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Juin 2011| Êconomie & finance

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5 édito

Attention, travaux

Photo: Julien Becker (archives)

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Persuadés qu’il n’y a pas de cohésion sociale sans compétitivité et vice-versa, Serge Allegrezza et l’Observatoire de la compétitivité planchent sur de nouveaux indicateurs permettant de mesurer le bien-être de la population.

Jean-Michel Gaudron, rédacteur en chef paperJam

Comme bien souvent, le rapport sur la compétitivité établi par l’Institute for Management Development (IMD) donne lieu à une lecture à choix multiple. La livraison 2011 de l’étude menée par l’institut suisse classe le Luxembourg au 11e rang mondial des économies les plus compétitives, parmi 59 pays. C’est exactement la même position que le Grand-Duché occupait en 2010 et cela positionne le Luxembourg en 3e position des pays de l’UE derrière la Suède (4e) et l’Allemagne (10e). A première vue, donc, la compétitivité du Luxembourg, sujet de débats toujours passionnés entre économistes et politiques, est en phase de statu quo. Au sortir du plan «anti-crise» adopté début 2009, le constat a de quoi rassurer. Les efforts demandés n’ont pas trop plombé l’efficacité globale du pays même si, spécifiquement, la dégradation des finances publiques est directement à l’origine du recul de l’indicateur «Efficacité des pouvoirs publics», le Luxembourg passant du 12e au 15e rang mondial. En matière d’«Environnement des affaires» (du 6e au 9e rang) et d’«Infrastructures» (du 21e au 22e rang), la situation du Luxembourg jugée par l’IMD est également en recul. Seule la composante «Performances économiques» connaît une évo­ lution positive, de la 11e à la 9e place. Les adeptes du verre à moitié plein estimeront que ces légers reculs ne sont qu’un moindre mal dans le contexte économique que l’on connaît. Les autres regretteront qu’en dépit des efforts demandés, la performance économique du pays ne se soit finalement pas vraiment améliorée comme elle aurait dû. Jean-Claude Juncker, dans son dernier discours sur l’état de la Nation, n’a pas nié que le Luxembourg avait connu, en ter-

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mes relatifs, une perte de compétitivité ces dernières années. Du reste, le pays ne figurait-il pas encore, en 2007, au 4e rang mondial de cet indicateur IMD, après avoir même occupé le podium entre 2000 et 2003? La question se pose donc de savoir si la capacité du Luxembourg à améliorer durablement le niveau de vie de ses habitants et à leur procurer un haut niveau d’emploi et de cohésion sociale, tout en préservant l’environnement (ce qui est la définition même de la compétitivité telle que retenue par l’Observatoire du même nom), est remise en cause par ces résultats en demi-teinte. Les chantiers pour améliorer la situation du Grand-Duché ne manquent pourtant pas: mise en œuvre des 65 mesures présentées par Jeannot Krecké il y a un an en vue d’améliorer la compétitivité du pays; réflexions pour relancer un dialogue social serein et un retour à une tripartite – qui sera toujours plus efficace que trois monopartites –; élaboration en cours d’un plan d’action pour développer des indicateurs de «bienêtre» devant servir à une autre façon de mesurer le progrès de la société que le PIB traditionnel… Le problème des chantiers, c’est que si l’on sait quand ils commencent, on ne sait jamais trop quand ils se terminent, à supposer que celui de la maison compétitivité soit de nature à se terminer un jour, même si, dans le cas présent, il n’existe guère d’excuses d’ordre météorologique susceptibles de justifier de quelconque lenteur. Le gros œuvre est déjà bien avancé, mais les finitions sont loin d’être au point. A charge pour l’architecte et son chef de chantier de donner enfin la bonne impulsion et d’entraîner dans le même élan tous les corps de métier. Il y aura suffisamment d’autres indicateurs internationaux pour mesurer l’avancée des travaux…

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7 sommaire

sommaire paperjam | Juin 2011  |  économie & finance

12

Débats autour des quotas d'émissions de CO2

30

Luc Teirlinck (ambassadeur de Belgique)

38

La politique étrangère du Luxembourg

Actualité 12 Environnement

La guerre des chiffres A quelques semaines du sommet européen de Bruxelles et à six mois de la conférence mondiale de Durban, la question de la réduction des émissions de gaz à effet de serre divise encore les acteurs concernés.

CYEL Award 2011 – Les finalistes

18 Nicolas Henckes

«Prendre des risques calculés» Le directeur de Legitech, 37 ans, entend développer à l’international les services proposés aux avocats et aux juristes par sa société, créée en 2006.

20 Marco Houwen

«C’est la réussite

24 Argent public

Un œil sur le coût de l’UE

La Cour des comptes européenne surveille les dépenses de l’UE parfois jugées excessives. 30 Luc Teirlinck

«Les irritants ne sont pas nombreux»

Le nouvel ambassadeur de Belgique suit les dossiers frontaliers de très près, dans la lignée des relations de bon voisinage. 38 Politique étrangère

Parcours de Golfe

Le Grand-Duché porte un intérêt toujours plus prononcé vers d’autres continents. Une stratégie qui n’est pas sans risque, compte tenu des bouleversements politiques dans le monde.

qu’il nous faut créer» Le CEO de LuxCloud, 38 ans, a développé une plate-forme qui permettra aux entreprises de bénéficier facilement de services IT professionnels en ligne, en fonction de leurs besoins. 22 Olivier Raulot

«Le corps prend les commandes»

Par le biais des nouvelles interfaces naturelles, le CEO d’iNUI Studio, 37 ans, veut simplifier l’informatique de l’entreprise.

26

70

Sur le fil

Retrouvez, au fil du temps et de leur publication sur www.paperjam.lu, les principales informations économiques et financières du Luxembourg

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9 sommaire

44

Marco Schank (ministre du Logement)

50 Amal Choury (Eurocloud) et Romain Lanners (Fedil ICT)

Actualité

Mark Williams (CEO d’Isiwis)

Séries

44 Immobilier résidentiel

72 Diversification

Puzzled by bubble?

Art

Existe-t-il une bulle autour du marché immobilier résidentiel luxembourgeois? Eléments de réponse avec Marco Schank, ministre du Logement. 50 Congrès européen Eurocloud

Nuages à l’horizon

74

Le Luxembourg accueille fin juin, tout ce que le cloud computing européen compte de sommités, avec l’ambition de donner un élan supplémentaire à un secteur qui n’en est qu’à ses balbutiements.

A la folie, passionnément… Outre les fonds d’investissement spécialisés, le Luxembourg prévoit d’utiliser la niche de l’art comme levier de diversification économique. 74 Start-up

Isiwis

Une autre dimension La start-up proposant une plate-forme en ligne de gestion de documents croît à vitesse grand V.

56 Services financiers

L’empreinte locale sur

un segment global A quoi ressembleront les services financiers au Luxembourg en 2020? Deloitte et Thomson Reuters font le point lors d’une journée de conférence le 21 juin.

Economist club 76 Par Isabelle Lahr, membre du conseil

de l’Economist Club

La diversification économique au Luxembourg

58 ICT

Evénement Simac PSF

Présentation, le 5 mai, des nouveaux systèmes de sécurité informatique pour les données professionnelles. 66 RH

L’AG du POG

Le Personal Officers Group a tenu son assemblée générale à l’Hôtel Hilton le 11 mai.

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11 sommaire

Articles les plus lus sur www.paperjam.lu du 21 avril au 18 mai:

1. Rothschild recrute

Marie-Jeanne Chèvremont Article vu 1.750 fois

2. Foyer lance

sa banque privée Article vu 1.292 fois

3. Les Luxembourgeois Paul Helminger (bourgmestre de la Ville de Luxembourg) 78

coverstory 78 Paul Helminger

«J’ai bonne conscience» En place depuis 1999, le bourgmestre libéral de la Ville de Luxembourg revendique un bilan conforme aux annonces faites en 2005 et entend bien maintenir le haut niveau de qualité qu’il revendique pour la capitale. 86 Luxembourg-Ville

Une croissance à gérer

92 Esch-sur-Alzette

Belval en ville,

mais pas «Esch-la-Neuve»

96 Dan Kersch (Syvicol)

«Un maillon important

de la démocratie» 98 Beckerich

«Un profil durable reconnu»

99 Differdange

Les PPP pour l’alternative sudiste

100 Dudelange

La culture de la mutation continue

102 Bertrange

Un village au cœur de la périphérie

104 Bascharage

«Une fusion rondement menée»

106 Diekirch

En attendant la Nordstad

107 Weiswampach

Développement rural

113

Les fonds d'investissement face à de nombreux défis

de plus en plus endettés

Article vu 1.256 fois

4. Luxembourg Telecom devient… Telecom Luxembourg

Business club

Article vu 1.076 fois

5. Un réseau mondial

110 Agenda

Juin-juillet 2011

d’avocats lancé au Luxembourg  Article vu 1.049 fois

112 Workshops

Matinée à l’Abbaye C’est à l'Abbaye de Neumünster que s'est tenue la matinée de workshops du paperJam Business Club le 27 avril.

113 Table ronde

Les défis des fonds L’industrie luxembourgeoise des fonds d’investissement face à ses défis était le thème des débats du 28 avril chez BGL BNP Paribas.

114 Présentation

L’habitat innovant Dix réalisations «made in Luxembourg» présentées au CarréRotondes, le 5 mai, en marge de la parution du deuxième numéro d’Archiduc.

paperJam Juin Management Juin 2011 | management

paperJam Juin Management

116 Table ronde

Débats à haut débit Quatre experts ont débattu de la question: «Le très haut débit: oui, mais pour quoi faire?», le mardi 10 mai à l'Abbaye de Neumünster.

«Il faut fédérer les forces pour que l’InnovatIon soIt à la portée de tous» Christian Rech (cluster EcoInnovation) Dossier Recherche et Écotechnologies

Turning complexity 116 Keynote into opportunity David Schrieberg Les tendances à venir dans les médias numériques étaient au cœur de la conférence du 12 mai donnée au CarréRotondes. That’s the kind of leadership Phil Mickelson brings to a golf course. And KPMG brings to its clients. Find out more at kpmg.lu

118 Conférence

Joe La Pompe Le spécialiste de la chasse aux plagiats dans la publicité est intervenu, masqué, le 19 mai, à Utopia, devant plus de 200 personnes.

management Claude

business administration Gauthier Dehez Schuler | human resources Malika Moukah Dardenne | communication - marketing Valérie Sayrignac Mendoza | case study Télécoms et Ecotechnologies |

ict Christophe

keynote Dave

dossier Recherche

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Dans le cahier «Management» de cette édition, retrouvez des sujets de réflexion dans les domaines du management, du business administration, des ressources humaines, de l'IT et du marketing-communication. En dossier central: Recherche et Ecotechnologies

108 Leudelange

Le défi d’une petite entité

périphérique

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12 actualité

Environnement

La guerre des chiffres Entre les industriels et les ONG de protection de l’environnement, les objectifs en matière de réduction d’émissions  de gaz à effet de serre divergent. Entre les deux se trouvent les dirigeants politiques qui doivent trancher.  Le Conseil européen de fin juin ouvrira-t-il de nouvelles perspectives, six mois avant la grande conférence mondiale  de Durban sur le changement climatique? Jean-Michel Gaudron

Le climat sera chaud fin juin, du côté de Bruxel­ les. On ne parle pas forcément de météo, mais de la perspective de la réunion du Conseil environ­ nement, le 21 juin, puis du Conseil européen du 24 juin, sous présidence hongroise. Deux rendezvous qui devraient évoquer, entre autres choses, la question de la réduction des quotas d’émissions des gaz à effet de serre. Et au vu des dernières pri­ ses de position des uns et des autres, les débats ris­ quent fort d’être animés et l’issue très incertaine. En mars dernier, la Commission européenne a présenté une feuille de route à l’horizon 2050 pour «une Europe compétitive et sobre en carbone». Une véritable profession de foi qui explique com­ ment atteindre, de manière rentable, l’objectif que s’est fixé l’Union européenne, en octobre 2009, de réduire de 80 à 95% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050, par rapport à leurs niveaux de 1990. Faut-il y voir une façon pour l’Europe de repren­ dre la main sur le sujet, alors que d’aucuns regret­ tent une certaine passivité constatée ces dernières années? «Il est important de se rappeler que l’Union européenne avait été un des vrais moteurs du protocole de Kyoto (signé en décembre 1997, ndlr.) et joué un rôle précurseur dans la mise en œuvre d’une politique de lutte contre le changement climatique. Aujourd’hui, le rôle de l’UE devient de moins en moins clair et il est de moins en moins évident qu’elle veuille continuer à assumer le leadership qui était le sien sur cette question.» Le constat est de Paul Delaunois, directeur de Greenpeace Luxembourg. A l’heure actuelle, et depuis l’impulsion donnée par le Conseil européen de mars 2007, l’UE se base, à l’horizon 2020, sur un objectif «20-20-20»: 20% de couverture des besoins énergétiques par l’utilisa­ tion d’énergies renouvelables; 20% d’augmentation de l’efficacité énergétique; 20% de réduction des émissions de gaz à effet de serre par rapport à l’an­ née de référence de 1990. Il s’agit là d’objectifs «globaux», qui se décli­ nent différemment selon les pays et les types d’entreprises touchées. Ainsi, concernant plus spécifiquement les émissions de gaz à effet de serre, les pays les plus avancés se sont vus fixer, individuellement, des objectifs un peu plus stricts, laissant ainsi la possibilité aux pays en plein boom et développement économiques d’augmen­ ter leur niveau d’émissions en relation avec une

augmentation de leurs niveaux de production, notamment industrielle. «Ces objectifs ont par ailleurs été répartis entre les entreprises participant au système communautaire d’échange de quotas d’émission (ETS, Emis­ sion Trading Scheme, ndlr.) et les autres», précise René Winkin, spécialiste des questions énergéti­ ques au sein de la Fedil, dont il est le secrétaire général et membre du Conseil supérieur pour un développement durable. Ces entreprises ETS regroupent les grandes industries de production (électricité, sidérurgie, cimenterie, verre, chimie…) responsables, à elles seules, de près de 40% des émissions de gaz à effet de serre. «L’objectif de -20% par rapport à 2010 a été réévalué à -14% en prenant 2005 comme année de référence. Mais c’est une moyenne, car le secteur ETS doit faire -21% par rapport à 2005, alors que le secteur non-ETS ne doit faire ‘que’ -10%.» Instruments flexibles

Et le Luxembourg? Le pays s’est vu confier l’un des objectifs les plus forts par rapport à 1990, avec une réduction d’émissions de 28%, soit encore 20% par rapport à 2005. A titre de comparaison, la Belgique s’est vue assigner un objectif de -15%; la France et l’Allemagne -14%. «Actuellement, au Luxembourg, nous sommes plutôt aux alentours de -8%, indique M. Winkin. Et si le Luxembourg réalise quand même son objectif, c’est par compensation avec les instruments flexibles permettant notamment au pays d’acquérir des droits d’émissions à l’étranger…» Le mode de calcul de ces «bilans» climatiques conditionne, évidemment, la réalisation – ou pas – des objectifs assignés. Ainsi la Chambre des Métiers faisait-elle remarquer, en 2009, qu’en éliminant du mode de calcul les exportations de carburant et l’autoproduction électrique, les émissions de gaz à effet de serre ont diminué au Luxembourg de 30% entre 1990 et 2004, passant de 10,8 millions à 7,6 millions de tonnes. Seulement, voilà. Ce beau triptyque «20-20-20» ne sera peut-être bientôt plus que de l’histoire ancienne, puisqu’il se profile une volonté très claire de porter désormais à 30% les objectifs de réduction d’émissions des gaz à effet de serre. A l’occasion du désastreux sommet mondial de Copenhague, en décembre 2009, l’Union euro­ péenne avait déjà évoqué cette hypothèse, et en avait, quelques mois plus tard, évalué le coût à

quelque 81 milliards d’euros par an d’ici à 2020. En octobre 2010, 29 grands groupes européens (parmi lesquels Alstom, BNP Paribas, BSkyB, Capgemini, Crédit Agricole, GE Energy, Google, Nike ou encore Vodafone) avaient, de leur côté, directement interpellé l’Union européenne, lui demandant de formellement décider de cette aug­ mentation des objectifs à 30%. Un appel égale­ ment relayé par sept Etats membres (Allemagne, Danemark, Espagne, Grèce, Portugal, RoyaumeUni et Suède) qui ont adressé, en mars dernier, une lettre ouverte expliquant qu’une telle baisse «apparaît plus impérative que jamais».

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13 actualité

Pour parvenir à limiter l’augmentation de la température globale de la planète à un niveau qui ne dépasse pas 2 degrés par rapport à l’ère de pré-industrialisation, les émissions de gaz à effet de serre doivent être réduites au minimum de 50% d’ici à 2050, par rapport à 1990.

Greenpeace attend toujours de pouvoir rencontrer le ministre du Développement durable, Claude Wiseler. Le dernier rendez-vous, prévu pour la mi-mai, a été reporté au 9 juin prochain à la demande du ministre, faute d’avoir, justement, du «concret» à apporter à l’ONG verte. L’objectif de -30% semble donc n’être, vu sous cet angle, qu’un minimum vital. «Rester à -20% serait une erreur éthique, estime Paul Delaunois. Passer à -30% permettrait de conserver la bonne dynamique actuelle, mais il faudrait objectivement aller encore plus loin. Pourquoi ne pas fixer un objectif contraignant sur -30% et non contraignant sur -40%?»

Photo: Julien Becker (archives)

Les industriels plaident pour un moratoire

«Le conseil de l’Union européenne a réaffirmé, en mars dernier, que pour parvenir à limiter l’augmentation de la température globale de la planète à un niveau qui ne dépasse pas 2 degrés par rapport à l’ère de pré-industrialisation, ce qui est une condition cruciale pour éviter les effets désastreux du réchauffement climatique, il faut que les émissions de gaz à effet de serre soient réduites au minimum de 50% d’ici à 2050, par rapport à 1990, précise Martina Holbach, chargée de la campagne climat et énergie chez Greenpeace Luxembourg. Tout le monde est d’accord pour dire que ce sont les pays industrialisés qui doivent prendre la plus grande

partie de cette charge. Eux doivent réduire de 80% à 95% leurs émissions d’ici à 2050. Pour y arriver, il faut effacer presque totalement l’utilisation des ressources fossiles et réduire les émissions de gaz à effet de serre entre 25% et 40% d’ici à 2020.» Au Luxembourg, aucune position officielle n’a encore été prise par le gouvernement sur le sujet. Il y a un an, une trentaine d’organisations non gouvernementales avaient été reçues par JeanClaude Juncker. Le Premier ministre leur avait pro­ mis de soutenir un objectif plus ambitieux que les 20%. «Mais nous ne sommes plus sûrs de savoir si ce sera vraiment le cas», regrette Mme Holbach.

Evidemment, la façon de considérer ce rehausse­ ment est un tant soit peu différente vu au travers du prisme des industriels. «Si on parle de -30% par rapport à 1990, il faudrait recalculer ce que cela implique par rapport à 2005, aussi bien pour les systèmes ETS que les autres, prévient M. Winkin. Et il faudra aussi refaire le calcul pour l’ensemble des 27 Etats membres… Certains députés européens disent que, du moment que l’Union européenne s’engage sur l’objectif de -30%, il suffit de refaire les calculs en proportion. C’est une interprétation osée, car cela signifierait que tout le monde aurait, dans ce cas, la même possibilité d’aller plus loin. Ce serait un étonnant hasard.» Toutes ces discussions ont évidemment pris un tout autre visage depuis la catastrophe japonaise de Fukushima et la volonté clairement affirmée par de plus en plus d’Etats de sortir totalement du nucléaire. Une approche qui n’avait évidemment pas été prise en compte dans les évaluations anté­ rieures. Et c’est pour cela que Robert Dennewald, le président de la Fedil, a lancé un appel au gou­ vernement pour «plaider en faveur d’un moratoire dans les discussions politiques autour d’un éventuel renforcement des objectifs climatiques euro- }  14

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Emissions vérifiées 2.252.662 Quotas alloués au Luxembourg 2.488.229

2009

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 { péens, permettant d’évaluer les répercussions d’un

abandon partiel du nucléaire». «Il ne s’agit pas de remettre en cause tout le système, tempère René Winkin. Nous souhaitons simplement prendre le temps de faire une pause dans les discussions en cours. Nous ne sommes pas contre des débats sur l’intensification des objectifs, mais il faut les faire de manière honnête, et que chacun prenne en compte les éléments qui les arrange, mais aussi ceux qui ne les arrangent pas. On sait, par exemple, que le coût de l’électricité sera impacté par le basculement vers le non nucléaire. Mais certains disent qu’il est trop tôt pour intégrer ce facteur dans les réflexions actuelles.»

Quotas alloués au Luxembourg 2.488.433

Emissions vérifiées 2.181.694

2010

Source: Commission européenne et gouvernement luxembourgeois

actualité

Au Luxembourg, 15 installations industrielles sont concernées par le système d’échange de quotas d’émission ETS. La centrale TGV Twinerg (858.156 tonnes) et l’usine Intermoselle de Cimalux (746.132 tonnes), établies à Esch-sur-Alzette, accaparent, à elles deux, près des deux tiers des allocations de quotas accordées pour la période 2008-2012. Seule Twinerg, avec un total d’émissions vérifiées de 946.734 tonnes, a dépassé en 2010 le quota qui lui est alloué.

est absente dans les grandes réflexions technologiques qui sont menées dans le reste du monde. On préfère partir de la réflexion inverse et se dire que le fait d’imposer des quotas et des plafonds d’émissions fera que le marché saura s’adapter.» En attendant, le Luxembourg aura peut-être avancé sur le sujet. Un débat d’orientation à la Chambre des députés est attendu pour la dernière semaine de juin, qui permettra de jeter les bases du 2e plan d’action national de réduction des émissions de CO2 dont la présentation a été annoncée d’ici à la fin de l’année.

Pacte climat insuffisant

La présentation du «pacte climat», le 12 mai dernier, par Claude Wiseler et Marco Schank, les deux ministres chargés du Développement durable et des Infrastructures, n’a guère permis de pouvoir poser des objectifs chiffrés sur les 35 «mesures prioritaires» annoncées. Celles-ci sont le fruit des réflexions menées au sein du comité de pilotage du «partenariat pour le climat», un think tank lancé début 2010 et réunissant autour d’une même table ministères, syndicats, organismes patronaux, communes et ONG. «C’est une très bonne initiative d’avoir établi au Luxembourg une sorte de ‘Grenelle de l’Environnement’, reconnaît M. Delaunois. Mais le problème est qu’aucun objectif n’a été fixé au départ. On a peut être gaspillé un peu d’énergie, faute d’avoir pu orienter le débat comme il l’aurait fallu.» Les conseils européens de fin juin ne seront qu’une première étape sur le long chemin qui mènera à Durban, en décembre, théâtre de la prochaine conférence mondiale sur le climat. Y aurat-il d’ici là une position commune de la part des Etats membres de l’Union européenne qui permettrait, ainsi, d’éviter un nouvel échec, comme le fut la conférence de Copenhague en 2009? René Winkin a du mal à y croire. «A Copenhague, on n’a même pas écouté les Européens et le très peu qui en est sorti a été rédigé sans leur voix. L’Europe

ArcelorMittal

« Viabilité menacée» Chez ArcelorMittal, on suit évidemment de très près les discussions autour de cette question de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, compte tenu des «défis importants» auxquels se voit confronté le secteur de l’acier. «Ces 30 dernières années, la sidérurgie a en effet réalisé de grands efforts et a déjà réduit de 50% les émissions par tonne d’acier brut, explique-t-on chez le numéro un mondial du secteur. En réponse à une sollicitation de paperJam pour prendre position sur le sujet, il s’est contenté de transmettre un simple communiqué écrit. Nous avons maintenant atteint les limites de ce qui est technique­ment possible. Le programme ETS de l’Union européenne relatif à la troisième période de négoce provoquera des pénuries pour la sidérurgie.» Pour ArcelorMittal, un engagement unilatéral de l’Union européenne visant à dépasser la réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre rendrait le secteur de la sidérurgie encore moins concurrentiel par rapport aux pays qui ne sont pas confrontés à de telles exigences en matière de CO2. «Si l’Union européenne décide unilatérale­ ment d’augmenter les objectifs de réduction

des émissions de gaz à effet de serre pour parvenir à une diminution de 30%, cela (…) menacerait également la viabilité des indus­ tries intensives en énergie, qui constituent la colonne vertébrale du la chaîne d’approvision­ nement européenne.» Ce qu’ArcelorMittal ne dit pas, en revanche, c’est qu’une révision à la hausse de ces mini­ mas de réduction bouleverserait aussi le modèle ETS actuellement existant. Or, selon le rapport de l’ONG britannique Sandbag, la différence entre les émissions réellement vérifiées (68,26 millions de tonnes en 2008) et les émissions «autorisées» par ces permis additionnels (89 millions de tonnes) procure au groupe sidérurgique une plus-value poten­ tielle qui se chiffre en centaines de millions d’euros, sachant que ces «permis» sont négociables sur le marché. Pour autant, ArcelorMittal s’était défendu, lors de la publication de ces informations, de vouloir spéculer. Ces excédents sont en effet destinés à être reportés dans le temps, sachant que la mise en œuvre du système ETS a été programmée en trois phases, la deuxième couvrant la période 2008-2012 et la troisième la tranche 2013-2020. J.- M. G.

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PAPERJAM 230x300 CV-JB1 LUXEMBOURG - Issue Date: 27 MAY

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Certains voyages se transforment en légendes. Les Bahamas. 10:07 Retrouvez Sean Connery sur louisvuittonjourneys.com Sean Connery et Louis Vuitton apportent leur soutien à The Climate Project.


CHAQUE ROLEX EST SYMBOLE D’EXCELLENCE. LA YACHT-MASTER II A ÉTÉ ÉLABORÉE POUR RÉPONDRE AUX BESOINS DES NAVIGATEURS PROFESSIONNELS. ELLE EST LA PREMIÈRE MONTRE À COMPLICATION AU MONDE À OFFRIR UN COMPTE À REBOURS À MÉMOIRE MÉCANIQUE PROGRAMMABLE. UNE INNOVATION BREVETÉE, QUI PERMET UNE PARFAITE SYNCHRONISATION LORS DES DÉPARTS DE RÉGATES.

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Nicolas Henckes

«Prendre des risques calculés»

Le directeur de Legitech, 37 ans, entend développer à l’international les services proposés aux avocats et aux juristes par sa société, créée en 2006. Marc Vandermeir (texte), David Laurent / Wide (photo)

C’est en février 2006 que l’entreprise Legitech a été officiellement portée sur les fonts baptismaux, avec à sa tête Nicolas Henckes qui, depuis septembre 2005, gérait l’association momentanée entre l’Imprimerie Centrale et l’Imprimerie Victor Buck dans le cadre du marché public du Memorial, le journal officiel luxembourgeois. Un changement radical de carrière pour celui qui était, les trois années précédentes, l’assistant personnel du président de la Banque centrale du Luxembourg, Yves Mersch. Le développement qu’a connu depuis sa création cette société, qui propose des services à haute valeur ajoutée dans le traitement documentaire juridique et fiscal, justifie pleinement la participation de son directeur au concours CYEL et, de surcroît, sa présence parmi les trois finalistes. La démarche est, du reste, parfaitement calculée. «Je me suis inscrit afin de profiter de la réputa­ tion qui pourrait en résulter en cas de succès, si la qualification nous permet d’arriver au concours mondial, à Bruxelles, explique-t-il. Ce serait l’occa­ sion de pouvoir présenter à l’international notre produit phare actuel, Progilex, une solution logi­ cielle de publication de documents juridiques et fis­ caux en ligne, alors que nous nous positionnons sur ce marché.» Legitech, c’est aussi une formidable aventure frappée du sceau de l’innovation, et ce dès ces premiers pas, puisque la société a, d’emblée, choisi de développer par elle-même tout le système nécessaire pour pouvoir publier ses propres codes et bases de données. «C’était déjà une innovation, indique M. Henckes. Comme, de plus, le marché luxem­ bourgeois est, par nature, réduit, nous n’avons aucun risque à y vendre notre technologie sous licence, car aucun autre éditeur ne devrait venir nous y cher­ cher noise.» Le directeur de Legitech souligne un deuxième aspect innovant, et non des moindres: sur un marché de niche tel que le sien, la société ne peut guère envisager des coûts de mise à jour trop élevés. D’où la recherche d’une réduction de ces coûts par des solutions amenant l’automatisation d’un certain nombre de processus de production, la possibilité de sous-traiter en offshore (au Maroc et à Madagascar) tout ce qui est sans valeur ajoutée et, enfin, la concentration au Luxembourg de tout ce qui est, justement, à valeur ajoutée, c’està-dire les commentaires juridiques apportés par des avocats et des juristes bac+5. «En règle géné­

rale, on trouve sur le marché des intervenants tech­ niques (services informatiques, ndlr.) et des con­seils juridiques, mais jamais en même temps. Ici, notre approche innovante fait que nous propo­ sons les deux, grâce à nos ingénieurs informaticiens et aux avocats et juristes expérimentés à qui nous faisons appel. Ainsi, nous offrons des produits tech­ nologiques fait par des juristes et pour des juristes.» Comme un Casque bleu

Sans doute Nicolas Henckes est-il, chez Legitech, «the right man at the right place», avec un double profil idéal, puisqu’il a une double formation d’école de commerce et de droit. C’est après avoir débuté sa carrière comme avocat, à Paris, qu’il est revenu au Luxembourg pour occuper ses fonctions à la Banque centrale. L’Imprimerie Centrale et l’Imprimerie Victor Buck, soucieuses de capitaliser, en commun, leur savoir-faire, ont lancé Legitech en faisant appel à un gérant tiers. Leur choix s’est porté sur lui. «Ces deux actionnaires étant de féroces concurrents sur leurs autres marchés, je suis arrivé un peu comme un Casque bleu, sourit l’intéressé. Ma mission a été de créer le concept et le plan marketing. En ayant la chance de pouvoir dérouler le tout comme prévu, dans une relation de pleine confiance et d’indépendance.» La croissance de Legitech a, dès lors, été pour le moins rapide, preuve que l’entreprise répondait à un réel besoin. Le premier livre (Précis de droit fiscal, écrit par Jean-Pierre Winandy, avocat chez Loyens & Loeff) a été publié en mars 2006 (il n’est plus disponible aujourd’hui). Les trois années suivantes, entre 2007 et 2009, trois bases de données ont également été éditées. La solution logicielle Progilex, dédiée à la gestion documentaire de textes juridiques et à leur publication, est, quant à elle, apparue en 2010 et l’entreprise engrange pour l’instant les fruits de ce succès, avec cette sélection en finale de CYEL comme une cerise sur le gâteau. Mais d’autres produits sont aussi arrivés, tels qu’un accès par smartphone aux bases de données. Un nouveau site Internet legitech.lu va, également, être mis en ligne, avec notamment une boutique et d’autres nouveautés. Le premier e-book sortira encore cette année et sera commercialisé sur ce nouveau site. «C’est le haut de la vague, résul­ tat d’une équipe dynamique et engagée, et nous vou­ lons y rester le plus longtemps possible, sachant que cela finit toujours par redescendre.» Legitech, pour les produits d’édition et de contenu, s’en tient au marché national, pour d’évidentes ques-

tions de compétences juridiques et parce que les marchés voisins sont déjà saturés. En revanche, la société s’est engagée dans une démarche, elle aussi innovante, pour sa conquête du marché international. «Nos marchés cibles sont ceux qui ne sont pas trop loin, Proche et Moyen-Orient et Afri­ que.» Etonnant, vu les risques d’instabilité politique? «Par rapport aux marchés sans cesse cités, l’Asie et les Etats-Unis, nous allons chercher du marché plus spécifique, où la plupart des interve­ nants ne veulent pas aller, car il y a effectivement une certaine crainte. Mais aussi une certaine méconnaissance, alors qu’il y a des opportunités intéressantes.»

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« Nous voulons rester le plus longtemps possible en haut de la vague, sachant que cela finit toujours par redescendre» Nicolas Henckes(Legitech)

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Le premier marché où Legitech est le plus proche d’aboutir est la Turquie, riche de 80 millions de consommateurs, plus de 60.000 juristes et 100.000 avocats inscrits dans les divers barreaux du pays. «Ça vous donne une idée de la taille et du potentiel du marché. Sur place, nous cherchons tou­ jours à nous associer avec des éditeurs juridiques locaux qui, eux, ont la maîtrise du contenu, tandis que nous leur apportons celle de la technologie et du marketing. Ce sont des alliances win-win. Et, pour d’autres pays, nous proposons notre licence à la vente. Nous remarquons en effet de plus en plus que ce que cherchent nos clients potentiels, dans ces pays, c’est plus une collaboration.»

Cette vente, selon Nicolas Henckes, ne présente pas un danger réel de contournement du produit. «Il y a certes un danger, mais léger. Car la solution, pour éviter le piratage, ce n’est pas tellement les brevets, mais de continuer à innover et de garder de l’avance sur nos concurrents. Un brevet est une mesure assez défensive. Personnellement, je pré­ fère attaquer et rester innovant, en n’hésitant pas à prendre un risque calculé.» Le directeur de Legitech montre ainsi combien l’innovation n’est pas exclusivement réservée aux seuls développements technologiques, mais peut aussi se décliner sur le plan des services. «Nous nous adressons beaucoup à des avocats, par­

ticulièrement à des avocats d’affaires, donc à haut taux de facturation et où chaque minute compte. Ainsi, nous accompagnons nos publications tradi­ tionnelles, nos livres et nos bases de données, par un niveau de services très élevé.» L’accès aux informations par smartphone ou par tablette numérique en est l’un des aspects, les clients voulant pouvoir accéder à leur contenu de n’importe où, n’importe quand et de n’importe quelle façon. «Nous apportons dès lors nos produits et services de manière de plus en plus fractionnée et personnali­ sée. Nos clients n’ont pas à se soucier de leur docu­ mentation, c’est à nous de le faire et nous le faisons par réponse immédiate.»

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Marco Houwen

« C’est la réussite qu’il nous faut créer» Le CEO de LuxCloud, 38 ans, a développé une plate-forme qui permettra aux entreprises  de bénéficier facilement de services professionnels IT en ligne, en fonction de leurs besoins.

Sébastien Lambotte (texte), David Laurent/Wide (photo)

Voici une dizaine d’années, Marco Houwen lançait, avec Datacenter Luxembourg, sa première société active dans le secteur des technologies et de la sphère Internet. Depuis ces temps qui peuvent, aujourd’hui, paraître préhistoriques, l’homme a fait du chemin. Parmi ses principaux faits d’armes, on peut citer le développement d’EuroDNS, société dédiée à la gestion des noms de domaine, ou encore une contribution majeure à la création de Lu-Cix, point d’échange Internet commercial du Luxembourg, fédérant plusieurs acteurs du secteur pour en assurer la promotion et le développement. Depuis deux ans maintenant, Marco Houwen, à travers LuxCloud, une autre société à part entière, s’attèle à un nouveau projet majeur. «Pendant des années, nous nous sommes battus pour amener de l’e-business au Luxembourg, explique-t-il. Mais nos efforts n’ont réellement pu être récompensés qu’à partir de 2006, avec le changement de stratégie du gouvernement en la matière. Si bien que début 2009, le nombre d’acteurs évoluant dans ce nouveau cadre s’était considérablement développé.» Face à cette nouvelle donne, dans un environnement concurrentiel important, il a fallu chercher de nouvelles pistes de développement. «Nous nous sommes soudainement réveillés et avons étudié les possibilités qui s’offraient à nous en vue d’innover, explique-t-il. Nous avons cherché, au sein de notre secteur, quel serait le prochain changement de paradigme.» LuxCloud n’est autre que le fruit de cette recherche. Avec, au départ, un constat  auquel Marco Houwem a voulu apporter une réponse: le désir des acteurs de petite et moyenne envergure de ne plus être contraints d’acquérir des serveurs et des licences onéreuses pour bénéficier de solutions informatiques efficaces et flexibles. Avec LuxCloud, le jeune entrepreneur veut proposer un outil qui permettra, aussi bien aux développeurs de solutions IT qu’aux intégrateurs, de proposer des services flexibles à leurs clients, via

des solutions pay as you go. «La plate-forme LuxCloud pourrait être comparée à l’AppStore des services IT professionnels. Avec elle, les entreprises pourront accéder à une multitude de services IT en ligne. En tant qu’intermédiaire entre ces entreprises utilisatrices et les développeurs, nous gérons la mise à disposition des services sur la plate-forme, les droits d’utilisation par les entreprises, les upgrade et downgrade, ainsi que la facturation liée à leur utilisation, explique Marco Houwen. LuxCloud est un canal qui permettra aux développeurs de vendre directement les services qu’ils proposent. La grande différence, par rapport à l’AppStore, c’est que l’utilisateur final dans le cadre LuxCloud n’aura pas à télécharger le service pour l’utiliser, ni à l’héberger. Tout se fera en ligne.» LuxCloud se positionne comme un projet précurseur dans un marché qui doit encore émerger et la société veut en être un acteur incontournable en positionnant ce projet, dont la réussite commerciale est notamment basée sur des économies d’échelles, sur un marché d’envergure européenne. «L’ambition est énorme, autant que le potentiel de ce projet. Aujourd’hui, l’outil est là et est opérationnel. S’il peut et doit encore évoluer, c’est la réussite autour du produit que nous devons désormais créer.» Pour y parvenir, LuxCloud compte approcher le marché par plusieurs voies différentes. Marco Houwen veut, d’une part, s’adresser aux intégrateurs qui, selon lui, auront à l’avenir un rôle primordial à jouer dans le conseil et l’orientation des entreprises à l’heure d’entreprendre des choix pour leurs solutions informatiques. A ce niveau, le jeune entrepreneur tient à valoriser leur rôle en leur laissant, avec des solutions hébergées sur la plate-forme LuxCloud, la possibilité de faire des marges bénéficiaires. D’autre part, M. Houwen dit négocier avec des acteurs de plus grande envergure, comme des fonds d’investissement, afin de trouver des partenaires financiers et des organismes à même d’aider LuxCloud à se développer vite et bien. «A l’heure actuelle, nous avons environ une année et demie d’avance sur nos

concurrents. Mais il est crucial de la préserver. Pour cela, il nous faut nous entourer des meilleurs. Nous sommes en permanence à la recherche de talents.» Marco Houwen a toujours préféré l’entrepreneuriat à la voie habituelle que suivent, dit-il, ses concitoyens: celle qui les amène irrémédiablement dans la fonction publique. «C’est quelque chose que j’ai en moi, une farouche envie de créer, de construire», assure-t-il. Après quelques aventures pas forcément concluantes à l’étranger, il est revenu au Luxembourg pour lancer les projets que l’on connaît aujourd’hui. «Des erreurs, tout le monde en fait. Il faut pouvoir en tirer les enseignements nécessaires et passer outre.» En travaillant sur les nouvelles technologies, il a bataillé ferme pendant plu-sieurs années. LuxCloud est le fruit du développement et de la capitalisation d’un savoir et d’un savoir-faire en la matière, «un aboutissement aussi bien qu’un nouveau départ, avec un potentiel important». La capacité d’apprendre

Il détient en direct 20% des parts de LuxCloud, mais est aussi actionnaire via Datacenter Luxembourg qui détient 31% du capital. Les 49% restants sont entre les mains de LuxConnect, société anonyme détenue à 99% par le gouvernement. Avec cette entreprise établie à Leudelange, il emploie déjà neuf personnes, mais les développements à venir, inscrits dans le business plan, en prévoient une vingtaine pour la fin de cette année, 35 pour la fin 2012. C’est dire si Marco Houwen table sur une forte croissance. Vite et bien. «Je ne suis peut-être pas né avec un ordinateur sur les genoux, mais je suis, en revanche, passionné par la technologie et les nombreuses possibilités qu’elle nous offre. Néanmoins, je reste, avant tout, un utilisateur, confie le finaliste de cette cinquième édition de ce CYEL Award. L’important, dans l’entrepreneuriat, est d’avoir une certaine capacité d’apprentissage. On ne peut pas tout savoir. Un chef d’entreprise doit être là pour soutenir le travail et les solutions avancées par ses collabora-

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L E Y C 1 201 «L’important, dans l’entrepreneuriat, est d’avoir une certaine capacité d’apprentissage»

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Marco Houwen (LuxCloud)

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teurs. Et, au final, pour prendre les décisions et les assumer.» C’est un des autres préceptes forts de la vision de l’entrepreneuriat de Marco Houwen, persuadé que «la seule mauvaise décision, c’est celle de ne pas en prendre». Mais la prise de décision doit, dit-il, laisser une place au doute. C’est ce dernier qui pousse à la remise en question, et à l’amélioration du projet, à la réévaluation permanente des décisions prises. Reste que pour créer, il faut pouvoir regarder vers demain. «D’un point de vue stratégique, pour développer des projets créatifs, il faut pouvoir se

détacher de l’opérationnel, explique-t-il. Il est difficile de travailler à une vision de demain, sur un projet créatif en devant régler de manière permanente les problèmes d’aujourd’hui.» Cette place en finale du CYEL Award, Marco Houwen la considère avant tout comme une reconnaissance, pour le travail qu’il a accompli, mais aussi pour l’intérêt que présente le projet qu���il porte. «C’est important d’être reconnu pour ce qu’on fait. Nous en sommes à un stade, avec LuxCloud, où nous en avons besoin, tant à l’échelle nationale qu’à l’échelle internationale.» paperjam  | Juin 2011 | économie & finance

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Olivier Raulot

« Le corps prend les commandes» Par le biais des nouvelles interfaces naturelles, le CEO d’iNUI Studio, 37 ans,  veut simplifier l’informatique de l’entreprise. Michael Peiffer (texte), David Laurent/Wide (photo)

Quand la réalité rattrape la fiction… Telle est la formule qui vient à l’esprit lorsqu’on a l’opportunité de tester les nouvelles technologies développées par Olivier Raulot et ses deux associés au sein d’iNUI Studio. Dans Minority Report, film de Steven Spielberg sorti au cinéma en 2002, Tom Cruise, enquêteur du futur, faisait défiler les informations sur son écran de contrôle par de simples gestes dans les airs. A l’époque, nul n’imaginait que cette technologie avancée arriverait dans nos bureaux moins de dix ans plus tard… «Aujourd’hui, on fait mieux encore, on n’a même pas besoin d’enfiler un gant», glisse en rigolant le co-fondateur et CEO d’iNUI Studio. Lancée en octobre 2010, la société est la plus jeune des trois représentées dans cette édition 2011 du CYEL Award. Elle est aussi la plus avantgardiste. «On est clairement dans le domaine de l’innovation technologique, poussée par des techniciens, au sein d’un marché en devenir», précise l’informaticien de 37 ans. Ancien manager d’une unité de recherche et développement au sein du groupe Getronics, l’homme a quitté son poste pour se lancer dans l’aventure entrepreneuriale, avec pour objectif premier de simplifier l’utilisation de l’informatique pour le grand public et l’entreprise. iNUI Studio axe son travail sur le développement des Natural User Interface (NUI). Autrement dit, il s’agit de permettre à l’homme de prendre le contrôle de la machine avec son corps, que ce soit par le geste, la voix ou le toucher. «Notre but est de développer de nouvelles solutions logicielles pour simplifier l’informatique de l’entreprise, replacer l’être humain au cœur du processus décisionnel, et cela dans des domaines aussi variés que la culture, l’éducation, le tourisme, l’événementiel, le marketing ou le secteur financier», explique Olivier Raulot. Un moteur de gestes inédit

Si l’interface tactile est désormais entrée dans les mœurs, notamment grâce à l’arrivée de terminaux du type iPhone, tout reste à faire en ce qui

concerne la voix ou le toucher. «L’arrivée de la Xbox Kinect a ouvert une brèche dans le monde du jeu vidéo, constate le CEO. Mais jusqu’ici, aucun grand groupe informatique ne travaille à l’intégration des interfaces naturelles au sein de l’entreprise. Nous sommes les premiers au monde à pouvoir proposer un système basé sur la reconnaissance du geste et adapté à un environnement de travail.» A partir d’une capture d’images en 3D, ce que permet une gamme variée de caméras aujourd’hui, iNUI Studio a développé ses propres algorithmes afin de transformer les points captés en gestes. «Ce moteur de gestes, baptisé Fly Folder, peut ensuite être utilisé dans une multitude d’applications conçues sur mesure en fonction des besoins du client et des utilisateurs», précise M. Raulot. Grand avantage du système: il peut être utilisé sur pratiquement n’importe quel support. Parmi les autres axes de développement de la société, s’appuyant sur un marché plus mature, les trois associés proposent des applications pour écrans tactiles. «Si l’on parle aujourd’hui beaucoup de cette technologie, ma conviction est que, notamment pour la consultation de données, le geste va rapidement remplacer le toucher, ajoute l’entrepreneur. Outre les applications traditionnelles pour tous types de smartphones et de tablettes, nous misons beaucoup sur la table Surface développée par Microsoft et dont une toute nouvelle version sera bientôt disponible.» Cette table, capable de gérer simultanément plusieurs points de contact, ouvre des multitudes de possibilités d’interactions naturelles. iNUI Studio développe actuellement une application spécifique pour le Centre Virtuel de la Connaissance sur l’Europe, basé à Sanem. L’idée est de rassembler toutes les informations disponibles sur le sujet européen, de les intégrer et de les rendre accessibles au public qui pourra les utiliser à sa guise. «Nous sommes aussi en discussion avec le Mudam afin de voir de quelle manière nous pourrions collaborer, afin de mettre les nouvelles technologies au service de l’art et de la culture», confie Olivier Raulot. Aussi, afin d’offrir aux utilisateurs des applications conviviales, iNUI Stu-

dio peut compter sur de solides connaissances en ergonomie et en communication. Car en la matière, la seule technologie ne suffit plus. Afin de rendre plus concrètes toutes les possibilités du système, l’entreprise vient tout juste de lancer en collaboration avec un partenaire industriel, l’iNUI Box, la première borne interactive commandée par reconnaissance de gestes. Utilisée comme Information Corner, elle est appelée à remplacer avantageusement les bornes tactiles. «Les atouts de ce matériel sont multiples, reprend l’informaticien. Plus de problème d’hygiène, ni de nettoyage. Il présente l’avantage d’être plus robuste, sa conception n’incluant pas un fragile écran multitouch. Il est surtout plus green. Les documents sont disponibles, manipulables par le geste et immédiatement

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«Nous sommes les premiers à travailler à l’intégration des interfaces naturelles au sein de l’entreprise» Olivier Raulot (iNUI)

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téléchargeables de la borne vers un smartphone via un système QR code intégré.» A terme, la voix pourra également participer au contrôle de la machine. Concrétiser les contacts

Le produit commence à faire parler de lui. Un contrat a même été signé voici quelques jours à peine avec Real Dynamics, qui devient de la sorte le premier revendeur officiel de ces technologies et de l’iNUI Box, au Luxembourg. L’Hôpital du Kirchberg et une banque de la Place vont tester prochainement des applications spécialement conçues pour eux. Tout comme RTL qui y voit une nouvelle façon, plus naturelle, de permettre le défilement des cartes météo. En milieu hospitalier, l’idée est de mettre en place des bornes interactives sur les-

quelles les infirmières pourront trouver différentes informations, générales ou de procédures, sans avoir à toucher le support. Dans le domaine bancaire, la vitrine d’une agence pourra, à l’avenir, se transformer en écran sur lequel le client consultera les services voulus par de simples mouvements du bras. Les applications sont infinies. Au départ, il a fallu un an à Olivier Raulot, Augusta Guernier et Mathieu Lozinguez, pour trouver les fonds indispensables au lancement de leur projet, pour le moins innovant. Les 500.000 euros nécessaires ont été apportés par les trois associés et la société de capital risque luxembourgeoise Rollinger Venture Capital. Les trois compères ont aussi pu compter sur l’appui immédiat de Microsoft, par l’intermédiaire de son programme de soutien aux

start-up BizSpark. Reste désormais à transformer l’intérêt grandissant pour la technologie en projets réels et concrets pour l’utilisateur. «La participation au Creative Young Entre preneur Luxembourg Award, et notre sélection pour la finale, va nous permettre de gagner en visibilité, tant au niveau national qu’international», souligne Olivier Raulot. Autre vitrine de choix: son système intuitif par commandes gestuelles sera utilisé lors de la grande cérémonie ICT Spring du 28 juin prochain à Luxexpo. Ce soir-là, des centaines de responsables IT auront droit à une démonstration en direct des différentes technologies développées par iNUI Studio, dont le Fly Folder. Avant qu’un jour plus ou moins proche, la souris et le clavier ne disparaissent de nos plans de travail.

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Argent public

Un œil sur le coût de l’UE Sous le feu des projecteurs ce mois-ci, la Cour des comptes européenne fait savoir qu’elle veille sur les dépenses de l’UE,  jugées parfois excessives. Henri Grethen, membre luxembourgeois de l’institution, les justifie. L’un des deux bâtiments de la Cour des comptes européenne, logée au Kirchberg.

Pierre Sorlut (texte), Charles Caratini (photo)

La polémique sur le maintien des sessions du Parlement européen à Strasbourg, celle sur les avantages accordés aux commissaires, ou encore le débat sur l’augmentation du budget 2012 de l’Union européenne mettent à l’index des dépenses qui paraissent fastueuses en temps de crise. La publication, le 4 mai, de son rapport annuel d’activité et l’allocution, le 17, de son président, Vítor Caldeira, lors de la Journée boursière, donnent l’occasion de se rappeler au bon souvenir de la Cour des comptes européenne. L’auditeur externe chargé d’examiner la légalité et la régularité des recettes et des dépenses de l’Union européenne, et d’assurer la bonne gestion des fonds communautaires, joue aussi le rôle de gardien indépendant des intérêts financiers des citoyens de l’Union. Mais dans quelle mesure cette institution peut-elle juguler la fuite en avant des dépenses publiques européennes et donc de l’argent du contribuable-consommateur luxembourgeois? Comme ses homologues au niveau des Etats, elle est privée de pouvoir de sanction. Elle veille

cependant à ce que les 120 milliards d’euros de budget annuel de l’UE, c’est-à-dire 1% du revenu national brut (RNB) de ses 27 Etats membres, soient dûment dépensés, «dans un souci d’économie, d’efficience et d’efficacité», conformément au traité la régissant. Par exemple, le Parlement et le Conseil se basent sur les travaux de la Cour pour valider l’exécution des dépenses. Mais elle ne se prononce qu’à titre consultatif sur leur utilité. Des dépenses contrôlées et relativisées

Interrogé sur les limites du pouvoir de l’insti­ tution dont il est membre (chaque Etat est doté de son représentant), le Luxembourgeois Henri Grethen s’est attardé sur la nécessité et la qualité de la mission de l’institution. «Il reste toujours des choses à améliorer, mais nous ne constatons des erreurs que dans 5 ou 6% des transactions effectuées, et la Cour transmet, le cas échéant, les fraudes à l’Olaf. L’Union européenne fonctionne donc relativement bien. Si les finances publiques des Etats membres étaient contrôlées comme celles de l’UE, nous constaterions probablement, dans certains Etats membres, des taux d’erreur plus élevés.»

Aussi balaie-t-il d’un revers de la main les inquiétudes des contribuables relatives aux coûts élevés de ces institutions supranationales, alimen­ tées au niveau de chaque Etat membre par une contribution forfaitaire de 0,73% du RNB, d’un prélèvement sur la TVA équivalant à 0,5% des recettes, et des droits agricoles et de douane. Les traitements des fonctionnaires européens sont bien souvent sujets à controverse, mais le membre luxembourgeois de la Cour préfère relativiser. «Le salaire d’un administrateur de l’UE en début de carrière est, de loin, moins attractif qu’un salaire de la fonction publique luxembourgeoise à grade équivalent»; ce qui explique en partie pourquoi la part des rémunérations des salariés de l’Etat luxembourgeois s’élève à 20% des dépenses nationales… Alors on retient que les institutions sont, de facto, le premier employeur au Luxembourg après l’Etat et que «le Luxembourg a sans nul doute largement profité de la présence des quelque 12.000 fonctionnaires européens, du fait de leur fort pouvoir d’achat», souligne Henri Grethen. Selon les estimations du plus au moins eurosceptique, l’Europe coûterait entre 2.400 et 200 euros par an au contribuable européen. Le résident luxembourgeois bénéficie toutefois de retombées économiques difficiles à quantifier, mais indéniables. De même, il peut compter sur une institution veillant au grain. Car si Vítor Caldeira, à l’occasion de son intervention devant un large parterre de représentants de la Place, lors de la Journée boursière du 17 mai, s’avouait bien conscient de «la perte de confiance des citoyens envers certaines institutions financières et publiques», il a tenté, en même temps, d’apaiser les craintes en assurant que la Cour qu’il préside apportera «une contribution importante au processus de restauration de la confiance».

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Cinq euros de dividende

Des projets à foison Publié le 21.04.2011

Réunis ce jeudi au château de Senningen, dans le cadre de la Commission intergouver­ nementale pour le renforcement de la coopération transfrontalière, le ministre luxembourgeois de l’Intérieur Jean-Marie Halsdorf et son homologue français Laurent Wauquiez ont annoncé une série d’initiatives communes aux deux pays. Parmi elles: la création d’un supercalculateur à Belval, une structure qui pourrait chapeauter et muscler les datacenters déjà établis au Luxembourg, mais aussi la création d’un hôpital transfrontalier. Il a par ailleurs été évoqué le développement des infrastruc­tures routières, qui impli­ que le désenclavement du site de Zoufftgen et l’enlèvement des bâtiments douaniers. Les deux pays souhaitent également la création d’un canal MoselleSaône, qui relierait le Luxem­ bourg au bassin méditerranéen par la voie fluviale d’ici à 2025.

L’assemblée générale de RTL Group a eu lieu ce mercredi 20 avril. Un dividende de 5 euros par action a été proposé sur la base «de l’amélioration des per­ formances opérationnelles et d’une solide trésorerie», expli­ que le groupe de médias. Les actionnaires ont approuvé les comptes consolidés au 31 décembre 2010. Ce mercredi, l’action RTL Group a fini en repli de 0,9% à 69,58 euros en Bourse de Luxembourg.

BCL

Bilans en légère hausse Publié le 21.04.2011

Selon les données de la Banque centrale du Luxembourg (BCL), la somme des bilans des insti­ tutions financières monétaires s’élève à 1.048 milliards d’euros au 31 mars, en hausse de 0,3% par rapport au mois précédent, mais en recul de 4% sur un an. Plus spécifiquement, la somme des bilans des banques est de 766 milliards d’euros, soit une hausse de 0,6% sur un mois.

Battin

Nouveau look Publié le 21.04.2011

RTL Group

Publié le 21.04.2011

Coopération transfrontalière

Photo: RTL Group

actualité

Centrales nucléaires

La Grande Région attentive Publié le 21.04.2011

Metz a accueilli le sommet extraordinaire des chefs des exécutifs de la Grande Région sur la sécurité des centrales nucléaires de la Grande Région, en général, et des installations de Cattenom, en particulier. Les questions de sûreté, de sécurité et de fluidité de l’infor­ mation en relation avec les centrales nucléaires ont figuré au cœur des débats. Une résolution a été adoptée dans laquelle ils demandent à la Commission européenne de leur communiquer les résul­ tats des stress tests appliqués aux centrales nucléaires de l’Union européenne. En cas de résultats défavora­ bles pour Cattenom, les par­ tenaires exigent que cette centrale soit arrêtée. Les par­ tenaires de la Grande Région souhaitent également élargir la composition de la Commis­ sion locale d’information afin d’y asso­cier les autres parties concernées de la Grande Région. Une nouvelle réunion a été programmée avant la fin de l’année.

Au moment où une météo printanière particulièrement généreuse invite chacun à se désaltérer en terrasse, Munhowen a présenté le nou­ veau packaging de ses bières vendues sous l’appellation Battin. Le brasseur, qui produit aussi la Bofferding, désire ainsi dynamiser sa gamme et donner un souffle nouveau à la marque acquise en 2005. «La transformation du pack­ aging de nos trois bières est le fruit de recherches approfondies, explique le directeur marketing Philip Van Woensel. Nous avons voulu faire correspondre l’habil­ lage du produit à l’image que les consommateurs s’en font.» Pour Munhowen, les trois Battin constituent une offre complé­ mentaire à la Bofferding.

Avis d’expert

Etika sur paperJam.lu Publié le 22.04.2011

L’asbl luxembourgeoise Etika contribuera désormais réguliè­ rement à paperJam.lu à propos de finance durable, d’investis­ sement socialement respon­ sable et de développement durable. Autant de thèmes

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Ménages

Endettement en hausse

Photo: Luc Deflorenne (archives)

Par Nicolas Raulot, publié le 22.04.2011

Fin 2010, les crédits immobiliers représentaient 83,7% de l’encours de la dette contractée par les ménages luxembourgeois auprès des établissements de crédit de la Place.

L’envolée des prix de l’immobilier est en grande partie responsable de cette tendance. Les ménages sont aussi très exposés aux hausses de taux.

Retrouvez tous les détails des trois Grands Prix paperJam sur http://grandprix.paperjam.lu

devenus incontournables pour les acteurs économiques. Le premier avis d’expert de Jean-Sébastien Zippert, coordinateur de l’association, sera diffusé ce vendredi matin. L’article est intitulé: «L’ISR, cela concerne aussi l’argent public». Les textes renverront à d’autres sites et d’autres sources d’information.

Energie

Les riches plus économes

consommation effective». La publication, qui porte sur les dépenses énergétiques des ménages en 2007, ne reflète certes plus l’état actuel des répartitions des dépenses pour l’énergie des ménages. Depuis 2007, les prix de l’essence, du gaz ou de l’élec­ tricité ont en effet explosé et les 3.503 euros dépensés par an, avancés par le Statec pour l’énergie de son logement et son transport individuel, ne correspondent plus du tout à la réalité 2011.

Publié le 22.04.2011

En matière de dépenses d’éner­ gie pour les besoins du loge­ ment, ce sont «les ménages les plus riches qui sont le plus éco­ nomes (ceux qui dépensent le moins par m²)». C’est une des conclusions qui ressort d’une étude publiée ce jeudi par le Statec. En effet, même si «les ménages les plus aisés con­ somment plus d’énergie pour les besoins de leur logement qui est en moyenne plus grand», ils investissent aussi plus facilement dans des équi­ pements peu énergivores, ce qui leur permet de réduire leur facture finale. De plus, l’office statistique constate qu’ils sont souvent propriétaires de leur logement et «ont donc une totale maîtrise sur leur mode de chauffage et de leur

Résultats des banques

Stabilité au 1er trimestre Publié le 22.04.2011

La Commission de Surveillance du Secteur Financier a établi que le résultat avant provisions du secteur bancaire luxembour­ geois avait été pratiquement le même au 1er trimestre 2011 par rapport à 2010: avec 1,604 milliard d’euros, la pro­ gression n’est que de 0,5%. Si les revenus de commissions ont augmenté de 15,4% sur un an, les revenus d’intérêts ont reculé de 4,6% en comparaison annuelle. Les frais généraux, eux, ont augmenté de 1,2% sous l’effet des frais autres que de personnel, dont la progres­ sion atteint 6,7% sur un an.

paperJam

Les prochains Grands Prix sont annoncés! Publié le 22.04.2011

Les Grands Prix paperJam sont au nombre de trois. A tout seigneur, tout honneur: le Grand Prix Communication, Marketing, Design, qui connaîtra sa troisième cérémonie de remise des prix le 15 février 2012. La remise du Grand Prix RH aura lieu, elle, le 27 juin 2012, et l’année se clôturera le 17 octobre, avec le Grand Prix ICT. Les sites Inter­ net des Grands Prix sont d’ores et déjà en ligne (http://grandprix. paperjam.lu). On y trouve les grandes dates des concours à venir, ainsi que le rappel du pal­ marès des éditions précédentes, qui ont récompensé bon nombre d’entreprises pour leur innova­ tion et leur ambition.

Banque privée

Rothschild recrute Mme Chèvremont

Le poids de la dette supportée par les Luxembourgeois augmente sans cesse. La Banque centrale du Luxembourg (BCL) le montre avec précision dans les «comptes finan­ ciers du secteur privé non financier» qu’elle vient tout juste de publier. Fin 2010, l’encours d’endettement par ménage s’élevait en moyenne à 100.527 euros, contre 44.376 euros fin 2000. Le constat reste exact si on compare l’endettement des ménages au produit intérieur brut: «Ce rapport n’a cessé d’augmenter au cours des dix dernières années, pour atteindre quelque 50% en 2009-2010. En effet, alors que le PIB a augmenté de 89,1% entre 2000 et 2010, l’encours de l’endettement des ménages a pro­ gressé de 171,9%.» Poids des crédits hypothécaires

C’est l’envolée des prix de l’immobilier qui est en grande partie responsable de la tendance, explique la Banque centrale. «L’endettement des ménages auprès des établis­sements de crédit se caractérise par l’impor­ tance des crédits immobiliers. En effet, fin 2010, ces derniers représentent 83,7% de l’encours de dette que les ménages luxembourgeois ont contractée auprès des établissements de crédit de la Place. Fin 2000, les crédits immobiliers ne représentaient que 69,7% de l’encours de cet endettement auprès des établissements de crédit.» La Banque centrale précise toutefois qu’«il convient également de mettre ces informations en rapport avec les avoirs en banque dont disposent les ménages luxembourgeois. En effet, l’encours de ces derniers dépasse nettement l’encours des dettes». Néanmoins, la BCL pointe un risque supplémentaire pour les ménages, alors que 85% des crédits hypo­thé­ caires sont accordés à un taux variable aux ménages luxembourgeois. «Dans la mesure où l’importance des crédits immobiliers est croissante et que les taux d’intérêt sont maintenant résolument orientés à la hausse, il n’est pas exclu que certains ménages puissent rencontrer des difficultés pour faire face à leurs engagements en cas de hausse des taux d’intérêt», avertit la Banque centrale.

Publié le 26.04.2011

La Banque privée Edmond de Rothschild Europe a engagé

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Propriété intellectuelle

Protégez-vous!

Photo: David Laurent/Wide (archives)

Photo: Luc Deflorenne (archives)

Par Michaël Peiffer, publié le 27.04.2011

“Both firms have a similar culture of excellence and a high-end market focus”

Jeannot Krecké, ministre de l’Economie et du Commerce extérieur

La 4e Journée luxembourgeoise de la propriété intellectuelle a permis de faire le point sur les marques, les dessins et les modèles, ainsi que sur la lutte anti-contrefaçon. «L’International Property Index (étude comparative internationale, ndlr.) a classé le Luxembourg en 4e posi­ tion parmi 129 nations dans son étude comparative de 2011 pour ce qui concerne la catégorie des droits de propriété intellectuelle, s’est félicité le ministre de l’Economie et du Commerce extérieur Jeannot Krecké, en ouverture de la 4e Journée luxembourgeoise de la propriété intellectuelle. Cette distinction me réjouit, car elle rejoint et traduit la volonté du gouvernement de prendre en compte l’importance de la propriété intellectuelle en général et tout particulièrement dans les processus de R&D et d’innovation.» Et le ministre d’indiquer que pour l’année 2010, au niveau des dépôts luxembourgeois de marques Benelux, on dénombre, pour le Luxembourg, 1,73 dépôt pour 1.000 habitants, alors que ce taux est de 0,88 pour les Pays-Bas et 0,50 pour la Belgique. «Ce ratio est encore plus impressionnant pour la marque commu­ nautaire: 1,65 dépôt luxembourgeois pour 1.000 habi­ tants, c’est-à-dire presque dix fois plus que nos voisins belges et sept fois plus que nos voisins néerlandais», a précisé M. Krecké L’exemple de Rosport

De manière générale, l’importance de la protection de toute marque a été soulignée par les différents intervenants, dont Edmond Simon, directeur général de l’Office Benelux de la Propriété Intellectuelle (OBPI) et Antonio Campinos, président de l’Office de l’Harmo­ nisation dans le Marché Intérieur (OHMI). Le propos a été appuyé par Max Weber, directeur marketing de l’entreprise Sources Rosport. «Pour nous qui com­ mercialisons un produit tout à fait générique composé de deux atomes d’hydrogène et d’un atome d’oxygène, le seul facteur qui permet de nous distinguer est la mar­ que, d’où son importance, a confié M. Weber. Dès sep­ tembre 1959, soit seulement quelques mois après le lancement de notre activité, la marque de fabrique Rosport a été déposée. Très vite, les dirigeants de l’entreprise ont compris que la forme de la bouteille, son étiquette avec le cavalier et la typographie utilisée faisaient partie intégrante du capital de la société. La marque Viva lancée voici dix ans est aussi un bel exemple du succès d’une marque qui a su s’imposer au Luxembourg. Selon l’étude Quest 2011, Rosport et Viva sont d’ailleurs dans le top 10 des marques luxembourgeoises.»

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Dominique Robyns (Alter Domus) 27

Marie-Jeanne ChèvremontLorenzini en tant que conseiller du président Frédéric Otto et du comité exécutif de l’établisse­ ment. Elle prendra ses fonctions le 1er juin. La banque emploie près de 700 personnes à Luxem­ bourg et dispose de plusieurs succursales à l’étranger (Espagne, Portugal, Belgique, Slovaquie, Israël). Marie-Jeanne Chèvre­ mont reste conseiller du cabinet d’avocats Arendt & Medernach, qu’elle avait rejoint en 2007, après avoir effectué presque tout le reste de sa carrière au sein du cabinet PwC. Elle cumule par ailleurs les man­dats de président du conseil de Kneip, en plus d’être administratrice de la banque EFG et de la société de gestion Threadneedle.

BCEE

Best Developed Market Bank Publié le 26.04.2011

Pour la troisième année consé­ cutive, le magazine financier Global Finance a décerné le prix «Best Developed Market Bank 2011 - Luxembourg» à la Ban­ que et Caisse d’Epargne de l’Etat, Luxembourg (BCEE). Une récompense qui fait suite à la 5e nomination (en six ans) en tant que «Bank of the Year 2010» par le magazine The Banker. Global Finance a mis en avant le fait que la banque a affiché une croissance dyna­ mique de son volume d’affaires, tout en répondant aux besoins des clients via le lancement de produits innovants.

Satellites et télécommunications Alter Domus

Acquisition of Fideos Publié le 26.04.2011

Alter Domus, the leading independent Luxembourgish provider of outsourced administration services to multinationals and alterna­ tive investment funds, agreed to acquire Fideos Luxembourg. Fideos, a sister company of Atoz Tax Advisers, is also an independently owned and operated firm offering corpo­ rate trust and fund administra­ tion services. This acquisition creates a powerhouse in the Corpo­ rate Management Services business and builds up critical mass in the Alternative Funds Administration market in Luxembourg. The combined turnover of both firms would represent over 65 million euros and include approximately 500 employees in 12 different offices around the world with the majority of employees located in Luxembourg. “Both firms have a similar culture of excellence and a high-end market focus”, Dominique Robyns, managing director of Alter Domus said. Geraldine Schmit, partner of Fideos Luxembourg added: “The acquisition will widen the respective client bases and give our clients access to Alter Domus’s global footprint and technology.”

Betzdorf: plus de 140 millions investis Publié le 26.04.2011

Sur le site du château de Betzdorf, ce mardi, ont été posées les premières pierres des futures installations de con­ trôle satellitaire de SES, de son centre d’affaires et du nouveau datacenter des P&T. «Au bout du compte, un montant bien au-delà de 140 millions d’euros est à l’heure actuelle investi sur le site par de multiples acteurs», a évoqué René Steichen, prési­ dent du conseil d’administration de SES. Parmi ces acteurs, on trouve l’opérateur satellitaire même, l’Entreprise des Postes et Télécommunications luxembourgeoise, Creos, l’Etat luxembourgeois et la commune de Betzdorf. Les nouveaux investissements de l’opérateur satellitaire comprennent le développement d’un nouveau bâtiment technique d’une sur­ face de 5.000 m2, ainsi qu’un nouveau champ d’antennes, qui pourra en contenir une qua­ rantaine. De son côté, P&T Luxembourg a posé la première pierre de son Resilience Centre East, son cinquième datacenter dans le pays, prévu d’être opé­ rationnel au printemps 2012 et qui sera exploité par eBRC. L’investissement de l’opérateur historique s’élève pour sa part à 87 millions d’euros.

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Luc Teirlinck

«Les irritants ne sont pas nombreux»

Le nouvel ambassadeur de Belgique au Luxembourg vit sans doute la dernière mission de sa longue  carrière diplomatique. Sans gros dossier difficile, mais avec des préoccupations de terrain.

Alain Ducat (interview), Olivier Minaire (photo)

Monsieur Teirlinck, vous venez de prendre vos fonctions au Luxembourg. Comment abordez-vous cette mission? «Avec beaucoup de sérénité et de plaisir. Le Luxembourg est un pays où il fait bon vivre. Je suis vraiment très satisfait de cette désignation pour ce qui devrait être mon dernier poste avant la retraite. A 65 ans, j’aurai 40 ans de diplomatie derrière moi. Cela ne signifie évidemment pas que je suis ici pour fonctionner en roue libre… Quelle image aviez-vous du Luxembourg en arrivant? «J’étais venu jadis avec mes parents. J’y ai aussi, enfant, passé un camp scout. Alors, je pensais connaître le pays. Mais en fait non. Il y a beaucoup de choses à découvrir et je m’y attèle avec plaisir. Définitivement, le Luxembourg n’a rien d’une annexe de la Belgique, comme certains pourraient le penser. Les Luxembourgeois veulent être reconnus comme tels et c’est parfaitement logique. Le Luxembourg est un petit pays, riche à plus d’un égard. L’économie fait que le pays fonctionne bien, avec une belle efficacité. Le Grand-Duché est aussi riche par l’histoire, la cul­ture, les atouts touristiques, la qualité de vie. Il mérite beaucoup de respect et surtout pas de condes­cendance. Je suis là depuis peu, mais j’apprends tous les jours au contact des Luxembourgeois. Sur le plan diplomatique, aviez-vous déjà abordé des dossiers avec le Luxembourg? «Mes premiers contacts diplomatiques avec le Luxembourg remontent à une trentaine d’années. Lorsque j’étais à Paris. C’était dans le cadre du COCOM (Coordinating Committee on Multilateral Export Controls, ndlr.) qui, à l’époque, contrôlait les trans­ ferts de technologie en direction des pays du Pacte de Varsovie ou de la Chine… Dans mon parcours professionnel, je suis aussi passé par les Pays-Bas, qui, comme le Luxembourg, ont une histoire commune avec la Belgique. Le Luxembourg, un pays important pour la Belgique? «Il y a des liens historiques très forts. De vraies relations d’amitié aussi. La coopération a toujours été un moteur, avec l’UEBL (Union économique belgo-luxembourgeoise), le Benelux, qui est une

structure fondatrice qui a souvent été citée en exemple. Il y a de très nombreux échanges entre nos pays: commerciaux, financiers, de services… Je suis impressionné par l’importance de la communauté belge ici: nous avons quelque 25.000 inscrits à l’ambassade. Et puis il y a cette vague de frontaliers, ces milliers de gens qui chaque jour viennent travailler au Luxembourg. C’est une situation assez unique. Des sujets touchent directement aux relations bilatérales et au quotidien de milliers de citoyens à la fois. Les avez-vous déjà cernés? «En tant qu’ambassadeur, j’ai un rôle d’interface, de facilitateur. Oui, il y a des sujets sensibles. Cela dit, il y a très peu d’irritants entre nos deux pays. Je relèverais deux dossiers. Il y a la question des allocations et bourses d’études pour les frontaliers. Il y a aussi le vieux dossier de la mobilité ferroviaire entre Bruxelles et Luxembourg, qui revient souvent et qui préoccupe beaucoup les Luxembourgeois. Je peux dire à ce propos que la SNCB a une volonté réelle d’améliorer les choses. L’option des trains pendulaires prend forme et des décisions d’investissement sont dans l’air. Avec ce fameux Pendolino, on ne réaliserait pas le miracle de la grande vitesse, mais on gagnerait une vingtaine de minutes. Il y a évidemment d’autres questions, qui touchent aussi au quotidien, à la mobilité notamment. Les interactions socio-économiques entre les deux pays sont considérables, alors il faut s’attendre à des intersections qui posent parfois de petits problèmes, en matières fiscales ou sociales notam­ment. Mais rien de dangereux au sens diplo­matique du terme. Ces relations bilatérales ne pâtissent-elles pas de l’actuelle situation de vide politique en Belgique? «La longue crise politique belge peut constituer un frein. Les rencontres belgoluxembourgeoises, qui avaient lieu deux fois par an, sont en sommeil prolongé. Cela étant, les ministres de nos deux pays se côtoient, se connaissent et discutent, en marge des réunions européennes par exemple. Je peux confirmer, depuis mon arrivée et mes premiers contacts avec le monde politique luxembourgeois, que les dirigeants de ce pays maîtrisent parfaitement bien la situation en Belgique. C’est d’ailleurs agréable de

voir autant de marques d’intérêt. En outre, il y a beaucoup de bon sens au Luxembourg et d’excellents hommes d’Etat. Jean-Claude Juncker n’est pas par hasard dans les affaires européennes depuis 20 ans, c’est un homme que l’on écoute. Comme il n’y a pas vraiment de gros problèmes à solutionner, on peut parler d’un certain confort. En tout cas, le fonctionnement bilatéral n’est pas paralysé. Quelles sont les priorités dans l’établissement de vos contacts au Luxembourg? «J’ai déjà ren-

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«Entre Bruxelles et Luxembourg, l’option des trains pendulaires prend forme»

Parcours

Aux charnières de l’histoire

contré beaucoup de monde. Je vais voir officiellement tous les ministres. J’essaie de développer les contacts à tous les niveaux. Je souhaite voir les bourgmestres des grandes villes, mais aussi des localités moins importantes, en particulier toutes les communes qui bordent la frontière belge.  Vous êtes un adepte du terrain? «Mon travail ne pourrait fonctionner sans un réseau de proximité. Entre le Luxembourg et la Belgique, il existe des relations quasi familiales, empreintes d’une cer-

taine émotivité. Comme le pays est petit, un sujet local peut rapidement avoir un impact accru. Il faut prendre les petits soucis à leur source… Un exemple concret dans vos dossiers? «A Martelange, on a constaté une légère discordance sur le tracé de la frontière. Il n’y a évidemment pas de problème diplomatique sur quelques mètres carrés. En revanche, imaginez les ennuis que pourrait avoir une station-service qui, par erreur, se trouverait du mauvais côté de la frontière…»

«Je dois dire que j’ai eu la chance de côtoyer des gens formidables, des cultures différentes.» Luc Teirlinck, 62 ans, a déjà connu une vie diploma­ tique riche de rencontres. «J’ai vécu des moments d’histoire, parfois difficiles, toujours marquants.» Son premier poste a été Kinshasa. «J’avais vécu une partie de mon enfance au Congo et je n’avais pas trop souhaité y retourner a priori. J’ai vite appris qu’il ne fallait jamais exprimer de préférences… J’y ai été nommé.» Il était là pendant les deux guerres du Shaba. «J’ai appris énormément de choses, notamment sur la solidarité dans ce pays». Puis ce fut Paris. Il y a 30 ans. «J’ai vécu l’arrivée de Mitterrand à la présidence. Une période intéressante: certains croyaient à la fin de la Ve République ou à une forme de révolution.» Luc Teirlinck a ensuite été nommé en Australie, «un pays fascinant, par sa jeunesse et son gros potentiel». Après, il y eut l’Espagne. «J’étais là à la mort du général Franco et pour l’avènement du Roi Juan Carlos.» Après un retour à Bruxelles pour différents postes aux Affaires étrangères, M. Teirlinck était nommé ambassadeur en Afrique du Sud, alors à la croisée des chemins. «Nelson Mandela est un grand homme d’Etat, un grand rassembleur. Je l’ai rencontré, ainsi que son successeur Thabo Mbeki…» A. D.

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«Nous désirons investir en moyenne 60 millions d’euros par an, pendant cinq ans, dans des centrales de production d’énergies renouvelables»

Photo: Fabrizio Maltese (archives)

Jean Lucius (Enovos Luxembourg)

Enovos

Le vent en poupe Pour sa première année complète d’existence, en 2010, le groupe énergétique a élargi son périmètre  d’action et mis notamment l’accent sur les énergies vertes, qu’il veut promouvoir et rendre plus accessibles. Sébastien Lambotte et Jean-Michel Gaudron

Consolidation, élargissement, investissements… Voilà, aux dires d’Etienne Schneider, le président du conseil d’administration d’Enovos, les trois piliers qui ont soutenu l’action du groupe au cours de l’exercice 2010, le premier «complet» pour ce géant – à l’échelle luxembourgeoise – créé en 2009 par la fusion de Cegedel, Sotel et Saar Ferngas. Un groupe qui, depuis, s’est enrichi par l’intégration, en 2010, de Luxgaz Distribution puis, aux tout premiers jours de janvier 2011, de Leo, en charge des réseaux et activités énergétiques de la Ville de Luxembourg. Difficile, donc, de ne pas afficher une certaine satisfaction au moment de rendre sa copie pour l’exercice 2010. Les ventes consolidées se sont établies à 1,53 milliard d’euros, stables par rapport à 2009. Un chiffre établi hors des activités de trading, assurées spécifiquement par Enovos Luxembourg (également responsable des activités de production et de vente d’électricité, de gaz naturel et d’énergies renouvelables, alors que la propriété et la gestion des réseaux électriques et de gaz naturel est entre les mains de Creos Luxembourg). En 2010, les ventes totales d’électricité du groupe ont atteint 4,3 TWh, ce qui correspond à une hausse de 3,7% par rapport à 2009. Si les ventes aux clients finaux (entreprises et résidentiels) se sont accrues de 7,7% à 3,4 TWh, le seg-

ment des clients grossistes a enregistré un repli de près de 10% à 0,9 TWh, conséquence d’une plus grande diversification du portefeuille d’achat des distributeurs. Avec un Ebitda de 177,5 millions d’euros, en repli de 6,4%, Enovos a réalisé un bénéfice 2010 net consolidé de 105,6 millions, en hausse de 30% par rapport au bénéfice 2009 amputé de la plusvalue exceptionnelle de 64,8 millions d’euros liée à la vente d’actions de Soteg. Rayonnement international

En 2010, le développement d’Enovos s’est fait tous azimuts. «En Allemagne, nous avons aussi repris le fournisseur d’électricité BKW Energie, devenu Enovos Energie Deutschland. Ce qui nous a permis d’accentuer nos activités sur le territoire allemand, en proposant des solutions sur mesure s’adressant prioritairement à une clientèle industrielle et professionnelle», indique Etienne Schneider. Mais surtout, le groupe a poursuivi ses investissements dans le développement des énergies renouvelables à travers l’Europe. «Nous désirons, dans notre politique, investir en moyenne 60 millions d’euros par an, sur les cinq premières années d’activité, dans ces centrales de production d’énergies renouvelables», précise Jean Lucius, le CEO d’Enovos Luxembourg. Ainsi, en 2010, Enovos et le groupe suisse Avelar Energy ont-ils constitué une société de participation avec pour objectif de

développer, construire, exploiter et commercialiser jusqu’à 95 MW de capacité de production photovoltaïque en Italie d’ici à 2013. Enovos a par ailleurs acquis une participation dans un parc éolien offshore à 90 kilomètres au nord-ouest de Borkum en Allemagne, a acquis un parc éolien en France et a entamé les travaux de réalisation de la première centrale biogaz en Sarre et Rhénanie-Palatinat. «En 2010, la production totale d’énergie renouvelable s’est élevée à 157 GWh, contre 108 GWh en 2009», note Jean Lucius. Enovos mise sur les énergies renouvelables. Le fournisseur d’électricité a d’ailleurs annoncé, à l’occasion de la présentation de ses résultats annuels, qu’à partir du 1er octobre prochain, son offre premium en électricité verte serait appliquée à l’ensemble de ses clients, sans que ces derniers n’aient à assumer le surcout lié au certificat de garantie d’origine d’une énergie durable. Du côté du réseau, l’évolution de la demande en énergie au cours de l’année 2010 a montré «des signes d’une nette reprise de l’activité économique, confirmée notamment par d’autres statistiques, explique Romain Becker, CEO de Creos Luxembourg. Après une baisse de cette demande en 2009, nous avons constaté une hausse de 4,9% de la demande en électricité en 2010.» La demande en gaz naturel, en 2010, a été supérieure de 7,5% à celle de l’année précédente.

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Trois questions à Christopher Stuart-Sinclair et Simon Ramos

Photo: Luc Deflorenne (archives)

« Un risque systémique accru»

Chômage

Troisième recul consécutif Publié le 27.04.2011

La reprise se confirme et se fait sentir dans les statistiques du chômage. Au 31 mars 2011, le Luxembourg comptait 14.786 chômeurs, soit 111 de moins qu’un mois plus tôt. Il s’agit du troisième recul mensuel consécutif relevé par le Comité de conjoncture. En pourcentage de la population active, le taux recule à 6,1%, contre 6,2% en février, 6,3% en janvier et 6,5% en décembre 2010. Fin décembre 2010, 15.567 personnes sans emploi résidant au GrandDuché étaient enregistrées auprès des services de placement de l’Administration de l’emploi (Adem), soit 781 de plus qu’aujourd’hui. Le regain de forme de l’économie luxembour­ geoise est encore plus perceptible en termes d’offres d’emploi. Leur nombre déclaré auprès de l’Adem s’est établi à 3.296 en mars, en progression de 25,1% par rapport au mois précédent.

MLQ

La qualité en guide Publié le 28.04.2011

Le Mouvement Luxembourgeois pour la Qualité publie l’édition 2011 du Guide Luxembourgeois pour la Qualité, outil de référence pour les PME désireuses d’initier, structurer ou bien faire reconnaître par une certification leur démarche de recherche d’excellence. On y trouve les étapes clés d’une certification,

Numericable

des études de cas et des témoignages, une étude chiffrée détaillée, ainsi que la liste des entreprises certifiées et accré­ ditées. Ce guide est réalisé avec le soutien du ministère de l’Economie et du Commerce extérieur et de l’ILNAS, avec le soutien de l’Entreprise des P&T et de PwC. info@mlq.lu.

Statistiques

Publié le 28.04.2011

Le câblo-opérateur Numericable a décidé de mettre en place un call center 100% luxembourgeois, capable de répondre aux problématiques des clients en cinq langues. La gestion en a été confiée à EBOS, un spécialiste de la relation client au Luxembourg. Jusqu’à présent, seule une petite partie de ce service se trouvait sur le territoire du Grand-Duché.

Luxembourg, pays de syndiqués Publié le 28.04.2011

«Le Luxembourg, un pays de travailleurs syndiqués?», s’interroge le Statec dans une étude publiée ce jeudi, avant de constater que «le taux de syndicalisation du pays (41%) est relativement élevé, comparé aux autres pays européens». En se référant à des données de l’OCDE de 2008, l’office statistique constate que les taux les plus élevés sont observés dans les pays du nord de l’Europe. L’Islande arrive en tête avec 86%. Elle est suivie de la Suède, du Danemark, de la Finlande (68%) et de la Norvège (53%). Le premier pays non scandinave dans ce classement est la Belgique, avec un taux de 52%. Elle est suivie du Luxembourg. En Allemagne, le taux de syndicalisation n’est que de 20%. C’est la France, qui affiche le taux de syndicalisation le plus faible, avec environ 7%. Il faut aussi noter que les Luxembourgeois sont plus enclins à s’affilier à une organisation syndicale que les frontaliers ou les étrangers. «Parmi les salariés nés au Luxembourg, 53% sont membres d’un syndi­ cat. Chez les salariés nés au

Photos: Deloitte

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Interview par Nicolas Raulot, publiée le 28.04.2011

Un call center 100% luxembourgeois

Les effectifs de la CSSF ont augmenté de plus de 12% en 2010.

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Portugal, le taux de syndicali­ sation n’est que de 35%. Vien­ nent ensuite les salariés nés en Belgi­que (28%), en Allemagne (23%) et en France (19%).»

CSSF

Recrutements en hausse Publié le 28.04.2011

La Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF) comptait 362 collaborateurs à la fin 2010, soit 40 de plus qu’un an plus tôt. Il s’agit d’un effort de «recrutement considé­ rable», comme le souligne ellemême l’autorité de surveillance dans son rapport d’activité publié ce jeudi. L’augmentation a atteint 12,42% par rapport à 2009 et même 12,63% en termes d’équivalents temps plein. Une progression inédite. «L’année 2010 a été marquée par le renforcement continu des ressources humaines, afin de faire face à la charge de travail croissante découlant notamment de l’introduction de nouvelles exigences pruden­ tielles, de la coopération entre autorités de surveillance, de la participation active aux travaux des instances internationales», indique la CSSF.

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Christopher Stuart-Sinclair et Simon Ramos, directeur et senior manager chez Deloitte

Les deux experts de chez Deloitte expliquent que la future directive Ucits V peut présenter des menaces pour l’industrie des fonds d’investissement. MM. Christopher Stuart-Sinclair et Simon Ramos, la directive Ucits V est actuellement en préparation. Quel est son calendrier? «Aujourd’hui, la directive Ucits V en est encore à une phase de consultation. Le texte doit être publié vers la fin de l’année. Le pro­ cessus a été retardé car la Commission a souhaité que le texte comporte un volet sur les sanctions. La directive entrerait en vigueur mi-2012, sachant que les Etats auraient environ deux ans pour la transposer. Le texte a vocation à clarifier la responsabilité des banques dépositaires alors que les avis divergent entre Etats membres sur cette question, notamment entre la France et le Luxembourg. Vers quelle appro­ che s’oriente-t-on? «Il existe en effet une divergence de vues. Le système luxembourgeois a toujours fonc­­ tionné sur la base d’une banque dépositaire qui n’endosse pas toute la responsabilité en matière de choix d’investissement. L’interprétation française est en revan­che restée sur le besoin ou l’obligation de restitution immédiate et totale des actifs. Curieusement, les tarifs pratiqués par les banques dépositaires françaises ne sont guère différents de ceux des établissements luxembourgeois, ce qui semble signifier que cette obligation n’est pas prise en compte dans leur calcul. A notre avis, une redéfinition du rôle des banques dépositaires peut aller vers un renforcement de la gouvernance et de la gestion des risques. Mais il faut prendre garde à ne pas s’orienter vers une obligation de restitution complète des actifs, ce qui aurait un effet assez pervers: celui d’augmenter le risque systémique de ce métier via la concentration du marché entre les mains d’une poignée de grands établissements aux reins assez solides. L’intérêt principal d’une banque dépositaire n’est-il pas de protéger les investisseurs en toute circons­ tance? «Oui, mais les ‘global custodian’ qui pourraient s’imposer ne sont pas forcément des spécialistes du métier de banque dépositaire. Selon nous, la banque dépositaire est un métier bien particulier, soutien du métier des fonds et clé de voûte de l’épargne et de la préparation à la retraite. Si on remplace les banques dépositaires traditionnelles par ces mastodontes, on risque d’altérer le métier. Par ailleurs, il n’est pas bon d’écarter toute responsa­ bilité des investisseurs dans leurs choix de placement. Par exemple, si on met la banque dépositaire dans la situation actuellement envisagée par Ucits V, les marchés émergents vont devenir de moins en moins accessibles. Trop de sécurité peut aussi finir par tuer le rendement.»

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Photo: David Laurent/Wide (archives)

actualité

Population

Naissances luxembourgeoises en forte hausse Publié le 03.05.2011

pour l’acquisition par la compagnie du Golfe de 35% du capital de la société luxembourgeoise. Selon Akbar Al Baker, le PDG de Qatar Airways qui s’exprimait ce lundi à Dubaï, un accord va intervenir dans quelques semaines. «Nous voyons qu’il y a des synergies. Qatar Airways souhaite croître», a-t-il indiqué à des agences de presse. La participation en question est équivalente à celle cédée par SAirLines fin 2009. Les deux parties refusent encore de chiffrer l’investissement, mais des sources évoquent une somme de 120 millions de dollars (environ 81 millions d’euros). Ce montant valoriserait la compagnie luxembourgeoise à 350 mil­ lions de dollars, soit environ 240 millions d’euros, une estimation qui serait très inférieure aux attentes de certains actionnaires. Akbar Al Baker a ajouté que la compagnie n’allait pas en rester là et poursuivrait sa politique d’acquisition et de croissance externe à l’avenir.

posé à plus de 90% de biens immobiliers, dont 59% pour la seule résidence principale. Le Statec précise aussi que le niveau d’endettement sur la résidence principale reste rela­ tivement faible au Luxembourg, avec un taux moyen de 13% de sa valeur, contre 18% en Allemagne et jusqu’à 33% aux Etats-Unis. Un taux qui varie avec l’âge de la personne de référence du ménage et diminue très fortement au cours de la vie. Enfin, l’étude montre que le patrimoine des étrangers résidents ou celui des personnes naturalisées (531.000 euros en moyenne) est nettement supérieur à celui des natifs luxembourgeois (274.000 euros).

Lombard International Assurance

Résultats 2010 record Publié le 03.05.2011

Patrimoine

570.000 euros en moyenne Publié le 02.05.2011

Le Statec, s’appuyant sur l’enquête publiée récemment par la Luxembourg Wealth Study, vient de présenter une étude sur le patrimoine des Luxembourgeois. En moyenne, il atteignait 570.000 euros nets par ménage en 2007 et était com-

Lombard International Assurance a enregistré, en 2010, un encaissement record de primes à 3,54 milliards d’euros, en hausse de 15% par rapport à 2009 et un montant d’actifs sous gestion de 20 milliards d’euros, le plus élevé jamais atteint par la compagnie active en LPS (libre prestation de services) dans onze pays. «Nous prévoyons une croissance continue des solutions de plani­

fication patrimoniale en 2011 et au-delà, après de solides résultats dans la plupart de nos régions en 2010. Nous pres­ sentons en outre que la pro­ portion des personnes les plus fortunées sera de plus en plus importante dans les affaires nouvelles», a indiqué David Steinegger, le CEO de Lombard.

Etude d’impact Solvency II

Participation mitigée Publié le 03.05.2011

Le Commissariat aux Assurances a rendu publiques les statistiques relatives à la 5e étude d’impact quantitative (QIS 5) menée au niveau européen dans le cadre de la préparation à la mise en œuvre de la directive Solvency II. Si, en termes de primes émises, la participation des opérateurs luxembourgeois a largement dépassé les attentes de la Commission européenne, il n’en va pas de même en termes de nombre d’entreprises participantes. Ainsi, 30% des entreprises d’assurance non vie n’ont pas participé. Un taux qui monte à 44% pour l’assurance-vie et jusqu’à 68% pour la réassurance. Selon leurs propres calculs, pas moins de 16 compagnies, dont onze réassureurs, ne respectent actuellement pas les nouvelles exigences en matière de fonds propres et nécessiteront probablement des injections de capital d’ici 2013.

En 2010, la population luxembourgeoise a augmenté de 9.774 habitants, notamment grâce à une forte hausse des naissances luxembourgeoises. Le Statec indique qu’au 1er janvier 2011, le Grand-Duché compte ainsi 511.840 résidents, soit une progression de près de 2% par rapport à l’année précédente. Les naissances augmentent de 4,2% par rapport à 2009. Mais l’office statistique souligne surtout la hausse importante des naissances luxembourgeoises (+12,8%), alors que les naissances étrangères sont en net recul. Cela est dû en grande part au nouveau droit de la nationalité, entré en vigueur en octobre 2008, qui stipule qu’un enfant, «né à partir du 1er janvier 1991, bénéficie de la nationalité luxembourgeoise, à condition que cet enfant soit né sur le territoire luxembour­ geois, et qu’au moins un de ses parents non-luxembourgeois soit également né sur le terri­ toire luxembourgeois». La publication du Statec montre aussi un flux migratoire positif de 7.660 personnes. La plus grande part de l’immigration grandducale est réalisée par les Portu­gais avec près de 28%, suivie par les Français (18,2%).

Finance islamique

Réseau mondial d’avocats Publié le 03.05.2011

La finance islamique a désormais son réseau mondial d’avocats: L’Isfin (Islamic Finance Lawyers), officiellement présenté à l’occasion du 8e Islamic Financial Services Board organisé au Luxembourg du 10 au 13 mai.

Isfin compte déjà une quinzaine de membres, dont Arendt & Medernach au Luxembourg, Gide Loyrette Nouel en France, Cuatrecasas en Espagne, Chiomenti en Italie. L’ambition est de rassembler une soixantaine de cabinets d’avocats, chacun étant alors en mesure d’apporter au réseau sa connaissance de son marché et du droit local et de la finance islamique. L’objectif est également d’accom­ pagner les grandes entreprises dans leurs investissements dans les pays musulmans, portés par les révolutions du printemps arabe.

Prix

L’inflation reste au sommet Publié le 04.05.2011

Au mois d’avril, l’indice des prix à la consommation établi par le Statec a enregistré une progression de 0,30%, pour un taux d’inflation annuel désormais établi à 3,73%. Le taux d’inflation sous-jacente, lui, passe de 2,4% à 2,5%. «L’évo­ lution mensuelle a principale­ ment été dominée par les prix des produits énergétiques. Après sept mois de hausse continue, la tendance se confirme avec un nouveau renchérissement de 22% par rapport au mois de mars pour l’agrégat des pro­ duits pétroliers. Comparé au mois d’avril de l’année passée, ce dernier est supérieur de 18,5%», explique le Statec. Dans ce contexte d’inflation croissante, une nouvelle tranche indiciaire aurait dû se déclencher, mais conformément aux accords conclus avec les syndicats en septembre dernier, cette prochaine tranche n’interviendra pas avant le 1er octobre.

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34 actualité

Raiffeisen

Santé et sérénité

Photo: Julien Becker (archives)

Photo: Luc Deflorenne (archives)

Par Sébastien Lambotte, publié le 04.05.2011

Guy Hoffmann (à gauche) remplacera Ernest Cravatte (au centre) le 1er juillet, comme président du comité de direction.

La banque luxembourgeoise affiche pour 2010 un résultat net en hausse de 10,8%. La banque Raiffeisen présentait, ce mardi, les résultats de son activité pour l’année 2010. Et ses dirigeants pouvaient le faire, comme l’année précédente, en toute sérénité. Les chiffres sont bons et traduisent la confiance placée par les Luxembourgeois dans une banque qui veut être proche d’eux. «Aujourd’hui, notre banque répond parfaitement à la finalité première de l’activité bancaire, à savoir être le relais entre l’épargne et le financement de l’économie nationale. Courant 2010, les nouveaux dépôts ont une nouvelle fois été affectés aux crédits d’investissement des acteurs éco­ nomiques locaux», a commenté Ernest Cravatte, actuel président du comité de direction, qui remplacera, au 1er juillet prochain, Paul Lauterbour à la présidence du conseil d’administration. C’est Guy Hoffmann qui lui succédera en tant que président du comité de direction de Raiffeisen. Les dépôts de la clientèle non bancaire, en 2010, ont augmenté de 6,6% (de 308,9 millions d’euros en valeur absolue) pour atteindre 5.000,2 millions d’euros. Le total du bilan, lui, s’élève à 5.868,4 millions d’euros (+8,4%). Pas de doute, ce mardi, la banque dévoilait le meilleur résultat jamais réalisé. «Le profond enracine­ ment de notre banque dans la société luxembourgeoise, le fait qu’elle appartient à un grand nombre d’associa­ tions et de particuliers résidents, sa finalité mutualiste et sa culture de prudence et de respect des intérêts de ses partenaires, en font un partenaire bancaire rassurant dans un environnement international de plus en plus incertain», a précisé le président du comité de direction. 29 nouveaux postes

Au final, malgré des coûts d’exploitation en forte hausse (+22%), principalement en raison de son programme de modernisation des systèmes informatiques, Raiffeisen affiche un bénéfice net en hausse de 10,8% à 16,57 mil­lions d’euros. Depuis 2005, le résultat net a connu un taux de progression annuel moyen de 14,6%. Dans un environnement économique général qui a montré une certaine stabilisation, mais où le niveau d’activité reste inférieur à celui d’avant la crise, Raiffeisen a toutes les raisons de se réjouir d’une telle consolidation de sa position sur le marché luxembourgeois. «Confiante dans son avenir, notre banque a continué à améliorer ses infrastructures immobilières d’accueil et de conseil pour sa clientèle», précise Ernest Cravatte. Ainsi, Raiffeisen a renforcé ses effectifs en créant 29 nouveaux postes, portant ainsi le nombre de ses collaborateurs à 511 au 31 décembre 2010.

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Cercle-Cité

Une facture de 38 millions d’euros Publié le 29.04.2011

Inauguré ce vendredi à 18 heures après cinq ans de travaux, le nouvel ensemble architectural de la place d’Armes sera, à n’en pas douter, l’événement du week-end au Grand-Duché. «La conception architecturale du nouvel ensemble se veut à la fois novatrice et accueillante, jouant sur le contraste entre l’architecture historique et monumentale du Cercle, d’une part, et l’aspect moderne, voire futuriste, du Cité d’autre part. Pour marquer leur complémen­ tarité, les deux bâtiments sont par ailleurs reliés par une passe­ relle en verre. Il doit permettre de renforcer l’image de Luxem­ bourg comme une ville cosmo­ polite et dynamique», décrit le dossier de presse. Selon Anouk Wies, coordinatrice du Cercle-Cité, les travaux de rénovation ont coûté près de 38 millions d’euros, dont 21 millions pour l’ex-Cercle Municipal et un peu moins de 17 millions pour l’ancien Ciné-Cité. Multifonctionnel, le nouvel ensemble est également adapté pour héber­­ger des événements d’entreprise: séminaires, workshops.

Le centre de conférences se compose de quatre salles modulables, du petit auditorium du Cercle et du grand auditorium du Cité. Il peut accueillir jusqu’à 250 personnes. «Toutes les salles sont dotées d’équipe­ ments multimédia et permettent la réalisation de visioconféren­ ces», indique le Cercle-Cité.

Fonds d’investissement

Mirabaud arrive au Luxembourg Publié le 29.04.2011

Le groupe français de services bancaires et financiers Mirabaud a établi, au Grand-Duché, la toute première société de gestion conforme aux exigences de la nouvelle directive Ucits IV. Mirabaud souhaite ainsi rationaliser ses activités en centralisant, au Luxembourg, la conduite des tâches touchant à la distribution, la gestion et l’administration de ses véhicules de placement. Si dans un premier temps la société de gestion va superviser les activités des fonds de droit luxembourgeois, l’objectif est d’élargir le scope à un certain nombre de fonds actuellement de droit français, espagnol ou britannique. «S’installer au Luxembourg est un choix naturel pour le groupe qui y possède des fonds de droit luxembourgeois enregis­ trés depuis 1995», a indiqué Giles Morland, associé de Mirabaud et membre du conseil d’administration de sa filiale

luxembourgeoise Mirabaud Asset Management (Europe).

Stabilité, croissance, réformes...

Programmes affichés Publié le 29.04.2011

Le ministre des Finances, Luc Frieden et le ministre de l’Economie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké, ont présenté les grandes orientations du programme de stabilité et de croissance couvrant la période 2011-2014, ainsi que le programme national de réforme «Luxembourg 2020». Le document comprend, entre autres, les mesures concrètes que le gouvernement prendra au cours des douze prochains mois dans le cadre du «Pacte pour l’euro plus», en vue de la coordination renforcée des politiques économiques pour la compétitivité et la convergence. Parmi ces mesu­ res: retardement de l’application du mécanisme d’indexation des salaires, stabilité des cotisations sociales, simplification administrative et infrastructures, réforme de l’Adem ou encore réforme du régime de pensions.

Fret

Qatar Airways et Cargolux confirment Publié le 02.05.2011

Cargolux et Qatar Airways confirment être en négociations

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à is-

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Place financière

Zoom sur le banquier de l’après-crise Du 16 au 18 juin, un séminaire de l’Association internationale des jeunes avocats (AIJA) propose de tirer, sans complaisance, les enseignements d’une période noire pour l’histoire financière.

Alain Ducat (texte), Olivier Minaire (photo)

L’AIJA est a priori la seule association mondiale consacrée aux avocats et juristes d’entreprises de moins de 45 ans. «Il y a une vingtaine de séminaires par an, un congrès annuel qui rassemble entre 500 et 1.000 personnes, deux conférences semi-annuelles, des commissions… C’est un important vecteur de know-how et un vrai réseau», résume Me Nicolas Thieltgen, associé au cabinet Brucher Thieltgen & Partners, membre de l’AIJA et très actif dans le comité d’organisation du séminaire qui se tiendra à Luxembourg, du 16 au 18 juin prochain: «Etre banquier dans un monde post-crise: risques et responsabilités». Fruit d’une initiative locale, cet événement a toute sa pertinence à Luxembourg. «Il y a ici une vraie légitimité et une vraie crédibilité à accueillir ce séminaire. Luxembourg est la huitième place financière au monde, deuxième en matière de fonds d’investissement, et dispose d’un arsenal législatif de haut niveau, qui lui a, ainsi, permis de préserver une réputation enviable. Il nous a paru intéressant de tirer les enseignements de la chute de dominos qui, dès 2007, a constamment fait rebondir la crise, depuis les subprimes jusqu’au début de redressement actuel, en passant par Lehman Brothers, Madoff ou la crise des dettes souveraines.» La crise passée ne peut que donner matière à réflexion sur tous ces sujets pour les législateurs, les régulateurs, les gestionnaires de fortune, les banquiers, les clients et, bien sûr, les juristes. L’idée sous-jacente de ce séminaire est de prendre un peu de distance et de mettre en perspective les problèmes juridiques qui ont pu se poser aux banquiers et à leurs clients durant la crise, au travers d’exposés scientifiques, de présentations générales, mais aussi de cas pratiques. «Nous voulons observer les causes et les effets de ces problèmes. Et ensuite poser la question de ce qui a changé ou ce qui devrait changer.» Près de 18 mois de travail de préparation ont permis de rassembler un intéressant panel d’avocats spécialisés, de managers et de juristes de banque. «On sent une réelle envie de s’exprimer, se réjouit Me Thieltgen, de partager les expériences sur les règles et législations qui ont résulté de la crise mondiale afin de voir ce qui a changé, d’échanger sur les premiers

éléments de jurisprudence dans ces domaines. Nous aurons même des avocats qui ont vécu des affaires clés et feront part de leur expérience.» De la comparaison entre les Etats-Unis et l’Europe quant à l’environnement juridique appli­ cable aux banques, à l’étude de cas d’une faillite bancaire (l’affaire Kaupthing), en passant par, entre autres, des questions pointues sur la responsabilité du prêteur, l’exécution des garanties, le vol de données bancaires (sujet éclairé par trois juristes de Suisse, du Liechtenstein et du Luxembourg…), la responsabilité des gestionnaires de portefeuilles, mais aussi celle des clients, les affres du trading, les subtilités de Bâle III, le séminaire ne devrait tomber ni dans le jargon ni dans la langue de bois. «Nous pressentons de vrais débats juridiques, parfois chauds. Les sujets le sont et les intervenants sont de qualité», insiste Me Thieltgen. Peter Vermeulen, conseiller juridique KBL European Private Bankers, interviendra lors du séminaire sur l’affaire Madoff, qui a touché aussi le Luxembourg aussi: «il y a les affaires des feeder funds Luxalpha et Thema, promus par UBS et HSBC. Il y a également une vingtaine de banques luxembourgeoises poursuivies par les liquidateurs de Fairfield, le fonds le plus important de Madoff, devant les tribunaux de New York. On imagine aisément les sommes en jeu, les frais et les risques considérables! On a ici l’exemple d’une activité, celle de banque dépositaire, qui était considérée à risque peu élevé et qui présente désormais des risques non négligeables.» Etre un banquier dans un monde post-crise implique-t-il désormais d’intégrer une méfiance accrue? Selon Peter Vermeulen, «une banque doit identifier et gérer son risque. La crise a démontré que, d’une part, les banques n’ont pas identifié tous les risques – Madoff en est la preuve – et, d’autre part, que les modèles mathématiques pour gérer les risques identifiés étaient défaillants, parce qu’ils ne tenaient pas compte du risque systémique.» Comme partout en Europe, et même dans le monde, le contrôle du secteur financier va croître au Luxembourg. Avec, en corollaire, le risque que trop de réglementation ait des effets pervers, comme un accès plus difficile au crédit par les entreprises et les familles, un accroissement des coûts des services bancaires ou un déplacement

de certaines activités vers des acteurs financiers moins réglementés. Plutôt bien armé

«Toutefois, les autorités de contrôle au Luxembourg ont fait preuve dans le passé d’un certain pragmatisme dans l’application de la réglementation, estime M. Vermeulen. Leur marge de manœuvre va se rétrécir avec l’avènement des organes de contrôle européens. Les autorités luxembourgeoises pourront continuer à faire la différence par la qualité de leur travail, mais cela passera par des ressources humaines supplémentaires, par le recrutement de non-Luxembourgeois aussi.» Alors, la place de Luxembourg est-elle bien équipée pour passer le cap post crisis? Peter

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«Nous voulons observer les causes et les effets de ces problèmes. Puis poser la question de ce qui a changé ou ce qui devrait changer» Nicolas Thieltgen (Brucher Thieltgen & Partners, membre de l’AIJA)

Vermeulen note la présence d’armes efficaces, comme des finances publiques saines et une bonne stabilité politique, qui permettent la continuité de l’offre dans un environnement fiscal attrayant, une solvabilité et une qualité confirmées par un excellent credit rating (AAA), ainsi qu’un avantage concurrentiel vis-à-vis, par exemple, de l’Irlande et de ses fonds d’investissement. «Il y a aussi une capacité d’innovation et d’adaptation, souligne le juriste de la KBL. La création en 2007 du SIF (Specialised Investment Fund, ndlr.) était une réponse au naufrage des Holding 1929 suite aux pressions internationales. On comptait 2.244 SIF en mars dernier. Un succès énorme! Même pendant la crise, ce marché a continué à croître.» Les observateurs relèvent encore l’initiative de la

Banque centrale du Luxembourg, unique en Europe, de devenir membre de l’Islamic Financial Services Board (IFSB). «La BCL a mis le pays sur la carte de la finance islamique, précise M. Vermeulen. La volonté de l’Arabie saoudite de réaliser des investissements d’infrastructure pour un montant de 400 milliards de dollars sur une période de cinq ans donne une idée du potentiel de croissance dans ce domaine.» Le Luxembourg, manifestement bien armé, n’a donc pas encore gagné la guerre. Le film de la finance mondiale, où l’indispensable confiance n’exclut pas la diligence, se verra éclairé des lumières juridiques présentes à Luxembourg. Entre les scénarios catastrophe des uns et les bluettes des autres, le zoom sur le banquier de l’après-crise aura, quoi qu’il arrive, le mérite de la netteté.

«Etre banquier dans un monde post-crise: risques et responsabilités» Du 16 au 18 juin à l’auditorium BGL BNP Paribas, angle rue Notre-Dame - boulevard Royal Infos et inscriptions: www.aija.org – Rubrique Events

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Politique étrangère

Parcours de Golfe Habitué à jouer dans la cour des grands au sein de l’Union européenne, le Grand-Duché porte un intérêt toujours plus prononcé vers d’autres continents. Une stratégie qui n’est pas sans risque, compte tenu des bouleversements politiques dans le monde. Laurent Moyse

Début mai, le ministre des Finances, Luc Frieden, s’est rendu en compagnie du Grand-Duc Henri au Qatar. Comptant près de 1,7 millions d’habitants, dont un cinquième seulement sont qataris, l’émirat suscite la convoitise des autorités luxembourgeoises, puisque le ministre s’y déplaçait pour la troisième fois en l’espace d’un an. Quelques mois plus tôt, le 6 février, il était en effet déjà parti à Doha (avec le Grand-Duc héritier cette fois) à la tête d’une délégation de haut rang, afin d’y rencontrer le chef de l’Etat, le Premier ministre et le ministre des Finances du Qatar. Il s’agissait-là de la première étape d’une mission de promotion dans la région du Golfe. A la suite de cette visite, le ministère luxembourgeois des Finances souligna, dans un communiqué, la volonté d’intensifier de part et d’autre les relations d’affaires entre les deux centres financiers et l’intention de nouer un «partenariat économique dans plusieurs domaines». Le communiqué mentionna «quelques pistes concrètes de coopération» et une prochaine «visite à Luxembourg du Premier ministre et du ministre des Finances du Qatar pour (...) finaliser ces projets». Lors de son dernier séjour, M. Frieden a confirmé que cette visite aurait lieu en juin, au cours de laquelle il espère jeter les bases d’une coopération stratégique entre les deux pays. L’un des projets dont il est question est la participation de Qatar Airways dans le capital de Cargolux, la négociation portant sur un tiers des actions de la compagnie luxembourgeoise, celles détenues précédemment par l’ancien groupe Swissair et cédées provisoirement aux autres actionnaires en attendant de trouver un repreneur. Du reste, le deal devrait être conclu avant cette visite de début juin. Finance islamique

Depuis quelques années, le Luxembourg porte une attention soutenue au Qatar. Outre M. Frieden, d’autres ministres s’y sont rendus, car l’on pressent du côté grand-ducal une réelle opportunité d’approfondir les échanges économiques, d’autant que ce pays du Golfe «connaît une croissance économique phénoménale depuis des années grâce à ses exportations de gaz», dixit le ministère des Finances. La volonté de rapprochement va au-delà du secteur aéronautique. De manière plus générale, le

monde islamique, dont le marché arabophone n’est qu’un maillon, suscite aussi l’intérêt de la place financière luxembourgeoise, comme en a témoigné la tenue, à la mi-mai au centre de conférences du Kirchberg, du huitième sommet de l’Islamic Financial Services Board. Le secrétaire général adjoint de la Banque Centrale du Luxembourg et coordinateur de cet événement, Roland Weyland, avait, du reste, confié à paperJam (voir édition de mai, cahier Economie & Finance, page 70) que la BCL était la seule banque centrale européenne membre de l’IFSB à ce jour. Quant à l’agence de promotion Luxembourg for Finance, elle n’a jamais fait mystère de sa volonté de développer le créneau de la finance islamique, dans l’optique d’une diversification des produits proposés sur la place financière. Depuis quelques années, le Luxembourg courtise avec empressement les pays du monde arabophone, en particulier ceux qui disposent de ressources énergétiques importantes et font ainsi miroiter de belles perspectives économiques. Que la diplomatie du portefeuille ne cadre pas toujours avec le contexte politique instable de cette région ne semble pas perturber outre mesure les autorités luxembourgeoises. Début 2010, Luc Frieden s’était ainsi rendu en compagnie du Grand-Duc héritier au Bahreïn, où il a signé un accord visant à renforcer la coopé­ ration économique et financière entre ces deux pays. Quelques mois plus tard, le ministre des Affaires étrangères, Jean Asselborn, avait accueilli son homologue à Luxembourg pour un entretien au cours duquel les deux ministres «se sont félicités de l’excellence des relations bilatérales» et «se sont prononcés en faveur de l’intensification des relations bilatérales». Depuis que le «printemps arabe» est passé par là, les voix se sont momentanément tues au Luxembourg. Le Bahreïn exerce en effet une répression féroce à l’encontre des protestataires qui ont osé manifester pour une plus grande liberté politique dans cet Etat bordant le Golfe persique. Et M. Asselborn, qui aime s’afficher comme grand défenseur des libertés, ne s’est guère ému de l’intervention des troupes saoudiennes dans le royaume voisin, afin de mater sans pitié la révolte populaire. L’Arabie saoudite, il est vrai, constitue un autre pays avec lequel le Grand-Duché compte développer ses relations d’affaires. En Afrique du Nord

aussi, le Luxembourg espère cueillir les fruits d’une collaboration plus intense avec des pays bénéficiant d’une confortable rente pétrolière. Quand la banque islandaise Kaupthing est tombée en faillite, Luc Frieden avait annoncé en décembre 2008 sa reprise par la Libyan Investment Authority (LIA), un fonds d’Etat libyen, nonobstant le fait que celui-ci appartenait au clan Khadafi, à ce moment-là encore en odeur de sainteté malgré sa renommée fort discutable. Au vu de ce qui se passe actuellement en Lybie, l’échec de cette transaction évite au ministre des Finan-

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Photo: govQatar

Depuis quelques années, le Luxembourg courtise avec empressement les pays du monde arabophone, en particulier ceux qui disposent de ressources énergétiques importantes et font ainsi miroiter de belles perspectives économiques. (ici, Luc Frieden et le Grand-Duc au Qatar, début mai)

ces de devoir répondre aux questions pénibles qui n’auraient pas manqué de lui être posées. Silence gêné

Le décalage manifeste existant entre les intérêts économiques et financiers, d’une part, et les impératifs politico-diplomatiques, d’autre part, n’est certes pas propre au Luxembourg. Pendant un temps, on put croire qu’ils étaient conciliables, d’autant que le Luxembourg brigue un fauteuil de membre non permanent au Conseil de sécurité pour les années 2013 et 2014 et que le poids des pays ara-

bophones au sein des Nations unies est tel qu’il vaut mieux les caresser dans le sens du poil. Les turbulences ayant affecté cette région ont cependant refroidi les ardeurs de cette offensive diplomatique tous azimuts. Le silence gêné des autorités luxembourgeoises rejoint celui de quel­ ques organisations non gouvernementales d’habi­ ­tude promptes à dégainer dès que les esprits s’échauf­fent au Proche-Orient. La Syrie peut ainsi massacrer ses citoyens quotidiennement sans subir les foudres des donneurs de leçon habituels; les forces de l’ordre au Bahreïn ont pu

prendre d’assaut les hôpitaux et centres médicaux lors des émeutes sans soulever d’émotion particulière; la répression sanglante au Yémen n���a guère fait bondir les belles âmes et l’étouf­ fement de la contestation en Arabie saoudite n’a pas davantage provoqué de mouvement de colère. Quant au Qatar, il semble que les autorités luxembourgeoises ne craignent pas de contagion du mouvement de contestation embrasant la région. La question de la légitimité du pouvoir ne se pose pas pour l’instant dans l’émirat, et certaines mesures telles que la détention arbitraire ou la poursuite de pratiques discriminatoires sont passées sous silence, d’autant plus que ce pays est en passe de détrôner le Grand-Duché de la première place mondiale au niveau du volume du PIB. En misant sur Qatar Airways, dont l’Etat qatari détient la moitié du capital, les autorités luxembourgeoises écartent délibérément toute solution européenne, arguant qu’un concurrent voisin pourrait déplacer l’activité cargo vers un autre centre en Europe. Une approche qui a peut-être également incité à être moins regardant sur le prix d’acquisition qui semble être en deçà de la valeur de marché de la compagnie luxembourgeoise (on parle de 120 millions de dollars, soit environ 81 millions d’euros, ce qui valoriserait la compagnie luxembourgeoise à 350 millions de dollars, soit environ 240 millions d’euros). Le gouvernement luxembourgeois, qui a d’ail­ leurs mené les négociations dans ce dossier ­Cargolux table sur une stratégie visant à faire du Findel un hub d’entrée sur le continent européen. D’autres exemples l’incitent à privilégier cette voie, à l’instar de la compagnie taïwanaise de fret China Airlines ou la banque chinoise ICBC, qui ont choisi Luxembourg comme point de départ de leurs activités européennes. Reste à savoir si le «parcours de Golfe», tel qu’il se dessine à l’horizon, sera balisé de telle sorte qu’il permettra de gagner la partie…

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Trois questions à Daniel Capocci

« Pousser

l’investissement alternatif»

Photo: CAIA

Photo: Etienne Delorme (archives)

Interview par Pierre Sorlut, publiée le 05.05.2011

Daniel Capocci (CAIA): «Le chapitre luxembourgeois est le sixième en Europe et le quatorzième dans le monde.»

L’association CAIA possède désormais une antenne au Luxembourg, pour sceller des liens plus forts entre l’administration et la gestion des fonds en Europe. Explications par l’un de ses membres. Monsieur Capocci, vous célébrez la création du chapitre CAIA Luxembourg. Pouvez-vous expliquer de quoi il retourne? «La certification Chartered alternative investment analyst (CAIA) correspond un peu au statut de Chartered financial analyst (CFA) validant les con­ naissances en analyse financière, mais pour les inves­ tissements alternatifs. Deux examens doivent être passés pour obtenir ladite certification et rejoindre l’association qui n’existe que depuis 2002. Cette dernière progresse néanmoins très vite et compte aujourd’hui un peu plus de 4.600 membres. Au Luxem­ bourg et dans la zone proche, on en compte une qua­ rantaine. Le chapitre luxembourgeois est le sixième en Europe et le quatorzième dans le monde, les Etats-Unis, l’Angleterre ou la Suisse représentant les plus gros mar­ chés. La certification CAIA y prend d’ailleurs de plus en plus de valeur lors des recrutements. Alors que la transposition d’AIFM est en cours, y a-t-il une idée sous-jacente à la création du chapitre? «Le CAIA est une association dont le seul but n’est pas d’expliquer les stratégies d’investissement. Nous promou­vons également tout un volet éthique, à l’instar des CFA. Cela ne couvre pas non plus uniquement l’investissement alternatif, mais aussi l’immobilier, les fonds d’intervention sur les matières premières, le private equity… c’est assez vaste. Après pourquoi le Luxembourg? Plus de la moitié des 400-500 fonds Ucits III (depuis 2008, ils peuvent être régis selon des stratégies alternatives, ndlr.) sont domi­ ciliés à Luxembourg. Ces fonds pèsent aujourd’hui plus de 100 milliards d’euros alors qu’ils étaient quasi inexistants il y a trois-quatre ans. Alors même s’il s’agit essentiellement d’administration à Luxembourg, il faut élargir le réseau. L’ambition de l’association est de pousser l’investisse­ ment alternatif. Il est également important qu’elle repré­ sente le marché et que des liens entre les différents acteurs soient noués en son sein. Est-ce que CAIA met en place des  soutiens à certai­ nes stratégies d’investissement ou à certains produits? «Le pendant éthique de l’association a justement un intérêt particulier. De plus, les représentants qui se déplacent entre les différents chapitres européens développent de facto une solidarité régionale. Les Etats-Unis sont en effet très différents en termes de marché où l’offshore reste prépondérant.»

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«L’idée est de rendre la gestion de fortune accessible à un public plus large» François Tesch (Foyer)

Deiffelt-Schmiede

Séduisant parc d’activités transfrontalier Publié le 04.05.2011

La Z.A.E.M. (zone d’activité économique mixte) de DeiffeltSchmiede poursuit son dévelop­­ pement frontalier. Adossé au pôle d’attraction que constitue le centre commercial Knauf (4 à 5 millions de visiteurs par an), ce parc d’une dizaine d’hectares, administré par Idélux, l’intercommunale de développe­ ment économique de la province du Luxembourg belge, s’appuie sur un projet transfrontalier, qui a reçu des subventions euro­ péennes. Cette «Porte des deux Luxembourg», conçue pour accueillir des activités commer­ ciales et artisanales, séduit de plus en plus de PME. Dernière annonce en date: l’implantation d’une usine de fabrication de maisons passives, modulaires et évolutives: Natur­Home. Le site devrait être opérationnel en 2012, commencer avec six personnes et produire plus de 150 habitations par an. Idélux attend encore les ouvertures d’une grosse menuiserie et d’une aire de jeux couverte et des négociations sont en cours avec plusieurs entreprises dans des secteurs aussi variés que l’élec­ tromécanique, le génie civil, la distribution ou les services…

Banque privée

Quilvest Wealth Management est né Publié le 04.05.2011

Annoncée en décembre dernier, la fusion entre la banque luxem­ bourgeoise Compagnie de Banque Privée (CBP) et la branche wealth management du groupe d’investissement luxembourgeois Quilvest a été entérinée par les autorités de surveillance. Ainsi le groupe bancaire Quilvest Wealth Mana­ gement (QWM) est-il officielle­ ment né, nouvel acteur de poids dans le domaine de la gestion privée et du multi-family office. Il est détenu aux deux tiers par le groupe Quilvest et à un tiers par la société Vauban Participa­ tions, qui regroupe l’ensemble de l’actionnariat de CBP. Sous la direction de Marc Hoffmann, président du comité de direction de CBP (désormais baptisée CBP Quilvest), et administrateur délégué de QWM, le nouveau groupe affiche 13 milliards de dollars d’actifs en gestion et en conservation. Il emploie 270 pro­ fessionnels et est placé sous la supervision consolidée de la Commission de Surveillance du Secteur Financier à Luxembourg.

Banque privée

Foyer se lance Publié le 05.05.2011

«Devenir la première adresse de private banking pour les résidents luxembourgeois.» Voilà l’ambition du groupe d’assuran­ ces Foyer et de sa filiale de ges­ tion de fortune CapitalatWork Foyer Group. Cette dernière va passer du statut de profession­ nel du secteur financier à celui de banque privée. Une mutation qui devrait prendre environ un an. Le groupe présente cette initia­ tive comme un développement important, mais aussi comme une évolution naturelle d’un métier qu’il exerce depuis long­ temps. Les actifs sous gestion s’élèvent déjà à 4,2 milliards d’euros. Les effectifs de Capital­atWork Foyer dépassent la centaine de salariés, dont plus de la moitié est établie au Luxembourg. «Après une expérience pilote, nous allons mettre notre réseau d’agents professionnels à contribution. Ils sont répartis sur tout le territoire du

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pays et disposent d’une relation de proximité et de confiance unique avec leurs clients. L’idée est de rendre la gestion de for­ tune accessible à un public plus large», a indiqué François Tesch, CEO du groupe Foyer. Une campagne de publicité vient de commencer dans les médias luxembourgeois, sur le thème: «ensemble, nous mettons votre capital au travail».

Bofferding

Stratégie web boostée avec Nvision Publié le 04.05.2011

Après avoir renouvelé toute l’identité de sa marque et déployé une nouvelle stratégie de communication en 2010, Bofferding a de nouveau fait appel à l’agence web Nvision pour le développement de son site web. La nouvelle version du portail www.bofferding.lu est adaptée à l’image rajeunie et renouvelée de la marque. La plupart de ses contenus sur les réseaux sociaux ont été externalisés, confirmant une stratégie qui fait plus que jamais la part belle à la diffusion virale: photos gérées par Flickr, vidéos visibles sur Youtube, système de vote pour les «Héros de la Semaine» géré par Facebook, suivi de la marque sur Twitter… «L’objectif est de faire rayonner les actions de la marque en développant son empreinte numérique», explique Nvision.

Banque de Luxembourg

Reprise de HSH Nordbank Publié le 04.05.2011

Deux mois après avoir confirmé son intérêt dans le dossier, la Banque de Luxembourg a con­firmé la reprise des activités luxembourgeoises de HSH Nordbank Private Banking.

La transaction porte sur les encours de clients, allemands pour la plupart, de la banque régionale germanique. Le transfert effectif des clients devrait s’effectuer au cours du deu­ xième semestre. La Banque de Luxembourg gère plus de 17 milliards d’euros d’actifs en banque privée, HSH Nordbank environ 700 millions d’euros. Après avoir reçu des aides publiques pendant la crise, HSH Nordbank s’était vue imposer par la Commission européenne de se recentrer sur son marché d’origine au nom du respect des régles de la concurrence. «Cette acquisition s’inscrit dans le cadre du développement de notre métier principal, la banque privée, dont nous sommes l’un des leaders à Luxembourg, a expliqué Pierre Ahlborn, président du comité de direction de la Banque de Luxembourg. Ces trois dernières années, nous avons investi 150 mil­lions d’euros pour accom­ pagner la croissance de nos activités en la matière.»

LOL TV

Concurrence pour la télé des P&T Publié le 05.05.2011

Le fournisseur d’accès Internet Luxembourg Online vient de lancer sa propre offre de télévision IP et entend offrir ainsi une véritable alternative à la télé des P&T. Le projet était en préparation depuis un an environ. «Nous avons souhaité gérer l’entièreté du système et nous avons donc créé nous-mêmes les différents softwares et middlewares», indique Marc Kremer, assistant administratif de la société. Pour ce qui est des décodeurs, c’est au fournisseur anglais Amino que LOL a fait appel, «probablement le plus grand fournisseur du monde de décodeurs IP TV, précise

Photo: Maison Moderne Design

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Le deuxième numéro du magazine Archiduc vient de paraître.

M. Kremer. Ce sont des équi­ pements très haut de gamme et de très bonne qualité.» Dans un premier temps, l’offre de LOL TV, qui compte déjà une centaine d’abonnés depuis le lancement effectif du produit en début d’année, se limite à un seul bouquet de 80 chaînes TV, pour 15 euros par mois. «D’ici à la fin de l’année, nous allons proposer des options sur des bouquets payants thématiques, ainsi que pour un système de ‘video on demand’. Les déve­ loppements sont en cours. En tout état de cause, nous avons l’intention de rester moins chers que notre concurrent», affirme M. Kremer.

fixée sur la tête de l’acteur, lui permettant de se faufiler dans des endroits étroits comme une salle de bain ou une voiture. BCE a ensuite fait disparaître les reflets des caméras dans les miroirs et les vitrines et remis à leur place ceux de l’acteur sans le casque ou d’une voiture passant en arrière plan sur une dépanneuse. Le clip de la publicité et le making of peuvent être consultés sur le site de BCE: http://video.bce.lu

Mercedes-Benz Luxembourg, Team Leopard Trek

En piste avec Vous Publié le 05.05.2011

La Luxembourgeoise

Spot TV avec BCE Publié le 05.05.2011

Une nouvelle fois, la compagnie d’assurances La Luxembourgeoise a fait appel à BCE pour le tournage d’une publicité audiovisuelle au concept présenté comme «novateur» sur le marché luxembourgeois. Pour introduire le nouveau produit «easy-Protect», BCE a choisi, en 45 secondes, de montrer une série de péripéties vécues par le personnage du film, selon un système de vision subjective. Cette vue à la première personne a été réalisée à l’aide d’un casque de moto et d’une caméra ultra compacte

Dans le cadre du partenariat entre Mercedes-Benz Luxembourg et l’équipe cycliste professionnelle Team Leopard Trek, l’agence luxembourgeoise Vous a lancé une action stra­ tégique en vue de sceller ce partenariat placé sous le sceau de la passion, du plaisir et de la sportivité des coureurs du team cycliste. Une journée de tournage a été réalisée en collaboration avec Free Lens TV sur le mythique circuit de Spa Francorchamps. Les frères Schleck, Fabian Cancellara et les autres pros du team ont réalisé une série de tests sur les véhicules de la marque à l’étoile, bien encadrés par deux autres frères, David et Gary

Hauser, pilotes luxembourgeois de Formule 3000.

Publication

Archiduc n°2 vient de paraître Publié le 05.05.2011

Le deuxième numéro d’Archiduc, le magazine d’architecture édité par Maison Moderne, en partenariat avec la Fondation de l’Architecture et de l’Ingénierie, vient de paraître. L’habitat de demain y trouve une place de choix, avec un focus sur l’habitat innovant, qui est aussi le thème du Festival de l’Architecture 2011 organisé par la Fondation de l’Architecture et de l’Ingénierie. Entre autres sujets relatifs à l’habitat repensé, Archiduc a demandé à dix bureaux d’architecture luxembourgeois de présenter chacun un projet innovant en matière d’habitation. En complément, le magazine consacre un dossier spécial aux extensions de maison, détaillant les conseils et les meilleures pratiques à suivre. Archiduc analyse, par ailleurs, les espaces de con­ vivialité au sein des entreprises, devenus des endroits de socialisation contribuant au bien-être des salariés et de l’entreprise, et qui nécessitent,

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Macommune.lu

Pour les citoyens… et les communes

Photo: CRP-Santé

Photo: Luc Deflorenne (archives)

Par Jean-Michel Gaudron, publié le 06.05.2011

de fait, des besoins spécifiques en matière d’archi­­­t­ecture et d’aménagement intérieur. Dans la série «Portrait d’architecte», le travail de l’agence m3 architectes est présenté, alors qu’au cœur du magazine, le collectif Atopia fait découvrir l’univers de l’architecture numérique et de la réalité augmentée. Archiduc est disponible en kiosques au prix de 7,50 € ou sur www.archiduc.lu

Sogeti Luxembourg

Projet pour l’Adem Publié le 06.05.2011

C’est à Sogeti, première société de services IT du Luxembourg, avec près de 500 collaborateurs, que l’Administration de l’Emploi (Adem) a choisi de confier le projet de réalisation au forfait «Adem Common» visant à établir le socle technologique et fonctionnel de l’ensemble de ses applications métier. Ce projet occupera près de neuf personnes pendant une année et vise à homogénéiser les technologies devant permettre à l’Adem de se conformer aux recommandations du Centre des Technologies de l’Information de l’Etat. Une nouvelle architecture orientée services lui permettra d’être plus agile et d’offrir des services en ligne de qualité.

Santé-Recherche

Bulles rémoises pour le CRP-Santé Publié le 06.05.2011

Le CRP-Santé a signé une convention avec l’université de Reims Champagne-Ardenne. Objectif: finaliser les collaborations existantes et permettre davantage d’échanges, d’étudiants doctorants, de professeurs et de projets de recherche dans le domaine biomédical. «Notre CRP ressemble à un ins­ titut d’envergure très moyenne sur le plan international, mais la courbe d’activités s’est soli­ dement raidie ces dernières années, précise Frank Gansen, président du CRP-Santé. Nous menons environ 120 projets de recherche et nos chercheurs ont publié une centaine d’articles dans des publications scientifi­ ques. Il nous faut avoir toujours à l’esprit la culture de la bonne utilisation des moyens et la quête d’excellence.» En s’adossant à l’université champardennaise, le CRP croit aux synergies concrètes, notamment en matière de recherche appliquée autour des sciences de la vie. L’uni­ versité de Reims dispose d’antennes décentralisées à Troyes, Charleville-Mézières, Châlonsen-Champagne et Chaumont. Elle participe déjà à des pro-

grammes transfrontaliers ou européens, notamment avec Mons en Belgique, et est aussi en processus de fusion avec sa consœur d’Amiens. «On resignera donc dans six mois, ce qui donnera au CRP luxembourgeois encore plus d’espace de collaboration», se réjouit M. Gansen.

Anniversaire

15 bougies pour Visual Online Publié le 06.05.2011

Le fournisseur d’accès à Internet Visual Online a fêté ses 15 ans d’existence. Créée en 1996 par Christian Schmit, Claude Schuler, Christian Gatti et Tom Kolbach, la société avait commencé en tant qu’hébergeur et créateur de sites web. Devenue, en 2000, filiale à 51% du groupe des P&T, elle a élargi ensuite ses services à la téléphonie IP, la réservation et gestion de noms de domaine ou encore le unified messaging. Elle opère également ses propres datacenters (Tier 2 et Tier 4) basés à Contern et à Windhof. «Nous développons désormais nos services vers l’étranger», indique Claude Schuler, administrateur-délégué et directeur de la société.

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Carlo Gambucci (Sigi): «L’impact est réellement énorme.»

Le portail citoyen lancé il y a six mois par le Syndicat intercommunal de gestion informatique (Sigi) est en pleine phase de déploiement. Lancé par le Syndicat intercommunal de gestion ­informatique (Sigi) il y a six mois, dans deux communes tests (Dudelange et Hesperange), le portail citoyen macommune.lu prend son rythme de croisière. «Aujourd’hui, il fonctionne dans 27 communes repré­ sentant près de 130.000 citoyens. A la fin du mois de juillet, il y aura 38 communes, concernant près de 180.000 habitants», a précisé Yves Wengler, le président du conseil d’administration du Sigi, qui vise au minimum, pour 2012, l’adhésion des 103 communes membres du syndicat. Macommune.lu est un service 24h/24 offert gratuitement à tous les habitants des communes concernées, permet­ tant d’accéder à un grand nombre de services en ligne: autorisations parentales, carte chèque-service, certificat de moralité, de résidence ou de vie, la composition de ménage, duplicata de factures… Dans une étape ultérieure, il sera également possible d’accéder aux relevés des compteurs d’eau et leur suivi, à demander une carte d’identité ou des actes de mariage, de naissance et de décès. A terme, ce sont 70 services en ligne qui seront disponibles via cette plate-forme. A chacune des étapes du traitement d’une requête, l’utilisateur peut consulter en ligne le stade d’avancement de sa demande, jusqu’à la réception, par courrier ou par voie électronique, des documents demandés. 80% de temps gagné

«Outre les avantages pour le citoyen, il y aura également une amélioration quantitative et qualitative de la tâche du fonctionnaire, a précisé Carlo Gambucci, le directeur du Sigi. Il va pouvoir s’épargner des tâches répétitives et peu valorisantes et va davantage évoluer vers un rôle de conseiller pour le citoyen.» Pour la commune, ce portail constitue un simple upgrade de sa plate-forme Internet déjà existante. «Elle n’a à payer que la formation de ses fonctionnaires pour le fonctionnement du portail et les courriers à envoyer aux citoyens pour leur adresser leurs cartes et leur identifiant, indique M. Gambucci. Evidemment, nous avons conscience que toutes les administrations ne sont pas encore au point dans cette approche. Mais l’impact est réellement énorme lorsque le système est mis en œuvre.» Avec le développement de ce portail citoyen, les responsables du Sigi espèrent que le Luxembourg retrouvera un certain élan en matière de «e-gouvernement». La dernière étude publiée par les Nations unies comparant les services administratifs en ligne dans l’ensemble des pays avait vu le Luxembourg reculer de la 9e place des pays européens en 2008 (et 14e mondiale) à la 17e place en 2010 (25e place mondiale).

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Immobilier résidentiel

Puzzled by bubble? La hausse des prix des maisons et des appartements tient à des ressorts conjoncturels  et structurels, mais il ne s’agit en aucun cas d’une bulle, selon le ministre du Logement.

Pierre Sorlut (texte), Olivier Minaire (photo)

Un néophyte de l’omnipotente plate-forme athome. lu pourrait croire que vendeurs et acquéreurs de biens immobiliers au Luxembourg marchent sur la tête. Constater que des maisons de quartiers industriels dans le sud du pays se vendent régulièrement en quelques jours pour plus de 600.000 euros pousserait à croire en l’existence d’une bulle. Mais le niveau élevé des prix de l’immobilier résidentiel au Luxembourg peut s’expliquer par la simple loi des marchés, à quelques spécificités près. Quand les biens se raréfient, les prix augmentent. Pourtant, alors que l’offre est censée croître mécaniquement, les propriétaires souhaitant dégager un rendement de la vente, pour que le prix converge à moyen terme vers un prix d’équilibre, des résistances bloquent le mécanisme d’ajustement. Il est tout d’abord un principe fondamental: les prix de l’immobilier sont corrélés à la conjoncture économique. Comme l’explique Marco Schank, ministre du Logement, «les prix avaient chuté de 5% au début de 2009 (pendant la crise, ndlr.), mais à cause d’un certain attentisme, le marché a quasiment cessé d’exister. En 2010, les prix ont de nouveau augmenté et les ventes d’appartements ont explosé.» Au cours du 4e trimestre, les volumes de ventes de biens immobiliers ont augmenté de 51,7% par rapport au trimestre précédent, représentant une croissance de 51,2% au niveau financier, le montant des transactions passant de 859 millions d’euros à 1,299 milliard d’euros. On aurait pu croire cette augmentation saisonnière et conjoncturelle, puisque  les volumes de ventes augmentent traditionnellement au dernier trimestre. Mais la disparition combinée, initialement prévue pour janvier 2011, de la bonification d’intérêt (de 75 points de base par enfant à charge par rapport au taux de l’emprunt) et du Bëllegen Akt, c’est-à-dire d’un acte notarié réduit permettant une économie potentielle de 20.000 euros pour les couples primo-accédants, a favorisé une augmentation notable de la demande à offre équivalente, et donc alimenté l’inflation. De même, certaines externalités ont eu un impact sur l’évolution du marché immobilier résidentiel. A commencer, justement, par la volonté, dans un contexte de sortie de crise, de se couvrir de l’inflation et des fluctuations du marché des

capitaux; ce que permet théoriquement la pierre en tant que classe d’actif. L’anticipation de la hausse des taux directeurs de la Banque centrale européenne et, par conséquent, de celle des taux d’intérêt du crédit immobilier, a également précipité les indécis vers la voie de l’acqui­sition pour limiter le coût de l’emprunt. Pression démographique vs surface limitée

Dans ce contexte de nervosité, une vente sur­ évaluée en appelle souvent d’autres, d’autant plus que les agences immobilières rémunérées proportionnellement (entre 3% et 5% du prix de vente, selon des estimations faites par la CLC) ne verront aucun intérêt à faire baisser une annonce sur un marché où la demande est bien plus forte que l’offre. Les prix ont donc assimilé les anticipations erronées du quatrième trimestre 2010. Erronées, puisque bonification d’intérêt et Bëllegen Akt sont finalement restés en application, même si, dans le dernier cas, les conditions d’attribution ont été modifiées en y ajoutant des critères écologiques. Julien Licheron, coordinateur de l’Observatoire de l’Habitat, confirme que «les ventes se sont bien tenues, aussi bien sur les maisons que sur les appartements ou les terrains à bâtir». En 2011, le coût moyen du mètre carré pour les ventes d’appartements construits (c’est-à-dire anciens) est de 3.750 euros pour l’ensemble du pays et de 4.400 euros dans la capitale. Les prix de vente des maisons ne sont eux pas recensés par l’Observatoire, du fait d’un manque d’harmonisation des actes notariés. Toutefois, les prix annoncés à la vente ont augmenté de 5,46% en 2010. Ce qui laisse également à penser que l’écart entre le prix annoncé et le prix effectif de vente s’est réduit substantiellement. La chute de l’offre de maisons, de 16,45% en 2010, traduit au moins partiellement cette augmentation. Mais l’essentiel de l’explication réside dans la pression démographique exercée sur une offre de logements croissant à un rythme moindre. En effet, selon Marco Schank, «la montée des prix est d’abord due à une demande qui augmente de façon permanente, en raison d’une population toujours plus importante». Le Luxem-

bourg connaît une courbe de croissance démographique parmi les plus aiguës au sein de l’Union européenne. Selon le ministre, «le Luxembourg s’est enrichi d’environ 10.000 habitants en 2010, dont seulement 2.000 de solde naturel». Depuis 1990, la population a augmenté de 33%, et de 48% depuis 1970. Face à cette tendance lourde, la surface limitée du territoire luxembourgeois et la saturation des infrastructures de transport jouent un rôle important dans le maintien des prix. Daniel Miltgen, président du Fonds pour le développement du logement et de l’habitat (FDL), témoigne: «Quand j’ai pris mes fonctions au Fonds, en 1989, le foncier comptait pour environ 10% du prix de la vente. Aujourd’hui, il en représente 60%. La raison est simple. Le terrain est le seul bien au monde qui ne se produit pas.»

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«La montée des prix s’explique par une demande qui croît de façon permanente» Marco Schank (ministre du Logement)

Spécificité du marché

Un pays de propriétaires Le Luxembourg compte une forte proportion de propriétaires. Selon Eurostat, 70% des ménages sont propriétaires ou en train de le devenir. C’est l’un des cinq plus gros pourcentages européens. «Ce mode de vie est un petit peu une spécificité luxembourgeoise, par rapport à l’Allemagne notamment», explique Julien Licheron. Pas étonnant donc que le gouvernement, par le truchement de son ministre du Logement, «souhaite faciliter l’accès à la propriété» à travers un ensemble de mesures dans un contexte de resserrement du crédit.

Face à cette pression, des traitements «en moyenne assez élevés» constituent un facteur explicatif. Marco Schank poursuit: «Aussi, les prix immobiliers ne sont pas des prix calculés, mais fonction de ce que les gens sont disposés à payer.» A Luxembourg, le prix est maintenu élevé par une demande permanente et fidèle, principalement entretenue par les institutions européennes et les banques, ces dernières éprouvant moins de difficultés à rehausser les salaires qu’une PME. Julien Licheron le confirme, «la population de la capitale est plus aisée et tant que des clients seront prêts à accepter ces prix, ils continueront d’être calqués sur les revenus des ménages». Personne ne considère donc que l’immobilier résidentiel luxembourgeois évolue dans une bulle. Alors, outre une crise, seule la capacité de financement des banques semble pouvoir arrêter la hausse des prix immobiliers. Puisque tout ou pres-

que part en l’état, il reviendra aux banques de fixer des limites aux emprunts. Quand les débiteurs auront disparu du marché, le marché reviendra sans nul doute à eux. C’est en tout cas l’avis du ministre: «Je ne suis pas économiste, mais personne ne sait ce qui va se passer au niveau des banques et de leur politique d’attribution des crédits.» Mais toute la population résidente ne peut suivre le train d’enfer alimenté par le secteur financier, la fonction publique luxembourgeoise et les institutions européennes, en particulier dans la capitale. Les prix ont déjà poussé de nombreux ménages en dehors de la ville, les forçant à dissocier le lieu d’habitation de celui du travail et ajoutant de facto de nouvelles congestions sur les réseaux de transport. L’offre en logements de Luxembourg s’assèche du fait d’un stock important laissé vacant, ainsi que de multiples conversions d’espace habitables

en bureaux. Si la proposition de loi de Ben Fayot sera bientôt soumise à la Chambre des députés pour combler ce vide juridique, la fracture socioéconomique continue de se creuser autour de l’accès à la propriété. Il n’est pas anodin que le gouvernement ait fait du logement l’une de ses priorités à travers le pacte éponyme. «Son ambition est d’augmenter l’offre de logements dans les plus brefs délais. Pour ce faire, il encourage les communes à favoriser les constructions», prérogative de cet échelon administratif, comme le confie le ministre. Ainsi 103 communes se sontelles engagées à faire réaliser, sur leur territoire, près de 48.000 nouvelles habitations. Parallè­lement, 12.000 autres logements, pour 27.000 habitants, devraient être construits grâce aux 800 hectares de terrain dégagés. Ce, bien sûr, tout en suivant le fil rouge du dévelop­pement durable.

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Emploi

Les intérimaires moins satisfaits

Photo: Olivier Minaire (archives)

Photo: Luc Deflorenne (archives)

Par Sébastien Lambotte, publié le 09.05.2011

Marios Paras (Tempo-Team): «Les intérimaires sont surtout insatisfaits des perspectives de promotion, des possibilités de formation supplémentaire et de la sécurité d’emploi.»

L’étude annuelle de Tempo-Team montre un décalage avec les travailleurs fixes. Tempo-Team, prestataire de services RH, vient de présenter les résultats de son baromètre annuel relatif à la satisfaction des travailleurs au Luxembourg. «Une meilleure compréhension des motivations du travailleur et de l’employeur doit nous aider à mieux assurer notre rôle sur le marché de l’emploi, à offrir de meilleurs services à nos clients», a introduit Marios Parras, managing director de Tempo-Team Luxembourg. Le prestataire a mené une enquête, en janvier 2011, auprès de 314 travailleurs fixes et 81 intérimaires sur la place. Cette étude a également été menée en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et au Portugal. Son objet? La satisfaction des travailleurs et leurs aspirations en vue de l’améliorer. Dans l’ensemble, l’étude démontre que, par rapport à l’année dernière, les travailleurs dans le cadre d’un emploi fixe sont plus satisfaits de leur situation. A la question «Dans quelle mesure êtes-vous satisfait en général de votre travail?», ils ont répondu par une note moyenne de 7,1/10 (contre 6,5 un an plus tôt), mais n’ont pas montré de satisfaction quant aux perspec­ tives de promotion qui s’offrent à eux. «Les Luxembourgeois ressentent plus de pression au travail par rapport à l’année dernière», indique, en outre, M. Paras. Pour augmenter la motivation de ces travailleurs fixes, Tempo-Team, en s’appuyant sur cette étude, préconise plusieurs choses. «Les possibilités de croissance personnelle et les perspectives de promotion restent cruciales, ajoute Marios Parras. D’autre part, la fierté du travail et un bon manager restent aussi des éléments importants pour stimuler leur épanouissement.» Travailler sur le management

Pour les intérimaires, en revanche, la satisfaction est en recul: 6,4/10 contre 7,2 un an plus tôt. «Les intérimaires sont surtout insatisfaits des perspectives de promotion, des possibilités de formation supplémentaire et de la sécurité d’emploi», indique M. Parras qui estime que pour stimuler la satisfaction des intérimaires, il importe de travailler sur le management et de leur offrir de meilleures possibilités d’épanouissement personnel. Enfin, Tempo-Team constate une diminution de la flexibilité des travailleurs fixes, moins disposés, entre autres, à faire des heures supplémentaires ou à changer d’emploi. En interne, toutefois, ils se disent plus enclins à changer de fonction. «Les intérimaires, eux, sont plus ouverts à un changement d’emploi. Ils changent surtout en raison du salaire, des perspectives de carrière ou pour bénéficier d’une plus grande sécurité d’emploi», ajoute Marios Parras.

Didier Rouma (Tango)

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Cour des comptes européenne

97 nouveaux agents en 2010 Publié le 06.05.2011

Téléphonie

Tango à la hausse, Belgacom à la baisse Publié le 06.05.2011

Pour le premier trimestre 2011, l’opérateur Tango annonce une augmentation de son chiffre d’affaires de 5,2% en glissement annuel, à 25 millions d’euros. Son nombre de clients postpaid (avec abonnement) actifs est en nette augmentation avec une croissance de 8,8% par rapport au premier trimestre 2010. Le revenu annuel moyen par client (ARPU) augmente de 14,5% par rapport au premier trimestre 2010. Il passe ainsi de 23,2 euros au premier trimestre 2010 à 26,6 euros pour ce premier trimestre 2011. Didier Rouma, CEO de Tango estime que les «chiffres positifs de Tango au premier trimestre traduisent le renforcement de notre présence sur le marché résidentiel et BtoB. D’autre part, l’évolution très positive de notre base clients postpaid a été dopée par une très bonne performance des offres mobiles avec abonnement». Belgacom, maison mère de Tango, annonce pour sa part des revenus en baisse de 3,5% par rapport à la même période l’année dernière.

La Cour des comptes européenne a remis son rapport d’activité 2010 ce mercredi. L’occasion pour cette institution établie au Grand-Duché de communiquer et de se faire mieux connaître des Luxembourgeois. L’institution a réalisé, en 2010, 376 missions d’audit (contre 336 en 2009) au sein des organismes financés par l’Union. Qui dit hausse de l’activité dit aussi hausse des effectifs: ils s’établissent, fin 2010, à 889 collaborateurs, avec 97 nouveaux agents recrutés au cours de l’année écoulée (11%). Le budget de 2010 a atteint 148 millions d’euros, mais restrictions budgétaires obligent, il a été réduit à 144 millions d’euros pour 2011. Un nouveau bâtiment pour la Cour des comptes est en construction au Kirchberg. Son coût est de 79 millions d’euros. L’Etat luxem­ bourgeois a contribué au projet en fournissant le terrain pour 1 euro symbolique.

RTL Group

Premier trimestre mitigé

de rendre compte ce lundi. L’Ebita (résultat opérationnel) s’est élevé à 181 millions d’euros, soit en recul de 11,7% par rapport aux 205 millions du premier trimestre de l’an dernier. «En comparaison d’un premier trimestre 2010 exceptionnel, quand les marchés publicitaires de la plupart des chaînes de télé européennes enregistraient des croissances robustes, le tableau des trois premiers mois de 2011 apparaît en demi-teinte. Alors que les revenus publicitaires aux Pays-Bas (TV), en France (TV et radio) ont progressé significativement sur un an, le marché allemand a enregistré un recul au premier trimestre», explique RTL Group. Ce tableau mitigé tient aussi au calendrier et au fait qu’en 2010, toutes les campagnes de publicité de Pâques avaient été réalisées au premier tri­ mestre. Le chiffre d’affaires du premier trimestre 2011 a toutefois progressé de 0,8% à 1,255 milliard d’euros. Pour l’ensemble de l’exercice 2011, RTL se montre prudent et se refuse à publier une prévision à ce stade. Le groupe s’attend néanmoins à enregistrer une meilleure performance que ses concurrents «à la faveur de la forte audience de ses chaînes de télé».

Publié le 09.05.2011

C’est un premier trimestre mitigé dont RTL Group vient

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Microsoft s’offre Skype Publié le 10.05.2011

Annoncée en ce début de semaine dans le Wall Street Journal, l’acquisition de Skype par Microsoft est confirmée. L’opération porte sur 8,5 mil­ liards de dollars (5,9 milliards d’euros) en numéraire. Elle a été approuvée par les con­ seils d’administration des deux sociétés, mais reste soumise à l’accord des autorités régle­ mentaires. L’acquisition met de fait un terme au projet d’intro­ duction en Bourse de la société luxembourgeoise de téléphonie sur Internet. En parvenant ainsi à mettre la main sur Skype, le fabricant de logiciels coupe l’herbe sous le pied de Google et Facebook qui, selon des informations parues la semaine dernière, convoitaient également la société de technologie. Des rumeurs avaient également prêté à Cisco de telles inten­ tions. Fondée en 2003 et initia­ lement financée par le fonds luxembourgeois Mangrove, Skype est aujourd’hui détenue par plusieurs investisseurs, dont eBay, Silver Lake, AndreessenHorowitz. «Skype est un service phénoménal qui est adoré par des millions de gens dans le monde», a commenté Steve Ballmer, le CEO de Microsoft. La société établie à Luxembourg deviendra une division de Microsoft, dont Tony Bates, actuel CEO de Skype, prendra la tête.

Finnova

Avec IBM pour le marché bancaire Publié le 10.05.2011

Le fournisseur de logiciels ban­ caire Finnova a signé un accord de coopération avec IBM, afin de satisfaire la demande de solutions informatiques bancai­

res intégrées sur le marché bancaire du Luxembourg, allant de la fourniture du progiciel par Finnova jusqu’à l’hébergement, la gestion d’applications et l’intégration réalisés par IBM. Finnova se base sur un système d’étagement multiclients qui permet à plusieurs banques ou établissements financiers de partager le même progiciel de gestion bancaire, ce qui permet de réduire les frais de mainte­ nance, les coûts de l’intégration et le coût total de possession.

Photo: Olivier Minaire (archives)

Téléphonie

Hans-Jürgen Schmitz, président de la LPEA

Managers) pour attirer des fonds non réglementés domiciliés à l’étranger. Le texte devra être transposé dans les juridictions nationales d’ici au 1er juillet 2013. Au plan européen, la LPEA a adhéré à l’European Private Equity and Venture Capital Association (EVCA), qui repré­ sente les associations nationales.

Private equity

«Mettre le Luxembourg sur la carte» Publié le 10.05.2011

Lancée en février 2010, la LPEA (Luxembourg Private Equity & Venture Capital Association) compte s’inspirer des réussites de l’Alfi (Association luxembour­ geoise des fonds d’investisse­ ment) pour renforcer la place du Grand-Duché dans cette industrie. «En un peu plus d’un an, nous avons déjà connu des succès importants. De 25 membres lors de la fondation, nous en comptons 66 aujourd’hui, dont 29 maisons de private equity et 37 sociétés fournissant des services professionnels (structuration, audit, distribution, gestion et domiciliation)», a expliqué le président HansJürgen Schmitz. Si la stratégie paraît encore floue, la LPEA veut commencer par accentuer la visibilité du pays auprès des investisseurs internationaux. «Fin mai, nous participerons pour la première fois à une conférence internationale, organisée à Stockholm. Nous voulons mettre le Luxembourg sur la carte», a précisé M. Schmitz. Le Luxembourg compte aussi profiter de la directive AIFM (Alternative Investment Fund

Photo: Paul Wurth

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Paul Wurth

Nouvelles commandes en forte hausse Publié le 10.05.2011

Le groupe sidérurgique Paul Wurth affiche un «bon exercice 2010». Si, compte tenu de la contraction du volume de prises de commandes en 2009, le chif­ fre d’affaires consolidé du groupe s’élève à 577,3 millions d’euros, en recul de 7%, le bénéfice de 21,2 millions d’euros est en ligne avec le niveau réalisé en 2009 (21,6 millions d’euros). Le dividende brut par action reste inchangé à 420 euros. Mais la satisfaction est surtout dans le volume des nouvelles comman­ des qui s’élève à 550,3 millions d’euros, en hausse de plus de 30% par rapport à 2009. Plus de 80% de ces nouveaux contrats concernent les pays BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine). En 2010, pas moins de six ins­ tallations de haut fourneau

Zentralkokerei Saar, à Dillingen, est la première cokerie entièrement conçue et construite par Paul Wurth.

(nouvellement construites ou entièrement réfectionnées) ont été mises en service, ainsi qu’une nouvelle cokerie – la première entièrement conçue et construite par le groupe – pour le compte de la Zentralko­ kerei Saar à Dillingen. Par ailleurs, l’exploitation industrielle d’une installation de traitement de co-produits sidérurgiques a été démarrée en Italie, chez Lucchini S.p.A Piombino. Le groupe entend concentrer ses investissements futurs dans les pays en voie de développement, en particulier le Brésil, la Russie, l’Inde et les pays de l’Asie du sud-est et prévoit de renforcer encore davantage sa présence dans ces pays émergents.

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Congrès européen Eurocloud

Nuages à l’horizon Le Luxembourg accueille fin juin, tout ce que le cloud computing européen compte de sommités,  avec l’ambition de donner un élan supplémentaire à un secteur qui n’en est qu’à ses balbutiements.

«Les autres pays savent déjà qu’il y a, ici, un pôle de compétences en matière de cloud» Amal Choury (Eurocloud Luxembourg), ici avec Romain Lanners (Fedil-ICT)

Jean-Michel Gaudron (texte), Olivier Minaire (photo)

Les 27 et 28 juin, le Luxembourg sera, de nouveau, le centre européen du cloud computing, puisqu’après la première édition réussie de 2010, le pays accueille la 2e édition du congrès européen Eurocloud, le plus grand rassemblement européen en la matière. L’année dernière, les débats, qui avaient réuni une centaine de participants, avaient abouti à la présentation d’un plan d’action en 16 points présenté ensuite à la Commission européenne. Presque un livre blanc adressé à Nelly Kroes, la commissaire européenne en charge de la société numérique. «Nous y avions identifié les points nécessaires à la mise en œuvre d’un marché unique européen du cloud qui fonctionne, explique Romain Lanners, secrétaire général de Fedil-ICT et du chapitre luxembourgeois de l’association Eurocloud. Les aspects sécurité et interopérabilité sont les points les plus critiques qui font que le marché est encore fractionné aujourd’hui. Le congrès de fin juin permettra de reprendre ces différents points du plan d’action et d’aller davantage en profondeur, avec des aspects plus concrets.» A l’occasion de ce congrès sera également lancé un prix européen qui mettra en lice toutes les entreprises récompensées localement, dans chacun des pays membres participant. Pour le Luxembourg, il y aura quatre «inscrits» (Wealth@

Work/IBM dans la catégorie best start-up; Luxcloud en tant que best cloud service product; Telindus pour la catégorie best case study private sector et eBRC pour le best case study public sector). Créée fin 2009, l’association Eurocloud, qui compte près de 200 membres dans 27 pays, est devenue, entre temps, l’interlocuteur privilégié de Nelly Kroes pour tout ce qui touche aux aspects cloud et SaaS (Software as a Service). Si la commissaire européenne ne sera pas présente fin juin au Luxembourg, son service enverra, parmi les principaux orateurs du congrès, Rainer Zimmermann, responsable de l’unité Software and service architectures and Infrastructure. Plan d’action

Au Grand-Duché, Eurocloud Luxembourg est née pratiquement dans le même temps, avec l’idée de mettre en place un écosystème regroupant tous les acteurs de la virtualisation des données en général. Portée par Amal Choury (fondatrice de la société e-Kenz), l’asbl est riche, désormais, d’une trentaine de membres, qui ont rejoint les fondateurs que sont e-Kenz, l’ABBL, la Fedil, Telindus et LuxConnect. La branche locale bénéficie, en outre, d’un soutien sans faille du gouvernement. «Aucune autre entité nationale ne bénéficie d’un tel support de l’Etat», constate Amal Choury, la présidente d’Eurocloud Luxem-

bourg, qui se réjouit de voir Jeannot Krecké succéder, cette année, à François Biltgen, parmi les orateurs principaux du congrès. «L’un de nos objectifs, en tant qu’association nationale, est d’assurer la promotion du pays au niveau européen. Dans les autres pays, quand ils parlent du Luxembourg, ils savent déjà qu’il y a, ici, un pôle de compétences en matière de cloud», explique Mme Choury. L’association participe également au développement de standards et de référentiels techniques et légaux. Elle pilote, du reste, un groupe de travail qui planche depuis un an sur un plan d’action devant permettre de capitaliser les expériences, les compétences et les technologies au Luxembourg, autour d’axes technologique, économique et réglementaire. «Nous avons tous les ingrédients pour bien nous positionner, estime Mme Choury. Il faut maintenant articuler tous ces ingrédients afin d’en faire une matière utilisable, mais surtout exportable.» Le rapport final de ces réflexions est en cours de rédaction et devrait être rendu public avant l’été. «Cela constituera une véritable feuille de route, complète Romain Lanners. Le gouvernement sera bien sûr un interlocuteur privilégié pour bon nom­ bre d’aspects, notamment réglementaires, mais en termes de développement de marché, ce sont les acteurs, sur le terrain, qui seront directement con­ cernés pour exploiter au mieux tous nos acquis.»

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Grande région

Trop peu d’exportations

Photo: Patrick Müller

Photo: Luc Deflorenne (archives)

Par Nicolas Raulot, publié le 12.05.2011

Luc Henzig (PwC): «Il faut engager une réflexion sur la façon de pousser les entreprises à aller plus loin.»

La vaste étude menée par PwC sur la compétitivité des PME en Grande Région réserve quelques surprises. Les entreprises luxembourgeoises ne s’aventurent pas assez au-delà des frontières de leur pays, encore moins de l’Europe. Voilà l’un des points saillants de l’étude publiée ce jeudi par PwC sur le thème «La compétitivité des PME en Grande Région». L’enquête a été menée en collaboration avec les bureaux PwC de Metz, Liège et Sarrebruck. Plus d’une centaine d’entretiens de chefs d’entreprise ont été conduits depuis l’automne 2010. Pour Luc Henzig, market leader industrial and commercial companies and public sector chez PwC, l’étude égratigne le «mythe» de l’entreprise luxembourgeoise exportatrice, même si quelques exceptions comme Paul Wurth ont déjà fait leur preuve sur le terrain international. Les entreprises luxembourgeoises ne supportent en tout cas guère la comparaison avec leurs homologues des pays voisins, en particulier au-delà des frontières du Vieux Continent. Ainsi, seulement 11% des sociétés grand-ducales consultées disent exporter en dehors de l’Europe, contre 56% pour celles de Rhénanie-Palatinat ou de la Sarre, la moitié des entreprises lorraines ou wallonnes. 39% des entreprises luxembourgeoises exportent en revanche en Grande Région, c’est-à-dire dans un rayon limité à 100 km, contre 10% en Lorraine, 6% en Wallonie et 19% dans les deux länder allemands. La proportion des PME qui disent ne pas exporter du tout atteint 34% au Luxembourg, contre 13% en Rhénanie-Palatinat ou dans la Sarre, 22% en Wallonie et tout de même 40% en Lorraine. Efforts mal payés

«Le ministre de l’Economie, Jeannot Krecké, ne ménage pas sa peine, de nombreuses démarches et missions économiques sont organisées dans le monde, mais tout cela n’apporte pas encore grand-chose, a souligné Luc Henzig. Il faut engager une réflexion sur la façon de pousser les entreprises à aller plus loin et à exporter audelà de la Grande Région, en particulier dans le secteur automobile.» Or, pour les entreprises consultées, l’exportation et le développement international sont, en plus de l’innovation, un facteur essentiel de compétitivité. En effet, d’après l’enquête, «94% des entreprises qui anticipent une croissance de leurs ventes plus forte que celles de leur marché au cours des douze prochains mois sont exportatrices». «L’esprit d’entreprise fait défaut au Luxembourg. Nous devons poursuivre nos efforts pour devenir une terre d’accueil pour les gens qui ont des projets et qui sont entrepreneurs. Des initiatives ont déjà été prises sur certains secteurs comme la logistique ou les sciences de la vie», a poursuivi M.Henzig.

Le film Les Géants sera projeté comme film de clôture de la «Quinzaine des réalisateurs».

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Dexia BIL

Croissance des dépôts Publié le 11.05.2011

Si le résultat net de Dexia a fondu des deux tiers au premier trimestre (à 69 millions d’euros), l’entité luxembourgeoise semble une fois encore avoir tiré son épingle du jeu. A Luxembourg, le groupe fait notamment état d’une «collecte d’actifs» très dynamique sur la période, au sein de la banque commerciale (entreprises et banque de détail). Au premier trimestre, ces dépôts ont ainsi progressé de 7,5%. «Fin mars 2011, les dépôts totaux (banque commerciale et banque privée, ndlr.) s’élèvent à 15 milliards d’euros et les crédits à 9 milliards d’euros à la suite d’une production soutenue de crédits hypothécaires et à la consommation», précise Dexia.

Cinéma

Le Luxembourg à Cannes Publié le 11.05.2011

Le cinéma luxembourgeois sera représenté à l’occasion du 64e Festival de Cannes. Le film Les

Géants du réalisateur Bouli Lanners et coproduit par Samsa Film, sera projeté comme film de clôture de la «Quinzaine des réalisateurs» (il y obtiendra d’ailleurs deux récompenses: le Art Cinema Award et le Prix SACD, ndlr.). Quant au long métrage d’animation en 3D The Prodigies, réalisé par Antoine Charreyron et coproduit par la société luxembourgeoise LuxAnimation, il sera projeté dans la sélection officielle (hors compétition) lors d’une séance spéciale pour des lycéens. Par ailleurs, et pour la 9e fois consécutive, le Fonds national de soutien à la production audiovisuelle a réservé un pavillon au Marché du film, qui a lieu parallèlement au Festival.

trimestre de l’année dernière). «Comme nous l’avions prévu, nous avons connu un regain d’activité en début d’année et enregistré une augmentation des expéditions et des prix de vente, a commenté Lakshmi Mittal, chairman et CEO d’ArcelorMittal. Cette tendance devrait s’accentuer au deuxième trimestre sous l’effet de la poursuite de la reprise de la demande sous-jacente. Nous restons persuadés que l’année 2011 sera meilleure que 2010.» Selon le groupe, les expéditions d’acier devraient continuer de croître au deuxième trimestre conformément à la hausse du taux d’utilisation des capacités (environ 80% contre 75% il y a un an) sous l’effet de la poursuite de l’amélioration de la demande sous-jacente et des facteurs saisonniers.

ArcelorMittal

Regain d’activité Publié le 11.05.2011

Publié ce mercredi matin, le résultat net d’ArcelorMittal s’est établi à 1,069 milliard de dollars au premier trimestre (742 millions d’euros), contre 640 millions de dollars sur la même période de l’an dernier. La progression atteint donc 67%. Une perte de 780 millions de dollars avait même été enregistrée au dernier trimestre de l’an dernier. Le chiffre d’affaires a progressé de 27,3% pour s’établir à 22,2 milliards de dollars (contre 17,4 milliards au premier

Numericable Belux

Négociations en cours Publié le 12.05.2011

La reprise des activités Belgique/ Luxembourg du câblo-opérateur Numericable (ex-Coditel) est en bonne voie. Un consortium d’investisseurs luxembourgeois est entré en négociations exclusives à ces fins. Il est emmené par Deficom Telecom, une nouvelle société associant les groupes

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Deficom et Altice et par le venture capitalist Apax. «Cet accord permettra à Numericable Belgique/ Luxembourg de poursuivre sa croissance et de renforcer sa présence au Luxembourg», indique le communiqué de presse.Au Luxembourg, Numericable revendique une part de marché de 25% et un certain nombre d’innovations, comme le lancement du très haut débit, de la VOD, la HD, la téléphonie illimitée ou encore la TV 3D. «Grâce à ces efforts, l’opérateur belgo-luxembourgeois a multiplié ses revenus par deux et son résultat opérationnel par cinq depuis 2003», indique le communiqué diffusé par Numericable.

Université du Luxembourg

Fondation de Luxembourg

Coopération pour la finance islamique

Croissance et maturation

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Publié le 12.05.2011

L’Université du Luxembourg et le Centre International pour l’Education en Finance Islamique (INCEIF) ont signé un accord de collaboration visant à accroître la connaissance et l’expertise en finance islamique et «takaful», un type d’assurance islamique. Les deux institutions vont, entre autres, offrir des possibilités d’échanges académiques pour leurs étudiants de troisième cycle et organiser des conférences internationales dans ces domaines de recherche.

SES

Premier trimestre en hausse Publié le 12.05.2011

Au cours du 1er trimestre 2011, SES a enregistré une progres-

Publié le 12.05.2011

Créée en décembre 2009, la Fondation de Luxembourg a présenté un bilan positif pour une année 2010 placée sous le signe de la croissance et de la maturation, après un premier exercice consacré à la mise en place du premier centre indépendant d’expertise et de conseil en philanthropie au Luxembourg et le développement d’une toute nouvelle offre de services pour le secteur financier. Depuis l’accueil de la toute première fondation sous l’égide de la Fondation de Luxembourg en août 2009, 21 fondations abritées, soutenant diverses causes d’intérêt général ont été constituées, dont 18 pour la seule année 2010. Ces nouvelles fondations représentent un engagement total de plus de 50 millions d’euros via des donations et des legs.

Rolf Tarrach (Université du Luxembourg) Zeti Akhtar Aziz (Bank Negara Malaysia), Yves Mersch (BCL) et Dato Agil Natt (INCEIF)

Commerce illégal de cigarettes

Intensification de la lutte Publié le 13.05.2011

Japan Tobacco International (JTI) a signé un accord de coopération avec le gouvernement luxembourgeois en vue de lutter contre le commerce illégal de cigarettes, sachant que chaque année, des quantités importantes de cigarettes font l’objet d’un vaste trafic de contrefaçon et de contrebande. Cet accord, signé avec l’Administration des Douanes et Accises luxembourgeoise, complète une série d’accords déjà établis par JTI en décembre 2007 avec plusieurs Etats membres de l’UE, notamment la France, l’Italie, la Suisse, le Royaume-Uni, l’Irlande et la Belgique. Concrètement, il s’agit de mettre en place un échange d’informations devant permettre d’identifier les éventuelles activités clandestines et de décourager les pratiques illégales. D’un côté, les autorités informeront JTI des opérations de contrôle et des saisies sur le territoire national. De l’autre, la société donnera accès à sa base de données et à son système «Track and Trace» permettant un suivi précis de la distribution et des ventes de ses produits.

INFPC

Formations en hausse Publié le 13.05.2011

L’année 2010 s’est révélée particulièrement fournie pour

Photo: ministère des Finances

sur le fil

sion de son chiffre d’affaires de 4,2% à 428,4 millions d’euros et un résultat opérationnel en progression de 6,7% à 206,3 millions. Des résultats «conformes aux prévisions», a commenté Romain Bausch, président et directeur général de SES. Plusieurs contrats ont été signés pour de nouveaux services de réception directe par satellite (DTH) et d’accès Internet à haut débit en Europe, ainsi que pour de nouveaux contrats de capacité pour des services de diffusion et à haut débit en Amérique centrale et en Amérique latine. Par ailleurs, un nouveau satellite, SES-8, a été commandé, afin d’offrir des capacités supplémentaires sur l’Inde, puisque l’ensemble des capacités de réception directe disponibles a été commercialisé. A la fin du trimestre, le carnet de commandes de SES s’élève à 6,6 milliards d’euros. Le groupe table toujours sur une prévision d’une croissance d’environ 3% du chiffre d’affaires récurrent pour l’ensemble de l’année 2011.

Photo: ministère des Finances

actualité

Tonika Hirdman (directrice générale) et Luc Frieden, ministre des Finances et président du conseil d’administration de la Fondation de Luxembourg.

l’Institut National pour le développement de la Formation Professionnelle Continue (INFPC). Elle a été marquée par un nombre sans cesse croissant de demandes de cofinancement contrôlées, la publication du premier numéro d’une nouvelle collection de livrets sur la formation, 19 nouveaux offreurs de formation qui ont adhéré au portail www.lifelong-learning.lu (soit désormais un total de 93, en hausse de 25%) et les premières productions de l’Observatoire de la Formation. En 2010, il a ainsi traité plus de 1.150 demandes, ce qui représente une progression de 4% par rapport à 2009. Afin d’inciter le plus grand nombre d’entreprises à solliciter l’aide financière de l’Etat pour leurs formations, l’INFPC s’emploie

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Trois questions à Laurent Marlière

«Une leçon aux banques traditionnelles»

à simplifier en permanence les procédures administratives. Une formation visant à s’en approprier le «mode d’emploi», des rendez-vous individuels et des séances d’information collectives sont mis à la disposition des publics. C’est dans ce cadre que l’institut a décidé le lancement d’une nouvelle série de livrets intitulée La formation, ça marche!. Le premier numéro porte justement sur les mesures d’aide à la formation. Quelque 5.500 exem­plaires ont été distribués dès la première semaine de la sortie.

Artisanat

Pénurie de maind’œuvre qualifiée Publié le 13.05.2011

L’artisanat, au Luxembourg, représente 20% des entreprises (5.500), 9% de la valeur ajoutée, 2% des investissements et 20% de l’emploi total national, soit près de 73.000 personnes. Si, aux dires de la Chambre des Métiers, la reprise se confirme avec, au 1er trimestre 2011, 85% des chefs d’entreprise qui déclarent que «la situation économique est soit restée stable, soit elle s’est améliorée», le secteur est pourtant face à un gros défi actuellement: trouver une main-d’œuvre qualifiée pouvant répondre aux besoins des entreprises. Selon la Chambre, le respon­ sable de cette pénurie est «le

L’Isfin, «club mondial d’avocats spécialisés dans le droit de la finance islamique», a vu officiellement le jour ce jeudi dans le cadre du 8e Islamic Financial Services Board. Présentation par Laurent Marlière, CEO du réseau et managing director du cabinet de conseil Scipion.

Kik Schneider (BGL BNP Paribas)

Sponsoring

BGL aime le foot Publié le 13.05.2011

BGL BNP Paribas et la Fédération Luxembourgeoise de Football (FLF) viennent de prolonger, jusqu’en 2014, leur partenariat

établi en 2009. Si le nom de BGL Ligue est conservé, le logo est légèrement relooké, avec la mention «BGL Ligue by BGL BNP Paribas». «Le choix de rester le sponsor du football a été évident, explique Kik Schneider, directeur de la banque de détail et des entreprises de la banque. La FLF est la plus grande fédération sportive du pays. Le football est un des sports les plus populaires du Luxembourg. Il n’y a pas des dizaines de milliers de spectateurs tous les dimanches sur les terrains, mais la presse en fait un large suivi et c’est un sujet de conversation important le lundi matin au bureau.» Le montant de ce partenariat n’a pas été communiqué, «mais il est très inférieur au demi-million d’euros», indique M. Schneider. Au Luxembourg, BGL BNP Paribas est également sponsor, depuis plus de dix ans, de la fédération luxembourgeoise de tennis et du grand tournoi open de Kockelscheuer. «C’est un heureux hasard, car nous l’étions déjà avant l’entrée de BGL dans le groupe BNP Paribas.»

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Laurent Marlière (Isfin): «Le projet est né il y a seulement quatre mois.»

Le CEO du réseau Isfin explique la raison d’être de ce club mondial d’avocats spécialisés dans le droit de la finance islamique.

«Le choix de rester le sponsor du football a été évident»

système de formation luxem­­ bourgeois [qui] n’a pas su suivre la cadence et fournir aux entreprises la main-d’œuvre qualifiée dont elles ont besoin». Celles-ci ont ainsi dû faire appel à des collaborateurs étrangers pour pallier ce manque. Ils sont près de 85% actuellement, résidents étrangers et frontaliers compris, à travailler pour l’artisanat luxembourgeois. Pour y remédier, la Chambre des Métiers plaide pour une réforme du système d’apprentissage au Luxembourg avec, notamment, la possibilité de créer un centre de compétences par métier, la valorisation des efforts et du mérite par la création d’un modèle «Apprentissage-Emploi», ou encore la possibilité d’ouvrir l’apprentissage à tous les métiers pour les adultes.

Photo: Isfin

Photo: Olivier Minaire (archives)

Interview par Nicolas Raulot, publiée le 12.05.2011

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Monsieur Marlière, à quoi sert le réseau Isfin? «La finance islamique, c’est un tiers de capital financier, un tiers de religion et un tiers de droit. Or, aujourd’hui, alors que la finance islamique est de plus en plus présente, il existe très peu d’experts juridiques spécialisés. Les fournisseurs habituels sont quelques grands cabinets globaux anglo-saxons. Nous pensons que pour accompagner la mondialisation de cette finance islamique, il est important d’avoir dans chaque juridiction un pool d’experts spécialisés. Il faut aussi souligner que pendant la crise de 2008, les banques islamiques, qui ne détenaient pas d’avoirs toxiques, ont donné une leçon aux banques traditionnelles. Quels types de clients pouvez-vous prétendre conseiller? «Nous sommes partis d’un constat macroéconomique. La capacité d’investissement principale est située dans les fonds souverains d’Asie situés en Malaisie, à Singapour... Or, ces investisseurs sont confrontés à un problème d’insécurité de leurs placements en raison de l’instabilité politique et des troubles au Proche-Orient et dans les pays méditerranéens. Ils veulent se positionner sur des zones plus stables et sécurisées comme l’Europe, l’Amérique ou certains marchés émergents, tout en gardant la philosophie de placement de la finance islamique. Outre les fonds souverains, nous pouvons également offrir des services juridiques aux grandes entreprises. Nous savons que les états-majors des grandes multinationales sont en train d’établir des business plans pour se positionner après les révolutions du printemps arabe et investir dans ces pays. Combien de membres comptez-vous à ce jour? «Nous comptons une quinzaine de membres, parmi les plus prestigieux en Europe, dont Arendt & Medernach au Luxembourg. Nous ne prenons qu’un cabinet par pays et nous lui octroyons une exclusivité. Nous avons commencé par l’Europe. Le projet est né il y a seulement quatre mois, mais nous sentons que nous répondons à une réelle demande du marché. Nous sommes actuellement en tractations avec une série de cabinets et espérons avoir 60 membres à la fin de l’année.»

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Services financiers

L’empreinte locale sur un segment global A quoi ressembleront les services financiers au Luxembourg en 2020? Deloitte et Thomson Reuters font le point lors d’une journée de conférence, le 21 juin.

«La diversification passe par une sortie des zones de confort, pour aller vers des activités de niche» Pierre Castagne (Thomson Reuters)

Alain Ducat (texte), Olivier Minaire (photo)

2020? C’est déjà demain… Personne n’a de boule de cristal, mais prévoir cet horizon relève de l’élémentaire stratégie, pour les mondes de la finance, des services, de l’IT. Mais où sera le Luxembourg dans ce concert global? C’est un peu la question générique qui traversera, de discours en ateliers, la journée du 21 juin, consacrée à l’avenir des services financiers, organisée conjointement par Deloitte et Thomson Reuters. Pierre Castagne, senior site representative Luxembourg de Thomson Reuters depuis fin 2010 et responsable de la commercialisation de solutions pour la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique) confirme le partenariat déjà solide avec Deloitte. «Nous avons souhaité organiser ensemble un business event d’envergure pour le marché, avec des intervenants de renommée internationale. C’est un premier pas vers ce que nous espérons être une montée en première division, grâce à des collaborations dans des solutions de data management.» Deloitte suit la même logique, en acteur de business local intégré dans un réseau mondial. «La Place a beaucoup changé, souligne Yves Francis,

managing partner Deloitte Luxembourg. Il semble intéressant de se projeter à un horizon de dix ans. Il y a une nouvelle génération de décideurs, des compétences, un potentiel de développement de niches non négligeable. Soyons des vecteurs d’innovation.» Au pays des jonctions efficaces

Législation et régulation sont des clés, mais elles ne verrouillent pas l’avantage concurrentiel d’un Luxembourg souvent vanté pour sa souplesse, sa réactivité et son pragmatisme: tout ce qui fait qu’un petit pays peut rebondir vite et, mieux, anticiper. «Les réglementations européennes et internationales sont souvent compliquées et parfois redondantes. Les petits plus du terrain font la différence», note M. Francis. Pierre Castagne, lui, observe la transformation des modèles classiques: «l’approche globale a tendance à gommer la notion de pays. On est dans un modèle segment et non plus géographique. Le service doit être là où est le client, peu importe la base de l’infrastructure en amont. Cependant, Luxembourg doit être remis en haut de la liste. Il y a ici une empreinte, un pôle d’expérience.» Thomson Reuters, d’abord connu pour la mise à disposition de données, entend bien améliorer

sa visibilité en tant qu’acteur dans le monde des solutions et aller davantage, avec son offre élargie, vers l’industrie des fonds. La diversification nécessaire doit, pour M. Castagne, «sortir des zones de confort». Les niches à développer sont clairement identifiées: la micro-finance, les fonds islamiques, le private equity… «Il y a encore relativement peu de fonds basés à Luxembourg. Il reste un déficit de perception, par rapport à l’Angleterre notamment», relève M. Francis. Pourtant, le passeport de société de gestion, qui a pu faire craindre des délocalisations, «a, au contraire, incité de gros porteurs anglo-saxons à contrôler leurs actifs au départ de Luxembourg». Les deux partenaires pointent encore, dans les niches à suivre, la jonction entre l’art et les finances, via des sociétés comme SplitArt. Véhicules d’investissement et classes d’actif intéressantes peuvent se rencontrer efficacement dans un pays souple, au cadre à la fois réglementé et garanti. Insistant sur des aspects légaux et une veille réglementaire de plus en plus importants dans un environnement de plus en plus complexe, Pierre Castagne conclut: «les PSF ont démontré que des acteurs locaux pouvaient jouer un rôle européen. Les besoins du business augmentent. Les solutions de management sont là. Il faut rappeler aux décideurs, d’aujourd’hui et de demain, en quoi le Luxembourg pose des jalons.» Luxembourg Financial Services 2020. Mardi 21 juin, à partir de 10h à la Philharmonie. Conférence et workshops gratuits, sur invitation seulement. Inscriptions obligatoire (places limitées) sur luevents@deloitte.lu

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Benoît Brasselet (Simac PSF) et Maxime Habersetzer (UBI Banca)

Willy Hans (Simac PSF) et Luc Bertemes (Société Electrique de l’Our)

ICT

Evénement Simac PSF

Gilles Weber et Willy Hans (Simac PSF)

Présentation, le 5 mai, au Sofitel Kirchberg, des nouveaux systèmes de sécurité informatique pour les données professionnelles. Charles Caratini (photos) Retrouvez toutes les photos sur www.paperjam.lu

Ben Kapuler et Nir Aran (Portnox) et Paul Cunningham (SecureLogix)

Barka Lalmi (Simac PSF), Olivier Mancini et David Gavroy (Noosphère)

Muriel Gaspard (Camca Assurance) et Gilles Weber (Simac PSF)

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Claude Kremer à la tête de l’Efama? Publié le 16.05.2011

Le Financial Times y consacre un article ce lundi. Claude Kremer, président de l’Alfi (Association luxembourgeoise des fonds d’investissement) pour quelques jours encore (son second mandat prendra fin début juin) pourrait prendre la présidence de l’Efama (European Fund and Asset Management Association), qui regroupe 27 associations nationales et 51 sociétés de gestion pour un total de 13.500 milliards d’euros d’actifs sous gestion et 53.000 fonds d’investissement. Les élections du nouveau président de l’Efama auront lieu le 16 juin. Si elle se confirmait, cette information ne serait toutefois pas des plus surprenantes. Depuis sa désignation en juin 2009 par l’assemblée générale de l’association européenne en tant que viceprésident, le Luxembourgeois est souvent cité comme successeur possible du Français Jean-Baptiste de Franssu. Ce dernier s’apprête à quitter la société de gestion Invesco dont il est directeur général et, de fait, la présidence de l’association européenne. Contactée, l’Efama se refuse toutefois au moindre commentaire.

Mission économique (1)

Cap sur le Japon Publié le 17.05.2011

Le Grand-Duc héritier Guillaume préside une délégation à caractère économique au Japon, dirigée par le ministre de l’Economie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké, du 16 au 17 mai 2011. Bon nombre de discussions ont porté sur les effets du tremblement de terre et de la catastrophe de Fukushima sur l’économie japonaise. Mais une des priorités de cette mission était d’avoir des contacts directs avec les dirigeants des sociétés qui sont également

actives à partir du Luxembourg. Dans ce cadre, la délégation a notamment rencontré les dirigeants de Rakuten, société spécialisée dans l’e-commerce, fondée en 1997 et qui emploie aujourd’hui plus de 7.000 personnes dans le monde. Une réunion de travail a également eu lieu avec la direction de Yusen Logistics, groupe actif principalement dans le transport maritime et le fret aérien, ainsi qu’une visite du groupe Teijin, présent au Luxembourg depuis 1991 avec la société Dupont Teijin Films, premier producteur mondial de films polyester et occupant environ 350 personnes.

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Photo: Film Fund Luxembourg / Jean-Pierre Thilges

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Nomination

Guy Daleiden et Bob Krieps (Film Fund Luxembourg) entourant le ministre des Communications et des Médias, François Biltgen.

Production audiovisuelle

Accord avec la Suisse A l’occasion du 64e Festival du Film à Cannes, le ministre des Communications et des Médias, François Biltgen, a signé un accord bilatéral de coproduction dans le domaine de l’audiovisuel avec la Suisse. «Cet accord permettra de développer les relations entre la Suisse et le Luxembourg dans un secteur économique et culturel différent et prometteur pour l’avenir», a indiqué le ministre. Cet accord n’est que la continuité d’une collaboration qui est effective depuis les années 80.

Photo: MECE

Publié le 16.05.2011

Le ministre de l’Economie Jeannot Krecké et le Grand-Duc héritier en compagnie de Hiroshi Mikitani, CEO de Rakuten.

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Energies renouvelables

Objectif 4% Publié le 17.05.2011

Le 15 mai 2011, le ministre de l’Economie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké, a prononcé son traditionnel discours d’ouverture de la foire de printemps à Luxexpo au Kirchberg, intégralement axé sur le sujet de l’énergie et notamment les défis qui se posent à la politique énergétique. Il a, notamment, annoncé le quadruplement de la production d’énergie renouvelable de 2005 jusqu’en 2020, afin d’atteindre une proportion de 4%. Il s’est, ainsi, exprimé en faveur d’installations supplémentaires et de passer, entre autres, de 2.000 à 20.000 installations solaires photovoltaïques, de 43 à 90 éoliennes ou encore de 200 à 10.000 pompes à chaleur.

Statistiques

Un ménage sur quatre à la peine Publié le 17.05.2011

On le sait, la crise n’a rien arrangé aux difficultés économiques des ménages. Une étude publiée ce mardi par le Statec confirme l’ampleur du phénomène. «Le pourcentage des ménages ayant des difficultés à joindre les deux bouts est en augmentation depuis 2006 (de 18,4% en 2006 à 26,6% en 2009)», indique l’office statistique. La situation reste bien meilleure que dans l’UE 15 (le noyau dur

de l’Union européenne) ou le pourcentage atteint 49,2% et même 77,7% dans les douze pays à avoir rejoint l’Union européenne sur le tard. Sur la période, la situation s’est toutefois dégradée beaucoup plus vite au Grand-Duché qu’en Europe. «Au Luxembourg, l’écart entre 2006 et 2009 est de quelque 6 points de pourcentage, alors qu’il se limite à deux points dans l’UE 15 (de 47,5% en 2006 à 49,2% en 2009)», souligne le Statec. Selon l’étude, la part des ménages ayant des arriérés de paiement est passée de 2,4% en 2008 à 4% en 2009. «Malgré cette augmentation, le Luxembourg reste le pays européen où la part des ménages ayant des arriérés de paiement est la plus faible», souligne le Statec.

Prévisions

Un passé révolu Publié le 17.05.2011

Avec 3,5% de croissance enregistrée en 2010, le Luxembourg est bel et bien sorti de la crise. Le Grand-Duché revient de loin, car, comme le fait remarquer la Commission européenne dans sa dernière note de prévisions, le PIB (Produit Intérieur Brut) réel du Luxembourg avait tout de même chuté de 7,9% en glissement annuel au deuxième trimestre 2009. Les prévisions établies par Bruxelles pour les années suivantes incitent également à l’optimisme, avec 3,4% annoncés pour 2011 et même 3,8% en 2012. De son côté, le Statec table sur des taux de 3,2% en 2011 et de 3,5% en 2012, avant d’anticiper 3,9% sur la période 2013-2014. La Commission européenne précise que si la consommation des ménages et les exportations ont repris le dessus en 2010, le regain d’activité doit beaucoup néanmoins aux dépenses publiques.

Photo : Julien Becker (archives)

actualité

Le ministre Krecké a annoncé que 47 nouvelles éoliennes allaient être installées dans le pays.

La Bourse de Luxembourg a également relooké son site Internet www.bourse.lu.

Il faut aussi noter que, malgré la reprise, le Luxembourg ne retrouve pas ses niveaux de croissance d’avant la crise. En 2007, un taux de 6,6% avait été enregistré. La moyenne avait atteint 4,3% entre 1992 et 2006 et 4,7% entre 2000 et 2007.

2011, d’un réaménagement intégral touchant les aspects liés à la structure ainsi que les contenus du site.

Compétitivité

Perte d’efficacité Publié le 18.05.2011

Bourse de Luxembourg

Nouvelle identité visuelle Publié le 17.05.2011

La Bourse de Luxembourg a profité de la tenue de sa Journée boursière pour changer son identité visuelle. Celle-ci est censée illustrer sa politique de diversification et ses valeurs fondamentales, qui reposent sur quatre piliers centraux: solidité, réglementation, technologie et transparence. Dans le même temps, une nouvelle impulsion a été donnée au site Internet (www.bourse.lu) en attendant, d’ici la fin de l’année

Si le Luxembourg stagne au 11e rang dans l’édition 2011 du classement de la compétitivité établi annuellement par IMD (International Institute for Management Development), il perd trois places en termes d’«efficacité du gouvernement». Le Luxembourg rétrograde ainsi de la douzième à la quinzième place d’un palmarès de 59 pays dominé par Hong Kong et Singapour. Ce recul doit néanmoins être relativisé, car le Grand-Duché n’était classé que seizième en 2009. Le pays perd également un peu de terrain en termes d’«efficacité des affaires» (du 6e au 9e rang), ainsi que sur le plan des «infrastructures» (du 21e au 22e). Le IMD World Competitiveness

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Trois questions à Gilbert Renel

«Garder les hauts potentiels»

Photo: Olivier Minaire (archives)

Photo: Luc Deflorenne (archives)

Interview par Nicolas Raulot, publiée le 16.05.2011

«Opening a local office in Hong Kong is in line with our 2011 growth strategy» Bob Kneip (Kneip)

Gilbert Renel (Deloitte)

Le human capital advisory services leader de chez Deloitte constate combien les entreprises ont peur de perdre leurs meilleurs éléments. Yearbook est publié chaque année depuis 1989 par cette business school internationale établie à Lausanne. Au palmarès des pays les plus compétitifs se trouvent Hong Kong et les Etats-Unis, premiers ex aequo. Viennent ensuite Singapour, la Suède et la Suisse.

les services à valeur ajoutée et de répondre aux demandes de leurs business partners», explique Thierry Vanbever, general manager de SD Worx.

Kneip Archivage électronique

Ménage à trois

New office in Hong Kong

Publié le 19.05.2011

Publié le 18.05.2011

L’union fait la force dans le domaine des solutions d’archivage électronique. Cetrel, I.R.I.S. et SD Worx annoncent en tout cas leur collaboration dans le développement d’un logiciel de gestion de contenu destiné aux entreprises. Baptisée Elisa, la solution permet de garantir la confidentialité et la traçabilité des documents conformément aux dispositions légales. Elle est composée de trois modules qui peuvent être utilisés ensemble ou séparément. Cetrel, connue pour son métier historique de processeur de cartes de paiement, assure la mise à disposition et la gestion de son infrastructure sécurisée; I.R.I.S. apporte son expérience en matière de gestion de contenu d’entreprise et SD Worx sa maîtrise des services axés sur les ressources humaines. «En sécurisant et automatisant le flux d’information, nous permettons aux responsables RH de se focaliser davantage sur

Kneip, a leading service provider to the investment fund industry, announces expansion into the Asian market, with the opening of an office in Hong Kong. This office, headed by Derek Ho, will allow Kneip to better serve global clients distributing their funds in Asia. Derek Ho, country manager for Hong Kong is a reputable local fund expert with over 15 years of experience in the industry. He is joined by Letizia Lukas, who has six years of experience at the Kneip headquarters in Luxembourg. Letizia will manage local operations and develop new and existing relationships with the Asian media. Bob Kneip, CEO of Kneip, said: “Opening a local office in Hong Kong is in line with our 2011 growth strategy and with our ambition to be closer to our clients.” Kneip is headquartered in Luxembourg and has offices in Brussels, Frankfurt, Paris, Hong Kong, Lausanne and London.

Entreprises

Le CYEL n’attendra plus longtemps Publié le 19.05.2011

Le vainqueur du concours Creative Young Entrepreneur Luxembourg (CYEL), 5e du nom, orchestré par la Jeune Chambre Economique, sera annoncé lors d’une soirée de gala le 16 juin prochain. Trois finalistes ont été désignés: Nicolas Henckes (Legitech), Marco Houwen (Luxcloud) et Olivier Raulot (iNUI Studio). Ce concours s’adresse aux jeunes entrepreneurs (de 18 à 40 ans) et récompense en particulier des acteurs «ayant fait parler leur créativité et leur imagination pour résoudre une problématique» pour le marché ou un métier, ou ayant «mis en avant un service ou un produit» développé par leurs soins. Le jury, composé d’une dizaine de professionnels venant du monde économique, culturel et de l’entreprise du Grand-Duché et présidé cette année par Mike Koedinger (Maison Moderne), a choisi ces trois finalistes parmi dix candidats. Le vainqueur 2010 avait été Djalil Coowar, directeur scientifique de la société biopharmaceutique AxoGlia Therapeutics. (voir aussi les portraits détaillés des trois finalistes en pages 18, 20 et 22.)

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Deloitte vient de publier la deuxième édition d’une étude annuelle sur le recrutement et la gestion des talents au Luxembourg. Gilbert Renel, partner Advisory and Consulting, human capital advisory services leader au sein du cabinet, estime que si l’attitude générale des entreprises reste défensive, elles sont plus attachées que jamais à leurs ‘hauts potentiels’ dont la crise a confirmé la valeur. Monsieur Renel, quelles sont les conclusions essentielles de l’étude The global trend remains defensive que vous venez de publier? «La situation a évolué sensiblement depuis 2009. Les personnes sondées (décideurs, DRH…) sont d’abord optimistes sur la reprise du business. Tout en gardant un œil attentif sur le contrôle des coûts, elles travaillent beaucoup plus que l’an dernier sur le développement de leurs affaires, sur l’innovation et sur la rétention des clients. Mais les décideurs réalisent aussi que pour parvenir à leurs fins, il faut absolument garder leurs ‘hauts potentiels’. Le risque de les perdre est très fortement ressenti. Les entreprises ont peur qu’ils partent en raison du regain de business et de l’attrait d’autres entreprises. Un travail important est donc réalisé dans les entreprises pour identifier ces ‘hauts potentiels’ dans un premier temps, puis pour les former, les rémunérer, leur donner de meilleurs jobs, enfin faire en sorte qu’ils soient beaucoup plus impliqués dans l’entreprise au niveau du management et de la gestion des risques. Celle-ci est devenue un souci important aujourd’hui. N’est-ce pas exagéré de parler de ‘peur’ à propos de la perte de certains collaborateurs? «Non, c’est encore plus vrai au Luxembourg qu’ailleurs. Un tiers des entreprises font état d’une augmentation de 20% du risque de départs volontaires, par rapport à l’année dernière. Cette tendance est en ligne avec les prévisions économiques du FMI et de la BCE (Banque centrale européenne). Les écarts salariaux sont-ils en train de se creuser entre les ‘hauts potentiels’ et le reste du personnel? «Les employeurs ont compris pendant la crise à quel point leurs ‘hauts potentiels’ avaient été précieux, combien ils étaient à même de tirer leurs entreprises vers le haut. Maintenant que l’économie reprend, ils veulent donc tout faire pour les identifier et les garder. Pour eux, on met donc en place des plans de développement, des plans de carrière précis, des systèmes de bonus très ciblés.»

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Anne Jacquemart (Axa) et Pierre Huot (Perspectives 45)

Werner Eckes (IFBL), Myriam Baltes (BCEE) et Fouad Rathle (Garanti Bank)

Olivier Noblot (POG)

Nicolas Rasson (ING)

Nathalie Moreau (Banque Degroof ) et Emile Lutgen (EFA)

Gilles Ossona de Mendez (ABN Amro)

RH

L’AG du POG Le Personal Officers Group a tenu son assemblée générale à l’hôtel Hilton, le 11 mai. Charles Caratini (photos) Retrouvez toutes les photos sur www.paperjam.lu

Aniela Bettel (POG), Tina Nossent (HSBC) et Yvonne O’Reilly (Avanteam)

Isabelle Tock (Nomura) et Marie-Pascale Trévalinet (Edenred)

Julie Noirhomme (Ajilon), Mélanie Robert et Christophe Courotchkine (Bank of New York) et Marielle Stevenot (Noble & Scheidecker)

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Responsabilité sociale des entreprises

Le quatrième pilier Bien faite, la mise en œuvre d’une politique de développement durable permet aux entreprises  d’améliorer leur fonctionnement et la collaboration avec leurs partenaires. On en parlera  les 16 et 17 juin au Kirchberg. Vincent Ruck (texte), Julien Becker (photo)

La responsabilité sociale des entreprises (RSE) est un créneau porteur, au moins sur le plan média­ tique. Il l’est également pour les chercheurs et scientifiques. Les 16 et 17 juin prochains, une pre­ mière se déroulera à Luxembourg, avec la tenue du congrès annuel du Réseau International de Recherche sur les Organisations et le Dévelop­ pement Durable (RIODD). Des chercheurs de France et du Luxembourg, mais également tous les responsables d’entreprise intéressés par le sujet, sont invités à se rencontrer sur un thème bien vaste, voire un peu abscons: «Responsabilité Sociale de l’Entreprise, entreprise réseau et gestion des biens communs. Redéfinition du périmètre de l’entreprise et du politique». Nicolas Poussing, chargé de recherche au CEPS/Instead, coordonne l’organisation de ces deux jours de colloque. Il explique l’enjeu de la journée: «Beaucoup de plans d’action dans le domaine de la RSE se concentrent sur l’environnement. C’est normal, car c’est le point le plus simple à traiter et le plus facilement mesurable: il ‘suffit’ de faire baisser le CO2 rejeté. L’amélioration du bien-être ou du progrès de la diversité dans l’entreprise sont plus difficiles à mesurer. Et comme on veut afficher des résultats, les démarches compliquées sont mises en attente. Je ne dis pas qu’il faut négliger l’aspect environnemental, mais il ne faut pas s’en contenter.» Vulgariser la RSE

Pour rappel, le développement durable, dont la RSE est la mise en application concrète par les entreprises, repose sur trois piliers: le progrès social, le respect de l’environnement et un déve­ loppement économique soutenable. En plus de ces trois critères, relativement bien connus, de nombreuses personnes mettent en avant ce qui est en fait un quatrième pilier: la gouvernance de l’entreprise. «Dire que l’on veut mettre en place une politique RSE ne vous amène pas par miracle à prendre les bonnes décisions, explique Nicolas Poussing. On trouve les solutions avec la gouvernance, qui demande que l’on implique toutes les parties prenantes dans ses choix, aussi bien à l’intérieur de l’entreprise qu’à l’extérieur. La solution doit être pensée et portée par tout le monde. C’est le seul moyen qui lui permettra d’être bien comprise, et donc bien appliquée par tout le monde.»

Autrement dit, la gouvernance est le moyen nécessaire pour faire réfléchir l’entreprise sur l’étendue de son périmètre d’influence. Cette réflexion faite, il s’agit de réunir les partenaires identifiés et de travailler pour améliorer diffé­ rents points reconnus comme étant problémati­ ques. L’intérêt de la démarche est de prendre en compte la complexité de la réalité: «On rentre dans une approche systémique qui permet de faire émerger un consensus. Prenons l’exemple des conditions de travail. En sortant du face-à-face classique entre chef d’entreprise et syndicats, et en impliquant des médecins du travail ou des associations d’handicapés, on multiplie les points de vue. La solution que l’on retiendra alors sera peut-être un peu ‘molle’, mais elle sera plus pertinente, même si certains pourront être frustrés par ce type de processus.» Cette nouvelle manière de se connecter à son écosystème économique est particulièrement déterminante pour Nicolas Poussing, qui ne peut que constater combien ce «quatrième pilier» est systématiquement négligé, alors qu’il constitue, à ses yeux, la clé permettant de mettre en place et de lancer le mouvement pour, ainsi, satisfaire les trois autres piliers. «On n’a pas forcément besoin d’embaucher un professionnel des économies d’énergie pour mettre en place la RSE. Une fois que l’on pollue moins, qu’est-ce que l’on pourra encore faire? Mieux vaut appeler les compétences de l’extérieur, après avoir identifié son périmètre et invité les parties prenantes à collaborer. Et puis discuter: jusqu’où aller? Où s’arrêter? Quels problèmes résoudre?» Dans un tel contexte, quel peut être l’apport de chercheurs universitaires? Au-delà du buzz récent sur le développement durable, le passage à Luxembourg d’une petite centaine de scientifi­ ques s’intéressant à la RSE représente certaine­ ment un moyen de transmettre de nouvelles idées et d’ouvrir les horizons de tous ceux qui peuvent être intéressés. L’objectif du congrès est simple: réussir à interpeller le monde de l’entreprise. Les grands groupes ont, certes, déjà mis en place de véritables politiques, mais l’heure est venue de diffuser ces nouvelles pratiques dans des secteurs qui ne se sentent pas forcément concernés, du moins pour le moment. Le congrès a pour but de faciliter la vulgarisation de la problématique RSE. Certes, des initiatives comme celles de l’Institut pour un Mouvement Sociétal, qui organise depuis trois ans, un forum de la citoyenneté qui connaît un succès sans cesse grandissant, apportent déjà un

éclairage particulier et une information régulière sur les choix et les pratiques possibles. Le congrès RIODD souhaite apporter sa pierre en abordant la problématique sous des angles encore nouveaux. «J’aimerais que cette conférence soit l’occasion de confronter les scientifiques aux entreprises, indique M. Poussing. Ces deux jours seront l’occasion, pour tous les professionnels qui le souhaitent, d’écouter et d’interpeller les chercheurs qui seront là. Nous sommes en dehors de l’action, et nous avons ainsi une vue plus globale, et certainement différente de ce qui se voit au quotidien dans les entreprises, au Luxembourg comme ailleurs. Le problème des forums d’échange traditionnels, c’est qu’on limite les sources d’inspiration et que l’on risque le mimétisme. Ne fonctionner que sur une échelle nationale ne permet pas forcément d’avoir les moyens de faire émerger des comportements innovants. Les travaux académiques permettent de synthétiser les actions d’un très grand nombre d’acteurs et de dégager des éléments principaux ou d’isoler des nouveautés.»

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«On n’a pas forcément besoin d’embaucher un professionnel des économies d’énergie pour mettre en place la RSE»

Nicolas Poussing (CEPS/Instead) paperJam Business Club

RSE: vers une uniformisation des modèles sociaux?

Cette recherche de nouveauté et d’inspiration est également très importante pour les PME. Jusqu’ici relativement épargnées, elles vont devoir s’adapter à la mise en mouvement des grands groupes qui se mettent à exiger de leurs fournisseurs des garan­ ties sur leurs pratiques. Comme la gouvernance oblige à s’inquiéter de ce qui se passe en dehors des murs de l’entreprise, les entreprises internatio­ nales vont embarquer, de gré ou de force, toutes les structures les entourant. Un long chemin

Nicolas Poussing propose une analogie avec l’adoption des nouvelles technologies: «Si l’on pouvait, au début, se passer de l’informatique dans les PME, aujourd’hui, personne ne peut se passer d’un ordinateur ou d’un PDA… même les travailleurs indépendants. La RSE suivra le même chemin.» La RSE se développera donc, même si le chemin sera difficile. «En dehors de niches très précises, on n’est pas certain que la RSE fasse

gagner de l’argent. Mais je pense qu’elle va se développer un peu comme la fonction RH. Mieux vaut en avoir une plutôt que de ne pas en avoir, même s’il est difficile de mesurer la valeur qu’elle génère, puisque l’on travaille sur de l’intangible. C’est toute la problématique du développement du capital immatériel des entreprises. Comment le mesurer? Qu’est-ce que le fait d’avoir des salariés fiers de travailler pour son entreprise apporte? Qu’est-ce que le fait d’avoir de la diversité dans ses équipes peut bien apporter?» Et c’est peut-être là l’autre intérêt du congrès du RIODD: faire bouger les lignes… C’est aussi, quelque part, la conclusion de Nicolas Poussing: «Les études des scientifiques sont objectives et critiques. Elles ne soucient pas de ce que les actionnaires ou la clientèle peuvent penser et se contentent d’analyser une situation. Les scientifiques n’ont pas de scrupules à dire si des politiques mises en œuvre n’apportent aucun effet concret et ne sont rien d’autre que du green washing.»

Les débats sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE) vont bon train, et les premières normes internationales apparaissent. Leur adoption par les grands groupes va-t-elle entraîner une uniformisation des modèles sociaux à travers le monde? Derrière ce mouvement en faveur d’une meilleure définition de la RSE, n’y a-t-il pas un certain nombre de risques? L’uniformisation par la norme n’est-elle pas une menace pour la variété des modèles sociaux à travers le monde? La définition de concepts généraux n’est-elle pas trop vague, au risque de servir d’alibi aux entreprises? Comment faire entrer la RSE dans la pratique, sans handicaper les entreprises ou les pays les plus fragiles sur le plan économique? Les débats seront ouverts à l’occasion du 6e congrès du Réseau International de Recherche sur les Organisations et le Développement Durable (RIODD), organisé par le CEPS/Instead et le Cerefige le 16 juin. Son thème est le suivant: «Responsabilité Sociale de l’Entreprise, entreprise réseau et gestion des biens communs. Redéfinition du périmètre de l’entreprise et du politique». Les personnes intéressées peuvent s’inscrire en ligne sur le site du congrès. La table ronde sera modérée par JeanMichel Gaudron, rédacteur en chef de paperJam, et accueillera Michel Capron (Université de Paris 8), Isabelle Daugareilh (Université de Bordeaux 4), Pascale Griveaud (Agir Anticiper Durablement) et Karin Schintgen (BGL BNP Paribas). A noter que la LSC, l’INDR et la Fedil organisent, ce même jour, une conférence portant sur la RSE, sur le thème de «L’entrepreneuriat responsable – démarches, initiatives et valorisation» (infos sur www.lsc.lu, rubrique Actualités et Manifestations). Table ronde paperJam Business Club, le 16 juin 2011 à partir de 18h30. Inscription obligatoire sur www.club.paperjam.lu

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Étude

Les femmes plus souvent absentes

Photo: Olivier Minaire (archives)

Photo: Blitz (archives)

Par Nicolas Raulot, publié le 18.05.2011

Selon l’étude, le taux d’absentéisme lié aux maladies courtes se réduit avec l’âge.

L’implication dans la sphère privée explique, en partie, le décalage dans le taux d’absentéisme en entreprise. Le taux d’absentéisme des hommes est inférieur de 27% à celui des femmes, que les absences soient de courte ou de longue durée. C’est l’une des conclusions d’une étude menée par l’établissement de recherche public Ceps/Instead, à la demande de l’Etat et des partenaires sociaux. Ceux-ci voulaient mieux cerner le phénomène de l’absentéisme dans le cadre de l’introduction du statut unique en 2009. Les travaux ont été conduits entre 2009 et 2010, à partir des données de l’Inspection Générale de la Sécurité Sociale (IGSS). «Cette différence (…) est souvent expliquée, du moins pour partie, par l’implication plus forte des femmes dans la sphère privée et notamment dans la garde d’enfants, expliquent les auteurs de l’étude. Il est en effet probable que les femmes assurent plus fréquemment que les hommes les problèmes de garde liés aux enfants malades. Toutefois, il semble que la différence entre hommes et femmes ne s’explique pas intégralement par cet élément. En effet, il semble que la littérature, notamment médicale, trouve dans certaines spécificités physiologiques des femmes une partie des causes de leur absentéisme plus important.» Conditions de travail

Autre conclusion, le taux d’absentéisme lié aux maladies courtes se réduit avec l’âge. «A mesure que l’âge augmente, le salarié augmente son expérience professionnelle totale et il connaît des promotions qui améliorent ses conditions de travail et réduisent son absentéisme de courte durée», avance notamment l’étude. Il existe également des différences liées à la nationalité. Ainsi, les résidents étrangers ont un taux d’absentéisme de courte durée inférieur de 10% à 15% aux résidents luxembourgeois. Concernant les frontaliers, la situation est hétérogène: «toutes choses égales par ailleurs, les frontaliers français ont un taux identique aux Luxembourgeois, les frontaliers belges, un taux un peu inférieur et les frontaliers allemands un peu supérieurs.» Par ailleurs, le fait de travailler à temps plein augmente le taux d’absentéisme d’environ 23% par rapport à un temps partiel, quel que soit le type d’absence. Enfin, plus la taille de l’entreprise augmente, plus le taux d’absentéisme s’élève. «Cette relation peut s’expliquer par le fait que, dans les petites entreprises, les possibilités de remplacement sont moins nombreuses compte tenu du nombre de salariés plus faibles sur lesquels se répartit la tâche», explique l’étude.

La Maison de la Finance était logée dans un bâtiment appartenant à BGL BNP Paribas.

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Luxair

3e vol quotidien vers Genève Publié le 18.05.2011

A partir de septembre, Luxair va mettre en place du mardi au jeudi une 3e rotation entre Luxembourg et Genève, en début d’après-midi (à 14h20 au départ de Luxembourg et 15h45 au départ de Genève). Une décision qui fait suite à une demande accrue et qui s’inscrit dans la continuité de l’ajout d’un vol hebdomadaire en début d’après-midi, le mardi, pour l’horaire d’été.

climatisation du bâtiment actuel, loué par BGL BNP Paribas. Les associations de la place financière ABBL (Association des Banques et Banquiers, Luxembourg), Alfi (Association luxembourgeoise des fonds d’investissement), LFF (Luxembourg For Finance) et ATTF (Agence de Transfert de Technologie Financière) seront bientôt rejoints par l’ACA (Association des Compagnies d’Assurances) et l’IFBL-l’Institut (Institut de Formation Bancaire Luxembourg). BGL BNP Paribas n’a pas encore décidé de l’usage du bâtiment laissé vacant.

SES Astra Déménagement

La Maison de la Finance a fait ses cartons Publié le 19.05.2011

C’est ce jeudi que la Maison de la Finance, siège des associations de la place financière, déménage du boulevard Royal au Kirchberg. Elle va s’installer dans les anciens locaux de la banque allemande IKB, en face de la Chambre de Commerce. Malgré un emplacement idéal en plein centre-ville, les occupants se plaignaient de l’exiguïté et de l’absence de

Accord avec Telekom Srbija Publié le 19.05.2011

L’opérateur de satellites SES Astra a signé un accord de capacité avec Telekom Srbija pour la réception directe de RTS Sat et Radio Beograd, les chaînes de télévision publiques en Serbie. Dès le 1er juin 2011, ces chaînes seront diffusées en libre accès via la position orbitale de SES Astra 19,2° Est. «Nous sommes très heureux d’avoir conclu cet accord de capacité avec Telekom Srbija confortant ainsi notre stratégie

d’imposer la position 19,2 degrés Est comme la nouvelle position orbitale pour la réception directe dans les Balkans», a commenté Ferdinand Kayser, chief commercial officer de SES.

Mission économique (2)

Ça bouge en Corée Publié le 19.05.2011

Après le Japon, la délégation économique présidée par le Grand-Duc héritier et dirigée par le ministre de l’Economie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké, se rend en Corée du Sud, du 18 au 19 mai. Elle a notamment rencontré la direction de Nexon, société coréenne spécialisée dans le jeu en ligne et un des leaders mondiaux dans ce domaine. A l’issue des discussions, le ministre de l’Economie et du Commerce extérieur s’est réjoui de la décision de Nexon de mettre en œuvre une activité au Luxembourg. Des discussions ont également eu lieu avec les dirigeants de Hyosung, qui ont repris en 2006 l’usine de production de fils d’acier pour les pneus de Goodyear établie à Colmar-Berg et qui envisagent une possible extension de leur activité au Grand-Duché.

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Art

A la folie, passionnément… Outre les fonds d’investissement spécialisés, le Luxembourg prévoit d’utiliser la niche de l’art comme levier  de diversification économique. La dynamique partirait de la prochaine création d’un port franc à proximité de l’aéroport. Pierre Sorlut

«Quand les banquiers se réunissent pour dîner, ils parlent d’art. Quand les artistes se réunissent pour dîner, ils parlent d’argent.» Cette sentence d’Oscar Wilde, bien connue de ceux qui traitent souvent de finance et d’art, risque de devenir davantage usitée au Luxembourg. Plus investis ces derniers temps du fait de leur décorrélation aux marchés traditionnels, les fonds spécialisés dans l’art ne seront bientôt plus les seuls à conjuguer les deux concepts. Depuis trois ans, Deloitte développe une stratégie afin de placer le GrandDuché sur la carte de l’art. Une zone franche destinée à accueillir les biens de valeur est sur le point de voir le jour. Une véritable Bourse de l’art est dans les cartons. Le marché international est énorme. On parle de trillions d’euros d’actifs et de 43 milliards d’euros de transactions en 2010, pour une classe d’actifs relativement épargnée par l’inflation et dont les performances sont relativement stables sur les 50 dernières années… quoique cyclique, car en temps de crise, les chefs-d’œuvre ne se vendent pas. En revanche, le marché de l’art est peu structuré et devenir collectionneur demande du temps.

Un fonds de placement offre aux investisseurs la possibilité de le pénétrer. «Aujourd’hui et depuis 2008, ils sont très soucieux d’investir dans des actifs tangibles qu’ils comprennent.» C’est le point de vue de Stanislas Gokelaere, directeur exécutif d’Art Collection Fund, un fonds d’investissement spécialisé en cours de montage à Luxembourg. Art et FIS

Une dizaine de fonds similaires existent déjà sur le marché européen. Plusieurs se trouvent aujour­ d’hui à Londres ou en Irlande, mais Luxembourg pourrait se positionner, car la Place présente un certain nombre d’avantages en termes d’hébergement de fonds, «à commencer par une loi idoine sur les fonds d’investissement spécialisés (FIS), soit des structures réglementées, transparentes et souples, permettant l’intégration de classes d’actifs comme l’art», explique le directeur et amateur d’art. La supervision de la CSSF vient appuyer ce souci de transparence et l’obligation d’audit fournit également un gage de sécurité à l’investisseur. Enfin, le FIS est un véhicule très efficient au niveau de la taxation, puisque les plus-values ne sont pas imposées, que la taxe forfaitaire est de 0,1% et qu’il n’y a pas de précompte.

Le fonctionnement d’un fonds d’investissement dans l’art est particulier. Stanislas Gokelaere lève actuellement 50 millions d’euros pour bâtir sa collection qui sera composée «d’œuvres de qualité muséale». Il explique: «L’actif ne génère un revenu qu’à sa réalisation. Le dividende de l’œuvre d’art, c’est le plaisir.» Les investisseurs pourront se faire prêter les œuvres et bénéficier d’un rendement financier à leur vente. Miriam Mascherin, managing partner d’Elite Advisers (qui dispose déjà d’un fonds dédié au vin et un second aux montres de luxe) envisage également un fonds spécialisé, mais voit avant tout en l’art un «axe de dévelop­pement bénéfique pour la Place dans son ensemble». La création d’une zone franche pourrait donner l’impulsion et l’avantage compétitif décisif. A Luxembourg, cette zone franche, c’est-à-dire un lieu où les biens peuvent être stockés sans être soumis au paiement de la TVA et aux droits de douane avant leur sortie du territoire, pourrait voir le jour sous peu. L’annonce en a été faite par le ministre de l’Economie et du Commerce extérieur Jeannot Krecké en février dernier. Elle désengorgera ainsi le vieux port franc de Genève, «en état de saturation» selon certaines sources, du fait notamment d’une surexposition des deux princi-

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Photo: Julien Becker

Photo: Jelle Van Seghbroeck

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Thierry Hoeltgen (Deloitte)

Stanislas Gokelaere (Art Collection Fund)

paux assureurs sur le marché, Axa Art et Hiscox. On compte en fait sur cette future zone franche pour servir de levier et attirer de nouveaux capitaux. L’idée n’est pas née dans les couloirs du ministère de l’Economie et du Commerce extérieur, mais dans ceux du siège de Deloitte où, trois ans auparavant, Thierry Hoeltgen et Adriano Picinati di Torcello, respectivement partner et senior manager, ont mutualisé leurs intérêts pour travailler sur ce créneau. Le temps dira s’il est porteur. Le cabinet de conseil a donc décidé, sur fonds propres, d’organiser des conférences de sensibilisation parallèlement à des expositions mondialement reconnues telles que la FIAC à Paris ou, prochainement, l’Art Basel à Miami. Objectif: se constituer un réseau et prêcher pour l’association de l’art et de la finance.

kage hautement sécurisé d’objets de grande valeur, en le comparant à la création de la chambre de compensation Cedel, ancêtre de Clearstream. «Ici on a eu un peu la même vision. Les œuvres doivent être stockées de manière très sécurisée et éviter des transports générant coûts et insécurité.» Le développement du projet mobilise une bonne partie du gouvernement avec le ministère de l’Economie pour la partie logistique, des Finances pour la taxation, des Transports pour les infrastructures et bien sûr celui de la Culture. Un projet de loi a été déposé fin mars et les investisseurs privés sont en cours de négociation. Par ailleurs, le Luxembourg possède toute une série d’atouts en termes de stabilité économique, politique et sociale pour assurer un stockage hautement sécurisé et assuré par les compagnies les plus fiables. En effet, le secteur de l’assurance serait directement lié au concept. Ses taux de croissance «à deux chiffres» sont révélateurs de la croissance du marché. D’autres pans financiers seraient également impliqués. Pour Alain Nicolai, membre du comité exécutif d’Axa Luxembourg, «les assureurs de l’art, dans ce cadre, pourraient parfaitement être amenés à travailler avec les banques privées, les family offices, les avocats, les fonds d’investissement…».

Pas encore d’art, mais de la finance

Ils concèdent que beaucoup reste à faire au Grand-Duché en termes d’art: «Par rapport aux autres places comme New York ou Genève, le terrain est relativement vierge.» La zone franche permettrait d’amener des œuvres et, pourquoi pas, de prêter épisodiquement les collections aux musées. Thierry Hoeltgen avait présenté l’idée d’un stoc-

Adriano Picinati fait état de nombreuses potentielles recettes. «Une fois que le stockage s’effectue à un endroit, toute une chaîne d’activités se met en place, avec le transport (Cargolux jouera un rôle prépondérant, ndlr.), l’achat-vente, la banque privée, les avocats pour rédiger les contrats, etc. Cet équivalent de la banque dépositaire bénéficierait à l’ensemble de la finance luxembourgeoise en lui conférant une certaine image de marque. L’offre culturelle en sortirait également grandie.» Outre un cycle de formation «art et finance» déjà dispensé, les consultants de Deloitte prévoient un système de prêt d’art, mais aussi, et surtout, une plate-forme pour acheter et vendre les pièces. Comparable à une Bourse transparente et réglementée, les frais de transactions seraient nettement plus bas que les prix pratiqués par les maisons de vente telles que Sotheby’s ou Christie’s. «Conscients des défis, nous abordons le projet sans arrogance. Nous travaillons et cela avance bien», confie Thierry Hoeltgen. Son collaborateur, Adriano Picinati, insiste néanmoins sur la nécessité d’agir instamment pour ne pas se faire couper l’herbe sous le pied. «C’est ici et maintenant que ça se passe.» L’installation du port franc dira vite si l’investissement passion a un avenir, ou pas du tout.

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p (9) u t r a t s e séri m propose

, paperJa geoise Chaque mois r une start-up luxembour . su ie de demain n m la o p n o s c o é r l’ g e n d u ron t-être un fleu u e p a r e s i u q iwis Ce mois-ci: Is

Isiwis

Une autre dimension Qu’elle soit considérée comme start-up ou spin-off, la société prestataire de services en gestion de documents en ligne bénéficie de conditions de marché idoines et connaît une croissance exponentielle. Pierre Sorlut (texte), Olivier Minaire (photo)

«Nous nous considérons formellement comme une start-up», confie Mark Williams, CEO d’Isiwis. Pourtant, considération faite de sa croissance fulgurante depuis sa création, on doute que la société de gestion de documents en ligne ne porte encore longtemps ce statut. Elle est née en janvier 2010 d’une idée de la maison mère, Alter Domus, et de son CEO, Dominique Robyns, pour qui le concept pouvait être commercialisé en dehors du secteur de la prestation de services en administration de sociétés, ou CMS (pour corporate management services). Fallait-il encore y mettre la mise de départ, «les coûts d’implémentation étant très élevés pour ce type d’activité», selon M. Robyns. Tel fut le point de départ de l’émancipation de la jeune pousse sous ses airs de spin-off. Mais Mark Williams revendique tout de même la paternité des réalisations qui ont alors suivi. «Alter Domus a eu la vision, mais ne l’a pas portée jusqu’à sa réalisation. J’ai été délégué pour décider d’une stratégie et l’implémenter. Pas Alter Domus.» A ses débuts, Isiwis comptait dix employés. La société élaborait alors son business plan. Les premiers contacts ont été pris et le premier contrat signé en octobre. Aujourd’hui, la société emploie 47 personnes réparties dans plusieurs départements.

Une branche «ventes» est établie entre le Luxembourg (où se trouve le siège social), les Pays-Bas, l’Allemagne, la Pologne et le Royaume-Uni. Un service de livraison (gestion de comptes et helpdesk) rassemble la plus grosse partie des effectifs avec, d’un côté, une sous-division «opérations» numérisant et classant les dossiers des clients et, de l’autre, une sous-division chargée du suivi des clients. 60 employés fin 2011

Le CEO d’Isiwis peut compter sur des investisseurs aux reins solides (Alter Domus et Eurofid) et entend développer une stratégie d’expansion horizontale et verticale: «Nous avons grandi très rapidement en termes géographiques, mais nous essayons également de grandir dans différents secteurs. Mais d’abord nous voulons croître verticalement, où nous bénéficions d’une expérience valorisante.» Mark Williams fait allusion au CMS, secteur dans lequel les volumes de documents administratifs gérés quotidiennement sont conséquents. Le CEO fait donc valoir une gestion en flux tendu, le «straight through processing» (STP). Les documents sont reçus, traités, classés, digitalisés et instamment rendus disponibles aux parties prenantes sur la plate-forme en ligne sécurisée. Isiwis héberge aujourd’hui 2,5 millions de documents sur son système. L’application se divise en deux volets. L’un, qualifié d’«interne», permet au client de scanner et d’in-

troduire directement les pièces dans le système de classement. L’autre garantit l’accès par le web à des tierces personnes – autorisées, cela va de soi – aux ressources documentaires pour consultation. Isiwis permet également la conservation électronique des documents plus anciens, via un sous-traitant, pour scanner et classer des copies numériques. Du reste, la société a d’ores et déjà entamé les discussions avec Luxtrust pour certifier les documents et sécuriser lesdites archives. Avec la loi sur l’archivage électronique prévue pour la fin de l’année, il vaut mieux être en bons termes avec l’entreprise semi-publique… Mais le CEO d’Isiwis reste discret sur ses résultats actuels et le nombre de clients en portefeuille. Soit la quantité est peu élevée, et le stratège ne veut pas afficher ses difficultés à faire signer des contrats, soit le chiffre est conséquent et il craint que clients et prospects doutent de la capacité de la société à assumer les services proposés pour les volumes demandés. On pencherait davantage pour la seconde hypothèse. En effet, Mark Williams fait preuve d’une confiance inébranlable en son business model avec «des objectifs budgétaires très agressifs». Isiwis devrait compter une soixantaine de personnes à la fin 2011. En 2012, la société regardera vers l’Asie où elle négocie déjà avec de potentiels partenaires. La majeure partie des clients sont issus du CMS luxembourgeois, mais Isiwis travaille égale-

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CV

Essai tranformé Mark Williams, comme bon nombre de ses compatriotes gallois, aime et pratique le rugby. Il a intégré différentes équipes au fil de ses pérégrinations; d’abord au cours de son parcours étudiant jonché d’un diplôme de commerce au Pays de Galles et d’un master en études Asie-Pacifique, puis lors de son parcours professionnel l’entraînant pendant 20 ans à Londres, chez RR Donnelley (impression financière) et au Luxembourg, où il espère intégrer l’équipe nationale des vétérans, à l’âge de 45 ans. Sur le terrain, Mark Williams est ailier. Il doit se saisir du ballon en bout de ligne et foncer au plus vite vers l’en-but adverse, en évitant les contrariétés. Sa vocation professionnelle est similaire. Depuis janvier 2010, il est investi, par Alter Domus, d’une mission. Il doit emmener au plus vite la start-up qu’il dirige vers la rentabilité, prévue pour 2012. Transformer l’essai, en quelque sorte.

ment «pour des assurances, la banque privée et l’industrie des fonds de placement». Le service commercial est confronté, dit-on chez Isiwis, à une demande accrue de la part des sociétés de gestion de fonds. «J’étais à Londres, récemment, et j’ai eu entre 15 et 20 rendez-vous avec des professionnels du private equity, de l’immobilier et des sociétés de gestion.» Effectivement, nombre de rapports liés à l’activité des fonds doivent obligatoirement être communiqués. Les rassembler sur une plateforme sécurisée en ligne réduit le risque de perte.

Alors si des concurrents occupent déjà la place (I.R.I.S, Xerox ou Documentum), ils se situent surtout dans des niches alors qu’Isiwis joue entre les lignes. Selon son CEO, «des sociétés tierces travaillent également à la gestion de documents en STP, d’autres encore fournissent des services web, mais aucune n’a un produit similaire au nôtre en termes de servicing et de backup.» Pour autant, la start-up souffre encore d’un aléa moral: les clients craignent toujours de perdre

leurs documents numérisés. «C’est encore un défi pour nous.» Selon le CEO, la technologie du cloud computing permettrait de compléter leur offre avec un hébergement des données en externe. Il craint également le «tout numérisation»: «Nous ne savons pas ce que les Google et compagnie vont inventer.» La disparition du papier dans l’échange de documents constituerait un changement majeur dans l’environnement d’affaires. Le cas échéant, Isiwis devrait aussi s’adapter.

Un marché sans limite

Rompu aux discussions commerciales, Mark Williams n’éprouve aucune peine à faire valoir l’utilité des services d’Isiwis pour cette industrie, bien représentée au Grand-Duché. Selon lui, la start-up permet une meilleure gestion des coûts pour les asset managers dans un contexte d’externalisation croissante des services d’administration, parallèlement à une augmentation des coûts liée à l’inflation réglementaire. «Pour nous, la directive Ucits IV et le KIID sont davantage une opportunité qu’une menace.» La technologie Isiwis vaudrait donc pour les fonds en valeurs mobilières, mais aussi pour les sociétés de placement immobilier où les communications entre parties prenantes sont nombreuses et coûteuses en paperasses. L’entrepreneur ne voit pas de limite au marché, «the scope is almost endless», dit-il dans sa langue natale.

My SWOT FORCES

Faiblesses

Opportunités

Menaces

singularité sur le marché

staff limité en nombre

cloud computing

changement de l’environnement d’affaires

expérience et qualité du staff

peur irrationnelle de la numérisation

changement dans la régulation favorisant la numérisation

arrivée de nouveaux concurrents

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economist club Association sans but lucratif, l’Economist Club Luxembourg se veut un forum d’échanges, un espace de débat entre économistes. Il est également appelé à prendre position et à faire connaître l’avis de ses membres sur des thèmes économiques d’actualité, en suscitant la discussion, tout en maintenant une certaine rigueur dans la démarche proposée.

Par Isabelle Lahr, membre de l’Economist Club

La diversification économique au Luxembourg Si les crises et les fluctuations plus ou moins fortes ont toujours existé par le passé, il faut se rendre à l’évidence que de nos jours, la globalisation et la mondialisation sont devenues telles que lors d’un déclenchement de crise en une région du monde, les répercussions sur les marchés internationaux sont inévitables et rendent de plus en plus complexe la gestion des pertes issues de ces crises. Le Luxembourg, caractérisé par un degré de concentration de capitaux étrangers élevé et par sa forte dépendance du secteur financier hautement développé, a payé un lourd tribut lors de la récente crise financière. A l’heure des bilans et des leçons à tirer de cette crise, il est opportun de reconsidérer les secteurs existants de l’économie luxembourgeoise et de se pencher sur les pistes à creuser pour ouvrir cette dernière à d’autres piliers moins vulnérables en cas de problèmes. L’enjeu est de taille, il s’agit en effet de consolider les secteurs économiques déjà existants et de créer de nouvelles chaînes de valeur au sein de l’économie luxembourgeoise, si possible indépendantes des fluctuations des marchés.

Lancement prochain d’une zone franche pour les biens de valeur (œuvres d’art, vins, voitures de luxe...), hub de logistique, recherche & développement, innovations multiples, technologies de l’information, télécommunications, constitution de réseaux regroupant plusieurs acteurs différents, nouveaux créneaux de la place financière: voilà autant de domaines de diversification de l’économie luxembourgeoise méritant une attention particulière. Cela est d’autant plus vrai suite à la récente crise financière ayant nécessité le concours massif de l’Etat pour soutenir le système bancaire et dont les conséquences se font toujours sentir. N’oublions cependant pas que l’économie luxembourgeoise présente une multitude de branches d’activité. Citons, par exemple, le caoutchouc, les films plastiques, les frets aérien, routier, ferroviaire et maritime, le verre plat, le secteur agroalimentaire, la construction, les cimenteries, les équipements automobiles... En ce qui concerne le secteur sidérurgique, Arcelor­Mittal, premier producteur d’acier au monde, est aussi toujours l’employeur le plus important au Luxembourg. Le secteur financier, lui-même, présente éga­ lement certains sous-secteurs (private wealth management, fonds d’investissement, crédits internationaux, assurances et finance structurée...) offrant encore des potentialités même dans un contexte peu favorable.

Les efforts de diversification ne sont pas nouveaux. En effet, déjà au cours de l’année 2002, le ministère de l’Economie et du Commerce extérieur a lancé les «Cluster-Programs», dont le but est de constituer des réseaux, afin que des acteurs privés (entreprises) et publics (centres de recherche, ministères…) puissent agir en partenariat pour concentrer leurs compétences diverses et contribuer ainsi au développement de l’économie (voir le graphique ci-contre). La diversification économique nous amène à évoquer les «niches de compétences» qui sont des créneaux, ou segments de marché limités, visant une clientèle bien ciblée et dont le but est de se différencier de la masse de consommation courante. Il s’agit de marchés très étroits (produits offerts par des firmes comme Rotarex, Ceratizit ou IEE) ou de services très spécifiques (commerce électronique). Des niches peuvent aussi exister dans de grands groupes. Par exemple, les rails pour ponts roulants ou palplanches produits par ArcelorMittal. Ou bien encore le fleuron du groupe, les poutrelles Grey, mondialement réputées, qui servent de base aux grandes structures métalliques, comme les gratte-ciel. Les questions suivantes doivent être posées: quelles sont les ressources disponibles pour diversifier? Quels sont les coûts engendrés et surtout est-ce que le retour sur investissement vaut tous

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Maritime activities Promotion, communication, développement de services associés: financiers, transport, logistique et conseil

Logistic activities Synchronisation des flux de transport entre les fournisseurs de matières premières jusqu'aux consommateurs finaux

Thématiques de la «Luxembourg Cluster Initiative»

Information & Communication Technologies (ICT) Recherche, ICT security, e-mobility, e-payment, e-services, IT security solutions

les efforts? Les résultats escomptés d’une politique de diversification peuvent se faire attendre et ne peuvent souvent qu’être appréciés sur le long terme, alors que de nos jours les retombées économiques doivent se produire à court terme. Il reste aussi à voir si d’autres pays ne sont pas en train de développer des secteurs similaires. Avant de pouvoir parler de niche, il faut observer comment les créneaux se développent. Le risque est souvent de se faire dépasser par un outil encore plus performant (exemple typique: le téléphone mobile). Certaines firmes peuvent disparaître en cours de route, que ce soit par fermeture totale ou partielle (Monsanto, TDK), liquidation, faillite (Valfond...) ou délocalisation (Villeroy & Boch...). Les défis à relever en termes de diversification économique sont multiples. Le secteur financier doit être consolidé. Il est et restera porteur de l’économie, quoique très concurrencé par d’autres places financières. Les atouts du Luxembourg sont pourtant indéniables. Sa position géographique centrale en Europe, son intégration dans la Grande Région et son multilinguisme en font un acteur de premier ordre pour attirer de nouveaux partenaires qu’il s’agira d’accompagner par une infrastructure adéquate à la hauteur de leurs espérances (incitations fiscales, cadres législatif et administratif adéquats...).

A l’heure actuelle, quelque 150 sociétés sont actives au Luxembourg dans le domaine des technologies à caractère environnemental. Citons comme exemple le cas de la société Epuramat, dont l’activité s’étend depuis le traitement et la purification des eaux usées jusqu’à la production d’énergie alternative, la «clean energy». De tels concepts sont nécessaires et pourront certainement attirer d’autres sociétés. Une piste à creuser davantage sera le recyclage (bois, verre, caoutchouc, électronique, électroménager, batteries, déchets de verdure, réduction de l’usage du plastique...). Ainsi le taux de recyclage pourra s’accroître et le rendement des matières premières sera plus efficace. Il s’agit d’ailleurs d’une préoccupation majeure au niveau européen, l’enjeu étant que des déchets exportés dans des pays non-OCDE puissent rester en Europe pour y être recyclés afin d’en faire des produits de substitution. Il faudra aussi penser à un temps «après le pétrole» en développant les énergies alternatives/ renouvelables (biomasse, éoliennes....). Des économies d’énergie tant au niveau de la consom­ mation de carburant (introduction de voitures hybrides, électriques) que des habitations (isolations) sont certainement encore possibles. Sans prétendre à l’exhaustivité du propos, le but de la présente contribution a été de porter un regard

Space Télécommunications spatiales, système global de navigation par satellite, sécurité maritime, technologies spatiales

BioHealth Sciences et technologies de la santé, diagnostics moléculaires, télémédecine, recherches sur divers domaines

EcoInnovation Constructions écologiques, utilisation d’énergies renouvelables et alternatives, éco-design, éco-conception

Source: Luxinovation

La «Luxembourg Cluster Initiative» (www.clusters.lu), lancée en 2002 par le gouvernement du Luxembourg, est un élément clé de la politique nationale de recherche-développement et d’innovation, regroupant différents clusters et réseaux d’innovation établis au Grand-Duché. Cette initiative, animée par Luxinnovation, regroupe les clusters BioHealth, EcoInnovation, ICT, Materials et Space. La «Luxembourg Cluster Initiative» travaille en étroite collaboration avec le Cluster for Logistics Luxembourg et le Cluster Maritime Luxembourgeois.

Materials Automobile, électronique, emballages, construction, plastiques et polymères, acier et industries non ferreuses

différent sur notre économie en insistant sur sa diversification bien réelle à côté d’un secteur financier très développé et en gardant à l’esprit que notre pérennité passera également par le secteur industriel, héritage principal du Luxembourg. Les nombreuses missions économiques ne sont pas vaines pour faire connaître notre pays à l’étranger. Il s’agit de trouver de petites entités hautement spécialisées, car attirer la grande industrie n’est plus possible. La recherche de partenariats internationaux serait à recommander afin de partager les responsabilités et les enjeux financiers. Une concertation de tous les acteurs est nécessaire pour renforcer globalement notre économie. Gageons que notre classe politique saura relever les défis qui s’imposent à elle.

Chaque mois, retrouvez dans nos colonnes, «Le Billet de l’Economist Club», sous la plume d’un des membres de l’Economist Club. www.ecl.lu

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s n o i t c e l É s e l a n u m om

mois s de cinq è r p A . s munale bre ions com mes. Derrière l’ar t c é, le é s e s, mobilit am r n eure d g io o h s r l’ p à fu s e r a r urg viv r fond d es et leu tis Luxembo évoilent leurs list tation, su ts de tous les par u le , m e in a in h r c le d o o p . r ff is n p t e in e r e a s t a r p b lent et le une forê le de dem Le 9 octo tte échéance, les che toute hèmes se ressemb contours de la vil a c e s de ce g r bou Les t i, les d e Lu xe m jourd’hu n-vivre... de la V ille ité, logement, bie r dessiner, dès au r pou sécur o n c e n t re vo n t s e c

Jean-Michel Gaudron (interview), Andrés Lejona (photos)

Monsieur Helminger, dans quel état d’esprit abordez-vous les prochaines élections communales, alors que le parti libéral apparaît en tant que favori? «Je ne me considère pas en position de favori, car je ne suis pas dans le secret de la décision des électeurs. Ce sont eux qui ont toujours le dernier mot. Maintenant, il est vrai que j’aborde tout de même cette échéance avec une certaine confiance, en ayant à l’esprit que le temps des élections est toujours aussi le temps, pour notre équipe, de relire ce que nous avions promis, en 2005, de faire pour les six années à suivre. Il y a bien sûr l’une ou l’autre chose que nous n’avons pas réussi à faire, mais je pense qu’à plus de 90%, nous avons réalisé ce que nous avions annoncé. J’ai donc bonne conscience à l’heure de me présenter devant les électeurs, sans avoir à chercher à me renier ou à chercher des subterfuges pour ne pas être soumis au jugement de notre bilan.

Quelles leçons avez-vous tirées de la victoire de 2005? «Il faut d’abord se replacer dans le contexte de l’époque. Pour mon parti, 2005 suivait 2004. Et 2004 ne fut pas vraiment une année de grand succès pour nous. Nous avions donc un peu peur, d’autant plus que l’on nous avait reproché, en ville, que certaines décisions prises peu de temps auparavant, comme celle concernant le stationnement résidentiel, avaient contribué à la défaite du DP aux élections nationales de 2004. Au final, l’état d’esprit qui a été le nôtre, notre bilan, mais aussi ce que nous avions envie de faire a, de toute évidence, été accepté par l’électeur, puisqu’il nous a permis de réaliser un score extraordinaire et de sortir avec 11 sièges sur 27. Il faut aussi prendre conscience du fait qu’en 2005, la ville avait littéralement explosé au cours des 10-15 années précédentes. Il était donc crucial de veiller à maîtriser ce développement de manière durable. Cela se déclinait en des thèmes de mobilité, de participation du citoyen au développement de leur ville et du logement.

Ce sont ces trois thèmes qui vous ont accompagné tout au long de ces six dernières années? «En relisant notre programme électoral de 2005, alors que nous sortions d’une coalition avec le CSV, j’ai été frappé de voir la place qu’y prenait la mobilité douce. Le vélo constituait la partie autour de laquelle nous avions consacré la plus grande partie de notre profession de foi. On nous dit souvent, aujourd’hui, que nous avons beaucoup de verdure dans notre action. Je constate simplement qu’avant même la décision de changer de partenaire de coalition, notre programme nous mettait résolument sur la ligne du développement durable et je m’en félicite. Nous n’avons, sur ce point, pas de regret à avoir et ce qui s’est passé par la suite a montré que nous pouvions avoir du succès dans cette démarche qui est totalement dans la tendance de ce qu’est, aujourd’hui, la politique. Cela dit, il convient aussi de maîtriser ce développement et de faire en sorte qu’il se fasse dans des endroits qui sont, soit déjà, soit potentiellement, dans un avenir prévisible, bien relié aux }  80

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i Paul Helm

e n n o b «J’ai » e c n e i c s n o c 07_78-85_coverstoryHelminger.indd 79

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«Il est probable qu’à l’horizon 2020, nous aurons créé suffisamment de capital de confiance pour que ce pas supplémentaire vers une communauté urbaine ne soit pas perçu comme la volonté de la grande ville d’avoir la mainmise sur les petites communes voisines» Paul Helminger

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 { transports en commun, avec le souci de redyna-

miser le centre-ville. Dans ce cadre-là, je suis particulièrement fier du projet Hamilius, car il a été principalement porté par la Ville. Nous avons pris la décision de devenir propriétaires des terrains en pleine crise économique, à un moment où il n’était vraiment pas évident de se lancer dans un tel projet. En l’espace de trois ans, nous avons acquis les terrains, réalisé le concours international d’architecte et nous sommes sur le point de voter les modifications des plans d’aménagement général (PAG) et particulier (PAP). Tout indique qu’au plus tard en 2012, les travaux pourront commencer. En termes de promotion immobilière publique, c’est un délai extraordinairement court et nous sommes fiers de l’avoir tenu. Quelle est la réflexion qui a porté la mise en œuvre de ce projet Hamilius? «Une des motivations principales a été de se rendre compte que le commerce se développe bien et que si nous voulons éviter au centre-ville de rester à l’écart de tous les autres développements d’une ville polycentrique comme l’est Luxembourg-ville, il y a deux choses essentielles à considérer: la création d’un pôle d’attraction majeur, tel que ce nouveau centre Hamilius, et la réalisation du tram, qui va constituer le chaînon reliant tous les centres majeurs de la ville. Vous évoquiez la participation du citoyen au développement de la ville. Comment cela se traduit-il dans les faits? «Nous avons, par exemple, tenu la gageure d’avoir, tous les mardis matin, l’ensemble du collège échevinal à la disposition des citoyens, sans rendez-vous, pour que chacun vienne exprimer ses soucis… ou bien les choses dont il est content! Cela veut-il dire que c’est toujours au citoyen d’aller vers vous et non pas l’inverse? «Non, bien

sûr. A chaque grand chantier qui se profile, nous tenons des réunions publiques au cœur même du quartier qui est concerné. On le fait depuis 20 ans et nous continuons à le faire. Nous allons, en outre, chaque année visiter tous les quartiers afin de rendre compte de ce qui a été réalisé dans le cadre du programme de coalition. Nous accordons également une très grande importance aux échanges par les moyens modernes de communication. Le Luxembourg est le pays le plus connecté de tous, c’est une réalité. Beaucoup de gens viennent sur le forum de notre site Internet, sur nos pages Facebook ou nous contactent directement par e-mail. Je rappelle que la ville de Luxembourg est la première de cette importance qui soit entièrement couverte par un réseau d’accès Internet wi-fi.

La question du logement que vous évoquiez auparavant est très récurrente. Jean-Claude Juncker a même indiqué, dans son discours sur l’état de la Nation, que le logement est et reste le problème numéro un au Luxembourg. Comment l’abordez-vous au niveau de la ville? «Nous avons mis en place le programme ‘Baulücken’, pour des terrains appartenant à la Ville en les mettant à disposition sous forme de bail emphytéotique (bail immobilier de très longue durée, ndlr.). Cela permet de neutraliser le coût du terrain dans l’ensemble du coût du logement, car je rappelle qu’en ville, le prix du terrain représente à lui seul près de 40% du total. Par ce programme, nous avons pu mettre sur le marché plus d’une centaine de logements à des prix abordables, montrant ainsi que le principe

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9 octobre

Elections, mode d’emploi Ouvertes à tous les résidents luxem­ bourgeois en âge de voter et aux étran­ gers résidants dans le pays depuis cinq années révolues au moment de l’inscrip­ tion sur les listes électorales, les élections communales se déroulent tous les six ans au Luxembourg. Pour le scrutin du 9 octobre prochain, la date de clôture d’inscription sur les listes électorales a été fixée au 14 juillet. Selon la taille de la commune, le mode de vote est différent: à la majorité relative pour les communes dont la population est inférieure à 3.000 habitants; à la pro­ portionnelle, avec une liste de candidats, pour les autres. Le nombre d’élus varie également selon l’importance de la commune, avec un minimum de sept membres pour les conseils communaux des com­ munes de moins de 1.000 habitants, jusqu’à 19 membres dans les communes de 20.000 habitants et plus. Seule excep­ tion: la Ville de Luxembourg dont le conseil est composé de 27 membres. Le bourgmestre est nommé par le GrandDuc, alors que les échevins sont nommés par le ministre de l’Intérieur. J.- M. G.

est bon. Et nous avons été suivis dans notre démarche par la Société nationale des habitations à bon marché et par le Fonds du logement. Une centaine de logements, est-ce suffisant par rapport à la forte croissance de la demande? «Il y a eu, à Luxembourg, 3.000 habitants supplémentaires entre 2008 et 2009 et à peu près autant entre 2009 et 2010. Ces gens-là ne vivent pas sous les ponts! Ils sont logés… Il n’y a qu’à regarder le nombre de grues que l’on voit en ville ou le nombre de permis de bâtir que je signe pour des logements pour se rendre compte du phénomène. D’ailleurs, je constate qu’avec la crise financière, ce que je signe en moins en termes de bâtiments administratifs, je le signe en plus en matière de logements.

Il y a un basculement souhaitable et bienvenu du bureau vers le logement, même si nous avons toujours un déséquilibre entre le nombre d’habitants et le nombre d’emplois. On ne pourra pas changer cette donnée, mais le ralentissement dans le domaine de la construction de bureaux a donné une certaine stabilité au marché, plus que dans d’autres pays, et le bâtiment à usage de logement a connu une belle croissance. Certaines voies dans l’opposition regrettent qu’il n’y ait plus de débats autour du Plan d’Aménagement Général et qu’ils se retrouvent devant le fait accompli. Qu’en est-il exactement? «Il faut savoir que nous sommes bloqués depuis pratiquement deux années, puisque la loi de 2004 qui a établi de nouveaux paramètres de base pour

l’établissement des PAG des communes est actuellement en cours de révision, après avoir déjà été modifiée à quatre reprises, car elle s’est avérée impraticable dans la réalité. Le vote doit intervenir à la Chambre des députés avant l’été et nous permettra d’établir de nouveau les PAG sur la base des nouveaux paramètres qui seront établis. A partir de là, il est évident que nous réinitialiserons le processus de consultation avec les différentes commissions et le conseil communal. Nous nous sommes rongé les ongles autant que l’opposition sur le fait que nous n’avançons pas. Mais il n’est pas question de fait accompli. J’ai cru comprendre qu’on nous donnerait jusqu’en 2014 pour parfaire la réforme. Cela nous laissera donc trois ans de travaux d’analyses et de concertation avant }  82 d’établir ce nouveau PAG.

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Photo: David Laurent/Wide (archives)

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«La mobilité continuera à être au cœur de notre programme» Paul Helminger

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Table ronde

Quelles villes pour demain? A quatre mois, presque jour pour jour, des élections communales du 9 octobre, paperJam Business Club propose une table ronde qui mettra en présence quatre élus afin de dresser un bilan des dernières années écoulées: François Bausch (Ville de Luxembourg, Déi Gréng), Paul Helminger (Ville de Luxembourg, DP), Pierre Mellina (Commune de Pétange, CSV) et Lydia Mutsch (Ville d’Esch-sur-Alzette, LSAP). A cette occasion seront abordées les réalisations les plus marquantes vécues par les communes luxembour­ geoises; les principaux actes manqués; les enjeux de la réforme territoriale et leur vision concernant leur ville à l’horizon 2020. Jeudi 7 juin à partir de 18h30 Auditorium de la Banque de Luxembourg Inscription obligatoire: www.club.paperjam.lu

 { Un autre sujet sensible devrait être très

abordé au cours de la campagne à venir: celui de la sécurité. Comment réagissez-vous face au sentiment grandissant d’insécurité que semble ressentir la population? «Je pense qu’en termes de criminalité proprement dite, les statistiques semblent montrer que, en gros, il n’y a pas trop de soucis à se faire. En revanche, il y a effectivement un très gros problème en termes d’incivilité et de comportement dans l’espace public. Je pense à la Kinnekswiss, qui a l’air d’un champ de bataille, au non-respect de la réglementation communale sur la prostitution dans le quartier de la gare ou encore à l’aspect général que peuvent avoir certaines rues et parcs par le comportement de gens qui y circulent... Ce sont pourtant des choses très largement encadrées par des règlements communaux. Où est le problème, alors? «Le problème vient en partie de la compétence des agents municipaux. Depuis la fusion entre la police et la gendarmerie, nous n’avons plus le peu d’autorité dont nous disposions avant. La compétence des agents municipaux est limitée au seul stationnement. Ils sont pourtant tout le temps sur le terrain et peuvent voir et sentir ce qui s’y passe. Je souhaite qu’ils soient en mesure de sanctionner les comportements contraires à la réglementation communale et qui ne relèvent pas de la criminalité, mais plutôt de l’incivilité, et qui contribuent grandement à alimenter ce sentiment d’insécurité et de malaise des gens qui se retrouvent dans un tel environnement.

Un projet de loi avait été rédigé pour élargir leur domaine de compétence, mais il a mal été rédigé et le texte a donné lieu à une demi-douzaine d’oppositions formelles du Conseil d’Etat. Ce n’est pas une raison pour abandonner et ne rien faire! Il aurait fallu refaire le texte à la lumière de ces oppositions. J’ai déjà dit à plusieurs reprises aux différents ministres de la Justice qu’il existe un vrai danger que se créent, en ville, des zones de non-droit, puisque les gens qui n’ont pas envie d’obéir aux règlements communaux savent que leur impunité est garantie. C’est un sujet sur lequel il faudra absolument qu’on avance. Au-delà de cet aspect répressif, le travail en amont n’est-il pas aussi essentiel? «Le nombre de street workers a été augmenté pour pouvoir intervenir dans les différentes structures d’accueil existantes. Mais il faudrait absolument qu’il y ait une prise de conscience nationale que tout ne peut pas être concentré sur la seule ville. Il ne faudrait pas un seul ‘Fixerstuff’ (centre d’accueil pour les toxicomanes, ndlr.) en ville, mais au moins aussi un autre dans le sud et un autre dans le nord. Les projets de développements urbains à venir sont-ils de nature à améliorer la situation? «C’est en tous les cas ce que nous visons, mais là aussi, il y a une autre source de regrets dans l’avancement de certains dossiers. Il y a, actuellement, une grosse barrière en ville du point de vue de la convivialité: la gare centrale. Elle est évidemment vitale, mais elle constitue un obstacle très peu franchissable entre deux des plus grands quartiers de la ville: Bonnevoie (qui est le plus grand en nombre d’habitants, ndlr.) et le quartier gare. Nous avions lancé ce concours d’architectes qui a abouti à un projet unanimement apprécié de poser une dalle sur les voies ferrées et d’en faire un espace de verdure et de liaison entre ces deux quartiers, avec un financement très largement assuré par la valorisation des terrains libérés au bord de ce nouveau parc… Tout le monde a reconnu ce projet, qui apporte quelque 600.000 m2 de surfaces constructibles, comme étant intelligent et économiquement viable. Mais nous sommes, aujourd’hui, totalement dépendants des Chemins de Fer et de l’Etat. Aussi longtemps qu’ils ne bougent pas, nous nous rongeons les ongles. Nous allons devoir voter une extension de la décision de n’envisager aucun autre développement autour de cet espace. Mais cette prolonga}  84 tion ne sera valable que pour une année.

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«Tout indique qu’au plus tard en 2012, les travaux du centre Hamilius pourront commencer» Paul Helminger Visuel: Ville de Luxembourg / Codic International, Jones Lang LaSalle, Foster and Partners, Tetra Kayser Paul et associés.

Parcours

Douze ans, déjà… 82

Eschois de naissance, Paul Helminger, 71 ans, marié et père de sept enfants, a débuté sa carrière au ministère des Affaires étrangères, occupant notamment des postes à Londres, Helsinki, puis Genève, en charge de relations bilatérales, des questions de sécurité et des relations Est-Ouest. En 1974, alors âgé de 34 ans, il est devenu chef de cabinet du Premier ministre Gaston Thorn. Aux élections suivantes, le CSV reprit les rennes du pays et Paul Helminger fut nommé secrétaire d’Etat avec quatre casquettes: celle des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et de la Coopération; de l’Economie et des Classes moyennes et, enfin, de la Justice. Cinq ans plus tard, il entre pour un premier mandat à la Chambre des députés (il y fut ensuite réélu, sans discontinuer, depuis 1994). Dans le même temps, il occupe, «dans le civil», les fonctions de directeur de la société Computerland Europe avant de créer, en 1989, une société de conseil en développement stratégique des activités commerciales et en restructuration des PME. Elu conseiller à la Ville de Luxembourg en 1987, il en devient échevin en 1991, avant de s’asseoir dans le fauteuil de bourgmestre libéré en août 1999 par Lydie Polfer, devenue Vice-Premier ministre. Le scrutin d’octobre 1999 confirmera sa position, encore confortée six ans plus tard par un large succès aux dernières élections communales, alors que le retour de Mme Polfer semblait écrit. J.- M. G.

 {

Nous allons refaire un plaidoyer auprès du gouvernement pour lui redire combien, même dans la situation de précarité financière qui est la sienne, un projet comme celui-là s’autofinancera largement. La Ville est, du reste, prête à préfinancer un certain nombre des investissements, comme une partie de la dalle située juste derrière les Rotondes, dont l’Etat veut refaire le centre d’activités socio-culturelles qu’elles étaient pendant l’année culturelle de 2007. Mais ça ne peut fonctionner que si les Rotondes sont dégagées du côté des chemins de fer. Puisque vous abordez la question des finances, que répondez-vous à ceux qui vous reprochent une mauvaise maîtrise des budgets, notamment dans le cadre de la rénovation du Cercle Municipal, avec une facture qui a été multipliée par cinq depuis le premier vote en 2004? «Il s’agit d’un cas particulier. Nous sommes tout à fait capables de respecter les délais et les budgets. Nous l’avons prouvé avec la Villa Vauban, par exemple. Pour ce qui est du Cercle Municipal, il s’agit d’un bâtiment vieux de 100 ans et nous avons eu beaucoup de surprises quand on a commencé à y toucher. Nous étions partis de l’idée de faire une simple rénovation, sans trop toucher aux structures. Mais en cours de route, nous avons réalisé que l’ensemble Cercle-Cité pouvait devenir assez exceptionnel… C’est là que le coût a augmenté, car l’envergure du projet et sa technicité ont alors fortement évolué. Rien que pour stabiliser la voûte spectaculaire qui surplombe la grande salle, nous avons dû dépenser un peu plus d’un million d’euros. Car personne n’était, jusqu’alors, monté en haut pour

aller voir comment elle était conçue… C’est le genre de surprises qu’on a dans un vieux bâtiment… Comment s’est inscrite, dans ce cadre, la décision de réduire fortement les frais de fonctionnement de la Ville? «Je me réjouis de la décision prise en 2009 de réaliser un ‘screening’ de l’ensemble des services de la Ville, même si, au vu de l’évolution des recettes de la Ville, le choc de la crise n’a pas été aussi violent que ce que nous craignions pour 2009. Mais il a été essentiel de savoir ce que chacun des services faisait et comment il était possible, tout en maintenant les panoplies de services et en continuant à nous adapter aux nouvelles demandes, de le faire avec des budgets moins importants. Ce sont finalement sur les frais de fonctionnement qu’on a pu économiser des sommes qui, en chiffres absolus, correspondent à ce que l’Etat se propose d’économiser sur des budgets dix fois plus importants! Cela nous a évidemment bien servis et cela a eu un effet durable. Nous n’avons pas baissé la qualité des services et nous sommes, aujourd’hui, dans une situation financière saine et sans soucis, ce qui nous a même permis d’augmenter considérablement le budget d’investissement, qui est passé de 80 millions d’euros avant la crise à 140 millions aujourd’hui. Je suis assez fier de la façon dont les choses se sont passées. Quels seront les axes majeurs de la campagne du DP pour ces élections? «La mobilité continuera à être au cœur de notre programme, mais tout ce qui tourne autour de l’enfant et de l’intégration constituera également un défi à relever.

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«Nous devons essayer de trouver, ensemble, des moyens de donner aux citoyens de nos villes un partage d’ambition et une convivialité qui nous transcendent tous individuellement» Paul Helminger

En termes de mobilité, cela fait maintenant des années que nous avons un beau consensus de la part des quatre grands partis sur la question. Nous avons développé tout un concept de développement des services de transports en commun, qui auront la double fonction de relier les différents points névralgiques de cette ville polycentrique et de se greffer sur l’épine dorsale que constituera le tram. J’espère beaucoup que ce consensus survivra à la campagne et nous ferons ce qu’il faut pour qu’il en soit ainsi. Pour ce qui est de l’enfance, nous savons qu’il y a actuellement plus de naissances que de décès en ville. Et même si nous n’avons plus beaucoup à dire en termes d’écoles primaires, dont la gestion est passée au niveau de l’Etat, nous sommes responsables de l’organisation de cette école et de la prise en charge des enfants dans le domaine parascolaire et périscolaire. Nous sommes devant un vrai défi: faire en sorte que la ville soit agréable et confortable pour ces jeunes familles encouragées à venir y vivre, avec de plus en plus de ménages monoparentaux et de ménages où les deux partenaires travaillent. Nous concentrons nos efforts sur les plaines de jeux, les crèches, les maisons relais et foyers. D’ailleurs, quand on regarde le Cercle Municipal, c’est très symbolique: à droite, il y a le commerce et à gauche, l’enfance et la jeunesse. Cela montre l’importance que nous attachons à ce volet.

ville, nous avons déjà le souci constant de faire que tout cela fonctionne sans heurt. A cela s’ajoutent, en effet, les 100.000 navetteurs qui viennent dans la journée. C’est un problème que nous partageons avec nos collègues des villes voisines de Thionville, Longwy ou d’Arlon, puisqu’une grande partie de leur population active vient ici. Tous les maires de ces villes ont reconnu qu’il est important de donner aux citoyens un plus grand sentiment d’appartenance à un lieu. Il ne faut pas qu’il y ait de ‘saucissonnage’ entre là où l’on vit, là où l’on travaille et là où l’on sort. Ce phénomène d’intégration ne se limite donc plus à la seule ville de Luxembourg. Il est devenu transfrontalier. Nous devons essayer de trouver, ensemble, des moyens de donner aux citoyens un partage d’ambition et une convivialité qui nous transcendent tous individuellement… C’est comme ça que je vois la ville dans l’avenir. Nous avons la chance, aujourd’hui, d’être dans une situation économique favorable et je pense que les perspectives sont bonnes pour la continuation économique de la ville et du pays. C’est une responsabilité de faire en sorte que ce moteur économique tourne au bénéfice de tout le monde. Il faut que la ville soit à la hauteur du caractère cosmopolite qu’elle a de plus en plus et qu’elle sache rester ouverte et accueillante, avec un climat épanouissant pour les gens qui s’y trouvent, quelle que soit la raison pour laquelle ils s’y trouvent.

Comment gérer les questions d’intégration dans le cadre d’une ville dont la population double en journée avec l’afflux des travailleurs frontaliers? «Avec 65% de non Luxembourgeois qui vivent en

Quelle est, justement, votre vision pour la ville de Luxembourg en 2020? «Je pense que tout indique que la croissance démographique va continuer. D’ici 2020, nous serons certainement plus de

100.000 habitants, plutôt proches de 110.000 ou de 115.000 habitants. La ville sera encore plus internationale qu’elle ne l���est aujourd’hui et elle n’aura rien perdu de son dynamisme économique. Cette population, qui sera une population très exigeante, à très haute demande de qualité de vie, donc d’éducation et d’offre culturelle, demandera à la Ville de faire des efforts pour maintenir ce haut niveau d’excellence que nous avons déjà. Devez-vous vous inquiéter du développement des villes périphériques qui, d’une certaine façon, peuvent concurrencer la Ville de Luxembourg? «Non. Nous avons engagé, depuis quelques années, un beau processus de concertation et de coopération avec les communes qui nous entourent. Sans présager de ce qui va se passer d’ici à 2020, nous sommes en train d’établir des bases qui pourraient, pourquoi pas, conduire à l’établissement d’une véritable communauté urbaine. Mais nous ne voulons pas la forcer. Nous avons déjà commencé à travailler sur des conventions bilatérales et des démarches communes sur les questions de mobilité, de stationnement ou de coordination des nouveaux PAG. Plus nous irons loin dans cette coopération et moins il sera urgent de créer de nouvelles institutions. Mais il est probable qu’à l’horizon 2020, nous aurons créé suffisamment de capital de confiance pour que ce pas supplémentaire vers une communauté urbaine ne soit pas perçu comme la volonté de la grande ville d’avoir la mainmise sur les petites communes voisines, mais bien davantage comme la continuité logique des efforts qui auront été menés jusqu’alors.»

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Luxembourg-Ville

Une croissance à gérer

La capitale, passée de 80.000 à 95.000 habitants en six ans, et qui table sur 20.000 habitants de plus à la fin de la décennie, va devoir apprendre à accompagner ce fort développement par une approche urbanistique pertinente et efficace.

Jean-Michel Gaudron

Alors que depuis 2004 le pays est piloté par une coalition orange (CSV) et rouge (LSAP), la Ville de Luxembourg, elle, navigue en bleu et vert depuis 2005. Le DP, qui a toujours tenu la ville depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (excepté dans la période socialiste 1964-1969, avec Paul Wilwertz) ayant choisi, au terme des dernières élections communales, de s’allier à Déi Gréng. Par là même, il avait relégué dans l’opposition le CSV, pourtant parti de coalition de longue date et arrivé en deuxième position en pourcentage des suffrages (22,17% contre 17,33% aux Verts). Ce contraste chromatique illustre parfaitement la totale décorrélation entre scrutins national et local. La déroute du parti libéral, un an plus tôt, lors des élections législatives de 2004, n’a pas eu d’impact sur un Paul Helminger réélu haut la main, alors que de son côté, Laurent Mosar, qui avait misé sur les élections communales au point de refuser un mandat de ministre dans le gouvernement Juncker-Asselborn I, s’est retrouvé en première ligne pour accompagner la sortie du CSV du conseil échevinal. «Nous sommes un parti qui n’est pas vraiment habitué à être dans l’opposition», note, aujourd’hui, Martine Mergen, présidente de la section locale du parti chrétien social et, de fait, tête de liste en vue du scrutin du 11 octobre prochain. Elle reconnaît à mots couverts le caractère peut-être un peu trop «agressif» de la campagne menée il y a six ans. «Nous sommes aujourd’hui plus modestes, plus humbles et nous mettrons davantage en avant l’équipe, ce qui reflète la philosophie de notre parti, qui est populaire et qui présente un large éventail de profils.» Plus observateur qu’acteur de la politique menée ces six dernières années, elle regrette, avant tout «la réalisation de projets importants et coûteux, mais qui ne présentent pas, à nos yeux, de vraie plus-value

pour tous les citoyens. Le projet de pont pour piétons et vélos devant relier le Kirchberg à Cents est un exemple: il coûtera plus de 17 millions d’euros. Il faudrait faire le calcul du coût par vélo qui y passera. Je peux citer aussi la passerelle en verre qui va relier la nouvelle partie de la mairie à l’ancienne. Nous aimerions davantage que les investissements se fassent dans l’intérêt général de chaque citoyen. Ces 17 millions-là pourraient être investis, par exemple, dans l’amélioration énergétique des bâtiments de la Ville. Globalement, nous avons le sentiment que le caractère écologique de la politique actuelle n’est pas visible.» Mobilité efficace

Avec la présence du parti Déi Gréng dans la coalition qui dirige la Ville, le reproche a de quoi surprendre. François Bausch, premier échevin, fait de la mobilité douce une priorité absolue dans sa démarche. «On peut être en désaccord avec ce qu’on a fait, mais personne ne peut nier que nous avons travaillé pendant six ans de façon dynamique, innovante et dans un esprit de solidarité», plaide la tête de liste verte des prochaines élections. Le développement du Vel’Oh fait, évidemment, partie des satisfactions les plus visibles. En 2005, moins de 1% de la circulation en ville se faisait en pédalant. Aujourd’hui, trois ans et demi après le lancement du concept, le taux est déjà passé à 3,5%. «Et la courbe de progression montre que nous pouvons tout à fait atteindre l’objectif des 10% que nous nous sommes fixé pour 2015. Le projet a été très critiqué à ses débuts, mais il est en passe d’être maintenant unanimement reconnu.» Dans le même temps, une profonde réorganisation du système de transports publics a permis de passer de 23,5 millions de passagers transportés en 2005 à 31,5 millions en 2009 (les chiffres 2010 ne sont pas encore disponibles), avec une flotte de véhicules qui, d’ici à trois ans, «sera moderne

et propre», assure M. Bausch. Et à cela s’ajoute le projet de car sharing qui est en cours d’évaluation et de mise en place et que l’élu Vert espère pouvoir ficeler avant les élections. «Ainsi, le prochain collège échevinal qui sera élu n’aura plus qu’à appuyer sur le bouton.» Evidemment, le succès de la politique communale actuelle ne se mesure pas à la seule qualité du concept de mobilité. Le logement et la sécurité constituent deux des points forts qui devraient figurer en tête des thématiques de campagne de bon nombre des candidats. «Nous constatons que la sécurité sur la voie publique a énormément diminué», s’inquiète ainsi Martine Mergen. Il y a des agressions, des vols à l’arraché en plein jour dans tous les quartiers de la ville et énormément d’agressivité chez les jeunes la nuit dans les lieux publics. Cela nous cause beaucoup de soucis. Il faut investir

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Le futur tram (ici, en simulation place de Paris) suscite presque autant de controverses que d’excitation devant la perspective d’un redéploiement total du schéma urbain.

Visuel: Lifschutz Davidson Sandilands Island Studio

Elections

dans la sécurité, avec plus de visibilité de la police et un mix entre prévention et répression.» Logement: un retard à rattraper

Sans doute aussi la redéfinition du cadre urbain autour du mégaprojet du Centre Hamilius sera-telle de nature à changer la donne. «Cela créera une nouvelle dynamique au centre-ville», se réjouit M. Bausch, persuadé du succès de la mixité de ce site en devenir. «Il représente un modèle de la façon dont nous voulons pousser le développement urbain. Il faut arrêter la séparation des fonctions telle qu’on la connaît depuis 40 ans, avec les lieux de travail d’un côté, la culture d’un autre et les habitations encore ailleurs. Tout cela tend à rendre la ville morte.» Mais aux yeux de Marc Angel, qui conduira le parti socialiste à la reconquête d’un 5e siège au

conseil communal, «perdu pour 80 voix en 2005», rappelle-t-il, ce Centre Hamilius est un arbre qui cache une forêt moins réjouissante. «Ce projet, comme celui du développement de Gasperich, est sous le feu des projecteurs, mais il n’y a, par ailleurs, presque pas de vrais projets de quartiers. On a aussi souvent l’impression que le marché immobilier reste sous le pouvoir des promoteurs, avec toujours plus de bureaux, qui rapportent de l’argent, et moins de logements.» La place de l’Etoile est, à ses yeux, un exemple flagrant, avec une part réservée à l’habitation «disproportionnée comparée aux surfaces de bureaux et de commerces, alors qu’on se trouve à cinq minutes du centre-ville et à deux minutes des parcs. C’est pareil pour la Rocade de Bonnevoie, d’où on dispose d’une des plus belles vues sur la ville. Il aurait été chouette de faire de beaux loge- }  88

Aux urnes, citoyens! C’est le 14 juillet qu’a été fixée la date limite de première inscription sur les listes électorales des ressortissants étrangers souhaitant participer aux élections communales du 9 octobre prochain. La seule condition qu’ils ont à remplir, pour cela (en plus de celle d’avoir l’âge légal de 18 ans), est de résider dans le pays depuis au moins cinq années à la date de la demande d’inscription sur la liste électorale. Ils peuvent alors bénéficier du droit de voter aux élections communales, sans perdre pour autant le droit de vote dans la commune de leur pays d’origine. Dans ce contexte, la configuration sociologique de la ville de Luxembourg, par exemple, illustre de manière encore plus flagrante le décalage qui existe déjà fortement au niveau national, où près de 45% de la population résidente est étrangère. Car sur les quelque 95.000 habitants que compte la capitale, 65% ne sont pas de nationalité luxembourgeoise. Or, sur les 31.000 électeurs inscrits, la part des résidents étrangers tombe à… 13%. En outre, aucun des 27 élus communaux de la Ville de Luxembourg n’est d’une autre nationalité que luxembourgeoise. Il sera intéressant de voir si telle sera encore la situation avec la prochaine coalition municipale… J.-M. G.

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La ville de Luxembourg est une des rares d’Europe qui soient en expansion. Ce qui suscite, de la part de certains, la crainte que le développement actuel aille trop vite et soit nocif pour la qualité de vie des habitants.

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 { ments. On a préféré privilégier les bureaux et les

hôtels.» Et de regretter, dans le même temps, que ne soit pas davantage encouragée une architecture plus respectueuse de l’identité des quartiers, comme à Neudorf, un quartier que l’élu socialiste juge «dénaturé» par les récents développements immobiliers qui y ont eu lieu. Il plaide, dès lors, pour la mise en place, comme en Allemagne, de comités de conseil où des professionnels conseillent les bourgmestres sur la qualité architecturale d’un projet. «On s’active sur les PAP (plans d’aménagement particulier, ndlr.), mais après, on laisse trop souvent la qualité architecturale de côté.» Haro sur la spéculation

La Ville a néanmoins vu sa population fortement augmenter ces dernières années, puisque la capitale comptait 80.000 habitants en 2005 et 15.000 de plus en 2011. Mais la situation n’en reste pas moins préoccupante aux yeux de bon nombre d’observateurs. «On a beaucoup de retard à rattraper en la matière, estime M. Angel. Dans les quartiers péricentraux, il n’y a que très peu de logements pour les familles. C’est une perte de qualité pour les habitants. Or, une ville n’existe que par ses habitants,

ses commerces de proximité, sa culture et son activité. Il faut prendre conscience que la cohésion sociale se crée avec le voisinage.» Ce contexte difficile en matière de logement, largement répandu sur l’ensemble du territoire national, «est surtout grave ici», estime Martine Mergen. «Beaucoup de familles avec des enfants partent de la ville dans les régions autour, voire carrément à l’étranger», s’inquiète-t-elle, en appelant à davantage de collaboration active entre le ministère du Logement, le Fonds du Logement et la Société Nationale des Habitations à Bon Marché. Si François Bausch reconnaît volontiers que la Ville n’a pas été en mesure de désamorcer la problématique du coût du logement, il plaide pour des changements de la législation au niveau national devant permettre de s’attaquer aux phénomènes de spéculation. Et il salue, par ailleurs, la proposition de loi déposée par le député socialiste Ben Fayot début mai (voir aussi article page 44) sur le bail à usage d’habitation. «On note tout de même une forte création de logements de la part du secteur privé, note M. Bausch. Au vu des plans d’aménagement particulier qui ont déjà été accordés, la ville devrait atteindre 105.000 habitants dans les }  90

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a new look to the real estate market

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Photo: David Laurent/Wide (archives)

Une profonde réorganisation du système de transports publics a permis de passer de 23,5 millions de passagers transportés en 2005 à 31,5 millions en 2009.

avons peur que le développement actuel aille trop vite et soit nocif pour la qualité de vie des habitants», prévient-elle. Autour du tram

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 { quatre prochaines années. Et si on regarde les PAP

encore en cours d’instruction, on peut tabler sur 115.000, voire 120.000 d’ici 2020. Il y a donc des choses qui bougent, mais on peut toujours trouver que ce n’est pas assez. Nous avons tout de même créé une dynamique et agi là où nous avons pu. Nous sommes conscients qu’il faut reconquérir la ville pour les gens. C’est réellement un enjeu majeur. Les villes qui réussiront le défi de maintenir une dynamique dans un contexte de développement durable seront les villes gagnantes de demain.» La ville de demain devra donc être capable d’absorber toute cette nouvelle population qui se profile dans le cadre «d’un développement qui soit supportable pour tout le monde», avertit Mme Mergen. Cette intégration dans les meilleures conditions possibles ne sera pas le moindre des chantiers qui attend les prochaines équipes devant occuper l’hôtel de ville. «Il est positif d’attirer à Luxembourg les firmes qui puissent créer du travail et de l’emploi. Mais il faut alors, aussi, accompagner cela par une politique de logement, de développement d’infrastructures et de mobilité. Nous

Une ville ouverte, dynamique où il fait bon vivre: telle est la vision de Luxembourg en 2020 pour Marc Angel. «Une ville où, à la fois, on travaille et on vit. Pour cela, il faudrait commencer par repeupler le centre-ville. Le collège échevinal nous en parle depuis des années, mais je n’ai pas constaté que le nombre d’habitants avait augmenté au centre.» Evidemment, la présence du tram, dont la mise en service est attendue, au mieux, à l’horizon 2015, sera de nature à bouleverser profondément la nature même de la ville. Un projet qui suscite presque autant de controverses que d’excitation devant la perspective d’un redéploiement total du schéma urbain. «Il faut établir un concept global de mobilité, concernant aussi bien le trafic individuel que collectif, et englober toutes les constructions qui vont de pair avec ces développements», indique Mme Mergen. Le message est évidemment reçu 5/5 par celui qui est, pour (au moins) quelques mois encore, le premier échevin de la Ville. «Il est évident qu’il faut bien organiser la croissance de la population et maintenir la dynamique que la ville connaît aujourd’hui, prévient M. Bausch. Il y aura une toute nouvelle qualité de vie et une meilleure situation du logement. La dynamique sera telle que la ville, qui apporte déjà actuellement la part majeure du PIB national, sera plus que jamais le moteur économique de tout le pays.»

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Esch-sur-Alzette

Belval en ville, mais pas «Esch-la-Neuve» La cité, plus que jamais capitale du Sud, entend poursuivre son développement. Pour tous. Et pas seulement autour du centre universitaire.

Alain Ducat (texte), Julien Becker (photos)

Esch-sur-Alzette revient de loin. Et la deuxième ville du pays veut poursuivre sa marche en avant. «En 2000, il fallait remettre Esch sur la carte du pays. Notre ville, plutôt délaissée, était alors en perte d’identité et de confiance. Nous étions trop repliés. Nous devions redorer le blason, produire un saut qualitatif global.» Lydia Mutsch, députée-bourgmestre LSAP, tient le rôle de l’emblématique chantre d’Esch, capitale du Sud. Et elle peut se targuer d’avoir eu le soutien de toute son équipe en vue de redonner des ambitions à la ville qu’elle dirige depuis juin 2000. Et grâce, à la fois, au principe de décentralisation et de politique concertée, «voulue par tous les acteurs à tous les niveaux», l’éclosion du «petit miracle» de Belval a eu lieu: 150 ha portés par le projet d’installation de l’Université. «La loco­ motive tant attendue était sur les rails. Et en 2006, pour son centenaire, Esch pouvait montrer le visage d’une ville bien relancée par la roue de l’histoire.» Esch-Belval est devenu un projet phare, montré en exemple bien au-delà du Luxembourg, avec notamment un intérêt très marqué sur le versant français. Et un projet qui recueille l’unanimité au sein du conseil communal. Pourtant, il demeure des appréciations diverses sur la dualité vis-à-vis du cœur de ville. «C’est un quartier à part entière, élaboré avec des lignes et des exigences nouvelles, commente l’échevin Félix Braz (Déi Gréng), partenaire de la majorité sortante. Belval Ouest donne une impulsion massive à la ville et à toute une région. On est dans un aménagement mixte et coordonné, qui accueillera 20.000 personnes en journée et éta­ blira une jonction cohérente, d’Esch à Sanem.»

e.

«C’est le maillon central d’une chaîne entre Miche­ ville et Terres Rouges», ajoute Lydia Mutsch, qui se dit «toujours mal à l’aise» quand on lui parle d’une ville nouvelle, parfois comparée à Louvain-la-Neuve en Belgique. «Nous préférons parler du Quartier Uni­ versité. Et en attendant que l’Uni, les CRP, la cité des sciences et le lycée soient opérationnels, on a installé des services, les pôles culturels et commerciaux, on a prévu les logements, la mobilité, un aménagement urbain durable. Il faut surtout éviter de créer un îlot prospère avec une région dégradée autour.» Pour Félix Braz, la success story est bien inscrite dans son environnement, avec des exigences énergétiques exemplaires: au départ de la centrale TGV (turbine gaz vapeur), les habitations, les bâtiments publics, la ZARE (Zone d’activités régionale Ehlerange) sont desservies avec un réseau urbain à haut rendement, pour des milliers de tonnes de CO2 économisées. Et l’échevin vert de balayer d’un revers le fantasme du «tout à Belval»: «au contraire, nous avons investi en ville et cela se voit, autour de l’hôtel de ville, place du Brill… Les phases annon­ cées sont terminées ou en bonne voie de l’être.» Il insiste aussi sur les investissements réalisés en sous-sol, avec une réduction drastique du niveau de fuites sur le réseau d’eau, passé de 30% en 2000 à 9% aujourd’hui («Un score rarement vu ailleurs», se réjouit-il), mais aussi une alternative en alimentation électrique et l’installation d’un réseau de fibre optique. Après 17 ans de présence au conseil, M. Braz ne briguera pas, cet automne, de nouveau mandat. «Mais je me réjouis de voir Esch dans dix ans, avec une population rajeunie, un centre dynamique irrigué par le succès de Belval et des projets con­

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«Il existe un grand danger que Belval soit déconnecté du reste d’Esch, géographiquement et sociologiquement»

nexes. La façon d’y vivre va se modifier, mais ce sera pour le bien-être de tous.» De nouvelles perspectives

Une vision à laquelle Lydia Mutsch adhère évidemment. Forte de 31.000 habitants, la ville pourrait atteindre le cap des 40.000 à l’horizon 2020 et sa première magistrate peut compter sur cette véritable «entreprise professionnelle» que représente le service communal, avec un millier de personnes au service des citoyens. Et de rappeler qu’en l’espace de dix ans, Esch a investi plus de 70 millions d’euros dans les écoles et les infrastructures. «La population va se renouveler, dans une plus grande mixité de fonctions. Il y aura d’autres besoins. Esch a un taux de chômage de 11%: c’est un chantier priori­ taire que d’apporter des nouvelles perspectives d’em­ ploi et de logement», prévient la bourgmestre.

Marc Baum

Marc Baum (Déi Lénk) rebondit. «Esch, par sa structure sociologique, reste une ville ouvrière. Le chômage a atteint le niveau le plus élevé depuis la fin de la guerre! Le développement de ces dernières années est marqué par un profond clivage, entre un progrès urbain apparent et la précarisation fla­ grante d’un nombre important de citoyens.» Il y voit la responsabilité politique de la coalition en place, «qui a baissé l’impôt commercial, mais haussé les taxes sur les immondices, l’eau ou l’égouttage…» Pour lui, l’enjeu est clair: «la cohérence sociale», qui passe par «des investissements majeurs dans l’éducation». En gros, le slogan pourrait être: «avoir une université oui, mais alors il faut que les jeunes Eschois puissent y aller». Il défend donc une école de la deuxième chance, un intérêt plus marqué pour l’école fondamentale, des mesures pour le logement accessible.

Cela étant, Marc Baum, comme tous les responsables locaux, fait de Belval un enjeu colossal: «le fait que l’Université du Luxembourg ouvre ses por­ tes à Belval en 2014 sera d’une importance pour le développement de la ville qui n’est comparable qu’avec la mise en marche du premier haut four­ neau il y a 100 ans. Mais il existe un grand danger que Belval soit déconnecté du reste d’Esch, géogra­ phiquement et sociologiquement.» A l’évidence, Belval est plus qu’un fil rouge. «Tout le monde est d’accord là-dessus», note PierreMarc (alias Pim) Knaff, qui plaide pour le DP. «C’est un fabuleux projet. Nous y contribuons tous. Il faut maintenant bien relier ce quartier à la vieille ville.» Pim Knaff est aussi chagriné par la désertification du Esch by night. «Un beau parking dans le centre, c’est parfait. Mais il est fermé à 22h. Là, c’est une idiotie qui tue toute la vie nocturne. C’est }  94

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«Il faut prolonger le développement, mais éviter de créer un îlot prospère avec une région dégradée autour» Lydia Mutsch

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Mobilité

Bien choisir ses voies Esch et Belval reliés efficacement à Luxembourg, aux pays voisins et entre eux… La cause à voies multiples fait l’unanimité. Et chaque fraction a ses options favorites. Pour les Verts (Félix Braz), «les plans de mobilité ont prévu les gares de desserte, les lignes, le tram qui reliera la capitale. On est, pour les transports en commun, dans une logique de split 60/40, ce qui va bien plus loin que le 75/25 visé par l’Etat!» Pour Marc Baum (Déi Lénk), il faut absolument «éviter que Belval soit déconnecté du reste d’Esch». C’est aussi l’avis de Pim Knaff (DP), pour qui «les accès sont encore laborieux, par la route ou par le rail. Il ne suffit pas d’avoir une belle gare! Il faut améliorer la fluidité du trafic, sur l’axe entrée de ville-gare-frontière. Un tunnel semble être une voie raisonnable.» Le CSV plaide globalement pour une «mobilité adaptée, par le rail, la route et les sentiers cyclo-pédestres». Quant à Lydia Mutsh, elle valide le tout: «Esch sera plus que jamais la ‘ville des courts chemins’, avec des déplacements et une qualité de vie améliorés. On a préparé tout ça, c’est en cours.» A.D.

 { quand même aberrant d’imaginer une capitale de

région et cité universitaire qui se vide le soir, au profit de Differdange ou de Luxembourg!» Une évolution capitale

Pour le DP, c’est vital: Esch doit rester attractive. «Pour l’instant, à moins de s’enfouir la tête dans le sable, on ne peut que constater qu’Esch fait peur. Il y a un sentiment d’insécurité bien réel.» Dans son programme, le parti libéral suggère des caméras de surveillance en ville et une lutte contre la délinquance. «Elle est fortement liée à la consommation de drogues. Nous proposons un cen­ tre thérapeutique spécifique.» Pim Knaff souhaite une mixité sociale, mais réclame un «rééquilibrage»: «Esch draine un public attiré par la politique sociale, une politique qui va trop loin et pèse la moitié du budget de la ville. Bel­ val est une opportunité à saisir pour modifier la structure de la population. Et faire en sorte que cette population nouvelle n’ait pas besoin de cher­ cher ses besoins ailleurs.» Principal parti d’opposition, le CSV de François Maroldt reconnaît l’évolution de la ville mais se

méfie des «dépenses ostentatoires» et de la «poli­ tique d’emprunts massifs», auxquelles il préfère la gestion en bon père de famille. Particularité de la campagne du parti chrétien social eschois: «il n’y a pas de tête de liste, mais une liste de têtes», dixit le président Biltgen… André Zwally et Carlos Guedes, tous deux candidats, apportent une vision collégiale. Sans ambiguïté, le défi de Belval doit être relevé et lié au centre. «Il faudra aussi prévoir une offre culturelle et de loisirs de qualité pour l’ensemble des occupants de cette nouvelle cité. Esch doit rede­ venir la véritable capitale économique et culturelle du Sud, également capitale de l’enseignement supé­ rieur et de la recherche. Cette ville a un potentiel, humain et territorial, énorme. Il doit être utilisé à bon escient!» Fondamentalement, le CSV entend «rendre la ville aux citoyens, qui ont le droit légi­ time à la codécision politique». «L’évolution doit se faire en parallèle et en concertation», conclut Lydia Mutsch, souvent cible des discours musclés, «pour anticiper, gérer et faire en sorte que tout le monde profite du développement.»

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Dan Kersch

«Un maillon important de la démocratie» Le président du Syndicat des villes et des communes luxembourgeoises (Syvicol), également bourgmestre de Mondercange, analyse les enjeux des prochaines élections communales. A ses yeux, il est important de ne pas oublier le volet social dans les axes de développement des communes.

Laurent Moyse (interview), Luc Deflorenne (photo)

Monsieur Kersch, en tant que président du Syvicol, le Syndicat des villes et des communes luxembourgeoises, comment percevez-vous l’importance des élections communales de ce mois d’octobre? «Pour donner une appréciation sur les élections communales, il faut d’abord donner une appréciation sur les communes. Je suis d’avis que celles-ci sont un maillon important dans la construction démocratique, car elles représentent une institution qui inspire le plus de confiance aux citoyens. On s’en aperçoit dans les sondages, et ce n’est sans doute pas un hasard, étant donné que les communes sont proches des citoyens: c’est un endroit où ils ont leur premier contact et où ils peuvent quasiment toucher de la main les responsables politiques, à la différence de la scène nationale ou européenne. Par rapport aux dernières élections communales, des changements sont intervenus sur le plan législatif, notamment en ce qui concerne le droit de vote actif pour les ressortissants non communautaires et le droit de vote passif pour les citoyens communautaires. Comment jugez-vous cette nouveauté en matière de participation des étrangers? «C’est une nouveauté que j’approuve. Nous vivons dans un pays où bientôt la moitié de nos citoyens seront des étrangers. Nous ne pouvons nous permettre de les exclure de la vie démocratique, sauf à vouloir créer des conditions telles que les a connues l’Afrique du Sud dans le passé. Nous aimons nous présenter comme un pays qui respecte les règles du jeu démocratiques. Il faut dès lors inclure les gens qui habitent, travaillent, paient leurs impôts et contribuent au bien-être dans notre pays, de sorte qu’ils puissent participer activement à la construction de notre société. Que pensez-vous de l’autre volet de cette réforme, à savoir l’impossibilité de cumuler un poste d’agent public et un mandat communal? «Je le regrette. D’un côté, je suis d’accord que davantage de personnes puissent participer activement au processus électoral. D’un autre côté, je désapprouve qu’on veuille restreindre la possibilité de se

faire élire, étant donné que nous trouvons toujours moins de volontaires prêts à sacrifier leur temps libre pour assumer des charges communales. En dépit des belles paroles prodiguées lors des discours du dimanche, l’administration communale repose toujours sur le bénévolat, y compris sur le plan politique. Les gens qui endossent une telle responsabilité reçoivent certes une compensation, mais ils ne sont pas payés pour autant; c’est une grosse différence. De plus, ces gens assument une grande responsabilité personnelle; il suffit de songer à la discussion que nous avons eue à propos de différents accidents qui se sont produits et au cours de laquelle on a essayé de criminaliser les responsables politiques communaux. Il faut être conscient que ce n’est pas toujours une partie de plaisir. C’est pour cela que je regrette que nous devions exclure de la politique toujours plus de gens, du fait des incompatibilités que nous créons de manière artificielle. S’agissant de la réorganisation territoriale, la volonté du gouvernement est d’encourager les fusions de petites communes, de façon à ce qu’elles atteignent une certaine taille critique. Cette approche va-t-elle dans la bonne direction? «Je ne peux que répéter la position du Syvicol, qui a toujours été favorable aux fusions et veut même les encourager, à condition que cela ne se fasse pas sous la contrainte. N’oublions pas que c’est le Syvicol qui a fait bouger ce dossier en fixant un ordre de grandeur, suggérant que chaque commune compte un minimum de 3.000 habitants. Ce chiffre n’est pas tombé du ciel, même si certaines personnes tentent à présent de se l’approprier. Qu’en est-il des autres points de la réorganisation territoriale? Sur ce plan aussi, les communes sont sollicitées... «On dit toujours que les communes sont sollicitées, mais pour le moment, c’est le ministère de l’Intérieur qui est sollicité. Le Syvicol a fait une série de propositions concrètes, par exemple sur le réaménagement de l’administration, la réorganisation au niveau du personnel ou la simplification administrative. Les propositions sont sur la table, mais le ministère ne bouge pas.

Une réforme législative est aussi intervenue en faveur des offices sociaux, qui dépendent des communes. Comment percevez-vous ce changement? «Je vous donne mon opinion personnelle, parce que je ne sais pas si tout le monde pense de même au Syvicol. Un rapport de la commission de la réforme territoriale, sorti en 2005, précise qu’une commune doit s’appuyer sur trois piliers: un pilier administratif, un financier et un technique. Je suis d’avis qu’il faut ajouter un quatrième maillon: le social. Ce qui veut dire implicitement que je suis favorable à cette réforme, car je pense qu’il faut offrir un office social fonctionnel aux citoyens nécessiteux. Mais je pense que cela ne suffit. Il faut encore mener d’autres réflexions dans les communes sur l’intégration et la lutte contre les discriminations de façon à renforcer la cohésion sociale. C’est une chose importante. Je suis d’avis que cette réforme n’est pas parfaite: la question est de savoir si nous ne ferons pas de la politique sociale devant les tribunaux à partir du moment où nous aurons des procès. Une autre question est de savoir s’il est opportun de ne pas impliquer les conseils échevinaux dans les offices sociaux. A mon avis, ce n’est même pas conforme à la Constitution. Charger un conseiller communal de s’occuper d’une tâche qu’on voudrait soustraire à un échevin ou un bourgmestre ne me paraît pas possible. Dans l’ensemble, j’estime cependant que cette réforme constitue un progrès en matière de politique sociale. Un autre point qui a beaucoup été discuté au niveau des communes est le prix de l’eau. La solution qui a été retenue vous semble-t-elle bonne? «On ne peut parler de solution: le ministère n’a fait qu’une proposition sur la façon de procéder. Cela prouve au moins que le ministre a compris que l’approche rigide de son administration au départ ne peut s’appliquer telle quelle. Car fixer le prix de l’eau – et sur ce point, la position du Syvicol était claire depuis le début – n’est pas seulement une question technique, mais d’abord une question politique et sociale. D’où la grande discussion qui a vu le jour dans les communes, parce que certaines d’entre elles ne voulaient pas renchérir le prix de l’eau de 300% ou 400% et parce que nous avons rencontré peu de

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Syndicat

Syvicol, mode d’emploi «Je regrette que nous devions exclure de la politique toujours plus de gens, du fait des incompatibilités que nous créons de manière artificielle» Dan Kersch (Syvicol)

compréhension de la part de l’Administration de la gestion de l’eau quand nous avons réclamé. Nous nous réjouissons que le ministère ait finalement retenu la proposition du Syvicol et qu’il soit disposé à appliquer l’article 12-4 de la loi. Quant au modèle qu’il a présenté, je doute qu’il soit appliqué tel quel dans toutes les communes. Mais le ministère a au moins fait une ouverture politique en disant que nous allions réaliser un équilibrage économique et géographique. Depuis quelques semaines, de nombreuses communes se sont alliées pour exprimer leur opposition à la centrale de Cattenom. Quelle sera l’importance de la problématique énergétique lors des élections communales? «En ce qui concerne mon programme électoral et celui du LSAP de Mondercange, elle joue un grand rôle. Nous avons fixé un objectif très clair: ce que la commune consomme en énergie – je parle des services de la commune, à savoir l’éclairage public, nos écoles, nos maisons-relais, nos bâtiments publics, nos voitures –, nous voulons le produire sous la forme d’énergie renouvelable. Nous voulons clairement entrer dans une logique passive.

Et dans les autres communes? «Je ne peux pas vous le dire. Je pars du principe que cette question sera aussi un sujet central dans les autres communes. Bien sûr, il faut investir beaucoup d’argent et cela ne peut se faire sans un travail minutieux, mais il faut aussi créer les conditions politiques pour qu’on n’ait plus à débattre du fait que les communes ont le droit de s’y aventurer ou non. Je suis d’avis que la base juridique existe: il n’y a pas de loi qui l’exclut. Le ministère de l’Intérieur est d’un autre avis. Aussi, et pour que ce soit clair une fois pour toutes, je crois qu’il faut légiférer de sorte que les communes aient le droit de prendre des initiatives dans le domaine de l’énergie renouvelable. En tout cas, si je suis réélu, nous le ferons, avec ou sans l’assentiment du ministère de l’Intérieur. Un autre point qui concerne de près les communes, c’est le pacte logement, qui repose sur une coopération étroite entre le ministère et les communes. Quelle est votre opinion sur ce dossier? «D’abord, j’ai été surpris d’apprendre que lors de l’évaluation du pacte logement à la Chambre des députés, l’on a accusé les commu-

Créé, sous sa forme actuelle, en novembre 1986, le Syvicol trouve son origine en 1951, date de la création d’une section luxembourgeoise du Conseil des Communes d’Europe qui, en 1963, devient l’Association des Villes et Communes Luxembourgeoises (AVCL), asbl qui a pour mission la défense des intérêts des communes luxembourgeoises aux niveaux national, européen et international. C’est pour mieux intégrer la représentation du secteur communal dans le cadre institutionnel public luxembourgeois qu’un règlement grand-ducal a été adopté, le 29 novembre 1989, donnant naissance au Syvicol dont le fonctionnement sera ensuite inscrit dans la loi du 23 février 2001 concernant les syndicats de communes. Outre son rôle, au niveau national, d’interlocuteur privilégié avec le gouvernement, le syndicat est également très actif dans plusieurs organisations internationales ayant les mêmes ambitions de défense des intérêts communaux. Arrivé à la présidence en septembre 2009, Dan Kersch, bourgmestre LSAP de la commune de Mondercange, a succédé à un autre socialiste, Jean-Pierre Klein (bourgmestre de Steinsel) qui occupait le siège depuis 2000. J.-M. G.

nes de se contenter d’encaisser l’argent. C’est d’autant plus étonnant que ce ne sont pas les communes qui ont voté ce texte, mais la Chambre elle-même. Les communes ne font que ce que la loi leur impose: elles augmentent le nombre d’habitants et reçoivent de l’argent en conséquence. Ensuite, il est faux de prétendre que le pacte logement est inutile. Il comporte une série de prescriptions très utiles, notamment celle induisant que les gens qui vendent leur terrain à la commune ou à l’Etat n’ont pas besoin de payer de plus-value. Cette mesure nous a bien aidés pour acheter des terrains, en tout cas à Mondercange. Et je peux vous assurer que nous avons quatre ou cinq projets en cours en coopération avec le ministère du Logement pour créer des habitations dans notre commune. Ajoutons que grâce à la loi de 1979, les communes empruntant cette voie bénéficient d’une aide substantielle de l’Etat. Dans le même temps, il est bon de souligner qu’une commune n’a pas toujours la possibilité d’y recourir car si l’on veut se lancer dans un projet subventionné à 75%, il faut quand même disposer des 25% restants ou être en possession des terrains. Sans quoi, il est difficile de réaliser de tels projets.»

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Beckerich

«Un profil durable reconnu» Camille Gira a réussi à faire de sa commune rurale un exemple de développement durable autour des trois piliers que sont l’écologie, l’économie et le social.

«Soyons moins avides et essayons de bâtir notre avenir sur des bases plus saines et solides» Camille Gira

Michaël Peiffer (interview), Julien Becker (photo)

Monsieur Gira, comment la petite commune de Beckerich a-t-elle fait pour devenir un exemple de développement durable? «C’est un travail de longue haleine. Au début des années 80, nous assistions, impuissants, à l’exode rural. Notre village mourrait, les rentrées fiscales s’amenuisaient. Face à cette crise, nous avons décidé d’agir. Sur le plan économique, il fallait créer de l’emploi. Les Eaux de Beckerich ont permis cela. Une crise est dangereuse, mais elle est aussi une énorme chance à saisir. En 1990, j’ai été élu bourgmestre et nous avons écrit le premier programme écologique. Nous avons développé une véritable vision d’avenir. En 1995, nous étions parmi les membres fondateurs de l’Alliance pour le climat au Luxembourg. On s’est engagé dès cette époque à réduire nos émissions de CO2. Pour cela, il fallait innover, trouver des sources d’énergie alternatives. Et investir dans le développement durable. L’autonomie énergétique, est-ce un objectif? «Cela pourrait devenir une réalité en 2020. Notre usine de cogénération électricité-chaleur alimentée

par une installation de biométhanisation couvre la consommation électrique moyenne de 700 ménages. L’administration communale achète la chaleur et, grâce à son réseau de chauffage urbain de 14 kilomètres, la redistribue. On récupère ainsi une certaine souveraineté dans le domaine énergétique. Pour répondre à toutes les demandes de raccordement, nous avons installé une chaudière à copeaux de bois à côté du biogaz. Personnellement, je préfère dépendre de quelques conseillers communaux et de 19 agriculteurs que de multinationales à l’autre bout du monde. Une société privée mise sur un retour sur investissement dans les trois à six ans. Elle n’investirait pas dans un tel système de chaleur qui a une durée de vie de 80 ans, mais qui n’est rentable qu’au bout de 30. La population accepte-t-elle facilement de vous suivre? «C’est même la clé du succès. Pour que ça marche, il faut que toutes les parties prenantes s’investissent dans la même voie. Très tôt, nous avons mis en place des commissions consultatives composées d’élus et de citoyens. De la sorte, le feedback est immédiat. Les projets mûrissent doucement, de façon concertée et réfléchie. Notre politique est basée sur le bon sens.

Cette étiquette ‘développement durable’ estelle un atout ou un handicap aujourd’hui? «Un atout. Sans discussion possible. Nous avons une identité claire et fortement marquée. Notre profil est connu et on veille à ce que les projets, qu’ils soient publics ou privés, développés sur la commune, entrent dans ce moule. A ce propos, un projet d’hôtel ‘zéro émission’ est à l’étude actuellement. Quand je vois que le Pall Center, le centre commercial installé à Oberpallen, fait du développement durable un argument de vente, cela me rend optimiste. Si les acteurs économiques allaient à contrecourant de notre politique, cela ne pourrait pas fonctionner. Aujourd’hui, je vois la commune comme un catalyseur capable d’engendrer les changements de société nécessaires. Pourquoi ne pas avoir signé le pacte logement avec le gouvernement? «Je trouve que c’est une drôle de philosophie de se dire que tout doit grandir. L’idée d’augmenter sa population de 15% en dix ans ne m’intéresse pas. Je me vois mal installer un nouveau lotissement de 300 personnes à côté d’un petit village existant. Que fait-on de l’équilibre sociologique? Nous sommes environ 2.300 aujourd’hui. On vit bien, avec le staff nécessaire au bon fonctionnement des services. Quand on fait du développement durable, il faut pouvoir dire non. Faut-il à tout prix que le Luxembourg se développe autant? Quand les Eaux de Beckerich ont voulu doubler la production du site, nous avons refusé. Parce que cela voulait dire aussi deux fois plus de camions et de désagréments pour les riverains. Soyons moins avides et essayons de bâtir notre avenir sur des bases plus saines et solides. On ne peut pas dépendre à 100% de l’extérieur.»

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Differdange

Les PPP pour l’alternative sudiste Differdange s’appuie sur les partenariats public-privé pour retrouver sa place dans l’élan régional autour de l’université, d’une nouvelle population et de nouveaux besoins.

«Differdange n’a pas fini de changer et prendra sa place dans une région en métamorphose» Claude Meisch

Alain Ducat (texte), Julien Becker (photo)

Differdange, troisième ville du pays avec 22.000 habitants (soit 5.000 de plus en 20 ans), est l’alter­native du Sud. Non pas à la traîne d’Eschsur-Alzette, mais bel et bien sur la même voie. Avec la locomotive universitaire à l’horizon et, pour carburant, une dose de dynamisme et de volonté de développement. «Nous avons clairement anticipé le développement de Belval en misant sur les infrastructures, le logement, les nouveaux emplois et la qualité de vie, opine Claude Meisch, bourgmestre DP de la ville. Nous avons beaucoup travaillé sur l’image et la revitalisation du centre. Differdange a un potentiel énorme dans une région en pleine métamorphose. La ville avait beaucoup perdu, mais on l’a repositionnée. Nous voulons jouer un rôle important dans le sud du pays.» Un des projets phares, qui entre en phase bien concrète, c’est l’aménagement d’un nouveau quartier, sur l’ancien plateau du funiculaire. Un aménagement concerté, avec un grand parc de 5 ha, un centre commercial de 13.000 m2, des logements, des emplois… Un mini-Belval? Claude Meisch ne bondit pas sur la comparaison. «Dans l’esprit, il y a de ça. Mais ici, on ne crée pas un décalage par rapport au centre-ville. Au contraire,

on remplit le vide sur cette friche et on recrée une continuité urbaine entre quartiers, avec liaison directe et mobilité douce vers le cœur de la cité.» S’engager, anticiper, diversifier

Arboria, comme l’appelle le promoteur privé qui le pilote avec la ville, symbolise bien la logique de partenariats public-privé (PPP) que défend la commune. «Sur les gros projets d’infrastructures collectives, nous avons opté pour cette formule. Nous avons mis en place les premiers PPP avec une commune. Il y a Aquasud, la nouvelle piscine avec centre de wellness-fitness, le nouveau stade sportif avec tribune couverte et vaste parking. Nous profitons de l’expertise de privés qui ont les reins solides et l’expérience.» Pour mener à bien ces partenariats, Differdange travaille avec une société qui a développé quelque 70 sites aquatiques en France et avec une entreprise allemande qui gère le stade olympique de Berlin. «On se lie pour 25 ans, mais c’est un partenariat qui engage tout le monde et qui garantit la bonne fin. Ici, on est dans le concret. Le stade sera là en 2012 et la piscine pour le 15 septembre 2013.» Parallèlement, la commune s’est attaquée aux besoins plus modestes, mais tout aussi pertinents. «Ce qui existait était parfois en mauvais état, d’un autre âge. En plus, il faut anticiper les nouveaux

accroissements de population, puisqu’on estime raisonnablement que l’on atteindra vite les 25.000 habitants, au vu des projets immobiliers et de la demande. En dix ans, la ville a rénové ou créé 84 salles de classe. On espère de tous nos vœux voir programmer notre lycée. Nous avons des priorités, pour les écoles, les structures d’accueil pour jeunes et pour personnes âgées, un beau projet de centre culturel.» Differdange se positionne aussi dans la diversification économique. «Les zones d’activité tournent, nous avons 250 emplois nouveaux dans le secteur des médias, le tertiaire a de beaux défis à relever… On est et on restera une ville industrielle. Mais, en plus, se redéploie une ville dynamique, avec du commerce, de l’artisanat, des services… Une ville avec une mobilité pensée dans l’optique du développement durable. C’est un processus de longue haleine. Il y a encore du travail.» Claude Meisch est évidemment candidat à prolonger son action. Comment voit-il sa ville dans dix ans? «Elle aura retrouvé sa place et son aura. On verra une cité dynamique à proximité de l’université, avec davantage d’emplois pour ses habitants. Une ville dans laquelle les gens resteront, reviendront et vivront bien.» Pour le bouillant jeune bourgmestre, ce n’est pas de l’utopie, c’est un concept général. Et programmé…

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Dudelange

La culture de la mutation continue Dudelange, ville des cultures, voudrait surfer sur la vague et prolonger le développement d’un pôle urbain intercommunal, vert, économique et dynamique.

«Nous voulons attirer des activités connexes, via des pépinières d’entreprises» Alex Bodry

Alain Ducat (texte), Julien Becker (photo)

Bastion du leader LSAP Alex Bodry, Dudelange mise depuis des années sur la culture comme axe de développement majeur. «Avant, nous étions la Forge du Sud. On parle maintenant de Dudelange, ville des cultures, en référence au facteur de cohésion sociale et à la diversité de notre population», note le bourgmestre de la quatrième plus grande ville du pays. C’est vrai que la cité sudiste c’est doté d’un tissu associatif très actif, s’est beaucoup impliquée dans ce domaine, avec imagination et détermination. Elle a été l’une des premières communes à s’investir dans la fête de la musique, son festival de musique celtique constitue un incontournable de l’agenda culturel… «Dudelange fait beaucoup pour la photographie, la promotion de jeunes artistes et pour l’art contemporain. Nous sommes d’ailleurs fiers de posséder une collection importante, accessible au public.» L’école de musique, partie intégrante du Centre Culturel Régional (CCR) opderschmelz est la plus importante du pays. «Le projet CCR, combiné à celui du Centre National de l’Audiovisuel, nous a ouvert de nouvelles perspectives et un public fidèle. La culture contribue au rayonnement de notre commune.» Dudelange veut maintenant surfer sur la vague qui a vu progressivement l’ancienne ville sidérurgique opérer sa mutation. «Grâce aux activités

culturelles, on a évité l’écueil de la ville-dortoir, appuie M. Bodry. Les gens se sont installés, des entreprises aussi, et le tourisme culturel est un vecteur prometteur. En six ans, notre population a connu une augmentation nette de 1.000 personnes, dépassant en 2010 la barre des 19.000 habitants.» Alors, on n’a pas fini de cultiver cette fibre à Dudelange. Pour preuve, la culture représente quelque 10% du budget de la ville et l’équipe municipale en place entend bien maintenir ce cap, nourri d’autres ambitions. Comme celle d’être prête à participer à un grand projet de construction de studios de cinéma, sur les friches sidérurgiques. «Encore faut-il que les producteurs de films et l’Etat confirment aussi leurs engagements, prévient M. Bodry… Il me tient à cœur d’associer les habitants et surtout les jeunes à la culture, d’où l’idée de promouvoir les arts à l’école. Des projets d’éducation aux médias sont aussi à l’étude, de même que l’instauration d’un système public de prêt d’œuvres d’art. Dans le cadre de la construction d’un hôtel familial, il est prévu d’installer des logements pour artistes. Les idées ne manquent pas. Espérons que les moyens seront disponibles.» Une communauté urbaine à la force d’attraction

La mutation n’est pas achevée. Et Alex Bodry a sa vision. «Dans dix ans, Dudelange sera métamorphosée. Nous compterons de nouvelles zones d’habi­

tation, actuellement en planification, et quelque 25.000 habitants. Le quartier Neischmelz, au sud de la ville, sera un modèle d’urbanisme et de mode de vie durables. Le centre-ville sera revitalisé. On aura transposé le concept misant sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. L’introduction d’un tram aura permis de faire l’économie des passages à niveau…» La ville pressent de nouvelles activités économiques liées aux médias, aux technologies de la santé et de l’environnement, à la logistique. L’objectif est également de renforcer la coopération intercommunale, avec les voisins de Bettembourg, Roeser, Kayl et Rumelange, «pour créer une communauté urbaine puissante, un pôle de développement majeur». Le souci partagé est de développer activités économiques et services publics pour la région. «Le lycée Nic-Biever en pleine expansion, la construction du laboratoire national de santé et le développement d’un centre national de logistique, sont des atouts importants. Nous voulons attirer des activités connexes, via des pépinières d’entreprises.» La ville promet de redoubler d’efforts pour valoriser le centre urbain commercial, doté d’un projet d’envergure, ainsi que les richesses naturelles de Dudelange pour booster l’essor touristique régional… «C’est un ensemble cohérent, qui fait partie du bien-être des Dudelangeois.»

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Bertrange

Un village au cœur de la périphérie Face à un développement urbain galopant, la commune, et ses plus proches voisines, veulent préserver la qualité de vie et la convivialité de leurs localités.

«Apprendre à se connaître, à se faire confiance» Frank Colabianchi

Sébastien Lambotte (texte), Julien Becker (photo)

La commune de Bertrange a beau être enclavée entre deux axes routiers principaux rejoignant Luxembourg (les routes d’Arlon et de Longwy), elle a su préserver la convivialité de son centre. Mais face au développement de Luxembourg et de sa périphérie, la tâche n’est pas simple. Son bourgmestre DP, Frank Colabianchi, le reconnaît: «Notre développement, mais aussi celui des communes voisines, est important. A l’heure actuelle, nous comptons 6.500 habitants, mais nous nous rendons compte, à travers certaines études et projets à venir, que la population risque d’augmenter considérablement dans les années à venir.» Le bourgmestre évoque, par exemple, la créa­ tion de deux lotissements importants, qui pour­ ront accueillir jusqu’à un millier d’habitants de plus sur la commune, mais aussi le dévelop­ pement de lotissements par les communes voisi­ nes. «Tout cela amène un trafic supplémentaire et nous oblige à gérer le développement, explique-t-il. Nous préférons adopter une démarche prévoyante au niveau de la gestion de ces projets.» Ainsi, lors de la précédente mandature, la com­ mune de Bertrange a mis l’accent sur l’amélio­

ration des infrastructures scolaires. Avant de développer, au cours des six dernières années, de nouvelles infrastructures sportives et de loisirs. Le centre aquatique Les Thermes, coordonné avec la commune de Strassen, ou bien le centre de loi­ sirs et culturel ArcA sont les principales réalisa­ tions de cette approche. Une gestion intercommunale

La commune tient donc à maintenir une qualité de vie optimale et dispose encore de quelques pro­ jets majeurs dans ses cartons, notamment dans le cadre du réaménagement du centre-ville. «Nous tenons à notre centre local, à son esprit de village, à ses commerces de proximité accessibles. Pour préserver ce cadre, l’ensemble du cœur du village va être rénové en zone de rencontre, où la priorité sera donnée au piéton, explique l’élu. Le parking que l’on y trouve actuellement sera transformé en un parc communal. Sur toute la zone, la vitesse sera limitée à 20 km/h, et à 30 km/h aux abords de ce centre.» Les travaux devraient commencer au lendemain des élections et s’étendre sur deux années. Mais pour préserver la qualité de vie dans la périphérie, il faudra aller plus loin. Les dévelop­ pements, en son sein, devront être mieux coor­

donnés. C’est pourquoi un organe de gestion nommé «Dici» (Développement intercommunal coordonné et interactif) a été mis en place. Il ras­ semble les bourgmestres de cinq communes concernées par le développement galopant de la périphérie: Bertrange, Hesperange, Leudelange, Luxembourg et Strassen. «Chacune de ces communes grandit et connaît des pressions. Aussi, il est de notre avis que ce développement doit être mieux géré, commente Frank Colabianchi. Nous n’y arriverons pas en travaillant chacun de notre côté, mais ensemble.» Le bourgmestre de Bertrange, s’il tient à son autonomie en tant qu’élu local, n’a aucune peine à imaginer des projets communs avec ses collè­ gues voisins. «Certaines zones, par exemple, pourraient être exploitées conjointement, pour attirer des entreprises, de nouvelles activités, explique-t-il. Dici est un projet ambitieux et important, qui exige, des bourgmestres concernés, qu’ils apprennent à se connaître, à se faire confiance.» Sans conteste, l’amélioration de la gestion du développement, pour répondre à la volonté de cha­ que commune et aux besoins de leur population, sera un des enjeux des six prochaines années… et au-delà.

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Bascharage

«Une fusion rondement menée» Michel Wolter, bourgmestre de Bascharage, ne peut être que satisfait du rapprochement avec Clemency qui a donné naissance à la future commune de Käerjeng, forte de plus de 10.000 habitants et de nombreuses ambitions.

«Donner l’image d’une commune importante sur l’échiquier national» Michel Wolter

Michaël Peiffer (interview), Julien Becker (photo)

Monsieur Wolter, en tant que bourgmestre de Bascharage, comment expliquez-vous la réussite rapide de cette fusion entre votre commune et celle de Clemency? «Chacun a vu ce qu’il avait à gagner dans ce rapprochement. D’un coup, Käerjeng, la nouvelle entité fusionnée, va devenir la 8e ou 9e commune du pays. Bascharage seule aurait dû attendre encore 10 ou 20 ans pour atteindre les 10.000 habitants. De son côté, Clemency, avec quelque 2.200 résidents, n’arrivait pas au cap des 3.000-3.500 habitants nécessaires pour offrir un service optimal à la population. Au-delà de 10.000 citoyens, l’organisation d’une commune change. Un architecte peut être engagé pour chapeauter le service technique, les services s’étoffent, etc. Sur le plan politique, malgré certaines divergences inévitables, tout le monde a fait preuve d’intelligence. Il est remarquable que tout se soit réglé en un an à peine, avec une large participation de tous les acteurs. Enfin, il ne faut pas sous-estimer l’opération financière. L’Etat va pourvoir Käerjeng d’une aide spéciale de 2.500 euros par habitant, soit un total

de 23 millions d’euros. Cet argent nous permet de mieux envisager l’avenir. Comment aller vous concrètement travailler au développement de cette nouvelle commune? «Nous allons tout d’abord étoffer l’offre de services à la population. Ensuite, nous allons mettre l’accent sur deux axes: l’offre scolaire à Clemency et l’offre culturelle à Bascharage. Notre projet est évidemment de poursuivre notre politique d’investissement. Comment vont s’organiser les prochaines élections communales, le 9 octobre prochain? «Il a fallu trouver un modèle particulier. Le prochain conseil sera composé de 17 personnes. L’ancienne commune de Bascharage élira douze représentants, pour cinq à Clemency. A partir de 2017, nous aurons droit à 15 élus. Dans cette phase transitoire, nous avons voulu sauvegarder l’intérêt de Clemency et permettre à ses mandataires de se faire une place dans la vie communale. Cette fusion vous permet d’afficher de nouvelles ambitions. Quelles sont-elles exactement? «Käerjeng a pour ambition de tenir son rang, don-

ner l’image d’une commune importante sur l’échiquier national. Jusqu’ici, nous sommes toujours restés très discrets. L’arrivée du Lycée Technique pour les Professionnels de la Santé (LTPS) est un premier signe positif. Depuis douze ans, la même majorité est en place et a beaucoup travaillé à l’amélioration de la qualité de vie à Bascharage. Le premier mandat a vu la création d’un nouveau centre scolaire avec toutes les fonctions d’encadrement. Le deuxième s’est axé sur la réalisation des installations sportives qui vont avec. Les six prochaines années devraient être dédiées à l’offre culturelle. Ecole, sport et culture seront réunis sur un même site pour un encadrement optimal à tout moment de la journée. Quels sont les autres défis qu’il faudra relever à l’avenir? «La qualité de vie est remarquable. Seul bémol, l’avenue de Luxembourg qui, chaque jour, voit passer 23.000 voitures, auxquelles il faut ajouter quelque 1.500 camions et autobus. Cela fait presque 30 ans qu’on nous promet un projet de contournement routier. Pour nous, il doit être un préalable à toute discussion future et pas la conséquence éventuelle de l’installation de nouveaux dépôts pétroliers sur le territoire de la commune. Nous avons deux autres projets en cours. Le premier s’intitule Käerjeng goes internet. Nous avons été les premiers à nous lancer dans l’aventure du haut débit. Deux millions d’euros ont été investis dans l’équipement du réseau. Enfin, nous travaillons à un nouveau concept de mobilité. D’ici cinq à sept ans, nous voulons créer un réseau piéton-cyclo totalement séparé des voies de circulation normales. Un travail de longue haleine qui me tient particulièrement à cœur.»

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106 Coverstory

Diekirch

En attendant la Nordstad Porté sur les fonts baptismaux en 2006, le noyau urbain de la Région Centre-Nord attend que le gouvernement veuille bien lui donner un cadre légal adapté.

«Demain, la Nordstad sera durable, écologique et touristique» Jacques Dahm

Michaël Peiffer (texte), Julien Becker (photo)

Formé par les communes de Bettendorf, ColmarBerg, Diekirch, Ettelbruck et Schieren, le projet de la Nordstad s’inscrit dans une volonté de développer un centre régional urbain au nord du pays. Dès le printemps 2006, une «convention pour un développement intercommunal coordonné et intégratif des communes de la Nordstad» a été signée par les élus locaux. Deux ans plus tard, le 22 mai 2008, les six communes ont plébiscité par un vote quasi unanime la «Déclaration Nordstad-Principes de développement». Un masterplan contenant les bases, les visions, les lignes directrices de la stratégie de développement, et qui définit aussi les projets communs à réaliser, a été rédigé et officiellement remis au Premier ministre. Ce dernier n’a pas hésité à parler d’un projet d’envergure et d’intérêt national. Et depuis? «On progresse doucement, confie Jacques Dahm, le bourgmestre de Diekirch. On nous a promis une loi pour la Nordstad. On attend. Le comité politique se réunit régulièrement. Il est actuellement présidé par Albert Back, le bourgmestre de Bettendorf. Mais nous ne disposons pas d’un véritable pouvoir décisionnel. Nous ne sommes pas élus, ni mandatés pour cela.»

Les responsables des six communes sont demandeurs d’une structure légale de communauté urbaine. Il ne s’agit pas ici de fusion de communes. «Une loi spéciale est nécessaire, explique Jean-Paul Schaaf, bourgmestre d’Ettelbruck. Le ministre délégué au Développement durable, Marco Schank, a proposé un premier texte de loi, mais le Conseil d’Etat y a trouvé beaucoup à redire. Il est pourtant primordial pour nous de disposer d’outils de travail efficaces. L’objectif est, à terme, de pouvoir déléguer certaines fonctions communales actuelles à la communauté Nordstad.» Malgré l’absence d’un cadre législatif formel, le comité politique a pris certaines initiatives. Et des chantiers sont en cours, à commencer par la zone d’activité du Fridhaff, la zone artisanale Nordstad. «Afin de ne pas perdre de temps, nous avons créé un syndicat intercommunal chargé de la création et de la gestion du zoning», reprend Jacques Dahm. Autre avancée, un urbaniste a été engagé afin de coordonner les différents projets à venir. «M. Friederici va jouer le rôle de manager, ajoute Jean-Paul Schaaf. En l’absence de structure commune, son engagement est assuré par la commune d’Ettelbruck qui a signé une convention avec les cinq autres entités et avec le ministère afin de financer le poste.»

Bel exemple de politique harmonisée, deux maisons de jeunes ont été installées à Ettelbruck et Diekirch. Ailleurs, des activités décentralisées et ponctuelles sont proposées. Comme partout dans le pays, la question de la mobilité est cruciale pour la Nordstad qui souhaite offrir un cadre de vie agréable à ses citoyens. L’avenir de l’axe Diekirch-Ettelbruck est notamment à l’étude. «Chaque commune travaille sur son Plan d’Aménagement Général (PAG), mais nous en discutons également tous ensemble, notamment sur le volet technique, confie le bourgmestre d’Ettelbruck. L’approvisionnement en eau potable est un domaine sur lequel nous devrions collaborer davantage à l’avenir. Et en matière de mobilité, l’étude a été menée à l’échelle des six communes.» La Nordstad pourrait d’ailleurs bientôt servir de zone pilote pour un projet de mobilité électrique, mené en collaboration avec le CRP Henri Tudor. Une demande de financement a été introduite auprès du Fonds européen de développement régional (Feder) et le ministère du Développement durable est d’ores et déjà partie prenante. «Ce projet correspond à l’image qu’on veut donner à notre région, conclut Jacques Dahm. Une étude marketing a été menée. Demain, la Nordstad sera durable, écologique et touristique.»

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Weiswampach

Développement rural La commune à la pointe nord prouve qu’un développement est possible, même lorsqu’on est loin du cœur. Certains enjeux lui sont toutefois très spécifiques…

«On pousse au développement des petits villages, dans le but d’enrayer le vieillissement de la population» Henri Rinnen

Sébastien Lambotte (texte), Julien Becker (photo)

Weiswampach est une petite commune de 1.350 habitants. Depuis Luxembourg-ville, pour rejoindre cette région rurale nichée au nord du pays, la route est longue. «Il faut environ une heure pour aller jusqu’à la capitale, explique Henri Rinnen, son bourgmestre. Un éloignement qui ne doit pas, pour autant, faire de la commune, et plus généralement de la région, un no man’s land luxembourgeois, même si, à ses yeux, Weis­ wampach est parfois plus proche de Bruxelles, de Liège ou de Charleroi, voire de Düsseldorf, que de Luxembourg. «Nous sommes au carrefour de grands axes routiers et à proximité d’aéroports importants», assure le bourgmestre en place depuis 1995. Cet entrepreneur n’a jamais cessé de travailler au développement et à l’image de sa commune. «Enclavée entre les deux frontières que nous partageons avec la Belgique et l’Allemagne, elle a longtemps porté cette image liée au tourisme à la pompe et aux boîtes aux lettres de sociétés», explique M. Rinnen. Pour rendre sa commune attractive, pour y accueillir d’authentiques touristes comme de réels entrepreneurs, il l’a dotée d’un programme ambitieux. «Je suis allé voir des investisseurs, pour les convaincre de construire des buildings de bureaux modernes sur notre territoire. Et, ainsi, per-

mettre à des entreprises de s’installer physiquement.» Aujour­d’hui, Weiswampach abrite un peu plus de 1.800 emplois. Il y a 15 ans, il ne devait pas y en avoir plus de 400… On compte, ainsi, quelque 600 chauffeurs internationaux, mais aussi des développeurs informatiques, des spécialistes de l’hygiène, des sociétés de vente à l’exportation, des commerces, une dizaine de restaurants, etc. «Le développement d’activités en entraînant d’autres, nous avons bénéficié d’un effet boule de neige favorable», précise Henri Rinnen. Ainsi, la commune s’est forgé une nouvelle jeunesse et a enregistré une forte augmentation de sa population, passée de 850 habitants dans les années 90 à 1.350 aujourd’hui. «Et cette croissance devrait se poursuivre», assure le bourgmestre. Inévitablement, elle génèrera des besoins. Une nouvelle école a déjà vu le jour et la commune a, dans le même temps, développé la station d’épuration la plus moderne de la région. «Il nous manque encore un hall sportif et culturel polyvalent. Le projet existe. Nous avons un terrain. Nous espérons pouvoir le mettre en œuvre dans les prochains mois», indique le bourgmestre. Si Weiswampach, par sa politique, est parvenue à redynamiser son activité économique et à faire croître sa population, elle doit aujourd’hui attirer des jeunes, ou du moins les inciter à rester. «Ce sont eux qui, demain, apporteront de nouvelles idées,

de nouveaux projets», explique M. Rinnen. La commune s’est donc lancée dans un plan de développement de logements accessibles. «Nous voulons permettre aux gens de vivre à proximité de leur lieu de travail, de créer des chemins courts, entre le domicile, le travail et les lieux de loisirs. Dans le village de Binsfeld, nous allons notamment créer une cité en collaboration avec le ministère du Logement. On pousse au développement des petits villages, dans le but d’enrayer le vieillissement de la population.» Les travaux devraient débuter en septembre. Attirer les jeunes

Dans ce village, sur un terrain déclaré d’intérêt public et mis à disposition de la commune, il sera possible d’acheter une parcelle pour un prix attractif, afin de permettre à la jeune génération d’accéder à la propriété. «On ne pourra toutefois y accéder que sous certaines conditions, et notamment celle de construire un logement et d’y résider dans un délai de deux ans ou encore celle d’y rester pour au moins dix années.» Pas de doute, la commune septentrionale ne se juge pas isolée et croit en ses possibilités de développement. «Nous désirons travailler dans la continuité. Il nous faut aujourd’hui gérer cette croissance, tant au niveau de la population que des activités économiques. En préservant nos acquis et en en adaptant l’offre à la demande», conclut le bourgmestre.

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Leudelange

Le défi d’une petite entité périphérique Entre ville et campagne, à l’ombre de sa grande voisine la capitale, la commune assume son changement, se construit un avenir et essaie de faire entendre sa voix.

«Dans l’aménagement du territoire, la recherche d’affinités techniques et politiques est souvent très ardue» Rob Roemen

Alain Ducat (texte), Julien Becker (photo)

Leudelange rime définitivement avec entité qui change. «Durant ces dernières années, notre commune s’est métamorphosée, souligne Rob Roemen (DP), son médiatique premier citoyen. Nous nous sommes efforcés de créer de nouvelles infrastructures tout en respectant la nature et l’environnement.» Parmi les exemples de développement struc­ turel, il relève quelques fleurons, comme An der Eech, un centre culturel et sociétaire, au service des associations locales. «Un projet exemplaire, construit suivant les critères des constructions à basse consommation d’énergie et qui répond aux plus hautes exigences. En plus nous avons créé un centre de loisirs avec terrains de pétanque, terrain multisports, ainsi qu’un local pour les scouts. Nos plantations écologiques ont été primées.» Sans faire de folies, la commune doit aussi assumer des coûts imposants pour sa taille. La construction d’un nouveau château d’eau, avec bâtiments et ateliers pour le service technique de la commune, mais aussi d’une caserne de pom­ piers moderne, ont évidemment pesé sur le bud­ get d’une façon que Rob Roemen décrit comme étant «considérable». Mais le bien-être a un prix, que la population apprécie vraisemblablement, comme les quelque 200 ménages du quartier

nord qui, après des décennies de planifications et tractations, peuvent enfin raccorder leur logement à l’égout et supprimer les fosses septiques... Les habitants et leur nombre, c’est un enjeu pour la petite commune en périphérie de la capi­ tale, qui reste loin sous la barre des 3.000 âmes. «L’accroissement de l’offre de logements est une de nos priorités, opine le bourgmestre. Une commune qui stagne se meurt. Nous voulons une croissance, mais elle doit être modérée. Leudelange, où l’offre d’emplois est deux fois plus grande que la population, doit réagir. Nous devons donner la possibilité aux personnes qui travaillent dans nos trois zones d’activité, qui ne cessent de se développer, d’habiter près de leur lieu de travail ou de pouvoir s’y rendre sans voiture personnelle. Voilà pourquoi nous insistons également sur l’amélioration des transports publics.» Faire partager ses vues

Leudelange n’a pas, seule, son destin entre les mains. Notamment en matière d’aménagement du territoire. Depuis plusieurs années, elle coha­ bite dans le Dici (Développement intercommunal coordonné et interactif du sud-ouest de l’agglomé­ ration de Luxembourg) avec le ministère de l’Inté­ rieur et les communes de Luxembourg, Bertrange, Hesperange et Strassen. «La recherche d’affini-

tés techniques et politiques est parfois très ardue. Leudelange, en tant que plus petite commune, sans statut privilégié, a souvent des problèmes à se faire entendre et comprendre», souligne M. Roemen. La priorité, qui semble partagée tant par le gou­ vernement que par les Ponts et Chaussées, va à un concept de mobilité visant à réduire au maxi­ mum le trafic individuel. «Nous nous efforcerons de garder notre qualité de vie en créant encore des infrastructures supplémentaires pour nos habitants. Nous espérons pouvoir y arriver avec l’aide des administrations compétentes.» De fait, Leudelange a d’autres projets, qui attendent juste une continuité dans l’action. Comme la modernisation de l’école fondamentale, pour laquelle la commune a déjà organisé un concours d’architecte. «La construction pourra démarrer de suite en cas de besoin. Ce projet se fera par étapes et commencera avec la construction de nouvelles salles pour le premier cycle et la maison relais. La cour doit être agrandie et les infrastructures techniques doivent être modernisées.» L’équipe de Rob Roemen annonce encore «un grand projet, qui sera élaboré et exécuté avec un partenaire: la construction d’une maison de retraite et de soins. Nous espérons pouvoir donner des détails plus concrets avant l’été», conclut avec un brin de suspense M. Roemen…

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110 Business cluB

Agenda juin-juillet 2011 Evénements organisés à l’attention des membres du paperJam Business Club. Informations et inscriptions sur www.club.paperjam.lu

Afterwork Talks / Cycle Actualité économique et financière

Keynote / Cycle Human Resources

elections communales: quelles villes pour demain?

Quatre élus communaux dresseront un bilan des dernières années écoulées: quelles ont été les réalisations les plus marquantes vécues par les communes luxembourgeoises? Et, a contrario, les principaux actes manqués? Ils exposeront également leur vision pour leur ville à l’horizon 2020. Table ronde animée par Jean-Michel Gaudron (rédacteur en chef paperJam). Avec la participation de Paul Helminger (DP), Lydia Mutsch (LSAP), Pierre Mellina (CSV) et François Bausch (Déi Gréng). Mardi 7 juin à 18h30

competitive mapping and business analysis for recruitment

Lead social recruiting architect, Dave Mendoza recently took home the “Most Strategic Use of Technology” Award at the ERE Expo 2011 Recruiting Excellence Awards. He was awarded on the basis of the strategic architecture that combined competitive intelligence mapping with knowledge management systems, for one of his customers. Event Sponsor: OTYS France Tuesday, June 21st at 6.30 PM

Afterwork Talks / Cycle Actualité économique et financière

Le développement des normes rSe: vers une uniformisation des modèles sociaux?

Afterwork Talks / Cycle Management Leadership - Entrepreneurship

femmes de pouvoir, femmes d’influence

A l’occasion d’un numéro spécial de paperJam, consacré aux femmes de pouvoir et femmes d’influence au Luxembourg, dix d’entre elles disposeront d’un temps imparti de six minutes chacune. Elles présenteront leur vision de l’évolution de la place de la femme dans l’entreprise et dans les circuits de décision, ainsi que leur propre projet. Françoise Hetto-Gaasch, ministre de l'Egalité des chances, ouvrira les débats par une brève allocution. Avec, entre autres, Sylvia Camarda, Marie-Jeanne Chèvremont-Lorenzini (Arendt & Medernach), Michèle Detaille (No-Nail Boxes), Danielle Dichter (Bizart), Tatiana Fabeck (TatianaFabeck Architecte), Rita Knott (Coaching Mentoring Consulting), Geraldine Knudson (Ville de Luxembourg) et Françoise Thoma (BCEE). Jeudi 30 juin à 18h15

Cocktail

je t‘aime, moi non plus...

Les premières normes internationales dans le domaine de la RSE apparaissent. Leur adoption par les grand groupes va-t-elle entraîner une uniformisation des modèles sociaux à travers le monde? Table ronde animée par Jean-Michel Gaudron (rédacteur en chef paperJam). Avec la participation de Michel Capron (Université de Paris 8), Isabelle Daugareilh (Université de Bordeaux 4), Pascale Griveaud (Agir Anticiper Durablement) et Karin Schintgen (BGL BNP Paribas). Jeudi 16 juin à 18h30

La 3e saison paperJam Business Club s’achève le 14 juillet sur un cocktail aux couleurs françaises... Vous pourrez apprécier les musiques de Serge Gainsbourg, Jacques Dutronc, Brigitte Bardot et de nombreux autres. Jeudi 14 juillet à 18h

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111 Business club

28.06 8h30-13h

Abbaye de Neumünster

Expertise

Matinée de workshops

Cycle Management - Leadership - Entrepreneurship

Cycle ICT & Innovation

Reinventing your Business: The Theory and Practice of Business Model Innovation

This interactive workshop provides insides on business model innovation in theory and practice. Drawing on concepts of business model innovation, breakthrough strategy, Blue Ocean Strategy and disruptive innovation, we will have a look at a comprehensive framework for thinking about how to find new growth opportunities for your business.

Workshop assuré par Marc Sniukas (Doujak Corporate Development)

Comment réussir la préparation des projets informatiques?

De nombreux projets informatiques connaissent des difficultés ou échouent, faute de répondre correctement aux besoins des utilisateurs. D’un côté, les managers peinent à expliquer leurs besoins et leurs impératifs opérationnels. De l’autre, les équipes de développement peuvent avoir du mal à comprendre les besoins des utilisateurs et à les traduire en spécifications techniques.

Workshop assuré par Sébastien Pierson (Ordina)

Cycle Human Resources

Le licenciement: les principaux pièges à éviter

Le licenciement reste la source principale des litiges portés devant les juridictions du travail.

Workshop assuré par Guy Castegnaro (Castegnaro Cabinet d’Avocats)

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Cycle Communication - Marketing - Sales - Business Development

Choisir ses supports

Les annonceurs doivent auditer, mesurer et optimiser leurs investissements publicitaires dans un contexte concurrentiel et de multiplication des supports.

Workshop assuré par Carlo Schneider (Mediaxim)

À l’occasion de son dixième anniversaire, paperJam s’est associé à MyClimateLux asbl dans le but de sensibiliser les entreprises et les institutions au changement climatique, à l’utilisation réfléchie des ressources énergétiques et à la compensation volontaire de leurs émissions de CO2. Parallèlement à cette campagne de sensibilisation, paperJam a lancé une opération de fund raising en faveur de MyClimateLux asbl et cherche 100 entreprises complices de cette démarche. En 2011, pour clôturer l’année de son dixième anniversaire, paperJam remettra un chèque de 100.000 € à MyClimateLux asbl lors d’une grande fête open air avec les 100 entreprises partenaires du projet.

paperJam recherche 100 entreprises complices qui soutiennent les initiatives de MyClimateLux asbl par une donation de 1.000 T

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112 Business club

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David Avenel (Ferrero) et Marie-Pascale Trevalinet (EdenRed)

Roger Claessens (R. J. Claessens & Partners)

Workshops

Matinée à l’Abbaye

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C’est à l'Abbaye de Neumünster que s'est tenue la matinée de workshops du paperJam Business Club, le 27 avril. Gérard Zolt (Sqope) et Manuel Baldauff (Deloitte)

Hyppolito Staudt Missel (Netcore PSF)

David Laurent/Wide (photos)

Yffic De Smaele (CSM Consult)

Marc Haas (Binsfeld)

Thierry Delperdange (Communication, Coaching et Développements) Esther Neff (Cetrel)

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Sébastien Danloy (RBC Dexia Investor Services) et Christophe Wintgens (Ernst & Young)

Michèle Berger (Pictet Funds)

Table ronde

Les défis des fonds

L’industrie luxembourgeoise des fonds d’investissement face à ses défis  était le thème des débats du 28 avril chez BGL BNP Paribas. Claude Kremer (Alfi) et Jean-Michel Gaudron (paperJam)

Alain Verbeken (Deloitte)

David Laurent/Wide (photos)

Carole Miltgen (Prisma)

Sufian Bataineh (Dananeer)

Christina Coustry (Sparinvest) et Stéphane Pesch (KBL European Private Bankers) Meredith Minnaert (Michael Page International)

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Céline Coubray (Archiduc)

Présentation

L’habitat innovant Dix réalisations «made in Luxembourg» présentées au CarréRotondes, le 5 mai, en marge de la parution du deuxième numéro d’Archiduc. Philippe Steiner (Foamglas)

Bernard Olmedo (Creahaus)

Julien Becker (photos)

Donato Rotunno (Tarantula)

Lynn Storoni (ML-Interior Design)

Benoit Martin (Cocert) Bernard Baudelet (professeur des universités)

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Table ronde

Débats à haut débit Quatre experts ont débattu de la question: «Le très haut débit: oui,  mais pour quoi faire?», le mardi 10 mai à l’Abbaye de Neumünster. Charles Caratini (photos)

Jean-Michel Gaudron (paperJam), Jean-Marie Spaus (Entreprise des P&T), Didier Rouma (OPAL), Georges Muller (Artelis) et Steve Glangé (Allinbox)

Pierre Liénard (HTAS) et Mourad Dahoumane (St-Georges International School)

Val Jelinic (MNG Europe) et Henri Jacobs (Dinh-Telecom)

Nathan Tiburzio (Niche Guardian)

Jean-Claude Frank (Ericsson) et Roland Streber (Pronewtech)

Stéphanie Goetsch (paperJam Business Club) et Alain Bonjour (IF Online)

Keynote

David Schrieberg Les tendances à venir dans les médias numériques étaient au cœur de la conférence du 12 mai donnée au CarréRotondes. David Laurent/Wide (photos) David Schrieberg (Vitalbriefing)

Claude Sauber (Binsfeld Corporate) et Mike Sergonne (Nvision)

Jeremy Coxet (Vanksen), Troy Bankhead (Kneip) et Xavier Lesueur (Vanksen)

Caroline Hoeltgen (Déi Gréng)

Lucile Risch (Pilates and Yoga Research Lab)

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Joe La Pompe

Conférence

Joe La Pompe

Le spécialiste de la chasse aux plagiats dans la publicité est intervenu,  masqué, le 19 mai, à Utopia, devant plus de 200 personnes. David Laurent/Wide (photos)

Lou Scheider (IP Luxembourg)

Claire Dewasmes et Isabelle Schoor (h2a)

Danielle Dichter (Bizart)

Lyoshi Kreutz (Fondation de l’Architecture et de l’Ingénierie)

Frank Kaiser (Plan K) Véronique Lange (Utopia)

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Index entreprises 335 entreprises et organisations ont été citées dans les 124 pages de ce cahier «Economie & Finance».

A

ABN Amro 66 ACA 70 Adem 33, 43 Administration communale de Dudelange 58 Administration des Douanes et Accises luxembourgeoise 54 Ajilon 66 Alfi 48, 60, 70, 113 Allinbox 116 Alter Domus 28, 74 Altice 54 Apax 54 ArcelorMittal 12, 52 Archiduc 42, 114 Arendt & Medernach 28, 35 Alstom 12 Art Collection Fund 72 Artelis 116 Association internationale des jeunes avocats 36 Association des villes et communes luxembourgeoises 96 athome.lu 44 Atoz Tax Advisers 28 ATTF 70 Avanteam 66 Axa 66 Axa Art 72 AxoGlia Therapeutics 65

B

Bank Negara Malaysia 54 Bank of New York 66 Banque de Luxembourg 42 Banque Degroof 66 Banque Privée Edmond de Rothschild Europe 27 BCE 42 BCEE 28, 66 BCL 26, 36, 54 Belgacom 46 BGL BNP Paribas 12, 53, 55, 70 Binsfeld 112 Binsfeld Corporate 116 Bizart 118 BMW 29 Bofferding 42 Bourse de Luxembourg 64 Brasserie Schuman 117 Brucher Thieltgen & Partners 36 BSkyB 12

C

Camca Assurance 58 Capgemini 12 CapitalatWork Foyer Group 40 Cargolux 34, 38, 72 CBP Quilvest 40 Cedel 72 Centrale de Cattenom 26 Centrale Informatique 58 Centre Culturel de Rencontre Abbaye de Neumünster 101 Centre culturel régional opderschmelz 100 Centre International pour l’Education en Finance Islamique 54 Centre National de l’Audiovisuel 100 Ceps/Instead 70 Cercle-Cité 34 Cetrel 8, 65, 112 Chambre de Commerce 70

Chambre des Métiers 12, 55 China Airlines 38 Chiomenti 35 Christie’s 72 Cimalux 12 Cisco 48 CLC 44 Clearstream 72 Cocert 114 Coditel 52 Comité de conjoncture 33 Comité des régions de l’Union européenne 96 Commissariat aux Assurances 35 Commission européenne 12, 26, 64 Commission intergouverne­men­ tale pour le renforcement de la coopération transfrontalière 26 Commune d’Ettelbruck 106 Commune de Bascharage 104 Commune de Beckerich 98 Commune de Bertrange 102 Commune de Betzdorf 28 Commune de Clemency 104 Commune de Diekirch 106 Commune de Käerjeng 104 Commune de Leudelange 108 Commune de Mondercange 96 Commune de Pétange 78 Commune de Steinsel 96 Commune de Weiswampach 107 Communication, Coaching et Développements 112 Compagnie de Banque Privée 40 Computerland Europe 78 Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l’Europe 96 Conseil des Communes et Régions d’Europe 96 Cour des comptes européenne 24, 46 Conseil supérieur pour un développement durable 12 Creahaus 95, 114 Credit Agricole 12, 47, 49 Creos 28 CRP-Santé 43 CSM Consult 112 CSSF 27, 33, 40, 72 CSV 78, 86, 92 Cuatrecasas 35 CVCE 22

D

Dananeer 113 Dartalis 71 Datacenter Luxembourg 20 Deficom 54 Deficom Telecom 52 Déi Gréng 78, 86, 92, 116 Déi Lénk 92 Deloitte 56, 64, 72, 112, 113 Dexia 52 Dexia BIL 52 DICI 108 Dinh-Telecom 116 Documentum 74 Domaine de Vinsmoselle 109 DP 78, 86, 92, 99, 108 Dupont Teijin Films 60

E

Eaux de Beckerich 98 EBOS 33 Economist club 76 EdenRed 66, 112 EFA 66 Efama 60 EFG Banque 28 Elite Advisers 72 Entreprise des P&T 28, 33, 42, 51, 116 Ericsson 116 Ernst & Young 113 Etat luxembourgeois 28, 46 Etika 26 EuroDNS 20 Eurofer 12 Eurofid 74 European Private Equity and Venture Capital Association 48

F

Facebook 48 Fédération Luxembourgeoise de Football 55 Fedil 12 Ferrero 112 Fideos Luxembourg 28 Film Fund Luxembourg 60 Finnova 48 Foamglas 114 Fondation de l’Architecture et de l’Ingénierie 42, 118 Fondation de Luxembourg 54 Fonds du Logement 86 Fonds pour le développement du logement et de l’habitat 44 Foyer 40 Free Lens TV 42 Fuchs & Associés Finance 57

G

Garanti Bank 66 GE Energy 12 Getronics 22 Gide Loyrette Nouel 35 Goeres Horlogerie 16, 17 Goodyear 70 Google 12, 48 Greenpeace Luxembourg 12

H

h2a Hiscox Hôpital du Kirchberg HSBC HSH Nordbank Private Banking HTAS Hyosung

I

I.R.I.S. IBM ICBC IF Online IFBL IGSS IKB Ilnas IMD Imprimerie Centrale Imprimerie Victor Buck

118 72 22 36, 66 42 116 70

65, 74 48 38 116 66, 70 70 70 33 64 18 18

INCEIF INFPC ING iNUI iNUI Studio Invesco IP Luxembourg Isiwis Islamic Finance Lawyers Islamic Financial Services Board

54 54 66 22 65 60 118 74 35 36

J

Japan Tobacco International 54 JCI 65 Joaillerie Windeshausen 25 Jumping 119

N

Natur Home Netcore PSF NGR Consulting Niche Guardian Nike Noble & Scheidecker Nomura Noosphère Numericable Nvision

O

K

Kaupthing KBL European Private Bankers Key Inn Knauf Kneip

MNG Europe 116 Mouvement Luxembourgeois pour la Qualité 33 Munhowen 26

38 36, 113 103 40 28, 65, 116

L

La Luxembourgeoise 42 Legitech 18, 65 Lehman Brothers 36 Libyan Investment Authority 38 Lombard International Assurance 35 Louis Vuitton 15 Loyens & Loeff 18 LSAP 78, 86, 92, 96, 100 Lucchini S.p.A Piombino 48 Lu-Cix 20 Luxair 70, 105 Luxalpha 36 LuxAnimation 52 Luxcloud 20, 65 LuxConnect 20 Luxembourg for Finance 70 Luxembourg Online 42 Luxembourg Private Equity & Venture Capital Association 48 Luxembourg School for Finance 59 Luxembourg Wealth Study 35 LuxGSM 124

m

m3 architectes 42 Maison Moderne 42 Management Consultant 67 Mazars 91 Mercedes-Benz 6 Mercedes-Benz Luxembourg 42 Michael Page International 113 Microsoft 22, 48, 74 Ministère de l’Economie et du Commerce extérieur 33 Ministère de l’Intérieur 96, 108 Ministère des Affaires étrangères 38, 78 Ministère des Finances 38 Ministère du Logement 96, 86 Mirabaud 34 Mirabaud Asset Management (Europe) 34 ML-Interior Design 114

40 112 123 116 12 66 66 58 33, 52 42, 116

Observatoire de l’Habitat OCDE OPAL Orange

44 33 116 2, 3

P

Pall Center 98 paperJam 27, 113, 116 paperJam Business Club 116 Parlement européen 24 Paul Wagner et Fils 61 Paul Wurth 48 Perspectives 45 66 Pictet Funds 113 Pilates and Yoga Research Lab 116 Plan K 118 POG 66 Portnox 58 Prisma 113 Pronewtech 116 PwC 28, 33

Q

Qatar Airways Quilvest Quilvest Wealth Management

34, 38 40 40

R

R. J. Claessens & Partners 112 Rakuten 60 RBC Dexia Investor Services 113 Real Dynamics 22 Ricoh 41 Rollinger Venture Capital 22 RTL 22 RTL Group 26, 46

S

SAirLines 34 Samsa Film 52 SD Worx 65 SecureLogix 58 SES 28, 54 SES Astra 70 Siemens IT Solutions 74 Simac PSF 58 Skype 48 Société Electrique de l’Our 58 Société Nationale des Habitations à Bon Marché 86

Sogeti 43 Sotheby’s 72 Sparinvest 113 SplitArt 56 Sqope 112 Statec 27, 33, 35, 64 St-Georges International School 116 Syvicol 96

T

Tango 46 Tarantula 114 Team Leopard Trek 42 Teijin 60 Telecom Luxembourg 62, 63 Telekom Srbija 70 The Banker 28 Thema 36 Thomson Reuters 56 Threadneedle 28 Traiteur Paulus 115 TrendMicro 58 Twinerg 12

U

UBI Banca 58 UBS 36, 58 Union européenne 12, 26, 54, 64 Université de Reims Champagne-Ardenne 43 Université du Luxembourg 54, 92 Utopia 115, 118

V

Vanksen 116 Vauban Participations 40 Vereal 83 Ville d’Esch-sur-Alzette 78 Ville de Differdange 45, 99 Ville de Dudelange 100 Ville de Luxembourg 78, 86 Visual Online 43 Vitalbriefing 116 Vodafone 12 Vous 42

W

Wall Street Journal Wilkahn

X Xerox

Y

Yous Yusen Logistics

Z

Zentralkokerei Saar

48 4

74

89 60

48

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Index décideurs 195 personnalités ont été citées dans les 124 pages de ce cahier «Economie & Finance».

A

Adehm Pierre Agil Natt Dato Ahlborn Pierre Akhtar Aziz Zeti Al Baker Akbar Angel Marc Aran Nir Asselborn Jean Avenel David

B

Baldauff Manuel Ballmer Steve Baltes Myriam Bankhead Troy Barthels Sven Bataineh Sufian Bates Tony Baudelet Bernard Baum Marc Bausch Romain Bausch François Berger Michèle Bertemes Luc Bettel Aniela Biltgen François Bodry Alex Bonjour Alain Brasselet Benoît Braz Felix

58 54 42 54 35 86 58 38 112

Eckes Werner

66

F

Flammant Paul 58 Francis Yves 56 Frank Jean-Claude 116 Frieden Luc 34, 38, 54

G 112 48 66 116 58 113 48 114 92 54 78, 86 113 58 66 52, 60, 92 100 116 58 92

C

Caldeira Vítor Castagne Pierre Chèvremont-Lorenzini Marie-Jeanne Claessens Roger Colabianchi Frank Coowar Djalil Coubray Céline Courotchkine Christophe Coustry Christina Coxet Jeremy Cunningham Paul

D

E

Dahm Jacques Dahoumane Mourad Daleiden Guy Danloy Sébastien de Franssu Jean-Baptiste De Smaele Yffic Delperdange Thierry Delaunois Paul Dennewald Robert Dewasmes Claire Dichter Danielle

24 56 28 112 102 65 114 66 113 116 58

106 116 60 113 60 112 112 12 12 118 118

Gansen Frank 43 Gaspard Muriel 58 Gatti Christian 43 Gaudron Jean-Michel 113, 116 Gavroy David 58 Gira Camille 98 Glangé Steve 116 Goetsch Stéphanie 116 Gokelaere Stanislas 72 Grethen Henri 24 Guedes Carlos 92 Guernier Augusta 22 Guillaume Grand-Duc héritier 38, 60

H

Haas Marc Habersetzer Maxime Halsdorf Jean-Marie Hans Willy Helminger Paul Henckes Nicolas Henri Grand-Duc Hirdman Tonika Ho Derek Hoeltgen Thierry Hoeltgen Caroline Hoffmann Marc Holbach Martina Houwen Marco Huot Pierre

J

112 58 26 58 78, 86 18, 65 38 54 65 72 116 40 12 20, 65 66

Jacobs Henri Jacquemart Anne Jacques Christof Jelinic Val Juncker Jean-Claude

K

Kaiser Frank Kapuler Ben Kersch Dan Klein Jean-Pierre Kneip Bob Kolbach Tom Krecké Jeannot Kremer Claude Kremer Marc Kreutz Lyoshi Krieps Bob

116 66 58 116 12

118 58 96 96 65 43 34, 60, 64 60, 113 42 118 60

L

La Pompe Joe Lahr Isabelle Lalmi Barka Lange Véronique Lesueur Xavier Licheron Julien Liénard Pierre Lozinguez Mathieu Lukas Letizia Lutgen Emile

M

Madoff Bernard Mancini Olivier Marc Laurent Maroldt François Martin Benoit Mascherin Miriam Meisch Claude Mellina Pierre Mergen Martine Mersch Yves Mikitani Hiroshi Miltgen Carole Miltgen Daniel Minnaert Meredith Mittal Lakshmi Moreau Nathalie Morland Giles Mosar Laurent Muller Georges Mutsch Lydia

118 76 58 118 116 44 116 22 65 66

36 58 58 92 114 72 97, 99 78 86 18, 54 60 113 44 113 52 66 34 86 116 78, 92

N

Neff Esther Nicolai Alain Noblot Olivier Noirhomme Julie Nossent Tina

112 72 66 66 66

O’Reilly Yvonne 66 Olmedo Bernard 114 Ossona de Mendez Gilles 66 Otto Frédéric 28

Pesch Stéphane Picinati Adriano Ponsard Michel Prommenschenkel Heinz

Rasson Nicolas Rathle Fouad Raulot Olivier Rinnen Henri Risch Lucile Robert Mélanie Robyns Dominique Roemen Rob Rotunno Donato Rouma Didier

66 66 22, 65 107 116 66 28, 74 108 114 46, 116

S

Sauber Claude 116 Schaaf Jean-Paul 106 Schank Marco 12, 44 Scheider Lou 118 Schmit Christian 43 Schmit Geraldine 28 Schmitz Hans-Jürgen 48 Schoor Isabelle 118 Schrieberg David 116 Schuler Claude 43 Sergonne Mike 116 Spaus Jean-Marie 116 Staudt Missel Hyppolito 112 Steichen René 28 Steinegger David 35 Steiner Philippe 114 Stevenot Marielle 66 Storoni Lynn 114 Streber Roland 116

T

O

P

R

113 72 58 58

Tarrach Rolf 54 Tesch François 40 Thieltgen Nicolas 36 Thorn Gaston 78 Tiburzio Nathan 116 Tock Isabelle 66 Trevalinet Marie-Pascale 66, 112

V

Van Woensel Philip Vanbever Thierry Verbeken Alain Vermeulen Peter

W

Wauquiez Laurent Weber Gilles Wies Anouk Williams Mark Wilwertz Paul Winandy Jean-Pierre Winkin René Wintgens Christophe Wiseler Claude Wolter Michel Wurth Michel

Z

Zolt Gérard Zwally André

26 65 113 36

26 58 34 74 86 18 12 113 12 104 12

112 92

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122

Directeur de la publication Mike Koedinger

Directeur de la rédaction Marc Gerges

Rédaction paperJam juin 2011 Paru le 27 mai 2011

Juin 2011| économie & finance

Téléphone (+352) 29 66 18-1 Fax (+352) 29 66 19 E-mail press@paperjam.lu Web www.paperjam.lu Rédacteur en chef Jean-Michel Gaudron (-48) jean-michel.gaudron@maisonmoderne.lu Rédacteur en chef web Nicolas Raulot (-45) nicolas.raulot@maisonmoderne.lu Secrétaire de rédaction Frédérique Moser (-47) frederique.moser@maisonmoderne.lu Journalistes Alain Ducat (-41) alain.ducat@maisonmoderne.lu, Vincent Ruck (-27) vincent.ruck@maisonmoderne.lu, Pierre Sorlut (-49) pierre.sorlut@maisonmoderne.lu Correction Cynthia Schreiber, Cathy Weber Collaborations rédactionnelles Sébastien Lambotte, Michaël Peiffer, Jean-Marc Streit, Marc Vandermeir Photographie Laurent Antonelli (Blitz), Julien Becker, Charles Caratini, Luc Deflorenne, Greg Gradick, David Laurent (Wide), Andrés Lejona, Fabrizio Maltese, Olivier Minaire, Jelle Van Seghbroeck Illustrations et infographies Maison Moderne Design

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«Il faut fédérer les forces pour que l’InnovatIon soIt à la portée de tous» Christian Rech (cluster EcoInnovation) Dossier Recherche et Écotechnologies

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business administration Gauthier Dehez Schuler | human resources Malika Moukah Dardenne | communication - marketing Valérie Sayrignac Mendoza | case study Télécoms et Ecotechnologies |

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«Il faut avoIr la dossier: volonté de gagner aImer ça» Rh &etformation Nico Biever Dossier Entrepreneuriat

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management Ed Goedert | business administration David Arendt marketing - communication Beatriz Baena Jiménez Vincent Burgraff | grand prix paperjam rh Top 40 | ressources humaines Marc Rollinger dossier Entrepreneuriat | case study Sécurité IT

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RH & Formation Avec la reprise, le marché de l’emploi bouge de nouveau. Quelles sont les tendances? L’intérim a-t-il encore le vent en poupe? Les cadres sont-ils bien formés? Prochaine édition: 1er juillet 2011 Pour contacter la rédaction: press@paperjam.lu

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CEO Mike Koedinger COO Rudy Lafontaine DRH Thierry van Ingelgom Administration Sandra Barba, Sylvia Leplang, Sarah Lambolez Courrier BP 728, L-2017 Luxembourg Bureaux 10 rue des Gaulois, Luxembourg-Bonnevoie ISSN 1992 - 4275 Please recycle. Vous avez fini de lire ce magazine ? Archivez-le, transmettez-le ou bien faites-le recycler ! Conformément à l’article 66 de la loi de 08.06.2004 sur la liberté d’expression dans les médias, la présente mention est obligatoire «une fois par an, au premier numéro diffusé». Nous avons choisi de la publier chaque mois. La société éditrice de paperJam est détenue indirectement, par une participation excédant 25 pour cent, par Mike Koedinger, éditeur indépendant domicilié au Luxembourg. Le conseil d’administration est composé par Mike Koedinger (président), la société MM Media Sales SA ainsi que la société Paradiso s.à.r.l. La direction générale et la gestion journalière sont de la responsabilité de Mike Koedinger. Maison Moderne ™ is a trademark used under licence by MM Publishing SA, MM Editorial Design SA and MM Media Sales SA. © MM Publishing S.A. (Luxembourg) Tous droits réservés. Toute reproduction, ou traduction, intégrale ou partielle, est strictement interdite sans l’autorisation écrite délivrée au préalable par l’éditeur.

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