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Septembre-Octobre 2009 | économie & finance

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3 edito

Photo: Etienne Delorme

ça passe ou ça casse

Jean-Michel Gaudron, rédacteur en chef paperJam

Deux mois jour pour jour après la présentation de son programme pour les cinq prochaines années, le nouveau gouvernement va déposer son premier budget le 29 septembre prochain. Exercice traditionnellement délicat, l’édition 2010 revête un caractère d’autant plus exceptionnel en période de crise. «Le budget 2010 sera d’une extrême rigueur» avait déjà prévenu, dans ces mêmes colonnes, fin avril, Luc Frieden, alors ministre du Trésor et du Budget. Revoir un certain nombre de dépenses publiques (à l’exception des dépenses d’investissement récemment décidées, en vue de soutenir l’emploi et d’anticiper la relance qui viendra bien un jour), trouver des parades à la substantielle baisse des revenus, ne pas avoir peur de s’opposer fermement à certaines revendications budgétaires: voilà le programme qui attend le gouvernement pour ce premier budget, mais aussi au-delà. Le Premier ministre Jean-Claude Juncker a annoncé que le déficit des comptes 2010 serait exceptionnellement élevé. Personne n’en sera donc surpris. Il s’attend également, sur la base d’avis – invérifiables – d’experts financiers, à ce qu’après un début de retour à la croissance, la situation se dégrade à nouveau à partir de 2011, nécessitant le recours à de nouveaux emprunts qui pourraient porter la dette publique à 40% du PIB. Et l’on parle là du PIB «classique», alors que l’idée d’établir un «PIB du bien-être» fait aussi son chemin de ce côté-ci de la frontière.

«La situation actuelle exige un style de gouvernement plus énergique et plus courageux», a-t-il indiqué dans son discours de présentation du programme gouvernemental. Mais le courage et la politique n’ont pas toujours fait bon ménage et l’on imagine bien que l’opposition parlementaire libérale, emmenée par un Xavier Bettel le vent en poupe, ne manquera pas de se jeter dans les moindres brèches que les prochaines décisions «courageuses» pourraient laisser entrevoir. D’un côté, il y aura des mesures essentielles, voire critiques à prendre. Le dossier de l’assurance-pension ne sera, par exemple, sans doute pas le plus simple à gérer. De l’autre, il y aura le piège de ce que le Premier ministre appelle le «démontage social» et qui risque fort de servir de cri de ralliement à tous ceux qui ne voudront (ou ne pourront) pas faire preuve de cette dose de «courage» indispensable. Les décisions à venir, quelles qu’elles soient, ne pourront pas faire revenir les emplois de Villeroy & Boch, Qatena, EDTE, Laubach ou RBC Dexia, quelques-unes des victimes – la liste est non exhaustive – des vents mauvais qui soufflent sur le pays. Pourrontelles éviter d’autres vagues sombres comme il semble s’en profiler un certain nombre dans les prochains mois, à en croire quelques avocats spécialisés dans les négociations de plans sociaux? Il est encore un peu tôt pour le dire. Ce qui est certain, c’est que le nouveau gouvernement aura fort à faire pour adoucir certaines pilules qui risquent fort de rester en travers de bon nombre de gorges. De son habileté à le faire dépendront en grande partie la réussite de sa politique et la dose de courage à y injecter.

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sommaire paperjam | Septembre-Octobre 2009 |  économie & finance

8

Le nouveau gouvernement, en place pour cinq ans

32

Responsabilité sociale des entreprises

luxembourg 8

Gouvernement C'est reparti

pour un tour!

Emmenés par un Jean-Claude Juncker toujours aussi présent, chrétiens-sociaux et socialistes rempilent pour un mandat de cinq ans à la tête du pays. Objectif numéro un: la sortie de la crise. 14 Gouvernement

Huit

ministres en première ligne Voici les défis que devront relever les huit principaux ministres du gouvernement Juncker-Asselborn II. Un G8 appelé à redoubler d’énergie pour sortir le pays de la crise.

20 Chambre des députés

ENTRÉEs

PARLEMENTAIREs

Dix nouveaux élus (6 CSV, 2 LSAP, 1 ADR, 1 DP) rejoignent les bancs de l’Assemblée luxembourgeoise et étrennent leur premier mandat national. 26 University four more

years

University Rector Rolf Tarrach unveils priorities for the immediate future of the institution. 28 Roberto Bettarini

«DÉvelopper

de nouvelles initiatives en matiÈre de recherche»

42

La gestion de projet à la loupe

entreprises 30 Rapport

Le

Luxembourg pas pressÉ

40

Dans son dernier Tableau d’affichage du marché intérieur, Bruxelles épingle le Grand-Duché qui tarde généralement à adopter les directives européennes, en dépit de notables progrès. 32 Responsabilité sociale d’entreprise

La

boÎte À outils d’une stratÉgie durable Alors que le label RSE de la fédération patronale est encore en gestation, les initiatives privées se multiplient. Dernière en date: SustainStar, un package de services qui permet aux entreprises d’investir dans le durable.

34 Events

india

meets luxembourg

Having launched officially on March 30, the Indian Business Chamber of Luxembourg is stepping up its presence in the Grand Duchy with a series of events over a nine-day period, beginning on September 24. 36 Tourism

state

of flux?

This country has a dynamic industry promoting itself as a tourist destination. But has the crisis thrown a spanner into the works? And are strategic partners pulling their weight?

L’ambassadeur d’Italie au Luxembourg entend renforcer la collaboration entre les deux pays en matière de technologies avancées (notamment spatiales). Un grand séminaire sera organisé début octobre dans cet objectif.

Stratégie

Penser Éco-conception, un atout Intégrer le développement durable depuis la con­ ception d'un produit n’est pas seulement un enjeu pour l’avenir de notre planète.

42 Sébastien Pineau, CRP Henri Tudor

«Offrir

un espace d’Échange et de partage aux professionnels» Le 22 octobre prochain, le CRP Henri Tudor organise son 4e congrès annuel sur la gestion de projet.

43

Récompenses

cyel awards 2009 Retour en image sur la cérémonie organisée à la Philharmonie.

44 ING Europe ­– Marathon

The

empire strikes back

Relations between the organiser, and the host of the race’s finish, never exactly perfect, appear to have reached an all-time low. 46 Plans sociaux

Mauvais

vent d’automne

Le cabinet d’avocats Allen & Overy prédit une rentrée difficile sur le front social. Tous les secteurs sont touchés. 48 Bilan

Moins

de prêts à moyen et long termes En 2008, la bise de la crise économique est venue et la SNCI a été davantage fourmi que cigale.

50 Sylvain Zimmer (Jamendo)

«Savoir

bien s’entourer»

Le vainqueur du CYEL Award 2009 lève le voile sur sa propre approche de l’esprit d’entreprise.

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5 sommaire

54

Le point sur la crise financière un an après la faillite de Lehman Brothers

64

Le regard de l'Efama sur la responsabilité des banques dépositaires

place financière 52

Lehman, un an après Carlo Thill

Le 21 septembre, on ne dira plus BGL mais BGL BNP Paribas. Le président du comité de direction de BGL revient sur les pires moments de la crise et affirme entrevoir le bout du tunnel. «Nous

rÉflechissons à notre expansion» Malgré une activité très réduite de crédit immobilier, le président du comité de direction de Dexia BIL affiche son optimisme.

56 Private Banking

havilland

cometh!

Jonathan Rowland, chairman of Banque Havilland, is keen to look to the future and break with the past. 58 Crise financière Le Canada

«Il

faut clarifier la responsabilitÉ des banques dÉpositaires» Avant la conférence Alfi des 22 et 23 septembre, le nouveau président de l’Efama nous livre les priorités de son mandat.

68 Concurrence

54 Frank Wagener

pan

sur la douloureuse

La directive sur les services de paiement (PSD) entre en vigueur en novembre prochain dans 30 pays européens.

se pose en modÈle

60 Fonds d'investissements

incertitudes

de rbc dexia

autour

Le président de Royal Bank of Canada n’exclut pas que Dexia sorte de la coentreprise née en 2006. Il n’écarte pas non plus l’hypothèse de l’entrée d’un nouveau partenaire. En attendant, RBC Dexia Luxembourg compresse son personnel.

76 Imprimerie

un

avenir à se construire

La fermeture, fin juin, de l’imprimerie Qatena, ne semble pas être le signe avant-coureur d’un cataclysme dans le secteur au Luxembourg. Mais les principaux acteurs devront néanmoins s’adapter pour survivre. 80 Transport

Wallenborn

tisse sa toile

Au cœur de l’été, la société de transport a annoncé deux acquisitions, l’une en Scandinavie, l’autre aux Pays-Bas.

72 Stratégie

le

dilemme

Pour lever 300 millions d’euros et réduire sa dette, Sal. Oppenheim n’a d’autre choix que de faire entrer Deutsche Bank dans son capital. 73 Conférence

Loin d’avoir sombré dans la crise née aux EtatsUnis, le système bancaire canadien s’est révélé l’un des plus résistants de la planète. Reportage.

Le secteur luxembourgeois de l'imprimerie doit s'adapter pour survivre

industrie 64 Jean-Baptiste de Franssu, président de l’Efama

«L’objectif numÉro un, c’est reconquÉrir les clients»

76

Journée

grande région 82 Entrepreneuriat

de l'assurance 2009

La traditionnelle Journée de l’assurance, organisée par l’Association des Compagnies d’Assurances (ACA), s’est déroulée le 9 juillet au Centre de Conférences du Kirchberg. Invité d’honneur: Serge Wibaut (UCL) 74 Microfinance

The

business of making things better Launched in April of this year, Innpact is a new player on the Luxembourgish microfinance scene. Partners Patrick Goodman and Arnaud Gillin speak about the company.

Le

monde à l'heure de bastogne Ice-Watch est une success-story qui se taille une solide réputation dans le secteur, difficile et concurrentiel, de la montre. Avec, bien plus qu’un instrument, tout un concept.

83 Bernard Staudt

Businessman

aventurier

Parcours d’un touche-à-tout, qui partage aujourd’hui son temps et son énergie entre Crid’Art, sa galerie d’art contemporain à Metz, et Dinovotion à Amnéville. 84 Province de Luxembourg

Le

WEX sous pavillon luxembourgeois L’imposant complexe de Wallonie Expo a été repris par la société grand-ducale GC Partner.

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7 sommaire

Articles les plus lus sur www.paperjam.lu: 1. Mauvais vent d’automne

Article vu 491 fois

2. Nicolas Rollinger

a quitté Fortuna  Article vu 398 fois

3. Faillite de Laubach & Fils 92

Naissance de Luxembourg Telecom, nouvel opérateur alternatif dédié aux entreprises

coverstory 86

112

Business Club

Un lion dans l'arène Une tête de lion rouge, de face: voilà le logo choisi par Luxembourg Telecom, le nouveau nom de SIT Group, la société de services informatiques devenue aujourd’hui opérateur de télécommunications intégralement dédié aux entreprises. A sa tête, Jérôme Grandidier, 39 ans, dont la fibre entrepreneuriale lui permet aujourd’hui de récolter les fruits d’un travail de longue haleine. Désormais soutenu par BIP Investment Partners, il entend bien bousculer un marché jusque là pratiquement monopolisé par l’opérateur historique.

86 Jérome Grandidier «Entreprendre,

c’est d’abord un partage» En moins de dix ans, il a piloté le développement fulgurant d’une société de services informatiques devenue, aujourd’hui, le premier opérateur télécoms alternatif pour le marché professionnel. Un parcours parfois atypique, qui a su faire fi de certaines réputations qui lui ont longtemps collé à la peau.

92 Luxembourg Telecom

Prêt

À rugir

En changeant de nom, SIT Group valide son entrée sur le marché de la téléphonie professionnelle et entend se positionner comme une alternative de poids à l’Entreprise des P&T. Le soutien financier de BIP Investment Partners devrait grandement y contribuer.

Les dernières actualités des restaurants au Luxembourg

98 Deuxième saison

Communiqué de presse vu 385 fois

4. Zap Devient le premier site

internet luxembourgeois qui dépasse le million de pages vues

Communiqué de presse vu 358 fois.

5. Grippe porcine: Les entreprises

sont appelées à préparer un plan de continuité d’activité

Communiqué de presse vu 295 fois.

Bienvenue! paperJam Business Club mode d'emploi: sa philosophie, ses perspectives pour la deuxième saison, la création de trois Grands Prix...

99 Agenda

Septembre

2009 - juillet 2010

Coup d'oeil sur tous les événements organisés dans le cadre du paperJam Business Club

104 Picture report

les

derniers événements

Retour en images sur les conférences et dégustations de vins de cet été.

playtime

paperJam Septembre-Octobre management Septembre-Octobre 2009 | management

108 Accessoires Bonnie & Clyde Les dernières nouveautés pour les femmes et les hommes... 112 Gastronomie

Recette

eur s «Le s ent rep ren ont par foi s ang es des idé es étr bou rg» sur Le Lux em e Lucius Jean-Claudtreprendre Dossier: En

et news

L'actualité des restaurants au Luxembourg et la recette du Zai.

  Ressources Humaines ann de jonghe   |    Communication Christiane   Dossier entreprendre   |    Interview julian presber   Case study la séCurité informatique

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113 Sélection de vins

à

la découverte...

... du Château Roubine et des vignobles Garcin

Dans le cahier «Management» de cette édition, retrouvez des sujets de réflexion dans les domaines des ressources humaines, marketing, de l’IT et du management. En dossier central: Entreprendre au Luxembourg

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luxembourg

8

Gouvernement

C’est reparti pour un tour! Emmenés par un Jean-Claude Juncker toujours aussi présent, chrétiens-sociaux et socialistes  rempilent pour un mandat de cinq ans à la tête du pays. Objectif numéro un: la sortie  de la crise. Continuité, certes, avec le gouvernement précédent, mais teintée d’un nouveau  dynamisme que le Premier ministre a exigé dès son discours inaugural. Jean-Michel Gaudron (texte), Luc Deflorenne (photos)

Gouvernement

LEs ministres chrétiens-sociaux Les membres du nouveau gouvernement ont été assermentés le 23 juillet 2009 par S.A.R. le Grand-Duc. Jean-Claude Juncker (CSV) – Premier ministre; Ministre d’État; Ministre du Trésor Marie-Josée Jacobs (CSV) – Ministre de la Famille et de l’Intégration; Ministre de la Coopération et de l’Action humanitaire Luc Frieden (CSV) – Ministre des Finances François Biltgen (CSV) – Ministre de la Justice; Ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative; Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche; Ministre des Communications et des Médias; Ministre des Cultes Jean-Marie Halsdorf (CSV) – Ministre de l’Intérieur et à la Grande Région; Ministre de la Défense Claude Wiseler (CSV) – Ministre du Développement durable et des Infrastructures Octavie Modert (CSV) – Ministre de la Culture; Ministre aux Relations avec le Parlement; Ministre à la Simplification administrative auprès du Premier ministre; Ministre déléguée à la Fonction publique et à la Réforme administrative Marco Schank (CSV) – Ministre du Logement; Ministre délégué au Développement durable et aux Infrastructures Françoise Hetto-Gaasch (CSV) – Ministre des Classes moyennes et du Tourisme; Ministre de l’Egalité des Chances

Quinze ministres, neuf issus du parti chrétiensocial et six des rangs socialistes: le gouvernement Juncker-Asselborn II, aux affaires – en principe – jusqu’en 2014, ressemble dans les grandes lignes à son prédécesseur. La proportion «brute» du casting est, en tous les cas, conservée, même si la précédente équipe gouvernementale ne comptait «que» quatorze ministres, plus Octavie Modert qui cumulait trois secrétariats d’Etat. Dans le détail, la mainmise du CSV est autrement plus spectaculaire que cette différence de trois ministres. Le parti chrétien-social se retrouve à la tête de 22 ressorts ministériels, n’en laissant que 10 au LSAP. Là aussi, la continuité est de mise par rapport à la situation en 2004/2009 (21/9). La domination du parti au pouvoir depuis 1945 (à l’exception d’une législature sabbatique 1974-1979) se retrouve aussi dans une Chambre des députés qu’il remplit pratiquement à moitié, avec 26 sièges sur les 60 (voir l’infographie, page 11), soit deux de plus qu’entre 2004 et 2009. Les «nouvelles têtes» sont au nombre de dix dans la Chambre (lire en page 20) et de trois au niveau du gouvernement: les chrétiens-sociaux Marco Schank (ministre du Logement et ministre délégué au Développement durable et aux Infrastructures) et Françoise HettoGaasch (ministre des Classes moyennes et du Tourisme et ministre de l’Egalité des chances) et le socialiste Romain Schneider (ministre de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural, ministre des Sports et ministre délégué à l’Economie solidaire, auprès du ministre de l’Economie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké). Trois membres de la précédente équipe sont donc partis. Le départ le plus marquant est sans nul doute celui de Fernand Boden, le «doyen», qui était ministre chrétien-social de l’Agriculture et ministre des Classes moyennes, du Tourisme et

du Logement. Depuis le retour du CSV au pouvoir, en 1979, il a, sans discontinuer, occupé des fonctions ministérielles au sein de tous les gouvernements qui se sont succédé. Il siégera à la Chambre des députés en tant qu’élu de la circonscription Est. Il y présidera la commission du Développement durable. Les deux autres désormais ex-ministres sont le socialiste Lucien Lux (Transports et Environnement) et le chrétien-social Jean-Louis Schiltz, qui disposait de trois mandats (Coopération et Action humanitaire, Défense et, enfin, Communications). Les deux se retrouvent également à la Chambre des députés où ils assumeront la présidence de leurs fractions politiques respectives. Lucien Lux sera, en outre, président de la commission du Travail et de l’Emploi.

François Biltgen superman Après un mois de casting, entre mi-juin et mijuillet, pour en arriver à finaliser l’affiche, il ne reste désormais plus qu’à dérouler l’histoire, sous l’inspiration du metteur en scène et réalisateur Jean-Claude Juncker, assisté de Jean Asselborn, qui reste vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères. Le Premier ministre, en poste depuis le 20 janvier 1995, ne sera donc pas loin d’afficher vingt années à son poste au terme de la présente législature. Un record symbolique dans le paysage politique européen contemporain… à moins qu’entre-temps, un poste «sur mesure» ne lui soit proposé à l’échelle européenne. L’hypothèse est suffisamment récurrente depuis quelques années pour ne plus constituer, aujour­ d’hui, une réelle actualité. Le redressement de la situation économique au Luxembourg lui suffit, pour l’heure, amplement. Cependant, même si les électeurs luxembourgeois ont privilégié la continuité et redonné confiance à la coalition en place – on ne change pas une équipe qui gagne ou, du

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Le gouvernement 2009/2014 comporte, comme le précédent, neuf ministres chrétiens-sociaux et six ministres socialistes. Et une femme de plus en la personne de Françoise Hetto-Gaasch.

moins, qui n’a pas trop perdu – le Premier ministre a fermement l’intention de ne pas dupliquer la politique menée ces cinq dernières années. «Le CSV et le LSAP ne continueront pas tout simplement à gouverner comme ils l’ont fait jusqu’ici, a-t-il prévenu en présentant le programme de coalition. La situation actuelle exige un style de gouvernement plus énergique, plus axé sur le dévelop­pement durable et plus courageux. Les gens attendent de la politique, du gouvernement comme de l’opposition, un engagement maximal.»

Pour y parvenir, quelques retouches ont été initiées dans la répartition des rôles, à commencer par ceux du primus inter pares, qui n’est plus ministre des Finances, mais se «contente» désormais d’être ministre du Trésor. Il a, en quelque sorte, «échangé» ses fonctions avec celles de Luc Frieden. Ce dernier n’a désormais plus en charge que ce seul ministère des Finances, au sein duquel il aura évidemment la responsabilité du redressement et de la bonne tenue des finances publiques, fortement mises à mal en ces temps

de crise économique. Il sera également, plus que jamais, l’interlocuteur privilégié de la place financière à laquelle il pourra consacrer tout le reste de son temps, puisque la charge de ministre de la Justice lui a été retirée. Cette fonction revient à François Biltgen, petit par la taille, mais large par les épaules au vu du vertigineux cumul des responsabilités qui lui ont été confiées: outre la Justice, il aura en effet en charge le ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative, celui de l’Enseignement }  10

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Luc Frieden n’a plus qu’un seul ministère à sa charge: celui des Finances. Il pourra ainsi davantage se consacrer au développement de la place financière.

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 { supérieur et de la Recherche et il assumera de sur-

croît les fonctions de ministre des Communications et des Médias et celles de ministre des Cultes!

Pas de remise en cause du paquet conjoncturel… Gouvernement

LEs ministres socialistes Les membres du nouveau gouvernement ont été assermentés le 23 juillet 2009 par S.A.R. le Grand-Duc. Jean Asselborn – Vice-Premier ministre; Ministre des Affaires étrangères Mady Delvaux-Stehres – Ministre de l’Education nationale et de la Formation professionnelle Jeannot Krecké – Ministre de l’Economie et du Commerce extérieur Mars di Bartolomeo – Ministre de la Santé; Ministre de la Sécurité sociale Nicolas Schmit – Ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Immigration Romain Schneider – Ministre de l’Agri­ culture, de la Viticulture et du Dévelop­ pement rural; Ministre des Sports; Ministre délégué à l’Economie solidaire

Quant à l’axe «développement durable» évoqué par Jean-Claude Juncker, il est, dans les faits, matérialisé par la création d’un ministère du Développement durable et des Infrastructures, confié à Claude Wiseler qui, dans le gouvernement précédent, avait en charge la Fonction publique et la Réforme administrative, ainsi que les Travaux publics. Il s’appuiera sur un ministre délégué, Marco Schanck, qui occupait notamment, dans la Chambre des députés sortante, la fonction de président de la commission des Affaires intérieures et de l’Aménagement du territoire. Parmi les grands chantiers qui attendent ce nouveau gouvernement figure, évidemment, la continuité dans l’application du «paquet conjoncturel» décidé en début d’année. Il ne sera «ni défait ni allégé», a indiqué M. Juncker. Son application passera par une hausse substantielle des investissements publics au moins jusqu’en 2010 (date au-delà de laquelle le Premier ministre ne cache pas qu’il est, aujourd’hui, impossible d’établir les

moindres prévisions) et une augmentation des dépenses dans le domaine de la recherche jusqu’au niveau de 3% du PIB. Il devra également proposer les premières solutions aux problèmes à prévoir dans le fonctionnement du système de pensions et retraites, dont la viabilité à l’horizon 2030, et au-delà, n’est plus garantie aujourd’hui. «Nous ne devons pas imposer à la prochaine génération des charges qu’elle sera incapable de supporter. Il faut éviter que nous devenions une génération de faiseurs de dettes et que les jeunes deviennent une ‘génération remboursante’.»

… ni de démontage social Jean-Claude Juncker souhaite que son équipe se penche concrètement au chevet de l’assurancepension au cours de la première moitié de la présente législature (rendez-vous, donc, début 2012). Pas de remise en cause à prévoir des pensions déjà existantes, mais des solutions à trouver pour minimiser l’impact que la garantie du système de pensions et retraites actuellement en vigueur aura à l’avenir sur les possibilités matérielles déterminant les conditions de vie des «jeunes» générations. «Notre génération n’a pas le droit de léguer, par lâcheté, par incompréhension et par aveuglement délibéré, à la prochaine génération de }  12

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Gouvernement A

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Chambre des députés du grand-duché de luxembourg

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Groupe politique LSAP Président 27  Lux Lucien Membres 28  Angel Marc 29  Bodry Alex 30  Dall‘Agnol Claudia 31  Diederich Fernand 32  Err Lydie 33  Fayot Ben 34  Haagen Claude 35  Klein Jean-Pierre 36  Mutsch Lydia 37  Negri Roger 38  Scheuer Ben 39  Spautz Vera

Groupe politique DP Président 40  Bettel Xavier Membres 41  Bauler André 42  Berger Eugène 43  Brasseur Anne 44  Etgen Fernand 45  Helminger Paul 46  Meisch Claude 47  Polfer Lydie 48  Wagner Carlo

Groupe politique DÉI GRÉNG Président 49  Bausch François Membres 50  Adam Claude 51  Braz Félix 52  Gira Camille 53  Huss Jean 54  Kox Henri 55  Loschetter Viviane

Le Gouvernement  Romain Schneider B  Carlo Schank C  Nicolas Schmit D  Jean-Marie Halsdorf E  Mars Di Bartolomeo F  Claude Wiseler G  Octavie Modert H  Françoise Hetto-Gaasch I  François Biltgen J  Mady Delvaux-Stehres K  Jean Asselborn L  Jean-Claude Juncker M  Marie-Josée Jacobs N  Luc Frieden O  Jeannot Krecké

Groupe politique CSV Président 1  Schiltz Jean-Louis Membres 2  Andrich-Duval Sylvie 3  Arendt épouse Kemp Nancy 4  Boden Fernand 5  Clement Lucien 6  Doerner Christine 7  Eicher Emile 8  Eischen Félix 9  Frank Marie-Josée 10  Gloden Léon 11  Haupert Norbert 12  Kaes Ali 13  Lies Marc 14  Majerus Mill 15  Mergen Martine Présidence 16  Meyers Paul-Henri Président P  Laurent Mosar (CSV) 17  Mosar Laurent 18  Oberweis Marcel Secrétaire Général 19  Roth Gilles SG  Claude Frieseisen Secrétaire Général Adjoint 20  Schaaf Jean-Paul SGA  Benoît Reiter 21  Spautz Marc SGA  Isabelle Barra 22  Thiel Lucien 23  Weber Robert 24  Weiler Lucien 25  Weydert Raymond 26  Wolter Michel

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A

Sensibilité politique „Alternativ Demokratesch Reformpartei“ Président 56  Gibéryen Gast Membres 57  Colombera Jean 58  Henckes Jacques-Yves 59  Kartheiser Fernand

Sensibilité politique „déi Lénk“ Membre 60  Hoffmann André

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 { politiques et d’habitants du pays les problèmes de

financement à long terme de notre système de pensions et retraites sans les avoir résolus. Nous voulons les résoudre. Dans le dialogue. Par le biais de négociations. Et, je l’espère, dans le consensus.» Le Premier ministre met également en garde ceux qui, par essence, s’opposeraient à toute réforme apparentée à du «démontage social». «Procéder aujourd’hui à une transformation responsable du système de sécurité sociale permet d’éviter, demain, un démontage social radical, a-t-il expliqué. Une démarche sociale tient compte de ce que les gens peuvent se payer aujourd’hui et demain. Par contre, c’est une démarche non sociale que d’augmenter les prestations actuelles à tel point que la génération prochaine ne sera plus en mesure de les financer.»

Vers une société plus participative En marge de ce volet économique qui monopolisera les efforts et les attentions, le gouvernement aura également à prendre des décisions sociétales qui ne manqueront pas de faire débat. On pense en tout premier lieu à l’introduction annoncée du mariage homosexuel et la réforme de la loi sur l’avortement, lequel serait désormais soumis à des critères d’ordre physique, psychique ou social. Jean-Claude Juncker entend par ailleurs «faire de la société luxembourgeoise une société plus inclusive et plus participative» et mise pour cela sur l’aboutissement de dossiers tels que le droit de vote des étrangers dans les élections communales, l’introduction des «initiatives populaires», devant permettre à un certain nombre de citoyens et d’électeurs de saisir directement la Chambre des députés d’une initiative législative, la création de maisons de la laïcité ou encore la création d’un «passeport culture» pour permettre l’accès, notamment aux jeunes, à toutes formes de cultures et de savoirs. «Bien des choses devront être remises en question, a prévenu le Premier ministre. Si nous voulons rester ce que nous sommes, nous devons accepter de faire un bond courageux vers l’avenir. Ce bond, nous le réussirons uniquement si le gouvernement et le Parlement sont prêts à entamer avec détermination les réformes nécessaires. Sans réformes, on n’avance pas. Et si on n’avance pas, on recule. Nous ne voulons pas que notre pays recule. Nous voulons qu’il avance.»

Parmi les trois nouveaux ministres qui entrent au gouvernement, le socialiste Romain Schneider est également un des plus jeunes. Il sera en charge de l’Agriculture, des Sports et sera ministre délégué à l’Economie solidaire auprès de Jeannot Krecké.

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Gouvernement

Huit ministres en première ligne Voici les défis que devront relever les huit principaux ministres du gouvernement Juncker-Asselborn II. Un G8 appelé à redoubler d’énergie pour sortir le pays de la crise. Jean-Michel Gaudron et Nicolas Raulot (texte)

Photo : Luc Deflorenne

Luc Frieden Difficile de croiser un détracteur de Luc Frieden sur la place financière. Prononcez-y son nom n’importe où, et vous n’entendrez qu’éloges au sujet de son action énergique pour sauver les banques et l’argent des déposants ou de son empressement à sortir le Grand-Duché de la liste grise. Héritier du portefeuille des Finances au sein du nouveau gouvernement, le natif d’Esch-sur-Alzette aujourd’hui âgé de 46 ans n’aura guère l’occasion de se reposer sur ses lauriers pendant les mois qui viennent. Car le centre financier, d’où provient le gros des recettes de l’Etat, est menacé. Menacé par les attaques répétées à l’encontre du secret bancaire, pilier du private banking. Menacé par l’affaire Madoff et ses conséquences néfastes pour l’industrie des fonds luxembourgeois. Menacé par les restructurations, les délo-

calisations et la vague de consolidation en cours dans l’industrie financière. Les récentes annonces de RBC Dexia, où 110 postes sont menacés, ne seront pas les dernières de l’année. Il va donc sans dire que la défense et le développement de la place financière font partie des priorités. Et s’il faut diversifier l’économie, il est également sage de diversifier la place financière en elle-même. Microfinance, investissements socialement responsables, financement des écotechnologies, finance islamique, philanthropie, les pistes ne manquent pas. Il suffira souvent d’accentuer les efforts déjà entrepris. Luc Frieden a également bien conscience qu’il faudra renforcer la protection des investisseurs afin de préserver la compétitivité et l’image de la Place.

Photo: Julien Becker

François Biltgen Ministre de la Justice. Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme administrative. Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Ministre des Communications et des Médias. Ministre des Cultes. François Biltgen, 50 ans, devra sans doute reprendre son souffle après avoir décliné toutes les responsabilités qui lui ont été confiées lors de la formation du gouvernement. De quoi occuper ses soirées, ses week-ends et même ses jours fériés, en plus d’un travail à plein temps. François Biltgen ne pourra compter que partiellement sur l’expérience de la précédente législature, lorsqu’il avait surtout la charge des portefeuilles du Travail et de l’Emploi. Le président du CSV aura d’autant plus à

cœur de bien faire que les électeurs ne l’ont guère plébiscité lors du dernier scrutin. Dans sa circonscription du Sud, François Biltgen n’avait recueilli que 39.000 voix, contre 47.110 en 2004. Les dossiers ne manquent pas pour les cinq années qui viennent, en particulier sur le volet de la modernisation de l’appareil de l’Etat. Désireux d’élaborer une réforme du statut du fonctionnaire et de remettre à plat les rémunérations de début de carrière, le gouvernement entend notamment pratiquer à l’égard des agents publics «une politique qui tiendra compte de la situation économique du pays et de la situation financière de l’Etat». Les deux se sont nettement dégradées avec la crise.

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Photo: Luc Deflorenne

Jeannot KreckÉ Intronisé ministre de l’Economie et du Commerce extérieur à l’issue des élections de 2004 qui avaient ramené les socialistes au pouvoir, Jeannot Krecké, 59 ans, a été un des grands acteurs de la fin de la dernière législature, concerné au premier chef par la crise économique et financière qui a secoué le pays. Le renouvellement de son mandat n’aura surpris personne, même si les socialistes avaient, un temps, caressé l’espoir de voir regroupées, sous un seul toit, l’Economie et les Classes moyennes, ce que l’intéressé, lui-même, revendiquait déjà depuis un moment. Il aura tout de même de quoi s’occuper, avec une relance économique à accompagner et un élan nouveau à insuffler. L’éternelle volonté de diversification économique, pour se sortir du «tout finance» commence,

progressivement, à porter ses fruits. Le gouvernement entend intensifier les prospections dans les domaines d’avenir que sont la logistique, les technologies de la santé, les bio- et écotechnologies, l’e-commerce ou encore les technologies de la communication. Outre les ambitions récurrentes de promouvoir l’esprit d’entreprise et de maintenir un degré de compétitivité le plus élevé possible, Jeannot Krecké aura en charge d’activer les dix axes d’action devant mener à une politique de croissance économique durable. Une ambition teintée de vert dans la mise en œuvre, notamment, d’une politique de l’énergie soucieuse des impératifs de protection environnementale et, plus globalement, d’une politique économique qui stimule la croissance verte.

Photo: David Laurent

Mars Di Bartolomeo A 57 ans, le socialiste n’aura pas trop de son expérience pour relever les défis qui l’attendent. Reconduit comme ministre de la Santé et de la Sécurité sociale, Mars Di Bartolomeo devra entre autres s’atteler à la réforme de l’assurance-pension. Même s’il n’est sans doute pas le seul membre du gouvernement concerné par ce dossier prioritaire. Pour l’instant, les propos officiels ne donnent pas dans le catastrophisme. «L’assurance-pension possède une réserve financière importante (...), ce qui permettra de réaliser les réformes nécessaires dans les années à venir dans le dialogue avec les groupes concernés et sans précipitation», temporise le programme gouvernemental. Les différents partis n’ont d’ailleurs pas fait trop de

vagues à ce propos pendant la campagne électorale. Et pourtant, des voix de plus en plus nombreuses se font entendre pour réclamer une action d’urgence, compte tenu de la crise, de la démographie et de l’allongement de l’espérance de vie. Dès le 15 juillet, moins d’un mois après le scrutin, l’Union des Entreprises Luxembourgeoises (UEL) a appelé à une réforme immédiate du régime général. Selon les patrons, tout report rendrait les mesures correctrices plus dures encore pour les futures géné­ rations de bénéficiaires et d’assurés. Et plusieurs institutions nationales ou internationales corroborent cette analyse (Bureau International du Travail, Banque Centrale du Luxembourg, Inspection Générale de la Sécurité Sociale...).

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Photo: Luc Deflorenne

Claude Wiseler Ministre chrétien-social de la Fonction publique et de la Réforme administrative et ministre des Travaux publics de la précédente législature, Claude Wiseler, 49 ans, a hérité du tout nouveau «super ministère» du Développement durable et des Infrastructures, sous lequel se retrouvent l’Aménagement du territoire (qui sort du giron du ministère de l’Intérieur) et le volet Travaux publics qu’il connaît donc déjà bien. Le développement durable fait partie des grandes priorités énoncées par le Premier ministre Jean-Claude Juncker dans son discours de présentation du programme gouvernemental. A charge pour le ministre, et son ministre délégué (Marco Schank, voir page 18) d’animer l’interaction nécessaire entre économie, développement des

infrastructures et environnement. L’objectif de Kyoto ne sera pas le seul défi fort à relever et le dossier de la politique d’aménagement du territoire sera également suivi de très près. Poursuite de la mise en œuvre de l’IVL (Integratives Verkehrs - und Landesentwicklungskonzept, le concept intégré des transports et du développement spatial pour le Luxembourg) et programme directeur d’aménagement du territoire de 2003, réforme territoriale, fusion des communes, préparation de la révision du programme directeur prévue pour 2017… Les chantiers ne vont pas manquer. Claude Wiseler sera notamment attendu sur le terrain de la simplification des procédures et de l’application des plans directeurs et des plans d’occupation du sol.

Photo: © MAE 2009

Nicolas Schmit Il avait été l’invité-surprise du gouvernement précédent, appelé aux fonctions de ministre délégué aux Affaires étrangères et à l’Immigration sans être passé par la case «élections législatives». Son passé d’ambassadeur représentant permanent du Luxembourg auprès de l’Union européenne à Bruxelles et de représentant personnel à la Conférence intergouvernementale qui a préparé le traité de Nice lui a donné la légitimité de se voir alors confier les clés de la présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne au premier semestre 2005. S’il conserve, à 56 ans, la responsabilité de l’Immigration, celle-ci est désormais rattachée au ministère ô combien plus sensible du Travail et de l’Emploi.

En plein cœur de la crise, plans sociaux et licenciements rythment, presque au quotidien, l’activité du pays. Le maintien du dialogue social, pilier du «modèle luxembourgeois» ne sera pas la plus mince des tâches dont Nicolas Schmit aura à s’acquitter. Aucun bouleversement majeur n’est à prévoir en matière de droit du Travail, pas plus que sur la durée légale du temps de travail, même si de nouveaux modèles ponctuels seront encouragés. Le gouvernement préfère s’atteler à la réalisation du plein emploi. L’un des gros morceaux consistera en la réussite de la réforme de l’Adem (Administration pour l’Emploi), appelée à devenir l’ALE (Agence luxembourgeoise pour l’emploi) au rayon d’action élargi et à l’efficacité censée être améliorée.

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Photo: Luc Deflorenne

Marco Schank Agé de 55 ans, il fait partie des trois nouvelles têtes qui composent le gouvernement 2009/2014. Bourgmestre de la commune d’Heiderscheid et député chrétien-social depuis 1999, Marco Schank a occupé à la Chambre, entre autres, la fonction de président de la commission des Affaires intérieures et de l’Aménagement du territoire. Pas étonnant, donc, de le retrouver au sein du «super ministère» de Claude Wiseler (voir en page 16), ministre délégué au Développement durable et aux Infrastructures, dont l’aménagement du territoire est une des composantes de base. Il a également été nommé ministre du Logement, une attribution «sortie» du giron du ministère des Classes moyennes. Une double compétence qui fait sens

dans l’élaboration du concept global de mobilité et la mise en place des articulations déplacement-logement-activités professionnelles et de loisir, déterminantes dans l’aménagement des villes et agglomérations futures. La finalisation du Plan Sectoriel Logement, approuvé en tant qu’avant-projet par le Conseil de gouvernement en avril dernier, est un des premiers dossiers à figurer sur son bureau. Ce plan doit servir de base aux développements urbains et aménagements communaux prévus par le programme directeur de l’aménagement du territoire et dans le plan IVL (Integratives Verkehrs - und Landes­entwicklungskonzept), le concept intégré des transports et du développement spatial pour le Luxembourg.

Photo: Luc Deflorenne

Françoise Hetto-Gaasch Ministre des Classes moyennes et du Tourisme. Si l’intitulé peut faire sourire, le portefeuille attribué à Françoise HettoGaasch, une des trois nouvelles têtes de l’équipe, n’a rien de secondaire. Surtout dans le contexte actuel, où le Grand-Duché doit trouver de nouveaux axes de développement. Confié précédemment à Fernand Boden, le secteur des Classes Moyennes constitue déjà un pilier important de l’économie luxembourgeoise, comme le souligne le programme gouvernemental. Les chiffres parlent d’eux-mêmes: 17.000 entreprises artisanales et commerciales, y compris le secteur Horeca; 150.000 personnes, soit un peu plus de 40% de l’emploi intérieur; 40.000 emplois nouveaux en dix ans. Mais il n’est pas question d’en

rester là pour la ministre, membre du CSV depuis 1999. Egalement en charge de l’Egalité des chances, Françoise Hetto-Gaasch aura, à 49 ans, la charge de poursuivre une politique active de promotion de l’esprit d’entreprendre, surtout auprès de la jeune génération et des femmes. Le gouvernement envisage de créer un vrai statut du dirigeant d’entreprise et promet d’améliorer les aides et financements alloués aux jeunes pousses. Il lui faudra également se pencher sur la qualité de service dans le commerce de détail, un thème cher à Thierry Nothum, directeur de la CLC (Confédération Luxembourgeoise de Commerce). Les clients sont nombreux à réclamer un prolongement des horaires d’ouverture et à militer pour l’ouverture dominicale.

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Chambre des députés

ENTRÉEs PARLEMENTAIREs

Dix nouveaux élus (6 CSV, 2 LSAP, 1 ADR, 1 DP) rejoignent les bancs  de l’Assemblée luxembourgeoise et étrennent leur premier mandat national.  Parmi les surprises, Félix Eischen (CSV), ancien journaliste chez RTL durant 20 ans,  Fernand Kartheiser (ADR), ancien militaire, diplomate et haut fonctionnaire,  Mill Majerus (CSV), sexologue et premier conseiller de gouvernement au ministère  de la Famille, ou encore le syndicaliste Robert Weber (CSV), président du LCGB.

Photos: Chambre de députés

Marc Auxenfants (texte)

AndrÉ Bauler (DP)

FÉlix Eischen (csV)

Émile eicher (csV)

Né en 1964, diplômé d’études en économie politique et enseignant en sciences économiques et sociales, il s’engage en politique à Erpeldange comme échevin. Passionné pour les débats politiques, cet admirateur de Voltaire s’intéresse tout particulièrement à la politique sociale, aux finances publiques et à l’éducation nationale. A la Chambre, il est membre notamment de la commis­sion de l’Education nationale, de la Formation professionnelle et des Sports, des commissions des Comptes et du Logement. Il est aussi, entre autres, vice-président de la commission du Travail et de l’Emploi et de la commission de l’Economie, du Commerce extérieur et de l’Economie solidaire.

Agé de 43 ans, diplômé de commerce et de gestion, il entre comme journaliste en 1988 à RTL Radio Luxembourg, puis rejoint en 1997 RTL Télé Luxembourg qu’il quitte en 2007. Il devient agent principal d’assurances. Fervent défenseur du dynamisme individuel, de l’initiative personnelle, des créations d’entreprises dans les secteurs professionnel et artisanal, il siège à la Chambre, dans pas moins de six commissions, dont celles du Logement, de la Fonction publique et de la Simplification administrative, de l’Economie, du Commerce extérieur et de l’Economie solidaire ainsi que des Classes moyennes et du Tourisme.

Né en 1955, bourgmestre de Munshausen et président du Naturpark Our, il se dit concerné par les questions touchant au milieu rural. «Je suivrai donc avec attention les dossiers traités par le nouveau ministère du Développement durable et des Infrastructures, surtout quand ils concernent l’Oesling et le parc naturel de l’Our, explique-t-il. Je suis persuadé qu’économie, écologie et questions sociales vont de pair». Au sein de la nouvelle Chambre, il est membre effectif de la Délégation luxembourgeoise auprès du Conseil Parlementaire Interrégional (CPI). Il siège entre autres à la commission de la Famille, de la Jeunesse et de l’Egalité des chances, à celle de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural.

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Photos: Chambre de députés

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LÉon Gloden (csV) 36 ans, juriste de formation et spécialisé en droit européen, cet avocat à la Cour et associé dans un cabinet d’avocats luxembourgeois rejoint en 2000 le conseil communal de Grevenmacher. Parmi les jeunes députés actuels, il souhaite que les jeunes s’intéressent davantage à la politique. Au sein de la Chambre, il se concentrera plus particulièrement sur le dossier de la simplification administrative et sur les questions agricoles et viticoles. Il est notamment membre de la commission du Travail et de l’Emploi, de la commission des Institutions et de la Révision constitutionnelle, et de celle de la Fonction publique et de la Simplification administrative.

Claude Haagen (LSAP) Fernand Kartheiser Marc LIES (csV) Né en 1962, diplômé puis enseignant en Né en 1968, ce banquier de formation, (ADR) sciences économiques et sociales, il employé à la BCEE, est élu conseiller débute sa carrière politique à Diekirch comme conseiller communal (1994-1996) et échevin (1997-2001) puis bourgmestre (2001-2005). En 2006, il redevient conseiller communal. Accordant une grande attention aux questions sociales, ainsi qu’à l’aménagement du territoire (avenir de l’Oesling et développement de la Nordstad), il compte aborder le chapitre de la crise et de ses conséquences au quotidien. Il fait notamment partie de la commission de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, des Médias et des Communications, de la commission de l’Economie, du Commerce extérieur et de l’Economie solidaire (pour les volets Economie et Commerce extérieur), ainsi que de la commission de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural.

Né en 1959, diplômé de l’Ecole Royale Militaire de Bruxelles, titulaire d’un doctorat en histoire, il a en outre étudié à l’Académie diplomatique de Vienne. Officier de l’Armée luxembourgeoise (de 1983 à 1989), il rejoint le corps diplomatique en 1989 et devient ambassadeur en Grèce (2000), puis en Roumanie. En 2005, il est promu directeur à la Direction du Budget, des Finances, de l’Administration et du Contrôle financier des missions diplomatiques au ministère des Affaires étrangères à Luxembourg. Comme cofondateur de l’Association des Hommes du Luxembourg, il se dit tout particulièrement concerné par des situations d’inégalités et d’injustice notamment par rapport aux hommes et pères. Il gardera donc un œil attentif sur les questions de droit familial et plus particulièrement sur la réforme de la législation sur le divorce. Il fait là ses premiers pas en politique.

communal d’Hesperange en 1999. En 2009, il devient échevin et bourgmestre de la ville. Attiré avant tout par les questions locales, il dit s’intéresser aux sujets nationaux et internationaux, plutôt pour des raisons professionnelles. Au cours de la législature, il compte plus particulièrement se concentrer sur les questions liées à l’aménagement territorial, aux finances, aux questions sociales et à l’éducation. Il siégera notamment aux commissions du Logement, de l’Education nationale, de la Formation professionnelle et des Sports et de l’Economie, du Commerce extérieur et de l’Economie solidaire.

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Photos: Chambre de députés

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Mill Majerus (csV)

Ben Scheuer (LSAP)

Robert Weber (csV)

Né en 1950, cet instituteur de formation, licencié en sciences familiales et sexologiques, rejoint en 2006 le ministère de la Famille, où il devient premier conseiller de gouvernement. S’il quitte le pouvoir exécutif, il continuera néanmoins à «veiller à ce que la condition des plus démunis s’améliore, qu’il s’agisse de jeunes en difficultés scolaires voire en détresse, de personnes en rupture sociale, familiale ou professionnelle, de personnes âgées dépendantes ou démentes». Membre effectif de la Délégation luxembourgeoise auprès du Conseil Parlementaire Interrégional, il prend tout naturellement la présidence de la commission de la Famille, de la Jeunesse et de l’Egalité des chances. Il siégera en outre aux commissions de l’Education nationale, de la Formation professionnelle et des Sports et de la Culture.

Fils du député Jos Scheuer, il est à 29 ans le benjamin du parlement luxembourgeois. Titulaire d’un BTS en comptabilité et gestion, il entre en 2004 à la Banque Raiffeisen, puis devient fonctionnaire (2006). Depuis 2005, il siège au conseil communal de la ville d’Echternach. Dans ses actuelles fonctions, il souhaite être «le porte-parole des jeunes qui débutent dans la vie professionnelle ou qui s’installent en ménage». Il se penchera tout particulièrement sur les questions de la réussite scolaire des jeunes et sur le dossier de l’écologie. Il est membre notamment de la commission des Classes moyennes et du Tourisme, de la commission du Développement durable (pour le volet Environnement) et de la commission de l’Agriculture, de la Viticulture et du Développement rural.

A 54 ans, ce syndicaliste de carrière aura passé plus de trois décennies au LCGB qu’il préside depuis 1996, avant de se porter candidat aux élections législatives. A la Chambre, il couvrira les grands domaines qu’il défend et connaît le mieux: droit du travail, droit social, les volets économique et financier. Il compte en outre suivre attentivement le chapitre des dépenses publiques. En juillet dernier, il a rejoint la commission de l’Economie, du Commerce extérieur et de l’Economie solidaire, la commission du Contrôle de l’exécution budgétaire et celle des Affaires intérieures, de la Grande Région et de la Police (pour le volet Police).

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26 luxembourg Certification

L’ÉgalitÉ des chances passe À l’ISO

University

four more years University Rector Rolf Tarrach unveils priorities for the immediate future of the institution. Rolf Tarrach (University of Luxembourg): “We want to recruit top people to come to Luxembourg.”

A défaut d’y être pour quelque chose, la nouvelle ministre de l’Egalité des Chances, Françoise Hetto-Gaasch, a commencé son mandat sur une note de qualité: son ministère s’est en effet vu décerner le label ISO 9001:2008. La certification décernée par le TÜV Rheinland porte sur la gestion d’actions de sensibilisation, d’information et de formation en matière d’égalité des femmes et des hommes. «Le domaine de validité inclut également l’élaboration de législations, de travaux de conception et de communication», précise-t-on au ministère. Publication

Duncan Roberts (text), Luc Deflorenne (photo, archives)

Having signed an extension to his contract earlier this year, Rolf Tarrach is now busy working on a four-year plan for the University of Luxembourg. The Rector, who has committed to the university for an additional five years, says the key to planning is to identify priorities based on what has so far proven to be successful in the institution’s short life. “I am very Darwinian, and this is after all the 150th anniversary of the publication of Origin of Species and the 200th anniversary of Darwin’s birth, so it is important not to forget him,” he says with a smile. The plan will, after all, form the basis of negotiations with the government for funding for the 2010-2013 period. Among the priorities Tarrach has identified is the further development of the University’s two inter-disciplinary centres in security, reliability and trust, and in systems biology. He would also like to see an improvement in the University’s ability to provide education in a multi-cultural and multilingual setting. “This has started to be a global problem, but again we have an advantage in Luxembourg, in that we have a multinational society on a small scale,” he says. The Luxembourg School of Finance also remains a priority. “We want to recruit top people to come to Luxembourg so that we can develop research and at the same time help the banking sector to innovate and find its place in the global financial world.” But just as relevant, given Luxembourg’s location advantage, is the University’s commitment to research in European Law and Business Law. “This is a country of lawyers. There has never been a prime minis-

ter who wasn’t a lawyer, so that tells you everything. All the important decision-takers you talk to here have studied law.” Tarrach cites the government’s recent agreement with the Max Planck Institute to establish a centre of procedural law in Luxembourg and the establishment of the European Corporate Governance Research Foundation (ECGRF), as evidence of the importance of such research. An agreement with Rome based institution UniDroit to establish its first external centre in Luxembourg, and the creation of the ATOZ Chair for International and European Taxation have also helped set the University on the road towards establishing a reputation as a real centre of excellence. The ATOZ agreement, signed in June, is just the sort of partnership with private and public institutions that Tarrach has been promoting, not only as a way of raising additional financing, but also as part of the University’s philosophy of connecting with local business. The first such deal was struck with TDK some three years ago, while a second agreement was made with the City of Luxembourg for a Chair in Urban Studies. The Luxembourg Chamber of Commerce also co-finances the successful Master in Entrepreneurship. Further funding comes indirectly through the Fondation Luxembourg School of Finance via an endowment of one million euros from private banking group Sal. Oppenheim. “This is something I would like to do for the future, start building an endowment of the University so that we don’t spend all the money we get, but spend the product of the money we get. That will require some time. There is this nice sentence: first friend-raising and then fund-raising.”

Tout savoir sur la nationalitÉ luxembourgeoise Entrée en vigueur le 1er janvier dernier, la loi relative à la nationalité luxembourgeoise a donné l’occasion au service Information et Presse du gouvernement de publier La nationalité luxembourgeoise, un guide qui se veut le plus complet possible sur le sujet. Sur 72 pages, en trois langues (français, allemand, anglais), on y trouve des commentaires de ladite loi, des fiches pratiques reprenant les principales informations relatives à la naturalisation, au recouvrement ou à la renonciation de la nationalité luxembourgeoise et des annexes compilant l’intégralité des textes législatifs et réglementaires concernés, mais aussi des adresses utiles et des informations au sujet de l’infoline mise en place par le ministère de la Justice. www.gouvernement.lu Compétitivité

Le Luxembourg gagne quatre places Le Grand-Duché se hisse au 21e rang du classement mondial de la compéti­tivité établi par le Forum économique mondial, par ailleurs organisateur du sommet de Davos (Suisse). Avec un score de 4,96, le Luxembourg a progressé de quatre places en un an. Voilà de quoi satisfaire la Chambre de Commerce, qui a fait de la compétitivité son combat prioritaire en vue d’améliorer l’attractivité du territoire et de renforcer les entreprises. La Suisse, classée deuxième l’année dernière, a détrôné les Etats-Unis sur la plus haute marche du podium. Une des hausses les plus spectaculaires est à mettre à l’actif de l’Azerbaïdjan qui progresse de 18 places pour se hisser au 51e rang. L’Allemagne (7e) et la France (16e) restent stables. La Belgique (18e) gagne une place.

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Roberto Bettarini

L’ambassadeur d’Italie au Luxembourg entend renforcer la collaboration entre les deux pays en matière de technologies avancées (notamment spatiales). Un grand séminaire sera organisé début octobre dans cet objectif.

« DÉvelopper de nouvelles initiatives en matiÈre de recherche » Jean-Michel Gaudron (interview), Luc Deflorenne (Photo)

Parcours

Une fleur sur un arbre Agé de 62 ans, Roberto Bettarini est entré dans la carrière diplomatique il y a 34 ans. Sa carrière à l’étranger l’a notamment mené à Kinshasa (1977-1979), Téhéran (1979-1981), Bagdad (1988-1991), Caracas (1993-1996) et Bruxelles (1996-2000). «J’ai eu le privilège d’être en poste dans des pays à des moments importants de l’Histoire: en Iran avec la chute du shah, la prise d’otage à l’ambassade américaine et le déclenchement de la guerre avec l’Irak. Puis, en Irak, j’ai vécu la fin de la guerre avec l’Iran, puis l’invasion du Koweït et le déclenchement de l’attaque de la coalition alliée. Ce furent des situations très difficiles sur le plan personnel et professionnel, mais avec une dimension historique magnifique.» En poste au Luxembourg depuis novembre 2006, il devrait y vivre son dernier poste hors d’Italie, avant de retourner terminer sa carrière au pays. «Les diplomates sont comme les fleurs des arbres. Ils sont beaux à voir, mais ils tombent. Ce sont les racines qui restent. L’image de la diplomatie, les bals, le verre à la main, ce n’est pas vrai! Ce métier est passionnant, mais pour n’être que de passage, il faut avoir la sagesse de savoir contrôler ses sentiments.» J.-M.G.

Monsieur Bettarini, vous avez pris vos fonctions en novembre 2006. Quel regard portezvous sur les relations économiques entre les deux pays? «Je constate que nous avons des relations très étroites et des systèmes qui sont, d’une manière ou d’une autre, bien intégrés entre eux. Nous avons, d’abord, un nombre très important de banques italiennes qui sont représentées ici (il y en avait 11 au 31 juillet, selon la CSSF, ndlr.), plus qu’à Paris ou Londres. Luxembourg est d’ailleurs la ville étrangère où il y en a le plus. Ces banques italiennes ont des relations très étroites avec les établissements présents en Italie et emploient un nombre significatif d’Italiens. Il s’agit de la première forme d’activité et de relation économique existant entre les deux pays. Ensuite, il y a des sociétés italiennes qui se sont développées ici. Je pense bien sûr à Ferrero, qui dispose d’un centre de production à Arlon, mais qui a établi au Grand-Duché tout le centre financier et administratif de ses activités à l’étranger. Cela représente presque 450 personnes qui travaillent ici. Nous avons également une formidable variété d’importateurs de produits italiens de grande qualité, dans le domaine agroalimentaire surtout, que l’on retrouve dans les centres commerciaux ici. Enfin, je citerai le nombre impressionnant de restaurants italiens qui existent au Luxembourg, et qui contribuent à rapprocher et à mettre davantage en relation les Luxembourgeois et les Italiens. Quelle évolution avez-vous pu noter de ces relations en deux ans et demi? «Le Luxembourg a le train de vie le plus élevé d’Europe. Les Luxembourgeois sont fort gâtés et au fur et à mesure que leur qualité de vie a augmenté, ils ont toujours cherché à vivre mieux. Cela vaut pour la restauration, les voyages, les équipements… Dans ce modèle de vie, ils font beaucoup appel aux produits italiens. J’ai pu constater, depuis mon arrivée, une amélioration dans la qualité des échanges commerciaux, des produits, des contacts. Cela a été favorisé aussi par le fait que le gouvernement luxembourgeois, et notamment son premier ministre, joue un rôle très important au niveau des institutions européennes.

Lors de la visite d’Etat au Luxembourg du président de la République italienne, Giorgio Napolitano, en février dernier, Jean-Claude Juncker a justement déclaré qu’aucun pays n’était plus proche du Luxembourg que l’Italie. Partagez-vous ce point de vue? «Absolument. Et je peux vous dire que ce sentiment de proximité entre les pays est bien réciproque. Les Luxembourgeois sont un peuple bien ouvert dans le contact avec les étrangers, avec une capacité à faire ces mélanges extraordinaires de cultures et de civilisations. Leur histoire est un peu semblable à celle de l’Italie, qui a toujours eu de très fortes relations avec ses pays voisins et qui a également subi bon nombre d’invasions. De cette habitude de vivre avec des populations très différentes naissent une grande richesse et une grande flexibilité. Ce sont deux qualités et atouts très importants pour s’adapter à la pression du monde globalisé. Pour la visite d’Etat à laquelle vous faites référence, le président Napolitano est resté trois jours au Luxembourg. Cela montre à quel point les rapports entre les deux pays sont privilégiés. Quels sont les arguments susceptibles d’attirer, au Luxembourg, des entreprises italiennes? «Le système économique italien est un peu spécial dans ce sens où nous avons un nombre fort limité de grandes entreprises. Elles sont principalement représentées ici sous forme de structures financières. A côté de cela, nous comptons quelque quatre millions de PME. Il convient donc de bien développer ces contacts. Nous souhaitons également développer la collaboration avec le Luxembourg en matière de technologies de pointe. D’ailleurs, nous organisons un grand séminaire qui se tiendra à Luxembourg, les 8 et 9 octobre, et qui sera dédié aux nouvelles technologies, à la recherche médicale avancée et à la recherche spatiale. Je rappellerai que l’Italie a une grande tradition dans la recherche spatiale. 50% de l’actuelle station spatiale internationale ISS ont été construits par Finmeccanica. Nous sommes également un des partenaires principaux du projet Galileo et le Luxembourg, lui, est, depuis peu, membre de l’Agence spatiale européenne (ASE, dont l’Italie est le troisième contributeur, avec près de 15% du budget, derrière la France et l’Allemagne, ndlr.). Comment peuvent, concrètement, se renforcer ces liens entre les deux pays en matière de tech-

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«L’image de la diplomatie, les bals, le verre à la main, ce n’est pas vrai!»

Roberto Bettarini

nologies de pointe? «A partir du moment où le Luxembourg est membre de l’ASE, il est devenu un partenaire important et fiable pour réaliser des projets communs dans le domaine de la recherche. Le moment est opportun pour développer de nouvelles initiatives communes en matière de programmes de recherche et de séminaires. A contrario, quels sont, selon vous, les secteurs dans lesquels les entreprises luxembourgeoises pourraient investir en Italie? «Je pense qu’il y a de grandes possibilités dans les domaines touristique et hôtelier. Cela concerne autant les hôtels de luxe que les ports touristiques. Il y a un très grand nombre de bateaux en Italie et le potentiel de développement de telles infrastructures est important. Il y a beaucoup à faire! Il y a également des possibilités de travailler dans le domaine des infrastructures gérées par l’Etat: les grands ouvrages en général, tels que les autoroutes, les ponts, les aéroports… L’Italie est très étroite et très longue et sa géographie est très compliquée! Cela a pris 14 ans pour creuser les 72 km de tunnel sous les Apennin pour relier Florence à Bologne. L’infrastructure de cette galerie sous la montagne est l’une des plus compliquées et des plus sophistiquées au monde. Je note aussi qu’il y a beaucoup de Luxembourgeois qui ont déjà acheté ou sont en train d’acheter des propriétés en Italie, notamment en Toscane, qui reste un grand classique. Cette région ressemble un peu au Luxembourg: il y a la campagne, la qualité de vie, les arbres, les forêts… mais il y a un peu plus de soleil! Disons que c’est la partie luxembourgeoise de l’Italie. Par quels moyens est-il possible d’améliorer encore les relations économiques entre les deux pays? «La Chambre de commerce luxembourgeoise a réalisé, en décembre dernier, une grande mission économique en Italie à laquelle ont participé plus de 100 entrepreneurs luxembourgeois. Ce fut un succès. Une fois encore, je pense que deux domaines, en particulier, pourraient faire l’objet de toutes les attentions: le secteur touristique et celui des services et des nouvelles technologies. La vie politique en Italie est souvent montrée du doigt pour son instabilité. L’image du pays en souffre-t-elle au point de rendre difficiles

les échanges économiques? «Je comprends votre considération, mais je ne la partage pas. Le gouvernement Berlusconi a été le plus stable que nous n’ayons jamais connu en Italie depuis l’instauration de la République en 1946 et un des plus stables en Europe. Silvio Berlusconi est entré dans la vie politique en 1994, après une grande carrière en tant que dirigeant d’entreprise. Il est devenu premier ministre en 1994 après la grande opération mani pulite (l’opération ‘mains propres’, lancée en 1992, qui s’attaqua aux pratiques de corruption dans le monde politique italien, ndlr.). Cela fait 15 ans aujourd’hui qu’il est en politique. Il a déjà fait sept ans au gouvernement et peut encore faire quatre ans. En 20 ans de politique, on aura alors eu plus de 14 ans de Berlusconi! Cela dit, il est vrai qu’en Italie, les débats politiques sont très forts, très passionnés, un peu démagogiques parfois. Et autour du fait que les institutions fonctionnent d’une manière stable, il y a une grande agitation et un débat continu. C’est un peu le caractère italien. Il y a longtemps eu des oppositions et des confrontations dans le pays. L’histoire unitaire de l’Italie est très récente. Celui qui veut investir doit en tous les cas savoir qu’il y a un gouvernement stable et une majorité énorme au parlement. Les débats sont en fait surtout concentrés sur les caractères des personnages et leur vie privée, ce qui n’était pas le cas avant. Au-delà de la ‘comédie’ que l’on fait tous les jours, le pays est le plus solide et le plus sérieux que l’on peut. A l’occasion de la récente organisation du G8 à l’Aquila, nous avons montré notre meilleur visage.

Import/export

Des Échanges en baisse Les échanges commerciaux entre l’Italie et le Luxembourg ont connu, en 2008, un ralentissement par rapport aux années précédentes. Ainsi, selon les données du Statec, le montant des exportations du Luxembourg vers l’Italie s’est élevé à 585,5 millions d’euros (contre 637,7 millions un an plus tôt, soit un recul de plus de 8%), retombant à un niveau qui n’avait plus été atteint depuis 2003. La baisse de régime est plus flagrante encore au niveau des importations. Déjà en recul de 22% entre 2006 et 2007, elles ont encore fléchi de près de 6% en 2008 (325,6 millions d’euros). J.-M.G.

Le pays souffre-t-il de cette image parfois négative? «Tous les pays ont leur image. Ça fait partie du folklore. C’est sympa, à condition de savoir regarder au-delà du folklore.» paperjam  | Septembre-Octobre 2009 | ÉCONOMIE & FINANCE

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Rapport

Le Luxembourg pas pressÉ Dans son dernier Tableau d’affichage du marché intérieur, Bruxelles épingle le Grand-Duché qui tarde généralement à adopter les directives européennes, en dépit de notables progrès.

Photo: archives paperJam

Quelque 1.269 procédures d’infraction ont été entamées par la Commission contre les Etats membres.

Marc Auxenfants (texte)

Créé en 1997, le Tableau d’affichage du marché intérieur liste les efforts déployés par les Etats membres pour adopter les règles communautaires dans les délais prescrits. Pour la Commission européenne, l’auteure de cette récapitulation bisannuelle, les 27 semblent globalement respecter «le timing» imposé par Bruxelles. Pourtant, encore 1% de ces directives tarde à être transposé dans les temps, en droit national, un chiffre qui représente quelque 1.606 directives orphelines. Dans ce domaine, le Luxembourg affiche un déficit de transposition de 1,7%, qui le place dans le peloton de queue de l’Union. Néanmoins, l’institution européenne note les réels efforts structurels récemment accomplis par les Etats pour adopter les directives dans les temps. Ainsi, le Danemark et Malte caracolent en tête et ne sont «qu’à trois directives du score parfait», tandis que Chypre et le Luxembourg ont, pour leur part, réalisé des progrès notables à ce niveau. Cependant, pour Charlie McCreevy, commissaire européen chargé du marché intérieur et des services, «il subsiste encore trop de cas où les Etats membres manquent à leurs obligations en la matière. Il faut permettre au marché intérieur de jouer son rôle pour que l’économie européenne retrouve sa croissance aussi rapidement que possible». Le tableau montre d’ailleurs du doigt douze Etats, qui n’observent pas l’objectif de «tolérance zéro» pour les directives, et dont le retard de

transposition va au-delà des deux ans. Pis, cinq d’entre eux auraient même accru leur mauvais score: la Grèce, le Portugal, l’Italie, l’Autriche et la Finlande. Sur ce terrain néanmoins, le GrandDuché reste hors concours, avec huit directives dont le délai de mise en application en droit luxembourgeois a largement expiré. C’est d’ail­ leurs de loin le pire résultat enregistré dans cette catégorie au sein de l’Union Européenne. Autre zone grise relevée par la Commission, les 27 Etats membres totalisent quelque 1.269 procédures d’infraction, soit en moyenne 47 par tête de pipe. Et c’est dans les secteurs «fiscalité et union douanière» et «environnement» que les entorses au droit communautaire sont les plus nombreuses. Ils représentent à eux deux presque 50% des actions pour manquements intentées par la Commission. Depuis le début de l’année, cette dernière a d’ailleurs lancé trois procédures d’infraction à l’égard du Luxembourg, ce qui porte à 33 le nombre de mises en demeure émanant de Bruxelles pour le pays. Définie par l’article 226 du Traité des Communautés européennes, la procédure d’infraction comporte trois étapes: mise en demeure, avis motivé et saisine de la Cour européenne de Justice. Le premier stade constitue plutôt une demande formalisée d’informations; dans le cadre de l’instruction du cas, il reste confidentiel. Pour l’avis motivé et la saisine, la Commission publie, en général, un communiqué de presse informant le public de l’existence de la procédure.

Express (15/07) L’OGBL et les directions des socié­ tés Utopia et Caramba ont signé une pre­ mière convention collective, qui couvre l’ensemble du personnel occupé auprès des sociétés d’exploitation cinématogra­ phique du Luxembourg. C’est sur base de la convention collective en vigueur au sein de la société Utopia que les parties ont pu trouver un accord sur certaines amé­ liorations avec, notamment, une augmen­ tation substantielle à partir de la 6e année d’ancienneté. (28/07) L’aéroport de Luxembourg a accueilli, au cours du premier semestre, 710.709 passagers. Cela représente une diminution du nombre de passagers de 11,3 % par rapport au premier semestre 2008, où l’on comptait 801.298 passagers. C’est au mois de juin que l’aéroport a connu la plus forte fréquentation avec 146.041 passagers. Concernant l’activité Cargo, le volume de fret transporté au cours du premier semestre 2009 a baissé de 25,4% en un an, à 299.515 tonnes. (24/08) Le ministre des Finances, Luc Frieden, a effectué une visite de travail en Suisse et au Liechtenstein. A Berne, il a été reçu par le président de la Confédé­ ration helvétique et ministre des Finances, Hans-Rudolf Merz. Ils ont signé un ave­ nant à la convention de non-double imposition entre les deux pays. Au Liech­ tenstein, c’est avec le premier ministre et ministre des Finances Klaus Tschütscher, qu’il a signé un accord de non-double imposition entre les deux pays, conformé­ ment à la convention modèle de l’OCDE. (27/08) L’indicateur de confiance des consommateurs établi par la BCL a progressé d’un point en août. Il remonte à -7, mais demeure à un niveau moins élevé qu’avant la survenance de la crise économique et financière. (27/08) Au 31 juillet 2009, le nombre des personnes sans emploi résidant au Luxembourg était de 12.787, ce qui repré­ sente un taux de chômage de 5,5%. En un mois, le nombre de chômeurs a aug­ menté de 275 unités (+2,2%). En un an, il a gonflé de 37,9% (+3.517 personnes). (09/09) Après le recul de 0,9% au mois de juillet, dû aux soldes d’été, l’indice des prix à la consommation, établi par le Statec, a retrouvé au mois d’août un niveau normal en progressant de 1,32% par rapport au mois précédent. Le taux d’inflation sur un an, qui était négatif lors des trois mois précédents en raison de la forte diminution des prix des pro­ duits pétroliers par rapport à l’été 2008, renoue ainsi avec les valeurs positives et se chiffre à 0,24%. Retrouvez l’intégralité de ces communiqués de presse sur www.paperjam.lu

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Responsabilité sociale d’entreprise

La boÎte À outils d’une stratÉgie durable

Alors que le label RSE de la fédération patronale est encore en gestation, les initiatives privées se multiplient. Dernière en date: SustainStar, un package de services qui permet aux entreprises d’investir dans le durable.

Frédérique Moser (texte), David Laurent / Wide (photo)

L’impulsion politique a pris ses racines dès 2003, avec la volonté exprimée par le ministre François Biltgen de voir la Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) s’ancrer dans la réalité économique du pays. En six ans, le concept a fait du chemin au Luxembourg et les acteurs de la RSE, publics et privés, se sont multipliés. Un nouveau coup d’accélérateur vient d’être donné en juillet, avec le lancement du label SustainStar. «La crise financière a fait apparaître de nouveaux besoins dans les entreprises. Il s’agit pour elles de démontrer leur crédibilité et l’efficacité de leur management, qui ne passe plus uniquement par la maîtrise des risques économiques, explique Janin Heniqui, le directeur de Sustain, société de consultance en matière de développement durable. Inscrire son activité dans une logique ‘socialement responsable’ consiste donc à mettre en place une stratégie qui concilie les enjeux économiques, sociaux et environnementaux, pour aboutir à un système de gestion d’entreprise qui limite les risques et garantit la pérennité de l’entreprise.» Or, pour nombre de dirigeants aujourd’hui, la RSE est encore perçue de façon monolithique: on croit faire de la RSE parce que l’on trie ses déchets, que l’on privilégie la prise de responsabilité par les femmes ou que l’entreprise agit dans le secteur caritatif. «Une véritable stratégie de RSE doit en réalité s’appuyer sur les trois piliers à la fois, de manière transversale, dans les différents segments de l’entreprise», souligne M. Heniqui. Début juillet, les deux partenaires, Sustain et Escem (le bureau de certification de TüV Rheinland au Luxembourg), ont annoncé la mise sur le marché d’un outil RSE complet et reconnu, puisqu’il permet d’aboutir à une certification établie selon un référentiel international, conforme aux grands standards (UN Global Compact, Global

Reporting Initiative, Projet d’ISO 26000, etc.). Sustain, le consultant, se chargera de conseiller l’entreprise tout au long de la démarche (en s’appuyant sur son réseau de quelque 700 partenaires spécialisés), tandis qu’Escem se chargera de l’évaluation finale. L’approche est divisée en quatre étapes: un pré-scan, qui permet à la société de savoir très rapidement où elle en est; puis, une analyse détaillée des enjeux, pour déterminer les segments où il est pertinent d’agir pour l’entreprise; ensuite, l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan d’actions concrètes, par ordre de priorité. Passé ce stade, Sustain cède la main et c’est Escem qui entre en jeu, pour l’évaluation finale et le rating, avec l’attribution d’étoiles (les «stars») selon les performances réalisées dans les différents domaines évalués.

Dix piliers «La certification se joue autour de neuf piliers, voire dix», explique Stefan Zerwes, directeur d’Escem. L’entreprise est évaluée dans les domaines de la gouvernance, de la responsabilité sociale, de la santé et la sécurité, de la qualité, de l’environnement, de la sécurisation des informations, de la publication financière, de l’innovation ainsi que de la compétition et du comportement sur les marchés. «Il est possible d’intégrer un dixième pilier d’évaluation, qui concerne les exigences spécifiques des clients de l’entreprise, par exemple dans la chaîne de sous-traitance. Cela donne beaucoup de flexibilité dans la démarche», précise M. Zerwes. Une flexibilité d’autant plus grande que l’entreprise peut choisir de se faire évaluer par rapport à une, plusieurs ou l’ensemble des dimensions du référentiel TüV RheinlandStar. «On reste dans une optique modulable, où l’entreprise peut avancer étape par étape, en travaillant et en approfondissant une thématique par an, par exemple», précise le directeur d’Escem.

La certification, dont la durée de validité est d’un an, peut ainsi s’élargir progressivement. «La démarche SustainStar doit être vue comme une boîte à outils, qui permet de s’inscrire dans une logique d’amélioration et de progrès continus», souligne Janin Heniqui. Le marché luxembourgeois est le premier en Europe où va être proposé cet outil complet d’évaluation en RSE, déjà largement utilisé sur le marché asiatique. «Bien entendu, il a été adapté aux besoins du marché local, précise M. Zerwes. Il s’inscrit parfaitement dans la volonté politique du Luxembourg d’un développement économique durable et socialement responsable.» Plusieurs entreprises ont déjà manifesté leur intérêt. Sans surprise, il s’agit essentiellement de grosses structures du secteur bancaire et financier. S’il se réjouit de ce bon accueil, Janin Heniqui martèle que la boîte à outils SustainStar, malgré sa complexité apparente, est aussi appropriée pour les petites entités. «L’approche est pragmatique et évolutive. Contrairement à d’autres labels de RSE, comme celui proposé par l’INDR (Institut national pour le développement durable et la responsabilité sociale des entreprises), qui portent sur une démarche plus globale, il est possible de cocher et décocher tous les éléments qui ne sont pas pertinents pour l’entreprise. La beauté de cet outil, c’est justement cette flexibilité!» Eric Hiéronimus, responsable de l’initiative «Entreprise Socialement Responsable» de l’INDR (une émanation de la fédération patronale, l’UEL), salue cette nouvelle initiative qui s’inscrit dans la démarche globale de promotion de la RSE: «L’apparition grandissante de labels et d’acteurs en RSE prouve à suffisance que cette thématique s’inscrit en plein dans les préoccupations des managers de nos entreprises.» Mais il tempère également: «Il s’agit, ni plus, ni moins, d’une certification commerciale étrangère de plus.»

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Pour les directeurs de Sustain et Escem, Janin Heniqui et Stefan Zerwes, la puissance de ce nouvel outil réside dans sa flexibilité.

La multiplication des labels et des acteurs risquerait-elle de brouiller le message et d’engendrer une certaine confusion? «Il existe effectivement plusieurs certifications internationales et toutes ont leurs raisons d’être, leurs méthodologies et leurs objectifs. Le public-cible doit bien évidemment se renseigner sur les tenants et aboutissants de ces différentes approches.»

Une démarche normative Face à cette «profusion de labels étrangers», l’INDR défend ses couleurs: son action vise à «donner un caractère normatif et structurant à la démarche RSE des entreprises luxembourgeoises». Il a donc décidé d’intégrer ces différentes approches dans «un, et un seul, label luxembourgeois, qui sera bien sûr en phase avec la réalité de nos entreprises et qui tiendra compte de nos spécificités nationales», souligne M. Hiéronimus. Selon ses promoteurs, le label de l’INDR présente l’avantage d’être le seul label de qualité

RSE luxembourgeois, qui repose sur les trois piliers traditionnels (social, environnement et gouvernance), indissociables et identiques pour toutes les entreprises souhaitant obtenir la certification. «Notre démarche s’adresse dès lors à toutes les entreprises luxembourgeoises, sans discrimination de taille ou de secteur. Nous sommes ainsi fiers de compter parmi notre panel d’entreprises pilotes, un boucher artisanal indépendant, mais également la première entreprise du pays, ArcelorMittal, ce qui montre à quel point nous intégrons l’ensemble du tissu économique luxembourgeois dans notre démarche», souligne M. Hiéronimus. La «boîte à outils» SustainStar est disponible dès à présent sur le marché luxembourgeois. Quant au label de l’INDR, il le sera en janvier 2010. Les entreprises intéressées peuvent d’ores et déjà s’auto-évaluer en ligne, sur le volet social. Les deux autres référentiels qui composent le label seront disponibles sur le site de l’INDR dans les prochaines semaines.

www.escem.com www.sustain.lu www.indr.lu

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Events

india meets luxembourg

Fischbach francophone

Having launched officially on March 30, the Indian Business Chamber  of Luxembourg is stepping up its presence in the Grand Duchy with a series  of events over a nine-day period, beginning on September 24.

Brian Power (texte), Francesca Gilibert (photo)

India, despite a rapidly emerging middle-class and recent year-on-year economic growth of 8%, ranks a somewhat lowly 34th on the list of this country’s trading partners (see paperJam May 2009). Clearly, it is in Luxembourg’s interests to rectify this situation, and the Indian Business Chamber of Luxembourg (IBCL) plans to do just that, according to Sudhir Kumar Kohli, its President. With this in mind, “India meets Luxembourg” will kick off on 24 September, in a bid to enhance the relationship between the two countries on several levels. After all, it’s not just about business, is it? Getting proceedings underway will be the premiere of the Bollywood film Devdas at Utopolis, on 24 September, while the curtain will be closed by a Diwali celebration featuring Indian music, dancing and food, on 3 October. There will be a cookery evening on 27 September and a tribute to Mahatma Ghandi on 2 October. In the midst of these opportunities for social and cultural exchange, seminars on business will occur, with opportunities and taxation being the aspects covered. “The first few months have gone well,” smiles Kohli about the initial stages of the IBCL, “I have had contact from some Luxembourgish companies showing an interest in India, Indian companies keen to do business in Luxembourg, and media coverage in both countries.” This supports his ambition of creating a truly bilateral chamber: the forthcoming business events, like all events in the future, will be balanced by a local speaker as well as one from the subcontinent. Kohli has seen something of a sea-change in Luxembourgish attitudes towards India since his arrival in this coun-

try over 34 years ago: “before, India was not so well-known. Now it is growing and features prominently in world headlines. Over the last decade, people here have become much more open to doing business with Indians.” Future IBCL events will focus on several sectors, from finance and the fund industry to pharmaceuticals, real estate, telecoms and energy. These are where Kohli sees potential link-ups between India and Luxembourg, and aims to “present the sectors to which the two countries are open. Companies can then decide whether to get involved.” In this vein, a seminar will be held on 28 September on emerging opportunities for India-Luxembourg economic cooperation which will serve as a guide and introduction to India, and feature contributions from Gul Kriplani, President of the Indian Merchants’ Chamber of Mumbai, as well as Jeannot Krecké, and Pierre Gramegna of the Luxembourg Chamber of Commerce. Kohli is also keen to highlight the double tax avoidance treaty signed between the two countries this year: “many companies do not know about the treaty but, once they learn of it, they will become interested in doing business with India, and Indian companies will reciprocate. Now, they will not have to pay taxes in both India and Luxembourg, but just once. It is important for the business world to know about this.” A symposium introducing the treaty will be held on October 2, featuring PricewaterhouseCoopers Directors Aditya Sharma and Michael Frigo. In a move to improve India’s foreign trade, “a bill was tabled in parliament allowing Indian companies to merge with overseas ones. Luxembourg companies should be aware of this situation,” states Kohli. The first steps are being taken...

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Photo: archives paperjam

“Luxembourg is more open to doing business with India.” Sudhir Kumar Kohli (IBCL)

Marc Fischbach, le médiateur du Grand-Duché du Luxembourg, a été élu président de l’Association des Ombudsman et Médiateurs de la Francophonie (AOMF), lors de son assemblée générale qui s’est tenue à Québec (Canada), du 7 au 9 septembre derniers. Le mandat est de deux ans. L’AOMF, qui réunit les ombudsman et médiateurs de quelque 50 pays des continents européen, africain, américain et de l’Océan indien/pacifique, tous membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), a pour principal objectif de veiller au respect et à la consolidation de l’Etat de droit et de la démocratie.

C’était, au 9 septembre, le nombre de cas confirmés de grippe A(H1N1) au Grand-Duché. «La plupart des cas ont été importés, même si le nombre d’infections au Luxembourg a tendance à augmenter depuis deux semaines», a précisé le ministre de la Santé Mars Di Bartolomeo. Dans le cadre des mesures préventives, le ministère a lancé une campagne nationale afin d’«informer le grand public sur les gestes simples et efficaces qui permettent d’éviter une infection par le virus». 700.000 doses de vaccin ont aussi été commandées. Une vaccination facultative et gratuite est proposée à l’ensemble de la population. A l’heure actuelle, il n’est pas encore confirmé s’il faut une ou deux doses pour obtenir une protection efficace.


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) 0 1 / 7 ( w o n t h g T h e C r i s i s r i T o u r i s m rJam examines the consequencesnot fsectors. pape y in dif fere r e v o c e Each month r r fo ts d the prospec the crisis an tourism This month:

Tourism

state of flux?

This country has a dynamic industry promoting itself as a tourist destination. But has the crisis thrown a spanner into the works? And are strategic partners pulling their weight?

Brian Power (text), Julien Becker (photo)

What is the international perception of Luxembourg as a tourist destination? Opinions vary widely, from those instantly enamoured with the country, charmed by its cleanliness, order and greenness, to those who are more cynical, perhaps jaded by what is viewed as a lack of excitement and extremes. Both are legitimate points of view, but what cannot be denied is the effort that has been put in to promote this country and its capital city as a tourist destination, and to highlight the number of attractions in a comparatively small space. “Strides have also been taken the past few years to create different touristic products in Luxembourg,” says Robert Philippart, Director of the National Tourist Office (ONT), “we found out what it is that clients want and aim to provide those things. This is obviously an on-going process, however. We may have evolved, but it is vital to keep evolving.” This applies on both a micro and a macro level, from the small hotelier in the countryside to the Luxembourg City Tourist Office (LCTO), and the current economic climate opens up a new set of challenges for all involved in the tourist industry. Things may have changed: the destination remains the same, but the routes taken to reach it are somewhat different. And promotion of tourism will remain an active and diversified process, irrespective of what field it is in, from the modern to the historical. With Echternach set to become a

Unesco World Heritage site (and Vianden on the proposed list) Luxembourg is showing its past to the world, as well as investing in projects like Mudam and the Philharmonie to show the present. But once such things are in place, it is still necessary to inform people they are there, both here and abroad.

A one-stop shop? “We have made it easier to find things in Luxembourg,” says Philippart on the improved visibility structured promotional campaigns have afforded the country. As well as extensive brochures showing different aspects of holidaying in the Grand Duchy, from culture to wellness to sports to hotel guides, not to mention the periodical event guide Agendalux, representatives from the tourism bodies have been present at trade fairs in neighbouring countries, and awareness has been raised further afield: “our primary markets for visitors from abroad are Germany, Belgium and The Netherlands,” Philippart states, “and undeniably, some of these visitors have been coming to Luxembourg for many years and enjoy a feel of familiarity. We do not wish to alienate these visitors. We do, however, seek to boost their numbers and cater for several profiles. Furthermore, we have secondary markets in which to raise awareness, as well as potential new clients to target.” Among these new targeted clients are those looking for an active break. The idea of Luxembourg as a mainstream

sports destination may have seemed risible in the past, but an emphasis has been placed on the hiking and cycling possibilities “from station to station and hostel to hostel, as well as the Mullerthal trail,” according to Philippart. Such tourism has proved to be successful, and the participation of CFL and the hostels has played no small part in this. For 2009, this focus has paid off, as has that on villes et villages de charme. Philippart notes that such destinations, which take advantage of Luxembourg’s countryside as well as heritage, “have seen an 18% increase in visitor numbers in 2009, compared with last year.” But is this to the detriment of other sectors of the tourist industry? And are such positive results manifest across the board? “No, they are not,” admits Philippart. “I have encountered hoteliers who are reporting a slump in business and don’t necessarily see why. It’s simple: you cannot stand still. An attitude of maintaining levels of service and product, keeping them the same as they have been for 20 years just isn’t good enough.” He points out that those hotels which have been successful are those which have invested, ploughing profits into diversification of services. Standards and expectations are higher than they used to be, and what was once an optional extra is now seen as the norm. “The ONT has to deal with this. We are active. The members have to be active as well: for example, many visitors now see gastronomy or wellness as requirements. If they are not given what they want, why should they come }  38

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“We have one tradition: to renew constantly.” Robert Philippart, (National Tourist Office)

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 { back?” It seems obvious, but this country is not

always noted for its customer service. This attitude is something Philippart is keen to address.

Meaning business A clear consequence of the financial crisis is a fall in the number of hotel rooms being occupied by business travellers, mainly around the city. Philippart insists that “while the overall rate of hotel room occupation in the capital has fallen in 2009, the rate of non-business traveller occupation has risen, which has cushioned the fall. That said, the industry has tightened up, and competition has increased. Again, those hotels putting in the effort in their segment of the market are the ones who are not being hit so hard.” But if there is a crisis, then why have non-business trips to Luxembourg increased? Philippart outlines several factors at play, and these also have a bearing on what has happened outside the capital city. Luxembourg presents itself as a tourist destination under one umbrella brand. In this spirit, the Visit Luxembourg website is both timely and groundbreaking. Using “SmartMix”, it enables visitors to “to book a flight or train journey to Luxembourg, hire a car, find a hotel, order the LuxembourgCard and provides tailored information about events that may interest the visitor, depending on the profile their other choices have built up,” says Philippart. Thus, curiosity can lead to a confirmation very quickly by virtue of the ease-of-use of the site. Further-

more, information given is adapted to the different markets to focus on what they would perceive as key attractions, all of which go together to “improve the visibility of the brand of tourism in Luxembourg.” Another effect of the crisis has been to boost numbers of local tourists: people already resident in Luxembourg (as well as cross-border workers, who have been targeted with strategically placed brochures to raise awareness) have taken more trips within the country rather than going abroad, as money and time are saved. “Previously, local people had not been targeted as much. Among the strategies for the past few years has been to rectify that, so the ONT has promoted local tourism and marketed towards local people as well,” insists Philippart. Previously, residents may have seen Luxembourg as the “place they live” and not a legitimate destination for a break. That is beginning to change. The Grand Duchy is renowned, for better or worse, as a business destination. Philippart insists that “tourism is a business, and through collaboration with entities like Luxembourg For Business and Luxembourg For Finance, the industry can be boosted twofold: more business will mean more business travellers, while if those business travellers report back a good experience, they could return or recommend to others.” Word of mouth remains a potent means of indirect advertising and marketing, and people in general are becoming cannier when it comes to travelling. Of course, some enjoy routine

and would like things to remain the same year in, year out. These are not the majority, however, and Philippart is pleased that Luxembourg has recognised this. Once again, he insists that it is necessary to keep moving. His motivation is clear, and the fact that this is a project that can never end seems to stimulate him. So what else does Luxembourg need to do? He smiles. “The crisis will end. Even now there are more and more very high net worth individuals making trips to Luxembourg. Where do we accommodate them? What would make them come back?” Back to nature trips are increasingly popular. Although it has suffered some wobbles recently, Luxembourg still has a comprehensive network of camping facilities. To go with these, in the interests of the range of services offered, “we need a marquee hotel to match the finest in Europe. At the moment we do not have one. I’m not trying to tread on anyone’s toes. It’s just a fact,” continues Philippart. And the attractions will continue to diversify and develop...

déjà publiés dans la série: Février 2009: les avocats d’affaires Mars 2009: automobile sector Avril 2009: la construction Mai 2009: manufacturing industry Juin 2009: retail sector Juillet-Août: la logistique

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entreprises

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Stratégie

Penser Éco-conception, un atout

Intégrer le développement durable dans la conception, la production, l’utilisation et l’après-vie d’un produit quel qu’il soit n’est pas seulement un enjeu pour l’avenir de notre planète. C’est aussi un enjeu économique essentiel.

Marc Vandermeir (texte), Julien Becker (photo)

Chacun, du plus illustre des décideurs au plus modeste des citoyens, est confronté aux défis environnementaux. Ces défis sont très concrets et impliquent toutes les entreprises de production puisqu’évidemment la conception des produits, le choix des matériaux, la chaîne de production, mais aussi les circuits de distribution, l’utilisation par le consommateur final et le recyclage sont des facteurs déterminants pour réduire l’impact écologique de toute cette chaîne. «Il s’agit aussi de réduire les coûts liés à cette approche globale d’un produit. Autrement dit, les entreprises qui seront les premières à développer l’éco-conception bénéficieront d’un avantage concurrentiel déterminant dans le futur proche. Il faut être les premiers pour être les leaders de demain», expli­ que Laurent Magi, de Luxinnovation. D’où l’importance du premier séminaire théma­ tique sur l’éco-conception, organisé en partena­ riat par Luxinnovation, dans le cadre des activités du cluster des éco-technologies et du développe­ ment durable EcoDev, et le Centre de Ressources des Technologies pour l’Environnement (CRTE), qui se déroulera le 6 octobre. L’éco-conception repose sur l’approche sui­ vante: réduire les impacts environnementaux d’un produit à toutes les étapes du cycle de vie tout en préservant ou améliorant sa fonctionna­ lité; considérer l’ensemble des problématiques environnementales sur tout le cycle de vie d’un produit; s’adresser à l’ensemble des acteurs éco­ nomiques (depuis les fournisseurs de matières premières jusqu’aux consommateurs); intégrer systématiquement la dimension environnemen­ tale à côté des critères habituels (attentes des clients, faisabilité technique et coûts). Cette approche intègre la norme ISO/TR14062. Avec, pour résultat, une participation active au déve­ loppement durable. Cette démarche nouvelle n’implique-t-elle pas des coûts supplémentaires pour les entreprises? «Pas du tout, car lorsqu’il y a réduction de l’impact environnemental d’un produit, il y a toujours diminution des coûts, explique Bianca Schmitt, res­ ponsable de l’unité Production propre au CRTE. Il y a certes au départ un coût d’acquisition des méthodes, mais après, les bénéfices s’enchaînent.

Bianca Schmitt (CRTE) et Laurent Magi (Luxinnovation) mettent en avant les avantages compétitifs liés à la réduction de l’impact environnemental des produits.

Entre autres par la réduction de consommation d’énergie, un outil de production plus durable, etc. Il faut penser à moyen et long termes.» Mme Schmitt souligne que l’éco-conception concerne dès lors toutes les entreprises de pro­ duction, les grandes entreprises comme les PME et TPE. Et d’ajouter: «La crise peut de plus, dans ce contexte, être une opportunité pour être différent.»

Groupe pilote Reste qu’il faut pouvoir apporter le conseil nécessaire aux entreprises, car l’éco-conception recouvre une méthodologie scientifique poussée. Et là, le Luxembourg dispose d’atouts qui pour­ raient s’avérer décisifs. «Au CRTE, nous disposons des compétences permettant la mise en æuvre rapide de cette approche. De plus, nos ingénieurs peuvent être directement mis au service des entreprises afin de réaliser un bilan complet et d’assurer le suivi du projet.» Outre l’apport de son savoirfaire, le CRTE met aussi à disposition les outils informatiques et bases de données nécessaires à ce genre d’étude, et cela, pour une contribution financière réduite.

Laurent Magi, pour sa part, relève la forte volonté qu’il y a au Luxembourg de mieux prendre en compte l’éco-conception. «Outre le CRTE et les centres de recherche, l’Etat s’est en effet engagé à apporter son soutien à cette démarche – elle est l’un des six axes prioritaires du nouveau gouvernement – et divers mécanismes d’appui financier déjà existants seront prochainement renforcés par un règlement grand-ducal et la loi relative à l’innovation.» Notons encore que l’un des objectifs premiers du séminaire sera de former un groupe pilote d’en­ treprises et de les accompagner, à coût très réduit, dans la mise en œuvre d’une démarche d’éco-­ conception. Sans oublier que, si le secteur de la production est certes le premier concerné, celui des services l’est tout autant, ce qui est primordial dans un pays comme le Luxembourg, où la place financière est particulièrement développée.

Le 6 octobre, de 16 à 19h, à la Chambre de Commerce du Luxembourg Renseignements: events@luxinnovation.lu, tél.: 43 62 63 1. crte@tudor.lu, tél.: 42 59 91-600

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42 entreprises

Sébastien Pineau, CRP Henri Tudor

« Offrir un espace d’Échange

et de partage aux professionnels »

Le 22 octobre prochain, le CRP Henri Tudor organise son 4e congrès annuel sur la gestion de projet. Sébastien Pineau, chef de projet au centre de recherche public, en détaille les objectifs, le programme et les défis.

Marc Auxenfants (texte), David Laurent / Wide (photo)

Sébastien Pineau, quelles en seront les grandes thématiques de votre prochain congrès? «Le congrès sera orienté sur trois grandes thématiques: rôles et missions du chef de projet; gestion de projet et les secteurs d’activité, de la gouvernance à la gestion du projet. La première thématique prolonge nos travaux du congrès 2008 qui portaient sur les compétences comportementales, techniques et contextuelles du chef de projet. Ces aptitudes restent un des facteurs clés de la performance de l’entreprise et de la réussite des projets et programmes…, autant que les processus et outils associés. Cette première session prendra la forme d’un atelier, car nous souhaitons apporter plus d’interactivité dans l’événement. Si cette tentative trouve son public, nous irons encore plus loin en 2010. La deuxième thématique présente des retours d’expérience d’entreprises de différents secteurs d’activité. Chaque intervenant y présente un projet mettant en lumière les spécificités de son domaine. Il est intéressant de constater comment les méthodes et les compétences doivent s’adapter aux spécificités culturelles, sociales et techniques de chaque secteur et de chaque entreprise. La troisième thématique nous offre un panorama d’expériences, sur toute l’échelle de maturité, de la gestion opérationnelle de tâches à la gestion de portefeuille de projet. Au cours de cette session interviendront notamment l’Agile Interest Group Luxembourg (AIGLU) autour des méthodes agiles et le PMU français sur la gouvernance et la gestion multiprojet. Quels sont concrètement les apports et les objectifs de cette conférence? «L’objectif du congrès est d’offrir un espace d’échange et de partage aux professionnels du Luxembourg et de la Grande Région. Depuis 2006, le congrès donne de plus en plus d’importance aux rencontres et au networking entre les différents acteurs. Ainsi, la partie salon s’est agrandie, réunissant une vingtaine d’exposants: associations, éditeurs, sociétés de conseil et formateurs. Par ailleurs, chaque participant pourra prendre des rendez-vous avec les exposants, au moment de son inscription. Enfin, parallèlement au salon et à la conférence, un atelier pratique, animé par

«Gérer un projet, c’est savoir faire des choix» Sébastien Pineau (CRP Henri Tudor)

l’Université de Liège, traitera des rôles et missions du chef de projet. Quels en sont cette année les principaux défis? «Cette année encore les défis sont nombreux: renouveler les présentations et assurer la représentativité de toutes les méthodes, de tous les secteurs et de tous les niveaux de maturité, étendre le salon des exposants, organiser l’atelier interactif, diversifier le programme. Notre défi est également de prendre en compte les préoccupations du marché luxembourgeois à travers des retours d’expérience de projets non conventionnels comme Luxtram (implantation du tramway à Luxembourg) et Rock-a-Field (organisation du festival rock estival). Où en est-on au Luxembourg dans le domaine de la gestion de projet? «La gestion de projet s’étend aujourd’hui bien au-delà des secteurs traditionnels de l’IT et des banques et de la recherche. Les PME, par exemple, prennent aujourd’hui conscience de leurs besoins dans le domaine. Les grands groupes, quant à eux, gagnent en maturité,

adaptent leurs méthodes et progressent, autant dans la gestion multiprojet que dans les compétences de leurs chefs de projet. Globalement, les besoins et attentes grandissent et confirment la réactivité de la place luxembourgeoise dans ce type d’évolution organisationnelle. La gestion de projet constitue-t-elle vraiment un remède à la crise? «Les métiers de la gestion de projet ne sont pas les plus touchés, et pour cause. Gérer un projet, un programme ou un portefeuille de projets, c’est savoir faire des choix, gérer des risques et des ressources au plus juste. La vocation du chef de projet est de satisfaire aux exigences de qualité, de délais et coûts, pour une meilleure efficience. Evidemment, le nombre de projets a tendance à diminuer (particulièrement les projets d’investissement), et les contraintes financières à croître. L’exercice est encore plus difficile, mais qui mieux qu’un chef de projet peut aujourd’hui relever ce défi? C’est la démonstration que nous tenterons de faire cette année encore».

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Récompenses

CYEL Awards 2009 C’est à la Philharmonie que JCI Luxembourg a organisé la troisième édition du Creative Young Entrepreneur, Luxembourg Award. Finaliste en 2008, Sylvain Zimmer a cette fois décroché le gros lot. Artur Sosna (président, JCI Luxembourg)

Francesca Gilibert (photos)

Antoine Rousseaux et Pierre Bertrand (Alter Domus Financial Reporting Services)

Stéphane Ledermann (SmartAir) et Jérôme Bloch (MyOfficialStory), finalistes, encadrent le lauréat 2009, Sylvain Zimmer (Jamendo).

Hedda Pahlson-Moller (Omnisource International)

Pedro Castilho (JCI Luxembourg) et Laurent Kratz (Jamendo)

Anatoli Papadopoulou («Coup de cœur» Award 2009)

Jean-Claude Bintz (Lakehouse) Keith O’Donnell (Atoz) et Per-Fredrik Hagermark (Acemob)

Rachel Gaessler (Business Initiative), Xavier Buck (EuroDNS, vainqueur CYEL 2008) et Céline Tarraube (Luxinnovation)

Retrouvez toutes les photos sur www.paperjam.lu

Iryna Dias Campinho (Nordea Bank)

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ING Europe – Marathon

the empire strikes back Relations between the organiser, step by step, and the host of the race’s finish, the Coque, never exactly perfect, appear to have reached an all-time low.

Brian Power (texte), Luc Deflorenne (photo archives paperJam)

Behind the scenes there were already tensions that blazed into occasional flashpoints, but a press release issued by the Coque on 25 August, announcing that while it supported the marathon, it absolutely refused to work with the organiser the way things are, still came as something of a surprise. Having not immediately given a direct reason for this breakdown in relations, the Coque made a rod for its own back, and Erich François, Managing Director of step by step, stated that he “saw no reason why we should not continue to work together.” While François has stated that he has been waiting to do a debriefing with the Coque’s representatives since the race itself back in May, both sides are accusing each other of a lack of communication and compromise. Things came to a head when the Coque noticed that the official website for the 2010 edition of the ING Europe – Marathon claimed that the venue would once again play host to the end of the race, this despite the misgivings they held about step by step, and Erich François’ concerns about the Coque. The site was subsequently amended to state that the free use of the Coque and its facilities for marathon participants on the day of the race was “the situation as of June 2009.” Since then the site has been changed again, now avoiding any mention of the Coque and instead simply claiming that the success of this year’s race bodes well for the next one. It does, however, imply that the race will still have a Kirchberg-based focal point, which begs the question: where?

In it for the money? The Coque has previously accused François of “wanting more and more,” and in a letter to the Fédération Luxembourgeoise d’Athlétisme (FAL), dated 5 June of this year and signed by the Coque Director Gilbert Neumann and Gab Deibener, President of the Conseil d’administration, pulled no punches in their criticism, stating that they are no longer willing to work with François in the future because of his continuous reneging on

The end of the ING Europe – Marathon as we know it?

agreements, disrespect for those in charge of the Coque and use of blackmail to gain extra privileges. François himself has denied demanding more and more from the Coque, stating that “every year they receive the same list of demands. In this case they really don’t have an argument. Now that they see the marathon is a success, they might want to take it for themselves.” This is somewhat at odds with how the venue itself reads the situation. The Coque claims to have been an ardent supporter of the event from the outset, pledging 100,000 euros per year, but that François nevertheless demanded more and more funds, citing a precarious financial situation as the reason. Up to a point, and in the interests of sport in general, the Coque agreed reluctantly to increase the amount of funds pledged until 2008 when they claim their suspicions about the “precarious financial situation” resolved themselves into fact, while François demanded financial support to the tune of 170,000 euros in 2009. Faced with a

slashed budget, the Coque withdrew sponsorship of the event from 2009, although it still played host to it. The venue does not believe undertaking straight-up commercial sponsorship is appropriate for a government-funded institution, and it certainly does not wish to line the pockets of an already profitable private organiser. There is something of a Catch-22 here: the Coque doesn’t believe it’s appropriate to sponsor the event, while François believes it is precisely the kind of event it was created to host, and it is almost dutybound to the tax-payer to play a part. He has been on record as saying the marathon is “the largest sporting event within a 300 kilometre radius,” to which the Coque replied that “he shouldn’t have any problems finding other commercial sponsors then!” As things stand, it is unclear what form the 2010 event will take. The savvy of the organiser has shaped the marathon, while the facilities at the Coque put many more renowned races to shame. Would the occasion be the same without either party? This one could be set to run...

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46 entreprises Résultats

Plans sociaux

Mauvais vent d’automne Le cabinet d’avocats Allen & Overy prédit une rentrée difficile sur le front social,  avec plusieurs restructurations en perspective. Tous les secteurs sont touchés.

Photo: Julien Becker ( archives paperJam)

Allen & Overy conseille les employeurs dans leurs plans de licenciement et dans les négociations avec les syndicats.

Ventos: valeur par action en hausse La société d’investissements Ventos, cotée en Bourse au Luxembourg, a connu, comme ses consœurs, un premier semestre difficile. Son bénéfice net consolidé a fondu, en un an, de 27 à 2,5 millions d’euros pour un résultat opérationnel courant de 2,7 millions (contre 28,3 millions en juin 2008). Depuis le début de l’année, les actifs du Groupe ont progressé de 7,4% à 187,5 millions d’euros. Près de la moitié de ces actifs se composent d’immeubles de placement (pour 99,3 millions d’euros), le dernier en date étant un bien immobilier acheté en Suisse au printemps pour 24,4 millions de francs suisses (16,12 millions d’euros). La société a tout de même vu, en six mois, sa valeur estimée par action augmenter de 4,3% à 99,93 euros. Entrepreneuriat

Nicolas Raulot (texte)

Si les plans sociaux se sont multipliés au GrandDuché depuis le début de la crise, rien ne dit que la vague des restructurations va s’apaiser. Au contraire. Allen & Overy Luxembourg affirme qu’il faut s’attendre à de nombreuses mauvaises nouvelles à la rentrée et au cours des mois d’automne. Composé d’une dizaine de personnes et dirigé par André Marc, le département Droit du travail du cabinet d’avocats accompagne et conseille les employeurs dans leurs plans de licenciement et dans les négociations avec les syndicats. L’équipe dispose donc d’un accès privilégié à l’information, même si les détails et l’identité des entreprises concernées doivent être tenus secrets. «Nous ne sommes pas à la fin de la crise. Nombre de restructurations sont encore à venir et nous sommes impliqués dans plusieurs dossiers», indique André Marc. «Tous les secteurs ou presque sont touchés», constate-t-il. Et en premier lieu, bien sûr, les activités les plus sensibles au cycle économique, comme la construction, les équipementiers automobiles, la logistique et les transports. Le 11 août, l’entreprise de transport Laubach & Fils a été déclarée en faillite. Si un communiqué du syndicat OBGL n’attribue pas cette débâcle à la crise, mais à des erreurs d’appréciation et de calculs, il est tout de même question de 87 emplois. Loin d’être épargnées, les institutions finan­ cières sont également en pleine phase d’amaigrissement. Elles répondent ainsi à des impératifs conjon­cturels, mais aussi structurels. «La place financière va changer de façon substantielle, tant du point de vue du nombre d’acteurs que de leur

taille», poursuit André Marc. «Nombre de banques mènent actuellement des réflexions d’outsourcing, de façon à transférer des tâches simples à l’étranger.» Le nombre de banques établies au Grand-Duché vient de franchir à la baisse le seuil des 150 unités. Un processus de consolidation est à l’œuvre, comme en témoigne l’acquisition récente de la BGL par BNP Paribas, ou encore la fusion entre l’italienne Unicredit et l’allemande HVB. Le 21 juillet, le syndicat Aleba (Association luxembourgeoise des employés de banque et d’assurance) a annoncé que, dans le cadre des licenciements collectifs prévus à la HVB Luxembourg, les négociations avaient permis de réduire le nombre de départs de 48 à 42 sur un total de 311 collaborateurs. Si la récession économique a de lourdes conséquences sur l’emploi, le droit du travail luxembourgeois ne joue pas pleinement son rôle d’amortisseur. Le délai légal pour mettre en œuvre un plan social, qui ne dépasse pas les 6 à 8 semaines, est en effet beaucoup plus court que dans les pays voisins, souligne André Marc. Les mesures de chômage partiel et les plans de maintien dans l’emploi permettent malgré tout d’atténuer la violence des chocs. En réaction aux propos d’André Marc, le président de l’Aleba, Marc Glesener, a confirmé «s’attendre à de nouveaux moments difficiles». Le syndi­caliste cite notamment la problématique des Landes­banken, qui vont au-devant de profondes restructurations. En contrepartie de la validation d’aides publiques, la Commission européenne a donné deux ans à WestLB pour se séparer de ses activités luxembourgeoises. Marc Glesener se garde néanmoins de tout alarmisme pour la Place et indique ne pas croire à trop de bouleversements.

Photo: SmartAir

SmartAir dans le Top 3 du CYEA

Stéphane Ledermann, fondateur de la compagnie d’aviation d’affaires luxembourgeoise SmartAir (qui se base sur le principe de propriété partagée) a été retenu parmi les trois finalistes du Creative Young Entrepreneur Award (CYEA) qui se tiendra à Hammamet (Tunisie) en novembre prochain. Arrivé en deuxième position des CYEL Awards luxembourgeois en mai dernier (derrière Sylvain Zimmer/Jamendo), il a pourtant été retenu par le jury de la Jeune Chambre Internationale parmi 145 autres candidats issus de 18 pays. www.smartair.aero Législation

Marchés publics: du nouveau La nouvelle loi du 25 juin 2009 sur les marchés publics a été publiée au Mémorial le 29 juillet 2009. Le texte prévoit que pour un marché d’un montant total compris entre 55.000 euros et 100.000 euros hors TVA, il est possible de se contenter d’une procédure restreinte sans publication d’avis ou bien d’une procédure négociée. Seule condition qu’il y ait au moins trois candidats invités à soumissionner (dans le premier cas) ou admis aux négociations (dans le second cas). «Ceci permettra d’accélérer les procédures et de mettre en œuvre rapidement les investissements publics afin que la politique de relance conjoncturelle puisse porter ses fruits», commente le législateur.

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48 entreprises Crise

Entre conservatisme et ignorance Selon une étude menée par Forworx, les entreprises ne se posent pas tou­ jours les bonnes questions en matière de contrôle et de réduction des coûts. L’étude, menée d’avril à juin auprès de 120 entreprises luxembourgeoises, a d’abord montré que le niveau d’incer­ titude lié à la crise est encore plus pro­ noncé pour 2010 que pour 2009. 65% des entreprises se sentent directement affectées par la crise et 91% d’entre elles estiment que cet effet est négatif. Si les deux tiers des entreprises interrogées ne pensent pas que leur organisation en sera profondément modifiée, 38% envi­ sagent tout de même de revoir les surfa­ ces qu’elles occupent, majoritairement (65%) à la hausse. Quid de l’optimisation des surfaces existantes? Elles ne sont que 43% à y penser. «C’est assez étonnant, car il s’agit pourtant de la première démarche qu’il faudrait entreprendre», a commenté Pierre Joppart, partner de Forworx, également surpris que 66% des entreprises déclarent ne pas connaî­ tre du tout leur COT (coût d’occupation total) par employé et que 81% ne souhai­ tent pas en savoir davantage...

Bilan

Moins de prêts à moyen et long termes En 2008, la bise de la crise économique est venue et la SNCI a été davantage fourmi que cigale.

Photo: CTI Systems

En mars dernier, la SNCI a cédé la moitié des parts qu’elle détenait dans la société CTI Systems, au profit du groupe Paul Wurth.

paperJam Business Club

La Société Nationale de Crédit et d’Investisse­ ment (SNCI) s’est montrée, en 2008, un peu moins généreuse que l’année précédente. Le montant glo­ bal des opérations financières dans lesquelles elle s’est engagée s’est, en effet, monté à 51,2 millions, contre 73,5 millions un an plus tôt, soit un repli de près de 30%. Une différence imputable à l’appa­ rente frilosité dont a fait preuve l’institution en matière de prêts à moyen et longs termes: 38,9 mil­ lions d’euros avaient été déboursés en 2007 (pour un total de 18 prêts), contre seulement 6,45 mil­ lions en 2008, accordés à six demandes. Ce seg­ ment d’activité affiche, toutefois, des données fortement variables d’une année sur l’autre. 2007 avait, ainsi, été la plus forte des cinq années précé­ dentes alors que 2006 avait été la plus faible (8,3 millions). Mais on est loin des pics exceptionnels de 2000 (109,7 millions) et 2003 (106,2 millions). Pour le reste des opérations classiques dans les­ quelles s’engage la SNCI, les compteurs sont plutôt orientés à la hausse. Les crédits d’équipements, accordés dans 108 cas (contre 99 un an plus tôt) ont, ainsi, représenté 28,9 millions (contre 25,8 en 2007, soit 12% de mieux). Du mieux, également, pour les prêts de démarrage (plafonnés à 250.000 euros): 27 ont été accordés pour un montant de 1,7 million, contre 24 prêts pour un montant de 1,4 million d’euros en 2007. La SNCI estime à 150 le nombre d’emplois qui ont pu être créés ou maintenus suite à cette intervention. Les prises de participation «classiques», elles, se sont élevées à un montant de 8 millions d’euros

(quatre dossiers), alors qu’elles n’avaient été «que» 5,5 millions d’euros (deux dossiers) en 2007. La SNCI a notamment participé à la créa­ tion de Northstar Europe, la structure conjointe­ ment créée avec l’Office du Ducroire et le groupe canadien Northstar, dédiée aux financements d’exportations pour petites et moyennes entrepri­ ses, généralement peu soutenues, dans ce cas précis, par les institutions financières tradition­ nelles. Elle a également engagé cinq millions d’euros dans la mise en place d’un fonds d’inves­ tissement dédié au développement des technolo­ gies de la santé. Réalisé en partenariat avec la BCEE et BIP Investment Partners, cet investisse­ ment s’inscrit dans un programme global de sou­ tien à ce secteur d’activité, pour lequel la SNCI disposait, initialement, d’une enveloppe globale de 20 millions d’euros. Enfin, en matière de prêts à l’innovation, le montant de 1,3 million débloqué (pour cinq prêts) constitue le plus faible depuis plus de dix ans (en 2007, il y avait eu six prêts pour un total de 1,6 million). Cette somme a permis de financer des projets de recherche et développement d’un mon­ tant global de 5,17 millions d’euros et de contri­ buer à la création de 23 emplois. A noter qu’en mars dernier, la SNCI a réalisé la cession de 50,4% du capital qu’elle détenait dans la société industrielle CTI Systems établie à Eselborn/ Lentzweiler, estimant que le processus de restruc­ turation qu’elle avait initié à partir de 1993 (date à laquelle la SNCI avait acquis 100% du capital) était achevé. A noter, tout de même, que la SNCI détient aussi 19% du capital de Paul Wurth...

Management et stratÉgies Photo: David Laurent / Wide

Jean-Michel Gaudron (texte)

Senior consultant au sein de la société Doujak Corporate Development, à Vienne, le Luxembourgeois Marc Sniukas va animer, dans le cadre de la deuxième saison du club, quatre work­shops autour des thématiques du change management, de l’innovation stra­tégique, de l’implémentation des stra­ tégies et du systems thinking. Le premier, intitulé Change Management: Hard Cuts + New Growth se déroulera le jeudi 29 octobre 2009, de 8h30 à 11h45. Informations et inscriptions sur www.club.paperjam.lu LuxCalc

Du net au brut La société NFS, créée par Pierre Gérard (lesfrontaliers.lu, Jamendo…), spéciali­ sée dans le développement autour des technologies libres, internet et mobiles, a développé pour iPhone l’application LuxCalc: la première calculatrice fiscale qui fonctionne «dans les deux sens»: calculer le montant des charges sociales et de la retenue d’impôts à appliquer sur un salaire brut pour connaître son salaire net, mais aussi déterminer, à partir d’un salaire net souhaité, le salaire brut cor­ respondant. Disponible pour 1,59 euro, c’est la troisième application iPhone en catalogue chez NFS après Jamendo Player et L’essentiel.

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Le droit des sociétés en ligne Legitech, société initialement créée en commun par l’Imprimerie Centrale et l’Imprimerie Victor Buck, s’est associée au cabinet d’avocats Loyens & Loeff pour lancer www.legicorp.lu, le premier site Internet concernant le droit des sociétés luxembourgeois. On y trouvera la législation consolidée et la jurisprudence luxembourgeoise ou intéressant le Luxembourg, les circulaires administratives ainsi que des commentaires et des doctrines. Le site aura les mêmes technologie et ergonomie que Legitax (sur la fiscalité, lancé en 2007, déjà avec Loyens & Loeff) et Legiwork (sur le droit social, lancé en 2008).Le nouveau site est annoncé online en octobre 2009.

Sylvain Zimmer (Jamendo)

Le vainqueur du CYEL Award 2009 lève le voile sur sa propre approche de l’esprit d’entreprise.

« Savoir bien s’entourer » Sylvain Zimmer a beaucoup appris au cours de l’année écoulée.

Expansion

Quick à toute vitesse Après Bertrange, Walferdange, Howald, Esch-Sur-Alzette, Luxembourg-Gare et Luxembourg-Ville, la chaîne de restauration rapide Quick a a ouvert, cet été, un septième restaurant au Kirchberg et en a d’ores et déjà planifié un huitième à Bascharage, annoncé pour 2010. A la clé, quelque 60 nouveaux emplois créés dans le pays, qui porteront à 230 le nombre total d’employés du groupe au Luxembourg. «Après avoir consolidé les restaurants existants, nous renouons avec une stratégie d’expansion en concrétisant des investissements à l’étude depuis plusieurs années», a expliqué Annick Van Overstraeten, directrice générale opérations Quick BeLux. VaccinAntiCrise

Les premiers dossiers arrivent Lancée le 19 mai, l’initiative VaccinAntiCrise (commune aux chambres de Commerce et des Métiers, avec le soutien de l’Etat, de certaines banques et d’un pool de professionnels du conseil) porte ses premiers fruits. Essentiellement sollicitées par les très petites entreprises non éligibles pour une aide étatique «classique», les équipes de conseillers ont enregistré autour de 150 prises de contact. Le site Internet, lui, a reçu près de 3.000 visites avec une moyenne de plus de 7 pages consultées par visiteur. Sur l’ensemble de ces contacts, 39 demandes (soit un peu plus d’un quart du total) ont été jugées recevables et un dossier complet a été demandé. Au 10 septembre, 23 l’avaient concrètement déposé, parmi lesquelles trois entreprises artisanales avec des effectifs de 10 à 40 salariés. «La constitution de dossier a posé problème en ce que pratiquement aucun requérant ne disposait au début de comptes annuels 2008, et a fortiori de situation sur les premiers mois de 2009», regrette Laurent Koener, du secrétariat de Vaccin­ AntiCrise. Ceci confirme le constat des banquiers de la Place qui de plus font remarquer que les ébauches de comptes annuels versés aux dossiers de demande de crédit divergent par trop souvent de façon significative des chiffres finaux.» www.vaccinanticrise.lu

Jean-Michel Gaudron (interview), Francesca Gilibert (photo)

Finaliste malheureux du Creative Young Entrepreneur Award 2008, Sylvain Zimmer, 25 ans, un des cofondateurs de la plate-forme d’échange de musique en ligne Jamendo, n’a pas raté le coche en 2009. Le jury l’a plébiscité devant Stéphane Ledermann (Smart Air) et Jérome Bloch (MyOfficialStory). Sylvain Zimmer, le second essai a donc été le bon… Comment aviez-vous abordé cette édition 2009? «L’an dernier, je ne connaissais pas vraiment CYEL. C’était vraiment nouveau et très impressionnant de voir ce que ça représentait en termes de public et d’organisation. Cette année, je n’y ai pas trop pensé pour ne pas trop stresser. Gagner est une très bonne surprise. Plus que tout, ça récompense le travail fait tout au long de l’année, de la part de toute l’équipe, qui a beaucoup travaillé pour passer de la vision à un produit qui n’est pas tout à fait fini, mais qui fonctionne, qui fait du chiffre d’affaires, qui a des clients et qui existe en tant que tel. L’esprit d’entreprise qui vous anime aujourd’hui est-il différent de celui de l’année dernière? «Non. Je ne suis pas né avec, mais j’ai attrapé le virus. C’est quelque chose qui, ensuite, ne part pas. Quand on a vu le plaisir que ça peut procurer, on n’a pas envie de s’arrêter. L’an dernier, on était encore dans la vision, dans les réflexions, en se disant qu’on allait faire ça et ça. Cette année, c’est différent, car on est vraiment dans l’application, dans l’exécutif. C’est encore une phase nouvelle de l’entrepreneuriat que je ne connaissais pas avant. On va de l’avant, sans forcément savoir où l’on va.

Mais on voit que les choses se mettent en place et que les courbes progressent. C’est très motivant. Avez-vous beaucoup appris en un an? «Oui, et j’ai appris des choses nouvelles. C’est bien de démarrer une boîte et de commencer à avoir les premières embauches. Mais après, ça pose d’autres problèmes. Comment est-ce qu’on crée un management solide? Comment met-on en place un marketing qui arrive à être viral et qui tape dans les cibles recherchées? Ce sont des nouvelles choses que je ne connaissais pas et qu’il m’a été donné d’apprendre. Et qui sait ce que me réserve l’année prochaine? Vous êtes encore jeune, mais que diriez-vous à quelqu’un qui souhaiterait se lancer dans l’entrepreneuriat? «Je lui dirais avant tout de bien s’entourer. J’ai eu l’énorme chance de rencontrer Laurent Kratz et Pierre Gérard, qui sont aujourd’hui CEO et CFO de Jamendo et qui ont travaillé sur Les Frontaliers avant. J’ai été un des premiers stagiaires des Frontaliers et cela nous a permis d’apprendre à nous connaître et d’établir une relation de confiance mutuelle… Nous sommes aujourd’hui les trois associés de Jamendo et c’est un trio qui fonctionne extrêmement bien. On a confiance l’un en l’autre et on connaît les capacités de chacun. Cela suscite un esprit créatif dans l’entreprise. Rester créatifs et bien nous entendre permet à l’entreprise d’aller de l’avant. Il faut avoir conscience que l’idée ne fait pas tout. Même si elle est bonne, l’exécution doit suivre derrière. C’est ça qui fait la réussite.» Retrouvez l’interview intégrale en vidéo sur www.paperjam.tv

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place financière

Carlo Thill

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L e h m a n , u n

« L’objectif numÉro un,

an après

c’est reconquÉrir les clients »

Le 21 septembre, on ne dira plus BGL mais BGL BNP Paribas. A l’occasion du baptême et un après la faillite de Lehman Brothers,  le président du comité de direction de BGL revient sur les pires moments de la crise et affirme entrevoir le bout du tunnel.  Le résultat net consolidé du premier semestre a atteint 191 millions d’euros, contre 388,4 millions un an plus tôt.

Nicolas Raulot (texte), Julien Becker (photo)

Monsieur Thill, où étiez-vous le 15 septembre 2008 et comment avez-vous réagi à la faillite de Lehman Brothers? «Je ne sais plus où j’étais. C’était une grande surprise. Après coup, je dirais que c’était une erreur stratégique du gouverne­ ment américain. C’est suite à cette faillite que les problèmes du système ont vraiment com­ mencé et que la crise de confiance s’est nette­ ment renforcée. Pourquoi, à votre avis, ont-ils pris cette décision? «A ce moment-là, deux banques avaient des problèmes, Merrill Lynch et Lehman. La décision a peut-être consisté à sauver la plus grande. Autre hypothèse, à combiner avec la première: il fallait montrer que tout le monde ne serait pas sauvé. Si chacun peut échapper à la faillite, cela ne favorise pas les comporte­ ments vertueux. Dans quelle mesure cette faillite explique-t-elle la chute de Fortis, votre ancienne maison mère, le sauvetage par les Etats, puis la vente à BNP Paribas? «Je crois que c’est l’élément qui a amené la crise de liquidités. Comment s’est concrétisée cette crise de liquidités? Tout à coup, plus personne ne voulait prêter à Fortis? «En temps normal, les échéances sont financées par les dépôts des particuliers et des institutionnels, par les fonds propres, par des crédits d’autres institutions financières. Quand ces dernières n’accordent plus de crédits, on ne peut plus faire face à ses obligations. Quelle part de vos difficultés tient à des erreurs de gestion chez Fortis? «Un concours de circons­ tances a conduit Fortis dans cette situation. Outre la problématique des subprimes, cela a commencé par l’acquisition d’ABN Amro au prix le plus élevé des marchés. La décision de couper en trois ce fleuron de l’économie néerlandaise a été ressen­ tie comme une attaque, ce qui n’a pas facilité le processus, ni la coopération.

Des voix se faisaient-elles entendre en interne pour abandonner l’acquisition? «Je n’étais pas dans les sphères de Fortis. Pour notre part, cela se passait bien avec nos collègues de l’autre côté de la rue (ABN Amro Luxembourg au Kirchberg, ndlr.). Comment expliquez-vous que Fortis Banque ait été cédée et pas Dexia? «Cela tient à des déci­ sions politiques. Ces restructurations ont coûté beaucoup d’argent à l’Etat belge. Les Etats ne peuvent se permettre de rester actionnaires de plusieurs banques. Comment se déroule l’intégration avec BNP Paribas? «Fin mai, nous avons mis en route plu­ sieurs groupes de travail qui étudient les modalités du rapprochement. Ils opèrent dans un climat très constructif et positif. Nous sommes toujours dans le timing annoncé. Le plan top-down, qui doit décider des grandes orientations et des meilleures façons de coopérer, s’est achevé fin juillet. D’autres grou­ pes de travail ont adopté une approche bottom-up pour vérifier jusqu’à fin octobre-début novembre le réalisme des hypothèses. La mise en œuvre aura lieu courant 2010. La dénomination BGL BNP Paribas sera utilisée à partir du 21 septembre, avec la première enseigne dévoilée au Kirchberg. Allez-vous maintenir les deux sites actuels, au Kirchberg et à Howald? «Cela fait partie des réflexions. Qu’avez-vous remarqué dans les méthodes de travail de BNP Paribas? «Ce qui me frappe, c’est que nous avons une approche semblable des clients sur le marché domestique, fondée sur la proximité, la qualité du service. Il n’y a pas de démarche commerciale agressive. Croyez-vous à l’efficacité d’une direction bicé­ phale avec Eric Martin, administrateur délégué de BNP Paribas Luxembourg? «Cette intégration est sans doute la plus importante jamais réalisée à Luxembourg. Nous avons tout de même 2.528 collaborateurs, BNP Paribas 1.465. Nous créons le deuxième employeur du pays. Nous serons

numéro un ou deux sur presque tous les seg­ ments du marché local. Donc, je pense que cette direction est un bon moyen pour réussir le rap­ prochement. C’est aussi une manière de montrer que l’acheteur ne s’impose pas à celui qui a été racheté. Avez-vous songé à partir? «J’avais évacué cette question en octobre de l’an passé. Il est très impor­ tant d’avoir des personnes de référence pour mener à bien cette intégration. Ce type de changements génère des craintes chez les collaborateurs. L’intérêt de BNP Paribas n’est-il pas de créer des synergies et de réduire un effectif de 4.000 personnes? «L’intégration se fera sans plan social, comme les deux actionnaires, BNP Paribas et l’Etat luxembourgeois, l’ont annoncé. Si l’on unit deux entités de telles tailles, il y a des synergies potentielles, mais aussi des opportunités de déve­ loppement supplémentaires, comme dans les fonds d’investissement ou la banque privée. Les colla­ bo­rateurs doivent être ouverts à la mobilité, à apprendre, à se former, à occuper un autre emploi dans l’entreprise. Hormis l’intégration, quels projets vous tiennent à cœur? «L’objectif numéro un, c’est reconquérir les clients qui nous ont partiellement quittés, rega­ gner leur confiance. C’est le client qui est impor­ tant. C’est lui qui est à l’origine du bien-être dans l’entreprise. Les campagnes lancées fin mars ont été accentuées à la mi-juin, lorsque toutes les incertitudes avaient disparu concernant le rap­ prochement avec BNP Paribas. Quelle part de votre clientèle avez-vous perdue durant la crise? «En termes d’actifs sous gestion, environ 5%. Les départs ont-ils été plus nombreux du côté des entreprises ou des particuliers? «Des entre­ prises, car elles tiennent compte du rating. Or, notre notation a été abaissée début octobre par les agen­ ces, avant d’être relevée depuis à AA-, soit un cran en dessous de celle de BNP Paribas (AA).

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Au début de l’été, Moody’s a toutefois abaissé de stables à négatives ses perspectives sur les banques belges et luxembourgeoises. «L’ana­ lyse est certainement pertinente. Nous restons dans un environnement incertain, même si nous voyons bien le bout du tunnel. A quoi voyez-vous ce bout du tunnel? «A notre performance opérationnelle depuis le début de l’année et à la perspective commune avec BNP Paribas. Nous sommes bien capitalisés avec d’ex­ cellents ratios et des actionnaires forts. Cela rend quand même optimiste. Comment se portent l’économie et l’activité de crédit hypothécaire? «Il y a une réalité. Malgré des taux historiquement bas, la demande de cré­ dits hypothécaires reste à un niveau très infé­ rieur, d’environ 20%, à la même période de l’an passé. Après la crise, les gens ont pris vraiment peur et il n’y avait plus de demande du tout. Et l’immobilier de bureaux? «C’est très, très tranquille. L’immobilier de bureaux est très lié à l’activité économique. L’immobilier résidentiel dépend plutôt du manque de confiance des ména­ ges et d’une certaine incertitude face à l’avenir et à la hausse du chômage. Les clients attendent une baisse des prix que l’on n’a pas encore constatée. Cela dit, avec le recul des taux d’intérêt et du prix des carburants, auquel s’ajoutent l’effet fiscal et l’indexation, les ménages ont plus en poche qu’à la même époque de l’an dernier. On a accusé les banques de ne pas être assez généreuses en crédits. «Si les moyens de rem­ boursement existent, la banque accorde le cré­ dit. Il y a un problème lorsque les gens achètent un nouveau bien avant d’avoir revendu l’ancien. Il peut y avoir un décalage entre l’estimation du bien par le vendeur et sa valorisation par le banquier qui, compte tenu de l’état du marché, peut appliquer une décote. Cela dit, la situa­ tion ne s’aggraverait vraiment que dans le cas d’une profonde crise économique, ce qui n’est pas le cas.

«C’est le client qui est important. C’est lui qui est à l’origine du bien-être dans l’entreprise» Carlo Thill (BGL)

Pensez-vous que la conjoncture va continuer à se dégrader dans les mois qui viennent? «Je dirais qu’on reverra une légère croissance en 2010. Il semblerait que pour la majorité des banques actives ici au Luxembourg, le pire soit passé. Or, le Luxembourg dépend beaucoup des banques. Les débats sur le secret bancaire ont-ils inquiété vos déposants non-résidents? «Il y a eu beau­ coup de questions, mais pas de panique. La sortie de la liste grise de l’OCDE renforce l’image de la Place. Concernant la banque privée, je reste confiant, même si nous n’aurons plus les flux d’argent des années 1990. Comptez-vous ouvrir de nouvelles agences? «Nous avons décidé d’en ouvrir une à Esch-Belval. Nous sommes aussi en phase de rénovation de plusieurs autres, notamment à Bettembourg et à

Schifflange. L’heure n’est plus à la réduction du nombre d’agences. Beaucoup de clients aiment la proximité et le contact. Il faut en tenir compte. Vous réjouissez-vous du sauvetage de Kaupthing? «C’était important pour la réputation de Luxembourg. Kaupthing n’était pas une banque systémique, mais il était important que les petits épargnants ne perdent pas d’argent dans cette affaire. Dans la presse belge, il y a eu beaucoup d’articles négatifs sur le Luxembourg. Un an après la faillite de Lehman, quel message voudriez-vous faire passer? «Je dirais que la taille de ce pays est à la fois un avantage et un désavantage. Durant les week-ends de crise, j’ai compris que nous avions un gouvernement très réactif et solidaire. Ce que les politiques ont réussi à faire est vraiment remarquable.»

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L e h m a n , u n a n a

près

Frank Wagener

Un an après la faillite de Lehman Brothers et le sauvetage public de Dexia BIL, Frank Wagener fait le point. Malgré une activité très réduite de crédit immobilier, le président du comité de direction affiche son optimisme. Le résultat net consolidé du premier semestre a atteint 136 millions d’euros.

« Nous rÉflechissons à notre expansion » Nicolas Raulot (texte), Julien Becker (photo)

Monsieur Wagener, où étiez-vous le 15 septembre 2008, le jour de la faillite de Lehman Brothers? Vous attendiez-vous à ce qu’un tel évènement puisse se produire? «J’étais encore en vacances. Je suis rentré vers le 18. Je ne m’attendais à rien de tel. Nous savions tous que nous étions dans une situation difficile. Les banques se faisaient de moins en moins crédit. Mais qui aurait pu prévoir que le pire allait arriver, que sans tenir compte de l’interactivité, de l’interdépendance des marchés financiers internationaux, le gouvernement américain retirerait la confiance, un élément essentiel de la structure financière mondiale. Pourquoi à votre avis ont-ils agi de cette façon? Voulaient-ils créer un précédent? «Non, je ne crois pas. Cela doit sans doute être mis sur le compte d’un mauvais jugement des conséquences, voire sur le compte de questions idéologiques. Peut-être l’administration Bush pensait-elle que le marché réglerait tout. Dans quelle mesure cet évènement explique-t-il vos difficultés et l’intervention des Etats dans les semaines qui ont suivi? «C’est cet ébranlement qui a fait que les banques se regardaient en chiens de faïence et ne se faisaient plus du tout confiance. Il nous a affectés au même titre que les autres banques. Il fallait donc qu’intervienne le seul acteur qui inspirait encore confiance, à savoir les Etats. Des banques s’en sont tout de même mieux sorties que d’autres... «Oui, des banques qui avaient moins de contacts américains ou internationaux. Quelle est la part des problèmes qui doit être attribuée à des erreurs de gestion chez Dexia? «Je ne m’exprime pas sur Dexia. Sur la BIL, vu notre activité très traditionnelle, je vois mal quelles erreurs nous seraient imputables. Nous avons des clients véritables, des personnes physiques, des entreprises, des Etats et notre activité est bien diversifiée. Cela dit, dans la première semaine d’octobre, nous étions complètement à court de liquidités.

Vos clients ont-ils été nombreux à vous quitter? «Le peu de clients qui sont partis étaient surtout des clients non-résidents. Car le gouvernement a dit rapidement que la BGL et la BIL étaient des banques de type systémique, ce qui voulait dire que les dépôts étaient sûrs et que l’Etat n’aurait pas permis que l’une de ces banques trébuche. Mais ce message n’a pas été reçu par nos clients private banking non-résidents qui viennent de loin. Tout cela baignait dans un climat d’insécurité entretenu partout dans les journaux, à la télévision. Ne vous dites-vous pas aujourd’hui que la BIL s’en serait mieux sortie, en restant indépendante? «Vous savez, avec des si... Avec Dexia, nous avons eu des possibilités d’expansion que nous n’aurions pas eues seuls. Je ne veux pas m’aventurer sur ce terrain. Le plan de soutien public annoncé fin septembre prévoyait une aide de 6,4 milliards d’euros, dont 376 millions d’euros sous forme d’une souscription d’obligations convertibles au taux de 10% par le gouvernement luxembourgeois. Qu’en est-il de ces opérations? «Ce dernier volet, la souscription d’obligations convertibles, ne s’est pas encore fait. Pourquoi? «Pour des raisons de timing. Une autre banque faisait partie des priorités (Fortis Banque Luxembourg devenue BGL, puis BGL BNP Paribas à partir du 21 septembre, ndlr.). Ensuite, il y a eu le cas Kaupthing et les discus­sions autour du secret bancaire. Avez-vous toujours besoin de ces 376 millions d’euros? «Nous restons demandeurs de ce soutien étatique qui pourrait constituer un gage de sécurité pour notre clientèle en cas de besoin. Par ailleurs, l’Etat luxembourgeois est intervenu, au même titre que les Etats belge et français, pour garantir les nouveaux emprunts interbancaires du groupe Dexia. L’Etat luxembourgeois garantit 3% d’un encours maximum de 150 milliards d’euros, contre 60,5% pour la Belgique et 36,5% pour la France. Ce volet est toujours actif.

Comment expliquez-vous que Fortis Banque ait été cédée, et pas Dexia? «Je n’aime pas trop parler des concurrents et collègues, mais la situation de Fortis était très différente. Fortis n’avait pas d’actionnaires importants hormis le chinois Ping An. Chez Dexia, au moment de la crise et avant l’intervention, il y avait des actionnaires stables et traditionnels à hauteur de plus de 50%. Dans le cadre du recentrage de Dexia vers ses métiers de base (prêts aux collectivités locales et banque de détail), le dossier de RBC Dexia (lire page 60) semble plein d’incertitudes... «Le groupe a engagé des discussions sur sa présence dans les différents métiers et sur un plan géographique. Tout est passé au peigne fin, y compris la gestion des fonds. Néanmoins, après la gestion de la crise, puis la préparation de l’après-crise, nous sommes maintenant dans une phase de réflexion sur l’expansion du groupe. La question est de savoir si cette expansion doit s’opérer en termes géographiques ou de métier. Gordon Dixon, le président et CEO de Royal Bank of Canada, laisse clairement entendre que vous réfléchissez à sortir de RBC Dexia... «Je suis au conseil d’administration de la maison mère à Londres. Je pose une question: est-ce le moment idéal de vendre? Est-ce aujourd’hui que nous aurons le meilleur prix? C’est une réflexion qui reste entièrement ouverte. RBC Dexia Investor Services se classe dans le Top 10 des banques dépositaires mondiales. Quel est l’état d’avancement de votre plan de réduction d’effectifs? «Le plan de réduction d’effectifs est fait sur base volontaire à 100%. Il concerne 78 personnes chez Dexia BIL sur un total de 91 au Luxembourg. C’est un engagement que nous avons pris avec les partenaires sociaux et nous nous y tenons. Cela concerne 2009. Qu’en est-il pour 2010? «En septembre, nous commençons la procédure budgétaire. Le facteur coût et le facteur revenu sont interdépendants.

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Votre clientèle de déposants a-t-elle retrouvé confiance? «Oui, même s’il est plus difficile de communiquer avec les clients qui sont un peu plus éloignés. Nous observons toutefois que la confiance revient, grâce aux bons chiffres du groupe Dexia (534 millions d’euros de résultat net, ndlr.) et de la BIL (136 millions d’euros, ndlr.) au premier semestre, mais aussi à la fin des discussions sur le secret bancaire. Vous parlez de la sortie de la liste grise? «Oui. Le Luxembourg a très vite négocié avec des Etats importants sur le plan économique et financier, comme les Etats-Unis ou la France. Notre clientèle lointaine est rassurée. Sur le plan de l’image de marque, c’est très important. Nous ne sommes plus le cancre, mais le premier de la classe, le premier centre financier à être sorti de cette liste. Luc Frieden a fait un excellent travail. Faut-il se servir de cette sortie pour communiquer? «Non. Il faut retrouver notre confiance en soi pour se présenter à l’extérieur. Ce qui est important pour les initiatives prises par Luxembou­rg for Finance. Reste le volet de la négociation de la directive épargne... «Oui, mais là, nous avons le droit de veto. Que pensez-vous du sauvetage de la Kaupthing? «Nous avons participé à la garantie apportée par l’AGDL (Association pour la Garantie des Dépôts Luxembourg). Les fonds vont nous être restitués. Cela dit, le sauvetage de la banque est une très bonne chose pour la Place qui échappe ainsi à la mauvaise publicité d’une faillite. Là aussi, c’est grâce à Luc Frieden. Puisque votre stratégie consiste à renforcer vos métiers de base, comptez-vous ouvrir de nouvelles agences? «Nous sommes plutôt dans une phase de développement et de modernisation de nos 39 agences existantes, dont les locaux sont souvent devenus trop exigus. Nous allons néanmoins en ouvrir trois nouvelles dont une à Weiswampach.

«Nous restons demandeurs de ce soutien étatique» Frank Wagener (Dexia BIL)

Quels sont les projets de Dexia BIL d’ici un an? «Regagner la confiance des clients et des clients potentiels. Continuer à prouver par nos résultats que nous sommes une banque saine et performante. Il faut que les chiffres parlent pour persuader les clients encore dubitatifs. Comment se porte l’activité de crédit pour l’immobilier résidentiel et de bureaux? «Pour les bureaux, c’est zéro. Il y a beaucoup de surcapacités. Les firmes licencient du personnel et n’embauchent pas. Les demandes pour l’immobilier résidentiel sont également très faibles. Donc, vous ne refusez pas les crédits. C’est plutôt qu’on ne vous en demande pas... «C’est ça. Quelles sont vos plus importantes sources de revenus? «Les marges ont augmenté et s’alignent peu à peu sur celles des pays voisins. Au cours des six premiers mois de l’année, la situation a

été un peu plus difficile sur les activités de banque privée mais la banque de détail a connu une progression très importante. Etes-vous optimiste pour l’avenir? «Je suis optimiste pour le secteur bancaire luxembourgeois, à partir de la fin 2009. Pour l’économie, la fin 2009 sera pire que la première partie de l’année. Les secteurs liés à l’automobile, à la logistique et à la construction en particulier vont beaucoup souffrir. A l’automne, le chômage va également augmenter de façon sensible en raison de l’arrivée des jeunes sur le marché du travail. Les finances luxembourgeoises peuvent-elles encaisser un tel choc économique? L’Etat doit-il réduire son train de vie? «Oui, il doit revisiter pas mal de postes coûts. Partout. Les banques ont réduit leur train de vie. Tout le monde devra s’adapter. On ne peut pas dépenser plus qu’on ne gagne.»

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Bon premier semestre pour Foyer

Private Banking

Photo: Luc Deflorenne

havilland cometh! Jonathan Rowland, chairman of Banque Havilland,  is keen to look to the future and break with the past. Conservative image, conservative institution.

Le groupe d’assurances n’a pas à rougir de son premier semestre. Le bénéfice net consolidé s’inscrit en hausse de 38,1% par rapport à la même période de l’an dernier, à 25,47 millions d’euros, «grâce à une sinistralité favorable et à des revenus financiers récurrents en progression», explique Foyer. Le chiffre d’affaires conso­ lidé, exprimé en primes acquises brutes, atteint 190,31 millions d’euros (+14,3%). «Nous nous réjouissons d’une reprise du chiffre d’affaires de nos activités en assurance-vie exercée en libre prestation de services, démontrant bien l’attrait de ces produits pour une clientèle européenne en gestion de patrimoine», se félicite le CEO François Tesch. Résultats

Brian Power (text), Etienne Delorme (photo)

“Banque Havilland is owned 100% by the Rowland family, where we assumed a number of the assets and liabilities of Kaupthing Luxembourg into a new vehicle,” says Jonathan Rowland of the new player in this country’s private banking and wealth management sector. In fact, the company will focus solely on these activities and keep lending to a bare minimum. But how can they succeed where other fund management groups failed? “The family has been in business for 45 years,” explains Rowland, “and have been involved in operating businesses around the world. We do not view the running of a bank of this nature as being a difficult thing to do. It will be run very conservatively, for wealthy families and individuals.” Financial conservatism has been a hallmark of the family since Jonathan’s father, David Rowland, was a young investor, and the approach will not change in this business, just as it hasn’t in the others. The Kaupthing situation was timely for Rowland. The family were looking to establish their own private bank from new, and that process had begun in 2007 and 2008, “but then this opportunity came up and took us to a certain place a lot quicker because certain platforms were already in place.” Similarly, they had not targeted Luxembourg initially, having favoured Switzerland, one senses, almost by default. However, as Rowland states, “Luxembourg brings us the EU, and when this opportunity came up, it didn’t matter which jurisdiction it was in.”

So what is Banque Havilland’s mission? “The initial stage will be to stabilise the bank,” says Rowland “and then to inform our client network of our 100% safe place to keep their money: people who haven’t been sure over the past two years due to various bank failures.” The bank has a balance sheet of 1.3 billion euros, of which the deposit base is 400 million euros. Within three years, Rowland envisages the deposit figure to run to several billion euros, while he also interested in establishing a presence in the UK, Belgium and the Middle-East as well as here. Quite what form this presence will take is as yet undecided, but what is sure is that Luxembourg will act as the hub of Havilland’s operations. Rowland is at pains to point out that “Havilland has the advantage today of a totally clean balance sheet. There are no legacy problems. Every single depositor left the bank on day one, which the balance sheet could stand. This is unique.” Despite the retention of the majority of staff and erstwhile Kaupthing CEO Magnus Gudmundsson, “nothing to do with Kaupthing will be kept in terms of management culture. The bank will be run along  Rowland’s family principles. This is a British bank. Not a Nordic one.” According to Rowland, the client base for the new bank is global, not just Icelandic, and he reserves praise for the swiftness of adaptation of the remaining staff, even if he concedes that the new guidelines for how to run the business could represent something of a culture shock. And the future? “There’s a lot of opportunity right now. We’ll just how to see how the world evolves over the next few years...”

La BCEE confirme Renforcée par la crise, la BCEE a confirmé ses bonnes dispositions au premier semestre. A 117 millions d’euros, le béné­ fice net s’inscrit en progression de 18% par rapport à la même période de l’an dernier. En raison des incertitudes qui ont continué de peser sur le système ban­ caire, «les dépôts de la clientèle à la BCEE ont augmenté de 18,4% entre le 30 juin 2008 et le 30 juin 2009», souligne l’établis­ sement public, qui a recruté 19 nouveaux collaborateurs au cours des six premiers mois de l’année. Législation

Un recueil sur les OPC La Bourse de Luxembourg a publié la version actualisée du recueil de la légis­ lation luxembourgeoise sur les organis­ mes de placement collectif (OPC), fruit d’une collaboration avec les cabinets d’avocats Arendt & Medernach et Elvin­ ger, Hoss & Prussen. L’édition 2009 de ce recueil comprend le texte de la loi du 20 décembre 2002 ainsi que 21 règle­ ments et circulaires. Comptant plus de 800 pages, le document est publié en français, en anglais et en allemand. Infrastructures

Accord sur le Fonds Marguerite Les principales institutions financières européennes (BEI, CDC, CDP et KfW) sont parvenues à un accord sur les carac­ téristiques du Fonds Marguerite, établi au Luxembourg. Avec un objectif de col­ lecte de 1,5 milliard d’euros au 31 décem­ bre 2011, ce fonds constituera l’un des premiers leviers européens dans le domaine du financement en fonds propres des infrastructures (environ­ nement, énergie, transports...).

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Crise financière

Le Canada se pose en modÈle Loin d’avoir sombré dans la crise née aux Etats-Unis, le système bancaire canadien s’est révélé l’un des plus résistants de la planète. Reportage.

Places

Canada-Luxembourg, si loin, si proches Personne au Canada ne semble prêter attention aux vifs débats sur le secret bancaire et à la composition de la liste grise de l’OCDE, dont le Luxembourg vient de s’extraire, et qui a fait couler tant d’encre de ce côté de l’Atlantique. Pas même le ministre des Finances, Jim Flaherty, pourtant membre du G8 et présent lors du G20 du 2 avril. Un monde sépare également les systèmes bancaires des deux pays, le Canada ayant choisi de protéger ses établissements des appétits extérieurs, tandis que le Luxembourg a cédé la quasitotalité de ses banques à des groupes étrangers, au risque de voir s’éloigner les centres de décision. Des liens forts rapprochent néanmoins les deux pays. Deux coopérations, entre RBC et Dexia-BIL d’une part, et entre TD (Toronto Dominion) et BGL d’autre part, ont respectivement donné naissance à RBC Dexia (lire page 60) et au courtier Internaxx. Si la société canadienne Husky est un employeur qui compte au Luxembourg, le Grand-Duché se classe au dixième rang en termes d’investissements directs étrangers au Canada. Enfin, le Luxembourg et le Canada ont en commun le multilinguisme, un sens aigu de l’excédent budgétaire (jusqu’à l’an dernier) et du compromis politique. Le principal parti canadien se réclame à la fois du progressisme et du conservatisme. N. R.

Nicolas Raulot, à Toronto et Ottawa (texte)

Par temps clair, du sommet des plus hauts gratte-ciel de Toronto, on aperçoit les chutes du Niagara que le Canada partage avec les EtatsUnis. C’est là-bas, de l’autre côté, que la tempête a éclaté et failli emporter la planète financière il y a un an. Ici, sur la rive nord-ouest du lac Ontario, on n’a certes pas échappé à la crise mondiale, mais on est fier d’avoir résisté à la tourmente grâce à un système bancaire et réglementaire qui s’est gardé d’imiter les excès de Wall Street. Si fier que chacun prend plaisir à transmettre le message. Y compris les chauffeurs de taxi qui relient l’aéroport et le troisième centre financier d’Amérique derrière New York et Chicago. «Ici, il n’y a pas de subprime ou si peu», garantit le chauffeur de la Toyota blanche, avec presque autant de conviction que les professionnels ou les officiels du ministre des Finances.

Timide et ennuyeux Objets de raillerie il y a encore quelques années pour leur prétendue frilosité, les banques canadiennes n’ont plus rien à envier à leurs concurrentes des Etats-Unis, d’Europe ou du Japon. «Il y a seulement dix ans, le Top 50 mondial ne contenait aucune banque canadienne», rappelle James Flaherty, le ministre des Finances. Aujourd’hui, elles sont cinq à figurer dans le palmarès des plus grosses capitali­ sations boursières: Royal Bank of Canada (10e avec 40,3 milliards de dollars US à la mi-mars), Toronto­Dominion Bank (19e avec 29,1 milliards), Bank of Nova Scotia (28e avec 25,2 milliards), Banque de Montréal (44e avec 14,1 milliards) et Canadian Imperial Bank of Commerce (45e avec 14 milliards). Toutes clament haut et fort la stabilité de leurs dividendes, malgré les aléas conjoncturels. «Etre

timide et ennuyeux, c’est finalement une bonne attitude pour le secteur financier», sourit le ministre. Contrairement aux établissements américains, cantonnés à un Etat ou une zone géographique, les institutions financières canadiennes exercent leur métier de l’Atlantique au Pacifique, ce qui leur offre une précieuse diversification géographique dans le deuxième pays le plus vaste du monde. A la réserve près que la finance québécoise se distingue par la présence forte des Caisses populaires et du système mutualiste créé par Alphonse Desjardins au début des années 1900. Le gouvernement veille malgré tout à éviter l’excès de concentration et la création de mastodontes «too big to fail». En 1998, il a bloqué la fusion prévue entre Royal Bank of Canada (RBC) et Banque de Montréal (BMO), puis les velléités de rapprochement de CIBC avec Toronto Dominion (TD). Aucun investisseur ne peut détenir, sans autorisation, plus de 10% d’une banque canadienne ou d’une des deux grandes compagnies d’assurances, Manu Life ou Sun Life. Ce qui éloigne la place financière des appétits étrangers, notamment américains. Un protectionnisme assumé. Spécialisées dans les services aux particuliers, les banques sont également limitées dans la vente de produits d’assurance. De façon unanime, les professionnels reconnaissent que le centre financier tire sa force de la bonne santé des finances publiques, même si le pays a également plongé dans le rouge cette année (-3,3% de déficit public rapporté au PIB) pour financer un plan de relance, appelé Plan d’action économique du Canada. «Nous avons enchaîné 15 années d’excédent budgétaire. Nos systèmes de santé et de sécurité sociale sont également financés. Nous sommes donc entrés dans cette crise mieux armés que beaucoup d’autres pays», répète Gordon Nixon, le président et CEO de Royal Bank

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of Canada. «Le conservatisme budgétaire fait partie de notre culture», résume le ministre Flaherty. Même si l’économie canadienne dépend pour un quart de celle des Etats-Unis et si la construction automobile pèse très lourd, les prévisions de croissance sont également assez optimistes. Banque de Montréal prévoit un rebond de 1,8% en 2010 après une récession de 2,5% en 2009. Le Canada a aussi mis en place un système réglementaire efficace, qui repose sur deux piliers, le Bureau du Surintendant des Institutions Financières (BSIF) dont la mission première est de veiller à la solvabilité des 60 banques présentes sur le territoire et l’Agence de la Consommation en matière Financière du Canada (ACFC), dont Barack Obama lui-même semble vouloir s’inspirer dans le cadre de la refonte de la régulation américaine. «Nous avons une relation très étroite avec les institutions financières. Notre porte est ouverte et nous les invitons à tout nous dire», indique Julie Dickson, surintendante des institutions financières.

Surveiller la croissance L’autorité de contrôle impose un niveau de capital réglementaire supérieur aux normes internationales et surveille l’expansion des banques en dehors des frontières, même si celles-ci ont déjà réalisé de nombreux partenariats ou acquisitions à l’étranger. «Les banques ont besoin de notre accord avant de se lancer dans une acquisition à l’étranger. Nous examinons, avec un regard neutre, le plan d’intégration et l’impact de l’éventuelle opération sur le capital réglementaire de la banque», précise-t-elle. Nommée en juillet 2007 pour un mandat de sept ans, elle indique qu’une vigilance particulière s’impose pour les Etats-Unis: «Certains croient que c’est le même marché. Mais ce n’est pas du tout le cas.» Et Julie Dickson de poursuivre: «Si les banques canadiennes ont généra­

Photo: Tourism Toronto

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Ici, sur la rive nord-ouest du lac Ontario, on est fier d’avoir résisté à la tourmente.

lement mieux résisté à la crise que les autres, cela tient pour une part à une gestion efficace des risques. Nous faisons des tests de résistance [stress tests] tout le temps, mais nous n’en publions pas les résultats qui restent confidentiels», poursuit-elle. «La gestion du risque n’est pas déléguée à un département annexe. Au contraire, chaque collaborateur et chaque opérateur mesurent le risque qu’ils sont en train de prendre», explique Bernard Dorval, responsable de la stratégie du groupe Toronto Dominion. «La réglementation est fondée sur des principes et non pas sur des règles, comme aux Etats-Unis. Il ne suffit donc pas de se conformer à la lettre de la loi, mais bien à l’esprit de la loi. Cela évite que des gens très bien payés passent leur temps à essayer de la contourner», explique Sherry Cooper, économiste en chef de Banque de Montréal. Résultat, aucune banque canadienne n’a encore sollicité de fonds publics ou demandé la création de structures de cantonnement pour se délester de ses actifs pourris, aux frais du contribuable. Les déposants ont également gardé confiance dans leur banque. Le gouvernement avait eu la bonne

idée de relever le seuil de garantie de 60.000 à 100.000 dollars un an et demi avant le début de la crise. A noter aussi que les prêts à la consommation, hors hypothèques, ont augmenté de 14% entre avril 2008 et avril 2009. En matière de crédits immobiliers, les garde-fous ne manquent pas. Par exemple, les prêts résidentiels assortis d’un apport inférieur à 20% doivent être assurés. Et contrairement aux Etats-Unis, une fois de plus, les emprunteurs ne peuvent pas renoncer à leur maison et au remboursement de leur crédit avant l’échéance. Les banques sont enfin responsabilisées par le régulateur, qui leur impose de conserver l’essentiel du crédit sur leur bilan et d’en titriser moins d’un tiers. En mars, le taux de défaut des crédits immobiliers s’élevait à seulement 0,39%, huit fois moins que chez le voisin où les ménages insolvables pouvaient également prétendre au crédit. «Notre activité est de prêter à des gens qui nous remboursent», résume Terry Campbell, vice-président de l’association des banques canadiennes. Une règle simple et «ennuyeuse» que beaucoup avaient oubliée.

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Fonds d’investissement

Incertitudes autour de RBC Dexia Le président de Royal Bank of Canada n’exclut pas que Dexia sorte de la coentreprise née en 2006.  Il n’écarte pas non plus l’hypothèse de l’entrée d’un nouveau partenaire. En attendant, RBC Dexia Luxembourg compresse son personnel. Nicolas Raulot, à Toronto (texte), Etienne Delorme (photo)

Toutes les options semblent ouvertes pour RBC Dexia, la coentreprise spécialisée dans la conservation et l’administration de fonds d’investissement, aujourd’hui détenue à parts égales par Royal Bank of Canada (RBC) et Dexia. Gordon Nixon, le président et CEO de la première banque canadienne, ne cache pas ses ambitions de développement dans ce métier en Europe, ainsi que dans la gestion de fortune. Il estime que des opportunités pourraient émerger de la crise dans la mesure où les acteurs remettent à plat leur stratégie et la composition de leur portefeuille d’activités.

La banque dépositaire en question A l’entendre, l’incertitude est grande quant aux intentions des dirigeants de Dexia, dans la jointventure dont le siège est à Londres. «Je ne peux pas m’exprimer à leur place, mais ils sont en train d’évaluer chacun de leurs business», souligne Gordon Nixon. Rien ne dit donc que Dexia souhaite poursuivre l’aventure débutée en 2006. Sauvée de la faillite en octobre par les Etats belge, français et luxembourgeois, Dexia a engagé un recentrage qui a déjà conduit à la cession d’entités jugées non stratégiques, comme la filiale américaine de rehaussement de crédit FSA. Pour Gordon Nixon, les décisions de RBC dans ce domaine dépendent largement de celles qui seront prises par Dexia. Il n’écarte pas non plus l’hypothèse de l’entrée d’un nouveau «partenaire». Neelie Kroes, commissaire européenne à la concurrence, a déjà contraint plusieurs banques allemandes, dont Commerzbank et WestLB, à réduire leur taille et à céder des actifs, en contrepartie des aides publiques dont elles ont bénéficié. Du côté de Dexia, aucune information spéci­ fique à ce dossier n’a été communiquée, pour l’heure. «Mais il est vrai qu’actuellement, dans le cadre du plan de transformation et de recentrage sur les métiers de base, toutes les options sont à l’étude», nous a confirmé Tom Anen, responsable des relations presse de Dexia à Luxembourg.

RBC Dexia emploie 5.500 personnes dans 16 pays, dont plus de 1.500 au Grand-Duché.

«Est-ce le moment idéal de vendre?», s’interroge néanmoins Frank Wagener, président de Dexia BIL (lire interview p. 54-55). En attendant, RBC Dexia Luxembourg a annoncé le 8 septembre qu’une restructuration et des délocalisations en Malaisie pourraient conduire à environ 110 suppressions de postes. La banque emploie 5.500 personnes dans 16 pays, dont plus de 1.500 au Grand-Duché. Alors que le système bancaire canadien a bien résisté à la crise, le président de RBC note également que la crise aura des conséquences sur l’exercice du métier des banques dépositaires. L’affaire Madoff et la faillite de Lehman Brothers ont en effet semé le doute sur l’étendue de leurs responsabilités. UBS, dépositaire de la sicav luxembourgeoise Luxalpha, largement investie dans les fonds de l’escroc américain, condamné à 150 ans de prison, a pour l’instant refusé d’indemniser les victimes de la fraude pyramidale. La banque helvétique a

fait valoir qu’elle avait explicitement transféré cette responsabilité. Gordon Nixon a toutefois mentionné le jugement rendu le 8 avril par la Cour d’appel de Paris dans une affaire semblable. RBC Dexia et la Société Générale ont alors été condamnées à restituer, à trois OPCVM de gestion alter­ native (dont elles étaient dépositaires), les titres pour lesquels la conservation avait été déléguée à Lehman Brothers. Mais les sommes en jeu étaient alors beaucoup moins importantes: environ 35 millions d’euros au total contre plus d’un milliard dans le cas de Luxalpha. La Commission européenne a annoncé le 3 juillet le lancement d’une consultation sur la fonction de dépositaire d’OPCVM: «Cette consultation tiendra une place importante dans le choix et la définition des mesures que l’Union Européenne doit prendre pour remédier aux insuffisances constatées dans le secteur des dépositaires d’OPCVM et améliorer ainsi le niveau de protection des investisseurs d’OPCVM.»

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Jean-Baptiste de Franssu, président de l’Efama

Avant la conférence Alfi des 22 et 23 septembre, le nouveau président de l’Efama (European Fund and Asset Management Association), qui représente les sociétés de gestion pour compte de tiers, et directeur général d’Invesco Europe nous livre les priorités de son mandat. Soucieux de développer la «marque Ucits», fondamentale pour le Luxembourg, il se montre critique envers la Commission européenne et son avant-projet de directive sur les fonds alternatifs, dicté selon lui par des pressions de la France sur la question des banques dépositaires après l’affaire Madoff.

« Il faut clarifier la responsabilitÉ des banques dÉpositaires »

Nicolas Raulot envoyé spécial à Bruxelles (texte), Jelle Van Seghbroeck (photo)

Monsieur de Franssu, quel sera le dossier prioritaire de votre mandat de deux ans? «Il y en a trois. D’abord, les conditions de distribution de nos produits à travers l’Europe. Ensuite, toute la problématique liée aux retraites et au rôle des sociétés de gestion dans ce domaine. Enfin, diffuser une meilleure connaissance et compréhension des métiers de gestion d’actifs, parvenir à une meilleure représentativité de notre métier.

Carrière

La protection des investisseurs ne fait-elle pas partie de vos priorités? «C’est sous-jacent. Quand je parle de problèmes de distribution, je me demande aussi si le bon produit est vendu à la bonne personne, si les informations sont disponibles et compréhensibles pour l’épargnant.

Ce Français de 46 ans, père de quatre enfants, est diplômé de l’Ecole Supérieure de Commerce (ESC) de Reims et de l’Université du Middlesex au Royaume-Uni. Il a complété ses études avec un troisième cycle en actuariat à l’Université Pierre et Marie Curie à Paris. Jean-Baptiste de Franssu a débuté sa carrière comme journaliste au magazine financier Investir. Avant de rejoindre Invesco France en juin 1990 en tant que directeur général, il a travaillé à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) pendant quatre ans. D’origine britannique et aujourd’hui cotée à New York, Invesco est l’une des principales sociétés de gestion pour compte de tiers dans le monde. C’est en 1996 qu’il prend la direction d’Invesco Europe, entité établie à Bruxelles en charge des activités d’Invesco en Europe continentale. Jean-Baptiste de Franssu a été élu vice-président de l’Efama en juin 2007 avant de devenir président deux ans plus tard. Jean-Baptiste de Franssu est membre du comité de direction du groupe Invesco. N. R.

Mais quand vous mettez en avant des problèmes de distribution, ne vous inscrivez-vous pas davantage dans une logique commerciale que de protection des investisseurs? «Non. Notre objectif est justement de se concentrer davantage sur l’investisseur. Une des problématiques en Europe est ce qu’on appelle la ‘distribution intermédiée’. De plus en plus, le gestionnaire ne connaît pas son client final, car il y a un distributeur (une banque, une compagnie d’assurances, un gestionnaire de fortune...), donc un écran opaque entre les deux. Nous voulons améliorer la transparence à ce niveau pour mieux comprendre et appréhender les besoins des investisseurs. Nous voulons aussi travailler sur l’éducation financière en sensibilisant les politiques sur cette problématique. Car nous estimons que lorsqu’il y a une mauvaise vente, c’est souvent parce que le client n’a pas compris le produit qu’il a acheté. Nous voulons aussi renforcer les protections de l’investisseur sur le point de vente, nous assurer de la qualité et de la lisibilité des documents commerciaux et du renforcement des règles de la directive Mifid (Markets In Financial Instruments Directive, ndlr.). C’est important car il y aura cer-

Le journalisme mÈne À tout

tainement un Mifid II en Europe dans les 24 mois qui viennent. Il nous faut travailler sur l’éducation des distributeurs via un code de best practices. Nous voulons enfin améliorer la classification des produits de façon à ce que les palmarès régulièrement publiés ne puissent pas induire en erreur les investisseurs. Quand on parle de distribution de fonds, on pense bien sûr à l’affaire Madoff... «Cela n’a rien à voir avec l’Europe. Il s’agit d’une défaillance de la réglementation américaine. C’est une question très sensible. Le problème a été transposé à l’Europe, compte tenu de certaines hésitations au niveau des banques dépositaires dans des circonstances qui étaient difficiles à envisager. Il y a des hésitations et des divergences d’interprétations sur la responsabilité des banques dépositaires, en particulier entre la France et le Luxembourg? Christine Lagarde, ministre française de l’Economie, semble favorable à une responsabilité inconditionnelle des banques dépositaires. Quel est le bon modèle? «Je crois qu’il n’y a pas de bon modèle. Et je crois surtout qu’il y aura très bientôt un seul modèle en Europe qui réunira tout le monde et qui fera table rase des interprétations ou différences qu’il peut y avoir ici ou là. Sous l’égide de l’Efama, des groupes de travail se réunissent actuellement sur ces questions et nous arriverons très prochainement à des positions communes à travers l’Europe. La solidité de la marque Ucits (Undertakings for Collective Investment in Transferable Securities ou fonds coordonnés europé­ ens, ndlr.), qui est fondamentale pour tout le monde et notamment pour le Luxembourg, en dépend. Mais, à votre avis, la banque dépositaire doit-elle être tenue à une obligation de résultat? «Dans certaines situations oui, mais pas dans toutes. Il faut que les choses soient clarifiées et elles vont l’être. La Commission européenne a justement lancé au début de l’été une consultation sur la fonction de dépositaire d’OPCVM. Avez-vous répon­du?

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«Nous y travaillons activement avec nos groupes de travail. Nous livrerons nos positions dès que possible. Ces groupes ont été constitués pour répondre à la Commission européenne? «Non, ils existaient déjà. La consultation a toutefois stimulé notre travail. Il faut clarifier la responsabilité des banques dépo­sitaires si on veut continuer à développer la marque Ucits avec autant de succès que dans le passé. La directive Ucits IV (dont la mise en œuvre est prévue pour juillet 2011) ne donne pas de précision sur la question des banques dépositaires... «Non, et pour compliquer tout ça, l’avant-projet de directive AIFM (Alternative Investment Fund Managers, ndlr.), qui traite des OPCVM non-Ucits, prend des dispositions précises qui n’existent pas dans l’univers Ucits IV. Et ces dispositions sont en réaction à l’échange politique entre la France et le Luxembourg sur la question de la responsabilité du dépositaire. Rappelez-vous de la fameuse lettre de Christine Lagarde (du 12 janvier dernier, ndlr.) au commissaire McCreevy lui demandant expressément d’aborder cette problématique. Ce projet de directive a été fait en catimini et de façon extrêmement bousculée, compte tenu des pressions politiques de ces derniers mois, alors même qu’une phase de consultation a été engagée pour faire avancer les réflexions sur le sujet. Tout ça est un peu compliqué et n’est pas fait dans l’ordre. Il y a donc une bataille féroce entre la France et le Luxembourg? «On ne peut pas dire ça. Il y a certes un jeu politique. Il y a des attitudes protectionnistes et une résistance des domiciles nationaux, au vu du succès grandissant des deux principaux domiciles européens que sont Luxembourg et Dublin. Mais, quelquefois, on se focalise sur des mauvais thèmes. Car la bataille du domicile a été gagnée par Luxembourg et Dublin pour les activités paneuropéennes.

«La bataille du domicile a été gagnée par Luxembourg et Dublin pour les activités paneuropéennes» Jean-Baptiste de Franssu (Efama) dans son bureau de Bruxelles (siège d’Invesco Europe)

L’affaire Madoff n’a pas terni l’image du fonds luxembourgeois? «Non, je ne crois pas. Aujour­ d’hui, 30% de la collecte de fonds Ucits est réalisée en dehors de l’Europe. Maintenant, il faut passer à un autre thème, c’est-à-dire: où va-t-on rendre les meilleurs services en matière de gestion financière, de dépositaire? Surtout avec le passeport de la société de gestion prévu dans la directive Ucits IV qui est sur la rampe de lancement. Ce sont les enjeux économiques de demain. L’essor des ETF ou trackers représente-t-il une menace pour l’industrie de la gestion? «Non, car un ETF est une Sicav. Est-ce une menace pour les gestionnaires actifs? Non plus, je pense, c’est un complément. L’univers absolu des capitaux sous gestion qui peuvent être gérés par les sociétés de gestion pour compte de tiers va continuer à s’accroître en Europe. Les 12.000 milliards sous gestion que nous représentons vont continuer à grossir. Il y a donc une place de plus en plus grande pour des produits qui répondent à différentes attentes. Qu’est-ce qui vous fait dire que les 12.000 milliards vont continuer à grossir? «La gestion de la retraite, l’évolution de l’épargne financière, les attentes des épargnants. Le nombre de gens qui épargnent en vue de leur retraite va continuer à augmenter. Jusqu’au moment où il y aura plus de gens qui partent à la retraite que de gens qui s’y préparent. C’est la phase de ‘dé-cumulation’ dans

laquelle on arrivera dans les 10 ou 15 prochaines années. En parallèle de ça, l’industrie de la gestion pourrait aussi profiter de transferts en provenance des produits structurés des banques qui ont collecté une part importante de l’épargne ces dernières années, notamment en Allemagne, en Italie et en France, mais qui ne sont pas soumis aux mêmes règles de transparence que les produits OPCVM. Dans 10 ou 15 ans, on sera donc dans une phase de décollecte. Peut-on alors s’attendre à une dévalorisation mécanique du prix des actifs? «Oui, potentiellement. Les masses d’actifs gérés, de façon globale, connaîtront une phase de réduction. Mais cet impact sera peut-être compensé par d’autres éléments. Les marchés ont connu une spectaculaire embellie durant l’été. Les investisseurs finaux ont-ils retrouvé le goût du risque? «Curieusement, ce sont les particuliers qui sont revenus, pas vraiment les investisseurs institutionnels. C’est vrai en Europe et dans une certaine mesure aux Etats-Unis. Je dis curieusement, car c’est généralement l’inverse qui se produit en pareilles circonstances. Pour l’essentiel, l’univers institutionnel a observé l’évolution des marchés ces six derniers mois, sans y participer. Je pense que cela tient surtout à la situation de sous-financement dans laquelle se trouvaient nombre de fonds de pension et de caisses de retraite et donc à leur incapacité de }  66

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En juin, l’assemblée générale de l’Efama a également désigné Claude Kremer comme vice-président. Le Luxembourgeois, président de l’Alfi et founding partner de Arendt & Medernach, est donc bien placé pour succéder à Jean-Baptiste de Franssu dans deux ans.

Photo: Julien Becker (archives paperJam)

anticipaient la fin du monde il y a encore quelques mois? «C’est la nature de nos marchés et de nos métiers. Et ce n’est pas la première fois que cela arrive. En 1998, on avait rayé l’Asie de la carte. Après la bulle technologique du début des années 2000, tout était perdu. Il y a encore quelques semaines ou quelques mois, on parlait aux Etats-Unis de limiter les bonus à 500.000 dollars. On est déjà très loin.

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 { prendre des risques supplémentaires à la fin de

l’année dernière et au début de cette année.

Encours

Retour de la croissance Après deux années difficiles, l’encours des fonds luxembourgeois reprend son ascension. Il vient d’enregistrer son cinquième mois de croissance consécutif. Au 31 juillet 2009, le patrimoine global net des organismes de placement collectif (OPC) et des fonds d’investissement spécialisés (FIS) s’est élevé à 1.706,03 milliards d’euros, contre 1.631,256 milliards en juin, soit une augmentation de 4,58%. Selon la CSSF (Commission de Surveillance du Secteur Financier), cette augmentation tient à une hausse de 3,21% due à la bonne tenue des marchés financiers et à une progression de 1,37% de l’investissement net en capital. L’encours avait franchi pour la première fois le seuil des 2.000 milliards d’euros en mai 2007. L’Efama représente pour sa part 12.000 milliards d’euros sous gestion, dont 50% d’OPCVM et 50% de mandats. Parmi les 50% d’OPCVM, soit environ 6.000 milliards d’euros, on compte environ 4.000 milliards de fonds Ucits. Le Luxembourg représente environ 35% de ces 4.000 milliards. N. R.

Les fonds de pension n’étaient plus en mesure de faire face à leurs engagements? «C’est le grand problème de tous les fonds de retraite exposés aux marchés financiers et à la fonte de la valeur de leurs actifs. D’ailleurs, aux Pays-Bas, on est en train de réfléchir à une modification éventuelle des règles comptables des fonds de retraite, au vu de cette problématique de sous-financement. On dit généralement que la forte présence des particuliers annonce un retournement du marché. «C’est ça qui est intéressant. Généralement, le particulier investit trop tard. Là, on peut se demander s’il a investi trop tôt. Il faut s’assurer qu’il ne s’agit pas d’un mouvement spéculatif. Je n’ai pas de chiffres concernant les hedge funds, mais n’étant pas eux-mêmes dans une situation particulièrement confortable à l’issue de 18 mois de crise, je ne crois pas qu’ils aient été des acteurs prépondérants dans la hausse des marchés au cours des quatre ou cinq derniers mois. Croyez-vous à la poursuite du mouvement? «Je crois qu’on est dans un couloir de volatilité. Je m’attends à des phases de volatilité de cette nature-là pour quelques mois encore, avant qu’il y ait une phase de stabilité. Ne trouvez-vous pas que les marchés se comportent comme s’il ne s’était rien passé, alors qu’ils

Est-il souhaitable que les bonus retrouvent les niveaux d’avant la crise? «C’est un débat un peu philosophique et il est difficile de prendre une position ouverte. Je crois néanmoins qu’il serait imprudent et handicapant de se soustraire à la loi des marchés. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne faut pas plus de contrôle, de transparence et de rationnel. Il faut se réjouir que les politiques n’aient pas caché la problématique sous le tapis. Les bonus ne sont-ils pas en partie responsables de la crise? «Ce n’est pas le seul bonus qui est en cause. Il manquait aussi les systèmes adéquats de contrôle des risques. D’un côté, c’est vrai que dans un univers de crise, il est choquant de parler des montants dont on parle dans certains cas. De l’autre, cela me fait un peu penser aux critiques que l’on a adressées à Barack Obama au sujet de ses vacances probablement bien méritées (sur l’île huppée de Martha’s Vineyard dans le nordest des Etats-Unis, ndlr.). Il faut aussi garder une certaine perspective. Le problème existe-t-il dans le monde de la gestion? «Il s’agit d’abord d’un problème bancaire. Les bonus dans le métier de la gestion sont beaucoup plus associés à des performances à long terme, et à la qualité de la relation avec les investisseurs. Le caractère ‘court-termiste’ dont on parle dans le trading n’existe pas dans nos métiers. J’ajoute néanmoins que nous réfléchissons dans le cadre de l’Efama à des recommandations européennes en la matière pour les acteurs des métiers de gestion pour compte de tiers.»

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Concurrence

Pan sur la douloureuse

La directive sur les services de paiement (PSD) entre en vigueur en novembre prochain dans 30 pays européens. Elle oblige les banques à être plus transparentes dans leur tarification des opérations de paiement courantes, au bénéfice des consommateurs. Elle devrait en outre permettre la venue de nouveaux PSF au Luxembourg.

Marc Auxenfants (texte), Etienne Delorme (photos)

Le 1er novembre prochain, la directive sur les services de paiement (PSD), votée en novembre 2007, entrera en vigueur au sein de l’Union Européenne et de l’Espace Economique Européen (Liechtenstein, Norvège, Islande). L’acte normatif européen vise à établir un cadre juridique moderne, cohérent et neutre pour les services de paiement (à savoir les virements, les prélèvements et les paiements par carte), dans les 15 monnaies de la zone euro, les 11 devises des Etats membres n’ayant pas adopté l’euro, et celles des trois pays de l’EEE. Les considérations du Parlement européen et du Conseil de l’Union Européenne, les deux instances qui ont arrêté la directive, annoncent la couleur sans détour: «Il est crucial d’établir, au niveau communautaire, un cadre juridique moderne et cohérent pour les services de paiement – que ces services soient ou non compatibles avec le système résultant de l’initiative du secteur financier en faveur d’un espace unique de paiement en euros – qui soit neutre de façon à garantir des conditions de concurrence équitables pour tous les systèmes de paiement, afin de maintenir le choix offert au consommateur, ce qui devrait représenter un progrès sensible en termes de coûts pour le consommateur, de sûreté et d’efficacité par rapport aux systèmes existant au niveau national.» Pour Olivier Maréchal, partner advisory et consulting chez Deloitte, le but de la directive est très clair: «Elle vise à ce que les paiements au sein de cette zone européenne deviennent aussi faciles à effectuer, aussi efficaces et aussi sûrs que les paiements nationaux au sein des Etats membres.» Le texte pose aussi les bases juridiques pour l’espace unique de paiement en euros (Single Euro Payments Area, ou SEPA) dans les 30 pays concernés et en Suisse, surtout pour le volet SEPA Direct Debits. Plus concrètement, il oblige d’une part les banques à informer leurs clients, de façon systématique, uniforme et surtout transparente, sur les éventuels frais apparents ou cachés qu’elles débitent à ces derniers lors des opérations bancaires courantes. Il proscrit surtout l’emploi de méthodes de tarification non transparentes, en particulier, les dates de valeur défavorables à l’utilisateur.

«La PSD contribue à renforcer la concurrence dans les marchés des services de paiement» Olivier Maréchal (Deloitte)

La PSD détaille en outre les produits et services communément fournis par les banques et pour lesquels elles devront revoir leur politique de frais. Il s’agit essentiellement des dépôts et retraits en espèces, des opérations de transfert (débit et crédit), des opérations en débit direct liées à la domiciliation de comptes, des paiements par carte de débit ou de crédit, ainsi que de l’émission des instruments de paiement (émission de cartes), des activités d’intermédiation («money remitters») et des paiements via le support d’outils électroniques tels que les téléphones portables.

Le bien du consommateur Pour les législateurs européens cependant, seules les personnes physiques (consommateurs) devraient impérativement bénéficier entièrement de ce cadre juridique, les entreprises et personnes morales pouvant être traitées différemment sur une base contractuelle.

De son côté, Jean Diederich, senior manager Payments chez Ineum Consulting – une société de conseil spécialisée dans la stratégie, l’organisation et les systèmes d’information – estime que l’adoption de ce texte pourrait à terme renforcer les droits et la protection de l’ensemble des utilisateurs (consommateurs, commerçants, grandes et petites entreprises, autorités publiques), et faire disparaître les frais cachés des banques. Le texte européen semble donc loin d’être favorable aux banques, habituées à maintenir un flou artistique quant à leurs pratiques et à la perception des frais sur les paiements. «La suppression des revenus liés aux nouvelles règles sur les dates valeurs ainsi que l’augmentation de la transparence des frais prélevés sur les services et produits de paiement risquent de générer un manque à gagner pour de nombreuses institutions financières, prévoit Olivier Maréchal. Les acteurs pourraient être amenés à revoir leur politique de frais

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«Un certain nombre de banques ont tenté via l’ABBL de reporter la mise en æuvre du projet de loi à 2010»

Jean Diederich (Ineum Consulting)

sur les comptes et produits de paiement.» Par ailleurs, «les banques devront définir les différents canaux d’information qu’elles mettront en place à destination de leurs clients, renchérit Jean Diederich. Non seulement dans le cadre de leurs opérations de paiement courantes. Plus spécifiquement, elles devront ainsi clairement indiquer leur ‘cut off time’, à savoir jusqu’à quelle heure dans la journée un paiement du jour sera comptabilisé comme tel et non le lendemain.» Cependant, il ne leur reste que peu de temps pour mettre en pratique les dispositions européennes et nationales. Si de nombreux pays ont déjà transposé la directive dans leur droit, le Luxembourg tarde à adopter une loi qui demeure encore à l’état de projet. L’urgence se fait d’autant sentir que, selon les experts, la directive introduit de nouveaux défis opérationnels et informatiques. Les impacts peuvent être très importants. La liste des contraintes pesant sur les traitements opérationnels et les revenus des institutions financières englobe entre autres la révision des conditions générales, des communications clients ou des contrats de service avec les tiers. Elle s’étend en outre à la mise à disposition des informations relatives à un ordre de paiement à exécuter (frais, taux de change), à l’adaptation de l’éditique client, ou à la mise à jour des tableaux de commissions et de frais. Autres obligations, légales cette fois, les banques devront désormais, dans certains cas de litige, rembourser leur client, sur demande expresse et dans un délai pouvant aller jusqu’à treize mois après la réalisation de l’opération, la charge de la preuve étant à fournir par les prestataires des services de paiement. Au Grand-Duché, en l’absence de cadre légal existant, les institutions bancaires

s’organisent à leur rythme. Si certaines ont commencé à revoir leurs processus et applications il y a déjà quelque 18 mois, d’autres se montrent plus récalcitrantes. Ces changements inéluctables affecteront pourtant la plupart de leurs départements bancaires, du front au back-office, des services de paiement, légaux et clients, en passant par la trésorerie et l’informatique.

Nouveaux acteurs «Un certain nombre de banques ont tenté via l’ABBL de reporter la mise en æuvre du projet de loi à 2010, se souvient Jean Diederich. Mais il est peu probable que la situation aboutisse. Je pense que du point de vue politique, le Luxembourg devrait absolument être prêt pour le 1er novembre, étant donné que nos grands voisins, la France et l’Allemagne, sont déjà prêts pour cette date.» Dernière grande nouveauté, instaurée par la directive, l’introduction de la notion d’«établissement de paiements», un prestataire de services, autonome et sans statut bancaire, spécialisé dans les transactions des paiements. Pour Olivier Maréchal, cette nouvelle catégorie d’intermé­ diaires s’inscrit dans la logique des législateurs

européens. «Si la PSD contribue à renforcer la concurrence dans les marchés des services de paiement en éliminant les barrières à l’entrée et en définissant un cadre prudentiel pour les nouveaux participants au marché des paiements de masse, elle permet sur ce dernier point la création de nouvelles institutions de paiement autonomes par rapport aux institutions de crédit.» Avec la PSD, Jean Diederich entrevoit, de son côté, un nouveau marché qui se profile au Luxembourg. «Je pense que le Luxembourg a là une opportunité d’attirer ces nouveaux prestataires et de créer de nouvelles affaires. On peut dire qu’il serait idéal de créer de nouvelles opportunités de services financiers de paiement, pour ces sociétés, dans le style des PSF de support.» Régulées par la CSSF, ces entités pourraient ainsi gérer toute l’activité liée à ces formes de paiement. Plus intéressant encore, elles pourraient aussi exécuter les ordres de domiciliation, transfrontaliers notamment. Une manne pour ces nouveaux acteurs, notamment ceux spécialisés dans les paiements, de la grande distribution, voire les opérateurs téléphoniques qui pourraient s’engouffrer dans ce nouveau segment.

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CV

From law to CEO Former chief financial officer and then an associate for a Swedish law firm, Peter Engelberg (49) specialised in financial law (he holds a university degree in securities law) and worked in investment banking. In 2006 he joined Kaupthing Bank Luxembourg as a senior lawyer on corporate finance issues. When approached by Pierre Arens, Invik’s former managing director, he left the Icelandic institution for the Luxembourgish bank in 2007. First appointed deputy managing director for corporate and trust activities, last July he took over the position of managing director. M. A.

Peter Engelberg

The newly appointed managing director of Bank Invik aims to reinforce  the bank’s internal organisation and to concentrate on its core businesses.

“We will focus on what we are good at” Peter Engelberg, the sudden departure of Pierre Arens, your predecessor at the head of Bank Invik may appear as a surprise. How do you explain it? “Even if we all had a really good relationship with Pierre, I think we came to a point – after Bank Invik had been acquired by Scribona group, Swedish IT distributor – at which the bank had to take a new direction. Pierre had maybe some other ideas on what he wanted to do as managing director. Then one came to the decision to part ways and to do some of our own business in different ways.

Which businesses will you now concentrate on more? “We will be more focused on doing what we are good at. That is for us an important thing. If you want to excel in business, where you are really good, you should keep doing more of what you know. We are more focused on the Scandinavian (i.e. Swedish and Danish) markets, which we are already serving today. It is where we have a competitive edge and where we can really add value as an organisation. We want to stick to our three core businesses, and not to run into many different leagues.

On what, more specifically, did your points of view diverge? “There were some divergences on the strategy that the bank should follow in the future. We have the mantra of doing a little more of what we are good at. We are very good in some areas, which are corporate client services, wealth management, and cards and payments services. But we are not looking into financing very big projects in regions we do not cover, like Germany or the Middle East, for example, the competition there being very tough.

What will now be your main priorities as managing director? “I think that one of our priorities is to try to gather everyone in the company and to share the views and values that we have. We are willing to empower the people in the organisation to take decisions and to be more creative. We want to keep on focusing on the guiding principle that, in every business, there is always a client at the end who wants to buy a product or service from us. I think that is an important corporate culture to have.

Marc Auxenfants (interview), David Laurent / Wide (photo)

How will you implement those management priorities concretely? “Remaining more focused is certainly our key word in the bank; first, by building and keeping a more flat organisation within the bank. By also empowering people in the bank and by encouraging them to be more active as well as by allowing that mistakes will be made. We also want to encourage them to take more decisions. It is a point that we want to change within the organisation. We also want to push the corporate culture and the communication towards both the staff and the clients. How would you describe the weaknesses and strengths of your organisation? “I think that one of our main weakness is in getting in contact with the clients. That is a field we need to become better in, as well as improving our communication with the market and the customers, in order to be able to get in touch with the clients, to capture and nurture them. We have some idea on how we will proceed. But that might take some time.”

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Stratégie

Le dilemme Pour lever 300 millions d’euros et réduire sa dette, Sal. Oppenheim n’a d’autre choix que de faire entrer Deutsche Bank dans son capital. Fondée à Bonn en 1789, la banque familiale a transféré son siège au Grand-Duché en juillet 2007.

Marc Auxenfants (texte), Etienne Delorme (photo)

Sal. Oppenheim pourrait-elle perdre son indépendance? Fondée à Bonn en 1789, devenue luxembourgeoise en juillet 2007, la banque familiale avait jusqu’à présent traversé la crise de 1929 et les deux conflits mondiaux presque sans encombre. Les récentes tourmentes financières et immobilières semblent cependant avoir eu raison des principes de gestion conservative et de la stratégie de diversification affichée par la vieille dame. Grand émetteur de produits structurés (dérivés et certificats notamment), la faillite de Lehman Brothers, en septembre 2008, lui coûtera quelque 200 millions d’euros de pertes. Dans l’immobilier ensuite, l’Allemand IVG, dont elle détient 20% des parts, subit de plein fouet la crise et annonce en août dernier un résultat semestriel 2009 après impôt de -99,4 millions d’euros. Troisième coup dur pour Sal. Oppenheim, Arcandor. Le géant touristique de vente par correspondance et de détail, dont elle possède 24,9% du capital, est placé début septembre en redres-

sement judiciaire. Sal. Oppenheim, de son côté, publiait un bilan 2008 dans le rouge, une première depuis 1945, avec un revenu net négatif à -117 millions d’euros (contre 255 millions l’année précédente) et un compte de pertes et profits sur activités ordinaires en chute à -144 millions d’euros (il était de 333 millions en 2007). Malgré un renflouement de 200 millions d’euros par son principal actionnaire, la banque se voyait, en août dernier, contrainte de lever quelque 300 millions d’euros auprès de la Deutsche­ Bank et d’autres institutions financières, pour renforcer ses fonds propres et les porter à 2,1 milliards d’euros (13,3%). L’opération s’accompagne pourtant d’une condition de taille: l’entrée de la Deutsche Bank dans le capital de Sal. Oppenheim, sous forme d’une participation minoritaire comprise entre 30 et moins de 50%. Les deux institutions financières ont dans la foulée entamé des pourparlers en vue d’un rapprochement. Les négociations suivent leur cours. La direction de Sal. Oppenheim se refuse pour le moment à tout commentaire, l’obligation de réserve étant de rigueur. De son côté, la banque allemande de détail se donne jusqu’à la mi­-­octobre pour arrêter sa décision. L’audit des comptes de l’établissement luxembourgeois devrait prendre fin à la mi-septembre. Sal. Oppenheim se retrouve donc le dos au mur. Naguère autoproclamée «la plus grande banque privée indépendante d’Europe», elle se voit désormais obligée d’ouvrir ses livres, en attendant une décision finale quant à son avenir. L’opération permettrait à Deutsche Bank de renforcer ses activités de banque privée outre-Rhin. Le 9 septembre dernier, Josef Ackermann, son CEO, réaffirmait sa stratégie d’expansion tous azimuts sur le marché allemand. Après le rachat de l’intégralité de Berliner Bank et de Noris Bank, le géant allemand lorgne aussi vers Postbank.

Photo: Etienne Delorme (archives paperJam)

ING Luxembourg aime les entreprises

Si les derniers résultats du bancassureur ING ont déçu, sa filiale grandducale demeure le bon élève du groupe. ING Luxembourg a même décroché une mention très bien en publiant un bénéfice net de 107 millions d’euros au premier semestre, en hausse de 28,7% par rapport aux six premiers mois de 2008. L’établissement se distingue par son activité de crédit aux entreprises, qui a contribué pour près d’un tiers au profit total, avec environ 30 millions d’euros de résultat après impôt, soit une progression de 91%. «Entre 2007 et 2009, nous avons doublé notre activité grâce à des investissements conséquents et à l’amélioration de notre qualité de service. Je pense que nous avons encore un grand potentiel de développement dans ce domaine. Nous voulons devenir un partenaire privilégié des entreprises», affirme Rik Vandenberghe, administrateur délégué.Quand il a pris ses fonctions chez ING Luxembourg il y a près de trois ans, le CEO avait reçu la mission de développer le corporate banking, un métier négligé dans une maison qui avait coutume de privilégier la banque privée. Cette stratégie de diver­sification s’est avérée payante au vu des bouleversements de ces derniers mois et des incertitudes qui subsistent: débats sur le secret bancaire, établissement d’une liste grise de l’OCDE sur laquelle avait été placé le Luxembourg et projets de remise à plat de la directive Epargne. Le groupe hollandais a engagé un processus de vente de ses activités private banking en Suisse et en Asie. Croissance

La BCL plus optimiste La bonne nouvelle est mince, mais elle mérite d’être soulignée. La Banque Centrale du Luxembourg (BCL) relève légèrement ses perspectives de croissance pour le Grand-Duché. L’institution s’attend désormais à une croissance négative comprise entre -4,4% et -4% en 2009, alors que les projections de juin 2009 laissaient augurer, selon la banque centrale, une fourchette de -5% à -4,4%. La projection de 2010 est également rehaussée à +0,2%. Lors de la présentation du bulletin 2009/2, le gouverneur Yves Mersch s’est toutefois inquiété de l’évolution des finances publiques et de la santé de la place financière. Il a estimé que les frontaliers avaient payé le plus lourd tribut à la crise, en termes d’emplois.

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73 place financière

Serge Wibaut (Université Catholique de Louvain)

Fernand Grulms (Luxembourg for Finance)

Conférence

JournÉe de l’assurance 2009 La traditionnelle Journée de l’assurance, organisée par l’Association des Compagnies d’Assurances (ACA), s’est déroulée le 9 juillet au Centre de Conférences du Kirchberg. Invité d’honneur: Serge Wibaut (UCL). Luc Deflorenne (photos)

Jean-Jacques Rommes (ABBL) et Pierre Gramegna (Chambre de Commerce)

Marc Lauer (président ACA), Serge Wibaut (UCL) et Paul Hammelmann (ACA)

Ernest Cravatte (Banque Raiffeisen) et Charles Goerens (député)

Jean-Philippe Balon (ING Life) et Pit Hentgen (La Luxembourgeoise)

Carla Rosen-Vacher (Ambassade des Etats-Unis)

Carlo Thelen (Chambre de Commerce) et Ghislain Ludwig (Brain&More)

Gérard Lommel (CNPD) Retrouvez toutes les photos sur www.paperjam.lu

Paul Peckels (Entreprise des P&T)

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74 place financière Banques

NICOLAS ROLLINGER A QUITTÉ FORTUNA

the business of making things better Launched in April of this year, Innpact is a new player on the Luxembourgish microfinance scene. Partners Patrick Goodman and Arnaud Gillin speak about the company. “The focus is development finance in developing countries.” Patrick Goodman and Arnaud Gillin (Innpact)

still fine for five people. However, the other services that we are developing, services during the life of the “We thought we would be building synergies by fund, not just the creation, are somewhat new to us. associating a consulting business together with an Hence, we have hired a legal officer. For these serinvestment management business,” says Innpact vices there is more administrative work, so we are Partner, Patrick Goodman, of what caused the organising the way we split the work. The creation of new company’s formation following the manage- investment vehicles is more linear.” ment buy-out of Symbiotics Luxembourg. “After a So what are the plans and ambitions for Innpact year or so we realised that wasn’t happening. In fact, in the future? “Our emphasis is really on developwe were effectively creating conflicts of interests, and ment finance,” says Goodman. “We have also been that is the reason we decided to split.” It is not about assisting our clients in developing other funds in acrimony, and the two companies can now dove- areas such as energy efficiency and renewable enertail, with results already visible: “since then we  gies, and we have the aim to be involved at some won a major mandate assisting the Microfinance point in social entrepreneurship: we have been Enhancement Facility. We’ve been appointed gen- approached by the promoter of a future Luxembourg eral secretary, helping the fund in the coordination fund to act as director of the company. It’s a work in of all administrative and corporate aspects. We’re progress but that is the intention. We are not interalso coordinator of all the service providers here in ested in the straightforward, traditional fund busiLuxembourg. We would not have had this mandate ness.” The company’s focus will always be on if we had stayed with Symbiotics.” development finance in developing countries, and The company offers a comprehensive package, Gillin highlights the commitment to “those who are but the structure of Innpact is conducive to this. at the bottom of the pyramid,” and providing them “Arnaud Gillin and I are very complementary,” states with essential services. “We will see the emergence Goodman of his fellow director, “we are both experi- of new investment funds in these areas,” he elaboenced in areas the other one is not so familiar with, rates, “and these are the areas we would like to help but together we cover the whole range of consulting our clients become involved in, but it will take a bit of services in helping to establish microfinance invest- time.” They are nothing if not thorough, however, ment vehicles.” Having started with just the two of and Goodman sums up Innpact’s raison d’être sucthem, they have hired three additional people in cinctly: “we both set up this company to make a difthe past few months. “While the services may seem ference. We were both working in the traditional like a lot for such a small company, we work in proj- banking world. Obviously traditional banks make a ect management schemes. Currently we have about difference by providing credit and services. We wanted ten projects running in parallel,” says Gillin of to take it one step further and help development Innpact’s operating structure. “At the moment, it’s finance set up more funds, more quickly.” Brian Power (text), Julien Becker (photo)

Photo: Equinoxproductions

Microfinance

Effet de la crise ou simple changement de parcours professionnel, Nicolas Rollinger a quitté la Fortuna Banque. Il occupait les fonctions d’administrateur-directeur. Son départ effectif remonte à la mi-juillet, précise-t-on à la banque du boulevard de la Pétrusse sans que les conditions ou les raisons soient communiquées. Fondée en 1920, la Fortuna Banque est une des dernières banques à capitaux luxembourgeois. Elle emploie une vingtaine de personnes. Le conseil d’administration est présidé par Jean-Joseph Wolter, avocat à la Cour. Le bénéfice net 2008 se monte à 47.359,47 euros, contre 581.298,12 euros pour l’exercice précédent. «En conséquence des cessations de paiement de certaines banques sur la Place (Kaupthing et Landsbanki, ndlr.), notre banque a dû débourser un montant total de 417.465 euros (dans le cadre de l’Association pour la Garantie des Dépôts-AGDL). Avant la décision de provisionner les risques particuliers de 2009, le bénéfice de notre activité était sensible­ -ment le même qu’en 2007», précise le rapport annuel. C’est Charles Wagener, numéro deux de l’établissement jusqu’à présent, qui assume désormais la direction. Active dans l’octroi de crédits hypothécaires, Fortuna Banque nous a fait part de son intention de développer ses métiers de private banking. Agé de 47 ans, Nicolas Rollinger avait succédé à son père, Paul, à la tête de la banque. Pendant cette phase de transition,il continue de diriger Equinox Productions, une société de production de films, sa grande passion. Au sujet de son avenir, Nicolas Rollinger dit examiner plusieurs projets. Redénommination

AIG devient Chartis AIG-Europe, la branche de l’ancien leader mondial de l’assurance-dommage sur le Vieux Continent, devient officiellement Chartis Europe. Mis sous tutelle en automne dernier et renfloué par l’Etat fédéral de quelque 170 milliards de dollars, le géant américain devait être progressivement démantelé pour rembourser le prêt consenti par la Fed. En avril dernier, il créait à cet effet une structure ad hoc AIU Holdings pour y loger ses activités d’assurancedommage et d’assurance générale. Rebaptisée Chartis, avant son entrée en Bourse, l’entité réunit les activités IARD. Chartis Europe, basée à Bruxelles, compte une filiale (deux personnes) à Bertrange.

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industrie

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Imprimerie

Un avenir À se construire

La fermeture, fin juin, de l’imprimerie Qatena, ne semble pas être le signe avant-coureur d’un cataclysme dans le secteur au Luxembourg. Mais les principaux acteurs devront néanmoins s’adapter pour survivre.

Jean-Michel Gaudron (texte), David Laurent / Wide (photos)

«Le Groupe Victor Buck a annoncé aujourd’hui son intention de réorganiser les activités d’impression de sa filiale Qatena en fermant son site d’impression luxembourgeois. Des mesures d’accompagnement sont proposées pour tous les salariés affectés par cette fermeture.» La nouvelle est tombée le jeudi 25 juin dernier et a fait l’effet d’une bombe pour ceux qui n’avaient rien vu venir. 90 emplois étaient directement touchés, mais surtout, c’est un des fleurons de l’industrie luxembourgeoise qui, quelques semaines après Villeroy & Boch, s’est trouvé en perdition. Un autre symbole fort rattrapé par un contexte économique difficile. L’Imprimerie Victor Buck avait été fondée en 1852 et avait pris le nom de Qatena début 2008, au moment même où un premier coup dur l’avait touchée, avec l’annonce par l’équipementier de téléphonie mobile Nokia de fermer son site de production de Bochum (Allemagne). Quel rapport? C’est Qatena qui assurait l’impression des manuels d’utilisation, forte d’un savoir-faire développé en productions multilingues et avec un matériel permettant des pliages complexes sur un même document. 37 personnes avaient alors été licenciées par l’imprimeur qui avait décidé de concentrer ses activités sur le site de production d’Esch-sur-Alzette. La création, en 2007, d’une filiale en Slovaquie de ce qui était encore l’Imprimerie Victor Buck avait, pour certains observateurs économiques, amorcé cette inéluctable issue. Car la crise éco­ nomique actuelle n’est pas nécessairement la seule en cause dans la disparition de Qatena au Luxembourg. «Nous sommes confrontés au double phénomène du développement de la numérisation

généralisée des documents et d’importantes sur­ capacités de production sources de forte pression à la baisse sur les prix», commentait le groupe au moment de l’annonce de la fermeture de juin dernier, revendiquant alors «la chute vertigineuse du chiffre d’affaires enregistré ces trois dernières années.» En l’occurrence près de 30% entre 2007 et 2008 et autant dans les prévisions chiffrées pour 2009. Intenable donc, en dépit des efforts consentis. «La politique prévoyante de réduction des coûts et les efforts commerciaux déployés n’ont pas permis de stabiliser la situation économique de l’entreprise», expliquait le même communiqué. Cette fermeture n’a touché que la branche d’activités Print du groupe. Sa florissante filiale Victor Buck Services (solutions d’externalisation de reporting financier pour l’industrie financière en Europe et en Asie, qui emploie 102 personnes à Luxembourg et à Singapour) et Legitech (éditeur de contenus juridiques et fiscaux, créé en joint venture avec l’Imprimerie Centrale, et qui emploie 36 personnes à Luxembourg), n’ont pas été concernés. Le site slovaque de Ziar Nad Hronom (à 180 km à l’est de Bratislava), lui aussi, garde le cap, continuant à prendre en charge les activités d’impression pour le secteur industriel (automobile, technologies, cosmétiques) du groupe. La plus que centenaire Imprimerie Victor Buck avait pris un petit coup de jeune avec l’arrivée de Nicolas Buck à sa tête, en 1994 (il était alors âgé de 26 ans), s’engageant sur la voie de la modernité en privilégiant un développement à l’international s’appuyant sur les technologies les plus pointues. D’une cinquantaine d’employés réalisant l’équivalent de 3,5 millions d’euros de chiffre d’affaires il y a treize ans, la société, aux moyens propres régulièrement renforcés, a atteint

jusqu’à 21 millions d’euros de chiffre d’affaires, et employait, fin 2007, quelque 145 personnes. Contacté par nos soins, Nicolas Buck n’a pas souhaité, dans l’immédiat, revenir sur les circonstances de cette fermeture pour laquelle un plan social a été signé dès la mi-juillet entre syndicat et direction.

Papier et numérique Faut-il voir, dans cette terrible issue, les prémices d’un automne de tous les dangers pour les autres acteurs du secteur de l’imprimerie? Y aurat-il comme un effet domino? «Non, il n’y a pas de raison de semer la panique dans le secteur, estime Roland Dernoeden, directeur de l’Imprimerie Centrale (IC). Le ralentissement économique est généralisé et nous touche évidemment. Les volumes d’impression par commande diminuent, mais le nombre de publications augmente vu que la communication dans le monde augmente. Nous n’avons jamais imprimé autant que nous le faisons maintenant.» Un constat qui corrobore des études indiquant que le marché des produits imprimés au niveau mondial est toujours en – faible – croissance, avec un taux moyen de 2% pour la période 2003-2008, inférieur, donc, à la croissance économique mondiale. Les pays émergents tirent, évidemment, cette croissance vers le haut, alors qu’en Allemagne, par exemple, le recul du chiffre d’affaires, en 2009, devrait osciller entre 10% et 20%... Les imprimeurs ont bien conscience des profondes mutations que leur métier connaît, avec l’avènement de l’ère digitale et les nouvelles tendances de communication multicanaux voulues par les clients qui privilégient autant le papier que le numérique. «Je ne veux pas opposer l’un à l’autre,

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industrie

prévient M. Dernoeden, nous réalisons des publications électroniques comme des publications sur papier. En ce qui concerne ces dernières, adapter notre équipement est une priorité. Nous avons investi, en pleine crise, dans des machines d’impression légèrement plus petites que les anciennes, mais plus automatisées, pour répondre à la demande du marché. La tendance est d’avoir des commandes à moins gros volumes, mais plus rapidement produites.» L’adaptation se fait aussi dans la façon de travail­ ler et l’automatisation maximale des workflows, permettant un suivi des informations en temps réel et sans risque de perte d’information. Mais surtout, le constat est clair: «Faire seulement de l’impression n’est pas possible pour survivre.» D’où l’orientation stratégique prise de développer davantage le prépresse (la mise en pages), mais aussi les services liés au contenu. Pour faire face à la concurrence de plus en plus sévère qui tire les prix vers le bas, IC a également mis le cap à l’est, avec un site de traitement documentaire établi à Cluj, en Roumanie, permettant de bénéficier d’un cadre salarial avantageux pour rester compétitif. «Nos concurrents ne se gênent pas pour implanter des sites au Maroc, à Madagascar ou en Inde, constate M. Dernoeden. Mais ces sites de production low cost à l’étranger n’ont pas que des avantages. La coordination y est plus compliquée. Il ne faut pas non plus sous-estimer les différences de culture qu’il faut savoir gérer. Je suis un grand défenseur du travail, chez nous, au Luxembourg. Nous nous considérons comme des employeurs ayant un certain respect pour nos collaborateurs, et ceux-ci nous le rendent.» IC compte, actuellement, 250 employés, après avoir connu, au plus fort de son activité, une pointe à 310. «Jusqu’à présent, nous nous sommes

«Nous n’envisageons aucune réduction de personnel et nous en retirons une certaine fierté. Cela crée un état d’esprit positif» Roger Wagner (Imprimerie Faber)

bien défendus dans la crise, mais nous sommes conscients que dans le contexte actuel, 250 personnes, c’est lourd à gérer. Nous devons agir pour ne pas avoir des problèmes à l’avenir. Notre démarche commerciale n’a pas été renforcée en volume, mais orientée différemment. Aucun plan social n’est prévu pour l’instant, mais lorsque quelqu’un n’accepte pas de consentir les efforts demandés, nous avons moins de réticences qu’auparavant à nous en séparer. Et si nous devons recruter, c’est uniquement pour gagner en qualité.»

Les regards tournés vers l’étranger L’aspect social a également été au cœur des réflexions menées chez un autre grand de la place, l’Imprimerie Saint-Paul, qui a été amenée à adapter ses capacités dans certaines de ses lignes de production, notamment les rotatives dites «heat set», servant à imprimer des produits à for-

mat magazine, et fortement influencées par les commandes venant de l’étranger. Sans compter «une structure de coûts défavorable par rapport à beaucoup de concurrents étrangers», comme l’explique Paul Lenert, directeur général adjoint du groupe Saint-Paul. «A titre d’exemple, les salaires de base de certaines qualifications dans le métier sont de plus de 50% plus élevés au Luxembourg par rapport aux pays voisins. Ce désavantage est difficile à compenser par un service, une flexibilité et une qualité supérieurs qui sont offerts au Luxembourg.» Du coup, pour pallier le brusque ralentissement de la ligne de production heat set, le groupe SaintPaul a eu recours «aux instruments prévus par la législation nationale et a adapté les effectifs avant tout par un non-remplacement des départs naturels et par des départs sur base d’incitation financière.» Contrairement à d’autres acteurs qui lorgnent audelà des frontières pour élargir leurs zones de }  78

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78 industrie

«Je suis un grand défenseur du travail, chez nous, au Luxembourg»

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Roland Dernoeden (Imprimerie Centrale)

 { chalandise, le groupe Saint-Paul ne voit pas en un

développement à l’étranger une planche de salut. «Depuis des années déjà, il y a des surcapacités sur le marché européen et les imprimeurs étrangers disposent souvent d’une structure de coûts plus favorable, note M. Lenert. Fidéliser davantage des clients de l’étranger reviendrait à proposer ses services avec des marges très restreintes, voire en dessous du prix de revient, donc à vendre à perte, ce qui, économiquement, ne fait pas de sens.» D’où l’obligation de réduire l’activité au Luxembourg… Tout le monde n’est pas dans ce cas. Dans son écrin de verdure à Mersch, l’Imprimerie Faber, par exemple, a pris le parti de renforcer ses efforts commerciaux vers l’Allemagne ou la Belgique pour y obtenir de nouveaux contrats. «Dans la production offset en continu, nous sommes très spécialisés dans les pré-imprimés. Nous cherchons à exporter ce savoir-faire, car le marché luxembourgeois n’est pas assez grand pour occuper une machine de façon rentable», indique Roger Wagner, le directeur de la société. Et pas question, parallèlement, de toucher aux effectifs en dépit du ralentissement. «Tout le personnel a été fortement impliqué pour réduire les coûts en interne, explique-t-il. Notre discours a été franc: nous voulons terminer l’année de façon correcte et garder tout le monde. Nous sommes confiants dans la reprise des affaires. Nous avons demandé à chacun de réfléchir à ce qu’il peut amener pour optimiser, à son niveau, les processus et réduire les coûts. Ça a marché admirablement bien. Nous avons aussi démarré des plans de formation pour que notre personnel soit plus employable, en fonction de la demande, pour basculer d’une machine à l’autre. On peut, à ce titre, apprécier le pragmatisme de certaines instances gouvernementales qui nous ont accompagnés dans cette approche.» La fermeture brutale de Qatena a eu de quoi ébranler certains membres du personnel – Faber

emploie quelque 110 personnes au total – inquiets de la tournure conjoncturelle. «Nous savons que nous aurons une année 2009 délicate, mais nous n’envisageons aucune réduction de personnel et nous l’avons communiqué en interne. Nous en retirons une certaine fierté et cela crée un état d’esprit positif, une influence sur la qualité de production et donc sur la satisfaction client. C’est une spirale positive.»

synergies? Même en l’absence totale de visibilité à l’horizon 2010-2011, l’Imprimerie Faber étudie évidemment l’opportunité d’investissements technologiques, «qui sont en général avec une vue entre cinq ans et huit ans, précise M. Wagner. Faire le bon investissement est devenu complexe. Nous avons, parallèlement, exploité un module interne ERP cette année, pour analyser les tendances, les types de commandes et voir ce que sera le futur en termes de commandes. Cela nous permet de mieux calculer nos coûts et optimiser nos offres. Nous avions investi, il y a quelques années, dans le continu et nous avons gagné des clients depuis.» Pour aller plus loin encore dans les idées de réduction de coûts, Roger Wagner plaide pour une mise en commun, avec les autres grands impri-

meurs de la place, des achats «en gros», afin d’avoir un plus grand poids dans les négociations avec les fournisseurs, «tout en permettant à chacun, évidemment, de garder la maîtrise de sa propre poli­tique d’achat». Une idée qui, sur le principe, ne déplaît pas à Paul Lenert («Chaque initiative pouvant contribuer à détendre la situation économique des acteurs est à analyser et d’ailleurs, pour certaines opérations, il arrive déjà à l’heure actuelle que des imprimeurs associent leurs forces de manière ponctuelle»). Mais il reste aussi très réaliste. «Le Luxembourg reste un très petit acteur dans ce marché et même s’il y avait des alliances plus poussées, il est difficile à imaginer que le nouveau-né, toujours petit comparé à la taille de ses concurrents à l’étranger, disposerait d’un pouvoir de négociation sensiblement plus fort auprès des fournisseurs.» Roland Dernoeden, lui, range cette idée dans la catégorie des «rêves». «La situation est trop concur­ren­tielle sur le marché pour imaginer une telle collaboration.» Mais il conserve un optimisme inébran­lable. «Oui, l’imprimerie a de l’avenir, si elle peut s’adapter et se diversifier. Le papier n’aime pas voyager. Penser pouvoir tout imprimer à l’est et fournir le marché ici est une erreur.»

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80 industrie Sidérurgie

Transport

Wallenborn tisse sa toile Au cœur de l’été, la société de transport a annoncé deux acquisitions,  l’une en Scandinavie, l’autre aux Pays-Bas. Jérôme Lorrain (Wallenborn): «Il s’agit de développer notre réseau inter-aéroports et d’optimiser nos liaisons routières.»

Nicolas Raulot (texte), David Laurent / Wide (photo)

Au sein d’un même secteur, deux entreprises peuvent emprunter des trajectoires opposées. En particulier en temps de crise. Au moment même où le tribunal de commerce de Diekirch prononçait la faillite de la société de transport Laubach & Fils, avec à la clé 87 emplois en jeu, Wallenborn Transports annonçait coup sur coup deux acquisitions stratégiques dont les montants n’ont toutefois pas été dévoilés. La première concerne Haugsted AirCargo Ser­­ vices, un opérateur scandinave de transport acquis auprès du groupe allemand Dachser. Elle a précédé de seulement quelques jours la seconde, l’opération Rutges Cargo, société de transport établie à Amsterdam qui appartenait au groupe néerlandais Wim Bosman. Fondée dans les années 1920 par Metty Wallenborn, l’entreprise Wallenborn Transports se revendique comme le numéro deux européen des services de transport international de fret aérien et de marchandises de haute valeur. Elle avait déjà absorbé Weis Transports en 2005. Etablie à Munsbach, près de l’aéroport du Findel, elle dispose depuis 2001 d’un centre logistique de 18.000 mètres carrés et d’un bâtiment administratif de 4.000 mètres carrés. Sa flotte est composée de 300 tracteurs et de 420 remorques. Wallenborn réalise environ 10% de son chiffre d’affaires (environ 50 millions d’euros en 2008) dans le transport de marchandises convention-

nelles, 50 % avec des transitaires (intermédiaires qui organisent la chaîne de transport et les opérations de douane) et 40% dans le road-feeder, service routier prisé par les compagnies de fret aérien pour relier leur hub avec les aéroports qu’ils ne desservent pas. «C’est notamment dans cette logique que s’inscrit l’opération Rutges. Il s’agit de développer notre réseau inter-aéroports et d’optimiser nos liaisons routières sur l’axe Francfort-BeneluxParis, principal bassin de population et de consommation de l’Union Européenne», explique Jérôme Lorrain, un ancien de Kuhne Nagel, devenu CEO de Wallenborn Transports en mai dernier. La construction d’un réseau le plus large possible permet notamment d’éviter de rouler «à vide» au retour, après avoir livré une marchandise à l’aller. L’entreprise continue d’ailleurs de tisser sa toile vers Francfort où elle a renoncé à faire une acquisition, mais vient de créer sa propre structure. Malgré leurs ambitions, Jérôme Lorrain et Wallenborn n’ignorent pas les difficultés que la crise économique fait peser sur l’industrie du transport. «Les surcapacités obligent de nombreux acteurs à se lancer dans une bataille des tarifs, voire à travailler à perte pour reconstituer leur trésorerie», déplore le CEO. L’acquisition de Rutges et de Haugsted a toutefois permis d’éliminer deux concurrents et de limiter la guerre des prix sur les marchés concernés. Au sujet de la crise, le dirigeant estime que le marché va renouer avec la saisonnalité des affaires qui, croyait-on, avait disparu au cours des années de forte croissance 2006-2008.

Photo: Etienne Delorme

ArcelorMittal lance une offre...

Les affaires reprennent pour le numéro Un mondial de la sidérurgie. ArcelorMittal acquiert 35% d’Uttam Galva Steels, un producteur d’aciers laminés à froid, de produits galvanisés et de bobines et feuilles d’acier revêtues de peinture, situé dans l’ouest de l’Inde, près de Mumbai. Si le prix payé représente une prime de 27% sur le cours moyen pondéré des deux semaines avant l’annonce de la transaction, celle-ci demeure toutefois modeste puisque cette participation est estimée à 5 milliards de roupies, soit environ 72 millions d’euros. Uttam Galva Steels emploie 1.400 personnes et fournit les secteurs de l’automobile, de l’électroménager, de la construction et de l’ingénierie générale.

... et songerait à sortir d’Enovos Selon Déi Gréng, ArcelorMittal préparerait la cession de sa participation de 25,3% dans le groupe énergétique Enovos (issu de la fusion CegedelSoteg-Saar Ferngas). Le sidérurgiste n’a pas commenté. Plan social

Duscholux ferme Le fabricant d’équipements sanitaires Duscholux ferme son usine de Mensdorf, en raison de la crise et d’une forte baisse de la demande. Les 59 salariés perdent leur emploi. Le plan social négocié par les syndicats et la direction du groupe établi en Suisse prévoit 855 euros bruts d’indemnité par année de présence et 200 euros par enfant, en plus des indemnités légales. Belaton, une autre entité de ce groupe présent dans 23 pays, spécialisée dans les parois et portes pour douches et baignoires, a également licencié 17 de ses 37 salariés. Selon Marco Casagrande, membre de l’OGBL, ce deuxième site est également condamné à brève échéance. Politique

Wendelin change de Boch Après la victoire de la gauche (SPD-Die Linke-Verts) lors des dernières élections régionales en Sarre, Wendelin Franz Egon Luitwinus Maria von Boch-Galhau – le président du conseil d’administration de Villeroy & Boch et du comité économique du parti conser­ vateur CDU – menace de transférer au Luxembourg le siège du faïenciercéramiste, actuellement basé à Mettlach (Sarre). Un chantage incongru, notamment pour les 230 salariés de l’usine du Rollingergrund qui devrait fermer en 2010.

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Ice-Watch est une success-story qui se taille une solide réputation dans le secteur, difficile et concurrentiel, de la montre. Avec, bien plus qu’un instrument, tout un concept.

Marc Vandermeir (texte), David Martin (photo)

«Avant de lancer Ice-Watch, j’étais dans ce domaine via les montres publicitaires, notamment pour de grandes marques, indique Jean-Pierre Lutgen, créateur de la marque et CEO de la société du même nom. J’espérais depuis longtemps créer une montre pour le marché des boutiques et je pouvais me baser sur mon expérience. Si, pour nous, dessiner et fabriquer une montre était facile, la mettre sur le marché et rencontrer le succès était un défi.» Il y a deux ans, M. Lutgen découvre à Hong Kong, où il a un bureau, une montre en plastique. Qu’il a l’idée de décomposer en dix parties, en proposant à ses clients, toujours au niveau publicitaire, de la remonter à leur gré. «Nous arrivions à de chouettes résultats et nous avons décidé de nous lancer.» Un saut dans l’inconnu: la montre publicitaire et une marque de montres vendues dans le commerce sont des activités qui se situent dans deux mondes tout à fait différents. Une marque est créée et une première collection est présentée en avril 2008. Aujourd’hui, Ice-Watch compte une vingtaine de partenaires dans le monde et est présente dans plus de 500 magasins, qui seront plus de 1.000 d’ici la fin de l’année. Pourquoi le nom Ice-Watch? «C’est simplement dans l’air du temps. Tout autant que le fait, pour une montre, de donner l’heure. Dans le passé, beaucoup de noms de société utilisaient le mot ‘sun’. Maintenant, estime le créateur, la valeur ‘glace’, du fait du réchauffement climatique, est devenue un symbole de pureté extrême et de fraîcheur. Et ce nom sonnait bien.» Pour Jean-Pierre Lutgen, les possibilités sont inépuisables. A preuve, son entreprise sort deux collections par an. Entre autres à partir des couleurs qui seront celles de la mode de l’année. «Nous venons aussi de déposer une nouvelle marque, IceSwiss – la référence à la Suisse nous oblige à assurer au moins 50% de la fabrication dans ce pays – qui sera plus haut de gamme et fabriquée à partir d’un matériau sur lequel je ne veux pas lever le voile maintenant, mais qui sera innovant. Cette marque sera présentée l’an prochain au salon de Bâle et sera distribuée uniquement dans le secteur de la bijouterie.» «Créer une montre sans y mettre un concept ne suffit plus», explique M. Lutgen. Aujourd’hui, tous les produits qui fonctionnent suivent des idées. La plus ancrée est sans doute le changement.

«L’assemblage se fait en Chine, mais toute la plus-value de la marque est créée en Belgique» Jean-Pierre Lutgen (Ice-Watch)

«Donc, nous avons créé une montre pour le changement, pour trois raisons. D’abord, le prix, qui démarre à 59 euros. Ensuite, par une gamme très variée de couleurs. Enfin, par des collections qui suivent les activités de la journée: travail, sport, soirées, etc. Et, parce que les gens changent de montres, on espère qu’ils vont les collectionner.»

Un concept complet Collectionner, c’est aussi pouvoir ranger sans problème. Du coup, chaque montre est fournie dans une boîte spéciale, qui peut être empilée sur une autre. Elles suivent en permanence les collections et constituent aussi l’identité de la montre. «L’identité, nous la mettons aussi autour de la montre. Pour le client, mais également en magasin, avec des vitrines et présentoirs dans la même ligne et qui représentent une forte mise en valeur. Cela partout dans le monde. C’est un concept complet, jusqu’au petit sac original dans lequel est glissée la boîte contenant notre montre.» Les montres sont fabriquées en Chine, JeanPierre Lutgen n’en fait aucun mystère. Mais il

précise qu’elles le sont dans une usine de très haute qualité qui fabrique aussi certaines marques prestigieuses. Ce qui permet d’offrir toutes les garanties de qualité. La Chine n’assure que le montage, avec des composants venus de divers endroits du monde: les bracelets d’Italie, les mouvements du Japon, etc. Tout le reste est imaginé et dessiné en Belgique. «En toute modestie, je dirais que c’est comme ce que propose le catalogue Ikea ou encore comme les iPod et tant d’autres choses. Design, catalogue, service points de vente, site Internet, etc., sont assurés ici. L’assemblage est fait en Chine, qui ne dispose pas du savoir-faire en design, marketing... Fabriquer en Belgique est impossible, pour plusieurs raisons. Par contre, toute la plus-value est belge.» Et même renforcée. Car Jean-Pierre Lutgen a relocalisé chez Trabelbo, à Marbehan, la fabrication des présentoirs de magasin. «Puisque nous ne pouvions pas réaliser l’assemblage ici, je voulais que toute une série de sous-traitances soient belges et même régionales. Cela génère de la sorte du chiffre d’affaires en Belgique», souligne l’entrepreneur.

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Bernard Staudt

Businessman aventurier

C’est, en pourcents, la progression, depuis 2005, du nombre d’entreprises artisanales établies dans la Grande Région. Elles sont quelque 165.000 PME et TPE qui emploient près de 790.000 salariés, pour un chiffre d’affaires 2008 estimé à 35 milliards d’euros. Ces chiffres émanent d’une analyse conjoncturelle, commune et inédite, établie par les Chambres des métiers. Au cours du 1er semestre 2009, le climat économique s’est particulièrement assombri dans les secteurs artisanaux luxembourgeois et sarrois.

Parcours d’un touche-à-tout, qui partage aujourd’hui son temps et son énergie  entre Crid’Art, sa galerie d’art contemporain à Metz, et Dinovotion à Amnéville. Bernard Staudt: «J’aurais pu avoir une vie bien rangée, suivre le modèle parental, mais à 25 ans, j’ai fait ma première révolution.»

Transports

Photo: Conseil général des Ardennes

106 km de plus

La Région Lorraine a signé le 1er septembre la convention de financement pour la réalisation de la deuxième phase de la ligne ferroviaire LGV Est. Elle y contribuera à hauteur de 120,48 millions d’euros, soit 5,99% du total (2 milliards d’euros). Le tronçon de 106 km permettra au TGV de relier Paris à Strasbourg en 1h50 (contre 2h20 actuellement). Les travaux devraient démarrer dès 2010, pour une mise en service prévue en 2016. Transports

Déploiement L’aéroport de Sarrebruck affiche ses ambitions de croissance. Malgré une baisse de fréquentation de 12,5% sur le 1er semestre 2009, aucun licenciement n’est en vue et la direction prépare l’avenir. Son PDG, Friedhelm Schwan, a présenté son plan de développement sur cinq ans: création d’un centre de compétences, destiné aux formations du personnel; construction d’un bâtiment abritant un hôtel, une clinique et un centre de réadaptation. Un parking couvert de 300 places et un hangar de maintenance sont également prévus. Coût estimé des travaux: 90 millions d’euros.

Joseph Tripodi / JB Presse (texte), Olivier Minaire (photo)

A 59 ans, Bernard Staudt peut s’enorgueillir d’avoir déjà vécu plusieurs vies. «J’ai toujours été d’un naturel très curieux et comme beaucoup de gamins nés après la guerre, je suis du genre débrouillard», sourit ce Mosellan pure souche. Son parcours professionnel «bien rempli», il le débute dans le magasin familial à Boulay-Moselle. «J’aurais pu avoir une vie bien rangée, suivre le modèle parental, mais à 25 ans, j’ai fait ma première révolution», se rappelle-t-il. Il retourne alors à l’école pour suivre pendant un an une formation en marketing et en management. Dès sa sortie, il parvient à se faire embaucher directement comme directeur d’une filiale de Renault spécialisée dans la vente de caravanes, de mobile-homes et de matériel de nautisme. «En quelques années, l’entreprise est devenue leader régional du marché. Cela a été ma première réussite.» Sa seconde révolution intervient en 1981, «une année complètement dingue avec l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand». Alors entreprise nationale, son employeur recentre ses activités sur la vente de voitures. Bernard Staudt se met alors à son compte et crée sa première entreprise, Lorraine Nautisme. L’affaire tourne plutôt bien jusqu’en 1989 où «une belle opportunité» se présente à lui. Il revend la société à prix d’or. La page est tournée et Bernard Staudt crée dans la foulée la franchise Neway qui va s’imposer comme le leader national de la distribution de planches à voile. A son apogée, l’entreprise compte 45 magasins en France et dégage un chiffre d’af-

faires de 23 millions d’euros. Un groupe francoallemand s’y intéresse, mais «la transaction se passe très mal». Premier échec. En 1998, après un imbroglio de plusieurs mois, Neway est placée en liquidation judiciaire. «Cette année-là a été particulièrement éprouvante pour moi puisque j’ai eu la douleur de perdre un ami très cher qui était par ailleurs le plus grand marchand d’art de la région.» Durant les quatre années qui vont suivre, il va prendre sur lui et revenir revigoré. Féru et collectionneur d’art contemporain, il se décide à ouvrir sa galerie. Nous sommes en 2002 et Crid’Art pousse son premier… cri à Amnéville, à proximité du casino et du pôle thermal. Le succès est au rendez-vous «mais j’ai réalisé qu’Amnéville ne serait jamais un pôle culturel alors qu’à Metz se construisait un ambitieux Centre Pompidou». En avril dernier, il installe donc Crid’Art à proximité immédiate du futur musée d’art contemporain messin. Restait à trouver une nouvelle vocation aux 800 m2 du bâtiment amnévillois. Ce sera chose faite dès le 25 septembre à l’occasion de l’ouverture de Dinovotion, un show unique en Europe, une sorte de Jurassic Park grandeur nature peuplé de dinosau­ res robotisés. Un projet «plus populaire» que Crid’Art. Pour lever les fonds nécessaires (2,5 millions d’euros), Bernard Staudt s’est débrouillé. Comme les banques étaient frileuses à l’idée de lui prêter de l’argent en cette période de crise, il a pris son bâton de pèlerin, décroché son téléphone et sollicité 180 investisseurs potentiels. «10% ont accepté de me suivre», annonce-t-il. Du coup, les banques ont embrayé… Et l’histoire continue.

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SecrÉtariat commun

Province de Luxembourg

Le WEX sous pavillon luxembourgeois L’imposant complexe de Wallonie Expo a été repris par la société grand-ducale GC Partner. Gabriel Catania (GC Partner): «Cette reprise est le type même de transmission d’entreprise dans des conditions idéales.»

Marc Vandermeir (texte), David Martin (photo)

Le Wex est le symbole même de l’esprit d’entreprendre. Si l’étape la plus visible a été l’ouverture, en 2001, du complexe actuel de salles d’exposition, cette réussite a été forgée dès 1966 par la volonté d’Albert Petit, qui organisa une minuscule foire commerciale à Marche. Avec un succès pour le moins limité: moins de dix exposants. Mais l’homme est un coriace et continua en lançant le premier salon Horecatel, sous chapiteau. Là, très vite, les exposants affluèrent vers le seul lieu qui leur soit réservé. En 1986, son fils Marc reprend, avec son épouse, le flambeau. A deux, ils font de Horecatel une réelle référence belge et internationale. Très vite, ils sont à l’étroit et se lancent dans un véritable parcours du combattant avec un projet de complexe d’exposition, qui n’a trouvé qu’in extremis, à force de persuasion, des oreilles attentives. Il s’en est en effet fallu de peu pour que le Wex soit installé à Ciney, en province de Namur. Dès l’ouverture en 2001, la réussite a été au rendez-vous, avec des salons et autres événements de plus en plus nombreux. Le Wex, fort de 16.000m2 de surfaces d’exposition, se transformait également, le temps de quelques soirées par an, en salle de concert, néanmoins inadaptée, puisque non prévue. D’où l’important investissement (700.000 euros) en cours pour faire de cette partie du Wex l’une des salles de concert les plus modernes de Belgique, capable d’accueillir jusqu’à 6.500 spectateurs. Pourquoi cette reprise par GC Partner? «Je veux d’abord souligner que cette reprise est le type même de transmission d’entreprise dans des conditions

idéales, indique Gabriel Catania, fondateur et directeur de GC Partner. Nous travaillions déjà depuis trois ans avec les Petit, qui avaient fait appel à notre société de consultance pour le développement du Wex et la gestion courante de la société. La reprise s’est ainsi faite de manière progressive et en parfaite connaissance de cause.» GC Partner, qui compte aujourd’hui une quinzaine de collaborateurs au Luxembourg, a été créée en 2004, avec notamment pour activités la stratégie et la gestion de performance en entreprise et la logistique. «C’est dans le cadre du salon Logistilux qu’ont eu lieu les premiers contacts entre le Wex et GC Partner. Avec cette opération, nous sommes dans notre rôle classique de consultant en gestion et organisation, y compris de salons qui impliquent une logistique importante, indique M. Catania. Il ne s’agit donc pas du tout d’une acquisition financière.» Avec, très bientôt, une infrastructure totalement adaptée pour les concerts, événements culturels, congrès et autres salons, le repreneur a des idées plein la tête. «Nous voulons développer de nouveaux produits – car le potentiel de saturation est loin d’être atteint – et de nouvelles façons de faire, avec des retombées économiques directes et indirectes importantes.» Gabriel Catania vise bien sûr les concerts, d’autant que le Wex est idéalement situé pour attirer du monde, mais aussi les événements particuliers d’entreprises et de nouveaux salons. «Mais un salon ne s’impose pas, il faut trois ans. Et ce savoir-faire peut donner des ambitions ailleurs, en se liant à la forte croissance de GC Partner. Il est clair que l’idée est d’aller chercher des opportunités du même type et des synergies au niveau international. Planifier des projets, c’est notre métier.»

Le 11e Sommet de la Grande Région, le 17 juillet dernier, a clôturé la présidence luxembourgeoise et permis à la présidence sarroise de tracer ses lignes d’action, derrière la devise «Initiative pour la mobilité en Grande Région». Le Sommet des Exécutifs souhaite mettre l’accent sur les mesures conjointes permettant de soutenir et renforcer la coopération au niveau du marché de l’emploi, de l’économie, de l’enseignement (en image, le lycée transfrontalier de Perl), de l’aménagement du territoire, des transports et de la santé. Des rencontres sectorielles, dont le fond et la forme ont été précisées sous présidence luxembourgeoise, seront organisées à intervalles réguliers afin d’aboutir à des avancées concrètes. La Grande Région a en effet grand besoin de visibilité et d’avancées mesurables. La mise en place d’un secrétariat commun, dès ce mois de septembre, devrait aider à mieux faire bouger les choses. Institué sous la forme juridique d’un GECT (Groupement européen de coopération territoriale), il sera la cheville ouvrière du Sommet et aura pour principale mission la mise en œuvre des décisions prises et, volatilité politique oblige, leur suivi dans le temps. Parmi les grands projets sur le bureau, Metroborder, lancé sous présidence luxembourgeoise et portant sur la réalisation d’une «région métropolitaine polycentrique transfrontalière». Avec, derrière ce jargon, l’ambition d’un développement territorial harmonieux, équilibré et à valeur socio-économique équitable pour l’ensemble des territoires de l’espace de coopération.

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Un Lion dans l’arÈne  Une tête de lion rouge, de face: voilà le logo choisi par Luxembourg Telecom, le nouveau nom de SIT Group, la société de services informatiques devenue aujourd’hui opérateur de télécommunications intégralement dédié aux entreprises. A sa tête, Jérôme Grandidier, 39 ans, dont la fibre entrepreneuriale lui permet aujourd’hui de récolter les fruits d’un travail de longue haleine. Désormais soutenu par BIP Investment Partners, il entend bien bousculer un marché jusque là pratiquement monopolisé par l’opérateur historique.

Jérome Grandidier

«Entreprendre, c’est d’abord un partage» En moins de dix ans, il a piloté le développement fulgurant d’une société de services informatiques devenue, aujourd’hui, le premier opérateur télécoms alternatif pour le marché professionnel. Un parcours parfois atypique, qui a su faire fi de certaines réputations qui lui ont longtemps collé à la peau. Jean-Michel Gaudron (interview), Andrés Lejona (photo)

Jérôme Grandidier, comment définiriez-vous votre style d’entrepreneur? «En premier lieu, je ne me vois pas faire quelque chose tout seul. Dans toutes mes expériences, il y a forcément eu une rencontre. J’ai toujours monté des entreprises avec quelqu’un d’autre. Entreprendre, pour moi, c’est un partage. Je ne suis pas intéressé par l’argent en lui-même, ce n’est pas ma motivation première. Ce qui m’intéresse, c’est le fait de créer, de monter des choses et de les partager. A deux, l’avantage, c’est que lorsqu’il y en a un qui a un passage difficile, l’autre peut toujours compenser. Et puis en étant seul, avec qui serait-il possible de partager les grandes satisfactions que l’on vit? Avez-vous le sentiment d’être né entrepreneur ou bien de l’être devenu? «Je pense que j’ai toujours eu ça au fond de moi. Quand on l’a, on le

garde toute sa vie. Observer depuis des années le marché des télécommunications qui s’ouvre, regarder le développement de LuxConnect, constater un blocage pour certains opérateurs et intégrer cette situation pour développer un modèle économique cohérent, oui, c’est peut être faire preuve d’opportunisme, mais certainement pas d’un coup de chance. D’autres fois, on parle de volontarisme. Je préfère nettement cette définition. Mais il est clair qu’aujourd’hui, il y a une vraie opportunité de développer le groupe de manière conséquente. J’ai conscience de jouer une grosse partie de ma carrière sur la réussite de ce projet de Luxembourg Telecom… L’image de Jérôme Grandidier n’est-elle pas aussi un peu faussée par rapport à la réalité? On vous associe encore très souvent avec l’activité Dreamcar que vous aviez créée il y a quelques années… «Dreamcar, ça m’a toujours paperjam  | Septembre-Octobre 2009 | ÉCONOMIE & FINANCE

attiré de la méfiance ou de la jalousie, voire une image sulfureuse. Aujourd’hui, je n’y suis pratiquement plus impliqué, mais ça fait toujours partie du personnage. Cette société a été créée en 2002 par quatre copains qui voulaient vivre une passion et s’imaginaient que l’on pouvait gagner de l’argent en roulant en voiture de luxe. Et ça a marché! Au début, je faisais de l’informatique pendant la semaine et j’étais moniteur de conduite le week-end. Ma femme a fini par me faire comprendre qu’elle n’appréciait pas de ne plus me voir! J’ai, depuis, fait ma part du travail et j’ai passé le relais. C’est vrai qu’à une époque j’ai tout voulu faire tout seul. J’ai travaillé beaucoup…. Aujourd’hui, je préfère me concentrer sur un seul projet et me donner les moyens de le réussir. On m’a fait aussi souvent le reproche de mon côté dilettante. Sans mentir, je travaille régulièrement jusqu’à 15 heures par jour et je ne prends que deux semaines de vacances pendant lesquelles }  88


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Photo: archives paperJam

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«Dans des structures comme la nôtre, à taille plus humaine, les personnes peuvent vraiment se réaliser, s’accomplir» Jérôme Grandidier 86

 { je ne fais presque que travailler. Que ceux qui me

disent dilettante prennent ma place pendant une semaine et on en reparlera après. Quand j’avais 25 ans, cette image de facilité, je l’aimais bien. Mais une image, ça colle et une fois que vous en avez une, c’est dur de s’en débarrasser. Il faut dire qu’à 25 ans, pour le coup, cette image collait vraiment à la réalité… «Il est vrai qu’à cette époque-là, j’avais pris la grosse tête. Je n’ai jamais autant gagné d’argent qu’à ce momentlà. J’avais acheté un super Coupé-Mercedes, tout était facile et je gagnais toujours plus d’un mois sur l’autre. Il n’y avait pas d’obstacle. Nous étions deux associés dans une agence commerciale pour

le compte d’Econocom et nous avons réalisé, en trois ans, 500 millions de francs de chiffre d’affaires (12 million d’euros, ndlr.). Il m’arrivait de gagner, par mois, un million de francs (25.000 euros, ndlr.). Nous avons été désignés en tant que meilleurs agents du réseau Econocom. Ca fonctionnait bien. Trop bien, même. Il n’est jamais bon de gagner plus que son supérieur hiérarchique. Il y a eu des enjeux politiques internes qui font que nous avons été mis dehors du jour au lendemain. J’ai pris une très grosse claque, mais cela m’a beaucoup servi ensuite. Le retour sur terre fut-il douloureux? «J’ai eu la chance de tout de suite continuer dans le même domaine, mais en gagnant six fois moins.

Aujourd’hui, instinctivement, quand ça va trop bien, même si la tendance reste à une certaine euphorie naturelle, je sais que je n’aurai plus jamais la grosse tête! Je sais aussi que je ne prendrai plus le même genre de risques inconsidérés, comme lors de la création de Dreamcar où je me suis porté caution personnelle sur un million d’euros. Je ne regrette pas de l’avoir fait mais je ne le referais évidemment plus aujourd’hui! J’essaie toujours de me nourrir du vécu des autres. Si une mauvaise expérience a pu arriver à quelqu’un de sensé, je me dis que ça peut aussi m’arriver! En y ajoutant les propres erreurs que j’ai pu commettre, ça me fait une double expérience. A la longue, les situations se reproduisent }  90

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 { très souvent, au point que l’on ne se rend même

plus compte de la façon dont on évite de tomber dans un piège. Aujourd’hui, je pèse le pour et le contre et je ne prends plus de risques non calculés.

Parcours

D’Econocom À Luxembourg TElEcom Agé de 39 ans, Jérôme Grandidier, diplômé de l’Ecole Supérieure des Technologies et des Affaires de Belfort, a débuté sa carrière au Luxembourg pour le compte d’Econocom en 1995. La société avait développé un système commercial basé sur des revendeurs indépendants. Pendant trois ans, il va développer très fortement l’activité grand-ducale de ce groupe belge coté en Bourse. Il ne cache pas avoir, à l’époque, «attrapé la grosse tête» compte tenu de ses succès commerciaux confirmés de mois en mois. Une «grosse tête» qui a bien vite dégonflé lorsqu’en 1998, il se retrouve brutalement poussé dehors, conséquence de querelles politiques internes… Il rebondit chez CSS où, pendant quatre ans, il acquiert également une solide position sur le marché luxembourgeois. Cette fois-ci, ce sont des problèmes financiers internes au groupe d’origine néerlandaise qui mettent fin à ce parcours. Mais échaudé par sa première expérience malheureuse, Jérôme Grandidier avait assuré ses arrières en investissant dès 1998 dans la société SIT Group, fondée par Cyril Dagand. C’est, en toute logique, vers cette même société qu’il se tourne alors, emmenant avec lui une grande partie de ses employés chez CSS. En prenant la fonction de CEO de SIT Group, il insuffle à cette société son esprit d’entreprise dynamique et concrétise une certaine vision innovante en développant les activités télécoms au point de l’amener au statut d’opérateur reconnu par l’ILR. Le changement de nom de SIT Group en Luxembourg Telecom constitue une étape marquante dans ce parcours au profil ascensionnel. «J’ai conscience de jouer une grosse partie de ma carrière sur la réussite de ce projet», reconnaît-il. J.-M. G.

Entreprendre dans le secteur des technologies de l’information n’est-il pas un peu à part par rapport à d’autres activités plus traditionnelles? «L’important, à mes yeux, est de bien tenir compte de l’environnement, de regarder tout ce qui se passe autour, voir ce qui existe et surtout comment ça peut être amélioré et adapté au pays où l’on se trouve. Si l’on observe l’essentiel des choses faites au Luxembourg, on constate que les technologies et les processus y sont arrivés à un stade déjà mature. Une nouvelle technologie peut être développée dans un très grand pays, même si elle ne fonctionne qu’à 90%. Les 10% qui restent seront toujours rentables à une grande échelle. Ce n’est évidemment pas le cas au Luxembourg. En fait, en regardant ce qui se passe dans les grands pays voisins, on a une vision, un peu déformée, mais pas tant que ça, de ce qui va se passer au Luxembourg très peu de temps après. Il y a un certain décalage dans les cycles d’implantation des technologies. Lorsque nous sommes devenus revendeurs pour Voxmobile, le système existait déjà depuis deux ans dans de nombreux autres pays. Etre un opérateur alternatif n’avait rien de révolutionnaire sur le marché en général, mais ici, c’était assez nouveau. Comment conciliez-vous développements tech­nologiques et facteur humain? «Je suis quelqu’un pour qui l’humain a une valeur très importante. Je me considère comme un humaniste épicurien. Mais j’ai aussi le vilain défaut qu’après avoir été déçu une fois, il est très difficile pour moi de revenir. J’ai, naturellement, tendance à faire confiance aux gens et j’adore l’idée de vivre ces relations. Je n’ai pas un style de management hiérarchisé, mais je constate qu’on a beau y faire, on finit toujours plus ou moins dans une sorte de tour d’ivoire. Pourtant, ça vaut toujours le coup d’aller voir les personnes, de discuter avec elles, de comprendre. A mes yeux, le technicien qui va aller

poser un câble de téléphone a autant de valeur qu’un administrateur de société, car il est sur le terrain, il véhicule l’image de la société et il peut, en plus, faire remonter des informations. Quelqu’un de bien reste quelqu’un de bien, quelle que soit sa place dans la hiérarchie. Comment cela se concrétise-t-il sur le terrain? «Je considère que nous sommes là pour réaliser quelque chose ensemble. Pas pour simplement gagner un salaire, mais plutôt pour créer et vivre une aventure collective… Bien sûr, il y a des personnes qui ne se retrouvent pas dans ce style de management, mais je constate qu’il y a de plus en plus de salariés qui travaillent dans de grands groupes, avec de très hautes compétences, mais qui n’y sont qu’un simple numéro. Ils ont beau être des spécialistes géniaux, ils n’influencent en rien, ou si peu, le développement d’un groupe mondial qui brasse des milliards de chiffre d’affaires. On nous demande souvent comment nous faisons pour attirer quelques-uns de ces cerveaux chez nous. Dans des structures comme la nôtre, à taille plus humaine, les personnes peuvent vraiment se réaliser, s’accomplir. Je connais le cas d’un spécialiste qui, dans un grand groupe, a travaillé d’arrache-pied, pendant près de deux ans, week-ends compris, sans prendre de vacances, sur un très gros projet. Et le dernier mois, au moment où tout allait enfin aboutir, il a été envoyé sur un autre projet pour lequel on avait besoin de lui. Ce sont des choses qui n’arriveront jamais chez nous. J’ai trop de respect pour tout le monde. Cela veut-il dire que certains modèles ne sont pas forcément de «bons» modèles? «Je ne dirais pas ça. Ces modèles font du sens globalement, à une échelle mondiale. Le résultat de ces groupes prouve que c’est la bonne solution. Mais il y a de la place pour des sociétés comme la nôtre qui ne fonctionnent pas selon des matrices établies à Londres ou à New York, mais qui ne sont pas adaptées ici. Si ce n’était pas le cas, nous n’existerions pas! Si nous ne sommes pas nettement meilleurs que d’autres, personne n’aura de raison de venir chez nous. Et si nous sommes les meilleurs, c’est justement parce que nous nous adaptons à la spécificité locale.

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Photo: Etienne Delorme

«Dreamcar, ça m’a toujours attiré de la méfiance ou de la jalousie, voire une image sulfureuse» Jérôme Grandidier

Le poids de la hiérarchie est également important et les circuits décisionnaires sont très simples chez nous. A partir du moment où un projet fait du sens économiquement parlant, nous nous y lançons! Cela nous a permis de devancer quelques grands groupes internationaux qui ont pris trop de temps à apporter des réponses convenables au client final. Comment vous positionnez-vous dans l’environnement luxembourgeois en tant que créateur d’entreprise? «Il ne me déplairait pas de pouvoir apporter un soutien concret à d’autres créateurs d’entreprises. Ces dernières années, j’ai eu tous les contrôles fiscaux possibles et imaginables. Mais jamais personne n’est venu me voir pour me dire ‘Tenez, on peut vous aider’. J’aurais trouvé normal que l’on me dise un jour, alors que l’on avait embauché une centaine de personnes, que tel mécanisme d’aide existe ou bien que l’on me dirige vers un coach professionnel. Quand on a la tête dans le guidon, on ne peut évidemment pas s’occuper soi-même de tout ça en même temps. Ici, si tu as un manque ponctuel de cash dans ta PME, tu meurs. J’attends vraiment

davantage que simplement de l’argent de la part d’un institutionnel: du networking, du partage d’expérience. Le nouveau gouvernement a annoncé qu’il mettrait l’accent sur l’esprit d’entreprendre, notamment dans l’incitation et la formation des jeunes créateurs ou repreneurs d’entreprises potentiels... «On doit vraiment pouvoir développer ici une vraie culture d’entreprise locale. Il y a des entrepreneurs, des gens attirés par le Luxembourg. Il est certainement possible de faire mieux que ce qui existe aujourd’hui. Ici, je n’ai jamais reçu le moindre euro d’aide. Je me suis renseigné, mais c’est très compliqué. Je n’ai plus ces soucis-là, aujourd’hui, mais pour une personne qui arrive sur le marché, l’accès n’est pas vraiment facile et l’accueil n’est pas toujours là. Quand on est entrepreneur au Luxembourg, on te regarde encore comme une bête curieuse plutôt qu’un potentiel apporteur de valeur économique pour le pays. Je note quand même qu’il y a une certaine prise de conscience à ce niveau-là de la part des pouvoirs publics, mais ce sera long…»

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Luxembourg Telecom

Prêt À rugir

En changeant de nom, SIT Group valide son entrée sur le marché de la téléphonie professionnelle et entend se positionner comme une alternative de poids à l’Entreprise des P&T. Le soutien financier de BIP Investment Partners devrait grandement y contribuer.

Jean-Michel Gaudron (texte), Andrés Lejona (photos)

Il n’y aura désormais plus à se poser la question de savoir s’il faut dire S.I.T ou SIT Group. La société, fondée il y a maintenant onze ans, vient de prendre un virage majeur et a changé sa raison sociale en Luxembourg Telecom. Sa tête de lion rouge a officiellement été présentée ce 16 septembre. Longtemps active, principalement, dans l’IT et l’outsourcing, la société marque ainsi de manière tranchée ses développements récents en matière de téléphonie, concrétisés en juin dernier par l’obtention du statut d’opérateur télécoms agréé par l’Institut Luxembourgeois de Régulation. Cette nouvelle dénomination devrait s’accompagner d’un autre événement clé pour le développement à venir de l’entreprise: l’entrée dans le capital social de la société d’investissement BIP Investment Partners, qui est en train de finaliser une injection d’au moins six millions d’euros, partagés entre capital social, prêt classique et prêts de type mezzanine (à mi-chemin entre le crédit bancaire et les capitaux à risque, le financement mezzanine est généralement d’une durée de cinq à dix ans, subordonné par rapport au crédit bancaire traditionnel, tant du point de vue du remboursement que sur le plan des garanties. Son remboursement final n’intervient qu’après le remboursement du crédit bancaire traditionnel, ndlr.).

Un air de déjà vu Les premiers contacts avec BIP remontent à 2005, à l’époque où SIT a commencé ses démarches pour obtenir le statut de PSF. «Nous nous voyions régulièrement, mais nous n’avions pas encore une taille suffisante pour susciter un intérêt de leur part, se souvient Jérôme Grandidier, CEO

de SIT Group. Mais ils nous ont toujours suivis de près et m’ont toujours dit que le jour où il y aurait un projet à forte valeur ajoutée, ils l’étudieraient de près.» Avoir l’opportunité de participer au développement d’un nouvel opérateur avait, du reste, de quoi rappeler de bons souvenirs à BIP. La société avait été, en 2004, un des actionnaires institutionnels de référence de l’opérateur Voxmobile, créé par Jean-Claude Bintz et Pascal Koster, deux «transfuges» d’un autre opérateur mobile, Tango (qu’ils avaient déjà créé eux-mêmes en 1998). Et comme pour mieux boucler la boucle, ce même Jean-Claude Bintz, qui a entre temps quitté Voxmobile pour créer Lakehouse, sa propre société de business consultant, a accepté d’apporter son expérience et son relationnel hors norme au Grand-Duché. Il a donné son accord pour entrer prochainement dans le conseil d’administration de Luxembourg Telecom. Loin d’être un aboutissement en soi, cette entrée dans le capital n’en constitue pas moins une étape cruciale dans l’existence de la société, qui se donne ainsi les moyens de se positionner comme le premier opérateur télécoms alternatif global exclusivement dédié aux entreprises au Luxembourg. «Nous voulions, avec ce changement de nom facile à retenir, faire passer deux messages: montrer que nous étions une société locale et que nous étions actifs dans les télécoms, explique Jérôme Grandidier, désormais CEO de Luxembourg Telecom. Il fallait faire comprendre clairement le changement opéré ces dernières années au sein de la société.» Tout ne s’est évidemment pas fait du jour au lendemain et à son arrivée à la tête de la société en 2001, M. Grandidier n’avait certainement pas encore une vision très précise de ce à quoi ressemblerait le paysage des technologies de l’infor-

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Cyril Dagand et Jérôme Grandidier, fondateurs de SIT Group, ont été rejoints en 2009 par Gilles Saint-Guillain (à droite), qui a insufflé l’élan nécessaire pour établir le partenariat avec LuxConnect.

mation huit ans plus tard. SIT Group, créée en 1998 par Cyril Dagand, excellait, à cette époquelà, dans l’intégration de systèmes informatiques et dans la mise à disposition de personnels en outsourcing. Jérôme Grandidier y avait apporté, sous forme de prêt, la moitié du capital initial, mais était à l’époque country manager au Luxembourg pour le groupe CSS.

2005, le premier pas Or, en 2001, ce groupe, managé depuis les PaysBas, commença à connaître des problèmes internes de trésorerie et de liquidités. Anticipant un risque de cessation de paiement pour l’entité luxembourgeoise dont il avait la charge, Jérôme Grandidier négocia une libération de sa clause de non-concurrence et de non-débauchage et intégra le giron de SIT Group dont il était devenu coactionnaire. Il prit la fonction de CEO et amena

avec lui une dizaine de ses anciens collaborateurs de CSS, «et nous avons retrouvé du travail pour la plupart des autres employés auprès de nos clients». Peut-être faut-il trouver, il y a cinq ans, le point de départ de toute la mutation opérée aujourd’hui, au détour d’une conversation échangée avec un ami s’occupant, chez Vodafone, à Londres, de la partie stratégie commerciale. «Le constat était déjà clair que le métier d’intégrateur informatique en tant que tel était appelé à disparaître, se souvient Jérôme Grandidier. Déjà à l’époque, on imaginait un opérateur arrivant avec des lignes à connecter chez un client, lui proposant la fourniture d’infrastructures de type data center, si besoin. Sur le réseau installé, il serait alors possible d’y relier aussi bien de la téléphonie que de l’informatique, puis de fournir les  terminaux, que ce soit des GSM, des PDA, des  notebooks, des imprimantes… et tous les services

associés de type helpdesk centralisé ou pas, standard téléphonique ou call center.» De la théorie à la pratique, il ne manquait plus que le premier pas à franchir, toujours le plus difficile. L’opportunité s’est présentée en juin 2005, lorsque SIT Group intégra les équipes techniques de la société AT Kess, alors leader du marché Avaya (le numéro Un mondial en téléphonie IP) au Luxembourg. Ce fut l’entrée officielle sur le segment de la téléphonie, à une époque où les systèmes Voice over IP arrivent à maturité. L’instant était donc crucial pour disposer de cette double compétence IT et Telco. La machine était lancée, mais tout ne fut pas simple au début. Car, en 2005, faire cohabiter des équipes techniques télécoms et des équipes d’informaticiens relevait de la performance humaine, tant la «philosophie» était différente entre les seconds, généralement de niveau ingé- }  94

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Recrues

Le ticket gagnant Avec les arrivés de Gilles Saint-Guillain (en tant qu’administrateur) et de Vincent Nicolay (au poste de directeur des ventes) au printemps dernier, il était écrit que SIT Group préparait un grand coup. Car ces deux recrues sont loin d’être anecdotiques sur le marché luxembourgeois des télécoms. Le premier, âgé de 49 ans, ingénieur électronicien de formation, avait été, ces sept dernières années, sales manager chez Verizon Business. Auparavant, il avait occupé des fonctions de directeur commercial chez Telindus Luxembourg pendant près de douze ans. Entre les deux, on note un court passage d’une année en tant que sales manager chez Ubizen. Vincent Nicolay, 34 ans, a un parcours assez semblable, puisque lui aussi a débuté chez Telindus, en tant qu’account manager. Il y a côtoyé M. Saint-Guillain pendant près de deux ans, puis l’a rejoint, en septembre 2004, chez Verizon Business où il était également account manager. Spécialistes dans les technologies des fibres optiques, ces deux recrues ont permis à SIT Group de se lancer dans un créneau jusqu’alors inexploré et de jeter les bases de la collaboration avec LuxConnect. Luxembourg Telecom était en train de naître… J.-M. G.

 { nieur, et les premiers, plus souvent techniciens de

terrain, «au sens noble du terme», précise M. Grandidier. «L’osmose ne s’est pas faite sans mal et cela nous a pris deux ans pour disposer d’une équipe homogène.… Aujourd’hui, le problème ne se pose plus. Un système téléphonique n’est rien d’autre qu’un software qui tourne sur un serveur IT.» Deux ans plus tard, SIT Group franchit de nouvelles étapes majeures dans sa mutation et donna un grand coup d’accélérateur à son développement. Il y eut, en cette année 2007, outre le déménagement dans de nouveaux locaux plus spacieux à Capellen, la reprise d’une bonne centaine de contrats de location et de maintenance supplémentaires auprès de Tenovis et de Bosch Telecom (deux entités rachetées entre temps par Avaya), correspondant à un montant initial d’investissement d’un peu plus de trois millions d’euros. Il y eut, aussi, le lancement d’une offre de téléphonie fixe et mobile, intégralement dédiée aux professionnels, et réalisée en partenariat avec l’opérateur Voxmobile.

Luxconnect, le tremplin 2007, c’est aussi l’année de l’ouverture, aux Pays-Bas, de la première filiale hors Belux du groupe (elle fermera deux ans plus tard, faute de développements vraiment conséquents. «Ce fut peut-être une erreur d’aller là-bas», concède Jérôme Grandidier aujourd’hui), mais aussi des premières ventes de terminaux IP spécialement adaptés aux salles de marché via la société IP Trade, dont SIT Group a pris une participation à hauteur de 7%. C’est aussi (et surtout?) l’obtention du statut de professionnel du secteur financier (PSF), qui nécessita, en son temps, un gros effort financier, le ticket d’entrée étant alors encore de 1,5 million d’euros de capital social. Une injection supplémentaire de 500.000 euros fut réalisée par l’apport d’un actionnaire privé supplémentaire. «Nous avons été la première société à capitaux privés à devenir PSF, indique Cyril Dagand, associé historique de SIT Group. Notre ambition est aussi d’exporter ce label hors des frontières du Luxembourg. Il y a de plus en plus de banques internationales qui prêtent un regard attentif à ce statut.» L’arrivée, début 2009, de Gilles Saint-Guillain et de Vincent Nicolay (lire encadré ci-contre) permet à SIT Group d’élargir son domaine de

compétences à l’univers de la fibre optique et d’entreprendre un rapprochement stratégique vers LuxConnect, en intégrant, au cœur du data center de Bettembourg, 350 m2 de locaux. «Cela nous permet de bénéficier d’un réseau de fibres haut débit national et international, et de nous interconnecter avec tous les pays, via la technologie WDM (qui permet d’injecter simultanément dans la même fibre optique plusieurs signaux à des longueurs d’onde différentes, ndlr.). Nous pouvons désormais commercialiser des lignes à fibre optique de type dark fiber, à des prix compétitifs au niveau européen. Nous avons déjà des contacts avancés avec plusieurs entreprises internationales. C’est ce volet-là qui nous a permis de passer un cap supplémentaire et de devenir opérateur propre, agréé par l’Institut Luxembourgeois de Régulation (en mars 2009, ndlr.). Nous n’aurions évidemment pas pu investir nous-mêmes dans des installations similaires à celles que nous louons chez LuxConnect.» Fort de cette palette élargie, la nouvelle Luxembourg Telecom peut étendre son offre globale aux «services managés», en hébergeant les équipements, mutualisés ou non, des clients. En juillet, la société a décroché des contrats de gestion de ce type auprès du Syndicat intercommunal de gestion informatique (Sigi) pour l’hébergement des sites Internet (qui se fait en partenariat avec la société Conostix) des communes qui en sont membres. «Quelle que soit la taille de l’entreprise, l’informatique devient incontournable. On ne peut plus faire tourner une société sans. Mais combien sont capables de redémarrer réellement, en cas de souci, avec un back up complet de leurs données? En dehors des très grosses banques, le nombre est très faible. Il y a six mois, nous n’avions pas de demande particulière. Aujourd’hui, nous avons plusieurs contacts chaque semaine, avec des demandes d’hébergement de tout ou partie du système ou encore la gestion de la sécurité.» Les investissements consentis par l’Etat luxembourgeois dans les infrastructures de LuxConnect montrent bien l’importance stratégique que revêt le site pour l’ensemble de l’économie. La loi initiale de 2006 créant LuxConnect avait prévu une première enveloppe de 30 millions d’euros. Sont venus s’ajouter, depuis, 100 millions supplémentaires étalés sur trois ans, d’ici à 2011 avec, }  96

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Cyril Dagand

Le pionnier Si Jérôme Grandidier, CEO de la société, occupe souvent le devant de la scène, le fondateur «officiel» de SIT Group est bel et bien Cyril Dagand. Agé de 42 ans, il avait, pendant cinq années, occupé des fonctions d’account manager dans des sociétés proposant des services informatiques en France puis au Luxembourg. C’est en juin 1998 qu’il a franchi le pas et constitué SIT Group avec un capital initial de 1,25 million de francs. Il en est devenu, après l’arrivée de M. Grandidier, le chief financial officer et a accompagné tout le développement de la société. Il dispose, en outre, du statut de gérant PSF. SIT Group avait obtenu le statut de professionnel du secteur financier en 2007. J.-M. G.

Photo: Luc Deflorenne

Le rapprochement stratégique avec LuxConnect permet à Luxembourg Telecom de commercialiser des lignes à fibre optique de type dark fiber, à des prix compétitifs au niveau européen.

 { notamment, une extension du site «historique» de

Bettembourg et l’ouverture d’un second centre à Colmar Berg, prévu d’être opérationnel fin 2012. «Je n’ai pourtant pas le sentiment qu’il y ait une commercialisation très proactive de ces infrastructures, regrette Jérôme Grandidier. Il faut à la fois cibler les acteurs locaux, mais aussi ramener à Luxembourg les grands noms internationaux, leur expliquer ce qu’ils vont gagner à venir ici et faire du Luxembourg le centre européen d’excellence en matière de traitement d’informations. Tout le monde insiste sur la nécessité de trouver d’autres revenus que ceux de la place financière. Le positionnement stratégique et géographique du Luxembourg dans le domaine des télécoms est, aujourd’hui, capital. Notre arrivée sur le marché va lui permettre de compter sur un acteur local réactif et attractif en termes de prix et va aussi créer de saines concurrence et émulation.»

Croissance externe à l’étude La réactivité et la flexibilité d’une structure «à taille humaine» et à capitaux privés s’illustrent dans de nombreux domaines, que ce soit à destination de futurs clients ou de partenaires. Il a, ainsi, fallu à peine deux semaines pour établir un partenariat avec Infoguard en matière d’encryption des signaux destinés à traverser des fibres optiques. Car il faut savoir que les informations qui y circulent sont généralement «en clair», y compris dans le cas de liaisons entre banques et

data centers (les établissements financiers qui encryptent leurs données se comptent sur les doigts d’une main), mais qu’il existe une possibilité technique d’intercepter ces informations directement au niveau de la fibre sans interruption de service, à partir d’un équipement qui, lorsqu’on dénude et courbe la fibre, récupère entre 1 à 2% de la lumière émise … Aujourd’hui, le CEO de Luxembourg Telecom doit se réjouir de ne pas avoir écouté le chant des sirènes qui lui conseillait, en 2008, de se consacrer exclusivement aux activités d’outsourcing qui, en leur temps, étaient en effet extrêmement porteuses et lucratives. «Mais nous savions que cette embellie était cyclique et c’est là que nous avons vraiment développé notre projet d’opérateur télécoms. Nous savons qu’en période de crise, proposer des solutions économiques aux clients est forcément intéressant. Et nous pouvons nous le permettre, car nous sommes profitables depuis 1999 et nous avons toujours capitalisé et réinvesti nos résultats autant que nous le pouvions, sans nous payer, par exemple, de dividendes.» L’apport de BIP Investment Partners va permettre à Luxembourg Telecom d’entrer définitivement dans une nouvelle dimension et d’étudier, différemment, des opportunités de croissance externes qui pourraient se présenter dans les prochains mois. D’ici là, la mission première de la société sera de se faire un nom avec sa nouvelle identité. Le lion rouge est prêt à rugir…

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paperJam Business Club est un club réservé aux entreprises et institutions du Luxembourg ou en relation avec le Luxembourg. Ce sont des organisations qui en deviennent membres pour ensuite faire profiter leurs équipes dirigeantes des avantages que cela procure, notamment les participations aux événements: tables rondes, conférences, workshops, dégustations raffinées, cocktails. Devenir membre? Contacter François Altwies: francois.altwies@tempo.lu

Première saison

3.700 PARTICIPANTS Bilan positif et très encourageant pour la première saison: depuis le lancement du concept (en mai 2008) jusqu’au dernier événement de première saison (en juillet dernier), pas moins de 3.700 participants ont assisté à 40 événements. Au total, 100 intervenants y ont participé dans 20 lieux remarquables (Fondation de l’Architecture, Mudam, Château de Septfontaines, Auditorium de la Banque de Luxembourg…).

Deuxième saison

BIENVENUE! paperJam Business Club mode d’emploi:

sa philosophie, ses perspectives pour la deuxième saison, la création de trois Grands Prix… Réunir des organisations – entreprises et institutions – performantes, proactives et reflétant la réalité quotidienne de l’économie luxembourgeoise dans un même «club»: voilà l’idée de départ du paperJam Business Club, lancé en juin 2008. L’idée était d’inspirer les décideurs, initier des contacts, faire partager des moments de qualité entre les membres et leurs invités. Cela se traduit par l’organisation de telles rencontres sous différentes formes – workshops, conférences, tables rondes, cocktails – couvrant cinq cycles: «Management & Stratégies», «Place financière», «Marketing & Communication», «ICT» et «Ressources Humaines». Le succès de la première saison donne des perspectives encourageantes pour la deuxième qui s’annonce. En plus des 45 événements programmés entre septembre 2009 et juillet 2010, les membres du Business Club bénéficient de toute une série d’autres avantages: publication illimitée d’offres d’emploi sur www.paperJam.jobs, diffusion de messages via paperJam.TV et via la newsletter hebdomadaire de paperJam, désormais diffusée le mercredi. Parmi les principales nouveautés de cette saison 2009/2010: la création de nouveaux types d’événements et l’apparition d’une rubrique dédiée au Business Club dans paperJam, aussi bien dans le magazine que sur le site web et dans la newsletter. Côté événements, trois «Grands Prix paperJam» ont été lancés dans les domaines «Communication», «ICT» et «Ressources Humaines». Ils réuniront, au cours du premier semestre 2010, les acteurs principaux et leurs clients lors de cérémonies où seront récompensés les projets ayant fait appel aux meilleures pratiques. En plus des conférences et tables rondes classiques organisées en afterwork talks, une quinzaine de workshops – en matinée – permettent aux membres d’améliorer leurs compétences dans leur métier et d’échanger avec des pairs d’autres organisations.

Membres d’honneur (1)

JEANNOT KRECKE

paperJam.Jobs

DRESS TO IMPRESS

N°5

Le portail de recrutement, spécialisé en «cols blancs» de la Grande Région, lancera fin septembre son enquête «Dress to Impress» auprès des principaux DRH. Les résultats de l’enquête seront publiés sur le site www.paperJam.Jobs dès octobre 2009. paperJam.TV

En octobre 2008, le premier Membre d’honneur du paperJam Business Club fut accueilli en la personne de Jeannot Krecké, ministre de l’Economie et du Commerce extérieur. Par cette distinction, le Business Club désire rendre hommage à des personnes dont l’engagement personnel en faveur de l’économie grand-ducale est exemplaire. Un certificat a été remis au ministre à l’occasion d’une table ronde sur l’entrepreneuriat organisée par paperJam au Mudam l’automne dernier. Membres d’honneur (2)

MARIE-JOSÉE JACOBS

PAROLE AUX MEMBRES Dès la rentrée, paperJam.TV aura, en plus de ses interviews d’actualité et de sa chronique financière hebdomadaire, du nouveau contenu via un canal réservé à la diffusion de messages des membres du Business Club. A voir: www.paperJam.TV. Workshops (1)

MANAGEMENT & STRATEGIES Nouveau format dans le programme du Business Club: les workshops. Organisées en matinée, durant entre deux et trois heures selon le sujet, ces rencontres entre spécialistes – et limitées à une personne par entreprise membre – permettent d’approfondir un sujet et d’inspirer les décideurs. Dans le cycle «Management & Stratégies», quatre workshops seront proposés autour des thématiques du change management, de l’innovation stratégique, de l’implémentation des stratégies et du Systems thinking. Ils sont réalisés en collaboration avec Marc Sniukas, senior consultant de Doujak Corporate Development (Vienne). Workshops (2)

Avec Marie-Josée Jacobs, un 2e Membre d’honneur fut accueilli en janvier 2009 dans le cadre d’une conférence Men and Women – equal forces of powerful change in society and business. Madame Jacobs a reçu cette distinction et ce membership à vie dans sa fonction de ministre de l’Egalité des chances.

RH & DROIT DU TRAVAIL Une série de workshops sur le droit du travail permettra à une vingtaine de DRH d’entendre et de discuter avec Me Guy Castegnaro. Les thématiques abordées seront la réduction des coûts salariaux, l’absentéisme, le dialogue social et la flexibilité du temps de travail.

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agenda septembre |  octobre 2009 Evénements organisés à l’attention des membres du paperJam Business Club. Informations et inscriptions sur www.club.paperjam.lu

Afterwork Talks / Cycle ICT

Workshops / Cycle RH

Comment réduire les coûts salariaux en temps de crise?

Fraude informatique: le dirigeant d’entreprise peut aussi être responsable!

qui abordera ces sujets.Dans le deuxième volet, les participants seront regroupés en plusieurs groupes de travail pour discuter des difficultés et des pièges auxquels ils se sont déjà heurtés lors d’implémentations de projets antérieurs. Finalement, dans le troisième volet, un débriefing en commun permettra de dresser les pièges à éviter et de tirer les conclusions.  Jeudi 8 octobre 2009, 8:00 - 10:30   Le lieu sera communiqué ultérieurement

Afterwork Talks / Cycle Place Financière

Guy Castegnaro

Conférence workshop avec Me Guy Castegnaro, avocat spécialisé en droit du travail. La réduction ou une meilleure gestion des coûts salariaux est actuellement une question centrale pour les employeurs. Le droit du travail met cependant à leur disposition diverses possibilités de moduler leurs coûts salariaux. Le but du workshop est de faire un inventaire de ces mesures souvent méconnues même par les praticiens. A propos de Me Guy Castegnaro: Le Legal 500 (2008) classifie Castegnaro Cabinet d’avocats parmi les plus grands spécialistes de droit du travail au Luxembourg: «Castegnaro Cabinet d’Avocats, member of Ius Laboris is a very well-regarded employment boutique run by the ‘accurate, pragmatic and quick’ Guy Castegnaro. He played a key role in establishing Luxembourg’s 2006 Labour Law Code, and more recently has been working on part II of the Code. ....»  Mardi 22 septembre 2009, 08:30 - 10:15  Le lieu sera communiqué ultérieurement

Wine & Networking

La variété des crémants luxembourgeois Dégustation en présence de vignerons luxembourgeois. En collaboration avec la Commission de Promotion des Vins & Crémants de Luxembourg.  Jeudi 24 septembre 2009, 19:00 - 21:00  Le lieu sera communiqué ultérieurement

Gérard Lommel

Cyril Pierre-Beausse

Même dans le cas d’une fraude ou d’une attaque informatique extérieure, la responsabilité pénale d’un dirigeant d’entreprise peut être engagée s’il est avéré que le niveau de protection de ses données à caractère personnel était insuffisant. Jusqu’où peut aller cette responsabilité? Quels sont les démarches et processus à mettre en œuvre pour se protéger efficacement? Table ronde animée par Jean-Michel Gaudron, avec Gérard Lommel (président de la Commission Nationale pour la Protection des Données), l’avocat Cyril Pierre-Beausse (Allen & Overy) et François Thill (ministère de l’Economie et du Commerce extérieur, chef du projet CASES).  Mardi 29 septembre 2009, 17:00 - 19:00  CK Business Center

Breakfast Talks / Cycle ICT

Comment réussir le pilotage d’un projet web? De l’idée initiale à l’implémentation réussie d’un projet web: un challenge aux nombreux pièges. Le premier volet sera théorique et s’intéressera aux différents aspects de la méthodologie: Comment choisir la bonne méthodologie? Quelles sont les questions à se poser? Quels sont les objectifs du projet? Quelle organisation mettre en place? Les réponses seront fournies par un ensemble d’experts du secteur public et privé

Assurance-pension: l’état d’urgence

Pit Hentgen

Tanguy Polet

Dans le contexte économique actuel, la pérennité du système de pension (1er pilier) en vigueur actuellement n’est plus garantie. D’où l’importance à venir des systèmes de pension complémentaires (2e pilier) et d’assurance-pension individuelle (3e pilier). Comment développer ces systèmes au Luxembourg? Comment les rendre fiscalement attractifs? Quelles seront les pistes que devra suivre le nouveau gouvernement? Table ronde animée par Jean-Michel Gaudron (paperJam), avec e.a. Pit Hentgen (La Luxembourgeoise), Tanguy Polet (Swiss Life).  Jeudi 22 octobre 2009, 18:30 - 20:30  Banque de Luxembourg

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agenda octobre —  décembre 2009 Evénements organisés à l’attention des membres du paperJam Business Club. Informations et inscriptions sur www.club.paperjam.lu

Workshops / Cycle Management & Stratégies

Change Management: Hard Cuts + New Growth

Marc Sniukas

Hard Cuts and New Growth - an innovative approach to change management. In turbulent times it is necessary to make hard cuts to downsize, while at the same time promoting new growth opportunities. The «Un:balanced Transformation» approach provides managers and consultants with essential models and instruments for: - effectively steering change projects with seemingly contradictory targets and dynamics - implementing cuts, while at the same time - encouraging new growth and innovation - utilizing the opportunities and navigating the challenges of different change phases - doing the power of figures and the logics of feelings justice. By Mag. Marc Sniukas from Doujak Corporate Development - www.doujak.eu  Jeudi 29 octobre 2009, 08:30 - 11:45  Le lieu sera communiqué ultérieurement

une surabondance de biens dans certains quartiers, notamment en périphérie, va peser grandement sur les loyers et les rendements. Comment les professionnels de l’immobilier s’adaptent-ils à cette nouvelle donne? Comment le profil et les exigences des investisseurs évoluent-ils? Comment préparer au mieux la mutation à venir de l’économie et la volonté du gouvernement d’attirer davantage de laboratoires de recherche au Luxembourg? Table ronde animée par Jean-Michel Gaudron (paperJam), avec Marc Baertz (Property Partner), Olivier Bastin (Jones Lang LaSalle), Laurent Cooreman (CB Richard Ellis), Martin Heyse (BNP Paribas Real Estate) et Jean-Pierre Lequeux (DTZ).  Jeudi 19 novembre 2009, 18h30 - 20h30  Dexia BIL Belval

Wine & Networking

Journées chaudes et nuits fraîches - les grands vins d’altitude

Immobilier: la peur du vide?

Olivier Bastin

Martin Heyse

Jean-Pierre Lequeux

Le ralentissement économique impacte directement le secteur de l’immobilier de bureaux: la baisse de la prise en occupation, couplée à

Vers une relation Win-Win avec son agence en communication Comment choisir son agence en communication? (Typologie des agences, compétitions, rémuné­ rations) Comment maîtriser les clés du succès d’un projet de communication? (Briefing, cahier des charges) Comment mesurer l’impact d’une campagne de communication? (Débriefing, ROI, les critères d’évaluation selon différents objectifs)  Mardi 8 décembre 2009, 18:30 - 21:00  Dexia BIL Belval

Afterwork Talks / Cycle Management & Stratégies

Un an de crise: quels changements pour les entreprises luxembourgeoises?

L’objectif est une dégustation horizontale montrant l’influence qualitative des climats montagneux, permettant aux vins très puissants de conserver de la fraîcheur et de la tension.  Mardi 24 novembre 2009, 18:30 - 21:00  In Vino Gildas Edmond Israel

Workshops / Cycle RH Afterwork Talks / Cycle Management & Stratégies

Afterwork Talks / Cycle Marketing & Communication

Comment (mieux) gérer l’absentéisme? Conférence workshop avec Me Guy Castegnaro, avocat spécialisé en droit du travail. Que faut-il entendre par absentéisme et quelles en sont les principales causes? Quels sont les moyens juridiques adéquats mis à disposition des entreprises afin de gérer ou mieux gérer l’absentéisme ? Telles sont les principales questions qui seront abordées lors de ce workshop.  Jeudi 26 novembre 2009, 8:30 - 10:15  Le lieu sera communiqué ultérieurement

Depuis un an, l’économie mondiale est au ralenti. Le Luxembourg a lui aussi été touché et n’a pas été épargné par les vagues de licenciements, les restructurations, voire les fermetures. Comment les entreprises ont-elles dû s’adapter à la crise? Comment mettre en place des processus de change management qui recueillent l’adhésion des employés? Table ronde animée par Jean-Michel Gaudron (paperJam) avec des entrepreneurs luxembourgeois dont Norbert Becker (président des conseils d’administration d’Atoz et CBP, ...), Nicolas Buck (Groupe Victor Buck). Cette table ronde est précédée d’une conférence donnée par Edmond Israel: La Confiance, Un Elément Moteur de l’Economie.  Jeudi 10 décembre 2009, 18:30 - 21:00  Dexia BIL Belval

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agenda 2 e semestre Evénements organisés à l’attention des membres du paperJam Business Club. Informations et inscriptions sur www.club.paperjam.lu

Workshops / Cycle Management & Stratégies

Mediatraining

Carlo Schneider

La communication est devenue un des critères d’évaluation du succès de la stratégie par les investisseurs, le pouvoir politique, la presse et le public (les stakeholders). L’impact des messages transférés par les médias audiovisuels et écrits devient de plus en plus important, au détriment des résultats obtenus par d’autres supports de communication: les relations médias prennent une ampleur stratégique pour les décideurs. La mission de ce workshop: professionnaliser les relations avec les médias et éliminer l’arbitraire dans les relations des entreprises et organisations avec les parties prenantes. Formateur: Carlo Schneider / Mediacoat ( http://www.mediacoat.lu )  Jeudi 14 janvier 2010, 8:00 - 11:00  Le lieu sera communiqué ultérieurement

Afterwork Talks / Cycle Place financière

Financial Markets Outlook 2010

Table ronde sur les marchés financiers 2010. Remise de prix du jeu «Quelle est la valeur du Dax au 31.12.09» par Family Office Partnership et paperJam.  Jeudi 28 janvier 2010, 18:30 - 22:00  Le lieu sera communiqué ultérieurement

Workshops / Cycle RH

Grand Prix / Cycle ICT

Le dialogue social: piège ou outil?

Conférence workshop avec Me Guy Castegnaro, avocat spécialisé en droit du travail. Le Luxembourg est connu pour son modèle social. Le dialogue social entre partenaires sociaux, qui se traduit notamment par une obligation d’information et de consultation des représentants du personnel, fait partie de cette quasi institution et est également l’une des préoccupations sociales majeures au niveau européen. Le workshop permettra de dégager les principales procédures à suivre et les pièges à éviter en matière de dialogue social.  Jeudi 4 février 2010, 8:30 - 10:15  Le lieu sera communiqué ultérieurement

Grand Prix / Cycle Marketing & Communication

Grand Prix paperJam Top 10 Com’ Best Practices 2010

Grand Prix paperJam - Top 10 ICT’ Best Practices 2010 Deuxième des trois événements prévus tout au long du premier semestre 2010, composé d’un jury indépendant, ayant pour objectif de s’intéresser vraiment aux projets, de dresser un état des lieux des meilleures pratiques et de stimuler le marché.  Cérémonie le jeudi 25 mars 2010, 18:30 - 22:30  Faïencerie - Villeroy & Boch

Workshops / Cycle Management & Stratégies

Strategy Implementation: Engaging the Organization. By Mag. Marc Sniukas from Doujak Corporate Development - www.doujak.eu  Jeudi 20 mai 2010, 8:30 - 11:45  Le lieu sera communiqué ultérieurement

Grand Prix / Cycle RH

Grand Prix paperJam - Top 10 HR Best Practices 2010

Premier des trois événements prévus tout au long du premier semestre 2010, composé d’un jury indépendant, ayant pour objectif de s’intéresser vraiment aux projets, de dresser un état des lieux des meilleures pratiques et de stimuler le marché. Soumission des projets: 01.09 – 10.10.2009 Publication du Top 50: 11.12.2009 Publication du Top 10: 26.02.2010  Cérémonie le jeudi 25 février 2010, 18:30 - 22:30  Faïencerie - Villeroy & Boch

Troisième et dernier événement prévu tout au long du premier semestre 2010, composé d’un jury indépendant, ayant pour objectif de s’intéresser vraiment aux projets, de dresser un état des lieux des meilleures pratiques et de stimuler le marché.  Cérémonie le jeudi 1er Juillet 2010, 18:30 - 22:30  Faïencerie - Villeroy & Boch

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Conférence

Recrutement: tendances et perspectives Retour en images sur la table ronde du 25 juin dernier

à la Faïencerie Villeroy & Boch présentant les tendances et les perspectives du marché du recrutement au Luxembourg, à partir d’une étude réalisée par l’IAE de Metz pour le compte de l’Association luxembourgeoise des professionnels du recrutement (LPRA). David Laurent / Wide (photos)

Alain Berland (Job Partner)

Olivier Noblot (Mazars), Delphine Guilbert (Auchan Luxembourg) et Anne Lévy-Prévost (Ernst & Young) Gaelle Dimmer (EFA) et Isabelle Faber (PwC)

François Altwies (paperJam Business Club)

Fouad Rathle (Garanti Bank) et Yvonne O’Reilly (POG)

Lucie Remy (Schneider Consulting)

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Conférence

Destination Branding for Countries and Cities Retour en images sur la conférence du 7 juillet 2009

à l’Hôtel Mélia.Présentation des meilleures pratiques en la matière par Xavier Lesueur (Vanksen Group), de la situation au Luxembourg par Mike Koedinger (MKE) et table ronde animée par Boz Temple-Morris avec la participation de Géraldine Knudson (City Manager de la Ville de Luxembourg et Laurent Probst (PricewaterhouseCoopers). David Laurent / Wide (photos)

Boz Temple-Morris Jean Diederich (Ineum Consulting) et François Altwies (Tempo)

Laurent Probst (PwC)

Jean-Claude Knebeler (ministère de l’Economie et du Commerce extérieur) et Géraldine Knudson (Ville de Luxembourg) Xavier Lesueur (Vanksen)

Carole Tompers (Luxembourg for Business)

Tom Kettels (Luxembourg for ICT) paperjam  | Septembre-Octobre 2009 | ÉCONOMIE & FINANCe

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Dégustations de vins

à la découverte du Château Roubine A la Fondation de l’Architecture s’est tenue le 16 juillet

dernier une dégustation de vins du Château Roubine qui s’étend au cœur du Var sur plus de 112 hectares. L’occasion pour Félix Wolter (Caves Wolter) de nous présenter des Crus Classés issus des Côtes de Provence. Luc Deflorenne (photos)

Andrea Rumpf (Fondation de l’Architecture)

Félix Wolter (Caves Félix Wolter)

Kerstin Becker (IDS Scheer), Elaine Karlsson (European School) et Monica Jonsson (CoachDynamix)

à la découverte des vignobles Garcin Une soirée pour découvrir les vins de la famille

Richard Neale (Badenoch & Clark) et Benoît Szternberg (SalesArt)

Géraldine Henning (Robert Half International)

Garcin-Cathiard, propriétaire de Clos l’Eglise en Pomerol, Barde-Haut en Saint-Emilion, Haut Bergey et Branon en Pessac-Léognan et Clos des Andes en Argentine. Dégustation commentée par Pascal Carré (La Cave du Sommelier) le 27 août 2009, dans le showroom de Reedandsimon.

David Laurent / Wide (photos)

Max Heldenstein et Camille Lohbeck (Reedandsimon)

Jérôme Grandidier (SIT Group) Pascal Carré (La Cave du Sommelier) paperjam  | Septembre-Octobre 2009 | ÉCONOMIE & FINANCe

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playtime  Accessoires

Bonnie

Hermès

Fratelli Rossetti

Cow-girl Chaussures Fratelli Rossetti en cuir marron, talon et semelle effet bois, couvertes de peau de vache. Idéal porté avec une paire de jeans. Elles s’associent très bien avec une jupe super serrée longueur genoux, pour changer radicalement de style et virer plutôt vers la femme fatale.

e=hermès carré L’incontournable carré Hermès, dans une combinaison de couleurs vives et élégantes. Modèle Brides de Gala. Pour se protéger du vent que ce soit pendant les derniers jours de l’été ou le commencement de l’automne, rien de plus élégant qu’un foulard autour de la tête ou du cou.

Dolce & Gabbana

Beauté d’oiseau Mobili Cappellini présente un fauteuil qui évoque les formes d’un certain oiseau d’une beauté inégalée.

La vue en papillon Modèle rétro années 60, signé Dolce & Gabbana. Certes, il faut éviter le look «institutrice coincée», mais avec la bonne coupe et les justes accessoires, ces lunettes pourraient vous positionner en prescripteur de style.

Mobili Cappellini

danseuses africaines Louis Vuitton

Pinko

Lucky Star

Boucles d’oreille pendantes de Pinko. Il ne faut pas toujours se parer de vrais diamants pour marquer l’élégance... voir Coco Chanel.

Gants découpés Louis Vuitton, façon Michael Jackson au féminin en pleine gloire des années 80. Couleur flashy et paillettes: le petit plus qui donne du zeste à n’importe quelle tenue.

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Photo G. Dekoninck.

Desk & chair collection by Vincent Van Duysen for Bulo.

Project: Seamco Antwerp (Oelegem).

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Bulo Concept Store 107, rue de Hollerich L-1741 Luxembourg T: +352 26 18 80 F: +352 26 18 80 80 E-mail: info@bulo.lu www.bulo.com

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Accessoires

clyde Bikkemberg

Easy Rider

Corneliani

Casque marron et noir avec l’incontournable ligne rouge de Bikkemberg, pour se protéger avec style!

Effet Chocolat Corneliani présente ce sac pratique et sophistiqué, couleur chocolat, idéal pour un mini weekend, dans le style des sacoches de médecin.

British Chic Cette tenue au chic British style Chapeau melon et bottes de cuir a pourtant était créé par un Italien: Zegna. La maison présente une collection plus jeune avec sa marque Z Zegna.

Kylian de Palau

Confort et beauté Que ce soit dans votre living, dans la chambre à coucher ou encore dans votre bureau, cette chaise sera au bon endroit, combinant confort, style et beauté. Chaise Kylian de Palau.

Z Zegna

Hermès

Dolce & Gabbana

Retour en arrière

Vie moderne Hermès crée une pochette ultra pratique pour hommes. Chemises, cravates et autres petits accessoires peuvent maintenant être rangés avec classe et sans êtres froissés.

Voici donc encore un retour en arrière et encore une inspiration 80s. Les premiers à mettre ces lunettes signées Dolce & Gabbana seront certainement des pionniers!

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Gastronomie

recette et news Les Roses Alain Pierron est devenu au 1er septembre le nouveau Chef du restaurant gastronomique Les Roses, un établissement qu’il connaît parfaitement puisqu’il a secondé avec un rare brio le Chef Peter Körner pendant plusieurs années avant de lui succéder. Rue Th. Flammang, Mondorf-les-Bains, Tél.: 23 61 11 213

Wennan Zheng, Restaurant LE ZAI à Strassen, nous propose

Le canard de mon enfance Il a passé son enfance dans la campagne en Chine, avec ses parents, frères et sœurs. Ils élevaient quelques canards qui faisaient partie intégrante de leur quotidien. Il garde de cette époque le merveilleux souvenir d’une recette préparée par sa maman. Il lui a donné le nom de «Canard de mon enfance». Tout d’abord, découper le canard en morceaux, puis les plonger dans de l’eau bouillante, et les retirer rapidement. Trancher le gingembre et écraser l’ail. Faire chauffer le wok à feu très vif. Y mettre l’huile avec l’ail, le gingembre, les piments entiers et les champignons parfumés. Remuer le wok pour bien mélanger les aromates et l’huile afin de bien en extraire les arômes et les saveurs. Dès que le wok est très chaud, y introduire les morceaux de canard, et passer à feu doux. Ajouter le vin de riz, le bouillon de poulet et la sauce soja, puis laisser mijoter 45 minutes.

Au Casino 2000

Sol Meliã

Le restaurant gastronomique du Meliã se concentre sur la cuisine italienne. De 12 à 14h30 et de 19 à 22h30 du lundi au vendredi et de 19 à 22h30 le samedi et le dimanche. Au même niveau de l’hôtel, le Goya propose tous les midis en semaine, un buffet chaud et froid et le dimanche un brunch. 1, Park Dräi Eechelen, Luxembourg (Kirchberg,) Tél.: 27 33 31

Photo: Andrés Lejona

yeux, présenter Pour le plaisir des . ns une jolie marmite da ion rat pa pré te cet

C’est royal

Ingrédients pour 4 personnes: 1 canard de 1,8 kg, 300 g de vin de riz, 6 gousses d’ail, 10 g de gingembre frais, 6 piments séchés, 12 champignons parfumés de Chine, 30 g d’huile de soja, 10 g de sauce de soja, 1 bol de bouillon de poulet Son vin préféré: Corton Grand Cru «Le Corton» 2004 - Domaine Bouchard Père & Fils Son restaurant préféré: Restaurant Bonifas à Nospelt Le Zai, 273, route d’Arlon, Strassen, Tél.: 27 39 74 76

Aqua et Goya

Windsor Le ballet des cuisiniers autour du «piano», orchestré par Jan Schneidewind, est un spectacle dont on ne se lasse pas, bien secondé par l’excellent personnel de salle «à la parisienne», gilet noir et long tablier blanc. De 12 à 14h et de 19 à 21h30 du lundi au vendredi, 19 à 22h le samedi. 5, rue des Mérovingiens, Bertrange (Bourmicht), Tél.: 26 39 93 1

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Sélection de vins

À LA DÉCOUVERTE DU CHÂTEAU ROUBINE

CUVÉE CHÂTEAU ROUBINE

CUVÉE PHILIPPE RIBOUD

CUVÉE BARGEMON

Blanc: Un savant assemblage d’Ugni et de Sémillon apporte à ce vin une note aromatique élégante, dominée par des senteurs florales et légèrement végétales. Une acidité modérément soutenue lui donne charme et vivacité. Rosé: La complexité de l’assemblage des cépages provençaux, Cinsault, Grenache et Mourvèdre, en font un réel vin de plaisir et de soleil. Il sera apprécié pour sa finesse et sa délicatesse. Rouge: La Syrah, le Cabernet Sauvignon et le Grenache sont associés dans ce vin très structuré aux tanins fins et puissants, développant des arômes de fruits rouges, d’épices et de garrigue.

Blanc: Le Sémillon des parcelles les plus nobles donne à cette cuvée charme, puissance et complexité. Des notes miellées et beurrées se mêlent à celles des fleurs blanches sur un léger boisé. Rosé: Le Tibouren, cépage méridional par excellence, donne toute sa verve provençale à cette cuvée. Avec une très belle longueur, il laisse en bouche des sensations abricotées mêlées d’agrumes, citron et pamplemousse. Rouge: Puissant et équilibré grâce à la Syrah, des tanins de qualité et une acidité de bon aloi permettront à ce vin d’attendre plusieurs années pour atteindre sa quintessence. Les fruits rouges bien mûrs complétés par une note de café et de poivre vont l’amener vers des notes animales.

Blanc: Vinifié en barriques à partir du Sémillon, ce vin exhale un côté fruité où dominent la pêche et l’abricot, avec beaucoup de gras. Vin suave et gourmand. Rosé: Le Mourvrède marque de son empreinte ce rosé délicat et lumineux. Légèrement iodé, ample et gras, c’est un vin de gastronomie capable d’accompagner l’ensemble d’un repas, y compris le fromage où il excellera sur un Roquefort. Rouge: Vin brillant et limpide à la robe carminée. Attaque délicate sur des tanins ronds et déjà évolués. Grande finesse et élégance des arômes où dominent la cerise et la mûre.

Photo: Luc Deflorenne

Caviste invité: Félix Wolter

Félix Wolter, négociantconseiller de la société familiale et indépendante Caves Félix Wolter. www.wolter.lu

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Sélection de vins

À LA DÉCOUVERTE DES VIGNOBLES GARCIN Sommelier invité: Pascal Carré

ARGENTINE MENDOZA CLOS DES ANDES MALBEC 2001

POMEROL ESPRIT DE L’EGLISE (2 ND VIN DE CLOS L’EGLISE) 2004

Robe pourpre dense. Nez élégant, complexe mêlant arômes de fruits noirs, minéralité et boisé très raffiné. Des arômes tertiaires, de truffe et de sous-bois se développent à l’aération. En bouche, vin puissant aux tanins racés et lisses, belle amplitude, d’une longueur et d’une élégance sans pareilles.

La robe présente une couleur rouge incarnat soutenue; le nez ouvert exprime des notes d’épices, de fruits noirs, de pruneaux. En bouche, ce vin est charpenté, ses tanins sont mûrs. Il est parfaitement équilibré et sa souplesse nous procure déjà beaucoup de plaisir.

Grand classique bordelais qui dévoile au nez ses fines notes de fruits noirs, son boisé délicat et charmeur. La bouche dévoile déjà tout le potentiel de cette belle bouteille, les tanins sont ronds et soyeux et la structure charnue est d’un équilibre sans pareil. Un Grand vin à découvrir…

POMEROL CLOS L’ÉGLISE 2004

PESSAC-LÉOGNAN CHÂTEAU HAUT BERGEY ROUGE 1999

SAINT-ÉMILION GRAND CRU CHÂTEAU BARDEHAUT 2004

Robe incarnat soutenue. Nez ouvert aux notes de fruits noirs, pruneaux, associées à celles d’un boisé discret et des notes de cuir et d’épices. La bouche est structurée par des tanins ronds mais présents, charpentée et typée.

Robe pourpre violacée, très dense. Nez élégant, complexe mêlant arômes de fruits noirs, minéralité et boisé très raffiné. En bouche, vin puissant aux tanins racés et lisses, belle amplitude, d’une longueur et d’une élégance sans pareil.

Un bel exemple des vins de Pomerol, riche, charnu, complexe et raffiné. Les tanins sont très fondus et le boisé qui soutient ce vin est très délicat. Une très belle bouteille…

PESSAC-LÉOGNAN ÉTOILE DE BERGEY 2000 (2 ND VIN DU CH. HAUT BERGEY) La couleur soutenue présente de jolis reflets grenat. Le nez est expressif, élégant et complexe. Les fruits rouges et noirs se mêlent à un boisé très fin, une note de réglisse, de cuir qui forment un superbe bouquet d’évolution. En bouche, ce vin rond est parfaitement fondu et d’un équilibre sans pareil. Avec ses tanins veloutés et soyeux, ce vin ne manque pas de charme ni de longueur.

Photo: David Laurent/Wide

SAINT-ÉMILION GRAND CRU CHÂTEAU BARDEHAUT 2001

Pascal Carré, diplômé Maître Sommelier des Vins de France et Spiritueux et meilleur Maître Sommelier de Belgique 1996-97. www.lacavedusommelier.lu

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Index entreprises 299 entreprises et organisations ont été citées sur les 124 pages de ce cahier «Économie & Finance».

AABBL

73 ABN Amro Luxembourg 52 ACA 73 Académie Diplomatique (Vienne) 20 Acemob 43 Adem 14 Aéroport de Luxembourg 30 Aéroport de Sarrebruck 83 AGDL 54 Agence de la Consommation en matière Financière du Canada (ACFC) 58 Agence spatiale européenne 28 AIG-Europe 74 AIU Holdings 74 ALE 14 Aleba 50 Alfi 64 Allen & Overy Luxembourg 50, 98 Alter Domus Financial Reporting Services 43 Ambassade des Etats-Unis 73 Arcandor 72 ArcelorMittal 80 Arendt & Medernach 56, 64 Armée luxembourgeoise 20 Arthur Loyd 95, 97 Association des Ombudsman et Médiateurs de la Francophonie 34 Association pour la Garantie des Dépôts 74 AT Kess 92 Atoz 43, 51, 98 Auchan Luxembourg 98 Avaya 92

B  Badenoch & Clark

98 70 58

Bank Invik Bank of Nova Scotia Banque Centrale du Luxembourg 14, 30, 72 Banque de Luxembourg 98 Banque de Montréal 58 Banque Havilland 56 Banque Raiffeisen 20, 73 BCEE 48, 56 Belaton 80 BGL 52, 54 BGL BNP Paribas 52, 54 BIL 54 BIP Investment Partners 48, 86, 92 BMW 17 BNP Paribas 52 BNP Paribas Real Estate 98 Bonn Steichen 67 Bosch Telecom 92 Bourse de Luxembourg 46 Brain&More 56, 73 Brasserie Flo 89 Bulo 109 Bureau du Surintendant des Institutions Financières (BSIF) 58 Bureau International du Travail, 14 Business Initiative 43, 79

c  Caisse des Dépôts et Consignations 64 Canadian Imperial Bank of Commerce 58 Caramba 30 Castegnaro Cabinet d’Avocats 98 Cat Club 111 Caves Félix Wolter 98 CB Richard Ellis 98 CBP 98 Centre de Ressources des Techno-logies pour l’Environnement 40 Centre Pompidou, Metz 83 Chambre de Commerce 26, 50, 73 Chambre des députés 8, 14 Chambre des métiers 50 Chartis Europe 74 Citroën 35 CNPD 73 Coach Dynamix 98 Come Prima 115 Commerzbank 60 Commission européenne 30, 60 Commission Nationale pour la Protection des Données 98 Commisssion de Promotion des Vins et Crémants de Luxembourg 98 Commune d’Heiderscheid 14 Confédération Luxembourgeoise de Commerce 14 Conostix 92 Conseil de l’Union européenne 68 Conseil Parlementaire Interrégional 20 Cour de Justice des Communautés européennes 30 Crid’Art 83 CRP Henri Tudor 42 CSS 86 CSSF 28, 64 CSV 8, 14 CTI Systems 48

d  D’Coque

44 Dachser 80 Déi Gréng 80 Deloitte 68 Deutsche Bank 72 Dexia 54 Dexia BIL 54, 58, 98 Dinovotion 83 Doujak Corporate Development 98 Dreamcar 86 DTZ 98 Duscholux 80

E  eBRC

85 Ecole Royale Militaire (Bruxelles) 20 Econocom 86 EFA 98 Efama 64 Electro Security 81 Elvinger, Hoss & Prussen 56 Enovos 80 Entreprise des P&T 73, 123 Equinox Productions 74 Ernst & Young 98 ESC Reims 64 Escem 32 Etat luxembourgeois 92 EuroDNS 43 Europe Vins 103 European School 98 Euroscript 41 Explorator 61

f  Fédération Luxembourgeoise d’Athlétisme Ferrero Fiat Fideos Finmeccanica First Floor Fondation de l’Architecture Fonds Marguerite Fortis Fortis Banque Luxembourg Fortuna Banque Forum économique mondial Forworx Foyer Frey Wille FSA

g  Garage Binsfeld Garage Intini Garanti Bank GC Partners Groupe Victor Buck

h  Haugsted AirCargo Services HSBC Husky HVB Luxembourg

44 28 19 49 28 121 98 56 52 54 74 26 48 56 21 60

i  IBCL

34 Ice-Watch 82 Idelux 85 IDS Scheer 98 IG Market 57 ILR 92 Imprimerie Centrale 50, 76 Imprimerie Faber 76 Imprimerie Mil Schlimé 25 Imprimerie Saint-Paul 76 Imprimerie Victor Buck 50, 76 In Vino Gildas 98 Ineum Consulting 68, 98 ING 44, 45, 72 ING Life 73 ING Luxembourg 72 INgrid 75 Innpact 74 Inspection Générale de la Sécurité Sociale 14 Institut national pour le développement durable et la responsabilité sociale des entreprises 32 Internaxx 58 Invesco 64 Invesco Europe 64 IP Trade 92 IVG 72

j  Jamendo

43, 46, 48, 50 JCI Luxembourg 43 Jeune Chambre Internationale 46 Job Partner 98 Jones Lang LaSalle 98

k  Kaupthing

52, 56, 74 Kaupthing Bank Luxembourg 70 39 37 98 84 98

80 6 58 50

l  L’essentiel

48 La Cave du Sommelier 98 La Luxembourgeoise 73, 98 Lakehouse 43, 92 Landsbanki 74 Laubach & Fils 50, 80 LCGB 20 Legitech 50 Lehman Brothers 52, 54, 60, 72 Lehman Brothers International 60 Lorraine Nautisme 83 Louis Vuitton 124 Loyens & Loeff 50 LPRA 98 LSAP 8 Luxalpha 60 LuxConnect 92 Luxembourg for Business 98 Luxembourg for Finance 73 Luxembourg for ICT 98 Luxembourg Marine Service 13 Luxembourg Telecom 86, 92 Luxexpo 27 LuxGSM 2 Luxinnovation 40, 43

m  Mazars

98 98 52 20

Mediacoat Merrill Lynch Ministère de la famille Ministère de l’Economie et du Commerce extérieur 14, 98 Ministère de l’Egalité des Chances 26 Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche 8 Ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative 8 Ministère des Affaires étrangères 20 Ministère des Classes moyennes 14 Ministère des Finances 8 Ministère du Développement durable et des Infrastructures 8, 14 Ministère du Travail et de l’Emploi 14 Moody’s 52 Mudam 98 MyOfficialStory 43, 50

n  Naturpark Our Neway NFS Nokia Nordea Bank Northstar Northstar Europe Novotel

20 83 48 76 43 48 48 105

s  Sal. Oppenheim

72 Sales Lentz 67 SalesArt 98 Schneider Consulting 98 Scribona 70 Service Information et Presse du gouvernement 26 Sigi 92 SIT Group 86, 92, 98 SmartAir 43, 46, 50 SNCI 48 Société Générale 60 Sofitel 101 Statec 28, 30 Step by step 44 Sustain 32 Swiss Life 98 Swiss-Courtage 71 Symbiotics 74

t  Tango TCS Telindus Tenovis Thaï Toronto Dominion TüV Rheinland

92 62, 63 92 92 103 58 26, 32

u  Ubizen

30, 52, 72 Office du Ducroire 48 OGBL 30, 80 Omnisource International 43 Optique Moitzheim 23 Organisation Internationale de la Francophonie 34

92 UBS 60 UEL 32 Unicredit 50 Union des Entreprises Luxembourgeoises 14 Université Catholique de Louvain 73 Université du Middlesex 64 Université Pierre et Marie Curie 64 Utopia 30, 47 Uttam Galva Steels 80

p  Parlement européen

v  Vanksen

o  OCDE

Paul Wurth Ping An POG Property Partner PwC

q  Qatena Quick

r  RBC Dexia

68 48 54 98 98 98

76 50

54, 58, 60 ReedAndSimon 98 Région Lorraine 83 Renault 83 Robert Half International 98 Royal Bank of Canada 54, 58, 60 Rutges Cargo 80 RTL Radio Luxembourg 20 RTL Télé Luxembourg 20

Ventos Verizon Business Ville de Luxembourg Villeroy & Boch Visual Online Viva Vodafone Voxmobile

w  Wallenborn Transports WestLB Wex Wim Bosman

z  Zaï

98 46 92 98 76, 80 75 31 92 92

80 50, 60 84 80

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paperjam  | Septembre-Octobre 2009 | ÉCONOMIE & FINANCe

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Index décideurs 179 personnalités ont été citées dans les 124 pages de ce cahier «Économie & Finance».

AAnen Tom Arens Pierre Asselborn Jean

B  Baertz Marc Balon Jean-Philippe Bastin Olivier Bauler André Becker Kerstin Becker Norbert Berland Alain Berlusconi Silvio Bertrand Pierre Bettarini Roberto Biltgen François Bintz Jean-Claude Bloch Jérôme Buck Nicolas Buck Xavier

c  Campbell Terry Carré Pascal Casagrande Marco Castegnaro Guy Castilho Pedro Catania Gabriel Cooper Sherry Cooreman Laurent Cravatte Ernest

d  Dagand Cyril de Franssu Jean-Baptiste Deibener Gab Dernoeden Roland Desjardins Alphonse Di Bartolomeo Mars Dias Campinho Iryna Diederich Jean Dimmer Gaëlle Dorval Bernard

e  Eicher Emile Eischen Félix Engelberg Peter

60 70 8

98 73 98 20 98 98 98 28 43 28 8, 14, 32 43, 92 43, 50 76, 98 43

58 98 80 98 43 84 58 98 73

92 64 44 76 58 14, 34 43 68, 98 98 58

20 20 70

f  Faber Isabelle Fischbach Marc Flaherty James François Erich Frieden Luc Frigo Michael

98 34 58 44 8, 14, 30, 54 34

G  Gaessler Rachel

43 Gérard Pierre 48, 50 Gillin Arnaud 74 Glesener Marc 50 Gloden Léon 20 Goerens Charles 73 Goodman Patrick 74 Gramegna Pierre 34, 73 Grandidier Jérôme 86, 92, 98 Grulms Fernand 73 Gudmundsson Magnus 56 Guilbert Delphine 98

h  Haagen Claude

20 Hagermark Per-Fredrik 43 Hammelmann Paul 73 Heldenstein Max 98 Hengen Pit 98 Heniqui Janin 32 Henning Géraldine 98 Hentgen Pit 73 Hetto-Gaasch Françoise 8, 14, 26 Heyse Martin 98 Hiéronimus Eric 32

i  Israel Edmond j  Jacobs Marie-Josée Jonsson Monica Joppart Pierre Juncker Jean-Claude

98

98 98 48 8, 14, 28

k  Karlsson Elaine

98 Kartheiser Fernand 20 Kettels Tom 98 Knebeler Jean-Claude 98 Knudson Géraldine 98 Koener Laurent 50 Koster Pascal 92 Kratz Laurent 43, 50 Krecké Jeannot 8, 14, 34, 98 Kremer Claude 64 Kriplani Gul 34 Kroes Neelie 60 Kumar Kohli Sudhir 34

l  Lagarde Christine Lauer Marc Ledermann Stéphane Lenert Paul Lequeux Jean-Pierre Lesueur Xavier Lies Marc Lévy-Prévost Anne Lohbeck Camille Lommel Gérard Lorrain Jérôme Ludwig Ghislain Lutgen Jean-Pierre Lux Lucien

M  Madoff Bernard Magi Laurent Maheshwari Sudhir Majerus Mill Marc André Maréchal Olivier Martin Eric McCreevy Charlie Mersch Yves Merz Hans-Rudolf Mitterrand François Modert Octavie

n  Napolitano Giorgio Neale Richard Neumann Gilbert Nicolay Vincent Nixon Gordon Noblot Olivier Nothum Thierry

64 73 43, 46, 50 76 98 98 20 98 98 73, 98 80 73 82 8

64 40 80 20 50 68 52 30, 64 72 30 83 8

O  O’Donnell Keith O’Reilly Yvonne Obama Barack

p  Pahlson-Moller Hedda Papadopoulou Anatoli Peckels Paul Petit Albert Petit Marc Pierre-Beausse Cyril Pineau Sébastien Polet Tanguy Probst Laurent

r  Rathle Fouad Remy Lucie Rollinger Nicolas Rommes Jean-Jacques Rosen-Vacher Carla Rousseaux Antoine Rowland Jonathan Rumpf Andrea

s  Saint-Guillain Gilles Schank Marco Scheuer Ben Scheuer Jos Schiltz Jean-Louis Schmit Claude Schmitt Bianca Schneider Carlo Schneider Romain Schwan Friedhelm Sharma Aditya Sniukas Marc Sosna Artur Staudt Bernard Szternberg Benoît

43 98 58, 64

43 43 73 84 84 98 42 98 98

t  Tarraube Céline

v  Van Overstraeten Annick Vandenberghe Rik von Boch-Galhau Wendelin

w  Wagener Charles 98 98 74 73 73 43 56 98

92 8, 14 20 20 8 14 40 98 8 83 34 98 43 83 98

43 98 56 73 52 98 98 30

Temple Morris Boz Tesch François Thelen Carlo Thill Carlo Thill François Tompers Carole Tschütscher Klaus

Wagener Franck Wagner Roger Wallenborn Metty Weber Robert Wibaut Serge Wiseler Claude Wolter Félix Wolter Jean-Joseph

z  Zerwes Stefan Zimmer Sylvain

50 72 80

74 54 76 80 20 73 8, 14 98 74

32 43, 46, 50

28 98 44 92 54, 58, 60 98 16

paperJam – édition Septembre-Octobre 2009 Ce numéro est paru le 18 septembre à 20.000 exemplaires. Il a été édité et imprimé au Luxembourg. Directeur de la publication: Mike Koedinger Régie publiciaire: TEMPO, www.tempo.lu Éditeur: Mike Koedinger Éditions, www.mikekoedinger.com

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cahier ÂŤĂ&#x2030;conoMie et FinanceÂť photo AndrĂŠs Lejona

cahier ÂŤManageMentÂť illustration INgrid

paperjaM â&#x20AC;&#x201C; Ă&#x2030;dition septeMbre-octobre 2009 Ce numĂŠro est paru le 18 septembre Ă 20.000 exemplaires. Il a ĂŠtĂŠ ĂŠditĂŠ et imprimĂŠ au Luxembourg.

directeur de la publication Mike Koedinger

rĂ&#x2030;daction tĂ&#x2030;lĂ&#x2030;phone (+352) 29 66 18 Fax (+352) 29 66 19 e-Mail press@paperjam.lu Web www.paperjam.lu courrier BP 728, L-2017 Luxembourg bureaux 10, rue des Gaulois, Luxembourg-Bonnevoie rĂ&#x2030;dacteur en cheF Jean-Michel Gaudron (-48) jean-michel.gaudron@paperjam.lu rĂ&#x2030;daction Marc Auxenfants (-46) marc.auxenfants@paperjam.lu

CĂŠline Coubray (-44) celine@mikekoedinger.com FrĂŠdĂŠrique Moser (-47) frederique.moser@paperjam.lu Brian Power (-49) brian.power@paperjam.lu Nicolas Raulot (-45) nicolas.raulot@paperjam.lu

collaborateurs rĂ&#x2030;dactionnels Jacques Demarque, Alain Ducat, SĂŠbastien Lambotte, Bernard Paquin, Angelina Rafi, Duncan Roberts, Jean-Marc Streit, Joseph Tripodi, Marc Vandermeir correction Cynthia Schreiber (-26) cynthia@mikekoedinger.com photographie Laurent Antonelli (Blitz), Julien Becker, Luc Deflorenne, Etienne Delorme, Francesca Gilibert, David Laurent (Wide), AndrĂŠs Lejona, David Martin, Olivier Minaire illustrations INgrid

laYout directeur artistique Guido KrĂśger crĂ&#x2030;ation Vera Capinha Heliodoro, Maxime Pintadu coordination Monique Bernard Mise en page Thomas Aubinet, Monique Bernard, Catia Branca, Nathalie Petit, StĂŠphanie Poras, Claire Ramos pour INgrid (www.INgrid.eu) iMpression Imprimerie Centrale

diFFusion Didier Blaes (-28) diffusion@mikekoedinger.com

rĂ&#x2030;gie publicitaire tĂ&#x2030;lĂ&#x2030;phone (+352) 27 17 27 27 Fax (+352) 26 29 66 20 e-Mail info@tempo.lu Web www.tempo.lu courrier BP 728, L-2017 Luxembourg bureaux 10, rue des Gaulois, Luxembourg-Bonnevoie directeur associĂ&#x2030; Aurelio Angius (-35), aurelio.angius@tempo.lu directeur coMMercial Francis Gasparotto (-33), francis.gasparotto@tempo.lu assistante coMMerciale CĂŠline Bayle (-32), celine.bayle@tempo.lu chargĂ&#x2030; de clientèle / paperjaM Simon BĂŠot (-34), simon.beot@tempo.lu chargĂ&#x2030; de clientèle / paperjaM business club François Altwies (-37), françois.altwies@tempo.lu chargĂ&#x2030;e de clientèle Web Marilyn Baratto (-42) marilyn.baratto@tempo.lu chargĂ&#x2030;e de clientèle / explorator MĂŠlanie Juredieu (-39), melanie.juredieu@tempo.lu chargĂ&#x2030; de clientèle / index Simon BĂŠot (-34), simon.beot@tempo.lu chargĂ&#x2030;e de clientèle / citY MagaZine Sophie Goulet (-36), sophie.goulet@tempo.lu adMinistration Isabelle Ney rc B95212 tva intracoMMunautaire LU 197 915 68

Ă&#x2030;diteur tĂ&#x2030;lĂ&#x2030;phone (+352) 29 66 18 Fax (+352) 29 66 19 e-Mail info@mikekoedinger.com Web www.mikekoedinger.com courrier BP 728, L-2017 Luxembourg bureaux 10, rue des Gaulois, Luxembourg-Bonnevoie ceo Mike Koedinger coo Rudy Lafontaine drh Thierry van Ingelgom adMinistration Sandra Barba, Sylvia Leplang, Sarah Lambolez, Laurren Prieur rc B95211 tva intracoMMunautaire LU 197 914 67 issn 1992 - 4275 ConformĂŠment Ă lâ&#x20AC;&#x2122;article 66 de la loi de 08.06.2004 sur la libertĂŠ dâ&#x20AC;&#x2122;expression dans les mĂŠdias, la prĂŠsente mention est obligatoire ÂŤune fois par an, au premier numĂŠro diffusĂŠÂť. Nous avons choisi de la publier chaque mois. La sociĂŠtĂŠ ĂŠditrice de paperJam est dĂŠtenue indirectement, par une participation excĂŠdant 25 pour cent, par Mike Koedinger, ĂŠditeur indĂŠpendant domiciliĂŠ au Luxembourg. Le conseil dâ&#x20AC;&#x2122;administration est composĂŠ par Mike Koedinger (prĂŠsident), la sociĂŠtĂŠ Tempo ainsi que la sociĂŠtĂŠ Mike Koedinger Management s.Ă .r.l. La direction gĂŠnĂŠrale et la gestion journalière sont de la responsabilitĂŠ de Mike Koedinger. Š Editions Mike Koedinger S.A. (Luxembourg) Tous droits rĂŠservĂŠs. Toute reproduction, ou traduction, intĂŠgrale ou partielle, est strictement interdite sans lâ&#x20AC;&#x2122;autorisation ĂŠcrite dĂŠlivrĂŠe au prĂŠalable par lâ&#x20AC;&#x2122;ĂŠditeur.

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Les assureurs, gagnants de la crise? Quid des pensions complĂŠmentaires et du secret fiscal?

Prochaine ĂŠdition: 23 octobre 2009 Pour contacter la rĂŠdaction: press@paperjam.lu


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