Jacques 63 Bradtke Michel 63 Bram 80 Bram Jean 80 Brasserie de Luxembourg-Diekirch-Mousel 65 Brisbois Fernand 21, 37 Brown Brothers Harriman 32 Browne Andrew 65

C Cabinet Walter 76 Cacciaguerra Ranghieri Stefano Maria 19 Caceis Bank 96 Cactus 63, 76, 77, 80 Cahuzac Jérôme 98 Caisse des dépôts et consignations 56 Canel Anne 84 Cardif Lux International 88 Cardif Lux Vie 88 Cargolux 40 Cartrust 66 Cegecom 66 Cegedel 66 Centre de Gestion 66 CFL-Cargo 40 Chambre de commerce 20 Chateau de Septfontaines 37 Chaux de Contern 82 Chul Lim Hyun 63 Cimalux 82 Citi 64 Citibank 32 City Concorde 80 CK 64 CK Sport Center 64 CLC 80 Clearstream 88 Commission européenne 19, 56 Computer Business Center 66 Conseil d’État 82 Cooperative Central Bank 96 Cour de justice de l’Union européenne 19 Creos 40 CRP Gabriel Lippmann 29 CSSF 90, 96 CSV 12 CVCE 27

422 personnalités & entreprises ont été citées sur les 124 pages de ce cahier « Économie & Finance ».

D

H

F

DCL Group 84 de Bazelaire Marine 76 De Miwwel & Kichechef 63 Déi Gréng 22 Delhaye Joseph 96 Deloitte 52, 91 Deloitte Consulting 66 Delphi 32 Delvaux-Stehres Mady 12, 21 Dennewald Robert 82 Detaille Michèle 82 Deutsche Bank 63, 96 Deutsche Börse 88 Dexia 40 Dexia Life & Pensions 88 Die Welt 96 Digital River 32 Dijsselbloem Jeroen 96 Dolce Domenico 63 DuPont 32 Dussmann Group 82 DZ Privatbank 96

Faymann Werner 98 Fekter Maria 98 Fellens Denis 76 Female Board Pool 84 Ferber 111 Ferreira Luisa 76 Fidely Street 84 FIRME 122 Fischer Frank 66 Flashiz 84 Fonck Danièle 82 Fondation ArcelorMittal 82 Fondation de France 84 Fonds de compensation 20 Fonds national de la recherche 23, 28 Fonds stratégique d‘investissement 56 Fortis Luxembourg Vie 88 France Telecom 56 Frankfurter Allgemeine Zeitung 98 Franklin Templeton 32 Frieden Luc 12, 22, 32, 40, 52, 87, 96, 98

E EDF 56 Editpress 82 Elsen Yves 28 Enovos 40, 82 Entreprise des P&T 40, 56 eShakti 84 Eurefi 40 Euro DNS 84 Eurodata 66 Eurohub Sud 19 Eurohypo 96 Europa Donna 76 Eurostat 20, 96 Exigo 66

G Gabbana Stefano 63 Gaglio Fabien 90 Gautier Lucie 76 Geimer Jerry 37 Geric 80 Gestion de Fortune 88 Gillen Victor 82 Global Compliance 84 Global Interface 66 Goldman Sachs Research 96 Goodyear 32 Government Pension Fund–Global 52 Greenearn 84 GRP Security 65 Guardian 32 Guill Jean 96 Guillaume Grand-Duc héritier 82 Gurria José Ángel 32, 98 Gybérien Gast 22

H CTG 90 Halliwell Martin 65 Hamet Jean-Daniel 80 Harsco 32 Heinrich Georges 52, 56 Hellenic Bank 96 Helminger Paul 40 Hermès 112 Hesse André 80 Hetto-Gaasch Françoise 22 HiWing 40, 64 HNA 64 Home Interiors 105 HSBC France 76 Husky 32 HVP Architects 82

I Ice International 70 Ice IP 70 Ice-Watch 70 IEE 40, 64 IMS Luxembourg 76, 84 Indiact 76 Institut BEI 76 InterLycées 76 IRS 98 IT Works 66 ITailor 84 IWI 88

Dans cet index sont reprises les entreprises, les personnalités et les publicités apparaissant dans ce cahier.

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M

J. Hilburn 84 J. P. Morgan 32 Jacobs Mare-Josée 12 JB Wagner 66 Jerrytravel 37 John Zink International 32 Join Wireless 66 Julius Baer 90 Juncker Jean-Claude 12, 19, 21, 22, 32, 56, 70, 98

K Kasel Jean-Jacques 19 Kayser Ferdinand 65 KBL European Private Bankers 87 Ketterthill 65, 76 Kieffer Charles 64 Kinsch Joseph 82 Kneip 76 Knott Rita 84 Konsbruck Manu 80 Koster Max 80 Koster Pascal 66 Koster Romain 80 KPMG 96 Krawczykowski Raymond 52

L Laidebeur Olivier 65 Laiki 96 Lang Louis 76 Lazorthes Céline 65 Le Place d’Armes Luxembourg 37 Leches Christiane 37 Lecuit Gérard 76 Leetchi Corp 65 Lego 70 Lehman Brothers 52 Lerusse François 87 Lise 82 Lise Marco 82 Lombard International Assurance 88 LSAP 12 Lucius Jean 82 Lüscher Claude 66 Lutgen Benoît 70 Lutgen Guy 70 Lutgen Jean-Pierre 70 Luxair 40 Luxair Tours 37 LuxairCargo 63 lux-Airport 21, 37 LuxConnect 40 Luxembourg City Tourist Office 22 Luxembourg Future Fund 56 Luxembourg Pionnières 84 Luxembourg School for Finance 101 Luxemburger Wort 96 Luxempart 87 Luxexpo 61 LuxGSM 2, 63 Luxtrust 40, 56

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Maison Moderne 65 Mandica Charles 88 Marcilla Chris 84 Martin Éric 88 Mediaxim 63 Meliá Luxembourg 37 Mercedes 15 Merrill Lynch International Wealth Management 90 Miami Centurion Air Cargo 64 Ministère de l’Économie et du Commerce extérieur 56 Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche 28 Ministère des Finances 52, 56 Ministère du Développement durable et des Infrasctructures 56 Ministère du Travail et de l’Emploi 21 Mobistar 66 Modert Octavie 12, 22 Mohamed Hanif 87 Moog 32 Morgan Stanley 63 Moyasoft 63 Muller-Kneip Diane 76 myClimateLux 65, 76

P Pall Center 80, 83 Panalpina 40 Paris Saint-Germain 56 Paypal 32 Perry Katy 70 Pescanova 87 Pinnel Roland 22 Pixmania 64 Port de Mertert 40 Precision Capital 40, 87 Property Partners 123 Prosegur 65 Proth Jean-Paul 82 PwC 76, 84

Q Qatar Airways 40, 64 Qatar Holdings 56 Qatar Investment Authority 56 Qatari Diar 56

R N Natixis 89 Neptun Cruises 37 Neu Jean-Paul 82 Nexon 63 Nickels Patrick 52 Nigro Philippe 112 No-Nail Boxes 82 Nothum Thierry 80

Randstad 64 Raulot Nicolas 64 RBC Investor Services Luxembourg 90 Real Software 66 Recarbon 76 Reding Viviane 66 Reinesch Gaston 52 Remy François 80 Rovi 32 RTL 22 RTL Group 63

S SAFE Investment Company 52 Sagramola Sabrina 20 SAIC Luxembourg 40, 64 Saint Paul 73 Sales-Lentz Experts 37 Santer Jacques 70 Saumur Chrystal Club 109 Scharff Christian 76 Schlesser Isabelle 21 Schmit Georges 32 Schmit Nicolas 12, 30, 76 Schneider Étienne 32, 64, 87, 98 Schonckert Laurent 76, 80 Schonenberg Paul 32 Schulz Martin 98 Schuman Robert 30 Seezam 84 Seignert Thierry 88 Šemeta Algirdas 98 SEO 52 SES 52, 56, 65 SEW 21 Shebusa 84 SNCF 56 SNCI 40, 52 Société fédérale de participations et d’investissement 56 Société Général Bank & Trust 96 Sodevam 124 Sorlut Pierre 64 SOS Faim 76 Souto Gerson 65 Sovereign Wealth Fund Institute 52 Speechly Bircham 87 SREL 21, 22 Start People 64 State Street 32 Statec 20, 22, 56, 80 Stay-Behind 22 Stéphanie Grande-duchesse héritière 82 Steria PSF 88 Swatch 70

O OCDE 32, 98 Office Freylinger 65 OGBL 21 Opel 11 Optique Thill 75 Orange 66 Orgavision 66 Orphanides Athanasios 96 Osborne George 90 Oswald Émilie 76

T Tango 66 Tarrach Rolf 28 Tecsys 66 Tecsys-IT Haus 66 Tele2 66 Ternynck Guillaume 76 Tewes Ian 21 The Banker Database 96 The Economist 96 Thelen Carlo 52 Thermes de Bertrange-Strassen 64 Thill Carlo 88 Thoma Françoise 76 Thommes Camille 90 Thorn Gaston 70 TNS Ilres 80 Travel Magazine 37 Trendiction 84

U UEL 76 UniCredit 96 Université de Lorraine 80 Université du Luxembourg 28, 80 Utopolis 65

V Valentiny François 82 Valve software 32 Vanksen 84 Verizon 32 Villeroy & Boch 64 Vitralux Bradtke 63 Volga-Dnepr 64 Vous 80 Voxmobile 66 Voyages Sales-Lentz 37

W WaferGen Bio-Systems 32 Wagner Gaby 21 Wellenreiter Yannick 76 Werner Pierre 70 Wickler Christiane 80 Willaert Robrecht 37 Wiseed 84 Wiseler Claude 64

Y Yoox.com 84

Z Zeyen Christian 76 Zynga 32

Dans cet index sont reprises les entreprises, les personnalités et les publicités apparaissant dans ce cahier.


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opinion

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Anouk Agnès Deputy director general, director communications & business development – Alfi

Bouchées doubles n débat vigoureux est en cours sur la « concession » récente du gouvernement de passer à l’échange automatique d’informations aux dépens de notre secret bancaire tant chéri : forts de nos convictions, fallait-il camper sur notre position, contre vents et marées ? Changer de position, cela revient-il à avouer avoir fait fausse route ? Désavantage économique ? Pourtant, ce débat est désormais obsolète : les dés sont jetés et les règles du jeu sont les mêmes pour tout le monde. Ou presque. Parmi les joueurs, le Luxembourg présente une faiblesse après toutes ces années de résistance sur le dossier fiscal : il souffre d’une mauvaise image. Le pays en général, et sa place financière en particulier. Notre vision des choses, qu’elle ait été légitime ou pas, nous a isolés. Et de ce fait, cela a contribué à nous associer à une panoplie de préjugés. Le Luxembourg a figuré inlassablement à l’affiche des pires polémiques sur les centres offshore, les paradis fiscaux, le blanchiment et autres évocations douteuses. Comme le noyau de cette controverse résidait,

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du moins selon les dires de nos détracteurs, dans le maintien du secret bancaire, il faudrait conclure que la nouvelle donne nous permettra de nous débarrasser enfin de notre mauvaise image. Or rien n’est moins sûr. Ce serait sans compter sur des facteurs, soupçonnés, mais peu tangibles, tels que la jalousie, et donc l’intention de nuire, de la part de quelques-uns des autres joueurs. En effet, la place financière luxembourgeoise est un modèle de réussite qui suscite les convoitises. Nous sommes des leaders mondiaux dans des secteurs d’activité aussi diversifiés que l’assurance, les fonds d’investissement et le private banking. Comme ce succès est attribué de manière volontairement précipitée au secret bancaire, d’aucuns s’empressent d’ailleurs de sonner d’ores et déjà le glas de la Place. L’enjeu est par conséquent d’adapter le message : il s’agit de faire savoir que le secret bancaire ne jouait qu’un rôle accessoire, voire nul pour certaines activités, dans le succès de notre secteur financier. Au sein de l'Union, notre Place se distingue par sa dimension internationale et sa spécialisation

dans les services transfrontaliers. La clientèle vient du monde entier. Nos produits sont connus chez nos voisins, autant que dans des pays lointains comme la Chine ou le Brésil. Et ils y sont reconnus avant tout pour leur qualité. C’est son esprit européen qui a permis au Luxembourg de connaître ce succès. Pendant que d’autres se sont concentrés sur leur marché national, nous avons joué la carte du marché unique, et cela toujours en pleine conformité avec le cadre réglementaire européen. Dans le domaine des fonds d’investissement, grâce à un savoir-faire inégalé dans l’activité transfrontalière, le Luxembourg est même devenu le premier centre en Europe et le deuxième au monde après les États-Unis. Plutôt que d'attendre une amélioration spontanée de notre image suite aux déclarations récentes, il s’agit de mettre les bouchées doubles au niveau de la communication sur nos avantages, notre expertise et, surtout, le rôle de centres financiers comme le nôtre dans un monde globalisé. La partie est loin d’être gagnée.


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Marc Baertz Head of Valuation & Partner Tel: 26 43 07 07-36 Mobile: 691 320 300 mbaertz@ppgroup.net

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Yutz 57

Le Hameau du Parc Vastes terrains éco-viabilisés à bâtir

7632 - Photos : Sodevam

habiter et vivre dans un éCrin vert en cœur de ville idéalement situé entre thionville et Metz, à quelques minutes du centre de Yutz et à côté d’un parc urbain de 45 hectares et d’un superbe plan d’eau, le Hameau du Parc est niché au cœur d’un nouveau quartier vert. Dans ce quartier hautement résidentiel, vous construirez votre maison sur un vaste terrain éco-viabilisé de 10 à 22 ares avec libre choix de constructeur. Enfin, sa proximité avec les équipements sportifs est un atout supplémentaire pour vos moments de détente.

CommerCialisation

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