Maman et sereine

Page 1

Elizabeth EL Mostain

Maman et sereine Elizabeth El Mostain

Ce livre est drôle, chaleureux, honnête et centré sur Christ. De plus, il est merveilleusement pratique. –

Agrémenté ici et là d’extraits du journal intime de l’auteure, ce livre ne cherche pas à donner des leçons, mais simplement à être utile ici et maintenant! Un cadeau idéal pour les jeunes mamans! Elizabeth El Mostain a grandi à Londres et étudié les beaux-arts et le français à l’université d’Aberystwyth, au pays de Galles. Depuis 2010, elle travaille aux côtés de son mari avec une organisation chrétienne internationale. Ils ont six enfants. CHF 17.90 / 15.90 € ISBN 978-2-88913-068-9

Maman et sereine conseils et astuces pour le rester (ou le devenir)

Maman et sereine

Etre maman est une aventure, et une aventure au long cours. Six fois maman, Elizabeth El Mostain a eu tout le loisir de s’en rendre compte. Et elle a compris que, si elle voulait pouvoir tenir dans la durée, continuer à se donner pour les siens, elle devait prendre le temps de «remplir son propre réservoir»; en d’autres termes, de veiller sur sa santé mentale, physique, spirituelle et sociale. Comment? C’est ce qu’elle explique dans ces pages, ANN BENTON avant de proposer aux lectrices une foule auteure de Les ados: comde conseils pratiques visant à leur faciliter ment les accom­pagner le quotidien, en particulier si elles ont des avec sagesse enfants en bas âge.

Elizabeth El Mostain



Elizabeth El Mostain

Maman et sereine CONSEILS ET ASTUCES POUR LE RESTER (OU LE DEVENIR)


Maman et sereine: conseils et astuces pour le rester (ou le devenir) Titre original en anglais: Survival Tips for Mums EP BOOKS (Evangelical Press) 140 Coniscliffe Road, Darlington, Co. Durham, UK DL3 7RT, UK www.epbooks.org - admin@epbooks.org Distribution: 10ofThose Ltd www.10ofthose.com - sales.us@10ofthose.com © Elizabeth El Mostain, 2019 All rights reserved. Aucune partie de cet ouvrage ne peut être copiée, stockée dans une base de données ou transmise à des tiers sous quelque forme que ce soit (format électronique, photocopie, enregistrement audio, etc.) sans la permission préalable de l’éditeur. © et édition française: Ourania, 2022 Case postale 31 1032 Romanel-sur-Lausanne, Suisse Tous droits réservés. info@ourania.ch www.ourania.ch Traduction: Corinne Bänziger Sauf indication contraire, les textes bibliques sont tirés de la version Segond 21 © 2007 Société Biblique de Genève www.universdelabible.net Illustration de la couverture: © Emeline Ferron Conception de la couverture: Visuall Communication, Genève ISBN édition imprimée 978-2-88913-068-9 ISBN format epub 978-2-88913-559-2 ISBN format pdf 978-2-88913-948-4 Imprimé en Bulgarie, sur les presses de Smilkov


Table des mati res Remerciements. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

9

Introduction. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

11

1re partie - Remplir notre réservoir. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

19

1. Veiller sur notre santé mentale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

21

2. Veiller sur notre santé physique. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

45

3. Veiller sur notre santé spirituelle. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

73

4. Veiller sur notre santé sociale. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103 2e partie - Conseils et astuces pour le quotidien. . . . . . . . . . . . . 123 A comme Attentes. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125 B comme Bazar, Bosses et Bleus. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127 C comme Caprices et Crises de colère. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129 D comme Dents et Diversification alimentaire. . . . . . . . . . . . . . 132 E comme Equilibre, Erythème fessier et Espoir . . . . . . . . . . . . . 137 F comme Finances. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146 G comme Gastro. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159 H comme Habits. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . I

161

comme Indépendance. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163

J comme Jours de pluie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165 K comme K.-O. .. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 170 L comme Linge et Lessive. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173 M comme Matelas (protège-). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176


N comme Nourriture. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 176 O comme Oui. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179 P comme Pommes et Poux. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180 Q comme Questions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 184 R comme Rythme et Rituels. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186 S comme Sorties et Simplicité. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188 T comme Télévision (et vidéos). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196 U comme U. V. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198 V comme Varicelle et Verrues. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199 W comme WWW (courses en ligne). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 201 X comme XXX (bisous). . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202 Y comme Youpi! . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 203 Z comme Zéro couche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204 Epilogue. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 209 Annexe 1. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 215 Annexe 2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 221

wJournal de maman: octobre 2018 Manque de sommeil?

En arrivant à mon rendez-vous avec la sage-femme aujourd’hui, je me suis aperçue avec horreur que je portais encore mes chaussons! J’ai essayé de cacher mes pieds avec mon sac à main dans la salle d’attente…


Introduction A

compter du jour où, fébrile, vous voyez les deux lignes roses apparaître sur votre test de grossesse, votre vie n’est plus

jamais la même. Lorsque je suis tombée enceinte de notre premier enfant, nous vivions dans un confortable petit appartement situé au-dessus de l’église où mon mari travaillait comme assistant pasteur. La cuisine était pourvue de grandes fenêtres qui donnaient sur une rangée de maisons mitoyennes, mais dans toutes les autres piè­ces, mansardées et ornées de poutres positionnées souvent de manière originale, il n’y avait que de longues ouvertures horizontales pour faire pénétrer la lumière. En guise de «chambre» pour le bébé à venir, j’ai accroché de jolis rideaux devant une petite alcôve. Nous partagions la cage d’escalier avec un couple âgé de l’église qui occupait le logement du dessous. Comme ils aimaient mettre le chauffage au maximum, la chaleur montait jusque chez nous. J’étendais mon linge sur un assemblage complexe de cintres et d’étendoirs fixés à la rampe d’escalier, et il séchait en un rien de temps. Les jours qui suivent la naissance d’un enfant sont caractérisés par un mélange, à la fois étrange et merveilleux, de joie, de douleur, d’épuisement, d’excitation et de changement. A l’arrivée de notre premier, nous avons reçu une avalanche de cartes, de fleurs, de cadeaux et de visites: les personnes de notre église nous ont

11


manifesté beaucoup d’amour. Quelqu’un a aussi attaché des rubans roses à la rambarde située à l’extérieur. Je me souviens de la joie profonde que j’ai éprouvée au cours de cette semaine, même si, physiquement parlant, j’étais dans un drôle d’état. Waouh, je l’ai fait! me disais-je en regardant mon bébé. J’ai donné naissance à un petit être! Lors de l’accouchement, j’avais subi une épisiotomie qui m’avait valu un certain nombre de points de suture. Me déplacer dans l’appartement pour servir le thé à nos visiteurs était donc une mauvaise idée, mais je l’ai fait, et la plaie s’est douloureusement infectée. Et comme je n’arrivais pas à bien positionner le bébé pour l’allaitement, j’avais des crevasses et des saignements au niveau des mamelons. En outre, ma fille, qui avait du mal à téter, ne buvait pas assez de lait et pleurait sans arrêt. Il est aussi vrai que je ne la couvrais pas suffisamment. J’essayais en effet de suivre les conseils que j’avais lus sur le nombre de couches de vêtements à respecter, au lieu de me fier à mon instinct maternel. En cinq jours, je n’ai dormi que onze heures, et mon mari guère plus. Je me rappelle qu’au cours d’une de ses visites, la sage-femme m’a demandé: «Vous n’avez pas de grande fenêtre ici?» Notre petite avait la jaunisse, et elle voulait que je la place dans un endroit lumineux. J’ai donc installé le couffin dans la cuisine. Le cinquième jour, heureusement, ma mère est arrivée, et la situation a commencé à s’améliorer. Elle m’a dit de m’allonger, genoux pliés et pieds à plat, pour permettre à l’épisiotomie de cicatriser. Elle m’a préparé des plats délicieux et a porté le bébé pendant que je mangeais. Elle a habillé notre fille plus chaudement. Puis elle est allée acheter un rideau pour bloquer les courants d’air à l’extrémité la plus froide de l’appartement. Enfin, j’ai commencé à prendre des anti­biotiques contre l’infection.

12

Maman et sereine


Exactement une semaine après l’accouchement, la sagefemme qui s’occupait de moi est partie en vacances, et une formidable remplaçante a pris le relais. Elle m’a montré comment placer le bébé pour l’allaitement, afin que cela ne soit pas douloureux. Elle m’a aussi expliqué que notre fille était déshydratée et que je devais retourner à l’hôpital pour trois jours, afin qu’on puisse lui administrer des liquides par voie intra­veineuse. Elle est repartie juste au moment où, au rez-de-chaussée, le culte touchait à sa fin. Ma mère est alors descendue voir le prédicateur, pour lui transmettre la consigne que nous venions de recevoir: «Pas de visiteurs pendant une semaine!» Au milieu de toutes ces difficultés, et malgré les larmes, j’étais remplie de joie. J’avais la conviction que Dieu veillait sur nous et que tout irait bien. Et c’est ce qui s’est passé.

L’année de ses 10 ans, notre aînée était déjà presque aussi grande que moi, et nul n’aurait cru qu’il s’agissait du frêle nourris­ son déshydraté qui m’avait tiré toutes ces larmes des années auparavant. Pour fêter mes «dix ans de maternité», j’ai décidé de publier sur Facebook un article intitulé: «10 astuces pour la survie des mamans». A ma grande surprise, les réactions ont été positives et nombreuses, et plusieurs lecteurs m’ont suggéré d’écrire un livre. C’est donc chose faite! Mon but n’est pas de proposer dans ces pages des pistes pour élever vos enfants dans la crainte de Dieu, car il existe déjà beaucoup d’excellents titres sur le sujet. Ceux qui ont ma préférence sont listés à l’Annexe 2, avec d’autres ouvrages et sites Internet qui, je l’espère, pourront vous être utiles.

Introduction

13


Mon objectif n’est pas non plus de proposer une méthode d’or­ ga­nisation pour la bonne tenue d’un foyer, même si, par la force des choses, nous aborderons le sujet ici et là au fil des pages. Enfin, je ne prétends pas répondre à toutes les questions dif­ fi­ciles auxquelles vous faites face en tant que maman. Il y a bien des points que je n’évoque pas, tels que la césarienne, l’ankyloglossie1 du nourrisson ou l’adolescence, dans la mesure où je n’y ai pas été confrontée pour le moment. Ce livre est basé sur mon expérience personnelle et ne se veut donc pas exhaustif. J’ai grandi à Londres, avant de partir au Pays de Galles pour étudier les beaux-arts et le français à l’université d’Aberystwyth. C’est durant cette période que j’ai rencontré mon mari, lors d’une semaine avec l’organisation Mission Vacances en Belgique franco­ phone. Dès les premiers instants, j’ai été frappée par son amour pour le Seigneur, ses prières sincères, sa manière d’être avec les enfants et, aussi, sa carrure aux larges épaules. Nous nous sommes mariés deux ans plus tard. Dieu nous a donné quatre filles et un fils, et au moment où j’écris ces lignes, un autre bébé est à venir. Deux de nos enfants sont nés en Angleterre et trois en France, où mon mari est pasteur d’une petite église depuis 2010. Nous sommes tous deux missionnaires envoyés par une organisation chrétienne internationale, mais j’ai toujours con­ sidéré que mon rôle principal consistait à le soutenir dans son travail très spécifique, en prenant soin de notre foyer, afin qu’il puisse librement se consacrer à son ministère. Même si je participe activement à la vie de notre église, dans la pratique, je suis mère au foyer à plein temps. Quand nous avons fait nos cartons pour quitter l’Angleterre et nous installer   Frein de langue; petite anomalie congénitale qui, dans certains cas, peut empêcher le bébé de se nourrir correctement. (N.d.E.) 1

14

Maman et sereine


de l’autre côté de la Manche, j’étais enceinte de notre troisième enfant – un garçon – depuis six semaines. Lorsqu’il est né, mon aînée avait 3 ans, et la cadette, âgée de 17 mois, ne marchait pas encore. Le fait d’être maman de trois petits, de surcroît dans un pays inconnu, loin de la famille et du soutien qu’elle représente, a été pour moi extrêmement difficile à vivre. Durant près d’un an, j’ai eu l’impression qu’il y avait presque en permanence au moins un enfant qui pleurait chez nous. Et ces dix dernières années, j’en ai toujours eu au moins un qui avait encore des couches; le plus souvent, ils étaient même deux, et parfois trois. Voilà pourquoi j’ai constamment cherché des moyens de me faciliter la vie. Si ma conception de la maternité s’appuie sur la Bible, la plupart des suggestions que je propose ici ne sont pas d’ordre spirituel à proprement parler. Les conseils que nous donne la Parole immuable de Dieu en matière d’éducation des enfants sont intemporels. Ses principes concernant le rôle des mères seront toujours dignes de confiance, même si la manière dont nous les mettons en pratique diffère selon les époques et les cultu­res. La question de savoir s’il faut varier l’alimentation de bébé en lui donnant des purées ou en le laissant découvrir les aliments solides qu’il y a dans votre assiette ne revêt pas de dimension morale. Méfiez-vous des livres qui cherchent à «spiritualiser» des sujets relevant en réalité de préférences culturelles. Dieu est un Dieu d’abondance et de diversité. Il nous a donné la capacité d’imaginer et de créer, tout comme la liberté de choisir entre plusieurs façons de faire, et ce, dans bien des domaines. Votre nourrisson ne sera pas condamné à une vie de désobéissance et d’égoïsme si vous décidez de l’allaiter à la demande. Il ne deviendra pas non plus un être rigide, légaliste ou émotionnellement instable si vous choisissez de l’allaiter à heure fixe.

Introduction

15


Les conseils pratiques que je propose sont ceux d’une maman chrétienne européenne du 21e siècle. Cer­tains seront sans doute démodés d’ici quelques années dans nos pays occidentaux et ne sont peut-être même pas pertinents dans d’autres cultures aujourd’hui. Par conséquent, ne vous sentez surtout pas obligée de les appliquer à la lettre. Chaque enfant est unique. Ce qui fonctionne avec l’un ne sera pas forcément adapté à l’autre. Et, bien entendu, je n’ai aucunement l’intention de juger les personnes qui s’y prennent autrement. Ce livre est divisé en deux parties. La première veut encourager les mamans à veiller sur leur bien-être mental, physique, spirituel et social, afin qu’elles soient mieux à même de servir leur famille. Etre mère implique de se donner sans compter pour le bien des autres, mais on ne peut rien tirer d’un réservoir vide. Le Fils de Dieu, qui est venu sur la terre sous la forme d’un bébé pour devenir notre Sauveur, a grandi de manière saine et équilibrée: Jésus grandissait en sagesse [mentalement], en taille [physique­ ment] et en grâce devant Dieu [spirituellement] et devant les hom­ mes [socialement]. Luc 2.52

Il est bon de veiller au développement de nos enfants dans ces quatre domaines2, mais il est aussi important qu’au milieu des nombreuses sollicitations inhérentes à notre quotidien de mamans d’enfants en bas âge, nous prévoyions des moments pour «remplir notre propre réservoir». En prenant soin de nous dans ces domaines, nous serons en effet plus à même de nous occuper de notre famille.   Voir Ann Benton, Aren’t They Lovely When They’re Asleep: Lessons in Unsentimental Parenting, Christian Focus, 2007.

2

16

Maman et sereine


Mais, rassurez-vous, je ne suis pas en train de faire l’apologie d’une sorte d’égocentrisme mondain revêtu d’un vernis religieux. Le monde, en effet, nous encourage à faire passer notre bienêtre avant tout. La société nous appelle sans cesse à «prendre du temps pour nous», et la publicité, à nous faire plaisir «parce que nous le valons bien». Je tiens donc à préciser d’emblée que les disciples de Christ sont appelés à renoncer à eux-mêmes, à se charger de leur croix et à le suivre (cf. Matthieu 16.24). C’est un fait, remplir avec fidélité notre rôle de mère (ou toute autre vocation qui nous est adressée) implique une part de souffrance que tous les conseils pratiques ne pourront faire disparaître. Mon but, à travers les conseils que je propose, est de vous aider à vous épanouir, mais non pour que cet épanouissement devienne une fin en soi. Mon désir, c’est que vous soyez équipée pour persévérer à aimer d’un amour désintéressé, à la gloire de Dieu et sur le long terme, et que vous ne tombiez pas dans un burn-out dès la première difficulté. La deuxième partie propose différents conseils prati­ques et astuces pour le quotidien, classés par ordre alphabétique. J’espère qu’ils vous seront utiles dans votre quotidien de maman. Etre mère est une aventure. Il me reste pour ma part bien du chemin à parcourir et beaucoup à découvrir. Je n’ai pas la solution à tout. Il m’arrive encore de m’enfermer dans la salle de bains pour pleurer. Mais certaines choses que j’ai apprises durant les moments les plus difficiles de la vie de maman m’ont aidée à tenir jusqu’ici. Et ce sont ces leçons que j’aimerais transmettre, en espérant qu’elles vous seront utiles aussi, au moins partiellement.

Introduction

17



1re partie

Remplir notre r servoir

19



1. Veiller sur notre sant mentale B

eaucoup de femmes enceintes et de jeunes mamans con­ naissent un léger problème de perte de mémoire et de con­

centration pendant la grossesse et durant les mois qui suivent. Les anglophones appellent ce phénomène baby brain, mais ne me demandez pas d’en donner une explication scientifique… Mes belles-

sœurs et moi avons toutes constaté récemment que, depuis que nous avons des enfants, il nous est plus difficile de nous concentrer pour écouter des prédications ou lire des ouvrages théologi­ ques approfondis. Comme nous jonglons en permanence avec les nombreux besoins pratiques de notre famille, nous oublions plus facilement les choses. Il paraît en outre qu’à partir de la conception du bébé, les mamans gagnent en empathie, parce qu’elles ne sont plus seulement responsables d’elles-mêmes, mais aussi d’un autre petit être. Pour ma part, depuis que j’ai des enfants, j’évite de trop regarder les informations, car voir des enfants souffrir me fait particulièrement mal. C’est indéniable, la maternité modifie notre regard sur le monde. En outre, à bien des égards, elle influe sur notre manière de penser et affecte nos émotions. Dans ce chapitre, nous parlerons de certaines difficultés que les mamans rencon­trent sur le

21


plan psychique et moral, et nous verrons de quelle manière elles peuvent veiller sur leur santé dans ce domaine.

Trouver une oreille attentive et compr hensive «Euh… ce n’est pas vraiment la joie, en ce moment», ai-je dit à mon mari d’un air triste, en fixant ma planche à découper. Des larmes coulaient sur mes joues; et elles n’étaient pas dues aux oignons. Une fois de plus, je n’avais presque pas dormi. Notre fille de 5 semaines semblait en effet confondre le jour et la nuit. Durant les mois qui suivent l’accouchement, nous nous sentons souvent exténuées, dépassées et quelque peu déprimées. Et c’est tout à fait normal, étant donné les profonds change­ments qui ont eu lieu dans notre corps et le bouleversement de notre rythme de vie. Notre système hormonal est complètement déréglé, et si notre nouveau-né ne nous laisse pas le temps de nous reposer, nos émotions sont inévitablement mises à mal. Nous attendions avec tant d’impatience de devenir des mamans, et une fois que bébé est là, nous n’avons plus qu’une seule envie: dormir! Dans ces moments, confier notre ressenti à une amie pourra nous soulager. Si, en revanche, nous ne parvenons plus à voir le bon côté des choses, si nous nous sentons réellement désespérées, si les tâches quotidiennes nous demandent un effort déme­ suré et si nous perdons l’envie de nous occuper de notre enfant, parlons-en à un professionnel de santé. La dépression postnatale touche de nombreuses femmes. Et passer par là ne signifie pas qu’on est une mauvaise mère ou qu’on n’ira jamais mieux. Peutêtre avons-nous simplement besoin d’aide, sur le plan physi­que et mental, pour traverser cette phase de transition difficile.

22

Maman et sereine


Au cours de l’année qui suivait la naissance d’un de mes enfants, il m’est souvent arrivé d’être tellement fatiguée, que si je parlais à quelqu’un le soir, j’éclatais en sanglots sans même savoir pourquoi. Cette fatigue émotionnelle est quelque chose que beaucoup d’entre nous ressentent aussi au moment de leurs rè­ gles. Dans ces périodes, il vaut parfois mieux nous obliger à aller dormir, plutôt que d’appeler notre mère en pleurant toutes les lar­ mes de notre corps et en lui donnant ainsi l’impression que nous sommes complètement à bout. Après une nuit de sommeil, nous nous sentirons sans doute mieux. Et si, le lendemain, nous éprouvons toujours le besoin de parler à quelqu’un de ce que nous vivons et des émotions qui ont tendance à nous submerger, nous pourrons le faire de manière plus rationnelle. «Le soir arrivent les pleurs, et le matin l’allégresse», est-il dit au Psaume 30.6.

Profiter des cadeaux qui nous sont accord s Un excellent remède pour nous sentir mieux est de prendre le temps de remercier Dieu pour les bienfaits qu’il nous accorde et, aussi, de nous autoriser à en profiter. Faisons consciemment l’effort de voir et d’apprécier les petites choses. Nous reparlerons plus tard des sacrifices qu’implique le rôle de mère, mais je suppose que la plupart des femmes qui lisent ces lignes ne courent pas le risque de profiter égoïstement de la vie et de négliger leurs enfants. Il est bien plus à craindre que les mamans, parce qu’elles sont prévenantes et animées du désir légitime de servir leur famille, finissent par négliger leurs pro­pres besoins. L’hédonisme (le fait de vivre pour le plaisir) et l’ascétisme (le fait de se refuser des plaisirs légitimes) sont deux extrêmes, et ni l’un ni l’autre ne sont

Veiller sur notre sant mentale

23


Elizabeth EL Mostain

Maman et sereine Elizabeth El Mostain

Ce livre est drôle, chaleureux, honnête et centré sur Christ. De plus, il est merveilleusement pratique. –

Agrémenté ici et là d’extraits du journal intime de l’auteure, ce livre ne cherche pas à donner des leçons, mais simplement à être utile ici et maintenant! Un cadeau idéal pour les jeunes mamans! Elizabeth El Mostain a grandi à Londres et étudié les beaux-arts et le français à l’université d’Aberystwyth, au pays de Galles. Depuis 2010, elle travaille aux côtés de son mari avec une organisation chrétienne internationale. Ils ont six enfants. CHF 17.90 / 15.90 € ISBN 978-2-88913-068-9

Maman et sereine conseils et astuces pour le rester (ou le devenir)

Maman et sereine

Etre maman est une aventure, et une aventure au long cours. Six fois maman, Elizabeth El Mostain a eu tout le loisir de s’en rendre compte. Et elle a compris que, si elle voulait pouvoir tenir dans la durée, continuer à se donner pour les siens, elle devait prendre le temps de «remplir son propre réservoir»; en d’autres termes, de veiller sur sa santé mentale, physique, spirituelle et sociale. Comment? C’est ce qu’elle explique dans ces pages, ANN BENTON avant de proposer aux lectrices une foule auteure de Les ados: comde conseils pratiques visant à leur faciliter ment les accom­pagner le quotidien, en particulier si elles ont des avec sagesse enfants en bas âge.

Elizabeth El Mostain