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PA P E R JA M . L U • AV R I L 2019

Les combats de Maria Teresa

La Grande-Duchesse se confie à Paperjam

5 453000 074017 04 4€

POLITIQUE Zoom sur l’enjeu de la mobilité

ENTREPRISES L’hiver a été chaud pour les fiduciaires

PLACE FINANCIÈRE Clearstream continue de voir grand

ÉCONOMIE Le « trilemme de la globalisation »


ÉDITO

La face cachée

Matthieu Croissandeau Directeur éditorial

C’

est l’autre face du Luxembourg. Celle que l’on ne croise pas au volant d’une berline allemande, au pied des tours du Kirchberg ou dans les afterworks trendy. Celle qui fait rimer difficulté, précarité et pauvreté. Dans un pays qui caracole en tête des classements internationaux pour sa richesse par habitant, une partie non négligeable de ses résidents a de plus en plus de mal à boucler les fins de mois. Et même si le salaire moyen a beau y être le plus élevé des pays de l’OCDE, devant les États-Unis et la Suisse, il ne s’agit là que d’un indicateur statistique qui recouvre des réalités humaines ô combien différentes. Fin mars, le président de Médecins du monde Luxembourg, qui soigne ici les plus démunis, s’alarmait de voir les écarts de salaires « augmenter de façon impressionnante ». Quelques jours auparavant, le journal français Libéra­ tion dépeignait, dans un reportage sans fard, le quotidien toujours plus difficile des « petites gens » au Grand-Duché. De fait, au-delà du miracle économique, il faut bien se rendre à l’évidence : la pauvreté augmente au Luxembourg. Selon les derniers chiffres publiés par le Statec, 18,7 % de la population vivait en 2017 sous le seuil de pauvreté, contre 11,9 % il y a 15 ans. Ce chiffre est plus élevé que la moyenne européenne

(16,9 %) et bien supérieur aussi à ce que l’on observe chez nos voisins belges (15,9 %) ou français (13,3 %). Les spécialistes objecteront que le seuil de pauvreté est plus élevé dans un pays riche, ce qui est vrai. Mais le facteur inquiétant est que ce taux augmente au fil des années. En particulier chez les 18-24 ans, où il a plus que doublé, pour frapper aujourd’hui un jeune sur quatre ! Quant aux écarts de salaires, ils se creusent, eux aussi, avec le temps. Les résidents les plus riches ont un revenu moyen huit fois supérieur à celui des plus modestes, contre six fois il y a 15 ans. Le grand responsable est évidemment le coût de la vie, et surtout celui du logement. À lui seul, ce poste de dépenses engloutit aujourd’hui plus du tiers du budget des ménages luxembourgeois. Tout le monde croit en connaître les raisons : augmentation de la demande, raréfaction de l’offre…Et pourtant, une récente étude du Liser vient de tordre le cou à certains clichés et de lever le voile sur des aspects méconnus de la question. Son premier enseignement est qu’il existe aujourd’hui près de trois milliers d’hectares disponibles à la construction, dont plus du tiers immédiatement. De quoi édifier quelque 50.000 à 80.000 logements. Mais le problème est que les propriétaires ne vendent pas. Qui sontils ? Pour la plupart, des personnes

physiques, dont certaines concentrent entre leurs mains une part très importante des terrains : à eux seuls, 3.000 Luxembourgeois détiennent en effet la moitié du potentiel foncier du pays. C’est dire l’enjeu immense qui attend le gouvernement qui a fait de la question du logement une de ses priorités. Des outils existent pour limiter la spéculation et encourager la construction. Mais au-delà de mesures incitatives ou coercitives, la force du politique est aussi parfois d’en appeler à un sursaut citoyen au nom de la solidarité, afin que le Luxembourg ne voie pas sa communauté nationale se transformer au fil des ans en une addition de réussites individuelles et de laissés-pour-compte.

La conversation continue en ligne :  @paperJam_lu Paperjam Paperjam Entreprise

Avril 2019 —

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SOMMAIRE

Avril 2019

ESPRESSO

CONVERSATIONS

ENVIES

POLITIQUE

Face-à-face 17

Faut-il repenser la stratégie des participations de l’État ?

16 Budget 2019 Une chère année pour les entreprises 18 Élections européennes Une bannière sans étoiles démocratiques ?

carrières 20

20 Élections sociales L’OGBL reste le premier syndicat du pays 22 Dossier Les grands chantiers de la mobilité

ENTREPRISES

Sumy

32 Fiscalité L’hiver a été chaud pour les fiches d’impôt

38 Social listening L’analyse de vidéos, étape-clé pour Talkwalker

33 Start-up Deux levées de fonds pour deux ambitions

40 Big Four PwC fédère autour des crypto-actifs

34 Fédération professionnelle Les start-up convaincues par leur fédération 36 brasserie La tradition se poursuit à Diekirch

44 Stratégie Clearstream se diversifie 46 Finance durable Edmond de Rothschild, bon élève 48 Prospective Un horizon très « challenging » pour la Place

Du challenge à la solution 40

Encourager la diversité

carrières 43

Opinion 45

49 Quand la finance

luxembourgeoise s’exporte

La pépite hollandaise de KBL

52 Études Brexit : toujours plus 52 Fonds d’investissement Capital Group, pionnier au Luxembourg

54 Avis annuel La Fondation Idea crée le consensus

retraiteS

Inauguration de la Brasserie Diekirch

43 Développement urbain Renaissance de « Rout Lëns »

ÉCONOMIE logement

Picture report 36

42 Stratégie La mue digitale d’Air France

PLACE FINANCIÈRE

CROISSANCE

PHOTOS Anthony Dehez, Patricia Pitsch (Maison Moderne), Edouard Olszewski ILLUSTRATION Maison Moderne

Elevator pitch 34

56 Finance durable L’argent, le nerf de la guerre contre le réchauffement climatique

Gestion de fonds : faut-il augmenter les frais ?

Buzzword 46

Monnaie hélicoptère

Picture report 48 Alfi European Asset Management Conference

carrières 52

Luxembourg Performance Index 55 Droit du travail 56 Les dégâts causés par les salariés

carrières 58

58 Géopolitique Comment résoudre le « trilemme de la globalisation » ? Avril 2019 —

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SOMMAIRE

Avril 2019

ESPRESSO

CONVERSATIONS

 Maria Teresa de Luxembourg 

PHOTOS Emanuele Scorcelletti, Edouard Olszewski, Jan Hanrion (Maison Moderne), Patrick Galbats

« Je n’ai pas besoin de défendre les causes faciles  »

ENVIES

 Geoffroy Bazin 

« J’ai besoin de faire bouger les lignes  »

Attachée aux traditions et aux valeurs du pays, la GrandeDuchesse n’hésite pas à bousculer les codes. Et à mobiliser autour d’elle pour organiser un premier forum international sur le viol commis sur le terrain de conflits armés.

Neuf mois après avoir pris la succession de Carlo Thill en tant que responsable pays pour BNP Paribas et président du comité exécutif de BGL BNP Paribas, Geoffroy Bazin livre sa première interview.

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 Djuna Bernard  « Devenir la première femme Premier ministre de mon pays ? Pourquoi pas…  » 

 John Marshall 

« Nous quittons l’Union européenne, pas l’Europe  »

La plus jeune députée du Luxembourg incarne cette nouvelle génération d’élus « verts » qui sont plus que des écologistes. Et elle ne manque pas d’ambition.

En première ligne pour répondre aux inquiétudes de ses concitoyens et porter la voix du gouvernement britannique, l’ambassadeur du Royaume-Uni au Luxembourg ne perd ni son flegme ni sa passion pour l’Europe face au Brexit.

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Avril 2019 —

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SOMMAIRE grand dossier 60 reportage 102 index 126 ours 128 La start-up du mois 130

Avril 2019

ESPRESSO

CONVERSATIONS

ENVIES Argent comptant Georges Berna

« L’argent doit tourner » Le fondateur de l’agence immobilière Property, de la société de développement immobilier Koba et président du Basket Racing Luxembourg décrypte son rapport à l’argent.

114 Compétences Gestion des données

Apprivoiser le RGPD

Style Afterwork

Julien Cliquet et Audrey Bossuyt

Architecture Maison unifamiliale

Chic bohème

Un an après l’entrée en application du RGPD, certaines entreprises ont encore du mal à s’y retrouver. Comment retourner la situation ?

Le directeur associé du traiteur éponyme et la galeriste et cofondatrice de Zidoun-Bossuyt Gallery parlent style en mode « afterwork ».

Tour du propriétaire d’une maison à Luxembourg-ville qui a retrouvé une nouvelle jeunesse avec l’aide du bureau EL’LE Interior Stories.

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Culture Art

Restaurant À table avec

Le Mudam consacre une rétrospective à l’un des artistes majeurs de l’art contemporain luxembourgeois.

Rendez-vous à The Farm avec la directrice d’IMS Luxembourg qui organise le Sustainability Forum le 25 avril au Cercle Cité.

Hommage à Bert Theis

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Nancy Thomas

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PHOTO Edouard Olszewski

IL Y EN A PLUS

Ce mois-ci avec Paperjam : les suppléments Private banking & Mice

LA CLUBLETTER

Membre du Paperjam Club, retrouvez votre Clubletter en fin de magazine ! Avril 2019 —

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Innovation feeds business

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espresso conversations envies La mobilité, l’enjeu de la mandature. Zoom en pages 20 à 26 sur les grandes ambitions du gouvernement en la matière. Talkwalker fête ses 10 ans. Retour en page 36 sur l’épopée d’une ancienne start-up luxembourgeoise devenue une référence internationale. Rencontre en page 44 avec le CEO de Clearstream, Philippe Seyll, pour évoquer la diversification en cours au sein de l’institution. Un baromètre de l’économie. Retour en page 54 sur l’avis annuel de la Fondation Idea. Avril 2019 —

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BRAND VOICE CONSEIL

Les enjeux de la transformation à l’ère du digital Le digital est un levier majeur de la transformation des entreprises en général et des banques en particulier. Mais les stratégies à mettre en place doivent s’adapter aux caractéristiques de chaque pays et de chaque entreprise. Joël Wozniak et Frédéric Goux de Wavestone Luxembourg nous expliquent comment apporter une réponse à ce défi en prenant en compte les spécificités luxembourgeoises. CONTENU SPONSORISÉ PAR WAVESTONE

DIGITAL

PERFORMANCE

AGILITÉ

Se transformer à l’ère du digital

Être à la pointe des évolutions technologiques

Adapter les organisations aux environnements plus mouvants

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TECHNOLOGIE Allier innovation, expertise métier et compétences technologiques

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— Avril 2019

NOS RÉPONSES AUX ENJEUX DU MARCHÉ

INNOVATION

LIBERTÉ

Développer le « tech spirit », la veille et la proximité des fintech / regtech

Capitaliser sur la méthode Agile mais portée à l’échelle de l’entreprise


BRAND VOICE En matière de digital, quels sont actuellement les enjeux les plus importants pour les sociétés luxembourgeoises ?

Wavestone Luxembourg stimule la co-création et la participation de chaque collaborateur.

Joël Wozniak Le premier enjeu est sans doute celui de la présence web et de la digitalisation du parcours client. L’optimisation de l’expérience utilisateur est aujourd’hui devenue essentielle : il faut faciliter au maximum l’accès du client aux services que propose l’entreprise. De plus, beaucoup de sociétés actives dans le secteur

« La clé du succès de la transformation est d’allier une expertise métier avancée et des compétences technologiques pointues. »

RECRUTEMENT Attirer et fidéliser les meilleurs talents

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financier doivent profiter des réglementations récentes relatives à l’open banking pour offrir de nouveaux services, plus souples et efficaces, et se préparer à la banque du futur. Enfin, on doit aujourd’hui tirer parti des nouvelles technologies dans les secteurs de l’intelligence artificielle, du big data et du data management pour les utiliser au cœur du métier et pour mieux connaître et servir ses clients. Frédéric Goux Ces enjeux évoluent évidemment avec le temps. Notre rôle est d’anticiper les changements à venir et rester toujours à la pointe. Nous le faisons avec nos clients et notre écosystème, notamment grâce à notre initiative Creadesk, dédiée à la stimulation de la créativité et de l’innovation, ou encore Shake’Up, un accélérateur de start-up regroupant une dizaine de jeunes pousses prometteuses. Comment doit-on aborder la transformation des entreprises au Luxembourg à l’ère du digital, si l’on compare avec la situation d’autres pays ? J.W. Au Luxembourg, beaucoup

de banques sont actives dans le domaine de la gestion de fortune, avec une clientèle plus restreinte mais plus exigeante. La transformation doit donc se faire en complément et non pas au détriment de la relation client traditionnelle :

il faut réussir à « industrialiser le sur-mesure » grâce au digital. La transformation doit aussi s’accompagner d’une refonte des modes de fonctionnement en introduisant davantage d’agilité, non seulement pour les développements web et mobile, mais aussi pour transformer l’organisation en profondeur (Agile@Scale). F.G. La clé du succès de la transformation est d’allier une expertise métier avancée et des compétences technologiques pointues. Et c’est justement le cœur de la proposition de valeur et des compétences de Wavestone. Wavestone est en plein développement au Luxembourg dans un marché du recrutement difficile. Comment vous différenciez-vous ?

F.G. Wavestone s’est aussi transformé en renouvelant ses modes de management : plus d’horizontalité et de transversalité dans une structure à taille humaine qui permet plus de participation de chacun des collaborateurs au projet d’entreprise et un suivi de carrière individualisé. Wavestone permet par ailleurs des parcours internationaux. C’est très apprécié par les consultants qui nous rejoignent. C’est ce qui nous permet d’être une « Great Place to Work » depuis de nombreuses années.

Joël Wozniak Directeur, Wavestone

Frédéric Goux Partner, Wavestone

COLLABORATION Proposer une structure à taille humaine et un management participatif

Septembre 2017 — xxxx —

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POLITIQUE

POLITIQUE DIGEST

Pas de 3e mandat pour François Bausch Le ministre de la Mobilité et des Travaux publics François Bausch (Déi Gréng) l’a confirmé à nos confrères de la radio 100,7 : il ne briguera pas un nouveau mandat en 2023. Cela même s’il était très heureux d’avoir pu rempiler pour une seconde fois dans une fonction ministérielle. Déi Lénk vise un élu Comme l’ADR, Déi Lénk nourrit l’espoir d’envoyer un des siens au Parlement européen au soir du 26 mai. Sa liste est conduite par la co-porte-parole du parti Carole Thoma et le député David Wagner. La crise écologique, étroitement liée

Compte épargnetemps Le projet de loi sur le compte épargne-temps a été voté à la Chambre et devrait être d’application avant l’été. Il ne concernera que les salariés qui bénéficient d’une convention collective ou d’un accord interprofessionnel, suivant des critères précis. Le patronat savait que les jeux étaient faits mais a déploré le fait que « [l’on] dise souvent que cet accord pour le privé s’inspire du compte épargne-temps du secteur public, alors que c’est l’inverse ». Le directeur de l’Union des entreprises luxembourgeoises, Jean-Paul Olinger, a aussi regretté que « [l’on] ne tienne pas compte de la valeur monétaire de l’heure de travail » et de son évolution au fil du temps. La hausse du salaire minimum pour juillet L’augmentation du salaire social minimum était chose acquise. Les ministres Dan Kersch (LSAP) et Pierre Gramegna (DP) ont affirmé que sa mise en œuvre, avec effet rétroactif, sera effective au 1er juillet, via un crédit d’impôt. Environ 70.000 travailleurs sont concernés par cette mesure.

À 8 et 16 heures, comme plus de 33.000 abonnés, restez in­for­­mé en vous abonnant à notre newsletter sur paperjam.lu.

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­— Avril 2019

Une chère année pour les entreprises

à la crise sociale, sera l’axe central autour duquel s’articulera la campagne du parti de gauche.

Les efforts que le gouvernement est prêt à faire en matière de fiscalité sont gommés par d’autres mesures, s’alertent les représentants du patronat, dans leur première analyse du projet de budget 2019 de l’État.

Nicolas Buck, nouveau président de l’UEL, souligne l’ampleur que prend le budget de l’État.

« 

U

ne fois qu’une telle machine est lancée, vous devez assu­ rer les recettes. » Devenu le nouveau président de l’Union des entreprises luxembourgeoises (UEL), Nicolas Buck pèse ses mots lors d’une interview publiée sur Paperjam le 7 mars. Au lendemain de la présentation du projet de budget  2019 par le ministre des Finances – Pierre Gramegna (DP) –, le nouveau patron des patrons retient « avant tout l’éten­ due des chiffres. Nous commen­ çons à frôler les 20 milliards de dépenses et de recettes. Qui l’au­ rait cru… Cela implique une énorme responsabilité des diffé­ rents acteurs, politiques, écono­ miques, des corps intermé­diaires… Elles apparaissent vraisembla­ blement comme la solution privi­ légiée par la politique pour

résoudre les problèmes du pays. » Le gouvernement a ménagé la chèvre et le chou, analyse le directeur général de la Chambre de commerce, dans un blog publié le 11 mars. Carlo Thelen salue l’abaissement d’un point du taux de l’impôt sur les revenus des collectivités (IRC) et la hausse du seuil de revenu des sociétés, en deçà duquel s’applique le taux d’IRC réduit de 15 %. L’économiste qui a succédé au ministre des Finances remarque aussi l’attitude ouverte de ce dernier, lors de la clôture de la conférence de l’Alfi, à propos de la taxe d’abonnement payée par les fonds d’investissement. Son taux de base (0,05 % des actifs nets sous gestion pour les organismes de placement collectif ) rend le Luxembourg moins com-

PHOTO Matic Zorman

Le CSV aux européennes Après le DP, l’ADR et le LSAP, c’est le CSV qui a présenté ses six candidats aux élections européennes. Aucun des trois élus de 2014 – Viviane Reding, Georges Bach et Frank Engel – ne se représente, pour différentes raisons. Ce sont Isabel Wiseler-Lima et Christophe Hansen qui conduiront la liste sur laquelle figurent aussi Stefano D’Agostino, Liane Felten, Martine Kemp et Romain Osweiler. Objectif déclaré pour ce qui sera le premier test de la nouvelle équipe dirigeante : conserver les trois élus.

BUDGET 2019


POLITIQUE L E FA C E À FA C E

pétitif, se plaignent les professionnels. « Des assouplissements pourraient générer d’impor­ tants effets de retour écono­ mique et en termes d’impôts indirects, de cotisations ou d’im­ pôts sur le revenu. En particulier dans un contexte ‘Brexit’ », plaide M. Thelen.

FAUT-IL REPENSER LA STRATÉGIE DES PARTICIPATIONS DE L’ÉTAT ?

PHOTOS Maison Moderne

UNE « M ANŒUVRE INAPPROPRIÉE »

Mais il pointe aussi les difficultés auxquelles les entreprises vont devoir faire face, alors que la productivité est restée bloquée... depuis 2000. D’abord, le taux nominal d’imposition des sociétés, même après la baisse d’un point de l’IRC, sera de 25 %, contre 21 % en moyenne dans l’Union européenne. Le Luxembourg n’est pas dans le « milieu du peloton européen » non plus pour la fiscalité des start-up, ni pour la fortune, écrit encore Carlo Thelen. Et la hausse de 100 euros net du salaire social minimum (SSM) est « une fusée à trois étages » : après la hausse de 1,1 % à charge des entreprises depuis le 1er janvier, la nouvelle hausse de 0,9 % introduite de manière rétroactive à la même date est une « manœuvre pour le moins inap­ propriée qui grèvera fortement les entreprises, et surtout les nom­ breuses entreprises exposées à la concurrence transfrontalière », tout comme le crédit d’impôt de 70 euros pour ceux qui touchent le SSM, jusqu’à 2.500 euros brut mensuels. Ces mesures masquent, dit-il encore, une augmentation du coût salarial unitaire de plus de 5 % en 2017 et une augmentation du SSM de 70 % depuis juillet 2000, et elles ne vont pas rendre les entreprises plus compétitives. De son côté, dans son avis préliminaire, la Chambre des métiers se réjouit des avancées fiscales et des 2,5 milliards d’euros d’investissements annoncés cette année, mais elle redoute que ces mesures ne soient « atténuées par certaines mesures en droit du tra­ vail, notamment l’intro­duction d’un nouveau jour férié légal et d’un jour de congé sup­­plé­mentaire ». Sans compter que les entreprises devront encore assumer une nouvelle tranche indiciaire au dernier trimestre, rappelle le Statec…  T. L.

c l au d e w i s e le r

« Il manque une vision commune et centralisée »

f r a n z fayot

« Une réflexion à mener sur les perspectives à plus long terme »

N

A

Claude Wiseler Député (CSV)

Franz Fayot Député (LSAP)

ous notons que la valeur de marché des participations étatiques dans des sociétés cotées en bourse se chiffre fin février 2019 à 1,5 milliard d’euros. S’y ajoutent des participations d’environ 700 millions d’euros dans des sociétés non cotées, sans oublier les parts que l’État détient dans d’autres entités juridiques, à l’instar de la BCEE, voire de Post. Chaque participation est rattachée directement au ministère concerné. Ce qui manque, c’est une vision commune et centralisée de gestion de ces participations. Une stratégie industrielle fait défaut. Nous proposons donc de regrouper les participations étatiques dans une sorte de société de participations financières étatiques (SPFE). Il appartiendra alors au gouvernement de définir la stratégie globale à mettre en œuvre. La gestion des participations devra suivre les directives gouvernementales et de nouvelles prises de participation, respectivement les décisions de désinvestissement, s’inscriront dans le cadre de cette stratégie gouvernementale. Il va de soi que les dividendes encaissés au titre de ces participations reviendront à la société de participations qui les emploiera pour effectuer des investissements futurs. Ce faisant, l’État sera par ailleurs mieux outillé pour bloquer des investissements non désirés en provenance de pays tiers...

fin de diversifier les activités économiques, l’État a depuis toujours investi dans certains secteurs, avec quelques belles success-stories, comme SES. D’autres participations ont émergé, comme le sauvetage de l’Arbed au début des années 1980, ou plus récemment en 2008 pour stabiliser la place financière en prenant des participations dans la BGL et la Bil. Cependant, l’État doit se demander s’il faut dans tous les cas agir par le biais de participations, en s’exposant au risque entrepreneurial y attaché. Une alternative, moins risquée, est d’accorder des prêts ou des subsides aux différentes sociétés. Une autre possibilité est de passer par le régime d’aide à la recherche-développement pour les entreprises innovantes. Une réflexion est à mener aussi sur les perspectives à plus long terme des investissements faits par l’État et leurs retombées pour la collec­ tivité sur le plan social et écologique. Celle-ci est liée à la discussion sur le modèle de croissance économique du pays, l’aménagement du territoire et, finalement, la cohésion sociale et le vivre-ensemble dans le pays et la Grande Région. L’accord de coalition pour la législature 2018-2023 prévoit qu’un comité dédié auprès du ministère des Finances chapeautera les participations de l’État, notamment au vu des objectifs de développement durable.

Consulter la version in extenso de ce face à face sur paperjam.lu.

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POLITIQUE

ÉLECTIONS EUROPÉENNES

UNE BANNIÈRE SANS ÉTOILES DÉMOCRATIQUES ? Philippe Poirier est titulaire de la Chaire de recherche en études parlementaires à l’Université du Luxembourg et professeur de science politique invité à l’Université de Turin. Pour Paperjam, il revient sur les causes de la crise démocratique de l’Union européenne.

L

es élections de mai pour le Parlement européen sont-elles les dernières pour l’Union européenne telle qu’elle fut inaugurée par le Traité de la CECA en 1951 et organisée aujourd’hui avec le Traité de Lisbonne adopté en 2007 ? Cette question peut apparaître « saugrenue » tant les économies et les sociétés européennes sont devenues interdépendantes (les conditions de la sortie du Royaume-Uni de l’Union et de sa réalisation nous le rappellent). Cette interrogation semble aussi « absurde » au regard du sentiment d’appartenance politique européenne encore mesuré dans la dernière enquête Euro­ baromètre publiée à l’automne 2018 : 71 % des personnes interrogées se sentent « citoyens européens » au sein de l’UE. Pourtant, le système décisionnel européen tel qu’il est conçu et tel qu’il fonctionne est des plus fragiles : moins de 42 % des Européens ont confiance dans l’Union comme institution, et la confiance relative aux institutions nationales est encore plus basse. Cet état ne saurait être le simple résultat d’effets contextuels comme la force des mouvements « souverainistes », les tensions inhérentes entre les gouvernements européens sur le devenir de l’Union ou encore les « pressions extérieures » à ses frontières. Les étoiles de l’Union s’envolent en réalité pour des motifs structurels. Le scrutin à venir les révèle encore plus !

démocratie nationale, voire régionale. Ils sont également concurrencés dans l’engagement et la représentation du Politique par d’autres acteurs : les ONG, les mouvements sociaux, les mobilisations via les réseaux sociaux... Bien plus, ils ne parviennent pas à utiliser les pouvoirs qui leurs sont reconnus par les traités de l’Union et surtout à imposer leur propre agenda dans le processus législatif européen. Les formations européennes ne sont que des « labels », et les « réceptacles » d’élus sélectionnés par des machines partisanes beaucoup plus professionnalisées au niveau des États membres. Leurs cohésions programmatiques internes ne sont pas des plus assurées et elles n’incarnent pas l’autorité politique auprès de leurs membres. Un bon indice de la crise de l’offre politique est le taux de participation aux élections européennes. Depuis les premières, au suffrage universel en 1979, il n’a fait que diminuer en moyenne dans toute l’Union. Les citoyens ne se mobilisent en démocratie représentative que lorsqu’ils jugent que leurs votes participent réellement à la décision et sont portés par des groupes politiques incarnant, de manière lisible, un projet politique répondant à leurs préoccupations quotidiennes.

déclarations devant le Parlement européen, bien qu’ils n’aient pas de devoirs constitutionnels et légaux à le faire. L’audition, l’approbation et / ou le refus du président de la Commission depuis 2014, et bien avant celles des commissaires européens, ont été et sont des signes encourageants. Il n’en demeure pas moins que les citoyens européens, habitués des règles de la sanction législative depuis plus d’un siècle dans certains États de l’Union, jugent sévèrement l’état de « non-achèvement » de la démocratie représentative. Une grande partie d’entre eux subodorent que les Exécutifs s’émancipent partiellement du contrôle démocratique. On pourrait leur donner en partie raison.

« Moins de 42 % des Europénnes ont confiance dans l’Union comme institution. »

D’une part, avec les Traités sur la stabilité, la coordination et la gouvernance adoptés entre 2008 et 2015, le Conseil européen composé des gouvernements des États de l’Union a affaibli la méthode communautaire sans pour autant permettre aux parlements nationaux d’exercer un plus grand contrôle sur la politique européenne. D’autre part, bien que la Commission européenne ait été rendue plus responsable devant le parlement européen, UN RÉGIME INACHEVÉ aucune motion de censure n’a été La seconde raison est la nature jusqu’à son terme. Les « majorités même du régime politique de législatives » au sein du Parlement l’Union européenne. Si celle-ci européen ont toujours confondu affirme dans son dernier traité être jusqu’alors la défense d’une certaine UNE OFFRE POLITIQUE une « démocratie représentative », forme de construction et de coopéDÉFAILLANTE elle n’est qu’imparfaite. Des efforts ration européenne avec le contrôle La première raison est l’offre poli- ont été consentis, les commissaires de l’Exécutif. tique. Les partis qui concourent se présentent et visitent toutes les n’ont de réalité sociologique et assemblées législatives de l’Union. DES ATTENTES SANS RÉPONSES de capacité d’identification par Les gouvernements des États La troisième des raisons est intimeles citoyens qu’au niveau de la membres se prêtent aussi à des ment liée à la « dissociation » des

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clivages socio-économiques, socioculturels et sociopolitiques dans les sociétés européennes et de leurs médiations par les organisations partisanes et les institutions européennes elles-mêmes. Les problèmes identifiés dans les enquêtes Eurobaromètre comme étant les plus importants par les citoyens au niveau de l’Union européenne – à savoir l’immigration – et au niveau de leurs pays – l’emploi, le pouvoir d’achat et la situation économique –, sont traduits partiellement dans l’agenda législatif, principalement au bénéfice du respect des règles normatives et structurelles que prévoient les traités de l’Union. Une grande partie des citoyens européens, éprise de questions sociales, écologiques et éthiques se détache de l’élection même du Parlement européen, notamment pour cette raison. Cette dissociation entre « clivages » et « politiques publiques européennes » est d’autant plus conséquente que les sociétés européennes ne partagent nullement les mêmes « tourments » et manquent parfois de solidarité entre elles. Chaque système politique produit des modes référentiels, des acteurs et des pratiques politiques qui empêchent durablement, au niveau européen, l’identification des citoyens à sa démo­cratie représentative affirmée mais insuffisante. La construction de ces « solitudes » est d’autant plus forte que le principe originel de l’unité politique de l’Europe n’était nullement basé sur la participation politique des Euro­ péens, mais sur la constitution et le fonctionnement d’une économie qui, avec le temps, a exacerbé, sinon la compétition, du moins la divergence de niveau entre les sociétés européennes. Le devenir des sociétés européennes suppose une nouvelle fondation au sens d’Hannah Arendt. La courte campagne et sa nature ne sauraient répondre à tous ces enjeux, mais nous devons en prendre conscience à présent, au risque d’un délitement. Sans étoiles démocratiques, il ne peut y avoir de conscience politique européenne.  P. P. Retrouvez l’intégralité de cette tribune sur paperjam.lu.


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Informations environnementales (A.R. 19/03/2004) : www.ford.lu/environnement. Les chiffres de consommation et d’émission de CO2 sont mesurés selon la nouvelle procédure d’essai WLTP, et s’appliquent à tout véhicule avec les équipements de série. Des équipements optionnels (comme des jantes et/ou des pneus optionnels) peuvent affecter la consommation et l’émission de CO2. La valeur NEDC (NEDC 2.0) indiquée est calculée à partir de la valeur WLTP et sera utilisée pendant une période transitoire (jusque max. fin 2021), à des fins fiscales notamment. Cependant, avant la fin de cette période transitoire, le gouvernement peut utiliser les valeurs WLTP à des fins fiscales, ce qui peut influer sur la taxation du véhicule. *L’avantage maximum sur nos véhicules de stock, 17% TVAC et valable du 1/03/2019 jusqu’au 31/03/2019 inclus, est l’addition de la Remise Printemps inconditionnelle1, la Prime de reprise conditionnelle2 et la Prime de stock conditionnelle3. Non valable pour le personnel Fleet et Ford. L’avantage maximal sur un Kuga ST-Line 2.0 TDCi 180ps / 132kW Auto Start-Stop PS AWD - 5p est de 10.000€. Calcul : 1La Remise de Printemps 7.000€, la valeur dépend du modèle. 2La Prime de reprise conditionnelle : nous reprenons votre ancien véhicule contre une prime de 2.000€ à l’achat d’une nouvelle Ford à l’exclusion de Ka+, Mustang et des véhicules utilitaires. Le véhicule doit avoir plus de six mois d’immatriculation au nom du propriétaire du nouveau véhicule et doit être en état complet. La facture et la carte grise de la Ford neuve doivent être au même nom et à la même adresse que le véhicule. Les documents de bord légaux doivent être présents. Vous n’avez pas droit à la prime de reprise ? Consultez votre distributeur Ford pour notre prime supplémentaire intéressante (pas valable sur Ka+, Mustang et les véhicules utilitaires). 3Prime de stock conditionnelle : sur une sélection de véhicules de stock neufs, nous vous accordons une Prime de stock conditionnelle, dépendamment du modèle et sous condition d’immatriculation du véhicule concerné au plus tard le 31/03/2019 (pas d’application pour KA+, Focus RS et Mustang). Valeur : 1.000€ sur Kuga. Les véhicules affichés peuvent différer des spécifications réelles. Pour plus d’informations, renseignez-vous auprès de votre distributeur Ford ou rendez-vous sur notre site DONNONS PRIORITÉ À LA SÉCURITÉ. ford.lu www.ford.lu.


POLITIQUE

L’OGBL RESTE LE PREMIER SYNDICAT DU PAYS

LES RÉSULTATS PAR SECTEUR NATIONAL

Le renouvellement des délégations du personnel n’a pas bouleversé les rapports de force entre les syndicats luxembourgeois. Si l’OGBL reste le premier en nombre de délégués, le LCGB se félicite de quelques beaux progrès, tandis que l’Aleba a échappé au naufrage que certains prédisaient.

L

es élections sociales ont lieu tous les cinq ans dans les entreprises qui comptent au moins 15 salariés. 500.000 électeurs sont potentiellement disponibles, ce qui fait de ce scrutin, comme se plaisent à le dire les syndicats, « le plus grand exercice démocratique du pays ». C’est aussi évidemment le moment de juger des rapports de force entre les syndicats. Il y avait donc de la tension dans les QG des principales formations de représentation des travailleurs le 12 mars, alors que le long dépouillement avait commencé et que les résultats tombaient au compte­-gouttes. Même si tous les bulletins n’ont pas encore été comptés, ni tous les résultats envoyés à l’Inspection du travail et des mines, les grandes tendances sont connues. Quelles sont-elles ?

LE COUP D’ÉCLAT DU LCGB

En premier lieu, la majorité des nouveaux délégués ne font pas partie des effectifs des syndicats. Environ 55 % d’entre eux sont issus de groupements de salariés. C’est-à-dire qu’ils ont pu se présenter car leur candidature a été soutenue par des collègues, au minimum 5, dans les entreprises de 15 à 99 salariés. L’OGBL reste le premier syndicat du pays, avec un peu plus de 25 % des votes en sa faveur. Au cours de la campagne, André Roeltgen, son président, a dit et répété que son « syndicat est n° 1 du pays et compte bien le rester ». Objectif atteint, donc. « Grâce à un excellent travail mené au cours de ces der­ nières années », dit-on au syndicat. Mais c’est aussi le résultat d’une campagne très visible qui ciblait les travailleurs frontaliers. L’OGBL pourra compter sur, au minimum, 20 —

­— Avril 2019

1.828 délégués effectifs sur un peu plus de 5.000 candidats en lice. De même, le LCGB assure, par la voix de son président Patrick Dury, « sortir renforcé de ces élections », avec 15,15 % des voix et 1.096 postes de délégué à son actif. Mais c’est dans le secteur de la sidérurgie que le syndicat a réussi son coup d’éclat. « Nous obtenons la majorité au sein d’ArcelorMittal Dudelange. Nous sommes également majoritaires sur le site de Differdange, du Centre logistique et au sein de l’adminis­ tration d’ArcelorMittal Luxem­ bourg. Bref, le LCGB est désormais le premier syndicat du secteur. C’est historique », analyse encore Patrick Dury. Le LCGB décroche aussi 10 des 18 mandats au sein de Cargolux, et 14 des 20 chez Luxair, si on fusionne ses résultats avec ceux du Syndicat des employés du secteur de l’aviation (SEA). L’Association luxembourgeoise des employés de banques et assurances (Aleba) a retenu son souffle au cours du dépouillement. Certains prédisaient une déroute pour la principale force syndicale du secteur. Il n’en est rien. Avec 266 représentants, les troupes du secrétaire général Laurent Mertz s’accaparent presque 30 % des délégués, devant l’OGBL (17,43 %) et le LCGB (12,91 %). Certes, les résultats sont décevants au sein de la Bil avec une perte de deux délégués, mais les résultats sont jugés très bons dans les petites structures, là où on désigne de 1 à 5 délégués, tout comme chez Clearstream, à la Société Générale Bank & Trust et chez KBL.

LCGB 15,12 %

Aleba 4,08 %

ADMINISTRATION Autres 27,21 %

OGBL 43,73 %

NVGL 2,75 %

FNCTTFEL 0,91 % LCGB 25,38 %

INDUSTRIE OGBL 35,98 %

Autres 38,76 %

NGLSNEP 0,37 %

LCGB 24,24 %

FNCTTFEL 0,63 %

PLACE FINANCIÈRE Autres 40,83 %

OGBL 17,21 % LCGB 12,59 %

Aleba 29,35 %

SANTÉ Autres 36,80 %

OGBL 51,99 %

PRÉSENTÉES PAR

carrières Christophe Domingos, 36 ans, est nommé associé au sein de Castegnaro. Fort d’une expérience de plus de 10 ans, il s’est spécialisé en droit du travail, et plus particulièrement en droit des relations collectives de travail. BUSINESS ADMINISTRATION, FINANCE & LEGAL

CLSC 0,15 %

William Jean-Baptiste, 38 ans, vient renforcer l’étude et le groupe Ogier en devenant le huitième associé du cabinet au Luxembourg. Il est spécialisé en fiscalité luxembourgeoise et internationale.

SEA 0,3 % LCGB 10,73 %

CONSTRUCTION Autres 65,49 %

DES CONTRÔLES VONT ÊTRE MENÉS

Enfin, ceux qui n’ont pas joué le jeu vont devoir se justifier. L’Inspection

OGBL 25,13 %

Autres 55,67 %

du travail et des mines (ITM) avait comptabilisé 3.800 entreprises au sein desquelles des élections devaient avoir lieu. 2.964 ont utilisé la plate-forme électronique de l’ITM pour déclarer des candidats. Les 836 entreprises qui ne l’ont pas fait, et donc pas procédé au scrutin, « vont donc être contrôlées », ex­ plique Sarah Kneib, employée au sein de l’administration. En tout, sur les 2.964 entreprises ayant déclaré des candidats éligibles, 2.538 déclarations de résultats étaient attendues (certaines entreprises ayant moins de 15 salariés, d’autres ayant déjà organisé le scrutin au cours de l’année précédente...). Il en manquait encore plus de 60 pour que les résultats soient exhaustifs. « Les dossiers des retar­ dataires vont aussi être examinés et, le cas échéant, un contrôle effec­ tué », confirme Sarah Kneib. Quant aux résultats de la Chambre des salariés, dont le renouvellement des 60 membres de l’assemblée plénière se faisait via un vote par correspondance, ils ne sont pas encore connus. Tout comme le taux de participation global des salariés aux élections.  N. L.

OGBL 20,94 %

BANQUES, FONDS D’INVESTISSEMENT     ET SERVICES AUX FONDS SERVICES AUX ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE ACTIVITÉS INDUSTRIELLES PUBLIC, ASSOCIATIF ET SANTÉ

LCGB 13,56 %

SOURCE ITM

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PHOTOS Castegnaro, Ogier

ÉLECTIONS SOCIALES


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F

Y


POLITIQUE

DOSSIER

LES GRANDS CHANTIERS DE LA MOBILITÉ La gratuité des transports publics, qui sera une réalité en mars 2020, a été un buzz mondial. Au point de faire un peu d’ombre à tous les autres projets qui ont également pour but de faire du Luxembourg un pays où circuler serait un plaisir, et non pas une contrainte.

F

rançois Bausch, ministre de la Mobilité (Déi Gréng), fixe le rendez-vous à 2023. « Cette année-là, on pourra réellement constater à quel point les efforts menés dans le domaine de la mobilité auront fait faire un saut qualitatif au Luxembourg. Ce sera l’échéance de 10 ans de tra­ vail et de réflexion autour de cette problématique. On aura alors aussi, j’en suis convaincu, fait de notre pays un véritable labora­ toire en la matière, destiné à trou­ ver des solutions afin de rendre la mobilité plus efficiente encore dans le futur », affirme-t-il. Quand il entre au gouvernement en 2013 et se voit confier les domaines du Développement durable et des Infrastructures, il sait que la tâche sera immense. La mobilité est devenue un enjeu majeur dans un pays où une grande partie de l’activité économique se concentre dans le Centre, soutenue par une part importante de travailleurs frontaliers, par ailleurs en croissance. « Et parmi ces quasi 200.000 frontaliers, il y a des habitudes, des manières de faire, d’envisager la mobilité qui sont très différentes. Le problème est donc complexe », analyse très vite le ministre. François Bausch se fixe rapidement deux priorités. Premiè­ rement, « ne jamais perdre l’humain de vue. Quand on plani­ fie une infrastructure, il faut tou­

22 —

­— Avril 2019

jours garder à l’esprit qu’elle servira à déplacer des personnes, pas seulement des voitures, des trains, des trams. » Deuxièmement, « la mobilité de demain ne peut être que multimodale. C’est le mot-clé. On ne peut plus faire l’erreur de miser sur un seul mode de trans­ port. On voit maintenant ce que cela a donné avec la voiture, à laquelle on a accordé longtemps la priorité, à tort. » C’est sur base de cette ap­proche que des initiatives sont prises, des projets étudiés, des chantiers lancés et des mesures appliquées. Celle de rendre gratuits les transports en commun dès le 1er mars 2020 n’est pas la moindre. Une première initiative du genre à l’échelle d’un pays. Du coup, la mesure a eu un retentissement mondial. « Le buzz a été énorme, confie le ministre. Encore maintenant, je reçois trois à quatre demandes d’interview par semaine à ce sujet, de médias du monde entier. » Mais toute médaille a son revers. Et la future gratuité a quelque peu occulté la réalité plus complexe de la mobilité, des ambitions nourries à son égard, des objectifs que le gouvernement s’est assignés, de son impact sur le développement durable... Paperjam a voulu faire le point sur ce qu’est la mobilité aujourd’hui et ce qu’elle sera demain. Ce qui nous concerne tous.

LA VOITURE

La fin de l’hégémonie

O

n le constate tous les jours sur les principaux axes de circulation du pays : la voiture reste un moyen de déplacement très prisé. Mais qui induit aussi très souvent une énorme perte de temps. Cette impression subjective se confirme dans les chiffres. Une enquête récente de la Fondation Idea a clairement démontré que les temps de parcours domicile-lieu de travail, en voiture, ne cessaient de s’allonger. En moyenne, en 2019, un résident luxembourgeois effectue 13 km en 34 minutes, soit une moyenne d’à peine 23 km/h. C’est un peu mieux en ce qui concerne les frontaliers. Les Français et les Allemands se déplacent en moyen-­ ne à 49 km/h, mais les Belges – les moins bien lotis – à 38 km/h.

615.000 HABITANTS ET 415.000 VOITURES

Pays central en Europe, le Luxem­ bourg connaît des flux entrants et sortants importants sur ses autoroutes. Là aussi les chiffres valent tous les discours. Sur la A3 qui rejoint la France, à la Croix de Bettembourg, on compte en moyenne 64.790 véhicules par jour, avec des pointes jusqu’à 90.000 en certaines périodes. On

est proche des 50.000 véhicules qui passent quotidiennement la frontière à Sterpenich de et vers la Belgique, et des 30.000 véhicules sur la A1 et l’Allemagne. Le parc automobile national témoigne de cet attachement aux voitures. Si le pays comptait un peu plus de 615.000 habitants en ce début 2019, le Statec enregistrait quelque 415.000 voitures immatriculées (particulières, à usage mixte et utilitaires). On peut y ajouter 35.000 camionnettes, 5.500 camions... Le coût de la voiture pour la collectivité n’est pas négligeable non plus : 3,44 cents par kilomètre parcouru selon l’enquête Luxmobil de 2017. Montant qui doit être assumé par tous les contribuables, qu’ils conduisent ou pas. Et nos chères automobiles impactent aussi lourdement notre environnement, puisqu’au Luxembourg, 64 % des émissions de CO2 sont liées au secteur des transports. « On a fait l’erreur durant de trop longues années de ne penser ‘que’ voiture, et donc de tout inves­ tir pour elle », déplore François Bausch, qui a pour objectif de faire chuter de 61 à 46 % la part de la voiture dans les déplacements. Tout en augmentant de manière significative le nombre de passagers par voiture. Car le bât blesse aussi lourdement au niveau du covoiturage. Ainsi, chaque matin, 420.000 personnes viennent travailler à


POLITIQUE

200.000

Véhicules électriques Véhicules diesel

150.000

Véhicules essence 100.000

50.000 10.000

5.000 1000

500 0 1997

2000

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2019

SOURCE Statec

Luxembourg et dans le même temps, 250.000 sièges vides de voiture entrent dans la capitale. En moyenne, la voiture d’un travailleur frontalier n’est occupée que par 1,2 personne, celle d’un résident par 1,1 personne.

L’hydrogène ne servira pas à pro­ pulser la voiture, mais bien à pro­ duire de l’électricité qui entraînera le moteur. C’est une technologie que nous suivons de près. Nous avons donc le projet, avec mon col­ lègue Claude Turmes (Déi Gréng), de soutenir la création d’une sta­ 1.600 BORNES tion-service à hydrogène sur l’aire DE RECHARGE EN 2020 de Berchem. L’installation des Évidemment, il est inimaginable bornes de recharge électrique va de voir la voiture chuter de son aussi se poursuivre. Nous sommes trône d’un seul coup au cours des déjà le second pays européen le prochaines années. Mais son hégé- mieux équipé, mais on va devenir monie semble inéluctablement le n° 1 en nombre de bornes par nombre d’habitants. En 2020, le Luxembourg aura 1.600 points de PARADIGME charge, ce qui est énorme. »

« On a fait l’erreur au 20e siècle de ne penser que voiture. » François Bausch

Ministre de la Mobilité et des Transports publics

condamnée à moyen terme. François Bausch en est convaincu : « Je pense en tout cas que le moteur thermique est voué à disparaître, c’est une certitude. D’ici 6 à 8 ans, nous allons voir l’arrivée sur les routes du Luxembourg de voitures hybrides hydrogène-électricité.

PENSER MULTIMODAL

Le véhicule autonome fera aussi son apparition à terme au Luxem­ bourg, « vers 2030-2035, on aura des voitures sans chauffeur, mais sans doute toujours avec un volant, qui disparaîtra ensuite. Mais plus que tout, c’est la multimodalité, la chaîne réfléchie des transports, qui incarnera le 21e siècle, analyse François Bausch. Je ne tire pas sur la voiture à boulets rouges. Mais il faut éviter de commettre cette er­reur historique faite au 20e siècle de croire en un seul mode de trans­ port. Grâce à cela, sa victoire a été to­tale, son développement énorme. Ce que je pense, c’est qu’il faut rem­ placer la voiture par cette volonté de déplacement multimodal. L’ob­ jec­tif étant d’être plus efficace. »

LE TRAIN

Toujours plus de voyageurs

D

epuis 1995, les CFL ne cessent de connaître une augmentation de leur fréquentation de voyageurs. Jusque-là, se déplacer en train connaissait un succès fluctuant. Ainsi, on a compté 10,6 millions de passagers en 1960, 13,6 en 1985, mais plus que 11,2 millions dix ans plus tard. Par la suite, la croissance a été non seulement en augmentation, mais aussi de plus en plus soutenue : 13 millions de voyageurs en 2000, 18 en 2010, 22,5 en 2015 et 22,9 millions en 2017 !

Pour le seul intervalle 2016-2017, on a dénombré 471.000 usagers de plus. Le taux de croissance est tout simplement un des plus élevés en Europe. Le problème ? Si le nombre de voyageurs augmente, il faudrait que le nombre de trains suive corollairement cette tendance. Or, le réseau ferroviaire luxembourgeois, avec 1.000 trains en circulation tous les jours, est déjà totalement saturé. Une situation chaotique héritée du passé. C’est que le train, on n’y croyait pas beaucoup comme moyen de transport pour les passagers avant les années 2000. En tout cas pas pour les voyageurs. Du coup, l’infrastructure a été réellement délaissée. « Le pre­ mier grand investissement de l’après-guerre a été le double­ ment de la ligne vers Pétange. C’était en 2003-2004 ! Or, la croissance du pays était déjà de 3 ou 4 % à l’époque. C’est bien avant qu’il aurait été nécessaire d’investir. On a donc eu du retard », confesse ainsi le ministère de la Mobilité.

600 EUROS PAR AN PAR HABITANT

Désormais, quand les trains sont à l’heure (la ponctualité était de 88,2 % en février), c’est le moyen de transport plébiscité. Dans de bonnes conditions, c’est rapide, économique, peu impactant pour l’environnement. Le Luxembourg veut donc investir dans l’infrastructure. « Le programme d’investissement est le plus élevé

PHOTO Ministère des Infrastructures

NOMBRE DE VÉHICULES PARTICULIERS EN CIRCULATION (AU LUXEMBOURG)

La nouvelle passerelle de Bonnevoie, entièrement en verre, sera finie en décembre 2021.

Avril 2019 —

­ — 23


POLITIQUE

de toute l’Union européenne, et même au-delà », soutient le ministère. En effet, chaque Luxem­ bourgeois investit 600 euros par an dans l’extension du réseau ferroviaire. « La Suisse, qui est au ‘top’ dans le domaine du ferro­ viaire, a une moyenne d’investis­ sement de 375 euros par an et par habitant dans son réseau. La France et l’Allemagne, nos grands voisins, c’est entre 25 et 40 euros. Je pense que cela démontre bien les ambitions de l’État dans les chemins de fer », commente encore François Bausch. Entre 2013 et 2025, un programme d’investissement de 4 milliards d’euros a été engagé.

LUXEMBOURG-VILLE, LE NŒUD DU PROBLÈME

La poursuite de l’opération séduction auprès du grand public passera aussi par des investissements dans le matériel roulant. 34 nouvelles rames Alstom ont été commandées et seront livrées entre 2021 et 2024. Un investissement de 350 millions d’euros. Elles augmenteront la capacité de transport de 11.500 places, passant de 26.500 à 38.000, soit 43 % de plus. Des rames modernes qui vont remplacer les automotrices Z2 qui datent du début des années 90. Elles seront équipées de prises USB et du wifi. Et toujours avec l’ambition de donner priorité à la multimodalité, certains espaces de ces nouvelles rames seront pourvus de bornes de rechargement pour les vélos électriques.

La nécessité d’apporter plus de capacité sur le réseau est donc un LE VÉLO impératif. Cela passera par la construction de deux nouvelles voies entre Luxembourg et Bettembourg, en direction de Thionville, qui est le tronçon le plus encombré du rail national, «  e vélo sera intégré dans toutes le doublement de la voie vers les chaînes de mobilité plani­ Sandweiler, du pont de Bissen... fiées par l’État, y inclus dans les Sans oublier la gare centrale. bâtiments publics. » Dans son acte La structure en étoile du réseau de coalition, la majorité DP-­ y fait partir et converger les prin- LSAP-Déi Gréng ne fait pas de cipaux convois de et vers Luxem­ mystère autour de ses ambitions bourg. « À Luxembourg, les lignes pour le vélo. se rejoignent et parfois se super­ À raison, car ce moyen de transposent, confirment les CFL. Dès port est celui qui connaît le plus lors, quand un train a du retard, grand succès ces dernières années. cela en impacte d’autres. C’est ce Un retour en grâce dû notamment que l’on appelle l’effet domino. À au développement des ventes du un moment, la situation est telle vélo électrique, qui a remis en selle que la seule solution est de sup­ nombre de personnes. « Les ventes primer des trains. » Pour régler sont en croissance constante », ce problème, et sachant que indiquait récemment Frédéric chaque jour, environ 70.000 Biltgen, chef des ventes au voyageurs nationaux et interna- Vélocenter Goedert. « Cela fait 7 ou tionaux transitent par la gare de 8 ans, depuis que le vélo électrique Luxembourg, c’est un investisse- s’est popularisé. Chaque année, ment de 171 millions qui a été nous vendons environ 1.200 vélos, décidé afin de créer deux nou- dont plus de 200 sont électriques. » veaux quais et quatre nouvelles L’abattement fiscal de 300 euros a voies, là où étaient situés les aussi joué un rôle. 1.523 contrianciens ateliers techniques des buables en avaient profité en 2017. L e m i n i s t re B au s c h e s t CFL, près des deux Rotondes. « Le premier quai, le quai V, sera opé­ convaincu qu’il faut d’autres rationnel fin 2019, avec la voie 11. arguments que le seul argument Le second quai, le quai VI, fin  environnemental pour doper la 2021, avec mise en service des pratique du vélo. « Dire aux gens : lignes 12, 13 et 14 ensuite », ‘faites du vélo, c’est bon pour le confirme Alessandra Nonnweiler, climat’, cela ne marche pas. Je ne dis pas que cela ne touche per­ porte-­parole des CFL.

Un énorme potentiel

L

24 —

­— Avril 2019

COUP DE POUCE AU VÉLO

300 € Depuis 2017, le Luxembourg propose un abattement fiscal pour mobilité durable. Si vous achetez un vélo à assistance électrique neuf, vous pourrez déduire 300 euros de vos impôts. Dès la première année, 1.523 cyclistes en ont bénéficié.

sonne, mais ce n’est certaine­ ment pas le levier principal. Il faut dire que le vélo c’est cool, génial, flexible, qu’il n’y a pas de parking à chercher, qu’on peut avoir une prime à l’achat, que c’est bon pour votre santé... Puis, qu’en plus, c’est bon pour l’environnement. L’argument écolo dans le domaine de la mobilité, c’est désormais la cerise sur le gâteau. » Or, le vélo a un énorme potentiel de développement. Qui tient pour une grande part en la qualité et la sécurité des infrastructures. L’étude Luxmobil de 2017 a révélé en tout cas des chiffres surprenants : 90 % des gens qui ont fait du vélo au cours des 12 derniers mois seraient prêts à se déplacer ainsi plutôt qu’en voiture s’il y avait davantage d’infrastructures séparées du trafic motorisé ! Actuellement, le pays compte 6 0 0 k i l o m è t re s d e p i s te s cyclables nationales. 24 autres kilomètres sont en chantier et une réflexion porte sur 290 kilomètres de plus. L’objectif est de dépasser les 900 kilomètres de pistes cyclables prévus par la loi. Mais l’enjeu est aussi communal. À Esch, c’est l’initiative citoyenne Vël’Ok qui a vu le jour. À Luxem­ bourg, le Vel’Oh! connaît aussi le succès et est même passé à l’électrique. Et si quelques couacs ont retardé les mises en service, puis que des problèmes au niveau de l’assistance ont nécessité le retour en atelier de 400 machines, on garde confiance en ce moyen de déplacement. « Le vélo, c’est un mode de transport très intéressant pour

des distances de moins de 20 km grâce à l’assistance électrique. Aucun autre moyen de transport n’est aussi flexible », souligne encore François Bausch.

LE RETOUR DE TROTY

Mais le vélo n’est plus le seul moyen « tendance » pour se déplacer facilement en ville. M o n o­ro u e s, h ove rb o a rd s, Segway ont aussi gagné du terrain. Le problème est que ces engins ne sont pas définis par le Code de la route. « Ils sont donc interdits sur la voie publique, confirme la police. La voie publique inclut la chaussée, les trottoirs, les accotements, les places publiques, les pistes cyclables... » Bref, à moins de rouler sur un terrain privé, vous risquez une amende. Reste le cas des trottinettes, motorisées ou non. Elles non plus ne figurent pas dans le Code de la route. « On pourrait les assimi­ ler aux cycles. Mais selon la défi­ nition du cycle, celui-ci est propulsé à l’aide de pédales ou de manivelles. » La police, même si elle ne l’avoue pas, fait preuve d’une certaine forme de tolérance. Tant mieux, car un service de trottinettes motorisées électriquement fera son retour à Luxembourg fin du mois d’avril, via la société belge Troty. Une première expérience a été tentée l’an dernier via un entrepreneur local. Mais pour différentes raisons, elle a tourné court. « Nous sommes implantés à Bruxelles, Liège, Anvers, Monaco, Varsovie... Et l’ingrédient indis­ pensable au succès est la


POLITIQUE

­logistique, qui est un métier spé­ cifique. Nous avons trouvé un nouveau prestataire pour cela à Luxem­bourg, une société de taxi », nous confirme Jean-Paul de Ville, cofondateur et CEO de Troty. C’est cette société qui déposera en ville les trottinettes le matin et les reprendra le soir. « Sa connais­ sance de la ville permettra aussi, comme c’est le cas ailleurs, de mieux cibler les endroits où les trottinettes sont les plus néces­ saires, les plus demandées... » Le concept Troty veut coller parfaitement aux tendances du moment : fun, simple, peu coûteux. Les trottinettes électriques sont en libre-service. Après s’être inscrit, on peut savoir où se trouve une trottinette libre. Un code envoyé par SMS permet de la libérer de son cadenas. Une fois arrivé à destination, on verrouille le cadenas et on laisse l’engin sur place. Jean-Paul de Ville ne nourrit en tout cas pas de craintes par rapport aux autorités locales, qui développent de leur côté leur réseau de vélos. « Trottinette et vélo, ce n’est pas le même usage. Avec un vélo, vous faites 5 ou 6 kilomètres. La trottinette est un appoint qui s’inscrit dans le cadre d’un transport multimo­ dal. Moi-même, j’utilise les deux en fonction des circonstances. Nous sommes d’ailleurs prêts à ouvrir notre appli aux vélos mis en location par la Ville de Luxem­­bourg, aucun problème à ce niveau. » LE TRAM

Il change la ville « 

L

es gens aiment le tram ! », affirme François Bausch. Et il a raison, puisque selon les derniers chiffres de Luxtram, ce sont maintenant 20.000 voyageurs qui l’empruntent chaque jour. Un excellent résultat alors que son inauguration a eu lieu le 10 décembre 2017 et que le réseau est encore en cours de chantier. « On a vraiment créé quelque chose de nouveau avec ce tram. Il est cool, beau, très

moderne... Avec le tram, l’ho­ raire ne vous intéresse plus. Il arrive toutes les 6 minutes. Et quand le réseau sera étendu jusqu’à la gare centrale, ce sera même sans doute toutes les 3 minutes aux heures de pointe. Vous n’êtes pas bloqué dans la circulation, car il a sa voie propre, a priorité aux feux... Cela change toute une ville. » André Von der Marck, le directe u r gé n é ra l de L u xt ra m , confirme « ce succès incroyable. Et le ministre a sans doute rai­ son quand il évoque un véritable phénomène de société. Beaucoup de Luxembourgeois pensaient que le tram allait finalement être une simple ligne de bus en plus. Ce qui n’est évidemment pas le cas, puisque c’est bien plus que cela. Le tram, c’est une qualité de service, mais aussi un élément qui structure et change la ville. » Ce nouveau mode de déplacement, même si cela a été très rapide, il a fallu que les Luxem­ bourgeois se l’approprient. « C’est normal, poursuit le directeur général. Le tram, on le découvre en l’utilisant. Imaginer les choses sur plan, c’est assez compliqué. Certains avaient pu évidemment y goûter en vacances, à Bordeaux, Lyon ou dans d’autres villes européennes déjà équipées... Mais l’usage quo­ tidien c’est différent. » La comparaison avec le bus semble même hasardeuse, car « le tram a son site propre et respecte donc les horaires, est très lisible au niveau du parcours grâce aux rails. Les clients ont une plus grande maîtrise des temps de déplacement, notamment avec les combinaisons offertes par le tram, le funiculaire et le train. » Le tram a-t-il convaincu certains d’utiliser désormais les seuls transports en commun ? Sans doute. Mais difficile de savoir dans quelle proportion. Plus qu’un concurrent du bus, le tram est vu comme un complément. La gratuité des transports publics ne fera que renforcer cette situation. En tout cas, l’avenir semble lui appartenir. « Le tram va traver­ ser tout Luxembourg et lui don­ ner une nouvelle épine dorsale,

c’est ce que je dis souvent, plaide encore André Von der Marck. Fin 2020, le tram sera à la gare. On va alors progressivement augmenter la fréquence en fonc­ tion des besoins. Je ne fais aucune promesse à ce niveau, car cela dépendra de ce qui sera constaté sur le terrain et selon les retours des usagers. »

SUCCÈS

« Le tram, on le découvre en l’utilisant. » André Von der Marck

11 NOUVELLES RAMES ET 40 CONDUCTEURS DE PLUS

Directeur général de Luxtram

Pour cela, 11 nouvelles rames vont être livrées au cours des mois à venir, pour arriver à un total de 20 en circulation sur le réseau. « Le développement passera par l’allongement de la ligne et par la hausse de la fréquence. Fin 2021, nous irons jusque Bonnevoie. La dernière étape étant la liaison complète entre le Findel et la Cloche d’Or. » Au cours des prochains mois, 40 conducteurs de plus seront aussi engagés. « Cela fait cinq ans

que je suis là et c’est un dévelop­ pement passionnant, conclut le directeur général. Les résultats sont là, grâce à un beau travail collectif. On parle toujours beau­ coup du tram, des nouveaux arrêts, des chantiers... Mais le tram, c’est aussi l’aventure d’une société, la SA Luxtram. Quand je suis arrivé, j’étais le neuvième sur le payroll. Fin 2020, nous serons 150. Nous pouvons tous être fiers et heureux de cela. »

LA LIGNE DU TRAM HÉIENHAFF

FINDEL AÉROPORT LUXEXPO

ROUT BRÉCK – PAFENDALL

STÄREPLAZ – ÉTOILE

HAMILIUS

GARE CENTRALE

LYCÉE BONNEVOIE

CLOCHE D’OR

HOWALD

Arrêt tram Pôle d’échange Ligne de tram en service Ligne de tram en construction

SOURCE Luxtram

Extensions (vers Findel / vers Cloche d’Or)

Avril 2019 —

­ — 25


POLITIQUE

NOMBRE DE VÉHICULES EN MOYENNE SUR L’A3

INFRASTRUCTURES

Près de 12 % du budget de l’État

68.629

65.703

64.790

C

26 —

­— Avril 2019

45.752

Embouteillages Les réseaux routiers qui mènent au Grand-Duché sont saturés.

confirmation a été donnée que les travaux de l’autoroute A3 débuteront bien en 2020. Ils coûteront 350 millions d’euros et s’étaleront sur cinq ans. Cette autoroute est la principale voie d’accès vers et depuis la France. L’ambition est de l’élargir de 2 à 3 voies. « La nou­ velle bande servira aux bus et au covoiturage, la surveillance étant

En semaine

Samedi

Dimanche

qui deviendrait une 3e voie. Pour 2035, l’ambition est aussi d’intégrer une ligne de tram rapide entre les deux villes, et une voie cyclable sécurisée, longeant l’autoroute. La coordination sera une des clés du succès, « raison pour laquelle nous intégrons ce projet dans toutes les planifications. C’est pour cela que l’aménagement entre Foetz et Leudelange a par exemple été revu », justifie le ministère.

minera dans les prochaines semaines des travaux sur le tronçon, avec notamment l’installation d’une voie de covoiturage. Mais celle-ci s’arrêtera net au poste-­ frontière de Sterpenich, le Luxem­ bourg n’ayant pas été consulté et n’ayant donc pu envisager des travaux identiques sur son sol. Une fois n’est pas coutume, car habituellement, ce sont plutôt les pays voisins qui ont du mal à suivre les TRANSFRONTALIER chantiers luxembourgeois. « On CONNECTER VILLE ET CAMPAGNE doit penser la mobilité à l’inté­ Mais deux autres ambitions gui- rieur du pays, mais aussi au deront les actions des années niveau de la Grande Région », commente François Bausch. Qui à venir. Tout d’abord, la nécessité de sait aussi que les moyens en ne pas oublier les campagnes, où Belgique, en France et même en les besoins ne sont pas les mêmes Allemagne ne sont pas ceux du qu’en ville. « Il faut en tenir Luxembourg. « Je suis absolument compte. Les zones rurales, par partant pour financer les exemple, on doit y établir plus concepts de mobilité qui vont de services au niveau des bus à au-delà de nos frontières. On va la demande. Il faut surtout d’ailleurs investir 110 millions connecter la campagne avec les dans la ligne de chemin de fer qui François Bausch Ministre de la Mobilité centres urbains. Même si on sait va jusqu’à Thionville et 10 mil­ et des Travaux publics qu’il y a un effet de densification lions dans un P+R. Toujours vers de l’habitat dans les villes, car la France, notre volonté est aussi effectuée par des caméras », l’urbanisme et la qualité de vie de multiplier par 2,5 le nombre de y sont meilleurs. C’est ce que places assises dans les trains, assure encore Carlo Back. L’autoroute A4. C’est la voie qui démontrent les études les plus jusqu’en 2028. On a des projets relie Luxembourg à Esch, les deux récentes, notamment menées avec l’Allemagne et la Belgique. Ce poumons économiques du pays. par l’ONU », confirme le ministre qui me dérange beaucoup, c’est Plus que de débuter des travaux François Bausch. que dans les pays voisins, malgré longs, compliqués et coûteux, la les efforts que nous sommes prêts piste privilégiée est « d’aménager INVESTIR AUSSI HORS à faire, cela ne bouge pas assez la section de l’autoroute de sorte LUXEMBOURG vite. Or, les travailleurs fronta­ à disposer d’une voie pour autobus Ensuite, augmenter la collabora- liers ont besoin de solutions, et je et covoiturage, à côté de deux voies tion transfrontalière. Pour éviter les comprends. » Un enjeu vital de circulation ». C’est en réalité la des situations comme celle vécue pour le Luxem­bourg, qui a besoin bande d’arrêt d’urgence à certains avec le chantier de la E411 qui se de ses travailleurs frontaliers et a moments et à certaines conditions connecte à la A6 : la Belgique ter- intérêt à ne pas les oublier.  N. L.

« On doit aussi penser la mobilité au niveau de la Grande Région. »

SOURCE Administration des ponts et chaussées

ela n’a pas fait l’objet d’un marchandage, mais bien d’un compromis. Quand l’accord de coalition a été négocié, Déi Gréng a donné son aval à la gratuité des transports publics. À la condition que « les investisse­ ments dans les infrastructures restent à un haut niveau ». Le budget 2019 le confirme, puisque les dépenses prévues en ce qui concerne le ministère de la Mobilité et des Transports publics représentent 11,73 % du total. Le 12 février, la Chambre a par ailleurs adopté à l’unanimité (si ce ne sont les abstentions de l’ADR et des Pirates) les 33 grands projets prévus au cours de la législature et dont le coût estimé est supérieur à 10 millions d’euros. La mobilité occupe une place centrale puisque 22 de ces projets concernent des travaux routiers. Désormais, concède Carlo Back (Déi Gréng), rapporteur de la commission de la mobilité et des travaux publics, plus aucun grand chantier n’est pensé sans tenir compte des différents moyens de transport : « Chacun doit y avoir sa place. Quand on planifie les infrastruc­ tures, on doit tenir compte de tous les modes de transport, mais aussi des piétons. » Quelques grands chantiers en cours ou à venir le démontrent à suffisance : La nouvelle N3. Avec ceux en cours à la gare centrale, ces travaux sont vus comme les plus importants pour la mobilité au Luxembourg. L’objectif est de relier Bonnevoie à la rue des Scillas à Howald, cette dernière étant transformée en route nationale, et au Ban de Gasperich. C’est dans ce cadre que les travaux ont débuté en janvier sur le pont Büchler, élargi pour laisser de la place au tram et à la mobilité douce (deux larges trottoirs et une piste cyclable), sans oublier une voie de bus et des voies de circulation pour les voitures. La fin des travaux sur le pont est prévue pour le début de l’année 2021. L’autoroute A3. Ils sont attendus depuis longtemps, mais


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POLITIQUE

ENTRE ÉVOLUTION ET RÉVOLUTION

la mobilité du futur ACHETER DE LA MOBILITÉ PLUTÔT QU’UNE VOITURE

UNE APPLI RÉVOLUTIONNAIRE LANCÉE EN SEPTEMBRE

La mobilité du futur n’échappera pas à la digitalisation. Le ministère travaille ainsi à une nouvelle appli révolutionnaire. C’est la firme allemande Hacon qui a été chargée de son développement. La phase de test est en cours auprès d’utilisateurs volontaires. Son lancement est prévu pour le mois de septembre. Il faudra d’ici là lui trouver un nom. Concrètement, cette appli va, explique le ministre François Bausch, « calculer pour vous en temps réel les modes de transport les plus efficaces en fonction de vos besoins et de vos destinations. Elle mélangera tous les types de transport, donnera les disponibilités des vélos aux bornes et des voitures partagées, vous dira quelle station de tram emprunter ou à quel arrêt de bus descendre... en tenant compte du trajet ou des trajets que vous allez effectuer. L’appli va aussi calculer le prix que cela vous coûtera en fonction des modes de transport et même l’empreinte écologique que vous allez laisser. C’est une manière de sensibiliser à la multimodalité en titillant la fibre écologique et le portefeuille de chacun. »

La voiture partagée, c’est un concept qui monte petit à petit en puissance en tant que moyen complémentaire de déplacement. Peut-être moins vite que ce que laissaient augurer les études de marché, mais tout de même de manière tangible. À Luxembourg, le service Carloh compte 670 clients inscrits, dont 450 sont réguliers. La Ville, qui y croit beaucoup, procédera à l’été à une augmentation de capital de 2,8 millions d’euros. Flex, service lancé par les CFL, propose 30 stations adossées à des gares, 80 véhicules disponibles et 1.100 clients inscrits, « même si certains n’ont jamais utilisé une voiture ». Mais d’autres pratiques vont sans doute apparaître. « Les jeunes générations, surtout, ne sont plus intéressées par l’achat d’une voiture, mais par l’achat de mobilité, soutient un expert du secteur. Des opérateurs vont proposer sous peu des forfaits qui vous permettront d’utiliser la voiture qui convient le mieux à votre usage du moment. Lundi, j’ai juste besoin d’une petite citadine ? Je vais là où elle se trouve et je l’emprunte. Le samedi, il me faut un véhicule plus familial ? Pas de problème, je peux en emprunter un. De grandes marques ont déjà commencé à étudier ce service. »

UNE STATION À HYDROGÈNE SUR L’AIRE DE BERCHEM

Plusieurs experts pensent que l’avenir de la voiture passera par un mix moteur électrique-moteur à hydrogène. La plupart annoncent l’émergence de cette technologie dans les 6 ou 7 années à venir. Évidemment, pour que ces hybrides se développent et trouvent leur public, il faut offrir aux utilisateurs des infrastructures où remplir leur réservoir. Le ministère de la Mobilité et celui de l’Énergie de Claude Turmes (Déi Gréng) travaillent sur le projet d’installation d’une station de recharge d’hydrogène sur l’aire de Berchem. L’hydrogène sera produit sur place via électrolyse, une méthode peu coûteuse et surtout peu impactante pour l’environnement. Aucune date n’est encore donnée, mais, assure le cabinet ministériel, « le projet est dans le tube et se concrétisera au cours de cette législature ».

L’ÉLECTROMOBILITÉ POUR AIDER À DÉCARBONISER

Signataire de l’Accord de Paris et de son objectif de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C, le gouvernement luxembourgeois a aussi inscrit sa volonté de le respecter dans son acte de coalition. Le gouvernement ambitionne par ailleurs de faire baisser de 40 % les émissions de carbone entre 2005 et 2030. Sachant que 64 % des émissions de CO2 viennent du secteur des transports, la mobilité en véhicules à moteur électrique prend toute son importance. « L’année charnière sera 2020, car de très nombreux constructeurs vont sortir de nouveaux modèles électriques », commente le ministre François Bausch. D’ores et déjà, le Luxem­ bourg est le second pays européen le mieux équipé en bornes de recharge. En 2020, il sera même le n° 1 du nombre de bornes installées par rapport au nombre d’habitants, puisqu’à ce moment, le pays disposera de pas moins de 1.600 bornes.

28 —

­— Avril 2019

Le bus reste évidemment un moyen de transport intéressant pour déplacer beaucoup de monde en même temps. Ainsi, aux heures de pointe, un bus circule toutes les trois minutes sur la A4 entre Luxembourg et Esch, soit un total d’environ 5.500 passagers transportés. Mais ces bus peuvent aussi être prisonniers des bouchons. Il faut donc leur offrir des voies prioritaires, histoire de garantir à ceux qui montent dans le bus qu’ils iront plus vite qu’en voiture. Ce sera le cas sur l’A3 qui file vers Dudelange puis la France, où elle se connecte à l’A31, qui sera l’objet d’un chantier pharaonique à partir de 2020 pour l’élargir de deux à trois bandes. « Mais cette bande de plus risque d’attirer plus de voitures. Or c’est l’inverse que l’on souhaite », fait valoir François Bausch. La bande d’arrêt d’urgence sera donc, à certains moments, dévolue aux bus et au covoiturage. Le tout sous le contrôle de caméras. Dans le même ordre d’idées, le projet d’un tram express entre Luxem­ bourg et Esch, le long de l’A4, reste d’actualité avec, comme objectif, une concrétisation à l’horizon 2035.

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DES VOIES PRIORITAIRES POUR LES BUS


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LIFESTYLE

La marque du temps Être un garde-temps unique, alliant le savoir-faire horloger suisse à un design 100% luxembourgeois. C’est ce qu’incarne la montre Loxo, lancée prochainement sur le marché. Nous avons rencontré Georges Weyer, fondateur de la marque, et Julie Conrad, designer sur ce projet, pour un entretien où temps et passion s’entremêlent.

CONTENU SPONSORISÉ PAR LOXO

Comment est né le projet Loxo et comment vous êtes-vous rencontrés ?

Georges Ma passion pour l’horlogerie remonte à

mes plus jeunes années, en l’occurrence le jour où une tante m’a offert une montre pour ma communion. Avec le temps, ma collection de montres automatiques a grandi, jusqu’au jour où j’ai souhaité disposer d’un modèle unique dont j’aurais imaginé le design et choisi les composants. Très vite, cette idée s’est transformée en un projet de plus grande envergure : concevoir une marque de montres et en faire profiter le grand public. Mais il me fallait pour cela entrer en contact avec des professionnels. Ce qui ne tarda pas... Julie J’ai d’abord croisé Georges par hasard, à l’occasion d’une soirée 10×6 Passion organisée par le Paperjam Club. Nous y étions tous deux orateurs, moi en tant que product designer et Georges pour partager une autre de ses passions : le design, c’est cela ? Georges Tout à fait. En écoutant l’intervention de Julie qui était très axée sur la question du temps, j’ai tout de suite pensé qu’elle avait l’expertise nécessaire à la poursuite de mon projet et je l’ai contactée quelques jours après.

30 —

— Avril 2019

certaines plantes exotiques pour la teinte du cadran par exemple. La contrainte technique est également un moteur d’inspiration pour Georges Comme je vous le disais, l’idée était à moi. Les ingénieurs suisses avec lesquels nous l’origine de créer un modèle unique, pour moi avons collaboré pour la fabrication m’ont uniquement. Le projet a changé de dimen- conseillée sur ce qu’il était possible de faire sion mais j’ai souhaité garder cette caracté- ou non, afin que le design n’entrave pas le ristique, l’unicité, pour définir le design de la fonctionnement de la montre. montre. J’ai donc beaucoup échangé avec Julie et Aude, qui est une artiste luxembourgeoise Vous commenciez à en parler, la montre qui travaille sur la notion de temps (voir notre Loxo a été fabriquée et assemblée en encadré, ndlr). Après de nombreux échanges, Suisse. Pouvez-vous nous raconter cette nous avons pensé à une montre dont la couleur alliance helvético-luxembourgeoise ? des aiguilles changerait avec le temps. Ainsi, Georges Pour moi qui suis un grand amateur chaque possesseur d’une montre Loxo dis- d’horlogerie, la Suisse s’est imposée comme poserait d’un modèle qui possède sa singula- une évidence dès le départ. Quasiment toutes rité, un élément différenciant déterminé par les montres mécaniques de grande qualité l’usage qu’il a de sa montre, son exposition à sont fabriquées dans des manufactures suisses la lumière du jour. Évidemment, cette évolu- et je voulais bénéficier de ce savoir-faire montion est très progressive, se constate avec les dialement reconnu pour la montre Loxo. années et le temps qui passe. Julie La visite de la manufacture a également Julie Au-delà de cette spécificité à la fois tech- été déterminante pour l’élaboration du design nique et esthétique, je me suis inspirée d’uni- de la montre. Nous avons pu toucher les matévers graphiques assez éloignés de celui de riaux et les composants qui allaient constil’horlogerie pour concevoir le design global tuer le produit. Cela nous a permis d’affiner du produit. J’ai référencé de nombreuses cou- nos recherches et de nous projeter, toujours leurs et des formes issues de la botanique, de à l’appui de l’expertise des ingénieurs suisses. En termes de design, quel était le projet et comment avez-vous travaillé sur cette montre ?


BRAND VOICE

Fondateur, designer et artiste, réunis autour du croquis de la montre Loxo.

Aude Legrand est une artiste plasticienne multidisciplinaire. Ses travaux s’articulent notamment autour de la notion de temps, au travers d’installations qui illustrent la transformation ou la décomposition des matériaux. Intéressé par son travail, Georges Weyer lui propose d’élaborer le design de la future montre Loxo. En colla­ boration avec Julie Conrad, Aude a travaillé sur le concept de graphisme linéaire. Ses inspirations ont été littéraires, citons le livre Une Brève histoire des lignes de Tim Ingold, ou influencée par la performance de Richard Long intitulée A Line Made by Walking.

Julie Quel que soit le produit sur lequel je tra-

vaille, recevoir le prototype est sans doute le meilleur moment qui soit. La réception de la toute première montre Loxo n’a pas dérogé à cette règle. Les mois de recherche et de travail se matérialisent d’un seul coup sous nos yeux. Même si la 3D nous permet aujourd’hui d’entrevoir de façon exhaustive le rendu final, prendre l’objet dans ses mains est indépassable en termes d’émotions. Georges L’émotion était très grande pour moi aussi, et ce fut un moment de joie intense pour toute l’équipe. Pouvoir glisser cette montre à mon poignet, l’observer sous toutes les perspectives en se disant que mon histoire est mêlée à sa création est un sentiment très fort.

Aujourd’hui, alors que l’heure s’affiche sur les téléphones portables, quel intérêt y a-t-il à porter une montre ?

Julie C’est la designer qui parle mais je trouve

qu’une montre est avant tout un superbe objet. C’est un bijou à part entière qui, en plus, possède la vertu d’être très utile. À l’esthétique s’ajoute une fonction essentielle : permettre

de se repérer dans le temps. Regarder l’heure sur sa montre et sur son téléphone, c’est pour moi presque deux choses différentes. L’écoulement du temps ne s’incarne pas de la même façon sur un téléphone, on observe furtivement des chiffres digitaux et c’est tout. La différence est la même entre un réveil à quartz et une horloge à balancier apparent. Georges Une montre fait bien plus que seulement vous donner l’heure. Elle peut refléter la personnalité de son propriétaire. C’est un garde-temps qui a traversé, traverse et traversera les grands moments de votre vie tout en vous permettant de les garder à l’esprit. Une montre peut se transmettre comme un héritage spirituel plus que matériel, finalement.

PHOTOS Caroline Lequeux

D’HEURE EN ART

Quel fut votre ressenti lorsque vous avez reçu le prototype terminé ?

Découvrez la montre sur loxo.lu Avril 2019 —

— 31


ENTREPRISES

entreprises Supermiro à Bruxelles Depuis 2015, l’appli­ cation luxembourgeoise Supermiro recense tous les bons plans de sorties au Luxembourg et en Grande Région proche. Déjà récompensée pour son approche innovante, elle s’attaque à présent au marché belge. Supermiro revendique d’ores et déjà 12.000 à 14.000 utilisateurs réguliers dans la capitale européenne et affiche un objectif de 50.000 à 80.000 d’ici la fin de l’année, notamment grâce aux partenariats de qualité et aux campagnes publicitaires « clients » que la plateforme digitale met en place en permanence. Kussbus ferme ses portes Le service de navette connectée Kussbus s’arrête. La start-up luxembourgeoise explique ce choix par sa volonté de se concentrer sur le développement de sa technologie et la réponse à des appels d’offres dans les pays limitrophes. L’entreprise luxembourgeoise, qui emploie actuellement une quinzaine de personnes, développe une plate-forme digitale, toujours dans le but d’améliorer les solutions de mobilité, qui permet d’organiser un planning des trans­ports, pour en faire un service à la demande, sur le même modèle que Kussbus, mais pour les professionnels.

Lingerie chic à portée de clic Glamuse, la start-up basée au Luxembourg pour la technologie, et à Nancy pour la logistique, a annoncé un investissement de 1,5 million d’euros dans un centre de logistique de 2.000 m2 à Nancy. Ce site de vente en ligne de lingerie haut de gamme s’envole. La localisation luxembourgeoise s’explique pour attirer les profils technologiques. L’investissement permettra de tripler la capacité de stockage pour accueillir près de 200.000 pièces de 80 marques de lingerie qui vont repartir vers 48 pays. « Business Woman of the Year » Les candidatures à la 10e édition du concours « Business Woman of the Year », organisé par la Bil, sont ouvertes. L’innovation sera au cœur du processus qui permettra de désigner la grande gagnante lors d’une séance de pitch organisée le 5 juin. Les candidates, des chefs d’entreprise ou des cadres, peuvent soumettre un projet innovant et qui impacte positivement l’économie du pays jusqu’au 24 avril via www. bilbusinesswoman.com. La gagnante recevra un chèque de 10.000 euros. Le jury est composé d’hommes et de femmes de la Bil, ainsi que des partenaires de l’initiative : le Technoport, Jonk Entrepreneuren, Paul Wurth Incub, Schiltz & Schiltz, Équilibre et Wide.

À 8 et 16 heures, comme plus de 33.000 abonnés, restez in­for­­mé en vous abonnant à notre newsletter sur paperjam.lu.

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­— Avril 2019

FISCALITÉ

L’hiver a été chaud pour les fiches d’impôt La réforme fiscale de 2018 intéressait au premier plan les travailleurs frontaliers mariés… et les fiduciaires qui ont reçu de nombreuses demandes en vue de la déclaration fiscale due pour le 31 mars.

Cornélien Les frontaliers mariés ont dû bien choisir leur classe d’imposition pour éviter les mauvaises surprises.

L

es fiduciaires et cabinets d’expertise fiscale déjà très sollicités ont presque tous connu une augmentation de leur volume de travail ces derniers mois. En cause : la réforme fiscale intervenue le 1 er janvier 2018 et son impact sur les travailleurs non résidents, concernés par plusieurs changements importants. Dans un courrier envoyé en octobre 2017, l’administration fiscale les invitait à prendre connaissance de leur taux d’imposition préétabli, et à choisir une classe d’imposition. Les premiers couacs n’ont pas tardé. « Ce cour­ rier n’était en effet pas très clair, explique Olivier Murru, associé-­ gérant de la fiduciaire Cabexco. D’autant que la réforme fiscale

est en réalité plus complexe qu’il n’y paraît. »

NE PAS SE TROMPER DE CLASSE

Concrètement, les travailleurs frontaliers mariés peuvent choisir d’être imposés individuellement (en classe 1) ou bien sur base des revenus mondiaux de leur ménage (en classe 2). Pas de souci si les deux membres du ménage travaillent au Luxem­bourg. Mais si un des deux a des revenus provenant d’un autre pays, a priori, la classe 1 – celle qui est habituellement réservée d’office aux célibataires et cohabitants légaux – est moins avantageuse. « Pour la classe 2, on additionne l’ensemble des revenus du ménage pour déterminer le taux, mais celui-ci

PHOTO Patricia Pitsch (Maison Moderne)

DIGEST


ENTREPRISES

n’est appliqué que sur la part luxembourgeoise des revenus », vulgarise Sébastien Gheza, administrateur délégué et associé de la Fiduciaire de la Grande Région. Tous les travailleurs non résidents étant automatiquement placés en classe 1, ceux qui ont omis de répondre à l’administration ou bien se sont trompés dans leurs calculs… y sont restés et y sont peut-être toujours. Ce qui a eu un impact sur les retenues à la source dès l’an passé, avec une soupe à la grimace pour certains à la lecture de leur fiche de salaire. Rien d’irréversible, puisque le fisc luxembourgeois avait annoncé laisser un certain délai, jusqu’au 31 mars 2019, pour demander à changer de classe. Mais certains ont laissé passer les mois. « Oui, beaucoup se sont réveillés très tard, ont remarqué que cela pourrait leur coûter de l’argent et, surtout, qu’ils avaient besoin d’aide pour choisir la bonne classe sur base d’une simu­ lation. Puis, pour remplir les documents », poursuit Olivier Murru. Ils sont donc venus en nombre frapper à la porte des fiduciaires et cabinets d’expertise fiscale. « Mais si pour certains ménages les choses sont simples, c’est plus complexe pour d’autres. On a donc dû étoffer l’équipe, mais aussi lui adjoindre des fis­ calistes. Depuis le début de cette année, on reçoit trois à quatre demandes par jour pour de l’aide. Comme nous sommes saturés, on doit parfois refuser la demande. » Ensuite, la réforme fiscale est née d’une noble intention : instaurer plus d’équité fiscale entre résidents et non-résidents. « Le premier devait chaque année rentrer une déclaration aux contributions luxembourgeoises, le second pas. Depuis des années, ils étaient donc extrêmement nombreux à ne plus réaliser cet exercice. Alors, évidem­ ment, quand, en février dernier, l’administration leur a demandé de le faire pour le 31 mars suivant, cela a suscité un peu de panique », indique Sébastien Gheza. Un stress renforcé par l’impossibilité technique de respecter ce délai. « Il faut fournir au fisc luxembourgeois la preuve des revenus qui auront été éventuel­

lement perçus à l’étranger, dont les revenus du conjoint. Or, il est fréquent pour les frontaliers belges et français de recevoir ces justificatifs (les fameuses fiches 280.10 et 280.11, certificats de salaire, de pension, relevé des intérêts hypothécaires, frais de garde d’enfants…) bien au-delà de l’échéance fixée par le fisc luxembourgeois », commente encore Sébastien Gheza. Il leur est donc en pratique impossible de rentrer cette déclaration complète avant le 31 mars.

RÉSULTATS ANNUELS

668 C’est le bénéfice net, en millions d’euros, réalisé sur l’exercice 2018 par RTL Group, soit une baisse de 9,6 % par rapport à l’année précédente. Le groupe affiche un chiffre d’affaires, lui, en hausse de 2,1 %, à 6,505 milliards d’euros.

UNE ÉCHÉANCE... PAS OBLIGATOIRE

La solution ? Elle est légale. « Le 31 mars est la date conseillée, non la date imposée. La date limite pour déclarer des revenus d’une année N est toujours le 31 décem­bre de l’année N+1. Pour les revenus de 2018, le contri­ b u a b l e a d o n c j u s q u’a u 31 décembre 2019. Je ne conseille à p e rs o n n e d’a t t e n d re l e 31 décembre. Mais je pen­se que personne ne risque une som­ma­ tion-astreinte avant la fin octo­ bre », dit encore un de nos experts. Enfin, la nouvelle convention fiscale franco-luxembourgeoise et le système de prélèvement à la source mis en place dans l’Hexagone ont aussi soulevé des questions et des craintes. Et, une fois encore, les experts fiscaux ont été très sollicités. « Et à nouveau, beau­ coup de questions, car les choses ont été mal expliquées », concèdent nos interlocuteurs. Or, les effets se feront surtout sentir pour les travailleurs français dont le salaire oscille entre 23.000 et 30.000 euros brut par an, a expliqué Gilles Sturbois, directeur d’Atoz. Que retenir de tout cela finalement ? Que si vous avez omis de modifier votre classe d’imposition, il est trop tard en ce qui concerne les revenus de 2018. Quant aux déclarations, même si on parle de la date du 31 mars, elle ne constitue pas une échéance obligatoire. D’autant que la réforme a aussi eu son effet sur les agents de l’État qui ont été très sollicités par les contribuables non résidents. Et qui ont eu à gérer un nombre non négligeable de dossiers supplémentaires.  N. L.

START-UP

DEUX LEVÉES DE FONDS POUR DEUX AMBITIONS Deux start-up, toutes deux ancrées au Luxembourg, ont annoncé une levée de fonds importante à la fin de cet hiver.

L’

insurtech allemande Friday, imaginée au Luxembourg et déplacée à Berlin pour s’attaquer d’abord au marché allemand, a annoncé avoir levé 114 millions d’euros. Cette levée de fonds est doublement stratégique puisque 39 millions d’euros sont apportés en media for equity par deux groupes de médias allemands (SevenVentures et GMPVC). De quoi accroître sa visibilité dans les grands médias allemands. Du point de vue de l’actionnariat, pour ne pas voir sa participation diluée, sa maison mère, Bâloise Luxem­bourg, a réinjecté 75 millions d’euros. Les deux groupes allemands acquièrent 18,2 % des parts du groupe, tandis que le groupe Bâloise Luxembourg reste largement majoritaire, avec 81,8 % du capital, après y avoir investi 120  millions d’euros depuis février 2017. Supervisée par le Commis­sariat luxembourgeois aux assurances depuis mai 2018, Friday simplifie l’assurance automobile et sa tarification. Le client peut s’assurer au kilomètre, la résiliation est aussi facilitée. « Vain­queur 2018 » des tests de t ro i s m a gaz i n e s S t i ft u n g Warentest, Auto Zeitung et

Autobild, la start-up de Christoph Samwer a déjà séduit 45.000 clients depuis son lancement et entend devenir le leader allemand de l’assurance automobile d’ici 2021.

RÉVOLUTIONNER LA PAIE

Moins de 10 jours plus tard, Ezbeez a annoncé avoir levé 2,6 millions d’euros, auprès de Jacques Chahine, de ses investisseurs historiques et de ses fondateurs. Cette opération, accom­pagnée par Pierre Thomas et sa société EMC, doit permettre à Emploi Système, qui développe Ezbeez, de consolider sa place de leader dans l’externalisation de la gestion de la paie, d’augmenter ses parts de marché en intégrant le réseau français des experts­-comptables et d’accélérer son programme de re­c herche et développement, avant de s’attaquer à d’autres marchés que la France et ses 27 millions d’actifs. La start-up d’Hesperange, qui révolutionne la gestion de la paie notamment dans les relations aux administrations sociales et fiscales, entend atteindre 700.000 euros de chif­ fre d’affaires avant de s’attaquer à d’autres marchés.  T. L. Avril 2019 —

­ — 33


ENTREPRISES E L E VAT O R P I T C H

FÉDÉRATION PROFESSIONNELLE

LES START-UP CONVAINCUES PAR LEUR FÉDÉRATION Plus de 100 start-up ont déjà rejoint la Fédération luxembourgeoise des startups créée à la mi-février par Jérôme Grandidier. Et pointent des problèmes à résoudre.

0

n croyait les générations X, Y ou Z mieux armées que leurs prédécesseurs pour trouver la bonne information au bon endroit et se lancer dans le monde de l’entreprise numérique. Mais face à l’administration, ces jeunes entrepreneurs se sentent en réalité plutôt démunis, racontent-ils. « Je ne venais pas du monde numérique, se souvient Charlotte Ripetti, qui a monté seule son restaurant il y a deux ans et qui lancera officiellement Mysardines en avril. Les cours de la Chambre de commerce étaient très bien faits… Mais quand, ensuite, j’ai eu besoin d’avoir d’autres types d’informa­ tions, chacun se renvoyait la balle. Quand il n’y avait pas 14.000 for­ mulaires à remplir ! On perd trop ÉLARGIR SON RÉSEAU

« La FLSU permet de parler d’égal à égal avec d’autres organisations. » Wesley Deglise CEO, Scrybto

de temps avec les questions admi­ nistratives, face à des structures où personne ne centralise un dossier. Et ça manque de transparence quand on ne connaît pas les bonnes personnes. » Convaincue par le président de Luxfactory, Jérôme Grandidier, Charlotte Ripetti a décidé de rejoindre son initiative, la Fédération luxembourgeoise des startups (FLSU) : « Zéro soutien, c’était dommage ! Ces voix-là ne sont jamais entendues et personne ne s’en soucie. Ça ne fait que ren­ forcer la peur de se lancer ! » 34 —

­— Avril 2019

D’autres dressent un constat à peine moins amer. Comme le CEO d’Ulo, la petite chouette connectée déjà vendue à 13.500 exemplaires, Vivien Muller. « On est obligés de dire que tout va bien, tout est mer­ veilleux, mais on rencontre beau­ coup d’obstacles inattendus. J’ai été surpris d’entendre qu’on ne pou­ vait pas m’aider parce que je n’en­ trais pas dans les cases de ce qui avait été imaginé », explique-t-il. Pour lui, comme pour Charlotte Ripetti ou encore Wesley Deglise, le CEO de Scrybto, start-up spécialisée dans la digitalisation d’objets et donc la fluidification de leurs échanges, la Fédération doit être un point d’entrée central. « Une voix unique. Une seule bannière. L’écosystème luxem­bourgeois est peut-être très dynamique, mais il est aussi très fragmenté et, jusqu’ici, on trouve des bouts d’in­ formations à droite et à gauche, dit Wesley Deglise, qui pointe aussi un intérêt supérieur. La Fédération n’est pas seulement utile en interne. Elle permet aussi de parler d’égal à égal avec d’autres organisations nationales, comme la French Tech en France. Dans le monde numé­ rique, le networking est très impor­ tant et cela nous permettra d’être plus forts. » Lancée le 14 février, la FLSU (www.flsu.org) a pour objectif de réunir 150 des 300 start-up luxembourgeoises d’ici le mois de juin, selon M. Grandidier. Un sondage sera envoyé à chaque start-up inscrite pour mesurer les besoins des uns et des autres avant la première assemblée générale, qui doit accoucher d’un conseil d’administration de 12 membres. D’ici là, Jérôme Grandidier gère cette initiative avec Elodie Trojanowski (vice-présidente et secrétaire) et Jean-Marc Dreystadt (vice-président et trésorier).  T. L.

SUMY Le transport réinventé

M

oins 95 % d’émissions de particules fines grâce au gaz naturel, -39 % d’émissions de CO 2 grâce au biogaz local et -50 % de nuisances sonores avec les moteurs électriques des systèmes de réfrigération des camions : Hinde Boulbayem vend du rêve… Une réalité aussi. Horrifiée par la pollution à Bruxelles, la jeune femme reprend ses études pour aider son père à surmonter la crise de 2008. La prof d’anglais et d’histoire de l’art devient une experte en transports propres et en logistique de demain. Sumy est née pour les secteurs de l’alimentation et du médicament avec une idée : livrer la nuit quand les routes sont désertes et les températures plus basses. Pourquoi le Luxembourg ? Pour le biogaz. « Je veux créer une plate-forme modèle et autonome pour ces secteurs de la logistique », explique-t-elle. L’an prochain, à Kehlen, parce que Naturgas Kielen a été la première société à manifester son intérêt, parce qu’il y fait quatre degrés de moins qu’ailleurs et que la nationale 12 est proche, elle ouvrira sa structure en bois légère révolutionnaire. Luxembourg sera son centre d’innovation et de technologie automobile pendant qu’elle aura mis le cap sur Cologne ou Francfort pour une troisième localisation. Sumy, un projet économique et humain.

Start-up Date de création Localisation Capital social Fondateur Levée de fonds Chiffre d’affaires Employés Objectifs de croissance

Sumy 28 février 2019 au Luxembourg House of Startups et ensuite à Kehlen 1 euro au Luxembourg Ludovic Vanhencxthoven et Hinde Boulbayem en cours en cours en cours +114 % annuels


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ENTREPRISES P I C T U R E R E P O RT

LA TRADITION SE POURSUIT À DIEKIRCH La Brasserie de Luxembourg Mousel-Diekirch bénéficie d’un nouvel outil de travail, inauguré le 15 mars dernier. Flexibilité et responsabilité environnementale ont servi de fil rouge à la construction du site.

E

n investissant 25 millions d’euros dans une nouvelle installation à Diekirch, le géant brassicole mondial AB Inbev, qui possède la Brasserie de Luxembourg, a ancré sa présence sur le long terme dans le nord du pays. Là où reste en mémoire le projet de fermeture du site en 2010. Neuf ans plus tard, l’endroit est en mutation, sous l’impulsion, d’une part, du consortium d’investisseurs locaux Coogee (joint-venture entre Saphir Capital Partners et Matexi Luxem­bourg), qui en a repris la propriété à la Brasserie pour en faire un nouveau quartier, et d’autre part, de la Brasserie elle-même. Celle-ci a définitivement quitté, le 15 mars dernier, ses anciens locaux, qui seront réutilisés dans le cadre du projet immobilier de Coogee, pour emménager – tout en restant sur site – dans des installations flambant neuves qui lui appartiennent. Après trois ans de travaux, la Brasserie – conçue avec le bureau d’architectes Beiler François Fritsch – s’étend sur 17 mètres, dont 8 mètres enfouis. « Nous sommes équipés pour le futur. C’est un prochain chapitre qui s’ouvre », déclarait à Paperjam, avant l’inauguration, le directeur général de la Brasserie de Luxem­ bourg Mousel-Diekirch, Gilles Nackaerts. La capacité de pro­ duction maximale se chiffre à 250.000 hectolitres par an, pour les cinq variétés de la marque Diekirch et la Mousel. Le brasseur s’est aussi donné la possibilité de réaliser des brassins de petite taille pour répondre en permanence à l’évolution de la demande de clients qui sont à la recherche soit de goûts plus prononcés, soit de produits plus healthy, comme la bière 0,0 % que Diekirch a lancée en octobre 2018 et qui représente déjà 3 % des ventes. « La bière est un produit qui gagne en popu­ larité, estime Gilles Nackaerts, en

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­— Avril 2019

poste depuis juin 2018 au GrandDuché. Bien qu’elle contienne uni­ quement des ingrédients de base naturels et simples (eau, malt d’orge, houblon, levure), il est pos­ sible de créer tellement de décli­ naisons différentes grâce au savoir-faire brassicole. Ce qui sus­ cite probablement de plus en plus l’intérêt du consommateur », ajoute celui qui coordonne 54 collaborateurs. Autre motif de satisfaction pour l’entreprise : la prise en compte de l’impact environnemental, qui se traduit, par exemple, par un système de condensation des vapeurs émises en salle de brassage pour en récupérer de l’énergie calorifique et en réduire l’émission (-38 %). La consommation électrique va baisser de 15 %, et celle en eau de 10 %. Quant à l’empreinte carbone, elle diminue de 75 %. « Nous sommes particulièrement fiers du nouveau système de filtration, qui est unique en Europe, souligne Pierre Van Vynckt, directeur opérationnel et maître brasseur. Un filtre à membranes permet de filtrer la bière sans aucun additif de filtra­ tion, et donc sans aucun rejet. » L’illustration que la tradition brassicole, qui remonte à 1871 à Diekirch, doit se conjuguer, plus que jamais, avec l’innovation au quotidien. Destiné à servir en priorité le marché national, et la Grande Région en complément, cet outil de travail pourrait aussi servir de laboratoire au groupe AB Inbev, qui peut trouver dans un Luxem­ bourg au fort pouvoir d’achat et à la population cosmopolite un terrain idéal pour tester ses produits. « La brasserie jouit d’une autono­ mie de gestion, et l’approche de laboratoire me tient à cœur, notait Gilles Nackaerts. Le marché est tel­ lement dynamique qu’il permet d’oser, d’innover. » En 2018, les ventes globales de Diekirch ont progressé de 2,5 %.  T. R.

INAUGURATION DE LA BRASSERIE date 15.03.2019 lieu Diekirch

Plus de 250 invités ont été conviés à l’inauguration de la nouvelle Brasserie de Luxembourg à Diekirch : une cérémonie officielle suivie d’une visite des nouvelles installations et d’une partie plus festive avec DJ.

Bart Grieten (AB Inbev), Maria Rocha Barros (AB Inbev), Claude Haagen (député-bourgmestre de Diekirch), Gilles Nackaerts (Brasserie de Luxembourg), Claude Turmes (ministre de l’Énergie), Pierre Van Vynckt (Brasserie de Luxembourg), Xavier Bettel (Premier ministre) et Fabio Sala (AB Inbev).

Le Premier ministre a salué la démarche écologique de la Brasserie, au niveau de l’utilisation d’emballages recyclables, de la valorisation des rejets de CO2 ou du traitement des eaux usées, notamment. Retrouvez l’intégralité de ce picture report sur paperjam.lu.

PHOTOS Lala La Photo, Brasserie de Luxembourg

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ENTREPRISES

d’images et de vidéos par jour et d’y identifier en quelques secondes toutes les marques et jusqu’à 30.000 logos, scènes et objets. « La reconnaissance vidéo RETOUR SUR par intelligence artificielle détecte 300 % de mentions de L’ÉPOPÉE D’UNE START-UP marque en plus que l’analyse de 2009 Création de la société Pour ses 10 ans, Talkwalker a lancé, mi-mars, un outil unique texte seule », dit un communiqué 13 mai 2014 au monde de reconnaissance vidéo. 150 millions d’images de la société luxembourgeoise pas- Lancement d’Analytics et de vidéos pourront être analysées chaque jour. sée dans le giron de Marlin Equity 11 juin 2014 Partners il y a plus d’un an. Lancement l y a dix ans, deux jeunes étu- systèmes. Je devais gérer les Cette technologie permet de la Free Social Search diants étaient adversaires dans appels, les samedis, les dimanches. d’identifier précisément le 15 février 2015 des compétitions de tennis de Et toujours être positif, réactif. contenu (vidéo, image et texte) Ouverture de nouveaux table en Suisse. Au cours d’une Mais nous avons continué à croître bureaux à New York partagé par les utilisateurs et donc soirée, à Zurich, Christophe et nous continuons à croître ! » 15 juillet 2015 « d’améliorer de 50 % l’engage­ L’Appli Talkwalker Folschette et Thibaut Britz se ment d’une campagne, de 73 % le est intégrée dans HootSuite demandent comment dénicher les UNE PREMIÈRE MONDIALE taux de clics des e-mails et de 10 % 16 mars 2016 meilleures données des réseaux Sa meilleure journée, raconte la conversion », affirme Talkwalker Lancement de la sociaux pour mieux orienter leurs Thibaut Britz, « c’est quand nous reconnaissance d’image dans un communiqué. business respectifs. Ils se revoient, avons vu les réactions de nos 14 février 2017 et les deux entrepreneurs en herbe clients embarqués dans un nou­ Ouverture des bureaux CAPITALISER à San Francisco décident de travailler ensemble, veau produit et que tout fonc­ SUR LA TECHNOLOGIE 16 mai 2017 finalement depuis le Technoport tionnait. C’est l’intégration des Cette nouvelle étape s’inscrit Ouverture des bureaux à Esch-Belval. efforts de l’équipe, que chaque dans un développement continu à Francfort Dix ans plus tard. Christophe équipe travaille ensemble à déve­ après les lancements de ses deux 9 janvier 2018 Folschette a quitté son job de lopper un produit que nos clients premiers produits en 2014, l’ou- Lancement des Talkwalker Alerts consultant chez Accenture, un mas- ont envie d’utiliser. À la vitesse verture de ses bureaux à New 11 janvier 2018 ter en informatique et en économie où nous progressons, quand nous Equity Partners prend York l’année suivante, ceux de Marlin une participation majoritaire de l’Université de Munich et un prix regardons en arrière ce que nous Francfort et San Francisco en 6 février 2018 d’innovation et d’entrepreneuriat avons accompli, six mois peuvent 2017 et de Singapour l’an dernier, Lancement de Quick Search en poche, pour créer Talkwalker ressembler à dix ans. Mais c’est tandis que la reconnaissance 28 août 2018 avec Thibaut Britz. À 17 ans à peine, tellement bon de voir ce que nous d’image (2016), les Talkwalkers Est désignée « Strong Performer » le jeune Luxem­bourgeois, titulaire avons réussi à faire. » Alerts, le Quick Search et l’intel- dans le Forrester Wave Aujourd’hui, trois ans après d’un master en informatique de ligence artificielle (2018) ont 18 septembre 2018 Polytechnique Zurich, avait créé avoir lancé la reconnaissance placé ses solutions technolo- Lancement de l’AI Engine un des premiers moteurs de d’images, les deux trentenaires giques parmi les plus efficaces au recherche local en texte intégral au s’attaquent à la reconnaissance monde. Luxembourg. Une sorte de Google vidéo, une première dans le secLe très influent rapport For­ local aux résultats plus intéressants teur du social listening. De quoi rester Wave a classé la start-up redonner à Talkwalker une lonque ceux du géant américain. luxembourgeoise parmi les « C’était chaud au début », com- gueur d’avance pour ceux qui « strong performers » avec les plus mente Christophe Folschette à veillent sur leur réputation ou sont hauts scores possibles pour la base l’occasion du dixième anniversaire les champions du marketing. La client et sa croissance ainsi que 15 novembre 2018 de Talkwalker. « Nous devions reconnaissance vidéo de Talk­ pour la qualité de ses données et Ouverture de bureaux à Singapour vraiment faire attention à tout, walker, propulsée par l’intelligence rapports. Reste à capitaliser sur ces 19 mars 2019 mais nous étions vraiment artificielle, va doper l’outil de bases solides, souligne le cabinet Pour son 10e anniversaire, concentrés et animés par ce rêve. social listening en lui permettant ajoute la reconnaissance américain qui a placé la société Talkwalker vidéo à ses solutions technologiques Thibaut devait faire attention aux d’analyser jusqu’à 150 millions luxembourgeoise parmi les deux ou trois meilleurs acteurs monVitesse La start-up a pris l’allure d’un acteur mondial en une décennie. diaux de l’analyse de réputation et sociétés à obtenir des succès dans de marque. un univers de médias sociaux. Christophe Robert «  P lus de croissance, plus de Nous allons continuer à travail­ Folschette Glaesener bureaux, plus d’employés », espère ler sur notre intelligence artifi­ Fondateur CEO Christophe Folschette. Nous vou­ cielle et intégrer de plus en plus Thibaut lons être les meilleurs dans un uni­ de jeux de données pour fournir Britz vers qui se consolide ». « Ce n’est de plus en plus d’ informa­ Fondateur plus un effort solitaire : Talkwalker tions-clé.» Talkwalker emploie était notre rêve à tous les deux, 250 personnes, principalement mais maintenant, c’est notre rêve au Luxembourg, et est dirigée par à tous », ajoute Thibaut Britz. Je Robert Glaesener, qui a rejoint veux juste aider encore plus de l’aventure en 2010.  T. L. SOCIAL LISTENING

L’ANALYSE DE VIDÉOS, ÉTAPE-CLÉ POUR TALKWALKER

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ENTREPRISES DU CHALLENGE À LA SOLUTION

BIG FOUR

PWC FÉDÈRE AUTOUR DES CRYPTO-ACTIFS Le Big Four a décidé de placer les crypto-actifs parmi ses priorités. Le signe d’une maturation des nouvelles valeurs et de leurs canaux d’échange. Et surtout d’opportunités économiques pour le Luxembourg.

C

elui qui est capable de prédire le futur de la blockchain et des cryptomonnaies est devin. Mais il faudra compter avec le protocole informatique basé sur la décentralisation et les nouvelles formes de monnaies dites « virtuelles ». « 2017 a été marquée par le décollage des cryptomonnaies, c’était une très belle année. 2018 a marqué en quelque sorte un retour à la réalité », observe Jean-Michel Pailhon, VP corporate develop­ ment & strategy chez Ledger. Il représentera la jeune société – qui compte pourtant parmi les références dans la sécurité entourant les crypto-actifs – lors d’une conférence organisée par PwC Luxembourg le 2 avril prochain. La croissance de l’activité de Ledger se reflète dans les ventes : plus d’un million et demi de son hardware wallet Ledger Nano S, une sorte de porte-clés virtuel pour ouvrir les portes de la blockchain, a été vendu. « Le management de ces clés est essen­ tiel, ajoute Jean-Michel Pailhon. Nous ne parlons pas encore de chiffres égaux aux ventes d’un nouveau modèle de smartphone, mais pour une entreprise née en 2014, c’est déjà significatif. » Ledger vise aussi les institutions financières en leur proposant de conserver leurs clés privées tout en mettant en place une gouvernance de transactions collant avec les exigences du secteur bancaire « traditionnel ». Un secteur que Ripple, également présent à cette conférence, disrupte aussi. Son réseau, RippleNet, met en relation différents organismes bancaires ou de paiements pour assurer des transactions plus rapides. « Notre vision repose sur l’échange de monnaies et de valeurs avec le moins de fric­ tions possible, déclare Marjan 40 —

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Delatinne, global head of banking chez Ripple. La blockchain permet de prévalider les données et l’iden­ tité des émetteurs et récepteurs de la trans­action. » La demande des utilisateurs finaux joue aussi en faveur de la société née en 2012. « La demande provient tant des banques qui veulent se différencier en proposant une autre expérience à leurs clients que des clients euxmêmes, ajoute Marjan Delatinne. Il nous a fallu deux ans pour avoir nos 100 premiers clients (institutionnels, ndlr) et seulement un an pour atteindre les 200. » Après que Malte, Gibraltar et plus récemment la France ont ouvert la voie, le Luxembourg doit aussi se positionner. « L’orga­ nisation de cet événement est en effet l’occasion pour nous de posi­ tionner le Luxembourg comme une Place forte des crypto-actifs, déclare Michael Delano, block­ chain & crypto-assets leader et associé de PwC Luxem­bourg. Le Grand-Duché se tient prêt et sait être réactif, comme le dé­montre le récent vote du projet de loi 7363. » Il a créé un cadre juridique sécurisé pour recourir à la blockchain lors de l’achat ou de la vente de parts d’OPCVM auprès d’un agent de transfert. Les transactions effectuées via la block­ chain seront ainsi considérées comme des virements entre comptes-titres. « Depuis quelques mois, les États s’emparent du sujet, car ils sont conscients que la numé­r isation change de manière irréversible et définitive les usages et les pratiques écono­ miques », déclare Cyril Lamorlette, PSF leader et associé de PwC Luxem­bourg. Reste au Luxem­ bourg a être, sinon un leader dans tous les segments, du moins un des « fast followers ».  T. R.

ENCOURAGER LA DIVERSITÉ Entreprise Fondation Secteur d’activité

IMS – Inspiring More Sustainability 2007 responsabilité sociétale des entreprises

CHALLENGE INCLUSION DES PERSONNES LGBTI Si le Luxembourg semble être très ouvert d’esprit en ce qui concerne l’intégration des lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres et intersexes (LGBTI) au sein des entreprises, ce n’est pas toujours le cas. Cette minorité invisible et sujette aux discriminations peut se sentir rejetée dans le milieu professionnel. IMS s’est lancé le défi de détricoter les idées reçues et combattre l’homophobie et la transphobie grâce notamment à une charte sur la diversité.

MÉTHODE SENSIBILISER LES ENTREPRISES IMS a lancé un atelier de co-création sur cette thématique pour inciter les entreprises membres à se sensibiliser sur le sujet. Tous les participants ont été invités à contribuer à des réflexions collaboratives pour l’inclusion des personnes LGBTI. Le but étant d’obtenir in fine un recueil de bonnes pratiques et d’outils concrets pour aider la vie de l’entreprise, dans le cadre de la politique de diversité globale de celle-ci.

SOLUTION MISER SUR LA COMMUNICATION Plusieurs pistes ont ainsi été dégagées : s’assurer que les recruteurs sont formés aux questions de diversité ; choisir d’être inclusif dans les événements d’entreprise, en invitant tous les couples sans préciser le genre ; former les managers et DRH pour réintégrer un employé dans sa nouvelle personnalité dans le cas des personnes transgenres. L’une des entreprises participantes a même créé un réseau interne pour les salariés LGBTI. Il existe également un réseau interentreprises qui a été créé il y a un an : Luxembourg Professional LGBT+ Allies Association.

ROI PERFORMANCE DÉCUPLÉE Une amélioration du bien-être au travail : la possibilité d’être soi-même permet une meilleure entente dans l’équipe. C’est un enjeu de performance aussi. Un employé LGBTI qui n’a pas fait son coming out perd 32 % de productivité. On estime qu’il y a entre 5 et 10 % de LGBTI parmi les employés luxembourgeois. Pour les autres, cela permet d’avoir une plus grande richesse de points de vue. Enfin, pour l’image de l’entreprise, c’est très positif. La firme peut attirer et retenir des talents et des profils plus riches.


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ENTREPRISES

LA MUE DIGITALE D’AIR FRANCE Air France mène un ambitieux chantier de digitalisation chapeauté par sa directrice de la transformation, Amel Hammouda. Elle figure à l’affiche de la première édition de la conférence Woop organisée à Belval. Retour d’expérience sur le big data et le service client.  

E

ntrée chez Air France en 1999, Amel Hammouda (41 ans) dispose d’une vue globale sur l’ensemble des métiers qui composent le groupe aérien dont la stratégie repose sur le changement permanent pour garder une longueur d’avance sur les besoins des clients, mais aussi sur la concurrence. « Par rapport aux années 2000, où l’on planifiait nos stratégies sur le long terme, aujourd’hui, on doit évoluer et s’adapter en per­ manence. Pour être à la fois stra­ tégique, mais aussi très habile et adaptable », analyse Amel Hammouda.  Pour atteindre cet objectif, la directrice de la transformation s’est fixé trois priorités : rendre Air France plus simple, plus digitale et plus innovante. « La simplifica­ tion, c’est aller vers une logique d’efficacité, au service des colla­ borateurs qui sont au contact de nos clients. En leur donnant les bons outils pour qu’ils soient le plus performants possible. » Air France pratique la vente sur ses canaux internet et les réseaux sociaux depuis une quinzaine d’années, ce qui lui procure un statut de pionnière en matière de digitalisation. « L’enjeu, c’est

Amel Hammouda, directrice de la transformation chez Air France.

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de donner à nos salariés les mêmes outils que ceux que l’on offre à nos clients. On revoit les usages. On a plus de 25.000 per­ sonnes équipées d’iPad pour leur permettre d’être aussi bien informées que nos clients et pou­ voir personnaliser le service qu’ils rendent », explique-t-elle fièrement. Concrè­tement, cela se traduit par une meilleure infor­­mation pour les hôtesses, qui ont sur leur iPad des informations sur leurs clients fréquents, comme leurs habitudes à bord. Cela permet d’anticiper les besoins des clients et d’offrir ainsi un service personnalisé.   Quant à l’innovation, elle doit être l’affaire de tous. « On veut donner à chacun dans l’entre­ prise les moyens d’innover et de porter des initiatives. » Un collaborateur qui a une idée de service ou de produit sera d’ailleurs accompagné pour la développer et la mettre en œuvre au sein d’Air France.  Grâce au big data, le service à la clientèle se veut proactif : des chatbots permettent de proposer des voyages adaptés à chaque client ou de donner des informations pratiques une fois le vol réservé. Des « robots numériques » qui permettent de gérer toutes les questions simples qui nécessitent une réaction en temps réel, sans intervention humaine. Le personnel de la compagnie peut alors se consacrer à des tâches plus spécifiques pour encore améliorer l’expérience des consommateurs. 

CONFÉRENCE

DIVERSITÉ

DÉBATTRE DU FUTUR

« GIRL POWER »

Intelligence artificielle, transhumanisme, tech for good, fintech, future of work… La première édition de la conférence Woop se penchera sur le futur sous plusieurs prismes. Avec pour ambition de confronter les opinions d’experts locaux et d’orateurs internationaux. Le 28 mars, à la Maison du savoir à Esch-Belval.

Air France compte 45 % de femmes parmi ses employés. Un chiffre positif a priori, même si l’on note encore une disparité importante en fonction des postes. Elles sont nettement plus représentées chez les hôtesses qu’au sein des pilotes. « Dans le département digital, il y a tout de même 70 % de femmes et les 3 / 4 des dirigeants sont des femmes dans les consignes des constructeurs cette équipe, précise Amel pour réaliser les entretiens des Hammouda. En décembre, avions au moment opportun. nous avons été très fiers d’acAujourd’hui, la maintenance se cueillir une femme à la tête de veut prédictive. « Grâce au big la compagnie aérienne. C’est data, on collecte les données à une première ! Je suis convainchaque fois que l’avion atterrit, cue que l’innovation passe par ce qui permet de détecter en la diversité. » Lucide, la direcamont une faiblesse sur une pièce trice de la transformation de et ainsi d’intervenir avant même la compagnie pense toutefois que la panne ne se fasse sentir. » que ce n’est qu’un premier pas Toutes ces données œuvrent pour vers la parité totale. 

la qualité du service fourni au client, mais restent détenues au sein d’Air France, en respectant la législation du RGPD.  « On veut continuer à monter en gamme et offrir en permanence un produit de meilleure qualité. Donc investir dans des technolo­ gies qui permettent de fluidifier le passage aux frontières », lance Amel Hammouda en évoquant la reconnaissance faciale. Des tests sont actuellement en cours sur quelques portes d’embarquement avant de généraliser la technologie dans tous les aéroports et ainsi gagner un temps certain à l’embarquement. La RFID est une autre technologie qui pourrait grandement simplifier la vie des passagers dans le futur. Actuellement en phase de test, ce système permet de suivre les bagages grâce à une puce discrète placée dans l’étiquette de la valise du passager.  La connectivité fait aussi partie des axes très importants de LA PRÉVENTION AU SERVICE travail, à la fois pour les clients et DE LA TECHNIQUE pour la maintenance. Pour L’intégration de l’innovation dans l’heure, l’offre permet trois l’aéronautique passe aussi par la niveaux d’accès au wifi. Un gratuit, maintenance. Auparavant, Air qui permet d’échanger des SMS France fonctionnait de façon pré- via iMessage ou WhatsApp (Air ventive ou curative en écoutant France est la seule compagnie à

le proposer). Un second, payant, qui permet d’aller un cran plus loin, et le troisième, qui permet de télécharger des films et de regarder du contenu. Le tout en se connectant au wifi de l’appareil, en restant en mode avion.

RÉDUIRE LES ÉMISSIONS DE CO2

Enfin, l’environnement devrait aussi bénéficier des avancées technologiques mises en place par la société aérienne.  « On parle souvent du trans­ port aérien comme d’un contri­ buteur aux émissions de CO2. On est descendu à moins de 3 % d’émissions et on a totalement dématérialisé la presse à bord, en la proposant sur nos applications. Ça veut dire moins de poids, donc moins de kérosène et d’émissions. En sept ans, nous avons réduit nos rejets de CO 2 de 20 % », se réjouit Amel Hammouda. Si la suppression de la presse au sein des avions de la compagnie semble anecdotique, cela équivaut tout de même à 6 millions de titres de presse papier en moins, soit 3.000 tonnes de papier économisées par an. Un petit pas pour l’écologie, mais un signe positif pour le futur.  F. J.

PHOTO Air France

STRATÉGIE


PRÉSENTÉES PAR

DÉVELOPPEMENT URBAIN

RENAISSANCE DE « ROUT LËNS » À Esch-sur-Alzette, l’ancienne friche industrielle d’ArcelorMittal va être transformée par le développeur IKO en un nouveau quartier urbain dénommé « Rout Lëns » (« lentille rouge »). Un projet qui se veut respectueux de l’humain et de l’environnement.

L

e développeur IKO s’est lancé un nouveau défi : faire de l’ancienne friche industrielle d’ArcelorMittal de 10,5 ha un quartier mixte qui pourra accueillir 3.000 nouveaux habitants. Pour cela, il a constitué une équipe de maîtrise d’œuvre internationale composée par a2m, Bruck + Weckerle Architek­ ten, Moreno Archi­tecture et BEST Ingénieurs-Conseils. À cette équipe s’ajoutent les paysagistes de Babylone, et les urbanistes, sociologues et facilitateurs de projets de CityTools. « C’est le projet le plus passionnant que j’aie eu l’occasion de mener jusqu’à présent, confie Eric Lux, CEO d’IKO. Je me suis demandé dans quelle sorte de quar­ tier j’aimerais vivre si j’étais enfant, jeune ou adulte, en considérant la

mixité sociale, qui est essentielle au Luxembourg pour tirer les moins favorisés vers le haut. Nous avons aussi intégré dans nos réflexions le coût du logement, qui est un vrai problème pour le déve­ loppement futur du Luxembourg. »

MIXTE ET VERT

Le futur quartier sera résolument mixte et mêlera habitat – qui sera davantage pensé comme un service que comme un bien –, établissement scolaire – l’école sera le premier bâtiment construit –, loisirs et commerces de proximité. En parallèle, le développement urbain sera conçu pour préserver au maximum les ressources naturelles. « La dimension écologique est pleine­ ment prise en considération dans

la planification de ce nouveau quartier. L’objectif est d’avoir un impact minimum sur l’empreinte carbone. Nous allons également développer une réflexion très importante autour de l’eau », précise Eric Lux. L’utilisateur sera mis au cœur de la conception urbaine. On y trouvera, par exemple, une nouvelle place, et la voiture sera reléguée au second plan pour que soient créés des espaces publics de qualité incitant à la rencontre. Le promoteur prévoit par ailleurs de revaloriser plusieurs bâtiments existants, dont la Halle des soufflantes, et de leur trouver une nouvelle fonction. De plus, 25 % des terrains seront cédés à la Ville d’Esch, qui, aux côtés d’IKO et d’ArcelorMittal, est aussi investie dans le projet, tout comme les citoyens qui sont associés à travers une participation citoyenne. « Le projet, qui est déve­ loppé en plusieurs phases, sera remis en question à chaque étape », précise Eric Lux. L’ensemble des travaux s’étendra sur une dizaine d’années, mais il faut d’abord procéder à la dépollution du site par ArcelorMittal.  C. C.

carrières Yi Wang, 31 ans, a été récemment promu senior associate chez GSK Stockmann à Luxembourg. Il conseille dans les domaines de la banque et de la finance, des fonds d’investissement et des capitaux privés. BANQUES, FONDS D’INVESTISSEMENT ET SERVICES AUX FONDS

Irina Stoliarova, 31 ans, a été promue senior associate chez GSK Stockmann à Luxembourg. Elle con­ seille dans les domaines des fonds d’investissement, droit des sociétés et transactions de private equity. BANQUES, FONDS D’INVESTISSEMENT ET SERVICES AUX FONDS

Marie-Thérèse Wich, 33 ans, a été récemment promue senior associate chez GSK Stockmann à Luxembourg. Elle conseille dans les domaines des fonds d’investissement, droit des sociétés et transactions de private equity. BANQUES, FONDS D’INVESTISSEMENT ET SERVICES AUX FONDS SERVICES AUX ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE ACTIVITÉS INDUSTRIELLES PUBLIC, ASSOCIATIF ET SANTÉ

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CEO SELFIE

BENOÎT POLETTI INCERT GIE 1 Benoît Poletti General director 2 Afonso Arriaga Senior security & operations officer

7 11

3 Cécile Doussine Governance & project manager

9

4 Carine Grenouillet Benoît Poletti’s personal assistant and senior management assistant

8 10

2

5 Moujib Sougtani IT administrator and operator

4 3

6 Eléonore Sacco IT operator and ITOPS assistant

5

6 1

Benoît Poletti, entouré de l’équipe d’Incert GIE, l’agence publique luxembourgeoise qui fournit des produits et services dans les domaines de la cryptographie, des infrastructures à clés publiques, des documents eTravel et de la cybersécurité. Elle représente par ailleurs le Grand-Duché au sein de comités de normalisation internationaux dans les domaines de la sécurité de l’information.

PHOTOS Incert GIE, GSK Stockmann

7 Nuno Miguel Santos IT administrator 8 Ivan Menga IT developer & operations officer 9 Karim Nehari Director of IT & operations 10 Kamal Benlafquih Senior security & operations officer 11 Clément Gorlt Cybersecurity & research manager

Avril 2019 —

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PLACE FINANCIÈRE

place financière DIGEST

Blanchiment Plusieurs groupes bancaires européens sont cités dans le rapport de l’Organized Crime and Corruption Reporting Project (OCCRP), qui regroupe des journalistes d’enquête du monde entier. Plusieurs banques européennes seraient parties prenantes d’un réseau de blanchiment d’argent lié à la Russie. Parmi les banques pointées du doigt, on trouve ING, ABN Amro, Raiffeisen Bank International, Crédit Agricole (via sa filiale Indosuez), Deutsche Bank, Citigroup, Nordea, DnB NOR, Swedbank et Danske Bank. Edmond de Rothschild Le groupe bancaire suisse Edmond de Rothschild va simplifier sa structure et deviendra, d’ici fin septembre 2019, une structure à capitaux 100 % familiaux.

Microfinance Le Luxembourg compte un nouvel acteur de poids dans la micro­ finance. La société Social Performance Task Force (SPTF), qui délivre des standards de gestion de la performance sociale, vient d’y installer son siège européen. Son choix est guidé par la place privilégiée de la microfinance dans le pays. Le Grand-Duché héberge en effet 61 % des actifs mondiaux sous gestion en microfinance. Raiffeisen Luxembourg La banque coopérative Raiffeisen a décidé de fusionner ses 13 caisses locales dans l’entité centrale. Une opération qui permet d’optimiser les flux et la gestion en coulisses des dossiers du client. Au niveau de la gouvernance, le conseil d’administration passe de 17 à 12 personnes et intègre quatre membres issus du nouveau « Beirat », un conseil consultatif que la banque va mettre en place suite à la fin des caisses.

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­— Avril 2019

Clearstream se diversifie

Le groupe bancaire suisse se retirera donc de la Bourse de Zurich après une offre publique d’acquisition volontaire. Ariane de Rothschild quitte la présidence du comité exécutif pour devenir présidente du conseil d’administration d’Edmond de Rothschild Suisse, la tête de pont du groupe.

Clearstream s’ouvre aujourd’hui à d’autres métiers et investit dans les nouvelles technologies pour prendre de court de potentiels nouveaux entrants sur son marché.

Philippe Seyll Le CEO de Clearstream investit toujours davantage dans les technologies liées à l’intelligence artificielle et à la blockchain.

«

N

ous n’allons pas demain tor­ réfier du café ! », lance avec humour Philippe Seyll, CEO de Clearstream. Mais il compte bien développer les métiers historiques de l’entreprise. Filiale de Deutsche Börse, dont le siège est à Luxem­bourg, Clearstream réalise aujourd’hui 955 millions d’euros de revenus, dont 60 % sont issus des métiers de conservation et de règlement-livraison, 20 % des métiers de gestion et emp­ runts de titres, de gestion du collatéral et de cash services, et 20 % de ceux de souscription-rachat de parts de fonds.

cile à décrypter pour le profane, ainsi : « Imaginez la situation ubuesque suivante : 190 États dans le monde et toutes les sociétés qui émettent ; bref, des milliers d’ac­ teurs auxquels devraient être connectés des milliers, voire des millions d’investisseurs. Ce que nous pouvons faire, c’est avoir un endroit où tous les émetteurs se ren­ contrent pour émettre la dette, et immobiliser cette dette auprès d’un dépositaire central. Nous sommes ce dépositaire central. » Et ses dépôts atteignent la somme colossale de 13.600 milliards d’euros. Clearstream permet également à des tiers d’emprunter des titres sur sa plate-forme. Le CEO aime DÉPOSITAIRE CENTRAL Souvent estampillé chambre de ainsi à dire qu’il prête chaque soir compensation, ce métier ne repré- environ 50 milliards d’euros... Il y a sente pourtant qu’une infime partie 14 ans, Clearstream se lançait aussi de ses activités, et Philippe Seyll dans les services de souscrippréfère définir Clearstream comme tion-rachat de parts de fonds en un « conservateur de titres ». Il construisant un système permetdépeint son métier principal, diffi- tant d’investir dans 200.000 fonds

PHOTO Edouard Olszewski

Changement de CEO à la Bil Hugues Delcourt a décidé de tourner la page. Le CEO de la Bil, en poste depuis octobre 2014, cédera son siège de CEO à Marcel Leyers au 1er mai prochain. Ce Luxembourgeois de 56 ans a été choisi pour lui succéder. Il est entré dans la banque en 1983. Il occupe actuellement les fonctions de head of corporate and institutional banking et est membre de la direction autorisée.

STRATÉGIE


PLACE FINANCIÈRE OPINION

dans le monde (FCP, hedge funds et ETF) et en se plaçant dans une position d’« intermédiaire facili­ tateur ». Quelle que soit l’activité, les clients de Clearstream sont toujours des institutions financières, jamais des particuliers.

NOUVEAUX ENTRANTS

Démesurés, les montants déposés ou prêtés font forcément de Clearstream un acteur atypique – mais pas protégé de la concurrence pour autant. Son défi majeur : intégrer les technologies de la blockchain et de l’intelligence artificielle à ses métiers pour augmenter son efficacité. « Nous entrons dans une ère d’informatique qui change fortement nos métiers. Nous avons de plus en plus de tâches répétitives, qui sont en outre potentiellement génératrices d’er­ reurs, et qui vont être organisées avec l’aide de l’intelligence artifi­ cielle ou de la robotique à l’avenir », explique Philippe Seyll. Pour ce faire, Clearstream a par exemple investi en 2018, par le biais de sa maison mère, dans la start-up HQLAx : « Cette société, aujourd’hui hébergée au Lhoft, offre des possi­ bilités de prêt-emprunt de titres à travers la technologie de registre distribué (Distributed LedgerTechnology ou DLT) », signale Philippe Seyll. Avant d’ajouter : « Nos métiers évoluent et nous remarquons l’arrivée de nouveaux entrants, qui arrivent par le biais des nouvelles technologies, en par­ ticulier la DLT. Ils ont un potentiel de désintermédiation de la finance, de la banque et même du métier de dépositaire central. »

PHOTOS Fuchs Asset Management, Edmond de Rothschild

INVESTISSEMENTS

En fin de compte, Clearstream investit en moyenne 65 millions d’euros par an dans l’informatique. « Nous ne pensons pas que nous serons victimes d’une ‘ubérisation’ de nos métiers, parce que nous accompagnons le changement activement et que nous investis­ sons pour cela », déclare Philippe Seyll. Au quotidien, l’intelligence artificielle peut par exemple permettre à Clearstream d’automatiser la saisie de données via la lecture et l’interprétation des caractères lors de la réception de demandes de souscription-rachat. « Qui dit

détention de titres, dit vie de titres : nous recevons des informations sur les événements sur titres que nous devons interpréter. Là encore, l’intelligence artificielle peut nous aider », précise Philippe Seyll. Clearstream collabore aussi depuis 2018 avec l’Université du Luxem­bourg et son Interdiscipli­ nary Centre for Security, Reliability and Trust (SnT). Objectif du partenariat de recherche : « S’assurer qu’un besoin exprimé dans un lan­ gage humain est bien représenté ensuite dans le langage des pro­ grammeurs. Un travail sur le métalangage permet de s’assurer d’une certaine cohérence », atteste Philippe Seyll. Le but étant de « développer réellement ce que l’on veut développer », ce qui permet ensuite à l’entreprise d’arriver plus rapidement au résultat escompté.

NOUVEAUX PROSPECTS

Outre ses efforts en matière d’innovation, Clearstream cherche toujours à diversifier ses métiers. C’est ainsi qu’elle a acquis Swisscanto Funds Centre en octobre dernier : « En plus d’offrir des services de souscription-rachat de titres, nous allons pouvoir proposer de l’inter­ médiation-distribution. En péné­ trant ce nouveau métier, nous avons de nouveaux concurrents qui ne sont pas forcément des ins­ titutions financières », souligne Philippe Seyll. Et qui dit nouveaux métiers et nouveaux concurrents, dit nouveaux prospects. « Nous cherchons à développer nos métiers ‘frontières’ : nous ne sommes jamais aussi bons que lorsque nous pouvons appliquer des processus de centralisation, c’est-à-dire faire en gros ce que les autres font tout seuls, mais en petit », résume Philippe Seyll, qui compte bien aller démarcher de nouveaux clients institutionnels, comme les banques centrales ou les fonds souverains. Le Brexit peut enfin l’aider à gagner de nouveaux clients : certains établissements financiers basés à Londres, qui se redomicilient en Europe, commencent à revoir leur manière de travailler avec leur dépositaire central, ce qui constitue pour Clearstream de nouvelles opportunités d’affaires dans la majorité des cas.  L. F.

Gestion de fonds : fautil augmenter les frais ? « UNE RÉDUCTION BÉNÉFIQUE À TERME » ENRICO MELA Managing director, Fuchs Asset Management

Les évolutions réglementaires récentes, comme Mifid II et Priips, ont incité les régulateurs à se concentrer sur les changements opérationnels pour assurer la transparence des frais pour les investisseurs. Une analyse approfondie des tarifs peut inciter les investisseurs à opter pour des produits à frais réduits, comme les ETF, les fonds indiciels ou les tra­ckers. Les initiatives du régulateur peuvent donc sembler contre-intuitives. Mais les réformes, qui favorisent aujourd’hui les alternatives à moindre coût, finiront par créer des règles du jeu équitables au fil du temps. Au final, la réduction des coûts s’avérera bénéfique pour les gestionnaires : la transparence sur les produits mettra l’accent sur le rendement, la sécurité et la valeur ajoutée des placements pilotés plutôt que sur les produits à frais réduits, dont les tarifs augmenteront petit à petit.

« UNE CONCURRENCE EXACERBÉE » STÉPHANE PARDINI Head of private banking et deputy CEO, Edmond de Rothschild Europe

La directive Mifid II contraint les gestionnaires de patrimoine à une transparence totale sur les frais facturés et à la restitution des commissions perçues dans le cadre de la gestion discrétionnaire et de la réception-transmission d’ordres. Elle encourage aussi une concurrence exacerbée entre asset managers, censée profiter aux clients finaux. En Espagne, ce sont même les fonds les moins chargés de leur catégorie qui doivent être sélectionnés de façon systématique, conformément aux termes de la transposition dans le pays. Avec le risque d’inciter à une compensation du manque à gagner par une hausse des frais de gestion bancaire. Une approche saine consiste à favoriser les fonds à valeur ajoutée, reflets d’une gestion de conviction. En sortant des sentiers battus et en apportant une performance régulière et décorrélée des indices, les asset managers auront le pouvoir de maintenir leurs frais de gestion dans l’intérêt à long terme des investisseurs.

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PLACE FINANCIÈRE B U Z Z WO R D

FINANCE DURABLE

EDMOND DE ROTHSCHILD, BON ÉLÈVE Edmond de Rothschild Asset Management a fait de la finance durable une de ses spécialités depuis une douzaine d’années. Le groupe suisse a développé sa propre méthodologie et ses outils d’analyse.

A

lors que les phrases choc de la jeune militante suédoise Greta Thunberg font le tour du monde des médias, de nombreux investisseurs entrent, eux aussi, en phase de réflexion sur l’action qu’ils peuvent mener pour un monde plus vivable. « Chez Edmond de Rothschild Asset Management, nous travail­ lons dans le sens de la finance durable depuis 12 ans déjà, explique Jean-Philippe Desmartin, directeur de l’investissement responsable. Nous avons fait le choix de développer notre propre métho­ dologie à ce niveau. » Il revendique un statut de pionnier pour le groupe, bien implanté au Luxembourg. Il y a 20 ans, calcule-t-il, l’investissement responsable ne représentait que 0,1 % des actifs sous gestion dans des fonds européens. Aujourd’hui, les chiffres varient entre 10 et 30 % des actifs, selon les pays. Une évolution liée à l’implication de plus en plus forte des investisseurs privés.

UNE PONDÉRATION EN GUISE D’INCITANT

Edmond de Rothschild AM est déjà au-delà de cette moyenne. Sur le périmètre de la France, M. Desmartin note que 54 % des encours des fonds gérés par la société sont concernés par l’intégration ESG (environnement, social et gouvernance), et 14 % par les normes ISR (investissement socialement responsable). « Nos actifs ISR représentent déjà 3,5 milliards d’euros », pointet-il. Le premier fonds lié à une thématique environnementale d’Edmond de Rothschild AM a été lancé dès 2007. Le groupe dispose de deux fonds ouverts, labellisés ISR : l’un sur les actions qui enregistre plus de 160 millions d’euros d’encours sous gestion ; le second sur les obligations en compte près de 130 millions. « Notre approche ESG positive est 46 —

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dite ‘best in universe’. Cela veut dire que nous surpondérons les secteurs qui contribuent aux solutions en matière de dévelop­ pement durable, comme l’effica­ cité énergétique ou les énergies renouvelables, et que nous sous-pondérons les secteurs qui contribuent aux problèmes, comme les secteurs minier, aérien ou pétrolier », explique JeanPhilippe Desmartin. Chez Edmond de Rothschild Asset Management, l’émergence de la finance durable est appuyée par les actionnaires et le management. « Ariane de Rothschild, pré­ sidente du comité exécutif, est très impliquée sur le sujet », note-t-il. Pour aller plus vite et plus loin, le groupe a d’ailleurs développé ses propres analyses pour définir qu’un investissement est compatible avec le développement durable. Un modèle propriétaire interne a été déployé et se base sur 50 indicateurs quantitatifs et qualitatifs, et les analystes maison vont à la rencontre des entreprises intégrées dans l’univers d’investissement afin d’analyser leur poids en matière de développement durable. « Mais nous avons aussi fait le choix d’investir dans des sociétés de moyenne capitali­ sation, qui sont des pure players par rapport à certaines technolo­ gies qui feront avancer les choses. C’est donc plus facile à cerner. » Enfin, le directeur insiste sur la capacité de réaction du groupe. Le sujet étant évolutif, les modèles ont dû s’adapter. « Il est clair qu’en 20 ans, nos modèles ont beaucoup évolué, les critères de sélection ont été nettement améliorés. » Mais la réactivité concerne aussi l’évolution de la vie des entreprises. « Lors de l’an­ nonce officielle du rapprochement entre Bayer et Monsanto, nous avons vendu l’ensemble de nos lignes Bayer au sein de nos fonds spécialisés. »  J.-M. L.

Monnaie hélicoptère [mɔnɛ elikɔptɛʁ] nom

Offrir de l’argent aux ménages pour booster l’économie ? C’est le concept de la monnaie hélicoptère. Explications.

P

our faire grimper le taux d’inflation en zone euro, la BCE pourrait offrir une somme d’argent à chaque ménage pour les inciter à consommer. C’est l’idée, un peu folle, de la monnaie hélicoptère. L’idée de cette monnaie, qui reste jusqu’à présent un concept théorique, a été envisagée pour faire grimper le taux d’inflation et ainsi éviter une phase de déflation. Comment ? De manière imagée, la solution serait que la banque centrale d’un pays offre une certaine somme aux ménages, sans contrepartie. Ce « cadeau » serait alors censé augmenter la masse monétaire en circulation et pousser les consommateurs à se procurer plus de biens et services. De quoi relancer la machine économique. L’idée est quasi unanimement attribuée à l’économiste Milton Friedman qui avait imaginé dans un livre, en 1969, qu’en situation de déflation, les autorités monétaires impriment des billets et les balancent dans les rues à partir d’un hélicoptère. En 2016, face à la persistance d’une inflation basse en zone euro, Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, avait admis, en réponse à une question, qu’il s’agissait d’une idée intéressante. L’opération de quantitative easing, lancée par la même BCE au début de l’année 2015, s’en approche. Sauf que, dans ce cas précis, la BCE injecte de l’argent frais en contrepartie de dettes. Alors que dans l’hypothèse d’une monnaie hélicoptère, il n’existe aucune contrepartie. Comment la banque centrale pourrait-elle alors inscrire cette opération de manière neutre ? Même si elle peut faire rêver la population, la pratique ne peut être envisagée que dans des cas extrêmes. Sans être certain, d’ailleurs, de son efficacité. Rien ne dit en effet que les bénéficiaires ne choisiront pas de placer cette somme sur un livret plutôt que de la dépenser ou d’acheter des smartphones produits en Asie. Ce qui, au final, ne fera guère de bien à l’économie européenne. Ni probablement à la planète.


PLACE FINANCIÈRE P I C T U R E R E P O RT

UN HORIZON TRÈS « CHALLENGING » POUR LA PLACE La 9e édition de la conférence Horizon de Deloitte Luxembourg est an­non­­cée pour le 4 avril. L’heure est plus que jamais à l’inspiration en provenance de l’étranger pour imaginer le futur de la Place.

L

’initiative de Deloitte pour imaginer l’évolution de la Place financière sur les moyen et long termes fera cette année la part belle aux idées et influences étrangères de tous horizons : « Hormis le ministre des Finances Pierre Gramegna qui prononcera le speech d’ouverture, tous les spea­ kers proviennent de l’étranger, note Pascal Martino, associé chez Deloitte et cheville ouvrière de l’événement. Nous voulons nous inspirer de leurs témoignages, de leurs expériences, de leur vécu pour les appliquer, le cas échéant, au Luxembourg. » En pleine période de nouveaux challenges vécus par les acteurs de la Place, le témoignage de Cathy O’Dowd sera particulièrement attendu. Définie comme « motivational speaker », elle est surtout la première femme à avoir réussi l’exploit d’escalader les deux faces de l’Everest. « Tout challenge peut se relever, Cathy O’Dowd en est la preuve, note Pascal Martino. Ceci vaut pour le Luxembourg. Ce n’est pas parce que le pays est plus petit que nous ne sommes pas capables d’y arriver. »

L’ASCENSION DIGITALE

Les acteurs de la Place sentent parfois la corde raide lorsqu’il faut composer avec la réglementation, tout en transformant leur modèle pour tenir compte des évolutions technologiques et des besoins des clients. « Nous notons une progression dans la digitalisation au sein des insti­ tutions financières. Beaucoup ont lancé des programmes de transfor­ mation digitale qui passent par un premier volet technique important. Mais viendra celui, tout aussi cru­ cial, de la transformation des orga­ nisations et des compétences des collaborateurs. Et nous ne sommes qu’au début de cette nouvelle 48 —

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vague », ajoute Pascal Martino. Autre préoccupation des dirigeants : maintenir une rentabilité suffisante de leur entreprise, dans un contexte où les honoraires et autres marges sont sous pression. Sans compter les coûts qui ne font qu’augmenter. Organisée chaque année à la Philharmonie, la conférence Horizon maintient l’ambition d’imaginer le futur d’une Place qui doit se réinventer en permanence. Leader dans certains segments comme les fonds transfrontaliers ou hub de référence dans d’autres comme le private banking, le secteur financier ne doit pas se reposer sur ses lauriers. « On ne peut pas, avec la taille du pays, se permettre de n’avoir que des acteurs qui sont des leaders de l’innovation, estime Pascal Martino. Par contre, nous pouvons nous positionner intelli­ gemment pour être des ‘smart fol­ lowers’ qui vont parfois plus vite grâce à l’agilité dont nous pouvons faire preuve et des chemins plus courts au sein de l’écosystème. » Un agenda qui augure un futur plutôt positif pour les métiers de la consultance. Entre les évolutions réglementaires et technologiques, toutes les structures n’auront pas les ressources suffisantes pour suivre la cadence et devront donc faire appel à une expertise externe. Reste à bien jauger l’approche vis-à-vis des nouvelles tendances du marché. « Nous sommes tous d’accord sur les points à mettre à l’agenda, encore faut-il savoir à quelle vitesse ceux-ci vont arriver et quelle sera leur ampleur », prévient Pascal Martino. Repenser les organisations pour les rendre prêtes au changement et donc flexibles apparaît déterminant pour les dirigeants qui veulent continuer à naviguer avec un horizon aussi dégagé que possible.  T. R.

ALFI EUROPEAN ASSET MANAGEMENT CONFERENCE date 4 et 5 mars 2019 lieu Luxexpo The Box

Denise Voss, présidente de l’Alfi, a ouvert l’événement qui s’est intéressé aux « 4 P» de la gestion d’actifs (produit, personnel, progrès, prévision).

Christian Hertz (LIS), Sven Ulbrich (Capsensixx AG) et Frank Mausen (Allen & Overy) lors d’une table ronde sur les conséquences des nouvelles régulations sur la titrisation des fonds d’investissement.

« Je suis un ministre des Finances conscient du fait que, si vous avez trop de taxes, vous n’êtes pas attractif , a affirmé Pierre Gramegna, en clôture. Nous avons besoin d’aller de l’avant sur la taxe d’abonnement. Je suis ouvert à la discussion sur ce sujet. »

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PHOTOS Marion Dessard, Matic Zorman

PROSPECTIVE


PLACE FINANCIÈRE

LA PÉPITE HOLLANDAISE DE KBL Les groupes financiers de la Place étendent leur empreinte à l’étranger pour différentes raisons. Ce mois-ci, rendez-vous à Amsterdam chez InsingerGilissen, l’enseigne néerlandaise de KBL epb.

I

grâce à la présence de très grands ports. « Mais parmi les nouveaux clients, nous voyons de plus en plus d’entrepreneurs qui font grandir leur société ou la revendent. » Des hommes d’affaires qu’il attire dans ses filets avec... de la pâtisserie. Il explique en effet que lorsqu’il entend qu’une entreprise est cédée, il envoie un gâteau en guise de félicitations au vendeur, ce qui permet souvent de créer un premier lien. Le patron d’InsingerGilissen décrit sa banque en tant que « pure player » en banque privée, même si, à côté de ce business, elle tire également des revenus de l’asset management et des clients institutionnels. « Nous ne sommes pas une grande banque, admet M. Sieradzki, mais nous profitons de cette taille pour offrir des ser­ vices personnalisés de haut niveau à nos clients. » Un positionnement qui, selon lui, fait de la filiale de KBL epb un acteur unique sur son marché. Occupant la cinquième place sur son marché domestique, elle est le premier acteur exclusivement centré sur le private banking qui propose également ses services à des tiers-gérants. Les quatre premiers sont des grands groupes actifs dans les différents métiers de la banque. « C’est un marché tout à fait particulier dans la mesure où le leader, ABN Amro, accapare plus de 50 % de la clientèle », note-t-il.

« Notre philosophie est de nous rapprocher le plus près possible du client », commente Peter Sieradzki, son CEO. D’origine sud-africaine, ce dernier a atterri aux Pays-Bas un peu par hasard, en 1986. Nommé administrateur d’Insinger de Beaufort en 1994, il en est devenu directeur général délégué en 2003. Il a été désigné CEO de la nouvelle entité en octobre 2017, lorsqu’InsingerGilissen a officiellement lancé ses activités. « C’est un pays fantastique, commente-t-il avec enthousiasme. Les Hollandais sont des gens entreprenants, des hommes et des femmes d’affaires performants qui ont développé un niveau de richesse important, mais qui restent économes. » Une culture liée au calvinisme qui fait qu’après les Suisses, les Néerlandais sont les plus grands épargnants. Mais, constate le CEO, les habitants d’Amsterdam peuvent être fort différents culturellement de ceux de Rotterdam. De son poste de banquier privé, Peter Sieradzki note que les grandes fortunes sont souvent liées à des familles anciennes qui ont réussi à travers les siècles dans GÉRER LES FORTUNES l’agriculture, le commerce mari- FAMILIALES time, les fleurs ou la logistique, La stratégie d’InsingerGilissen consiste avant tout à gérer les avoirs des familles fortunées, en poussant la logique le plus loin possible. « Nous ne regardons jamais un compte, mais une famille dans son ensemble, explique le CEO. Nous démar­ rons la relation par l’établisse­ ment d’ un plan financier détaillé pour bien maîtriser l’en­ semble du patrimoine. Nous confions d’ailleurs cette mission à un planificateur indépendant que nous rémunérons afin que la famille soit rassurée sur le fait que nous ferons tout dans son intérêt. » Ensuite, la banque Peter Sieradzki, CEO d’InsingerGilissen, la branche néerlandaise de KBL epb, se bat contre des grandes banques généralistes. essaie de placer la famille autour ntégrée au groupe de banques privées luxembourgeois KBL European Private Bankers, l’institution néerlandaise Insinger­ Gilissen a pignon sur rue au cœur d’Amsterdam. Implantée le long du canal Herengracht – canal des seigneurs –, la banque occupe d’anciens bâtiments du Conseil des XVII, la société qui créa la première multinationale avec la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Au 17e siècle, ce puissant groupe régentait le commerce mondial et contribua largement à faire des Pays-Bas la nation riche qu’elle est encore aujourd’hui – une histoire qui a façonné le secteur bancaire néerlandais, dont la banque privée InsingerGilissen, vieille de plus de deux siècles. Née d’une fusion récente (voir en encadré), InsingerGilissen emploie aujourd’hui 350 personnes et dispose de 26 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Si le siège est dans la capitale, où 280 personnes travaillent, la banque gère aussi des bureaux dans cinq autres villes néerlandaises  : La Haye, Rotterdam, Eindhoven, Enschede et Groningue. Elle couvre ainsi l’ensemble du territoire néerlandais.

INSINGERGILISSEN

DES RACINES PROFONDES La banque néerlandaise Insinger­Gilissen est née de la fusion, en 2017, des banques Theodoor Gilissen et Insinger de Beaufort. La première est intégrée au groupe bancaire luxembourgeois KBL epb depuis 2003. Elle a acquis la banque Insinger de Beaufort au cours de l’année 2016 pour former une entité de poids au niveau des Pays-Bas. Dans les deux cas, il s’agit de banques à l’histoire déjà ancienne : Insinger de Beaufort a été créée en 1779, et Theodoor Gilissen, un siècle plus tard, en 1881. En novembre 2017, la nouvelle banque fusionnée a encore grandi en reprenant les activités de banque privée du Suisse Lombard Odier sur le marché néerlandais.

d’une même table pour aborder des questions parfois difficiles à discuter sans un conseiller extérieur. Elle met notamment en avant le facteur multigénérationnel en proposant des séminaires de formation aux plus jeunes générations. Bien implantée sur le territoire néerlandais, InsingerGilissen tire également profit de son insertion dans le groupe KBL epb. « C’est un modèle unique qui apporte de la valeur aux entités locales tout en leur laissant définir leur propre stratégie commerciale », commente Peter Sieradzki. Il pointe comme principaux atouts la recherche en investissements, qui se fait au niveau du groupe à partir des analyses des différentes entités, ou la mise en commun des actifs des différentes banques du groupe dans des véhicules d’investissement communs pour assurer des économies d’échelle. « Cette intégration nous a encore permis de nous rendre compte de l’intérêt de proposer des crédits à nos clients ; nous ne le prati­ quions pas suffisamment », constate le CEO, qui vient à Luxembourg une fois par mois, comme les quatre autres directeurs d’enseignes étrangères du groupe, pour partager les expériences et la stratégie.  J.-M. L. Avril 2019 —

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PHOTO InsingerGilissen

QUAND LA FINANCE LUXEMBOURGEOISE S’EXPORTE


N E W E D IT IO N

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Après une première édition réussie, le Paperjam Club est fier de reconduire son offre de formation, en partenariat avec Solvay Brussels School of Economics & Management : le mini MBA Leadership & Innovation. Différents modules seront organisés lors de huit journées complètes, de septembre à novembre 2019. r ns su m at i o r o m f i - ba d ’i n u/ m i n l . plus m a j aper g o. p

À ces dates, quatre modules distincts seront proposés aux participants : Strategy, Finance & HR, Innovation, Customer Development. DATES 23 et 24 septembre 2019 7, 8, 21 et 22 octobre 2019 4 et 5 novembre 2019

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INVESTISSEMENT

LES ENTREPRISES À FAIBLE CAPITALISATION : SAISIR L’OPPORTUNITÉ Réaliser des placements à faible capitalisation peut rapporter gros si les fonds sont bien choisis. Graham McCraw, spécialiste en investissement chez Aberdeen Standard Investments, explique en quoi la gamme de produits à faible capitalisation proposée par l’entreprise peut être l’outil idéal pour parfaire votre portefeuille d’investissement.

La gestion «d’actifs peut

apporter une valeur significative… et rapporter encore plus.

CONTENU SPONSORISÉ PAR ABERDEEN STANDARD INVESTMENTS

»

PHOTO Aberdeen Standard Investments

Quels sont les principaux avantages des placements à faible capitalisation ?

Graham McCraw Sur la majorité des marchés et sur le long terme, les entreprises les plus petites ont obtenu de plus grands retours sur investissement, comparé aux entreprises de grande capitalisation. On se base sur un niveau d’indice : la gestion d’actifs peut apporter de la valeur et, surtout, rapporter encore davantage au fil du temps. De plus, les dirigeants des entreprises de grande capitalisation de demain émergeront de ce secteur de marché pour offrir aux investisseurs à long terme tout le potentiel de cette croissance. Une répartition sur les entreprises de faible capitalisation offre une diversification claire des bénéfices, fournissant aux entreprises de grande capitalisation diverses sources de retours sur investissement. Les entreprises de faible capitalisation tendent à se concentrer davantage sur le marché domestique, contrairement à leurs rivales plus grandes, plus internationales. Ces entreprises sont aussi moins soumises aux tendances des marchés mondiaux et aux fluctuations des devises.

Vos fonds à faible capitalisation offrent constamment des retours sur investis­ sement supérieurs à la moyenne du marché : quelle en est la raison ?

G.M. Toutes nos stratégies principales à faible

Graham McCraw, spécialiste en investissement chez Aberdeen Standard Investments.

que nos équipes sont pleines de ressources, nos procédés d’investissement sont robustes, et cela fait foi de notre expérience en gestion du capital dans ce secteur. Un audit rigoureux est fondamental à notre réussite : chaque année, nos équipes assistent à des réunions avec les équipes dirigeantes de petites entreprises afin d’évaluer leurs stratégies sociales et environnementales, leurs risques sociaux et gouvernementaux. Nous sommes à la recherche de futurs gagnants : ces innovateurs et ces révolutionnaires prisés, sur le point de devenir les entreprises leaders de demain. Un autre aspect crucial de notre activité est la gestion de portefeuilles condensés, où chaque entreprise sélectionnée a un impact significatif sur la performance.

des revenus stables. Nos équipes ciblent des dirigeants d’industries qui ont un pouvoir sur les prix : ceux qui disposent d’une large part de marché capable d’augmenter les prix pour contrer l’augmentation des coûts sans affecter les ventes. Les entités qui génèrent de gros retours sur le capital sont capables de réinvestir dans leur propre croissance. Grâce à des avantages compétitifs défendables, elles continuent à générer de la valeur pour les actionnaires. Avant que toute action rejoigne un portefeuille, celle-ci doit passer par un rigoureux procédé d’évaluation par ses pairs. Lors de ces réunions, les membres de l’équipe réviseront et peaufineront le cas à investissement potentiel, la qualité de l’entreprise étant le point central. Si la qualité de l’action s’avère insuffisante, l’investissement n’aura pas lieu. Pour prend re c avec un co ontact n consu seiller, ltez: aberd eens tanda rd.lu

Comment s’assurer d’investir unique­ ment dans des entreprises à faible capitalisation de bonne qualité ?

G.M. Nos gestionnaires de portefeuille mettent capitalisation ont dépassé de manière signifi- un point d’honneur à la transparence, à la stacative leur niveau de référence, ce qui prouve bilité financière et à la capacité de maintenir Avril 2019 —

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PLACE FINANCIÈRE

Brexit : toujours plus Les études se multiplient sur les impacts du Brexit dans le secteur financier, avec des chiffrages de plus en plus imposants.

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lus le Brexit approche, plus les chiffres gonflent. L’étude publiée fin mars par EY UK fait état de 1.000 milliards de livres d’actifs susceptibles d’être transférés du Royaume-Uni vers l’Europe par les établissements financiers du fait du Brexit (contre 800 milliards fin 2018). Une estimation « prudente » selon le cabinet, qui précise que 23 entreprises ont annoncé un transfert d’actifs. Parmi elles, dix sont des banques, huit des assureurs et cinq des gestionnaires de fortunes et d’actifs. Ces répercussions sont néanmoins sous-estimées, car toutes les entreprises du secteur ne communiquent pas sur les actions qu’elles ont engagées. Ainsi, selon le Brexit Tracker d’EY, 63 % des banques universelles, d’investissement et des courtiers surveillés ont confirmé ou déclaré leur intention de transférer certaines de leurs opérations et/ou une partie de leur personnel du Royaume-Uni vers l’Europe. Le chiffre tombe à 39 % pour l’ensemble des sociétés de services financiers, incluant notamment les sociétés de capital-investissement ou les fintech.

RETOMBÉES MÉCONNUES

« À l’approche du jour J, nous devons reconnaître qu’il existe des risques qui échappent au contrôle du secteur. Aucune entre­ prise de services financiers ne peut savoir avec certitude quel impact un Brexit désordonné aura sur elle, ses clients, son per­ sonnel et ses chaînes d’approvi­ sionnement», commente dans l’étude Omar Ali, responsable des services financiers au RoyaumeUni chez EY. Le rapport Brexitometer, publié mi-mars par le think tank britannique New Financial, 52 —

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estime, lui, que les entreprises du secteur financier ont pris en compte un scénario de «no deal» sans période de transition. Mais dans la précipitation, nombre de retombées sont encore méconnues ou non chiffrées. Seule certitude : la City sortira du Brexit affaiblie sur le court terme. Sur 249 sociétés financières britanniques étudiées par New Financial, 34 % ont choisi Dublin

pour relocaliser leur quartier général, 22 % Luxembourg, 12 % Francfort et 11 % Paris. Pour l’heure, le Grand-Duché a déjà attiré 48 banques, gestionnaires d’actifs, assureurs et prestataires de paiement. Des déménagements qui pourraient générer environ 3.000 nouveaux emplois sur deux ans, selon l’ABBL (Association des banques et banquiers, Luxembourg).  L. F.

FONDS D’INVESTISSEMENT

Capital Group, pionnier au Luxembourg Le gestionnaire de fonds américain Capital Group fête 50 années de présence au Luxembourg et le lancement d’un premier produit. Près de 20 ans avant les premiers Ucits.

L

e gestionnaire de fonds américain Capital Group fête cette année ses 50 ans au Luxem­ bourg. On ne parle pas d’une présence physique d’un demi-siècle, mais du lancement du premier fonds luxembourgeois. L’idée d’un bureau sur place viendra nettement plus tard. Les premiers responsables s’installeront en 2010, mais c’est surtout à partir de 2013 que le groupe, qui compte parmi les plus importants gestionnaires d’actifs au monde, intensifiera sa présence. Actuellement, Capital Group compte 15 personnes. Et parmi l’équipe, on trouve Jean-Marc Goy, conseiller pour les affaires internationales à la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) jusqu’en mai dernier et, depuis novembre 2018, conducting officer chez Capital International Management Company, la filiale de Capital Group active au Luxembourg. « Notre ambition est de passer à 30 personnes d’ici la fin de l’année, précise-t-il. Nous augmenterons la taille des équipes dans le domaine du risque, de la compliance, de l’administration et de la distribution des fonds. Cinq personnes ont déjà été recru­ tées et nous rejoindront dans les prochains mois. » La volonté du groupe est de grandir hors des

États-Unis, notamment en Asie et en Europe, deux zones où ses fonds sont déjà assez bien distribués.

UN APPÉTIT INDÉPENDANT DU BREXIT

Et, même si le groupe est largement présent à Londres, cette « prise de poids » n’est en rien liée au Brexit. « L’option de renforcer nos équipes avait été prise bien avant le réfé­ rendum », confirme Marnix van den Berge, managing director, responsable de la distribution Benelux, France et pays nordiques. Ce qui ne veut pas dire que le groupe n’est pas impacté par la sortie du Royaume-Uni. « Nous le sommes, comme tout le monde, et de manière pas très positive, note Jean-Marc Goy. Mais cet événe­ ment rend aussi le Luxembourg de plus en plus crucial pour le groupe. Une fois le Brexit effectif, nous serons le bureau de l’Union européenne d’où pourront se faire les activités qui nécessitent l’ob­ tention du passeport européen. » Capital Interna­tional Management Company contrôle aussi quatre suc­cur­sales en Europe, à Amsterdam, Francfort, Madrid et Milan. Actuellement, 23 fonds luxembourgeois ont été lancés pour un total de 13 milliards d’euros, dont le tout premier, Capital Group Global Equity, est toujours ouvert.

« Depuis 2013, nous avons déjà lancé six à huit fonds en prove­ nance des États-Unis et nous pré­ voyons d’en lancer un à deux par an au cours des trois prochaines années », expliquent les deux responsables. Des produits qui, selon eux, diffèrent des produits européens classiques par leur taille nettement plus importante. Au niveau mondial, Capital Group se contente d’ailleurs de gérer 45 fonds pour un total de 1.600 milliards de dollars d’actifs. « Un grand fonds permet de réaliser des éco­ nomies d’échelle et de diminuer les frais en pourcentage pour l’inves­ tisseur », insistent Jean-Marc Goy et Marnix van den Berge. Ils insistent enfin sur une autre caractéristique du groupe né en 1931 : la gestion à très long terme. Des fonds restent ouverts sur des décennies et peuvent effacer les soubresauts liés aux différentes crises. « Nous ne visons jamais le rendement à court terme à tra­ vers des prises de risque spécula­ tives. Lors de la chute des marchés au quatrième trimestre de 2018, nous n’avons, par exemple, rien vendu et nous avons déjà récupéré ce qui avait été perdu. »  J.-M. L.

PRÉSENTÉES PAR

carrières David Alexandre, 36 ans, a rejoint DLA Piper Luxem­bourg en tant que collaborateur senior du département Propriété intellectuelle, après avoir acquis une solide expérience dans ce domaine au sein de cabinets d’avocats parisiens et luxembourgeois de renom. BANQUES, FONDS D’INVESTISSEMENT ET SERVICES AUX FONDS

Miryam Lassalle, 45 ans, a rejoint le département Droit bancaire et financier de NautaDutilh Avocats Luxembourg en tant que counsel. Elle y dirige la pratique d’assurance et de réassurance. ÉTUDES D’AVOCATS SERVICES AUX ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE ACTIVITÉS INDUSTRIELLES PUBLIC, ASSOCIATIF ET SANTÉ

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PHOTOS DLA Piper, NautaDutilh Avocats

ÉTUDES


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ÉCONOMIE

économie DIGEST

54 —

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Brexit, tensions entre les États-Unis et la Chine, zone euro : la Fondation Idea a publié mi-mars son sixième avis annuel, intitulé Des tas d’urgences. Avec une nouveauté : un consensus.

logement

retraites Des tas d’urgences Lors de sa conférence annuelle, la Fondation Idea a livré son analyse de l’économie luxembourgeoise, européenne et mondiale.

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l y a six ans, la Fondation Idea naissait – sous l’impulsion initiale d’une Chambre de commerce plutôt consensuelle par nature – pour secouer le cocotier de l’analyse économique. Pour son sixième rapport annuel, le think tank « poil à gratter » a innové en créant… un consensus. Un consensus au sens de ces analystes qui donnent du crédit à une société ou aux finances pu­bli­ ques d’un État. 51 des 100 personnalités sollicitées dans le monde de l’entreprise, des institutions de recherche, des partenaires sociaux ou des politiques ont accepté de répondre aux 14 questions. Si le consensus est proche des avis du Statec, de la Commission européenne ou du Fonds monétaire international (FMI) sur la

croissance (2,9 % en 2019 et 2,7 % en 2020) ou sur le taux de chômage (5 à 6 % d’ici la fin de la mandature), une moitié de ceux qui ont répondu estime que la dette publique sera de 20 à 25 % du PIB en 2023 (contre 15,5 % pour Bruxelles et 20 % pour le FMI), et l’autre moitié considère même qu’elle sera supérieure à 25 % du PIB. « Ce serait inédit dans l’histoire des finances publiques luxembour­ geoises, après le record de 2013 à 23,7 % », indique la Fon­dation Idea.

LOGEMENT ET RETRAITES, DEUX POINTS NOIRS

Le logement ressort comme le problème principal et la densification du bâti – par exemple, la construction en hauteur – comme

ILLUSTRATION Maison Moderne

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La Fondation Idea crée le consensus

CROISSANCE

L’industrie embauche Chômage D’après une enquête en légère hausse sur les prévisions du mar- Le taux de chômage ché menée par la Fedil passe de 5,1% en auprès de 98 entreprises janvier à 5,2 % en février 2019, avec une hausse issues du secteur de de 351 demandeurs l’industrie et de la d’emploi. Leur nombre construction — représenest toutefois en baisse tant un total de 23.341 de 6,8 % sur un an. employés —, 1.400 embauches sont prévues Au 28 février 2019, 15.508 demandeurs d’ici deux ans par les entreprises participantes. d’emploi résidents dis55 % des embauches ponibles étaient inscrits concernent la création à l’Adem. Les personnes de nouveaux postes. les plus durement touSelon cette enquête, chées par le chômage les détenteurs d’un DAP restent les plus de 45 (diplôme d’aptitude ans (6.560 demandeurs professionnelle) repréd’emploi) et les moins sentent, à eux seuls, diplômées (8.032 31,6 % des 1.400 noudemandeurs d’emploi), velles embauches prébien que le taux de chôvues. Viennent ensuite mage de ces catégories les détenteurs d’un BTS soit en baisse, à respectivement -8,5 % et (brevet de technicien supérieur) avec 16,7 % -10,4 % sur un an. des postes, puis les bacheliers (13,5 %) et 1,7 % d’augmentation les détenteurs d’un masdu PIB ter / doctorat (15,8 %). Alors que la première estimation du PIB en Confiance rompue volume pour l’année L’indice de confiance 2018 était de 2,6 % des dirigeants d’entrepour le quatrième triprise calculé par mestre de l’année derFidelity International nière, on enregistre a atteint son niveau le finalement une augmentation de 1,7 % sur un plus bas depuis 2016. an. Par rapport au troiÀ travers le monde, la sième trimestre 2018, confiance a ainsi fortela dépense de consomment baissé, passant mation finale des de 1,6 en 2018 à 0,6 en 2019. Un tiers des ménages et des instituanalystes dans le monde tions sans but lucratif ont par ailleurs indiqué au service des ménages a augmenté de 0,3 % ; que les secteurs d’acticelle des administrations vité suivis se trouvaient publiques de 1,7 %. en phase de ralentisseLa hausse de la formament ou de récession, contre 13 % l’année tion brute de capital dernière. Et seuls 20 % fixe est de 10,1 %. Les d’entre eux observent exportations ont augmenté de 1,2 % et les une phase d’expansion, contre 35 % en 2018.  importations de 1,8 %.

AVIS ANNUEL


ÉCONOMIE L U X E M B O U RG P E R F O R M A N C E I N D E X

la meilleure so­lution pour tenter d’y remédier, devant davantage d’autonomie communale et la taxation lourde des terrains laissés inoccupés. La priorité du gouvernement devrait être de réformer les pensions, disent ces 51 personnalités, devant la fiscalité immobilière et l’exonération fiscale totale des start-up de l’impôt sur les sociétés. La réduction du temps de travail est la dernière des préoc­cupations du groupe, juste derrière la suppression de l’indexation automatique des salaires. Enfin, si elles avaient 65 millions d’euros à dépenser, elles investiraient dans les infrastructures de transport (68,6 %) ou achèteraient 140 appartements par an pour augmenter l’offre de logements sociaux. Seuls 5,9 % les dépenseraient pour la gratuité des transports publics.

MARS 2019 EMPLOI LES BANQUES EMBAUCHENT TOUJOURS

INFLATION REDRESSEMENT

La Banque centrale du Luxembourg fait savoir que 26.317 personnes étaient employées dans les établissements de crédit du Luxembourg au 31 décembre 2018, soit une baisse de 65 emplois par rapport au trimestre précédent. En comparaison annuelle, ce chiffre est en hausse de 206 emplois.

Le taux annuel d’inflation progresse de 1,8 % en janvier à 2,1 % en février 2019. L’indice des prix à la consommation national se redresse de 1,5 % par rapport au mois de février. Selon le Statec, « ce mouvement s’explique principalement par un renchérissement des produits pétroliers ». 2,5 %

26.500

26.317 26.111

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0 IV / 17

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SOURCE Adem

OUI À L’APAISEMENT DES TENSIONS, NON AU POPULISME

Pour 57 % d’entre elles, la bonne surprise de 2019 sera l’apaisement des tensions commerciales, tandis que 22 % se réjouissent des conséquences d’un Brexit qui aura bien lieu, selon elles. La prochaine crise n’interviendra pas avant 2021 ou 2022, disent-elles (29,4 %), à partir de la Chine (37,3 %), et aura pour facteur déclenchant un différend commercial entre grandes puissances (38 %). Un quart du panel garde un œil inquiet aussi sur un éventuel retournement du marché immobilier dans l’une des principales économies. Qu’est-ce qui pourrait avoir le plus d’impact sur le Luxem­bourg ? Une politique fiscale et réglementaire offensive au profit de la City, répond ce panel d’experts, devant la remontée des taux de la Banque centrale européenne et une envolée des prix du pétrole. La Fondation, elle, rappelle que « l’économie mondiale évolue dans une situation d’équilibres instables » et que le ralentissement lié aux mesures protectionnistes américaines, l’essor des populistes, le Brexit et les niveaux d’endettement « risquent de rajouter de l’instabilité à l’incer­ titude ambiante ».  T. L.

2,1 % 2 %

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SOURCE Statec

BALANCE DES PAIEMENTS REGAIN AU 3E TRIMESTRE 2018

Compte courant 1er semestre 2018 174.001 Crédit

Alors que le compte courant du premier semestre 2018 révélait une baisse par rapport à la même période de l’année précédente, le compte courant entre janvier et septembre 2018 connaît un regain, se soldant par un excédent de 2,8 milliards d’euros, contre 2,6 en 2017 sur la même période. Selon le Statec, « cette évolution s’explique par la très forte progression des exportations nettes liées au négoce international ».

Solde : 1.606

Débit 172.395

Compte courant 1er semestre 2017 (en millions d’euros) 164.048 Crédit

Débit 161.869

Solde : 2.179 Compte courant janvier-septembre 2018 Crédit 225.398

Débit 222.608

Solde : 2.790 Compte courant janvier-septembre 2017 Crédit 243.578

Débit 241.002

Solde : 2.577

240 k

SOURCES BCL et Statec

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180 k

180 k

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220 k

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CONFIANCE DES CONSOMMATEURS EN RECUL

FONDS STABILITÉ

L’indicateur de confiance des consommateurs de la BCL a reculé en février 2019. D’après la BCL, « les anticipations des consommateurs relatives à leur situation financière se sont en revanche stabilisées, tandis que leurs intentions en termes d’achats importants ont été quelque peu révisées à la hausse ».

Le volume des actifs nets des organismes de placement (OPC) domiciliés au Luxembourg reste stable. Il s’élève, pour le mois de janvier 2019, selon la CSSF, à 4.200 milliards d’euros. Le nombre d’OPC est en légère baisse (3.889).

En milliards d’euros 5 25 

4.200

4.214 4

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SOURCE Banque centrale du Luxembourg

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SOURCE CSSF

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ÉCONOMIE D RO I T D U T R AVA I L

L’ARGENT, LE NERF DE LA GUERRE CONTRE LE RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE Invité par Deloitte Luxembourg, le climatologue belge Jean-Pascal van Ypersele fait le point avec Paperjam sur les opportunités d’une finance réellement durable.

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lus habitué des grandes conférences où l’on débat des enjeux scientifiques du climat, Jean-Pascal van Ypersele, climatologue et professeur à l’Université catholique de Louvain, participait, fin février, à une conférence sur la finance durable organisée par Deloitte Luxembourg. Une occasion pour l’ancien vice-président du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) de motiver la communauté financière à agir en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. « Dans ce combat aussi, l’argent est le nerf de la guerre, observe le scientifique belge. Il est d’ailleurs préférable qu’il soit utilisé pour financer les pompiers plutôt que les pyromanes. » Les investisseurs ont donc, selon lui, un rôle à jouer par rapport aux investissements nécessaires, évalués en milliers de milliards de dollars au cours des prochaines années par la conférence de Paris de décembre 2015. « Actuellement, apparemment, la finance respon­ sable ne représente encore que 2 à 3 % des investissements mondiaux. » Et encore, insiste-t-il, il ne faudrait pas que des investisseurs consacrent une petite part de leur portefeuille à des investissements en faveur du climat, tandis que l’essentiel reste centré sur la vieille économie, basée sur les énergies fossiles.

individuelles, en faveur des trans­ ports publics et d’une mobilité douce. » Il insiste également sur l’efficacité énergétique dans le secteur du bâtiment, qui reste « un lieu de gaspillage énergétique énorme dans la plupart des pays du monde ». Mais la vraie question sera de savoir comment mieux produire. « Il n’y a pas de miracle, il faut miser sur tout ce qui dérive du soleil. Il peut nous fournir en deux heures l’énergie que l’on consomme dans le monde entier en un an. Même si on ne pourra pas capter toute cette énergie tout de suite, ça donne une idée du sens dans lequel il faut aller. » Quant au rôle à jouer par les investisseurs, il est multiple. « Ils peuvent notamment orienter le business dans les sociétés où ils sont actionnaires en menaçant de se retirer si le conseil d’adminis­ tration ne les suit pas. » Il donne aussi l’exemple de grandes sociétés qui ont fictivement donné un coût plus élevé à la tonne de CO2 que ce qu’elle vaut sur le marché. D’un côté, ça leur permet de se préparer à l’augmentation de ce coût, qui devrait advenir dans les prochaines années. De l’autre, elles tentent de mieux maîtriser le procédé industriel pour émettre moins de gaz à effet de serre, et donc réduire leurs coûts. « Le problème pour des déci­ deurs tant politiques qu’écono­ miques, c’est que l’action UN TRAVAIL SYSTÉMIQUE Parmi les priorités, Jean-Pascal van climatique délivre des résultats Ypersele pointe le travail à fournir très lentement, convient le climapour réduire la consommation tologue. D’où l’intérêt de chercher d’énergie là où c’est possible et les des synergies entre des investis­ efforts à réaliser en matière d’effi- sements pour protéger le climat cacité énergétique systémique. « Il et d’autres objectifs sociétaires, ne s’agit pas uniquement d’agir tels que des objectifs de dévelop­ au niveau de la consommation pement durable, la réduction de d’un moteur, mais du système de la pollution de l’air, voire la créa­ mobilité dans son ensemble en tion d’emplois liés à cette nou­ réduisant la part des voitures velle économie. »  J.-M. L. 56 —

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LES DÉGÂTS CAUSÉS PAR LES SALARIÉS CONSTAT L’article L.121-9 du Code du travail instaure une dualité en matière de responsabilité dans le cadre de la relation de travail : l’employeur supporte les risques engendrés par l’activité de l’entreprise, et le salarié supporte les dégâts causés par ses actes volontaires ou par sa négligence grave.

CE QUE DEVRAIT DIRE LA LOI Les juges ont interprété cette disposition en retenant que la responsabilité du salarié n’est engagée qu’en cas de faute intentionnelle, ou dans l’hypothèse d’une faute lourde ou d’une faute / négligence particulièrement grossière, équivalente au dol, en ce sens que, si son auteur n’a pas voulu réaliser le dommage, il s’est comporté comme s’il l’avait voulu. Il ressort également de la jurisprudence que la négligence grave, telle que visée par l’article L.121-9 du Code du travail, consiste en un manque de prudence, de précaution ou de vigilance caractérisé.

QUE FAIRE ? L’engagement de la responsabilité du salarié nécessite en principe que l’employeur établisse non seulement la réalité des dégâts dont il entend faire supporter les frais à son salarié, mais également qu’il prouve que ces dégâts sont imputables à un acte volontaire ou une négligence grave de ce dernier, tels qu’interprétés par les juges.

L’AVIS Il convient d’être particulièrement vigilant quant aux circonstances qui pourront valablement autoriser l’employeur à lui demander réparation, d’autant que les juges ont considéré que la reconnaissance par le salarié de sa responsabilité ou de sa dette envers l’employeur est sans effet. De même, une clause du contrat de travail qui aurait pour effet d’engager la responsabilité du salarié hors des cas visés à l’article L.121-9 du Code du travail serait nulle. Certaines situations sont également plus spécifiques : quid du dommage à un véhicule de fonction mis à disposition pour un usage professionnel et privé, causé dans le cadre d’une utilisation privée ? Dans cette situation, l’application de l’article L.121-9 du Code du travail devrait être exclue.

Cindy Toilier Avocat aux barreaux de Paris et de Luxembourg, exerçant en droit social au sein du cabinet Castegnaro – Ius Laboris Luxembourg

PHOTO Castegnaro – Ius Laboris Luxembourg

FINANCE DURABLE


ÉCONOMIE

GÉOPOLITIQUE

COMMENT RÉSOUDRE LE « TRILEMME DE LA GLOBALISATION » ? Incertitudes économiques, tensions géopolitiques, Brexit... L’actualité internationale pose la question de la pertinence des modèles de gouvernance politique. Des enjeux qui étaient au cœur des interventions de la Journée de l’économie, version 2019.

E

ntre l’hyperglobalisation, la souveraineté nationale et la politique démocratique, il faut choisir. Telle est la thèse soutenue depuis plusieurs années par Dani Rodrik, professeur d’économie politique internationale à la John F. Kennedy School of Government de l’Université de Harvard, et qu’il a présentée lors de la Journée de l’économie organisée à la Chambre de commerce le 28 février dernier par le ministère de l’Économie, la Chambre de commerce et la Fedil, en collaboration avec PwC Luxembourg. Les paradoxes de son « tri­ lemme politique de l’économie mondiale » ont toujours du sens aujourd’hui, alors que se réveillent les pulsions protectionnistes. Selon Dani Rodrik, démocratie, souveraineté nationale et intégration économique mondiale sont incompatibles : les trois ne peuvent jamais survenir simultanément et dans leur intégralité. Ainsi, une hyperglobalisation, associée à une politique démocratique, aboutit à un système de gouvernance globale (excluant la souveraineté nationale), tandis que la souveraineté nationale liée à l’hyperglobalisation génère des « camisoles de force dorées ». En appliquant son équation triangulaire à l’Europe, Dani Rodrik montre, par exemple, que le Brexit est issu de la combinaison souveraineté nationale / politique démocratique. « Si nous voulons plus de mon­ dialisation, nous devons renoncer à une certaine démocratie ou à une certaine souveraineté natio­ nale. Il s’agit donc de trouver une tension subtile entre démocratie et globalisation », a-t-il affirmé. Dani Rodrik estime alors qu’il est 58 —

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nécessaire de faire la distinction entre les règles mondiales conçues pour résoudre les « véritables » problèmes politiques, et celles qui renforcent l’expression des intérêts particuliers au détriment du reste de la société et qui sapent les contrats sociaux. « Au final, l’intégration écono­ mique internationale a produit de la désintégration locale », constate le professeur de Harvard. Il estime

« Il s’agit de trouver une tension subtile entre démocratie et globalisation. »

dressé des constats proches de ceux de son confrère américain. Il constate ainsi que la globalisation a produit de grandes divisions entre les pays et au sein même de ces pays, créant des perdants et des gagnants. « La montée des populismes n’est pas un accident. C’est le résultat d’une combinai­ son toxique entre les transforma­ tions économiques et la grande crise que nous avons vécues. » À cela s’ajoute la menace que constituent les mesures protectionnistes prises, par exemple, par les États-Unis et la Chine. « Un système multilatéral fort est dans l’intérêt de tous. Les accords régionaux de libre-échange sapent ce système. Cela ne reflète qu’une vision court-termiste des échanges et favorise les discrimi­ nations », explique André Sapir. Ce dernier s’interroge alors : « Jusqu’à quand le protection­ nisme peut-il être contenu ? La globalisation est-elle durable ? » Il s’avoue de plus en plus indécis quant à la pérennité de la globalisation, en raison des menaces grandissantes qui pèsent sur elle et de la crise de 2008, qui a laissé des traces : « La fin de la globali­ sation est une possibilité. »

UNE GLOBALISATION PLUS CONTENUE

Les deux économistes n’ont pas laissé l’assemblée sans solutions face à leurs constats pessimistes. Dani Rodrik recommande, entre autres, de limiter la préDani Rodrik séance des intérêts particuliers Professeur d’économie politique et d’améliorer la qualité des déliinternationale, Université de Harvard bérations démocratiques. Mais que les économies avancées aussi de repenser la hiérarchie devraient avant tout faire en sorte entre les priorités locales et interde redistribuer la richesse, sous nationales : « Reconstruire des peine de menacer le déjà fragile politiques saines requiert la réin­ équilibre entre démocratie et glo- tégration de l’économie domes­ balisation. Et de citer le politique tique », assène-t-il. Quant à André Sapir, il pousse américain démocrate William Jennings Bryan, s’opposant à à l’adoption de nouveaux modèles l’étalon-­or dans un fameux dis- de croissance, pour prendre en cours en 1896 : « Vous ne crucifierez compte la transformation digitale, pas l’humanité sur une croix d’or. » le changement climatique et le vieillissement de la population. Mettre à jour les règles de l’OMC COMBINAISON TOXIQUE Intervenant aussi lors de la (Organisation mondiale du comJournée de l’économie, André merce) est également une de ses Sapir, consultant du think tank marottes, en particulier pour Bruegel et professeur d’économie mieux y intégrer les ressorts de à l’Université libre de Bruxelles, a l’économie digitale et l’évolution

de la place de la Chine. Entrée à l’OMC en 2001, la Chine est aujourd’hui le premier exportateur mondial. « Certes, c’est encore un pays à niveau de revenu plus faible que l’Allemagne ou les États-Unis. Mais ce n’est plus un pays pauvre. La Chine ne peut pas continuer à dire qu’elle est un pays en voie de développement et qu’elle a encore besoin de règles spéciales », explique André Sapir.  Dani Rodrik prône finalement une globalisation plus contenue, mais plus durable. Pour ce faire, il suggère de faire intervenir la gouvernance mondiale là où les gains économiques sont les plus importants, à savoir : le changement climatique, les mobilités transfrontalières de travailleurs et la coordination internationale sur les paradis fiscaux.  L. F.

PRÉSENTÉES PAR

carrières Mathieu Scodellaro, 39 ans, a rejoint PwC Legal (anciennement MNKS) en janvier 2019 en tant que principal, à la tête du département Fonds d’investissement. Durant ces 15 dernières années, il a été impliqué dans la création d’un grand nombre de fonds d’investissement, régulés ou non. BUSINESS ADMINISTRATION, FINANCE & LEGAL

Audrey Rustichelli, 35 ans, en charge du département Technologies & IP de PwC Legal, a été promue au poste d’associée en janvier 2019. Elle s’est forgé une solide réputation dans les domaines des technologies de l’information et de la protection des données personnelles. BUSINESS ADMINISTRATION, FINANCE & LEGAL

En janvier 2019, JeanPhilippe Smeets, 43 ans, qui était déjà coresponsable du département M & A de PwC Legal depuis presque un an, a été promu au poste d’associé au sein du département Corporate / M & A. BUSINESS ADMINISTRATION, FINANCE & LEGAL SERVICES AUX ENTREPRISES PLACE FINANCIÈRE ACTIVITÉS INDUSTRIELLES PUBLIC, ASSOCIATIF ET SANTÉ

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01/04/2019

Building resilience

04/04/2019 Positive self-management 09/04/2019 Fiscalité des sociétés : notions essentielles (IRC/ICC/IF) 17-18/04/2019 Consolidation: step by step 29/04/2019 Consolidation under IFRS - IFRS 3, IFRS 10, IFRS 11, IFRS 12, IAS 28RH

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GRAND DOSSIER

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Denise Voss Présidente, Alfi

DENISE VOSS

«Les fonds alternatifs dopent la croissance de la Place » S

i la place financière luxembourgeoise s’est considérablement développée grâce aux fonds Ucits, en acquérant une expertise pointue dans la gestion et la distribution de ce type de fonds, ce sont d’autres formes d’investissement qui permettent aujourd’hui à l’industrie luxembourgeoise de croître plus que jamais. « Au cours de la dernière décennie, les investisseurs institutionnels, tels que les

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fonds de pension ou les fonds souverains, ont placé une plus grande partie de leurs res­ sources dans des investissements alterna­ tifs, comme le private equity, l’immobilier ou la gestion de crédit, analyse Denise Voss, présidente de l’Alfi (Association luxembourgeoise des fonds d’investissement). Cet inté­ rêt accru pour les fonds d’investissement alternatifs reflète bien le désir des investis­ seurs, notamment institutionnels, de déte­

nir des actifs qui ne sont pas liés aux obligations et actions traditionnelles. Les fonds alternatifs leur permettent de diver­ sifier leurs investissements, à un moment où les taux d’intérêt sont proches de zéro, voire négatifs. » Cette forme d’investissement est en effet particulièrement intéressante pour les acteurs tels que les fonds de pension, qui investissent sur le long terme et de manière

PHOTO Maison Moderne (archives)

Avec plus de 4.000 milliards d’actifs sous gestion, l’industrie luxembourgeoise des fonds se porte remarquablement bien. Sa croissance s’est même accélérée au cours des dernières années, notamment en raison de l’explosion des fonds alternatifs. Denise Voss, présidente de l’Alfi, nous en dit plus sur ce phénomène.


GRAND DOSSIER

à fournir des rentrées régulières aux retraités.

vestissement, poursuit Denise Voss. Mais le pays est aussi connu comme un hub pour la gestion des risques et, de plus en plus, pour LE RÔLE DE LA RÉGLEMENTATION des activités de front-office, comme le port Au-delà d’un changement de stratégie des management, un domaine qui grandit lente­ investisseurs institutionnels, on peut aussi ment mais sûrement au Luxembourg, et ce pointer le rôle important joué par la régle- principalement grâce aux stratégies d’inves­ mentation européenne AIFMD (Alternative tissements alternatifs. » Investment Fund Managers Directive) dans l’explosion des fonds alternatifs au Luxem­ DES OUTILS ET DES EXPERTISES

« Le pays est aussi connu comme un hub pour la gestion des risques et, de plus en plus, pour des activités de front-office, comme le port management. » Denise Voss

PHOTOS Patricia Pitsch (Maison Moderne)

Présidente, Alfi

bourg. Développée par l’Europe après la dernière crise financière, cette directive a permis de mettre en place un solide cadre réglementaire et de gouvernance pour les fonds alternatifs. Cette plus grande sécurité a contribué à attirer de nombreux acteurs institutionnels vers cette forme d’investissement, notamment les fonds de pension et fonds souverains. Ces deux phénomènes conjoncturels ont véritablement boosté les fonds d’investissement alternatifs au Luxembourg. Au 31 décembre 2018, ceux-ci représentaient ainsi 704 milliards d’euros, soit 17,3 % du total des actifs sous gestion dans le pays. Un an plus tôt, ces mêmes fonds alternatifs représentaient 673 milliards d’euros, soit 16,1 % du total des actifs sous gestion. « Luxembourg est donc une place financière qui héberge un nombre croissant de fonds alternatifs, ainsi que leurs structures d’in­

1 contribution

CONSTITUTION DE L’OFFRE Mathieu Maurier Responsable pays Société Générale Luxembourg

QUI AUGURENT UN AVENIR RADIEUX

Considérant cette évolution croissante, les ambitions du Luxembourg par rapport aux fonds d’investissement alternatifs sont importantes. « L’Alfi a d’ailleurs mis à jour, fin 2018, ses trois brochures consacrées aux stratégies d’investissements alternatifs, qui couvrent le private equity, l’immobilier, ainsi que les stratégies de gestion de crédit ou de dette. Celles-ci constituent les principales formes d’investissements alternatifs existant au Luxembourg », précise Denise Voss. Pour attirer les acteurs intéressés par ces investissements, le Luxembourg dispose de nombreux atouts, notamment le RAIF (Reserved Alternative Investment Fund), un véhicule d’investissement indirectement supervisé, créé en 2016. « Il s’agit d’une struc­ ture très populaire au sein de ce qu’on appelle la ‘boîte à outils’ luxembourgeoise. 575 RAIF ont ainsi été enregistrés dans le pays depuis le lancement de ce véhicule en 2016. Toutefois, les outils et structures légales disponibles au Luxembourg qui répondent aux besoins des gestionnaires d’actifs et investisseurs dépassent ce seul RAIF et contribuent au succès de la place financière luxembourgeoise », explique encore la présidente de l’Alfi. Enfin, le Luxembourg reste aussi attractif aux yeux des investisseurs en quête de fonds alternatifs ou de fonds Ucits plus traditionnels en raison de facteurs structurels : sa grande stabilité économique, sociale et politique, son écosystème d’experts très fourni, ses infrastructures modernes, ainsi que la collaboration continue qui existe entre l’industrie des fonds et ses principales parties prenantes. Ces raisons permettent donc de mieux comprendre pourquoi le Luxembourg est le plus important centre financier en Europe, et le deuxième plus important dans le monde, après les États-Unis.  Q. D.

2 contributions

CARTES BLANCHES Pieter Leguit Local partner Loyens & Loeff Luxembourg

Jérémie Schaeffer Partner Atoz

RENDEZ-VOUS

LES PROCHAINS GRANDS DOSSIERS 04.04.2019

Wealth management

30.04.2019

Transformation digitale 16.05.2019

Family financial services

20.06.2019

Private equity

Retrouvez tous les mois sur paperjam.lu et dans la newsletter Coffee Break un dossier digital qui comprend une table ronde et des contributions d’experts.

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It’s a new De(a)lano!

LUXE MBO UR G IN E NGLISH, SINCE 20 11

Photo → Franklin Delano Roosevelt, taken in 1944 by Leon A. Perskie [edited]

New editorial formula. Out now.


espresso conversations envies La Grande-Duchesse se confie en page 64 sur les causes pour lesquelles elle se bat, dont celle du viol de guerre.

Il a pris la succession de Carlo Thill à la barre du paquebot BGL BNP Paribas. Première  interview en page 74 avec son CEO, Geoffroy Bazin.

Devenir Première ministre ? Djuna Bernard n’y songe pas au quotidien, mais la perspective ne l’effraie pas. Interview sans détour en page 84. Expliquer, rassurer et convaincre. L’agenda de John Marshall est largement dédié au Brexit. L’ambassadeur de Sa Majesté au Luxembourg nous ouvre les portes de sa résidence en page 94. Plongée, en page 102, dans les coulisses de l’Orchestre philharmonique du Luxembourg, des répétitions à l’entrée sur scène des musiciens. Avril 2019 —

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Appel La Grande-Duchesse lance un appel pour briser le silence autour du viol de guerre.

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« Je n’ai pas besoin de défendre les causes faciles » Attachée aux traditions et aux valeurs du pays, Maria Teresa de Luxembourg n’hésite pas à bousculer les codes. Et à mobiliser autour d’elle pour orga­ niser un premier forum interna­tional sur le viol commis sur le terrain de conflits armés. Sensible à la détresse au Luxembourg également, la GrandeDuchesse prévient du risque de dérive vers les extrémismes que peut engendrer l’exclusion.

Auteur

thierry raizer Photographe

emanuele Scorcelletti

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Maria Teresa Engagée contre l’exclusion

M

adame, pourquoi vous saisir de l’enjeu du viol en situation de guerre, organiser un premier forum et lancer un appel international ?

ce dont elles ont besoin. Autour d’elles, j’ai invité tous les représentants nationaux, internationaux et les grandes organisations internationales concernées. Mais je voulais surtout que ce forum soit ouvert Bio express La Grande-Duchesse à tous les Luxembourgeois et à l’international. Au départ de ces lignes de force, je le voulais en cinq dates aussi extrêmement vivant. J’aimerais que les per1956 Naissance le 22 mars sonnes qui vont prendre la parole ne soient pas à La Havane uniquement celles qui sont érudites, mais celles 1960 Départ du pays qui savent faire passer un message, qui savent au moment de la révolution communiquer. Ce forum est un peu mon bébé. J’ai castriste essayé de le rendre passionnant du début à la fin, 1980 Obtient une licence en contraste avec ce que l’on peut souvent voir en sciences politiques lors des conférences internationales sur ce type de l’Université de Genève, où elle rencontre son futur mari de sujet.

La conférence donnée en 2016 par le Dr Denis Mukwege à la Philhar­ monie, ici au Luxembourg, a été un moment-clé. J’ai été bouleversée par son témoignage. Avant cela, j’avais vu un reportage à la télévision française sur l’action qu’il mène dans son Hôpital de Panzi, en République démocratique du Congo. Je me suis dit que nous étions face à un problème gravissime sans prise de conscience majeure. J’ai sollicité une entrevue avec le Dr Mukwege lors de son passage Quelle ambition poursuivez-vous avec au Luxembourg. Nous nous sommes rencontrés au l’appel que vous lancez le premier jour ? palais. Il y a tout de suite eu un déclic entre nous, Ce forum est un point de départ, il n’est pas une une très bonne entente. Je lui ai demandé ce que fin en soi. C’est un point de départ sur plusieurs je pouvais faire pour l’aider. Il m’a expliqué qu’il plans. Je lance en effet tout d’abord un appel, car venait de fonder un mouvement mondial réunisj’ai toujours été étonnée que les personnes qui ont sant des survivantes de violences sexuelles dans les une visibilité à l’international ne soient pas conflits. Pour se reconstruire, ces femmes ont besoin capables de se mettre ensemble face à une thématique aussi grave et de dire « stop », on ne peut plus de reconnaissance, elles ont besoin qu’on leur donne une voix. J’ai proposé au Dr Mukwege d’être mon accepter cela. C’est ce que je prétends faire avec partenaire pour organiser ce forum, qui poursuit mon appel, qui recueille l’adhésion et la signature le même objectif que le Mouvement. La réponse de toutes les personnalités qui nous rejoignent ou favorable a été immédiate ! d’autres qui soutiennent la cause sans pouvoir être Le fruit d’une rencontre… présentes, comme Christine Lagarde. Je veux mobiOui, le fruit d’une rencontre. Cela m’est arrivé avec liser pour dire que nous ne pouvons plus accepter plusieurs personnes dans ma vie, dont le profescela. Nous n’avons pas la prétention d’arrêter les seur Yunus. guerres, mais au moins le viol de guerre.

Quelle était l’ambition de départ du forum ?

Comment expliquez-vous ce silence

J’ai voulu composer un programme que je n’avais qui règne autour de ce crime ? jamais vu auparavant dans des conférences interLe silence permet l’impunité, c’est le grand pronationales, et j’en ai fait beaucoup. Je voulais blème. Mais il y a « un avant » et « un après » le prix d’abord que les victimes aient une place centrale Nobel de la paix reçu par Nadia Murad et le Dr Mukwege en 2018. Avant, on évitait la thémaet qu’elles prennent la parole. Pas les spécialistes. Je considère que la voix des victimes est la plus tique, on ne voulait pas la regarder en face. Or, les importante, qu’elles ont un courage extraordinaire victimes ont besoin d’être entendues et de parler. qui nous sert d’exemple et nous donne beaucoup C’est « nous » qui ne voulons pas entendre. Je suis de force. Ce sont elles qui sont à même de savoir fière que le G7, qui sera organisé cette année à

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1981 Mariage avec celui qui était encore Grand-Duc héritier

2000 Abdication du Grand-Duc Jean ; Henri devient chef de l’État, et Maria Teresa Première dame du pays


Ambassadrice Depuis 1997, la Grande-Duchesse est Ambassadeur de Bonne Volonté de l’Unesco pour la lutte contre la pauvreté, l’éducation des jeunes filles et la promotion des microcrédits.

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Biarritz, ait inclus le viol comme arme de guerre et les violences en zones sensibles dans la partie « G ender » de son agenda. J’ai été voir Brigitte Macron, accompagnée de ses conseillers, à ce sujet, c’est la première fois qu’ils entendaient parler de la thématique de cette façon. Et ils ont accepté de faire remonter cette préoccupation. Nous voulons rassembler le maximum de personnes autour de nous pour travailler dans la même direction et arriver à faire changer les choses. Plus on sera nombreux à le faire, mieux ce sera.

Avez-vous réussi à convaincre d’autres responsables politiques ?

Le prix Nobel y a contribué pour beaucoup. J’ai aussi la chance d’être accompagnée ici par notre gouvernement, par M. Asselborn et M. Bettel. J’en arrive à mon autre préoccupation dans le cadre de ce forum, et qui était très importante pour moi : mettre le Luxembourg en lumière, et dans une autre lumière que celle que l’on peut percevoir de l’étranger. Nous sommes quand même un des pays les plus généreux par tête d’habitant pour l’aide au développement. J’aimerais qu’on en parle aussi de temps en temps. Ce forum est une occasion aussi de montrer au monde ce qu’est le Luxembourg.

Les attaques dans la presse étrangère à l’égard du Luxembourg vous touchent ?

Elles me blessent terriblement. Quelquefois, j’ai envie qu’on se défende plus. J’aimerais bien qu’on réponde. Nous avons une timidité qui n’est pas bonne dans ce cadre, car elle peut entretenir les idées reçues.

monique du Luxem­bourg, accompagné de deux chan­teuses, Dobet Gnahoré et Morgane Ji, pour fêter la victoire des survivantes !

Il ne faut donc pas avoir peur de bousculer les codes, même en tant qu’Altesse Royale…

Finance responsable

Un award pour la dignité La Grande-Duchesse soutient, depuis son lancement en 2005, l’European Microfinance Award, organisé conjointement par le ministère des Affaires étrangères et européennes, la Plateforme européenne de la microfinance et le réseau de finance inclusive Infine.lu. Un soutien qui s’inscrit dans la lignée de son action en faveur de la micro­ finance avec Muhammad Yunus (1er en partant de la droite sur la photo). Le thème retenu pour l’Award 2019 est : « Renforcer la résilience au changement climatique ». Ce 10e award, doté de 100.000 euros, sera remis en novembre prochain.

Microfinance

« Si on veut L’appel est déjà un acte concret. Il y a aussi un changer le monde, moment très important lors de la soirée à la il faut réinventer Philharmonie, je l’appelle « la réparation ». Les vic- les choses » times m’ont dit que personne n’avait jamais reconnu Le père de la microfinance, de manière officielle ou solennelle l’horreur qu’elles économiste et prix Nobel de ont vécue. Si elles veulent se reconstruire, cela passe la paix Muhammad Yunus interle 4 mars dernier auprès par là. Ça passe par la recon­naissance internatio- venait des étudiants de Montpellier nale de l’horreur qui existe, et qu’elles ont vécue. Business School. Celui qui J’ai aussi voulu que la soirée soit suivie par un a fondé la Grameen Bank concert avec Gast Waltzing et l’Orchestre philhar- au Bangladesh (la Grande-

Comment ancrer ce forum dans le « concret » ?

« Le fait que les salaires ne soient pas encore égaux entre hommes et femmes est  déjà l’exemple le plus criant de cette inégalité. » 68 —

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Duchesse siège au conseil d’administration de la banque) en 1983 a souligné combien il fallait « penser en dehors du cadre » pour considérer le système bancaire et financier différemment : « Ce système va s’effondrer d’ici 30 ou 40 ans, car cela crée énormément de tensions. Pas de justice sociale, pas de paix ! Le microcrédit est une solution. Si on veut changer le monde, il faut réinventer les choses. L’ancien système a créé un clivage entre riches et  pauvres, et ça empire », déclarait M. Yunus lors de son passage à Montpellier.

C’est profondément dans mon tempérament. J’ai mené des études de Sciences Po, avec l’objectif de travailler dans l’humanitaire. J’ai toujours voulu être le porte-parole de ceux qu’on n’entend pas. Je me suis dit que ces études permettaient d’avoir une formation générale pour défendre ceux qui ne peuvent pas se défendre. J’ai toujours eu cela en moi. Quand je me suis mariée, j’ai réalisé que j’avais le privilège d’être à une place où je pouvais vraiment mettre certains problèmes en lumière. Je me suis toujours mis comme défi de défendre les causes les plus difficiles, les moins entendues, les moins regardées. C’est ça qui m’a amenée dans les prisons du Burundi. Pendant 10 ans, on m’a raconté à tous les niveaux qu’il n’y avait pas de mineurs emprisonnés dans ces prisons pour des délits de droit commun. Il a suffi que plusieurs personnes me disent, et à plusieurs reprises, qu’on exagérait sur ce point pour que je décide de partir constater cela sur place, dans les prisons, et découvrir la vérité. Quand j’ai pris en main la cause de la micro­ finance avec le professeur Yunus, personne ne savait ce qu’était le microcrédit, ni qu’il s’agit d’un outil de financement, un moyen efficace pour combattre la misère. À la place où je suis, et dans l’institution à laquelle j’appartiens, c’est très peu courant de faire le choix de se battre dans ces directions, et ce n’est pas toujours facile.

Quelle est votre idée de la monarchie dans le monde d’aujourd’hui ?

Je prétends justement que c’est par ce type d’action que l’on rend la monarchie vivante et ancrée dans son temps. J’ai un profond respect de l’institution, un profond respect de ce qu’elle représente. Je crois vraiment dans le rôle d’une personne neutre, au-­ dessus de la mêlée, dans laquelle j’espère que le plus grand nombre se reconnaît. C’est une garantie de stabilité et de cohésion nationale. Mais je crois aussi que la personne qui est à côté du chef de l’État peut donner une autre visibilité à l’institution. C’est un « win-win » pour l’institution, pour notre pays, et pour mon mari. Dès que j’ai une idée, c’est d’ailleurs avec lui que je la partage. Il m’aide toujours. Il connaît le tempérament fonceur de sa femme, il ne prétend pas me demander d’être autre que ce que je suis. Et quand j’ai pris ma décision, il me soutient à 1.000 %. J’ai la chance d’avoir un mari qui est aussi mon fan numéro un !

Un soutien important aussi pour toutes les femmes qui veulent faire carrière, entreprendre des projets…

Ce n’est pas évident dans la position où nous sommes tous les deux d’avoir, de la part de mon mari, chef de l’État, une telle adhésion à mes initiatives.

Outre la problématique de la violence, les femmes sont touchées de plein fouet par la pauvreté à travers le monde…


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Reconnaissance

Résolution 1820 Le 19 juin 2008, le Conseil de sécurité des Nations unies adoptait à l’unanimité la résolution 1820 (2008), exigeant que soient prises « immédiatement les mesures voulues pour protéger les civils, notamment les femmes et les filles, contre toutes formes de violence sexuelle » et que « toutes les parties à des conflits armés mettent immédiatement et totalement fin à tout acte de violence sexuelle contre des civils ». C’est à cette époque qu’un messager de la paix chargé de ces questions a été nommé. Le poste est occupé depuis 2017 par l’avocate mauricien­ne Pramila Patten, en tant que représentante spéciale du secrétaire général, chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, avec rang de secrétaire générale adjointe.

Coopération

1,96 % Le soutien à la coopération au développement et à l’action humanitaire représente 1,96 % du projet de budget de l’État 2019. Le plus grand montant – 225.670.920 € – est alloué au Fonds de la coopération au développement (FCD), qui est un instrument permettant au ministère des Affaires étrangères et européennes de mener à bien des  programmes et des projets de coopération qui s’étendent sur plusieurs années.

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« Les qualités du vivre-ensemble qui existent au Luxembourg sont précieuses et ne peuvent pas être abîmées. »

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Les personnes les plus pauvres sont des femmes. Or, le professeur Yunus prête, dans 90 % des cas, à des femmes, parce qu’elles sont plus fiables, elles remboursent et investissent dans leurs enfants, Le forum dans leur éducation, dans un toit. Ce qui n’est pas Une rencontre toujours le cas chez les hommes. Il y a un tel travail de personnes à faire sur le plan culturel pour changer les choses. Le Forum international « Stand Speak Rise Up! », organisé les 26 Dans nos pays non plus, nous ne sommes pas encore et 27 mars au Luxembourg sous arrivés à obtenir l’égalité entre hommes et femmes. l’égide de la Grande-Duchesse, Tout commence par l’éducation des petits garçons est le fruit de la rencontre avec Dr Denis Mukwege, fondateur et des petites filles, par les messages qu’on va leur le et directeur médical de l’Hôpital envoyer, et les exemples qu’on va leur montrer. de Panzi, en République démo-

Le changement va se jouer sur plusieurs générations ?

J’espère que cela va aller plus vite que deux générations. Nous avons déjà fait beaucoup, mais il reste du chemin à parcourir. Le simple fait que les salaires ne soient pas encore égaux entre hom­mes et femmes est déjà l’exemple le plus criant de cette inégalité.

D’autres actions doivent-elles être prises au niveau de l’éducation ?

Le changement commence à la maison, dans les familles, et s’étend jusqu’à l’entreprise. Combien de femmes sont cheffes d’entreprise… il n’y en a pas beaucoup. C’est difficile pour elles d’arriver à la même place qu’un homme. Elles doivent montrer qu’elles sont – et de loin – meilleures que les hommes, tout en cumulant plusieurs casquettes, qui ne sont pas des moindres. Les femmes sont certes plus aidées qu’avant par leur mari, mais elles ont encore beaucoup à porter par elles-mêmes, que ce soit en Europe, en Asie, ou encore en Amé­rique du Sud. Quand je vois les femmes africaines, je les appelle toujours mes « grandes sœurs », car elles portent l’économie de leur pays respectif à bout de bras, tout en gérant le foyer, en élevant, en éduquant leurs enfants… Quand je vois les micro-­ entrepreneurs en Afrique, ce sont presque toujours des femmes… Et en même temps, dans certains pays, elles n’ont pas de droit à la propriété, elles peuvent être répudiées par leur mari !

Que doit faire le Luxembourg ?

Il doit soutenir davantage les femmes. Il faut aussi que les femmes prennent la défense des autres femmes maltraitées dans le monde. Si nous ne le faisons pas, qui le fera ?

Souhaitez-vous lancer un appel aux chefs d’entreprise par rapport à cette cause ?

Toutes les entreprises sont concernées par la social responsibility. Cela me tient très à cœur. Tous ceux qui travaillent dans une entreprise ont besoin de donner du sens à leur action. Je serais reconnaissante si les chefs d’entreprise pouvaient faire connaître mon appel auprès de leurs employés et de leurs clients.

Que peut faire la place financière pour aider les plus démunis, et notamment les femmes, à vivre décemment ?

Le secteur financier doit se doter de critères d’investissement relatifs à la responsabilité sociale. L’agence de labellisation Luxflag (S.A.R. est présidente d’hon­ neur de Luxflag depuis 2006, ndlr), qui est née autour de la microfinance, devra évoluer dans ce

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cratique du Congo, où, depuis sa création en 1999, plus de 50.000 victimes de violences sexuelles ont été traitées. Il a reçu le prix Nobel de la paix en 2018, avec la militante yazidie Nadia Murad – également présente et soutien du forum –, pour son action visant à mettre fin à la violence sexuelle comme arme de guerre. Autre rencontre importante pour la préparation de l’événement : celle avec Céline Bardet. La juriste a créé l’ONG We Are Not Weapons of War en 2014, qui se consacre à la lutte contre les violences sexuelles dans les conflits.

#standspeakriseup

Une campagne a été organisée sur les réseaux sociaux pour sensibiliser à la cause du Forum. Ici, la Grande-Duchesse avec le chef de l’État.

sens, en ajoutant des critères d’évaluation des fonds labellisés en faveur de la protection des femmes.

Quel est, plus globalement, le fil rouge entre toutes vos actions ?

Le fil rouge est de restaurer la dignité humaine, et surtout chez les femmes et les enfants. Je crois que c’est là que le bât blesse encore aujourd’hui.

Dans une société où on a l’impression de tout savoir, le silence reste très important autour de certains sujets, même chez nous…

La violence faite aux femmes est encore taboue. C’est un tabou qu’il faut lever.

La population du Luxembourg grandit fortement et est toujours plus multiculturelle… quel est votre regard sur ce pays ? À quels éléments faut-il être attentif ?

Vous parlez à une exilée qui a vécu sur plusieurs continents. Je comprends très bien le phénomène de l’immigration et des personnes qui arrivent dans un nouveau pays, dans une nouvelle culture et qui doivent s’adapter. Je l’ai connu plusieurs fois dans mon enfance et ma jeunesse. Or, c’est une richesse énorme. Celle que je suis est le résultat de ces différentes cultures auxquelles j’ai été exposée. Il n’y a pas de peur à avoir, car ce Luxembourg en devenir, c’est un Luxembourg enrichi, de plus en plus enrichi. À une condition : que nous sachions, nous Luxembourgeois, garder précieusement et transmettre à tous les entrants, comme à nos enfants, qui nous sommes. Nous devons transmettre nos valeurs, ce qui nous a toujours définis, nos habitudes et nos traditions. Les transmettre permet de les faire respecter. Il y a des traditions au Luxembourg qui sont d’une importance capitale, autant que celles de ma petite enfance. L’un n’empêche pas l’autre. Les qualités du vivre-­ ensemble qui existent au Luxembourg sont précieuses et ne peuvent pas être abîmées. Mes parents m’ont toujours appris que lorsqu’on arrive dans un nouveau pays, on s’adapte à la culture de ce pays, on le respecte. L’héritage culturel qu’on apporte est un plus. Si ces paramètres sont respectés, je ne peux qu’être optimiste pour le Luxembourg.

Beaucoup de personnes arrivent ici pour des raisons économiques. Peut-être ont-elles moins d’intérêt naturel aux traditions du pays…

Si l’on reçoit de ce pays, il faut aussi faire preuve d’un certain attachement. Et aussi participer à la vie de la société. Il ne faut pas être qu’un « utilisateur », il faut savoir donner aussi.

Le Statec et d’autres organismes dans le social pointent l’augmentation du risque de pauvreté. Percevez-vous ce phénomène de la même manière ?

À travers ma Fondation, je reçois de plus en plus de demandes à l’aide. L’immense majorité provient de femmes élevant seules leurs enfants. Elles ne trouvent pas de logement, de travail… Tous les organismes sociaux du pays avec lesquels je parle sont d’accord sur le constat d’une pauvreté croissante. Le grand danger qui subsiste est l’exclusion. Car c’est l’exclusion qui mène aux extré­mismes, quels qu’ils soient. Il faut éviter à tout prix l’exclusion.


Les  meilleurs candidats  n’ont souvent qu’un défaut. Ils  sont déjà en poste . Heureusement, ils lisent tous  Paperjam .

Le job-board de ceux qui ne vont pas sur les job-boards


Retrouvailles Le nouveau président de BGL BNP Paribas retrouve le Luxembourg, où il avait déjà travaillé de 2003 à 2010.

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Auteur

Jean-Michel Lalieu

«

Photographe

Edouard Olszewski

J’AI BESOIN DE FAIRE BOUGER LES LIGNES »

Passionné de voile, Geoffroy Bazin ne navigue jamais à vue. Neuf mois après avoir pris la succession de Carlo Thill en tant que responsable pays pour BNP Paribas et président du comité exécutif de BGL BNP Paribas, il livre sa première interview.

Entre la formation du personnel pour affronter la digitalisation et le dévelop­pe­ ment de nouveaux outils pour mieux assurer les demandes de la clientèle, Geoffroy Bazin partage les grandes lignes du prochain plan stratégique de la banque. Avril 2019 —

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Geoffroy Bazin De Paris à Luxembourg

V

ous êtes depuis neuf mois à la tête de BGL BNP Paribas. L’héritage était en bon état ?

Oui, absolument. BGL BNP Paribas est une banque solide. Elle a beaucoup d’atouts. J’y vois surtout un capital humain assez remarquable. Elle dispose d’une diversité de profils, de gens bénéficiant de beaucoup d’expertise, bien formés, très engagés. C’est le principal atout : pouvoir s’appuyer sur des collaborateurs qui ont envie de développer un projet, de nouveaux services, se moderniser. Bien enten­du, il y a des choses à faire, nous avons beaucoup de potentiel devant nous, comme tirer parti de l’environnement bancaire qui continuera d’évoluer. J’ai donc envisagé des grands thèmes d’action pour la fin de cette décennie et pour engager la décennie à venir.

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Comment s’est déroulée votre nomination ? C’était un souhait de votre part ou une décision du groupe ?

Kirchberg à la Cloche d’Or, un tram flambant neuf. On sent donc que le Luxembourg a continué de grandir, de consolider ses forces. Le visuel immobilier est impressionnant. C’est agréable de voir cette prospérité bien accompagnée, ce climat de confiance, cette économie qui se développe de manière régulière. Beaucoup de fondamentaux restent très forts et la stabilité économique donne de vrais atouts. C’est pour cela que notre groupe y investit.

Un peu les deux. Dans un groupe comme BNP Paribas, un choix pour un poste qui implique de telles responsabilités est pris par la direction générale du groupe, en lien avec l’État luxembourgeois, qui fait partie de nos actionnaires. Mais, à titre personnel et en termes de carrière, je reviens avec plaisir au Luxembourg, où j’ai déjà travaillé de 2003 à 2010. C’est un environnement Votre prédécesseur, Carlo Thill, financier, bancaire et client remarquable. a gardé ce poste 13 ans. Vous venez C’est un très beau challenge. également pour un long bail ? C’est un retour au Luxembourg J’aime rappeler la phrase d’un grand leader pour vous. La place financière a-t-elle politique et militaire comme Napoléon : beaucoup changé depuis votre départ ? « N’ira pas loin celui qui connaît déjà son Oui et non. Quand on revient au Luxem­ chemin. » Mais il est clair que quand on bourg, on trouve toujours une Place forte, prend une responsabilité comme celle-ci, stable. On retrouve beaucoup de têtes c’est une mission d’accompagnement de la connues qui ont continué à développer leurs banque dans son développement, ça ne activités. Le Luxembourg a la réputation peut pas se faire à court terme. J’espère d’un pays qui sait donner confiance par sa pouvoir redonner de l’impact à la banque stabilité. J’ai observé une constance dans du fait de ma présence. ce pays, surtout en revenant au Kirchberg, Le personnel a longtemps été habitué en regardant les installations financières, au style de Carlo Thill. Comment les noms des banques. On est dans la conti- définiriez-vous votre propre style nuité huit ans plus tard. En même temps, de management ? lorsque je suis parti en 2010, la conjoncture Je suis d’un style ouvert, attentif, très à économique et bancaire en Europe était en l’écoute de l’interlocuteur. Notre rôle est pleine tourmente suite à la crise de 2008 et d’être au service des clients, il faut écouter on ressentait le pessimisme ambiant. Puis, leurs besoins. J’aime avoir cette approche huit ans plus tard, je vois des grues partout, aussi bien vis-à-vis des clients que de mes de nouveaux immeubles, un deuxième collaborateurs ou de partenaires. Mais,


Bio express 1963 ­/ Naissance à Paris le 21 mai ; marié ; trois filles. 1986 ­/ Maîtrise de comptabilité finance et diplôme d’études supérieures en marchés financiers et matières premières (Université Paris-Dauphine). 1988 ­/ Entre chez BNP Paribas au sein de l’organisation des activités de marché. 1993 ­/ Intègre l’Inspection générale chez BNP Paribas. 1997 ­/ Coresponsable des back-offices de marchés. 2000 ­/ Rejoint Londres en tant que responsable des back-offices produits dérivés Paris / Londres. 2003 ­/ Directeur général de BNP Paribas Securities Services à Luxembourg. 2011 ­/ Chief operating officer et membre du comité exécutif du pôle Investment Solutions à Paris. 2014 ­/ Responsable pays du groupe BNP Paribas en Suisse et CEO de BNP Paribas Suisse. Juillet Responsable pays du groupe 2018 ­/ BNP Paribas au Luxembourg et président du comité exécutif de BGL BNP Paribas.

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droit de réplique

ensuite, vient le temps de la décision. Je suis impor­tant potentiel de ventes croisées. un manager qui aime bien répartir son énerCette fusion est un point de naissance très gie entre le temps de l’écoute et celui de important. Elle donne beaucoup plus de l’action, du changement. Je n’aime pas beausolidité et d’activités couvrant à la fois les coup l’immobilisme, j’ai besoin d’entremarchés local et international dans de nombreux métiers, comme le private banking, prendre, de faire bouger les lignes. Je n’estime jamais que ce qui est acquis l’est le corporate banking, l’asset management pour longtemps. Il faut s’adapter. Je répète ou encore l’immobilier. souvent à mes collaborateurs que ne pas Vous avez longtemps travaillé au siège, être dans le changement est un risque pour à Paris. Comment est vu le Luxembourg le futur de chacun. Mais ce changement doit depuis Paris ? être accompagné et expliqué. Il est anxioLa perception est tout à fait bonne. Après gène pour l’être humain, il faut donc lui le rapprochement entre Fortis et BNP donner du sens. Paribas, le Luxembourg est devenu un des Vous étiez en poste lors de la reprise quatre marchés domestiques dans la strade Fortis Luxembourg par BNP Paribas. tégie de banque de détail et des entreprises Vous y avez participé activement ? du groupe aux côtés de la France, de l’Italie À cette époque, j’étais managing director et de la Belgique. Nous faisons partie d’un de BNP Paribas Securities Services, la vaste ensemble opérationnel dans lequel nous sommes une pièce, petite sans doute, banque dépositaire du groupe, à Luxembourg. Lors de l’opération avec BGL mais qui a son importance dans cette straet l’ancien groupe Fortis, BNP Paribas m’a tégie retail. Nous assumons le rôle de pilote confié la responsabilité de l’intégration des dans le développement de certains produits activités titres, d’administration de fonds et services. Un autre exemple de cette et de banque dépositaire de BGL et de Fortis importance, c’est l’acquisition l’an dernier au sein de BNP Paribas Securities Services. d’ABN Amro Luxem­bourg, afin d’étendre J’ai donc côtoyé Carlo Thill et son équipe l’activité de private banking. C’est une de direction en 2009-2010. J’ai vécu cette marque de confiance extrêmement forte opération industrielle de très grande de la part de BNP Paribas d’investir dans ampleur de l’intérieur. Elle était complexe, une opération de cette importance. La place mais elle a généré beaucoup de fierté. Elle financière de Luxembourg est donc vue a permis de constituer un grand champion comme un lieu incontournable pour le dévebancaire luxembourgeois, regroupant tous loppement européen de nos activités de les métiers de BGL et de BNP Paribas et private banking, mais également pour représentant aujourd’hui plus de 3.900 notre banque commerciale auprès des collaborateurs. Nous disposons d’un vaste entreprises. écosystème très complet qui recèle un Quelles ont été vos premières actions une fois en poste ?

« On sent que le Luxembourg a continué de grandir, de consolider ses forces. »

J’ai avant tout souhaité très vite connaître l’ensemble de mes collaborateurs. Dès le mois de juillet 2018, j’ai fait le tour des 41 agences. J’ai ensuite poursuivi cette visite en allant saluer l’ensemble des collaborateurs dans tous les départements. C’était important pour comprendre, au-delà des chiffres et des rapports, ce qui se passe réellement sur le terrain. C’est là que l’on reçoit de la vraie information, ce qui me permet notamment de forger mes convictions et de voir ce qui peut devenir la base d’un plan d’action pour la suite. Ma deuxième action a ensuite été de procéder à des aménagements au niveau de la gouvernance. Par l’expérience acquise dans mes autres fonctions, je sais qu’il est important d’avoir un dispositif de décision, de reporting et de délégation bien en main. Je me suis aussi rapidement attelé à cela. C’est d’autant plus important dans une banque, qui est une centrale de risques. Je me suis donc également assuré que la gestion des risques était placée à un bon niveau, en installant un comité de pilotage opérationnel des risques.

Le banquier face aux clichés Depuis la crise, les relations entre les citoyens européens et la banque se sont dégradées. Nous avons proposé à Geoffroy Bazin de répliquer face aux accusations les plus répandues. Le banquier vous donne un parapluie quand il fait beau et le reprend quand il pleut. Je crois fondamentalement l’inverse. Le bon banquier est là pour développer une relation de partenariat, accompagner le client dans ses séquences de vie et prendre des risques bien évalués au moment où le client en a besoin. Mais une banque doit aussi rester vigilante. Elle doit cultiver son expertise dans le domaine du risque et on ne peut pas lui reprocher de savoir prendre des décisions prudentes ou négatives lorsqu’elle perçoit un danger pour elle et pour les clients. Les citoyens paient la crise à la place des banques. C’est partiellement vrai. Toutes les banques ne sont pas à mettre dans le même panier. C’est bien le système bancaire américain qui, via la crise des subprimes, a mis la planète à feu et à sang. Mais beaucoup de banques, en Europe, n’ont pas été impliquées dans cette crise. Il y a de bons et de moins bons élèves. BGL était un bon élève, son actionnaire de l’époque ne l’était pas. BNP Paribas était également un bon élève, les banques françaises ont d’ailleurs été peu touchées dans l’ensemble. Les banques font tout payer à leurs clients. Non, et c’est justement là notre dilemme. Le client pense qu’on lui fait tout payer et la banque sait qu’elle n’arrive pas à respecter tous ses coûts de production dans ses tarifications. Le business model des banques est devenu de plus en plus complexe. Elles gagnent nettement moins en ne béné­ ficiant plus de la marge de taux entre crédits et dépôts dans le contexte de taux bas et doivent faire face à la nécessité de réorganiser leurs tarifications pour pouvoir financer les investissements, les coûts de la réglementation, la modernisation et la digitalisation des services aux clients, et rémunérer la prise de risques. Pour l’instant, elles n’ont pas transféré la totalité de la transformation via de nouveaux tarifs. Les banques européennes n’ont pas joué le jeu de financer l’économie réelle. J’ai plutôt la conviction que les banques ont joué leur rôle. Elles ont continué à financer les entreprises ou le crédit immobilier, par exemple, tout en n’étant plus contraintes par les nouvelles réglementations bancaires. Dans un certain nombre de cas, elles ont dû arrêter leur financement face à des acteurs économiques fragilisés. La banque ne peut pas être celle qui va systématiquement compenser ou prendre sur elle le risque de personnes qui ont aggravé leur situation, volontairement ou non. Dans un contexte risques importants, il est tout à fait normal qu’une banque se montre prudente, privilégie les risques mesurés. C’est sa mission et c’est son engagement vis-à-vis de ses clients déposants.


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Nous investissons beaucoup de moyens de créer de la valeur pour les clients. L’enjeu dans ce domaine, mais j’ai aussi besoin de est donc, pour nous, de les facturer à leur préparer des relèves, de développer et juste valeur en s’assurant que les clients sont challenger nos talents, de sécuriser et renprêts à payer ce prix. Aujourd’hui, les forcer nos expertises. J’ai donc initié un plan banques traditionnelles sont en compétid’action au niveau des ressources humaines tion avec les néobanques, qui offrent des pour développer ces mesures. J’ai ensuite prix très faibles mais ne gagnent pas un deuxième point d’action très important d’argent. Notre objectif est de développer dans le domaine de l’expérience client. un modèle dans lequel on valorise le prix Notre monde est traversé par une imporpayé par le client par du service et de la tante vague d’innovation. La technologie capacité à l’accompagner dans ses projets arrêt sur image apporte un réel bénéfice pour améliorer de vie. Mais il est évidemment important nos produits et nos services, mais ce n’est que le client reconnaisse que ce service vaut Le « clan des sept » pas suffisant par rapport au client. Nous quelque chose. Pour faire l’analogie avec le Présent lors de la soirée de présentation devons maîtriser la satisfaction du client, secteur automobile, je dirais qu’une banque du Paperjam Top 100 2018 des décideurs donc connaître ses besoins, et à ce niveau, vend une voiture déjà équipée de noméconomiques les plus influents du Luxembourg, le 19 décembre dernier à la Rockhal, Geoffroy la technologie ne pourra pas tout assurer. breuses options de base. Si un client souBazin a pris la pose avec différentes personna­ Notre banque se positionne au centre de la haite des options plus spécifiques, haut de lités de la Place. « Une photo très sympathique, relation avec le client et veut, en même gamme, elles lui seront alors facturées. commente-t-il, et qui montre très bien une des forces du Luxembourg, c’est qu’il existe temps qu’on ajoute de la technologie, ren- En matière d’innovation justement, une relation à la fois bienveillante, amicale forcer la relation humaine avec ce client où en êtes-vous dans l’implémentation et de confiance entre les différents acteurs. » dans la durée. Continuer à lui offrir du du paiement instantané ? Pour sa première participation à l’événement, conseil, de l’expertise, des services. Ce sont C’est effectivement un sujet devenu stratéil en garde le souvenir d’une cérémonie « prestigieuse, engageante et inspirante », qui permet ces points qui différencient notre stratégie giquement important dans la mesure où de célébrer les succès, une chose importante de celle des néobanques qui se développent l’espace des paiements n’est plus uniqueà ses yeux. « Le Luxembourg est modeste, uniquement via internet. ment réservé aux banques et aux grands mais sait célébrer ses succès. C’est important. La digitalisation est un processus consortiums de cartes de crédit, mais il est Il reste d’ailleurs d’autres choses à faire en commun au niveau de la place financière qu’on ne peut plus esquiver... aussi observé par les fintech et les Gafa. En pour mettre en avant ses réussites. » C’est certain, d’autant que la conjoncture plus, de nouvelles réglementations nous De gauche à droite : en Europe se dégrade et que les banques imposeront bientôt de pouvoir garantir à MICHEL WURTH (PRÉSIDENT DE vont devoir continuer à vivre dans un monde nos clients qu’un versement sera fait en LA CHAMBRE DE COMMERCE), PIERRE GRAMEGNA (MINISTRE DES FINANCES), de taux d’intérêt bas, et même négatifs. La quelques secondes seulement, grâce à la JEAN-LOUIS SCHILTZ (SCHILTZ & SCHILTZ), digitalisation simplifie ou allège des tâches HUGUES DELCOURT (BIL), MANOU HOSS ET PIT RECKINGER et permet donc des gains de productivité (ELVINGER HOSS PRUSSEN), significatifs. Elle permet aussi d’accélérer ET GEOFFROY BAZIN. les ventes et de renforcer le contrôle des risques, elle est donc très importante pour la modernisation. Mais vis-à-vis du client, il faut faire attention à répondre à de nouvelles attentes, comme des services digitaux plus personnalisés. Par ailleurs, dans les nouveaux usages bancaires, tout n’est pas encore acquis pour tout le monde. Certaines Vous avez déjà eu l’occasion de mettre personnes ont toujours besoin de sécurité de grands chantiers en place ? et de conseils, et cela passe par du contact J’ai lancé plusieurs initiatives pour mettre en humain. Il faut donc envisager le bon place ma feuille de route et prévoir une strarythme de développement technologique tégie pour la fin de cette année. Elle nous au niveau des usages digitaux. permettra de définir ce que veut être BGL Les importants coûts du digital serontBNP Paribas après 2020. Pour cela, j’ai mis ils un jour transférés vers les clients ? sur pied un groupe de travail, afin de définir, Des services deviendront-ils payants à travers les convictions de nos clients et de pour éponger ces investissements ? nos collaborateurs, notre rôle, notre potenOui, il le faudra. Car toute entreprise comtiel et nos forces pour les années 2020. merciale doit trouver le meilleur tarif par Et à plus court terme ? rapport à la valeur qu’elle délivre au client Un de mes premiers points d’action grâce à son produit. Avec l’évolution actuelle des taux d’intérêt, le modèle ancien, concerne les ressources humaines. Pour performer et s’adapter au changement, c’est où le produit était peu facturé parce que la très important d’avoir un dispositif de resbanque assurait sa marge par la transforsources humaines qui pilote le développemation sur les taux d’intérêt à partir de ment, la mobilité et l’employabilité de notre dépôts à court terme et de crédits à moyen capital humain, et qui sait investir dans les terme, est révolu. L’investis­sement réalisé bonnes formations. C’est un de nos atouts. dans les produits digitaux a pour objectif

« Nous voulons affirmer encore plus notre leadership en tant qu’entre­ prise engagée en matière de développement durable. »

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Fidélité Geoffroy Bazin a accompli toute sa carrière chez BNP Paribas, où il est entré en 1988.

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q u a n d i l n e t r ava i l l e pa s ...

Les enfants du Cambodge Depuis la rencontre avec ses fondateurs, au début des années 2000, Geoffroy Bazin s’implique au sein de l’ONG Pour un sourire d’enfant, qui aide à sortir des enfants de la misère au Cambodge. « Lors de mon premier passage au Luxembourg dans les années 2000, j’ai monté l’antenne grand-ducale », précise-t-il. Il en est resté membre du conseil d’administration, mais il siège également au conseil de l’ONG à Paris. Il est coresponsable du comité de gouvernance et membre du comité d’audit. « Ayant eu la chance d’être né du bon côté de la barrière, je tiens à mettre mon acquisition de compétences et mon expertise professionnelle à disposition d’une ONG qui doit, elle aussi, agir de manière très professionnelle. » Il se rend donc fréquemment au Cambodge. « Un pays merveilleux, mais qui me permet aussi de relativiser. Je trouve important, par rapport au leadership, de bien garder les pieds sur terre. »

Face à la mer Passionné de voile, Geoffroy Bazin a participé à différentes compétitions et aime faire le parallèle avec le monde des affaires. « Il faut pouvoir faire face à des météos changeantes, changer les voiles et s’adapter. En tant que skipper, j’ai aussi dû gérer une équipe, apprendre à l’équipage à se coordonner, placer chacun à un poste bien précis et faire en sorte que chacun se mette au service du collectif. » Puis, même s’il place en premier le besoin d’évasion, il évoque aussi la concurrence en compétition. « Lorsqu’on est en course, le but est là aussi de tout mettre en œuvre pour   passer devant les autres. Il y a de vraies similitudes entre cette passion et ma vie professionnelle. »

l’ordre de quelques centaines d’euros. Le pour mieux les faire connaître. Nous allons jour où nous aurons le business case, les d’ailleurs en lancer d’autres en cours d’anusages et l’intérêt de promouvoir cela née pour bien montrer que nous ne restons auprès de nos clients, nous pourrons utilipas au niveau du discours. ser la plate-forme. En Belgique, on a récemment

Le monde bancaire propose de plus en plus de services que l’on n’attend pas d’une banque. Entendez-vous diversifier vos activités au-delà du secteur bancaire ?

Effectivement. C’est important, car dans la nouvelle économie de partage qui se développe, beaucoup de nouveaux usages se dessinent. En se penchant sur le vaste dossier de la mobilité, on s’aperçoit qu’une banque peut offrir de nombreux services. On pourrait, par exemple, imaginer devenir un acteur crédible au niveau d’une plateforme de covoiturage sur laquelle les navetteurs se partageraient les frais pour éviter de prendre la voiture seuls. Avoir une banque adossée à ce type de service peut apporter un plus. Je ne dis pas que ça nous rapportera beaucoup d’argent, mais nous gagnerons de la connexion avec nos clients, de la confiance et, d’une certaine manière, nous reviendrons à notre métier traditionnel qui est de conseiller avec confiance, d’être le banquier partenaire le plus crédible dans le coaching financier. Évidemment, nous n’y sommes pas encore. Par contre, depuis l’an dernier, nous proposons déjà du leasing automobile à nos clients privés à travers notre réseau d’agences en lien avec Arval, la société de leasing automobile du groupe BNP Paribas.

Actuellement, on parle beaucoup, dans le monde bancaire, de finance durable...

technologie. Notre force est de pouvoir nous adosser à un groupe comme BNP Paribas qui a investi dans ces développements. Nous avons donc déployé, au niveau du groupe, une plate-forme qui permettra ces paiements au niveau domestique, mais également pour les paiements transfrontaliers. Or, c’est à ce niveau que réside l’intérêt pour le Luxembourg, qui est au centre de nombreux flux cross-border. En ce qui concerne les paiements domestiques, la masse critique est faible.

Concrètement, à partir de quand le paiement instantané sera-t-il possible au Luxembourg ?

Nous allons nous équiper de cette plateforme informatique dans le courant de cette année. Elle sera d’abord utilisée pour les paiements standard au niveau des entreprises qui sont soumises à d’importants volumes de transactions. Dans un second temps, nous l’utiliserons pour le paiement instantané, pour des petits montants de

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parlé de la perte de 2.000 emplois sur deux ans et de la fermeture d’un certain nombre d’agences chez BNP Paribas Fortis. Une situation de crise que pourrait aussi vivre la filiale luxembourgeoise ?

Notre situation n’est pas comparable, mais, dans l’ensemble, les banques n’échappent pas au besoin de transformation. La digitalisation permet de faire beaucoup de gains de productivité, elle est incontournable, et nous anticipons qu’elle entraînera des réductions significatives du besoin de postes à l’avenir, comme l’informatisation l’a fait dans le passé. Ce n’est donc pas nouveau, le secteur bancaire s’est continuellement transformé, que ce soit à la suite de crises ou d’évolutions informatiques majeures. Il faut donc se préparer, anticiper le fait que l’on aura, à l’avenir, besoin de moins de personnel. C’est notre rôle en tant qu’employeur responsable de faire en sorte d’organiser cela dans la durée. C’est aussi pour cela que nous investissons pour permettre à nos collaborateurs de comprendre la révolution digitale et pour les préparer aux emplois de demain.

Selon les premières informations données par le groupe, l’activité retail s’est bien comportée en 2018. Vous pouvez donner un peu plus de détails sur l’année écoulée ?

Nos chiffres officiels ne seront publiés que début avril, mais je peux déjà dire que 2018 a connu une activité dynamique sur le plan commercial. La collecte des dépôts auprès de la clientèle des particuliers et des entreprises a augmenté de quasiment 12 %, un rythme très soutenu, donc. En matière de crédits, les besoins en financements immobiliers les ont fait augmenter de 8 %. Enfin, dans l’activité de banque privée, nous avons collecté plus de 2 milliards d’euros d’actifs auprès de notre clientèle internationale, ce qui constitue un record pour nous. À côté de cela, la mise en œuvre des réglementations, le contrôle des risques et la digitalisation demandent toujours d’importants efforts financiers.

Effectivement, et nous voulons, nous aussi, affirmer encore plus notre leadership en tant qu’entreprise engagée en matière de développement durable. Nous avons, au niveau du groupe, déjà développé pas mal d’initiatives, mais qui restent peu connues. Nous sommes, par exemple, un des leaders mondiaux dans l’émission de green bonds. Au Luxembourg, nous travaillons notre stratégie, afin d’être positionnés, d’ici la fin de l’année, comme acteur-clé, aux côtés de l’État luxembourgeois et d’autres partenaires, sur des sujets tels que la transition énergétique, le financement et l’accompagnement de l’entrepreneuriat social, la jeunesse, et l’économie solidaire. Nous sommes Que faut-il attendre de 2019 ? notamment à l’origine de la société Microlux, Sauf crise majeure, nous voyons l’exercice un établissement de microcrédits installé en cours dans la continuité de 2018. au Luxembourg. Ensuite, nous voulons L’activité économique devrait rester souaccompagner tous nos clients en les équitenue au Luxembourg. Les besoins restent pant de produits de finance durable. Nous importants au niveau des entreprises en en avons déjà à destination des entreprises, matière de services bancaires et nous envides clients privés et des investisseurs. Mais sageons les mêmes conquêtes de volume il faut encore faire preuve de pédagogie en matière de dépôts et crédits.


MARCH 28 2019

TH

La Maison du savoir Esch-sur-Alzette, Luxembourg

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« Devenir la première femme Premier ministre de mon pays ? Auteur

Nicolas léonard Photographe

jan hanrion (maison moderne)

À 26 ans, Djuna Bernard est la plus jeune députée du Luxembourg. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir des convictions solides et une détermination forte. Elle incarne cette nouvelle génération d’élus « verts » qui sont plus que des écologistes. Et qui ne manquent pas d’ambition.

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Expérience La benjamine de la Chambre des députés ne découvre pas la politique. Elle milite depuis l’âge de 16 ans.

Pourquoi pas... » Avril 2019 —

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Responsabilités Djuna Bernard préside la commission de la culture, à la demande de la ministre Sam Tanson.

« Je déteste l’image de l’homme politique qui est dur, qui fait de la politique politicienne, un peu comme un robot. C’est l’ancien monde. » 86 —

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Ê Êtes-vous la voix de la jeunesse à la Chambre ?

Djuna Bernard Une jeune qui pousse

Vous avez aussi travaillé pour la Croix-Rouge. Le domaine social ne doit pas vous laisser insensible ?

BIO EXPRESS

 1992  Naissance à Luxembourg. est Luxembourgeoise, Il y a en effet encore beaucoup de choses à faire Sa maman son papa est Hollandais. Il décède dans le domaine des structures d’accueil des malheureusement alors qu’elle Vous êtes jeune, mais ce n’est pas enfants, notamment. On doit aussi augmenter le a un an. Ses parents ont choisi la seule raison à cela ? niveau de qualité des maisons relais. Ce sont des Djuna comme prénom, qui, J’ai été et je reste très engagée dans le scoutisme, dossiers que je suivais dans le cadre professionnel, en farsi, signifie « ma chérie ».  au sein de la Fédération nationale des éclaireurs quand je n’étais pas encore élue. Et puis, il y a évi-  2008  Elle a 16 ans quand elle et éclaireuses (Fnel), dont j’ai été commissaire demment tous les projets d’aide aux organisations devient active en politique, étant officiellement membre des Jonk Gréng. internationale. À 16 ans, je suis devenue membre de jeunesse. des Jonk Gréng. Puis il y a eu la Fondation Elisabeth, Que faire encore pour les organisations  2011  Elle entame des études en  histoire à l’Université du Luxem­bourg. où j’ai été responsable du secteur Jeunesse, j’ai de jeunesse ? coordonné les responsables des Maisons de jeunes, L’État est très actif, très présent dans l’encadre- Cette même année, elle est candidate à Mamer lors des élections leurs projets, les formations. J’ai été vice-­présidente, ment de l’enfance et de la jeunesse. C’est son rôle, communales. Elle obtient 698 voix et puis présidente, de la Conférence générale de la et c’est très bien. Mais il ne faut pas oublier non réalise le cinquième score de la liste jeunesse du Luxembourg, l’organe le plus imporplus toutes les organisations de la société civile de Déi Gréng, qui a trois élus. tant qui représente les jeunes du pays, la fédéramises en place pour répondre à des besoins. Il fau-  2014  Son diplôme en poche, tion qui regroupe tous les organismes de jeunesse. dra un cadre afin de les soutenir plus, notamment elle part pour effectuer un tour Avec d’autres, j’ai aussi fondé le Parlement des au niveau du bénévolat. On n’a toujours pas, par du monde durant plusieurs mois. jeunes. C’est cet ensemble d’expériences qui fait exemple, de modèle d’assurance pour tous les  2015  De retour au Luxembourg, que mes collègues députés me voient sans doute bénévoles. Certaines organisations les assurent à elle entame un master à l’Université comme la représentante des jeunes. leur compte, mais d’autres, plus petites, n’ont pas de Heidelberg en non-profit Quels sont les dossiers que vous voulez les moyens pour le faire. Là, il y a quelque chose à management and governance. En même temps, elle commence porter et concrétiser prioritairement ? faire. Je vais donc travailler pour instaurer un cadre à travailler pour la Croix-Rouge Je suis présidente de la commission de la culture, législatif qui assure et soutienne mieux l’engage- luxembourgeoise, avant de rejoindre la Fondation Elisabeth. à la demande de la ministre Sam Tanson. Notre fil ment bénévole. rouge, c’est le plan de développement culturel. Je Après quelques mois à la Chambre,  2016  Elle est élue présidente suis fort attachée aux lieux de rencontre pour les quel premier bilan tirez-vous ? Avez-vous été de la Conférence générale de la jeunesse luxembourgeoise, mandat artistes, là où ils peuvent travailler, mais aussi se surprise par le volume de travail ? rencontrer, échanger. Pour les jeunes, c’est très J’ai fait le choix de me consacrer exclusivement à qu’elle assumera durant deux ans. important. Mais cela l’est aussi pour leur donner mon mandat. Certains députés en ont d’autres à  2018  Elle est candidate dans la une visibilité. Je suis occupée à multiplier les côté, ou une activité professionnelle. En moyenne, circonscription du Centre lors des contacts, je vais à des vernissages pour bien comj’ai fait le compte, je travaille au minimum 35 heures élections législatives. Elle obtient voix et le sixième score de la par semaine uniquement pour mes commissions. 9.135 prendre les attentes et les besoins... Je veux pousliste. Suite aux entrées de François ser ce projet et je souhaite que ces lieux deviennent Il y a six ou sept réunions, mais aussi toute la pré- Bausch et de Sam Tanson au gouune réalité. paration, qui demande de l’investissement. Étant vernement, elle devient députée.

J’ai en tout cas été vue comme cela lors de mon arrivée parmi les élus, comme la représentante de la jeunesse du pays.

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jeune, il me faut plus de temps pour « entrer » dans permis de me rendre compte des problématiques les dossiers que certains collègues plus expérimenréelles autour de l’environnement, du nucléaire... tés. Il y a aussi les réunions en soirée, les renau-delà de mon éducation, qui était déjà très verte. contres... Mais cela fait partie du job. Et plus je Malgré tout cela, je n’étais plus vraiment active en rencontre des gens, mieux je connais les problépolitique au cours des cinq dernières années. matiques. Avant, j’avais mon métier et je faisais Pourquoi ? énormément de bénévolat, donc j’ai toujours beauSi on travaille dans le secteur social, comme cela coup travaillé. a été mon cas à la Croix-Rouge et à la Fondation Le monde politique ne vous faisait pas peur ? Elisabeth, je trouve que ce n’est pas très évident Vous savez, si ma maman était très fière que je d’avoir en même temps un mandat politique. Cela prête serment, je sais aussi qu’elle a peur que je peut être source de conflits. J’ai dès lors fait le choix sois blessée, que je fasse des expériences négade d’abord me concentrer sur ma vie professiontives. Et, je suis honnête, moi aussi j’ai bien nelle, en me disant que je pourrais faire mon retour entendu peur d’être blessée, de faire des fautes, en politique dans 10 ou 15 ans. je crains les conséquences si je dis quelque chose Vous n’aviez donc pas de plan de carrière à un mauvais moment, de manière malhabile... « politique » ? Le risque est que cette peur devienne bloquante. Non, et certainement pas quand j’avais 16 ou 17 ans. Il faut donc mener son action politique tout en Et maintenant ? se rappelant que le monde peut être très dur avec Je suis députée et je me consacre à fond à ce manles politiciens. dat. Mais si vous demandez à une jeune élue de Le travail parlementaire est dense, 26 ans si elle n’a pas l’ambition de devenir un jour mais a aussi son rythme propre. la première femme Premier ministre de son pays Les choses vont-elles toujours assez vite et qu’elle dit non, il y a un problème.

aux yeux d’une députée de 26 ans ?

Et cela vous intéresse ?

J’expliquais récemment à un ami qu’il y a des proSi je peux l’être, oui, pourquoi pas... Ce serait en cédures à suivre, que cela peut être en effet frustout cas un signal. trant... Mais si on suit ces procédures, on a un La politique au Luxembourg est-elle résultat qui a plus d’impact et qui a une influence en pénurie de femmes ? plus forte sur le long terme. Donc, prendre le temps C’est évident. Mais il faut aussi des modèles afin d’entendre des avis, de bien faire les choses, c’est que les autres se disent que c’est possible, qu’on une bonne chose. Car c’est une grande responsapeut arriver à apporter un regard plus féminin en bilité que celle des députés qui décident de choses politique. qui touchent la population de tout un pays. Et qui a été votre modèle ? Sam Tanson ? Le monde politique, son fonctionnement, Oui. François Bausch et Sam sont les deux persa structure, tout cela n’était pas inconnu sonnes qui ont eu le plus d’influence sur moi, depuis pour vous ? que j’ai 16 ans. Quand je suis entrée aux Jonk Gréng, En effet, je connaissais déjà un peu tout cela. Ma c’était Sam la présidente du parti. maman m’a élevée seule. Elle est très engagée et Elle représente votre modèle de femme militante. Alors, quand on a une petite fille et que politique du 21e siècle ? l’on milite, on prend sa petite fille avec. Dès mon Elle est femme, politicienne, mère, et démontre que plus jeune âge, j’étais donc présente lors de réucela ne se contredit pas. Qu’au contraire, c’est même nions politiques. Par la suite, je suis devenue une plus-value, car l’analyse que l’on porte sur les membre du comité des Jonk Gréng, et cela m’a choses peut être enrichie par les autres aspects de sa vie. Je déteste l’image de l’homme politique qui est dur, qui fait de la politique politicienne, un peu comme un robot. C’est l’ancien monde.

« Le défi des Verts, c’est de synthétiser développement sociétal et ambition environnementale. »

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Quel regard portez-vous sur l’évolution de Déi Gréng, que vous connaissez de l’intérieur depuis longtemps ?

Le parti a beaucoup évolué depuis 10 ans. Notam­ ment car nous sommes entrés au gouvernement et donc dans une politique que je qualifie de « réalité ». C’est évidemment très différent de l’activisme d’il y a 20 ans. Mais je vois aussi qu’on est un parti qui donne beaucoup de poids aux jeunes, mais aussi aux femmes. Les jeunes sont nombreux sur nos listes. Cela s’est vu lors des législatives, et cela se verra lors des élections européennes. Les jeunes sont importants car ils influent sur l’orientation du parti, mais sont aussi des relais locaux des

racines

MAMER, CENTRE DE SON MONDE Djuna Bernard est une jeune femme de son temps. Donc pour qui les frontières ne sont plus des barrières. Un séjour Erasmus à Berlin l’a fortement marquée, avoue-t-elle. Un peu plus tard, sac sur le dos, elle est partie, seule, autour du monde, durant cinq mois. L’Asie, l’Afrique, l’Australie ont été quelques-unes de ses étapes. Mais Mamer reste néanmoins le centre de son monde. « Oui, et depuis toujours. C’est là que j’ai été au lycée, là que j’ai mon groupement scout. J’y suis très bien établie », avoue Djuna Bernard. Elle y connaît tout le monde, et tout le monde  – ou presque – la connaît. « J’y vis toujours, d’ailleurs. Je suis évidemment beaucoup à Luxembourg, mais je n’envisage pas de déménager pour le moment. J’ai en effet des liens très forts avec Mamer et sa vie associative, tout en m’engageant au niveau national. » Citoyenne du monde, elle parle plusieurs langues : luxembourgeois, évidemment, mais aussi allemand, anglais et parfaitement français. Elle pratique aussi le néerlandais avec ses trois tantes et ses nombreux cousins qui vivent encore près d’Amsterdam.


TA BLE RO N DE

élections européennes MERCREDI 15 MAI 2019

ING LUX HOUSE

ÉLECTIONS EUROPÉENNES 2019

EUROPE, LA DERNIÈRE CHANCE ?

Confrontée au Brexit, l’Europe n’a plus d’autre choix que de se réinventer pour survivre. Comment la rendre plus efficace, plus trans­ parente, plus solidaire et surtout plus démocratique ? C’est là l’immense défi qui attend les futurs parlementaires européens élus pour cinq ans. À la veille d’un scrutin majeur pour notre avenir, le magazine Paperjam propose à ses membres et aux électeurs luxembourgeois un grand débat préliminaire avec les candidats aux six sièges de députés luxembourgeois. DÉBAT ANIMÉ PAR MATTHIEU CROISSANDEAU, directeur éditorial THIERRY RAIZER, rédacteur en chef de Paperjam

LIEU ING LUX HOUSE 26, place de la Gare 1616 Luxembourg

AGENDA 18:30 Accueil 19:00 Début de la table ronde 20:15 Walking & networking cocktail

PARTENAIRE

ins cri ptio obl iga n toi pa p re s erj ur am. clu b


Néo-écologiste Pour la jeune députée, être Vert en 2019, c’est aussi avoir un point de vue sur le développement de la société, l’inclusion sociale et la solidarité.

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pré­occupations des autres jeunes. On voit une ­mobilisation énorme, tellement de gens qui s’engagent pour le climat... Un bon exemple est les Fridays for Future.

Qu’est-ce que cela signifie ?

ger ensemble un jour », un peu comme tous les politiciens le disent. J’ai dit « OK », car tu ne dis tout de même pas non à un ministre qui te propose d’aller manger avec lui. Je pensais qu’il voulait préparer les listes européennes.

Que le discours des Verts a percolé dans la réa- Pourquoi les listes européennes ? lité de la société civile. Finalement, notre société Même si j’étais en retrait, j’avais encore pas mal de dit maintenant ce que les Verts disaient déjà il contacts au sein du parti, et je savais que les listes y a 20 ans. pour les législatives étaient presque bouclées.

C’est quoi, être Vert, en 2019 ? C’est plus qu’être simplement écologiste ?

Oui, en tout cas pour moi. Ce qui est important en étant Vert de nos jours, c’est d’avoir un point de vue sur le développement de la société, sur l’inclusion sociale, sur la solidarité... Avec la volonté que tout le monde ait les mêmes chances. C’est aussi l’ambition de trouver des solutions de longue durée, et pas simplement des mécanismes avec effet immédiat. Les Verts, maintenant, veulent avoir un vrai apport au développement sociétal.

Quel est, pour vous, le grand défi des Verts au Luxembourg ?

Pourtant, c’était bien une proposition pour les législatives que François Bausch voulait vous faire ?

À table, il m’a dit : « Écoute Djuna, c’est le moment de nous rejoindre sur notre liste du Centre. Ton CV est idéal, et on te veut avec nous. Si tu es d’accord, on te fait une place. » J’ai demandé un délai de réflexion et il m’a laissé jusqu’au jour même à 17 h, car au soir, il avait une réunion de la commission des élections. J’ai appelé ma maman, j’ai parlé avec mon patron à la Fondation Elisabeth, car elle est ouverte à l’engagement en politique... Et tous m’ont dit d’y aller.

Comme on le voit dans certains pays voisins, c’est Mais vous, que pensiez-vous ? de synthétiser en une seule phrase développement La décision de répondre favorablement à François sociétal et ambition environnementale. Il y a encore Bausch est vraiment venue du cœur. Les arguments du travail à faire. On a sans doute déjà pris de de la tête ne comptaient plus. J’ai senti que je devais bonnes décisions au niveau du gouvernement pour y aller. les cinq prochaines années, mais on n’y est pas Avec de l’ambition ? encore tout à fait. Et chaque acteur de la société a Aucune personne, je pense, qui participe pour une un rôle à jouer : le citoyen, les grandes entreprises, première fois à des élections à la Chambre ne pense l’État... Et si tout le monde utilise les leviers renqu’elle va être élue. Ce n’était en tout cas pas ma dus accessibles, on ira vers mieux encore. Mais le perspective. Je me suis engagée, j’ai fait campagne, j’ai beaucoup utilisé les réseaux sociaux, mis à proplus important reste de s’engager. L’image du militant écolo a aussi évolué... fit mes contacts... C’est certain. Le militant écolo en short et Comment s’est passée cette campagne ? Birkenstock aux pieds, c’est dépassé. Ce fut très enrichissant. Il faut dire qu’on était une Cela doit être agréable d’être chez Déi Gréng très bonne équipe, et que cela a été très agréable. pour le moment, avec le vent en poupe ? Parfois, quand on se fréquente beaucoup, on a Mais cela est dû à notre travail, je le rappelle. envie de moins voir les autres. Ce ne fut pas le cas Maintenant, je le concède : il est clair que nous ici. C’était génial de passer tant de temps ensemble. sommes dans une position très intéressante. Et vous récoltez les fruits de Cela vous donne des ailes dans la perspective des élections européennes ?

cette très bonne campagne en mode 2.0 : un super résultat...

Et de faire un bon score au niveau du Luxembourg ?

À ce moment, vous vous dites que la possibilité d’accéder à la Chambre est réelle ?

On a en tout cas la volonté de faire une Europe plus verte. Il y a l’envie de répercuter nos bons résultats nationaux et notre dynamique lors du scrutin européen.

Les élections, à titre personnel, vous y avez goûté très jeune...

J’avais seulement 18 ans quand j’ai été sur les listes de Déi Gréng lors des élections communales de 2011. Je n’ai pas été élue, mais j’ai réalisé le cinquième score de la liste. Mais ensuite, j’ai privilégié mes études et mis ma « carrière » politique en veilleuse.

Comment êtes-vous revenue ?

Je me le demande encore moi-même ! Au Festival des migrations en février 2018, j’ai croisé François Bausch. Il m’a dit : « Ce serait bien qu’on aille man­

Ce que Sam Tanson pense d’elle

« ELLE A UN ÉNORME POTENTIEL » Entre Sam Tanson et Djuna Bernard, c’est déjà une vieille histoire chez Déi Gréng. « Cela fait une dizaine d’années que je la connais, depuis son engagement chez les Jonk Gréng », confirme la ministre de la Culture et du Logement. Qui va très vite remarquer son dynamisme et son optimisme. « Elle avait fait une pause dans sa carrière politique. Mais quand François Bausch a évoqué son nom pour la liste, j’ai de suite trouvé que c’était une excellente idée. Djuna a eu peu de temps pour se décider, mais heureusement, elle a dit oui ! » Sa jeunesse n’a pas été le critère déterminant. « Jeune, vieux, beau ou laid, ce n’est pas important. Djuna a toujours été très engagée, chez les scouts, au sein de la Conférence générale de la jeunesse... et a donc une sensibilité par rapport aux problèmes qui touchent les jeunes. C’est quelqu’un qui travaille beaucoup », confirme Sam Tanson. Qui soulève encore le fait que « Djuna est drôle et agréable, tout en faisant les choses sérieusement. Elle a un énorme potentiel. » La ministre lui a donc proposé la présidence de la commission culture de la Chambre. « J’avais envie de travailler avec elle, d’autant qu’on peut se parler très franchement. Depuis qu’elle a prêté serment, elle est partout, on la voit partout... Je trouve qu’elle a cette saine assurance qui manque trop souvent aux jeunes femmes. Je suis tout simplement heureuse qu’elle soit là. »

À ma grande surprise, d’ailleurs.

J’ai vu les résultats tomber au fil de la soirée. Faire le sixième score de la liste, c’était déjà pas mal. Ensuite, on a été à RTL, et là-bas, je ne sais plus si c’est Sam Tanson ou François Bausch qui m’a confié que Félix Braz allait déjà avoir une entrevue avec Xavier Bettel. Toutes les émotions ont pris le dessus, j’ai commencé à pleurer. Je réalisais que le parti allait peut-être à nouveau faire partie du gouvernement, que François Bausch y serait, que Sam Tanson, un des leaders de notre parti, y serait aussi... et que donc j’allais peut-être aller à la Chambre. Mais j’ai très vite essayé de faire abstraction de tout cela, car rien n’était fait, et je ne voulais pas être déçue. Avril 2019 —

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« Ce qui est génial, c’est que les jeunes sont les plus concernés par le futur de notre monde. Ils parlent et prennent l’initiative. » Comment avez-vous vécu la période des négociations ?

temps, en partant au Nicaragua. Cela n’a donc pas été simple pour elle, mais elle m’a laissé partir. Ce voyage, ce fut une étape importante de ma vie, car cela vous change. Voyager fait donc partie de moi.

Mais ce n’est pas très écolo de prendre beaucoup l’avion...

Je sais. Mais il y a différentes manières de voyager, il faut le faire à bon escient. Je pense aussi que nous pouvons agir pour l’environnement chacun à notre échelle, par des voies différentes. Personnellement, je vais chez Naturata plutôt que dans d’autres magasins quand cela est possible, je prône les circuits courts... Cela compense un peu les voyages.

On a récemment beaucoup parlé de l’intrusion de la députée européenne Tilly Metz, une de vos têtes de liste pour les prochaines élections, sur la base militaire de Kleine-Brogel, en Belgique. Qu’en avez-vous pensé ?

Il y a la manière et le fond. Tilly a voulu dénoncer la présence d’armes militaires nucléaires en Europe, tout près du Luxembourg. Je vais vous avouer quelque chose : étant jeune, j’ignorais qu’il y avait ces armes sur le sol européen. Et le vrai problème, c’est cette présence de bombes nucléaires. C’est ce débat-là qui compte. Mais il est malheureusement passé au second plan, car on a surtout évoqué l’intrusion sur la base et le blocage de la piste de la base aérienne.

J’ai été membre de deux groupes de travail, Famil­le et Éducation. Ce fut un très bel exercice. Finale­ment, de cette manière, même sans être députée, j’aurais pu mettre ma marque dans l’acte de coalition. J’avais introduit 15 amendements personnels dans le programme de Déi Gréng, et participer à ces groupes me permettait de les inclure cette fois dans le futur acte François Bausch, ministre de la Défense, de coalition, de les défendre face au DP et au LSAP.

Votre nouvelle vie de députée a-t-elle eu un impact sur votre vie privée ?

Je sors moins ! Je suis toujours active au sein des scouts, au niveau international dans des groupes de travail, mais aussi au niveau national dans le cadre de la Fnel. Je suis toujours bénévole à la Croix-Rouge, où j’accompagne une famille de réfugiés que j’essaie d’aider à s’intégrer. Je reste active dans ma section locale de la Croix-Rouge, je vois mes amis de temps en temps...

Et votre petit ami, il s’est adapté ?

J’essaie aussi de le voir de temps en temps, mais ce n’est pas facile pour lui non plus. Il n’est pas du tout dans le milieu politique. Nous nous sommes rencontrés en novembre, donc après les élections. Il n’a pas connu ma vie d’avant et ne peut pas comparer ! Mais avoir une copine parlementaire, c’est aussi un défi pour lui, je le concède.

Être députée, c’est aussi devoir gérer une certaine notoriété, non ?

a été assez cinglant en évoquant une action de protestation illégale...

Et il avait évidemment le droit de le dire.

Voir dans de nombreuses grandes villes d’Europe des jeunes descendre dans la rue pour défendre le climat, est-ce un phénomène qui vous a émue ?

On a eu aussi notre action, le 15 mars, à Luxembourg. Cela me touche, car quand je vois ma maman, je me souviens qu’il y a 20 ans, on se foutait bien des Verts, des militants, des actions menées... Main­tenant, le discours a changé. Et ce qui est génial, c’est que ce sont les jeunes qui sont les plus concernés par le futur de notre monde, qui parlent, qui prennent l’initiative... Même si c’est parfois via des méthodes moins « politiquement correctes ». Ils n’ont pas peur et ils montrent aux politiciens et à leurs parents qu’il faut agir maintenant.

Pourquoi ne pas avoir participé à cette action ?

C’est une décision commune au sein du parti, pour C’est très vrai. Si je vais manger à Luxembourg avec éviter que certains y voient une volonté de récupédes copines, il y aura toujours quelqu’un pour venir ration politique. Mais j’ai attendu les jeunes devant me dire bonjour, me parler d’un dossier... Ils me la Chambre et je les soutiens. ramènent à la politique, et c’est normal. C’est tou- Le Luxembourg prend-il maintenant les bonnes jours gentil, mais par moment... on n’a pas envie décisions en faveur de l’environnement ? de parler politique. Je dois donc trouver mon équiOui, c’est évident. Le Plan climat montre bien nos libre personnel. ambitions et les moyens qu’on veut y mettre. Nous Voyager, c’est dans votre ADN ? sommes conséquents et montrons bien que nous J’adore ça. C’est mon péché mignon. C’est pour cela sommes courageux par rapport aux changements que j’ai effectué un tour du monde après mon bacà effectuer. Mais il est évident que les décisions calauréat. C’était un projet que j’avais depuis tousont à prendre à plus grande échelle, au moins au jours. Ma maman avait fait la même chose en son niveau européen. 92 —

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Élections  

MADEMOISELLE LA COPRÉSIDENTE Elle se défend d’être l’étoile montante de son parti, mais c’est pourtant bien le cas. Un parti qu’elle va d’ailleurs coprésider durant les deux prochaines années. Le 16 mars, lors du congrès de Déi Gréng, elle a été élue à la coprésidence, fonction qui statutairement doit être mixte. Elle sera donc accompagnée de Christian Kmiotek, coprésident sortant. Seule candidate, elle était certaine d’être désignée par les membres. « S’engager, c’est ce qu’il y a de plus important. Chacun peut le faire à son niveau », souligne Djuna Bernard. Qui a motivé sa candidature à la coprésidence car, « si Déi Gréng laisse beaucoup de place aux jeunes et aux femmes, il fallait être candidate pour continuer à aller dans cette bonne direction. Jeune députée, je pense pouvoir apporter quelque chose au parti avec mon passé dans le monde associatif et ma vision de la politique. »


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Auteur

thierry raizer Photographe

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« Nous quittons l’Union européenne, 94 —

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En première ligne pour répondre aux inquiétudes de ses concitoyens et porter la voix du gouvernement britannique, l’ambassadeur du Royaume-Uni au Luxembourg, John Marshall, ne perd ni son flegme ni sa passion pour l’Europe face au Brexit. Et ce n’est pas une négociation qui s’enlise qui va lui faire perdre espoir dans de futures relations bilatérales teintées de « win-win ».

pas l’Europe » Avril 2019 —

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Ouverture La porte de l’Ambassade reste ouverte, celle du Royaume-Uni aussi, pour redéfinir de nouvelles relations avec l’UE.

E John Marshall

Coureur de fond 96 —

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st-ce le pire moment pour être ambassadeur du Royaume-Uni en Europe ?

Non, bien au contraire ! C’est une période fascinante. J’ai vraiment apprécié les trois années que je viens de passer au Luxem­ bourg, tant sur le plan personnel que professionnel. C’est très gratifiant d’être actif durant une période aussi importante que celle que nous vivons. J’ai travaillé sur le dossier du Brexit depuis mon arrivée, de sa préparation jusqu’au suivi du référendum, puisque les citoyens ont été consultés trois mois après ma prise de fonction. Ce projet, très « challenging », a pris une place importante dans mon agenda. Deux ans et demi se sont écoulés et nous sommes proches de la sortie de l’Union européenne. Il ne s’agit en fait que d’une étape, certes historique, mais elle sera très vite suivie par une nouvelle phase : celle de la définition d’une nouvelle relation avec l’Union européenne et du contenu de cette relation. Même si je ne suis évidemment pas impliqué directement dans les négociations politiques ayant trait à la sortie de l’Union européenne, je suis en contact étroit avec le gouvernement luxembourgeois, les parties prenantes et la communauté britan-

bio express

John Marshall en cinq points ~ Rejoint les services du Foreign and Commonwealth Office en 1988. ~ A exercé son premier rôle à l’étranger au Japon. ~ Devient ambassadeur au Sénégal en 2011 avec le titre d’ambassadeur non rési­ dent pour le Cap-Vert et la Guinée-Bissau. ~ Présente ses lettres de créance au Grand-Duc le 14 avril 2016. ~ Parle couramment français et même luxembourgeois. john marshall

Les forces du Luxembourg « L’une de ses principales forces est le multilinguisme et son expertise transfrontalière, souligne John Marshall. Je fais référence au multilinguisme en premier lieu, car c’est l’un des aspects que je trouve tellement fascinants. Dans beaucoup d’événements, le français, l’anglais, l’allemand et le luxembourgeois sont utilisés à tour de rôle sans souci. C’est très stimulant ! Il y a aussi des avantages à être un petit pays, comme la capacité d’être agile et d’être parmi les ‘first movers’ dans certains secteurs, notamment grâce à la cohésion de l’écosystème économique et à l’accès aux décideurs politiques. »


nique pour expliquer, clarifier et entendre les demandes de chacun.

Comment sont répartis les rôles entre les intervenants britanniques ?

Les personnes qui négocient avec la Commission pour le Royaume-Uni sont, pour la plupart, basées à Londres autour de la Première ministre, avec le soutien de différents départements. Les Ambassades ont un rôle important pour expliquer notre ambition, notre approche, nos souhaits. En tant que représentant du gouvernement britannique, je suis disponible pour résoudre et expliquer ce qui peut l’être. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité échanger autant que possible avec le gouvernement luxembourgeois.

Comment organisez-vous le dialogue avec le gouvernement ici ?

Au sein du gouvernement luxembourgeois, je suis amené à discuter le plus souvent avec le ministère des Affaires étrangères et européennes, le ministère d’État, ainsi qu’avec chaque département qui est concerné par une matière spécifique. Je pense au ministère des Finances, qui est un interlocuteur important, au département de l’immigration du ministère des Affaires étrangères – en particulier concernant le droit des citoyens –, au ministère de la Mobilité… En pratique, le Brexit concerne quasiment tous les départements ministériels.

«  La politique britannique prend parfois des allures théâtrales.  »

camp politique, ce qui complexifie encore un peu plus la donne. Pour les personnes qui ne sont pas familières avec le fonctionnement de notre Parlement, ce contexte rend plus difficile la compréhension de ce qui s’est passé autour du Brexit.

Comment expliqueriez-vous les principales différences entre le fonctionnement du Parlement britannique et celui de la Chambre des députés au Luxembourg ?

La politique britannique prend parfois des allures théâtrales. Les personnes que je côtoie ici trouvent assez passionnante la manière dont se déroulent les débats à la Chambre, avec une tradition oratoire très ancrée, très codifiée. Il y a aussi une sorte d’intimité physique qui se crée lorsque le Parlement est complet, ce qui est souvent le cas lors de l’échange de questions avec le Premier ministre le mercredi matin et des débats autour du Brexit. Il n’y a pas de places assises pour tout le monde, les députés doivent aussi attirer l’attention du speaker en se mettant debout, ce qui crée beaucoup de mouvements… Cela crée un impact visuel qui peut fasciner. Du reste,

Avez-vous ressenti durant ces deux années et demie qu’il était difficile pour vos interlocuteurs luxembourgeois de comprendre l’incertitude qui continue de régner ?

En fin de compte, le processus a été celui d’une négociation entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. Il a connu un tournant important fin novembre, lorsqu’un accord consistant essentiellement en deux documents a été conclu. Il s’agit tout d’abord de l’accord de retrait, qui est un traité international de 585 pages qui fixe le cadre de notre sortie. Le deuxième document, une déclaration politique de 26 pages, est une ébauche commune du futur de notre relation. Cet accord avait évidemment besoin d’être ratifié par les Parlements européen et britannique. Il est certainement juste de dire que beaucoup de personnes ici n’ont pas compris une partie de la procédure au sein de notre Parlement. Le temps pris par cette procédure est aussi inhabituel pour nous, dans un contexte où le gouvernement ne dispose pas d’une majorité au Parlement. Globalement, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement était appuyé par une majorité confortable à la Chambre grâce à son parti, ce qui permettait de faire passer plus facilement des lois au Parlement. Il faut ajouter à cela que le Brexit a créé des divisions au sein de chaque Avril 2019 —

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«  Le commerce est toujours un enjeu complexe.  »

le Parlement remplit son travail selon ses prérogatives. Mais je peux comprendre qu’il peut être difficile de suivre, même pour les initiés, le déroulement des débats, les différents amendements déposés par les députés sur les propositions du gouvernement… Parfois, le conseil que je livre est : « Ne soyez pas trop préoccupés  par cet aspect théâtral. »

Au vu de l’avancée si complexe du dossier du Brexit au Parlement britannique, n’aurait-il pas mieux valu aller directement vers un « no deal » ?

Certains, au sein du Parlement, partageaient cette vue, mais le gouvernement a toujours défendu qu’il était préférable de quitter avec

un accord, pour avoir une sortie ordonnée. Le vote du 13 mars a indiqué qu’une majorité du Parlement ne voulait, en aucun cas, que le pays quitte sans accord.

Comment expliquez-vous que le « filet de sécurité » autour de la frontière irlandaise ait, à ce point, cristallisé les débats ?

Quand l’accord a été soumis une première fois au Parlement le 15 janvier, il a essuyé un très large refus. Nous savions déjà que l’un des enjeux les plus compliqués serait le backstop. Le 29 janvier, il y a eu un vote au Parlement, soutenu par une majorité de députés indiquant qu’ils seraient prêts à soutenir l’accord à condition d’obtenir davantage de sécurité juridique pour totalement éviter le risque de voir le RoyaumeUni piégé dans ce filet de sécurité. Ce vote a montré que, bien que certains autres aspects de l’accord ne rencontraient pas l’approbation d’une partie des députés, l’obstacle principal était le backstop. Bien qu’il ait été convenu avec l’Union européenne que ce filet de sécurité serait temporaire, notre attorney general a considéré que, sur un plan légal, il y avait toujours ce risque d’être piégé.

Cette crainte reflète le souhait initial du référendum : laisser le RoyaumeUni se saisir de son propre destin…

Selon un des éléments prévus pour le backstop, le Royaume-Uni ferait partie d’un régime douanier temporaire, ce qui nous empêcherait, jusqu’à un certain degré,

p our les citoyens et les entreprises

Une boîte à outils Brexit Sur un plan purement politique, difficile d’y voir clair. Les autorités ont souhaité dissiper autant que possible le flou qui règne autour du Brexit avec des modalités selon plusieurs cas de figure : ~Pour les citoyens Le gouvernement luxembourgeois a mis en ligne un dossier répondant aux questions pratiques, dont l’accès au marché du travail : gouvernement.lu/fr/dossiers/2019/brexit. ~Pour les entreprises  Tant la Chambre de commerce, via sa helpline (brexit@cc.lu), que la Commission européenne, avec différentes fiches explicatives, ou le gouvernement, via le site Guichet.lu (guichet.public.lu/fr/support/faq-brexit), ont voulu sensibiliser les entreprises au besoin de se préparer. Car, comme l’indique la Commission européenne, « même si l’accord de retrait est ratifié et qu’un accord sur les relations futures est conclu avec succès au cours de la période de transition, ces relations avec l’UE ne seront pas celles d’un État membre. »

Ambiance Dans les salons feutrés de l’Ambassade britannique au Luxembourg.

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~Pour le secteur financier  Le projet de loi 7401 prévoit que la Commission de surveillance du secteur financier puisse considérer encore comme communautaires les entreprises et établissements britanniques qui avaient des relations contractuelles avec des contreparties au Luxembourg au moment du Brexit, et ce pour une durée de 21 mois.


de conférence en conférence

Marathon Man

Coureur de fond, passionné de longues distances, John Marshall a entrepris un parcours jalonné d’étapes, que sont toutes les conférences lors desquelles l’ambassadeur est intervenu pour expliquer et rassurer aussi souvent que possible.

de développer une politique commerciale indépendante et de négocier de nouveaux accords commerciaux de notre propre chef. Un certain nombre de députés considèrent cela comme problématique.

N’a-t-on pas perdu trop de temps pour un résultat qui n’est toujours pas finalisé ?

C’est la façon dont notre démocratie fonctionne. Nous savions que la négociation allait être complexe, mais l’objectif était d’aboutir à un accord à l’automne 2018 et de laisser suffisamment de temps aux Parlements pour sa ratification. Nous avons réussi à boucler un accord à l’automne. Le gouvernement a ensuite dû réagir à ce qui s’est passé au Parlement… Mais il est évident que l’ensemble du processus a nécessité un investissement en temps et en ressources très important de la part du gouvernement. Nous parlons cependant d’un projet majeur sans précédent. En période de paix, il n’y a probablement pas eu de défi plus important pour un gouvernement anglais. Or, le gouvernement aurait souhaité avancer sur d’autres priorités politiques, ce qui n’a pas pu être effectué en raison du Brexit. Je pense qu’en Angleterre, il y a le sentiment grandissant qu’il faut implémenter cette décision formulée en juin 2016 par les citoyens et, ensuite, se concentrer sur les autres défis qui comptent pour les gens. Qu’il s’agisse de l’accès aux soins de santé, à l’éducation, au logement… Nos concitoyens ont aussi d’autres préoccupations que le Brexit.

Comment peut-on imaginer le futur des relations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne ?

Notre intention est très claire : nous voulons un partenariat dédié et très proche avec l’Union européenne. Ce sentiment est réciproque du côté des institutions européennes et des 27. Nous resterons un allié très proche de l’UE. Nous avons d’ailleurs formulé l’engagement sans condition de contribuer à la politique de sécurité européenne pour laquelle nous avons tout intérêt à œuvrer, pour la prospérité de notre continent. Sur la base de cette vision, il sera important de débuter, dès que possible, la négociation du texte qui la traduira.

Agenda Le Brexit a pris une place prédominante dans l’agenda de John Marshall.

négociations

«  La plupart des personnes auxquelles je parle regrettent que nous partions, parce que nous sommes un allié très proche.  »

Un protocole nommé « backstop » Au centre des débats politiques en Angleterre, le backstop, ou « filet de sécurité » en français, est un protocole pour éviter le retour d’une frontière « dure » entre l’Irlande et l’Irlande du Nord. Ce protocole fait partie de l’accord conclu en novembre entre le gouvernement britannique et l’Union européenne. Il stipule notamment qu’un territoire douanier unique sera mis en place jusqu’à ce que l’Union européenne et le Royaume-Uni se soient mis d’accord sur le cadre de leurs relations post-période de transition, soit après 2020. « L’Irlande du Nord continuera donc de faire partie du même territoire douanier que le reste du Royaume-Uni, de sorte qu’il n’y aura ni tarifs et quotas, ni contrôles sur les règles d’origine applicables entre l’Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni », précisait la Commission européenne en novembre dernier. Bien que déclaré comme temporaire par les autorités européennes, le spectre d’un piège d’une Union douanière qui se refermerait sur eux est craint par une large partie de députés britanniques.

La déclaration politique de 26 pages doit être développée dans une série de traités internationaux. Ces traités poseront les bases de notre relation future, après notre départ. Jusqu’ici, les questions économiques ont dominé les discussions au sujet de cette relation, mais je souligne qu’il ne s’agit que de l’une des nombreuses dimensions que nous devrons considérer, comme la lutte contre le terrorisme et le crime organisé… D’une manière générale, les mécanismes qui permettent la collaboration en matière de sécurité intérieure sont des mécanismes de l’Union européenne qui entraînent, par exemple, des échanges Avril 2019 —

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investissements et structures

La City perd des plumes

Si la City restera, selon John Marshall, le centre financier mondial de référence sur le long terme, de nombreux observateurs pointent des difficultés sur le court terme avec une redistribution des cartes entre les différentes places financières.

AUTRES 20 % DUBLIN 34 % PARIS 11%

FRANCFORT 12 % LUXEMBOURG 22 %

Les centres financiers les plus attractifs Répartition des nouveaux quartiers généraux européens choisis dans le cadre du Brexit sur la base de 249 sociétés considérées par le think tank britannique New Financial.

Ce changement va aussi entraîner plus d’obligations administratives de chaque côté…

C’est le type d’enjeu que nous devons résoudre. De nouvelles structures devront être créées. Je note d’ailleurs que les deux parties souhaitent poursuivre leur coopération dans d’autres domaines, comme le programme Erasmus qui est déjà ouvert à la participation de pays tiers. Nous collaborons aussi de manière positive dans la science et la recherche au travers du projet « Horizon 2020 ». 

Même s’il y a ce souhait de chaque côté de poursuivre la relation, les freins au business seront plus importants qu’auparavant…

partie de leurs activités ou se sont établies dans des Places telles que Luxem­bourg, Dublin, Francfort ou encore Paris. Nous sommes convaincus de la capacité des deux centres financiers, la Place luxembourgeoise et la City, à préserver leurs relations dans l’intérêt de tous. Cela dépendra en partie de ce qui sera négocié dans le futur, mais l’accord de sortie pose les bases d’une relation forte dans le secteur financier. Nous sommes du reste confiants quant au futur de la City qui restera la place financière mondiale la plus importante. Le business effectué avec l’Union européenne demeurera conséquent à l’avenir, mais le business mondial est encore plus important. Nous pouvons espérer accroître notre part de marché dans les services financiers compte tenu de la croissance mondiale de la classe moyenne dans de nombreux pays émergents. Nous ferons en sorte de rester attractifs pour le business et les talents, et de faire évoluer nos services financiers pour répondre aux évolutions globales. 

Sur le volet économique, le principal enjeu est en effet d’éviter au maximum les frictions dans les futurs échanges commerciaux, sachant que l’Union européenne souhaite maintenir l’intégrité du marché unique. J’imagine que les négociations seront plus difficiles sur ce chapitre. Le commerce est toujours un enjeu complexe. On peut lire que le Luxembourg

d’informations sur les données des passagers aériens, les casiers judiciaires, les empreintes digitales… Étant donné que nous ne pourrons plus prétendre aux mécanismes de l’Union Comment imaginer le futur des européenne, nous devons mettre en place relations entre la place financière de nouveaux types de mécanismes de col- luxembourgeoise et la City ? laboration pour assurer une certaine contiSachant que nous ne ferons plus partie du nuité. Dans le cas contraire, la sécurité de marché unique européen, l’une des consénos citoyens serait compromise. Nous ne quences est le fait de ne plus avoir accès au serons plus un membre de l’Union europasseport unique pour les services financiers. péenne. Nous ne pouvons pas espérer disLes sociétés qui l’utilisaient pour opérer en poser des mêmes droits qu’un membre de dehors du Royaume-Uni ont dû – ou vont l’Union européenne, mais nous pensons devoir – s’assurer d’une base européenne que nous pouvons parvenir à un nouvel pour le futur. Ceci explique pourquoi un équilibre en matière de droits et devoirs. certain nombre de sociétés ont étendu une

Timing À l’heure du thé, John Marshall prend le temps d’expliquer les spécificités de la politique anglaise.

a déjà bénéficié du Brexit, partagezvous ce point de vue ?

La plupart des personnes auxquelles je parle et qui considèrent la question avec une vue globale me font part d’un regret : celui que nous partions, parce que nous sommes un allié très proche.

Est-ce que vous vous sentez toujours Européen ?

Personnellement, oui. Mais pour les Britanniques, l’Union européenne n’équivaut pas à l’Europe. Nos représentants politiques ont souvent dit que nous quittions l’Union européenne, mais nous ne quittons pas l’Europe. Je me sens Européen depuis de nombreuses années et je me sentirai toujours Européen une fois que nous aurons quitté l’UE.

Vous sentez-vous partiellement Luxembourgeois ?

Non. Le Luxembourg est un pays fantastique, j’adore les Luxembourgeois, mais je me sens foncièrement Britannique, représentant le gouvernement de mon pays ici. Malheureusement, je suis ici pour une petite période avant qu’une autre mission ne m’appelle.

épilogue

Suite et pas fin Cet entretien a été réalisé le 15 mars. Au moment de boucler ce numéro, les 27 chefs d’État et de gouvernement de l’UE venaient de tenir conseil à Bruxelles le jeudi 21 mars. Au centre des discussions : la demande de report de la date du Brexit formulée par Theresa May, du 29 mars au 30 juin. Les dirigeants européens lui ont laissé deux alternatives : le 22 mai si les députés britanniques votent en faveur de l’accord de sortie ou le 12 avril en cas de nouveau rejet de l’accord.

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moving people, moving you. Ensemble vers la victoire. Location de bus pour groupes et associations. sales-lentz.lu


L’excellence à la baguette Auteur

fabien rodrigues

Photographe

anthony dehez

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Pointure mondiale La réputation de Gustavo Gimeno à l’international n’est plus à faire. Il prendra en 2020 la direction du Toronto Symphony Orchestra, en plus de celle de l’OPL dont il s’occupe depuis 2015.


Invité de haut vol Le « monsieur Musique-Classique » français, Jean-François Zygel, s’invite à la Philharmonie pour un cycle d’événements qui allie compositeurs classiques et improvisation.

Les musiciens de l’Orchestre philharmonique du Luxembourg (OPL) représentent la virtuosité musicale grand-ducale sur les grandes scènes mondiales. Nous avons vécu à leurs côtés, le 6 mars, une journée de préparation à une prestigieuse représentation, cette fois dans leur fief local, dans les coulisses de la Philharmonie. Avril 2019 —

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Inséparables L’étui d’un instrument contient souvent bien plus que l’objet lui-même et accompagne les musiciens partout, tout le temps.

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Raccords Les répétitions sont l’occasion d’apporter les derniers ajustements à la partition du soir et aux intentions, quelques heures à peine avant la performance.

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Le calme avant la tempête Le costume de rigueur est ajusté, l’esprit se vide. Chacun se prépare à sa manière dans les loges, avant de monter sur la scène de la Philharmonie : Gimeno avec une concentration inébranlable, Zygel avec un amusement visible.

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Ultimes instants Jusqu’à la dernière minute, les musiciens de l’OPL répètent et ajustent leurs instruments en backstage.

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Transmission Pendant les répétitions, Jean-François Zygel n’hésite pas à improviser au piano, pour le plus grand plaisir des élèves du Conservatoire de la Ville de Luxembourg présents.

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L’envers du décor En régie, les techniciens scrutent le Grand Auditorium sous tous les angles afin de s’assurer du bon déroulé de la performance. Chaque composante visuelle et technique concourt au succès de l’événement.

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Showtime La baguette de Gustavo Gimeno et les 90 musiciens n’auront de cesse de faire s’envoler les Symphonic Dances de Rachmaninov pendant les deux heures de représentation. Puis, improvisation de Zygel. Ovation du public.

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espresso conversations envies

Le patron de l’agence immobilière Property et de la société de développement Koba, Georges Berna, évoque son rapport à l’argent en page 114.

Comment apprivoiser le RGPD ? Éléments de réponse en page 116. C’est en mode « afterwork » qu’Audrey Bossuyt et Julien Cliquet présentent leur style, en page 118. Hommage à Bert Theis dans une rétrospective en page 122. La directrice d’IMS, Nancy Thomas, passe à table en page 124. Zoom, en page 130, sur la start-up du mois et son habitat « disruptif » : Leko. Avril 2019 —

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ENVIES

ARGENT COMPTANT GEORGES BERNA

« L’argent doit tourner » Savoir dépenser Une devise liée à l’argent ? Je n’ai pas de devise précise, mais j’estime que, si l’argent est important, il faut aussi savoir le dépenser. Je ne vois pas l’intérêt d’en amasser et de mourir avec une grosse somme sur mon compte. Mais gagner de l’argent permet aussi de ne plus dépendre des institutions financières à long terme. Votre première activité rémunératrice ? Quand j’étais étudiant, j’ai travaillé pendant les vacances chez Arthur Andersen en tant que réceptionniste courrier. Ensuite, j’ai aussi travaillé en cuisine au Wengé, un très bon restaurant de la capitale, mais qui n’existe plus. J’ai fait cela trois étés, c’était une très bonne école. Votre premier vrai salaire ? C’était chez BNP Paribas, j’ai démarré au salaire minimum qualifié, qui devrait être d’environ 1.950 euros net. Ça doit être le même montant que ce que je touchais en cuisine.

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BIO EXPRESS Georges Berna (32 ans) a étudié le droit pendant trois ans avant d’arrêter les études. À la recherche d’un travail qui le mette en contact avec la clientèle, il découvre par hasard le secteur de l’immobilier et entame sa carrière chez BNP Paribas Real Estate, la filiale immobilière de BGL BNP ­Paribas. Après deux années, il crée l’agence immobilière Property, dont il est toujours le directeur général. En parallèle, il lance, en 2015, la société de développement immobilier Koba. Depuis juin 2018, il est par ailleurs président du Basket Racing Luxembourg.


ENVIES

Basket-ball

Savez-vous en permanence ce qu’il y a sur votre compte en banque ? J’ai ma situation patrimoniale en tête en permanence, mais pas le niveau de mon compte en banque. Ma génération ne cherche pas à garder de l’argent sur un compte. L’argent, ça doit tourner, ça doit être investi.

Est-ce que vous donnez de l’argent à des associations ? Oui, il faut le faire. Moi, je le fais en sponsorisant le Basket Racing Luxembourg, le club de la capitale. Si un jour j’ai plus de moyens, je ferai plus, mais actuellement, c’est le sport qui me tient à cœur. J’investis donc dans le préventif et j’estime qu’il faut pouvoir donner pour recevoir en retour. Quand mes enfants feront du sport, ils profiteront à leur tour du bénévolat. Enfin, je pense qu’il faut soutenir les associations qui aident à comprendre des maladies, surtout si elles concernent des enfants.

Votre première dépense importante ? Avec mon épouse, nous avons acheté un appartement au Limpertsberg (un quartier résidentiel de la capitale, ndlr) dès que nous avons eu tous les deux un travail. J’avais 26 ans. Notre but était d’acheter un appartement au plus vite. C’était donc notre première grosse dépense, mais avec de l’argent emprunté... Si vous ne deviez garder qu’un de vos biens ? Rien. Je ne suis attaché à aucun bien matériel.

Top Chef Une dépense qui vous énerve, mais à laquelle il faut se soumettre ? L’éducation. Je pense qu’à notre époque, on ne devrait plus devoir payer pour la garde ou l’éducation des enfants. Nous payons déjà des impôts, on devrait donc pouvoir éviter cette dépense. Mais quand j’étais fumeur, c’était l’achat des cigarettes qui m’énervait... [rires] Des choses pour lesquelles vous ne regardez pas à la dépense ? Pour tout ce qui est lié à mes enfants. Aussi bien les dépenses nécessaires que les loisirs. Je ne regarde pas non plus lorsque j’achète du vin. J’aime acheter et garder du vin. J’achète de tout, mais je trouve plus amusant d’aller chercher des petits vins de qualité que d’investir dans des grands crus. Et on ne se met pas à pleurer à chaque fois qu’on ouvre une bouteille à cause de son prix. À quel luxe sacrifiez-vous de l’argent ? Pour tout ce qui concerne l’alimentation. Nous recherchons de bons produits pour cuisiner tous les jours. C’est un poste de dépenses important.

Vous pourriez injecter de l’argent dans un club sportif jusqu’à le voir arriver au sommet ? Ça ne fait pas partie de mes ambitions aujourd’hui. Je ne suis pas un manager professionnel de club de sport. C’est un loisir, et ça doit le rester. Mais je comprends les gens qui le font. Une fois que vous vous êtes pris au jeu, vous avez envie de voir votre club progresser. Et aujourd’hui, malheureusement, le succès est souvent lié à l’argent.

La pierre résiste Investissez-vous à titre personnel ? J’ai investi un peu en bourse, mais contrairement à ce que l’on croit, c’est très difficile. J’ai donc vite arrêté. En raisonnant, je me suis dit qu’il fallait investir dans ce qu’on connaît ; dans mon cas, c’est l’immobilier. Donc j’investis dans l’immobilier à titre privé, mais dans des opérations différentes de celles que je fais avec ma société. À des amis, que conseilleriez-vous ? Je pense qu’étant donné l’évolution de la population, la pierre restera intéressante. Le déséquilibre entre l’offre et la demande va devenir de plus en plus important. Je conseillerais donc d’investir dans l’immobilier et, surtout, de le garder. À l’avenir, la nue-propriété va devenir un luxe.

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TEXTE Jean-Michel Lalieu PHOTO Edouard Olszewski

L’argent tourne


ENVIES

COMPÉTENCES GESTION DES DONNÉES

Apprivoiser le RGPD Un an après l’entrée en vigueur du règlement général sur la protection des données (RGPD), sur le terrain, des manquements et retards sont pointés par certains professionnels. Comment retourner la situation ?

D

epuis mai 2018, les entreprises ont dû mettre de l’ordre dans leurs données pour pouvoir respecter le RGPD, sous peine de subir de lourdes sanctions de la part des autorités. « Il y en a eu pour de grandes struc­ tures internationales comme Google. Mais au Luxembourg, à ma connaissance, aucune n’a été sanctionnée à ce jour », confie Mélanie Gagnon, CEO et fondatrice de MGSI, spécialisée dans la mise en conformité RGPD. Toutefois, la Commission nationale pour la protection des données (CNPD) a commencé à faire des audits. C’est dans certaines TPE et PME que l’experte a constaté du retard dans la mise en conformité. « Certains voient ça comme une montagne et ne savent pas comment s’en sortir. En tant qu’ex­ perts, nous voulons démystifier le RGPD. Il n’est pas nécessaire d’investir des sommes colossales pour se mettre en conformité », estime Mélanie Gagnon, qui résume ainsi en sept points les grands principes du RGPD. 7 grands principes Premièrement, les sociétés doivent traiter les données de manière licite, loyale et transparente. Cela signifie aussi qu’elles sont tenues d’informer les personnes concernées d’une manière claire, non équivoque, précise et aisément accessible du traitement de leurs données. Deuxièmement, les finalités du traitement des données doivent être déterminées, explicites et légitimes, et ces dernières ne doivent pas être traitées ultérieurement d’une manière incompatible avec ces finalités. Troisièmement, seules les données nécessaires et proportionnelles à la finalité poursuivie doivent être collectées. 116 —

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JULIEN WINKIN CEO LuxGap « Sur le terrain, nous constatons que les sociétés s’interrogent beaucoup sur la rétention : Comment conserver les informations ? Quand dois-je les supprimer ? Ainsi que sur les mesures de sécurité à prendre : Jusqu’où aller ? Se mettre en conformité n’est pas complexe, mais il faut bien s’outiller et bien s’organiser afin de ne pas perdre

Quatrièmement, le principe de l’exactitude oblige les entreprises à tenir à jour les données traitées. Le cinquième principe impose aux entreprises de ne conserver les données sous une forme permettant l’identification des personnes concernées que pendant une durée n’excédant pas celle nécessaire à la réalisation des finalités pour lesquelles elles sont traitées. Le sixième

d’argent. De plus, les changements qui seront apportés sont bénéfiques pour les entreprises. Si un data protection officer externe ou interne est requis, il sera porteur du projet. Assurez-vous donc de nommer une personne qui a de l’expérience en gestion de projets complexes en plus des qualifications requises : techniques et légales. »

point demande de mettre en place toutes les mesures de sécurité organisationnelles et techniques appropriées afin d’assurer la protection des données traitées contre, par exemple, la destruction, l’altération, ou encore une diffusion non autorisée. Septième et dernier principe, les entreprises doivent être en mesure de démontrer à tout moment leur conformité.  J.B.


ENVIES

MÉTIER DU FUTUR UX DESIGNER

JEAN-GUY ROCHE CEO Rcarré « Le RGPD est une évolution logique qui normalise et garantit la sécurité de l’information aux clients. Pour notre part, nous traitons des données de nature sensible, leur sécurisation grâce à l’informatique est une de nos priorités depuis toujours. Pour renforcer la sécurité de l’information, des standards internationaux comme ISO 27000, que nous appliquons pour nos services cloud, notamment, viennent renforcer cet aspect du RGPD.

La mise en conformité ne doit pas être perçue comme une contrainte, mais comme un processus d’amélioration continue, qui nécessite une bonne vue sur les priorités et un suivi systématique qui va aider à implémenter l’approche RGPD choisie. Pour comprendre et appliquer l’essentiel de la réglementation, les entreprises doivent assimiler que toute détention d’informations personnelles doit être motivée et faire l’objet d’un consentement. »

La capacité à penser une « expérience utilisateur » (user experience) la plus simple, intuitive et efficace possible est aujourd’hui incontournable, avec la prolifération des interfaces web, des applications, des objets connectés et des écrans.

Que fait-il ? Il est responsable de la conceptualisation de l’interaction des utilisateurs avec une application (web ou mobile), et privilégie l’ergonomie, le design et la simplicité d’utilisation. Il peut travailler pour tout type d’éditeur de logiciels et d’agence web et en tant que free-lance.

Quelles sont ses compétences ? Sa maîtrise des outils de retouche d’images lui permet d’intégrer des visuels attrayants au sein des interfaces logicielles. Doté d’un sens créatif et soucieux du moindre détail, son but est d’offrir aux utilisateurs une expérience optimale. Il endosse plusieurs casquettes, comme celles de designer, architecte d’interface, ou encore ingénieur utilisabilité.

Quelle est sa formation ? Artistique, avec des compétences techniques. Toutefois, de nombreux départements informatiques offrent des formations master en expérience utilisateur. Depuis 2018, Axance, agence UX design et filiale de Devoteam, propose par ailleurs une formation UX au Luxembourg.

En moyenne, un junior pourra prétendre à un salaire de 3.000 à 3.500 euros net par mois. Un senior revendiquant huit à dix ans d’expérience peut prétendre en moyenne de 5.500 à 6.000 euros net par mois.

Une qualité-clé ? La capacité d’adaptation. L’UX designer est le spécialiste de l’amélioration de l’expérience vécue par un utilisateur. Il doit donc être agile et s’adapter au client qui est face à lui, afin de lui proposer la meilleure solution.

Avis d’expert POUR ALLER PLUS LOIN À destination des DPO, responsables d’entreprise, informatiques et chefs de projet, RGPD – Le comprendre et le mettre en œuvre est un ouvrage écrit et illustré par quatre auteurs aux expériences 08 _ LEGENDE-TITRE et cultures complémentaires (managériale, organisationnelle et juridique). Il permet de comprendre et de et mettre en œuvre 08_legende estrunteni inverup le RGPD à partir d’une méthode, d’outils et d’exemples. tature, officpratiques te pos eniscie nimu­ san discid quis a dem inctotate RGPD – Le comprendre et le mettre en œuvre, Jacques Foucault ; Loïc Panhaleux ; Dominique Renaud et Pierre Begasse, éditionsab Eni,intibusdae. 45 euros.

« L’UX designer a plusieurs casquettes. Il possède des bases solides en méthodologie, en gestion de projets, il doit être à l’écoute du client et a souvent un côté business analyst. Il doit savoir parler à son client et le convaincre des changements qu’il doit opérer. » Jennifer Schneider, training manager au sein de Devoteam Luxembourg.

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ILLUSTRATION Hadi Saadaldeen (Maison Moderne) PHOTOS La Graphisterie générale, Dominique Gaul

Combien gagne-t-il ?


ENVIES

STYLE AFTERWORK « J’ai toujours eu un peu de mal avec les couleurs ‘flash’ sur un homme. »

Quelle est votre pièce « guilty pleasure » dont vous refusez de vous séparer ? « Disons qu’étant pour l’instant un jeune entrepreneur dans le milieu de la gastronomie, mes ‘guilty pleasures’ sont ailleurs : de belles assiettes, des éléments de décoration pour nos buffets... »

Quelle couleur ne portez-vous jamais ? « J’ai toujours eu un peu de mal avec les couleurs ‘flash’ sur un homme, et j’ai toujours préféré les couleurs intemporelles comme le beige, le gris clair, ou encore un joli bleu… »

Quelle pièce aimeriez-­ vous transmettre ? « Je dirais un joli blazer croisé beige ‘prince de galles’ en lin et cachemire, qui est parfait pour l’été ! »

Quel est votre plus vieux souvenir lié à la mode ? « Ma mère a travaillé pendant plus de 30 ans dans le milieu de la publicité, et je me rappelle avoir de ce fait côtoyé celui de la mode déjà très jeune. »

Quel est votre dernier achat mode ? « J’ai craqué pour un pull en cachemire de chez Kujten, la marque des créatrices parisiennes Carole Benaroya et Stéphanie Eriksson. »

Que porter pour une soirée de gala ? « Un smoking, sans hésitation. »

Comment être un jeune professionnel « looké » à Luxembourg ? « En termes de tenue idéale, ce serait en portant un blazer avec une belle coupe, un chino sympa et une paire de mocassins ou de sneakers... Une base efficace ! Pour mes adresses, je conseille Thilges et Smets. »

Julien Cliquet

Directeur associé, Traiteur Julien Cliquet TEXTES Fabien Rodrigues

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ENVIES

Comment définissez-­ vous votre style ? « Bohème romantique, avec des vêtements qui laissent une grande liberté de mouvement. C’est nécessaire lorsqu’on voyage régulièrement ! »

Quelle est la plus ancienne pièce de votre garde-robe ? « Les histoires de mes vêtements sont intimement liées aux personnes que j’aime. Mes véritables achats mode ont commencé vers mes 20 ans, quand je soutenais une amie créatrice italienne qui avait fait ses classes chez Prada et qui créait sa propre ligne. »

Avec quels créateurs aimeriez-vous dîner ? « Sans aucune originalité, j’aurais adoré passer une soirée avec Karl Lagerfeld dans son studio aux 300.000 ouvrages... Sinon, une personne qui m’intrigue vraiment, c’est Martin Margiela. J’ai aussi découvert la folie colorée de Delpozo récemment. »

« Les histoires de mes vêtements sont intimement liées aux personnes que j’aime. »

Quel est votre dernier achat mode ? « Une jupe Celine aux plis infinis ! »

Quelle pièce voulez-­ vous transmettre ? « Je garde justement les pièces de créateurs pour ma fille. Si elles ne me vont plus, elles sont rangées dans une caisse étiquetée à son attention. Le reste, je le donne. » Qui vous a donné le sens du style ? « Mon père, qui m’a toujours fait penser à Burt Lancaster dans Le Guépard de Visconti, une élégance racée innée. » Une adresse coup de cœur à Luxembourg ? « Je suis devenue fan de l’ambiance intimiste de la boutique Muse. Les effluves de figue de leur ligne de bain sont réconfortants et invitent à flâner dans la boutique. Et puis, je suis une fan de mailles, j’y trouve donc toujours mon bonheur. »

Audrey Bossuyt

Galeriste et cofondatrice, Zidoun-Bossuyt Gallery

PHOTOS Mike Zenari

Avril 2019 —

­ — 119


ENVIES

ARCHITECTURE MAISON UNIFAMILIALE

Chic bohème 1

ARCHITECTE EL’LE Interior Stories by Elodie & Arnaud

2

CLIENTS Privés LOCALISATION Luxembourg LIVRAISON 2012

3

I

l faut bien avouer que la maison n’a pas de charme particulier: c’est une ancienne maison d’ouvrier en rangée comme on en trouve un peu partout au Luxem­bourg. Mais elle présente l’avantage d’être saine, avec un petit jardin d’agrément et le plan d’urbanisme permet d’y construire une extension à l’arrière. Une opportunité non négligeable que ce jeune couple avec enfants a saisie pour agrandir leur espace de vie. Cette extension construite à l’arrière, dans le jardin, est l’occasion de repenser la répartition des pièces à l’intérieur de la maison et la circulation entre les différents espaces. Vus de l’extérieur, les deux niveaux de l’extension se superposent, avec un léger décalage accentué par une fenêtre latérale en exergue, jouant ainsi sur les volumes pour donner une nouvelle identité à la maison, lui ajouter un caractère plus personnalisé. 120 —

­ — Avril 2019

Au niveau des espaces de vie, l’extension permet, en plus d’ajouter des mètres carrés de surface de vie, de décloisonner les pièces et d’ouvrir la cuisine sur un nouveau jardin d’hiver où les propriétaires ont installé un espace de détente. La lumière peut désormais largement entrer jusqu’à l’intérieur de la maison grâce à l’introduction d’une baie vitrée donnant sur le jardin. À côté, sur le toit du rez-de-jardin, une vaste terrasse est aménagée, permettant de prendre ses repas à l’extérieur au moment des beaux jours et prolongeant naturellement l’espace intérieur vers l’extérieur. Au niveau inférieur, de plain-pied avec le jardin, les propriétaires ont installé un atelier d’artiste qui se répartit en deux pièces, l’une pour les activités « sales », l’autre pour les activités « propres ». Un double espace totalement vitré, idéal pour y travailler et créer, juste en face du jardin. Au sol, le parquet à l’ancienne est préservé et restauré là où c’est nécessaire. Le terrazzo est repris, préservant les orientations de décoration initiales de la maison. Ces matériaux viennent se marier avec une chape lissée et un revêtement en éternit. Une modernité introduite par petites touches, pour un esprit des lieux préservé, mais remis au goût du jour.  C. C.

1 2 3 4

Grâce à l’extension, le salon a pu être décloisonné. L’espace de la cuisine ouvre sur un jardin d’hiver. La maison a été remise au goût du jour. À l’extérieur, l’extension présente un jeu de volumes qui ajoute du caractère à la maison.

4

PHOTOS Eric Chenal

Cette ancienne maison en rangée située à Luxembourg-ville, dans le quartier de Beggen, a trouvé une nouvelle jeunesse avec l’aide du bureau EL’LE Interior Stories by Elodie & Arnaud qui a réalisé une rénovation et une extension.


ENTER THE ICT SPRING STARTUP EXPERIENCE

STARTUPS’ VILLAGE 21 & 22 MAY 2019

LUXEMBOURG

100+ STARTUPS INVOLVED

20+ COUNTRIES REPRESENTED INTERNATIONALLY


ENVIES

CULTURE ART

Hommage à Bert Theis From Fight Specific Isola to Isola Utopia, 2015 (détail), photomontage de six photographies.

ARCIPELAGO BERT THEIS EN COMPLÉMENT DE L’EXPOSITION Parallèlement à l’exposition au Mudam, d’autres événements sont organisés, dont voici les trois principaux.

OUT (OFFICE FOR URBAN TRANSFORMATION) Ce projet a été présenté entre 2002 OUT et 2014 dans différents pays. Il prend la forme d’un « bureau » dédié à la question de la transformation urbaine. Rassemblant documents, objets et matériaux visuels, il est aussi pensé comme un espace pouvant accueillir des « situations » d’échange, de travail et de réflexion. Durant l’exposition au LUCA, plusieurs tables rondes sont organisées. Du 30 mars au 26 juillet, au LUCA, www.luca.lu

L

e travail de Bert Theis (1952-2016) était à la fois poétique et engagé, conceptuel et sensible, personnel et collectif. Une œuvre sous-tendue par une réflexion sur le rôle de l’art dans la société, les échanges qui peuvent s’opérer entre l’art et l’espace public. Aussi, l’artiste n’a cessé de créer des situations qui permettent au spectateur de sentir et de penser sa présence et sa place dans le monde qui l’entoure. Initiée et curatée par Enrico Lunghi, l’exposition Building Philosophy – Cultivating Utopia présentée au Mudam est la première rétrospective consacrée à cet artiste. L’exposition offre un large panorama des projets qui l’ont fait connaître, ainsi que des œuvres jusque-là moins connus, comme des collages, des performances ou encore des « text works ». On y trouve bien évidemment des documents relatifs à ses « plates-formes » et des « pavillons » initiés dans le milieu des années 1990. « Activées » par les visiteurs, ces constructions 122 —

­ — Avril 2019

deviennent des espaces de repos, de contemplation, d’échange ou d’action. D’une esthétique raffinée, elles permettent à la fois le dialogue et l’introspection. C’est ainsi qu’il propose en 1995, à la Biennale de Venise, Potemkin Lock, un pavillon tout blanc invitant à la contemplation et à la détente. En 1997, Philosophical Platform a créé l’événement lors du Skulptur Projekte Münster. Bert Theis a également répondu à des commandes pour l’espace public, à Paris ou Strasbourg. Par ailleurs, il est à l’origine de l’Isola Art Center à Milan à partir de 2001, une plate-forme collective d’artistes, d’architectes, de philosophes et de citoyens avec qui il mène un combat collectif pour la préservation des liens sociaux et lutte contre la spéculation immobilière dans un quartier populaire à Milan. Respectant cet esprit de collaboration et de dialogue, le Mudam a naturellement mis en place un réseau de partenariats pour dévoiler les différentes facettes de cet art riche et protéiforme. Le public pourra découvrir plusieurs projets parallèles, que ce soit des expositions ou des événements, à Luxembourg-ville ou ailleurs dans le pays, et même à Strasbourg.  C. C.

F(L)IGHT SKETCHES – FOR BERT THEIS Cette exposition réunit des artistes gravitant autour de l’Isola Art Center à Milan, des amis de l’artiste et des démarches conceptuelles ou politiques proches de la sienne. Du 30 mars au 5 mai, au Cercle Cité

PHILOSOPHICAL PLATFORM Inspirée de l’escalier représenté dans L’École d’Athènes (1509-1510) de Raphaël, Philosophical Platform fut créée en 1997 pour Skulptur Projekte Münster. Dans le cadre de son programme « Public Art Experience », le Fonds Belval a permis une nouvelle réalisation de cette œuvre majeure de Bert Theis et son installation dans l’avenue du Rock’n’Roll. À Belval

Au Mudam, Bert Theis. Building Philosophy – Cultivating Utopia, du 30 mars au 25 août. Programme et détails sur www.mudam.lu

PHOTO Collection Mariette Schiltz

Bert Theis est un des artistes majeurs de l’art contemporain luxembourgeois. Décédé en 2016, le Mudam lui consacre une rétro­ spective qui s’étend à travers la ville et même au-delà.


T N IO H S T A LI D SL G N EN IDE A V R O T O IN PR

MARDI 7 MAI 2019

GREEN ARCHITECTURE Les projets immobiliers au Luxembourg sont soumis à un cadre légal très exigeant. Ce cadre impose de facto un haut standing des matériaux et composants utilisés en matière de performance énergétique. Néanmoins, performance énergétique et caractère écologique ne sont pas systématiquement corrélés. Quelles sont les solutions «green» existantes en matière d’architecture et de bâti ?  Ce 10×6 croisera les regards et retours d’expériences de 10 architectes, ingénieurs, professionnels du bâtiment et usagers.

AVEC, ENTRE AUTRES, LA PARTICIPATION DE :

François THIRY, Polaris Albert GOEDERT, BENG Anabel WITRY, Witry & Witry Julien BERTUCCI, SNHBM

LIEU Théâtre d’Esch 120 rue de l’Alzette, Esch-sur-Alzette AGENDA 18:30 Welcome cocktail 19:00 Mot de bienvenue 19:15 10 présentations 20:30 Walking & networking dinner

GOLD SPONSORS

SILVER SPONSORS

SPONSOR FOURNISSEUR OFFICIEL

n in sc r ip t io su r e ir o b li g at o b lu c . pa p er ja m


ENVIES

RESTAURANT À TABLE AVEC

Nancy Thomas Alors qu’IMS Luxembourg s’engage avec toujours plus d’aplomb dans la promotion de la responsabilité sociale des entreprises, nous avons invité sa directrice, Nancy Thomas, à déjeuner à The Farm, un repaire presque secret qui met le produit local à l’honneur.

majorité de ses plats avec des produits provenant de moins de 100 km à la ronde. « UNE QUICHE QUI N’EN EST PAS

UNE » Il s’agit là bien évidemment

de l’intitulé du plat végétarien choisi par notre invitée – bien qu’elle apprécie la viande et le poisson en quantité raisonnable, mais ici quelques semaines, elle n’aura le parallèle est trop tentant pour d’yeux que pour le Sustain­ability ne pas le faire... En effet, si IMS Forum, qui se déroulera le 25 revêt parfois une réputation assez avril au Cercle Cité. Mais en sereine, voire discrète, due très attendant, à table, Nancy probablement à sa communication Thomas parle de RSE comme elle promeut cette tournée avant tout vers ses valeur au quotidien : avec une main de fer bien- membres, l’organisation a décidé veillante dans un gant de velours, tout sourire. de surprendre ces derniers sans CONVAINCRE EN LOCAL La directrice d’Inspi- forcément les ménager. Ce fut a ring More Sustainability (IMS Luxembourg) priori le cas après la rédaction d’un aborde en effet avec un enthousiasme tout natu- manifeste visant à bannir les plasrel la bonne santé de l’association reconnue tiques à usage unique dans les d’utilité publique, qui compte à présent 13 col- sociétés, en amont du vote de la laborateurs : « On continue à croître chaque directive européenne sur le sujet : année, avec une équipe jeune, fidèle et impli­ « Lors d’un dîner réservé aux CEO quée. On accueille d’ailleurs une nouvelle recrue que nous organisons régulière­ aujourd’hui ! » Du côté des entreprises parte- ment, nous avons servi à ces der­ naires, après plusieurs années stables, les ins- niers le manifeste à la place du criptions se sont multipliées depuis 2015 pour dessert en leur demandant de bien atteindre 136 membres, dont deux poids lourds vouloir le signer. » Une approche de l’économie grand-ducale qui se sont enga- audacieuse qui semble avoir foncgés récemment, à savoir Auchan et Foyer. De tionné puisque 56 des 60 CEO prébons résultats qui semblent ravir Nancy, alors sents l’auraient ratifié, « comme Sodexo, qui a qu’elle commande un velouté de légumes bio depuis adopté l’Ecobox dans la plupart de ses et locaux fournis à The Farm par les désormais établissements ». INFORMER, TOUJOURS Si les projets à vocation célèbres Paniers de Sandrine. Cette dernière est en effet une partenaire de la première heure scientifique, comme la quantification du poids de l’établissement, qui cuisine la grande de plastique économisé grâce à ce manifeste, représentent une grande partie de l’activité de Nancy Thomas et the farm de son équipe, la mission d’in80-82, rue de l’Aciérie, formation reste primordiale. Luxembourg (Hollerich) Tout d’abord avec un magazine Tél. : 691 262 696 édité deux fois par an, mais aussi Chef Nuno et surtout via le Sustainability Direction Franz Dickes Forum. L’édition 2019 proposera Son 80 db des conférences et tables rondes, Couverts 55 bien sûr, mais aussi un plateau télé dont le contenu sera dif­f usé Addition du jour par la suite sur la chaîne 14,00 € YouTube d’IMS, ainsi qu’une 2 entrées exposition ; le tout autour des 2 plats 29,00 € thématiques « Le plastique à 2 verres de vin bio 14,00 € usage unique » et « L’égalité 2 eaux 7,80 € Total homme-­femme ».  F. R. 64,80 €

D

124 —

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MAIS AUSSI OÙ MANGER À LUXEMBOURG « J’aime beaucoup Casa Fabiana pour le goût et l’approche bio. Sinon, juste à côté du bureau se trouve Persian Foodbox, un petit iranien dont je raffole des spécialités et qui propose l’Ecobox ! »

UNE RÉFÉRENCE « J’aime vraiment les légumes, herbes et crudités, et le chef René Mathieu est très inspirant  ! »

PHOTOS Jan Hanrion (Maison Moderne)

UN PLAT MAISON « J’adore cuisiner des plats mijotés qui cuisent pendant des heures et remplissent la maison familiale de bonnes odeurs : blanquette, bœuf bourguignon, couscous... »


KEEP CALM AND

GO TO THE NEW

SAUMUR

13, RUE DICKS LUXEMBOURG


INDEX

ENTREPRISES PERSONNES PUBLICITÉS

A A2M  ABBL  ABERDEEN STANDARD INVESTMENT  ABN AMRO  ACCENTURE  ADEM  ADR  AIR FRANCE  ALEXANDRE DAVID  ALFI  ALI OMAR  ALLEN & OVERY  ANDERSEN ARTHUR  ARCELORMITTAL  ARENDT & MEDERNACH  ARRIAGA AFONSO  ASSELBORN JEAN  AUCHAN  AXANCE 

B

BABYLONE  BACH GEORGES  BACK CARLO  BÂLOISE LUXEMBOURG  BANK OF CHINA  BANQUE CENTRALE EUROPÉENNE  BANQUE ET CAISSE D’ÉPARGNE DE L’ÉTAT  BARDET CÉLINE  BASKET RACING LUXEMBOURG 

43 52 51 44 38 54 16 42 52 16 52 48 114 43 53 43 64 124 116 43 16 26 16 6 46 16 64 114

Biographie disponible sur guide.paperjam.lu

BOULBAYEM HINDE  BOURSE DE ZURICH  BRAM CITY CONCORDE  BRAZ FÉLIX  BRITZ THIBAUT  BRUEGEL  BUCK NICOLAS 

C

CAMBER  41 CAPITAL GROUP  44, 52 CAPSENSIXX AG  48 CASTEGNARO – IUS LABORIS LUXEMBOURG  56 CFL  26, 79 CHAMBRE DE COMMERCE  16, 34, 54, 58 CHAMBRE DES DÉPUTÉS  16, 94 CHAMBRE DES MÉTIERS  16 CITIGROUP  44 CITROÊN - ÉTOILE GARAGE  21 CITYTOOLS  43 CLIQUET JULIEN  118 COMMERZBANK  44 COMMISSION EUROPÉENNE 54 COMMISSION NATIONALE POUR LA PROTECTION DES DONNÉES  116 CONFÉRENCE GÉNÉRALE DE LA JEUNESSE DU LUXEMBOURG  84 CONSERVATOIRE DE LA VILLE DE LUXEMBOURG  102 CORDIER FRANÇOIS  130 CRÉDIT AGRICOLE  44 CROIX-ROUGE LUXEMBOURGEOISE  84 CSSF  44, 52, 94 CSV  16

D

BAUSCH FRANÇOIS  16, 26, 84 BAYER  46 BENLAFQUIH KAMAL  43 BERNA GEORGES  114 BEST INGÉNIEURS-CONSEILS  43 BETTEL XAVIER  64, 84 BGL BNP PARIBAS  35, 114 BIL  32, 44, 47 BILTGEN FRÉDÉRIC  26 BMW BELUX  4, 5 BNP PARIBAS REAL ESTATE  114 BOSSUYT AUDREY  118

126 —

­ — Avril 2019

34 44 39 84 38 58 16

D’AGOSTINO STEFANO  16 DANSKE BANK  44 DE ROTHSCHILD ARIANE  44, 46 DE VILLE JEAN-PAUL  26 DEGLISE WESLEY  34 DÉI GRÉNG  16, 26, 84 DÉI LÉNK  16 DELANO MICHAEL  40 DELATINNE MARJAN  40 DELOITTE LUXEMBOURG  48, 56 DESMARTIN JEAN-PHILIPPE  46 DEUTSCHE BANK  44 DEVOTEAM  116 DICKES FRANZ  124

DLA PIPER  52 DNB NOR  44 DOCLER SERVICES  150 DOS SANTOS NUNO  43 DOUSSINE CÉCILE  43 DP  16, 26, 84 DRAGHI MARIO  46 DREYSTADT JEAN-MARC  34 EDMOND DE ROTHSCHILD  44, 46

E

ENGEL FRANK  ENOVOS LUXEMBOURG  EQUITY PARTNERS MARLIN  EY 

F

16 29 38 52

FARVEST  121 FAYOT FRANZ  16 FÉDÉRATION LUXEMBOURGEOISE DES STARTUPS  34 FÉDÉRATION NATIONALE DES ÉCLAIREURS ET ÉCLAIREUSES DU LUXEMBOURG  84 FEDIL  16, 54 FELIX GIORGETTI  149 FELTEN LIANE  16 FIAT  27 FIDELITY INTERNATIONAL  54 FOLSCHETTE CHRISTOPHE  38 FONDATION DU GRAND-DUC ET DE LA GRAND-DUCHESSE 10 FONDATION ELISABETH  84 FONDATION IDEA  54 FONDS BELVAL  122 FONDS DE LA COOPÉRATION AU DÉVELOPPEMENT  64 FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL  54 FORD  19 FOYER  124 FRANK MAUSEN  48 FRIDAY  33 FRIEDMAN MILTON  46 FUCHS ASSET MANAGEMENT 44

G

GAGNON MÉLANIE  116 GIMENO GUSTAVO  102 GLAESENER ROBERT  38 GLAMUSE  33 GMPVC GERMAN MEDIA POOL  16 GNAHORÉ DOBET  64 GOOGLE  116 GORLT CLÉMENT  43 GOY JEAN-MARC  44, 52 GRAMEEN BANK  64 GRAMEGNA PIERRE  16, 48 GRAND-DUC HENRI 64 GRAND-DUC JEAN  64 GRANDIDIER JÉRÔME  34 GRENOUILLET CARINE  43 GROUPE D’EXPERTS INTERGOUVERNEMENTAL SUR L’ÉVOLUTION DU CLIMAT 56 GROW TO EXCELLENCE  101

H, I

HAMMOUDA AMEL  42 HANSEN CHRISTOPHE  16 HARVARD  58 HERMÈS  2 HERTZ CHRISTIAN  48 IKEA  130 IKO  43 IMS LUXEMBOURG  40, 124 INCERT GIE  43 INDOSUEZ  44 ING  44 INSINGERGILISSEN  49

J, K

JI MORGANE  JONK GRÉNG  JUNIOR CHAMBER INTERNATIONAL LUXEMBOURG  KBL EUROPEAN PRIVATE BANKERS  KEMP MARTINE  KERSCH DAN  KOBA  KUSSBUSS 

64 84 57 49 16 16 114 16


INDEX

L

LAGARDE CHRISTINE  LAMORLETTE CYRIL  LASSALLE MIRYAM  LEDGER  LEGO  LEKO 

64 40 52 40 130 130

Biographie disponible sur guide.paperjam.lu

N

NATIONS UNIES  NATURATA  NATURGAS KIELEN  NAUTADUTILH AVOCAT  NEHARI KARIM  NEW FINANCIAL  NONNWEILER ALESSANDRA  NORDEA  NOSBAUM & REDING 

O

LEYERS MARCEL 44 LILITH PROJECT  93 LIS  48 LOMBARD ODIER  49 LSAP  16, 26, 84 LUCA  122 LUNGHI ENRICO  122 LUX ERIC  43 LUXAIR GROUP  112 LUXEMBOURG PROFESSIONAL LGBT+ALLIES ASSOCIATION  40 LUXFACTORY  34 LUXGAP  116 LUXINNOVATION  34 LUXTRAM SA  26

M MACRON BRIGITTE 

64 MARIA TERESA DE LUXEMBOURG  64 MARSHALL JOHN  94 MARTINO PASCAL  48 MATHIEU RENÉ  124 MAUSEN FRANK  48 MAY THERESA  94 MELA ENRICO  44 MENGA IVAN  43 METZ TILLY  84 MGSI  116 MINISTÈRE D’ÉTAT  94 MINISTÈRE DE LA MOBILITÉ ET DES TRAVAUX PUBLICS  16, 26, 94 MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET EUROPÉENNES  64, 94 MINISTÈRE DES FINANCES  48, 94 MONSANTO  46 MONTPELLIER BUSINESS SCHOOL  64 MORENO ARCHITECTURE   43 MUDAM  122 MUKWEGE DENIS  64 MULLER VIVIEN  34 MUSE  118 MYSARDINES  34

64 84 34 52 43 52 26 44 37

O’DOWD CATHY  48 OCCRP  44 OLINGER JEAN-PAUL  16 ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DU LUXEMBOURG  64, 102 ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE  58 OSWEILER ROMAIN  16 OUISHARE  83

P

PAILHON JEAN-MICHEL  40 PANIERS DE SANDRINE (LES)  124 PARDINI STÉPHANE  44 PERSIAN FOODBOX  124 PHILHARMONIE  48, 102 PIRATES PARTEI  26 Biographie disponible sur guide.paperjam.lu

POIRIER PHILIPPE  POLETTI BENOÎT  POST  PRAMILA PATTEN  PROPERTY  PWC 

R

18 43 16 64 114 40, 58, 59

RAIFFEISEN  RCARRÉ  REDING VIVIANE  RIPETTI CHARLOTTE  RIPPLE  ROCHE JEAN-GUY  RODRIK DANI  RTL  RUSTICHELLI AUDREY 

44 116 16 34 40 116 58 84 58

S

SACCO ÉLÉONOR  43 SALES-LENTZ  101 SAPIR ANDRÉ  58 SAUMUR CRYSTAL CLUB  125 SCHNEIDER JENNIFER  116 SCHRODER INVESTMENT MANAGEMENT  44 SCHRODERS  44 SCODELLARO MATHIEU  58 SCRYBTO  34 SES  16 SEVENVENTURES  16 SEWING CHRISTIAN  44 SIERADZKI PETER  49 SMEETS JEAN-PHILIPPE  58 SMETS  118 SNCI  69 SOCIAL PERFORMANCE TASK FORCE  44 SODEXO  124 SOGELIFE  8 SOUGTANI MOUJIB  43 STATEC  16, 26, 54, 64, 94 SUMY  34 SUPERMIRO  16 SWEDBANK  44

T, V

V

VAN DEN BERGE MARNIX  44 VAN YPERSELE JEAN-PASCAL 56 VANHENCXTHOVEN LUDOVIC 34 VÉLOCENTER GOEDERT  26 VICTOR SÀRL  30, 31 VILLE D’ESCH  43 VILLE DE LUXEMBOURG  28 VON DER MARCK ANDRÉ  26 VOSS DENISE  48

W, Y, Z

WAGNER DAVID  16 WALTZING GAST  64 WAVESTONE LUXEMBOURG  14, 15 WE ARE NOT WEAPONS OF WAR  64 WHATSAPP  42 WILLIAM JENNINGS BRYAN  58 WINKIN JULIEN  116 WISELER CLAUDE  16 WISELER LIMA ISABEL  16 YUNUS MUHAMMAD  64 ZIDOUN-BOSSUYT GALLERY  118 ZYGEL JEAN-FRANÇOIS  102

TALKWALKER  38 TANSON SAM  84 TECHNOPORT  130 THE FARM  124 THE OFFICE  129 THEIS BERT  122 THELEN CARLO  16 THILGES  118 THOMA CAROLE  16 THOMAS NANCY  124 THUNBERG GRETA  46 TOILIER CINDY  56 TRAITEUR JULIEN CLIQUET  118 TROJANOWSKI ELODIE  34 TROTY  26 TURMES CLAUDE  26, 28

U

ULBRICH SVEN  48 ULO  34 UNION DES ENTREPRISES LUXEMBOURGEOISES  16 UNION DOUANIÈRE  94 UNIVERSITÉ DE HEIDELBERG  84 UNIVERSITÉ DU LUXEMBOURG  18, 84 UNIVERSITÉ LIBRE DE BRUXELLES  58

Avril 2019 —

­ — 127


OURS

Avril 2019 dir ecteur de la publication

Richard Karacian dir ecteur éditor i a l

Matthieu Croissandeau r édacteur en chef

RÉDACTION Téléphone (+352) 20 70 70-100 Fax (+352) 29 66 19 E-mail press@paperjam.lu Courrier BP 728, L-2017 Luxembourg secr éta ir e de r édaction

Jennifer Coghé (J. C.) jennifer.coghe@maisonmoderne.com Frédéric Antzorn (F.C. A.) frederic.antzorn@maisonmoderne.com   @FredAntzorn Jamila Boudou (J. B.) jamila.boudou@maisonmoderne.com Céline Coubray (C. C.) celine.coubray@maisonmoderne.com   @celinecoubray Laura Fort (L. F.) laura.fort@maisonmoderne.com Camille Frati (C. F.) camille.frati@maisonmoderne.com   @camillefrati Jennifer Graglia (J. G.) jennifer.graglia@maisonmoderne.com Fanny Jacques (F. J.) fanny.jacques@maisonmoderne.com Megane Kambala (M. K.) megane.kambala@maisonmoderne.com

Thierry Raizer (T. R.) thierry.raizer@maisonmoderne.com   @traizer1

RÉGIE PUBLICITAIRE

dir ecteur associé

www.maisonmoderne.com Téléphone (+352) 20 70 70 E-mail publishing@maisonmoderne.com Courrier BP 728, L-2017 Luxembourg Bureaux 10, rue des Gaulois, Luxembourg-Bonnevoie

ch a rgés de clientèle

Mike Koedinger

Téléphone (+352) 20 70 70-300 Fax (+352) 26 29 66 20 E-mail regie@maisonmoderne.com Courrier BP 728, L-2017 Luxembourg Francis Gasparotto (-301) Marilyn Baratto (-316) Laurent Goffin (-315) assista nte commerci a le

Céline Bayle (-303)

STUDIO GRAPHIQUE dir ecteur de l’agence

Mathieu Mathelin

dir ecteur a dministr atif et fina ncier

Etienne Velasti

Maison Moderne est un partenariat de Francis Gasparotto, Richard Karacian, Mike Koedinger et Etienne Velasti. conseil d ’a dministr ation Mike Koedinger (président), Jean-Claude Bintz (vice-président), Richard Karacian, Daniel Schneider et Etienne Velasti (membres).

hea d of production

Jean-Michel Lalieu (J.-M. L.) jean-michel.lalieu@maisonmoderne.com

Vinzenz Hölzl

Nicolas Léonard (N. L.) nicolas.leonard@maisonmoderne.com

Marielle Voisin

Fabien Rodrigues (F. R.) fabien.rodrigues@maisonmoderne.com

Monique Bernard, Elina Luzerne (coordination Paperjam), Oriane Pawlisiak (coordination Clubletter), Nathalie Petit, Hadi Saadaldeen

hea d of a rt dir ection

a rt dir ector

mise en page

hea d of production assista nts

Anthony Dehez, Patrick Galbats, Nader Ghavami, Jan Hanrion, Edouard Olszewski, Emanuele Scorcelletti, Mike Zenari, Matic Zorman

ceo

Richard Karacian

Jeremy Leslie

Stéphanie Poras-Schwickerath

photogr a phes

fondateur

dir ecteur de cr éation

Thierry Labro (T. L.) thierry.labro@maisonmoderne.com

Ioanna Schimizzi (I. S.) ioanna.schimizzi@maisonmoderne.com

ÉDITEUR

Stéphane Cognioul, Myriam Morbé

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cor r ection

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LA START-UP DU MOIS LEKO

proposer un habitat disruptif

EN BREF Leko en six points  2014 : Céation dans les Vosges  Location : Technoport (Foetz)  Fondateur : François Cordier  Octobre 2018 : Levée de fonds de 2,4 millions d’euros  Printemps 2019 : Inauguration prévue d’un bâtiment résidentiel de 300 m2 à Sandweiler

Créée en 2014, Leko poursuit son développement depuis son siège de Foetz. Forte de sa technologie de panneau en bois préfabriqué doté d’un système d’emboîtement sur base de picots, elle peut construire une maison près de trois fois plus rapidement qu’en béton.

 Nombre d’employés : 16

L

e gouvernement a annoncé un programme de construction de 11.000 logements subvention­ nés, il y a un très fort potentiel pour notre start-up. » François Cordier, CEO et fondateur de Leko, affiche de solides ambitions pour l’entreprise qu’il a créée dans les Vosges en 2014. Installée depuis au Technoport de Foetz, elle possède actuellement un effectif de 16 personnes de huit nationalités différentes. « Mais notre objectif est d’atteindre une centaine de salariés d’ici un an et demi, à l’horizon 2020, confie le jeune dirigeant. À cette échéance, nous projetons de nous développer sur de nouveaux mar­ chés, comme la Suisse et l’Allemagne. Le Luxembourg est notre laboratoire, une base pour notre déploiement, car c’est un marché très dynamique et il y a une vraie attente de la part de la population dans le domaine du développement durable. Notre but est d’installer des petites usines locales afin de fabriquer les maisons sur place. » Leko a développé une technologie à part, en bois croisés assemblés par picots, permettant une fixation sans colle, 100 % démontable et recyclable. « Nous proposons un habitat disruptif. Nous disposons de trois brevets et une dizaine de dépôts de brevets sur les produits, et les procédés sont en cours », ajoute François Cordier. La start-up a réalisé une levée de fonds de 2,4 millions d’euros en octobre dernier. « Ce qui nous a notamment permis de nous équiper de deux robots. Avec des algo­ rithmes d’automatisation et une logistique anticipative appropriés, nous parvenons ainsi à robotiser le montage. Le bois atteint le stade de l’industrie 4.0. » Les emplois qui seront pourvus dans les années à venir 130 —

­ — Avril 2019

sont donc des postes d’ingénieur et de développeur, des « profils hyper-qualifiés », afin de pousser la technologie mise au point par Leko. Dix fois plus résistant « Notre système est dix fois plus résistant que du béton, le matériau n’est donc pas uniquement écologique, mais il est également meilleur que ceux utilisés traditionnellement dans la construction, appuie le CEO de la start-up. Nous sommes capables de construire une maison en six à huit mois, contre 24 mois en moyenne au Luxembourg avec des matériaux tradi­ tionnels. Et pour un prix équivalent, notre système permet d’avoir des murs plus fins par rapport à une construction classique, et donc de gagner des mètres carrés habi­ tables. » Une cinquantaine de logements devraient être construits cette année, « et à terme, l’objectif est de réaliser 500 logements par an ». Si le chiffre d’affaires n’est pas communiqué, « nous pouvons dire que nous devrions le multiplier par 20 entre 2018 et 2019 ». Un bâtiment résidentiel de 300 m2 sur six niveaux va être inauguré au printemps à Sandweiler, « que nous avons construit en neuf mois », se félicite François Cordier.  I. S.

BIO EXPRESS François Cordier François Cordier, actuel CEO, a fondé Leko en 2014. Spécialisée dans la construction en bois, cette jeune pousse, née dans les Vosges, a l’ambition de faire « sortir la construction de maisons individuelles de ’âge de pierre ». Pour cela, elle propose d’allier bois et nouvelles technologies pour construire des maisons au moins aussi solides et performantes énergétiquement que celles en béton, mais aussi et surtout au même prix. Le nom de Leko est un mix entre « Lego » et « Ikea ». Le modèle de construction en « bois croisés » que la start-up a conçu applique un système d’assemblage sans colle des madriers et la technologie de l’impression 3D.

ILLUSTRATION Ellen Withersová PHOTO Leko

« 


Clubletter avril mai 2019 Bienvenue aux nouveaux membres Paco Pet Care eProseed Concilium Immobilière VemConsulting Michele Dhur Chambre Officielle de Commerce d’Espagne en Belgique et au Luxembourg Ombri Immo AI-Heintz Venturi Cash Skyfarms PHI Data Bureau d’études Boydens Firstfloor Allianz Life Luxembourg Investment Minds Luxembourg Informatica Belgie BVBA European Capital Partners Luxembourg Brasserie Philippe SSI Schäfer Shop GmbH


sharing inspiration programme 2019 SEPTEMBRE

AVRIL

mardi 02 Delano Live mercredi 03 Networking Circle jeudi 04 Journée de workshops mardi 09 Déjeuner Carrousel jeudi 11 Networking Circle 

Wine Making Academy mercredi 17 Matinale RH jeudi 18 Déjeuner Nouveaux Membres mercredi 24 Club Talk Norbert Friob, rencontre avec un enthousiaste jeudi 25 Networking Circle #1 jeudi 25 Networking Circle #2

MAI

mardi 07 10×6 Architecture mardi 14 Journée de workshops mardi 14 Marketing Breakfast

Évolution d’une entreprise pour être plus centrée sur le client mercredi 15 Table ronde Élections européennes 2019 jeudi 16 Delano Breakfast Talk mardi 21 Breakfast Nouveaux Membres mercredi 22 10×6 HR: Les compétences pour demain à l’ère du digital jeudi 23 Networking Circle mercredi 29 Let’s Taste Surprises vinicoles

mardi 10 Delano Live mercredi 11 Matinale RH jeudi 12 Networking Circle 

JUIN

mardi 04 Networking Circle mercredi 05 Start-up Stories Round 2 jeudi 06 Déjeuner Carrousel mardi 11 Delano Live jeudi 13 Club Talk 

Voice & intelligence artificielle par Emmanuel Vivier jeudi 13 Dans les coulisses samedi 15 Journée Découverte  Survie & Management jeudi 20 Journée de workshops jeudi 20 Matinale RH mercredi 26 10×6 jeudi 27 Breakfast Nouveaux Membres vendredi 28 Déjeuner Carrousel

JUILLET

mardi 02 Déjeuner Nouveaux Membres mercredi 03 Networking Circle mardi 09 Delano Live mercredi 10 CEO Cocktail -

Summer Edition

jeudi 11 Tournoi de golf

Surprises vinicoles mardi 17 Start-up Stories Round 3 mercredi 18 10×6 Mobilité jeudi 19 Journée de workshops vendredi 20 Déjeuner Carrousel mardi 24 Delano Breakfast Talk mercredi 25 Club Talk Blockchain jeudi 26 Breakfast Nouveaux Membres samedi 28 Journée Découverte

OCTOBRE

mardi 01 Déjeuner Carrousel mercredi 02 Marketing Breakfast jeudi 03 Let’s Taste

Mixologie chez Maison Moderne mardi 08 10×6 Space mercredi 09 Networking Circle Vini Vegas mardi 15 Journée de workshops jeudi 17 Club Talk Architecture vendredi 18 Déjeuner Nouveaux Membres mercredi 23 10×6 Entrepreneurship mercredi 23 Delano Breakfast Talk vendredi 25 Déjeuner Carrousel

NOVEMBRE

jeudi 07 Networking Circle Surprises vinicoles mardi 12 Delano Live mardi 12 Journée de workshops mardi 19 Matinale RH mercredi 20 Breakfast Nouveaux Membres jeudi 21 Déjeuner Carrousel mercredi 27 10×6 Keytrade Bank jeudi 28 Dans les coulisses

DÉCEMBRE

vendredi 06 Déjeuner Carrousel mardi 10 Delano Live mercredi 11 Marketing Breakfast 

Création d’un plan marketing et vente sur la méthodologie Funnel Planning jeudi 12 Breakfast Nouveaux Membres jeudi 12 Let’s Taste mercredi 18 Start-up Stories Awards

get inspired too Le plus grand club d’affaires du Luxembourg, avec 250 événements par an. club.paperjam.lu


ÉDITO PRÉSENT À CHAQUE ÉTAPE

A FR

vec plus de 1.000 entreprises membres, le Paperjam Club accompagne des sociétés de toute taille et de tout secteur, dans différentes phases de leur développement. Notre engagement auprès de vous, c’est de pouvoir vous soutenir à chaque étape, de la création à la transmission de votre entreprise. Les nombreuses opportunités de rencontres de networking, conférences inspirantes ou journées de formations sont autant d’occasions pour trouver des prospects et fournisseurs, réfléchir au futur de votre business et accompagner l’évolution de vos salariés. Comme un miroir de ces possibilités, ce mois sera l’occasion de mettre en avant une formidable carrière de chef d’entreprise luxembourgeois lors de la rencontre avec Norbert Friob, le 24 avril prochain. Il nous racontera la passion entrepreneuriale qui l’a animé, mais aussi son implication dans des projets variés tels que les Jonk Entrepreneuren. Le reste du programme vous attend dans les pages qui suivent. Comme chaque mois, le Paperjam Club est votre partenaire pour vous placer au centre de l’environnement business local.

W EN

ith more than 1,000 member companies, the Paperjam Club supports businesses of all sizes and in all sectors, in different phases of their development. Our commitment to you is to be able to support you at every step of the way, from the creation to the transmission of your company. The many opportunities for networking meetings, inspiring conferences or training days are all chances to find prospects and suppliers, reflect on the future of your business and support the development of your employees. As a mirror of these possibilities, this month will be a chance to highlight a formidable career as a Luxembourg entrepreneur during the meeting with Norbert Friob on 24 April. He will tell us about the entrepreneurial passion that inspired him, but also his involvement in various projects such as the Jonk Entrepreneuren initiative. The rest of the programme will be presented to you in the following pages. As every month, the Paperjam Club is your partner to place you at the centre of the local business environment.

LES AVANTAGES DU CLUB MEMBER

INSPIRE Ouvrez vos perspectives et stimulez vos idées par l’inspiration

LEARN Développez vos compétences et celles de vos collaborateurs

NETWORK Développez votre réseau professionnel et la marque de votre société

ENGAGE Julien Delpy Director Paperjam Club

Renforcez l’engagement de vos collaborateurs Avril / Mai 2019 —

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CLUBLETTER

MERCREDI 27 FÉVRIER 2019 CENTRE CULTUREL TRAMSSCHAPP

10x6 Finance “Luxembourg does not reduce Brexit but helps financial institutions find solutions.” Nicolas Mackel LFF

De gauche à droite : Julie Lhardit (Paperjam Club) David Suetens (State Street Bank) Laurence Nicolet (Cardif Lux Vie) Fabio Mandorino (ABBL) Sandrine De Vuyst (ING) Denise Voss (Alfi) Nicolas Mackel (LFF) Jacques Elvinger (Elvinger Hoss Prussen) Bob Kneip (Kneip) Alessia Lorenti (Edmond de Rothschild) Raoul Mulheims (Finologee)

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­— Avril / Mai 2019

PHOTOS Jan Hanrion (Maison Moderne)

Le Luxembourg atteindra-t-il les 5.000 milliards d’euros d’actifs sous gestion ? 10 experts ont partagé leurs perspectives et les défis financiers autour de cette question lors de ce 10×6, devant près de 450 membres. Le networking cocktail aura été l’occasion d’échanger autour du sujet et de développer de nouvelles opportunités d’affaires.


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Alessandro Di Roberto (YT Investor Services), Violaine De Maximy (Adem) et Bob Kneip (Kneip) Vincent-Emmanuel Mathon (VEM Consulting)

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Vincent Marc, Sabina Klimentova et François-Xavier Roux (Victeris) Florence Verlaine (La Mondiale Europartner) et Florence Marquet (Experia HR)

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Letizia Lukas (Exigo) Susanne Koch (Société Générale Luxembourg) Jean-Luc Brach (KPMG), Camille Schmitt et Bénédicte Hemelaer (Adem) Julien Bertucci (SNHBM) et Céline Lellig (Aviva Investors)

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More pictures on paperjam.lu

Avril / Mai 2019 —

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JEUDI 14 FÉVRIER 2019 ALVISSE PARC HOTEL

Journée de Workshops Du marketing au développement personnel en passant par le management et bien d’autres thématiques encore, près de 200 membres sont venus développer leur potentiel lors de notre Journée de workshops.

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Susanne Arend (Change Focus) Pierre-Yves Lanneau Saint Leger (VitalBriefing) et Aurélien Viaud (Rcube) Tatjana Von Bonkewitz (Hofstede Insights)

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Thierry Delperdange (Delperdange Coaching) Veronika Wydeau (EIPA Luxembourg), Isabelle Fuca (PwC), Ludovic Clerc (JPMorgan) et Céline Ancelet-David (IFE by Abilways)

MARDI 19 FÉVRIER 2019 SILVERSQUARE

Matinale RH 1

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Catherine Papp (Key-way) Sandrine Salari (MDO Management Company) et Sara Gomes Pinto (Caritas Jeunes et Familles)

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François Henryon (CRH-Lux) Gérard Sinnes (Vistim) Corinne Theis (Servior) et Raphael Pellegrin (Advisory Key)

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PHOTOS Jan Hanrion, Patricia Pitsch (Maison Moderne)

Certaines thématiques sont plus complexes à aborder que d’autres : pour cette première édition des Matinales RH, Gérard Sinnes et Vistim ont présenté une keynote sur le harcèlement moral face à 30 membres du Club dans un cadre d’échange et de partage.


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FRIDAY 1 MARCH 2019 KAEMPFF-KOHLER

Carousel Lunch Between lunch and networking, 30 members of the Paperjam Club were able to realise nine business opportunities each during this threecourse meal. Sharing and exchanges have been part of this friendly moment.

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Joachim Colles (Ista)

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Eric Plasson (Randstad HR Services) Fabrizio Bramardi (Berlitz) Juliane Fromm (Pronovem) Elias Chbeir (Elias)

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Caroline Lamboley (Lamboley Executive Search)

MARDI 5 MARS 2019 AÉRO-SPORT

Dans les coulisses de l’Aéro-sport 1

Nombreux sont ceux qui connaissent le Findel et son aéroport, mais combien connaissent l’aviation privée du Luxembourg ? Le Paperjam Club a permis à plus de 30 de ses membres de visiter les coulisses de l’Aéro-sport. Entre les nombreux Cessna et les plans de vol, ce fut une belle occasion d’avoir la tête dans les nuages.

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More pictures on paperjam.lu

X

Bastien Simonpietri (CGI), Chloé Sauvage (Candriam), Elise Moreau (Aperam) et Max Jonck (Cargolux) Nicoletta Vinciprova, Vincenzo Vinciprova (RBC I&TS), Valérie Hustadt (Netlux) et Alexandre Bodak (GCP Consulting) Caroline Palmieri (Luxembourg-City

Avril / Mai 2019 —

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Incubator) et Thibault Rouliere (Société Générale Bank & Trust) Patrice Silverio (Eurogroup Consulting Luxembourg) et Luis Da Cruz Pais (Young Pilots Luxembourg) Jean Dupuis (SFEIR) et Willy Effantin (Accenture)

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CLUBLETTER

MERCREDI 6 MARS 2019 CAPITALATWORK

En conversation avec N. Becker Serial entrepreneur, infatigable homme d’action de l’écosystème business luxembourgeois et grand vainqueur du Paperjam Top 100 2018, Norbert Becker n’est plus à présenter. Près de 100 CEO membres du Club ont pu assister à cette conférence revenant en détail sur le parcours de l’actuel décideur économique le plus influent du Grand-Duché.

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Mike Koedinger (Maison Moderne) et Claude Wagner (Bati C) Vincent Bechet (Inowai) et Richard Karacian (Maison Moderne) Daniel Sahr (ministère de l’Économie) et Jean-Claude Bintz (Lakehouse)

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Thierry Leterre (Miami University) Norbert Becker (lauréat du Paperjam Top 100 2018), Benoît de Hults et Gregory Vandendael (CapitalAtWork)

« Toujours s’entourer de personnes plus capables que soi. » Norbert Becker Administrateur indépendant

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PHOTOS Jan Hanrion (Maison Moderne)

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CLUBLETTER

JEUDI 7 MARS 2019 SILVERSQUARE

Networking Circle Pour ce Networking Circle, synergies, design et (co-)constructions auront été le leitmotiv de l’intervention proposée par Xavier Houben, cofondateur du bureau d’architectes AND Architecture & Design. À cette occasion, Gins & More a proposé à plus de 70 membres une variété de cocktails spécialement pensés pour l’événement.

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Mathias Fritsch (Beiler François Fritsch) et Claudine Arend (A+T Architecture) Julie Conrad (Julie Conrad Design Studio) Xavier Houben (AND Architecture & Design)

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Christine Muller (Dewey Muller Architectes) Pierre Anthony (Perspective Architecture Intérieure)

MARDI 12 MARS 2019 ALVISSE PARC HOTEL

Journée de workshops

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Soft skills et hard skills sont au programme de nos rendez-vous formations mensuels : une pléthore de sujets, de la communication au personal branding en passant par la finance et le management, ont été développés par nos experts, pour près de 300 membres présents.

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Nic Mueller (KPMG)

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Roxane Watrin (CGI) et Kewin Barbarot (RBC I&TS) Géraldine Perrichot (Unicorn) Isabelle Waty (Lux Future Lab) Vanina Gallo (The Joyful Way)

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ILLUSTRATION Jan Hanrion (Maison Moderne)


24 AVR

INTERVIEW « TRANSMETTRE NOS ENTREPRISES » La mémoire vive d’une entreprise n’est souvent que trop peu considérée par son management, sa direction, voire ses actionnaires. Or, si l’on ne sait pas d’où l’on vient, comment fixer le bon cap ?

Norbert Friob, pourquoi avoir eu l’idée de publier un livre ? J’y pensais depuis un moment et je me suis rendu compte, ces dernières années, que j’étais le seul à pouvoir répondre à beaucoup de questions que l’on me posait sur le groupe FNP. Or, j’estime que l’histoire et le passé d’une entreprise sont les fondations sur lesquelles elle peut bâtir son futur. Je trouvais donc important, voire indispensable, de laisser une telle trace pour que les générations suivantes connaissent les piliers forts de leur entreprise et les différentes étapes de son évolution. Le décès, il y a un an, de mon associé de toujours, Arthur Nilles, et le fait que je me retirerai des affaires courantes en 2019 n’ont fait que confirmer le bienfondé de ma démarche. Cela s’inscrit aussi dans le souci de transmission des savoirs qui vous a animé tout au long de votre carrière… Je suis un autodidacte, et mon premier métier a consisté à balayer les ateliers de l’usine sidérurgique de Cockerill à Athus. J’ai beaucoup appris au contact des autres et je me suis moimême formé, sans cesse, notamment par des cours du soir. J’ai, plus tard, eu à cœur de transmettre à la fois ces connaissances acquises et mon expérience au plus grand nombre. Avec mon associé, nous avons toujours souhaité faire en sorte que nos entreprises soient

structurées, afin qu’elles puissent fonctionner sans nous. Cela a donné à nos managers la possibilité de prendre des responsabilités au plus haut niveau et d’exprimer pleinement leur potentiel dans de beaux projets. C’est pourquoi nous avons pu bénéficier d’une exceptionnelle fidélité de la part de très nombreux collaborateurs entrés au service du groupe au début de leur carrière et qui y sont restés jusqu’à leur retraite. Cette approche sera-t-elle au cœur de la conférence-débat qui accompagnera la parution de votre livre ? Bien évidemment. Je souhaite faire passer un certain nombre de messages, notamment auprès des jeunes qui veulent se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. J’ai eu la chance de connaître un grand nombre de succès dans ma carrière, mais j’ai aussi commis bien des erreurs. Et j’aimerais bien faire comprendre à tous que ce sont elles qui transforment, qui permettent d’apprendre et de s’endurcir. C’est pour cela que je préfère le terme d’« erreur » à celui d’« échec » : cela devient une leçon positive dès lors que l’on peut repartir de l’avant. Pour réussir, il faut savoir prendre des risques et avoir la capacité de rebondir. Vous évoquiez les jeunes… L’asbl Jonk Entrepreneuren Luxembourg (JEL) sera bien présente au cœur de cette soirée. J’ai présidé cette association lors de sa mise en place. Depuis, je suis de près ses développements et son formidable travail d’accompagnement des jeunes lycéens ou étudiants qui entendent créer leur propre entreprise. Certains témoigneront sur scène, mais surtout, une partie des recettes des livres vendus le soir de la conférence sera reversée à Jonk Entrepreneuren.  A.-C. D.

NORBERT FRIOB, RENCONTRE AVEC UN ENTHOUSIASTE À l’occasion de la parution de l’ouvrage historique et biographique qui lui est consacré, le multi-entrepreneur Norbert Friob sera l’invité du Paperjam Club pour un événement exceptionnel placé sous le signe de l’esprit d’entreprise et de la transmission du savoir. Cette soirée sera d’abord l’occasion de revenir sur son parcours remarquable et son profond engagement au service des associations et fédérations professionnelles au Luxembourg et dans la Grande Région. Dans son intervention, il soulignera également l’importance de transmettre son histoire, afin de laisser une trace. Puis, une discussion animée par les auteurs du livre, réunissant Norbert Friob et un panel intergénérationnel, abordera les notions de création / cession d’entreprise, de réussite / échec, d’itération, mais aussi et surtout d’enthousiasme communicatif. LIEU

Centre polyvalent Gaston Stein (Junglinster) À PARTIR DE 18:30

Pour vous inscrire, rendez-vous sur le site du Paperjam Club : club.paperjam.lu.

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CLUBLETTER

AVRIL - MAI 2019

LE PROGRAMME DELANO LIVE SOLUTIONS FOR EUROPE Ahead of what are being called the most important ever European Parliament elections in May, Delano Live asks what the EU needs to do to reconnect with voters and regain their trust in the face of rising Euroscepticism and populism. VENUE

Knokke Out STARTING AT 18:30

DÉJEUNER CARROUSEL

MATINALE RH

LIEU

Les problèmes de comportement existent dans toutes les entreprises et il est souvent délicat de les aborder. 

Elch Restaurant Club À PARTIR DE 12:00

LIEU

Silversquare

NETWORKING CIRCLE

À PARTIR DE 08:15

LIEU

Bilia-Emond

BREAKFAST NOUVEAUX MEMBRES

À PARTIR DE 18:30

LIEU

Maison Moderne

NETWORKING CIRCLE VENUE

SGG

STARTING AT 18:30

À PARTIR DE 08:15

JOURNÉE DE WORKSHOPS LIEU

Alvisse Parc Hotel À PARTIR DE 09:30

NETWORKING CIRCLE

Pour cette édition en partenariat avec Cinéréa, découvrez Wine Making Academy : un concept de team building qui fera de vous de futurs œnologues. LIEU

NORBERT FRIOB RENCONTRE AVEC UN ENTHOUSIASTE LIEU

Centre polyvalent Gaston Stein de Junglinster

À confirmer

À PARTIR DE 18:30

À PARTIR DE 18:30

Plus d’infos en page 141

NETWORKING CIRCLE LIEU

Brasserie Matelots À PARTIR DE 18:30

AVRIL 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 142 —

­— Avril / Mai 2019


CLUBLETTER

TABLE RONDE ÉLECTIONS EUROPÉENNES

LIEU

ING Lux House Jamais, au cours de sa jeune histoire, l’Union européenne À PARTIR DE 18:30 n’a connu autant de menaces, ni d’incertitudes. Confrontée au Brexit qui signe la première défection d’un de ses États membres, la voilà aujourd’hui minée par la montée des populismes, le repli sur soi souverainiste et les coups de boutoir des tenants de la démocratie libérale.

BREAKFAST NOUVEAUX MEMBRES

10X6 GREEN ARCHITECTURE

LIEU

Maison Moderne

Est-il vraiment possible d’allier écologie et fonctionnalité d’un bâtiment ? Existe-t-il des solutions écologiques et respectueuses de l’environnement dans le contexte de l’économie circulaire ?

À PARTIR DE 08:15

10X6 RH LES COMPÉTENCES POUR DEMAIN À L’ÈRE DU DIGITAL

LIEU

Théâtre d’Esch À PARTIR DE 18:30

DELANO BREAKFAST TALK

Avec l’avènement de l’automatisation et de la digitalisation, les entreprises et salariés vont devoir réinventer l’organisation du travail.

VENUE

LIEU

MARKETING BREAKFAST

Sofitel Le Grand-Ducal

Maison Moderne

STARTING AT 08:15

LIEU

PwC À PARTIR DE 18:30

À PARTIR DE 08:15

JOURNÉE DE WORKSHOPS LIEU

Alvisse Parc Hotel

LET’S TASTE SURPRISES VINICOLES

À PARTIR DE 09:30

LIEU

Vinoteca À PARTIR DE 18:30

MAI 01 02 03 04 05 06 07 08 09 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 Avril / Mai 2019 —

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CLUBLETTER

JOURNÉE DE WORKSHOPS JEUDI 04 AVRIL 2019 09H30 COMMUNICATION, MARKETING & SALES

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FINANCE & COMPTABILITÉ

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Comment bien analyser le langage non verbal d’un prospect ou d’un client

Produits dérivés et stratégies d’options Lors de cet atelier, il sera expliqué le principe de base des options de type « Call » et « Put », à l’achat ou à la vente, ainsi que les « stratégies d’options » les plus connues.

La maîtrise de la communication non verbale permet au « commercial » de mieux faire passer un message à un prospect ou un client. OBJECTIFS Comprendre les bases de la communication non verbale · Comprendre son importance et ses limites dans une relation commerciale

S. Schmitz (Accuris Group)

HUMAN RESOURCES

1•2•3

L’assessment est-il incontournable ?

OBJECTIFS Comprendre ce que sont les produits dérivés · Comprendre comment les utiliser et appréhender les risques liés à ce genre de produits

J.-Y. Stasser (Fideis)

STRATÉGIE & OPÉRATIONS

1

Opérations de fusions et acquisitions : un levier de croissance corporate

Comment optimiser l’utilisation de l’assessment ? Quels outils choisir en fonction des différents cas de figure ?

S. Rucquoy (Alcor Executive)

PERSONAL BRANDING

OBJECTIFS Évaluer l’intérêt des divers outils d’assessment en fonction des situations et des publics cibles · Mettre en place, dans l’organisation, des assessments appropriés aux besoins et aux différents cas de figure

1•2•3

L’objectif du workshop est de plonger le public dans l’univers de la « croissance » externe. Lors de l’atelier seront présentées les étapes-clés d’une transaction. OBJECTIFS Acquérir une entreprise cible : étapes-clés, enjeux de l’opération · Ouvrir son capital à un acquéreur / investisseur

Y. Voyloshnikova et M. Sribi (PwC)

PRODUCTIVITÉ PERSONNELLE

2

Comment survivre au networking ?

La motivation : comment la garder et l’insuffler ?

Et si vous appreniez à aborder des personnes que vous rencontrez pour la première fois ? Cet atelier vous guidera à travers ce qu’il faut faire et ce qu’il faut éviter en matière de networking. OBJECTIFS Réaliser tout le potentiel du « networking » · Découvrir ce qu’il faut et ne faut pas faire · Apprendre à surmonter sa timidité

P. Castilho (Verbalius)

La motivation représente l’une des plus grandes énigmes du comportement humain. OBJECTIFS Insuffler de la motivation à ses équipes · Augmenter la productivité · Acquérir le leadership et la confiance en soi

N. Cravatte (NC Coaching Consulting)

JEUDI 04 AVRIL 2019 14H00 COMMUNICATION, MARKETING & SALES

Développez vos connaissances en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

1

Comment l’outsourcing peut-il contribuer à créer de la valeur dans votre département RH ?

RPA : quel est le potentiel de la Robotic Process Automation dans nos organisations ?

Au cours de ce workshop, nous examinerons en détail comment les départements RH peuvent créer de la valeur pour la société.

Développer une réflexion sur l’apport de la RPA et son implantation dans les sociétés.

OBJECTIFS Comprendre les différentes activités RH · Comprendre le rôle des RH dans la stratégie de l’entreprise 1

PRODUCTIVITÉ PERSONNELLE

— Avril / Mai 2019

1

Trucs et astuces pour améliorer son efficacité personnelle

Vous voulez améliorer votre attitude face à un public ? Votre action ne correspond pas toujours à votre intention ? Enrichissez votre boîte à outils ! OBJECTIFS Faire face à un public · Maîtriser son stress · Étudier les différents types de postures et respirations · Distinguer intention, attention, action

OBJECTIFS Introduction à la RPA · Présentation des outils (UiPath, Blue Prism, Automation Anywhere) · Compréhension des possibilités qu’offre la RPA aux organisations

J. Gras (Linc)

Se présenter aisément en public

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OBJECTIFS Se sensibiliser aux principes de BC / FT · Appréhender le cadre législatif et les niveaux de vigilance

J. Stevens (ARCAD)

STRATÉGIE & OPÉRATIONS

E. Abitelli et A. Gerard (Trustia Partners)

1•2•3

Une stratégie social media bien ficelée permet d’agir sur l’intégralité du processus d’achat d’un consommateur.

2

B. Coone (Securex)

PERSONAL BRANDING

FINANCE & COMPTABILITÉ

Lutte contre le blanchiment et financement du terrorisme – État des lieux et évolution

OBJECTIFS Comprendre les enjeux et les attentes des réseaux sociaux · Être acteur de sa communication digitale

J. Barthelemy (Be Famous)

HUMAN RESOURCES

1•2

Comment créer du contenu engageant sur les réseaux sociaux

Apprenez à reprendre le contrôle de votre vie pour que celle-ci cesse de vous filer entre les doigts. C. Molitor (Purpose)

OBJECTIFS Identifier les habitudes quotidiennes qui vous sapent · Comprendre les enjeux d’une vie organisée · Questionner les croyances erronées


CLUBLETTER

PREVIEW MARDI 14 MAI 2019 09H30 LÉGAL

1•2

Sanctions réglementaires dans le cadre des fonds d’investissement  Avec la directive Ucits V, les fonds d’investissement, leurs prestataires de services et les dirigeants de ces entités font face à un risque financier qui ne cesse de s’accroître. OBJECTIFS Comprendre le risque réglementaire et ses conséquences · Comprendre la façon de prévenir ce risque

M. Scodellaro (PwC Legal)

MANAGEMENT & LEADERSHIP

1•2•3

Facing the change: what are tomorrow’s crucial managerial competencies? How do the structural, technological and cultural changes affect the requirements for our future leaders and employees? OBJECTIVES Discover tomorrow’s crucial managerial competencies · Experience the sense of innovation assessment

J.-F. Marvaux and C. Biver (Sparx Factory)

NEW

WELCOME TO LËTZEBUERG!

Activation des leviers marketing pour faire croître et développer son entreprise

F. Delvaux (Minds & More)

FINANCE & COMPTABILITÉ

CRDV / Bâle3 – Défis apparents et cachés, comment les relever ?

X. Dubois (Wolters Kluwer)

LÉGAL

L’investissement immobilier au Luxembourg

A. Lorang (Étude Lorang & Wingerter)

HUMAN RESOURCES

Recruter autrement grâce à la pyschomorphologie

D. Herickx (TESTA-RH Consulting)

MANAGEMENT & LEADERSHIP

Leadership positif & état d’esprit de développement pour apprendre, changer et aller de l’avant

J.-S. Desjonqueres (Neurolead)

PERSONAL BRANDING

Storytelling et présentation impactante

C. Andres (Keyjob)

PRODUCTIVITÉ PERSONNELLE

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Personal Finance Sorting out the tax could sometimes drive one crazy, the complex and complicated tax system is not that friendly to new arrivals in Luxembourg. OBJECTIVES Get an overview of general basic principles of individual taxation · Define the different categories of income and explain the computation of the net income in each category

Coming soon

COMMUNICATION, MARKETING & SALES

Décoder la complexité de la communication interpersonnelle pour des relations plus sereines en entreprise

I. Ferlin et L. Margeat (IF Conseil & Coaching)

WELCOME TO LËTZEBUERG!

L. Crosby (Ministère de l’Éducation nationale)

Leisure & Family STRATÉGIE & OPÉRATIONS

Responsable IT : mon meilleur ennemi

M. Russo (OpenField)

MARDI 14 MAI 2019 14H00 LÉGAL

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COMMUNICATION, MARKETING & SALES

La retraite au Luxembourg : comment la booster grâce aux trois piliers

P. Dubru (Bâloise)

MANAGEMENT & LEADERSHIP

Lors de cet atelier, nous aborderons les trois piliers de la retraite au Luxembourg, en insistant sur celui des pensions légales et des pensions complémentaires.

FINANCE & COMPTABILITÉ

OBJECTIF Estimer le montant des pensions légales de retraite, survie et invalidité

LÉGAL

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Changer d’ère, vers l’entreprise augmentée Bientôt, les générations Y et Z formeront la cohorte la plus importante de salariés au sein des entreprises, dépassant de moitié les effectifs. B. Charlier (P’OP)

Stratégie marketing : osez l’innovation !

OBJECTIFS Identifier les habitus des nouvelles générations et en comprendre les bénéfices · Identifier les pratiques obsolètes et les mettre à jour en fonction des habitus des générations Y et Z

Fund finance developments in Luxembourg

Réduire les risques de contentieux liés aux contrats, en lien avec les nouvelles dispositions et actualités juridiques

S. Lemaire (Post)

V. Zanev, M. Meyers, A. Fortier and M. Royer (Loyens & Loeff Luxembourg)

E. Ragot (Wildgen)

HUMAN RESOURCES

Intelligence artificielle et recrutement

R. Barbier (Strategy and Management Consulting)

MANAGEMENT & LEADERSHIP

How to deal effectively with change in a multicultural environment

T. Von Bonkewitz (Hofstede Insights)

PERSONAL BRANDING

S. Battey (All About Talent)

Own your “why” PRODUCTIVITÉ PERSONNELLE

La communication au service de la qualité de nos relations interpersonnelles

M.-A. Salier (ICF)

STRATÉGIE & OPÉRATIONS

Gérer les logiciels comme des actifs de l’entreprise

Y. Reginster (Act Expert)

Parcours certifiant : Niveaux : 1 • débutant

2 • intermédiaire

3 • expert

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CLUBLETTER

LEARN

DÉVELOPPEZ VOS COMPÉTENCES Décuplez vos possibles en participant à nos workshops. Nous vous proposons neuf cycles entre hard skills (Communication, Marketing & Vente ; Finance & Comptabilité ; Droit ; Ressources humaines ; Stratégie & Opérations) et soft skills (Management & Leadership ; Productivité personnelle ; Personal Branding et Welcome to Lëtzebuerg). 146 —

— Avril / Mai 2019

PHOTOS Maison Moderne ILLUSTRATIONS Oriane Pawlisiak (Maison Moderne)

LA VIE DU CLUB


CLUBLETTER

WEB

LE SITE DU PAPERJAM CLUB FAIT PEAU NEUVE ! Comme vous avez pu le remarquer récemment, le site web du Paperjam Club n’est plus tout à fait le même. Suite à l’évolution de nos propres usages ainsi que de ceux de nos membres, nous avons souhaité fluidifier et faciliter cette expérience digitale. Si vous souhaitez vous inscrire à nos événements : rien n’a changé ! Il vous suffit simplement d’utiliser le module d’inscription en bas de la page de l’événement ou de nous adresser un e-mail à registrations@paperjam.lu.

MEMBERSHIP

NOS CONSEILS

#6 AUGMENTEZ VOTRE Parmi vos avantages, vous bénéficiez d’insertions gratuites, appelées « e-news », dans les newsletters quotidiennes de paperjam.lu. L’e-news est un texte de promotion, de présentation ou d’information suivi d’une URL qui renvoie le lecteur à la page de votre article. Vous pouvez envoyer votre annonce par e-mail à e-news@paperjam.lu en indiquant le nom de votre société, le titre de l’e-news (50 caractères), un texte (300 caractères), le lien URL et la date de publication souhaitée. Après validation du format, l’e-news sera publiée à la date disponible la plus proche de la date souhaitée. Profitez de cette visibilité ! C’est une occasion pour vous de toucher un large public et de mettre en avant votre société.

ÉVÉNEMENTS

REJOIGNEZ LE CLUB Le Paperjam Club compte aujourd’hui plus de 1.100 membres et continue à développer l’écosystème business luxembourgeois. Plus de membres, plus d’opportunités, pour toujours plus d’événements correspondant à vos attentes. Vous souhaitez en savoir plus sur les modalités d’adhésion au Club, ou tout simplement le rejoindre ? Contactez notre directeur des ventes, Nicolas Pouilleux, à l’adresse suivante : nicolas.pouilleux@maisonmoderne.com.

PARTAGEZ VOS IDÉES : JOURNÉES DÉCOUVERTE Nous souhaitons toujours plus vous surprendre par les thématiques de nos Journées Découverte. Nous vous proposons de développer vos soft skills (management, leadership, négociation) en croisant celles-ci avec des pratiques non-business : horse management, taï chi & management, basketball & leadership... une autre façon de se former !

Julien Dickeli Programming coordinator

Si vous connaissez des professionnels ou si vous proposez vous-même ce genre d’activités, n’hésitez pas à en faire part à Julien Dickeli, notre programming coordinator, à l’adresse suivante : julien.dickeli@maisonmoderne.com. Nicolas Pouilleux Directeur des ventes

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CHIFFRE Depuis plusieurs semaines, trois des incubateurs luxembourgeois ont intégré le Paperjam Club. Dans le cadre de cette adhésion, c’est tout leur écosystème de start-up qui peut bénéficier des avantages liés au Club, soit plus de 142 sociétés. De nouvelles opportunités pour les innovateurs du Grand-Duché.

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DELANO SEMINAR: WELCOME TO LUXEMBOURG Last January, the Paperjam Club launched a new series of seminars in cooperation with Delano: “Welcome to Luxembourg”. Once a month, these seminars are entirely dedicated to newcomers wanting to know more about the Grand Duchy and in search of practical tips on how to integrate in the host country.

T

It is in this multicultural context that AWCL is actively working to develop a meeting point for women expatriates in Luxembourg. Could you tell us more about this? We are a non-profit, volunteer-run organisation serving women in Luxembourg and the surrounding region. Our goal is to help women acclimate to life in Luxembourg, whether newly arrived or living here already, by offering a variety of member-organised activities and events that are social, educational, cultural and philanthropic. But how can we understand the real needs of expatriates when each situation is unique: country of origin, previous experiences, family situations? All of these factors will influence the level of support the arriving expat will need. Understanding how to go about getting the necessary provisions established will be 148 —

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essential. How to locate housing and navigate the rental or purchasing of that housing, weighing the educational options for children, which have expanded during my time here tremendously, obtaining a driver’s licence and understanding the public transportation system. Most Luxembourg companies hire employees across borders and do not always have the resources to guarantee their arrival. As the Club is one of the gathering points for companies in the country, we have set up experts to facilitate the integration of expatriates. What did you think of the seminar you attended? The seminar covered the foundation to getting situated here: working in Luxembourg, securing housing, trends in housing, leasing vs purchasing, schooling, setting up utilities, insurance of belongings and automobiles, medical and transportation. The backgrounds of the presenters, as well as those

participating in the audience, made the discussion more informative, interactive and insightful. In order to further develop the “Welcome to Luxembourg” offer, we wish to adapt continuously the specific needs of expatriates of yesterday, today and tomorrow. What advice, based on your own experience, would you give us? I am a firm believer that information is power; the more information we have, the better decisions we can make. Being aware of the changes occurring around us makes our situation easier, but also enables us to better advise those around us. To be static is to be left behind. We must evolve with what is evolving around us. And the only way to do so is to stay on top of everything that is changing. It is an exciting time to live in Luxembourg.  J. D. Pour vous inscrire, rendez-vous sur le site du Paperjam Club : club.paperjam.lu.

PHOTO Shutterstock

he Grand Duchy is known for its cosmopolitan aspect, and many people come to this country in search of personal and professional opportunities, as Meryl Kearns, president of the American Women’s Club of Luxembourg, explains: “Six years ago, my family arrived in Luxembourg from the United States. We came here for a work opportunity for my husband and, collec­ tively, we agreed as a family that this was a good move for us all.”


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Paperjam Avril 2019  

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