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COVERSTORY
LE RENOUVEAU INTERNE DU CSV
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assé dans l’opposition, le CSV a été contraint de se remettre en question. C’est ainsi qu’a pris racine une nouvelle stratégie, établie dès 2014 dans un rapport baptisé Perspectives, et qui commence à se faire de plus en plus visible. Par la nomination d’un nouveau chef de file, mais aussi par une refonte totale du mode de fonctionnement du parti, forcément assimilé jusqu’alors à la politique gouvernementale. Cette redéfinition passe néanmoins par la poursuite d’une tradition : mettre le pied à l’étrier de potentiels leaders. Tout comme Jacques Santer (ministre à 35 ans et Premier à 47) fut soutenu par Pierre Werner puis Jean-Claude Juncker par Jacques Santer, le CSV entend miser sur le renouvellement de son personnel politique. Une dynamique plus que jamais à l’ordre du jour avec le départ de certains « grands formats » : François Biltgen à la Cour de Justice de l’UE, Luc Frieden vers le privé et JeanClaude Juncker pour Bruxelles. C’est suite à la nomination de ce dernier que Laurent Zeimet était entré à la Chambre. À 42 ans, celui qui est aussi secrétaire général du parti et bourgmestre de Bettembourg a pris sa place parmi les cadres.
Douze nouveaux candidats par an
« Depuis 2014, nous avons créé un programme spécial pour les jeunes qui vise à former 12 candidats – six hommes et six femmes – tous les ans, annonce Marc Spautz, président du CSV. Nous avons donc beaucoup de diamants bruts qu’il reste encore à polir. » Un apprentissage dont sont issues notamment Élisabeth Margue, présidente du CSJ (la section jeunes du parti), ou Stéphanie Weydert, secrétaire
STÉPHANIE WEYDERT
32 ans Avocate Secrétaire générale adjointe du CSV, conseillère communale à Mompach Quelle est votre vision de la politique de demain ? Il faut mener une politique de durabilité focalisée sur la Place, principale source de richesse du pays, et le secteur social. Ces deux aspects doivent être abordés ensemble car protéger l’un sans protéger l’autre n’a pas de sens. J’aimerais être un leader dans la mise en place de ces propositions car je possède une certaine expertise dans une partie de ces questions. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? C’est une question que je ne me suis jamais posée… Mais je me verrais bien dans le ministère des Classes moyennes, pour gérer les questions relatives aux affaires, mais aussi défendre les PME et les aider à tenir le coup face aux grands.
générale adjointe du CSV. D’ici à 2019, ce sont donc 60 candidats qui devraient être formés. Soit autant que de sièges à la Chambre des députés… C’est aux élections communales que les espoirs du CSV devront se faire les dents. Bien que le chiffre de 100 nouvelles têtes pour ce scrutin avait été avancé lors du congrès national du CSJ en 2015, leur nombre effectif devrait être moins important. Les meilleurs d’entre eux ne le regretteront pas : « Si les candidats qui sortent déjà du lot obtiennent les résultats auxquels je pense en 2017, ils se retrouveront également sur les listes des législatives », assure Marc Spautz. Par « jeune », les statuts du CSJ prévoient un âge maximum de 32 ans et de 40 ans pour ceux inscrits sur les listes des législatives. Toutefois, le profil des nouvelles têtes devrait rester le même : des personnes soit issues de la fonction publique, soit ayant le statut d’indépendant. Loin donc d’une représentativité exhaustive de la population. Pour tenter de changer la donne, certaines voix plaident non seulement pour une plus grande mixité dans les profils des candidats, mais également pour l’émergence de nouvelles idées à intégrer dans le programme politique, y compris concernant le fonctionnement même du parti. « Le renouveau passe aussi par le programme et la manière dont les discussions sont menées et les décisions en interne sont prises, estime Marc Glesener, conseiller politique du CSV. C’est la même chose en ce qui concerne les nominations, qu’il s’agisse d’un poste de député ou de ministre. Seules les personnes défendant un projet, quel que soit leur âge ou leur parcours, seront légitimes, car si les candidatures ne sont motivées que par le fait de redevenir ce que certains ont été, cela n’ira pas dans le bon sens. »
CHRISTOPHE HANSEN
34 ans Attaché économique et commercial à l’ambassade de Luxembourg à Bruxelles et conseiller en affaires européennes à la Chambre de commerce Conseiller communal à Winseler @CHansenEU Quelle est votre vision de la politique de demain ? Le monde politique devrait être nettement plus compliqué, car la communication devrait encore plus prendre le pas sur la politique. Il faudrait que les hommes politiques cessent les petites phrases, que les discours soient plus constructifs et moins accrocheurs. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? Ce qui est important, c’est de faire de la politique pour l’ensemble des citoyens, afin de retrouver la cohésion sociale qui manque un peu ces temps-ci. Ça pourrait passer par le retour à la méritocratie, notamment dans la fonction publique. Au niveau européen, il faut voir la crise actuelle comme une chance de créer une Europe plus soudée qui respecterait les intérêts nationaux.
ÉLISABETH MARGUE
SERGE WILMES
34 ans Historien indépendant Député @SergeWilmes Quelle est votre vision de la politique de demain ? Il faudra marier démocratie représentative et démocratie directe car elles sont complémentaires. Pour de grands projets, mêler davantage les citoyens afin de trouver des compromis viables. C’est un défi, au même titre que le besoin de cohésion sociale qui existe, mais qui devra être renforcé vu la hausse du nombre de non-Luxembourgeois qu’il faudra savoir intégrer. Dans ce contexte, j’aimerais être un acteur de ce changement pour le rendre possible. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? C’est une question compliquée, car tout dépend du portefeuille que j’obtiendrais, savoir s’il s’agit d’un ministère régalien ou non. Ce qui est certain, c’est que je ne veux pas devenir ministre pour être ministre.
26 ans Avocate Présidente du CSJ
Quelle est votre vision de la politique de demain ? Le rôle de la politique est de préparer l’avenir avec tous les défis que cela comporte. Les jeunes doivent s’informer et s’engager pour faire bouger les choses. Il s'agit d’être actif et proactif. Je suis prête à m’engager et à motiver d’autres personnes, notamment des femmes, car la politique reste encore un monde largement masculin. Si vous entrez au gouvernement, quelle sera votre première décision ? C’est une hypothèse encore très éloignée pour le moment. Spontanément, je changerais les choses dans le domaine juridique, notamment dans la procédure civile, afin d’accélérer les choses. Sinon, je changerais également notre système social pour assurer à notre génération une vie décente dans un contexte de vieillissement de la population.
Novembre 2016 —
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